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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2020-01-17, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CXI NO 7 / LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Et si un mineur demande l\u2019aide médicale à mourir ?PAULINE GRAVEL LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 MONDE Le procès de Donald Trump est officiellement ouvert A 7 WEEK-END Le livre au cœur d\u2019une trentaine de spectacles partout au Québec | B 1 ACTUALITÉS Il y a 100 ans, la prohibition, un mouvement de tempérance qui sera un des moteurs du féminisme | A 10 ENQUÊTE MÂCHURER Charest et Bibeau, les rois du financement La Cour suprême refuse d\u2019entendre l\u2019appel de l\u2019ex-argentier du Parti libéral du Québec, levant ainsi le secret sur des documents d\u2019enquête ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Des élus républicains et démocrates demandent à Washington d\u2019envisager un embargo sur les importations de crabe des neiges en provenance du Canada.Ils accusent cette pêche d\u2019être responsable des mortalités records de baleines noires.Québec juge ce scénario « inconcevable » et réclame l\u2019intervention d\u2019Ottawa pour protéger l\u2019accès à un marché vital pour les pêcheurs québécois, a appris Le Devoir.Dans une lettre adressée au secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, un membre de la garde rapprochée du président Donald Trump, quatre élus du Maine se portent à la défense de l\u2019industrie de la pêche au homard de leur État.Ils font valoir que les mesures de protection de la baleine noire de l\u2019Atlantique Nord imposées depuis plusieurs années aux pê- cheurs américains ont permis de sauver l\u2019espèce de l\u2019extinction, mais aussi d\u2019en faire croître la population.Or, ajoutent-ils, les mortalités de baleines noires « directement liées » aux activités de navigation commerciale et de pêche en eaux canadiennes « continuent d\u2019augmenter ».Un total de 12 baleines noires sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent en 2017 et au moins 9 en 2019, sur une population qui avoisine les 400 individus.La lettre, cosignée par la sénatrice républicaine Susan Collins, cite explicitement les engins de pêche au crabe des neiges des pêcheurs canadiens comme étant « le principal responsable » des empêtrements et des décès de baleines noires.Dans ce contexte, «il est incroyablement frustrant pour les pêcheurs de homard du Maine », après les efforts consentis «depuis deux décennies», de continuer à être «la principale cible» des «réglementations pénibles» mises en place par les autorités américaines, écrivent les élus dans cette missive envoyée en décembre au bureau de M.Ross.Les deux sénateurs et les deux membres du Congrès ajoutent que ces mortalités, qui menacent la survie de l\u2019espèce, font craindre aux pêcheurs de homard américains la mise en place de mesures encore plus contraignantes dans les eaux côtières du Maine.Des élus américains évoquent un embargo sur le crabe canadien Ils accusent les pêcheurs d\u2019être responsables de la mort de baleines noires Pas moins de 90 % des exportations de crabe des neiges se font vers les États-Unis.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR VOIR PAGE A 5 : CRABE Le pédiatre Marc-Antoine Marquis ADIL BOUKIND LE DEVOIR lors que se discute la possibilité d\u2019élargir l\u2019aide médicale à mourir aux mineurs, comme cela est déjà le cas aux Pays-Bas et en Belgique, l\u2019équipe de soins palliatifs et l\u2019Unité d\u2019éthique clinique du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine se préparent à cette éventualité.Au Canada, on étudie donc la possibilité d\u2019étendre l\u2019accessibilité de l\u2019aide médicale à mourir aux « mineurs matures », une catégorie de mineurs qui ont acquis la capacité de décider des soins qu\u2019ils veulent recevoir, au même titre que les adultes.Il s\u2019agit bien évidemment d\u2019adolescents.« Mais tous les adolescents ne sont pas des mineurs matures », précise le pédiatre Marc-Antoine Marquis, spécialiste en soins palliatifs au CHU Sainte-Justine.« Élargir l\u2019accessibilité de l\u2019aide médicale à mourir aux mineurs matures demande encore plus de circonspection que pour les adultes, car on doit s\u2019assurer que le patient est effectivement un mineur assez émancipé pour pouvoir demander ce genre de soins », fait remarquer d\u2019entrée de jeu le Dr Marquis.« Pour qu\u2019un mineur soit A MARCO BÉLAIR-CIRINO MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTS PARLEMENTAIRES À QUÉBEC LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : CHAREST VOIR PAGE A 4 : MINEUR Dans des documents judiciaires dévoilés jeudi au sujet de pratiques de financement par l\u2019ex-collecteur de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) Marc Bi- beau, des policiers de la Sûreté du Québec pointent l\u2019ex-premier ministre Jean Charest comme l\u2019une des «personnes impliquées» dans une affaire criminelle.Il existe des « motifs raisonnables » de croire que des infractions au Code criminel \u2014 corruption de fonctionnaire judiciaire, fraude envers le gouvernement, entrepreneur qui souscrit à une caisse électorale et abus de confiance \u2014 ont été perpétrées par des figures importantes du PLQ, soutient le sergent- enquêteur David Ouellet de la Sûreté du Québec dans une dénonciation obtenue par un consortium formé de La Presse, The Gazette et Québecor, au terme d\u2019un long bras de fer juridique avec Marc Bibeau.« Parmi les personnes impliquées » : Marc Bibeau, Jean Charest, ainsi que l\u2019ex-directrice du financement Violette Trépanier et l\u2019ex-organisateur du PLQ Pierre Bibeau.Ces soupçons policiers n\u2019ont jamais été validés par les tribunaux.Marc Bibeau s\u2019est opposé fermement à la divulgation de ces mandats, demandés dans le cadre de l\u2019enquête Mâchurer.Il a mené son combat jusqu\u2019à la ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L\u2019enquête Mâchurer revient hanter Jean Charest alors qu\u2019il s\u2019apprête à annoncer s\u2019il briguera la direction du Parti conservateur du Canada.Ses partisans clament son innocence, rappelant qu\u2019il ne fait l\u2019objet d\u2019aucune accusation.Mais d\u2019autres conservateurs estiment que ces nouvelles allégations risquent de lui faire mal, s\u2019il se lance dans la course, et qu\u2019il devrait peut-être même en être disqualifié.Plusieurs conservateurs citaient déjà l\u2019existence de l\u2019enquête \u2014 qui est toujours en cours et qui viserait toujours M.Charest, selon le Journal de Québec \u2014 comme étant une ombre qui planerait assurément au-dessus de la possible candidature de l\u2019ancien premier ministre du Québec.Mais voilà que de nouvelles allégations viennent raviver ces inquiétudes.La Cour suprême a permis jeudi de lever l\u2019interdit de publication sur des documents judiciaires qui font état d\u2019allégations de financement du Parti libéral du Québec par des firmes d\u2019ingénierie, par l\u2019entremise de prête-noms et dans l\u2019espoir d\u2019obtenir en retour des contrats du gouvernement libéral.L\u2019argent aurait transité par Marc Bibeau, l\u2019argentier du parti lorsque Jean Charest en était le chef.Des témoins présentent les deux hommes, dans ces documents, comme étant « de très bons amis » ou « comme des frères ».L\u2019homme d\u2019affaires Vincenzo Guzzo, qui a renoncé à briguer la chefferie conservatrice pour appuyer M.Cha- rest, n\u2019y voit rien de neuf.« Si les allégations sont les mêmes qu\u2019elles étaient il y a six ans, soit que M.Charest était supposément le chef d\u2019orchestre mais qu\u2019on n\u2019a pas de lien direct qui le relie [aux allégations], pour moi, c\u2019est des ouï-dire », a-t-il affirmé au Devoir.L\u2019ex-ministre conservateur Lawrence Cannon a lui aussi défendu M.Charest.« J\u2019ai constaté comme bien des gens qu\u2019il n\u2019y a toujours pas d\u2019accusations qui sont portées contre M.Charest », a-t-il noté, à l\u2019instar de M.Guzzo.M.Cannon compte appuyer l\u2019ex-premier ministre québécois si celui-ci brigue la direction du Parti conservateur.Et il estime que les autorités devraient le blanchir une fois pour toutes plutôt que « de garder cette espèce de scénario qui fait qu\u2019une personne, qui est innocentée jusqu\u2019à preuve du contraire, soit condamnée par l\u2019opinion publique sur la place publique parce qu\u2019on laisse planer le doute ».La chefferie inaccessible ?Le sénateur conservateur Leo Housa- kos croit toutefois que M.Charest aura du mal à se présenter à la chefferie de son parti s\u2019il fait l\u2019objet d\u2019une enquête.Le Parti conservateur interroge tous les aspirants candidats sur leurs antécédents judiciaires et leur demande s\u2019ils font ou ont fait l\u2019objet d\u2019une enquête criminelle.Un comité d\u2019investiture évalue ensuite leur dossier et décide s\u2019ils pourront être de la course.« Si, dans le formulaire, il répond qu\u2019il Comment les conservateurs jugeront-ils Jean Charest ?Les nouvelles révélations de l\u2019enquête Mâchurer risquent de nuire à l\u2019ancien premier ministre s\u2019il se lance dans la course à la direction du Parti conservateur Des témoins de l\u2019intérieur CHAREST SUITE DE LA PAGE A 1 Cour suprême afin qu\u2019ils demeurent sous scellés.En refusant d\u2019entendre la cause de l\u2019ex-argentier libéral jeudi, le plus haut tribunal du pays a levé l\u2019ordonnance de non-publication sur ces documents.Aucune des personnes visées par les mandats liés à l\u2019enquête Mâchurer n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019accusations à ce jour.Un rôle de premier plan Les policiers affectés à l\u2019enquête Mâchurer cherchaient à mettre la main sur toute documentation sur les efforts de financement que le PLQ avait déployés auprès « de grandes entreprises du Québec » entre 1998 et 2012.Ils s\u2019intéressaient aussi à l\u2019octroi de contrats par l\u2019État québécois et à des nominations à des conseils d\u2019administration de sociétés d\u2019État.Les témoins rencontrés par les policiers ont identifié M.Charest comme un acteur clé dans le financement du PLQ, et ce, dès son arrivée en 1998.« Les agendas de M.Charest, lorsqu\u2019il était à l\u2019opposition, démontrent qu\u2019il est très impliqué en matière de financement.Plusieurs inscriptions de financement sectoriel [une pratique illégale], en compagnie de Marc Bibeau, y sont relatées », lit-on dans le résumé des faits du sergent-enquêteur.Sous l\u2019impulsion de M.Charest, « la mentalité en matière de financement politique a complètement changé » au PLQ, fait remarquer M.Ouellet.« Le Parti était plus axé sur le financement.L\u2019arrivée de Marc Bibeau à titre d\u2019argentier du parti s\u2019est faite au même moment.» « Comme des frères » Les témoignages contenus dans les déclarations assermentées sont formels quant aux liens unissant Marc Bibeau et M.Charest : ils sont « très près », « comme des frères », souvent ensemble publiquement, au point où Marc Bi- beau se serait présenté comme un « conseiller du premier ministre », brandissant même une carte professionnelle assortie du logo du gouvernement du Québec, selon un témoin.Les témoignages recueillis par les policiers viennent aussi de l\u2019intérieur : l\u2019ancien député libéral Bernard Brodeur a dit de Marc Bibeau qu\u2019il était « la personne qui avait le plus d\u2019influence auprès du premier ministre M.Cha- rest ».« À le voir toujours au cabinet du premier ministre, à le voir toujours graviter dans les couloirs du parlement, démontre toute son importance.D\u2019autant plus que ces endroits sont à accès très limités », a-t-il rapporté.MM.Charest et Bibeau s\u2019affichaient ensemble dans des activités de collecte de fonds organisées dans des firmes de génie-conseil ou d\u2019avocats.Après sa victoire électorale de 2003, M.Charest aurait pris part à des « cocktails » au domicile de Marc Bibeau dans l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal, en compagnie de contributeurs à la caisse électorale du PLQ.« Il y avait beaucoup de gens d\u2019affaires.L\u2019activité était pour remercier les gens qui avaient apporté des contributions », a dit l\u2019ex-vice-président de SNC-Lavalin Pierre Anctil aux forces policières.Des députés libéraux auraient aussi été présents.Coudées franches à Bibeau Les propos de la quinzaine de témoins cités dans les déclarations assermentées laissent croire que M.Charest a donné les coudées franches à Marc Bi- beau.L\u2019« argentier » n\u2019a pourtant jamais travaillé officiellement pour le PLQ ou l\u2019État québécois.À ceux qu\u2019il sollicitait pour obtenir du financement, Marc Bibeau aurait fait valoir sa capacité d\u2019influencer l\u2019octroi de contrats d\u2019Hydro-Québec, ou encore les décisions ministérielles au sujet du prolongement du métro vers Laval.Hydro- Québec a encore une fois démenti ces informations avec force jeudi.Les documents judiciaires jettent aussi un nouvel éclairage sur le système de prête-noms qu\u2019auraient échafaudé les firmes d\u2019ingénierie et de construction « to be in the team », comme l\u2019a résumé Giuseppe Borsellino, de Garnier Construction.Le modus operandi, décrit par plusieurs témoins, aurait consisté à rembourser les contributions; cela se serait notamment fait chez SNC-Lavalin au moyen de primes qui correspondaient «environ au double du don pour contrer l\u2019imposition ».Au sein de cette entreprise, les dons annuels au PLQ auraient été d\u2019environ 90 000$ par année, mais ce montant serait passé à 175 000$ après l\u2019arrivée de Riadh Ben Aissa comme vice-président en 2009.Décrit comme une « police d\u2019assurance » par l\u2019un des témoins, le financement au PLQ aurait été perçu comme un « devoir ».Paul Lafleur, de la firme de génie BPR, l\u2019a résumé ainsi aux policiers : « il n\u2019aurait jamais voulu prendre le risque de ne plus financer le PLQ».Silence chez les libéraux Les instances libérales se sont enfermées dans le silence jeudi, en raison de la « judiciarisation du dossier ».M.Charest n\u2019a pas répondu aux multiples appels du Devoir.L\u2019ex-ministre libéral Jacques Dupuis, nommé dans les est sous enquête policière criminelle, je pense que le parti va être obligé de disqualifier sa candidature », a supputé le sénateur.Une source au parti prédisait cependant cette semaine que le Parti conservateur préférerait probablement laisser le soin à ses membres de décider du sort d\u2019un candidat se trouvant dans une telle situation.Une autre source conservatrice croit que le retour de l\u2019enquête Mâchurer sur la place publique ne peut que nuire à M.Charest.