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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Avril
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1943-04, Collections de BAnQ.

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[" a S m £ RE Aa \u201caN Zp ND tee > N A: 4 AAA Vy Ahr Molin \u2018À \\ a y.if À ae A Lu cy Ha > Ad VF $S it FE a ah + S SS SN: LA REVUE wo JR, 7 VE DE PAQUES or Pics = % Fd Lp JS > \u2014 oy ps ol ae 1 \u2014 ÿ LC Èz 1 2 LA 5 Z AL > (0 = \\ SE ES 2 ek À ji > \\ RS bos RCE \\ | °, x J .EL Oy 4 KIN SINE] \\ = 1275 os EXC LEN TN 1j G A se Cy le LC mh 3d VY) on LN No .CTO Le = v Edn ay.- > Eo a) 4 (2) UN ROMAN D e es PEER WR IAIN \\J 7 $ é.te > z Se eK 0) 505 +4 Fes CA £30 So 2nd KK yt kD 0) URSS ne > ro os, 2% =o AY ~~ 4 i\u201d i > > Ç i AV \u201cx 7 \u20ac 0 & x AMOUR LES SOUVENIRS DE DE # ARR?asia ing oe ~\\ % l4e : P40 ; 7 5) : = PLUS TAXE MONTREAL ET QUÉBEC QUINZE CENTS RATIGCNNEMENT SIRE DEFAUW 1.SL Hs 10-5 rl CUTEX NATURAL 7 HOMTRIAL Fin porte au Eerie do witha, Say / NATUREL ei Mesdemoiselles qui faites partie des CWAC, des WREN, du corps auxiliaire féminin du CARC.qui travaillez dans les cantines et les usines, qui conduisez des ambulances, qui êtes aides-gardes- malades, vous toutes qui travaillez pour votre pays.le \u201cNaturel\u201d de Cutex a été créé expressément pour vous.C\u2019est un poli d\u2019une nuance de mise, fabriqué d\u2019après une formule nouvelle qui le fait sécher très rapidement, vous épargnant ainsi un temps précieux.Portez ce \u201cNalurel\u201d au service de votre pays.Et pour les heures de loisirs, les nuances \u201cAlert\u201d, \u201cCameo\u201d, \u201cCedarwood\u201d, \u201cLollipop\u201d ou \u201cSaddle Brown\u201d de Cutex.LE POLI A ONGLES QUI SE VEND LE PLUS AU MONDE NORTHAM WARREN, MONTRÉAL cins de Les bains d'yeux fréquents sont tout à fait recommandables, tant pour soigner des yeux tirés ou enflammés, que pour les fortifier.Les plus simples et anciennes recettes sont toujours les meilleures : l'eau boriquée chaude, l'eau légèrement salée, une infusion de plantain, de camomille ou de thé léger.L'eau de Vichy chaude est très salutaire pour l'inflammation des paupières.La rougeur du nez provient d'une sorte de congestion.Dans ce cas, on ne lavera jamais qu'à l'eau chaude le soir en se couchant.Un traitement local aidera au traitement général favorisant la circulation.Voici une formule facile à préparer soi-même : faire dissoudre deux grammes de borax dans quinze gouttes d'eau de rose et autant de fleur d'oranger Trois fois par jour, au moins, s'humecter le nez avec cette solution rafraichissante et ne pas essuyer Pour stimuler la circulation sous- cutanée et garder sa souplesse a la peau, un bain de vapeur facial hebdomadaire est a conseiller.Rien de plus facile, on procède de la façon suivante : Placer une grande serviette éponge au-dessus d'une cuvette contenant de l'eau bouillante, en encadrant le visage comme pour une fumigation.La vapeur d'eau se dépose sur le visage qu'elle détend, assouplit, purifie.Quand la vapeur n'est plus assez dense, masser le visage à l'aide d'une crème nourrissante et terminer par des aspersions d'eau froide, ou passer directement à ce dernier stage si le massage n'est pas nécessaire.C'est un inconvénient très ennuyeux que d'avoir les pieds froids, prenez tout simplement l'habitude de frictionner chaque matin vos pieds avec La Revue POPULAIRE eauté Par Francine un gant de crin trempé dans de l'eau froide fortement salée.Vous ne tarderez pas à sentir se rétablir agréablement votre circulation.Les coudes et les genoux rugueux s'embellissent en passant dessus quotidiennement une pierre ponce à grain fin imprégnée au préalable de savon de Marseille.Après le ponçage, mettez un peu de crème de beauté, tout comme vous le feriez pour votre visage, et du talc.CONTRE L'ENROUEMENT : Mettez un citron frais au four comme vous le feriez d'une pomme ; lorsque ce fruit est à peu près cuit, exprimez-en le jus, battez-le avec une cuiller et versez-le sur des morceaux de sucre.Sucez ces bonbons d'un nouveau genre et votre enrouement disparaîtra comme par enchantement.Bien entendu, n'attendez pas, pour vous soigner, que cet enrouement soit devenu une extinction de voix.NETTOYAGE DE LA PEAU : Il est urgent que toute femme se démaquille et nettoie sa peau le soir.Celles qui trouvent mille prétextes pour se contenter de la toilette du matin ont tort.Il est inutile qu'elles s'inquiètent de soins de beauté, pour elles la partie est perdue d'avance.Rappelons aussi aux femmes qu'elles ne doivent toucher leur visage qu'avec des mains parfaitement propres, et toujours de bas en haut.Se frictionner le visage avec crèmes et lotions en tiraillant la peau en tous sens, comme font la plupart des femmes, est un si mauvais système qu'il annule les effets du meilleur des produits.Vous devez avoir la main extrêmement légère, ne jamais déplacer un muscle, ne jamais frotter brutalement.Quand on achète des chemises pour messieurs On a souvent remarqué qu'un homme dont le faux-col est mal ajusté non seulement n'est pas à son aise, mais qu'il en éprouve un agacement qui lui fait perdre l'assurance qui lui est si nécessaire pour faire face aux problèmes quotidiens de son métier.L'achat d\u2019une chemise n'est donc pas une affaire d'une importance négligeable, comme on serait tenté de le croire au premier abord.GENRE de FAUX-COL : La plupart des hommes préfèrent les faux-cols qui sont cousus à la chemise.La forme en est variée et doit être choisie, d'après la ligne du visage et du cou.Il est des visages auxquels toutes les formes de faux-cols conviennent tandis que d'autres sont avantagés par un faux-col plus ou moins haut, ou encore aux pointes longues ou courtes.POINTURE EXACTE : Avant de partir pour faire vos emplettes, vérifiez la pointure exacte du faux-col et la longueur de la manche.Elles sont indiquées sur la bande du cou et au bas du devant de la chemise.Il vaut mieux vous fier à ces chemises que d'essayer de prendre vous-même les mesures de votre mari.Se rappeler que la manche de la chemise doit dépasser celle du veston d'environ un demi-pouce.SEs cours : Ne négligez pas de consulter votre mari sous prétexte qu'il n'entend rien à la qualité des tissus ou que vous avez meilleur goût que lui.Dans ce dernier cas, permet- tez-vous seulement des suggestions mais sans insistance, car s\u2019il achète une chemise qui lui déplaît, il s'arrangera, sans rien dire, pour la laisser au fond du tiroir.Veuillez à ce quil ait toujours une provision suf- isante de chemises et à ce qu'elles soient propres.Se rappeler qu'une chemise dure plus longtemps si l\u2019on n'attend pas qu'elle soit très sale pour la laver.Raccommodez-les avec soin et faites-lui porter la semaine, pour aller au travail, celles qui ont été reprisées ou qui sont légèrement décolorées.Ne laissez jamais une chemise à la gelée sur la corde à linge, non plus qu'exposée au grand soleil.Mettez-les plutôt sécher à l'ombre.Ne les repassez pas avec un fer trop chaud.Enfin, qu'elles soient toujours en bon état quand votre mari s'apprête à les revêtir.Rien n\u2019exaspère un homme comme de s\u2019apercevoir, surtout au dernier moment, qu'il manque un bouton à sa chemise ou qu'une couture fait défaut. AvriL 1943 .3 Pour tout le Canada Dans cette chaîne nationale de transport, votre auto et votre camion sont des anneaux essentiels.Il faut que leur service soit maintenu.Avec votre concours et grâce au plan General Motors de service pour la victoire, il est possible de les maintenir.Pour VoÎTe véhicule \u2026 \u2018Conserver les roues qui servent le Canada\u2019'\u2014 tel est le devoir du mécanicien formé pour le service General Motors pour la victoire.Il lui incombe de maintenir les véhicules essentiels du Canada en bon état de service jusqu\u2019à la victoire.Nul n\u2019ignore que le transport automobile est absolument nécessaire à la victoire.Les marchandises doivent parvenir à destination et les travailleurs de guerre à leur ouvrage\u2014en temps.Conçu pour donner un service responsable et régulier de routes les marques d'autos et de camions, ce fameux plan de service pour la victoire est la méthode la plus efficace et la plus économique jamais réalisée pour maintenir votre auto ou votre camion en état de servir.Le service pour la victoire se propose un quadruple but: (1) prolonger la durée du transport, (2) obtenir le maximum de millage de l'essence et du caoutchouc, (3) éviter les frais de C\u2019est un plan d'entretien réparations inutiles, (4) protéger complet .il s'obtient de votre bourse.tous les marchands General ! Motors .des marchands Quelle que soit la marque de votre auto ou de votre camion\u2014 quels que soient son âge ou son état\u2014épargnez-vous des ennuis, de l\u2019usure inutile et de l'argent en voyant le marchand General Motors\u2014aujourd'hui.qui emploient des mécaniciens spécialement formés, disposant d\u2019outils approuvés et bénéficiant de nombreuses années d'expérience et de connaissances spécialisées.'AUTOS et de CAMIONS | |\" MOTORS CONSERVEZÈLES ROU ERVENTILE CANADA | ° 7 2 PS - Qu'est-ce que la % = CANADA DRY'S - > NAN parkling el Ai ater?Crest une eau gazeuse bicarbonatée supérieure.Faite d\u2019après ; une formule scientifique, elle possède des propriétés qui n\u2019existent pas dans une eau gazeuse ordinaire.L'eau purifiée par procédé spécial, la fine \u2018carbonatation et des ingrédients additionnels en font la meilleure qui soit.Elle améliore toute boisson \u2014 et elle est meilleure pour vous.Economique! Grande bouteille.de: \u201cfamille, en vente partout; fait de 8 à 10 grands verres.Le carton-A || de 6 bouteilles individuellesesten L vesite dans la plupart des localités.>> 5 sn 2 sun AU GAZEUSE LA PLUS POPULAIRE DANS LE MONDE ENTIER St RHC i hima si LA Revue POPULAIRE LA REVUE POPULAIRE 36e année, No 4 Montréal, Avril 1943 v SOMMAIRE Quelques compositeurs que j'ai connus .par Héléne Grenier o.oo 7 Réve de Paques par Fernand de Verneuil .8-9 NOTRE ROMAN COMPLET : COEUR EN FETE par Jacques Grandchamps .10 Ma bonne est partie .par Francine 12 Education des yeux .13 Mon Jardin de la Victoire par Louis Prévost .14-15 Nouveautés Littéraires 16 Soins de beauté par Francine 17 Le Homard par Marcelle Lepage-Thibaudeou 18 Les mots croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d 34 Plats de carême par Mme Rose Lacroix \u2026 \u2026 44 La Broderie par Mme L de Bellefeuille 48 Pour compléter la garde-robe du printemps 49-50 Propos sur la Beauté par Constance Luft Huhn EN MAI, UN BEAU ROMAN COMPLET.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM Président .\u2026.\u2026.\u2026\u2026sarreeneenennennnnne Fred Poirier St-Hyacinthe, Sorel, Granb = Vice-Président.Georges Poirier Jéréme, Joliette, abc.et es vire} seine Sur Intend'Ant\u2026.\u2026ssremmessenensennes Albert Pleau à Québec et Lévis : DIFECPEUF.\u2026\u2026ouecsencanmeannenenenncnnnenans Jean Chauvin Adélard Paré, 6.rue du Pont, Québec Rédacteur en chef.Fernand de Verneuil Chef de la Publicit .Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : \u2026 Charles Sauriol Paul Larivière, 1770, rue St-Philippe, Trois- Directeur artistique.Hector Brault Riviè Pages, féminines ; Mme Jules Fournier Iviéres.roniqueuse cullnaire.me Rose Lacroix - eens i TARIFS D'ABONNEMENT : Gérant de la circulation.Odilon Riendeau Canada : Un an : $1.50 \u2014 2 an) : $2.00 Etats-Unis : Un an $1.75 \u2014 2 ons : $2.50 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada Tél.: PLATEAU 9638* NOS REPRESENTANTS : Wilfrid Daoust, 20, Ille Avenue, Lachine.(OHawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879. bc a\u201d, four Ae an ii 08} TN re 14} Pass pee 2% Ne wl = me 3 FEL ¥ \u201crs + A» A i ;, | ts * A! \u2014\u2014 v Ry À a © er rn ed il Al ] N = $ © ~~ ss \u201c© ) es 2% Y A ss \"> # SS 7 2 A $5 75 +, \u2014} \\ [ eb ies ada.gal a aMpTEN AY AL wd \\N Np § \u20ac NOUS ) ALL ae AL) e 311 s de 12 SUR © le CA ables ch te TTA ie ad} rs e là Cond x If En oct pre a 3189 nt rappel urn 10S gere geux 30 époñ oir victor {a8 e zewp} \u2014C où x mobi 1158 ce so fa Mc cette et * y vou nacy :obuS > = eme patr* a son\u201d lus 6 ut ges grens®\u2019 à c anons » À our ces au s de 1 neuf clamê* mis oute® \u201d ous atl ants n :arget 2 poñ aron Nos © 1 av jon rm en cie plus ae 1@ = ial raval | \u20ac + est «ooLie\u201d** peut acha -\u2026 de NOUP appt plo nacuf x jeu pot nav « =~ We qison® NOS be, \u201cx $ 3 qiotot\" | I $ © GUERRE 1) nces © LY pes FINA I= A NA TIONAT com\u2019 5 (AN IA WW x Pind ; AN \u2014\u2014 té, a La s = 2 fF =.2 à N 7 SN Ne # tu 24 4 SN re AE hei.Wr 10 > RS 4 ) | 4 4 Gi Ewer | e MN \u201c Jusqu'à moi qui travai \u201cNOUS, LES CHEVAUX, avions bien tiré notre part de caissons en 1914-18.Et ne voilà-t-il pas que la guerre actuelle\u2014toute motorisée qu\u2019elle soit\u2014nous retombe entre les pattes.Cette fois-ci l\u2019on s'attend à ce que nous aidions à labourer, à semer, à récolter le grain qui sert à fabriquer l\u2019alcool à haute preuve\u2014cet alcool à haute preuve d'où provient le caoutchouc dont Hirohito croyait nous priver.Et, prenez-en ma parole, les Nations Unies n\u2019en manquent pas de ce grain, de cet alcool, de ce caoutchouc.\u201d Le caoutchouc synthétique tiré de l\u2019alcool à haute preuve, ne fait qu\u2019un saut des éprouvettes jusqu\u2019aux roues et aux chenilles des jeeps, des camions, des tanks, des caissons, des avions\u2014 rendu là il dure plus longtemps et donne plus La Revue POPULAIRE e à faire des pneus\u201d de rendement que le meilleur caoutchouc naturel.Comme l\u2019huile et la gazoline n\u2019ont pas d\u2019effet sur lui, il sert à faire des réservoirs à essence à l\u2019épreuve des fuites, des boyaux à gazoline et à l\u2019huile combustible et des coudes à tuyaux.Il sert à fabriquer des radeaux, des scaphandres, des masques à oxygène et mille et un autres appareils de guerre.L'alcool à haute preuve s\u2019emploie non seulement dans la fabrication du caoutchouc synthétique mais encore dans la production d\u2019explosifs, de produits chimiques, de produits pharmaceutiques, de laque, de verre qui n\u2019éclate pas et de plusieurs autres produits.Aujourd\u2019hui l\u2019alcool à haute preuve coule de nos alambics en un flot sans cesse croissant .C'est un élément essentiel pour la Victoire! LA MAISON SEAGRAM \u2019 Les distilleries Seagram au Canada et aux Etats-Unis consacrent 100% de leur production à l\u2019alcool pour fins de guerre \u2014- B20, main re Von ane ou \u20ac Quelques compositeurs que Interview de Désiré Defauw par HELÈNE GRENIER, secrétaire des Matinées musicales pour la Jeunesse.E SUIS exacte au rendez-vous que m'a fixé M.Désiré Defauw dans la grande maison où il habite.Un domestique est allé le prévenir après m'avoir fait entrer dans la bibliothèque.Un pas vif et discret dans l'escalier : le Maître paraît, la main tendue ; un large sourire illumine toute sa physionomie.\u2014 Bonjour ! .Comment ça va-t-il ?.Quelles bonnes nouvelles ?.Les trois phrases se su:vent, rapides.La voix est chaudement timbrée d'harmonies inattendues.Je note la dernière question : « Quelles bonnes nouvelles 7» Elle est caractéristique.Cet homme ne veut voir et entendre de la vie que les choses bonnes et belles.Voilà le secret du dynamisme conquérant, de l'irrésistible tonicité que dégage sa présence.Tout au long de notre entretien, au cours duquel il évoquera les compositeurs qu'il a connus, mimant chaque incident avec un sens très vif de l'observation, M.Defauw ne rappellera que des souvenirs agréables, faisant voir ses sujets sous leur meilleur jour.Le Maître m'indique un fauteuil et s'assied lui- même, légèrement à contre-jour.Ainsi éclairé, le haut du visage m'apparaît baigné d'un reflet gris mineur qui trouve dans la ligne puissante du menton sa résolution majeure.Un éclair de malice passe dans ses yeux : \u2014 Je suis prêt pour la question, dit-il.\u2014 Croyez-vous, mon cher Maître, que le contact avec l'auteur d'une œuvre puisse stimuler l'inspiration de l'interprète ?Ci-dessus, M.Désiré Defauw au pupitre de l'orchestre le maître parle au jeune auditoire des Matinées symphoniques pour la jeunesse.\u2014 Pour moi, oui, toujours.L'auteur de la mus:- que que j'interprète est à mes yeux auréolé de sublime, et c'est une confirmation inappréciable dans ma sincère interprétation que de me trouver d'accord avec lui.Je garde un souvenir ému des témoignages que m'ont donnés les compositeurs dont j'ai joué les œuvres.Je me rappelle un télégramme de espighi qui, de retour d'Amérique, venait d'entendre à Rome l'enregistrement que j'ai fait de sa suite, Gli Ucelli : « Merci pour la joie.Je n'aurais pas pu le faire moi-même.» .Un jour que j'avais donné une œuvre de Florent Schmitt à Paris, l'auteur, absent pendant les répétitions, arriva tout juste pour le concert.Après l'exécution, dans la pièce où des amis étaient venus me saluer, il fit irruption en criant : « Et dire qu'il ne m'a pas consulté sur l'interprétation ! » «Il arrive aussi que l'auteur ne soit pas tout à fait de l'avis de l'interprète.Ravel ayant entendu sa Valse, inscrite à un de mes programmes à Bruxelles, me dit : « Je la prends plus vite que vous.Tout en maintenant mon fempo, j'avoue que c'est mieux comme vous la donnez.» \u2014 Et les maîtres du passé ?\u2014 Je suis sûr que leur rencontre serait infiniment précieuse à n'importe quel musicien digne de ce nom.Il en est un pourtant, que j'ai l'impression d'avoir connu: c'est Beethoven; mais celui-là.vous le savez, il était Flamand d'origine.aussi, rien d'étonnant que je me sente avec lui quelques affinités.(Lire la suite page 56) des Concerts Symphoniques de Montréal.\u2014 Ci-contre, {Photos Henri Paul) v) ( connus. Rave de Pâques Nouvelle sentimentale par Fernand de Verneuil 1SÈLE est un peu nerveuse mais, vraiment, il y a de quoi.Elle a mal dormi la nuit précédente, le temps est maussade et les fêtes de Pâques, toutes proches, ne lui vaudront pas un plaisir escompté depuis quelque temps, celui d'un voyage qu'elle a dû remettre à plus tard.Enfin, tout à l'heure, en rentrant chez elle, une auto a failli la heurter.Il faut moins que tout cela pour avoir les nerfs à fleur de peau quand on est sensible.Et Gisèle est doublement sensible ; à cause de ses sentiments délicats et de son tempérament d'artiste.Elle prend un livre qu'elle referme presque aussitôt, elle feuillette machinalement un album de croquis, se met à la fenêtre et regarde sans le voir le paysage accoutumé en murmurant : « Le maladroit ! .il aurait tout de même pu s'excuser au lieu de me sourire bêtement comme il l'a fait.Bêtement j'exagère peut-être ! et puis, je m'en fiche, il ne m'intéresse pas du tout cet inconnu-là .> Evidemment, c'est l'automobiliste de tout à l'heure qui fait les frais de ces réflexions, lesquelles semblent calmer un peu Gisèle.Machinalement, elle s'approche d\u2019un chevalet supportant une toile inachevée qu'elle regarde un instant ; elle hausse les épaules.C\u2019est son propre portrait qu'elle a commencé depuis longtemps déjà, mais elle n'en est pas contente ; elle le trouve sans expression, figé comme une gravure de modes dans un catalogue, et pas très ressemblant ; son miroir lui dit et lui répète qu'elle est mieux que ça.Gisèle n'est pas vaniteuse mais elle est très jolie et le sait un peu.Elle n'aime pas qu'on le lui dise parce que c'est banal, elle préfère le lire dans les yeux de ceux qui la regardent ; c'est plus sincère.Gisèle se dit que la beauté s'accentue par le frémissement de la vie qui donne de la mobilité aux traits du visage et que son pinceau est impuissant à reproduire cette illusion-là ; ça la décourage .Alors, elle prend une grande décision.Pour être bien sûre d'y donner suite, elle l'exécute immédiatement ; et puis ça lui changera les idées.Elle étale hâtivement une couche de fond sur la toile rebelle et, quand ça sera sec, elle peindra un tableau différent ; n'importe quoi .Cette couche de recouvrement n'est pas fameuse mais elle tiendra tout de même, il faut l'espérer.Le lendemain, Gisèle s'applique à sa nouvelle œuvre ; elle a décidé, cette fois, de copier la nature mais telle qu'elle l'entrevoit souvent dans un rêve : une maisonnette rustique au bord d'un lac miniature avec la montagne et la forêt à l'arrière-plan.Cette vision a la netteté d'un souvenir agréable ; pour un peu, Gisèle jurerait que cela doit exister quelque part, tellement les moindres détails de son rêve lui sont devenus familiers.Le travail qu'on aime est facile et se fait rapidement ; quelques jours plus tard, le tableau est achevé.Gisèle, cette fois très contente de son œu- - LA Revue POPULAIRE vre, admire sans fausse modestie la maisonnette au bord du lac, soupire un peu en se disant qu'elle ne la verra jamais autrement ; elle met au bas cette simple légende : Mon rêve, et signe modestement de son prénom.Sait-on jamais la valeur d'un acte en apparence banal, et peut-on prévoir les conséquences d'un geste qui nous semble très ordinaire ?Dans la vie, ce sont parfois les petites choses qui en changent le cours et la font bonne ou mauvaise.Quand Gisèle fit don du petit tableau, tout juste achevé, pour une vente de charité, certes, elle était loin de se douter des événements qu'elle préparait ainsi.\u2019 Ce n'est pas sans hésiter un peu qu'elle a donné le petit tableau; il lui plaisait particulièrement parce qu'il était l'image exacte de l'asile champêtre où elle aimerait tant à s'isoler parfois de la vie fiévreuse de la grande ville.« Ce n'était qu'un rêve », murmure-t-elle, et elle ajoute : «Rêve de Pâques qui n'était pas plus réalisable que mon beau voyage manqué.» À quelque temps de là, Gisèle apprit que son tableau avait trouvé acquéreur pour un bon prix.« Tant mieux pour la vente de charité », dit-elle, « ainsi que pour moi, puisque j'y trouve une petite satisfaction d'amour-propre.» Les jours passent ; Gisèle ne pense plus à son tableau que rarement, pour se dire : une fantaisie passagère l'a fait acheter, une prompte lassitude de le voir l'aura fait reléguer dans un coin ; c'est la vie ! AvriL 1943 Sans doute ; mais la vie que nous avons trop tendance à croire monotone tient également des surprises en réserve ; elle en jette, de temps à autre, quelques-unes sur le chemin des hommes ; tant mieux \u2014 si ce n'est pas tant pis \u2014 pour ceux qui les trouvent.Co Le tableau a été acheté par François Constant, jeune homme titulaire d'une excellente humeur et d'une large aisance qui lui enlève tout souci du lendemain.Cela lui a permis de choisir une profession qui ne lui rapporte rien, bien au contraire, mais qui est de tout repos : celle d'amateur d'art.Il a le culte de la beauté qu'il admire partout où il la rencontre : dans les fleurs des champs, les nuages panachés de rayons de lumière, les réunions de jolies femmes et les expositions de peinture.14 C'est au hasard des objets présentés par une vente de charité qu il a vu le petit tableau de Gisèle, et tout de suite il est tombé en arrêt devant.D'abord parce qu'il a cru y reconnaître une de ses maisons de campagne, aussi parce que vraiment la chose en valait la peine.; ; « C'est une femme qui a fait cela, se dit-il en voyant la signature ; si elle est aussi jolie que « Son Rêve » ce n'est pas à une chaumière qu'elle me ferait rêver moi-même.» oo .Sur cette réflexion d\u2019une franchise toute spontanée, il achète le tableau, le met sous son bras et va I'accrocher chez lui en borine lumière pour en admirer à son aise tous les détails.C'est son propre portrait que Gisèle a commencé depuis longtemps déjà, mais elle n\u2019en est pas contente ; son miroir lui dit et lui répète qu'elle est mieux que ga.Dessin de F.-L.Nicolet «.Tiens, c'est curieux ! on dirait que l\u2019on voit quelque chose par transparence dans ce coin-là.» François décroche le tableau et le regarde attentivement sous divers angles d'éclairage.Il n'en doute plus maintenant, une autre peinture se cache sous celle-ci, mais qu'est-ce que cela peut bien étre 7.Le jeune homme n'est pas de ceux qui se trouvent devant une énigme sans réagir ; il ne résiste pas à la curiosité qui le pousse à savoir et, délicatement, avec un dissolvant convenable, il fait disparaître la maisonnette, le lac et les arbres.Il ne reste plus qu'une légère pellicule de peinture blanchä- tre au travers de laquelle on aperçoit distinctement un portrait de jolie femme.Cela devient fort intéressant .\u2014 Mais ! s'exclame tout à coup François, j'ai déjà vu cette figure-là ! il me semble même qu'il n'y a pas très longtemps de ça Il cherche dans ses souvenirs tout en continuant le nettoyage de la toile.À mesure que se précisent les traits qu'il remet au jour, sa conviction se fait plus tenace qu'ils ne lui sont pas inconnus, et son impuissance à les identifier ne fait que le pousser à trouver la solution de ce problème.Il veut savoir, il faut qu'il sache ! Il se souvient de ce nom « Gisèle » dont le paysage était signé ; peut- être les organisateurs de la vente de charité \u2014 s'il peut les retrouver \u2014 le renseigneraient-ils sur l'artiste et, par elle, saurait-il qui lui a servi de ce modèle pour ce portrait .François est allé voir les organisateurs ; aucun ne connaît Gisèle.Serait- ce un simple pseudonyme ?La donatrice n'a pas donné d'adresse, elle a voulu rester inconnue.Le jeune homme n'accepte pas son échec ; il se pique au jeu et se promet \u2014 quand bien même le diable serait contre lui \u2014 de retrouver l'original du portrait devant lequel il passe maintenant de longs instants de méditation.Ce portrait a tout d'abord éveillé en lui de la curiosité, puis de la sympathie, enfin quelque chose d'étrangement doux qui n'a pas besoin d'être analysé très longuement pour être reconnu.Serait-il amoureux de l'inconnue ?à cette question qu'il se pose un jour, François, pour être sincère, doit répondre que son émoi intérieur ressemble, en effet, singulièrement à de l'amour.Sa volonté de retrouver la jolie fille s\u2019en affermit encore.Brusquement, un doute vient s'enfoncer dans ses pensées comme un poignard.Si cette jolie fille n'était que la copie, un peu modifiée, d'une gravure quelconque ?si l'inconnue était l'inexistante ?François s'efforce de n'y point penser, mais cette supposition s'ancre dans son cerveau et ne le lâche plus ; elle le rend très malheureux.Il avait fait, un peu follement, une montagne de projets et ne voit plus qu'un grand trou à la place.Des jours se passent, pour François, avec des alternatives d'espoir et de découragement, de croyance à la belle inconnue et de doutes qui le font se traiter lui-même de sot.« Ah, quelle fâcheuse idée d'avoir acheté ce tableau.cause de tout le mal ! » Il rumine justement des pensées couleur de suie, ce jour-là, et sa mauvaise humeur se traduit par la manière dont il conduit son auto ; ses coups de volant sont loin d'avoir le moelleux d'un geste de caresse.Pourquoi faut-il aussi que les piétons soient aussi insouciants ! Tiens, justement, cette jeune fille qui traverse la rue de biais sans faire attention à rien François actionne rageusement le klaxon, puis il lâche un «oh!» de saisissement où il y a tout ensemble du doute et de la joie.La jeune fille s'est retournée et François vient de reconnaître l'original vivant de sa peinture.Frein, claquement de porte et trois enjambées qui sont plutôt des sauts ; le voici devant la jeune fille que cette brusque apparition alarme un peu.à lumière se fait brusquement dans l'esprit de François ; cette jeune fille.mais oui, c'est la même qu'il a failli heurter, il y a quelques semaines ; c'est la même que celle du portrait, il n'est point possible d'en douter ! Il voudrait lui dire mille choses en même temps et ne peut que lui sourire.Comme l'autre jour.Et l'on croirait qu'il a pu entendre la réflexion que fit Gisèle après l'incident : « Il aurait pu s'excuser au lieu de me sourire bêtement », car il est tout désemparé par la soudaineté de la rencontre.Ce qui achève de le démonter, c'est que la jeune fille le reconnaît probablement aussi, car elle le regarde attentivement.\u2014 Oh! mademoiselle, c'est vous ! \u2014 Je le crois, répond-elle un peu ironiquement, car elle s\u2019est vite remise .mais vous-même, qui êtes-vous ?\u2014 Je dois avoir l'air bête.répond François qui bafouille parce qu'il voudrait dire trop de choses en même temps.\u2014 Je n'en disconviens pas, monsieur, mais c'est un peu maigre comme présentation.\u2014 Eh bien, voila.Deux jours ont passé depuis cette mémorable rencontre; Giséle et François sont les meilleurs amis du monde, car ils se sont raconté bien des choses au cours de ces deux jours-là.Ils ont aussi fait quelques projets.Gisèle refera le paysage détruit par François, mais d'après nature cette fois.François lui a parlé de sa petite maison de campagne à laquelle le tableau ressemblait tant.Et il-la lui a donnée comme cadeau de fiançailles. 10 ROMAN D\u2019AMOUR COMPLET Coeur en Tête Par Jacques Grandchamps N MORNE ennui régnait ce jour-là au carré des aspirants, à bord du « Duquesne », et pourtant, Dieu sait si les jeunes midships de ce beau « dreadnought », dernier cri du perfectionnement maritime, étaient folâtres et bruyants d'habitude Mais l'orageuse chaleur de cet après- midi de mai les avait fait fuir leur bâtiment.Il ne restait au carré que cinq ou six enseignes, dont quatre s +bsorbaient dans un bridge sans entrain.C'était un samedi.Une bonne partie des matelots était Jescendue à terre pour revoir, qui sa famille, qui une pimpante Quiberonnaise dont on s'était plus ou moins amouraché l'été précédent.Depuis quinze jours l'escadre était mouillée à Port- Haliguen pour exécuter ses tirs à feu sur le vieux garde-côtes « Tonnerre », et de nombreux officiers étaient partis dans les bois de Penthièvre respirer un air plus frais que celui de leurs tourelles.\u2014 Ah ! qu\u2019il fait chaud ! et que j'ai donc sommeil! s'exclama un des joueurs de bridge qui s'étirait en baîllant.Si je n'avais pas eu la flemme j'aurais pris l'embarcation à 2 heures 30, et je serais allé déguster un cocktail à l'hôtel de France.Mais vrai! s'habiller par ce temps-ci!.dit-il d'un air à la fois drôlatique et piteux, en considérant sa tenue plutôt négligée.\u2014 Qui est à terre ?.ajouta-t-il, en changeant subitement de ton, le commandant en second \u2014 Encore ! Mais il y est donc toujours fourré | Qu'est-ce que cela signifie ?Bien sûr il y a quelque intrigue la-dessous.Toi, Sancy, qui es le toutou du Commandant, dis-nous donc pourquoi le patron manifeste une telle prédilection pour les beaux sites de Quiberon?.L'enseigne auquel l'aspirant s'adressait réprima une forte envie de rire, et répondit tranquillement: \u2014 Je ne suis pas dans les secrets du Commandant, il ne me fait pas ses confidences.\u2014 Bah?Tu es son cousin, pourtant ! \u2014 Oh! si vaguement ! Parce que dans les temps antiques et reculés une de mes arriére-grand- mères de Sancy a épousé un bisaïeul du Commandant de Marignargues, il s'ensuit, en effet, que nous sommes quelque peu parents.Ma mère était une amie d'enfance du patron, comme tu dis; ils se sont, toutefois, perdus de vue depuis de longues années.\u2014 Enfin, tu es son chéri, cela tu ne peux le nier ! Sais-tu alors pourquoi il va à chaque instant à terre, lui qui, l'hiver dernier n'y mettait pas les pieds ?.Il va peut-être se marier, après tout ! \u2014 Ou tout au moins se remarier, \u2014 Par exemple ! Il est donc veuf ?\u2014 Depuis si longtemps que personne n'y pense plus.Il avait épousé une créole qui est morte peu de temps après son mariage.Je crois bien même qu'il doit avoir une fille.\u2014 Tiens ! de quel âge ?\u2014 Tu m'en demandes trop.Comme le Commandant n'en parle jamais je ne me hasarde pas à lui poser des questions sur ce sujet.Si je ne me trompe cette petite fille doit être restée aux An- tolles dans la famille de sa mère.\u2014 C'est plus mystérieux qu'un feuilleton du petit Journal.Au fait | finissons donc ce bridge qui n\u2019en init pas! Il me tarde de me replonger dans la lecture d\u2019un passionnant roman détective que m'a prêté Villard-Sournois ?Allons, ouste, Villard, dépêchons | » L'enseigne que l'on interpellait ainsi brusquement, parut se réveiller de la somnolence qui l'avait envahi pendant l'aparté de ses deux camarades, et se remit a jouer.La troisième manche fut bientôt terminée et Villard fit les comptes.\u2014 C'est dégoûtant à la fin | Sancy gagne encore cinq francs.\u2014 Oh |! le veinard ! Mon vieux, ce que tu seras malheureux en ménage | Un sourire un peu étrange serra les lèvres de l'enseigne.\u2014 Ah ! dit Villard-Sonnois, Sancy ne se mariera pas ! il a assez de la mer sans épouser la fille ! Il ponctua son calembour d'un éclat de rire et continua : \u2014 C\u2019est comme Caddnon qui a épousé la gloire | Tiens, quand on parle du loup on en voit la queue ! Le voilà ce brave Caddnon ! Un grand enseigne entrait bruyamment au carré.É n'était pas besoin de le voir deux fois pour reconnaître sa mince silhouette, ses allures déguingan- dées, son regard perçant «le regard de l'Aigle » qu'avaient popularisés les journaux du monde entier, les réclames de Vin Mariani, de Dubonnet.et toutes les affiches de fêtes d'aviation.Serge Caddnon était adoré de ses camarades.L'auréole de gloire qui nimbait son front de vingt- six ans, la célébrité de son nom, la réputation mondiale de ses prouesses d'aviateur, le laissaient aussi simple, aussi dénué de pose et de vanité que le plus humble des midships.Elève et émule de Conneau il avait remporté au Cirvuit international une éclatante victoire qui lui avait mis un demi-million en poche, et venait seulement de reprendre depuis deux mois un service actif.Il s'avançait mollement, comme une grande chenille, drôlement accouté, avec un pantalon civil.son caban d'uniforme et une vieille casquette anglaise dont on ne distinguait plus la couleur primitive.Ses camarades s'aperçurent alors qu'il était ruisselant d'eau.\u2014 Mais, d'où tombes-tu ?Tu t'es noyé en route! \u2014 Pas du tout, ne voyez-vous donc pas qu'il pleut ! C'était vrai : une averse bienfaisante rafraîchissait maintenant la température.Villard-Sonnois demanda : \u2014 Je croyais que tu étais venu à la nage.\u2014 Farceur! le Commandant m'a bel et bien ramené dans le vapeur 3.\u2014 Ah! et le Commandant est revenu aussi ?.\u2014 Mais oui, et il se passe même quelque chose d'insolite .ce \u2014 Quoi donc ?Dépêche-toi de nous le dire, tu nous fais languir!.\u2014 Eh bien, voilà, dit d'un air satisfait Caddnon qui avait la réputation de commérer comme une vieille portière, lorsqu'il n'était pas dans la lune, ce qui lui arrivait souvent.Figurez-vous que j'avais invité à déjeuner à l'hôtel Penthiève mon camarade Berthey, du « Bouvet ».Voici qu'au dessert ( comment vous dire cela sans fatuité) une de mes.admiratrices vient se planter devant notre petite table et me demande de lui signer deux cartes postales.Je n'osai refuser, et, pendant que je calligraphiai lentement les lettres de mon nom, elle se mit à me faire la conversation, me disant qu'elle avait passé tout l'hiver à Quiberon pour la santé de son petit garçon, mais que l'air si vif de ce pays finissait par l'énerver et qu'elle se décidait à repartir pour la Touraine.Elle ajouta que tout d'abord ce contre-temps l'avait ennuyée car sa villa était louée pour un an encore, mais enfin que tout s'arrangerait puisqu'elle venait de la sous-louer au Commandant du « Duquesne ».\u2014 Au commandant Darcier, Madame ?