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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2020-01-15, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CXI NO 5 / LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM RETRAITES La mobilisation s\u2019essouffle Le premier ministre Édouard Philippe propose un compromis aux allures de « trêve électorale » CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT À PARIS LE DEVOIR INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ÉCONOMIE Davos à l\u2019heure des risques que font peser les changements climatiques | B 5 MONDE Le président iranien, Hassan Rohani, souhaite un « tribunal spécial » pour juger les responsables de l\u2019attaque au missile contre un avion civil Mardi, une manifestation a attiré quelques milliers de personnes seulement.ALAIN JOCARD AGENCE FRANCE-PRESSE LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR À quelques jours de la réouverture du programme de parrainage collectif, des Québécois s\u2019apprêtant à déposer des dossiers pour parrainer des réfugiés craignent une cohue bien pire que la précédente devant les bureaux du ministère québécois de l\u2019Immigration.Alors qu\u2019il n\u2019y a toujours que très peu de places, ils seront nombreux cette fin de semaine à camper dehors en plein hiver pour espérer être parmi les premiers à pouvoir déposer leurs dossiers de parrainage dès l\u2019ouverture lundi matin des bureaux montréalais.À cela s\u2019ajoute un fardeau financier pour les parrains qui, pour respecter l\u2019exigence du ministère, doivent faire livrer leurs dossiers par des messagers qui demandent désormais jusqu\u2019à 450 $ la course.« Je pensais arriver dimanche en soirée et passer la nuit dehors devant les bureaux du ministère, mais j\u2019ai dû revoir complètement mon plan de match », a déclaré Manon Leroux, qui a mis beaucoup d\u2019énergie à préparer sa demande pour parrainer des réfugiés syriens.Sylvain Thibault et ses amis ne prendront aucun risque : ils arriveront dès samedi et ont même loué une camionnette pour faire la file à tour de rôle.Ils sont prêts à tout pour déposer leurs quatre dossiers de parrainage visant un père de famille congolais et ses sept enfants et deux orphelins dont il prend soin.« On a cherché à louer un Winnebago mais, finalement, on a trouvé une camionnette qu\u2019on va stationner pas loin pour se réchauffer », a dit M.Thibault, qui s\u2019occupait, jusqu\u2019à Des parrains s\u2019arrachent les places pour « leurs » réfugiés Plusieurs passeront une nuit ou deux à faire la file devant le ministère de l\u2019Immigration afin de déposer le dossier de leurs protégés Manon Leroux tient une photo sur laquelle on la voit avec Bidaa et sa fille Meral, 6 ans, une famille de re?fugiés qu'elle a parrainée.Mme Leroux s\u2019apprête à déposer une autre demande de parrainage pour des réfugiés syriens.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR SANTÉ Les boissons gazeuses sont moins populaires Mais la consommation de thés et de cafés sucrés explose « Il régnait ce matin à Paris comme une douce atmosphère de lendemain de grève.» C\u2019est le chroniqueur Philippe Tesson qui prononçait ces mots sur les ondes de Radio Classique mardi matin.Alors que les syndicats les plus récalcitrants, la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO), lançaient une ultime mobilisation devant s\u2019étendre jusqu\u2019à jeudi, les signes d\u2019un essoufflement du mouvement étaient palpables.À Paris, à peine quelques milliers de personnes ont défilé de l\u2019École militaire à la rue du Bac.Depuis lundi, les Parisiens ont retrouvé des transports publics presque normaux même si certains métros ne circulent qu\u2019aux heures de pointe.Certes, les trains régionaux demeurent plus perturbés, mais 80 % des TGV circulent.Mardi, à peine 6 % des employés de la SNCF étaient en grève.Au début de la grève, le 5 décembre, ils étaient 55,6 %.Si les ports de Dunkerque, du Havre, de Rouen, de Nantes\u2013Saint-Nazaire, de La Rochelle, de Bordeaux et de Marseille ont été » VOIR PAGE A 4 : MOBILISATION VOIR PAGE A 4 : RÉFUGIÉS Même si les Québécois ont réduit de 20 % leur consommation de boissons sucrées en dix ans, selon une étude de l\u2019INSPQ, boissons gazeuses, jus de fruits, cafés et thés sucrés ont toutefois toujours la cote.Québec a d\u2019ailleurs créé un comité interministériel qui étudiera les meilleures pratiques pour en décourager la consommation, a appris Le Devoir.« La consommation de boissons gazeuses a diminué de moitié et les boissons aux fruits de deux tiers entre 2004 et 2015.C\u2019est une bonne nouvelle, mais les boissons sucrées demeurent la principale source de sucre dans l\u2019alimentation », explique Céline Plante, auteure principale de l\u2019étude « La consommation des autres aliments et des boissons chez les Québécois » publiée par l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) lundi.L\u2019étude s\u2019appuie sur des données de l\u2019Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes menée en 2015 par Statistique Canada.Si l\u2019eau reste le principal désaltérant \u2014 et de loin \u2014 des Québécois, 65% d\u2019entre eux ont déclaré avoir pris une boisson sucrée dans la journée de référence, celles contenant du sucre ajouté et les jus de fruit purs à 100% confondus.Bues en moins grande quantité, les boissons gazeuses demeurent en tête des préférences, représentant 39 % de la consommation totale de boissons sucrées dans une journée.Les thés et cafés sucrés se hissent en deuxième place (20 %).Les quantités de boissons aux fruits, de boissons lactées (lait au chocolat, boissons de soya aromatisées) et de boissons sucrées autres (boissons énergisantes ou vitaminées), représentent ensemble le tiers restant.Et ce qui frappe les experts consultés par Le Devoir, c\u2019est que, par rapport à 2004, la catégorie des thés et cafés sucrés a connu la plus grande augmentation, soit de 165 %.VOIR PAGE A 5 : BOISSONS Un café glacé, c\u2019est une slush pour adulte en fait BERANRD LAVALLÉE » Les universités canadiennes offrent leurs plus sincères condoléances à toutes les personnes touchées par l\u2019écrasement du vol 752 de la Ukraine International Airlines en Iran.Les pertes sont dévastatrices.Les répercussions dans les collectivités et sur les campus canadiens ont une portée considérable.Bon nombre des passagers étaient des étudiants, des membres du personnel, des professeurs ou des anciens.Nous pensons aux victimes, dotées de potentiel, de rêves et de curiosité; apportant leur contribution, transformant des vies et améliorant le monde.Leurs histoires témoignent du lien profond qui unit la communauté universitaire, et nous garderons d\u2019elles un souvenir impérissable.En mémoire des victimes Le milieu universitaire canadien est en deuil Joignez-vous à nous aujourd\u2019hui à 13 h (HE) pour un moment de silence pour honorer les personnes qui ont péri. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 P ressé par la décision de la Cour supérieure du Québec, le gouvernement fédéral a heureusement décidé d\u2019aller de l\u2019avant avec la levée de l\u2019interdiction d\u2019offrir l\u2019aide médicale à mourir (AMM) à une personne malade dont la mort n\u2019est pas prévisible.Le ministre de la Justice, David Lametti, n\u2019attendra pas la révision parlementaire de la loi qui doit démarrer en juin, et c\u2019est tant mieux.Rien n\u2019aurait justifié un tel délai pour finalement se conformer non seulement à ce jugement, mais aussi à l\u2019arrêt de la Cour suprême sur le sujet.La plus haute cour du pays n\u2019a jamais indiqué dans tous ses critères que, pour avoir accès à l\u2019AMM, une personne doit être en fin de vie.Cette exigence, inscrite dans les lois québécoise et fédérale, ne faisait que refuser à des personnes n\u2019en pouvant plus de souffrir de maux extrêmement douloureux et incurables, mais pas mortels, de faire lucidement ce choix.Pour orienter leurs travaux, le ministre et deux de ses collègues ont entrepris des discussions avec les provinces et une brève consultation en ligne de deux semaines.Cette dernière va toutefois au-delà de la décision de la cour.Elle porte aussi sur les demandes anticipées d\u2019AMM.Le hic est que toutes les demandes anticipées ne posent pas les mêmes enjeux éthiques.Ces maigres deux semaines et les deux questions du formulaire \u2014 auxquelles on répond par oui ou par non \u2014 ne peuvent servir de feu vert pour aller de l\u2019avant sur ce front.La loi fédérale interdit ces demandes anticipées ainsi que celles présentées par des mineurs matures et celles faites par des personnes souffrant exclusivement de maladie mentale.Le gouvernement voulait poursuivre la réflexion tout en s\u2019engageant à en rediscuter au moment de la révision parlementaire à venir.Le Conseil des académies canadiennes a reçu le mandat d\u2019examiner ces situations et a diffusé son rapport en 2018 sans toutefois faire de recommandations.Une demande anticipée d\u2019AMM est faite par une personne qui craint de perdre la capacité de donner un consentement éclairé au moment où elle souhaiterait que la procédure soit exécutée.Cette définition manque toutefois de nuances.Toutes les situations ne sont pas identiques.Deux cas de figure sont d\u2019ailleurs présentés dans le questionnaire en ligne.Il y a d\u2019abord ces demandes présentées et acceptées, mais qui ne peuvent être exécutées parce que la loi fédérale exige qu\u2019il s\u2019écoule dix jours entre l\u2019autorisation et la procédure d\u2019AMM et qu\u2019au moment d\u2019exécuter cette dernière, la personne soit capable de redonner son consentement éclairé.Ce délai de 10 jours peut être raccourci si la perte cognitive s\u2019annonce plus rapide, mais la question, ici, est de savoir si on doit assouplir ou non la loi pour permettre l\u2019exécution d\u2019une procédure demandée lucidement et acceptée par l\u2019équipe médicale.La réponse devrait être