La terre de chez nous, 20 février 2013, Édition de la Montérégie
[" LaTerre EN COLLABORATION AVEC L'Union des producteurs agricoles VOL.1,N°1 -20 FÉVRIER 2013 LE MENSUEL AGRICOLE DE LA MONTÉRÉGIE / x«:$?itetéiSm CHRISTIAN W' ST-JACQUES Un nouveau PAGF2 1|S1 f|§f mtôi V .ÉSS La Fédération des Agricultrices du Québec propose aux femmes U0 formation sur mesure pour développer leur leadership et accroître leur influence, détails enragea PAGE 3 EN BREF ACTUALITÉ Un nouvelelan pour le CIAQ ENTREVUE René Mantha : parcours d'un passionné PAGE 5 MARKETING Une stratégie humaine pour mieux vendre PAGE 8 UPA DE LA MONTÉRÉGIE Agristars 2013: soirée reconnaissance le 4 avril PAGE 12 Visite du Pavillon horticole ' 1\t1 \"\t* \" PAGE 4 PAGE 6 Je' 11 No I ,7i_/L WW: Christian St-Jacques : aux commandes depuis quatre mois GILLES LÉVESQUE Collaboration spéciale Aux commandes de la Fédération de l\u2019UPA de la Montérégie depuis le 16 octobre dernier, Christian St-Jacques se sent déjà à l'aise dans ses nouvelles fonctions.À 50 ans seulement, il compte déjà une trentaine d'années de service au sein de l'UPA.Qui plus est, il peut compter pour relever son nouveau défi sur une alliée fidèle : sa conjointe, Manon Côté, revendique 25 ans de vie syndicale à l'UPA.SAINT-PIE \u2014 C'est à sa ferme, à Saint-Pie, que le premier président de la Fédération de l'UPA de la Montérégie nous avait donné rendez-vous, le 19 janvier dernier, par un froid de canard.Impossible de ne pas remarquer son entreprise dans le rang Bas-de-la-Rivière.Sa coquette maison est de couleur jaune, tandis que ses trois bâtiments d'élevage de tion faisant référence à leurs trois garçons : Gabriel, Pascal et Joël.Ce dernier est malheureusement décédé il y a quatre ans.Ses débuts Natif de Saint-Pie, Christian St-Jacques s'est rapidement senti bien à la ferme familiale.À l'âge de 18 ans, il procédait à l'achat d'une première terre agricole, pour ensuite former, deux ans plus tard, une société en compagnie de son père, Normand, puis de son frère, Sylvain.En 2000, les deux frangins ont racheté les parts du paternel pour ensuite voler de leurs propres ailes, chacun de leur côté.« La ferme que j'exploite en copropriété avec Manon est d'abord spécialisée en grandes cultures (127 hectares pour la culture du maïs, du soya et du blé).Nous avons par ailleurs transformé trois bâtiments en pouponnières de porcs.Nous sommes Mm iss ¦ I Christian St-Jacques peut compter sur l'appui de sa conjointe, Manon Côté, pour relever I immense défi qu'on vient de lui confier.Elle-même revendique 25 ans de vie syndicale à l'UPA.où il a occupé la 2' vice-présidence jusqu'en sous contrat avec un intégrateur », précise 2011.Cette même année, il accepte un poste M.St-Jacques.Depuis octobre dernier, il s'applique à compléter les fondations de la nouvelle structure qu'il dirige.porcs, des pouponnières, sont d'un rouge vif.M.St-Jacques était visiblement fier de se prêter à cette entrevue pour la première édition régionale de La Terre de chez nous.Fier aussi de nous présenter sa compagne de vie qui partage sa passion pour l'agriculture et la vie Vie syndicale À vingt ans, il fait ses premiers pas dans le monde syndical, plus précisément au sein du Syndicat de base de Beau-Vallon, un organisme dont il a assumé la présidence durant de nombreuses années.En 2001, il similaire à la Fédération de l'UPA de Saint Hyacinthe, un organisme qu'il connaissait bien pour avoir siégé durant de nombreuses années à la grande table du conseil d'administration.Il faut ici préciser que sa conjointe l'a toujours encouragé dans ce désir d'aider les autres.« C'est un peu normal puisque je suis moi-même impliquée dans les structures de l'UPA depuis un quart de siècle.J'ai notamment été présidente du Syndicat des agricul- syndicale.Manon Côté détient d'ailleurs 50 % fait le saut au Syndicat des producteurs de des parts de la Ferme Gapajo, une appella- cultures commerciales de Saint-Hyacinthe, pour la confiance » - Réjean Bessette JEAN-CHARLES GAGNÉ La Terre de chez nous « Je tiens à remercier tous les agriculteurs et les agricultrices pour la confiance tout au long de ces années à défendre les grands dossiers agricoles, et c'est ensemble qu'on a pu les réaliser.Merci et au plaisir de vous revoir.» C'est sur cette note que Réjean Bessette, producteur de lait et de grandes cultures à Saint-Jean-sur-Richelieu et président de l'UPA de Saint-Hyacinthe durant cinq ans, s'est adressé aux syndicalistes agricoles, le 29 janvier.M.Bessette, qui cumule42 ans d'action syndicale au sein de l'UPA, a perdu la bataille à la présidence de la nouvelle fédération de la Montérégie, le 16 octobre 2012 à Saint-Jean-sur-Richelieu, au deuxième tour de scrutin.