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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2020-01-16, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CXI NO 6 / LE JEUDI 16 JANVIER 2020 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 POLITIQUE Stephen Harper veut barrer la voie à Jean Charest A 2 MONDE Vladimir Poutine prépare avec soin la gouvernance de la Russie de l\u2019après-2024 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.ALEXIS RIOPEL LISA-MARIE GERVAIS HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Tandis que les représentants de pays endeuillés s\u2019apprêtent à se rencontrer à Londres, jeudi, des proches des victimes de l\u2019écrasement d\u2019avion survenu à Téhéran une semaine plus tôt continuent à exiger la tenue d\u2019une enquête approfondie.« Arvin, c\u2019était mon frère jumeau.On a partagé les plus grands moments de notre vie.C\u2019est une partie de moi qui s\u2019en est allée », explique au téléphone d\u2019une voix douce Armin Motta- rab, après un long silence.Son frère, Arvin Mottarab, et la femme de ce dernier, Aida Farzaneh, ont péri dans l\u2019écrasement du vol PS752 qui a fauché 176 vies.Le trentenaire en colère s\u2019accroche pour l\u2019instant à une chose : qu\u2019une enquête crédible révèle la vérité et que justice soit faite.C\u2019est ce qu\u2019il a répété lors d\u2019une rencontre avec le premier ministre, Justin Trudeau, mardi, où le Canada a offert une aide consulaire d\u2019urgence aux membres des familles des victimes désireux de se rendre rapidement en Iran.VOL PS752 Entre colère et espoir d\u2019obtenir justice Les proches des victimes de l\u2019avion civil abattu par l\u2019Iran espèrent que le groupe international saura faire éclater la vérité et obtenir des compensations GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR La rareté de logements s\u2019aggrave dans plusieurs villes du Québec.Dans la région de Montréal, le taux d\u2019inoccupation a baissé une nouvelle fois cette année, atteignant son niveau le plus bas en 15 ans.Déjà, des associations de locataires pressent Québec d\u2019agir pour éviter la « crise » le 1er juillet.« Il y a vraiment lieu de s\u2019inquiéter que des gens se retrouvent à la rue, lance d\u2019emblée Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCALQ).Est-ce que des mesures d\u2019urgence seront implantées plus rapidement cette année ?Parce qu\u2019il faut prévoir une crise plus importante encore.» La Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement (SCHL) a dévoilé mercredi son rapport sur l\u2019état du Vers une crise du logement ?Les appartements locatifs sont en nombre insuffisant et toujours plus dispendieux marché locatif à travers le pays.Résultat ?Le portrait s\u2019est assombri un peu partout au Canada, y compris au Québec.Plusieurs villes de la province ont un taux d\u2019inoccupation sous la barre des 3 %, niveau établi pour un marché équilibré selon la SHCL (voir encadré).À Québec, la proportion de logements disponibles est de 2,4 %, comparativement à 3,3 % en 2018.À Gatineau, elle est plus basse (1,5 %), et encore plus à Drummondville, où le taux d\u2019inoccupation est de 1,1 %.Quant à la grande région métropolitaine, elle a atteint son plus bas taux d\u2019inoccupation en 15 ans, soit 1,5 %.Elle avait pourtant déjà connu un creux historique de 1,9 % en octobre 2018.Sur l\u2019île même, ce chiffre est de 1,6 %, légèrement plus élevé qu\u2019en banlieue (1,2 %).Or, le locatif est ce qui se construit le plus à Montréal depuis quatre ans, fait savoir au bout du fil Francis Cortellino, économiste à la SHCL.« Beaucoup plus que le condo.» Les étudiants et le personnel des universités du Canada (à l\u2019École de technologie supérieure sur notre photo) ont été invités à observer une minute de silence, mercredi, en hommage aux victimes de l\u2019avion civil abattu par les forces armées iraniennes.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Mardi, l\u2019Université Laval annonçait fièrement, dans un communiqué, la création d\u2019une nouvelle Chaire Famili- prix en pédagogie de la pharmacie assortie d\u2019un don de 250 000 $.Si ce type d\u2019entente n\u2019a rien de nouveau, il n\u2019en est pas moins inquiétant, selon la Fédération québécoise des professeurs d\u2019université (FQPPU).«L\u2019image des universités qui est véhiculée dans le public avec ce genre d\u2019initiative là ne nous apparaît pas très favorable, même si l\u2019intention au départ est peut-être bonne», avance le président de la Fédération québécoise des pro- fesseures et professeurs d\u2019université (FQPPU), Jean Portugais.«Il faut réfléchir un peu plus.C\u2019est la confiance du public dans les chercheurs qui est en cause.» L\u2019alliance avec Familiprix, fait-il remarquer, est modeste en comparaison de celle liant l\u2019Université de Montréal à Jean-Coutu, dont un pavillon porte le nom.Or la logique est la même pour sa fédération : c\u2019est une forme de « privatisation » inquiétante.En même temps, ajoute M.Portugais, la FQPPU est devenue « nuancée » sur ce sujet en raison des « coupes majeures » observées « depuis 20 ans » dans les budgets des universités.Bref, dit-il, « on comprend que c\u2019est parfois une solution de repli d\u2019aller chercher des partenaires privés ».Jointe par Le Devoir, l\u2019Université Laval rétorque qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019inquiétudes à avoir.« Tout a été fait dans les règles de l\u2019art, dans l\u2019indépendance et l\u2019autonomie », explique le doyen sortant de la Faculté de pharmacie, Jean Lefebvre, qui a suivi tout le processus.« On est chanceux de bénéficier de l\u2019aide de généreux donateurs qui nous permettent d\u2019avancer.» Il y a des «cadres bien précis», dit-il, pour «s\u2019assurer que le donateur n\u2019interfère pas dans les activités qui sont dans la mission de l\u2019Université».Ainsi, aucun représentant de Familiprix ne siège aux instances qui gèrent cette chaire.Il ajoute que le créneau de recherche de la chaire a été défini par la Faculté, et non par la compagnie.« On avait [déjà] toute une expertise en pédagogie pour développer les compétences professionnelles en pharmacie », souligne-t-il, y compris un « laboratoire où l\u2019on simule des cas » pour former la relève.Non, assure l\u2019ex-doyen, le matériel lors des simulations ne portera pas le logo de Familiprix.Quand la compagnie est-elle entrée en scène ?La Faculté est en contact « constant » avec les acteurs du « monde de la pharmacie », précise-t-il, par les stages, la formation continue et la philanthropie.« Familiprix a dit : \u201cNous, ça nous intéresserait de vous accompagner\u201d et a décidé de faire un don pour nous aider.C\u2019est comme ça que ça s\u2019est passé.» Pourquoi donner le nom de la compagnie à la chaire alors que d\u2019autres donnent sans que cela se fasse ?« C\u2019est nous qui l\u2019avons proposé, répond M.Lefebvre.Le donateur n\u2019a fait aucune pression de ce côté-là.Au fond, c\u2019est la seule visibilité qu\u2019il va recevoir.» Les liens entre entreprises et universités se multiplient Cette fois, c\u2019est l\u2019Université Laval qui annonce la création de la Chaire Familiprix.VOIR PAGE A 4 : FAMILIPRIX VOIR PAGE A 2 : LOGEMENT VOIR PAGE A 4 : COLÈRE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Jean Charest a vu arriver mercredi non pas un, mais deux écueils à son éventuelle candidature à la chefferie du Parti conservateur.Son ancien collègue Peter MacKay a confirmé qu\u2019il fera partie des candidats vedettes de la course.Et il a été révélé que Stephen Harper se prépare à tenter de barrer la route à l\u2019ancien premier ministre québécois.M.Harper a en effet quitté de façon inattendue, la semaine dernière, le Fonds du Parti conservateur \u2014 l\u2019organisme de financement de la formation politique.« Il a quitté son poste au Fonds conservateur.Le Fonds le remercie pour son travail acharné au sein du conseil d\u2019administration et lui souhaite le meilleur», a confirmé le porte-parole du parti, Cory Hann, après que le magazine Maclean\u2019sa révélé la nouvelle.Dans les coulisses conservatrices, on raconte que Stephen Harper souhaitait avoir les coudées franches pour se mêler de la course \u2014 ce qui lui était interdit, à titre de membre des instances du parti.« Son intention, en quittant le Fonds, était de se libérer de cette obligation de rester neutre afin de pouvoir faire campagne », a expliqué une source au Devoir.« Il voulait avoir un rôle plus actif.Pas nécessairement pour faire campagne pour quelqu\u2019un en particulier, pour l\u2019instant, mais plutôt pour faire campagne contre une personne, c\u2019est- à-dire Jean Charest.» L\u2019ex-premier ministre fédéral a reçu des appels de nombreux aspirants candidats à la chefferie, ces dernières semaines, qui voulaient sonder son opinion quant à leur possible candidature.M.Harper encourage les ambitions de tous ses anciens collègues, mais pas celles de M.Charest.« Il croit que M.Charest a une vision bien différente de ce que devrait être le Parti conservateur, [\u2026] que le programme politique de Jean Charest ressemblerait beaucoup à celui du Parti libéral du Québec », dit une deuxième source du Devoir.L\u2019ex-ministre Peter MacKay, qui a confirmé qu\u2019il avait l\u2019intention de se lancer dans la course, est issu, comme Jean Charest, de l\u2019ancien Parti progres- siste-conservateur.Sa plateforme risque donc de proposer elle aussi que le Parti conservateur renoue avec certaines positions plus progressistes.Mais M.MacKay a travaillé sous la gouverne de M.Harper au sein du nouveau Parti conservateur, créé après la fusion de l\u2019Alliance canadienne et du PPC que dirigeait alors M.MacKay.Jean Charest a en outre, et surtout, eu quelques différends avec M.Harper lorsqu\u2019il était premier ministre du Québec.M.Charest a notamment fait enrager M.Harper lorsqu\u2019il a recyclé les sommes versées par Ottawa pour corriger le déséquilibre fiscal en baisses d\u2019impôt pour les Québécois.M.Harper a également fait l\u2019objet de nombreuses motions unanimes de l\u2019Assemblée nationale critiquant son gouvernement lorsque M.Charest était à la tête du gouvernement québécois.Charest en mauvaise posture ?Autre embûche possible pour Jean Charest : Brian Mulroney réserverait ses appuis à Peter MacKay, plutôt qu\u2019à lui.Les collecteurs de fonds proches de M.Mulroney font déjà des appels pour aider M.MacKay.« C\u2019est ce que ça veut dire, que d\u2019avoir M.Mulroney dans votre camp : de l\u2019argent, et de l\u2019argent au Québec aussi », résume une troisième source.D\u2019autre part, le sénateur québécois Leo Housakos a affirmé publiquement qu\u2019il estimait que M.Charest n\u2019a pas les appuis nécessaires pour gagner la chefferie.Jean Charest n\u2019a pas encore annoncé s\u2019il se lancera dans la course.Un appel de Stephen Harper à appuyer « n\u2019importe qui sauf Charest » risque toutefois d\u2019avoir un poids important auprès des membres conservateurs, selon notre première source.