L'union médicale du Canada, 1 mars 1955, Mars
[" Tome 84 \u2014 Numéro 3 MONTRÉAL, MARS 1955 ve Bulletin de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada Fondée à Québec en 1902 J nion Médicale du Canada Revue mensuelle fondée à Montréal en 1472 ADMINISTRATION ET SECRÉTARIAT 326 est, boulevard Saint-Joseph Montréal Universellement reconnue\u2026 COLCHICINE HOUDÉ \u201cLa colchicine par voie buccale demeure le traitement classique de l\u2019arthrite | goutteuse aigué.\u201d\u2019* Pour usage intraveineux.COLCHINEOS \u201cLa colchicine intraveineuse mérite un champ d\u2019applications plus étendu lorsqu\u2019on veut obtenir un effet plus rapide et dans les cas d\u2019intolérance gastro-intestinale.\u201d\u2019* *Wallace Craham and James B.Roberts : \u2018\u2018Intravenous Colchicine in the management of gouty arthritis\u201d, Annals of the Rheumatic Diseases, Vol.12, No.March, 1953.Plus d un demi-siecle consacre a l'avancement des Sciences médicale er pharmaceutique au Canada. exerce une action douce et efficace qui assure l\u2019élimination, rapide et complète, sans coliques ou besoins impérieux.PI 1° : A parait SOIREE et cétein CRC IR aL PHEMOLPHIALEINE, ot do GLYCERINE Kis urinnneas agbss, aint go Yas soto, spent sun émuler bieniairante, parce que luctiois #8 Houce 6: l'évacuation fucle.; pas d'alcoct à datealé 5 WARNER-CHILCOTT Laboratories DIV.WM.R.WARNER & CO LTD.TORONTO ONTARIO : WARNMER-CHILCOTY ery YY Fe L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 CHLORHYDRATE d\u2019Artane\u201d Chlorhydrate de Trihexyphénidyle Lederle Efficace dans les trois formes de Parkinsonisme POST-ENCEPHALITIQUE + ARTÉRIO-SCLÉREUX + IDIOPATHIQUE L\u2019ARTANE est ordinairement bien toléré.C\u2019est un puissant antispasmodique, et pourtant il produit moins d\u2019effets secondaires que l\u2019atropine.Il est plusieurs fois aussi actif que la plupart des autres drogues synthétiques ayant une action atropinique; il ne perd pas son efficacité lorsque son administration est prolongée, et il n\u2019a aucun effet nocif sur la fonction de la moelle osseuse.L\u2019ARTANE s\u2019administre par la bouche, en comprimés.On commence par 1 mg.le premier jour augmentant graduellement, selon la réponse, jusqu\u2019à 6 à 10 mg.par jour.Les Comprimés d\u2019ARTANE sont présentés en deux forces, soit 2 mg.et 5 mg., toutes deux conditionnées en flacons de 100 et de 1,000.| LEDERLE LABORATORIES DIVISION North American Cyanamid Limited 5550 AVENUE ROYALMOUNT VILLE MONT ROYAL, MONTREAL, QUEBEC .\u2019 \u2019 \"MARQUE DEPOSEE protests ARTANE® mr sel F- | wean pra arreté \u2018 a 3 mg.TABLETS \u2014 wns Faderal Law Protibits Dapeer 2 Em Mio Prosciot vivre wa 2 E 2e Le ct Lu soi ¢ # SOMMAIRE e BULLETIN Roger-R.DUFRESNE A propos de l'enseignement de la médecine ._.esse se en en Hermile TRUDEL Le XXVe Congrès de l'A.M.LF.C.à Montréal du 21 au 24 septembre 1855 .__._._._.__.Roma AMYOT Congrès de l'Association des Médecins de Langue Française de l'Amérique du Nord \u2014 Québec, 1908 \u2014 Sherbrooke, 1910 \u2014 Québec, 1920 .e e e Yves DESROCHERS et Paul DAVID ves Sténose mitrale.Etude anatomique et clinique de 55 cas oo.Raymond ROBILLARD, Gilles TREMPLAY, Lidia ADAMKIEWICZ et Jaques GENEST Le traitement de l'hypertension artérielle essentielle par l'hexamethonium .- W.J.McCORMICK Le cancer : k prédisposition comme pathogénie.Vues nouvelles sur l'étiologie _.__.RECUEIL DE FAITS Ruben LAURIER, C.-A.MESSIER et Jean-Paul VENNE Rupture traumatique de la trachée _ eeaneeocenn nee ce en nee n ces André DAVIGNON, Guy LEMIEUX et Jacques GENEST Le chlorpromazine dans le traitement du hoquet rebelle .Rosaire LAUZER Phlegmon suppuré, rétropéritonéal.A propos d'un cas associé à une anémie grave .___.Paul POIRIER Blastomycose Nord-Américaine (Maladie de Gilchrist) .__-.-_-_.-__-.-.22000 00e ete en es INDICATIONS : Maladies des voies biliaires et du foie, dyspepsies, affections intestinales.En règle générale et SAUF INDICATION CONTRAIRE, l\u2019eau VICHY CELESTINS deit être prise de préférence le matin à jeun, une demi-heure avant le petit déjeuner et 40 minutes avant les deux principaux repas.La dose habituelle de chaque prise sera d\u2019environ 100 grammes.RECOMMANDÉE ET PRESCRITE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER VICHY CELESTIN EAU MINERALE ALCALINE NATURELLE \u2014 PROPRIETE DE MEFIEZ-VOUS DES IMITATIONS \u2014 PRESCRIVEZ CELESTINS L\u2019ÉTAT FRANÇAIS Importateurs: HERDT & CHARTON, INC.\u2014 2027, Avenue du Collège McGill, Montréal, Canada L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 III OPO VEINOGENE ~Piciudva__ 400 meg.| 7 de Vitamine P native B por cc.RAE 1QUÉ A, fe, quvsO LOE Po Pre yen s ms \u201c264, or x DES OR ub p1O nent pe WV eV QUES LICL AB MS po ALA AN no EME ott de vis\u201d (000 pees Agents généraux au Canada \\ 3 1 MILLET, ROUX 8 WN & CIE, LIMITEE 1215, rue ST-DENIS SN MONTRÉAL 18, P.Q.PLUS AMPLE DESCRIPTION SOUS RUBRIQUE \u2018\u201cNOUVELLES PHARMACEUTIQUES\u201d SOMMAIRE (Suite) REVUE GÉNÉRALE Henri SMITH Angiomes tubéreux infantiles i.2883 Georges COUSINEAU Dangers de l'anesthésie a domicile \u2026 291 Guy FORTIN L'évaluation des manoeuvres de ressuscitation manuelle et instrumentale.Démonstration 295 Léonard LEGAULT Anesthésie obstétricale en pratique générale ._.__.__.__.1.111110000 111111 LL LL 299 J.-P.BRUNELLE La ressuscitation chez l'enfant _____ LL LL LL LL LL LL 302 Léon BEIQUE et Roger SIMARD Lésions bénignes anales et périanales.Hémorroïdes \u2014 Fissures anales \u2014 Fistules anales 304 ÉDITORIAL Origène DUFRESNE Considérations sur les cancers de la bouche ._.__.__.____._.1111L.1LLL LL cnnn LL Lee 311 HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE Lorenzo TURCOTTE Contrôle de la \u2018\u2019scarlatineite\u201d ___._._._.1.11112110010 LL LL LL LL LL LL LL LL LL 315 Ad.GROULX La santé à Montréal en 1954 .__.___.1.11111000000nLcccl ln Llnec coll ol LL Lena l en Le 325 un sédatif alcalin bien .efficace .agréable A z ilibré au gout équilibré ee FORMULE Quatre-vingt-dix grains de SEDALKA ren- INDICATIONS \u2014 phéroberbitl de sodium.V4 de gr Indigestion nerveuse et hyper : .\u2019 acidité; céphalée et nausée \u201cSEDALKA\u2019 carbonate de sodium.10 gr.J P ; rene scene sec bicarbonate de sodium.5 gr.associées au frop-manger eï au citrate de sodium et tar- trop-boire; comme supplément trate de sodium.q.s thérapeutique dans les rhumes (alcalis potentiels) ., .ordinaires et la grippe.= PRÉSENTATION: flacons à capsule- mesure de 4 et 8 onces.POSOLOGIE: Une demi-capsu- \u2018le-mesure (4 cuillerées à thé) par jour, en dose unique ou fractionnée, dans de l\u2019eau.Charles 8 Frost &Co.MONTREAL CANADA L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 LE NOUVEL ONGUENT AN A dont l\u2019effet bactéricide et bactériostatique est notablement augmenté du fait de leur action synergique (démontrée par Lubowe), mais qui n\u2019ont qu\u2019un faible pouvoir sensibilisant et peu de toxicité; ce qui permet des applications locales prolongées sans effets secondaires nocifs.100] médicament spécifique des dermatoses pyogéniques, des tissus infectés, dégénérés ou endommagés et d\u2019autres conditions cutanées, est constitué de l\u2019association thérapeutique de .médicament depuis longtemps reconnu et éprouvé scientifiquement, fournissant les vitamines naturelles À et D, éléments essentiels à la réparation tissulaire et à la cicatrisation rapide (dans une proportion idéale de 8 pour 1) contenus dans un excipient bien équilibré et rapidement absorbé, assurant un effet maximum des ingrédients actifs.Il s'ensuit que le nouvel Onguent Antibiotique Hérisan (1) procure une action antibiotique très efficace, avec des quantités minimes de Bacitracine et de Tyrothricine, a cause de leur effet synergique lorsqu\u2019ils sont associés, (2) est très peu toxique, (3) ne possède qu\u2019une capacité très faible de sensibilisation, (4) est effectif même en présence de sang, de pus, de plasma, de tissus nécrotiques et de pénicillinase, (5) assure une cicatrisation rapide et diminue ainsi la durée du traitement.an Pal MONTREAL 18 SOMMAIRE (Suite) MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Charles OUIMET Les frottis vaginaux et leurs indications _________ oc mien senen eee s nee en 328 Recherches et découvertes médicales lll.330 CONGRÈS H.TRUDEL Congrès de la Guadeloupe ._.__._.1200000000 000 ec ce nc eceeeeeeee sc e cc c men c asc n nc 00000 333 ANALYSES MEDECINE : Sur 700 cas de côlon irritable en clientèle privée (337).CHIRURGIE : Rapport intérimaire sur la réexploration systématique dans les cas de cancer du côlon, du rectum, de l'estomac et de \u2018\u2019cancérose péritonéale limitée\u201d (339).Etude expérimentale sur l\u2019occlusion temporaire de la veine cave inférieure (340).A propos d'un cas d\u2018adénome tubulaire testiculaire de l'ovaire (341).PEDIATRIE : Galactosémie (341).NEURO-PSYCHIATRIE : Effet des résines dans les troubles nerveux paroxismaux (342).Schizophrénie : un processus régressif d'adaptation (343).L'expérience des méningiomes (343).OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE : Fermeture des perforations tympaniques centrales du tympan (344).NÉCROLOGIE ____._.__.__.12000000 en con nc een e Can tee eee eee ae dem e ne ce e ee ee see 345 NOUVELLES ._._.___.111000000LLenecn Locle ce ces e seen eco clean con no O0 een Ce Ce e 0000 Te Se 0e nn 0000 346 REVUE DES LIVRES oe ema 356 \u201cL'Union Médicale du Canada\u201d, en 1888 ___ mines 364 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES eee 368 CONDITIONS DE PUBLICATION \u201cL\u2019'Union Médicale du Canada\u2019 paraît tous les mois.Cette Revue est l'organe officiel de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada.Elle publie les travaux des Congrès, tous les communiqués de l'Association et des articles médicaux inédits.L\u2019abonnement est de dix dollars par année (douze dollars pour l'étranger) ; les membres déjà inscrits à l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada ont droit, de ce fait, à la réception du journal.Les manuscrits doivent être dactylographiés avec double interligne.\u201cL\u2019Union Médicale du Canada\u201d assume les frais de cinq illustrations au maximum, pour chaque travail.Les illustrations supplémentaires sont payées par l\u2019auteur.Nous n\u2019acceptons pas de négatifs de clichés.Chaque illustration doit porter au verso le nom de l\u2019auteur et les photographies devront être claires, de préférence noires et sur papier glacé.Les dessins doivent être effectués à l\u2019encre de Chine sur papier blanc.Pour obtenir des extraits, l\u2019auteur doit en faire la demande directement à l\u2019éditeur.Tous changements du texte de la galée entraînent des frais supplémentaires pour l'auteur.L\u2019index bibliographique de chaque travail doit être restreint aux indications les plus importantes.Le journal se réserve toujours le droit de le limiter.Chaque indication bibliographique doit être fournie comme suit: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, volume, page, mois (jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), année.Publicité : Le texte des annonces doit aller sous presse quinze jours avant la date de publication.Le baréme des annonces est fourni sur demande par Jacques-D.Clerk, publiciste.326 est, boulevard Saint-Joseph.Téléphone: AVenue 8-9888.Tout annonceur qui n\u2019observe pas l'éthique professionnelle est exclu de notre publicité, et nous saurons gré à nos lecteurs d'attirer notre attention sur toute dérogation à cette ligne de conduite.Tout ce qui concerne la rédaction et l'administration doit être adressé franco aux bureaux de \u2018L'Union Médicale du Canada\u201d, 326 est, boulevard Saint-Joseph.\u2014 Téléphone: AVenue 8-9888.ent ream HA TAR ARN = a as a \u2014\u2014\u2014 ee ES L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BuULLETN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1955 VII LE CONTRÔLE LE PLUS SUR DE LA \u201cADDITIONNÉ DE VITAMINES | THYROTOX] } | ) Tablette NO 447 \"Éroos! propylthiouracil.200020000000000000e SOmg.{ \\W\\ Y HY RA C | L vitamine A, acétate de.5000 unités int.P R O P L - T \u2018thiamine, chlorhydrate de.2 mg.riboflavine.0080808000000 0000000000 0 2 mg.Marque de Propylthiouracil niacinamide.oi iii 15 mg.pyridoxine, chlorhydrate de.1 mg.acide ascorbique.0.00000000000 50 mg.POSOLOGIE: une ou deux tablettes trois fois par jour.La valeur des drogues antithyroidiennes pour le contrôle de la thyrotoxicose est bien reconnue.Parmi celles qui sont procurables, la plus sire et la moins toxique est le propylthiouracil.Présenté en flacons de 100 tablettes.\u201cPROPYL-THYRACIL\"\u201d à 100 mg.ADDITIONNÉ DE VITAMINES INDICATIONS Tablette N© 448 \"Sion! 1.Traitement médical de la thyrotoxicose à débuts relativement aigus et récents.propylthiovracil.100 mg.2.Préparation du patient à la thyroïdectomie.ainsi que les vitamines énumérées à la tablette NO 447.ER 3.Pour les cas graves de thyrotoxicose traités a POSOLOGIE: une tablette trois ou quatre fois par jour.l\u2019iode radio-actif, l'emploi du Propyl-Thyracil est avantageux jusqu'à ce que les effets du Présenté en flacons de 100 tablettes.U 131 se fassent totalement valoir.Pour la préparation à la Thyroïdectomie.prep y D'importance majeure dans le traitement de l'hyper- thyroidie est la présence d'un régime alimentaire riche \u201cPROPYL-THYRACIL\u201d à 100 mg.en protides et en hydrates de carbone, ainsi que d'un ADDITIONNÉ DE VITAMINES supplément multivitaminique.Une association du pro- pylthiouracil au supplément vitaminique simplifie le ET D'IODURE DE POTASSIUM traitement.Tablette NO 449 \"Eos! | Jeropylthiouracil.100 mg.AVERTISSEMENT ! Bodure de potassium.000000000000 50 mg.Malgré la rareté des réactions secondaires provenant du propylthiouracil, il ne faut pas cesser d'user de vigilance .dans la recherche de symptômes tels que la fièvre, les dou- t fninimes de solution de Lugol), leurs articulaires, les éruptions cutanées ou les maux de lus les vitamines énumérées à la tablette NO 447.gorge.Sur manifestation de l\u2019un quelconque de ces symptômes il faut promptement discontinuer le traitement.la quantité renfermée dans approximativement 5 | PPOSOLOGIE: une tablette trois ou quatre fois par jour.ë.L'agranulocytose peut se déclarer soudainement, et des } M\u2019résenté en flacons de 50 tablettes.numérations globulaires réitérées ne semblent pas aider beaucoup à la prévoir.On doit avertir les patients que sur manifestation d'un mal de gorge la médication doit être i les produits suivants sont à la disposition de ceux immédiatement discontinuée et le médecin consulté sans i oréfè ire | thi il I tarder.En présence d'agranulocytose, l'administration im- | fui préfèrent prescrire le propylthiouracil seul.médiate de cortisone et de fortes doses de pénicilline est d'importance vitale.\"PROPYL-THYRACIL\" Comprimé N° 386 \u2018SosF .25e.3 Comprimé N° 387 \u201cStooF -\u2026 50 mea.42D Comprimé N° 815 dws 100 mg.\u2014 \u2014\u2014\u2014 _ - ' WOSOLOGIE: de 25 & 400 mg.par jour.résenté en flacons de 100 comprimés.Chantes & Troost & Co MONTREAL CANADA VITI L'UNION MÉDICALERDU CANADA \u2014 BULLETIN efficaces \u201csavourepses LES GOUTTES VITAMINIQUES MISCIBLES À L\u2019EAU procurent un moyen pratique et profitable d\u2019administrer les vitamines aux bébés et aux enfants dans un véhicule qui leur plait.EFFICACITÉ ACCRUE Les facteurs alimentaires accessoires s'absorbent et s'utilisent plus efficacement sous forme aqueuse que huileuse.DES PLUS ÉCONOMIQUE Le compte-goutte de précision qui est facile à lire permet l'administration d'une dose exacte et évite la perte.Dose pour dose, ces gouttes vitaminiques coûtent moins cher au patient.SAVEUR AGRÉABLE Grâce à une composition tout à fait unique, ces préparations sont libres du goût relativement désagréable qui accompagne d'autres préparations administrées à la goutte.Qu'on les instille directement sur la langue ou qu'on les mélange à leurs boires, à des jus de fruit ou d\u2019autres liquides, les enfants de tout âge prennent avec plaisir ces gouttes agréablement aromatisées.STABILITÉ INHÉRENTE L'utilisation de mesures de contrôle exactes garantit leur force vitaminique en tout temps.Chartes E.Frosst &Co.MONTRÉAL CANADA À M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1955 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1955 IX \u2014 UNE FORMULE POUR CHAQUE BESOIN ! PRÉSENTATION UN PRODUIT MULTI- VITAMINIQUE ss cours USTOCO Chaque dose quotidienne de 5 gouttes (0.25 cc.) renferme: vitamine D.000000000 1,000 unités int.vitamine À (palmitate).2,000 unités int vitamine B1 .0.000000 00000000 1 mg.riboflavine (phosphate).1 mg.niacinamide.civic ete renanans 2.5 mg vitamine C.000.00000000000000 30 mg iodure de sodium.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.0.04 mg et COÛT QUOTIDIEN 8 cc.(format de 32 jours) 15 cc.(format de 60 jours) 30 cc.(format de 120 jours) Compte-gouttes gradué fourni.environ 3/4 à 4V, centins par jour.LES VITAMINES D, À et C Dstogen-A+C Chaque dose quotidienne de 5 gouttes (0.25 cc.) renferme: vitamine D.00000000 1,000 unités int.vitamine A (palmitate).2,000 unités int.vitamine C.000000 .\u2026.eo.30 mg.8 cc.(format de 32 jours) 15 cc.(format de 60 jours) 30 cc.(format de 120 jours) Compte-gouttes gradué fourni.environ 2, à 3 centins par jour.LES VITAMINES D et A \"OSTOGEN-A\" Chaque dose quotidienne de 2 gouttes renferme: 1,000 unités int.2,000 unités int.vitamine D.vitamine A (palmitate).6 cc.(format de 75 jours) 15 cc.(format de 187 jours) Compte-gouttes gradué fourni.environ 1% à 134 centin par jour.LA VITAMINE D \"OSTOGEN\" Chaque dose quotidienne de 1 goutte renferme: 1,000 unités int.vitamine D.0.00000000 6 cc.(format de 150 jours) 15 cc.(format de 375 jours) Compte-gouttes gradué fourni.environ 2 a ¥ de centin par jour.Chades &.Frosst & Co.MONTREAL CANADA x L'UNION MÉDICALE DU Efficacité prouvée dans l\u2019OÉDÈME CANADA \u2014 BurrrTiN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1955 PULMONAIRE AIGU l\u2019AFFECTION CARDIO-VASCULAIRE HYPERTENSIVE l\u2019INSUFFISANCE CARDIAQUE CONGESTIVE Wr AVERTISSEMENT L'injection intraveineuse de Théolamine doit se faire très lentement; il faut de 3 à 5 minutes pour injecter la dose.Documentation et liste complète des formules sur demande.l\u2019ASTHME \u201cTHEOLAMINE\" MARQUE D'AMINOPHYLLINE HYDROSOLUBILITE REMARQUABLE BONNE TOLERANCE ® Améliore la ventilation pulmonaire en dilatant les bronchioles.© Améliore la nutrition du myocarde en dilatant les artères coronaires.@ Favorise la diurèse en augmentant le taux de filtration glomérulaire.Tablette N° 313 \"Srosf Théolamine.12 gr.(0.1 G.) Ampoule NO 541 \"Sos! Tablette NO 326 \"Sos! Théolamine.\u2026.7% gr.(0.5 G.) Théolamine.1% gr.(0.1 G.) Eau distillée a 10 cc.Phénobarbital.Va de gr.(16 mg.) POSOLOGIE: d'une à deux tablettes trois fois par jour.Tablette NO 411 \u201cSot (enrobage entérique) Théolamine.3 gr.(0.2 G.) POSOLOGIE: une tablette trois fois par jour.POSOLOGIE : 10 cc.injectés lentement (de 3 à 5 minutes) par voie intraveineuse, toutes les 6 heures au besoin.Boîtes de 6 et 25 ampoules.Flacons de 100 tablettes.Chades & Frost &Co.MONTREAL CANADA L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 annoncant l\u2019agent antibactérien et antimycotique STEROSAN (marque de chlorquinaldol) creme et onguent pour le controle des infections superficielles de la peau ei PRODUITS PHARMACEUTIQUES GEIGY Division de Geigy (Canada) Limited 286 ouest, rue St-Paul, Montréal 1, Quebec XII L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Bulletin de Association des Médecins de Langue Francaise du Canada L'Union Médicale du Canada DIRECTION SCIENTIFIQUE MEMBRES D'HONNEUR Messieurs les Professeurs: Arthur-L.Richard, doyen, Maurice Roch (Geneve), Faculté de Médecine, Université d'Ottawa; Pasteur Vallery-Radot (Paris), Pierre Masson, | Albert LeSage |, J.-A.Leduc, Wilbrod Bonin, doyen, T.Parizeau, J.-N.Roy.Faculté de Médecine, Université de Montréal; Jean-Baptiste Jobin, doyen, Faculté de Médecine, Université Laval, Québec; Rédacteur en chef émérite: | Albert LeSage | BUREAU DE DIRECTION MM.R.Amyot, P.-R.Archambault, Albert Bertrand, Emile MM.J.-A.Lecours, J.-M.Laframboise, Renaud Lemieux, Blain, Roméo Boucher, P.Bourgeois, J.-A.Denoncourt, Paul Letondal, A.Marin, Donatien Marion, L.-P.Edouard Desjardins, Edmond Dubé, Roger Dufresne, Petitclerc.Jean Saucier, Louis-Ch.Simard, Pierre Smith, Richard Gaudet, Léon Gérin-Lajoie, Albert Jutras, Hermile Trudel, J.-A.Vidal.BUREAU DE REDACTION Rédacteur en chef: Roma AMYOT J Assistant-rédacteur en chef: Secrétaire de la Rédaction: Edouard Desjardins Roger-R.Dufresne Secrétaire adjoint de la Rédaction (Québec): Antoine Pettigrew BUREAU DE COLLABORATION MM.Custave Auger, Eugène Allard, J.-M.Beauregard, Mau- MM.Paul Labbé, Valmore Latraverse, Simon Lauzé, Rosaire rice Bélisle, A.Cantero, Roland Cauchon, Paul David, Lauzer, R.Lebeau, Jean-Louis Léger, Emile Maranda, F.-X.Demers, R.Doré, Paul Dumas, Origène Dufresne, André Marois, Jean- Th.Michaud, J.-P.Paquette, Ant.Edouard-D.Cagnon, H.de la Broquerie Fortier, |.Pettigrew, Germain Pinsonneault, P.Poirier, Rosario Genest, Maurice Gervais, Fernand Crégoire, Pierre Jobin, Robillard, Henri Smith, DeGuise Vaillancourt.HORMANTOXONE PRINCIPE ANTITOXIQUE DU FOIE Maladies du foie.6 a 9 globoides par jour.CEREBRO-STIMULINE EXT.CEREBRAL-ORCHITIQUE - CORTICO-SURRENAL Asthénie \u2014 Hypotension \u2014 Dépressions 15 à 30 gouttes après le repas.P.A.S.Ascorbique (Buvable) GREMY (Sachets dosés à 8 Gm.de P.A.S.) Efficacité \u2014 Tolérance \u2014 Facilité d\u2019emploi CORONET DRUG COMPANY 260 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL Distributeurs exclusifs.\u2014_\u2014 \u2014 \u2014_\u2014 \u2014 Zr = os L\u2019Union Méd.Canada XIII Tome 84 \u2014 Mars 1955 Pour obtenir un effet thérapeutique ininterrompu pendant 10 à 12 heures avec une seule dose orale FE FF 15 mg.33 10 mg.et 15 mg.>> No.1 et No.2 327 1 grain et 1 grain 4 FE 0.4 mg.et 0.8 mg.FEF 0.4 mg.et 1 grain STOF prescrivez les capsules SPANSULE* a desagregation controlée fabrication exclusive de SMITH KLINE & FRENCH - Montreal 9 les premiers à offrir les médicaments à désagrégation contrôlée sous forme orale Benzedrine* Sulfat Spansule* SULFATE D'AMPHÉTAMINE RACÉMIQUE, S.K.F.traitement de la fatigue psychique pendant toute la journée Dexedrine* Spansule* SULFATE D'AMPHÉTAMINE DEXTROGYRE, S.K.F.contrôle de l'appétit dans l'obésité pendant toute la journée Dexamyl* Spansule* ASSOCIATION ÉQUILIBRÉE DE SULFATE D'AMPHÉTAMINE DEXTROGYRE, S.K.F.ET D'AMOBARBITAL traitement ininterrompu des états névropathiques pendant toute la journée Eskabarb* Spansule* PHÉNOBARBITAL, S.K.F.pour obtenir une sédation uniforme et continue avec le phénobarbital pendant toute la journée ou toute la nuit Prydon* Spansule* ASSOCIATION ÉQUILIBRÉE D'ALCALOIDES DE LA BELLADONE pour obtenir un effet anticholinergique soutenu et ininterrompu dans l\u2019ulcère peptique, l\u2019hyperchlorhydrie et les spasmes gastro-intestinaux Prydonnal* Spansule* ASSOCIATION ÉQUILIBRÉE D'ALCALOIDES DE LA BELLADONE ET DE PHENOBARBITAL pour obtenir un effet anticholinergique soutenu et ininterrompu quand un effet sédatif complémentaire s'avère nécessaire *% Marque déposée au Canada XIV L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 EE Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada L'Union Médicale du Canada ADMINISTRATION OFFICIERS Président: Edouard Desjardins Vice-président: Paul Bourgeois Secrétaire-trésorier: J.-A.Vidal Secrétaire-trésorier adjoint: P.-R.Archambault COMITÉ EXÉCUTIF MM.Edouard Desjardins, Roma Amyot, J.-A.Vidal, Emile Blain et Paul Bourgeois.COMITE DE PUBLICITE MM.Roma Amyot, Emile Blain et J.-A.Vidal.CORRESPONDANTS MM.A.Plichet et M.Pestel (Paris), Donat-P.Cyr (Boston, Mass.), Charles-P.Mathé (San Francisco), A.Fontaine (Woonsocket), J.-E.Gaulin, L.Mantha, Horace Viau (Ottawa), Georges-L.Dumont (Campbellton, N.-B.), MM.R.Gaudet (Sherbrooke), Edmond Potvin (Chicoutimi), Aug.Panneton, J.-A.Denoncourt (Trois-Rivières), D.Colin (Saint-Boniface), L.-P.Mousseau (Edmonton).ADMINISTRATION et SECRETARIAT { PUBLICITÉ : Jacques-D.Clerk 326 est, boulevard Saint-Joseph, Montréal Téléphone: AVenue 8-9888 HYPOPHYSO THYROÏDIENNE NV HYPERFONCTIONNEMENT NEURO-ENDOCRINIEN MENOPAUSE _ HYPERFOLLICULINIES HYPERTHYREOSES \u2014 SEDATIF COMPLET Paraoxyproproprrérnone 0.200 gm rary amiropenzoale JE SOUL (77 0,300 Gm EPNODANDIEZS par comprimé 0,032 gm Posologie : variable .CAS légers : 1 2 comprimés par jour.EGGER (CANADA) LLd Canada :LABORATOIRES JEAN OLIVE.200 Rue Vallée EN L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 En tout temps.En tout lieu.Soulagement bienfaisant de la douleur et des mictions fréquentes et impérieuses Quand le patient présente des symptômes douloureux d\u2019infection génito-urinaire\u2014 En quelque lieu qu\u2019il soit.PYRIDIUM agit rapidement.Il procure, en quelques minutes, une action analgésique locale sur la muqueuse génito-urinaire irritée dans les cas de cystite, prostatite, urétrite et pyélonéphrite.PYRIDIUM est compatible avec les antibiotiques, la MANDELAMINE, les sulfamides et autres thérapeutiques spécifiques.p Y R D U M (Chlorhydrate de phénylazo-diamino-pyridine) PYRIDIUM et MANDELAMINE sont des marques ME RCK & CO.LIMITED déposées de Nepera Chemical Co., Inc.} | Merck & Co.Limited en sont les Chimistes fabricants seuls distributeurs au Canada.MONTRÉAL * TORONTO - VANCOUVER - VALLEYFIELD XV XVI L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 OFFICIERS l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Fondée à Québec en 1902 DIRECTEURS GÉNÉRAUX HONORAIRES R.-E.VALIN, Donatien MARION, 165 est, rue Laurier, Ottawa.326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal.DIRECTEUR GÉNÉRAL EXÉCUTIF DE L'ASSOCIATION Emile BLAIN, Emile BLAIN, Montréal.444 est, rue Sherbrooke, Montréal.Hermile TRUDEL, Montréal.; ; 2, Jean-Marie LAFRAMBOISE, Ottawa.SECRET AIRF-TRÉSORIER GENERAL Roma AMYOT, Montréal.Hermile TRUDEL, Louis-Philippe MOUSSEAU, Edmonton, Alberta.1990 est, rue Rachel, Montréal.François ARCHAMBAULT, Montréal.Pierre-A.TURGEON, Montréal.SECRÉTAIRE ADJOINT SECRET ARIAT: B.-G.BEGIN 326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal.3440, rue Hutchison, Montréal.Téléphone: HA.8076 SUPPOSITOIRES D'EUDOL (DIHYDROXYCODÉINONE) GROUPE NARCOTIQUE DE LA MORPHINE \u2014= Spasmolytique et sedatif | \\\\ plus fort que la morphine = l Eudol mieux toléré =) et moins toxique nest pas euphorique.\\.a Dose normale: 13 gr.(20mgm) Derrn- dose: 1/69r.(10mgm > MAITRE DE | LA DOULEUR CORPORATION PHARMACEUTIQUE FRANCAISE LTEE * MONTRÉAL® L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 XVII Le Progrès \u2018Roche\u2019 [1951] \u2018LEVO-DROMORAN\u2019 analgésique, pour un soulagement prolongé de la douleur | 1952 \u2018RIMIFON\u2019 origine de l\u2019isoniazide 1953 \u2018NISENTIL\u2019 analgésique pour un soulagement rapide de la douleur | 1954 ILIDAR nouveau vaso-dilateur sympatholytique et adrénolytique Les laboratoires ROCHE\u2019 continueront leur rôle b h de pionniers dans les recherches du monde chimique, pharmaceutique et clinique.HOFFMANN-LAROCHE, LIMITÉE e 286 ouest, rue Saint-Paul, Montréal, P.Q. XVIII L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 mt COMITÉ DU XXVe CONGRÈS Roma AMYOT, président.Louis-Philippe MOUSSEAU, ler vice-président François ARCHAMBAULT, secrétaire Pierre BELLIVEAU, 2e vice-président Pierre-A.TURGEON, trésorier J.-Antonio LECOURS, 3e vice-président SECRETARIAT DU CONGRES: Pierre SMITH, 4e vice-président 326 est, boulevard Saint-Joseph, Montréal.® ANCIENS PRESIDENTS Albert PAQUET Arthur-L.RICHARD J.-A.DENONCOURT J.-A.JARRY Edmond POTVIN J.-B.JOBIN Charles VEZINA J.-A.VIDAL Remé DuBERGER Richard GAUDET Jean-Marie LAFRAMBOISE MEMBRES DU CONSEIL ARCHAMBAULT, Gérard, 472, av.Laurier, St-Jean, P.Q.1956 LEMIEUX, Renaud, Hôp.du St-Sacrement, Québec, P.Q.1956 BEAUCHEMIN, L.-O., 208, Edifice Grain Exchange, MASSON, Gaston, 148, rue Sanborn, Sherbrooke, P.Q.1958 Calgary, Alberta ooo A aa Le 1958 MERCILLE, Jean, \"4903 ouest, N.- -Dame, Montréal, P.Q.1956 BIBAUD, Barthélemy, 65, Nicholson, Valleyfield, P.Q.1956 MILOT, J.-Donat, 1017 Stafford Rd., Fall River, Mass.1956 BLAIS, Rolland- E., 1779, av.de l\u2019Eglise, Montréal, P-Q.1958 MORISSET, Pierre, Saint- Georges-de-Beauce, P.Q.1956 BLANCHET, Roméo, 54, av.Laurier, Québec, P.Q.1956 PAIEMENT, Horace, Sturgeon Falls, Ont.1958 BONIN, Wilbrod, 575, av.Davaar, \u2018Outremont, PQ: .1958 PERRAS, Ephrem, 192, rue Principale, Hull, P.Q.1956 BROUSSEAU, L.-P.Malartic, P.Q.1958 PERRON, J.-M., 2; rue Mercier, Shawinigan Falls, PQ.1958 COUTURIER, Alphonse, Riviére-du- Loup, P.Q.Ce 1958 PIETTE, \u2018Edmond, joliette, PQ .L 11 02 1958 DECARIE, Roland, 524 est, Sherbrooke, Montréal, P.Q.1956 PILON, ].-Ls, 389 est, boul.St-Joseph, Montréal, P.Q.1958 DOMINGUE, Albert, Granby, PQ.1956 POWERS, Arthur, 11, rue Front, Hull, P.Q.1958 EMARD, L.-M., 119, Marlborough, Cornwall, Ont.1958 RIOUX, J.-Emile, 'Sainte-Anne-des-Monts (Gaspé), P.Q.1958 FONTAINE, Auray, \"Woonsocket, RAI 111112421200 1958 R.DE SAINT- VICTOR, Henri, Ottawa, Ont.1958 GAUTHIER, J.-Dominique, Shippegan, N.-B.1958 ROULEAU, J.-Maurice, St- Grégoire (Nicolet), P.Q.1956 JOANNETTE, Albert, Sainte-Agathe- des-Monts, PQ .1958 SIROIS, Jean, 22, Place d'Aiguillon, Québec, P.Q.1958 JOBIN, Pierre, 9115, d'Auteuil, Québec, P.Q.1958 TETREAULT, Ad., 411, boul.Laviolette, T.-Rivières,P.Q.1958 LEBLOND, S., Hôtel-Dieu St- Vallier, Chicoutimi, PO.1956 THIBAULT, Eugène, 4070, boul.Lasalle, Verdun, P.Q.1958 VIAU, Horace, 467, rue Rideau, Ottawa, Ont, .1958 UN MELANGE LACTE de valeur reconnue pour l'alimentation des bébés Les sirops de mais Crown Brand et Lily White sont reconnus par la profession médicale comme étant l'hydrate de carbone sûr pour ajouter au lait que l'on donne aux bébés.Ces purs sirops de maïs se digèrent facilement et n'irritent pas l'intestin délicat des bébés.Les deux peuvent être ajoutés à n'importe quelle formule lactée.Fabriqués par THE till CANADA STARCH sis COMPANY Limited, Montréal et Toronto.The CANADA STARCH Co., Ltd.Montréal us ater mn SIROP DE MAIS \u201cCROWN BRAND\u201d D CALCULATEUR ue D Livret: \u201cLES SIROPS DE MAÏS DANS ROP DE MAIS Gé LILY WHITE \u201d L'ALIMENTATION DES ENFANTS\u201d et SI D TABLETTES DE FORMULES O) La brochure: \u2018DEXTROSOL\u201d.AUX MÉDECINS SEULEMENT Vous pouvez obtenir, sur demande, un calculateur de poche contenant les différents régimes d\u2019enfants dans lesquels on trouve ces Nom iii célèbres sirops de maïs.Un traité scientifique, sous forme de livret, sur l\u2019alimentation des enfants.des tablettes de formules et Adresse .12000000 00000000 0 une intéressante brochure sur les soins \\prénatals.Veuillez nous adresser le coupon et nous vous ferons parvenir immédiatement ces objets qui vous seront de grande utilité. Su us ar he 5 = a; Lo i, pis a = 5 A = on $ 2 7% eN a = #S î # ce > se = l 7 se $ > 3 So nN 4 + = i Re HR 5 0 7 5 = $, 2 7 e 4 ap # id 5 A 2 = Bs % Sr 7 5 > % 5, A 2 > à i vl 5 2 en Sead \u201c am & s, S 7 : = PA 2 Gr i 2 5 4 5 Ho ¥ = i => 2 = > 5 y, # Si > 3 od 7%; i 4 i gi de i % 2 UX Po Si à À = 7 > Le 2 5 2 is i 5 7 D.7 p 7 4 7 5 % i 7 2 Ad i 74 5 # vi A 7 Ll % Si x 5 7 A Ue 2 = [= = 2 ETT OW eg, hd Te omg, ow =~ ; à 2 A he = ax ~~ wie Gre À A wi : hy ¥ Nn Pr i Gi ow Ly a \u201ci ay RN © mT SN NS IANA Sa.SN SRNR > s NW ¢ & N = = NS S NS NS 5 Nw $ aw SY en NNN Nay 2 \\ L'Union Méd.Canada Tome \u2014 84 Mars 1955 S { N Se 0 NG x AN + Z : À 3 NN 2 & \\ § WW \\ Sd 5 TN S Me ON N $ S 0 SEN Mine SN AW vo < hd | WW Qe e XE NS a WN Z %, 2 A \u20ac NX À > D eee, NS RUN N° \\ %, A A SN \u201coer, Ns # ésique & Se 5 Naa, 2, EN 7 A %, fl A fi fl S $ N y NY NN S N Ns Mh Nh $ \\ ; { ~~ [3 .A, A A Se Q WS + #7 S >.704, 2101 E 7, \" XX AN Ww SSSI Se SAN NN AAA EEA > $ Ÿ $ $ A \u201c, M 7] / ¢ \\ NE WN OJ, Des fanalg T : » \u2014/ So Ns Ÿ = N 8 SP $ $ $ Ses MN Son D © \u201c \u201c oN ç oe 2 aaa.ss 0 7 74 Pos % oN NS : SNS SN NS = 4 PRI l \u201cts, & 5 ps N S \u201c\\\\ Se HA i\u201c i?\" \\ \\ 3 ~ NS SN 0 ; = M 2 7 Pe NS St Ne ss \u201cty, \u201c7, 7.S Ses, % fi, $ = Ss \u201ca = = = 2, Un, S = À Su > NS N NS $ $ ON $ > ss are NS S > = o S SN Naw NS SSS ct è t > $ al AN 5 O -S S WN W NX SX \\ \\ Se » S XU SQ RS \\ ot Da NN Ru oN N SS ess - WN WN \\ X N \\ o Sa NN N\\A Naa ~~ a WN S S S WN \\ AW N D'UN CQ AN Se A Sh = NS dl = % ~ - VS S N\\ ; se OS = NS 3 oN 5 NN DN 5 QI A S 2 ae US H SSS = S NS $ $ % 7 _ ony A A NS > \\ Ss AN om NS Se sa y Se oF > O S S U %, % JA i A A / 7, 7 ON Se .oc A Se =, a aw Wn S N Ë v & \u201cty, ITO > N § Oo SN \\ N S : 5 WN o sS \\ AE / /7 NO 2 2 S NN Mana \u2018QO es, Se > = \u2014 NN NN \\ WN / S SN 3 S = \u201comy, % o I SN $= N Us Sa Se a Aa SS SX \\ %, S $ S N NS \\ X d pp\u201d ZZ Zz J \\ ON So $ OO N \\ S % % 4 4 % 4 Un $ RS - Se e = GE CO Ml / J x ; Zz itn, SN ARN ilvy : \u2026 \\ a NE SS NX N S SU N 0 ON S NN NX N NS S = N \\ SN NN Na 10 © VS N N \\ VS SD NS oo \u2014 aN SAAN NN NAN INN 8 C N ON 73 ) 18 DIN 3 2 ._ ON N Dy UN AS y > 950, rue Og 4 N : NF XLIV 2 a.7x RES cement Foy 5 + 9: Æ + pont à whe ES T A af à 3: #5 js 4 4 ign Ae hs S SF + *y > - = © maim .Léon * 5 a AP % à agé NS ed x Zi E + Te % \\ A 2 sm = Æ # + EL a si 5 % Lave pln cor il \u2026 + PE Jf 5 x IRVING DOKTOR Te #, A > \u201cNe ial] + Ÿ - \\8, & 0 4 pa\" 5 = $ & # \\ : VIR a ne ÈS = gd ES je + ue: = iN a \\h y f Ae ON i te Mn N y = pols a SN n° Ro Ae > « + op x 4 5 A ii Te oi Qu A à A a 17 AA ) 4 ZH J Be 3 J vs wor s i, A (A a 74 If « & 00 Et A + } # = = \\ oF 8% VIR) Ou A CS de 3 3 à re 4 = i JEEZ a = À pr i HY ay hc + + at EE of ogy A} * yes ; $ Aer at = ry Lies mit * , Ay.oo \\ AN 5 + Ce ù À A VA i N SS 22 5 \\ A | 3 NS \u2014 + N | xe, AN NS ex | ve & > NA Whey / 2 i | * VW.rea 2 * 7 es 1 A) \\ 4.1 es ig 5 3 yd Ty oy #22 J fg > re Jar per < br > vis rt msg tt CC \u2014 7 5 ans ame > Hoe \u2014\u2014 = 5 alte sélorrhengre .cr Selsun entaye LA desquamation arrete La démangeaison soulage Le malaise .SUCcès complet dans 81 à 87% des cas D apres des rapports publiés dans la littérature!-® et portant sur plus de 400 cas, SELSUN, suspension de sulfure, s\u2019est révélé un succès complet dans 81 à 87% de tous les cas de dermatite séborrhéique du cuir chevelu.Dans sa forme bénigne, c\u2019est-à-dire les pellicules, ce pourcentage de succès s\u2019est élevé à 92%, même à 95% des cas.Des dermatologues de renom ont signalé que SELSUN a pu enrayer complètement le mal dans des cas qui avaient résisté à d\u2019autres médications bien connues.Comparez aussi la durée de son action.La première cure au SELSUN garde le cuir chevelu libre de squames pendant une à quatre semaines et dès la deuxième ou troisième application, la démangeaison disparaît.Simplement appliqué au cours du lavage des cheveux, SELSUN est d\u2019emploi facile et laisse le cuir chevelu propre et inodore.Autre point important pour le Corps médical: SELSUN n\u2019est présenté qu\u2019aux médecins et n\u2019est livré en pharmacie que sur ordonnance exclusivement.En flacon de 4 once liq.Abbestt a étiquette détachable.1.Slepyan, A.H., Arch.Dermat.& Syph.65:228, février 1952.2.Slinger, W.N.et Hubbard, D.M.ibid.: 64:41, juillet 1951.3.Sauer, G.C., J.Missouri M.A., 49:911, novembre 1952.crivez elsun SUSPENSION DE SULFURE (suifure de sélénium bott) BULLETIN À PROPOS DE L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE Nous avons attiré l'attention, récemment, au cours d'un éditorial consacré à l'expérience pédagogique de « Western Reserve », sur cette crise de conscience que subit actuellement l\u2019enseignement de la médecine et nous en indiquions les causes majeures.Ce remous intellectuel se traduit depuis quelques années par des réalisations inédites.On peut ici, de nouveau, signaler la première conférence mondiale consacrée à l\u2019enseignement de la médecine.Tenue à Londres, du 22 au 27 août 1954, sous les auspices de l\u2019Association Médicale Mondiale et groupant 600 participants, venus de 62 pays.J'avais, à ce moment, dans notre journal, attiré l'attention sur cette rencontre et le Dr Léon Gérin-Lajoie, qui y assista, nous la résuma par la suite.L'Association des Ecoles de médecine des Etats-Unis a pris.depuis 1953, une autre attitude: celle de tenir annuellement une réunion au cours de laquelle des délégués de chaque faculté de médecine du continent Nord Américain discutent et revisent une « tranche » d'enseignement.En 1953, il fut question de physiologie, de biochimie et de pharmacologie; en 1954, on discuta de pathologie, d\u2019immunologie et de génétique; en 1955, on parlera d\u2019anatomie macroscopique et microscopique.Ces Teaching Institutes, préparés par une enquête menée auprès de chaque école et à laquelle répond le délégué de cette école avant de se rendre à la réunion, sont, au dire de nos collègues qui y prirent part, une expérience épuisante et stimulante à la fois.bien propre à provoquer, dans chaque milieu, des améliorations heureuses des formules d\u2019enseignement.Mais nous devons plus que cela aux associations professionnelles de nos voisins du Sud.L'Association Médicale Américaine par son Comité On Medical Education and Hospitals se charge encore de faire périodiquement enquête auprès des 74 écoles de médecine des Etats-Unis et des 11 écoles canadiennes.La Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal subira, en avril 1955, son enquête, en recevant pendant quelques jours les représentants cfficiels du groupement plus haut mentionné.On prépare cette visite en ré- ET L'Union Méd.Canada 254 BULLETIN Tome 84 \u2014 Mars 1955 pondant à un questionnaire qui couvre tous les aspects de l\u2019éducation médicale.On fait, à la fois, son bilan et son examen de conscience et les conclusions de l'enquête soulignent habituellement les progrès réalisés et les lacunes à combler.Ces quelques notes montrent bien que l\u2019enseignement de la médecine est surveillé et dirigé sur notre continent.On regrettera, en certains milieux, que ce contrôle ne soit pas exercé au Canada par des canadiens.On y viendra peut-être un jour.En attendant, sachons gré aux associations américaines qui s'imposent la lourde et coûteuse tâche de surveiller «nos affaires» en même temps et de la même façon que les leurs.Roger-R.DUFRESNE.LE XXVe CONGRÈS DE.L\u2019A.M.L.F.C., À MONTRÉAL DU 21 AU 24 SEPTEMBRE 1955 Parmi les événements scientifiques médicaux qui auront cours durant la présente année, il n\u2019y en a peut-être pas qui revête le cachet et le caractère de celui du XXVe congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada.Sans nul doute, des manifestations scientifiques sont organisées sérieusement par des sociétés avides de remplir dignement le rôle qu\u2019elles se sont donné.Elles intéressent une partie de la profession médicale qui sait apprécier les efforts des officiers de ces différents organismes.Le XXVe congrès a, en plus, des caractères propres en ce sens qu\u2019il s'adresse à toute la population médicale du pays et qu\u2019il puise dans toutes les régions du Canada la science et l\u2019expérience dont chacun des rapporteurs veut bien faire bénéficier ses confrères.Ce congrès national sera présidé par notre dévoué confrère, le docteur Roma Amyot, professeur agrégé de Neurologie à l\u2019Université de Montréal, chef de service à l'Hôpital Notre-Dame.En plus de sa pratique médicale, le professeur Amyot exerce les fonctions de rédacteur-en-chef de l\u2019Union Médicale du Canada, bulletin officiel de notre Association, fait partie du comité d\u2019économie médicale dont il fut le président durant quatre ans.Les vice-présidents du comité du XXVe congrès sont: MM.les docteurs Louis-Philippe Mousseau d\u2019Edmonton, Alberta, Pierre L'Union Méd.Canada | Tome 84 \u2014 Mars 1955 BULLETIN 255 Belliveau de Méthégan, Nouvelle-Ecosse, J.-Antonio Lecours, d\u2019Ottawa, Ontario et Pierre Smith de Montréal.Les docteurs François Archambault et Pierre-A.Turgeon de Montréal assument respectivement les fonctions de secrétaire et trésorier du congrès.Chers confrères, c\u2019est pour vous que se prépare cet événement nécessaire et pratique.Depuis trois mois que les séances d\u2019organisation sont commencées, le programme scientifique est actuellement au point.Les rapporteurs qui ont offert leur coopération ou qui ont été sollicités veulent vous présenter spontanément le meilleur d\u2019eux- mêmes.En votre nom, nous les remercions chaleureusement et les prions d'accepter le témoignage de votre reconnaissance.À votre épouse, le comité du XXVe congrès offrira un programme social qui, sans accaparer tous leurs moments, saura créer une atmosphère de cordialité.Je laisse au comité le soin de détailler ce programme dont toutes les dames seront avisées très bientôt.J'avais l\u2019honneur, en janvier, de représenter notre Association à La Guadeloupe au 4ième congrès des Antilles Françaises qui était appelé en même temps le premier congrès de langue française de l\u2019Hémisphère Américain.Une vive sympathie unit les médecins de la Guadeloupe, de la Martinique (deux départements français), de la république d'Haïti et du Canada.Le docteur Jean-Marie Lafram- boise et moi-même en avons éprouvé toute la chaleur et l\u2019Association aura le plaisir de recevoir en septembre plusieurs confrères de cette partie du globe.Le directeur de l\u2019exposition scientifique et commerciale a préparé ses plans et nous donnera l\u2019occasion de rencontrer les confrères qui exposeront leurs pièces scientifiques et les représentants des maisons pharmaceutiques.Permettez-moi qu\u2019après vous je remercie de la facon la plus éloquente et la plus sincère tous ceux qui participent à l\u2019élaboration et à l'organisation du XXVe congrès qui prendra date les 21, 22, 23 et 24 septembre prochain à Montréal.Hermile Trudel, Secrétaire-trésorier général. CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DE L\u2019AMÉRIQUE DU NORD Québec 1908 \u2014 Sherbrooke 1910 \u2014 Québec 1920 Québec fut le siège du quatrième congrès en 1908.On avait voulu faire rayonner sur l'Association les fastes qui devaient marquer les manifestations patriotiques, populaires et artistiques du troisième Centenaire de la vieille Cité.En fait, sl on en juge par les remarques du docteur A.Vallée, dans l'Introduction au volume des rapports du Congrès, il semble bien que le but patriotique de l\u2019Association l\u2019emporta sur ses fins scientifiques, le gros des congressistes ayant été emporté par «les fêtes éclatantes du troisième centenaire ».Le président de ce quatrième Congrès fut le docteur Arthur Simard, professeur à l\u2019Université Laval, Gouverneur du Collège des Médecins, et Officier de I'Instruction publique.Le docteur À.Paquet, professeur à l'Université Laval, assuma la charge de secrétaire-général, conjointement avec le docteur Beng.Bourgeois, de Montréal.Les assises durèrent du 20 au 23 juillet.Le docteur Simard, dans son discours d\u2019ouverture, souligna l'influence heureuse qu\u2019exercèrent nos Facultés sur le développement de la médecine canadienne, sur le rôle essentiel de nos sociétés médicales et de l\u2019Association sur le maintien et l\u2019épanouissement de la compétence des médecins, sur l'utilité essentielle.dans la société, du médecin qui doit posséder non seulement la science de sa profession, mais aussi l\u2019art de l\u2019appliquer avec toutes les connaissances humaines que cette application nécessite.Le médecin a droit au respect, le médecin canadien-français comme tout autre, et quand on veut estimer son mérite et sa valeur, on doit, forcément, rendre hommage aux sources auxquelles il a puisé sa science et l\u2019art de traiter la maladie; les écoles françaises, à cet égard, ont droit à cet hommage.La langue et la discipline culturelle qui constituent le soutien moral du médecin canadien-français doivent être en définitive guidées avec la plus vigilante fidélité.Monseigneur Mathieu, recteur de l\u2019Université Laval, et le professeur Yves Delage, membre de l\u2019Institut de France, prirent également la parole à cette séance d\u2019ouverture.Le professeur Delage, membre de l\u2019Académie des Sciences de Paris.professeur d\u2019anatomie et de zoologie maritime de Roscoff, et le docteur Maurice Renaud, ancien interne des hôpitaux de Paris, et chef du laboratoire à la clinique chirurgicale de la Salpétrière, étaient les délégués du gouvernement français.Les communications scientifiques portèrent sur «les infections des voies biliaires ».Les docteurs Albert LeSage, de Montréal, Albert Paquet, de Québec, et A.Laurendeau, de Saint-Gabriel-de-Brandon, traitèrent tour | a tour de cette question. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 BULLETIN Les docteurs E.Saint-Jacques, de Montréal, P.-C.Dagneau, de Québec, rapporterent sur la «tuberculose rénale».De multiples autres communications furent présentées: sur des questions d\u2019hygiène, par les docteurs Valin et Dubé, de Montréal, R.Fortier, de Québec; sur d\u2019application de l'entomologie à la médecine légale », par le docteur G.Villeneuve, de Montréal, etc.Je m'en voudrais de terminer ce court résumé des activités du Congrès sans mentionner un magistral exposé du docteur Albert Laurendeau, de Saint-Gabriel-de-Brandon.Ce médecin, exerçant en dehors des centres universitaires, possédait une érudition remarquable et s\u2019exprimait avec une facilité, une précision et une clarté sans défaut.Son exposé porta sur l'enseignement secondaire, l\u2019enseignement universitaire, sur l\u2019hygiène, sur la santé morale du médecin et enfin sur les données de la médecine légale et mentale.Son discours, étayé de citations appropriées, conduit par une logique serrée et par une vision exceptionnellement claire de l\u2019évolution des choses et des faits, demeure, de nos jours encore, d\u2019une parfaite actualité.Si on s\u2019abstient de tout jugement sur la tendance rationaliste de la pensée de l'auteur et de la foi illusoire qu\u2019il témoigne en la vertu moralisatrice de la Science, on doit admettre que ses considérations sont d'une justesse, d\u2019une objectivité et d\u2019une profondeur qui incitent à la réflexion.Le docteur Laurendeau, érudit et penseur, d\u2019une brillante intelligence, présenta une dissertation remarquable, dans un style net et précis.Enfin, un avocat, Maître G.Marsan, grand collectionneur de dictionnaires, que plusieurs purent occasionnellement rencontrer il y a quelques années encore au Cercle Universitaire de Montréal, prononça une conférence sur « le secret médical ».Long et savant mémoire explorant tous les replis de ce problème qui a toujours troublé l\u2019esprit du médecin et auquel il s'est toujours conformé comme au plus sacré de ses devoirs professionnels.Cet exposé de Maître Marsan pourrait être consulté avec avantage: il me paraît être une étude exhaustive de cette question.* i % Nous sommes en 1910 au cinquième Congrès.Il eut lieu à Sherbrooke.les 23, 24 et 25 août.Son président en fut l\u2019honorable P.Pelletier, et le secrétaire, le docteur F.-A.Gadbois.Les événements de ce Congrès ne furent pas relatés et les communications n\u2019en furent pas publiées dans un volume comme après les congrès précédents.Nos renseignements se résument à quelques notes qui parurent dans L\u2019Union Médicale du Canada de l'époque et aux commentaires du secrétaire du Congrès de Québec en 1920, le docteur Arthur Vallée.Aussi, le délégué français devait être le docteur Picqué, chirurgien à l\u2019hôpital Lariboisière et chirurgien en chef des Asiles d\u2019Aliénés.Le docteur Picqué donna une communication sur la «chirurgie des aliénés».Les travaux du Congrès étaient partagés en groupes différents comme on en avait établi la coutume au cours des congrès précédents: en un premier groupe qui constitua l\u2019ensemble des 2 y L'Union Méd.Canada 58 BULLETIN Tome 84 \u2014 Mars 1955 communications présentées au cours des séances générales et en trois sections: médecine, chirurgie, hygiène et intérêts professionnels.Selon les notes de la Rédaction de L'Union Médicale du Canada les médecins de Sherbrooke firent bien les choses, l'hospitalité fut cordiale et le séjour agréable, la discussion se montra soutenue et «même vive à certaines heures, on sentait que le carabin des arrières-bancs de l\u2019Ecole se réveillait ».On se donna rendez-vous pour Montréal en 1913 \u2014 après avoir décidé que, à l'avenir, l'Association ne siégerait que tous les trois ans.