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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-04-12, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 80 / LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM MUSIQUE Quand tout bascule Un disque solo pour Ogden Ridjanovic, alias Robert Nelson PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR INDEX Monde.A6 Décès .A6 Éditorial .A8 Idées.A9 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B6 Avis légaux.B8 Sports.B9 Météo .B9 Mots croisés.B9 Sudoku .B9 ACTUALITÉS Au Soudan, l\u2019armée chasse le dictateur, à l\u2019invitation de la rue A 7 ZEITGEIST La liberté avec deux ailes.La chronique de Josée Blanchette.B 10 WEEK-END Une spectaculaire traversée de l\u2019Univers observable au Planétarium de Montréal Les Indiens ont commencé à se rendre aux urnes jeudi pour élire les 543 députés de la Lok Sabha (Chambre basse du Parlement).Au cours des six prochaines semaines, 900 millions d\u2019électeurs et d\u2019électrices seront appelés à participer à ce scrutin.PAGE A 8 NOAH SEELAM AGENCE FRANCE-PRESSE Inde : 900 millions d\u2019électeurs appelés aux urnes FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Julian Assange, la fin de l\u2019exil MARCO FORTIER LE DEVOIR De la paperasse.Des pages et des pages de formulaires à remplir.Des délais qui s\u2019allongent sans cesse.La multiplication des règles d\u2019éthique encadrant la recherche scientifique provoque la grogne sur les campus partout au Canada, a appris Le Devoir.Une fronde s\u2019organise contre la «bureaucratie» de l\u2019éthique.Les procédures éthiques sont tellement lourdes et grugent tellement de temps qu\u2019elles deviennent un frein à la liberté universitaire, dénonce l\u2019Association canadienne des professeures et professeurs d\u2019université (ACPPU).Des chercheurs préfèrent se censurer et éviter les sujets controversés plutôt que de consacrer des mois à des démarches administratives devant mener à l\u2019autorisation d\u2019un projet de recherche.L\u2019exaspération gagne des chercheurs de l\u2019Université de Montréal (UdeM), au point que les responsables de l\u2019éthique de l\u2019établissement ont entrepris une tournée des départements pour écouter les doléances des professeurs et des étudiants des cycles supérieurs.« Vous n\u2019avez pas idée des procédu- rites inutiles de ces demandes-là [des comités d\u2019éthique en recherche].Il y en a pour trente pages de formulaires à remplir.Ça n\u2019a pas de bon sens.Les règles d\u2019éthique sont tellement complexes que c\u2019est un manque d\u2019éthique ! » dit Serge Larivée, professeur à l\u2019École de psychoéducation de l\u2019UdeM.« Toujours plus d\u2019éthique ne fera pas diminuer les contenus non éthiques.Au contraire, ça va les augmenter, affirme ce vétéran professeur qui enseigne depuis 1969.Plus on contrôle, UNIVERSITÉ Des contrôles éthiques font tiquer La bureaucratie nuit à la recherche scientifique, se plaignent des professeurs Ogden Ridjanovic, le Robert Nelson d\u2019Alaclair Ensemble MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le fondateur de WikiLeaks a été arrêté à l\u2019ambassade d\u2019Équateur à Londres après le retrait de son statut de réfugié Julian Assange e 22 août 2015, vers 21 h, Bernard Cari- gnan circule à vélo sur la rue Saint-De- nis, au centre de la voie de droite, en direction sud.Un automobiliste stationné ouvre alors sa portière ; le cycliste la heurte et plonge ; au même instant, un véhicule utilitaire sport de marque Mazda ayant tourné vers le sud depuis la rue Jean-Talon amorce un dépassement par la gauche et « roule sur M.Carignan et son vélo », précise le rapport du coroner.« L\u2019accident a eu lieu en bas des marches, devant chez lui », se rappelle son meilleur ami Ogden Ridjanovic, mieux connu sous son nom de scène, Robert Nelson.On a beau dire que pour un artiste ayant évolué au sein d\u2019un collectif lancer un album solo est l\u2019occasion privilégiée de s\u2019exprimer sur des sujets plus intimes, on ne s\u2019attendait certainement pas à une telle franchise, une telle vulnérabilité chez Ridjanovic.Lui, le Président du Bas-Canada qui s\u2019illustrait avec sa voix nasillarde rappelant celle de B-Real du groupe Cypress Hill, ce timbre perçant le tumulte verbeux d\u2019Alaclair Ensemble, lui qui offre le L VOIR PAGE A 4 : MUSIQUE VOIR PAGE A 2 : ÉTHIQUE VOIR PAGE A 2 : EXIL C\u2019est une bien étrange « libération » pour un homme dont la vie, recluse au sein de l\u2019ambassade d\u2019Équateur à Londres, a été qualifiée en 2016 de « détention arbitraire » par un comité spécial des Nations unies (ONU).L\u2019arrestation par la police britannique de Julian Assange, fondateur de Wiki- Leaks, a mis fin jeudi matin à sept années d\u2019exil pour le sulfureux personnage enfermé dans la chancellerie depuis 2012 afin de fuir la justice suédoise qui l\u2019a accusé de viol, puis celle des États-Unis qui en a fait un « ennemi de l\u2019État » en raison de sa participation dans la diffusion de documents secrets.Sept années pendant lesquelles l\u2019homme est passé du statut de héros de la démocratie et champion de la transparence pour les uns, à manipulateur mettant ses outils de divulgation d\u2019informations critiques au service d\u2019intérêts particuliers et de mouvements antisystèmes pour d\u2019autres.L\u2019Australien de 47 ans était aussi devenu pour l\u2019Équateur un colocataire encombrant dont le statut de réfugié a été annulé cette semaine par le nouveau président du pays, Lenín Moreno, en raison de son « comportement impoli et agressif », mais aussi de ses déclarations « hostiles et menaçantes à l\u2019endroit de l\u2019Équateur », a-t-il indiqué dans un message vidéo diffusé sur Twitter jeudi.Assange a été remis aux mains de la justice britannique à la demande de l\u2019ambassadeur.Il se prépare à faire face autant à une demande d\u2019extradition vers les États-Unis qu\u2019à ses nombreuses contradictions.« Julian Assange n\u2019est pas un héros, a indiqué Jeremy Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères, dans les minutes qui ont suivi l\u2019arrestation.Il a ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 DOSSIER DU SAMEDI L\u2019Inde aux urnes Les Indiens sont appelés aux urnes, avec en toile de fond les promesses d\u2019emploi déçues de 700 millions de jeunes et la pauvreté aiguë du monde agricole.Gros plan sur la plus vaste et complexe démocratie au monde.TEXTES FRÉDÉRICK LAVOIE GUY TAILLEFER À LIRE DEMAIN N O A H S E E L A M / A F P Rectificatif Dans le texte de Marie Vastel intitulé «Le Bloc verse un salaire à Yves-François Blanchet», publié en page A 5 le 11 avril 2019, nous avons écrit que le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, avait touché un salaire annuel de 172 700$ avant d\u2019être élu aux Communes.Or, il appert que bien que le parti eût mis de côté cette enveloppe, le chef avait choisi de ne pas la toucher.Un fait que le parti n\u2019avait jamais dévoilé.Le héros a perdu de son lustre au fil des ans caché la vérité pendant des années.Il est normal que son avenir se décide au sein du système judiciaire britannique.Ce qui est arrivé aujourd\u2019hui est le résultat d\u2019années de diplomatie prudente de notre pays.Ce n\u2019est pas Julian As- sange qui est pris en otage à l\u2019ambassade d\u2019Équateur, c\u2019est bien Julian As- sange qui tenait l\u2019ambassade d\u2019Équateur dans une situation qui était devenue absolument intolérable.» La complexité de l\u2019être L\u2019eau a coulé sous les ponts de la transparence depuis le premier coup d\u2019éclat en 2009 de WikiLeaks.L\u2019image de son fondateur, elle, n\u2019a cessé de se complexifier.« C\u2019est un lanceur d\u2019alerte important et Amnesty International a toujours demandé, dans les premières années de WikiLeaks, que des mesures soient prises pour assurer sa protection », résume à l\u2019autre bout du fil Anne Sainte-Marie, représentante de l\u2019organisme au Québec.Mais elle admet du même souffle qu\u2019aujourd\u2019hui, «la situation ne justifie pas qu\u2019on fasse campagne pour lui », et ce, même si Amnesty dit s\u2019opposer à son extradition aux États-Unis, où la tenue d\u2019un procès juste et équitable est loin d\u2019être une évidence.Le lustre du fondateur s\u2019est terni depuis novembre 2009 et la diffusion d\u2019un demi-million de messages textes personnels et professionnels partagés par des policiers, des agents de sécurité, des pompiers et des citoyens ordinaires durant la journée du 11 septembre 2001 à New York.Cet accès donné sans filtre à une humanité frappée au cœur qui se raconte par les fragments d\u2019une communication de crise place alors Wiki- Leaks sur la carte numérique.L\u2019année suivante, l\u2019espace en ligne s\u2019illustre à nouveau en rendant publique la vidéo d\u2019un raid de l\u2019armée américaine qui a mal tourné, causant la mort de deux journalistes de Reuters.La bavure fait la manchette autour du monde, pavant la voie quelques mois plus tard à la plus grande fuite d\u2019informations confidentielles de l\u2019histoire des États-Unis.L\u2019analyste militaire Chelsea Manning est à l\u2019origine de cette « déclassification citoyenne » qui met à jour des informations sur une série de dommages collatéraux en Afghanistan et en Irak que l\u2019armée américaine aurait préféré garder sous silence.Les preuves photographiques de l\u2019humiliation de détenus dans la prison EXIL SUITE DE LA PAGE A 1 Une nécessaire reddition de comptes ÉTHIQUE SUITE DE LA PAGE A 1 plus les gens trouvent des moyens pour enfreindre les règles.» Toutes les recherches universitaires impliquant la participation de sujets humains ou d\u2019animaux sont encadrées par des règles éthiques.Les trois organismes fédéraux qui subventionnent la recherche \u2014 en sciences humaines, en sciences naturelles et en génie, ainsi qu\u2019en santé \u2014 ont édicté leurs critères que doivent suivre les chercheurs de tout le pays.Le but est de s\u2019assurer que les participants humains collaborent à la recherche librement et sans subir de traumatisme.Il faut aussi préserver l\u2019intégrité scientifique de la recherche, pour éviter que des résultats soient trafiqués.Le foisonnement des règles d\u2019éthique prend cependant une tournure ridicule, selon des chercheurs.Par exemple, des professeurs ont dû exiger que des personnes analphabètes de Dakar, au Sénégal, signent un formulaire de consentement avant de ré- Pas encore, on doit accélérer la cadence.Mais on nomme des gens pour aider la communauté de recherche, pas pour jouer à la police », dit Marie- Josée Hébert.Le malaise entourant l\u2019éthique de la recherche est ressenti dans toutes les régions du Canada, affirme Robin Vose, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université Saint-Thomas, au Nouveau-Bruns- wick.Il est président sortant et membre du comité de direction de l\u2019Association canadienne des professeures et professeurs d\u2019université, qui représente 72 000 professeurs, bibliothécaires et chercheurs dans 125 universités et collèges du pays.« On a assisté dans les dernières années à la naissance d\u2019une bureaucratie de l\u2019éthique dans les universités.La bureaucratie a tendance à multiplier les règles pour justifier son existence », observe Robin Vose.Les progrès techniques en santé, par exemple en génétique, justifient hors de tout doute un encadrement éthique.Le problème, selon lui, c\u2019est la multiplication des obstacles bureaucratiques pour des recherches simples et très peu risquées pour les sujets humains ou animaux.« Les règles d\u2019éthique ont été créées pour prévenir les abus sérieux en recherche, pas pour protéger la responsabilité légale des universités ou des conseils subventionnaires », dit-il.de courriels compromettants pour Hillary Clinton, alors en campagne contre Donald Trump, document piraté sur les serveurs du Comité national démocrate par des « intérêts étrangers » à l\u2019accent russe, accuse l\u2019enquête spéciale conduite par Robert Mueller sur l\u2019ingérence étrangère dans la dernière campagne américaine.L\u2019actuel président n\u2019a jamais caché son amour pour Wiki- Leaks.Julian Assange a toujours nié toute forme de collusion et de démarches visant à soutenir un candidat plutôt qu\u2019un autre, rappelant que si rien n\u2019a été dévoilé sur Donald Trump, c\u2019est simplement parce qu\u2019aucun document ne lui a été transmis.Au nom de la transparence, Julian As- sange fraye alors doucement avec l\u2019intimidation, et il a fini par aller trop loin.Un tweet publié le 25 mars dernier sur le compte de WikiLeaks le confirme.Il rappelle que le président équatorien fait face à une enquête pour corruption.Un geste belliqueux qui vient d\u2019en entraîner un autre tout aussi surprenant.« Quand on accorde un droit d\u2019asile, ce n\u2019est pas fréquent de revenir sur cette décision, dit Mme Sainte-Ma- rie.C\u2019est même contraire au droit des réfugiés.» Une fin de chapitre conséquente sans doute pour ce résistant qui a toujours aimé faire de sa différence le carburant de son engagement.pondre (oralement) à un questionnaire.Un professeur et un étudiant au doctorat collaborant à un même projet ont dû demander deux certificats d\u2019éthique pour utiliser les données tirées des mêmes entrevues.Dans certains cas, des chercheurs doivent répondre à une série de demandes de précisions qui retardent de plusieurs mois le début d\u2019un projet d\u2019étude.C\u2019est un problème, car les bourses d\u2019excellence ont une date de péremption.Et gare aux chercheurs qui commencent leurs travaux sans avoir eu le feu ver t du comité d\u2019éthique : leurs données sont jugées irrecevables, car non éthiques ! Accompagner les chercheurs Pour répondre aux inquiétudes des chercheurs et offrir des pistes de solution, le Bureau de la conduite responsable en recherche de l\u2019UdeM a entrepris une tournée des départements.Le professeur Maurice Tardif, du Département d\u2019administration et fondements de l\u2019éducation de l\u2019UdeM, est sorti frustré d\u2019une rencontre récente avec le Bureau.