L'événement, 5 novembre 1875, vendredi 5 novembre 1875
[" 2 \u2014 PRIX DE ÉDITION QUOTIDIENNE far an, {payable dances wo (pavable darant l'année).FOTrTON SEME-QUOTIDIENNE : Par an, (payable d'avance) «+ (puyable dasant l\u2019anvée).mecs voure Puur les États Uri.pauvable d'avance.Bureaux i Québec: No, I, rue Buade, à coté du Bureau de Poste, Feuilleton de L'ÉVÉNEMENT DU 8 NOVEMBRE 1875 L'ARGENT FATAL (moirs.) Le docteur Kskell le prin alors de décrire minutieusement, et par ordre, tout ce qu il avait fait depuis sept heures du matin, ce u'il avait fait depuis sept heures du matin, \u2014 ce qu\u2019il fit.Il l'examina ensuite sur la table de maltiplication ; enfin, comme il avait un faible pour les auteurs classiques : _ \u2014Veuillez me faire quelques citations de poètes latins, dit-il à Alfred.Uelui-ci s\u2019en tira à merveille ; mais, après avoir brisé une lance contre un axiome de son ami Horace : | \u2014Excusez-moi, monsieur, dit- il.Mais qu'est-ce que les poètes latins ont à faire dans la question qui nous occupe ?\u2014Continuez à me répondre d\u2019une façon aussi intelhigente, répliqua Eskell en souriant, et vous verrez qu\u2019ils ont beaucoup a faire dans cette question.Alfred saisit In balle au bond et répondit finement : \u2014 Mon observation a été faite à la légère.LI vasans dire qu'une personne de votre expérience peut se rendre compte de la aitu- ation mentale d\u2019un malade en lui faisant traiter le inème sujet le plus vulgaire.M.Abbott ( l'autre commissaire qui avait jasqu'ici supporté tout ce bavardage d'un air indif- férent et ennuyé, s'adressant alors au docteur ysherley : \u2014Je désirerais, dit-il, vous faire un ou deux questions en particulier.Alfred tut horriblewent efirayé c'était une tergiversasion de cette nature qui, à Silverton House, avait ruiné toutes ses espérances.\u2014Oh' non, inessieurs, s'écria- t-il d'aue voix suppliante, soyez justes envers moi.Vous ne m'avez pas donner «d'audience parti- rulière, pourquoi donc «en accorder une à mon adversaire # De quoi m'accuse-t-on ?D'avoir une labie, une seule.De grâce, abordez la chose de front et exami- nez-moi sûr ce point.\u2014C'est parler sagement, fit M.Abbott, comme si c'était Alfred qui eit choisi les autres sujets cle conversation.\u2014Mais cette question l'animera, dit Eskell ; elle les surexcite toujours.\u2014Elle surexcite les fous, \u2014 Mais non les gens doués de raison.Faites-en l'épreuve; vous jugerez si elle me surexcite, moi.\u2014 Alors, avant qu'ils pussent l\u2019in terrompre, il poursuivit :\u2014 L'hallucination dont ou suppose que je suis atteint est celle-ci: Je soupçonne fortement mon père, un banqueroutier,\u2014 ce qui ne plaide pas en faveur de son honnêteté, \u2014 d'avoir d'une façon ou d'une autre détourné à son profit une somme de quatorze mille livres sterling : cette somme, on le sail, a Été rapportée des Indes par un certain capitaine Dodd, et elle a disparu.\u2014Un instant, dit M.Abbott.Ce fait ost-il à la connnissance d'autres personnes que vous ?-Oui, toute la famille Dodd le conuaft, Jls vous montreront la lettre qae le capitaine leur a écrite des Indes, pour leur annoncer son retour avec l'argent.\u2014Où demearent-ils ¢ -A Albion-Villa, Barkington.M.Abott prit uote de l'adresse fUr son portefeuille.Alors Al fred, vivement encouragé pat cet acte de simple bon sens, continna à détailler les divers indices qui, pris séparément, n'eussent pas suffi à justifier ses soupçons, mais qui, réunis, l\u2019avaiont forcément smené à cette conclusion.Au moment où il racontait l'apparition de David dans le jardin de son pero, le docteur Wycherley l'in- lerrompit tranquillement : _\u2014Etes-voua bien sir que ce Wétait pas une.vision, un pur fantôme aorti de votro esprit,\u2014 le résultat de votre surexcitation °t de vos soupçons ?\u2014Dites moi, je vous prie, docteur, suis-je la seule personne qui Ale vu cette vision ?demanda À |- fred avec finesse.\u2014C'est mon opinion, répliqua Wycherley avec un admirable sourire.\u2014Mais pouranoi est-ce votre opinion?Parco que vous étes pn |il 6tudiait les divisions et les défi- de ces hommes dont la raison se meut dans un cercle d'idées pré- L'ABONNEMENT.\u2018vibduu soir-là, trois autres personnes que moi ont vu et touché le capitaine Dodd.\u2014Les noms ?demanda vivement M.Abbott.\u2014Un policeman appelé Reynolds, un autre policeman dont ignore le nom, et miss Julia Jodd.Les policemen m'aidèrent à relever le capitaine, monsieur ; Julia nous rejoignit à quelques {pas de là; et tous les quatre, {nous avons transporté ce qu'il plait au docteur W ycherley d'appeler le fantôme à Albion-Villa.M.Abbott, après avois inscrit tous ces noms, demanda an docteur Wycherley : \u2014Eh bien! qu'en dites-vous.