# * %* Mais, on ne prévoyait pas les effets ni la durée de la Première guerre mondiale ni la mort du professeur Hervieux qui devait présider le Congrès de Montréal.Sur l'effet de ce décès inattendu et de la désorganisation du comité, on prit la décision de demander au professeur Arthur Rousseau de présider aux préparatifs de ce sixième Congrès qui aurait lieu à Québec en 1914.La guerre survint; elle fut longue; on avait cru, par illusion, qu\u2019elle serait courte.L'incendie de l\u2019Université de Montréal en 1919 fut une autre cause de retard, elle apporta du désarroi dans le groupe de Montréal.Enfin, en 1920 et pour la première fois en septembre, depuis lors date coutumière des assises, se réalisa le sixième Congrès à Québec.Brillant Congrès par la qualité des rapports et la haute distinction de son président.La phase latente nécessitée par la guerre avait, semble- t-il, contenu pendant 10 ans la vitalité de nos écoles et elle s\u2019épanouissait avec d'autant plus de vigueur.Le nombre des rapporteurs augmentait; de nouvelles unités s\u2019associaient à la vieille et fidèle équipe, ou faisaient la relève.Elles apportaient de l\u2019enthousiasme.Autant le silence avait été long, autant le progrès se montrait avec éclat.A la séance solennelle d\u2019ouverture et selon la coutume, discours du président, le professeur Rousseau: le but de l'Association est de favoriser le développement de la médecine selon le génie de notre civilisation, de notre culture et selon nos aptitudes et dispositions intellectuelles.Rapport du secrétaire général, le docteur Arthur Vallée.Breve allocution de sir Charles Fitzpatrick, lieutenant-gouverneur et de Monseigneur Pelletier, recteur de l\u2019Université Laval.Solide discours de l\u2019hon.L.-A.T'aschereau, premier ministre, étayé par des faits et éloquent par son objectivité, dénombrant ou promettant l\u2019aide gouvernementale en tuberculose, en maladies vénériennes, en mortalité infantile, en octrois aux hôpitaux, en législation sur les accidents du travail.Enfin, conférence par le docteur Jean Décarie sur « L'histoire de l\u2019hôpital Laval » durant les quatre années de guerre.Les grandes questions étudiées en séances générales furent: 1° «les néphrites chroniques », par le docteur Albert LeSage: classification de Widal et où il est question de la constante d\u2019Ambard; « les néphrites aiguës », L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 BULLETIN par le docteur Emile Fortier; 2° « les maladies vénériennes », par les docteurs Desloges, G.-G.Archambault, Robert Mayrand, Noé Fournier; 3° « les accidents de travail », par le docteur Charles Vézina; 4° «le traitement des plaies », par les docteurs Z.Rhéaume et Georges Ahern.Ces sujets, longuement traités, étaient de la plus vive actualité.Les travaux français, surtout de Widal et d\u2019Ambard, a base physio-pathologique et de synthèse, mettaient de l\u2019ordre dans un domaine où jusque-là on se perdait dans le confus de notions anatomiques et cliniques incomplètes et surtout peu utilisables en pratique courante.L'action du gouvernement dans la lutte antivénérienne et la législation des accidents du travail étaient à l\u2019ordre du jour.Enfin, la guerre qui venait de se terminer, avait favorisé une expérience étendue dans le traitement des plaies.De très nombreuses communications furent apportées aux sections de médecine, de chirurgie et d'hygiène.On parla de grippe, d\u2019encéphalite léthargique (on se rappelle encore l\u2019épidémie d\u2019encéphalite de 1917 et de l\u2019influenza de 1918); d\u2019organisation d\u2019un service de Santé (docteur S.Boucher); de l\u2019enseignement de la clinique médicale (docteur Eug.La- treille).Quatre-ving-quatre communications furent exposées en plus des quatre grands sujets traités.Riche récolte et réveil vigoureux de nos médecins cliniciens et praticiens! Quatre cent cinquante inscriptions.Réussite réelle.Le tout illustré par un banquet fastueux, par l\u2019éloquence des « santés » et la longueur des discours.Le président Rousseau, l\u2019hon.Athanase David, secrétaire provincial, le docteur Léo Parizeau, le docteur Arthur Vallée furent les orateurs de ce banquet.Le «toast» aux Universités, du docteur Léo Parizeau, par l'originalité et l\u2019opportunité des thèmes, par l\u2019élégance et la souplesse du verbe, enfin par la fine ironie et l\u2019humour subtil dont l\u2019auteur sut aggré- menter et alléger son exposé, mérite qu\u2019on le mentionne.Sa lecture garde encore aujourd\u2019hui toute sa fraîcheur.Le délégué français, le docteur Peyron, de l\u2019Institut Pasteur, retardé en mer par le brouillard, n\u2019arriva à Québec que durant l'après-midi du dernier jour du Congrès, soit le lendemain du banquet, n\u2019ayant pu apporter la voix de son pays, ni à l\u2019ouverture du Congrès, ni au banquet.Ces événements s\u2019entouraient à l\u2019époque d\u2019un décorum qu\u2019on s\u2019appliquait à rendre solennel; ils étaient remplis d\u2019une éloquence cultivée et écoutée avec une patience et une dilection que le tempo rapide des temps présents pourrait difficilement tolérer.Autre temps; autres moeurs! Le Congrès de Québec remit incontestablement l\u2019Association sur une vole assurée de stabilité et de progrès.La vigueur récupérée l\u2019acheminera vers un destin que perpétua une vitalité accrue.Roma AMYOT. STÉNOSE MITRALE ETUDE ANATOMIQUE ET CLINIQUE DE 55 Cas Yves DESROCHERS, Interne médecin, résident, Institut de Cardiologie de Montréal; et Paul DAVID, Directeur, Depuis l\u2019avènement de la chirurgie comme thérapeutique corrective de la sténose mitrale, de nombreuses discussions ont été soulevées relativement aux indications de ce mode de traitement, à son efficacité et plus particulièrement à la durée de l\u2019amélioration à laquelle on doit s\u2019attendre chez les malades opérés.Il est évident que le recul du temps est insuffisant pour répondre définitivement à ces questions.Il est possible cependant d\u2019envisager le problème sous un angle différent.Quelle est la survie des malades souffrant de sténose mitrale rhumatismale qui n\u2019ont pas été opérés?En caleulant l\u2019âge moyen de décès de ces malades comparativement à l\u2019âge moyen de ceux qui survivent à la commissurotomie, il semble que nous puissions tirer des conclusions sur l\u2019augmentation de la longévité des malades soumis à cette intervention chirurgicale.Nous savons que sur le plan clinique, l\u2019agrandissement chirurgical de l\u2019orifice mitral améliore de façon spectaculaire la grande majorité des malades.Il serait intéressant si en outre, il nous était possible de prouver que cette intervention prolonge la vie tout en la rendant beaucoup plus agréable.Le problème tel qu\u2019énoncé est cependant difficile à résoudre.Si l\u2019on consulte les publications des cinquante dernières années sur l\u2019évolution des maladies cardiaques rhumatismales, l\u2019âge moyen de décès des maladies mI1- trales et en particulier des malades porteurs de sténose mitrale, on est en présence d\u2019une grande diversité d\u2019opinions basées sur des statistiques pourtant importantes.Davis et Weiss en 1932, publient sur 164 cas de décès par maladie cardiaque rhuma- Institut de Cardiologie de Montréal, Consultant, hôpital Notre-Dame.tismale et concluent que 23% des décès surviennent après 60 ans et que la majorité des rhumatisants meurent dans la quatrième et la cinquième décade.De Graff et Lingg par contre sur une statistique de 644 décès résument l\u2019évolution de la maladie cardiaque rhumatismale comme suit: l'infection survient en moyenne à 17 ans, les malades présentent leurs premiers symptômes à 28 ans, souffrent d'insuffisance cardiaque à 30 ans et meurent à 33 ans.Il est rare, écrivent-ils, d\u2019observer des lésions valvulaires rhumatismales après 50 ans.Cohn et Lingg en 1943, publient sur 3 129 décès: 50% des malades meurent 9 ans après le début de la maladie qui aurait lieu à 14 ou 15 ans, et la durée totale moyenne de la maladie serait de 13 ans.D\u2019après ces statistiques, il semble que la maladie cardiaque rhumatismale évolue de l\u2019enfance au début de la maturité, sur une période de trente ans.Laws et Levine en 1933, observent 48 cas et fixent à 37 ans l\u2019Âge moyen décès des malades souffrant de lésions cardiaques rhumatismales.La divergence des conclusions tirées des statistiques présentées peuvent probablement s'expliquer par le nombre d\u2019autopsies pratl- quées chez des enfants admis dans les divers hôpitaux qui ont fourni le matériel de base à ces travaux.Pour limiter la question au problème qui nous occupe de plus près, c\u2019est-à-dire la sténose mitrale parmi les cardiopathies rhumatismales, consultons, les travaux de C.S.Stone et H.S.Feil, publiés dans l\u2019American Heart Journal, de 1933; on y conclut: l\u2019âge de décès de 100 cas de sténose mitrale serrée L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 sélectionnés à partir de 6 000 autopsies pratiquées de 1920 à 1933 est de 40 ans.Pourtant Graham et ses collaborateurs en 1951 observent que 58% des sténoses mitrales vivent au delà de 50 ans et 38% au delà de 60 ans.Cette survie des sténosés mitraux ne concorde pas avec nos observations.Nous avons rarement observé des sténoses mitrales chez les malades dépassant la cinquantaine.Pour toutes ces raisons, nous étions intéressés à faire nos propres statistiques qui reposent sur les protocoles d\u2019autopsie de 55 cas de sténose mitrale décédés à l'Hôpital Notre-Dame de 1945 à 1953 inclusivement.De plus, nous avons consulté les dossiers d\u2019hospitalisation de ces malades.Nous n\u2019avons pas inclus évidemment les cas de décès après commissuro- tomie de même que ceux dont les renseignements anatomiques n\u2019étaient pas suffisants.Les facteurs étudiés dans ce travail sont les suivants: l\u2019âge moyen de décès suivant le degré du rétrécissement valvulaire; les causes de décès; l'influence des lésions valvulaires associées à la sténose mitrale; les variations, suivant le degré de la sténose mitrale, de l\u2019épaisseur des deux ventricules et de l\u2019axe électrique.Nous avons encore relevé l\u2019incidence d\u2019antécédents rhumatismaux.Nous avons de plus essayé d\u2019établir les corrélations entre les embolies pulmonaires ou périphériques et les thromboses intracardiaques d\u2019une part et la fibrillation auriculaire d\u2019autre part.Nous nous sommes intéressés aux calcifications valvulaires et à la fréquence avec laquelle on a décrit la présence de nodules d\u2019Aschoff.I \u2014 SEXE ET ÂGE DES MALADES AU MOMENT DU DÉCÈS Sur 55 cas, 21 sont du sexe mâle et 34 du sexe femelle.La prédominance notable du sexe féminin a déjà été observée dans toutes les statistiques antérieures.L\u2019âÂge moyen du décès chez l\u2019homme est de 42 ans et chez la femme de 44 ans.Il n\u2019y a pas de différence significative (tableau I).DESROCHERS er DAVID: STÉNOSE MITRALE 261 TABLEAU I Partage des décès des sténoses mitrales suivant l\u2019âge.43 ans: âge moyen des décès L\u2019âge moyen de décès de tous les cas de sténose mitrale est donc dans ce travail de 43 ans.Répétons ici que dans les observations de Graham et collaborateurs, l\u2019âge moyen du décès de leurs malades se situe dans la cinquième décade alors que dans celles de Cohn et Lingg, il est dans la 3e décade de la vie.II \u2014 INFLUENCE DU DEGRÉ DU RÉTRÉCISSEMENT MITRAL SUR LA LONGÉVITÉ La sévérité de la sténose mitrale a été établie sur les mensurations du bord libre de l\u2019orifice mitral.Nous avons fixé à 4,5 cms le point limite au-dessous duquel la sténose a été considérée comme serrée.Ces dimensions représentent effectivement les Fish Mouth ou Button Hole Mitral Stenosis n\u2019admettant pas la pulpe de l\u2019index.Au delà de ce chiffre le rétrécissement est considéré comme non serré.Il semble que seul le rétrécissement très serré modifie l\u2019Âge du décès.Ce critère de rétrécissement a partagé nos malades de la façon suivante: sténoses très serrées 27 cas, sténoses non serrées 28 cas.Notre première constatation consiste à réaliser que les porteurs de sténoses très serrées meurent en moyenne à 35 ans alors que la vie des autres se prolonge jusqu\u2019à 49 ans soit une différence énorme de 14 années.Si l\u2019on consulte le tableau ci-joint, on observe que lorsque l\u2019âge de décès se situe entre 20 et 30 ans, 75% des malades présentent une sténose très serrée alors qu\u2019au-dessus de 60 ans aucun des malades n\u2019avait une sténose dont le bord libre de l\u2019orifice valvulaire mesurait 4,5 cms ou moins.Il y a une relation di- 262 DESROCHERS gr DAVID: STENOSE MITRALE recte évidente entre l\u2019âge du décès et le degré du rétrécissement.Plus celui-ci est serré et plus courte devient la durée de la vie (cf.tableau II).TABLEAU II 100 % 100 % 35 ans 49 ang (5tnoses tras serrées) Autres Stinoses 82% Ny vi Jun 75 63.62 ; , SA RR LO ans 50 ans 60 ans TABLEAU II Age de décès et degré de sténose C7 Sténoses très serrées [] Autres sténoses III \u2014 CAUSES DES DÉCÈS 1 \u2014 Les accidents emboliques et les thromboses avec infarcissements expliquent 55% des décès: 21 embolies pulmonaires ou thromboses avec infarctus ont été la cause principale du décès dans 12 cas et y ont contribué dans 9 cas.11 embolies cérébrales ont été la cause unique du décès dans 4 cas et y ont contribué dans 7 autres.6 embolies de l\u2019aorte abdominale expliquent à elles seules le décès dans 2 cas et y contribuent dans 4 autres.4 embolies des artères des membres inférieurs et 4 embolies rénales, spléniques et hépatiques.2 \u2014 L'insuffisance cardiaque est responsable des décès dans 13 cas soit 25% comme cause unique et est associée à d\u2019autres pathologies dans trois autres cas.3\u2014 Un tableau infectieux a précipité le décès dans 7 cas (13%) alors qu\u2019il y a contribué dans 2 cas.4 \u2014 Des causes extra-cardiovasculaires expliquent 7% des décès.L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Nous observons une prédominance nette des thromboses ou embolies de la grande circulation chez les sténoses serrées alors que tous les cas où le décès a été imputé à des causes extra-cardiovasculaires (cancer, anémie, etc.) présentaient un orifice mitral moins rétréci (cf.tableau III).TABLEAU III Facteur Facteur principal associé A \u2014 Embolies, thromboses et infarctus \u2014 30 cas (55%) Causes de décès Pulmonaires .12 cas 9 cas Cérébrales .4 cas 7 cas Aorte abdominale .2 cas 4 cas Art.des M.infér.4 cas Art.rein, foie, rate .4 cas B \u2014 Insuffisance cardia- diaque \u2014 13 cas (25%) Œdème aigu pulm.6 cas 3 cas Insuffisance card.4 cas Syncope cardiaque .1 cas Tachycardie parox.1 cas Infarctus du myocarde .1 cas 1 cas C \u2014 Infections \u2014 7 cas (13%) Pneumonies .4 cas 2 cas Endocardite infectieuse .1 cas Pancardite rhumatism.1 cas Septicémie .1 cas D \u2014 Autres causes \u2014 5 cas (7%) Cancer .2 cas Glomérulo-néphrite Urémie .1 cas 2 cas Diverticulite perforée .1 cas Appendicite aigué .1 cas IV \u2014 INCIDENCE DES THROMBOSES AURICULAIRES, DES EMBOLIES PULMONAIRES ET PÉRIPHÉRIQUES Nous avons observé 17 cas de thrombose auriculaire soit le 15 des malades; chez 10, elle est à gauche; chez 7, elle est à droite.Sur les 10 malades, qui avaient un thrombus gauche, 6 ont fait des embolies de la grande circulation alors que le nombre total des embolies périphériques est de 15.Sur les 7 cas de thrombose auriculaire droite, 5 présentent des 5 200 20e > \u2014 > L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 infarcissements pulmonaires et dans la série nous avons trouvé chez 27 malades des infarctus pulmonaires.On peut conclure de ces chiffres, que l'incidence des thromboses cardiaques est très inférieure à celle des embolies ou infarctus.Nous pouvons penser qu\u2019un bon nombre d\u2019infarctus pulmonaires proviennent d\u2019une thrombose sur place ou d'une thrombose veineuse des membres inférieurs.La valvule mitrale elle-même est probablement responsable d\u2019un grand nombre d\u2019embolies périphériques.Sept des malades qui ont fait des embolies de la grande circulation avaient une valvule mitrale calcifiée.Aucun malade ne présentait de thrombose de l\u2019auricule gauche et 4 seulement montraient une thrombose de l\u2019auricule droit.L\u2019auriculec- tomie gauche pratiquée dans le but de diminuer l'incidence des accidents emboliques chez les mitraux ne semble pas justifiée d\u2019après ces observations (cf.tableau IV).DESROCHERS rr DAVID: STÉNOSE MITRALE 263 VI \u2014 INCIDENCE DES LESIONS VALVULAIRES ASSOCIÉES À LA STENOSE MITRALE ET LEUR INFLUENCE SUR L\u2019ÂGE DE DÉCÈS Nous avons 8 cas de lésion valvulaire aortique pour la plupart calcifiée.L\u2019Âge moyen de décès est de 42 ans.L\u2019âge moyen de décès des 55 cas de sténoses mitrales étudiées est de 43 ans.Nous avons observé 13 lésions tricus- pidiennes dont 6 avec sténose et 7 avec insuffisance.Les critères suivants ont établi le rétrécissement tricuspidien: épaississement et dépoli valvulaire, circonférence valvulaire à 8 cms et moins.Nous avons considéré comme fonctionnelle- ment insuffisantes les valvules dont l\u2019anneau mesure 13 cms et plus.L\u2019âÂge moyen de décès des sténoses tricuspidiennes associées à la lésion mitrale est de 44 ans alors que ceux qui avaient une tricuspide insuffisante avaient un âge moyen de décès à 50 ans.Les lésions TABLEAU IV Corrélations ertre le degré de sténose valvulaire et l\u2019incidence des thromboses auriculaires, des hémoptysies, des infarctus pulmonaires, des embolies de la grande circulation et des calcifications mitrales.Embolies de la Thromboses Infarctus grande cireu- Calcifi- auriculaires Hémoptysies pulmonaires lation (26) cations (17) (20) (27) Céré- (22) Droites Gauches brales Autres (7) (10) (13) (13) Sténoses trés serrées .5 5 11 13 8 10 14 (27) Sténoses autres .2 5 9 14 5 3 8 (28) V \u2014 CORRÉLATIONS ENTRE LE DEGRÉ DE LA STÉNOSE MITRALE ET L'INCIDENCE DES CALCIFICATIONS MITRALES, DES EMBOLIES ET DES HÉMOPTYSIES Sur les 27 cas d\u2019infarctus pulmonaire, 13 avaient une sténose très serrée.L\u2019incidence des hémoptysies est à peu près identique dans les deux groupes de malades.Par contre, sur 26 cas d\u2019embolies périphériques, 18 malades avaient une sténose très serrée.Sur 22 patients qui avaient des calcifications, 14 fois la sténose était serrée.(cf.tableau IV).tricuspidiennes ont été observées avec la même fréquence chez les malades présentant une sténose très serrée que chez les autres.VII \u2014 CORRÉLATIONS ENTRE LE DEGRÉ DE RÉTRÉCISSEMENT MITRAL, L\u2019ÉPAISSEUR DES VENTRICULES, LE POIDS TOTAL DU CŒUR ET L\u2019AXE ÉLECTRIQUE 1.\u2014 Epaisseur du ventricule droit: Sténoses très serrées: 1 cm; autres sténoses: 0,69 em.2.\u2014 Epaisseur du ventriculaire gauche: Sténoses très serrées: 1,5 cm.; autres sténoses: 1,85 cm. 264 DESROCHERS er DAVID: STÉNOSE MITRALE 3.\u2014 Poids du cœur: Sténoses très serrées: 400 gms.; autres sténoses: 473 gms.4.\u2014 Axe électrique du cœur: Sténoses très xerrées: + 112°; autres sténoses: +\u2014 60°.Plus la sténose mitrale devient serrée et plus les signes d\u2019hypertrophie droite s\u2019accentuent (cf.tableau V).TABLEAU V Corrélations entre le degré de sténose mitrale, l'épaisseur des ventricules, le poids et l'axe électrique du cœur, et l\u2019influence des lésions valvulaires associées.Epaisseur des Poids ventricules du Axe Droit Gauche coeur électrique Sténoses mitrales très serrées .lem.15cm.400gm.+112° Sténoses mitrales moins serrées 0.69 cm.185cm.473 gm.+ 60° Sténose mitrale + lésion aortique .09cm.2cm.560gm.+ 51° Sténose mitrale I.0,5 cm.+ lésion tricuspi- Insuf- dienne fisamce 1,2 cm.VIII \u2014 INFLUENCE DE LA PRESENCE SIMULTA- NEE DE PLUSIEURS LESIONS VALVULAIRES SUR LES FACTEURS CONSIDERES DANS LE PARAGRAPHE PRECEDENT |.\u2014 Epaisseur des ventricules: \u2014 Droit \u2014 avec lésion aortique: 0,9 cm.; avec sténose tricuspidienne: 0,5 cm.; avec insuffisance tri- cuspidienne: 1,2 cm.L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Gauche \u2014 avec lésion aortique: 2 cms.2.\u2014 Poids du cœur avec une lésion aortique: 560 gms.3.\u2014 Axe électrique avec une lésion aortique: + 51°.Ces faits indiquent que les lésions aortiques s\u2019accompagnent d\u2019une plus grande épaisseur du ventricule gauche alors que l\u2019insuffisance tricuspidienne s\u2019ajoute à l'hypertension pulmonaire causée par la sténose mitrale pour accentuer l\u2019hypertrophie ventriculaire droite.(cf.tableau V).IX \u2014 FIBRILLATION AURICULAIRE ASSOCIEE A LA STENOSE MITRALE Les deux tiers des malades avaient une fibrillation auriculaire au moment de leur décès.Nous constatons une plus grande proportion de sténoses mitrales très serrées chez les malades qui fibrillaient au moment du décès (55%) comparativement à 36% chez ceux ayant un rythme sinusal.L\u2019Âge moyen de décès est pratiquement identique dans les deux groupes.L\u2019incidence des thromboses auriculaires est beaucoup plus grande avec la fibrillation auriculaire.(cf.tableau VI).Nous observons 42% de calcifications mitrales chez les malades qui fibrillent et 36% chez les autres.L\u2019incidence des embolies ou infarctus pulmonaires est à peu près la même dans les deux groupes, mais les embolies périphériques sont beaucoup plus fréquentes lorsque la sténose était accompagnée de fibrillation auriculaire (ef.tableau VI).TABLEAU VI Corrélations entre le rythme cardiaque et le degré de sténose valvulaire, l\u2019âge de décès, la fréquence des thromboses auriculaires, la présence de calcifications matrales, l'incidence des embolies ou infarctus pulmonaires et périphériques.Degré de sténose Age moyen Très de serrée Autre décès Rythme sinusal 7 12 19 (35%) (36%) (64%) 40 ans Fibrillation auriculaire 17 14 31 (62%) (55%) (45%) 44 ans Thromboses Calcifi- Embolies \u2014 auriculaires cations infarctus .pulmonai- périphé- mitrales res riques 5 7 10 1 (26%) (36%) (63%) (5%) 14 13 15 15 (45% ) (42%) (48%) (48%) L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 N \u2014 QUELQUES CONSIDERATIONS SUR L'\u2019INCIDENCE DES ANTÉCÉDENTS RHUMATISMAUX ET LA PRÉSENCE DE NODULES D'ASCHOFF Nous avons retracé des épisodes rhumatismaux 20 fois, soit chez un peu moins de la moitié des malades.Sur ces 20 cas, l\u2019âge d\u2019apparition des symptômes rhumatismaux est mentionné 15 fois seulement et il est de 15 ans.Comme l\u2019âge moyen de décès est dec 38,5 ans, l\u2019évolution complète de la maladie jusqu\u2019à l'accident fatal serait de 23 ans ct demi.Séparons ces malades en 2 groupes suivant l'âge du début de l'atteinte rhumatismale.Le premier groupe va de l'enfance à 13 ans et le second de l'adolescence à la maturité.Nous constatons que la durée de la maladie dans le second groupe est inférieure au premier, ce qui détermine un âge moyen de décès à peu près similaire dans les deux groupes.Ces constatations diffèrent de celles de Stone et Feil qui portent à 13 ans l\u2019évolution de la maladie et observent une durée de la maladie beaucoup plus longue lorsque l\u2019atteinte rhumatismale se manifeste pendant l'adolescence ou l\u2019âge adulte.La présence de nodule d\u2019Aschoff dans le myocarde est relevée seulement 8 fois au cours de l\u2019examen microscopique des 55 cas observés.Cette incidence est identique aux statistiques consultées.Résumé et conclusion Nous avons présenté une étude anatomique de 55 cas de sténose mitrale.L\u2019âÂge moyen de décès fut de 43 ans.Lorsque le rétrécissement est serré, l\u2019âge moyen de décès est de 35 ans alors qu'il est de 49 ans dans les autres cas.Ce fait confirme notre impression clinique que les patients consentent à se laisser opérer.au moment où ils deviennent conscients de la gravité de leur maladie, c\u2019est-à-dire dans notre statistique de 125 malades opérés à date, deux ans avant l\u2019âge moyen de décès.Il sera intéressant et très utile de suivre l\u2019évolution de nos opérés afin de savoir que deviendra leur moyenne de survie.Le toucher mitral a DESROCHERS nr DAVID: STENOSE MITRALE 265 montré que tous nos malades opérés avaient une sténose serrée.55% des décès sont imputables à des accidents emboliques ou à des infarctus, 25% à de l'insuffisance cardiaque, 13% à des infections aiguës et 7% à d\u2019autres causes.Les thromboses intra-cardiaques dont lc nombre est restreint n\u2019expliquent pas à elles seules les multiples infarctus et embolies de 1a petite ct de la grande circulation.Les embolies périphériques sont souvent associées à des calcifications mitrales.L\u2019auricule gauche est rarement le siège de thrombose.Lorsque le rétrécissement mitral est très serré l\u2019incidence d'embolies périphériques et de calcifications mitrales croît notablement.L'épaisseur de la paroi ventriculaire droite est nettement plus augmentée lorsque l\u2019orifice valvulaire mitral est très rétréci et surtout s\u2019il s\u2019y ajoute une insuffisance tricuspidienne.Celle du ventricule gauche est par contre plus grande si la sténose est moins serrée et plus particulièrement s\u2019il existe une lésion valvulaire aortique associée.Le poids du cœur varie de la même façon.L\u2019axe électrique du cœur est franchement plus à droite lorsque la sténose est très serrée (moyenne + 112°).La fibrillation auriculaire favorise la thrombose auriculaire et les embolies de la grande circulation.l'âge moyen d\u2019apparition des symptômes rhumatismaux est de 15 ans (chez 15 de ces malades) avec âge moyen de décès à 38 ans d'où une durée moyenne de la maladie de 23 ans.BIBLIOGRAPHIE 1.G.K.GRAHAM, J.A.TAYLOR, L.B.ELLIS, D.J.GREENBERG et S.L.ROBBINS: Studies In mitral stenosis.II.\u2014 A correlation of postmortem findings with the clinical course of the disease in 101 cases.A.M .A.Arch.Int.Med., 88: 532, 1951.2.D.DAVIS et S.WEISS: Rheumatic heart disease ; incidence and distribution of age of death.Am.Ileart J., 8: 182, 1932.3.A.C.DeGRAFF et C.LINGG: The course of rheumatic heart disease in adults.Aw.Heart J.10: 459, 1935.4.D.DAVIS et S.WEISS: Rheumatic heart di=- 266 DESROCHERS gr DAVID: STENOSE MITRALE ease: Incidence and role in causation of death.Study of 5,215 consecutive necropsies.Am.Heart J., 7: 146, 1931.5.C.S.STONE et H.S.FEIL: Mitral stenosis; clinical and pathological study of 100 cases.Am.Heart J., 9: 53, 1933.6.A.E.COHN et C.LINGG: Natural history of rheumatic cardiac disease; statistical study; onset L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 and duration of disease.J.A.M.A., 121: 1, 1943.7.P.LICHTMAN et A.M.MASTER: Incidence of valvular disease in people over 50 and penicillin prophylaxis of bacterial endocarditis.New York State J.Med., 49: 1693, 1949.8.C.L.LAWS et S.A.LEVINE: Clinical notes on rheumatic heart disease with special reference to cause of death.Am.J.Med.Sc, 186: 833, 1933.LE TRAITEMENT DE L\u2019HYPERTENSION ARTÉRIELLE ESSENTIELLE PAR L\u2019'HEXAMETHONIUM ! Raymond ROBILLARD 2, Gilles TREMBLAY 2, Lidia ADAMKIEWICZ et Jacques GENEST, F.R.C.P.(C.), F.A.C.P., Département de Recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.L\u2019hexamethonium 3, synthétisé en 1948 par Zaimis et Paton qui en démontrérent les propriétés hypotensives (1), fut employé pour la première fois chez l\u2019humain par Restall et Smirk en 1950 (2).Le composé entre en compétition avec l\u2019acétyl-choline aux synapses ganglionnaires du système autonome et « bloque » l\u2019influx sympathique en transit vers les ramifications du système artériolaire.Il s\u2019attaque ainsi à ce qui semble pour Moyer (3) un dénominateur commun dans l\u2019étiologie complexe de la maladie hypertensive: l\u2019augmentation globale de la résistance périphérique conditionnée par la prédominance du sympathique.Mais le médicament interrompt en même temps les réflexes de vaso-constric- tion périphérique responsables du maintien de la tension artérielle en position debout et provoque une hypotension orthostatique.D\u2019autre 1.Travail présenté à la séance du 16 mars 1954 de la Société Médicale de Montréal et réalisé grâce à une subvention du Ministère de la Santé et de I'Hygiène publique, Entente fédérale-provinciale.2.Fellow du Conseil National de Recherches, 1953- 1954.3.L'Hexamethonium nous a été gracieusement fourni par M.P.-H.Payette, de la Compagnie War- ner-Chilcott (Methium), par MM.P-P.Mercier et Jean Asselin, de la Compagnie Burroughs-Wellcome (Hexamethon), et par MM.Charles Desjardins et Jacques Lussier, de la Compagnie Poulenc (Vego- lysen).part son action physiologique (fig.1) n\u2019est pas limitée au sympathique, et par un « blo- quage » simultané du parasympathique, il cau- \u2014 Faraiyaiu de Vasuotimnedatins ; Dérainution de-fe aénrétion À ot salivaire a Inhibition qu réflexe postural EX i fo .a : / \u2019 2 Ry 3 + La \u201c \u2014 ps 5 Diminution du purlatsitiqne TR on à indestingl | 5 SF ; è | % / - Egrèmie vescais Figure 1.\u2014 Formule de l\u2019ion Hexamethonium qui peut se présenter sous forme de chlorure, de bromure ou de bitartrate, avec illustration de son action physiologique.se une série d\u2019effets secondaires, les uns ennuyeux, tels l\u2019amblyopie, la sécheresse de la bouche et la parésie vésicale, les autres potentiellement dangereux, tel l\u2019inhibition du péristaltisme intestinal qui peut conduire de la constipation simple jusqu\u2019à l\u2019ileus paralytique.Certains auteurs ont observé en plus de ces inconvénients, l\u2019apparition rapide d\u2019une \u2014 \u2014 \u2014m\u2014\u2026 en L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 tolérance à l\u2019hexamethonium et ne lui reconnaissent aucune valeur dans le traitement à long terme de l\u2019hypertension artérielle (4, 5).D\u2019autres ne partagent pas cette opinion et rapportent un succès thérapeutique soutenu dans une forte proportion de malades soumis à cette médication pour plus d\u2019un an (3).Le rapport suivant repose sur l\u2019observation de 26 malades hypertendus traités par l\u2019he- xamethonium administré par la voile orale sur une période de temps qui varie de 3 à 12 mois.SUJETS D'ÉTUDE 32 malades atteints d\u2019une hypertension essentielle sévère reconnue depuis plusieurs années et rebelle aux traitements ordinaires ont été choisis pour cette étude.Sur ces 32 malades, 6 ne sont pas revenus à la Clinique d\u2019Hypertension ou n\u2019ont pas été suivis à cause de leur manque de coopération et de bonne foi.Chez 6 autres patients, le traitement a dû être discontinué à cause d\u2019effets secondaires importants.Le groupe qui fait done le sujet de cette étude comprend 20 malades, 2 hommes et 18 femmes, dont les âges varient de 33 à 66 ans.Trois d\u2019entre eux présentaient au début du traitement des signes de défaillance cardiaque, trois accusaient des douleurs angineuses, 4 avaient déjà subi un accident vasculaire cérébral et 2 autres avaient présenté des manifestations éclamptiques.La fonction rénale était notablement abaissée chez 3 malades.MÉTHODES Tous ces malades furent d\u2019abord soumis à une période d\u2019hospitalisation au cours de laquelle une observation clinique complète était rédigée, suivie des épreuves de laboratoires ordinairement employées dans l\u2019évaluation d\u2019un hypertendu.La fonction rénale était appréciée par l\u2019analyse des urines, le dosage de l\u2019urée sanguine, l\u2019élimination du P.S.P., la clearance de l\u2019urée ou de la créatinine endogène et la pyélographie endoveineuse doublée si nécessaire d\u2019une opacification rétrograde.L\u2019électrocardiogramme, la téléradiographie du cœur et l'examen du fond d\u2019œil renseignaient ROBILLARD Er CoLL.: HYPERTENSION ARTERIELLE 267 sur l\u2019état cardio-vasculaire.Les épreuves au benzodioxane et à la rogitine, complétée quelquefois par l\u2019insufflation rétro-péritonéale, étaient pratiquées dans tous les cas où la clinique pouvait laisser soupçonner la présence d\u2019un phéochromocytome.En dernier lieu, un profil de la tension artérielle du malade était établi en portant chaque jour sur papier graphique un point représentant la moyenne de 14 lectures pratiquées à toutes les heures de la journée, de 7 heures du matin à 9 heures du soir.Le traitement était commencé en général à la fin de la période d\u2019observation à l\u2019hôpital.La dose initiale de 500 mg, divisée en quatre parties égales réparties aux repas et au coucher était augmentée graduellement, selon l\u2019abaissement de la pression artérielle et l\u2019importance des effets secondaires, jusqu\u2019à un maximum de 3 gm par jour.Après son départ de l'hôpital, le malade se présentait par la suite à la Clinique d\u2019Hypertension de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.À chacune de ces visites hebdomadaires, la dose d\u2019hexamethonium était ajustée d\u2019après la tolérance du malade et le chiffre actuel de sa tension artérielle.EFFETS SECONDAIRES Le tableau I indique la fréquence des effets secondaires attribuables à l\u2019hexamethonium.TABLEAU I Effets secondaires (32 malades) Etourdissements .c.c0vuuiiinnnn.20 Constipation 200.sssaaa ananas 14 Amblyopie .12 Asthénie o.oo ee c aan anna nee nana aan 12 Diarrhée 2.222 e eee as sas aa nana anna na 11 Sécheresse de la bouche .6 Crampes abdominales .6 Anorexie .aan anna 6 Brûlements d\u2019estomac .5 Paresthésies .ovine.5 Hypotension orthostatique .3 Vomissements .c.covvvevirirunnnnnn.3 Impuissance .cco.2 (sur 4) NAUSES iit ite ete eeeeteernnaanenn 2 Cénhalées «oa 2 Hoquet .iia, 1 Parésie vésicale .iii, 1 Pecanteur aux épaules .1 268 L'étourdissement qu\u2019il est presque impossible d'éviter aux doses efficaces traduit l'hypotension orthostatique.Accusé des mois encore après le début du traitement, ce symptôme qui disparaît aussitôt si le patient prend la position assise ou horizontale, est attribué en partie à des fluctuations inexpliquées dans l\u2019absorption intestinale de l\u2019hexamethoniuin.La constipation, également d\u2019une grande fréquence, est plus facile à prévenir, chez le sujet ambulant, et ne demande que l\u2019administration quotidienne de laxatifs ordinaires tels que le Cascara Sagrada, l\u2019Huile Minérale ou le Lait de Magnésie.La sécheresse de la bouche et l\u2019amblyopie peuvent toutefois persister longtemps ct empêcher la lecture du caractère à journal.La diarrhée survient brusquement au début ou plusieurs mois apres l'installation de la thérapeutique, ordinairement aux doses supérieures à un gm.par jour.Elle dure environ 12 heures et ne demande pas d'autres mesures que la cessation temporaire de la médication.Elle s\u2019accompagne souvent de douleurs abdominales pénibles, quelquefois de nausées et de vomissements.Quelques malades ont accusé des paresthésies fugaces, le plus souvent limitées aux mains, et décrites comme une sensation d\u2019engourdissement.Une malade avancée en âge et artérioscléreuse présentait après chaque ingestion d'he- xamethonium, une hémiparesthésie qui obli- cea la discontinuation du traitement.Une jeune femme forcée par son métier de vendeuse à travailler debout, dût cesser l\u2019hexamethonium A cause de la grande fréquence des crises d\u2019hypotension orthostatique, qui persistèrent même après une diminution considérable des doses.Ces effets secondaires, en particulier l\u2019hypotension orthostatique répétée, la diarrhée et les paresthésies furent assez sévèrcs chez 6 malades pour nous amener à institue chez eux une autre forme de thérapeutique.RÉSULTATS L\u2019état objectif et fonctionnel du malade ct les chiffres moyens de la tension maintenue sous hexamethonium, par comparaison avec les renseignements de même ordre obtenus au ROBILLARD er CouL.: HYPERTENSION ARTÉRIELLE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 début du traitement, permettent d'apprécier le résultat individuel de la médication (tableau 2).HEXAMETHONIUM ET H.T.A.(20 CAS) HEXAMETHONIUM AGE CONTROLE couch debout RESULTAT 49 230/132 141/92 89/40 54 214/104 161/85 135/85 79/19 53 183/101 162/93 21/8 60 206/96 174/86 173/88 32/10 48 207/135 164/96 150/88 43/39 38 209/135 163/99 163/99 64/36 45 200/135 157/106 136/103 43/29 45 190/130 161/105 29/25 33 208/125 172/109 36/16 39 220/130 154/116 66/14 62 250/100 202/87 187/91 48/13 66 210/115 191/94 19/21 52 231/138 209/111 21/27 58 195/95 175/87 20/8 63 190/90 174/88 164/88 16/2 51 201/116 176/101 174/98 85/3 37 189/133 183/122 6/11 42 174/104 167/97 7/7 53 200/120 193/111 179/111 7/9 49 248/120 200/114 183/114 48/6 Tab'eau II.\u2014 Résultats individuels des 20 patients suivis pour une période de 3 à 12 mois.Les chiffres indiquant les résultats proviennent de la soi straction des chiffre de la pression art\u201criel'e sous {traitement de ceux de la période de contrôle.Il nous a été possible de connaître les niveaux antérieurs de la tension artérielle de la plupart des malades, observés souvent depuis de nombreuses années par le médecin référant ou par le personnel des dispensaires de l\u2019Hô- tel-Dieu.L\u2019obtention d\u2019une moyenne de ces chiffres de contrôle permet la comparaison avec le niveau moyen de la tension artérielle prise à toutes les semaines depuis le début du traitement.La soustraction de cette dernière moyenne de la première permet une appréciation rapide de l\u2019effet hypotenseur du médicament (dernière colonne du tableau 1) Nous avons ajouté dans certains cas la pression artérielle lue en position debout, dans le but d'illustrer l\u2019hypotension orthostatique causce par l\u2019hexamethonium.Chez les trois premiers malades, la pression artérielle a été abaissée à un niveau voisin de la normale, si l\u2019on considère l\u2019âge des sujets.Pour les 3 suivants, le résultat est excellent avec une pression artérielle qui se maintient aux environs de 170/ 100.8 malades ont répondu par une baisse modérée de 36/20 mm Hg en moyenne.Chez L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 les 6 derniers l\u2019hexamethonium n\u2019a pas modifié de façon sensible la tension antérieure.Dans le but d\u2019apprécier les modifications subjectives de l\u2019état antérieur, les symptômes de présentation ont été recherchés au cours du traitement chez 16 malades (tableau 3).La AMELIORATION DES SYMPTOMES PAR LE Cg (16 malades) Fréquence Disparition Amélioration Aucune amélioration ICEPHALEE 10 7 2 i DYSPNEE D'EFFORT 8 3 2 3 ETOURDISSEMENTS 7 4 1 2 BOURDONNEMENTS D'OREILLES 5 4 1 PARESTHESIES 6 4 - 2 PALPITATIONS 5 4 1 MOUCHES VOLANTES 4 1 2 1 OEDEME MALLEOLAIRE 4 3 1 BAISSE DE LA VISION 3 1 - 2 NYCTURIE 3 1 1 1 DOULEUR RETRO- STERNALE 3 2 - 1 IDOULEUR PRE- CORDIALE 2 1 .I ASTHENIE 2 - 1 1 INSOMNIE 2 1 - 1 (ORTHOPNEE 1 i Tableau III.\u2014 Tableau des symptômes présentés par 16 patients et leur évolution durant le traitement.céphalée dont se plaignait le plus grand nombre des malades est disparue rapidement chez la plupart d\u2019entre eux.Les palpitations, l\u2019ædè- me malléolaire, les douleurs angineuses, les paresthésies et les bourdonnements d\u2019oreille, sont éliminés ou diminués dans la majorité des cas.Deux malades de la série étudiée sont présentés avec plus de détails pour illustrer de façon concrète l\u2019action de l\u2019hexamethonium.Le premier cas (fig.2) est celui d\u2019une malade âgée de 49 ans et qui accusait lors de son admission une baisse rapide de la vision, des douleurs angineuses, une céphalée occipitale sévère, un œdème malléolaire et de la dyspnée à l'effort.La pression artérielle observée à plusieurs reprises au cours du mois précédent, se maintenait en moyenne à 230/132 mm He.La malade fut alors soumise à une diète limitée à 250 mg de sodium par jour.Après un mois et demi la tension artérielle moyenne était de 165/111.L\u2019hexamethonium fut ajou- ROBILLARD Er CorL.: HYPERTENSION ARTÉRIELLE 269 Figure 2.\u2014 Patiente âgée de 49 ans dont la pression initiale de contrôle de 230/132 mm.Hg.durant plus d\u2019un mois d\u2019observation est abaissée à la normale par l\u2019administration combinée de la diète sans sel et de I'Hexamethonium.té, et depuis 9 mois, la pression artérielle demeure dans les limites de la normale.Les effets secondaires furent très légers, et tous les symptômes sont maintenant disparus.Le deuxième cas (fig.3) est celui d\u2019une oR fst ou pil, an, Inet se.wy wa de FURY, 220.3 % Be Figure 3.\u2014 Malade âgée de 48 ans dont la pression initiale de contrôle de 221/122 mm.Hg.sur une période d\u2019observation de 4 ans fut abaissée par l\u2019Hexa- methonium à 168/97 sur une période de 9 mois.(Voir le texte pour détails.) malade âgée de 48 ans dont la tension artérielle observée au cours des 4 années qui précédèrent le début du traitement, était de 221/ 122 en moyenne.Sous l'influence de l\u2019hexame- thonium et du repos, sa pression descendit jusqu\u2019à 160/98 à l\u2019hôpital, et se maintint en moyenne à 168/97 pendant les sept mois qui suivirent son retour chez elle.En janvier 1954, la malade ennuyée par l\u2019apparition subite d\u2019accès hypotensifs répétés interrompit d\u2019elle même son traitement avec un retour immédiat de la tension artérielle aux niveaux antérieurs.La médication a été reprise depuis avec l\u2019amorce d\u2019une nouvelle baisse de tension.La céphalée et les étourdissements accusés au début du traitement sont disparus.Il est intéressant de noter que cette malade était atteinte d\u2019une maladie de Raynaud, dont elle n\u2019a présenté aucun symptôme depuis le début du traitement par l\u2019hexamethonium.Le résultat obtenu ici est excellent avec une baisse moyenne de 53/25 mm Hg.Sauf pour une courte période d\u2019hypotension orthostatique et un a cès isolé de diarrhée, les effets secondaires ont été négligeables.Pour la moitié au moins des malades étudiés ici, 11 semble que l\u2019hexamethonium ait été un agent hypotensif efficace.Nous n\u2019avons pas encore remarqué de tolérance au médicament, et rien n\u2019indique en ce moment qu\u2019on ne puisse chez-eux continuer longtemps encore cette forme de médication.Discussion Il est d'expérience commune que les nouveaux agents hypotenseurs tels que l\u2019hexame- thonium, le pentapyrrolidinium et l\u2019hydrazi- nophtalazine sont efficaces dans le traitement d'une crise hypertensive.Il semble également que ces composés solent capables sur une période de semaines ou de mois de maintenir la majorité des hypertensions « essentielles » ou «rénales » au-dessous de la zone critique que nous fixerons arbitrairement à 170/105 mm Hg.Mais si l\u2019on accepte qu\u2019une hypertension soutenue peut accélérer le processus d\u2019athé- ro ou d\u2019artériolo-sclérose et être à l\u2019origine de complications cardiaques et cérébrales graves, notre but devient manifestement de maintenir la tension artérielle à des niveaux les plus voisins possibles de la normale sur une période de temps indéfinie.La thérapeutique idéale devra donner ce résultat dans la ROBILLARD kr CouL.: HYPERTENSION ARTERIELLE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 grande majorité des cas avec un minimum d'effets secondaires, et son emploi prolongé ne devra pas causer d\u2019effets toxiques.L\u2019hexamethonium nous a donné un bon pourcentage de succès thérapeutiques, comparable à celui que d\u2019autres ont observé chez des malades soumis à cette médication pour plus d\u2019un an (3, 4, 5).Schroeder prétend obtenir par l\u2019adjonction d\u2019aprésoline à l\u2019hexame- thonium une proportion extraordinaire de réponses favorables avec une incidence moindre d\u2019effets secondaires (6).Son enthousiasme pour cette méthode (Hyphex) est loin d\u2019être partagée par tous les observateurs de la maladie.D'ailleurs, la période d\u2019observation des patients rapportés par Schroeder dépasse rarement 15 à 18 mois.Dans le but de favoriser un hypothétique synergisme et d\u2019éviter les effets secondaires par l\u2019emploi de doses réduites, un grand nombre d\u2019autres associations médicamenteuses ont été proposées.Duncan (7) suggère l\u2019association dibenziline-rauwolfia-protovératrine ou encore la combinaison dibenziline-aprésoline- protovératrine.Freis (8) joint dans un seul comprimé l\u2019ansolysen, l\u2019aprésoline, le serpasil et la prostigmine.Il n\u2019est pas prouvé que ces médicaments aient une action synergique.D'autre part, chacun de ces composés, seul ou en association, cause une série d\u2019effets secondaires dont la gravité n\u2019est pas toujours en relation directe avec la dose employée, et qui semble varier selon une susceptibilité particulière à chaque malade.L'identification des effets secondaires attribuables à chacun des médicaments et l\u2019ajustement séparé des doses devient un problème d\u2019une complexité directement proportionnelle au nombre de composés employés.Ce genre de traitement représente, à notre avis, une concession dangereuse à l\u2019empirisme et aux mixtures qui ont dominé la thérapeutique du 19ème siècle et des deux ou trois premières décades de notre siècle.Il nous apparaît plus logique de choisir un agent hypotenseur, quel qu\u2019il soit, d\u2019en pousser les doses jusqu\u2019à la limite de son efficacité ou de la tolérance du malade, et d\u2019y joindre par la suite, et de la même façon, d\u2019autres agents L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 hypotenseurs si l\u2019action du premier n\u2019a pas été satisfaisante.En ceci, nous sommes pleinement d'accord avec Page de la Clinique de Cleveland (9).L\u2019hexamethonium est un agent thérapeutique efficace pour une bonne part des hypertensions essentielles.Ses effets secondaires constituent un ennui quelquefois sérieux, mais compensés souvent par la baisse de la tension.L'infiltration interstitielle diffuse du poumon qu\u2019on lui a attribuée à quelques reprises, n\u2019a été rapportée que chez des sujets atteints d\u2019une hypertension maligne (10, 11, 12).L\u2019observation prolongée de malades traités avec ce médicament se poursuit dans un certain nombre de Cliniques spécialisées, et seule l\u2019expérience qu\u2019on en aura acquise dans quelques années établira de façon définitive la valeur de l\u2019hexamethonium dans le traitement à long terme de l\u2019hypertension essentielle.Conclusion 32 malades atteints d\u2019une hypertension artérielle essentielle sévère ont été soumis au traitement par le Chlorure d\u2019hexamethonium.Un bon résultat thérapeutique a été obtenu chez la moitié des 20 sujets observés sur une période de 3 à 12 mois.+ #* C\u2019est notre plaisir de remercier garde Fernande Salvail pour son dévouement et les consultants de la Clinique d\u2019Hypertension et de l\u2019Hôtel-Dieu pour leur généreuse collaboration.BIBLIOGRAPHIE (1) W.D.M.PATON et E.J.ZAIMIS: Clinical Potentialities of Certain Bisquaternary Salts Causing Neuromuscular and Ganglionic Block.Nature, 162: 810 (20 nov.) 1948.ROBILLARD Er Cou.: HYPERTENSION ARTÉRIELLE 271 (2) P.A.RESTALL et F.H.SMIRK: The Treatment of High Blood Pressure with Hexamethon- um Iodide.New Zealand M.J., 49: 206 (juin) 1950.(3) J.H.MOYER, S.I.MILLER et R.V.FORD: Orally Administered Hexamethonium Chloride in Hypertension.J.A.M.A., 152: 1121, 1953.(4) S.LOCKET, P.G.SWANN et W.S.W.GRIEVE: Methonium Compounds in the Treatment of Hypertension.Brit.Med.J., 1: 778, 1951.(5) J.D.BLAINEY: Hexamethonium Compounds in the Treatment of Hypertension.Lancet, 1: 993, 1952.