« La dame a dit : \u201cOn met en place une éthique de la recherche.\u201d J\u2019ai répondu : \u201cMadame, vous devez avoir honte de dire ça.L\u2019université existe depuis 1000 ans et les professeurs n\u2019ont pas attendu après vous pour avoir une éthique !\u201d » Marie-Josée Hébert, vice-rectrice de l\u2019UdeM, reconnaît que les demandes de reddition de comptes ont augmenté depuis une vingtaine d\u2019années.« La recherche est plus complexe qu\u2019autrefois, dit-elle.On est plus conscients de certains risques pour les répondants vulnérables, comme des personnes mineures ou qui ont des problèmes de santé mentale.Certaines questions intimes peuvent troubler les participants.On ne peut s\u2019insurger contre une reddition de comptes qui vise à protéger les sujets.» Le Bureau de la conduite responsable en recherche de l\u2019UdeM a été créé en 2017.Le nombre de comités d\u2019éthique (et de conseillers accompagnant les chercheurs) est aussi passé de trois à cinq, à cause de la hausse importante du nombre de projets de recherche.« On est dans une période de changement.Est-ce qu\u2019on est rendus à la vitesse où on voudrait être ?Julian Assange est conduit au centre de détention après sa comparution devant un tribunal londonien.PA VIA AP L\u2019arrestation de Julian Assange en cinq mots Extradition La police britannique a confirmé que l\u2019arrestation du fondateur de WikiLeaks s\u2019est faite à la demande des États-Unis, qui réclament son extradition.Il est accusé d\u2019avoir participé au piratage d\u2019ordinateurs du gouvernement aux côtés de Chelsea Manning.Liberté « C\u2019est un jour sombre pour la liberté de presse », a réagi Edward Snowden dans les minutes qui ont suivi l\u2019intervention policière à Londres.Le traître, c\u2019est Lenín Moreno, président de l\u2019Équateur, « qui vient d\u2019autoriser la police britannique à entrer dans l\u2019ambassade de Londres pour arrêter Assange, a commenté l\u2019ex-président du pays et proche d\u2019Assange Rafael Correa.C\u2019est un crime dont l\u2019humanité va se souvenir ».Interférence Depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Lenín Moreno en Équateur, les conditions de vie de Julian Assange n\u2019ont cessé de se dégrader à l\u2019intérieur de l\u2019ambassade.En mars 2018, il s\u2019est fait couper son accès à Internet, accusé pour une deuxième fois, après la divulgation des courriels démocrates, d\u2019interférer dans les affaires d\u2019autres États.Cette fois, c\u2019est son engagement numérique envers des séparatistes catalans qui a fait déborder le vase.Atmosphère L\u2019arrestation de Julian Assange se préparait depuis vendredi dernier, à en croire Vaughan Smith, journaliste et ami du fondateur de WikiLeaks, qui dans les pages du Guardian a indiqué que l\u2019atmosphère au sein de l\u2019ambassade avait commencé à changer.Le 2 avril, Lenín Moreno avait martelé sur les ondes d\u2019une radio de l\u2019Équateur que son hôte avait à plusieurs reprises brisé les conditions de son statut de réfugié dans les sept ans de son exil au sein de l\u2019ambassade.Millions Les aventures de Julian Assange en exil au sein de la chancellerie équatorienne ont coûté 6,2 millions de dollars en sécurité, soins de santé et d\u2019hébergement à l\u2019Équateur entre 2012 et 2018.Londres aurait consacré 20 millions en sécurité à l\u2019extérieur de l\u2019ambassade sur la même période de temps.militaire d\u2019Abou Ghraïb en font partie, tout comme celles de massacre de civils par des opérations mal planifiées.Le ton change L\u2019année 2010 marque le meilleur, mais également le pire pour WikiLeaks, qui après la diffusion de 250 000 câbles diplomatiques, dont plusieurs particulièrement accablants pour les États-Unis, se retrouve alors sous un feu nourri des autorités.Julian Assange devient l\u2019ennemi du pouvoir américain, qui cherche alors à le faire taire.Son site perd l\u2019accès à ses serveurs.PayPal, compagnie qui facilitait son financement, le lâche.Il se réfugie en Suède, où il espère profiter des lois sévères de ce pays sur la protection des sources journalistiques pour éviter la prison, mais se fait rattraper par des accusations d\u2019agressions sexuelles, qui le conduisent à la porte de l\u2019ambassade équatorienne de Londres, où il demande l\u2019asile politique le 19 juin 2012.La prescription a fait tomber les charges en 2017.Il a maintenu son asile pour éviter l\u2019extradition vers les États-Unis.Durant les 2487 jours de cet exil, le ton de WikiLeaks et de son fondateur va alors changer.En 2016, il lancera un appel pour trouver de l\u2019information pouvant «empêcher Jeremy Corbyn» de se maintenir à la tête du Parti travailliste au Royaume-Uni.Il va faciliter la diffusion ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 L a manifestation qui s\u2019est déroulée le 7 avril dernier dans les rues de Montréal contre le projet de loi 21 avait quelque chose de sidérant.Non pas parce qu\u2019on n\u2019avait jamais vu de telles scènes.Au contraire.Ces démonstrations de force organisées par des islamistes au son d\u2019« Allah Akbar » sont devenues courantes un peu partout dans le monde.Qu\u2019on pense notamment aux nombreuses manifestations contre Charlie Hebdo.En France, il arrive de plus en plus souvent qu\u2019on entende les mêmes mots d\u2019ordre dans les rassemblements contre Israël.Disons tout de même que le Québec ne nous avait pas habitués à de telles manifestations d\u2019intégrisme.Car, il faut bien parler ici d\u2019intégrisme.On ne s\u2019étonnera pas que les intégristes s\u2019en prennent à la laïcité.Rien de plus naturel, puisque c\u2019est au début du XXe siècle que le mot fut emprunté à l\u2019espagnol (integrista).Or, dans cette langue, nous apprend Le Robert, il désignait justement les membres d\u2019un parti politique revendiquant la subordination de l\u2019État à l\u2019Église.Plus généralement, on peut dire qu\u2019un intégriste est quelqu\u2019un qui a une vision intégrale de l\u2019être (integer : entier, sans restrictions).Il perçoit celui-ci comme assigné à son identité et ne fait plus de distinctions entre les divers moments de la vie familiale, intime, professionnelle ou citoyenne.Peu importe le lieu et le moment, l\u2019intégriste marxiste réglera jusqu\u2019à sa vie amoureuse selon les préceptes de la lutte des classes.Peu importe qu\u2019il soit à la mosquée ou juge à la Cour suprême, l\u2019intégriste religieux affirmera que les lois de Dieu doivent avoir partout préséance.Or, l\u2019identité moderne, on l\u2019a souvent dit, est multiple.Elle ne permet pas seulement aux divers groupes de cohabiter, mais aussi à l\u2019individu d\u2019être pluriel.La laïcité participe justement de cette idée selon laquelle l\u2019individu n\u2019est pas assigné à une identité.Elle suppose en effet que chacun puisse, à certains moments, non pas renier sa foi ou ses convictions, mais tout simplement s\u2019abstenir de les manifester dans l\u2019intérêt de la majorité.C\u2019est justement cette souplesse, cette versatilité de l\u2019individu que les intégristes détestent.Peu importe ce que l\u2019on pense du voile, les intégristes religieux voudraient que ces femmes le portent 24 heures par jour.À l\u2019inverse, les intégristes laïques voudraient l\u2019interdire partout.C\u2019est pourquoi on pourrait en déduire que les femmes sont tout particulièrement concernées par la laïcité.Non pas parce qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019une panacée, mais parce qu\u2019elles sont souvent les premières à subir cette forme d\u2019assignation à résidence.Il est étrange d\u2019entendre certaines féministes laisser penser que les femmes n\u2019ont guère d\u2019intérêt à la laïcité.Tout cela, dit-on, parce que les patriotes auraient privé, en 1834, de leur droit de vote les rares femmes qui participaient au vote censitaire.Ou parce qu\u2019en France, certains partisans de la laïcité se sont opposés au vote des femmes de peur qu\u2019elles soutiennent l\u2019Église.Deux exemples évoqués notamment par l\u2019historienne québécoise Micheline Dumont.Faut-il rappeler que la laïcité et le droit de vote des femmes ont été des combats séparés ?À moins de tout examiner à travers la lorgnette du présent, il est difficile de reprocher aux hommes du XIXe siècle d\u2019avoir eu une conception de la famille qui était celle de leur époque.La laïcité n\u2019est évidemment pas une garantie d\u2019émancipation des femmes.Mais nier son importance pour les femmes serait faire peu de cas de réformes aussi fondamentales que l\u2019instauration du mariage civil et de l\u2019école publique obligatoire.Des combats qui ont tous été gagnés en affirmant la primauté de la loi des Hommes sur celle de Dieu, et de l\u2019État sur les Églises et les organisations religieuses.C\u2019est la création de l\u2019état civil, arraché de haute lutte à l\u2019Église, qui fit du mariage un contrat de droit civil qui devait donc pouvoir être rompu librement.Ce qui ouvrit largement la porte au divorce malgré les hauts et les bas que celui-ci connaîtra selon les époques.C\u2019est aussi la création de l\u2019école publique obligatoire qui favorisa l\u2019accession des femmes à l\u2019éducation.On peut probablement reprocher beaucoup de choses au père de l\u2019école publique française, Jules Ferry, c\u2019est tout de même lui qui affirmait dès 1870 : « Réclamer l\u2019égalité d\u2019éducation pour toutes les classes, ce n\u2019est faire que la moitié de l\u2019œuvre, que la moitié du nécessaire, que la moitié de ce qui est dû ; cette égalité, je la réclame, je la revendique pour les deux sexes.» Note : Certains lecteurs ont prétendu sur les réseaux sociaux qu\u2019il était faux d\u2019affirmer, comme je l\u2019ai fait la semaine dernière, que trois musulmans sur quatre étaient favorables à la loi de 1905, qui fonde en France l\u2019interdiction des signes religieux chez les fonctionnaires et les enseignants.C\u2019est pourtant ce qu\u2019affirme la Fondation Jean Jaurès, qui a réalisé avec l\u2019IFOP une enquête auprès de 2500 personnes (https ://jean-jaures.org/nos-productions/les-francais-et-la-laicite-etat-des- lieux).Quelques lecteurs ont aussi confondu cette loi avec celle de 2004, qui ne concerne que le port de signes religieux par les élèves.Celle-ci est tout de même approuvée par 83 % des Français et 41 % des musulmans.« Integrista » ! MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les partis politiques se disputent sur la liste des groupes à inviter à l\u2019Assemblée nationale afin de commenter le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.Le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, s\u2019est dit disposé à entendre 28 intervenants en commission parlementaire.C\u2019est deux fois moins que le Parti libéral du Québec et Québec solidaire.En effet, les listes des première et deuxième oppositions sont plus fournies : celle du PLQ contient 64 noms ; celle de QS en renferme 62.À leur demande, M.Jolin-Barrette a notamment accepté de recevoir la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le Barreau du Québec, la Ligue des droits et libertés, ainsi que les ex-pré- sidents de la Commission de consultation sur les pratiques d\u2019accommodement reliées aux différences culturelles, Charles Taylor et Gérard Bou- chard, a appris Le Devoir.« Les négociations se poursuivent », s\u2019est contentée de dire l\u2019attachée de presse de QS Stéphanie Guévremont.Le Parti québécois s\u2019est pour sa part entendu avec M.Jolin-Barrette sur une liste de huit groupes : l\u2019Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL), le Mouvement laïque Québécois (MLQ ), le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ ), Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec), Les Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l\u2019État, Dje- mila Benhabib, Nadia El-Mabrouk ainsi que le sociologue Guy Rocher.À première vue, tous sont favorables au projet de loi 21, y compris l\u2019interdiction de port de signes religieux visant les agents de la paix, procureurs, juges ainsi que les directeurs et enseignants des écoles primaires et secondaires publiques.Le PQ souhaite également entendre la Coalition Laïcité Québec (CLQ), les Libres penseurs athées (LPA), le Rassemblement pour la laïcité (RPL) et l\u2019ex-députée libérale Fatima Houda- Pepin.Il dit être « en attente de réponse » de la part du cabinet du leader parlementaire du gouvernement.Détérioration du climat L\u2019empressement du gouvernement ca- quiste à faire adopter le projet de loi 21 irrite des élus d\u2019opposition.Certains craignent de voir la commission parlementaire chargée de passer au peigne fin le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État limiter à 45 minutes le temps alloué à chaque groupe, en plus de siéger du lundi au vendredi sous la menace d\u2019un bâillon.D\u2019autres se plaignent plus largement de la détérioration du climat sur la colline Parlementaire.Les discussions entre les équipes de leaders parlementaires deviennent rapidement « acrimonieuses ».