L'union médicale du Canada, 1 juillet 1957, Juillet
[" TOME 86 \u2014 NUMÉRO 7 RY Lf ssochmionk a ih ky 97e CONGRÈS DE L'A.M.L.F.C.QUÉBEC \u2014 les 23, 24, 25, 26 septembre 1957 Fondée à Québec en 1902 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada L'Union Médicale du Canada MONTREAL, JUILLET 1957 BULLETIN REVUE GENERALE Roger-R.DUFRESNE Emilien LABELLE Cu, .Les courbes de dilution dans les cardiopathies Propos de la Saint-Jean-Baptiste ____________ ___________ 731 congénitales ieee.764 27e Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Albert GUILBEAULT et Guy ST-LAURENT Française du Canada __._.733 Revue des réflexes chez l\u2019enfant _.__________.a.773 e oo oo EDITORIAL Maurice GERVAIS Paul-H.CREVIER La prévention de l\u2019embolie pulmonaire .__._._.779 Quelques considérations sur la pallidotomie pour le soulagement des mouvements anormaux -______.-.- 734 Roma AMYOT ; Des faits nouveaux en sclérose en plaques et schizophrénie ee.781 RECUEIL DE FAITS HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE P.-P.JULIEN Aage JEPSEN > , La maladie dans votre assiette ________________________.__.785 Aspect clinique de onze cas de tumeur cérébrale ____ 751 W.R.AYKROYD Yves MARTINEAU Ce que mangent les gens et les raisons de leur choix 789 Evidement radical du cou avec ou sans hémimandibulectomie ___________________________________.755 ANALYSES meen 792 SOCIETES cme 802 Maurice COMEAU et Fernand GREGOIRE NECROLOGIE ._._.11110000000000 000 een c secs C0 000 5 .NOUVELLES eee : Asthme et prednisone - cures 758 REVUE DES LIVRES 806 deu Site SL eco 0200 > COMMUNIQUES 2.020002 00 000 ee nes 810 Gilles HEBERT Tent pa co eres Sh\u2019Uniom Médicale du Canada\u201d, en 1888 _____.____._._.814 Rupture utérine ._.__._._.______%%°% eee® sons ** T50.« BQUVELLES :PHARMACEUTIQUES __ 820 D'une efficacité aussi étonnante que la simplicité de sa formule! SANS ANESTHESIQUE \u2014 SANS ANTIBIOTIQUE PYGMAL (Pâte acide Astier \u2014 Tubes de 45 gm.) CALME LE PRURIT ET AMÈNE LA GUÉRISON RAPIDE D'UN GRAND NOMBRE D\u2019AFFECTIONS CUTANEES par l\u2019association judicieuse et adéquate de médicaments incorporés à une base nouvelle et appropriée, par le retour et le maintien au pH normal du tissu cutané sain, par des moyens de contrôle conformes à une conception idéale et démontrant de façon évidente sa propriété hautement curative dans les affections suivantes: Eczémas aigus et suintants \u2014 Eczémas de contact et professionnels Prurits: anal et vulvaire \u2014 Lésions superficielles prurigineuses \u2014 Contrôle du psoriasis.Autres produits Astier: Colitique, Galliadine, Kola, Lyzanthine, Riodine.ROUGIER - MONTREAL Sa fatigue peut avoir l\u2019une des deux origines suivantes: 720F cee fee 0% vets * - \u2019 ese » » °en»e o0 eo Epuisement physique.Dans ce cas, il faut prescrire le repos, le repos étant le seul remède pour cette espèce de fatigue.Épuisement psychique.Beaucoup de vos malades\u2014les femmes d\u2019intérieur, particulièrement \u2014sont écrasées sous un fardeau de menues besognes routinières qui les laissent dans un état de fatigue mentale et affective.Pour ces patientes, la \u2018Dexedrine\u2019 s\u2019avérera fréquemment la préparation idéale.La \u2018Dexedrine\u2019 leur donnera une sensation d\u2019énergie et de bien-être, et leur rendra le goût à la vie.La Dexedrine* (sulfate d\u2019amphétamine dextrogyre, S.K.F.) est présentée par Smith Kline & French, Montréal 9, sous forme de comprimés et de capsules Spansule* (capsules à désagrégation controlée).* Marque déposée au Canada BULLETIN PROPOS DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE À la veille de notre fête nationale, au moment où la Société Saint-Jean-Baptiste a choisi de discuter de notre langue, l\u2019occasion semble bien choisie d'y consacrer quelques lignes.Nous avons eu récemment l'occasion de résumer l\u2019histoire de la faculté de médecine de l'Université de Montréal à l'intention de lecteurs d\u2019une revue française distribuée dans le monde entier.Et nous nous sommes forcément arrêtés à la signification que pouvait prendre aux yeux de l'étranger l'existence en Amérique du Nord de ces deux écoles de médecine de tradition et de langue francaise, celle de Québec et celle de Montréal, et au sens qu\u2019elle peut avoir pour nous, le « sens du fait francais en Amérique ».Il ne s'agit plus de s'attendrir sur notre survivance et d'en analyser les facteurs; mais de nous demander plutôt ce que cela impose à la médecine canadienne-française.Puisque les Canadiens de langue et d'origine françaises semblent vouloir durer, il est impérieux de leur fournir les services de bons médecins de leur langue et 1l importe, au simple point de vue humanitaire et national, que ceux-ci soient aussi bien préparés que les autres.Mais cette préoccupation ne suffit pas.S1 notre survivance doit avoir un autre résultat que celui d'imposer notre présence à la masse anglo-saxonne de notre continent, qu'est-ce qu\u2019elle signifie, et que peut-on en attendre ?Nous y gagnons d'être différents.Ce fait comporte, aux yeux de bien des gens de notre race et\u2026 de l'autre, plus d'inconvénients que d'avantages.Nous y gagnons d'appartenir au groupement des peuples qui partagent encore aujourd'hui avec la France, sa langue, sa culture et son génie propre.Et nous aimons à croire que cela constitue une richesse enviable.Nous ne l'avons pas encore beaucoup partagée avec nos compatriotes de langue anglaise.Quiconque a lu notre histoire ne s'en étonnera pas.Aurons-nous éventuellement un rôle à jouer dans l\u2019évolution de la médecine en Amérique du Nord?Si oui, il pourra s'agir, d\u2019abord, de certains des nôtres qui réussiront à attirer sur eux, par l'importance de leurs travaux ou de leurs découvertes, l'attention 154634 732 BULLETIN union Med Cunsdy du continent, voire même du monde entier.Il suffira, pour arriver à cet enviable résultat, de produire des gens qui veulent et qui savent travailler et dont on facilitera les efforts par une organisation matérielle adéquate; question de discipline personnelle et collective et de bon milieu de culture.Nous y arriverons probablement un jour, parce que nous ne sommes pas plus bêtes que les autres.On peut aussi se demander si la médecine canadienne d'expression et de tradition françaises n\u2019aura pas un jour quelque chose de plus à offrir au reste du continent.Soulignons d'abord qu\u2019en certains domaines, nous faisons déjà belle figure, et qu'il faut souffrir de ce détestable complexe d\u2019infériorité dont parlait récemment notre collègue Roméo Boucher, pour ne pas monter en épingle ces réussites isolées.Peut-être manauons- nous du génie de la publicité ou prend-on trop facilement ombrage dans notre milieu des succès du voisin?Quel que soit l'avenir qui nous attend, nous croyons fermement que l'une des conditions de notre influence éventuelle en Amérique, résidera dans la pratique d\u2019un bilinguisme adéquat.Cela aussi constitue une richesse.Ce bilinguisme raisonnable consiste à pouvoir s'exprimer correctement dans l\u2019une ou l\u2019autre langue du pays et non pas à parler les deux a la fois.Il nous est facile, présentement, d'entendre et de lire ce que disent et écrivent professeurs et élèves de notre faculté et nos constatations ne sont pas trop rassurantes.Il y a beaucoup à faire dans ce sens.Il faudrait que chacun de nous croit à la nécessité de parler et d\u2019écrire correctement en français d\u2019abord et de garder le contact avec la littérature médicale d'expression française qui déborde largement d\u2019ailleurs les cadres de la France.Le bilinguisme scientifique qui s'impose aujourd\u2019hui à nos professeurs et aux étudiants demande un effort que l\u2019on n\u2019exige pas ailleurs en Amérique à l'heure présente.Quiconque a séjourné aux Etats-Unis ou au Canada anglais, se sera rendu compte de la supériorité qu'il nous confère.Apprenons à en tirer tout le profit possible ! Roger-R.DUFRESNE 27° CONGRÈS DE L\u2019ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA La circulaire portant le programme scientifique du congrès vous en a indiqué les grandes lignes: alcoolisme, psychiatrie.hématologie, radio-isotopes, antibiotiques et médecine expérimentale constituent le corps le plus important de nos assises.De hautes personnalités médicales viendront d'Europe rehausser de leur participation la tenue de notre congrès : les professeurs Gaudart d\u2019Allaines, Pierre Delore et Pierre Deniker présenteront chacun une conférence médicale sur des problèmes de leur spécialité, chirurgie thoracique, psychiatrie et alcoolisme.L'ouverture d'un tel congrès ne peut être que solennelle, d'autant plus qu'elle coïncide avec l'inauguration officielle du nouveau pavillon de la Faculté de Médecine de la Cité Universitaire Laval.Chaque département présentera aux visiteurs une exposition à la fois rétrospective et perspective, indiquant le degré d'avancement et de progrès des différentes disciplines qui composent une faculté et qui mettent en lumière les éléments d'une formation médicale complète.Au cours du congrès, des sociétés savantes spécialisées tiendront leurs assises comme à l\u2019accoutumée.Les quarante membres du Conseil de l\u2019Association se réuniront au moins trois fois durant la semaine: lundi, mardi et jeudi à dix heures du matin, pour décider des problèmes inhérents à l'Assaciation elle-même.Le programme social comporte trois item particulièrement attrayants: un déjeuner au Lac Beauport avec conférence par le Prof.Luc Lacoursière, titulaire de la chaire de Folklcre; un thé- revue de modes aura lieu au Château Frontenac, avee la collaboration de Jean Fortin; enfin, du théâtre.la fameuse pièce qui a remporté tous les honneurs au festival dramatique du Canada.« La Tour Eiffel qui tue », de Gabriel Hanotrau, sous la direction du pétillant Paul Buissonneau, directeur du Théitre de Quat\u2019Sous.Le diner de gala et le bal clôtureront le 27° congrès. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA PALLIDOTOMIE POUR LE SOULAGEMENT DES MOUVEMENTS ANORMAUX ! Paul-H.CREVIER, F.R.C.S.(C.).Je crois que H.R.Meyers mérite le crédit d\u2019avoir accompli la première destruction de la région pallidale comme procédé thérapeutique des mouvements involontaires.(1) et (2).Fénelon fut le premier en France à continuer l\u2019application de cette \u2018méthode.(3) Guiot (4) publia ses premiers résultats en 1953; il utilisait au début une approche directe par voie sous-frontale pour coaguler le globus pallidus et l\u2019anse lenticulaire.Na- rabayashi (5) suggéra la même année d\u2019inactiver le globus pallidus avec de l\u2019huile pro- cainée.Depuis plusieurs années, Spiegel et Wycis accomplissaient des thalamotomies chez les mentaux au moyen de leur appareil stéréotaxique; en 1954, ils décrivirent leur procédé stéréotaxique d\u2019électrolyse des fibres pallidofuges dans la paralysie agitante.Cooper (7) publia aussi en 1954 sa première technique de chemo-pallidectomie; i! s\u2019agissait de l\u2019alcoolisation du globus pallidus au moyen d\u2019un cathéter inséré sous contrôle radiologique à travers le lobe temporal.Plusieurs centres neurochirurgicaux sont présentement intéressés au problème: ceux qui tentent de détruire la région pallidale, accomplissant ainsi la soi-disant pallidectomie (8) ou pallidotomie, utilisent soit la voie trans- préfrontale, soit trans-temporale, soit trans- occipitale.La destruction du globus pallidus ou de l\u2019anse lenticulaire a été accomplie de différentes manières: par l\u2019usage d\u2019agents mécaniques, l\u2019instillation de produits chimiques, la déposition d\u2019isotopes radioactifs, l\u2019électrolyse ou le courant à hautes fréquences.Nous avons essayé d'accomplir la pallidotomie 25 fois chez 19 patients différents.Cinq de ces cas étaient des patients du docteur.A Paren- 1.Présentées à la réunion de la Société de Neurologie de Montréal, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu, le 16 janvier 1957.teau et furent opérés avec lui.Onze des quatorze autres malades furent opérés à l\u2019hôpital St-Jean de Dieu.Un mélange appelé Etopalin et contenant 8% de celluloïdine dans une solution d\u2019Ethanol à 95%, gracieusement fournie par la Compagnie Ciba, fut utilisé dans 16 cas.L\u2019électrocoagulation seule servit dans un cas, et on tenta d\u2019améliorer deux autres patients au moyen d\u2019une combinaison de l\u2019électro-coagulation et d\u2019Etopalin.La voie trans-temporale servit d\u2019approche dans 11 cas, la voie trans-préfrontale dans 7 cas, et dans un cas les deux voies d\u2019abord furent employées: l\u2019accès trans-temporal à gauche, et trans-préfrontal à droite.On employa le guide à pallidectomie de Cooper (8) pour tous les cas.Dans les douze premiers cas, 40 à 75 ce.d\u2019air furent injectés par voie sous-arachnoïdienne lombaire et le cathéter de Cooper fut inséré à travers le lobe temporal vers la région pallidale, le patient étant en position déclive.Nous visions alors une région située à 5 millimètres en direction caudale par rapport au foramen de Monro en ce qui concerne le plan coronal, à 20 millimètres de la ligne médiane pour le plan sagittal, et pour le plan horizontal au niveau de la jonction du tiers supérieur avec le tiers moyens du troisième ventricule.Selon cette méthode, la structure la plus importante à visualiser était le trou de Monro; nous pouvions le situer de façon assez précise au cours du pneumoencéphalogramme, mais nous pouvions le perdre sur les films suivants lorsque le patient prenait la position en décubitus dorsal, et de plus nous avons pensé que le trou de Monro était quelque peu déplacé en direction caudale avec l\u2019apparition d\u2019air dans l\u2019espace sous-arachnoï- dien frontal.Dans les sept derniers cas, nous pensâmes pouvoir détruire la même région d\u2019une façon L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 plus régulière si nous pouvions mieux localiser visuellement le trou de Monro et la paroi antérieure du troisième ventricule.À cette fin, nous avons fait un trou de trépan à 5.5 centimètres de la ligne médiane, un ou deux centimètres derrière la suture coronaire, et avons injecté un ce.et demi de Lipiodol Fluide dans la corne frontale du ventricule latéral correspondant au globus pallidus devant être détruit.En changeant en bloc la position du patient placé en station assise, l\u2019huile était orientée à travers le foramen de Monro dans le troisième ventricule.Si le troisième ventricule est partiellement rempli de Lipiodol, il est ordinairement plus aisé de situer la commissure antérieure que le fora- men inter-ventriculaire.Ainsi nous avons essayé d'orienter l\u2019extrémité de notre cathéter et plus tard l\u2019extrémité de l'aiguille coagulante à 3 ou 4 mm.en direction caudale et ventrale par rapport à la commissure anté- Fig.1.\u2014 Voir texte.rieure, comme le docteur Gérard Guiot le fait, bien qu\u2019il utilise l\u2019approche trans-occipitale.(Fig.1, radiographie provenant de la clinique du docteur Guiot, Hôpital Foch, Suresne, banlieue de Paris).CREVIER: PALLIDOTOMIE 735 Le X, tracé sur le 3ème ventricule de cette figure 1, en direction ventro-caudale par rapport à l\u2019image convexe par addition formée par la commissure antérieure dans la paroi antérieure du 3è ventricule, indique l\u2019endroit approximatif où se trouvera l'extrémité de la tige coagulante à la fin des manipulations.Fig.2.\u2014 Voir texte.Sur la figure 2, représentant une radiographie prise de profil au cours d\u2019une pallidoto- mie faite pour choréoathétose, (cas no 15) nous voyons la commissure antérieure, le li- piodol dans la corne frontale et le 3ème ventricule, les apophyses clinoïdes antérieures et postérieures, le cadre de Cooper.Ici l\u2019extrémité du cathéter serait approximativement au niveau du bord postérieur du foramen de Monro, trois millimètres en direction ventrale par rapport à la limite inférieure de la portion la plus médiane de la commissure antérieure, et à 16 millimètres de la ligne médiane.Dans ce cas, la position correspondait de façon idéale aux données déjà apprises, mais les résultats furent satisfaisants seulement, et loin d\u2019être excellents.De plus, le docteur Guiot, qui est le principal propagandiste de la destruction du pallidus immédiatement derrière la commissure antérieure dans les cas de mouvements involontaires, me disait il y a quatre mois, que le tremblement était réapparu chez tous ses patients apres une période post-opératoire de cing ans. 736 Nous décidâmes alors de retourner considérer les radiographies de notre tout premier lequel représentait toujours patient notre Fig.3.\u2014 Voir texte.meilleur résultat depuis que nous avions commencé à nous intéresser à cette chirurgie fonctionnelle.Nous voyons sur la figure 3, radiographie de face du no 1, les ventricules latéraux, le 3ème venticule, et le cathéter traversant le lobe temporal gauche.Son extrémité repuse au niveau de la jonction du tiers moyen avec le tiers supérieur du 3ème ventricule, si nous considérons le plan frontal; dans le plan sagittal, le bout du cathéter, est Fig.4 \u2014 Vour texte.CREVIER: PALLIDOTOMIE I\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 situé entre la projection du bord externe de la portion un et celle du bord externe de la portion deux du ventricule latéral, c\u2019est-à- dire à 16 millimètre environ de la ligne médiane.La vue de profil du même patient (fig.4) montre l\u2019extrémité du cathéter à 7 millimètres en direction caudale par rapport au bord postérieur du foramen interventriculaire.Nous avons alors décidé d\u2019étudier sur un cadavre où se trouverait une telle lésion située à 6 ou 7 millimètres en direction caudale par rapport au bord postérieur du foramen de Monro, et à 15, 20 millimètres de la ligne médiane (fig.5).De la formaline fut d\u2019abord Fig.5.\u2014 Voir texte.injectée dans les ventricules, puis du baryum.Cette radiographie fut prise à une distance de 15 mètres ou 48 pieds au moyen d\u2019un appareil industriel à Rayons-X, de façon à utiliser des rayons parallèles seulement et à éviter le plus petit agrandissement de l\u2019image obtenue.Ce travail fut accompli durant l\u2019été de 1956, avec le docteur Bertram Fein- stein, à la Clinique Neurochirurgicale du docteur L.Leksell, Université de Lund, Suède.Le point situé à 6.5 millimètres derrière le rebord postérieur du trou de Monro sembla se trouver au croisement des deux coordonnées.J'aimerais à faire remarquer dès maintenant que la plus grande partie du glo- bus pallidus est située entre la commissure antérieure et le corps mamillaire, dont je démarquerais les contours en avant de la portion rostrale du toit du mésencéphale. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 La figure no 6 représente une tranche de section faite à 20 mm.de la ligne médiane et provenant du même cerveau ayant servi à la prise de la radiographie du système ventriculaire démontrée sur la figure 5.Grâce à des points de repère gravés sur un cadre métallique entourant le « bloc de soutien » cérébral, ici formé de formaline et gélatine, on a pu superposer les deux photographies et «EE + a.À Ps ve oF * Bd MR Fig.6.\u2014 Voir texte.tracer le système de coordonnées aux mêmes niveaux que sur la figure 5.Ainsi la figure no 6 nous montre qu\u2019à vingt millimètres de la ligne médiane, le point, (jonction des coordonnées) situé à 6.5 mm.derrière le bord postérieur du foramen de Monro est situé à l\u2019intérieur de la portion la plus postérieure du globus pallidus I ou interne.A partir de ce point de rencontre des coordonnées nous reconnaissons sur cette figure 6 en direction supéro-rostrale, le globus pallidus II ou externe, et le putamen surmonté du bras antérieur de la capsule interne.À partir du même point de rencontre des coordonnées, et en direction caudale, nous rencontrons le bras postérieur de la capsule interne et le pulvinar.En direction antéro-inférieure, par rapport au point de jonction des coordonnées, on rencontre la commissure antérieure et le noyau amygdalien.En se reportant à la figure 29, on identifiera mieux ces structures.Je crois que nous devons noter, à proximité du glo- bus pallidus, les bras antérieur et postérieur de la capsule interne.Vu que l\u2019on tend à l\u2019heure actuelle dans certaines cliniques neu- CREVIER: PALLIDOTOMIE 737 rochirurgicales, à produire une lésion de plus en plus postérieure en vue de contrôler les tremblements intenses du Parkinson et de la choréo-athétose, Je crois que l\u2019on doit se rendre compte du fait que, dans cette émigration caudale, on empiète de plus en plus sur le bras postérieur de la capsule interne.La figure 7 représente une section parasagittale Fig.7.\u2014 Voir texte.faite a 20 millimetres de la ligne médiane sur un autre spécimen.Pour contrôler les tremblements violents, l\u2019hémiballisme et la grande choréo-athétose, la tendance est de porter la lésion en direction supérieure, caudale et médiane.La figure no 8 représente Fig.8.\u2014 Voir texte.une tranche parasagittale tracée à 15 mms.de la ligne médiane: nous y voyons que le bras postérieur de la capsule interne sera la cible atteinte au cours de tels mouvements. 738 En fait, mon premier patient, lequel fut le plus amélioré de toute cette série, présenta une hémiparésie droite assez prononcée, bien que temporaire, à la suite de sa pallidotomie chimique gauche.Fig.9.\u2014 Voir texte.Fig.10.\u2014 Voir texte (retouchée).CREVIER: PALLIDOTOMIE I Union Méd.Canad.Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Les figures 9 ct 10 représentent les radiographies peropératoires d\u2019un autre patient (no 4, P.B.) passablement amélioré à la suite de sa pallidotomie chimique droite.Non artère choroïdienne antérieure gauche avait été ligaturée ailleurs en 1954.Les membres droits sc sont remis à trembler quelques mois plus tard, mais les membres gauches restent indemnes de tout mouvement involontaire six mois après la pallidotomie.ps Re Fig.11.\u2014 Voir texte.La figure no 11 représente la tranche de section d\u2019un cerveau faite au niveau des corps mamillaires; elle sert à démontrer que la portion principale du globus pallidus s\u2019y trouve située, et à 3 millimètres caudalement (figure 12), nous voyons la portion la plus Fig.12.\u2014 Voir texte.postérieure du globus pallidus, avec le bras postérieur de la capsule interne dans son voisinage immédiat.Je réalise que cette tranche de section est quelque peu désaxée, mais on voit quand même qu\u2019à ce niveau (fig.11), L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 lequel se trouve environ 10.5 millimètres en arrière de la commissure antérieure et 6.5 mm.en arrière du bord postérieur du fora- men de Monro, l\u2019opérateur doit rester à 20 millimètres de la ligne médiane de façon à rencontrer le globus pallidus, et s\u2019il se rapproche de la ligne médiane, entre 15 et 18 millimètres, il frappe le centre de la capsule interne.Naturellement, des sections sériées d'environ vingt-cinq spécimens seraient nécessaires pour prouver ce point, mais je crois que l'hypothèse est logique.Je répète que je parle du niveau du corps mamillaire et cau- dalement à ce dernier, mais non pour la portion du globus pallidus située entre la commissure antérieure et le corps mamillaire, où une lésion faite entre 15 et 20 mm.de la ligne médiane ne lèsera pas des fibres motrices importantes de la capsule interne.La direction de dedans en dehors et d\u2019avant en arrière du bras postérieur de la capsule interne indique que la lésion doit d\u2019autant plus éviter la ligne médiane qu\u2019elle s\u2019éloigne caudalement du genou de la capsule interne.La figure 11 sert aussi à démontrer que si, durant le processus opératoire, l\u2019opérateur a perdu la localisation du foramen de Monro, parce que la plus grande partie de l\u2019air est passée dans les citernes de la base, il peut orienter son cathéter vers la citerne pontique que le tronc basilaire sillonne, et il rencontrera la portion médiane du globus pallidus I.Si l\u2019on revient à la figure 10, on peut y reproduire la façon qu\u2019a choisie une clinique neurochirurgicale américaine (St-Barnabas Hospital, Bronx, N.Y.) de situer sur une radiographie extemporanée la lésion devant être faite.Cette clinique possède actuellement la plus vaste expérience en pallidoto- mie.Il s\u2019agit de projeter vers la base du crâne la limite externe de la portion I du ventricule latéral, et la jonction de la portion 1 et 2 du méme ventricule.La lésion doit se trouver entre ces deux lignes et au niveau du tiers moyen du 3ème ventricule.Comme on a réalisé que cette lésion doit mesurer jusqu\u2019à deux centimètres cubes pour entrainer des résultats permanents, il est logique de sup- CREVIER: PALLIDOTOMIE 739 poser qu'elle doit nécessairement empiéter sur la capsule interne et que le tremblement cessera peut-être parce que la conduction motrice sera partiellement interrompue.De toute évidence si toute la capsule interne est détruite, nous obtiendrons une hémiplégie franche, avec récupération partielle et spasticité pyramidale résiduelle.Nous émettons l\u2019hypothèse que les mouvements involontaires et la rigidité extra-pyramidale seront améliorés si le pallidus et la capsule interne sont partiellement détruits, ce qui est sans doute essentiel pour léser toutes les fibres pallidofuges.Notre cas le plus ancien n\u2019a qu\u2019une année d'âge, et nos résultats finaux ne sont pas encore très bons.Je crois que nous pouvons avancer trois raisons pour expliquer nos insuccès.En premier lieu, (figure 5), il existe de façon constante une formation concave rostralement au foramen interventriculaire que nous avons souvent identifiée avec méprise au cours des premiers cas comme étant le foramen lui-même.Lorsque seulement 35 à 40 ce.d\u2019air ont été injectés à cause de l\u2019âge avancé du patient et que ce dernier est ensuite placé en position de décubitus, très souvent l'air stagnera à un niveau caudal à cette poche, ne remplira pas le foramen, et la poche d\u2019air sera souvent prise pour la communication interventriculaire.On comprend alors aisément que l'orientation du cathéter sera complètement fautive.De plus, dans le plan coronal et sur la vue de face, il faut viser la moitié supérieure du 1/3 moyen du 3ème ventricule.Cette orientation est valable en autant que la radiographie est prise de sorte que le bord supérieur du rocher se projette au niveau de la portion moyenne de l'orbite.La production d\u2019une lésion trop petite est la seconde raison pouvant expliquer la ma- Jorité de nos échecs.Nous n\u2019avons jamais osé injecter plus de 1.5 ce.d\u2019alcool en trois séances différentes de 0.5 ce.chacune; or, on a démontré récemment que l\u2019on doit injecter jusqu\u2019à 3.5 cc.pour causer la formation d\u2019une lésion qui abolira en permanence la rigidité et le tremblement du côté opposé.Une telle lésion peut atteindre le volume de 2 cen- 740 timètres cubes, ce qui est suffisant pour détruire tout le globus pallidus, et aussi une partie des aires dévolues au bras et à la jambe dans le bras postérieur de la capsule interne, lesquelles sont situées très près du glo- bus pallidus I.La troisième raison importante pour laquelle nous avons essuvé des échecs est la fuite de l'alcool le long du tube avec destruction du tissu environnant, au lieu de la des- truetion en boule du tissu cérébral à l\u2019extrémité du cathéter tel que désiré et attendu.La figure no 13 représente une masse faite l'ig.13.\u2014 Voir texte.de tissu nécrotique cérébral, à laquelle se trouvent mêlés de l\u2019alcool et du celluloïde qui s'étaient amoncelés le long du cathéter: le tout s\u2019extériorisa avec le cathéter lorsque ce dernier fut enlevé d\u2019un patient pour une meilleure mise en place.On s\u2019attendait naturellement à ce que la lésion fut formée autour de l\u2019extrémité du tube.Si le cathéter est enlevé 5 à 10 jours après l\u2019opération sans réou- vrir la plaie, cette masse restera sous la peau et personne ne soupçonnera son existence.Pour éviter le reflux de l\u2019aleool le long du cathéter, il faut l\u2019injecter selon le principe de la gravité; par exemple, si la voie trans-pré- frontale est employée, le patient sera en position assise à chaque instillation.Un autre moyen consiste à surveiller sur les films radiologiques le site de formation de la zone né- erotique en ajoutant 0.1 cc.de Pantopaque à chaque 0.5 ce.d\u2019Etopalin.Une autre façon d'éviter ces insuccès avec l\u2019alcool est d\u2019em- CREVIER : PALLIDOTOMIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 ployer l\u2019électrocoagulation, ou encore mieux, l\u2019électrolyse.Les figures 14, 15, 16A ct 16B rassemblent les différentes positions de nos cathéters et tiges coagulantes, de même que le pourcentage approximatif de nos résultats et les complications constatées.Tel que dit antérieurement, le dernier patient que nous avons opéré le 10 janvier 1957, est décédé 8 heures plus tard.L\u2019autopsie a révélé uniquement des lésions d\u2019ischémie cérébrale.Pour cette pallidotomie droite, nous avions projeté de produire une lésion élee- Fig.164 RÉSULTATS DE PALLIDOTOMIE POUR MOUVEMENTS INVOLON TAIRES 19 cus (25 opérations) Parkinson: 12 cus Amélioration marquée .6 cas ou 50% Légére amélioration .4 cas ou 34% Aucune amélioration .1 cas ou 8% Décès oo.LL 1 cas ou 8% Choréo-athétose: 7 cas Amélioration marquée .1 cas ou 14% Amélioration légère .3 cas ou 43% Aucune amélioration .3 cas ou 43% Résumé: Amélioration marquée Amélioration légère Aucune amélioration Décès RS ( cas ou 37% ee 7 cas ou 37% Ce 4 cas ou 21% ee 1 cas ou 5% Fig.16B RÉSULTATS DE PALLIDOTOMIE CAS OPÉRÉS AVEC ÉTOPALIN SANS COAGULATION.17 cas (22 opérations).Parkinson: 10 cas: Amélioration marquée .5 cas ou 50% Amélioration légère 3 cas ou 30% Aucune amélioration .2 cas ou 20% Choréo-athétose: T cas Amélioration marquée .1 cas ou 14% Amélioration légere .3 cas ou 43% Aucune amélioration .3 cas ou 43% Résumé: Amélioration marquée .6 cas ou 35% Amélioration légère .6 cas ou 35% Aucune amélioration .5 cas ou 30% .MALADIE DE PARKINSON.en millim.(A- Alcoolisation Fig.14.site de (C= Coagulation Rostral ou Caudal Dorsal ou au bord Latéra- |Ventral Nos.et Age Durée Coté et postérieurj lement à |au bord Amélio- Complications et en Date de du la Ligne inférieur| ration et Initiales Sexe Années L'Opéra- Foramen Médiane de la en % Commentaires tion de Comm.Ant.Monro Semi-conscient 4 jours post- 1- L.G.41 M 16 Gauche |A 7 C 15 2 V 90 op;parésie temporaire 3è nerf 19-1-t56 { >c\u2018parésie faciale dr;C1,Na #.Gauche .Pour 10 jours,chorée membre 2- R.B.35 M 20 = .