affirmative.Une telle modification éviterait des cas dramatiques comme celui d\u2019Audrey Parker, une femme d\u2019Halifax dont le cancer avait atteint le cerveau et qui a demandé l\u2019AMM plus tôt qu\u2019elle ne le souhaitait afin d\u2019éviter de se la voir refuser en fin de vie.On épargnerait aussi ces malades dont la demande a été acceptée, mais qui, par peur de perdre leur capacité de consentir à nouveau au moment de la procédure, refusent de prendre des médicaments capables de soulager leurs souffrances.Les drames cités plus haut ne posent pas les mêmes problèmes éthiques que ceux de personnes souffrant, par exemple, de la maladie d\u2019Alzheimer ou de démence sénile et qui expriment à l\u2019avance, après avoir reçu le diagnostic, leur souhait d\u2019avoir recours à l\u2019AMM lorsque leur condition ne leur permettra plus d\u2019en faire la demande.Mais que faire si la demande est imprécise ou s\u2019il y a conflit entre le tiers représentant le malade devenu inapte et sa famille ?Et si la personne, une fois inapte et plus vulnérable, est toujours en bonne santé et semble heureuse ?Que faire encore si ses réponses émotionnelles ou l\u2019évolution de sa maladie sont différentes de ce qu\u2019elle anticipait au moment de son diagnostic et de sa demande ?Décider du moment de la mort d\u2019une autre personne est la plus lourde responsabilité qu\u2019on puisse imaginer.Il est bienvenu que le gouvernement accepte d\u2019examiner rapidement la possibilité de permettre les demandes anticipées d\u2019AMM pour les personnes dont la demande a été acceptée.Dans le fond, il s\u2019agit ici de reconnaître une volonté clairement exprimée qu\u2019un changement d\u2019état de santé subit ne contredit pas.Autoriser les demandes anticipées dans les autres cas ne peut se faire dans la précipitation ni après seulement deux petites semaines de consultation.Cela ne veut pas dire qu\u2019il faut y renoncer, mais il faut bien soupeser les conséquences avant d\u2019agir, car les questions soulevées sont graves et complexes.Le gouvernement fédéral devrait imiter le gouvernement du Québec qui, bien qu\u2019ouvert à l\u2019autorisation des demandes anticipées, a choisi de lancer cette année de véritables consultations parlementaires non partisanes sur le sujet.L\u2019examen de la loi fédérale, qui doit démarrer en juin, serait l\u2019occasion pour les élus fédéraux de faire la même chose.Mesurer ses pas MANON CORNELLIER Le gouvernement fédéral devrait imiter le gouvernement du Québec qui, bien qu\u2019ouvert à l\u2019autorisation des demandes anticipées, a choisi de lancer cette année de véritables consultations parlementaires non partisanes sur le sujet.L\u2019examen de la loi fédérale, qui doit démarrer en juin, serait l\u2019occasion pour les élus fédéraux de faire la même chose.AMÉLI PINEDA LE DEVOIR L\u2019autre enfant de la famille de la fillette martyre de Granby demeurera en famille d\u2019accueil pour au moins les six prochains mois, a tranché mardi un juge, qui a par ailleurs blâmé la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour avoir échoué à protéger les deux enfants.Tout comme sa sœur, l\u2019enfant de cinq ans, dont l\u2019identité ne peut être révélée, aurait subi des sévices physiques et psychologiques de la part de son père et de sa belle-mère.Le jugement de 74 pages est frappé d\u2019une ordonnance de non-publication, mais le juge Mario Gervais, de la Cour du Québec, a autorisé que certains détails soient divulgués dans l\u2019intérêt du public après que des médias de Québe- cor eurent déposé une requête.Le parcours de vie de l\u2019enfant y est notamment qualifié d\u2019« accablant et traumatisant à en glacer le sang ».« À cinq ans, il est déjà un écorché de la vie », écrit le magistrat.À la suite de la mort tragique de sa sœur, décédée après avoir subi d\u2019importantes blessures en étant ligotée et séquestrée dans la résidence familiale en avril dernier, l\u2019enfant avait été confié à la DPJ et placé en famille d\u2019accueil.La belle-mère de l\u2019enfant a été accusée de meurtre non prémédité et de séquestration et doit subir son enquête préliminaire les 24 et 25 février.Son père a quant à lui été accusé de négligence ayant causé la mort, d\u2019abandon d\u2019enfant et d\u2019avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie.Il a été libéré en attendant son procès et sera de retour au tribunal le 24 février.L\u2019enfant demeure donc sous la protection de la DPJ pour les six prochains mois.Durant cette période, le juge a permis qu\u2019il reste en contact avec sa mère biologique lors de visites supervisées.Sa grand-mère paternelle ne pourra quant à elle s\u2019en approcher pour le moment.Échec de la DPJ Dans son jugement, le juge Gervais revient sur le fait que les enfants étaient connus de la DPJ, dont les interventions ont révélé de graves lacunes.« De nombreuses défaillances ont fait en sorte que le système de protection des enfants a échoué à protéger [la fillette de Granby] maintenant décédée.Or, ce même système a également failli à sa tâche envers [l\u2019autre enfant] », peut-on lire.Le juge rappelle aussi que l\u2019indignation provoquée par le décès de la fillette a mené à l\u2019ouverture de plusieurs enquêtes ainsi qu\u2019à la création d\u2019une commission spéciale sur le droit des enfants dont les travaux sont en cours jusqu\u2019au printemps.Bien qu\u2019il spécifie dans son jugement que celui-ci ne constitue pas une réponse aux processus lancés par le gouvernement du Québec pour faire la lumière sur la tragédie, il a ordonné qu\u2019il soit transmis à la Commission spéciale sur les droits des enfants et de la jeunesse présidée par Régine Laurent, dont le rapport final devrait être publié au mois de novembre 2020.« À cinq ans, il est déjà un écorché de la vie » Un juge maintient l\u2019autre enfant de la famille de la fillette martyre de Granby dans une famille d\u2019accueil, non sans blâmer la DPJ MARIE-MICHÈLE SIOUI LE DEVOIR CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC Le ministre québécois de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, va à l\u2019encontre de la politique d\u2019évaluation de son propre ministère en proposant qu\u2019un enseignant puisse réviser la note d\u2019un élève qui ne fréquente pas son école, croit la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).Dans un article publié mardi dans Le Journal de Québec, le ministre a testé l\u2019idée d\u2019amender son projet de loi sur l\u2019organisation et la gouvernance scolaires (40) afin de permettre aux enseignants de faire appel à leurs collègues d\u2019une autre école lorsqu\u2019il est nécessaire de réviser les notes de leurs élèves.« Ça reste à discuter.Il me semble que ce serait préférable que ce soit un enseignant d\u2019une autre école, mais du même niveau, [qui puisse réviser une note] », a lancé Jean-François Roberge à son arrivée à l\u2019Assemblée nationale, où se poursuit l\u2019étude détaillée de son projet de loi.Il tente de cette façon de calmer la grogne qu\u2019a causée son projet de loi, dans lequel il prévoyait que le directeur d\u2019une école, «après consultation de l\u2019enseignant, [puisse] majorer le résultat d\u2019un élève s\u2019il existe des motifs raisonnables liés à son cheminement scolaire».RÉVISION DE NOTES Le compromis du ministre ne suffit pas à rallier les enseignants Selon le ministre, le recours à des enseignants d\u2019une autre école permettrait d\u2019affirmer l\u2019autonomie professionnelle à laquelle les enseignants tiennent tant.« Le principe, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un enseignant qui peut inscrire une note et que, dans des cas exceptionnels où il devrait y avoir une révision, elle ne pourrait être faite que par un enseignant.D\u2019aucune façon un cadre d\u2019une direction, d\u2019une commission scolaire, ne pourrait venir modifier une note », a-t-il déclaré.En contradiction avec le ministère Or, cette révision par un pair d\u2019une autre école entre en contradiction avec la Politique d\u2019évaluation des apprentissages du ministère de l\u2019Éducation, estime le président de la FAE, Sylvain Mallette.« La Politique d\u2019évaluation des apprentissages prévoit que la note d\u2019un élève ne tient pas uniquement compte de l\u2019activité ou de l\u2019examen qui est noté, [mais bien de] l\u2019ensemble du développement de l\u2019élève », a-t-il déclaré en marge d\u2019une manifestation organisée par sa fédération devant l\u2019Assemblée nationale.« Alors, comment un autre prof, qui ne connaît pas l\u2019élève, qui ne connaît pas ses difficultés, qui ne l\u2019a pas accompagné, [peut-il] réévaluer le travail d\u2019évaluation qui a été fait par un prof ?» a-t-il demandé.La première orientation de la Politique d\u2019évaluation des apprentissages, présentée en 2003 par le ministre Pierre Reid, inscrit l\u2019évaluation des apprentissages en tant que « fonction pédagogique capitale » qui « s\u2019ajoute à l\u2019ensemble des moyens utilisés pour soutenir l\u2019élève dans ses apprentissages ».Selon Sylvain Mallette, le système de révision envisagé par le ministre est d\u2019autant plus problématique qu\u2019il rend un enseignant d\u2019une autre école « redevable » envers les parents de l\u2019élève dont la note a été révisée.« Je pense qu\u2019il [le ministre] n\u2019a pas pensé à ça », a-t-il dit.L\u2019importance de l\u2019autonomie professionnelle La députée libérale Marwah Rizqy a elle aussi souligné l\u2019importance de « l\u2019autonomie professionnelle de l\u2019enseignant », qui lui permet d\u2019attribuer « SES notes, dans SA classe », a-t-elle indiqué.« Je trouverais ça très mal venu qu\u2019un enseignant d\u2019une autre école donne une note à un élève qu\u2019il n\u2019a jamais vu, pour un examen qu\u2019il n\u2019a pas lui-même préparé.Et en plus, on ajoute une charge de travail à un enseignant.Comment on va faire tout ça ?» a-t-elle demandé.Sa consœur de Québec solidaire Christine Labrie s\u2019est réjouie de voir le ministre reconnaître l\u2019autonomie des enseignants en reculant sur son intention de permettre aux directeurs d\u2019école de modifier les notes d\u2019un élève.