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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2020-01-14, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CXI NO 4 / LE MARDI 14 JANVIER 2020 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM QUÉBEC Député et parent : comment concilier l\u2019inconciliable ?L\u2019Assemblée nationale cherche des moyens de rendre service aux élus qui ont des obligations familiales MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR INDEX Avis légaux .B7 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B7 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ÉCONOMIE Hydro-Québec dans le Maine : une opposition aux racines multiples B 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Un Iranien brandissait la photo d\u2019une victime du vol PS752 pendant une manifestation devant l\u2019université Amir Kabir à Téhéran, samedi.Toujours dans la rue, trois jours plus tard, les protestataires accusaient leur gouvernement d\u2019avoir voulu camoufler la tragique erreur de l\u2019armée des Gardiens de la révolution.Son missile a abattu, mercredi dernier, le Boeing 727 de la compagnie Ukraine International Airlines, tuant 176 victimes, dont 57 Canadiens.Lundi soir, dans une entrevue au réseau de télévision Global, Justin Trudeau a attribué une part de responsabilité dans le drame à Washington en affirmant que la communauté internationale s\u2019affairait à « gérer les tensions dans la région qui sont également provoquées par les actions des États-Unis ».VOIR PAGE B 8 AGENCE FRANCE-PRESSE Vol PS752 : les Iraniens ne décolèrent pas JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Montréal cherche à relancer le commerce local P députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, en entrevue au Devoir.Celle qui est également deuxième vice- présidente de l\u2019Assemblée nationale était séparée et mère de trois enfants.À l\u2019époque, son plus jeune était en sixième année.Il n\u2019était donc pas question qu\u2019elle l\u2019abandonne trois jours par semaine pour aller siéger à Québec.Le chef caquiste lui avait our la première fois en janvier, une vice- première ministre du Québec donnera naissance à un enfant durant son mandat.Geneviève Guilbault rejoindra ainsi Pauline Marois qui avait été la seule parlementaire à avoir eu deux enfants pendant qu\u2019elle était en fonction.Une situation qui soulève la délicate question de la conciliation entre le travail des élus et leurs obligations familiales.L\u2019Assemblée nationale a décidé d\u2019y réfléchir.« La première campagne que j\u2019ai faite en 2012, j\u2019avais demandé à mon chef, François Legault : « Moi, je veux faire la campagne, mais trouvez-moi un comté où c\u2019est sûr que je vais perdre »», a raconté la VOIR PAGE A 2 : CONCILIATION VOIR PAGE A 2 : COMMERCE Durement éprouvés par le commerce électronique, les chantiers interminables, les hausses de loyer et une taxation élevée, de nombreux commerçants peinent à tirer leur épingle du jeu à Montréal.La Ville a entrepris de se pencher sur la question des locaux vacants qui défigurent les artères commerciales et plombent leur dynamisme afin de trouver un remède au commerce sur rue en crise depuis des années.Sur la Plaza Saint-Hubert, les commerçants ont hâte que les pelles mécaniques et la machinerie lourde disparaissent.Le vaste chantier de modernisation entrepris en 2018 nuit aux affaires, mais les autorités espèrent que les travaux de réaménagement visant notamment à élargir les trottoirs et à améliorer le cadre urbain permettront de donner un nouveau souffle à cette rue commerçante.Mais en déambulant sur la rue en chantier, on constate rapidement que de nombreux commerces sont placardés.D\u2019autres sont encore en affaires, mais ont visiblement suspendu leurs activités compte tenu de la rareté de la clientèle.À la succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC) toutefois, le va-et-vient des clients est constant.Je savais c\u2019était quoi la vie parlementaire et il n\u2019était pas question de laisser mon fils CHANTAL SOUCY » donc offert l\u2019ancienne circonscription de Bernard Landry, alors un château fort péquiste.Elle a perdu cette élection, mais elle était prête pour la suivante, en 2014, qu\u2019elle a remportée avec 32,74 % du vote.« Je savais c\u2019était quoi la vie parlementaire et il n\u2019était pas question de laisser mon fils, a-t-elle expliqué.En 2014, ça a changé parce qu\u2019il était au secondaire dans un collège privé où il était pensionnaire du lundi au vendredi.» L\u2019horaire des élus à Québec pose de nombreux défis pour les jeunes parents.Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, père de deux jeunes enfants qui ont 2 et 6 ans, doit faire « des pirouettes quotidiennes » pour arriver à concilier sa vie de député et celle de papa.« C\u2019est difficile, mais c\u2019est possible », a-t- il constaté en ajoutant que cette complexité se vit aussi dans « beaucoup d\u2019autres métiers, professions ».En début de mandat, le jeune ministre avait soulevé la controverse en s\u2019installant à Terrebonne où réside la famille de sa conjointe, à quelques centaines de kilomètres de sa circonscription en Outaouais.En période de travaux parlementaires, il s\u2019arrête pour dormir chez lui dans la région de Montréal lorsqu\u2019il est de retour de Québec le jeudi soir et se rend tôt le lendemain matin à son bureau de circonscription.Le jour de l\u2019entrevue, il avait quitté sa résidence à 4 h 15 pour pouvoir arriver en Ou- taouais à 6 h 30.« La clé du succès d\u2019une conciliation famille travail en politique, CULTURE Le film Brotherhood de la réalisatrice montréalaise Meryam Joobeur en nomination aux Oscar 26 % C\u2019est le taux d\u2019inoccupation des locaux commerciaux dans la rue Saint-Denis en 2019. ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 Rectificatif L\u2019éditorial de Robert Dutrisac intitulé «Repartir sur de meilleures bases» indiquait que le cours Éthique et culture religieuse serait remplacé par un autre cours en 2022.Ce changement se fera plutôt en 2021.Congés et garderie ?CONCILIATION SUITE DE LA PAGE A 1 c\u2019est d\u2019avoir une équipe solide et puis de se réserver des moments où on passe du temps en famille, a-t-il dit.Si on ne le met pas à l\u2019agenda, c\u2019est clair qu\u2019on n\u2019y arrivera pas.» Il s\u2019assure aussi d\u2019être là dans les moments qui comptent.Il n\u2019a pas hésité, par exemple, à s\u2019absenter pour pouvoir accompagner son fils lors de sa première journée à la maternelle en septembre.« Il faut prendre le temps d\u2019être là autant dans les moments du quotidien que dans les moments qui comptent vraiment et dont on va se rappeler longtemps parce qu\u2019une rencontre, ça se déplace, mais une première journée d\u2019école, ça ne se revit pas, a-t-il remarqué.Donc, si on ne veut pas avoir des regrets plus tard en se disant qu\u2019on a raté des moments importants, il faut être capable de prioriser parfois la famille quand on peut s\u2019appuyer sur notre équipe pour faire une partie du travail.» La députée libérale Jennifer Macca- rone s\u2019est présentée en politique pour pouvoir améliorer le sort des enfants autistes comme les siens.Son garçon est adulte et sa fille presque, mais l\u2019élue qui est monopa- rentale doit tout de même être présente à distance pour les aider dans leur quotidien.Tout est organisé, ses enfants ont un calendrier où est inscrite chaque chose à faire.« Pour les devoirs, on fait ça par Face- time chaque fois que j\u2019ai une pause [\u2026], a-t-elle raconté.On prépare les repas par Facetime quand je suis à l\u2019Assemblée nationale, alors mes collègues voient ça.» Elle a de l\u2019aide d\u2019une amie qui passe les mardis soirs avec eux.Les mercredis, ils sont avec leur père et les jeudis, ils attendent son retour en circonscription.Sondage L\u2019Assemblée nationale réfléchit à des façons de mieux concilier le travail et des parlementaires avec leurs obligations familiales.Elle leur a fait parvenir un questionnaire en novembre pour les sonder.Faudrait-il ajouter une garderie, voire une halte-garderie ?Offrir une meilleure prévisibilité des horaires ?Ou même un congé parental auquel les députés n\u2019ont pas droit même s\u2019ils cotisent au Régime québécois d\u2019assurance parentale ?Transférer une partie du budget de voyage vers la circonscription aux conjoints et aux enfants ?Mieux répartir les semaines en circonscription et celles à l\u2019Assemblée nationale ?Pour la députée de Québec solidaire, Émilise Lessard-Therrien, il est temps que cette institution se modernise.«Si on veut attirer d\u2019autres jeunes parents à l\u2019Assemblée nationale, il faut vraiment avoir de l\u2019ouverture à faire plus de conciliation parce qu\u2019il y a un souci de représentativité de la population aussi», a fait valoir celle qui est mère d\u2019une petite fille de 2 ans.Cela pourrait commencer par des aménagements très simples comme le fait d\u2019avoir des chaises hautes à la cafétéria, des tables à langer dans toutes les salles de bains et une salle familiale.D\u2019autant plus que l\u2019exemple de Geneviève Guilbault, qui aura donné naissance à ses deux enfants en tant qu\u2019élue, risque de se répéter.« Je pense qu\u2019il y aura d\u2019autres situations comme ça, alors il faut se poser la question sur la façon dont on peut faciliter cette conciliation travail famille », a noté le député péquiste Martin Ouellet.Le ministre Simon Jolin-Barrette, lui- même un jeune père, est ouvert à cette idée dans le cadre son projet de réforme parlementaire.« La conciliation travail famille est un enjeu important.Il faut moderniser la façon dont nous faisons les choses à l\u2019Assemblée nationale.Nous y travaillons », a-t-il fait savoir par l\u2019entremise de son attachée de presse.Solutions envisagées COMMERCE SUITE DE LA PAGE A 1 Gérante du Roi du Smoked Meat, situé à l\u2019angle de la rue Saint-Zotique, Francine Gallant n\u2019est pas convaincue que la métamorphose de la Plaza sera si bénéfique aux commerçants.Les derniers mois ont été difficiles.Le restaurant a dû fermer son 2e étage et effectuer des coupes dans le personnel.Même lorsque les pelles mécaniques seront parties et que la marquise sera réinstallée, les commerçants ne seront pas au bout de leurs peines, pense Mme Gallant.Elle déplore particulièrement le retrait de nombreuses places de stationnement.« On élargit les trottoirs, mais on nous retire les 15 minutes de stationnement.Et tous les stationnements sont devenus payants.Dans la ruelle, il y a maintenant des parcomètres », dit- elle, exaspérée.Plus loin, Boussad Idir, propriétaire de la boutique Bagus, est plus optimiste par rapport à l\u2019avenir de l\u2019artère.Il reconnaît toutefois que l\u2019élargissement des trottoirs risque d\u2019engendrer des problèmes de circulation et de stationnement.