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Titre :
Teneur de l'écrit du Comte de Frontenac, gouverneur, en réponse à l'arrêt du Conseil rendu le 3 février 1682 sur les monnaies
Date de création :
16 février 1682
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Ensuit la teneur de l'écrit de Monsieur le gouverneur. Nous comte de FRONTENAC gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté en Canada et pays de la Nouvelle-France pour répondre à ce que le greffier nous est venu dire de la part du Conseil en conséquence de son arrêt du troisième de ce mois rendu sur le fait des monnaies. Disons qu'en cas que la compagnie ait pu connaître une partie de nos sentiments sur ce sujet par les réponses que nous avons faites aux instances réitérées de venir prendre notre place pour assister à l'examen de cette affaire et principalement par celles dont nous chargeâmes le greffier le douze de l'autre mois, néanmoins pour les expliquer encore davantage, nous ajoutons que le sieur de La Martinière n'a pas dû appuyer les conclusions qu'il prit le douze janvier sur ce que l'écrit que nous avons présenté regardait seulement Monsieur l'intendant, lequel y avait [...]
Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Ensuit la teneur de l'écrit de Monsieur le gouverneur. Nous comte de FRONTENAC gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté en Canada et pays de la Nouvelle-France pour répondre à ce que le greffier nous est venu dire de la part du Conseil en conséquence de son arrêt du troisième de ce mois rendu sur le fait des monnaies. Disons qu'en cas que la compagnie ait pu connaître une partie de nos sentiments sur ce sujet par les réponses que nous avons faites aux instances réitérées de venir prendre notre place pour assister à l'examen de cette affaire et principalement par celles dont nous chargeâmes le greffier le douze de l'autre mois, néanmoins pour les expliquer encore davantage, nous ajoutons que le sieur de La Martinière n'a pas dû appuyer les conclusions qu'il prit le douze janvier sur ce que l'écrit que nous avons présenté regardait seulement Monsieur l'intendant, lequel y avait répondu par un autre écrit, puisque nous y déclarons assez que si nous avions lieu d'être surpris de la conduite qu'il avait tenue en cette occasion à notre égard, nous ne l'étions pas moins de celle qu'y avait gardé le sieur de La Martinière et devrions l'être encore plus si le Conseil suivait ses réquisitoires et conclusions. Car pour ce qui touche Monsieur l'intendant, s'il est vrai comme nous le répétons, et qu'il l'a lui-même plus d'une fois avoué dans la compagnie sans avoir voulu qu'on en fît mention sur le registre quoi qu'il en ait été requis par quelqu'un de ceux qui la composent, qu'il a ordre par ses instructions de ne rien faire pour tout ce qui est des affaires générales du pays sans auparavant nous le communiquer, prendre nos sentiments, y conformer les siens en cas qu'ils y fussent contraires, et en donner après avis afin qu'on fût informé des raisons de l'un et de l'autre, et que cependant les choses se fissent de concert, et sans apparence de division, a-t-il dû porter au Conseil avant que de l'avoir examiné avec nous une affaire aussi importante que celle d'un décret de monnaies, ou le plus petit comme le plus grand a intérêts à ce avoir satisfait à ce qui lui a encore été enjoint depuis peu que de nous faire seulement inviter par la compagnie d'y venir prendre notre place pour y entendre parler comme un simple conseiller que si en cela la conduite de Monsieur l'intendant est contraire aux intentions de sa Majesté, celle du sieur de La Martinière y est encore plus opposée, puisqu'il lui appartient moins de se mêler d'une affaire de cette nature sans notre participation. Dans le parlement de Paris et dans les autres Cours supérieures du royaume les procureurs généraux n'ont et ne font jamais de mouvement en des matières de la qualité de celle-ci, que par les ordres que sa Majesté leur envoie, et dont ils sont les porteurs, mais dans un pays aussi éloigné que celui-ci, comme