« Son opinion compte pour plusieurs conservateurs.Ce sera une côte difficile à remonter.» La troisième source conservatrice prédit en revanche que M.Harper se gardera une petite gêne en tentant de PARTI CONSERVATEUR Règlement de comptes en vue Stephen Harper interviendrait pour tenter de barrer la route à Jean Charest dans la course à la direction qui s\u2019amorce avec l\u2019annonce de la candidature de Peter MacKay Se loger au prix fort LOGEMENT SUITE DE LA PAGE A 1 Ce marché connaît en effet depuis deux ans un véritable boom de mises en chantier, une première depuis la fin des années 1980.L\u2019an dernier seulement, quelque 11 000 nouvelles unités sont apparues sur le territoire de la métropole \u2014 excluant les résidences pour aînés.Pourtant, le taux d\u2019inoccupation ne cesse de baisser depuis trois ans.L\u2019offre ne suffit tout simplement pas à la demande « très, très forte », répond M.Cortellino.Montréal accueille un nombre croissant d\u2019immigrants, surtout des résidents non permanents.Cela comprend des demandeurs d\u2019asile, des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires.Une clientèle qui se tourne majoritairement vers les appartements à louer plutôt que vers des propriétés à vendre.La propension plus grande chez les moins de 35 ans de rester locataire, réticents sans doute à l\u2019idée d\u2019acheter en pleine surchauffe immobilière, y joue aussi pour quelque chose.De même que le vieillissement de la population, ajoute Francis Cortellino Loyers À Montréal, ce sont les appartements de trois chambres et plus qui sont les plus durs à dénicher, avec un taux d\u2019inoccupation sous la barre de 0,8%.À l\u2019inverse, les studios se font moins rares (3,3%).«Ce n\u2019est pas surprenant du tout, commente Maxime-Roy Allard du RCALQ.Car ce qui se construit surtout, dit-il, ce sont des logements petits et luxueux, question de faire plus d\u2019argent avec davantage d\u2019unités par immeuble.Le taux d\u2019inoccupation varie d\u2019un quartier montréalais à un autre.Dans le Sud- Ouest par exemple, il oscille autour de 0,5%, alors que dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent, il est d\u2019environ 3%.Fait à noter, la SCHL n\u2019a pas fourni un chiffre global pour beaucoup de quartiers, notamment Anjou, Montréal-Nord, Ahunt- sic et Hochelaga-Maisonneuve.«La crise est double présentement: il manque de logement, et ceux qui sont disponibles ne sont pas abordables», estime de son côté Véronique Laflamme, du Front d\u2019action populaire en réaména- gement urbain (FRAPRU).La hausse «fulgurante» des coûts pour se loger inquiète particulièrement l\u2019organisme.À Montréal, le loyer moyen a augmenté de 3,9 % entre 2018 et 2019.Selon la SCHL, il en coûte désormais ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR freiner Jean Charest, de peur de faire plus de tort que de bien en rebutant des conservateurs qui appuieraient le politicien québécois et qui seraient furieux de voir l\u2019establishment du parti faire campagne contre lui.« Il y a un gros risque de voir le parti se diviser à nouveau, entre Parti réformiste et progres- sistes-conservateurs, ou entre des factions régionales.Pour un ancien premier ministre, je crois que c\u2019est sa préoccupation première.» MacKay se lance\u2026 presque Peter MacKay a mis un terme au suspense, quant à lui, en annonçant sur Twitter qu\u2019il sera de la partie.« J\u2019y vais ! Restez à l\u2019écoute », a-t-il gazouillé.L\u2019ex-ministre de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères sentait la pression pour qu\u2019il précise ses intentions et il a donc souhaité « donner un signal », a-t-on indiqué dans son entourage.Il lancera officiellement sa campagne la semaine prochaine en Nouvelle-Écosse.Député fédéral de 1997 à 2015, M.MacKay avait passé son tour lors de la dernière course à la chefferie, en 2017.Peu après la défaite électorale des conservateurs cet automne, il avait déclaré qu\u2019à son avis, le chef Andrew Scheer avait raté son coup alors qu\u2019il était en échappée devant un filet désert.M.MacKay a recruté des stratèges qui avaient fait campagne pour Maxime Bernier lorsque celui-ci est arrivé deuxième derrière M.Scheer il y a trois ans.La députée ontarienne Marilyn Gladu est la seule autre candidate à avoir confirmé ses intentions.Ses collègues Pierre Poilievre et Erin O\u2019Toole s\u2019apprêteraient à faire de même.L\u2019ex- chef intérimaire Rona Ambrose serait toujours en réflexion, tout comme le député québécois Gérard Deltell.Les aspirants candidats ont jusqu\u2019au 27 février pour se lancer dans la course.Les conservateurs choisiront leur nouveau chef le 27 juin.Loyer moyen sur l'île de Montréal, selon le type d'appartement Données Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement Infographie Le Devoir 649 729 826 1 077 660 761 867 1 129 0 200 400 600 800 1 000 1 200 $ 3 chambres et plus 2 chambres 1 chambre Studio Octobre 2018 Octobre 2019 1,2 1,8 1,9 2,0 0,8 1,3 1,5 1,6 0 1 2 % Île de Montréal Laval Rive-Sud Rive-Nord Taux d\u2019inoccupation, en pourcentage Octobre 2018 Octobre 2019 Données Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement Infographie Le Devoir 660 $ en moyenne pour un studio, 761 $ pour un appartement d\u2019une chambre, 867 $ pour deux chambres et 1129 $ pour un logement de trois chambres ou plus.Les logements disponibles à la location sont beaucoup plus dispendieux que ceux déjà loués, estime le FRAPRU.Bon nombre de ménages appelés à déménager \u2014 prochainement ou dans la foulée du 1er juillet \u2014 auront «très peu d\u2019options sur la table.Les gens devront changer de quartier, changer leurs enfants d\u2019école, quitter leur milieu de vie\u2026», s\u2019inquiète Véronique Laflamme.À ses yeux, seuls des logements sociaux pourront endiguer la pénurie.L\u2019organisme, tout comme le RCALQ, exhorte également Québec à instaurer un contrôle obligatoire des loyers.Une opinion qui n\u2019est toutefois pas partagée par le directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), Hans Brouillette.Il faut plutôt encourager les propriétaires à garder leurs logements au sein du marché locatif, plaide-t-il, puisque « plusieurs » retirent le leur.Et comment ?« Ça prend des ajustements à la méthode de fixation des loyers », dit-il, interpellant du même coup Québec.La rénovation des appartements vieillissants, par exemple, n\u2019est pas rentable à court terme.« Actuellement, si je veux rénover un logement locatif, ça va me prendre 32 ans pour l\u2019amortir.» Tout en qualifiant la situation de « préoccupante », la ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, souligne que le taux d\u2019inoccupation atteignait 0,6 % au début des années 2000, refusant de dire s\u2019il y a crise \u2014 ou non \u2014 du logement.Concernant les logements sociaux, la ministre a simplement rappelé que son gouvernement avait annoncé, en juillet, 260 millions pour le programme AccèsLogis, afin d\u2019augmenter le nombre de logements sociaux et abordables au Québec.« Nous poursuivons nos négociations avec le gouvernement fédéral au sujet du financement dévolu au Québec dans la Stratégie nationale du logement », a-t-elle aussi fait savoir.Autre tuile pour l\u2019ancien premier ministre au Québec : Brian Mulroney aurait jeté son dévolu sur Peter MacKay Plusieurs régions, qui connaissent déjà d\u2019importantes pénuries de logements, ont vu leur situation s\u2019aggraver et parlent déjà de « crise ».C\u2019est le cas de la région métropolitaine de recensement (RMR) d\u2019Ot- tawa-Gatineau dont le taux d\u2019inoccupation de 1,5 %, identique à l\u2019an dernier, figure parmi les plus bas au Québec.La pénurie s\u2019explique par l\u2019accueil d\u2019un bon nombre d\u2019immigrants et les inondations, qui ont réduit la taille de son parc im- Des régions sous pression mobilier.Et même si plus de 3000 nouveaux logements ont été construits à Gatineau, ils ne sont pas adaptés aux besoins des familles nombreuses.«Ils vont livrer des logements d\u2019une chambre à coucher, alors qu\u2019on en a besoin de 3-4-5 chambres, qui sont, en plus, beaucoup trop chers pour une famille au salaire minimum», déplore François Roy, directeur de Logemen\u2019occupe, à Gatineau.Le bas taux d\u2019inoccupation est aussi particulièrement inquiétant dans les RMR de Québec (2,4%) et Sherbrooke (2,3%), selon le FRAPRU.Normand Couture, de l\u2019Association des locataires de Sherbrooke anticipe un 1er juillet «très problématique.» Déjà, l\u2019an dernier, plus d\u2019une dizaine de familles s\u2019étaient retrouvées à la rue le 1er juillet, sans compter celles \u2014 entre 5 et 10 \u2014 qui perdent leur logement en cours d\u2019année.En plus de la gentrification, il dénonce la hausse des loyers, que les locataires auront du mal à absorber.«Il y a 6000 ménages locataires qui consacrent plus de 50% de leurs revenus pour se loger, alors qu\u2019on sait que la SCHL considère que la situation est problématique à 30%.» Lisa-Marie Gervais ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 L \u2019ancien premier ministre de l\u2019Alberta, Ralph Klein, avait coutume de dire qu\u2019en politique, non veut dire peut-être et peut-être veut dire oui.Après la défaite libérale de septembre 2012, Jean Charest assurait qu\u2019un retour en politique était hors de question.Denis Coderre disait lui aussi qu\u2019il était passé à autre chose.Dans les deux cas, les sceptiques étaient nombreux.Si Robert Bourassa ou Jean Chrétien avaient dit la même chose, on ne les aurait pas crus non plus.Tant qu\u2019il reste une chance, ces mordus de politique ne renoncent jamais.Quand M.Charest a publié son autobiographie sous le titre J\u2019ai choisi le Québec en 1998, tout le monde a bien compris qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un choix en quelque sorte imposé.Il rêvait de devenir premier ministre du Canada, mais on lui a fait comprendre que son devoir était plutôt de prendre la tête du PLQ pour bloquer la route à Lucien Bouchard et empêcher la tenue d\u2019un troisième référendum.C\u2019est la mort dans l\u2019âme que son épouse et lui avaient quitté Ottawa.Lors de ses débuts au PLQ, il était frappant de constater à quel point sa culture politique était essentiellement canadienne.On a dit de Philippe Couillard qu\u2019il était le plus fédéraliste des premiers ministres du Québec contemporain, mais Jean Charest était sans contredit celui qui connaissait le mieux le reste du Canada et qui s\u2019y sentait le plus à l\u2019aise.Aucun premier ministre d\u2019une province n\u2019a encore réussi à se hisser à la tête du Canada.S\u2019il doit y avoir une première, il est un candidat tout désigné.La chefferie du Parti conservateur est loin d\u2019être dans la poche, mais la partie est certainement jouable.Avec tout ce que l\u2019on sait sur les méthodes de financement douteuses qui se sont généralisées sous son règne, il faut vraiment être culotté pour vouloir se représenter devant l\u2019électorat, mais M.Charest croit manifestement que l\u2019enquête de l\u2019UPAC n\u2019aboutira jamais et que le cynisme de la population envers la classe politique lui fera simplement hausser les épaules, même si certains ne lui pardonneront jamais cette perversion des mœurs politiques québécoises.Les travaux de la commission Charbonneau n\u2019ont sans doute pas été suivis avec la même attention au Canada anglais, mais ceux qui souhaitent sa venue ont la mémoire courte.Comment oublier cette première page de septembre 2010 du magazine Maclean\u2019s sur laquelle figurait le Bonhomme Carnaval, une valise bourrée d\u2019argent à la main, afin d\u2019illustrer que le Québec était « la province la plus corrompue du Canada » ?