« C est avec fierté que j'ai toujours défendu les producteurs agricoles.J'ai donné le maximum de ce que je pouvais.J'ai toujours l'agriculture tatouée sur le cœur et je serai toujours présent pour donner un coup de main », avait-il alors déclaré.M.Bessette avait fait état des nombreux dossiers (agricultrices, relève, verglas, inondations, etc.) où son apport avait pu faire la différence.Les deux grands axes de sa vision agricole : faire en sorte que les agriculteurs vivent bien de leur profession et en soient fiers.de l'UPA?« Il y en a, mais c'est rare », convient Christian St-Jacques, tout en soulignant qu'il assume un poste d'administrateur à la Caisse populaire Desjardins de Val-Maska depuis 18 ans.Priorités Depuis octobre dernier, il s\u2019applique à compléter les fondations de la nouvelle structure qu'il dirige.« La fusion des deux anciennes fédérations est une réalité bien acceptée.J'ai eu l\u2019occasion de rencontrer bien des agriculteurs et trices de Saint-Hyacinthe et vice-présidente je peux vous certifier que ça se passe bien de la Fédération des agricultrices du Québec, assure M.St-Jacques.En ce moment, les Des fonctions parmi bien d'autres », raconte 15 syndicats locaux en sont à l'étape de la Manon Côte.\tplanification stratégique.Leurs adminis- Est-ce chose courante de voir un couple trateurs sont très contents de partager les d agriculteurs s'engager de la sorte au sein mêmes territoires que les MRC.Ça va grandement faciliter les rapprochements avec les organismes du milieu.« Pour être plus près des agriculteurs, poursuit-il, les cinq membres de l'exécutif vont parrainer les syndicats locaux, à raison de trois chacun.Qui plus est, chaque syndicat pourra compter sur un agent syndical, ce qui lui sera d une grande utilité pour la planification.Voilà une grosse amélioration.» Christian St-Jacques se réjouit que ces changements surviennent à un moment où aucun grand dossier n'exerce de pression sur les troupes.« Nous allons pouvoir concentrer nos énergies sur les dernières étapes de cette grande transformation, de même que sur l'aménagement du territoire, un dossier qui me tient particulièrement à cœur.C est incroyable, toutes les demandes des villes et des MRC pour ronger la zone agricole, dénonce le président de cette nouvelle fédération qui compte aujourd'hui 11 250 membres.Pour le reste, ce ne sont pas les dossiers régionaux qui manquent en Montérégie.» LA TERRE DE CHEZ NOUS EN RÉGION - 20 février 2013\t3 Un nouvel élan pour le Centre d'insémination artificielle du Québec WmWæsmÊ' .ACTUALITE mm?» - \t « Je connais bien les défis qui se présentent devant nous et je suis certain qu'on peut les relever », affirme le nouveau directeur général du Centre d'insémination artificielle du Québec, Mario Hébert.GILLES LÉVESQUE Collaboration spéciale En poste depuis le 12 novembre dernier, Mario Hébert entrevoit un bel avenir pour le Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ), tant sur le marché canadien qu'à l'international.Confronté à une « compétition féroce », le nouveau directeur général est néanmoins conscient que cet avenir florissant implique du changement, de l'adaptation et un nouveau modèle d'affaires.SAINT-HYACINTHE \u2014 Natif de Bedford, Mario Hébert profite d'une vaste expérience pour poursuivre le travail de son prédécesseur, Normand Renaud, de qui il dit avoir beaucoup appris.Sa feuille de route est impressionnante.Il a notamment été économiste principal et premier responsable du développement durable a La Coop fédérée (2001-2010), directeur adjoint à Agriculture et Agroalimentaire Canada (1999-2001), directeur de la recherche et «Il faut que le CIAQ soit efficace en tout.Ça implique du changement, de nouvelles façons de faire.» des politiques agricoles à l'UPA (1996-1998), directeur général adjoint à la Fédération des producteurs de lait du Québec (1991-1996) et directeur, Recherche, communication et soutien à la commercialisation à Fondaction CSN, un poste qu'il occupait avant son arrivée au CIAQ.