« C\u2019est un enseignant qui doit évaluer l\u2019élève.La meilleure personne pour le faire, c\u2019est le titulaire.Mais dans des situations exceptionnelles où il doit y avoir un processus de révision de note, ça doit être fait par un enseignant », a-t-elle dit.Elle n\u2019a pas voulu préciser si cet enseignant devait travailler dans l\u2019école fréquentée par l\u2019élève évalué, disant préférer attendre le dépôt des amendements par le ministre Roberge.Une photographie prise lors des funérailles de la petite martyre de Granby.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Parti vert : Alex Tyrrell confirme sa candidature Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, confirme qu\u2019il tentera de succéder à Elizabeth May à la tête du Parti vert du Canada en octobre prochain.Il demeure chef du parti provincial d\u2019ici là.Il mettra de l\u2019avant un programme résolument campé à gauche, en rupture avec celui qui est défendu par les verts fédéraux jusqu\u2019à présent.« Le temps des politiques nuancées est passé », écrit-il sur son site Internet.M.Tyrrell propose de lancer un « Nouveau Deal vert », c\u2019est-à-dire l\u2019injection de « centaines de milliards de dollars » pour passer à 100 % aux énergies renouvelables, construire un train électrique à grande vitesse reliant toutes les grandes villes du pays et confier à de nouvelles sociétés d\u2019État la production des nouvelles technologies nécessaires au virage.Le Devoir Parti conservateur : Poilievre au Québec OTTAWA \u2014 Le député ontarien Pierre Poilievre n\u2019est pas encore officiellement candidat à la chefferie conservatrice, mais il viendra faire campagne à Montréal à la fin de la semaine pour y courtiser des appuis.M.Poilievre mènera une «campagne de séduction» dans la région de la métropole, de jeudi à samedi, où il tiendra un rassemblement samedi et rencontrera d\u2019anciens candidats, des organisateurs et des membres d\u2019associations de circonscriptions, a appris Le Devoir.Une seconde source a confié qu\u2019il «travaille fort» et qu\u2019«il accorde beaucoup d\u2019attention au Québec».La course conservatrice accorde un poids égal de 100 points à chacune des circonscriptions.Avec ses 78 circonscriptions sur les 338 du pays, le Québec aura donc un poids important \u2014 23% du vote national.Le Devoir L\u2019escouade mobilité sévira partout à Montréal L\u2019escouade mobilité, qui patrouille dans la ville de Montréal afin de régler les problèmes d\u2019entrave à la circulation, étendra sa surveillance à l\u2019ensemble des 19 arrondissements à compter du printemps, et ce, sept jours sur sept, a annoncé mardi Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures et du réseau routier au comité exécutif.Le nombre d\u2019inspecteurs passera de 11 à 16 et un agent technique sera embauché.Montréal a prévu une somme de 500 000 $ pour étendre le service à l\u2019ensemble de son territoire.M.Ouellet estime que l\u2019escouade a démontré son utilité en inculquant une plus grande discipline chez les entrepreneurs autour des chantiers.Depuis sa création en 2018, l\u2019escouade a effectué 10 504 interventions et dressé 1999 constats d\u2019infraction.Le Devoir Alex Tyrrell GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Payer 450 $ pour faire livrer une demande RÉFUGIÉS SUITE DE LA PAGE A 1 tout récemment, du parrainage privé au sein de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et des immigrants (TCRI).Victime de son succès \u2014 des milliers de demandes pour parrainer des Syriens avaient été déposées au Québec en 2016 et en 2017 \u2014, le programme de parrainage collectif avait été suspendu 18 mois, avant de redémarrer en septembre 2018, limitant cette fois les demandes à 750, dont 300 étaient réservées aux organismes en région et à peine 100 à des particuliers parrainant des groupes de « deux à cinq personnes physiques ».Des messagers à 450 $ Lors du dernier appel d\u2019offres en 2018, Catherine Bellazzi avait passé la nuit sur une chaise devant le ministère de l\u2019Immigration pour déposer sa demande de parrainage.Elle se rappelle avoir payé 85$ le messager qui était venu la relayer vers 7h du matin pour déposer sa demande comme l\u2019exigeait le ministère.L\u2019unité syndicale est aujourd\u2019hui compromise MOBILISATION SUITE DE LA PAGE A 1 bloqués, chez les enseignants le taux de grévistes était d\u2019à peine 4,29 %.Certains syndicalistes évoquent la possibilité d\u2019une grève perlée qui s\u2019étirerait jusqu\u2019à la mi-février et où les plus militants alterneraient les journées travaillées avec les journées de grève.Mais d\u2019autres n\u2019hésitent pas à prévoir un quasi-rétablissement des transports dès le week-end prochain.Il faut dire qu\u2019après avoir battu un record de longévité qui remonte à 1986, les grévistes n\u2019ont souvent plus les moyens de faire la grève.Ce qui n\u2019a pas empêché certains membres de syndicats réformistes, comme ceux de l\u2019UNSA (RATP), de désobéir à leurs exécutifs syndicaux en appelant à la poursuite du mouvement.Casser l\u2019unité syndicale Depuis quelques jours, le gouvernement a multiplié les annonces destinées à casser l\u2019unité des syndicats.Lundi, il a mis un demi-milliard d\u2019euros sur la table afin d\u2019augmenter les salaires des enseignants dès l\u2019an prochain.Ces augmentations visent à compenser les pertes qu\u2019ils subiront au moment de leur retraite à cause du nouveau mode de calcul basé sur l\u2019ensemble des années travaillées plutôt que sur les 25 dernières.Mais, si l\u2019unité syndicale est au- jourd\u2019hui compromise, c\u2019est d\u2019abord parce que le premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé le « retrait provisoire » de l\u2019âge pivot de départ à la retraite fixé à 64 ans.« Une victoire pour la CFDT ! » a aussitôt écrit sur Twitter le patron de cette dernière, Laurent Berger.D\u2019ailleurs, la centrale réformiste n\u2019a pas appelé à la grève cette semaine.Ce report de l\u2019âge pivot était destiné à équilibrer les comptes du régime à l\u2019horizon de 2027.Les discussions sont donc reportées à une conférence de financement chargée d\u2019examiner d\u2019autres moyens d\u2019équilibrer les comptes d\u2019ici le mois d\u2019avril.À la CGT, on qualifie ces négociations d\u2019« enfumage » et de « piège ».Il faut dire que le gouvernement leur a fixé des limites strictes.Les solutions dégagées ne pourront ni réduire le montant des retraites ni augmenter les coûts du travail, donc les cotisations patronales.Nombre d\u2019analystes et de spécialistes du sujet ne voient pas comment on pourra s\u2019en sortir autrement qu\u2019en reportant l\u2019âge de départ à la retraite, comme cela a d\u2019ailleurs été fait dans la plupart des pays européens.D\u2019aucuns reprochent d\u2019ailleurs au gouvernement d\u2019avoir lui-même contribué à gonfler ce déficit par les nombreuses concessions faites depuis cinq semaines à plusieurs professions : enseignants, policiers, militaires, ma- rins-pêcheurs, routiers, pilotes de ligne et même danseurs de l\u2019opéra.« Si un déficit s\u2019annonce bel et bien à l\u2019horizon 2025, écrit le chroniqueur du magazine L\u2019Obs Pascal Riché, c\u2019est uniquement parce que le pouvoir a rogné les recettes, au gré de ses réformes [\u2026].En bonne logique, de telles baisses de financement devraient être compensées par de nouvelles recettes.Mais cette bonne logique est sacrilège.» Trêve électorale ?Le retrait de l\u2019âge pivot a fait hurler la droite du parti Les Républicains, qui estime qu\u2019« il n\u2019y a plus de réforme », selon les mots du président du Sénat, Gérard Larcher.Mardi matin, le ministre de l\u2019Économie, Bruno Le Maire, a dénoncé « le jusqu\u2019au-boutisme » et appelé à sortir de la crise actuelle par le haut.Au contraire, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, invite les grévistes à poursuivre le mouvement, qualifiant au passage les syndicats réformistes d\u2019« idiots utiles du macronisme ».En février, les parlementaires seront donc invités à examiner un projet de loi proposant un régime de retraites dit « par points », mais dont personne ne saura s\u2019il sera déficitaire ou pas.Pour la plupart des observateurs, cette trêve est aussi motivée par l\u2019approche des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars.Celles-ci s\u2019annoncent difficiles pour le parti d\u2019Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), qui ne jouit que de très peu d\u2019implantation locale.À la faveur de la grève, des assemblées électorales ont déjà été perturbées par des manifestants syndicaux dans plusieurs municipalités.À Cherbourg, la cérémonie de la galette des Rois de la candidate LREM a été envahie par des grévistes.Même chose à Strasbourg, où la permanence du candidat a été tapissée d\u2019autocollants.À Poitiers et à Évreux, les vitrines du candidat LREM ont été respectivement brisées et taguées.En ces temps de grève, nombre de candidats se font discrets sur leur appartenance au parti présidentiel.Compromis ou pas, il n\u2019est pas impossible que le conflit en cours soit simplement reporté au printemps, alors que la question de l\u2019âge pivot reviendra sur le tapis et que le Parlement examinera le projet de loi en seconde lecture.Cette fois, certaines compagnies de messagers refusent carrément de se livrer à ce manège, tandis que d\u2019autres exigent jusqu\u2019à cinq fois le prix pour passer la nuit à attendre.« J\u2019ai appelé un coursier pour qu\u2019il vienne prendre ma place dans la file le matin du dépôt.Il m\u2019a demandé 450 $.J\u2019ai un ami consultant en immigration qui doit payer 3500 $ en frais de coursier », a raconté Sylvain Thibault, qui dénonce la méthode adoptée par le ministère.