« Ça vient remettre dans la place publique des allégations de comportement inapproprié.Et ça, quand tu veux te présenter dans un poste de cette nature-là, c\u2019est la dernière chose dont tu as besoin.» La teneur de l\u2019enquête Mâchurer est davantage connue au Québec.Des conservateurs de l\u2019Ouest consultés avant Noël n\u2019étaient pas au fait de ses tenants et aboutissants.« Ils ne connaissent pas les détails.Mais ils sont au courant qu\u2019il y a une enquête policière et c\u2019est suffisant », relate cependant une seconde source du Devoir, qui prédit elle aussi que ce dossier va causer des ennuis à Jean Charest.Car les membres conservateurs sont « allergiques » à ce genre d\u2019allégations, explique cette personne.« Ils associent ce genre de choses aux libéraux et aux gouvernements libéraux », résume-t-elle, en rappelant que Stephen Harper a été élu au pouvoir à la suite du scandale des commandites au Parti libéral du Canada.Jean Charest était aux funérailles de l\u2019ancien politicien terre-neuvien John Crosbie jeudi.Il n\u2019a pas répondu aux demandes d\u2019entrevue du Devoir.COUR SUPRÊME Si, dans le formulaire, il répond qu\u2019il est sous enquête policière criminelle, je pense que le parti va être obligé de disqualifier sa candidature LEO HOUSAKOS » documents comme un intermédiaire entre Marc Bibeau et un cadre d\u2019une firme de génie, a dit vouloir « réserver ses commentaires » au réseau RDI, où il collabore régulièrement.L\u2019aspirante cheffe libérale Dominique Anglade est aussi restée muette, tandis que son rival, Alexandre Cusson, a déclaré par l\u2019entremise de sa porte-parole que cette situation ne le concernait « en rien » puisqu\u2019il est question « d\u2019une autre époque et d\u2019un autre chef ».Parmi les partis d\u2019opposition, seul Québec solidaire a fourni une réaction, parlant d\u2019une « bonne nouvelle » permettant de répondre à la « soif de transparence et de justice » du public.L\u2019ex-entrepreneur Lino Zambito a affirmé avoir déjà « dit ce qu\u2019il avait à dire » sur ce sujet.« Il y a des politiciens qui devraient peut-être réagir », a-t-il néanmoins déclaré, en faisant référence à ceux qui ont exprimé leur appui à la candidature éventuelle de M.Charest à la chefferie du Parti conservateur du Canada.La saga en quatre dates 14 novembre 2013 L'Unité permanente anticorrup- tion (UPAC) effectue des perquisitions dans des entreprises appartenant à l'homme d'affaires Marc Bibeau, dont Schokbéton.7 avril 2014 Témoignage à huis clos de Marc Bibeau à la Commission Char- bonneau chargée d'enquêter sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.24 avril 2017 Le Journal de Montréal révèle que Bibeau et l\u2019ancien premier ministre Jean Charest ont été sous surveillance policière jusqu'en 2016.16 janvier 2020 La Cour suprême rejette la demande d\u2019ordonnance de non-pu- blication de Marc Bibeau concernant des documents judiciaires liés aux perquisitions de l'UPAC réalisées en 2016.L\u2019enquête Mâchurer colle à la peau de l\u2019ancien premier ministre Jean Charest, lui qui songe à un retour en politique active et qui pourrait donc entrer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 C\u2019est qui, le monsieur sur la croix ?» À Paris, devant les grands tableaux de la Renaissance italienne, les questions de ce genre ne sont pas le fait que des petits musulmans.Les professeurs qui arpentent le Musée du Louvre avec leurs élèves en savent quelque chose.Ces questions viennent aussi de petits Français d\u2019autres confessions qui n\u2019ont jamais mis les pieds dans une église.Elles pourraient aussi venir des enfants du Québec, où la rupture avec la religion est à la fois plus récente et pour cela plus vive encore.Il est donc normal que partout en Occident on se soit demandé comment combler ce vide qui, en quelques décennies, nous a largement coupés des racines de notre culture.En France, ce questionnement a commencé dans les années 1980 avec le rapport Joutard qui affirmait que la connaissance des cultures religieuses était « nécessaire à l\u2019intelligence de nos sociétés, de leur passé et de leur présent, de leur patrimoine littéraire et artistique, de leur système juridique et politique ».En 2002, le rapport Debray, L\u2019enseignement du fait religieux dans l\u2019école laïque, proposera de renforcer l\u2019enseignement de la culture religieuse dans les cours d\u2019histoire, de français et d\u2019histoire de l\u2019art.Des propositions largement mises en pratique depuis.Au Québec, ce questionnement s\u2019est développé au tournant des années 2000 avec le rapport Proulx pour donner naissance en 2008 au cours Éthique et culture religieuse.À la différence de la plupart des pays, le Québec a choisi de faire de l\u2019enseignement des religions une matière indépendante de la maternelle à la fin du secondaire, et qui devenait du coup presque aussi importante que le français, les mathématiques, l\u2019histoire et l\u2019anglais.On constate aujourd\u2019hui que ce fut une erreur, car chaque nouveau problème ne nécessite pas la création d\u2019un nouveau cours.Ce n\u2019est pas sans raison qu\u2019en dix ans, le cours ECR a réussi le tour de force de susciter l\u2019insatisfaction aussi bien chez les athées que chez les croyants.On nous dit qu\u2019il était impérieux de réintégrer dans l\u2019enseignement une certaine idée de la « spiritualité ».C\u2019était oublier que, dans un pays laïque, les religions n\u2019ont pas le monopole de cette quête de sens, qu\u2019elles doivent partager avec les philosophies, mais aussi avec les savoirs et l\u2019art en général.Tout comme, dans un État laïque, la liberté religieuse n\u2019est qu\u2019un élément de la liberté de conscience.Instaurer dans l\u2019enseignement de base un cours distinct consacré aux seules religions, c\u2019était les isoler sans raison et nier cette pluralité constitutive des États modernes.Il faudrait de plus nous expliquer comment on peut sérieusement parler de l\u2019islam ou de l\u2019animisme à un enfant de six ans sans sombrer dans la morale à deux balles et la folklorisation des religions.Mais surtout, le cours ECR n\u2019a jamais été conçu comme une façon de combler le vide culturel créé par l\u2019accélération de l\u2019histoire.Il a plutôt été programmé comme un nouvel apostolat destiné à « ouvrir à l\u2019Autre » un peuple considéré comme tricoté trop serré et dont le professeur Michel Seymour n\u2019hésite pas à dire qu\u2019il vit\u2026 « dans l\u2019inexistence de l\u2019Autre » ! Il s\u2019agissait donc de remplacer les vieux cours de religion et de morale par la nouvelle idéologie de l\u2019heure, celle du multiculturalisme et des accommodements religieux.Dans cette nouvelle doxa, « l\u2019Autre » se substituait au peuple élu et l\u2019œcuménisme (prêchant le rapprochement des religions) devenait le nouveau catéchisme officiel.Le jupon idéologique du cours ECR a toujours dépassé, d\u2019où les nombreux exemples montrant que derrière le « respect des religions » (toujours confondu avec celui dû aux croyants) se cachait en réalité l\u2019interdiction de les critiquer.Un certain nombre de personnes ont sincèrement défendu ce cours, y voyant une façon de ramener des connaissances dans une école noyée sous les « compétences ».Sa disparition ne devrait surtout pas être l\u2019occasion d\u2019en finir avec le savoir religieux.Au contraire, elle devrait nous permettre de débarrasser celui-ci des idéologies et du commentaire d\u2019actualité auquel il se résume trop souvent afin de renouer avec l\u2019enseignement des humanités.« Traditions religieuses et avenir des Humanités sont embarqués sur le même bateau, écrit Régis Debray.On ne renforcera pas l\u2019étude du religieux sans renforcer l\u2019étude tout court.» En supprimant ce cours, le Québec a une occasion unique de consolider l\u2019étude des sources religieuses de notre civilisation en confiant ces connaissances, non plus à des missionnaires de l\u2019« ouverture », mais à de véritables professeurs d\u2019histoire, de français ou d\u2019histoire de l\u2019art.Cela est d\u2019autant plus important dans un pays qui, malgré un anticléricalisme parfois virulent, demeure fortement imprégné de catholicisme souvent sans le savoir.On oublie que la Bible est aussi une œuvre littéraire et que les Lettres persanes de Montesquieu nous en apprennent plus sur l\u2019islam que bien des textes contemporains.En histoire, la contre-réforme catholique devrait occuper une place centrale tant elle a influencé le Québec jusqu\u2019à nos jours.Sans parler de notre patrimoine littéraire et artistique dont les sources religieuses sont évidentes.La disparition du cours ECR est une chance.Il ne faudrait pas la rater.L\u2019inculture religieuse CHRISTIAN RIOUX ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR « L\u2019Iran devrait prendre le chemin de la coopération.» Le chef de la diplomatie canadienne croit que Téhéran a posé des gestes encourageants jusqu\u2019à présent.Les moyens pour s\u2019assurer qu\u2019il reste sur cette voie sont cependant demeurés flous, jeudi, à l\u2019issue d\u2019une réunion des pays endeuillés à Londres.« Nous jugeons l\u2019Iran demande par demande et, aujourd\u2019hui, nous pouvons dire qu\u2019il pose de bons premiers gestes, a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Canada, François- Philippe Champagne.Mais évidemment, soyons clairs : c\u2019est un long processus.Notre évaluation de la situation est basée sur les faits dont nous disposons aujourd\u2019hui.» Les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Royaume-Uni, de la Suède, de l\u2019Afghanistan et de l\u2019Ukraine se rencontraient jeudi à Londres, au haut-commissariat du Canada.Ils ont convenu d\u2019un « cadre de coopération » avec l\u2019Iran en cinq points.Y figurent l\u2019entrée « sans entrave » en Iran de leurs fonctionnaires, le respect de la volonté des familles en matière de rapatriement des dépouilles, « une enquête internationale approfondie, indépendante et transparente, ouverte aux nations endeuillées », sur l\u2019écrasement, l\u2019indemnisation par Téhéran des proches endeuillés et « une enquête pénale indépendante » visant à déterminer les responsables du cafouillage mortel.Interrogé par les journalistes sur la manière dont les pays du groupe vont s\u2019assurer que le gouvernement iranien respecte ces demandes, le ministre Champagne a répondu : « Ça s\u2019appelle la communauté internationale.Les yeux de la communauté internationale sont sur l\u2019Iran aujourd\u2019hui.» Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires étrangères de l\u2019Ukraine, Va- dym Prystaiko, disait au Globe and Mail espérer que les cinq pays du groupe pourront mener une enquête parallèle à celle de l\u2019Iran.Les ministres devaient aussi discuter à Londres d\u2019options légales, notamment la possibilité d\u2019une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies.Après la réunion à huis clos de jeudi, le ministre Champagne, s\u2019exprimant au nom du groupe, évoquait plutôt une participation renforcée des acteurs internationaux à l\u2019enquête sur l\u2019écrasement.La semaine dernière, un Boeing 737 d\u2019Ukraine International Airlines a été frappé par un ou deux missiles pendant qu\u2019il s\u2019éloignait de Téhéran.Ses 176 occupants ont été tués sur le coup.Parmi eux, on comptait 57 Canadiens, 11 Ukrainiens, 10 Suédois, 4 Britanniques et 4 Afghans.Après avoir défendu pendant deux jours la thèse de l\u2019accident, le président de l\u2019Iran, Hassan Rohani, a finalement reconnu la responsabilité des forces armées de son pays.Il a demandé la formation d\u2019un «tribunal spécial avec des juges de haut rang et des dizaines d\u2019experts».Des arrestations auraient déjà été effectuées dans le cadre de cette affaire.Des enquêteurs ukrainiens se trouvent en Iran depuis une semaine.Mercredi, le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, a déclaré que deux enquêteurs canadiens sont également sur place.Ces derniers profitent de la collaboration des autorités locales, mais ne participent pas officiellement à l\u2019enquête.Puisqu\u2019un règlement avec l\u2019Iran pourrait prendre des années, le secrétaire parlementaire du premier ministre Justin Trudeau, Omar Alghabra, a déclaré mercredi que le gouvernement fédéral étudiait certains scénarios pour indemniser préalablement les familles des victimes.Ottawa se chargerait ensuite de récupérer les sommes auprès de Téhéran.Avec La Presse canadienne AVION ABATTU L\u2019Iran sous surveillance Un cadre de coopération en cinq points a été établi sous l\u2019égide du Canada Le ministre canadien des Affaires étrangères, Francois-Philippe Champagne, en compagnie de ses homologues des pays dont des ressortissants sont décédés dans l\u2019écrasement d\u2019un avion civil abattu par les forces armées iraniennes : Idrees Zaman (Afghanistan), Andrew Murrison (Royaume-Uni), Vadym Prystaiko (Ukraine) et Ann Linde (Suède).TOLGA AKMEN AGENCE FRANCE-PRESSE vrer son dossier, mais il dit s\u2019être arrêté à 20.« On doit dire non parce que si on n\u2019est pas capables de déposer, on n\u2019aide pas ces gens-là.» Il dit demander 400 $ plus taxes pour le service, qui implique un relais entre les coursiers à partir de samedi.D\u2019autres entreprises contactées par Le Devoir avaient des prix similaires.Selon Nathalie Marchildon, tout ce climat malsain de compétition est causé par le faible nombre de dossiers acceptés par le ministère de l\u2019Immigration, de la Francisation et de l\u2019Intégration (MIFI).Lundi, à peine 750 demandes venant de divers groupes et organismes seront acceptées, dont 100 sont réservées aux particuliers, soit aux petits groupes «de 2 à 5 personnes physiques».Le MIFI dit imposer la règle du messager pour ne pas désavantager les groupes vivant loin de Montréal.Pour Mme Marchildon, cette façon de faire demeure « barbare ».« On veut tous aider mais [les règles] nous obligent à être en concurrence.C\u2019est comme si on jouait à « mon réfugié est plus important que le tien » », se désole celle qui, avec des amis, dépose deux demandes pour faire venir des membres de la famille de Syriens qu\u2019elle a déjà parrainés.Pas de garanties Sylvain Thibault et ses amis, qui déposent deux dossiers pour parrainer des Congolais, ne courront pas de risque : ils seront là dès samedi, dans un motorisé loué.