Le devoir, 10 janvier 2020, Cahier A
[" Il y a 110 ans aujourd\u2019hui, Le Devoir publiait sa première édition.Pour souligner l\u2019occasion, nous avons reproduit la une d\u2019antan avec les nouvelles du jour.Depuis ses origines, Le Devoir n\u2019a jamais su s\u2019il était un journal ou un projet de société.Un peu les deux.Notre fondateur, Henri Bourassa, entrevoyait le journal comme un moyen de « réveiller le sentiment du devoir public » dans la population, tel qu\u2019il l\u2019explique dans son premier éditorial (« Avant le combat »).Sans prétendre à la perfection, les artisans passés et présents du Devoir ont fait honneur à cette exigeante tradition d\u2019excellence.Ils ont témoigné des espoirs, des angoisses et des contradictions de la société québécoise avec la double conviction de fabriquer un journal de qualité et de porter une cause unique.Le Devoir est un journal « pas comme les autres », car il s\u2019est toujours défini comme une partie prenante de cette merveilleuse aventure qu\u2019est celle de la continuité d\u2019une nation francophone en terre d\u2019Amérique, une nation singulière par sa langue, sa culture, ses institutions, son identité.Que valent bien tous ses mots ?De crises en révolutions numériques, le passage du temps s\u2019est avéré impitoyable pour bien des médias.Le Devoir se serait effacé de la mémoire collective sans l\u2019apport précieux de sa communauté naturelle : lecteurs et lectrices, donateurs et donatrices, bénévoles et membres des conseils d\u2019administration du Devoir Inc.et des Amis du Devoir.En ce 110e anniversaire, l\u2019équipe du Devoir se joint à moi pour vous dire merci, du fond du cœur, de nous lire et de nous soutenir.Et merci de communiquer à votre entourage l\u2019appétit pour nos contenus, car nous savons que Le Devoir est une histoire de filiation intellectuelle.Les lecteurs n\u2019arrivent pas au hasard dans nos pages et nos plateformes.La plupart du temps, ils sont initiés à notre univers par un parent proche ou un professeur estimé.S\u2019il est un cadeau qui nous ferait plaisir en ce jour de fête, c\u2019est que vous partagiez à votre tour cette passion du Devoir aux générations futures, si ce n\u2019est pas déjà fait.L\u2019année 2020 s\u2019annonce prometteuse pour Le Devoir, résultat d\u2019un contrôle serré des dépenses, de la progression constante des revenus d\u2019abonnements numériques, de la stabilisation des revenus publicitaires et de l\u2019adoption des mesures de soutien fiscal aux médias qui nous propulsent vers l\u2019avant.Nous utiliserons cette marge de manœuvre pour bonifier l\u2019offre et la diversité des contenus imprimés et numériques, dans un effort stratégique pour augmenter notre lectorat.Le journalisme international (grâce au soutien de Transat), l\u2019enquête et la recherche de solutions aux problèmes contemporains feront notamment partie de nos nouveaux champs de préoccupation, mais il y en aura bien d\u2019autres ! Comme l\u2019ensemble des médias, Le Devoir n\u2019échappe pas à la transformation des modèles d\u2019affaires et des habitudes de consommation de l\u2019information.À ce chapitre, le combat pour la survie est permanent.Nous croyons en nos chances de succès, car il repose sur ce que nous avons de plus précieux : une relation de confiance durable avec les lecteurs québécois.Notre essor repose sur les revenus d\u2019abonnement à nos éditions imprimées et numériques et sur notre détermination à demeurer un projet d\u2019engagement civique et d\u2019avancement de l\u2019intérêt public.Au cours des prochaines années, nos efforts viseront à renforcer ces valeurs et à accroître la communauté d\u2019intérêts du Devoir.Notre engagement est de nous surpasser afin que Le Devoir demeure pour vous un média de référence.Un média libre, indépendant et audacieux.BRIAN MYLES.1 1 0 A N S ! En rejetant jeudi une motion de la défense pour qu\u2019il se récuse du procès Weinstein, le juge James Burke a enfoncé le clou d\u2019une semaine difficile pour le producteur déchu.Un constat qui vaut pour ce qui s\u2019est passé devant la New York County Criminal Court, mais aussi autour.« Un juge qui réprimande un accusé pour avoir à plusieurs reprises refusé de suivre les ordres de la Cour ne montre pas de biais : c\u2019est simplement un juge qui maintient l\u2019ordre et le décorum dans sa salle », a rappelé le juge Burke dans l\u2019exposé de sa décision.La veille, les avocats de Harvey Weinstein avaient demandé à ce que Burke se retire du dossier, au prétexte d\u2019une intervention qualifiée de « préjudiciable et incendiaire » faite mardi contre leur client.Le juge Burke avait sermonné Harvey Weinstein pour usage de son téléphone cellulaire dans la salle d\u2019audience, ce qui est formellement interdit.Au décompte de la semaine qui s\u2019achève, les avocats de Harvey Weinstein enregistraient ainsi un nouveau revers dans ce qui s\u2019annonce un procès tendu.Résumé en cinq points des premiers constats : UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE « Il n\u2019y a pas de coïncidence [si de nouvelles accusations criminelles ont été déposées contre Weinstein à Los Angeles] le jour même où s\u2019ouvrait son procès à New York, estiment les avocats de Harvey Weinstein.C\u2019était un effort concerté contre notre client.» Chose certaine, le dépôt de nouvelles accusations de viol et Procès Weinstein LE JUGE REFUSE DE SE RÉCUSER d\u2019agressions sexuelles \u2014 pour deux crimes qui auraient été commis en 2013 \u2014 a eu un fort effet à travers le pays.Les accusatrices de Wein- stein se sont réjouies de ce dénouement, qui atténue pour elles la déception d\u2019avoir vu la justice new-yorkaise se saisir de seulement 2 des quelque 80 allégations contre le producteur.QUI EST IMPARTIAL ICI ?Les avocats Weinstein auront passé une partie de la semaine à douter de la possibilité que leur client obtienne un procès « juste et équitable » \u2014 ou du moins, à semer le doute à cet égard.Avant de remettre en question l\u2019impartialité du juge Burke, ils avaient mardi tenté d\u2019obtenir un report du début du processus de sélection des jurés.Les avocats ont plaidé le fait que les accusations déposées à Los Angeles avaient engendré une nouvelle salve de publicité négative contre Weinstein, ce qui aurait rendu impossible de trouver 12 personnes neutres et objectives.Le juge Burke a refusé la requête.Pour déceler au mieux tout biais potentiel, chaque juré pressenti doit répondre à un questionnaire de plus de 70 questions.PRÉJUGÉS CONTRE L\u2019ACCUSÉ Parmi les 240 premiers candidats jurés qui ont défilé devant le juge Burke, seul le quart d\u2019entre eux ont reçu le formulaire nécessaire pour passer à la deuxième étape de sélection.Les autres ont immédiatement été renvoyés chez eux : certains pour des raisons d\u2019horaire, mais la plupart parce qu\u2019ils ont spontanément signalé qu\u2019ils ne sauraient juger Harvey Weinstein avec objectivité.Parmi les raisons évoquées, on retient des femmes qui ont signalé avoir elles-mêmes été victimes d\u2019agressions sexuelles dans leur vie.D\u2019autres personnes ont indiqué qu\u2019elles venaient de terminer la lecture d\u2019un livre relatant les en- qu êtes journalist iqu es ayant conduit Weinstein dans le box des accusés.UN CIRQUE MÉDIATIQUE PLUTÔT CALME Le juge Burke l\u2019a noté jeudi : le cirque médiatique qui était craint autour du procès ne s\u2019est pas produit.Dans la motion demandant la récusation du juge, la défense avait décrit mercredi la difficulté de son client à se « frayer un chemin à travers » des hordes de curieux et de journalistes, qui feraient « la file dans les rues et les couloirs » pour apercevoir l\u2019accusé.Dans les faits, une fois passé le brouhaha de l\u2019ouverture du procès, l\u2019ambiance au palais de justice fut loin d\u2019être « carnavalesque », a noté le juge Burke.« La salle d\u2019audience est à moitié vide ce matin », a-t-il dit jeudi, avant de féliciter les médias « pour la manière dont ils se conduisent ».SE FAIRE ENTENDRE « On ne s\u2019en va nulle part », a dit l\u2019actrice Rosanna Arquette lundi matin devant le palais de justice : façon de dire qu\u2019elles seront là, tout au long du procès, ces Silence Breakers qui ont dénoncé les agissements de Harvey Weinstein mais dont les dossiers sont exclus du procès criminel.En plus de ces voix extérieures, Weinstein pourrait en entendre d\u2019autres de l\u2019intérieur : les actrices Salma Hayek, Charlize Theron et Rosie Perez font notamment partie des témoins potentiels dans l\u2019affaire, selon une liste inédite dévoilée mardi.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ À NEW YORK Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.Une collègue qui n\u2019a pourtant elle- même plus vingt ans depuis longtemps me taquine souvent en me demandant « comment c\u2019était au Devoir sous la direction d\u2019Henri Bourassa », quand l\u2019éminent Jules Fournier écrivait ce billet en une.Je suis arrivé ici en 1993, sous la direction de Lise Bissonnette.J\u2019y ai effectivement connu des gens qui me séparaient du fondateur par deux poignées de main : ils avaient bossé dans les années de Claude Ryan avec des reporters ayant eux-mêmes côtoyé le premier directeur du journal.Brian Myles, nouveau grand timonier, commençait à peu près en même temps sa carrière comme commis à la rédaction.Pendant ses premières semaines de boulot, il apportait les fax aux plus vieux reporters en les vouvoyant.C\u2019était un autre siècle et pourtant, déjà, un peu notre monde en mutation.Les reporters fumaient beaucoup mais ne s\u2019habillaient déjà plus comme à la belle époque.Il restait une machine à écrire dans un coin de la salle qu\u2019on pouvait utiliser pour remplir certains formulaires.Pour le reste, tout se faisait déjà sur écrans, même le montage des pages.Le Web balbutiait.Beaucoup de collègues actuels sont nés après l\u2019invention des protocoles HTML et HTTP.Le numérique a ébranlé puis fait vaciller la vieille civilisation du papier maintenant au bord du gouffre.Les mutations et les transformations enregistrées depuis le tournant du siècle donnent le vertige.Autour de l\u2019an 2000, les vieux journaux québécois, certains fondés au XIXe siècle, bien avant Le Devoir, apparu en 1910, ont multiplié les stratégies et les tactiques pour tenter de surnager après le naufrage de leur modèle d\u2019affaires tout en profitant de la bouée offerte par la grande dématérialisation.Le mirage de la concentration de la presse a en bonne partie échoué.Six des quotidiens francophones du Québec se retrouvent sinon en ruine, au moins à reconstruire.Les formidables outils connectés menacent ce monde et en même temps facilitent et accélèrent le travail journalistique encore fondé sur une curiosité inassouvissable liée à une fonction critique et à une discipline de vérification.Les journaux restent indispensables dans les démocraties fragilisées par la résurgence des dogmatismes, la montée des populismes et l\u2019expansion des fake news.La traque aux coquins et l\u2019hommage aux honnêtes gens souhaités ici en une au premier numéro il y a 110 ans, par Henri Bourassa que je n\u2019ai pas connu, semblent toujours d\u2019une jeune et brûlante actualité\u2026 STÉPHANE BAILLARGEON.BILLET DU SOIR HIER COMME DEMAIN Le cours d\u2019éthique et culture religieuse (ECR) sera remplacé dès l\u2019automne 2022 par une nouvelle formation qui fera moins de place à la religion et abordera des réalités comme l\u2019éducation à la citoyenneté, au numérique et au droit.L\u2019éducation à la sexualité, actuellement saupoudrée dans les autres matières, sera aussi intégrée à ce nouveau cours.La vaste réforme du cours d\u2019ECR fera l\u2019objet d\u2019une consultation de tous les acteurs du milieu de l\u2019éducation, a appris Le Devoir.Le ministre Jean-François Roberge doit lancer la consultation aujourd\u2019hui dans le but de mettre à l\u2019essai le nouveau programme dans certaines écoles lors de la rentrée scolaire de l\u2019automne 2021.Le programme final entrerait en vigueur une année plus tard.« C\u2019est une réforme en profondeur.On peut dire qu\u2019on abolit le cours d\u2019ECR et qu\u2019on le remplace par quelque chose de nouveau », a confirmé au Devoir le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Il estime que cette révision s\u2019impose, 12 ans après la mise en place du cours d\u2019éthique et culture religieuse par le gouvernement libéral de Jean Charest.Le cours « a fait l\u2019objet de nombreuses critiques d\u2019experts et de différents intervenants du milieu scolaire, qui rendent nécessaire une actualisation des contenus du programme », indique un communiqué qui sera publié vendredi.Le cours changera de nom, précise le ministre Roberge.La nouvelle appellation n\u2019a pas été déterminée.La transformation sera importante.Le volet « culture religieuse » prendra « beaucoup, beaucoup, beaucoup moins de place », explique-t-il.Les consultations porteront sur huit thèmes proposés par le ministère : la participation citoyenne et la démocratie, l\u2019éducation juridique, l\u2019écocitoyenneté, l\u2019éducation à la sexualité, le développement de soi et des relations interpersonnelles, l\u2019éthique, la citoyenneté numérique et la culture des sociétés.ÉDUCATION SEXUELLE Le ministre Roberge avait confié au Devoir dès le mois d\u2019août dernier qu\u2019il envisageait d\u2019intégrer l\u2019éducation à la sexualité au nouveau cours d\u2019ECR.La suite de sa réflexion et les commentaires sus- c i t é s p a r l a n o u v e l l e l \u2019 o n t convaincu d\u2019aller en ce sens.