« Ce n\u2019est pas tout le monde qui se déplace en bicyclette », lance-t-il.Quelle solution ?Les difficultés de la Plaza Saint-Hu- bert sont peut-être temporaires, mais d\u2019autres artères sont en difficulté depuis des années, comme la rue Saint- Denis, théâtre de travaux majeurs en 2015.Selon les données fournies par la Ville, le taux de vacance y était de 26 % en 2019, alors qu\u2019il a atteint 15 % sur Laurier Ouest, 7% sur la promenade Fleury et 6 % sur la promenade Masson.Montréal souhaite trouver des solutions pour remédier aux locaux vacants.C\u2019est pourquoi elle a lancé une consultation l\u2019automne dernier dans l\u2019espoir de prendre des mesures qui sauraient remettre les artères sur les rails.New York et San Francisco se sont dotées de registres des locaux vacants.La Belgique et plusieurs villes le monde imposent \u2014 ou s\u2019apprêtent à le faire \u2014 une taxe sur les locaux vides.Montréal pourrait-elle s\u2019inspirer de telles mesures ?Les membres de la Commission sur le développement entendront les mémoires d\u2019acteurs du milieu à compter de mardi soir.François Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante, y sera mercredi pour proposer des solutions.Les commerçants qui ont pignon sur rue n\u2019ont pas nécessairement le contrôle sur leur environnement d\u2019affaires.Ils sont tributaires de plusieurs éléments comme l\u2019achalandage du secteur, la météo ou l\u2019efficacité du déneigement.Ils souffrent aussi de la concurrence du commerce électronique, certains clients allant même faire du repérage dans leurs boutiques pour ensuite commander en ligne le bien convoité afin de le payer moins cher.Mais selon M.Vincent, la source du problème des commerces réside dans le système fiscal qui les étouffe et l\u2019iniquité dans la taxation entre les secteurs résidentiel et commercial.En 2019, les taxes des propriétaires d\u2019immeubles commerciaux étaient quatre fois plus élevées que celles du secteur résidentiel, rappelle-t-il.« C\u2019est sûr que ç\u2019a un impact sur les loyers et que ça crée une pression supplémentaire.On peut mettre en place beaucoup de mesures, mais si on ne réduit pas le fardeau fiscal [des commerçants], ils n\u2019auront pas les meilleurs outils pour faire face à la musique », résume-t-il.Dans son dernier budget, l\u2019administration Plante a offert un allégement fiscal pour les commerçants avec une baisse de taxes de 12,5 % sur les premiers 625 000 $ d\u2019évaluation.Mais cette mesure ne suffit pas, insiste François Vincent.Expert en fiscalité municipale, Pierre- René Perrin estime que la pression fiscale sur les commerçants locataires est énorme.Les baisses de taxation accordées aux propriétaires ne bénéficient pas nécessairement aux commerçants qui sont locataires, signale-t-il.« Les commerçants locataires sont laissés à eux-mêmes et sont découragés, dit-il.J\u2019ai plusieurs clients qui ont des problèmes.Certains doivent même s\u2019adresser à la Cour des petites créances pour régler leur litige avec le propriétaire.J\u2019ai même des clients qui ont reçu des factures d\u2019augmentation.» Il souligne aussi que les commerçants et les contribuables des quartiers centraux paient des taxes beaucoup plus élevées qu\u2019en périphérie, une situation que la Ville devrait corriger, selon lui.Une régie du loyer commerciale Dans le cadre d\u2019une enquête menée par la firme Segma à la demande de la Ville de Montréal, des commerçants sondés ont évoqué d\u2019autres solutions pour lutter contre les locaux vacants.Certains ont suggéré d\u2019imposer une taxe sur les locaux vacants afin d\u2019inciter les propriétaires dits « passifs » à trouver des locataires.D\u2019autres ont proposé que la Ville se dote de pouvoirs de préemption afin qu\u2019elle ait la possibilité d\u2019acquérir les bâtiments de propriétaires délinquants et qu\u2019elle les rénove avant de les remettre sur le marché.Finalement, l\u2019idée d\u2019une régie du loyer commerciale a aussi été soulevée dans le but d\u2019arbitrer les hausses de loyer jugées abusives.Mike Parente, directeur général de la Plaza Saint-Hubert, ne croit pas en de telles solutions.« On a déjà assez de bureaucratie qui complique la vie des gens d\u2019affaires.Je pense qu\u2019au lieu de ça, on devrait mieux informer les commerçants sur la façon de négocier un bail.» L\u2019administration Plante n\u2019a pas voulu faire de commentaires compte tenu de la consultation en cours.Selon les données fournies par la Ville, le taux de vacance de locaux commerciaux était de 26 % rue Saint- Denis en 2019.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Hassan Diab réclame des millions à Ottawa pour son extradition en France OTTAWA \u2014 Le professeur de sociologie d\u2019Ottawa Hassan Diab poursuit le gouvernement fédéral relativement à son extradition vers la France pour des allégations de terrorisme.M.Diab, sa femme et ses deux jeunes enfants ont déposé une poursuite devant la Cour supérieure de justice de l\u2019Ontario réclamant des dizaines de millions de dollars pour abus de procédure allégué, pour avoir fait subir de façon intentionnelle des préjudices émotionnels et autres réclamations.Ces affirmations n\u2019ont pas été prouvées devant les tribunaux et le gouvernement fédéral n\u2019a pas encore déposé de réponse.M.Diab, qui est citoyen canadien, avait été arrêté en novembre 2008 par la Gendarmerie royale du Canada à la suite d\u2019une demande des autorités françaises qui le soupçonnaient d\u2019être impliqué dans un attentat à la bombe commis en 1980 contre une synagogue de Paris.Quatre personnes avaient perdu la vie et plusieurs dizaines d\u2019autres avaient été blessés par l\u2019explosion.Le professeur a toujours nié avoir pris part à cet acte terroriste.Après de longues procédures judiciaires, M.Diab a été extradé vers la France où il a passé trois ans derrière les barreaux, y compris du temps en isolement.En janvier 2018, les juges français ont finalement rejeté les allégations contre M.Diab et ordonné sa libération immédiate.La Presse canadienne EN BREF Hassan Diab JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Fausse alerte nucléaire à Pickering : l\u2019enquête devrait se conclure rapidement TORONTO \u2014 La solliciteuse générale de l\u2019Ontario veut que l\u2019enquête sur l\u2019alerte erronée au sujet d\u2019un incident à la centrale nucléaire de Pickering soit conclue assez rapidement.Sylvia Jones affirme qu\u2019il est très important que la population de l\u2019Ontario sache exactement ce qui s\u2019est passé, et elle ne s\u2019attend pas à une longue enquête.Le gouvernement provincial a annoncé la tenue de l\u2019enquête, dimanche, quelques heures après qu\u2019une alerte a été transmise sur les téléphones portables, radios et téléviseurs à travers la province, vers 7 h 30.Selon Mme Jones, les premières observations indiquent qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une erreur humaine lors d\u2019un test de routine du système d\u2019alerte d\u2019urgence, qui a lieu deux fois par jour.Une alerte de suivi a été transmise sur les téléphones portables près de deux heures après la notification d\u2019origine.Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique ontarien en matière d\u2019énergie, Peter Tabuns, affirme que, si les citoyens perdent confiance dans le système, la capacité de l\u2019utiliser en cas d\u2019urgence réelle sera réduite, ce qui serait dangereux.La Presse canadienne On peut mettre en place beaucoup de mesures, mais si on ne réduit pas le fardeau fiscal [des commerçants], ils n\u2019auront pas les meilleurs outils pour faire face à la musique FRANÇOIS VINCENT » Pour les devoirs, on fait ça par Facetime chaque fois que j\u2019ai une pause JENNIFER MACCARONE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les procédures judiciaires entreprises contre Nathalie Normandeau, Marc- Yvan Côté et leurs quatre coaccusés pourraient connaître une fin abrupte en mars, mois durant lequel une seconde requête de type Jordan sera entendue devant la Cour du Québec.Au palais de justice de Québec, le juge André Perreault a accepté lundi d\u2019entendre la nouvelle demande d\u2019arrêt des procédures pour délais déraisonnables qu\u2019ont déposée les avocats des ex-ministres libéraux et de leurs coaccusés.« La requête que nous présentons au mois de mars, si elle est accueillie, met un terme à l\u2019affaire.Un terme complet à l\u2019affaire.Les procédures sont arrêtées, donc il n\u2019y aura pas de procès », a résumé l\u2019avocat de Marc-Yvan Côté, Jacques Larochelle, à sa sortie de la salle de cour.À compter du 16 mars, les avocats des accusés tenteront de mettre en évidence les faits et gestes de l\u2019État, qui ont, selon eux, fait subir à leurs clients des délais « cruels et inhumains » \u2014 tels que les a qualifiés Nathalie Nor- mandeau.Il s\u2019agit d\u2019une deuxième tentative en ce sens pour la défense, qui avait échoué à faire arrêter les procédures en mars 2018, au terme de débats sur une première requête Jordan.JUSTICE Normandeau pourrait échapper à un procès Le juge André Perreault a accepté d\u2019entendre la nouvelle demande d\u2019arrêt des procédures pour délais déraisonnables L\u2019arrêt Jordan, rendu par la Cour suprême en 2016, fixe le délai pour les procès criminels à 18 mois en Cour du Québec, l\u2019instance devant laquelle se déroulent les procédures de l\u2019affaire Normandeau.Une affaire moins complexe Or, voilà maintenant près de quatre ans \u2014 c\u2019était le 16 mars 2016 \u2014 que l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté Nathalie Normandeau, Marc- Yvan Côté, Bruno Lortie, François Roussy, France Michaud, Mario Martel et Ernest Murray.Ce dernier a entre- temps plaidé coupable et obtenu une absolution conditionnelle.De treize, le nombre de chefs d\u2019accusation visant les six coaccusés est passé à six en août 2019, quand le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a abandonné sept chefs d\u2019accusation de fraude, corruption et complot.D\u2019une affaire «particulièrement complexe », qui justifiait selon le juge Per- reault le dépassement des délais, le dossier est devenu beaucoup plus simple, font valoir les avocats des accusés.« D\u2019un stratagème frauduleux, complexe et organisé, il ne reste que des contributions électorales illégales octroyées afin de favoriser l\u2019obtention de huit contrats publics entre les années 2005 et 2010 », écrivent-ils dans leur nouvelle requête.En cela, les délais de 57 mois entre la mise en accusation des accusés et le dénouement probable de leur procès, la haute direction, de très hauts fonctionnaires, et donc elles peuvent être imputables à l\u2019État », a insisté Jacques Larochelle dans une mêlée de presse.« Elle [la Couronne] l\u2019a dit elle-même devant la Cour Suprême du Canada?! » Les conséquences des fuites médiatiques sur le droit des accusés d\u2019avoir un procès juste et équitable font l\u2019objet d\u2019une autre requête de la défense, qui estime que l\u2019État a orchestré la divulgation d\u2019information afin de miner la réputation des accusés.Réaction de la Couronne Dépêché par le DPCP, le procureur Patrice Peltier-Rivest a tenté de convaincre le juge Perreault de ne pas entendre la nouvelle requête Jordan avant celle concernant les fuites médiatiques.Selon lui, la défense « dissimule » dans sa nouvelle requête sa théorie tenant l\u2019UPAC et la Couronne responsables des délais dans ce dossier.« C\u2019est la même chose: c\u2019est blanc bonnet, bonnet blanc.Mais «procéduralement», on y arrive par deux moyens différents », a-t-il lancé.Le juge Perreault a préféré rappeler que deux années se sont écoulées depuis sa dernière évaluation des délais.Mieux vaudrait donc, « le plus rapidement possible, se repositionner », a-t-il déclaré.« Une partie de l\u2019intérêt du public, c\u2019est de voir qu\u2019on arrive à faire des pas pour avancer dans le dossier», a-t-il ajouté, avant de donner rendez-vous aux parties impliquées au mois de mars.s\u2019il devait se conclure à la fin de l\u2019année, ne sont plus justifiables à leur avis.L\u2019UPAC mise à mal Et encore.Bon nombre de délais auraient été évités « si l\u2019UPAC s\u2019était gouvernée selon les règles de l\u2019art » et si le ministère public n\u2019avait pas fermé les yeux sur la divulgation d\u2019informations concernant les accusés dans cette affaire, fait valoir la défense.