\u2014 Non, au commandant de Marignargues.Je tombai à ce point des nues que je lui rendis ses cartes silencieusement, me contentant de la saluer.Vous m'avouerez que cette histoire est plutôt bizarre ! Les commentaires des jeunes gens ne purent aller bien loin : un matelot entrait et s'adressant à monsieur de Sancy : \u2014 Lieutenant, le commandant en premier vous prie de bien vouloir venir lui parler le plus tôt possible.Philippe de Sancy se leva immédiatement, et se dirigea vers sa cabine pour remettre un peu d'ordre dans sa toilette.LA RevuE POPULAIRE L'étroit réduit était parfaitement rangé.Philippe ouvrit un tiroir, et l'atmosphère fut aussitôt saturée de « Fell » et d'essence de roses, ses\u2019 parfums préférés qui lui rappelaient ce beau ciel d'Orient dont il gardait le plus exquis souvenir.Il prit un faux col, noua rapidement une mince cravate de soie bleue, échangea son veston de coutil blanc contre un autre de drap anglais, refit prestement sa raie.et sortit de sa chambre.Cet ordre, ce souci des moindres détails, le révélaient tout entier.Philippe était un raffiné.De ses ancêtres maternels, nobles et riches Espagnols venus en France au XVIIe siècle, il tenait un goût inné pour le faste, le luxe, les œuvres d'art, et l\u2019horreur instinctive de ce qui est laid, ou même simplement banal.La vie sévère du collège et plus tard celle du Borda, le frottement journalier avec des camarades qui n'étaient pas tous de sa race et de AvriL 1943 son éducation, les obligations de sa carrière avaient atténué sans les faire disparaître ces goûts de grands seigneurs qu'il portait profondément ancrés en lui et qui étaient comme la marque distinctive de sa personnalité.En sifflotant entre ses dents « la Danaé », Philippe se dirigea vers le bureau du Commandant.out sa personne était empreinte d'une exquise distinction et d'une parfaite harmonie.Sa taille mince et bien prise, un peu au-dessus de la moyenne, ses traits réguliers, ses admirables yeux bruns, sa courte et soyeuse barbe noire le rendaient très séduisant, tandis que sa vive intelligence brillant dans chacun de ses regards, dans chacune de ses paroles, donnait l'impression d'une créature d'élite.Son père était mort jeune.Sans aucune fortune il avait épousé la riche et belle Marie-Anne Rodri- guès qui n'avait plus d'espagnol que le nom, si Française par le cœur et par les traditions transmises depuis trois siècles dans sa famille.Veuve à trente ans elle éleva virilement ses cinq enfants et se consacrant aux œuvres charitables passait maintenant la majeure partie de l'année dans le merveilleux château Louis XIII qu'elle possédait auprès de Concarneau.Après avoir traversé le grand salon Philippe frappa à une porte à demi entr'ouverte.\u2014 Entrez, fit une voix brève.Le commandant de Marignargues était assis devant sa table de travail.Il était petit, avec des menaces d'obésité.Son teint brûlé par les embruns et le soleil, sa moustache rousse, sa barbe dure, ses petits yeux bleus constamment plissés, avec une arge patte d'oie au coin de chaque paupière ne contribuaient pas à en faire ce que l'on est convenu d'appeler un bel homme, mais il y avait beaucoup - 11 de dignité dans sa petite taille, et tout en lui indiquait l'homme d'action, le chef.\u2014 Vous m'avez fait appeler, Commandant ?se décida à interroger l'enseigne voyant que monsieur de Marignargues ne lui adressait pas la parole.Philippe remarqua qu'il avait l'air préoccupé et que ses mains épaisses et très blanches chiffonnaient nerveusement un télégramme.\u2014 Oui, mon ami, je vous ai prié de venir car j'ai un ennui.Voici ce qui m'arrive.Au reste.il faut que je vous donne quelques explications préalables.\u2014 Vous savez sans doute, par Votre mère qui fut une de mes amies d'enfance, que, marié à une jeune créole je restai veuf de bonne heure.Ce ue l'on ignore davantage c'est que de ce mariage j'eus une fille dont la naissance coûta la vie à sa mère.Je n'ose guère avouer que dans le chagrin qui suivit ce deuil cruel je ne pus supporter la vue de mon enfant, bien innocente pourtant de mon malheur, et j'abandonnai totalement son éducation à ma belle- famille.Mais, la tante qui s'en occupait est morte il y a trois mois et l'on m'a demandé de reprendre Mayotte (elle s'appelle Marie-Louise, aux Antilles Mayotte est le diminutif de ce nom).À vrai dire cette idée a été tout d'abord loin de me sourire.Je connais si peu ma fille ! L'ai-je vue seulement quatre fois dans toute ma vie ?.C\u2019est bien possible | A mon âge, changer ses habitudes, réorganiser un foyer, n'est pas chose facile.Cependant, mon devoir étant nettement indiqué, j'ai accepté d'emblée toutes les difficultés que comportait la situation.J'ai donc écrit pour que l'on me renvoyât Mayotte, et j'ai loué pour cinq mois la villa des Tamaris à Quiberon, parce qu'il est hors de doute que nous reviendrons encore ici en juillet, peut-être même en août, et qu'à cette époque l'air de Brest ne vaudrait rien à ma fille.La voici donc en France ; elle était à Paris depuis 8 jours avec son institutrice, elles ont dû partir ce matin, coucher à Sainte-Anne-d'Auray, et Mademoiselle Moreau me télégraphie qu'elles arriveront demain par le train d'onze heures.Or, le commandant Darcies est parti cet après-midi en permission, sa femme est souffrante, il ne reviendra pas d'ici quelques jours et moi je ne puis quitter le bord Voudriez-vous donc, mon cher Sancy, aller attendre mes voyageuses à la gare ?Je ne vous demande pas d'être de corvée jusqu'à la gare, Mademoiselle Moreau saura se débrouiller, j'espère | Je lui télégraphie de faire Porter ses bagages à l'hôtel Penthiève et de venir en voiture à Port- Haliguen où une vedette les prendra pour les conduire à bord.Elles peuvent être ici pour onze heures et demie, si toutefois elles savent se presser | \u2014 Commandant, je ne demanderais pas mieux que d'aller au devant de ces dames, mais demain je suis justement ce quart jusqu\u2019à midi.\u2014 Ah! diable! quel ennui.Elles sont capables de se tromper d'embarcation ou de se perdre en route.Voyons, Sancy, ne pourriez-vous pas vous faire remplacer ?\u2014 J'y songeais précisément, Commandant, Caddnon ne refusera pas de me rendre ce service, d'autant plus que je ne serai même pas une heure absent.\u2014 C'est cela, arrangez-vous avec Cadd- non, vous déjeunerez tous les deux avec nous.Philippe se confondit en remerciements, saluts, et sortit.En se rendant au carré des enseignes, il s'aperçut qu'il ne possédait aucune donnée sur la personne de Mademoiselle de Ma- rignargues, ni de son institutrice, et qu'il lui serait assez difficile de les reconnaître.\u2014 Bah! pensa-t-il, quelque affreuse vieille duègne, et une petite fille à moitié négresse, cela me sautera Vite aux yeux.Le Commandant ne paraît pas ravi de cette intrusion.Ce qu'ils vont se tordre au carré quand ils apprendront que je passe bonne d'enfants ! Toute la jeunesse du bord était réunie au carré ; il n'y manquait-que celui que cherchait Philippe : + \u2014 Où est Ce ddnon ?demanda-t-il en entrant.(Lire la suite page 12) 12 Dz fos Par FRANCINE LLE EST PARTIE, comme tant d'autres, tentée par une situation plus facile ou un salaire plus alléchant.Et dire que vous vous étiez donné tant de mal pour la former, pour en faire ce qu'elle était devenue : une perle dont l'absence se fera cruellement sentir à chaque heure du jour.Inutile de vous enfoncer dans un fauteuil pour méditer sur votre triste situation : le temps n'est plus a la méditation mais à l'action.Commencez par empêcher votre bébé de grimper sur le piano et son frère aîné d'écrire sur le mur, puis mettez-vous vaillamment à l'œuvre.Dites-vous que si vous n'avez plus de bonne pour vous aider vous n'avez pas non plus personne à qui vous craignez'de déplaire, ni qui vous épie tout le long du jour, qu'il n'y a plus d'étrangère à votre foyer où vous vivrez désormais en famille avec votre mari et vos enfants, reine de ce minuscule royaume.Comme vous savez l'inutilité de faire des démarches pour trouver une remplaçante possible à votre perle, vous êtes par le fait même assurée de ne pas avoir à rester à la maison pour interroger les candidates à sa succession et répondre docilement au chapelet de leurs questions.Ce sont là de bien petits réconforts, il est vrai, il ne faut tout de même pas les dédaigner.Il en est un autre aussi qui mérite de retenir votre attention.Ayant une personne de moins à nourrir, et veillant vous-même à ne rien laisser perdre des provisions, vous êtes assurée de réaliser des économies appréciables, même en retenant les services d'une femme de ménage, une journée par semaine et en envoyant lus de linge à la blanchisserie.N'ayez à ce sujet aucun scrupule, il vous restera encore le ménage quotidien, la cuisine, la vaisselle, le soin des enfants, le raccommodage et le marché.C'est déjà beaucoup, et le mari le plus exigeant ne peut s'attendre à davantage.D'ailleurs, il est certain qu'il né veut pas que vous négligiez votre mise, ni que Vous soyez trop fatiguée pour veiller avec lui.L'un des plus sûrs moyens de pouvoir accomplir la tâche quotidienne et de ne jamais rien remettre au len- Depuis que le fisc américain frappe de lourds impôts les énormes revenus des stars de Hollywood, les mettant dans l'impossibilité de vivre luxueusement comme autrefois, les vedettes féminines se passent de domestiques, comme tout le monde.Tel est le cas de Bonita Granville qui réapprend à tenir seule sa maison.demain, c'est d'être matinale.Levez- vous entre 6 heures et demie et 7 heures.Cela vous permettra de préparer un déjeuner substantiel et de le manger sans avoir à vous presser.Rien d'énervant comme de commencer à se hâter dès le matin.Pour gagner du temps, il serait sage de mettre le couvert la veille et de sortir à l'avance les ustensiles dont vous êtes certaine d'avoir besoin.Il est essentiel de choisir des menus faciles à préparer et qui prennent peu de temps.Faites chaque semaine un gâteau et une couple de tartes.Préparez votre pâte à l'avance afin de gagner du temps.Ce n\u2019est pas une dépense exagérée que de prendre un repas au restaurant le jour où vous pouvez confier vos enfants à la femme de ménage.Vous en profiterez pour déjeuner avec une amie.Espérons que le dimanche vos parents ou ceux de votre mari vous inviteront avec les enfants.Il ne faut pas renoncer à vos relations sociales parce que vous manquez de bonne.Conservez l'habitude d'avoir des amis à la maison un soir par semaine, disons le jour qui suivra le passage de la femme de ménage.LA Revue PoPULARE (Suite de la page 11) \u2014 Dans son lit, probablement ! Il a encore une heure avant le dîner, il en profite pour dormir ! Philippe referma la porte et, se dirigeant vers la chambre de son camarade, y entra doucement.Tout d'abord il avait eu l'intention de l'éveiller, il réfléchit que ce serait cruel, et prit le parti d'attendre que le dormeur ouvrit les yeux, car Caddnon \u2014 ainsi que l'avaient prévu ses camarades \u2014 reposait tranquillement.Sa cabine offrait le spectacle d'un effrayant désordre.Philippe dut enjamber par-dessus un tub à moitié rempli & eau où flottait encore une éponge, buta dans deux ou trois paires de souliers, et enfin, surmontant les obstacles accumulés sur son passage, alla s'échouer sur une chaise encombrée de vêtements.Son amour de l'ordre, violemment choqué par ce désarroi, fut le plus fort et, pour s'asseoir, il retira au fur et à mesure la casquette de Caddnon, sa redingote d'uniforme, un pantalon civil auquel adhéraient encore des bretelles bleu de ciel, une paire de babouches en cuir jadis rouge dont l\u2019une contenait une chaussette de soie ajourée, puis un vieux mouchoir déchiré, un autre très brodé et tout neuf, enfin deux ou trois cravates très élégantes.Philippe plia les effets qui trai- naient, prit un journal qui se trouvait sur la chaise en leur compagnie, mais ne lut pas longtemps.Malgré lui il contemplait son camarade.Revêtu d'un pyjama couleur d'azur, Cadd- non dormait de tout son cœur.I lui découvrait le vrai type de l'homme du Nord, et ceci lui rappela un fait survenu plus de treize ans auparavant.Caddnon était alors élève au lycée Saint-Louis.Un jour, un camarade, jaloux de ses succès de bûcheur, lui jeta à la tête ces mots pleins de fiel : D'abord, toi, tu n'as pas de patrie ! L'enfant suffoquait de colère.Il bondit sur l'insulteur et le cribla littéralement de coups de poings, tant et si bien que l'autre dut crier grâce.Et en revenant le soir chez lui Cadd- nan s'avouant, qu'en effet, il était le fils d'un médecin Anglais marié à une étudiante Russe, se jura que cette France qu'il aimait ardemment aurait un jour le meilleur de lui-même.Il ignorait encore quand et comment mais il voulait être le champion de quelque cause noble et généreuse entre toutes.Philippe toussa un peu fort.Cadd- non ouvrit les yeux, et, en baîllant à se décrocher la mâchoire, demanda étonné : 1 7 Tiens ?Qu'est-ce que tu fais af.\u2014 J'attendais que tu fusses éveillé.Dis donc, mon vieux copin, vou- drais-tu demain matin prendre la fin de mon quart ?Le Commandant désire que j'aille attendre sa fille à Port-Haliguen.\u2014 Sa fille ! Bon ! voilà qu'il a une fille maintenant ! Et c'est toi qui vas faire la «nurse » 7.Bien du plai- sit, mon cher! Enfin, compte sur moi, je te remplacerai trés volontiers.\u2014 Et comme récompense nous déjeunons tous les deux à la table du Commandant.\u2014 Avec sa fille! çà c\u2019est chic! J'espère que ce sera un fin gala ! \u2014 Sois tranquille, rien ne manquera à ton bonheur.Es-tu prêt ?Il est grand temps d'aller diner.\u2014 Je viens.Et finissant de se rhabiller Serge Caddnon rejoignit son camarade au carré où, en attendant le potage qui n\u2019arrivait pas, deux aspirants tapaient avec rage sur le piano qui n'en pou- (Lire la suite page 20) AvriL 1943 et l'importance plus grande encore ; ils doivent durer toute notre vie qui, sans eux, perd la plus grande partie de sa valeur et même de sa signification.Comme tous les autres organes de notre corps ils sont exposés aux maladies et aux accidents, ce qui nous impose le devoir de veiller particulièrement sur eux, vu leur fragilité.Le faisons-nous ?Le plus souvent, non.Nous exposons, sans aucune protection, nos yeux à des vapeurs ou à des poussières qui peuvent être dangereuses, nous les surmenons, bref nous agissons à leur égard comme nous le ferions d\u2019un jouet incassable ; nous nous exposons ainsi à le regretter mais trop tard.Il peut arriver aussi que nos yeux nous donnent toute satisfaction pendant très longtemps puis un jour, brusquement, ils semblent avoir perdu beaucoup de leur efficacité ; la chose arrive précisément quand vous auriez besoin de posséder une très bonne vue pour le nouveau travail qui vous est confié.Que s'est-il passé ?.Une chose très simple, peut-être.Supposons que vous vous occupiez auparavant de travaux agricoles ; vous n\u2018aviez pas alors à regarder des objets minuscules et de très près et vous pouvez être devenu presbyte sans vous en rendre compte.Si vous avez ensuite à vous occuper de travaux manuels demandant N° N\u2019AVONS que deux yeux dont la fragilité est grande - une attention soutenue, vous constatez que votre vue ne fonc- tionne plus normalement dans ce champ trop restreint.Persister n\u2018améliorerait aucunement les choses, il vous faut consulter un expert oculiste.De la nervosité sans cause explicable, des maux de tête que rien ne semble justifier peuvent encore être l'indication d\u2019une vue qui a besoin d'être examinée par le spécialiste ; on ne le fait pas toujours et l'on a tort.Pourquoi traiter ses yeux comme si l'on en avait une douzaine de rechange ?La nature a fabriqué l\u2019œil humain pour servir pendant le jour et se reposer ia nuit mais le progrès en a décidé autrement.On travaille et l\u2019on vit aujourd'hui à peu près autant à la lumière artificielle qu\u2019à celle du soleil ; on a imaginé des quantités de modèles de lampes dont certains sont de vente facile parce qu\u2019ils sont d'un bel effet décoratif ; on s\u2019imagine assez facilement, par exemple, que tel abat-jour donne une lumiére diffuse de qualité supérieure alors, qu'en fait de lumière, la seule chose qui compte c'est la quantité.Il y a fatalement fatigue des yeux si elle n\u2019est pas suffisante.Il va de soi, cependant, qu'il faut soigneusement éviter les réflexions éblouissantes ou les ombres prononcées.D'autres précautions sont à prendre qui ne manquent pas non plus d\u2018importance.La fumée de cigarette dans les yeux leur cause de l\u2018irritation ; il faut veiller à ce que cela n'arrive pas trop souvent.Les mêmes précoutions sont à prendre vis-à-vis de l\u2019eau salée pour les personnes qui vont aux bains de mer et la fixation prolongée d'un écran de cinéma n'a rien, non plus, de bien favorable pour les yeux.Il peut arriver, toutefois, que certains jours on ne se sente pas une puissance de vision égale à celle des autres jours mais si la chose est simplement occasionnelle, si elle ne se répète pas trop fréquemment, il n\u2019y a pas lieu d'en prendre inquiétude, De même qu'il arrive qu'on se sente la digestion moins facile un jour ou que l\u2019on éprouve une sorte de paresse musculaire sans avoir fait auparavant quelque travail dur qui l'explique, il peut se produire, dans les yeux, une fatigue passagère qui d'ailleurs ne dure pas.La nature humaine a ses faiblesses et ne les limite pas à un seul organe.Néanmoins, s\u2019il est futile de s\u2018alarmer trop vite en ce qui concerne les yeux, il ne faut pas oublier qu'une négligence envers eux peut avoir de graves conséquences car, encore une fois, ils ne sont pas remplaçables.Traitons-les donc bien et ne les surmenons pas, nous ne pourrons nous en porter que mieux.13 2% + \u201d wi ty ri A 4 (1 > if bn TAS AY AA NE We.s+ si oY 3 v0 tes ve Je Pi a 2447s À LCA wen oD.te ed ste Si xa PE % ee 4: > LE ea IA > LJ \u201ces a ve a Le *% + Pe Las Lait rs 3 2 : LR « 3 & 12 Je v : : Ti 42, see Se 4 ag ¢ 24 ve XT CS ¥: ON o> Tee, \u20ac.cle ow Ax} 22H oa + * ta pA © 2 5 od Les 3! nue en G va o 5 =: CA 3.My od AY ye n3$3 + a 3 \u201crn 0°, Xe he Xx NS = Sa) , ma MA dé wd vais [ts £3 a x 3 \u201cx x an T od sr 3 Sani iTunes x 7 ES 7000) £3 4 os & GE \u201cae boy > a TS 14 AS es St 149 7 ?y 7 Sante, IY oD SN ** : Kyo +4 6?Ry as, 3 © AN Le I g asd =, 3 a : ; j He?% > f Je ae : + \"54 X Fr os PRS ax SATIS Z a.Ç + : say A - pe ste >.: er $ # | ei wid .:.2 JES bi + LY % En Le ry 3 +12 23 as) i = bg 4, 7 2, CE ce, £3 _ \u2014 = 3 KS % =, A, ?pe) a RY \u2018 al 5 pe i eu SIN \u201cea Te HALT s des 3 \u20ac az > AA He 5e 4 # 4 7, % ak\u2019 æ + f en se > Yar A 5 fs A in ù pA des # & = # x he ui 4 ARE 7 Fi IH Lo 7.wins Fou i FD - 72; J S, % ii 5 # At H £y ip I a Boh %.ge ke 7 es Gp 7 5 Ye VRIL, mois du IVe Emprunt de la Victoire et des Jardins de la Victoire.Sécurité pour l'après-guerre, grâce aux titres de l'Etat canadien achetés volontairement.Sécurité pour le présent, grâce aux semences mises en terre aux derniers jours d'avril et tout le long du mois de mai.Tout l\u2018\u2019hiver dernier les ministères de l'agriculture du Canada et des Etats- Unis exhortèrent les civils des villes et des campagnes, indifféremment, à exploiter le sol.Chacun son jardin, si petit soit-il ! Au besoin, sacrifier les fleurs.L'important, en ce moment, et plus que jamais, c'est de produire soi-même et de mettre en conserves le gros des légumes de consommation domestique.La culture potagère n'a rien de sorcier et il n'est pas plus difficile pour un amateur de faire pousser une carotte qu'une pensée. 16 La Revue POPULAIRE APPROCHES Par MARCEL DUGAS Ce livre renferme des essais sur Léo-Pol Morin, Alain Grandbois, François Hertel, Saint-Denys, Garneau, Simone Routier.Ils sont approchés « ici avec sympathie et désir de les comprendre ».Comme M.Marcel Dugas le dit dans la préface de son livre : « Il veut rendre à leurs qualités un tribut d'éloges.» « Le monde, dit-il, souffre probablement de trop : de négations, de critiques qui ne sont que la parodie de la compréhension ou qui trahissent le goût de détruire ce qui réclame, pourtant, sa juste part du soleil des vivants et des morts.Ce n'est pas trop dire, semble-t-il, et c'est affirmer que l'effort et l'art ont encore le droit d'être considérés.Quoique l\u2019univers subisse des changements tels qu'on peut se demander s'il restera quelque chose après la tourmente, des vertus d'hier, c\u2019est désirer sauver un sourire de civilisation que de tendre vers la justice pour les uns et les autres.« L'auteur de ce livre a voulu retenir ce qui allait s'enfuir vers l'oubli de la mort ; il a voulu marquer aussi sa vive estime pour des contemporains dont il a connu la cordialité, la camaraderie.«Jl a joint à ces études un discours qu'il fit aux soldats : Notre Nouvelle Epopée.Il a choisi des raisons pour expliquer la mort, des raisons qui sont le pain de l'esprit et du cœur, et n'ayant de réalité, peut-être, que dans la vision d'un monde libéré de ses esclavages, de ses servitudes, de ses nécessités.Ce ne sont pas des raisons officielles, mai celles qui prêtent un sens à la mort, à la splendeur de certains sacrifices humains.Elles sont au- dessus de l'affreux carnage ; elles flottent dans cet univers de spiritualité qui persiste encore quand la plaine s'est endormie avec ses morts ou lorsque la mer est devenue silencieuse devant l'aube qui se lève, et que tout est disparu des armadas, des flottes orgueilleuses.» PPROCHES, par Marcel Dugas, aux Editions du Chien d'Or, C.P.100, station \u201cB\u201d, Québec, et dans toutes les principales librairies.e J'AI FAIM .! Journal d'un Français en France depuis l'armistice Par LOUIS LE FRANÇOIS Les Editions Bernard Valiquette, de concert avec les Editions Brentano's, viennent de publier \u201cJ'ai faim.! Journal d'un Français en France depuis l'Armistice\u201d.J'ai faim.:.!\u201d est l\u2019histoire d'un \u201cdémobilisé\u201d qui, après avoir apparteñu à la plus belle armée du monde, erre, souffre et meurt de faim aujourd\u2019hui dans son pays sous la botte du conquérant.L'auteur a enregistré jour après jour les étapes de son douloureux martyre et montre d'une façon pathétique comment la défaite a fait surgir à nouveau la misère, l'intolérance, la persécution, les tracasseries et les brutalités policières, les déchéances physiques et morales, en un mot tout ce qu'on croyait que la civilisation avait fait disparaître.dal faim .! Journal d'un Français en France depuis l'Armistice\u201d, par Louis Le François, est en vente au prix de $1.50 ($1.60 par la poste) aux Editions Bernard Valiquette, 1564, rue Saint-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.\" France.\u201cLa plus grande, ANTHOLOGIE DE LA POESIE CANADIENNE D'EXPRESSION FRANÇAISE Par GUY SYLVESTRE Tout Canadien cultivé voudra avoir dans sa bibliothèque l'Anthologie de la poésie canadienne d'expression française que vient de publier M.Guy Sylvestre aux Editions Bernard aliquette.Ce livre est la somme de la poésie canadienne et, n'étant composé que des plus grandes beautés de notre littérature, on voudra y revenir sans cesse pour y relire tel poème aimé ou y repérer tel vers célèbre.C'est un livre indispensable à qui veut avoir une excellente idée de notre poésie.Cette Anthologie a été préparée par M.Guy Sylvestre, jeune écrivain de grand talent, dont les débuts littéraires ont été accueillis chez nous avec enthousiasme.La brochure qu'il a publiée sur la Situation de la poésie canadienne lui a valu les plus grands éloges.M.Roger Duhamel écrivait que M.Sylvestre était \u201cun des écrivains les plus cultivés et les plus puissants de notre génération\u201d, et M.Clément Marchand allait jusqu'à dire que l'auteur de Situation de la poésie canadienne était \u201cle guide sûr et éclairant que la jeune génération où fleurit un talent si neuf, attendait.\" Il va sans dire qu'un tel livre s'impose à la lecture non seulement du grand public, mais aussi de tous les étudiants qui y trouveront un guide sûr dans l'étude de notre poésie.Anthologie de la poésie canadienne d'expression française, par Guy Sylvestre, est en vente au prix de $1.00 ($1.10 par la poste) aux Editions Bernard Valiquette, 1564, rue Saint-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.e LES CHANSONS ET LES HEURES Poèmes, par MARIE NOEL Edition nouvelle.Ouvrage réimprimé et distribué par la Librairie Granger Frères, Limitée, 54 ouest, rue Notre- Dame, Montréal.\u2014 Beau volume in-12 de 200 pages.Le chef-d'œuvre de la grande poétesse de ce n'est pas moi, c'est Marie Noël,\u201d déclara un jour la célèbre comtesse de Noailles à l'un de ses admirateurs.Son génie est fait d'amour et d'humour.Sa fidélité s'accorde, par une sorte de prodige, à une irréductible et charmante indépendance.Grâce, fantaisie, émotion, science du rythme, tout fait de son œuvre une mélodie à la fois câline et grave qui enchante.Qu'est-ce qu'elle dit ?Rien et tout.Elle raconte son âme de femme peureuse et hardie, douce et forte, rieuse et mélancolique qui jamais ne s'impose, jamais ne s'arrange, toute vive, spontanée, sincère, vraie.Oui, c\u2019est la grâce suprême de cette œuvre que la poésie et la vérité n\u2019y fassent qu'un.© LE JARDIN DES BETES SAUVAGES (*) Roman, par GEORGES DUHAMEL de l\u2019Académie française ,La Chronique des Pasquier, l'insurpassable chef- d'œuvre de Georges Duhamel, est l'histoire d'une famille bourgeoise française racontée en huit romans aussi captivants les uns que les autres et dont chacun constitue un livre complet qui peut-être lu seul.Le Jardin des Bétes Sauvages, le second roman de cette Chronique des Pasquier dont Les Editions Variétés ont entrepris la publication au Canada, met en vedette Laurent Pasquier, jeune homme rempli de rêves, d\u2019idéal et d'enthousiasme.Il vit, partagé entre ses amis et les membres de sa famille.Le temps devrait s'écouler sans heurts, sans complications, sans drames.Mais Laurent doit bientôt se rendre compte que la vie, si elle est parfois amusante, heureuse, est aussi dangereuse et maussade.Et, un jour, Laurent Pasquier rencontre la vraie tristesse : il constate que les hommes mentent et qu'il lui faut vivre entouré de fauves comme dans un jardin de Bêtes Sauvages.(*) Un volume de 240 pages.Prix $1.25; par la poste $1.35.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.© MAL D'AMOUR (*) Roman, par JEAN FAYARD Qu'est-ce que le mal d'amour ?Le roman de Jean Fayard vous apporte la réponse en vous racontant une passionnante histoire d'amour.Jacques Dolent, un militaire, avait au gours d'une permission rencontré trois jolies femmes qui lui avaient plu.Mais après cette rencontre, Jacques s'était trouvé en face d'un problème difficile.Il avait beau se poser mille et une questions, il ne réussissait pas à savoir s'il désirait simplement ces femmes élégantes ou si vraiment c'était l'Amour.Mais, un jour, sur la place, il rencontre l'une delle.(*) Un volume de 320 pages.Prix $1.25, par la poste $1.35.En vente dans toutes les bonnes libraisies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.° PAROLES DE PAIX Par JOSEPH-DELVIDA POIRIER En s'inspirant de la devise de Sa Sainteté le Pape Pie XII : \u201cLa Paix est le fruit de la justice\", M.Joseph-Delvida Poirier vient de publier un recueil de vers : \u201cParoles de Paix\u201d, qui lui a déjà valu les plus beaux éloges.Dans une appréciation élogieuse, M.Julien Per- rin, p.s.s.n'hésite pas à dire que ces Paroles, exprimées en mots simples que tout le monde peut comprendre, seront pour bien des cœurs comme une source fraîche aux jours ardents.Cette poésie transparente, au rythme captivant, exaltant la vertu, l'héroïsme, tout ce dont on vit, bercera les âmes d'une paix divine.M.Perrin exprime le vœu que ces Paroles de Paix chantent sur les lèvres sincères dés enfants, qu'elles résonnent dans la voix d'or des artistes, que les maîtres les revêtent de somptueuses harmonies.Qu'elles deviennent ainsi ce que les a voulues le poète, un chant d'amour pour l\u2019humanité, un chant de gloire au Prince de la Paix ! \u201cParoles de Paix\u201d, par Joseph-Delvida Poirier.est en vente au prix de $1.00 ($1.10 par la poste) chez les dépositaires, 1564, rue Saint-Denis, et dans toutes les bonnes librairies.> YE heel OE metic.ations it.a ER VT mt te re as \u201cx AvriL 1943 : Par Francine LES MAINS M [Lorsqu'on est obligé de faire soi-même le ménage et la cuisine, récurer les casseroles et préparer les légumes, il faut protéger les mains en portant des gants usagés ou des gants de caoutchouc.Pour bien nettoyer et assouplir les mains après tous les nettoyages, enduisez-les de bonne vaseline ordinaire et massez quelques instants pour bien faire pénêtrer le corps gras.Savonnez ensuite et lavez à l'eau bien ctiaude.Faites un second savonnage suivi d'un lavage à l'eau chaude et essuyez soigneusement.Vous retrouverez ainsi vos mains souples et blanches.Certaines personnes ont les mains moites, même en hiver, dès qu'elles se trouvent dans une pièce chauffée.Pour remédier à cet inconvénient, frictionnez les mains plusieurs fois par jour à l'alcool camphré.En outre, servez-vous de crème d'amandes pour adoucir les mains, en frictions après le lavage, et n'usez que de bon savon de première qualité.LE NEZ H Le froid peut provoquer la congestion et la dilatation des petites veinules du nez, mais les troubles de la circulation, I'entérite, la dyspepsie peuvent également produire ce déplorable effet.Si les soins ne concernent pas le docteur, auquel il faut avoir recours lorsque l'état général est en jeu, on traite cet inconvénient avec efficacité par des lavages du nez, deux ou trois fois par jour, avec du lait, qu'on laisse sécher avant de se poudrer.Contre la couperose, On peut aussi employer la préparation suivante : Faire bouillir une poignée de pétales de roses dans un verre d'eau.Laisser réduire des trois quarts, passer et ajouter à ce liquide un verre à liqueur d'alcool camphré.Lotionner plusieurs fois par jour les plaques de couperose avec cette eau, pendant quinze jours environ, les rougeurs s'effaceront peu à peu.LA PEAU H Se lotionner le visage avec de l'eau tiède dans laquelle on a mis une pincée de borate de soude est excellent contre la peau grasse et la dilatation des pores.Lorsque le peau est sèche, il faut préférer les adoucissants.Chaque soir, il est excellent de se démaquiller avec un tampon d'ouate imbibé avec un corps gras.Il faut renoncer à l'emploi du savon pour la figure quand on a la peau sèche.Une poignée de son ou de farine d'avoine dans de l'eau de plus tiède constitue une eau excellente pour lotionner, adoucir et raffermir l'épiderme du visage.Pour décongestionner les paupières, les lotions à l'eau tiède salée sont excellentes.Pour atténuer les rides et le gonflement de la paupière inférieure, lotionnez souvent avec de l'eau de plantain obtenue en décoction un peu sirupeuse.LE COU B Voici un procédé trés simple pour arréter, dés le début, le vieillissement du cou: Mettez dans un récipient quelconque trois cuillerées d'huile d'amandes douces, trois cuillerées d'eau de roses et trente gouttes de jus de citron.Mélangez bien le tout en agitant fortement.Massez-vous légèrement tous les soirs avec cet onguent, en ayant soin de faire ce massage avec les deux mains bien à plat sous le menton et descendant vers le cou en un mouvement élargi.Essuyez ensuite avec une toile fine et tiède, et passez au talc.Ce traitement doit être fait tous les soirs régulièrement.LES JAMBES Æ On ne peut guère changer la forme de la jambe, mais il est facile de remédier à certaines imperfections.Pour que la peau soit belle et la jambe souple, elle doit être lavée quotidiennement et frictionnée ensuite au gant de crin, en allant de l'extrémité jusqu'à la hanche.Passer ensuite légèrement de l'alcool avec la main.S'abstenir de porter des jarretières qui nuisent à la circulation du sang et peuvent provoquer des varices.Si les chevilles sont un peu fortes, faire quelques massages journaliers en remontant du bas de la cheville vers le mollet.Eviter les stations prolongées debout et faire une marche rapide tous les jours.LES DENTS H On doit brosser les dents le matin, après chaque repas, et le soir au coucher pour les entretenir très propres.Brossez de haut en bas, en arrière et en avant ; employez de l'eau tiède dans laquelle vous versez quelques gouttes d\u2019un bon dentifrice.Pour assainir et blanchir les dents, frottez-les deux ou trois fois par semaine avec le quart d'un citron, non avec le zeste, mais avec la partie juteuse du fruit.Cela désinfecte les gencives et les fortifie en même temps.: AE pdt Toutes les recommandations, les conseils les plus pratiques ne valent pas, en fin de compte, les produits des marques les plus annoncées.Pour les soins de beauté des lèvres, des mains et des ongles, le plus simple est encore de s'en tenir aux produits les plus connus.