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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-04-06, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Lire Patrick deWitt, d\u2019une excentricité à l\u2019autre Vivre Dans la douloureuse douceur du Rwanda JAMES HYNDMAN De performeur à passeur L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Entrevue James Hyndman, passeur pour Scènes de la vie conjuguale de Bergman.Festival Odile Tremblay Danse Cinéma Musique Arts visuels Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 8 20 24 38 10 4 26 36 28 46 44 50 53 54 57 Salon du livre de Québec Patrick deWitt, d\u2019une excentricité à l\u2019autre dans Sortie côté tour.Véronique Côté Fiction Entrevue avec Véronique Drouin Essai Louis Cornellier Entrevue avec Jean Désy Reportage Dans la douloureuse douceur d\u2019un Rwanda à la beauté vertigineuse.Voyage Tendance Bière Resto Vin Jeux SOMMAIRE 30 34 35 Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une Lire : Danny Palmerlee C U L T U R E GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Make Monopolis Great Again L\u2019opéra rock de Michel Berger et Luc Plamondon préfigurait un monde étrangement semblable au nôtre ue faire face à la crise climatique?Le milliardaire et candidat à la présidence de l\u2019Occident (!) Zéro Janvier a un plan infaillible pour les citoyens de sa capitale, Monopolis.Un plan simple, simple.« Lorsque nous aurons vidé le fond des mers / Nous serons prêts à vivre ailleurs que sur Terre», chantait Étienne Chicot lors de la première de l\u2019opéra rock Starmania, il y a près de 40 ans, le 10 avril 1979 au Palais des congrès de Paris.Le défunt acteur français donnait alors chair au personnage incarné sur disque par Claude Dubois.Le reste de l\u2019horrifiant programme politique de ce despote raciste, comme énoncé dans une pièce méconnue intitulée «Le meeting de Zéro Janvier», est à l\u2019avenant: «Pour enrayer la nouvelle vague terroriste / Nous prendrons des mesures extrémistes / Nous imposerons le retour à l\u2019ordre / [\u2026] Sous la loi martiale.» Make Mo- nopolis Great Again ?Quelque chose comme ça, oui.«Assurons d\u2019abord la survivance de la race blanche / Je suis pour l\u2019Occident l\u2019homme de la dernière chance.» Ne resterait plus qu\u2019à ajouter à cette déclinaison d\u2019alarmants projets celui d\u2019un mur à construire afin que les figures du businessman-qui-au- rait-voulu-être-un-artiste et celle de Donald Trump (qui a longtemps fréquenté avec l\u2019assiduité d\u2019un artiste les plateaux de talk-shows américains) se confondent parfaitement.Zéro Janvier n\u2019était-il pas d\u2019ailleurs flanqué d\u2019une star déchue, Stella Spotlight, au sourire aussi forcé que celui de Melania ?« C\u2019est cliché de constater que ça parle encore d\u2019aujourd\u2019hui, mais c\u2019est fou comment ça parle d\u2019au- jourd\u2019hui, s\u2019exclame la professeure de littérature à l\u2019Université de Sherbrooke Isabelle Boisclair.Une œu- vre s\u2019explique souvent par ce qui vient avant, alors que Starmania s\u2019explique par ce qui vient après.Il y a là-dedans tout le désarroi d\u2019une génération qui est exprimé avant que la génération elle-même l\u2019exprime, avant l\u2019échec référendaire de 1980, avant Reagan, avant la récession, avant le néolibéralisme.» En Angleter re, les Sex Pistols hurlent dès la fin de 1977, sur leur album Never Mind the Bollocks , contre l\u2019horizon bouché qui les attend (« No future for you »), pendant qu\u2019en studio en 1978, puis sur scène en 1979, Daniel Balavoine (Johnny Rockfort, le chef des Étoiles noires) vitupère sa Banlieue Nord, là où il n\u2019y a « pas de passé, pas d\u2019avenir ».Peut-être enfilerait-il aujourd\u2019hui un gilet jaune ?« C\u2019est un des paradoxes fondamentaux de l \u2019œuvre : le fond est punk, mais la forme ne l\u2019est pas du tout, poursuit la professeure Bois- clair.On oublie que c\u2019est une œuvre engagée à cause des chansons populaires, mais dans Starmania, on réhabilite les rejets, les poqués, les paumés.Ce sont eux qui sont valorisés, pendant que Zéro Janvier est la figure d\u2019abjection.» Le prophète Plamondon Péril environnemental.Obsession sécuritaire.Exacerbation des ego à travers le filtre de la technologie.Colonisation par la logique du spectacle de toutes les sphères de l\u2019existence.Avènement d\u2019un monde postnational.Prophétique, Luc Plamondon ?« Oui, mais je dirais surtout que Luc est un homme curieux, cultivé, qui lit beaucoup », souligne Fabienne Thi- beault, interprète originale de la serveuse automate, qui fait paraître chez Flammarion Québec Mon Starmania, un recueil de souvenirs la création de Il y a [dans Starmania] tout le désarroi d\u2019une génération qui est exprimé avant que la génération elle-même l\u2019exprime, avant l\u2019échec référendaire de 1980, avant Reagan, avant la récession, avant le néoli- béralisme ISABELLE BOISCLAIR » Au-delà de la pertinence des nombreux thèmes qu\u2019il brasse avec prémonition, c\u2019est beaucoup grâce aux mélodies que Starmania occupe toujours une place aussi importante dans l\u2019imaginaire français et québécois.SOURCE FRANCE 3 Q 27 58 | 3 S c è n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 1 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U la comédie musicale qui lui procurera ses plus impérissables succès (Le monde est stone, Les uns contre les autres, Complainte de la serveuse automate).Le média est le message, écrivait Marshall McLuhan en 1964, et le parolier aux éternels verres fumés aurait, selon Mme Thibeault, puisé chez l\u2019intellectuel canadien les germes de sa critique d\u2019un petit écran qui promet l\u2019ascension sociale à quelques êtres exceptionnels, investis d\u2019un talent par ticulier.Le concours de chant qui donne son nom à l\u2019opéra rock est après tout un télé-crochet façon Star académie ou La voix , des émissions où, ironiquement, le répertoire de Starmania ne meurt jamais.« Il y a quelque chose d\u2019assez effrayant dans le fait que des chansons dénonciatrices de ce star-système soient reprises dans un contexte où on glorifie ce même star-système, et que tout le monde applaudisse et avale ça sans rien dire », obser ve Alexandre Martel, réalisateur (Dar- lène d\u2019Hubert Lenoir) et musicien qui montre sur scène, sous les traits livides de son alter ego Anatole, un antihéros qui n\u2019aurait pas dépareillé le portrait désenchanté de Plamondon.«Dans la version originale de Star- mania, Ziggy veut devenir le premier danseur rock.Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, être un danseur rock, mais il y a là-dedans pour moi cette quête de fraîcheur et de nouveauté absolue, de surprise toujours renouvelée, qui anime le star-système actuel.Être le premier danseur rock, c\u2019est un peu comme vouloir être le premier rappeur, ou le premier chanteur métal de La voix, non?» Le personnage de Ziggy, jeune homosexuel dont la ser veuse Marie- Jeanne s\u2019enamourera, aura contribué, pense Fabienne Thibeault, à sortir les communautés gaies de la stigmatisation.« Je suis très fière que ce soit ma voix qui ait dit ces choses-là pour une des premières fois, confie-t-elle avec émotion au sujet d\u2019Un garçon pas comme les autres.Je pense qu\u2019elle était nécessaire, cette chanson.» Des interprétations vécues Au-delà de la pertinence des nombreux thèmes qu\u2019il brasse avec prémonition (ainsi qu\u2019avec une certaine dose de maladresse, de naïveté ou de confusion), c\u2019est beaucoup grâce aux mélodies « à la fois amples, dramatiques et instantanément accrocheuses » (dixit Alexandre Martel) de Michel Berger que Starmania occupe toujours une place aussi importante dans l\u2019imaginaire français et québécois.Des mélodies ayant permis à Nanette Workman, à Claude Dubois et à Daniel Balavoine de livrer certaines des performances les plus mémorables de leur vie.Fabienne Thibeault parle d\u2019« interprétations vécues», dont la puissance ne tient pas qu\u2019à leur gymnastique technique, et qui supposent un minium d\u2019expérience de l\u2019adversité.«Une interprétation vécue, elle a des fragilités, elle est inoubliable en étant un peu imparfaite.Il circule en ce moment sur les réseaux sociaux la vidéo d\u2019une gamine qui chante parfaitement bien Je suis malade.Mais comment peut-on faire chanter un pareil texte à une enfant ?Il y a des gens qui trouvent ça extraordinaire.Moi, ça me fait frissonner d\u2019horreur.» Qu\u2019y a-t-il à retenir dans Starma- nia pour la nouvelle garde de musiciens québécois ?« L\u2019ambition, répond Alexandre Martel, 30 ans.Depuis les années 1990, on se contente de juste jouer des tounes sur scène, sans mise en scène, sans costume, sans vision, et on dirait que maintenant, on voit plus grand.On s\u2019autorise à viser le ciel en se disant que même si on ne se rend qu\u2019à mi-chemin, au moins, on se sera rendu à mi-chemin.» On aura peut-être même pu s\u2019arrêter en route pour danser à Naziland. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 4 | GRAND ANGLE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Qu\u2019ils en soient à leurs débuts ou qu\u2019ils soient devenus au fil du temps des valeurs sûres du paysage éphémère de l\u2019été québécois, les festivals musicaux campés loin des grands centres cherchent tous la formule pour obtenir la faveur d\u2019un public qui, bien que fidèle au rendez-vous, est aujourd\u2019hui convoité par un nombre plus grand que jamais de happenings estivaux.Or, à ce jeu de l\u2019alchimie musicale et événementielle, il n\u2019existe pas de recette magique, selon les organisateurs du Festival de la chanson de Ta- doussac, du Festival de musique émergente (FME) de Rouyn-Noranda et du Festif de Baie-Saint-Paul que Le Devoir a sondés afin d\u2019en dégager au moins quelques ingrédients clés.« Il faut d\u2019abord être conscient du fait que grossir pour grossir, ça ne ser t à rien.La façon de se démarquer, c\u2019est en innovant et en restant authentique.Que tu sois à Baie- Saint-Paul, à Tadoussac ou à Petite- Vallée, même si tu mets plus de feux d\u2019artifice, les villes de Montréal ou de Québec vont toujours avoir plus d\u2019argent pour en ajouter encore plus.C\u2019est pas comme ça qu\u2019on se démarque.Il faut plutôt préserver son ADN », résume Sandy Boutin, président et cofondateur du FME.En Abitibi, c\u2019est « la proximité entre le public et les artistes » qui est la signature du rendez-vous musical qui signe la fin de l\u2019été, souligne M.Boutin.Même « ADN » intimiste à Tadoussac et à Baie-Saint-Paul, où la quasi-totalité des prestations offer tes aux festivaliers se décline aussi dans de petites salles ou sous des chapiteaux.Sur la Côte-Nord, au « plus grand des petits festivals », la salle la plus « imposante » est l\u2019église du village, avec moins de 500 places assises.Un Daniel Bélanger, par exemple, y offre donc une communion musicale hors du commun avec laquelle aucune place des Festivals ne peut rivaliser.Et on garde cette même impression de moment privilégié avec Tire le coyote en 2018, Louis-Jean Cormier solo l\u2019année précédente, ou encore le spectacle Douze hommes rapaillés il y a de cela quelques années.Décor naturel «À défaut de grandes salles avec des équipements techniques importants, on peut exploiter la beauté naturelle de Tadoussac », ajoute Julien Pinar- don, le directeur général du festival, qui en sera cette année à sa 36e édition.Beauté naturelle, en effet, que cette toile de fond offerte par l\u2019embouchure du fjord du Saguenay, lors des tours de chant présentés le long du sentier de la pointe de L\u2019Islet.Même paysage invitant à l\u2019anse à la Barque, plus en amont sur le Saguenay, ou encore aux dunes de Tadoussac.Cette année, précise M.Pinardon, on tentera aussi l\u2019aventure d\u2019un spectacle sur la plage, au creux d\u2019«une des plus belles baies du monde».À Baie-Saint-Paul, où le Festif souffle cette année ses 10 bougies, L\u2019art complexe et fragile du festival en région Tirer son épingle du jeu et attirer les foules par la proximité, l\u2019inusité et l\u2019originalité | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 On a besoin des flambeaux de l\u2019art pour saisir l\u2019héritage du passé dans nos esprits.Des œuvres ouvrent leurs fenêtres sur des psychés meurtries, individuelles et collectives.Salutaires coups de poing\u2026 Je me passais cette réflexion l\u2019autre soir au lancement de l\u2019exposition d\u2019André-Line Beauparlant Ce qui est fragile à la Cinémathèque québécoise, sur les cimaises jusqu\u2019au 19 mai.Une installation vidéo ainsi que 200 dessins et peintures brossés sur dix ans ont pour sujet le frère de l\u2019artiste, Sébastien.Les cinéphiles le connaissaient, cet enfant-là à la tête pendante, aux hurlements sourds en mal de communication.À travers Le Petit Jésus, en 2004, la documentariste avait déjà abordé une enfance auprès de ce cadet paralytique cérébral, à qui ses parents ont longtemps fait tenir le rôle du nourrisson Jésus dans la crèche de Noël.André-Line Beauparlant est directrice artistique (Incendies, Marécages, etc.), plasticienne et cinéaste.Dans ses documentaires, elle se penche et se repenche sur sa famille attachante et dysfonctionnelle.Le magnifique Trois princesses pour Roland remontait le cours d\u2019un suicide masculin et de bien des renoncements féminins.On a salué, au fil des ans, ses œu- vres touchantes et sensibles sur un clan tricoté serré, entre passé et présent, sur fond de tragédies immenses dans un Québec religieux qui créait des monstres en voulant sauver ses enfants sous trop de foi et avec une obéissance aveugle.Sébastien est disparu en 2001, transformé jadis en autre chose que lui-même : en rêve d\u2019une improbable guérison.Le délire mystique parental avait entraîné la famille dans une sorte de démence, laissant le reste de la fratrie en plan.Se remet-on jamais de ces abandons?André-Line avait 11 ans à la naissance de Sébastien, et son innocence s\u2019envola.Une chape de plomb, des litanies de prières, une violence sourde vécue autour de lui succédaient aux rires.Le miroir d\u2019un enfant amoché On regarde les visages changeants et identiques de Sébastien exploser à pleins murs à travers l\u2019anxiété de l\u2019artiste, mais aussi son amour pour ce frère que la vie lui tendait.Souvent bouche ouverte, langue sortie, yeux vides ou appelant au secours, longs doigts tordus sur une impossible étreinte, le voici dans sa peine et ses élans.Ce frère amoché, c\u2019est un peu nous.La sœur en œuvre de catharsis aussi.Et qui peut vraiment voir le monde de l\u2019enfance comme un paradis perdu ?Sa famille partage quelques traits avec celle du Jean- Claude Lauzon de Léolo, tant la folie y faisait son nid.Son autre frère, Éric (sujet de son film Pinocchio en 2015), vagabond, mythomane et voleur, demeure aujourd\u2019hui un éclopé de ce nid brisé.«Avoir un enfant handicapé dans sa famille, c\u2019est un peu comme un opéra, écrivait-elle dans un de ses carnets.C\u2019est tragique, c\u2019est grave, c\u2019est trop même.» Le quotidien des aidants naturels ressemble à ça aussi.L\u2019expo révèle à quel point Sébastien était resté pris dans la gorge d\u2019André-Line Beauparlant, dont elle a cherché à se délivrer par le fusain, le crayon, le pinceau, en traits d\u2019art brut.Par la bouche ouverte du jeune garçon, elle met en scène sa propre enfance étouffée par la religiosité ambiante.Le projet de loi québécois et le débat entourant la laïcité et le crucifix réveillent les mêmes blessures collectives et individuelles, qui n\u2019en finissent plus de suinter.«On fait quoi avec la fragilité ?» s\u2019est d\u2019abord demandé la créatrice québécoise.Elle aura longtemps caché ses croquis souffrants à sa mère et à sa famille, par pudeur, mais ils voulaient s\u2019exposer, tous ces cris-là.Tant mieux ! Les détresses de Sébastien rappellent en sous-main qu\u2019il subsiste autre chose encore aujourd\u2019hui, par-delà les ambitions de nos sociétés folles de consommation et de gloire : des regards inquiets posés sur ceux qui n\u2019ont pas de voix, des dévouements, des maladresses, les terreurs enfouies d\u2019avoir peut-être fait trop peu, des écrasements d\u2019adultes pris jadis au milieu de terribles étaux.Un livre, textes et dessins, était lancé en même temps que l\u2019expo, intitulé La fin et le début de l\u2019histoire d\u2019André-Line Beauparlant.Sous les signatures de Martine Delvaux, Isabelle Guimond et Monique Régim- bald-Zeiber, il est publié aux éditions des Presses de l\u2019Université de Montréal et expose par fragments la carrière de cette artiste, éclairant sa maturité en marche.La fin et le début de l\u2019histoire\u2026 le titre de l\u2019ouvrage témoigne d\u2019une reconstruction intime, d\u2019une délivrance par l\u2019art et par la descente en soi.On trouve, dans la démarche d\u2019André- Line Beauparlant, une voie de libération, et dans son passé douloureux un miroir collectif à mieux scruter.Pas seulement en décollant des crucifix de la sphère publique, mais en apprivoisant nos lignes de fracture anciennes, jamais colmatées.La fragilité des hurlements ODILE TREMBLAY le directeur général Clément Turgeon se fait un point d\u2019honneur de multiplier les «spectacles-surprises» \u2014 une formule lancée au Québec par le FME \u2014 déclinés chaque année dans des lieux différents et inusités de la petite municipalité de Charlevoix.«On veut que les gens qui viennent se disent qu\u2019ils ont encore une fois été surpris», dit- il, alors que l\u2019organisation s\u2019apprête à lancer la programmation de l\u2019édition 2019, qui se tiendra à la fin juillet.Dans ce con tex te , comment construit-on une grille horaire de spectacles de quatre jours ?« À la base, je fonctionne un peu à l\u2019instinct.Et les artistes nous font confiance », laisse tomber Clément Turgeon, qui fait partie de l\u2019aventure du Festif depuis ses débuts.Au final, on peut donc se retrouver avec des artistes accomplis qui offrent des prestations-surprises mémorables.Seulement l\u2019an dernier, on comptait une dizaine de ces spectacles, dont Paul Piché « en formule chansonnier» dans un parc de la ville, ou encore Patrick Watson seul au piano au bout d\u2019un quai archibondé de curieux prévenus pourtant moins d\u2019une heure avant le spectacle via l\u2019application mobile du Festif.Concurrence Faisant pratiquement office de doyen dans le paysage des festivals musicaux en région, celui de Tadoussac doit par ailleurs composer aujourd\u2019hui avec la concurrence du festival La Noce, au Saguenay, qui se tient tout de suite après, mais aussi celle du Festif, devenu un incontournable de la saison estivale.Julien Pinardon dit toutefois avoir confiance de pouvoir maintenir l\u2019achalandage, qu\u2019il estime bon an mal an à environ 25 000 personnes.« Le fait qu\u2019il y ait plusieurs festivals témoigne de la volonté du public de se retrouver dans ce genre d\u2019événe- ments durant la période estivale.Mais il faut trouver son identité et sa marque, dans le contexte des événe- ments qui émergent.Et chacun a son créneau, une proposition différente.Pour nous, c\u2019est la chanson à texte.» Cette multiplication de rendezvous « est une bonne nouvelle pour les ar tistes, qui peuvent rejoindre plus de gens », ajoute Clément Tur- geon.« Les différents joueurs ont du respect les uns pour les autres et personne n\u2019essaie de se mettre des bâtons dans les roues.Il y a de la place pour tout le monde.Mais si un événement meurt, c\u2019est souvent en raison des dif ficultés à se renouveler, ou encore des problèmes avec des commanditaires.» Pour Sandy Boutin, du FME, le problème des événements comme le festival de Rouyn vient d\u2019abord du manque de soutien financier public.« Le succès des festivals prouve leur pertinence, mais l\u2019enveloppe budgétaire ne suit pas.Et nous sommes tributaires de la volonté, ou non, d\u2019une société de développer ses régions et de faire de la place à la culture et à la musique.Ça dépasse notre contrôle.À la limite, on pourrait se retrouver demain matin avec des gouvernements qui disent que la culture, ce n\u2019est pas important.Et il y aurait des répercussions immédiates.» «C\u2019est une économie assez fragile, qui est tributaire de plusieurs éléments qui nous échappent, comme la météo ou encore les subventions », souligne lui aussi Julien Pinardon.Au Festif, où l\u2019engouement est chaque année plus grand, Clément Turgeon demeure lui aussi prudent quant à la suite des choses.«On ne tient jamais rien pour acquis, dit-il.Mais j\u2019ai la ferme conviction qu\u2019on joue un rôle important chacun dans nos régions et que tout ne peut pas se passer à Montréal et à Québec », conclut Sandy Boutin.La multiplication de rendezvous estivaux au Québec « est une bonne nouvelle pour les artistes, qui peuvent rejoindre plus de gens », soutient Clément Turgeon, directeur général du Festif de Baie- Saint-Paul.DOMINIC MC GRAW MICHEL PINAULT CAROLINE PERRON L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e T h é ât r e 6 | Du théâtre à l'heure du lunch ! Service de restauration sur place et Avec PHILIPPE DUCROS / KLERVI THIENPONT et BÉBÉ ÉLORA, NADINE LOUIS et BÉBÉ LORIAN, ÈVE LANDRY et BÉBÉ LOUIS, TIENHAN KINI et BÉBÉ TINWAH et la participation de JACQUES L\u2019HEUREUX Avec la voix d\u2019Anne Dorval 514 521-4191 | nte.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal P h o t o : G a b r i e l l e D e s m a r c h a i s .Du 24 avril au 19 mai 2019 Du mercredi au dimanche à midi Le NTE présente Bébés P P b r i b r i ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATEUR LE DEVOIR uit mois après la par ution d\u2019un premier roman, Océans, James Hyndman se lance dans une mise en scène.À 56 ans, c\u2019était le temps.« Je suis un late bloomer à tous les niveaux dans ma vie, explique-t-il.Je suis devenu acteur sur le tard, ayant commencé à travailler vers 30 ans.J\u2019ai eu un enfant sur le tard.Et j\u2019ai été un [écrivain dans le placard] pendant des années.Maintenant, je suis à une période charnière.Tout arrive parce que je peux le laisser aller.» Avec plusieurs projets en chantier, dont l\u2019écriture d\u2019un scénario de film qu\u2019il aimerait réaliser, il ne se met plus de limites.Avant, la confiance lui faisait défaut.Sans compter « la vraie capacité de travailler avec les autres.J\u2019étais un solitaire, un peu sauvage, un peu méfiant.J\u2019ai été longtemps un très grand mélancolique, ça m\u2019éloignait du monde.» Il découvre, depuis « pas si longtemps », le plaisir des collaborations.Il trouve cette expérience de direction passionnante.« Et je n\u2019ai tellement pas eu l\u2019impression d\u2019être un imposteur durant le processus.» Le spectacle est né d\u2019une de ses lectures publiques au Quat\u2019Sous.Une niche par ticulière que ce comédien intellectuel creuse depuis 12 ans, où il adapte et par tage ses passions littéraires.«Les lectures publiques ont été très fondatrices.À travers ça, je crois que j\u2019ai compris qui j\u2019étais, comme acteur, comme artiste \u2014 un mot si galvaudé que je n\u2019aime pas.Je suis dans un espace de grande liberté, les salles sont à guichets fermés à tous coups.J\u2019y échappe donc à tout diktat de résultat, pour connecter à quelque chose de profond.» Et entrer en dialogue avec des spectateurs qui arrivent avec un « regard assez vierge, mais disponible ».« Je me suis rendu compte que ce qui me passionnait, ce n\u2019était pas de per former ou de briller, mais d\u2019être un passeur.» Offerte avec sa grande complice Evelyne de la Chenelière \u2014 qui rêvait de la jouer \u2014, la lecture consacrée à Scènes de la vie conjugale d\u2019Ingmar Bergman a eu un tel impact sur le public que le directeur du théâtre, Olivier Kemeid, a proposé d\u2019en faire un spectacle.Et James Hyndman a réalisé qu\u2019il résistait à l\u2019idée de remettre son projet entre les mains d\u2019un metteur en scène.Le comédien désirait plutôt prolonger cette expérience et donner forme lui-même à ce qu\u2019il a envie de voir sur les planches : « une cohabitation entre une ri - gueur esthétique et une vraie réflexion sur le théâtre.Parce que je ne pense pas qu\u2019on puisse faire de la scène sans, chaque fois, se poser la question : qu\u2019est-ce que la spécificité du théâtre ?» Créateur exigeant, à l\u2019œuvre depuis deux ans sur sa transposition de Scènes\u2026, il souhaite proposer une œuvre scénique sans hermétisme, mais qui va « vibrer autrement » qu\u2019à l\u2019écran.Si bien que le public ait l\u2019impression « d\u2019assister à quelque chose de rare.Je ne veux pas mettre la barre en dessous de ça ».Œuvre vérité En 1972, la série télévisée chroniquant la relation aimante mais houleuse entre Johan et Marianne avait marqué par son ton de vérité.Un véritable phénomène sociologique dans la patrie d\u2019ABBA par ses cotes d\u2019écoute et « un taux de divorce, dans l\u2019année qui a suivi, jamais vu en Suède.Comme si le couvercle avait été levé sur les non-dits dans les couples ».James Hyndman est par ti de ce texte en six épisodes pour se concentrer uniquement sur les échanges en direct du couple.Pour son adaptation dans l\u2019ici et maintenant, il a privilégié des dialogues dans un québécois non relâché.Une langue qui n\u2019existe pas.« Du coup, ça donne quelque chose d\u2019intéressant sur scène.On est dans une langue qui a l\u2019air parlée, mais dont on sent bien qu\u2019elle est théâtrale.» Et une fois déblayée de tout ce qui lui paraissait plus propre à la biographie de Bergman qu\u2019universel, cette radiographie du couple pose des questions intemporelles qui résonnent encore très for t, croit Hynd- man.« Comment être à deux quand on est métaphysiquement seul, dans le fond ?Qu\u2019est-ce que ça veut dire réussir sa vie, réussir son couple ?[\u2026] Et la question centrale est celle de la liber té.Comment être libre tout en étant un couple ?À travers son parcours, Marianne s\u2019affranchit pour parvenir à une connaissance de soi et à une liberté.» James Hyndman, de performeur à passeur L\u2019acteur se mesure à Bergman dans une proposition scénique de son monumental Scènes de la vie conjugale H Le spectacle est né d\u2019une de ses lectures publiques au Quat\u2019Sous.Une niche particulière que ce comédien intellectuel creuse depuis 12 ans. | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U RS On s\u2019ennuie de la brillante et allumée Michka Saäl, cinéaste et scénariste québécoise d\u2019origine juive tunisienne disparue le 9 juillet 2017.Celle qui a réalisé le documentaire L\u2019arbre qui dort rêve à ses racines écrivait aussi.La lune des coiffeurs, publié de façon posthume aux Éditions du Loin, tout en fragments de vie sensibles et intelligents, gorgé de références culturelles, entre Tunis, Paris, Montréal et ailleurs révèle une plume vibrante et un sens aigu de l\u2019observation et de l\u2019introspection qui nous font regretter qu\u2019elle n\u2019ait pas publié davantage.Les mots de Michka Saäl Un rappeur tué à Los Angeles.Aussitôt, on pense violence entre gangs ou relents de querelles entre les rappeurs de la côte est et de la côte ouest.Mais la mort de Nipsey Hussle, pour ce qu\u2019on en sait, n\u2019a rien à voir avec tout ça.Ermias Asghedom n\u2019était pas de ceux qui brandissent armes et bijoux sur les réseaux sociaux.Il investissait tout l\u2019argent gagné dans son quartier natal de Crenshaw pour soutenir sa communauté.Il voyait sa carrière comme un marathon plutôt que comme un sprint.C\u2019est donc l\u2019écoute de son mixtape The Marathon, paru en 2010, que nous vous proposons pour découvrir l\u2019étendue de son énergie.Hommage au marathonien Comment aborder de manière pas trop aride l\u2019enjeu majeur mais complexe des paradis fiscaux?Pourquoi pas par la bande dessinée?François Samson-Dunlop propose un roman graphique dans lequel son personnage principal décide de s\u2019affranchir de toutes dépenses liées à des entreprises qui n\u2019aiment pas trop l\u2019impôt.Dans Comment les paradis fiscaux ont ruiné mon petit-déjeuner, l\u2019auteur de Poulet Grain-Grain reprend en quelque sorte la formule de ce dernier ouvrage, se servant d\u2019un protagoniste passionné mais décousu et de sa conjointe gardienne des justes valeurs.Le tiers de la Terre est un désert.Ces paysages n\u2019ont rien de désolants ni de désolés.Habiter le désert (Phaidon), bel ouvrage original, rend hommage à quelques dizaines de magnifiques demeures déposées délicatement dans ces contrées fascinantes faites pour le repos et la contemplation.Ces maisons se trouvent dans les déserts du Chili et des États-Unis, du Niger, d\u2019Iran ou du Maroc.On se ferait multimillionnaire juste pour La Maison noire de la Yucca Valey en Californie (Oiler & Pejic Architecture), quelques blocs de verre et de quartz sombres minimalistes, nets, audacieux et franchement formidables.Écrins contemplatifs Une bédé au paradis\u2026 fiscal STÉPHANE BAILLARGEON PHILIPPE PAPINEAU VALÉRIE DUHAIME ODILE TREMBLAY Ayant plusieurs projets en chantier, James Hyndman ne se met plus de limites.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La partition illustrerait aussi « le rappor t schizophrénique » qu\u2019entretient le cinéaste de Persona à la parole : « À la fois essentielle pour nommer et extrêmement limitée par rapport à ce qu\u2019on peut connaître de soi, de ce qui se passe réellement entre deux personnes.Il y a tellement de couches auxquelles on n\u2019a pas accès, et qui sont les plus impor tantes.Mais i l y a dans la pièce une vraie catharsis à travers la parole, qui nous rappelle à quel point on vit dans un monde aseptisé.On pense que c\u2019est le contraire, parce que tout est dit, le narcissisme est partout, etc.Mais dans le fond, c\u2019est un monde où, à force de tout permettre, il n\u2019y a plus de parole profonde, fruit d\u2019une vraie réflexion, qui peut ressor tir du lot.Quand on entend le texte de Bergman, c\u2019est comme un coup de fouet qui nous réveille : il y a des choses à dire, la vie n\u2019est pas simple, faite de noir et blanc.» Intimité Le grand cinéaste avait mis trois mois pour écrire Scènes\u2026 (« mais il m\u2019a fallu un temps assez long de ma vie pour la vivre », ajoutait-il dans la préface de l\u2019œuvre éditée.) D\u2019où peut-être l\u2019urgence palpable chez ces deux personnages pleins de contradictions, aux revirements subits.«En fait, ils ne savent pas trop ce qu\u2019ils vivent.Les pulsions et les mots les devancent.Ils sont à la remorque de tout ce qui jaillit d\u2019eux.» Ce couple «à la fois très particulier et très emblématique » passe au fil des ans à travers une série de ruptures et de retrouvailles, d\u2019entente ou de déni.Une temporalité traitée ici de façon théâtrale.Chacun des sept tableaux de la pièce représente dif férents états du couple.« Mais il peut se passer 30 secondes, ou sept ans, de l\u2019un à l\u2019autre.» James Hyndman n\u2019aurait jamais monté ce duo sans Evelyne de la Chenelière, sa par tenaire de La concordance des temps.Il souhaite explorer l\u2019infinie complexité d\u2019une relation entre deux êtres.Et créer un lien d\u2019intimité « dans toutes ses nuances ».« C\u2019est tellement facile de tomber dans des clichés du désir sur scène », note-t-il.Le créateur vise plutôt à inscrire le rapport physique dans un contexte « beaucoup plus profond.Qu\u2019on touche toutes ces zones où il y a à la fois du malaise, de la tristesse, du malentendu, des réminiscences\u2026 Et que tout à coup, le public perçoive qu\u2019on n\u2019est plus dans la performance d\u2019acteurs, mais dans le : c\u2019est ça la vie.C\u2019est ça ma vie ».Scènes de la vie conjugale Texte: Ingmar Bergman.Adaptation et mise en scène: James Hyndman.Conseils drama- turgiques: Stéphane Lépine.Traduction: Carl Gustaf Bjurs- tröm et Lucie Guillevic.Présentée du 9 avril au 8 mai au Théâtre de Quat\u2019Sous. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 8 | Présenté par QUATUOR CASTALIAN Mercredi 10 avril 19 h 30 HAYDN, SCHUBERT et BRITTEN Cet ensemble passionnant de Grande-Bretagne donne un nouveau souf?e au répertoire pour quatuor à cordes.CONSTANTINOPLE & MARCO BEASLEY Samedi 13 avril 20 h Le pont de Leonardo da Vinci Le ténor italien Marco Beasley est de retour à la salle Bourgie pour nous transporter dans le monde imaginaire et audacieux de Léonard de Vinci.sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie UN SIÈCLE DE MUSIQUE AU FÉMININ Mercredi 24 avril 19 h 30 PENTAÈDRE Invitée : LYSANDRE MÉNARD, piano Hedwige CHRÉTIEN, Louise FARRENC, Mel BONIS, Claude ARRIEU et Elsa BARRAINE Découvrez un répertoire riche et puissant ! BAPTISTE TROTIGNON piano solo Jeudi 11 avril 19 h 30 GERSHWIN, PORTER, TROTIGNON, GAINSBOURG et NOUGARO Une soirée unique sous le signe de l\u2019intimité et de la spontanéité.JAZZ EN SOIRÉE ENTREVUE CATHERINE LALONDE LE DEVOIR e chorégraphe autrichien Simon Mayer, aussi danseur de haut vol formé en ballet à l\u2019exigeant Opéra de Vienne, puis en contemporain à P.A.R.T.S., interroge presque toujours dans ses œuvres la relation à la musique.Ainsi en est-il du concert chorégraphique Oh Magic ou de l\u2019exploration vidéo jazz avec le groupe Shake Stew.C\u2019est qu\u2019il est d\u2019abord tombé dans la marmite de la musique, poussé là par un père musicien amateur passionné.Et il est fasciné depuis par le rituel du folklore \u2014 en musique, mais aussi en danse.Par la transe physique, le rapport intime profond qui peut se développer avec ces formes, qu\u2019on les pratique comme pro ou amateur.Pour son premier passage au Québec, il emmène Sons of Sissy, quatuor pour hommes qui décompose et joue avec les codes du folklore du Tyrol autrichien, yodle, nudité et accordéon à l\u2019appui.«Je vois beaucoup de préjugés qui courent envers la danse folklorique.De la part des jeunes qui ne veulent plus faire du folklorique désormais parce que ça leur semble dépassé et pas cool.Mais aussi parce que plusieurs croient que le folklore reste lié à un conservatisme certain, qu\u2019il vient pratiquement avec une manière de penser.Court aussi le préjugé, qui n\u2019en est malheureusement pas toujours un, car il se vérifie parfois, et surtout de nos jours, qu\u2019il y a des liens actifs entre folklore et politique.La politique le réutilise par populisme, pour se rapprocher des gens, comme si le folklore était une propriété territoriale», nomme Simon Mayer.Un geste pour le partage Parle-t-il d\u2019une utilisation nationaliste du folklore?Comme un élément iden- titaire, dans l\u2019ADN, qui n\u2019appartiendrait de manière chauviniste qu\u2019aux vrais, aux pures laines?«Exactement, répond M.Mayer.Ça, ça me blesse réellement.Pour ma part, je vois le folklore comme un geste fait, ensemble, pour le partage; surtout pas pour servir de frontières; surtout pas pour séparer les gens les uns des autres ; surtout pas pour exclure.Parfois des pas, tous simples, partagés, réunissent vraiment les gens ensemble, sur un même rythme, un même geste.» Sons of Sissy, c\u2019est littéralement « les fils de Sissy », impératrice mythique Du spirituel dans la danse folklorique L\u2019Autrichien Simon Mayer explore la transe, la masculinité, et le folklore musical et dansé Pour son premier passage au Québec, Simon Mayer emmène Sons of Sissy, un quatuor pour hommes qui décompose et joue avec les codes du folklore du Tyrol autrichien.ARNE HAUGE L | 9 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 En reprise pour 9 ultimes représentations - En vente dès maintenant! Partenaire de saison Du 23 octobre au 2 novembre 2019 PARCE QUE LA NUIT Texte : Dany Boudreault et Brigitte Haentjens, avec la collaboration de Céline Bonnier Mise en scène : Brigitte Haentjens Musiciens sur scène : Bernard Falaise Théâtre français du Centre national des Arts BILLETTERIE : 514 845-4890 ESPACEGO.COM Marc Cassivi, Esprit critique, R-C Dessine-moi un dimanche, R-C des acteurs (dont celle de Céline Bonnier), la force des musiciens et le swing de cette lettre d\u2019Autriche.Mais aussi, double sens anglais, « fils de tapette ».Car si Simon Mayer veut réhabiliter la danse folklorique, il ne s\u2019empêche pas de la critiquer dans la dansante foulée.Le rituel mâle qui s\u2019y redessine, les rôles très marqués, très genrés, Mayer les échange, les floue, les met littéralement à nu quand ses interprètes se dévêtent.«Les interrogations sur la masculinité et l\u2019utilisation de la nudité me semblent liées», indique celui qui utilise régulièrement dans ses créations le costume d\u2019Adam.