|C 6¢C 15 0asyv 90 sup.droit;perte d'équilibre 21-XII- 156 aphasie expressive 1 mois Gauche 2 1-1C 16 2D 3- T.B.43 F- 22 4-II-156 | 4 2-70 16 1V 70 Aucune ; Aucune.Ligature artère cho- 4- P.B.41 M 13 rT ILA 16 1D 70 roidienne ant.gc.Fév.'5k Gauche (1-2R 14 4 V Durant 9 jours pas de tremble- 5- Y.L.4,8 F l 7-10 -XI4 (2-12C 17 2 V 65 ments,mais désorientée.Amélio 1-+57 C_3-10C 17 2.Y ation 5 i Gauche Hémiplégie:1 hre.Comme avant: 6- C.C.48 F 32 \u201cTi 1d A 1R 11 2D 55 mouvements d'automatisme et 23-11 56 DSYCHONÉYrQSE Pas de i igidité fibreu rti- Gauch -5C mais rigidité reuse arti 7- T.A.4,2 M 11 1624727 54 A ER 53 ; 0 tremble- culaire persistante - oo Rigidite ; : À Gauche 4 _ tigldite ipremblements persistent.Rigi- g- AL.47 M 21 11-X-156 À PRT 2 : v mL dité fibreuse articulaire.Gauche Douleurs côté gauche tran- 9- F.E.61 F 5 3-X-156 A O 20 1 D 25 sitoires.Temporairement : vision embrouil- 10- P.N.50 M 21 La CPS NS ; 3C 15 186V 10 lée à droite,aphasie expressive, perte d'équilibre, Gauche Arrêt des tremblements 10 11- M.P.44 F 32 ho 11-156 A 0 19 LV 0 jours seulement.Gauche 1 1-5C 15 5V Arrêt des tremblements 12- D.B.51 F 3 |piir-1s6]® 2-5R 16 1 V 0 3 jours seulement.Droit Décès 8 hres.post-op.,par.n \" \" 10-I-157 C 5¢C 15 2 Vv à anoxie Are rate PM négatif.peus) PIN UOTULT LE6I JorrmÉ \u2014 98 SUOL HINOLOCITIV]A *HUHIAHHO I is Fig.15.C E.En Millimètres site CHOREO-ATHETOS de l'Aocoolisation.Rostral ou Caudal Dorsal Nos.et Age Durée Côté opé-| au bord Latéra- lou Ventral et en ré et Da- [postérieurlement à au bord Amélio- Complications Initiales Sexe Années te de 1'O- du la ligne [inférieur ration et pération JForamen |médiane de la en % Commentaires de Monro Comm.Ant.Latrale dope gervicale bi- atérale en e 13- J.A.| 20F 3 leocveet5g| IR 23 6V 60 pour torticolis.14-G.St-G[ 24 F Vie Gauche 0 1 V Aucune.4 8_XI-156 JL 5 35 ucun 15- J.C.M Vi Gauche Mouvements volontaires > 9 TS l28-xI-156/| 10 16 3 V 35 plus aisés.Droi Hémiparésie et hémiparesthé- 16-Je.Ba.26 F Vie 23220166 L C 20 LV 20 sie gauches temporaires.17- G.H.24 M Vie Gauche Sn 12 6 v 0 Hémiparésie droite transi- 31-V-156 : toire._ .Gauche A 18-Jo.Be.8 F Vie 2-II-156 0 13 2 D 0 ucune.Gauche Rigidité temporairement ae 19-J.M.R.10 M Vie crue aux membres droits.Lé- 6-XII-15 2C 16 6V 0 sion trop petite.hl HINOLOCITIV]A * HHIAHMO LS6T J9[[1Mf \u2014 98 9WO], PIN UOIU 1] EpuuaR y L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 trolytique à 6 millimètres en direction caudale par rapport au bord postérieur du foramen de Monro et à 15 millimètres de la ligne médiane au niveau du 1/3 moyen du 3ème ventricule.La destruction d\u2019une telle zone avait semblé entraîner des résultats heureux chez cinq de nos patients, et ailleurs chez 210 opérés sur 350.(9) C\u2019est le globus pallidus droit que nous avions coagulé chez cette patiente le 10 janvier 1957 par voie trans-préfrontale.Les ler et 7 mars 1956, nous avions tenté l\u2019alcoolisation de son pallidus gauche par voie trans-temporale.Les figures 17, 18, 19 mon- Fig.17.\u2014 Voir texte.olr texte.trent les lésions faites le 7 mars 1956 et les figures 20 et 21, les radiographies prises au cours du temps opératoire.Sur la figure 17, on voit la lésion produite à 12 millimètre en CREVIER: PALLIDOTOMIE 743 avant du bord postérieur du trou de Monro, c\u2019est-à-dire à 8 millimètres en avant de la portion médiane de la commissure antérieure ou de la paroi antérieure du 3ème ventricule, lésion Kkystique causée par l\u2019Etopalin et s\u2019étendant du 7ème au 20ème millimètre de la Fig.19.\u2014 Voir texte.ligne médiane, mesurant 16 x 8 millimètres dans ses plus grands diamètres.Lorsque nous parlons de la commissure antérieure sur cette figure comme sur les autres, nous voulons signifier cette portion de la commissure antérieure visible sur les radiographies de profil sous forme d\u2019une demi-sphère lorsque le 3ème ventricule est remplie d\u2019une substance con- trastante.Sur la figure no 18 représentant une section cérébrale du cas no 12 et faite à 7 mil- limêtres en direction rostrale par rapport au bord postérieur du trou de Monro, on voit une flèche pointant vers une lésion mesurant 8 mms.de diamètre et s\u2019étendant du 14ème au 22ème millimètre de la ligne médiane, au niveau des prolongements latéraux de la commissure antérieure, en plein centre du globus pallidus IT à gauche, portion la plus antérieure.Cette lésion, représentée sur les figures 17, 18, 19, n\u2019améliora en aucune façon les tremblements et la rigidité au niveau des membres droits de la malade, parce que antérieure au foramen de Monro, même si elle est située dans le globus pallidus.La figure no 19 représente une tranche de section faite au niveau du début des nerfs optiques et des prolongements latéraux de la commissure antérieure, correspondant chez cette malade à une distance de 6.5 mms.en avant du bord postérieur du foramen de 744 Monro.La face opposée de cette mince tranche de section (2.5 à 3 mm.) montre la paroi antérieure du 3ème ventricule et la portion médiane de la commissure antérieure.Cette figure no 19 montre une zone de destruction cérébrale par l'Etopalin, mesurant 8 mm.de diamètre, s\u2019étendant du 13ème au 21ème millimètre à gauche de la ligne médiane, en plein globus pallidus, portion la plus antérieure.Les figures 17, 18 et 19 montrent que cette lésion mesure au moins 6 mm.en direction rostro-caudale.Les figures 20 et 21 représentent les radiographies correspondant aux lésions montrées Fig.20.\u2014 Voir texte.sur les figures 17, 18, 19 et prises le 7 mars 1956 chez la malade portant le no 12.La figure 20, vue de profil, montre que l\u2019extrémité du cathéter fut placée à 6 mms.en direction rostrale par rapport au bord postérieur du foramen de Monro, et à 1 mm.en direction ventrale par rapport au bord inférieur de la commissure antérieure.L\u2019alcool diffusa autour de ce point pour former la lésion montrée sur les figures 17, 18 et 19.La figure 21, vue de face, montre l\u2019extrémité du cathé- CREVIER: PALLIDOTOMIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 ter à environ 16 mm.de la ligne médiane et au niveau de la portion supérieure du 1/3 moyen du 3ème ventricule.1g.21.\u2014 Voir texte.nS SS TERE np rp gn Rg 0 [pp pipe Fig.23.-\u2014 Voir texte. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Les figures 22, 23 et 24 représentent des lésions secondaires à la tentative de pallido- tomie chimique gauche le ler mars 1956 et la tentative de pallidotomie thermique droite le 10 janvier 1957 chez le no 12; les figures 25 et 26 représentent les radiographies prises au cours du temps opératoire le ler mars 1956, ct les figures 27 et 28, des radiographies prises au cours de la pallidotomie droite le 10 janvier 1957.Les figures 17, 18, 16, 22, Fig.24.\u2014 Voir texte.23, 24 représentent des tranches cérébrales quelque peu distordues, parce que, avant de les couper, nous avons laissé le cerveau durcir dans la formaline pendant 96 heures seulement.La patiente est décédée le 10 janvier et nous voulions faire bénéficier les membres de la Société de Neurologie de cette malheureuse léthalité à la réunion du 16 janvier 1957.En ce qui concerne la lésion pallidale droite, des mensurations macroscopiques faites sur ce cerveau fraîchement coupé semblèrent démontrer une lésion s\u2019étendant du deuxième millimètre et demi jusqu\u2019au 8ème millimètre caudalement au bord postérieur du fora- men de Monro.Donc une lésion de 5.5 millimètre en direction rostro-caudale, ayant son centre à 5 nm.derrière le bord postérieur du foramen de Monro comme l'indique la position du cathéter sur la figure 27.La figure no 22 montre une section cérébrale faite à 4 mm.en direction caudale par rapport au bord postérieur du foramen de Monro, ou à 8 min.derrière la commissure antérieure.On y voit CREVIER: PALLIDOTOMIE 745 d\u2019abord une lésion mesurant 18 mm.x 3 mm.sous le globus pallidus et la bandelette optique gauches, produite lors d\u2019une tentative de pallidotomie le ler mars 1956.Puis une lésion mesurant 10 mm.x 6 mm.dans ses plus grands axes, et s\u2019étendant du 15ème au 21ème millimètre à droite de la ligne médiane.A 16 mm., 18.5 mm.et 20 mm.de la ligne médiane se trouvent sa base, son centre et son sommet réciproquement.La lésion chevauche la capsule interne et le globus pallidus I.Sa limite inférieure est au niveau de la portion moyenne du 3ème ventricule.La figure no 23 offre à nos yeux une section cérébrale provenant toujours du même cas no 12 ct sise à 8.5 millimètres derrière la commissure antérieure, ou 4.5 millimètres derrière la limite postérieure du foramen de Monro; on y aperçoit une zone électrocoa- gulée (flèche) mesurant 7 x 6 millimetres dans ses plus grands axes et s\u2019étendant du 15ème au 22ème millimètre à droite de la li- one médiane dans ses limites les plus extrêmes; la base est située à 17 mm,, le centre et le sommet à 19 mm.de la ligne médiane, réciproquement; ici encore, la lésion chevauche le globus pallidus I et II et la capsule interne à droite.Le centre de la lésion git au niveau du 1/3 moyen du 3ème ventricule.Cette lésion sise près du globus pallidus droit avait été causée au moyen de courants à hautes fréquences le 10 janvier 1957; la même figure no 23 nous montre sous le globus pallidus et la bandelette optique gauches une lésion linéaire causée par l\u2019Etopalin instillée le 1er mars 1956 et mesurant 16 x 3 mms.La figure no 24 est une photographie de la plus caudale des sections cérébrales; elle coupe en travers la portion caudale des corps mamillaires, donc elle siège à environ 8 millimètres derrière le bord postérieur du fora- men interventriculaire.La lésion pointée par une flèche s\u2019étend du 13ème au 16ème millimètre à droite de la ligne médiane et au centre du bras postérieur de la capsule interne.La lésion porte en son centre un clip d\u2019argent que nous avions inséré à travers le tube isolant de l\u2019aiguille à coagulation, de 746 façon à localiser exactement durant la période post-opératoire le site de la zone nécro- tique.Je crois que le clip métallique semble occuper la partie la plus postérieure de la lésion parce qu\u2019il a cheminé à travers le tissu cérébral nécrosé vers le tissu normal plus ferme.l'ig.25.\u2014 Retouchée.Voir texte.Fig.26.\u2014 Voir texte.Les figures 25 et 26 montrent sur des radiographies per-opératoires la position du cathéter qui a servi à produire les lésions représentées sur les fgures 22 et 23 et sises sous le globus pallidus et la bandelette optique gauches.La figure 26 vue de face, montre l'extrémité du cathéter à environ 15 mm.de la ligne médiane et au niveau du 1/3 inférieur du 3ème ventricule.En comparant la région sous-pallidale gauche des figures 22 et 23 avec les figures 25 et 26, on peut ap- CREVIER : PALLIDOTOMIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 prendre de façon trés instructive le niveau des bandelettes optiques par rapport aux apophyses clinoïdes postérieures.Les figures 27 et 28 représentent sur des radiographies prises de profil et de face la position de l\u2019aiguille pour produire par élee- Voir texte.l'ig.27.\u2014 Retouchée.Voir texte.Fig.28.\u2014 Retouchée.trocoagulation la lésion montrée au niveau du globus pallidus droit sur les figures 22, 23 ect 24.L\u2019aiguille fut poussée à 5 min.plus loin en direction ventro-médiane (sur la figure 28) avant de coaguler.Cette figure 28 nous montre le cathéter à 16 mm.de la ligne médiane; 1l en est parvenu à 15 mm.en le poussant plus profondément de 5 mm.La figure 27 laisse voir la position corrigée de l'extrémité du cathéter à 5 mm.en diree- tion caudale par rapport au rebord postérieur du foramen interventriculaire.La dernière position ne fut pas radiographiée de face à cause de l\u2019hypotension staturale de la pa- NA tow, » So AN 2.\u2018A i 7 «a wt 3 \u2026 .A Na WN { 74 fe WN -\u2014\" 1, .2 ! PES 2°1 ; eer\u201d { AR ov a) - ; NN NN : r= SQ Com -~\u2014- .> \u201c PE > Sma i es ; \u2014\u2014s 2 \u2014 : Sr mae.\u2014.ASS } [nd sn ,- \u201c \u2018 : 4 \u201d\u2014\u2014 - ne 5 on - Ps ~~?; Ne -\u2014 .ll, - Ne \u201c7 Tome 86 \u2014 Juillet 1957 L\u2019Union Méd.Canada A Tv A vaux\u201d z }, .\u2026 sur -\u2014\u2014- a NDS : < ARN \u201cnN - % Cun \u2019 AVN ze =.è EEN ; : ss RES AN \u2019 rs À -~ > I .Us 3 : : \u2026_\u2014 7 A : 2 IS 5m en - -\u2014 °, x\u201c NN \\- ; ve : Vv, 7 ve as \\ N 3 : > A - \u201c CIA 2 ~ aN NN 1 < : Nn % + - : ; a - JY ON SMS > \\ ~ ss \u201cON : ; 2 rm 2 i ; 2 3 ~ aw ~~ -~ | >-, : { 3 ; Ts TTY RUT .-\"b FA -= odd a9 «à a / MEVE Saw, è A - ! - ma > Pur \u201cNe : oo oe Se 20.CoFR ; \u201c4 CA $ CIP CP-\" B =N = PEN > .CREVIER - .ts B.var ; a , ; .\u2014.-.Co0c es a, ; - -\u2014- Ng, -\u2014\u2014 -\u2014- - J -* / ~~ 7 LO) -= } -\u2014 \u2018 -\u2026- ALP a sa TN TTY rN - \u201c+ \u2014.\" tes - -\u2014\u2026.- 8,4 * NA wt - \u201cei < > \u201coe \u2014 ; \u2018 Can -~ A , - ~~ \u2019.va 3 LP - = : ; { 2 7e / - 7 - \u2014 i\" Ag ~ { = i at ~~ : sn 4) an so \u2019 -\u2014 Nw ma AN fc \u2019 ; > te = à pes 1 /, 3 \u201ceV \\ PET nn PUR - 70 » i ~ ; aa \u2014 PALLIDOTOMIE * ; Ce to = \u2018ee : \u2026 7 A ol 3 { > : Nes > = * , \\N 7 ex A Tram ~~ \u2018a À > 3 des 7 { 2 ~*, > a., : ON : : > : - A \u201cONE a Nem No ! 27 3 - Sy PY oe \u2018 ; Pa \u201ca \u201c\\ Woy mass au / -\u2014\u2014\u2014\u2014 3 = \"ne 1 2107 3 J a.\u2014 D \u2018> = on \\ Lt.: 2 { : { - pd ,- \u2014 on vs _.- - _ ; > Seu su : r~ a =7 2 \u201ceus A pS à = : 3 NX fx D he \\ CER Nee ! veu Poe > \u2018 \\ «= où c a st 1 No \\ ye re my : ~~ => .-\u2014 ~~\u2019 Yor! ~~ .pers i =~ 2805 ~t y ~, +) AP \u2026 < ~~ A .a Na J .AN { ; - 7 AS NN Ty > NN , \\ {2 is LS NE SA \u201c ; : Na NAN > or = De ~ : ~ ï ; \\ L- -y - A ; \u201d Let > Sa i ; : ?: > ; - Ga 3 » ses ; > 5 £ _ ve 747 Na : / ô 3 \u201ca ,.is Se f : : { LS } ; \u201cor + l'igure 29 748 tiente qu\u2019il a fallu placer cn vitesse en décubitus dorsal.Elle décédait quand même huit heures plus tard.Pour construire la figure no 29, nous avons superposé les figures 5 et 6 afin de représenter sur le ventriculogramme les différentes structures diencéphaliques retrouvées à 20 mm.de la ligne médiane.Les limites du globus pallidus I sont établies au moyen de cercles pleins; celles du globus pallidus II au moyen de triangles.Des carrés pleins déterminent la limite antéro-inférieure du putamen (PU), alors que le bras antérieur de la capsule interne (CIA) commençant à le séparer du noyau caudé établit ses limites supérieure et dorsale.Des cercles vides circonscrivent le pulvinar (PUL) et le noyau amygdalien (NA).On y reconnaît en plus la selle turcique (SeTu), le cervelet (CER), le 3ème (IIT VE) et le 4ème (IV VE) ventricule unis par l\u2019aqueduc de Sylvius, le cortex frontal (Co Fr) surmonté de la corne frontale, le cortex temporal (Co Te) avec la corne temporale sus-jacente, le cortex occipital (Co Oc) avec la corne occipitale sus-jacente, le cortex pariétal (Co Pa), la commissure antérieure (CA) la commissure postérieure (CP), le foramen de Monro (Fo Mu) et le bras postérieur de la capsule interne (CIP).La ligne mamelonnée concave entre FoMu et III Ve, représentant le toit du 3ème ventricule, est naturellement un artéfact dû au remplissage incomplet du 3ème ventricule par le baryum injecté par trépanation occipitale chez le cadavre.Puis nous avons projeté sur ce montage les radiographies de chacun des patients afin de compiler sur un même schéma le site approximatif de la pallidotomie dans chacun des cas (no 1 à 19 encerclés).Au cours de ces projections, nous avons tenté de superposer au moins deux des structures suivantes: corne frontale, trou de Monro, commissure antérieure ou selle turcique.En se reportant aux figures 14 et 15, on verra que les cas les plus améliorés se centrent en général autour du point de rencontre des deux coordonnées AA\u2019, BB\u2019.Ce point de rencontre scinde CREVIER : PALLIDOTOMIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 la portion postérieure du globus pallidus I, à 20 millimètres de la ligne médiane.En théorie, puisque le faisceau et l\u2019anse lenticulaire se dégagent surtout de la portion antérieure du globus pallidus, c\u2019est cette portion du globus situé au niveau du trou de Monro qu'il faudrait détruire; mais en pratique et en face de ces résultats, les patients sont plus améliorés si la lésion touche la portion postérieure du globus pallidus interne, ou si elle s\u2019étend a tout le globus pallidus et aux fibres pallidofuges.Sur le spécimen « ventriculo-cérébral » exhibé à la figure 29, on compte 10.5 millimètres de la commissure antérieure (face convexe de la demi-sphère Ca) jusqu\u2019à l\u2019ordonnée AA\u2019; 6.5 millimètres du bord postérieur du foramen de Monro jusqu\u2019à l\u2019ordonnée AA\u2019 et 6 millimètres à partir du bord postérieur du foramen interventriculaire (extrémité de la flèche sous la lettre U de Fo Mu) jusqu\u2019à l\u2019abcisse BB\u2019.Pour réussir une pallidotomie sur ce spécimen, il faudrait donc détruire la substance grise située entre le 5ème et le 12ème millimètre sous le foramen de Monro, à 10 millimètres derrière la commissure antérieure, ou 6 millimètres derrière le bord postérieur du foramen de Monro, et à 20 millimètres de la ligne médiane.Au moyen de formules physico-mathématiques compliquées, mais concrétisées sur un schéma formé de couronnes concentriques dont chacune représente un degré donné de magnifications des rayons radiologiques, Leksell cherche chez un malade le point de rencontre des coordonnées AA\u2019, BB\u2019, en comparant la distance entre les 2 commissures (CA et CP) antérieures et postérieures, chez le spécimen et chez l\u2019opéré.Pour utiliser cette méthode il faut savoir où passe le rayon radiologique central.Le degré moyen de magnifications roëntgenologiques dans nos salles d\u2019opérations et nos départements de rayons X, est de 20%.En conclusion, une lésion placée de 5 à 7 millimètres en direction caudale par rapport au bord postérieur du foramen de Monro, de 15 à 18 millimètres de la ligne médiane et L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 au niveau du 1/3 moyen du troisième ventricule, c\u2019est-à-dire là où une clinique neurochirurgicale a tendance à la placer, laquelle clinique a présentement la plus grande expérience en la matière parce qu\u2019on y a accompli à date près de 350 pallidotomies (9), une telle lésion, dis-je, lèse la portion interne du globus pallidus, les fibres pallido- fuges et le 1/3 externe ou plus du genou de la capsule interne.Comme preuve on a coutume de constater, dans cette clinique et ailleurs, que les parkinsoniens présentant une amélioration notable de leur rigidité et de leur tremblement après une pallidotomie faite à ce niveau, affichent tous une hémi-parésie faciale contralatérale à la lésion, durant la période post-opératoire.L'absence courante d\u2019hémiplégie et de spasticité pyramidale consécutive pourrait être expliquée par la destruction partielle de la capsule interne.Une telle opération aide le parkinsonien, mais je ne crois pas que l\u2019explication en réside dans la destruction isolée du globus pallidus.Seules des sections sériées de plusieurs spécimens d\u2019autopsie aideront à déterminer si l\u2019amélioration est due plus à la destruction de fibres pallidofuges qu\u2019à l'interruption de quelques fibres pyramidales elles-mêmes.Si le globus pallidus était l\u2019unique station de relais de grande importance dans la pathogénie du par- kinsonisme, je me demande pourquoi sa destruction soulagerait seulement le tremblement et la rigidité des membres contralatéraux, et presque jamais les crises oculogyres, le tremblement de la tête et du tronc, le masque facial et l\u2019hypersalivation.Pour trois raisons principales, nous ne prétendons pas avoir accompli un travail stéréo- taxique: a) premièrement, le guide de « ché- mopallidectomie » de Cooper est fixé à la peau seulement et peut glisser au cours du temps opératoire.Donc il n\u2019est pas toujours radiographié dans la même position et de plus, il ne peut être replacé exactement au même endroit lors d\u2019une réintervention.b) Toutes les radiographies du même patient ne sont pas superposables parce que prises sous différents angles et à différentes distances.c) La CREVIER: PALLIDOTOMIE 749 troisième raison est la plus valable: les corrections de l\u2019agrandissement dû à la distance ampoule-plaque ne furent qu\u2019approximatives.Enfin nous ne devrions pas avoir un seul ventriculogramme-patron, mais plusieurs provenant de cerveaux de forme et de volume différents.L'organisation du service devenant plus parfaite, nous pourrons bientôt accomplir de la véritable stéréotaxie, et je crois que l\u2019expérience acquise au cours de ces vingt- cinq opérations nous permettra d\u2019améliorer considérablement nos résultats.En matière de conclusion, que l\u2019on me permette de citer un passage de Paul Bucy: «Il n\u2019existe rien dans mon expérience qui m\u2019incite à croire qu\u2019il est possible d\u2019abolir le tremblement par un procédé autre que l\u2019interruption du systéme pyramidal.» Jusqu\u2019a preuve du contraire, je crois que cette assertion n\u2019est pas entièrement fausse.Note de l\u2019auteur Ce travail n\u2019aurait pu être accompli et publié sans la généreuse et patiente collaboration du personnel de la salle d\u2019opération des hôpitaux St-Jean-de-Dieu et Hôtel-Dieu.BIBLIOGRAPHIE 1.H.R.MEYERS: Surgical interruption of the pallidofugal fibers; its effect on the syndrome of paralysis agitans and technical considerations in its application.New York State J.Med.42: 317 (15 fév.) 1942.2.H.R.MEYERS: A surgical procedure for post- encephalitic tremor, with notes on the physiology of the premotor fibers (abstract).Arch.Neurol.Psychiat ., 44: 455, 1940.3.F.FENELON: Essais de traitement neurochirurgical du syndrome parkinsonien par intervention directe sur les voies extrapyramidales immédiatement sous-striopallidales (anse lenticulaire).Communication suivie de projection du film d\u2019un des opérés pris avant et après l'intervention.Revue Neurol., 83: 437, 1950.4, G.GUIOT et S.BRION: Traitement d:s mouvements anormaux par la coagulation pallidale ; technique et résultats.Revue Neurcl, 89: 578, 1953. = .L\u2019Union Méd.Canada 750 CREVIER: PALLIDOTOMIE Tome 86 \u2014 Juillet 1057 5.H.NARABAYASHI et T.OKUMA: Procaine oil blocking of the globus pallidus for the treatment of rigidity and tremor of parkinsonism.caine into the globus pallidus in hyperkinetic disorders.Science, 119: 417, 1954.Proc.Japan Acad., 29 310, 1953.8.1.S.COOPER et N.POLOUKHINE: Chemopal- 6.E.A.SPIEGEL et H.T.WYCIS: Ansotomy in lidectomy; a neurosurgical technique useful in paralysis agitans, A.M.A.Arch.Neurol.Psych.geriatric parkinsonians.J.Amer.Geriatrics Soc., 71: 598, 1954.3: 839, 1955.7.I.S.COOPER : Intracerebral injection of pro- 9 I.S.COOPER: Communication personnelle. RECUEIL DE FAITS ASPECT CLINIQUE DE ONZE CAS DE TUMEUR CÉRÉBRALE P.-P.JULIEN, F.R.C.P.(C.), Hôpital Maisonneuve Le but de ce travail n\u2019est pas de faire une étude statistique, ou de présenter des cas extraordinaires.Les neuro-chirurgiens de nos hôpitaux pourraient, sur le vif, nous citer beaucoup plus de cas, et nous en décrire, sans doute, de beaucoup plus intéressants.Nous voulons simplement faire comprendre qu\u2019il existe beaucoup plus de tumeurs cérébrales qu\u2019on ne le pense, et qu\u2019avec un peu d\u2019attention, on peut en découvrir un bon nombre de cas, même en clientèle générale.Non spécialisés en la matière, et de ce fait, tous les cas neurologiques ne nous étant pas systématiquement référés, nous avons pu découvrir dans notre modeste clientèle en trois ans, onze cas de cette entité pathologique.De ce nombre, dix étaient des tumeurs cérébrales primitives, une était secondaire mais se présentait cliniquement tout comme si elle eut été primitive.L'âge de nos malades variait de 26 à 64 ans.(Tableau no 1).L\u2019adulte n\u2019est donc pas (Montréal).le seul à en être atteint.Il y en avait six du sexe mâle, et cinq du sexe féminin.Les dia- gnosties pathologiques ont tous été posés, soit à la suite d'intervention chirurgicale, soit à la suite d\u2019examen post-mortem.Le tableau no 1, vous en révèle la nature histologique.Trois de nos malades ne présentaient pas de céphalées (Tableau no 2).Tous les autres No 1 AGE 8EXE DIAGNOSTIC 1 GT.32 Fr MENINGIOME 2 UM, 42 F GLIOME ASTROCYTAIRE 3 A.Q 50 M ASTROCYTOME 4 LR.58 M GLIOBLASTOME 5 JeheGd 61 M GLIOBLASTOME MULTIFORME 6 J.D.42 M ASTROCYTOME 7 CC.49 F METASTASES EPITHELIOMA 8 R.L.58 M ASTROCYTOME 9 E.C.26 M CHORDOME 10 A.C.64 P EPITHELIOMA CHOROIDIEN ?11 C.D.37 F ASTROCYTOME Fo 2 CEPHALEES VOMISSEMENTS POULS 1 G.T.IBITEMPORALES DEPUIS 15 JOURS DÉPUIS 15 JOURS 52 2 U.M, |VERTEX DEPUIS 1 AN 0 76 3 A.Q 0 0 76 4 L.R.0 EN JET 60 5 JeA.G{FRONTALES TEXACES 1 MOIS DEPUIS 1 MOIS 46 6 J.D, |CEPHALEES CONTINUELLES 0 70 7 CoCo [CEPHALEES 1 SEMAINE DEPUIS 15 JOURS 80 8 R.L.|BITEMPORALES 2 MOIS PARFOIS 55=70 9 B.C.|CEFHALEES 6 SEVAINES 0 65 10 A.Ce 0 0 50 11 C.D.[VERTEX 2 MOIS DEPUIS 15 JOURS 88 se plaignaient de maux de tête dunt les caractères pouvaient varier.Le plus souvent, il s'agissait d\u2019une céphalée tenace, progressive.constante, mais dans un cas seulement (N» 11) elle était intolérable.Chez plusieurs, ce symptôme ne fut pas déclaré spontanément.Le cas no 1, entrait à l\u2019hôpital avec un diagnostic de vomissements de la grossesse.Le caractère classique, de vomissements en Jet, ne se retrouvait que chez un seul de nos malades.Cinq ne vomissaient pas du tout et un n\u2019éprouvait ce désagrément que de temps à autre.La lenteur du pouls nous a tout particulièrement intéressés.On décrit cette bradycardie comme étant un signe d\u2019hypertension intra-cranienne.Chez deux de nos malades, 752 un pouls lent, a fait pencher le diagnostic vers une possibilité de tumeur cérébrale, et nous a forcés à pousser plus loin notre investigation.Le no 5 avait un pouls à 46, pourtant il ne présentait pas d\u2019ædème de la papille, la pression du liquide céphalo-rachidien était même normale.Ce n\u2019est que l\u2019artériographie qui est venue à bout de ce problème.La bradycardie du cas No 10 nous a aussi fait suspecter la présence d\u2019une masse cérébrale.Chez elle, il était impossible de faire un fond d\u2019œil à cause de cataractes bilatérales.La radiographie du crâne, confirmait notre opinion, et par après, l\u2019autopsie.Deux de nos malades avaient eu des hallucinations (tableau No 3).L\u2019un, des halluci- JULIEN: ONZE CAS DE TUMEUR CÉRÉBRALE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Et j'en arrive à l\u2019examen du fond d\u2019ceil, cet examen que certains considèrent encore comme étant réservé à la haute spécialité, et qui pourtant devrait être fait de routine chez tous les malades qui méritent un examen médical un tant soit peu sérieux.(Tableau No 4).Six malades présentaient une pathologie grossière du fond d\u2019œil, limitée surtout à la papillee Un œdème dans 5 cas et une atrophie dans l\u2019autre.Quatre patients avaient un fond d\u2019œil normal.Quatre ponctions lombaires seulement ont été faites.À la suite de l\u2019enseignement que nous avons reçu, nous ne faisons jamais une ponction lombaire, pour quelque raison que ce soit, sans avoir fait au préalable, un exa- Ko 5 TROUBLES PSYCHIQUES ET HALLUCINATIONS 1 GT.DIMINUTION DE LA MEMOIRE DEPUIS 1 AN 2 U.M.0 3 A.Q FERTE DE MEMOIRE DEPUIS 6 MOIS 4 R.L.RALENTISSEMENT IDEIQUE DESORIENTE POUR LE LIEU ET LA PERSONNE 5 JeheGe| CONFUSION DESORIENTEE DANS LE TEMPS ET L'ESPACE 6 JeDe SUB - COMATEUX SOMNOLENT T C.C HALLUCINATIONS OLFACTIVES DEPUIS 1 SEMAINE 8 Role HALLUCINATIONS VISUELLES 9 EC 0 10 A.Ce 0 11 CoDe 0 nations olfactives, l'autre, des hallucinations visuelles.Pour deux ou trois jours, trois semaines avant son admission, ce dernier malade nous racontait avoir vu au plafond de sa chambre, des multitudes de petits insectes, par la suite de nombreux singes faisant des pirouettes.Quelques jours plus tard, il lui semblait voir tout à côté de lui, des portraits de gens habillés à la mode de 1900 et portant tous, la moustache si caractéristique de cette époque.On connaît la valeur diagnostique et localisatrice de ces différentes hallucinations.Tous les autres malades présentaient des troubles pyschiques quelconques, sauf le No 10.No 4 FONDS D'OEIL 1 GoTo |OEDEME ENORME BILATERAL DE LA PAPILLE 2 U,Ms |ATROPHIE OPTIQUE 3 AeQe |NORMAL 4 LeRe |OEDEME DE LA PAPILLE A GAUCHE (APRES LA P.L.) 5 JeAeGe| NORMAL 6 JeDe |OEDEME BILATERAL DE LA PAFILLE 7 CeCe |OEDEME BILATERAL DE LA PAPILLE 8 R.Le [NORMAL 9 E.Ce |OEDEME DE LA PAPILLE À GAUCHE 10 A.C.|IMPOSSIBLEs REs CATARACTES BILATERALES 11 C.D.NORMAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 men du fond d\u2019œil.Si à la suite de cet examen, la papille nous paraît le moindrement suspecte, la ponction lombaire est différée.Le numéro quatre, avait une pression du L.C.R.à 240 mm d\u2019eau, un œdème de la papille s\u2019est d\u2019ailleurs déclaré sept à huit No 5 PONCTION LOMBAIRE FOULS Tohe 1 GoTe ° 52 120/80 2 UM.0 76 115/80 5 AeQe 0 76 110/80 4 LoRe P,I.240 PANDY + 60 115/80 5 JoheGe| P = 190 46 135/65 6 JD.0 70 130/80 T CeCe 0 80 130/80 8 ReLe P = 340 PANDY +++ 55=70 190/105 9 EcCe 0 50 115/80 10 AcCe 0 50 210/100 11 C.D.P= 180 PANDY + 88 140/100 jours plus tard.Nous nous permettons ici de nous opposer à ceux qui ne craignent pas de prendre la pression du liquide céphalo-rachidien et de continuer à faire monter ce liquide dans le monomètre même quand le chiffre de 250 mm d\u2019eau est atteint.Nous admirons le sang froid qu\u2019ils montrent de ne pas craindre d\u2019exposer à une mort subite le malade qu\u2019ils sont en train d\u2019examiner.JULIEN: ONZE CAS DE TUMEUR CEREBRALE 753 La radiographie du crane, il va sans dire, nous a aidé énormément, à poser un diagnos- tie de tumeur cérébrale.Une déviation de la pinéale d\u2019un côté ou de l\u2019autre, suggère qu\u2019une masse peut être responsable de cette déviation (Tableau no 6).Dans d\u2019autres cas, une érosion des apophyses clinoïdes, ou une destrue- tion de la selle turcique traduit radiologique- ment une augmentation de la pression intra- cranienne.Il est plutôt rare que la masse soit visible directement à la radiographie, comme ce fut le cas chez notre première ma- lade.