« Dans les deux dernières années, le gouvernement est passé d\u2019un scandale à un autre, du financement au favoritisme dans le programme provincial des garderies, à la prime de 75 000 $ payée par le Parti libéral à son chef, en passant par la corruption dans l\u2019industrie de la construction », pouvait-on lire.Soit, cet article n\u2019était qu\u2019une actualisation des préjugés classiques envers le Québec qui ne respectait aucune norme journalistique, mais la conduite du gouvernement Charest n\u2019avait certainement rien fait pour les dissiper.Si ce n\u2019est le malheureux épisode du championnat de Formule E, où les règles avaient été contournées pour assurer des subventions au promoteur Evenko, on ne peut pas adresser les mêmes reproches à Denis Coderre qu\u2019à Jean Charest.Au contraire, son mandat à la mairie de Montréal ressemblait presque à une cure d\u2019assainissement après les magouilles des années Tremblay.Ce sont plutôt son arrogance et la désagréable impression qu\u2019il se croyait propriétaire de l\u2019hôtel de ville qui déplaisaient.Si la perspective d\u2019un retour de l\u2019ancien premier ministre provoque un haut-le-cœur chez certains, rien de ce que M.Coderre a pu faire dans le passé ne constitue un empêchement à un éventuel retour en politique.Depuis sa défaite de 2017, la question était plutôt de savoir s\u2019il tenterait de redevenir maire ou s\u2019il viserait plutôt le poste de premier ministre du Québec en passant par le PLQ.Bien des libéraux, qui doutent fortement de leurs chances de reprendre le pouvoir avec Dominique Anglade ou Alexandre Cusson, souhaiteraient le voir entrer dans la course.Tout mordu de politique qu\u2019il soit, M.Coderre a cependant les deux pieds sur terre.S\u2019il réussit à succéder à Andrew Scheer, Jean Charest aura de bonnes chances de battre Justin Trudeau.Dans le cas de M.Coderre, devenir chef du PLQ serait la partie la plus facile.Même s\u2019il arrivait à redonner un peu de tonus aux libéraux, François Legault serait un adversaire infiniment plus difficile à battre que Valérie Plante.Entre l\u2019opposition officielle à l\u2019Assemblée nationale et la mairie de Montréal, le choix va de soi.Les mordus de politique MICHEL DAVID MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, renonce à l\u2019engagement qu\u2019il prenait dans ses chroniques de « prof idéaliste » et recule sur la promesse caquiste de rendre l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.« Tout n\u2019a pas une solution légale », a-t-il déclaré mercredi.Dans le chapitre « L\u2019école jusqu\u2019à 18 ans » de son livre Et si on réinventait l\u2019école ?, l\u2019ex-enseignant proposait en 2016 de rendre « illégale l\u2019embauche d\u2019un jeune de 18 ans qui est ni aux études ni diplômé ».Il soulignait que l\u2019Ontario, le Nouveau-Brunswick et « pas moins de 21 États américains » ont rendu l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.« Pourquoi nos exigences de- vraient-elles être inférieures aux leurs ?» demandait-il.Pourquoi?Parce que la fréquentation scolaire est une «obligation sociale» et ne doit pas prendre la forme d\u2019une «obligation légale, pénale, qui va mener à des arrestations et des pénalités», estime désormais Jean-François Roberge.Dans une mêlée de presse mercredi, il a confirmé la volte-face de son parti, dont le chef a défendu la fréquentation scolaire jusqu\u2019à 18 ans dans le passé.« En 2016, nous croyons, à la CAQ, que l\u2019école devrait être obligatoire jusqu\u2019à 18 ans ou jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019un diplôme », déclarait François Le- gault il y a quatre ans.Son parti proposait en outre d\u2019interdire aux décrocheurs de moins de 18 ans de travailler pendant les heures habituelles de classe.De quoi les empêcher de « tomber dans le piège », celui de « quitter l\u2019école à 16 ans pour gagner des sous plutôt que de perdre son temps », comme l\u2019écrivait Jean-François Roberge dans son livre.Des suggestions qu\u2019il faisait dans cet ouvrage, le ministre a en revanche retenu celle visant à accorder davantage de ressources aux Carrefours jeu- nesse-emploi pour accompagner les décrocheurs.« On [ne va] pas signaler ces gens-là au poste de police ; on [va] faire appel à nos partenaires pour les accompagner », a-t-il suggéré.Pas d\u2019impact maximal Or, pour avoir un « impact maximal » sur le taux de diplomation, ces mesures d\u2019accompagnement devraient précéder une modification de la loi, croit Égide Royer, professeur titulaire en adaptation scolaire à l\u2019Université Laval.À son avis, le seul fait de rendre l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans permettrait à 1500 jeunes de plus d\u2019obtenir leur diplôme, chaque année.« Il [le ministre] est en train d\u2019ouvrir la Loi sur l\u2019instruction publique avec le projet de loi 40.Il est allé sur des choses aussi pointues [que la révision de notes].Mais qu\u2019il ne touche pas à la question de la fréquentation scolaire obligatoire jusqu\u2019à 18 ans, c\u2019est curieux », a-t-il dit.Les représentants de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE) et la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) se sont en revanche réjouis de la décision du ministre.«On peut-tu s\u2019occuper des élèves qui doivent fréquenter l\u2019école jusqu\u2019à 16 ans avant de penser à prolonger de deux ans la fréquentation obligatoire?», a demandé le président de la FAE, Sylvain Mallette.À la FSE, la présidente Josée Scalabrini pense qu\u2019il était possible de garder les jeunes dans le système d\u2019éducation jusqu\u2019à 18 ans et de leur permettre «d\u2019aimer l\u2019école» en «assurant» la prestation de services adéquats dans le milieu.Une autre promesse rompue La députée libérale Marwah Rizqy a ironisé sur le revirement du ministre Roberge, qui a en outre renoncé à augmenter les exigences d\u2019admission aux baccalauréats en enseignement.«Moi, je le trouve très cohérent, M.Roberge, parce que souvent, il lance des idées et se rend compte après qu\u2019elles ne sont pas si bonnes que ça », a-t-elle lancé.« Si on veut vraiment aider nos élèves, la première chose qu\u2019on doit faire, c\u2019est d\u2019abord trouver des enseignants.» Le Parti libéral s\u2019est farouchement opposé à l\u2019idée de rendre la fréquentation scolaire obligatoire jusqu\u2019à 18 ans, pour ensuite l\u2019appuyer en 2018.Selon la députée Rizqy, le parti est aujourd\u2019hui revenu à sa position initiale, soit celle de maintenir le statu quo.« C\u2019est une démonstration supplémentaire qu\u2019il y a des tonnes de mesures de ce gouvernement-là qui ne passent pas le test de la réalité », a aussi réagi l\u2019élue péquiste Véronique Hivon.La députée solidaire Christine Labrie a, quant à elle, parlé d\u2019une « bonne nouvelle ».« Je n\u2019ai jamais compris pourquoi il privilégiait un moyen coercitif pour retenir les jeunes sur les bancs d\u2019école », a-t-elle dit.ÉDUCATION Roberge renonce à imposer l\u2019école jusqu\u2019à 18 ans La décision du ministre de l\u2019Éducation suscite des réactions mitigées GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le contenu de deux mandats utilisés dans le cadre de l\u2019enquête Mâchurer pourrait être dévoilé jeudi.Si la Cour suprême du Canada rejette une demande d\u2019autorisation de l\u2019ex-argentier libéral Marc Bibeau, l\u2019ordonnance de non-publi- cation qui frappe ces mandats sera immédiatement levée.Les documents en question sont des mandats généraux obtenus par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) en 2016.S\u2019ils ne sont pas à proprement parler des mandats de perquisition, ils ont servi à implanter et à justifier des techniques d\u2019enquête particulières.Rien n\u2019a été saisi par l\u2019entremise de ces mandats et aucune accusation n\u2019a été portée contre Marc Bibeau.Ce dernier est ciblé par l\u2019enquête Mâchurer sur le financement politique et l\u2019octroi de contrats publics au Québec.C\u2019est cette même enquête qui s\u2019intéresse à Jean Charest.Marc Bibeau devant la Cour suprême Le plus haut tribunal décidera jeudi du sort public de deux mandats touchant l\u2019ex-argentier libéral Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, n\u2019a plus l\u2019intention de porter à 18 ans l\u2019âge de fréquentation scolaire obligatoire.