« On a entamé la création de Sons of Sissy en se demandant ce que serait une danse folklorique universelle.En a découlé la question de ce qu\u2019on porterait pour la danser\u2026 On a essayé plusieurs costumes traditionnels, qui appartenaient à des régions très précises, et comme on cherchait un sens plus ouvert, être nu a été l\u2019idée adoptée.La nudité est aussi le costume traditionnel humain», indique le danseur.Dans son solo précédent, SunBeng- Sitting, qui intégrait également musique et danse folkloriques, Simon Mayer a appris que faire nu les partitions masculines de ces danses traditionnelles masculines, «sans les pantalons de cuir, ben ça fait mal\u2026 C\u2019est important pour moi de montrer aussi ce qui se passe quand on dit qu\u2019être un homme, c\u2019est de ne pas montrer ses émotions, sa douceur, sa souffrance.Et de montrer la souffrance qui s\u2019accumule quand on continue sur cette voie, à vouloir montrer seulement sa force.» L\u2019intime du rituel Les habitués de la danse montréalaise ne pourront s\u2019empêcher de penser au Folk-s / Will you still love me tomorrow?d\u2019Alessandro Sciarroni, qui, sur la même scène l\u2019an dernier, défaisait en pure intensité physique et rythmique une danse folklorique du Tyrol.Les deux créateurs se connaissent et se reconnaissent.«La particularité de Sons of Sissy, précise son créateur, c\u2019est que je voulais plonger aussi dans les histoires individuelles.Les quatre danseurs ont un passé avec cette danse folklorique, une histoire, une pratique.Particulièrement Matteo Haitzmann, qui y a baigné, et peut vraiment en porter l\u2019âme.Je voulais plonger dans la relation personnelle à la danse folklorique, faisant le pari que l\u2019expérience serait plus forte s\u2019il y avait une transmission personnelle en jeu.» Cette inclusion, dont parle par ailleurs M.Mayer, que permet la danse folklorique, cette énergie circulaire de l\u2019arène nourrie par les rondes, n\u2019est-ce pas la couper que de l\u2019exposer fronta- lement sur une scène à l\u2019italienne, devant des spectateurs assis, immobiles?« Il fallait que je commence par là, mentionne le chorégraphe.Je voulais d\u2019abord montrer le fruit de mes recherches, qu\u2019il puisse être vu dans une ligne narrative claire.Un de mes prochains projets, le Folk Trance Party, sera un vrai bal folklorique où les interprètes seront davantage des courroies de transmission, en interaction avec le public.» Simon Mayer prépare également un solo autour de la transe mongolienne, aidé par la chamane et scientifique de la transe Corine Sombrun.Il touche déjà à cet aspect dans Sons of Sissy.«Je veux montrer le plaisir qu\u2019on peut tirer de la danse folklorique.Le pouvoir de transformation qu\u2019elle engendre, le fait qu\u2019elle peut parfois guérir même, et aider à trouver un équilibre de vie.Le lien entre art et spiritualité est important pour moi \u2014 même le lien avec la thérapie.Une question demeure : pourquoi n\u2019avons-nous jamais dansé ces danses folkloriques à l\u2019église?» À Vancouver, où Le Devoir a joint Simon Mayer, qui donnait là le spectacle, le chorégraphe s\u2019est promené sur les îles, allant à la rencontre de membres des Premières Nations et des Autochtones.« C\u2019est incroyable de trouver tous ces parallèles entre ma recherche et la danse dans leurs traditions.J\u2019ai hâte de voir ce qu\u2019il en est de la danse folklorique au Québec\u2026» Sons of Sissy Une chorégraphie de et avec Simon Mayer, avec Matteo Haitzmann, Patric Redl, Manuel Wagner, à l\u2019Usine C, les 10 et 11 avril.Le chorégraphe autrichien Simon Mayer, aussi danseur de haut vol FRANZI KREIS Si Simon Mayer veut réhabiliter la danse folklorique, il ne s\u2019empêche pas de la critiquer dans la dansante foulée L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR oseph a failli mourir.L\u2019ébriété ordinaire, une bataille\u2026 Divorcé d\u2019Emma, qui s\u2019est lassée de ses promesses brisées, et père d\u2019Ulysse, qui, lui, s\u2019est détourné à force de colère et de chagrin, Joseph a compris qu\u2019un recul est nécessaire.Le voilà loin de Montréal, seul dans une maison sur la côte.Pour bercer son corps et son esprit meur tris : la mer toute proche, et les souvenirs heureux de cet été passé en ces terres auprès d\u2019Emma, naguère.Et la revoici, méfiante, lucide, mais pas indifférente.En toile de fond de ces retrouvailles incertaines : une seconde campagne référendaire aux mille promesses.Dans Ville Neuve, son premier long métrage d\u2019animation, Félix Dufour-La- perrière fait résonner l\u2019intime dans le collectif, et vice versa.Flot pictural noir et blanc, avec toutes les nuances de gris entre les deux, Ville Neuve coule, aussi fluide que la marée en contrebas de la maison où est venu se réfugier Joseph.C\u2019est d\u2019une beauté, d\u2019une singularité\u2026 « La mer, sa proximité, vient du fait qu\u2019elle représente à la fois une ouverture et un seuil, et le film est rempli d\u2019ouvertures et de seuils, confie le cinéaste.Quant à la fluidité de l\u2019enchaînement, le cinéma d\u2019animation que je préfère est celui qui met en présence des forces, qui convoque des choses, qui les assemble puis les fait vivre.Dans le film, les espaces de réalisme et d\u2019onirisme sont contigus.La technique encre sur papier permettait des métamorphoses, des lavis, des disparitions, et tout ça était facilité par le recours au noir et blanc, qui rend possibles des superpositions irréalisables avec de la couleur.» Origines littéraires À l\u2019origine du projet se trouve une nouvelle de l\u2019auteur américain Raymond Car ver, La maison de Chef (Chef \u2019s House, du recueil Where I\u2019m Calling From).Dans cette version, le protagoniste tente de recouvrer la sobriété et de déterminer qui il est sans l\u2019alcool.Dans la relecture très libre de Félix Dufour-Laperrière, l\u2019alcoolisme est présent, mais la quête identitaire est exprimée autrement ; elle est plus globale, empreinte d\u2019absolu.« J\u2019ai conservé la maison isolée, la dynamique du couple\u2026 et une réplique», précise le cinéaste.Emma la formule vers la fin, à l\u2019intention de Joseph: «Suppose que c\u2019était notre première fois.Notre première rencontre, disons.Ça fait de mal à personne de supposer.Supposons que rien ne s\u2019était jamais passé entre nous deux, avant.Tu vois ce que je veux dire?» Dans la nouvelle, Félix Dufour- Laperrière explique que l\u2019issue est connue d\u2019avance, en cela qu\u2019autant l\u2019homme que la femme savent d\u2019office qu\u2019entre eux, c\u2019est fichu, et que quoi qu\u2019ils fassent, ils ne par viendront pas à recoller les morceaux.«Mais ils essaient quand même, ce qui confère au récit un côté tragique.Moi, j\u2019ai voulu inverser ça.J\u2019ai voulu faire en sorte que le sort n\u2019en ait pas été jeté.En même temps, à la base, je ne suis pas quelqu\u2019un de récit : mon bagage en animation ne se situe pas là.De telle sorte que j\u2019ai d\u2019abord écrit de longs récitatifs \u2014 des monologues \u2014 dont une par tie s\u2019est retrouvée dans le film.J\u2019ai brodé un scénario autour de ça.» Sous-texte politique Ce qui se traduit, outre le changement de contexte et de ton, par l\u2019ajout d\u2019un volet politique.Lequel est par tie intégrante de la trame puisque dans les espoirs d\u2019indépendance \u2014 de séparation \u2014 d\u2019une nation se mirent, en un splendide paradoxe, les espoirs de réunion des anciens époux.Entre le micro et le macro s\u2019opèrent jeux de miroirs et de correspondances\u2026 «Cette opposition entre les registres, oui, intimes et collectifs, je la souhaitais dès le dépar t ; c\u2019était mon premier désir.Je ne voulais pas que les personnages représentent chacun un camp de la question référendaire, s\u2019entend, mais simplement que les registres se répondent.» Dans Ville Neuve, tant Joseph qu\u2019Emma sont des souverainistes de la première heure.À l\u2019instar de cette tristesse liée à leur mariage défait, ils portent en eux la déception de la défaite de 1980.Si elle demeure animée par une espérance prudente, et cela à tous égards, lui a tendance à se complaire dans la morosité.Là-dessus, on devine le cinéaste plus près d\u2019Emma que de Joseph.« Au-delà de l\u2019enjeu constitutionnel, j\u2019éprouve parfois le sentiment qu\u2019au Québec, sous le vernis de la prospérité, il y a une immense paresse.Une fois que le plein-emploi ne sera plus d\u2019actualité et qu\u2019il n\u2019y aura plus autant d\u2019argent disponible partout, on se rendra compte qu\u2019on est une société sans grandes ambitions.On a de l \u2019argent plein les poches et aucun projet structurant.Avec des surplus budgétaires records, tout ce qu\u2019on trouve à mettre en chantier, ce sont des viaducs, eux-mêmes sans ambition.» Les mots des poètes Or, de l \u2019ambition, son film n\u2019en manque pas.Sous un dénuement apparent couve une impressionnante virtuosité.Ponctuée de fulgurances évoquant de manière poétique, symbolique, les pensées de Joseph et d\u2019Emma, l\u2019image se fait volontiers lyrique.Cela, en un écho direct aux mots qu\u2019ils choisissent avec soin, l\u2019un et l\u2019autre étant poètes.Vers le commencement, puis à la toute fin, Joseph récite l\u2019un de ses textes, qui prend valeur d\u2019incantation : « Dans la campagne que tu traverses, je veille devant des heures pauvres.Les jours ramènent le territoire à la pluie qui l\u2019embrasse.Dans la campagne que tu traverses, je veille devant les objets sombres, les lieux opaques, et le souvenir éclatant de ton visage.» Rober t Lalonde prêtant sa voix Les belles espérances Félix Dufour-Laperrière relate les retrouvailles incertaines d\u2019ex-conjoints sur fond de second référendum Dans son premier long métrage d\u2019animation, le cinéaste québécois fait résonner l\u2019intime dans le collectif, et vice versa.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR J C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Danse +Théâtre 22 mai au 4 juin 2019 GRANMA.TROMBONES DE LA HAVANE « Une image kaléidoscopique de Cuba, ce pays en mutation » Inferno-magazine.com KALAKUTA REPUBLIK « Une œuvre forte, aboutie, qui réveille nos coeurs et nos consciences.» La Terrasse QUASI NIENTE « Un spectacle désespérément comique, comme seuls les italiens savent en faire.» Rueduthéâtre.eu BACCHANTES - PRÉLUDE POUR UNE PURGE « Un monde ensorcelé par une ivresse de libertés » Mouvement PUT YOUR HEART UNDER YOUR FEET\u2026 AND WALK! « Un théâtre de la nuit des temps.Inoubliable » Les Inrocks CUCKOO \u201cAn immensely talented theatre maker.\u201d Thereviewshub.com Marie-Claire Blais + Denis Marleau + Stéphanie Jasmin Danièle Desnoyers Pascale Drevillon + Geoffrey Gaquère Clara Furey Frédérick Gravel Simon Grenier-Poirier + Dorian Nuskind-Oder Lara Kramer + Émilie Monnet Christian Lapointe Martin Messier Dana Michel Rare long métrage d\u2019animation québécois destiné aux cinéphiles adultes, Ville Neuve suscite à terme éblouissement et réflexion.L\u2019UNITÉ CENTRALE à Joseph, envoûtement il y a.Un autre instant de grâce sur vient lorsqu\u2019Emma, impartie, elle, de la voix de la merveilleuse Johanne-Ma- rie Tremblay, lit une de ses nouvelles en prose à son ex.Ce dernier la compare à une prophétie.Et pourquoi pas ?Joseph et Emma n\u2019aspi- rent-ils pas à la réalisation d\u2019un miracle, voire de deux, le premier intime, le second collectif ?« J\u2019ai conçu le film en paroles et en images : il y a ce qui est dit mais non montré, et ce qui est montré mais non dit.J\u2019estime que la parole est aussi impor tante que l\u2019image.Les personnages se libèrent par la parole.C\u2019est peut-être ce qui fait que je suis un indépendantiste si convaincu : ma cer titude que la langue, la parole, est essentielle pour sa dimension l ibératrice.Même dans l\u2019intimité.De cheminer afin d\u2019être capable de nommer les choses, de s\u2019approprier une part du monde en la nommant, en la racontant, en en délimitant le territoire par des mots : pour moi, c\u2019est essentiel.Fondamental.» Une part de sacré Dans cet entrelacs audiovisuel recherché, Félix Dufour-Laperrière faufile à un moment des plans tirés d\u2019un autre film, qu\u2019il reproduit en une mise en abyme.Emma et Ulysse assistent en cette occasion à une projection d\u2019Andreï Rublev.On en est au dernier chapitre du chef-d\u2019œuvre d\u2019Andreï Tarkovski, celui où les habitants d\u2019un hameau ayant survécu à la peste espèrent un renouveau qui passerait par la fonte d\u2019une nouvelle cloche.Qui a vu le film se souviendra qu\u2019on est alors témoin d\u2019un acte de foi qui incitera Roublev à se remettre à peindre.On se doute bien que Félix Dufour- Laperrière a sélectionné ce passage à dessein.« C\u2019est pour moi un film fétiche.Les aspirations qui s\u2019y déploient relèvent du sacré, se rapportent au sens de l\u2019existence, au rôle de l\u2019art\u2026 Je pense que les aspirations autant amoureuses que politiques sont à mettre en parallèle avec ces aspirations sacrées.C\u2019est là un troisième registre, plus diffus.» Fait intéressant, ce film fétiche n\u2019est pas associé à Joseph, mais à Emma, qui confie à leur fils qu\u2019il s\u2019agit de son favori après le lui avoir fait découvrir.Là encore, on sent l\u2019auteur derrière Emma, qui, en un geste de transmission quasi sacré justement, renforce cette idée de l\u2019espérance, si prudente soit-elle, l\u2019emportant sur la morosité.Rare long métrage d\u2019animation québécois destiné aux cinéphiles adultes, Ville Neuve suscite à terme éblouissement et réflexion.De conclure Félix Dufour-Laperrière : « J\u2019ai hâte de voir comment les gens vont recevoir le film.Ça ne ressemble tellement à rien\u2026 » D\u2019où cette singularité, d\u2019où cette beauté.Ville Neuve prend l\u2019affiche le 12 avril. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | ENTREVUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR a collaboration entre Vincent Cassel et le cinéaste français Jean-François Richet ne date pas d\u2019hier.Le prolifique acteur de La haine, de Black Swan et de Juste la fin du monde avait déjà incarné les voleurs sous sa direction en 2008 dans le diptyque L\u2019instinct de mort-L\u2019ennemi public no 1 consacré aux exploits criminels de Jacques Mesrine en France et au Québec.Tous deux s\u2019étaient retrouvés en 2015 à travers la comédie de mœurs moins inspirée Un moment d\u2019égarement.Voici leur retour à l\u2019univers des malfaiteurs dans le champ de la production historique sous le règne de Napoléon 1er à travers L\u2019empereur de Paris.Le film remonte le parcours au début du XIXe siècle du légendaire François Vidocq, né en 1775 à Arras, voleur, faussaire et escroc, bagnard, as de l\u2019évasion, tombeur de filles, devenu à Paris chef de la brigade de sûreté.Il gagne nos écrans vendredi prochain avec forte distribution, dont Patrick Chesnais, Denis Ménochet, Fabrice Luchini, Olga Kur ylenko, Denis Lavant.Jean-François Richet s\u2019est basé sur les écrits de Vidocq, qui n\u2019était pas avare de mots, même avec l\u2019aide d\u2019écrivains fantômes.Quatre tomes de mémoire: «Ça donne une idée de la façon dont le mec se voyait.On en a extrait l\u2019essence en espérant que les gens allaient y croire.» Les aventures de ce héros protéiforme avaient été maintes fois portées à l\u2019écran, entre autres dans la série Les nouvelles aventures de Vidocq, où Claude Brasseur jouait le rôle-titre, et dans le moins réussi Vidocq de Pitof en 2001 avec Gérard Depar- dieu.Plusieurs bandes dessinées ont ressuscité ses hauts faits.Le film pour lequel Jean-François Richet s\u2019est inspiré, côté rythme et trépidantes aventures, des livres d\u2019Alexandre Dumas, embrasse les années de bagne et une spectaculaire évasion.Il suit ensuite à Paris la reconversion de Vidocq en marchand drapier, ses amours avec la belle Annette (Freya Mavor), sa dénonciation et ses conversions sous pourparlers avec le perfide ministre de la police Joseph Fouché (Luchini).Enflammer les esprits Vincent Cassel, qui prit quinze kilos pour avoir le physique de l\u2019emploi, trouve le destin de Vidocq captivant : « Les personnages avec des zones d\u2019ombre me fascinent, pleins d\u2019ambiguïtés, de paradoxes, de contradictions avec des moments de solitude absolue.Celui-ci est passé de l\u2019homme le plus recherché de France à chef de la police.Les plus grands auteurs, dont Balzac et Victor Hugo, ont évoqué son personnage à travers ceux de Vautrin et de Jean Val- jean.Il faisait rêver les gens par sa liberté.On ne s\u2019échappe pas autant de fois du bagne sans enflammer les esprits.Vidocq a eu le courage de ne pas accepter sa destinée.» L\u2019acteur, très demandé outre-fron- tière, aime, entre deux plateaux étrangers, se retrouver dans ses pénates à Paris pour des films pur Hexagone.Il rappelle que Vidocq n\u2019a jamais été au bagne pour meur tre.Le cinéaste et son interprète refusent d\u2019ailleurs le qualificatif de balance pour cet ancien bandit devenu indicateur de police qui fonda ensuite la première agence de détectives privés.Quand Cassel joue Vidocq Pour le raconter, Jean-François Richet s\u2019est inspiré, côté rythme et trépidantes aventures, des livres de Dumas L L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 GRAND PARTENAIRE tnm.qc.ca JULES ROMAINS DANIEL BRIÈRE SYLVIE DRAPEAU ANGELA KONRAD ANTON TCHEKHOV RENÉ RICHARD CYR FANNY BRITT ET ALEXIA BÜRGER LORRAINE PINTAL RÉJEAN DUCHARME LORRAINE PINTAL MICHEL TREMBLAY ET ANDRÉ GAGNON NORMAND CHOUINARD Le film de Jean-François Richet embrasse les années de bagne et une spectaculaire évasion.AZ FILMS « L\u2019empereur de Paris por te sur l\u2019aventure, la manipulation et le pouvoir, précise Vincent Cassel.C\u2019est un film français épique et ambitieux.On peut encore faire ça en France.Pas juste des comédies.» Le cinéma français avait célébré d\u2019autres brigands célèbres tels le Cartouche de Philippe de Broca en 1962.« Mais ça correspondait à une époque plus légère, évoque le cinéaste.J\u2019aime le principe du retour aux sources, alors que le personnage se bat pour sa vie.» Aux yeux de Vincent Cassel, les techniques modernes permettent de pousser le réalisme.«Il est désormais possible de montrer Paris comme il était à l\u2019époque.Avant, on ne possédait pas les outils pour y parvenir.» Jean-François Richet, qui aurait pu planter son plateau à Prague à meilleur coût, a fait le choix du tournage dans une base aérienne en Île-de-France pour des raisons patriotiques, histoire de faire travailler des artisans du pays.Il raconte avoir reconstruit en dur les rues de Paris de 1809, jusqu\u2019aux pavés du temps en se basant sur de vrais plans d\u2019époque.«Le canal de la Bièvre (rivière disparue dans la capitale française), les ouvriers, les tanneurs, tout a été recréé à l\u2019authentique.» Cet entretien a été effectué à Paris à l\u2019invitation des Rendez-Vous d\u2019UniFrance. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 14 | HÉRITAGE DISPARU.E.S LES HARDINGS LES ENFANTS FUN HOME ALBUM DE FAMILLE L\u2019ORIGINE DE MES ESPÈCES CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Lindsay Labine est une adolescente qu\u2019on pourrait sans exagérer qualifier de misanthrope.Comme le lui reproche sa meilleure \u2014 et seule \u2014 amie, Justine, lors d\u2019une querelle passagère : « Ben c\u2019est ça : t\u2019haïs l\u2019école, t\u2019haïs la ville, t\u2019haïs l\u2019monde\u2026 T\u2019haïs toute !» Justine n\u2019a en l\u2019occurrence ni tout à fait tor t ni tout à fait raison.Lindsay, elle est compliquée.D\u2019autant plus qu\u2019elle parle peu.Elle n\u2019en est pas moins attachante, étrangement.Le regard attentif et empreint de compréhension que posent sur elle les cinéastes Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard y est pour quelque chose, c\u2019est certain.Mad Dog Labine, leur premier long métrage, est à l\u2019image de Lindsay : un peu rough, mais irrésistible néanmoins.Conçu et tourné dans le Pontiac, Mad Dog Labine, lauréat du Grand Prix Focus Québec/Canada au Festival du nouveau cinéma, fusionne les codes de la fiction et du documentaire.Le volet fictif s\u2019intéresse à Lindsay et à Justine dans le contexte particulier du temps de la chasse.En ce coin de pays semi-rural, la ville se vide alors d\u2019une bonne partie de ses habitants.Le père de Lindsay est au nombre de ceux qui « rentrent dans l\u2019bois», laissant sa fille fin seule.Justine, elle, est la progéniture d\u2019un couple ouvertement grano \u2014 pour l\u2019anecdote, son vrai prénom est Rough et irrésistible Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard offrent un vibrant portrait de la jeunesse dans Mad Dog Labine C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Le grand classique d\u2019Ingmar Bergman revisité par James Hyndman ! « Dans le domaine du sentiment, nous sommes tous des analphabètes ».\u2014 INGMAR BERGMAN Surveillez l\u2019ouverture de la saison 19-20 le 6 mai ! TEXTE Ingmar Bergman ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE James Hyndman TRADUCTION Carl Gustaf Bjurström et Lucie Guillevic AVEC Evelyne de la Chenelière et James Hyndman 26$ EN PRÉVENTE JUSQU\u2019AU SOIR DE LA PREMIÈRE Justice.Les deux copines se désennuient comme elles le peuvent, volant entre autres des cannettes vides pour en empocher la consigne.À leurs yeux mi-enfants mi-adultes, la légalité est notion fluctuante.Justement, un billet de loto acheté clandestinement les mettra devant des perspectives inédites.C\u2019est, en l\u2019occurrence, le développement clé d\u2019une trame parfois plus intéressante pour ses observations que pour ses complications.Coloré et crédible Le volet documentaire, pour sa part, se traduit par l\u2019insertion de témoignages in situ d\u2019élèves de l\u2019école Sieur-de-Coulonge, et par les interventions d\u2019un adolescent prénommé Pascal.Installé dans sa chaloupe au milieu d\u2019un petit lac, il devise sur le Pontiac, ses particularités, ses gens.Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard reviennent à lui de manière ponctuelle, la truculence de ses propos n\u2019ayant d\u2019égal que l\u2019étonnante justesse de ceux-ci (une réelle trouvaille, que ce garçon).Il importe d\u2019ailleurs de préciser que l\u2019un des aspects les plus distinctifs du film est sa mise en valeur de la parlure du cru : un mélange de français et d\u2019anglais évoquant le chiac sans en être tout à fait.Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard célébrèrent cette langue autant que la spécificité du Pontiac.Il résulte de l\u2019exercice le portrait vibrant non seulement d\u2019une région méconnue, mais de la jeunesse qui y réside.Loin de sombrer dans le pitto- Il résulte de Mad Dog Labine le portrait vibrant non seulement d\u2019une région méconnue, mais de la jeunesse qui y réside.Loin de sombrer dans le pittoresque, ce film s\u2019avère vivifiant, coloré, sensible et authentique.MAISON 4:3 resque, Mad Dog Labine s\u2019avère vivifiant, coloré, sensible, authentique\u2026 Car on a beau savoir que Lindsay et Justine sont, elles, des créations, on croit d\u2019emblée à leur réalité.Là encore, il y a l\u2019approche privilégiée par les cinéastes, mais il y a aussi l\u2019absolue justesse des deux actrices non professionnelles.Pur plaisir En effet, dans les rôles de Lindsay et de Justine, respectivement, Ève-Ma- rie Martin et Zoé Audet donnent l\u2019impression d\u2019exister plus que de jouer.La première a la tâche difficile de camper un personnage qui af fiche des facettes contrastées selon qu\u2019elle est avec des gens ou qu\u2019elle est seule.Ainsi, la Lindsay qui, à l\u2019école par exemple, ronge son frein puis explose, est-elle différente de celle qui, dans l\u2019intimité de sa chambre, réfléchit calmement, sereine.Ève-Marie Martin rend tout cela plausible et vrai, aidée qu\u2019elle est, à la base, par une partition écrite avec finesse.Chargée d\u2019interpréter la plus extravertie Justine, Zoé Audet fait merveille également, tout bagout dehors.Si Lindsay est du genre entêtée, ce n\u2019en est pas moins Justine qui mène le bal dans leur indéfectible amitié.Lindsay est une force tranquille que Justine, une boule d\u2019énergie, alimente, voire propulse.Ces deux jeunes filles sont en parfaite complémentarité.Les accompagner dans leurs péripéties ordinaires et pourtant pas banales est pur plaisir.Ne boudez surtout pas le vôtre, car pour reprendre la formule de Pascal, «vous risqueriez d\u2019en avoir chagrin».Mad Dog Labine ?1/2 Drame de Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard.Avec Ève-Marie Martin, Zoé Audet, Pascal Beaulieu, Charlotte Aubin, Emmanuel Bilodeau, Sébastien Ricard, Sarianne Cormier, Sarah-Jeanne Labrosse.Québec, 2018, 85 minutes.Il importe de préciser que l\u2019un des aspects les plus distinctifs du film est sa mise en valeur de la parlure du cru : un mélange de français et d\u2019anglais évoquant le chiac sans en être tout à fait.Jonathan Beaulieu- Cyr et Renaud Lessard célébrèrent cette langue autant que la spécificité du Pontiac. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de JEAN-FRANÇOIS RIVEST présente MARIE-NICOLE LEMIEUX ET LA TROISIÈME DE MAHLER Concert 25e anniversaire de l\u2019OUM Samedi 13 avril \u2013 Salle Claude-Champagne 20 $, gratuit (étudiants) musiqueumontreal.tuxedobillet.com CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR L\u2019histoire au cœur du film Grâce à Dieu est terrible.À travers le récit véridique des victimes d\u2019un prêtre pédophile, on est mis devant ce que l\u2019humanité a de plus hideux, mais on est aussi témoin de ce qu\u2019elle a de plus noble.À savoir la force de résilience de ces enfants devenus grands.D\u2019une retenue exemplaire, Grâce à Dieu fait œuvre utile, œuvre émouvante et, oui, œuvre de cinéma.Car tant à l\u2019écriture qu\u2019à la mise en scène, c\u2019est François Ozon qui veille au grain.Cela, avec une empathie qu\u2019on ne lui connaissait pas.Non qu\u2019on doutait de la sensibilité du cinéaste, mais les cinéphiles rompus à sa filmographie savent combien les titres qui la composent sont souvent empreints d\u2019ironie, d\u2019humour noir et, oui, d\u2019une certaine froideur.Des univers volontiers oniriques ou kitsch exacerbent celle-ci.D\u2019ailleurs, cette dernière caractéristique étant depuis longtemps associée au « style Ozon », son absence ici pourra initialement engendrer un malentendu selon lequel Grâce à Dieu, film austère, serait moins recherché sur le plan cinématographique.Il n\u2019en est rien.L\u2019intrigue revient ainsi sur ce qui est appelé en France « l\u2019affaire Barba- rin », un énième scandale de pédophilie ayant éclaboussé l\u2019Église catholique.On y suit les parcours distincts, puis unis, de trois hommes : Alexandre (Melvil Poupaud), François (Denis Ménochet) et Emmanuel (Swann Arlaud).Lorsqu\u2019ils étaient enfants de chœur ou scouts, chacun à son époque, Alexandre, François et Emmanuel furent agressés à répétition par le père Bernard Preynat (Bernard Ver- ley), figure charismatique du diocèse de Lyon.En trois tons On épouse d\u2019abord la perspective d\u2019Alexandre.Demeuré très croyant, Alexandre, heureux en mariage auprès de Marie (Aurélia Petit), avec qui il a eu cinq enfants, est troublé en apprenant toutes ces années après les événements que le père Preynat est toujours en contact avec des enfants.S\u2019entame alors une im- por tante correspondance avec le cardinal Barbarin (François Mar- thouret) et avec une bénévole de l\u2019archevêché, Régine Maire (Martine Erhel).Ici, non seulement le cinéaste ne cherche pas à atténuer cette dimension épistolaire, mais il l\u2019embrasse pleinement, avec force voix hors champs.Dans ce qui est la première de trois parties, Ozon s\u2019attarde en outre à la notion de rituel : ceux, familiaux et chaleureux, qui ont cours dans le quotidien d\u2019Alexandre, et ceux, liturgiques et empesés, qui se déploient lors de messes ou de rencontres officielles.Une certaine solennité, conforme à la nature du personnage, prévaut : plans longs, mesurés, et cette lumière qui vient d\u2019en haut, discrètement\u2026 À l\u2019inverse, l\u2019arrivée de François, sur qui se concentre la seconde partie, s\u2019accompagne d\u2019un rythme plus rapide, synchrone avec l\u2019enquête en cours, mais surtout avec le tempérament impulsif du personnage qui, avec l\u2019aide d\u2019une autre victime (Éric Caravaca), fonde un site : La parole libérée.Leur but ?Donner une tribune à d\u2019autres hommes ayant subi des sévices aux mains de Preynat en leur faisant savoir qu\u2019ils ne sont pas seuls.Le montage exper t de Laure Gardette, collaboratrice assidue du réalisateur, multiplie les coupes de manière progressive afin de ne pas trancher trop violemment avec ce qui a précédé.Avec Emmanuel enfin, on touche davantage au drame social pur.Aux prises avec différents démons, incapable de conserver un boulot et empêtré dans une relation toxique, Emmanuel peut compter vaille que vaille sur sa mère Irène (Josiane Balasko).Sur le plan dramatique, Emmanuel constitue un peu la somme des deux autres personnages, Alexandre représentant la réflexion et François, l\u2019action.Une mécanique du silence À tour de rôle, on revient en arrière avec eux, brièvement, le temps de comprendre les circonstances des crimes du père Preynat.Rien n\u2019est montré.Avec un tact infini, Ozon évoque ce qui s\u2019est passé juste avant, puis laisse le spectateur imaginer ce qui s\u2019est produit juste après.Au gré des développements, le scénario révèle les nombreux mécanismes permettant au silence de prévaloir : la hiérarchie de l\u2019Église qui protège ses prêtres pédophiles, l\u2019implication économique du clergé dans les communautés, des parents croyants dans le déni ou mal outillés pour accompagner leur enfant\u2026 Jamais lourde, la démonstration est éclairante.Quant aux interprètes, ils sont remarquables de justesse, de vérité.En cela, distribution et cinéaste s\u2019avèrent par faitement en phase.Lui qui sait pour tant y mettre l \u2019ef fet quand il le désire, François Ozon maintient tout du long une approche respectueuse et sobre.Grâce à Dieu n\u2019en est que plus bouleversant.Grâce à Dieu ?Drame de François Ozon.Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Aurélia Petit, Martine Erhel, Josiane Balasko, Bernard Verley, François Marthouret.France-Belgique, 2019, 137 minutes.La fin du silence François Ozon change de registre et met son talent au service de l\u2019histoire des victimes d\u2019un prêtre pédophile Alexandre (Melvil Poupaud) est troublé en apprenant des années après les événements que le père Preynat est toujours en contact avec des enfants.MK2 MILE END | 17 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Du 8 au 13 avril 2019 LA PLACE DES FEMMES EN THÉÂTRE : CHANTIER FÉMINISTE « Comment être des allié·es?» MARDI AU JEUDI Dîners-causeries (de 12 h à 14 h) Tables rondes (de 19 h à 21 h) Ouvert·es au public \u2022 Quel traitement accorde-t-on aux femmes dans les médias?\u2022 Pourquoi le masculin l\u2019emporte-t-il sur le féminin dans la langue française?\u2022 Quelle mémoire l\u2019Histoire garde-t-elle des réalisations de femmes?\u2022 L\u2019égalité entre les sexes est un pilier de notre démocratie : mythe ou réalité?VENDREDI ET SAMEDI Ateliers (9 h à 16 h 30) Réservés aux professionnel·les du spectacle TOUTES LES ACTIVITÉS SONT GRATUITES .RÉSERVATIONS : ESPACEGO.COM OU 514 845-4890 THÉÂTRE ESPACE GO 4890, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL © O d e t k a T u d u r i CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Quelques rues, quelques voitures, quelques cuisines : dans Un amour impossible, il n\u2019en faut pas plus à Catherine Corsini pour non seulement nous plonger dans la France des trente glorieuses, mais aussi pour illustrer le passage des décennies sur ces personnages écorchés, ou vaniteux.Il pourrait s\u2019agir autant d\u2019un triangle amoureux que d\u2019un trio infernal, se construisant et se détruisant de la fin des années 1950 à aujourd\u2019hui, avec au centre une femme dont le destin ressemble beaucoup à celui de la mère de la romancière Christine Angot, l\u2019héroïne de ce roman que Corsini a choisi d\u2019adapter, une première pour la réalisatrice de La répétition et de La belle saison.Dans cette mise à nu d\u2019une passion dévorante, à sens unique, et d\u2019une adolescence brisée par cette liaison particulière, personne n\u2019en sort complètement indemne ; tout cela demeure en phase avec la vision du monde souvent pessimiste de la cinéaste.Une figure lumineuse traverse pourtant cette histoire de trahisons et de luttes des classes, celle de Rachel (Virginie Efira), issue d\u2019une famille modeste mais qui pourra compter sur la prospérité économique de l\u2019après-guerre, en emploi comme pour le logement (l\u2019époque triomphante des HLM pas encore en décrépitude).Dans sa petite ville de province, elle croise Philippe (Niels Schneider, parfait en dandy détestable), un Parisien de bonne famille, fin causeur, ne cachant pas son besoin d\u2019 indépendance quant aux femmes (sauf si elles sont riches) et son ennui loin de la capitale.Qu\u2019à cela ne tienne : Rachel boit ses paroles, succombe à ses charmes et tombe enceinte d\u2019un enfant qu\u2019il ne tient ni à élever ni à reconnaître.Cette «enfant de l\u2019amour», Chantal, fera corps avec sa mère, la suivant Madame et son fantôme À travers le temps, une mère et sa fille s\u2019accrochent tant bien que mal à un homme fuyant d\u2019une ville à l\u2019autre, d\u2019un HLM à l\u2019autre, Philippe n\u2019étant guère plus qu\u2019un fantôme apparaissant à l\u2019occasion, ne faisant pas de cachettes sur sa vie parallèle d\u2019époux et de père de famille.Devenue adolescente, Chantal (Estelle Lescure) devient plus intéressante aux yeux de cet homme qui se plaît à jouer au Pygmalion, allant jusqu\u2019à lui donner son nom sous l\u2019insistance de Rachel.Mais il lui offrira aussi un cadeau empoisonné, forçant mère et fille à de douloureuses prises de conscience, jusqu\u2019à un possible point de rupture.Une voix de femme un peu autoritaire accompagne cette longue tranche de vie, celle de Chantal devenue adulte (Jehnny Beth) retraçant le fil à la fois trivial et tragique des événements, montrant le quotidien d\u2019une mère célibataire ni victime ni défaitiste.Sans la dépeindre comme une battante, Catherine Corsini fait de Rachel un être complexe, parfois timoré (dans ses capacités intellectuelles), par fois féroce (lorsqu\u2019il s\u2019agit de défendre sa fille), souvent capable d\u2019illuminer la banalité du quotidien.Ce superbe tableau d\u2019époque, sans fioritures ni nostalgie dégouli- nante (mis à par t quelques chansons accrocheuses), repose sur les épaules de Virginie Efira, constamment dans l\u2019œil de la caméra, af fichant par touches délicates le temps qui passe et le poids des années.Sa performance s\u2019avère le plus souvent en demi-teintes, donnant ainsi à ses rares accès de colère la puissance nécessaire pour marquer les esprits et donner la mesure du drame qui se faufilait derrière les petites victoires de cette femme par fois en avance sur son temps, par fois broyée par la mentalité étouf fante de son époque.Un amour impossible ?1/2 Drame de Catherine Corsini.Avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth.France, 2018, 135 minutes.Ce superbe tableau d\u2019époque repose sur les épaules de Virginie Efira.AXIA FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 8 | série black.art.empowerment 08-27 AVRIL m o n t r é a l , a r t s i n t e r c u l t u r e l s $ELFIE$ marikiscrycrycry kapwani kiwanga communauté + danse + performance m-a-i.qc.ca AFROGALACTICA kapwani kiwanga © M a l i k N a s h a d S h a r p e © G a l e r i e T a n j a W a g n e r 17+18 AVRIL 19+20 AVRIL Les nouveautés sont en rose Nous sommes Gold ?Il y a dix ans, un éboulement causa la mort de près de 70 mineurs, ébranlant toute une ville et changeant à jamais les destins de Kevin, seul survivant, Marianne, devenue orpheline, et Kristoff, qui les a un peu perdus tous les deux ce jour-là: ensemble, ils formaient un groupe de musique.Alors que Marianne rentre d\u2019Europe pour les commémorations de la tragédie, on assiste à des retrouvailles douces- amères.Riche terreau que celui creusé par Éric Morin, qui explore ici plusieurs filons, des répercussions d\u2019une catastrophe industrielle sur une communauté inféodée à ladite industrie en passant par l\u2019enjeu de la mémoire collective.Sur une musique planante de Philippe B, Morin filme le territoire abitibien excavé puis comblé de la même manière qu\u2019il sonde ses héros meurtris : l\u2019œil attentif, voire amoureux.Dans les rôles d\u2019êtres pas morts, mais plus tout à fait vivants, Patrick Hivon, Monia Chokri et Emmanuel Schwartz sont fabuleux.François Lévesque Amanda ?Cette tragédie parisienne post-atten- tat sur la résilience est une œuvre de sensibilité et d\u2019humanité.Mikhaël Hers (Ce sentiment de l\u2019été), poète du deuil, offre ici à Vincent Lacoste (Les beaux gosses) un grand rôle de fragilité, celui d\u2019un jeune homme charmant et immature que la mort tragique de sa sœur force à élever sa nièce de sept ans.La petite Isaure Multrier éblouit par sa maturité et son naturel.Souci du détail, amour inquiet pour Paris filmé avec tendresse, Amanda, finement mis en scène, porte une émotion et une vérité.Odile Tremblay Gloria Bell (V.O., s.