« C\u2019est notre souhait à ce mo- ment-ci.J\u2019ai un préjugé favorable à intégrer les contenus d\u2019éducation à la sexualité dans le curriculum du nouveau cours », dit-il.Les enseignants seront mieux formés et plus à l\u2019aise pour livrer cet enseignement d\u2019une grande importance, souligne le ministre.Le gouvernement souhaite « offrir aux élèves un cours moderne d\u2019éducation à la citoyenneté axé sur le respect de soi et des autres », résume le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Cette citoyenneté comporte un volet environnemental.Il faut amener les jeunes à développer un jugement critique, notamment sur « l\u2019utilisation responsable des ressources naturelles », estime le ministre Roberge.Le programme visera aussi à éduquer les élèves aux enjeux du numérique, comme par exemple la protection des données personnelles, l\u2019éthique des comportements en ligne et la connaissance des médias et des réseaux sociaux.L a c o n s u l t a t i o n e n l i g n e (www.education.gouv.qc.ca/consul- tationsecr) prendra place jusqu\u2019au 21 février.Trois forums de discussion auront lieu à Trois-Rivières, à Québec et à Montréal au cours du mois de février.Le ministère compte inviter aux forums les « partenaires » du milieu de l\u2019éducation concernés par les changements planifiés au cours d\u2019ECR, notamment les enseignants, les syndicats, les directions d\u2019école, les conseillers pédagogiques et les cadres scolaires, explique M.Roberge.MARCO FORTIER Repenser le cours Éthique et culture religieuse L \u2019 É C R A S E M E N T La crise en Iran a pris une nouvelle tournure jeudi quand le Canada a emboîté le pas aux États- Unis en concluant que l\u2019écrasement du vol PS752 dans lequel 176 personnes, dont 63 Canadiens, ont péri était attribuable à un missile lancé par l\u2019Iran.L\u2019Iran nie cette information, tandis que le Canada réclame une enquête « complète » et « crédible » afin non seulement d\u2019apaiser les familles des défunts, mais également de déterminer s\u2019il y a lieu de prendre des mesures de représailles.« Nous avons des renseignements provenant de différentes sources, notamment de nos services de renseignements et ceux de nos alliés.Ces renseignements indiquent que l\u2019avion aurait été abattu par un missile sol-air iranien.Il est possible que cela ait été fait involontairement », a déclaré le premier ministre, Justin Trudeau, en conférence de presse.L\u2019Iran a qualifié cette conclusion de « rumeur illogique ».« Scientifiquement, il est impossible qu\u2019un missile ait touché l\u2019avion ukrainien », a déclaré Ali Abedzadeh, le chef de l\u2019Organisation iranienne de l\u2019aviation civile.À cela, M.Trudeau a rétorqué qu\u2019il n\u2019aurait pas osé faire de sortie publique à moins d\u2019être convaincu de l\u2019exactitude de ses informations.« Les conclusions préliminaires [\u2026] sont suffisamment claires pour que je les partage avec les Canadiens.» Des sources au sein des services de renseignement américains ont été les premières à relater qu\u2019un missile avait abattu l\u2019avion.Le premier ministre a reconnu qu\u2019il n\u2019était pas encore en mesure de déterminer si le tir de missile avait été accidentel ou intentionnel.En l\u2019absence de cette précision capitale, il n\u2019a pas voulu discuter de la riposte canadienne éventuelle.« Ce sont des conversations qu\u2019on envisagera à mesure qu\u2019on ira de l\u2019avant s\u2019il appert qu\u2019il n\u2019y a pas une enquête complète et crédible.» M.Trudeau s\u2019est montré prudent quant à la responsabilité qu\u2019endossent les États-Unis dans cette affaire, eux qui ont abattu le général iranien Qassem Soleimani vendredi et instauré le climat extrêmement tendu ayant rendu cet accident \u2014 ou cette agression \u2014 possible.Mais il a admis que « la preuve suggère que [l\u2019attentat] est la cause probable » de la tragédie.C\u2019est qu\u2019en guise de riposte, l\u2019Iran avait initié à 1 h 30 mercredi matin le bombardement de bases militaires américaines en Irak, bombardement dont la fin a été annoncée à 5 h 32 sur Twitter par le ministre iranien des Affaires étrangères.Or, l\u2019écrasement de l\u2019avion civil est survenu aux alentours de 6 h 15.L\u2019IRAN N\u2019EST PAS SUICIDAIRE Les experts privilégient d\u2019ailleurs tous la thèse d\u2019un tir de missile accidentel.L\u2019Iran, qui venait de bombarder des bases américaines, craignait peut-être l\u2019arrivée d\u2019un avion militaire ennemi.Un tel incident ne serait pas sans précédent.En 1988, les États-Unis avaient abattu un avion civil iranien au-dessus du golfe Persique, tuant les 290 personnes à bord.« L\u2019Iran n\u2019est pas un État suicidaire qui veut mener la guerre contre tous », note Jabeur Fathally, professeur de droit international à l\u2019Université d\u2019Ottawa.La preuve étant, dit-il, que les bombardements iraniens en Irak n\u2019ont \u2014 probablement délibérément \u2014 fait aucune victime.Ce qui a fait que leur riposte a été jugée proportionnée, abonde le professeur Ali Diz- boni.« Mais si l\u2019Iran ne parvient pas à prouver, à l\u2019aide d\u2019une enquête transparente, qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un accident, cela viendrait ternir sa victoire médiatique », note ce spécialiste du Collège militaire royal du Canada.C\u2019est pour cette raison que l\u2019Iran ABATTU PAR UN MISSILE IRANIEN TRUDEAU DÉFEND LA THÈSE.\u2014 L\u2019IRAN NIE.\u2014 TIR INTENTIONNEL OU ACCIDENTEL ?\u2014 TÉHÉRAN DEVRA ÊTRE TRANSPARENT.a tout avantage à s\u2019assurer que l\u2019enquête sur l\u2019écrasement soit jugée complète et transparente, insistent les deux professeurs.« Les Iraniens n\u2019ont aucun intérêt à jouer l\u2019opacité, parce que tout comportement d\u2019opacité mènera à une prés omption qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un acte volontaire », analyse M.Fathally.L\u2019ancien ambassadeur canadien en Iran, Dennis Horack, fait la même lecture, mais son expérience lui a appris que ce n\u2019est pas n é c e s s a i re m e n t c o m m e c e la qu\u2019agira le régime.Prendre la responsabilité de l\u2019accident et s\u2019excuser « serait la chose logique à faire ».Mais « peut-être les militaires ou les Gardiens de la révolution penseront que s\u2019ils admettent qu\u2019il y a eu erreur, cela signifiera que leurs défenses aériennes sont faibles ou vulnérables ou ne fonctionnent pas correctement.» UNE ENQUÊTE COMPLÈTE Il n\u2019est pas encore possible de déterminer dans quelle mesure le Canada pourra participer activement à l\u2019enquête sur les causes de l\u2019écrasement.L\u2019Iran a indiqué qu\u2019il accepterait de partager avec l\u2019Ukraine le contenu des boîtes noires et aurait invité un représentant de Boeing à se joindre à l\u2019enquête.Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a confirmé en soirée avoir lui aussi été invité par l\u2019Iran « à se présenter sur le site de l\u2019accident ».« Les familles des victimes, tous les Canadiens veulent des réponses.Je veux des réponses », a commenté Justin Trudeau.Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé pour sa part qu\u2019une équipe de « réponse rapide » était en voie de déploiement en Iran pour offrir des services consulaires et identifier les victimes et que l\u2019Iran serait en train de leur préparer des visas.S\u2019il s\u2019avère que le tir de missile était bel et bien accidentel, l\u2019Iran ne risque pas de faire face à des sanctions militaires ou politiques.L\u2019État se verra simplement sommé de dédommager les familles de nombreuses victimes.Quant au gouvernement canadien, ses relations diplomatiques avec l\u2019Iran sont déjà rompues depuis 2012 et Justin Trudeau risque simplement de reporter à nouveau son projet de rapprochement diplomatique avec Téhéran.M.Trudeau s\u2019est abstenu de reprocher directement aux États- Unis d\u2019avoir envenimé les tensions en Iran, mais pour le professeur Fathally, il ne fait aucun doute que « politiquement, M.Trump et son entourage sont responsables ».Idem pour M.Dizboni, qui juge que « l\u2019action de Donald Trump était tout à fait irresponsable.Il porte certainement une part de responsabilité sur le plan moral et politique.» HÉLÈNE BUZZETTI ET MARIE VASTEL, AVEC ALEXIS RIOPEL.?Voulez-vous voir démasquer et déshabiller les farceurs et les exploiteurs, lisez le \u201cDevoir\u201d.Un sou le numéro dans tous les dépôts.?Voyageurs, dans tous les hôtels, dans tous les chemins de fer, à toutes les gares, demandez le \u201cDevoir\u201d.? ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 En 110 ans, Le Devoir a connu plusieurs innovations technologiques, mais la dernière décennie aura été celle de la transition numérique.Entrevue avec Florent Daudens, directeur de l\u2019information et contremaître de ce chantier perpétuel.VALÉRIE DUHAIME LE DEVOIR Une perpétuelle évolution numérique Pour soutenir cette innovation, nous avons enrichi la rédaction en faisant entrer des gens ayant des compétences nouvelles en vidéo, en motion design ou en code, ainsi qu\u2019en renforçant nos effectifs de l\u2019équipe numérique.L\u2019approche éditoriale est-elle la même lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019information livrée sur les plateformes numériques et sur les plateformes traditionnelles ?Sur le plan des valeurs journalistiques, absolument.Rigueur, rigueur, rigueur, comme dirait l\u2019autre.En revanche, le numérique n\u2019est plus une simple copie du papier, non seulement parce que les lecteurs consultent différemment l\u2019information sur les deux supports, mais aussi parce que nous avons à notre disposition tout un arsenal multimédia, comme la vidéo ou le journalisme de données.Ces outils nous permettent de faire un journalisme différent au niveau du récit, ce qui est d\u2019autant plus essentiel dans notre modèle économique basé sur l\u2019abonnement.Nos lecteurs de l\u2019imprimé en profitent aussi, car certaines innovations du numérique se retrouvent dans le papier, par exemple avec une double page de résultats en cartes et en graphiques au lendemain des élections.Une autre différence fondamentale réside dans le « sens » de la diffusion.Un journal est un objet que le lecteur choisit de lire.Sur le numérique, nous devons rejoindre le lecteur là où il se trouve.Cette différence implique de penser à des stratégies de diffusion de plus en plus pointues, et je crois beaucoup à l\u2019apport des journalistes dans ce travail.Nous faisons notre métier pour être lus, mais nous négligeons souvent la dernière étape qui est de réfléchir à la façon de faire rayonner notre journalisme.Nous avons par exemple innové lors de la campagne électorale provinciale en créant Le courrier électoral, qui répondait à deux besoins : synthétiser l\u2019actualité intense des journées de campagne et aller porter l\u2019information directement au lecteur, dans sa boîte courriel.Cela a été un franc succès, dont certains concurrents ont semblé directement s\u2019inspirer.Comment un quotidien comme Le Devoir arrive-t-il à s\u2019adapter en continu aux nombreux changements ?L\u2019ingrédient principal, c\u2019est que tout le monde dans la salle se sente concerné.Une grande partie de notre avenir passe par le numérique, et nous espérons que tout le monde prenne le train.Cela implique de changer des façons de faire et de développer de nouvelles compétences, mais nous y croyons et c\u2019est pour cela que nous « achalons » gentiment notre équipe.L\u2019autre aspect majeur, c\u2019est de se donner le droit à l\u2019erreur.Lorsque nous testons de nouvelles façons de faire, nous analysons les résultats et les éventuels problèmes rencontrés en chemin, afin de faire mieux la prochaine fois.D\u2019une certaine façon, les projets ratés sont parfois les plus fertiles.Et il ne faut pas hésiter à débrancher un projet quand il ne fonctionne pas, afin de concentrer nos efforts aux bons endroits.omment Le Devoir a-t-il choisi de se positionner par rapport aux avancées technologiques ?Notre approche est l\u2019innovation constante.Le numérique évolue sans cesse et ce serait une illusion de croire que nous pouvons trouver une recette magique.C\u2019est d\u2019ailleurs dans l\u2019ADN du Devoir.L\u2019un des traits de caractère de la salle de rédaction est que les journalistes sont prêts à embarquer dans l\u2019inconnu, à essayer de nouvelles façons de raconter l\u2019information.Et nous sommes un média capable de tester des idées rapidement, ce qui est un avantage certain par rapport à des concurrents.1I0 ANS DU DEVOIR Le Devoir a retenu quelques portraits de lecteurs à l\u2019occasion de son 110e anniversaire.Des abonnés récents ou fidèles, qui portent une affection toute particulière à ce journal qui leur doit beaucoup.Un journal cher à ses abonnés fidèles L\u2019enfant d\u2019une pionnière « Je suis née avec Le Devoir, non pas dans le biberon, mais pas loin», raconte Christine Rowan.Il faut dire que sa mère, Renée Rowan, y a longtemps travaillé : elle y est devenue, au tournant des années 1950, la première femme journaliste exclusivement attitrée à la section générale d\u2019un grand quotidien québécois.Ce journal a donc « nourri » la vie de Christine, alimentant d\u2019innombrables conversations autour de la table.À tel point que son départ de la maison familiale, une fois mariée, l\u2019a passablement inquiété.« J\u2019avais peur que ma vie ne soit plus aussi stimulante et intéressante, sans toutes ces histoires et ces entrevues que racontait ma mère », confie-t-elle.Comme la fois du premier vol direct Montréal-Paris ou celle de la victoire du Parti québécois aux élections de 1976.Renée Rowan a ainsi transmis l\u2019affection toute particulière qu\u2019elle portait au Devoir à ses enfants, raconte sa fille, qui ont ensuite fait de même.« Et puis, honnêtement, si on devait changer de journal, on se sentirait tellement coupable ! » lance-t-elle.L\u2019indépendance du Devoir, son suivi serré de l\u2019actualité et la « qualité » de ses chroniqueurs continuent de la garder accrochée, dit-elle.De même que le D Magazine publié tous les weekends.