(6) H.A.SCHROEDER: Control of Hypertension by Hexamethonium and 1-Hydrazinophtalazine : Preliminary Observations.A.M.A.Arch.Int.Med., 89: 523, 1952.(7) G.G.DUNCAN: The Management of Essential Hypertension, in Report of 1953 Annual Meeting and Proceedings, The Royal College of Phys- 1cians and Surgeons of Canada.(8) E.D.FREIS: in Current Therapy.Ed., H.F.Conn, Saunders, 1954, p.187.(9) I.H.PAGE: Panel Discussion on Arterial Hypertension, presented at the Clinical Session of the American Medical Association, Denver, Colorado, Dec.4, 1952.(10) R.ROBILLARD, J.-L.RIOPELLE, L.ADAM- KIEWICZ, G.TREMBLAY et J.GENEST : Pulmonary Complications in the course of Treatment with Hexamethonium.(En impression).(11) B.MORRISON: Parenteral Hexamethonium in Hypertension.Brit.Med.J., 1: 1291, 1953.(12) J.D.MORROW, H.A.SCHROEDER et H.M.PERRY, Jr.: Studies on the control of Hypertension by Hyphex.II \u2014 Toxic Reactions and Side Effects.Circulation, 8: 829, 1953. LE CANCER : LA PRÉDISPOSITION COMME PATHOGÉNIE VUES NOUVELLES SUR L\u2019ÉTIOLOGIE W.].McCORMICK, M.D.Le Cancer (mot latin pour crabe) est un terme employé depuis toujours pour désigner un ulcere perforant de nature incurable ou maligne.La malignité se manifeste lorsque certaines cellules, en apparence normales et qui jusque là ont fonctionné normalement commencent à croître et à se multiplier de façon anormale dans quelque partie de l\u2019organisme.Sans répit, elles envahissent les tissus environnants et s\u2019ensemencent ailleurs dans l\u2019organisme par métastases.On se posc la question sans réponse: Pourquoi ces cellules sé conduisent-elles de cette manière?On a proposé plusieurs théories quant à la cause: l\u2019hérédité, un défaut embryonnaire, des infections chroniques (parasite, bactérie ou virus), des irritations physiques ou chimiques ou des traumatismes, ete.On fonde les recherches des dernières années sur l\u2019idée que la croissance anormale est due a quelque défaut biochimique ou métabolique intrinsèque à la cellule incriminée.Aussi, la thérapeutique a eu comme but principal de détruire la croissance cellulaire errotique par les moyens chirurgicaux, médicaux ou physiques, rayons-X, radium, etc.alors qu\u2019on a négligé la possibilité d\u2019une étiologie métabolique ou nutritive.Le cancer des tissus épithéliaux (le carcinome) peut se présenter sous de multiples formes de lésions chroniques, fissures, moles, vérues séniles, lupus vulgaire, mastites, ulcères syphilitiques ou variqueux, ulcères d\u2019estomac ou de l\u2019intestin et brûlures (rayons-X, produits chimiques, chaleur ou électricité).La cause excitante la plus généralement acceptée est l\u2019irritation chronique physique ou chimique, telle que la suie qui cause le cancer des ramoneurs, les goudrons du tabac qui cause le cancer du poumon, etc.Quelques chercheurs de la première heure ont cru que le taux de croissance des tumeurs cancéreuses étaient déterminées par le taux de sécrétion des inhibiteurs de croissance, cependant on connaît peu de choses sur la nature de ces inhibiteurs.Selon Berrill (1), « La prolifération cellulaire est d\u2019abord une répon- (Toronto, Canada).se aux rapports changeant des surfaces ».Il déclare de plus « qu\u2019en général, le rôle de la division et de la multiplication cellulaire quant à la malignité a été exagérée ».De même Borst (2) conclut que «la croissance inflammatoire résulte d\u2019une réponse exagérée aux irritants externes, tandis que la croissance cancéreuse vient de la perte des inhibiteurs normaux de croissance.Les chercheurs du 19c siècle avaient des vues similaires.Ribbert (3) regarde les cellules cancéreuses comme douées d\u2019un pouvoir latent de prolifération illimitée lequel acquiert son activité lorsqu'elles sont dissociées de leur milieu normal.Thiersch (4) pense que les cellules cancéreuses croissent sans cesse parce que les tissus conjonctifs ont perdu leur pouvoir de mettre une barrière à leur prolifération.L'auteur du présent travail abonde dans le sens des idées de ces premiers chercheurs mais il fait un pas de plus et propose une cause spécifique à l'incapacité des tissus conjonctifs à faire barrière à la prolifération.Pour mieux comprendre l\u2019avancé, il serait utile de revoir la structure histologique de la peau et des muqueuses.Le chorion, ou la peau, dérive du mésoblaste, est constitué essentiellement de tissu conjonctif qui contient des vaisseaux sanguins, des follicules pilleux, des glandes sébacées et sudoripares et tout ceci fournit le tissu de soutien pour la structure superficielle de cellules épithéliales.Ces dernières sont stratifiées, la couche du fond de cellules à colonne, connue sous le nom d\u2019assise génératrice reposant sur du tissu con- Jonctif dense appelé membrane basale.On compare ceci à une fondation de maçonnerie.S'il se produit une brèche, il en résulte des distortions et des désintégrations des structures supérieures.Cependant, chez les cellules vivantes des épithéliums, s\u2019il se produit un bris dans la fondation, elles poursuivent leur propension proliférative inhérente sans plus profiter des limitations directionnelles normales de la membrane de base.En temps normal, cette membrane fournit une barrière conjonctive ininterrompue en sous couche à tous les L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 épithéliums de la peau et des muqueuses du tube digestif et des voies respiratoires et génito-urinaires et aussi de toutes leurs ramifications glandulaires.Ainsi elle forme une ligne de démarcation inviolable entre l\u2019épithélium et le tissu mésenchymateux.Ceci étant dit, il apparaît que le point essentiel de cette formation anatomique soit la stabilité et la continuité de cette basale.Toute brèche ou malformation de cette basale conduira à une perturbation de la croissance ordonnée des cellules épithéliales, car il peut en résulter une invasion de ces cellules à travers la brèche ce qui serait le début de la malignité.Dès qu'il s\u2019est produit un bris de cette barrière conjonctive par faiblesse ou blessure, le mécanisme de défense du mésenchyme en temps normal entre en jeu pour réparer la brèche par la prolifération de nouveau tissu conjonctif et il remplit l\u2019espace avec du tissu cicatriciel.Ceci prévient l\u2019invasion de l\u2019épithélium perturbé.Si, cependant, à cause d\u2019un régime alimentaire ou d\u2019un métabolisme fautif, ce mécanisme de réparation n\u2019est pas suffisant, comme 1l arrive dans l\u2019ulcère chronique et les érosions et lacérations à guérison lente, il n\u2019y a plus d\u2019obstacle aux invasions malignes et aux métastases généralisées.L'action physiologique la mieux connue de toutes les substances alimentaires est le rôle de la Vitamine C à maintenir la stabilité et l\u2019élasticité des tissus conjonctifs et la croissance du tissu cicatriciel dans la guérison des plaies.Ceci comprend les os, les cartilages, les muscles, les tissus vasculaires, sous-cutanés et sous-muqueux (en somme tous les tissus mésenchymateux).La carence de cette vitamine amène une instabilité et une fragilité de tous ces tissus à cause de la destruction du ciment intercellulaire (le collagen), avec la fragilité et la guérison lente de tous ces tissus.Ceci inclut aussi le tissu conjonctif dense de la basale, laquelle, devenant instable et vulnérable, est un facteur prédisposant, nous croyons, à la cancérogénèse.Nous savons maintenant que cette fragilité des tissus conjonctifs « vient de la non activation durant les phases de construction, des enzymes qui synthétisent les protéines, la vitamine C fournit normalement ce facteur ».(Editorial of McCORMICK: CANCER 278 Journal American Medical Assoc., 117: 937, 1941).On peut appliquer le même principe à la pathogénie des tumeurs du tissu conjonctif (les sarcomes) si l\u2019on présume la possibilité de destruction du ciment intercellulaire qui nuit normalement les cellules endothéliales de l\u2019intima des vaisseaux et de la séreuse de la plèvre, du péricarde et du péritoine.De même 11 en résulte une prolifération maligne et une dissémination des métastases.Comme il n\u2019est pas rare de rencontrer l\u2019association de carcinome et de sarcome, comme le carcinosarco- me, ceci nous suggère une étiologie commune.DISCUSSION Cette hypothèse éclaire le fait que les métastases d\u2019épithélioma se propagent surtout par voles lymphatiques tandis que les néoplasmes du mésenchyme tel que les sarcomes se propagent par la vole des vaisseaux sanguins.Ceci rend aussi compte du fait que la formation précoce de capsule autour de certaines tumeurs bénignes (fibromes) prévient les métastases.Plus tard, en présence de carence de vitamine C, ces tumeurs peuvent perdre leur barrière protectrice par destruction spontanée ou par une chirurgie ou une cautérisation fautive.Ainsi ces cellules libérées prennent un cours infiltrant et malin.De même, un ulcère chronique qui s\u2019est refermé par cicatrisation, peut se réouvrir plus tard par carence prononcée en Vitamine C et amener une transformation maligne.De même ceci rend compte de la nature relativement bénigne des squirrhes où le stroma est à prédominance conjonctive par contraste aux formes médullaires ou molles formées surtout de cellules et où la malignité est extrême.Le taux de vitamine C et la quantité de tissus conjonctifs proportionnelle déterminent le degré de malignité.Cette hypothèse tient aussi compte de la faculté à s\u2019ulcérer et à saigner des cancers puisque c\u2019est aussi une caractéristique des carences en vitamine C.Cette instabilité physiologique des tissus conjonctifs associée aux carences en vitamine C est bien démontrée dans les écrits classiques de Lind (1753), Willis (1667) ct Pou- 274 part (1699) sur le scorbut.Lind dit que lors d\u2019autopsies de victimes du scorbut, les muscles étaient si relachés et molasses qu\u2019ils se défaisaient d\u2019eux-mêmes.Il en était de même de la paroi intestinale.Il ajoute: « Pourquoi donc le scorbut affecte-t-11 si souvent et de façon si singulière les cartilages costaux au point de les détacher du sternum, C\u2019est quelque chose que je ne puis expliquer ».Il rapporte de plus un certain nombre de cas de scorbut où des cas d\u2019anciennes fractures et de vieilles cicatrices se sont lysés.(Ceux-ci auraient pu dégénérer en cancer si le scorbut ne les avait pas atteints plus tôt).En fait, Lind cite Martini (1609) qui avait déclaré: « Le scorbut est presque associé à la peste puis- qu\u2019il produit des furoncles, des bubons et des cancers ».Willis, le grand anatomiste qui a donné son nom au polygone de Willis, décrit dans son tractus de Scorbuto, un symptôme qu\u2019il a observé bien des fois, à savoir: « Un craquement des os sur mobilisation d\u2019articulations, simplement en se retournant dans le lit, et frottant les vertèbres les unes sur les autres, il se produit un gros bruit comme lorsque l\u2019on secoue un squelette ».Poupart, le grand chirurgien, qui a donné son nom au «ligament de Poupart », en rapport ses découvertes sur les scorbutiques de Paris, déclare: « chez plusieurs, s\u2019ils sont déplacés nous entendons un petit grattement des os.À l\u2019autopsie, les épiphyses étaient complètement détachées des os, aussi en se frottant l\u2019une sur l\u2019autre, cela produisait ce bruit.Chez d\u2019autres, nous entendons un petit bruit sourd quand ils respirent.Chez ces derniers (à l\u2019autopsie) les cartilages para-sternaux étaient séparés de la côte osseuse.Les ligaments articulaires étaient rongés et étirés.Tous les jeunes de moins de 18 ans avaient à des degrés différents, leurs épiphyses isolées de leurs Os ».L\u2019observation de Lind au sujet de la destruction des cals osseux au niveau des fractures et de même pour les tissus cicatriciels fut confirmée dernièrement par Hunt (5) qui fut le premier à observer la dissolution d\u2019ancienne cicatrice par carence de la Vitamine C qui amène la liquéfaction du ciment intercellulaire.Plus proche de nous, Pirani et Le- McCORMICK: L\u2019Union Méd.Canada CANCE R Tome 84 \u2014 Mars 1955 venson (6) ont étudié les effets des carences en Vitamine C sur des blessures déja guéries.Des cobayes porteurs de blessures déja guéries depuis 6 semaines étaient carencés en Vitamine C durant 26 jours, a ce moment on observait des modifications graves au niveau des cicatrices, caractérisées surtout par une prolifération des fibroblastes, une diminution des éléments conjonctifs et des hémorragies.(Celles-ci sont suggestives de modification précancéreuse \u2014 W.J.McC.).Billroth, le fameux chirurgien viennois du XIXe siecle a noté une observation similaire.I avait émis l\u2019opinion que le cancer ne peut se développer sans des modifications précancéreuses de longue durée dans le tissu concerné.Pour 1llus- trer cette idée, 1l cite le cas d\u2019un épithélioma qui se développe sur le site d'une grande cicatrice de brûlure vieille de plusieurs années.Il n\u2019avait pas, naturellement, associé la carence en Vitamine C à la dégénérescence du tissu conjonctif.Bonney (7) dans une étude des modifications précancéreuses, trouve une perte constante de tissu conjonctif, habituellement une transformation hyaline du collagen.et un effritement des bords des cellules épithéliales (toujours suggestif de carence en Vitamine C \u2014 W.J.McC.).Il déclare: « Dans la région de l\u2019épithélioma primaire, il sc produit toujours une disparition complète du tissu élastique jaune comme résultat du processus inflammatoire chronique préexistant et c\u2019est dans cette zone dépourvue de fibre élastique qu\u2019apparaissent les premiers envahissements épithéliomateux ».(Bonney ne connaissait pas la Vitamine C).L\u2019incidence des cancers primaires multiples (3,7% de tous les cancers selon les statistiques aux Etats-Unis) indique la présence d\u2019un facteur excitant sur l\u2019organisme.Sur 420 de ces cas rapportés par Warren ct Gates (cités par Ewing) 111 avaient 3 ou plus néoplasmes primaires, 67 avaient des cancers primaires dans des organes symétriques et 242 avaient des cancers primaires dans deux organes différents.Ces résultats indiqueraient que chez certains individus, il y a une prédisposition au cancer, laquelle selon l\u2019auteur (W.J.McC.) pourrait bien être une carence en Vitamine C. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Certaines observations faites durant ces recherches récentes sur le cancer du poumon et l'usage du tabac, indiqueraient une corrélation avec l\u2019hypothèse d\u2019une déficience en Vi1- tamine C comme cause étiologique.Dans une publication présentée à 1\u2019 « American Cancer Society » à la réunion de 1954 de l\u2019 « American Medical Association », le taux de mortalité de 187 000 personnes entre 50 et 70 ans a été comparé sur une période de 21/, ans avec leurs habitudes de fumeur.En général, on trouve un taux pour toutes les causes de mort de 60% à 102% plus élevé chez les fumeurs de cigarettes que chez les non fumeurs.Le taux de mortalité par cancer du poumon était de 200% à 1500% plus élevé, selon le degré d\u2019accoutumance, et celui du cancer en général était de 150% plus haut chez les fumeurs de cigarettes comme groupe que chez les non fumeurs.Ces chiffres nous montrent définitivement une action cancérigène locale aussi bien que générale des goudrons et des autres éléments toxiques du tabac, et selon l\u2019hypothèse de l\u2019auteur, ceci pourrait bien être dû indirectement à une carence en Vitamine C.En ceci, la fumée de cigarette a trois répercussions sur l\u2019organisme humain: 1) Le système respiratoire est soumis à l\u2019action directe et répétée des goudrons cancérigènes spécifiques de la fumée.[Il est à signaler que l\u2019on ne trouve pas ces goudrons dans le plan de tabac mais qu\u2019on les retrouve seulement après combustion et qu\u2019ils peuvent être produits aussi facilement par le bois et le papier brûlés, même le papier de cigarette comme l\u2019a démontré dernièrement Lafemine (8) ].Ces goudrons agissent localement comme irritant des tissus respiratoires et ainsi stimulent les réactions cancérigènes.Bien plus, cette irritation, en soi, cause une baisse locale de la Vitamine C nécessaire à la réparation tissulaire.2) L\u2019absorbtion par l\u2019organisme des goudrons et des autres éléments toxiques, y compris la nicotine et le monoxyde de carbone.réagit chimiquement avec l\u2019emmagasinage de Vitamine C dans l\u2019organisme (Cette dernière est un agent réducteur et oxydant puissant) ct abaisse encore plus le taux de cette Vitamine.3) L\u2019usage de la fumée détraque l'allure McCORMICK: CANCER 275 de la diète de ses usagers en ce qu\u2019il porte à prendre des stimulants (thé, café, cola et alcool) plutôt que les citrons, les tomates et les autres fruits frais et jus de légumes qui contiennent la Vitamine C.Ainsi l\u2019apport de cet aliment protecteur est réduit alors que les réserves de l\u2019organisme sont diminuées et puisque cette vitamine est soluble dans l'eau ct est continuellement évacuée par voile des urines et de la transpiration, les réserves de l\u2019organisme atteignent rapidement un niveau très bas.Durant les derniers 15 ans, l\u2019auteur a fait près de 6 000 dosages chimiques du taux de Vitamine C dans l\u2019organisme, parmi ces dosages chez des centaines de gros fumeurs, il reste encore à trouver un seul dosage normal sauf chez ceux qui prenaient une dose supplémentaire de Vitamine C.Il y a dix ans, l\u2019auteur a établi par des recherches de clinique et de laboratoire que le fait de fumer une cigarette par la méthode ordinaire d\u2019inhalation amène la neutralisation de 25 mg de Vitamine C dans l'organisme ou la quantité de Vitamine C équivalente au contenu d\u2019une orange de grosseur moyenne (9).De là, il est évident que le fumeur moyen ne peut obtenir son taux normal de vitamine de sa diète.Bouquin- et Masmanno (10) et d\u2019autres chercheurs en Italie et en Russie ont confirmé dernièrement ces recherches de l\u2019auteur.Il pourrait donc paraître possible que tous les agents cancérigènes, chimiques ou physiques agissent indirectement comme tel, en réagissant chimiquement ou en augmentant les besoins de l\u2019organisme en Vitamine C.On a trouvé des intéractions semblables entre certains produits cancérigènes et la riboflavine qui est aussi un réducteur.Kensler et Al (11) rapportent une inhibition marquée d'action cancérigène en donnant concurremment en nourriture de la riboflavine associée à un produit cancérigène connu.Plus tard Mueller et Miller (12) découvrent que cette action protectrice de la riboflavine est due à son action réductrice qui divise le produit cancérigène en deux composés non cancérigènes, Il devient évident que la riboflavine a la 276 même action que la Vitamine C pour inhiber le cancer.Pour vérifier cette théorie de la cancérogé- nèse indirecte l\u2019auteur fait une expérience in vitro pour déterminer les possibilités d\u2019une intéraction chimique de la Vitamine © avec les cancérigènes.Une petite quantité de di- benzanthracine, un cancérigène faisant partie des goudrons du tabac, fut ajoutée à une solution dosée d\u2019acide ascorbique.On employa un solvent commun aux deux corps, l\u2019alcool anhydre.Après ceci un dosage du mélange montre une chute importante du taux d\u2019acide ascorbique.L\u2019on présume que cette réaction a produit une chute similaire de la puissance de l\u2019agent cancérigène.L\u2019on prévoit pouvoir faire de telles recherches in vitro et in vivo avec d\u2019autres agents cancérigènes.Il existe une situation semblable avec l\u2019alcool.Depuis toujours, l\u2019on croyait que l\u2019alcool était une cause spécifique de névrite périphérique, une maladie fréquente chez les alcooliques chroniques, mais nous savons maintenant que la carence en Vitamine B, est le vrai coupable, l\u2019alcool agissant indirectement en augmentant les besoins de l\u2019organisme pour cette Vitamine.Au sujet des cancers chez les nourrissons et les enfants, Lawrence et Donlan (13) déclarent: «Il est évident que certains tissus embryonnaires sont sensibles à un haut degré aux agents cancérigènes.La leucémie aiguë est un exemple de maladie qui pourrait avoir cette origine.Les leucémies paraissent augmenter en nombre depuis quelques années surtout chez les moins de 5 ans, ceci suggère une stimulation carcinogène durant la période prénatale ».(Ceci suggère une corrélation possible avec l\u2019augmentation de l\u2019usage du tabac chez les femmes et la carence secondaire en Vitamine C durant la vie fœtale et la première enfance par le mécanisme déjà décrit.\u2014 W.J.McC.).Toutes les formes d'irritations physiques ou chimiques qui prédisposent aux évolutions malignes connues comme les traumatismes, les brûlures thermiques et électriques, les ultra-violets, les rayons X, le radium, les fis- McCORMICK: L'Union Méd.Canada CANCER Tome 84 \u2014 Mars 1955 sures atomiques, les infections chroniques et les lésions inflammatoires ou l\u2019exposition aux agents cancérigènes toxiques augmentent les besoins de l\u2019organisme en Vitamine C, et sa carence rend les tissus plus vulnérables à tous ces agents.De même, une thérapeutique de base de Vitamine C diminue considérablement les dommages tissulaires à la suite des blessures décrites plus haut, ainsi cela sert à réduire une transformation maligne possible.Bodansky et Al (14) ont étudié le taux de Vitamine C dans le plasma sanguin et dans les globules blancs chez des sujets sains et cancéreux.Ils trouvèrent des taux beaucoup plus bas chez ces derniers.Russell et Al (15) rapportent que des périodes répétées de scorbut, coupées d\u2019un apport périodique de laitue pour prévenir la mort amènent chez le cobaye une apparition beaucoup plus rapide des cancers expérimentaux.Schneider (16) cite Eickhorn comme ayant trouvé des carences en Vitamine C trés prononcées chez ses cancéreux, une moyenne de 4 550 mg par la méthode de saturation, alors que ses contrôles non cancéreux donnaient 1350 mg en moyenne.À partir de ces données, il (Schneider) applique une thérapeutique intensive en Vitamine C, soit 1 000 à 2 000 mg par jour, avec un supplément de Vitamine À à une centaine de cancéreux à des stades plus ou moins avancés.Il rapporte une amélioration marquée, manifestée par une diminution du volume des tumeurs, une augmentation du poids corporel, une baisse du taux de sédimentation, une cachexie retardée et une diminution des hémorragies et des ulcérations.Il n\u2019a pas obtenu de guérison complète.Il considère que ces résultats se comparent favorablement à l\u2019administration d\u2019hormones sexuelles dans les carcinomes génitaux avec l'avantage que c\u2019est sans danger.Au sujet de l\u2019évolution simultanée de cancer et de tuberculose: Lebert en 1852 dit qu\u2019il a observé à plusieurs reprises, la coïncidence de tubercule et de cancer.Ceci est si bien admis aujourd\u2019hui que l\u2019Index Medicus a une L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 en-tête spéciale: «Cancer et Tuberculose » sous le mot « Cancer ».Le dénominateur commun de ces deux maladies serait la carence en Vitamine C, puisqu\u2019on reconnaît que les deux sont associées à une avitaminose C aiguë.Les missionnaires médicaux et des études de recherches géographiques font une autre suggestion pleine de signification, c\u2019est que les grandes agglomérations de tribus primitives en Afrique, en Amérique du Sud, en Indonésie et dans certaines îles du Pacifique paraissent être complètement à l\u2019abri du cancer.Ces peuplades s\u2019alimentent presque exclusivement de produits naturels, surtout de fruits frais et de légumes riches en Vitamine C.On ne s\u2019attend pas que ces considérations sur l\u2019hypothèse de l\u2019auteur, telles qu\u2019émises plus haut, conduira à la guérison du cancer dans ses stades avancés ou métastatiques; l\u2019utilisation de la Vitamine C comme prophylaxie et adjuvant de la chirurgie et des radiations paraît plein d\u2019espoir.Après tout «une once de prévention vaut bien une livre de guérison ».Résumé Après avoir passé en revue l\u2019histoire du cancer et de ses théories étiologiques, l\u2019auteur propose l'hypothèse que la carence en Vitamine C, en produisant la rupture sous-épithé- liale de la membrane basale de tissus conjonctifs, est un facteur conditionnel important de la pathogénie.Il cite un certain nombre d'auteurs du 19e siècle qui ont émis l\u2019opinion que l'invasion cancéreuse par les cellules épithéliomateuses, se fait par affaiblissement et rupture des barrières des tissus conjonctifs de soutien.L\u2019auteur établit des corrélations entre ces premiers concepts, nos connaissances actuelles de la physiologie de la Vitamine C et les observations des anciens sur le scorbut.Sur ceci.il table une nouvelle approche étiologique.L'auteur cite un certain nombre de travaux de recherche qui de loin ou de proche appuient \u201ces concepts.McCORMICK : CANCER 277 BIBLIOGRAPHIE (1) N.J.BERRILL: Malignancy in relation to organization and differentiation.Physiol.Reviews, 23: 101, 1943.(2) M.BORST: Die Lehre von den Geschwulsten.Vol.2, 1903.(3) M.W.H.RIBBERT: Das Path.Wachsthum.Bonn, 1896.(4) K.THIERSCH: Der Epithelialkrebs.Leipsig, 1865.(56) A.H.HUNT: The role of vitamin C in wound healing.Brit.J.Surg., 28: 436, 1941.(6) C.L.PIRANI et S.M.LEVENSON : The effect of vitamin C deficiency on recently healed wounds Soc.Exper.Biol.(N.Y.), 82: 95, 1953.(7) V.BONNEY: Connective-tissue changes in precancerous lesions.Lancet, 1: 1389, 1908.(8) D.J.LAFEMINE (Cancer Institute of Miami, Fla.) : Report to southern regional meeting, Am.Chem.Soc., Birmingham, Ala., 21 oct.1954.(9) W.J.McCORMICK: Ascorbic acid as a chemotherapeutic agent.Arch.Ped., 69: 151, 1952.(10) A.BONQUIN et E.MASMANNO: Preliminary report on the effect of smoking on the ascor- bic-acid content of whole blood.Am.J.Digest.Dis, 20: 75, 1953.(11) C.J.KENSLER, K.SUGIURA, N.F.YOUNG.C.F.HALTER et C.P.RHOADS: Reductive cleavage of 4-dimethylaminoazobenzene by riboflavin.Science, 93: 308, 1941.(12) J.C.MUELLER et J.A.MILLER: Chemical explanation of cancer inhibition by riboflavin.J.Biol.Chem., 185: 145, 1950.(13) E.A.LAWRENCE et E.J.DONLAN: Nec- plasms in infants and children.(Dept.of Surgery, Indiana Univ, Medical Center, Indianapolis, Indiana).(14) O.BODANSKY: Concentration of ascorbic acid in plasma and white blood cells of patients with cancer and non-cancerous chronic disease.Ca.Research, 11: 238 1951.(15) W.A.RUSSELL, L.R.ORTEGA et E.S.WYNNE: Studies on methylcholanthrene induction of tumors in scorbutic Guinea pigs.Ca.Research, 12: 218, 1952.(16) E.SCHNEIDER: Karzinom: ein Beitrag sur Vitaminesterungstherapie der Krebs-Kranken.Deut.Med.Wschr., 79: 15, 1954. RECUEIL DE FAITS v- RUPTURE TRAUMATIQUE DE LA TRACHÉE ! Ruben LAURIER, F.C.C.P., Médecine interne; C.-A.MESSIER, F.C.C.P., Bronchoscopiste Jean-Paul VENNE, F.R.C.S.(C.), Chirurgien ; Hôpital du Sacré-Coeur, Cartierville (Montréal).La trachée peut être lésée soit dans sa partie supérieure, cervicale, soit dans sa partie inférieure, thoracique.La rupture occasionne une communication anormale avec l\u2019air extérieur ou non et neus parlons alors de lacérations ou de rupture sous-cutanée de la trachée.Dans le cas ci-dessous rapporté il s\u2019agit d\u2019une rupture partielle sous-cutanée de la trachée inférieure.C\u2019est une variété très rare, du moins dans la littérature.Elle donne des symptômes typiques et si elle n\u2019est pas reconnue rapidement, peut être fatale au patient.Observation Un soir de février, M.A.L., conduit un tracteur spécialement fabriqué pour charger des blocs de glace et de la neige dans un camion.Fausse manœuvre et un poids de quelque 200 livres lui tamponne le thorax.On le transporte inconscient à l\u2019hôpital du voisinage.Un médecin note l\u2019état de choc, de la dyspnée, quelque peu de cyanose et une fracture fermée du poignet droit.Médication adéquate prescrite et amélioration.Six heures après son admission, soit vers 4 heures a.m., apparition d\u2019une quinte de toux importante, expectorations de sang rutilant et nouveau collapse circulatoire.Avec la médication antichoc appropriee, le patient se rétablit de nouveau cependant que s\u2019installe un emphysème sous- cutané progressif intéressant le thorax, le cou 1.Travail présenté par le docteur Ruben Laurier à la Société de Phtisiologie de Montréal, à la séance du 8 juin 1954.Ce même travail fut présenté par le docteur Jean- Paul Venne à la Société de Chirurgie de Montréal, à la séance du 17 novembre 1954.La publication de ces photos fut rendue possible grâce à la générosité des Laboratoires Medicolab Inc.et les épaules.Vers onze heures dans la matinée, la pression artérielle est de 100/60.Un Fig.2 \u2014 Première radiographie. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 cliché thoracique démontre l\u2019absence de pneumothorax et de fractures costales.L'emphysème sous-cutané devenu géant, occupe maintenant la face, les épaules, les bras, le thorax et l\u2019abdomen.Le docteur R.Laurier, demandé en consultation par téléphone.porte avec quasi certitude le diagnostic de rupture traumatique de la trachée, se basant en cela sur la nature de l\u2019accident, l\u2019expectoration de sang suivi d\u2019emphysème géant progressif, sans présence de pneumothorax.Il demande le transport du patient à l'hôpital du Sacré-Cœur pour confirmation endoscopique du diagnostic et traitement d\u2019urgence s\u2019il y a lieu.Figure 3 Le malade arrive vers 4 heures p.m.avec la physionomie que vous pouvez voir dans le premier cliché.Radiographie: Pneumothorax droit à 50%.Présence d\u2019air dans le médiastin avec refoulement du poumon gauche de l\u2019apex au hile, emphysème sous-cutané et musculaire disséquant les pectoraux et les muscles de la base du cou.Bronchoscomie.Présence de sang et de mucus sous la glotte.À 3 cm.du bord libre de l\u2019éperon trachéo-bronchique, mise en évidence d\u2019une brèche trachéale.Elle affecte la forme d'un croissant long de 2 à 3 cm.dans la membrane fibreuse intercartilagineuse, sur la paroi antéro-latérale droite de la trachée.(Docteur C.-H.Messier) LAURIER er CoLL.: RUPTURE DE LA TRACHEE 279 Diagnostic: Rupture de la trachée.Traitement décidé.Suture immédiate.Chirurgie.Le thorax est ouvert par le quatrième espace intercostal droit avec résection d\u2019un segment postérieur de la cinquième côte.On note que le poumon est affaissé en entier.Présence d\u2019emphysème médiastinal et d\u2019un petit hématome para-trachéal au-dessus de la bronche souche droite.On perçoit la brèche Fig.4 \u2014 La rupture laisse voir le tube endotrachéal.Fig.5 \u2014- La trachée suturée. 280 à la palpation digitale.Ligature et division de la crosse de l\u2019azygos.Ouverture du médiastin sur une longueur d\u2019environ 10 cm.et mise en évidence de la perforation.Quelques anneaux cartilagineux sont fracturés.Les bords de la plaie, très nets, sont rapprochés par des points totaux à la soie, incluant les deux anneaux voisins.Greffe pleurale libre utilisée pour couvrir la suture.Le médiastin est laissé ouvert pour fin de drainage.Une sonde de Petzer est sortie par le troisième espace intercostal axillaire et le neuvième postérieur pour drainage sous niveau d\u2019eau.Le thorax est fermé en quatre plans.(Docteur J.-P.Venne) Evolution.Le malade dont la brève histoire est racontée ci-haut eut une évolution postopératoire heureuse très rapide avec congé 15 jours plus tard.La température n\u2019a jamais dépassé 101 degrés et elle s\u2019est stabilisée la quatrième journée.Les drains furent enlevés la troisième journée, alors qu\u2019on avait une expansion pulmonaire complète.Une broncho- Fig.6 \u2014 Trois jours après l\u2019intervention.scopie de contrôle pratiquée avant son départ de l\u2019hôpital permettait de mettre en évidence un bourrelet fibrineux faisant légèrement hernie dans la lumière trachéale.Les points à la soie n\u2019étaient plus visibles.Les photographies qui illustrent cette présentation sont d\u2019ailleurs assez démonstratives des différentes phases de la maladie.LAURIER er Cou.RUPTURE DE LA TRACHEE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Discussion Etiologie: a) Les lacérations: elles sont surtout localisées à la trachée supérieure et causées par armes tranchantes et balles de fusil, résultats dans la plupart des cas de tentative de suicide.b) La rupture sous-cutanée.Des auteurs rapportent des cas de rupture de la trachée cervicale à la suite d\u2019un renversement forcé de la tête vers l\u2019arrière, à la suite d\u2019efforts chez une primipare en travail, au cours de toux tendant à expulser un corps étranger.Le choc direct tendant à écraser la trachée sur la colonne vertébrale tant dans sa partie cervicale que thoracique devra être dirigée en antéro-postérieur vu la mobilité relative de la trachée.Un auteur du nom de Zeuch croit que le réflexe de retenir sa respiration et d\u2019augmenter ainsi la pression intratrachéale au moment d\u2019un traumatisme thoracique, devient un facteur prédisposant et contribuerait à la rupture par éclatement, un mécanisme Ahan ats Fig.7 \u2014 Au départ.superposable à la rupture par choc direct de la vessie distendue.CONSIDÉRATIONS PATHOLOGIQUES ET ANATOMIQUES.On comprendra facilement que les lésions de la trachée anormalement ouvertes à l'air extérieur ou non, peuvent emprunter toutes L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 les formes, de la simple piqûre aux lacérations étendues, incluant les fractures multiples et comminutives des ares cartilagineux et qu\u2019elles peuvent se situer n\u2019importe où entre le cartilage thyroïde et la division trachéale.Pourront subir des lésions simultanées: l\u2019æsophage, le pharynx, les vaisseaux.Si l\u2019hémorragie est continuelle et importante, le sang peut infiltrer tout le médiastin ou s\u2019écouler dans les poumons.Elle peut donner un hématome sous- muqueux obstruant entièrement la lumière trachéale.L'\u2019œdème post-traumatique peut également conduire au même résultat.Enfin, l\u2019air qui s\u2019échappe à chaque inspiration par la brèche dans une ruputure sous-cutanée conduit nécessairement à l\u2019emphysème de l\u2019importance qu\u2019on sait en s\u2019infiltrant le long des fascias et muscles du cou, jusqu\u2019à la face, les épaules et les bras et, par la suite, sous la peau du thorax et de l\u2019abdomen.Fig.8 \u2014 Dernier film.Le pneumothorax sans lésion de la plèvre médiastinale s\u2019explique moins facilement.Cependant, des auteurs du nom de Goldberg, Mitchell et Angrist, en insufflant des cadavres sous les fascias superficiels et profonds du coup avec une aiguille No 20, ont observé l'entrée de l\u2019air dans le médiastin antérieur LAURIER Er CorL.: RUPTURE DE LA TRACHÉE 281 pour finalement former des bulles qui ruptu- raient la plèvre et produisaient un pneumothorax.Dragnostic.Avec une communication anormale de la trachée et l\u2019extérieur, le diagnostie devient évident.Dans le type de rupture sous-cutanée, il est nécessaire de connaître l\u2019histoire du traumatisme et l\u2019ensemble des symptômes constitué par la toux, l\u2019expectoration de sang, la douleur rétro-sternale, la voie nasillarde et la détresse respiratoire.L\u2019emphysème progressif peut n\u2019apparaître que plusieurs heures après l\u2019accident.Au niveau du larynx, les lésions donnent habituellement une aphonie complète.Plus bas, mais dans la trachée cervicale, la palpation peut être d\u2019un grand secours.A tous les niveaux, la bronchoscopie confirmera le diagnostic, particulièrement lorsque cette affection sera masquée par des symptômes de lésions associées.Enfin, la radiographie nous révélera l\u2019état pleuro-pulmonaire et médias- tinal du patient ainsi que l\u2019étendue de l\u2019emphysème.Traitement.La littérature à ce sujet rapporte des succès avec divers traitements allant de la simple expectative à l\u2019intervention chirurgicale la plus compliquée soit la réparation avec greffe.On conviendra que le procédé à suivre est appelé à varier avec les cas.Les lacérations de la trachée et des plans prétrachéaux bénéficieront sans doute d\u2019une exploration suivie de fermeture immédiate.Quant aux ruptures sous-cutanées, la lésion genre punctiforme est justifiable de surveillance avec soins médicaux appropriés alors que la blessure plus étendue compliquée d\u2019hémorragie et d\u2019emphysème méritera une intervention chirurgicale rapidement.Au niveau de la trachée thoracique, ce genre de lésion sous-cutanée autorisera davantage le traitement chirurgical si on considère la possibilité de troubles aux organes voisins, si on considère également l\u2019emphysème progressif et la médiastinite qui s\u2019ensuivra. 282 LAURIER kr Cor: RUPTURE DE LA TRACHÉE Ces lois gouvernant la thérapeutique, soit les qualités de la lésion, sa localisation anatomique, ne doivent cependant pas avoir préséance sur le premier principe: le maintien d\u2019un passage adéquat pour la respiration.Quel que soit le traitement en vue, le patient ayant subi un traumatisme laryngo-trachéal peut en aucun temps par la suite développer une obstruction respiratoire aiguë due à de l\u2019ædème, des caillots sanguins, un bouchon muqueux.Une surveillance constante est donc impérieuse, car une dyspnée soudaine, même dans les suites opératoires, peut exiger une bronchoscopie ou une trachéotomie d'urgence.On ne saurait trop insister sur le fait qu\u2019au moment de ces détresses respiratoires aucun calmant ne doit être admimistré.La dyspnée dans ces cas est compensatrice.Soulager le patient à l'aide de sédatifs peut conduire à une hypoxé- mie mortelle non décelable, la cyanose n\u2019apparaissant souvent qu\u2019au moment des états irréversibles.L\u2019oxygène doit aider à alléger l\u2019angoisse et l\u2019anxiété non les sédatifs.L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Conclusion Nous avons pris l\u2019occasion d\u2019un cas de rupture sous-cutanée de la trachée thoracique pour mettre en évidence à l\u2019aide de la littérature médicale, l\u2019étiologie, la pathogénie et les principes devant être appliqués au traitement de ce genre de lésions peu fréquentes.La reproduction de ces vignettes est interdite à moins d'en obtenir l\u2019autorisation des auteurs.BIBLIOGRAPHIE (1) R.L.NASH et M.ROTHMAN : Injuries to the larynx and trachea.Surg., Gynec.and Obst., 76: 614 (mai) 1943.(2) F.M.BATES: Subcutaneous rupture of the trachea.Arch.of Otolaryngology, p.182, fév.1953.(3) G.A.HENRY: Annals of Otology, Rhinology and Laryngology, 61: 114, 1952.(4) J.G.SCURMELL: Annals of Surgery, 133: 127, 1951.| (5) J.L.GRIFFITH: Thorax, 4: 105, 1949.LE CHLORPROMAZINE ' DANS LE TRAITEMENT DU HOQUET REBELLE André DAVIGNON 2, Guy LEMIEUX et Jacques GENEST, F.A.C.P., F.R.C.P.(C.), Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Le médecin ou le chirurgien est parfois confronté, dans sa pratique courante, avec un cas de hoquet irréductible et devant lequel tous les moyens thérapeutiques échouent mal- oré que la cause lui en soit souvent connue.Nous voulons simplement montrer 1c1, l\u2019action du chlorpromazine chez deux patients souffrant d'un hoquet rebelle devant lequel tous les moyens ordinaires de traitement avaient été employés sans succès.1.Gracieusement fourni par Monsieur Charles Desjardins de la maison Poulenc.2.Fellow du Conseil National des Recherches.Observation 1.Le premier malade (fig.1), monsieur R.À., âgé de 59 ans, s\u2019est présenté à l\u2019hôpital le 17 novembre 1954, avec une hypertension artérielle essentielle sévère au stade prémalin avec une forte atteinte de fonctions rénales (urée 0,530 mg %; PS.P.à 39% après 70 minutes; mauvaise opacification des reins à la pyélographie endoveineuse) et cardiaques (hypertrophie du ventricule gauche, râles cor- gestifs aux bases pulmonaires, dyspnée, or- thopnée) ; on notait de plus une rétinopathie avancée (cedéme péri-papillaire, nombreux exsudats et hémorragies) et un amaigrissement de 31 livres depuis 4 mois. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 À son arrivée le patient présentait un état nauséeux avec anorexie persistante et un léger degré de déshydratation.Malgré un traïte- ment énergique: (digitale, hypotenseurs, diète limitée à 30 gms de protéine), ses troubles se sont accentués et après 10 jours d\u2019hospitall- sation, il commença à présenter des vomissements alimentaires et bilieux (5 à 6 fois par jour) et du hoquet.Pendant 4 jours, différents moyens thérapeutiques furent tentés: inhalation de CO», inspirations profondes et soutenues, atropine sous-cutanée, teinture de belladone administrée jusqu\u2019au maximum de tolérance, glace au creux épigastrique, sédation prononcée au phénobarbital, et autres, tout DAVIGNON Er Cour.: CHLORPROMAZINE ET HOQUET 285 Observation 2.Le deuxième malade (fig.2), monsieur D.R., s\u2019est présenté à l\u2019hôpital le 26 novembre 1954, avec une hypertension artérielle sévère et une forte diminution de la fonction rénale; comme à l\u2019urographie endoveineuse le rein gauche était resté exclu, une rétrograde fut faite et montra une énorme hydronéphrose de ce côté.Le jour même, le malade fut pris d\u2019un hoquet persistant qui, ici non plus, ne céda à aucun des moyens thérapeutiques habituels énumérés plus haut.Cinq jours après l\u2019apparition du hoquet, le patient subit une néphrectomie gauche qui montra une hydropyonéphrose MDR.82726 Irritation diaphragmatique inflammatoire.Hoquet 4+ | 3+} / 2+ t+ /+} or o DEMEROL - bb ATROPINE \u20ac ATROPINE \u2014 \"0 H\u2014\u2014 GLACE ABDOMEN o PHENOBARBITAL 3 PHENQ mg./ Jr RESERPINE ~~ £ [= \u2019 4 GRAVOL e iH i 0 < CHLORPROMAZINE 1-M.1 L 1 IL 1 1 1 1 1 1 1 J | 1 0 2 4 6 8 10 2 14 16 Jours ceci sans succès.Le traitement par le chlor- promazine fut alors commencé à des doses de 25 mg puis de 50 mg I.-M., 4 et 5 fois par jour; dès le début, la fréquence du hoquet diminua sensiblement; l\u2019effet de la médication se faisant sentir pendant environ 1 heure et demie après chaque injection.Le patient devint beaucoup moins anxieux et put dormir plusieurs heures par jour.Au bout de 3 jours, le hoquet et les vomissements cessèrent complètement, le chlorpromazine fut continué par la bouche pendant encore 4 jours puis arrêté, ceci sans réapparition des troubles.avec inflammation du tissu périrénal, localisée surtout au pôle supérieur du rein.Le hoquet reprit aussitôt le patient éveillé.Le chlorpromazine fut commencé le 10e jour; ici aussi la fréquence du hoquet diminua de façon marquée et celui-ci cessa complètement après deux jours de traitement; la médication fut continuée pour deux jours encore puis cessée sans reprise des troubles.Un fait intéressant qu\u2019il faut souligner dans ce cas, est que même l\u2019anesthésie générale faite le cinquième Jour ne soulagea que temporairement le patient. 284 Conclusion Deux cas de hoquet tenace traités et guéris par le chlorpromazine ont été présentés; l\u2019un causé par Irritation diaphragmatique secondaire à une inflammation périrénale, l\u2019autre survenant chez un urémique.DAVIGNON Er CoLL.: CHLORPROMAZINE ET HOQUET L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 N.B.\u2014 Au moment d\u2019envoyer ce texte pour publication, nous avons eu l\u2019occasion de traiter un troisième cas d\u2019une manière analogue.Il s\u2019agit d\u2019un malade de 43 ans souffrant d\u2019hypertension artérielle sévère au stade prémalin et qui a présenté un hoquet persistant à la suite d\u2019une réaction d\u2019intolérance digestive aux hypotenseurs.Cinquante puis vingt- cinq milligrammes de chlorpromazine administrées R.A.62432 HTA prémaligne et urémie.Hoquet 4+ 3+} 24+ +} of _ GLACE ABDOMEN \u2014_ ATROPINE PHENO my./J .r.BELLADONE 400 \u2014>\" 1 dE 200 O 1 1 1 1 1 J L 1 L 1 1 O 2 4 6 8 10 12 Jours Quelques auteurs (1, 2) ont déjà mentionné ce nouvel usage du chlorpromazine.Nous croyons cependant que ces deux cas valent la peine d\u2019être rapportés afin de souligner encore une fois l\u2019intérêt et une des nombreuses applications de ce nouveau médicament dont l\u2019investigation clinique est loin d\u2019être terminée.par voie intramusculaire à trois heures d\u2019intervalle, ont fait rapidement cesser le hoquet qui durait déjà depuis 48 heures.BIBLIOGRAPHIE 1.MOYER et Al.: Am.J.Med.Sciences, 228: 174 (août) 1954.2.STEWART et REDECKER: California Med, 81: 203 (sept.) 1954. PHLEGMON SUPPURÉ RÉTROPÉRITONÉAL A PROPOS D\u2019UN CAS ASSOCIÉ A UNE ANEMIE GRAVE Rosaire LAUZER, Chirurgien à l\u2019hôpital Saint-Luc (Montréal).Observation.Madame R.D.(dossier 173319, hop.Saint- Luc), âgée de 23 ans, entre dans le service de chirurgie, le 6 juillet 1954, vers six heures du soir.On a porté le diagnostic provisoire « d\u2019abdomen aigu ».L\u2019interne de garde, cependant, attend au matin pour nous présenter la malade, en disant qu\u2019il a dû lui donner au cours de la nuit, plusieurs transfusions à cause d\u2019une formule sanguine très basse, soit 1020 000 globules rouges.Cette femme a donné naissance à un enfant en santé, le 3 juin précédent, dans ce même hôpital.Après un accouchement normal, les suites de couches étant physiologiques, la malade reçut son congé du service d\u2019obstétrique, le dixième jour.Il y a environ deux ans, une grossesse avec placenta prævia s\u2019était terminée au septième mois par une opération césarienne.Aucune autre particularité dans les antécédents de cette malade.L'histoire de la maladie actuelle est assez obscure.Nous croyons toutefois comprendre que malgré l\u2019accouchement normal récent et le retour à la maison dès le dixième jour, la malade restait faible et fatiguée.L\u2019appétit était mauvais, l\u2019abdomen un peu douloureux et ballonné.Dans la suite, au lieu de s\u2019amender, cet état s\u2019aggrava.Des frissons se produisirent, de la fièvre et une transpiration abondante.Les douleurs également devinrent plus fortes en se localisant au côté droit.De la diarrhée et des vomissements affaiblirent encore la malade qui, finalement, est de nouveau transportée à l\u2019hôpital.A l\u2019examen, la malade semble très affaiblie; elle est pâle, les muqueuses décolorées, le pouls bat à 120, la température est à 102 degrés F.Les réflexes sont normaux.L\u2019abdomen est légèrement ballonné, douloureux à la palpation, surtout vers le flanc droit.De ce côté, les muscles de la région lombaire sont tendus de façon constante et la palpation est douloureuse.Au toucher vaginal, l\u2019utérus apparaît augmenté de volume, mais il est difficilement délimitable, peu mobile et douloureux.Le cul-de-sac latéral droit, surtout, présente de l\u2019empâtement.La formule sanguine se lit ainsi: hémoglobine: 21%; globules rouges: 1020 000; globules blancs: 7 850; valeur glob.: 1; polynucléaires: 77%; lymphocytes: 21 %; globules rouges nucléés: 3% ; anisocytose.Les urines sont normales.Azotémie: 0,18; glycémie: 1,12.Les constatations objectives ci-haut mentionnées et cette formule sanguine inusitée incitent l\u2019interne de service à penser au cas rare et à porter d\u2019abord le diagnostic de cho- rio-épithéliome ou placentome malin.Cependant, deux jours plus tard, la réaction biologique d\u2019Ascheim-Zondek revient négative.La radiographie pulmonaire ne laisse rien soupçonner d\u2019anormal; par contre celle de l\u2019abdomen montre que la ligne du psoas n\u2019est pas visible à droite, tandis qu\u2019elle est bien marquée à gauche.