-t.f.) ?Gloria aime danser.La cinquantaine épanouie, elle fréquente un bar pour célibataires où elle foule volontiers la piste en solitaire.Julianne Moore est admirable de nuances en héroïne qui Une femme en guerre (V.F.de Woman at War) ?De quoi sont faits les militants purs et durs?D\u2019une âme et d\u2019un cœur, comme vous et moi.Le cinéaste islandais Be- nedikt Erlingsonn (Of Horses and Men) l\u2019illustre avec panache, humour et ingéniosité à travers la figure d\u2019une femme en apparence irréprochable.Or, il ne faut pas se fier à son aisance à pratiquer le taï-chi ou à diriger une chorale: avec arc et flèches, elle démantèle les pylônes électriques de son pays, question de protester contre la mainmise des multinationales.Halla, interprétée avec dévotion par l\u2019étonnante Halldóra Geirharðsdóttir, séduit par sa candeur, mais aussi par l\u2019immensité de ses exploits.Une fable sociale efficace d\u2019un bout à l\u2019autre, pleine de fantaisies esthétiques et musicales, le tout avec des personnages bigarrés comme dans les meilleurs films d\u2019Aki Kaurismäki.André Lavoie trompe son ennui dans une quête amoureuse hésitante.Pour autant, on n\u2019est jamais en présence du cliché de la femme mûre qui renaît grâce à l\u2019amour d\u2019un homme.C\u2019est plutôt l\u2019inverse qui survient dans ce très beau remake par Sebastian Lelio de son propre succès chilien.Défilent ainsi une suite de vignettes finement observées, tant à l\u2019écriture qu\u2019à la mise en scène.Focalisée sur Gloria, la réalisation se fait intimiste et feutrée, en phase avec les désirs et aspirations réprimés de la protagoniste.Concertée, la facture, tour à tour chaleureuse et chatoyante, s\u2019avère, elle aussi, à l\u2019image d\u2019une femme qui saura bien libérer ce trop-plein d\u2019incandescence.Car au fond, Gloria n\u2019a pas plus besoin de quelqu\u2019un pour briller que pour danser.François Lévesque Grâce à Dieu ?Avec une retenue exemplaire, François Ozon revient sur l\u2019affaire Barba- rin.On suit les parcours d\u2019Alexandre, de François et d\u2019Emmanuel qui, lorsqu\u2019ils étaient enfants, furent agressés par le père Bernard Preynat, figure charismatique du diocèse de Lyon.Épousant les points de vue des trois hommes lors d\u2019autant de chapitres, le cinéaste fait subtilement coller sa réalisation aux tempéraments de chacun.À tour de rôle, on revient en arrière avec eux, brièvement.Avec un tact infini, Ozon évoque ce qui s\u2019est passé juste avant, puis laisse le spectateur imaginer ce qui s\u2019est produit juste après.Au gré des développements, son scénario révèle les nombreux mécanismes permettant au silence de prévaloir.La démonstration est éclairante.Quant aux interprètes, ils sont remarquables de vérité.Lui qui sait pourtant y mettre l\u2019effet, François Ozon maintient tout du long une approche respectueuse et sobre.Grâce à Dieu n\u2019en est que plus bouleversant.François Lévesque Mad Dog Labine ?1/2 Dans une petite ville du Pontiac, deux adolescentes, la peu loquace et colérique Lindsay et la plus extravertie et joviale Justine, se désennuient comme elles le peuvent.Acheté illégalement, un billet de loto les mettra devant des perspectives inédites.C\u2019est là la prémisse du volet fictif du premier film de Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard, qui enrichissent leur proposition d\u2019un volet documentaire.Lequel se traduit par des témoignages in situ d\u2019élèves de l\u2019école secondaire de l\u2019endroit, et surtout d\u2019un adolescent prénommé Pascal qui, depuis sa chaloupe au milieu d\u2019un petit lac, devise avec truculence mais justesse sur le lieu et ses habitants.Il résulte de l\u2019exercice le portrait vibrant non seulement d\u2019une région méconnue, mais de la jeunesse qui y réside.Coloré, sensible, authentique, l\u2019ensemble est à l\u2019image du personnage de Lindsay: un peu rough, mais irrésistible.François Lévesque Un amour impossible ?1/2 Catherine Corsini possède une belle feuille de route (La nouvelle Ève, La répétition, La belle saison), mais avec Un amour impossible, c\u2019est la première fois qu\u2019elle s\u2019attaque à l\u2019adaptation d\u2019un roman, celui de Christine Angot, fortement autobiographique.Elle devrait répéter l\u2019exercice tant le résultat est ici concluant, offrant une imposante tranche de vie dans une succession de tableaux minimalistes.Au centre de ce portrait de famille, une jeune femme séduite par un beau parleur (Niels Schneider) gardera l\u2019enfant qu\u2019il ne veut pas reconnaître.Au fil des décennies, sa vie sera souvent en phase avec l\u2019évolution de la société française, mais aussi marquée par ses batailles pour sa fille devant un père présent quand ça lui chante, et un homme qu\u2019elle aime toujours Grâce à Dieu, drame de François Ozon MK 2/MILE END | 19 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 TNM.QC.CA Billets à partir de 35 $ à l\u2019affiche ! Avec Marc Béland Sylvie Drapeau Francis Ducharme Maxim Gaudette Marie-France Lambert Éric Robidoux Evelyne Rompré Assistance à la mise en scène Alexandra Sutto Production TNM en collaboration avec Les Songes turbulents, compagnie de création Florent Siaud fait briller la tragédie de mille feux [\u2026] \u2014 Christian Saint-Pierre, Le Devoir À VOIR ! BELLE DISTRIBUTION QUI MAÎTRISE L\u2019ALEXANDRIN AVEC FLUIDITÉ ET NATUREL.BRAVO À FLORENT SIAUD POUR SA DIRECTION D\u2019ACTEURS.\u2014 Francine Grimaldi, Samedi et rien d\u2019autre, ICI Radio-Canada Première [\u2026] mise en scène magistrale [\u2026] un jeu scénique hallucinant [\u2026] \u2014 Élie Castiel, Revue Séquences Francis Ducharme et Sylvie Drapeau font vibrer leur voix et leur corps à l\u2019unisson pour nous offrir des prestations magistrales [\u2026] \u2014 Éklectik Média Le projet Hummingbird (V.F.de The Hummingbird Project) ?1/2 Vincent a conçu un plan fou: creuser un tunnel entre le Kansas et New York et y faire passer un câble de fibre optique grâce auquel une millise- conde sera gagnée pour chaque transaction boursière.À la clé?Un profit d\u2019un demi-milliard par année.Hormis le défi logistique à surmonter, un nouveau code doit être inventé: le domaine d\u2019Anton, le cousin de Vincent.En dépit du facteur technologique prééminent, l\u2019intrigue du nouveau film de Kim Nguyen demeure limpide (voire ponctuée de complications un brin convenues).Ici, ce qui s\u2019amorce comme une course au magot s\u2019avère relever davantage de l\u2019odyssée existentielle.Entre visions futuristes et aspirations surannées, ce duo bellement dépareillé permet à Kim Nguyen de poursuivre son questionnement, après Regard sur Juliette (Eye on Juliet), sur la place des valeurs humanistes à une époque où tout s\u2019accélère et s\u2019automatise.Cela, à la faveur d\u2019une approche narrative et formelle inusitée: grande force de son cinéma.François Lévesque Capitaine Marvel (V.F.de Captain Marvel) ?1/2 Ex-pilote recueillie dans des circonstances mystérieuses par un peuple extraterrestre extrêmement avancé, Carol Danvers revient sur la Terre en 1995, dotée qui plus est de pouvoirs phénoménaux, afin d\u2019en apprendre davantage sur son passé.Après onze ans d\u2019activités, le vaste Univers cinématographique Marvel offre ici son premier film solo consacré à une su- perhéroïne.Rythmé, léger, bien ancré émotionnellement, c\u2019est l\u2019un des très bons crus.En filigrane: un commentaire féministe bienvenu et une critique peu subtile mais efficace des politiques antimigratoires de l\u2019Amérique actuelle.Dans le rôle-titre, Brie Larson est formidable.Idem pour Samuel L.Jackson, savoureux dans son rôle récurrent de Nick Fury.Coréa- lisé par Anna Boden et Ryan Fleck, Capitaine Marvel n\u2019est pas «signé», mais il est en continuité visuelle avec ses prédécesseurs.Les fans y trouveront leur compte.Ah, un détail : le film donne à voir l\u2019un des chats les plus craquants de ce côté-ci de la galaxie.François Lévesque Tenir tête ?1/2 Comme Icare, Louis, Frédérique et Mathieu ont connu une envolée stratosphérique avant de chuter brutalement dans les ténèbres.Tenir tête croise leur expérience intime du trouble affectif bipolaire qui les unit, dans une formule hybride généralement habile tenant tout à la fois du récit documentaire et de la franche confession dans un amalgame d\u2019une générosité inouïe.À la barre de cette mise à nu, à la fois juge The Aftermath ?1/2 Après Testament of Youth, une première incursion au cinéma pour le réalisateur anglais James Kent, les attentes étaient grandes, mais il nous faudra encore attendre pour les combler.Cette adaptation d\u2019un roman à saveur biographique de Rhidian Brook ne manque pas d\u2019élégance, bien au contraire, mais statufie les personnages et relègue à l\u2019anecdote les misères du peuple allemand au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.Dans ce Hambourg dévasté, l\u2019épouse d\u2019un colonel anglais est rebutée à l\u2019idée de loger dans la somptueuse demeure d\u2019un architecte allemand: ils sont tous les deux endeuillés, et ne mettront pas de temps à se consoler.Tout est ici parfaitement calibré, d\u2019un classicisme irréprochable, mais sous les ruines fumantes, les élans du cœur apparaissent purement décoratifs.À ce chapitre, Keira Knigh- tley et Alexander Skarsgard sont exemplaires, et la chose semble presque regrettable.André Lavoie Nous (V.F.de Us) ?1/2 En vacances près de la mer, les membres d\u2019une famille sont assaillis par des doubles malveillants.Après Get Out, fable brillante sur la nature insidieuse du suprémacisme blanc, Jordan Peele élargit son spectre, proposant une parabole d\u2019une Amérique tellement angoissée à l\u2019idée d\u2019être envahie qu\u2019elle en est devenue monstrueuse de l\u2019intérieur.À ce sous-texte on l\u2019aura compris migratoire s\u2019ajoute une kyrielle de thèmes (lutte des classes, partage de la richesse, etc.).Or, si le commentaire social est plus touffu dans ce second film, il s\u2019avère moins ramassé.La structure classique offre deux premiers actes souvent terrifiants: la réalisation atteste un sens visuel remarquable, et Lupita Nyong\u2019o, Shahadi Wright Joseph et Elisabeth Moss sont saisissantes dans leurs doubles rôles.Hélas, au troisième acte survient «l\u2019explication».Laquelle se révèle laborieuse et pleine de trous.En horreur, il est parfois plus effrayant de ne pas savoir.François Lévesque sède l\u2019essence de l\u2019original, mais n\u2019en raconte guère plus, bien qu\u2019il en fasse près de deux fois la durée.Soutenu par une époustouflante direction artistique, des effets spéciaux soignés et la flamboyance de ses acteurs fétiches, Tim Burton signe de jolis numéros de cirque inspirés et d\u2019irrésistibles clins d\u2019œil à la version de 1941.Hélas ! Le scénariste joue les moralisateurs, ce qui a pour effet de plomber cette fantaisie burtonienne qui manque cruellement de magie.Manon Dumais et partie, Mathieu Arsenault épate de retenue à la caméra comme au scénario.Le nécessaire dosage entre ombres et lumières que commande la maladie colle à la structure de Tenir tête, qui assume candidement sa part d\u2019espoir.L\u2019imbrication avec les témoignages des proches cahote bien un peu, mais le dénuement des mots-scal- pels dont use le trio pour raconter la psychose tranche le réel dans le vif, l\u2019exposant comme rarement à l\u2019écran.Louise-Maude Rioux Soucy malgré ses lâchetés.Un récit à la fois lumineux et tragique, largement dominé par la présence de Virginie Efira en étonnante mère courage.André Lavoie Dumbo ?Campée en 1919, cette mouture aux forts accents mélos en prises de vues réelles du classique de Disney pos- Sauver ou périr ?1/2 Grièvement brûlé dans un incendie, un sapeur-pompier, père depuis peu, s\u2019attelle à un lent processus de réadaptation, mais peine à apprivoiser sa nouvelle réalité, mettant en péril son mariage.Frédéric Tellier offre ici un parcours du combattant entre émotions et conventions.Car malgré la charge émotionnelle que charrie le sujet, rien ne surprend dans ce récit bien intentionné dont on ne doute jamais du dénouement.Pierre Niney offre une performance très habitée, très physique, sans toutefois toujours parvenir à faire oublier qu\u2019il s\u2019agit de cela, d\u2019une performance.À sa décharge, ses efforts sont contrecarrés par des dialogues un brin ampoulés et une approche formelle post-tragédie esthétisante au point d\u2019en constituer une distraction.Anaïs Dumoustier réussit quant à elle a insuffler de la substance au rôle sous-écrit de «l\u2019épouse».Au moins le film a-t-il l\u2019honnêteté de s\u2019assumer comme mélo calibré pour faire pleurer.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR \u2019est sous la direction de son chef Jean-François Rivest que l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal fêtera ses 25 ans à la salle Claude-Champagne, le samedi 13 avril, dans la 3e Symphonie de Mahler avec la participation de Ma- rie-Nicole Lemieux.Un rendez-vous majeur pour une aventure lancée presque par hasard.« On va grimper une grosse montagne, ils vont en baver et s\u2019en souvenir toute leur vie.Dans vingt ans, ils diront : \u201cTu te rappelles quand on a grimpé telle affaire ?\u201d » Jean-François Rivest utilise l\u2019analogie du professeur d\u2019escalade pour commenter le défi qu\u2019il propose à ses étudiants samedi prochain à la salle Claude-Champagne.« Tous ces jeunes ont fait de l\u2019escalade.Si je leur disais : \u201cOn va grimper notre mont Royal\u201d, ils me riraient au nez.C\u2019est sûr que je n\u2019irais pas les emmener faire le K2.Mais escalader un grand sommet, se frotter à des œuvres parfois assez géantes, c\u2019est donner à chacun un sentiment d\u2019accomplissement incomparable.» Le dépassement Les habitués de la salle Claude- Champagne, qui vont entendre des concerts de l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal dirigés par Jean- François Rivest, savent que le chef n\u2019hésite pas à pousser les jeunes musiciens dans leurs derniers retranchements.Les compromis ne sont pas trop sa tasse de thé.Jean-François Rivest concède que c\u2019est bien obser vé, mais souligne qu\u2019il «y a des limites».«En pratique, il y a des œuvres que je ne ferais pas, comme la Symphonie alpestre de Strauss, car de jeunes cuivres ne peuvent pas soutenir cela.Une fois ou deux, j\u2019ai dépassé cette ligne.Lorsque j\u2019ai fait le Ring sans paroles, cette adaptation orchestrale en une heure des meilleurs moments du Ring de Wagner, les professeurs de cordes avaient trouvé que j\u2019avais poussé le bouchon un peu loin, car les étudiants avaient tous mal au bras.Mais en général, comme avec Così fan tutte, les symphonies de Chostakovitch ou Mahler, je sais qu\u2019avec notre idéalisme et la foi que j\u2019ai en eux, nous finissons par arriver à des résultats surprenants.» Plus que d\u2019expérience pédagogique, Jean-François Rivest parle d\u2019une « expérience permettant de grandir dans la musique ».« À ces âges-là, chacun peut se définir comme une personne qui n\u2019a pas froid aux yeux et qui va embarquer dans une grande aventure.Je dirige des orchestres professionnels et des orchestres d\u2019étudiants.Ces derniers ont évidemment des choses en moins, mais aussi des choses en plus, notamment l\u2019enthousiasme et la générosité.Alors je leur dis: \u201cNe perdez pas cette passion- là !\u201d Je me sens comme le grand allumeur : je veux leur prouver que cette passion, on peut la garder toute sa vie, jour et nuit.» Les défis précis de la 3e Symphonie de Mahler seront l\u2019endurance (la symphonie dure 90 minutes) et l\u2019attention.« La musique la plus soutenue et la plus fatigante est à la fin, sans compter le choral des cuivres pianissimo, à la fin aussi.Mais au- delà du grand bruit que font certains mouvements, la musique la plus difficile est la plus subtile, la plus vien- noise, comme dans le 2e mouvement.Il s\u2019agit aussi de coller tous les bouts pour faire une grande arche.» Jean-François Rivest, qui, pour l\u2019occasion et afin de tout repenser, s\u2019est acheté une nouvelle partition qu\u2019il a «annotée pendant des semaines», est « fier de la concentration» des jeunes musiciens, de la « génération Facebook et téléphone por table ».Car l\u2019attention doit être permanente : « Il faut aussi leur apprendre à écouter attentivement », dit celui qui déclare avoir « confiance que cela va avoir bien de l\u2019allure ».Une présence émouvante Dans les rangs de l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal (OUM), samedi prochain, seul un pupitre ne sera pas mené par des étudiants.Les timbales seront tenues de mains de maîtres par Julien Grégoire, professeur du département, et Robert Le- roux, une figure emblématique de la discipline, ancien doyen de la faculté, qui engagea Jean-François Rivest.« Ce sera la seule exception, car, ailleurs, toutes les par ties prédominantes seront jouées par des élèves.Mais c\u2019est un clin d\u2019œil formidable », se réjouit Jean-François Rivest.Le clin d\u2019œil fait référence à la création de l\u2019OUM.« Le piano était très fort à la faculté à l\u2019époque.Il n\u2019y avait pas grand-chose en cordes.Robert Leroux était venu me chercher et j\u2019ai amené plusieurs élèves.Alors j\u2019ai dit : \u201cPuisque nous avons un département de cordes, cela prendrait un orchestre.\u201d Et Rober t m\u2019a répondu : \u201cFais-en un !\u201d Moi, je n\u2019étais pas chef d\u2019orchestre.Je dirigeais comme une corneille.Alors j\u2019ai pris mon courage à deux mains, j \u2019ai abordé le métier à la base.J\u2019ai eu la chance que l\u2019Orchestre de Laval veuille de moi tout de suite après.J\u2019ai pu diriger tout le répertoire avec eux et j\u2019ai tout appris par moi-même.» De ce simple échange de vues entre Robert Leroux et Jean-François Rivest a démarré une aventure qui a inculqué un métier «à près de mille étudiants».L\u2019orchestre de 110 musiciens qui jouera la 3e Symphonie de Gustav Mahler, samedi 13 avril, comprendra 70 étudiants, 30 anciens étudiants et une dizaine de professeurs.Les enfants du chœur intervenant dans le 5e mouvement sont issus de l\u2019École des jeunes de l\u2019Université.« Je l\u2019ai fondée il y a 25 ans en même temps que l\u2019orchestre.Elle est sous la responsabilité de ma femme, Edith Ped- neault, et de Sophie Lapierre, la directrice.On a commencé avec 15 enfants et nous sommes rendus à entre 300 et 400.Il y a plusieurs niveaux de chœurs d\u2019enfants qui vont nous fournir 40 choristes.» Le chœur de femmes sera notamment issu des rangs du chœur Métropolitain.Jean-François Rivest, grand allumeur L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal fête ses 25 ans au son de la 3e Symphonie de Mahler Le chef Jean-François Rivest utilise l\u2019analogie du professeur d\u2019escalade pour commenter le défi qu\u2019il propose à ses étudiants samedi prochain.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La problématique des orchestres universitaires est la stabilité des effectifs.De ce point de vue, « chaque année c\u2019est la surprise.C\u2019est la grande arche de l\u2019ensemble de la pédagogie dans notre pays et dans notre province qui a subi des changements majeurs.On ne peut ici faire le tour de cette situation désolante de ces orchestres ou harmonies dans les écoles secondaires qui disparaissent, mais le fait est que le recrutement québécois est pas mal plus difficile ».«Par contre, nous avons un recrutement international en hausse à la maîtrise et au doctorat.Ça, c\u2019est aussi un signe des temps.À mon époque, quand on était doué, on ne faisait pas un doctorat : on jouait ! Mais je ne veux pas être péjoratif à ce sujet \u2014 peut- être les musiciens veulent-ils aller plus loin dans leur démarche ou commencer plus tard.» Alors que les étudiants de baccalauréat sont obligés de jouer dans l\u2019orchestre, les niveaux supérieurs n\u2019y étaient pas contraints, jadis.Désormais, ils sont amenés à se joindre au groupe dans la dernière ligne droite.À l\u2019origine de ce changement, Jean-François Rivest s\u2019en réjouit : «Lorsqu\u2019on a des bourses, l\u2019obligation de nous aider et de faire partie de l\u2019aventure vient avec.L\u2019orchestre est un symbole.» Concert hautement symbolique, donc, dans une œuvre célébrant l\u2019explosion de la nature et de la vie.La 3e Symphonie de Mahler Avec Marie-Nicole Lemieux, chœur de voix de femmes, chœurs de l\u2019École des jeunes, l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal, Jean-François Rivest, à la salle Claude-Champagne, le samedi 13 avril à 19h30.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 En concert cette semaine Musica Camerata.Pour qui souhaite sortir des sentiers battus, Mu- sica Camerata arpente inlassablement depuis 49 ans les chemins de traverse de la musique.Nouvelle preuve samedi avec les quintettes pour piano de Dussek (1760-1812) et Onslow (1784-1854), juxtaposition d\u2019autant plus intéressante qu\u2019Onslow, le «Beethoven français» (fils d\u2019un aristocrate anglais installé en Auvergne) fut l\u2019élève du premier, un éminent pianiste de son temps.Samedi 6 avril, à 18h, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.Jordan de Souza.Retour attendu de ce chef surdoué formé à Montréal et en poste à la Komische Oper de Berlin.L\u2019Orchestre Métropolitain, que de Souza avait dirigé dans Don Giovanni à l\u2019Opéra l\u2019accueille dans un programme Schumann.Maximilian Hornung sera le soliste et le programme est enrichi par des pièces de Delius et de Sibelius.Vendredi 12 avril à 19h30 à la Maison symphonique de Montréal.Également le 11 à Pierrefond-Roxboro et le 13 à Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Joseph Marx ?Eine Herbstsym- phonie.Orchestre philharmonique de Graz.CPO 5552622.Comment se fait-il que cette symphonie de 67 minutes composée par Joseph Marx (1882-1964) et créée en 1922 par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Felix Weingartner soit oubliée?Elle vaut certainement les Symphonies no 2 (1913) ou no 4 (1934) de Franz Schmidt (1874-1939).Même type d\u2019harmonies, même temps distendu dans une problématique identique: où mener la symphonie postromantique après Mahler?Nous évoluons ici dans un univers harmonique qui rappelle la première partie des Gurrelieder de Schoenberg, avec, par rapport à Mahler, un côté plus filandreux de la forme.L\u2019univers qui évoque aussi Schrecker et Zemlinsky tranche donc avec Mahler et Bruckner.C\u2019est le parcours 2e Symphonie de Schmidt (par Bychkov chez Sony) \u2014 Herbstsympho- nie qu\u2019il faut accomplir.La partition, touffue, s\u2019apprivoise moins facilement que la Symphonie alpestre de Strauss, mais les mélomanes qui s\u2019intéressent à Mahler, aux Gurrelieder ou à Zem- linsky ne sauraient faire l\u2019impasse sur cette impressionnante résurrection.Christophe Huss JAZZ Come What May ?Joshua Redman Quartet, Nonesuch À la fiche des projets actifs du saxophoniste Redman, on trouvera une multitude de quartets : le Joshua Redman Quartet ; les palpitants groupes Still Dreaming et James Farm.Le format lui va, il en maîtrise tenants, aboutissants \u2014 et toutes les notes entre les deux.Come What May nous ramène donc Aaron Godberg (piano), Reuben Rogers (contrebasse) et Gregory Hutchinson (batterie) autour de Redman, figure centrale du jazz depuis 25 ans.Ce groupe tourne certes beaucoup, mais il s\u2019agit néanmoins de son premier disque depuis\u2026 2001.Nulle rouille ici : plutôt une cohésion totale, des échanges fluides, une dynamique vibrante.Tout tombe en place autour d\u2019un répertoire (sept compositions de Redman) qui fait une sorte de panorama du jazz contemporain : équilibre dans le ton, la cadence, les couleurs.Le lyrisme éloquent de Redman s\u2019exprime dans les ballades, mais c\u2019est encore dans le mordant des tempos relevés qu\u2019on l\u2019apprécie au mieux.Guillaume Bourgault-Côté DANCE PUNK The Seduction of Kansas ?Priests, Sister Polygon Records Un des attraits les plus grands de Nothing Feels Natural, le premier album complet des art punks de Washington D.C., paru dans la foulée de l\u2019ascension de Donald Trump à la présidence, était sa furieuse transcendance.Dans une démarche évidente d\u2019affranchissement d\u2019une étiquette (« les punks au discours politique»), le désormais trio présente The Seduction of Kansas, un cocktail un peu plus sucré, moins pétillant.Difficile pourtant de se défaire de ses plis : les mauvais farceurs diront que Priests prêche encore.Le propos fouillé demeure, avec moult références au politique (le titre est inspiré de l\u2019essai What\u2019s the Matter with Kansas?) et à la société de consommation états- unienne.Cette critique, certes pertinente, se fait sur une trame où les fantômes de Béla Lugosi et autres Jesus and Mary Chain (Not Perceived, Texas Instruments) se manifestent.Le groupe réfléchit trop : le désir de prouver qu\u2019on n\u2019est pas qu\u2019un groupe en colère contre la Maison- Blanche enlève toute la corporalité du rock qu\u2019il maîtrisait si bien.Sophie Chartier AVANT-GARDE/JAZZ The State Between Us ?1/2 The Matthew Herbert Big Band, Accidental Records Rompu aux albums concepts, le vétéran compositeur, producteur et DJ house britannique Matthew Herbert a offert le 29 mars, date prévue de la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne, son œuvre la plus ambitieuse: The State Between Us, disque monumental de près de deux heures imaginé, composé et enregistré au courant de la dernière année, servant de réflexion sur le Brexit et sur les maux, sociaux et politiques, qui plombent son pays.Pour l\u2019auditeur, ce sera une très grosse bouchée à avaler d\u2019un coup: entre musique d\u2019avant-garde et compositions pour grand orchestre jazz, Herbert traduit en musique l\u2019angoisse britannique, parsemée de gracieux passages pleins d\u2019espoir, comme You\u2019re Welcome Here (chantée par Rahel Debebe-Dessalegne).L\u2019argument électronique sur lequel il a bâti sa notoriété (l\u2019album Around the House, 1998) ne réapparaît qu\u2019à la toute fin de ce disque complexe, fascinant et militant, notamment sur The Tower, inspirée de l\u2019incendie de la tour de HLM Grenfell, qui a fait 72 victimes en 2017.Philippe Renaud CLASSIQUE Fauré, Poulenc, Debussy ?1/2 Ensemble Aedes, Les Siècles, Mathieu Romano.Aparté, AP 201.Aussi fou que cela paraisse, à part Cor- boz III (Mirare), il n\u2019y a pas vraiment de version de référence du «vrai» Requiem de Fauré: celui de 1893 sans violons.Mathieu Romano, qui dirige l\u2019orchestre de François-Xavier Roth et « le» chœur français en vogue, commence par porter la plus scrupuleuse attention à la prononciation gallicane du latin, en vigueur en 1893.Il témoigne ensuite d\u2019un vrai souci des proportions, avec un chœur aux dimensions idéales, aux couleurs de rêve.Troisième atout : les balances, avec un dosage parfait de l\u2019orgue et une présence réelle des cuivres.Et arrive la bourde : le violon solo du sanctus ! Il n\u2019y a pas une raison au monde pour jouer ça comme un supplice, de manière aigrelette sans vibrato.Cette torture auriculaire de 3min 21s sabote ce qui aurait été une version de référence pour la nuit des temps.En prime: un couplage parfait avec Figure humaine de Pou- lenc et les Trois chansons de Charles d\u2019Orléans de Debussy dont les versions princeps des première et troisième.Quelle frustration ! Christophe Huss ROCK Nous sommes Gold (musique originale) ?1/2 Philippe B, Bonsound Curieux objet que cette collection de sept chansons originales composées par Philippe B pour le nouveau long métrage de son ami Éric Morin, Nous sommes Gold.La discographie de l\u2019auteur-compositeur-interprète le destinait à une bande originale de film en bonne et due forme, orchestrale et impressionniste.Le scénario de Morin imposait toute autre chose puisque les personnages principaux formaient un groupe indie rock baptisé Gold, lequel interprète \u2014 en anglais, avec la voix d\u2019Emmanuel Schwartz, sauf la très belle Les disparus, chantée par Mo- nia Chokri \u2014 les chansons de Philippe.D\u2019inspiration cold wave britannique, le rythme linéaire et les guitares à l\u2019avenant, les chansons distillent une noirceur certaine qui ne se fait pas au détriment des mélodies.Coup de cœur pour Light On et le chœur des voix de Schwartz et Chokri au refrain, pour le shoegaze instrumental de Skate Song, ainsi que pour la ballade Les disparus, qui aurait pu figurer sur un des albums du compositeur.Philippe Renaud NÉOFOLK The Big Freeze ?Laura Stevenson, Don Giovanni Harmonieux, habité, miroitant, légèrement marginal : voici The Big Freeze, cinquième album de Laura Stevenson, où le punk-rock de Cocskure (2015) n\u2019est plus qu\u2019une vague réminiscence.Cette fois, la musicienne américaine a fait de la guitare et de sa voix \u2014 incroyablement solide et virtuose \u2014 la base de ses morceaux, même si des poussées de piano, de contrebasse et de percussions sauvages élargissent parfois leur rayonnement.Impossible de ne pas penser à Nadia Reid dans cette navigation élaborée, entre violence électrique et douceur diffuse.Sciemment flageolante, Lay Back, Arms Out est une entrée très forte dans le monde nouveau de Laura Stevenson, qui livre cette fois des histoires poignantes sur l\u2019expérience des relations.«You are burdened by only your dangerous mind», laisse-t- elle tomber sur la faussement tranquille Hum.Enregistré dans sa maison d\u2019enfance au plus fort de l\u2019hiver, The Big Freeze est ce qu\u2019il se devait d\u2019être : introspectif, émotif, métaphorique.C\u2019est l\u2019album de la sensibilité clairvoyante.Geneviève Tremblay HIP-HOP Maison ?Eman, 7e Ciel On le savait doué au micro, Eman, mais on connaissait moins son talent de compositeur-producteur, cette dimension de son art ayant auparavant été assumée par Vlooper sur leurs deux excellents albums en duo, XXL, et le plus récent, La joie, paru en 2017.Le EP Maison ramène le membre émérite d\u2019Alaclair Ensemble au- devant de la scène avec une collection de six courts et irréprochables raps qui penchent soit du côté plus léger et mélodique \u2014 Pas besoin, C\u2019pas la peine, Chaque jour \u2014, soit du côté plus trap rude, le plus captivant des deux.Sur Bientôt, il retourne l\u2019obsession de l\u2019argent pour la rapprocher de sa réalité («J\u2019voulais faire du cash; bientôt, j\u2019vais faire du sens») en s\u2019appropriant les tics prosodiques des rappeurs américains; sur la clinquante Ça va, il interroge de nouveau l\u2019image projetée par les rappeurs: «Les minces veulent être riche mais y\u2019ont même pas pensé être heureux aussi / La paix par les armes, l\u2019amour par le beef, voulais-tu être stressé aussi?», alors que sur Bouge, il se montre arrogant, mais mature.Philippe Renaud | 2 3 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Avec le temps, souvent, on s\u2019assagit, on se calme, on rentre dans le moule davantage.Pas le polyvalent musicien Navet Confit, qui souligne ses 15 ans de création avec un triplé foisonnant et décalé, soit un disque aussi prenant que déstabilisant, un spectacle pluridisciplinaire et un recueil de paroles et de textes aux limites du saugrenu.Depuis 2004, le musicien capable du refrain pop le plus accrocheur comme du sabotage sonore le plus ef ficace n\u2019a pas failli à la tâche de l\u2019anticonformisme.Et son huitième album, intitulé Engagement, lutte, clan et respect, opte pour le même filon.« C\u2019est pire encore à chaque album, avoue-t- i l en rigolant.Je veux encore plus déstabiliser, c\u2019est rendu une espèce de déformation professionnelle.» Le fait est que depuis environ huit ans, Navet Confit, de son vrai nom Jean-Philippe Fréchette, travaille pour la scène.Avec sa compagnie le Théâtre du Futur, mais aussi pour d\u2019autres productions.Avec comme résultat qu\u2019il explore beaucoup de styles différents, qui s\u2019accrochent un peu à lui.« Ça ouvre tout un champ de possibles.Et moi ça m\u2019inspire après», dit-il.En plus, son travail de réalisateur au service d\u2019autres artistes fait que lorsqu\u2019il revient dans ses ter res pour composer, il profite à plein de sa liberté totale.« J\u2019ai toujours considéré que je faisais de la musique qui était apolitique, mais que le simple fait de faire le genre de musique que je fais, en français, et de me mettre autant de bâtons dans les roues, c\u2019est un engagement très fort pour la liberté, dit Navet Confit.J\u2019aime ça prêcher par l\u2019exemple plutôt que de trop expliquer les choses.Quand tu vois un acte de liberté comme ça, out of the box, si ça peut inspirer d\u2019autre monde à le faire, j\u2019ai fait ma job et je suis vraiment content.» Dissonance et vitesses Dans son disque Engagement, lutte, clan et respect, Navet Confit a beaucoup joué avec une dissonance qu\u2019on pourrait qualifier de douce.« C\u2019est beaucoup les instruments qui m\u2019ont amené vers ça, précise le musicien.J\u2019ai une guitare douze cordes acoustique, mais c\u2019est long à accorder, ça, et ben je l\u2019ai pas accordée ! Les vieux claviers aussi se désaccordent.La matière, les outils de base, c\u2019est donc super important.» Fréchette y joue aussi avec la variation de la vitesse de ses chansons, ce qui crée cer taines vagues dans notre cerveau.« J\u2019étais d\u2019ailleurs très content de le graver sur vinyle, celui- là, parce que je trouve qu\u2019il fitte sur ce format-là.On dirait que le vinyle n\u2019est pas bien balancé », ou que sa courroie tire de l\u2019aile.En toute modestie, Navet Confit essaie au fil de ses albums de tenir le flambeau d\u2019une musique « punk, fuckée et allumée ».Depuis quelques années, il voit beaucoup de jeunes musiciens à la personnalité super intéressante dont la musique n\u2019est pas au même point.« Je trouve qu\u2019on peut davantage se permettre d\u2019être de niche maintenant qu\u2019avant, et je trouve ça bizarre que le monde ne se le permette pas plus, trouve-t-il.En même temp,s les artistes [plus accessibles] vont faire de la tournée, rejoindre un plus large public et gagner des trophées.Mais moi, c\u2019est pas ça mon but.» Spectacle de groupe Alors que le disque a été pratiquement fait en solo dans son local, le spectacle qui en découlera est une affaire de groupe.« On est une vingtaine à travailler sur ça.Il y a quelqu\u2019un aux éclairages, à la scénographie, aux costumes, aux projections, à la direction technique, c\u2019est une grosse équipe comme en théâtre un peu.Et on est cinq musiciens sur scène.» L\u2019ambitieux projet aura lieu le 18 avril au théâtre Aux Écuries et se résume, selon le communiqué de presse, à « une série de tableaux abstraits et impressionnistes présentés avec l\u2019anti-humour qu\u2019on lui connaît, dans une volonté de dé- construire les codes de la diffusion de musiques en marge ».Encore un peu de dissonance, donc ?« Je pense que c\u2019est par ennui, dans le sens que je ne veux pas m\u2019ennuyer.Et que si je trouve ça trop normal je trouve ça plate et j\u2019ai envie d\u2019aller jouer là-dedans et de saboter un peu les choses.» Navet Confit, de son vrai nom Jean- Philippe Fréchette, travaille pour la scène depuis près d\u2019une décennie.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La dissonance au temps du conformisme Navet Confit s\u2019offre un triplé pour souligner ses quinze ans de carrière C\u2019est pire encore à chaque album.Je veux encore plus déstabiliser, c\u2019est rendu une espèce de déformation professionnelle.NAVET CONFIT » Engagement, lutte, clan et respect Navet Confit, Lazy at Work L\u2019album sera lancé le 12 avril. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 4 | CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans son exposition élaborée au Musée McCord, l\u2019approche de Kent Monkman vis-à-vis de l\u2019histoire est absolument fascinante.Le mélange entre divers peintures, dessins, gravures, artefacts d\u2019époque avec des œuvres récentes aux allures anciennes, œuvres créées par l\u2019atelier de Monkman, se révèle totalement marquant et pertinent.Un tableau de la mort du général Wolfe, montrant à un Amérindien comment l\u2019homme blanc incarne la victoire de la raison sur les passions, fait face à un tableau gigantesque décrivant le massacre de castors par les Européens, individus déchaînés qui, comme des hordes de sauvages, sont absorbés par leur désir sanguinaire de luxe.Plus loin, un portrait du «Très Honorable sir John A.Macdonald», peint vers 1890 par Robert Harris, côtoie une peinture de ce même premier ministre en alcoolique, posant à côté de sa femme pleurant.Cette femme est ici personnifiée par le personnage de travesti inventé par Monkman, Miss Chief Eagle Testickle.Plus loin, on peut voir un tableau où ce même Macdonald, toujours un verre à la main, impose de force un traité aux Amérindiens.Les horreurs du passé Certains trouveront que Monkman travestit, pervertit même l\u2019histoire et qu\u2019on ne peut se permettre de relire ainsi le passé.On soutiendra que Macdonald avait les préjugés de son époque envers les Autochtones.Tout comme le président Jefferson en avait envers les Noirs, lui qui possédait des esclaves.D\u2019autres, dont je fais par tie, seront d\u2019avis que Monkman dénonce avec raison les horreurs du passé, un passé souvent hypocrite qu\u2019il ne faut pas héroïser, qu\u2019il faut regarder en face.Monkman nous indique que l\u2019histoire est par essence réécriture, continuelle réénonciation du passé.Il nous dit aussi comment le dispositif muséal vient célébrer des valeurs parfois totalement révoltantes.De ce point de vue, plusieurs salles de l\u2019exposition sont tout à fait troublantes.Le tableau montrant des enfants amérindiens arrachés à leur famille par la police canadienne et des religieux est installé sur le même mur où trônent de nombreux porte-bébés amérindiens fabriqués aux XIXe et XXe siècles.Cette expo soulèvera donc toute la question de la conservation par les musées, ceux des Blancs occidentaux, d\u2019objets déconnectés de leur culture et des individus qui les ont créés, tout en consacrant un mépris envers ces individus et leur culture.Elle évoquera aussi toute la problématique bien actuelle de la restitution d\u2019artefacts et d\u2019œuvres aux peuples et institutions culturelles amérindiens, africains, asiatiques.Folle peinture ?En parallèle au Musée McCord, à la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain se tient une exposition qui permettra à l\u2019amateur d\u2019enrichir son parcours de l\u2019œuvre de Monk- man.Vous y retrouverez une nouvelle série de peintures historiques revisitées.Cette série traite de la violence faite aux Amérindiens dans les institutions psychiatriques et les prisons.Malgré la pertinence du propos, ces œuvres marqueront un peu moins le visiteur.Cela tient-il au fait que les tableaux de Monkman y sont exposés sans contexte historique ?Je ne crois pas.Ses œuvres portent toujours en elles le passé et ses effets sur le présent.Cela tient plus au format des œuvres.Autant, dans le grand format, le style de peinture académique élève les mensonges historiques au niveau de vérité exemplaire, autant, dans les petits formats, le même dispositif pictural semble appauvrir ses sujets\u2026 Un travail qui paradoxalement manque un peu de folie.Chez PFOAC, on préférera la salle du fond avec des œuvres réalisées avec Jean-Paul Gaultier.Dans des photos et une vidéo, Monkman, qui se réapproprie les codes vestimentaires presque clichés que l\u2019on associe aux Amérindiens, se retrouve « marié » avec un Jean-Paul Gaultier qui lui aussi a su récupérer des codes similaires dans ses créations vestimentaires.Gaultier ferait-il cependant dans la mauvaise appropriation culturelle ?J\u2019ai demandé à Monkman ce que son personnage de Miss Chief Eagle Testickle pensait du travail de Gaultier et si elle était contre cette forme d\u2019appropriation.«Elle aimerait porter ses vêtements», m\u2019a-t-il confié ! Et pourtant, Miss Chief Eagle Tes- tickle n\u2019est pas une victime.Elle est l\u2019incarnation glorieuse de la victoire sur l\u2019aliénation.Autant chez Monkman que chez Gaultier, on peut voir comment la culture gaie ou tout simplement post- moderne ont su piller des codes de représentation afin de les détourner de leur fonction première, afin de montrer les enjeux de pouvoir qui s\u2019y cachent.L\u2019habit fait le moine ?Vous pourrez profiter de cette visite au McCord pour y voir l\u2019expo Porter son identité, expo qui traite des vêtements des Premières Nations.Vous y apprendrez entre autres comment les Amérindiens portèrent des costumes inventés par les Européens lors de la visite du prince de Galles en 1860.Mais cette présentation nous rappellera surtout que les codes vestimentaires ne sont pas que l\u2019expression d\u2019une religion ou d\u2019un mode de vie, mais aussi d\u2019une culture, d\u2019une histoire, d\u2019une mémoire, et que la distinction entre ces deux lectures n\u2019est pas toujours si facile à faire.Sujet de grande actualité, non?Honte et préjugés : une histoire de résilience / La maison des fous Jusqu\u2019au 5 mai, Musée McCord./ Jusqu\u2019au 27 avril, galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.Ô Canada, taire nos aïeux Kent Monkman entreprend une relecture critique de l\u2019histoire canadienne Kent Monkman, Female Figures in a Prison, 2019 KENT MONKMAN, AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN Monkman nous indique que l\u2019histoire est par essence réécriture, continuelle réénon - ciation du passé L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 LI RE Salon du livre de Québec De Véronique Drouin à Jean Désy, zoom sur les nouveautés Patrick deWitt D\u2019une excentricité à l\u2019autre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 6 | Fille d\u2019intérieur ?1/2 Frankie Barnet, traduit de l\u2019anglais par William S.Messier, Éditions de Ta Mère, Montréal, 2019, 68 pages Même dans leurs versions originales anglaises, les nouvelles de Fille d\u2019intérieur (parues sous le titre An Indoor Kind of Girl chez la toujours très fiable maison d\u2019édition québécoise Metatron Press en 2016) semblaient déjà traduites d\u2019une autre langue.Une impression sans doute attribuable à la distance que Frankie Barnet place entre ses personnages et les drames qu\u2019ils rencontrent.Le deuil, de son frère ou d\u2019une idée de soi-même, n\u2019est après tout jamais qu\u2019une langue étrangère que l\u2019on apprend à tâtons, en cherchant ses mots.Presque tout se joue donc entre les phrases dans ce bref recueil, cinq por traits d\u2019un malaise sourd que l\u2019écrivaine montréalaise effleure avec une rare confiance en ce que de petites saillies d\u2019étrangeté, jaillissant au beau milieu d\u2019un quotidien d\u2019une engourdissante trivialité, permettent à elles seules de suggérer.Aucune émotion pure dans Fille d\u2019intérieur, que des états composites et ambigus que ses narratrices ne nomment jamais explicitement.Souvent hilarant, mais à la manière d\u2019un mème Internet particulièrement intelligent, ce premier livre fait ressentir à son lecteur, plus qu\u2019il ne la décrit véritablement, une forme de résignation existentielle tenant de la nonchalance, de l\u2019hyperconscience de l\u2019absurdité de trop de choses, ainsi que de la fatigue induite par un monde où il est toujours plus simple pour une femme de (se) laisser faire.La question des violences à caractère sexuel traverse d\u2019ailleurs furtivement quelques textes.Qu\u2019il s\u2019agisse de la téléphoniste d\u2019un centre d\u2019appel aux prises avec une infestation de tortues ou de l\u2019employée d\u2019un zoo tentant de nouer un dialogue avec un capybara qui refuse de s\u2019accoupler, confusion et tristesse s\u2019entremêlent dans cette ensorcelante démonstration d\u2019écriture parcimonieuse et saugrenue, un exercice de less is more narratif prenant le noble parti de l\u2019irrésolution ou, si vous préférez, le parti du réel.Dominic Tardif Malaise sourd ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR n duo drôlement assorti, une cavale qui se termine mal, une habile subversion des genres.Autant de bases auxquelles le romancier Patrick deWitt ajoute chaque fois une pincée de sa poudre de perlimpinpin.Originaire de Vancouver, en Colom- bie-Britannique, où il est né en 1975, l\u2019écrivain vit depuis neuf ans à Portland, en Oregon, sur la côte ouest des États-Unis.Au bout du fil, après avoir raté notre appel une première fois, Patrick deWitt avoue connaître une mauvaise journée.«Je suis maudit !» Mais le reste du temps, qu\u2019on se rassure, les choses semblent aller plutôt bien.Et même très bien.Son quatrième roman, Sor tie côté tour (French Exit), a figuré parmi les finalistes du prestigieux prix Scotiabank Giller \u2014 en compagnie notamment de la traduction anglaise de La fiancée américaine d\u2019Éric Dupont.Sous l\u2019enseigne d\u2019une « tragédie de mœurs », Patrick deWitt nous a fignolé encore une fois une histoire un peu décalée, à la façon d\u2019un Wes Anderson.Les frères Sisters avait reçu le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie romans et nouvelles de langue anglaise, a été finaliste au prestigieux Man Booker Prize et au Scotiabank Giller.Le Français Jacques Audiard a reçu le Lion d\u2019argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2018 pour son adaptation cinématographique du roman \u2014 une mise en images de son œuvre pour laquelle l\u2019écrivain a le plus grand respect, assure-t-il.Sortie côté tour repose d\u2019une part sur Frances Price, la veuve d\u2019un riche avocat new-yorkais connu en son temps pour avoir été le « défenseur exclusif des causes indéfendables » (pollueurs, compagnies de tabac, lob- byistes pro-armes), un homme dont elle n\u2019a pas pleuré la mort une seule seconde \u2014 une insouciance suspecte qui lui sera reprochée.L\u2019avait-elle aimé ?«Oui, et puis non, puis encore oui, et pour finir, pas du tout.» Femme à la beauté «terrible et spirituelle» d\u2019une soixantaine d\u2019années, elle jetait l\u2019argent par les fenêtres de façon pathologique et avait cru qu\u2019elle mourrait avant de manquer d\u2019argent.«Mais ça ne s\u2019est pas passé de cette façon, je ne suis pas encore morte, et voilà.» Côté jardin, son fils Malcolm, célibataire de 32 ans, est un « lugubre homme-enfant » qui désespère de se faire aimer d\u2019elle.Ruiné, le duo va quitter l\u2019Upper East Side à New York pour Paris en compagnie de leur chat P\u2019tit Frank et de leurs derniers 170 000 euros en liquide.« Il faut tout dépenser.C\u2019est le but du jeu.» Un chat qui parle, des duos improbables, de spectaculaires chutes de la haute société sans parachutes dans une Mitteleuropa connue de lui seul.On se demande où Patrick deWitt tire ces histoires et ces personnages excentriques.« Ça vient toujours d\u2019une toute petite chose, assure le romancier.» Il Patrick deWitt, d\u2019une excentricité à l\u2019autre Sortie côté tour, le quatrième roman de l\u2019écrivain canadien, élève une fois encore la caricature au rang des beaux-arts Pour ce roman, Patrick deWitt se rappelle qu\u2019il souhaitait vaguement aborder la dynamique des relations mère-fils et explorer le déclin de gens riches.DANNY PALMERLEE U raconte que Les frères Sisters, par exemple, avait pris son origine de deux mots qu\u2019il avait notés à la sauvette : « Cowboys sensibles ».Pour Sortie côté tour, il se rappelle qu\u2019il souhaitait vaguement aborder la dynamique des relations mère-fils et explorer le déclin de gens riches.«J\u2019éprouve une espèce de compulsion à raconter des histoires sombres, reconnaît-il.Et à l\u2019évidence, j\u2019ai une fascination pour les personnages d\u2019anormaux.» Une noirceur qui s\u2019éclaircit par la magie d\u2019un humour bien dosé.Lecteur de Rober t Walser et de Thomas Bernhard, des auteurs qui ne sont pas particulièrement légers, mais tous deux aussi dotés d\u2019un humour noir pour le moins singulier, Patrick deWitt a également subi pour ce quatrième roman l\u2019influence d\u2019Evelyn Waugh, le génie comique anglais.Mais c\u2019est surtout, explique- t-il, l\u2019unique et hilarant roman de Jane Bowles, Two Serious Ladies, qui semble avoir laissé sa marque.Avoir un ami imaginaire Et cette fois encore, la manière de Patrick deWitt est plus proche de la caricature que de l\u2019aquarelle.Mais d\u2019une caricature élevée au rang des beaux- ar ts, s\u2019exprimant toujours avec finesse sans jamais forcer le trait, à travers des silences et une série de malaises calculés.Patrick deWitt n\u2019a aucun mal à reconnaître sa prédilection pour les personnages d\u2019anormaux.Une dimension de son travail dont se délecte le styliste en lui, adepte de précision et d\u2019épure.«Tout ce que je fais dans mon travail, comme à peu près tout le monde, je le fais avec effort et attention.Mais avec le temps, je réalise que ce qu\u2019on ne dit pas est presque plus important.» Alors que les frères Sisters, en pleine époque de la ruée vers l\u2019or cali- fornienne, devaient trouver et tuer un homme qui avait fait «quelque chose» à leur commanditaire, une quête un peu floue doublée d\u2019une cavale sert encore une fois ici à structurer l\u2019action.«Ça, c\u2019est une chose que je fais, que je sais que je fais et pour laquelle je me déteste», lâche spontanément Patrick deWitt, même si depuis Homère la méthode a fait ses preuves.«Je me réserve le droit de le faire encore et encore, parce que ça règle bien des problèmes d\u2019écriture et parce que c\u2019est tellement amusant.Je me dis que c\u2019est quelque chose que je devrais peut-être essayer de ne pas faire une autre fois.Mais je ne sais pas si j\u2019aurai la force de ne pas le faire dans mon prochain livre», ajoute-t-il en riant.Avant de reprendre le cours de sa journée damnée, Patrick deWitt jette avec son humour flegmatique: «Quand on est enfant, souvent, on a un ami imaginaire.Eh bien, la vie d\u2019un écrivain, en fait, consiste à échanger chaque journée et à longueur de journée avec son ami imaginaire, confie-t-il.Et je ne sais pas à quel point il est sain de vivre aussi longtemps avec des gens qui, franchement, n\u2019existent pas vraiment\u2026» L\u2019auteur sera au SILQ les 12 et 13 avril.| 2 7 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Sortie côté tour Patrick deWitt, traduit de l\u2019anglais par Sophie Voillot, illustrations de Paul Bordeleau, Alto, Québec, 2019, 298 pages Ce bois dont je me chauffe Ces temps-ci, tous les jours ou presque, je suis occupée à mettre sur pied un spectacle de poésie.C\u2019est une entreprise titanesque, vertigineuse, enivrante : 18 interprètes, entourés de 16 enfants, monteront bientôt sur scène tous les soirs pour dire tout haut les mots galvanisants d\u2019une trentaine de poètes.Pour confectionner ensemble le montage de textes qui constituent le cœur battant de la représentation, ma co-metteuse en scène Gabrielle Côté et moi avons lu des dizaines de recueils de poésie québécoise contemporaine.Parmi les tout derniers arrivés dans l\u2019orbite de notre création figure le très beau Chauffer le dehors (La Peuplade) de Marie-Andrée Gill.Dans ce récit en courts fragments d\u2019une peine d\u2019amour fulgurante, dans la résistance recousue main que la narratrice déploie par le geste même d\u2019écrire, j\u2019ai retrouvé tout ce qui constitue pour moi la puissance intrinsèque de la parole poétique.« Sous le soleil de neige chaude je te remplace par les sentiers que j\u2019ouvre et tape avec la force de ma chaleur de femme, par le chemin brillant de chaque dièse que les flocons font en naissant.» Je tente souvent de mettre en forme cette sensation que j\u2019ai : la poésie est un matériau magique, brûlant, transformant.Je bute chaque fois contre les mêmes écueils \u2014 contre mes propres limites, finalement.Car comment bien dire ce qui nous change, ce qui nous altère, par où le bouleversement opère ?Comment en faire la preuve sans réduire le tout à une série d\u2019exemples qui sembleront vite anecdotiques aux yeux d\u2019un autre que soi puisque l\u2019alchimie de ces métamorphoses intimes est millimétrique, intangible, fugace\u2026 mais néanmoins réelle ?Je me suis résolue à ce que cette tentative de dire ce bois dont je me chauffe soit une tâche jamais finie, toujours recommencée, à laquelle je m\u2019attellerai sans relâche, peu importe le contexte, peu importe la discipline.Comme le dit Gill, « les miracles reviennent toujours quand on en réapprend les paroles», et je suis sûre, je suis certaine que la poésie peut nous aider à vivre, à réparer la réalité.Et surtout, je sais ce qu\u2019elle peut nous donner du courage.Lentement, patiemment, au fil des journées englouties sous les lumières blafardes de la salle de répétition sise au deuxième sous-sol, ma cocapitaine, tout l\u2019équipage et moi VÉRONIQUE CÔTÉ « En face de la gare de l\u2019Est, il se procura une télécarte dans un bureau de tabac et partit à la recherche d\u2019une cabine au bord de l\u2019eau.Il composa son numéro et attendit.» Une illustration de Paul Bordeleau.ALTO tâchons de façonner précisément ceci : une forme de courage hautement transmissible.Le théâtre est ma langue première, et c\u2019est donc par ses moyens que je tente pour une énième fois de donner accès à la poésie à ceux qui ne la connaissent que de loin, à ceux que la parole poétique intimide ou rebute, tout en régalant ceux qui la fréquentent et l\u2019aiment déjà.Nous répétons, peaufinons, faisant et refaisant les gestes, les images et les chants qui seront les véhicules de tous ces poèmes à donner au suivant, en gardant toujours en tête de maintenir l\u2019inflammabilité de cette matière si facile à éteindre quand on n\u2019y fait pas attention.«Ça revient, ça repart : l\u2019émeute est par en dedans.» La poésie dit le manque.Elle dit, par ses mots mais aussi par ses creux, que nous sommes et serons toujours des êtres manquants.C\u2019est dans ce manque, peut-être, que se trouve le moteur qui pourra nous donner envie de pas renoncer au monde, au futur, à tout ce qui est devant : «Les jours s\u2019effondrent et repoussent sur la veille.» La poésie est présage.C\u2019est peut- être aussi pour ça que le spectacle qui est en train d\u2019apparaître ne parle que d\u2019avenir, que de ceux qui sont déjà en train de défendre cet avenir, de nous le réclamer, de nous montrer le chemin vers lui.«Plus je me rapproche de la nature, plus je me sens digne de sa voix, donc de la mienne.Le dehors est la seule réponse que j\u2019ai trouvée au-dedans.» Le printemps qui s\u2019ouvre sera celui du réveil climatique, avec en tête de marche la jeunesse inquiète et éblouissante.Ces enfants, les nôtres, cessent d\u2019être de bons élèves tous les vendredis.Ils apprennent par ce mouvement des tonnes de choses qu\u2019aucun prof, dans aucun cours, ne saura jamais leur transmettre.Ils sont ceux à qui je pense le plus souvent en réfléchissant notre création en cours.Mouvements collectifs enivrants Ce sont eux que je voudrais avoir dans la salle, pour leur dire que les mouvements collectifs sont enivrants, qu\u2019ils nous font nous sentir vivants, vibrants, debout au milieu de notre époque.Que la démocratie est un espace complexe qu\u2019il faut investir le plus tôt possible pour ne pas s\u2019en sentir exclu et pour ne pas avoir l\u2019impression qu\u2019elle ne nous appartient pas, qu\u2019elle nous échappe, qu\u2019elle est truquée ou inutile.Que le meilleur antidote au sentiment d\u2019impuissance est l\u2019action, et que l\u2019engagement rend heureux pour vrai.Pour l\u2019instant, ça ne bouge pas assez vite en face d\u2019eux.Je m\u2019active donc à leur chauffer le dehors, à ma façon.En brûlant pour eux, en leur nom, ce combustible de lumière rare qu\u2019est la poésie. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 8 | PUQ.CA Plus de 1 600 livres à feuilleter On a tous besoin de savoir POUR AGIR Les PUQ seront au Salon international du livre de Québec du 10 au 14 avril 2019 Venez découvrir la nouveauté en recherche! Presses de l\u2019Université du Québec STAND 207 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR En mai 2018, l\u2019organisation séparatiste basque ETA annonçait sa dissolution après cinquante ans d\u2019activisme armé.À des milliers de kilomètres, cette nouvelle inattendue sonnait le réveil pour une femme qui a refait sa vie à Montréal, protagoniste du dernier roman d\u2019Éric Plamondon.Originaire d\u2019un petit village près de Saint-Jean-de-Luz, en France, après 23 ans sous un faux nom tout en étant mariée avec un médecin québécois, elle réalise soudainement qu\u2019elle a passé la moitié de sa vie à se cacher et à mentir.La fin de l\u2019ETA la pousse à prendre la vraie mesure de son exil et à af fronter les fantômes du passé.Mais avant de rentrer en France pour faire face à ses « crimes » et retrouver ses proches, elle décide en quittant en douce son mari de tout lui raconter par écrit, du souvenir d\u2019un cachalot échoué sur la plage aux circonstances de son exil, en passant par sa véritable identité.« Je suis en train de saisir que la violence du passé a été chassée par une autre violence, celle lisse et insidieuse d\u2019un présent sans histoire », lui écrit-elle.Après un attentat terroriste qui a « très mal tourné » à San Sebastián et dont elle avait été naïvement complice, l\u2019ETA ne lui avait pas laissé le choix : épouser sans réserve la cause terroriste ou s\u2019exiler au Mexique sans jamais revenir en France ou même en Europe.Oyana Etchebas- ter est devenue Nahia Sanchez.Pour son 5e roman, on l\u2019aura compris, Éric Plamondon utilise surtout la narration épistolaire au « je », qu\u2019il mêle à des passages à la troisième personne et à la méthode du fragment informatif façon Wikipédia, qui donnait un certain charme \u2014 avant tout parce qu\u2019elle faisait sens \u2014 à son excellente trilogie « 1984 » (Hon- grie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, Le Quartanier, 2011 à 2013).Avec un soupçon d\u2019exotisme qui lui a sans doute permis de récolter le Prix des lecteurs France- Québec, Taqawan (Le Quartanier, 2017) empr untait avec moins de conviction les mêmes chemins.En une multitude de chapitres très courts, dans une structure sans la moindre symétrie, le roman alterne ainsi entre les confessions d\u2019Oyana \u2014 dont le prénom signifie « forêt» en basque, équivalent de notre Sylvie \u2014, Comment faire naufrage Récit fragmenté sur fond de terrorisme basque, Oyana est le roman le moins convaincant d\u2019Éric Plamondon Oyana ?Éric Plamondon, Quidam éditeur, Meudon, France, 2019, 152 pages une coupure de presse de 1981, des statistiques, des considérations sur les pêcheurs basques ou les sorcières brûlées sous l\u2019Inquisition, le récit au présent du voyage de retour d\u2019Oyana, des déclarations de l\u2019ETA et du roi d\u2019Espagne.Alors que de livre en livre, Éric Pla- mondon transpose le même procédé narratif un peu facile, le manque de moyens de l\u2019auteur commence à transparaître.N\u2019ayant peut-être pas la capacité de fabriquer un récit puissant et de donner réellement vie à des personnages, le collage semble être devenu pour lui comme une béquille, un écran de fumée pour masquer ses carences de romancier, que l\u2019on sent évoluer hors de sa zone de confort depuis Taqawan.Dans un autre registre, l\u2019auteur pressé d\u2019Oyana risque d\u2019être longtemps sans rival dans la course au trophée du plus mauvais sexe en fiction.La page « Adieu » constituant une véritable scène d\u2019anthologie du genre, capable de faire pleurer de rire autant les lecteurs les mieux disposés que les amoureux de la langue française.Cette histoire peu crédible et mal incarnée, alourdie par les répétitions, un peu de spectaculaire gratuit et pas mal de remplissage, croule sous les défauts.Des défauts que la langue faible et la profondeur limitée d\u2019Éric Plamondon ne peuvent pas racheter.Pour explorer avec art et intelligence les blessures encore à vif du Pays basque, il vaudra mieux \u2014 et de loin \u2014 fréquenter l\u2019Espagnol Fernando Aramburu et son Patria (Actes Sud, 2018).En moins de 150 pages, Oyana présente tous les attributs d\u2019un roman bâclé.Ne cherchez pas la tragédie plus loin.Accident de parcours ou nouvelle approche ?On n\u2019aura peut-être pas à attendre longtemps pour le savoir.De livre en livre, l\u2019auteur Éric Plamondon transpose le même procédé narratif un peu facile.RACHEL MOSCHBERGER | 2 9 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Au nombre des défis littéraires costauds, élaborer une narration adolescente crédible compte sans doute parmi les plus périlleux.Dif ficile pour un adulte de se souvenir de ce très singulier mélange d\u2019insouciance, d\u2019inquiétude et de naïveté propre à ces quelques années fondatrices.C\u2019est donc à un triple défi que se mesure Hélène Frédérick, en plaçant La nuit sauve entre les mains de trois narrateurs adolescents.Heureusement que la romancière (La poupée de Kokoschka) et poète (Plans sauvages) se souvenait bien qu\u2019aucun jeune ne souhaite appartenir à la proverbiale « jeunesse ».« L\u2019appellation, on ne s\u2019y reconnaît pas, et Sophie déteste carrément », écrit-elle dans un chapitre porté par la voix frondeuse, douce et précocement nostalgique de Julie.À l\u2019été 1988, des adolescents font la fête, boivent, dansent et s\u2019embrassent au bord d\u2019un champ de maïs.C\u2019est la fin de l\u2019année scolaire et le début de quelque chose d\u2019autre, que personne ne saurait encore nommer.Parmi eux: Fred, le timoré, sur qui le regard des filles glisse, Mathieu, convaincu que son charme lui permet tout, et Julie, qui entend lutter contre l\u2019engrenage du conformisme dans lequel la polyvalente (« le bloc de béton») tente déjà de la forcer.Ils apprennent tous à leur manière à jouer à ce jeu un peu con, pétri d\u2019hypocrisie, communément appelé l\u2019âge adulte.C\u2019est donc une tragédie banale que raconte sans banalité ce roman d\u2019un temps dilaté, examen ému et intransigeant des beautés et des laideurs d\u2019un passage où tout se cristallise et où tout reste à faire.Il y a dans l\u2019écriture à la fois invincible et fragile de La nuit sauve toute la sensibilité et toute la forfanterie, toute l\u2019espérance et tout le cynisme, toute la perspicacité et toute l\u2019ignorance qui font de l\u2019adolescence un âge à la fois cruel et lumineux.« On baigne dans le curieux moment suspendu qui précède tout juste le lever du soleil et le réveil des bêtes diurnes.On se prélasse encore dans un grand hamac tendu entre deux états », observe Julie à l\u2019aube, et c\u2019est bien sûr implicitement ce sas séparant l\u2019enfance du reste de la vie que désigne ici Hélène Frédérick.Mais il y a aussi sous la chronique de ce rituel festif assez commun l\u2019appréhension de tout ce que l\u2019avenir promet (ou pas) à ces personnages, une sorte de tension sourde se manifestant dans une série de brèves saillies prophétiques en italiques, comme si un deus ex machina savait déjà que ces gamins étaient destinés à une existence d\u2019angoisse de classe sociale et de résignations.Passons vite sur les quelques lieux communs qu\u2019embrasse l\u2019écri- vaine au sujet des téléphones intelligents et de la musique pop.Grave comme un serment formulé au petit jour, ce troisième roman d\u2019Hélène Frédérick trouve sinon sa force dans son mépris des formules toutes faites, sa compassion pour la douleur de l\u2019exclusion et sa profession de foi envers l\u2019inégalable intensité de l\u2019adolescence.Ceux et celles qui ont survécu à cette épreuve gagneraient peut-être à plus souvent se remémorer ce qu\u2019ils s\u2019étaient jadis promis à eux-mêmes.En attendant l\u2019avenir Hélène Frédérick raconte le temps dilaté séparant l\u2019adolescence de l\u2019âge adulte Ce roman d\u2019Hélène Frédérick raconte sans banalité une tragédie banale.CARLO ZEPPA La nuit sauve ?1/2 Hélène Frédérick, Éditions Verticales, Paris, 2019, 184 pages CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR The Shining, Anne\u2026 la maison aux pignons verts, La chute de la maison Usher\u2026 Témoin de nos rêves et de nos projets, gardienne de nos souvenirs et de nos secrets, la maison est une source intarissable d\u2019inspiration pour les écrivains, de Balzac à Sagan, en passant par Maupassant et Poe.Aujourd\u2019hui, la romancière et journaliste Katia Gagnon en fait à son tour son miel, dans un récit noir empreint de mystères et de non-dits.Dans ses deux romans précédents, l\u2019écrivaine mettait à profit son expertise en journalisme d\u2019enquête alors que son héroïne et alter ego, Marie Dumais, dénouait une à une les ficelles lui permettant de comprendre les motifs d\u2019un suicide, d\u2019un crime, d\u2019une vie à la marge.Cette fois, elle délaisse l\u2019actualité et le réalisme pur, frottant sa plume sombre et inquiétante à un univers aux tonalités fantastiques, peuplé de fantômes à l\u2019esprit vengeur, de légendes menaçantes et de sinistres découvertes.Au bout du rang de la Croix se dresse une maison, une imposante demeure parmi les plus anciennes de cette région du Témiscouata, qui domine le paysage de sa masse sombre.En ses murs, elle abrite de lourds secrets où se répercutent les échos de drames indicibles, ceux de quatre femmes, de quatre époques, de quatre destins tragiques.Il y a d\u2019abord Élizabeth qui, au début du XXe siècle, a vécu le dur labeur du défrichage, se démenant de l\u2019aube au crépuscule pour sa trop nombreuse famille, pourchassée par les ouï-dire du voisinage.Puis Marjolaine, qui s\u2019y réfugie dans les années 1960 après avoir rompu ses vœux solennels envers l\u2019Église.Elle y trouve une famille déchirée, à laquelle elle ne peut apporter consolation.Dix ans plus tard, Michèle, à la faveur de la révolution sexuelle qui bat son plein, rêve de simplicité volontaire et d\u2019enfants libres et épanouis, dans l\u2019espoir d\u2019oublier les cauchemars qui la rongent depuis l\u2019enfance.Enfin, dans les années 1990, une vieille dame, Thérèse, malgré la maladie et la mémoire qui flanche, devra faire face au fardeau qui lui a fait commettre l\u2019irréparable des décennies plus tôt.Avec un sens de la narration et du suspense incomparable, Katia Gagnon mène avec adresse les quatre trames, semant l\u2019imprévu avec une parcimonie mesurée, dévoilant un à un les liens qui se tissent entre les différents récits et personnages, entretenant savamment le suspense tout en laissant le soin au lecteur de tirer des conclusions.L\u2019écrivaine ne fait pas dans le lyrisme et les figures de style.Le style épuré et efficace est au service des éléments historiques, des pratiques religieuses aux travaux saisonniers, en passant par la conception des maisons et les soins de santé, tous décrits avec une minutie factuelle qui flirte avec l\u2019écriture journalistique.Cette rigoureuse exactitude crée à certains moments une distance avec les événements sordides et l\u2019âpreté de la violence mise en scène, délestant le roman de la touche de poésie nécessaire pour attiser le frisson et l\u2019émotion.L\u2019auteure sera au SILQ les 12 et 13 avril.La hantise d\u2019une maison Katia Gagnon frotte sa plume sombre et inquiétante à un univers aux tonalités fantastiques Katia Gagnon ne fait pas dans le lyrisme et les figures de style.Le style épuré et efficace est au service des éléments historiques.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Rang de la Croix ?Katia Gagnon, Boréal, Montréal, 2019, 360 pages ascinée par les arts visuels, notamment par le courant land art, sensible à la nature, à tout ce qui la façonne tout comme à ce qui la détruit, l\u2019auteure Véronique Drouin offre avec Rivière-au-Cer f-Blanc, tout juste publié chez Québec Amérique, un deuxième récit d\u2019horreur dans lequel les personnages, les petits détails et la tension sont au service du genre.« Dès le dépar t, je voulais écrire une histoire qui se passait en forêt.C\u2019est un endroit mythique, où on entend des craquements, des bruits qui nous font peur, mais dans lequel l\u2019homme demeure la plus grande menace », raconte Véronique Drouin au téléphone.« Comme tous les auteurs, je suis comme une éponge, j\u2019absorbe toutes sortes de choses.Dernièrement j\u2019ai vu les œuvres d\u2019Andy Goldsworthy, que je cite en début de roman, qui est un artiste de land art.J\u2019ai trouvé ça tellement beau.Ça demande beaucoup d\u2019investissement pour faire des œuvres semblables, qui sont éphémères, ça prend aussi beaucoup de respect envers la nature.Alors, L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 3 0 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E ENTREVUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Au-delà de l\u2019épouvante Véronique Drouin investit l\u2019horreur sous l\u2019angle de l\u2019art et du respect de la nature Le vol ?Caroline Barber et Laura Giraud, Les 400 coups, Montréal, 2019, 32 pages Philémon Croquenot est un personnage très élégant, toujours tiré à quatre épingles, qui adore les chaussures: il en possède 401 paires, récupérées au gré de ses promenades.Un matin de soleil, il part à la recherche de «gougounes fleuries».La plage reste, croit-il, le lieu par excellence pour faire cette trouvaille.Caroline Barber exploite avec une espièglerie qui lui semble naturelle la notion de vol et tous les subterfuges entourant l\u2019acte pour y arriver.On suit le parcours de cet arnaqueur sans se douter un instant de l\u2019issue de la chasse aux souliers.Son arrivée sur la plage, sa rencontre avec Huguette Galurin, le mouvement des vacanciers, tout devient prétexte à faire piétiner les visées de Philé- mon.Le trait fin, à la fois gracieux, amusant et expressif de Laura Giraud sous- tend avec finesse l\u2019épopée mise en scène.Les crayonnés noirs sur fond blanc permettent à l\u2019œil de saisir rapidement les chaussures bleues convoitées.Un album dans lequel voler prend des airs de joute équitable.Marie Fradette Les auteures seront au SILQ les 13 et 14 avril.La corde à linge ?Orbie, Les 400 coups, Montréal, 2019, 64 pages Réal habite avec sa maman au-dessus d\u2019un dépanneur, où il aime s\u2019acheter des sucreries.Pour y aller, il emprunte l\u2019escalier et s\u2019amuse à tirer sur le nœud de la corde à linge pour écouter son couinement.Un matin, avec 30 sous en main, il rejoue son rituel.Mais il perd pied, s\u2019accroche au fameux nœud et se retrouve suspendu entre ciel et terre.Entre la peur de tomber et celle de perdre ses sous se joue chez ce petit de 5 ans une leçon de courage.Marie-Ève Tessier- Collin, mieux connue sous le nom d\u2019Or- bie, investit le quotidien d\u2019un enfant avec une justesse remarquable.La peur déraisonnée qu\u2019éprouve Réal comme son sentiment de solitude sont mis en scène avec sensibilité et vraisemblance.L\u2019authenticité des réflexions et la simplicité du texte s\u2019allient aux illustrations à la fois candides et dynamiques d\u2019Orbie.Elle recrée avec détails l\u2019atmosphère d\u2019une cour de ville tout en jouant sur les plans, accordant une place importante aux émotions.Elle a l\u2019art de croquer sur le vif les plus cocasses instants de vie.Marie Fradette L\u2019auteure sera au SILQ les 12, 13 et 14 avril.F c\u2019est ce qui a servi d\u2019amorce à mon idée.» Horreur intelligente L\u2019auteure de La guillotine \u2014 son tout premier roman d\u2019horreur \u2014 nous raconte ainsi l\u2019histoire d\u2019Estelle qui, pour s\u2019aérer un peu l\u2019esprit, décide de faire un petit séjour dans la nature jusqu\u2019à ce qu\u2019elle découvre d\u2019étranges sculptures, puis fasse de macabres découvertes.La suite sera une fuite en avant pour échapper à une étrange menace qui s\u2019amuse à déposer ici et là des petits cailloux blancs \u2014 vedettes du roman \u2014 en signe de son passage.« Souvent ce qu\u2019on voit dans l\u2019horreur, c\u2019est du slasher ou de la torture porn.Je ne veux rien enlever à d\u2019autres livres d\u2019horreur », explique Véronique Drouin, qui prône plutôt une littérature inclusive.« Je vois ça un peu comme un buffet ouvert.Des fois, on a le goût d\u2019une poutine et, des fois, de foie gras, et en littérature, c\u2019est la même chose.Mais | 3 1 T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 «Quand est-ce que l\u2019art cesse d\u2019en être pour devenir de la pure provocation?» Quand l\u2019héroïne de Ri- vière-au-Cerf-Blanc pose cette question, elle est assise dans un canot, encore un peu assommée, tentant d\u2019échapper à des inconnus qui ont assassiné son chum.Des êtres faisant preuve d\u2019une violence extrême, qui exposent leurs crimes de façon harmonieusement horrible dans des installations en pleine forêt.Son compagnon de fortune lui répond: «Aujourd\u2019hui, on a presque l\u2019impression que le fait de choquer est une norme esthétique.» Et c\u2019est dans cette réplique que réside l\u2019un des secrets faisant la beauté de ce roman pour ados : les scènes d\u2019horreur qui le ponctuent, véritablement terrifiantes, sont loin d\u2019être gratuites.Elles mènent plutôt à une profonde réflexion sur ce qui donne l\u2019impulsion à un geste artistique, sur l\u2019importance d\u2019aller au-delà des apparences, sur le désir de «participer à l\u2019œuvre collective du monde».Par ailleurs, ce roman fantastique, aussi teinté de fantastique, est parsemé de références aux sculptures de David Altmejd, à la robe de viande de Jana Sterbak, au tableau de Géricault Le radeau de la méduse.Également, les tableaux que dessine Véronique Drouin imprègnent des images fortes dans l\u2019esprit du lecteur.«Cette fois, les animaux étaient à l\u2019abri.Et les humains étaient les trophées de chasse.» Plus loin, elle précise : « Cette matinée glorieuse, gorgée de lumière, ne donnait aucun indice des drames s\u2019étant déroulés la veille.Et c\u2019est sans doute ce qui la rendait plus tragique encore.» Car oui, plusieurs scènes se déroulent en plein jour.Un procédé moult fois éprouvé pour rendre la cruauté d\u2019autant plus atroce.Notons enfin que, dans ce récit pour les 14 ans et plus, les liens se font naturellement entre l\u2019action et les titres de chapitres.Ainsi, l\u2019un d\u2019eux se conclut sur les personnages faisant face à une chute d\u2019eau ; le suivant s\u2019intitule « Notre chute est imminente ».Le succès que connaîtra ce roman l\u2019est assurément aussi.Natalia Wysocka L\u2019art de l\u2019horreur Rivière-au-Cerf- Blanc ?Véronique Drouin, Québec Amérique, Montréal, 216 pages Véronique Drouin offre un deuxième récit d\u2019horreur dans lequel les personnages, les petits détails et la tension sont au service du genre.