« J\u2019espère que ce journal va continuer encore longtemps.» Christine Rowan, 63 ans Montréal, Québec La doyenne des lecteurs « Je lis Le Devoir tous les samedis.Mais je ne le lis plus d\u2019un bout à l\u2019autre : mes yeux ne suivent plus tout ! » s\u2019exclame au bout du fil Madeleine Baril, 106 ans.« Mais tu le lis quand même », s\u2019empresse d\u2019ajouter sa fille Marie-Claire.Celle qui pourrait s\u2019arroger le titre de doyenne des lecteurs du Devoir ne cache pas son enthousiasme lorsque jointe à son appartement montréalais, où elle réside toujours.Et elle ne se gêne pas non plus pour adresser au passage une petite critique : l\u2019irrégularité sporadique de son camelot.« Un samedi, j\u2019ai le journal à 7 h du matin.Je l\u2019ai ensuite à 10 h de l\u2019avant-midi », témoigne-t-elle.Mais, de son propre aveu, la dame ne s\u2019en formalise pas trop.Non, ce qui la chicote surtout, c\u2019est d\u2019avoir du mal à le rencontrer ces temps-ci pour lui donner son pourboire.Pour les Baril, Le Devoir est une « histoire de famille », ajoute Madeleine.« Moi, j\u2019ai 76 ans, et on l\u2019a toujours reçu à la maison », renchérit sa fille Marie- Claire.Son père, qui a œuvré dans le domaine de l\u2019édition, était lui-même un lecteur assidu.Il était aussi un ami « très intime » de Gérard Pelletier et de Claude Ryan, qui furent respectivement journaliste et directeur du journal fondé par Henri Bourassa.« En tout cas, il faut que ça continue », insiste Madeleine Baril.Madeleine Maher Baril, 106 ans Montréal, Québec Une école de journalisme « J\u2019ai connu Le Devoir quand j\u2019étais au cégep », relate Jean-Pierre Deschênes.C\u2019est un collègue étudiant qui le lisait \u2014 tout en le citant allègrement, se sou- vient-il.Depuis, ce journal à l\u2019époque dirigé par Claude Ryan n\u2019a cessé d\u2019être au cœur de son quotidien.En début de carrière, M.Deschênes a œuvré comme journaliste dans un petit hebdomadaire de Trois-Pistoles, dans le Bas-Saint-Laurent.À l\u2019époque, les formations en journalisme n\u2019existaient pas, fait-il remarquer.Le Devoir a donc été son « école », là où il y glanait de nouvelles expressions pour ajouter plus de couleur à ses propres papiers.« Je me souviens surtout de celle-ci , \"colmater une brèche\"», lance-t-il dans un éclat de rire.« Je ne savais pas ce que ça voulait dire.C\u2019est Le Devoir qui me l\u2019a appris ! » Le journal a aussi fait partie intégrante de sa vie d\u2019attaché politique.D\u2019abord au sein du gouvernement de René Lé- vesque, puis dans celui de Brian Mulroney.Pendant 12 ans, il a donc scruté tous les jours ce que rapportait la presse.« Mais maintenant que je suis à la retraite, Le Devoir est devenu mon journal », insiste M.Deschênes.Celui-ci se permet certes quelques « écarts », pour lire les chroniques de la compétition, mais il ne peut se passer des textes « plus réfléchis » du quotidien de la rue Berri.« Le Devoir, c\u2019est mon compagnon de tous les jours.» Jean-Pierre Deschênes, 70 ans Trois-Pistoles, Québec Un travail d\u2019éducation « C\u2019est le seul, à travers tout le Québec, qui traite aussi bien les grands enjeux liés à l\u2019éducation », précise d\u2019emblée Chris Eustace, un enseignant du secondaire à la retraite.« En fait, ce que Le Devoir fait, c\u2019est d\u2019éduquer les gens, davantage que la télévision, la radio ou les autres journaux, qu\u2019ils soient francophones ou anglophones », ajoute-t-il.Ce résident de Pierrefonds est abonné au Devoir depuis une dizaine d\u2019années, à peine.Le journal était régulièrement cité dans des topos et des articles sur les commissions scolaires, raconte-t-il en guise d\u2019explication.Curieux, il s\u2019est donc abonné.Depuis, il ne l\u2019a plus lâché : il le lit assidûment, commente en ligne au bas des textes.Il prend même la plume à l\u2019occasion pour écrire au courrier des lecteurs, ou aux chroniqueurs et éditorialistes ayant consacré un papier à l\u2019éducation.Sans oublier le fait, mentionne-t-il, que Le Devoir lui permet de pratiquer la langue de Molière.Chris Eustace a particulièrement apprécié l\u2019exercice auquel s\u2019était livré Le Devoir en 2018, pendant la campagne provinciale, en invitant, à l\u2019occasion d\u2019un grand débat, les porte-parole des principaux partis en matière d\u2019éducation.« J\u2019y suis allé ! J\u2019ai d\u2019ailleurs écrit une courte lettre pour dire à quel point j\u2019avais aimé ça.» Chris Eustace, 74 ans Pierrefonds, Québec Une pleine page de textes sur sept colonnes, aucune photo, et une édition qui coûtait un sou, « dans tous les dépôts ».La toute première édition du Devoir, le 10 janvier 1910, peut sembler bien austère selon nos critères actuels.Mais son directeur, le journaliste et politicien Henri Bourassa, faisait preuve de confiance et de dynamisme : pour la distribution, il avait organisé une série de points de vente.Ainsi, on pouvait trouver Le Devoir, nous dit-il en une, « chez M.Onésime Duval et dans sept ou huit autres dépôts à Trois-Rivières », alors qu\u2019un certain M.Pouliot de la rue Laliberté « est notre fermier de circulation à Québec ».On y apprend aussi que l\u2019affaire Dussault-Turgeon, maintenant tombée dans l\u2019oubli, était « la grosse nouvelle du jour ».Curieusement, la nouvelle du jour était plutôt placée en bas de page à l\u2019époque\u2026 Présentation austère peut- être, mais les textes n\u2019étaient pas dénués d\u2019humour.Ainsi, le journaliste Jules Fournier rendait hommage à son encrier dans son premier billet.Et pour parler des élections municipales à Québec, la rubrique La vie québécoise mentionnait d\u2019emblée que « les gens de Montréal disent volontiers que nous sommes une ville paisible : ils disent même : endormie » ! C ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 Le point de bascule l y a cinq ans, le 7 janvier 2015, la France et le monde vécurent un événement inouï dont on peine encore aujourd\u2019hui à saisir toutes les conséquences.Vers 11 h 30 du matin, deux djihadistes cagoulés firent irruption dans la rédaction de Charlie Hebdo pour assassiner froidement à la ka- lachnikov douze personnes, dont quelques-uns des bédéistes français qui avaient bercé la jeunesse de plusieurs générations de francophones.Pour boucler la boucle de l\u2019horreur, ces assassinats commis pour venger le blasphème contre Mahomet seront suivis d\u2019une prise d\u2019otages qui coûtera la vie à quatre personnes coupables du seul crime d\u2019avoir été juives.« Ce jour-là, ils ont gagné.Ils ont marqué un point.[\u2026] Quand cela s\u2019ar- rêtera-t-il ?» demandait Zineb El Rha- zoui dans l\u2019excellent documentaire de Vincent Coen et Guillaume Vanden- berghe fort justement intitulé Rien n\u2019est pardonné.La journaliste de Charlie qui a miraculeusement échappé à l\u2019attentat et vit depuis sous protection policière ne croyait pas si bien dire.Après avoir tenté d\u2019assassiner la liberté de penser, on s\u2019en prit, lors des massacres du Bataclan, au mode de vie français, celui de la liberté des couples, de la séduction et de la douceur de vivre des terrasses.Rappelons que, pas plus tard que la semaine dernière, deux attaques au couteau ont été commises par des islamistes à Villejuif et à Metz.Dans la première, l\u2019assassin poussa l\u2019abjection jusqu\u2019à vérifier avant de les poignarder si ses victimes n\u2019étaient pas musulmanes en leur demandant de réciter un extrait du Coran.Dans cette société que l\u2019on prétend outrageusement machiste, un homme est mort courageusement en servant de bouclier humain à sa femme.À l\u2019aube de la nouvelle année, cela s\u2019est passé dans l\u2019indifférence générale de la presse internationale.Il y a des moments où l\u2019histoire chavire.Plus le temps passe, plus le massacre de Charlie Hebdo apparaît comme ce point de bascule où nous sommes passés dans un autre monde.Celui d\u2019un nouvel ordre moral, où la liberté de parole a subi un recul incalculable.Sauf que les libres penseurs d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019ont plus un, mais deux fusils sur la tempe.Les forces de l\u2019islamisme meurtrier s\u2019alliant à celles de la nouvelle majorité morale américaine font de plus en plus régner un régime de terreur dans le domaine de la pensée.« C\u2019est paradoxalement quand ce CHRISTIAN RIOUX I LISA-MARIE GERVAIS ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR La soirée de jeudi a été une soirée de recueillement pour la communauté iranienne du Canada qui s\u2019est rassemblée un peu partout au pays à la mémoire des 176 victimes de l\u2019écrasement d\u2019avion survenu la veille, à Téhéran.Derrière le calme affiché, de la colère grondait à l\u2019encontre du régime iranien, dont l\u2019un des missiles a touché l\u2019appareil, selon Ottawa.À Montréal, devant un pavillon de l\u2019Université Concordia, des centaines de personnes sont venues allumer une chandelle à la mémoire des disparus.La cérémonie empreinte d\u2019émotion, pendant laquelle la foule a entonné un chant très doux en farsi, a provoqué de nombreuses larmes.« Nous sommes venus, car nous avons perdu un ami, un compatriote », souligne Ata (qui préfère taire son nom de famille par peur de représailles) en parlant de Siavash Ghafouri Azar, le nouveau marié décédé dans l\u2019écrasement.« Ces jours-ci, nous nous préoccupons beaucoup de notre peuple en Iran.Nous attendons des nouvelles, mais ce sont toujours de mauvaises nouvelles.» « Maintenant, les Iraniens comprennent ce que leur propre régime fait subir à son peuple, poursuit le trentenaire établi au Québec depuis huit ans.L\u2019ennemi est à l\u2019intérieur du pays, peu importe l\u2019identité du président américain.» « Le Canada et son premier ministre accordent plus d\u2019attention au peuple iranien que le propre régime de celui- ci », ajoute Brat, lui aussi un ami de M.Ghafouri Azar.D\u2019autres veillées aux chandelles ont eu lieu, notamment sur la colline du Parlement à Ottawa, dans le nord de Toronto et à Halifax.Comme d\u2019autres membres de la diaspora iranienne rencontrés à la vigile de l\u2019Université Concordia, Narges Abed attend beaucoup d\u2019une éventuelle implication canadienne dans l\u2019enquête sur l\u2019écrasement.« En tant que Canado-Iranienne, je veux savoir ce qui s\u2019est passé, dit-elle, les larmes aux yeux.J\u2019espère de tout cœur que le Canada va envoyer des enquêteurs.C\u2019est très difficile pour la communauté parce que les victimes étaient si proches de nous.» « Je suis à peu près certain que ce ne sera pas l\u2019Iran qui révélera la vérité dans cette affaire, lance pour sa part Amir Sadra.Si un jour, on en vient à connaître le fond des choses, ce sera grâce à un autre pays.» Ce jeune homme déplore que son pays d\u2019origine n\u2019ait pas le courage de se tenir debout et de reconnaître ses erreurs.Au centre de la petite place, des lampions brûlent, éclairant les photos des victimes canadiennes.Des dattes et ÉCRASEMENT « Les victimes étaient si proches de nous » À Montréal, des centaines de personnes rendent hommage aux passagers du vol PS752 abattu en plein vol À Montréal, devant un pavillon de l\u2019Université Concordia, des centaines de personnes sont venues allumer une chandelle à la mémoire des victimes.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR des fleurs ont également été déposées.Du thé est servi dans le hall d\u2019entrée du pavillon universitaire où certains se réchauffent.La réponse de Trudeau trop timide ?En contraste aux espoirs placés dans le gouvernement canadien par les personnes rencontrées par Le Devoir, l\u2019ancienne candidate néodémocrate Nimâ Machouf croit plutôt que le premier ministre, Justin Trudeau, ne s\u2019est pas montré assez ferme à l\u2019endroit de Téhéran.« Il a bien commencé, mais il marchait trop sur des œufs.Il peut faire un peu plus.Sa réaction a été timide », a-t-elle déploré en entrevue, jeudi après-midi.Cette membre active de la communauté iranienne devait rejoindre en soirée une autre veillée, à l\u2019École de technologie supérieure de Montréal.« M.Trudeau a raison de dire que [le Canada] n\u2019a pas le gros bout du bâton, mais de là à seulement dire qu\u2019il est ouvert à la discussion\u2026 Il faut qu\u2019il joue un rôle beaucoup plus proactif et qu\u2019il montre au monde qu\u2019il a une politique indépendante de celle des États- Unis », a soutenu Mme Machouf.Bijan Jalali, un Irano-Montréalais qui travaille au sein d\u2019une entreprise en informatique, était très ému en évoquant toutes ces vies perdues dans le tragique accident.«Ce gouvernement est le boucher de son propre peuple!» a-t-il lancé jeudi après-midi, ne mâchant pas ses mots.«Les gens du régime sont fous.Ils ne respectent pas les droits humains.» Selon lui, le gouvernement iranien était déjà sur ses gardes après avoir attaqué une base d\u2019Américains à Bagdad et pourrait très bien avoir réagi trop vite, en descendant l\u2019appareil d\u2019Ukraine international Airlines par erreur.«Le gouvernement a paniqué et il a descendu son propre avion », s\u2019indigne-t-il.Une communauté divisée Si Toronto est l\u2019hôte de la plus grande communauté perse au pays, environ 40 000 personnes d\u2019origine iranienne vivraient à Montréal.Des juifs, des musulmans, des athées, des antirégime et très peu de prorégime, selon M.Jalali.« Beaucoup de gens souhaitent que le régime iranien tombe, mais n\u2019osent pas le dire, par crainte de représailles.» Toutefois, sans approuver le régime et ses entorses aux droits de la personne, d\u2019autres soutiennent sa fronde à l\u2019endroit des États-Unis.Amir Naimi, qui a co-organisé la manifestation montréalaise de dimanche dernier visant à condamner l\u2019assassinat du général Qassem Soleimani par les Américains, croit que l\u2019Iran ne faisait qu\u2019envoyer un « message très clair » aux États-Unis, qui devront tôt ou tard comprendre qu\u2019ils doivent mettre fin à leur présence militaire au Moyen-Orient.