(Photo) Il s\u2019agit alors, le plus souvent, d\u2019un méningiome ou d\u2019un tuberculome.L\u2019artériographie ou la ventriculographie, Fo 6 MIIOGRAPHIE DU CRANE 1 GoTo MASSE CALCIFIEE REGION PARIETALE POSTERIEURE.EMOSION DU PLANCHER ET DES CLINOIDES 2 UsMe DECALCIFICATION DR LA SELLEJDU PLANCHER,DU DOS,DES APOPHYSES DE LA SBLLE TURCIQUE J AQ PINEALE DEVIEE A 5 MMS A DROITE 4 LoRe NEGATIF 5 JeheGe NEGATIF 6 JoDe FEGATIF 7 CoCo NEGATIF 8 Rel.0 9 RC.SELLE TURCIQUE DECALCIFIEE ET DEPORMEE, PORTION POSTERIEURE DU ROCHER DECALCIFIEE ee EROSION DES CLINOIDES POSTERIEURES, PINEALE DEVIEE A 5 MMS A DROITE 11 CoDe 0 754 demeurent incidemment les examens les plus précieux pour non seulement prouver l\u2019existence d\u2019une tumeur cérébrale, mais aussi pour la localiser exactement.Les sept cas où ces examens furent pratiqués (tableau no 7) se JULIEN: ONZE CAS DE TUMEUR CÉRÉBRALE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 l\u2019après-midi du jour, où elle nous faisait la désagréable surprise de décéder subitement.Voilà donc les onze cas de tumeurs cérébrales que nous avons eus, accompagnés de quelques considérations cliniques que nous No 7 ARTERIOGRAMME ET VENTRI CULOGRAMME 1 GoTo 0 2 UM, A.DEMONTREs ADENOME PITUITAIRE PROBABLE 3 AeQe A+SUGGERE IMPORTANTE MASSE INTRAHEMISPHERIQUE FRONTALE GAUCHE 4 LR.A.SUGGEREs TUMEUR CEREBRALE GAUCHE 5 JeÂcGe [A.ARTERE CEREBRALE MOYENNE DROITE DEPORTEE AU-DELA DE LA LIGNE MEDIANE A.ARTERE CEREBRALE ANTERIEURE DEPORTEE DE DROITE VERS LA GAUCHE Ve SUGGEREs TUMEUR TEMPORALE FAISANT HERNIE DANS LE VENTRICULE DROIT 6 JD.7 CeCe |A.SUGGERE UNE MASSE CEREBRALE DROITE 8 ReLe 9 EC.0 10 AcCe 0 11 CoDe 0 sont tous révélés positifs.La masse visible chez la lére malade, ne nécessitait pas d\u2019autres examens.La dixième malade était en coma et décédait en quelques heures.La onzième devait subir une artériographie dans avons crues intéressantes.Nous tenons à remercier le docteur C.Goulet des grands services qu\u2019il nous a rendus dans la préparation de ce travail. ÉVIDEMENT RADICAL DU COU AVEC OU SANS HEMIMANDIBULECTOMIE PRESENTATION DE HUIT CAS.Yves MARTINEAU, F.R.C.S.(C.), Chirurgien à l\u2019hôpital Maisonneuve (Montréal).Les considérations contenues dans le présent exposé émanent de la modeste expérience acquise au cours du traitement de cancers de la cavité buccale.Plusieurs disciplines chirurgicales se sont intéressées dans le passé au problème de ces lésions de la bouche, aus- s1 bien pour traiter la maladie primitive que pour tenter l\u2019éradication des métastases régionales.Dans la plupart des cas qui font l\u2019objet du présent travail, la lésion primitive a été traitée et guérie par une forme d\u2019irradiation et le traitement chirurgical a été dirigé de façon élective contre les métastases cervicales.Nous nous proposons d\u2019exposer les indications de l\u2019évidement ganglionnaire cervical et les critères qui imposent la résection partielle ou segmentaire du maxillaire inférieur.Il est généralement admis qu\u2019une lésion néoplasique située sur les lèvres ou dans la bouche peut être contrôlée par la chirurgie ou par irradiation selon sa localisation et ses caractères histopathologiques.Il faudra envisager séparément le traitement des lésions primitives et celui des métastases cervicales.Notre présente série comprend huit cas d\u2019évidement radical du cou, dont deux cas ont subi, en plus, une résection segmentaire du maxillaire inférieur.Ces malades ayant tous été opérés en 1956, il ne s\u2019agira forcément que d\u2019un rapport préliminaire.Deux cas ont été traités pour épithélioma spinocellulaire de la lèvre inférieure et un cas pour une tumeur analogue de la commissure labiale droite.La conduite du traitement a été identique dans les trois cas précités.La lésion primitive a été contrôlée par radio-thérapie externe et les métastases cervicales ont été traitées chirurgicalement par un évidement radical du cou.Dans ces cas, la dissection radicale du cou est indiquée dans les conditions suivantes, que nous considérons essentielles: 1- La lésion primitive doit être contrôlée avant d\u2019entreprendre le traitement des métastases.Fig.1.\u2014 Radiographie d\u2019un malade dont la symphise mentonnière a été réséquée et remplacée par une prothèse métallique temporaire.2.- Il ne doit pas y avoir de métastases à distance.Ces dernières sont éliminées par un examen clinique soigné et par une série mé- tastatique radiologique incluant une radiographie des poumons, du crâne, du maxillaire inférieur, de la colonne dorso-lombaire et du bassin.d.- Le malade doit avoir un état général satisfaisant.4.- La nature maligne de la lésion métasta- tique doit être confirmée par une biopsie au moment de l\u2019intervention. 756 Chez l\u2019un de ces cas, il a fallu réséquer un segment important du maxillaire inférieur au niveau de la symphise mentonnière et pratiquer un évidement ganglionnaire des deux loges sous-maxillaires.Notons immédiatement que les critères qui commandent une résection plus ou moins étendue du maxillaire inférieur, sont les suivants: A B Fig.2.\u2014 Photographie d\u2019un malade porteur d\u2019une métastase sous-maxillaire d\u2019un épithélioma spino-cel- lulaire du palais.\u2014 A: avant l'intervention.B: après évidement cervical et résection partielle du maxillaire inférieur.1.- Quand le processus tumoral a envahi le revêtement muqueux du maxillaire inférieur, l\u2019os doit être considéré comme atteint.2.- Seul le cancer avancé produit une érosion de l\u2019os décelable radiologiquement.Il en résulte donc qu\u2019une radiographie négative du maxillaire inférieur ne signifie pas néces- salrement absence de métastases osseuses.Fig.3.\u2014 Photo d\u2019un malade ayant subi un curage ganglionnaire du cou pour une métastase sous-maxil- laire d\u2019un épithélioma de la lèvre inférieure.MARTINEAU: ÉVIDEMENT RADICAL DU COU L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 d.- La fixation de la tumeur au maxillaire impose une résection osseuse.4.- À fortiori, s\u2019il existe une érosion osseuse, la résection segmentaire est-elle impérieuse.5.- Au surplus, s\u2019il existe une destruction osseuse visible radiologiquement, une hémi- mandibulectomie avec désarticulation tempo- ro-maxillaire est indiquée.Cette technique est Precuricular Upper deep juguler + on ma, à Intracapsular .submaxillary parotid -N\\_______ - (60 ; / occipital Ant spinal- accessory Subdigastrié\u201d Submental of -f- Mid.dee Post spinal-\u2014< ; [gular accessory _ Lower deep jugular | \u2018 Transverse cervical Fig.4 \u2014 Dessin montrant les différents groupes ganglionnaires qui doivent être enlevés lors d\u2019un évidement radical du cou pour un carcinome de la lèvre ou de la bouche.réservée aux cas ou on a raison de croire que le canal dentaire inférieur est envahi par des cellules cancéreuses.Un autre cas de métastases cervicales avait comme lésion primitive un épithélioma spino- cellulaire situé à la jonction du palais dur et du palais mou du côté gauche.Le traitement de la lésion primitive s\u2019est, effectué par Roentgenthérapie endo et exobuccale et les métastases régionales ont été enlevées en bloc par un évidement radical du cou.Dans ce cas particulier, 11 a fallu pratiquer une résection segmentaire du maxillaire inférieur, car la métastase sous-maxillaire gauche était fixée au bord inférieur du maxillaire inférieur.Deux autres cas faisant l\u2019objet du présent exposé sont des épithéliomas spino-cellulaires de la langue avec métastases cervicales présentes au moment du premier examen.Dans L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 l\u2019un de ces cas, la lésion primitive a été traitée par roentgenthérapie externe et radium- puncture.Une fois celle-ci contrôlée, l\u2019évidement ganglionnaire cervical a été pratiqué du côté gauche.Mais comme la paroi de la carotide interne était envahie à l\u2019intervention, de la radiothérapie externe post-opé- ratoire a été administrée.L\u2019autre cas de cancer de la langue a été confié à la chirurgie pour traiter et la lésion primitive et la lésion métastatique par un évidement en bloc de la région cervicale intéressée associée à une hémiglossectomie sans résection du maxillaire inférieur.À noter que chez ce malade, il a été jugé opportun de pratiquer une trachéotomie élective.Il convient de mentionner ici que le cancer de la langue tient le 2e rang en fréquence, après celui de la lèvre inférieure, parmi les lésions malignes de la cavité buccale.De plus, il présente des métastases cervicales précoces et souvent adhérentes aux structures profondes du cou et au maxillaire inférieur.Plus de 60% des malades ont des métastases lors du premier examen ou en développent plus tard.Pour ces raisons, l\u2019évidement prophylactique des métastases cervicales d\u2019un cancer de la langue est justifiable avant méme l\u2019apparition clinique d\u2019adénopathie.Mais certains auteurs croient qu\u2019il faille attendre même dans les cancers de la langue l\u2019apparition des métastases avant d\u2019imposer au malade une telle intervention.Enfin l\u2019indication qui nous a amené à pratiquer un curage du cou dans les deux derniers cas a été, d\u2019une part, une métastase intraparotidienne d\u2019un mélanome malin ré- tro-auriculaire et, d\u2019autre part, une forme localisée de maladie de Hodgkin.En ce qui concerne cette dernière indication, je me dois de faire remarquer que la masse cervicale unilatérale, cliniquement localisée, provoquait une déviation marquée du larynx et de la trachée et donnait des troubles de dysphonie, de dyspnée et de dysphagie.À la suite de rapports encourageants publiés par Jackson et Parker, Sugar Baker et Craver, nous avons pratiqué l\u2019exérèse de cette masse de ganglions agglomérés à localisation cervicale gauche.MARTINEAU: ÉVIDEMENT RADICAL DU COU 757 Parmi les points intéressants à mentionner en regard de cette chirurgie, il faut attirer l\u2019attention sur la faible mortalité opératoire.Chez les huit cas présentés 1c1, 11 n\u2019y eut aucune mortalité opératoire ou post-opératoire immédiate, en dépit du fait que quatre de ces malades étaient âgés de plus de 70 ans.De plus il est étonnant de constater le peu de shock opératoire causé par cette intervention.Le malade est habituellement ambulant dès le lendemain de l\u2019intervention.Quand il nous faut réséquer un segment du maxillaire inférieur, une broche de Kirshner est utilisée comme prothèse temporaire.Certains chirurgiens l\u2019ont conservée de façon permanente sans aucun inconvénient pour le malade, mais nous préférons enlever ces corps étrangers quelques semaines après l\u2019intervention alors que les tissus mous environnants sont bien guéris.Nous revoyons ces malades tous les mois pour suivre leur évolution.Un seul malade est décédé à date de sa maladie cancéreuse, soit quatre mois après l'intervention.Il s'agissait d\u2019un épithélioma avancé de la langue avec métastases cervicales présentes lors du premier examen.Un autre malade qui ne montrait aucun signe de récidive est décédé à la suite d\u2019une thrombose cérébrale, trois mois après l\u2019intervention.Parmi les complications possibles post-opé- ratoires, il faut mentionner la paralysie partielle de la face par section de la branche mandibulaire du nerf facial et la paralysie du trapèze avec chute de l\u2019_épaule correspondante par section du nerf spinal.Il existe parfois des hyperesthésies du cou et de l\u2019épaule et un certain déficit esthétique par résection seg- mentaire du maxillaire inférieur.Ces ennuis possibles doivent être exposés au malade avant l\u2019opération.En conclusion, l\u2019évidement radical du cou avec ou sans résection du maxillaire est une intervention qui doit être pratiquée sans hésitation quand elle est indiquée, parce que la mortalité opératoire est basse, qu\u2019elle augmente le taux de guérison et qu\u2019elle cause des inconvénients relativement peu importants en regard des avantages qu\u2019elle peut 758 procurer.Ces données paraissent avoir été confirmées par l\u2019étude de huit cas opérés depuis un an à l\u2019Hôpital Maisonneuve.BIBLIOGRAPHIE 1.Oliver H.BEAHRS, J.D.GOSSEL et W.H.HOLOINSHEAD: Technique and Surgical Anatomy of Radical Neck Dissection.Am.J.of Surg., 90: 490, 1955.2.J.B.BROWN et F.McDOWELL: Neck Dissection for metastatic carcinoma.Surg, Gyn.and Obst., 79: 115, 1944.3.E.W.FRIEDMAN et M.R.EWING: Operation for cancer of head and neck.Arch.of Surg., 71: 706, 1955.4.H.MARTIN: Radical Surgery in cancer of the Head and Neck.Surg.Clinics of North Amer, 33: 329, 1953.5.Robert S.POLLACK: The combined operation for Head and Neck Cancer.Annals of Surg., 141: 469, 1955.6.J.J.CONLEY: A technique of immediate Bone grafting in the treatment of benign and malignant tumors of mandible.Cancer, 6: 568, 1953.MARTINEAU: EVIDEMENT RADICAL DU COU L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 7.M.J.HEALY, J.SUDBAY, H.H.NIEBEL.B.M.HOFFMAN et M.K.DUVAL: The use of acrylic implants in one stage reconstruction of the mandible.Surg., Gynec.and Obst.98: 395, 1954.8.H.E.MARTIN, B.Del VALLE, H.EHRLICH et W.G.CAHAN: Neck Dissection.Cancer, 4: 441, 1951.9.WOOKEY, H.C.ASH, W.K.WELSH et R.A.MUSTARD: The treatment of Oral Cancer by a combination of radiotherapy and surgery.Ann.of Surgery, 134: 529, 1951.10.Harry C.SALTZSTEIN: Positioning the patient for neck operations.Surgery, 47: 806, 1955.11.J.E.WARD et J.O.ROBBEN: The composite operation for Radical Neck Dissection and Removal of Cancer of the Mouth.Cancer 4: 98, 1951.12.D.P.SLAUGHTER et H.W.SOUTHWICK: En bloc Resection of Cancer of the Mouth and Cervila Lymphatics with Preservation of the Mandible.Annals of Surg., 136: 957, 1952.13.ROUVIERE: Anatomie du systéme lymphatique humain.14.J.C.B.GRANT: An Atlas of Anatomy- \u2014 Method of Anatomy.J ASTHME ET PREDNISONE Maurice COMEAU, F.R.C.P.(C.), et Fernand GREGOIRE, F.R.C.P.(C.), F.C.C.P., Institut Lavoisier (Montréal).Cette étude sommaire n\u2019a pas la prétention de dire le dernier mot en ce qui concerne les applications des stéroides dans le traitement de l\u2019asthme.Nous voulons simplement faire part de notre expérience personnelle après deux ans d\u2019utilisation de l\u2019un d\u2019eux à savoir: la prednisone.Bien que la prednisone, autant que les autres stéroïdes d\u2019ailleurs, n\u2019amène pas la guérison définitive, elle est, après la désensibilisation spécifique (ou mieux hyposensibilisa- tion) l\u2019une des plus grandes acquisitions dans la thérapeutique de l\u2019asthme.Nous l'avons administrée à des centaines de malades et la communication actuelle s\u2019appuie sur 25 cas, 10 hommes (de 17 à 71 ans) et 15 femmes (de 14 à 67 ans) qui ont été contrôlés de plus près du point de vue des électrolytes, du poids, de la pression artérielle, de la capacité respiratoire maximale, du volume pulmonaire, et de l\u2019évolution quotidienne de la maladie.La dose d\u2019attaque a varié de 30 à 40 mg par jour, diminuant de façon progressive suivant l\u2019évolution, pour en arriver à une dose d\u2019entretien de 5 à 15 mg par Jour.La dose d\u2019attaque s\u2019est prolongée de 2 à 8 jours et chez deux patients seulement, jusqu\u2019à 12 jours.Observation.Monsieur O.G.(No 2129) 71 ans, contremaître encore actif, se présente à la clinique externe le 3 juin 1955.L'histoire de bronchite asthmatique remonte à 10 ans et se manifeste L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 par de la toux, des expectorations blanchä- tres et du wheezing respiratoire.Les crises, d\u2019allure paroxystique sont plus fréquentes l\u2019hiver et la nuit.Il aurait perdu 20 livres durant les derniers six mois.L\u2019appétit est très médiocre et la dyspnée est très marquée après les repas.Examen objectif Poids: 140 livres.Apparence: Amaigrie, très dyspnéique.Hy- perhémie du rhinopharynx.Les poumons sont remplis de sibilances et de ronchi aux deux plages et aux deux temps de la respiration.Le murmure vésiculaire est diminué aux deux bases.Cœur: Rythme cardiaque, régulier 90/min.; T.A.: 135/80.Analyse Urine: Normale.Hémogramme: Globules rouges 5 220 000; Hémoglobine 100%; Valeur globulaire 0,96.Globules blancs 8 000; Neutrophiles 68% ; Lymphocytes 22% ; Eosinophiles 10%.Sédimentation globulaire: 16 mm.à l'heure (Cutler).B.W.: Négatif; Azotémie: Glycémie: 96 mg %.Analyse des expectorations: B.K.négatif.Une culture négative.Flore microbienne: Croissance abondante d\u2019un streptocoque du groupe viridans, croissance faible de Neisseria sp.Sensibilité sur flore mixte: Pénicilline; auréomycine, érythrocine et terramycine.Mycoses : négatives.Absence d\u2019éosinophiles et de corps asthmatiques.Radiographie pulmonaire: Voile homogène couvrant le tiers supérieur des deux poumons.Il peut s'agir de cicatrices de lésions anciennes.(Dr Marc Geoffroy).Epreuves d\u2019allergie (intradermo-réaction) : \u2014\u2014+ poussière et moisissures; + plumes.30 mg %; Ophtalmologie et Oto-rhino-laryngologie Nez: Petits polypes bilatéraux ne causant pas d\u2019interférence avec la respiration nasale.Quelques sécrétions aqueuses.COMEAU er GREGOIRE: ASTHME ET PREDNISONE 759 Opinion: Rhinite allergique.(Dr Raymond Blais).Epreuves de physiologie pulmonaire Capacité respiratoire maximale: 34 litres/ min.pour un prédit de 101 litres/min.Volume pulmonaire avant traitement, 9-6-55.Normal Capacité totale .6.06 5.15 Capacité vitale possible.1.69 3.89 Réserve fonct.résiduelle.4.96 1.94 Réserve expirateur .51 0.68 Capacité résiduelle .4.45 (73.4%) 1.26 (24.5%) Volume pulmonaire après 6 jours de traitement.Normal Capacité totale .5.89 5.15 Capacité vitale possible 3.54 3.89 Capacité fonct.résiduelle 3.55 1.94 Réserve expiratoire .\u2026.1.20 0.68 Capacité résiduelle .\u2026\u2026 2.35 (39.9%) 1.26 (24.5%) Méticorten (5 mg) 40 mg par jour, commencé le 9/6/55.Evolution Le 10/6/55 13844 lbs.Amélioration subjective.Auscultation pulmonaire, la méme.T.A.125/80.Le 11/6/55 142 lbs.Amélioration subjective plus marquée; amélioration objective, les ronchi lèvent à la toux; le murmure vésiculaire demeure diminué.Le 13/6/55 14415 lbs.Condition subjective stationnaire; objectivement, augmentation des sibilances, augmentation du poids, sans œdème.La T.A.a passé de 125/80 le 10, à 170/85.Le 14/6/55 14415 lbs.Absence de sibilances, sauf quelques-unes après la toux.Subjectivement très bien.Le 15/6/55 14415 lbs.Poumons clairs.Murmure vésiculaire diminué à gauche.Poids stationnaire, aucun œdème.Tension artérielle: 150/80.À noter que près de deux ans après, le patient prend encore du méticorten de façon intermittente. 760 #4 x Dans les cas d\u2019asthme infectieux nous avons toujours ajouté un antibiotique choisi autant que possible, à moins d\u2019urgence, d\u2019après l\u2019an- tibiogramme.En effet, la prednisone inhibe les réactions antigéne-anticorps.En allergie, cette inhibition est désirable, mais dans l\u2019infection, elle freine le mécanisme de défense naturelle et devient ainsi une arme à deux tranchants.La prednisone a l\u2019avantage de ne pas troubler aussi profondément que l\u2019ACTH, la cortisone et l\u2019hydrocortisone, le métabolisme des électrolytes et de l\u2019eau et peut ainsi s\u2019administrer avec une diète ordinaire.Quant à son action sur les surrénales elle se compare à celle de la cortisone en ce qu\u2019elle provoque une certaine atrophie du cortex surrénalien et diminue sa réponse à l\u2019'ACTH.(C.F.Christy et coll.The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, XVI: 1059 (août) 1956).Afin d\u2019obvier à cet inconvénient, il faut avouer que chez nous à l\u2019Institut Lavoisier, COMEAU er GREGOIRE: ASTHME ET PREDNISONE L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 nous utilisons surtout la corticotrophin et réservons la prednisone pour les cas d\u2019hypertension, de défaillance cardiaque ou encore pour ceux qui ne peuvent tolérer une diète sans sel.L\u2019amélioration clinique s\u2019est manifestée par une diminution et souvent une disparition des cerises.Dans les cas suivis, nous n\u2019avons pas noté d\u2019augmentation importante du poids, et n\u2019avons trouvé qu\u2019un seul cas de \u201cMoon Face\u201d après quatre mois d\u2019une dose d\u2019entretien.Il faut signaler que tous les patients voient leur appétit augmenter et que l\u2019augmentation du poids est plutôt due à l\u2019augmentation de la diète qu\u2019à une rétention sodée.Il n\u2019y a eu aucune augmentation importante de la pression artérielle, ni apparition d\u2019ulcère, de diabète et de psychose.EN CONCLUSION, il est certain que la pred- nisone a sa place dans le traitement de l\u2019asthme surtout comme dose d\u2019entretien chez les gens qui ne peuvent se faire donner des injections ou qui ont tendance à la rétention d\u2019eau et de CINa.RUPTURE UTERINE! Gilles HEBERT, Gynécologue, hépital Maisonneuve (Montréal).La rupture utérine est une complication obstétricale trés sérieuse, souvent tragique, mais heureusement rare.Malgré son incidence relativement peu fréquente, la rupture utérine est encore considérée dans les grands centres d\u2019obstétrique et de gynécologie, comme responsable d\u2019environ 5% de la mortalité maternelle en obstétrique.Selon Greenhill, la fréquence des ruptures utérines serait à la hausse, et ceci serait dû surtout aux césariennes antérieures, à l\u2019emploi des ocytociques et aussi aux différentes manœuvres obstétricales, telles les versions internes et les extractions hautes par forceps.1.Travail présenté à la réunion scientifique du Bureau médical de l\u2019hôpital Maisonneuve, le 30 mars 1957.Malgré la rareté de cette complication, nous avons eru bon choisir ce sujet parce que nous avons eu l\u2019occasion depuis huit mois d\u2019intervenir sur deux cas de ruptures utérines que nous résumerons plus loin.ETIOLOGIE Comme étiologie, les ruptures de l\u2019utérus durant le travail sont de deux ordres: 1° les ruptures spontanées.2° les ruptures traumatiques.Dans les différents travaux publiés à ce sujet, on est sensiblement d\u2019accord sur le fait qu\u2019environ 50% des ruptures utérines surviennent chez des patientes ayant déjà eu une césarienne.De ce nombre, environ 30% seraient des L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 ruptures spontanées tandis que l\u2019autre 20% serait dû à un traumatisme obstétrical, le plus souvent une version ou une extraction laborieuse par forceps.Comme principaux facteurs prédisposant aux ruptures utérines, à côté des césariennes, mentionnons les myomectomies, la grande multiparité, l\u2019usage non contrôlé et abusif du pitocin, les mauvaises positions fœtales, les disproportions céphalo-pelviennes et enfin les anomalies ou monstruosités fœtales.Une histoire antérieure d\u2019avortement septique ou d\u2019infection post-partum, et méme de curettages répétés doit aussi nous faire craindre à une faiblesse toujours possible de la paroi utérine.Au sujet de la prédisposition due aux césariennes antérieures, on a aussi noté une plus grande incidence de rupture dans la césarienne corporéale ou classique que dans la césarienne tranversale basse qui se généralise de plus en plus de nos jours.Non seulement la césarienne corporéale offre un plus grand danger de rupture mais cette rupture est plus foudroyante et rend le pronostic encore plus sombre pour la mère.FRÉQUENCE Au point de vue fréquence, les multipares seraient huit fois plus sujettes que les primipares et le danger augmenterait avec le nombre de grossesses.Ceci est attribué à l\u2019affaiblissement des fibres musculaires, ainsi qu\u2019aux cicatrices des points d\u2019insertion placentaire des grossesses antérieures.On a aussi noté que les femmes obéses étaient plus spécialement prédisposées aux ruptures.PATHOLOGIE La pathologie divise les ruptures en deux groupes: 1° complètes.2° incomplètes.Une rupture est complète lorsque le péritoine est aussi rupturé et que la cavité abdominale est intéressée.Les ruptures incomplètes, d\u2019autre part, n\u2019in- HÉBERT: RUPTURE UTÉRINE 761 téressent pas le péritoine, mais dans ces dernières nous assistons à la formation d\u2019hématomes importants, rétro-péritonéal ou intra- ligamentaire, dans les ligaments larges.Souvent, d\u2019ailleurs, ces hématomes forceront le péritoine au point de le faire éclater et transformer ainsi une rupture incomplète en complète.La paroi utérine antérieure est la plus souvent intéressée, puis en second lieu, ce sont les parois latérales.Il est très rare qu\u2019une rupture puisse se produire à la paroi postérieure.Etant donné l\u2019extrême minceur du segment inférieur au terme de la grossesse, et surtout durant le travail, il est facile de comprendre pourquoi dans ces ruptures, la vessie est souvent intéressée et peut même parfois être rupturée.On pourra ainsi retrouver dans la cavité abdominale, en plus du fœtus et d\u2019une grande quantité de sang, du méconium, du liquide amniotique et de l'urine.SYMPTOMATOLOGIE Au point de vue de la symptomatologie, cette dernière sera variable selon le mode de rupture.En effet, une rupture peut parfois se produire très lentement et graduellement avec peu de symptômes au début, et c\u2019est particulièrement dans ce cas où une surveillance étroite et alerte est nécessaire pour prévenir une catastrophe.Cependant le plus souvent la rupture se produit rapidement et violemment, surtout durant les premières heures du travail.La patiente accusera alors une forte douleur persistante à l\u2019étage inférieure de l\u2019abdomen, puis le tableau changera brusquement: par l\u2019hémorragie surtout interne, le choc s\u2019installera rapidement avec toute sa symptomatologie.Enfin, dans d\u2019autres cas, plus rares toutefois, on pourra avoir une petite rupture utérine quasi asymptomatique au début et qui sera simplement découverte lors d\u2019une lapara- tomie pour péritonite et iléus paralytique persistant, dans les suites post-partum. 762 DIAGNOSTIC En général, le diagnostic des ruptures utérines n\u2019est pas toujours des plus faciles et est souvent confondu avec celui des décollements placentaires prématurés ou encore des placenta praevia.De toute façon étant donné que chacun de ces états commande une intervention d'urgence, l\u2019erreur de diagnostic n\u2019est pas d\u2019une extrême importance.PRONOSTIC Il est toujours grave, mais heureusement, de nos jours, l\u2019amélioration de la pratique obstétricale, le diagnostic précoce, les antibiotiques, la banque de sang, et l'intervention chirurgicale immédiate, tous ces facteurs ont grandement contribué à l\u2019abaissement du taux de mortalité dans ce domaine.Voici en résumé les deux cas que nous avions à rapporter.Observation 1.Mme F.L., 35 ans.Multipare, ayant subi une césarienne corporéale cinq ans auparavant.À eu deux accouchements normaux à terme depuis ce temps.Nous avons vu cette patiente dès son arrivée à l\u2019hôpital.Elle avait été dirigée d\u2019urgence pour hémorragie et choc important survenu au cours d\u2019un accouchement qui venait d\u2019avoir lieu dans une maternité privée.À son arrivée, la patiente est très pâle, agitée, dyspnéique, en anémie profonde.Le pouls est filant et nous ne parvenons pas à prendre la pression artérielle.L\u2019abdomen est douloureux, sous tension avec sensation de flot intra-abdominal.Devant ce tableau et avec l\u2019histoire d\u2019une césarienne antérieure, nous croyons être en face d\u2019une rupture utérine et la patiente est immédiatement dirigée vers la salle d\u2019opération pour dissection veineuse, transfusions sous pression et laparatomie.À l'ouverture de l\u2019abdomen, on y trouve une très grande quantité de sang, l\u2019utérus est rup- turé sur sa face antérieure et ouvert à la façon d\u2019un livre.L\u2019hystérectomie sub-totale est donc pratiquée d\u2019urgence.Une fois l\u2019intervention terminée, la patiente demeurait HÉBERT: RUPTURE UTÉRINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 toujours dans un état de choc profond, irréversible.Quelques minutes plus tard nous constations le décès.Observation 2.Mme R.D., grande multipare de 43 ans, dirigée d'urgence à l\u2019hôpital en hémorragie importante; il s\u2019agit d\u2019une dix-septième grossesse à terme.La patiente a commencé son travail normalement à domicile, vers sept heures a.m., contractions irrégulières.Vers neuf heures a.m., début d\u2019hémorragies vaginales peu importantes.Vue par son médecin deux heures plus tard, lequel fait un examen, rupture les membranes et administre du pito- cin.Vers une heure p.m., le travail ne semblant pas progresser et la patiente saignant de plus en plus abondamment, on décide alors son transport d\u2019urgence à Maisonneuve.A son arrivée, la patiente est vue par l\u2019obstétricien de garde qui constate la présence d\u2019un col épais, dilaté à trois cm.Aucune présentation fœtale n\u2019est palpable par toucher vaginal et l\u2019on note la présence de tissus qui semble être de nature placentaire lequel obstrue l\u2019orifice cervical.Devant ce tableau et l\u2019hémorragie toujours en cours, un diagnostic de décollement placentaire complet est le plus plausible et nous sommes demandés pour pratiquer une césarienne d\u2019urgence.A l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, nous tombons directement sur un fœtus mort flottant librement dans une cavité abdominale remplie de sang.On constate alors la présence d\u2019une importante rupture utérine de la paroie latérale droite, avec déchirure importante du ligament large de ce côté ainsi que du péritoine pariétal le long du flane droit de l\u2019abdomen.Une hystérectomie sub-totale d'urgence est pratiquée au cours de laquelle la patiente recevait 2000 ce de sang.Heureusement dans ce cas, la patiente fut sortie rapidement de son choc et les suites opératoires furent sans incident grave.* TRAITEMENT.Au sujet du traitement de la rupture utérine, la prophylaxie joue un rôle important. [Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Certains préconiseront pour prévenir cette complication, la poursuite de la politique de la majorité des centres américains: \u201cOnce a cesarean, always a cesarean\u201d c\u2019est-à-dire de toujours pratiquer des césariennes électives, avant terme, chez toutes les parturiantes ayant déjà eu une césarienne.On rapporte même dans certains milieux des 1Ce et même 12e césariennes consécutives chez la même patiente.Depuis quelques années cependant, on a changé de politique dans certains centres au sujet des césariennes à répétition, et l\u2019on préfère maintenant donner tout de même une épreuve de travail à ces patientes.Cosgrove du \u201cMargaret Hague Hospital\u201d rapporte qu\u2019en un an, dans cette institution, au moins 35% des cas de césarienne antérieure ayant eu une épreuve du travail, ont accouché sans incident par les voies naturelles.Chez l\u2019autre 65%, on a dû recourir de nouveau à la césarienne.Au sujet de ces différentes politiques, naturellement chaque cas doit être jugé séparément et tout dépend des raisons qui ont motivé la première césarienne.HÉBERT: RUPTURE UTÉRINE 763 Il faut toujours avoir à l\u2019esprit cependant que même si une patiente a accouché une ou deux fois normalement après une césarienne, elle n\u2019est pas à l\u2019abri d\u2019une rupture utérine lors d\u2019un accouchement subséquent, au contraire.En terminant, nous voulons attirer l\u2019attention sur l\u2019importance pour ces patientes d\u2019être suivies au cours de leur travail dans un milieu spécialisé, prêt à toute éventualité et toute urgence chirurgicale.BIBLIOGRAPHIE GREENHILL-DELEE: Principles and Practice of obstetrics.Dixième édition, 1951.GREENHILL: Year Book of Obst.and Gyn.1953- 54, 1956-57.MEREDITH: (Juillet) 1955.BAK et HAYDEN: Am.J.Obst.and Gynec., 70: 961 (novembre) 1955.MAISEL et BALDWIN: Am.J.Obst.and Gynec., 72: 25 (juillet) 1956.VOOGD, WOOD et POWELL: Obst.and Gynec., 7: 70 (janvier) 1956.BURKONS: Obst.and Gynec., 7: 675 (juin) 1956.Am.J.Obst.and Gyn., 70: 84 REVUE GÉNÉRALE LES COURBES DE DILUTION DANS LES CARDIOPATHIES CONGÉNITALES ! Emilien LABELLE, Chef du service de physiologie cardio-pulmonaire, Hôpital Sainte-Justine (Montréal).Les courbes de dilution appliquées au diagnostic des cardiopathies congénitales constituent une modalité toute récente d\u2019une vieille technique d\u2019études hémodynamiques: sur fond clair, si nous remontons d\u2019abord à l\u2019origine de la méthode de la dilution; puis, en suivant rapidement son évolution, nous rencontrerons les principes fondamentaux.Une Fig.1.