« Les fuites ne sont pas, comme l\u2019avait dit la Couronne au départ, le fait de loups solitaires ou de policiers corrompus qui agissaient en révolte contre leur hiérarchie.Les fuites sont le fait de HOLLY MCKENZIE-SUTTER À SAINT-JEAN LA PRESSE CANADIENNE Le Québec et Terre-Neuve-et-Labra- dor souhaitent s\u2019allier pour approvisionner en hydroélectricité toutes les provinces de l\u2019Atlantique \u2014 surtout le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle- Écosse, qui possèdent encore des centrales au charbon.Lors de sa première visite dans la province en tant que premier ministre, François Legault s\u2019est joint lundi matin à la rencontre de ses homologues des quatre provinces de l\u2019Atlantique, à Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador.Cette rencontre était justement consacrée à la demande en électricité dans toute la région.François Legault et son homologue, Dwight Ball, n\u2019ont pas précisé de solution hydroélectrique particulière, mais le premier ministre québécois a évoqué la possibilité que le Canada atlantique s\u2019approvisionne en électricité à partir de l\u2019énergie hydraulique du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador \u2014 deux provinces qui, historiquement, se disputent ce marché.« On a convenu, au cours des prochains mois, de travailler ensemble à bien évaluer les besoins de chaque province et à bien évaluer différents scénarios pour fournir de l\u2019hydroélectricité, entre autres au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, et ça suppose dans certains cas la construction de lignes de transmission », a indiqué M.Legault lors d\u2019une conférence de presse commune avec M.Ball.« On pense que c\u2019est bon pour l\u2019environnement, c\u2019est bon pour réduire les GES, mais c\u2019est aussi bon économiquement pour nos cinq provinces, dans le fond [\u2026] On ne vient pas ici en voulant tout contrôler, on veut vraiment regarder différents partenariats pour travailler sur des scénarios ensemble.» Pour assurer cet approvisionnement régional, M.Legault a cité les ressources hydroélectriques du Québec, avec de nouveaux projets, mais aussi les capacités de Terre-Neuve : la future production du barrage de Muskrat Falls, actuellement en construction, et le « très, très intéressant » projet de barrage à Gull Island, tous deux au Labrador.«Je demeure convaincu que c\u2019est possible de faire des nouveaux projets, que ce soit au Québec ou au Labrador, avec Gull Island, à des coûts qui sont très compétitifs avec toutes les autres formes ÉNERGIE Québec et Terre-Neuve mettent leurs disputes de côté Au lieu de se concurrencer, les deux provinces prévoient maintenant s\u2019allier pour fournir l\u2019Atlantique en électricité Un complexe hydroélectrique sur la rivière La Romaine, située sur la Côte-Nord JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau, photographiée au palais de justice de Québec en juin 2016 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE d\u2019énergie, et en plus c\u2019est de l\u2019énergie propre, a-t-il dit.Je pense qu\u2019on devrait donner l\u2019exemple (au reste du pays), et en plus, on a un gouvernement fédéral qui offre de l\u2019aide pour financer des lignes de transmission » pour de l\u2019«énergie propre».M.Ball a d\u2019ailleurs indiqué que la question du transport d\u2019électricité dans toute la région devait d\u2019abord être abordée avant de choisir une solution spécifique.Il a aussi rappelé que d\u2019autres sources d\u2019énergie propre existent actuellement, comme l\u2019éolien de la Nouvelle-Écosse.« Il ne fait aucun doute que la capacité [de production] peut exister [\u2026] mais nous avons besoin d\u2019abord de cette capacité de transmission, quelle que soit la solution potentielle qui puisse être identifiée », a-t-il dit.La pilule amère de Churchill Falls Les ressources hydroélectriques constituent une pomme de discorde entre les deux provinces depuis l\u2019accord de Churchill Falls, conclu en 1969, qui offre beaucoup plus d\u2019avantages financiers au Québec qu\u2019à Terre-Neuve-et- Labrador.Les deux premiers ministres ont indiqué lundi que les pourparlers en cours n\u2019impliqueront pas de renégocier cet accord de Churchill Falls, qui expirera en 2041.M.Legault a toutefois promis que les deux provinces devraient cette fois sortir également gagnantes d\u2019un éventuel partenariat sur l\u2019hydroélectricité.Et « 20 ans, c\u2019est presque le temps que ça prend pour construire des nouvelles installations », a-t-il souligné.Interrogé sur la méfiance des Terre- Neuviens face à Hydro-Québec, M.Le- gault a estimé qu\u2019il ne fallait pas tenter de réécrire l\u2019histoire : « Le Québec, il ne faut pas l\u2019oublier, a perdu le Labrador en 1927, donc beaucoup de Québécois encore ne l\u2019ont pas digéré.» « Je comprends que des gens à Terre- Neuve-et-Labrador ne sont pas contents du deal sur Churchill Falls.C\u2019est un bon deal pour le Québec, aujourd\u2019hui, avec les yeux d\u2019aujourd\u2019hui, mais à l\u2019époque, c\u2019était un risque qui a été pris beaucoup par le Québec \u2014 dans Churchill Falls, le Québec détient déjà 34 % des actions », a rappelé le premier ministre Legault.Muskrat Falls : gouffre financier Terre-Neuve-et-Labrador est déjà confrontée au défi imminent de payer pour le surplus d\u2019électricité produite par le barrage de Muskrat Falls, qui a dépassé les coûts de construction \u2014 cela représente maintenant environ le tiers de la dette considérable de la province.Le barrage transmettra de l\u2019électricité vers l\u2019île de Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse par le biais de câbles sous-marins.Le barrage, actuellement évalué à 12,7 milliards de dollars, est sur le point d\u2019être achevé, mais les contribuables de cette province d\u2019environ 520 000 personnes sont aux prises avec le coût du projet, qualifié par le premier ministre Ball de plus grande erreur économique de l\u2019histoire de la province.Énergie NB et Hydro-Québec ont par ailleurs signé la semaine dernière une entente qui prévoit la vente de plus d\u2019électricité du Québec au Nouveau- Brunswick au cours des deux prochaines décennies.M.Legault a soutenu lundi que cette entente est relativement mineure en termes d\u2019excédent hydroélectrique du Québec, et il a éludé les questions selon lesquelles Terre-Neuve-et-Labra- dor venait de perdre une occasion de vendre ses surplus d\u2019électricité. LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 JEAN-BENOIT LEGAULT LA PRESSE CANADIENNE Le coronavirus décelé en Chine fait surface en Thaïlande Apparenté au SRAS, il aurait infecté une quarantaine de personnes jusqu\u2019à présent ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR La part modale du bus est en forte hausse sur le campus de l\u2019Université Laval.Depuis la mise en place d\u2019un laissez-passer gratuit pour les étudiants l\u2019automne dernier, on a recensé près de 600 000 déplacements supplémentaires en transport en commun.« Ce sont des données préliminaires, mais c\u2019est tellement positif qu\u2019on a décidé de les sortir », a expliqué le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand.Entre la session d\u2019automne 2018 et celle de 2019, le nombre de voyages en bus par des étudiants est passé de 3,7 millions à 4,3 millions, une hausse de 16 %.Du côté de Lévis, l\u2019augmentation est encore plus marquée, à 18,9 %.Le laissez-passer universel (LPU) était offert à tous les étudiants à temps complet.Pour financer le service, les étudiants ont chacun payé 120 $ de plus sur leur facture pour la session.La décision d\u2019opter pour cette formule avait été prise lors d\u2019un vote organisé par les associations étudiantes.À l\u2019automne 2018, 54 % des étudiants du premier cycle avaient voté pour et 72 % avaient fait de même aux cycles supérieurs.Avant cela, le laissez-passer étudiant coûtait 60 $ par mois.Le prix d\u2019une vignette de stationnement sur le campus oscille quant à lui entre 264 et 528 $ par session.Quel effet sur la circulation ?Les ventes de vignettes de stationnement ont d\u2019ailleurs diminué de 21 % chez les étudiants, selon la direction de l\u2019Université.Est-ce à dire que la congestion a diminué autour du campus aux heures de pointe ?«Le vice-recteur nous a dit que l\u2019entrée le matin se faisait beaucoup mieux qu\u2019auparavant», a souligné M.Normand, qui mentionne que des analyses plus fines seront réalisées à la fin de l\u2019an un.Horaires remodelés Or en plus du LPU, un autre facteur pourrait expliquer la fluidité de la circulation, dit-il, parce que les heures des cours ont été étalées dans le temps.En effet, l\u2019Université a commencé en 2018 à modifier ses horaires de façon à réduire la congestion automobile.Ainsi, les cours du matin ne commencent plus tous à 8 h 30, mais aussi à 9 h dans 14 % des cas.Pour la suite des choses, le RTC espère convaincre encore plus d\u2019étudiants d\u2019adopter le LPU.Sur les 29 000 étudiants y ayant droit, 24 900 sont allés en chercher un, et on voudrait donc convaincre certains des 4000 autres de s\u2019en prévaloir.« Il y a probablement de bons motifs pour ne pas l\u2019utiliser, mais il y a peut-être encore un certain nombre qui pourraient l\u2019utiliser.» Les données sur l\u2019utilisation révèlent par ailleurs que 94 % des gens qui ont réclamé leur LPU l\u2019ont utilisé au moins une fois.En moyenne, on recense toutefois 70 déplacements par session par personne.L\u2019Université Laval n\u2019est pas la première à faire un tel virage.L\u2019Université de Sherbrooke a offert le bus gratuit à ses étudiants dès 2004.Or la formule était différente puisque l\u2019Université finançait elle-même le service.Avec les années, devant l\u2019engouement pour le service, des frais afférents y ont aussi été imposés afin de maintenir le service.QUÉBEC Migration vers le bus à l\u2019Université Laval Le marché de fruits de mer de Wuhan, que fréquentait régulièrement un homme décédé en lien avec le coronavirus, a été fermé pour des fins d'enquête.NOEL CELIS AGENCE FRANCE-PRESSE Toutefois, contrairement au SRAS, aucun travailleur de la santé ne semble encore avoir été infecté par le nouveau virus, ce qui est encourageant, ajoute M.Kobinger, qui est également membre d\u2019un comité-conseil de l\u2019OMS.« On prend pour acquis qu\u2019il y a une possibilité de transmission d\u2019humain à humain, mais probablement très inefficace ou limitée, a-t-il dit.En fait, les coronavirus ne se transmettent pas très bien entre les humains.Mais ça peut arriver quand même, surtout quand il y a des personnes qui sont immunosup- primées ou qui ont des facteurs de co- morbidité.Mais dans ce cas-ci, il n\u2019y a au moins pas de transmission d\u2019humain à humain qui perdure.» Éviter une répétition du SRAS Il n\u2019est quand même pas impossible que le virus subisse une nouvelle mutation qui lui permettrait de passer plus facilement d\u2019un humain à un autre.Toutefois, rappelle le docteur Jasmin Villeneuve de l\u2019Institut national de santé publique, les coronavirus du SRAS et du MERS-CoV (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient) n\u2019ont jamais vraiment acquis cette capacité, même s\u2019ils circulent depuis plusieurs années.