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Marc Bibeau s\u2019oppose à ce que le contenu des documents soit dévoilé, notamment pour ne pas mettre en péril son droit à un (éventuel) procès équitable.Un consortium de médias \u2014 La Presse, QMI et The Gazette \u2014 demande au contraire de pouvoir publier le contenu des mandats et des dénonciations ayant mené à ces deux mandats généraux.La demande de Marc Bibeau d\u2019obtenir une ordonnance de non-publication a été rejetée par la Cour du Québec.Celle- ci ne voit pas de risque de préjudice particulier pour M.Bibeau advenant la publication des mandats.La Cour supérieure et la Cour d\u2019appel du Québec en sont arrivées à la même conclusion.Jusqu\u2019ici, les documents sont néanmoins demeurés protégés, puisque d\u2019autres recours judiciaires étaient toujours possibles.Si la Cour suprême rejette jeudi la demande de M.Bibeau de se saisir du dossier, cela mettra un terme au recours.A contrario, si la Cour accepte d\u2019entendre cette cause, l\u2019ordonnance provisoire de non-publication restera en vigueur jusqu\u2019à un jugement sur le fond.Avec tout ce que l\u2019on sait sur les méthodes de financement douteuses qui se sont généralisées sous son règne, il faut vraiment être culotté pour vouloir se représenter devant l\u2019électorat, mais M. Charest croit manifestement que l\u2019enquête de l\u2019UPAC n\u2019aboutira jamais et que le cynisme de la population envers la classe politique lui fera simplement hausser les épaules, même si certains ne lui pardonneront jamais cette perversion des mœurs politiques québécoises. LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F L\u2019ONU prévoit une météo extrême après une décennie record de chaleur GENÈVE \u2014 Après une décennie record en termes de températures, l\u2019ONU s\u2019attend à ce que le réchauffement climatique causé par les gaz à effet de serre se poursuive, alimentant de multiples phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et au-delà.D\u2019après les données dont dispose l\u2019Organisation météorologique mondiale, 2019 a été la deuxième année la plus chaude dans le monde, après 2016, confirmant les analyses du service européen Copernicus sur le changement climatique publiées la semaine dernière.Et 2020 ne s\u2019annonce pas sous de meilleurs auspices.Globalement, les températures moyennes de ces cinq et dix dernières années ont été les plus élevées jamais enregistrées.Agence France-Presse Moyens de pression dans les services de garde en milieu familial Les responsables de services de garde en milieu familial syndiqués à la CSQ ont voté à 96,3 % pour un moyen de pression qui réduira les heures de service les vendredis.Ainsi, durant la première semaine de leur campagne de pression, leurs services de garde en milieu familial ouvriront leurs portes 15 minutes plus tard le vendredi.Durant la deuxième semaine, ils ouvriront 30 minutes plus tard le vendredi, et ainsi de suite, jusqu\u2019à deux heures plus tard au bout de huit semaines.Le mandat de moyens de pression qui vient d\u2019être entériné par les syndiquées prévoit ensuite une demi-journée, puis une journée complète de fermeture du service de garde en milieu familial.Ces syndiquées sont membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance.La Presse canadienne Le Bureau de la concurrence enquête sur la collecte de données par les partis OTTAWA \u2014 L\u2019organisme de surveillance de la concurrence au Canada examine une plainte, déposée par le Center for Digital Rights, concernant les pratiques de collecte de données des partis libéral, conservateur et néodémocrate.Ces informations sur les électeurs potentiels sont utiles aux partis politiques à plusieurs niveaux, notamment pour le porte-à-porte et pour la conception des programmes électoraux.Le Center for Digital Rights affirme que l\u2019utilisation des renseignements personnels par les partis mine la confiance des électeurs canadiens « dans le marché des biens, des services et des idées » et contrevient à l\u2019interdiction de marketing trompeur dans la Loi sur la concurrence.La Presse canadienne MICHAEL PROBST ASSOCIATED PRESS Recherche et mécénat FAMILIPRIX SUITE DE LA PAGE A 1 La présence du secteur privé sur les campus a généré son lot de controverses dans le passé.En 2006, l\u2019Université Laval avait notamment dû rejeter une offre de Sobey\u2019s qui souhaitait construire une épicerie-école.Depuis, des dizaines de chaires de recherche financées par le privé ont poussé au Québec, telles la Chaire Desjardins en finances responsables (Université de Sherbrooke), la Chaire de journalisme Bell-Globemédia (Laval), la Chaire Power Corporation sur les régimes de retraite et les assurances (HEC) ou encore la Chaire RBC sur la motivation au travail (Concordia).Selon le président de la Fédération des professeurs, il faut surtout se pencher sur «l\u2019encadrement» de la recherche au sein de ces chaires.Vérification faite pour la Chaire Familiprix, la recherche y est encadrée par une politique «d\u2019acceptation des dons» de l\u2019Université Laval.Cette dernière précise comment l\u2019argent reçu sera placé, notamment, mais stipule aussi que l\u2019Université doit refuser des dons « dont les conditions font en sorte que la personne donatrice conserve un contrôle indu sur l\u2019utilisation et la gestion des sommes données », précise M.Lefebvre.Mais qu\u2019en est-il de la dynamique une fois que le don est accepté ?Comment la relation entre le mécène et la recherche associée à la chaire est-elle encadrée ?Pour cela, on nous renvoie aux «modalités de gestion du programme».Le document stipule que la chaire est gérée par un comité formé de professeurs et de dirigeants de l\u2019Université, où un seul siège minoritaire peut être occupé par un «expert dans le domaine» provenant de l\u2019extérieur.Plus loin, on précise que «les décisions concernant l\u2019utilisation du don» sont de la «compétence exclusive» de l\u2019Université et que les membres du comité doivent « éviter toute situation de conflit d\u2019intérêts».Or, pour le président de l\u2019Association des professeurs, ce n\u2019est pas suffisant.« Je comprends qu\u2019il y a des politiques, mais ça n\u2019a pas la force d\u2019un règlement », estime Jean Portugais.La Chaire SNC-Lavalin de Polytechnique garde son nom En faisant des recherches sur les chaires, Le Devoir a découvert l\u2019existence de la « Chaire Jaris- lowsky\u2013SNC-Lavalin en gestion des projets internationaux » de l\u2019École polytechnique.Fondée en 2010, cette chaire a « pour mission d\u2019identifier et de développer les meilleures pratiques de planification et de contrôle des projets menés en partie ou en totalité à l\u2019étranger ».À la lumière du scandale sur les pots-de-vin versés par SCN-Lavalin en Libye, la chaire devrait-elle changer de nom ?Pas pour le moment, a répondu la porte-parole de l\u2019établissement.« Plus de 400 diplômés de Polytechnique travaillent actuellement à SNC-Lavalin, qui demeure un partenaire de longue date, tant sur le plan de la recherche que sur celui de la formation », a-t-elle précisé.Obtenir des réponses COLÈRE SUITE DE LA PAGE A 1 Peut-être une étape importante dans le dossier sera-t-elle franchie jeudi.Le Groupe international de coordination et d\u2019intervention pour les familles des victimes du vol PS752 se réunira pour la première fois au haut-commissariat du Canada à Londres, à l\u2019invitation du ministre des Affaires étrangères, Fran- çois-Philippe Champagne.Le Canada, l\u2019Ukraine, la Suède, l\u2019Afghanistan et le Royaume-Uni font partie de ce groupe, mais pas l\u2019Iran.« Cette démarche a pour but de permettre aux familles et aux proches des victimes d\u2019obtenir les réponses qu\u2019ils méritent, d\u2019assurer la responsabilité et la transparence, ainsi que d\u2019obtenir justice, y compris une indemnisation », stipule un communiqué ministériel.Mercredi, en conférence de presse à Ottawa, le secrétaire parlementaire du premier ministre, Omar Alghabra, a indiqué qu\u2019Ottawa envisageait « activement » le versement de compensations provisoires aux familles en attendant celles de l\u2019Iran et de la ligne aérienne Ukraine International.M.Alghabra a ajouté qu\u2019aucune dépouille de victime canadienne n\u2019avait encore été rapatriée au pays.« Le processus pour identifier les restes humains se poursuit », a-t-il expliqué.Par ailleurs, le gouvernement examine la possibilité d\u2019affréter un avion pour rapatrier les dépouilles, a expliqué le ministre des Transports, Marc Garneau.Une femme « aimante » Dans le cas des proches canadiens d\u2019Arvin Mottarab et d\u2019Aida Farzaneh, cette possibilité ne serait d\u2019aucun secours.Les deux Montréalais n\u2019étaient pas encore citoyens canadiens et leurs corps ont été remis à leurs familles respectives en Iran, mercredi.Armin Mottarab dit être « enragé » envers le gouvernement de son pays d\u2019origine.Il s\u2019est d\u2019ailleurs vidé le cœur dans une longue missive qu\u2019il distribue autour de lui et aux médias.« Ce qu\u2019on voit en ce moment en Iran, c\u2019est de la totale incompétence.Ce sont des criminels ! » Dans sa lettre, il dit avoir lu dans la presse iranienne que le gouvernement a menacé les familles, les enjoignant à ne pas parler aux médias étrangers sous peine d\u2019être considérées comme traîtres à la nation \u2014 une rumeur que n\u2019a pas voulu confirmer le ministre Garneau, devant les journalistes.Parmi les victimes du vol PS752, on compte aussi Niloufar Sadr.Mère de trois enfants, Mme Sadr a vécu 15 ans à Montréal où elle possédait une galerie d\u2019art, avant de déménager à Toronto il y a quelques années.À travers ses larmes, sa fille, Asieh Ba- nisadr, parle d\u2019elle comme une femme « aimante et attentionnée ».Asieh Banisadr voit d\u2019un bon œil la rencontre entre les représentants des pays dont les ressortissants étaient dans le vol qui s\u2019est écrasé, mais elle ne voudrait pas que les accusations prennent le pas sur l\u2019hommage qui doit être fait aux « innocentes victimes ».« Je connais la politique et elle est sale partout, en Iran comme aux États-Unis», a lancé cette mère de famille âgée de 40 ans, dont le grand-oncle a été le premier président élu de la République islamique en 1980.« Je ne sais pas comment ça va se passer avec le gouvernement iranien pour [rapatrier le corps], je ne veux pas spéculer », a-t-elle dit.Pour l\u2019heure, Asieh Banisadr souhaite se consacrer à honorer la mémoire des disparus et à l\u2019hommage à sa mère qui aura lieu samedi.Téhéran parle de mensonges Mercredi, le ministre des Affaires étrangères de l\u2019Iran, Mohammad Javad Zarif, a parlé de « mensonges » pour décrire les affirmations initiales de Téhéran, qui a réfuté pendant plusieurs jours la thèse du missile.« Ces derniers soirs, nous avons vu des gens dans les rues de Téhéran manifester contre le fait qu\u2019on leur avait menti pendant quelques jours », a-t-il déclaré lors d\u2019un sommet international, à New Delhi.Toutefois, le ministre Zarif a soutenu que le président Hassan Rohani et lui- même avaient seulement appris vendredi \u2014 soit trois jours après l\u2019écrasement \u2014 qu\u2019un missile iranien était en cause.Les Gardiens de la révolution étaient pour leur part bien au courant.Le général Amir Ali Hajizadeh a soutenu mercredi à la télévision qu\u2019une confession immédiate aurait mis en jeu la sécurité du pays.Figure politique modérée, M.Rohani a plaidé pour une meilleure gouvernance en Iran, où les candidats aux élections doivent obtenir l\u2019aval du clergé chiite.«Le peuple veut de la diversité», a-t-il dit durant le conseil des ministres, en appelant à une « réconciliation nationale ».L\u2019ayatollah Ali Khamenei, plus haut responsable religieux et chef d\u2019État, pourrait se prononcer sur la situation dès vendredi, quand il présidera la grande prière, pour la première fois en huit ans.Avec Marie Vastel, La Presse canadienne et Associated Press Ottawa appuie la position des pays européens sur le nucléaire iranien Le président iranien a haussé le ton, mercredi, face aux trois pays européens qui ont pris des mesures pour forcer Téhéran à respecter l\u2019accord international sur son programme nucléaire \u2014 une démarche diplomatique soutenue par le Canada.