« Je ne soutiens par le gouvernement iranien sur les questions de droits humains, mais en termes de politique étrangère, celui-ci a toujours été très clair sur ce qu\u2019il voulait », a dit M.Naimi, qui co-organise une autre manifestation pour la paix le 25 janvier prochain.Nimâ Machouf fait remarquer qu\u2019au final, c\u2019est toujours le peuple iranien qui écope.« Les gens sont en deuil depuis plusieurs mois et ne peuvent même pas enterrer leurs morts parce que le gouvernement ne les laisse pas », dit-elle, déplorant l\u2019énorme répression de l\u2019Iran sur le soulèvement de ses habitants.« Quand le général Soleimani est mort, le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours.Là, on a 176 passagers morts d\u2019un seul coup, et il n\u2019y a pas un drapeau en berne ni une école de fermée.» droit [à la liberté d\u2019opinion] est consacré, après des siècles, voire des millénaires, de combats, que les hommes, comme s\u2019ils s\u2019affolaient de la liberté conquise, refusent de quitter leurs cages et réclament de nouvelles laisses », écrit l\u2019avocat Richard Malka dans le numéro anniversaire de Charlie Hebdo publié cette semaine.Au- jourd\u2019hui, « notre nouvelle bourgeoisie néovertueuse demanderait la peau de Voltaire », conclut-il.Qui aurait à nouveau le culot de caricaturer Mahomet en cette époque où Sleeping Giants, ce collectif de militants américains sur Internet qui dit combattre la haine, fait campagne en France pour que les annonceurs retirent leurs publicités des médias qui ne pensent pas comme eux ?La liste des censures ne cesse de s\u2019allonger : annulation de conférences, de pièces de théâtre, disparition des caricatures dans la presse, boycottage de films et d\u2019expositions, police du langage ; sans compter la pire de toutes les censures, celle qui ne laisse pas de trace : l\u2019autocensure.Certes, tous ceux qui se hasardent à penser librement ne risquent pas la décapitation comme les dessinateurs de Charlie Hebdo.Mais ils n\u2019en risquent pas moins parfois la mise au ban de la société, la mort sociale et l\u2019opprobre moral.Le Québec est loin d\u2019être épargné par cette déferlante.Dans quel pays démocratique poursuit-on devant les tribunaux un écrivain pour avoir décrit dans un roman une scène d\u2019inceste ?Dix lignes dans un roman de 270 pages ! Il suffit de connaître un peu le monde de l\u2019édition pour savoir que la franche liberté qui y régnait il n\u2019y a pas si longtemps s\u2019évapore dès lors qu\u2019il est question d\u2019un sujet délicat concernant les minorités ethniques, religieuses ou sexuelles.À quand les sensitivity readers qui aux États-Unis relisent les œuvres afin d\u2019aider les éditeurs à formater des romans qui ne heurtent aucune sensibilité ?Parce qu\u2019elle est le seul lieu de toutes les libertés, la littérature sera toujours la cible des ligues de vertu.À une autre époque, on classait les livres sulfureux dans une section spéciale appelée l\u2019« enfer » à laquelle on n\u2019accédait que sur autorisation.Mais dans le monde austère de la rectitude politique, il n\u2019y a plus d\u2019enfer.Comme si le paradis devenu obligatoire n\u2019était pas qu\u2019une autre version du totalitarisme.Le danger avec ces dénonciations tous azimuts, « c\u2019est la disparition de la conversation publique », disait Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.Pas besoin d\u2019être grand clerc pour constater qu\u2019avec les « meutes numériques » que favorise Internet cette « conversation » se porte mal.Sa préservation exige la vigilance de tous.Comme disait le dessinateur Charb tombé sous les balles des islamistes : « J\u2019ai moins peur des extrémistes religieux que des laïques qui se taisent.» LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 BOURSES DE STAGE Ce programme de bourses en journalisme vise les étudiants et étudiantes des quatre facultés de l\u2019Université Concordia et permettra à la personne sélectionnée de réaliser un stage de huit (8) semaines au sein de l\u2019équipe du Devoir.La personne retenue sera encadrée par un directeur de stage et pourra ainsi développer des aptitudes au travail journalistique dans une véritable salle de rédaction.Elle sera entre autres appelée à expérimenter différents formats journalistiques, à participer aux différentes réunions et activités qui rythment la production quotidienne d\u2019information, à prendre part aux affectations sur le terrain et à produire du contenu qui apparaîtra sur les différentes plateformes du Devoir.L\u2019appel de candidatures se termine le 28 février à 23 h 59.Pour plus d\u2019information sur le programme et les conditions d\u2019admissibilité, rendez-vous à ledevoir.com/bourse-stage-concordia L\u2019Université Concordia et Le Devoir sont ?ers de présenter la toute première édition du programme de bourses en journalisme Concordia-Le Devoir ! JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Au moins 4 milliards : c\u2019est le coût des effets de la maltraitance des enfants au Québec avancé par Marie-Hélène Gagné, vice-doyenne à la recherche de l\u2019École de psychologie de l\u2019Université Laval.À l\u2019occasion de son témoignage entendu par la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Mme Gagné a fait valoir que « derrière ce chiffre, bien sûr, il y a la souffrance », laissant entendre que cela ne peut pas être chiffré.Continuer de ne pas en faire assez du côté de la prévention pour se sortir de cette spirale coûte une fortune au Québec, affirme-t-elle.Et « si on pense qu\u2019on peut faire quelque chose d\u2019efficace [pour nos enfants] sans investir d\u2019argent », passons à autre chose, dit- elle, en soulignant qu\u2019une volonté d\u2019investir dans les services fait cruellement défaut depuis plusieurs années.Pour en sortir, il faut renforcer, dit la vice-doyenne, les soutiens financiers aux familles, par exemple du côté de l\u2019aide sociale, du logement, sans oublier des mesures fiscales appropriées.Mme Gagné considère en outre qu\u2019il importe de voir à offrir des services de garde et des programmes d\u2019éducation préscolaire de qualité, en s\u2019assurant que ces services sont disponibles pour tous, puisqu\u2019ils constituent un maillon de prévention important.Titulaire d\u2019une chaire de recherche vouée à l\u2019évaluation des actions publiques à l\u2019égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ), Martin Goyette évoque pour sa part, devant la commission présidée par Ré- gine Laurent, la nécessité d\u2019envisager le développement des enfants dans de plus petites structures, plus à même d\u2019avoir des effets positifs sur des enfants qui ont été malmenés.COMMISSION LAURENT Prévenir coûterait moins cher que guérir Une experte évalue le coût de la maltraitance des enfants à 4 milliards pour la société Pour une éducation gratuite Une des façons de changer la donne pour ces jeunes institutionnalisés, indique Martin Goyette en entrevue au Devoir, serait de leur offrir un meilleur soutien financier aux études, voire d\u2019abolir les droits de scolarité, dans leur intérêt comme dans celui de toute la société.Ces jeunes sont «confrontés au fait qu\u2019ils n\u2019auront pas d\u2019argent de leur milieu familial» pour étudier.Or «chaque année de maintien aux études conduit pour eux à des gains de 8%», dit le professeur Goyette.« Le soutien financier aux études est un élément clé pour la poursuite des études, sans négliger les autres aspects», dont un logement accessible.Nadia Desbiens, professeure en psychopédagogie et en andragogie de l\u2019Université de Montréal, affirme que «l\u2019école est la meilleure chance que ces enfants peuvent avoir».Pourtant, on se préoccupe peu de leur éducation.Sa collègue Élodie Marion en veut pour preuve des entretiens qu\u2019elle a conduits où on lui a répété, au sujet de ces enfants institutionnalisés, que « l\u2019éducation pour eux était secondaire».À l\u2019école, les spécialistes consacrent l\u2019essentiel de leur temps à l\u2019évaluation des enfants, tandis que « les enseignants ne reçoivent pas d\u2019aide » ou presque de ces mêmes professionnels, puisque ceux-ci ne sont pas assez nombreux pour répondre aux besoins, explique Mme Marion en entrevue au Devoir.Varda Mann-Feder, professeure à l\u2019Université Concordia, spécialiste du système d\u2019institutionnalisation des jeunes, a souligné qu\u2019en Amérique du Nord, le Québec est un des endroits où l\u2019on confie le plus d\u2019enfants aux services sociaux.Mais c\u2019est aussi un des endroits où on offre le moins de services de soutien à ces mêmes jeunes au moment où ils parviennent à l\u2019âge adulte.Dans plusieurs autres structures étatiques, a-t-elle noté, le soutien se maintient au-delà de 18 ans, parfois au-delà de 25 ans, ce qui tend à réduire les problèmes sociaux.À l\u2019école, les jeunes dans des situations de placement se trouvent largement défavorisés en société, soutient Martin Goyette, de l\u2019ENAP.Alors que 72 % des jeunes sont en âge d\u2019être en cinquième secondaire dans la société, ce sont seulement 17 % qui sont pris en charge par les services sociaux qui s\u2019y trouvent effectivement.Depuis 2015, regrette la vice-doyenne Marie-Hélène Gagné, on a supprimé du Programme national de santé publique québécois la référence à la nécessité de réduire « l\u2019incidence des abus, violences et négligences envers les enfants, accompagnée de cibles précises ».Professeure à l\u2019École de travail social et de criminologie de l\u2019Université Laval, Marie-Christine St-Jacques a livré une analyse dévastatrice quant au manque de formation spécialisée au Québec en matière de maltraitance.« On n\u2019a pas réussi à entrer ça dans les programmes universitaires », dit-elle.Au lieu de continuer à dépenser des fortunes pour assumer les effets consécutifs à cette mauvaise gestion de la maltraitance au Québec, la vice- doyenne Marie-Hélène Gagné a suggéré de vite investir dans le système québécois afin de se doter de moyens de renverser la vapeur.Des témoins ont fait valoir l\u2019importance d\u2019aider les jeunes à poursuivre leurs études.DAVID AFRIAT LE DEVOIR LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019humoriste Guy Nantel est le plus sérieux du monde.Il a effectué des démarches auprès de militants péquistes au cours des dernières semaines pour l\u2019aider à faire un choix : doit-il ou non tenter sa chance pour devenir le prochain chef du Parti québécois (PQ) ?Il cherche notamment à savoir s\u2019il pourrait conjuguer sa tournée de spectacle avec le calendrier de la course à la direction.L\u2019un de ces militants est Christian Généreux, le président de l\u2019association de circonscription de Sainte-Ma- rie\u2014Saint-Jacques.Il a lancé un groupe Facebook, à titre personnel, en appui à la candidature de Guy Nantel.Ce groupe compte aujourd\u2019hui quelque 600 membres.« On s\u2019est parlé à quelques occasions, a-t-il révélé en entrevue au Devoir.Je lui ai parlé un petit peu de comment ça marche à l\u2019interne du Parti québécois.» Les deux hommes se sont aussi rencontrés pour discuter de pistes de réflexion comme les implications d\u2019être chef d\u2019un parti politique, de se faire POLITIQUE Guy Nantel peaufine sa candidature L\u2019humoriste veut savoir s\u2019il peut conjuguer sa tournée de spectacles avec la course à la direction du Parti québécois élire comme député et l\u2019incidence que ces nouveaux rôles pourraient avoir sur son mode de vie.Connu pour son humour à saveur politique et sociale, Guy Nantel a également publié un livre documenté, en 2017, qui porte sur l\u2019indépendance du Québec et son histoire.Dans cet ouvrage intitulé Je me souviens\u2026 de rien, il plaide pour la souveraineté.C\u2019est l\u2019un des facteurs qui rendent sa candidature intéressante, selon Christian Généreux.« Premièrement, c\u2019est un citoyen engagé, a-t-il remarqué.Il est intelligent, il connaît très bien son histoire du Québec.Il a aussi la faculté de bien communiquer l\u2019information, il n\u2019a pas la langue de bois \u2014 que je trouve rafraîchissant \u2014 et il ne connaît pas le monde politique à l\u2019interne, donc la politicail- lerie, il n\u2019est pas là pour ça.» D\u2019autant plus que sa notoriété pourrait attirer l\u2019attention sur le parti au- jourd\u2019hui relégué au statut de troisième groupe d\u2019opposition.Or, l\u2019humoriste pourrait avoir de la difficulté à conjuguer une campagne à la direction et son calendrier de tournée qui est rempli jusqu\u2019au 20 juin.Le choix du prochain chef du PQ doit avoir lieu le 19 juin, selon la proposition de règlement récemment présentée par l\u2019exécutif national.La date doit être approuvée le 1er février par une conférence de coordination formée des membres de l\u2019exécutif, des 9 membres du comité national des jeunes et des 18 présidents de région.« C\u2019est sûr et certain qu\u2019il y aurait une gymnastique d\u2019horaire à faire, a reconnu M.Généreux.Donc, ça aussi, c\u2019est une autre affaire à réfléchir.Quand on regarde le calendrier, est-ce que c\u2019est faisable, est-ce que c\u2019est possible ?» Questions inusitées Sa candidature soulèverait d\u2019autres questions inusitées, selon l\u2019ancien président du PQ, Raymond Archambault, qui avait agi à titre de président d\u2019élection lors de la dernière course à la direction péquiste en 2016.« Toutes les activités d\u2019un candidat pendant une course à la direction sont considérées comme des dépenses de campagne, a-t-il expliqué.Alors, s\u2019il donne un spectacle pendant la campagne à la direction du parti, est-ce que c\u2019est considéré comme une dépense ?Combien ça vaut un spectacle ?Est-ce que la publicité du spectacle en elle- même est considérée comme une dépense d\u2019élection ou non ?