« J'ai aussi enseigné l'économie à l'université du temps où j'habitais Moncton, tient-il à préciser.J'ai vécu de belles années dans les Maritimes.J'étais très impliqué dans le développement régional, plus particulièrement dans le secteur des pêches.On me considérait comme un expert dans le domaine.» Un gars d'action Celui qui dit avoir comme mentor Claude Lafleur (chef de la direction de La Coop fédérée) était déjà bien au fait du fonctionnement et des réalisations du CIAQ, pour avoir été membre du conseil d'administration de ce centre de production de semence bovine de 2006 à 2010.« Après une période de cinq ans à un endroit, il faut que ça bouge.Je suis un gars d'action, un gars de changement.Et des changements, il y en a énormément au CIAQ présentement.Disons que ça tombe bien pour moi, confesse cet administrateur aujourd'hui âgé de 55 ans.Le CIAQ va bien.On a de bonnes recettes et des équipes solides et efficaces.Je connais bien les défis qui se présentent devant nous, et je suis certain qu'on peut les relever.» Modèle d'affaires L'un de ces défis consiste à mettre en place un nouveau modèle d'affaires pour mieux faire face à la concurrence et aux nouvelles réalités.« Ça va se faire sur une période de deux à trois ans.Il faut que le CIAQ soit efficace en tout.Ça implique du changement, de nouvelles façons de faire et de la formation.Je répète que les affaires vont bien pour nous et qu'il n'y aura pas de mise à pied chez nos quelque 320 employés », insiste M.Hébert.Il souhaite que le CIAQ brille encore plus à l'international.Pour ce faire, il compte sur SEMEX, une entreprise dont le CIAQ est ac- tionnaire à 45 %.Les autres partenaires canadiens sont EastGen (45 %) et WestGen (10 %).« Nous sommes l'un des grands leaders dans le monde, souligne le directeur général du CIAQ.Je dirais même que nous sommes dans le \"top\" 2 ».Il faut toutefois bouger plus vite qu'ailleurs dans ce milieu.La partie n'est pas gagnée, mais nous avons tous les atouts pour réussir.Il faut aussi s'assurer que SEMEX fasse du Québec une plaque tournante.On définit d'ailleurs la stratégie ensemble.Je peux vous dire qu'au Québec, l'avenir de la génétique et de la reproduction est assuré.» SEMEX est présent dans 80 pays.La croissance est particulièrement bonne en Chine, au Brésil, en Russie et en Argentine notamment.« Comme vous le voyez, j'ai de beaux défis à relever.Je suis un homme de consensus et je veux que nous réussissions à créer la synergie dont nous avons besoin pour rester ce grand leader mondial que nous sommes.C'est passionnant! » de conclure Mario Hébert.Notons en terminant que le CIAQ est la propriété conjointe de la Fédération des producteurs de lait du Québec, du Conseil québécois des races laitières et du Conseil provincial des cercles d'amélioration du bétail.Fondé en 1948, le CIAQ célèbre cette année ses 65 ans d'existence.r là où vos projets lent vie rencon 25% des entreprises agricoles remboursent leurs dettes à trop court terme.Heureusement, Financement; CRICOLE privé vous offre des solutions adaptées à vos besoins grâce à l\u2019expertise d\u2019agronomes chevronnés.Étude financière et fiscale.Prêt - refinancement de votre entreprise à taux compétitif avec un congé de capital sur 3 ans.Prêt - 1 000 000 $ à 10 000 000 $.CONSULTEZ-NOUS: 450 358-5777 258A, RUE CHAMPLAIN, SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU Financement CRICOLE privé i Htm* H ¦ ' wtB&gik : vr ;4SS5^ LA TERRE DE CHEZ NOUS EN RÉGION - 20 février 2013 Un Pavillon horticole remarquable CAROLINE BARRÉ Technologies ultramodernes : bassin récupérateur d'eau de pluie pouvant contenir 2 000 gallons permettant l'irrigation des aménagements horticoles de l'ensemble du Pavillon, deux thermopompes reliées aux puits de géothermie et tunnel canadien.( j élaboration spéi iale Porte d'entrée au Jardin Daniel A.Séguin pendant la belle saison, le Pavillon horticole écoresponsable de l'Institut de technologie agroalimentaire (ITA), rue Sicotte, détient une vocation multifonctionnelle.En plus d'offrir des cours de formation régulière et continue, l'endroit est une vitrine technologique remarquable pour l'industrie horticole et un outil de vulgarisation et d'éducation populaire sans égal.SAINT-HYACINTHE \u2014 Chacun peut s'inspirer des techniques éprouvées dans le Pavillon, entre autres pour l'intégration de végétaux.