« C\u2019est ridicule ! Entre moi qui dépose un dossier ou un coursier, je ne vois pas la différence.C\u2019est du gaspillage qui fait qu\u2019on aura moins de sous à consacrer à nos réfugiés.Et évidemment, les coursiers font de l\u2019argent sur notre dos.Aller porter une lettre, ça ne coûte pas 450 $.» Responsable des parrainages collectifs à la TCRI, Neal Santamaria craint que cette façon de procéder imposée par le ministère ne conduise à des abus.« Limiter à 100 les dossiers acceptés, alors qu\u2019au moins dix fois plus de gens veulent parrainer, ouvre la porte à des personnes mal intentionnées qui demanderont beaucoup d\u2019argent aux parrains pour garantir la livraison.» Interrogé par Le Devoir, le ministère de l\u2019Immigration a dit avoir mis en place ce système « par souci d\u2019équité », pour ne pas désavantager les personnes ou les organismes situés en région.Sans donner de détails, il dit avoir pris les mesures nécessaires pour que le processus de réception « soit plus fluide que l\u2019an dernier ».Un dépôt stressant Manon Leroux, qui a déjà parrainé avec succès Bidaa et Mahmoud, un couple de Syriens arrivé au Québec avec sa fillette en 2018, tentera cette fois de parrainer la mère de Bidaa et son frère ainsi que ses deux sœurs.Celle qui a créé un groupe Facebook pour que les familles parrainant des réfugiés syriens puissent s\u2019entraider déplore tout le stress et le climat de compétition qui règne désormais.« Se retrouver une centaine dans la rue à jouer du coude pour pouvoir déposer notre dossier, ça crée une compétition qui est contraire au geste qu\u2019on pose, dit-elle.C\u2019est presque devenu une question de vie ou de mort que de réussir à déposer un dossier.Il n\u2019y a malheureusement pas de solidarité possible.» Pour Neal Santamaria, le problème réside dans le seuil « ridiculement bas » de dossiers acceptés, qui crée une pression sur les parrains sur qui repose la responsabilité de faire venir des familles « extrêmement vulnérables ».Selon lui, le ministère n\u2019a pas apporté sa contribution.« Ça fait au moins deux mois que j\u2019appelle au ministère presque toutes les semaines pour leur demander de se préparer à ce qui s\u2019en vient, a-t-il dit.Ç\u2019aurait été tellement plus simple d\u2019ouvrir les locaux du MIFI pendant la fin de semaine ou de faire une entrée par ordre alphabétique.» Manon Leroux trouve « absurde » et « triste » que le programme de parrainage collectif, l\u2019un des plus admirés dans le monde, soit désormais aussi restrictif.« On dirait que le gouvernement ne comprend pas ce que ça représente, le parrainage privé, et à quel point c\u2019est la meilleure façon d\u2019intégrer des gens », dit-elle, en vantant les mérites de la réunification familiale qu\u2019elle réalise à travers son deuxième parrainage.« Je vois à quel point la capacité d\u2019intégration et la qualité de vie ici de Beida et Mahmoud dépendent de ce qui va arriver à leur famille, qui, elle, vit des difficultés à l\u2019étranger.» Le ministère a dit accepter un peu plus de 750 demandes, au cas où certaines seraient refusées ou jugées irrecevables.Mais il a confirmé au Devoir que le plafond de 750 demandes n\u2019a pas été atteint pour la période du 17 septembre 2018 au 1er février 2019, 670 demandes seulement ayant été reçues.Le ministre de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barette, n\u2019entend pas revoir à la hausse les quotas.L\u2019imposition d\u2019un plafond annuel est nécessaire compte tenu du grand inventaire de dossiers en traitement au niveau fédéral, a indiqué son cabinet.Un manifestant portant la combinaison rouge et le masque Dali de la série à succès espagnole Netflix, La Casa de Papel (Money Heist), tient une cartouche de fumée lors d'une manifestation à Marseille GERARD JULIEN AGENCE FRANCE-PRESSE On dirait que le gouvernement ne comprend pas ce que ça représente, le parrainage privé, et à quel point c\u2019est la meilleure façon d\u2019intégrer des gens MANON LEROUX » LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 Auditions publiques sur l\u2019exploitation sexuelle des mineurs La Commission spéciale tiendra des auditions publiques sur cette question, à Montréal, les 20 et 21 janvier 2020, au Centre Pierre-Charbonneau.Centre Pierre-Charbonneau 3000, rue Viau Montréal (Québec) H1V 3J3 Dates : 20 janvier 2020, de 8 h 30 à 21 h 21 janvier 2020, de 8 h 30 à 18 h 30 sur les divers enjeux entourant la question de l\u2019exploitation sexuelle des mineurs.En transmettant un mémoire au plus tard le 1er mars 2020.En transmettant un commentaire en ligne aux membres de la Commission spéciale à cette adresse : www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/commenter.html Secrétaire de la Commission spéciale sur l\u2019exploitation sexuelle des mineurs Hôtel du Parlement 1035, rue des Parlementaires Québec (Québec) G1A 1A3 Téléphone : 418 643-2722 | Télécopieur : 418 643-0248 Courriel : csesm@assnat.qc.ca Numéro sans frais : 1 866-DÉPUTÉS (337-8837) Apprendre à se méfier BOISSON SUITE DE LA PAGE A 1 Il faut dire que l\u2019offre a explosé dans les dernières années.Les grandes chaînes de café et de restauration rapide rivalisent d\u2019imagination pour proposer des boissons plus originales, mais très sucrées.Les cafés sont maintenant servis chauds, glacés ou frappés.Ils sont aromatisés de caramel ou de sirop de vanille, garnis d\u2019une montagne de crème fouettée ou d\u2019un coulis de chocolat.Parfois tout en même temps.Les thés sont souvent aromatisés aux fruits ou agrémentés de limonade sucrée.Et on les retrouve partout : cafés, restaurants, dépanneurs, épiceries, machines distributrices.« Un café glacé, c\u2019est une slush pour adulte en fait », lance Bernard Lavallée, nutritionniste, auteur et chroniqueur connu sous le nom de Nutritionniste urbain.Il voit dans cette offre alimentaire une mode qui attire surtout les adolescents et les jeunes adultes.Une tendance qu\u2019il faudra d\u2019ailleurs surveiller à l\u2019avenir.« Le problème, c\u2019est que ces boissons ont bon goût, on aime le sucre, on en redemande.Après, les gens disent que c\u2019est plate, boire de l\u2019eau.C\u2019est pourtant un besoin de base ! », s\u2019offusque-t-il.Pour Corinne Voyer, directrice de la Coalition poids, les constats de l\u2019étude reflètent le travail de sensibilisation sur le terrain, axé surtout sur les boissons gazeuses et aux fruits.Elle estime maintenant nécessaire de mieux définir ce qui entre dans la catégorie des « boissons sucrées » auprès de la population.« On ne pense pas qu\u2019un lait au chocolat peut être mauvais.On ne se méfie pas du café rendu simplement moins amer avec du sucre.C\u2019est sournois ! » Et les compagnies profitent de la situation en développant toute une stratégie marketing pour créer de la demande avec de nouveaux produits.« La population veut être en forme, alors on va proposer de l\u2019eau vitaminée et des boissons pour sportifs pour soi- disant mieux s\u2019hydrater après un exercice.Mais c\u2019est bourré de sucre », dénonce Mme Voyer.Les études scientifiques se sont pourtant multipliées dans la dernière décennie et démontrent un lien entre la surconsommation de boissons sucrées et le gain de poids ou l\u2019obésité.Les personnes qui ont un penchant trop poussé pour ces boissons sont aussi plus à risque de développer des problèmes de santé et des maladies chroniques.« On pense en premier au diabète de type 2.Mais il y a aussi un lien avec des risques cardiovasculaires comme le cholestérol sanguin et l\u2019hypertension artérielle.Et il y a les risques de développer des maladies cardiovasculaires à long terme comme des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux », énumère Benoît Arsenault, professeur agrégé à la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval, qui presse le gouvernement d\u2019agir.Action politique Québec a justement mis sur pied un comité interministériel cet automne pour analyser les conséquences des solutions déjà employées à travers le monde pour restreindre l\u2019attrait et l\u2019accès aux boissons sucrées et énergisantes, a appris Le Devoir de sources gouvernementales.Le comité doit se réunir incessamment et aura un an pour formuler des recommandations à la ministre de la Santé.« Un an, c\u2019est long, alors qu\u2019on sait déjà ce qui fonctionne.Ils ne font qu\u2019acheter du temps », déplore de son côté Corinne Voyer de la Coalition poids qui presse le gouvernement d\u2019instaurer une taxe sur les boissons sucrées depuis une dizaine d\u2019années.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019Assemblée nationale accuse un certain retard en matière de conciliation entre le travail et la famille si l\u2019on compare cette situation avec les efforts qui ont été déployés par la Chambre des communes à Ottawa au cours des dernières années.Aménagement d\u2019une salle familiale, programme ponctuel de garde d\u2019enfants, choix de repas pour les enfants à la cafétéria et places de stationnement réservées pour les députées enceintes\u2026 La colline du Parlement a dû se moderniser avec l\u2019arrivée de jeunes députés.À Québec, plusieurs initiatives sont envisagées pour y remédier, poussées par le Cercle des jeunes parlementaires.« La préoccupation existe depuis plusieurs années à l\u2019Assemblée nationale ; évidemment elle est encore plus forte maintenant puisqu\u2019on est beaucoup plus de femmes et aussi de jeunes pères », a remarqué en entrevue la députée ca- quiste Chantal Soucy, qui porte également les chapeaux de présidente du Cercle des femmes parlementaires et de deuxième vice-présidente de l\u2019Assemblée nationale.