À notre sens, il s\u2019agit d\u2019un phlegmon suppuré rétropéritonéal, consécutif à un phlegmon du ligament large, ou secondaire à une périné- phrite du côté droit.En effet, par une incision lombaire pratiquée en juillet 1954, nous trouvons une grosse collection purulente, sous le péritoine postérieur.Elle provient du bassin, et non pas de la capsule graisseuse péri-rénale, qui est intacte.L\u2019examen bactériologique consécutif nous donne le résultat suivant: présence de cocei gram positif et de pus.Culture: présence de 286 LAUZER: PHLEGMON SUPPURE RETROPERITONEAL staphylocoque doré, hémolytique.Antibio- gramme: terramycine et auréomycine, sensible.Chloromycétine, Bacitracine et Erythro- mycine, modérément sensible.Pénicilline et Dihydro-streptomycine, résistant.La température qui était de 104 degrés F.au moment de l'intervention revient à la normale vers le quatrième jour postopératoire.Elle remontera toutefois à partir du dixième jour, jusqu\u2019à 101 degrés F., au cours d'une broncho-pneumonie.Mais cette affection régressera au bout d\u2019une semaine, à l\u2019aide d'une médication antibiotique appropriée.Finalement, la suppuration se tarit complètement, et la convalescence s\u2019affirme de plus en plus.* * * Nous rapportons ce cas de suppuration rétropéritonéale abondante par staphylocoque doré, hémolytique, ayant provoqué une anémie grave, probablement consécutive à un phlegmon du ligament large du même côté, pour les raisons suivantes: D'abord, il convient de signaler que le phlegmon suppuré, rétropéritonéal, ne reconnaît pas toujours à son origine la périnéphrite.L\u2019infection gynécologique, en particulier le phlegmon du ligament large, peut causer cette L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 suppuration, comme en fait foi la présente observation.Cette affection produit toujours un état grave.Parfois l\u2019anémie domine et attire, en premier lieu, l\u2019attention.La contracture douloureuse des muscles de la région lombaire est constante; même en l\u2019absence, dans certains cas, de température élevée.Il est facile de reconnaître la maladie quand on la garde en mémoire et, surtout, après en avoir observé un cas.La disparition de la ligne du psoas du côté malade, quand elle reste bien visible et bien nette du côté opposé, en l\u2019absence d\u2019ostéite vertébrale, complète le diagnostic.Dès que l\u2019affection est reconnue, il faut, sans tarder, établir un drainage adéquat en pratiquant la lombotomie.S\u2019entêter à donner seulement des antibiotiques quand l\u2019abcès est déjà formé, ferait perdre un temps précieux, et finirait par créer, en outre, un état de résistance à l\u2019égard de ces médicaments.Cette conduite priverait ainsi le malade d\u2019une aide puissante et dont nous avons un grand besoin après l\u2019opération.Car après le débridement et le drainage de la collection purulente, il faut aussi tarir les sources de l\u2019infection et traiter, dès leur début comme il se doit, les complications éventuelles de la maladie. BLASTOMYCOSE NORD-AMÉRICAINE (MALADIE DE GILCHRIST) Paul POIRIER, Hétel-Dieu de Montréal.Observation.Pierre C., journalier de 46 ans, \u2014 habitant la campagne, est hospitalisé à l\u2019Hôtel-Dieu en novembre 1946, dans le Service de Dermatologie.L\u2019affection dont il souffre a débuté il y a 3 ans et se localise uniquement du côté droit, de la figure, du cou et du tiers supérieur du thorax.Les lésions sont caractérisées par des placards papulo-végétants, arrondis et polycycliques, \u2014 à bords nets, saillants, en « talus- Après traitement.Avant traitement.abrupt» (Degos).La surface est érodée et croûteuse et la pression fait sourdre du pus en écumoire.Les bourgeons papillomateux sont mous, séparés par des sillons profonds; sur certains éléments le centre est transformé en une cicatrice amincie et blanche et la bordure semble progresser excentriquement.\u2014 Il n\u2019y a ni douleurs ni prurit.Dans les antécédents héréditaires du malade, \u2014 la mère serait morte de tuberculose pulmonaire; dans ses antécédents personnels rien de bien particulier à noter.L\u2019examen clinique révèle un « goitre colloi- de » (Doc.Bruneau.) Les examens de routine sont négatifs.Le diagnostic qui vient à l\u2019esprit fut donc celui de tuberculose verruqueuse.Il fut corroboré et maintenu pendant quelques années par plusieurs collègues.Les examens de laboratoire faits dans ce sens (anatomo-pathologique, microbiologique, immunologique, inoculation au cobaye, etc.), vinrent en partie soutenir ce premier diagnostic.| D\u2019autres examens de laboratoire faits plus tard dans le but de trouver des champignons (histologie, culture, tests cutanés, etc.), restèrent négatifs, à part l\u2019intradermo-réaction à la blastomycine trouvée positive (Dr Gérard Casgrain).Il fallut l\u2019opinion d\u2019un confrère! qui vit le malade à une réunion de la Montreal Dermatological Society pour affirmer qu\u2019il s\u2019agissait de Blastomycose Nord-Américaine et nous inviter à de nouvelles recherches.Et la lumière vint: « J\u2019ai isolé Blastomyces Dermatitides qui cause la Blastomycose Nord-Américaine ».(F.Blank) ?.Le malade guérit rapidement avec le traitement approprié, l\u2019iodure de potassium.1.Docteur Arthur H.Flower, Jr.2.Department of Bacteriology and Immunology, Université McGill. REVUE GÉNÉRALE à.> à + ANGIOMES TUBÉREUX INFANTILES Henri SMITH, Chef du service de Dermatologie de l\u2019Hôpital Général de Verdun (Montréal).Il peut arriver que le médecin praticien soit quelque peu perplexe en présence d\u2019un enfant qui est porteur d\u2019un angiome.Si, en effet, le diagnostic des angiomes ne présente en général aucune difficulté, il faut dire qu\u2019il existe beaucoup de confusion à leur sujet au point de vue classification, nomenclature, étiologie, pathogénie et traitement.C\u2019est pourquoi nous avons pensé qu\u2019il ne serait peut-être pas inutile de colliger, dans un court article de revue, les principales notions d\u2019intérét pratique que nous possédons sur la variété la plus fréquente de ces lésions: les angiomes tubéreux que l\u2019on rencontre sur la peau des nouveau-nés et des nourrissons.DÉFINITION Les angiomes ou hémangiomes tubéreux infantiles sont des tumeurs conjonctivo-vaseu- laires sanguines, bénignes, qui résultent de la prolifération de vaisseaux néo-formés et de la dilatation de vaisseaux préexistants.Ce sont des nævi qui apparaissent à la naissance ou dans les quelques jours ou semaines qui suivent.Ils sont plus fréquents chez les enfants du sexe féminin et on les rencontre surtout sur la peau bien que tous les organes, tous les tissus du corps humain peuvent être affectés, à l\u2019exception toutefois de la cornée et du cartilage.Ces angiomes peuvent siéger n\u2019importe où sur la peau, mais on les voit surtout à la face et au cuir chevelu.Ils sont primitifs, c\u2019est-à- dire qu\u2019ils naissent spontanément en peau saine, ou bien ils se développent sur un angiome plan.CLASSIFICATION Pour les besoins de la description nous diviserons les angiomes tubéreux infantiles en 3 grandes variétés cliniques: les angiomes tubéreux superficiels, les angiomes tubéreux profonds et les angiomes tubéreux mixtes.Les angiomes tubéreux superficiels sont encore appelés angiomes tubéreux dermiques, angiomes simples, angioma simplex, angioma simplex hyperplasticum, hemangioma hyper- trophicum, nevi vasculaires, nævi hypertrophiques, nævi capillaires, nævi cutanés, strawberry marks etc.Ce sont des nævi vasculaires sanguins superficiels i.e.qui ne dépassent pas le derme en profondeur.Généralement de faible dimension quand ils apparaissent sur la peau, ils sont bien délimités et toujours un peu surélevés.Leur coloration va du rouge vif au rouge sombre.Leur surface est lisse ou bien elle est mamelonnée rappelant l\u2019aspect d\u2019une fraise; d\u2019où le nom populaire, d\u2019ailleurs très employé par les auteurs de langue anglaise, de strawberry mark.Les angiomes tubéreux profonds ou angiomes tubéreux hypodermiques, angiomes caverneux, anglomes de Virchow, cavernous heman- groma, angioma cavernosum ete.sont des tumeurs profondes, comme leur nom l\u2019indique, 1.e.des tumeurs qui envahissent le tissu sous- cutané.Leur coloration n\u2019est pas rouge comme dans le cas des angiomes tubéreux superficiels mais bleuâtre.Ces angiomes sont plus ou moins surélevés.Dans certains cas ils ne font aucune saillie sur le tégument et ils sont à peine teintés.C\u2019est par la palpation qu'on les découvre; leur consistance rappelle celle du lipome.Les angiomes tubéreux mixtes sont à la fois superficiels et profonds.On les rencontre assez fréquemment chez les enfants.Ils se présentent en clinique sous l\u2019aspect d\u2019un angiome L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 tubéreux superficiel rouge qui repose sur un angiome tubéreux profond bleuâtre.EVOLUTION L'évolution de ces angiomes est variable; un certain nombre vont disparaître spontanément, sans traitement, en 5 ou 6 ans; d\u2019autres vont persister, tout simplement, sans augmenter ni diminuer de volume; d\u2019autres enfin vont s\u2019accroître plus ou moins rapidement, plus ou moins considérablement, pendant 7 ou 8 mois, puis vont rester stationnaires.TRAITEMENT Au point de vue thérapeutique qu\u2019elle est la conduite à tenir?Quand on constate chez un nourrisson la présence d\u2019un angiome tubéreux doit-on intervenir ou attendre que la tumeur disparaisse spontanément?Si l\u2019on décide d\u2019intervenir quel moyen emploierons- nous et quand interviendrons-nous?Les opinions sont très partagées sur ces questions.On peut même dire qu\u2019elles vont d\u2019un extrême à l\u2019autre suivant les auteurs.Certains soutiennent qu\u2019il faut s\u2019abstenir de toute intervention parce que les angiomes disparaissent seuls.Cette opinion a eu une certaine vogue il y a une quinzaine d\u2019années à la suite d\u2019un travail de Lister paru dant le Lancet de Londres.Aujourd\u2019hui nous savons d\u2019une façon certaine que les angiomes tubéreux ne disparaissent pas tous spontanément et, parmi ceux qui persistent, il y en a qui peuvent devenir très volumineux.D\u2019autres auteurs disent qu\u2019il faut détruire les angiomes tubéreux qui siègent sur les parties découvertes et laisser en paix ceux qui siègent sur les parties couvertes.Il sera toujours temps de détruire ces derniers, disent-ils, puisque la cicatrice ne paraîtra pas.Cette opinion a perdu beaucoup de sa valeur en ces dernières années.A l\u2019époque des robes soleil et des maillots de bain « Bikini », en effet, on ne sait plus très bien où commencent et où finissent les parties couvertes! SMITH: ANGIOMES TUBÉREUX INFANTILES 239 Bon nombre d'auteurs sont d\u2019avis que l'on doive détruire seulement les angiomes tubéreux qui ont tendance à s\u2019accroître.En présence par conséquent d\u2019un nouveau-né qui est porteur d\u2019un angiome ces auteurs conseillent de surveiller l\u2019enfant de près.Si l\u2019angiome s\u2019accroît 1l faut le détruire, sinon il vaut mieux ne pas y toucher.Cette opinion est tout à fait logique mais elle n\u2019est pas sans danger.Si le médecin pouvait surveiller lui-même l\u2019enfant tout irait bien.Mais en pratique ce sont les parents qui sont chargés de cette surveillance, et nous croyons que les parents, en général, sont mauvais juges en la matière.Les parents, en effet, vivent continuellement avec l\u2019enfant et si l\u2019angiome s\u2019accroît lentement ils s\u2019en rendent difficilement compte.Si, par contre, l\u2019angiome s\u2019accroît rapidement ils ont toute sorte de raisons ou de prétextes pour remettre à plus tard la visite au médecin: Ou bien l\u2019enfant est enrhumé, ou la température est trop inclémente pour sortir l'enfant, ou ils n\u2019ont pas d'argent, etc., etc.\u2014 En réalité.dans bien des cas, c\u2019est que les parents, la mère tout au moins, craint que le médecin qui va opérer son enfant ne le fasse souffrir.Finalement quand ils se décident à consulter l\u2019angiome a déjà doublé ou triplé de volume.Enfin il y a ceux qui disent que tous les angiomes tubéreux infantiles doivent être systématiquement détruits.C\u2019est l\u2019opinion que personnellement nous partageons.Il y a plusieurs raisons qui nous incitent à traiter tous les angiomes: Une forte proportion de ces tumeurs rouges ou bleues siègent à la face.A notre avis elles méritent d\u2019être détruites, ne serait-ce qu\u2019au simple point de vue esthétique.Ces tumeurs vasculaires sont continuellement exposées à s\u2019infecter et elles saignent assez facilement si elles sont traumatisées.L\u2019hémorragie est toujours un ennui; celle est parfois abondante cet difficile à contrôler.Parmi les angiomes qui vont disparaître spontanément il en est un certain nombre qui vont se cicatriser incomplètement, d'autres qui vont laisser une cicatrice disgracieuse, une 290 SMITH: ANGIOMES TUBÉREUX INFANTILES cicatrice plus apparente que la tumeur elle- même.Les angiomes qui ne disparaissent pas spontanément peuvent devenir très volumineux.Un angiome qui avait à la naissance les dimensions d\u2019une pièce de 10 cents, par exemple, peut, avec le temps, envahir tout l\u2019avant-bras ou tout un côté de la face, ete.Autant de raisons qui militent en faveur de la destruction de tous les angiomes tubéreux infantiles.Il faut dire toutefois qu\u2019il peut y avoir certaines exceptions.L\u2019absolutisme intégral est rarement de mise en médecine! Si par exemple un angiome tubéreux du cuir chevelu siège exactement sur une suture osseuse qui n\u2019est pas fermée, il est bien évident qu\u2019il vaut mieux s\u2019abstenir de toute intervention, tout au moins temporairement.Certains angiomes tubéreux sont volumineux d\u2019emblée.Si ces angiomes siègent au front, par exemple, et qu\u2019ils envahissent la paupière supérieure, ils posent un problème thérapeutique très ardu, très difficile à résoudre.Dans ces cas peut- être vaut-il mieux temporiser, peut-être vaut- il mieux attendre que l\u2019angiome se cicatrise spontanément.Nous disons « peut-être » parce que l'expérience nous a appris que les parents de l'enfant qui présente un tel angiome Te sont pas toujours disposés eux à attendre.bi le médecin consulté refuse d\u2019intervenir ils iront en voir un autre.Quoi qu\u2019il en soit ce sont là des cas plutôt exceptionnels et qui n\u2019infirment en rien la règle générale que nous énoncions plus haut: Tous les angiomes tubéreux infantiles doivent être détruits.Mais comment détruire ces tumeurs vaseu- laires?Nous avons à notre disposition plusieurs moyens: la chirurge sanglante, l\u2019élec- tro-chirurgie, l\u2019électro-coagulation, la neige carbonique, les injections sclérosantes, les rayons X et le radium.Le choix du traitement dépend: 1° du siège de l\u2019angiome; 2° de ses dimensions en surface, en hauteur et en profondeur; 3° de la variété d\u2019angiome à laquelle on a affaire; 4° de l\u2019âge de l\u2019angiome; 5° de l\u2019habileté et de l\u2019expé- L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 rience de l\u2019opérateur dans tel ou tel traitement.Toutes les méthodes de traitement que nous avons énumérées tout à l\u2019heure sont également bonnes.Mais il n\u2019y a pas un traitement applicable à tous les angiomes tubéreux indifféremment.Chaque cas pose un problème thérapeutique particulier.Et c\u2019est encore celui qui a le plus d\u2019expérience dans le traitement des angiomes qui est le mieux qualifié pour dire que tel ou tel traitement convient le mieux dans tel ou tel cas, que tel ou tel autre traitement est préférable dans tel ou tel autre cas.Ainsi par exemple la neige carbonique, dans les mains d\u2019un expert, peut donner des résultats parfaits dans les angiomes tubéreux superficiels de petite dimension; tandis que ce même mode de traitement n\u2019est pas du tout indiqué dans les angiomes caverneux.Il y a parfois intérêt à combiner deux méthodes de traitement.Dans plusieurs cas d\u2019an- glomes mixtes nous avons obtenu d\u2019excellents résultats en combinant injections sclérosantes et neige carbonique, etc, etc.Nous ne voulons pas nous étendre davantage sur ce sujet ni entrer dans les détails techniques des différents traitements; cela nous entraînerait beaucoup trop loin et puis d\u2019ailleurs cela regarde beaucoup plus les spécialistes que les médecins praticiens auxquels nous nous adressons.Mais il est une question que vous vous posez sans doute et à laquelle 1l faut tout de même apporter une réponse aussi précise que possible.Quand doit-on traiter les angiomes tubéreux?Il est facile d\u2019imaginer d\u2019après ce que nous avons dit tout à l\u2019heure sur l\u2019opportunité de traiter tous les angiomes que le traitement doit être aussi précoce que possible.Plus un angiome est petit moins sa destruction entraîne de cicatrice.Plus un angiome est jeune plus il est facile de le détruire, tout au moins par les rayons X et le radium.Les parois des vaisseaux qui constituent un angiome tubéreux, en effet, sont tapissées de cellules endothéliales.Or, ces cellules sont d\u2019autant L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 plus radiosensibles qu\u2019elles sont plus jeunes.Plus tard, quand elles ont atteint leur maturité, elles sont beaucoup plus résistantes, beaucoup plus difficiles à détruire.Mais qu\u2019est-ce que l\u2019on entend au juste par traitement aussi précoce que possible?Tout dépend naturellement du traitement employé.La neige carbonique est peu douloureuse, elle n\u2019est aucunement toxique.Elle peut donc s\u2019employer dès les toutes premières semaines qui suivent la naissance.Il en est de même des rayons X et du radium.La chirurgie sanglante, l\u2019électro-chi- rurgie et l\u2019électrocoagulation, par contre, doivent être pratiquées sous anesthésie générale chez un nourrisson.Il faut donc attendre que l\u2019enfant ait environ deux mois pour intervenir par l\u2019un quelconque de ces moyens.Les injections sclérosantes sont peu douloureuses, elles ne nécessitent pas d\u2019anesthésie, SMITH: ANGIOMES TUBÉREUX INFANTILES 291 mais il y a lieu de considérer 1c1 la toxicité du médicament injecté.S1 l\u2019on emploie par exemple, comme cela se fait couramment, la solution quinine et urée ou quinine et uréthane, il faut compter avec la toxicité de la quinine.Il faut attendre que l\u2019enfant ait au moins 3 mois et encore là faut-il commencer le traitement par de très petites doses.Conclusions Nous concluerons en disant que les angiomes tubéreux infantiles, à quelques exceptions près, doivent être détruits le plus précocement possible, c\u2019est-à-dire aussitôt que l\u2019enfant peut supporter sans danger le traitement que nous lui destinons.Le choix du traitement dépend de plusieurs facteurs, mais surtout de l\u2019habileté et de l\u2019expérience du médecin traitant.DANGERS DE L\u2019ANESTHÉSIE À DOMICILE ! Georges COUSINEAU Est-il vraiment dangereux de pratiquer une anesthésie à domicile?Le milieu hospitalier offre certainement beaucoup plus de sécurité pour toute pratique anesthésique.Des anesthésistes compétents, munis d\u2019appareils des plus modernes sont au service du malade en tout temps.Certaines techniques de ressuscitation ne sont applicables qu\u2019en milieu hospitalier.Et cependant, même dans ce milieu si bien préparé, des accidents peuvent encore s\u2019y produire.Il y a donc un minimum de prudence, de sagesse et de science, essentiels à acquérir avant de tenter toute technique qui peut, à un moment donné, mettre la vie d\u2019un patient en danger.Que ce soit à l\u2019hôpital, que ce soit dans une maison privée ou dans un bureau de médecin ou de 1.Communication au XXIVe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Ottawa-Hull, septembre 1954.(Montréal).dentiste, le médecin qui administre une anesthésie générale doit tout au moins connaître très bien les dangers de cette technique et pouvoir les traiter, si toute précaution prise, le patient qui n\u2019est pas un automate, mais réagit plutôt selon son mode propre, présente momentanément une réaction grave à corriger.L\u2019anesthésie est une technique brutale, qu'il faut pratiquer avec beaucoup de douceur et un peu de dextérité, se rappelant surtout certains principes de base de la physiologie normale.« C\u2019est une arme précieuse, puissante et indispensable mais délicate et dangereuse à manier; chaque anesthésie est une manipulation de physiopathologie sur-aiguë », écrivent La- my et Gagnon, dans l\u2019Union Médicale du Canada. 292 COUSINEAU: ANESTHÉSIE À DOMICILE Si pour un moment, l\u2019on doit suspendre l\u2019activité intellectuelle et la sensibilité, il faut tout de même pour conserver la vie, ne pas suspendre dans le même temps la respiration et la circulation.D\u2019où nécessité en tout temps d\u2019une bonne ventilation pulmonaire et d\u2019une circulation adéquate.Les agents anesthésiques, sont des poisons; toutefois aux doses permises ils n\u2019entraîneront jamais de perturbations définitives.Il faudra donc se rappeler aussi la pharmacologie de ces produits.Le patient qui dort, doit respirer, vérité de Lapalice; mais qu\u2019il faut quand même énoncer, car il n\u2019est pas toujours aussi facile qu\u2019il puisse paraître de permettre aux poumons les échanges nécessaires avec l\u2019air ambiant.L\u2019enfant à qui l\u2019on doit enlever les amygdales et les adénoïdes sera l\u2019exemple typique de cette difficulté d\u2019un bon air-way.Chirurgien, anesthésiste et garde-malade se rencontrent autour de cette petite ouverture qu\u2019est la bouche d\u2019un enfant, et chacun doit y parfaire son travail: l\u2019ablation des amygdales, l\u2019introduction par les voies aériennes supérieures de l'agent anesthésique, l\u2019aspiration de sang et secrétions buccales.Mais l\u2019enfant doit quand même pendant tout ce temps, respirer 15 à 20 fois par minute, échanger de 300 à 400 cc.d'air avec l\u2019air ambiant.Par minute, il doit compter sur 6 à 8 litres d\u2019air nouveau.De toute cette masse aérienne que peut contenir un poumon normal, soit de 4 à 7000 ce d\u2019air, très peu, soit 300 à 400 cc environ forment la quantité d\u2019air vraiment responsable de l\u2019échange gazeux.Une très grande quantité d\u2019air ou de gaz anesthésique ne sert qu\u2019à véhiculer à travers les passages aériens, bouche, pharynx, larynx, trachées et bronches 3 à 400 cc d\u2019un mélange vraiment actif et totalement dépendant du mouvement de cette colonne gazeuse passive et circulante dans cet espace appelé l\u2019espace mort.Toute dépression respiratoire, toute obstruction au libre passage de l\u2019air, toute diminution du calibre de la tuyauterie aérienne, diminue infailliblement la valeur de l\u2019échange physiologique.L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 De toutes les substances nécessaires à la vie, l\u2019oxygène est certainement la plus importante, mais aussi la plus difficile à emmaga- ziner dans l\u2019organisme.Nous pouvons faire des réserves d\u2019eau et de nourriture, mais nous n\u2019avons aucun réservoir étanche pour l\u2019oxygène, et cependant un manque complet d\u2019oxygène pour quelques minutes, causera des dommages définitifs à la cellule humaine.De même l\u2019excrétion de l\u2019acide carbonique doit en aucun temps être empêchée ou diminuée d\u2019aucune façon.Le devoir de l\u2019anesthésiste sera donc d\u2019aider la nature à maintenir le transport normal des échanges gazeux physiologiques.La respiration normale au repos est pratiquement silencieuse.L\u2019inspiration active est rapide, l\u2019expiration passive est plutôt lente, suivie d\u2019une pause sans aucun bruit, ni rétraction des espaces intercostales.Les mouvements respiratoires du thorax et de l\u2019abdomen doivent être symétriques et synchrones.Toute variation de ces données normales doivent faire naître dans notre esprit la possibilité d\u2019une obstruction respiratoire quelconque comme facteur étiologique.Il est facile de maintenir une respiration normale en position couchée lorsque la tête regarde droit en avant et est légèrement soulevée sur le plan du lit.Telle doit donc être la position à rechercher en autant que faire se peut au cours de toute anesthésie générale.Les causes de toute obstruction respiratoire sont importantes à connaître, et peuvent être énumérées comme suit: 1° Tout corps étranger tel que gomme à mâcher, prothèse, et mucosités buccales excessives; 2° Le spasme laryngé et bronchique; 3° Tout vomissement durant la période d\u2019induction devient un danger d\u2019inhalation bronchique dès que le réflexe laryngé disparaît à mesure que l\u2019anesthésie devient de plus en plus profonde; 4° La langue qui tombe facilement dans l\u2019arrière gorge, forme bouchon sur le larynx.L\u2019obstruction bronchique se manifeste par une respiration de plus en plus laborieuse et L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 bruyante, par une rétraction des espaces supra et infraclaviculaires due à l\u2019effort de la musculature respiratoire, et rapidement la cyanose marquera le manque d\u2019oxygénation tissulaire.Le traitement s\u2019impose de lui-même; enlever la cause déterminante en facilitant le libre passage de l\u2019air de la bouche à la bronche, soit en variant la position de la tête, soit en soulevant la langue et la retenant en place par un tube pharyngé.Qu\u2019adviendrait-il d\u2019un sujet complètement privé d\u2019oxygène pendant un temps donné?L'expérience faite nous donne les résultats suivants: une patiente de 25 ans est soumise à l\u2019anesthésie générale au protoxyde d\u2019azote et oxygène pour une vingtaine de minutes, puis soudainement ce mélange est changé, et du protoxyde d\u2019azote pur lui est administré pendant six minutes.La pression artérielle, la pulsation et la respiration demeurent normales pendant trois à quatre minutes, puis le pouls et la respiration deviennent plus rapides, et la pression change peu pendant les deux minutes suivantes.Mais à la sixième minute, pression artérielle, pouls et respiration disparaissent subitement.Les poumons sont alors insufflés par deux fois avec de l\u2019oxygène pur, la pression artérielle réapparaît et atteint même un niveau plus élevé; le pouls se rétablit peu à peu à la normale pendant que la patiente inspire profondément pendant deux à trois minutes.Cette pause ou disparition de tout signe d\u2019activité physiologique ne dure que trente secondes, et a été rapidement corrigée par l\u2019apport d\u2019oxygène pur.Cette expérience prouve le danger du manque complet d\u2019oxygène dans l\u2019organisme, et nous fait aussi comprendre la nécessité d\u2019une bonne oxygénation pour conduire à bon terme toute anesthésie générale.L\u2019hypoxie ou la réduction du taux normal d'oxygène dans l'organisme, peut aussi être causée par d\u2019autres facteurs que ceux déjà nommés.Ainsi toute maladie de l\u2019arrière gorge, tel que l\u2019angine de Ludwigs, toute maladie de l\u2019arbre respiratoire ou des poumons, tel que pneumonie, atélectasie, pneumothorax, COUSINEAU: ANESTHESIE A DOMICILE 293 etc, diminue l\u2019apport d\u2019oxygène à l\u2019alvéole pulmonaire.Durant le cours d\u2019une intervention, des pressions externes sur le thorax, le chirurgien ou son assistant qui s'appuie sur la cage thoracique, des écarteurs métalliques, des compresses entassées dans la partie supérieure de la cavité abdominale, toutes ces pressions externes diminuent la cause de l\u2019expansion thoracique et nuisent à la bonne ventilation pulmonaire.Une médication pré-anes- thésique excessive déprime le centre respiratoire, et toute maladie cardiaque de moindre importance, toute altération de la crase sanguine sont des facteurs possibles d\u2019hypoxie lente et progressive.L\u2019examen médical pré- anesthésique sera donc d\u2019une grande importance, faisant prévoir les causes possibles d\u2019hypoxie à corriger avant et au cours de l\u2019anesthésie.Un anesthésiste consciencieux doit même refuser de commencer une anesthésie générale qui pourrait être un véritable danger pour la vie du malade; mieux vaut s\u2019abstenir que courir vers l\u2019accident.En pratique générale, les causes d'accidents et même de mortalité anesthésiques sont rarement le fait d\u2019un surdosage de l\u2019agent anesthésique.Le médecin de famille qui pratique à l\u2019occasion une anesthésie générale, craint d\u2019endormir trop profondément son malade.D'une étude faite par Merrill et Hingston dans la revue Current Researches itn Anaesthesia and Analgesia, juin 1951: 59 mortalités obstétricales sur 2 millions et demi d\u2019accouchements sont rapportées, dont 30 sont dues à l\u2019aspiration intra-bronchique soit, 51%.Dans notre province, cette étude n'a pas été faite; toutefois, je ne doute aucunement de la similitude des résultats.Ces agents anesthésiques toxiques et puissants doivent cependant être administrés avec précaution et toujours en deçà de la dose maxima.Il y a deux sortes de médication dépressive du système nerveux central, l\u2019agent volatil administré par inhalation et l\u2019agent non volatil administré par d\u2019autres voies.L\u2019agent volatil 294 comprend le gaz et les liquides très volatils.Ce sont les produits anesthésiques d'usage courant: le protoxyde d\u2019azote, l\u2019éthyleine et le cyclo-propane, l\u2019éther ct ses dérivés, \u2014 le chloroforme, le chlorure d\u2019éthyl et le trilène.Et parmi les agents non volatils, mentionnons les alcools et ses dérivés, les barbituriques et les opiacés.Les anesthésiques dérivant de l\u2019acide benzoïque et paramino-benzoïque, cocaïne, benzocaïne, procaïne et pontocaine sont les plus en usage.La nupercaïne et la xylocai- ne de provenance un peu différente sont d\u2019usage plus limité.Pour le clinicien, le dosage de l\u2019agent anesthésique volatil sera basé sur les signes anesthésiques eux-mêmes.Au premier plan du troisième stage anesthésique, la concentration de l\u2019éther dans le sang ne doit pas dépasser 120 milligrammes par 100 ce de sang, et pour le chloroforme, 10 milligrammes par 100 cc de sang.Mais cela importe peu, ce qui est excessivement important est de connaître les signes cliniques généraux de toute anesthésie basés sur la respiration, la circulation et certains réflexes oculaires et pharyngés.Le malade qui dort doit respirer le plus normalement possible, ce qui a été abondamment prouvé je crois; sa circulation doit être adéquate en tout temps; pression artérielle et pulsation dans les limites d\u2019une normalité relative; couleur des téguments, rosée; réflexes de plus en plus lents à mesure que l\u2019anesthésie s\u2019approfondit.Toutefois une notion importante à se rappeler: sans entrer dans le détail de l\u2019absorption et de l\u2019élimination du produit anesthésique au cours d\u2019anesthésie prolongée, ne pas oublier que tout agent anesthésique est soluble dans les graisses; il y aura done emmagasinage de ces produits dans les corps gras de l\u2019organisme; le dosage de l\u2019agent anesthésique doit être gradué en progression au début pour diminuer peu à peu à la période de réveil.Quant aux produits non volatils, les doses en sont bien connues.La médication pré-anes- thésique a pour but: 1° \u2014 de diminuer l\u2019ap- COUSINEAU : ANESTHÉSIE À DOMICILE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 préhension, 2° \u2014 d\u2019abaisser le métabolisme en général, 3° \u2014 de diminuer les secrétions salivaires et bronchiques, 4° \u2014 de contrôler l\u2019activité excessive des réflexes, 5° \u2014 de produire un peu d\u2019amnésie.Et pour l\u2019obtention de ces buts, cette médication doit être donnée en doses suffisantes et de façon à produire son effet dans le temps voulu.Morphine et atropine doivent être administrées hypodermique- ment de 60 à 90 minutes avant l\u2019anesthésie, les barbituriques au moins deux heures avant l\u2019induction pour que le maximum de leur effet précède le début de l\u2019anesthésie.Les anesthésiques locaux appliqués aux structures nerveuses bloquent la transmission de l\u2019influx nerveux vers la périphérie.Ils peuvent causer une dépression ou une stimulation des centres moteurs et sensitifs et par un dosage excessif être la cause de convulsions.Ce sont donc des agents d\u2019un maniement délicat et dont il faut, en autant que possible, éviter les effets toxiques.Par un questionnaire rapide le patient peut nous renseigner sur des réactions antérieures de sensibilité particulière.Ne se servir que de solutions très diluées et en petite quantité à la fois.La cocaïne ne doit jamais être injectée, mais appliquée localement sur les muqueuses.D\u2019autres anesthésiques locaux peuvent être injectés pour infiltrer certaines régions ou bloquer certains plexus nerveux; la procaïne, la métycaïne, la pontocaïne, la nupercaïne et la xylocaine.Devant la moindre réaction toxique, recourir d\u2019abord à l\u2019inhalation d\u2019oxygène pur et en face du moindre signe de convulsion, l\u2019injection intraveineuse d\u2019un barbiturique tel que le pentothal en solution à 2,5%.En conclusion, Tout en admettant que l\u2019anesthésie générale est une technique qui présente des dangers d\u2019administration que ce soit à l\u2019hôpital ou à domicile, c\u2019est quand même un moyen d\u2019aider en maintes occasions un malade, un moyen que tout médecin peut et doit se servir, à la condition d\u2019observer certains principes de base de la physiologie et de la pharmacologie.ES = a L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 BIBLIOGRAPHIE 1.A.M.A.: Fundamentals of anesthesia.W.B.Saunders Co, Philadelphie et Londres, 1954.2.Maternal Mortality from Aspiration of Vomitus During Anesthesia Occurring in Major Obstetric Hospitals in United States.Study of Incidence of Ruth B.Merrill and R.A.Hingston, Baltimore, COUSINEAU: ANESTHÉSIE À DOMICILE 295 Md.Current Researches in Anesthesia and Aral- gesia, 30: 121 (mai-juin) 1951.3.J.Alf.LEE: A synopsis of Anaesthesia.London\u2019 Simpkin Marshall Ltd., nov.1950.4.J-L.LAMY et D.GAGNON: A propos d\u2019arrét cardiaque.L\u2019Union Médicale du Canada, 83: 979 (septembre) 1954.L'\u2019EVALUATION DES MANŒUVRES DE RESSUSCITATION MANUELLE ET INSTRUMENTALE \u2018! DÉMONSTRATION Guy FORTIN, Département d\u2019anesthésie, hôpital Notre-Dame (Montréal).Les états pathologiques dont la phase terminale se traduit pas l\u2019apnée sont trop fréquents en pratique courante pour en ignorer les traitements.Cette présentation s\u2019adresse donc particulièrement aux médecins qui doivent traiter l\u2019arrêt respiratoire dans les circonstances attenantes à la pratique générale.Pour être pratiquée d\u2019une façon efficace, la respiration artificielle nécessite un entraînement laborieux.Les départements d\u2019anesthésie des hôpitaux enseignants sont à la disposition des praticiens qui désirent parfaire leur entraînement dans les méthodes de res- suscitation respiratoire.En effet, l\u2019anesthésiologiste applique, de routine, différentes méthodes de respiration artificielle nécessitées par les exigences de la chirurgie moderne.Il est donc tout désigné à l\u2019enseignement des méthodes de ressuscitation.Par contre, les accidents de submersion sont si fréquents qu\u2019il appartient à vous, Messieurs les médecins en pratique générale, de diffuser et d\u2019encourager l\u2019enseignement des méthodes de respiration artificielle, et de voir à l\u2019organisation des équipes de sauvetage.Dans ce domaine sans l\u2019entraînement actif, il est impos- 1.Communication au XXIVe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Ottawa-Hull, sept.1954.sible de pratiquer et d\u2019enseigner avec succès vos connaissances académiques.L\u2019asphyxiepar arrêt respiratoire se rencontre au cours des états comateux, tel le traumatisme crânien, les accidents vasculaires cérébraux, les infections cérébrales, les troubles métaboliques, les intoxications médicamenteuses, alcooliques et gazeuses et bien d'autres.Parmi les états non comateux mentionnons les infections d\u2019ordre neurologique et respiratoires.La submersion et l\u2019électrocution sont des causes fréquentes d\u2019arrêt de la fonction respiratoire.L'arrêt de la fonction respiratoire est presque toujours précédé d\u2019obstruction respiratoire, partielle ou complète.II est done important de dire quelques mots sur la prophylaxie de l\u2019arrêt respiratoire.Cette prophylaxie consiste à maintenir une voie aérienne libre.Ceci se réalise par aspiration fréquente des sécrétions buccales trachéales et bronchiques chez tout patient où le réflexe de toux est émoussé.Les râles trachéaux bronchiques chez les patients comateux ne sont pas nécessairement un signe de l\u2019agonie.Ils indiquent tout simplement la présence de sécrétions.Ces patients ne doivent pas être abandonnés et c\u2019est précisé- 296 ment le moment où le médecin doit redoubler ses efforts.L'introduction d\u2019une canule oro- pharyngée, naso-pharyngée ou endotrachéale et la position de décubitus latérale avec tête basse maintiendra une voie aérienne libre et assistera à l'évacuation des sécrétions par gravité.Dans le cas d\u2019obstruction respiratoire grave qui siège au niveau de la glotte ou des cordes vocales ou la trachéotomie s\u2019impose, la conduite à tenir dans l\u2019extrême urgence est la suivante: le drame sera moins grand, les dégâts opératoires moins considérables, si l\u2019on introduit à travers la membrane crico- thyroïdienne un trocard de calibre 14 avant l\u2019arrêt des mouvements respiratoires spontanés.(1) Cette manœuvre préliminaire sauvera la vie du patient et permettra de pratiquer une trachéotomie subséquente sans panique.Chez ces patients l\u2019épisode terminale qui apporte la mort se rapporte trop souvent à l\u2019obstruction banale de la glotte par la langue.Inutile d\u2019insister que ces patients nécessitent une surveillance ininterrompue jusqu\u2019au moment ou les réflexes de défense reprennent leurs activités.Lorsque la fonction respiratoire devient physiologiquement inefficace soit par paralysie centrale ou périphérique soit par obstruction respiratoire complète par corps étrangers ou par submersion, le traitement efficace doit être institué sans délai pour arracher le patient à une mort certaine.En général l\u2019arrêt cardiaque survient cinq minutes après le début de la phase anoxique, c\u2019est-à-dire cinq minutes après l\u2019arrêt de la fonction respiratoire.(2) Pour éviter le problème de ressus- citation cardiaque, la respiration artificielle doit donc être instituée dans le plus bref délai possible.Ceci s\u2019applique également aux victimes de l\u2019onde chez qui la respiration artificielle doit être instituée cinq à dix minutes depuis le début de la submersion, c\u2019est-à-dire avant l'arrêt cardiaque.Si en raison des circonstances cette limite est dépassée la respiration artificielle doit être quand même instituée.L'absence d\u2019un pouls palpable ou l\u2019absence de bruits cardiaques ne sont pas néces- FORTIN : RESSUSCITATION L'Union Méd.Canadu Tome 84 \u2014 Mars 1955 sairement des critères de l\u2019arrêt de l\u2019activité cardiaque.En aucune circonstance devons-nous attendre l\u2019arrivée d\u2019un appareil mécanique et même l\u2019arrivée du médecin avant d\u2019instituer la respiration artificielle.Ceci implique que toute personne passée l\u2019âge de raison devrait connaître à fond les méthodes de respiration artificielle manuelles les plus efficaces.Il est donc opportun ici encore de répéter notre plaidoyer en faveur de l\u2019éducation diffusée des méthodes de respiration artificielle manuelles.Il relève de votre domaine, Messieurs les médecins, d\u2019établir des cours d\u2019instruction pratique dans toutes nos institutions d\u2019enseignement.Il existe plusieurs variétés d\u2019appareils mécaniques destinés à la ventilation pulmonaire.La plupart donne une rendement plus efficace que les méthodes manuelles dans les situations spéciales qui exigent une administration prolongée, une ventilation et une oxygénation adéquate.Cependant, la plupart du temps ces appareils ne sont pas immédiatement disponibles et puisque se sont les premières minutes qui décideront entre la vie ou la mort du patient, les respirateurs mécaniques ne peuvent remplacer les mains de l'opérateur dans l\u2019extrême urgence.(3) La mise en branle et l\u2019application efficace de ces appareils exigent un entraînement formel sans quoi ils doivent tous être considérés comme des adjuvants et non des substituts pour les méthodes manuelles.(4) L'évaluation des différentes méthodes de respiration manuelles au point de vue ventilation, oxygénation et commodité a été réalisé aux Etats-Unis en 1951 par des recherches coordonnées des institutions suivantes: University of Illinois (5), University of Pennsylvania (6), Harvard University (7) et Springfield College (8).Par la suite Gordon, Sadove et Raymon (9) ont fait l\u2019analyse, l\u2019évaluation et l'intégration des résultats obtenus.Leurs conclusions ont été publiées dans le « Journal of the American Medical Association » le 8 décembre 1951 (9). L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 En résumé, ils ont recommandé l\u2019adoption de méthodes qui réalisent deux temps actifs, c\u2019est-à-dire une compression et une expansion pulmonaire active (push Pull methods).Les études du groupe de chercheurs de l\u2019Université de l\u2019Illinois pratiquées sur des sujets normaux, anesthésiés et curarisés ont démur- tré que les méthodes à deux temps actiis produisent une ventilation deux à trois tuis plus efficace que la méthode de Schafer.lls ont proposé pour adoption générale et pour fins d\u2019enseignement, la méthode de Holger- Nielsen.La méthode de Holger-Nielsen réalise chez les sujets anesthésiés et curarisés un air courant de 1056 centimètres cubes.La méthode de Schafer à un temps actif uniquement ex- piratoire produit un air courant de 485 centimètres cubes seulement.La méthode de Sil- vester (arm lift chest pressure) qui existe depuis 1858 est recommandée pour les patients qui ne peuvent être placés en décubitus ventrale.Elle donne un air courant de 1 130 centimètres cubes.Pour la description détaillée des différentes méthodes nous vous référons aux auteurs ci-haut mentionnés.Le massage cardiaque par thoracotomie étant une entreprise formidable en dehors des milieux hospitaliers ne peut être recommandé pour adoption générale.Cependant, s\u2019il y à lieu, un massage du cœur indirect au niveau du rebord inférieur de la cage thoracique permet de stimuler un myocarde déficient et prolonge les quelques minutes où il reste une chance de survie à la victime (10).Une autre méthode de respiration artificielle qui ne dépend pas des engins de sauvetage est l\u2019insufflation bouche à bouche.Pour des raisons esthétiques elle se pratique surtout chez les nouveaux-nés et les jeunes enfants.Chez l\u2019adulte elle est très efficace et acceptable lorsque pratiquée par l\u2019intermédiaire d\u2019un masque d\u2019anesthésie.Elle est efficace parce que l\u2019air qui pénètre dans les poumons de la victime provient de l\u2019espace mort de l\u2019opérateur et est inaltéré dans sa composition.Subséquemment, l\u2019air épuisé qui pro- FORTIN: RESSUSCITATION 297 vient de l\u2019opérateur est confiné principalement dans l\u2019espace mort du patient.En effet, en raison de la flexibilité de la cage thoracique chez le nouveau-né, l\u2019insufflation bouche à bouche est la seule méthode qui déterminera une ventilation efficace en l\u2019absence d\u2019appareils spéciaux (11).Procédons maintenant à l\u2019évaluation de la respiration artificielle par les engins de sauvetage: examinons d\u2019abord les engins destinés aux cas d\u2019extrême urgence.Ces appareils administrent de l\u2019air ou de l\u2019oxygène ou encore une mixture d\u2019air et d\u2019oxygène par l\u2019intermédiaire d\u2019un masque ou d\u2019une canule en- dothrachéale par pression positive intermittente ou par pression positive et négative intermittentes.Les appareils qui sont actionnés manuelie- ment sont les plus simples.Parmi ceux-ci un des plus pratique et celui qui se transporte facilement est le ressuscitateur à soufflet de Kreiselman (12).Il est fabriqué d\u2019un soufflet d\u2019une capacité de 1 600 centimètres cubes et d\u2019un masque.Il est muni de soupapes appropriées qui empêchent l'accumulation de gaz carbonique.Il possède une embouchure pour l\u2019oxygène et une soupape de sureté qui limite la pression positive inspiratrice à 20 millimètres de mercure.Un autre appareil très simple nécessitant un minimum de matériel se compose uniquement d\u2019un masque et d\u2019un sac réservoir relié à une source d\u2019oxygeéne.Une pression positive manuelle et intermittente est appliquée sur le sac 12 à 15 fois par minutes.L\u2019anesthésiologiste utilise ce même principe quotidiennement.Dans cette même catégorie d\u2019appareil contrôlé manuellement mentionnons le ressusci- tateur de Kreiselman à pression positive limité à 25 millimètres de mercure et actionné par la pression de l\u2019oxygène (13).Les appareils automatiques à pression positive intrathoracique sont actionnés par une soupape oscillante automatique qui transforme un débit gazeux continue en débit intermittent.Selon le type d\u2019appareil ce débit in- 298 termittent peut donner soit une pression positive intermittente soit une pression positive alternée avec une pression négative.La pression positive a pour effet de produire une ventilation pulmonaire adéquate.Cependant, elle a tendance à réduire le débit cardiaque.La pression négative augmente le débit cardiaque et compense pour les effets indésirables de la pression négative.Par contre, les effets de la pression négative sur la ventilation sont pratiquement négligeables.Le rôle de la phase négative des ressuscitateurs à deux cycles n\u2019est pas encore établi définitivement mais elle semblerait assister au retour veineux d\u2019une façon assez efficace pour être tout indiquée dans l\u2019apnée accompagnée de collapsus cardio vaseulaire (14).Mentionnons encore les appareils qui produisent la respiration artificielle par pression négative intermittente extra-thoracique.Se sont les poumons d\u2019acier soit genre citerne soit genre cuirasse.Les appareils citernes sont utilisés pour la respiration artificielle à long terme particulièrement pour les victimes de poliomyélite avec paralysie respiratoire.Les appareils de type cuirasse inspirent confiance aux patients en assistant la ventilation spontanée au moment du sevrage de la citerne après la phase aiguë de poliomyélite.Les appareils de cette dernière catégorie ne sont pas indiqués pour la ressuscitation d\u2019urgence.Les appareils électroniques qui provoquent la contraction des muscles respiratoires par stimulation du nerf phrénique n\u2019assure pas la sécurité et la facilité de manipulation qui caractérise les engins de la première catégorie.Toutes les méthodes de respiration artificielle exige une voie aérienne libre sans quoi elles sont absolument inutiles.La reprise de la respiration spontanée doit être suivie d\u2019oxygénothérapie de thérapie parentérale et s\u2019il y a lieu de thérapie antibiotique jusqu\u2019à ce que le patient recouvre ses propres moyens de défense naturelle.FORTIN: RESSUSCITATION L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 BIBLIOGRAPHIE (1) M.S.SADOVE, L.A.GITTELSON, G.M.WYANT et P.HOLINGER: The Maintenance of an Efficient Tracheobronchial Airway.Amer.Practioner and Digest of Treatment, 5: 11 (janv.) 1954.(2) C.K.DRINKER: Physiologic Principles of Ressuscitation and Oxygen Therapy.Postgrad.Med, 2: 471 (janvier) 1952.(3) A.S.GORDON, F.RAYMON, M.SADOVE et A.C.IVY: Manual Artificial Respiration : Comparison of Effectiveness of various Methods on Apneic Normal adults.J.A.M.A, 144: 1447 (23 décembre) 1950.(4) A.S.GORDON, D.C.FAINER et A.C.IVY: Artificial Respiration: New Method and a Comparative Study of Different Methods in Adults.J.A.M.A, 144: 1455 (23 décembre) 1950.(5) M.S.SADOVE, A.S.GORDON, J.T.NELSON et A.C.IVY: Barbiturate-Curare induced apnea for Artificial Respiration.Studies in Normal Adults.J.Appl.Physiol, 4: 403 (déc.) 1951.