« Il s'agit de phytotechnologie lorsqu'une plante résout une problématique en matière de qualité de l'air, de sol ou de climat », précise Claude Vallée, agr.M.Sc., professeur en horticulture et responsable du Pavillon.Doté d'une abondante fenestration, de bois et de poutres structurelles apparentes, l'endroit se veut chaleureux, mais épuré.L'ajustement automatique de l\u2019éclairage du bâtiment en fonction de la luminosité naturelle assure un confort visuel constant.Combiné à trois puits de géothermie, à un plancher radiant et à une toiture végétale, un puits canadien permet le réchauffement ou le rafraîchissement de l'air ambiant.« Théoriquement, le bâtiment serait 64 % plus efficace que le standard moderne du point de vue énergétique.Conçu pour exploiter les ressources physiques de son environnement, le Pavillon est en attente d'une certification LEED -certainement Or, mais peut-être Platine », révèle fièrement Claude Vallée.L\u2019aire de ventes reproduit la situation réelle d'une boutique.Utilisée pour la formation en marchandisage, elle accueille également des associations ou groupes de producteurs.Dès le printemps, la Fondation en horticul- Le Pavillon horticole écoresponsable a été inauguré en novembre dernier.Il a nécessité un investissement de 6,3 M$.ture ornementale de l'ITA occupera l'espace pour réaliser des activités de vente.Le local surplombe la salle de repos attenante à une salle de laboratoire mise à la disposition des étudiants en aménagement paysager et des groupes scolaires pour diverses activités relatives à l'horticulture.Le couloir mène à un escalier donnant accès au système d'alimentation et d'exploitation d'un vaste mur végétal de type Plan-terra comportant 315 végétaux, de même qu'à la toiture verte.Trois salles de classe multimédia, respectivement de 20, 30 et 40 places, offrent une percée sur la nature, favorisant une meilleure concentration chez les étudiants.Deux d'entre elles sont munies de panneaux amovibles permettant leur transformation en une seule vaste pièce.Elles côtoient les bureaux administratifs du Pavillon.Grâce à ses infrastructures vertes, le Pavillon se révèle un lieu unique d\u2019apprentissage, de création et de sensibilisation.Claude Vallée, agr.M.Sc., professeur en horticulture et responsable du Pavillon.Mur végétal composé de philodendron brasil et les installations permettant son irrigation et la répartition de l'air purifié par son feuillage.REPORTAGE LA TERRE DE CHEZ MOUS EN RÉGION - 20 février 2013 René Mantha : parcours d'un passionné YVON LAPRADE La Terre de chez nous L'heure de la retraite vient de sonner pour René Mantha, figure bien connue au Québec dans le domaine du placement de la main-d'œuvre agricole étrangère temporaire.Avant de tirer sa révérence et de céder la direction générale de l'organisation FERME à Denis Hamel, il a accepté de passer en revue avec La Terre en région toutes ces années passées auprès des producteurs agricoles et des travailleurs du Mexique et du Guatemala.Parcours d'un passionné.MONTRÉAL \u2014 L'aventure a débuté au début des années 1980.René Mantha était alors responsable de l'emploi agricole au minis-tèwre Développement ressources humaines Canada.Le fonctionnaire était à même de constater les énormes besoins de main-d'œuvre pour les travaux de récolte dans les champs.« Déjà, à cette époque, raconte René Mantha, il fallait faire preuve d\u2019imagination pour recruter des travailleurs.Les bassins de main-d'œuvre étaient à sec.Nous avons dû recruter dans les prisons! » Ainsi, pendant quelques années, des prisonniers purgeant des sentences de moins de deux ans, entre autres au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul, à Laval, ont travaillé pour des producteurs maraîchers sous la supervision de leurs.gardiens de sécurité.« Les gars semblaient heureux de leur sort.Ils se faisaient un peu d'argent de poche et ça faisait l'affaire des producteurs.Je n'ai jamais eu connaissance d'aucune évasion.L'expérience a pris fin quand le ministère de la Justice a coupé les budgets.» Mais les problèmes de main-d'œuvre étaient toujours bien présents.Le recours aux travailleurs étrangers est vite devenu une solution à privilégier.L'exode rural venait de s'amorcer et les agriculteurs angoissaient, chaque printemps, quand venait le temps de trouver des bras pour travailler aux champs.L'Ontario a été la première province à lancer un projet pilote qui devait donner lieu à la création de l'organisation FARMS en 1987.Deux ans plus tard, le Québec s'en inspirait et créait à son tour FERME.