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR En littérature, c\u2019est déjà difficile pour les femmes d\u2019avoir une crédibilité.En littérature de genre, ce n\u2019est pas plus évident.Quand on voit un nom féminin sur la couverture d\u2019un roman d\u2019horreur on se dit : \u201cBon, ce sera sans doute un Harlequin avec quelques frissons.\u201d Mais le spectre dans l\u2019horreur est aussi large que dans n\u2019importe quel autre genre.VÉRONIQUE DROUIN » je ne veux pas juste faire de l\u2019horreur pour faire de l\u2019horreur.Je veux montrer des choses, explorer.Au cinéma, l\u2019horreur intelligente commence à prendre du terrain, avec les Jordan Peele de ce monde qui a fait Get out et Us.J\u2019ai toujours apprécié l\u2019horreur, mais à l\u2019adolescence je me demandais bien pourquoi dans les slashers comme Friday the 13th il fallait que les personnages fassent des affaires aussi stupides pour servir l\u2019histoire », poursuit-elle.Ainsi, bien que le sang coule à quelques endroits dans Rivière-au- Cer f-Blanc, la tension dramatique et la psychologie des personnages dominent.« On a essayé de garder l\u2019essentiel, rester dans l\u2019évocation.On ne sait pas exactement ce qu\u2019est la menace, ce qui permet à chacun de l\u2019interpréter.Chaque lecteur a sa perception de ce qui est horrible.De toute façon, dans l\u2019horreur, moins on en dit, plus le frisson est efficace.Je n\u2019ai pas voulu m\u2019interposer dans l\u2019imagination du lecteur.» Durs préjugés Bien que la littérature de genre soit tout aussi diversifiée, riche et éclatée que la littérature en général, il reste selon l\u2019auteure, lauréate du Prix du Gouverneur général en 2017 pour son roman jeunesse L\u2019importance de Mathilde Poisson, beaucoup de préjugés entourant le genre.D\u2019autant plus s\u2019il est écrit par une femme.« En littérature, c\u2019est déjà dif ficile pour les femmes d\u2019avoir une crédibilité.En littérature de genre, ce n\u2019est pas plus évident.Quand on voit un nom féminin sur la couverture d\u2019un roman d\u2019horreur on se dit : \u201cBon, ce sera sans doute un Harlequin avec quelques frissons\u201d.Mais le spectre dans l\u2019horreur est aussi large que dans n\u2019importe quel autre genre.Il y a du mauvais et de l\u2019excellent.Malheureusement, souvent les gens pensent automatiquement que, parce que c\u2019est de l\u2019horreur, c\u2019est mal écrit, gratuit, un peu stupide et rempli d\u2019hémoglobine.Ce n\u2019est pas facile de se faire un nom avec tous ces préjugés.» De même, par peur de ne pas être prise au sérieux, et pour se distancier aussi un peu de la littérature jeunesse, Véronique Drouin a publié une série de science-fiction tout public, « Amblystome », sous pseudonyme.« Ce fut ef ficace d\u2019une certaine façon.Je sentais qu\u2019on critiquait l\u2019histoire, et non la personne derrière.D\u2019ailleurs, la plupart des gens pensaient que ce M.V.Fontaine était un homme », ajoute-t-elle, un sourire en coin.Mais le lectorat adolescent, à qui Rivière-au-Cerf-Blanc est destiné, est peu perméable à ces préjugés.Friands d\u2019horreur, les adolescents aiment sans conteste Patrick Senécal, Stephen King, Marilou Addison\u2026 Ils pourront ainsi ajouter les romans de Véronique Drouin à leurs lectures, si ce n\u2019est déjà fait.L\u2019auteure sera au SILQ du 10 au 13 avril. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Le Devoir, rigoureux de nature Pour soutenir la couverture environnementale du Devoir, abonnez-vous?! www.ledevoir.com/promo-environnement BÉDÉ The Black Holes ?Borja González, traduit de l\u2019espagnol par Christilla Vasserot, Dargaud, Paris, 2019, 128 pages À première vue, The Black Holes intrigue: ses panneaux épurés et ses personnages sans visages sont décidément uniques.Ses tons sombres, son usage calculé des couleurs vives, ses images évocatrices: on ne peut qu\u2019être fasciné par ses dessins.Par contre, en ce qui a trait la narration, l\u2019ouvrage laisse à désirer.On suit Laura, Gloria et Cristina, trois jeunes filles à la verve rebelle, qui décident par un soir d\u2019été de former leur propre groupe punk.Seul problème: aucune d\u2019elles ne sait jouer d\u2019un instrument, et elles sont toutes aussi novices lorsque vient le temps d\u2019écrire leurs paroles.Mais Laura semble avoir une source d\u2019inspiration assez étrange qui s\u2019incarne à travers Teresa, une jeune adolescente du XIXe siècle aux intérêts hors norme et aux poèmes macabres.L\u2019histoire bascule constamment entre passé et présent, vie et mort, poésie et absurde, et on en sort malheureusement plus perplexe et ennuyé qu\u2019inspiré.Sarah Boumedda BÉDÉ JEUNESSE Un billet pour nulle part ?Nunumi, Front Froid, Montréal, 2019, 92 pages On ne sait pas trop ce qui se passe exactement ni pourquoi ni comment : tout ce que l\u2019on sait lorsqu\u2019on entame la lecture d\u2019Un billet pour nulle part, c\u2019est qu\u2019une fillette attend l\u2019autobus de 9h un petit matin, valise en main, destination inconnue.Accompagnée d\u2019une petite flamme noire qui s\u2019échappe de ses bagages, elle entame donc son voyage en embarquant dans cet autobus à la route mystérieuse \u2014 sauf que ses passagers, franchement, sont bizarres.Un peu trop même, et ça bouleverse complètement son aventure.Elle descend donc de l\u2019autobus, attend le prochain, et rebelote.Au fil des pages, on se rend bien vite compte que ces bus étranges ressemblent un peu (beaucoup) à notre trajet insolite à nous, dans notre vie moderne de tous les jours.Analogie intelligente racontée à travers des dessins sympathiques et un minimum de dialogue, Un billet pour nulle part est une lecture courte qui engendre beaucoup de questions et peu de réponses \u2014 mais comme on l\u2019apprend aussi ici, c\u2019est le chemin qui compte, après tout.Sarah Boumedda Stéphane Dompierre possède ce don phénoménal d \u2019établ ir une conversation avec le lecteur digne de celles qu\u2019il entretient avec ses amis, comme s\u2019il était invité à sa table, où qu\u2019il lui emboîtait le pas sur le trottoir, lui chuchotant à l\u2019oreille toutes les réflexions absurdes et soucieuses qui le démangent.Dans Marcher sur un Lego® et autres raisons d\u2019aimer la vie, l\u2019auteur commente les petits irritants et incongruités du quotidien, des lutins de Noël \u2014 « cette chose n\u2019est pas que décorative (et laide), non, elle vient avec des règles.Des responsabilités.» \u2014 aux spectacles de garderie, en passant par les préfaces, les allergies alimentaires, les imprimantes, les expressions sans queue ni tête et les clowns, « qui achètent notre confiance, sournoisement, un caniche en ballon à la fois».Chaque chapitre est consacré à l\u2019une de ces aberrations de la vie en société, imageant avec un sens du récit et de la comédie évident les situations exaspérantes dans lesquelles chacun d\u2019entre nous se retrouvera à un moment ou à un autre, disant tout haut ce que plusieurs tentent de balayer du revers de la main, mais rongent au fond d\u2019eux-mêmes.Ses commentaires narquois, émis sur le ton du bavardage de salon, sont d\u2019une perspicacité et d\u2019une justesse inouïes et suscitent tant l\u2019hilarité que la grimace.D\u2019un thème à l\u2019autre, l\u2019auteur passe du conventionnel à l\u2019insolite, ressassant inévitablement quelques clichés au passage.Bien que le récit menace à tout moment de sombrer dans le cabotinage, chaque page de cette litanie de sarcasme anecdotique est susceptible de receler une perle à partager et à décortiquer.Une œuvre désinhi- bée et cocasse, à déguster à petites bouchées pour déjouer la solitude ou l\u2019irritation chronique.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec L\u2019auteur sera présent au SILQ les 13 et 14 avril.Vivre sa vie, un irritant à la fois Marcher sur un Lego® et autres raisons d\u2019aimer la vie ?Stéphane Dompierre, Québec Amérique, Montréal, 2019, 232 pages | 3 3 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Incident à Twenty-Mile ?1/2 Trevanian, traduit de l\u2019anglais par Jacques Mailhos, Gallmeister, Totem, Paris, 2019, 366 pages CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Avec les années, Trevanian est devenu un auteur culte.Se tenant loin des projecteurs et publiant sous divers pseudonymes, il a même été donné pour mort à quelques reprises.Diplômé en théâtre, il a enseigné la mise en scène puis le cinéma à l\u2019université, avant d\u2019habiter le Pays basque avec sa famille puis d\u2019aller s\u2019installer en Angleterre.On s\u2019entend aujourd\u2019hui sur le fait qu\u2019il est décédé (vraiment?) en 2005 et que son profil le plus fidèle est celui d\u2019une fulgurante comète littéraire.Rodney Whitaker, de son vrai nom, a tourné des courts métrages, écrit des essais et des nouvelles et n\u2019a publié que six romans noirs \u2014 le premier (La sanction) fut adapté au cinéma par Clint Eastwood \u2014, dont trois mettent en scène un esthète raffiné en tueur professionnel.Les histoires qu\u2019il raconte se déroulent un peu partout à travers le monde \u2014 La Main se passe dans le Montréal des années 1960 et L\u2019été de Katya, dont nous avons parlé ici l\u2019an dernier, au Pays basque \u2014 et endossent chaque fois un ton et une écriture différente.L\u2019éditeur français Gallmeister publie ces jours-ci dans sa collection poche (Totem) un livre remarquable répondant à la définition du western type.L\u2019occasion est trop belle pour ne pas revenir sur une figure exceptionnelle\u2026 Nous sommes en 1898, à Twenty- Mile, un petit bled perdu dans la chaîne de montagnes Medicine Bow, au Wyoming; c\u2019est en fait la seule station du chemin de fer reliant une mine d\u2019argent et la ville de Destiny, au pied des montagnes.C\u2019est là qu\u2019arrive un jour le jeune Matthew, à peine 18 ans, espérant trouver du travail.La ville est dans un état de délabrement avancé et personne dans la quinzaine d\u2019habitants qui y restent n\u2019a de travail pour lui.Mais Matthew est tenace : comme son héros, Ringo Kid\u2026 Le nouveau venu réussit à s\u2019incruster et on aura bientôt tous les archétypes du western : le kid, le saloon et ses vieilles putes au cœur d\u2019or, le joueur de poker, le prédicateur atrabilaire, le commerçant philosophe, la jeune première et, bien sûr, le hors- la-loi violent, mauvais comme il n\u2019est pas permis de l\u2019être, qui se déchaîne sur la ville comme une tornade.Tout est là.Et tout éclate brusquement.Mais Trevanian ne se contente pas de raconter une histoire; il la fait s\u2019animer devant nous en s\u2019appuyant sur des personnages réels, concrets et merveilleusement complexes.Matthew par exemple, est un « petit garçon brisé», comme le devinera rapidement Lieder, le hors-la-loi ; c\u2019est à cause de cela qu\u2019il en viendra peu à peu à jouer l\u2019improbable rôle du héros.Oh, il y a bien quelques clichés ici et là, mais ils sont voulus, évidemment, et exploités au maximum pour la couleur locale.L\u2019emprise des truands de Lieder sur la ville se fera si totale et si menaçante qu\u2019un orage titanesque viendra marquer un point de non-retour.Twenty-Mile ne sera tellement plus la même qu\u2019elle cessera d\u2019exister deux jours après la conclusion du drame.Pour cela, Trevanian s\u2019est inspiré de la véritable histoire de ce coin perdu dont il a retrouvé les principaux personnages jusqu\u2019à Seattle, un quart de siècle plus tard.L\u2019histoire est étonnante, prenante à plusieurs niveaux \u2014 intrigue, personnages, descriptions des rêves évanouis d\u2019une fin d\u2019époque, etc.\u2014, mais c\u2019est d\u2019abord la plasticité, la souplesse et la vivacité de l\u2019écriture de Trevanian qui vous séduira d\u2019abord.Cet homme peut parler de tout, de toutes les façons, en réussissant à mettre à nu, chaque fois, ce qui est le plus important.C\u2019est rare\u2026 Le bon, la brute et\u2026 Trevanian Un western classique illustrant l\u2019étonnante vivacité d\u2019une écriture trop mal connue Le nouveau monde paysan au Québec ?Stéphane Lemardelé, La boîte à bulles, Saint-Avertin, 2019, 256 pages CRITIQUE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR Le modèle économique actuel, basé sur la productivité coûte que coûte et sur la croissance infinie, est de plus en plus remis en question par des individus qui constatent que ce n\u2019est peut-être pas la meilleure façon d\u2019interagir avec notre environnement.L\u2019agriculture, un des fondements de notre système social et économique, n\u2019y échappe pas et de plus en plus d\u2019agriculteurs se demandent s\u2019il n\u2019existe pas une autre façon de faire que de gérer une ferme comme on gère un fournisseur de biens de consommation, c\u2019est-à-dire en privilégiant une structure basée sur la rentabilité reposant principalement sur des quotas et des économies d\u2019échelle.Une rencontre avec ces fermiers résistants encore et toujours à l\u2019envahisseur, c\u2019est ce que nous propose Stéphane Lemardelé dans Le nouveau monde paysan au Québec, un magnifique bédéreportage qui, force est de constater, bouleverse notre rappor t à ce que nous retrouvons dans notre assiette.Le fil conducteur de ce long reportage est la récolte communautaire de l\u2019ail à la ferme de Christian Marcotte, située à Pigeon Hill, ancien village qui fait maintenant partie de Saint- Armand (oui, le fameux village si souvent décrit par Pierre Foglia), dans la région de Brome-Missisquoi, tout près de la frontière américaine.Lemardelé se sert de ce prétexte pour nous présenter plusieurs néo- fermiers installés dans cette région qui ont décidé de penser l\u2019agriculture autrement que par le modèle inadéquat, pour eux, proposé par l\u2019Union des producteurs agricoles et le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation.Et, surtout, qui en sont bien heureux ! Le dessin est tout simplement remarquable.Lemardelé, qui a collaboré à des productions cinématographiques à titre de story-boarder avant de se lancer dans la bédé maîtrise parfaitement le découpage du scénario et le cadrage, et nous offre de somptueux paysages dans des tons d\u2019ocre, parsemant le tout, ici et là, de quelques taches de bleu charron et de turquoise qui contribuent à donner du relief à l\u2019ensemble.Ne soyez pas surpris si vous restez pris quelques minutes à contempler certains dessins qui sont tout simplement admirables.En toute honnêteté, personne n\u2019a trop envie de se faire faire la morale à la lecture de cette bédé, mais heureusement, ce piège est évité.En laissant la parole aux principaux artisans de ce mouvement, Lemardelé se place en position d\u2019observateur et nous laisse tirer nos propres conclusions, à savoir qu\u2019il est grand temps de restructurer le modèle de production agricole pour faire une place à une façon de faire qui fonctionne et qui, surtout, peut être complémentaire à ce qui est déjà proposé.Toutefois, cela veut dire que le consommateur devra lui-même repenser ce qu\u2019il consomme (dans tous les sens du terme) et qu\u2019il cesse d\u2019exiger des fraises en janvier à coût abordable.Dans tous les cas, Le nouveau monde paysan au Québec contribue positivement au débat, ce qui est, en soi, une belle réussite.L\u2019auteur sera au SILQ les 13 et 14 avril.Oui, l\u2019amour est dans le pré ! Stéphane Lemardelé signe un bédéreportage qui contribue à la réflexion sur la consommation Trevanian publie un livre remarquable répondant à la définition du western type.WIKICOMMONS STÉPHANE LEMARDELÉ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 3 4 | DOCU-ROMAN La folle enquête de Stieg Larsson ?Jan Stocklassa, traduit du suédois par Julien Lapeyre de Cabanes, Flammarion, Paris, 2019, 448 pages Le 28 février 1986, le premier ministre suédois Olof Palme est abattu dans les rues de Stockholm.Pourquoi ?Et par qui?Plusieurs pistes ont été soulevées depuis (un tueur toxicomane, une organisation néo- nazie, des assassins à la solde du régime de l\u2019apartheid), mais le crime n\u2019a jamais été résolu.Avant son décès par crise cardiaque le 9 novembre 2004, Stieg Larsson a lui-même tenté d\u2019élucider le mystère.Pour lui, c\u2019était « l\u2019affaire d\u2019une vie ».Pour Jan Stocklassa, ça ne l\u2019était pas.Pourtant, une fois que ce reporter a obtenu l\u2019accès aux archives secrètes du défunt auteur de Millénium, il s\u2019y est fait aspirer.C\u2019est d\u2019ailleurs après huit années passées à les fouiller, ces archives, qu\u2019il publie ce «roman-documentaire ».En marchant dans les pas de Larsson, Stocklassa dresse ainsi le por trait du regretté jour naliste, bour reau de travail abonné aux vices du métier : le café, les cigarettes et le non-respect des heures de tombée.Sans oublier le combat acharné que Larsson aura mené contre l\u2019extrême droite, la corruption, la xénophobie.Un triste écho avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui.Certes, le lecteur doit rester attentif.Sinon, il risque vite de penser que tous ces protagonistes qui s\u2019appellent Pettersson ne font qu\u2019un et que la Suède est exclusivement peuplée de trois gars nommés Carl, Hans et Lars.Il devra aussi fermer l\u2019œil sur des grossièretés de traduction (exemple : ce resto « greasy spoon » qui devient\u2026 une « éponge grasse »).Reste que le travail de Stocklassa, qui consiste notamment à avoir décrypté des écrits de la CIA, est colossal.Et que ses réelles rencontres ont un côté romanesque : cet ex- agent des services secrets suédois louche exilé en République turque de Chypre du Nord.Cette hackeuse croisée dans un bar sinistre de Prague.Cette actrice qui, comme Henrik Vanger (le vieil homme qui recevait une fleur à chaque année dans le premier tome de Millénium), vit « esseulée avec ses secrets au milieu d\u2019un grand manoir ».Bref : des espions, des « crinqués » et des pâtisseries suédoises.La recette d\u2019un bon polar.Mais un vrai.Natalia Wysocka Salut, Stieg Larsson ! HISTOIRE L\u2019histoire des p\u2019tits gâteaux Vachon, 1923-1999 ?1/2 Dave Corriveau, Septentrion, Québec, 2019, 188 pages Chaque gâteau Jos Louis recèle l\u2019histoire de ses créateurs, la famille Va- chon.De 1923 à 1999, elle constitua le cœur d\u2019une entreprise qui « a laissé dans l\u2019esprit de nombreux Québécois [\u2026] une image de réussite, un modèle à suivre, une source d\u2019inspiration et de fier té », af firme Dave Corriveau dans cette savoureuse histoire de sucre et d\u2019audace, comme le sous-titre l\u2019indique.Voici donc le récit documenté d\u2019une saga familiale qui débute en 1923.Cette année-là, avec 15 $ en banque, Joseph-Arcade Vachon et son épouse Rose-Anna, née Giroux, achètent une boulangerie à Sainte- Marie de Beauce.Pour Rose-Anna, véritable femme d\u2019affaires pionnière, et la famille, le succès viendra à force de créativité, de détermination, de contacts et d\u2019organisation efficace du travail.Vers la fin des années 1920, on propose aux ménagères des petits gâteaux économiques emballés dans du papier cellophane, une première à l\u2019époque.Et une révolution.La famille traverse la crise des années 1930, puis inaugure une nouvelle usine en 1937.Désormais, l\u2019entreprise prépare des pâtisseries à la chaîne, entre autres pour l\u2019armée canadienne durant la Seconde Guerre mondiale.Les années 1950 marquent l\u2019âge d\u2019or de la compagnie, devenue une force commerciale et industrielle.Aux ½ Lune et autres gâteries s\u2019ajoutent les produits de la filiale Diamant.Puis, ce sont les acquisitions, la syndicalisation, l\u2019envie de vendre.Soucieux de maintenir l\u2019entreprise au Québec, le Mouvement des caisses Desjardins l\u2019achète en 1970, puis Saputo en 1999, qui la cède à la multinationale mexicaine Gr upo Bimbo en 2015.Triste fin.De sa plume aler te, Dave Corri- veau propose un apport convaincant à l\u2019histoire des af faires au Québec, un champ peu exploré.Mais surtout, il démontre avec brio que Va- chon inc.fut « la preuve tangible que les Québécois peuvent devenir de grands industriels et qu\u2019ils ne sont pas nécessairement nés pour un petit pain ».Sébastien Vincent L\u2019auteur sera au SILQ les 10, 12 et 13 avril.Une incroyable réussite CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Les quelques kiosques à journaux incendiés à Paris pendant un récent épisode de protestation des « gilets jaunes» \u2014 insérer ici l\u2019image d\u2019un petit groupe s\u2019offrant un égoportrait devant une ruine fumante \u2014 sont un symbole puissant qui nous rappelle, s\u2019il le fallait, combien les temps ont changé.Pour Jean Rouaud, un kiosque à journaux est aussi une machine à remonter le temps.Avec trente ans de recul, l\u2019écrivain s\u2019y replonge sans lourdeur ni nostalgie dans Kiosque, cinquième volet de «La vie poétique», une série autobiographique amorcée en 2011 avec Comment gagner sa vie honnêtement, où il explore les hauts et les bas de son corps à corps avec la vocation littéraire, qui finira par l\u2019emporter.En novembre 1990, alors qu\u2019il recevait à 37 ans le prix Goncourt pour Les champs d\u2019honneur (Minuit), son tout premier livre, Jean Rouaud était marchand de journaux dans un kiosque de la rue de Flandre, du 19e ar rondissement de Paris, un quartier populaire et plutôt multieth- nique de la capitale française.Il revient sur cette expérience capitale dans son parcours d\u2019écrivain.Pendant sept ans, avant d\u2019être publié, l\u2019apprenti écrivain y a supporté l\u2019exiguïté, la chaleur insupportable en été, le froid en hiver \u2014 il n\u2019y avait pas de chauffage, même lorsque le mercure frôlait le zéro.Un quotidien fait de doigts engourdis, de pieds gelés et d\u2019envies pressantes.Et une marginalité parfaitement assumée.« L\u2019habitacle relevait de la capsule spatiale, l\u2019apesanteur en moins », se souvient-il.Sor te de « théâtre de marionnettes », à ses yeux, l\u2019endroit était une plaque tournante d\u2019humanité tranquille, un lieu de rencontre, d\u2019échange et de débats autour duquel gravitait une clientèle d\u2019habitués du quartier.« Selon l\u2019arrivage des catastrophes, comme le monde entier débarquait à notre kiosque, je bénéficiais ainsi des éclairages de ceux qui savaient de l\u2019intérieur et plus justement de quoi il retournait.» La guerre en Yougoslavie ?Elle a commencé devant son kiosque.Le débat sur la pyramide du Louvre, lui, y a fait rage pendant des semaines.Alors qu\u2019il avait craint que l\u2019édicule de la rue de Flandre ne précipite le naufrage de ses illusions littéraires \u2014 lui qui avait quitté Nantes avec seulement quatre livres dans ses bagages, dont les Notes de ma cabane de dix pieds carrés, du Japonais Kamo no Chômei\u2026 C\u2019est aussi l\u2019occasion pour Jean Rouaud de se livrer à un examen du passé, puisant une fois encore dans l\u2019inventaire de la mémoire familiale.Pour l\u2019écrivain, qui trace tranquillement sa voie depuis Les champs d\u2019honneur, l\u2019édicule de la rue de Flandre a surtout été une école d\u2019humilité et une formidable encyclopédie in vivo.Le président des ronchonneurs, l \u2019homme à la barbe assyrienne, le peintre maudit ou celui que tous appelaient « Chirac » : Jean Rouaud redonne vie à toute une galerie de personnages et d\u2019êtres humains qui flottaient autour de son kiosque et auxquels, avec lucidité, il reconnaît devoir beaucoup.Jean Rouaud en apesanteur L\u2019auteur des Champs d\u2019honneur se souvient de ses années de marchand de journaux Jean Rouaud publie le cinquième volet d\u2019une série autobiographique amorcée en 2011 avec Comment gagner sa vie honnêtement.BERTRAND GUAY Kiosque ?1/2 Jean Rouaud, Grasset, Paris, 2019, 288 pages | 3 5 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Le Rwanda des Québécois Le 6 avril 1994 fut une date funeste pour le Rwanda, petit pays d\u2019Afrique de l\u2019Est d\u2019environ sept millions d\u2019habitants à l\u2019époque.Ce soir-là, à Kigali, l\u2019avion du président Habyari- mana était abattu dans un attentat marquant le début du génocide, qui fera un million de morts en quelques mois.25 ans plus tard, la tragédie continue de susciter la polémique.Dans une remarquable analyse du rôle ambigu joué par les États-Unis dans cette affaire, la professeure américaine Helen C.Epstein note, dans The Guardian (12 septembre 2017), que peu de sujets sont aussi clivants que l\u2019histoire moderne du Rwanda.On débat encore avec virulence, par exemple, pour établir la responsabilité de l\u2019attentat contre l\u2019avion présidentiel.Plusieurs enquêtes accusent le Front patriotique rwandais (FPR), l\u2019armée rebelle tut- sie, mais l\u2019actuel président autoritaire du pays, Paul Kagame, issu des rangs du FPR, criminalise ceux qui adhèrent à cette conclusion.Échos québécois Le Rwanda a beau être très loin d\u2019ici, son drame a eu de forts échos au Québec.D\u2019abord, des milliers de coopérants québécois œuvrent dans ce pays à partir des années 1960.De plus, la mission de l\u2019ONU pour le maintien de la paix au Rwanda en 1993 était sous la direction militaire du général Roméo Dallaire.Ce dernier a su raconter, avec émotion, l\u2019horreur du génocide et ses remords quant à l\u2019échec de sa mission, contribuant ainsi à la prise de conscience québécoise de la tragédie.En 1997, le Québec, où vivait déjà le controversé Léon Mugesera, accueillait Corneille, rescapé du génocide, dont la chanson Seul au monde a donné un visage intime à la catastrophe.En 2000, dans son roman Un dimanche à la piscine à Kigali (Boréal), Gil Courtemanche racontait puissamment l\u2019horreur rwandaise.Trois ans plus tard, dans son brûlot Ça ne s\u2019est pas passé comme ça à Kigali (Les Intouchables), Robin Phil- pot créait une commotion en contestant la version officielle des événe- ments.Selon le journaliste, la thèse résumant l\u2019affaire à un génocide perpétré par de méchants barbares hu- tus, avec l\u2019aide de la France, contre de bons Tutsis innocents était inexacte.La principale responsabilité des événements, plaidait-il, revenait à l\u2019armée rebelle tutsie dirigée par Kagame et à ses alliés américains.Philpot, pour avoir tenu de LOUIS CORNELLIER CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Aujourd\u2019hui, la division complexe de l\u2019opinion au Royaume-Uni sur l\u2019accord de retrait du pays de l\u2019Union européenne n\u2019est pas sans rappeler le conflit politique entre conservateurs et progressistes britanniques à propos, en 1836, d\u2019une colonie, le Bas-Canada: l\u2019actuel Québec.Le flegme légendaire des Anglo-Saxons cachait un bouillonnement qu\u2019exprimait l\u2019un d\u2019eux, Adam Thom, en attaquant un gouvernement libéral et, pour lui, «francisé»! L\u2019historien québécois François Des- champs, déjà auteur d\u2019un ouvrage sur le sujet, livre, avec présentation, notes et annexes, la première traduction des «Lettres anti-françaises» de Thom, rédacteur en chef du Montreal Herald.Elles s\u2019adressent en 1835-1836 à Archibald Gosford, gouverneur en chef de l\u2019Amérique du Nord britannique.L\u2019ultraconservateur s\u2019en prend à Gos- ford qui, en accord avec le premier ministre libéral de la Grande-Bretagne, Melbourne, tente une conciliation avec la majorité du Bas-Canada.Né en Écosse mais plus anglo-saxon que celtique d\u2019esprit, Adam Thom (1802-1890) défend l\u2019unité de l\u2019Empire britannique dont il vante la suprématie sur les Français ou les Canadiens d\u2019alors, descendants de Français.Nullement homme d\u2019affaires puisqu\u2019il est dénué de l\u2019entregent nécessaire à la profession, il reste un propagandiste qui glorifie le commerce anglais par la plume.Il explique l\u2019hégémonie marchande de Londres sur une grande partie du globe par la maîtrise des mers qu\u2019exerce la capitale.Dans la présentation et les notes, Deschamps montre avec pertinence que l\u2019idéal ultraconser vateur de Thom se heurte au libéralisme du gouvernement colonial qui, selon le style enflammé du pamphlétaire, « s\u2019allie » avec « les ennemis français de la race anglaise », fragment d\u2019une lettre à Gosford que l\u2019historien choisit comme titre de l\u2019ouvrage.Au dire de Thom, cela conduit à « la suprématie française dans cette colonie » et aux « horreurs pas très éloignées d\u2019une guerre civile ».Deschamps décèle finement que le racisme anglo-saxon du pamphlétaire finit par l\u2019emporter sur la fidélité aux institutions britanniques.L\u2019influence de Thom sur des marchands, des banquiers, des magistrats anglo-montréa- lais et des miliciens ultraconservateurs conduit en 1849 à l\u2019incendie criminel du parlement du Canada-Uni, alors situé à Montréal, et au désir que manifestent des anglophones d\u2019ici d\u2019annexer le Canada-Est (futur Québec) aux États-Unis.Conspirationniste délirant, Thom craint comme la peste en 1835 que Gosford aille jusqu\u2019à sanctionner une loi « déclarant le français langue dominante » du Bas-Canada.Mais, de ce côté-ci de l\u2019Atlantique, le progressisme britannique est beaucoup trop faible pour que l\u2019on puisse même rêver à un tel avancement.Le Québec et le paradoxe britannique En 1836 à Montréal, l\u2019outrance verbale d\u2019Adam Thom reflétait un phénomène profond Né en Écosse, mais plus anglo-saxon que celtique d\u2019esprit, Adam Thom (1802-1890) défend l\u2019unité de l\u2019Empire britannique, dont il vante la suprématie sur les Français ou les Canadiens d\u2019alors, descendants de Français.ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL Les ennemis français de la race anglaise ?1/2 Notes de François Deschamps, traduit de l\u2019anglais par Marie Caron, Septentrion, Québec, 2019, 320 pages tels propos, a été injustement accusé de négationnisme, notamment par Courtemanche.J\u2019ai lu des dizaines de livres et vu plusieurs films sur le sujet depuis 25 ans.Deux raisons expliquent cet intérêt : le puissant sentiment d\u2019horreur ressenti devant les massacres et un désir de vérité.Je n\u2019ai, dans cette affaire, ni amis ni camps à défendre.Je ne m\u2019intéresse à cet écheveau inextricable que par humanité.Le devoir de mémoire qui s\u2019applique à la Shoah concerne aussi ce qu\u2019on a appelé le «dernier génocide du XXe siècle ».Analyse sobre Le meilleur éclairage sur toute l\u2019affaire se trouve, pour autant que je puisse en juger, dans Le génocide des Tutsi au Rwanda (PUF, « Que sais-je ?», 2017), un petit livre-syn- thèse du constitutionnaliste belge Filip Reyntjens, spécialiste interna- tionalement reconnu de l\u2019histoire rwandaise, soucieux de proposer « une analyse et une interprétation plus sobres de ce drame ».La réalité du génocide contre les Tutsis ne fait pas de doute, ex- plique-t-il, et les principaux responsables en « sont évidemment ceux qui l\u2019ont commis, c\u2019est-à-dire les extrémistes hutu et les milliers d\u2019individus qu\u2019ils ont entraînés à commettre le crime ».Ces tueurs, précise toutefois Reyntjens, ont souvent été motivés par la peur.De qui ?De l\u2019armée rebelle tutsie (FPR), qui, en multipliant les attaques, les attentats et les meurtres de masse à partir de l\u2019Ouganda et en faisant capoter le processus de paix pour mieux s\u2019emparer du pouvoir, savait que ses actions mettaient « en péril de façon aiguë les Tutsi de l\u2019intérieur ».Le FPR, au pouvoir depuis, porte donc lui aussi une lourde responsabilité dans la tragédie \u2014 dans son autobiographie, Corneille l\u2019accuse d\u2019avoir tué les membres de sa famille \u2014, même si, contrairement aux tueurs hutus, il bénéficie «d\u2019une impunité totale » depuis 25 ans.La communauté internationale, enfin, particulièrement la Belgique, la France et les États-Unis, mérite le blâme pour son inaction, alors que la possibilité d\u2019empêcher le carnage existait.Ceux qui tentent de relativiser le génocide des Tutsis sont condamnables, écrit Reyntjens, mais ceux qui réduisent l\u2019affaire à « une histoire de bons et de méchants » font aussi fausse route.« L\u2019interdiction de dire toute la vérité, y compris la vérité judiciaire, contribue aux ressentiments et aux haines qui continuent de hanter le Rwanda », conclut Reyntjens, en visant notamment les dirigeants actuels du pays.Cette histoire, qui est un peu la nôtre, devrait nous intéresser. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 3 6 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR La maternelle quatre ans?Jean Désy, lui, a un autre projet en tête pour les proverbiales générations futures.«J\u2019imagine un gouvernement sudiste qui choisirait chaque année d\u2019envoyer au Nunavik une proportion significative d\u2019étudiants québécois afin qu\u2019ils vivent plusieurs expéditions dans la toundra, guidés par des Inuits», propose le soignant et poète dans Être et n\u2019être pas.Chronique d\u2019une crise nordique.À partir de ses journaux personnels, de ses carnets et de ses correspondances, l\u2019éternel nomade de 65 ans raconte dans cet essai aussi dur qu\u2019émerveillé quatre années de fly-in, fly-out entre son port d\u2019attache de Sainte-Bri- gitte-de-Laval et le village de Salluit, où il vivait la vie belle, éreintante et imprévisible d\u2019un médecin dépanneur.« Comme nordiste, ça me tentait de rappeler aux gens du Sud que le Nord existe et que le Nord, c\u2019est chez nous, confie au bout du fil celui qui pratique dans le Grand Nord depuis près de 30 ans.Qu\u2019on me comprenne bien : je ne veux pas m\u2019approprier un territoire inuit, mais dire que ce territoire est à tout le monde, dans la mesure où on veut l\u2019aimer.Plus on va l\u2019habiter et le connaître, ce Nord-là, plus on va découvrir des trésors civilisationnels et humains qui viennent enrichir ce qu\u2019on est.Et moins on va avoir envie de penser que les Inuits font pitié de rester là.» En attendant que ce programme gouvernemental de séjours nordiques soit implanté, la visite par procuration à laquelle convie Jean Désy contribuera sans doute à ce que le Grand Nord se forge un authentique espace dans l\u2019imaginaire de ceux dont les semelles de bottes n\u2019ont jamais touché le pergélisol.C\u2019est un vrai Nunavik, loin des clichés de boutiques souvenirs, qui apparaît chaque fois que le docteur soigne les petits et moins petits bobos d\u2019une vieille dame gentiment malcommode.C\u2019est un vrai Nunavik qui apparaît, loin de l\u2019anonymat des tableaux de statistiques, quand, nuit après nuit, fait irruption au dispensaire la tragédie de la dépendance.«Le peuple inuit est un peuple résilient, puissant dans sa culture, sa langue, ses mythes, dans sa capacité à survivre au cœur d\u2019un désert froid, observe Jean Désy.Mais si on le coupe des sources vives de la toundra et qu\u2019il est envahi par ce qui vient du Sud, il peut facilement entrer dans un état de rétrécissement existentiel majeur.» Bien qu\u2019ils ouvrent une fenêtre sur le monde, les réseaux sociaux alimenteraient au Nord le même type d\u2019isolement qu\u2019au Sud, souligne le médecin, à la différence près que les Inuits du Nunavik sont pratiquement confinés à leur village.Seul moyen de fuir : un billet d\u2019avion au coût exorbitant\u2026 ou le suicide.Selon le Centre d\u2019expertise et de référence en santé publique, le taux de suicide au Nunavik était, pour la période 2014-2016, sept fois plus élevé chez les hommes, et cinq fois plus chez les femmes, que dans l\u2019ensemble du Québec.«Il y a une dichotomie majeure entre ce que le monde inuit a pu être et ce qu\u2019il est devenu.C\u2019est pas facile pour des gars et des filles de 25 ans, qui n\u2019ont pas fréquenté l\u2019école, qui ne vont pas dans la toundra, et qui voient tout ce qui se passe ailleurs dans le monde grâce au Web, de ne pas se sentir pris au piège.S\u2019il fallait, quand je suis dans le Nord, que je ne puisse pas aller ramasser des moules ou descendre une rivière, je virerais fou.C\u2019est essentiel comme contre-balancier.C\u2019est indubitable à mon point de vue que pour être bien dans le Nord, il faut l\u2019habiter.Et habiter le Grand Nord, ce n\u2019est pas être prisonnier d\u2019une maison surpeuplée.» En « état de poéticité » Comment donc apaiser cette désespérance ?Une sortie de crise passe concrètement, selon Jean Désy, par un contrôle temporaire de la présence de l\u2019alcool au Nunavik, « parce qu\u2019à peu près toutes les violences que j\u2019ai vécues dans le monde autochtone y sont associées ».Ce contrôle, précise-t-il, ne peut venir que des communautés elles- mêmes, tout comme cette af firma- tion identitaire qu\u2019il appelle de ses vœux, en évoquant l\u2019exemple innu «dont la parole est entendue comme jamais depuis dix ou quinze ans, grâce à des artistes fascinants, une richesse qui donne l\u2019envie de vivre à plein de monde sur la Côte-Nord».