\u2014 Le volume (V) d\u2019un liquide contenu dans un récipient peut être déterminé en y introduisant une quantité connue d\u2019un indicateur (I).Après dilution, la concentration (C) d\u2019un échantillon est déterminée.Le rapport de la quantité de l'indicateur à sa concentration donne le volume diluant.(D\u2019après Rushmer: Cardiac Diagnosis, 1955; avec permission écrite de l\u2019éditeur, W.B.Saunders Co.).la méthode de dilution qui remonte elle, à la fin du XIXe siècle (1).Le procédé d\u2019obtention de ces courbes, leur interprétation et leur intérêt clinique ressortiront aisément, en relief 1.Travail présenté devant la Société Médicale de Montréal, à l\u2019hôpital Notre-Dame, le 23 octobre 1956.fois en compagnie de ces principes, nous irons tout droit aux courbes qui nous intéressent particulièrement ce soir.Une façon simple de connaître le volume d\u2019un liquide contenu dans un récipient consiste à introduire une quantité connue d\u2019une L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 matière colorante et après mélange, pour assurer une dispersion homogène du colorant, i.e.une dilution parfaite, à prélever un échantillon et à y déterminer la concentration de l\u2019indicateur.Le volume inconnu est ensuite donné par le rapport de la quantité d\u2019indica- LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES 765 d'écoulement: volume par unité de temps veut dire débit.(fig.2.) L\u2019injection de l\u2019indicateur est pratiquée, le colorant se dilue en route et l\u2019échantillonnage est exécuté en aval durant un temps mesuré.La concentration moyenne de l\u2019échantillon est déterminée.Le cateur (I).La concentration moyenne (C) de l\u2019indicateur pendant un temps donné est ensuite déterminée en un point en aval.Le rapport de la quantité de l\u2019indicateur à la concentration moyenne par unité de temps donne le débit.(D\u2019aprés Rushmer: Cardiac Diagnosis, 1955; avec permission écrite de l\u2019éditeur, W.B.Saunders Co.).teur à sa concentration: V = 1/C.Il s\u2019agit ici, remarquons-le, d\u2019un liquide stationnaire.(fig.1.) Or, Stewart (1, 2), a démontré que cette méthode pouvait également s'appliquer à un liquide en mouvement et alors elle permet de calculer le volume de liquide passant par unité de temps à un endroit donné du tuyau débit se calcule ensuite facilement par la formule suivante: F \u2014 1/CT.C\u2019est la même formule que précédemment à laquelle s\u2019ajoute simplement le facteur temps.Un volume identifié dans le temps, c\u2019est un débit.Voilà dans toute sa réelle simplicité le principe de Stewart pour le calcul du débit cardiaque.Le système cardio-vasculaire présente toute- 766 fois une conformation beaucoup plus complexe que ce simple boyau.On voit ici, (fig.3) une caricature du système circulatoire, un modèle hydraulique avec pompe (le cœur), la version artérielle, la version veineuse et des circuits plus ou moins longs échelonnés aux divers étages de l\u2019organisme.Si on injecte un colorant indicateur en zone veineuse et qu\u2019ensuite on échantillonne en zone artérielle à toutes les secondes durant environ une minute on obtient, LABELLE: CARDIOPATHIES CONGENITALES I Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 prélèvement.Si nous extrapolons cette portion droite de la concentration décroissante à la concentration zéro on obtient le temps d\u2019une révolution unique.Par cet artifice nécessaire cette courbe permet alors de calculer la concentration moyenne du colorant durant un seul circuit complet et, partant, le débit cardiaque par la formule de Stewart en ramenant à une minute l\u2019expression du temps.Notons que si on néglige le facteur temps on obtient le volume sanguin par cette mé- Fig.3.\u2014 Modèle hydraulique schématisant le système circulatoire.Si l'indicateur est injecté sur le versant veineux, on Peut prélever des échantillons chronométrés sur le versant artériel et porter sur un graphique la concentration en fonction du temps.L\u2019intrapolation de ces points donne une courbe de dilution.L\u2019oxi- mêtre donne cette courbe extemporanément.Cette courbe permet le calcul du débit cardiaque et est précieuse par sa morphologie dans le diagnostic des cardiopathies congénitables.(D\u2019après Rushmer: Cardiac Diagnosis, 1955; avec permission écrite de l\u2019éditeur, W.B.Saunders Co.).ainsi que l\u2019a fait Hamilton et ses collaborateurs, (3, 4) une série d\u2019échantillons dont on peut déterminer la teneur individuelle en indicateur par méthode colorimétrique.La concentration du colorant est ensuite reportée sur un graphique en ordonnée logarithmique fonction du temps.En intrapolant ces points, une courbe s'obtient.On voit que la recireu- lation vient déformer la branche descendante: c\u2019est qu\u2019une partie du colorant commence de recirculer avant que d\u2019atteindre le lieu de thode.Si on néglige le facteur volume on recueille le temps de circulation.Diverses substances indicatrices ont été employées: le rouge vital par Keith en 1915, un sérum salé hypertonique par Stewart en 1921, puis le bleu de méthyléne et enfin, le T-1824 (le bleu Evans) lequel en 1920 fut reconnu avec preuves expérimentales adéquates par Dawson, Evans et Whipple comme la substance la plus conforme à ce genre de travail.Cette prédilection pour le bleu L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Evans provient de la facilité et de la précision avec lesquelles on peut déterminer sa concentration à l\u2019aide de méthodes colorimé- triques et à cause de sa lenteur à quitter le plasma sanguin.Partant du principe que les caractéristiques spectrales d\u2019une solution de bleu Evans permettent à cette substance d\u2019influencer l\u2019oximètre de la même façon qu\u2019une réduction de l\u2019oxyhémoglobine, Wood et son groupe (5), en 1951 obtint à la suite d\u2019une injection de bleu Evans dans une veine, une courbe LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES 767 constitué par des cellules photo-électriques munies de filtres, d\u2019une source lumineuse et d\u2019un tube de polythène à travers lequel est mené le sang artériel, soit au moyen d\u2019un oximèêtre auriculaire, (7) constitué des mêmes éléments mais où le pavillon intact de l\u2019oreille sert de contenant pour le sang étudié.Le débit de ces cellules photo-électriques est transmis par fils à un galvanomètre à miroir dont le faisceau lumineux impressionne un papier photographique se déplaçant à vitesse constante.Fig.oximétrique tout à fait semblable aux courbes de Hamilton tracées en partant de points isolés.Dès lors, il devenait possible d\u2019obtenir un échantillonnage continu et une courbe complète extemporanée.La méthode de Stewart-Hamilton se trouvait du coup simplifiée (6) dans sa réalisation technique et dans sa durée.La supériorité d\u2019une courbe obtenue de cette façon est évidente quand on songe à l\u2019importance du contour de cette courbe impliqué dans les caleuls.Ces courbes peuvent être enregistrées sur le versant artériel, soit à l\u2019aide d\u2019un oximètre à cuvette (7) 4.\u2014 La flèche indique le moment de l'injection.A T: (Appearance time) temps d\u2019apparition; B T: (Build-up time) temps d\u2019édification; D T (Disappearance time) temps d\u2019élimination; P C T: (Peak concen- iration time) temps de concentration de pic; P T: (Passage time) temps de passage; R T: (Recirculation time) Temps de circulation.La courbe (fig.4) se lit de gauche à droite, c\u2019est la même courbe que tout à l\u2019heure sauf qu\u2019elle est renversée tel que le veut l\u2019usage.L\u2019oximetre en effet, ayant pour but premier la détermination du pourcentage de la saturation du sang artériel en oxygène s\u2019emploie logiquement avec une polarité du galvanomètre telle qu\u2019une baisse de la saturation est indiquée par une déflexion vers le bas.Ceux qui ont réalisé les courbes de dilution ont préféré ne pas modifier leur appareil et la tradition s\u2019est établie. 768 A la suite d\u2019une injection dans une veine périphérique, le colorant circule à travers la veine-cave supérieure ou inférieure, l\u2019oreillette droite, le ventricule droit, l\u2019artère pulmonaire, traverse les poumons, revient ensuite à l\u2019oreillette gauche, au ventricule gauche, dans l'aorte et atteint le lieu d\u2019échantil- LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 au temps d'apparition.Ce rapport chez les normaux est toujours inférieur à 2; lorsqu'il est supérieur à ce chiffre ceci veut dire tout simplement que le temps de disparition est allongé à cause d\u2019une recireulation pulmonaire précoce et nous verrons plus loin la signification de cet évènement.Ces divers temps Figure 5.\u2014 Voir le texte.lonnage.Ce point représente le temps d\u2019apparition.Ensuite la concentration va en augmentant jusqu\u2019à un sommet, c\u2019est le temps d\u2019édification, puis diminue un moment pour augmenter a nouveau, alors que la recircula- de circulation sont fonction du débit cardiaque (5) alors que l\u2019amplitude de la dé- flexion dépend du volume sanguin.Dès lors, lorsqu'il y a défaillance cardiaque (fig.5) on voit diminuer l\u2019amplitude et s\u2019allonger la Figure 6.\u2014 Voir le texte.tion commence.Nicholson, Burchell et Wood (5) ont déterminé les valeurs normales pour chacun de ces temps de circulation.Il y a également des valeurs constantes dans les rapports de ces temps entre eux.Le plus important est celui du temps de disparition courbe.Il est à noter toutefois que les rapports entre les divers temps de circulation restent normaux.Outre cette innovation concernant le calcul des temps de circulation et du débit cardiaque, ces mêmes auteurs en pratiquant des L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 injections chez des malades porteurs de malformations congénitales se sont aperçu que le contour de ces courbes était déformé et de façon différente chez les cardiopathes congénitaux cyanosés et non cyanosés.Ces déformations apparurent comme caractéristiques de chacune de ces deux grandes classes de congénitaux.(8, 9).Puis en pratiquant des injections dans les cavités et gros vaisseaux en amont et en aval d\u2019une communication anormale, à la faveur du cathétérisme cardia- Figuer 7.Voir le texte.que, il devint possible par l\u2019étude des courbes obtenues de localiser le niveau du shunt en plus de déterminer sa direction et sa magnitude.(10).Les courbes rapportées ici ont été obtenues isolément ou au cours de cathétérismes du cœur droit pratiqués dans le service de physiologie cardio-pulmonaire ?.La méthode et l\u2019instrumentation employées furent celles de Wood.(11).L\u2019obtention de ces courbes fut réalisée à l\u2019aide de l\u2019oximètre auriculaire.Voici le patron qu\u2019on obtient dans un cas d\u2019angio-cardiopathie cyanogène (fig.6) c\u2019est- 2.Le bleu Evans employé pour ces études fut gracieusement fourni par la maison Warner - Chil- cott.LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES 769 à-dire lorsqu\u2019il y a shunt veino-artériel: comparativement à une courbe normale nous avons ici un temps d'apparition raccourci et une branche d\u2019édification à double contour.L'interprétation de cette courbe est la suivante: en présence d'une communication anormale entre le cœur droit et le cœur gauche et d\u2019un barrage augmentant la résistance du côté droit, le sang veineux contenant le colorant se faufile en partie directement dans la circulation systémique sans passer par le lit vasculaire pulmonaire.Cette quantité de colorant shunté arrive au lieu d\u2019échantillonnage plus tôt que la quantité ayant suivi le tractus normal.Cette première déflexion est donc causée par cette quantité de colorant court-circuité raccourcissant ainsi le temps d\u2019apparition et amenant une dé- flexion précoce.La deuxième déflexion arrive ensuite et représente la fraction du colorant suivant le circuit normal.La concentration maxima de la déflexion principale se trouve diminuée proportionnellement à l\u2019importance de la fuite.La magnitude du shunt peut s\u2019évaluer simplement en ramenant les surfaces des déflexions a des triangles et en exprimant la surface du petit triangle en pourcentage 770 de la somme du petit et du grand triangle.(6, 8).Lorsque le shunt se fait dans le sens opposé c\u2019est-à-dire du cœur gauche au cœur droit, dans les cardiopathies congénitales non cyanogènes, le type de courbe est complètement différent mais tout autant typique.(fig.7).Ainsi dans un cas de communication inter- ventriculaire simple comme celui-ci, le colorant injecté en périphérie traverse le cœur droit, le circuit pulmonaire et se rend jusqu\u2019au ventricule gauche de façon normale.La Figure 8.\u2014 Voir le texte.plus grande partie de l\u2019indicateur entre alors dans l\u2019aorte et vient à l\u2019appareil dans un temps normal.La concentration augmente mais pendant ce temps, la fraction du colorant qui est traversée du ventricule gauche au ventricule droit pour circuler à nouveau à travers le circuit pulmonaire arrivant en retard au centre d\u2019échantillonnage empêche la concentration de diminuer en l\u2019affaissant.Ce phénomène se répétant de facon cyclique la courbe tend vers zéro avec un angle très ouvert.Cette courbe identifie donc un shunt artério-veineux.Il est possible chez un même malade de voir coexister un shunt droit \u2014 gauche et gauche \u2014 droit.(fig.8).La courbe comporte alors les caractéristiques des deux LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 shunts: temps d\u2019apparition court, double dé- flexion sur la branche d\u2019édification, affaissement du segment d\u2019élimination.Si ces trois types de courbes sont spécifiques pour le shunt veino-artériel, artério- veineux et bi-directionnel, ils ne renseignent aucunement sur le niveau de ces shunts.De telles injections périphériques sont néanmoins très utiles pour vérifier simplement la présence ou l\u2019absence d\u2019un shunt et pour trier un peu de cette façon les candidats à une exploration centrale par cathétérisme du cœur.Après une chirurgie pour défaut septal elle permet une vérification facile de l\u2019étanchéité de la cloison.Pour préciser le lieu où se trouve le shunt, des injections centrales sélectives doivent être pratiquées en amont et en aval de l\u2019endroit où se situe le court-circuit.(10).Le cathétérisme du cœur droit par les seules ressources de la gazométrie, des renseignements ten- sionnels et de la position radiologique de la sonde est loin de toujours fournir les renseignements essentiels désirés, surtout dans les cardiopathies cyanogènes.Ici, (fig.9) des injections furent pratiquées dans l\u2019artère pulmonaire, dans le ventricule droit et l\u2019oreillette L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 droite et la veine-cave supérieure.Les trois courbes inférieures furent calquées sur les originales et transposées sous la première en faisant coïncider les moments d\u2019injection.On voit sur toutes ces courbes un temps de Fig.9.\u2014 Les flèches indiquent le moment des injections.À P: Artère pulmonaire principale; V D: ventricule droit; OD: oreillette droites V CS: veine cave supérieure.LABELLE: CARDIOPATHIES CONGÉNITALES 771 de la veine-cave supérieure et de l\u2019oreillette droite montre une cassure précoce caractéristique d\u2019un shunt veino-artériel au niveau auriculaire d\u2019environ 2%, si minime qu\u2019il n\u2019était pas décelable par l\u2019oximétrie.Il s\u2019agit 24 Fig.10.Po courbes, voir figure 9 et le texte.donc ici d\u2019un shunt bi-directionnel au niveau auriculaire.Figure 11.\u2014 Voir le texte.donnant un disparition prolongé rapport DT /BT d\u2019environ 5, ce qui correspond à un shunt artério-veineux d\u2019environ 60% selon la méthode de Broedbent.De plus, la courbe - Ici, (fig.10) la courbe de l\u2019artère pulmonaire est sensiblement normale alors que toutes les autres en amont montrent un shunt veino-artériel très important. 772 Voici une patiente (fig.11) chez qui la saturation artérielle a toujours été normale même à l\u2019effort mais dont l\u2019anamnèse parle de cyanose.Une courbe de dilution obtenue pendant l\u2019effort montre en réalité un minime shunt veino-artériel insuffisant pour abaisser la saturation artérielle de façon significative mais suffisant pour justifier le diagnostic de cyanose vraie potentielle.Ces injections sélectives permettent également l'identification d\u2019un vaisseau anormal pénétré au cours du cathétérisme, elle permet aussi d'arriver à un diagnostic de veines pulmonaires aberrantes par injection dans l\u2019artère pulmonaire droite et gauche (12).RÉSUMÉ Avec le nombre croissant de malformations congénitales du cœur et des gros vaisseaux susceptibles de corrections chirurgicales, un diagnostic précis s\u2019impose de plus en plus.Parmi les instruments complémentaires dont nous disposons à cette fin, les courbes de dilution tiennent une place de choix.Nous avons vu les principes de base de cette méthode, quelques applications pratiques et les conclusions les plus utiles auxquelles elles nous permettent d\u2019arriver actuellement.L'auteur remercie sincèrement: M.Jacques Lussier pour son aide technique de tous les instants; MR.-A.Ayotte, Ph.D., pour la préparation des solutions de bleu Evans; la Révérende Soeur Judith et Mlle Madeleine Gagnon, i.1., pour leur collaboration au travail d\u2019illustration, et Mlle A.Gosselin, i.d., pour la copie des manuscrits.BIBLIOGRAPHIE (1) G.N.STEWART: Researches on the cireul- ation time and on the influences which affect it.J.Physiol., 22: 159, 1897.(2) G.N.STEWART: The output of the heart in dogs.Amer.J.Physiol, 57: 27, 1921.LABELLE: CARDIOPATHIES CONGENITALES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 (3) W.F.HAMILTON et J.W.REMINGTON: Comparison of the time concentration curves in arterial blood of diffusible and non-diffusible substances when injected at a constant rate and when Injected instantaneously.Amer.J.Physiol.148: 35, 1948.(4) J.M.KINSMAN, J.W.MOORE et W.F.HAMILTON: Studies on the circulation: injection method: physical and mathematical considerations.Amer.J.Physiol, 89: 321, 1929.(5) J.W.NICHOLSON III; H.B.BURCHELL et E.H WOOD: A method for the continuous recording of Evans blue dye curves in arterial blood, and its application to the diagnosis of cardiovascular abnormalities.J.Lab.and Clin, 37: 353 (mars) 1951.(6) H.R.WARNER et H.WOOD EARL: Simplified caleulation of cardiac output from dye dilution curves recorded by oximeter.J.Applied Physiol., 5: 111, 1952.(7) E.H.WOOD Oximetry.In Glasser, Otto: Medical Physics, vol.2, pp.664-680.The Year Book Pub., Inc, Chicago, 1950.(8) H.J.C.SWAN, J.ZAPATA-DIAZ et E.H.WOOD: Dye dilution curves in cyanotic congenital heart diseases.Circulation, 8: 70 (juillet) 1953.(9) J.C.BROADBENT et E.H.WOOD: Indicator- dilution curves in Acyanotic Congenital Heart Disease.Circulation, 9: 890 (juin) 1954.(10) H.J.C.SWAN et E.H.WOOD: Localization of cardiac defects by dye-dilution curves recorded after injection of T-1824 at multiple sits in the heart and great vessels during cardiac catheter- ization.Proc.Staff Meet, Mayo Clinic, 28: 95 (25 février) 1953.(11) E.H.WOOD: Special instrumentation problems encountered in physiological research concerning the heart and circulation in man.Science, 112: 707, 1950.(12) H.J.C.SWAN, H.B.BURCHELL et E.H.WOOD: Differential diagnosis at cardiac cathe- terization of anomalous pulmonary venous drainage related to atrial septa defects or abnormal venous connections.Proc.Staff Meet.Mayo Clin, 28: 452 (26 août) 1953. REVUE DES REFLEXES CHEZ LENFANT Albert GUILBEAULT, Chef du service de pédiatrie, Hépital Notre-Dame INTRODUCTION Le médecin appelé a examiner un enfant, qu\u2019il soit nouveau-né ou dans la période de première enfance, est parfois porté à oublier le point de vue neurologique qui cependant est de première importance.Le système nerveux est un mécanisme précieux qui peut fournir une foule de renseignements aidant à expliquer une symptomatologie le plus souvent obscure tant au point de vue croissance qu\u2019au point de vue développement.C\u2019est pourquoi nous avons pensé qu\u2019une revue des réflexes de l\u2019enfance avec période d\u2019apparition et de disparition en y ajoutant un mot de physio-pathologie pourrait rafraichir la mémoire du pédiatre consultant ou du médecin de pratique générale.Les réflexes se divisent en deux grandes catégories: les conditionnés et les non conditionnés.Les réflexes conditionnés sont ceux obtenus avec l\u2019aide des sens comme l\u2019odorat, l\u2019ouïe, la vue etc.et un exemple chez l\u2019enfant serait la senteur du lait qui se rencontre de moins en moins de nos jours, car l\u2019enfant ne répondrait qu\u2019à la senteur du lait maternel, alors que l\u2019enfant se tourne la tête vers le sein de la mère.Les réflexes non conditionnés sont indépendants ou légèrement dépendants du milieu environnant et ils sont transmis d\u2019une façon héréditaire caractéristique de l\u2019espèce et non de l'individu lui-même.Ainsi ils sont les mêmes chez tout individu de la même espèce à condition que le système nerveux ne soit pas lésé.Les réflexes non conditionnés sont: 1.Réflexes tendineux et cutanéo-muqueux; 2.Réflexe de succion; 3.Réflexe de préhension (Grasping); 4.Réflexe de Moro; et Guy ST-LAURENT, Moniteur en pédiatrie, (Montréal).5.Réflexe tonique du cou; 6.Réflexes otolithes.Plusieurs réflexes sont particuliers à l\u2019enfant.Ils ne peuvent exister que pendant une certaine période après laquelle leur présence devient anormale.RÉFLEXES TENDINEUX Les réflexes tendineux sont présents dès la naissance.La réaction plantaire est d\u2019extension jusqu\u2019à la fin de la première année.La réaction de flexion normale chez l\u2019enfant n\u2019apparaît qu\u2019au commencement de la seconde année.RÉFLEXES ABDOMINAUX Les réflexes abdominaux ne sont nettement établis qu\u2019entre le 2e et 6e mois.RÉFLEXE PLANTAIRE Le réflexe plantaire de l\u2019enfant a fait le sujet de plusieurs controverses quant à sa forme et quant à l\u2019âge auquel la réponse adulte apparaît.Cependant on s\u2019entend sur certains points.La plupart des investigateurs établissent que la réponse est variable durant les premiers mois: l\u2019extension et la flexion des orteils existent mais l'extension prédomine.Quoi- qu\u2019il en soit, il doit être symétrique, c\u2019est-à- dire que l\u2019extension d\u2019un côté et la flexion de l\u2019autre côté est pathologique.La plupart des observateurs acceptent que ce mouvement d\u2019extension n\u2019est pas identique au réflexe de Babinski.Règle générale, le réflexe s\u2019irradie à travers plusieurs groupes musculaires de la cuisse causant un retrait de la cuisse et souvent des mouvements du corps entier.Apparemment, la réponse normale de flexion s\u2019établit lentement entre la lière et la 2e année. 774 Après ce temps, l\u2019extension des orteils doit suggérer une atteinte du faisceau pyramidal comme chez les adultes.« Le réflexe plantaire, cinquième lombaire, (premier et deuxième segments sacrés) (J.Levy Valensi).L\u2019excitation de la face plantaire détermine la flexion des orteils (Babin- ski) accessoirement une ébauche de flexion de la jambe par action du tenseur du fascia lata » (Brissaud).Recherche «La jambe est légèrement fléchie sur la cuisse, le pied reposant sur le lit par son bord externe.La recherche se fera par exei- tation nociceptive de la plante, partie interne ou mieux externe, au moyen d\u2019une épingle ou d\u2019un corps mou, que l\u2019on promènera d\u2019arrière en avant, du talon vers les orteils.Normalement, les orteils se fléchissent ».Réaction anormale « Ce réflexe peut être aboli.Son inversion constitue le signe de Babinski, pathognomonique d\u2019une atteinte du faisceau pyramidal, mais pouvant faire défaut.Le réflexe, au lieu de se faire en flexion, se fait en extension; l'inversion peut porter sur tous les orteils, mais sur le gros orteil surtout.C\u2019est un mouvement lent, indépendant du retrait du pied par extension de défense, que l\u2019on distingue aisément de l\u2019extension isolée métacarpienne du gros orteil.Le signe de Babinski s\u2019obtient mieux par excitation de la moitié externe de la plante, voire de la face dorsale; le réflexe normal par l\u2019excitation de la moitié interne.Le signe de Babinski s\u2019observe normalement chez l\u2019enfant jusqu\u2019au sixième mois (Léri), beaucoup plus tard d\u2019après Collin (deux ans et huit mois).Chez les spasmodiques, on a pu l\u2019obtenir par excitation de territoires plus ou moins éloignés, d\u2019où les ma- nœuvres suivantes: Procédé de Schaefer, extension du gros orteil par pincement du tendon d\u2019Achille, obte- GUILBEAULT Er ST-LAURENT: RÉFLEXES CHEZ.L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 nue également d'ailleurs par pincement de la peau.Procédé de Gordon, pression des fléchisseurs à travers la masse des jumeaux.Procédé d\u2019Oppenheim, friction de haut en bas avec un corps dur, ou simplement le pouce, des téguments de la jambe contre le bord interne du tibia.Procédé de Roch (de Genève) Juster: friction du bord externe du pied (partie antérieure ou postérieure).M.Babinski a décrit une autre variété de signe des orteils: l\u2019abduction des orteils, soit par excitation ; abdue- tion réflexe; soit par la flexion du trone; abduction associée.M.Dupré a donné à ce signe le nom qui fait image de signe de l\u2019éventail ».(J.Levy-Valensi.Diagnostic neurologique) RÉFLEXES ABDOMINAUX Les réflexes abdominaux peuvent être mis en action chez le nouveau-né dans un tiers des cas.Le réflexe obtenu à cet âge est plutôt une réaction diffuse impliquant souvent les extrémités et est probablement complètement dif- férent de la réponse adulte.A un certain temps entre le 6e et le 12e mois, la véritable réponse abdominale doit apparaître.RÉFLEXES ABDOMINAUX (Rosenbach) « L\u2019excitation de la paroi abdominale avec une épingle produit la contraction de cette paroi du côté correspondant; elle fait défaut chez les obèses ou quand la paroi est flasque.On recherche ces réflexes dans le décubitus dorsal, jambes légèrement fléchies.Ils doivent être recherchés lorsque l\u2019enfant dort ou est en train de boire.Trois zones, trois réflexes: Zone supérieure, réflexe sus-ombilical ou épigastrique; sixième et septième segments dorsaux.Zone moyenne, réflexe ombilical: huitième et neuvième segments dorsaux.Zone inférieure, réflexe hypograstrique: dixième, onzième, douzième segments dorsaux. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Ils peuvent être exagérés, diminués ou abolis.Leur abolition est fréquente dans la sclérose en plaque ».(H.Claude) REFLEXE CRÉMASTÉRIEN « Premier et deuxième segments lombaires.Exciter avec une épingle la face interne de la cuisse, il y à ascension du testicule correspondant (réflexe de la grande lèvre chez la femme).Ne pas confondre le réflexe crémas- térien avec le réflexe dartoïque (réflexe sympathique), qui peut persister quand le cré- mastérien est aboli et qui se traduit par des mouvements vermicularres.Dans le réflexe crémastérien, on voit le testicule se déplacer a travers le scrotum, mais celui-ci ne se mobilise pas.Il peut être exagéré, diminué ou aboli ».(J.Levy-Valensi: Diagnostic neurologique) RÉFLEXE DE PRÉHENSION Le réflexe de préhension (Grasping reflex), peut être presque toujours mis en évidence durant les premières semaines de la vie, et disparaît entre le 2e et 4e mois.On provoque le réflexe en plaçant le doigt dans la paume de la main de l\u2019enfant.La main de l\u2019enfant se referme fortement sur le doigt de l\u2019examinateur et tout effort de retirer le doigt ne fait qu\u2019augmenter la préhension.Si une tige unique est placée dans les deux mains de l\u2019enfant, il est même possible de soulever complètement l\u2019enfant pour quelques secondes.Ce réflexe s'apparente à celui que l\u2019on rencontre plus tard chez des adultes maturés atteints de lésions au lobe frontal.RÉFLEXE DE PRÉHENSION DU PIED Ce réflexe de préhension existe aussi aux pieds \u2014 Brain Curron, Sittig et Freeman ont fait une étude poussée de ce réflexe sur quelque 200 enfants et ils constatèrent que si on appuie une légère pression sur la partie distale plantaire incluant les orteils on obtient le réflexe de préhension (Grasping) du pied.On peut aussi l\u2019obtenir en frappant légèrement sur le pied, du talon vers les orteils.GUILBEAULT er ST-LAURENT: REFLEXES CHEZ.775 Ce réflexe d\u2019adduction et de flexion est de caractère tonique et peut durer de 15 à 30 secondes.L'enfant doit être éveillé et le réflexe persiste durant la flexion ou l\u2019extension du genou et de la cuisse.Age d incidence Il est présent chez tout enfant normal au- dessous de 9 mois, il se rencontre presque toujours jusqu\u2019à l\u2019âge de 2 ans, après quoi il disparaît complètement.En général ce réflexe de préhension persiste un peu plus longtemps que celui d'extension plantaire.Les cas pathologiques où sa présence se retrouve jusqu\u2019à un age assez avancé (10-20 ans) sont: 1 \u2014 Imbéciles mongoliens.2 \u2014 Lésions cérébrales localisées telles que: Tumeur du corps calleux; Hématome sous- dural; Méningiome de la faux du cerveau; Choréo-athétose localisée.Il est ceperdant important de bien faire la distinction entre: Le reflexe de préhension du pied.Le réflexe de flexion plantaire plus haut décrit.Le réflexe de Rossolimo.Ce réflexe est limité aux fléchisseurs et adducteurs des orteils et s\u2019obtient en frappant la plante du pied.Le réflexe de préhension du pied.Le réflexe de préhension s\u2019obtient en exerçant une pression sur la région plantaire sans stimulus de grattage ou de mouvements articulaires, car les mouvements passifs de l\u2019articulation du pied peuvent provoquer des contractions musculaires.Il est de type tonique comme nous l\u2019avons mentionné plus haut et il s\u2019associe à des lésions frontales ou préfronta- les; dans certains cas où une tumeur est localisée près du centre nerveux moteur (comme dans la région de la faux) des membres inférieurs nous obtiendrons un réflexe de préhension du pied sans avoir celui de la main.Ce phénomène est la conséquence: 1 \u2014 D\u2019un trouble des voies nerveuses motrices venant des lobes frontaux. 