« On va voir avec la consultation, c\u2019est quoi le besoin », a-t-elle ajouté.Les solutions choisies dépendront des réponses des députés et de leurs employés à un questionnaire qui leur a été envoyé quelques semaines avant Noël.Services offerts à Ottawa L\u2019ajout d\u2019un service de garde pourrait être à nouveau étudié si les élus l\u2019identifient comme priorité, selon la res- QUÉBEC La conciliation politique-famille plus facile aux Communes Les députés provinciaux font figure de parents pauvres par rapport aux députés fédéraux Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, était accompagné de ses enfants à son assermentation en octobre 2018.Avec d\u2019autres députés de l\u2019Assemblée nationale, il cherche comment faciliter la vie familiale des politiciens sans s\u2019accorder un privilège dont les citoyens ne peuvent bénéficier.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE ponsable des relations avec les médias de l\u2019Assemblée nationale, Julie Champagne.À Ottawa, un tel service existe déjà depuis 1982 pour les enfants de 18 mois à 5 ans.Il s\u2019agit d\u2019une garderie privée où certains employés ont un accès prioritaire, comme ceux de la Chambre des communes, du Sénat, de la Bibliothèque du Parlement, du Service de protection parlementaire, du Commissariat aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique de même que les membres de la Tribune de la presse parlementaire.Les députés ont également accès à un programme de garde d\u2019enfants à court terme à leur résidence d\u2019Ottawa ou à leur bureau au besoin.Contre la loi Un projet de Centre de la petite enfance à l\u2019Assemblée nationale risque de se heurter au manque d\u2019espace et à la législation québécoise, selon Mme Soucy.Le nombre de places doit être fixé pour obtenir un permis : or, il est difficile de prévoir combien d\u2019élus en auraient besoin.Il serait tout aussi difficile de créer une halte-garderie lors d\u2019un bâillon, par exemple, sans faire entorse à la loi.« On ne pourrait pas, a-t-elle affirmé.En fait, c\u2019est interdit parce que les haltes- garderies, c\u2019est seulement dans des établissements de santé et de services sociaux, des établissements commerciaux.» Pourquoi, alors, ne pas faire une entorse au règlement ou tout simplement le changer ?Cette suggestion suscite un certain malaise.« Ce ne sont pas tous les employeurs qui offrent à leurs employés d\u2019avoir la possibilité d\u2019avoir un service de garde sur les lieux de travail », a fait valoir le leader parlementaire péquiste, Martin Ouellet.« L\u2019idée, ce ne serait pas de modifier la loi seulement pour accommoder les députés parce qu\u2019on viendrait se voter un privilège que les autres citoyens n\u2019ont pas, a souligné à son tour le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.L\u2019idée, c\u2019est de voir si on peut être plus flexible pour l\u2019ensemble des citoyens québécois et ensuite, si l\u2019Assemblée nationale décide d\u2019avoir une halte-garde- rie, elle pourrait le faire.Ça fait partie des questions qu\u2019on se pose.» L\u2019ajout d\u2019une salle familiale pourrait, à court terme, régler bien des problèmes, selon lui.Le jeune père se rappelle avoir joué au frisbee avec les enfants d\u2019un collègue pour les occuper.L\u2019Assemblée nationale pourrait prendre exemple sur celle qui a été récemment aménagée par la Chambre des communes et qui est équipée, entre autres, d\u2019un lit de bébé, d\u2019un petit réfrigérateur, d\u2019un chauffe-biberon, d\u2019une table à langer avec une poubelle à couches, d\u2019une chaise haute, d\u2019un fauteuil inclinable, d\u2019un poste de travail, d\u2019un four à micro-ondes et d\u2019un évier.La population veut être en forme, alors on va proposer de l\u2019eau vitaminée et des boissons pour sportifs pour soi-disant mieux s\u2019hydrater après un exercice.Mais c\u2019est bourré de sucre.CORINNE VOYER » LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e la fausse urgence qui a donné lieu à l\u2019assassinat ciblé du général iranien Ghassem Soleimani à « l\u2019erreur » qui a causé la catastrophe du Boeing ukrainien, les mollahs sont dans leurs petits souliers.Non pas que la théocratie iranienne soit dans l\u2019immédiat menacée d\u2019effondrement, comme voudraient le penser les faucons à Washington.On se doutait bien qu\u2019après les manifestations anti- régime de novembre dernier, au cours desquelles les Iraniens ont exprimé contre le gouvernement un ras-le- bol sans précédent, le sursaut populaire de ralliement nationaliste provoqué par l\u2019élimination par drone américain de Soleimani, le 3 janvier, serait de courte durée.La tragédie de l\u2019écrasement dans lequel ont péri la semaine dernière 176 personnes, principalement des Iraniens et des Canadiens, et le mensonge dont Téhéran a tenté au départ de l\u2019envelopper se sont trouvés à cristalliser l\u2019exaspération de la rue contre un système politique corrompu qui réagit à ses revendications sociales par une sanglante répression et qui noie les ressources décroissantes de l\u2019État dans l\u2019expansionnisme militaire.Dans l\u2019état actuel des choses, Téhéran n\u2019aura donc pas pu longtemps nier, sous pressions intérieures et internationales, que l\u2019écrasement de l\u2019avion avait été provoqué non pas par un, mais par deux tirs de missile iranien.Les mollahs marchant sur des œufs, ils auront également compris à la lumière de cette erreur effrayante qu\u2019ils n\u2019avaient rien à gagner à empêcher le Canada, dont 57 ressortissants ont perdu la vie dans l\u2019écrasement, de se joindre à l\u2019enquête.Une enquête dont il n\u2019y a sans doute pas de grandes révélations à attendre, si ce n\u2019est que ce drame soulève la question cruciale de savoir pourquoi, vu les tensions régionales, l\u2019espace aérien n\u2019avait pas été fermé.Justin Trudeau a surfé sur cet événement avec force empathie ces derniers jours, dans le style politicien qu\u2019il aime cultiver.Sur le fond, la tragédie n\u2019en est pas moins grande.Une tragédie qui est, pour ainsi dire, aussi canadienne qu\u2019iranienne.Qui sait, au demeurant, si ce deuil partagé ne contribuera pas à rétablir entre le Canada et l\u2019Iran les ponts diplomatiques que l\u2019ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper a commis l\u2019erreur de rompre en 2012, notamment par sympathie pro-israélienne.Il permet, en tout cas, de ne pas creuser le cul-de-sac dans lesquels s\u2019enfonce l\u2019Iran depuis la décision de Donald Trump, en 2018, de renier l\u2019accord international sur le nucléaire et de rétablir de sévères sanctions économiques.Aussi, c\u2019est comme une fleur que M.Trudeau a faite lundi à l\u2019Iran, en entrevue à la chaîne Global, en affirmant que les Canadiens tués dans l\u2019accident du Boeing ukrainien « seraient en ce moment chez eux avec leur famille » sans la récente escalade de tensions militaires dans la région.Des tensions, a-t-il dit, « qui sont également provoquées par les États-Unis »\u2026 Critique bien prudente, certes, mais tout de même limpide.Il n\u2019y a qu\u2019à souhaiter, d\u2019ailleurs, que M.Trudeau développe dans les plus brefs délais une politique étrangère canadienne plus affirmée.Tout le monde a compris qu\u2019il ne sert à rien de faire semblant d\u2019avoir des atomes crochus avec M.Trump.Le fait est que le désordre additionnel que crée l\u2019escalade militaire au Moyen-Orient bénéficie avant tout aux faucons de tous bords, en Iran comme aux États-Unis, et qu\u2019à se comporter en relations internationales de façon aussi belliqueuse et imprévisible, M.Trump évince les voix modérées et étouffe les espoirs de dialogue.Faisant voler en éclats le mariage de raison irano-américain en Irak, l\u2019assassinat du général Soleimani, infâme architecte de la stratégie iranienne de sécurité régionale, se trouve d\u2019autre part à permettre à l\u2019organisation État islamique de respirer plus librement, au moment où celle-ci, soulignent les experts, se renforce déjà le long de la vallée de l\u2019Euphrate, en Irak et en Syrie.Entendre dire à la Mai- son-Blanche que l\u2019élimination de Soleimani était une question de sécurité nationale relève en ce sens du sophisme.À Washington, les démocrates ont soutenu que M.Trump avait fait tuer le général pour détourner l\u2019attention des procédures d\u2019impeachment lancées contre lui.C\u2019est plausible.De quelle manière voudra-t-il donc faire l\u2019intéressant, alors que doit s\u2019ouvrir au Sénat, la semaine prochaine, son procès en destitution ?Un procès qu\u2019il a peu de chances de perdre, mais dont la seule tenue le vexe au plus haut point.Il n\u2019y a pas de sens à tirer de la politique étrangère de ce président ; il faut s\u2019employer à prendre garde à sa dangerosité.Michel Seymour Professeur honoraire, Université de Montréal Le Québec a un ardent besoin de comprendre le rapport à la religion : les différentes postures à l\u2019égard de la religion (athéisme, agnosticisme, foi), les différentes religions (chrétienne, juive, musulmane, autochtone, etc.) et les différentes façons de vivre la religion (en privé, en association et en lien avec une communauté d\u2019appartenance ethnoculturelle).Alors que fait-on ?On fait disparaître le cours ECR ! Ce cours doit sans doute être amélioré, mais il ne faudrait pas réduire sa dimension religieuse.Au contraire, il faut l\u2019approfondir ! Le ministre évoque plusieurs autres sujets dont il faudrait traiter.Plusieurs de ces thèmes renvoient à la citoyenneté.Il faut savoir cependant que le thème de la citoyenneté est, dans une très large mesure, pris en charge au sein des cours d\u2019histoire.Les historiens demandaient plus d\u2019heures d\u2019enseignement, une centaine d\u2019heures de plus.On leur a donné ces heures avec pour mandat de traiter de la citoyenneté.Il n\u2019y a donc pas de réel besoin d\u2019accorder des heures de plus à ce thème.Si on invoque encore le thème de la citoyenneté, c\u2019est seulement pour justifier la mise de côté de la religion dans toute sa diversité.Le Parti québécois (PQ ) et la Coalition Avenir Québec (CAQ ) viennent de nous faire passer de nombreuses années à débattre de