~ 18 Lit Un chevalier qui n'est pas sans peur et sans reproche.Par MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU N A COMPARÉ le homard à un chevalier, mais ce n'est pas un chevalier sans peur et sans reproche, comme nous le verrons par la suite.La solide carapace dont il se fait un puissant bouclier rappelle cependant l'armure des chevaliers du Moyen-Âge.Cette carapace dure, faite de chitine fortement imprégnée de carbonate de chaux et de phosphate de chaux, est l'un de ses caractères distinctifs.Elle l'enveloppe presque tout entier : tête et thorax d'une part, délimitant de chaque côté de celui-ci deux cavités où se logent des branchies-attachées d'ailleurs à la base des pattes thoraciques \u2014 elle durcit chacun des anneaux libres de l'abdomen, rend quasi invulnérables les formidables pinces et protège chacune des autres pattes.e grand nombre des appendices du homard aussi bien que celui des autres Crustacés, ses cousins, leurs membres, si l'on veut, voilà de quoi surprendre le profane qui éprouve une curiosité autre que celle de goûter aux muscles savoureux.Pen- ant que chez les vertébrés, ils se réduisent à deux paires servant à toutes fins : locomotion, préhension, défense, attaque, ils se spécialisent chez ceux-là et sont en général adaptés à une fonction unique.Localisés respectivement par paires sur chacun des segments ou anneaux \u2014 le homard est extérieurement formé de vingt segments discernables sur la face ventrale et plus nettement marqués sur la partie dorsale de l'abdomen \u2014 on en compte dix-neuf : le dernier anneau étant apode.Décrire ces appendices spécialisés, c'est écrire l'histoire du homard et étudier ses mœurs.Procédons d'avant en arrière.D'abord les appendices céphaliques : deux paires d'antennes.les an- tennules formées de deux parties et les antennes proprement dites, simples et beaucoup plus longues.Ce sont des organes exclusivement sensoriels sensibles au toucher et aux éléments chimiques.Viennent les mandibules, garnies de fortes dents chitineuses, servant au broyage des aliments, et deux paires de mâchoires, maxilles et maxillules, utilisées pour la masticetion, les unes et les autres entourant la bouche.Le thorax porte aussi des appendices buccaux, trois paires de pattes, dites pattes mâchoires, parce u'affectées à déchiqueter les proies et cinq paires e pattes, nommées pattes ambulatoires, utilisées pour la marche et la nage, et dont les premières sont les énormes pinces dont la structure en fait des organes d'attaque et de défense.Chacun des segments abdominaux, sauf le dernier, porte une paire de pattes plutôt régressées dont les dernières sont élargies en des sortes de rames, le uropodes, formant avec le prolongement abdominal, le telson, une nageoire caudale dont l'animal se sert un peu à la façon d'une godille.Outre ces appendices, on observe en avant sur la tête, fixée sur de longs pédoncules, des yeux très mobiles qui sont en pleine activité la nuit surtout.car notre chevalier ne se promène guère le jour.Un organe d'équilibre, constitué d'un sac tapissé de poils sensoriels et rempli de grains de sable, est situé à la base de chacune des premières antennes.Chaque mouvement du homard déplace les grains de sable qui frottant de l'une ou l\u2019autre manière sur les soies le renseignent sur sa position.C'est une sorte de boussole interne.Comment le homard assure-t-il sa subsistance ?Avec des déchets organiques souvent, tels des poissons morts.D'autres fois, il dîinera d'un hareng vivant ou d'une morue passant dans ses parages ; ou bien se sentant en veine de bataille, il s'attaquera Dessin de GERMAINE BERNIER, de l'Université de Montréal.a de grands gastropodes, dont il brisera la coque pièce à pièce avec ses fortes pinces, pour pouvoir se repaître des tissus délicats qui y sont enfermés.Il lui arrivera aussi de creuser patiemment dans le sable, à la recherche d'autres mollusques dont il est friand.Comme quoi notre chevalier n'est pas sans reproche.Ses proies, empoignées d'abord vigoureusement par les pinces aidées de l'une ou l'autre patte locomotrice armées aussi de pinces, mais beaucoup plus petites, sont d'abord déchiquetées par les pattes mâchoires, puis broyées par les deux paires de maxilles et les mandibules qui fonctionnent latérale- La Revue POPULAIRE ment et non pas de haut en bas ou de bas en haut, comme chez les vertébrés.Avalée par la bouche, cette nourriture passe dans un court œsophage et tombe dans l'estomac supérieur, sorte de gésier, où elle est de nouveau triturée par un marteau masticateur armé de fortes dents ; on appelle cet appareil le moulinet gastrique.Après ce traitement, la nourriture descend dans l'estomac inférieur et dans l'intestin moyen, un tube court et droit où se fait l'absorption, pendant que les déchets se rendent directement dans le rectum.Le foie du homard est un organe important débouchant dans l'estomac.Il est formé de deux glandes symétriques, masses volumineuses qui se décomposent en plusieurs lobes.L'excrétion est assurée par deux glandes spéciales, dites glandes vertes, comprenant une vessie musculaire où se rendent les déchets du sang qui passent ensuite dans un court canal s'ouvrant à l'extérieur par un pore a la base de la seconde antenne.La respiration se fait par des branchies véritables, expansions plumeuses qui garnissent la base des pattes, se logent entre celles-ci et sur le mur du thorax.Elles sont protégées, comme nous l'avons vu plus haut, par les replis latéraux de la carapace.L'eau circule, dans le canal ainsi formé, d'\u2019arrière en avant et est maintenue en un courant actif par le battement de lamelles situées à la base des secondes mâchoires.Le système circulatoire est ouvert et non fermé comme chez les vertébrés, parce qu'il ne comprend (Lire la suite page 47) PREPAREES PAR CAMPBELL\u2019S DANS SES \u2019 LA SOUPE AUX LEGUMES CAMPBELL\u2019S, avec tous ses légumes riches en vitamines et son bon bouillon de boeuf, est un excellent moyen de faire accourir les écoliers à la maison pour leur lunch.Elle est si nourrissante, si facile à digérer\u2014et se prépare si vite et si simplement.Epargnez-vous du temps par ces jours affairés, et renvoyez vos enfants à l\u2019école pleins d\u2019énergie pour l\u2019étude de l\u2019après-midi.Voici un exemple des centaines de lunches que vous pouvez préparer rapidement en commençant par un bol de Soupe aux Légumes Campbell\u2019s.Soupe aux Légumes Campbell's Sandwiches de crackers et fromage Salade d'oeufs durs Fruits Frais Mélangés Lait CUISINES A midi, quand la cloche sonne, Nous filons vite à la maison.En arrivant, maman nous donne Un\u2019 Soup\u2019 Campbell\u2019s\u2014 oh! que c\u2019est bon! LA SOUPE AUX TOMATES CAMPBELL\u2019S \u2014 faite avec des tomates canadiennes mûries au soleil, du bon beurre de table et un assaisonnement délicat \u2014est une de celles que les enfants préfèrent.L\u2019on sait que les tomates sont un aliment protecteur et, par conséquent, cette excellente soupe convient parfaitement lorsqu\u2019il s\u2019agit de développer des citoyens sains et heureux pour le Canada! Une bouteille isolante pleine de Soupe aux Tomates Campbell\u2019s sera le mets principal d\u2019un lunch délicieux et nourrissant pour les écoliers.Vos enfants se régaleront si vous mettez ce qui suit dans leur cantine \u2014 Soupe aux Tomates Campbell's Sandwich aux Oeufs en Salade sur du Pain Complet Pomme at Petits Gâteaux Secs CANADIENNES MODERNES 20 élicieux macaroni au fromage en 7 minutes de cuisson jo OUR vous Mesdames, qui êtes si occupées surtout de ce temps-ci, le Kraft Dinner constitue un plat principal délicieux et économique.Et si vite préparé! En 7 minutes seulement, vous obtenez un macaroni au fromage tendre et léger dont toute la famille se régalera.Et le coût?A peine quelques sous par portion! 4 PORTIONS x DANS CHAQUE AN Hn\u201d BOITE Np! AVEC VELVEETA, VOUS OBTENEZ UNE SAUCE AU FROMAGE LISSE ET EXQUISE @#2 PASTEURISE .AUSSI DIGESTIBLE QUE LE LAIT LUI-MÊME > vitesse\u201d.© Vous n\u2019avez qu\u2019à faire fondre au bain-marie 14 livre de ce délicieux fromage.Ensuite, ajoutez-y 15 de tasse de lait.Et voilà!.vous avez une sauce au fromage lisse et savoureuse qui rend vos légumes plus appétissants et qui \u2018\u201cétire\u2019\u2019 vos restes de viande ou de poisson.Une sauce qui apporte à vos mets des éléments nutritifs du lait en plus d\u2019une saveur de fromage Cheddar si riche et cependant si douce! La Revue PoPuLAIRE COEUR EN FETE vait mais, pendant qu'un enseigne particulièrement excité dansait un endiablé « two-step ».CHAPITRE II E VAPEUR 3 entrait à toute vitesse dans le petit port.Philippe de Sancy achevait d'enfiler de beaux gants tout neufs, et sauta lestement à terre.Il inspecta le quai : personne n'apparaissait.Pas de « governess » longue et anguleuse, pas de petite négrillonne aux boucles d'ébène.Ah! cependant, voici deux silhouettes qui se dessinent sur la route.Une dame petite et replète suit péniblement une grande jeune fille en tailleur de piqué blanc.Philippe est décontenancé : \u2014 Ce ne sont pas elles ! pense-t- il ; c'est impossible ! Pourtant il n'y a à l'horizon que ces deux dames qui avancent toujours, et regardent autour d'elles d'un air inquiet.Philippe ce décide à les aborder : \u2014 Mademoiselle de Marignar- gues ?demanda-t-il, incrédule.\u2014 C'est moi! dit une voix claire.\u2014 En ce cas, Mademoiselle, per- meitez-moi \u2018de me présdnter moi- méme : enseigne de vaisseau de San- cy, envoyé par le Commandant pour vous servir de guide.\u2014 C'est très aimable à vous, Monsieur, d'avoir pris cette peine.Mademoiselle Moreau qui m'accompa- ne (et, d'un joli geste affectueux a jeune fille désignait la grosse petite dame) sera plus rassurée de faire le trajet en votre société.Elle craignait les difficultés de l'embarquement qui seront aplanies grâce à vous.Abasourdi l'officier contemplait cette jeune personne qui lui parlait de façon désinvolte avec son petit accent créole, doux comme un gazouillis d'oiseau.Tout en marchant entre ses deux inconnus il n'en revenait pas de sa méprise.Comment?la négrillonne c'était cette grande jeune fille blonde aux yeux de bluet, si pleine de charme et de grâce que l'on devait mettre un temps infini à s'apercevoir qu'elle était à peine jolie et qu'elle était surtout séduisante avec ses cheveux splendides, son doux sourire et son beau regard profond ! Intimidé pour la première fois de sa vie, l'enseigne se creusait la cervelle pour découvrir des phrases qui sortissent de la banalité.Mais que dire à des étrangères sinon qu'il fait chaud, que la mer est belle, le pays charmant ! .Heureusement les péripéties de l'embarquement furent le sujet de variations nouvelles sur un thème ancien, et Philippe ne put réprimer la gaîté qu'excitait le joyeux fou rire de Mayotte devant l'affolement de Mademoiselle Moreau qui, au prix de mille peines et cris d'alarme, prenait place dans la baleinière.Le petit quart d'heure de traversée s'écoula trop rapidement au gré de la jeune fille.Prise d\u2019émotion en songeant que chaque tour d\u2019hélice la rapprochait de ce père tant désiré, et chéri de loin, elle ne parlait plus.Philippe devinant son angoisse respectait son silence.Enfin le youyou accoste; le Commandant est à la coupée .Mayotte gravit lestement l'escalier, deux cris étouffés jaillissent : \u2014 Papa ! \u2014 Ma fille ! Le Commandant déteste les effusions en public mais quel cœur de tigre résisterait à l'enlacement de ces (Suite de la page 15) jeunes bras autour de son cou, à la caresse de ces baisers sur ses joues tannées, à l'appel enfantin de cette voix qui lui rappelle si vivement celle de l'adorée de jadis!.C'est son enfant, après tout, la chair de sa chair.Le sang bleu des Marignargues coule .en ses veines, sous sa peau mate et fine comme sous son vieux cuir d'homme de mer, et il est fier de sa beauté, de sa grâce, de son charme, de ces attraits si pareils à ceux de celle qu'il aima vingt ans auparavant.Sa fille! La fibre paternelle qui sommeillait au fond de son cœur s'est réveillée.Tendrement il passe un bras autour de la taille souple de Mayotte et l'entraîne dans sa cabine, pendant que Mademoiselle Moreau se remet de ses émotions maritimes en les narrant au commi-saire du bord qui est venu la saluer.Mayotte inspecte d'un ceil curieux la cabine et le bureau de son pére, mas celui-ci, sans perdre de temps, la fait entrer au salon où la table toute dressée, couverte de cristaux, d'argenterie et de fleurs, attend les convives.Philippe de Sancy est déjà là, puis, le suivant de près, un grand enseigne qui lui passe en riant le ceinturon, insigne du service.\u2014 Mayotte, dit le Commandant, je te présente Monsieur Caddnon.\u2014 L'aviateur, s'exclama la jeune fille.Oh! je suis si contente de le connaître ! Caddnon dévore Mayotte des yeux.Mais oui.Il en est sar a présent, il la retrouve ! C'est celle que dans le secret de son cœur il appelait «ma jolie petite inconnue ».Et soudain tout le passé se réveille.Perdu dans son rêve il entend les Voix animées qui parlent marine, aviation, violoncelle, Opéra.Lui est à mille lieues de là, à cing ans en arrière ! C'était durant sa campagne sur le Duguay-Trouin.Le vieux navire avait jeté l'ancre à Fort-de-France, où un grand bal fut donné en l'honneur des midships.Toute la soirée Caddnon dansa avec de ravissantes petites créoles aux cheveux noirs, aux yeux de velours, et le plus souvent avec la même : cette blonde aux prunelles de saphir dont le fin visage l'avait frappé.Il n'avait jamais su son nom, mais il se souvenait de ce boston langoureux, de cette valse lente.« Quand l'amour meurt » que des violons pleuraient sentimentalement sur leurs cordes tendues, et la griserie de cette soirée lui remontait de nouveau au cerveau.Il regardait Mayotte.L'enfant s'était fait femme, plus charmeuse encore, joignant à une grâce de sirène l'attirance d'une nature que l\u2019on devinait, belle, loyale et bonne entre toutes.Oh! le chaud soleil des Antilles, la douceur des nuits étoilées, les longues randonnées à cheval, au clair de lune, que c'était loin déjà !.Depuis il avait revu bien des femmes.Sa gloire avait été la rançon de cruelles rancœurs et de lâches trahisons, car la volonté d'oublier une amère déception assombrissait encore sa brillante carrière, mais ce souvenir de jeunesse, son premier amour de midship, restaient pieusement enfouis dans un coin de son cœur où il gardait intact le suave parfum de ses rêves de vingt ans ! \u2026.\u2014 Vous ne dites rien C,addnon.Qu'avez-vous donc ?des peines de cœur ?(Lire la suite page 22) a A _\u2014 AvriL 1943 Le plus nouveau genre de ration comprend les tablettes et barres de chocolat .\u201cl'emballage de sauvetage\u201d, inauguré _ par les Quartiers généraux de l'Amirauté canadienne.Chaque trousse de ration d'urgence, pas plus grosse qu\u2019une mallette de femme, contient huit récipients de 16 onces d\u2019eau chacune, huit boîtes de nourriture contenant un haut pourcentage de calories, et huit paquets bien scellés de tablettes au lait.Quatre de ces trousses seront attachées à chaque chaloupe de sauvetage de dix hommes.La boîte (telle qu\u2019illustrée) est un peu plus grosse qu\u2019une boîte de sardines et contient l2 tablettes de chocolat, 2 barres de chocolat, et des biscuits concentrés.Un bonbon de qualité, l\u2019une des meilleures nourritures, est très nutritif.Un approvisionnement de chocolats et des barres de chocolat de qualité contient la plus grande valeur nutritive dans le plus petit empaquetage possible.NOTE : \u2014 Cette annonce ne veut pas dire que les produits Ganong aient été choisis ou approuvés par les Quartiers généraux de l'Amirauté canadienne.Elle tient tout simplement à démontrer que les chocolats de qualité et les barres de chocolat sont entièrement nutritifs. Quand vous constatez que vous êtes délaissé par une jeune fille que vous ne pouvez oublier .employez la Crème à Dents Colgate\u2014la pâte à dents qui purifie l\u2019haleine en nettoyant les dents! 76% DE TOUS LES ADULTES ONT MAUVAISE HALEINE C'EST POUR CELA QU'IL EST AVANTAGEUX .DEMPLOYER A CREME A DENTS COLGATE C VOICI POURQUOI: Colgate a une mousse active et pénétrante qui va dans les interstices cachés entre les dents\u2014aide à déloger les particules d'aliments en décom- position\u2014à enrayer les odeurs de salive stagnante\u2014à enleverla cause commune de la mauvaise haleine.Gibier D'AILLEURS, Colgate a un agent de polissage sûr et inoffensif qui nettoie parfaitement l'émail des dents .leur redonne leur brillant éclat naturel! Il n\u2019est pas étonnant que partout on abandonne des liquides, des poudres et d'autres pâtes en faveur de la Crème à Dents Colgate! FS \u2014 EMENT 77 COLGATES HE DENTAL CREAM * 3 maüvaiseHAtene > 29¢\u20ac.40 LA Revue POPULAIRE COEUR EN FETE .(Suite de la page 20) Caddron sursauta.\u2014 Toujours dans la lune ! Enfin, mon cher, quand on monte aussi facilement à de telles hauteurs une simple distraction est bien permise ! Toutefois si vous consentez à redescendre sur terre et à servir de guide à ma fille pour visiter le bâtiment avec de Sancy, j'en profiterai pour signer quelques pièces, puis j'ai bien des choses à dire à Mademoiselle Moreau que j'ai un peu laissée de côté, acheva le Commandant avec un sourire aimable à l'adresse de l'institutrice.\u2014 À vos ordres, Commandant.\u2014 De quel ton vous dites cela! Allons, mes enfants, encore une coupe de champagne ! Mademoiselles, je bois à votre bienvenue ! Caddnon, à vos gloires futures! Sancy! que faut-il vous souhaiter ?.\u2014 Mais.rien pour l'instant, Commandant, je me trouve si heureux de mon sort ! \u2014 Alors, filez, amusez-vous bien ! mes enfants, et CHAPITRE III NCADRÉE par ses deux gardes du corps, Mayotte passait la revue du « Duquesne ».Elle admirait tout, et on ne lui fit grâce ni d'un coin, ni d'un recoin.Mayotte s'amusait franchement de cette visite que l'esprit et les remarques de ses guides rendaient instructive autant qu'attrayante.\u2014 Maintenant, Mademoiselle, déclara Sancy, si vous promettez d\u2019être très brave nous allons vous conduire dans un repaire de bandits, autrement dit: le carré des enseignes ! Mayotte aperçut alors quatre ou cinq officiers, puis deux jeunes femmes dont l'une, mise de façon assez excentrique, mimait un cake-walk devant un enseigne, tandis que l'autre applaudissait tout en écoutant les plaisanteries d'un midship.L'entrée des nouveaux arrivants fit brusquement cesser ce tintamarre.Un enseigne, juché sur le piano, se retrouva par miracle sur ses pieds, saluant la jeune fille d'un respectueux plongeon; celui qui dansait s'arrêta net, les deux dames reprirent leur sérieux en entendant de Sancy dire avec une nuance de moquerie : \u2014 Nous sommes désolés d'interrompre votre concert, mais nous tenions à faire à Mademoiselle de Marignargues les honneurs du carré.Mademoiselle, veuillez me permettre de vous présenter Mesdames Bucy et Brilier.Nos camarades les enseignes Brûlier, d'Artigues, de Grangiè- res, Villard-Sonnois et Lautinier.\u2014 Aoh! Monsieur Caddnon ! s\u2019écria avec un fort accent yankee la jeune femme que l'on avait appelée Madame Bucy, vous venez juste à point pour danser un boston ! D'Artigues se mit au piano et le couple commença à danser.Mayotte les regardait : lui, si blond, si jeune avec ses clairs yeux, très rieurs en ce moment, elle, très belle, un peu provocante, avec de splendides cheveux fauves, d'inquiétantes prunelles couleur d'aigue-marine, un teint de camélia blanc et des lèvres de pourpre.Sa taille souple était moulée dans une robe de foulard rouge, et, à certains moments, son grand chapeau noir empanaché dissimulait presque complètement son visage.Philippe Mayotte : était debout devant \u2014 Mademoiselle de Marignargues, voulez-vous m'accorder ce boston ?Comme toutes les jeunes filles, elle adorait la danse; elle suivit Philippe avec empressement.Il valsait avec une rare perfection guidant habilement Mayotte à travers les méandres compliqués du carré, et elle goûtait un plaisir infini à le suivre ainsi entre les tables, les chaises, le piano, sur le linoléum qui retenait le glissement de leurs semelles.L'instant d'après, le petit Villard- Sonnois vint inviter la fille de son Commandant.Selon l'expression peu charitable de ses amis, il sabotait littéralement l'art de Terpsichore, marchant sur les pieds de ses danseuses, déchirant leurs traînes (lorsqu'elles en avaient) ou leurs dentelles, et les exposant à maints renfoncements, mais avec cela si gentil, si bon enfant, qu'on lui pardonnait volontiers son manque d'aisance chorégraphique.Caddnon voulut aussi danser avec Mayotte.Il évoluait correctement, d'après de rigoureux principes, sans grâce comme sans beaucoup d'entrain, et il était songeur .Il se demandait si Mayotte l'avait reconnu.Ne voulant pas l'interroger directement il parla de Fort-de-France, des séjours qu'il y avait fait sur le « Duguay-Trouin » mais sans rien préciser, et elle ne lui donna pas la consolation de s'entendre dire que son souvenir était resté vivant dans sa mémoire.La célébrité du jeune aviateur, seule, avait frappé son esprit, elle ne semblait pas se rappeler l'avoir déjà rencontré.Une chaleur étouffante régnait au carré.Caddnon offrit à lle de Marignargues une orangeade glacée, puis lui proposa de remonter sur la plage-arrière où l\u2019on respirerait davantage.Elle acquiesça à son désir et, de nouveau suivie par ses deux guides fidèles, alla s'asseoir au milieu d'eux sur le banc qu'\u2019abritait une tente de toile.Mayotte resta un instant silencieuse.Puis, par les abords du salon qu'elle venait de quitter, éclata derechef le son du piano, et des voix chantèrent en chœur la valse en vogue.\u2014 Tout le monde paraît bien gai ! dit-elle alors à Philippe.\u2014 Ah! Mademoiselle, je vous assure qu'au carré on n'engendre pas la mélancolie! n'est-ce pas Cadd- non ?\u2014 Non certes ! surtout quand d'aimables visiteuses viennent comme aujourd'hui distraire Inotre exil et charmer notre dimanche |.Dis donc, Sancy, La Veuve joyeuse porte allé- grement son deuil ! \u2014 Qui est la « Veuve joyeuse » ?demanda curieusement Mayotte.\u2014 Madame Bucy répond à ce séduisant surnom.Elle a épousé il y a six mois l'un de nos camarades.\u2014 Et il est mort ?.Pauvre fem: me ! \u2014 Mais non, Mademoiselle ! Elle s'envelopperait de crêpe et se perdrait dans des flots de noir, ce qui lui irait du reste fort bien ! Bucy est seulement parti depuis peu aux missions lointaines.Pendant ce temps sa veuve.provisoire cherche des consolations et trouve des.consolateurs ! \u2014 Chut!.Caddnon ! on ne dit pas de ces choses devant une jeune fille ! \u2014 Ah! diable! j'oubliais.Ex- cusez-moi, Mademoiselle, je n'ai jamais eu de sceur.\u2014 Pas même de frère ? AvriL 1943 \u2014 Hélas non! Fils unique, pour mon malheur ! Est-ce assez bête.est-ce assez plat ! Enfin, je n'y peux rien ! \u2014 Et Madame Bucy habite Qui- beron ?\u2014 Pas toujours.Brest était le port d'attache de son mari: elle y est d'abord restée, puis, Madame Butterfly ayant émigré ici pendant le séjour de l'escadre, elle a suivi son inséprable.\u2014 Madame Butterfly c'est la femme de ce petit enseigne.M.Brülier?\u2014 Tout juste ! Elle a bien un type de mousmé, n'est-ce pas ?C'est San- cy qui l'a baptisée ainsi, il a un faible pour elle ! \u2014 Peut-on inventer de semblables histoires ! Tu n'avoues pas que Madame Bucy est \u2014 à ma connaissance \u2014 ton treizième flirt depuis cet hiver ! \u2014 Dis plutôt que je suis « son » flirt, ce qui n'est pas la même chose.Un peu crampon, cette chère Gladys! Brûlier commence à en avoir plein le dos, elle suit sa femme comme un caniche.\u2014 C\u2019est une Américaine ?\u2014 Oui, Mademoiselle.Elle était venue à Brest, pendant les quelques semaines que les bâtiments américains passèrent dans notre port, retrouver son père un commodore géant et désagréable.Bucy la vit à un bal à la Préfecture Maritime et en devint éperdûment amoureux.Contrairement à la légende accréditée en France qui veut que tout sujet des Etats-Unis soit colossalement riche, la belle n'avait pas le sou.Bucy en possédait pour deux, ils se sont connus et mariés en l'espace d'un mois.\u2014 Alors c'est un mariage d'inclination ?\u2014 Eh oui!.La lune de miel fut interrompue par le départ de Bucy.Sa femme tente d'oublier le chagrin, très réel sans doute, qu'elle en a éprouvé, et y réussit ! Ce soir, quand elle sera rentrée à l'hôtel, elle lui écrira dix pages au moins de papier pelure, en lui disant qu'elle languit loin de lui et qu'elle l'attend dans la retraite et le recueillement ! Et la voilà bien l'éternelle duperie féminine! acheva OCaddnon d'un ton qui voulait être léger et qui dissimulait mal une sourde rancune.Mayotte, d'un air courroucé, balançait toujours son chapeau.Le soleil se jouait dans ses beaux cheveux blonds, y allumant des flammes.Le menton appuyé sur sa main gauche, dans une pose qui lui était familière, elle paraissait méditer profondément.\u2014 Voilà une chose que je ne puis comprendre ! finit-elle par dire après un silence.Lorsqu'on épouse un mari on connaît par avance les lourds devoirs que la situation impose ! les renier est une lâcheté ! \u2014 Vous épouseriez volontiers un marin, Mademoiselle ?\u2014 Pourquoi pas ?J'espère que je saurais trouver dans mon affection pour mon mari assez d'énergie et de Sancy se leva en achevant ces mots.Mayotte et Caddnon l'imitèrent.Le thé était en effet servi dans le salon du Commandant et il fallut l'absorber rapidement car la vedette était avancée et l'embarquement ne devait plus tarder.Mayotte alla remettre son chapeau dans la cabine de son père.Celui- ci la suivit, et comme elle allait repasser le seuil de la porte, il la prit dans ses bras et l'embrassa longuement.\u2014 Papa ! mon Cher Papa ! Est-ce assez bon d'être ainsi réunis ! \u2014 Ma petite fille! j'ignorais la valeur de mon trésor, comment ai-je pu vivre loin de toi! \u2014 Mais nous voici ensemble pour toujours, et rien ne nous séparera plus désormais, n'est-ce pas ?\u2014 Rien, ma chérie ! Il la retint un moment tendrement serrée contre lui, la couvrit de baisers, puis, dissimulant mal son émotion il la laissa aller, la reconduisant ensuite jusqu'au bas de l'escalier de tribord.Elle lui fit encore des signaux avec son mouchoir, et il ne quitta la coupée que lorsqu'elle ne fut plus qu\u2019un point blanc presque invisible à l'horizon.CHAPITRE IV IEUTENANT, il est moins cing! A ces mots fatidiques Caddnon, qui était étendu tout habillé sur sa couchette se réveilla brusquement, s'étira en baîllant, sauta à terre et se rendit sur le pont où il devait prendre le quart de minuit à quatre.Enveloppé dans son caban, car la nuit était étoilée mais assez froide, il se promenait de long en large, inspectant l'horizon.Cet homme dont la gloire avait baisé le front de vingt-six ans, possédait une âme d'enfant, prête à tous les généreux élans, à tous les audacieux sacrifices.Trahi une première fois par une fiancée infidèle qui se joua de son cœur, il passait, dédaigneux parmi la foule qui se pressait vers lui, gardant jalousement la pudeur de ses impressions et ne permettant à qui que ce soit d'en pénétrer le secret.Sancy qui était son meilleur camarade respectait la réserve qui observait sans se démentir un seul instant, et c'était uniquement pour le taquiner que, cet après-midi, il lui avait reproché son treizième flirt.Car, aimé, adulé par tous, et surtout par les femmes, Caddnon s'en éloignait instinctivement.En se promenant et en rêvant aux étoiles il vint jusqu'au banc où il s'était assis quelques heures auparavant avec Mayotte et Sancy.Machinalement il y prit place et ses yeux fixèrent des points lumineux qui étaient les fenêtres éclairées de l'hôtel Penthièvre.Il songea que durant cette nuit c'était là que dormait Mayotte.I] revoyait en esprit la silhouette fine de la jeune fille, son beau regard profond, ses che- \u201cCa va, chérie.« ton temps est rationné, mais ce que je te trouve belle!\u201d Je fus très émue d'entendre Ted faire cette remarque! Mon émotion était faite de surprise et de joie.Je pensais avoir piètre mine avec ma blouse froissée .; 3 ma permanente cachée par mon turban .et mon visage barbouillé! Quand j\u2019entrai à l\u2019usine, je me suis dit que je sacrifiais mon teint au pays.Je n\u2019aurais lus le temps de m'occuper de mes soins de beauté! J'étais résignée à un simple dé- arbouillage au savon et à l\u2019eau, l'affaire de deux minutes deux fois par jour.au savon Palmolive, bien entendu.Mais je n\u2019avais jamais compté exclusivement sur le Palmolive, et mon sacrifice était fait.Ft pourtant, voici que Ted, le plus beau garçon de l'usine, me proposait de SORTIR avec lui! Le Palmolive doit donc être bon pour le soin de la peau.Eh bien, ça prouve qu\u2019avec le nouveau Palmolive amélioré il suffit de deux minutes deux fois par jour pour qu\u2019une ouvrière comme moi puisse garder sa peau fraîche et radieuse .c\u2019est du moins ce que dit Ted.Oui, Il suffit de 2 minutes deux fois par jour pour garder votre peau radieuse + » + avec le Palmolive Rien de plus facile que la beauté du teint avec le traitement de beauté Palmolive pour le L'HUILE D'OLIVE appréciée depuis des siècles comme moyen naturel d'embellir la peau visage .et c\u2019est si simple aussi la propreté intégrale avec les bains de beauté au Palmolive.Pourquoi le Palmolive?Parce que c\u2019est le seul savon de grande marque à contenir le mélange très coûteux des soulageantes huiles de palme et d\u2019olive\u2014deux des meilleures aides naturelles de beauté.Le doux Palmolive soulage de fait la peau en la nettoyant À fond, sans la moindre irritation.Et cependant, le Palmolive ne coûte pas plus veux ondés.Elle était tellement simple, si dénuée de cet insupportable apparat des conventions mondaines, elle paraissait si franche et bonne, affectueuse pour son père, pleine de \u2014 C'est très juste.Malheureuse- prévenance vis-à-vis de son institu- ment toutes les femmes ne raisonnent trice, qu'il se dit, secrètement char- pas avec cette sagesse, n'est-ce pas, mé: Sancy ?courage pour supporter vaillamment son absence, et il me semble que loin de lui je n'aurais guère le cœur à danser et à faire la folle pour amuser les midships ! \u2014 Hélas non! Il faut dire aussi que la fragilité féminine reçoit parfois de rudes assauts et qu'il faut être fortement trempée pour vivre dignement cette vie austère de femme de marin.En somme, nous autres hommes de mer, nous ferions peut-être mieux de rester célibataires.La séparation, les départs lorsqu'on s'aime, ce doit être atroce ! \u2014 C'est une vraie jeune fille dans | toute l'acception du mot ! Elle a des yeux qui ne sauraient mentir ! Mais il ne chassa l'image de Mayotte que pour la remplacer par une autre aveuglément chérie jadis, et jamais morte en lui quoiqu'il n'en voulut pas convenir.C'était si vrai qu'il n'avait encore pu consentir à se séparer de sa photographie.Il la possédait là, dans cher! MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS JE COMPTE SUR LE FE bmolive POUR ME GARDER BELLE \u2014 POUR LUI ! Ayez ce Sourire Vainqueur EN DONNANT LE SOIN SPECIAL IPANA A VOS GENCIVES ! Evitez la \u2018\u2018Brosse à Dents Rosée\u201d\u2019.Aidez vos gencives à devenir plus fermes \u2014 vos dents plus brillantes.Adoptez IPANA ET SON MASSAGE E TOUT ce qu\u2019il y a d'attirant en vous qui puisse donner aux gens une bonne impression, un sourire attrayant, vainqueur est l\u2019une des choses qui comptent le plus.Mais souvenez-vous de ceci: une denture saine, brillante, qui fait votre sourire, dépend en grande partie de gencives fermes et saines.Et si vous souhaitez avoir des gencives saines, vous vous devez de leur procurer un soin spécial qui suppléera au manque de mastication énergique due à l'alimentation molle de nos jours.Privées d'exercice, les gencives deviennent tendres, débiles et susceptibles de causer de graves désordres dentaires.Ceci se constate à la vue d\u2019une légère teinte \u201c\u2018rosée\u201d\u2019 sur votre brosse à dents \u2014 un avertissement naturel que les gencives ont besoin de soin.Ne jamais négliger la \"Brosse à Dents Rosée\u201d Ne négligez jamais le signe de danger qu\u2019est la \u2018\u2018brosse à dents rosée\u201d.Voyez votre dentiste le plus tôt possible, avant que vous ne soyez victimes de réels ennuis.Un produit de Bristol-Myers Fabrication canadienne Très vraisemblablement, il vous dira que vos gencives deviennent simplement tendres et molles, et, probablement, il vous conseillera de leur donner plus d'exercice.Peut-être, aussi, comme tant d\u2019autres dentistes de nos jours, vous recommandera-t-il \u201cle bienfaisant stimulant d\u2019Ipana et son massage\u201d.Ipana\u2014spécialement conçue pour aider le massage Ipana vous procure un double avantage parce qu\u2019elle ne fait pas que nettoyer les dents, les rendre blanches et brillantes, mais elle est spécialement conçue lorsqu\u2019employée au massage, pour aider à tonifier et stimuler tout aussi bien les gencives.Chaque fois que vous vous brossez les dents, massez vos gencives avec un léger supplément d'Ipana.Vous constaterez un revigorant \u2018\u201c\u2018picotement\u201d \u2014 exclusif à Ipana et son massage \u2014 qui vous avertit que la circulation s\u2019avive dans vos gencives, les aidant à devenir plus fermes, à vous donner des dents plus brillantes et un sourire plus attrayant ! IPANA PATE DENTIFRICE Trois choses à retenir en temps de guerre : Nettoyez vos dents, massez vos gencives chaque jour et voyez votre dentiste régulièrement pour examen.Remettez au pharmacien * un tube métalli- $7 que vide lorsque 2,4 vous achetez un nouveau tube xs d'Ipana.2 Ne gaspillez He res J pas Ipana.ad 4 Vous n'en avez w= besoin que de peu pour net- qu; toyer et masser - Vos gencives.son portefeuille, pas bien loin de son cœur.Caddnon tenait la photographie entre ses longs doigts nerveux et souples.C'était bien elle, cette femme cruelle qui s'était jouée de lui! C'étaient bien son beau profil de médaille, ses yeux de velours, sa bouche au sourire indéfinissable, autant d'attraits menteurs qui ne s'étaient fait si charmants que pour le mieux leurrer.Violemment, avec un sursaut de l'ancienne colère d'autrefois, Serge déchira l'épreuve et en lança les multiples débris à la mer.Il se sentit apaisé, le cœur en fête, riche d'espoirs incertains et de félicité future.Allumant une cigarette il reprit d'un pas léger sa marche silencieuse qui ne troublait point le sommeil de tant d'hommes dormant au-dessous de lui.CHAPITRE V LA VILLA des Tamaris, Mayotte étudiait consciencieusement son piano.Ses gammes régulières et monotones berçaient le sommeil de son institutrice, endormie sur le Gaulois qu'elle essayait vainement de lire.Précisément, en étudiant un passage difficile, Mayotte levait les yeux sur un portrait de son père accroché à la muraille.Son père ! comme elle l'aimait ! Le sentiment de respect presque obligatoire que de loin elle éprouvait pour lui ne ressemblait en rien à l'adoration qui germait maintenant en son cœur.Généreusement elle ne voulait plus se souvenir des longues années pendant lesquelles il s'était volontairement tenu séparé d'elle.Elle se rendait compte que désormais elle tiendrait dans sa vie la plus large place, et elle formait déjà des projets d'avenir.D'abord, elle ne se marierait pas.Elle se découvrait une vocation subite pour le célibat ; elle avait dix- neuf ans et ne tenait pas à aliéner sa chère liberté ! Son père suffirait à occuper son existence.Ses prérogatives de maîtresse de maison l'amusaient.Elle avait fait quelques visites avec son père et en avait déjà reçu plusieurs, entr'autres celles d'une dizaines d'officiers du « Duquesne ».\u2014 Je n'aime pas M.d'Artigues, monologuait-elle, il est trop taquin ! I fait sans cesse monter à l'échelle cette pauvre Madame Bucy qui est bien drôle, il faut l'avouer.Le petit Villard-Sonnois a l'air d'un bon petit garçon bien sage, il est toujours serviable et de belle humeur.Quant à Messieurs Caddnon et de Sancy, eux, ce sont de vrais amis; ils m'ont parfaitement pilotée le jour de mon arrivée sur le bateau de papa.Je leur ai même développé ma profession de foi, moi qui ne veux plus me marier!.C'est vrai qu'avant de mieux connaître papa je ne songeais pas à lui consacrer mon avenir ; la vie change, et les résolutions aussi ! Deux coups de timbre interrompirent les réflexions de Mayotte, et la cuisinière entra portant un billet sur lequel étaient tracés ces mots «très pressé ».\u2014 Mademoiselle, le petit gamin a dit qu'il faudrait répondre ce soir «sans manque» à ce mot d'écrit, c'est très important ! Un peu émue, Mayotte décacheta l'enveloppe.Fille commença par rire du style biscornu de Madame Bucy, puis, n'y tenant plus, éveilla Mile Moreau : \u2014 Chère Mademoiselle, reprenez vite vos esprits, nous allons demain LA Revue POPULAIRE a Cranac, Madame Bucy nous invite, ce sera très drôle ! Voici justement Papa, nous allons lui soumettre le cas ! Et Mayotte courut au-devant de son père qui donna bien vite le consentement désiré.Le soir, à table d'hôte, Madame Bucy reçut un volumineux courrier: c'étaient les réponses de ses invités.Une à une elle les passait à Odette Brûlier, sa voisine de gauche, ou bien lisait tout haut : « Lieutenant de vaisseau Danvè- res.Impossible.Regrets.» Jacques Brûlier pouffa de rire : \u2014 À la bonne heure, c'est court et bien senti comme une épitaphe ! « Serge Caddnon, enseigne de vaisseau, remercie Madame Bucy de son aimable invitation à laquelle il aura l'honneur de se rendre.» \u2014 Je pense qu'il n'en met pas trop long, non plus celui-là, dit Odette à son mari, il ne se compromettra pas avec de semblables phrases ! « Philippe de Sancy, enseigne de vaisseau, très sensible à l'aimable invitation de Madame Bucy, regrette infiniment de ne pouvoir l'accepter.un rendez-vousi d'affaires exigeant demain sa présence à Lorient.» observa \u2014 Bon! un de moins! Gladys.\u2014 Connu, le rendez-vous d'affaires, confia tout bas Brûlier à sa femme ; c'est une échappatoire, cela l'assommait d'aller à Carnac, ce garçon! Gladys compulsait toujours ses lettres.Elle calculait mentalement le nombre approximatif des excursionnistes et s'écria, d'un ton vainqueur : \u2014 Well! Je vais commander trop de plum-cake ! on prendra le « tea » dans les «lignements» avant de partir ! Brûlier sourit d'un air de pitié, se leva de table et, passant son bras sous celui de sa femme, entraîna celle-ci sur la terrasse.Le crépuscule tombait : les feux s'allumaient un peu partout.Sur la plage déserte la mer chantait inlassablement son éternelle berceuse.Seuls tous deux devant l'immensité les jeunes gens se regardaient.Un grand silence régnait ; l'enseigne le rompit le premier : \u2014 Dis, ma petite Odette, interro- gea-t-il tendrement, tu tiens beaucoup à aller demain à Carnac ?\u2014 Mais, Jacques, je ne puis quete refuser.Si je n'y vais pas Gladys sera furieuse, et elle me reprochera amèrement d'avoir fait manquer la partie ! \u2014 C'est dommage que tu aies accepté sans me demander mon avis.Je serai de quart, tu le sais ?Tu aurais pu venir me tenir compagnie, la baleinière eût été à ta disposition à deux heures.\u2014 Ce n'est pas possible, Jacques, Gladys compte sur moi, et.