« Pour nous, c\u2019est important d\u2019être présent.On ne peut pas juste confier l\u2019enveloppe à quelqu\u2019un qui ne sait même pas c\u2019est quoi un réfugié.» Denis Nault, directeur de la messagerie Performance, croit lui aussi que les entreprises de messagerie ne devraient pas avoir le sort de ces familles entre leurs mains.Il se dit très « stressé » par son rôle et a préféré n\u2019accepter que trois dossiers pour être certain de « livrer la marchandise ».« C\u2019est du monde tellement désespéré, je ne veux pas me planter.» La grande crainte, c\u2019est que malgré toute la bonne volonté du messager, celui-ci n\u2019a pas de contrôle sur la longueur de la file d\u2019attente et le déroulement de l\u2019opération.Lors du précédent dépôt en septembre 2018, Nathalie Marchildon était 13e dans la file, mais des coursiers devant elle ont déposé des boîtes remplies de demandes.Deux semaines plus tard, le ministère lui a envoyé un avis disant que son dossier allait lui être retourné, car il n\u2019avait pas été reçu parmi les 100 premiers.Le MIFI confirme qu\u2019un seul messager pourra remettre plusieurs dossiers.Il dit avoir mis en place des mesures pour « assurer un meilleur déroulement » que la dernière fois, en 2018.» En supprimant ce cours, le Québec a une occasion unique de consolider l\u2019étude des sources religieuses de notre civilisation en confiant ces connaissances, non plus à des missionnaires de l\u2019« ouverture », mais à de véritables professeurs d\u2019histoire, de français ou d\u2019histoire de l\u2019art LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR À trois jours du dépôt des dossiers, un vent de panique souffle de plus en plus fort au sein des organismes et des groupes souhaitant parrainer des réfugiés.Ceux-ci en ont contre la règle, jugée « barbare », du ministère de l\u2019Immigration obligeant le dépôt du dossier par un messager, ce qui cause une surenchère des prix.Selon nos informations, le climat de compétition est tel que des gens attendaient même déjà dans leurs voitures jeudi soir devant les bureaux du ministère rue Notre-Dame à Montréal.Une liste informelle contenant quelques noms aurait commencé à s\u2019improviser.Durant la journée, le téléphone des entreprises de messagerie n\u2019a pas dérougi.« Rien qu\u2019aujourd\u2019hui, j\u2019ai eu minimum 100 appels pour le ministère de l\u2019Immigration », a lancé Pierre-Luc Martel, qui coordonne diverses entreprises de messagerie, dont Atomic Courrier, Top Gun, Courrier Interface et Speedo.Une réfugiée syrienne en pleurs est même venue le supplier de li- Inquiétude croissante des parrains de réfugiés LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 Pronostic difficile MINEUR SUITE DE LA PAGE A 1 considéré comme mature, il doit avoir développé des capacités cognitives suffisantes lui permettant d\u2019apprécier sa maladie et son pronostic, ainsi que de comprendre les options thérapeutiques et les conséquences de chacune d\u2019elles.» L\u2019adolescence étant une période critique dans le développement psychologique et identitaire d\u2019un individu, il «faudra aussi être certain que le jeune patient adhère à un système de valeurs stable qui fera en sorte qu\u2019il ne changera pas d\u2019idée la semaine suivante», ajoute-t-il.« La maladie peut rendre mature un adolescent plus rapidement ou à tout le moins lui donner une compréhension plus précise de ce que représente vivre avec une maladie chronique qui est mortelle et voir son corps se détériorer.On peut donc imaginer qu\u2019il y a des adolescents qui vivent avec une maladie qui menace leur vie et qui seront suffisamment matures pour être en mesure de prendre une décision de ce genre», fait- il remarquer.Mais l\u2019expérience des Pays-Bas et de la Belgique tend à démontrer que même si l\u2019aide médicale à mourir est offerte aux mineurs, ces derniers sont très rares à la demander.Tout au plus un mineur s\u2019en prévaut-il par année dans ces deux pays.Jusqu\u2019à maintenant, seuls quelques rares patients ou familles ont demandé des informations générales sur ce qu\u2019est l\u2019aide médicale à mourir à l\u2019équipe de soins palliatifs du CHU Sainte-Justine.Mais aucun n\u2019a manifesté le désir de la recevoir.Autre élément qui compliquera l\u2019évaluation des demandes d\u2019aide médicale à mourir provenant de mineurs matures : l\u2019incertitude du pronostic des maladies mortelles dont souffrent les enfants.«En pédiatrie, on rencontre beaucoup plus de maladies génétiques très rares [maladies orphelines] dont on connaît mal l\u2019évolution.Il est donc beaucoup plus difficile de faire un pronostic chez un jeune que chez les adultes, dont la vie est généralement menacée par des maladies plus communes qu\u2019on peut pronostiquer beaucoup plus précisément.En pédiatrie, il y a donc généralement un contexte d\u2019incertitude qui ajoute une couche de complexité », signale le pédiatre.«Bien sûr, l\u2019incertitude ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de souffrance dans le parcours de soins.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est incertain du pronostic, qu\u2019un individu ne peut pas vivre des souffrances qui sont intolérables, et qu\u2019on ne parvient pas à soulager avec des mesures qui lui semblent raisonnables», admet-il.Équité Selon le Dr Marquis, par souci d\u2019équité, les critères d\u2019admissibilité à l\u2019aide médicale à mourir devraient être les mêmes pour les mineurs matures que pour les adultes.Toutefois, il insiste sur l\u2019importance de s\u2019assurer que tous les jeunes patients qui seraient admissibles à l\u2019aide médicale à mourir aient accès à des soins palliatifs pédiatriques.« Il ne faudrait surtout pas que l\u2019aide médicale à mourir devienne la seule option offerte », prévient-il.En Belgique et aux Pays-Bas, où les mineurs matures peuvent demander l\u2019aide médicale à mourir, il y a eu « un important investissement financier et de ressources dans les soins palliatifs pédiatriques.Si l\u2019aide médicale à mourir devient accessible aux mineurs matures au Canada, il faudra qu\u2019en parallèle, on garantisse un accès équitable aux soins palliatifs dans l\u2019ensemble du territoire », fait valoir le Dr Marquis.Marie-Claude Levasseur, coordonnatrice de l\u2019Unité d\u2019éthique clinique mère-enfant du CHU Sainte-Justine, ajoute que « ce ne serait pas acceptable d\u2019accéder à ces demandes [d\u2019aide médicale à mourir] si elles sont liées à des enjeux organisationnels, à un manque de soutien au patient ».« Il faut qu\u2019on soit allés jusqu\u2019au bout dans le soutien au patient, qu\u2019on ait offert tous les soins.Il ne faudrait pas que cette demande découle d\u2019une carence organisationnelle », dit-elle.« On aura le devoir d\u2019accueillir toutes les demandes et de les prendre en considération.Certains enfants souffrent tellement qu\u2019ils affirment vouloir mourir.Mais cela ne veut pas nécessairement dire qu\u2019ils veulent l\u2019aide médicale à mourir », poursuit-elle.« Quand on explore de plus près de telles manifestations du désir de mourir de la part des patients, on se rend compte que c\u2019est souvent un appel à l\u2019aide.Si on reçoit ce genre de demande, notre rôle sera de l\u2019accueillir et de comprendre pourquoi elle a été formulée, de fouiller ce qui se cache derrière cette demande », confirme le Dr Marquis, qui croit que les soins palliatifs peuvent alléger la souffrance et même faire plus.« On se rend compte que plus on introduit les soins palliatifs tôt dans l\u2019évolution d\u2019une maladie, plus on voit des bénéfices sur la qualité de vie et même sur la survie.Il faut démystifier les soins palliatifs pour que tout le monde sache qu\u2019ils ne sont pas uniquement des soins de fin de vie », souligne-t-il.« Les soins palliatifs ne sont pas liés à une perte d\u2019espoir, ils permettent de changer les perspectives d\u2019espoir.C\u2019est clair qu\u2019ils améliorent le vécu », ajoute Mme Levasseur.AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Les six enfants d\u2019un couple de Mas- couche se trouvaient dans la résidence familiale lorsque leur mère a été tuée et leur père blessé, dans la nuit de jeudi, dans des circonstances nébuleuses.Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais.Son conjoint aurait quant à lui aussi été blessé, mais sa vie n\u2019est pas en danger.« On s\u2019explique mal ce qui a pu se produire, c\u2019est vraiment épouvantable, les six [enfants] étaient présents dans la maison.On a vu les policiers les sortir en début de matinée », se désole Claire Chevrier, qui habite en face de la maison où le drame s\u2019est produit.La voisine raconte s\u2019être réveillée un peu après 4 h du matin.Incapable de dormir, elle est allée dans la cuisine pour grignoter lorsqu\u2019elle a aperçu les gyrophares de voitures de police et d\u2019ambulances.« Nous, on connaît surtout les parents de [Jaël], qui sont les propriétaires de l\u2019immeuble et du commerce qui s\u2019y trouve.C\u2019est une famille sans histoire, on n\u2019a jamais rien entendu de négatif.À nos yeux, c\u2019était une belle famille unie.On les voyait partir en camping l\u2019été avec les six enfants, on les trouvait courageux », confie Mme Chevrier.Les policiers ont été appelés à se rendre sur les lieux à la suite d\u2019un appel rapportant deux personnes blessées.La mère de famille de 33 ans était toujours en vie à l\u2019arrivée des ambulanciers, puis est décédée à l\u2019hôpital, ont indiqué les autorités.Les six enfants du couple, âgés de 1 à 12 ans, ont été pris en charge par des proches.Mobile et suspect inconnus La Sûreté du Québec (SQ), qui est responsable de l\u2019enquête, a diffusé au compte-gouttes les informations tout au long de la journée.Aucune arrestation n\u2019a été effectuée et aucun suspect n\u2019est dans la mire des autorités pour le moment.Le conjoint de Mme Cantin est actuellement considéré comme un simple témoin.« À ce moment-ci, il y a encore plusieurs hypothèses envisagées et même si on en privilégiait une plus qu\u2019une autre, on ne peut actuellement pas dire laquelle pour des raisons stratégiques d\u2019enquête», explique Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ.La thèse de la violence conjugale, tout comme celle d\u2019une invasion à do- CRIME Une mère de famille assassinée dans sa maison à Mascouche Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR micile qui aurait mal tourné, est étudiée.C\u2019est que le logis où s\u2019est produit le drame est situé à côté d\u2019un immeuble qui abrite le commerce Cantin Service & Pièces, qui se spécialise dans la réparation et la vente de pièces d\u2019électroménagers.Chaque enfant doit par ailleurs être rencontré par les policiers.« C\u2019est complexe puisqu\u2019on parle d\u2019une maison où se trouvaient huit personnes, dont six mineurs qu\u2019il faut rencontrer un à un », souligne la sergente Cossette.Les deux chiens de soutien de la SQ ont d\u2019ailleurs été mis à contribution pour apporter du réconfort aux enfants.La SQ a tenu à rassurer le voisinage puisque certains résidents ont exprimé des inquiétudes.«Ce que je peux dire pour les rassurer, c\u2019est que l\u2019enquête progresse très bien», indique la porte-parole.« C\u2019est la première fois qu\u2019on voit des policiers à cette adresse-là.Je connais le père de la victime et ce sont des gens sans histoire.C\u2019est vraiment terrible de voir toutes ces sirènes.Le quartier est vraiment tranquille », a confié un homme qui réside dans le quartier.À la suite de la confirmation de l\u2019identité de Mme Cantin, de nombreux messages ont été publiés sur les réseaux sociaux.La mère y est décrite comme une femme rayonnante et souriante.Les retraités des quotidiens de GCM de retour au palais de justice de Québec QUÉBEC \u2014 Le juge Jacques J.Lé- vesque, de la Cour d\u2019appel, doit bientôt se prononcer sur la requête en permission d\u2019en appeler des associations de retraités des quotidiens Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l\u2019Est dans le cadre de la reprise du Groupe Capitales Médias (GCM) par des coopératives.Les associations de retraités de deux quotidiens, soit La Tribune et Le Droit, ne figurent pas parmi les deman- deresses.En vertu de la décision rendue le 23 décembre par le juge Daniel Dumais, de la Cour supérieure, les retraités devaient faire une croix sur 25 à 30 % de leurs rentes à compter de février en plus de renoncer à d\u2019éventuels recours à l\u2019égard des différents syndicats et des comités de retraite.Jeudi matin, l\u2019avocate des retraités, Me Estelle Tremblay, a argué que ceux-ci n\u2019avaient jamais eu de voix au chapitre.Les avocats représentant le syndic ont quant à eux plaidé qu\u2019un éventuel appel des retraités mettrait en péril le plan de restructuration.La Presse canadienne Le désengorgement des urgences passe par le ratio infirmière- patients, dit la FIQ Une partie de la solution au problème d\u2019engorgement des urgences réside dans l\u2019implantation et la généralisation des projets de ratios infirmière-patients, estime la FIQ.La Fédération interprofessionnelle de la santé, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, croit que la situation chaotique qui prévaut présentement dans les urgences du Québec serait moins difficile si ces fameux ratios avaient déjà été implantés.Seize projets pilotes avaient été lancés sous l\u2019ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette, afin de vérifier la pertinence et l\u2019efficacité d\u2019implanter de tels ratios infir- mière-patients.La FIQ a toujours soutenu que les ratios permettent aux infirmières d\u2019être moins épuisées, de faire moins d\u2019heures supplémentaires obligatoires.En plus, il y a moins d\u2019absentéisme et moins de recours à l\u2019assurance-invalidité.Et, pour les patients, de meilleurs soins sont offerts et un meilleur suivi peut être assuré.Interrogée à ce sujet, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, avait déjà indiqué qu\u2019elle voulait attendre la fin de tous les projets pilotes, puis les analyser, avant d\u2019en tirer les conclusions qui s\u2019imposent.Mais la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, estime qu\u2019il ne faut plus attendre, qu\u2019il y a urgence et que l\u2019efficacité de ces ratios a été démontrée.La Presse canadienne EN BREF Un ex-réserviste canadien soupçonné d\u2019être proche des néonazis a été arrêté COLLEGE PARK, MARYLAND \u2014 Un ancien réserviste de l\u2019armée canadienne soupçonné d\u2019entretenir