« Si on prend les exemples du SRAS et du MERS [\u2026], ça fait quelques années que c\u2019est connu et ils semblent être assez stables.Donc, ça ne semble pas être un virus qui va muter si rapidement que ça [\u2026], contrairement à l\u2019influenza qui lui a une mutation très rapide », a dit le docteur Villeneuve, qui est médecin- conseil à l\u2019INSPQ et chef d\u2019équipe pour les infections nosocomiales.Les premiers cas de la nouvelle infection ont été détectés en décembre et on ne constate pour le moment aucune dissémination rapide dans d\u2019autres pays.L\u2019important, pour le moment, est d\u2019empêcher une répétition du scénario du SRAS.« Dès qu\u2019il y a une transmission d\u2019un nouveau virus qui passe d\u2019un animal à l\u2019humain, c\u2019est une situation qui va être très regardée, a-t-il expliqué.Plusieurs personnes ont fait un parallèle entre la situation actuelle et celle du SRAS en 2002-2003.La particularité, c\u2019est qu\u2019en 2003, le virus semblait se transmettre d\u2019emblée à l\u2019être humain, et on l\u2019a su quand même tard.Ça avait commencé à l\u2019automne et ça a été annoncé au niveau mondial en février-mars, donc il y a eu le temps d\u2019avoir de la transmission.Donc, c\u2019est pour ça qu\u2019on s\u2019en préoccupe [maintenant], pour que, s\u2019il y a quelque chose, on puisse réagir rapidement et éviter d\u2019avoir une situation comme à Toronto en 2002-2003, où ils ont quasiment fermé des hôpitaux.» M.Kobinger se réjouit quant à lui de constater qu\u2019aucun nouveau cas n\u2019a été rapporté depuis le 3 janvier.centre de la Chine, et le seul cas rapporté en Thaïlande est celui d\u2019un visiteur chinois qui a reçu son congé après avoir été soigné.Dans un communiqué diffusé lundi, l\u2019Organisation mondiale de la Santé assure que « la détection de cas dans d\u2019autres pays n\u2019est pas inattendue ».Sept autres patients se trouvent dans un état critique.La victime de 61ans était un client régulier du marché de fruits de mer de Wuhan qui souffrait de plusieurs problèmes de santé.Il a succombé à une défaillance cardiaque le 9 janvier.Le virus ne semble pas pour le moment en mesure de se transmettre efficacement d\u2019un humain à un autre, mais les responsables restent sur leurs gardes.« Le nouveau cas en Thaïlande ne vient pas du même marché, donc ça ouvre la possibilité qu\u2019il y ait une autre source que ce marché-là, a expliqué le chercheur Gary Kobinger, du département de microbiologie-infectiologie et d\u2019immunologie de la faculté de médecine de l\u2019Université Laval.«C\u2019est toujours un peu plus inquiétant quand des cas commencent à être détectés à l\u2019extérieur de la région où l\u2019émergence se produit.Ça augmente le niveau d\u2019attention d\u2019un cran.Le problème, c\u2019est que l\u2019évolution des maladies infectieuses est toujours difficile à prédire.» ANDREW BEATTY À SYDNEY AGENCE FRANCE-PRESSE AUSTRALIE Un « mégafeu » enfin maîtrisé Un nouveau coronavirus étroitement apparenté à celui du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a été décelé en Chine et en Thaïlande, et les responsables de la santé publique suivent de près l\u2019évolution de la situation.Le SRAS avait fait quelque 800 morts à travers le monde en 2002-2003, dont 44 au Canada.Une quarantaine de cas de la nouvelle infection ont pour le moment été détectés, principalement en Chine.On rapporte un décès, celui d\u2019un homme de 61 ans de la ville de Wuhan, dans le tique.Ils ont suscité un immense élan de solidarité à travers la planète et les dons affluent pour venir en aide aux habitants et aux animaux sinistrés.La flore et la faune australiennes, qui comptent des espèces uniques au monde, ont été durement touchées.Selon des estimations, un milliard d\u2019animaux ont été tués, sans compter la multitude d\u2019arbres et d\u2019arbustes partis en fumée.La ministre de l\u2019Environnement, Sus- san Ley, a prévenu que dans certaines régions les koalas devront être classés espèce en danger.Ce week-end, Sydney va accueillir un gala de charité au profit des services de lutte contre les incendies, la Croix- Rouge et les animaux sauvages.Corollaires politiques Les conséquences politiques de la crise sont également de plus en plus criantes.Un sondage publié lundi montre la chute du taux d\u2019approbation de la politique menée par le premier ministre Scott Morrison, sévèrement critiqué pour sa gestion de la crise.Ce sondage Newspoll indique que 59 % des Australiens ne sont pas satisfaits du chef du gouvernement conservateur alors que 37 % se déclarent satisfaits, un brusque revirement de l\u2019opinion depuis sa victoire aux élections du mois de mai.M.Morrison est vivement décrié, accusé notamment de ne pas avoir apporté les réponses adaptées à ces feux dévastateurs qui ont débuté en septembre.Il lui est notamment reproché d\u2019être parti en vacances à Hawaï en décembre, d\u2019avoir commis toute une série de gaffes, fait des déclarations mensongères sur les actions menées par son gouvernement et d\u2019avoir contraint des victimes à lui serrer la main.M.Morrison avait affirmé au début de ces feux que les autorités locales avaient les moyens de les gérer et que les pompiers volontaires épuisés « voulaient être là ».Il a également déclaré à plusieurs reprises que l\u2019Australie en faisait plus qu\u2019assez pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en renouvelant son soutien à la lucrative, mais très polluante, industrie du charbon australienne.Les pompiers australiens ont annoncé avoir réussi lundi à maîtriser le plus important « mégafeu » du pays qui échappait à tout contrôle depuis presque trois mois alors qu\u2019un temps pluvieux est attendu.Les services de sécurité de l\u2019État de Nouvelle-Galles-du-Sud ont expliqué avoir finalement pris le dessus dans leur lutte contre l\u2019immense brasier qui brûlait de manière incontrôlée dans la zone montagneuse de Gospers, au nord-ouest de la banlieue de Sydney.En visite lundi dans cette région, le chef des pompiers dans les zones rurales de Nouvelle-Galles-du-Sud, Shane Fitz- simmons, a déclaré qu\u2019«il restait à en finir avec une petite zone», mais que «le pronostic de confinement semble prometteur».Dans ce parc national, ce « méga- feu » a ravagé une zone trois fois plus grande que le Grand Londres et généré d\u2019autres foyers, détruisant, au total, rien que dans ce secteur, 8000 km2.Alors que les habitants et les autorités continuaient lundi à faire face à l\u2019ampleur de la catastrophe, les services météorologiques ont annoncé jusqu\u2019à 50 millimètres de pluie pour la semaine prochaine dans certaines régions touchées, un soulagement après des mois de sécheresse prolongée.Des dizaines d\u2019autres feux ont déjà été maîtrisées.La faune et la flore happées Liés à une sécheresse particulièrement grave en Australie, ces incendies sont aggravés par le réchauffement clima- Les services météorologiques ont annoncé jusqu\u2019à 50 millimètres de pluie pour la semaine prochaine dans certaines régions touchées, un soulagement après des mois de sécheresse prolongée LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR La reine Élisabeth II a accepté lundi que Harry et son épouse Meghan aient plus d\u2019indépendance et qu\u2019ils s\u2019établissent au Canada une partie de l\u2019année, tout en maintenant leur appartenance à la famille royale.Plusieurs questions demeurent néanmoins en suspens, notamment au sujet de leur processus d\u2019immigration et des coûts potentiellement engendrés par leur installation.«Ma famille et moi soutenons entièrement le désir de Harry et Meghan de commencer une nouvelle vie en tant que jeune famille», a écrit la souveraine de 93 ans dans une déclaration à la suite d\u2019un conseil de famille à sa résidence de Sandringham, dans l\u2019est de l\u2019Angleterre.«Bien que nous aurions préféré qu\u2019ils restent des membres actifs à temps plein de la famille royale, nous respectons et comprenons leur souhait de vivre leur vie de famille de façon plus indépendante.» « Harry et Meghan ont été clairs sur le fait qu\u2019ils ne veulent pas dépendre des fonds publics» et un accord a été trouvé sur « une période de transition » durant laquelle ils vivront entre le Royaume- Uni et le Canada, a ajouté la reine.Le palais de Buckingham a déclaré qu\u2019un « éventail de possibilités » serait discuté en ce qui concerne la suite des choses, mais qu\u2019Élisabeth II a demandé que les décisions finales soient prises rapidement.Qui devra débourser ?Selon certains médias britanniques, le Canada aurait accepté d\u2019assumer les Harry et Meghan reçoivent l\u2019aval de la reine Elle accepte que le couple s\u2019installe en partie au Canada, ce qui soulève des questions logistiques HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L\u2019aide médicale à mourir pour les mineurs et les personnes atteintes seulement d\u2019un trouble psychologique attendra.Le ministre canadien de la Justice, David Lametti, estime que ces deux questions sont plus controversées et n\u2019entend pas les aborder dans sa refonte prochaine de la loi.« Ce sont des questions plus épineuses.Je vais être honnête là-dessus », explique M.Lametti en entretien téléphonique avec Le Devoir.« Avant tout, il faut répondre à la Cour supérieure dans l\u2019affaire Truchon.» En septembre dernier, la Cour supérieure a invalidé la loi fédérale sur l\u2019aide médicale à mourir au motif qu\u2019il est inconstitutionnel d\u2019empêcher les personnes dont la mort n\u2019est pas « raisonnablement prévisible » d\u2019y avoir recours.Un questionnaire mis en ligne lundi par Ottawa demande aux citoyens si des garde-fous supplémentaires devraient être instaurés en l\u2019absence de ce critère de fin de vie.Le questionnaire va toutefois plus loin que ce qui serait nécessaire pour répondre au jugement en interrogeant aussi les Canadiens à propos des directives anticipées.Un malade devrait-il obtenir l\u2019aide à mourir si, dans les jours suivant sa demande, il perd la capacité d\u2019y consentir à cause d\u2019une détérioration de son état de santé ?Une personne atteinte de la maladie d\u2019Alzheimer devrait-elle pouvoir lister les conditions auxquelles elle obtiendrait l\u2019aide à mourir à l\u2019avenir, sachant qu\u2019elle ne serait plus lucide et apte à consentir à ce moment ?La Cour supérieure a donné au législateur jusqu\u2019au 11 mars pour modifier sa loi.David Lametti entend déposer un projet de loi au début du mois de mars.Le ministre ne promet pas que le texte à venir légalisera de telles directives anticipées.« S\u2019il y a un consensus, on pourra agir, sinon, on va traiter [ces questions] plus tard », explique-t-il.La loi fédérale doit faire l\u2019objet d\u2019une autre révision, statutaire celle-là, à compter de l\u2019été.Les questions plus controversées qui n\u2019auront pas été tranchées dans le projet de loi pourront alors être abordées.Les directives anticipées ne posent « pas nécessairement » moins de problèmes éthiques que l\u2019élargissement de l\u2019aide à mourir aux adolescents ou encore aux personnes schizophrènes, admet David Lametti.« Mais il y a eu le cas d\u2019Audrey Parker [\u2026].C\u2019est un cas très médiatisé, qui a généré beaucoup d\u2019émotions à travers le Canada.» Bref, le débat a déjà débuté.Mme Parker, 57 ans, était atteinte d\u2019un cancer du sein s\u2019étant propagé notamment à son cerveau.En 2018, la femme d\u2019Halifax a obtenu l\u2019aide à mourir plus tôt qu\u2019elle ne le souhaitait vraiment afin d\u2019éviter de se la faire refuser adve- nant une détérioration rapide de sa capacité à consentir.Dans une vidéo diffusée à titre posthume l\u2019an dernier, Mme Parker avait demandé que la loi soit modifiée.Il serait très étonnant que le processus législatif à la Chambre des communes et au Sénat puisse être terminé d\u2019ici l\u2019échéance du 11 mars.