« Inexpérimentée », la garde rapprochée de M.Jolin-Barrette « ne respecte aucune règle non écrite en vigueur depuis vingt ans pour faire fonctionner le Parlement », déplore une source politique.Le chef de l\u2019opposition officielle, Pierre Arcand, a accusé jeudi l\u2019équipe de François Legault de « bulldozer le Parlement avec son projet de loi sur la laïcité ».Ni une ni deux, le premier ministre lui a reproché d\u2019« accuse[r] les Québécois d\u2019être racistes » en soutenant mercredi que l\u2019œuvre de la CAQ « incite à ce genre d\u2019excès ».M.Arcand faisait allusion à la sortie médiatique du maire de Hampstead, William Steinberg, qui a accusé le gouvernement caquiste de procéder à du « nettoyage ethnique » au moyen du projet de la loi sur la laïcité de l\u2019État.COMMISSION PARLEMENTAIRE Dispute entre les partis sur la liste des invités Le PLQ et QS souhaitent appeler plus de 60 témoins chacun HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le Bloc québécois entend bien utiliser le débat sur la laïcité pour se faire valoir en campagne électorale cet automne.Et d\u2019ici là, il invite le Canada anglophone à ne pas s\u2019immiscer dans cette joute qui ne concerne, à son avis, que le Québec.Le Bloc a placé une publicité sur un large panneau publicitaire d\u2019Ottawa disant « Quebec knows what\u2019s right for Quebec.Thank you.» L\u2019affiche est située à la jonction de l\u2019autoroute permettant de se rendre à Toronto et de la voie conduisant à l\u2019aéroport d\u2019Ottawa, deux chemins que la plupart des députés fédéraux non-Québécois sont susceptibles d\u2019emprunter chaque semaine.Cette affiche s\u2019accompagne d\u2019une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux et d\u2019une lettre ouverte envoyée aux médias anglophones.Le Bloc y retrace les démarches de sécularisation du Québec, de la sortie de l\u2019église catholique des hôpitaux et des écoles pendant la Révolution tranquille à la déconfessionnalisation des commissions scolaires.« L\u2019arrivée de nouveaux arrivants de plusieurs différentes confessions a fait revivre le débat, peut-on y lire.[\u2026] Les Québécois n\u2019ont pas demandé à l\u2019église catholique de se tenir à l\u2019écart des affaires de l\u2019État et dans la sphère privée pour faire plus d\u2019espace aux autres confessions à la place.» Le Bloc québécois se targue d\u2019être le seul parti politique fédéral à appuyer la loi du gouvernement de François Le- gault sur la laïcité.« Le seul parti qui n\u2019est pas divisé quant à la loi sur la laïcité au Québec, c\u2019est le Bloc québécois et le Bloc québécois se trouve à avoir une position qui est partagée par 65- 70 % des Québécois », a fait valoir le chef, Yves-François Blanchet.En fait, au Parti libéral, tous semblent d\u2019accord avec Justin Trudeau pour s\u2019opposer à la loi 21.C\u2019est plutôt du côté du Parti conservateur et du NPD que des voix québécoises discordantes se font entendre.Le député conservateur Alain Rayes a déclaré cette semaine que « le gouvernement de la CAQ a été élu de façon tout à fait légitime.C\u2019était une promesse.Et il a toute la légitimité pour la réaliser.» Au NPD, Pierre Nantel a soutenu au Devoir que la position de son chef Jagmeet Singh n\u2019engageait que lui personnellement.M.Blanchet compte-t-il faire de la laïcité un sujet central de la campagne électorale bloquiste ?« Ce n\u2019est pas un cheval de bataille qu\u2019on va choisir, c\u2019est un cheval de bataille que l\u2019actualité nous impose», répond-il.« Alors que l\u2019Assemblée nationale du Québec est enfin dans une position pour régler un débat qui dure depuis de nombreuses années, je pense que les Québécois seront extrêmement contrariés si Justin Trudeau et Ottawa empêchent la conclusion et l\u2019adoption d\u2019une loi québécoise sur la laïcité.» Le Bloc invite le ROC à laisser les Québécois discuter entre eux Le parti souverainiste s\u2019est offert un panneau publicitaire en anglais Le panneau publicitaire que s\u2019est offert le Bloc québécois.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE CHRISTIAN RIOUX LE DÉBAT SUR LA LAÏCITÉ Peu importe le lieu et le moment, l\u2019intégriste marxiste réglera jusqu\u2019à sa vie amoureuse selon les préceptes de la lutte de classe.Peu importe qu\u2019il soit à la mosquée ou juge à la Cour suprême, l\u2019intégriste religieux affirmera que les lois de dieu doivent avoir partout préséance.Après s\u2019être fait reprocher son silence, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a par voie de déclaration écrite condamné fermement les propos du maire de Hampstead, William Steinberg, et réclamé à son tour des excuses de sa part.« Par ses propos et son refus de s\u2019excuser, le maire Steinberg est en train de détourner le débat du projet de loi sur la laïcité pour devenir lui-même l\u2019objet du débat.Cette attitude est irresponsable et doit être dénoncée », a-t-elle souligné au terme d\u2019une mission en Amérique du Sud.Le premier ministre François Le- gault a salué la déclaration de Mme Plante même si celle-ci accusait, selon lui, un retard de six jours.« Il était temps », a-t-il lancé jeudi.M.Steinberg a décrit le projet de loi 21 comme un moyen pour l\u2019équipe de François Legault de procéder à un « nettoyage ethnique pacifique ».Il a reproché jeudi aux médias de ne pas avoir saisi et relayé à leurs lecteurs ou auditeurs les nuances de son commentaire.Valérie Plante, six jours plus tard LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 4 Hommage à un ami MUSIQUE SUITE DE LA PAGE A 1 parfait contrepoint aux délires poétiques de KenLo, au style rase-mottes d\u2019Eman et aux roucoulantes bravades de Maybe Watson \u2014 avec lequel il forme aussi le loufoque duo Rednext Level \u2014, voilà qu\u2019il se révèle sérieusement introspectif avec Nul n\u2019est roé en son royaume, le plus fragile et poignant disque offert par un des artisans du groupe.Il déballe tout sur ce premier vrai album solo.Tout ce qu\u2019il a porté sur ses épaules durant les deux années suivant l\u2019accident lui ayant volé son meilleur ami Bernard, à qui l\u2019album est dédié.Les mots d\u2019Ogden se bousculent dans sa bouche, c\u2019est à peine s\u2019il prend le temps de respirer entre les quatrains.« Clairement, je suis arrivé avec des textes qui, sans être sombres, sont tout sauf légers, commente le musicien.Ensuite, la nuance vient sans doute de la musique : j\u2019ai laissé carte blanche aux gens qui ont travaillé là-dessus », DJ Manifest et Low Pocus, KenLo et Caro Dupont, Tork, Claude Bégin, Shash\u2019U et Eman, qui ont réussi à ériger un album cohérent tout en ratissant large le champ des influences rap.Ce disque, c\u2019est le récit « de deux évé- nements, bizarrement reliés, confie le rappeur.J\u2019habitais alors avec mon meilleur ami Bernard et ma blonde de l\u2019époque, trois colocs.Dans cette même année, Bernard est décédé et je me suis séparé.On habitait là, côté ouest de Saint-Denis, coin Jean-Ta- lon », où est toujours accroché le vélo fantôme en mémoire de Bernard.« Un coin symbolique\u2026 Ça a bouleversé ma vie.Tout l\u2019album porte sur ce qui s\u2019est passé et comment j\u2019ai vécu la suite » des événements.Ton grave L\u2019album commence pourtant en plein Bas-Canada avec cette ritournelle de marche militaire annonçant L\u2019ours qui a vu l\u2019homme, du pur Alaclair avec le ton rigolo, « une petite feinte de début d\u2019album », comme l\u2019appelle Ogden, suivie par le trap autocongratulatoire Jacques Plante \u2014 une autre chanson salue un second grand Jacques du hockey, Demers celui-là, collaboration avec Koriass sur une production de Shash\u2019U.Or, en plein cœur du disque, Robert Nelson retourne sur le banc pour laisser patiner seul Ogden : Flambant neu, d\u2019abord, Lignes de front et Lucioles, peu après, sont saisissantes de vérité alors que Bernard l\u2019ange gardien pose ses ailes sur les textes.Sur ce premier album d\u2019ailleurs, Ogden a rangé, pour ainsi dire, la voix nasillarde de Robert Nelson pour adopter un ton plus grave et moins caricatural.La transformation avait déjà été amorcée sur le dernier album d\u2019Alaclair (Le sens des paroles, paru il y a moins d\u2019un an), elle est aujourd\u2019hui achevée.« C\u2019est comme si le personnage de Robert Nelson était un alter ego, avec une voix, mais aussi une manière de penser, de rapper, avec un certain type de propos.J\u2019avais le feeling d\u2019en avoir fait beaucoup avec cette voix, au sein d\u2019Alaclair et de Rednext Level, j\u2019avais donc besoin de la remettre dans le coffre à outils, parce que je ne voulais pas m\u2019enfermer dans cette espèce de Slim Shady », référence au fameux alter ego déviant du rappeur américain Eminem.On comprend aussi que le Nelson d\u2019antan campe mieux des textes plus joviaux que ceux de Nul n\u2019est roé en son royaume\u2026 La voix qu\u2019il prend désormais le ramène « à un rap plus technique, plus agressif, et plus près de [sa] voix normale\u2026 et des textes personnels ».« Ça prenait cette voix pour traiter de deuil, de dépression, d\u2019anxiété, tout ça.Exprimer la rapidité du train de ma pensée, ce qui n\u2019est pas forcément une bonne chose.Je pense trop, dans la vie\u2026 Or c\u2019est ça, je voulais submerger l\u2019auditeur par la quantité de mots, sans diminuer la qualité des textes.» Clore un chapitre Ogden a mis un an et demi à les écrire, ses textes.Seul, enfermé dans son chalet.«Passer presque deux ans dans le bois m\u2019a fait énormément de bien.C\u2019était un contraste avec ces dix dernières années passées à donner des concerts.Une manière d\u2019entrer en contact avec mon besoin de solitude et de calme », dit Ogden, avouant avoir « l\u2019étrange impression de clore un chapitre» de sa vie avec cet album, qui coïncide avec son arrivée dans la trentaine.« Je vais toujours faire de la musique et écrire, mais je ne suis plus attaché à l\u2019idée de passer ma vie à faire carrière en musique », réfléchit-il à voix haute, promettant toutefois de nouveaux disques d\u2019Alaclair et de Rednext Level.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les automobilistes trouvent peut-être qu\u2019il y a trop de chantiers au centre-ville de Montréal, mais cela aurait pu être bien pire.Alors que s\u2019amorce la saison des travaux, l\u2019administration de Valérie Plante indique avoir reporté un chantier sur deux afin de ne pas créer davantage de congestion.Montréal investira 766 millions de dollars en 2019 dans ses chantiers, soit 306 millions pour les routes et 388 millions pour les égouts et aqueducs.Montréal se fixe comme objectif de retaper 260 kilomètres de rue et 139 kilomètres d\u2019aqueducs et d\u2019égouts.Parmi les grands chantiers figurent ceux de la rue Sainte-Catherine Ouest, entre les rues de Bleury et le boulevard Robert-Bourassa, de la rue Saint-Paul, de la Plaza Saint-Hubert, de la rue Jarry, de la rue Saint-Grégoire, entre les rues Papineau et Saint-Denis, et de la rue Papineau, entre les rues Gauthier et Marie-Anne.Bien qu\u2019au cours des dernières années, la Ville ait accéléré la cadence afin de rattraper le déficit d\u2019entretien des infrastructures, la Ville juge qu\u2019il ne fallait pas abuser de la tolérance des Montréalais.Compte tenu des inconvénients de ces chantiers sur la circulation automobile, la Ville a décidé de retarder un chantier sur deux au centre- ville, qu\u2019il s\u2019agisse des siens, de chantiers privés ou de ceux de ses partenaires, comme Énergir.«C\u2019est énorme», reconnaît le responsable de l\u2019eau et des infrastructures du réseau routier au comité exécutif, Sylvain Ouellet.« Mais ça ne veut pas dire que les chantiers ne se feront jamais.» À la même époque l\u2019an dernier, l\u2019administration annonçait des investissements de 1,2 milliard pour 2018 dans les infrastructures.Selon Sylvain Ouellet, l\u2019écart d\u2019investissements s\u2019explique en partie parce que l\u2019administration a retiré de sa programmation les chantiers hors rue, comme ceux du service de l\u2019eau.Mais c\u2019est aussi parce que, l\u2019automne dernier, l\u2019administration a décidé de ralentir le rythme des travaux.Sous Denis Coderre, la Ville comptait rattraper le déficit d\u2019entretien de ses infrastructures en 10 ans.La nouvelle cible est maintenant fixée à 5 ans.Escouade des chantiers Montréal déploiera aussi une nouvelle escouade des chantiers à compter du mois de mai.Promise en campagne électorale, cette escouade sera composée de six personnes et effectuera des visites-surprises sur les chantiers.Afin de s\u2019assurer que les exigences techniques de la Ville sont MONTRÉAL L\u2019administration Plante ralentit la cadence des chantiers Une escouade est mise sur pied pour améliorer la surveillance des travaux LEE BERTHIAUME À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Les Forces armées canadiennes (FAC) ont un nouveau manuel sur la façon de gérer les cas d\u2019inconduite sexuelle, dans le but de combler plusieurs lacunes dans les politiques de l\u2019armée en matière d\u2019agression au sein de ses rangs.Toutefois, certaines préoccupations restent sans réponse, notamment le règlement sur le « devoir de signaler », qui, selon certains, dissuade les victimes de demander de l\u2019aide si elles ne sont pas prêtes ou désireuses de déposer une plainte officielle.Les informations contenues dans le document de 100 pages se retrouvaient auparavant à plusieurs endroits, ce qui, selon un rapport du ministère de la Défense, semait la confusion et l\u2019incertitude chez plusieurs membres de l\u2019armée.Certains n\u2019avaient qu\u2019une vague compréhension de ce qui constituait un comportement inapproprié et de ce qu\u2019il fallait faire si un incident survenait \u2014 notamment en ce qui a trait à l\u2019appui à fournir aux victimes.Le nouveau guide, qui a été élaboré à la suite de consultations avec le Centre d\u2019intervention sur l\u2019inconduite sexuelle des FAC et un groupe d\u2019experts de l\u2019externe, s\u2019efforce de traiter ce dernier enjeu précis.L\u2019une des premières sections explique que certaines personnes affectées par de l\u2019inconduite sexuelle préfèrent se faire appeler des « survivantes » plutôt que des « victimes », et que d\u2019autres n\u2019apprécient aucun des deux termes.Le manuel discute également des rôles, des responsabilités et de la formation disponible pour chaque membre de l\u2019armée, ainsi que des responsabilités supplémentaires des commandants pour soutenir les victimes et enquêter sur les incidents.Dans un rapport publié en novembre dernier, le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, avait révélé que de nombreuses victimes n\u2019étaient pas correctement soutenues lorsqu\u2019elles dénonçaient en raison des lacunes dans les services offerts et du manque de formation et de politiques appropriées.