« Nous n\u2019acceptons pas l\u2019argument selon lequel l\u2019Iran serait autorisé à cesser partiellement la mise en œuvre de ses engagements » en vertu de l\u2019accord de Vienne sur le nucléaire, ont indiqué mardi les ministres des Affaires étrangères de la France, de l\u2019Allemagne et du Royaume-Uni, dans une déclaration commune.« Contrairement à ses déclarations, l\u2019Iran n\u2019a jamais déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu par [l\u2019accord] et n\u2019a aucun fondement en droit pour cesser de mettre en œuvre » ces dispositions.En réplique, le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que les soldats européens au Moyen-Orient « pourraient être en danger » à la suite de la décision prise mardi en Europe d\u2019appliquer une disposition de l\u2019accord de Vienne qui pourrait ramener les sanctions contre Téhéran.La Presse canadienne Ottawa examine la possibilité d\u2019affréter un avion pour rapatrier les dépouilles, a expliqué le ministre des Transports, Marc Garneau, mercredi, à Ottawa.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Niloudar Sadr a péri dans l\u2019écrasement du vol PS752.Mère de trois enfants, Mme Sadr a vécu 15 ans à Montréal où elle possédait une galerie d\u2019art, avant de déménager à Toronto il y a quelques années.LE DEVOIR Je ne sais pas comment ça va se passer avec le gouvernement iranien pour [rapatrier le corps], je ne veux pas spéculer ASIEH BANISADR » LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 En association avec : Dr Guy Breton Recteur Université de Montréal 14 février de 11 h 30 à 13 h 30 Palais des congrès de Montréal Achetez vos billets >>> ccmm.ca/guybreton Présenté par En collaboration avec : AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Le syndicat des intervenants sociaux craint toujours que, malgré un sévère blâme d\u2019un juge envers la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), un drame semblable à celui qui a coûté la vie à la fillette martyre de Granby se reproduise, faute de ressources.« C\u2019est une pression avec laquelle les intervenants vivent actuellement au quotidien, que ça puisse encore arriver », admet Andrée Poirier, présidente de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).Mardi, en rendant sa décision sur la garde du cadet de la famille de la fillette, le juge Mario Gervais, de la Cour avril DPJ pour avoir échoué à protéger les deux enfants.« Ce jugement-là n\u2019est malheureusement pas une exception.Il vient à nouveau confirmer ce qu\u2019on décrit depuis trop longtemps sur la réalité des intervenants et les besoins réels des enfants », mentionne Mme Poirier.Elle rappelle qu\u2019en 2016 au Sague- nay, la DPJ avait été pointée du doigt après le décès d\u2019un bambin de 22 mois.Quelques mois avant sa mort, il y avait eu signalement.« Il y a eu une médiatisation de l\u2019événement de Granby, mais des décès, il y en a eu d\u2019autres.Des fois on se demande combien ça va en prendre pour qu\u2019on réagisse [\u2026].Il faut arrêter de voir le support aux enfants comme une dépense, comme un calcul mathématique, comme statistique », dit Mme Poirier.Financement insuffisant Huit mois après cette tragédie qui a secoué le Québec, les intervenants de la DPJ sont toujours en situation de surcharge de travail, déplore le syndicat.« Les besoins pour assurer la protection des enfants sont de 270 millions et ce qu\u2019on a obtenu, ce sont 47 millions.Il ne faut pas être trop ferré en mathéma- ENFANCE Les intervenants sociaux craignent une autre « tragédie de Granby » Le manque de ressources demeure criant à la DPJ, dénonce leur syndicat JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le procès intenté par le promoteur du projet immobilier Le Commodore contre la Ville de Laval a débuté mercredi matin.Le maire de Laval, Marc De- mers, ainsi que l\u2019ancien directeur général de la Ville, Claude Asselin, seront appelés à témoigner au courant des prochaines semaines.Propriétaire des entreprises Construction Aldo et Construction Lafleur, Aldo Coviello entendait bâtir deux imposantes tours de 28 et 30 étages aux abords de la rivière des Prairies, sur le site de la marina Le Commodore.Le complexe devait comporter 328 appartements, un parc et deux restaurants en plus d\u2019une marina publique.Après les démissions successives des maires Gilles Vaillancourt et Alexandre Duplessis, Marc Demers a pris le pouvoir à l\u2019Hôtel de Ville de Laval en 2013, promettant de s\u2019attaquer à la corruption.Son administration a alors commandé une enquête administrative pour se pencher sur le projet Le Commodore.En modifiant le zonage du site 2014, la Ville a signé l\u2019arrêt de mort définitif du projet immobilier.Le promoteur estime avoir été victime d\u2019une expropriation déguisée.Il accuse aussi la Ville d\u2019avoir laissé entendre qu\u2019il était mêlé à des activités de corruption.C\u2019est pourquoi il a déposé une requête introductive en dommages contre la Ville de Laval en 2014.Il réclame près de 67 millions pour les profits qu\u2019il aurait pu toucher si son projet immobilier s\u2019était concrétisé.Devant le juge Daniel W.Payette, le promoteur Aldo Coviello a décrit mer- JUSTICE Projet Le Commodore : le maire Marc Demers sera appelé à témoigner credi les étapes que son entreprise a dû franchir pour préparer le projet, dont l\u2019achat du terrain, l\u2019élaboration des plans ainsi que le dépôt d\u2019une demande de permis de construction à la Ville de Laval.Interrogé par son avocat, l\u2019entrepreneur a notamment évoqué une présentation qu\u2019il a faite devant des membres du comité exécutif de la Ville en juin 2010.L\u2019ancien maire Gilles Vaillancourt était présent à cette rencontre, a-t-il dit.Selon lui, les réactions à l\u2019égard de son projet ont été « très favorables ».« Miami est à Laval », aurait dit un des représentants de la Ville en faisant référence au design inspiré de l\u2019architecture de bâtiments en Floride.Le témoignage d\u2019Aldo Coviello devrait se poursuivre au cours des prochains jours.Le procès nécessitera 40 jours d\u2019audiences et des dizaines de témoins seront appelés à la barre, a indiqué l\u2019avocat de la Ville, Me Alexandre Thériault-Marois.Parmi eux figurent quatre élus, soit le maire actuel Marc Demers, la mai- resse intérimaire après la démission d\u2019Alexandre Duplessis, Martine Beau- grand, ainsi que les conseillers municipaux Stéphane Boyer et Michèle Des Trois Maisons.Claude Asselin sera aussi appelé à témoigner.Directeur général de la Ville de Laval de 1988 à 2006, Claude Asse- lin avait été embauché comme consultant par le promoteur du Commodore.Arrêté par l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC) en même temps que Gilles Vaillancourt en 2013, Claude Asselin avait plaidé coupable à des chefs d\u2019accusation de complot et de fraude.Il avait écopé d\u2019une peine de prison de deux ans moins un jour.tiques pour constater qu\u2019il y une énorme différence », déplore Mme Poirier.D\u2019ailleurs, le financement supplémentaire octroyé à la suite du drame par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, n\u2019a pas contribué à engager davantage de personnel, mais a plutôt servi à pérenniser les postes d\u2019employés déjà en fonction.Elle souligne notamment le manque de ressources de première ligne, c\u2019est-à-dire des intervenants dans les écoles, les organismes communautaires ainsi que dans les Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSS).Constats Le président-directeur général du CIUSS de l\u2019Estrie, duquel relève la DPJ de l\u2019Estrie, reconnaît toutes les failles relevées par le juge.« Nous nous en attendions [à recevoir ce blâme] puisque les manquements correspondent aux constats que nous avons faits », indique le Dr Stéphane Tremblay.Il confirme que plusieurs de ses employés sont encore en situation de surcharge de travail, mais que dans les derniers mois des mesures ont été prises pour rendre leur quotidien plus efficace.« On tente de leur donner des marges.Au cours de l\u2019été, on les a dotés de cellulaires et d\u2019ordinateurs pour qu\u2019ils puissent être plus mobiles et faire du travail à distance plutôt que de devoir revenir au bureau après chaque intervention », explique-t-il.Le Dr Tremblay souligne aussi l\u2019importance des travaux de la Commission spéciale sur les droits des enfants et de la jeunesse présidée par Régine Laurent, dont le rapport final devrait être publié au mois de novembre 2020.« Si on souhaite que ça ne se reproduise pas, ce sera un travail collectif.Le filet de protection d\u2019un enfant est très important et c\u2019est d\u2019abord son entourage, ses parents, ses proches, la garderie et l\u2019école », dit-il.Un « wake-up call » Le ministre Carmant a également réagi, soulignant que ce jugement, qu\u2019il qualifie d\u2019accablant, démontre que le système est « malade ».« Le jugement rendu interpelle certes la DPJ, mais je crois qu\u2019il faut voir cela dans un contexte global, c\u2019est un \u201cwake-up call\u201d pour la société dans son entier », écrit-il dans un courriel envoyé au Devoir.Concernant le cas de la famille de la fillette de Granby, il confirme que système a failli.« C\u2019est un ensemble d\u2019événements, de décisions, de manque de communication qui a mené à une tragédie inacceptable et qui aurait dû être évitée à tout prix », dit-il.Le Syndicat se désole que ce soit un drame qui ait finalement mené à cette réflexion collective.« Ce que la population doit savoir, c\u2019est que les intervenants, ça fait des années qu\u2019ils ne cessent de réclamer des investissements, qu\u2019ils portent ce mes- sage-là au quotidien, mais malheureusement, ça prend des drames pour qu\u2019ils se fassent écouter parce qu\u2019il y a une omerta, on n\u2019a pas le droit de parler [publiquement] », dit Mme Poirier.Le ministre Carmant a soutenu qu\u2019il ne tolérerait aucune intimidation ou aucunes représailles envers quiconque voudrait s\u2019exprimer, a-t-il affirmé.« Il ne faut pas que les gens aient peur », a- t-il ajouté.La mort violente d\u2019une fillette à Granby, le 30 avril 2019, avait ébranlé le Québec.