la grande distance des lieux empêche qu'un procureur général ne puisse dans les occasions qui surviennent à prendre par elle-même ses volontés, ce lui est une nécessité de recourir à ceux sur qui sa Majesté. se repose du gouvernement et de la conduite de ses peuples et si le sieur de La Martinière en l'affaire dont il s'agit, n'a point dû faire et n'a point fait de démarches; sans consulter Monsieur l'intendant il était du dû de sa charge d'en user de même à notre égard puisque nous avons l'honneur de représenter ici la personne de sa Majesté, laquelle entend que Monsieur l'intendant quoique son ministre nous communique les ordres qu'elle lui envoie avant que de les exécuter. Que si le sieur de La Martinière pour défendre sa conduite voulait alléguer qu'il a regardé en cela monsieur l'intendant comme faisant les fonctions de président dans la compagnie, et ne nous a considéré que comme un gouverneur général de province qui y avait à la vérité la première place, mais à qui on ne devait point donner de plus particulières connaissances des affaires qu'on en donne aux gouverneurs de province en France, et aux conseillers qui composent la compagnie, nous voulons bien pour le détromper, et ceux à qui Monsieur l'intendant tâche de le persuader, et qu'il est au-dessus de nous dans le Conseil parce qu'il y fait les fonctions de président, comme il ledit encore en la dernière séance, sans néanmoins l'avoir voulu faire écrire, déclarer ce que nous avions vu jusqu'à présent, et ce que des vanités si hors de propos nous empêchent de dissimuler davantage, qu'encore que sa Majesté nous ait fait défense de prendre dans les intitulations des assemblées d'autre qualité que celle de gouverneur, et à Monsieur Duchesneau que celle d'intendant. sa Majesté nous a fait l'honneur de nous faire savoir que nous n'en étions pas moins le chef de la compagnie, et que si elle n'avait pas trouvé à propos que nous continuassions à y faire les fonctions de président, et en prissions la qualité, ce n'était que par ce qu'elle l'avait jugé au-dessous du caractère de gouverneur, dont il paraît que son intention n'a pas été de mettre celui d'intendant au-dessus, et Monsieur Duchesneau est si fort convaincu de cette vérité qu'en plusieurs occasions, et même sur le fait dont il s'agit, il n'a pu s'empêcher de dire, que si nous ne désirions pas que la compagnie passât outre, nous n'avions qu'à user de notre autorité. Mais comme nous ne pourrions jamais l'employer qu'à regret, et avec répugnance contre elle après les soins que nous avons pris de la relever dans toutes les prérogatives et avantages qui lui appartiennent, nous apporterons toujours toutes les précautions possibles pour empêcher qu'elle ne se trouve commise avec nous, et nous n'épargnerons, ni nos avertissements ni nos remontrances pour tâcher de lui faire éviter les faux pas dans lesquelles on a souvent tâché de l'embarrasser. Personne n'a plus d'intérêts que nous à la maintenir et c'est pourquoi nous lui représentons qu'en se tenant dans sa sphère et dans sa circonférence, c'est à dire ne faisant rien que ce qui lui appartient et faisant toujours tout ce qu'elle doit, elle la conservera entière et hors de toute atteinte, étant aussi dangereux pour la perdre d'usurper ce qui ne lui est pas dû, que de manquer à se faire rendre ce qui lui appartient, et c'est en ces deux choses si opposées qu'on l'a souvent engagée, comme il serait aisé de leur faire souvenir, si nous voulions rappeler les choses passées. Mais pour ne s'arrêter qu'à celle dont il est question, elle doit considérer que dans ce que Monsieur l'intendant rapporte de la conduite qu'il tint à notre égard en mille six cent quatre-vingt sur le rabais des sols marqués, pour donner quelque couleur à ce qu'il fait aujourd'hui, il avoua même par cet exemple qu'il cru d'abord ne devoir rien faire alors que de concert avec Nous puisqu'il vint Nous en parler et qu'il inséra dans son ordonnance que c'était après en avoir conféré avec Nous, et il ne faisait en cela que ce qui lui était prescrit et quant il voulut