« Il s'agissait de faciliter un meilleur accès à la main-d'œuvre étrangère pour permettre aux producteurs agricoles de prendre le contrôle de leur destin », se souvient René Mantha.La Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère venait de voir le jour.Une initiative de cinq associations de producteurs à laquelle René Mantha, alors fonctionnaire au gouvernement fédéral, a contribué activement.Mais il n'était pas seul.Alain Gibouleau, de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec (aujourd'hui décédé), et Jean-Bernard Van Winden, de la Fédération des producteurs maraîchers du Québec, auront respectivement été les président et vice-président fondateurs de FERME.Un tournant C'est en 2002 que René Mantha a retiré définitivement son costume de fonctionnaire pour se consacrer à plein temps au placement de main-d'œuvre étrangère, à titre de directeur général de FERME.Il venait de prendre la clé.des champs.Cette décision allait marquer un tournant dans la carrière du conseiller industriel sensible à la cause des producteurs agricoles.Il reconnaît lui-même que la réalité des producteurs a évolué considérablement au cours de la dernière décennie, au point où l'organisation qu\u2019il a dirigée a dû s'ajuster pour tenir compte de leurs besoins grandissants.René Mantha n'hésite pas à préciser que le phénomène des travailleurs étrangers est là pour durer et qu'il ira en s'intensifiant : « Nous avons besoin de ces travailleurs respectueux de la terre, pour qui l'agriculture demeure un métier noble.Nous devons prendre soin d'eux.Ils viennent chez nous pour nous épauler, mais aussi pour faire vivre leur famille.» En 2012, ils ont été 8 000 latino-américains à quitter femme et enfants pour venir travailler pendant 22 semaines dans nos fermes québécoises, rappelle-t-il.Il prédit qu'ils seront deux fois plus nombreux dans cinq ans.À ce rythme, l'espagnol va vite s'imposer comme la langue de travail dans les champs.« Nos producteurs québécois ont appris à communiquer avec leurs travailleurs, et ils sont nombreux à maîtriser l'espagnol.Nous faisons aussi des efforts pour faire apprendre le français à ces Mexicains et à ces Guatémaltèques », note-t-il.René Mantha ne s'est jamais gêné pour clamer haut et fort que les employeurs agricoles traitent les travailleurs venus d'ailleurs avec respect.Et il s'est toujours porté à la défense des producteurs quand il avait de bonnes raisons de croire que leur dossier était défendable.« Mais les producteurs sont d'abord et avant tout des employeurs qui ont des devoirs à remplir et des obligations à respecter.Par exemple, de payer toutes les heures travaillées et de bien loger leur personnel, illustre M.Mantha.Nous voyons à ce qu'ils respectent les règles.» Le conseil d'administration de FERME, ajoute-t-il, est formé de producteurs « qui connaissent la réalité sur le terrain » et qui font en sorte que tous marchent du même pas.« Nous faisons des tournées d'inspection pour nous assurer que notre message est compris de tous.» L'avenir.Pendant toutes ces années, René Mantha s'est lié d'amitié avec les producteurs agricoles dont il a partagé les joies et les peines.Il dit comprendre les angoisses qu'ils peuvent ressentir quand ils se sentent isolés sur leurs *» » %t» r thTrtmtfcU; René Mantha quitte la direction de FERME avec le sentiment du devoir accompli.fermes, « avec tellement de problèmes à régler ».« Ce n\u2019est pas facile, l'agriculture, mais ceux qui en vivent sont tellement humains! » insiste-t-il.Le directeur sortant de FERME a découvert des travailleurs étrangers « tellement travaillants » qui lui rappellent, toutes proportions gardées, les Québécois qui s'exilaient à la Baie James lors de la construction des grandes centrales hydro-électriques.« Ces gens-là gagnent en une heure ici qu'ils gagnent en une journée dans leur pays.C'est beaucoup d'argent, mais ils le méritent amplement, affirme-t-il.Et nous sommes heureux de les revoir année après année.Nous avons appris à les connaître, à savoir d'où ils viennent, ce qu'est leur réalité dans leur pays d'origine.» René Mantha a refermé la porte de son bureau au Marché Central pour une dernière fois, fin novembre 2012.Mais il assure qu'il ne perdra jamais contact avec la réalité du monde agricole.iwyji > & V if - -V .*vv-.mm A: V- V* » r\u2018 l'V.V \\ i ¦
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