des liens avec les néonazis, qui était porté disparu depuis le mois d\u2019août, a été arrêté jeudi dans l\u2019est des États-Unis.Selon le FBI, Patrik Mathews a été arrêté jeudi matin dans le Delaware en compagnie d\u2019un autre homme.Un troisième homme, qui aurait des liens avec eux, a aussi été arrêté dans le Maryland.Le ca- poral-chef Patrik Mathews, sapeur de combat au 38eGroupe-brigade du Canada à Winnipeg, avait fait l\u2019objet d\u2019un article dans le Winnipeg Free Press, au milieu du mois d\u2019août, qui le liait à un groupe néonazi.Le ministère de la Défense nationale avait plus tard indiqué que Patrik Mathews avait été relevé de ses fonctions, accélérant ainsi sa demande de démobilisation.M.Mathews avait été porté disparu quelques jours plus tard, le 24 août.Son camion avait été retrouvé sur une propriété rurale dans le sud du Manitoba, près de la frontière américaine, ce qui laissait croire qu\u2019il était entré aux États-Unis.Associated Press Certains enfants souffrent tellement qu\u2019ils affirment vouloir mourir.Mais cela ne veut pas nécessaire ment dire qu\u2019ils veulent l\u2019aide médicale à mourir.MARIE-CLAUDE LEVASSEUR » Son conjoint aurait quant à lui été blessé, mais sa vie n\u2019est pas en danger LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 Le ministre préoccupé CRABE SUITE DE LA PAGE A 1 Ils demandent donc au département du Commerce d\u2019« évaluer » la mise en place d\u2019une « mesure d\u2019urgence » qui permettrait de bloquer l\u2019importation de crabe des neiges canadien aux États-Unis.Les élus évoquent ainsi les dispositions du Marine Mammal Protection Act (MMPA), une législation qui impose à l\u2019industrie de la pêche, des États-Unis ou d\u2019ailleurs, de démontrer que ses activités ne mettent pas en péril les mammifères marins.Si cette démonstration n\u2019est faite, les Américains sont en droit de « bannir les importations » des produits de la pêche.En théorie, l\u2019industrie canadienne a jusqu\u2019en 2022 pour se conformer aux dispositions du MMPA.Mais le National Marine Fisheries Service, qui dépend du département du Commerce, peut invoquer les « répercussions immédiates et considérables » des activités de pêche canadiennes sur les baleines noires pour imposer dès maintenant un embargo.Un tel scénario pourrait être désastreux pour les pêcheurs de crabe des neiges du Québec.Selon les données fournies au Devoir par le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, la valeur des exportations de l\u2019industrie totalisait 168,5 millions de dollars en 2018, dont plus de 150 millions dollars aux États-Unis, soit 90 % du total des exportations.À l\u2019échelle canadienne, les exportations en 2018 au sud de la frontière ont totalisé 830 millions de dollars, selon les données de Pêches et Océans Canada.Dans le cas du homard, qui sera lui aussi soumis aux règles du MMPA en 2022, les exportations vers les États-Unis atteignaient 1,52 milliard de dollars en 2018.« Inconcevable » Le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, André Lamon- tagne, dit être « fortement préoccupé » par la demande des élus américains.Dans une réponse écrite au Devoir, il rappelle que « le marché américain est le plus important débouché pour les poissons et fruits de mer québécois » et qu\u2019« il serait tout à fait inconcevable de perdre l\u2019accès à ce marché ».Le ministre demande donc au gouvernement fédéral «de tout mettre en œu- vre pour éviter ce scénario », qualifié d\u2019« inacceptable ».« Ce secteur d\u2019activité est primordial dans plusieurs régions du Québec », insiste-t-il.M.La- montagne a d\u2019ailleurs «abordé le sujet» avec la ministre de Pêches et Océans Canada, Bernadette Jordan, en décembre.Face à un gouvernement Trump protectionniste et qui n\u2019a pas hésité à imposer des barrières commerciales à ses partenaires économiques, qu\u2019entend faire le gouvernement fédéral ?« Le Canada collabore étroitement et de manière productive avec l\u2019industrie et les organismes de réglementation des États-Unis.Nous ne spéculons pas sur des scénarios hypothétiques », répond Pêches et Océans Canada.« Nous avons confiance dans les mesures prises par le Canada » pour protéger les baleines noires.Ottawa a notamment imposé des fermetures de zones de pêche et des restrictions de vitesse dans certaines parties du golfe du Saint-Laurent où on retrouve ces baleines, principalement en période estivale.Un programme de surveillance aérienne a aussi été mis en place, pour suivre les déplacements des cétacés.Inquiets de la possibilité d\u2019un embargo, des acteurs de l\u2019industrie de la pêche critiquent toutefois directement le gouvernement fédéral, selon des informations du Devoir.Ils jugent qu\u2019Ottawa n\u2019en fait pas assez pour protéger leur secteur contre un éventuel blocage américain.Pour la spécialiste des cétacés et des écosystèmes marins Lyne Morissette, les mesures mises en place pour protéger les baleines noires au Canada sont « sans précédent » et il serait « difficile » d\u2019en ajouter dans l\u2019immédiat.« Nous avons seulement trois années d\u2019expérience avec ce genre de situation, mais il y a déjà beaucoup de choses qui ont été faites.Et le développement de nouvelles mesures se poursuit, et notamment de nouvelles technologies.Nous apprenons toujours à mieux les protéger.» ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Nouvelle défaite pour le gouvernement de la Colombie-Britannique.La Cour suprême a rejeté jeudi la demande de la province, qui voulait faire reconnaître son droit de limiter le transport de pétrole sur son territoire, et ainsi bloquer le projet d\u2019expansion du pipeline Trans Mountain, qui entraînera aussi une augmentation du trafic pétrolier maritime le long des côtes.Dans une décision « unanime », le plus haut tribunal du pays vient donc confirmer une première décision rendue en mai 2019 par la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique.Celle-ci avait statué que le gouvernement de Victoria ne pouvait imposer, par une législation provinciale, une limitation du transport interprovincial de pétrole.Cette mesure, avait tranché la Cour, était précisément destinée à bloquer le projet d\u2019expansion du pipeline Trans Mountain, en plus de se substituer aux autorités fédérales.Dans ce dossier controversé, la Cour d\u2019appel, puis la Cour suprême ont donc reconnu que seul le gouvernement fédéral peut réglementer le transport in- terprovincial de pétrole, notamment en vue de son exportation vers les marchés extérieurs, comme ce sera le cas avec le pétrole brut de Trans Mountain.Réactions d\u2019Ottawa et d\u2019Edmonton Le ministre canadien des Ressources naturelles, Seamus O\u2019Regan, a salué la décision de la Cour suprême, qui vient lever un des derniers obstacles en vue de la réalisation du projet pétrolier.Il revient au gouvernement fédéral de s\u2019assurer que « nos ressources » puissent être transportées jusqu\u2019aux « marchés », de façon à soutenir « les emplois », a-t-il écrit sur Twitter.Trans Mountain : victoire d\u2019Ottawa en Cour suprême La Colombie-Britannique ne peut bloquer le projet, tranche le plus haut tribunal du pays Son prédécesseur, Amarjeet Sohi, a lui aussi salué « une excellente nouvelle pour notre secteur énergétique ».Le gouvernement albertain, qui réclamait la concrétisation du projet, a également réagi positivement jeudi, en soulignant que ce jugement marquait la fin de « la campagne d\u2019obstruction » de la Colombie-Britannique contre « l\u2019énergie d\u2019Alberta ».Le premier ministre de la Colombie- Britannique, John Horgan, a pour sa part exprimé sa déception jeudi.« Notre gouvernement prend ses responsabilités afin de défendre les intérêts des Britanno-Colombiens.Quand il s\u2019agit de protéger nos côtes, notre environnement et notre économie, nous continuerons de faire tout ce qui est en notre pouvoir », a-t-il fait valoir dans une déclaration écrite.L\u2019organisme juridique écologiste Eco- justice, qui était intervenu en faveur de la demande de la Colombie-Britannique, a aussi déploré cette décision du plus haut tribunal du pays, soulignant que la Cour a ainsi manqué une occasion de « confirmer que tous les ordres de gouvernements ont le droit et le devoir constitutionnel de protéger l\u2019environnement ».Déversements Le gouvernement néodémocrate de John Horgan avait demandé en 2018 au plus haut tribunal de la province de statuer sur la constitutionnalité d\u2019une législation provinciale qui prévoyait que le transport de toute « substance dangereuse » ne pouvait se faire sans l\u2019obtention d\u2019un « permis » provincial.Cette mesure environnementale était d\u2019abord conçue pour limiter la croissance du transport de pétrole brut sur son territoire, mais aussi le long des côtes.Selon ce que fait valoir le gouvernement, un déversement pétrolier « mettrait en danger la santé humaine, de l\u2019environnement et des communautés ».Il faut dire que le projet d\u2019expansion de Trans Mountain fera passer la capacité quotidienne de transport de pétrole albertain de 300 000 à 890 000 barils.Pour exporter tout ce pétrole des sables bitumineux, jusqu\u2019à 34 pétroliers quitteraient chaque mois un port situé à Burnaby, en banlieue de Vancouver, contre 5 pétroliers actuellement.Pipeline canadien Le gouvernement de Justin Trudeau a racheté le pipeline Trans Mountain, ainsi que le projet d\u2019expansion de celui- ci, de la pétrolière texane Kinder Morgan, en 2018.Évoquant une mesure « exceptionnelle» prise pour «protéger» la réputation du Canada sur la scène internationale, le ministre des Finances, Bill Mor- neau, avait alors fait savoir que le gouvernement fédéral souhaitait avant tout mettre un terme aux «inquiétudes» entourant la construction de cet oléoduc.Selon les informations disponibles actuellement, les coûts de construction dépasseraient les 9 milliards de dollars.Une fois réalisé, le projet permettra d\u2019acheminer chaque année près de 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux vers la côte ouest.Il devrait être terminé au plus tard en 2022.Selon les différentes évaluations produites au sujet des émissions de gaz à effet de serre liées au projet développé d\u2019abord par Kinder Morgan, celles-ci équivaudraient à l\u2019ajout de trois millions de véhicules sur les routes.La production pétrolière canadienne pourrait atteindre six millions de barils par jour en 2040, selon les prévisions de l\u2019industrie.Depuis leur arrivée au pouvoir, en 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont approuvé trois projets de pipelines d\u2019exportation.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La communauté algonquine du lac Barrière, en Abitibi, a lancé jeudi une action en justice afin de faire invalider certains éléments majeurs de la Loi sur les mines.Elle estime que les dispositions qui permettent d\u2019acquérir librement des titres miniers, sans avoir à consulter les occupants du territoire visé, vont à l\u2019encontre des obligations de consultation des nations autochtones.« La Loi sur mines du Québec, fort imparfaite, a recours au principe du libre accès, qui permet l\u2019enregistrement par défaut de titres miniers sans consultation avec les communautés autochtones », explique l\u2019avocat Amir Attaran, de la Clinique de droit de l\u2019environnement Ecojustice de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Or, « un tel système contrevient directement aux droits constitutionnels de notre client d\u2019être consulté et accommodé, tel qu\u2019exigé en vertu de l\u2019article 35 de la Loi constitutionnelle » de 1982, ajoute-t-il.Cet article stipule que le gouvernement a l\u2019obligation de « consulter et d\u2019accommoder » les peuples autochtones avant de prendre des décisions qui peuvent avoir des conséquences sur leurs communautés.« Le gouvernement du Québec manque à son obligation constitutionnelle de consulter notre communauté à propos de projets miniers sur notre territoire ancestral en se basant sur une loi dépassée.Il faut que cela change », résume le chef de la nation Mitchikani- bikok Inik, Casey Ratt.La communauté réclame donc que la Cour invalide des dispositions inscrites dans la Loi sur les mines depuis plusieurs décennies.Les articles qui sont ciblés précisent notamment que le ministre des Ressources naturelles peut renouveler les titres miniers à répétition, que « le titulaire de claim a droit d\u2019accès au terrain qui en fait l\u2019objet et peut y faire tout travail d\u2019exploration », mais aussi qu\u2019il est tenu de mener de tels travaux pour maintenir ses droits d\u2019exploration.Plusieurs titres d\u2019exploration minière sont actifs sur le territoire de la communauté, selon ce que précise la requête déposée en Cour.Le gouvernement du Québec a même racheté, en 2017, des titres qui appartenaient auparavant à la minière Copper One, qui ne pouvait développer de projet minier sur le territoire en raison de la contestation des Autochtones.Cette transaction a coûté huit millions de dollars au gouvernement.JUSTICE La Loi sur les mines contestée en cour par des Algonquins PHOTO-CRÉDIT 34 C\u2019est le nombre de pétroliers qui quitteront chaque mois un port situé à Burnaby, en banlieue de Vancouver, contre 5 pétroliers actuellement, une fois l\u2019expansion du pipeline Trans Mountain terminée.La baleine noire de l\u2019Atlantique Nord Cette baleine peut atteindre une taille de 18 mètres, pour un poids de plus de 60 tonnes.Il s\u2019agit d\u2019une espèce qui se nourrit essentiellement de copépodes, de petits crustacés qu\u2019elle filtre à l\u2019aide de ses fanons.La baleine noire est parfois qualifiée de «baleine urbaine», puisqu\u2019elle vit près des côtes, notamment lors de la période de mise bas, au large des États américains de la Géorgie et de la Floride.Cela la rend particulièrement vulnérable aux collisions avec les navires et aux empê- trements dans les engins de pêche.La baleine noire, appelée right whale en anglais, a été décimée par des siècles de chasse commerciale.Elle était une cible privilégiée pour les baleiniers, puisqu\u2019elle flotte une fois morte et qu\u2019elle fournit une bonne quantité de graisse, cette matière qui était fondue pour produire de l\u2019huile. A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 E N B R E F Le nouveau premier ministre de Poutine promet des changements MOSCOU \u2014 Le nouveau premier ministre de Vladimir Poutine a promis jeudi de « réels changements pour le meilleur », durant sa première allocution officielle, au lendemain de la démission du gouvernement et des annonces surprises du président russe sur des réformes constitutionnelles.Mikhaïl Mi- choustine a promis de fidèlement mettre en œuvre le programme de M.Pou- tine, qui dirige la Russie depuis 20 ans.Sans surprise, il a été adoubé par les élus de la Douma : 383 députés ont voté pour, zéro contre et 41 se sont abstenus.Formellement, sa nomination doit encore être entérinée par un décret présidentiel.Le premier ministre a désormais une semaine pour proposer une équipe gouvernementale au chef de l\u2019État.Agence France-Presse Bernard Preynat répond aux avocats sceptiques sur ses propres agressions LYON \u2014 «On n\u2019est pas obligé de me croire», a répondu jeudi l\u2019ex-prêtre français Bernard Preynat, jugé pour agressions sexuelles, en réponse à des avocats sceptiques sur les agressions qu\u2019il dit avoir lui-même subies dans son enfance.