« On n\u2019a pas écarté la possibilité d\u2019aller chercher une prolongation à la Cour supérieure », a admis le ministre.AIDE MÉDICALE À MOURIR Les questions « plus épineuses » attendront, dit Ottawa MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Jean Charest pourrait-il être exclu d\u2019emblée de la course à la chefferie conservatrice, en raison de l\u2019enquête Mâchurer ?L\u2019ancien premier ministre québécois devra assurément s\u2019expliquer à ce sujet, comme l\u2019exigent les règles de la course.Mais dans les coulisses conservatrices, on convient que le candidat-vedette risque d\u2019avoir néanmoins l\u2019occasion de tenter sa chance pour prendre la succession d\u2019Andrew Scheer.Le Parti conservateur a dévoilé samedi 18 pages de règles et de procédures qui encadreront sa course à la chefferie.Dans le lot : les aspirants candidats devront remplir un questionnaire qui leur demandera notamment de préciser s\u2019ils ont un dossier criminel et s\u2019ils ont fait ou font l\u2019objet d\u2019une enquête criminelle.Or, l\u2019enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec de l\u2019Unité permanente anticorruption est toujours en cours et elle viserait toujours M.Charest, selon Le Journal de Québec.L\u2019ancien chef du PLQ ne fait toutefois pas l\u2019objet d\u2019accusations.Bien que la question des antécédents criminels soit posée à tous les aspirants candidats, leurs réponses servent ensuite simplement à informer le comité d\u2019investiture, qui approuve ou non les candidatures.Une réponse par l\u2019affirmative de M.Charest ne l\u2019exclurait donc pas automatiquement de la course, pas plus qu\u2019une réponse par la négative ne l\u2019obligerait ensuite à s\u2019expliquer devant le comité.« Personne n\u2019est automatiquement approuvé ou rejeté.C\u2019est à la discrétion du comité », a expliqué une personne au parti, qui n\u2019était pas autorisée à discuter publiquement de la portée du formulaire.« En contexte de course à la chefferie, le comité déciderait probablement de permettre aux membres de décider ultimement du sort de ce genre de candidats.» Idem pour l\u2019une des conditions de candidature qui pourrait, elle aussi, exclure Jean Charest : les candidats devront être membres du Parti conservateur depuis au moins six mois.Là encore, le PC prévoit que le comité puisse exempter un aspirant candidat \u2014 ce qui s\u2019est d\u2019ailleurs produit à quelques reprises dans le passé, lorsqu\u2019un candidat aux élections générales ne détenait pas de carte de membre en raison d\u2019un oubli de renouvellement ou parce que sa carrière l\u2019en empêchait.M.Charest n\u2019a pas répondu aux demandes d\u2019entrevue du Devoir depuis une semaine.Course lancée Le Parti conservateur avait annoncé samedi que la course commencerait officiellement lundi.Pour y prendre part, les candidats devront débourser 200 000 $, faire un dépôt remboursable de 100 000$ et récolter 3000 signatures auprès des membres du parti issus d\u2019au moins sept provinces.CHEFFERIE CONSERVATRICE Jean Charest, candidat non grata ?L\u2019ex-premier ministre devra donner des explications au sujet de l\u2019enquête Mâchurer M.Charest s\u2019apprêterait à confirmer sa candidature « d\u2019ici une semaine » selon une source, tandis qu\u2019une autre a parlé d\u2019un lancement de campagne « imminent ».L\u2019ex-chef intérimaire Rona Ambrose s\u2019apprêterait quant à elle à confirmer qu\u2019elle ne briguera pas la succession d\u2019Andrew Scheer.Le député Gérard Deltell et l\u2019homme d\u2019affaires Vincenzo Guzzo poursuivent leur réflexion.L\u2019attaché politique québécois Rodolphe Husny annoncera sous peu qu\u2019il sera de la partie.Tous s\u2019attendent à ce que le député ontarien Pierre Poilievre se porte aussi candidat.Son collègue Erin O\u2019Toole et l\u2019ex- ministre Peter MacKay n\u2019ont pas caché qu\u2019ils étaient en réflexion.L\u2019homme d\u2019affaires Bryan Brulotte et la députée ontarienne Marilyn Gladu sont les seuls qui ont annoncé officiellement leur candidature.coûts liés à la sécurité du couple.Toutefois, le ministre des Finances, Bill Morneau, a déclaré lundi qu\u2019aucune décision n\u2019avait encore été prise à ce sujet.Le gouvernement fédéral n\u2019a pas non plus indiqué combien cela pourrait coûter.« Nous voulons toujours être un bon partenaire des pays du Commonwealth, mais en ce moment, nous n\u2019avons pas considéré [cet] enjeu », a dit le ministre en français aux journalistes.Le Daily Mail et le Sun, deux tabloïds britanniques, évaluent à environ 600 000 livres sterling par année, soit un peu plus d\u2019un million de dollars canadiens, ce qu\u2019il en coûte pour assurer la sécurité du couple royal au Royaume-Uni.Selon le quotidien britannique Evening Standard, la facture s\u2019élèverait à plus de 1,7 million de dollars annuellement pour protéger le couple au Canada.« Il y a la GRC, mais la police de Toronto, par exemple, si elle doit s\u2019impliquer pour des événements à Toronto ; il faut rajouter cela au calcul », précise également Philippe Lagassé, professeur agrégé à l\u2019Université Carleton à Ottawa et spécialiste de la monarchie britannique.Il explique que le Canada n\u2019a d\u2019obligation envers la famille royale que lorsqu\u2019il l\u2019invite à séjourner au pays.« On s\u2019assure que la sécurité et d\u2019autres mesures sont mises en place pour le transport, les urgences, la sécurité », il- lustre-t-il, précisant qu\u2019il n\u2019en est rien si le duc et la duchesse de Sussex viennent de leur propre volonté.« Mais étant donné leur statut au Royaume- Uni, c\u2019est certain qu\u2019on est conscients de leur sécurité et d\u2019autres choses qu\u2019on doit prendre en compte pour s\u2019assurer qu\u2019ils peuvent vivre facilement ici ou au moins rester pendant un certain temps », ajoute-t-il.Une immigration facilitée ?En vertu de leur statut de membres de la famille royale, et comme le Canada fait partie du Commonwealth, Harry et Meghan pourraient-ils voir leurs procédures d\u2019immigration facilitées ?Seulement au niveau politique, croit M.La- gassé, qui estime que ce serait une décision « controversée ».Il explique que le ministre de l\u2019Immigration, avec le premier ministre, Justin Trudeau, peut utiliser son pouvoir discrétionnaire pour octroyer le statut de résident permanent, voire la citoyenneté canadienne à quelqu\u2019un « dans des cas exceptionnels ».« Aucune disposition de la Loi sur la citoyenneté ne confère le statut de citoyen canadien aux membres de la famille royale en raison de leur statut de membre de la monarchie », a répondu dans un courriel au Devoir une porte- parole du ministre de l\u2019Immigration, Marco Mendicino.Elle ajoute que Meghan et Harry devront présenter une demande en vertu des processus d\u2019immigration normaux, s\u2019ils désirent devenir des résidents permanents légaux au Canada.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) n\u2019avait pas encore répondu aux questions du Devoir au moment où ces lignes étaient écrites.Le bureau de Justin Trudeau a pour sa part indiqué qu\u2019il n\u2019avait pas de commentaire à faire.La reine Élisabeth II, la duchesse de Sussex, Meghan Markle, et le Prince Harry lors d'une cérémonie à Buckingham Palace en 2018 MATT DUNHAM ASSOCIATED PRESS L\u2019enquête sur le financement du Parti libéral du Québec menée par de l\u2019UPAC est toujours en cours LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin u Bilan 2020 de la fiscalité du Québec publié par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l\u2019Université de Sherbrooke, on peut déduire que la bonne santé budgétaire du Québec ne s\u2019explique pas seulement par l\u2019austérité imposée par les libéraux, mais aussi par l\u2019augmentation des recettes fiscales de tous les ordres de gouvernement réunis.Ainsi, entre 2008 et 2018, la pression fiscale totale imposée aux Québécois est-elle passée de 36,2 % à 38,6 % du PIB, plaçant la province au premier rang, loin devant l\u2019Alberta (26,1 %) et la Saskatchewan (27,4 %), mais aussi devant l\u2019Ontario (34 %) et les Maritimes.Cette pression s\u2019est même accrue depuis 2016, malgré les baisses d\u2019impôt annoncées à Ottawa et à Québec.Quand on concentre notre attention sur la répartition des revenus et des impôts entre contribuables, avant et après l\u2019intervention des gouvernements, l\u2019étude nous apprend que 95,3 % des impôts payés par les Québécois au provincial et au fédéral en 2017 (hormis les taxes à la consommation et les impôts des entreprises) l\u2019ont été par seulement la moitié des contribuables.Parmi ceux-ci, la tranche de 1 % des plus hauts revenus en assumait à elle seule 18 %.Est-ce trop ?Est-ce assez ?Si ce pourcentage s\u2019élève à plus de 24 % de la totalité des impôts payés en Ontario cette même année, c\u2019est que le revenu plancher d\u2019appartenance à ce groupe sélect de 1 % y était de 280 400 $ contre 220 000 $ au Québec.En d\u2019autres mots, ils en paient proportionnellement plus parce qu\u2019ils gagnent aussi proportionnellement plus.En Alberta, au contraire, le système fiscal moins progressif fait en sorte que le même groupe de 1 % des plus hauts revenus ne paie que 20 % des impôts des particuliers, malgré le fait que le seuil minimal d\u2019appartenance au groupe est de plus de 319 700 $ en 2017.Mais c\u2019est l\u2019Alberta.Tout au long des années d\u2019austérité, on a dit vouloir faire plus avec moins en prétextant que les restrictions budgétaires ne touchaient que le personnel administratif, jamais les services aux citoyens.Le résultat est connu, négatif, mais il a finalement facilité le travail de la CAQ qui peut aujourd\u2019hui se féliciter de réinjecter des centaines de millions dans ces mêmes services.Comme cela était à prévoir, les excédents budgétaires récents du Québec agissent sur les groupes de pression comme un pot de miel sur les mouches.Si on prenait la peine d\u2019additionner le coût des seules demandes les plus médiatisées concernant les personnes âgées, les jeunes en difficulté, les familles, les syndicats des réseaux de la santé et de l\u2019éducation, les constructeurs de route et les élus municipaux, on arriverait sans peine à faire grimper le budget du Québec d\u2019au moins 25 à 30 milliards par année au-dessus des 113 milliards actuels.Depuis leur arrivée au pouvoir, les caquistes ont entrepris de réinvestir en santé et en éducation, ils ont baissé légèrement les impôts des familles, dont celles qui ont la chance d\u2019avoir une place en garderie subventionnée, et ils ont réduit le fardeau des entreprises qui investissent au Québec.Et même si on a traité la CAQ de parti de droite, c\u2019est toujours au Québec que les célibataires à revenus élevés paient le plus d\u2019impôt pendant que les familles à revenu faible ou moyen en paient le moins.En revanche, le Québec, pas plus que le reste du continent, n\u2019a pas recours à la fiscalité comme source de revenus stratégique majeure pour infléchir les décisions d\u2019investissement et de dépenses des entreprises et des ménages en matière d\u2019environnement.Il y a bien les taxes sur l\u2019essence et celles qui découlent de la bourse du carbone, mais elles sont moins lourdes qu\u2019en Europe.Ainsi, elles ne comptent que pour 1,4 % du PIB québécois comparativement à 2 % en Norvège, pays producteur de pétrole, et 2,3 % en France et au Royaume-Uni.