776 2\u2014 D\u2019une insuffisance du développement de ces voies comme on le constate chez le nouveau-né.3 \u2014 D'une déviation comme chez le mongol.du développement RÉFLEXE DE SUCCION La stimulation des lèvres ou en fait de n'importe quelle partie de la face produit chez le nouveau-né l\u2019ouverture des lèvres et des mouvements de succion.Cette réponse doit disparaître vers la fin de la 1ère année.La persistance du réflexe au delà de la 1ère année est suggestive, d\u2019une maladie du système nerveux.Chez certains enfants déficients le réflexe de la succion peut persister pendant des années.REFLEXE DE MORO Le réflexe de Moro est induit par tout stimulus subit comme un bruit élevé, un mouvement passif rapide, ou une tape sur l\u2019abdomen.La manière ordinaire de provoquer le réflexe est la suivante; on couche l\u2019enfant sur le dos sur une table.L\u2019observateur de sa main frappe un coup dur sur la table.La réaction produite chez l\u2019enfant consiste dans une abduction et une extension des quatre membres suivies souvent d\u2019un mouvement d\u2019adduction et de flexion surtout des bras.Ainsi, pour ce qui est des membres supérieurs, l\u2019enfant étend ses bras et les éloigne de son corps, puis dans une seconde phase, les bras sont fléchis et ramenés vers le corps.C\u2019est l\u2019embrassement dans son sens étymologique, qui consiste à entourer de ses bras.Ce réflexe de Moro persiste durant les 3 premiers mois.Il doit être disparu vers le 5e mois.Cependant chez certains enfants anormaux, le réflexe de Moro peut persister pendant plusieurs années.Même on prétend que chez des adultes normaux en proie à une grande peur ou vivement surexcités le réflexe de Moro peut réapparaître sous la forme de l\u2019extension du membre inférieur, ce qui pourrait expliquer certains accidents d\u2019automobile alors que le conducteur continue à appuyer GUILBEAULT Er ST-LAURENT: REFLEXES CHEZ.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 sur l'accélérateur au lieu d'appliquer les freins.Revenons au nouveau-né.La paralysie du plexus brachial, la fracture de la clavicule sont des états pathologiques locaux qui peuvent empêcher le réflexe de Moro de se manifester.Dans les cas de pathologie intra-crânienne le réflexe de Moro peut être modifié.Dans les cas d\u2019œdème cérébral de la naissance ainsi que dans les cas d\u2019intoxication légère par les barbituriques (somnifère à la mère pendant le travail) le réflexe de Moro n'apparaît pas pour les premières et même deuxièmes vingt-quatre heures.Dans les cas d\u2019hémorragie cérébro-ménin- gée de la naissance, le réflexe de Moro peut être présent dès la naissance et les premières vingt-quatre heures pour disparaître dans la suite.Sans insinuer aucune précision mathématique, on peut dire que l\u2019absence du réflexe de Moro durant les premières vingt- quatre heures est en faveur de 'cedéme cérébral.REFLEXES DE POSTURE ET D\u2019EQUILIBRE Les réflexes de posture et d\u2019équilibre sont le maintien de l\u2019attitude grâce à un certain nombre de réflexes originant dans le labyrinthe, la rétine et dans les terminaisons des nerfs proprioceptifs des articulations et des muscles.1\u2014 Des canaux semi-cireulaires, partent des excitations causées par le mouvement ou l'accélération rotative dans l\u2019espace.2 \u2014 Des organes otolithes, des excitations produites par des changements de la position de la tête dans l\u2019espace.Ces excitations produisent des réactions et interéactions qui peuvent se combiner à l\u2019infini.Chez les animaux maturés, ces réactions sont voilées par l\u2019activité cérébrale; cependant chez les animaux décérébrés ou dans des sections de pédoncule cérébral, on peut les étudier à l\u2019état isolé. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Plusieurs de ces réflexes peuvent être mis en évidence chez l\u2019enfant comme le réflexe tonique du cou, le réflexe de Landou, et quelques autres.Afin de mieux comprendre ces réflexes d\u2019adaptation posturale, nous nous permettons d\u2019expliquer en quelques mots ce qu\u2019est le tonus musculaire et quelles en sont les différentes formes.« Le tonus est un état de tension active des muscles, permanente, involontaire, variable dans son intensité selon les diverses actions qui la renforcent ou l\u2019inhibent.Il y a 4 formes de tonus ».«1 \u2014 Tonus de repos ou résiduel (origine radiculaire), qui existe dans le relâchement musculaire qui, de ce fait, à l\u2019état normal, n\u2019est jamais complet.2 \u2014 Tonus de posture (d\u2019origine surtout cérébelleuse).Il maintient l\u2019attitude des segments du corps par une harmonieuse coopération des muscles antagonistes.3 \u2014 Tonus d\u2019attitude (d\u2019origine vestibulaire), qui maintient la statique du corps.4 \u2014 Tonus d\u2019action (frein pyramidal) : c\u2019est un tonus variable avec, au moment de l\u2019action, hypertonie des agonistes et inhibition relative des antagonistes » (J.Levy-Valensi: Diagnostic neurologique p.9.) RÉFLEXE TONIQUE DU COU Les réflexes toniques du cou sont probablement les plus élémentaires parmi ce groupe de réflexes de posture et d\u2019équilibre.Si on tourne fortement d\u2019un côté la tête d\u2019un animal décérébré, il y a extension des membres de ce côté et flexion des membres du côté opposé.Il en est ainsi quand l\u2019extension du cou cause l\u2019extension des membres antérieurs et la flexion des membres postérieurs.Les nouveau-nés normaux ont de tels réflexes mais incomplètement.Règle générale, les jambes épousent le réflexe plus clairement que les bras.Dans des conditions normales ces réflexes disparaissent vers la fin de la 3e année selon Ford, ou 6e mois selon Nelson, et leur persistance après GUILBEAULT er ST-LAURENT: REFLEXES CHEZ.777 cet âge est pathologique, pathodicative.La rotation du cou influence aussi la posture du corps.Si on tourne fortement la tête d\u2019un côté, le bassin se tourne vers la direction opposée, mais immédiatement les épaules et les hanches se tournent du sens contraire, mettant ainsi tout le corps en ligne droite.Cette réaction persiste pendant la première année et doit être disparue complètement avant la fin de la 5e année.Ce groupe de réflexes toniques n\u2019est pas modifié par la section de la 8e paire mais disparaît quand les racines postérieures des trois premiers segments cervicaux sont lésées.Les réflexes toniques du cou venant secondairement d\u2019un changement de position du cou, concourent à donner aux membres des postures appropriées.Le réflexe tonique du cou dont il a été question jusqu'ici est le résultat d\u2019un stimulus comme la rotation brusque de la tête de l\u2019enfant ou le balancement de l\u2019enfant au bout des bras de l\u2019observateur.Mais le réflexe tonique du cou peut exister spontanément.Le médecin n\u2019a qu\u2019à observer un nouveau- né qui dort sur le dos.Si la tête est tournée du côté droit, le bras droit sera plus élevé que le bras gauche de même pour le membre inférieur droit qui sera plus fléchi que le membre inférieur gauche.Si la tête de l\u2019enfant est tournée vers la gauche nous aurons l\u2019image inverse.Ce réflexe spontané existe chez le nouveau-né.C\u2019est l\u2019attitude de l\u2019enfant Jésus dans la crèche.C\u2019est surtout vers l\u2019âge de 4 semaines que le R.T.C.s\u2019épanouit pleinement pour persister un autre ou 2 autres mois.Le réflexe tonique du cou pose comme condition essentielle que la tête de l\u2019enfant soit tournée vers la gauche ou la droite.Vers l\u2019âge de 4 semaines, l\u2019enfant quelquefois tiendra sa tête sur la ligne médiane.Ces expériences se répèteront de plus en plus à mesure que l\u2019enfant approchera de la fin du 3e mois.D'ailleurs ce réflexe serait selon certains auteurs un vestige de l'attitude de l\u2019enfant dans le sein de la mère, attitude économique au point de vue espace.nu as Fx A.dsr WG 7 778 REFLEXES DES OTOLITHES Les réflexes otolithes de redressement peuvent aussi être mis en évidence chez les nouveau-nés normaux.Pour ce faire, on couvre les yeux pour éliminer les réflexes visuels de redressement.L\u2019examinateur tient l\u2019enfant en l'air de ses deux mains placées symétriquement.Le corps de l\u2019enfant est penché en avant, en arrière et latéralement.Comme résultat des stimuli originant dans les organes otolithes et agissant sur les muscles du cou, la tête se tourne pour maintenir une position verticale, indépendamment de la position au reste du corps.RÉFLEXE ROTATIF Réflexe rotatif: Dès la naissance, l\u2019enfant normal est doué de plusieurs réflexes qui lui faciliteront l\u2019alimentation au sein.A la senteur du lait, l\u2019enfant tourne la tête.De plus si on lui touche la joue, il tourne la tête du côté de la joue touchée et il ouvre la bouche pour sucer.Ce réflexe rotatif est un réflexe conditionné.RÉFLEXE PUPILLAIRE Réactions pupillaires: La pupille se rétrécit dans la vision rapprochée, se dilate dans la vision éloignée; réaction d\u2019accommodation à la distance: ce réflexe n\u2019existe pas à la naissance.La pupille se rétrécit à la lumière, se dilate à l\u2019obscurité; réflexe photo-moteur.La pupille a une double innervation: la troisième paire et le sympathique.La troisième paire innerve le sphincter de I'iris, elle resserre la pupille.GUILBEAULT er ST-LAURENT: REFLEXES CHEZ L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Le sympathique innerve les fibres lisses radiées dilatatrices de la pupille, nerf dilatateur de la pupille.Le réflexe photo-moteur existe à la naissance mais s\u2019épuise rapidement.CONCLUSION L\u2019enfait naît donc avec un système nerveux moteur plutôt rudimentaire qui se perfectionne à mesure que la maturation progresse et que la myélinisation prend place.Le cerveau, d\u2019une masse molle et friable qu\u2019il est à la naissance, grâce au processus de myélinisation se raffermit graduellement et double son poids vers l\u2019âge de 4 mois.Ainsi l\u2019enfant qui présente des troubles neurologiques requiert une histoire prénatale, natale et post natale des plus complète en y ajoutant une histoire familiale pour éliminer ou confirmer la possibilité d\u2019hérédité ou de congénitalité.BIBLIOGRAPHIE .Am.Journal of Disease of Children, 21: 529, 1921.Am.Journal of Disease of Children, 26: 211, 1923.- BRAIN: Journal of Neurology, 55: 347, 1955.DEBRE: Pédiatrie, vol.II.\u2014 Collection médico- chirurgicale à révision annuelle.XIVe Partie, chap.1.5.FORD: Disease of the nervous system.Charles Thomas, édit, Springfield, 1952.6.HOLT et McINTOSH: Text book of Pediatric.douzième édition.Appleton Century Craft.\u2014 (Behavioral and Mental Development).7.LEVY-VALENSI: Diagnostic neurologique.2éme édition.Chap.II \u2014 (Examen neurologique).8.NELSON: Text book of Pediatric, sixième édit.Saunders, édit.\u2014 (The New born Infant).9.WALSH: Maladies du Système nerveux, 1948, chap.II.Hw 0 bh = L\u2019Union Méd.Canada \u2018 : Tome 86 \u2014 Juillet 1957 EDITORIAL 779 Bulletin de l'Association Les blessures endothéliales par des Médecins de Langue Française du Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 86, No 7 \u2014 Montréal, juillet 1957 LA PRÉVENTION DE L\u2019'EMBOLIE PULMONAIRE Tout patient souffrant de thrombose veineuse se trouve, à un degré variable, sous la menace d\u2019une embolie pulmonaire, une complication redoutable, malheureusement souvent fatale.Le fait est reconnu, il existe un rapport de causalité entre la thrombose veineuse et l\u2019embolie pulmonaire.En conséquence, prévenir la thrombose c\u2019est prévenir l\u2019embolie.De nombreux facteurs contribuent ou prédisposent à la formation d'un thrombus.On sait que les cardiaques, les cancéreux, les opérés, les accouchées, les vieillards, les obèses et les cachectiques à activité musculaire diminuée sont plus exposés.Il existe aussi une prédisposition familiale à la thrombose et ces patients nécessitent une surveillance plus étroite.Enfin 1l faut considérer l\u2019effet vasospastique du froid car la fréquence des thromboses s'accroît durant la saison froide.En plus de ces multiples agents étiologiques, on admet que la thrombose apparaît sous l'influence de trois facteurs étiologiques qui sont: l\u2019altération de la paroi veineuse, certaines modifications sanguines et le ralentissement de la circulation.écrasement, déchirure ou tiraillement sont surtout le fait de traumatismes ou d'infections.Traumatisme au cours d\u2019entorses ou de fractures ou pendant l\u2019acte opératoire.On aura soin de respecter les tissus et de manipuler délicatement les vaisseaux au cours des interventions afin d'éviter de fâcheuses conséquences.Les infections de toutes sortes et aussi une sensibilité anormale des tissus aux toxines peuvent agir sur les vaisseaux directement ou indirectement et provoquer des thromboses.Plusieurs sont d'avis qu'il s\u2019ensuit toujours une thrombophlébite quand il y a présence de destruction endothéliale.On corrigera done l\u2019infection le plus rapidement possible par l'emploi de l\u2019antibiotique approprié.Les modifications sanguines se manifestent surtout par une coagulabilité augmentée par des variations de plasma et des éléments sanguins, bien que le mécanisme d'action des facteurs augmentant le pouvoir agglutinant du sang ne soit pas encore parfaitement compris.Les variations du plasma consistent en une hyperviscosité, une hypoprotéinémie, une diminution de l\u2019albumine et une augmentation de la globuline.On note aussi une hypercalcémie et une augmentation du fibrinogène.Les variations des éléments consistent en une hyperleucocytose avec tendance des globules rouges à diminuer.Les plaquettes sanguines augmentent et s'accolent plus facilement.Cet accroissement des plaquettes est évident au cours de la semaine qui suit une intervention chirurgicale et dure quelques jours.Nous surveillerons les patients avec hémoconcen- 780 tration par hémorragie, choc ou déshydratation due aux vomissements et à la succion gastrique.Ces modifications seront corrigées par un équilibre électrolytique et par une bonne hydratation du patient.Le ralentissement de la circulation veineuse de retour est facile à comprendre et peut se produire de diverses façons, surtout chez les opérés.L\u2019immobilité des membres inférieurs avec compression des veines du mollet, la distension abdominale avee, comme conséquence, une stase veineuse aux extrémités, la diminution de la tension intrathoracique négative, quand les opérés ne respirent pas profondément à cause d\u2019une bande abdominale trop serrée ou à cause du ballonnement sont tous des facteurs qui peuvent être à l\u2019origine d'accidents thrombotiques.La position de Fowler est à déconseiller parce qu\u2019elle cause une stase.On préconise les mouvements actifs et passifs des membres inférieurs par flexion des orteils, des chevilles et des genoux.On évitera la distension abdominale, on exigera des exercices respiratoires et on forcera le lever précoce.Il est absolument indispensable de faire lever et de faire marcher le malade.Si, à cause d'infections abdominales sérieuses ou de traitements orthopédiques, ce lever est impossible, on recommandera d'élever le pied du lit et d'appliquer des bas ou des bandes élastiques aux membres dans le but d'accélérer le retour veineux.On connaît le début quasi asympto- matique de la phlébothrombose et plus elle est silencieuse plus on a raison de craindre les embolies.Dans la phlébothrombose, le caillot se forme ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 dans les veines plantaires ou les veines du mollet avec peu ou pas de lésion inflammatoire de l\u2019endoveine.Sous l'influence des facteurs étiologiques énumérés, il se forme un thrombus très fragile qui peut s\u2019étendre à la poplitée et a la fémorale.Vu l'état presque intact de l\u2019endothélium, une partie de ce thrombus peut se détacher et être entraînée dans le courant sanguin et causer une embolie pulmonaire.On recherchera donc les premiers signes qui sont la douleur plantaire ou la douleur du mollet en faisant la flexion dorsale du pied, le patient ayant la jambe allongée sur le lit.Assez souvent, le premier signe appa- rait quand on permet au malade de se lever.On observera aussi s\u2019il y a dilatation des veines superficielles de la jambe.- Le traitement de la maladie throm- bo-embolique par les anticoagulants a suscité un nombre considérable de publications et d'observations encourageantes.Leur efficacité est démontrée et on insiste sur l\u2019opportunité d\u2019un traitement précoce.En milieu hospitalier, il est facile d\u2019instituer et de contrôler une médication anticoagulante.Les anticoagulants les plus couramment utilisés sont l\u2019héparine, le tromexan, le danilone et plus récemment le sintrom.Il est à conseiller de commencer le traitement avec l'héparine pour 24 ou 48 heures.Inactive par voie buccale, elle doit être administrée par vole parentérale.Elle prolonge le temps de coagulation par ses actions antithrombiques, antipro- thrombiques et antithromboplastiques.Les anticoagulants oraux provoquent un abaissement du taux de la prothrom- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 bine et le dosage se contrôle à l\u2019aide du laboratoire.Depuis un an et demi, nous avons eu l\u2019occasion d'employer le sintrom.Ce produit nous donne d'excellents résultats et nous conseillons fortement de consulter les études récentes parues sur ce nouvel anticoagulant synthétique.\"** Les principales contre-indications a l'emploi des anticoagulants sont l\u2019insuffisance hépatique et rénale, la présence d\u2019ulcérations gastro-intestinales, l\u2019endocardite, la jaunisse, les cirrhoses et les dyscrasies sanguines.L\u2019unique complication à craindre est l\u2019hémorragie qui se manifeste par une épistaxis, de I\u2019hématurie ou un saignement des gencives.Une hémorragie causée par l'héparine nécessite rarement des injections de sulfate de pro- tamine car l\u2019action de l\u2019héparine cesse rapidement.Mais si l\u2019'hémorragle survient au cours du traitement avec l\u2019un des anticoagulants oraux synthétiques énumérés, on devra cesser temporairement la médication et employer la vitamine K, le mephyton.Les anticoagulants sont indispensables dans la prévention de l\u2019embolie pulmonaire et ils devraient être utilisés à titre prophylactique ou thérapeutique chez un très grand nombre de patients.Les ligatures de la fémorale ou de la veine cave restent des 1.A.BERTRAND et Y.CHARTIER.Essai clinique d\u2019un nouvel anticoagulant de synthèse.L'Union Médicale du Canada.85: 875 (août) 1956.2.L.A.LONG, G.COLPRON et P.MARION.Un nouvel anticoagulant du type 4-oxycoumarin, le G-23350 (Sintrom).L\u2019Union Médicale du Canada.85: 909 (août) 1956.3.R.JOHNSON, A.DAVID et Y.CHARTIER.Notre expérience clinique avec le G-23350 (Sintrom).L'Union Médicale du Canada.86: 408 (avril) 1957.ÉDITORIAL 781 procédés d\u2019exception, leur opportunité est encore tres discutée et ces interventions ne sont pas exemptes de séquelles.Maurice GERVAIS.DES FAITS NOUVEAUX EN SCLEROSE EN PLAQUES ET SCHIZOPHRENIE Depuis que la sclérose en plaques disséminées fut isolée grace aux merveilleux travaux de Vulpian et Charcot échelonnés de 1866 a 1892, on chercha a découvrir la cause de cette affection.Dès 1884, Pierre Marie croyait qu\u2019elle était d\u2019origine microbienne et produite par des embolies de microbes pathogènes qui formaient les foyers infectieux au sein de l'axe cérébro-spinal.Strumpell, en 1887, s'opposa à cette conception et se montra partisan d'une origine endogène et congénitale comportant l'atteinte primitive de la névroglie; Oppenheim (1887) admettait une étiologie toxique polyvalente.La théorie infectieuse prévalut jusqu'à il y a une vingtaine d'années, alors que différentes hypothèses furent avancées, toutes séduisantes, mais n\u2019'apportant pas de preuves suffisamment concluantes pour s'imposer sans restriction et surtout n\u2019offrant que des éléments parcellaires, ou pathogéni- ques, à la structure d\u2019une conception vraiment étiologique de l\u2019affection.C\u2019est ainsi que Brickner, reprenant l'hypothèse de Marburg, crut que la myélinolyse de la fibre nerveuse était l\u2019effet d\u2019une lipase sanguine.Tout un groupe de pathologistes à la sulte de Ferraro attribuérent cette mé- 782 me lyse de la myéline à l'action d\u2019un mécanisme allergique.Des lésions cérébro-spinales compliquant certaines maladies éruptives et présentant une analogie assez frappante avec le type de lésions de la sclérose en plaques permettaient ce rapprochement et cette hypothèse.D'autant plus que l\u2019expérimentation sur l'animal chez lequel on provoquait des réactions allergiques par l'introduction de tissu nerveux associé à une substance facilitante comme le bacille de Koch faisait apparaître des altérations démyélinisantes du système nerveux central.De là d\u2019ailleurs la thérapie par l\u2019histamine qui en plus pouvait favoriser la vaso-dilatation au sein du tissu nerveux et atteindre.à vrai dire, deux objectifs.Puis Putnam publia ses intéressants travaux qui portèrent à démontrer que les lésions circonscrites de la maladie étaient causées par des thrombo- phlébites des veinules du tissu nerveux.D'où fut tentée la thérapeutique préventive par les anti-coagulants, surtout le dicoumarol.Puis on conseilla la restriction des graisses alimentaires, mesure découlant surtout de certains constats statistiques et épidémiologiques à l'effet que la sclérose en plaques a une incidence beaucoup plus élevée dans les pays où on recourt à une alimentation plus riche en substances grasses.Et nous omettons, sans doute, d\u2019autres hypothèses, d'autres postulats étiologiques et pathogéniques, impliquant jusqu'à une influence génétique, héréditaire et familiale possible, que ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 des compilations et auraient suggérée.Mais nous en venons à la conception infectieuse qui n\u2019a jamais été abandonnée et même a toujours inspiré des modes de traitement qui possédaient, par ailleurs, une efficacité toute relative pour ne pas dire nulle.En 1917, Kuhn et Steiner à la suite d'inoculation de sang et de liquide céphalo-rachidien de malades à des lapins et cobayes crurent trouver dans le sang de ces animaux un spirochète qu'ils appelèrent « spirocheta argenti- nensis ».Ils crurent voir en ce spirille la cause spécifique de la sclérose en plaques.Aucune recherche de contrôle, et elles furent nombreuses, n\u2019a pu confirmer catégoriquement les conclusions de ces auteurs.En 1939, Kathleen Chevassut aurait cultivé sur milieu d'Hartley après ensemencement de liquide céphalo-rachidien de malades à sclérose en plaques, un virus très petit, visible à l\u2019aide d\u2019un éclairage spécial à la lampe à mercure.Elle pensa qu'il était le microbe de la maladie.Elle le nomma « sphérula in- sularis ».Des travaux de contrôle ne confirmèrent pas ceux de Miss Che- vassut et un espoir était devenu pour les neurologistes du monde entier une nouvelle désillusion.La conception d\u2019une étiologie infectieuse et virale fut tenue en veilleuse, maintenue cependant par les Russes, quand tout récemment une femme, Rose R.Ichelson.se consacrant à des travaux de recherches à Philadelphie.fit une communication à la « Society for Experimental Biology and Medicine » au cours de laquelle elle annon- investigations L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 cait qu\u2019elle avait réussi à cultiver un spirochète provenant du liquide céphalo-rachidien de malades à sclérose en plaques diagnostiquée cliniquement.Bien plus, elle put, en se servant d\u2019un milieu spécial, entretenir la culture en ré-ensemencant a partir des première cultures.Sur 76 cas dont elle opéra ainsi l'ensemencement liquidien, elle aurait obtenu une culture positive dans 78% des cas, alors qu'en appliquant le même procédé à 28 cas de contrôle, elle aurait observé un résultat entièrement négatif, soit chez tous les sujets qui ne souffraient pas de sclérose disséminée.La publication de cette communication dans le « Proceedings » de mai 1957, est illustrée de figures qui reproduisent le spirochète très similaire à celui de la syphilis.L\u2019auteur le nomme « spirocheta myelophtora » selon la dénomination déja employée par Steiner en 1919.Sans aucun doute et de toute nécessité, des travaux de controle seront effectués, afin de se rendre compte de la véridicité d'une telle découverte.Que nos espoirs et surtout ceux de nos malades, ne soient pas, jusqu\u2019à nouvel ordre, démesurés, afin qu\u2019une autre désillusion ne s'ajoute pas à tant d\u2019autres qui ont suivi les nombreuses déclarations scientifiques, les multiples informations de chercheurs, qui parais- salent jeter de la lumière sur le mystère étiologique de la sclérose en plaques.x + À Ce que nous avons dit sur la sclérose en plaques ou du moins ce que l\u2019on ÉDITORIAL 783 peut penser de cette perfide maladie, on pourrait l\u2019appliquer à la schizophrénie.Avec cette différence que cette dernière affection est infiniment plus fréquente et qu'elle comporte ce terrible destin, de désorganiser la vie mentale des sujets qu'elle atteint au point qu\u2019ils forment le groupe le plus important des sujets logés dans les hôpitaux psychiatriques.Ici encore, ce sont surtout des jeunes adultes qui sont frappés et de la sorte, privés de leurs ressources psychiques, au moment où ils ont à peine atteint leur maturité et assumé, avec l\u2019enthousiasme de la jeunesse, les premières responsabilités d\u2019une totale liberté.Que de recherches pour trouver la cause d\u2019un tel mal! Et que d'échecs! Conceptions histologiques, génétiques et constitutionnelles, métaboliques et biologiques, psychogéniques- et psychanalytiques.Traitements empiriques relevant forcément de l\u2019ignorance totale de la cause définitive d\u2019un groupe de syndromes qui ont en commun de s\u2019intaller de préférence à un certain stade de la vie, mais qui ont été probablement groupés en un tout nosologique trop arbitraire.Jusqu'à nouvel ordre, on semble accréditer l\u2019opinion qu\u2019une disposition constitutionnelle de mal adaptation de la personnalité au monde pragmatique, aggravée par le contact d\u2019un milieu familial et social, frustrant et traumatisant, durant l\u2019enfance, constitue la cause de la psychose schizophré- nique.C\u2019est, du moins, en gros, ce que la masse des psychiatres contemporains serait prête à accepter.Bien entendu, en complétant, en élaborant et développant cette conception par des 784 modalités psycho-pathologiques complexes et variées.Mais, d\u2019autres psychiatres cherchent dans une discipline entièrement différente, interprètent ces étranges phénomènes psychiques de la schizophrénie selon une optique plus organiciste et dans une perspective biologique, plus précisément bio-chimique, métabolique et même endocrinienne.D'ailleurs des expériences récentes opérées avec des substances chimiques comme Ja mescaline et l'acide D-Ly- sergique administrées à doses infimes à des humains, ont contribué à faire admettre l\u2019hypothèse d'une influence bio-chimique dans la genèse de la schizophrénie.C\u2019est que les phénomènes mentaux déclenchés par ces substances simulaient d\u2019une façon étonnante les syndromes observés chez les schizophrènes, surtout pour ce qui est des hallucinations, des viciations de la conscience, du comportement et de l\u2019attitude des sujets en expérience.Sauf, bien entendu, que les accidents provoqués étaient passagers.Et c\u2019est ainsi que tout récemment à la réunion annuelle de l American Psychiatric Association un groupe de chercheurs américains de l\u2019Université de Tulane par l'intermédiaire du docteur G.Health, directeur du département de psychiatrie à cette Université, communiquaient les résultats de leurs recherches.LS Il apparaît comme si les schizophrènes sont soumis à une auto-intoxication provenant d'un vice métabolique .congénital et relevant d\u2019une déficience enzymatique.Ils auraient isolé une protéine qu\u2019ils nomment taraxéine, qui ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 se trouve dans le sang des schizophrènes et serait absente du sérum de su- Jets normaux.Ce sang de malades administré à des sujets sains déclencherait un comportement psychotique.Selon ces chercheurs, la déficience enzymatique troublerait le catabolisme de l\u2019épinéphrine et de substances voisines que sont les catécholamines.Oublions pour l'instant l\u2019inusité de cette terminologie, mais retenons le fait possible d\u2019une intoxication endogène par catabolisme incomplet de substances protéiniques du sang et des tissus des schizophrènes.Par ailleurs, ces mêmes chercheurs ont injecté à 38 schizophrènes un extrait de cerveau de bovidés.Cet extrait, d\u2019une composition indifférenciée et employée à titre d'essai expérimental aurait pour action de rectifier le trouble de métabolisme mentionné plus haut.Ce qu\u2019ils ont pu contrôler par certains critères, dont un dosage normal de catécholamines de l'urine.Ils ne peuvent cependant pas encore se prononcer sur les transformations cliniques opérées par cette cure.Un fait intéressant et peut-être, espérons-le, d'importance capitale est ainsi rapporté par ces chercheurs.Il porte l\u2019attention sur une étiologie d\u2019ordre bio-chimique de la schizophrénie.Un premier jalon est posé qui semble être la résultante de travaux sérieux et exposés avec une prudence toute scientifique.La suite est à suivre avec intérêt.Il semble que «ça bouge » réellement dans le champ de la schizophrénie.Roma AMYOT. HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE LA MALADIE DANS VOTRE ASSIETTE Aage JEPSEN 1 Le bien-être est étroitement lié à une bonne alimentation; à chaque repas \u2014 qu\u2019il se compose de plats sans prétention destinés uniquement à satisfaire notre appétit quotidien ou de chefs-d\u2019œuvre culinaires servis pour fêter quelque événement \u2014 la nourriture crée généralement en nous un état de bien-être et, dans cette heureuse disposition, il n\u2019y aura aucune place pour la désagréable pensée des dangers que peuvent présenter les aliments.Cependant, les dangers qui nous guettent à table sont tout à fait réels et constituent, dans le monde entier, un motif de sérieuse préoccupation pour les autorités sanitaires.La question présente en outre un intérêt professionnel considérable pour l\u2019industrie alimentaire, y compris les établissements de tous genres qui produisent, traitent ou servent des aliments.Enfin, il s\u2019agit d\u2019un problème d\u2019intérêt humain général, car la nourriture est l\u2019un des éléments essentiels de notre vie quotidienne.