À la reprise des débats, la présidente du tribunal de Lyon a interrogé le prévenu sur ses confidences faites la veille à la barre, et Bernard Preynat a raconté dans le détail avoir été agressé par un sacristain, un moniteur de colonie devenu prêtre, puis des enseignants au séminaire.«On peut avoir des doutes sur la réalité de tout ça», a dit Me Yves Sauvayre, l\u2019avocat d\u2019une des victimes de Preynat, après ce récit.Preynat, qui reconnaît la plupart des faits, est poursuivi pour des agressions pédophiles commises entre 1971 et 1991.Agence France-Presse Union sacrée de leaders amazoniens contre Jair Bolsonaro SÃO JOSÉ DO XINGU \u2014 Avec le cacique Raoni en fer de lance, des dizaines de leaders indigènes et représentants d\u2019autres communautés amazoniennes sont réunis en pleine forêt cette semaine pour former une union sacrée contre la politique environnementale du président brésilien, Jair Bolsonaro.Accusant les ONG étrangères de vouloir «confiner les indigènes comme dans un zoo», le chef de l\u2019État a notamment l\u2019intention d\u2019autoriser prochainement les activités minières dans les territoires réservés aux Autochtones.Mais la plupart des leaders indigènes ne l\u2019entendent pas de cette oreille et comptent bien se mobiliser pour faire face à ce projet qui selon eux menacerait leur mode de vie traditionnel, tout en attisant les conflits fonciers en Amazonie.Agence France-Presse Mikhaïl Michoustine KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE FRANCE-PRESSE ESTELLE PEARD ELISABETH ROLLAND À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme des retraites ont réuni des dizaines de milliers de manifestants jeudi en France, affichant leur « détermination », malgré une mobilisation en baisse.Selon le ministère de l\u2019Intérieur, 187 000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23 000 à Paris, après 149 000 samedi dernier et 452 000 le 9 janvier, de même source.Dans la capitale, ils étaient 28 000 selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l\u2019AFP (44 000 le 9 janvier) et 250 000 selon le syndicat CGT (370 000 le 9 janvier).La préfecture de police a annoncé avoir procédé à 11 interpellations.Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l\u2019intersyndicale appelait à « une journée de mobilisation interprofessionnelle massive, de grèves et de manifestations ».Des cortèges ont défilé dans toute la France, comme à Marseille, Toulouse ou Saint-Nazaire.Les manifestants ont défilé derrière une banderole « Retraites à points : tous perdants, retraite à 60 ans : tous gagnants ! ».On y trouvait en grande majorité des enseignants, malgré des taux de grévistes en baisse dans l\u2019Éducation nationale (moins de 7 %), mais aussi des avocats en robe, des cheminots, des agents de la RATP (transports parisiens) ou des étudiants.Clarisse Delalondre, déléguée du syndicat CGT Energie, pointe les « 43 jours de grève dans les pattes », mais estime qu\u2019il faut continuer la grève, la développer même.« On ne peut pas se laisser faire, ce sont nos acquis ! » ajoute-t-elle.« La détermination est toujours aussi grande », a assuré le secrétaire général du syndicat CGT, en pointe dans ce mouvement, Philippe Martinez, selon lequel « il n\u2019est jamais trop tard pour faire céder un gouvernement ».Défi des syndicats Après plusieurs rassemblements en retrait par rapport aux 805 000 manifestants comptabilisés le 5 décembre par le ministère de l\u2019Intérieur, le défi pour l\u2019intersyndicale est de retrouver une mobilisation suffisante pour maintenir la pression contre cette réforme phare du président Emmanuel Macron, qui avait promis durant sa campagne de « transformer » la France.Mais les premiers chiffres des manifestations dans les régions montraient plutôt une décrue : hors Paris, environ 82 000 personnes avaient défilé à 18 h (heure locale), selon un comptage de l\u2019AFP réalisé à partir des chiffres fournis par la police ou les préfectures.Le gouvernement veut aligner la France sur la plupart des autres pays en instaurant un système « universel » de retraite et, donc, supprimer les régimes spéciaux qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt, mais également assurer l\u2019équilibre financier à long terme du système en incitant les Français à travailler plus longtemps, point sur lequel se cristallise l\u2019opposition.La situation s\u2019améliore petit à petit dans les transports publics, fer de lance de la mobilisation qui a déjà coûté « pas loin du milliard d\u2019euros » aux chemins de fer.Vendredi, le trafic des trains devrait être quasi normal.Mais à Paris, deux métros sur trois circuleront en heure de pointe et seules trois lignes fonctionneront normalement.Si la mobilisation baisse, elle reste en tout cas soutenue majoritairement par l\u2019opinion publique, selon plusieurs sondages.Et l\u2019intersyndicale a déjà appelé à de nouvelles actions et manifestations la semaine prochaine, avec une 7e journée d\u2019actions nationale en point d\u2019orgue, vendredi 24 janvier, à l\u2019occasion de l\u2019examen du projet de loi en conseil des ministres.FRANCE La lutte contre la réforme des retraites perd de la force AGENCE FRANCE-PRESSE À JOHANNESBURG Quelque 45 millions de personnes, un nombre record, sont menacées par la famine dans les pays d\u2019Afrique australe en raison de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques dans leurs pays, ont déclaré jeudi les Nations unies.« Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues et nos observations sur le terrain montrent qu\u2019elle va encore empirer », a averti dans un communiqué la responsable régionale du Programme alimentaire mondial (PAM), Lola Castro.Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain souffre d\u2019un important déficit de pluies, aggravé par la répétition d\u2019épisodes de l\u2019anomalie climatique connue sous le nom de El Niño, qui pèsent sur les récoltes agricoles de ses 16 pays, pour la plupart très pauvres.Le réchauffement mondial des températures y provoque également des tempêtes ou cyclones de plus en plus violents.L\u2019an dernier, le cyclone Idai a causé des inondations catastrophiques au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi, y faisant plus d\u2019un millier de morts, des millions de sinistrés et des dégâts considérables, notamment aux réserves alimentaires.« La saison des cyclones a débuté, on ne peut pas se permettre la répétition des dégâts de l\u2019an dernier », a souligné Mme Castro.Selon le PAM, les températures augmentent dans la région à un rythme deux fois supérieur à celui observé sur la planète.Cette année encore, les prévisions anticipent une météo sèche et chaude augurant une nouvelle mauvaise récolte.Aux quatre coins de la région, de nombreuses familles ont déjà été contraintes de supprimer un de leurs repas quotidiens et ne survivent plus que grâce à l\u2019aide d\u2019urgence.Cette année, le PAM prévoit ainsi de venir en aide à 8,3 millions de personnes en situation d\u2019insécurité alimentaire au Zimbabwe, en Zambie, au Mozambique, à Madagascar, en Namibie, au Lesotho, en Eswatini et au Malawi.La situation la plus inquiétante concerne le Zimbabwe, où le PAM évalue à près de huit millions \u2014 la moitié de la population \u2014 le nombre de personnes menacées par la famine.« Le Zimbabwe figure parmi les quatre pays au monde où l\u2019insécurité alimentaire est la plus élevée », avait déclaré fin novembre la rapporteuse spéciale onusienne sur le droit à l\u2019alimentation, Hilal Elver, en visite dans le pays.Le pays est englué depuis une vingtaine d\u2019années dans une crise économique catastrophique que le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à l\u2019autocrate Robert Mugabe, ne parvient pas à enrayer.Depuis des mois, la population subit des pénuries de produits de base récurrentes (farine, médicaments, carburants) et des coupures d\u2019électricité massives qui ont fait de la vie quotidienne du plus grand nombre un cauchemar.Il y a un an, la hausse des prix de l\u2019essence avait provoqué des émeutes meurtrières, sévèrement réprimées par le régime.Parmi les autres pays les plus menacés figurent le Lesotho, la Namibie et la Zambie, où la Croix-Rouge a récemment estimé à 2,3 millions (sur un total de 17 millions) le nombre de personnes en situation «d\u2019insécurité alimentaire sévère».L\u2019agence onusienne a répété jeudi son appel pressant à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds, affirmant qu\u2019elle ne disposait pour l\u2019heure que de 205 des 489 millions de dollars nécessaires pour financer ses projets d\u2019aide d\u2019urgence.«Si nous ne recevons pas les fonds nécessaires, nous n\u2019aurons d\u2019autre choix que d\u2019aider moins de personnes qui en ont besoin, en leur donnant moins », a conclu Mme Castro.L\u2019Union européenne (UE) a opportunément annoncé jeudi l\u2019envoi d\u2019une aide d\u2019urgence, notamment alimentaire, de 22,8 millions d\u2019euros à destination de l\u2019Eswatini, du Lesotho, de Madagascar, de la Zambie et du Zimbabwe.AFRIQUE 45 millions de personnes menacées par la famine Un enfant somalien attendait dans un camp de réfugiés improvisé, en mai 2017, en banlieue de Mogadiscio, après que sa famille eut dû quitter sa région en raison d\u2019une forte sécheresse.MOHAMED ABDIWAHAB AGENCE FRANCE-PRESSE 187 000 C\u2019est le nombre de personnes qui ont pris part aux manifestations à travers la France jeudi, selon le ministère de l\u2019Intérieur.Elles étaient 149 000 samedi dernier et 452 000 le 9 janvier, de même source.205 millions C\u2019est la somme dont dispose le Programme alimentaire mondial, sur les 489 millions de dollars nécessaires, pour financer ses projets d\u2019aide d\u2019urgence. A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Du silence, des serments et de la gravité : le Sénat a ouvert solennellement jeudi le procès en destitution de Donald Trump, le troisième président de l\u2019histoire des États-Unis faisant face à telle avanie.« C\u2019est une mascarade, c\u2019est une honte », a tonné le milliardaire républicain, tout en affichant son optimisme sur une issue rapide à cet épisode qui entache sa campagne de réélection.« Ça devrait aller très vite\u2026 » a-t-il dit, en comptant sur la majorité républicaine du Sénat pour être acquitté sans avoir à subir de longs débats.Son procès, qui divise autant la classe politique que le pays, a commencé quand sept élus démocrates de la Chambre des représentants se sont présentés au Sénat pour lire l\u2019acte d\u2019accusation adopté le 18 décembre par leur assemblée.« Donald John Trump, président des États-Unis, a été mis en accusation pour des crimes et délits graves », a énoncé Adam Schiff, qui dirige cette équipe chargée du rôle de procureur.Il « a agi d\u2019une manière contraire à la confiance placée en un président et subversive pour la conduite du gouvernement », a poursuivi l\u2019élu d\u2019un ton grave, empreint d\u2019émotion.Selon un sénateur démocrate, des « frissons » ont alors parcouru l\u2019assistance.Après une pause, les parlementaires sont revenus dans l\u2019hémicycle pour prêter serment devant le chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de présider le procès.Ils ont collectivement juré de rendre la justice «de manière impartiale en accord avec la Constitution et les lois», devant le plus haut magistrat des États-Unis qui, drapé dans sa toge noire, a prononcé le même serment, la main sur la Bible.Deux chefs d\u2019accusation Dans le plus grand silence, les sénateurs ont ensuite signé, par groupes de quatre, un « livre de serment » pour inscrire noir sur blanc leur engagement.L\u2019audience a alors été ajournée jusqu\u2019à mardi 13 h, moment où les débats débuteront véritablement.« Le poids de l\u2019Histoire est sur nos épaules », a commenté le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schu- mer, à la sortie de l\u2019hémicycle.DESTITUTION Le procès de Trump officiellement ouvert La procédure s\u2019est déroulée au Congrès dans une atmosphère grave et solennelle AGENCE FRANCE-PRESSE À TÉHÉRAN Le président iranien, Hassan Rohani, a affirmé vendredi vouloir éviter la guerre après que Téhéran et Washington ont paru à deux doigts de l\u2019affrontement militaire direct début janvier, pour la deuxième fois en moins d\u2019un an.À l\u2019approche des législatives du 21 février, annoncées comme difficiles pour le camp modéré de M.Rohani, et dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et les Occidentaux sur le programme nucléaire iranien, M.Ro- hani a déclaré également vouloir continuer de dialoguer avec le monde sur cette question.