À cette fin, les commandants reçoivent également un nouveau document pour les aider à comprendre le traitement progressif des dossiers d\u2019inconduite sexuelle \u2014 et se font rappeler de consulter les victimes lors de chaque étape.Inconduite sexuelle : l\u2019armée donne de nouvelles directives respectées, cette équipe pourra par exemple effectuer du carottage d\u2019une nouvelle chaussée et faire analyser les matériaux au laboratoire de la Ville.«Le but n\u2019est pas de surveiller les surveillants, mais de faire des audits», a expliqué M.Ouellet.En septembre dernier, le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) avait constaté des lacunes dans la surveillance des chantiers.Des irrégularités avaient été observées sur chacun des 83 chantiers visités.Une charte Montréal souhaite également élaborer une « charte des chantiers », qui obligerait les entrepreneurs et les équipes de la Ville à mettre en place des mesures de mitigation pour limiter les nuisances aux riverains.Elle forcerait les entrepreneurs et les employés de la Ville à donner priorité à l\u2019accessibilité et la sécurité autour des chantiers et à assurer une communication avec les résidents et les commerçants en plus d\u2019utiliser des méthodes et matériaux « respectueux de l\u2019environnement ».Cette charte pourrait être incluse sans les contrats et devenir une condition pour obtenir un permis d\u2019occupation du domaine public, indique-t-on.La Ville compte consulter ses partenaires avant d\u2019élaborer sa charte.« On aimerait qu\u2019elle soit en vigueur dès l\u2019année prochaine », a dit M.Ouellet.Critique Le chef de l\u2019opposition, Lionel Perez, comprend mal que l\u2019administration ralentisse la cadence des chantiers alors que le rattrapage à faire est important.« C\u2019est préoccupant et, malheureusement, ce sont les Montréalais qui vont écoper dans la qualité de la voirie.Ils vont devoir attendre plus longtemps pour atteindre un seuil acceptable de qualité des infrastructures », a- t-il souligné.Quant à la charte des chantiers, Lionel Perez a rappelé que l\u2019opposition avait proposé ce concept à la fin de 2017, mais que cette idée avait été rejetée par l\u2019administration Plante : « Ils démontrent encore une fois leur façon partisane de travailler.» Parmi les grands chantiers figurent ceux de la rue Sainte-Catherine Ouest, entre les rues de Bleury et le boulevard Robert-Bourassa.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Sur ce premier album, Ogden a rangé la voix nasillarde de Robert Nelson pour adopter un ton plus grave et moins caricatural.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR C\u2019est préoccupant et, malheureusement, ce sont les Montréalais qui vont écoper dans la qualité de la voirie LIONEL PEREZ » LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 5 CRÉATIVITÉ | STRATÉGIES | VIVRE-ENSEMBLE Une ex é p rience p rofessionnelle Ouvert à tous .c o m LA CULTURE, QUI TRANSFORME UNE RENCONTRE 32e COLLOQUE | Les Arts et la Ville 5 au 7 JUIN 2019 | VAUDREUIL-DORION Programmation et inscriptions arts-ville.org/colloques/colloque-2019 Information 418 691-7480 Émilie Perreault, conférencière d\u2019ouverture et coprésidente d\u2019honneur © A n d r é a n n e G a u t h i e r \u2022 Des conférences inspirantes \u2022 Une occasion de formation et de réseautage unique \u2022 Une programmation artistique et culturelle éblouissante Pour le développement durable des communautés ALEXANDRE SHIELDS ISABELLE PORTER LE DEVOIR Même s\u2019il assure que la protection du bar rayé du fleuve Saint-Laurent est importante, le gouvernement caquiste s\u2019est porté jeudi à la défense du projet portuaire industriel Beauport 2020, qui menacerait un habitat essentiel pour le rétablissement de ce poisson en voie de disparition et protégé par la Loi canadienne sur les espèces en péril.Selon les informations publiées jeudi par Le Devoir, le nouveau quai commercial où transiteraient chaque année 500 000 conteneurs serait construit directement dans « une aire de reproduction » du bar rayé, une espèce qui avait disparu du fleuve et qui y a été réintroduite au début des années 2000 par le gouvernement du Québec.Interpellée jeudi sur cet enjeu, la ministre responsable de la région de la Ca- pitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a souligné que le gouvernement collabore à l\u2019examen du projet mené par l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE), notamment pour « répondre aux questions » qui ont été posées au port de Québec en juin 2018.Mme Guilbault s\u2019est du même coup portée à la défense de Beauport 2020, un projet pour lequel les investissements doivent totaliser 400 millions de dollars.«Il s\u2019agit d\u2019un projet structurant pour la région de la Capitale-Nationale.Le projet amènera des retombées économiques importantes et des emplois de qualité », a-t-elle souligné dans une déclaration écrite transmise au Devoir.D\u2019autres frayères recherchées Au cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, on a souligné qu\u2019« il y a une préoccupation de protection de l\u2019espèce », mais aussi que le ministère fait « un suivi » de la situation du bar rayé depuis sa réintroduction dans le Saint- Laurent en 2002, précisément par le ministère de la Faune.Le directeur de cabinet du ministre, Roch Gamache, a toutefois insisté sur la volonté du ministère de contribuer à la recherche de solutions qui permettraient au projet Beauport 2020 d\u2019aller de l\u2019avant.Dans ce cas-ci, puisque « seuls deux sites de reproduction sont actuellement connus », selon Pêches et Océans Canada, M.Gamache a suggéré la recherche « d\u2019autres frayères » près du secteur où serait construit le nouveau complexe portuaire.La CAQ se porte à la défense du projet Beauport 2020 L\u2019agrandissement du port de Québec menacerait un habitat essentiel pour un poisson en voie de disparition « Ça pourrait mener à des recommandations compensatoires.L\u2019impact est moindre » si d\u2019autres frayères sont trouvées, a-t-il expliqué.«Ça s\u2019inscrit dans la démarche pour trouver la meilleure voie de passage pour un projet qui n\u2019aura pas d\u2019impact sur le bar rayé, ou alors un impact minime.C\u2019est pour cela qu\u2019on va inviter les scientifiques à identifier les zones de fraie aux alentours, afin que les instances concernées puissent prendre une décision éclairée», a-t-il fait valoir en entrevue.Habitat essentiel Pour le biologiste Pierre Dumont, un expert des poissons du Saint-Laurent et ancien employé du ministère de la Faune, l\u2019habitat qui serait détruit par le nouveau quai et le terrain de stockage des conteneurs est « très important pour la reproduction du bar rayé ».Selon lui, il ne fait donc aucun doute qu\u2019il faut protéger ce secteur du fleuve.« Il faut être conséquent avec la législation, si on reconnaît que c\u2019est un habitat essentiel.C\u2019est clair que c\u2019est un habitat à protéger, d\u2019autant plus qu\u2019on ne peut pas reproduire des conditions semblables à ce milieu ailleurs.» « C\u2019est évident que c\u2019est un habitat essentiel, d\u2019autant plus qu\u2019on parle d\u2019une espèce qui sera reconnue comme étant en voie de disparition.Le gouvernement a donc des obligations légales, dont la protection des lieux de reproduction », a aussi rappelé M.Dumont.Le bar rayé est effectivement protégé par la Loi sur les espèces en péril, qui prévoit une interdiction de détruire un « élément » de l\u2019habitat essentiel.Or, les lieux de reproduction font partie de cet habitat crucial pour le rétablissement de l\u2019espèce.Un « avis scientifique » produit par Pêches et Océans Canada en vue de la « désignation » de cet habitat recommande d\u2019ailleurs d\u2019inclure le secteur où le Port de Québec veut construire son nouveau quai de 610 m et draguer plus de 900 000 m3 de fonds marins du Saint-Laurent.Dans son étude d\u2019impact, le port de Québec a soutenu qu\u2019« aucune activité de fraie du bar rayé » n\u2019a lieu dans ce secteur.L\u2019étude d\u2019impact ne précise donc «aucun plan compensatoire » pour la destruction « d\u2019habitats de haute valeur » pour le poisson.Cela signifie que Beau- port 2020 risque «de nuire ou de mettre en péril la survie ou le rétablissement d\u2019une espèce en péril [bar rayé] », selon Pêches et Océans.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La réforme de l\u2019industrie du taxi pour- rait-elle améliorer les services aux personnes handicapées ?Certains le croient.«L\u2019industrie avait besoin de se moderniser, a affirmé le président de l\u2019Union des transports adaptés et collectifs du Québec.C\u2019est une bonne chose.C\u2019est positif.» L\u2019association qui représente 82 organismes dans ce domaine a rencontré le ministre des Transports, François Bon- nardel, jeudi avant de témoigner en commission parlementaire quelques heures plus tard.Elle croit que l\u2019abolition des territoires d\u2019agglomération auxquels les chauffeurs étaient soumis pourrait permettre aux municipalités d\u2019améliorer les services dans les régions où ils sont inadéquats, voire inexistants.« Le projet de loi 17 propose de la concurrence », a expliqué Marc-André Avoine, qui est également directeur des services des transports pour la MRC de Montcalm dans Lanaudière.« Chez nous, je n\u2019ai pas de taxi adapté pour les fauteuils roulants, a-t-il offert à titre d\u2019exemple.[\u2026] Il y a des MRC voisines qui en ont, mais je ne peux pas [signer de contrat] avec elles.» Il espère que la fin du monopole que certaines entreprises de taxi ont dans certaines régions pourra aider à régler ce type de problème.Les députés des trois partis d\u2019opposition qui siègent à la commission parlementaire ont tous émis des doutes, puisque le projet de loi 17 ouvrira l\u2019industrie du taxi à des services comme Uber qui n\u2019offrent pas de transport adapté.Le député libéral Gaétan Barrette croit plutôt que de nombreux taxis seront appelés à disparaître hors des grands centres avec la « destruction définitive du modèle traditionnel » de leur industrie.« Il y a des compagnies de taxi qui vont faire faillite, donc il y aura moins d\u2019offre », a-t-il anticipé en entrevue.La députée de Québec solidaire Ruba Ghazal ne croit pas elle non plus que le projet de loi 17 réglera le problème de service inégal d\u2019une municipalité à l\u2019autre.« On ne fait pas d\u2019argent avec le transport adapté, a-t-elle constaté.La crainte, c\u2019est que ce ne soit pas assez rentable et qu\u2019on n\u2019offre plus de service aux personnes les plus vulnérables.» Le projet de loi 17 pourrait également nuire à la qualité du service, selon le député du Parti québécois Joël Arseneau.« Les conducteurs de taxi ont aussi un rôle d\u2019accompagnement des personnes les plus vulnérables, parce que le transport adapté, ce ne sont pas que des gens PROJET DE LOI Taxi : une réforme bonne pour le transport adapté ?Le monopole de quelques entreprises dans certaines régions nuit à l\u2019amélioration du service, affirme un organisme qui ont des problèmes de mobilité, il y a des gens qui ont des déficiences intellectuelles, a-t-il expliqué en entrevue.Donc, des clientèles qui ont besoin d\u2019un service régulier, d\u2019un accompagnement, d\u2019une relation d\u2019aide avec le chauffeur souvent qui s\u2019établit.» Le projet de loi 17 muet La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) avait signalé la veille en commission parlementaire l\u2019absence du transport adapté dans le projet de loi du ministre Bonnardel.Un seul article dans le document de 73 pages indique que le gouvernement peut procéder par règlement pour assurer une offre de transport adapté en délimitant des territoires, en imposant des normes particulières et en ajoutant des mesures incitatives.« Il y avait dans l\u2019ancienne loi une sensibilité, un certain encadrement sur le transport adapté », a remarqué le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget.La Loi concernant les services de transport par taxi contenait, par exemple, une définition des voitures adaptées.Il enjoint donc au gouvernement de ne pas oublier l\u2019impact du projet de loi 17 sur ce type de transport qui dessert un nombre important de personnes.Des 120 000 personnes qui y ont droit au Québec, 70 % utilisent les taxis embauchés par les sociétés de transport municipales.Le ministre François Bonnardel ne voit pas pour l\u2019instant la nécessité de déposer un projet de règlement.«Il y aura nécessairement une offre additionnelle, une concurrence, mais moi, je suis persuadé qu\u2019à la base, 75 ou 80% du service qu\u2019on donne aujourd\u2019hui va rester le même, a- t-il affirmé à sa sortie de la commission.Mais dans certaines régions, on va être capables d\u2019offrir un service [là] où il n\u2019y avait pas d\u2019offre en soi.» Le budget du Québec prévoyait 110,8 millions d\u2019aide pour le transport adapté.Les usagers du transport adapté doivent témoigner en commission parlementaire au début du mois de mai.Près des trois quarts des 120 000 personnes qui ont droit au transport adapté au Québec utilisent les taxis embauchés par les sociétés de transport municipales.ISTOCK Chez nous, je n\u2019ai pas de taxi adapté pour les fauteuils roulants.[\u2026] Il y a des MRC voisines qui en ont, mais je ne peux pas [signer de contrat] avec elles.MARC-ANDRÉ AVOINE » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 AGENCE FRANCE-PRESSE À LA CITÉ DU VATICAN Le pape émérite Benoît XVI explique les scandales de pédophilie du clergé par la révolution sexuelle des années 1960, des idées théologiques nouvelles, ainsi que l\u2019effondrement en Occident de la foi, dans une analyse rendue publique jeudi.« La révolution de 1968 s\u2019est battue pour une complète liberté sexuelle, qui n\u2019admettait plus de normes », souligne le pape émérite allemand dans un texte touffu de 18 pages publié dans Klerusblatt, mensuel bavarois destiné au clergé.« La pédophilie a alors également été diagnostiquée comme permise et appropriée », ajoute-t-il, dans cette lettre publiée par des sites catholiques américains.