\u2014 C'est-à-dire que tu préfères de beaucoup aller t'amuser avec tous ces écervelés plutôt que de rester avec moi! dit sèchement le jeune homme.Odette baissa la tête.Elle était bonne enfant, capable à ses heures d'actes méritoires, mais ce jour-là sa petite cervelle de linotte concevait difficilement le sacrifice du plaisir projeté.CHAPITRE VI \"EMBARQUEMENT pour Carnac s'était fait «très matinalement » puisqu'il avait fallu prendre le train de 8 heures 30.Madame Bucy annonçait à qui voulait l'entendre que son amie Odette et elle- AvriL 1943 même s'étaient levées à quatre heu- tes pour retrouver à la messe de six heures Madame Dozier, la femme d'un lieutenant de vaisseau du «Bouvet», Mesdames Tralin et Vinclère, Mademoiselle de Mari- gnargues et son institutrice.Cela ne paraissait pas avoir restreint si peu que ce soit son élégance habituelle, car plus séduisante et pom ponnée que jamais, la jolie jeune femme menait toute la bande joyeuse avec l'audacieuse assurance d'un général conduisant ses troupes à la victoire.A la gare ce fut un désarroi universel, chacun se casait comme il pouvait.Mayotte monta dans un compartiment avec Madame Dozier qu'elle aimait, et de Grangiéres qu\u2019elle détestait sans savoir pourquoi.L'itinéraire tracé par d'Artigues, comprenait la visite de Carnac- bourg, du Tumulus Saint-Michel.de Carnac-Plage, et retour aux alignements du Menec pour le pique-nique.Toute cette jeunesse éprise de mouvement et de tapage regardait peu le paysage.Mayotte qui aimait passionnément la nature se retrouva en haut du Tumulus, seule avec Caddnon.Plongé dans une profonde contemplation l'aviateur ne s'aperçut que quelques instants plus tard de la présence de la jeune fille.D'un geste large il embrassa l'immense étendue qui se déroulait à leurs pieds et dit simplement : \u2014 C'est beau! Serge et Mayotte goûtaient toute la beauté de ce spectacle idéalement reposant.Une voix railleuse murmura près d'eux : \u2014 Descendez donc les amoureux, on n'attend plus que vous! De Grangières remorquant Madame Bucy les interpellait de la sorte.Une teinte foncée envahit le visage de Caddnon.ll avait vu rougir Mayotte et, exaspéré, ne mesurant plus ses paroles, il répondit vivement : \u2014 Dispense-toi, je te prie.de réflexions malsonnantes, je ne supporterai pas qu'en ma présence tu fasses de telles allusions.Ai-je besoin de te rappeler que Mlle de Marignargues a droit a tout ton respect De Grangières n'insista pas.Il était plus bête que méchant, aimant surtout à se faire remarquer par des phrases sensationnelles qui n'étaient pas toujours heureuses ! Il avait voulu montrer de l'esprit devant Madame Bucy et avait médiocrement réussi.La jeune femme.elle, ne parut pas avoir entendu les paroles incriminées, mais la réponse violente de Caddnon fit passer une lueur de jalousie dans ses beaux yeux.et elle jeta à Mayotte un regard qui n'avait rien de tendre.Mayotte suffoquée.tout d'abord.par la stupide apostrophe de Gran- gières se remit vite d'aplomb; en descendant la côte elle se rapprocha de Serge et murmura : \u2014 Merci ! La bande des touristes se reforma.et à midi sonnant le déjeuner commença sur la lande, à l'abri d'une ferme, entre les géants de pierre.Mayotte restait silencieuse.Elle s'était promis tant de plaisir de cette partie, et voici que la maladroite intervention de Grangières avait tout gâté ! Elle n'osait plus parler à Caddnon, sentant les yeux de Gladys braqués sur elle et épiant son moindre geste.\u2014 Après tout, je suis bien bonne, se dit-elle.Pour un imbécile et une coquette je ne Vais pas me priver de la société d'un galant homme qui a si bien pris ma défense ! Après le déjeuner, sans ostentation, elle glissa quelques mots aimables à Serge sur des sujets dont la banalité ne pouvait exciter la curiosité de Madame Bucy, puis se rapprocha de Madame Dozier dont la sérénité la calmait.Car elle se sentait énervée.Il faisait trop chaud, le vent ne rafraîchissait pas l'air, le temps devenait orageux, ces jeunes femmes étaient trop excitées, ces jeunes gens trop bruyants, ils ne mettaient plus de sourdine à leur exubérance qui dégénérait en dissipation.Puis il fallut songer au départ.Ce n'était pas petite affaire que ranger les reliefs du festin et la vaisselle qui était restée éparse sur la lande.Les préparatifs du départ traînèrent tellement en longueur que le train était en gare lorsque les deux véhicules arrivèrent à Plouharnel.au trot pénible de leurs deux malheureux chevaux poussifs.Ce fut une bousculade indescriptible, personne ne ne trouvant de place dans les wagons bondés depuis Auray où une fête locale avait attiré nombre de Quiberonnais.Caddnon se chargea de Mademoiselle Moreau.et la hissa dans un compartiment.Villard, d'Artigues.Madame Bucy et ses amies prenaient d'assaut le fourgon des bagages.Mayotte.en désespoir de cause, allait les suivre lorsqu'un employé la happa un peu rudement par le bras.et dit d'un ton de mauvaise humeur : \u2014 Allons.allons, en voilà assez comme ça! Montez donc en tête, Madame, il y a de la place .Mais, dépêchez-vous, sapristi ! Mayotte prit ses jambes à son cou et courut à toute vitesse.Elle grimpa au hasard dans une voiture : Il était temps, le train s'ébranlait.Etourdie par cette hate et ce tumulte, elle se laissa tomber sur les coussins et reprit son souffle.Elle s'aperçut alors qu'elle était dans un wagon mixte.et n'occupait pas la classe à laquelle son billet lui donnait accès.Elle se leva, ouvrit la porte de communication et entra dans le plus proche compartiment de première où un voyageur, très absorb* par sa lecture.ne leva pas les yeux à son arrivée.Mayotte le voyait de profil : une soyeuse barbe brune dessinait un menton volontaire, des traits réguliers et fins qu'abritait un canotier de paille.Elle le reconnut et éclata de rire : \u2014 Monsieur de Sancy ! êtes-vous sourd ?.Philippe sursauta.Vivement il se découvrit : \u2014 Mademoiselle, veuillez m'excuser.j'étais à cent lieues de me douter de votre présence.\u2014 Ce que vous lisez est donc si passionnant ?Curieusement elle s'était rapprochée, et lut le titre du volume resté sur la banquette.\u2014 Oh «les Géorgiques chrétiennes» de Francis Jammes! Ce doit être bien aride ! fit-elle avec une petite moue.\u2014 C'est splendide ! répondit simplement Philippe.Puis, plus gaiement il reprit : \u2014 Daignez-vous m'expliquer, Mademoiselle, par quel heureux hasard j'ai l'extrême honneur de voyager en votre compagnie ?\u2014 C'est très simple.Nous avons |, passé la journée à Carnac avec Madame Bucy; nous sommes arrivés quand le train allait partir, les autres se sont casés partout un peu, où ils ont pu, même dans le fourgon, quant à moi un employé m'a pourchassée jusqu'ici ! \u2014 Et vous avez, naturellement passé un délicieux après-midi ! Vous vous êtes amusée ?.\u201cPendant l'extinction des Feux essayez mon M.N W.\u201d JANET BLAIR, STARRING IN \u201cSOMETHING TO SHOUT ABOUT\u201c\u2014A COLUMBIA PICTURE v ès si vous suce : o ood.Ces soins rendre le Ww c'est notre sy odbury.\u201d c cette Crem ssuye mbo le pour le Nocturne Wo la peau ave ° Remettez-en.F e Woodbury z encore et gie nocturne.*Masque Nettoyez-Vvou sat inée-\u2014essuyez - j une © jaissez-en Ub > Ses 4 ingrédients Spec\u2019; u rendant une peau rug o ä Tr toutes aidant à 158\u20ac\" nt aussitôt» x 4e © comme la rosés :+0s rides sèches - 6 iquement la tig ntre les 4 édien 2 ns Un ingre ot, la protégeant cos sales.Employez la crème en POL» \u201c7 ou de doig in Un teint germes de poussiêré pour avoir demain ir Crème Woodbury ce so Lu, D plus exquiS- plus \u2019 lus lisse, \u2018WOODBURY COLD CREAM 05, Mae de Fiat ds Ss Sa Base de Poudre est la nouvelle Woodbury Foundation Cream qui donne un doux éclat.Woodbury Cleansing Cream est utile pour une peau grasse tandis que Woodbury Dry Skin Cream aide toute peau seche.ha LY Ad EA CU Avant tout, protégez votre Beauté.Achetez aujourd\u2019hui la Crème Wood- bury.Grands pots \u2014 pour bien des Masques Nocturnes \u2014 50¢, 25¢.(FABRICATION CANADIENNE) ACHETEZ DES TIMBRES ET DES CERTIFICATS D'EPARGNE DE GUERRE 26 Silvo est le plus \u2018\u2018caressant\u2019\u2019 des traitements de beauté de l\u2019argenterie.I enlève toute trace de tache ou de ternissure.66 .2, crst Love Si vous possédez ce patron exquis venant des ateliers de l\u2018International Silver, vous l\u2018apprécierez aujourd'hui plus que jamais, puisque, s\u2019il lui arrivait quelque chose, il pourrait être difficile à remplacer.Ne manquez donc pas de suivre le conseil de ses fabricants et faites-en ressortir toute l\u2018éclatante beauté à l\u2019aide de Silvo, le poli doux qui délicatement, rapidement, sûrement, enlève toute trace de matité ou de tache ! Servez- vous-en pour toute votre argenterie afin de la rendre et de la conserver comme neuve.a) ~ Fate | POUR ARGENTERIE A.Sy V Ÿ L \\ 4 822F \u2014 Mon Dieu, oui, tout le monde paraissait enchanté ; Madame Bucy reçoit de façon charmante ! Philippe hésita un instant, puis, se décidant à parler : \u2014 Je n'ai pas de conseils à vous donner, Mademoiselle, mais, croyez- moi, Madame Bucy n'est pas une femme dont vous pourrez faire votre amie.Mayotte se rebiffa.Elle était, parfois, animée d'un certain esprit de contradiction, et il suffisait qu'on parût attaquer l'Américaine vis-a-vis de laquelle elle ne ressentait aucune sympathie, pour qu'elle prit immédiatement sa défense : \u2014 Il me semble que mon père est d'âge à savoir quelles sont pour moi les relations utiles ou nuisibles, et je ne vois pas de quel droit.\u2014 Je vous ai blessée, Mademoiselle, je vous en demande pardon.Je crains que vous ne vous mépreniez sur mes intentions.Ne pensez pas surtout que ce que je vous ai dit soit un sot besoin de bavardage, ou le désir de m'immiscer dans des affaires qui ne me regardent point.J'ai voulu seulement vous prévenir, comme je l'eusse fait pour l'une de mes sœurs, qu'il y avait quelque danger à fréquenter Madame Bucy.\u2014 C'est pourtant une femme, je suppose ! \u2014 Bien loin de moi l'idée d'attaquer sa réputation qui est restée jusqu'ici inattaquable.Mais elle est frivole, avide de plaisir, et prend sur ses amies un ascendant qui n'est pas toujours d'un heureux effet.(Philippe avait encore sur le cœur les doléances de Jacques Brûlier la nuit précédente).De plus elle est jalouse, Or, par principe une femme jalouse est toujours à craindre.Vous voici avertie, Mademoiselle, profitez ou ne profitez pas de ce conseil, très désintéressé, je vous assure.Je crois que j'ai bien fait de vous apprendre la vérité si désagréable qu'elle fit.\u2014 Je vous remercie.J'étais une orgueilleuse de ne pas vouloir vous écouter tout d'abord !.Ainsi, vous avez préféré aller à Lorient pour votre rendez-vous d'affaires plutôt que de nous accompagner ?Philippe fut pris d'un fou rire : \u2014 Si je vous avouais que ce fameux rendez-vous qui aura, bien sûr, déchaîné la malignité de ces\u2018dames, m'était donné par mon dentiste ! Il a consenti à m'opérer un dimanche parce que je n'étais libre que ce jour- là, ce qui m'a permis de fuir vos agapes.tumultueuses !.J'en ai profité pour remonter mon stock de musique et de livres, ajouta-t-il en désignant les menus colis disséminés sur a banquette.\u2014 C'est vrai, vous m'avez dit que vous jouiez du violoncelle.Vous devriez venir faire de la musique d\u2019ensemble avec moi, cela m'empécherait d'oublier ce que j'ai appris.\u2014 Bien volontiers, j'aime passionnément la musique, et ici j'ai rarement l'occasion de m'offrir ce luxe ! \u2014 Nous arrivons, tenons-nous bien car notre bonne réputation serait perdue ! Il descendit le premier, tendit la main à Mayotte pour l'aider à sauter, et tous deux attendirent à la sortie la bande joyeuse que le trajet avait un peu calmée.honnête CHAPITRE VII E MATIN du 24 juin, Mayotte revenait de la messe par le chemin des écoliers.Elle marchait d'un pas alerte le long des sentiers bordés de tamaris.Le cœur en fête, elle admirait tout du même œil enthousiasmé.C'était aujourd'hui la fête de son père.Elle lui avait écrit la veille huit La Revue PoruLaire longues pages, car l'escadre partie depuis quatre jours avait regagné Brest pour peu de temps.Mayotte se trouvait donc seule à Quiberon avec Mlle Moreau et Madame Dozier dont la villa était voisine des Tamaris.Madame Bucy avait suivi Madame Brûlier, les joyeuses randonnées n'existaient plus qu'à l'état de souvenir.Il faisait si beau que la petite créole ne se sentit pas le courage de rentrer encore.Elle marcha longuement sur le sable durci par la mer qui venait de se retirer, et allait s'étendre paresseusement à l'abri d'un rocher lorsqu'elle rencontra le facteur \u2014 Ah, Mademoiselle ! voulez-vous prendre votre courrier, dit le brave homme, cela m'évitera d'aller jusqu'à la maison ! La jeune fille tendit la main avec empressement, consulta vite les adresses, mit de côté les journaux et la correspondance pour son institutrice, et décacheta vivement l'enveloppe sur laquelle elle avait reconnu l'écriture de son père.Adossée presque confortablement au rocher elle lut : « Duquesne », 23 juin.« Ma petite fille chérie, « Si je n'étais philosophe je dirais que la vie est une contrariété perpétuelle car nous passons notre temps à former de beaux projets qui ne se réalisent jamais ! «Tu sais que nous devions reprendre la mer et nous embosser à nouveau dans cette chère baie de Quiberon.Or, la municipalité de Brest déclare notre présence indispensable au succès du Concours Hippique qui ouvira le 28 et on nous donne ordre de surseoir à notre départ.Le voici donc retardé de quinze jours au moins, car il faut toujours compter sur l'imprévu.Comme Brest sans ma chérie me paraît totalement dépourvu d'\u2019attraits je m'y ennuie a périr! Veux-tu donc, ma petite aimée, venir m'y rejoindre avec Ma- demoisele Moreau le plus vite possible?Cela te fera une bonne quinzaine à passer près de moi et tu jouiras d'une semaine de mondanités car on annonce de nombreuses fêtes à l'occasion de l'Hippique.«Je pense que tu as tout ce qu'il te faut en fait de toilettes?Vous pourriez arriver toutes deux demain au train de deux heures.Télégraphie- moi votre décision afin que j'arrête vos chambres à l'hôtel.Au \u2018cas où mon service me retiendrait à bord, ne vous étonnez pas de ne voir personne à la gare et prenez l\u2019omnibus du Continental où je vous retrouverai.«J'espère, ma chérie, que tu ne vas pas craindre la précipitation de ce départ, et que tu donneras à ton vieux papa la satisfaction de te posséder près de lui.« Ici tout le monde s'informe avec beaucoup de sollicitude de tes nouvelles.Madame Brilier, que je viens de rencontrer sur le Champ de Bataille, t'adresse mille amitiés.D'Ar- tigues, de Sancy et Caddnon te présentent leurs respectueux hommages.J'oubliais de te dire qu'on a reçu de mauvaises nouvelles de ce pauvre Bucy que tu ne connais pas, mais dont tu as entendu parler.Lorsque le dernier courrier est parti il donnait tous les symptômes de la fièvre jaune.Dieu sait s'il s'en tirera ! le climat du Sénégal est si meurtrier.Ce serait terrible pour sa femme qui paraît accablée d'angoisses.«Je te dis «à bientôt» n'est-ce pas, ma chère petite fille ?Rappelle- moi respectueusement au bon souvenir de Mademoiselle Moreau et re- AVRIL 1943 çois:-les plus affectueux baisers de ton père qui t'aime tendrement.« MARIGNARGUES.» Mayotte n'eut pas une seconde d'hésitation.Cela lui était bien égal de bâcler une malle, la belle affaire ! Elle en avait vu bien d'autres! Elle était prête à partir pour rejoindre son père au premier appel.Elle consulta la petite montre bracelet qui enserrait son poignet mince.\u2014 9 heures, se dit-elle.Je ne puis encore réveiller Mademoiselle Moreau, elle avait une telle migraine hier soir ! Nous avons le temps de nous préparer ! Dans une heure je passerai au télégraphe, après lui avoir demandé son avis.pour la forme! Et, s'allongeant à nouveau, Mayot- te se remit a lire sa lettre.Elle s'attrista des mauvaises nouvelles reçues de Mr.Bucy, s'amusa mentalement des plaisirs projetés, et sourit en revoyant le passage où il était question des enseignes du « Duquesne ».Ainsi, ils pensaient à elle.Ils ne l'avaient donc pas encore oubliée ! Perdue dans son rêve Mayotte fixait sans la voir la mer bleue qui dormait à ses pieds.\u2014 Cher Philippe! songeait-elle, qui m'efit dit que je l'aimerais aussi vite ! Elle se rappelait ses véhémentes protestations de célibat, faites seulement quelques semaines auparavant, alors qu'elle ne croyait pas posséder un cœur assez grand pour y contenir à la fois un père et un mari.Serments fragiles que le premier souffle de brise avait emportés dans l'oubli ! Je suis une femme versatile, et bien inconstante ! se dit-elle en souriant.Bah ! La Bruyère n'a pas écrit pour rien que « l'amour naît brusquement, ar tempérament ou par faiblesse ».je ne suis sans doute pas plus forte que les autres, moi qui me jugeais invincible I.Elle ne se souvenait pas au juste a partir de quel moment elle avait commencé d'aimer Philippe.Redoutant, d'abord, son caractère entier, ses manières d'une froideur presque glaciale, son esprit facilement caustique, depuis qu'elle le connaissait mieux elle appelait ces défauts des qualités : possession de soi, distinction, perspicacité ! Leur vague parenté, la liberté dont on jouit au bord de la mer, le rapprochement provoqué par leurs réunions musicales, sous l'œil indulgent de Mademoiselle Moreau, facilitaient singulièrement leur intimité.En somme, c'était San- cy l'officier qu'elle avait vu le plus souvent.Depuis la partie de Carnac elle n'avait guère rencontré Caddnon qui, la dernière fois, lui avait paru sombre et mélancolique.Ses amis disaient qu'il traversait une crise de misanthropie car il partait se promener dans les seuls endroits où il fut sûr de ne rencontrer personne.Quant à d'Artigues et de Grangiè- res ils lui déplaisaient, et les autres ne comptaient pas à ses yeux.Sa pensée, fidèlement, s'envolait vers Philippe.Elle admirait tout en lui: la parfaite harmonie de ses beaux traits, de sa stature, de sa voix, la dignité de sa vie, le charme de son regard, d'élévation de ses sentiments, le prestige de sa rare intelligence ! Elle aimait son visage, son esprit, son cœur, ses merveilleuses aptitudes artistiques, et en se disant tout bas: «Je l'aime » elle se demandait à peine : \u2014 Et lui.m'aime-t-il?.C'est que, à cette question inquiète, la raison pouvait répondre : \u2014 Pourquoi pas ?En effet, tout ne les rapprochait- il pas: la naissance, les goûts, les aspirations ?Et voici qu'elle allait le revoir plus tôt: qu'elle -ne le croyait ! Leur séparation aurait été de courte durée.Qui sait si elle n'avait pas suffi pour éclairer également Philippe sur l'évolution de ses sentiments ?Elle fut inopinément tirée de sa rêverie, et rappelée à la réalité par l'enlacement brusque de deux grosses pattes sur ses épaules.Une langue humide et chaude lui léchait le visage.Elle se dégagea en riant de ces encombrantes effusions et passa ses doigts dans les longs poils soyeux de « Princesse » le colley des Dozier.Le bel animal précédait de peu les deux petits maîtres qu'il gardait jalousement.Mademoiselle Nénette et Monsieur Toto Dozier arrivaient sur la plage pour leurs jeux quotidiens, escortés de la Quimpéroise qui portait leur petit frère.Les enfants avaient aperçu Mayot- te pour laquelle ils ressentaient une véritable adoration.Ils coururent au- devant d'elle et l'étouffèrent sous leurs baisers en lui prodiguant les plus tendres appellations.CHAPITRE VIII E TRAIN emportait les voyageuses à une vitesse très modérée qui leur permettait d'admirer en toute liberté le paysage, et Mayotte ne tarissait pas d'exclamations enthousiastes car la ligne de Lorient à Brest est pour les yeux un enchantement perpétuel.Petite déception à l'arrivée : le Commandant n'est pas là | Les deux voyageuses hèlent le cocher du Continental et se font voiturer jusqu'à la place de la Tour d'Auvergne.A 6 heures du soir toute l'animation de Brest se concentre vers un pont unique : la rue de Siam! Le Commandant en fait les honneurs a sa fille : il lui donne le bras, ils flânent ensemble devant les magasins, se faisant mutuellement mille remarques amusantes sur chaque chose qu'ils aperçoivent.Le Commandant s'arrête un instant devant la Préfecture Maritime : \u2014 Je te conduirai demain ici, ma chérie.L'amirale de Saint-Luc a connu ta pauvre mère, ses filles sont charmantes, tu les verras, du reste, souvent car Madame de Saint-Luc veut se charger de toi pour la durée du Concours Hippique ce qui permettra à Mademoiselle Moreau de se reposer.Au moment de rentrer à l'hôtel le Commandant fait à sa fille cette recommandation : \u2014 Tant que j'y pense, ne t'engage pas pour dimanche soir si on t'invite car j'ai prié à dîner les trois Sancy.Mayotte ressent un petit coup au cœur, toutefois, sans broncher, et de sa voix la plus indifférente, elle interroge : \u2014 Les trois! comment cela?\u2014 Mais si! Tu sais bien que le frere ainé de Philippe est aux dragons à Angers.Il arrive ce soir car il va courir pour le Military ; le plus jeune, Olivier, est entré cette année au «Borda».II sortira dimanche, déjeunera avec nous car ses frères seuls sont invités à la Préfecture et nous le conduirons à l'Hippique.À cause de lui nous dinerons de bonne heure car il ne faudra pas qu'il se mette en retard pour s'embarquer au Pont-Gueydon.Cette délicieuse perspective rasséréna Mayotte qui s'attristait déjà de n'avoir point encore rencontré Philippe, et elle en eut de la joie pour toute sa soirée car elle était à cet âge heureux où le cœur ingénu s\u2019il s'abat vite se redresse avec toute la vitalité de la jeunesse robuste qui n\u2019a EE ES ATTENTION! to ~1 2 | La Tuberculose augmente | généralement en temps | de guerre OUR LES MÉDECINS, c'est un fait qu\u2019en temps de guerre, lorsque la situation se prolonge, la tuberculose augmente généralement.On a vu le fait se produire, lors de la Grande Guerre, et l\u2019on signale déjà une recrudescence des cas chez certaines nations qui prennent part au conflit actuel.Etant prévenu, le public canadien, en s'inspirant des connaissances acquises sur la tuberculose, pourra contribuer à la lutte contre cette dangereuse maladie.Dépistée de façon précoce, la tuberculose est rarement difficile à guérir.Malheureusement, dans ses phases de début, il est rare que la maladie se manifeste d\u2019une manière visible et tangible.Il peut se passer des semaines, des mois même, avant que se montrent des symptômes vagues, tels que: \u2018\u2018légères attaques d'indigestion\u2019\u2019, sentiment de fatigue générale que rien n\u2019explique, ou perte de poids persistante.Lorsque les symptômes plus précis commencent à se manifester \u2014 rhume qui traîne, douleurs persistantes dans la poitrine, ou crachats striés de sang \u2014 il y a des chances pour que les dégâts commis soient graves.La guérison sera, alors, plus longue et plus difficile, En outre, pendant cette période d\u2019incubation, la personne atteinte peut avoir répandu les germes de la maladie autour d'elle, dans sa famille, parmi ses amis et ses camarades de travail.Car la tuberculose est une maladie microbienne, et elle \u201c\u201cs\u2019attrape\u2019\u201d\u2019, Il arrive souvent que des germes que l\u2019on a absorbés dans le jeune âge demeurent en sommeil pendant des années, jusqu\u2019au jour où, la résistance de l'organisme se trouvant diminuée par la maladie, par la malnutrition, ou par un surmenage physique exceptionnel, ils se réveillent à l'activité.La guerre impose à notre énergie un surcroit d'effort; aussi est-il doublement nécessaire de nous protéger contre cet état de choses.Prévention de la tuberculose Si vous avez la moindre raison de soupçonner qu\u2019un membre de votre famille est atteint de la tuberculose, ou si une personne de votre entourage a été en contact avec un tuberculeux à la phase active, faites examiner immédiatement cette personne par le médecin.Grâce à un examen physique minutieux, comportant l\u2019emploi des rayons X, le médecin est généralement à même de déterminer la présence de la maladie.Il faudra suivre à la lettre les conseils au sujet du traitement à suivre ou des examens périodiques.Le traitement moderne de la tuberculose fait un large emploi du repos \u2014 repos complet de 24 heures par jour.Cela fournit au poumon malade la possibilité de guérir.On augmente la résistance de l'organisme par un régime alimentaire bien compris et composé d'aliments nutritifs.Quoiqu'il ne soit pas nécessaire de changer de lieu pour se guérir, il pourra arriver que le médecin conseille un séjour au sanatorium.Cela assurera au malade un traitement rationnel, lui enseignera à se soigner lui- même, et protégera les membres de sa famille contre une infection toujours possible.Par temps de paix comme par temps de guerre, le meilleur moyen de se préserver de la tuberculose, c\u2019est de se maintenir en bonne condition.Suffisamment de sommeil, de repos et d'exercice, et une alimentation bien comprise, augmentent la résistance de l'organisme contre Ja plupart des maladies.La Metropolitan enverra sur demande un exemplaire de son utile petite brochure, intitulée: \u2018La Tuberculose\u2019.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE A FORME MUTUELLE) NEW-YORK Frederick H.Ecker, DIRECTION GENERALE AU CANADA : Cours de la Croix-Rouge pour soins d'infirmière au foyer.Les différentes agences de la Croix-Rouge offrent aux femmes des cours d'enseignement pratique pour les soins d\u2019infirmiére au foyer.En apprenant à soigner les malades dans votre propre foyer, et à maintenir en bonne santé les membres de votre famille, vous ferez œuvre de patriote, et grâce à vous, nos forces armées disposeront d\u2019un plus grand nombre de médecins et d'infirmières.Si la question vous intéresse, adressez-vous directement à l\u2019agence de la Croix-Rouge qui se trouve dans votre localité.PRÉSIDENT DU CONSEIL Leroy A.Lincoln, préstoent OTTAWA Metropolitan Life Insurance Company Direction Générale au Canada, Ottawa.Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure, 4-Z-43, \u2018La Tuberculose\u2019.Nom nn ce cesse ane crc cree cenecn Rue een Localite Prov.______ 28 \"* Oui, vraiment, Baby's Own est mon savon ! ll est pur, doux et rafraichissant.Il est fait spécialement pour ma peau délicate\u201d.Le savon Baby's Own, garanti par 75 ans de recherches scien- tifigués et les soins minutieux qu'on apporte à sa fabrication, est reconnu depuis toujours comme le savon le plus sûr pour bébé.Médecins et gardes-malades le recommandent.Employez-le en toute confiance .il est pur.c eu TREE \u20ac ONTIENT DE LA anon Baby\u2019s Own SAVON « HUILE « TALC 1 / pas encore perdu son triomphant espoir en l'avenir ! CHAPITRE IX institutrice Mademoiselle de Ma- rignargues fit une entrée sensationnelle dans la tribune officielle au Concours Hippique.Il y avait déjà foule ; des mains se tendaient, on la saluait, on la présentait, tout le monde l'accueillait avec sympathie.Les filles de l'amiral de Saint-Luc s'emparèrent d'elle et l'aînée, la brune Marcelle, la fit s'asseoir à sa droite pendant que sa mère offrait une chaise à Mlle Moreau, très flattée de cette démonstration et jubilant intimement de se retrouver dans cet élégant milieu maritime.LL, Olivier de Sancy, un peu intimidé, tourmentait ses boutons de manchettes.Il était blond et candide, pas très bavard, mais l'absolue simplicité de Mayotte l'avait dégelé, et il contemplait de temps en temps à la dérobée sa jolie compagne.C'est que Mayotte était vraiment trés en beauté ce jour-là, avec une fraîche robe bleu nattier qui lui seyait à ravir, et un grand chapeau couvert de roses.Élle portait d'un air recueilli une ombrelle au manche de lapis-Lazzuli, cadeau de son père qui l'avait charmée en même temps que préoccupée car elle avait la néfaste habitude de semer un peu partout les engins destinés à l'abriter du soleil ou de la pluie ! Tout à coup elle se sentit rougir, et bénit le ciel « in petto » d'avoir un si grand chapeau pour dissimuler ce fard intempestif : Philippe, escortant un lieutenant de dragons, arrivait dans la tribune.Il présenta le jeune officier à plusieurs dames, puis à Mayotte.Très chic, très beau, plus snob et moins sympathique que le marin, un tantinet poseur, le cavalier s'inclinait en un savant plongeon et baisait la main que la jeune fille lui tendait.Gonzalve de Sancy incarnait le type Espagnol dans toute sa pureté.Il avait de longs yeux de velours, un teint d'ambre, des dents magnifiques, des cheveux noirs comme l'aile restant très différent.Il ne put guère du corbeau.Plus petit que son frère il lui ressemblait beaucoup tout en s'attarder dans la tribune car l'un de ses camarades venant l'y rechercher il repartit au pesage, puis s ê- loigna dans la direction des écuries car le Military allait se courir.Un coup de cloche : le silence se rétablit.Un lieutenant de hussards, monté sur un superbe anglo-arabe.apparaît.Haussé sur ses étriers, il semble chercher quelqu'un dans la tribune officielle.Mayotte, étourdiment, sans mesurer ses paroles dit à mi-voix: \u2014 Le beau cavalier ! La main nerveuse de Marcelle de Saint-Luc presse la sienne et la jeune fille murmure à son oreille : \u2014 Mon fiancé ! ; Mayotte la regarde, surprise.\u2014 Chut ! ce ne sera officiel que dans un mois! ; Voici justement que Philippe se rapproche d'elle la conversation reprend le ton cordial et familier des Tamaris ou du « Duquesne ».Railleur, il insinue : \u2014 Je vous trouve quelque chose de changé.Qu'avez-vous donc ?\u2014 Je vais vous dire, reprend-elle sur le même ton, c'est mon ombrelle ! \u2014 Votre ombrelle ! \u2014 Eh oui, je crains de la perdre, c'est un cadeau de papa, alors je veille sur elle, cela me trouble ! \u2014 Ah! c'est donc ce qui vous donne l'air si sérieux ! et Philippe rit de tout son cœur.Fi par le Bordache et son La jolie Mayotte retrouve le jeune enseigne tel qu'elle l'a quitté quinze jours auparavant, c'est à croire que leur courte séparation n'a pas existé.Philippe lui parle de leur musique, de ses aquarelles, des livres qu'il aime et qu'elle a eu la permission de lire, des manœuvres qu'il vient de faire.Mayotte demande à Philippe si l'on a reçu d'autres nouvelles de Monsieur Bucy.\u2014 Hélas non, répond l'enseigne.Sa femme prétend que c'est bon signe ! Elle voulait aller à l'Hippique aujourd'hui, les Brûlier ont eu toutes les peines du monde à l'en dissuader disant avec raison que ce n'était pas sa place ! au fond, elle a un chagrin fou! quelle incohérence ! Cette femme est une énigme ; on ne sait jamais ce que médite son cerveau.Sur le moment Mayotte ne prêta aucune attention à ces paroles si simples en soi, qui devaient bien plus tard ressusciter à sa mémoire, elle pensait seulement à d'harmonieuse sifhouette entrevue la veille et impartialement admirée sans se douter que cette femme tenterait un jour l'impossible pour lui voler son bonheur ! CHAPITRE X E MOIS d'août touchait à sa fin.D'Artigues et Villard-Sonnois étaient en permission dans leur famille.Madame Briilier accompagnait sa mère à Dinard.Son mari préparant l'Ecole Supérieure de la Marine sortait rarement, on ne le voyait plus guère.Le pauvre Bucy était mort de la fièvre jaune cinq semaines auparavant.Sa femme repartait pour les Etats-Unis, abandonnant son appartement de Brest que le malheureux enseigne avait quitté plein de vie et d'espoir, et qu'il ne devait plus revoir.Gladys n'y voulait plus remettre les pieds ! Elle n'avait qu'un désir, une hâte : fuir, s'en aller, loin de cette ville où jeune, belle, adulée, elle avait été si heureuse ! Cette mort impressionna péniblement tout le bord, puis le temps fit LA Revue PoPuLAIRE son ceuvre, et au carré, désormais, on parla moins du pauvre Bucy.Du reste, pouvait-on évoquer d'aussi funèbres pensées ce jour-là, par exemple, où il faisait un temps radieux ! Un tel soleil dorait la plage! tout débordait tellement de vie, d'animation ! Par les baies largement ouvertes du salon des « Brisants » la villa des Dozier, on apercevait des tentes de coutil blanc rayé de rouge.des parasols sous lesquels s'abritaient les ens avides d'ombres et de tranquil- ité.Seul, Caddnon restait songeur.Il rêvait au beau ciel des Antilles, à ce bal où il avait vu Mayotte pour la première fois, et une indicible mélancolie lui prenait le cœur en entendant la jeune fille chanter.Madame Dozier, elle, ne \u2018disait rien, mais elle regarda Caddnon de son doux air compatissant, Avec sa fine intuition de femme aimante elle devinait la souffrance du jeune enseigne, et se désolait de ne rien pouvoir pour la calmer.Elle pensait : \u2014 Mayotte est donc aveugle quelle ne voit pas que ce pauvre garçon devient fou d'elle Flle est tout yeux, tout oreilles pour Sancy ! Dieu seul sait ce que celui-là décidera! Pourvu que tout cela ne finisse pas mal! Elle était si préoccupée par cette idée qu'en versant le thé dans la tasse de Caddnon elle faillit échauder la malheureuse Nénette qui tenait le sucrier et le présentait juste a ce moment a son grand ami.La petite fille eut plus de peur que de mal.Stoiquement elle essayait de faire bonne contenance, mais le docteur, ayant voulu voir ce qu'elle avait, l'effraya, et elle se mit à pleurer.Caddnon la reprit sur ses genoux ; il lui disait mille petites bêtises pour ramener le sourire dans ses jolis yeux bleus et, caressant ses cheveux, la consolait de son mieux.Mayotte s'était agenouillée devant Nénette.Elle lui faisait un simulacre de bandage autour du bras, lui donnait à manger une énorme \u2018\u2019 Pour bien voir il faut que j'éternue.\" (Saturday Evening Post) AvriL 1943 tranche de gâteau, en lui contant ces riens exquis qui charment les enfants et que connaissent bien ceux qui les aiment et savent les comprendre | Nénette finit par rire aux éclats, heureuse de se faire dorloter et Madame Dozier, voyant Serge et Mayotte s'occuper ensemble de sa fille, se disait : \u2014 Ce n'est pas possible que l'avenir les sépare, ils sont faits l'un pour l'autre ! Deux cœurs comme les leurs seraient dignes d'être réunis!.CHAPITRE XI] ALGRÉ l'entrain du ménage Thé- vin le pique-nique s'annonçait médiocrement gai.Les excursionnistes ne se rappelaient pas sang un souvenir de mélancolique pitié la dernière partie organisée par Madame Bucy, moins de trois mois auparavant.Il faut dire que le temps gris.la mer agitée, ne prêtaient pas eaucoup aux idées roses.Pourtant, c'était un spectacle d'une impressionnante et grandiose beauté malgré sa sévérité, que de contempler ces énormes rochers battus sans cesse par une mer furieuse, aux lames gigantesques dont l'écume vole à cent metres plus loin en innombrables et légèrs papillons blancs.Madame Thévin déclara qu'elle mourait d'envie de manger des palourdes et qu\u2019elle avait bien le temps d'en ramasser quelques-unes avant le déjeuner.