Ça, c\u2019est au parti à déterminer ça.» Il estime toutefois que la candidature de l\u2019humoriste « mettrait du piquant » dans la course.« C\u2019est plus qu\u2019un clown, a-t-il dit.C\u2019est quelqu\u2019un qui a une réflexion politique et aussi qui dans ses entrevues avec les chefs de parti lors de la dernière campagne électorale savait poser les bonnes questions et savait répondre aux questions que pouvaient lui poser les candidats.» M.Nantel avait notamment réalisé l\u2019un de ses fameux vox pop avec François Legault.L\u2019humoriste n\u2019a pas accordé d\u2019entrevue au Devoir.Il a toutefois abordé la question d\u2019une éventuelle entrée en politique, lundi, au micro de Sophie Durocher sur QUB Radio.« J\u2019ai eu beaucoup d\u2019intérêt de personnes qui sont impliquées de très près ou de moins près \u2014 mais quand même d\u2019assez proche \u2014 dans différents départements de la \u201cbusiness\u201d souverai- niste, voire PQ, a-t-il affirmé en ajoutant avoir trouvé le tout flatteur.Et puis, il y a toute la conjoncture de ma tournée qui se termine et je me dis que ça adonne bien aussi [\u2026].» Il attend toutefois de connaître les règles finales avant de faire son choix.MARCO BÉLAIR-CIRINO MYLÈNE CRÊTE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019ancienne vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau ne veut plus aller jusqu\u2019au bout de son procès puisque celui-ci ne pourra s\u2019amorcer avant la fin de l\u2019année 2020.Elle a déposé une requête en arrêt des procédures en vertu de l\u2019arrêt Jordan.Ses coaccusés l\u2019imiteront lundi.« Trois ans, neuf mois et vingt-sept jours se sont écoulés depuis mon arrestation», souligne-t-elle à gros traits dans une déclaration envoyée aux médias jeudi.« Tout au long de ces 1390 journées, je porte le poids insoutenable des accusations déposées, et mon procès se déroule sur la place publique alors qu\u2019il devait se tenir dans une salle de cour.» L\u2019ancienne élue affirme se trouver dans « une situation personnelle et professionnelle intenable ».« À 51 ans, je dois gagner ma vie », souligne Mme Normandeau, qui a animé à la radio durant quelques années après sa carrière politique.Il s\u2019agit d\u2019un rebondissement important dans l\u2019« affaire Normandeau », car l\u2019ex-ministre a toujours répété avoir « voulu un procès » afin de laver sa réputation au moyen d\u2019un verdict de non-culpabilité de la cour.Mais, l\u2019annonce du juge André Perreault selon laquelle le procès ne pourra vraisemblablement se mettre en branle avant la fin de l\u2019année 2020 a été la goutte qui a fait déborder le vase.« Ma décision de déposer une requête en arrêt des procédures en vertu de l\u2019arrêt Jordan n\u2019est pas celle que je voulais.[\u2026] Je n\u2019ai rien à cacher.J\u2019ai toujours clamé mon innocence.J\u2019ai toujours voulu un procès.Les délais que je subis sont cruels et inhumains.Le périple judiciaire dans lequel j\u2019ai été happée me place dans une situation personnelle et professionnelle intenable », écrit- elle jeudi.Demande d\u2019un procès séparé L\u2019ex-députée fait valoir dans sa déclaration qu\u2019elle a demandé un procès séparé de ses coaccusés, ce à quoi la Couronne s\u2019est opposée.Mme Normandeau, l\u2019ex-collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté et leurs coaccusés Mario W.Martel, France Michaud, Bruno Lortie et François Roussy ont été arrêtés le 17 mars 2016 par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) au terme des enquêtes Joug et Lierre.Ils font aujourd\u2019hui face à des accusations d\u2019abus de confiance, de fraude envers le gouvernement, de souscription de la part d\u2019entrepreneurs à une JUSTICE Nathalie Normandeau veut un arrêt des procédures caisse électorale et d\u2019actes de corruption dans les affaires municipales.L\u2019avocat de M.Côté a l\u2019intention de soumettre une requête d\u2019arrêt des procédures lorsque celle de Mme Norman- deau sera entendue par le tribunal lundi.Les avocats des autres coaccusés étaient, eux aussi en train de préparer leurs requêtes jeudi, selon Me Olivier Desjardins.« Depuis près de quatre ans, j\u2019offre ma collaboration au système de justice afin d\u2019accélérer les délais pour la tenue de mon procès juste et équitable », fait- elle remarquer.Mme Normandeau note également qu\u2019elle a renoncé « à entendre la journaliste Marie-Maude Denis » pour connaître ses sources confidentielles au sein de l\u2019UPAC.Des démarches judiciaires en ce sens entreprises par Marc-Yvan Côté ont longuement retardé leur procès à Québec.La Cour suprême avait cassé l\u2019assignation à témoigner de la journaliste émise par un tribunal inférieur, avant de renvoyer l\u2019affaire en Cour du Québec pour l\u2019analyse d\u2019une nouvelle preuve.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des facteurs qui repoussent le procès de Mme Normandeau et de ses coaccusés à la fin de l\u2019année.Accusations abandonnées Entre-temps, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait abandonné en août la moitié des accusations qui pesaient contre Nathalie Normandeau, soit des chefs d\u2019accusation de fraude, de corruption et de complot après que son avocat lui eut transmis de nouveaux éléments de preuve.Il s\u2019agissait de documents publics sur les politiques du gouvernement que les policiers de l\u2019UPAC n\u2019auraient pas cherché à obtenir dans le cadre de leur enquête et qui justifiaient entièrement la conduite de la députée, avait alors affirmé son avocat.« Malgré cela, l\u2019honorable juge André Perreault a affirmé qu\u2019un procès ne pourra, selon toute vraisemblance, se tenir avant la fin de l\u2019année 2020 », a-t- elle déploré.Mme Normandeau critique également le fait qu\u2019elle n\u2019a pas eu droit à une enquête préliminaire qui lui aurait permis de connaître la preuve amassée contre elle avant le début du procès en raison du choix du DPCP « de déposer un acte d\u2019accusation direct », ce qui « a contribué à prolonger les délais ».L\u2019arrêt Jordan rendu par la Cour suprême en 2016 fixe le délai pour les procès criminels à 18 mois en Cour du Québec, et à 30 mois en Cour supérieure.Marc-Yvan Côté et les autres coaccusés avaient déposé une requête en arrêt des procédures en 2017 qui avait alors été rejetée par le tribunal.Le monastère des Moniales-Dominicaines-de-Berthierville est le premier établissement fondé par cette communauté au Québec et au Canada.PHOTO LE DEVOIR LA PRESSE CANADIENNE À QUÉBEC La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a confirmé jeudi le classement du monastère des Moniales-Dominicaines-de-Ber- thierville, dans la région de Lanaudière, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.En avril dernier, la ministre avait demandé un avis d\u2019intention de classement aux experts du Conseil du patrimoine du Québec, ce qui a assuré à l\u2019édifice une protection pour au moins la durée de l\u2019examen.Le propriétaire des lieux, André Saint-Martin, avait indiqué qu\u2019il détenait un permis de démolition de la Ville de Berthierville et de la MRC d\u2019Autray.Il avait toutefois assuré qu\u2019il se soumettrait à l\u2019ordonnance.Jeudi, la ministre Roy rappelle que l\u2019avis de classement oblige le propriétaire à lui demander l\u2019autorisation avant d\u2019effectuer certaines interventions sur les bâtiments et le terrain.Toutefois, le PATRIMOINE Québec décide de protéger le monastère de Berthierville Un projet résidentiel devait remplacer l\u2019édifice érigé en 1933 propriétaire bénéficie dorénavant d\u2019un accompagnement du ministère et d\u2019une aide financière pouvant atteindre 40 % du coût des travaux de restauration.Nathalie Roy qualifie ce monastère de bien patrimonial dont l\u2019authenticité a été préservée de manière remarquable et, à son avis, il fait partie de l\u2019histoire de Berthierville.Elle se réjouit que, grâce à l\u2019avis de classement, il demeurera partie intégrante du paysage de cette région.Le monastère des Moniales-Domini- caines-de-Berthierville est le premier établissement fondé par cette communauté au Québec et au Canada.Il a été érigé à partir de 1933 selon les plans de l\u2019architecte Joseph-Albert LaRue.La ministre fait observer que l\u2019immeuble est un des rares monastères de religieuses contemplatives subsistants et construits au XXe siècle hors des grands centres urbains.André Saint-Martin avait fait savoir au printemps qu\u2019il avait acheté le monastère dans l\u2019unique but de le démolir à la faveur d\u2019un projet résidentiel.La ministre Nathalie Roy qualifie ce monastère de bien patrimonial dont l\u2019authenticité a été préservée de manière remarquable et, à son avis, il fait partie de l\u2019histoire de Berthier- ville.Il a la faculté de bien communiquer l\u2019information, il n\u2019a pas la langue de bois \u2014 que je trouve rafraîchissant \u2014 et il ne connaît pas le monde politique à l\u2019interne, donc la politicail- lerie, il n\u2019est pas là pour ça CHRISTIAN GÉNÉREUX » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Présentations- Conférences circuits saisons 2020 Présentées par des Spécialistes Hôtel Ruby Foo`s , 7655 Blv Décarie Salle Shanghaï A Salle Shanghaï B Permis du Québec Dimanche 12 janvier , r i MARTINE PAUWELS À LONDRES AGENCE FRANCE-PRESSE Souveraine d\u2019un Royaume-Uni abasourdi par la décision du prince Harry et de son épouse Meghan de se mettre en retrait de la monarchie, la reine Élisabeth II a pressé les équipes royales de trouver rapidement une solution.Le choc est tel qu\u2019il a relégué au second plan le vote historique des députés britanniques, qui ont donné leur feu vert à la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne après trois ans et demi de déchirements.Plutôt que le Brexit, c\u2019est le « Megxit » qui dominait dans les médias au lendemain de l\u2019annonce qui a pris tout le monde de court, jusqu\u2019à la reine Élisabeth II, 93 ans, grand-mère de Harry, et le prince héritier Charles.Le couple veut obtenir son indépendance financière et s\u2019installer une partie de l\u2019année en Amérique du Nord, après s\u2019être épanché sur ses difficultés à vivre la pression médiatique.Difficile à avaler pour la famille royale, qui estime la situation « compliquée ».Elle espérait pouvoir entamer 2020 sous de meilleurs auspices après le retrait l\u2019an dernier du prince Andrew de toutes ses obligations publiques en raison de ses liens avec le pédophile américain Jeffrey Epstein.Selon des médias britanniques citant une source au palais de Buckingham, les équipes de la reine, de son fils Charles et des fils de ce dernier, William et Harry, ont pour instruction de travailler « à un rythme soutenu » pour trouver des « solutions ».Une issue est attendue « dans quelques jours, pas semaines », leur a rapporté cette source.« Malheureux et stressés » En écho aux fissures lézardant la monarchie, Madame Tussaud\u2019s, le célèbre musée londonien de personnages en cire, a éloigné Harry et Meghan des autres statues représentant le noyau dur de la famille royale.Pour l\u2019expert de la famille royale Richard Fitzwilliams, interrogé par l\u2019AFP, Harry et Meghan ont choisi de « partir comme des rebelles », ce qui souligne « à quel point ils sont malheureux et stressés ».Plus sévère, la presse étrille le couple princier, évoque la « profonde déception » de la souveraine et va jusqu\u2019à établir une comparaison avec la fracassante abdication, en 1936, du roi Édouard VIII pour épouser Wallis Simpson, une Américaine divorcée \u2014 comme Meghan.Surtout, leur volonté d\u2019indépendance financière est perçue comme hypocrite.La dotation royale, à laquelle Harry, 35 ans, et Meghan, 38 ans, entendent renoncer, ne représente que 5 % de leurs dépenses officielles, le reste étant financé par les revenus privés du prince Charles, père de Harry et héritier du trône.Millionnaires, ils ont aussi dit vouloir garder l\u2019usage du cottage de Frogmore, ROYAUME-UNI La presse anglaise étrille Harry et Meghan Le désir d\u2019indépendance financière du couple princier est perçu comme hypocrite sur les terres du château de Windsor, rénové à hauteur de 2,4 millions de livres aux frais des contribuables, et bénéficier d\u2019une prise en charge par l\u2019État de leur sécurité.Sans renoncer à leurs titres.« Ils veulent vraiment le beurre et l\u2019argent du beurre », a jugé Graham Smith, patron des « Républicains », le mouvement britannique anti-monarchie.L\u2019annonce explosive a été faite au moment où Harry et Meghan venaient de rentrer d\u2019un séjour de plusieurs semaines au Canada avec leur fils Archie, né en mai 2019, un an après leur mariage fastueux.Ils s\u2019étaient juste auparavant ouverts dans un documentaire, en octobre, sur leurs difficultés face à l\u2019exposition médiatique, s\u2019attirant des critiques acerbes de la presse pour s\u2019être épanchés de la sorte lors d\u2019un voyage en Afrique.Cette crise pourrait écorner l\u2019image de la famille royale, pour laquelle Meghan avait d\u2019abord été considérée comme un souffle de fraîcheur par les tabloïds, qui se sont ensuite retournés contre elle, dénonçant dans des articles au vitriol son comportement prétendu capricieux.