la laïcité en s\u2019appuyant sur une conception de la religion qui néglige son aspect identitaire pour certaines minorités.Cela démontre plus que jamais la nécessité de former les élèves au pluralisme en matière de religion.La CAQ préfère réduire la place de la religion à une part congrue.Elle ne veut pas que les enfants soient exposés à la diversité du phénomène religieux et ne veut pas remettre en question sa propre vision de la religion.On va ainsi invoquer toutes sortes de faux- fuyants.Avec la loi 21, on prétendait viser toutes les religions, alors que nous savons très bien qu\u2019elle n\u2019existait que pour contrer la présence du foulard.Avec le futur cours, on va aussi invoquer toutes sortes d\u2019autres enjeux, mais on sait très bien que c\u2019est pour viser la religion.Encore une fois, les péquistes s\u2019aligneront sur les positions de la CAQ.Société tricotée serrée Il fut un temps où les Québécois francophones, qui sont très majoritairement d\u2019origine cana- dienne-française, s\u2019identifiaient à la religion catholique.Cette re- ECR : des dires trompeurs L\u2019article « L\u2019abolition du cours Éthique et culture religieuse suscite du mécontentement » dans les pages du Devoir le 11 janvier dernier contient des affirmations que je trouve exagérées, peut-être même trompeuses.D\u2019abord, il y a une sorte de contradiction entre ce qu\u2019affirme avec virulence votre ex-journa- liste Jean-Pierre Proulx, au sujet de l\u2019athéisme supposément triomphant, et ce que dit la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), à savoir que l\u2019école doit favoriser « l\u2019égale dignité de l\u2019autre et la poursuite du bien commun ».Or, un non-croyant a autant droit à la dignité que n\u2019importe quel « autre », ce qui n\u2019a pas été développé dans le cours ECR et qui lui a été reproché à plusieurs reprises.À noter aussi qu\u2019il y a plus d\u2019athées et de non- croyants au Québec qu\u2019il y a de pratiquants musulmans, juifs, sikhs, etc.De plus, les propos de M.Proulx relèvent non seulement de la caricature, mais manquent carrément de nuances lorsqu\u2019il fait cet amalgame entre cette soi-disant victoire de l\u2019athéisme et les positions du ministre Roberge sur la réforme scolaire.À ce que je sache, il n\u2019y a pas à la CAQ ou au gouvernement une majorité d\u2019athées et de non- croyants.Ensuite, il faudrait demander au président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l\u2019éducation (FPPE-CSQ), Jean Martineau, sur quelles bases ou études scientifiques il peut affirmer que la vie spirituelle est aussi fondamentale à l\u2019être humain que « la structure nerveuse ou la structure osseuse ».Comme si la spiritualité était innée, une sorte de déterminisme, mais évidemment pas l\u2019athéisme ou la non-croyance.En tant que professionnel de l\u2019éducation, il serait approprié qu\u2019il fasse ses recherches, car rien n\u2019a été prouvé dans ce domaine.Pour terminer, il me semble important de souligner la persistance tenace de l\u2019équation « spiritualité égale religion ».La religion est une doctrine qui codifie la spiritualité, entre autres par des rites et des dogmes, et se maintient par le prosélytisme.En revanche, la spiritualité est d\u2019abord et avant tout une affaire individuelle.Faire la critique de la culture religieuse n\u2019est pas attaquer la spiritualité d\u2019une personne, mais plutôt en examiner les fondements.Cette dimension critique n\u2019a jamais été actualisée dans le cours Éthique et culture religieuse.Pierre Paul Charlebois Sutton, le 13 janvier 2020 De l\u2019importance du cours ECR LIBRE OPINION LETTRES ÉCRASEMENT EN IRAN Un deuil qui invite à la désescalade ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu PQ : une chefferie qui promet Ce qui s\u2019annonçait comme un couronnement sans opposition, Véronique Hivon s\u2019étant désistée et ayant laissé la voie libre à Sylvain Gaudreault, semble maintenant prendre une tout autre allure avec les déclarations de réflexion sur leur intention de briguer le poste de chef du PQ de Paul St- Pierre Plamondon, Frédéric Bas- tien, Guy Nantel et Stéphane Handfield.Dans l\u2019hypothèse où l\u2019historien Frédéric Bastien et l\u2019avocat Stéphane Handfield poseraient leur candidature, il ne serait pas surprenant qu\u2019un débat enflammé surgisse entre les deux candidats eu égard au thème de l\u2019immigration, le premier étant très critique des vertus économiques du mul- ticulturalisme, le second s\u2019étant fait remarquer dans le mouvement qui s\u2019est constitué contre la loi 9 du gouvernement Legault.Si vous ajoutez à ces deux noms ceux de l\u2019avocat Paul St-Pierre Plamondon et de l\u2019humoriste Guy Nantel, vous obtenez une cohorte idéale pour relancer un véritable débat sur l\u2019avenir de la cause sou- verainiste au Québec.Quoi qu\u2019il en soit, le prochain chef du parti sera connu le 19 juin.D\u2019ici là, il est certain que les éventuels candidats continueront leurs rencontres exploratoires auprès des politiciens et des militants souverainistes pour sonder quelles sont leurs véritables chances d\u2019être élus à la direction du PQ\u2026 Bref, une course à la direction qui pourrait nous réserver bien des surprises ! Henri Marineau Québec, le 10 janvier 2020 ligion contribuait à renforcer l\u2019identité de la société cana- dienne-française et faisait de cette dernière une société tricotée serrée.Depuis bon nombre d\u2019années, la plupart des francophones sont ou bien des croyants discrets, ou bien des athées, des agnostiques, des anticléricaux ou des personnes indifférentes à la religion.Dans leur milieu, ils ne rencontrent que des gens pour qui la religion a peu ou pas d\u2019importance, à moins de lui accorder une importance négative en tant que source potentielle de violence, et source bel et bien réelle de sexisme et d\u2019homophobie.En bref, la majorité francophone s\u2019est largement affranchie de la religion, et ce, en partie à cause du caractère oppressant de l\u2019Église catholique.C\u2019est sur ce fonds de commerce que la CAQ et le PQ carburent depuis le projet de loi 60, la loi 21 et maintenant la volonté d\u2019abolir le cours ECR.On ne voit pas que si elle s\u2019est affranchie de la religion, la majorité francophone ne s\u2019est pas affranchie de son caractère de société tricotée serrée.Les francophones, vivant entre eux dans l\u2019inexistence de l\u2019Autre, ne rencontrent que des personnes affranchies de la religion.Il n\u2019y a donc pour eux aucun problème à abolir le cours ECR.Il s\u2019avère cependant qu\u2019au-delà de la majorité francophone, il existe des minorités qui s\u2019identifient à la religion protestante, juive, sikhe, musulmane ou autochtone.De nombreux francophones ne voient pas que le respect, la tolérance, la compréhension, l\u2019acceptation et la reconnaissance des identités minoritaires sont des enjeux d\u2019intérêt public et qu\u2019une société mature, inclusive et sûre d\u2019elle-même doit avoir à cœur de s\u2019occuper des minorités faisant partie de cette société.D\u2019où l\u2019importance d\u2019un cours ECR dans lequel on présenterait les différentes postures à l\u2019égard de la religion (foi, agnostique, athée, etc.), les différentes religions (juive, chrétienne, musulmane, etc.) et les différentes façons de vivre la religion (en privé, en association et en communauté eth- noculturelle).Le passage à l\u2019adolescence d\u2019une personne se traduit souvent par le rejet systématique de tout ce qui s\u2019associe à l\u2019enfance.Mais lorsqu\u2019elle devient vraiment adulte, elle se rend compte que quand elle se livrait à un rejet aussi systématique, elle était encore à bien des égards un enfant.GUY TAILLEFER D Le fait est que le désordre additionnel que crée l\u2019escalade militaire au Moyen-Orient bénéficie avant tout aux faucons de tous bords, en Iran comme aux États-Unis A 7 LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.L\u2019allergie à la religion H istoire vraie : nous sommes au temps d\u2019avant le cours Éthique et culture religieuse (ECR), au moment où, dans un esprit de déconfessionnalisation, beaucoup d\u2019écoles québécoises offraient un cours de morale aux élèves voulant se soustraire aux cours de catéchèse.Un ami à moi avait inscrit son fils en morale et tentait, ce jour-là, de lui expliquer pourquoi.« Tu vois, fiston, on n\u2019est pas très religieux, ta mère et moi.En plus, elle est catholique et moi je suis juif.» « Et moi, de renchérir le petit garçon, je suis moral ?» Se débarrasser des carcans religieux pour en conserver la substantifique moelle, la conscience éthique, voilà un grand objectif dans lequel le Québec a vraisemblablement beaucoup investi.En ce sens, le cours ECR, instauré en 2008, celui-là même que l\u2019actuel gouvernement voudrait abolir, a marqué un grand bond en avant.D\u2019abord, il signe le véritable aboutissement de la déconfessionnalisation des écoles au Québec.Rappelons que de 1983, au moment de l\u2019introduction des cours de morale, jusqu\u2019en 2005, le gouvernement québécois devait invoquer, tous les cinq ans, la disposition dérogatoire afin de se soustraire à l\u2019article de la Constitution canadienne l\u2019obligeant à instruire ses élèves selon les prescriptions catholiques ou protestantes.40 ans après la Révolution tranquille, la chose devenait de plus en plus embêtante.Comment se surprendre qu\u2019on ait voulu trouver mieux ?Rappelons aussi que le Québec a été, avec l\u2019instauration d\u2019ECR, un véritable pionnier dans le domaine.