porter l'affaire au Conseil, il ne saurait disconvenir qu'il ne nous en ait fait donner avis, et envoyé faire en un même jour par son secrétaire trois différentes propositions auxquelles nous donnâmes les mains, d'autant plus que l'affaire se portait au Conseil dans la forme ordinaire, et de la même manière qu'on l'avait pratiqué du temps de Monsieur de Tracy, aucun de ceux qui composent la compagnie n'ignorant que lorsqu'il fit donner par le Conseil un règlement sur les même sols marqués il n'eut auparavant examiné la chose avec Monsieur Talon lors intendant et avec quelques-uns des principaux marchands d'ici et que l'un et l'autre ne se fassent taxés, et n'eussent taxé les marchands, sur la perte qu'ils devaient souffrir à proportion de la quantité de sols qu'ils avaient apportés de France, dont étant convenus, l'affaire fut après portée au Conseil qui confirma ce qu'ils avaient réglé. Ce détail ne paraît pas sur les registres du Conseil, mais il n'en est pas moins vrai, et personne ne le peut nier. Aussi Monsieur Talon quoique jaloux de conserver les prérogatives dues à sa charge, et très versé dans ses fonctions savait trop d'un autre côté les manières dont la Cour voulait qu'on en usât avec un gouverneur général en ce pays pour y manquer, et chercher des tours pour s'en défendre, et le Conseil était aussi dans des sentiments trop pleins de considération et de déférence pour une personne honorée de ce caractère pour rien entreprendre contre ce qui pouvait lui être dû. Ce sont ces même sentiments que nous espérons que la compagnie voudra bien reprendre à notre égard quand même il y en aurait eu quelques-uns qui s'en fussent un peu écartés par le passé, et c'est à quoi Nous serions nous-mêmes allé les exhorter de vive voix, si nous n'étions bien aise d'éviter tout sujet de recommencer de nouvelles altercations, dans l'espérance que nous avons que sa Majesté donnera ordre cette année à celles qui sont arrivées, et empêchera qu'elles ne se renouvellent à l'avenir. Cependant il serait bien extraordinaire qu'on en voulût former sur l'affaire dont il s'agit, puisque selon tous les avis que nous avons, les choses étant en paix et toutes celles du commerce se faisant paisiblement et en tranquilité soit ici soit à Montréal, et partout ou personne ne fait difficulté de prendre les piastres pour leur poids, il semblerait qu'on ne voudrait apporter du changement que pour introduire du trouble et de la confusion dans le pays pour l'intérêt de deux ou trois particuliers qui en voudraient profiter au préjudice de tous les autres habitants, lesquels en laissant les choses comme elles sont attendront sans aucune perte ni dommage ce qu'il plaira à sa Majesté d'ordonner la dessus après qu'elle en aura été informée, et du peu d'intérêts que ses fermiers y ont, puisqu'il faut trouver d'autres moyens que celui du decoy des piastres pour empêcher le transport du castor chez les Anglais qui ne manqueraient pas de le payer en d'autre monnaie sitôt qu'ils sauraient que celle la n'aurait plus de Cours. C'est ce que nous avons estimé pour le présent devoir remontrer à la compagnie, à laquelle nous demandons que cet écrit soit inséré dans les registres ordinaires après nos autres réponses sur le même fait afin qu'on en puisse voir la suite, et cette affaire finie et consommée, la compagnie fera faire comme il lui plaira un registre particulier pour y mettre celles de cette nature afin qu'elles ne soient plus mêlées avec les autres des particuliers, ainsi qu'elle l'a résolu par son arrêt du trois du présent mois. fait à Québec le douzième février mille six cent quatre-vingt-deux signé Frontenac. »
Sujets traités :
Notice détaillée :
Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
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Références

Teneur de l'écrit du Comte de Frontenac, gouverneur, en réponse à l'arrêt du Conseil rendu le 3 février 1682 sur les monnaies, 16 février 1682, Archives nationales à Québec, Fonds Conseil souverain, (03Q,TP1,S28,P3116).

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