« Des cliques homosexuelles » Benoît XVI, qui vit reclus dans un petit monastère de la Cité du Vatican, s\u2019exprime très rarement depuis sa démission voici six ans.Et son texte qui le ramène sous les projecteurs a fait l\u2019effet d\u2019une petite bombe, jeudi, chez certains théologiens ou pour des victimes d\u2019abus sexuels.José Andres Murillo, un Chilien victime d\u2019abus du clergé, a estimé jeudi que « le narcissisme théologique » de Benoît XVI avait « fait partie du problème de la culture d\u2019abus et de silence de l\u2019Église ».Le théologien américain Brian Flanagan juge par exemple dans un tweet que le lien que Benoît XVI fait avec les années 1960 constitue « une explication fausse et embarrassante.Dans son texte, le pape émérite allemand décrit « l\u2019effondrement de grande ampleur » des vocations de prêtres après la révolution sexuelle des années 1960.Puisant des exemples dans son Allemagne natale, il raconte aussi comment « le radicalisme sans précédent des années 1960 » a fait souffler une « modernité » dans toutes les strates de la société, y compris dans les séminaires formant des prêtres.«Des cliques homosexuelles se sont développées dans différents séminaires», sans trop se cacher, relève-t-il de manière surprenante pour illustrer son propos sur une certaine «dissolution Benoît XVI accuse la révolution sexuelle des années 1960 L\u2019ancien pape estime que cette époque a diagnostiqué la pédophilie « comme permise » L\u2019ancien pape Benoît XVI dresse un constat assez amer de la société occidentale.ANDREW MEDICHINI ASSOCIATED PRESS RIM TAHERLBY À TRIPOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Le secrétaire général de l\u2019ONU, Antonio Guterres, a réclamé un « cessez- le-feu » en Libye, où les combats, qui ont fait 56 morts en une semaine selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), s\u2019intensifiaient près de la capitale Tripoli.Des combats faisaient toujours rage jeudi au sud de la capitale, cible depuis le 4 avril d\u2019une offensive du maréchal Khalifa Haftar, l\u2019homme fort de l\u2019Est libyen qui veut s\u2019emparer de Tripoli, siège du gouvernement d\u2019union nationale (GNA), dirigé par Fayez al-Sarraj et reconnu par la communauté internationale.Les troupes du maréchal Haftar tentent d\u2019avancer vers la capitale notamment sur deux axes : par le sud et le sud-est, où des combats avaient déjà opposé mercredi les forces pro-GNA à celles de l\u2019ANL.Mais « pour le moment, c\u2019est toujours le jeu du chat et de la souris », expliquait mercredi à une équipe de l\u2019AFP un commandant d\u2019un groupe armé pro-GNA sur la route de l\u2019aéroport inutilisé de Tripoli, théâtre de combats qui se poursuivaient jeudi entre les deux camps selon des sources de sécurité.À l\u2019ONU, M.Guterres a appelé à un cessez-le-feu.« Il est encore temps d\u2019arrêter » les affrontements, « encore temps d\u2019avoir un cessez-le-feu, d\u2019éviter le pire », a déclaré à des médias M.Gu- terres, après une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l\u2019ONU.L\u2019ONU avait annoncé mardi en raison des combats le report sine die d\u2019une conférence interlibyenne qui devait aider le pays à sortir du chaos.L\u2019Union européenne a fait évacuer mercredi de Tripoli les membres d\u2019une mission d\u2019assistance en raison des bombardements, selon une source européenne.Cela concernerait une vingtaine de personnes.L\u2019UE est « préoccupée par les développements très inquiétants en Libye », a par ailleurs annoncé la porte- parole de la chef de la diplomatie de l\u2019Union, Federica Mogherini, renouvelant son appel à un cessez-le-feu immédiat et à faciliter l\u2019accès de l\u2019aide humanitaire.LIBYE L\u2019ONU réclame un cessez- le-feu Les combats ont fait 56 morts en une semaine ÁLVARO VILLALOBOS À MADRID AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019existence d\u2019une « police politique » que les gouvernements conservateurs en Espagne auraient utilisée p our noircir leurs adversaires à l\u2019époque où ils étaient au pouvoir est devenue un thème explosif de la campagne pour les élections législatives du 28 avril.Après de nouvelles révélations dans la presse ces derniers jours, le parti de gauche radicale Podemos apparaît comme l\u2019une des principales cibles d\u2019une structure policière qui aurait opéré sous le premier gouvernement de Mariano Rajoy (2011-2016) et son ministre de l\u2019Intérieur Jorge Fernandez Diaz, qui nie en bloc toutes les accusations.Plusieurs anciens policiers haut placés sont soupçonnés d\u2019avoir fabriqué de faux documents pour discréditer le parti de gauche, en pleine croissance en 2015 et 2016, et des nationalistes catalans.Ils auraient même espionné et volé des documents à un ancien trésorier du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, Luis Barcenas, un des principaux protagonistes d\u2019un tentaculaire procès pour corruption au terme duquel le PP a été condamné.Le verdict a précipité la chute de Mariano Rajoy.Une « police patriotique » Podemos, en difficulté dans les sondages alors que la campagne démarre officiellement vendredi, ne cesse de dénoncer ce qu\u2019il appelle « les égouts de l\u2019État ».La « police patriotique » de Jorge Fernandez Diaz est accusée d\u2019avoir alimenté des spéculations sur un financement de Podemos par l\u2019Iran et le Venezuela, pays où son numéro un, Pablo Iglesias, et plusieurs fondateurs du parti ont travaillé comme conseillers du gouvernement Chávez.Ces faux rapports, repris dans plusieurs médias, ont déclenché des enquêtes judiciaires contre les membres du parti, toutes classées sans suite.Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a nié « catégoriquement » mercredi que ces pratiques aient perduré depuis qu\u2019il a pris le pouvoir en juin dernier.ESPAGNE La « police politique » de la droite s\u2019invite dans la campagne électorale Jorge Fernandez Diaz EMMANUEL DUNAND AFP Les troupes du maréchal Haftar tentent d\u2019avancer vers la capitale par le sud et le sud-est, où des combats avaient déjà opposé mercredi les forces pro-GNA à celles de l\u2019ANL Un sommet des États sahélo-sahariens Un sommet extraordinaire des chefs d\u2019État et de gouvernement des pays membres de la Communauté des États sahélo-saha- riens (Cen-Sad) se tiendra samedi à N\u2019Djamena, a appris jeudi l\u2019AFP de source officielle.« Ce sommet se tient dans un contexte marqué par plusieurs défis, au nombre desquels les menaces à la paix, à la sécurité ainsi que ceux liés au développement durable », a déclaré à l\u2019AFP le secrétaire général par intérim de la Cen-Sad, Ibrahim Sani Abani.« Les chefs d\u2019État évoqueront sans nul doute la crise en Libye et les derniers événe- ments au Soudan », deux pays frontaliers du Tchad, comme lui membres de la Cen-Sad, selon un diplomate tchadien qui a requis l\u2019anonymat.de l\u2019enseignement moral de l\u2019Église».Et un évêque avait par exemple décidé de montrer des films pornographiques aux séminaristes «avec l\u2019idée de les rendre plus résistants à des comportements contraires à la foi», affirme-t-il.Le pape émérite dresse en outre un constat assez amer d\u2019une « société occidentale où Dieu a disparu de l\u2019espace public » et où l\u2019Église est perçue aujourd\u2019hui comme « une sorte d\u2019appareil politique ».« Pourquoi la pédophilie a-t-elle pris de telles proportions ?Au final, cela s\u2019explique par l\u2019absence de Dieu », devenu une « préoccupation d\u2019ordre privé d\u2019une minorité » de croyants, écrit-il.Pourquoi la pédophilie a-t-elle pris de telles proportions ?Au final, cela s\u2019explique par l\u2019absence de Dieu BENOÎT XVI » Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, nie que ces pratiques aient perduré depuis qu\u2019il a pris le pouvoir en juin dernier.MANU FERNANDEZ ASSOCITED PRESS A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 Algérie : l\u2019ex-général Ali Ghediri candidat à la présidence Le général à la retraite Ali Ghe- diri a annoncé jeudi, sur une chaîne de télévision privée, sa candidature à la présidentielle en Algérie, qui doit se tenir le 4 juillet pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika.« Il est évident que je serai candidat, d\u2019autant plus que mon dossier est déjà au Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré sur Dzaïr News.L\u2019organisation d\u2019une nouvelle présidentielle a été rejetée par des protestataires, qui dénoncent une élection organisée par des responsables mis en place par M.Bouteflika.M.Ghe- diri était déjà candidat à la présidentielle prévue initialement le 18 avril, avant que celle-ci soit annulée dans une tentative d\u2019Ab- delaziz Bouteflika de se maintenir au pouvoir.STUART WILLIAMS À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Après la chute des présidents algérien Abdelaziz Bouteflika et soudanais Omar el-Béchir, les régimes autoritaires vont regarder d\u2019un œil inquiet les manifestations populaires, alimentées par le ressentiment envers des élites perçues comme corrompues et des conditions de vie difficiles.Si la chute des deux hommes forts découle des situations spécifiques à ces pays, elle sonne cependant, soulignent les experts, comme un avertissement aux dirigeants autoritaires tentés d\u2019ignorer la fronde populaire.En Algérie comme au Soudan, des dirigeants établis depuis des dizaines d\u2019années ont été lâchés par l\u2019armée, qui peut ainsi se changer d\u2019amie en ennemie.« Les situations algérienne et soudanaise sont très différentes, mais elles portent une leçon pour les autocrates et les dictateurs : la soif de justice, de démocratie et d\u2019équité sociale est universelle », souligne Marc Pierini, de l\u2019institut Carnegie Europe, basé à Bruxelles.«Dans ces deux pays, la population en a assez de voir des dirigeants s\u2019agripper au pouvoir, décider de tout et s\u2019en mettre plein les poches », résume M.Pie- rini, ancien ambassadeur de l\u2019Union européenne en Tunisie, en Libye, en Syrie, au Maroc et en Turquie.Non loin de là, l\u2019Égypte est dirigée par un ancien général, Abdel Fattah al-Sissi.Ce dernier, qui a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013 Bouteflika, Béchir\u2026 d\u2019autres vont-ils tomber ?Omar el-Béchir a été destitué et arrêté jeudi par l\u2019armée à l\u2019issue de trente ans de règne et de quatre mois de contestation dans la rue.Le ministre de la Défense a annoncé son remplacement par un conseil militaire pour deux ans.Les manifestants, eux, exigent une transition civile et restent mobilisés.HALA KODMANI LIBÉRATION C\u2019est au petit matin de jeudi à Khartoum que des officiers de l\u2019armée informent Omar el-Béchir au saut du lit : « Vous n\u2019êtes plus président de la République.» Trente ans après avoir pris le pouvoir par un coup d\u2019État militaire, le dictateur soudanais en est chassé par un coup d\u2019État de son armée.Intervenu après des semaines de manifestations réclamant son départ, le renversement de Béchir a été annoncé par son ministre de la Défense au nom d\u2019un «Conseil militaire de transition » mis en place pour une durée de deux ans.Suspension de la Constitution durant cette période, instauration de l\u2019état d\u2019urgence pendant trois mois et d\u2019un couvre-feu d\u2019un mois, fermeture de l\u2019espace aérien, etc.Le communiqué lu par le général en treillis Awad Ahmed Benawf était dans la pure tradition des putschs à l\u2019ancienne familiers aux pays arabes et africains depuis les années 1960.La ressemblance avec les coups de force du passé s\u2019arrêtera-t- elle à ces apparences?Le puissant mouvement populaire à l\u2019origine du bouleversement a déjà exprimé son rejet immédiat d\u2019un « coup d\u2019État militaire recyclant les figures et les institutions contre lesquelles notre grand peuple s\u2019est soulevé », appelant à poursuivre la mobilisation.« Tombé » La déception des Soudanais jeudi après-midi à l\u2019annonce du communiqué des militaires a été à la hauteur de leur joie au réveil puis de leur nervosité grandissante.Car la journée a été très longue pour eux.Dès 5 h, l\u2019information circule sur des véhicules blindés pénétrant le complexe présidentiel où se trouvent la résidence personnelle d\u2019Omar el-Béchir et le quartier général de l\u2019armée.Peu après, confirmant les premières rumeurs d\u2019un départ du président, la télévision nationale interrompt ses programmes pour diffuser SOUDAN Le dernier jour d\u2019un tyran La nouvelle a été accueillie comme une victoire, à Khartoum, par des membres des forces de sécurité.AGENCE FRANCE- PRESSE avant d\u2019être élu à la présidence un an plus tard, cherche à modifier la Constitution pour se maintenir à la tête du pays au- delà de 2022, année de la fin de son deuxième mandat.Difficile de prédire si la chute de Bouteflika et Béchir déclenchera un mouvement à travers la région, comme lors du printemps arabe en 2010- 2011, souligne Sharan Grewal, expert du Moyen-Orient à la Brookings Institution, basée à Washington.«Cela dit, les révolutions ont vraiment tendance à arriver par vagues», avertit-il, citant le printemps arabe, mais également la Géorgie et l\u2019Ukraine, voire la chute du communisme en Europe de l\u2019Est.