« Je pense qu\u2019ils vont se mettre beaucoup de monde à dos.Et cela va bouleverser la famille », estime Paul Brown, un passant interrogé devant le palais de Buckingham.Face à ces critiques, Harry a déposé en octobre une plainte contre des tabloïds.Il a dit craindre que sa femme ne subisse le même sort que feu sa mère Diana.RENAUD BOUVIER DAVID ARRODE À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE FRANCE Grandes manifestations à travers le pays contre la réforme des retraites Depuis le 5 décembre, le mouvement de protestation perturbe principalement la circulation des trains en France et les transports publics en région parisienne, entraînant d\u2019innombrables difficultés pour les usagers.Cette grève atteint déjà une durée inégalée en France, dépassant le précé- dent record de 28 jours consécutifs, établi en 1986-1987.Au sein de la compagnie ferroviaire SNCF, le conflit est le plus long depuis sa création en 1938.Rejet par les syndicats La CGT, Force ouvrière et d\u2019autres organisations syndicales, rassemblées en intersyndicale, réclament le retrait du projet avant toute discussion.La CFDT, syndicat réformiste qui soutient le principe général de la réforme, est fermement opposée à l\u2019âge pivot et le système de décote / surcote qu\u2019il induit.«Pour la CFDT, c\u2019est non, c\u2019est clair», a réaffirmé Laurent Berger, le secrétaire général du premier syndicat français, à l\u2019AFP.En début de semaine, le premier ministre, Édouard Philippe, lui avait tendu la main en proposant une « conférence de financement », suggérée par le leader syndicaliste.Il a invité les partenaires sociaux vendredi pour en parler, au lendemain de cette nouvelle journée de mobilisation.Des concessions ont également été faites par l\u2019exécutif à plusieurs corps de métier, comme les policiers, les danseurs de l\u2019Opéra, les marins, les pilotes de ligne\u2026 Le trafic sera encore perturbé vendredi, avec 60 % des trains régionaux et 4 trains à grande vitesse sur 5 en circulation, selon la SNCF.Les grèves se poursuivent également dans d\u2019autres secteurs, notamment chez les avocats ou dans les raffineries, ainsi que dans l\u2019Éducation nationale, et la tour Eiffel était à nouveau fermée.Le gouvernement n\u2019entend pas modifier le cours de son projet de loi.Il doit être présenté en Conseil des ministres le 24 janvier et examiné par l\u2019Assemblée à partir du 17 février.Une manifestante affichait sa colère contre la réforme des retraites, jeudi, à Nantes.Les syndicats affirment que les marches organisées à travers la France ont rassemblé quelque 800 000 personnes.SEBASTIEN SALOM-GOMIS AGENCE FRANCE-PRESSE Une promesse de Tim Hortons mal reçue Du « café gratuit pour la vie » pour Harry et Meghan s\u2019ils déménagent au Canada ?L\u2019offre en forme de clin d\u2019œil au couple princier de la part de Tim Hor- tons a valu une volée de critiques à la célèbre chaîne canadienne.« Pas de pression, Meghan et Harry, mais si vous décidez de déménager au Canada, le café est gratuit pour la vie.Pensez-y », disait le message publié sur Twitter.Une proposition « un peu fort de café » pour bien des usagers du réseau social, qui se sont emparés du message de la chaîne de restauration pour dénoncer ses pratiques à l\u2019égard de ses employés.« Ils ont les moyens d\u2019acheter la compagnie.Vos employés n\u2019ont pas les moyens de se loger.Voyez-vous le problème avec ce tweet?» interrogeait un usager.D\u2019autres ont rappelé qu\u2019un restaurant de Winnipeg avait mis à la porte ses employés plutôt que de leur accorder l\u2019augmentation salariale de 10 cents l\u2019heure qu\u2019ils réclamaient.Des centaines de milliers de personnes sont à nouveau descendues dans la rue jeudi en France pour dénoncer une réforme controversée des retraites lors d\u2019une quatrième journée de mobilisation nationale, marquée par des grèves notamment dans les transports.Entamé il y a plus d\u2019un mois, le bras de fer entre les syndicats contestataires et le gouvernement ne faiblit pas.Selon les syndicats, 800 000 personnes ont manifesté à travers la France, hors Paris.Selon le ministère de l\u2019Intérieur, 452 000 personnes ont manifesté à travers la France jeudi, dont 56 000 à Paris.Dans la capitale, le syndicat CGT, en tête de la contestation, a recensé 370 000 personnes dans la manifestation, organisée au 36e jour de grève.« Retraite par points : tous perdants ! Retraite à 60 ans : tous gagnants ! Macron retire ton plan », proclamait la banderole de tête.Dans le viseur des manifestants également : le gestionnaire d\u2019actifs américain BlackRock, accusé de vouloir profiter de cette réforme et représenté sous la forme de vautours.À Paris, Gilles Boehm, ingénieur retraité de 70 ans, manifeste contre un projet qui va « créer une retraite de base faible, pour que ceux qui ont les moyens aillent capitaliser dans un fonds privé.Ce qui me tue, c\u2019est la violence et la surdité du gouvernement.Macron n\u2019a que 40 ans, mais je n\u2019ai jamais vu un réactionnaire pareil ! », a-t-il commenté.Le système de retraite par points voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux chefs de train de partir plus tôt.La réforme prévoit en outre d\u2019instaurer un « âge pivot », 64 ans, pour inciter financièrement les Français à travailler au-delà de l\u2019âge légal de départ à la retraite (62 ans aujourd\u2019hui).« Pour nous, personnel de santé, à l\u2019hôpital, comme dans les EHPAD [établissements pour personnes âgées], c\u2019est tout à fait impossible de travailler jusqu\u2019à 64 ans », a déclaré à l\u2019AFP Mor- gane Henry, 41 ans, croisée dans le défilé à Lyon.L\u2019exécutif promet un dispositif « plus juste », mais les opposants redoutent un départ plus tardif et des pensions plus basses.Cette réforme est une mesure phare du quinquennat du président Emmanuel Macron.L\u2019exécutif a jusqu\u2019ici affiché sa détermination à la mener à bien.Pour nous, personnel de santé, à l\u2019hôpital, comme dans les [établissements pour personnes âgées], c\u2019est tout à fait impossible de travailler jusqu\u2019à 64 ans MORGANE HENRY » A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 GERMAIN MOYON À LONDRES AGENCE FRANCE-PRESSE Il aura fallu trois ans et demi de crise et de blocages, mais la voie est désormais dégagée pour le grand saut le 31 janvier : les députés britanniques ont enfin donné jeudi leur feu vert au Brexit voulu par Boris Johnson.Ce vote aux conséquences historiques pour le Royaume-Uni a été quelque peu éclipsé dans l\u2019actualité par le choc du « Megxit », la décision de Harry et Meghan de se mettre en retrait de la famille royale.Il n\u2019en constitue pas moins une victoire pour le premier ministre, champion du Brexit, qui va devoir s\u2019atteler dès février, en un temps record, à une négociation difficile sur la nouvelle relation, notamment commerciale, entre Londres et les 27.Après un débat expédié en quelques séances, les députés ont approuvé à 330 voix pour (231 contre) le texte traduisant dans la loi britannique l\u2019accord de 535 pages conclu dans la douleur par Boris Johnson avec l\u2019UE à l\u2019automne.Le texte doit maintenant être validé par la Chambre des lords puis promulgué par la reine, ce qui devrait relever de la formalité.Restera alors au Parlement européen à ratifier le traité.Et le Royaume-Uni ROYAUME-UNI La voie est désormais libre pour le Brexit Trois ans et demi après le référendum, les députés britanniques votent en faveur d\u2019un divorce avec l\u2019Europe IVAN COURONNE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump a présenté jeudi une réforme visant à limiter, voire à supprimer, les études d\u2019impact environnemental préalables aux grands projets d\u2019infrastructures, allant des autoroutes aux oléoducs, une nouvelle salve dans le mouvement de déréglementation qu\u2019il a engagé en 2017.Pour les chantiers qui nécessiteront encore une étude d\u2019impact environnemental, leur contribution aux changements climatiques pourrait ne plus devoir être prise en compte, selon cette proposition qui sera très probablement contestée devant les tribunaux.« Ce n\u2019est que le début », a lancé le président américain depuis la Mai- son-Blanche, affichant sa détermination à s\u2019attaquer au « cauchemar de la réglementation ».En vertu d\u2019une loi promulguée en 1970 par Richard Nixon, le National Environmental Policy Act (NEPA), tout projet de construction majeur aux États-Unis doit être précédé d\u2019une étude d\u2019impact environnemental menée par l\u2019agence fédérale compétente, le Congrès ayant à l\u2019époque voulu encourager « une harmonie productive et plaisante entre l\u2019homme et son environnement ».Mais ces études d\u2019impact durent des années, ce dont les entreprises et Donald Trump se plaignent depuis longtemps.C\u2019est par exemple à cause d\u2019une telle étude que le projet d\u2019oléoduc Keystone XL fut longtemps retardé sous le gouvernement de Barack Obama, qui a fini par le rejeter (Donald Trump a ensuite accordé un permis).L\u2019exécutif ne peut pas changer la loi votée par le Congrès, mais il peut en modifier les règles d\u2019application, et c\u2019est ce qui a été dévoilé jeudi.ÉTATS-UNIS Trump s\u2019attaque au « cauchemar » de la réglementation environnementale Le premier ministre britannique, Boris Johnson, affichait un air satisfait, jeudi, après le vote du Parlement sur le Brexit.UK PARLIAMENT'S PARLIAMENTARY RECORDING UNIT deviendra le 31 janvier à 23 h (heure de Londres) le premier pays à quitter l\u2019Union européenne, après trois reports du Brexit.« Il est temps d\u2019aller de l\u2019avant », a affirmé face aux députés le ministre du Brexit, Steve Barclay.« Ce texte va garantir notre départ de l\u2019Union européenne avec un accord qui donne de la certitude aux entreprises, protège les droits de nos citoyens et assure que nous reprenions le contrôle de notre argent, de nos frontières, de nos lois et de notre politique commerciale », a-t-il ajouté, promettant de commencer « rapidement » les négociations avec l\u2019UE.Chaos politique Quel que soit leur vote en 2016, les Britanniques interrogés jeudi soir par l\u2019AFP semblaient partager la satisfaction, plus ou moins enthousiaste, de voir une page se tourner.« Content que ce soit fini », mais pas que le Brexit arrive, George Gregory, 37 ans, qui travaille dans la vente de mobilier de bureau, estime que « l\u2019indécision » avait trop duré.Deborah Cheney, consultante de 60 ans qui, elle, a voté « Leave », pense qu\u2019il est « plus facile pour nous de prendre notre propre chemin si nous pouvons davantage prendre nos propres décisions ».Le 31 janvier, le Royaume-Uni quittera l\u2019UE après plus de trois ans et demi de chaos politique.Après le référendum de juin 2016, remporté à 52 % par le « Leave », les Britanniques se sont déchirés sur le sujet et leur Parlement a rejeté l\u2019accord négocié par l\u2019ex-pre- mière ministre Theresa May sans proposer d\u2019autre scénario, faisant craindre jusqu\u2019à récemment une sortie brutale ou un renoncement.Cette fois, la majorité écrasante dont dispose Boris Johnson à la Chambre des communes depuis les législatives du 12 décembre laissait peu de place au doute.Mais les défis ne sont pas résolus pour le bouillonnant « BoJo », arrivé au pouvoir en juillet.L\u2019accord de Brexit négocié avec Bruxelles règle dans les grandes lignes le divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en réglant le casse-tête de la frontière irlandaise.Surtout, il vise à garantir un passage en douceur vers une nouvelle relation future qui reste à définir.Il prévoit pour cela une période de transition courant jusqu\u2019à la fin de 2020.Les Britanniques continueront d\u2019appliquer les règles européennes et d\u2019en bénéficier, sans siéger dans les institutions ni avoir leur mot à dire sur les décisions.Ce délai s\u2019annonce très court pour négocier des accords de libre-échange ou de sécurité qui, généralement, prennent des années à mettre en place.Pour Boris Johnson, pas question de prolonger la transition au-delà de 2020.Il l\u2019a redit mercredi à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qu\u2019il a reçue à Londres.Ses services ont laissé cependant entendre qu\u2019il pourrait se contenter d\u2019un accord partiel si aucun compromis global n\u2019était trouvé d\u2019ici à la fin de l\u2019année.La cheffe de l\u2019exécutif européen a, elle, a averti que Bruxelles restera ferme sur ses principes : « Sans concurrence équitable en matière d\u2019environnement, de travail, de fiscalité et d\u2019aides d\u2019État, vous ne pouvez pas avoir un accès de la plus haute qualité au plus grand marché commun du monde.» Washington veut accélérer le développement de projets industriels, comme les routes et les oléoducs, en réduisant les études d\u2019impacts environnementaux.NATI HARNIK ASSOCIATED PRESS Le texte, qui ne s\u2019applique pas immédiatement et est soumis à 60 jours de consultation publique, remonterait la barre de ce qui nécessite une étude environnementale, en excluant les projets financés par le secteur privé et n\u2019ayant pas ou peu de financements publics, comme c\u2019est le cas de nombreux oléoducs.De plus, les agences fédérales devraient dorénavant terminer leurs analyses en deux ans, au lieu de la moyenne actuelle de quatre ans et demi, a dit Mary Neumayr, présidente du Conseil de la qualité environnementale, à la Maison-Blanche.Selon elle, pour les projets autoroutiers, la durée moyenne actuelle est de plus de sept ans et certaines études ont pris plus d\u2019une décennie.« Aujourd\u2019hui, cela peut prendre plus de dix ans juste pour avoir l\u2019autorisation de construire une route toute simple », a dit jeudi le milliardaire républicain.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui les impacts « directs, indirects et cumulatifs » d\u2019un projet doivent être pris en compte, dans le futur le gouvernement veut supprimer les effets cumulatifs.La contribution aux changements climatiques, par définition cumulative, serait alors impossible à étudier, même si la proposition n\u2019exclut pas explicitement la prise en compte des gaz à effet de serre, a argué Mme Neumayr.La définition des effets environnementaux serait réduite à ce qui est « raisonnablement prévisible » et à « un lien causal raisonnablement proche » de l\u2019action proposée.Les solutions de rechange devant être étudiées devront être « techniquement et économiquement faisables ».