\u2014 Venez donc avec moi, Mademoiselle, à nous deux nous en trouverons davantage ! fit-elle en s'adressant à Mayotte.Celle-ci aurait mieux aimé ne pas quitter les Dozier, son père et Philippe.Par politesse elle n'osa refuser et suivit la pêcheuse improvisée.La mer montait.Son inexpérience du métier rendait ses recherches presque infructueuses, elle voyait Madame Thévin s'éloigner d'elle davantage à chaque pas, et regardait cette côte perpétuellement ébranlée par les vagues : Portivy.Kerniscop, Port-Bara, Port-Maria.Perdue dans son rêve elle ne s'aperçut pas tout de suite qu'elle avait sans s'en rendre compte escaladé des rochers, et que la mer montant, montant toujours, allait bientôt l'entourer.Elle eut un court moment d'angoisse : comment sortir de la!.Son énergie naturelle reprit le dessus et elle s'apprêtait à grimper de nouveau pour arriver à l'étroit chemin de côte qui surplombe la falaise et mène au corps de garde.Sur ses entrefaites, on commençait à s'inquiéter de ne pas voir revenir les pêcheuses de palourdes, et Monsieur Dozier et Philippe partirent à leur recherche, chacun dans une direction différente.Mayotte avait beau se répéter qu'elle ne courait aucun danger elle voyait bien qu'il lui fallait user de diligence si elle voulait échapper au flot qui montait toujours avec une effrayante vitesse.Soudain elle entrevit Philippe.Ah! lui ! c'était le salut ! Le geste d'appel qu'elle fit, rompit brusquement l'équilibre qu'elle conservait a grand'- peine ; elle glissa sur les goémons luisants et bisqueux et roula au bas des rochers.Lui, fou d'épouvante, se précipitait à son secours, trébuchant sur les galets qui se dérobaient sous ses pas, et courant toujours, parvint à l'endroit où la jeune fille était tombée.Plein d'angoisse il cria : \u2014 Mayotte ! Mayotte ! Il la croyait tuée, ne doutant plus que cette chute terrible n\u2019'eût broyé son corps délicat, et déjà elle se relevait, essayant de sourire pour le rassurer \u2014 Ce n'est rien, dit-elle.Miraculeusement elle avait été épargnée.Son côté droit, seul, avait porté sur le roc aigu, et la manche de sa chemisette de batiste déchirée par le rude contact de la pierre mettait à nu une large estafilade doa le sang coulait abondamment.Pâle comme un mort Philippe murmurait : \u2014 Je vous ai cru morte ! Malgré son trouble dl déchirait son mouchoir, le trempait dans une flaque d'eau de mer, et bandait la blessure de Mayotte.Elle voulut plaisanter : \u2014 Quel bon infirmier vous faites ! ~ Je vous en conjure! ne vous moquez pas de moi en un tel moment ! Je ne puis encore m'imaginer que vous soyez saine et sauve ! Elle dit gravement : \u2014 Mon heure n'était pas venue.C'est égal, je crois avoir vu la mort de près ! Mon ange gardien veillait bien sur moi! \u2014 Et je prends sa suite, car si vous ne voulez pas vous exposer à une noyade il n'est que temps de remonter! Appuyez-vous sur moi.Elle prit le bras qu'il lui tendait, et cette ascension, qu'en d'autres moments elle eût trouvée pénible, lui parut, avec le sûr appui de cette solide épaule, enivrante comme une marche triomphale ! Car maintenant elle n'en pouvait douter : il l'aimait ! Depuis si longtemps elle attendait cette certitude dont elle avait besoin pour affermir son jeune amour, le rendre vainqueur des derniers obstacles qui pouvaient encore s'opposer à son épanouissement ! Dans son ardeur de femme très jeune qui n'a jamais aimé elle ne comprenait l'amour que payé de réciprocité.Elle avait souffert de n'entrevoir aucune clarté sur les sentiments de Philippe à son égard.Son enjouement, son entrain, sa gaîté, toutes choses qui donnaient le change à son entourage immédiat, masquaient bien souvent un cruel souci, surtout depuis ces quelques semaines où la fréquentation presque journalières de Philippe compliquait la situation au lieu de la détendre.Or, le trouble, l'inquiétude si visible du jeune enseigne, dissipaient pour elle les derniers vestiges de ce pénible dilemme.Il avait cru le perdre et son être frémissait d'une telle émotion qu'il en gardait encore une pâleur terreuse, un intime désarroi dont Mayotte percevait toute l'étendue en sentant ce bras si ferme trembler sous son poids léger.Elle lisait dans les yeux de son compagnon une angoisse telle qu'il lui fallut faire appel à toute sa dignité de femme pour ne pas lui crier: \u2014 Mais rassurez-vous donc ?Je suis bien vivante ! Dieu m'a gardée pour vous aimer, et faire le bonheur de votre vie si vous le voulez!.Le soir, dans sa chambre, elle se remémorait les incidents de la journée.Son bras lui faisait mal, la cuisante blessure lui donnait un peu de fièvre, mais elle était tentée de bénir cette souffrance.Sans l'accident de la matinée eût-elle lu sur cet impénétrable visage l'indicible émoi qu'y avait amené la crainte de sa fin inopinée ?Elle ne croyait pas payer trop cher, fût-ce même au prix de ce léger ébranlement physique.la douce certitude depuis si longtemps appelée ! Philippe ne lui avait rien dit, c'est vrai, mais cette réserve extrême qu'il observait, et qui aurait dû l'étonner, cette possession de coi, n'attaquaient pas sa foi en lui! Etait-il besoin de mots pour affirmer ce qu'elle pressentit déja et qui lui apparaissait au- 29 A recent portrait of Canstancs Luft Huhe by Marlo de Kemmerer « Pas assez de temps pour votre beaute ?Il vous faut un Rouge à Lèvres au FINI SATINE! Dit Constance Luft Huhn, directrice de la Maison Tangee Etes-vous une de ces nombreuses Canadiennes débordantes sa er .- .d\u2019activité?Vous arrive-t-il souvent d\u2019être si occupée, au point d\u2019oublier votre beauté?Oui?Vous devez alors à vous- même d\u2019essayer un des nouveaux Rouges à Lèvres Tangee au FINI SATINE, Seuls les Rouges Tangee, au FINI SATINE, donnent a vos lévres une apparence aussi exquise.Ils ne sont pas trop humides, ni trop secs.La teinte radieuse du Baton Tangee de votre choix semble couler, pour ainsi dire, sur vos lèvres .et les conserve parfaitement lisses bien plus longtemps que vous ne l\u2019auriez jamais rêvé.Je vous conseille de confier à un de nos Rouges à Lèvres, au FINI SATINE, le soin de vous éviter des soucis sur l\u2019etat de votre maquillage.Je vous suggère égalment d\u2019employer le fard spécial qui s\u2019harmonise à votre Rouge à Lèvres TANGEE .la nuance spéciale de la poudre TANGEE, NON-poudreuse, qui s\u2019harmonise à votre teint.au Nouvet® TANGEE MEDIUM ED.Nuance chaude et définie; pas trop foncée, ni trop claire.toute juste.TANGEE RED-RED .\u201c Le rouge le plus rare, le plus ravissant de tous.\u201d Il s\u2019harmonise parfaitement à toutes les teintes en vogue.TANGEE THEATRICAL RED .\u201c Rouge brillant et écarlate\u201d.toujours flatteur.TANGEE NATURAL .\u201c Beauté pour le Service\u201d\u2014 Maquillage sobre pour les femmes en uniforme.Orange dans l\u2019étui, il se transforme en le ton rosé de vos propres lèvres. 30 072 0) LONGINES LA MONTRE LA PLUS HONORÉE Achetée avant la dernière grande guerre, certe montre en or Longines, à poignet, a servi à un officier canadien en France, durant quatre ans de combat.Elle a marqué les secondes avant l'heure de l'assaut à Vimy Ridge, à Colline 70, et à bien d'autres batailles célèbres.La guerre finie, elle a voyagé pendant 15 ans accompagnant son propriétaire dans l'Arctique, en traineau, en goélette, et en avion, de la Baie d'Hudson jusqu'à tout près du Pôle.Maintenant, après 27 années d'emploi actif et aventureux, elle a déjà vu un an de service pendant la deuxième guerre mondiale, encore un chronomètre fiable et fidèle\u2014un vieil ami apprécié.Des milliers de cas semblables ont doté les Montres Longines de cette haute réputation de chronomètres qui gardent l'heure exacte pendant bien, bien longtemps.Afin de conserver cette réputation, les fabricants des Montres Longines apportent à leur travail l'habileté acquise ndant 77 années dans la fabrication de belles montres.La Cie Longines-Wittnauer, Montréal, New York, Genève\u2014fabricant aussi des montres Wittnauer, un produit de mérite exceptionnel.GAGNANT DE: 10 GRANDS PRIX D'EXPOSITIONS MONDIALES ET DE 28 MEDAILLES D'OR A NE Lÿ/coeur Pattant de toute montre Longines, c'est le RE EL rie mondialement LE ee pr \"ee ot XT RE jourd'hui dans l'éblouissante clarté du rêve devenu enfin réalité!.CHAPITRE XII UR LA ROUTE de Port-Haliguen c'était un flot mouvant de vareuses à cols bleus, de bérets à pompons rouges.Les matelots regagnaient le port pour s'embarquer.À quai les embarcations attendaient les permissionnaires, Il était six heures du soir, et ce dimanche-là nombre d'horimes.avaient tenu à descendre à terre pour\u2019 dire à Quiberon un adieu définitif.L'escadre partait quatre jours plus tard.Le bruit courait avec persistance dans les milieux bien informés qu'elle ne reviendrait plus qu'occtasionnellement dans l'Océan, toutes les forces devant, par une récente décision du Ministère, être concentrées en Méditerranée.Cette mauvaise nouvelle suffisait, semble-t-il, à excuser l'exubérance de certains matelots, qui avait dû chercher au fond de leur verre le remède à de cruelles séparations, aussi l'embarquement s'en ressentait : il était plus bruyant que jamais ! A ce moment donné, la discussion entre marins du « Duquesne » menaçait de tourner à l'aigre, déjà on en venait aux mains.Une voix impérative, mais sans colère cria de loin : \u2014 Allons, allons les enfants, un peu de calme s'il vous plaît ! En complet de flanelle blanche, le panama rabattu sur les yeux, sa raquette sous un bras, et son kodak sur le dos, Philippe de Sancy revenait à bicyclette des Tamaris où il avait passé la journée.Sa présence ramena une paix relative parmi les hommes, et l'enseigne attendit d'autres camarades pour rejoindre le « Duquesne » en leur compagnie.Ils allaient partir au nombre de sept dans la vedette lorsqu'ils aperçurent quelqu'un qui dégringolait les rochers et leur faisait des signaux désespérés.\u2014 Bon! c'est Caddnon ! clama de Grangières, un peu plus nous filions sous son nez ! Caddnon courait à grandes enjambées.Il sauta lestement dans le vapeur et s'assit à l'arrière sous prétexte de tenir le gouvernail, mais ostensiblement loin de Philippe auquel il n'adressa qu'un bref : \u2014 Bonsoir ! \u2014 Serge, mon vieux, tu m'as l'air de bien mauvais poil! dit un petit enseigne à la mine émoustillée que les autres appelaient Joko.\u2014 Zut ! répondit Caddnon.\u2014 Merci, tu es poli, toi! Qu'est- ce que je t'ai fait ?\u2014 C'est toi qui as commencé ! J'ai bien le droit de me distraire ou de m'ennuyer à mon gré, je suppose ! \u2014 Certes oui, mais si tu savais comme çà te va mal d'être maussa- e! \u2014 Tant mieux ! moi çà m'amuse ! \u2014 Oh! alors, mon cher, je ne dis plus rien ! \u2014 Laissez-le donc! interrompit à son tour Sancy qui s'était tu jusque la.Comme vous êtes crampons, tous ce que vous en êtes ! Je trouve que Caddnon a de la bonté de rester à vous répondre ; à sa place, je vous enverrais dinguer ! Vous êtes à fuir, vous savez les midships ! Caddnon n\u2019avait pas paru prendre connaissance de la charitable intervention de Philippe.Il restait sombre, avec une expression soucieuse et fermée qui lui devenait habituelle depuis quelque temps.u carré il sembla fuir son camarade, feignant de s'absorber dans la lecture du «Moniteur de la Flotte », dont en trois quarts d'heure il ne tourna même pas une page ! Pendant le dîner, changeant d'attitude, il affecta de débiter mille folies à Villard-Sonnois qui lui rendait vertement la réplique, mais sa gaîté sonnait faux à l'oreille exercée et attentive de son ami qui murmura sotto voce : \u2014 Cela devient intolérable ! Une explication est nécessaire.Et lorsque vers dix heures les officiers du «Duquesne» se furent retirés dans leurs cabines, Philippe pénétra dans celle de Caddnon.À sa grande surprise elle était vide.\u2014 Îl est donc monté sur le pont?se demanda le jeune enseigne, et, délibérément, il partit à la recherche de son camarade.En effet, Caddnon, affalé sur le banc de la plage arrière, la pipe entre les dents, rêvait aux étoiles.\u2014 Serge, mon ami, que signifie cette façon d'agir envers moi \u2019 Ma présence t'est-elle si odieuse que, de la journée, tu ne m'aies adressé la parole ?Pas de réponse.\u2014 Serge.tu souffres ! \u2014 Comment ne souffrirais-je pas quand tout va de travers ! \u2014 Voyons, qu'y a-t-il au juste ?\u2014 Ce qu'il y a?.Mais que je l'aime.de toute mon âme, et que toi.toi.tu me la prends, tu me la voles!.Philippe était devenu horriblement pale : \u2014 Serge, c'est maintenant moi qui ne comprends plus | \u2014 Tu n'as pas besoin de comprendre ! A son tour Philippe se montait : \u2014 C'\u2019en est trop ! J'ai le droit de te prier de préciser tes accusations.Jusqu'ici j'avais respecté tes bizarreries de caractère que j'attribuais à.un.sentiment que tu pouvais avoir envers Madame Bucy et je supposais que son départ suffit à t'attrister.Caddnon s'agitait nerveusement : \u2014 Madame Bucy! Ma parole, tu es fou! Crois-tu donc que j'y ai jamais songé ! .C'est bien d'elle qu\u2019il est question ! \u2014 De qui donc, alors?.\u2014 Philippe, si je ne te connaissais autant je dirais que tu fais l'imbécile exprès ! Puisque tu veux que je te mette les points sur les i, sache donc que c'est de Mademoiselle de Marignargues qu'il s'agit ! \u2014 Mayotte ! \u2014 Elle-même ! Tu ne nieras pas, maintenant, que tu l'aimes aussi.et que tu en es aimé .Rivaux, mon cher!.La paleur de Philippe s'accentua au point que son ami s'en aperçut.Ironique, amer, il continua : \u2014 Vous êtes des amis de la famille, sans doute ?\u2014 Non, monsieur, on est tout simplement arrêté en passant ! (Saturday Evening Post) LA Revue POPULAIRE \u2014 On dirait que cette découverte ne te fait pas plaisir.Je t'aurais cru plus fort joueur ! Eh bien, je vais te dire une chose : la situation n'est plus tenable, il faut que l'un des deux cède la place à l'autre ! Lorsque le champ sera libre Mayotte choisira en connaissance de cause ! \u2014 Ce ne sera pas long ! Serge.je ne marcherai pas sur tes brisés ! \u2014 Comment! tu te retirerais?.alors que tu te sais le préféré!.\u2014 Je l'ignorais, c'est toi qui viens de me l'apprendre, si toutefois tes prévisions sont exactes ! Mais cela ne change pas ma résolution car.Et Philippe un bras passé autour de l'épaule de son camarade, se penchant tout près de lui, lui glissa quelques mots à l'oreille.Caddnon sursauta, une profonde stupéfaction peinte sur son visage bouleversé.\u2014 Toi! C'est impossible ! \u2014 C'est la vérité.Dans un mois j'aurai vingt-cinq ans, c'est la date que j'avais choisie pour annoncer ma résolution.Il ne faut pas que je revoie Mayotte d'ici la.Le « Duques- ne» part cette semaine pour Brest.je vais demander une permission au Commandant et je rejoindrai notre bâtiment à Toulon.sil le faut je lui expliquerai tout.mais toi, du moins, tu seras libre de conquérir Mayotte ! \u2014 J'ose à peine croire que j'y réussirai ! Vois-tu, j'ai tant souffert depuis cette excursion à Carnac où, après avoir cru qu'elle ne me repousserait pas, je me suis aperçu que c'était toi qu'elle chérissait!.Et j'étais atrocement jaloux ! Songe donc ! elle est mon premier amour ! Ce n'était qu'une enfant lorsque je la connus aux Antilles; elle ne se souvient même pas de moi, mais Dieu seul sait combien je rêvai d'elle de longs mois après ! Et peu à peu je la voyais se rapprocher de toi et je pensais : « Enfin, lui n'aurait qu'à se donner la peine de choisir ! Il a une famille qui l'aime tendrement, une mère parfaite, des sœurs, des frères, pourquoi faut-il que ce soit précisément celle que je chérisse qu'il ait distinguée lui- même ?.Tandis que moi! personne pour m'aimer, ni père, ni mère, ni rien! Des amis certes, des affections de passage, et l'illusion au lieu de la réalité ! Je pourrais connaître bien d'autres femmes qui n'aimeraient en moi que la célébrité de mon nom, des jeunes filles pour lesquelles je ne serais susceptible d'éprouver aucun durable sentiment, tandis que je vis uniquement dans l'espoir de posséder Mayotte ! Chaque fibre de mon être ne tressaille que pour elle ! Pour elle je voudrais être meilleur, plus digne de mon amour! Ah! mon foyer serait béni le jour où elle y viendrait prendre place !.» Serge serra, d'une vigoureuse étreinte, les mains de Philippe et ils se séparèrent silencieusement, encore sous l'impression des graves paroles qui venaient d'être échangées.Et Philippe, seul, dans sa cabine songeait douloureusement : \u2014 Mon Dieu, est-il possible qu'elle m'aime !.Caddnon a donc deviné ce que je n'ai jamais su voir!.Moi qui me croyais seul à souffrir, faut-il qu'elle souffre à cause de moi! Pour quel être infâme vais-je alors passer à ses yeux ! Elle m'accusera de m'être joué d'elle, d'avoir brisé son cœur.Mais après le mépris viendra l'oubli, puis elle en aimera un autre.Méprisé par elle! hélas ! quel châtiment pour moi ! Philippe sentait sa tête martelée de bourdonnements confus, il lui semblait que son cerveau allait éclater.que tout croulait autour de lui.toi!.je rêve! AvriL 1943 Il remonta sur le pont, et marcha longuement, sans rien voir, perdu dans ses pensées.CHAPITRE XIII NCORE sous l'influence de ses multiples préoccupations Philippe, cette nuit-là dormit peu et mal.Au matin, seulement, il reposait plus profondément lorsqu'il lui parut entendre un coup discret à sa porte.Il se rendormit ; il y eut un nouveau coup, plus fort cette fois, et un matelot entra la pointe des pieds : \u2014 Lieutenant, une dépêche ! L'enseigne ouvrit les yeux, vit qu'il faisait grand jour et demanda : Quelle heure est-il donc ?\u2014 Sept heures viennent de sonner, Heutenant.\u2014 Bien, tu repasseras dans cing minutes voir si je n'ai pas une réponse à expédier à la poste.Le matelot tourna les talons.Philippe se dit : \u2014 Qu'est-ce que cela peut être ?et fébrilement il décacheta le télégramme qui avait dû être expédié la veille mais qui par suite de la fermeture du bureau le dimanche lui parvenait avec un jour de retard, ainsi qu'il put s'en convaincre en comparant ensuite les heures de départ et de réception.Il lut ces mots : « Tante de Vignols décédée subitement.Obsèques mardi matin Quimper.Impossibilité absolue d'y assister.Peux-tu y aller à ma place.Affectueuses pensées.| SANCY.» La dépêche avait été envoyée d'Angers.Philippe crut qu'elle était de nzalve.Il ne s'arrêta pas à pleurer cette tante presque inconnue, vieille fille égoïste et autoritaire qui ne lui avait jamais dit que des choses désagréables les rares fois qu'il était allé la voir.Il eut, au contraire, un soupir de soulagement, et se dit : \u2014 Le ciel a pitié de moi ! En effet, ce départ précipité allait singulièrement faciliter sa mission.il s'habilla et se rendit chez le Commandant, sa dépêche à la main.Monsieur de Marignargues l'accueillit avec son affabilité coutumière : \u2014 Eh quoi, mon ami, auriez-vous reçu une mauvaise nouvelle ?\u2014 Oui, Commandant.Ma tante de Vignols vient de mourir et l'on me télégraphie que ma présence à Quimper est indispensable.Il y aura sans doute des affaires d'intérêt a régler, nous sommes, avec mes cousins d'Avrand, ses seuls héritiers.Je devais prendre ma permission le mois prochain, pourriez-vous, mon Commandant, me la donner dès maintenant ?\u2014 Je n'y vois pas d'inconvénient.Si j'ai besoin de vous, ce que je ne présume pas, je vous rappellerai par télégramme.\u2014 Je n'aurai pas le temps d'aller présenter mes hommages à Mademoiselle de Marignargues, vous voudrez bien m'excuser près d'elle et lui faire mes adieux, Commandant ?\u2014 Oh! des adieux pas définitifs, j'espère ! répliqua le Commandant en riant.Le visage de l'enseigne s'assombrit davantage.Il balbutia une vague protestation, et gêné, mécontent de son peu de fermeté quoique dans l'incapacité absolue de tout avouer à son chef, il se retira pour préparer sa cantine.Et lorsque ce fut fait, quand les objets qui lui appartenaient furent casés dans sa petite malle plate, il considéra l'étroit réduit où il avait vécu depuis près de quinze mois.Chère cabine, témoin de ses rêves, de ses projets de jeunesse, de ses suprêmes résolutions ! Là, il avait rêvé, souffert, mais entre ces légères cloisons il avait été si heureux ! Il se rappelait comme si c'était hier son arrivée à bord du « Duquesne », la joie, l'enthousiasme, l'ivresse qui le possédaient alors ! Oh! sa chère vie de marin, sa carrière passionnément choisie entre toutes ! les heures heureuses de sa brillante jeunesse, les profondes et solides amitiés nouées avec tant d'êtres d'élite, cette existence ambitionnée depuis tant d'années, mon Dieu! quitter tout cela! Dire adieu à ces chefs qu'il vénérait, à ces hommes qu'il commandait et qui l'entouraient d'un affreux respect ! Mais c'était le déchirement de tout son être, l'effondrement de ses plus chers espoirs, l\u2019annihilation de sa volonté ! Il eut un sursaut de révolte et murmura : \u2014 C'est impossible ! Dieu ne peut pas exiger de moi un pareil sacrifice! Alors il se jeta à genoux, la tête cachée dans ses mains, et sanglota éperdument, follement.Il épuisa sa douleur dans une de ces intenses crises de larmes comme en ont les enfants lorsqu'un chagrin subit les abat.Ce fut la réaction nécessaire.Il se calma, reprit son sang-froid, puis, dès que ses traits eurent à peu près recouvré leur impassibilité habituelle, il alla rejoindre Caddnon.Ils eurent ensemble un long entretien.Mais l'enseigne ne se sentit pas le courage d'affronter la gaité bruyante du déjeuner en commun au carré.Il prétexta le départ du train, dit un «Au revoir» cordial à ses camarades et s'embarqua dans la vedette qui allait le conduire à Port- Haliguen.Philippe passa trois ennuyeux jours à Quimper.Après la triste cérémonie des funérailles il eut à débattre des questions d'intérêt qui l'horripilaient et pour lesquelles il ne se sentait aucune compétence.Aussi ce fut avec un inexprimable sentiment de soulagement qu'il prit le train qui l'emportait vers Concarneau.Il y arriva à sept heures.Il faisait presque nuit, l'auto avait déjà ses gros phares, allumés.Louis, le chauffeur, s'empressait vers Philippe qui de- -manda : \u2014 Madame est à la maison ?Oui, Monsieur, Madame là Comtesse est arrivée au train de six heures hier.\u2014 Elle n'était pas fatiguée ?\u2014 Mais non.Madame m'a bien recommandé de faire de la vitesse pour voir plus tôt Monsieur.\u2014 Alors, partons, Louis.On s'occupe de mes bagages ?\u2014 Oui, Monsieur.Jean-Marie les fait mettre sur la galerie.Philippe monta dans la grande limousine rouge dont Jean-Marie, le petit groom tenait respectueusement la portière ouverte.L'auto avait vite franchi les quelques milles qui séparaient le château de la gare, et s'engagea bientôt dans la grande allée de platanes.L'ancien corps de garde, transformé en conciergerie, dressait sa tour à mâchicoulis entre les arbres séculaires.| Un paon réveillé en sursaut jeta un cri d'appel auquel répondirent les cygnes qui dormaient dans leur abri au toit de chaume, sur les bords du lac bleu.La sirène de l'auto déchira l'air pour annoncer l'arrivée du voyageur, et la voiture s'arrêta devant la porte basse du côté Nord.Philippe descendit en hâte et se précipita dans la salle des Gardes où il savait bien trouver sa mère.ELLES SERVENT AUSSI L'AMOUR UN HOMME EST FIER si celle qu'il aime a les mains douces au toucher malgré son travail.Et c'est facile en se servant de la Lotion Jergens.C'est donner aux mains des soins quasi-professionnels \u2014 mais d'une façon simple, rapide \u2014 et agréable.L'emploi d'encre de Chine à l'usine et un papier carbone épais veut dire des mains souvent à l'eau.La Lotion Jergens empêche la sécheresse, les mains rêches et gercées.Nécessaire \u2014 parce que les lavages constants privent les mains de leur moiteur na- x ACHETEZ BONS et TIMBRES DE GUERRE & Dites-vous gaîment en mettant la Lotion Jergens \u2014 \u201cJe donne a mes mains 2 ingrédients qu'emploient bien des docteurs pour guérir une peau rêche, mal tenue, et la rendre plus jeune, plus lisse, plus douce.\u201d C'est très chic d'employer Jergens.A la maison aussi, on travaille dur.Jergens protège l'aspect jeune et doux de vos mains.Elle leur donne cette moiteur lénitive si nécessaire pour embellir.turelle.Jergens est si facile.Ne colle pas.La première application adoucit les gerçures, (FABRICATION CANADIENNE) 32 La plus belle toilette ne peut se porter sans un bon corset.Au travail comme à la danse, le corset LELONG assure à la taille ° le support qu'il lui faut pour soulager l'organisme de la fatigue accumulée.Au terme d\u2019une journée de dur labeur, un corset Lelong vous donnera de l'entrain et de la fraîcheur.Un essai vous convaincra de sa stabilité et de ses qualités amincissantes.Fabriqué par Lo Compagnie Limitée Dominion Corset Québec, P.Q.Madame de Sancy s'était assoupie dans son grand fauteuil, auprès de la cheminée monumentale, délicieusement sculptée qui à elle seule aurait constitué la curiosité de ce merveilleux Kerdiret.Le bruit de l'auto la réveilla, et d'un bond elle fut sur le seuil de la porte, en même temps que son fils.: Elle ouvrit les bras : \u2014 Mon Philippe ! Lui, l'embrassait avec une fougue, un transport inusités chez cette nature froide et réservée.Déjà elle le questionnait sur son voyage, ses faits et gestes ! Tous les deux avaient tant de choses à se dire que les demandes et les réponses s'entrecroisaient et qu'ils parlaient tous les deux à la fois.Puis la mère eut une exclamation terrifiée : \u2014 Mais, mon chéri, tu dois mourir de faim ! Je vais sonner pour qu'on tapporte de quoi te restaurer ! omme par enchantement une petite table toute servie, avec des fleurs, de l'argenterie brillante, un napperon ajouré et endentellé, fut ressée au centre de la vaste salle.Philippe répara ses forces en puisant copieusement dans les excellentes choses qu'on lui servit.\u2014 Eh bien, Maman, vous ne me parlez pas de mes sœurs ?\u2014 C'est que les jumelles sont prises de l'amour des voyages, et que si cela continue je finirai par me fâcher! dit en riant Madame de Sancy.Elles devaient rentrer de Brighton la semaine dernière.Au lieu de revenir elles m'écrivent qu'elles partent pour l'Ecosse chez une ancienne compagne du Sacré-Cœur, et m'envoient en hommage expiatoire leur photographie ! Madame de Sancy prit une épreuve sur la table placée près d'elle et la tendit à Philippe.Les jumelles, Noëlle et Emma- nuelle, y apparaissaient dans la triomphante beauté de leurs vingt ans.\u2014 Et toi, mon Philippe.a quand ton tour?.Tu me parlais volontiers dans tes lettres de la fille de Jean de Marignargues \u2026.\u2014 Oh, Maman ! Je vous en prie, n'agitez pas cette question ! inter rompit plaintivement Philippe.Etonnée, Madame de Sancy regarda longuement son fils.Le sûr instinct des mères ne la trompait pas, elle devinait en lui une souffrance cachée.\u2014 Philippe, mon chéri, tu n'es pas heureux ! tu as quelque chagrin que tu ne veux pas me confier ?quelque souci pénible dont l'aveu te soulagerait ?.\u2014 Pas ce soir, mère, je n'en aurais pas le courage ! Alors, comme au temps où il était un brun garçonnet au cœur sensible et bon, elle ouvrit tout grands ses bras, et il s\u2019y réfugia.Elle pressait contre son épaule cette chère tête, elle le couvrait de baisers et l'entendait respirer plus vite.Des sanglots mal réprimés s'échappaient de ses lèvres, et, l'esprit à la torture, elle se demanda quel drame obscur pouvait bien se passer dans le cœur de son enfant ! Philippe se dégagea du maternel enlacement : \u2014 Vous permettez que je monte, Maman ?J'ai mal dormi tous ces jours-ci, peut-être reposerai-je mieux sous le vieux toit de Kerdiret.Philippe entra dans sa chambre.C'était une grande pièce modernisée, avec de clairs rideaux de toile de Jouy, et des meubles d'acajou du plus pur style Empire.Il retrouvait la table sur laquelle jadis il faisait ses devoirs.Cette tache d'encre, là, sous le tapis, avait été faite un jour où il ne pouvait réussir un thème anglais particulièrement compliqué.Cette éraflure dans le secrétaire était l\u2019œuvre de Gonzalve en une crise de colère.En esprit il revit les êtres et les choses auxquels il devait dire adieu : sa mère, Gonzalve, Olivier, ses sœurs, sa carrière passionnément chérie, et puis ce beau Kerdinet, cette vit luxueuse embellie par toutes les jouissances de l'art et de la fortune, la vieille maison ancestrale ! Il congea que Gonzalve viendrait ici avec sa femme, que dans quelques années joueraient dans le parc des petits de Sancy qu'il ne verrait point, que ses sœurs mariées à des hommes qu'il ne connaîtrait pas seraient d'heureuses jeunes femmes, des mères de famille attentives, qu'Olivier apporterait dans cette demeure le même enthousiasme que lui autrefois ! Lui seul désormais ressentirait l'ineffable douceur des retours, alors que Philippe, si lointainement, ne serait plus pour beaucoup, que l'éternel oublié ! On fermerait sa chambre, on rangerait ses pinceaux ! Son cher violoncelle dormirait pour toujours dans son étui.Il eut un moment d'affreux déchirement : ~ Mon Dieu! quitter tout cela\u2019.Il lui semblait traverser une heure d'agonie morale, il souffrait jusqu\u2019à l'exacerbation dans chaque fibre de son être et il n'y avait pas un de ses sens qui ne fût atteint.Une lutte terrible se livrait en lui; une voix murmurait : \u2014 Pauvre fou qui fuit le bonheur! Qui, possédant tout ce qui fait la vie belle et enviée : jeunesse, fortune.amour, repousse volontairement ces dons précieux pour se perdre dans je ne sais quel mysticisme maladif, quel rêve insensé de dépouillement et de pauvreté !.Mais, malheureux ! profite donc de ces privilèges si vainement convoités par d'autres, jouis en paix de l'amour qui veut vaincre ton cœur, de la richesse qui te procure tant de satisfactions, des joies inénarrables de ta carrière! Il supplia : \u2014 Seigneur, assistez-moi dans la tentation où je suis, parce que le La Revue POPULAIRE salut que j'espère des hommes est vain! (Ps.L 1x, 13).La vocation impérieuse qui germait en lui depuis de longs mois s'était définitivement dessinée.L'appel divin dont il avait voulu éprouver la vérité se faisait plus pressant, il ne résistait plus et y répondait par le généreux, l'absolu sacrifice de tout son être.Dans quelques semaines l'enseigne de vaisseau Comte de Sancy serait mort au monde, il n'y aurait plus au noviciat de Chevilly qu'un modeste père du Saint-Esprit se disposant à partir dans les missions étrangères pour y porter la parole du Seigneur.Alors Philippe s'écroula dans un agenouillement plein d'humilité et d'amour, abimé dans une extase qui lui apportait comme l'avant-goût des félicités futures, il entrevit sous la croix et les épines les roses du Jardin Céleste qui ne se faneraient point, la douceur du renoncement après l'amertume du sacrifice, et il murmura dans la souveraine adoration de son cœur : \u2014 Mon Seigneur et mon Dieu! CHAPITRE XIV ADAME de Sancy venait de terminer la visite de ses pauvres.Accourus de plusieurs lieues à la ronde tous les mendiants de la contrée se donnaient rendez-vous le samedi à Kerdiret.Réunis dans une salle basse du château ils venaient chercher les uns du pain, de l'argent.les autres des remèdes que la châtelaine leur distribuait libéralement.Sa charitable besogne ayant pris fin, elle alla dans le jardin cueillir des roses qu'elle fit tremper dans un tube de Daum sur sa table, puis elle commença une lettre pour ses filles.En voyant entrer son fils elle posa sa plume et se leva pour l'embrasser.Il l'étreignit en silence, s'assit teut près d'elle sur un pouf bas, et mit, d'un mouvement câlin, sa tête sur ses genoux.Elle ne l'interrogea point, et patiemment, attendit qu'il voulût bien parler.Alors il se releva, prit place dans un fauteuil, en face d'elle et commen- \" Comme il ne m'en restait que trois, j'ai pensé que c'était la méthode la plus démocratique de m'en débarrasser.(PM, New-York) -._- AvriL 1943 ça l'émouvante confidence qu'il avait à lui faire.Il conta tout : ses luttes, ses angoisses, ses indécisions, les révoltes de sa chair et de son esprit, puis l'apaisement bienheureux de cette dernière nuit, maintenant que sa voie était définitivement tracée.En apprenant cette nouvelle qu'elle était à cent lieues de soupçonner Madame de Sancy n'eut pas une défaillance.Elle leva les yeux au ciel, Philippe vit ses lèvres remuer comme pour une prière et elle dit : \u2014 Mon enfant bien-aimé, j'avais demandé à Dieu trois fils : un prêtre, un marin, un soldat, et, j'avais cru jusqu'ici mon désir trop beau pour être exaucé ! C'est donc mon vœu le plus cher qui est comblé aujourd\u2019hui, sois-en béni, mon fils, pour la joie qui m'est donnée et pour l'honneur que tu fais à notre nom ! Elle le retint une minute encore dans ses bras contemplant longuement ce cher visage sur lequel se lisait encore la trace de multiples combats mais qui brillait déjà d'une triomphante sérénité, puis elle dit simplement : \u2014 Sois fort, mon fils, et que la volonté du ciel s'accomplisse en toi ! CHAPITRE XV u Lutéria le diner venait de finir.A Paris depuis trois jours pour commencer les démarches .que nécessitait un congé précédant la démission de son grade, Philippe avait été à la gare Montpar- nasse chercher un camarade qui arrivait de Lorient.Il l'avait emmené dîner à l'hôtel, et tous les deux achevaient de prendre leur café en fumant une cigarette et en se racontant mutuellement des histoires de bord.Soudain, il y eut une rumeur dans la rue, des rassemblements se formaient, tous les Jens accouraient vers un camelot qui distribuait fièvreuse- ment ses journaux.Sa voix aux intonations grasses pénétra tout à coup aux oreilles de Philippe et de son ami : \u2014 2e édition, la Presse ! Demandez la catastrophe de Toulon ! Deux explosions à bord du cuirassé « Du- quesne » ! Vingt tués, cinquante blessés!.31\u2014Roman Revue avril Mü comme par un ressort Philippe s'était précipité sur le boulevard Raspail.Il arracha un journal à l'homme qui de sa voix indifférente criait l'accident terrible du vaisseau et, les yeux agrandis par l'épouvante, lut ce qui suit : « Par un fil spécial, nous recevons de notre correspondant particulier la dépêche suivante : « Toulon, 3 octobre 19.« À quatre heures de l'après-midi, les 3/3 d'une gargousse de 19 centimetres, placée dans une caisse soudée, arrimée dans la soute de tribord avant du «Duquesne» cuirassée d'escadre, s'étant mises à fuser spontanément, des officiers de vaisseau, des officiers mariniers, des matelots, percevant les trois détonations successives se précipitèrent pour conjurer le danger Le Commandant donna l'ordre de noyer les soutes, mais avant que cette manœuvre eût pu être exécutée, une seconde explosion se produisit dans la soute supérieure, et le blessa grièvement.Grâce à l'énergie et au sang-froid du Commandant en second qui reprit l'ordre donné par son chef, et en assura rapidement la ma- nœuvre, nous n'avons pas à déplorer une catastrophe nationale, et l\u2019on put ainsi protéger de l'incendie les soutes à munitions voisines de celle où s'était produite l'explosion, et sauver le bâtiment.Malheureusement cet déplorable accident nous coûte une vingtaine de tués, dont un enseigne et deux pre- miers-maîtres, au moins cinquante blessés, parmi lesquels, très grièvement, le Commandant en premier et deux enseignes.» Philippe était atterré! Il n'avait qu'une pensée : revoir le Commandant de Marignargues.Il consulta sa montre : \u2014 Huit heures et demie ! dit-il à son camarade.Le Simplon-Orient- Express part à 8 heures 55, j'ai le temps de sauter dedans ! Et avant que son camarade fût revenu de sa surprise il héla un taxi- auto et cria au chauffeur : \u2014 À la gare de Lyon pour le rapide.Si nous arrivons, je vous donne cinquante francs de pourboire ! A l'hôpital Saint-Mandrier où on avait transporté les morts et les blessés après la catastrophe, il eut toutes les peines du monde à pénétrer jusqu'auprès du Commandant de Mari- gnargues.Par un heureux hasard il rencontra un médecin principal qui avait professé autrefois sur le « Du- quesne » et qui étant au courant de leur parenté voulut bien consentir à le laisser entrer.Lorsque Philippe se vit dans la petite chambre nue où, sur un modeste lit de fer, agonisait son Commandant, il se demanda s'il n'était pas le jouet d'une hallucination.Etait-ce donc là l'homme aimable et bon, vigoureux et fort qu'il avait quitté moins de trois heures auparavant, si plein de vie et de santé ! Sa pauvre tête, à peine reconnaissable au milieu des bandes et des pansements qui l'entouraient, reposait inerte sur l'oreiller.L'infirmier qui veillait attentif à son chevet dit à voix basse à l'enseigne : \u2014 Il me semble qu'il est un peu mieux .hélas ! sans doute le mieux de la fin! On dirait que la connaissance lui revient.Quelques instants après le docteur appela Philippe dans une chambre à côté de celle occupée par son chef.et lui donna de nouveaux détails sur l'explosion du « Duquesne ».C'était à la minute même où il ordonnait de noyer les soutes de la seconde explosion avait eu lieu, et que le Commandant avait reçu une décharge de poudre enflammée lui labourant le visage.Le reste du corps était couvert de multiples contusions et de brûlures.Au moment de l'explosion Cadd- non s'était précipité devant le Commandant, lui faisant un rempart de son corps pour tenter de le protéger, mais la brutale secousse les avait séparés.Se sentant perdu M.de Ma- rignargues avait encore eu la force de dire : \u2014 Qu'on sauve mes hommes d'abord.Ma fille.un prêtre! De Grangières, lui, était mort sur le coup, d'une terrible blessure en pleine poitrine, quant à d'Artigues, et Caddnon, ils avaient la fièvre et dormaient depuis le matin d'un profond sommeil, comme assommés.L'infirmier vint interrompre ce colloque du médecin et de Philippe : le Commandant paraissait se réveiller.Sancy resta quelques secondes seul, dans la salle déserte, puis, le Docteur parut : \u2014 Venez, dit-il, ie crois bien que c'est vous qu'il réclame.L'enseigne entra sur la pointe des pieds.Le Commandant le reconnut, il fit un mouvement pour lui tendre la main, son impuissance et la souffrance lui arrachèrent un faible cri.Il murmura avec effort : (Lire la suite page 35) ° 33 C'est mon \u201cvéhicule de guerre\u201d Une visite à l\u2019épicerie avec ma voiturette me prend plus de temps que lorsque je faisais mes courses en auto\u2014mais c\u2019est amusant\u2014et j'ai de plus l\u2019impression que j\u2019aide ainsi, de modeste façon, à gagner la guerre.Epargner les pneus et la gazoline et voir au bon fonctionnement de ma maison \u2014 voilà des choses que je puis faire et que je fais d\u2019ailleurs avec plaisir.Mais il y a aussi en dehors beaucoup de travail pour moi, de sorte que je n'ai guère le temps de me dorloter, ni de chômer \u2014 même les jours pénibles où rien ne nous semble agréable.C\u2019est alors que j'apprécie Modess, la serviette hygiénique douce et duveteuse qui vous assure le confort et la sécurité.Cette plus grande sécurité et cette absence d\u2019irritation nous aident vraiment à faire notre part.Essayez Modess et vous verrez ! ACCEPTEZ VOTRE MONNAIE EN TIMBRES D\u2019ÉPARGNE DE GUERRE À VOTRE PHARMACIE 34 Les Mots Croisés de La Revue Populaire\u201d GRANDE SERIE \u2014 No 78 n Solution du problème du mois dernier.collec] [oc [e MGI JA ]~T7[2]~] [e]® TM 5jo|u|« [ale APS DERSQDS 6 e|vMMo/e[L|o]e WT [+ Ja cjaja|i*[o a|+ wow IRE Cle | Je [Re 1e PIR]e) efjr|a[v à 90 ANQN Par AjAje Ral [ne ABRA ARE SO GDMAC al [w]e Jl: Alc JGR Es [70 VRE Alc {tr [E[N]E|R Ole [ov] Te SIE fc Ric [eRe CIPI [RV [VR]: IRE cl Rec E27] [c ers He clan [IAF [Res Wise \"Ico I CA RA E|# Rr m|o|s|i |\u20ac N Plog |T]e N ole [c]r MJOJMJO|N s F NU |H1T]S < È Cenc [Sloe [Role [ov] IAT [~ [|e | R C|AINJE|S D[A|M JE |RJE|T Rf Jo|T|e x c|e[-|'|so[o|s]' que] sMEwjojA| ils la trouvent priant, apaisée, auprès du mort.