(6) R.G.NIMS, E.H.CONNER, S.Y.BOTELHO et J.H.COMROE, Jr.: A comparison of Methods for Performing Manual Artificial Respiration on Apneic Patients.J.Appl.Physiol., 4: 403 (déc.) 1951.(7) J.L.WHITTENBERGER, J.E.AFFELDT.W.T.GOODALE et S.J.SARNOFF: The Mechanics of Breathing in Relation to Manual Methods of Artificial Respiration.J.Appl.Phys, 4: 403 (déc.) 1951.(8) P.V.KARPOVICH.C.J.HALE et T.L.BAILEY: A Study in Manual Artificial Respiration.J.Appl.Physiol., 4: 403 (déc.) 1951.(9) A.S.GORDON, M.S.SADOVE et F.RAY- MON: Critical Survey of Manual Artificial Respiration.J.A.M.A, 147: 1454 (8 déc.) 1951.(10) A.DJOURNO: Méthodes récentes de respiration artificielle.La Presse Médicale.61: 385 (18 mars) 1953.(11) D.E.HALE: Anesthesiology.F.A.Davis Co.Philadelnhie.1954.(12) J.KREISELMAN : A New Resuscitation Apnaratus.Anesthesiology, 4: 6, 1043.(12) J.KREISELMAN: The Treatment of As- phyvxia.Conn.State M.J., 9: 2, 1945.(14) J.V.Maloney, Jr.S.W.HANDFORD.G.A.BALLA.D.W.FASTWOOD.E S.BROWN et R.H.TEN-PAS: Importance of Negative Pressure Phase in Mechanical Respirators.J.A.M.A.152: 212 (16 mai) 1953. ANESTHÉSIE OBSTÉTRICALE EN PRATIQUE GÉNÉRALE ' Léonard LEGAULT, Chargé du Service d\u2019anesthésie, hôpital de la Miséricorde (Montréal).Le sujet que nous voulons discuter avec vous aujourd\u2019hui amènera sans doute un sourire sur la figure des médecins qui depuis 10, 15 ou 25 ans poursuivent avec succès une pratique médicale où l\u2019obstétrique joue un rôle de tout premier plan: en effet, ils ont su très habilement apporter à leurs patientes en couches le maximum possible de soulagement aux douleurs de l\u2019enfantement, tout en usant d\u2019une grande prudence, et les résultats magnifiques qu\u2019ils ont obtenus témoignent de leurs connaissances et de leur expérience.Cependant, il y a toujours un certain béni- fice à retirer d\u2019une étude des méthodes anesthésiques en faveur à l\u2019heure actuelle dans les principaux centres d\u2019obstétrique: un bref ox- posé de ces méthodes, qui toutes présentent des avantages et des inconvénients mais peuvent à l\u2019occasion donner certaines complications plus ou moins graves, nous permettra ensuite de proposer une méthode d\u2019analgésie et d\u2019anesthésie, suffisante pour la majorité des cas d\u2019obstétrique normaux, et ne comportant pas les risques plus sérieux des méthodes réservées à la pratique hospitalière.A l\u2019hôpital, les anesthésistes cherchent encore une méthode idéale d\u2019anesthésie en obstétrique; mais les opinions sont nombreuses et aucun genre d\u2019anesthésie n\u2019est encore accepté à l\u2019unanimité.Que doit donc être l\u2019anesthésie obstétricale?1° \u2014 Elle doit être aussi complète que possible pour la mère, mais sans l\u2019exposer à des dangers ou accidents sérieux; si possible, cette anesthésie ne doit pas la priver de sa connaissance de sorte qu\u2019elle reste consciente des événements où elle joue le premier rôle; cette anesthésie ne doit pas diminuer la force des contractions utérines, ni la force musculaire 1.Communication au XXIVe Congrès de A.M.L.F.C.\u2026 Ottawa-Hull.sept.1954.de façon importante, puisque la collaboration de la mère et la conservation des réflexes qui lui commandent de pousser sont nécessaires pour mener l\u2019accouchement à bonne fin.2° \u2014 Cette anesthésie doit être sans aan- ger pour le fœtus: il ne faut tout de même pas oublier que l\u2019accouchement doit donner la vie à un petit être que nous n\u2019avons jamais le droit d\u2019exposer à un danger mortel ou à des accidents susceptibles d\u2019amoindrir sa vitalité ou ses facultés intellectuelles.Cherchant toujours à atteindre cette méthode d\u2019anesthésie idéale, les anesthésistes emploient tour à tour, selon leurs préférences, (1-2-3-4) a) l\u2019anesthésie caudale continue; b) l\u2019anesthésie rachidienne basse (Saddle block); c) l\u2019anesthésie par blocage du plexus honteux et du périnée, et des 11e et 12e segments thoraciques; d) l\u2019anesthésie générale par inhalations: 1) trilène et oxygène; 2) trilène, protoxyde et oxygène; 3) cyclopropane et oxygène.Toutes ces méthodes sont bonnes, mais eiles exigent la présence d\u2019un anesthésiste entraîné et une instrumentation et des appareils que l\u2019on ne peut trouver qu\u2019à l\u2019hôpital; même entre les mains d\u2019anesthésistes compétents, certains accidents et diverses complications peuvent survenir: chez les mères, des complications pulmonaires® dues à l\u2019aspiration dans les bronches de vomitus, les céphalées post-anes- thésiques et les complications neurologiques; du côté du fœtus, de nombreux décès sont rapportés et également un grand nombre d\u2019enfants présentent un développement mental diminué par suite d\u2019hypoxic au moment de leur naissance.(5) Mais alors que devrons-nous préconiser comme méthode d\u2019anesthésie obstétricale en pratique générale, si même à l\u2019hôpital et con- 300 LEGAULT: ANESTHÉSIE OBSTÉTRICALE fiée à des médecins spécialisés, l\u2019anesthésie est difficile et souvent dangereuse?Avant de répondre, n\u2019est-il pas à propos de remarquer que l\u2019accouchement normal est un acte physiologique et que, chez la patiente en bonne santé générale, l\u2019anesthésie sera souvent réduite à peu de chose et à une courte durée, surtout si l\u2019on a eu soin d\u2019instruire la patiente de ce qui va se passer au moment de son accouchement, de calmer ses appréhensions, de détruire les idées fausses qu\u2019elle a pu entretenir dans son esprit à la suite de ses conversations avec des voisines charitables mais ignorantes.(6) Une chose fort importante et qui aura sur l'accouchement une influence considérable, c\u2019est la médication pré-anesthésique.Elle est variée et les accoucheurs emploient divers médicaments avec succès.Il semble cependant que la majorité d\u2019entre eux préfèrent donner le demerol, seul ou associé a la scopolamine: le dosage le plus souvent employé est de 100 mg de démérol aux 3 ou 4 heures; environ 15 minutes après l'injection de démérol, on donne gr.1/150 de scopolamine pour la 1ère dose, et gr.1/200 si la dose doit être renouvelée.D'autres accoucheurs emploient les barbituriques per os, le nisentyl, la spasmolgine ou le soneryl 1-V, vers la fin du travail.Ces médicaments ne sont pas inoffensifs: il faut user de prudence car chacun d\u2019eux peut affecter le fœtus plus ou moins gravement en produisant chez lui une dépression du centre respiratoire.(7-8) Il faut donc les utiliser en temps opportun et ne jamais les administfer à un moment trop rapproché de la naissance, mais plutôt quelques heures auparavant.Au cours de l\u2019accouchement, nous en arriverons à une période plus avancée où les médicaments ne suffiront plus à calmer les douleurs de la parturiente: il y aura lieu alors d'employer certains agents anesthésiques en inhalations: le plus en faveur à l\u2019heure actuelle, est le trilène (9-10-11).C\u2019est un dérivé de l\u2019éthylène, qui se rapproche du chloroforme L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 par sa formule chimique et son odeur; son emploi est facile grâce à un inhalateur qui permet à l\u2019air inspiré de passer dans un vaporisateur où est contenu le trilène: il en existe divers modèles, qui permettent à la patiente d\u2019obtenir une analgésie très satisfaisante.A la période de grande dilatation ou d\u2019expulsion, le trilène ne sera pas toujours suffisant: il vous faudra alors employer la mixture éther et chloroforme, proportion 2 éther \u2014 1 chloroforme, sur masque ouvert ou le vinéthène (12).Dans certains cas, vous obtiendrez également de bons résultats avec le blocage du plexus honteux et l\u2019infiltration locale du périnée.Cependant ces divers moyens d\u2019anesthésie, trilène, mixture, vinéthène et blocage, ne sauraient être employés sans un minimum de connaissances théoriques en anesthésie, et sans un certain entraînement clinique; aussi, nous voulons suggérer que les futurs médecins reçoivent au cours de leurs études médicales ce minimum d\u2019enseignement de l\u2019anesthésie sans lequel ils ne sauraient sans danger employer ces méthodes, si simples soient-elles.Durant le stage d\u2019internat, il faut que le jeune médecin séjourne quelques heures dans les salles d'opération pour apprendre le maniement des agents anesthésiques, savoir reconnaître les signes de l\u2019anesthésie et apprécier les réflexes du patient, et apprendre comment faire face à certaines éventualités toujours susceptibles de se produire, même pour la plus brève et la plus superficielle anesthésie générale.Muni de ces notions élémentaires, le médecin pourra alors recourir à la méthode d\u2019anesthésie générale ci-haut décrite: elle sera suffisante pour la majorité des cas, c\u2019est-à- dire pour tous les cas d\u2019obstétrique normaux.Mais il faut également penser aux cas pathologiques.Malheureusement pour les médecins, et surtout pour les mères, il se présente de temps à autre un cas d\u2019obstétrique grave, difficile, où une grande manœuvre s'impose et où une anesthésie profonde est L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 requise: nous permettrez-vous de vous suggérer de toujours demander alors l\u2019aide d\u2019un confrère anesthésiste ou tout au moins l\u2019aide d\u2019un autre médecin qui donnera l\u2019anesthésie, vous laissant ainsi la liberté de faire en toute sécurité votre travail d\u2019accoucheur puisque vous n\u2019aurez pas à surveiller deux choses en même temps; s\u2019il s\u2019agit par exemple de pratiquer une version, il faut obtenir chez votre patiente un bon relâchement musculaire et alors l\u2019anesthésie générale poussée est nécessaire; dans ce cas, si l\u2019anesthésie est administrée par une voisine ou le mari, vous faites courir des risques graves à votre patienio et au bébé.D'ailleurs, pourquoi ne pas prendre dès maintenant la résolution de faire hospitaliser votre patiente pour tous les cas pathologiques: à l'hôpital, vous partagerez votre responsabilité avec un médecin spécialiste en obstétrique et vous aurez alors la certitude que votre patiente recevra les soins adéquats auxquels elle a droit, au point de vue obstétrical et anesthésique.BIBLIOGRAPHIE (1) GORDON et MORTON: Trichlorethylene in obstetrical analy.and anesthesia.Anesthesiology, 12: 680 (nov.) 1951.LEGAULT: ANESTHÉSIE OBSTÉTRICALE 301 (2) GAIN, YATES et WATTS: Obstetric Anesthesia using nitrous oxyde, oxygen and trichlorethylene.Anesthesia and Analgesia, 30: 278 (sept.-oct.) 1951.(3) Geo.J.ANDROS et Harold D.PRIDDLE: Anesthesia and Analgesia, 29: 320 (nov.-déc.) 1950.(4) John C.P.CLELAND: Continuous peridural and Candal Block in obstetrica and surgery.Anesthesia and Analgesia, 31: 289 (sept.-oct.) 1952.(5) Ruth B.MERRILL et Robert A.HINGSTON : Study of incidence of maternal mortality from aspiration of vomitus during anesthesia.Anesth.and Analgesia, 30: 121 (mai-juin) 1951.(6) G.Dick READ: Childbirth without fear.(7) Robert L.PATTERSON: Obstetric Amnesia and Analgesia.Anesthesia and Analgesia, 29: 293 (sept.-oct.) 1950.(8) Virginia APGAR et E.M.PAPPER: Transmission of drugs across the placenta.Anesthesia and Analgesia, 31: 309 (sept.-oct.) 1952.(9) C.I.HEWER: Trichlorothylene as general analg.and anesthetic.Proc.Roy.Soc.Med., 35: 463 (mai) 1942.(10) D.E.JACKSON: Anesthesia and Analgesia, 13: 198 (sept.-oct.) 1934.(11) STRIKER, GOLDBLATT, WARM et JACKSON: Anesthesia and Analgesia, 14: 68 (mars- avril) 1935.(12) W.BOURNE et Ether VINYL: Obstetric anesthesia for general practice.Canada M.A.T,, 33: 629 (décembre) 1935. LA RESSUSCITATION CHEZ L\u2019ENFANT'! J.-P.BRUNELLE.Pour la ressuscitation de l'enfant comme pour celle de l\u2019adulte, un principe général est à retenir, à savoir que l\u2019oxygène est à tout instant nécessaire à la vie.Par voie de conséquence, les fonctions respiratoire et circulatoire le sont aussi.Le retour à la normale de ces deux fonctions constitue la ressuscitation.C\u2019est l\u2019enfant c\u2019est la fonction respiratoire qu\u2019il y a lieu de rétablir le plus souvent, et parce qu\u2019elle est inaugurée au moment de la naissance, c\u2019est de la réanimation du nouveau- né que nous traiterons surtout.Dès l\u2019expulsion, l\u2019enfant est maintenu au chaud, en position inclinée, tête basse.La suspension par les pieds permet l\u2019évacuation du liquide amniotique de la trachée et des bronches, mais elle risque fortement par ailleurs, par la congestion vasculaire encéphali- que qu\u2019elle entraîne, de favoriser l\u2019apparition de phénomènes hémorragiques, surtout s1 les vaisseaux ont déjà été rendus fragiles par l\u2019anoxie.Avec un cathéter mou, on réalise ensuite la désobstruction du rhino-pharynx en le visualisant à l\u2019aide d\u2019un laryngoscope.De routine on administre de l\u2019oxygène sous pression contrôlée, au masque, jusqu\u2019à ce que l'enfant respire spontanément.Si, malgré l\u2019insufflation rythmique discontinue d\u2019oxygène sous pression contrôlée, l\u2019enfant tarde à respirer et se cyanose, inutile de perdre du temps à des manœuvres dangereuses et empiriques comme les gifles, la flagellation, la respiration artificielle par pression et relâchement rythm1- que du thorax, les bains froids.On visualise immédiatement les cordes vocales; si elles sont en spasme mieux vaut attendre un effort respiratoire; si au contraire les cordes sont relâchées et si le bébé est flasque et sans réflexes, pratiquer l\u2019intubation endotrachéale.À l\u2019aide d\u2019un cathéter filiforme introduit dans le 1.Communication au XXIVe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Ottawa-Hull, sept.1954.tube endotrachéal, on succionne les sécrétions, le mucus et le liquide amniotique qui peuvent obstruer la trachée et les bronches, apres quol on administre par le méme tube endotrachéal, de l\u2019oxygène sous pression contrôlée et intermittente.Ces manœuvres de réanimation sont faciles en milieu hospitalier, avec la collaboration de l\u2019obstétricien et de l\u2019anesthésiste, mais non pas à domicile où l\u2019accoucheur est souvent seul à la tâche et ne dispose comme seuls moyens de réanimation que de la respiration artificielle au bouche à bouche, de la cora- mine et de l\u2019alphalobéline.Signalons ici la publication de travaux de plus en plus nombreux sur l\u2019anoxie du nouveau-né comme cause probable de certaines affections nerveuses telles que le retard à marcher, le retard à parler, l\u2019épilepsie, la chorée, les troubles du language, les troubles visuels, etc\u2026 C\u2019est en ayant présentes à l\u2019esprit les conséquences néfastes de l\u2019anoxie chez le nouveau-né que nous nous efforcerons le mieux de les conjurer.Disons cependant que la ressuscitation la plus efficace peut en un sens être préventive: l\u2019anesthésie de la parturiente sera particulièrement soignée, avec emploi très circonspect des analgésiques.Nombre d\u2019autres conditions où la fonction respiratoire est subitement déficiente chez l\u2019enfant, nécessitent des soins immédiats: la diphtérie laryngée, la laryngite striduleuse, l\u2019œædè- me urticarien du larynx, la présence de corps étrangers dans le larynx, la broncho-pneumonie, la fistule trachéo-bronchique.Toutes ces conditions se traduisent essentiellement par la prédominance de la gêne respiratoire pendant l\u2019inspiration; par le tirage sus-sternal, la fossette sus-sternale et le creux sus-claviculaire se déprimant plus ou moins profondément; la production de bruits laryngés, une voix rauque et étouffée, la cyanose de la face, la turgescence des jugulaires.Citons encore la L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 paralysie respiratoire secondaire à la polyo- myélite, l\u2019intoxication par le monoxyde de carbone ou par les barbituriques, et les immersions comme autres causes d\u2019asphyxie chez l\u2019enfant.Pour parer efficacement à toutes ces éventualités, il faut au moins l\u2019appareillage nécessaire à l\u2019administration d\u2019oxygène, en attendant les soins hospitaliers.Et parce qu\u2019on attendra plus du médecin que des équipes de secours organisées, le praticien devrait tout au moins être muni d\u2019un laryngoscope et de tubes endotrachéaux.Les enfants ne résistent pas tellement à un examen des voies respiratoires; l\u2019état des cordes vocales et du larynx doit être vérifié d\u2019emblée.Certaines dyspnées très sérieuses peuvent céder rapidement par suite d\u2019une intubation.Si une trachéotomie est indiquée, elle sera faite plus à l\u2019aise après intubation.Il se présente aussi des cas où le rétablissement rapide de la fonction circulatoire est une question de vie ou de mort chez l\u2019enfant.Mentionnons le collapse cardio-vasculaire au cours d\u2019une anesthésie au chloroforme ou au chlorure d\u2019éthyl, au cours d\u2019une anesthésie locale pour des interventions mineures au bureau ou à la maison.En de telles circonstances, il est de première importance d\u2019avoir à sa portée de l\u2019oxygène et un masque pour donner la respiration artificielle, un hypertenseur, et s\u2019il s\u2019agit d\u2019une réaction à un agent anesthésique local, une seringue de BRUNELLE: RESSUSCITATION 303 penthotal ou de surital & 2,5% qui aura été préparée au préalable, au cas de convulsions.L\u2019enfant n\u2019est pas exempt d\u2019hémorragie parfois mortelles.Pendant le transport à l\u2019hôpital, en pareil cas, la position déclive tête basse, la chaleur et l\u2019oxygène avec respiration artificielle s\u2019il y a lieu, sont des manœuvres de première nécessité, et l'injection d\u2019opiacés doit supplanter celle de stimulants respiratoires.En conclusion, disons qu\u2019au cours de l\u2019asphyxie par déficience de la respiration ou par collapse cardio-vasculaire, l\u2019oxygène étant la premiere indication importante en attendant le traitement causal, tout médecin praticien devrait étre prét et en mesure d\u2019appliquer cette forme de traitement pour quelque Age que ce soit et où que ce soit, au bureau, à domicile, ou même sur la route.BIBLIOGRAPHIE 1.W.F.WINDLE: Asphyxia Neonatorum.Charles C.Thomas, édit, Springfield, 1950.2.A.H.PAMELEE: Management of the Newborn.The Year Book Publishers, Inc, Chicago, 1952.3.A.G.De SANCTIS et C.VARGA: Handbook of Pediatric Medical Emergencies.Saint-Louis, 1951.4.J.KREISELMAN: The Treatment of Asphyxia.The Connecticut State Med.J., 9: 94 (fév.) 1945.5.M.Digby LEIGH et M.Kathleen BELTON: Pediatric Anesthesia.The Macmillan Co., New- York, 1948.6.P.J.FLAGG: The Art of Resuscitation.Reinhold Publishing, New-York, 1944. LÉSIONS BÉNIGNES ANALES ET PÉRI-ANALES HÉMORROÏDES \u2014 FISSURES ANALES \u2014 FISTULES ANALES Léon BEIQUE, F.R.C.S.(C) Hôpital Notre-Dame HÉMORROÏDES On désigne sous le terme générique d\u2019hémorroïdes des dilatations variqueuses des plexus veineux hémorroïdaux.En raison de leur situation, elles sont divisées en hémorroïdes internes, hémorroïdes mixtes et hémorroïdes externes.A.\u2014 HÉMORROÏDES INTERNES.Elles originent du plexus veineux hémorroïdal interne, sis dans l\u2019espace sous-muqueux ano-rectal (schéma I).Elles sont recouvertes d\u2019une muqueuse rouge-claire, insensible à la douleur.Le patient en position gynécologique, si l\u2019on examine le canal anal à l\u2019anuscope, on trouve constamment trois hémorroides primaires aux endroits suivants, i.e.: à 3 heures, à 7 heures et à 11 heures.Il est possible de rencontrer des paquets hémorroïdaires secondaires ou de petit calibre.Les plus fréquents sont situés à 1 heure et à 5 heures.Les hémorroïdes internes apparaissent ordinairement les premières.Elles sont soit isolées en paquets de taille variable ou groupées en bourrelet.A cause d\u2019anastomoses veineuses avec le plexus externe sous-jacent, elles se compliquent souvent d\u2019hémorroides externes.Etiologie.La question est complexe et loin d\u2019être tranchée.De nombreuses hypothèses ont été invoquées.Aucune ne peut per se expliquer tous les cas.L'opinion des auteurs modernes est que cette affection est l\u2019aboutissant de plusieurs facteurs dont l\u2019importance varie suivant les individus.Parmi ces causes, les unes prédisposent à la maladie, les autres la précipitent.I.\u2014 Les causes prédisposantes sont d'ordre héréditaire et anatomique.A.\u2014 L\u2019hérédité joue dans certains cas un et Roger SIMARD, Résident en chirurgie, (Montréal).rôle important indéniable.En effet, ces varices peuvent survenir chez des jeunes adultes, chez des adolescents et parfois même plusieurs membres d\u2019une même famille sont touchés.De ces faits, on peut logiquement supposer l\u2019existence d\u2019anomalies congénitales et héréditaires; telles qu\u2019une faiblesse de la paroi veineuse, une dilatation congénitale des capillaires veineux, etc.B.\u2014 Certaines particularités anatomiques inhérentes à ce système veineux prédisposent sans contredit à leur dilatation variqueuse subséquente.Le plexus interne draine son sang dans la veine-porte par l'intermédiaire des veinules et des veines hémorroïdales supérieures puis de la petite mésaraïque.Cette longue colonne veineuse s\u2019étendant de l\u2019anus au foie ne possède aucune valvule.Sans aucun doute cette architecture typique ne produit aucun effet néfaste chez des personnes en bonne santé.Il est pourtant facile de déduire qu\u2019advenant un certain degré d\u2019hypertension portale, l\u2019effet rétrograde de cette congestion veineuse se manifestera au niveau des capillaires hémorroïdaux internes.De plus les veinules collectrices des plexus veineux sont situées dans une sous-muqueuse très lâche et sont donc facilement comprimées et obstruées par des matières fécales dures.II.\u2014 Les causes aggravantes sont nombreuses.Voici les plus importantes: A.\u2014 L'\u2019effort de défécation associé à une constipation opiniâtre ou à une diarrhée rebelle, gêne le retour veineux par augmentation de la tension abdominale.B.\u2014 Les métiers exigeant un effort physique continu ou une station debout continue comptent beaucoup d\u2019hémorroïdaires.Il y a chez ces gens un état permanent de congestion veineuse anale due non seulement à une tension L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 abdominale accrue, mais aussi au poids constant de la colonne veineuse par station verticale prolongée.C.\u2014 Toutes les maladies amenant une congestion portale sont susceptibles de se compliquer d\u2019hémorroïdes internes.D.\u2014 Par obstruction veineuse mécanique, la grossesse, les grosses tumeurs abdominales, plusieurs lésions utéro-annezsielles provoquent secondairement des varices ano-rectales.Symptomatologie \u2014 Classification Complications.Dans la grande majorité des cas, la présence de sang rouge-clair dans les selles amène le malade vers son médecin.C\u2019est le premier et le plus constant des symptômes.Les hémorragies habituellement minimes sont émises durant ou après une évacuation.Presque toujours indolores, elles surviennent par poussées en particulier après un excès alimentaire ou autre.D\u2019autres se plaindront d\u2019avoir senti une masse dans l\u2019anus.Cette tuméfaction est apparue subitement au cours de la défécation, pour disparaître aussitôt après.Cette histoire est typique d\u2019une procidence hémorroïdaire.Ultérieurement ces prolapsus surviendront plus fréquemment puis apparaîtront en dehors des évacuations soit à l\u2019occasion d\u2019une longue marche ou d\u2019un effort physique.L\u2019hémorroïde prolabée ne pourra être réduite que manuellement.Ces, gens se plaindront en plus d\u2019écoulement de mucus par l\u2019anus et de prurit.Suivant l'intensité des symptômes ci-dessus mentionnés, on distingue 3 degrés d\u2019hémorroïdes: I.\u2014 Une hémorroide du premier degré est celle dont l\u2019unique symptôme est l\u2019enterorragie.II.\u2014 Une hémorroïde est dite du deuxième degré quand il y a histoire nette de proci- dence.au cours de la défécation.III.\u2014 Dans la variété du troisième degré, le prolapsus survient en dehors des selles et n\u2019est réductible que manuellement.Tout porteur d\u2019hémorroïdes est sujet aux trois complications suivantes: I.\u2014 Développement graduel d\u2019une anémie BÉIQUE rr SIMARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRI-ANALES 305 aiguë par entérorragies rectales de plus en plus fréquentes et abondantes.Cette éventualité quoique rare, se rencontre de temps à autre.II.\u2014 A l\u2019occasion d\u2019une crise de procidence brusque et massive, il y a, quelquefois, formation d\u2019une fissure anale aiguë par distension exagérée du canal.III.\u2014 Lors d\u2019un prolapsus, l\u2019hémorroïde peut être étranglée et se thromboser.Cette complication est la plus fréquente.L\u2019hémorroïde thrombosée peut ou se fibroser avec formation ou non d\u2019un polype, ou s\u2019ulcérer et s\u2019infecter avec formation d\u2019abcès et de fistules résiduelles ou, enfin, se gangrener et s\u2019éliminer.Diagnostic.Par l\u2019histoire clinique et le toucher rectal, il est impossible de poser un diagnostic précis de varices anales internes.L'examen recto- scopique est nécessaire.Au proctoscope, l\u2019examinateur devra noter: a) le nombre, la situation, la coloration, la consistance des hémorroïdes ainsi que leur degré de procidence.b) L\u2019existence de toutes autres lésions ano- rectales.Enfin, par un examen général minutieux, le médecin devra chercher l\u2019existence de facteurs généraux déclenchants, tels qu'une grossesse, une hypertension portale, un fibrome utérin, ete.Traitement.Il existe, à l\u2019heure actuelle, trois formes de traitement.Leurs indications respectives sont précises et doivent être connues.I.\u2014 Traitement médical.Cette thérapeutique est purement palliative.Elle s\u2019applique à tous les cas d\u2019hémorroïdes infectées et œdématiées.En voici les grandes lignes: a) Repos au lit; b) Pansements humides chauds de l'anus; c) Diète équilibrée afin d\u2019obtenir chaque jour une selle molle et bien formée.Les laxatifs doux, de préférence huileux, sont très utiles; d) Bain de siège chaud quotidien aussitôt que la condition du patient le permettra; 306 BÉIQUE er SIMARD: LESIONS ANALES ET PÉRI-ANALES L'Union Méd.Canada e) De petits lavements à l\u2019eau chaude ou à l'huile sont quelquefois utiles; f) Calmer la douleur par de l\u2019aspirine associée ou non à de la codéine; g) Corriger la formule sanguine si nécessaire.Après deux semaines de ce traitement conservateur, il y a ordinairement disparition du spasme, de l\u2019œdème et de l\u2019infection.Un traitement ultérieur adéquat pourra alors être envisagé.II.\u2014 Injections sclérosantes.Cette thérapeutique est indiquée uniquement dans les hémorroïdes non compliquées du premier degré.Les résultats rapportés par certains auteurs sont spectaculaires.Sur un total de 200 malades, Milligan rapporte une guérison d'environ 98,5 pour cent.Le but de ces injections est d\u2019arrêter les hémorragies en rendant imperméable la paroi veineuse et de prévenir la procidence par production d\u2019une sclérose intense dans la sous-muqueuse.Les solutions employées sont à base de phénol et doivent être injectées sous la muqueuse anale au niveau de la base de I\u2019hémorroide.II.\u2014 La cure chirurgicale est indiquée dans les hémorroïdes du deuxième et du troisième degré, dans les hémorroïdes mixtes, fibreuses, enfin dans les hémorroïdes compliquées soumises à un traitement médical antérieur fructueux.Pourtant cette thérapeutique est contre-indiquée: a) Dans les maladies du côlon et du rectum nécessitant un traitement approprié plus immédiat telles que le cancer, la polypose, la colite ulcéreuse, la tuberculose, la lymphogranulomatose inguinale, etc.; b) Dans les maladies sévères à retentissement général, telles que les infections sévères, les cardiopathies décompensées, l\u2019hypertension portale, ete.; c) Dans les hémorroïdes compliquées; d) On conseille de retarder l'opération dans la grossesse, le diabète non contrôlé, etc.Les livres de technique chirurgicale décrivent plusieurs procédés.La plupart visent à Tome 84 \u2014 Mars 1955 l\u2019exérèse et à la ligature de l\u2019hémorroïde interne ainsi que de l\u2019hémorroïde externe correspondante.Les précautions à observer durant et après l\u2019opération sont: I.\u2014 Visualiser et conserver les sphincters.II.\u2014 Hémostase minutieuse en vue de prévenir une hémorragie postopératoire.Surveiller cette éventualité après l\u2019opération.ANATOMIE de CANAL ANAL COUPE TRANQUE BA SALE (sen E mA 45 LPEKixo+sE J OPTEGATEUR set FRU GU BRI BF eo encre mas rome roses emo vr FLARE BY cnn amin MUSÉE LA E US ESS GO SHELL Load.arme eme ecran EP RINCT ES INVERSE ea (rene ESTERNE à 0 LAURE EF cms 4 ~ SEPTUM pry spqusCULAS we) BILE Bi 5 ANNE SU PUIS CULÉ LRE a.pe PLE HIS NEIMEY am J) BOBIMTER PURER Ex TER ne PA ARG APL aap ri LIGNE ARGS PERINTALE KD 5005 muOvEUx @ PER aL hy EPA Ge QAR ETTAL 7 DPENITELTAL ITI.\u2014 Prévenir la sténose anale, en laissant au cours de l\u2019opération suffisamment de muqueuse anale, et en faisant des dilatations digitales après l\u2019opération.B.\u2014 HÉMORROÏDES MIXTES.Cette variété consiste dans une association d\u2019hémorroïdes internes et externes.Il existe normalement des anastomoses entre les plexus veineux internes et externes.Normalement, une partie du sang du plexus externe draine dans la veine cave, une autre partie se dirige vers le plexus sus-jacent.Secondairement à une congestion à une obstruction du lacis veineux interne, les anastomoses ne fonctionnent plus ou fonctionnent en sens inverse.Il en résulte une congestion du plexus externe et partout des varices.La symptomatologie est mixte.En plus des douleurs anales dues aux varices inférieures, le patient se plaint d\u2019entérorragies dues aux varices supérieures. ait clin, is a L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Le traitement est, ici, uniquement chirurgical.Il consiste à enlever l\u2019hémorroïde interne et l\u2019externe correspondante.CLASSIFICATION FISTULES CHE MA=Z~\u2014 B= Hous CUTANEE ue 505 S\u2014- SOUS-MUQUEUSE 7 5- ANALE BASSE me FRM : &- ANALE HAUTE \u2014\u2014) 5 go Cm AND-RECTALE ne 5 965 =- PEIN -RECTALE =~ {mare [SA C.\u2014 HÉMORROÏDES EXTERNES.Elles originent du lacis veineux hémorroïdal externe.Sont situées au niveau du tiers inférieur du canal anal et à la marge de l\u2019anus (schéma I).Sont recouvertes d\u2019un épithélium de transition et par la peau de la marge anale dont l\u2019innervation sensitive est très riche.Il en existe trois variétés: I.\u2014 Les thromboses hémorroïdaires externes aiguës; II.\u2014 Les hémorroïdes externes aiguës; III.\u2014 Celles associées aux hémorroïdes internes (cf.antea).I.\u2014 Thromboses hémorroïdaires externes aiguës.Secondairement à une défécation laborieuse, à un exercice physique considérable, une veinule dilatée se rupture et se thrombose.Le patient raconte alors l\u2019apparition subite d\u2019une masse anale très douloureuse, apparue à la suite d\u2019un effort.L\u2019examen montre une tuméfaction bleutée, tendue, douloureuse au niveau de la marge de l\u2019anus.Non-traité, cet hémato- BÉIQUE rr SIMARD: LESIONS ANALES ET PERI-ANALES 307 me peut s\u2019ulcérer avec abcès et fistule secondaire.Le traitement doit être précoce.À la locale, il suffira d\u2019exciser largement et d\u2019évacuer l\u2019hématome.La plaie laissée ouverte guérira par seconde intention.IL.\u2014 Hémorroïdes externes chroniques.Cette variété est le résultat de la transformation fibreuse d\u2019une hémorroïde externe thrombosée.Elle apparaît comme une surélévation cutanée plate ou irrégulièrement arrondie, solitaire ou multiple, assez largement implantée au niveau de la marge de l\u2019anus.La peau qui la recouvre n\u2019est pas modifiée sauf par lésions de grattage.Le seul traitement est son exérèse large.* * * FISSURES ANALES.C\u2019est une ulcération de l\u2019épithélium de la marge anale, ulcération unique, à direction antéro-postérieure, située dans la plupart des cas au niveau de la ligne médio-postérieure.Etiologie \u2014 pathologre.La cause primaire est une contracture du sphincter externe sous-cutané.Le passage d\u2019une selle dure au travers d\u2019un sphincter rigide et tendu provoque une déchirure du fragile épithélium qui le recouvre.Dans plus de 90 pour cent des cas, cette déchirure est postérieure pour une raison anatomique simple.Postérieurement, le sphincter externe superficiel n\u2019est pas arrondi mais épouse la forme d\u2019un «V» à cause de son insertion sur le coceyx.Le sphincter sous-cutané situé immédiatement au-dessous est parfaitement cireu- laire.Sa portion postérieure croise donc les deux bras du « V» à la façon d\u2019une barre.L\u2019épithélium anal qui le recouvre est donc plus exposé à ce niveau aux traumatismes.La déchirure, d\u2019abord superficielle, s\u2019approfondit grâce aux traumatismes subséquents et à l\u2019infection surajoutée.Les bords deviennent indurés, œdématiés, son fond sonieux, purulent.À son extrémité externe se développe une élevure cutanée qualifiée d\u2019hémorroïde sentinelle.Celle-ci n\u2019est en réalité que le résultat 308 d\u2019une infection cutanée chronuique où le processus de fibrose prédomine.Le processus infectueux s\u2019aggravant, cette tuméfaction peut s\u2019abcéder et drainer dans la fissure par une fistule.A l\u2019extrémité interne de la fissure peut se développer de la même façon un abcès sous-muqueux avec fistule secondaire.On note souvent à ce niveau une tuméfaction dure pédiculée.Ce polype est la résultante d\u2019une hémorroide interne thrombosée et secondairement fibrosée.Ce polype peut lui aussi s\u2019abcéder et drainer dans la fissure.Enfin, signalons que si le sphincter sous-cutané demeure contracturé, il deviendra dur et inextensible par fibrose.Symptomatologie.Les symptômes de cette maladie sont typiques.Voici les principaux: 1.Douleurs vives parfois atroces provoquées par le passage des selles; 2.Saignement léger de l'anus survenant apres la défécation; 3.Constipation opiniâtre réflexe.Examen clinique.Dans le but d\u2019examiner à loisir une fissure sans causer trop de douleurs, il est à conseiller d\u2019appliquer dans le canal anal, quelques minutes avant l\u2019examen, un onguent ou une solution anesthésique.Par l\u2019inspection, la palpation, le médecin devra conclure si la fissure est récente ou chronique.Une fissure récente est peu profonde, n\u2019est pas indurée, ses bords sont nets.Au fond de l\u2019ulcération, il sera possible de distinguer les fibres longitudinales du muscle paucier de l\u2019anus.Au contraire, la fissure chronique est profonde, indurée.Ses bords sont sous-minés, sclérosés, œdématiés.Dans sa profondeur, les fibres circulaires du sphincter sous-cutané sont visibles.Elle s'accompagne souvent d\u2019une hémorroïde sentinelle à son extrémité externe.Cette distinction entre une fissure récente et ancienne est très importante, car elle guide le traitement.BEIQUE er SIMARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRI-ANALES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Traitement.A.\u2014 Médical.Il est indiqué dans les fissures récentes, non compliquées.1.Infiltration du sphincter sous-cutané au niveau de la ligne médio-postérieure à l\u2019aide d\u2019une anesthésique en solution huileuse.Cette injection relâche le spasme et calme immédiatement la douleur.L\u2019anesthésie de la région dure environ une à deux semaines, le spasme sphinctérien est quelquefois relâché plus longtemps.2.Hygiène locale, au moyen de pansements humides chauds fréquents, de bains de siège quotidiens.3.Ramollir et régulariser les selles par une diète appropriée associée à des laxatifs doux de préférence huileux.B.\u2014 Chirurgical.La cure opératoire est le traitement de choix dans les fissures chroniques et dans les fissures récentes non guéries après un mois de traitement médical.Sous anesthésie rachidienne, le sphincter sera doucement et progressivement dilaté.L\u2019on procédera à l\u2019excision très large de la fissure et de ses dépendances; hémorroïde sentinelle, polype, ete.La plaie triangulaire à base externe guérira per secundam.S\u2019il y a doute de récidive du spasme sphinctérien à cause de la fibrose associée, on complétera l\u2019opération par'une sphinctérotomie postérieure.Après l\u2019opération, le chirurgien devra surveiller les deux points suivants: 1.La plaie doit demeurer ouverte et guérir par seconde intention et ceci de l\u2019intérieur vers l\u2019extérieur.9.Dilatation postopératoire de l\u2019anus au doigt afin de maintenir le relâchement sphinctérien.FISTULES ANALES.Généralités.Une fistule anale est un trajet anormal, rectiligne ou sinueux, fait d\u2019un tissu de granulation, faisant communiquer la lumière rectale ou anale avec l\u2019extérieur.Ce trajet fistuleux est dit complet car il possède deux orifices.D\u2019autres ne possèdent qu\u2019un seul ori- __ \u2014 \u2014 \u2014 L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 fice interne ou externe.Ce sont des fistules borgnes incomplètes ou encore des sinus.Dans la plupart des cas, la cause de cette lésion est un abcès qui a pris naissance dans le canal anal.Une fois installées, les fistules anales n\u2019ont aucune tendance à guérir à cause de leur réinfection quotidienne par les matières fécales.De plus les sphincters, par leurs contractions brusques, continues, obstruent leur drainage et gênent leur immobilité, condition nécessaire à toute bonne réparation tissulaire.Classification et incidence.Milligan et Morgan ont de beaucoup simplifié l\u2019étude des fistules anales en les classifiant suivant leur voisinage plus ou moins immédiat de leur trajet avec la musculature ano-rectale.Il existe quatre groupes de fistules anales (cf.schéma IT).I.\u2014 Les fistules sous-cutanées et sous- muqueuses.Ces fistules sont superficielles.La variété sous-cutanée chemine sous la peau de la marge de l\u2019anus ou sous l\u2019épithélium anal sis au- dessous de la ligne pectinée.La variété sous- muqueuse est creusée sous la muqueuse ano- rectale située au-dessus de la ligne pectinée.Leur incidence est d\u2019environ 5 pour cent.II.\u2014 Les fistules anales.Leur trajet principal pénètre la lumière anale à un niveau inférieur à celui de l\u2019anneau musculaire ano-rectal (cf.schéma I).Il existe deux variétés de fistules anales: a) Fistules anales basses.Le trajet fistuleux communique avec l\u2019anus au niveau du septum intermusculaire (cf.schéma 1).Cette variété est la plus fréquente.Elle est retrouvée dans 75 pour cent des cas.b) Fistules anales hautes.Dans cette variété, le trajet principal entre dans la lumière anale au-dessous de l\u2019anneau musculaire mais après avoir contourné en profondeur le sphincter externe superficiel ou profond.Cette variété compte 15 pour cent d\u2019adeptes.Les fistules « en fer à cheval » entrent dans cette catégorie.BÉIQUE rr SIMARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRI-ANALES 309 IIT.\u2014 Les fistules ano-rectales.Ici, l\u2019extémité supérieure du trajet est situé plus profondément que l\u2019anneau musculaire.Ce sont des fistules borgnes parallèles au canal anal; qui originent dans l\u2019espace pelvi- rectal supérieur et s\u2019ouvrent à l'extérieur par un orifice cutané superficiel.On compte environ 5 pour cent de ces sinus.IV.\u2014 Les fistules pelvi-rectales.Leur trajet principal s\u2019ouvre dans la lumière rectale à un niveau supérieur à celui de l\u2019anneau musculaire.Cette variété est heureusement très rare, car elle est difficilement curable.Symptomatologie \u2014 examen clinique.Il est pratiquement toujours possible de relever une histoire d\u2019abcès ano-rectal ouvert spontanément ou chirurgicalement.Depuis ce temps, le patient se plaint d\u2019un écoulement purulent, à l\u2019anus ou au périné.Cet écoulement s\u2019accompagne en général de prurit intense.L\u2019examen clinique est très important, car de son exactitude dépendra le succès opératoire.Le chirurgien devra patiemment localiser exactement le trajet fistuleux principal ains que ses ramifications secondaires toujours possibles.Ceci fait, il s\u2019agira d\u2019établir correctement la position de la fistule, par rapport aux structures environnantes.De plus, l\u2019examinateur devra se souvenir que certaines autres maladies bien que très rares se compliquent de fistules.Afin d\u2019être complet, mentionnons la tuberculose, l\u2019actynomycose, la lymphogranulomatose inguinale et l\u2019endometriose.Les principaux moyens de diagnostic à la portée du médecin sont: l\u2019inspection, la palpation, le toucher rectal, la proctoscopie, l\u2019exploration du trajet au stylet, le lipiodolage du trajet suivi d\u2019une radiographie, enfin l\u2019examen bactériologique du pus.L\u2019injection préopératoire de Bleu de Méthylène dans la fistule est fortement préconisé dans notre milieu hospitalier.Elle permet de reconnaître facilement, la présence, la direction, la situa- 310 tion des trajets fistuleux primaires et secondaires.Traitement chirurgical.Le but de toute opération est d\u2019ouvrir et de maintenir ouvert le trajet fistuleux sans léser les structures essentielles à la continence anale.Vu qu\u2019une plaie périanale guérit plus rapidement qu\u2019une plaie anale, mais par contre, vu que la portion interne du trajet doit guérir avant sa portion externe, il faut en conséquence exciser largement la peau autour de l\u2019anus.Les techniques opératoires varient suivant la variété de fistule rencontrée.I.\u2014 Fistule sous-cutanée et sous-muqueuse.Dans ces cas, il faut ouvrir le trajet sur toute sa longueur et laisser guérir par seconde intention.Les fistules sous-cutanées seront ouvertes plus largement à l\u2019extérieur qu\u2019à l\u2019intérieur.II.\u2014 Fistule anale basse.Le traitement consiste dans l\u2019exérèse large du trajet en entier.Le sphincter sous-cutané est coupé en un seul endroit et perpendiculairement à la direction de ses fibres.A la fin de l\u2019opération la plaie épouse la forme d\u2019un triangle à base externe.III.\u2014 Fistule anale haute.Cette variété sera traitée avantageusement en deux temps.Dans un premier temps, on enléve la portion externe de la fistule.Le sphincter sous-cutané est alors sectionné.La dissection du trajet s\u2019étendra jusqu\u2019aux sphincters externes, superficiels et profonds.Après avoir canulé l\u2019extrémité interne de la fistule, on l\u2019encerclera d\u2019une grosse soie lâchement attachée.Le deuxième temps opératoire consiste à enlever la soie et à sectionner le sphincter externe profond.Le travail peut se faire à l\u2019anesthésie locale.Il s\u2019écoule ordinairement 2 à 3 semaines entre les deux stades.Avant d\u2019enlever la soie, il est prudent de BEIQUE ir SIMARD: LESIONS ANALES ET PERI-ANALES L'Union Méd.Canada me 84 \u2014 Mars 1955 s'assurer de la continence anale résiduelle.On introduit un doigt dans l\u2019anus, puis on fait forcer le patient.S'il y a une contraction perçue au-dessus de la soie, on peut l\u2019enlever et couper en sécurité les tissus qu\u2019elle encerclait.IV.\u2014 Fistule ano-rectale.Après avoir enlevé largement la peau recouvrant la base de la fosse ischio-rectale, on dissèque de bas en haut la fistule jusqu\u2019au niveau du releveur de l\u2019anus.On agrandit l\u2019orifice à ce niveau.L\u2019espace pelvi-rectal supérieur est ensuite curetté avec soin.Le tout guérit per secundam.V.\u2014 Fistule pelvi-rectale.Cette variété est considérée par plusieurs auteurs comme incurable.Plusieurs techniques ont été décrites; aucune ne semble avoir donné des résultats satisfaisants.Quoi qu\u2019il en soit, le traitement idéal doit viser à traiter la lésion pelvienne causale, à enlever le trajet principal en entier, tout en respectant l\u2019intégrité de l\u2019anneau musculaire ano-rectal.BIBLIOGRAPHIE I.AIRD: A Companion for the Surgical Studies.P.750.Livingstone, édit., 1950.H.E.BACON et S.T.ROSS: Atlas of Operative Technic.\u2014 Anus, Rectum, Colon.P.17.Mosby, édit., 1954.M.CONTE: Maladies de l\u2019appareil digestif.Pathologie médicale, Tome II, p.429.Flammarion, édit, 1951.E.C.CULTER et R.M.ZOLLINGER: Atlas of Surgical Operations.P.150.Saunders, édit., 1952.W.B.GABRIEL: Principles and Practice of Rectal Surgery.P.64.160, 194.C.Thomas, édit., 1948.I.HEPP: Pathologie de l\u2019anus et du rectum.Pathologie Chirurgicale, Tome V, p.909.Masson et Cie, édit, 1947.G.I.KRATZER: Recurrent Anal Fissures.J.AM.A, 154: 165 (nov.) 1953.R.MAINGOT: Modern Management of Abdominal Surgery.P.1035.MacMillan, édit., 1953.H.F.MOSELEY: Textbook of Surgery.Page 486.Mosby, édit., 1952.T.G.ORR: Operations of General Surgery.Page 525.Saunders, édit., 1951.THOREK: Anatomy in Surgery.Page 477.Lip- pincott, édit.1951.J L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Bulletin de l\u2019Hssociation des f(iDédecins de Langue Française , ou Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale DU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 84, No 3 \u2014 Montréal, mars 1955 CONSIDÉRATIONS SUR LES CANCERS DE LA BOUCHE Parce qu'ils sont accessibles à la vue et à la palpation, les cancers de la bouche peuvent être diagnostiqués précocement et traités facilement.Ce sont, la plupart du temps, des « épithéliomas spino-cellulaires » développés aux dépens de la muqueuse et ayant une forte tendance à envahir les lymphatiques.Quoiqu'ils soient moins fréquents que les cancers du sein, de d'utérus, de la peau et du tube digestif, les cancers de la bouche peuvent étre considérés comme des cancers relativement fréquents; car ils constituent chez l'homme, plus de 10% de tous les cancers que l\u2019on y rencontre.S1 les lésions primitives à leur début sont guérissables dans une assez forte proportion, par les radiations de courtes longueurs d'onde (rayons X ou ray- ons-gamma), par contre leurs métastases ganglionnaires sont particulièrement résistantes et pratiquement ineu- rables par les radiations.Seule la chirurgie est susceptible de débarrasser définitivement l'organisme des adénopathies cancéreuses mortelles qui accompagnent fréquemment les cancers de la bouche.Certes, ce nest pas aux médecins qu'il faille rappeler l'extrême importance de porter un diagnostic de certi- ÉDITORIAL 311 tude, des la constatation dune lésion de la bouche ; car 1ls savent qu un délai de quelques semaines et parfois même de quelques jours, peut permettre à un cancer bien localisé, d\u2019aller coloniser dans les ganglions régionaux et de devenir difficilement curable, sinon ineu- rable.Aussi, ne doit-on jamais prendre une attitude expectante devant une lésion indéterminée de la bouche, de crainte qu'elle ne soit maligne et qu'elle évolue au delà du stade de curabilité.De même, ne doit-on jamais instituer un traitement symptomatique pour une lésion buccale suspecte de malignité.sans avoir au préalable éliminé le cancer.La seule conduite à tenir en présence d'une lésion douteuse de la cavité buccale, est de faire immédiatement un diagnostic de certitude (biopsie) et d'instituer le plus tôt possible un tral- tement adéquat.PRONOSTIC ET TRAITEMENT DES CANCERS DE LA BOUCHE Le pronostic et le traitement d'un cancer de la bouche, varient avec sa nature histologique, sa forme clinique.son siège anatomique et sa phase d'évolution.Nature histologique Nous savons que la majorité des cancers de la bouche sont des épithéliomas spino-cellulaires; mais nous n\u2019ignorons pas non plus que certains de ces épi- théliomas contiennent un pourcentage plus élevé de cellules non différenciées que d\u2019autres et qu'ils ont une évolution clinique plus rapide, qu'ils métasta- sent plus fréquemment et qu'ils sont plus malins que les autres. 