« Nulle part ailleurs en Occident », dit Louis Rousseau, un des universitaires responsables de la création de ce cours, « n\u2019y a-t-il eu un programme voué à la découverte anthropologique des religions ».Et puis, l\u2019initiative arrivait au moment où les accommodements raisonnables commençaient à déchirer le Québec.Un programme qui visait « la reconnaissance de l\u2019autre et la poursuite du bien commun », qui aspirait à aller au-delà des simples préjugés, en d\u2019autres mots, tombait pile.Selon l\u2019ex-directeur du Département des sciences des religions de l\u2019UQAM, le programme avait un grand succès parce que les élèves « apprenaient des choses », souvent peu connues, les récits mythiques autochtones, par exemple.La formation des profs d\u2019ECR au secondaire ne laissait pas non plus à désirer.À l\u2019UQAM, on parle d\u2019un bac de quatre ans, dont une année d\u2019étude en éthique, une en histoire des religions, une autre en psychoéducation et finalement, une année de stage.Du solide.Or, qu\u2019advien- dra-t-il de ces profs, de leur formation, de toute la vision derrière les cours d\u2019ECR maintenant que le gouvernement Legault a décidé de passer le cours à la moulinette ?Et sur quelles bases justifie-t-on l\u2019élimination de ce cours, au juste ?« Après plus de 10 ans d\u2019existence, jamais le cours ECR n\u2019a été formellement évalué », soutient Louis Rousseau.Il a essuyé son lot de critiques, ça, oui, mais personne ne peut prétendre connaître les véritables résultats de cette pédagogie à l\u2019heure actuelle.Le programme pouvait certainement être amélioré, le peu de discussion sur l\u2019athéisme était manifestement une lacune, mais de là à foutre tout le volet religion à la poubelle ?Comment ne pas voir là un autre exemple de l\u2019allergie de ce gouvernement à tout ce qui est religieux ?Et pour le remplacer par quoi ?Tout ce qui bouge : du numérique à la sexualité, de l\u2019environnement au juridique, en passant par les relations interpersonnelles et la citoyenneté.« Quel enseignant peut même envisager de donner un tel cours ?» demandait cette semaine l\u2019ex-président de la CSN, Louis Roy.À partir de quelle formation surtout ?Car c\u2019est tout un fourre-tout qu\u2019on nous propose désormais.On semble vouloir procéder avec cette brochette de sujets à la mode comme on l\u2019a fait avec l\u2019éducation sexuelle.À défaut d\u2019un cours sérieux, cohérent, donné par quelqu\u2019un qui a été formé pour le faire, on risque de s\u2019en tenir à l\u2019improvisation et au saupoudrage.Mais revenons aux critiques qui ont contribué à discréditer le cours ECR.Le Conseil du statut de la femme a accusé le volet religieux de véhiculer des stéréotypes sexistes.Est-ce à dire qu\u2019il ne faudrait pas enseigner l\u2019esclavage parce que cette période dépeint les Noirs comme des bêtes de somme ?Il faudrait occulter les points sombres de l\u2019évolution humaine plutôt que d\u2019essayer de mieux les comprendre ?Il y a une expresssion pour décrire cette tendance à censurer ce qui nous incommode : cancel culture.Ce n\u2019est pas une avenue recommandée pour l\u2019ouverture d\u2019esprit ni pour la suite du monde.Et que dire du « projet multiculturaliste caché » que dissimulerait le cours ECR ?Outre l\u2019esprit de paranoïa derrière une telle affirmation (l\u2019ombre pernicieuse de Pierre Elliott Trudeau, tel un Joker maléfique, ne finira-t-elle donc jamais de nous hanter ?), c\u2019est trouver de bien mauvaises excuses pour ne rien faire.La religion fait peur ?Alors, confrontons-la, étudions-la, comprenons-la.Se contenter d\u2019un bras d\u2019honneur n\u2019est pas à la hauteur de la tâche qui nous incombe.FRANCINE PELLETIER Louise Harel Ministre des Affaires municipales et de la Métropole (1998-2002) La recherche du bien commun en matière d\u2019aménagement concerté du territoire et de développement durable ne se fait jamais sans heurts.De puissants intérêts économiques et politiques s\u2019affrontent presque inexorablement avant que la décision imposée par Québec finisse par entraîner l\u2019adhésion.Ce fut le cas il y a cinquante ans, en 1970, lors de la création, dans le tumulte, de la Communauté urbaine de Montréal (CUM).Ce fut le cas également en 2000, lors de la création de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Je retiens particulièrement, à titre de ministre des Affaires municipales et de la Métropole, l\u2019opposition farouche des municipalités de la Rive-Nord dans la région de Montréal et de celles de La- naudière à la création de la CMM.Au total, les élus de 26 municipalités tiendront, par un beau dimanche de juin 2000, un référendum pour inviter leur population à s\u2019opposer au projet de loi.Près de 100 000 citoyens voteront à 97,6 % pour le non à l\u2019inclusion au sein de la CMM.Le gouvernement de Lucien Bou- chard, dans lequel siégeait aussi François Legault, ne bronchera pas.La loi fut adoptée et la CMM fait maintenant consensus chez les élus des 82 municipalités concernées.Avant de procéder à l\u2019adoption de cette loi, de nombreuses études avaient été faites, dont celle du Groupe de travail de Montréal et sa région, appelée rapport Pichette.D\u2019autres hypothèses avaient été examinées, dont celle proposée par la présidente de la CUM, madame Vera Danyluk, et reprise en 1999 par le rapport Bédard, de créer « un gouvernement métropolitain composé d\u2019élus au scrutin universel direct et bénéficiant de revenus autonomes ».Cette proposition d\u2019un gouvernement métropolitain avait été unanimement rejetée par tous les élus locaux, ceux de la CUM, de Laval et de Longueuil lui préférant de loin le projet de communauté métropolitaine.Territoire de référence En 2000 comme aujourd\u2019hui, le territoire de référence pour établir les limites de la communauté métropolitaine, au sein duquel se trouve un même bassin d\u2019emploi et où se joue un même destin économique, environnemental, culturel et social, est celui de la Région métropolitaine de recensement (RMR) fixé par Statistique Canada.Il s\u2019agit de mesurer le degré d\u2019intégration d\u2019une municipalité dans le territoire métropolitain à partir du pourcentage de déplacements quotidiens de ses navetteurs, établi d\u2019après les données du recensement domicile-travail.Lorsque 40 % de la population d\u2019une municipalité trouve son gagne-pain au sein de la région métropolitaine, à l\u2019extérieur de son lieu de résidence, cette municipalité est considérée comme faisant partie de la RMR et est de facto intimement liée à sa vitalité ou à son déclin.Le regret que j\u2019ai est de ne pas avoir prévu un automatisme dans la loi, il y a vingt ans, pour contrer les effets de débordement de l\u2019étalement urbain en périphérie et l\u2019implantation d\u2019une troisième couronne.Le dispositif prévu (article 70), cependant, fait obligation à la CMM, lors de chacun des recensements de Statistique Canada, de transmettre un rapport au ministre sur l\u2019opportunité de modifier son territoire alors que le ministre doit en faire rapport au gouvernement et le déposer dans les quinze jours à l\u2019Assemblée nationale Il y a vingt ans, au moment de sa création, les limites territoriales des municipalités de la CMM correspondaient sensiblement à celles de la RMR, à l\u2019exception de cinq municipalités de la couronne nord.En appliquant le même critère domi- cile-travail qu\u2019en 2000, on constate que les 82 municipalités du début sont devenues 98 au recensement de 2010.En 2020, une vingtaine de plus atteindraient le critère de 40 % de navet- tage, dont dix se situeraient à 50 % et plus, sans qu\u2019aucun changement législatif soit venu tenir compte de cette évolution.Cela ne peut continuer sans faire chanceler tous les efforts déjà consentis en matière d\u2019aménagement et de développement sur le territoire.L\u2019appui de la ministre des Affaires municipales à la volonté d\u2019urbanisation et d\u2019expansion en zone agricole de la MRC de Montcalm, malgré trois refus dans un passé récent de la CMM et des sous-ministres concernés et avant la décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), crée un fâcheux précédent.Il faut que le gouvernement se ressaisisse.Dès la mise en place de la CMM, le découpage territorial suscitait des controverses.La situation s\u2019étant aggravée, ou bien les mêmes règles que celles adoptées par la CMM s\u2019appliquent à ces MRC limitrophes ou bien les municipalités qui possèdent 50 % et plus de navettage sont comprises automatiquement dans la CMM.Cela préviendrait les élus locaux de contenir leurs velléités d\u2019expansion au détriment de la protection du territoire agricole ou des milieux naturels, au risque de favoriser l\u2019étalement urbain.Il vaut mieux introduire un tel automatisme tant les gouvernements sont tentés de reporter aux calendes grecques les arbitrages difficiles malgré leurs déclarations et même la Loi sur le développement durable.URBANISME Pour contrer l\u2019étalement urbain Yolande Cohen Historienne, UQAM L\u2019affaire Matzneff soulève de nombreuses questions, qui relèvent tout autant de la représentation de ses comportements comme individu que de celle d\u2019une époque et d\u2019un milieu qui lui ont permis d\u2019exister comme icône littéraire parisienne.On peut en dire autant de Harvey Weinstein et de tous ces autres hommes en position de pouvoir, dont les abus sexuels sont dénoncés par leurs victimes, le plus souvent des femmes ou dans le cas de Matzneff des jeunes filles dont l\u2019enfance a été flétrie\u2026 La dénonciation récente de ses actes pédophiles par l\u2019une de ses victimes, non consentante il va sans dire, permet d\u2019illustrer un changement majeur dans l\u2019ordre moral et social.Portées par le mouvement #MeToo, des victimes de violences sexuelles ont refusé de se taire et leur détermination à se faire entendre et à obtenir justice est devenue ces dernières années l\u2019une des caractéristiques de ce changement.En d\u2019autres termes, ce qui hier était tu et semblait acceptable ne l\u2019est plus ; une fois sorties de l\u2019ombre et dénoncées, les violences sexuelles apparaissent pour ce qu\u2019elles sont, une transgression grave de la morale.Comment en est-on arrivé à ne plus trouver acceptable ce qui hier encore pouvait apparaître frivole ou même drôle (par exemple, Bernard Pivot tout en rondeur demandant à Matz- neff « comment c\u2019était de fréquenter des jeunes filles de 14 ans » ?) Il m\u2019apparaît que c\u2019est sur le terrain de la morale que tout se joue.Je voudrais ici évoquer un moment déterminant dans le mouvement féministe, qui sans être semblable à celui d\u2019aujourd\u2019hui, permet de montrer à quel point la question de la morale sexuelle est au cœur des revendications féministes hier comme aujourd\u2019hui.Le combat organisé des femmes contre les violences sexuelles plonge ses racines dans une longue histoire, plus que centenaire, dont j\u2019ai retracé les principaux moments dans mon récent ouvrage (Prostitution et traite des femmes, DelBusso, 2019).Au tournant du XXe siècle, tant au Canada que dans le reste de l\u2019Occident, des femmes se regroupent dans des associations pour revendiquer une morale unique, la même pour les hommes et pour les femmes et dont elles définissent clairement les paramètres : elles n\u2019acceptent pas que les femmes qui se prostituent (leur terminologie) soient stigmatisées et pourchassées par la police alors que les hommes qui achètent leurs services sont libres de le faire.Traitement injuste et immoral Ce traitement inégal n\u2019est pas seulement injuste, il est immoral, disent- elles.En dénonçant l\u2019immoralité des hommes, elles qui sont des femmes puritaines, de haute vertu, n\u2019hésitent pas à s\u2019allier à des femmes libérales ou libres-penseuses pour revendiquer cette unité de la morale, égale entre les femmes et les hommes.Elles identifient clairement la sexualité comme le lieu du pouvoir caché mais immense des hommes, et en font l\u2019objet d\u2019un des premiers grands combats féministes.On voit alors émerger une cause féministe unique sur la question du traitement moral de la sexualité, quelles que soient les positions de classe de ces femmes par ailleurs.Il est intéressant de constater au- jourd\u2019hui un phénomène semblable : au-delà des conditions sociales des victimes des abus sexuels, le combat alimenté par la vague de dénonciations #MeToo vise à changer de paradigme et à faire porter l\u2019opprobre moral (et social) sur tous les agresseurs, quels qu\u2019ils soient.En dénonçant ces actes de violence sexuelle et en les rendant publiques, les victimes font porter la honte sur leurs agresseurs.Ce nouvel ordre moral (et social), que d\u2019aucuns considèrent comme un ordre totalitaire ou disciplinaire, car il ne permettrait plus aux personnes en position de pouvoir de faire des blagues sexistes, ou d\u2019imposer leur jeu de séduction, etc., n\u2019est en fait ni de droite ni de gauche, ni féministe ni antiféministe, ni conservateur ou libéral, mais se veut plus égalitaire, plus transparent, moins lié aux rapports de pouvoir.Comme tout projet de changement moral, les dérives existent et cela peut prendre du temps.Toutefois, à l\u2019instar des féministes du tournant du XXe siècle, qui ont réussi à faire de la morale un enjeu important de leur combat, le mouvement #MeToo a permis en quelques années de réaliser un vrai changement dans nos mentalités.Procéder aujourd\u2019hui au dévoilement et à la dénonciation des violences sexuelles permet de moraliser la vie publique en indiquant ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l\u2019est plus.L\u2019enjeu est tel que de nombreuses voix peuvent se réclamer de cette nouvelle morale sans pour autant partager ni la même idéologie ni la même vision politique.AFFAIRES MATZNEFF ET WEINSTEIN Leur morale et la nôtre JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MERCREDI 15 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ 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Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.ROYAUTÉ Pas de traitement royal pour Harry au Canada GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR L es contours de la future vie canadienne du prince Harry et de Meghan Markle demeurent flous.Mais une chose apparaît claire aux yeux de plusieurs observateurs : tout duc et toute duchesse soient-ils, les deux ne méritent pas de traitement royal, que ce soit sur le plan financier ou sur le plan administratif.La Fédération canadienne des contribuables a ainsi lancé mardi une pétition qui « souhaite la meilleure des chances à Harry et Meghan dans leur souhait de devenir financièrement indépendants »\u2026 mais qui souligne immédiatement que « cet objectif est incompatible avec l\u2019usage de l\u2019argent des contribuables pour couvrir leurs frais ».Les Canadiens « ne devraient pas avoir à financer les choix de vie privés des membres de la famille royale », soutient la Fédération.« Même s\u2019ils venaient vivre au Québec, je ne serais pas d\u2019accord pour qu\u2019on paie de nos taxes et nos impôts pour des gens qui, la dernière fois que j\u2019ai vérifié, n\u2019étaient pas trop dans la misère », a pour sa part fait valoir le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.« On parle d\u2019avoir deux personnes comme si ces deux personnes-là allaient révolutionner l\u2019attrait touristique du Canada pour le reste de la planète », a constaté celui qui assimile la monarchie à « un symbole de la Conquête et d\u2019une volonté persistante d\u2019assimilation ».Même s\u2019il se trouve à l\u2019autre bout du spectre de l\u2019intérêt envers la monarchie \u2014 il a fondé l\u2019Institut pour l\u2019étude de la Couronne au Canada \u2014, John Fraser est d\u2019accord sur la question financière.« Les frais de sécurité du couple devraient être payés par des fonds personnels », disait-il en entretien mardi.«Il n\u2019y aura pas de décision facile là- dessus, pense quant à lui le constitu- tionnaliste Patrick Taillon.Si on paie, on dira que ce sont des dépenses inutiles.Si on ne paie pas, il y a un manque de courtoisie.Il n\u2019y a aucune obligation juridique [à payer], mais il y a une situation politique délicate.» Sur ce point, le gouvernement Trudeau s\u2019en tient pour le moment à une déclaration faite lundi par le ministre des Finances, selon laquelle Ottawa n\u2019a « pas considéré [cet] enjeu ».La seule chose qui semble déjà établie est qu\u2019il n\u2019y aura pas de passe- droit pour le couple princier s\u2019il souhaite obtenir la résidence permanente : le processus d\u2019immigration normal s\u2019appliquera, affirme depuis lundi le bureau du ministre de l\u2019Immigration.Harry et Meghan n\u2019ont toutefois pas à demander de visa pour tout séjour de visite de moins de six mois.Évaluation des risques Les coûts rattachés à la présence en sol canadien du couple royal-mais- indépendant demeurent impossibles à estimer précisément.Un quotidien britannique a évoqué le chiffre de 1,7 million annuellement, mais on ignore encore où Harry et Meghan Markle habiteront, ce qu\u2019ils feront, à quel rythme, etc.La décision d\u2019offrir \u2014 ou pas \u2014 une protection rapprochée au duc et à la duchesse de Sussex relèverait ultimement du ministre de la Sécurité publique (qui a refusé de commenter cet aspect mardi), selon l\u2019ancien sous-commissaire adjoint à la GRC, Pierre-Yves Bourduas.« Il va se baser sur des renseignements fournis par la GRC, qui a toute une équipe pour brosser un tableau précis du niveau de menace autour d\u2019une personne », dit le consultant en sécurité publique.« À cela, le ministre doit aussi considérer les volets diplomatique, politique ou social » qui peuvent complexifier un dossier.Si une protection est accordée, c\u2019est « généralement le gouvernement qui paie », note M.Bourduas.Mais ce sont là des paramètres utilisés pour des visites de personnalités publiques.Qu\u2019en serait-il dans le cas d\u2019un semi-résident permanent (le couple entend passer la moitié de l\u2019année au Canada, l\u2019autre en Grande-Bretagne) ?Pierre-Yves Bourduas relève qu\u2019il faut ici faire une distinction entre ce que seraient la vie privée et les activités publiques officielles (ou diplomatiques) de Harry et Meghan.Ceux qui travaillent dans le secteur privé \u2014 comme les vedettes artistiques \u2014 ont leur propre service de sécurité, si besoin.« Il ne faut pas oublier non plus que le prince Harry et sa femme veulent avoir une vie normale », dit M.Bourduas, rappelant que les deux ne se réfugient pas au Canada pour être suivi par dix VUS de la GRC\u2026.Un problème ?Dans un éditorial publié mardi, le quotidien The Globe and Mail soutenait que par rapport à la volonté du couple Harry-Meghan de s\u2019installer au Canada, « la réponse du gouvernement Trudeau devrait être un simple et succinct : non.» Accueillir quelqu\u2019un comme Henry Charles Albert David [nom officiel du prince Harry] briserait un « tabou constitutionnel tacite », estime le Globe.La monarchie demeure centrale dans notre système constitutionnel, mais elle est aussi largement « virtuelle ».Refuser l\u2019hospitalité prolongée au prince Harry serait une manière de préserver cette relation particulière du Canada avec la Couronne.Longtemps critique culturel au Globe and Mail, John Fraser a lu le texte en se demandant « quel est le problème » de l\u2019équipe éditoriale.« Harry et Meghan ne sont, constitutionnellement, personne.Ils ne posent aucune menace.Harry ne sera jamais roi », dit-il en rappelant qu\u2019il y a eu un précédent : celui qui allait devenir Edouard VIII (en 1936) possédait un ranch en Alberta.M.Fraser estime que la présence du prince au pays serait simplement « positive ».Notamment parce qu\u2019elle « pourrait permettre de raviver » l\u2019intérêt autour d\u2019une « institution » dont on parle peu au Canada, celle du Commonwealth.Pour Patrick Taillon, les intentions du duc et de la duchesse révèlent à tout le moins « le paradoxe de notre relation avec la monarchie, à qui on accorde peu d\u2019importance, mais qui est partout dans nos institutions ».DANIEL LEAL-OLIVAS POOL PHOTO VIA ASSOCIATED PRESS "]
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