\u2014 Mon enfant, dit Madame Flo- bert, il faut partir.Mayotte s'est dressée indignée : \u2014 Partir! Croyez-vous que je veuille l'abandonner alors qu'il me reste si peu d'instants à le posséder ! \u2014 Mais on le veillera.Des officiers, des marins vont se relever d'heure en heure ! \u2014 Que l'on fasse ce qu'on veut, moi je ne sortirai pas ! Rien ne peut la faire revenir sur sa décision, et, après en avoir référé à l'autorité, Philippe revient en disant qu'à titre exceptionnel la présence de Mademoiselle de Marignar- gues sera tolérée cette nuit.Madame Flobert s'en retourne chez elle, Philippe l'accompagne afin qu'elle ne rentre pas seule à cette heure.Mlle Moreau passe dans la pièce à côté où déjà s'établit une garde d'honneur, et Mayotte se retrouve seule.Elle est brisée, moralement et physiquement, mais une force secrète la soutient, et elle prie toujours s'interrompant parfois pour revivre en esprit le cher passé.Soudain la porte s'ouvre, une grande ombre passe rapidement près d'elle et tombe à genoux, effondrée, en sanglotant.Mayotte relève la tête : elle a reconnu Caddnon abimé dans une douleur profonde.Il s'incline sur le corps du Commandant dont il baise les mains jointes et se tourne vers la jeune fille en murmurant des paroles inintelligibles tellement son émotion est grande.Ses cheveux roussis se dressent en désordre sur sa tête ; il a un côté de la moustache brûlé, sa figure, par endroits, est criblée de traces de poudre, son bras droit est en écharpe, il remue difficilement sa main gauche enveloppée de gaze.Mayotte le regarda d'un air de compassion et lui dit avec reconnaissance : \u2014 Je sais ce que vous avez fait pour lui! du fond du cœur merci ! \u2014 Hélas, j'ai tenté l'impossible pour le sauver ! Pourquoi faut-il que c'eût été vainement ! Il explique alors à Mayotte que, craignant une recrudescence de fièvre, on lui avait caché la mort du Commandant.Il vient de l'apprendre, et, s'habillant en toute hâte avec l'aide de l'infirmier qui le soigne, il a voulu venir saluer la dépouille de son chef.Il pleure comme un enfant, regarde une dernière fois le visage vénéré qu'il ne reverra plus, et repart précipitamment, comme il est venu, afin que sa visite passe inaperçue et que le lendemain on n'accuse pas son infirmier de l'avoir mal surveillé ! CHAPITRE XVII PRÈS quelques semaines d'un calme absolu, lorsque Mayotte eut davantage les loisirs de revivre le passé et d'envisager le présent, elle se remit à évoquer le souvenir de Philippe.Jusque-là toutes ses pensées étaient allées vers son père, il lui eût semblé criminel et impie d'en distraire une seule en faveur du jeune enseigne.Elle se demandait maintenant pourquoi il ne se déclarerait pas.Elle croyait pourtant ne s'être pas trompée en supposant qu'il l'aimait ! Alors, d'un geste las elle haussait les épaules.i y avait des moments où il lui semblait qu'elle ne se relèverait jamais de cet effondrement de toutes ses espérances.Elle voyait l'avenir sombre, sans joies, sans amour, seule dans la vie, avec des mercenaires autour d'elle.Certes, Mademoiselle Moreau lui affirmait qu'elle ne la quitterait jamais, mais elle n'était pas éternelle et, souvent souffrante, ne se remettait pas depuis la mort du Commandant, des émotions et des fatigues subies à ce moment-là.Quelques mois avant le tragique - accident qui devait l'emporter, Monsieur de Marignargues avait souscrit une assez forte assurance en faveur de sa fille.La compagnie lui versa presque aussitôt cette somme qu'elle recut avec répugnance.Vous pourrez vivre aisément avec cela, ma chérie, lui dit Mlle Moreau.Grâce à Dieu vous ne connaîtrez pas les pénibles soucis d'une situation dépendante.\u2014 Si vous saviez comme cela m'est égal ! Peut-être au contraire que le travail m'aurait sortie de moi-même, c'eût été un bien ! Alors il advint bientôt qu'au milieu de ses longues journées mélancoliques Mayotte fut prise de l'immense désir de revoir Philippe.Elle appelait sourdement : \u2014 Philippe ! Philippe ! pourquoi m'avez-vous abandonnée ?Cet après-midilà Mlle Moreau plus malade que d'habitude dut s'aliter, et Mayotte monta lui tenir compagnie.vent soufflait toujours avec une rage exaspérée ; il n'y avait pas un chat sur le boulevard de la Plage, toutes les villas, sauf les Tamaris, étaient fermées, les baigneurs ayant fui dès les premières tempêtes.Voici cependant un étranger qui s'aventure sur la Digue.Serré dans un raglan, un petit chapeau de drap piqué enfoncé jusqu'aux yeux, il s'arrête et sonne aux amaris.La femme de \u2018chambre accourt, étonnée, on reçoit si peu de visites à la villa depuis quelque temps ! \u2014 Voulez-vous demander à Mille de Marignargues si elle consent à me recevoir ?dit l'inconnu.Il lui fait passer sa carte .jette un coup d'œil curieux : elle y PHILIPPE DE SANCY Enseigne de vaisseau Philippe est entré dans le hall.Est- ce bien la même pièce qui vit jadis réunis des gens si heureux de vivre ?Le piano n'est plus là, on l'a réexpédié à la maison qui l'avait loué.Il n'y a plus de fleurs dans les jarres de faïence, ni dans les tubes de cristal.Déjà les aquarelles, les tableaux sont emballés ; une caisse, d'où sortent des copeaux et du foin, occupe la place où l'on s'asseyait si joyeusement autour de la table à thé! Le portrait du Commandant méme a disparu : Mayotte l'a pris dans sa chambre afin de n'en être séparée ni jour ni nuit.Il ressent alors une telle impression de vide, de désarroi, qu'il a envie de crier pour rompre ce.mortel silence.Sa gorge se serre, il est pris d'une émotion subite et se demande comment, tout à l'heure, il pourra parler.Il entend un pas léger qui descend l'escalier : c'est Mayotte ! Elle paraît encore amincie dans sa robe noire de coupe sévère ; ses beaux yeux de bluet ont une expression désolée qui fait mal a Philippe.Elle a un mouvement comme pour s'élancer vers lui.S'il est revenu c\u2019est donc pour la chercher, l'emmener loin de ces tristesses, vers le Pays Bleu du Bonheur dont elle a cru ne plus jamais connaître le chemin ! Et lui, devinant sa pensée, cache son trouble sous une apparence de froide correction.Elle lui tend la main, il ose à peine la serrer.Alors, interdite, ne sachant plus que dire, se demandant de quel mau- LA Revue PoruLAirRE 1 boucher.ras et os a votre bouch 3 vous paiera le prix fixé ; as.Si pour la graisse et le gr Vous le voulez: remettre cet arge e .z \u2014 Guerre Enregistrée, OÙ raisonner vos J Vous pouvez à au Comité de ras et OS 0 Sr apbration Voter st de ite s vos loc à habitez, OUT masser 0 uvez continuer de Vous PO Os vos Graisses © ; 3 hors pour qu'ils soient ramassés en même temps que les ordures.oF Nationaux de Guerre icte Services Ministere des ERATION NATIONALE DIVISION DE LA récup Figure Lévres PARTI Menton Bras Jambes Heureuse ! J'avais de vilains poils.ça m'\u2019enlaidissait.et je me décourageais.Jessayal différents produits.même un rasoir.Mais rien ne me satisfaisait.Je découvris alors une méthode simple, sans douleur, bon marché.Elle réussit.Ce secret a rendu la beauté, l\u2019amour, le bonheur à des milliers Mon livre GRATUIT : \u2018Comment se débarrasser des poils superflus\u201d explique cette méthode et son succès.Adressé sous enveloppe blanche.Aussi offre d'essai.Aucune obligation.Ecrivez # Mme Annette Lanzette, 93-95 rue Church, Dépt.C-316, Toronto, Canada.Inclure timbre de 4 pour réponse.Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre < Cg AvriL 1943 vais rêve elle est le jouet, elle l'invite à s'asseoir et attend qu'il veuille bien lui expliquer le but de sa visite.Philippe se recueille un instant puis, prenant son parti, commence d'une voix brève que l'émotion assourdit : \u2014 Ce que j'ai, Mademoiselle, à vous confier, va Vous paraître si singulier, si en dehors des voies habituellement tracées, qu'avant de me lancer dans un aveu qui m'est particulièrement pénible, j'ai besoin d'implorer toute votre indulgence ! Puis- je espérer que vous daignerez me l'accorder ?D'un signe de tête, se demandant où il veut en venir, Mayotte l'engage à continuer.\u2014 Lorsque je vous ai connue il y a six mois, j'étais aux yeux du monde \u2014 comme je semble l'être encore aujourd'hui \u2014 libre de ma destinée.J'ai commis la grave faute de ne pas m'éloigner de vous, et, paraissant peut-être ressentir pour vous une certaine inclination, vous laisser le droit de croire que je pourrais un jour devenir pour Vous plus qu'un ami.Or.durant un séjour en Tunisie et au Maroc, une vocation irrésistible a commencé de germer en moi.Vous avouerai-je qu'au début je l'ai fermement combattue, bien décidé à ne pas me laisser influencer par des idées que je qualifiais de mysticisme exagéré! Puis, obligé enfin de me rendre à l'évidence, je résolus de mûrir cette vocation, et de prendre une décision définitive lorsque je serais absolument sûr de moi! J'ai lutté pendant plus d'un an .Il ne m'appartient pas de vous dépeindre par quelles variations d'états d'âme j'ai passé durant ce temps.Vous devinez bien que l'immolation de tout ce que j'aimais n'est pas faite sans défaillance, mais j'obéis à un appel impérieux.J'ai adressé au ministère ma démission d'officier et je partirai dans trois jours pour le noviciat des Pères du Saint-Esprit ! Mayotte crut qu\u2019il devenait fou et qu'elle-méme ne possédait plus la saine notion des choses! Pendant que Philippe parlait elle avait traversé les impressions les plus diverses.Elle était si loin de s'attendre à ce dénoument tragique du pauvre roman qu'elle avait ébauché ! Mais elle n'acceptait pas cette défaite! Une colère sourde lui montait au cœur, après tout, elle avait assez payé son tribut à la douleur : elle voulait être heureuse envers et contre tous ! La dernière phrase de Philippe la frappa comme un soufflet : \u2014 Je crois, Monsieur, que vous vous moquez de moi! En un pareil moment ! \u2014 Je vous en conjure, ne vous méprenez pas sur mes intentions.Je vous respecte plus que vous ne sauriez l'imaginer et je voudrais tant vous voir heureuse ! Un sourire amer plissa les lèvres de Mayotte.\u2014 On ne s'en douterait guère ! \u2014 Veuillez m'écouter, et vous saurez tout.\u2014 En aurais-je la patience! Je vous préviens que je me sens en état de rébellion et que je saurai me défendre.même contre vous! \u2014 Mayotte ! Je vous en supplie, ne m'accablez pas! Oui, je suis bien coupable d'avoir laissé grandir en votre cœur un espoir qui devait être vain, mais permettez-moi d'ajouter que de cela même je n'étais pas certain.il a fallu que Caddnon .\u2014 Oh! de grâce, laissez Caddnon tranquille ! N° l'accusez pas pour vous disculper ! \u2014 C'est bien loin de ma pensée, je vous assure, nous reparlerons de lui tout à l'heure.Oui, lorsque je vous ai connue j'aurais dû vous fuir, interdire à nos deux âmes un rêve qui était irrésistible, mais je vous le répète, je ne me suis pas rendu compte, tout d'abord, qu'un sentiment durable pouvait envahir votre cœur et que vous en souffririez.J'ai manqué de fermeté et je m'en repens amèrement, lorsque je suis parti il était déjà trop tard! \u2014 Et c'est pour me dire cela que vous revenez aujourd hui.Je ne vois pas quel rapport cette histoire a avec le consentement que vous implorez de moi! \u2014 Ne raillez pas, Mayotte, lais- sez-moi achever.Ce que je dois vous confier a trait aux dernières paroles du Commandant.Instantanément le visage fermé de Mayotte se détentit, des larmes inondèrent ses joues, elle murmura : \u2014 Pauvre Papa ! \u2014 Ce fut un héros, et sa mort a été celle d'un martyr.Nous ne devrions pas le pleurer.Lorsqu'il sortit du coma, quelques instants avant sa fin, votre père me dit seulement : \u2014 Mayotte.ma petite.Philippe, je vous la confie ! C'est cela que je tenais à vous faire connaître.Vous êtes partie si précipitamment de Toulon que je n'en ai pas eu le temps, et plusieurs démarches indispensables ont, jusqu'à ce jour, retardé mon voyage ici.Donc, pour répondre aux dernières volontés du Commandant j'acquiesçai à sa suprême recommandation, grâce à cela a-t-il pu mourir tranquille ?J'ose l'espérer, mais voyez quelle rituation est la mienne lo.Comment faire! Sachez bien que vous seule pouvez me délier de ma promesse imprudente, autrement, toute la vie.je me croirais parjure ! Mayotte se sentait redevenir méchante : \u2014 Vous me demandez l'impossible ! Ce serait insensé de ma part de détruire de mes propres mains l'édifice de mon bonheur ! \u2014 Rien ne dit que ce serait votre bonheur ! \u2014 Tant pis, du moins je l'aurai cru! Après tout, votre vocation n'est peut-être pas aussi solide que vous semblez le penser ! \u2014 Sur tout ce que j'ai de plus sacré je vous jure qu'elle est vraiment voulue par Dieu! Vous imaginez- vous donc que j'irais de gaîté de cœur mépriser tout ce qui m'est cher pour une vague utopie, un songe creux ?.Oh non! croyez-le, l'appel que j'ai entendu est de ceux auxquels on ne résiste pas sans compromettre gravement sa paix en ce monde et son éternité, dans l'autre ! Je ne dis pas que ma vie ne sera pas un sacrifice.Il le faut, et pour éprouver la fidélité de mon cœur, et pour payer de succès le fruit de mes efforts.Car lorsque je serai là-bas, parmi les peuplades sauvages et païennes auxquelles j'apporterai avec l'Evangile la foi du Christ, quand je baptiserai les néophytes, que j'assisterai les mourants, croyez-vous que ma penséee ne s'en ira pas souvent vers la France lointaine, vers ma mère, mes sœurs, mes frères\u201d.Et j'aurais quitté toutes mes affections, toutes mes amitiés pour rien?Oh non, mille fois non ! Je le fais bien de par la volonté divine, soyez-en persuadée ! Mayotte était brisée.Elle resta un moment silencieuse, ses grands yeux pleins de larmes, les mains retotm- bant, lasses, sur sa robe noire, enfin elle se leva et d'une voix basse, lointaine, comme fêlée, elle dit : \u2014 Mon ami, le ciel m'est témoin que s'il m'avait fallu vous voir me préférer une autre femme, ou vous dire adieu pour tout autre cause que ce soit, j'eusse défendu chèrement mon bonheur, mais je ne me sens pas LE MAUVAIS TEMPS est dur pour les chaussures.Il faut les cirer tous les jours avec du 2-DANS-1, pas seulement pour leur aspect mais pour leur protection.Cirez les souliers humides ou graisseux avec du Cirage Encaustique 2-DANS-1.SI FACILE QUE C'EST AMUSANT.Il ne faut que 2 minutes avec le Cirage Encaustique 2-DANS-1.Tampon-applica- teur dans la bouteille.Séche en donnant aux souliers l\u2019aspect de neuf.Brille facilement.LES HUILES ET LES CIRES RARES qui sont mélangées d\u2019une façon experte dans le nouveau Cirage Encaustique 2-DANS-1 aident à nourrir le cuir, à garder les chaussures souples et à les faire durer plus longtemps.Vous aimerez ce cirage différent.LES BONN CHAUSSURES PRENEZ-EN SOI FAIT DEUX CHOSES EN UNE.2-DANS-1 cire et protége vos chaussures .en embellit l\u2019apparence et en prolonge la durée.C'est une véritable économie de temps de guerre.Les Cirages Encaustiques 2-DANS-1 ont été adoptés par l'armée canadienne et britannique.Adoptez-les vous-même.Demandez chez votre marchand le cirage à chaussures, en pâte ou en liquide, 2-DANS-1, brun ou noir.Fabrication canadienne, pour : GROSSE BOUTEILLE \u201c40-FOIS\u201d EZ ET PROTEGEZ VOS PLANCHERS La Cire a Plancher Shinola neftoie et polit vos parquets, boiseries, linoléums, etc.Elle les protège contre l'usure excessive et en scelle la surface contre la saleté et l'humidité.Vous serez surprise de Voir qu'une si bonne cire coûte si peu.Commandez-en une boîte aujourd'hui. 38 \u201cPour des couleurs \u2018hon teint; il n'y a que les TEINTURES DIAMOND!\u201d © C'est ce qu\u2019affirment celles qui s\u2019y connaissent ! 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Il l'enveloppa de ses yeux scrutateurs.\u2014 Ceux qui meurent et ceux qui partent, dit-il lentement, ont le privilège suprême de léguer à ceux qu'ils quittent un témoignage sensible de leur affection terrestre.Je vous laisse donc Caddnon mon imeilleur ami.Lorsque la blessure dont saigne votre cœur sera cicatrisée (ne protestez pas, le temps fera son œuvre) vous trouverez en lui l'appui le plus sûr, le guide le plus éclairé, le cœur le plus fidèle.Il vous aime d'un amour unique et profond, il souffre sans vous, vous lui donnerez cette exquise consolation de partager un jour sa vie.\u2014 Je vous répète que je ne me marierai pas.\u2014 Que ferez-vous alors?Vous n'avez pas la vocation religieuse ?\u2014 Je resterai vieille fille.\u2014 Vous sentez vous le droit de rendre votre existence inutile et vide, d'étouffer en votre cœur tout germe d'affection et de dévouement, alors que Dieu vous a créée pour être épouse et mère ?\u2014 Je suis libre de mon choix.\u2014 Certes oui, mais quand vous pourriez si bien faire le bonheur d'un autre qui ne vit que pour vous, pourquoi, de propos délibéré, le laisse- riez-vous végéter dans un vain abandon dont personne, pas méme vous, ne profitera ! \u2014 J'ai trop souffert pour rendre quelqu'un heureux ! \u2014 Croyez-vous que Serge pas souffert plus que vous ?\u2014 Ne me parlez plus de cela, je n'ai aucun attrait pour lui.Je lui suis infiniment reconnaissante qu'il ait tenté de sauver mon pauvre père, mais nulle puissance au monde ne peut m'obliger à l'épouser.\u2014 Je ne vous demande pas de le faire tout de suite.\u2014 Ni tout de suite, ni jamais ! Vous pouvez le lui dire si c'est lui qui vous envoie ! \u2014 Comme vous le connaissez mal! Comme vous calomniez son grand cœur ! Il est incapable de faire payer son dévouement.Caddnon est l'être le plus généreux et désintéressé que j'ai jamais rencontré, sa bonté est proverbiale, il a quelquefois il est vrai, des violences de caractères qu'il réprime vite, et en dehors de cela possède les.qualités les plus exceptionnelles.\u2014 Il n'est pas même catholique.\u2014 Il le deviendra et je puis vous affirmer que son amour pour vous n'aura pas été le prétexte à un changement de dogme.Depuis longtemps il cherche sa voie.Par ses ascensions il s'est tant rapproché du ciel, il est monté si près de Dieu, que ces randonnées vers l'infini ont développé en son cœur un désir ardent de connaître la vérité.Il cherchait avec constance tout ce qui pouvait lui apporter de nouvelles lumières.Que de fois à bord m'a-t-il questionné ! Nous aimions tous les deux ces dissertations théologiques.Caddnon doute encore, n'ait il a besoin d'affermir sa science, mais je ctois, de toute mon ame, que bientôt il sera définitivement éclaité.C'aura été, ajouta Philippe, avec un doux sourire, ma première conversion ! Vous voyez les choses de loin : le présent est si sombre que pour ma part je me refuse à former aucun projet d'avenir.\u2014 Vous êtes à l'âge, pourtant, où on a tout l'avenir devant soi! Les heures noires passent aussi vite, quoi- qu'on en dise, que les jours heureux ! Je vais vous quitter, mais.voulez- vous me faire une promesse ?\u2014 Laquelle ?\u2014 N'engagez pas votre destinée sans penser à ce que souhaite Cadd- non.\u2014 Je ne l'épouserai pas.\u2014 Ce n'est pas ce que je vous demande.Lorsqu'un événement quelconque sera sur le point de transformer votre existence, mettez-vous bien en face de votre conscience et de- mandez-vous alors six vous avez le droit de désoler à jamais celui qui, fidèle, gardait votre pensée et vous aimait depuis des années.\u2014 Oh! des années! \u2014 Vous ne vous êtes peut-être jamais doutée que son amour pour vous datait d'un voyage que fit le Duguay-Trouin aux Antilles.\u2014 Est-ce possible ?\u2014 Je m'en voudrais d'altérer la vérité.Serge a souffert cruellement depuis ; maintenant il peut encore être heureux par vous.Le repousse- rez-vous impitoyablement ?\u2014 Je ne demande que l'oubli.et la paix ! Vous plaidez singulièrement bien sa cause ! \u2014 Si le Commandant n'était pas mort c'est lui qui aurait reçu cette confidence, mon intention était de la lui écrire.Lui disparu, c'est à vous que je la fais.Croyez-moi, vous avez besoin d'affection, Serge pourra si bien vous rendre heureuse ! \u2014 Et moi, je ne peux plus l'être ! \u2014 Enfin, quoiqu'il arrive, voulez- vous me promettre qu'avant d'enga- er votre destinée vous songerez à Caddnon et que vous ne déciderez de votre sort qu'après avoir mûrement réfléchi ?Elle hésita une minute, et dit : \u2014 Je vous le promets.\u2014 Je pars plus tranquille et je vous remercie.Adieu ! Il la regarda une dernière fois, ses traits ravagés gardaient la trace des émotions subites coup sur coup, il lui prit les mains, les serra dans les siennes.Elle sentit son cœur se déchirer à nouveau et détourna la tête - \u2014 Adieu, Philippe ! \u2014 Adieu, Mayotte! et il partit .Le front collé aux vitres que la pluie battait elle le vit s'éloigner, il ne se retourna pas, d'un pas rapide il regagnait la gare.C'en était donc fait de son pauvre rêve ! Finies les heures douces du passé, les chers instants d'intimité où elle avait cru entendre vibrer à l'unisson leurs deux âmes ! Adieu les longues causeries qui leur laissaient ensuite le plus exquis souvenir ! Fn- volés les derniers vestiges d'espoir qui subsistaient encore victorieux dans son cœur.Il lui sembla que quelque chose mourait en elle.À la fois brisée et révoltée elle avait tour à tour des alternatives de résignation ou d'insoumission, repoussant ou acceptant le sacrifice que Philippe avait exigé d'elle.La pensée de Caddnon à cet instant même lui faisait horreur, elle ne pouvait comprendre qu'il tint à édifier sur les ruines de son bonheur le temple chimérique où il voudrait abriter la femme qu'il chérissait et dont il savait l'indifférence.La Revue POPULAIRE Victimes Dé La | SINUSITE! 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CHAPITRE XVIII A VIE de Mayotte à Paris s'écoulait triste et monotone, sans heurts mais sans joies.Mille Moreau l'avait astreinte à des promenades régulières, à des conférences à la Sorbonne, à des cours de peinture qui occupaient ses loisirs et la distrayaient par force.Les deux femmes vivaient retirées dans leur petit appartement de la rue de l'Université, recevant à de longs intervalles les rares visites de quelques amis.C'était d'abord Madame de Sancy, qui, après voir écrit à la jeune fille les lettres les plus maternelles, semblait, pour répondre à quelque vœu secret de Philippe, vouloir veiller sur la petite orpheline et venait la voir avec les jumelles à chaque séjour qu'elle faisait dans son hôtel de la rue Vaneau.Marcelle de Saint-Luc dont le mari était à l'Ecole de Guerre n'oubliait pas non plus l'amie connue aux jours heureux.Affectueuse et gaie elle arrivait en coup de vent, soi-disant pour cing minutes et restait l'après- midi entier.Caddnon était également à Paris.À la suite de sa brillante conduite au moment de l'explosion de Toulon, il avait été l'objet d'une proposition extraordinaire pour le grade de lieutenant de vaisseau.Il suivait les cours de l'école d'électricité, et, timidement, s'était hasardé un beau jour à monter les cinq étages de Mayotte.Elle ne le repoussa point et, en mémoire de ce qu'il avait fait pour son père l'accueillit avec sympathie.Il lui donnait des nouvelles des officiers du « Duquesne » qu'elle avait connus et auxquels elle s'intéressait toujours.Le « Bouvet » ayant été se faire caréner à Cherbourg, Madame Dozier y avait suivi son mari pour uelques temps, du reste, elle écrivait idèlement à Mayotte.Jacques Brû- lier s'était fait coller à son examen.Odette attendait un héritier ce qui ne l'empêchait pas d'aller dans le monde et de se plaire énormément à Toulon.D'Artigues allait se marier, il épousait une de ses cousines.Madame Bucy ne donnait toujours pas signe de vie, etc.etc.Les visites de Caddnon faisaient a la fois du bien et du mal a Mayotte.Du bien parce qu'elles la sortaient un peu d'elle-même et que, malgré qu'elle n'en voulut pas convenir, elle éprouvait un sentiment de confiance et de sécurité à voir le jeune officier si respectueusement fidèle.Du mal parce que sa présence réveillait fatalement des souvenirs pénibles.La jeune fille ne pouvait encore prononcer le nom de son père sans émotion et Caddnon évoquait constamment la pensée du chef auquel il avait voué une véritable vénération.Il lui envoyait des fleurs « pour le portrait du Commandant ».Au premier de l'an il l'avait comblée de bonbons, c'était la seule chose qu'il osât se permettre alors qu'il eût voulu avoir le droit de la gâter, de prévenir son moindre désir | Lorsque la jeune fille se remémorait le passé elle se demandait s\u2019il était possible qu'une année à peine se fût écoulée depuis son arrivée en France.Après les tragiques émotions de Toulon et la secousse apportée par le départ de Philippe elle avait appelé la mort.Elle tenait si peu à la vie! A Paris l'emploi rigoureux de chacun de ses instants orienta son esprit de différente façon.Le souvenir de son père régnait en maître dans son cœur, celui de Philippe lui apparaissait désormais comme très lointain, embrumé presque irréel.Les voiles de l'oubli sans qu'elle s'en rendit compte commençait à l'envelopper car Mayotte, par un sentiment peut-être incompréhensible pour des profanes, mais inhérent à sa nature délicate et scrupuleuse, n'osait plus songer à celui que, dans le secret de son cœur, elle avait nommé son fiancé.Il planait très au- dessus d'elle, dans une sphère inaccessible, il ne lui appartenait plus et, voulant tenir sa promesse jusqu'au bout puisqu'ils avait accepté le sacrifice, s'interdisait tout retour sur le rêve d'autrefois.Or, lorsqu'on chasse un être de sa pensée l'oubli se fait inévitablement.Mayotte était trop jeune pour juger impartialement sa propre cause.Un peu d'incohérence entrait dans sa manière de voir lorsque, essayant de concilier deux sentiments extrêmes, elle se disait : \u2014 J'aime toujours Philippe mais je n'ai plus le droit de songer à lui.Et, pour obliger son cerveau à ne plus réfléchir aux choses défendues elle se lança à corps perdu dans l'étude.Elle s'intéressa d\u2019abord passionnément aux conférences qu'elle suivait, à ses cours de dessin, puis, finit bientôt par s'en fatiguer.Elle se sentait lasse, déprimée, elle maigrissait, pâlissait, l'air de Paris lui sembla irrespirable.Madame de Sancy qui vint, au commencement du printemps, la voir entre deux courses d'affaires la trouva très changée et le lui dit : \u2014 Ma chère petite, vous avez tout à fait l'allure de quelqu'un que guette l'anémie.Si Mlle Moreau y consent, je vous enlève ! Préparez votre malle, les jumelles seront ravies de vous avoir comme compagne.Je vous attendrai demain soir au train de neuf heures.Mlle Moreau qui était invitée à passer quelques jours en Seine et Marne chez une cousine accepta d'emblée la proposition de Madame de Sancy.Mayotte prit donc sans aucun regret le chemin de Kerdiret.Là il lui parut retrouver une famille, un foyer ! Elle aimait le Comtesse, cette femme exquise au cœur généreux, les jumelles affectueuses, gaies, bruyantes, et si pleines d'entrain qu'en d'autres temps Mayotte les eût trouvées fatigantes, mais leur exubérance mettait en son cœur endolori un regain de jeunesse.Elle avait craint à Kerdiret d'être obsédée par le souvenir de Philippe.et chose curieuse, imprévue, ce fait redouté ne se produisit pas! Dans cette maison où il avait vécu, dans le salon, le fumoir où sa photographie se rencontrait partout, elle ne le sentait plus près d'elle, et son souvenir était sans amertume.Elle pensait à lui comme à un ami prématurément disparu, que l'on a beaucoup pleuré, qui vous a coiité une cruelle déception, mais qu'on n'accable pas parce qu'il n'est plus là pour se défendre, et dont l'image ne laisse plus au cœur que la mélancolie de l'absence éternelle, bientôt suivie de l'inévitable apaisement du temps.de l'oubli ! Si Philippe était mort elle eût conservé le droit de le pleurer.Elle ne se croyait pas autorisée à jouir de cette consolation et se refusait impitoyablement tout retour sur le passé qui eût amolli son courage.Elle n'ignorait pas que la faiblesse humaine doit éviter sous peine d'y succomber la tentation dangereuse cachée sous le voile séduisant du rêve.Nourrir son esprit de chimères, d'impossibles visions de ce qui aurait pu être et n'a pas été, retire à l'âme toute l'énergie, toute la force dont elle a besoin pour lutter sans défaillance.Mayotte s'attacha à la vie à la fois luxueuse et simple de Kerdi- ret aux interminables promenades en Cuisez ce Roulé aux Oeufs \"MAGIC\u201d\u2014il est délicieux! 2 tasses farine 4 c.à soupe lait 4 c.à thé Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d 2 c.à thé jus de citron 15 c, à thé sel 3 c, à thé oignon haché fin 4 c.à soupe shortening 2 c.à soupe persil haché 1 oeuf 2 c.à soupe piment vert haché 15 tasse lait 1 c.à thé moutarde en poudre 5 oeufs cuits dur Sel, poivre, paprika Tamisez ensemble les 3 premiers ingrédients.Ajoutez le shortening; mélangez bien avec une fourchette.Battez l'oeuf légèrement dans une tasse à mesurer; ajoutez du lait aux 3{ de la tasse et ajoutez au premier mélange.Roulez sur planche enfarinée en une feuille 8 pouces de long et !4 de pouce d\u2019épais.Hachez les oeufs cuits dur et mélangez avec le reste des ingrédients.Etendez également sur la pâte.Roulez comme gâteau roulé à la gelée et cuisez à four chaud (425°F.) environ 30 minutes.Servez en tranches avec sauce béchamelle ou sauce au fromage.you un plat sans viande fait avec des ingrédients faciles a obtenir.Et si bien assaisonné, si délicieux que toute la famille s\u2019en régale à tout coup! 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Avec Mayotte en sombre amazone nous formons un trio charmant que tout le monde admire ! Et j'aime tant ma petite veste d'équipage ! Les paysans que nous rencontrons louchent dessus! Ce rouge.c'est chic! tape-à- l'œil ! \u2014 Noëlle ! Je te défends de parler argot ! \u2014 Ma petite mère chérie, ce sont mes frères qui me l'ont appris ! Et la jeune fille s'enfuyait en riant.II y avait trois semaines que Mayotte était à Kerdiret.Par un jour de pluie où elles n'avaient pu faire leur promenade habituelle les trois amies s'étaient réunies avec leur ouvrage dans la salle des Gardes.Madame de Sancy ayant à écrire était montée dans sa chambre pour être plus tranquille.Noëlle étirait dans tous les sens un informe tricot qui avait la prétention de figurer une brassière.Elle le montra complai- ramment : \u2014 La!.c'est mon futur petit neveu qui sera beau là-dedans ! \u2014 Pauvre malheureux ! dit Emma- nuelle, s'il n'a que ça à se mettre, je le plains! \u2014 Eh bien, après tout, je ne suis pas chargée de l'habiller cet enfant ! Sa mère n'a qu'à monter sa layette, si toutefois elle en est capable ! \u2014 Oh! Noëlle ! \u2014 C'est vrai, scandalise ! \u2014 Vous n'êtes pas charitable pour votre belle-sœur.\u2014 Ah! elle est trop « popotte » aussi ! \u2014 « Popotte » ?ce terme flatteur ?\u2014 Voyons, candide enfant.ca veut dire : pas dégourdie, empaillée, ra- plapla, moche, quoi! comme dirait Olivier ! \u2014 Noëlle ! veux-tu te taire! Si Maman t'entendait ! \u2014 Aïe ! c'est de la faute de Brigitte aussi! Autrefois elle était gent:lle.maintenant elle joue à la dame : le prix du beurre, la vie chère, les domestiques, voilà sa conversation intéressante ! Emmanuelle et Mayotte ne purent s'empêcher de rire.Encouragée par son succès la jumelle continua : Mayotte, je vous Qu'est-ce que \u2014 Comme c'est amusant pour un mari d'entendre ces doléances à longueur de journée ! Une femme pot- au-feu! Cela va bien mal à Gon- zalve qui est si snob ! Vous me direz qu'il est peut-être très heureux, soit ! Mais il m'est bien permis d'avouer que Brigitte n'est pas l'âme sœur de la mienne !.Ah! Mayotte, combien je vous eusse préférée !.Au fait, si Philippe ne s'était fait ermite vous auriez pu l'épouser ! Quel couple bien assorti vous eussiez été !.A ces paroles de l'étourdie, Mayot- te sentit le rouge de l'émotion envahir ses joues.Heureusement, ni l\u2019une ni l'autre de ses compagnes ne s'en aperçut.\u2014 Dis-tu des paroles inutiles ! ma pauvre sœur ! protesta Emmanuelle un peu choquée.e pauvre Philippe tout de méme! Je ne m'en serais jamais doutée, il devait être las du monde ! J'ai bien envie d'en faire autant et de partir pour le couvent des « ensevelies vivantes ».\u2014 Tu n'y ferais pas long feu ! \u2014 Tu crois?.C'est vrai, je me dis quelquefois que je pourrais tout aussi bien me marier, et je comptais sur Philippe pour me caser, car je ne veux qu'un marin.me voici bien lotie! Heureusement qu'il me reste Olivier ! Tiens! c'est le jour des lettres de ce bon garçon, je vais aller à la rencontre du facteur.Vous ne venez pas Mayotte ?\u2014 Non merci, il pleut à torrents ! \u2014 Vous avez peur de patauger, poule mouillée ! Allons, puisqu'il n'y a pas d'amateur je brave seule l'ondée ! Eclatant -de rire Noëlle courut dans le vestibule décrocher son grand manteau de drap gris clair, presque blanc, qui la faisait ressembler, assurait Gonzalve pour la faire mettre en colére, a un cuirassier allemand, elle enfila ses caoutchoucs et partit gaillardement sous la pluie jusqu'au bout de l'avenue.Flle revint bientôt après, rapportant triomphalement deux lettres : \u2014 Il y en a une pour Maman, je la lui fais monter, l'autre est pour moi, et s'asseyant sur la table commença à haute voix la lecture des feuillets bleutés couverts d'une microscopique écriture : Borda, dimanche 27 juin, « Chère vieille copine de mon cœur, \u2014 Est-il effronté cet Olivier ! Qui croirait cela sous ses dehors ingénus!.« Si tu savais combien je m'assomme ! J'ai eu la déplorable idée de me faire boucler pour mon dimanche, alors tu juges de l'amusement!.Pas de succulent déjeuner chez mes correspondants, pas de petite ballade avec les camarades dans la rue de Siam, pas de station au cinéma.chez le pâtissier ! Pour comble de bonheur le ciel déverse ses cataractes sur les pauvres mortels.« Il pleut dans mon cœur, comme il pleut sur la ville.» Je me console en pensant à mes vacances futures.Nous nous en payerons, dis, ma Noëlle ?