312 ÉDITORIAL Parce que ces épithéliomas sont moins différenciés, plus radiosensibles que les autres, cela ne signifie pas qu\u2019ils guérissent dans une plus grande proportion que les autres.Car, s'ils répondent mieux que les autres au traitement radiothérapique, en revanche ils ont une évolution plus rapide et un pouvoir métastasant plus accentué.En sorte qu\u2019ils demeurent plus graves et moins curables que les autres.Il y a avantage dans ces cas, à Irradier la région après la résection des ganglions.En nous renseignant sur la nature histologique d\u2019une lésion de la bouche, l'examen histologique nous guidera donc dans la conduite thérapeutique à tenir, en même temps qu\u2019il nous permettra de faire un pronostic sur l\u2019évolution de la maladie.D'où l\u2019importance de prélever une biopsie sur toute lésion de la bouche pouvant être cancéreuse.Forme clinique Non moins importante que la nature histologique d\u2019un cancer, est sa forme clinique pour l\u2019établissement d\u2019un pronostic et surtout pour le choix d\u2019un traitement.La forme leucoplasique ou superficielle, quoique étant la plus douloureuse, est la moins métastasante et conséquemment la plus fréquemment curable.Elle se traite habituellement par la radiumthérapie de surface ou par la roentgenthérapie superficielle, plus simple et plus rapide que la pre- cédente, sans compter qu\u2019elle ne nécessite pas l\u2019hospitalisation.Quand il n\u2019existe aucun ganglion cervical palpable, la surveillance attentive du patient nous semble être la conduite la plus logique à tenir.Mais L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 lorsqu'un ganglion est palpable, l\u2019extirpation radicale de tous les ganglions sous-maxillaires sis du côté envahi, nous paraît indispensable.Après quoi, une irradiation de la région opérée peut-être recommandée s\u2019il s'agissait d\u2019un épithélioma peu différencié.Le traitement radiothérapique des ganglions inopérables est très décevant.L\u2019implantation de grains d\u2019or radioactif dans les adénopathies cancéreuses fait poindre l\u2019espoir de résultats plus favorables que ceux de la roent- genthérapie pénétrante et même de la gammathérapie externe (Radium ou Cobalt 60).La forme végétante ou bourgeonnante, caractérisée par un chou-fleur friable, à base indurée, a un assez bon pronostic et répond assez bien aux radiations.L\u2019insertion d\u2019aiguilles de radium dans sa base, lorsqu\u2019elle est possible, semble étre la thérapeutique la plus efficace pour sa guérison, bien que la tendance actuelle des radiothérapeutes soit de traiter tous les épithéliomas de la bouche quels qu\u2019ils soient, par la roentgenthérapie, soit externe, soit intra-cavitaire.La forme creusante ou ulcérante, qui forme une plaie dont le fond et les bords indurés ont une tendance à saigner, donne très fréquemment des métastases et se guérit difficilement.La radiothérapie externe pénétrante, ou mieux la radiothérapie interstitielle (aiguille de radium ou de cobait 60), sont les modalités thérapeutiques qui conviennent le mieux à cette forme de cancer.Les ganglions lymphatiques qui l\u2019accompagnent doivent, s\u2019ils sont opéra- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 bles, être enlevés par une dissection large d\u2019emblée de la région cervicale.La forme interstitielle ou infiltrante, qui envahit les tissus en profondeur et gêne les mouvements des muscles, est très métastasante et très difficilement curable, done d'un pronoctic tres sombre.Pour cette forme, comme pour la forme ulcérante, la radiothérapie externe pénétrante et la radiothérapie interstitielle (aiguilles radioactives) constituent les procédés thérapeutiques de choix.Et nous sommes enclins à penser que les auteurs français qui recommandent l'enlèvement systématique de tous les lymphatiques sous-maxillaires et carotidiens, méme si aucun ganglion n\u2019est palpable, ont raison pour cette forme de cancer.En tout cas, il est indiscutable que l\u2019extirpation radicale des lymphatiques du cou s'impose dès la découverte d\u2019un ganglion cervical accompagnant un cancer infiltrant de la langue ou du plancher buccal.Si le pronostic et la thérapeutique d\u2019un cancer varient avec la nature histologique et avec la forme clinique de ce cancer, ils varient aussi avec son siège.Siège anatomique Le traitement d\u2019un cancer de la lèvre inférieure est beaucoup plus facile que celui d\u2019un cancer de la base de la langue; les métastases sous-men- tonnières ou sous-maxillaires antérieures des cancers de la lèvre inférieure sont plus facilement opérables et plus curables que les métastases sous-ma- xillaires postérieures et carotidiennes des cancers de la base de la langue.On peut dire d\u2019une manière géné- ÉDITORIAL 313 rale, qu\u2019à structure histologique et à forme clinique semblables, un cancer de la bouche est d'autant plus grave et d\u2019autant plus difficilement curable qu\u2019il est situé plus profondément.C\u2019est une constatation statistique qu'un cancer de la lèvre inférieure guérit deux fois plus facilement qu'un cancer de la langue; qu\u2019un cancer de la portion antérieure de la langue est plus curable qu\u2019un cancer de la portion postérieure ; enfin qu\u2019un cancer de la partie antérieure du plancher de la bouche a plus de chances de guérison qu\u2019un cancer du sillon gingivo-lingual.C\u2019est aussi un fait d\u2019observation, qu\u2019un cancer développé en plein tissu mou (lèvre inférieure \u2014 langue) est plus curable qu\u2019un cancer avoisinant un cartilage ou un os (sillon glosso- épiglottique \u2014 sillon du plancher buccal \u2014 gencive).Non seulement le pronostic d\u2019un cancer de la bouche, mais encore la modalité thérapeutique qui lui convient le mieux varient avec son siège anatomique.Alors qu\u2019un petit cancer de la lèvre inférieure guérit très bien par la contactothérapie (roentgenthérapie très superficielle), un petit cancer de la partie antérieure de la langue guérit moins bien par cette modalité radio- thérapeutique que par la radiothérapie interstitielle.On observe également qu'un ganglion sous-mentonnier ou sous - maxillaire antérieure récidive moins fréquemment après une extirpation radicale, qu\u2019un ganglion sous- angulo-rétro-maxillaire ou carotidien.Aussi, un traitement roentgenthérapi- que post-opératoire est-il plus nécessaire pour les ganglions carotidiens que pour les ganglions sous-mentaux ou sous-maxillaires. 314 Phase d'évolution Certes, certains cancers sont pratl- quement incurables dès leur début, en raison de leur nature histologique et de leur siège, mais d\u2019une manière générale, on peut dire qu\u2019un cancer de la bouche comme tout autre cancer, est d'autant plus curable qu\u2019il est tral- té plus à son début.D'où l'extrême 1m- portance de le diagnostiquer précocement.Cette tâche, pleine de responsabilité, incombe aux médecins praticiens et aux dentistes à qui les patients se confient d'abord pour une lésion de la bouche.Le diagnostie différentiel d\u2019un cancer de la bouche d'avec une ulcération traumatique, une lésion syphilitique, un ulcère tuberculeux ou un granulome, est loin d\u2019être facile.Aussi, croyons-nous sage de considérer une lésion indéterminée de la bouche, comme étant une lésion cancéreuse, jusqu\u2019à ce que l'examen histologique en ait fait un diagnostic précis.C'est alors seulement qu\u2019une thérapeutique appropriée devra être instituée.Au stade d\u2019état, le diagnostic d\u2019un cancer de la bouche est facile: sa base ligneuse, son infiltration, son indolence en constituent des signes fondamentaux.C\u2019est pour les cancers ayant atteint cette phase que nous avons fait les considérations précédentes sur le pronostic et le traitement des cancers de la bouche.Lorsqu'ils avaient atteint la phase d'extension aux organes voisins, les cancers de la bouche étaient considérés jusqu'ici comme incurables.Ce- EDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 pendant, la résection large des cancers de la gencive ayant envahi le tissu osseux en même temps que des adénopathies sous-maxillaires fixées à l'os, et la diathermo-coagulation de cancers étendus de la bouche, suivie d'un eu- rage radical large des ganglions cervicaux, ont donné des résultats inespérés qui éveillent l\u2019espoir de guérir des formes très évoluées de cancer pour lesquelles aucune guérison n\u2019était possible.Dans les grosses adénopathies cervicales inopérables, que l\u2019on sait être ineurables par la radiothérapie externe, l'introduction de nombreux grains d\u2019or radioactif dans toutes les parties du tissu cancéreux, aurait donné à Londres, des résultats jamais obtenus pa» aucun autre traitement.Sans aller jusqu'à croire que nous arriverons un jour à guérir couramment les cancers de la bouche qui sont actuellement incurables, espérons du moins que nous pourrons ralentir leur évolution et diminuer les souffrances qu\u2019ils causent.Car notre rôle à nous médecins n\u2019est pas seulement d'essayer de guérir le plus grand nombre possible de cancers de la bouche, en les diagnostiquant précocement et en les traitant adéquatement, mais encore d'aider par tous les moyens possibles les patients qui sont atteints de cette pénible affection.et même d'essayer dans la mesure de notre pouvoir, d'améliorer le triste sort des pauvres incurables qui gémissent dans des taudis.Origène DUFRESNE. HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE ee + CONTRÔLE DE LA \u201cSCARLATINETTE\u201d! Lorenzo TURCOTTE, D.P.H., C.S.P.Q., Directeur, Unité Sanitaire du Comté d\u2019Argenteuil.Des maladies contagieuses communes, la scarlatine est une des plus intéressantes à contrôler, parce que les résultats sont habituellement proportionnels à l\u2019effort.Il est presque illusoire, on le sait, d\u2019essayer d\u2019enrayer une épidémie de varicelle, ou de rougeole parce qu\u2019il s\u2019agit là de maladies à virus, contagieuses 24 et même 48 heures avant l\u2019apparition des symptômes caractéristiques.Lors même qu\u2019on y parviendrait, tout ce que l\u2019on obtiendrait, je crois, sera l\u2019avancement du cycle épidémique, car ces maladies apparaissent lorsque le pourcentage des enfants non immunisés par une atteinte antérieure devient trop élevé.C\u2019est pourquoi, dans la rougeole, le rôle de l\u2019hygiéniste consiste surtout à protéger les moins de deux ans, par la gamma-globuline.Au contraire, le temps employé à combattre la scarlatine est nécessaire et fructueux.DECLARATION DE PRINCIPES Dans le contrôle de la scarlatine il y a quelques principes de base que nous connaissons sans doute mais que je me permets de résumer brièvement.Premier principe.Au point de vue contrôle, l\u2019angine streptococcique et la scarlatine doivent être considérées comme une même maladie, parce qu\u2019elles ont un même agent causal.Ceci est clairement indiqué dans le manuel qui nous est familier: Prophylaxie des maladies contagieuses de l\u2019homme.Edition de 1953, page 169, où nous lisons à peu près ceci: « La fièvre scarlatine est en réalité une angine streptococcique au cours de laquelle I\u2019agent 1.Communication au XXIVe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Ottawa-Hull, septembre 1954.infectieux est capable de produire une toxine érythrogénique, et survenant chez un individu ne possédant pas suffisamment d\u2019immunité vis-a-vis la toxine.» Et au paragraphe suivant on ajoute: « L\u2019angine à streptocoques est une infection scarlatineuse sans éruption.» En d'autres mots, au cours d\u2019une épidémie, Il ne faut pas s'occuper exclusivement des cas de scarlatine, mais il faut également et surtout rechercher les angines à streptocoques et même les rhinopharyngites streptococciques.Deuxième principe.L'aspect clinique de la scarlatine a changé depuis quelques prnnées.Elle est devenue diff1- cile à reconnaître.Nous ne rencontrons plus ces formes classiques d\u2019autrefois avec ces périodes d\u2019éruptions de 6 à 8 jours.Comme preuves, j'en appelle à votre expérience personnelle et à une causerie que le docteur Charbonneau, surintendant de l\u2019hôpital Pasteur, a présenté devant cette même Société d\u2019Hygiène il y a deux ans à Québec, intitulée: « Cette drôle de scarlatine ».Cet aspect bénin de la scarlatine entraîne plusieurs écueils au point de vue contrôle de la maladie.1.Difficulté d\u2019établir un diagnostic certain surtout au début d\u2019une épidémie.2.Difficulté de faire accepter par la famille le diagnostic de scarlatine et un isolement suffisamment prolongé du malade dont les rougeurs ont disparu en 24 ou 48 heures.3.Hésitations du médecin de famille à déclarer les cas dont le diagnostic n\u2019est pas évident.Pour ne pas se compromettre, il appellera l\u2019infection « scarlatinette ».En résumé, le contrôle de la scarlatine nécessite: 1° la connaissance des cas, même des 316 TURCOTTE: SCARLATINETTE cas frustres; 2° l\u2019éducation de la famille, 3° la coopération du médecin traitant.Troisième principe.Les cas de scarlatinette et même les cas d\u2019angine streptococcique ne doivent pas être considérés comme une maladie bénigne et négligeable.Ils doivent, au contraire, être soumis au même contrôle et à un traitement adéquat tout comme les cas réguliers de scarlatine, car ils peuvent entraîner des ennuis graves pour le malade (complications) et son entourage (contaminations).Ce sont ces cas non traités qui sont souvent à l\u2019origine de nos épidémies.Il n\u2019est pas exceptionnel de ne trouver d\u2019autre origine à une infection chez un préscolaire, qu\u2019une angine récente chez sa mère ou plus fréquemment encore chez son père.Quatrième principe.Le traitement des infections streptococciques doit étre suffisamment prolongé et intense.La majorité des pédiatres, je crois, recommandent un traitement d\u2019au moins une semaine de pénicilline.Malheureusement, les parents qui voient les symptômes disparaître après 2 ou 3 jours de traitements, et le fiston reprendre ses espiègleries, voient également d\u2019un mauvais œil le médecin continuer ses visites et ses injections.S'il s\u2019agit d\u2019un traitement par voie buccale, la maman arrêtera souvent d\u2019elle-même les médicaments, croyant son enfant guéri.C\u2019est ici que le médecin hygiéniste, mieux aue le médecin de famille, parce qu\u2019il ne peut être soupçonné d'intérêt personnel, pourra rendre service au malade et à son médecin, en faisant comprendre à la famille la nécessité du traitement prolongé, même après la disparition des symptômes apparents, pour prévenir les complications et la contamination.Il en profitera aussi pour insister sur importance de l\u2019examen d\u2019urine.Cinquième principe.(Ne perdez pas patience, il ne s\u2019agit pas des contes des mille et une nuits.) La période d\u2019incubation de la scarlatine, nous le savons, est courte, habituellement 2 L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 à 5 jours, 10 au maximum.Pourtant, il arrive très souvent que les cas secondaires de scarlatine ne surviennent, même dans la famille du malade, que la deuxième et parfois la troisième semaine après le début de l\u2019infection.Et cela pour les raisons suivantes: Première raison.La scarlatine, contrairement à la varicelle ou à la rougeole, n\u2019est pas excessivement contagieuse et ne semble pas se propager aux contacts avant l\u2019apparition des premiers symptômes chez le malade.D\u2019où il s\u2019ensuit que si l\u2019enfant malade est hâtivement isolé, pour une période suffisamment longue, ou mieux encore, s\u2019il est hospitalisé, les autres membres de la famille sont rarement atteints.Deuxième raison.Au début de sa scarlatine, l\u2019enfant se sentant malade, accepte plus facilement de garder le lit.Après cinq ou six jours cependant, Charlot en a soupé de sa chambre.Parfois, maman réussira à le faire patienter encore quelques jours, mais après 8, 10, 15 jours au plus, Charlot n\u2019a plus de papier tenture à déchirer ni de murs à barbouiller et maman a épuisé tous ses arguments, toutes ses ressources.Charlot sort de sa chambre.pour faire place 3 ou 4 jours plus tard à son frère ou à sa sœur qu\u2019il contamine en sortant.Et la vie recommence.Troisième raison.Trop de parents et même de médecins croient que le scarlatineux et, ici je pense surtout aux cas bénins qu\u2019on appelle « scarlatinette », n\u2019est plus contagieux après huit ou dix jours.Ceci est faux.L'expérience prouve le contraire.Le docteur Charbonneau a d\u2019ailleurs insisté sur ce point dans sa causerie mentionnée antérieurement: « Cette drôle de scarlatine » et le Dr Foley, épidémiologiste de la province, commentant cette présentation, nous a mis en garde contre la tendance, à cause de la bénignité des cas, du retour trop hâtif à l\u2019école.Voici, ce qu\u2019il faut se rappeler dans le contrôle de la scarlatine si on veut s\u2019éviter des échecs.Après quelques jours de traitement aux antibiotiques ou aux sulfa, le malade devient apparemment non contagieux très ra- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 pidement.Mais il ne le reste pas.Quelque temps après l\u2019arrêt du traitement, il redevient contagieux, comme si quelques streptocoques ayant survéeu à l\u2019action thérapeutique reprenaient graduellement leur vitalité et leur pouvoir contaminant en se régénérant.En réalité, les choses se passent peut-être différemment.Une théorie voudrait que l\u2019enfant se reconta- mine au contact des objets de sa chambre, ou d\u2019un autre enfant isolé avec lui.Quoi qu\u2019il en soit, il redevient contagieux, et c\u2019est dans la connaissance ou l'ignorance de ce fait que réside le succès ou l\u2019insuccès du contrôle.Permettez-moi de citer ici deux autorités à l\u2019appui des principes énoncés.Dans la revue Symposium Criba, du mois d\u2019août 1953, page 96, sous la rubrique «Le Consultaire », le professeur Hungerland, directeur de la Clinique pédiatrique à Gienssen, écrivait au sujet du traitement de la scarlatine par la pénicilline, et je cite: « Au Congrès de thérapeutique de 1952, à Karlsruhe, Strôder a indiqué le schéma suivant: cent mille à deux cent mille unités deux fois par jour, par voie intramusculaire, durant 7 jours.Au bout de 4 jours, transférer l\u2019enfant dans une autre pièce « purifiée » après qu\u2019on lui a fait prendre un bain de propreté et lavé la tête.I] doit encore passer 8 jours dans cette pièce «exempte de streptocoques » (dont 3 jours avec traitement à la pénicilline et 5 jours sans ce traitement).Ensuite, il faut, si possible, prélever des frottis dans le nez et le pharynx et voir s\u2019ils présentent encore des streptocoques hémolytiques.Si le résultat est négatif, bien que cette méthode ne soit pas infaillible, on peut mettre fin à l\u2019isolement du malade.Tl est indispensable de procéder tous les 15 jours à un contrôle et, cela, pendant les 6 à 8 semaines suivantes.La plupart des auteurs estiment que l'enfant peut, sauf complications et avec l'autorisation du service sanitaire compétent, reprendre l\u2019école 4 semaines après le début de la scarlatine.» (Fin de la citation).Plus loin dans la même revue, sous la signature du professeur Kundratitz, directeur de TURCOTTE: SCARLATINETTE 317 la Clinique pédiatrique, Vienne, nous lisons: «La thérapeutique souveraine, pour combattre la scarlatine, est la pénicillinothérapie, particulièrement dans les cas de gravité moyenne, pour les formes graves et lors de complications.La dose quotidienne sera, selon la gravité du cas, de dix mille à cinquante mille U./kg., répartie à intervalles de 4, 6, 12 heures, ou bien injectée en dépôt.Pour que le traitement produise tout son effet (rapide régression des manifestations cliniques, rapide disparition des streptocoques, dans les frottis prélevés sur le pharynx, complications moins fréquentes), il faut qu\u2019il soit commencé assez tôt et poursuivi plusieurs jours encore après la défervescence.Le traitement systématique, à la pénicilline, de toutes les affections scar- latineuses, outre l\u2019effet exercé sur la maladie même, abrège la quarantaine, mais il n\u2019entre en ligne de compte que si l\u2019on peut isoler ensemble, par petits groupes, des sujets chez qui le début de la maladie a été à peu près simultané et dont le traitement se terminera presque en même temps.En effet, si le malade continue à séjourner dans un milieu scarlati- neux une fois le traitement de protection à la pénicilline achevé, il court le risque de complications et de récidives.La durée de la pénicillinothérapie doit être de 7 jours au moins.» (Fin de la citation).MÉTHODES DE CONTRÔLE Théoriquement, la scarlatine pourrait se contrôler si tous les cas d\u2019infection streptococciques des voies respiratoires supérieures étaient isolés d\u2019une facon hâtive, parfaite et prolongée.Malheureusement, Charlot restera toujours Charlot, maman aura toujours un cœur de maman, papa craindra toujours les comptes du médecin, la scarlatine s\u2019appellera encore la scarlatinette et le streptocoque ne deviendra jamais macroscopique.C\u2019est pourquoi, en plus des moyens habituels de contrôle-enquêtes, surveillance des écoliers, isolement des suspects, désinfection au 318 TURCOTTE: SCARLATINETTE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 cours de la maladie, etc, nous avons adoptéde préférence différent de celui employé au la prophylaxie par les sulfamidés et les antibiotiques.Permettez-moi de résumer brièvement ici les méthodes employées et les résultats obtenus dans le comté d\u2019Argenteuil avec ces médicaments.Nous utilisons deux méthodes: l\u2019une dans la famille du malade, l\u2019autre à l\u2019école.1.Méthode de contrôle dans la famille du malade.Nous l'avons dit, il est presque illusoire d\u2019essayer d\u2019obtenir un isolement effectif à la maison.Il faut donc tenter de rendre le malade non contagieux le plus rapidement possible, ct surtout de l'empêcher de redevenir contagieux.La méthode que nous employons demande la coopération de la famille, du médecin et de l\u2019hygiéniste, mais une fois obtenue, nous pouvons promettre à la famille qu\u2019il n\u2019y aura pas de cas secondaires, quelque soit le nombre d'enfants à la maison, même si l\u2019isolement n\u2019est pas parfait.Nous savons que les sulfamidés, même à faible dose sont très efficaces comme moyens de prévention contre la scarlatine.Par contre il n\u2019est pas recommendable évidemment d\u2019en donner pendant 28 jours et il n\u2019est pas toujours possible de placer les enfants non malades chez grand-mère.Voici en quoi consiste cette méthode: A.\u2014 Pour le malade.1.Traitement à la pénicilline si possible ou au moins aux sulfa pendant une semaine.2.Désinfection du malade et de la chambre, la quatrième ou cinquième journée après le début du traitement pour éviter la réinfec- tion du patient.Bien que recommandable, cette désinfection est difficile à obtenir.Toutefois, même si elle n\u2019est pas faite, elle n\u2019entraîne pas l\u2019échec du traitement.3.Cinq à sept jours après l\u2019arrêt du traitement, reprise pour une autre semaine, cette fois à dose prophylactique avec un triple sulfa cours de la première semaine.Après ce traitement qui nous amène habituellement à trois semaines de maladie, nous considérons le malade comme non contagieux, et le retour à l\u2019école est autorisé sur avis du médecin traitant.S1 le traitement prophylactique, c\u2019est-à-dire la deuxième série de sulfa ou de pénicilline n\u2019est pas donné, l\u2019enfant n\u2019est admis à l\u2019école qu'après la quatrième semaine.B.\u2014 Pour les contacts.1° Traitement prophylactique.Aussitôt que possible après la début de la maladie, les autres membres de la famille prennent des sulfa (de préférence un tri-sulfa qui présente moins de danger) à la dose de un demi-comprimé de 50 centigrammes trois fois par jour pendant une semaine.2° Exclusions.1.Les contacts adultes qui ne présentent aucun symptôme d'infection streptococcique peuvent vaquer à leur emploi habituel, sauf st ce travail les amène en contact avec des enfants ou des aliments, par exemple: producteur de lait, instituteur, gardienne d\u2019enfants.Dans ce cas, ils doivent demeurer en dehors de la maison en plus de prendre des sulfa.2.Pour les contacts enfants (frères et sœurs du malade).La période d\u2019exclusion de l\u2019école est variable selon que l\u2019enfant continue ou non à demeurer avec le malade et selon qu\u2019il y ait eu traitement prophylactique on non.Nous avons adopté les périodes d\u2019isolement suivantes: a) 28 jours si cohabitation sans sulfa;! b) 21 jours si cohabitation et sulfa; 1.Le docteur A.-R.Foley, épidémiologiste, nous informe qu\u2019il y a deux facteurs d\u2019infectiosité dont on devrait tenir compte: le facteur Âge et le facteur saison.«Il semble, dit-il.d\u2019expérience générale, sous notre climat que: a) l'hiver, un adolescent de 15 ans et plus se libérera en 3 semaines quand les plus jeunes en prennent quatre.et b) l\u2019été en 2 semaines pour les adolescents et 3 semaines pour les plus jeunes.Il s\u2019agit ici d\u2019enfants qui ont une gorge saine.» L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 c) 10 jours sans cohabitation ni sulfa; d) 6 jours sans cohabitation avec sulfa.La méthode que nous venons de décrire nous a donné d\u2019excellents résultats depuis trois ans.A notre connaissance et a la connaissance des infirmières visiteuses de notre Unité Sanitaire, nous n\u2019avons jamais eu de cas secondaires lorsque le traitement a été suivi tel que décrit même dans les familles nombreuses quelles que soient les conditions d'isolement du malade.Il est essentiel toutefois que le malade recoive la deuxième série de traitement sans quoi il survient des cas secondaires vers la troisième ou quatrième semaine.C\u2019est la condition «sine qua non» du succès.Modification de la méthode.Une modification de cette méthode nous a été suggérée par le docteur Jean Garon, d\u2019Hu- berdeau, au cours d\u2019une épidémie de scarlatine dans cette localité.Cette méthode consiste à remplacer le traitement prophylactique des sulfa par l\u2019emploi chez les contacts ou le malade, ou les deux, d\u2019une injection de pénicilline à longue action qui, comme on le sait, est supposée par son absorption lente maintenir une concentration faible mais prolongée de pénicilline dans le sang pendant une quinzaine de jours.Employée dans les conditions décrites plus haut les résultats semblent superposables à ceux obtenus avec les sulfa à condition toujours que le malade reçoive sa deuxième série de traitement.A la suite d\u2019une éclosion dans une institution de 350 pensionnaires, le docteur Garon a donné une injection de pénicilline à action retardée à tous les enfants.Aucun autre cas n\u2019a été enregistré par la suite.Il ne semble pas toutefois que la protection par la pénicilline à longue action dure 15 jours.En effet, lorsque cette pénicilline est donnée à des contacts alors que le malade ne reçoit pas le deuxième traitement, les cas secondaires de scarlatine apparaissent vers la treizième ou la quinzième journée.Dans une famille, le cas secondaire est apparu 10 jours après l\u2019injection.TURCOTTE: SCARLATINETTE 319 L\u2019un des principaux avantages de la méthode de la pénicilline L.A.sur celle de la sulfa, c\u2019est la certitude que le médicament a été donné.Un jour peut-être l\u2019hygiéniste donnera-t-il une injection de pénicilline L.A.aux contacts de scarlatine, comme il donne aujourd\u2019hui une injection de rappel de vaccin D.C.T.aux contacts de coqueluche.Il devra, cependant, dans ce cas retourner vers la huitième ou la dixième journée, pour en donner une également au malade lui-même.2.Méthode de contrôle dans les écoles.Lorsqu\u2019une épidémie de scarlatine débute dans une école, nous tentons de l\u2019enrayer par les moyens ordinaires: examens des mains, de la gorge et du journal d\u2019appel.Il n\u2019est pas exceptionnel de trouver un enfant dont les mains desquament légèrement, et le journal augmente nos soupçons en indiquant une absence de quelques jours, environ deux semaines plus tôt.En questionnant l\u2019enfant, nous apprendrons probablement qu\u2019il a vomi, qu\u2019il à eu mal à la gorge, peut-être même nous dira- t-il qu\u2019il à eu des rougeurs.La mère questionnée à son tour, niera tout ou trouvera des explications à ces symptômes.Mais il est trop tard, notre conviction est inébranlable.Cependant, le ou les porteurs ne sont pas toujours si facilement décelables.On a quelquefois l'impression d\u2019avoir affaire à plusieurs porteurs méconnus.L\u2019épidémie continue.La Commission Scolaire s\u2019inquiète, parle de fermer les écoles, surtout si un des commissaires a un enfant à l\u2019école et qu\u2019il est producteur de lait.Je ne vous parlerai pas de la futilité de la fermeture des classes comme moyen de contrôle de la scarlatine.Elle retarde l\u2019épidémie, il est Vrai, mais la prolonge en nuisant au contrôle.Lorsque nous ne croyons pas pouvoir réprimer une épidémie dans une école, nous recommandons à la Commission Scolaire la méthode des sulfa pris à l\u2019école même, non seulement par tous les élèves, mais également 320 TURCOTTE : SCARLATINETTE par le personnel enseignant, le concierge, les chauffeurs d\u2019autobus scolaires.Dans un cas, le curé a lui-même insisté pour être inclus cause, disait-il, des = dans le traitement, à L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 le mille, a un goût assez agréable pour être croqué et avalé sans recourir à la fontaine.Le traitement débutera un lundi matin de façon à pouvoir se poursuivre durant 5 jours l'automne 1948.20 Les deux graphiques représentent la même éclosion, l\u2019un, celui du haut, indique l\u2019incidence des cas de scarlatine rapportés en semaines; l\u2019autre, en jours, d\u2019après la date du début de la maladie.30 Il s\u2019agit d\u2019une éclosion de scarlatine dans une école d\u2019une petite localité située à l\u2019extrémité nord du comté recevant un peu plus d\u2019une centaine d\u2019élèves venant du village et des rangs.40 Aucun cas de scarlatine n\u2019avait été rapporté dans cette municipalité depuis plus de cinq ans, nous étions donc en droit de nous attendre à une épidémie d'envergure.50 Ce qui avgmentait nos appréhensions, c\u2019était: a) l\u2019absence de médecins en dedans d\u2019un rayon de 9 milles; b) la pauvreté de la majorité des résidents; c) la saison avancée: déjà la neige me- nacait de rendre difficile les déplacements dans les rangs.6° Pour ces raisons et parce que la plupart des élèves avaient été exposés à la contagion, nous Si la Commission Scolaire accepte, il reste à décider du choix du médicament à employer.Nous donnons la préférence au triple sulfa en comprimés aromatisés de 30 centigrammes.Un de ces produits qui se vend moins de $20.confessions.sans interruption.CONTROLE DE LA SCARLATINE TABLEAU 1 LOCALITE 1 Nombre 2e Semaine de 4 Dec.Node cas 2 o 1H M Rn nm | 19 10 20 27 9 Oct, 1948 Nov.1948 Explications du tableau I.\u2014 10 Nous sommes à proposons pour la première fois à une Commission Scolaire le traitement des sulfa.Elle accepte.C\u2019était le 24 novembre 1948, le 25 les médicaments sont commandés, mais reçus trop tard pour être administrés le lundi suivant.Nous avions alors 4 cas de scarlatine.Bientôt deux autres cas s\u2019y ajoutent.Enfin, le 6 décembre, le traitement est commencé et continué pour 10 jours.Résultats.\u2014 Aucun autre cas n\u2019est enregistré et.chose étrange, aucun autre cas de scarlatine n\u2019a été enregistré dans cette municipalité jusqu\u2019à aujour- d\u2019hui, bien que notre infirmière visite cette école régulièrement.Bilan.\u2014 a) Six cas de scarlatine sur 108 élèves distribués dans quatre familles; b) 1700 comprimés de 7% grains de sulfathiazol furent achetés au coût de traitement d\u2019un seul cas de scarlatine lorsque le médecin demeure à plus de 9 milles.Soit exactement $14.20.Si c\u2019est une école de plusieurs classes, le professeur est responsable de la distribution et de la surveillance de la prise du médicament, ce qui ne nous empêche pas de trouver de temps à autre un ou deux comprimés au L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 fond du panier à papier.Mais les récalcitrants sont rares, car les ordres sont sévères, et l\u2019enfant est averti qu\u2019il risque l\u2019exclusion ou TURCOTTE: SCARLATINETTE 321 et l\u2019innocuité du traitement aide à obtenir une bonne coopération.Un comprimé de 5 grains est donné trois CONTROLE DE LA SCARLATINE TABLEAU 11 LOCALITE 2 © +» © © œ Nombre ° de = cas * 4 2 0 yr I] rr rrr TY le 3e 5e] 2e 2e Let 2e 2e 4e Semaine de Sept.Oct.Nov.Dec.1951 Node cas 2 0 27 29 \" 1 2 Sept.1951 Oct.1951 Explications du tableau II.\u2014 Ce tableau repré- lors de notre enquête le 4 octobre, cette desquamation sente une éclosion de scarlatine dans une toute petite école de rang située au sud du comté.Nous sommes à la fin de septembre 1951.32 élèves seulement fréquentent cet école.Le 4 octobre nous sommes informés par l\u2019institutrice qu\u2019il y a de la scarlatine à l\u2019école.6 cas sont dépistés.Ces six cas appartiennent à deux familles indigentes.Aucun médecin n\u2019a été demandé.Dans une de ces familles, nous relevons chez le père une histoire d\u2019angine infectieuse survenue vers le 20 septembre.Par la suite, ce monsieur a présenté une desquamation exceptionnellement marquée en doigts de gant, comme nous n\u2019en avons jamais vu.Toutefois, une injection de pénicilline s\u2019il est pris à saboter le traitement.Une harangue de quelques minutes au début du traitement pour expliquer la gravité de la scarlatine, l\u2019efficacité n\u2019était pas encore apparente.Nous avions inscrit à cette époque sur notre formule d\u2019enquête comme origine de la maladie: « Angine chez le père», sans être trop convaincus et nous ne trouvions pas d\u2019explication à l\u2019infection des malades de l\u2019autre famille.Quoi qu\u2019il en soit, les commissaires au courant de l'épidémie s\u2019inquiètent : quelques-uns sont producteurs de lait.On veut fermer l\u2019école.Le traitement préventif est suggéré.On l\u2019accpete.Le traitement est commencé à l\u2019école, mardi le 9 octobre, le lundi étant jour d\u2019Action de Grâces.Le traitement se poursuit pendant 10 jours.Bilan: Six cas de scarlatine.Coût: $25.00.fois par jour, pendant 5 jours, le matin à l\u2019arrivée, le midi et le soir quelques minutes avant le départ et doit être pris en présence du professeur. 322 Les éléves de premiére année qui partent à onze heures l\u2019avant-midi, ne reçoivent que deux pilules de 5 grains par jour.TURCOTTE: SCARLATINETTE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 ne sont réadmis à l\u2019école qu\u2019après avoir pris le traitement préventif.Dans une localité, au cours d\u2019une épidémie, CONTROLE DE LA SCARLATINB TABLEAU LOCALITE m 3 Nombre ; de ë cas = i 2 le % 4 \"2e \u201c 2e \u20182e Le Semaine de Mars Avril Mai Juin 1982 os de cas 2 21 23 24 25 28 4 fr Mars 1952 Avril 1952 Mai 1952 Explications du tableau III.\u2014 L\u2019épidémie représentée sur le tableau III est survenue dans une école anglaise d\u2019un village bilingue de 3000 de population au sud-est du comté.Nous sommes en mars 1952, année épidémique dans la province.Approximativement 300 élèves fréquentent cette école.Le premier cas survient le 21 mars, mais n\u2019est connu que le 27.Le premier cas à être déclaré le fut le 24 mars par un médecin.Le 25, nous dépistons un autre cas.Le soir du même jour un autre médecin nous rapporte 3 cas.Le lendemain, entrevue avec le secrétaire de Ju Commission Scolaire qui se met en communication avec les Commissaires.On décide d\u2019accepter le traitement par sulfa.Vendredi le 28, le docteur Foley est mis au courant par téléphone de l\u2019épidémie et du projet de contrôle par sulfa.Samedi, le 29 mars, un autre cas nous est déclaré.Le lundi 31 mars, nous étions prêts à commencer le traitement.Une garde-malade privée avait même Pour des raisons d\u2019hygiène, nous préférons les 30 centigrammes aux 50 centigrammes, qu\u2019il faut sectionner.Les élèves retenus à la maison pour une raison ou pour une autre durant cette semaine, été engagée par la Commission Scolaire pour passer la semaine à l\u2019école même.Le traitement dura du 31 mars au 4 avril.L\u2019infirmière prenait note par écrit, chaque jour, du nombre de comprimés distribués, des absences, avec leurs raisons et des résultats dans chaque classe.Un seul cas de scarlatine est survenu chez des écoliers après le début du traitement.Il s\u2019agissait d\u2019une fillette de 9 ans qui était absente de l\u2019école la semaine du traitement à cause de son frère malade de scarlatine depuis le 28 mars.Les conditions étaient extrêmement mauvaises et la coopération nulle.Le frère malade se promenait partout dans la maison.Par la suite, aucun autre cas à l\u2019école, sauf un cas douteux le 30 mai soit deux mois plus tard, qui n\u2019entraîna d\u2019ailleurs aucun cas secondaire.Bilan: 8 cas en incluant le cas douteux du 30 mai.répartis dans 5 familles pour une école de 300 élèves.Coût : $5436.Le médicament employé fut le sulfathiazol sous forme de dulcet de 5 grains.la municipalité a payé les sulfa donnés aux préscolaires qui étaient exposés à la contagion à cause d\u2019un cas de scarlatine dans la maison, en même temps que la Commission Scolaire payait ceux donnés à l\u2019école. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 TURCOTTE: SCARLATINETTE 323 No.de cas CONTROLE DE LA SCARLATINE TABLEAU 1V 15\u2014 Loc.4 pu 10\u2014 Controle par i 5 \u2014 0 | f 3e E le 3e 5 Oct.Nov.Dec.Janv.Fev.Mars Avril Mai Juin 1952 1953 10 Dec.5 5 Controle par bsolement sans sulfa.0 Sept.Nov.1952 Explheatlions du tableau IV.Ici nous avons mis en regard deux épidémies survenant vers le même temps dans deux groupes de localités différentes.La localité 4 est soumise au contrôle par sulfa, tandis que la localité 5 refuse et est contrôlée par isolement seulement.Dans le tableau du haut (localité 4) il s\u2019agit d\u2019une épidémie s\u2019étendant à 4 municipalités situées au nord- ouest du comté mais dont tous les enfants fréquentaient soit l\u2019école catholique soit l\u2019école protestante.L\u2019épidémie s\u2019était propagée aux deux écoles parce que quelques-uns des enfants des deux écoles voyageaient dans le même autobus.C\u2019est pourquoi il fut nécessaire d\u2019employer les sulfa dans les deux écoles en même temps.À cause de l\u2019épidémie d\u2019influenza de février-mars 1953, l\u2019épidémie de scarlatine ne fut découverte que tardivement à la fin de mars.Le graphique montre que durant la seule semaine du 12 au 18 avril (2ème semaine) il y eut 16 cas.Deux autres cas surviennent le 20.Le même jour, lundi le 20 avril, le traitement aux sulfa est commencé.Evidemment, tous les cas connus étaient isolés et tous les contacts scolaires et préscolaires dans les familles des scarlatineux reconnus ou suspects étaient mis également sous sulfa.La coopération des autorités municipales et scolaires, le dévouement des médecins et la compréhension des parents grâce à une exhortation du curé, tout ça a été obtenue d\u2019une façon presque idéale.Résultats: Aucun autre cas de scarlatine n\u2019a étè enregistré dans ces quatre municipalités après la première journée de traitement, i.e.le 20 avril.Bilan: 45 cas pour une région ayant 392 écoliers.Si l\u2019épidémie avait été reconnue plus tot et les sulfa donnés à la cinquième semaine de mars au lieu de la troisième semaine d\u2019avril, nous sommes en droit de supposer qu\u2019au moins 33 ou 34 cus uuraient été évités.Il est intéressant de noter, je crois, que dans cette épidémie nous avions affaire à un nombre considérable de familles exceptionnellement nombreuses.Grâce aux sulfa donnés par la municipalité aux préscolaires des familles atteintes par la scarlatine, aucun cas secondaire n\u2019est apparu dans ces familles après le 20 avril et de cela nous sommes certains, car toutes ces familles furent visitées régulièrement jusqu\u2019à la fin de la période de contagion afin de déterminer la date de retour à l\u2019école et de s\u2019assurer de l\u2019efficacité du traitement.Population totale: environ 2150 personnes.Coût: pour les deux commissions scolaires et lu municipalité: tout près de $140.00; 7000 tablettes furent employées (tri-sulfa aromatisé de 30 centigrammes).La deuxième partie du tableau (localité 5) représenté une épidémie survenue dans un village du sud- ouest du comté où il y a deux écoles, l\u2019une catholique, l\u2019autre protestante; cette dernière étant ce que l\u2019on appelle école centralisée, recevant des enfants de municipalités voisines.Dans ces deux écoles, il y avait approximativement 475 enfants.L\u2019épidémie a durée plus d\u2019un an, passant de l\u2019état endémique à l\u2019état épidémique et vice versa, comme le montre le graphique du bas.La méthode de contrôle par les sulfa n\u2019a pas été employée.Les arrêts temporaires de l\u2019_épidémie sont dus au contrôle par isolement seulement.Si les sulfa avaient été donnés, je suis persuadé que nous aurions obtenu ici comme ailleurs ce que j'appelle le «grand silence ».Bilan: 44 cas de scarlatine.475 enfants fréquentaient ces deux écoles.Population: environ 2200 personnes . 324 TURCOTTE: SCARLATINETTE Le traitement préventif des sulfa à tous les élèves d\u2019une école a été donné pour la première fois dans le comté d\u2019Argenteuil, en novembre 1948.Par la suite, quatre autres écoles et un orphelinat en ont bénéficié.Les réactions.Les réactions sont, en général, rares et très bénignes, et consistent surtout en nausées et, quelques fois, en vomissements.Nous n\u2019avons eu qu\u2019un seul cas de rash chez un enfant qui recevait le traitement à la maison.La plupart des plaintes sont d\u2019ordre psychologique et contagieux; il suffit qu\u2019un élève d\u2019une classe se plaigne pour que plusieurs autres suivent son exemple.Les résultats.Le résultats furent toujours identiques : arrêt immédiat et définitif de l\u2019_épidémie.On a nettement l'impression d\u2019avoir fait disparaître tous les porteurs.C\u2019est le grand silence, le grand calme après la tempête d\u2019inquiétude.* * * Les tableaux suivants montrent ces résultats, bien que d\u2019une façon imparfaite, parce L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 qu\u2019ils ne font pas voir les cas suspects qui accompagnent une épidémie et qui disparaissent avec le traitement.Résumé La scarlatine, la «scarlatinette », l\u2019angine à streptocoques et la rhinopharyngite streptococcique, ayant une même étiologie, doivent être considérées comme une même maladie.Ces infections capables de produire des complications graves, doivent être prises au sérieux et traitées en conséquence.Le traitement rend le malade non contagieux rapidement, mais il redevient contagieux très souvent quelques jours après l\u2019arrêt du traitement, et c\u2019est fréquemment à cette périodc qu\u2019il propage son infection.Tout programme de controle doit tenir compte de ce fait.L\u2019auteur préconise comme moyen d\u2019empêcher le scarlatineux de redevenir contagieux une deuxième série de traitement au sulfa ou aux antibiotiques, 5 à 7 jours après l\u2019arrêt du premier traitement. LA SANTÉ À MONTRÉAL EN 1954! Ad.GROULX, M.P.H., Directeur du Service de Santé de la ville de Montréal.Les statistiques démographiques révèlent que cette année l\u2019état de santé de la population a été remarquablement bon, qu\u2019il y a eu une nouvelle baisse de la mortalité générale et de presque toutes les causes de décès.En effet, le taux de la mortalité générale qui, l\u2019an dernier, était de 9,4 par 1000 de population, est descendu pour l\u2019année courante à 8,9.Nous avons enregistré 9 471 décès en 1954, comparativement à 9 868 l\u2019an dernier, soit 397 décès de moins, malgré une augmentation de la population.La mortalité maternelle reste au même taux de 1,1 par 1 000 naissances vivantes.Quant à la mortalité infantile, c\u2019est-à-dire les décès survenus chez les enfants âgés de moins d\u2019un an, elle accuse encore une diminution cette année avec un taux de décès de 84,6 par 1 000 naissances vivantes, comparativement à 36,9 en 1953.La mortalité attribuable à la diarrhée infantile chez les mêmes enfants de 0-1 an est descendue à 1,6 par 1000 naissances vivantes contre 2,2 l\u2019an dernier.Je désire rappeler ici que ce taux de mortalité était autrefois la première cause de mortalité chez les bébés.Les statistiques démontrent encore une baisse appréciable du taux des décès dus aux maladies propres à la première enfance qui est passé de 52,9 en 1953 à 49 en 1954.Si l\u2019on se rappelle que, dans ce secteur sont comprises les lésions obstétricales, l\u2019asphyxie et l\u2019infection du nouveau-né, l\u2019on comprendra comment un meilleur état de santé général des femmes enceintes assure plus de chances de survie au nouveau-né et le met davantage à l\u2019abri de ces trois risques, congénital, alimentaire et infectieux qui étaient autrefois chez- 1.Causerie prononcée à l\u2019émission « Tribune des conférenciers de CKAC \u2014 Quart d'heure de Concor- dia », lundi, le 20 décembre 1954, à 10 h.30 p.m.nous la cause d\u2019une mortalité infantile et surtout néonatale très élevée.Quant à la mortalité par tuberculose, il y a une diminution sensible encore cette année et son taux n\u2019est plus que de 13,9 par 100 000 de population, comparativement à 19,5 l\u2019an dernier et 74,7 il y a dix ans.Malgré cette amélioration très appréciable dans la mortalité attribuable à la tuberculose, nous notons une très faible amélioration dans sa morbidité.Si la mortalité est diminuée dans une proportion de 30%, la morbidité n\u2019est baissée que d\u2019un peu moins de 10%.Il est important, pour continuer l\u2019excellent travail déjà accompli, d\u2019intensifier la vaccination par le BCG chez les bébés et chez tous les enfants qui n\u2019ont pas été vaccinés.La vaccination par le BCG, c\u2019est aujour- d\u2019hui le grand moyen qu\u2019il faut employer pour prévenir la maladie elle-même, comme on a utilisé jadis la vaccination pour faire disparaître la variole et l\u2019immunisation pour enrayer la diphtérie.C\u2019est pourquoi le Service de santé de Montréal a cru remplir complètement son rôle en instaurant cette méthode de vaccination chez les écoliers et à l\u2019instituer aussi dans les consultations municipales au fur et à mesure que nous serons en mesure de le faire.Il ne faut pas oublier cependant que le diagnostic précoce, le traitement au sana dès le début de la maladie et l\u2019éducation sont des facteurs importants dans la lutte contre la mortalité par la tuberculose.L\u2019évolution des maladies contagieuses aiguës à Montréal a continué de baisser, comme cela s\u2019était produit depuis 1950 et laisse prévoir, si nous exceptons la poliomyélite, que les gains de ces dernières années se continueront dans l\u2019avenir.Durant l\u2019année 1954, le taux de mortalité par maladies contagieuses aiguës a été de 2,0 326 GROULX: LA SANTÉ À MONTRÉAL EN 1954 par 100 000 de population, taux le plus bas jamais enregistré jusqu\u2019ici.Il y eut 20 décès, dont 9 attribuables à la poliomyélite, 4 pour chacune des deux maladies suivantes: méningite à méningocoques et coqueluche et 3 dus à la rougeole, ce qui indique une diminution de 42% dans la mortalité par rapport à 1953.Pour la deuxième année consécutive, il n\u2019y eut aucun décès attribuable à la diphtérie, quoique nous ayons à regretter 13 cas, comparativement à 4 l\u2019an dernier.Il n\u2019y a aucune raison pour qu\u2019il y ait encore à Montréal un seul cas de diphtérie, avec tous les moyens mis à la disposition du publie pour se protéger.Il suffirait que tous les enfants de notre ville soient immunisés contre cette terrible maladie.Je réitère un pressant appel aux parents de ne pas retarder d\u2019assurer cette protection à chacun de leurs enfants.La morbidité des maladies contagieuses fut sensiblement la même qu\u2019en 1953, soit 13 125 cas en 1954, comparativement à 11 889 l\u2019année précédente, augmentation attribuable à l'excédent du nombre des cas de rougeole, 4 800 rapportés en 1954, comparativement à 2 891 en 1953.La coqueluche a causé 669 cas et 4 décès, avec un taux de mortalité de 0,4 par 100 000 de population, comparativement à 1 220 cas et 6 décès, avec un taux de mortalité de 0,6 en 1953, soit une nouvelle baisse.La poliomyélite est demeurée à l\u2019ordre du jour en 1954, comme elle l\u2019avait été en 1953.Nous avons enregistré cette année 95 cas et 9 décès, à comparer à 115 cas et 11 décès pour l\u2019année 1953, soit un taux de décès par 100 000 de population de 0,8 cette année contre 1,0 l\u2019an dernier.La poliomyélite continue de causer bien des soucis aux hygiénistes, surtout depuis quelques années, car, dans le passé, à l\u2019exception de 2 ou 3 années épidémiques, cette maladie ne causait que peu de cas et de décès.La méningite à méningocoque a causé, en 1954, 20 cas et 4 décès, comparativement à 24 cas et 11 décès l\u2019année précédente, soit des taux de mortalité de 0,4 en 1954, contre 1,0 en 1953.L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 La scarlatine continue d\u2019être aussi bénigne que durant la dernière décennie, avec 1 636 cas, ce qui représente une légère augmentation des cas cette année, mais sans aucun décès.Il n\u2019y eut aucun décès attribuable à la typhoïde; seulement, elle accuse une augmentation, avec 30 cas, dont 15 sont survenus chez des enfants vivant en dehors de Montréal.Si nous référons à une autre maladie contagieuse, l\u2019influenza ou la grippe, nous remarquons que le nombre des décès en 1954 était de 15, avec un taux de mortalité de 1,4 par 100 000 de population, comparativement à 48 décès et un taux de mortalité de 4,6 en 1953.Enfin, deux fois plus de cas d\u2019hépatite infectieuse furent rapportés au Service de santé, soit 96 cas et aucun décès, comparativement à 58 cas et 1 décès en 1953.Ces données statistiques démontrent l\u2019amélioration générale et continue de la santé publique au cours des dernières années, dans les cas de mortalité et de morbidité attribuables à certaines causes de décès, telles la mortalité maternelle, la mortalité infantile et la mortalité attribuable aux maladies contagieuses, dont la tuberculose.Ces résultats ont largement contribué à l\u2019augmentation de la moyenne de la vie humaine, mais présentent, évidemment, un autre aspect et d\u2019autres problèmes, si nous considérons que les principales causes de décès aujourd\u2019hui affectent surtout l\u2019adulte.Les maladies du cœur et des vaisseaux, le cancer, les néphrites et autres affections de l\u2019adulte constituent aujourd\u2019hui les causes premières de décès.Certains taux accusent cependant un léger fléchissement en 1954.Ainsi, les maladies du cœur qui sont la première cause de décès au sein de notre population ont causé, cette année, 3 597 décès, avec un taux de 337,7 par 100 000 de population, comparativement à 3 683 décès et un taux de 350,8 en 1953.Le cancer, qui vient au deuxième rang, accuse, lui, une augmentation avec 1 752 décès et un taux de 164,5, comparativement à 1 640 décès et un taux de 156,2 l\u2019an dernier.Les =a.