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin undi s\u2019ouvre cette espèce de course pour déposer des demandes de parrainage de réfugiés aux bureaux montréalais du ministère de l\u2019Immigration, de la Francisation et de l\u2019Intégration (MIFI).Comme l\u2019a rapporté Le Devoir, des familles se préparent à passer la nuit dehors, voire le dimanche tout entier, pour être parmi les premières à déposer leurs dossiers de parrainage de réfugiés.C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a que 100 demandes valides qui seront considérées en tenant compte du moment précis où elles seront déposées, dès l\u2019ouverture des bureaux du ministère.C\u2019est premier rendu, premier servi.Le nombre de dossiers de parrainage que des particuliers ont préparés \u2014 ce qu\u2019on désigne sous le vocable « Groupe de 2 à 5 personnes » au ministère par opposition aux organismes qui s\u2019occupent de parrainages \u2014 dépasse largement le nombre de places réservées aux réfugiés qui empruntent cette voie pour s\u2019établir au pays.La dernière fois que le MIFI a ouvert ses portes pour recevoir de nouvelles demandes de parrainage de réfugiés, en septembre 2018 sous un gouvernement libéral, des personnes avaient passé la nuit dehors afin que leurs dossiers soient pris en compte.Certains s\u2019étaient parqués sur le trottoir dès 16 heures la veille, assis sur des chaises de camping, pour s\u2019assurer d\u2019une place.Mais nous n\u2019étions pas au cœur de l\u2019hiver.On estime qu\u2019environ 700 dossiers avaient été préparés par des particuliers alors que 100 ont été retenus.Cette fois-ci, le ministère tente d\u2019éviter que les gens attendent dehors, sans qu\u2019on sache si ses mesures d\u2019atténuation auront un effet.Ce qui complique les choses, c\u2019est que le MIFI, en vertu du règlement édicté par le ministre, ne reçoit que les dossiers qui sont transmis à ses bureaux par des messagers.Selon les explications qu\u2019il a fournies, on veut ainsi que les dossiers provenant de l\u2019extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal ne soient pas désavantagés.Or, à moins de payer une forte somme à un coursier pour qu\u2019il fasse la file pendant des heures, ce sont les demandeurs avec leurs dossiers qui font le pied de grue, cédant leur place à un messager juste avant l\u2019ouverture des bureaux.Il semble que certains messagers aient flairé la bonne affaire et en profitent pour exiger des frais exorbitants.C\u2019est un bizarre de système et on ne sait s\u2019il permet véritablement aux demandes provenant de l\u2019extérieur de la grande région de Montréal d\u2019être traitées équitablement.Il n\u2019est pas dit que des gens de Québec ou de Sept- Îles ne doivent pas faire le voyage de toute façon.Un système de loterie permettrait aux demandeurs de déposer leurs dossiers sans faire la file \u2014 la sélection s\u2019effectuant par tirage sans égard à leur ordre d\u2019arrivée.Mais on soutient qu\u2019Immigration Canada l\u2019aurait utilisé pour la réunification familiale et que les résultats n\u2019avaient pas été concluants.En 2015, nombre de Québécois avaient réagi à la crise des réfugiés syriens en proposant d\u2019assurer leur parrainage, c\u2019est-à-dire s\u2019en porter garants et assumer une bonne part de leurs frais de subsistance.Le parrainage des réfugiés coûte beaucoup moins cher à l\u2019État que s\u2019il les prend à sa charge.En outre, il favorise l\u2019intégration des nouveaux arrivants en raison de l\u2019engagement de personnes dévouées.En 2016, le Québec avait accueilli 8100 réfugiés sélectionnés par le MIFI à l\u2019étranger et environ 6500 les deux années suivantes.Le plan d\u2019immigration 2020, dévoilé par le ministre Simon Jolin-Barrette, prévoit de n\u2019en admettre qu\u2019entre 4500 et 5500.De ce nombre, 1350 réfugiés seront pris en charge par l\u2019État et entre 3200 et 3350 sont visés par un parrainage collectif, principalement par des organismes, issus notamment de communautés religieuses.Ainsi, comme en septembre 2018, l\u2019ouverture du programme lundi, outre les 100 demandes présentées par des particuliers, porte sur 650 dossiers, qui proviennent de ces organismes mais qui sont déjà entre les mains du ministère.Or, comme pour les immigrants travailleurs qualifiés, la réduction des seuils d\u2019immigration décrétée par le gouvernement Legault contribue à gonfler le nombre de dossiers en attente qui touchent des réfugiés parrainés.Ce n\u2019est pas une raison pour procéder de cette façon : il y a quelque chose de soviétique dans cette file de gens qui poireautent pendant toute une nuit, et plus longtemps même, à la porte de bureaux gouvernementaux.Cette pratique absurde trahit une forme d\u2019insensibilité de la part d\u2019un ministère dont l\u2019objet est de traiter humainement des personnes immigrantes, et aussi les gens qui s\u2019offrent pour en prendre la charge.Ce n\u2019est rien pour renipper l\u2019image d\u2019un ministre rigide qui ne s\u2019est pas distingué jusqu\u2019ici par sa sensibilité et son empathie.COLLECTIF* Depuis quelques jours, on tient des propos malheureux sur la question de l\u2019aménagement du territoire opposant les municipalités qui forment la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) aux municipalités et MRC limitrophes.On accuse les communautés péri- métropolitaines de faire fi des enjeux de développement durable dans leur exercice de planification, encourageant ainsi un étalement urbain sans considération pour le territoire agricole.On ajoute que le dé- zonage continue, et ce, pour la construction de résidences.Or, les données de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) offrent un éclairage fort différent.Prenons l\u2019exemple de la MRC du Haut-Richelieu, dont la zone agricole couvre 84 964 hectares.Depuis 1987, selon les données officielles de la CPTAQ, ce sont 35 hectares au total qui ont été exclus de la zone agricole.Dans la MRC Les Jardins-de-Napierville, dont 97 % du territoire de 80 235 hectares est zoné agricole, ce sont 99,4 hectares qui ont été dézonés depuis 1978.Il y a deux ans, 3,65 des 8 hectares dézonés visaient l\u2019expansion d\u2019une entreprise de production d\u2019engrais agricole.De son côté, la MRC d\u2019Argenteuil est propriétaire de 245 hectares de terres en zone agricole, productrice et membre de l\u2019UPA.Quant à la MRC de Montcalm, maintes fois citée dans les commentaires, la réalité diffère encore une fois.Il est vrai que le schéma prévoit de nouvelles zones.Cependant, l\u2019ensemble de ces mesures sont incluses dans le plan de développement de la zone agricole (PDZA), et les dirigeants sont en mesure d\u2019expliquer leurs orientations en aménagement.Mais au-delà des critiques entendues, Montcalm est un des rares territoires dont la zone agricole a été agrandie depuis la révision du début des années 1990 (+140 hectares), et il a vu sa superficie de terres exploitées par l\u2019agriculture croître de 418 hectares.En fait, nous souhaitons tous préserver et développer notre territoire agricole.À preuve, la plupart des MRC au Québec ont adopté un PDZA.En fait, l\u2019enjeu n\u2019est pas tant le dézonage, mais plutôt la cohérence du développement local et du bien-être collectif de chacune des régions.Quant à l\u2019augmentation des véhicules dans le réseau de transport métropolitain, à laquelle on a également fait référence, Statistique Canada présente, dans le recensement 2016, un portrait beaucoup plus nuancé que celui contenu dans la note de l\u2019Observatoire du Grand Montréal et qui permet de relativiser les données.Franchir le Rubicon Les menaces de guerre contre un pays hostile d\u2019un président américain dans une situation délicate ou sur le point de perdre sa réélection ne sont pas choses nouvelles dans l\u2019histoire politique américaine.Donald Trump, avec l\u2019assassinat du général iranien Soleimani, tente à son tour de jouer cette carte en espérant que les électeurs américains se rangent derrière lui comme ils le font habituellement lors d\u2019un conflit ou d\u2019une menace de conflit.Évidemment, le rapport de force militaire avec l\u2019Iran est grandement à l\u2019avantage des États-Unis et le désir de ses deux alliés, la Chine et la Russie, de s\u2019engager dans un affrontement avec l\u2019Oncle Sam est loin d\u2019être une certitude.Une guerre serait probablement gagnante pour les États-Unis.Mais, les conséquences, elles, ne le seraient pas.Sans compter le risque de déstabiliser encore plus le Moyen-Orient déjà traversé par des frictions politiques, culturelles et religieuses, le contrecoup économique d\u2019une telle guerre tomberait à un bien mauvais moment dans la conjoncture financière mondiale.En effet, une guerre dans cette région du monde propulsant le prix du pétrole à des sommets (et aussi l\u2019inflation qui en découlerait) risquerait de plomber une économie mondiale déjà alourdie par les risques d\u2019un fort ralentissement en 2020 engendré par les tensions commerciales entre nations, bien sûr, mais aussi par le taux d\u2019endettement colossal tant des ménages, des entreprises privées que des gouvernements des pays riches et émergents [.].Donald Trump franchira-t-il le Rubicon?Possiblement bénéfique à court terme du point de vue électoral, cette éventuelle guerre pour- LETTRES PARRAINAGE DES RÉFUGIÉS Pratique absurde ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC Prises globalement, les MRC pé- rimétropolitaines représentent 16,1 % de la population du Grand Montréal (CMM + MRC périmé- tropolitaines) et génèrent 6,1 % des déplacements dans la CMM.La question du transport est importante, mais elle doit être abordée avec un portrait juste de la situation pour comprendre les causes de la congestion.L\u2019aménagement du territoire est une responsabilité dont le principal outil est le schéma d\u2019aménagement et de développement, caractérisé par un processus public et transparent favorisant la participation, la concertation et la conciliation des différents acteurs.L\u2019aménagement doit s\u2019appuyer sur des échanges constructifs entre les intervenants et des diagnostics complets qui présentent l\u2019ensemble des aspects du développement, permettant au plus grand nombre de comprendre les défis quant à l\u2019utilisation du territoire et à ses particularités, dans le respect des échelles de planification.Nos défis sont énormes, et nous devons chercher à résoudre les problèmes, mais à la condition que les échanges soient caractérisés par la rigueur des études et des informations et par le respect de la réalité de chacun.On ne pourra s\u2019attaquer efficacement aux défis posés, notamment par les changements climatiques, en imposant une vision unique de l\u2019aménagement qui ferait porter le poids des décisions passées prises par de multiples acteurs sur les seules épaules des MRC péri- métropolitaines.De plus, la ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, à titre d\u2019aménagiste en chef du Québec, doit être au cœur de la démarche, notamment pour assurer la cohérence des orientations et des interventions de l\u2019État sur le territoire.Il est impératif de travailler en concertation et non en opposition.Il faut une réflexion approfondie sur le développement pour assurer la pérennité et la vitalité de l\u2019ensemble des communautés.Il en va de l\u2019intérêt de la grande région de Montréal.