«Je me dis que, plus ardemment que jamais, le Nord doit replonger dans ses sources poétiques et créatrices, celles qui sont les plus intimes et les plus harmonieuses», suggère-t-il dans un des nombreux passages d\u2019Être et n\u2019être pas célébrant un «état de poéticité» à trouver dans l\u2019art, ainsi que dans un contact étroit avec la nature.Une profession de foi envers un rapport intense aux grands espaces, et à nos vies intérieures, que l\u2019écrivain réitère en d\u2019autres mots dans son plus récent recueil de poèmes, Hymne à l\u2019amoune : «Vivre jamais ne suffira / Toujours il faudra une croix / Au sommet d\u2019une montagne / Et des marcheurs en pâmoison / Devant le roux d\u2019un soleil couchant / Toujours il faudra une femme poète / Un musicien qui joue du charango en riant / Vivre jamais ne donnera tout son sens / Au grand jeu des vagues cosmiques / Qui refluent dans nos veines.» « La poésie me fascine, parce que la parole poétique va plus loin que le simple dire », explique celui qui enseigne la littérature aux étudiants en médecine de l\u2019Université Laval.«Mais être en état de poéticité, ça ne passe pas que par le poème.Un groupe d\u2019Inuits qui connaît la toundra et qui part en quatre roues pour la chasse à l\u2019outarde, il est en état de poéticité.Pour moi, être en état de poéticité, c\u2019est être dans le réel, mais dans un réel qui se situe hors des murs du quotidien.» Un état dans lequel l\u2019humanité n\u2019aurait plus les moyens de ne pas s\u2019engager.«C\u2019est essentiel pour l\u2019univers entier, pas juste pour les Inuits, de reprendre contact avec le territoire, conclut Jean Désy.Faut que les êtres humains se mettent à aimer leurs oiseaux et leurs lacs, si on veut que ces oiseaux et ces lacs-là restent vivants.» L\u2019auteur sera présent au SILQ les 12, 13 et 14 avril.Pour que nous habitions tous le Grand Nord Jean Désy, médecin et poète, raconte la beauté et la souffrance d\u2019une région qu\u2019ignore le Sud Jean Désy, l\u2019éternel nomade de 65 ans, raconte dans cet essai aussi dur qu\u2019émerveillé quatre années de vie entre son port d\u2019attache de Québec et le village de Salluit, où il séjournait en tant que médecin dépanneur.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Être et n\u2019être pas Chronique d\u2019une crise nordique Jean Désy, XYZ, Montréal, 2019, 192 pages Hymne à l\u2019amoune Jean Désy, Mémoire d\u2019encrier, Montréal, 2019, 88 pages | 37 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C U L T U R E CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Des photographies imposantes, dont cer taines posées par terre, des images d\u2019une grande précision et des salles somme toute bien dégagées.La signature Geneviève Cadieux fait toujours plaisir à voir, même après tant de présences.La galerie René Blouin propose, après trente ans de collaboration, sa treizième exposition individuelle.Ce énième solo, porté par l\u2019intitulé Ghost Ranch, est en soi l\u2019aboutissement d\u2019un projet dont elle présentait un premier élément dès 2016, lors d\u2019une expo de groupe à la même enseigne du Vieux-Montréal.L\u2019œuvre titre, d\u2019abord seule, forme désormais un diptyque.La série, qui se décline cette fois en quatre photos (et inclut deux sculptures), découle d\u2019un séjour dans le désert du Nouveau-Mexique.Le désert et la photographie québécoise ont un long parcours, avec notamment la figure de Charles Gagnon, jadis professeur de Geneviève Cadieux à l\u2019Université d\u2019Ottawa, dans les années 1970.L\u2019artiste a cependant été attirée dans la région de Santa Fe par une autre figure historique, Georgia O\u2019Keeffe.La peintre s\u2019était établie là au milieu du XXe siècle, jusqu\u2019à sa mort en 1986.Ghost Ranch est le nom d\u2019un centre de retraite de 21 000 acres, ouver t au public.O\u2019Keef fe avait une propriété à l\u2019intérieur du vaste domaine.Dans l\u2019ensemble exposé chez René Blouin, Geneviève Cadieux met en scène un arbre sous dif férentes lumières.C\u2019est comme si on regardait le même paysage à trois moments de la journée, voire à trois saisons de l\u2019année.C\u2019est le travail en atelier, à l\u2019ordinateur, mais aussi sur l\u2019image une fois imprimée, qui modifie l\u2019apparence du sujet.Le corps humain, féminin surtout, et la nature sont des motifs récurrents chez Cadieux.Et les deux sont inversement considérés par l\u2019artiste comme des paysages \u2014 les lèvres de la Voie lactée, par exemple, l\u2019œuvre installée sur le toit du Musée d\u2019art contemporain \u2014 ou comme des portraits.Le végétal dans les trois Arbre seul ne fait pas exception, tant il a de la personnalité, une âme, une posture.Portraits d\u2019arbre Geneviève Cadieux présente des photos lumineuses, rehaussées à la main Geneviève Cadieux, Arbre seul (la nuit), 2018 GUY L\u2019HEUREUX Le travail photographique de la lauréate du prix Borduas 2018, à qui on attribue souvent le mérite d\u2019avoir fait de la photo un art contemporain de premier plan, n\u2019est pas qu\u2019un exercice sur la lumière, de lumière.L\u2019actuelle expo en est un bel exemple.D\u2019or et de palladium Dès la première salle, l\u2019œuvre Arbre seul (le jour) s\u2019impose de manière très concrète, très physique.Non seulement le cadre, immense, repose sur le sol, légèrement incliné vers le mur, mais l\u2019image frappe par son réalisme.Composé de manière classique, avec la ligne d\u2019horizon aux trois quarts de la photo, le paysage semble sortir de sa représentation.Il est là, devant nous.Peu monotone, dynamique dans sa composition, ce désert est rehaussé par la teinte cramoisie du pic rocheux en arrière-plan et par le doré de l\u2019herbe sèche au premier plan.C\u2019est justement ce sol que l\u2019artiste a retouché, à la main, en appliquant de fines lignes à la feuille d\u2019or.Si délicat qu\u2019il faut s\u2019en approcher pour constater que l\u2019ef fet du soleil n\u2019y est pas pour grande-chose.Geneviève Cadieux a été formée en peinture et quelque par t, ça se sent.Cette matière si présente, cette mise en lumière\u2026 de la lumière.Georgia O\u2019Keeffe disait que ce n\u2019est pas la lumière qui frappe les choses, mais ces dernières qui surgissent dans la lumière.Cadieux reprend, peut-être inconsciemment, cette idée.Son arbre, ou le pic rocheux, de nuit ou de jour, en porte la trace.L\u2019œuvre Arbre seul (la nuit), exposée dans la deuxième salle, vibre par ses branches blanches, comme si une lumière frontale s\u2019abattait sur elle.Or, c\u2019est le palladium, que l\u2019artiste applique une nouvelle fois finement, qui rehausse cet ef fet.Le contraste avec le ciel noir si profond n\u2019est que plus saisissant.Des jeux d\u2019illusion et de poésie, l\u2019expo Ghost Ranch en of fre plein.Même les sculptures donnent l\u2019impression de subir l\u2019ef fet d\u2019un éclairage, alors qu\u2019elles n\u2019en sont qu\u2019une représentation.Les deux sphères Sans titre, déposées devant des photographies, prennent même le rôle d\u2019une lune, ou d\u2019un soleil, dont les rayons éclairent le désert.Le parcours se conclut d\u2019ailleurs admirablement dans la troisième salle avec Arbre seul (à l\u2019aube).Couleurs ocres, arbre blanc, l\u2019œuvre semble une synthèse des deux autres.Le ciel, lui, n\u2019est ni bleu ni noir, mais un entre-deux gris.Et ses étoiles, autre source lumineuse, ne sont qu\u2019une autre astuce, comme dans le diptyque Ghost Ranch.Geneviève Cadieux y expérimentait, une première fois, les ef fets réalistes du palladium.Ghost Ranch Geneviève Cadieux.À la galerie René Blouin, 10, rue King, jusqu\u2019au 27 avril.La signature Cadieux fait toujours plaisir à voir.La galerie René Blouin propose sa treizième exposition individuelle. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 3 8 | Samedi 13 avril 2019 de 9h à 17h30 à la Maison symphonique de Montréal Journée de conférences AVEC Matthieu Ricard ainsi que Nicole Bordeleau, Jean-Marie Lapointe, et accompagnement en musique par une invitée surprise de renommée internationale.S «PUR LE THÈME rendre soin de la vie» CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans Une femme est une femme (1961), de Jean-Luc Godard, la pétillante Angela (interprétée par la non moins éclatante Anna Karina) rêve à voix haute de jouer dans une comédie musicale de Bob Fosse.Elle n\u2019était pas la seule à l\u2019époque, et au fil des décennies, avec la notoriété grandissante du danseur devenu chorégraphe puis cinéaste, Broadway est devenu le temple de celui qui L\u2019homme qui voulait être Fred Astaire Pour vivre, Bob Fosse et Gwen Verdon n\u2019avaient qu\u2019un seul but : entrer dans la danse allait dépoussiérer la comédie musicale américaine : on s\u2019y bousculait pour faire partie de ses fidèles.Cette petite révolution, l\u2019artiste iconoclaste né à Chicago en 1927 ne l\u2019a pas effectuée seul, et ses débuts de chorégraphe sont remarqués dès 1954, avec The Pajama Game.Plus tard s\u2019épanouira, à ses côtés, une autre légende new-yorkaise, la danseuse et actrice Gwen Verdon (1925-2000), un talent exceptionnel confirmé par l\u2019obtention de quatre prix Tony au fil de sa carrière.Et si la figure de Shirley MacLaine est indissociable du film Sweet Charity (1966), adaptation des Nuits de Cabiria de Fellini, la création du personnage sur scène, on la doit à Verdon, qui foudroya ceux et celles qui l\u2019ont vue.Injuste qu\u2019une star de Broadway soit mise de côté par Hollywood au moment de transposer au cinéma une pièce ou une comédie musicale à succès ?L\u2019histoire regorge d\u2019artistes talentueux laissés sur le carreau pour cause de relative notoriété ; Jessica Tandy, la première interprète de Blanche DuBois dans Un tramway nommé désir, de Tennessee Williams, a vu sa place dérobée par Vivien Leigh au cinéma.Conquérir le monde Il en est brièvement question dans la série Fosse/Verdon, une mise en lumière de la trajectoire de ce tandem pas comme les autres, inspirée de la biographie de Sam Wasson et sous la houlette du réalisateur Thomas Kail.Celui-ci n\u2019a pas fait appel à des artistes de scène pour personnifier ces deux monstres sacrés, préférant des vedettes de cinéma dont les passages à la télé sont parcimonieux.Car Sam Rockwell (Vice, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri), dans la peau du workaholic alcoolique Fosse, et Michelle Williams (Brokeback Mountain, My Week With Marilyn), gracieuse et digne Gwen Verdon, mènent une brillante carrière au grand écran.Mais comment résister à l\u2019honneur d\u2019incarner ces grandes icônes ?À en juger par les deux premiers épisodes accessibles aux médias, cette opulence clinquante apparaît contenue, en phase aussi avec les fantasmes artistiques de Fosse rêvant qu\u2019une seule porte puisse séparer son appartement de la salle de répétition.C\u2019est là qu\u2019il semblait dominer le monde, et séduire un nombre incalculable de danseuses, forgeant ainsi sa réputation de tombeur \u2014 réputation qu\u2019il allait lui-même révéler au grand jour quelques années avant sa mort en 1987.Avec All That Jazz (1979), il décrochera même une Palme d\u2019or pour sa flamboyante franchise.Mais avant que Fosse ne puisse conquérir le monde du cinéma, il a Fosse et Verdon se sont croisés lors de la création d\u2019une comédie musicale où déjà éclataient la précision et l\u2019exubérance du chorégraphe.La mise au monde de Damn Yankees coïncidera avec celle de leur amour. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 19 20 9e saison Présenté par SALLE BO U R G I E .C A DU MUSÉE DE S BE AUX-AR T S DE MONTRÉ AL S A L L E B O U R G I E Louis Lortie Karina Gauvin The Tallis Scholars Jean-Guihen Queyras Marie-Nicole Lemieux Danish String Quartet Charles Richard-Hamelin Philippe Jaroussky & Amanda Forsythe Nicholas Angelich Concerto Italiano Angèle Dubeau Jean Rondeau Pepe Romero Billets et abonnements en vente maintenant La série Fosse/Verdon est une mise en lumière de la trajectoire de ce tandem pas comme les autres, inspirée de la biographie de Sam Wasson et sous la houlette du réalisateur Thomas Kail.FOX longtemps fait de New York son terrain de jeu, lui qui tout jeune rêvait de suivre les pas de Fred Astaire, l\u2019ambition d\u2019un enfant de la balle, fils d\u2019un acteur de vaudeville montant sur scène à ses côtés dès l\u2019âge de cinq ans.Voilà un détail autobiographique nullement livré d\u2019emblée dans cette série prenant plusieurs détours chronologiques pour mieux dresser le portrait d\u2019une relation artistique exceptionnelle.Et une relation conjugale passionnée, orageuse, hors du commun pour l\u2019époque.Fosse et Verdon se sont croisés lors de la création d\u2019une comédie musicale où déjà éclataient la précision et l\u2019exubérance du chorégraphe.La mise au monde de Damn Yankees (1955) coïncidera avec celle de leur amour, alors qu\u2019ils étaient déjà tous deux mariés, Fosse pour la deuxième fois.Qu\u2019à cela ne tienne : les collaborateurs deviendront vite amants et jetteront les bases d\u2019une association qui survivra aux infidélités notoires d\u2019un homme que les tourments ne cesseront jamais d\u2019assaillir.Talents et ambitions Dans le premier épisode intitulé «Life is a Cabaret», cette dynamique se déploie en de multiples digressions temporelles où s\u2019entrechoquent moments euphoriques et petites trahisons, présentant aussi Gwen Verdon non pas en victime consentante, mais en femme lucide qui ne s\u2019accrochera pas désespérément à Fosse.Après leur séparation en 1971, ils seront toujours légalement mariés, et parents d\u2019une fille, Nicole, née en 1963 (et coproductrice de la série).La danseuse apparaît sous un jour plus favorable, capable de mansuétude à l\u2019égard des autres, mais nullement naïve sur les incartades de celui dont la tyrannie en salle de répétition était légendaire.Sweet Charity, « le fiasco à 20 millions de dollars », avait fragilisé la confiance de Bob Fosse le cinéaste.Quelques années plus tard, avec Cabaret (1972), il entrera par la grande porte.La conception de ce film ne sera pas de tout repos : tourné en partie à Munich pour recréer le Berlin des années 1930 et Gwen Verdon acceptant d\u2019être son bras droit, seule capable de maintenir à flot un bateau voguant souvent à la dérive.Avec un capitaine porté sur la bouteille et craquant pour une traductrice allemande, les ingrédients semblaient réunis pour un échec, et pourtant\u2026 La série, elle, illustre à la perfection le talent et les ambitions de ce couple exceptionnel, mais joue rarement la carte de la flamboyance typique des grands spectacles de Broadway.Souvent confinés dans de chics appartements new-yorkais ou des salles de répétition sans âme, le véritable éclat de Fosse/Verdon émane du tandem Rockwell-Williams.À ses interprètes, quelques heures avant sa mor t à Washington D.C., Fosse avait lancé : «Dansez comme si vous alliez percuter le paradis.» Avec Gwen Verdon, il avait déjà sa place au panthéon de la culture américaine.Fosse/Verdon FX, mardi, 22h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 5 4 0 | SAMEDI L\u2019AUTRE MAISON (5) Can.2013.Drame de Mathieu Roy avec Émile Proulx-Cloutier, Roy Dupuis, Marcel Sabourin.- Un apprenti pilote de brousse et son frère photographe de guerre se querellent au sujet de la marche à suivre pour prendre soin de leur père atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.ARTV 12h SWIM TEAM (3) É.-U.2016.Documentaire de Lara Stolman.- Au New Jersey, trois adolescents autistes, membres d\u2019un club de natation fondé par les parents de l\u2019un d\u2019entre eux, tentent de se qualifier pour les Jeux olympiques spéciaux.PBS (WETK) 12h UN BOULOT À L\u2019ITALIENNE (4) (The Italian Job), É.-U.2003.Thriller de F.Gary Gray avec Mark Wahlberg, Charlize Theron, Edward Norton.- Cinq cambrioleurs entreprennent de voler un butin en lingots d\u2019or à un complice qui les a trahis.TVA 13h30 JUSQU\u2019AU BOUT (4) (Still Mine), Can.2012.Drame de Michael McGowan avec James Cromwell, Geneviève Bujold, Rick Roberts.- Alors qu\u2019il construit sur sa propriété une maison adaptée aux besoins de son épouse atteinte de la maladie d\u2019Alzheimer, un fermier octogénaire se heurte à un fonctionnaire tatillon.ARTV 14h THE CENTRAL PARK FIVE (4) É.-U.2012.Documentaire de Ken Burns.- En 1989 à New York, cinq adolescents afro-américains et hispaniques sont condamnés à tort pour une agression sexuelle sur une jeune femme de race blanche.PBS (WETK) 14h 11.6 (4) Fr.2013.Drame de Philippe Godeau avec François Cluzet, Bouli Lanners, Corinne Masiero.- Les préparatifs secrets et minutieux ayant conduit un convoyeur de fonds à prendre le large avec à bord de son véhicule 11,6 millions d\u2019euros.V 14h LA STRATÉGIE ENDER (4) (Ender\u2019s Game), É.-U.2013.Science-fiction de Gavin Hood avec Asa Butterfield, Harrison Ford, Ben Kingsley.- L\u2019ascension d\u2019un soldat surdoué de douze ans, pressenti pour diriger l\u2019attaque contre un peuple qui avait tenté d\u2019envahir la Terre plusieurs décennies plus tôt.TVA 15h47 DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS (4) Can.2004.Comédie fantaisiste de Claude Desrosiers avec Guy Jodoin, Stéphane Crête, Claude Legault.- En l\u2019an 2039, des explorateurs québécois recherchent une nouvelle planète qui pourra accueillir l\u2019espèce humaine.TQ 18h BATAILLE NAVALE (5) (Battleship), É.-U.2012.Science-fiction de Peter Berg avec Taylor Kitsch, Brooklyn Decker, Tadanobu Asano.- Dans l\u2019océan Pacifique, des soldats et des officiers de la marine américaine affrontent de puissants extraterrestres qui se préparent à envahir la planète.TVA 18h30 RÉGRESSION (4) (Regression), É.-U.2015.Thriller d\u2019Alejandro Amenabar avec Ethan Hawke, David Thewlis, Emma Watson.- Au Minnesota, en 1990, un inspecteur et un psychologue enquêtent sur le viol d\u2019une jeune femme par son père qui se serait déroulé au cours d\u2019un rituel satanique.V 18h30 EMMA (4) G.-B.1997.Comédie de mœurs de Diarmuid Lawrence avec Kate Beckinsale, Samantha Morton, Harriet Smith.- Au début du XIXe siècle, une jeune célibataire aisée passe son temps à se mêler des aventures sentimentales de son entourage.ARTV 20h TRE MAISON DASAN (3) É.-U.2018.Documentaire de Denali Tiller.- Les difficultés vécues par trois garçons du Rhode Island, âgés de6 à 14 ans, dont l\u2019un des deux parents purge une peine de prison.PBS (WETK) 20h APPARENCES (4) (What Lies Beneath), É.-U.2000.Drame fantastique de Robert Zemeckis avec Michelle Pfeiffer, Harrison Ford, Diana Scarwid.- Témoin de phénomènes bizarres, une femme devient persuadée que la maison qu\u2019elle habite avec son mari est hantée.V 20h45 LE JUSTICIER (5) (The Equalizer), É.-U.2014.Thriller d\u2019Antoine Fuqua avec Denzel Washington, Marton Csokas, David Harbour.- Un ancien agent des services secrets reprend du service en tant que justicier solitaire pour mettre en échec la mafia russe de Boston, qui opère avec des policiers corrompus.TVA 21h STAR TREK AU-DELÀ (4) (Star Trek Beyond), É.-U.2016.Science-fiction de Justin Lin avec Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana.- Alors qu\u2019il répond à un appel l\u2019expédiant aux confins de l\u2019espace, l\u2019équipage de l\u2019Entreprise est confronté à un ennemi prêt à tout pour détruire la Fédération.MP 21h NE NOUS FÂCHONS PAS (4) Fr.1966.Comédie policière de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Jean Lefebvre.- Un ancien truand est entraîné dans un règlement de comptes en voulant rendre service à un ami.TFO 21h UN PRÉSIDENT AMÉRICAIN (5) (The American President), É.-U.1995.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Michael Douglas, Annette Bening, Martin Sheen.- Le président des États-Unis a maille à partir avec ses adversaires politiques lorsqu\u2019il s\u2019engage dans une liaison amoureuse avec une jeune célibataire.TQ 21h02 WILD (3) É.-U.2014.Drame biographique de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon, Michiel Huisman, Gaby Hoffmann.- Afin d\u2019exorciser un lourd passé, une jeune femme entreprend de parcourir seule et à pied la Pacific Crest Trail, qui va du Mexique jusqu\u2019au Canada.MAX 22h L\u2019AUTRE MAISON Voir samedi, 12h.ARTV 23h10 FANTÔMAS (4) Fr.1964.Comédie policière d\u2019André Hunebelle avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot.- Fantômas, un bandit astucieux, se paie la tête d\u2019un policier et d\u2019un journaliste.TFO 23h28 PAGE 8 (4) (Page Eight), G.-B.2011.Drame politique de David Hare avec Bill Nighy, Rachel Weisz, Ralph Fiennes.- Un agent des services secrets britanniques découvre que le premier ministre a autorisé la torture de présumés terroristes.RC 23h30 LE FEU PAR LE FEU (5) (Fire With Fire), É.-U.2012.Thriller de David Barrett avec Josh Duhamel, Rosario Dawson, Bruce Willis.- Menacé de mort par le criminel contre lequel il est appelé à témoigner en cour, un pompier californien prend les grands moyens pour sauver sa peau.TVA 0h NE NOUS FÂCHONS PAS Voir samedi, 21h.TFO 1h LE LOCATAIRE (3) Fr.1976.Drame psychologique de Roman Polanski avec Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas.- Un homme emménage dans un appartement laissé libre par le suicide de sa locataire et se laisse envahir par l\u2019angoisse.RC 1h30 DIMANCHE DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS Voir samedi, 18h.TQ 12h PAROLE CONTRE PAROLE (5) Fr.2017.Drame social de Didier Bivel avec Elsa Lunghini, François Vincentelli, Julie Bargeton.- Refusant de dénoncer le viol dont elle a été victime, une commissaire-priseure profite d\u2019une circonstance inattendue pour piéger son agresseur.TV5 13h LES NUITS DE TALLADEGA.LA BALLADE DE RICKY BOBBY (4) (Talladega Nights \u2013 The Ballad of Ricky Bobby), É.-U.2006.Comédie d\u2019Adam McKay avec Will Ferrell, John C.Reilly, Sacha Baron Cohen.- L\u2019ascension, la chute et la remontée d\u2019un coureur automobile dans le circuit NASCAR.Z 14h LA MATRICE RECHARGÉE (4) (The Matrix Reloaded), É.-U.2003.Science-fiction d\u2019Andy Wachowski avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie- Anne Moss.- Trois combattants cherchent dans un monde parallèle virtuel le moyen de contrer les menées d\u2019une entité qui menace l\u2019humanité.V 14h ALEXANDRE ET SA JOURNÉE ÉPOUVANTABLEMENT TERRIBLE, HORRIBLE ET AFFREUSE (4) (Alexander and the Terrible, Horrible, No Good, Very Bad Day), É.-U.2014.Comédie de Miguel Arteta avec Ed Oxenbould, Steve Carell, Jennifer Garner.- La veille de son anniversaire, un garçon de 12 ans en mal d\u2019attention jette un mauvais sort aux membres de sa famille.RC 15h FLICKA (5) É.-U.2006.Drame de Michael Mayer avec Alison Lohman, Tim McGraw, Maria Bello.- Malgré l\u2019interdiction de son père, une jeune fille apprivoise en cachette une jument sauvage recueillie au ranch familial.TVA 16h LE DERNIER BOY-SCOUT (5) (The Last Boy Scout), É.-U.1991.Drame policier de Tony Scott avec Bruce Willis, Damon Wayans, Chelsea Field.- Un détective de Los Angeles est poursuivi par les assassins d\u2019une danseuse qu\u2019il était chargé de protéger.V 19h45 LE TORRENT (4) Can.2012.Drame de Simon Lavoie avec Victor Andrés Trelles Turgeon, Dominique Quesnel, Laurence Lebœuf.- Dans le Québec rural des années 1920, un jeune homme rendu sourd à la suite d\u2019une dispute avec sa mère violente entame une relation avec une Amérindienne achetée à un colporteur.ARTV 20h OPÉRATION SWORDFISH (5) (Swordfish), É.-U.2001.Thriller de Dominic Sena avec John Travolta, Hugh Jackman, Halle Berry.- Un jeune pirate de l\u2019informatique se compromet dans une dangereuse escroquerie montée par un criminel mégalomane.MAX 20h L\u2019ÉPREUVE.LE LABYRINTHE (4) (The Maze Runner), É.-U.2014.Science-fiction de Wes Ball avec Dylan O\u2019Brien, Will Poulter, Thomas Sangster.- Des adolescents se retrouvent captifs dans une clairière ceinturée par un énorme labyrinthe peuplé d\u2019araignées géantes.MP 21h FANTÔMAS Voir samedi, 23h28.TFO 21h LES AVENTURES DE PRISCILLA, FOLLE DU DÉSERT (4) (The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert), Aust.1994.Comédie de mœurs de Stephan Elliott avec Terence Stamp, Hugo Weaving, Guy Pearce.- Un transsexuel et deux travestis s\u2019en vont donner un spectacle de variétés dans une ville située en plein désert.TQ 22h LA NUIT DES ENFANTS ROIS (4) (The Prodigies), Fr.2011.Film d\u2019animation d\u2019Antoine Char- reyron.- Un génie informatique doté de formidables pouvoirs psychiques fait venir à New York cinq adolescents possédant les mêmes dons que lui.V 22h JUSQU\u2019AU BOUT Voir samedi, 14h.ARTV 23h TRE MAISON DASAN Voir samedi, 20h.PBS (WCFE) 23h LE DERNIER ROI D\u2019ÉCOSSE (4) (The Last King of Scotland), G.-B.2006.Drame biographique de Kevin Macdonald avec Forest Whitaker, James McAvoy, Kerry Washington.- En 1971, alors qu\u2019il travaille en Ouganda, un jeune médecin écossais devient le confident du dictateur Idi Amin Dada.RC 23h25 LE PACHA (4) Fr.1968.Drame policier de Georges Lautner avec Jean Gabin, Dany Carrel, André Pousse.- Un commissaire de police tend un piège à l\u2019assassin d\u2019un de ses inspecteurs.TFO 23h28 FANTÔMAS Voir samedi, 23h28.TFO 0h53 BEL ESPRIT (3) (Wit), É.-U.2001.Drame psychologique de Mike Nichols avec Emma Thompson, Eileen Atkins, Audra McDonald.- Une professeure de littérature se découvre atteinte d\u2019un cancer en phase terminale.RC 1h28 LUNDI NOS ÉTOILES CONTRAIRES (4) (The Fault in Our Stars), É.-U.2014.Drame sentimental de Josh Boone avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Willem Dafoe.- À l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019un groupe de soutien pour jeunes cancéreux, une adolescente solitaire tombe amoureuse d\u2019un garçon de son âge, amputé d\u2019une jambe.MP 21h LE PACHA Voir dimanche, 23h28.TFO 21h WRETCHES AND JABBERERS (3) (Wretches & Jabberers), É.-U.2011.Documentaire de Gerar- dine Wurzburg.- Deux autistes du Vermont, qui expriment grâce à un clavier vocal les pensées qu\u2019ils peinent à verbaliser, partent donner des conférences au Sri Lanka, au Japon et en Finlande.PBS (WETK) 21h NE NOUS FÂCHONS PAS Voir samedi, 21h.TFO 23h28 AVANT LA NUIT TOUT EST POSSIBLE (4) (Before Sunset), É.-U.2004.Comédie sentimentale de Richard Linklater avec Ethan Hawke, Julie Delpy, Vernon Dobtcheff.- De passage à Paris pour la promotion de son premier roman, un écrivain américain renoue avec une jeune Française rencontrée neuf ans plus tôt à Vienne.TVA 0h35 LE PACHA Voir dimanche, 23h28.TFO 1h08 MARDI CE WEEK-END LÀ (4) (What We Did on Our Holiday), G.-B.2014.Comédie de Guy Jenkin avec David Tennant, Rosamund Pike, Emilia Jones.- Un Londonien en instance de divorce part avec sa famille célébrer en Écosse le soixante-quinzième anniversaire de son père, atteint d\u2019un cancer.TVA 13h NE NOUS FÂCHONS PAS (4) Fr.1966.Comédie policière de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Jean Lefebvre.- Un ancien truand est entraîné dans un règlement de comptes en voulant rendre service à un ami.TFO 21h QUEBEC \u2013 THE MEMORIES OF ANGELS (3) (La mémoire des anges), Can.2008.Film de montage de Luc Bourdon.- Le Montréal d\u2019autrefois, vu à travers les images d\u2019une centaine de productions de l\u2019Office national du film du Canada.PBS (WETK) 21h30 LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (2) Fr.1967.Comédie musicale de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.- Deux sœurs jumelles font la conquête d\u2019un jeune marin et d\u2019un musicien américain.TFO 23h28 LA THÉRAPIE (4) (Sessions, The), É.-U.2012.Drame biographique de Ben Lewin avec John Hawkes, Helen Hunt, William H.Macy.- Paralysé du cou aux orteils, un poète quadragénaire encore vierge retient les services d\u2019une thérapeute sexuelle.TVA 0h35 NE NOUS FÂCHONS PAS Voir mardi, 21h.TFO 1h33 MERCREDI WALK THE LINE (4) É.-U.2005.Drame biographique de James Mangold avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Ginnifer Goodwin.- La carrière du musicien américain Johnny Cash et sa relation avec la chanteuse June Carter.VIE 13h SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.MP 21h LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT Voir mardi, 23h28.TFO 21h LE PACHA Voir dimanche, 23h28.TFO 23h28 JEUDI LE PACHA (4) Fr.1968.Drame policier de Georges Lautner avec Jean Gabin, Dany Carrel, André Pousse.- Un commissaire de police tend un piège à l\u2019assassin d\u2019un de ses inspecteurs.TFO 21h L\u2019ARMÉE DES OMBRES (3) Fr.1969.Drame de guerre de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret.- Les exploits d\u2019un chef de la Résistance française.TFO 23h28 LE TORRENT Voir dimanche, 20h.ARTV 23h30 IM/MORTEL (4) (Self/less), É.-U.2015.Science-fiction de Tarsem Singh avec Ryan Reynolds, Ben Kingsley, Matthew Goode.- Atteint d\u2019une maladie incurable, un richissime homme d\u2019affaires se prête à une procédure visant à transférer sa conscience dans le corps d\u2019un jeune homme.TVA 23h35 LE PACHA Voir jeudi, 21h.TFO 1h52 VENDREDI MINCE ALORS! (4) Fr.2011.Comédie dramatique de Charlotte de Turckheim avec Lola Dewaere, Victoria Abril, Catherine Hosmalin.- Envoyée par son mari en cure d\u2019amaigrissement, une femme se lie d\u2019amitié avec une avocate mince mais triste et une mère de famille obèse, auprès de qui elle apprend à mieux s\u2019assumer.TVA 13h LE DISCOURS DU ROI (4) (King\u2019s Speech, The), G.-B.2010.Drame historique de Tom Hooper avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter.- Dans les années 1930, l\u2019amitié inattendue entre le duc de York, futur George VI, et le thérapeute qui l\u2019a aidé à surmonter son défaut d\u2019élocution.RC 20h L\u2019ÉVEIL D\u2019UN CHAMPION (4) (The Blind Side), É.-U.2009.Drame sportif de John Lee Hancock avec Quinton Aaron, Sandra Bullock, Tim McGraw.- À Memphis, un adolescent afro-américain est recueilli par une famille blanche aisée qui l\u2019encourage à développer son talent prodigieux pour le football.MAX 20h LES GARDIENS DE LA GALAXIE (4) (Guardians of the Galaxy), É.-U.2014.Science-fiction de James Gunn avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Benicio Del Toro.- Pourchassé par un fanatique qui menace l\u2019univers, un aventurier de l\u2019espace obtient l\u2019aide de quatre confrères extraterrestres.MP 21h L\u2019ARMÉE DES OMBRES Voir jeudi, 23h28.TFO 21h LES MARCHES DU POUVOIR (4) (The Ides of March), É.-U.2011.Drame politique de George Clooney avec Ryan Gosling, George Clooney, Philip Seymour Hoffman.- À quelques jours des primaires démocrates de l\u2019Ohio, le porte-parole médiatique d\u2019un candidat est compromis par son homologue du camp rival.Z 23h NOÉ (4) (Noah), É.-U.2014.Drame biblique de Darren Aronofsky avec Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson.- Peu après l\u2019aube du monde, un homme pieux et sa famille construisent une arche gigantesque pour sauver les créatures innocentes du déluge qui châtiera l\u2019humanité pervertie.ARTV 23h LE TORRENT Voir dimanche, 20h.RC 23h05 LE DERNIER MÉTRO (3) Fr.1980.Comédie dramatique de François Truffaut avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Heinz Bennent.- À Paris, sous l\u2019Occupation, une comédienne continue à diriger le théâtre de son mari qui a disparu parce qu\u2019il était juif.TFO 23h28 L\u2019ŒIL DU MAL (5) (Eagle Eye), É.-U.2008.Thriller de D.J.Caruso avec Shia LaBeouf, Michelle Monaghan, Billy Bob Thornton.- Un jeune homme et une mère célibataire sont entraînés malgré eux dans une conspiration politique aux ramifications insoupçonnées.TVA 23h35 MON FILS JACK (3) (My Boy Jack), G.-B.2007.Drame biographique de Brian Kirk avec David Haig, Daniel Radcliffe, Kim Cattrall.- Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, l\u2019écrivain anglais Rudyard Kipling insiste pour que son fils, frêle et myope, soit tout de même envoyé au combat.RC 0h55 L\u2019ARMÉE DES OMBRES Voir jeudi 23h28.TFO 1h34 LA NUIT NOUS APPARTIENT (3) (We Own the Night), É.-U.2007.Drame policier de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall.- Le gérant d\u2019une boîte de nuit doit choisir son camp lorsque son père et son frère, dans la police, menacent de faire tomber son patron, parrain de la mafia russe.TVA 1h50 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 8 avril 2019 Sala Rossa 20h Quatuor Bozzini et Choros quintette à vent Ligeti Sáry Vidovszky 10 avril 2019 Chapelle historique du Bon-Pasteur 20h Quatuor Bozzini et Vincent Ranallo baryton Noam Bierstone percussion Csapó Kurtág 13 avril 2019 Conservatoire de musique de Montréal 20h Quatuor Bozzini et Les élèves du CEGEP St-Laurent Björn Nilsson orgue Natalie Cadotte direction Jeney QUATUOR BOZZINI + INVITÉS SALON BUDAPEST www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec SOREL Récital privé à la Maison de la musique 2 juin Charles Richard-Hamelin et Andrew Wan Quelques places seulement! OTTAWA 20 juin QUÉBEC 6 juillet 350 ans de pratiques artistiques au musée L\u2019exposition de l\u2019été!!! LES PORTRAITS DE GAUGUIN au Musée des beaux-arts du Canada LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel.AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Suites logiques Le printemps ramène deux productions originales de la chaîne franco- canadienne qui se distinguent par leur façon d\u2019aborder des thématiques sociales d\u2019intérêt.La fiction jeunesse Jenny, qui raconte le quotidien complexe d\u2019une jeune fille atteinte de leucémie, interprétée avec panache et nuances par Émilie Bierre (Une colonie), se penche dans la deuxième saison sur les difficultés de « l\u2019après-can- cer», le retour à la vie «normale» quand plus rien ne l\u2019est.Dans un tout autre registre, les curieux d\u2019agriculture biologique retrouveront dans la suite des Fermiers le maraîcher Jean- Martin Fortier et ses nouveaux apprentis, et pourront suivre l\u2019aventure agricole d\u2019anciens stagiaires de la ferme des Quatre-Temps.Jenny Unis, mercredi, 18h30 Les fermiers Unis, jeudi, 20h Illustration et solutions (scolaires) L\u2019animatrice Kim Rusk a reçu un diagnostic de déficit de l\u2019attention au début de l\u2019âge adulte.Dans ce documentaire dont elle assure la narration et l\u2019animation, elle s\u2019intéresse au sort qu\u2019on réserve de nos jours aux enfants «TDAH » dans les écoles québécoises et aux mesures qui peuvent être mises en place pour aider ces derniers à réussir leur parcours scolaire.Spécialistes, professeurs et parents alimentent cette réflexion intéressante, qui met en lumière la nécessité de ressources supplémentaires et de budgets à la hausse afin de répondre aux besoins criants de ces jeunes, de plus en plus nombreux à recevoir ce diagnostic.TDAH : réussir autrement Canal Vie, lundi, 20h Portrait de visionnaires Le collectif d\u2019art contemporain québécois formé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laver- dière fait réagir le public avec ses installations et ses œuvres d\u2019art public depuis plus de 20 ans.Ce documentaire (présenté en version raccourcie pour la télévision) de Benoit Hogue suit le trio en 2015, alors qu\u2019il mène trois projets importants de front, en plus d\u2019offrir une rétrospective de leurs accomplissements antérieurs.BGL de fantaisie Artv, lundi, 20h30 SU R VOS ÉC R A N S \u2014 C O N T I N U E R , P O U R L E M I E UX Le visionnement en continu Le scénariste télé Ryan O\u2019Connell (les comédies Awkward et Will and Grace, nouvelle mouture) est atteint de paralysie cérébrale.Inspirée de ses mémoires, la série de fiction Special raconte sa prise en main pour ne plus mener une vie fantôme, sans contact avec les autres et sans possibilité de nouer des relations amoureuses (homosexuelles) satisfaisantes.Le tout se décline comme un récit comique bien tourné d\u2019une métamorphose.Special Netflix, dès vendredi Une scène tirée de la suite des Fermiers UNIS NETFLIX L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 2 | 04/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Les Morissette Les chefs! Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Campagne Chicago Fire: Caserne 51 Combien vaut cette maison?TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! National Geographic Les francs-tireurs Cette année-là Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Total Knock Out L'Open Mic X-Files: Aux frontières du réel Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Pollution, la France irrespirable Les cobayes de la CIA Jusqu'au dernier / Les disparus Raymond Loewy Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Affaire Structures / Histoires de ruines À la recherche de.Scénarios de fin du monde Australie: Ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover Vancouver?TDAH: Réussir autrement Dre Boutons SPCA en action SPCA en action ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball / Yankees de New York c.Astros de Houston (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Espions parmi Espions parmi L'enfer des profondeurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Artéfacts ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Arrivée de l'hiver Pour l'amour du country BGL de fantaisie Guilda: Elle est Luc Langevin, tours de ville EXPLORA Le refuge de l'espoir Au coeur du monde arctique S'aime chien Repères Reconstruire l'histoire Vaincre l'expert Était humanité Z La science / Le Far West Américars: Rapides et musclés American Chopper (v.f.) Lowrider Garage The Gifted (v.f.) ST: Discovery sav-media Journal musée Journal musée Couple nerds Saviez-vous L'ère robots Encore plus Un monde sans./ Moustiques Électrons uniVERT Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils LE PACHA (1968) avec Dany Carrel, Jean Gaven, Jean Gabin.Planète Vanity Fair / Alter Ego Devoir d'enquête Pasta e cultura a bologna Or maison Arts backstage Ghost Chasers (v.f.) / Belgique Face au feu CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Street Legal / Leap CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang MasterChef Canada MasterChef Canada The Fix / Scandal CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Schooled 9-1-1 / Dosed FBI Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition American Idol / All-Star Duets The Fix / Scandal News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Championship NCAA Basketball - Division I Championship (D) PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / The Providers UNIS Cochon dingue Bizarroscope Tournée générale Sel et Diesel Chars Les grandes soifs Hors série Liberté Chez nous HBO1 Back on Board: Greg Louganis Real Time With Bill Maher Last Week Barry Veep Warrior / The Itchy Onion Thrones TVA Sports 17h00 JiC LHJMQ Hockey - Séries éliminatoires (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Rondelles d'or 04/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Les chants de bataille 21h15 La vraie nature 22h15 TVANou.22h45 ADIEU VIE DE JEUNE.TQ Un chef à la cabane Deux hommes en or Voir autrement / Bébé miraculé Zone franche LES AVENTURES DE PRISCILLA FOLLE DU .V 16h45 SEXE À NEW YORK 2 (2010) 19h45 LE DERNIER BOY-SCOUT (1991) avec Damon Wayans, Bruce Willis.LA NUIT DES ENFANTS ROIS (2011) ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champions du monde Journal/ L'invité CANAL D De l'or sous la glace Mayday Cauchemar sur l'autoroute Docu-D / Jaune macaroni A.P.Agents À la recherche CANAL VIE Vendre ou rénover / Impasse! Généalogie V.I.P./ Kim Cattrall La vie avec des quintuplées Joue Docteur Accros au look Dre Boutons Le Club Mel RDS Sports 30 Sports 30 Images/sec.25 ans d'émotions LMB Baseball / Dodgers de Los Angeles c.Rockies du Colorado (D) HISTORIA Artéfacts sous la loupe Au coeur de la tempête Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Chasseurs ICI ARTV Gala des Zapettes d'Or LE TORRENT (2012) Dominique Quesnel.La folle aventure des Durrell Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Superpouvoirs Pharmachien Planète techno Les boucardises Découverte Vikings Z Nature sauvage / Lindsey Vonn BattleBots: Combats de robots Talk show Comédie Seuls et tout nus XL Semi-Pro Maripier! Expédition sav-media L'écran roi 18h50 Prof Journal musée Journal musée Civilisations / Les origines Archi branchés Archi branchés Archi branchés Archi branchés Bar sciences TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens FANTÔMAS (1964) avec Louis de Funès, Mylène Demongeot, Jean Marais.Planète 17h00 L'accusé Spitfire: Les elles de la guerre Extraordinaires humains Le secret de la dernière malle de Marilyn Histoire de l'Amérique Mékong Corse CBC When Calls the Heart Heartland / Room to Grow The Nature of Things The Fifth Estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang World of Dance / The Duels Four The Enemy Within National News GBL Global News Global National Best of Border Security Big Brother Canada Chicago Med SEAL Team / Dirt, Dirt, Gucci Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / All-Star Duets Shark Tank News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes The 54th Academy of Country Music Awards / Brothers Osbourne , Kane Brown.News PBS (33) World Dancesport G.The Great British Baking Show Call the Midwife Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Les encanteurs Balade La galère Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour HBO1 16h50 BeChaos 18h25 I Am Paul Walker Real Time With Bill Maher Warrior / The Itchy Onion Barry Veep Last Week TVA Sports 16h00 Hockey Le TVA sports RAW WTA Tennis Finale Propulsion Le TVA sports LMB Baseball 04/06 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie Les enfants de la télé Faire oeuvre utile Notre vie / Numéro 2 Le Téléjournal Le Rwanda: Après le TVA TVA nouvelles BATAILLE NAVALE (2012) avec Alexander Skarsgard, Liam Neeson, Rihanna.LE JUSTICIER (2014) avec Marton Csokas, Denzel Washington.TQ DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS (2004) SOS sages-femmes UN PRÉSIDENT AMÉRICAIN (1995) Michael Douglas.23h05 Banc p.V Cinéma RÉGRESSION (2015) avec David Thewlis, Ethan Hawke.20h45 APPARENCES (2000) avec Michelle Pfeiffer, Diana Scarwid, Harrison Ford.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Les années bonheur / Le meilleur des années bonheur Journal/ L'invité CANAL D Enchères Affaire Douanes Douanes Harceleurs de stars Madame Lebrun Comédie Club Douanes CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Faites-nous Quais Pas le choix Pas le choix Projection Mariages Catastrophe Quintuplées RDS Sports 30 CH Express (D) IIHF Hockey / Etats-Unis c.Canada - Championnat mondial Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 CH Express HISTORIA Alaska: haute tension Braqueurs Braqueurs Espions parmi Espions parmi Hitler déclassifié Hitler déclassifié A$ de brocante ICI ARTV Luc Langevin, tours de ville Pour l'amour du country EMMA (V.F.) (1996) avec Toni Collette, Gwyneth Paltrow.Outlander Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Vikings, cap sur l'Amérique Inventer demain Stupidité Z Trop fou pour être vrai?Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Nature sauvage / Lindsey Vonn Le web obscur Maripier! Leftovers sav-media Demain, l'école Le Bar des sciences Arrêt monde Kebec L'écran roi 21h50 Prof De garde 24/7 / Rassurer 36.9° TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens NE NOUS FÂCHONS PAS (1966) avec Mireille Darc, Jean Lefebvre, Lino Ventura.Planète Extraordinaires humains Révolutions sexuelles L'air du temps / Argentine Arctique avec Bruce Parry Propagande téméraire CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) Hockey / Edmonton vs Calgary (D) CTV CTV News Montreal W5 Jann The Big Bang LAST SCENE ALIVE: AN AURORA TEAGARDEN MYSTERY National News GBL Global News Global National Best of Border Security Ransom / Black Dolphin Rookie Blue / Going Under Rookie Blue Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend American Idol / Top 20 Solos 20/20 News CBS NCAA Basketball - Tournoi de Division I (D) NCAA Basketball - Tournoi de Division I (D) News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Upstart Crow Doc Martin / Nobody Likes Me Doctor Blake / Measure Twice Austin City UNIS L'académie Mira Liberté Louis la faune Mauvais karma MÉMOIRES AFFECTIVES (2004) Roy Dupuis.L'espionne HBO1 17h25 I Am Evidence 18h55 The Inventor: Out for Blood in Silicon Valley Pete Holmes: Dirty Clean NATIVE SON (2019) Margaret Qualley.TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 TVA sp.23h15 Kevin S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR En avril 1994, un tsunami de haine s\u2019abattait sur le Rwanda.En trois mois, le génocide fera 800 000 morts, pour la majorité des Tutsis et quelques Hutus modérés, à coups de machette et d\u2019inhumanité devenue virale.Un quart de siècle plus tard, un certain apaisement souffle sur le Pays aux mille collines où le « Je suis Rwan- dais» (Ndi Umunyarwanda) du président Kagamé semble vouloir faire son nid.Une paix fragile que sonde délicatement le journaliste, éditeur et écrivain Alain Stanké dans Rwanda, après le sang, l\u2019espoir.Avec beaucoup d\u2019empathie, celui qui a connu les camps de concentration a fait le voyage au Rwanda pour essayer de comprendre comment se reconstruit un pays ravagé par un élan sanguinaire aussi féroce.Survivants et spécialistes de toutes sortes s\u2019ouvrent à lui avec confiance, dignes, certains solaires, d\u2019autres moins, tous avec encore un exigeant travail de mémoire à faire.Comme Pacifique Bonheur, gardien du mémorial du génocide, dont le nom même l\u2019appelle vers la lumière ; la réconciliation en cours est un miracle qu\u2019il protège et nourrit tous les jours.On dit que la faim est une sensation intransmissible, cette horreur-là est du même ordre, elle est impartageable, confie un autre intervenant.Cela se sent dans les transitions maladroites de ce documentaire qui hésite entre devoir de mémoire et exercice de réparation, entre récit factuel et confession.Cela ne l\u2019empêche nullement de faire œuvre utile, un peu à la manière du peuple r wan- dais, qui neutralise avec l\u2019ar t l\u2019angoisse d\u2019un silence qui autrement pourrait être funeste.Rwanda, après le sang, l\u2019espoir Radio-Canada, samedi, 22h30 Je suis Rwandais Alain Stanké témoigne de la résilience des survivants 25 ans après le génocide SU R VOS ÉC R A N S La traque continue\u2026 La première saison de cette série de suspense d\u2019espionnage amé- ricano-britannique a fait grand bruit par la qualité de son scénario adapté de nouvelles par Phoebe Waller-Bridge (Fleabag) et par l\u2019interprétation flamboyante de son héroïne par Sandra Oh (Grey\u2019s Anatomy) en agente blasée du MI5 qui développe une obsession pour une tueuse à gages russe qu\u2019elle doit éliminer.On la retrouve quelques instants après la scène finale de la première saison, après une tentative d\u2019éliminer sa cible\u2026 La première saison est disponible pour les abonnés de Bravo.ca et de CraveTV.Killing Eve, saison 2 Bravo! et AMC, dimanche, 20h ICI RADIO-CANADA AMC NETWORKS | 4 3 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 M A R D I 04/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy L'effet Wow LE DISCOURS DU ROI (2010) avec Geoffrey Rush, Colin Firth.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire: Rédemption TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Deux hommes en or Zone franche Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Ambulances Ambulances Haute sécurité Code 111 Gotham / D'amour et de glace Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR On n'a pas fait le tour / Vietnam Les petits meurtres / Pension Vanilos 21h45 Télétransmissions Journal/ C à dire CANAL D Australie: La ruée vers l'or Amour fatal / L'affaire Taylor En prison Patrouille Marche à l'ombre Palais Cauchemar CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Généalogie V.I.P./ Lionel Richie TDAH: Réussir autrement ByeMaison RDS 15h00 Golf - Tournoi des maîtres 2e ronde (D) NCAA Gymnastique - Championnat Big 12 Femmes Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Belles ordures Dieux du ciel Moyen Âge Québec Les montagnards / L'épreuve Les montagnards Les montagnards / Commotion Haute tension ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Luc Langevin, tours de ville Karaoké Karaoké Les grandes entrevues NOÉ EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Pharmachien Superpouvoirs Concevoir l'impossible Stupidité Stupidité Cerveau Z Expédition extrême Week-end Lowrider Américars: Rapides et musclés American Chopper (v.f.) Infiltration Maripier! Cinéma sav-media De garde 24/7 / Vendredi Le grand chapitre Kebec Arrêt monde Demain, l'école L'Inis reçoit.Françoise Fabian Civilisations TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc junior Mosquée L'ARMÉE DES OMBRES (1969) avec Paul Meurisse, Lino Ventura.Planète Caméra cachée, ours espionnés Jurassic Fight Club (v.f.) Lego: Des briques en or C'est vrai docteur Extraordinaires humains Révolutions CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Am.Housewife Kids-Alright Blue Bloods CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 The Blacklist Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line American Masters / Joseph Pulitzer PBS Previews Amanpour UNIS Chair de poule Chair de poule Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour Chars HBO1 18h15 Traffic 18h50 I Am Sam Kinison Last Week The Knick / You're No Rose Real Time With Bill Maher Warrior TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 LNH Hockey (D) 04/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Coeur et bras Rêvons mais.Le bon docteur / Souffrances Philippe Bond II Partie 2 de 2 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! Zone franche Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire L'amour est dans le pré L'Open Mic Imposteurs Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions 13h15 Alerte enlèvement / Élise La loi du silence Nina Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Cauchemar Cauchemar De l'or sous la glace Harceleurs de stars Docu-D Docu-D CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?La vie avec des quintuplées SPCA en action SPCA en action Catastrophe Faites-nous Quais ByeMaison RDS 15h00 Golf - Tournoi des maîtres 1e ronde (D) IIHF Hockey - Championnat mondial Femmes quart de finale L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu Truck non stop Truck non stop Fous des bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Belles ordures ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey / Départs Moi et l'autre Lumière sur.The White Queen (v.f.) 22h15 The White Queen (v.f.) / Le roi est mort EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Au coeur du monde arctique La vérité sur les tripes Les génies de Stephen Hawking Repères Révolution YouTube Z Cobaye humain / Les Hadza Seuls et tout nus XL BattleBots: Combats de robots Maripier! Comédie Star Trek: Discovery Cinéma sav-media Archi branchés Triade créative Question santé 36.9° 36.9° De garde 24/7 / Vendredi Autisme Le cancer: Empereur Maîtres TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre LE PACHA (1968) avec Dany Carrel, Jean Gaven, Jean Gabin.Planète Pasta e cultura a bologna Or maison Arts backstage Corday Vs Marat Histoire de l'Amérique Les oubliés Si l'évolution / Les formes CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Station 19 / The Dark Night Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News Ent.Tonight E.T.Canada Big Brother Canada Superstore Abby's SEAL Team / Paradise Lost Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Station 19 / The Dark Night For the People News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon The Big Bang Fam S.W.A.T./ Inheritance News PBS (33) PBS NewsHour I Am In Here Yellowstone Symphony Suze Orman's Financial Solutions for You Amanpour UNIS Cochon dingue Mission Verte Bouffe en cavale Les fermiers Jenny/ Jenny File d'attente Web Thérapie Web Thérapie Peaky Blinders HBO1 17h00 Lights 18h40 Last Wk 19h10 PATERNO (2018) avec Al Pacino, Riley Keough.Game of Thrones Game of Thrones / Stormborn Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) 04/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra La recrue / Plan B Fugueuse TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! National Geographic Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Phil s'invite L'Open Mic APB: Alerte / Pris de vitesse Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Des camions et des hommes Enfance abusée 13h15 Caméléon Journal/ C à dire CANAL D Structures / Histoires de ruines Douanes Fous bateaux Australie: La ruée vers l'or Ambulanciers de nuit Hommes des bois Comédie Club CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Dépendance Projection Généalogie V.I.P.Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS Hockey 360° (D) Images/sec.Golf - Concours par 3 du Tournoi des Maîtres Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Révoltes barbares De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Homme de toi ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre À la valdrague À la valdrague À la valdrague À la valdrague À la valdrague À la valdrague À la valdrague EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Au coeur du monde arctique La Semaine verte Pharmachien Pharmachien Immortalité, dernière frontière Vaincre Z Cobaye humain Nature sauvage / Mel B Expédition extrême Week-end Déroute Les Riders Maripier! Prêt sur gage sav-media Génie d'ici L'ère robots Archi branchés Au coeur du cinéma québécois Triade créative Maîtres peinture / De Vinci Histoires de guitares Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (1966) Catherine Deneuve.Planète L'air du temps / Argentine Arctique avec Bruce Parry Vanity Fair Confidential (v.f.) Scène du crime / Dernier tango Tout savoir.C'est pas pour nous! CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs Jann Grey's Anatomy Whiskey Cavalier CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Edge of Extinction Chicago Fire Chicago P.D.Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Whiskey Cavalier News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction Million Dollar Mile SEAL Team / Paradise Lost News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova / Mystery of Easter Island Ozone Hole Amanpour UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Web Thérapie Web Thérapie La galère Mauvais karma Tournée générale Mira HBO1 17h45 WHAT KEEPS YOU ALIVE (2018) Last Week Courtside at the NBA Finals Real Time With Bill Maher Veep Barry Thrones TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 LNH Hockey (D) 04/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9: Docu./ Les familles Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition / 4e ronde de duels L'arme fatale TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! National Geographic Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Tout s'embellit Je suis chef L'Open Mic NCIS: Los Angeles Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les plus beaux treks Les pouvoirs extraor / Les superpouvoirs de nos héros préférés Tandem / À la vie, à la mort Journal/ C à dire CANAL D À la recherche de.Texas Chrome Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Mission mortelle Cauchemar Cauchemar Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Quais Faites-nous Pas le choix Pas le choix Vendre ou rénover au Québec Projection Mariages ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) LMB Baseball / Yankees de New York c.Astros de Houston (D) Sports 30 HISTORIA Au coeur de la tempête Hitler déclassifié Hitler déclassifié Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Lettre d'Allemagne Quelle famille! The White Queen (v.f.) 21h15 The White Queen / Amour et trahison Outlander EXPLORA Yellowstone / L'enfer de l'hiver Au coeur du monde arctique Découverte Les gadgets de Churchill Inventer demain Concevoir Z C'est pour la science! Face Off / Mutation génétique Les vampires originels Killjoys / Mini Jaqobi The Strain / Lumière Blanche Leftovers sav-media L'Inis reçoit.Françoise Fabian Génie d'ici L'ère robots Saviez-vous FutureMag En mouvement Petits génies 22h50 Prof Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW NE NOUS FÂCHONS PAS (1966) avec Mireille Darc, Jean Lefebvre, Lino Ventura.Planète Ukraine à feu et à sang Caméra cachée, ours espionnés Jurassic Fight Club (v.f.) Révolutions / Le droit au plaisir Expédition CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Still Standing Still Standing Schitt's Creek Catastrophe CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice The Village The Rookie / The Checklist CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans NCIS / Perennial The Code / Blowed Up New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Kids-Alright Black-ish Splitting Up The Rookie / The Checklist News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Perennial The Code / Blowed Up NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Finding Your Roots Reconstruction: Amer Reconstruction: Amer Amanpour UNIS Cochon dingue Devenir adulte Louis la faune Chez nous TUKTUQ (2016) Robin Aubert.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 18h15 LITTLE ITALY (2018) Hayden Christensen.Real Time With Bill Maher Warrior / The Itchy Onion Barry Veep Thrones TVA Sports 17h00 JiC Séries LNH Avant-match LMS Soccer / Montreal Impact c.United de D.C.(D) Dave Morissette en direct Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Teodore a la jeune trentaine, aucun diplôme en poche, mais la ferme volonté de terminer ses études secondaires, alors qu\u2019il retourne sur les bancs d\u2019école.Le seul hic ?Il a l\u2019attention d\u2019un poisson rouge, pris dans un flot perpétuel de pensées qui s\u2019enchaînent à un rythme d\u2019enfer qui l\u2019empêche de se concentrer.Son « hamster » intérieur ne se repose jamais.Ce dialogue intérieur invasif fait office de narration et constitue le fil conducteur de cette websérie comique très réussie de Nathalie Doummar et Julien Hur teau.On suit ce raccrocheur, très justement interprété par Philippe-Audrey Lar- rue-St-Jacques, dans les premiers mois de son retour à l\u2019école secondaire, marqués par un diagnostic de TDAH, des résultats scolaires peu glorieux, une colocation avec un collègue de classe un peu envahissant et sa mère qui l\u2019est encore plus, et une relation pas totalement dénuée d\u2019ambiguïté qu\u2019il développe avec sa conseillère pédagogique (Doummar) et ancienne collègue de classe lors de son premier passage à l\u2019école secondaire.Le pauvre Teodore, pas toujours bien guidé par son omniprésente voix intérieure (et ses proches), tente tant bien que mal de se sortir du marasme de sa «prise en main» pas aussi facile qu\u2019il ne l\u2019imaginait.De cette quête menée avec beaucoup de bonne volonté et pas assez d\u2019organisation émerge un récit d\u2019apprentissage moins futile et léger qu\u2019il n\u2019y paraît.Teodore pas de H teodorepasdeh.com et facebook/TeodorepasdeH, dès jeudi.Dompter le hamster hyperactif Une websérie fait entrer le téléspectateur dans la tête d\u2019« un TDAH ».Pas reposant, mais divertissant.MAXIME DESBIENS vec une population urbaine dépassant légèrement les deux millions et demi d\u2019habitants, Taipei peut être considérée comme la plus petite des grandes villes de langue chinoise.La capitale taïwanaise ne manque pas pour autant de personnalité, bien au contraire.Elle est unique et représente l\u2019une des destinations les plus intéressantes et originales du continent asiatique.Avant de plonger dans les entrailles de cette ville fascinante, une mise en contexte s\u2019impose.Taïwan est un pays qui n\u2019existe officiellement que pour les Taïwanais.Vaincu en 1949 par Mao et les communistes lors de la guerre civile chinoise, le leader du parti politique du Kuomintang, Tchang Kaï- chek, avec deux millions de ses soldats et de ses partisans, se réfugie en catastrophe sur l\u2019île.Ce parti contrôlera Taïwan jusqu\u2019en 2000, soit bien après la mort de l\u2019autoritaire leader, en 1975.Depuis, un peu comme au Québec, en Catalogne ou en Écosse, la politique taï- wanaise a été dominée par deux formations, l\u2019une indépendantiste (le Parti démocrate progressiste, PDP), l\u2019autre autonomiste, plus proche de la Chine (le Kuomintang), qui ont L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 V I V R E REPORTAGE GABRIEL ANCTIL À TAIPEI COLLABORATEUR LE DEVOIR Taipei, la nuit Dans l\u2019ombre du dragon chinois, la capitale taïwanaise s\u2019avère une destination unique en Asie Le quartier de Ximending, surnommé le « mini-Tokyo ».Au marché de nuit de Shilin, un vendeur de pieuvres (à droite en haut) et une vendeuse de jus (à droite en bas).PHOTOS GABRIEL ANCTIL A adopté des approches diamétralement opposées par rapport à l\u2019identité taïwanaise et envers leur puissant voisin.Petite île située dans l\u2019ombre du dragon chinois, qui la considère comme faisant partie intégrante de son territoire, ce pays autoproclamé possède son armée, sa police, sa monnaie, mais n\u2019est reconnu par à peu près aucune nation dans le monde et n\u2019a droit de parole dans aucun forum international important.Ses 24 millions d\u2019habitants vivent sous la peur d\u2019une invasion de la Chine, qui n\u2019hésite pas à braquer ses canons en sa direction en pleine campagne électorale taïwanaise pour inciter les électeurs à tourner le dos au PDP.Malgré de nombreuses menaces, la formation indépendantiste gouverne le pays depuis 2016.Le résultat de cette histoire en parallèle est que le pays capitaliste a échappé aux grandes réformes communistes et qu\u2019il a développé sa propre culture, dont il est extrêmement fier.La liberté d\u2019expression et la démocratie qui s\u2019y déploient attirent les jeunes, les artistes et les libres penseurs du continent, qui enrichissent sa société.Taipei possède deux visages, qui ont le don de déstabiliser les visiteurs.De jour, inondée de milliers de bruyantes mobylettes, la capitale donne l\u2019impression d\u2019avoir servi de décor à de nombreux fi lms de science-fiction des années 1980.Son architecture, qui a longtemps été la risée du continent, mais qui s\u2019est grandement améliorée dans les dernières années, multiplie les formes asymétriques et irrégulières : sphères géantes fusionnées à des rectangles, tours d\u2019habitations surchargées de cylindres et de carrés ; l\u2019endroit donne l\u2019impression d\u2019avoir été conçu selon les règles esthétiques d\u2019une lointaine planète.Mais la nuit, tout se transforme et la ville s\u2019éclate.Les gens investissent par milliers les nombreux marchés et prennent d\u2019assaut les différents quartiers.C\u2019est à ce moment que Taipei montre sa véritable personnalité, que ses lumières multicolores repoussent la noirceur et que des milliers de parfums inondent ses allées.La ville possède une magnifique offre de marchés.Il y en a pour tous les goûts.L\u2019allée des Serpents se concentre sur les produits de la médecine traditionnelle chinoise.Il est possible d\u2019y trouver du sang de serpent, de la viande de tortue ainsi que du vin de pénis de chevreuil, aux effets apparemment aphrodisiaques.Le marché aux puces Fu-He propose quant à lui des centaines de kiosques qui vendent des babioles provenant des quatre coins du monde.Quant au marché de Liaoning, spécialisé dans les fruits de mer, c\u2019est l\u2019endroit idéal pour déguster une des spécialités du pays: une omelette aux huîtres.Mais le roi des marchés de Taipei est sans conteste le marché de nuit de Shilin, le plus grand et le plus coloré de tous.S\u2019y rejoignent, une fois le soleil couché, des milliers de personnes qui déambulent, entassées, le regard émerveillé, à travers les étroites et nombreuses ruelles qui constituent la pieuvre étendue que représente ce marché à ciel ouvert.Une multitude de marchands de rues y offrent aux gourmands leurs délicieux produits concoctés et cuisinés sur place.C\u2019est le lieu parfait pour s\u2019initier à l\u2019épatante cuisine taïwanaise, unique en Asie, véritable creuset des cuisines locale, chinoise et japonaise (le Japon a occupé l\u2019île de 1895 à 1945).Brochettes de viande, boules de poisson, dumplings, thé aux perles (ou Bubble Tea, inventé à Taipei), jus de fruits, saucisses de toutes sortes, fruits de mer frais ou panés, poissons grillés\u2026 Vos sens seront sans cesse sollicités dans cette orgie d\u2019odeurs et de saveurs.Rassasiés, les jambes quelque peu fatiguées, vous sentirez peut-être le besoin de vous asseoir pour boire un verre.Le quar tier de Ximending, surnommé le « mini-Tokyo », serait alors tout indiqué.Ce lieu de rassemblement de la jeunesse de la ville concentre une pléiade de bars et de discothèques particulièrement fréquentés.Vous y trouverez également, à l\u2019instar des villes japonaises, une abondance de panneaux publicitaires géants, de néons criants et de commerces offrant des produits japonais (mangas, figurines de super- héros, films, musique\u2026), extrêmement populaires dans le pays.La librairie qui ne dort jamais Pour terminer la soirée (ou la nuit) en beauté, rien de mieux que de bouquiner à la librairie Eslite, ouverte 24 heures par jour, qui n\u2019a pas fermé ses portes depuis 1999.Devenue l\u2019un des repères préférés des insomniaques et des amoureux de livres de la cité, elle s\u2019est transformée avec les années en une attraction culturelle appréciée des touristes littéraires.La succursale de la rue Dunhua propose sur ses cinq étages près d\u2019un quart de million de livres en langues chinoises et étrangères.Mangas rares, livres pour enfants, romans, livres d\u2019art et de cuisine, tout s\u2019y trouve en impressionnante quantité.Une visite s\u2019impose, spécialement la nuit, dans ce lieu où se rassemble une faune des plus particulières, qui feuillette des livres assise directement sur le plancher ou sur les marches des escaliers.L\u2019endroit paraît évoluer dans une autre temporalité, celle qui est rythmée par la musique des mots et la beauté des images immor talisées sur papier.Comme quoi Taipei peut, en une seule nuit, nourrir à la fois votre ventre, votre imagination et votre esprit.Gabriel Anctil était l\u2019invité de Tourisme Taïwan et de Hong Kong Airlines.| 4 5 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Taipei possède deux visages.De jour, inondée de milliers de bruyantes mobylettes, la capitale donne l\u2019impression d\u2019avoir servi de décor à des films de science-fiction des années 1980.La nuit, tout se transforme et la ville s\u2019éclate. \u2019est un pays minuscule au cœur de l\u2019Afrique, un petit toit dont les collines s\u2019accrochent toujours à hauteur d\u2019œil, en vagues régulières.Un pays où l\u2019on ne peut arriver qu\u2019avec la certitude qu\u2019il y aura un avant et un après au voyage, plus encore qu\u2019ailleurs.Au- delà du calme et de la douceur exceptionnelle de ses collines, le Rwanda porte en effet une prestance douloureuse qu\u2019on sait héritée du génocide, cette fracture dans l\u2019histoire.Il y a 25 ans exactement, l\u2019horreur se déchaînait au Rwanda, un massacre ourdi depuis déjà longtemps et qui laissera derrière lui quelque 800 000 morts.Hutus contre Tutsis.Que ces collines si resplendissantes, parcourues de vents paisibles, aient pu être jonchées de cadavres découpés à la machette semble une chose inconcevable.Et pourtant, la mort est passée par tout ici comme un vent, violent et mauvais celui-là.Dans les minibus bondés, où tous se côtoient aujourd\u2019hui de la même manière que sur les parcelles, impossible de ne pas regarder les visages en s\u2019imaginant la souf france qu\u2019ils ont connue, si loin de la résilience qu\u2019ils affichent.«Tu as traversé le vaste monde pour venir ici, alors reste assis et écoute.» Cette phrase d\u2019une rescapée tutsie, dont le journaliste polonais Wojciech Tochman a recueilli le témoignage pour son livre Aujourd\u2019hui, nous allons dessiner la mort, s\u2019adresse à n\u2019importe quel étranger de passage au Rwanda.Voyager entre ces collines, c\u2019est en effet apprendre à écouter l\u2019histoire du génocide dans les innombrables mémoriaux à Kigali, Nyamata, Nta- rama, Kibuye \u2014 et combien d\u2019autres encore.Mais c\u2019est aussi, malgré tout, admirer le rayonnement des vallées vert profond parcourues de pistes poussiéreuses, le port gracieux des plantations de thé et de café, l\u2019ingéniosité des parcelles cultivées au centimètre près.Ces parcelles où tous se sont retrouvés dans le désordre à la fin des années 1990 et où tient, maintenant, la paix.Un mois, un pays Un mois : plus de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour faire en solitaire le tour du Rwanda, pays si petit qu\u2019on en frôle régulièrement les frontières \u2014 Ouganda au nord, Tanzanie à l\u2019est, Bur undi au sud, République démocratique du Congo à l\u2019ouest.Pas de trains ici, cela va de soi, mais des minibus toujours prêts à partir et des motos-taxis pour les courtes distances, parfois des vélos-taxis brinquebalants.Être une femme seule, blanche, sans voiture attire peut-être les regards et la curiosité, mais il suffit souvent d\u2019un sourire pour faire tomber la réserve toute rwandaise.Quand on part à l\u2019aube de Kigali, dans la fumée bleue où s\u2019éveillent déjà les collines, il ne faut que deux heures de route pour rejoindre l\u2019entrée de l\u2019Akagera, un des trois parcs nationaux du Rwanda.Ses 1100km2 de savane sont tout ce qui reste de l\u2019avant-géno- cide, le parc ayant perdu la moitié de sa superficie avec le brusque retour des réfugiés en 1997.Après six heures sur la piste à observer la brousse, entre les plaines où pointe l\u2019acacia et les lacs bordés de papyrus, on constate que les efforts pour faire refleurir la vie sauvage ont réussi: girafes, zèbres, hippopotames, impalas, éléphants se laissent deviner à la fenêtre.Et cela, dans le calme d\u2019un pays qui s\u2019ouvre encore tranquillement au tourisme.Si une voiture privée s\u2019impose pour visiter les parcs, on peut ensuite l\u2019oublier.En trois heures d\u2019un minibus lancé sur la route vers le Burundi, on rejoint aisément Butare (ou Huye), deuxième ville du Rwanda.Ville : un mot imposant pour ce bourg à la vue prenante sur les collines, en plein royaume du café.Avec son université, sa grande cathédrale et son fabuleux musée ethnographique, seul endroit au pays où remonter, en détail, toute l\u2019histoire du Rwanda, la ville est d\u2019un charme inattendu.Sur la terrasse de l\u2019hôtel Ibis, relique des années 1940 où se réunissent locaux et expatriés, on peut observer à toute heure du jour l\u2019occupation de la rue.Mais une sortie s\u2019impose: à huit kilomètres de là, dans les plantations de café, la coopérative Huye Mountain Coffee accueille les visiteurs avec enthousiasme.Avec l\u2019intarissable Aloys, guide attitré de la maison, la culture du café et la région de Butare dévoilent en un après-midi tous leurs secrets.Au coucher du soleil, sur le chemin de L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 6 | REPORTAGE GENEVIÈVE TREMBLAY À KIGALI LE DEVOIR Dans la douloureuse douceur du Rwanda En ce 25e anniversaire du génocide, rencontre avec un pays à la beauté vertigineuse C terre entre la station de lavage et le bureau d\u2019accueil, les enfants courront en grappes derrière la muzungu, l\u2019étrangère blanche, qui marche telle une apparition au milieu des bananeraies.Autour du lac Kivu Dernier cap : les berges du lac Kivu, vaste étendue d\u2019eau séparée en deux par la frontière avec la République démocratique du Congo.Après un trajet cahoteux les genoux dans le visage, on arrive à Kibuye comme on atteindrait la mer dans ce pays pourtant sans rivages.Selon l\u2019heure du jour, le flanc des collines passe du vert émeraude au bleu marine \u2014 avec parfois des reflets mauves à l\u2019heure du crépuscule, heure où tout se fige dans une lumière extraordinaire.À deux minutes de marche de notre auberge, une église rappelle dignement la mémoire des victimes du génocide, qui a frappé très dur ici.Des dizaines de milliers de morts.Depuis la petite cour ombragée de l\u2019église, tout comme du sommet des îles avoisinantes qu\u2019on peut rejoindre en bateau à moteur, la vue embrasse le plongeon des collines dans le lac immensément calme \u2014 comme une prière que cette paix puisse durer.Plus au nord, aux alentours de la ville frontalière de Gisenyi, c\u2019est la rencontre avec un autre Rwanda : en arrière-plan des ravissantes plantations de thé apparaît le dôme des volcans de la chaîne des Virunga \u2014 dont l\u2019immense Nyiragongo, côté congolais.Quand on revient au crépuscule d\u2019une balade en kayak sur le lac Kivu, à l\u2019heure où les pêcheurs s\u2019éloignent en chantant sur leurs pirogues pour pêcher les sambazas (petites sardines) à la faveur de la nuit, survient alors le sentiment géographique d\u2019être au cœur de l\u2019Afrique, dans sa richesse infinie.Pour la fin du voyage, Musanze nous attend, tout au nord, là où une fraîcheur nouvelle apparaît dès le coucher du soleil.Si plusieurs profitent du Parc national des volcans pour randonner jusqu\u2019aux gorilles ou visiter la tombe de la primatologue Dian Fossey, d\u2019autres, comme nous, préféreront la visite des lacs Burera et Ruhondo, tout près de l\u2019Ouganda.Depuis le versant des collines, où nous suivent en silence des enfants curieux, le découpage serré des parcelles fait réaliser à quel point le Rwanda est densément peuplé \u2014 495 habitants au kilomètre carré, un record sur le continent africain.Un record, et certainement un exploit.Quand on revient à Kigali, capitale propre et ordonnée, c\u2019est le choc.On pense alors à ce qu\u2019avait compris le photojournaliste Raymond Depardon, grand amoureux de ce continent.«Je suis seul avec mon voyage, heureux d\u2019être seul, ici au cœur de l\u2019Afrique, au milieu du continent, loin de l\u2019actualité, loin des événements et pourtant au cœur de quelque chose», confiait-il dans Afrique(s).S\u2019il y a quelque chose que laisse le Rwanda, c\u2019est bien ce sentiment.Et une fois de retour chez soi, on s\u2019étonne tristement de ne plus avoir la certitude d\u2019une douce et courageuse colline dans son dos.