\u2014.= L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 néphrites ont causé 425 décès, avec un taux de 39,9, comparativement à 420 décès et un taux de 40,0 par 100000 de population en 1953.Quant au diabète, son nombre de décès et son taux de mortalité sont inférieurs à l\u2019an dernier, soit 172 décès et un taux de 16,2 par 100 000 de population, comparativement à 207 décès et un taux de 19,7 en 1953.Les morts violentes et accidentelles en 1954 accusent une diminution, quand l\u2019an dernier, nous avions noté une augmentation marquée sur l\u2019année précédente.Parmi celles-ci, les suicides accusent une nouvelle augmentation, soit 81 décès et un taux de 7,6 en 1954, contre 77 décès et un taux de 7,3 en 1953.Par ailleurs, les autres décès par mort violente, accidents d\u2019auto, homicides, noyades, accusent tous une diminution.Dans l\u2019ensemble, la situation de la santé à Montréal en 1954 est favorable et démontre le travail efficace accompli par le Service de santé dans la lutte entreprise contre la maladie et la mort, avec la bienveillante collaboration de la profession médicale, des hôpitaux, des universités et de certains organismes volontaires de santé.GROULX: LA SANTÉ À MONTRÉAL EN 1954 327 Les développements de la science médicale au point de vue prévention, diagnostic et traitement des maladies, les médications modernes par les agents physiques, bio-chimiques et les antibiotiques, les développements de la science de la pédiatrie et de la puériculture avec l\u2019augmentation des centres de traitements des maladies infantiles et du nombre de pédiatres, l\u2019œuvre des Gouttes de Lait et des consultations de nourrissons, le meilleur enseignement de la médecine et des sciences apparentées et l\u2019enseignement de l\u2019hygiène publique ont contribué largement à l\u2019obtention de ces résultats.J\u2019exprime ma gratitude aux administrateurs municipaux qui nous fournissent les moyens d\u2019accomplir notre travail, au personnel que j'ai l\u2019honneur de diriger, dont l\u2019initiative et le dévouement sont reconnus et à la population qui nous accorde sa plus entière collaboration.Au terme de 1954 et au début de l\u2019Année Nouvelle, je désire offrir mes vœux de bonne santé, afin que le bilan sanitaire de Montréal, dont je viens de souligner les principaux points, continue de s\u2019améliorer.Donc, meilleure santé et bonne et heureuse année à tous! MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES à A à.+ LES FROTTIS VAGINAUX ET LEURS INDICATIONS ' Charles OUIMET, Gynécologue à l\u2019Hôtel-Dieu (Montréal).En 1847, Pouchet a constaté l\u2019existence de ie.l\u2019étude des éléments cellulaires contenus modifications cycliques de la muqueuse vaginale.C\u2019était alors une étude cytologique bien primitive, puisque les microscopes n\u2019étaient pas encore très puissants à cette époque et que les colorants n\u2019avaient pas encore été employés à cette fin.Les observations de Pouchet semblent être rapidement tombées dans l\u2019oubli et ce n\u2019est que 50 ans plus tard i.e.en 1894 que Heape et Van Herwerden donnèrent la description moderne des éléments que l\u2019on peut observer dans le contenu vaginal.Puis en 1917 Papa- nicalaou aux Etats-Unis avec Stockard découvrirent l\u2019existence de modifications caractéristiques du frottis vaginal chez les animaux de laboratoire.Vient ensuite une époque de controverse où les uns sont pour l\u2019utilisation de la cytologie vaginale en endocinologie; les autres y sont opposés.En 1933, Papanicolaou revient à charge et décrit les phases du cycle vaginal chez la femme et précise l\u2019origine ovarienne des variations.C\u2019est alors que la cytologie vaginale a eu sa confirmation en endocrinologie.Enfin, en 1943, Papanicolaou de nouveau met au point une technique cytologique très précise pour la recherche des cellules cancéreuses dans le liquide vaginal et présente une étude très détaillée de la cytologie vaginale normale et pathologique.Cette monographie est devenue par la suite le livre de base pour le diagnostic cytologique du cancer génital de la femme et a également influencé les recherches cyto-hormonales.Par définition, les frottis vaginaux nous permettent l\u2019étude de la cytologie vaginale, 1.Communication aux « Journées médicales » de la Société médicale de Montréal, mai 1954.dans les sécrétions vaginales.Les cellules que nous y rencontrons ont plusieurs origines: 1) Celles de l\u2019épithélium vaginal; 2) Celles de l\u2019épithélium cervical; 3) Celles de la muqueuse cervicale; 4) Celles de l\u2019endomètre.Nous y trouvons aussi des polynucléaires, des lymphocytes, des globules rouges, des hys- tiocytes ainsi que les germes de la flore vaginale.Cette variété cellulaire rend l\u2019interprétation complexe, surtout quand des lésions pathologiques viennent s\u2019y ajouter.Comme dans ce travail, je tiens surtout à vous énumérer les indications et la valeur des frottis vaginaux, je n\u2019exposerai pas la teck- nique du prélèvement et de la coloration.Voici done les indications les plus courantes des frottis vaginaux et leur valeur.1° Ils sont une méthode de choix pour le dépistage du cancer génital.2° Ils sont d\u2019un grand secours au point de vue cyto-hormonal.Les frottis vaginaux, grâce à leur facilité de prélèvement, conviennent spécialement pour l\u2019étude continue de plusieurs cycles menstruels chez des femmes à pathologie ovarienne ou menstruelle compliquée.Ils permettent l\u2019étude des moindres variations des activités hormonales.Comme exemple, les frottis vaginaux peuvent rendre service dans l\u2019évolution hormonale journalière des troubles gynécologiques, tels les kystes lutéiniques ovariens, les tumeurs féminisantes ou masculinisantes de l\u2019ovaire.En plus, les frottis vaginaux servent au contrôle dans un traitement œstrogénique ou androgénique, car nous savons que les réactions vaginales sont très sensibles aux incitations hormonales.Ce test nous fera éviter les L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 trop grosses doses hormonales dans bien des cas.Un frottis vaginal peut nous aider à préciser la cause d\u2019une pathologie existante comme dans un cas d\u2019aménorrhée pathologique, celui- ci indiquera s\u2019il s\u2019agit d\u2019une aménorrhée secondaire à des troubles d\u2019insuffisance hormonale ovarienne ou bien à une mauvaise réceptivité utérine.Depuis quelques années, les frottis vaginaux semblent prendre une certaine importance dans les cas de grossesse.La grossesse amène des modifications particulières de la cytologie vaginale, lesquelles donnent au frottis une image caractéristique.C\u2019est donc un test de plus pour diagnostiquer une grossesse en cours.Toutefois, les tests courants tels Zondeck Xenopus, ete.sont toujours à préférer à celui-ci.Il est un fait intéressant à noter, les frottis vaginaux semblent nous aider à préciser si la grossesse évolue normalement ou si elle s\u2019achemine vers une fausse-couche ou vers un état pathologique.Les données actuelles dans ce domaine sont encore à l\u2019étude mais il est à espérer qu\u2019un jour elles nous dirigeront vers des constatations scientifiques intéressantes en obstétrique.Il resterait encore à énumérer plusieurs indications intéressantes au point de vue hormonal, mais je résumerai ici afin d\u2019aborder la question la plus importante, celle de l'utilité des frottis vaginaux dans les cas de cancer génitaux.Dans le dépistage systématique du cancer génital chez la femme, le frottis vaginal est considéré comme le moyen le plus sûr à amener des résultats concluants.À côté de cette application systématique, les frottis vaginaux ont une série d\u2019indications individuelles.1.Lorsque à l\u2019examen il existe des lésions cervicales suspectes on peut pratiquer même à répétition les frottis sans qu\u2019il en soit dommageable pour la patiente ce qui n\u2019est pas le cas pour le prélèvement biopsique.2.Lors d\u2019un traitement radiothérapique pour cancer du col ou du corps utérin, le OUIMET: FROTTIS VAGINAUX 329 frottis vaginal pourra indiquer si la tumeur est radiosensible ou non par les réactions cytologiques d\u2019irradiation ou de non-irradiation.Il sera alors conclu qu\u2019il faut soit augmenter la dose de radium ou de procéder à une intervention chirurgicale.3.Lors de la surveillance des résultats d\u2019un traitement au radium ou chirurgical d\u2019un cancer utérin, les frottis vaginaux permettront à l\u2019occasion de dépister une récidive avant même que les signes cliniques soient évidents à condition que la récidive soit en contact direct avec la cavité urétéro-vaginale.4.Enfin les frottis vaginaux seront indiqués lors de l\u2019examen des lésions suspectes chez des femmes quand l\u2019exploration par biopsie est impossible après une intervention chirurgicale (au préalable) par exemple après un cas d\u2019interposition utérine, ou d\u2019opération de Lefort.Toutes ces indications semblent établir par le fait même, la valeur réelle du frottis vaginal dans le cancer génital.hb} Toutefois, avant de terminer, je tiens à préciser la valeur du frottis vaginal en rapport avec les autres tests employés tels la biopsie du col et la biopsie de l\u2019endomètre.Le frottis vaginal ne vient pas supplanter la biopsie, bien au contraire, ils en sont un adjuvant, car celle-ci restera toujours la méthode de choix tant au point de vue hormonal qu\u2019au point de vue cancer, et ceci est tellement vrai dans le domaine du cancer, que nous ne pouvons pas dans 98% des cas étiqueter un cas de cancer génital tant que la biopsie n\u2019a pas confirmé les avancés des frottis vaginaux.Enfin il serait inexact de penser que les frottis vaginaux entrent en concurrence avec les autres moyens d\u2019investigation.Ils doivent au contraire s\u2019intégrer dans l\u2019ensemble des méthodes dont la valeur est déjà confirmée.C\u2019est pourquoi il ne s\u2019agit pas de prendre parti pour les frottis ou pour la biopsie, mais bien de les harmoniser pour en tirer le plus grand profit possible pour nos malades. RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES Rapports d\u2019un nouvel enzyme avec le rhumatisme articulaire aigu.Mort subite de certains nourrissons expliquée par un défaut d\u2019anticorps ou de gamma- globuline.Détection radiologique du cancer du poumon plusieurs années avant l\u2019apparition des signes cliniques.Découverte d\u2019un enzyme hépatique qui détruit l\u2019insuline.On recommande l\u2019immunisation en masse des adultes contre la diphtérie et le tétanos.* * * Parmi les progrès importants rapportés en septembre par les médecins de l\u2019Amérique du Nord figure la découverte d\u2019un enzyme bactérien protéolytique qui pourrait être responsable du rhumatisme articulaire aigu.Au Congrès Mondial de Cardiologie tenu à Washington, D.C., deux médecins de New- York ont déclaré qu\u2019ils avaient isolé un enzyme provenant de cultures de streptocoques; cette substance pourrait être le facteur principal dans l\u2019étiologie du rhumatisme articulaire aigu, cause fréquente de lésions cardiaques (1).Le docteur Aaron Kellner, du New York Hospital-Cornell Medical Center, informa l\u2019assmblée qu\u2019en 1950 le docteur S.D.Elliot, alors à l\u2019Institut Rockefeller, avait cristallisé un enzyme produit par le streptocoque hémolytique À bêta.L\u2019inoculation de la substance à 100 animaux montra qu\u2019elle produit une inflammation et des lésions du muscle et des valvules cardiaques, et que son pouvoir destructeur est limité aux tissus du cœur.Injectée chez des souris et des cobayes, cette substance, appelée « protéinase streptococcique », détermina la mort des animaux en 2 jours et 24 heures respectivement.L\u2019injection de l\u2019enzyme à un chat modifia l\u2019électrocardiogramme en 10 minutes, et causa la mort de l\u2019animal par défaillance cardiaque.L'étape suivante, dit le docteur Kellner, est d\u2019administrer aux animaux des doses sub- léthales de l\u2019enzyme, produisant ainsi des affections chroniques, de façon à déterminer avec plus de précision les propriétés physiologiques de la substance.Le docteur Kellner insiste sur le fait que son expérience sur les animaux peut se révéler inapplicable aux êtres humains, et il souligne que les travaux réalisés jusqu\u2019ici n\u2019aboutiront pas nécessairement à des résultats pratiques, tels que la production d\u2019une antitoxine efficace.* * * Un groupe de médecins de New-York ont proposé une théorie selon laquelle certains cas de mort subite et inexpliquée au cours de la première enfance pourraient être dus à une baisse anormale des concentrations en anticorps, en gamma-globuline, ou de ces deux substances (2).Les docteurs David M.Spain, Victoria A.Bradess et Irving J.Greenblatt notent que plusieurs milliers de nourrissons en bonne santé apparente meurent subitement de cause inconnue tous les ans aux Etats-Unis.Divers chercheurs ont attribué ces morts à une asphyxie accidentelle d\u2019origine mécanique, à une hypertrophie du thymus, à un déséquilibre surrénalien et à des infections variées.Dans la plupart des cas, disent les auteurs, seul un diagnostic d\u2019infection, notamment des voies respiratoires semble être justifié.Même dans ces cas cependant on ne peut expliquer de façon satisfaisante la soudaineté de la mort et l'absence de symptômes nets.Après avoir étudié 52 cas les auteurs ont trouvé que ces morts subites et inexpliquées survinrent avec la plus grande fréquence chez les nourrissons âgés de 2 et 3 mois et pendant les saisons au cours desquelles prédominent les infections respiratoires.Les seuls signes positifs à l\u2019autopsie étaient des foyers inflammatoires inconstants en particulier au niveau de l\u2019appareil respiratoire.À la lumière des constatations ci-dessus, et vu le fait que l\u2019âge compris entre 2 et 3 mois est généralement considéré comme «une période critique de transition dans le mécanisme de l\u2019immunité et de la formation des anticorps chez le nourrisson », ces médecins décidèrent L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 de déterminer à l\u2019autopsie les niveaux de la gamma-globuline dans le sérum.Il y avait moins de 183 mg de gamma-glo- buline pour 100 cms de sérum chez trois nourrissons morts subitement de cause inconnue.À l\u2019autopsie, on ne trouva que des signes d\u2019inflammation respiratoire aiguë.La concentration en gamma-globuline fut déterminée à titre de contrôle chez deux autres nourrissons, l\u2019un mort par asphyxie accidentelle d\u2019origine mécanique, l\u2019autre à la suite d\u2019hydrocéphalie.Les chiffres furent 600 mg par 100 cms et 590 mg par 100 ems respectivement, ce qui correspond à une valeur normale pour cet âge.Citant des travaux antérieurs effectués par d\u2019autres chercheurs sur une affection connue sous le nom « d\u2019agammaglobulinémie », les auteurs signalent qu\u2019on a trouvé en effet des taux anormalement bas de gamma-globuline dans le sérum d\u2019enfants atteints d\u2019infections qui n\u2019avaient pas réagi au traitement par les antibiotiques.Ces infections furent guéries par des injections de globuline.Se basant sur ces constatations, ainsi que sur leurs propres résultats, le docteur Spain et ses collaborateurs considérent que le défaut d\u2019anticorps ou de gamma-globuline (ou bien des deux) joue peut-être un rôle important dans la mort subite des nourrissons.La confirmation de leur théorie pourrait amener à déterminer systématiquement le taux de gamma-globuline chez les nourrissons et, par suite, des injections prophylactiques de ce facteur sanguin pourraient réduire de façon notable cette cause de mortalité infantile.* * * D\u2019après un radiologue de Minneapolis, il peut y avoir signes décelables de cancer dans les poumons parfois 9 ans avant l\u2019apparition de tout symptôme clinique.Il a trouvé que les anciennes radiographies de malades porteurs d\u2019un cancer récemment diagnostiqué montraient d\u2019habitude des images anormales et suspectes (3).Le docteur Leo G.Rigler, de l\u2019Université de Minnesota, a déterminé les faits suivants: RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES 331 1.« L\u2019évolution du cancer du poumon, en prenant comme point de départ les premiers signes radiologiques, est beaucoup plus longue qu\u2019on ne le supposait jusqu'ici.Ceci indiquerait que des examens systématiques des poumons pourraient permettre le diagnostic du cancer du poumon à un stade très précoce et que de tels cas pourraient alors être plus susceptibles au traitement chirurgical».2.«Les tumeurs nodulaires périphériques sont beaucoup plus fréquentes qu\u2019on ne le croyait».3.«Certains signes sont présents sur les radiographies à un stade très précoce.ils sont souvent minimes et\u2026 échappent facilement à l\u2019attention ».Par conséquent, conclut le docteur Rigler, même les modifications les plus minimes sur une radiographie pulmonaire doivent être soumises à l\u2019examen le plus soigneux et le plus minutieux.* * * A l\u2019Université de Pittsburgh des recherches ont établi l\u2019existence d\u2019un enzyme hépatique qui détruit spécifiquement l'insuline (4).Le docteur I.A.Mirsky, président du département des sciences cliniques de l\u2019Université, émet l\u2019hypothèse que tout état provoquant une activité accrue de cet enzyme, appelé insulinase, amènera chez l\u2019individu une insuffisance en insuline et, par conséquent, le développement d\u2019un diabète sucré.Des études actuellement en cours à Pittsburgh cherchent à déterminer si des facteurs qui inhibent l\u2019activité de cet enzyme pourraient aussi exercer une influence sur l\u2019évolution du diabète.D\u2019après le docteur Mirsky, des recherches antérieures avaient montré que des fragments de foie ou des broyats et extraits hépatiques pouvaient supprimer l\u2019activité de l\u2019insuline.Le mécanisme d\u2019action de ce phénomène ne pût cependant pas être établi, pas plus que l\u2019existence d\u2019un système inhibiteur spécifique de l\u2019insuline, à cause de la difficulté présentée par le titrage biologique de l\u2019insuline.Cette difficulté fut surmontée par le docteur Mirsky et sa collaboratrice, Gladys Pe- risutti, en utilisant de l\u2019insuline marquée par de l\u2019iode radioactif.Des études d\u2019inactivation 332 avec l'insuline marquée (comparant l'effet des extraits hépatiques sur l\u2019insuline marquée par l\u2019iode I!8! et sur de la séro-albumine ou d\u2019autres protéines marquées par l'iode I'*!) ont démontré la spécificité de l\u2019enzyme.* * * Se basant sur l\u2019expérience acquise dans l\u2019Etat du Massachusetts, le docteur Johannes Ipsen, jr, du Département de la Santé Publique de cet Etat, recommande l\u2019application en masse aux adultes du vaste programme actuel d\u2019immunisation des enfants contre la diphtérie et le tétanos (5).La plupart des enfants du Massachusetts ont été depuis quelque temps systématiquement immunisés par un vaccin triple contre la coqueluche, la diphtérie et le tétanos.Unc recommandation récente conseillait de faire des injections de rappel aux élèves des lycées contre les deux dernières maladies.Le docteur Ipsen préconise l\u2019extension de ces injections de rappel à toute la population adulte.Il souligne le fait que le nombre de cas annuels de diphtérie parmi les habitants du Massachusetts âgés de moins de 15 ans a diminué de 91% entre les périodes 1924-1948 à 1944-53.Durant la même période, cependant, le nombre de cas annuels chez les personnes au-dessus de 15 ans n\u2019a diminué que de 75%.Fait plus significatif encore: tandis que le taux de mortalité par rapport aux cas enregistrés baissait de 20% chez les malades au- dessous de 15 ans (passant de 7,4% à 5,9%), il augmentait parmi les adultes (passant de 28% à 88%).Cet accroissement est dû en partie au fait que la diphtérie est mortelle chez la moitié environ des malades de plus de 60 ans.Le docteur Ipsen a trouvé aussi que 24% des sujets de 15 à 19 ans ne possèdent pas l\u2019immunité de Schick (mois de 0,01 unité d\u2019antitoxine diphtérique), tandis que chez les sujets de plus de 20 ans 55% sont dans cette catégorie.11 conclut de ces données que la fréquence et la mortalité de la diphtérie ont dangereuse- RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 ment augmenté parmi les adultes, alors que l\u2019immunisation massive les a réduites de façon importante chez les enfants.Il pense que I'immunité des adultes était maintenue par le contact avec des enfants atteints par la maladie et que ce facteur disparaît avec la diminution de la morbidité juvénile.La fréquence du tétanos a diminué pendant les dernières décades, sauf chez les personnes de plus de 40 ans.L\u2019immunisation des jeunes enfants ainsi que celle des hommes pendant le service militaire correspond à l\u2019incidence particulièrement faible de la maladie dans ces deux groupes.Le docteur Ipsen a titré l\u2019antitoxine tétanique dans le sérum de 349 adultes de plus de 15 ans; il a trouvé que 48,5% des hommes et 87,1% des femmes avaient moins de 0,0025 unités d\u2019antitoxine, ce qui correspond au seuil d\u2019immunité.Les hommes de 30 à 40 ans montraient le pourcentage le plus élevé d\u2019immunité tétanique, ce qui réflète l\u2019immunisation systématique des hommes pendant le service militaire.Se basant sur ces observations, le docteur Ipsen recommande l\u2019emploi systématique pour les adultes d\u2019une préparation contenant 1 Lf (dose-limite de floculation) d\u2019anatoxine diphtérique et 5 Lf d\u2019anatoxine tétanique, purifiées, sans alun en tant qu\u2019adjuvant.Chaque médecin, dit-il, devrait faire accepter à ses malades une injection de 0,5 cms de cette préparation tous les 5 à 10 ans.REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES (1) Communication présentée au Second Congrès Mondial de Cardiologie, à Washington, D.C,, le 15 septembre 1954.(2) David M.SPAIN et coll.: Possible factor in Sudden and Unexpected Death during Infancy.J.A.M.A., 156: 246 (18 sept.) 1954.(3) Présenté à la réunion de l\u2019International College of Surgeons, à Chicago, le 9 septembre 1954.(4) Présenté à la réunion de l\u2019American Chemical Society, & New-York, le 16 septembre 1954.(5) Immunization of Adults Against Diphteria and Tetanus.The New Eng.J.of Medicine, 251: 459 (16 septembre) 1954. CONGRÈS 2-2 ee CONGRÈS DE LA GUADELOUPE Le Congrès des médecins de langue française des deux Amériques s\u2019ouvre mardi à Basse-Terre.C\u2019est mardi le 18 janvier, à Basse-Terre, que se tiendra la séance inaugurale\u2026.On compte sur la participation de plus de 150 congressistes.La délégation canadienne comprendra.le Dr Trudel de Montréal et le Dr Laframboise d'Ottawa.Le prof.Turiaf, de la Faculté de Médecine de Paris et le docteur Gernez-Rieux, de Lille, représenteront la Métropole.Après l\u2019ouverture solennelle à Basse-Terre, les travaux du congrès se dérouleront à Pax (Chambre de Commerce, à Pointe-à-Pitre).\u2026 La réception de clôture du Congrès aura lieu vendredi soir.M.Ravail, préfet de la Guadeloupe, recevra les congressistes à la Résidence.Voilà des extraits de l\u2019article que publiait samedi le 15 janvier 1955 le journal catholique de la Guadeloupe « Clartés ».C\u2019était la quatrième manifestation médicale d\u2019envergure des Antilles Françaises, la première ayant originé il y a quatre ans sous l'impulsion du docteur Jean René-Boisneuf au même endroit, Pointe-à-Pitre, centre commercial et populeux de la Guadeloupe, les deux autres ayant eu lieu respectivement en 1952 et 1953 à la Martinique et en Haïti.Etant donné la participation de l\u2019A.M.L.F.C, on lui donna un titre plus ample tel que l\u2019atteste la première page du programme: République Française Département de la Guadeloupe PREMIER CONGRES MEDICAL des Pays de Langue Française de l\u2019Hémisphère Américain sous la présidence de M.Jean Berthouin Ministre de UEducation Nationale représenté par Monsieur le Professeur agrégé Turiaf avec la participation des Médecins de Langue Française du Canada, de la République d\u2019Haïti, de Monsieur le Prof.Gernez-Rieux, de Lille et de Monsieur le docteur H.Thaly > Délégué de la CONFEDERATION DES SYNDICATS MEDICAUX FRANÇAIS, des Départements de la Martinique, de la Guyane et de la Guadeloupe Après cinq escales, notre avion se pose au sol à midi et 29.La réception par les officiers de la douane, étant donné les circonstances, a été très affable et les formalités réduites à leur plus simple expression.Les délégations étaient reçues par les confrères de la Guadeloupe qui ne nous ont pas ménagé leurs souhaits de bienvenue.Nous avons rencontré tout d\u2019abord celui qui avait accompli le voyage à Ottawa en septembre dernier, le docteur Jean René-Boisneuf, qui ne se départira pas un seul instant de tout le congrès de son sourire invitant, puis M.G.Nithila, le sympathique président de l\u2019Ordre des Médecins de la Guadeloupe, le docteur G.François Julien, chirurgien en chef de l\u2019Hôpital de Pointe-à-Pitre, homme tout à fait charmant et affable, et les autres qui nous entouraient d\u2019une atmosphère agréable.Parmi les arrivants, signalons tout d\u2019abord M.le prof.agrégé Turiaf, délégué du Ministre de l\u2019Education Nationale de France, M.Jean Berthouin; M.Turiaf, né à la Martini- 334 CONGRÈS que, est professeur à la Faculté de Médecine de Paris depuis de nombreuses années.Citons ensuite M.le prof.Gernez-Rieux de Lille, Dr Constant Pierre Louis, médecin de Port-au- Prince, Haïti, Dr André Pignol, président du Conseil de l\u2019Ordre des Médecins de la Martinique, et plusieurs autres que nous n'oublions pas.La Guadeloupe est située dans les petites Antilles, au 64ième degré, et se compose de deux îles: la Guadeloupe proprement dite, à gauche, île montagneuse au sud-ouest de laquelle est située Basse-Terre, capitale de ce département français et Grande-Terre séparée de la première par la rivière salée, laquelle n\u2019est qu\u2019un bras de mer de 100 à 300 pieds de largeur, ayant été creusée par l\u2019homme, dit- on, pour la commodité de la navigation.Ce pays est, depuis 1948, comme la Martinique d\u2019ailleurs, un département de la France.Un préfet y a remplacé l\u2019ancien gouverneur et les quelque 36 communes élisent chacune un député formant le Conseil Général qui se choisit un président.C\u2019est le parlement de l\u2019île.Après avoir pris possession de leurs chambres d\u2019hôtel, les délégués et les congressistes sont invités à faire plus ample connaissance dans une salle de réception sise à la place de la Victoire où un délicieux coquetel au rhum nous est servi.Nous prenons contact avec nos hôtes et avec nos collègues qui sont très sympathiques et qui manifestent d\u2019une façon toute naturelle mais empressée leur satisfaction de voir ainsi les différents pays répondre à leur aimable invitation.Puis immédiatement après, le travail commence vers 16 heures à la Chambre de Commerce de Pointe-à-Pitre, près de la place de la Victoire.Monsieur le prof.Turiaf préside cette première réunion qui voit à la formation du Bureau, à l\u2019ordre protocolaire de la séance inaugurale du lendemain et à la désignation des présidents de séances (il y aura six séances les 19, 20 et 21 janvier).Suit une première séance de cinéma médical à l\u2019issue de laquelle ou nous offre le champa- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 gne.Puis nous retournons a notre hotel ou la journée se termine dans un diner intime.Mardi le 18 janvier, les voitures qui sont a notre disposition comme d\u2019ailleurs elles le seront tout le temps que durera le congres, nous attendent dès 7 h.30 pour nous conduire à Basse-Terre où aura lieu l\u2019ouverture officielle et solennelle du congrès.C\u2019est qu\u2019une distance de 63 kilomètres (37 milles) sépare Pointe-à-Pitre de Basse-Terre et qu\u2019il faudra deux heures pour la franchir, car si la route est bonne, elle n\u2019en est pas moins sinueuse et très pittoresque à beaucoup d\u2019endroits et traverse plusieurs communes et villages.Nous voici au Conseil Général où nous avons le plaisir et l\u2019honneur de rencontrer Monsieur Jacques Ravail, préfet de la Guadeloupe et Monsieur René Toribio, président du Conseil Général qui nous accueillent chaleureusement.Les congressistes et le public prennent place dans la spacieuse salle du Con- scil Général tandis que ceux qui seront invités à prendre la parole occupent l\u2019estrade d\u2019honneur.L\u2019hymne canadien ouvre solennellement la séance et est suivi de la Marseillaise et de l\u2019hymne haïtien.Monsieur le préfet souhaite à tous la bieu- venue à ce congrès qui a lieu pour la deuxième fois sur cette terre.Il nous redit toute l\u2019amitié et l\u2019appréciation du corps médical guadeloupéen envers le Canada et Haïti.Ses remerciements vont au Ministre de l\u2019Education Nationale qui a délégué M.le professeur Turiaf de Paris et M.Gernez-Rieux de Lille et aux médecins qui feront de ce congrès des séances de recherches au bénéfice de l\u2019humanité souffrante.Après avoir lu le message du Ministre, M.Jean Berthouin, qui a été empêché de se rendre à la Guadeloupe, M.Jean René-Boisneuf, président du syndicat des Médecins et l\u2019un des principaux réalisateurs de cet événement, jette quelques notes historiques sur l\u2019origine de ces congrès dont le premier a débuté en 1951.Le troisième, à Port-au-Prince, fit une éblouissante réception à tous.Puis invitation réciproque La Guadeloupe-Montréal, Ottawa et la Gua- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 deloupe.Il remercie le Canada de l'honneur d\u2019avoir délégué les représentants de l\u2019Association des Médecins de Langue Française, les docteurs Jean-Marie Laframboise et H.Tru- del.Puis il donne lecture de la lettre apportant le message du Directeur Général de l\u2019AM.L.F.C., le docteur Emile Blain.Le docteur René-Boisneuf garde un souvenir profond de notre XXIVe congrès.Ensuite il remercie MM.Turiaf et Thaly, les médecins guade- loupéens, M.Marchand, sous-préfet et le Conseil Général de la Guadeloupe sans lequel le congrès présent eÜüt un moindre succès.Le délégué de l\u2019'A.M.L.F.C.exprime une vive émotion de représenter les médecins de Langue Française du Canada à ce digne congrès et transmet à la France, aux délégués et aux congressistes les amitiés de tous les confrères canadiens.Et pour permettre de réaliser une autre occasion de nous rencontrer, il invite la Guadeloupe, la Martinique et Haiti au XXVe congrès de septembre 1955.Louanges au docteur Jcan René-Boisneuf pour le beau début, dit le docteur Constant Pierre Louis et Port-au-Prince, délégué d\u2019Haïti.Et il renchérit sur le but poursuivi: déblayer le terrain pour le profit de nos successeurs.M.le professeur Gernez-Rieux apporte avce émotion et reconnaissance les saluts et les vœux de la Médecine française.Et le prof.André Pignol, délégué de la Martinique, relate que ce n\u2019est pas la première fois que Haïti, la Guadeloupe et la Martinique regardent vers le Canada, car durant la guerre de 1939, toutes les relations ont été forcément interrompues avec la France et alors ils se sont tournés vers lui pour sauvegarder la culture française.Nous gardons toujours, ajoute-t-il, un sentiment de reconnaissance à la France à qui nous devons l\u2019honneur d\u2019être et de rester ce que nous sommes.Après avoir dit tout le regret de l\u2019absence de Monsieur Jean Berthouin, le professeur H.Thaly salue la présence de Monsieur Jacques Ravail et remercie le professeur Turiaf de son empressement à représenter ici la France.CONGRÈS 335 Le docteur Jean-Marie Laframboise renoue les liens de parenté unissant nos pays qui ont puisé leur culture à la même source.Avant de déclarer le congrès ouvert, le prof.Turiaf rappelle l\u2019émouvant témoignage de sollicitude des Universités françaises envers ses élèves sans discrimination de personnc.La langue de ce congrès, dit-il, est mise au service d\u2019une idée et il en résulte une immense joie de vous voir tous réunis dans le but d\u2019affirmer une grande culture.À l\u2019issue de cette séance solennelle, un vin d'honneur nous permet de nous rencontrer de nouveau, dames et congressistes, puis les voitures nous transportent à quelques kilomètres pour assister à un grand banquet à l'hôtel Pi- chon de Dolé-les-Bains, station thermale.L\u2019A.M.L.F.C.a occupé une place d\u2019honneur à cette manifestation présidée par le délégué du Ministre.Comme bien l\u2019on pense, ce dîner servi à la française a été empreint d\u2019une gaîté et d\u2019un cachet en même temps officiel et intime.Il y régnait véritablement une atmosphère française imprégnée d\u2019une saveur canadienne au moment où à la table du fond, les plus jeunes ont entrepris de s\u2019égayer de chansons dont « Alouette, gentille alouette ».Les séances scientifiques débutent mercredi le 19 janvier et elles se déroulent intéressantes et fournies au rythme de deux par jour avec cinq à six communications chacunes.Le programme comportait des communications sur l'hygiène: activité présente et future du Sanatorium départemental de la Martinique, programme d'éducation sanitaire en Haïti, hygiène scolaire à Port-au-Prince; sur la poliomyélite à la Guadeloupe; sur l\u2019orthopédie: conservation d\u2019un avant-bras malgré l\u2019absence de pulsations à la radiale et à la cubi- tale et malgré l\u2019absence d\u2019oscillations, ostéo- chondrite vertébrale infantile, deux cas d\u2019utilisation de la diaphyse péronière comme auto- greffon centro-médullaire; sur la parasitose: bilharziose hépato-splénique, ascaridiose et colibacillose (action combinée), parasitose intestinale et vomissements incoercibles de la grossesse; sur la lèpre: réactions lépreuses et 336 cortisone, sulfonurie et traitement sulfoné; sur la tuberculose: hormones cortico-surrénales et traitement de l\u2019infection tuberculeuse; sur la chirurgie: grossesse extra-utérine non ruptu- rée et hématocèle enkysté, méga-œsophage; sur la radiologie: importance de l\u2019ouverture de l\u2019angle dans le diagnostic radiologique des lésions gastrites,; sur la médecine interne: traitement de la maladie de Leiner-Moussons par l\u2019acide panthoténique, syndromes de Sto- kes-Adams post-opératoires; sur l\u2019éosinophilie: infiltrations pulmonaires éosinophiliques chez les asthmatiques, éosinophilie dite tropicale; race et lithiase urinaire; sur l\u2019hibernation sous les tropiques.A l\u2019énumération de ces travaux, l\u2019on constate aisément que les séances scientifiques ont provoqué un grand intérêt parmi l\u2019auditoire qui s\u2019est maintenu dense pendant toute la durée du congrès.Ces sessions entrecoupées de diverses réceptions: à la Mairie de Pointe- à-Pitre, au nouvel Institut Pasteur, dirigé par M.Litalien; à l\u2019hôtel Diligenti par l\u2019Off1ice du tourisme de la Guadeloupe; à la Pergola du Gosier et à Sainte-Anne, deux plages sous les tropiques situées au sud de Grande-Terre ou nous avons eu l\u2019heureuse occasion de renouer et de créer des liens d\u2019une grande amitié avec ces sympathiques confrères des pays chauds.La délégation canadienne et haïtienne a eu l\u2019honneur et la faveur d\u2019une invitation spé- clale.En effet, Monseigneur Jean Guay, évêque de la Guadeloupe conviait le docteur et Madame Pierre Louis, le docteur et Madame Jean-Marie Laframboise, Madame Trudel et le soussigné à un dîner intime en son palais épiscopal à Basse-Terre, capitale de la Guadeloupe.Monseigneur Guay était entouré d\u2019un groupe de Pères du Saint-Esprit qui le CONGRÈS L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 secondent dans son ministère et d\u2019un journaliste à l\u2019hebdo « Clartés ».La réception a été marquée d\u2019une hospitalité toute spontanée de la part des hôtes envers leurs invités qui sont encore sous le charme de cette belle soirée.Une autre grande réception digne de mention est celle qui a couronné ce mémorable congrès: Monsieur le Préfet et Madame Jacques Ravail recevaient vendredi soir à la résidence, à Saint-Claude, les congressistes et leur épouse.Cet événement était le dernier contact officiel entre les membres du congrès et l\u2019autorité de ce département de la France.Nous avons rencontré là l\u2019élite de cette partie de la France qui n\u2019a pas manqué d\u2019encourager le mouvement médical en l\u2019honorant de sa présence et en formulant les meilleurs vœux à son endroit.Le congrès s\u2019est terminé comme on doit le prévoir sur l\u2019expression de vœux qui touchaient particulièrement cette population.Le délégué de l\u2019A.M.L.F.C.n\u2019a pas manqué de formuler le sien sous la forme d\u2019une invitation officielle à notre XXVe congrès.Et M.Turiaf, délégué de la France, a fait écho à ce vœu en invitant tous ceux qui le pourraient de se rendre à Montréal en septembre prochain.M.Turiaf a ajouté un mot de remerciements à tous ceux, organisateurs, conférenciers et présidents de séance, qui ont rendu possible la tenue du premier congrès de l\u2019Hémisphère américain, aux différents délégués d\u2019Haïti, des Antilles et du Canada qui maintiennent dans le monde la culture médicale française.Le président de l\u2019Ordre des médecins de la Guadeloupe, Monsieur G.Nithila, offrit au nom de ses collègues, son témoignage de reconnaissance à Monsieur Turiaf, à M.Ger- nez-Rieux et aux amis haïtiens et canadiens.H.TRUDEL. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus» : nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Robert M.MiskIMON.\u2014 Sur 700 cas de côlon irritable en clientèle privée.(Report of 700 cases of irritable colon in private practice.) \u201cVirginia Medical Monthly\", 81: 109 (mars) 1954.Ce rapport est fondé sur des observations faites à la suite du traitement de 700 patients dont chacun souffrait du syndrome dit « du colon irritable ».Ce syndrome ne comporte pas une symptomatologie aussi nette, ni une évolution aussi caractéristique, que celles dé beaucoup de maladies mieux connues.Néanmoins, un diagnostic correct de côlon irritable est possible.Et si le patient qui souffre de ce syndrome doit être traité de façon efficace, il faut d\u2019abord que le diagnostic soit fait.Il va sans dire que les patients de ce groupe avaient presque tous été antécédemment dia- nostiqués comme ayant soit une cholécystite, avec ou sans lithiase biliaire, soit une appendicite chronique, une diverticulose ou encore une diverticulite, une insuffisance coronarienne, une pancréatite, un kyste ovarien, une salpingite, une hépatite, un «excès de bile », une « fermentation intestinale », une « auto- Intoxication », enfin des bandes ou adhérences péri-coliques, des « intestins noués », un « estomac nerveux », un ulcère peptique.Beaucoup parmi les 700 patients avaient reçu divers traitements antérieurs tant médi- Caux que chirurgicaux.Les opérations subies étaient en particulier, la cholécystectomie, l'appendicectomie, diverses manœuvres gyné- te cologiques, les laparotomies exploratrices et les opérations pour libérer des adhérences et couper des bandes péri-coliques.Dans tous les cas, les mêmes symptômes pré-opératoires ont réapparu dès la reprise des activités habituelles.Evidemment des diagnostics divers de névropathies variées avaient aussi été faits.Symptomatologie 1.La douleur abdominale.Les 700 patients étudiés se divisent en plusieurs groupes: des hommes faisant un travail dur; des ménagères très occupées; des femmes ayant à la fois une carrière et une famille.Tous souffraient depuis des mois, voire de.années.Le premier symptôme dans la majorité des cas était la douleur abdominale, variant de la simple sensation de plénitude jusqu\u2019à la douleur d\u2019une colique aiguë.Le malaise était toujours ressenti dans une des régions du côlon, mais le plus souvent aux angles hépatique et splénique, ou dans la région du sigmoïde.Par la palpation, il était possible.après avoir délimité la région du maximum douloureux, de palper le côlon dans cette région sous forme d\u2019un tube dur et contracté.Il fut ainsi établi que la seule structure douloureuse à la palpation était le côlon contracté dans une de ses portions.2.Le ccractère cyclique des symptômes.De plus, cette douleur était intermittente.Et entre les épisodes troublés, les patients étaient asymptomatiques.Mais à l\u2019occasion d\u2019une fatigue, d\u2019un excès de travail, d\u2019un stress émotionnel ou autre, leurs troubles réapparaissaient.En cffet, ce syndrome comporte diverses phases d\u2019une même condition.Ainsi chez un même individu, le site des malaises abdomi- 338 naux, la tendance a la diarrhée ou a la constipation, le caractère des selles, celui de la douleur, la quantité de mucus dans les selles, changeaient tour à tour.Il ne fut pas possible de classifier ces patients en divers types en se basant sur la prédominance de tel ou tel symptôme, par exemple, sur la quantité de mucus dans les selles.Tous passaient par les diverses phases du syndrome.Par ailleurs, aucun des 700 patients n\u2019avait uniquement qu\u2019un côlon irritable.Au contraire, tous avaient aussi d\u2019autres signes d\u2019irritabilité gastro-intestinale.Ainsi tous avaient soit un retard d\u2019ouverture du cardia, ou des douleurs épigastriques calmées par l\u2019alimentation, avec ou sans spasmes pyloriques.Le globus hystericus ne fut pas un symptôme rare chez ces patients; chez quelques- uns, c\u2019était le premier symptôme.3.La « fausse » constipation.Très souvent les patients qui souffrent du syndrome de côlon irritable sont incommodés par la sensation que leurs évacuations sont incomplètes.Cette sensation n\u2019implique en aucune façon que le sujet est un névropathe.Car c\u2019est un phénomène su et connu que la distension du côlon descendant, du sigmoïde et du rectum, que ce soit par des matières fécales ou par du coton introduit expérimentalement, cause les symptômes désagréables de lassitude, d\u2019apathie, d\u2019irritabilité, d\u2019anorexie, et des maux de tête.Or ces malaises font partie du cortège symptomatique du côlon irritable où les évacuations sont périodiquement incomplètes bien que le nombre de selles soit normal.Il y a, sans doute, des névrotiques trop conscients, pour ainsi dire, du fonctionnement de leurs intestins.Il y a aussi des gens normaux, mais d\u2019un tempérament très actif, chez qui la tension nerveuse, le désir de réussir et la crainte de faillir à la tâche causent un dérangement du péristaltisme intestinal.N\u2019est-ce pas un fait bien connu que le trac est très souvent ressenti dans la région épigastrique?Les anciens Grecs croyaient que ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 le siège de l\u2019émotion était dans l\u2019épigastre.Or parmi les 700 patients dont l\u2019étude fait le sujet de ce rapport, un très grand nombre appartenait à ce type d\u2019individus entreprenants et désireux de faire de grandes choses, et leurs difficultés étaient toujours précipitées par un nouveau stress venant s\u2019ajouter au reste.Un péristaltisme perturbé occasionnait, sous le couvert d\u2019une constipation non-appa- rente, une évacuation incomplète avec sa suite de malaises.4.La constipation vraie.On a souvent entendu dire que l\u2019avare est un constipé, comme le Roi Midas, qui entassait et roulait ses écus entre ses doigts pendant que son côlon entassait ses matières et finissait par les tourner en petites boules.L\u2019adage s\u2019avère faux dans le cas de la constipation du côlon irritable.Parmi les 700 patients, un très grand nombre était notoirement généreux.Il est vrai qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une constipation périodique.De toute façon, cette constipation relève d\u2019un trouble de fonction du système nerveux autonome, car la majorité des 700 patients faisait preuve de déséquilibre autonome par d\u2019autres symptômes tels que l\u2019hyperidrose, l\u2019hypotension, la bradycardie, la froideur des mains, etc.Cette dysfonction due à des facteurs émotionnels par l'intermédiaire du système nerveux peut d\u2019ailleurs être corrigée par des médicaments, comme on le verra plus loin.5.La diarrhée.On a beaucoup écrit sur la diarrhée chez ce type d\u2019individus.Et de fait elle alterne souvent avec la constipation.Tous ces patients ont été soulagés par le traitement décrit plus loin, qu\u2019ils fussent diarrhéiques, constipés, ou ni l\u2019un ni l\u2019autre; et chez tous le traitement fut le même, \u2014 tellement il est vrai que la variété des symptômes de ce syndrome est due non pas à une pluralité de types mais à une diversité de phases d\u2019un même syndrome.Quand ces patients ont des poussées de diarrhée, ils en sont soulagés par des lavements.Car le lavement produit, chez eux, L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 une évacuation de selles en boules.C\u2019est là d\u2019ailleurs une caractéristique de leurs selles à peu près en tout temps.Ces boules adhèrent à la muqueuse du côlon comme une mosaïque, inhibant ainsi la sécrétion de mucus.Celle-ci devenant de plus en plus diminuée, l\u2019absorption des liquides apportés par les matières récentes devient insuffisante, et forcément la diarrhée s\u2019ensuit.Le traitement.Le plan thérapeutique élaboré ici a été établi à la suite d\u2019une longue série d\u2019échecs et de succès relatifs, jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin il soit efficace.Tous les antispasmodiques synthétiques, et la majorité des mélanges de barbituriques et de belladonne sur le marché furent essayés.Une seule combinaison de médicaments s\u2019est démontrée d\u2019un aide continu, c\u2019est le Bellade- nal, qui est un mélange de phénobarbital et d\u2019alcaloïdes lévorotatoires de la belladonne.Tous les patients ont été soulagés par le Bel- ladenal, et chez tous, cette préparation a amené un relâchement gastro-intestinal sans même qu\u2019il soit nécessaire de pousser la dose jusqu\u2019à l\u2019apparition des symptômes visuels, de mydriase, ou de sécheresse de la bouche.Ft l\u2019auteur attribue ceci au fait que le Bellade- nal contient davantage d\u2019alcaloïdes lévorota- toires de la belladonne que les autres.Le méthylcellulose fut essayé au début mais abandonné par la suite.Au début du traitement, chaque patient doit prendre un petit lavement à l\u2019eau tiède.Le lavement est répété le deuxième jour si les selles sont encore en boules.Dans la majorité des cas, deux lavements suffisent.Cependant, lors d\u2019une exacerbation avec ou sans diarrhée, il est bon de répéter le lavement à l\u2019eau tiède.Ceci ne cause aucune irritation.De plus, il est bon dans tous les cas de mettre le patient pleinement au courant de son trouble en lui en donnant une explication détaillée et complète, en lui illustrant le but des lavements, l\u2019action des médicaments, etc.Cette façon de procéder est d\u2019ailleurs le meilleur remède à la « cancérophobie ».ANALYSES 339 Accessoirement, s\u2019assurer que le patient se repose adéquatement \u2014 ce qui n\u2019est pas toujours facile \u2014 et imposer une diète très simple qui vise à éliminer surtout le café et les aliments non tolérés par le patient, si simple que cela puisse paraître.Les diètes élaborées ne sont pas démontrées nécessaires 1ci.Une fois le patient instruit de ce programme, 1l se verra délivré de ses malaises s\u2019il le met en pratique.Henri LANDRY.CHIRURGIE O.H.WANGENSTEEN, John LEWIS, Stuart ARHELGER, John MULLER et Lloyd Mac- LEAN.