*Ce texte est signé par 14 préfets des MRC périmétropolitaines.La liste des signataires est publiée sur nos plateformes numériques.La réflexion sur l\u2019aménagement du territoire exige rigueur et respect LIBRE OPINION À propos de Bételgeuse Je suis étonné de constater le ton qu\u2019on emploie pour traiter du sort de Bételgeuse.On nous annonce des changements «récents» dans la luminosité de l\u2019étoile, on se perd en conjectures sur son évolution à venir\u2026 Mais tout ça, on semble l\u2019oublier, c\u2019est de l\u2019histoire ancienne! Bételgeuse est, nous dit- on, à 500 années-lumière de nous.Cela veut dire que ce que nous percevons de la pauvre étoile s\u2019est produit il y a 500 ans et qu\u2019il n\u2019y a là rien de nouveau sous le soleil! C\u2019est là, à mon sens, une jolie manifestation d\u2019un certain anthropocentrisme qui ramène tout événement astronomique à la perception que nous en avons, se produi- rait-elle avec des centaines, voire des milliers d\u2019années de retard sur l\u2019événement «réel».On est quand même de drôles de bestioles\u2026 Luc Desnoyers, professeur honoraire, sciences biologiques, UQAM Le 15 janvier 2020 Un grand bond en avant ou un recul ?Dans sa chronique du 15 janvier intitulée «L\u2019allergie à la religion», madame Francine Pelletier a écrit que le cours ECR instauré en 2008 a marqué un grand bond en avant! Mme Pelletier, avez-vous lu les manuels scolaires?J\u2019ai lu, et à ma grande surprise, les dogmes sont présentés comme dans le petit catéchisme de 1945! Un exemple: l\u2019annonciation à Marie qu\u2019elle sera mère de Dieu, ceci présenté comme étant vrai puisque dans le cahier de devoirs, on demande à l\u2019enfant: comment penses-tu que la Vierge a réagi en apprenant qu\u2019elle sera mère de Dieu?Si on veut parler de religion aux élèves, cela devrait se faire dans un cadre historique et non dogmatique comme c\u2019est le cas dans le cours ECR présentement.Andréa Richard Trois-Rivières, le 15 janvier 2020 rait être désastreuse à moyen terme sur le plan économique ainsi que géopolitique pour le monde, et pourrait aussi se retourner contre le présent locataire de la Maison- Blanche lors de la prochaine élection présidentielle, encore plus si la situation économique se détériore ensuite dans son pays\u2026 Jimmy St-Gelais Saint-Jérôme, le 13 janvier 2020 L A 7 LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Jean-Pierre Proulx Journaliste et professeur retraité Attaqué pour cause de multicultura- lisme, pour camouflage confessionnel, pour fabulation irrationnelle, pour propagande « antiféminine » et quoi encore, le cours ECR s\u2019est retrouvé pris sous le feu croisé des idéologies diverses qui ont marqué la dernière décennie.Cette opposition multiforme a fini par emprunter la voie politique.En 2017, des militants ont lancé une pétition à l\u2019Assemblée nationale réclamant « de retirer le volet \u201cculture religieuse\u201d du cours ECR ».Elle a recueilli près de 5400 signatures.Elle a reçu aussi l\u2019appui du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.Son chef intérimaire, M.Pascal Bérubé, confirmait plus tard cette position.De son côté, lors de son congrès de 2017, la CAQ promettait aussi l\u2019abolition du cours au primaire.Vingt ans plus tôt, le 26 mars 1977, Mme Marois, alors ministre de l\u2019Éducation, déclarait à l\u2019Assemblée nationale : « Dans le contexte d\u2019une société pluraliste, serait-il souhaitable que tous les élèves reçoivent une certaine formation au sujet du phénomène religieux, des cours de culture religieuse intégrant les diverses grandes traditions, des cours d\u2019histoire des religions ?» Elle se faisait à cet égard l\u2019écho des états généraux sur l\u2019éducation de 1974- 1975 et d\u2019un avis du Conseil supérieur de l\u2019éducation.Champ libre Pour répondre à cette question, elle a créé le Groupe de travail sur la place de la religion à l\u2019école que j\u2019ai eu l\u2019honneur de présider.Après un an et demi de réflexion et de travail, il a répondu « oui » à la question de Mme Marois.Il a proposé et justifié longuement (outre la laïcisation générale du système scolaire) la création d\u2019un cours non confessionnel «d\u2019enseignement culturel des religions obligatoire pour tous ».C\u2019est à François Legault, successeur de Mme Marois, que le Groupe de travail a remis son rapport le 29 mars 1999.M.Legault, devant les milieux catholiques traditionalistes, n\u2019a pas osé donner suite à la recommandation sur l\u2019enseignement culturel.Le cours ne sera mis en place qu\u2019en 2008 sous le ministre libéral Jean-Marc Fournier.Mais aujourd\u2019hui, le vent a tourné.Les mouvements proconfessionnalité sont disparus et l\u2019épiscopat québécois s\u2019est résigné.Les laïcistes athées ont alors occupé le champ libre.Ils viennent de gagner.Que s\u2019est-il donc passé ?D\u2019abord, la religion est progressivement devenue dans l\u2019opinion publique en général une réalité très négative.Le scandale des prêtres et des religieux pédophiles a entaché lourdement l\u2019image et la crédibilité de la religion catholique ; la position de l\u2019Église sur l\u2019inégalité des femmes quant aux fonctions ministérielles produit le même effet.Par ailleurs, bien des Québécois sont suspicieux envers l\u2019islam en raison du terrorisme qu\u2019on observe dans les pays musulmans et qui a percolé jusque chez nous.La place faite aux femmes dans cette religion a transpiré, mais dans l\u2019ambiguïté, jusque dans le débat sur le projet de loi 21 sur la laïcité.Ensuite, la sécularisation du Québec amorcée dans les années 1960 s\u2019est accélérée.Elle est marquée par la prise de distance des citoyens, même encore croyants, par rapport au discours des religions, et par leur indifférence.Un indice?Son absence à peu près totale dans les médias, sauf pour les scandales! Cette indifférence a fini par atteindre la classe politique.Elle est à cet égard à l\u2019image de la population, mais par contre sensible aux mouvements d\u2019opinion.Cette indifférence est aussi observable dans l\u2019appareil gouvernemental.Tous les programmes ministériels doivent en principe faire l\u2019objet d\u2019une évaluation tous les dix ans.Malgré les demandes répétées des intéressés, rien n\u2019a été fait concernant ECR, malgré la promesse de 2016 de l\u2019ex-ministre Sébastien Proulx.Comité inopérant Le comité sur les affaires religieuses est même devenu inopérant depuis 2011.Le projet de loi 40 de M.Roberge propose d\u2019ailleurs de l\u2019abolir, comme il propose d\u2019abolir le droit des élèves à « des services d\u2019animation spirituelle et communautaire ».« Who cares ?» Aux yeux du ministre Roberge, le sort du programme semble donc bel et bien décidé.Pourtant, en février 2019, il promettait de le réviser pour accorder une plus grande place à l\u2019athéisme.« C\u2019est une fausse bonne idée, l\u2019abolition pure et simple du cours d\u2019ECR pour amener de la laïcité », déclarait-il.Moins d\u2019un an plus tard, il a changé d\u2019idée : le cours sera aboli.Allez savoir pourquoi.Il sera remplacé par un sal- migondis d\u2019éléments disparates issus de l\u2019air du temps ! Avant d\u2019abandonner un projet pédagogique réfléchi comme le fut ECR, le gouvernement Legault devrait mener une consultation générale, et en particulier auprès des parents.Par trois fois, en 2010, 2012 et 2015, les Québécois ont, dans des proportions tournant autour de 63 %, déclaré qu\u2019ils voulaient que ce cours demeure, soit le même score que pour la loi 21 ! ÉDUCATION Pour une consultation populaire sur l\u2019avenir du cours ECR Denis Saint-Martin Département de science politique, Université de Montréal Les dirigeants du Service des poursuites pénales et de SNC-Lavalin avaient de quoi célébrer lors du récent congé des Fêtes.Juste avant Noël, à un moment où l\u2019opinion publique s\u2019apprêtait à décrocher de l\u2019actualité, ceux-ci ont annoncé un accord qui impose à la multinationale du génie-conseil une amende de 280 millions de dollars pour de la fraude en Libye.Le premier ministre Legault a décrit l\u2019accord comme une « bonne nouvelle », car, en faisant porter tout le blâme à l\u2019une de ses filiales, SNC-Lavalin pourra obtenir des contrats publics.Les marchés boursiers ont réagi vigoureusement à la nouvelle.Sur le plan économique, la firme évite des conséquences plus graves et obtient un arrangement comparable à ce qu\u2019aurait été un accord de réparation, comme celui refusé à la firme par le Service des poursuites pénales en octobre 2018.Mais il y a une nette différence entre un « accord de poursuite suspendue » (APS) et l\u2019entente rendue publique au mois dernier.Les procureurs ont dans ce cas-ci réussi à obtenir de la firme un aveu de culpabilité.Leur intégrité est ainsi protégée.Cet aveu est la preuve qu\u2019ils ont eu raison de ne pas accorder d\u2019APS à SNC-Lavalin.Judy Wilson Raybould n\u2019a d\u2019ailleurs pas manqué de se rallier à la décision et d\u2019y voir la confirmation de l\u2019indépendance judiciaire pour laquelle elle dit s\u2019être battue.SNC-Lavalin Construction écope d\u2019une des plus fortes amendes payées au Canada pour de la criminalité d\u2019entreprise.C\u2019est un « trophée de chasse » impressionnant et susceptible de plaire à un grand nombre.La justice canadienne en matière de crime en col blanc n\u2019aura jamais paru si rentable.Accusations abandonnées Au-delà des enjeux économiques, il devient plus compliqué de juger si l\u2019accord entre SNC-Lavalin et la Couronne constitue toujours une « bonne nouvelle ».Celui-ci ayant été négocié dans l\u2019opacité par les avocats de la firme et des procureurs jouissant de larges pouvoirs discrétionnaires, personne ne connaît les critères qui ont guidé la prise de décision.Nul ne connaît les raisons qui ont incité la Couronne à se contenter d\u2019une reconnaissance de fraude et à laisser tomber les accusations de corruption d\u2019agents publics étrangers \u2014 qui étaient pourtant à l\u2019origine des poursuites contre la multinationale.Des facteurs reliés à la preuve ont sans aucun doute pesé dans la balance.La criminalisation de la corruption implique la démonstration de l\u2019acte « hors de tout doute raisonnable ».Or, cette exigence n\u2019est pas facile à satisfaire et peut s\u2019avérer longue et coûteuse.C\u2019est pourquoi les procureurs des gouvernements de pays comme le Canada