«La réussite des manifestants dans un pays tend à pousser d\u2019autres populations à penser que la révolution est possible dans leur pays», juge-t-il.en boucle des chants patriotiques et militaires.Un bandeau s\u2019affiche à l\u2019écran : « Importante annonce des forces armées sous peu.» L\u2019image figée restera une bonne partie de la journée.Dans les rues, l\u2019armée est massivement déployée aux principaux points névralgiques de la capitale.Des foules de manifestants descendent dans les rues célébrer cette première victoire.Cela fait des semaines qu\u2019ils demandaient la chute du régime et les voilà qui scandent : « Il est tombé ! » Ambiance festive.Les femmes poussent des youyous et les voitures klaxonnent.Comme les jours précédents, le rassemblement est massif devant le QG de l\u2019armée, où se tient une réunion décisive.Les protestataires répondent à l\u2019appel de l\u2019Association des professionnels soudanais (APS), le mouvement à l\u2019initiative du soulèvement entamé en décembre et qui oriente la contestation fait montre d\u2019un sens remarquable des responsabilités et de maturité politique.Sur sa page Facebook, il lance ses recommandations aux manifestants « de se montrer responsables, aux médecins et cadres médicaux d\u2019être sur place pour toute éventualité », aux commerçants et aux « nobles filles et fils du Soudan » de procurer de l\u2019eau potable aux manifestants dans la rue.Pendant ces longues heures d\u2019attente, bonnes nouvelles et rumeurs inquiétantes se succèdent.Les dirigeants du parti de Béchir sont arrêtés, dont plusieurs personnalités très proches du président destitué.Conclave L\u2019annonce de la libération de tous les prisonniers politiques à travers le pays est confirmée par l\u2019arrivée au milieu des manifestants en liesse de Mohammed Naji al-Asam.Secrétaire général de l\u2019APS et figure de la contestation, le jeune militant était en détention depuis le 4 janvier.Des informations filtrent de la réunion des militaires signalant d\u2019âpres discussions sur qui va diriger le Conseil militaire de transition.Deux concurrents en présence.D\u2019un côté, le premier vice-président et ministre de la Défense, Awad Benawf, un pilier du régime très contesté par la mobilisation populaire, qui insiste pour que les symboles du régime soient tous écartés.De l\u2019autre, l\u2019ancien chef d\u2019état- major Emadeddine Badawi, apparemment plus acceptable.Le conclave militaire prend fin au bout de huit heures d\u2019attente.L\u2019apparition du général Benawf à l\u2019écran préfigure de la déception des opposants.Le ministre de la Défense annonce «le renversement du régime en place», précisant que le chef de l\u2019État est détenu en lieu sûr, avant d\u2019égrener les premières mesures post- destitution.«Ceux qui ont détruit le pays et tué le peuple cherchent à voler le sang versé par les Soudanais», réagit aussitôt le regroupement de l\u2019opposition.«Les forces de l\u2019annonce de la liberté et du changement» appellent le peuple à poursuivre son occupation devant le bâtiment de l\u2019armée jusqu\u2019à la composition d\u2019un pouvoir de transition civil.«D\u2019ici là, rendez-vous dans la rue qui ne trahit pas!», clame leur communiqué.Les révolutions ont vraiment tendance à arriver par vagues SHARAN GREWAL » Trente ans après avoir pris le pouvoir par un coup d\u2019État militaire, le dictateur soudanais Omar el- Béchir en est chassé par un coup d\u2019État de son armée LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019afflux de migrants arrivés de façon irrégulière depuis deux ans a eu raison de la politique dite d\u2019ouverture que prêchait le gouvernement Trudeau à son arrivée au pouvoir.Dans un geste digne du gouvernement Harper, les libéraux ont inséré dans le dernier projet de loi budgétaire omnibus des modifications aux droits des demandeurs d\u2019asile, s\u2019évitant du même coup un examen sérieux de ce qui est un réel changement d\u2019orientation de cette politique publique.Ce choix est manifestement motivé par des considérations politiques.La sympathie populaire à l\u2019endroit des réfugiés syriens ne s\u2019est pas étendue aux migrants fuyant l\u2019Amérique de Trump et les conservateurs exploitent cette grogne avec succès.À six mois des élections, les libéraux ont décidé de protéger leurs arrières.Qu\u2019on veuille contenir les arrivées irrégulières à la frontière est légitime, mais les changements proposés vont plus loin, puisque même les personnes arrivées de façon régulière seront affectées.Quiconque aura fait une demande d\u2019asile dans un pays avec lequel le Canada a une entente d\u2019échange d\u2019informations ne pourra plus présenter de demande au Canada.On parle ici de pays comme les États-Unis, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande.L\u2019effet sur la migration irrégulière sera modeste.À peu près 3150 des quelque 41 000 migrants arrivés de façon irrégulière depuis le début de 2017 avaient présenté une demande au sud de la frontière.Certains, refusés aux États-Unis, ont tout de même obtenu la protection du Canada, une fois leur demande évaluée au mérite.Les amendements fermeraient cette porte.Or, tous les pays n\u2019ont pas la même approche.Contrairement au Canada, les États-Unis n\u2019accordent plus leur protection aux demandeurs qui, par exemple, invoquent la persécution par des gangs criminels.Le ministre de la Sécurité frontalière, Bill Blair, dit vouloir décourager le « magasinage de pays d\u2019asile ».Le premier ministre, Justin Trudeau, souhaite préserver la confiance des Canadiens en leur système d\u2019immigration face à la croissance des mouvements de réfugiés à travers le monde.Mais le Canada ne sera jamais à l\u2019abri de ce phénomène et la meilleure façon d\u2019y faire face est de mettre les ressources nécessaires pour traiter les demandes en temps opportun, lui a répété, entre autres, le directeur parlementaire du budget.Il ne s\u2019agit pas de défendre ceux qui abusent du système, mais il faut éviter à ceux en quête sincère de protection de payer le prix de ce qui n\u2019est qu\u2019un expédient politique.En plus, cette soi-disant solution pourrait ne pas résister à une contestation judiciaire puisque dans un arrêt rendu en 1985 et devenu pierre d\u2019assise de notre système, la Cour suprême a dit que tout demandeur d\u2019asile avait le droit, une fois en sol canadien et peu importe la manière d\u2019y arriver, de se faire entendre sur le bien-fondé de sa demande.S\u2019écarter de ce principe fondamental exige un débat fait visière levée.En d\u2019autres mots, que le gouvernement ait le courage de ses convictions et présente ses amendements dans un projet de loi séparé afin qu\u2019il puisse être étudié, débattu et jugé à son tour au mérite.Mélanie Laroche Patrice Jalette Michel Coutu Professeurs à l\u2019École de relations industrielles de l\u2019Université de Montréal Le Code du travail et notre système de relations du travail en général prévoient que l\u2019État joue un rôle d\u2019arbitre neutre tout en laissant la pleine autonomie aux parties pour prendre les décisions de négociation (demandes, arrêts de travail, compromis, etc.) qui vont les conduire à conclure une entente.Au nom de l\u2019intérêt public, l\u2019État a cherché au cours des ans à encadrer les conflits de travail via la législation, mais surtout à aider les parties à régler leurs différends, cette volonté s\u2019étant concrétisée par la mise en place de services de conciliation et de médiation au sein du ministère du Travail (maintenant le ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale).Bref, en général, l\u2019État entend rester au-dessus de la mêlée dans les conflits du secteur privé et son intervention, le cas échéant, vise à rapprocher les parties.La semaine dernière, le premier ministre Legault a franchi une limite à cet égard.Ses interventions sur le lockout à ABI, par lesquelles il qualifie de déraisonnables les positions du syndicat, ont en effet mis une pression importante sur ce dernier en confortant la partie patronale dans ses positions.Ces interventions ont donc contribué à modifier le rapport de force entre les parties dans un contexte déjà particulier où l\u2019équilibre entre les parties était compromis.Rappelons en effet que, fait exceptionnel dans le cadre d\u2019un conflit de travail, la compagnie a bénéficié d\u2019une aide financière.En effet, ABI n\u2019est pas tenue d\u2019acheter la totalité du volume d\u2019électricité figurant dans son contrat avec Hydro-Québec en cas de force majeure, y compris dans le cas d\u2019un lockout.Cette mesure respectée à la lettre par le gouvernement a contribué à déséquilibrer le rapport de force en augmentant de façon significative la capacité de l\u2019entreprise à assumer les coûts du conflit.Le lockout a donc privé Hydro-Québec de 165 millions de dollars qui sont demeurés dans les poches d\u2019ABI, qui peut en disposer à sa guise.L\u2019intervention du premier ministre Legault semble avoir polarisé encore plus la négociation, amenant la partie patronale à durcir sa position.Plutôt que de permettre le rapprochement des parties et d\u2019encourager la négociation, les interventions du premier ministre ont conforté et renforcé l\u2019employeur dans sa stratégie de négociation.En invoquant des arguments fort discutables (par exemple, les écarts entre les positions patronales et syndicales sur les libérations syndicales ou le niveau des salaires qui ne sont même pas en jeu dans le cadre de ce conflit) pour justifier le caractère déraisonnable du syndicat, le premier ministre s\u2019est directement immiscé dans les pourparlers entre les parties.La question à poser à ce moment- ci est : y aura-t-il un « avant » et un « après » ces interventions exceptionnelles ?Sommes-nous à l\u2019aube d\u2019une nouvelle ère où le premier ministre pourra commenter comme bon lui semble les négociations en cours sans réserve aucune tout en se permettant de prendre position pour l\u2019une ou l\u2019autre des parties ?Est-ce là une nouvelle déclinaison de la neutralité de l\u2019État ?Ce geste de la part du premier ministre n\u2019est pas sans conséquence.Au premier chef, cette intervention contribue à miner l\u2019action de ses propres fonctionnaires, du service de conciliation et même du ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.Comment amener les parties à s\u2019entendre quand le premier ministre peut d\u2019une seule déclaration réduire en poussière le compromis que le ministère essaie de construire ?Pourquoi d\u2019ailleurs faire des compromis en conciliation quand on sait qu\u2019une autre instance peut venir appuyer notre position et raffermir notre rapport de force ?Toutes les organisations syndicales, mais également les associations patronales du Québec, doivent s\u2019inquiéter de ce type d\u2019ingérence dans les relations du travail de la part du chef du gouvernement.À l\u2019aube des prochaines négociations des secteurs public et parapublic, les syndicats ont certainement raison d\u2019être inquiets, déjà qu\u2019historiquement, les gouvernements ont toujours eu de la difficulté, à cet égard, à distinguer leur rôle d\u2019employeur et de législateur\u2026 Le projet de loi 21 : modéré ou non ?Le premier ministre Legault affirme fréquemment que le projet de loi 21 est modéré.À voir les contestations actuelles de celui-ci, je me poserais de sérieuses questions sur sa présumée modération.J\u2019ai entendu M.Legault dire un jour que le projet de loi était un premier pas vers une beaucoup plus grande laïcité.Dans ce sens- là, il peut affirmer que ce projet de loi est modéré, ne touchant que l\u2019interdiction du port des signes religieux pour les fonctionnaires et les enseignants et enseignantes de niveau primaire et secondaire.Les garderies, les hôpitaux, les cé- geps, les universités, les écoles privées, pour ne nommer que ceux- là, sont exclus de l\u2019application du projet de loi.Mais si regarde le sujet de façon plus globale, l\u2019appréciation change: suspension et violation présumée des libertés fondamentales de religion, de conscience et d\u2019expression, refus au préalable de soumettre la question aux tribunaux (dispositions dérogatoires), non-respect du droit à l\u2019égalité en matière d\u2019emploi pour certaines femmes, et non-respect du principe constitutionnel de protection des minorités.Vu sous cet angle, le projet de loi 21 est bien loin d\u2019être modéré.Ce qui aurait été beaucoup plus consensuel serait d\u2019avoir accepté le «compromis Bouchard-Taylor» et d\u2019obliger les fonctionnaires à recevoir et à donner des services à visage découvert.Et d\u2019arrêter cela là.Cette démarche législative aurait été présentée aux tribunaux pour être validée.Michel Lebel Entrelacs, le 10 avril 2019 Lockout à ABI : quand l\u2019arbitre prend parti LIBRE OPINION LETTRES RÉFUGIÉS Un verrou politique CONFLIT ENTRE QUÉBECOR ET BELL Rouler des mécaniques écontent des redevances que lui verse Bell pour ses chaînes spécialisées, le président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a décidé de priver son concurrent du signal de TVA Sports, qui diffuse en français, et en exclusivité, les matchs des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.Quelque 400 000 abonnés à TVA Sports par le truchement de Bell ont été privés de leurs matchs en français mercredi.Au palais de justice jeudi, la trêve un moment offerte par Québecor fut écartée par les deux parties toujours à couteaux tirés.Pendant cette trêve, les belligérants se seraient engagés dans une médiation, chapeautée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).Québecor se plaint que les tarifs que commandent ses chaînes ne sont pas fixés en fonction de l\u2019intérêt que leur manifestent les téléspectateurs alors que les chaînes de Bell sont avantagées par un critère «historique», appliqué par le CRTC, parce qu\u2019elles ont été lancées il y a plus longtemps.En outre, Québecor allègue que la chaîne TVA Sports n\u2019est pas offerte dans un forfait aux clients de son concurrent, à l\u2019instar de RDS, propriété de Bell.En vertu des règles du CRTC, le propriétaire d\u2019une chaîne télévisée, soit le Groupe TVA pour TVA Sports, et l\u2019entreprise de distribution, en l\u2019occurrence Bell, doivent signer une entente d\u2019« acheminement » à l\u2019amiable.En cas de différend, le CRTC est appelé à trancher.Dans une telle circonstance \u2014 Québecor a déposé en février une plainte contre Bell pour « préférence indue » \u2014, les deux parties sont dans l\u2019obligation de continuer à fournir le service aux abonnés, qui ne doivent pas faire les frais du différend commercial.C\u2019est ce que le CRTC a rappelé dans une lettre envoyée à Qué- becor