« Figurez-vous que tout Brest est en effervescence ! Il va y avoir un meeting d'aviation, hydro-aéroplanes, miplans, monoplans etc.et savez- vous qui vient voler ?.Le célèbre, le fameux, le génial Caddnon.On s'apprête à le couvrir de lauriers et de fleurs.Comme j'ai de bonnes raisons pour supposer que sa gloire ne vous est pas indifférente je vous envoie des cartes postales de l'illustre ami de Philippe, et le grand programme des fêtes.Si vous n'accourez pas pour y assister c'est à ne jamais vous sortir de votre province, mes pauvres chères ! La Revue POPULAIRE « Ainsi vous recélez en vos murs cette idéale Mayotte qui avait fait ma conquête l'an dernier.Dites-lui que son image hante mes rêves et que, toutes les nuits, mon oreiller est baigné des pleurs que je verse en songeant que je ne pourrai jamais l'épouser, car, bien sûr, elle me trouverait trop jeune ! « Sur ce, « dearest me » affectueuses accolades de ton vieux frère, « OLIVIER.» A la lecture de cette lettre les trois jeunes filles furent prises d'un fou rire inextinguible.II y avait longtemps que Mayotte n'avait ri de la sorte.Elles examinèrent ensemble les cartes qui représentaient Cadd- non plus ou moins ressemblant.\u2014 Monsieur Caddnon est venu ici il y a une huitaine d'années, dit Em- manuelle, c'était pendant les vacances de Pâques.Mon Dieu ! qu'il était gai! Il paraissait si insouciant ! Il a fait son chemin depuis ce temps ! Noëlle frappa des mains.\u2014 Euréka ! Je viens de découvrir mon futur mari! Emmanuelle, j'épouserais volontiers Caddnon ! \u2014 Il ne voudrait pas de toi ! \u2014 Pourquoi ?suis-je donc si mal?interrogea la jolie fille en se regardant dans la glace avec une moue inquiète.\u2014 Et puis, en somme il est de naissance assez ordinaire.\u2014 Ca m'est bien égal, par exemple ! J'ai beau m'appeler Mademoiselle de Sancy, cela n\u2019'apprend rien à personne, tandis que si j'étais Madame Caddnon on se retournerait sur mon pasage, dans la rue, en disant : « C'est sa femme ! » \u2014 Alors tu n'as qu'à attendre qu'il te demande.\u2014 Je n'y manquerai pas, tu verras ; d'ailleurs cet hiver, il m'a proposé, si j'allais à Buc, de m'emmener comme passagère.\u2014 Le moment sera mal choisi pour une déclaration .\u2014 On la réserverait pour l'atter- risage! Mayotte, ma chère, vous serez ma seconde demoiselle d'honneur, je vous le promets ?! Mayotte essaya de rire, mais ce rire sonnait faux, et, tout le reste de la journée elle fit de vains efforts pour recouvrer sa sérénité.Un sombre souci qu'elle ne définissait pas envahissait son esprit.Le soir lors- quelle se retrouva seule et qu'elle se rappela les réflexions de Noëlle, elle sentit soudain une vague animosité contre la jeune fille.En nattant ses cheveux pour la nuit elle se disait : \u2014 Je ne sais vraiment pas pourquoi tout le monde trouve Noëlle si jolie ! Elle n'a rien d'extraordinaire ! Elle est fraîche, oui, mais elle deviendra couperosée, bien tournée, mais elle épaissira ! Et puis elle est trop gaie et bavarde, trop tapageuse ! Je préfère de beaucoup Emma- nuelle ! Oui, décidément, je n'aime pas Noëlle, et méme!.Oh! je crois que je la déteste ! Pourtant elle était trop loyale pour ne pas convenir de l'injustice de son ressentiment, et se demanda bientôt avec inquiétude : \u2014 En serais-je jalouse.par hasard?.Mais non, on n'est pas jaloux que de ce que l'on aime.et je n'aime pas Caddnon, je ne veux pas l'aimer et je ne l'aimerai pas ! CHAPITRE XIX AYOTTE reprit huit jours après la route de Paris.Madame de Sancy et ses filles l'avaient conduite en auto la veille au soir à Quimper ; elles passèrent la nuit à l'hôtel et l\u2019'embarquèrent de bonne heure dans le train le lende- me = ego EE AvriL 1943 main matin La petite créole fut confiée à une aimable douairière que connaissait Madame de Sancy, et qu'elle suivit, après les adieux déchirants des jumelles, dans un compartiment où étaient déjà deux messieurs.La vieille dame fit d'abord mille frais de politesse, prit ensuite un livre sur lequel elle s'endormit bientôt.Comme Mayotte n'avait rien de mieux à faire elle s'intéressa sans en avoir l'air à la conversation de ses deux compagnons de voyage.À certains termes dont ils se servaient, à certaines remarques qu'ils firent, elle s'apercut rapidement qu'ils étaient officiers de marine.Sa curiosité s'accrut.Ils devaient appartenir au port de Brest et parlaient de leurs bateaux, de leurs manœuvres.de leurs amis.\u2014 Est-ce que tu comptes t'absenter longtemps ?demanda l'un.\u2014 Non, je tiens absolument à rentrer pour le 14 juillet à cause des fêtes.\u2014 Crois-tu qu'elles seront réussies ?\u2014 J'en suis même certain! Avec Caddnon comme « great attraction » ce ne peut manquer d'être splendide.\u2014 Il recommence donc à courir ?\u2014 Je t'écoute ! un prix de 100,000 francs pour les hydros, un autre de 200,000 pour le record de la vitesse dans la traversée Brest-Plymouth, le jeu en vaut la chandelle ! \u2014 Il participera donc au deuxième engagement ?\u2014 Oui, sur un monoplan nouveau système.La maison B.vient de construire tout récemment un appareil qui marché extraordinairement vite ; les essais ont dépassé tout ce qui avait été atteint jusqu'ici.Mais, justement, en raison de son extrême légèreté ce monoplan est d'une stabilité moindre que les autres, et B.avait besoin d'un pilote a la fois audacieux et prudent pour le lancer.H n'a pas hésité à demander à Cadd- non d'inaugurer sa nouvelle découverte, et celui-ci a, naturellement, accepté.\u2014 Pourvu qu'il ne lui arrive pas d'accident ! \u2014 Cela, personne ne peut le prévoir ! D'après ce que m'a expliqué le mécanicien de G.l'aviateur que jai vu dernièrement à Issy, l'appareil que montera Caddnon pique facilement du nez lorsqu'il vente, sa stabilité n'est pas parfaite étant donné que la façon dont est placé le centre de gravité de l'appareil ne le facilite pas.Enfin, malgré ces réserves le constructeur dit qu'il n\u2019y a rien à craindre avec un pilote comme Caddnon qui connaît le métier, n'a peur de rien, et en a vu bien d'autres ! \u2014 Evidemment.Il a un sang-froid remarquable, mais il ne suffit que d'une fois.\u2014 Que veux-tu, c'est le revers de la médaille ! on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs ! Et l'officier changea le sujet de conversation.Mayotte était devenue toute pâle.Ainsi Serge allait courir un danger certain qui pouvait lui coûter la vie ! Dans quel but?.N'avait-il pas assez d'argent ?N'était-il pas assez célèbre ?Ah! pourquoi n'avait-elle pas le droit de le retenir, de lui dire: \u2014 Mais ne vous exposez donc pas vainement à une mort possible ! C'est de l'aberration, votre existence m'est chère, et je ne vous autorise pas à la risquer ainsi!.Elle fut triste tout le temps du trajet, et c'est le cœur plein de sombres pressentiments qu'elle débarqua à la gare où Mille Moreau l'attendait.Caddnon sortait du Ministère de la Marine où il avait été voir l'un de ses chefs.Il remonta la rue Royale de son allure lente et invariablement mesurée.Il examinait les magasins, admirant les choses qui en valaient la peine, s'arrétant comme un gamin à contempler des petites locomotives, des trains électriques, des autos, tous les jouets scientifiques qui l'intéressaient par leur mécanisme.La devanture d'un joaillier attira son attention.Il avait là de merveilleux bijoux ; des perles, des diamants à profusion.Caddnon se demanda : \u2014 Quelle pierre préfèrerait-elle ?des émeraudes, des rubis, des saphirs ?Aimerait-elle mieux un collier, des bagues, un bracelet ?.La pensée de Mayotte habitait perpétuellement son esprit et son cœur.ll l'avait tellement mêlé à sa vie, ne la séparant jamais de ses projets d'avenir, de ses craintes, de ses espoirs, qu\u2019il l'imaginait vraiment sienne, et que, au sortir de ses longues rêveries, il devait faire sur lui-même un violent effort pour se rappeler que ce n'était qu'un leurre et que la réalité était tout autre ! Ce grand rêveur, à force de vivre avec son rêve, devenait la victime de distractions qui fussent tombées dans le ridicule si elles n'eussent été touchantes à force de fidélité émue et tendre.C'est ainsi qu'un jour, au moment de se rendre à l'école d'électricité, il se surprit à se retourner vers l'imaginaire et invisible silhouette de la bien-aimée, et à dire à haute voix : \u2014 Sors-tu avec moi, ma chérie ?L'image de leur foyer était nettement tracée dans son cerveau.Il avait déjà choisi les meubles du salon, la couleur des rideaux, et dessiné le monogramme qui timbrerait I'argenterie.Dans telle occasion Mayotte porterait ce chapeau.cette robe, qu'il voyait de façon précise.Il avait, pour ainsi dire, prévu chaque détail de leur existence commune, c'était absurde et fou ! s'écrieront les sages, mais il y a de séduisantes folies, et, à défaut d'autre bonheur, en rêvant tout éveillé, Caddnon avait au moins la fugitive consolation de s'être cru heureux ! Après avoir lambiné devant les boutiques de la rue Royale il s'avisa de consulter sa montre et constata qu'il était cinq heures.Il partait le surlendemain pour Brest, un désir germa soudain en lui : T Si j'allais dire adieu à Mayot- te! Chez fui l'exécution n'était jamais loin de l\u2019idée, il appela le chauffeur d'un taxi qui stationnait près du trottoir et se fit conduire rue de l'Université.\u2014 Mlle Moreau?demanda-t-il a la concierge.\u2014 Ces dames sont sorties.\u2014 Ah!.Un soupir de désappointement s'échappa de ses lèvres, il n'avait pas songé à cela! Mélancolique, il repassa le seuil de la porte, avec cette sensation de dépit et de peine, à la fois, que l'on éprouve, lorsqu'on ne trouve pas chez lui l'ami très cher, impatiemment désiré ! Tout à coup, il relève la tête.Oh! joie! ce sont «elles» qui rentrent.Il les aborde et dit : \u2014 Je venais vous faire mes adieux.Mayotte qui était devenue toute rose pâlit un peu.Serge ne l'avait pas vue depuis son retour de Kerdi- ret.jamais il ne l'a trouvée si jolie! Mile Moreau proteste : \u2014 Mais vous allez monter ! Je ne vous tiens pas quitte de votre visite! Il ne se le fait pas dire deux fois et emboîte le pas derrière elle.En haut, dans le petit salon, sobrement meublé, il parle de son départ, de la course qu'il va éntreprendre.Mayot- Une brise suave d'avril, fraîche comme une pelouse sous l'ondée \u2014 Blue Grass d\u2019Elizabeth Arden est l'un des parfums les plus célèbres du monde.Après le bain .ou à divers moments du jour .pour que vous vous sentiez rafraîchie .enivrez - vous d\u2019une aspersion totale au métamorphosant Blue Grass Flower Mist.Connaissez l'enchantement que procure la douceur soyeuse de la Poudre Blue Grass Dusting.Et, finalement, le Parfum Blue Grass lui-même \u2014 le plus grand des succès d\u2019Elizabeth Arden.A Pâques, faire cadeau du Blue Grass d'Elizabeth Arden, c\u2019est faire don du Printemps lui-même.Blue Grass Flower Mist.Empaquetage de Pâques avec vaporisatevr.Poudre Blue Grass Dusting Blue Grass Flower Mist et Poudre Dusting {emballage de Pdques).$3.50 Parfum Blue Grass.$1.50 & $66.00 Dans les établissements les plus chic de chaque ville.41 Vous pouvez encore obtenir \u2014 et offrir\u2014 CHANEL Grâce à une prévoyance heureuse \u2014 vous pouvez encore obtenir dans vos magasins préférés les parfums Chanel, de renommée mondiale.Ces parfums, à la fois gais et délicats, sont partout la marque de l'élégance mo- derne\u2014le sceau du bon goût\u2014 pour cadeaux ou pour usage personnel.CHANEL PARFUMS ET EAUX DE COLOGNE Quatre odeurs exquises: No.5, Gardénia, Cuir de Russie, No.22, Parfums: 14 0z.$3.00 -10z.$10.00.Eaux de Cologne: 2 oz.$2.00, 6 oz.$4.00.te disparait et revient une minute apres tenant une petite boite : \u2014 Vous emporterez ceci en souvenir de moi, dit-elle, C'est une médaille de Notre-Dame du Platin, la patronne des aviateurs, elle vous pro- tègera.Il la remercie avec effusion.Elle ose à peine lui conseiller la prudence et il ne se résout pas à lui avouer que s\u2019il va, au péril de sa vie, gagner un peu plus de gloire, un peu plus d'or, c\u2019est pour elle la bien-aimée, pour qu'elle soit fière de lui et prononce enfin les paroles bénies qu'il attend depuis si longtemps ! Mais elle ne semble pas deviner le sentiment qui l\u2019a décidé à repartir à la conquête de l'air; lorsqu'il prend congé d'elle, elle a une physionomie calme et indifférente qui le navre.Et pourtant, quand elle a entendu la porte du vestibule se refermer elle a eu la tentation folle de courir après lui, de le retenir en l'implorant : \u2014 Ne partez pas! J'ai trop peur du danger auquel vous vous exposez! Si vous me quittez qui donc me restera!.Mais en vertu de quel droit l'em- pêcherait-elle de s'en aller ?.Elle ne l'aime pas, et il ne lui est rien ! Elle perçoit le déclanchement de l'ascenseur qui descend.C'en est fait, il a disparu ! et maintenant le reverra-t-elle jamais ! Alors elle se cache pour pleurer.Quand elle revient au salon Mademoiselle Moreau qui la voit abattue et démoralisée ne l'interroge pas.Sans que son élève lui ait jamais rien confié elle devine bien de quelle nature est le drame qui a bouleversé ce jeune cœur.Entre les deux, de Philippe ou de Caddnon, c'est celui-ci qui avait toutes ses préférences.Pour elle il personnifie la loyauté, la bravoure, la bonté, la sécurité, et elle s'attriste de voir la jeune fille ne pas répondre à l'amour si réelle de l'aviateur.Pourquoi Mayotte le com- prend-elle si mal ?Mystère ! CHAPITRE XX UIT heures sonnaient à la pendule de la chambre de Mayotte.Cette dernière termina l'agencement de sa toilette, jeta un rapide coup d'œil dans la glace pour s'assurer si toute sa personne respirait l'ordre parfait qu'elle souhaitait, et entra dans la salle à manger où Mlle Moreau venait d'arriver pour le petit déjeuner.Tous les matins les deux amies s'attardaient un peu a ce court repas familial, faisant leurs projets pour la journée, décidant une promenade, une visite dans un musée, etc.En même temps que le plateau contenant la chocolatière, les petits pains et le beurre, Anna, la domestique qu'elles avaient amenée de Qui- beron apporta le courrier.Il n'y avait pas de lettres, rien que des catalogues, ou des prospectus.Mlle Moreau déchira la bande du journal quotidien.Mayotte l'observait en lui demandant, selon son habitude : \u2014 Qu'y a-t-il de nouveau aujour- d'hui ?Mlle Moreau pâlit jusqu'aux lèvres.D'un air agité elle replia vivement le journal et comme la jeune fille faisait mine de s'en saisir, elle l'arrêta avec un geste inconsciemment brutal : ~ Laissez cela, Mayotte, ce n'est pas pour vous! ~ Comment ! pas pour moi! Mais je le lis tous les jours ! \u2014 C'est poussible, mais je vous dis qu'aujourd'hui il y a.ilya.quelque chose qui.que.précisément vous ne devez pas voir | Oui, c'est bien cela! ajouta-t-elle avec soulagement ; comme si elle eût été contente d'avoir enfin découvert le motif de cette défense intempestive.\u2014 Si vous voulez me faire plaisir, mon enfant, continua-t-elle plus doucement, vous n'ouvrirez pas ce journal.Vous me le promettez, dites ?.Mayotte se regimba pour la forme, puis, pour ne pas déplaire à son institutrice, se rendit à ses instances.Quelques instants après accompagnée d'Anna elle partait pour prendre sa dernière leçon de peinture.En route elle rumina un plan qu'elle ne fut pas loin de qualifier de génial! N'avait-elle pas découvert, en effet, que, sans désobéir à Mlle Moreau elle pouvait tout apprendre.Car elle n'était pas dupe du mensonge maladroit de sa vieille amie ; on voulait lui cacher quelque chose, et pourquoi?.dans quel but?Son cours était situé loin de chez elle, rue du Faubourg Poissonnière, elle prit un autobus qui là conduisit avec son chaperon sur les grands boulevards.Arrivée là elle dit à Anna : Regardez donc, Anna, comme il y a des gens devant les bureaux du « Matin » ! Il doit se passer quelque chose d'extraordinaire, tâchez de voir le journal, j'entre dans cette papeterie acheter des crayons, vous m'y rejoindrez.Anna était dégourdie, pas timide.elle joua des coudes, apprit ce qu'elle désirait savoir, et, fidèle à la consigne, revint quelques instants après, auprès de sa jeune maîtresse : \u2014 Ah, dame! Mademoiselle, il paraît que c'est un grave accident d'aéroplane ! Un aviateur qui vient quasiment de se tuer à Brest ! \u2014 Son ! .Vous avez lu son nom?\u2014 Dame non ! On mettait comme ça : «La chute de l'Aigle ».Mayotte crut qu'elle allait s'évanouir.Tout à l'heure elle le pressentait, maintenant elle en était sûre : Caddnon était mort ! Elle ne sut jamais, dans la suite, comment elle avait pu monter les trois étages qui menaient à son cours.Lorsqu'elle y arriva tout le monde s'entretenait du terrible événement.\u2014 Pauvre Caddnon ! disait une jolie, c'était mon préféré ! Je l'avais vu à Issy, au retour du Circuit International, il m'avait si gentiment signé des cartes postales ! jeune! est-ce dommage ! murmurait plaintivement une autre.\u2014 Et en arrivant vainqueur ! c'est encore plus triste, répliqua une troisième.Mayotte raffermit sa voix pour demander : \u2014 Il est mort ?\u2014 Vous n'avez donc pas lu le journal ?Non, mais il n'en vaut guère mieux : les deux jambes cassées, trois côtes enfoncées, l'épaule luxée, une blessure à la tempe ! Une vraie marmelade, quoi!.Mayotte frissonna d'horreur, pourtant elle voulait savoir! \u2014 Comment l'accident s'est-il produit ?\u2014 Voila.Vous n'ignorez pas qu'après avoir été vainqueur de la Coupe Cordon-Bennett pour les hy- dro-aéroplantes, Caddnon repartit avec un nouveau monoplan B pour la traversée Brest-Plymouth.A l'aller ce fut parfait, mais au retour, des vents contraires prirent son appareil en travers, et un remous le força à atterrir plus vite qu'il ne comptait.Le monoplan se brisa en mille morceaux ! Et il arrivait avec 1 heure 53 minutes d'avance sur ses concurrents ! quelle déveine ! Mayotte tenta d'accueillir la nouvelle avec un calme qu'elle était loin de posséder : \u2014 En effet, ce n'est pas de chance ! dit-elle, et elle parut tailler ses crayons avec une attention extrême.Lorsqu'elle revint rue de l'Université elle courut a Mlle Moreau : \u2014 Di La Revur POPULAIRE QU\u2019EST-CE?Qu'est-ce, la QUATRIEME DIMENSION de votre corps ?Comment contrôle - t-elle la ligne et le confort de votre silhouette ?Comment détermine-t-elle la satisfaction que vous obtenez d'un vêtement que vous achetez ?Votre Corsetière CHARIS est la seule personne qui puisse répondre à ces questions.Elle est la seule corsetière qui connaisse l'usage de ce procédé révolutionnaire dans l'étude des formes.Elle est la seule corsetière qui ne néglige pas votre QUATRIEME DIMENSION si importante.Téléphonez ou écrivez dès aujour- d'hui à votre établissement local CHARIS pour qu'on vous donne à domicile une démonstration gratuite du CORSET A LA QUA- TRIEME DIMENSION.Pas d'obligation de votre part.Ou servez-vous du coupon ci-dessous.Charis Lid., New Toronto, Canada Un modèle type de Charis muni des caractéristiques cachées d'ajustement.Dessiné de manière à répondre à toutes de- des de Corsets à la quatrième dimension.JU ED SED SSP we Si vous étes désireuse de devenir une J corsetiére CHARIS prière d'indiquer ici | Charis Ltd.Dépt.LRP-1, I New Toronto, Canada 1 S.V.P., m\u2019envoyer sans frais ni obligations, tous renseignements sur le CORSET ; LA QUATRIEME DIMENSION.1 Nom .eee one es ee mem § Adresse \u2026 | Ville eee ow.Prov.CHARIS DE MONTREAL 1117 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal, P.Q.221 Edifice Drummond Tél.: Plateau 3322 CHARIS D'OTTAWA 105 Edifice Birks, Tél.: 2-5179, Ottawa, Ont.CHARIS DE QUEBEC 251, rue St-Joseph, Tél.: 6567, Québec, P.Q.CHARIS DES TROIS-RIVIERES, P.Q.444, rue Des Forges, Tél.: 2626, Trois-Rivières, P.Q.Coupon d'abonnement LA REVUE POPULAIRE Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou $2 pour 2 ans (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou $2.50 pour 2 ans).IMPORTANT.\u2014 Veuillez indiquer d'une croix ( vellement.) s\u2019il s'agit d\u2019un renou- POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.875, rue de Bullion, Montréal, Canada a EJ mh.wo AvriL 1943 \u2014 Pourquoi m'avoir caché cette affreuse nouvelle! s'écria-t-elle d'un ton de reproche ?\u2014 Ma pauvre chérie ! vous savez donc!.\u2014 Ce que vous teniez tant & me cacher! Tout le monde en parle, vous pensez ! Mon Dieu! c'est terrible ! Mayotte retint à grand'peine ses sanglots.Mlle Moreau la considérait avec compassion, \u2014 Ah! s'il n\u2019était pas parti ! reprit Mayotte.Et dire que je suis peut- être cause de sa mort! car enfin, Mademoiselle, il m'aimait, et si nous avions été mariés nul doute que je ne l'eusse laissé s\u2019en aller! \u2014 Pourquoi donc ne l'avez-vous pas épousé ?\u2014 Pouvais-je l'épouser sans l'aimer ?.Il vaut mieux que cela ! Mlle Moreau ne répondit pas.Sa perspicacité habituelle était déroutée par cette logique imprévue.Son élève l'embrassa silencieusement, les yeux pleins de larmes qu'elle ne vouait pas verser, et se rendit à son petit bureau écrire une lettre pour Madame Dozier : « Ma chère Renée, «J'apprends seulement le terrible, accident survenu à ce pauvre Cadd- non, et j'en suis attristée ! Les journaux donnent à son sujet des détails assez contradictoires, pourtant tous sont unanimes à déclarer sa mort inévitable.« Ecrivez-moi vite les nouvelles que vous pourrez apprendre.À Brest vous en êtes à la source même.Que Dieu accorde à ce généreux et si brave cœur le repos éternel, je prie pour lui de toute mon âme mais bien tristement ! Est-il possible que je ne doive jamais le revoir! Son amitié m'était précieuse ! Je suis folle d'inquiétude ! « En hâte, bien vôtre, « MAYOTTE » Deux jours après elle recevait la réponse suivante : « Ma chère Mayotte, « Les hommes se trompent souvent dans leurs pronostics et le bon Dieu est tout-puissant! Rassurez-vous! Caddnon vivra, et les médecins espèrent même qu'il se rétablira relativement vite.Mon mari a pu le voir à l'Hôpital Maritime où l'on l'a transporté.Vous dirai-je que dans son délire c'était votre nom qu'il prononçait ?Cela vous redonnera du courage, petite amie.« Votre médaille n'a pas été une illusoire protection.Caddnon « devait » se tuer : un miracle l'a sauvé ! « Que votre amour achève sa guérison ! «Je vous embrasse « RENÉE DOZIER ».CHAPITRE XXI ADDNON reposait tranquillement dans la blancheur de ses draps.Maintenant que la fièvre n'obscurcissait plus ses idées il repassait dans sa mémoire les évêne- ments qui avaient précédé sa chute.D'abord c'était la course des hydravions, le départ des plages de Tréganat ou du Trez-Hir, la volupté de voler tour à tour dans l'air adouci de ces belles journées de juillet, ou de se poser et se mouvoir sur les flots bleus comme un grand oiseau docile et léger ! Sa victoire lui avait causé un réel plaisir, il ne se blasait pas encore sur la virtuosité de ces performances qui redonnait à son nom une gloire nouvelle.Ainsi lorsqu'il repartit sur le monoplan qu'il expérimentait il éprouva à nouveau le vertige de l'espace et de la vitesse, et oublia dans cette traversée hérissée de difficultés les soucis et les chagrins qui l'assiègeaient auparavant.Il avait quitté les rocheux abords de Brest, suivant à toute allure la route habituellement parcourue par les steamers (ceci était une des conditions du concours) et lorsqu'il atterrit sans encombres à Plymouth sur la belle promenade du Hoe, il éprouva alors toutes les joies ineffables du vainqueur.On le portait en triomphe, on le couvrait de fleurs, c'était de l'enthousiasme, presque du déli- rel.Le retour, le lendemain, fut sensiblement moins facile.Le vent s'était levé asez fort, bourdonnant dans les haubans, faisant fâcheusement cabrer l'appareil qui reprit pourtant en cours de route sa stabilité.Avant d'arriver à Brest, la brise qui avait paru céder reprit de plus belle et devint bientôt tellement forte que Caddnon se rendait compte qu'il n'était plus de taille à lutter contre ce redoutable adversaire et qu'il fallait atterrir à tout prix car il craignait de n'être plus maître de la direction, força la vitesse.Il n'était plus qu'à quelque mètres de la plage où le grand oiseau pourrait, espérait-il, faire quelques bonds et se reposer enfin, lorsqu'un remous l'emporta plus loin, près des rochers.Il vit qu'il allait s'écraser, remonta, et repartit dans la direction des champs qui surplombaient la mer.Impuissant à gourverner l'appareil Caddnon coupa l'allumage, mais il était trop tard, et le monoplan, descendant à une vitesse vertigineuse, vint se briser sur le sol.On n'attendait pas son retour aussi tot, de sorte qu'il n'y avait personne au moment de sa chute.Des paysans coururent chercher les membres du Comité des Fêtes, de l'A.C.F.qui ne se trouvaient pas très loin du lieu de l'accident.On dégagea des débris de son appareil l'aviateur qui ne donnait plus signe de vie ; une voiture d'ambulance fut mandée en toute hâte et on transporta d'urgence le blessé à l'Hôpital Maritime.C'est égal, se disait Caddnon, je l'ai échappé belle ! Voici la seconde fois en 8 mois que je manque de me tuer ! gare à la troisième ! Sur ces entrefaites on vint lui annoncer une visite : Monsieur Dozier demandait à lui faire ses adieux.Appelé au commandement de la canonnière «la Décidée » il allait faire partie de la division navale d'Extrê- me-Orient.Il ne voulut pas rester longtemps pour ne pas fatiguer le blessé qu'il avait, d'ailleurs, vu à peu près journellement depuis son accident.En le quittant il dit : \u2014 Ma femme m'a chargé de vous remettre ceci, en vous transmettant ses vœux de prompte guérison, elle espère que ce petit mot y aidera ! Ft comme Caddnon le regardait d'un air interrogateur il acheva en riant : \u2014 Mais oui, mon cher, il parait que de charmantes jeunes personnes s'intéressent à vous ! Lorsque Monsieur Dozier fut parti, Caddnon, de sa main valide, ouvrit l'enveloppe : elle contenait la lettre adressée par Mayotte à Madame Dozier!.Les femmes les meilleures ont parfois de ces traîtrises.Mayotte, passant tranquillement le mois d'août en fôrêt de Compiègne, était à cent lieues de se douter que la lettre dans laquelle elle avait avoué l'inquiétude (Lire la suite page 51) 43 SOYEZ Vive et FOURNISSEURS BREVETÉS Parfum \u201c Bond Street\u2019 \u2014 subtil, suave, irrésistible, $2.20 à 11,50.Poudre de Beauté Anglaise Yardley \u2014 délicatement imprégnée de parfum \u201cBond Street\u201d \u2014 vaporeuse, invisible, $1.25.Eh, bien! oui, rester jolie est essentiel.Et cela compte pour beaucoup dans l'art de bien faire et de faire vite.Cette beauté est rendue plus facile grâce à Bond Street, ce parfum de haut ton \u2014 à la Poudre de Beauté Anglaise Yardley, si fine et si caressante (et délicatement parfumée de Bond Street) \u2014 et aux autres accessoires de qualité comme les Produits de Beauté Yardley.SOYEZ TOUJOURS EN BEAUTE GRACE A LAVANDE ET PRODUITS DE BEAUTE 44 CLAM CHOWDER 1 chopine de ''clams\u2019\u2019 Va tasse d'eau froide 1 petite tranche de lard salé coupée en cubes 1 oignon 3 tosses de pommes de terre coupées en cubes 2 cuillerées à table de farine 2 tasses d'eau bouillante 2 tasses de lait sel et poivre Verser l'eau froide sur les «clams».Couler et réserver le jus.Enlever la partie dure des « clams,» hacher finement.Faire rôtir les cubes de lard salé et y faire revenir les oignons tranchés.Ajouter un rang de pommes de terre.Saupoudrer de farine, puis y mettre la partie dure des « clams » finement hachée, le reste des pommes de terre et de la farine.Bien assaisonner de sel et de poivre.Ajouter l'eau bouillante et laisser mijoter jusqu'à parfaite cuisson des pommes de terre, 14 heure environ.Ajouter le lait préalablement chauffé, la partie tendre des « clams » et le jus.Servir très chaud avec croûtons.BOUILLABAISE DE CHEZ NOUS 3 Ibs de poisson blanc : aiglefin, flétan et morue (1 Ib de chocun) V2 tasse d'huile à salade 1 tasse de homard 2 tasses de \u2018tomates 1 pinte de bouillon de poisson Va de tasse de vinaigre ou 1 tasse de vin blanc 2 poireaux 2 oignons 1 gousse d'ail Vs de tasse de piment rouge haché Va de tasse de piment vert haché Ya de cuillerée à thé de safran sel et poivre Chauffer l'huile et y faire revenir poireaux et oignons, ajouter les tomates passées, l'ail, le bouillon ou à défaut de l\u2019eau, et le poisson coupé en morceaux.Laisser mijoter 14 heure.Ajouter le homard.Bien assaisonner, ajouter le jus de 2 citrons et servir sur roties beurrées.Saupoudrer de persil frais haché.TRANCHES DE FLÉTAN FARCIES Avoir 2 belles tranches de flétan d'une livre chacune, étendre sur une de ces tranches la farce suivante : Faire cuire 2 oignons tranchés jusqu'à ce qu'ils soient tendres dans très peu d'eau.Ajouter 1 tasse de mie de pain pressée, 1 œuf légèrement battu, 2 c.à table de saindoux, sel, poivre et quelques bouquets de persil frais haché.Si la farce est trop liquide, il faut y ajouter un peu de mie de pain.Mettre par-dessus cette farce l'autre tranche de flétan, badigeonner le dessus de graisse et mettre quelques petites tranches de ard.Faire cuire au four de 350° F.1 heure environ.Servir avec croquettes de pommes de terre.SALADE DE HOMARD EN GELÉE Faire gonfler dans L4 de tasse d'eau froide | cuillerée à table de gélatine 5 minutes et la faire dissoudre en mettant le petit bol dans un plat contenant de l'eau chaude ou encore au-dessus de la vapeur.La gélatine dissoute a l'apparence d'un sirop et c'est à ce moment qu'il faut l'in- corporer-à l tasse de mayonnaise.Plats de Carême Par Mme Rose LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM.Ajouter à ce mélange 1 petite boîte de homard coupé en dés, | tasse de céleri taillé en filets, 1 tasse de pois verts, 1 cuillerée à thé d'oignon râpé.Vérifier l'assaisonnement et verser le mélange dans un moule en forme de poisson ou toute autre forme.Laisser prendre bien ferme et démouler sur un plat entouré de laitue et de persil.Les FiLers GRILLES Choisir des beaux filets, de poisson, les badigeonner d'huile ou de raisse fondue, les placer sur un gril Deurré et griller à four vif jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés.Si l'on n'a pas de grilleur, on les fait cuire à four très chaud de la même manière.Dresser sur plat chaud, garnir de persil et de citron et servir avec sauce hollandaise.Sauce HOLLANDAISE 1 tasse de sauce blanche moyenne 3 jaunes d'œufs 4 cuillerées à table de beurre le jus d\u2019un citron Faire la sauce d'après la méthode ordinaire, y incorporer délicatement les jaunes d'œufs en battant et le jus de citron.Eviter soigneusement que la sauce entre en ébullition.Si l'on a quelque crainte, opérer au bain- marie.FILETS D'AIGLEFIN À LA SAUCE TYROLIENNE 114 1b de filets d'aiglefin.Séparer en portions individuelles les filets passés dans du lait fortement salé {1 cuillerée à thé de sel pour !4 de tasse de lait), puis fariner légèrement.Faire chauffer de l'huile ou un autre corps gras au goût et faire rôtir le poisson jusqu'à ce qu'il soit bien doré.Le poisson est cuit quand la chair est Planche comme du lait.n'est pas suffisamment cuit s'il est transparent.Servir sur plat chaud accompagné d'une sauce tyrolienne.Sauce TYROLIENNE Bien mélanger : Ys de tasse de mayonnaise 1 cuillerée à table d'échalotes 2 cornichons finement hachés 2 c.à table de purée de tomates en conserves MoruE SALÉE À LA BASQUAISE Faire dessaler de la morue en la mettant dans un récipient sur un gril pour que le sel puisse tomber au fond.Changer d'eau 2 ou 3 fois.Autre méthode : Couvrir la morue d'eau froide, porter à l'ébullition, jeter l'eau et renouveler l'opération jusqu'à ce que la morue soit bien dessalée.Faire bouillir du lait, 3 à 4 tasses, dans lequel on a ajouté 1 gousse d'ail et un oignon tranché.Ne pas continuer l'ébullition.Fermer la casserole et laisser pocher la morue jusqu'à ce qu'elle soit bien tendre et ien blanche.Egoutter et servir sur plat chaud.Faire une Béchamelle avec le lait dans lequel la morue aura cuit, y ajouter 2 blancs d'œufs cuits durs.Masquer la morue avec cette sauce et couvrir de jaunes d'œufs passés au tamis.FiLers DE Poisson Farcis AUX CHAMPIGNONS 2 livres de filets de poisson V2 livre de champignons frais 2 cuillerées à table d'oignon finement haché 3 cuillerées à table de graisse 1 tasse de mie de pain 1 œuf sel et poivre Faire fondre la graisse et y faire blondir les oignons.Ajouter les champignons finement hachés puis le pain et l'œuf.Assaisonner de sel et de poivre.Réserver 8 champignons que l'on posera en garniture sur les filets roulés.Couper les filets en longueur de 6 à 7 pouces par 2 de largeur, couvrir de farce et rouler.Attacher avec une petite ficelle ou une brochette.Placer dans une lèchefrite et badigeonner d'huile ou de graisse fondue.Faire cuire au four de 400° F environ 25 minutes.Les champignons devront cuire en même temps que les filets.Enlever les ficelles, dresser sur plat chaud, garnir de persil et servir avec sauce tartare.SAUCE TARTARE CHAUDE Mélanger à une 14 tasse de Bécha- melle moyenne, 14 tasse de mayonnaise.Ajouter des cornichons hachés, du persil et des oignons crus hachés finement.Faire chauffer au bain-marie.Poisson Désossé ET Farci Prendre un aiglefin de 4 livres, couper tête et queue du poisson, fendre en 2 sur toute la longueur, enlever l'arête centrale, saupoudrer de sel, étendre une farce bien assaisonnée, recoudre les deux bords, déposer le poisson dans un plat de pyrex, badigeonner d'huile ou de beurre, garnir de quelques tranches de lard et LA Revue POPULAIRE cuire à four modéré, 350° F.1 heure environ.Retirer du four, préparer une belle purée de pommes de terre et, à l'aide d'une douille ou d'une fourchette, former des petites timbales, retourner au four pour dorer.remplir de petits pois verts et de carottes sautées.FARCE Faire chauffer 14 de tasse de graisse, faire revenir 3 oignons moyens hachés finement, ajouter 114 tasse de mie de pan et quelques cuillerées de lait pour humecter la farce.Lier avec 1 ceuf et bien assaisonner.BouiLLoN DE Poisson Lever les filets sur un poisson, réserver l'arête, la tête et mettre à cuire avec Î pinte d'eau froide, 1 oignon, 1 feuille de laurier, 1 carotte, quelques branches de céleri et 1 cuillerée à table de sel.Laisser mijoter 1 heure.Couler et y ajouter 14 de tasse de riz bien lavé.CROQUETTES DE MorUE Effciller 2 tasses de morue cuite ou awre poisson.Hacher finement 2 oignons moyens et les faire sauter dans de la graisse chaude : 2 cuillerées à table.Ajouter 2 tasses de pommes de terre réduites en purée.Bien mêler le tout et lier avec 2 œufs.Assaisonner de sel et de poivre.Eten- dre la préparation dans un plat beurré et laisser refroidir parfaitement.T'ailler des carrés, fariner légèrement puis passer dans un œuf battu avec 2 cuillerées à table de lait puis ensuite dans de la chapelure.Faire frire à la poêle dans de la graisse bien chaude.PÂTÉ AU SAUMON Beurrer généreusement un plat à gratin.Y mettre 1 livre de saumon cuit à la vapeur, 3 ou 4 pommes de terre cuites et coupées en cubes, 3 œufs cuits durs taillés en rondelles.Verser sur le tout 2 tasses de sauce Béchamelle moyenne.Couvrir tout le dessus de biscuits à la poudre à pâte, saupoudrer de fromage râpé.BiscurTrs À LA PouDRE À PÂTE Tamiser de la farine, en mesurer 115 tasse et tamiser de nouveau avec 3 cuillerées à thé de poudre à pâte et 145 cuillerée à thé de sel.Y ajouter 3 cuillerées à table de graisse.Bien mélanger à la farine à l'aide d'un appareil spécial ou de deux couteaux.Délayer avec 34 de tasse de lait jusqu'à obtention d'une boule molle.