Évidemment, il y a près de chez nous le voisin américain, qui est encore moins exigeant que nos gouvernements et s\u2019oppose à tout effort dans cette direction.Mais soyons sincères: il n\u2019y a pas chez nous non plus de réelle volonté de s\u2019attaquer aux consommateurs d\u2019énergie fossile, par exemple en pénalisant la vente de camions légers et de VUS à usage personnel, pas plus qu\u2019il n\u2019y a d\u2019appétit pour l\u2019imposition de tarifs routiers et de taxes à la livraison de colis à domicile, trois mesures qui infléchiraient certainement la tendance actuelle à l\u2019augmentation du nombre de véhicules individuels sur les routes.La fiscalité du Québec n\u2019est pas la pire qui soit en ce bas monde, il faut le dire, mais elle pourrait être améliorée pour répondre aux nouvelles exigences de notre époque.Quant à la marge de manœuvre dont on parle beaucoup, elle est très limitée, temporaire et encore trop souvent réquisitionnée à des fins électorales.« Que voulez-vous ! » Mark Fortier Sociologue et éditeur, auteur de Mélancolies identitaires.Une année à lire Mathieu Bock-Côté.Ainsi, le ministre Jean-François Roberge a décidé d\u2019en finir avec le cours d\u2019Éthique et culture religieuse (ECR).Ayant passé une année à lire Mathieu Bock-Côté, pour qui ce cours figure aux nombres des scandales qui menacent l\u2019âme du Québec, et qui l\u2019attaque avec véhémence depuis des années, je ne peux m\u2019empêcher d\u2019inscrire cette décision au nombre des victoires du nationalisme conservateur.Elles s\u2019accumulent, ces victoires, ce qui devrait nous permettre de voir sous peu s\u2019il est vrai que cette vision du monde est une voie rapide qui mène de l\u2019affirmation nationale à l\u2019indépendance du pays.En tout cas, ces jours-ci, on sable le champagne parmi cette droite nationaliste, et on entend monter les plaintes des défenseurs d\u2019un Québec inclusif et ouvert à l\u2019infinie richesse des cultures.Un grand débat public s\u2019amorce, il faut croire.Il ne faut pas avoir d\u2019enfants ni avoir enseigné pour s\u2019émouvoir positivement ou négativement de ce cours.Enseigner les religions à des musulmans, des bouddhistes, des pentecôtistes et des hindouistes, pour des professeurs d\u2019ordinaire athées et qui ont tout juste le temps pour préparer leurs cours de français, de mathématiques et de sciences à leurs élèves du primaire a quelque chose d\u2019assez désespérant.Mes enfants, qui sont au secondaire, regardent des films en ECR.La vie de Jésus, celle de Mahomet, un film sur Gandhi, ce qui n\u2019est pas pour leur déplaire, mais est-ce vraiment là un cours d\u2019histoire de l\u2019éthique et des religions ?En outre, quand je lis un peu partout qu\u2019avec ce cours, il faudrait croire que nous formions des petits Hérodotes épris du besoin de se connaître en embrassant du regard l\u2019ensemble des grandes cultures humaines, je souris.La politique ayant horreur du vide, le ministre a déjà émis le souhait de remplacer le cours d\u2019ECR, mais en l\u2019abolissant avant de savoir ce qui le remplacera.Mais pourquoi diable doit-on toujours mettre au programme de ces minuscules cours que très peu de profs aiment ou savent enseigner ?ECR ou quoi que ce soit d\u2019autre.Y a-t-il une personne de ma génération qui conserve un souvenir impérissable des cours de Formation personnelle et sociale ou Passer de la parole aux actes en matière d\u2019environnement On le sait tous, la lutte contre le réchauffement climatique est la responsabilité de chacun de nous, aussi bien dans la société civile que parmi les décideurs.On a tous pu entendre, ou lire, les préoccupations à cet égard tant des scientifiques que des jeunes, voire des moins jeunes.Il semble que l\u2019urgence est de plus en plus grande.On le sait l\u2019éco-anxiété est le fait de bien des gens.À voir s\u2019accumuler les catastrophes autour de la terre, chacun de nous est concerné par la situation.Cependant, est-ce que chacun est assez sensibilisé et inquiet pour passer de la parole aux actes ?Honnêtement, cela ne me paraît pas évident quand on constate que l\u2019étalement urbain se poursuit, avec ce que ça veut dire, développement d\u2019autoroutes, transport par automobile et congestion routière, tout ça signifie non la réduction des gaz à effets de serre, mais vraisemblablement leur augmentation.Tout cela en raison du fait que les gens ne paraissent pas avoir abandonné, pour la majorité d\u2019entre eux, le rêve du XXe siècle de la maison unifamiliale et d\u2019un terrain en banlieue, si bien que non seulement les villes centres se développent, mais aussi les première et deuxième couronnes de banlieue et, dans la région montréalaise, la troisième couronne.Tout cela se fait, dans une large mesure, au détriment de bonnes, voire de très bonnes terres agricoles.Il est aussi possible de remarquer, sur les routes, un nombre croissant de véhicules utilitaires sport (VUS) qui, semble-t-il, sont de puissants dévoreurs de carburant \u2014 il est maintenant loin le temps où les véhicules compacts représentaient le premier choix d\u2019automobile.Pourtant, on le sait, la lutte contre le changement climatique suppose moins d\u2019automobiles, plus de transport en commun alors que nous paraissons, collectivement suivre le chemin inverse.Comment expliquer alors que, lors de la grande marche pour le climat de la fin de septembre 2019, des centaines de milliers de personnes ont marché dans les rues des principales villes du Québec pour clamer, haut et fort, leurs préoccupations quant au climat et à l\u2019état de la planète que nous allons laisser à nos enfants et à nos petits-enfants.Pourquoi semble-t-il si difficile de passer de la parole aux actes ?Je ne sais trop pourquoi, mais, en tant que citoyenne ordinaire, ça me préoccupe grandement, et ce, en dépit du fait que je n\u2019ai pas eu d\u2019enfants.Par contre, mes proches, ma famille, mes amies et amis, en ont.Ce n\u2019est pas au seul État à prendre en charge cette lutte majeure pour la survie de la population, on doit pousser à la roue.C\u2019est vrai que ça suppose un changement de mode de vie et il est parfois difficile de l\u2019accepter, mais avons- nous un plan B?Je ne le crois pas.C\u2019est pourquoi je dis que chacun de nous devrait passer de la parole aux actes, et ce, tout de suite.Chacun devrait modifier son mode de vie dans une telle perspective.Nicole Moreau Québec, le 10 janvier 2020 LIBRE OPINION LETTRES FISCALITÉ Une marge de manœuvre restreinte ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu d\u2019Éducation aux choix de carrière ?Faudrait-il désormais, selon les vœux de M.Roberge, que les profs enseignent soudain le droit, la sexualité à l\u2019ère des identités multiples ou la citoyenneté numérique ?Aussi bien demander au concierge de l\u2019école de venir les aider : il saurait tout aussi bien faire.Mais le concierge ne peut sans doute pas aider puisqu\u2019il est déjà occupé à enseigner le français ou la musique, vu la pénurie d\u2019enseignants.Sur sa page Facebook, Mathieu Bock-Côté a fait une proposition qui, ma foi, me paraît sensée : « Par quoi remplacera-t-on ECR ?La réponse devrait être simple : on devrait accorder le temps libéré au français et à l\u2019histoire.» Que voilà une excellente proposition.Mais devait-on, pour y arriver, dénoncer dans le cours de ECR rien de moins qu\u2019« un programme antidémocratique », qui « instrumen- talise la culture religieuse pour faire la promotion active du multi- culturalisme », qui entend « pousser les jeunes Québécois vers une forme de relativisme extrême, où ils devront accepter tous les symboles religieux et identitaires, et au premier rang, le voile islamique, du simple hidjab jusqu\u2019au niqab ».Le philosophe Georges Leroux, artisan et défenseur de ce projet et, à ma connaissance, souverainiste convaincu, serait-il à considérer comme un vil propagandiste, corrupteur de la démocratie et de la jeunesse, en cela inspiré de So- crate, qui aurait ainsi bien mérité le sort que l\u2019histoire lui a réservé ?Les conservateurs se lamentent partout et toujours de l\u2019impossibilité de débattre de nos jours si nos échanges ne retrouvent pas un minimum de décence.On aimerait bien qu\u2019ils accordent leur dire et leur faire.Le surgissement de ce débat sur ce cours microscopique, alors que l\u2019école est devant d\u2019immenses défis, et son enflure au statut de question existentielle, a de quoi surprendre.Quelle est cette société qui voit dans de telles vétilles un enjeu civilisationnel alors que, par ailleurs, le monde brûle ?Il m\u2019arrive de nous trouver idiots.Il m\u2019arrive de nous trouver idiots Déclin du français sur les écrans Les productions audiovisuelles en langue française disponibles au Québec durant la décennie 2010-2019 ont diminué de façon importante comparativement à la décennie précédente.Ainsi, exclusion faite des films pornographiques, l\u2019ancienne Régie du cinéma du Québec en classait-elle 8165 de 2000 à 2009, contre 7228 la décennie suivante, soit pratiquement 1000 de moins.Pourtant, la population au Québec passait, elle, de 7 843 000 en 2009 à 8 485 000 dix ans plus tard, soit quelque 650 000 de plus.Ces chiffres sont inquiétants.Les libéraux, à Ottawa, et les caquistes à Québec, comp- tent-ils faire quelque chose pour renverser la tendance ?Sylvio Le Blanc Montréal, le 10 janvier 2020 JEAN-ROBERT SANSFAÇON D A 7 LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet L\u2019université, espace de libre expression P ériodiquement, les universités vivent des conflits associés à la tenue sur les campus d\u2019activités au cours desquelles des personnes ou des groupes aux idées controversées sont invités à prendre la parole.Il arrive que de telles activités soulèvent des protestations de la part de ceux qui sont en désaccord avec les idées de ces orateurs.Des conflits s\u2019ensuivent, qui peuvent nécessiter la mobilisation des services de sécurité.Des universités sont tentées de renvoyer la facture aux groupes qui préconisent des idées controversées, habituellement ceux dont les idées sont impopulaires.Trois juges de la Cour d\u2019appel d\u2019Alberta ont jugé que cela contrevenait à la liberté d\u2019expression.Dans une décision rendue le 6 janvier dernier, la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta affirme que les universités ne peuvent imposer des conditions plus onéreuses à un groupe en raison des points de vue qu\u2019il défend.La Cour s\u2019appuie sur la Charte canadienne des droits et libertés, mais son analyse est certainement applicable au Québec, qui s\u2019est doté depuis 1975 d\u2019une Charte des droits et libertés de la personne qui s\u2019applique aux universités.L\u2019affaire découlait d\u2019une décision de l\u2019Université de l\u2019Alberta d\u2019imposer des frais de 17 500 $ au groupe antiavorte- ment de l\u2019Université afin de couvrir les frais de sécurité liés à un événement que ce dernier désirait organiser sur le campus.Comme les positions de ce groupe avaient, dans le passé, soulevé de nombreuses protestations, l\u2019Université estimait que le groupe devait assumer les frais nécessaires pour assurer la sécurité de l\u2019événement.Dans son argumentation présentée à la Cour, l\u2019Université soutenait que le propos de cette association était volontairement destiné à soulever et à activer la controverse.Pour cette raison, l\u2019association devait assumer les coûts du maintien du bon ordre rendus