\u2014 Rapport intérimaire sur la re- exploration systématique dans les cas de cancers du côlon, du rectum, de l'estomac et de \u2018cancérose péritonéale limitée\u201d.(An Interim Report Upon the Second Look Procedure for Cancer of the Stomach, Colon, Rectum and for Limited Intraper- itoneal Carcinosis.) \u201cSurgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, 99: 257 (sept.) 1954.Nombreux sont les patients qu\u2019une première opération pour cancer abdominal n\u2019a pas guéris.Les auteurs ont tenté l\u2019expérience d\u2019une réexploration systématique chez les patients porteurs d\u2019un cancer gastrique, colique ou rectal avec métastases lymphatiques six mois après la première intervention et alors que les patients sont encore asymptomatiques.Si a ce moment on trouve a nouveau du tissu cancéreux, on en fait l\u2019exérèse et, subséquemment, on réexplore l\u2019abdomen jusqu\u2019à ce qu\u2019une des explorations soit négative.L\u2019intervalle entre les opérations est plus court pour les cancers gastriques, moins de six mois, et jusqu\u2019à huit mois pour les cancers du côlon.En tout, 103 patients ont ainsi subit des réexplorations.Chez 17 des 39 patients ayant des cancers gastriques avec métastases aux ganglions, on ne trouva pas de tissu cancéreux lors de la réexploration et chez 22 (56 ) on en trouva.Sur ces 22 patients, 4 sont encore vivants dont un 31 mois après la quatrième opération qui fut négative.Les auteurs en sont venus à la conclusion que la première 340 intervention doit être plus extensive, comprenant une gastrectomie totale ou subtotale, une résection du grand et petit épiploon, des ganglions rétroduodénaux et paraœsophagiens, de la rate, du pédicule splénique, des ganglions longeant le bord supérieur du pancréas, une dissection radicale du tissu lymphatique autour de l\u2019aorte, du tronc cœliaque, de l\u2019artère hépatique, de l\u2019artère cystique et de la vésicule biliaire.Dans 35 cas de cancer du rectum, une réex- ploration démontra la présence de cancer chez 15 (43%) des patients dont un vit 21 mois après la première opération et 4 mois après une troisième exploration qui fut négative.Dans le cancer du rectum, les résultats sont moins bons que dans le cancer du côlon car il est plus difficile de repérer le tissu cancéreux lors d\u2019une réexploration.Ici encore, les auteurs recommandent une excision primaire plus radicale comprenant les tissus rétropéri- tonéaux adjacents aux vaisseaux principaux jusqu\u2019aux uretères, la ligature de l\u2019artère mésentérique inférieure et la résection de la demie distale du côlon transverse.Les meilleurs résultats furent obtenus dans les cancers du côlon: 5 (312%) des 16 patients ayant des cancers avec métastases lymphatiques furent finalement déclarés cancer free après une ou deux réexplorations.Cette technique de la réexploration ne s\u2019applique pas uniquement aux patients asympto- matiques mais a été mise à l\u2019essai dans les cas ou la tumeur n\u2019avait pas été complètement reséquée lors d\u2019une première intervention ou lorsqu\u2019il y a une récidive se manifestant cliniquement ou radiologiquement 1e.dans les cas de « cancérose abdominale limitée ».Les auteurs en citent 3 cas qui vivent encore respectivement 11 mois, 20 mois et 18 mois après réexploration.De ces expériences, les auteurs concluent que souvent on peut parvenir à reséquer complètement le tissu cancéreux résiduel qu\u2019on trouvera fréquemment limité à quelques ganglions, et que la technique de la réexploration mérite une étude approfondie.Lise FORTIER.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 William H.MORETZ, Paul NAISBITT, Gerald STEVENSON.\u2014 Etude expérimentale sur l'occlusion temporaire de la veine cave inférieure.(Experimental Studies on Temporary Occlusion of the Inferior Vena Cava.) Surgery\", 36: 384 (sept.) 1954.Pour certains patients menacés d\u2019une embolie pulmonaire, la ligation de la veine cave inférieure est le procédé de choix.Malheureusement, les séquelles ne sont pas rares consistant surtout en signes d\u2019une circulation inadéquate des membres inférieurs, œdème, ulcération, thrombose.Toutefois, ces signes peuvent être le fait d\u2019une pathologie veineuse préexistante plutôt que de la ligation de la veine cave.On a tenté d\u2019obvier à cet inconvénient en produisant une occlusion de la veine cave qui ne serait pas permanente.Streuter et Paine ont démontré qu\u2019une ligature de la veine cave par catgut est uniquement temporaire dans 82% des cas.Les auteurs ont expérimenté sur 40 chiens en fermant la veine cave soit par des ligatures ou des pinces d\u2019acier non-oxydable, qui peuvent être retirées au moment voulu.Huit de ces chiens moururent rapidement en état de choe par accumulation de sang dans les extrémités inférieures.Caractéristiquement, la pression veineuse de leurs membres inférieurs avait atteint un sommet initial élevé qui n\u2019avait pas diminué pendant l\u2019heure suivante.Les animaux qui survécurent avaient aussi une pression veineuse élevée pendant les premières minutes mais ceci était suivi d\u2019une chute rapide dans l\u2019espace d\u2019une heure.On a démontré que la circulation collatérale se développe immédiatement d\u2019abord en un fin réseau puis ce réseau est remplacé par quelques vaisseaux importants.Dix des douze chiens chez lesquels on enleva par la suite la pince occluante retrouvèrent une perméabilité partielle de la veine cave associée à une diminution de la pression veineuse et à une disparition de la circulation collatérale.Les auteurs concluent de leurs expériences que la pince de métal est supérieure aux au- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 tres moyens de ligations en ce qu\u2019elle peut être retirée facilement, si l\u2019occlusion de la veine cave s\u2019avère dangereuse.Lise FORTIER.Herman ANKER.\u2014 À propos d'un cas d'adénome tubulaire testiculaire de l'ovaire.\u2018Mémoires de l'Acad.de Chirurgie\u2019, 80: 635 (juin) 1954.Il s\u2019agit d\u2019une femme de 34 ans, qui en novembre 1945, consulte pour un arrêt de menstruations depuis neuf mois.Neuf ans auparavant, elle avait accouché, au neuvième mois, d\u2019un enfant mort.Dans la suite, elle n\u2019accuse aucun trouble, si ce n\u2019est la stérilité, qu\u2019elle déplore amèrement.A l\u2019examen, on remarque une pilosité pubienne qui remonte jusqu\u2019à l\u2019ombilic et recouvre la racine des cuisses.Le toucher vaginal décèle aussi la présence d\u2019une tumeur anne- xielle droite.Un mois plus tard, après un traitement fol- liculinique et thyroïdien, la tumeur, qui était de la grosseur d\u2019une prune, a atteint le volume d\u2019un œuf de poule.On pratique alors sans tarder l\u2019ablation de l\u2019annexe droite.L\u2019examen histologique montrera qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un adénome tubulaire de l\u2019ovaire, à structure testiculaire.: Exactement quatre semaines après l\u2019opération, les menstruations reprennent régulièrement.Dans la suite les poils sur le ventre et les cuisses disparaissent complètement.Quatre mois plus tard, cette femme devient enceinte, et elle accouche au neuvième mois d\u2019un enfant vivant.Revue encore récemment, elle reste en bonne santé, neuf ans après l\u2019opération.A la suite de cette observation, les auteurs font quelques commentaires, que nous pouvons ainsi résumer.Cette tumeur entre dans le cadre des arrhé- noblastomes.Sous ce vocable, l\u2019anatomo-pa- thologiste Robert Meyer range également d\u2019autres tumeurs de même nature, mais d\u2019aspect anatomique moins typique! « Un point commun à toutes ces tumeurs est leur activité hormonale, attribuée à la présence dans leur ANALYSES 341 sein de cellules interstitielles ayant un caractère histologique et biologique identique à celui des cellules de Leydig du testicule ».Ces tumeurs sont excessivement rares.Le cas princeps fut décrit par Ludwing Pick, en 1905.Cliniquement, les signes de virilisation semblent varier avec le degré de développement de la tumeur.En général, il y a aménorrhée ou oligoménorrhée, plus rarement des métrorragies.On a observé dans quelques cas une diminution du libido, mais jamais d\u2019inversion de instinct sexuel.Après l\u2019exérèse de la tumeur masculinisan- te, les menstruations reviennent habituellement dès la quatrième semaine.La pilosité disparaît quelques semaines plus tard.L'auteur termine par l\u2019exposé des théories sur la genèse de ces tumeurs.Rosaire LAUZER.PEDIATRIE P.J.N.COX et R.J.P.PUGH.\u2014 Galacto- sémie.(Galactosaemia.) \"British Med.J\", 2: 613 (11 sept.) 1954.Les enfants qui souffrent de galactosémie sont incapables dès la naissance de métaboliser le galactose normalement.Le galactose qui dérive du lactose du lait s\u2019accumule dans le sang engendrant une hépatomégalie, souvent de l\u2019ictère et le plus souvent la mort.Ceux qui réussissent à vivre développent des cataractes et souffrent de débilité mentale.L\u2019analyse des urines est un facteur diagnostique important.Un cas sera d\u2019autant plus suspect s\u2019il y a ictère, hépatomégalie et que l\u2019histoire familiale est positive.Si l\u2019analyse des urines accuse une réduction de la solution de Benedict, il faudra identifier ensuite la substance réductrice.On peut retrouver la galactosurie chez certains enfants dont le foie est malade mais on ne la retrouve alors que d\u2019une façon intermittente et en très petite quantité.Si l\u2019on a le moindre doute, le diagnostic différentiel est facile avec: 1°\u2014 Une galactosémie élevée, 2° \u2014 Une courbe caractéristique de tolérance au galactose démontrant une élévation marquée et prolongée du galactose sanguin accompagnée 342 ANALYSES d\u2019une diminution du glucose sanguin; 3° \u2014 Une amélioration rapide à la suite du traitement.Traitement Il s\u2019agit d\u2019exclure le lactose et le galactose de la diète de l\u2019enfant.Il faut donc lui procurer un lait sans lactose.Les auteurs ont employé « casilan » avec huile d\u2019arachides et de coco mêlé à du sucrose et de l\u2019eau.Le beurre contient du lactose et ne peut faire partie de la diète.La margarine peut être employée mais son émulsion est moins stable.En plus des vitamines, 1l faut donner du potassium, du sodium et des sels de fer puisque « casilan » n\u2019en contient pas mais il contient du calcium et du phosphore en quantité suffisante.Casilan contient 1% de lactose donnant 12 mg (équivalent de 6 mg de galactose) dans chaque once de formule.Le nutramigène et le lait de fève de soya, les nourritures sans lactose recommandées par d\u2019autres auteurs contiennent aussi des traces de galactose.Evolution Sans traitement, peu d\u2019enfants survivent, ou bien la débilité mentale est de règle.Il n\u2019y a qu\u2019un cas rapporté chez qui la débilité mentale a suivi un traitement immédiat.Pathologie À l\u2019autopsie, on trouve de l\u2019ædème du cerveau, du rein et des autres viscères mais le seul changement pathologique constant et important se trouve dans le foie des nouveau- nés.Le dommage est déjà considérable durant la première semaine de vie mais après une période critique il semble y avoir un stage de réparation même si le lactose n\u2019est pas retiré de la diète de sorte que chez les enfants plus âgés les lésions sont plus légères et non progressives.La différence viendrait de l\u2019immaturité du foie chez les enfants plus jeunes de même que d\u2019une plus grande concentration en galactose sanguin à cet âge.Hérédité et pathogénie Les études statistiques sont peu nombreuses et incomplètes.En moyenne, un enfant sur 3,5 est atteint dans chaque famille où L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 l\u2019on a retrouvé un cas.Les cas observés font toujours partie de la même génération et les épreuves de tolérance faites chez les parents des malades se sont toujours révélées normales.Aucune consanguinité n\u2019est observée chez les parents.Il semble donc que la transmission héréditaire se fasse au moyen de facteurs ou gênes récessifs.Les patients souffrant de galactosémie utilisent mal le galactose probablement à cause de l\u2019absence ou inhibition d\u2019une ou plusieurs enzymes.L\u2019amélioration rapide du sujet après omission du lactose suggérerait que les symptômes viennent principalement d\u2019un effet toxique dû à la concentration du galactose sanguin.La diminution de concentration du glucose sanguin pourrait aussi jouer un rôle puisqu\u2019il accompagne la galactosémie.Le galactose est un constituant essentiel des cellules et en particulier fait partie des cérébrosides du tissu nerveux et des mucoïdes.Peut-être aussi joue-t-il un rôle dans le métabolisme des graisses.On ignore si ces fonctions ou d\u2019autres fonctions mal ou peu connues du galactose sont aussi dérangées dans la galacto- sémie.Conclusion Même si la maladie est rare, il est important de se rappeler qu\u2019un traitement fait à temps peut non seulement sauver la vie de l\u2019enfant mais en faire un individu normal.Le diagnostic est done ici plus urgent que dans n\u2019importe quelle autre anomalie congénitale du métabolisme.Thérèse ROUSSEAU.NEURO-PSYCHIATRIE W.O.KLINGMAN.\u2014 Effet des résines dans les troubles nerveux paroxysmaux.(The effect of ion exchange resins in the par- oxismal disorders of the nervous system.) \u201cThe Amer.J].Psychiatry\u201d, 111: 184-195 (septembre) 1954.Les derniers développements scientifiques concernant les échanges des électrolites et des liquides au niveau du cerveau des épileptiques ont attiré l\u2019attention sur le métabolisme du sodium et du potassium.L'introduction L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 des résines dans le traitement des œdèmes a permis d\u2019étudier par la suite l\u2019action de ces substances dans les échanges des ions au niveau du système nerveux, au début dans l\u2019épilepsie et ensuite dans le syndrome de Mé- nière et les migraines sévères.Dans chacune de ces conditions on avait auparavant soupçonné une incapacité de la part de l\u2019organisme de ces patients dans le maintien d\u2019une dilution normale des liquides, soit au niveau du cerveau, soit dans le système endolympha- tique.L\u2019auteur a fait un travail extrêmement précis avec contrôle des divers ions, de l\u2019E.E.G., et a constaté que cette thérapeutique était efficace comme traitement adjuvant de ces troubles paroxysmaux.La médication anti- convulsive doit être continuée dans l\u2019épilepsie.Dans l\u2019épilepsie les résines furent données pendant 10 jours par mois avec restriction du sodium à 1000 mgm par jour; dans d\u2019autres cas la médication fut donnée pendant une semaine avec ou sans restriction sodique.Dans les cas de migraine ou de syndrome de Mé- nière les résines furent données pendant une semaine à 10 jour avec une diète hypochlo- rurée simple.J-M.BORDELEAU.R.FISCHER.Schizophrénie : un processus régressif d'adaptation.(Schizophrenia : a regressive process of adaptation.) \"The J.of Nerv.and Ment.Dis.\"\u201d, 119: 492, 1954.L\u2019auteur attire l\u2019attention sur les similitudes physiopathologiques qui existent entre certains stages du processus schizophrénique et les différents stages du syndrome général d'adaptation de Selye.La catatonie aiguë correspondrait à la période d\u2019alarme tandis que les symptômes psychiques et somatiques ainsi que le comportement des schizophrènes chroniques simulent la période de résistance.Il devient alors fascinant de penser que le processus schizophrénique pourrait être déclenchée chez un sujet qui posséderait un seuil anormalement bas en présence d\u2019un stress; ce facteur serait un héritage génétique.ANALYSES 343 L\u2019auteur a mis en évidence l\u2019existence d\u2019un facteur toxique pour certains tétards dans le sérum et l\u2019urine des schizophrènes.Il n\u2019est cependant pas possible à l\u2019heure actuelle de décider si ce facteur toxique ou l'hypothèse d\u2019une diminution héréditaire de la résistance au stress jouent réellement un rôle dans le processus schizophrénique.J.-M.BORDELEAU.FE.F.FINCHER.\u2014 L'expérience des méningiomes.(Experiences with meningiomas.) \"The Surgical Clinics of North America\u201d, 1037-1049 (août) 1954.L\u2019auteur fait une revue des 100 derniers cas de méningiomes qui ont été observés dans son service de neuro-chirurgie et la principale intention de son article est de montrer que ce type de tumeur n\u2019est pas aussi bénin qu\u2019on a l'habitude de le croire.En effet sur ce groupe, 99 patients ont subi un total de 128 opérations; l\u2019autre patient non opéré avait déjà eu deux opérations pour un astrocytome du lobe temporal.La mortalité opératoire est survenue dans 14 cas.Neuf patients sont morts pour des causes autres que leur condition in- tracranienne: ils ont survéeu pendant une période variant de un mois à treize ans.Des 68 patients survivant, 44 ont quelque déficit physique ou neurologique, dépendant du méningiome ou du dommage opératoire.Ceci donne une morbidité de 52 sur 99 cas de méningiomes traités chirurgicalement.Ces chiffres en eux-mêmes donnent une juste idée de la gravité de ce groupe de tumeurs quoique le seul traitement actuel soit un traitement chirurgical.Dans la suite de son article, l\u2019auteur donne les caractères des méningiomes, il donne le résumé de 10 cas et il fait une excellente discussion des techniques opératoires en fonction de la localisation de la tumeur.J.-M.BORDELEAU. 344 ANALYSES OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE E.L.DERLAKI.\u2014 Fermeture des perforations tympaniques centrales du tympan.(Repair of Central Perforations of tym- panic membrane.) \"Arch.of Otol\u201d, 58: 405 (octobre) 1953.L\u2019A.rapporte les résultats obtenus dans 143 perforations centrales du tympan traitées selon la technique de Linn.Cette dernière se résume à ceci: cautérisation du rebord de la perforation avec tige montée imbibée de solution trichloracétique concentrée; application immédiate sur la zone perforée d\u2019une mince rondelle d\u2019ouate imprégnée de poudre de « protonucléine » irradiée à l\u2019ultraviolet; l\u2019instillation d\u2019euthymol de Park and Davis Co., imprégnera la rondelle qui alors adhère da- \u201cantage à la toile du tympan; les jours suivants on continuera d\u2019instiller 2 gouttes d\u2019eu- thymol 2 fois par jour; la rondelle ainsi préparée et humectée sera renouvelée une fois par semaine jusqu\u2019à guérison complète de la perforation.Mais l\u2019A.modifie quelque peu la technique après: la cautérisation à l\u2019acide trichloracétique, il pratique l\u2019insufflation du mélange antiseptique ainsi constitué (poudres trisulfa et Sulzberger à parties égales) ; c\u2019est alors seulement qu'il applique un petit carré de coton sec de 9 mm sur le tympan à l\u2019aide d\u2019une pince alligator auriculaire; puis on l\u2019humecte d\u2019eutymol de la façon décrite plus haut entre le renouvellement hebdomadaire de cette lamelle de coton.Selon l\u2019A.la fermeture complète de la perforation s\u2019effectuerait après 2 à 5 semaines de traitements.Dans certains cas rebelles l\u2019A.remplace l\u2019euthymol par une solution isotoni- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 que saline d'urée a 5%.La principale précaution à suivre consiste à ne pas appliquer ou à bien suspendre le traitement si on est en présence d\u2019une otorrhée non tarie ou intercurrente.Une mastoïdite intercurrente avec choles- téatome, la destruction complète de la membrane du tympan ou d\u2019une partie de son bord marginal, l\u2019obstruction ou l\u2019inflammation de la trompe d\u2019Eustache représentent une contre- indication à l\u2019efficacité du traitement ici préconisé.La constitution histologique de la membrane du tympan comprend 4 couches: extérieurement un épithélium pavimenteux stratifié; la couche interne est la muqueuse formée de cellules cubiques pseudo-stratifiées; entre ces deux couches existe une double toile formée de fibres élastiques irradiées et circulaires.Il est admis que la permanence de la perforation centrale du tympan s\u2019entretient grâce à l\u2019épithélisation pavimenteuse externe qui rejoint en dedans la muqueuse qui se trouve ainsi arrétée dans sa course de régénération vers la fermeture entière de l\u2019orifice de la perforation.On comprend maintenant que la destruction de la soudure des couches externe et interne au niveau du rebord de la perforation conduira à la fermeture complète par le glissement progressif de ces deux couches.Autre fait à noter: le gain de l\u2019audition oscillant entre 15 et 30 décibels et la disparition des bourdonnements représentent l\u2019amélioration la plus accusée par le patient à la suite de la fermeture d\u2019une perforation du tympan.V.LATRAVERSE.If {ra 4 de Je | NECROLOGIE LE DOCTEUR RODOLPHE LALLEMAND Le docteur Rodolphe Lallemand est décédé à la fin de 1954 à l\u2019âge de 58 ans.Il avait reçu son doctorat en 1921 après des études médicales poursuivies à l'Université de Montréal.Le docteur Lallemand s'était spécialisé en dermato-syphiligraphie et était attaché au personnel médical de l'hôpital Saint-Lue, de Montréal.: Une belle voix de baryton, un caractère heureux et jovial, aimant la vie et d\u2019un commerce qui la faisait aimer aux autres, ignorant les mesquineries de l'existence, voilà certains traits de sa personnalité qui nous le feront regretter.LE DOCTEUR P.-M.FAVIER Le docteur Favier est tout récemment décédé après plus de 50 ans de pratique médicale.Exerçant à Montréal depuis l\u2019obtention de son doctorat de l\u2019Université Laval, en 1899, il était encore inscrit, à l\u2019époque de sa mort sur les listes du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.Cinquante ans de vie professionnelle, bel exemple de vitalité! LE DOCTEUR LAURENT TRUDEAU Le docteur L.Trudeau de Chambly-Bas- sin est décédé tout dernièrement à l\u2019âge de 48 ans.Fils du Dr Albéric Trudeau, décédé, le défunt avait obtenu son doctorat en 1935 de I'Université de Montréal.Echevin de la municipalité de Chambly Bassin, il savait allier l\u2019exercice de sa profession à celle d\u2019administration civique avec la même conscience.Nos condoléances au Dr André Panneton de Sherbrooke.son beau-frère.6-6 ++ LE DOCTEUR JOS.-LAURENT GILBERT Le docteur Gilbert vient de mourir à l\u2019âge de 80 ans et 11 mois.Diplômé de l'Université Laval de Québec en 1899, le docteur Gilbert résidait depuis cinquante-trois ans au faubourg S.-Jean-Baptiste de Québec, partageant sa carrière entre la médecine générale, le service militaire et le service médical de l\u2019immigration américaine.En 1949, la Société Méd1- cale de S.-Jean-Baptiste fêta son cinquantième anniversaire de pratique de la médecine.Nos condoléances à son fils, le Dr Jules Gilbert, de Montréal.+ + LE DOCTEUR EDWARD KENNEDY Le docteur Edward Kennedy vient de mourir à un Age que nous ne pouvons préciser exactement.Cependant, si on se rapporte a l\u2019année de ses grades universitaires, on peut présumer qu\u2019il avait atteint au moins ses quatre-vingt-cing ans.Le docteur Kennedy, irlandais d\u2019ascendance, avait cependant étudié à Laval de Montréal où il obtint son doctorat en 1893.Il garda une empreinte indélébile de l\u2019enseignement reçu dans une université française.Sans renier son caractère ethnique, fidèle aux œuvres et institutions irlandaises, il témoigna durant tout le cours de sa vie une sympathie agissante pour ses confrères de langue française.Pendant plusieurs années, il prêta son concours aux soins des malades publics de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Il fut un adhérent fidèle à l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada.En fait, le docteur Kennedy demeura, au sens plein du terme, un ancien de Laval et un ami sincère des médecins d\u2019autre ascendance que la sienne. NOUVELLES LE DOCTEUR JEAN-JACQUES LUSSIER, ASSISTANT-DOYEN À OTTAWA On nous informe qu\u2019à compter du premier juillet 1955, le docteur Jean-Jacques Lussier occupera à la Faculté de Médecine de l\u2019Université d\u2019Ottawa la fonction d\u2019assistant-doyen.Le docteur Jean-Jacques Lussier, Research Fellow du Conseil National des Recherchess, Ph.D.de l\u2019Université Cambridge (Angleterre), est professeur agrégé de physiologie à l\u2019Université de Montréal.à» ++ CONFÉRENCE À SHERBROOKE DU DOCTEUR SYLVIO LEBLOND L\u2019Association des Médecins de Langue Française des Cantons de l\u2019Est a récemment tenu une réunion à Sherbrooke.Le docteur Sylvio Lebland, professeur à la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval de Québec et chef du service de médecine de l\u2019Hôtel- Dieu de Chicoutimi, était le conférencier invité.Sa causerie était intitulée: « Nos confrères du siècle dernier ».++ ++ LE DOCTEUR LÉON LONGTIN, CONFÉRENCIER À PARIS Le docteur Léon Longtin, professeur agrégé d\u2019anesthésiologie à l\u2019Université de Montréal et membre du service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, a donné à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Paris, sous les auspices de l\u2019Institut d\u2019anesthésiologie dont le professeur P.Moulonguet est directeur, une série de conférences sur les sujets suivants: le mercredi, 24 novembre 1954: Influence de certaines techniques sur l\u2019équilibre acide-base au cours des anesthésies générales; le mercredi, ler décembre 1954: La prévention de la contamination contra-latérale au cours de la chirurgie pulmonaire; le mercredi, 8 décembre 1954: L\u2019ordre de dépression du système nerveux central par les agents anesthésiques.Ces conférences eurent lieu à l\u2019Amphithéâtre Gustave- Roussy (Ecole Pratique de la Faculté de Médecine).ob ++ FONDATION D'UN CLUB D'UROLOGIE À MONTRÉAL Récemment avait lieu au Cercle Universitaire de Montréal, sous la présidence du docteur Jean-Paul Bourque, la première réunion d\u2019un groupe de chi- + + rurgiens urologues de Montréal.À cette occasion, on a fondé un nouvel organisme portant le nom de «Club Urologique de Montréal Urological Club ».Le premier président est le docteur Jean-Paul Bour- que le premier secrétaire est le docteur Jean Char- bonneau.LA SOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANÇAISE D'ÉLECTRO-RADIOLOGIE MÉDICALES La réunion de la Société Canadienne-Française d\u2019Electro-Radiologie Médicales a eu lieu à l\u2019hôpital Sainte-Jeanne-d\u2019Are de Montréal samedi, le 12 février 1955, à 8.30 heures du soir.L'ordre du jour comportait les travaux scientifiques suivants: 1.Docteur Jacques Ouimet: Séquelles d\u2019artériographie.Présentation d\u2019un cas.2.Docteur Mare Geoffroy: Des appareils à super- voltage.3.Docteur Jean-Pierre Jean: Les lésions du ménisque interne: leur démonstration par arthrographie.+ ++ CONFÉRENCE À PARIS PAR LE DOCTEUR ALPHONSE L'ESPÉRANCE Lors d\u2019une réunion de l\u2019Association française de Phtisiologie, tenue à l\u2019hôpital de La Salpêtrière à Paris, le conférencier d\u2019honneur était le docteur Alphonse L\u2019Espérance, directeur de l\u2019hôpital Laval de Québec et Président du Comité provincial de défense contre la tuberculose.Le docteur L\u2019Espérance a parlé de la lutte antituberculeuse dans la province de Québec.ee + REPRISE DU COURS DE PERFECTIONNEMENT EN PHTISIOLOGIE Il y a cinq ans, le Comité provincial de défense contre la tuberculose prenait l\u2019initiative d\u2019organiser un cours de perfectionnement (tuberculose et maladies pulmonaires) qui devait se dérouler alternativement à Québec et à Montréal.Ce cours, en 1950, 51 et 52 remporta le plus vif succès.Il fut discontinué en 1953 pour ne pas faire double emploi avec les séances médicales de l\u2019Association canadienne antituberculeuse, mais en novembre dernier on décidait de le reprendre et les docteurs Alphonse L\u2019Espérance, président du Comité provincial.Philippe Landry.secrétaire, Guy Bégin, Maurice Beaulieu et Lionel L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 Montminy se voyaient confier la tâche d\u2019élaborer un programme.Le travail préliminaire terminé, les directeurs du Comité l\u2019ont ratifié lors de leur dernière réunion tenue à Montréal, au ministère de la Santé, le 29 janvier.Le nouveau cours de perfectionnement, quatrième de la série, aura lieu les 5, 6 et 7 mai à l\u2019hôpital Laval et portera sur le diagnostic des maladies pulmonaires, les conceptions les plus récentes du traitement de ces maladies, la prophylaxie de la tuberculose, la réadaptation et les problèmes sociaux du tuberculeux.ASSEMBLÉE ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE MONTRÉAL Lundi, le 31 janvier, & 7.30 heures p.m., a eu lieu au Cercle Universitaire de Montréal, le diner annuel de la Société de Chirurgie de Montréal.L\u2019ordre du jour comportait les rapports du secrétaire général, du secrétaire des séances et du trêso- rier; les discours du président sortant de charge, le docteur A.Couturier, et du nouveau président, le docteur Jean Tremblay.Le conférencier invité était le docteur Gérald Lasalle qui parla sur «le chirurgien et l'hôpital ».SÉANCE DE L'\u2019AMERICAN COLLEGE OF CHEST PHYSICIANS\u201d (CHAPITRE CANADIEN DE LA PROVINCE DE QUEBEC) Une réunion conjointe de la Montreal Medico- Chirurgical Society (Section of Tuberculosis and Diseases of the Lung) et de la Société de Phtisiologie de Montréal, sous la présidence du docteur F.L.Phelps a eu lieu vendredi, le 25 février 1955, à 9 heures p.m., dans PAuditorium du Royal Edward Laurentian Hospital, 3650, rue Saint-Urbain.La partie scientifique a consisté dans un forum sur: le traitement des cancers inopérables du poumon dont les participants, étaient les docteurs Louis Lowenstein, hématologiste au Royal Victoria Hospital, Marvin Lougheed.radiothérapiste du Montreal General Hospital, Origéne Dufresne, directeur de l\u2019Institut du Radium, Jean Bouchard, directeur de la section de radiothérapie au Royal Victoria Hospital et André Mackay, assistant directeur de la Clinique du Thorax de lhôpital Notre-Dame de Montréal.Le docteur B.-G.Bégin.de lPhôpital du Sacré- Cœur était l\u2019animateur.CONFÉRENCES SUR L'ANESTHÉSIOLOGIE La section d\u2019anesthésiologie de la Montreal Medi- co-chirurgical Society avait invité le docteur Loyola NOUVELLES 347 Perras, chef de service à I'hdpital Ste-Justine a présenter lors de la séance du 7 février 1955 quelques cas intéressants et à la séance subséquente du 14 février 1955 le prof.Eugène Robillard à parler de la physiologie des échanges liquidiens dans l\u2019organisme.te ++ CONFÉRENCE LAVOISIER Mardi, le 17 février 1955, a eu lieu dans la salle de conférence de l\u2019Institut Lavoisier, une conférence par M.Lapalme intitulée: Comparaison de deux méthodes pour la détermination de la capacité résiduelle fonctionnelle.2e + RÉUNION DU CLUB UROLOGIQUE DE MONTREAL UROLOGICAL CLUB Une réunion du Club Urologique de Montréal s\u2019est tenue à l\u2019Hôtel-Dieu, mercredi le 16 février, de 10 h.à midi.La séance fut suivie d\u2019un lunch gracieusement offert par les autorités de l'hôpital.Voici le programme tracé pour cette séance.1\u2014 Tumeur asymptomatique de l\u2019uretère \u2014 Doec- teur Jean-Paul Bourque.2 \u2014 Cas pour diagnostic \u2014 Docteur Jean-Paul T.e- gault.3 \u2014 Exstrophies vésicales (2 cas) \u2014 Docteur Jean Charbonneau.4\u2014 Deux cas d\u2019hypertension artérielle avec lésions rénales unilatérales \u2014 Docteur Jean Joyval.5 \u2014 Quelques pyélographies intéressantes.6 \u2014 La cassette « Polaroid» en opération pour le diagnostic urologique.7 \u2014 Visite du service.+\u2014e ++ SOCIÉTÉ DE CARDIOLOGIE DE MONTRÉAL Une réunion de la Société de Cardiologie de Montréal a eu lieu le 9 février 1955 à l'hôpital Herbert Reddy Memorial.Le sujet, présenté sous forme d\u2019un symposium, portait sur l'hypertension pulmonaire.Les conférenciers invités étaient les docteurs Fernand Grégoire, J.-H.Palmer et EF.A.S.Reid.++ CONFÉRENCIER INVITÉ DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE DE MONTRÉAL Le docteur H.M.Kalckar, prof.et directeur de l\u2019Institut de Cytophysiologie de l\u2019Université de Copenhague, a présenté une conférence intitulée: Uri- dine-nucleotides and the formation of active glu- curonic acid le 9 février 1955 à 8.30 p.m.dans la salle 250, du Biology Building de l\u2019Université McGill. 348 NOUVELLES Le Dr Kalckar était l'invité du \u201cMerck Visiting Lecturers\u2019 Fund\u201d de la Faculté de Médecine de l\u2019Université McGill, de la \u201cMontreal Physiological Society\u201d, de PACFAS, de la Société de Biologie de Montréal et du \u201cBiochemical Circle\u201d de Montréal.6-6 ++ RECTIFICATION CONCERNANT L'ASSOCIATION MÉDICALE DES PRATICIENS GÉNÉRAUX DE LA VILLE ET DU DISTRICT DE QUÉBEC Le secrétaire de l\u2019Association Médicale des Praticiens généraux de la ville et du district de Québec nous envoie le communiqué suivant: « Dans les nouvelles diverses publiées dans le numéro de janvier de l\u2019Union Médicale du Canada, en page 104, nous y lisons ce qui suit: « Une nouvelle organisation médicale vient d\u2019être constituée à Québec sous l\u2019égide du Collège des Médecins, etc.».La nouvelle est inexacte en ce sens que le Collège des Médecins n\u2019a rien eu à voir dans cette fondation.Ce sont des praticiens qui, conscients des problèmes que doit affronter tous les jours la pratique médicale, ont jeté les bases de cette association.Nous comptons actuellement dans nos rangs les trois quarts des praticiens de la région de Québec.Je vous prie donc, de bien vouloir rétablir les faits dans un prochain numéro de votre irés intéressante revue».Dont acte.0 ee ÉLECTIONS À LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE SHAWINIGAN ET GRAND'MÈRE Récemment ont eu lieu les élections de la Société Médicale de Shawinigan et Grand\u2019Mère.Le docteur Paul-Etienne Julien de Shawinigan a été élu président ; le docteur Jean-Louis Frigon de Shawinigan a été choisi comme secrétaire et le docteur Roland Bouliane de Grand\u2019Mère a été désigné comme trésorier.+e ++ PROGRAMME SCIENTIFIQUE TÉLÉVISÉ EN CIRCUIT FERMÉ Le Collège de Médecine Générale du Canada et John Wyeth & Brother (Canada) Limited ont organisé une discussion Académique Internationale télévisée en circuit fermé, sur le « Traitement des infections streptococciques et de leurs complications» à laquelle ont pris part un groupe de médecins distingués, les docteurs W.B.Hildebrand, président de l'Académie américaine de Médecine générale; Bur- tis B.Brecse, professeur assistant en Pédiatrie, Université de Rochester, N.Y.; Keith Hammond, Mem- L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 bre de l\u2019Académie américaine de Médecine générale, Paoli, Indiana; John D.Keith, Médecin en chef de la Clinique cardiaque et du Service hospitalier des Enfants malades, Toronto, Canada; Charles H.Ram- melkamp, jr., Directeur du Laboratoire des Affections streptococciques, Cheyenne, Wyoming; Lowell Rantz, Professeur associé de Médecine, Université Stanford, Californie; Gene H.Stollerman, Directeur Médical de la Clinique d\u2019Irvington pour enfants cardiaques, Irvington, N.Y.Cette discussion s\u2019est tenue dans cinquante-huit villes aux Etats-Unis et au Canada, le jeudi 24 février 1955.Au Canada, le programme a été présenté aux endroits suivants: à Montréal, à l\u2019Hôtel Sheraton- Mont-Royal, à Québec, au Château Frontenac, à Ottawa, au Château Laurier, à Kingston, dans Grant Hall de l\u2019Université Queen\u2019s, à Toronto au Royal Ontario Museum.ee ++ LE DOCTEUR [J.-A.LANGLOIS CERTIFIÉ SPÉCIALISTE EN HYGIÈNE PUBLIQUE Le docteur J-Alfred Langlois, de Notre-Dame du Nord, Qué, vient de recevoir du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, son certificat de spécialiste en Hygiéne Publique.Depuis 1947, il est en charge de l\u2019Unité Sanitaire de Ville-Marie, P.Q.et, en 1949, l\u2019Université de Montréal lui décernait son D.P.H.ob ee L'ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS EN MÉDECINE ORGANISE UN FESTIVAL DES ARTS Le Comité de Régie de la Faculté de Médecine de Montréal a organisé un Festival des Arts, aux activités variées.À cette occasion le Comité a offert un Banquet en l'honneur des anciens Présidents de la Faculté, des présidents de Laënnec, des directeurs du « DOC » et de la Revue Médicale.des étudiants en médecine, Présidents de I'A.GE.U.M.et des membres du Conseil actuel.Le Banquet a eu lieu au Cercle Universitaire, 515 est, rue Sherbrooke, le mercredi 16 février, à 7.00 heures précises.Le docteur Roger Dufresne, président d'honneur du Festival, a prononcé une causerie sur « l\u2019enseignement clinique en médecine: un nouveau concept ».Le Festival des Arts, présenté par les étudiants de la Faculté de Médecine a débuté dimanche le 13 février à 2 h.00 p.m.par une conférence du docteur Paul Dumas, intitulée: «Le Médecin et les Arts». L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 La conférence a été suivie du vernissage de l\u2019Exposition des Disciples d\u2019Esculape tenue au Salon de Médecine.RÉUNION DE L' \u201cAMERICAN GOITER ASSOCIATION\" On nous prie de faire connaitre que la réunion de 1955 de American Goiter Association aura lieu à l\u2019Hôtel Skirwin, à Oklahoma City, les 28, 29 et 30 avril 1955.Les sujets à l\u2019étude porteront sur la physiologie et la pathologie de la glande thyroïde.ee ++ XXe ANNIVERSAIRE DU COLLÈGE INTERNATIONAL DES CHIRURGIENS (Genève, 23-26 mai 1955) Le Collège International des Chirurgiens, à l\u2019occasion du XXe anniversaire de sa fondation à Genève par Max Thorek, prépare un congrès mondial pour célébrer cet événement.Présidé par le Prof.Albert Jentzer, premier secrétaire général pour l\u2019Europe, ce congrès permettra à de nombreux spécialistes venus du monde entier de rapporter les résultats de leurs travaux sur des thèmes variés.Plusieurs lecons magistrales sont prévues, dont une par le Prof.Domagk, Prix Nobel.Les langues officielles du congrès sont l\u2019ailemand, l\u2019anglais, le français, l\u2019espagnol et l'italien.La traduction simultanée des langues officielles sera faite en francais et en anglais.Une exposition scientifique permettra de mettre en évidence des travaux de recherches et des techniques nouvelles intéressant la chirurgie.Une exposition technico-commerciale permettra aux congressistes de prendre connaissance des récentes réalisations de la science et de la technique.Des séances de présentation de films auront lieu pendant toute la durée du congrès.La finance d\u2019inscription donnant droit au Volume des Rapports et Communications, est fixée à $20.00 Toute demande de renseignements doit être adressée au Secrétariat administratif du Congrès du Collège International des Chirurgiens, 6-8 rue de la Confédération, Genève (Suisse).Pour l\u2019organisation de leur voyage, ainsi que pour la réservation des chambres d\u2019hôtel, les congressistes des Etats-Unis et du Canada sont priés de s\u2019adresser à l'International Travel Service Inc.Palmer House, 119 S.State Street, Chicago 3, Illinois, US.A.; les congressistes des autres pays s\u2019adresseront au Danzas A Office, 5 rue du Mont-Blanc, Genève (Suisse).NOUVELLES 349 VIIlc CONGRES INTERNATIONAL DE RADIOLOGIE Mexico \u2014 22 - 28 juillet 1956 Le VIIIe Congrès International de Radiologie aura lieu & Mexico du 22 jusqu\u2019au 28 juillet 1956, sous les auspices du Gouvernement Fédéral, de l\u2019Université Nationale Autonome, de la Sociedad Mexi- cana de Radiologia, A.C.Le fait d\u2019avoir choisi le Mexique lors de l\u2019Assemblée Générale du VIIe Congrès à Copenhague, constitue un événement d\u2019une portée continentale pour toutes les nations latines de l\u2019Amérique.Orgueilleux de l\u2019honneur décerné, le Mexique veut s\u2019efforcer afin que le VIIIe Congrès International de Radiologie puisse jouer un rôle comparable, tant au point de vue scientifique que touristique, aux congrès qui l\u2019ont précédé.Le Mexique, outre son élan dans le domaine des disciplines médicales, offre un cadre incomparable des restes des civilisations précolombiennes et de l\u2019œuvre coloniale de l'Espagne: un épanouissement magnifique d\u2019œuvres d\u2019art qui peuvent être admirées dans les innombrables églises, monastères, par tout le pays, dans différents climats, depuis les zones tropicales jusqu\u2019aux montagnes couronnées de neiges éternelles.L\u2019hospitalité du peuple mexicain est assuré aux collègues qui se feront inscrire au Congrès.Voici les données générales du programme du VIIIe Congrès International de Radiologie.Programme scientifique Assemblées générales 1.Exploration de l'appareil circulatoire par des produits de contraste.2.Conduite en cancer avancé.3.Application pratique des nouvelles méthodes de dosimétrie et de distribution des doses.4.Applications de la physique moderne dans le radiodiagnostic.a) L\u2019optique et la radiologie.b) Agrandissement d'images.ce) Radiographie cinématographique.5.Mécanisme de mort par irradiation corporelle totale.Symposium des sections Radiodiagnostic.1.Etude radiologique des tumeurs du système nerveux central.2.Radiologie osseuse (sauf néoplasies et traumatismes).3.Nouvelles méthodes d\u2019exploration hépato-bilai- re. 350 Radiothérapie.1.Radiothérapie dans les tumeurs du système nerveux central.2.Radiothérapie dans l\u2019ophtalmologie.3.Résultats et indications cliniques de la thérapie dans le mouvement.4.Radiothérapie des tumeurs vésicales.Physique et Technologie.1.Applications médicales des matières colloïdales radioactives.2.Aspects physiques de la téléthérapie à grandes quantités de radioisotopes.3.Dosimétrie et thérapie du mouvement.Radiobiologie.1.Mécanisme de l\u2019action des radiations sur les cellules.2.Lsotopes en biologie.3.Agents radiomimétiques associés à la radiothérapie.4, Changements biochimiques et métaboliques produits par les radiations.5.Effets de tolérance des radioisotopes absorbés intérieurement.6.Protection biologique et biochimique de la radiation.ee ++ CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DES HÔPITAUX CATHOLIQUES AMÉRICAINS ET CANADIENS Le 40e Congres de la Catholic Hospital Association of the United States and Canada aura lieu a St- Louis, a auditorium Kiel, les 16, 17, 18 et 19 mai 1955.Le thème du Congrès se lit: \u201cThe road ahead\u201d.L\u2019Association a été fondée en 1915 par le Rév.Père Charles Monlinier, s.j.et il a été remplacé en 1928 par le Rév.Père Alphonse M.Schwitalla, s.j., Mgr Goebel est le président actuel.2e > ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE PATHOLOGIE DIGESTIVE Sous l\u2019égide de la Faculté de Médecine de Paris, du Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris et de la Société Nationale Française de Gastro-Entéro- logie.Directeur du cours: Professeur Etienne Chabrol.Secrétaires généraux: Docteur François Moutier, 78, rue de Monceau, Paris Se \u2014 Docteur André Busson, 63 bis, rue de Varenne, Paris 7e.Une série de conférences et de démonstrations pratiques aura lieu entre le 16 mai et le 26 juin 1955.Elles seront réparties en trois sections: 1\u2014 Foie et pancréas (16 mai au 28 mai inclus).NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Mars 1955 2 \u2014 Œsophage, estomac et duodénum (ler juin au 14 juin inclus).3 \u2014 Intestin, rectum, anus (15 juin au 25 juin inclus).Cours théoriques: de 9 h.à 10 h.dans les Hôpitaux et de 16 h.30 à 19 h.à la Faculté de Médecine.Démonstrations pratiques: de 10 h.à 12 h.dans les Hôpitaux; afin de rendre celles-ci plus efficaces, les auditeurs seront répartis en groupes de quinze.Ils seront priés, au début de chaque section, d\u2019indiquer leur choix, qui peut englober les trois disciplines suivantes, ou être limité à une ou deux: examens de laboratoire, examens complémentaires radiologiques et endoscopiques, examens cliniques.Le droit d\u2019inscription est de 4000 Frs par section, 12 000 Frs pour la totalité de l\u2019enseignement; les internes des Hôpitaux des villes de faculté bénéficieront d\u2019une réduction des deux tiers.Un programme détaillé sera envoyé sur simple demande faite au Secrétaires Généraux.Les inscriptions devront leur être adressées.2e ++ ASSOCIATION DES PÉDIATRES DE LANGUE FRANÇAISE XV° congrès \u2014 Marseille les 23, 24, 25 mai 1955 Président: Professeur Paul Giraud.Secrétaire général: Prof.agrégé René Bernard.Secrétariat: Clinique Médicale Infantile; Hôpital de la Conception, Marseille, Tél.: GA.50-81.PROGRAMME I.Les thalassémies 1\u2014 Nosologie, étiologie et pathogénie des thalassémies.A.Orsini et L.Badetti (Marseille).2\u2014 Clinique de la thalassémie majeure.G.de Toni, G.Sansone et P.Tolentino (Gênes).3 \u2014 Les formes mineures de la thalassémie.Doyen Ch.Sarrouy, A.Portier, R.Cabannes et J.Massonat (Alger).II.Traitement actuel du diabète 1\u2014 Données de physiopathologie du diabète de l\u2019enfant appliquées au régime et au traitement.H.Lestradet (Paris).2\u2014 Régime et traitement du P.Royer (Paris).3\u2014 L\u2019avenir de l\u2019enfant diabétique.R.Mallet (Paris).diabète infantile. ; L'Union Méd.Canada f Tome 84 \u2014 Mars 1955 tua
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