mercredi.Avec la brutalité qui peut parfois le caractériser et qu\u2019il estime inévitable si on doit changer les choses \u2014 on l\u2019a vu avec son recours à de longs lockout dans ses journaux \u2014, Pierre Karl Péladeau, en privant les abonnés de Bell du signal de TVA Sports, a fait fi des règles du CRTC.D\u2019ailleurs, l\u2019organisme ne semble pas entendre à rire : il a convoqué les dirigeants du Groupe TVA et de Bell à une audience publique, mercredi prochain à Gatineau, afin de déterminer si son règlement a été violé et d\u2019entendre « les raisons pour lesquelles le Conseil ne devrait pas suspendre la licence de radiodiffusion » du Groupe TVA.Si le président de Québecor voulait s\u2019assurer que le différend entre son entreprise et Bell obtient un retentissement médiatique maximum \u2014 ses médias s\u2019y sont d\u2019ailleurs scrupuleusement employés \u2014, son objectif est remarquablement atteint.Il faut toutefois reconnaître que ce différend est somme toute secondaire par rapport au défi énorme qui attend le système canadien de télédistribution et de productions télévisuelles face à la concurrence déloyale des Netflix de ce monde.C\u2019est d\u2019ailleurs le message que Pierre Karl Péladeau avait récemment livré avec conviction dans des allocutions à Montréal, puis à Ottawa.La vraie bataille, elle est là.M ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER L ROBERT DUTRISAC Curieuse leçon Le maire de Hamstead, M.William Steinberg, a qualifié de raciste le projet de loi 21 relatif à la laïcité de l\u2019État, allant jusqu\u2019à parler de «nettoyage ethnique» («pacifique», ajoutera-t-il plus tard!).Belle leçon d\u2019histoire pour mes enfants et mes petits-enfants, qui pourront se dire que, après tout et s\u2019ils ont bien compris M.Steinberg, les génocides des juifs, des Bosniaques ou des Tutsis, entre autres, n\u2019étaient pas si graves que ça, pas plus graves en tout cas que l\u2019interdiction de porter des signes religieux pendant les heures de travail à l\u2019école ou ailleurs dans la fonction publique.Michel Gay Le 10 avril 2019 A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.La mémoire au fond d\u2019un grand trou J \u2019ai assisté récemment à une projection de Nous sommes gold suivie d\u2019un échange avec son réalisateur, Éric Morin, dans une petite salle bondée du cinéma Beaubien.Ce film raconte les aléas d\u2019un trio de trentenaires déroutés : Marianne (Monia Chokri) laisse en plan une carrière musicale épanouie pour rentrer dans son village natal, dix ans après l\u2019effondrement d\u2019une mine ayant emporté ses deux parents.Elle y retrouve Christopher (Emmanuel Schwartz), devenu enseignant et rockeur en dilettante, et Kevin (Patrick Hivon), le seul ouvrier survivant de l\u2019effondrement, qui porte avec peine son auréole de miraculé.En filigrane de l\u2019intrigue, les traces de l\u2019activité minière dans la vie des gens, subtiles mais omniprésentes.Les expropriations, le bruit, l\u2019emploi qui arrive et repart.Le cours de la patate frite qui finit par suivre celui du minerai, révélant la fragilité économique des régions développées autour d\u2019une seule industrie.Elles sont nombreuses, au Québec.Et bien sûr, la figure obsédante du trou, planté au milieu d\u2019un paysage majestueux de l\u2019Abitibi ; centre de gravité de toute communauté où l\u2019extraction impose son rythme, de l\u2019exploration à l\u2019effondrement, de la croissance à l\u2019oubli.Ça, c\u2019est mon interprétation de fille incapable de s\u2019empêcher de plaquer sur l\u2019art toutes sortes d\u2019analyses socio- politiques.Éric Morin n\u2019avait pas l\u2019intention de faire un film sur l\u2019extraction minière en Abitibi.Il voulait, oui, raconter une histoire enracinée dans sa région natale \u2014 où il vit toujours \u2014, mais surtout placer la musique au cœur de son cinéma, chose qu\u2019il a accomplie en faisant appel à l\u2019auteur-compositeur-interprète Philippe B, qui signe la bande sonore du film, présent dès le début du processus créatif.Mais malgré tout, l\u2019art a fini par se heurter au réel de façon curieusement évocatrice.Durant le tournage, l\u2019équipe s\u2019est vu refuser l\u2019accès aux sites miniers disponibles pour reconstituer l\u2019effondrement de la mine, la prémisse du scénario.L\u2019évocation d\u2019une catastrophe n\u2019a pas passé le test des relations publiques, semble- t-il.Il a fallu, avec les moyens du bord, tourner la scène dans une grotte, à Saint-Léonard.L\u2019anecdote m\u2019obsède sans toutefois m\u2019étonner : le capitalisme extractif repose sur la spéculation, ce qui commande un contrôle scrupuleux de tous les risques.Mais tout de même, j\u2019avais visiblement sous-estimé l\u2019étendue du champ de l\u2019exploitation.Ainsi, il ne suffit pas d\u2019assujettir la nature, le droit, les liens sociaux ; l\u2019imaginaire doit lui aussi être bridé.« Le désastre prend soin de tout », écrit Maurice Blanchot.S\u2019il est sans doute normal que les créateurs rencontrent certaines contraintes dans leurs démarches, cet interdit est troublant dans un contexte où l\u2019on observe, dans notre cinéma, une vague d\u2019intérêt pour l\u2019imaginaire lié au territoire.Il y a Nous sommes gold, mais on pourrait évoquer Mad Dog Labine, cet étonnant docu-fiction de Jonathan Beaulieu-Cyr, campé dans la région du Pontiac, elle aussi dévitalisée par la fin des activités extractives.Le prochain film de Sophie Du- puis racontera l\u2019histoire de mineurs de l\u2019Abitibi.Et, bien sûr, il y a Répertoire des villes disparues de Denis Côté, dont le scénario est tiré d\u2019un roman de Laurence Olivier, qui explore l\u2019imaginaire des villes périssables, construites autour d\u2019un modèle mono-industriel.À l\u2019origine de son roman, Laurence Olivier se demandait : qu\u2019est-ce qu\u2019écrire, créer, sous l\u2019influence de l\u2019extracti- visme, dans ces villes qui existent seulement pour l\u2019industrie ?Les projets extractifs \u2014 les mines, les barrages, la coupe de bois \u2014 ont été un moteur important pour développer le territoire québécois.Ils ont fait naître de nombreuses communautés, où les gens mènent effectivement des vies remplies et pleines de sens \u2014 il ne s\u2019agit pas de juger qui que ce soit.Mais ces collectivités sont aussi fondées sur un modèle pensé contre la mémoire.« Lorsque les entreprises partent, elles effacent les traces qu\u2019elles laissent, m\u2019explique Laurence.Il faut s\u2019intéresser aux absences sur le territoire, aux trous laissés dans la mémoire.» Raconter des histoires, donc, permet de résister à l\u2019effacement des lieux et des vies en périphérie de l\u2019extraction.Voilà ce qui pose problème dans le fait qu\u2019une équipe de tournage veuille utiliser un site réel pour incarner une histoire inventée.L\u2019art, on le sait, est un puissant révélateur social, et les récits sont embêtants précisément parce qu\u2019ils refont les traces.Éric Morin m\u2019a confié qu\u2019en marge de la présentation du film à Rouyn, des gens lui ont dit qu\u2019ils s\u2019étaient remis à « voir la mine »\u2026 Lorsque les créateurs s\u2019intéressent à la vie de leur communauté, ils font surgir et immortalisent des récits qu\u2019on aurait préférés volatiles.On ressent ici le poids du legs de l\u2019extrac- tivisme, comme une hypothèque cachée qui grève l\u2019imaginaire, limitant la possibilité même de raconter notre territoire et la vie des gens qui l\u2019habitent.AURÉLIE LANCTÔT Louise Harel Ex-présidente de l\u2019Assemblée nationale du Québec, ancienne ministre et députée (1981-2008) Cette réflexion me vient à l\u2019esprit en lisant de multiples prises de position gonflées de certitude, de considérations lapidaires, sans aucune recherche de dialogue.D\u2019où vient-il que l\u2019on perde si rapidement, dans notre propre société, le sens de la mesure ?Comme si le débat sur la laïcité avait quelque chose de religieux et que, par osmose, le projet de loi 21 exigeait une profession de foi sans nuance, soit entièrement pour ou entièrement contre ! Modèle ni français ni anglo-saxon Je refuse ces mises en demeure à l\u2019effet de choisir entre le modèle français et le libéralisme anglo-saxon, entre des règles strictes et formelles et le laisser- faire ; à l\u2019évidence, ni l\u2019un ni l\u2019autre de ces modèles n\u2019aura permis les résultats d\u2019inclusion attendus.De plus, au Québec, une crise d\u2019identité poignante couve sous le débat de la laïcité et laisse échapper chez certains des effluves de la thèse du « Grand Remplacement », sans pour autant qu\u2019ils en connaissent l\u2019origine.Le voile (hidjab), l\u2019aspect le plus voyant du débat, sert souvent de catharsis à cette angoisse identitaire.Il s\u2019agit d\u2019une sorte de ressentiment diffus à l\u2019égard de la différence.Sommes-nous encore prêts à scander « le Québec aux Québécois »\u2026 en ajoutant de toutes origines, sans confession ou de toutes confessions ?Fossé profond Québec-Canada Garder la tête froide, y compris à l\u2019égard du mépris canadien qui suinte, dès que le Québec décide d\u2019exprimer sa différence.Il faut dire qu\u2019en matière de laïcité, comme dans bien d\u2019autres domaines, le fossé est profond.Par exemple, le préambule de cette Charte canadienne des droits et libertés intégrée à la Constitution de 1982, que le Québec n\u2019a jamais signée, débute par «Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit».Il en va tout autant de la disposition de dérogation dont l\u2019usage par le Québec incarne pour le Canada la volonté québécoise de faire bande à part et de s\u2019attaquer à des droits fondamentaux.Du point de vue international, alors que de très nombreux pays ont adopté des mesures restrictives sur les signes religieux, il n\u2019y a pas là matière à violation de droits fondamentaux.Modèle québécois de laïcité L\u2019Assemblée nationale peut certes en droit adopter le projet de loi 21 et, après une décennie d\u2019incurie libérale sur le sujet, je comprends que, pour beaucoup de gens, l\u2019intérêt de ce projet est d\u2019abord d\u2019exister.Cependant, la réflexion que faisait Jacques Pari- zeau en 2013 à l\u2019égard de la charte des valeurs du PQ est toujours d\u2019actualité, « des assouplissements sont nécessaires », écrivait-il, en proposant de limiter le port des signes religieux aux fonctions coercitives, comme le proposait le rapport Bouchard-Taylor, tout en proposant de baliser les accommodements pour raisons religieuses et en introduisant dans la charte le principe que rien ne doit porter atteinte à l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.En 2019, l\u2019aspect positif du projet de loi est certes que, pour la première fois, la laïcité sera affirmée dans la charte, comme le réclamait en 2011 le Conseil du statut de la femme et sa présidente, Christiane Pelchat, dans un excellent avis intitulé « Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l\u2019égalité réelle entre les femmes et les hommes ».En vertu du nouveau dispositif, toutes les demandes d\u2019accommodements, notamment pour des motifs religieux, seront dorénavant examinées en fonction du principe de laïcité.Un autre aspect positif est certainement l\u2019obligation définitivement affirmée de donner ou de recevoir des services à visage découvert.Là où le consensus s\u2019arrête, cependant, concerne l\u2019interdiction du port de signes religieux, notamment du voile pour les enseignant.e.s des écoles publiques de niveau primaire et secondaire.Au Québec, l\u2019école publique est ouverte à son milieu et, de plus, l\u2019élève y côtoie vingt-deux catégories d\u2019emploi professionnel, dont des orthopéda- gogues, ergothérapeutes, animateurs de vie spirituelle et de l\u2019engagement communautaire, conseillers d\u2019orientation, éducateurs et éducatrices en service de garde scolaire, personnel de soutien, etc.