nécessaires par ses activités controversées.Les trois juges de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta n\u2019ont pas accepté cette façon de voir ; ils ont plutôt jugé que la décision de l\u2019Université était incompatible avec la liberté d\u2019expression garantie par les textes constitutionnels.Une liberté fondamentale Dans leur décision, les juges se livrent à une analyse du statut de l\u2019Université et concluent que la liberté d\u2019expression protégée par la Charte canadienne des droits et libertés s\u2019oppose à ce que cette institution impose une condition aussi onéreuse à un groupe désireux d\u2019exprimer ses prises de position sur le campus.Les juges rappellent le caractère fondamental de la liberté d\u2019expression et ses liens étroits avec la mission des universités.Les universités n\u2019ont donc pas le loisir de supprimer l\u2019expression en ayant recours à un procédé comme celui consistant à faire assumer le paiement de frais de sécurité par ceux qui s\u2019expriment.Imposer de tels frais pour la tenue de certains événements en se fondant sur leur caractère controversé revient à exclure arbitrairement certains discours.La Cour convient que les institutions peuvent établir des limites à l\u2019exercice des activités expressives sur les campus.Mais lorsqu\u2019une université impose des limites, elle doit être en mesure de démontrer que ces limites sont raisonnables et qu\u2019elles se justifient dans une société démocratique.Ainsi, les limites ne peuvent être fondées sur la teneur des propos ou sur les positions de ceux qui s\u2019expriment.La liberté d\u2019expression protège aussi bien le propos détestable que celui avec lequel on est en accord.Les limites doivent être « neutres » au regard du contenu expressif.Par exemple, une université ne pourrait autoriser ou interdire la tenue d\u2019un événement en se fondant sur le point de vue véhiculé par ceux qui l\u2019organisent.Mais elle a le loisir d\u2019exiger que l\u2019activité se déroule dans des conditions qui ne troublent pas le déroulement des autres activités qui se tiennent à l\u2019Université, comme les cours ou le fonctionnement des laboratoires ou des bibliothèques.Des limitations prévues par les lois Évidemment, les propos expressément prohibés par les lois, comme la propagande haineuse, peuvent être interdits et punis.Mais au Canada, les seules limites à la liberté d\u2019expression sont celles qui découlent des lois.De plus, les lois ne peuvent imposer que des limites raisonnables et justifiables dans le cadre d\u2019une société démocratique.Il revient aux élus de déterminer par les lois quels sont les propos qui sont interdits.On ne peut présumer que les propos qui n\u2019ont pas encore été prononcés contreviendront aux lois.Dit autrement, ce n\u2019est pas parce que des opposants font le choix d\u2019étiqueter, en vertu de leurs propres définitions, les propos de ceux avec lesquels ils sont en désaccord de haineux, de racistes, de diffamatoires, de « dangereux » ou d\u2019« inacceptables » que cela autorise l\u2019université à les censurer.La décision du plus haut tribunal albertain vient rappeler que les universités sont des lieux qui doivent demeurer ouverts aux débats d\u2019idées.Dans ces institutions vouées à l\u2019apprentissage, à la recherche et à la critique, les limites aux libertés expressives ne sauraient varier en fonction des allergies de ceux qui nient aux autres le droit d\u2019exprimer des idées qui leur déplaisent.Chacun doit endurer les propos qui ne contreviennent pas aux lois, même si ces propos sont éminemment contestables.Personne n\u2019est tenu d\u2019aller les écouter ! PIERRE TRUDEL Josiane Ouellet Rédactrice en chef du magazine Continuité « Pour réussir en préservation du patrimoine dans le milieu municipal, il faut notamment des outils », constate Benoit Lauzon, président de la Commission de la culture, des loisirs et de la vie communautaire de l\u2019Union des municipalités du Québec.Il participait au colloque Patrimoine bâti, agir au quotidien, le 3 octobre dernier.Cette rencontre a été l\u2019occasion de discuter de certains moyens d\u2019agir à l\u2019échelle locale.Premier constat : les municipalités possèdent un levier puissant, la citation.Une fois qu\u2019un bâtiment est cité, son propriétaire doit prendre les mesures nécessaires pour en préserver la valeur patrimoniale et obtenir une autorisation du conseil municipal avant toute intervention.Encore faut-il utiliser cet outil.« Les démarches menant à une citation peuvent sembler complexes et lourdes à plusieurs conseils municipaux, explique Benoit Lauzon.Il y a énormément de petites municipalités qui n\u2019ont pas l\u2019expertise et les ressources adéquates pour y arriver.» Certaines villes hésitent également à citer les bâtiments d\u2019intérêt de leur territoire, par crainte de déplaire aux propriétaires de ces biens, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019immeubles privés.On l\u2019aura compris, plusieurs immeubles patrimoniaux ne sont pas cités.Que peut faire une municipalité lorsqu\u2019un promoteur souhaite en démolir un ?Parfois, rien du tout, admet Audrey-Anne Béland, avocate en droit municipal et immobilier : « Lorsque le demandeur remplit les conditions de la réglementation en vigueur, la municipalité est obligée de délivrer le permis de démolir.» Mais souvent, il est possible de prendre d\u2019autres mesures de protection, en aval.Par exemple, le règlement municipal peut imposer aux fonctionnaires de consulter l\u2019inventaire du patrimoine avant d\u2019accorder toute autorisation de démolir.De plus, précise Mme Béland, la Loi sur le patrimoine culturel permet aux municipalités de recourir à une ordonnance lorsqu\u2019un bâtiment non officiellement reconnu est en danger.Elles peuvent ainsi ordonner la fermeture d\u2019un lieu, la cessation de travaux ou toute autre mesure nécessaire pour amoindrir la menace.Outre les mesures prévues par la Loi sur le patrimoine culturel, les villes disposent de divers moyens pour préserver leur héritage architectural.C\u2019est ce qu\u2019illustre le cas de Deschambault- Grondines.« Chez nous, l\u2019histoire a marqué profondément le paysage, et ces traces sont toujours présentes.On a su les préserver grâce à notre réglementation, mais surtout parce que des citoyens s\u2019impliquent tous les jours avec nous », affirme Patrick Bouillé, conseiller municipal de cette petite ville qui rayonne et prospère grâce à son patrimoine.En plus d\u2019avoir cité six bâtiments de son territoire, la Ville s\u2019est dotée d\u2019un plan de zonage prévoyant un règlement sur les bâtiments patrimoniaux, précédé d\u2019un inventaire toujours très consulté.Elle a aussi adopté un plan d\u2019intégration et d\u2019implantation architecturale (PIIA), qui permet notamment de contrôler le développement immobilier sur toute la portion du chemin du Roy qui traverse son territoire et de protéger les percées visuelles sur le fleuve.La Ville a également adopté plusieurs politiques dans lesquelles il est question de patrimoine : une politique culturelle et patrimoniale, bien sûr, mais aussi une politique familiale et des aînés, une politique de développement durable ainsi qu\u2019un plan directeur des parcs et espaces verts.Un autre élément contribue à cette proximité entre les gens et leur héritage : la municipalité est propriétaire de cinq bâtiments protégés, qui servent à la population à des fins culturelles.La Ville donne du même coup l\u2019exemple à ses citoyens, puisqu\u2019elle doit suivre ses propres règles pour l\u2019entretien de ces immeubles.Enfin, ressources non négligeables, la municipalité peut compter sur l\u2019expertise et l\u2019engagement d\u2019un comité consultatif d\u2019urbanisme, d\u2019un comité de travail sur l\u2019affichage et de plusieurs organismes Conseillères en développement culturel dans deux MRC, Caroline Cloutier et Éliane Trottier rappellent pour leur part que leurs homologues et elles-mêmes constituent une ressource pour les municipalités et les citoyens.Sans compter que les MRC offrent parfois des outils de préservation et de mise en valeur du patrimoine : politiques culturelles, inventaires, programmes d\u2019aide à la rénovation, ser- vices-conseils, projets de sensibilisation et d\u2019accompagnement.« Peu importe les outils, la réglementation et les efforts des intervenants, si la volonté politique de protéger le patrimoine n\u2019est pas présente, il devient extrêmement difficile d\u2019agir », soutient quant à lui Robert Mayrand, chargé de projet en patrimoine à la MRC des Maskoutains.D\u2019où l\u2019importance, selon Benoit Lauzon, de sensibiliser les élus, mais aussi la population, de manière à ce qu\u2019elle appuie son conseil municipal dans les dossiers patrimoniaux.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Des moyens d\u2019agir pour le patrimoine Jean-Pierre Charbonneau Françoise David Président et vice-présidente du Mouvement Démocratie Nouvelle Le 22 janvier prochain débuteront à l\u2019Assemblée nationale des audiences publiques historiques, celles de la commission parlementaire chargée d\u2019étudier le nouveau mode de scrutin de type proportionnel proposé par le gouvernement Legault.Le Mouvement Démocratie Nouvelle invite la population à s\u2019intéresser et à s\u2019approprier le débat, en ayant à l\u2019esprit à la fois les valeurs profondes auxquelles elle est attachée et l\u2019importance de la question pour sa santé démocratique.Les Québécois aiment la coopération.Nous sommes ainsi faits.En matière économique et sociale, nos modèles les plus précieux sont les grandes coopératives, comme Desjardins, Agropur et la Coop fédérée, ainsi que les nombreuses entreprises d\u2019économie sociale et les milliers d\u2019organismes communautaires.Au travail comme dans la vie quotidienne, nous savons que coopérer est profitable à tout le monde.Chez nous, le consensus est valorisé.Attention ! Nous aimons débattre et parfois avec vigueur, mais le plus souvent, nous cherchons les voies de passage, celles qui font avancer toute la société.Une société où tout le monde trouve son compte.On n\u2019y arrive pas toujours, évidemment, mais c\u2019est le but recherché.D\u2019autres pays, d\u2019autres États et surtout d\u2019autres gouvernements \u2014 c\u2019est le cas des États-Unis ces temps-ci \u2014 encouragent l\u2019exacerbation des tensions.Ici, les chicanes stériles, les oppositions artificielles et la parti- sanerie excessive sont perçues très négativement.Nous savons que tout n\u2019est pas noir ou blanc.Qu\u2019il y a du bon à aller chercher chez l\u2019Autre.D\u2019ailleurs, les sondages nous indiquent que les gouvernements minoritaires sont plutôt bien vus par les électeurs québécois.Nous préférons les gouvernements qui font preuve d\u2019écoute et ne sombrent pas dans l\u2019arrogance et l\u2019autoritarisme.En position minoritaire ou de coalition gouvernementale, les partis au pouvoir sont tenus de collaborer et de discuter beaucoup plus avec les partis d\u2019opposition.En présentant le projet de loi à la presse en septembre dernier, le premier ministre Legault l\u2019a d\u2019ailleurs lui-même reconnu sans détour, en se disant tout à fait prêt à vivre avec cette réalité.Le Québec est aussi une terre où on est attaché à la justice et à l\u2019équité.Nous n\u2019aimons pas les inégalités et les différences excessives de traitement.Pour la majorité d\u2019entre nous, ce n\u2019est pas la loi du plus fort et du plus riche qui est valorisée.Pour preuve, nous avons bâti ici un modèle d\u2019État social que la population ne veut pas remettre en question.