\"l'ravailler légèrement sur la planche farinée, étendre à l'épaisseur d'un 145 pouce, badigeonner la pâte de beurre fondu, saupoudrer de fromage râpé, rouler et découper en rouelles d'un pouce.Cuire au four de 425° jusqu'à ce que les biscuits soient bien levés et dorés. Geb.em dan be mit ab nt ee me SLs dee \u2014 \u2014-\u2014\" \"tb ae \u2014\u2014 mh sme 0 \u2014- AvriL 1943 ry\u201d ie Préparé pour une grande famille, par Martha Logan, Experte en Economie Ménagère de Swift, suivant les Règles d'Alimentation Officielles du Canada.Utilisez ce qui restera de l\u2019agneau tel que suggéré ou Faites-en un des délicieux plats décrits dans le nouveau livre de cuisine de Martha Logan, intitulé \u2018Viandes\u2019, que vous pouvez avoir pour 10\u20ac.Ecrivez à Swift Canadian Co.Limited, Dept, E-3, Toronto.ce repas comprenant de LAGNEAU PREMIUM SWIFT Et vous ferez de dons plats avec les restes\u201d 1.N'\u2019est-il pas appétissant\u2014ce Gigot d'Agneau Premium Swift avec cette jolie garniture?Tendre, juteux, savoureux, l'agneau qui porte la marque Premium Swift a été sélectionné pour vous par des experts en viandes.Nous nous rendons compte, qu'en ce moment, vous ne pouvez pas toujours trouver de l'Agneau Premium Swift.Mais, quand vous le pouvez, vous trouvez tous les morceaux aussi délicieux les uns que les autres.Et il fournit des protéines de qualité supérieure; des vitamines B; et des sels minéraux essentiels.Pour la garniture, faites des tranches de carottes de 2 pouces avec le pèle-patates; fixez-y des olives noires avec des morceaux de cure-dents de % pouce, 2.Le riz est vraiment délicieux avec la sauce de l\u2019agneau! Un changement agréable, et un aliment ème a la CTEM Te l'orange ¥RESTES .Utilisez-les pour un ragoût d'agneau, des croquettes d'agneau, des sandwiches d'ag- énergétique.Les pois à la crème plaisent à presque tout le monde, Les Règles d\u2019Alimentation Officielles du Canada recommandent deux portions par jour de légumes feuillus, verts ou jaunes.3.Ayez soin d'acheter du pain Approuvé par le Canada, pour sa vitamine B,.Le beurre est une source importante de vitamine À, 4.La salade de chou cru croquante fournit une consistance différente et beaucoup de vitamine C.Le cresson de fontaine et le piment vert donnent du goût et des vitamines.Pour une bonne sauce sans huile: faites dissoudre 4 tasse de sucre et 1 cuillerée à thé de sel dans JA tasse de vinaigre dilué avec l4 tasse d\u2019eau.Versez-y, en remuant, % tasse de la crème.5.Trois aliments très nourrissants\u2014lait, oeufs, et jus d\u2019orange\u2014entrent dans la composition de la Tarte à la Crème à l\u2019Orange.Comme breuvage aux repas, donnez toujours du lait aux enfants, Si les grandes personnes boivent du café ou du thé, voyez à ce qu\u2019elles consomment leur chopine de lait quotidienne d\u2019autres façons.\u201cMANGEZ CES ALIMENTS TOUS LES JOURS!\u201d neau haché, Et essayez aussi ce blat principal: Faites dorer 1 c.soupe d\u2019oignon haché et 1 c.soupe de céleri haché dans 3 c.soupe de graisse.Ajoutez 2 c.Be po pe pe soupe de farine; mélangez.Ajoutez 2 tasses de tomates, 1 C.à soupe de piment vert haché, % c, à thé desel, 4c.athédepoudre chili, 14 à 2 tasses d'agneau cuit coupé en dés, et 1 tasse d'eau.Faites cuire lentement pendant 10 minutes.disent les Services dd\u2019 Alimentation du Gouvernement Pédéral VIANDE, POISSON, etc.\u2014 Une portion par jour de viande, poisson ou volaille, Foie, coeur ou rognons une fois par semaine.FRUITS=Une portion par jour de tomates ou d'un fruit du genre citrus, ou du jus de tomate ou de fruits du genre citrus, e?une portion d'autres fruits, frais, de conserve ou secs, LEGUMES (ainsi qu'une portion de pommes de terre) \u2014 Deux portions par jour, de préférence des légumes feuillus, verts, ou jaunes, et souvent crus.PAIN-Quatre À six tranches de Pain Approuvé par le Canada.Pain bis ou pain lanc.Une portion de céréale complète.LAIT\u2014Adultes: % chopine.Enfants: plus d'une chopine.Du fromage, lorsque vous en trouvez.OEUFS\u2014Au moins 3 ou 4 par semaine, 45 Servez sur du riz cuit chaud ou A CELA, AJOUTEZ TOUT CE QUE VOUS VOULEZ des nouilles.(6 portions).La SWIFT CANADIAN CO., LIMITED, organisation connue dans tout le Canada, se consacre a la conservation et a la repartition efficace des ressources alimentaires du Canada. DE L'AUBE au crépuscule et du crépuscule à l'aurore, le sifflet d\u2019une locomotive perce le silence, et vous savez qu\u2019un train est en route.C\u2019est un cri de victoire lorsqu\u2019il file, chargé de troupes, à la rencontre d\u2019un convoi.C\u2019est un cri impérieux lorsqu'il a dans ses flancs un chargement précieux de tanks, de canons, de matériel de guerre, fabriqué très souvent par les chemins de fer eux-mêmes.C\u2019est un cri d\u2019allégresse lorsqu\u2019il transporte à l\u2019usine la matière première dont s\u2019alimente notre industrie de guerre.C\u2019est un cri d\u2019exultation lorsqu\u2019il expédie des aliments, du combustible, toutes sortes de CANADIEN NATIONAL produits essentiels aux quatre coins du Dominion.Vous l\u2019entendez, cet appel puissant du rail?C\u2019est la voix de la plus vaste industrie de guerre au pays, la voix de vos chemins de fer.Une voix fière?Sans doute.Seuls les chemins de fer sont en mesure d\u2019effectuer ces transports massifs; ils servent aussi efficacement la nation en temps de guerre qu\u2019ils la servaient en temps de paix.Les chemins de fer n\u2019ont pas été pris au dépourvu.Ils étaient prêts au début de la guerre à mobiliser leurs ressources pour la victoire.Ils seront prêts à servir de nouveau le pays\u2014 un pays grandi par l\u2019épreuve\u2014lorsque la paix reviendra.PACIFIQUE CANADIEN Ha verres dan a quene CORAUNZ dano Ga pad > AvriL 1943 pas de veines.ll se compose essentiellement d'un organe propulseur, un cœur dorsal duquel partent des at- tères d'où s'échappe le sang pour se sanguines entourant tous les organes et les divers tissus.Collecté\u2018ensuite dans une chambre ventrale, il va aux branchies où il se débarrasse de % l'anhydride carbonique et revient dans la cavité qui entoure le cœur : d'où il recommencera son cycle.Le sang du homard est incolore, ;, mais le pigment respitatoire qu'il ren- ,.ferme, l'hémocyanine, à base de cuivre, bleuit au contact de l'air.% \u2018 Une paire d'ovaires ou de testicules, selon le cas, placés dorsalement ~ déversent leurs produits par des ;.pores externes s'ouvrant à la base > > ER / des troisièmes paires de pattes tho- »\u201c taciques chez la femelle, des cinquièmes chez le mâle.Voilà un caractère sexuel distinctif auquel : s'ajoute la structure des premiers \u201c appendices abdominaux qui.sont, \u2018.chez le male, transformés en appa- \u2018reils copulateurs et presque nuls, / chez la femelle.\u201cDans l'acte sexuel, le mâle dépose \u201cde Pers près des pores génitaux de % la femelle où il fécondera les œufs dès leur émergence.La femelle pond tous les deux ans une énorme quantité d'œufs, environ \u2018dix mille, solidement liés entre eux \u2018 par une épaisse sécrétion qui les fixe / aussi aux pattes abdominales, où ils \u201c seront incubés, douze -mois durant.Libérés dans l'eau de mer, les larves \u201c qui sortent de ces œufs et mesurent \u201d à peine un tiers de pouce, ne ressemblent pas du tout à un homard.Ces \u201c larves subiront encore plusieurs / transformations et ce n\u2019est qu'à la trième qu'elles prendront l'allure \u2018un petit homard de un demi-pouce.\u201c Sur les dix mille œufs éclos, quatre \u201c ou cinq seulement parviendront au \u201c stade de homard adulte.\u201c Pour croître, grandir et grossir, notre crustacé n'est-il pas handicapé \u201c par sa dure carapace ?\u2014 Il le serait, \u201cen effet, s'il ne s'accomplissait chez- lui un phénomène extrêmement intéressant, celui de la mue.C'est ainsi qu'à des intervalles réguliers, fréquents dans les premiers âges, et plus espacés, soit annuels, quand il est a: \u201cse sentant plus vulnérable.LE HOMARD (Suite de la page 18) plus vieux, \u2018le homard doit rejeter son armure devenue trop étroite et s'en fabriquer une autre adéquate à ; ses nouvellés proportions.\u2019 répandre librement dans des cavités - # Quand il se prépare à muer, notre chevalier n'est pas sans peur.Devenu nerveux, craintif, se cache dans les anfractuosités des rochers, Pour muer, il se jette sur le côté ; le vieux bouclier se soulève doucement et l'animal en sort revêtu d'un nouveau.Après quoi, il mange les débris de la vieille carapace pour se faire des réserves de carbonate de chaux et de phosphate à même lesquelles s'édi- flera sa prochaine armure.La coloration du homard, qui est plutôt d'un vert assez foncé mouche- taché de rouge est due à la superposition de nombreux pigments.L'eau bouillante les fait dis sauf le rouge.Voila pourquoi il nous apparait sous la rutilante couleur qu nous lui connaissons bien.- La pâte du homard si délicieuse qu'on utilise pour les sandwichs n\u2019est autre que le foie additionné des glandes génitales.: Le homard est un géant parmi les crustacés dont la presque totalité des espèces ne dépassent guère un demi- uce de longueur.Ils sont si nom- reux déns les océans qu'on les a surnommés \u2018les insectes de la mer.\u201d Dans le Bas-du-fleuve, le golfe et la Baie des Chaleurs, on pêche l'espèce dite américaine.Cette pêche se ait au moyen d'une trappe spéciale mesurant trois pieds de long, au fond de laquelle on dépose, comme appât, soit une tête de morue, soit un hareng entier.Cette pêche est moins intense qu'elle était naguère, diminuée par l'excès qu'on en a fait.Espérons qu'une sage législation saura protéger, dorénavant, notre chevalier, intéressant, non seulement par le commerce qu'on en peut faire et par la saveur délicate qui lui est particulière, mais aussi par son modus vivendi \u201d.Désormais, nous saurons à quel individu nous avons affaire, n'est-ce pas, quand nous dégusterons l'affriolante chair rouge du homard.MARCELLE LEPAGE-T'HIBAUDEAU- LA BRODERIE (Voir l\u2019article page 48) mans por Mme de Bellefeuille.LE TABLEAU .DES COULEURS du bonnet de bébé présenté ce mois-ci à nas jeunes ma- paraître tous, \u201cJ'ai enfin découvert un nettoyeur à la fois rapide et non-graveleux! \u201cVitesse et sûreté\u201d.nettoyeur.Et c\u2019est ce que vous obtenez chaque fois que vous voilà ce que toute femme exige d'un vous servez de Bon Ami.Car Bon Ami ne contient pas de matière graveleuse ou d'alcalis violents qui égratignent et ternissent la porcelaine, la rendant difficile à nettoyer.Voilà pourquoi Bon Ami est aussi sûr qu'il est rapide et efficace.Vous aimerez la facilité avec laquelle il polit tout en nettoyant.Bon Ami gardera votre baignoire propre et brillante.\"ET C'EST UNE AIDE PRÉCIEUSE DANS LA CUISINE!\" Pour nettoyer l'évier en un tour de main, Bon Ami est insurpassable.Et souvenez-vous que, même si vous nettoyez votre évier trois fois par jour, vous n'avez jamais à craindre que Bon Ami égratigne la porcelaine.ord n\u2019a pas encore égratigné!\u201d Bon Ami (FABRICATION CANADIENNE) 4 8 Par Mme DE BELLEFEUILLE E RAVISSANT petit bonnet de bébé, brodé avec de la soie, assemblé avec de la dentelle et garni de choux en ruban, est l\u2019un des plus jolis cadeaux que l'on puisse offrir à un nouveau-né.L'organdie légère, le crêpe de Chine, le piqué ou la flanelle, en blanc, rose ou bleu conviennent également à la confection.La doublure doit être taillée en suivant le même tracé qui a servi pour le bonnet.De la valenciennes blanche ou un ruché cousu à l'intérieur de la bordure au point de feston sont d'un très joli effet.Faire deux choux en ruban que l'on coudra chaque côté et laisser denx longueurs de 12 pouces chacune pour les attaches.MANIÈRE DE PROCÉDER : Plier le tissu en deux et appliquer les flèches sur les plis.Glisser à l'intérieur le papier carbone replié.Dessiner alors avec un crayon à mine ronde.Les modèles peuvent servir maintes et maintes fois pourvu qu'on ait soin de ne pas percer le papier en dessinant d'une façon trop appuyée.Mme DE BELLEFEUILLE, 60, Bord du Lac, Valois, P.Q.Veuillez m'envoyer les articles suivants : O Papier carbone jaune ou bleu pour tracer _ .10 cents D Soies de couleur pour la broderie .\u2026 __ \u2026 \u2026 10 cents O Ruché blanc pour un bonnet - \u2026 _ .\u2014 \u2014 _ 30 cents O Ruban blanc, rose ou bleu, la verge ._ _._.__ 5 cents Nom FE ess Adresse eee Localité Loan eee eee Province __._.\u2026.\u2026\u2014.\u2026.\u2026 La Revue Populaire \u2014 avril 1943 PLISSEZ CETTE LIGNE POINTILLÉE + La Revue POPULAIRE 8; C da © AL.» ee 0 ~) f y J = INS 7 \\ X £ $ N 0 Q $ » Voir tableau des couleurs a la page 47.CE DESSIN REPRÉSENTE LA MOITIE DU PATRON.DOUBLEZ ICI LE PATRON.DOUBLEZ [c/ \u2014> AvriL 1943 4586 \u2014 Robe pour jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 18.Tissu requis pour la grandeur 12 : 27% v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.Prix : 20 cents.4595 \u2014 Blouse et jupe pour jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 18.Tissu requis pour la randeur 14 : la blouse, 174 v.de 35\u201d ou 39\u201d.a jupe, 214 v.de 35\u201d ou 134 v.de 39\u201d.Prix : 20 cents.ORIGINALITÉ, JEUNESSE 4597 \u2014 Robe deux-pièces, pour adolescentes, dans les grandeurs 11 à 18.Tissu requis pour la grandeur 15: 414 verges de 35\u201d ou 234 verges de 54\u201d.Prix : 20 cents.4616 \u2014 Blouse et jupe pour jeunes filles, dans les grandeurs 12 a 18.Tissu requis pour la grandeur 16: la blouse, 214 v.de 35\u201d ou 2 v.de 39\u201d.La jupe, 154 v.de 35\u201d ou 39\u201d ou 7% v.de 54\u201d.Parties contrastantes : 133 v.de 357-39\u201d, 34 v.de 54\u201d.Prix : 20 cents.Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \u201cLa Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 College St.Toronto, Ont.49 50 Pour compléter la garde-robe 4592 \u2014 Robe deux-pièces pour jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 18.Tissu requis pour la à grandeur 12: 214 v, de 39\u201d ou 2% v.de 547.Prix : 25 cents.4594 \u2014 Robe, une seule piéce, pour jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 20.Tissu requis pour la grandeur 14 : 274 v.35\u201d ou 245 v.de 39\u201d, Prix : 25 cents.4609 \u2014 Robe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 20 Tissu requis pour la grandeur 16 : 314 v.de 39\u201d ou 244 v.de 54\u201d.Prix : 25 cents.4621 \u2014 Robe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 40.Tissu requis pour la grandeur 18 : 315 wv.de 39\u201d ou 2% v.de 54\u201d.Prix : 25 cents.La Revue POPULAIRE NT SI vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\", Dominion Patterns, Ltd, 489 College St., Toronto, Ont. AvriL 1943 COEUR EN FETE de son cœur échouait, après tant de péripéties, dans le portefeuille de Caddnon.Renée Dozier avait jugé \u2014 peut-être avec raison \u2014 que ce simple billet conçu sous uns impression de cruelle angoisse était le meilleur dictame que put, en ce moment, souhaiter le jeune officier ! .CHAPITRE XXII LLE Moreau et Mayotte venaient de rentrer à Paris lorsqu'un jour de la fin de septembre la jeune fille reçut de Madame Dozier une lettre qui l'émut profondément.Brest, 28 septembee, « Ma chère petite amie, « Voici déjà longtemps que vous ne m'avez donné signe de vie, de- viendriez-vous paresseuse?Vous mériteriez que je vous garde rancune et que je sois aussi silencieuse que vous, ce qui serait bien excusable de la part d'une mère de famille plus occupée que certaine jeune personne de ma connaissance.« Depuis le départ de mon cher Léon qui a reçu un commandement en Extrême-Orient, je suis désemparée, et comme un corps sans âme.Vous qui avez pu apprécier de quelle inlassable bonté, de quelle tendresse exquise m'entourait mon cher mari, vous devez deviner quel déchirement m'a causé cette séparation.C'est une souffrance qui de loin peut paraître supportable, mais qui, une fois le sacrifice consommé, vous réserve une source sans cesse renouvelée de cruels tourments ! «Enfin il faut bien se résigner, pourtant vous avouerai-je que j'ai des instants de faiblesse ! je me cache de mes chers petits enfants pour pleurer.Il m'a fallu tant de courage au moment du départ pour dissimuler à mon mari ce que j'endurais, que maintenant la réaction se fait et que, parfois, je suis triste à mourir.« Pourquoi, ma chère Mayotte, ne viendriez-vous pas passer quelque temps auprès de moi PVotre présence me ferait un bien immense, j'en suis certaine.Toto et Nénette parlent souvent de vous ; je ne leur ai rien dit de mon projet afin de ne point leur causer de déception si vous n'y souscrivez pas.Il est inutile d'ajouter que Mlle Moreau, si elle veut vous accompagner, sera la bienvenue.Mon appartement est suffisamment spacieux pour que nous nous y casions toutes.Je suis rentrée un peu prématurément à Brest après le dé- art de mon mari ; nous avions passé \u2018été au Conquet et le mauvais temps nous a en chassés.Depuis, il faut un soleil superbe, nous aurons encore de beaux jours, pressez-vous de venir en jouir, ma chère amie.«Je suppose que les faits divers du «Duquesne» vous intéressent toujours ; en voici des échos.« Madame PBrülier est revenue chez sa mère pour la naissance de son bébé; c'est un fils, et M.Brû- \u2018lier exulte de joie! J'ai revu aussi Madame Bucy qui s'est enfin décidée à venir faire son déménagement, elle ne pouvait conserver indéfiniment son appartement.Pauvre femme! je pense a tout ce que ce retour a de navrant, et je la plains de tout mon cceur.Caddnon est comple- tement rétabli.Il commande maintenant un sous-marin ; le petit Villard- Sonnois a obtenu d'être nommé comme second à son bord.(Suite de la page 43) « Voilà à peu près tout ce que j'ai appris en fait de nouvelles.Je vous le répète, venez vite, ma chère Mayotte ! Je garde de vous le souvenir d'une charmante petite amie que j'aime tendrement et que je désire beaucoup revoir.Ne craignez pas que mon intention soit de vous distraire malgré vous ; je vis en recluse, et nous parlerons toutes deux, vous de votre bien-aimé disparu, moi de mon cher absent.« À bientôt, n'est-ce pas ?Croyez à toute mon affection.« Renée DoOzZIER.» Lorsque Mayotte eut terminée la lecture de cette lettre elle la passa à Mlle Moreau.\u2014 Ce petit voyage vous sourit- il, ma chère enfant ?\u2014 Mais oui.si ce n'était la crainte de vous imposer encore un dérangement .Sh | moi, je ne vous suivrai pas! Madame Dozier aimera bien mieux vous avoir toute seule plutôt que de s'embarrasser de ma personne ! Mayotte voulut poliment protester.\u2014 Je suis dans le vrai, ma chère enfant.Soyez tranquille je ne m'ennuierai pas sans vous et je serai enchantée de vous voir tenir compagnie à Madame Dozier.Votre séjour chez elle vous fera du bien à toutes deux, il faut lui répondre que vous acceptez.Mayotte arriva donc à Brest dès les premiers jours d'octobre.Toto et Nénette furent si ravis de la voir qu'ils manquèrent, dit Nénette plus tard, «en avoir une attaque !.» Leur grande amie les promenait sur le Cours d'Ajot les jours de soleil, au Camp de Bataillle quand il faisait moins beau.Elle n'avait pas revu la vieille ville sans se rappeler les quelques semaines passées | année précédente alors qu'elle était, sem- blait-il, à l'apogée de son bonheur.Que tout cela lui paraissait loin déjà ! Son père, Philippe, le_« Du- quesne », FHippique ln.Etait-il même possible que cela eût vraiment existé ?Tant d'événements s'étaient succédés depuis ! Elle trouvait en Renée Dozier une âme d'élite qui la comprenait à merveille, savait respecter ses secrets, et ne quêtait pas ses confidences.Au début de son arrivée elle revit Cadd- non qui venait fréquemment chez les Dozier.Il était physiquement assez changé : moins jeune, plus viril, un peu détérioré aussi! La balafre qui coupait son front se violaçait encore sous l'action du froid, il avait une cicatrice au menton, et marchait de plus en plus mal.Ses yeux magnifiques gardaient seuls leur primitive beauté.Lorsque leur clair regard se posa sur Mayotte avec, pour la première fois, une expression qu'elle ne leur avait jamais vue, elle se sentit rougir et, mécontente d'elle-même, détourna la tête.Lui, ne parut pas s'apercevoir de sa confusion ; il lui parla en termes émus de la petite médaille qu'il conservait pieusement et à laquelle, disait-il, il devait sa préservation.Ce jour-là il ne resta pas longtemps en visite, mais il revint souvent ; bientôt Mayotte s'habitua à le voir chaque jour et trouvait cela très doux.Quand elle ne le rencontrait pas chez Madame Dozier elle avait toujours une course indispensable à faire au Grand Bazar vers cing heures, juste au moment où Caddnon, ponctuel comme un chro- \u2014 Restez active, confortable am 9.0 El ei oN ST-CE POSSIBLE ?Voici le jour que vous attendiez avec tant d'impatience .et vous voudriez rester au lit.vous voudriez que ce soit déjà demain.Ce devait être un si beau jour pour vous.l'inauguration de la salle de récréation que vous avez aménagée et décorée au camp.La danse ce soir avec Jean.Le corsage de timbres d'épargne de guerre .votre propre idée ! Et cependant, dans vos dispositions présentes, vous échangeriez tout cela pour une once de confiance ! Dire que d'autres jeunes filles ne se soucient même pas de ces vilains jours.pourquoi ne pouvez-vous faire comme elles ?Mais voici qu'une amie qui a passé la nuit chez vous.vous l'aviez oubliée.entre en coup de vent, et vous profitez de l'occasion pour \u2018\u2019quêter un brin de sympathie\u201d.Elle devine votre secret et vous dit que la sympathie ne vous aidera pas.mais que les serviettes périodiques Kotex vous aideront |.parce qu'elles sont plus confortables.Levez-vous et soyez confiante ! Et c\u2019est ainsi que vous avez appris que le confort, la confiance et Kotex vont ensemble | Parce que la Kotex est congue pour rester molle durant l'usage .très différente des serviettes qui ne sont molles qa premier contact.Ce n'est pas cette mollesse e neige qui disparait sous la pression.Et puis la Kotex assure votre tenue, votre maintien.Car de toutes les grandes marques, seule cette serviette a les bouts plats et pressés que nul ne soupçonne, parce qu'ils ne sont pas volumineux.Et pour plus de protection, la Kotex a un centre de sûreté à 4 plis \u2014 et pas de mauvais côtés pour causer des accidents | Vous savez maintenant pourquoi la Kotex est plus en vogue que toutes les autres marques rénnies ! C'est le moyen moderne et confortable de rester active chaque jour | \u2014avec la Kotex!\u201d 51 *Mar.dép.au bur.can.des brevets CE QUI EST PERMIS ?CE QUI NE L'EST PAS ?Si vous voulez savoir exactement ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter aux jours difficiles, écrivez aujourd'hui pour avoir la nouvelle brochure \u201cEntre femmes\u201d.Elle est écrite pour vous.Envoyez votre nom et votre adresse sur une carte postale à : Canadian Cellucotton Products Co.Ltd.Dépt.X3-3, 330 University Ave.Toronto, Ont. taches des cabinets avec la LÉSSIVE GILLETT = © Versez-y simplement de la Ÿ Lessive Gillett et la chasse d\u2019eau les fera disparaître à l'instant! 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L'accident de Serge lui avait fait faire un pas énorme dans la voie des conciliations.L'idée de l'épouser ne la révoltait plus, au contraire, seulement, pour apaiser ses dernières répugnances elle ajoutait : \u2014 Oh! dans très, très longtemps ! En attendant, elle voyait l'aviateur toujours avec un nouveau plaisir, et lui, bien que se félicitant de ce progrès très marqué, finissait par se lasser de voir ses affaires sentimentales avancer avec une telle lenteur.Un jour, ayant pris conseil de Madame Dozier qui disait : « Ceci ne peut pas durer ! il faut que Mayotte prenne une décision ! » I! précipita les choses et lui demanda a briile-pourpoint si elle avait l'intention de rester éternellement célibataire.Elle rougit, balbutia, s'embrouilla dans de soi-disant explications qui n'en étaient pas, et comme Serge lui parlait discrètement, mais clairement de son amour, des projets qu'il formait, elle finit par lui répondre.\u2014 Espérez ! Ce jour-là il la quitta le cœur en fête ! Cuarrrre XXIII AYOTTE en prononçant le mot qui engageait presque sa vie n'avait pu résister au pressant appel de Caddnon.Elle l'avait donné comme un encouragement bien fait pour dissiper les cruelles incertitudes dont il souffrait, mais ne prévoyait leur union que pour un avenir lointain.Elle simaginait ne pas aimer encore suffisamment le jeune lieutenant de vaisseau, mais le sous- marin qu'il commandait partit avec quelques unités de l'escadrille pour des exercices de six jours, et elle s'aperçut alors seulement du vide que lui causait son absence.Un soir qu'elle rentrait avec les enfants, ayant laissé Renée au salut à l'église des Carmes, la concierge la pria de bien vouloir monter le courrier de Madame Dozier que le facteur venait de lui remettre.En l'examinant distraitement Mayotte vit qu'il y avait une lettre pour elle.Elle entra dans le salon et regarda curieusement cette enveloppe d'aspect singulier, en épais papier gris, de provenance étrangère, l'adresse écrite de bizarre façon, avec des caractères malhabiles, comme déguisés à dessein.Elle retourna l'enveloppe en tous sens.\u2014 C'est pourtant bien pour moi! se dit-elle intriguée.Mademoiselle de Marignargues chez Madame Dozier .rue du Château Brest Elle se décida enfin à l'ouvrir.A l'intérieur il n'y avait qu'un mince feuillet de papier blanc sur lequel étaient formés, avec des lettres découpées dans un journal, les mots suivants : « Au moment ou vous allez épouser Monsieur Caddnon, un ami sûr croit devoir vous prévenir que votre fiancé est atteint d'un vice rédhibitoire.» C'était tout, pas de signature, aucun indice, la lettre anonyme dans toute sa laideur, l'insinuation lâche et malfaisante du poltron qui fuit la clarté de l'aveu, et se dérobe sous le couvert d'une bonne intention.\u2014 Ah! oui! pensa Mayotte, «l'ami sûr» on sait ce que c'est Elle n'avait pas été sans entendre parler de ces lettres que la malignité humaine crée dans tous les mondes, d'un bout à l'autre de l'échelle sociale, et pensa que Caddnon avait un ou une ennemie qui lançait à tout hasard n'importe quelle accusation sans rien préciser.Ta vie de l'officier s'étalait trop au grand jour pour qu'on piit lui supposer de louches compromissions.Elle savait fort bien qu'il était extrêmement sobre, ne touchait jamais une carte, et se dit, très calme : \u2014 Bah! ceci est l'œuvre de quel- qu'un que je gêne, le mieux est de n'y attacher aucune importance ! Son premier mouvement fut de déchirer la lettre perfide.Réflexion faite elle la garda, et comme Toto et Nénette fouillaient souvent dans ses tiroirs et dans son buvard, elle fit disparaître la singulière missive entre sa guimpe de tulle et son corsage.Et elle oublia l'aventure.Mais le soir, en se déshabillant, elle sentit d'abord le froissement de l'enveloppe qui tomba ensuite à terre et qu'elle dut ramasser .alors elle se souvint.\u2014 Pauvre Caddnon ! Quelle bassesse de l\u2019attaquer ainsi! .et déjà, dans son esprit, germa la sournoise insinuation : \u2014 Si c'était vrail.Elle repoussa cette pensée qu'elle jugeait indigne, mais le poison du doute était déjà entré dans son âme et lorsque, très tard, elle s'endormit l'odieux soupçon l'obsèdait : \u2014 Mon Dieu ! pourvu que ce soit faux!.Qu'y a-t-il?.Serge me trompe-t-il, et dans quel but?.Le surlendemain elle alla déjeuner à la Préfecture Maritime chez Madame de Saint-Luc qui avait également prié la jolie veuve Madame Bucy.Le déménagement de cette dernière était, paraît-il, bien compliqué puisqu'elle ne parlait pas encore de départ ayant, disait-elle, nombre de choses : papiers, bibelots, à mettre en ordre avant de rien entreprendre.Elle fut très aimable envers Mayotte qui la trouvait de moins en moins sympathique, et ne comprenait rien à ses protestations d'amitié.Geneviève de Saint-Luc regardait Madame Bucy de son air moqueur, et lorsqu'elles sortirent toutes ensemble après déjeuner pour prendre le café sur la terrasse, elle murmura à l'oreille de Mayotte : \u2014 Trop séduisante, trop sirène, cette belle dame-là, elle cherche à se remarier bien sûr ! Vers les deux heures Odette Brû- lier arriva, accompagnée de sa mère, de son mari, de son enfant et de sa bonne.Elle avait, en qualité de nièce de Madame de Saint-Luc, ses grandes et ses petites entrées à la Préfecture Maritime, et en profitait lar- ement, jugeant, non sans raison, que % jardin convenait à merveille aux ébats encore bien réduits de son jeune dauphin.Jacques était venu re- La RevuE POPULAIRE La guerre a diminué l'approvisionnement de fer-blanc \u2014 le verre la remplace.La saveur délicieuse et la haute qualité restent les mêmes .elles sont toujours dignes de votre choix et de votre préférence.LE SIROP CROWN BRAND Un des célèbres produits de The CANADA STARCH COMPANY, Limited NB-2 Comment soulager les DOULEURS de la FEMME Et s\u2019aider a regagner la résistance nécessaire Si, comme tant d\u2019autres femmes et jeunes filles, vous souîfrez de crampes, migraines.maux de dos, faiblesse, douleurs des \u2018\u2018irrégularités\u2019\u2019, périodes de cafard _\u2014 causés par des désordres fonctionnels mensuels \u2014 Commencez immédiatement \u2014 prenez le Composé Végétal Lydia E.Pinkham.Ce liquide bien connu, non seulement aide à soulager les douleurs mensuelles, il aide à soulager également l\u2019état de faiblesse et de nervosité.Ceci à cause de l'effet d\u2019apaisement que procurent ses racines et herbes efficaces à l'UN DES ORGANES LES PLUS EFFICACES DE LA FEMME.Pris régulièrement \u2014 le Composé Lydia Pinkham contribue à la réorganisation de 1a résistance contre de tels symptômes.Des milliers et des milliers de femmes nous ont fait part de plusieurs de ses bienfaits.De plus, un excellent tonique pour l'estomac.Vaut d\u2019être essayé! Fabrication Canadienne.AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film. sea AvriL 1943 chercher le trio pour le remmener à Toulon, expliqua-t-elle avec un grand luxe de paroles.Sa récente maternité ne paraissait pas lui avoir mis beaucoup de plomb dans la cervelle.Elle avait toujours l'air d'une gamine avec sa taille mince, ses jupes étroites qui découvraient des pieds de Cendrillon impeccablement chaussés, sa frimousse de porcelaine de Chine et ses mines de poupées ! Elle exhiba avec beaucoup d'humilité son premier-né, un bébé tout jaune, avec des yeux bridés et une touffe de cheveux raides, que Jacques, d'un air ravi, berçait en l'appelant : \u2014 Mon petit Mousko |! disant que sa femme avait lu trop de japonaiseries de Loti avant sa naissance, et que leur fils avait le vrai type d'un sujet du Mikado ! Odette était toujours au mieux avec Madame Bucy et lui faisait ses confidences pendant que Geneviève et Mayotte se retiraient pour broder et bavarder à l'abri d'un massif de fusains qui les dérobaient à la vue de leurs voisines.Quelques instants plus tard Cadd- non passa sur le trottoir, au-dessous de la terrasse.Entendant parler il leva la tête et aperçut Odette et Madame Bucy.Il salua; Odette se pencha un peu par-dessus la balustrade : \u2014 Ne parlez pas si vite, Caddnon, que je vous présente mon fils : et elle prit le bébé des bras de la bonne.\u2014 Le bel enfant, Madame ! Tout votre portrait ! \u2014 Oh! je n'en serais pas Élattée! se récria Odette avec une moue de dépit ! Vrai, je me croyais mieux que cela!.Il est si laid, pauvre petit! \u2014 Ce que je vous en disais était pour faire plaisir.Je croyais que les mères étaient toujours ravies que leur enfant leur ressemblât, mais j'avoue, rectifia Caddnon, qu'entre vous deux la ressemblance est loin , d'être frappante.\u2014 Ah! j'aime mieux cela! Vous avez fait de bonnes manœuvres ?\u2014 Excellentes, Madame.J'ai bien l'honneur de vous saluer, et l'officier s'éloigna.Mayotte et son amie ne s'étaient pas montrées.\u2014 Vous les avez entendues ! dit Geneviève mécontente, quel besoin de se faire remarquer et de quêter des compliments ! Heureusement que Monsieur Caddnon les a vivement expédiées ! Mayotte ne répondit rien.Elle ne s'attendait pas à revoir Caddnon si tôt et cela lui avait donné un petit coup au cœur.L'atroce inquiétude s'emparait à nouveau de son esprit : \u2014 Est-ce vrai?.n'est-ce pas vrai?.Elle affecta de s'intéresser outre mesure à l'ouvrage de Geneviève.\u2014 Oui, il est assez joli observa cette dernière, mais j'en ai fait un beaucoup plus réussi, c'ést une nappe à thé pour Marcelle, je vais vous la chercher, vous pourrez comparer.Mayotte resta seule dans son bosquet.Madame de Saint-Luc, la mère d'Odette et Jacques étaient rentrés au salon.La jeune fille inspecta machinalement le Champ de Bataille où circulaient des promeneurs.Un homme le traversait à ce moment.Les joues pâles, la peau collée aux os, le teint brouillé, le regard atone, la démarche hésitante, un pardessus tro large flottant malgré la douceur de la température autour de son corps amaigri, eût-on reconnu dans cette ombre de lui-même le petit Villard- Sonnois si pimpant et frais l'année précédente.Il s'appuyait lourdement sur sa canne, tout le buste penché en avant, comme écrasé par un fardeau trop lourd pour ses épaules.Il aperçut pourtant les deux jeunes hommes, et tira à peine sa casquette.\u2014 Oh, Oh!.remarqua Madame Brûlier lorsqu'il fut passé, le petit Villard m'a lair d'être en train de mal tourner, à moins qu'il ne devienne poitrinaire | \u2014 La faute à qui!.durement Gladys.\u2014 À qui?mais à lui-même.ou à personne, je suppose ! \u2014 Cet infame Caddnon nous renseignerait peut-être ! ayotte, épouvantée, dressa l'oreille.\u2014 Oh! infâme ! ma chère, vous employez de bien gros mots! Je crains que votre manque de connaissance de notre langue ne vous entrai- ne trop loin ! \u2014 Non, j'ai bien dit ! \u2014 Mais pourquoi cette épithète ?\u2014 Comment vous appeliez-vous l'homme qui s'acharnait à la perdition d'un autre ?\u2014 Vous n\u2019alez pas me dire que Caddnon pervertit Villard-Sonnois ?\u2014 Si, justement ! et je trouvais cela si révoltant! Vous ne saviez pas?Pourtant ce n'était pas un secret, et je m'étonnais que vous ne soyez pas plus mieux renseignée ! \u2014 Mais, Gladys, vous parlez par énigme ! Expliquez-vous ! \u2014 Ce était bien simple.Caddnon il est un.comment vous dites ?.invétéré, yes, fumeur d'opium, et il avait entraîné cette pauvre petite Villard-Sonnois qui est si gentil mais si faible ! \u2014 Oh! fit Odette, suffoquée, je n'ai jamais entendu dire cela, vous me stupéfiez ! \u2014 Il y a pourtant bien longtemps que cela se passait ; on pensait même, yes, indeed, que c'était le cause de son récent accident d'aéroplane, parce qu'il n'était plus maître de lui ! \u2014 C'est affreux! Je ne puis y croire ! \u2014 À votre aise, darling, mais moi si j'étais absolument sûr ! je les avais vus sortir de la fumerie ! Agir ainsi était abominable, aussi je le déteste ce Caddnon, il n'est plus un gentleman ! \u2014 Eh bien! moi qui avais l'intention de le marier à l'une de mes amies de Toulon ! \u2014 Vous auriez fait un joli coup ! J'espère qu'il ne se mariera jamais! malheureuse qui l'épouserait, quel sort serait le sien ! Si Mayotte n'avait été moins écrasée par ce qu'elle venait d'apprendre elle eût pu voir le regard de triomphe que Gladys jetait de son côté.On entendit le sable des allées cra- uer sous les pas de Geneviève.dette eut peur qu'on entendit les violentes apostrophes de Mme Bucy: \u2014 Taisez-vous, je vous en conjure, Gladys, vous parlez trop fort! Les choses que vous venez de me confier ne sont pas faites pour toutes les oreilles.\u2014 J'espère que vous n'en parlerez pas?\u2014 Soyez Chut! on vient ! Mayotte se demanda par la suite comment elle avait pu conserver assez de présence d'esprit pour parler posément de choses et d'autres avec Geneviève.Elle avait hâte d'être seule ! Elle quitta les dames de Saint-Luc, prétextant un rendezvous à quatre heures avec Madame Dozier, et rentra précipitamment rue du Château : Renée était sortie avec les enfants.Elle prit une carte et écrivit deux lignes qu'elle ne relut pas : interrompit tranquille.«Je sais maintenant tout ce que vous vouliez si bien me cacher.Dans ces conditions il est inutile que vous cherchiez à me revoir.\u2014 Adieu.M.de MARIGNARGUES.Elle mit un timbre sur cétte lettre qu'elle alla porter elle-même à la poste.Vogue .admiration .idylle! Voilà à quoi vous pouvez aspirer avec les fameux produits 33 de beauté de Demy .les Trois Secrets.CREMES - - - - 25¢ et 40¢ BÂTONS à lèvres et ROUGE 30¢ et 60¢ POUDRE pour le visage 25¢ et 50¢
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