« Le gouvernement travaille quotidiennement à empêcher un affrontement militaire ou la guerre », a-t-il dit dans un discours à la banque centrale.Le 8 janvier, Téhéran a attaqué des cibles militaires américaines en Irak en représailles à l\u2019élimination par Wash- IRAN Le président Rohani assure vouloir éviter la guerre ington du général iranien Qassem So- leimani cinq jours plus tôt à Bagdad.Selon M.Rohani, avec ces frappes ayant fait d\u2019importants dégâts matériels, mais aucune victime selon les États-Unis, l\u2019Iran a obtenu « la compensation militaire » voulue pour la mort de Soleimani.Meilleure gouvernance La tension entre les deux ennemis semble être retombée à la suite du drame du Boeing d\u2019Ukraine International Airlines (UIA), que l\u2019Iran a abattu par erreur quelques heures après ces tirs de missiles, au moment où la défense du pays était en alerte «guerre» par crainte d\u2019une riposte américaine.La tragédie a fait 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens.Téhéran a présenté des excuses, mais a affirmé que le drame résultait de l\u2019« aventurisme américain ».Ottawa a reproché à la politique de M.Trump d\u2019avoir contribué à l\u2019escalade des tensions ayant mené au drame.En Iran, la catastrophe aérienne a suscité l\u2019indignation.M.Rohani a reconnu implicitement l\u2019existence d\u2019une crise de confiance envers les autorités.De samedi à mercredi, des manifestations antipouvoir ont eu lieu chaque jour.Concentrées surtout dans la capitale, elles sont apparues d\u2019une ampleur nettement inférieure à la vague de contestation nationale de novembre contre la hausse du prix de l\u2019essence.Tentant apparemment de reprendre la main sur le plan politique, M.Rohani a plaidé mercredi pour une meilleure gouvernance et davantage de pluralisme.Jeudi, il a défendu sa politique d\u2019ouverture internationale, sous le feu constant des critiques des ultraconser- vateurs, particulièrement virulents contre l\u2019accord de Vienne.M.Khamenei répète régulièrement que les Occidentaux ne sont pas dignes de confiance et a interdit tout dialogue avec le gouvernement Trump.Dans une phrase ambiguë semblant adressée aux ultraconservateurs, M.Ro- hani a affirmé que l\u2019« enrichissement quotidien » d\u2019uranium par l\u2019Iran était aujourd\u2019hui « supérieur à ce qu\u2019il était avant» l\u2019accord de Vienne.En riposte au retrait américain de ce pacte, l\u2019Iran s\u2019est affranchi depuis mai de plusieurs points clés de ce texte qui limitait radicalement ses activités nucléaires.Berlin, Londres et Paris, les trois capitales européennes parties à l\u2019accord, ont annoncé mardi avoir déclenché le mécanisme de règlement des différends (MRD) prévu par ce texte afin, selon elles, de contraindre Téhéran à revenir au respect de tous ses engagements.Mais Berlin a confirmé jeudi une information du Washington Post selon laquelle les États-Unis avaient secrètement menacé d\u2019imposer des taxes de 25 % sur les automobiles européennes pour les forcer à activer le MRD.Donald Trump, qui ne devrait pas comparaître en personne, est visé par deux chefs d\u2019accusation : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.Selon l\u2019acte d\u2019accusation, il a demandé à l\u2019Ukraine d\u2019enquêter sur Joe Biden, son rival potentiel à la présidentielle de novembre, et exercé des pressions pour obtenir gain de cause, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie.Une fois ce chantage révélé, il a entravé l\u2019enquête du Congrès, en interdisant à ses conseillers de témoigner ou de fournir des documents, soutient encore le document.Donald Trump a répété jeudi n\u2019avoir «rien fait de mal», se posant en victime d\u2019une « mascarade bidon » orchestrée par les démocrates, qui contrôlent la Chambre des représentants.Les élus républicains, qui disposent eux de la majorité au Sénat, font jusqu\u2019ici bloc autour de lui.Leur chef à la chambre haute, Mitch McConnell, a encore critiqué jeudi matin l\u2019enquête menée par la Chambre, « une performance visiblement partisane ».Mais, a-t-il poursuivi, « l\u2019heure de la Chambre est finie, c\u2019est au tour du Sénat » et « cette assemblée existe pour que nous puissions [\u2026] mettre de côté nos bas instincts ».Le procureur Schiff Adam Schiff, qui portera l\u2019accusation, est l\u2019une des bêtes noires de Donald Trump.Chef de la Commission du renseignement de la Chambre, l\u2019élu de 59 ans a supervisé l\u2019enquête en destitution contre le président, qui l\u2019a rebaptisé « Schiff le fourbe ».Pour obtenir la destitution, il lui faudrait une majorité des deux tiers à la chambre haute, soit rallier 20 sénateurs républicains, ce qui paraît impossible aujourd\u2019hui.Les démocrates espèrent malgré tout que le procès fera émerger de nouveaux éléments embarrassants pour Donald Trump, et réclament l\u2019audition de quatre proches conseillers du président.Il leur faudra convaincre quatre élus de l\u2019autre camp seulement pour obtenir satisfaction, une majorité simple étant suffisante pour convoquer un témoin.La sénatrice républicaine Susan Collins a indiqué jeudi soir qu\u2019elle «soutiendrait probablement une motion» en ce sens.« L\u2019intégrité du Sénat est aussi en procès », a déclaré la sénatrice démocrate Kamala Harris, en espérant que ses collègues républicains accepteront cette requête.Le procès de Donald Trump a commencé quand sept élus démocrates de la Chambre des représentants se sont présentés au Sénat pour lire l\u2019acte d\u2019accusation adopté le 18 décembre par leur assemblée.JULIO CORTEZ ASSOCIATED PRESS Tentant apparemment de reprendre la main sur le plan politique, Hassan  Rohani a plaidé mercredi pour une meilleure gouvernance et davantage de pluralisme LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e premier ministre François Legault est revenu ragaillardi de sa rencontre de lundi dernier avec ses homologues des provinces maritimes.Nous sommes loin de la Baie-James du XXIe siècle que le chef caquiste faisait miroiter, avec un enthousiasme débordant, devant les membres de son parti en 2016.Les perspectives sont beaucoup plus limitées, mais l\u2019intérêt que manifestent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle- Écosse pour l\u2019hydroélectricité québécoise est bien réel.Et la lutte contre les changements climatiques n\u2019est pas étrangère à cette ouverture.Qui plus est, le premier ministre libéral de Terre- Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a enterré la hache de guerre et les vieilles récriminations envers le Québec liées au fameux contrat d\u2019électricité de Churchill Falls.Il se dit maintenant ouvert à une collaboration avec le Québec pour développer des projets hydroélectriques.Il faut dire qu\u2019il tente de recoller les pots cassés par le belliqueux premier ministre Danny Williams, qui s\u2019est lancé tête première dans le projet de Muskrat Falls, refusant de recourir à l\u2019expertise d\u2019Hydro-Québec.Cumulant retards et dépassements de coûts faramineux, le projet est en train de couler les finances publiques terre-neuviennes, tellement qu\u2019Ottawa envisage de renflouer la province.La semaine dernière, Hydro-Québec et Énergie NB signaient un contrat de 20 ans portant sur l\u2019achat par la société d\u2019État néo-brunswickoise de 47 térawatts-heure d\u2019électricité du Québec, pour un peu plus de 100 millions par an.C\u2019est un début.Plus important encore pour la suite des choses, le Québec et le Nouveau- Brunswick amorceront des discussions sur la construction de lignes d\u2019interconnexion en vue de la vente d\u2019électricité aux provinces maritimes et aux États-Unis.Pour le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, c\u2019est tout un revirement, lui qui, il n\u2019y a pas si longtemps, dénonçait vertement le Québec pour son refus de laisser le pipeline d\u2019Énergie Est traverser son territoire pour rejoindre les raffineries de Saint-Jean.Il a enfin compris que le projet est bel et bien mort et enterré.Autre revirement : à la suite de la réélection du gouvernement Trudeau, Blaine Higgs envisage désormais l\u2019imposition d\u2019une taxe carbone dans sa province.La lutte contre les changements climatiques imposera de nouveaux impératifs tant au Nouveau-Brunswick qu\u2019à la Nouvelle-Écosse.Si ces deux provinces sont sérieuses dans leur volonté de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre \u2014 et Ottawa ajoutera son poids pour affermir cette volonté \u2014, elles devront se résigner à fermer leurs centrales thermiques au charbon.En Nouvelle-Écosse, les centrales au charbon comptent pour près de 60 % de la production d\u2019électricité.Au Nouveau- Brunswick, les combustibles fossiles comptent aussi pour une part non négligeable de la production d\u2019électricité, soit 36 % au total et 20 % pour le charbon.L\u2019an dernier, François Legault est revenu Gros-Jean comme devant d\u2019une rencontre avec le premier ministre Doug Ford, qui n\u2019a montré aucun intérêt pour les grands plans hydroélectriques de son homologue québécois.Pour l\u2019heure, l\u2019Ontario mise sur la réfection de son imposant parc de centrales nucléaires.Quand le gouvernement ontarien verra les énormes factures rentrer, son point de vue pourrait changer.C\u2019est ce qu\u2019on espère à Québec, mais ce n\u2019est pas pour demain.Or, en portant son regard vers l\u2019est, François Legault peut apercevoir d\u2019intéressants débouchés, bien que plus modestes, pour l\u2019hydroélectricité québécoise.Dans ce contexte, l\u2019interconnexion des réseaux s\u2019impose et le Québec ne peut qu\u2019en profiter.Majella Simard Professeur de géographie, Université de Moncton Un article paru récemment dans la revue de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) met en exergue des projets ayant vu le jour dans la MRC des Basques, dans le Bas-Saint-Laurent, lesquels auraient contribué à la redynamiser.Parmi ceux-ci, la construction d\u2019un complexe hôtelier, d\u2019un centre mul- tifonctionnel et la création d\u2019un parc industriel.Le dynamisme de cette MRC serait aussi imputable aux revenus tirés de la filière éolienne ainsi qu\u2019à l\u2019essor de la Fromagerie des Basques.Bien que fort louables, ces projets ne peuvent pas faire contrepoids aux problèmes structurels auxquels cette MRC est confrontée.Si la MRC des Basques a effectivement enregistré un solde international et interprovincial positif au cours des trois dernières années, celui-ci a été le plus souvent négatif si nous l\u2019examinons sur une plus longue période.Sur 45 ans, la MRC des Basques a perdu près du tiers de sa population.Le nombre de jeunes y est en chute libre.En 1986, la MRC abritait 4160 personnes de moins de 24 ans contre 1715 en 2016.Elle est la deuxième plus touchée par le vieillissement par le bas au sein de la région.En 1986, les moins de 24 ans composaient 36,7 % de la structure populationnelle comparativement à 19,7 % en 2016.Sur le plan économique, la MRC des Basques a perdu 1025 emplois entre 1986 et 2016, dont 505 uniquement à Trois-Pistoles.Ces pertes ont eu pour effet de diminuer de 1,1 point le taux d\u2019activité.Bien que le taux de chômage ait fléchi entre 1986 et 2016, cette amélioration semble attribuable au vieillissement, qui occasionne un déplacement des chômeurs vers les emplois vacants et les départs à la retraite.Les disparités concernant le niveau de revenu et les transferts gouvernementaux se sont aussi réduites en l\u2019espace de 35 ans.Enfin, si nous ne pouvons nier la popularité d\u2019un nouveau restaurant qui longe la 132 à tel point qu\u2019il a fallu revoir la reconfiguration et la signalisation routière, nous avons observé, au cours des dernières années, une forte érosion de l\u2019offre de services à Trois-Pistoles.Optimisme excessif Qu\u2019il s\u2019agisse des élus municipaux, des acteurs régionaux ou des diverses instances politiques supérieures, il semble régner un optimisme béat qui est loin de servir le développement des régions périphériques du Québec.Ce positivisme s\u2019est manifesté avec plus d\u2019acuité au début des années 2000 lors de la mise en place de la Politique nationale de la ruralité, où le ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation utilisait l\u2019expression « milieux ruraux en restructuration » pour désigner les localités rurales dévitalisées.À l\u2019instar des problèmes qui touchent ces milieux, ce discours s\u2019est amplifié au cours des dernières années.Le volet 4 de la récente stratégie de développement régional du gouvernement du Québec est libellé comme suit : « soutien à la vitalisation et à la coopération intermunicipale ».L\u2019un de ses objectifs vise à « soutenir davantage les territoires faisant face à des défis particuliers de vitalisation » (lire ici dévitalisation).Pourtant, dans une classification récente, le ministère nommait 587 localités sur 1164 ayant un indice de vitalisation économique négatif.Dans le Bas-Saint- Laurent, 95 localités sur 114 sont touchées par cette situation.Bien qu\u2019au fil des années de nombreux plans de relance aient été déployés, ceux-ci n\u2019ont jamais donné les résultats escomptés, si bien que la MRC des Basques demeure l\u2019une des plus dévitalisées, celle-ci se situant au 99erang sur un total de 104 quant à son indice de « vitalité » établi par le ministère.Masquer la réalité et éviter de nommer les problèmes n\u2019est pas une approche fructueuse pour le développement régional, même si elle peut être rentable sur le plan politique.La priorité devrait être donnée à la création d\u2019outils qui permettront d\u2019enclencher une véritable démarche de développement.Pour ce faire, le Québec doit se doter d\u2019une vigoureuse stratégie d\u2019aménagement du territoire \u2014 réclamée d\u2019ailleurs par plusieurs de nos collègues et préfets de MRC dans les pages du Devoir \u2014 et d\u2019une politique démographique qui mettra l\u2019accent sur la stimulation de la natalité, la mise en place de politiques destinées aux familles, la régionalisation de l\u2019immigration et la maîtrise des flux migratoires.Une mobilisation massive des intervenants régionaux des MRC dévitalisées apparaît aussi impérative afin qu\u2019ils puissent sensibiliser les instances gouvernementales à l\u2019ampleur des problèmes qui affectent leur milieu.Mais encore faut- il qu\u2019ils soient en mesure de les reconnaître.Mi-l\u2019un, mi-l\u2019autre Ils sont beaux et sympathiques, ces deux jeunes parents, les prince et princesse de Windsor.Dans la famille royale, ils ne se sentaient pas à l\u2019aise.Ils ont forgé le projet de s\u2019éloigner d\u2019elle.La grand-maman Élisabeth a exaucé leurs vœux: ils vivront en partie en Angleterre dans leur fief familial et royal et en partie au Canada, loin des exigences protocolaires et des représentations de la cour.Au Canada, ils sont les bienvenus, évidemment, mais ils deviennent Harry Windsor et Meghan Markle.Ils sont indépendants et veulent vivre de leur travail (on devine qu\u2019ils ne chercheront pas longtemps).Durant leur séjour au Canada, ils mettent entre parenthèses leur devoir officiel, ils sont donc invités à se défendre comme tous les autres roturiers qui peuplent ce pays.Les Canadiennes et Canadiens n\u2019ont pas à subvenir à leur protection, la situation financière du couple lui permettant de voir à cet aspect comme aux autres aspects de sa vie en terre canadienne.Deux situations personnelles, deux pays de résidence, avec ce que chaque situation