Évidemment, il reste encore du travail à faire, mais nous n\u2019avons pas à rougir de nos programmes sociaux, qui contribuent plus qu\u2019ailleurs en Amérique du Nord à réduire les inégalités socio-économiques.Un mode de scrutin inadapté Posons-nous la question : pourquoi diable notre mode de scrutin ne re- flète-t-il pas davantage ce que nous sommes comme peuple, ce que nous chérissons comme valeurs ?Après tout, le scrutin uninominal favorise à peu près tout ce que les Québécois n\u2019aiment pas : les oppositions binaires, les disputes exagérées entre les partis politiques et, surtout, l\u2019injustice des résultats électoraux.Ceux-ci favorisent en général une poignée de gagnants en écartant les désirs et les intérêts de la majorité et en produisant des députations qui ne sont pas représentatives du vote populaire.Le mode de scrutin que nous avons hérité du colonisateur anglais est « démocratiquement infect », comme le disait René Lévesque, et totalement inadapté aux exigences du XXIe siècle, qui nécessitent une reconnaissance de la diversité des idées en même temps qu\u2019une confiance restaurée envers les institutions politiques.D\u2019ailleurs, de plus en plus de Britanniques le remettent, eux aussi, en question.Réformer un système électoral qui ne nous ressemble pas, n\u2019étant ni juste ni coopératif, serait un geste d\u2019affirmation nationale fort.Une occasion de nous distinguer solidement et d\u2019ancrer notre caractère distinct en Amérique.Nous donner un mode de scrutin respectant vraiment les volontés électorales exprimées à chaque élection générale et le poids politique des forces en présence ne serait que faire enfin aboutir notre longue quête de plus de deux siècles pour une démocratie représentative digne de ce nom.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que réclamait explicitement Louis-Joseph Papineau dans son testament politique de 1866 quand il affirmait que « les gouvernements ne sont légitimes que lorsqu\u2019ils sont l\u2019émanation de la majorité du peuple ».Nous avons à partir de maintenant une occasion en or de créer une nouvelle dynamique politique emballante, celle que réclament depuis tant d\u2019années nos compatriotes.Il est plus que temps d\u2019adapter notre mode de scrutin à la réalité et aux valeurs du Québec.Ne ratons pas cette occasion.Faisons enfin l\u2019Histoire.MODE DE SCRUTIN Un geste d\u2019affirmation nationale nécessaire Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Continuité (no 163, Hiver 2020).Le mode de scrutin que nous avons hérité du colonisateur anglais est « démocratiquement infect », comme le disait René Lévesque, et totalement inadapté aux exigences du XXIe siècle, qui nécessitent une reconnaissance de la diversité des idées en même temps qu\u2019une confiance restaurée envers les institutions politiques Les limites à l\u2019exercice des activités expressives sur les campus ne peuvent être fondées sur la teneur des propos ou sur les positions de ceux qui s\u2019expriment LEDEVOIR // LE MARDI 14 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.B R E N D A N S M I A L O W S K I A G E N C E F R A N C E - P R E S S E DESTITUTION Un procès historique visant Trump est sur le point de s\u2019ouvrir à Washington GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR a leader démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, doit envoyer cette semaine au Sénat l\u2019acte d\u2019accusation contre le président Trump.«Nous pensons qu\u2019il y a assez de preuves pour destituer le président», avait-elle insisté vendredi sur la chaîne ABC.Celle-ci entend donc sonder dès mardi ses collèges de la Chambre sur la manière de procéder.Elle doit également leur soumettre une liste d\u2019élus qui agiront à titre de procureurs (« managers »), chargés de présenter la preuve aux sénateurs.Cette liste sera soumise au vote des élus.La leader démocrate n\u2019a jusqu\u2019ici soufflé mot sur l\u2019identité des « managers » qu\u2019elle a en tête.« Il y a de fortes chances qu\u2019ils soient tous démocrates », pense néanmoins le poli- tologue et chercheur au CERIUM, Pierre Martin.Les représentants démocrates Jerry Nadler et Adam Schiff sont pressentis pour le poste, ayant fortement contribué à l\u2019enquête sur laquelle repose la procédure de mise en accusation de M.Trump.L\u2019un est président de la commission judiciaire de la Chambre, et l\u2019autre, à la tête de celle du renseignement.« Même si Mme Pelosi a plutôt tendance à privilégier le contrôle, elle pourrait toujours nommer Justin Amash », ajoute Pierre Martin.Des démocrates travaillent effectivement en coulisses pour faire nommer ce représentant ayant claqué la porte aux républicains.Car cet élu désormais indépendant est d\u2019abord constitutionnaliste, mais surtout un fervent partisan de la destitution du président.Cela étant, ces « managers » auront très peu de temps pour se préparer si l\u2019on en croit le calendrier dévoilé par Mme Pelosi.Le procès pourrait débuter dès cette semaine, voire mercredi.En décembre, Donald Trump est devenu le troisième président de l\u2019histoire mis en accusation, après Andrew Johnson (1868) et Bill Clinton (1998).Richard Nixon y a échappé en préférant démissionner en 1974.Cette fois- ci, le locataire de la Maison-Blanche risque la destitution pour « abus de pouvoir » et « entrave au travail du Congrès ».Pour le principal intéressé, toute cette procédure relève de la « chasse aux sorcières ».Pour rappel, c\u2019est un coup de fil qu\u2019il a passé en juillet au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui sous-tend la procédure actuelle.Le républicain est soupçonné d\u2019avoir demandé à son homologue d\u2019enquêter sur le fils de Joe Biden, le démocrate pressenti pour l\u2019affronter à la présidentielle de novembre.Pour parvenir à ses fins, M.Trump aurait suspendu une aide militaire de près de 400 millions de dollars à l\u2019Ukraine et fait miroiter une invitation officielle à Washington au président Zelensky.Témoins La forme que prendra ce procès n\u2019est pas encore fixée.Il fait toujours l\u2019objet de tractations entre le Sénat, la Chambre des représentants et la Maison- Blanche.Mais tout porte à croire qu\u2019il se collera aux volontés de Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat.Pour le moment, il n\u2019a pas révélé ses intentions.Mais les règles devraient être les mêmes que lors du procès de Bill Clinton il y a plus de vingt ans, a-t-il fait savoir.Le processus devrait aussi être présidé par le juge en chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, un rôle surtout cérémoniel.M.McConnell a aussi promis de collaborer avec la Maison-Blanche pour obtenir un acquittement rapide du président.Un procès donc joué d\u2019avance, qui n\u2019a pas plu à tous.« Quand j\u2019ai appris ça, j\u2019étais perturbée », a confié la sénatrice républicaine de l\u2019Alaska, Lisa Mur- kowski.« Nous devons éviter d\u2019être main dans la main avec la défense », a ajouté celle qui défend l\u2019impartialité d\u2019un tel exercice somme toute éminemment politique.À ce procès, il n\u2019est pas dit non plus que de nouveaux témoins seront entendus, ou que des documents inédits soient révélés.Mitch McConnell s\u2019y oppose, contrairement aux démocrates qui tentent de rallier des républicains plus modérés à leur « soif de vérité ».« De nouveaux éléments de preuve pourraient mettre le président à risque, analyse Pierre Martin du CERIUM.Mais d\u2019un autre côté, si le processus a des apparences de procès juste, l\u2019acquittement auquel on peut s\u2019attendre [le sénat est majoritairement républicain] aura plus de chances d\u2019être considéré comme une forme d\u2019exonération pour M.Trump.» « Chez les démocrates, on s\u2019intéresse surtout à John Bolton », indique pour sa part Jason Opal, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université McGill.Il rappelle que l\u2019ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump était en poste lors du fameux coup de fil à l\u2019Ukraine.« Il dispose certainement d\u2019informations sensibles et pertinentes », résume-t-il.Et d\u2019ajouter : « Bien que John Bolton soit un républicain ultraconservateur, il n\u2019approuve pas les agissements de Trump par rapport à l\u2019Ukraine, et il déteste cordialement Rudy Giuliani [l\u2019avocat personnel du magnat de l\u2019immobilier].» M.Bolton s\u2019est déjà dit prêt à témoigner, à condition d\u2019être formellement convoqué par le Sénat.Cette fois, c\u2019est le président lui-même qui s\u2019y est opposé.Selon lui, son « privilège exécutif » lui permet de forcer au silence un ancien bras droit.Défense Un flou persiste aussi quant à savoir qui défendra Donald Trump.Lundi, son équipe juridique était toujours à attacher les ficelles de sa défense.Le nom de Pat Cipollone, son avocat de la Mai- son-Blanche, a circulé dans les médias.Tout comme celui de Jay Sekulow, l\u2019un de ses avocats personnels.Il est « fort probable » que M.Seku- low et les autres membres de cette équipe de juristes emmenée par Rudy Giuliani représentent le milliardaire républicain, estime Jason Opal de l\u2019Université McGill.« Trump pourrait aussi demander à l\u2019un de ses alliés à la Chambre des représentants \u2014 par exemple Jim Jordan de l\u2019Ohio \u2014 de parler en son nom, ajoute le spécialiste de la constitution américaine.« Il y a peu d\u2019appétit dans les rangs républicains à ce que le président Trump témoigne lui-même, renchérit le polito- logue Pierre Martin.Il n\u2019est pas particulièrement efficace lorsqu\u2019il témoigne sous serment.» Si à travers ces inconnues une chose semble acquise, c\u2019est la popularité dont jouit Donald Trump.« C\u2019est tellement stable que ça en est pratiquement exaspérant », commente à nouveau le chercheur au CERIUM.Selon le site de sondage américain Fi- veThirtyEight \u2014 référence en la matière \u2014 le taux d\u2019approbation au président varie très peu depuis un an, avoisinant les 53 %.«La base partisane de M.Trump est relativement solide autour de lui.Et on ne risque pas de voir de baisse significative, à moins de troubles économiques », mentionne M.Martin.Frédérick Gagnon, directeur de l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, ne croit pas lui non plus que le procès pour destitution risque de faire plonger les appuis au président Trump.« Les opinions restent très campées au sein de l\u2019électorat », dit-il.M.Gagnon estime toutefois que ce procès pourrait désavantager les sénateurs démocrates qui font actuellement campagne pour les primaires.Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Amy Klo- buchar seront davantage retenus à Washington, les privant d\u2019un temps précieux sur le terrain.Et le chercheur d\u2019ajouter : « Mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019aux débats devant le Sénat, on va essayer d\u2019écorcher M.Biden ».Après tout, il est au cœur de l\u2019affaire ukrainienne.À trois semaines du coup d\u2019envoi des primaires démocrates \u2014 et à moins d\u2019un an de la présidentielle \u2014, Washington est sur le point de se prononcer sur la destitution (ou non) de Donald Trump.Survol des plus récents développements dans cette affaire aux nombreuses inconnues.L Il y a peu d'appétit dans les rangs républicains pour que le président Trump témoigne lui-même.Il n'est pas particulièrement efficace lorsqu'il témoigne sous serment.PIERRE MARTIN » "]
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