« Avec le temps, l\u2019application de NEPA est devenue de plus en plus complexe et longue », a déclaré Mary Neumayr.Le but est de « réduire la paperasse et les retards et d\u2019améliorer la prise de décision ».Le secrétaire de l\u2019Intérieur, David Bernhardt, a donné des exemples dans le domaine public : constructions d\u2019écoles et de centres de visiteurs dans les parcs nationaux ou la gestion préventive des forêts par les pompiers.Opposition des écologistes La proposition sera sans doute attaquée en justice par des associations écologistes, retardant son application.« Nous sommes en démocratie, pas en dictature », a déclaré Gina McCarthy, ancienne cheffe de l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement (EPA) sous Barack Obama, aujourd\u2019hui présidente de l\u2019ONG Natural Resources Defense Council.« Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour bloquer cette décision dangereuse et protéger l\u2019avenir de nos enfants.» Ces procès sont le quotidien des associations et de plusieurs gouverneurs démocrates d\u2019États fédérés depuis 2017.Des dizaines d\u2019autres décisions ont été prises par le gouvernement Trump pour supprimer ou modifier des textes réglementaires concernant la pollution de l\u2019air, les forages pétroliers et gaziers, la protection des animaux ou celle des cours d\u2019eau, les normes automobiles ou encore les ampoules à incandescence.Que ces nouvelles règles soient en vigueur ou non, les associations notent que les contrôles et inspections des autorités, notamment de l\u2019EPA, se font moins pressants, et que les amendes chutent. LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin la douleur et au désarroi s\u2019ajoutent la stupéfaction et la colère.Les proches des 176 victimes de l\u2019écrasement du Boeing 737 d\u2019Ukraine International Airlines en Iran mercredi se sont vu confirmer jeudi ce qu\u2019ils redoutaient : l\u2019entrée en scène d\u2019un missile antiaérien iranien est une thèse avancée par plusieurs services de renseignement, et elle est de plus en plus crédible, au point où Justin Trudeau en a fait jeudi le point de départ de son allocution du jour.Pour ajouter au drame, le tir serait intentionnel.Le tiers des victimes venaient du Canada, plusieurs d\u2019entre elles reprenant la route de la maison après une période de congé en famille.138 des 176 passagers se dirigeaient vers l\u2019hiver canadien.Malgré lui, voilà donc le premier ministre Justin Trudeau brutalement propulsé dans l\u2019escalade de tensions opposant Téhéran à Washington, une escalade envenimée par l\u2019assassinat récent du général iranien Qassem Soleimani par les Américains.Avec raison, M.Trudeau a affirmé jeudi sa volonté de participer à une enquête « complète, crédible et approfondie ».Toute enquête sur un écrasement d\u2019appareil aérien se déploie dans une logique où les experts avancent sur un terreau d\u2019hypothèses, qu\u2019ils valident ou écartent au gré des informations qu\u2019ils recueillent.À cette tragédie s\u2019ajoute un suspense géopolitique inhabituel, puisqu\u2019un vol civil de routine se dirigeant vers l\u2019Ukraine aurait potentiellement été transformé en une cible prise \u2014 par erreur \u2014 pour une menace par les systèmes de défense antiaériens.Voilà le tragique absurde auquel peut mener un climat de tension extrême opposant les États-Unis à l\u2019Iran.Tant les familles éprouvées que les nations touchées sont en droit d\u2019obtenir les réponses aux nombreuses questions qui tissent ce drame.Mais l\u2019Iran permettra-t-il la tenue de l\u2019enquête avec le niveau de transparence commandé par la gravité des événements ?Rien n\u2019est moins sûr, hélas.Des images saisissantes dévoilées jeudi par le New York Times viennent confirmer la théorie d\u2019un missile ayant frappé le vol 752 en plein vol.Pourtant, l\u2019Iran continuait jeudi soir de nier avec la plus grande véhémence cette thèse partagée partout sur la planète, parlant plutôt d\u2019une mise en scène orchestrée par ses opposants.Jeudi, des dizaines d\u2019experts ukrainiens ont débarqué à Téhéran pour commencer l\u2019important travail d\u2019inspection du sol, des débris.L\u2019Ukraine n\u2019en est pas à sa première expérience du genre : en 2014, le vol MH17 de Malaysia Airlines a été abattu en son sol par un missile russe.Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, veut dépêcher ses propres ressources en Iran pour participer à l\u2019enquête, un souhait pour lequel il semble que l\u2019Iran ait montré une certaine « ouverture ».Le temps presse.Les leviers dont dispose Justin Trudeau pour s\u2019imposer comme acteur d\u2019importance dans cette enquête résident davantage dans ses liens avec ses alliés qui ont maintenu des relations diplomatiques avec l\u2019Iran que dans les relations Ottawa-Téhéran.Celles-ci sont vacillantes, pour ne pas dire inexistantes.En 2012, le ministre conservateur des Affaires étrangères John Baird avait fermé l\u2019ambassade canadienne en Iran, au prétexte que ce pays constituait alors « la plus grande menace à la paix et à la sécurité mondiales ».L\u2019annexe 13 de la Convention relative à l\u2019aviation civile internationale dicte les règles entourant les enquêtes sur les accidents et incidents d\u2019avion.L\u2019Iran l\u2019a signée, ainsi que 192 autres pays.Et même si le principe directeur de cette convention affirme la primauté de la sécurité sur tout enjeu politique, on peut douter sérieusement qu\u2019il sera respecté en Iran, qui a compétence souveraine dans l\u2019enquête puisque l\u2019avion s\u2019est écrasé sur son territoire.L\u2019écheveau des relations entre le Canada et les États-Unis se particularise soudain en raison, ô ironie, d\u2019un missile potentiellement lancé par erreur.Justin Trudeau craignait pour la sécurité de ses militaires au Moyen-Orient ?Voilà qu\u2019il se retrouve avec 63 victimes civiles sur les bras, sacrifiées par la joute américano-iranienne.Les États-Unis n\u2019ont pas consulté le Canada avant de lancer l\u2019assaut.M.Trudeau devrait réclamer une explication.Luc-Normand Tellier Professeur émérite, Département d\u2019études urbaines et touristiques Le texte « Étalement urbain : deux visions s\u2019opposent », paru dans Le Devoir du 8 janvier dernier et signé par les maires de Varennes, Re- pentigny, Terrebonne et Mas- couche, est une pièce d\u2019anthologie que tous les étudiants en urbanisme et en aménagement du Québec devraient lire avec attention.Ils doivent le mettre en parallèle avec le texte issu du Forum sur la mobilité et le transport collectif, rendu public le 23 avril 2018, rédigé par les maires du Regroupement de la ville de Laval et de 18 villes des Basses-Laurentides (y compris celles de Terrebonne et de Mascouche), énumérant leurs demandes pour les 15 prochaines années en matière de mobilité et de transport collectif.La « liste d\u2019épicerie » des 19 villes de banlieue comprenait alors le prolongement de l\u2019autoroute 19 jusqu\u2019à la 640 et de l\u2019autoroute 13 jusqu\u2019à l\u2019autoroute 50 avec des aménagements pour le transport collectif, la mise en place d\u2019un réseau de voies réservées en site propre sur les autoroutes 13, 15, 19 et 25 et sur certains tronçons des autoroutes 640 et 440, ainsi que l\u2019ajout d\u2019un mode de transport lourd dans le secteur densément peuplé de Chomedey, à Laval, que ce soit par l\u2019ajout de stations de métro ou par un prolongement du Réseau express métropolitain (REM).Or, toutes ces demandes auraient pour effet de favoriser encore plus l\u2019étalement urbain qui déborde actuellement du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, lequel couvre la ville centrale (Montréal), la première couronne (Laval et Longueuil) et la deuxième couronne (Terrebonne, Mascouche, Varennes, Repentigny, etc.).Nous assistons actuellement à la naissance d\u2019une troisième couronne (comprenant, entre autres, Mira- bel, Saint-Colomban, Saint-Jé- rôme et la MRC de Montcalm), chose que dénoncent, avec raison, les maires de Varennes, Repenti- gny, Terrebonne et Mascouche dans leur texte du 8 janvier.Coûts et problèmes En somme, les maires de la première et de la deuxième couronne soulignent les méfaits, les coûts et les problèmes qui découlent de la formation d\u2019une troisième couronne, sans se rendre compte que leurs demandes, formulées il y a seulement un an et demi, en période électorale, exi- Haïti, 12 janvier 2010 : je me souviens C\u2019est dans un restaurant de Québec, autour de 19 h le 12 janvier 2010, juste avant d\u2019aller au cinéma, que j\u2019ai appris par la radio que près de 200 000 personnes avaient péri, selon une première estimation, à la suite d\u2019un séisme d\u2019une magnitude de 7,0 survenu à 16 h 53.Évidemment, la triste nouvelle avait donc déjà fait le tour de la planète depuis quelques heures à ce moment.Je me souviens d\u2019avoir fermé les yeux en apprenant cette tragédie et d\u2019avoir eu une pensée profonde pour le peuple haïtien et pour tous ces êtres disparus si subitement.Le tremblement de terre n\u2019a duré que 30 secondes, mais il fut dévastateur.Je me suis alors demandé si j\u2019avais encore le goût d\u2019aller passer ma soirée au cinéma.La vie devait suivre son cours, comme on dit, alors j\u2019y suis tout de même allé.En revenant chez mes amis, en fin de soirée, puisque j\u2019étais en visite chez eux à Québec, j\u2019ai pu constater de visu à la télé toute l\u2019ampleur du drame.Mes amis n\u2019étaient pas encore couchés et nous avons passé presque toute la nuit debout, tant nous étions ébranlés par ce qui s\u2019était passé à Haïti.Le matin, café en main, je suis allé cueillir Le Soleil de Québec à la porte de l\u2019appartement de mes amis.Et j\u2019ai vu alors une photo troublante en première page du journal, où on voyait une jeune fille debout sur les décombres du séisme en plein cœur de Port-au- Prince, me semble-t-il.Et j\u2019ai alors fondu en larmes.Le reportage du Soleil était fort bien fait et offrait déjà des informations pertinentes même si le séisme avait eu lieu un jour plus tôt.J\u2019imagine que, comme moi, plusieurs d\u2019entre vous se souviennent exactement où ils étaient le 12 janvier 2010 lorsqu\u2019ils ont été informés de ce tragique événement qui aura marqué le début de la dernière décennie.La reconstruction du pays par la suite fut longue, laborieuse, parfois même conflictuelle.Le pays a toujours besoin d\u2019aide.Aujourd\u2019hui, 10 ans plus tard, le peuple haïtien est toujours endeuillé et arrive à peine à refermer ses blessures.Je lui souhaite tout le courage et la paix qu\u2019il mérite.Yvan Giguère Saguenay, le 9 janvier 2020 LIBRE OPINION LETTRES IRAN Vœux de transparence ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu geant toujours plus d\u2019autoroutes et de dessertes de la deuxième couronne en transport collectif, ne pourront que favoriser le développement d\u2019une troisième couronne.Oublient-ils que les première et deuxième couronnes se sont développées exactement de la même manière que la troisième couronne le fait actuellement, à coups de construction d\u2019autoroutes, de ponts, de prolongement des infrastructures de transport (y compris le métro), d\u2019aménagement de supposés TOD (Transit Oriented Development) et de laxisme en matière d\u2019urbanisme ?Ceinture verte À la lecture de ces deux textes, on peut logiquement se demander si la seule et unique solution pour mettre un terme à l\u2019excès incontestable d\u2019étalement urbain à Montréal ne consiste pas dans l\u2019imposition par Québec d\u2019une véritable ceinture verte « pure et dure » autour du territoire actuel de la Communauté métropolitaine de Montréal.Le coût économique, social et environnemental de l\u2019évolution actuelle est devenu si élevé qu\u2019il faut agir radicalement.Le texte courageux des maires de Varennes, Repentigny, Terre- bonne et Mascouche sonne le réveil.Il faut les en remercier.Agir radicalement pour stopper l\u2019étalement urbain montréalais Étalement urbain Quelle ironie que le texte de Libre opinion du 8 janvier (« Étalement urbain : deux visions s\u2019opposent ») blâmant l\u2019étalement urbain au-delà du territoire de la CMM nous provienne de quatre maires de municipalités qui ont participé à un tel étalement depuis près de 30 ans.Cela, probablement grâce aux complicités entre les promoteurs de développements immobiliers et les élus et les fonctionnaires responsables (Terrebonne et Mascouche entre autres).André Dubuc Le 8 janvier 2020 MARIE-ANDRÉE CHOUINARD L\u2019indépendance ou le partenariat Je tique un peu en voyant ces personnes d\u2019horizons divers qui souhaitent, par exemple dans la course à la chefferie du Parti québécois, que l\u2019idée de l\u2019indépendance du Québec renaisse plus forte.Je veux bien, mais je trouve quand même incorrect qu\u2019on ne nous parle jamais d\u2019un nécessaire nouveau partenariat à construire avec le reste du Canada.Rappelons-nous qu\u2019en 1995, le référendum qui a quasiment atteint une majorité positive proposait non pas seulement l\u2019indépendance, mais un nouveau partenariat.Je ne crois pas me tromper en affirmant que ledit référendum n\u2019aurait jamais passé si près de couronner l\u2019option du Oui sans que soit proposé de reconstruire des ponts avec nos voisins\u2026 Réjean Martin Trois-Rivières, le 8 janvier 2020 On peut logiquement se demander si la seule et unique solution pour mettre un terme à l\u2019excès incontestable d\u2019étalement urbain à Montréal ne consiste pas dans l\u2019imposition par Québec d\u2019une véritable ceinture