commande d\u2019engagements différenciés.Souhaits de bonheur et ici et en Angleterre.Normand Breault Le 15 janvier 2020 DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Dynamisme ou dévitalisation à la MRC des Basques?Il semble régner un optimisme béat qui est loin de servir le développement des régions LIBRE OPINION LETTRES ÉLECTRICITÉ ET ENVIRONNEMENT Changement de ton CLINIQUES D\u2019HIVER Un éternel fiasco L ésormais, il relève de l\u2019euphémisme que de dire que le système de santé québécois toussote, s\u2019échauffe et plie du genou, tel un patient atteint d\u2019un accès de grippe.Une certaine exaspération chronique s\u2019ajoute à la fiche des symptômes : comme nous sommes las de ce désastre annuel nommé engorgement hivernal des urgences ! Un mauvais spectacle mené par des maîtres de l\u2019improvisation.La ministre de la Santé, Danielle McCann, annonçait à ce chapitre la force de l\u2019expérience et une volonté nette de puiser au terrain pour trouver les solutions plutôt que de tout commander de l\u2019impérieux navire amiral ministériel, aussi omnipuissant que déconnecté de sa base.Les chapitres des derniers jours laissent croire plutôt à un fiasco éternel.Fort heureusement, le ridicule ne tue pas : ces derniers jours, en pleine éclosion grippale, il est devenu impossible de prendre rendez-vous dans l\u2019une de ces 59 cliniques d\u2019hiver, ouvertes précisément pour permettre le désengorgement d\u2019urgences aux salles d\u2019attente remplies de grippés.Pressurisée par des reportages pointant l\u2019inefficacité crasse de l\u2019opération ministérielle antigrippe, la ministre McCann entonne un refrain connu : diantre, aux médecins d\u2019en faire plus, tonne- t-elle, brandissant à nouveau leur rémunération, comme s\u2019il s\u2019agissait de sévir pour convaincre d\u2019agir.Quiconque a tenté la course à obstacles nommée prise de rendez-vous sait bien qu\u2019entre l\u2019énoncé et la pratique, il y a un abysse.Cette fois, l\u2019argent ne semble pas mis en cause.C\u2019est dans la qualité de la préparation qu\u2019on semble avoir erré, notamment au moment de la prise de rendezvous, qui ne permet pas de préciser la source du mal.Grippe ?Gastro ?Mal de dos ?Si le système mis en place pour désengorger les urgences permet à tout le monde et à n\u2019importe qui de se présenter à la clinique pour avoir accès au sanctuaire sacré du médecin, on ne s\u2019étonnera pas ensuite de conclure que ça ne fonctionne pas.Les grippés s\u2019empilent là où ils ne le devraient pas.Les causes du problème sont multiples : manque de lits à l\u2019étage des hôpitaux, difficultés de recrutement de personnel, à la fois dans les cliniques et les centres hospitaliers.Mais aussi hyper-bureaucracie et opération mal ficelée, comme en font foi toutes ces cliniques qui ont dû renoncer à participer, car cela menaçait leur fonctionnement habituel.Dans ce contexte, le risque est grand que même les plus engagés soient tentés d\u2019abdiquer.D ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ROBERT DUTRISAC A 9 LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet On peut bien punir On jurerait qu\u2019il le fait exprès, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une mise en scène.Harvey Weinstein sortant de sa voiture, montant les marches du tribunal, courbé au-dessus de sa marchette aux pattes fichées dans des balles de tennis éventrées.Son avocate, Donna Rotunno, est droite comme un i à ses côtés.Même l\u2019escorte policière semble avoir du mal à y croire.Weinstein, donc, joue la carte de la pitié, maintenant qu\u2019il lui faut réapparaître en public pour son procès.Oh, n\u2019allons pas croire que c\u2019est un hasard.Bien sûr, on imagine aisément que sa santé ait été mise à l\u2019épreuve durant la dernière année et demie.Mais on sait aussi que l\u2019image compte \u2014 et qui ne le sait mieux que ce magnat déchu ayant sévi pendant des décennies dans un univers où rien ne compte plus, justement, que l\u2019image.Bien sûr qu\u2019il le sait.Il le savait aussi en accordant, en décembre, une entrevue à un tabloïd, un soluté bien visible planté dans le bras, dans laquelle il se désole que son travail, l\u2019œuvre de sa vie, ait ainsi été effacé.Lui, grand allié des femmes, aujourd\u2019hui victime d\u2019un vaste complot, plaidait-il.Oui, regarder Weinstein s\u2019avancer avec sa marchette vers les portes du tribunal a quelque chose de stupéfiant.Parce qu\u2019évidemment, on refuse d\u2019y croire, mais on finit par y croire un peu, malgré nous.On voit l\u2019homme malade et amaigri et on oublie, pour une fraction de seconde, le prédateur allégué.On oublie son ton menaçant et sa manipulation écœurante, captés en 2015 par la mannequin Ambra Batti- lana Gutierrez, après qu\u2019elle eut porté plainte contre Wein- stein pour attouchements.Il faut écouter ces enregistrements, que le New York Times rediffusait ces jours-ci dans son balado quotidien, et regarder en même temps la procession de Weinstein vers le tribunal.Beaucoup de choses, me semble-t-il, se révèlent dans l\u2019écart abyssal entre l\u2019image de cet homme pitoyable à la marchette et l\u2019ogre qu\u2019on entend sur les enregistrements.On devine sa maîtrise totale des illusions, sa capacité à œu- vrer entre la transparence totale \u2014 se cachait-il vraiment pour agir ?\u2014 et la dissimulation absolue, toujours dans un même geste.Un jeu perpétuel d\u2019ombres et de pouvoir, qui opère à travers l\u2019image et le discours ; et qui opère d\u2019ailleurs avec une efficacité telle que, des 80 femmes ayant porté plainte contre Weinstein, on peine à en trouver deux pour l\u2019affronter en justice.Personne pourtant ne doute que ces femmes puissent dire la vérité.Mais puisque les faits qu\u2019elles rapportent ont été normalisés par tous, par déni ou par intérêt, y compris par les victimes elles-mêmes \u2014 il faut bien survivre \u2014, la preuve se désagrège entre les mains des procureurs.Weinstein apparaît donc triste, pathétique, mais toujours insaisissable, même par la griffe de la loi.Voilà peut-être ce qui confère tant de pouvoir à ces hommes : il est difficile d\u2019associer soudain au crime des gestes qui hier encore étaient tolérés, accueillis avec indifférence ou dérision, et d\u2019exiger que leur auteur soit sanctionné.Condamner, punir, dans les circonstances, suppose un aveu de complicité.La complicité d\u2019individus, bien sûr, mais pas seulement : celle d\u2019une société tout entière qui cultive sa complaisance, souvent dans une bonne humeur effrayante.L\u2019écrivain et traducteur André Markowicz, qui a notamment traduit Dostoïevski, écrivait sur sa page Facebook que c\u2019est cette bonne humeur qui est la plus frappante dans l\u2019extrait de l\u2019émission Apostrophes relayé ces jours-ci, où l\u2019on voit Denise Bombardier, que la France semble désormais voir comme une icône féministe et une intellectuelle de combat (note à nos alliées outremer : non), tenir tête à l\u2019écrivain Gabriel Matzneff.L\u2019animateur et les invités ont tous l\u2019air, sauf Bombardier, si contents d\u2019être eux-mêmes et d\u2019être entre eux, remarquait en gros Markowicz \u2014 surtout Matzneff, bien sûr, qui devait en effet beaucoup jouir de n\u2019avoir à se cacher de rien, au nom de la littérature.Mais voilà que, dans la foulée de la parution du livre de Vanessa Springora, Gabriel Matzneff est cité à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Paris, pour « apologie de crime » et « provocation à commettre des délits et des crimes ».Gallimard a retiré ses journaux de la circulation.Chez nous, la Grande Bibliothèque a banni ses livres de son fonds.La bonne humeur fait place à la panique et à la contrition : allez, vite, il faut cacher, brûler, effacer la négligence passée.Mais cet accès de remords paraît bien opportuniste, et il me semble périlleux de se venger sur la littérature lorsque certains s\u2019en servent comme alibi.C\u2019est un peu la même chose dans le cas de Weinstein : on rêve aujourd\u2019hui de le voir en prison.Bien sûr.Mais quel est cet empressement à déléguer à l\u2019institution pénale l\u2019entière responsabilité de sanctionner ce que la société continue à tolérer ?On peut bien brûler les livres et envoyer des gens en prison, en faisant comme si ces « choses-là » ne s\u2019enracinaient pas aussi dans les rapports sociaux eux-mêmes ; comme s\u2019il suffisait de couper et de cacher ce qui dépasse.Mais quelle justice sert-on lorsqu\u2019on substitue bêtement la punition et l\u2019effacement à la complaisance et au déni ?Pierre Norris Étudiant à la maîtrise en science politique à l\u2019UQAM Nous avons appris, le 12 janvier dernier, le décès de sir Roger Scruton des suites d\u2019un cancer fulgurant.Philosophe britannique, il était considéré comme l\u2019un des principaux penseurs conservateurs de notre époque.Quasi inconnu au Québec, il laisse pourtant derrière lui plus de cinquante ouvrages.Anglais extravagant, intellectuel engagé dans la Cité, il a offert une pensée très riche touchant notamment la politique, la musique, l\u2019architecture, la sexualité, le christianisme et les relations internationales.Il s\u2019agit d\u2019une œuvre d\u2019une telle ampleur qu\u2019il n\u2019aurait pas été juste de ne pas en rendre compte.Né en 1944 dans une famille de classe moyenne, Scruton s\u2019est vite intéressé au monde des idées.Étudiant en philosophie à Paris en 1968, il voit ses amis, petits-bourgeois révoltés, lever des barricades et renverser des voitures, proclamant qu\u2019il est « interdit d\u2019interdire ».Scruton racontera souvent que c\u2019est ce qu\u2019il vécut à Paris qui fit de lui un conservateur, comprenant qu\u2019il est plus facile de détruire que de construire, et que les choses auxquelles on tient doivent être activement défendues si l\u2019on souhaite les préserver.Devenu professeur au Birkbeck College, sa condamnation des thèses de Foucault, Sartre ou encore Hobsbawm le brouilla avec le monde universitaire de son époque.Il devint l\u2019un des principaux organisateurs de la Salisbury Review et du Conservative Philosophy Group, qui cherchaient à contrebalancer les tendances ultralibérales des tories de l\u2019époque de Margaret Thatcher.Il passa surtout les années 1980 à construire un réseau d\u2019éducation souterrain en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Pologne, donnant des cours et distribuant des livres interdits à une génération d\u2019intellectuels qui cherchaient à dépasser le communisme.Cette expérience particulière lui fit voir la chute du « rideau de fer » non pas comme la victoire de la société libre et ouverte, mais comme celle de peuples attachés à leur religion, à leur nation et à leurs racines.Protéger l\u2019héritage Défenseur de la société rurale, de la petite propriété privée et de la modération, Scruton faisait sienne l\u2019idée d\u2019Edmund Burke selon laquelle la société est un contrat entre les vivants, les morts et ceux qui vont naître.Nous ne serions que les gardiens temporaires d\u2019un héritage qui ira à nos successeurs.Pour Scruton, cela revenait à combattre les entreprises de réingénierie sociale s\u2019imaginant pouvoir refonder la société et ignorant les conventions, les traditions et les réseaux naturels de solidarité au nom d\u2019un idéal ne pouvant que dégénérer vers le pire.L\u2019originalité de Scruton résidait aussi dans son refus du capitalisme sauvage : s\u2019il croyait à la supériorité du marché libre sur le socialisme, il croyait aussi que ce marché n\u2019était pas une fin en soi.Il aimait rappeler que le mot « économie » vient du grec oikonomia, c\u2019est- à-dire la gestion de la maison, la protection du chez soi, l\u2019entretien d\u2019un monde de valeurs.Cela lui permettait d\u2019envisager l\u2019écologie dans une perspective conservatrice : à ses yeux, il s\u2019agissait moins de refonder la société par le haut que de la préserver.Soucieux de protéger ce qui donne sens à toute collectivité, Roger Scruton a surtout voulu comprendre ce que sont l\u2019art, la musique et l\u2019architecture.Refusant d\u2019y voir des moyens trans- gressifs pour choquer ou critiquer l\u2019injustice du moment, il y voyait plutôt des vecteurs du Beau, de ce qui mérite d\u2019être perpétué chez l\u2019Homme.Mais Scruton donne aussi à voir, en filigrane de toute son œuvre, la compréhension du Beau comme partie prenante d\u2019une quête vers Dieu.La défense du Beau apparaît donc à la fois comme un sentiment de gratitude et comme une voie d\u2019accès à la transcendance et au Sacré.Souhaitons à Roger Scruton d\u2019avoir atteint l\u2019objet de sa quête.Souhaitons-nous également que son œuvre continue d\u2019alimenter les réflexions de ceux qui, à côté des nihilistes et des agents du ressentiment, ont la conviction intime qu\u2019il reste encore quelque chose à sauver dans ce bas monde.ROGER SCRUTON 1944-2020 L\u2019originalité de Scruton résidait dans son refus du capitalisme sauvage Oriol Junqueras Chef d\u2019Esquerra Republicana de Catalunya Le conflit politique entre la Catalogne et l\u2019État espagnol est un conflit européen.Aujourd\u2019hui, la lutte pour la démocratie et les droits civils et politiques des Catalans est une affaire intérieure, oui, mais une affaire intérieure européenne.La Catalogne plaide pour la démocratie et réclame justice.L\u2019Europe a ici une occasion.La répression espagnole a atteint cette semaine le cœur de l\u2019Europe à travers le conflit judiciaire ouvert sur les mandats des députés indépendantistes catalans.Le mien, pour l\u2019instant, a fait l\u2019objet d\u2019un veto en raison de l\u2019intervention irrégulière de la commission électorale espagnole et des tribunaux espagnols.Cependant, nous avons réussi à ce que le président Puigdemont et le ministre Comín deviennent députés européens.Ce fut une immense joie de pouvoir voir mes collègues siéger au Parlement, et je suis persuadé que je serai à nouveau député européen, comme en 2009, et que nous allons bientôt pouvoir nous retrouver au sein du Parlement européen.Nous avons toujours soutenu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un conflit européen, mais aujourd\u2019hui, c\u2019est indéniable.L\u2019arrêt de la Cour de justice de l\u2019Union européenne a attiré l\u2019attention sur la justice espagnole, en précisant très clairement que je suis député européen, tout comme Puigdemont et Comín, par le vote des citoyens européens et non pas par des procédures purement formelles que l\u2019Espagne m\u2019a d\u2019autant plus