* * * Il ne faut pas s\u2019imaginer que les maladies transmises par les aliments se rencontrent uniquement dans certaines parties du monde.C\u2019est là un problème qui intéresse l'humanité tout entière et qui se pose dans toutes les régions habitées du globe.Les maladies transmises par les aliments prélèvent leur tribut aussi bien sur les populations des zones arctiques du Groenland que sur les habitants des régions tropicales de 1.Le Professeur Jepsen, de l\u2019Ecole royale de Médecine vétérinaire et d\u2019Agriculture du Danemark a exercé, pour le compte de l'OMS et de la FAO, les fonctions de consultant en hygiène des viandes dans différents pays et a été Président du Comité mixte FAO/OMS d'experts de l\u2019Hygiène des Viandes.Organisation médicale de la Santé.l\u2019Asie, de l\u2019Afrique et de l\u2019Amérique.Ces maladies peuvent se répandre dans les plus petits villages des districts ruraux tout autant que dans les grandes capitales.L\u2019essor de l\u2019industrie des produits alimentaires, qui caractérise les zones tempérées de l\u2019Europe et de l\u2019Amérique du Nord, a incontestablement provoqué de nombreuses améliorations dans le traitement de ces produits.D\u2019autre part, la centralisation industrielle de la production et de l\u2019élaboration des aliments, avec la vaste circulation de conserves alimentaires et d\u2019aliments cuisinés et demi-conservés dont elle s\u2019accompagne, a considérablement aceru les risques d\u2019extension d\u2019une épidémie éventuelle d\u2019origine alimentaire, qui, au lieu de sévir uniquement aux alentours de la cuisine familiale, peut atteindre un nombre beaucoup plus considérable de consommateurs.En devenant collective, de familiale qu\u2019elle était auparavant, la préparation des aliments n\u2019a pas échappé aux risques d\u2019intoxication et cette évolution a incontestablement imposé un surcroît de lourdes responsabilités aux services publics chargés du contrôle des produits alimentaires.\u2018 * * * Dans un grand nombre de pays trés évolués, la médecine préventive a assez bien réussi a juguler les maladies épidémiques de tous genres et les grandes épidémies d\u2019autrefois ont disparu en grande partie.Par contre, la circulation massive d\u2019aliments dont la production est centralisée a ouvert, dans les collectivités modernes, une nouvelle voie à la propagation de ces maladies.Lorsque des aliments de ce genre contiennent des agents infectieux, les conditions se 786 trouvent réalisées pour l'apparition d\u2019une épidémie subite, avec de nombreux cas simultanés répartis sur un vaste secteur.La maladie attaque alors comme par surprise et éclate avec la soudaineté d\u2019une explosion qui peut momentanément perturber et paralyser même des collectivités solidement organisées.On peut citer, à titre d\u2019exemple récent, la véritable épidémie d\u2019intoxication alimentaire causée par des viandes avariées en 1953, qui, en Suède, a atteint 10 000 personnes.Parmi les exemples plus anciens, on peut mentionner les nombreuses épidémies \u2014 transmises par le lait \u2014 de pharyngite infectieuse, de fièvre typhoïde, etc, dont à maintes reprises furent victimes des milliers de personnes dans des villes de la Scandinavie, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et d\u2019autres pays, avant que les méthodes de traitement hygiénique du lait n\u2019aient été suffisamment perfectionnées pour assurer l\u2019entière salubrité de l\u2019approvisionnement laitier des villes modernes.A l'heure actuelle, certaines infections transmises par des produits à base d\u2019œufs retiennent l'attention des autorités sanitaires de plusieurs pays.* * Dans la lutte contre les maladies transmises par les aliments, certains problèmes ont pu être résolus, mais d\u2019autres ont surgi que l\u2019on ne connaissait pas auparavant.De plus, un grand nombre de problèmes anciens attendent encore une solution pratique.La trichinose, transmise par la viande de gibier, constitue encore une menace pour les Esquimaux.Chez les populations du Moyen- Orient, les intoxications causées par des fromages de chèvre et de brebis, qui sont de consommation courante dans ces régions, demeurent un phénomène fréquent.Dans les pays européens, on enregistre encore des cas de taeniase, les œufs du ver solitaire étant absorbés avec la viande de bœuf, et l\u2019on rencontre en Amérique, des cas JEPSEN: LA MALADIE DANS VOTRE ASSIETTE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 d'intoxication alimentaire causés par des gâteaux fourrés à la crème.Dans les régions où l\u2019on utilise comme engrais les excreta humains et où l\u2019hygiène individuelle est peu développée, les aliments que l\u2019on consomme crus pour leur conserver leur saveur ou leur valeur nutritive présentent souvent de graves dangers.Ils peuvent avoir été contaminés par des matières fécales qui contiennent très fréquemment des germes pathogènes.La fréquence, dans de nombreuses régions du globe, des dysenteries et de certaines helminthiases, atteste l\u2019ampleur de ce péril.Les eaux polluées jouent également, dans de nombreux cas, un rôle important en tant que source de contamination indirecte par les excreta.Des situations identiques ou analogues se présentent dans de nombreux pays.La transmission de maladies par les aliments pose done un problème d'importance mondiale.* * * L\u2019application de mesures visant & empécher que des pratiques nuisibles ou des circonstances défavorables ne transforment la nourriture en poison incombe en partie aux services sanitaires des Etats et des collectivités qui créent, à cet effet, des organismes chargés du contrôle des produits alimentaires; mais l\u2019efficacité de ces efforts dépend, en une mesure encore plus large, de la collaboration de chacun de nous.Comme dans d\u2019autres domaines de l\u2019action préventive, on ne peut espérer aboutir à des résultats satisfaisants sans l\u2019entière compréhension et l\u2019entière bonne volonté de tous les membres de la collectivité.Pour pouvoir lutter contre un ennemi, il faut le bien connaître et 1l importe, pour cette raison, que tous ceux qui sont appelés à manipuler des aliments dans les industries de produits alimentaires, dans les restaurants ou ailleurs, soient mis au courant des données essentielles concernant la nature des maladies transmises par les aliments, ainsi que des moyens de s\u2019en protéger.Il faut également L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 que les ménagères soient instruites de ces questions, puisque leur tâche consiste préei- sément à assurer l\u2019emploi judicieux des approvisionnements alimentaires mondiaux.* * * Les maladies transmises par les aliments sont extrémement nombreuses et elles se manifestent de manière très diverse.Elles présentent, toutefois, un certain nombre d\u2019éléments fondamentaux qui peuvent être facilement énumérés.1.Infections véhiculées par les denréees alimentaires Les aliments peuvent servir de véhicule ou d\u2019agent de transmission de maladies infectieuses et parasitaires.En pareil, cas, les germes pathogènes (bactéries ou virus) ou les parasites proviennent d\u2019ammaux ou d\u2019êtres humains malades et doivent avoir passé, par quelque moyen, de ceux-ci dans les aliments.Le développement de la maladie dépend alors de l\u2019aptitude de ces germes à envahir l\u2019appareil digestif des personnes qui consomment les produits en question.Pour certaines catégories d\u2019infections transmises par les aliments, les bactéries nocives doivent avoir eu la possibilité de se multiplier dans les produits avant que ceux-ci ne soient consommés.Cette condition se trouve réalisée par exemple, lorsque les aliments ne sont pas consommés rapidement après avoir été cuits ou lorsqu\u2019ils n\u2019ont pas été conservés à des températures suffisamment basses pour empêcher la multiplication des bactéries.Quelques exemples récents feront ressortir la nature des épidémies que la transmission de germes pathogènes par les aliments est susceptible de provoquer: en 1947, on a enregistré chez les Esquimaux de Disco Bay (Groenland) 300 cas de trichinose avec 33 décès.Cause: La viande d\u2019un morse contenant des larves infectieuses microscopiques de tri- chine avaient été consommée crue ou insuffisamment cuite.JEPSEN: LA MALADIE DANS VOTRE ASSIETTE 787 En 1955, on a enregistré a Copenhague 600 cas lors d\u2019une épidémie de gastro-entérite.Cause: Consommation d\u2019une salade-mayon- naise préparée avec des œufs crus provenant de poules dont les intestins contenarent des bactéries de Salmonella.En 1955, une épidémie d\u2019ictère infectieux (hepatitis epidemica) a sévi à Gœteborg et dans d\u2019autres villes de Suède, où l\u2019on a compté un total de 600 malades.Cause: Consommation d\u2019huîtres qui avaient été conservées dans des eaux non épurées, polluées par des apports d\u2019égouts qui véhiculaient le virus de l\u2019hépatite, en provenance d\u2019excreta humains.Ces quelques exemples ont été choisis au hasard parmi les cas dont l\u2019auteur a eu directement connaissance, mais il serait facile de les compléter en dressant une liste impressionnante d\u2019incidents analgoues survenus dans toutes les parties du monde et concernant de très nombreuses maladies.2.Intoxications alimentaires On entend par intoxication alimentaire un type tout à fait différent de maladies transmises par les aliments; elle consiste en une crise aiguë de troubles gastro-intestinaux qui peuvent se manifester quelques heures après l\u2019ingestion du repas dangereux.Les symptômes de cette intoxication comprennent des nausées, des vomissements, des douleurs gastriques et de la diarrhée; bien que ces troubles puissent revêtir une certaine gravité, les malades se rétablissent habituellement au bout d\u2019un ou deux jours et les cas mortels sont rares.Cette forme très courante d\u2019intoxication alimentaire est causée par des toxines produites par certains types de bactéries \u2014 présentes dans les aliments ou introduites dans ceux-cà par les personnes qui les manipulent \u2014\u2014 lorsque ces bactéries ont eu la possibilité de se multiplier de manière excessive.Les types de bactéries qui interviennent dans cette forme d'intoxication alimentaire diffèrent de celles dont il a été question plus 788 haut en ce sens qu\u2019elles ne sont pas susceptibles d\u2019engendrer des maladies infectieuses lorsqu\u2019elles sont ingérées avec les aliments.Les effets nocifs ne se produisent que lorsqu\u2019elles ont eu la possibilité de se multiplier et de produire leurs toxines dans les aliments.* * * Les intoxications alimentaires de ce genre sont fréquentes dans toutes les régions du globe; elles se manifestent tout particulièrement dans les restaurants, les réfectoires et cantines, les camps militaires et établissements analogues où les aliments sont préparés en quantités considérables et tenus prêts à être servis pendant un laps de temps suffisant pour que les bactéries produisant les toxines puissent se multiplier.Le botulisme, qui est une forme particulière d\u2019intoxication alimentaire et qui peut se développer dans les mêmes conditions que l\u2019intoxication courante, constitue cependant une maladie sérieuse, avec un taux de mortalité élevé.Les bactéries qui sont à l\u2019origine du botulisme produisent une toxine qui s\u2019attaque au système nerveux et engendre divers symptômes graves de paralysie.Fort heureusement les cas de botulisme sont assez rares; ils se présentent, toutefois, de temps à autre et sont provoqués par des conserves de viande, de légumes ou de poisson.Cette brève description a fait suffisamment apparaître le rôle que certains facteurs jouent dans le développement des infections transmises par les aliments, d\u2019une part, et des intoxications alimentaires, d\u2019autre part, à savoir: 1.l\u2019utilisation, pour l\u2019alimentation humaine, d\u2019animaux malades; 2.la contamination, directe ou indirecte, des aliments par des agents infectants, d\u2019origine animale ou humaine; 3.la cuisson insuffisante d\u2019aliments susceptibles d\u2019étre contaminés; 4.la conservation de denrées périssables dans des conditions peu satisfaisantes; JEPSEN: LA MALADIE DANS VOTRE ASSIETTE l\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 5.la consommation, à l\u2019état cru, d\u2019aliments qui ont été produits ou manipulés dans des conditions contraires à l\u2019hygiène.Mesures préventives C\u2019est en partant de ces constatations qu\u2019il convient d'établir un système logique de prévention.Celui-ci doit comporter, en premier lieu, un service efficace de contrôle des produits alimentaires; la tâche de ce service est d\u2019exclure de la consommation les aliments provenant d'animaux malades et de soumettre à une surveillance sanitaire les opérations de production, de traitement et de vente des produits alimentaires, de manière à préserver ceux-ci de tout risque de contamination et à garantir l\u2019observation des règles de propreté et de salubrité dans leur manipulation.Il importe donc, au premier chef, de combattre efficacement les maladies chez les animaux afin que les produits d\u2019origine animale satisfassent aux exigences de l'hygiène.Au Danemark, par exemple, les campagnes efficaces menées contre la tuberculose et la brucellose bovines ont permis de supprimer presque complètement les cas de transmission de ces maladies par les aliments, alors que, il y a dix ans seulement, ces affections transmises à l\u2019homme principalement par les produits laitiers étaient constatées chez plusieurs centaines de personnes par an.* * * Le second dispositif du système préventif doit consister en un programme d\u2019éducation sanitaire destiné à amener la population à comprendre et à mettre en pratique, dans la vie quotidienne, un certain nombre de principes fondamentaux d\u2019hygiène alimentaire.Ces principes, qui doivent évidemment être adaptés aux conditions et aux circonstances locales, peuvent se résumer brièvement comme suit: La cuisson constitue le moyen le plus sûr pour détruire les germes de maladies infectieuses dans les aliments; la réfrigération et la congélation ne présentent pas, de ce point L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 de vue, la même efficacité, sauf dans certains cas très spéciaux.Chaque fois que cela sera possible, les aliments devront done être soigneusement cuits ou réchauffés.Des précautions particulières doivent être prises au sujet de la consommation d'aliments crus, lorsqu\u2019il y a eu une possibilité quelconque de contamination de ces aliments.L\u2019eau qui pourrait être insalubre doit être bouillie.JEPSEN: LA MALADIE DANS VOTRE ASSIETTE 789 Pour éviter le risque d\u2019intoxication alimentaire, les aliments cuits d'avance et qui ne sont pas servis immédiatement doivent être conservés très chauds ou refroidis rapidement et maintenus au frais.La température à laquelle ils sont conservés doit être, soit inférieure à 10°C (50° F), soit supérieure à 50° C (122° F); on évitera les températures tièdes intermédiaires qui favorisent la multiplication des bactéries.CE QUE MANGENT LES GENS ET LES RAISONS DE LEUR CHOIX W.R.AYKROYD ! Il suffit de se demander pourquoi nos menus sont ce qu\u2019ils sont pour s\u2019apercevoir que cette question en apparence si simple ne comporte pas de réponse simple.En réalité, les habitudes alimentaires humaines dépendent d\u2019une multitude de facteurs historiques, géographiques, culturels, économiques, etc.Les denrées alimentaires peuvent être réparties en un certain nombre de groupes principaux tels que les céréales, les racines féeu- lentes (pommes de terre, ignames), les légumineuses (petits pois, haricots, etc.), le sucre, les graisses et les huiles, les fruits, les légumes, les viandes, les œufs, le poisson, le lait.Tout régime alimentaire humain est formé de ces aliments, dans des proportions d\u2019ailleurs extrêmement variables.| Cette liste révèle tout d\u2019abord la manière dont l\u2019homme s\u2019est adapté au milieu que lui offrait la terre à un stade déterminé de son évolution.Compte tenu de ce milieu et des besoins alimentaires créés par l\u2019expansion de la race humaine qui, à partir d\u2019un petit nom- 1.Le docteur Aykroyd est directeur de la Division de la Nutrition à l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019Alimentation et l\u2019Agriculture.\u2014 Organisation Mondiale de la Santé.bre de groupements épars, est parvenue au chiffre de 2 500 millions d\u2019individus, il serait difficile de concevoir une gamme profondément différente de nourritures fondamentales.L\u2019homme aurait pu, certes, cultiver d\u2019autres graminées pour en faire des céréales, s\u2019entourer d\u2019autres animaux et oiseaux domestiques, et découvrir par hasard des racines sauvages, des tubéreuses, des plantes et des fruits qui, après des siècles de culture, auraient égalé ou surpassé l\u2019actuel manioc, ou les pommes de terre, ou les choux, ou les oranges.Mais nous n\u2019aurions alors que des variantes à l\u2019intérieur des groupes d\u2019aliments plutôt que des nourritures entièrement différentes.Les progrès de la science permettront peut- être d\u2019exploiter ou de créer d\u2019autres possibilités alimentaires: certains s\u2019enthousiasment déjà à l\u2019idée que les algues et les herbes, convenablement traitées, pourront fournir à l\u2019homme une nourriture abondante; on peut envisager également l\u2019éventualité, assez lointaine, de la production d\u2019« aliments synthétiques ».Pour le moment toutefois, nous devons nous contenter des catégories de produits que nous avons héritées des générations passées.1e 790 Le traitement des denrées n\u2019est pas une innovation La « technologie alimentaire » au sens large du terme, a ajouté dans la mise en valeur des ressources alimentaires un rôle aussi important que la domestication, la sélection ou la technique de l\u2019agriculture et de l\u2019élevage.Depuis l\u2019époque où il a commencé à utiliser le feu pour rôtir la viande, l\u2019homme a appris à «traiter» de multiples façons la plupart de ses aliments, et invention du pain en offre un exemple remarquable.Les méthodes domestiques et locales de traitement des denrées ont donné naissance, avee le temps aux industries alimentaires, qui font des matières premières fournies par les champs et les plantations ces produits attrayants que nous trouvons aujourd\u2019hui dans les boutiques et sur nos tables.La grande industrie alimentaire n\u2019est pas davantage une caractérisque de l\u2019époque récente: les raffineries de sucre existent depuis des siècles et, à Rome, le pain destiné à la plèbe était préparé dans d\u2019immenses boulan- gerles.C\u2019est néanmoins au cours des quelque cent dernières années que cette industrie a pris tout son essor et atteint une si grande \u2018ampleur qu\u2019elle exerce une influence profonde, et généralement bienfaisante, sur les habitudes alimentaires de l\u2019humanité.Il n\u2019en a pas toujours été ainsi avant l\u2019apparition de la science moderne de la nutrition dont les principales découvertes sont devenues aujourd\u2019hui familières à tous.L\u2019emploi de graines oléagineuses pour la fabrication de graisses végétales peu coûteuses, de goût agréable, faciles à emmagasiner et à transporter, constitue l\u2019une des réussites les plus, remarquables de la technologie alimentaire.Ces graisses ne sont inférieures au beurre en valeur nutritive que parce qu\u2019elles manquent de vitamines liposolubles.Un autre progrès de la technologie alimentaire a permis d'enrichir ces produits en leur ajoutant les vitamines dont ils étaient auparavant dépourvus et les a rendus capables de concur- AYKROYD: CE QUE MANGENT LES GENS L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 rencer le beurre \u2014 avec beaucoup trop de succès du point de vue de l\u2019industrie laitière \u2014 non seulement quant au prix, mais aussi quant à la teneur en éléments nutritifs.Variété croissante des aliments La situation géographique influe naturellement sur le mode d\u2019alimentation.En Asie du Sud-Est, c\u2019est le riz, et non le blé, qui pousse bien; aussi les habitants de cette région sont-ils généralement des mangeurs de riz plutôt que de blé.Cependant, au cours des derniers siècles, le rôle du facteur géographique a progressivement diminué.Tout d\u2019abord, les plantes vivrières et les animaux domestiques originaires de certaines régions ont été acclimatés dans l\u2019ensemble du monde.De nos jours, le maïs est en Egypte une culture à ce point caractéristique du pays que l\u2019on est presque surpris de ne pas en trouver la représentation dans les tombes antiques; la dinde des Amériques est devenue, à la suite d\u2019un enchaînement singulier de circonstances, le plat symbolique de la Noël britannique.En second lieu, le développement des moyens de transport et de la technique facilite l\u2019utilisation de produits étrangers.Un grand nombre de pays, tels que Cuba, Israël et le Venezuela, comptent très largement sur l\u2019importation pour leur ravitaillement, bien qu\u2019il y en ait peu qui surpassent à cet égard ce grand importateur de produits alimentaires qu\u2019est le Royaume-Uni.Grâce à la réfrigération et à d\u2019autres méthodes techniques, les familles aisées ont à leur disposition, dans le monde entier, un choix presque illimité d\u2019aliments.Par contre, dans les pays que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui insuffisamment développés, la grande masse de la population continue à se nourrir d\u2019aliments qu\u2019elle produit elle-même.En pareil cas, les habitudes alimentaires sont moins souples et le régime est en général plus monotone que dans les pays de civilisation urbaine moderne. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Influence des traditions et des usages Bien que l\u2019alimentation humaine se compose essentiellement des principaux groupes de produits énumérés plus haut, elle comprend aussi d\u2019autres éléments que l\u2019on ne saurait négliger.Du point de vue strictement scientifique, un régime alimentaire doit être considéré comme satisfaisant lorsqu\u2019il procure, en quantité suffisante, les calories, les protéines, les vitamines et les substances minérales nécessaires à l\u2019organisme.Mais tel n\u2019est pas l\u2019avis de l'homme moyen.Il existe dans la plupart des régimes alimentaires humains certains « extras» \u2014 tels que le thé, le café, les boissons alcooliques, les aromates, ete.\u2014 qui n\u2019ont qu\u2019une très faible valeur nutritive mais constituent, dans la pratique, des éléments aussi indispensables que les aliments de base.Leur production joue un rôle considérable dans l\u2019économie agricole de nombreuses parties du monde, et leur part dans le budget alimentaire des familles est importante.On n\u2019accepte pas de se passer de ces «extras» et on leur sacrifie même des produits plus nutritifs.L'étude de l\u2019influence des traditions et des usages sur le mode d\u2019alimentation pourrait fournir la matiére de nombreux ouvrages.Chaque groupe social a des préférences très marquées pour certaines catégories d\u2019aliments et pour certaines manières de les préparer; il a un code particulier pour l\u2019heure, l\u2019importance et le nombre des repas, qui sont régis par un rite local très précis.Le goût et l\u2019arôme ont une base physiologique \u2014 que l\u2019on connaît étonnamment mal \u2014 et l\u2019on peut donc présumer que les réactions du palais sont dans l\u2019ensemble identiques chez tous les hommes: la saveur sucrée ou le goût acide sont ressentis de la même manière partout.Mais nous savons également que le goût peut être éduqué ou conditionné, si bien que le régal des uns est une nourriture immonde pour les autres.En outre, les préférences alimentaires sont déterminées par l\u2019interaction de facteurs mul- AYKROYD: CE QUE MANGENT LES GENS 791 tiples tels que les usages, les possibilités de ravitaillement et les nécessités découlant des conditions de vie matérielles et sociales.Chaque groupe de population tend à considérer comme normal et naturel son mode d\u2019alimentation, dont les racines plongent assez profondément dans les traditions et conceptions nationales et régionales.Malnutrition et superstition L\u2019examen des superstitions et des tabous alimentaires \u2014 autres phénomènes liés aux formes de civilisation \u2014 permettrait également de remplir un volume entier avec des exemples empruntés à des sociétés humaines de tous types, civilisées ou primitives.Le Dr Cicely Williams, qui a introduit dans la littérature médicale le terme de \u201cKwashiorkor\u201d (une forme de la malnutrition protidique) a fait les remarques suivantes 2: « Dans l\u2019Afrique orientale, où la fréquence du kwashiorkor pose un problème angoissant, il existe des régions où la viande et le lait peuvent être facilement obtenus, mais où les femmes et les enfants en demeurent privés.On enseigne aux femmes que la consommation des œufs les rendra stériles, qu\u2019elles se mettront à caqueter si elles mangent de la volaille, et que la viande de chèvre leur fera pousser une barbe».Ce sont là des exemples extrêmes, mais il serait facile d\u2019en trouver de moins pittoresques sans avoir à les chercher aussi loin.La production, le traitement et le transport des produits alimentaires, leur prix et le niveau des salaires \u2014 tous ces éléments objectifs ne représentent que l\u2019un des côtés de la médaille; l\u2019autre est constitué par la psychologie de l\u2019homme et par l\u2019imprévisibilité de son comportement.Il va de soi cependant que les facteurs économiques exercent une influence fondamentale sur les régimes alimentaires.2.The Lancet.13 février 1954, page 323. 792 Les facteurs économiques Certaines catégories d\u2019aliments fournissent, pour une dépense d\u2019argent identique, un nombre plus élevé de calories que d\u2019autres.Ainsi, les céréales, les racines féculentes et le sucre appartiennent à la première catégorie, tandis que les produits laitiers, la viande et les œufs doivent être rangés dans la seconde.Pour produire un nombre déterminé de calories, la culture des céréales exige moins de surface arable et de travail que les aliments d\u2019origine animale, lesquels sont en revanche plus riches en certains éléments nutritifs essentiels.« Manger suffisamment » est une nécessité humaine inéluctable.Les populations pauvres doivent donc recourir principalement à des aliments peu coûteux.Les enquêtes effectuées dans de nombreux pays ont montré que, d\u2019une manière générale, les régimes alimentaires familiaux deviennent plus variés et plus nutritifs lorsque les revenus augmentent, et ce qui est vrai des familles l\u2019est aussi, dans l\u2019ensemble, pour les pays et les régions.Lorsque l\u2019agriculture est faiblement développée, et surtout lorsqu\u2019en outre la densité de population par unité de terre cultivée est très élevée, les céréales fournissent d\u2019ordinaire 65% au moins de l\u2019ensemble des calories produites.Mais là encore, il faut faire des réserves et apporter des nuances.C\u2019est ainsi, par exemple, que, si la consommation de certains aliments de valeur augmente avee l\u2019accroissement des revenus, celle d\u2019autres aliments tout aussi utiles peut diminuer.En outre, certains pays agricoles pauvres assurent à leur population un régime alimentaire meilleur que d\u2019autres pays dont les ressources et la production alimentaire sont presque aussi limitées.Etudes sur la consommation alimentaire On a beaucoup étudié le régime alimentaire des populations et sa valeur quantitative et qualitative.A l\u2019échelon national, les AYKROYD: CE QUE MANGENT LES GENS L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 « bilans alimentaires », élaborés pour de nombreux pays du monde, montrent la composition moyenne et la valeur des régimes alimentaires nationaux, mais ne permettent pas de connaître les différences existant dans ce domaine entre les localités ou régions d\u2019un même pays, ni celles qui sont dues à la situation économique des intéressés ou à de multiples autres facteurs.Les indications obtenues sont fréquemment inexactes parce que les données dont elles sont tirées (statistiques démographiques et recensement des ressources alimentaires) sont incomplètes ou fausses.L'étude directe de la consommation alimentaire des familles au moyen d\u2019enquêtes diététiques permet de compléter les indications fournies par les « bilans alimentaires » et fournit ainsi un tableau plus précis.Des techniques d\u2019enquête ont été mises au point pour l\u2019étude de ces questions dans les campagnes comme dans les villes.Mais cette méthode est malheureusement coûteuse et exige beaucoup de temps; aussi n\u2019a-t-elle reçu d'application étendue que dans quelques pays.Le but principal des études sur la consommation alimentaire est d\u2019établir si les régimes sont satisfaisants et d\u2019utiliser les données ainsi obtenues pour améliorer le niveau de nutrition.Les mesures pratiques prises dans ce sens doivent comprendre un effort d\u2019éducation destiné à donner à la population des habitudes plus rationnelles.Il faut non seulement savoir ce que les gens mangent et comment, mais aussi comprendre le pourquoi de ces habitudes.On constate fréquemment que des groupes de population comparables ont des régimes alimentaires très voisins, dont la composition reflète assez régulièrement l\u2019influence des nécessités économiques.Mais si on examine la situation dans l\u2019ensemble du monde, on est beaucoup plus frappé par la diversité des régimes alimentaires que par leurs similitudes et la complexité des facteurs en jeu s'impose alors à l\u2019esprit avec évidence. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus completes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE F.STEPHAN, H.JAHN, Mme G.BORD, M.J.STAHL.Recherches sur le rôle du principe anti-diurétique post-hypophysaire dans la pathogénie des œdèmes hépatiques.\u2018\u2019Semaine des Hôp.