verte « pure et dure » autour du territoire actuel de la Communauté métropolitaine de Montréal À A 9 LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet André Binette* Constitutionnaliste Il y a quelques semaines, la Cour d\u2019appel rendait jugement sur la constitutionnalité de la loi fédérale sur la succession royale de 2013.Elle a confirmé la validité de cette loi, rejetant ainsi la contestation mise en avant par les professeurs Geneviève Motard et Patrick Taillon de l\u2019Université Laval.Malheureusement, ce jugement est peu convaincant et peu crédible.Il contient aussi un message politique important.Les savants juges n\u2019ont pas eu la rigueur de citer la disposition la plus pertinente en l\u2019espèce, qui est l\u2019article 2 de la loi britannique de 1982 sur le rapatriement de la Constitution canadienne, qui se lit comme suit : « Les lois adoptées par le Parlement du Royaume-Uni après l\u2019entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1982 ne font pas partie du droit du Canada.» La Cour d\u2019appel a complètement ignoré l\u2019essence du rapatriement dans le cas de la monarchie et construit son jugement comme si cette disposition n\u2019avait jamais existé.Rappelons les faits.Seize des cinquante-trois membres du Commonwealth conservent Élisabeth II comme cheffe d\u2019État, ce qui fait de la monarchie britannique la seule monarchie multinationale.Ces États se sont engagés à modifier les règles de la succession royale de concert, conformément au Statut de Westminster qui a accordé l\u2019indépendance au Canada en 1931.En 2011, ils ont décidé d\u2019accorder aux descendants féminins de la famille royale les mêmes droits de succession que leurs frères possèdent, ce qui n\u2019a suscité aucune controverse sur le fond.En 2013, le gouvernement Harper a adopté une loi qui exprimait l\u2019assentiment du Canada à cette réforme.La Cour d\u2019appel, reprenant la position du procureur général du Canada, a estimé que cette loi était valide, mais n\u2019était pas nécessaire puisqu\u2019en vertu d\u2019un principe de symétrie inventé pour l\u2019occasion et qui ne trouve aucun appui dans la jurisprudence, le souverain britannique, en accédant au trône de son pays, devient automatiquement roi ou reine du Canada, sans que le consentement du Parlement canadien (encore moins de l\u2019Assemblée nationale) soit requis.Selon ce principe de symétrie, si le Parlement britannique s\u2019avisait de mettre sir Paul McCartney sur le trône, nos élus n\u2019auraient pas à se prononcer.Le cas australien Ce raisonnement colonial est contraire à la position prise en Australie et en Nouvelle-Zélande, les deux démocraties les plus comparables au Canada sur ce plan.Dans ces deux cas, l\u2019indépendance a eu pour effet que le droit relatif à la monarchie est devenu du droit interne plutôt que du droit britannique, logiquement considéré comme étranger.Comme l\u2019Australie est une fédération, il a fallu que le gouvernement fédéral obtienne le consentement unanime des États fédérés avant d\u2019adopter la loi pertinente.Les professeurs Motard et Taillon estiment que cette procédure aurait dû être suivie au Canada.La Cour d\u2019appel ne mentionne pas le jugement majeur et plus persuasif de la High Court australienne sur ce point.Elle n\u2019a pas non plus la courtoisie de mentionner l\u2019étude très fouillée réalisée au soutien des demandeurs par la juriste australienne Anne Twomey, que le quotidien britannique The Guardian appelle l\u2019experte sur la monarchie la plus réputée actuellement.Madame Twomey a examiné en profondeur les positions prises par le gouvernement canadien lors de l\u2019abdication d\u2019Édouard VIII en 1937, le seul précédent applicable.Elle en conclut que Mackenzie King avait alors pris une position diamétralement contraire à celle de Stephen Harper, et que cette position était plus conforme à l\u2019indépendance que le Canada venait d\u2019obtenir en exerçant un leadership dont l\u2019Australie et d\u2019autres États ont bénéficié.Elle ajoute qu\u2019il est décevant de constater que le Canada prend maintenant une position rétrograde qui semble avoir été fabriquée pour contourner l\u2019exigence de rouvrir la Constitution et d\u2019obtenir le consentement du Québec.C\u2019est ainsi que le refus de voir en face la question non réglée du statut du Québec provoque l\u2019effet pervers d\u2019un refoulement constitutionnel.Il est impossible de prendre la Cour d\u2019appel au sérieux lorsqu\u2019elle refuse de discuter de certains des principaux arguments sur le fond de la question qui lui a été soumise.Le plus haut tribunal SUCCESSION ROYALE Un jugement discutable de la Cour d\u2019appel Xavier-Antoine Lalande Maire de Saint-Colomban Cher Massimo Iezzoni, directeur général de la CMM, Je tiens à rectifier certains faits et perceptions en lien avec votre sortie publique au sujet de la note de l\u2019Observatoire du Grand Montréal diffusée le 6 janvier dernier.D\u2019entrée de jeu, nous partageons les mêmes objectifs : l\u2019aménagement du territoire durable au bénéfice de la protection de l\u2019environnement ainsi que de la santé et du bien-être de nos populations.À la différence de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), nous vivons ici « dans » la nature et non à distance de celle-ci.Depuis plusieurs années, l\u2019étalement urbain semble être l\u2019ennemi numéro un.La CMM pose divers gestes pour tenter de « garder » les gens en ville avec un succès mitigé.Vos 18 années à la direction générale vous ont permis d\u2019être un témoin privilégié de l\u2019étalement urbain sur le territoire métropolitain au détriment de terres agricoles et de milieux humides.Le saccage de ces terres a été si important et irresponsable que de nouveaux règlements ont dû être adoptés pour freiner ce phénomène.Ces contre-exemples nous ont permis de nous doter d\u2019outils pour mieux planifier l\u2019aménagement du territoire co- lombanois.Saint-Colomban est une ville qui se développe en forêt et dans le respect de celle-ci, cette identité nous est très chère.Exode Difficile de nier que les familles quittent Montréal.Qui peut les blâmer étant donné que le coût des maisons y est deux fois plus élevé qu\u2019à Saint-Co- lomban, terrains boisés en prime ?Le modèle de densification élevée préconisé n\u2019atteint pas les objectifs de qualité de vie que poursuivent les familles, du moins pas toutes.L\u2019Observatoire fait quelques raccourcis.Vous incluez les 6000 emplois disponibles sur le territoire de l\u2019aéroport de Mirabel (CMM) dans vos statistiques.Les travailleurs qui occupent ces emplois à seulement 10 minutes d\u2019ici sont donc comptabilisés comme traversant la frontière de la CMM via le réseau MTQ.Il m\u2019apparaît essentiel de le soulever pour relativiser vos conclusions.Je suis par ailleurs favorable à une res- ponsabilisation des grandes entreprises que le transport en commun classique dessert souvent mal.Pourquoi ne pas faire en sorte que les quartiers industriels contribuent au déploiement d\u2019une offre de transport collectif pour leurs employés ?Petite idée lancée ici.De plus, selon la dernière enquête origine-destination, 70 % de la population active de Saint-Colomban travaille à Saint-Jérôme et à Mirabel.Oui, il est possible d\u2019habiter en territoire « étalé » et d\u2019y travailler.Les 30 % restants se répartissent entre les villes plus au nord, Lachute et les villes qui jouxtent Mira- bel au sud jusqu\u2019à Montréal.Non, nos travailleurs ne prennent pas massivement d\u2019assaut les routes québécoises pour aller travailler dans le noyau central du Grand Montréal.Autre fait intéressant concernant Saint-Colomban : le pourcentage de travailleurs d\u2019ici empruntant « votre » réseau routier pour se rendre au travail a diminué depuis 2006 malgré une forte croissance de la population entre 2006 et 2020.Malheureusement, ce tour de force a été omis dans la couverture médiatique.Je comprends que la CMM cherche de nouveaux payeurs pour les infrastructures de transport collectif.Je n\u2019y suis pas opposé, mais toutefois pas dans le contexte de la vision de développement qui prévaut actuellement.Des projets comme la « ligne rose » et une partie du REM sont voués à augmenter l\u2019offre à des endroits où celle-ci est déjà présente.Sans nier ces besoins, il y en a d\u2019autres qui passent sous le radar.Il serait temps de proposer des solutions pour répondre à la croissance démographique des Laurentides au cours de la prochaine décennie.Je ne vois rien sur la table au profit d\u2019une mobilité optimale pour notre population.Lorsque ce sera le cas, je serai le premier à travailler pour qu\u2019ils se concrétisent.Catastrophe écologique Revenons aux incongruités à l\u2019intérieur de la CMM.Imbriqué au territoire de Saint-Colomban se trouve le secteur Mirabel-en-Haut.Celui-ci a été ajouté au périmètre d\u2019urbanisation alors qu\u2019il n\u2019est lié à aucun ensemble urbanisé.Il entraînera la destruction d\u2019une forêt essentielle à la régulation de la rivière du Nord soumise à d\u2019importantes inondations.Toujours à Mirabel à l\u2019intérieur de la URBANISME Vivre en territoire « étalé » québécois a doublé ses torts d\u2019un affront en exigeant que les demandeurs s\u2019acquittent de la totalité des frais judiciaires (environ 5000 $), une décision que l\u2019on réserve aux cas irritants qui mobilisent les ressources judiciaires sans motif valable.Les savants juges n\u2019ont peut-être pas apprécié les contorsions auxquelles ils ont dû se livrer pour arriver à un jugement médiocre, mais politiquement nécessaire.En réalité, les demandeurs ont tenté de placer ce débat à un niveau auquel ces juges ont refusé de s\u2019élever.C\u2019est ainsi qu\u2019ils arrivent à la conclusion étonnante que le Canada est indépendant et que la Constitution est rapatriée, sauf pour la monarchie.Décidément, comme dans l\u2019affaire de la partialité de la juge en chef sur la loi 21, la Cour d\u2019appel du Québec manque d\u2019envergure.La Cour suprême voudra peut-être se saisir de cette affaire en ayant davantage conscience de sa dimension internationale.*L\u2019auteur était l\u2019un des procureurs bénévoles pour les professeurs Motard et Taillon en première instance dans cette affaire.limite nord de la CMM, une coupe à blanc d\u2019une érablière mature a été effectuée en 2019 dans le cadre d\u2019un projet de densification.Triste.Afin de prévenir de tels gestes, nous avons fait plusieurs changements réglementaires pour protéger notre territoire contre la pression du développement résidentiel, dont l\u2019imposition d\u2019un minimum de 65 % de couvert naturel pour toute construction neuve ainsi qu\u2019une bande riveraine de 10 mètres pour tout milieu humide.Le conseil travaille aussi à faire augmenter la superficie de notre territoire agricole au schéma d\u2019aménagement.Est-ce que la CMM peut en dire autant ?D\u2019ici février, nous adopterons un règlement sur les redevances liées à la croissance afin de créer un fonds à même les nouvelles constructions pour financer l\u2019impact de la croissance sur nos différentes infrastructures.Nous serons la première ville à proposer un tel règlement.Autre nuance importante : densifier implique une desserte étendue en égout et en aqueduc.Saint-Colomban repose sur le roc, le coût du dynamitage pour implanter ces infrastructures est majeur sur le bouclier.Nous avons réussi à conjuguer cette contrainte grâce à un modèle de développement moins dense et respectueux de l\u2019environnement.D\u2019où l\u2019importance de ne pas faire du « mur-à- mur, » dans vos analyses.Nos balises en planification du territoire sont exigeantes parce que nous tenons à l\u2019intégrité de notre couvert boisé.Les objectifs de densification sont louables, mais une telle densifica- tion serait une catastrophe écologique si elle était appliquée ici.Nos territoires ne sont pas comparables et ce n\u2019est pas parce que nous nous développons différemment que nous le faisons mal, bien au contraire.La compétition ne sert personne Monsieur Iez- zoni, soyons complémentaires.Seize des cinquante-trois membres du Commonwealth conservent Élisabeth II (à droite) comme cheffe d\u2019État, ce qui fait de la monarchie britannique la seule monarchie multinationale.DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE- PRESSE Il est impossible de prendre la Cour d\u2019appel au sérieux lorsqu\u2019elle refuse de discuter de certains des principaux arguments sur le fond de la question qui lui a été soumise Des projets comme la « ligne rose » et une partie du REM sont voués à augmenter l\u2019offre à des endroits où celle-ci est déjà présente.Sans nier ces besoins, il y en a d\u2019autres qui passent sous le radar. LEDEVOIR // LE VENDREDI 10 JANVIER 2020 110 ANS DU DEVOIR A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.22 MARS 2012 Printemps érable 11 SEPTEMBRE 2001 Attaque sur le World Trade Center 11 JUILLET 1990 Crise d\u2019Oka 20 MAI 1980 Premier référendum au Québec 15 NOVEMBRE 1976 Élection du Parti québécois 21 JUILLET 1969 Neil Armstrong pose le pied sur la Lune 7 SEPTEMBRE 1959 Mort de Duplessis 6 AOÛT 1945 Bombardement atomique sur Hiroshima 1er SEPTEMBRE 1939 Début de la Seconde Guerre mondiale 29 OCTOBRE 1929 Krach de Wall Street 29 juillet 1914 Début de la Première Guerre mondiale 10 JANVIER 1910 Première édition du Devoir Le Devoir au fil des décennies En ce 10 janvier 2020, pour souligner notre 110e anniversaire, nous avons voulu faire un clin d\u2019œil à nos lecteurs et à nos lectrices en construisant notre une selon le modèle de 1910.Nous vous proposons maintenant de suivre ici l\u2019évolution graphique du journal en consultant notre sélection de 12 éditions marquantes au fil des décennies."]
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