empêché de réaliser.En tant que député européen, comme tous les membres du Parlement européen, je bénéficie de l\u2019immunité parlementaire, une immunité qui aurait dû empêcher ma condamnation, puisque la demande de la levée de l\u2019immunité est obligatoire pour juger les députés européens.L\u2019arrêt constate deux faits: mon statut de député européen, malgré les obstacles dressés par l\u2019Espagne, et, en même temps, que mes droits ont été violés, car je n\u2019ai pas pu exercer ma fonction en tant que telle à cause d\u2019un jugement prononcé sans qu\u2019il y ait eu une demande préalable de levée de l\u2019immunité.Nous traversons une période difficile pour la démocratie dans le monde entier, les mécanismes de la loi s\u2019étendent et permettent aux pouvoirs occultes d\u2019attaquer la démocratie et ses valeurs fondatrices pour mettre en place et déchoir des présidents, de hauts responsables, et modifier les majorités.C\u2019est ce qui se passe en Espagne depuis quelques années, lorsque l\u2019indépendance de la Catalogne est devenue un mouvement majoritaire dans notre pays.Mais il s\u2019agit d\u2019un problème mondial qui touche également les valeurs fondatrices de l\u2019Union européenne.Violation des droits L\u2019Europe ne peut pas détourner le regard lorsqu\u2019un des États membres décide de ne pas se conformer à une décision de la justice européenne et d\u2019affronter pleinement la souveraineté de l\u2019Union.L\u2019Espagne défie l\u2019Europe, consciente que l\u2019Union européenne ne dispose pas de mécanismes suffisants pour s\u2019imposer.Perdre sa réputation ou sa légitimité internationale ne la dérange pas, si en contrepartie elle peut acculer les leaders indépendantistes.Je suis convaincu que nous gagnerons la bataille judiciaire contre l\u2019État espagnol, la liste des violations des droits étant interminable, mais cela prendra du temps, et les pouvoirs de l\u2019État auront déjà atteint leur objectif : nous écarter de la vie politique et exercer une vengeance contre celui qu\u2019il considère comme ses ennemis.Nous sommes les plus grands défenseurs de la démocratie, de la liberté et de l\u2019Europe, et c\u2019est pour cette raison que nous sommes convaincus que la victoire viendra des institutions européennes.De ce fait, nous faisons appel aux démocrates européens pour qu\u2019ils contribuent à rendre utile le processus de dialogue qui a été entamé entre la Catalogne et l\u2019Espagne et à exiger la fin de la répression qui nous conduit aux moments les plus sombres de la démocratie européenne.Nous leur demandons également de mettre fin à une demande de levée de l\u2019immunité qui ne vise pas la justice, mais la vengeance.Il leur revient d\u2019empêcher cela.La répression n\u2019est pas une solution.Seuls le dialogue, la politique et la démocratie contribueront à en trouver une.C\u2019est pourquoi nous plaidons pour la fin de la répression au moyen d\u2019une amnistie pour toutes les affaires ouvertes contre l\u2019indépendantisme, nous plaidons pour l\u2019ouverture d\u2019une table de négociation entre la Catalogne et l\u2019Espagne et enfin pour la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance, comme d\u2019autres démocraties, par exemple l\u2019Écosse, ont pu en tenir.Le conflit catalan a cessé d\u2019être seulement l\u2019aspiration légitime d\u2019une partie très importante du peuple catalan et est devenu une affaire de violation des droits et libertés fondamentaux ainsi qu\u2019un conflit démocratique au sein même de l\u2019Europe.Nous recevons du soutien de partout en Europe, mais nous avons besoin que l\u2019Europe intervienne pour défendre la démocratie.L\u2019UE doit aller de l\u2019avant pour trouver un mécanisme démocratique pour en finir avec la répression et permettre la mise en œuvre du droit à l\u2019autodétermination.Ce processus est une occasion pour l\u2019Europe de se mettre du côté de la démocratie et de combattre les forces qui veulent la détruire.Les démocrates européens doivent savoir que les ennemis des indépendantistes, l\u2019extrême droite représentée par VOX, sont aussi les ennemis de l\u2019Europe.Salvini, Orban, Le Pen ou Abascal sont les mêmes.Défendre la démocratie en Catalogne, c\u2019est défendre l\u2019Europe et sa survie.Ne gâchons pas cette occasion, défendons la démocratie pour sauver l\u2019Europe.POLITIQUE INTERNATIONALE Défendre la démocratie catalane pour sauver l\u2019Europe La lutte des Catalans est une affaire intérieure, oui, mais une affaire intérieure européenne L\u2019Europe ne peut pas détourner le regard lorsqu\u2019un des États membres décide de ne pas se conformer à une décision de la justice européenne et d\u2019affronter pleinement la souveraineté de l\u2019Union AURÉLIE LANCTÔT Voilà peut-être ce qui confère tant de pouvoir à ces hommes : il est difficile d\u2019associer soudain au crime des gestes qui hier encore étaient tolérés, accueillis avec indifférence ou dérision, et d\u2019exiger que leur auteur soit sanctionné.Condamner, punir, dans les circonstances, suppose un aveu de complicité. LEDEVOIR // LE VENDREDI 17 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.L\u2019ALCOOL ET NOUS Tu ne boiras point Il y a 100 ans sonnait la prohibition ; le mouvement de tempérance sera un des moteurs du féminisme Seulement, il faut bien se replonger dans l\u2019alambic et comprendre ce qui a mené à cette solution radicale.Oui, évidemment, l\u2019alcoolisme faisait des ravages à l\u2019époque comme maintenant.Certaines catégories sociales sur- consommaient.Certains pères de famille buvaient leurs payes, s\u2019enivraient, tapaient sur tout le monde.Seulement, était-ce bien le nœud, le cœur des problèmes, l\u2019effet ou la cause de maux plus profonds ?Le mémoire de Mme Robert s\u2019intitule À qui la faute ?, une question empruntée au père Hugolin rendant responsables de la prolifération de l\u2019alcoolisme « les aubergistes, les pauvres et surtout les femmes ».« L\u2019alcool devient alors le bouc émissaire des problèmes sociaux, résume l\u2019historienne.On identifie mal le problème.On dit que, si la société va mal, c\u2019est à cause de l\u2019alcool.On dit que, si les gens sont pauvres, c\u2019est parce qu\u2019ils boivent.C\u2019est commode.Ça permet facilement de ne pas remettre en cause le système des inégalités.» Al Capone et Seagram De toute manière, ce qui pouvait paraître comme une bonne idée pour réduire le problème de l\u2019alcoolisme a vite engendré des effets pervers et pernicieux.La contrebande généralisée a fait gonfler le crime organisé.Le régime sec a duré treize ans.Le Québec a grandement profité de ces années sèches.La compagnie Seagram a connu une croissance exponentielle dans les années 1920.Comme elle s\u2019était préparée à la levée de l\u2019interdit américain en accumulant des stocks de whisky âgé, elle domine vite le marché des États-Unis dans les années 1930 et devient finalement une des plus grandes distilleries du monde jusqu\u2019à sa disparition en 2000.La prohibition a aussi légué au Québec la Commission des liqueurs du Québec (CLQ) en 1921, l\u2019ancêtre de la Société des alcools, solution du monopole d\u2019État sur la vente de vin et de spiritueux (mais pas de bière) quasi unique en Amérique du Nord.Le modèle découlait d\u2019une initiative adoptée en Angleterre, elle-même inspirée du système Gothembourg.Cette solution suédoise transférait la responsabilité de la vente d\u2019alcool à l\u2019échelle locale à l\u2019aide de tickets de rationnement (motbok).« L\u2019alcool faisait tellement partie du quotidien que l\u2019interdit du commerce a simplement mené à la création d\u2019un marché parallèle, explique Caroline Robert, qui poursuit ses recherches sur les rapports du Québec à l\u2019alcool au doctorat.Le gouvernement a donc constaté qu\u2019il perdait beaucoup d\u2019argent en ne vendant plus de licences.» Les buveurs restaient seuls responsables de leur malheur et de leur réhabilitation.Il fallut attendre les années 1940 au Québec pour voir naître d\u2019autres formes d\u2019entraide et les années 1960 pour que la question de l\u2019alcoolisme et de sa résolution soit pensée autrement\u2026 Il y a un siècle pile, l\u2019Amérique se soumettait aux diktats prohibitionnistes.Mais l\u2019alcool n\u2019était-il que le bouc émissaire de maux sociaux plus profonds ?Premier de deux articles sur l\u2019alcool et nous.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR ette nuit-là, l\u2019Amérique est constitutionnellement passée au régime sec.Il y a très exactement un siècle, le 17 janvier 1920, à minuit une minute, entrait en vigueur partout sur le territoire des États-Unis le 18e amendement de la Constitution interdisant « la production, la vente ou le transport de boissons alcoolisées ».L\u2019article ajoutait que « l\u2019importation ou l\u2019exportation [de ces produits] à des fins de consommation sont également interdites ».Une autre disposition de la loi dite Volstead, nommée d\u2019après le président du comité législatif Andrew Volstead, précisait que l\u2019illégalité concernait les boissons contenant plus de 0,5 % d\u2019alcool.Le très long combat politique organisé pour la sobriété forcée venait de remporter sa plus grande victoire.La prohibition généralisée et universelle, sans exception, commençait.Le Canada n\u2019était pas en reste.En 1898, un plébiscite pour la prohibition de l\u2019alcool avait obtenu une faible majorité dans toutes les provinces (51,2 %) sauf au Québec, qui avait voté contre à 81,55 %.Ottawa avait finalement laissé aux législations provinciales le soin d\u2019appliquer la mesure radicale.«Le mouvement de tempérance s\u2019est étendu sur des décennies en Amérique du Nord, mais la Première Guerre mondiale a été son grand catalyseur, explique Caroline Robert, membre du Centre d\u2019histoire des régulations sociales (CHRS) de l\u2019UQAM, spécialiste de la régulation de l\u2019alcool au Québec au XIXe et au XXe siècle.Après le cataclysme, on se retrouve dans un moment où il semble nécessaire de régénérer la société.La sobriété s\u2019inscrit dans cette option de construction d\u2019une nouvelle nation.» Histoires de femmes Mme Robert a défendu l\u2019an dernier un mémoire aussi original qu\u2019unique sur le mouvement de tempérance québécois entre 1870 et 1922.«La prédominance catholique va teinter le mouvement ici», résume la spécialiste.Elle donne l\u2019exemple du vin de messe, toujours exclu des demandes franco-papistes de prohibition, tandis que les groupes protestants radicalisent les interdits.« Les catholiques sont plus tempérants et les protestants, plus prohibitifs, poursuit Mme Robert.Mais ce qui fait surtout la particularité du Québec, c\u2019est qu\u2019ici les groupes féminins sont moins présents dans l\u2019espace public, le discours sur la tempérance étant davantage monopolisé par les hommes du clergé catholique et les médecins.Au Canada anglais, les groupes de femmes ont beaucoup plus d\u2019importance.» Par contre, les Québécoises sont plus dans l\u2019action directe.Leurs organismes, comme la Fédération nationale Saint- Jean-Baptiste fondée en 1907 par Caroline Béique et Marie Lacoste Gérin-La- joie, diffusent des informations, mettent en place des mécanismes pour aider celles aux prises avec la violence conjugale, mais aussi pour réclamer l\u2019intervention de l\u2019État dans les problèmes sociaux.En plus, les femmes comptaient aux élections, le droit de vote leur ayant été accordé en 1918 au fédéral.C Boire et déboires en Amérique En 1919-1920, 33 des 48 États de l\u2019Union faisaient déjà appliquer leurs propres lois anti-alcool, souvent en bannissant les bars (anti- saloon legislation).Le Congrès lui- même comptait deux tiers de membres dits « dry » (secs) opposés aux « wet » (disons imbibés).La prohibition, qui pouvait paraître comme une bonne idée pour réduire le problème de l\u2019alcoolisme, a cependant vite engendré des effets pervers et pernicieux.La contrebande généralisée a notamment fait gonfler le crime organisé.Al Capone, ça vous dit quelque chose ?Le gangster contrebandier est évoqué dans Tintin en Amérique.Dans une scène délirante, un shérif ivre, qui a consommé de l\u2019alcool frelaté, s\u2019accroche tant bien que mal à un écriteau où apparaît un des articles du 18e amendement.Le régime sec a duré 13 ans, et en 1933 le 21e amendement effaçait le 18e.C\u2019est le seul des 27 amendements ratifiés à avoir été abrogé.« Le mouvement de tempérance va être un des moteurs du mouvement féministe, dit l\u2019historienne.Cette lutte va politiser les femmes d\u2019une certaine façon en leur donnant la parole, en les regroupant, en les encourageant à réfléchir à leur réalité.» Dans son mémoire, Mme Robert cite la popularité des produits tonifiants à base d\u2019alcool vendus aux femmes ou l\u2019habitude de l\u2019épicier d\u2019offrir un verre à ses clientes.N\u2019empêche, la consommation féminine était fortement désapprouvée.«Quand une femme est tombée dans ce vice, il n\u2019y a plus rien», disait un pamphlet de tempérance de 1907 du franciscain québécois Hugolin Lemay.«Si elle a un mari, des enfants, elle est pour eux une plaie vivante, incurable et pleine de douleurs.» L\u2019idéal féminin chérissait le modèle maternel de respectabilité, de piété et de pureté morale.« L\u2019alcool est très révélateur de l\u2019agir d\u2019une société à un moment donné, poursuit l\u2019historienne ès boissons alcoolisées, rencontrée au CHRS cette semaine.Cet objet nous permet d\u2019entrer par une porte de côté au cœur des rapports sociaux de sexes ou de classes, jusqu\u2019à toucher aux modes de régulation sociale.» Les raisons d\u2019une déraison À un siècle de distance, il est bien aisé de ridiculiser la volonté de la population et la décision des gouvernements de s\u2019engager dans la voie radicale de la prohibition.D\u2019ailleurs, Mme Robert rappelle que même l\u2019Europe y a goûté à divers degrés, y compris la très permissive France, par exemple avec son interdit de l\u2019absinthe.La chercheuse québécoise arrive d\u2019un colloque à Reims sur le thème où a été discutée l\u2019importance des mouvements internationaux de tempérance qui organisaient des congrès annuels.On dit que, si la société va mal, c\u2019est à cause de l\u2019alcool.On dit que, si les gens sont pauvres, c\u2019est parce qu\u2019ils boivent.C\u2019est commode.CAROLINE ROBERT » À LIRE DEMAIN : LA MODÉRATION A-T-ELLE MEILLEUR GOÛT ?LES RAPPORTS ACTUELS DU QUÉBEC À L\u2019ALCOOL."]
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