\u201d, 32: 995 (22 mars) 1956.Pour approfondir le problème de l\u2019intervention de principes antidiurétiques dans la genèse des œdèmes hépatiques, les auteurs ont étudié l\u2019inactivation de la pitressine \u2014 in vitro \u2014 par des fragments de foie humain, normal et pathologique, prélevés par ponction biopsie ou par biopsie faite au cours d\u2019interventions chirurgicales.I] est apparu qu\u2019à une exception près, le parenchyme hépatique provenant du cirrhotique alcoolique ascitique a perdu son pouvoir inactivant vis-à-vis de la pitressine.Ce même trouble n\u2019est pas l'apanage exclusif de la cirrhose de Laënnec, car il peut se retrouver chez certains alcooliques chroniques non œdémateux ainsi qu\u2019au cours d\u2019hépatites non alcooliques.Les auteurs n\u2019ont pas pu établir de relation entre le défaut de l\u2019inactivation hépatique de la pitressine et l\u2019histologie hépatique, la protidémie, les tests de Hanger et de MacLagan.Ces faits ont incité les auteurs à étudier \u2014 in vivo \u2014 les effets de la pitressine sur la diurèse, la chlorurie et l\u2019apparition d\u2019un pouvoir anti- diurétique dans les urines, car on pourrait s\u2019attendre à une augmentation de l\u2019action pharmacologique de la pitressine en cas d\u2019insuffisance d\u2019inactivation hépatique de cette hormone.Mais les expériences rapportées od ee montrent que l\u2019action de la pitressine est sensiblement identique chez le cirrhotique ascitique, le cirrhotique non œdématié et le malade indemne de toute atteinte hépatique.En utilisant la technique d\u2019Eisen et Lewis, les auteurs ne trouvent un principe antidiu- rétique urinaire que dans 20 pour cent de leurs expériences faites chez des cirrhotiques alcooliques ascitiques.Même après hémorragie, le cirrhotique n\u2019a pas un comportement différent de celui d\u2019autres malades, en ce qui concerne l\u2019apparition et la disparition de principe antidiurétique dans les urines.Ces études montrent qu\u2019il faut accepter avec réserve l\u2019intervention du principe antidiurétique post - hypophysaire dans la pathogénie des œdèmes hépatiques.Il est néanmoins possible que dans certaines conditions la pitressine puisse jouer un rôle dans la genèse des œdè- mes hépatiques conjointement avec d\u2019autres hormones: corticosurrénaliennes ou génitales.M.J.LUSTOK et J.F.KUZMA.\u2014 La pneu- monite secondaire à la fièvre rhumatismale: Une étude clinique et pathologique de 35 ans.(Rheumatic Fever Pneumon- itis: A Clinical and Pathologic Study of 35 Cases.) \u2018Annals of Internal Med.\u201d, 44: 337 (février) 1956.Une atteinte pulmonaire s\u2019est assez fortement installée chez 35 cas de fièvre rhumatismale pour exiger une individualité spéciale.La mort ayant atteint ces malades, on a pu faire une étude complète grâce à l\u2019autopsie.Des changements semblables surviennent dans la pneumonie interstitielle secondaire à une irritation clinique, à de la polyarthrite, à de l\u2019urémie, à de l\u2019endocardite bactérienne subaiguë et dans le parenchyme pulmonaire à la suite des abcès et des infarctus.Mais dans les cas de fièvre rhumatismale, les lésions sont plus importantes et plus fréquentes.La mort par pneumonite dans la fièvre rhumatismale survient d\u2019une manière remar- 794 quable durant sa première attaque.La dyspnée, la toux, la douleur thoracique, la cyanose et l\u2019'hémoptysie sont étonnamment importantes si l\u2019on se rapporte à l\u2019état de santé habituel du malade, au degré de l\u2019atteinte cardiaque et aux manifestations de la fièvre rhumatismale.Chez tous les cas, on a noté des signes actifs de la cardite rhumatismale.Le poids des poumons est augmenté, ce qui est dû à la présence d\u2019ædème et d\u2019hémorragies.Le tissu pulmonaire a une consistance de caoutchouc durci.Le diagnostic de pneumonite rhumatismale a été fait uniquement à l\u2019autopsie.On peut suspecter une pneumonite rhumatismale chaque fois qu\u2019il y a une dyspnée extraordinairement intense qui ne peut être associée à des signes de défaillance cardiaque et qui répond très peu à la médication cardio- vasculaire.Comme les lésions radiologiques ne sont pas pathognomoniques, le diagnostic de pneumonite ne peut être que soupçonné.Le traitement que les auteurs ont employé a consisté dans l\u2019emploi du salicylate toujours si efficace dans la fièvre rhumatismale aiguë, les toni-cardiaques pour soutenir l\u2019atteinte cardiaque, l\u2019antibiothérapie chaque fois que l\u2019endocardite bactérienne subaiguë a été suspectée.Cependant, l\u2019évolution de la pneu- monite n\u2019a pu être modifiée par cette thérapeutique.Les auteurs, à la suite de cette étude, ne peuvent formuler aucun signe clinique ou radiologique capable d\u2019aider au diagnostic certain de pneumonite secondaire à la fièvre rhumatismale.Paul-René ARCHAMBAULT.P.HILLEMAND et Y BARRE.\u2014 Rapports étiologiques, pathogéniques et thérapeutiques entre certaines manifestations digestives de type dystonique et certains syndromes endocriniens.\u2018\u2019Ar-h.Mal.App.Digestif\u201d, 44: 1225 (déc.) 1955.En étudiant systématiquement du point de vue endocrinien leurs cas de dolicho-côlons; de mégasplanchnies œsophagienne, gastrique et duodénale, de mégacôlons, de hernies diaphragmatiques et reflux œsophagiens, les au- ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 teurs trouvent, dans environ 4 cas sur 5, des anomalies endocriniennes susceptibles d\u2019aider la thérapeutique.A) Les hypothyroidies sont fréquentes et s\u2019appuient : 1.sur un tableau clinique mineur et souvent masqué par une forte neurotomie; 2.sur un abaissement très notable (de 10% à 30%) du métabolisme de base déterminé avec précautions; 3.sur des anomalies variables de la fixation de l\u2019iode radioactif; 4.sur un effet thérapeutique remarquable de la thyrothérapie.B) La spasmophilie est très fréquemment rencontrée, avec signe de Chvostek, épreuve de Klotz souvent positive, et épreuve thérapeutique isolée positive une fois.Le rôle d'association aux autres troubles paraît très important.C) Les troubles génitaux, plus évidents chez la femme avec: 1.avant la ménopause, rôle de la grossesse déjà souligné et rôle des états dits hy- perfolliculiniques; 2.apres la ménopause, fréquence considérable du déséquilibre hypophyso-ovarien, avec bouffées de chaleur nombreuses, chaque Jour, et fréquentes pendant des années.Chez l\u2019homme, les troubles sont plus disparates et encore à l\u2019étude actuellement.La synthèse d\u2019ensemble de ces troubles endocriniens répond à la triade: hypothyroidie, Spasmophilie, hypergonadostimulinie, qui s\u2019individualise aussi fréquemment dans chacune des dystonies digestives analysées.L\u2019effet thérapeutique est particulièrement favorable pour le traitement thvroïdien, mais celui-ci demande souvent à être conduit de façon importante, tenace et.surtout, variée.P.CATTAN et Waaih MA7T OUM.\u2014 Action de la cortisone.de I'hvdrocortisore et de la métacortandracine sur la diarrhée.\u201cArch.Mal.App.Digestif', 44: 1113 (novembre) 1955.Après un historique rapide des travaux concernant la corticothérapie dans les recto- [l\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 colites ulcéreuses, la sprue et l\u2019iléite terminale, les auteurs rapportent dix observations de diarrhée chronique de causes diverses où cette médication se montra souveraine.Il faut en rechercher le mécanisme dans une régularisation du métabolisme de l\u2019eau, perturbé au niveau des cellules de la muqueuse intestinale et dans l\u2019action anti-inflammatoire de cette thérapeutique.P.F.CECCALDI, S.HEBERT et J].BIEZ- CHARRETON.\u2014 Recherches sur la stéatose hépatique au cours des intoxications par des composés organiques volatils.\u2014 Etude histochimique et biochimique des foies gras obtenus par intoxication au chloroforme.\"La Semaine des Hôpitaux\", 4: 847 (juin) 1956.L\u2019évolution de la stéatose hépatique au cours de l\u2019intoxication par les vapeurs de chloroforme a été étudiée chez le rat blanc à la fois par des techniques biochimiques et histochimiques.Le foie gras qui se constitue est essentiellement glycéridique et l\u2019enrichissement lipidique porte presque exclusivement sur les graisses libres.Il apparaît déjà après 12 heures d\u2019intoxication et atteint son maximum à 24 heures.Histologiquement, on observe une surcharge lipidique des cellules hépatiques maxima à 24 heures et accompagnée bientôt de nécrose hydropique avec envahissement des lobules par des cellules réticulaires macrophagiques.L\u2019activité estérasique disparaît progressivement à mesure que la nécrose envahit les lobules.CHIRURGIE Jean MEILLERE.\u2014 Considérations sur deux cas d'épithélioma primitif du grêle.\"La semaine des Hôp.(Annales de Chirurgie), 32: 249 (avril) 1956.À propos de deux observations d\u2019épithélio- ma primitif en virole du grêle, l\u2019auteur attire l'attention sur le syndrome clinique réalisé par la sténose progressive du grêle avec stase iléale.ANALYSES 795 L\u2019une des malades présentait une forme d\u2019allure chronique, quoique régulièrement progressive, se manifestant depuis des mois par une crise journalière, marquée par l\u2019apparition de douleurs à type de crampes, puis d\u2019une «tumeur » intestinale présentant une tension intermittente typique, enfin de vomissements abondants amenant la sédation de la crise.Dans l\u2019intervalle des crises, l\u2019examen ne révélait rien d\u2019anormal; l\u2019état général était remarquablement conservé.Chez l'autre malade, qui paraissait en excellente santé, la sténose s\u2019est constituée à bas bruit et la stase iléale s\u2019est révélée brusquement par une crise aiguë d\u2019obstruction caractérisée par des douleurs subintrantes à type de crampes, des vomissements abondants, un ballonnement abdominal avec météorisme, une aéroiléie modérée, régulière, étendue à tout le grêle en amont de la sténose.La malade a été vue et opérée au treizième jour de sa crise.Il s'agissait, dans ces deux cas opérés, d\u2019épi- thélioma glandulaire cylindrique, avec striction en ficelle du grêle et réaction tumorale discrète.L\u2019anse en amont était dilatée, à paroi épaissie, remplie d\u2019une purée grumeleuse, verdâtre, sans liquide.Les syndromes réalisés, l\u2019un chronique avec crises journalières, l\u2019autre à type d\u2019obstruction aiguë irréversible, étaient l\u2019expression clinique «pure » de la stase iléale.Cette stase iléale par sténose progressive du grêle est remarquable par les caractères des vomissements, véritables vomissements par regorgement des matières accumulées en amont de la striction, et par une étonnante tolérance: tous ces caractères l\u2019apparentent aux syndromes classiques de stase gastrique par sténose du pylore.GASTRO-ENTEROLOGIE P.BRETON, L.LARGET et P.ISIDOR.\u2014 Ulcère peptique du rectum.Hétérotopie de type gastrique (fundique) de la muqueuse rectale.\u201cArch.Mal.App.Digestif', 44: 1153 (novembre) 1955.Une biopsie pratiquée sur la berge d\u2019un ulcère rectal, chez une femme de 23 ans, 796 montre une hétérotopie de type gastrique (fundique) de la muqueuse.Cette hétérotopie déjà indiscutable par ses caractères morphologiques, se confirme par des recherches d\u2019ordre biochimique.L\u2019ulcère est de type peptique.Ces constatations semblent constituer un argument (assez exceptionnel) en faveur de la digestion chlorhydro-peptique d\u2019une muqueuse de type intestinal, lésion quasi expérimentale qui, à la connaissance des auteurs, semble décrite pour la prmeière fois.J.CHENDEROVITCHT et J.CAROLI \u2014 La raicroanatomie de la circulation hépatique.\u2018La Semaine des Hôpitaux\", 31: 120 (mai) 1955.Les auteurs exposent leur réalisation de la microangioradiographie et quelques possibilités de cette méthode dans les domaines extra-hépatiques: rein, surrénale, rate, estomac, côlon.Ils étudient ensuite, par cette technique, la microanatomie de la circulation dans les foies normaux et pathologiques.Les ramifications et les modes de terminaison de la veine porte normale sont décrits chez l\u2019animal et chez l\u2019homme, montrant la régularité de leur distribution et les divers modes de passage aux sinusoïdes.De même pour les ramifications de la veine sus-hépatique normale, sur lesquelles les sinusoïdes s\u2019implantent directement sans passer par l\u2019intermédiaire de trones collecteurs.L\u2019artère hépatique est étudiée du point de vue de ses terminaisons qui se font à la périphérie du lobule hépatique normal et de ses anastomoses avec la veine porte qui n\u2019ont jamais été constatées au niveau des troncs.Puis, les auteurs étudient la microvaseula- risation des cirrhoses.Un fait domine, l\u2019existence d\u2019un très important angiome dans les travées scléreuses qui entourent les nodules, anglome annulaire fait de vaisseaux nombreux, gros, enchevêtrés et entourant le nodule cirrhotique comme un filet autour d\u2019un ballon.L'injection par la veine porte de 23 foies cirrhotiques montre que l\u2019angiome pé- rinodulaire est très facilement complètement ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 injecté et que le passage par la veine hépatique se fait aisément et à basse pression.D'autre part, les sinusoïdes du parenchyme nodulaire s\u2019injectent également de façon constante avec cependant une légère difficulté.Ainsi, contrairement aux notions classiques, le parenchyme n\u2019est pas exclu du courant portal.L'injection par les veines hépatiques montre que le drainage du parenchyme hépatique reste assuré de façon parfaite au cours des cirrhoses; en effet, c\u2019est avec une très grande facilité que tous les nodules cir- rhotiques apparaissent parfaitement et complètement injectée par cette voie.Mais on injecte aussi, bien que plus difficilement, l\u2019angiome péri-nodulaire.Ainsi on met en évidence les shunts porto-hépatiques, fistules d\u2019ECK en miniature qui court-circuitent une grande partie du sang hors du parenchyme hépatique.Par l\u2019artère hépatique, on injecte également avec une très grande facilité l\u2019angiome péri-nodulaire, intra-scléreux, démontrant ainsi l\u2019existence d\u2019anastomoses à plein canal entre les terminaisons artérielles et les ramifications portes au cours des cirrhoses.Ces shunts artério-portes jouent un rôle considérable dans la genèse de l'hypertension portale.Les auteurs étudient également la circulation porte dans diverses maladies et montrent: l'insuffisance d\u2019injection dans les zones centro-lobulaires au cours des stéatoses diffuses avec cirrhose; le rapprochement des structures vasculaires par nécrose du parenchyme et l\u2019absence d\u2019injection des sinusoïdes dans les atrophies aiguës du foie, la vascularisation, non par la veine porte mais par l\u2019artère hépatique, des métastases secondaires intra-hépatiques et, au contraire, la vasceu- larisation par la veine porte des nodules de l\u2019adéno-cancèr avec cirrhose.Guy ALBOT et François MAGNIER.\u2014 Diaphragme muqueux antro-pylorique.\u2018Arch.Mal.App.Digestif\", 44: 1162 (nov.) 1955.Les auteurs rapportent à propos d\u2019un cas personnel les quatre observations actuellement connues chez l\u2019adulte de diaphragme L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 muqueux pré-pylorique et insistent sur l\u2019aspect assez caractéristique des images radiologiques.J.CHARRIER, J.LOYGUE, C.POLONY et E.LEVY.\u2014 A propos du traitement chirurgical des recto-colites hémorragiques.\u201cArch.Maladies de l'App.digestif\", 44: 41 (janvier) 1955.Présentant une série de 16 observations de Rectocolites hémorragiques traitées chirurgi- calement, les auteurs tentent de faire le point sur la place et les possibilités de la chirurgie dans cette affection.Tous les malades opérés présentaient des formes particulièrement graves: 1ls opposent: 1) Les R.C.H.aiguës: 13 cas: le tableau clinique est alarmant état général très mauvais (amaigrissement de 10 à 30 kilogs, fièvre, anémie) syndrome digestif marqué (diarrhée hémorragique et purulente presque continue).Il s\u2019agit dans tous les cas de véritables opérations de «sauvetage ».On relève: \u2014 3 cas de perforation colique toutes mortelles (seules des interventions de drainage purent être pratiquées et sans succès), \u2014 9 cas d\u2019iléostomies avec 3 morts (une par péritonite, les 2 autres par la R.C.H.qui continue à évoluer malgré l\u2019iléostomie) ; les 6 autres malades ont subi ensuite une colectomie avec 2 décès (péritonite, embolie pulmonaire) ; 4 demeurent guéris avec un excellent résultat (l\u2019une présente une anastomose iléo-rectale faite lors de la colectomie, les 3 autres une iléostomie abdominale définitive après avoir subi dans un dernier temps amputation du rectum) \u2014 1 cas de R.C.H.subaiguë mourut après l\u2019intervention (seule tentative d\u2019iléostomie et de colectomie associée en 1 temps) de nécrose de l\u2019estomac due vraisemblablement au traitement cortisonique préalable.2) Les R.C.H.Chroniques: 3 cas: l\u2019iléos- tomie a toujours été insuffisante pour guérir les complications classiques (ano-rectales, articulaires) nécroses cutanées, etc.) ; la colec- tomie a été pratiquée associée 2 fois à l\u2019amputation du rectum.ANALYSES 97 Dans tous les cas, aprés colectomie, la récupération a été rapide et spectaculaire (surtout dans les formes aigués), et ces opérés mènent une vie normale que beaucoup n\u2019espéraient plus.Reprenant les indications du Traitement Chirurgical, les auteurs, soulignent que dans 60 à 90% des cas le traitement de la R.C.H.est médical, déplorent de n\u2019avoir vu trop tardivement que des cas graves ou désespérés, ayant d\u2019ailleurs reçu les traitements médicaux les plus complets, (à ce sujet, ils redoutent particulièrement l\u2019ACTH et la cortisone préopératoire et leur imputent 2 décès) ; l\u2019iléosto- mie n\u2019est alors qu\u2019une intervention de sauvetage aux chances de succès bien minimes.Ainsi se trouve posé le problème toujours délicat de la date de l\u2019iléostomie qui, si elle est à l\u2019inverse trop précoce, risque d\u2019être abusive.L\u2019iléostomie qui peut mettre fin à une poussée aiguë, est le plus souvent insuffisante pour guérir la maladie définitivement ; elle devra donc être complétée, toujours pour les R.C.chroniques invétérées, presque tou- Jours pour les R.C.aiguës, par une colectomie totale et, souvent aussi, par l\u2019amputation du rectum.La colectomie sera pratiquée dès que l\u2019amélioration des signes cliniques et biologiques le permettra (le délai variant de 15 jours à 6 semaines environ après l\u2019iléosto- mie).Les opérations en un temps, séduisantes sur le plan théorique, ne sont souvent pas applicables chez des malades très atteints où la multiplication des temps opératoires semble souhaitable; paradoxalement, elles sont formellement indiquées au cours des perforations où tout autre acte (dérivation, drainage abdominal) est voué à l\u2019échec.La conservation du rectum (permettant une anastomose iléo-rectale et autorisant une fonction normale) n\u2019est à envisager que si les lésions ont disparu à son niveau et si une \u2018surveillance régulière peut être assurée; le \u2018plus souvent il sera enlevé et l\u2019iléostomie abdominale définitive sera préférée à tout rétablissement de la continuité aux résultats 798 parfois désastreux et toujours inconstants; en effet, l\u2019iléostomie abdominale, si elle est exécutée avec précision (Cattel) et bien appareillée, autorise une activité normale.Guy ALBOT.PNEUMOLOGIE R.F.CORPE et E.C.HWA.\u2014 Une étude bronchographique et histopathologique comparée de la maladie bronchique chez 216 tuberculeux.\u2018American Review of Tuberculosis'\u2019, 73: 681 (mai) 1956.Les auteurs ont fait des bronchogrammes chez 216 tuberculeux.Ces examens ont été pratiqués grâce à un cathéter placé dans la trachée, après bronchoscopie.Chez 84 de ces malades, on a fait des résections pulmonaires.Parmi ces cas, on a trouvé 55 malades souffrant de bronchiectasie.Ce diagnostic radiologique de bronchiectasie avait été porté chez 42 de ces cas.Par ailleurs, chez cinq de ces malades, on n\u2019a pu confirmer le diagnostic radiologique de bronchiectasie, les pièces en main ne donnant aucun signe anatomique de dilatation des bronches.Chez 21 de ces 55 malades, il a été trouvé de la tuberculose parmi ces dilatés bronchiques.La plus grande incidence de maladie bronchiectasique a été constatée chez des malades ayant des zones de tuberculose pneumonique et cavitaire.La dissémination de la maladie après bron- chographie a été mise en évidence chez trois patients alors que de légères réactions ont été notées chez 26 autres.La rétention d\u2019huile dans le parenchyme pulmonaire s\u2019est produite chez environ 60 pour cent des cas de cette série.Les auteurs croient que le principal rôle qu\u2019offre la bronchographie dans la tuberculose, c\u2019est de nous aider à déterminer l\u2019étendue, l\u2019importance de la résection chirurgicale à faire plutôt qu\u2019une indication de l\u2019acte chirurgical surtout chez les malades asymp- tomatiques.Paul-René ARCHAMBAULT.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 CARDIOLOGIE A.KANATSOULIS.\u2014 Nouvelle théorie pa- thogénique du syndrome de W.-P.-W.et ses formes angineuses.\"Arch.des Mal.du Coeur et des Vaiss.\u201d, 49: 958 (octobre) 1956.L\u2019auteur semble le premier à faire une liaison entre le syndrome de Wolf-Parkinson- White et les signes d\u2019insuffisance coronarienne survenant chez des sujets jeunes ne présentant aucun signe de cardiopathie organique.De nombreuses théories ont tenté d\u2019expliquer la pathogénie du syndrome de Wolf- Parkinson-White; augmentation du tonus va- gal, présence d\u2019un faisceau de conduction anormale entre l\u2019oreillette et le ventricule.Aucune théorie n\u2019est concluante à l'heure actuelle.D\u2019après l\u2019auteur et ses élèves, le syndrome relève d\u2019un dissynchronisme neuro- musculaire; il est l\u2019effet d\u2019un trouble d\u2019excitabilité du système de liaison normale entre le muscle et le faisceau de His.On sait que d\u2019après la théorie de la chronaxie de Lapique, il doit exister une concordance d\u2019excitabilité entre le muscle et son nerf.Les excitabilités du myocarde et du faisceau auriculoventriculaire doivent être dans le rapport de 145 pour que l\u2019onde d\u2019excitation se transmette normalement.Lors de l\u2019atteinte de la valeur fonctionnelle du myocarde, son excitabilité serait augmentée tandis que celle du faisceau de His demeurerait normale.La chronaxie faisceau-myocarde est altérée; la transmission et la réception de l\u2019influx sont perturbées.Les symptômes angineux, d\u2019après l\u2019auteur dériveraient de cette zone myocardique hyper- excitable qui servirait d\u2019appel à des spasmes artériels, qui créeraient des troubles d\u2019irrigation du myocarde et qui troubleraient secondairement la fonction coronarienne.Denis LACHANCE. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 NEURO-PSYCHIATRIE G.M.DAVIDSON.\u2014 La schizophrénie : étude théorique et pratique.(Schizophrenia.À Survey of Theory and Practice.) \u201cJ.Nerv.and Ment.Dis.\u201d, 123: 149, 1956.L\u2019auteur étudie le problème général de la schizophrénie sous l\u2019aspect primordial de l\u2019affectivité, « voie finale commune de la personnalité globale ».Les modifications de l\u2019affectivité lui apparaissent comme les signes «primaires» du processus schizophrénique, et il les rattache à un substratum organique situé dans le télencéphale.Les signes « secondaires », mécanismes de défense et compensations, seraient des phénomènes de libération.L'auteur souligne également l\u2019importance, dans l\u2019étiologie comme dans la cure de la maladie, de la participation du système réticulé, surtout dans la production des phénomènes secondaires de libération et dans l\u2019action du coma insulinique ou de la thorazine.J.-B.BOULANGERA.L.ARNOLD et H.FREEMAN.\u2014 L'utilisation de la Réserpine chez les psychotiques hospitalisés.(Reserpine in Hospital ized Psychotics.) \"Arch.Neurol.Psych.\u201d, 76: 281, 1956.L\u2019effet de la réserpine fut étudié dans un asile sur 28 schizophrènes chroniques et agitées.On compara les résultats de cette médication avec ceux obtenus par l\u2019administration de placebos et l\u2019observation de malades sans traitement.On avait exclu de la série les schizophrènes lobotomisés ou soumis à une thérapeutique biologique ou psychologique.Les placebos furent sans effet sur le comportement des malades.Avec un dosage quotidien égal ou supérieur à 8 mg de réserpine (serpasil), on observa une amélioration d\u2019ordre significatif, mais limitée au plan de la socialisation des schizophrènes.Les résultats présentèrent des variations individuelles considérables; pendant les trois semaines que dura l\u2019expérimentation, on enregistra des rechutes dans chaque cas, et quinze semaines ANALYSES 799 après l\u2019arrêt de la médication, tous les malades se retrouvaient au même point qu\u2019au début du traitement.J.-B.BOULANGER.G.F.WESTCOTT.\u2014 Le Serpasil comme adjuvant de psychothérapies brèves chez deux psychotiques.(Serpasil as an adjunct to brief intensive psychotherapy with two psychotic patients.) \"J.Nerv.Ment.Dis.\u201d, 128: 53, 1956.Deux schizophrénes de sexe masculin, âgés respectivement de 26 et de 23 ans, le premier présentant une symptomatologie fruste de désintégration de la personnalité, d\u2019apathie et de délire mal structuré, le second un hébé- phrène typique, furent soumis à une psychothérapie brève (moins de 60 séances), associée à un traitement par le serpasil, dosé à 5 mg I.-M.t.i.d.pour les premières 48 heures, puis à 1 mg.q.i.d.par voie buccale.Dans les deux cas, on observa une nette amélioration, tant par le critère de la récupération sociale que par celui des épreuves projectives.L\u2019auteur estime que la médication favorisa la psychothérapie en atténuant l\u2019angoisse et en permettant de la sorte une verbalisation de contenus pénibles.J.-B.BOULANGER.D.W.ABSE et J.A.EWING.\u2014 Transfert et contre-transfert dans les thérapeutiques de choc.(Transference and Contertransfer- ence in Somatic Therapies.) \"J.Nerv.Ment.Dis.\u201d, 123: 32, 1956.Parmi les facteurs dynamiques de la cure dans les traitements de choc électrique ou insulinique, s\u2019insèrent les attitudes respectives du psychiatre et du malade et leur interaction.L\u2019électro-choc détermine souvent des fantasmes d\u2019expiation et une angoisse liée à des craintes de destruction, tout en prenant le sens d\u2019un nouveau départ, d\u2019un recommencement.Cette réaction du malade est complémentaire des aspects punitif et hostile que revêt, à l\u2019examen, le comportement du médecin traitant.Le choc à l\u2019anhydride carboni- 800 que présente la méme constellation psychologique, alors que la cure de Sakel comprend en outre un élément de gratification affective de type maternel.Ces différences subjectives entre l\u2019électro-choc et le coma insulinique rendraient compte partiellement de l\u2019efficacité respective de ces thérapeutiques dans la mélancolie et la schizophrénie.J.-B.BOULANGERS.BRECHER.\u2014 Le test de Rorschach chez les schizophrénes surprotégés ou rejetés par leur mère.(The Rorschach Reaction Patterns of Maternally Over Protected and Maternally Rejected Schizophrenic Patients.) \"J.Nerv.Ment.Dis.\u201d, 123: 41, 1956.Deux groupes de 25 schizophrènes de sexe masculin âgés de 20 à 40 ans furent soumis au psychodiagnostic de Rorschach.Les malades du premier groupe présentaient une histoire de réjection maternelle, alors que ceux de l\u2019autre groupe avaient été l\u2019objet d\u2019une protection excessive de la part de leur mère; tous étaient d'intelligence moyenne ou supérieure, et aucun n\u2019avait fait d\u2019accès schizo- phrénique antérieur.Les «surprotégés » se montrent plus autistiques, anxieux, ambivalents et intrapunitifs que les membres de l\u2019autre groupe, ils manifestent plus de préoceu- pations concernant leur identification et leur rôle sexuel; leurs symptômes sont en général plus graves et la sphère de l\u2019idéation est plus particulièrement touchée.Les « rejetés» exercent moins de contrôle sur leurs impulsions et leurs émotions, ils ont tendance.à projeter sur le milieu extérieur leurs conflits, et leur comportement est de type plus infantile; ils présentent davantage les manifestations motrices de la schizophrénie.Ces différences devraient orienter le traitement: chez les malades « surprotégés », on cherchera à diminuer l'angoisse par la dissolution des mécanismes inhibiteurs et à résoudre les conflits de l\u2019identification; on s\u2019efforcera de renforcer, au contraire, les mécanismes inhibiteurs des malades « rejetés» et à sublimer sur un mode constructif leurs pul- ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 sions agressives et destructrices.Cette étude tend à confirmer le rôle de la relation de la mère à l\u2019enfant dans l\u2019étiologie et la symptomatologie de la schizophrénie.J.-B.BOULANGER.H.KAPLAN.\u2014 Le concept psychosomatique de l'ulcére peptique.(The Psychosomatic Concept of Peptic Ulcer.) \"].Nerv.Ment.Dis.\"\u201d, 123: 93, 1956.Dans la perspective psychosomatique de la pathogénie de l\u2019ulcère « peptique» (gastrique ou duodénal), les conflits psychiques auraient une action stimulante, par l\u2019intermédiaire du dixième nerf crânien, sur la motilité gastrique et la sécrétion de l\u2019acide chlorhydrique.L'auteur reconnaît l\u2019intervention d\u2019autres facteurs, dont des causes organiques, encore mal connus, dans la production de l\u2019ulcère chronique, et il recommande au psychiatre et à l\u2019'interniste une collaboration qu\u2019il illustre par l\u2019exposé d\u2019un cas traité avec succès.Parmi les théories concernant la psycho- genèse de l\u2019ulcère, celles qui semblent aujour- d\u2019hui avoir le plus de créance mettent l\u2019accent sur trois sources de conflit, isolées ou associées: frustration d\u2019un besoin de dépendance, agressivité et anxiété chronique.Le psychothérapeute doit viser à modifier les schèmes de comportement chez l\u2019ulcéreux, de manière à abaisser le niveau de son angoisse et à promouvoir le développement d\u2019une attitude plus mûre et indépendante, qui rende désormais inutile le «langage viscéral régressif » de l\u2019ulcère.J.-B.BOULANGER.OBSTETRIQUE L.A.CALKING et Eugene W.PEARCHE.\u2014 Présentation transversale.(Transverse Presentation.) \"Obstetrics and Gynecology\u201d, 9: 123 (février) 1957.La présentation transversale a été bien étudiée depuis 25 ans; on conçoit qu\u2019il existe un taux élevé de mortalité fœtale avec la version par manœuvre interne. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 On la rencontre surtout dans les accouchements prématurés et chez les grandes mul- lipares.Ici on n\u2019a pas trouvé comme étiologie ce que d\u2019autres auteurs contiennent tel qu\u2019un fréquent rétrécissement du bassin, un utérus ovoïde sauf pour le placenta praevia où on s\u2019accorde à dire qu\u2019on le rencontre dans environ 10 pour cent des cas.Pour ce qui est des différents stages, on ne note pas une grande différence avec une présentation normale.Le placenta praevia, la procidence du cordon et la rupture prématurée des membranes sont les grandes complications du travail.ANALYSES 301 En parcourant les auteurs, l\u2019opinion unanime est qu\u2019on devrait tenter la version par manœuvre externe avant le début du travail à condition qu\u2019il n\u2019y ait pas un placenta praevia.La version par manœuvre interne devrait être limitée aux petits prématurés, dans les cas où il faut procéder très vite avec une dilatation complète et pour le deuxième bébé d\u2019une grossesse gemellaire; pour le reste, on recommande une césarienne où les résultats sont très bons.Maurice MARINIER. SOCIÉTES ASSOCIATION DES BUREAUX MÉDICAUX DES HOPITAUX DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Extraits du procès-verbal d\u2019une assemblée du Comité exécutif, tenue au Cercle Universitaire de Montréal, à 2 h.30 p.m., le samedi 13 avril 1957.Relations entre le Bureau médical et Administration.Relativement au jugement de la Cour supérieure de Montréal, statuant sur un litige a un hopital de Montréal, le président se charge d\u2019en faire tirer des copies dont une sera adressée à chaque Bureau médical membre et à chacun des membres du Comité exécutif.Assistance publique.Le docteur de la Broquerie Fortier expose sur quelles bases devrait être conduite une étude de la question des maladies d\u2019Assistance Publique en rapport avec le médecin.Selon lui, cette étude regarde essentiellement l\u2019Association dans la poursuite de ses buts et Vaccroissement de sa vie.Cette étude devrait se faire dans le cadre provincial et englober les hôpitaux membres et non-membres.L'enquête soulèvera la question du droit naturel aux honoraires, le libre choix du médecin et la liberté de celui-ci de soigner.Cette enquête et étude conduira à la rédaction d\u2019un mémoire par un Comité spécial.Après soumission à l\u2019Exécutif, il sera diffusé dans les hôpitaux et présenté à l\u2019Assemblée générale.A son retour à l\u2019Exécutif, il sera adopté et diffusé dans le public s\u2019il y a lieu.De la discussion qui suivit cet exposé, il ressort qu\u2019il y a unanimité sur le droit du médecin aux honoraires ainsi que celui de l\u2019indigent au choix de son médecin.Cependant les opinions sont partagées sur l\u2019obligation de l\u2019hôpital de verser des honoraires à même les octrois qu\u2019il reçoit pour les indigents.En outre, on se demande quelle serait en face de la loi la position du médecin pour ses honoraires advenant le plan fédéral d\u2019assu- rance-santé qui mettrait fin à l\u2019hospitalisation des indigents payés, comme aujourd\u2019hui, par les provinces, Comme point de départ à cette étude, les Bureaux médicaux sont priés de communiquer un exposé de leur procédure actuelle concernant le recours éventuel aux honoraires professionnels dans les cas d\u2019Assistance Publique.Assurance-maladie.Une réunion du Comité d\u2019Assurance-maladie, inter-associations, est fixée au samedi 18 mai.Cette assemblée aura lieu à Montréal et le secrétaire est prié de convoquer les délégués des associations qui en font partie.Refonte de la loi médicale.S'en référant aux suggestions de l\u2019Exécutif en rapport avec la refonte de la loi médicale, le docteur de la Broquerie Fortier s\u2019objecte à la proposition d\u2019augmenter le nombre des représentants de la région métropolitaine.Sur explication que cette recommandation ne vise pas à la représentation proportionnelle mais à une représentation plus adéquate, car il se trouve que cinq gouverneurs représentent la moitié des médecins alors que 13 se partagent la représentation de l\u2019autre moitié, le docteur Fortier se rallie.Sur la question de la refonte, l\u2019assemblée exprime le voeu que le Collège des Médecins fasse une règlementation de base pour les Bureaux médicaux ; que l\u2019Association devienne un comité permanent d\u2019étude et un comité permanent pour servir aux fins de la conciliation.Le docteur Décarie est chargé de se faire l'interprète de l\u2019Asosciation auprès du Collège des Médecins et de préparer une motion en ce sens pour insertion dans les règlements en septembre.Radiographmes et examens de laboratoire.Le docteur Lapierre soumet une résolution du Bureau médical de l\u2019Hôtel-Dieu de Lévis priant l\u2019Association de demander: «Que les compagnies d\u2019assurance-maladie paient le coût des radiographies et des examens de laboratoire faits chez leurs assurés non-hospitalisés.» Le docteur Pelletier fait remarquer que les Services de Santé du Québec paient ces frais.L'assemblée se prononce à l\u2019unanimité favorable à cette mesure. NÉCROLOGIE DOCTEUR FABIEN GAGNON Le docteur Fabien Gagnon, député de Compton à l\u2019Assemblée législative, est mort subitement à son bureau, le 11 juin 1957, à l\u2019âge de 59 ans.Le docteur Fabien Gagnon obtint son diplôme de docteur en médecine en 1922 de l\u2019Université Laval de Québec.Après un séjour en France, où il se spécialisa en gynécologie, il fut attaché à l\u2019hôpital du Saint-Sacrement et il devint par la suite professeur titulaire de gynécologie.Le docteur Fabien Gagnon a consacré une part importante de ses activités à des recherches sur le cancer du col utérin.Il a présenté de nombreuses communications sur ce sujet tant au Canada qu\u2019à l\u2019étranger.Le docteur Gagnon a soutenu la thèse que le cancer du col utérin est inexistant chez la femme appartenant aux ordres religieux.La profession médicale fait une lourde perte avec la disparition du docteur Fabien Gagnon.Les condoléances de L\u2019Union Médicale du Canada sont assurées à la famille.DOCTEUR ALEXANDRE DUGRÉ Le docteur Alexandre Dugré est décédé à l\u2019âge de 74 ans à Drummondville.Le docteur Dugré, diplômé de Laval de Québec, a pratiqué 46 ans la médecine à Saint-Léonard.DOCTEUR E.A.MARTIN Le docteur E.-A.Martin, d\u2019Edmundston, N.-B., est mort récemment à l\u2019âge de 59 ans.Né à Saint-Basile, N.-B, le docteur Martin a fait ses études au Collège Sainte-Anne de Chureh Point et à l\u2019Université Laval de Québec, ou il obtint son diplôme de docteur en médecine en 1922.Le docteur Martin a fait de la chirurgie pendant 30 ans à Edmundston.DOCTEUR MAURICE POLIQUIN Le docteur Maurice Poliquin, de Thurso, est mort subitement le 17 juin 1957, à l\u2019âge de 53 ans.Le docteur Maurice Poliquin reçut de Laval de Québec son diplôme de docteur en médecine en 1929.+ ++ DOCTEUR EMILE THIBAUDEAU Le docteur Emile Thibaudeau est mort le 23 avril à Québec, à l\u2019âge de 81 ans.Diplômé en 1899, le docteur Thibaudeau a toujours exercé la médecine à Québec, soit pendant 58 ans.ee + DOCTEUR J.-FERNAND LEDUC Le docteur J.-Fernand Leduc, de Montréal, est décédé récemment à l\u2019âge de 70 ans.Il obtint son diplôme de médecin à l\u2019Université Laval de Montréal en 1911.Pendant plus de 40 ans, il se consacra à la pratique générale dans le quartier Viauville de Montréal.Il laisse entre autres enfants un fils, Jacques, médecin-anesthésiste, à qui nous adressons nos sympathies. NOUVELLES LE DOCTEUR LÉON GÉRIN-LAJOIE, INVITÉ D'HONNEUR AU NOUVEAU- BRUNSWICK Le professeur Léon Gérin-Lajoie, de Montréal, a été le conférencier d\u2019honneur à la cinquième réunion annuelle clinique de la St.John Medical Society.Il a parlé d\u2019abord des « éléments du diagnostic en gynécologie » et ensuite « de la conduite à tenir dans les hémorragies des trois premiers mois de la, gros- Sesse ».ee HONNEUR CONFÉRÉ AU DOCTEUR ARMAND FRAPPIER Le docteur Armand Frappier, professeur à l\u2019Université de Montréal, directeur de l\u2019Institut de Microbiologie, doyen de l\u2019Ecole d\u2019Hygiène de Montréal, vient d\u2019être élu membre-correspondant de l\u2019Académie Nationale de Médecine de Paris.ee ++ CONFÉRENCES À L'ÉTRANGER DU DOCTEUR ALBERT JUTRAS Après avoir présenté deux travaux au Congrès des radiologistes de culture latine tenu à Lisbonne du 8 au 13 avril 1957, le docteur Albert Jutras a fait des conférences à l\u2019Université de Montpellier, à la Société de Gastro-entérologie de Paris et devant la Société française d\u2019électro-radiologie.6-6 +e CONFÉRENCIERS AU XXXIe CONGRÈS FRANÇAIS DE MÉDECINE Il nous fait plaisir de noter qu\u2019au XXXTIe Congrès Français de Médecine qui se tiendra à Paris du 16 au 18 octobre 1957, trois médecins de Québec seront au programme de la séance du 17 octobre.Il s\u2019agit du professeur Richard Lessard et des docteurs G.Saulnier et J.Beaudoin, qui parleront du traitement des endocardites malignes.6-6 9e HONNEUR CONFÉRÉ AU DOCTEUR ADRIEN PLOUFFE Le docteur Adrien Plouffe, journaliste médical renommé, vient d\u2019être élu président de la Société Royale du Canada, section française.BOURSIERS DU CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES DU CANADA On nous annonce que sept diplômés de l\u2019Université de Montréal viennent d\u2019obtenir des bourses du Conseil National de Recherches du Canada.Quatre boursiers, les docteurs Pierre-Henri Beauregard, Edouard Bolté, Joffre Brouillet et Maurice Verdy étudieront au département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu.Le docteur Jean-Pierre Cordeau étudiera à l\u2019Université de Pise en Italie, le docteur Armand Fortin à l\u2019Institut de Neurologie de Montréal et le docteur Guy Lemieux passera une autre année d\u2019études au New England Centre Hospital de Boston.LE DOCTEUR HERVÉ GAGNON ÉLU PRÉSIDENT Le docteur Hervé Gagnon, de Saint-Hyacinthe, a été élu récemment président de l\u2019Association de Médecine Industrielle de la Province de Québec.OFFICIERS DE L'ASSOCIATION CANADIENNE DES HÔPITAUX Le docteur F.W.Porter, de Bathurst, a été élu président de l\u2019Association Canadienne des Hôpitaux dont le Quatorzième Congrès s\u2019est tenu récemment à Saskatoon.Parmi les membres du bureau de direction, on note les noms des docteurs Paul Bourgeois et Gérard LaSalle, de Montréal.OFFICIERS DU COMITÉ PROVINCIAL DE DÉFENSE CONTRE LA TUBERCULOSE Le docteurs Herman Gauthier, de Mont-Joli, vient d\u2019être élu président du Comité Provincial de Défense contre la Tuberculose.Les autres élus sont les docteurs Gaéton Jarry, de Montréal, vice-président : Philippe Landry, de Montréal, sec.-trésorier; A.Lespérance, de Québec, J.-A.Vidal, de Montréal, D.Beaulieu, de Gaspé, H.Ferron, des Trois-Riviè- res, Paul Duval, de Macamic, J.L\u2019Ecuyer, de Ma- niwaki, P.Claveau, de Québec, et M.Bergeron, de Saint-Hyacinthe. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE L'OUEST DE MONTRÉAL L\u2019assemblée générale annuelle de l\u2019Association des Médecins de l\u2019Ouest de Montréal a eu lieu jeudi le 23 mai 1957, dans les locaux des Laboratoires Abbott Limitée, Ville Saint-Laurent.Au programme, s\u2019inscrivaient les quatre communications suivantes: 1.Le Collège de Pratique Générale du Canada, par le docteur Laurent Mailloux.2.La Fédération des Sociétés Médicales de la Province de Québec, par le docteur L.-Ph.Laporte.3.L\u2019Assurance-santé, par le docteur Rolland Blais.4.L\u2019Association des Bureaux médicaux de la province de Québec, par le docteur Roland Décarie.A Tissue de la réunion eurent lieu les élections pour le terme 1957-58, qui donnèrent le résultat suivant: Président: docteur Rolland Blais; vice-président : docteur Maurice Lacharité; sec.-trés.: docteur Jean Mailloux; aviseur: docteur Rémi Archambault : conseillers: docteurs J.-O.Lafortune, Laurent Mail- loux, Jacques Gagnon, Georges Lachaîne, Eugène Thibault, Bernard Gratton.BOURSIERS DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE L'ARTHRITE La Société Canadienne de l\u2019Arthrite et du Rhumatisme a annoncé qu\u2019elle a accordé sept bourses de recherches et quatre bourses d\u2019études.Des bourses de recherches ont été accordées, entre autres, aux docteurs J.Auer, de l\u2019Université d'Ottawa, et Gaé- tan Jasmin, de l\u2019Université de Montréal.Deux des bourses d\u2019études ont été décernées aux docteurs Edouard-B.Champagne et Guy Germain, de Montréal.NOUVELLES 805 CONFÉRENCE À LA MÉMOIRE DU PROFESSEUR J.-A.LEDUC La Société de Pédiatrie de Montréal a organisé le 4 juin 1957 une conférence a la Mémoire du prof.J.-A.Leduc qui s\u2019est tenue à l\u2019Université de Montréal.Le professeur invité était le professeur J.H.Ebbs, directeur du département de médecine au Toronto Sick Children Hospital.Le sujet de la conférence était intitulé: Recent developments in the coeliac syndrome.ee ++ LE DOCTEUR JACQUES GENEST AU CONGRÈS DE L'\u2019ENDOCRINE SOCIETY\u201d Le docteur Jacques Genest et ses collaborateurs ont participé au dernier congrès de l\u2019Endocrine Society qui s\u2019est tenu à New-York en mai 1957.Le docteur Wojciech Nowaszynski y a présenté une communication intitulée: Isolation of a new steroid from urine au nom des membres du département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu.ee ee PARTICIPANTS AU CONGRÈS ANNUEL DE L'ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE L'Association Médicale Canadienne a tenu son Congrès annuel à Edmonton du 16 au 21 juin 1957.On remarque parmi les nombreux rapporteurs les noms des docteurs Jacques Léger et Paul David, de Montréal; Renaud Lemieux, de Québec; C.-A.Allard, J.-P.Moreau, H.-L.Richard, R.Boileau et L-E.Beauchamp, d\u2019Edmonton, et M.-B.Perrier, de Winnipeg. REVUE DES LIVRES Les rhumatismes articulaires inflammatoires.\u2014 Par S.de SEZE et A.RYCKEWAERT.Un vol.de 284 pages, 34 fig.\u2014 J.-B.Bail- lère, édit, Paris, 1957.Collection \"Les Précis du Praticien\u2018.Dans le groupe touffu des rhumatismes, la famille des variétés inflammatoires retient toute notre attention et, avouons-le, notre sympathie; c\u2019est sur elle que nos thérapeutiques, tant anciennes que modernes, nous donnent le plus d\u2019action: chaque année nous apporte des armes nouvelles et, si leur maniement est délicat, les satisfactions qu\u2019elles nous procurent, sont parmi les meilleures de la vie professionnelle.Mais ces médications changent sans cesse, certaines tombent en désuétude alors que d\u2019autres s\u2019imposent à notre expérimentation clinique pour le plus grand soulagement de nos malades: de plus en plus souvent nous pouvons prononcer le mot magique de guérison.C\u2019est dire que cet ouvrage vient à son heure: après un rappel général des notions régnantes et, en particulier, des données his- tochimiopathologiques, il dresse un inventaire systématique et complet de toutes nos ressources: il nous fournit les moyens de combattre avec succès la maladie de Bouillaud, la P.C.F.avec ses variétés, la spondylarthrite ankylosante, l\u2019hydarthrose intermittente, le rhumatisme palendromique de Rosenberg et Hench.On y retrouve les qualités de clarté-, de méthode, d\u2019application immédiate à la pratique qui ont assuré aux deux auteurs le succès de leur grand traité: il n\u2019y a pas un mot inutile et les nuances les plus fines y sont magistralement exposées.Il est à sou- haïter qu\u2019ils nous apportent bientôt un précis de la même haute tenue pour les rhumatismes dégénératifs et pour les abarticulaires.François FRANCON (Aix-les-Bains).Commentaire du code de morale pour les hôpitaux \u2014 Ed.GODIN, ptre.Préface de Son Exc.Monseigneur Camille-André Leblanc.Un vol.de 250 pages ($2.75), \u2014 Wilson et Lafleur, édit, 39 ouest, rue N.- Dame, Montréal, 1957.La Vocation de l\u2019Infirmière tient une place de choix dans l\u2019apostolat de l\u2019Eglise.C\u2019est pourquoi, la Conférence Catholique Canadienne approuvait en 1954 un code spécial de Morale, pour servir aux hôpitaux catholiques.Monsieur l\u2019abbé Godin publie un « Commentaire» de ce Code.A l\u2019Hôtel-Dieu de Bathurst, il enseigne la morale médicale depuis plusieurs années.Son expérience et ses qualités personnelles rendent son ouvrage à la fois pratique et profond.Le médecin et l'infirmière aux études trouveront dans ce commentaire une doctrine solide et un exposé très clair.La méthode de l\u2019auteur est d\u2019une simplicité lumineuse.L'article du code se situe d\u2019abord en tête de chaque exposé.L\u2019auteur expose aussitôt les notions générales qui s\u2019y rapportent, pour discuter ensuite la valeur et la portée des termes employés.Enfin, les applications pratiques se dégagent nettes et précises.Les soins médicaux et chirurgicaux sont étudiés avec les directives générales et particulières que l\u2019Eglise apporte dans ce domaine.Les secours spirituels regardent aussi bien les nouveau-nés que les inconscients, les catholiques que les protestants.Le corps, réceptacle de l\u2019âÂme, mérite le respect le plus délicat.La maladie, qui touche l'âme si sensiblement, nous fait comprendre la grande fraternité de la famille humaine.Autrefois comme aujourd\u2019hui, l\u2019Eglise se penche comme une mère sur l\u2019enfance et la maladie.Il n\u2019y a pas une mission catholique qui s\u2019ouvre dans le monde, sans voir l\u2019école et le dispensaire afficher la charité universelle de notre foi.Il en fut de même au pays: L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 Jeanne Mance et les Hospitalières Augustines n\u2019attendirent pas la stabilité de nos fondations pour se dévouer avec courage au soin des malades.Monsieur l\u2019abbé Godin mérite des félicitations chaleureuses pour son exposé limpide et précis.La méthode qu\u2019il a choisie met en relief la sollicitude avec laquelle l'Eglise entoure le malade.Cette protection envers le corps nous fait mieux estimer l'âme qu\u2019il renferme et le magnifique apostolat des hôpitaux catholiques.Précis de bactériologie médicale.\u2014 Par Pierre GASTINEL, prof.hon.de Bactériologie à la Faculté de Méd.de Paris, membre de l'Académie de Médecine; avec la collaboration de R.Fasquelle, A.Nevot, D.Christol, R.Demanche et P.Nicolle.2e édition refondue.Un vol.de 1244 pages, avec 163 fig.et 1 planche hors-texte en couleurs.Broché (2 vol.): 6.000 fr.; cartonné toile (1 vol.): 6.700 fr.\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1957.En donnant cette seconde édition de son Précis de Bactériologie médicale, l\u2019auteur a écrit un livre vraiment nouveau.Si des chapitres ressortissant au domaine parasitologi- que ont été éliminés, d\u2019autres fort nombreux ont été introduits dans l\u2019ouvrage, maints autres encore ont subi de profonds remaniements, avec complément d\u2019informations.Ce livre a pour premier but de montrer aux étudiants que la bactériologie ne doit pas être considérée par eux à la manière d\u2019une flore, mais bien comme l\u2019exposé des problèmes intéressant directement le médecin.Il est écrit aussi pour les candidats qui préparent dans les Facultés de Médecine ou de Pharmacie le Certificat d\u2019Etudes spéciales, ouvrant la voie des laboratoires d\u2019analyses ou permettant d\u2019aborder la recherche scientifique.L'ouvrage est destiné enfin à tous ceux qui, sur le plan biologique, doivent s\u2019initier aux aspects variés des processus bactériens.La rédaction de ce précis est tout inspirée du sens que l\u2019auteur donne au terme Bactériologie médicale.Cette dénomination signifie bien autre chose qu\u2019un programme limité aux REVUE DES LIVRES 307 microbes pathogènes pour l\u2019homme; elle indique en vérité une étude étroitement rattachée à la pathologie infectieuse, pour montrer comment l'agression d\u2019un germe pathogène devient une maladie et pour préciser les déterminismes en jeu.L\u2019esprit physio-pathologique introduit ainsi en bactériologie répond à la préoccupation majeure du pathologiste médecin ou vétérinaire.- Cinq chapitres de cette édition ont été confiés à des collaborateurs: l\u2019étude des antibiotiques revient au prof.R.Fasquelle, l\u2019examen des eaux au prof.A.Névot, et les pneumonies atypiques au prof.agrégé D.Christol.Le docteur Demanche a rédigé la sérologie de la syphilis et le docteur P.Nicolle a présenté les connaissances actuelles concernant les bactériophages.Dans cette nouvelle édition, une liste de références bibliographiques suit chaque article, pour permettre d\u2019acquérir une plus ample documentation.Un index alphabétique exhaustif permet l\u2019utilisation rapide de l\u2019ouvrage.Grandes divisions de l\u2019ouvrage I.Eléments introductifs à la bactériologie et à l\u2019immunologie (p.3 à 164).II.Technique bactériologique et examen de produits pathologiques (p.165 à 306).III.Microbes pathogènes pour l\u2019homme (p.307 à 899).IV.Les spirochétales (p.900 à 956).V.Rickettsies (p.957 à 979).VI.Ultravirus (p.980 à 1164).VII.Examen bactériologique des eaux (p.1165 à 1181).VIII.Antibiotiques, antibiose et antibiogramme (p.1182 à 1218).Index alphabétique (19 pages).Traitement d'urgence des intoxications.\u2014 Par René FABRE, René TRUIHAUT et M.T.REGNIER.\u2014 Un vol.de 650 pages (5.200 fr).\u2014 G.Doin et Cie, é&dit., Paris, 1957.Si la liste des poisons n\u2019a compris pendant très longtemps qu\u2019un nombre limité de substances en général d\u2019origine naturelle, elle s\u2019est, avec le développement prodigieux de la chi- 808 mie de synthèse, allongée de façon considérable ces dernières années.Et surtout les applications des substances susceptibles de provoquer des effets nocifs chez l\u2019homme se sont répandues, non seulement en thérapeutique, mais encore dans l\u2019industrie, en agriculture et, d\u2019une façon encore plus large, dans les divers domaines de la vie courante.L\u2019homme trouve ainsi à portée de main toute une gamme de poisons pouvant être à l\u2019origine d\u2019intoxications, parfois volontaires, mais le plus souvent accidentelles, aussi bien chez l\u2019adulte que chez l\u2019enfant.Lorsque le médecin se trouve en présence de sujets ainsi intoxiqués, pour lesquels des soins d\u2019urgence s\u2019imposent, il ne saurait être question pour lui de feuilleter un important traité de toxicologie et, par ailleurs, les formulaires classiques de thérapeutique ne peuvent lui fournir que des renseignements très incomplets.C\u2019est la raison pour laquelle, dans le cadre de la Bibliothèque de thérapeutique médicale, il a paru logique et nécessaire de consacrer un volume au traitement d\u2019urgence des intoxications.Etant donné l'importance du sujet, l\u2019ouvrage dépasse largement en nombre de pages la moyenne des livres de la collection.Les auteurs ont consacré tout d\u2019abord une soixantaine de pages à l\u2019exposé des généralités.Toutes indications y sont fournies sur les antidotes généraux et aussi sur les médicaments tels que les stimulants respiratoires ou les toni-cardiaques et les méthodes telles que la respiration artificielle ou l\u2019oxygénothérapie utilisées comme thérapeutiques symptomatiques.Sont ensuite examinés successivement : \u2014 les toxiques gazeux ou volatils; \u2014 les toxiques minéraux non volatils; \u2014 les toxiques organiques non volatils; \u2014 les venins; \u2014 les aliments toxiques; \u2014 et les végétaux toxiques.Les auteurs ont étudié, non seulement les toxiques classiques, mais également des corps REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 86 -\u2014 Juillet 1957 rarement responsables d\u2019intoxications.Les médecins pourront ainsi trouver, en toute occasion, des renseignements aussi complets que possible pour orienter leur diagnostic et instituer des traitements efficaces.La consultation de l\u2019ouvrage n\u2019en est d\u2019ailleurs pas alourdie car, dans un dernier chapitre, ont été réunis sous forme condensée, les principes essentiels des traitements d\u2019urgence à instaurer en cas d\u2019intoxications par les principaux poisons.En annexe, enfin, sont donnés les tableaux de posologie adulte et infantile des principales substances médicamenteuses susceptibles à doses trop fortes, d\u2019exercer des effets toxiques.Cet ouvrage vient à son heure et sera certainement d\u2019une grande utilité, non seulement pour les praticiens, mais aussi pour les étudiants en médecine, les pharmaciens et, d\u2019une façon plus large encore, pour tous ceux qui s'intéressent à l\u2019étude des moyens de combattre les effets des poisons.Pratique anatomo-pathologique (en 2 vol.) II.Microscopie.2e édition refondue.\u2014 Par J.DELARUE, F.BUSSER, P.GAU- THIER-VILLARS et Ch.GOUYGOU.Un vol.de 338 pages, avec 167 fig.(1.800 fr).\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1957.Cette seconde édition du Tome II (Micro- scople) de la « Pratique anatomo-pathologi- que » continue en fait les éditions successives, inaugurées par Roussy et Bertrand, des « Travaux pratiques d\u2019anatomie pathologique » qui ont depuis de longues années connu le succès auprès des médecins et des étudiants.Elle comprend l\u2019étude de 167 préparations histopathologiques, l\u2019image des lésions se trouvant située à côté de l\u2019interprétation correspondante.Les différentes formes des processus inflammatoires, les types essentiels des tumeurs, les lésions les plus schématiques des divers organes sont représentés ici.Les auteurs ont tenu compte, dans cette nouvelle édition, de l\u2019évolution actuelle de la L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 propi-ophtal Un médicament nouveau employé en thérapeutique oculaire, ne déterminant pas de sensibilisation et permettant l\u2019emploi des mydriatiques, des myotiques et des anesthésiques usuels.indications: Conjonctivites aiguës Conjonctivites allergiques Conjonctivites mycosiques Conjonctivites chroniques Blépharoconjonctivites chroniques Ulcères cornéens Autres infections oculaires externes.formule: Propionate de sodium 5% Chlorure de benzalkonium 1:50.000 On sait que l'acide propionique est normalement sécrété par les glandes sudoripares.Cette substance s\u2019est avérée très efficace au cours d'essais cliniques en augmentant la résistance locale aux agents pathogènes.Ce fait en établit de façon logique l'importance thérapeutique.posologie : Instiller 4 à 6 gouttes dans chaque oeil plusieurs fois par jour.présentation: Flacon compte-gouttes de 15 cc.Pommade ophtalmique a 7.5% \u2014 tube Vs oz.ANGLO-FRENCH DRUG CIE LTEE e MONTRÉAL 18 XLVII 810 pathologie.Quelques lésions devenues rares ne figurent pas dans le volume; en revanche, une place a été faite à certaines altérations fréquentes, aujourd\u2019hui mieux connues, comme la périartérite noueuse, la réticulose bénigne d\u2019inoculation, le cancer intra-épithélial, ete.L'appareil vestibulaire.\u2014 Conférences et travaux pratiques publiés sous la direction de A.AUBIN, prof.de Clinique oto- rhino-laryngologique à la Faculté de Méd.de Paris.\u2014 Presses Universitaires de France, édit, Paris, 1957.La labyrinthologie apparaît à beaucoup de médecins et même de spécialistes ORL, aride et difficile.La discipline vestibulaire rebute le néophyte, souvent dès le premier contact, en raison de la technique des examens si différents de la clinique habituelle, en raison des difficultés d\u2019interprétation de la sémiologie vestibulaire, en raison aussi du contexte neurologique souvent important qui se surajoute et vis-à-vis duquel les otologistes sont parfois peu familiarisés.En réalité, cet écueil primaire franchi, progressivement on est pris par cette discipline relativement rigoureuse, au champ d\u2019exploration vaste, débordant largement le cadre étroit d\u2019une spécialité et d\u2019un intérêt incontestable.Même dans la pratique courante, l\u2019intérêt de la labyrinthologie est loin d\u2019être négligeable.Le nombre des malades vertigineux, venant frapper à la porte du médecin praticien constitue un lot assez important.Le plus souvent, chez de tels malades, l\u2019examen somatique est négatif.Seul l\u2019examen vestibulaire souligne un certain nombre d\u2019éléments précis qui permettent d\u2019envisager un diagnostic et d\u2019établir une thérapeutique.En neurologie, un tel examen présente un gros intérêt.Dans les lésions de la fosse postérieure, il existe presque toujours une atteinte de la huitième paire.Le diagnostic d\u2019une tumeur de l\u2019angle ponto-cérébelleux, ne saurait être porté sans tenir compte des conclusions de l'examen oto-vestibulaire.Dans les lésions REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Juillet 1957 de l\u2019étage sus-tentoriel, cet examen présente une importance moindre.Cependant, il permet parfois d\u2019apporter un certain nombre d'éléments non négligeables dans l\u2019établissement du diagnostic: l\u2019hyperexcitabilité bilatérale et symétrique, le nystagmus de position type Nylen.En présence d\u2019un traumatisé crânien, l\u2019examen vestibulaire est pratiquement indispensable.Chez un tel malade, il n\u2019est pas possible le plus souvent, de prendre une décision sans le contexte oto-neurologique, d\u2019autant qu\u2019à la décision thérapeutique, se joint généralement un problème d\u2019ordre médico-légal.Enfin, l\u2019intérêt de la labyrinthologie dépasse le cadre purement médical.Pour n\u2019en donner qu'un exemple, nous citerons le domaine de I'aéronautique.Un pilote d\u2019avion, d\u2019avion à réaction en particulier, doit avoir un système vestibulaire parfaitement équilibré, avec réflexes parfaitement normaux, sans phénomènes d\u2019hyperesthésie.Ces différentes notions nous ont amenés à réunir, dans un même volume, les différentes conférences faites au cours international de labyrinthologie en janvier 1955.D'une part, toutes les conférences ont été faites par d\u2019éminents spécialistes de l\u2019appareil vestibulaire, connaissant parfaitement leur sujet et s\u2019efforçant de se tnettre à la portée des néophytes.D'autre part, ces dernières années, des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine, et nous avons pensé qu\u2019il serait très utile d\u2019en faire profiter le plus grand nombre.Les cours ont été conçus suivant plusieurs angles: anatomique, physiologique, sémiologique et clinique.En anatomie, les derniers travaux sur les fibres vestibulaires centrales et leurs connexions cervicales sont présentés par Huizin- ga et Gruner.En physiologie, de Vries apporte une explication claire et séduisante sur le fonctionnement de la cupule de l\u2019appareil vestibulaire, tandis que Ledoux, s\u2019appuyant sur d'importantes recherches personnelles, fait le point des données actuelles de l\u2019électrophysiologie. - SN PRE BJ [TY 2 5) J vel EAS AFT 7S ARS 4 Cn ww LS Kad) [9 LA i if bat] > J éd 5 30 + me = 3) wi § Re £ LY eu Fix 4 * (9 3 \" x A x A A he ~ 5 a 45 -~ qi + LO 22 pp + Le pF) WN, 2 XLVIIT x i bi o> 8 à) ! 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