\u2014Oertes, la déposition est très- importante, répondit cu dernier d\u2019un ton doucereux ; et je suis bien persuadé que mon jeune ami ne l'aurait point faite s'il n\u2019était fermement convaincu de la réalité de cette vision.\u2014Merci bien, docteur ; quant à vous vous ne me contrediriez pas aussi fémérairement sur un fait dont je possède tous les détails et que vous ignorez complètement, si ce n\u2019était pas votre habitude vonstante de baser les faits sur des théories au lieu de baser vos théories sur les faits.i Allons, c'est assez, dit M.Abbott.J\u2019enverrai quelqu\u2019un a Bar- kington pour interroger les poh- cemen et la famille Dodd.\u2014Oh! merci, monsieur, s'écria Alfred tout ému.Si vous procédez de cette manière-là, je ne resterai plus longlemps en pn- Bou.\u2014En prison ?tit le docteur Wycherley d'un ton de reproche.\u2014list-c6 que vous auriez à vous plaindre du traitement auquel vous êtes soumis dans cette maison ¢ demanda Eskell.\u2014Nullement, monsieur.Le docteur Wycherley est l'essence mème de l'humanité.Pour être heureux dans sa maison, il ne faut qu\u2019une chose, \u2014 être aliéné.Mais je ne suis point fou, je suis malheureux : il n'est pas de forçat, pas de galérien qui soit plus malheureux que mot, essiears, Et quel est mon crime.\u2014Bon, bon, dit avec houté le docteur Erkelle.il est probable, selon moi, que vous ne serez plas longtemps renfermé.Hs le congédièrent poliment : et, dès qu'il se fut retiré, ils prièrent le docteur Wycherley de leur exposer franchement son opinion.\u2014-Jl est presque guéri, répondit ce dernier ; vous en avez la preuve dans le calme avec le-; quel il peut traiter de sa lubie.Mais, dans un mois, il iran encore mieux.Ce fut un beau jour pour Al fred : il vit qu'il avait fait une excellente impression sur les commissaires ; et, comme un bonheur n'arrive pas toujours seul, aprés avoir maintes fois vainement tenté de faire parvenir une lettre à Julia, il découvrit ce jour-là une gardienne qui devait quitter la maison le lendemain.Moyennant une guinée elle se chargea de jeter sa lettre, a la poste.Oh ! quel honheur ' écrire à sa bien-aimée, décharger son cœur «t raconter ses tourments ! Réservant son courage pour ses ennemis, 1l baigna de ses larmce la feuille où 11 disait à Julia: * Je ne doute pas de votre constance, je juge de vos sen- timeats par les miens, je conçois que vous avez des mquictudes, mais des doutes, non !\u201d [enfin il terminait cette longue missive, pleine d'ardeur et de tendresse, en la suppliant de venir le voir, et, si l'entrée lui était refusée, de publier ses griefs dans les journaux et d'employer un avocat pour poursuivre devant la justi- Ce tous ses ennemis.Après avoir vainement attendu de jour cn jour la réponse, il commença a s'inquiéter vivement ; d\u2019aftreux doutes le torturèrent : \u201c Eh quoi! l'aurait-on prévenue aussi contre moi ?Quoi ! elle croirait que je | suis fou ?ou bien lui serait-il ar- ; rivé quelque malheur ?Peut-être me croyant mort, a-t-elle le cœur brisé ¢\" Jusqu'ici, ses propres tourments l'avaient presque absorbé; mais, dès lors, nuit et jour, il songes aux peines de Ju- 1a; et, maigré l\u2019acharnement avec lequel il préparait ses examens afin de ne pas perdre de temps et de ne pas tomber en démence, c'était une tAche pres.ue surhumaine ; de son sang palpitant s'¢chappaient des soupirs tandis que, le ceryeau tendu, nitions d\u2019Aristote.SAILIOL J fin - JOURNA Edileur- Propriétaire: 8.MARCOTTE deux commissaires se représentèrent : cette fois, M.Abbott prit le premier la parole pour lui annoncer que le policeman Reynolds avait quitté le service, et ue les Dodd étaient partis de arkington pour venir demeurer à Londres ; mais on ignorait leur adresse.Cette nouvelle agita beaucoup Alfred ; Julia vivait, Julia était peut-être à quelques pas de lui.À son tour, le docteur Eskell lui fit part du résultat de l'enquête spéciale qui venait d'être terminée.\u201cJe vous crois guéri\u201d, dit-il; \u201c quand à M.Abbott, il va meme jusqu'à douter que uotidienne\u2014 Vendre:l, VOUus nye jamais été atteint de folie.Nous nllons sur-le-champ déposer votre dossier devant la commission administrative, et la commission écrira à la personne qui à signé votre acte d'admission pour lui proposer de vous remettre immédiatement en liberté.Devant ce magnitique plan, Alfred perdit contenanee «1 ouvrit de grands yeux : ! \u2014Comment' tous n'avez pas le pouvoir de me rendre justice sans aller demander à l'injustice de vous prèter la main ?\u2014
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