préfèrent négocier des « deals de justice » qui évitent les procès aux compagnies accusées de corruption.L\u2019accord avec SNC-Lavalin, un évitement de la justice anticorruption Avant d\u2019écarter un projet pédagogique réfléchi comme le fut ECR, Québec devrait mener une consultation générale, et en particulier auprès des parents La corruption d\u2019entreprise est rarement punie par les tribunaux.Lorsqu\u2019il y a punition, celle-ci est le plus souvent attribuée à des personnes physiques, et non aux personnes morales qui les emploient.Des études voient dans cette différence l\u2019effet de la théorie de la « pomme pourrie », qui privilégie les causes individuelles plutôt que collectives de la corruption.Ceci expliquerait pourquoi seuls deux anciens hauts cadres de SNC-Lavalin ont été reconnus coupables de corruption d\u2019agents publics libyens.Le premier, Riadh Ben Aïssa, a été condamné par la Suisse en 2014.Le second, Sami Be- bawi, vient tout juste de recevoir une peine exemplaire.Il n\u2019est pas facile de comprendre comment la responsabilité de ces individus a été détachée de celle de l\u2019organisation qui les avait nommés à de hautes fonctions pour le développement du marché en Afrique du Nord.Comment ces anciens dirigeants ont- ils pu agir à l\u2019extérieur des écrans radars de l\u2019entreprise et sans soutien organisationnel ?La « SNC-Lavalin University » organisée au siège social de Montréal pour le fils Kadhafi ne venait- elle pas appuyer ou compléter le versement des pots-de-vin en sol libyen ?Comment supposer que ces stratégies d\u2019influence étaient indépendantes l\u2019une de l\u2019autre ?Culture locale Les multinationales qui cherchent à obtenir des contrats des pays en voie de développement montrent souvent du doigt la culture locale dans les affaires de corruption d\u2019agents publics étrangers.« À Rome, fais comme les Romains », dit l\u2019adage.S\u2019il est coutume d\u2019échanger des pots-de-vin pour transiger avec les élites locales, les pressions sont fortes pour que les entreprises étrangères s\u2019ajustent à leur environnement.Avant l\u2019affaire Siemens en 2007, peu d\u2019États interdisaient le versement de pots-de-vin aux pays étrangers.Cette pratique était illégale depuis longtemps sur le plan du commerce intérieur, mais à l\u2019extérieur, les bakchichs ont été plus longtemps tolérés à cause de l\u2019argument culturel.Ce n\u2019est qu\u2019avec la convention de l\u2019OCDE de 1997 que commence la lutte mondiale contre la corruption d\u2019agents publics étrangers.Plus d\u2019une quarantaine de pays ont signé cette convention.Les lois qui traduisent cet engagement à l\u2019échelle nationale sont cependant peu appliquées.Les appliquer plus rigoureusement et poursuivre plus activement les compagnies accusées de corruption coûterait plus cher au gouvernement et aux entreprises.Aucun pays n\u2019a donc intérêt à le faire.Chacun préfère plutôt punir ses entreprises fautives au moyen d\u2019autres instruments afin de leur éviter les sanctions plus lourdes associées au crime de corruption.Face aux intérêts économiques nationaux, la justice anticorruption peine à garder les yeux bandés.L\u2019une des divisions de SNC- Lavalin a plaidé coupable en décembre dernier à une accusation de fraude envers l\u2019État libyen.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La crimina- lisation de la corruption implique la démonstration de l\u2019acte « hors de tout doute raisonnable ».Or, cette exigence n\u2019est pas facile à satisfaire et peut s\u2019avérer longue et coûteuse. LEDEVOIR // LE JEUDI 16 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.AUSTRALIE Une catastrophe prévisible Le professeur australien Ross Garnaut avait prédit, il y a 12 ans, les feux qui ravagent le continent STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR A voir joué les Cassandre ne l\u2019amuse pas du tout.Ce n\u2019est pas de gaîté de cœur que le professeur de l\u2019Université de Melbourne Ross Garnaut reconnaît avoir eu raison en prédisant il y a douze ans, dans un rapport officiel, les catastrophes qui se concrétisent maintenant en Australie.La projection rationnelle avertissait que, sans action concrète pour lutter contre les changements climatiques, le pays allait connaître une saison des feux de brousse plus étendue, commençant plus tôt, finissant plus tard, avec plus d\u2019intensité dévastatrice.Le Garnaut Climate Change Review (2008- 2010) prédisait même que ce grand basculement catastrophique commencerait en 2020.« Je ne me décris pas comme un prophète de malheur, dit l\u2019économiste, joint en Australie.Je ne suis pas devin.Tout ce que j\u2019ai fait dans mon rapport, c\u2019est relayer ce que les meilleurs scientifiques observaient.» Le professeur a reçu la commande des études d\u2019impacts du chef de l\u2019opposition du gouvernement central et des États et territoires.Le président de la commission a pris sur lui la responsabilité de commander un chapitre sur les feux de brousse, problème récurrent du pays au printemps et en été.Le professeur Garnaut a dirigé des compagnies et publié une cinquantaine de livres.Ses recherches portent sur les politiques économiques et les relations internationales.« Je suis très triste de la tragédie qui se déroule sous nos yeux, dit-il.J\u2019ai des amis dans plusieurs des zones sinistrées, détruites par les feux.Certains des plus beaux sites de notre pays sont détruits, des forêts, des montagnes.L\u2019Australie subit une tragédie qui atteint des proportions gigantesques.» pas échapper au purgatoire, mais nous pouvons échapper à l\u2019enfer.» L\u2019avenir enfumé Reste à savoir comment.« Des positions et des actions qui semblaient impossibles il y a à peine trois mois deviennent possibles maintenant », résume l\u2019analyste pragmatique qui vient de publier un nouveau livre intitulé Super Power.Australia\u2019s Low-Carbon Opportunity (La Trobe University Press).Il y développe la thèse selon laquelle son pays serait plus riche s\u2019il réduisait plus rapidement ses émissions.Il montre que les énergies renouvelables peuvent coûter maintenant moins cher à produire et à stocker que l\u2019énergie fossile et rappelle que le grand pays désertique ne manque ni de soleil, ni de vent.Bref, s\u2019il y a dix ans, la conclusion du rapport Garnaut établissait que l\u2019Australie perdrait davantage en ne changeant pas, la nouvelle approche affirme que le pays sera plus riche et créera plus d\u2019emplois en changeant rapidement vers le modèle d\u2019une économie zéro carbone.Sera-t-il entendu cette fois ?Des milliers de savants du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) n\u2019arrêtent pas non plus de sonner l\u2019alarme, de donner des avertissements, de jouer les Cassandre.En terminant, même si jouer les Cassandre ne l\u2019amuse pas, Ross Garnaut accepte de se projeter à nouveau vers le futur pour tenter de voir ce qui se dessine pour les prochaines décennies.« Ce que je vois pour 2030 ?Malheureusement et très tristement, les feux de brousse vont empirer, non pas chaque année, mais en moyenne.La situation ne va donc pas s\u2019améliorer et ce sera une tragédie supplémentaire.Il nous faut maintenant nous résoudre à mieux gérer ces nouvelles conditions de vie, mais cette gestion sera difficile et pénible.Et si l\u2019Australie participe à la lutte mondiale contre les changements climatiques, j\u2019ai espoir que, dans 20 ans, la situation se sera améliorée.» Il s\u2019avoue aussi attristé de n\u2019avoir pas eu plus d\u2019influence sur les décisions publiques.Pendant deux années, de 2012 à 2014, les politiques adoptées par l\u2019État australien allaient dans le sens de la lutte, par exemple avec une taxe sur le carbone, comme en Colom- bie-Britannique.Les émissions diminuaient de 8 % par année « sans incidence sur l\u2019économie », dit le professeur.Un nouveau gouvernement, dirigé par le libéral Tony Abbot, a ensuite changé de cap en abolissant la taxe, en « niant les conclusions de la science », dit M.Garnaut.Il relie ce changement à deux forces non exclusives.La première est médiatique.L\u2019empire News Corp, de Rupert Murdoch, contrôle la majorité des médias australiens et y défend des lignes éditoriales climatosceptiques.James Murdoch, fils du fondateur, vient lui- même tout juste de dénoncer à son tour cet acharnement négationniste.L\u2019autre influence vient de l\u2019industrie de l\u2019extraction.L\u2019Australie demeure le plus grand exportateur mondial de charbon et de gaz liquéfié et ses industries « très puissantes » soutiennent financièrement les partis politiques conservateurs.« C\u2019est une cause majeure de l\u2019orientation de certaines politiques, dit le professeur.Mais l\u2019Australie demeure une démocratie.Quand l\u2019opinion publique se renverse, devient écrasante, elle peut surpasser l\u2019influence de l\u2019argent.J\u2019espère que nous voyons un tel mouvement se dessiner maintenant.» Désolation L\u2019oracle universitaire pense que la tragédie en développement ne pourra que « changer le débat ».Les feux sont si intenses que leur fumée a été repérée au Chili.Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées.Un méga- incendie a été maîtrisé en début de semaine mais 150 foyers continuent de dévaster le pays continent.L\u2019île Kangaroo ressemble maintenant à l\u2019effrayante désolation de la Lune.Elle abritait 46 000 koalas l\u2019an dernier.Il en reste peut-être 9000.« Je suis désolé qu\u2019il ait fallu en arriver là pour se réveiller.Mais c\u2019est clair que nous arrivons à un point tournant », commente l\u2019Australien.Dans une chronique du New York Times intitulée « L\u2019Australie nous montre le chemin vers l\u2019enfer », Paul Krug- man, autre célèbre économiste, écrivait la semaine dernière que si ces feux ne servent pas d\u2019avertissement à l\u2019humanité, rien ne le fera.« Paul Krugman est un de mes amis et je respecte son travail, commente l\u2019universitaire de Melbourne.Mes propres positions sont moins dramatiques que les siennes.Je dirais que ces feux constituent l\u2019un des avertissements au monde.» La voie infernale n\u2019est donc pas toute tracée et inévitable ?« Je ne prédis pas que nous sommes condamnés.Je ne veux pas penser que nous allons droit en enfer.D\u2019autres solutions existent.Nous pouvons encore éviter le pire.Nous ne pouvons pas éviter les mauvais résultats, mais nous pouvons éviter les pires dénouements.Nous ne pouvons « Je ne me décris pas comme un prophète de malheur.Je ne suis pas devin.Tout ce que j\u2019ai fait dans mon rapport, c\u2019est relayer ce que les meilleurs scientifiques observaient.ROSS GARNAUT » P E T E R P A R K S A G E N C E F R A N C E - P R E S S E "]
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