À notre époque, ce sont des équipes d\u2019école diversifiées qui prennent en charge le cheminement des élèves.Il n\u2019y a aucun motif raisonnable, sauf des considérations purement politiciennes, pour particulariser le corps enseignant du secteur public.D\u2019autant que, dans la grande région de Montréal, plus de 30 % des élèves, presque un sur trois au secondaire, sont inscrits à l\u2019école privée subventionnée par les fonds publics, à hauteur de 70 %.Il y a fort à prévoir qu\u2019un des effets collatéraux non désirés de l\u2019adoption de la loi sera l\u2019augmentation, au primaire comme au secondaire, des effectifs des écoles privées.Le gouvernement a-t-il la légitimité d\u2019adopter sous un bâillon ce projet de loi tel que rédigé ?Grâce à sa députation à l\u2019Assemblée nationale, qui fait le double du vote de 37 % obtenu lors de la dernière élection, certains chroniqueurs parlent d\u2019une majorité écrasante de la CAQ.C\u2019est oublier que 63 % des électeurs.trices ont fait un autre choix et que, selon l\u2019enquête postélec- torale rendue publique, la nette victoire de la CAQ est due à la volonté de changer de gouvernement et non à l\u2019appréciation générale de son programme.Il en va tout autant pour le Parti québécois, dont la même enquête révèle qu\u2019un de ses électeurs sur cinq a voté en fonction de l\u2019appréciation du programme.Expédier le projet de loi tel quel en pensant mettre fin au débat est une vue de l\u2019esprit; en général, le diable se cache dans les détails de son application! LAÏCITÉ La modération a bien meilleur goût Jean-Claude Bernatchez Professeur titulaire en relations de travail à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières et directeur de l\u2019Observatoire des relations de travail Le Québec compte plus de 75000 infirmiers et infirmières.Membres d\u2019un ordre professionnel investi d\u2019un acte exclusif, les infirmières sont incontournables dans le système de santé.L\u2019imposition des heures supplémentaires obligatoires tire sa légitimité, d\u2019une part, des besoins d\u2019une population vieillissante et, d\u2019autre part, de contraintes légales ou administratives qui touchent les ressources en soins infirmiers.L\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a exercé une influence déterminante dans la mise en place de ratios infirmière-patients dans le cadre d\u2019un objectif de protection du public.En outre s\u2019est ajouté un accord patronal-syndical sur le rehaussement des postes à temps complet.Ainsi, la convention collective des infirmières (2016-2020) a établi une cible nationale d\u2019augmentation des postes à plein temps au niveau de 62 % de la force active concernée.Cette cible n\u2019est pas atteinte dans l\u2019ensemble des établissements, mais les parties y travaillent dans le cadre d\u2019un comité paritaire national.Ensuite, la recherche d\u2019une meilleure adéquation travail-famille a créé une pression pour la régularisation des horaires de travail.Ainsi, le recours aux salariés à temps partiel, afin de pourvoir à une pénurie d\u2019infirmières en urgence, s\u2019avère difficile du simple fait que celles-ci doivent être informées, au moins cinq jours à l\u2019avance, selon la Loi sur les normes (art.59), du moment où il leur est requis de travailler.Les ratios infirmière-patients et la valorisation des postes à temps complet ont réduit inévitablement le bassin d\u2019infirmières à temps partiel ou occasionnel dans lequel les directions d\u2019établissement puisaient pour remplacer des infirmières absentes ou pour en ajouter lors de surcroîts de travail.Les employeurs donnent alors priorité aux heures supplémentaires obligatoires, car ils doivent composer avec une flexibilité opérationnelle moins accessible qu\u2019auparavant.Article 59 La Loi sur les normes, à son article 59, autorise toutefois un salarié à « refuser de travailler plus de deux (2) heures au- delà de ses heures habituelles quotidiennes de travail », en ajoutant toutefois que cela ne s\u2019applique pas «lorsqu\u2019il y a danger pour la vie, la santé ou la sécurité des travailleurs ou de la population ».Or, une unité de soins est justement remplie de patients dont plusieurs sont souvent en danger de mort, ce qui n\u2019accrédite pas l\u2019intention des infirmières de refuser les heures supplémentaires.Et comme si tout cela n\u2019était pas assez, s\u2019ajoute l\u2019article 1 de leur Code de déontologie, libellé ainsi: «L\u2019infirmière ou l\u2019infirmier doit porter secours à celui dont la vie est en péril [\u2026] en lui apportant l\u2019aide nécessaire et immédiate».Quant à la décision du Tribunal administratif du travail du 5 avril 2019, rendue par la juge administrative Hélène Bédard (CQ-2019-1832 FIQ c.CPNSSS), elle conclut que le refus d\u2019heures supplémentaires risque de porter préjudice « à un service auquel le public a droit ».Par ailleurs, la juge Bédard comprend que « les établissements de santé prendront les moyens pour éviter de faire appel au temps supplémentaire obligatoire » en ajoutant d\u2019emblée qu\u2019il est exigible dans une situation d\u2019urgence ou exceptionnelle.Mais c\u2019est justement en invoquant l\u2019urgence de la situation que s\u2019appuient les directions d\u2019établissements de santé pour rendre obligatoires les heures supplémentaires depuis longtemps.Pour le réduire, celles-ci ont essentiellement trois (3) options difficiles : diminuer les ratios infirmière- patients, ce qui implique, afin de protéger la qualité des soins, de revaloriser d\u2019autres catégories d\u2019emplois, comme celle de l\u2019infirmière auxiliaire ; reconstituer un bassin d\u2019infirmières occasionnelles, ce qui oblige à abaisser la cible des postes à plein temps en retournant à la table de négociation ; ou, finalement, augmenter la force active en soins infirmiers à temps partiel régulier ou à plein temps, ce qui est un facteur de coûts additionnels.Légalement, le combat des infirmières n\u2019est pas gagné d\u2019avance, mais la pression sociale, issue de leur lutte syndicale, peut faire bouger les choses.De la lutte des infirmières contre les heures supplémentaires obligatoires YAN DOUBLET LE DEVOIR LEDEVOIR // LE VENDREDI 12 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 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est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Blindés : la Cour suprême n\u2019entendra pas Turp La Cour suprême du Canada refuse d\u2019entendre la cause du constitutionna- liste Daniel Turp à propos de la vente à l\u2019Arabie saoudite de véhicules blindés fabriqués par l\u2019Ontarienne General Dynamics Land Systems.M.Turp tentait de faire invalider le contrat de 15milliards au motif qu\u2019Ottawa ne s\u2019était pas assuré que le matériel ne serait pas utilisé de façon contraire aux droits de la personne avant de délivrer les licences d\u2019exportation en 2016.La croisade de M.Turp n\u2019est cependant pas terminée.Il a lancé une seconde contestation judiciaire après la publication à l\u2019été 2017 de photos montrant des blindés canadiens utilisés par le régime saoudien contre des civils lors du siège d\u2019Awamiyah.M.Turp plaide que la décision d\u2019Ottawa de ne pas annuler le contrat à la lumière de ces nouvelles informations est «déraisonnable».Le Devoir Rapport sur les pesticides : le gouvernement caquiste refuse de s\u2019engager QUÉBEC \u2014 Le gouvernement Legault a refusé de s\u2019engager à donner suite à un rapport de 2016 qui proposait des solutions de remplacement aux pesticides.Le ministre de l\u2019Agriculture, André La- montagne, a jeté le blâme sur le gouvernement libéral précédent pour ne pas avoir fait suite au rapport, mais n\u2019a pas voulu lui-même assurer qu\u2019il allait le mettre en œuvre.Le rapport en question, obtenu par Radio-Canada, affirme qu\u2019il y a lieu d\u2019agir rapidement et avec vigueur pour inverser la tendance en matière d\u2019usage des pesticides.Issu de l\u2019Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), le rapport préconise onze projets innovateurs de substitution des pesticides actuels par des biopesticides, ou encore des changements dans les pratiques.La Presse canadienne Le courant pratiquement rétabli, selon Hydro-Québec Les pannes électriques ayant touché la couronne nord de Montréal depuis le début de la semaine sont en voie d\u2019être entièrement résorbées.Jeudi soir, moins de 2000 abonnés manquaient de courant dans le secteur concerné, contre plus de 300 000 au plus fort de l\u2019événement.Du nombre, beaucoup de coupures sont survenues bien après le début des pannes, lundi soir.Dans plusieurs cas, ce sont des interruptions provoquées par des techniciens d\u2019Hy- dro-Québec pour dégager de façon sécuritaire des branches reposant sur des lignes électriques, a expliqué Louis-Olivier Batty, un porte-parole de la société d\u2019État.« On a bon espoir que quand les équipes seront démobilisées pour la nuit de jeudi à vendredi, très peu de clients manqueront encore de courant », a-t-il déclaré.Le Devoir Un véhicule blindé, fabriqué par General Dynamics Land Systems, photographié en Afghanistan BILL GRAVELAND LA PRESSE CANADIENNE INDE Voter religieusement Dans la société indienne hautement complexe, les allégeances politiques demeurent indissociables des confessions religieuses tenacement liées aux identités, des identités elles-mêmes complexes.Pour en arriver à la victoire, les candidats ont ainsi dû s\u2019efforcer durant la campagne de convaincre des milliers d\u2019électeurs et d\u2019électrices de faire fi de leur appartenance religieuse pour juger en leur âme et conscience de leurs vices et vertus.Dans le quartier de Mominpura, presque exclusivement musulman, le Parti du Congrès, historiquement perçu comme le défenseur de la laïcité et des minorités, avait peu d\u2019efforts à faire pour obtenir la faveur populaire.De génération en génération, on y vote pour « la main », le symbole du Congrès.Majid Anwar, un graphiste de 32 ans qui passe la majeure partie de son temps au Koweït, montre peu d\u2019enthousiasme à l\u2019égard de Rahul Gandhi, chef du parti et héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, qui a fourni trois premiers ministres au pays depuis son indépendance en 1947.« Il est jeune, il n\u2019a pas beaucoup d\u2019expérience, mais peut-être qu\u2019il pourra faire quelque chose dans le futur », dit M.Anwar à propos du politicien de 48ans élu pour la première fois il y a 15 ans.Malgré ces réticences, Majid a voté pour le Congrès et assure que les 41 autres électeurs et électrices de sa famille en feront autant.Lorsqu\u2019on lui demande si la politique nationaliste hindoue prônée par le BJP l\u2019inquiète en tant que musulman, il préfère ne pas s\u2019aventurer sur ce terrain, disant simplement qu\u2019« en tant que musulman indien, on se doit d\u2019être encore plus fier d\u2019être indien ».Nagma Arif Sheikh, une femme au foyer de 24 ans, se dit de son côté particulièrement préoccupée par l\u2019augmentation des prix du gaz et des aliments.Elle confie également avoir l\u2019impression que si des emplois sont créés et des bourses d\u2019étude attribuées dans l\u2019Inde sous la gouverne du BJP, tous et toutes n\u2019ont pas la même chance de les décrocher.« Seuls les hindous les obtiennent », dénonce Mme Sheikh.Autre quartier, autre discours Autre quartier, autre communauté, autre discours.Dans Nagpur-Sud-Ouest, tous les noms sont à consonance hindoue et on vote en bloc pour le BJP.De la dizaine d\u2019électeurs sondés, aucun ne mentionne toutefois explicitement la défense des valeurs de la majorité hindoue par le gouvernement sortant comme une raison de le réélire.Ici aussi on parle principalement d\u2019économie, quoique sous un œil beaucoup plus positif.« Regardez les routes et les infrastructures que [le gouvernement Modi] a construites.Pas seulement ici, mais à travers l\u2019Inde entière ! » se réjouit Kaus- tub Pathak, 31 ans, employé d\u2019une boutique électronique.« En 60 ans au pouvoir, le Congrès n\u2019avait rien fait pour nous.Il a suffi de donner une chance au BJP pour qu\u2019il tienne ses promesses.» Ankita et Vaibhav Pathak, un couple de trentenaires, sont reconnaissants envers le gouvernement pour une aide de 267 000 roupies (5340 $) obtenue lors de l\u2019achat de leur premier appartement.« Il n\u2019y a pas d\u2019autre possibilité que Modi.Il est le seul qui peut sauver l\u2019Inde et la protéger des terroristes, du Pakistan et des grands problèmes de la planète», ajoute Vaibhav, qui enseigne la guitare.L\u2019unique voix dissidente entendue dans ce concert d\u2019éloges pour le gouvernement Modi dans Nagpur-Sud- Ouest est celle du journaliste retraité Sharad Rotkar.« Je suis un hindou brahmane [haute caste], mais je crois que la religion devrait rester dans nos maisons.Le BJP estime que parce que nous sommes la majorité, nous pouvons imposer notre religion.J\u2019ai voté pour le Congrès parce que même si c\u2019est un parti avec bien des défauts, il traite tous les citoyens également », explique l\u2019homme de 69 ans.Pénurie d\u2019emplois Dans le quartier Indora, la confession religieuse est différente et les préférences électorales, un peu plus variées.Le secteur est habité par d\u2019anciens intouchables (dalits) qui ont rejeté l\u2019hindouisme pour se convertir en masse au bouddhisme en 1956 à l\u2019appel de B.R.Ambedkar, père de la Constitution indienne et leader de la communauté.Radhika Borkar a beaucoup de reproches à faire au gouvernement Modi.« Les routes, les viaducs, c\u2019est bien, mais premièrement, il faudrait nous donner des emplois.Mes enfants sont tous éduqués, mais ils n\u2019arrivent pas à trouver du travail.À mon âge, je dois encore travailler pour nourrir mes enfants », gronde la veuve de 65 ans, qui enseigne la couture pour pallier la maigre pension mensuelle de 1000 roupies héritée de son mari.Malgré les appels de leaders dalits à voter pour des candidats tiers issus de la communauté, Mme Borkar a fait le choix de voter stratégiquement pour le Congrès afin de freiner le BJP.Dhananraj Patil a lui aussi des doléances à l\u2019égard de Narendra Modi.Il cite notamment sa décision de novembre 2016 de retirer du jour au lendemain tous les billets de 500 et de 1000 roupies en circulation, une mesure qui avait perturbé durant plusieurs mois l\u2019économie indienne.« Je suis aussi mécontent de l\u2019approche anti-dalit du gouvernement », ajoute M.Patil.D\u2019un autre côté, il refuse de voter pour le candidat local du Congrès, un transfuge du BJP qui a par le passé défendu des hindous de haute caste responsables du meurtre d\u2019une famille dalit.Au final, une fois dans l\u2019isoloir, le marbrier de 46 ans a arrêté son choix sur le BJP.« Le gouvernement Modi devrait quand même avoir droit à une seconde chance », estime-t-il.Le candidat local du parti BJP à Nagpur, Nitin Gadkari, accompagné de Jyoti Amge, considérée comme la plus petite femme au monde, est salué par ses partisans à l\u2019occasion d\u2019un défilé politique.STR / AGENCE FRANCE-PRESSE Nagpur au Maharashtra, treizième ville d\u2019Inde et centre géographique du pays, il y a au moins une chose de simple : sur trente candidats et candidates, seuls les représentants des deux grands partis nationaux, le BJP (parti au pouvoir) et le Parti du Congrès (dans l\u2019opposition), ont de réelles chances d\u2019être déclarés vainqueurs le 23 mai, jour de l\u2019annonce des résultats.Pour le reste, l\u2019équation demeure complexe.Car comme ailleurs au pays, les allégeances politiques sont souvent À Les Indiens ont commencé à se rendre aux urnes jeudi pour élire les 543 députés de la Lok Sabha (Chambre basse du Parlement).Au cours des six prochaines semaines, 900 millions d\u2019électeurs et d\u2019électrices seront appelés à participer à ce scrutin en sept phases.Le Parti du peuple indien (BJP) du premier ministre Narendra Modi est donné gagnant par les sondages, mais cette élection pourrait lui coûter sa majorité absolue.FRÉDÉRICK LAVOIE COLLABORATEUR À NAGPUR LE DEVOIR "]
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