| 47 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Idées de lecture Il faut absolument lire les livres de Jean Hatzfeld, qui a documenté le génocide pendant des années \u2014 de la très éprouvante trilogie Récits des marais rwandais (2000-2007) au plus récent Un papa de sang (2015).Parmi les nombreux livres de l\u2019écri- vaine rwandaise Scholastique Muka- songa, l\u2019hommage à sa mère La femme aux pieds nus (2008) est un rare et émouvant regard sur la vie au pays avant le génocide.Enfin, en matière de guides de voyage, le britannique Bradt est certainement le plus complet; une septième édition, renouvelée, a d\u2019ailleurs été publiée l\u2019automne dernier.Deux petits garçons nous suivaient, curieux, sur la piste entre les lacs Burera (à droite) et Ruhondo, près de la frontière avec l\u2019Ouganda.En bas : vue sur une baie du lac Kivu à Kibuye.PHOTOS GENEVIÈVE TREMBLAY LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Vivr e 4 8 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Nouveaux parents ?Félicitations ! L\u2019arrivée d\u2019un nouveau membre de la famille est toujours une source de joie\u2026 mais s\u2019occuper de bébé, c\u2019est beaucoup de travail.Ces deux applis permettront d\u2019avoir l\u2019œil sur le nouveau poupon, que l\u2019on soit parent, membre de la famille ou ami.Moniteur pour bébé Avez-vous une vieille tablette ou un téléphone intelligent qui dort dans un tiroir?Pourquoi ne pas le recycler en moniteur pour bébé?L\u2019application Baby Monitor 3G s\u2019installe sur deux appareils intelligents.On place ensuite un des appareils près de bébé, caméra pointée sur le berceau, et on lance l\u2019application.On peut ensuite vaquer à ses occupations durant la sieste, comme dormir (enfin!), sans s\u2019inquiéter.Si bébé se réveille, l\u2019application envoie une notification aux parents et permet de le voir et même de lui parler.S\u2019il fait trop sombre dans la chambre, une fonction étrange permet d\u2019activer le flash pour «mieux voir» le bébé.Mais alors là, on ne garantit pas un retour rapide au calme.Baby Monitor 3G TappyTaps, offerte pour iOS et Android (https://www.babymo nitor3g.com) Bébéstagram Le microréseau social Tinybeans permet de partager avec sa famille et ses amis proches les petits moments de la vie de tous les jours.Et de ces moments importants, il y en a souvent dans la vie d\u2019un enfant.Première nuit sans se réveiller?Photo.Premiers pas?Vidéo.Premier anniversaire?Album photo papier.Un peu plus privé que d\u2019autres réseaux sociaux, comme Instagram et Facebook, Tiny Beans offre le plein contrôle sur qui peut voir ses images partagées.Tinybeans offre aussi une fonction infolettre quotidienne pour garder informés ceux et celles qui utiliseront peu souvent l\u2019application.Tinybeans Tinybeans, offerte pour iOS et Android (https://tinybeans.com) Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR Aux yeux de Jessica Krecklo Naidu, le dessin est une forme accessible à tous, par sa façon de développer notre sensibilité aux textures et aux éléments de notre environnement, alors qu\u2019on se laisse captiver par le moment présent.PHOTOS ET ILLUSTRATIONS JESSICA KRECKLO NAIDU ar esprit méditatif, désir de prendre une pause de l\u2019appareil photo ou simple goût d\u2019apprendre à illustrer l\u2019environnement naturel, le dessin gagne de plus en plus d\u2019adeptes.Que l\u2019on soit naturaliste en herbe, enthousiaste traceur de «bonshommes allumettes », voyageurs sur le mode « lent » ou apprenti bédéiste, retrouver l\u2019art du dessin est une formidable façon de retrouver du temps et un moment de déconnexion techno.Ils sont du genre à repérer un endroit paisible coin de l\u2019Esplanade et Duluth, pour capturer dans leur carnet la texture que prend le Mont- Royal ce jour-là et les passants qui s\u2019y promènent.Parfois, ils diffusent leur ar t sur Instagram ou sur leur site Web.Ou pas.Les dessinateurs du dimanche sont parmi nous.Et leur réseau tend à prendre de l\u2019expansion alors que se multiplient les ateliers et cours pour (ré)apprendre à dessiner.L\u2019illustratrice torontoise Jessica Krecklo Naidu, qui ce printemps enseigne l\u2019art du croquis (sketch) à la Fondation Robert Bateman, guidera les petits et les adultes naturalistes en devenir.« Nous allons découvrir divers écosystèmes, observer des oiseaux tout en apprenant à vraiment être dans et avec la nature », décrit cette artiste qui aime elle-même suivre les groupes de dessinateurs urbains, qui affichent en ligne les résultats de leur travail exploratoire.« Ce sont des groupes de gens qui aiment se retrouver pour pratiquer leur amour du dessin.Il y en a dans plusieurs villes du monde : ces gens se retrouvent pour pratiquer leur art REPORTAGE SYLVIE SAINT-JACQUES COLLABORATEUR LE DEVOIR Le temps retrouvé dans le carnet à dessin Devenir un dessinateur du dimanche pour obtenir une totale déconnexion techno P | 4 9 Vi v r e P l e i n a i r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 MA MAISON, MES EXPERTS Estimation gratuite : Benjamin Boyer 450-525-0081 b.b-8toitures@hotmail.com www.bb-8Toitures.com TOIT TPO c .in J3B 5R9, Qc, CA.-Richelieu, St-Jean-Sur 58,rue cousins Nords, oitures B.B-8 T : rouvez-nous sur Facebook T et entrer en lien, personne ne gagne d\u2019argent avec ça.L\u2019objectif est la connexion », évoque la jeune artiste et mère de famille, qui est convaincue qu\u2019absolument tout le monde peut dessiner.Observer pour voyager léger Les apprentis naturalistes mont- réalais qui aspirent à raf finer leurs talents de dessin peuvent regarder du côté du Jardin botanique, qui of fre périodiquement des ateliers de croquis dans ses serres, ou encore joindre un des groupes de croquis qui s\u2019inspirent de la nature des nombreux parcs de la ville.Dans le quartier Villeray, Les ateliers C proposent aussi une panoplie de cours pour s \u2019 in i t ier à d iverses formes de dessins.« Le concept du carnet de voyage est quelque chose de très établi dans le monde.De mon côté, je fais partie d\u2019un groupe Facebook de voyageurs qui partagent des aquarelles et dessins de lieux », partage le cofonda- teur d\u2019Équiterre François Meloche, qui a documenté visuellement ses pérégrinations au Guatemala et à Val d\u2019Or.« Pour moi, ce n\u2019est pas le résultat qui compte tant que le processus.Quand tu dessines une cathédrale, par exemple, tu t\u2019assois, tu prends du temps contemplatif, tu observes les détails et le travail architectural.C\u2019est aussi vrai pour la nature : on peut alors mieux apprécier la complexité visuelle d\u2019une fleur, d\u2019une feuille, d\u2019un arbre\u2026 », dit François Meloche.« Les bons dessinateurs, qu\u2019ils soient voyageurs ou pas, savent recréer une ambiance, aller à l\u2019essentiel et toucher au cœur de l\u2019action.Souvent, dans un dessin, une personne a davantage l\u2019air de bouger que sur une photo », poursuit cet admirateur du travail du bédéiste français Emmanuel Lepage, qui a recréé dans ses livres les paysages de Tcherno- byl et de l\u2019Antarctique.Aux yeux de Jessica Krecklo Naidu, le dessin est une forme accessible à tous, par sa façon de développer notre sensibilité aux textures et aux éléments de notre environnement, alors qu\u2019on se laisse captiver par le moment présent.Et pour commencer, un simple ensemble de crayons à 20 $ suffit.« Je sais que plusieurs personnes portent en eux des \u201ccicatrices\u201d artistiques.Peut-être ont-ils été critiqués dans le passé et cela les rend craintifs.Le plus important, c\u2019est de s\u2019ouvrir au processus et de le faire en toute confiance.On délaisse le téléphone pour un moment et on s\u2019attarde à un arbre, en observant ses détails, en prenant note de quelque chose qu\u2019on n\u2019a jamais vu auparavant.Parfois, il m\u2019arrive de prendre une photo et de la transformer plus tard en dessin.Le fait de prendre contact avec la simplicité de la réalité matérielle est une façon d\u2019oublier notre ego pour un moment.» Le geste de dessiner est aussi une manière de mettre sur pause le tourbillon de notre quotidien.LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e Te n d a n c e 5 0 | GRAND ANGLE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR ette histoire débute le jour où un journaliste décide de s\u2019acheter une paire de bottes dans une boutique de quar tier et qu\u2019un vendeur lui suggère un modèle en glissant au passage : « Elles ne sont peut-être pas chaudes, mais au moins, elles sont véganes.» L\u2019argument, oscillant entre trivialité et conviction forcée, aura ouvert une brèche : quel paradigme peut pousser à ce degré la primauté de l\u2019éthique et de la morale, et que peut- il se cacher dans l\u2019angle mor t de ceux-ci ?L\u2019écheveau est compliqué à démêler, et la véritable question dépasse la simple consommation de viande.Tour d\u2019horizon avec des penseurs d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Au Québec, les dispositions légales de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l\u2019animal (qui ne s\u2019appliquent que par tiellement aux animaux destinés aux expériences en laboratoire ou à l\u2019élevage), entrée en vigueur en décembre 2015, stipulent que les animaux ne sont plus des « biens meubles » mais « des êtres doués de sensibilité » qui « ont des impératifs biologiques».Si de telles dispositions sont récentes, la domestication des animaux, elle, remonte à plus de 15 000 ans et témoigne de notre passage d\u2019une idéologie de prédation à un système d\u2019exploitation des ressources naturelles.Ce constat est au cœur des recherches de l\u2019ethnologue et anthropologue français Jean-Pierre Digard.Directeur de recherche émérite au Centre national de recherche scientifique (CNRS), il est également spécialiste de la domestication des animaux.On le retrouve aussi probablement dans bien des salons d\u2019activistes sous forme de poupée vaudou tant ses propos font réagir les militants sur les médias sociaux.Auteur du brûlot L\u2019animalisme est un antihu- manisme (CNRS Éditions, 2018), il conteste l\u2019idée d\u2019accorder des droits aux animaux et croit plutôt aux « devoirs» des êtres humains.Au bout du fil, Digard explique : « On ne peut avoir des droits si l\u2019on n\u2019a pas de devoirs.L\u2019homme a des devoirs envers les animaux.Il a commencé à les priver de leur liberté pour les élever, il doit donc les nourrir, les protéger, leur fournir un confort \u201cnormal pour un animal\u201d.» Pour lui, le problème est surtout la pression productiviste excessive qui s\u2019exerce sur les animaux et qui fait oublier aux êtres humains leurs devoirs.L\u2019un des termes qui font bouillir Jean-Pierre Digard est l\u2019idée du «bien-être animal», traduction d\u2019animal welfare : «Je suis d\u2019avis que si l\u2019on voulait traiter le \u201cbien-être animal\u201d, on devrait commencer par ces gens [éleveurs et travailleurs de l\u2019industrie] qui font un métier éprouvant.» Le Monde parlait à ce titre, le 31 janvier dernier, de l\u2019augmentation du taux de suicide chez les agriculteurs français comme d\u2019une « hécatombe silencieuse ».Ce n\u2019est cependant pas tant la notion qui choque l\u2019homme, mais l\u2019expression elle- même.Selon lui, on ne peut définir le «bien-être » d\u2019un animal à moins d\u2019en devenir un soi-même.Jocelyne Porcher est aussi réticente au terme.Elle-même éleveuse de brebis puis de porcs durant des années, avant de devenir sociologue, la directrice de recherche à l\u2019Institut national de la recherche agronomique (INRA) en France rappelle que la critique sociale et économique développée autour de l\u2019idée d\u2019animal welfare s\u2019est concentrée sur les animaux et non les travailleurs.« On a par le fait même tenté de simplement concilier acceptabilité sociale et rentabilité.» Auteure de Vivre avec les animaux.Une utopie pour le XXIe siècle (La Découverte, 2014), Porcher affirme que les chercheurs du « bien- être » animal sont au surplus « complètement coupés du monde réel ».Elle les accuse de ne connaître « ni l\u2019élevage, ni les éleveurs, ni les animaux d\u2019élevage ».À son avis, en matière de relation aux animaux, si l\u2019opposition entre individus urbains et r uraux est vraie, c\u2019est sur tout sur le plan du travail qu\u2019il y a deux mondes : un monde où l\u2019animal est un concept, et un monde où l\u2019on fréquente réellement les animaux.Guerre des paradigmes Pour la philosophe Valéry Giroux, coauteure, avec Renan Larue, de l\u2019ouvrage Le véganisme, publié en 2017 dans la collection « Que sais- je », l\u2019argument est peu convaincant.« Faudrait- i l nous fier aux seuls Monsanto de ce monde pour juger de la gravité de la monopolisation des semences ou de l\u2019importance de la sécurité alimentaire ?» Entre bien-être animal et devoirs humains De la morale à la spéculation alimentaire, le véganisme soulève autant de questions que de passions Pour les penseurs véganes Valéry Giroux et Renan Larue, l\u2019anthropo - centrisme est soutenu par deux systèmes de pensée qui se renforcent mutuellement : le spécisme et le carnisme.ISTOCK C Le problème est ailleurs, rétorque Porcher, qui croit que le concept de « bien-être animal » a permis d\u2019éviter une critique radicale de la production industrielle, avec laquelle il faudrait pourtant rompre.« Il y a, sur la planète, un milliard de personnes sous-alimentées.Ce n\u2019est pas une question de quantité.Ce qu\u2019il y a, c\u2019est un gâchis, on ne partage pas les richesses, croit l\u2019essayiste.Les \u201cproductions animales\u201d ne servent pas à nourrir, mais à faire de l\u2019argent.Ce rapport dans lequel les animaux servent à générer un profit remonte au XIXe siècle et à l\u2019avènement de la zootechnie.C\u2019est de ce paradigme qu\u2019il faut sortir.» Toutefois, de l\u2019avis de Valéry Gi- roux, l\u2019un des facteurs qui expliquent la ténacité de l\u2019élevage, dans un contexte où nous aurions toutes les raisons d\u2019y renoncer, réside davantage dans le mythe du petit producteur qui aime ses animaux et les traite bien.« Je dis \u201cmythe\u201d non pas parce qu\u2019on n\u2019en trouve aucun, mais parce que nous accordons une immense importance à la représentation bucolique que l\u2019on se fait dans notre imaginaire collectif, alors que plus de 95 % de nos aliments d\u2019origine animale proviennent pourtant d\u2019élevages industriels.» Christiane Bailey est doctorante en philosophie à l\u2019Université de Montréal.Elle travaillait aussi, jusqu\u2019à tout récemment, dans un refuge pour animaux.À son avis, l\u2019omnivorisme consciencieux préconisé notamment par des penseurs comme Jocelyne Porcher n\u2019est ni une solution aux déserts alimentaires ni à la sécurité alimentaire, puisqu\u2019il normalise et encourage la consommation de produits animaux.Elle est cependant d\u2019accord avec l\u2019idée que le mouvement végane ne réglera pas la faim dans le monde par lui-même tant qu\u2019on vivra dans un système économique capitaliste.Celle qui a traqué pour ses recherches les meilleurs arguments éthiques pour défendre l\u2019ordre établi | 5 1 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 L A R EC E T T E D E M I C H A E L TOZ Z I Poulet frit au babeurre façon Dandy Voici la recette du très populaire sandwich au poulet frit au babeurre du Dandy.Nous le servons avec une rémoulade crémeuse aux pommes sur un pain brioché maison.Pour 6 portions Ingrédients Marinade 6 hauts de cuisse de poulet désossé 2 tasses de babeurre 1/2 c.à table de sel 1 c.à thé de poivre 1 c.à thé de cayenne Panure 2 tasses de farine 1/2 c.à thé de poudre d\u2019ail 1/2 c.à thé de sel 1/2 c.à thé de poivre 1/4 c.à thé de cayenne 1/2 c.à table de poudre à pâte Préparation Mélanger tous les ingrédients de la marinade dans un bol et laisser le poulet y mariner pour au moins 6 heures au réfrigérateur.Dans un autre bol, mélanger tous les ingrédients pour la panure.Réserver.Retirer le poulet du liquide et l\u2019enrober de mélange à panure.Replonger le poulet dans la marinade de babeurre, et encore une fois dans la panure.Finalement, frire le poulet dans l\u2019huile de canola à 185°C jusqu\u2019à ce que l\u2019extérieur soit bien doré et que la température interne du poulet atteigne 75°C.Servir sur un pain brioché avec les accompagnements de votre choix.Michael Tozzi est chef du Dandy 244, rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal MICHAEL TOZZI Quel paradigme peut pousser la primauté de l\u2019éthi - que et de la morale, et que peut-il se cacher dans l\u2019angle mort de ceux-ci ?L\u2019écheveau est compliqué à démêler et la véritable question dépasse la simple consommation de viande.Objets de spéculation Le premier hamburger «artificiel» (in vitro) est passé sur le grill en 2013.Coût de fabrication: 250 000euros.Un marché impossible à exploiter?Une étude d\u2019Allied Research révèle que le marché des substituts de viande connaît une croissance de 8,4% par an en moyenne depuis 2015.On parle ici de 5,2 milliards de dollars d\u2019ici 2020.Tout le monde ne se réjouit pas de cette nouvelle souvent présentée comme une solution de rechange à la surutilisation des terres agricoles par l\u2019élevage et la production animale (83% selon la revue américaine Science).Pour Jocelyne Porcher, le mouvement végane et les groupes de pression comme PETA (People for Ethical Treatment of Animals) font ainsi le travail d\u2019avant-vente du marché de la viande in vitro.«C\u2019est ça, le capitalisme: quand il y a un marché, les entrepreneurs s\u2019y mettent.Je pense que le marché végane est fragile parce qu\u2019il tient par l\u2019absence d\u2019autres options.Aussitôt le marché in vitro arrivé, il remplacera le soja, et on sera dans une énorme concurrence mondiale.Ces produits sont des objets de spéculation, ne l\u2019oublions pas.» en ce qui concerne nos relations aux animaux avoue avoir « de plus en plus de difficulté à penser cela possible ».Coauteure, avec Jean-François Labonté, de La philosophie à l\u2019abattoir (Atelier 10, 2018), elle précise que les arguments pour défendre l\u2019existence de l\u2019industrie de l\u2019élevage et des abattoirs « sont notoirement faibles », comme pour les zoos, les rodéos et les cirques.Morale conceptuelle et du travail Pour les penseurs véganes Valér y Giroux et Renan Larue, l\u2019anthropocentrisme est soutenu par deux systèmes de pensée qui se renforcent mutuellement : le spécisme et le carnisme.Le premier consiste à accorder moins de valeur morale aux êtres n\u2019appar tenant pas à l\u2019espèce humaine.Le second, théorisé par la psychologue américaine Melanie Joy, nous conditionne à regarder comme bon, juste, naturel et nécessaire de manger, et plus généralement d\u2019assujettir, les membres de certaines espèces animales.Pour bon nombre d\u2019activistes, « le spécisme est à l\u2019espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe », comme on peut le lire dans la revue française Cahiers antispécistes.La comparaison fait réagir ?Parlez- en à Jean-Pierre Digard.Pour lui, les deux notions sont incomparables : « Alors que l\u2019absurdité du racisme tient à l\u2019inexistence des races dans l\u2019espèce humaine, le spécisme est absurde, à l\u2019inverse, parce que les espèces existent bel et bien et qu\u2019elles ont un contenu biologique qui dresse entre elles des barrières génétiques infranchissables, sauf en de rares cas d\u2019hybridation.» Pour Jocelyne Porcher, ce type de morale au cœur de l\u2019activisme vé- gane est contentieux.Elle est d\u2019avis que le gros problème est la primauté de la « morale conceptuelle des philosophes » sur la morale du travail, notamment celle des éleveurs, dont les demandes, comme l\u2019abattage à la ferme plutôt qu\u2019en abattoirs, sont justement dictées par un engagement moral.Contestant l\u2019idée de la « libération animale » (mise en avant par le philosophe australien Peter Singer, dans un livre du même nom en 1975), Porcher croit que les bêtes demandent à vivre avec nous, tout comme nous demandons à vivre avec elles.« Les individus qui parlent de \u201clibération animale\u201d disent ça des vaches, mais pas de leur chien.Leur liberté serait la liber té d\u2019être une proie.L\u2019élevage, au contraire, avec les animaux de ferme, repose sur un rapport de pacification.» La chercheuse, dont le travail s\u2019inspire de l\u2019éthique du don, théorisée par le sociologue et anthropologue Marcel Mauss, croit beaucoup en l\u2019idée du « travail animalier ».Elle soutient l\u2019impor tance culturelle de cet échange entre deux mondes : une richesse à la fois pour les êtres humains\u2026 et pour les animaux ? L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com DISPONIBLE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com POUR DES VOYAGES PAS COMME LES AUTRES ! 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selon le programme Hôtels catégorie 3* 4* 5* 21 nuits d\u2019hébergement ol international Montréal/Delhi/Montréal avec British Air V Circuit de 21 nuits, limité à 17 passagers vice d\u2019un chauffeur avec véhicule Ser Accompagnateur de Montréal ous les tra T 3 repas par jour axes aériennes de T ways nsferts requis durant l\u2019itinéraire 750 $ en classe économique Khajurâho/Vârânasî et Vârânasî /Delhi Guide accompagnateur francophone tout au long du circuit climatisé Pourboires aux guides, chauffeurs et personnel hôtelier vices non mentionnés dans le programme, T Frais de visa pour l\u2019Inde, Ser axes locales T Billet de train d\u2019Agra à Jhansi , Frais V , Assurances voyage, Contribution FICA outes les dépenses personnel ols domestiques V pour cameras photos et vidéos à certains sites les, Boissons lors des repas spécialiste en histoir crées par Mme Stéphanie-Anne Ruatta, docteur en lettr Des voyages d\u2019exceptions axés sur la CUL Allant d e ancienne.es classiques et TURE & l $ $ p p e -400 à -1200 ar cou le enez le p où vous r \u2019HISTOIRE, p .tem s de visiter j p g g j j j e novembr er Départ 1 es \u2013 29 rs p \u2019Inde des Grands Em ir L e Départ 11 septembr résors de Grèce \u2013 20 rs Les T e Départ 22 septembr cuit Es a ne & Portu al \u2013 25 rs Cir e Départ 5 septembr AUME-UNIS TRIMOINE DU ROY A P e Départ 9 septembr Les Perles des Balkans \u2013 20 rs p j g g Départs 12 oct & 2 nov & 16 nov e Départ 4 novembr entine & P Grande Ar e Départ 25septembr our Portu al Grand T e Départ 10 septembr \u2019e p o e de L cuit Eur Cir \u2013 24 rs e Départ 12 septembr S lendeurs de l\u2019Italie j j j g j ata onie \u2013 20 rs e \u2013 22 rs & Madèr st et Centrale \u2013 24 rs \u2013 20 rs | 5 3 Vi v r e B i è r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 REPORTAGE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR our la saison des sucres, deux bières qui osent le sirop d\u2019érable : la scotch ale à l\u2019érable l\u2019Équinoxe du printemps de la micro- brasserie Dieu du Ciel !, puis une douce et savoureuse bière de soif, la British à l\u2019érable de la microbrasse- rie À la Fût.Les subtils arômes de cet ingrédient réputé capricieux dans les cuves des brasseurs artisanaux s\u2019expriment de manière dif férente dans les deux recettes.L\u2019Équinoxe du printemps Les bières à l\u2019érable ont longtemps eu mauvaise presse, «et particulièrement dans le nord-est des États-Unis», note Jean-François Gravel, cofondateur et maître brasseur chez Dieu du Ciel !, qui fabrique sa scotch ale à l\u2019érable depuis maintenant vingt printemps.« Pourquoi ?Parce que les brasseurs la faisaient mal.C\u2019est d\u2019abord une question de prix : le sirop d\u2019érable est un ingrédient qui coûte cher.Or, une fois fermenté, sa présence peut devenir très discrète.Il faudrait donc en mettre beaucoup.Donc, dans une réalité économique, souvent, les brasseurs vont essayer de profiter de l\u2019avantage marketing lié à l\u2019ingrédient tout en évitant l\u2019inconvénient du coût de production.» Gravel l\u2019admet : brasser son Équinoxe du printemps coûte assez cher en sirop d\u2019érable, qu\u2019il sélectionne lui-même pour chaque brassin auprès de son fournisseur.«Je choisis un sirop qui a du goût, généralement un sirop assez foncé, puisqu\u2019il faut lui donner le temps de développer son goût caramel.Je cherche aussi les notes boisées, mais j\u2019évite le sirop trop foncé, qui pourrait avoir une sorte d\u2019amertume de sève.Un sirop qui a sa signature, qui a du goût.» Le maître brasseur a marié les saveurs de l\u2019érable au style scotch ale, un style d\u2019ale anglaise originaire d\u2019Édim- bourg depuis le XVIIIe siècle caractérisé par son malt riche et corpulent, son côté caramélisé et son taux d\u2019alcool plus robuste \u2014 l\u2019Équinoxe du printemps affiche 9,1% d\u2019alcool.« Il s\u2019agit justement d\u2019une bière axée sur son côté caramel et sa rondeur, précise Gravel.Le caractère boisé du sirop fonctionne bien avec ça, l\u2019harmonie des goûts est assez facile à trouver et permet même de renforcer le caractère de l\u2019érable.La structure de la scotch ale convient bien à la signature de l\u2019érable.» Le sirop d\u2019érable est ainsi ajouté en quantité à la toute fin de l\u2019ébullition du moût, juste avant la fermentation : « Ce n\u2019est pas le sucre du sirop qu\u2019on recherche, mais ses propriétés gustatives.» Or, il faut être minutieux avec la fermentation, avec les réactions différentes des levures sur les sucres des grains \u2014 six variétés de malt d\u2019orge différentes sont utilisées pour cette recette \u2014 et du sirop « parce que tu peux plus rapidement rencontrer des défauts de fermentation.Il faut bien calculer la dose de sirop dans la recette ».En la versant, l\u2019Équinoxe du printemps présente un généreux collet de mousse bien dense, résultat de la refermentation en bouteille provoquée par un dernier et délicat ajout de sirop d\u2019érable.À la première gorgée, c\u2019est d\u2019abord l\u2019amertume de la bière qui nous frappe, le côté grillé, presque torréfié, des grains, combinés aux houblons anglais utilisés (Golding ou Fuggle) simplement pour trancher dans le sucre, qui lui s\u2019exprime en longueur dans la bouche.«L\u2019important est dans l\u2019équilibre de la bière, pour ne pas être gavé déjà après deux gorgées, estime le brasseur.C\u2019est pourquoi on choisit des malts qui ont des structures de goût plus près d\u2019un biscuit, et des malts caramel qui donnent une petite touche grillée pour éviter que la bière goûte simplement le bonbon à l\u2019érable.» British à l\u2019érable Mathieu Brochu, brasseur chez À la Fût à Saint-Tite, a choisi pour base sa populaire recette d\u2019ale brune aux noix \u2014 « qui ne contient aucune noix, insiste-t-il, on la nomme ainsi à cause des notes de noix grillées que donnent les malts qu\u2019on utilise » \u2014, à laquelle il ajoute le sirop d\u2019érable au moment de l\u2019embouteillage.« C\u2019est toujours délicat d\u2019utiliser le sirop d\u2019érable.En fermentation, il y a le risque que les saveurs s\u2019estompent.Nous, on joue un peu avec le feu en ajoutant le sirop à la fin, donc le sirop risque de refermenter, pas assez pour faire exploser les canettes, mais c\u2019est un danger qui rend frileux les brasseurs.Ça, et le prix élevé ; nous, on est chanceux, on a une très bonne relation avec l\u2019érablière Multi Eco» de Saint-Ubalde, qui fournit en sirop la microbrasserie.«On joue au hockey avec leur représentant, c\u2019était tout naturel d\u2019aller avec eux.Ils ont une belle qualité de sirop.» L\u2019idée de marier la nut brown ale, une des premières recettes brassées par À la Fût au sirop d\u2019érable, lui est venue en lisant les ouvrages de François Chartier sur la cuisine moléculaire : «On reconnaissait le lien à faire entre le côté érable, noix et malté, ça nous semblait un bon mélange, et effectivement, l\u2019assemblage est idéal » pour cette bière brassée une fois l\u2019an.«La British demeure populaire toute l\u2019année, mais une fois le temps des sucres terminé, on sent que les clients ont moins envie de sa version à l\u2019érable\u2026» Toute la bière repose sur l\u2019assemblage de malts employés par Brochu: cinq variétés en tout, un peu de malt caramel, du malt chocolat et surtout le malt Victory, un malt de spécialité anglais réputé pour ses arômes de noisettes grillées et essentiel dans la fabrication d\u2019une nut brown ale.Une levure à ale anglaise et du houblon Golding terminent le travail de la recette de base, à laquelle est enfin ajoutée une certaine quantité de sirop \u2014 pour un brassin de 2000 litres, le brasseur utilise près de 50 litres de sirop d\u2019érable.Résultat : une bière de soif (4,1 % d\u2019alcool) juste assez sucrée et riche en arômes de pain grillé et de biscuit Graham.Or, il ne s\u2019agit pas tout à fait de la seule recette inspirée du temps des sucres développée par Mathieu Brochu: le 19 avril sera offerte la nouvelle itération de la Cuvée Western Spontanée, un assemblage de bières à fermentation sauvages «et acérispontanées» pour faire un clin d\u2019œil au milieu acéri- cole, comme l\u2019explique le brasseur.« Lorsqu\u2019on a commencé à expérimenter avec les bières à fermentation spontanée [comme les lambics belges], on a travaillé directement dans une cabane à sucre avec un vieil évaporateur mobile, qu\u2019on a converti en cuve de fermentation» comme celles utilisées pour cette méthode de fabrication, les koelschip (ou coolship en anglais), dont la forme ressemble effectivement beaucoup à celle d\u2019un évaporateur.« On a aussi essayé de faire des fermentations avec l\u2019eau d\u2019érable.On commence à voir les résultats, c\u2019est vraiment intéressant ! » L\u2019art délicat de brasser à l\u2019érable Quand l\u2019or blond coule à flots chez les microbrasseurs Le sirop d\u2019érable est un ingrédient réputé capricieux dans les cuves des brasseurs artisanaux.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR P L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t o 5 4 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Une des qualités d\u2019un bon restaurant est de proposer un voyage aux clients, avant même l\u2019arrivée des assiettes choisies.On passe devant et on remarque une devanture intrigante, qui donne envie de pousser la porte pour voir de quoi il s\u2019agit.C\u2019est comme ça que vous pousserez la porte de Moccione et que vous partirez en voyage ailleurs.Les gens de ce restaurant ont réussi à créer dans un tout petit écrin un bijou de restaurant.Moccione est une de ces adresses que l\u2019on voudrait avoir au coin de chez soi pour pouvoir y aller souvent, très souvent en fait.On se croirait dans un excellent bistrot de quartier français ou dans une de ces inoubliables trattorias où l\u2019on est entré un peu par hasard et dont on donne l\u2019adresse à nos plus proches amis gourmands.Décor d\u2019une discrète élégance et d\u2019une chaleur enveloppante.Cuisine italienne impeccable du chef Luca Cianciulli et de sa brigade, que l\u2019on voit s\u2019affairer dans la cuisine qui est là, tout près, sans cachotteries.Le menu est assez court pour ne pas étourdir \u2014 une petite quinzaine de choix salés et sucrés \u2014 assez varié pour plaire à tout le monde autour de la table et assez retenu dans la colonne des prix pour que l\u2019on ne soit pas rincé lorsque arrivera « il conto».Un samedi soir de notre hiver qui n\u2019en finit pas, nous patinions rue Vil- leray jusqu\u2019au 380.La salle était pleine.À une table voisine, détail intéressant, un couple de restaurateurs qui tiennent une maison sérieuse ailleurs en ville.Le jeune homme en ser vice explique clairement le menu et les plats du jour.Les commandes prises, il suggère une bouteille se mariant parfaitement avec nos choix.De la cuisine, outre la bonne humeur, parviennent de très appétissants effluves.Les entrées arrivent sans trop tarder et se succèdent à un rythme agréable.Le soir de ma visite, quatre entrées, quatre plats principaux sans faute et des desserts diver tissants comme doivent l\u2019être les bons desserts.Une entrée de succulents éperlans venus du Nouveau-Brunswick, servis en tempura.La panure laisse les petits poissons s\u2019exprimer et un filet de jus de citron dynamise le tout.Ce qui dynamise également est cette mayonnaise à la coriandre et l\u2019assaisonnement de furikake (condiment japonais à base d\u2019algues, de sésame et de piment).Une seconde entrée de mozza- relle, gracieuseté des magnifiques bufflonnes qui coulent des jours heureux dans les prés et les étables de la famille Fuoco au Québec, poivrons ro?tis, et mosto cotto qui ajoute une légère touche aigre-douce.En bon Italien qu\u2019il est, le chef prépare un « crudo », de beaux morceaux de poisson cru accompagnés Le bonheur de manger ailleurs Chez Moccione, le chef et sa brigade préparent une impeccable cuisine italienne Le décor est d\u2019une discrète élégance et d\u2019une chaleur enveloppante.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La cuisine est tout près, sans cachotteries. | 5 5 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 de Ne manquez pas l\u2019événement MODE et magasinage le plus attendu de la saison! MONTRÉAL édition printemps-été 2019 11-12-13-14 AVRIL MARCHÉ BONSECOURS Vieux-Montréal La G r a n d e Québécoise BRADERIE MODE www.braderiedemodequebecoise.com © Photo: Agnieszka Stalkoper de longues lanières de concombre et de fines tranches de radis.La chair du poisson, très tendre et très goûteuse, est illuminée d\u2019éclairs de gingembre, de lime et de sauce de soja.Pour faire joli, le chef dépose des morceaux de clémentine et quelques touches d\u2019œufs de mulet.C\u2019est ef fectivement non seulement très esthétique, mais également délicieux, par fait équilibre entre le plaisir des pupilles et des papilles.Trois plats de pâtes maison \u2014 spaghettis, cavatellis et tagliatelles \u2014 qui rempliront de fierté les aïeules et aïeux du chef et ont ce soir-là soulevé des soupirs de bonheur.Spaghettis aux anchois, oignons carame?lise?s, zeste de citron et chapelure croustillante en fine pluie ; cavatellis qui tendent à laisser croire que des doigts de fée travaillent fort en cuisine, saucisse forte en fenouil, rapini en petits tronçons, le tout saupoudré de pecorino rapé ; tagliatelles, de gros morceaux de champignons poêlés, cèpes, je crois, et sauge ciselée.Ici, la cuisine a choisi le parmesan comme fromage.Choix judicieux.Un plat de poisson, de l\u2019omble péché à New Richmond, au Québec, délicatement cuit au four sur un lit d\u2019une des meilleures polentas que j\u2019ai goûtées de ma vie, crémeuse, légère jouant à la perfection son rôle de soutien.Quelques choux de Bruxelles frits et, sur le poisson une grosse cuillerée de la version moccionesque de sauce vierge enrichie du même « caviar de mujol » mentionné avec l\u2019entrée de poisson.Ici encore, un plat équilibré, savoureux, festif.Les desserts Les desser ts de Moccione sont préparés par Maxime Landr y, la conjointe et chef du chef.Ce soir-là, trois propositions : chou, tiramisu et tartelette.Les choux préparés quotidiennement sont fourrés de crème pâtissière à l\u2019érable et accompagnés de baies d\u2019argousier pochées dans le sirop et d\u2019une chantilly.Le tout est généreusement saupoudré de sucre d\u2019érable.Présenté en verrine, le tiramisu manquait étonnamment de l\u2019habituel dynamisme caféiné malgré la présence d\u2019un superbe petit café (Vitto) à quelques portes du restaurant.Par contre, l\u2019amaretto du Québec était bien présent et le mascarpone en quantité bien dosée.Les boudoirs faits maison étaient tout aussi intéressants.Je n\u2019ai rien de lumineux à vous dire de la tartelette, hormis une laconique description : pâte sucrée, mousse chocolat noir à l\u2019orange et à la noisette, boule de glace au lait et à la crème fraîche, éclats de zeste d\u2019orange.Commentaire d\u2019une espionne en mission un midi chez Moccione : « Deux propositions de plats du jour.J\u2019ai pris le bar rayé sauvage avec palourdes à 20 $, une savoureuse assiettée que j\u2019ai nettoyée méticuleusement avec mon pain jusqu\u2019à la dernière goutte de sauce ; la table à côté a fait de même.Le seul dessert offert le midi est le tiramisu, léger, avec un bon goût d\u2019œuf et de crème mascarpone.J\u2019ai remarqué que tous les plats pris dans ce petit troquet étaient bien assaisonnés, sans jamais verser dans l\u2019excès de sel et de sucre.» Vous m\u2019en voudriez de vous en dire plus.J\u2019ai une confiance totale dans le jugement de Madame Hélène.Sur le site de la maison, cette phrase, signe de générosité, comme la cuisine du Moccione : « Veuillez noter que nous ne sommes pas en mesure d\u2019accueillir les groupes de plus de 8 personnes vu la petite taille du restaurant.Toutefois, nous avons plein d\u2019endroits à vous recommander sur demande.» Moccione ?1/2 $$$ 1/2 380, rue Villeray ?514 270-4441 Ouvert à midi du mercredi au vendredi et en soirée, du mercredi au dimanche.Un plantureux et délicieux repas pour quatre personnes avec une bouteille d\u2019Eska et une de Syrah de chez Aurélien Chatagnier a coûté 218$ avant taxes et pourboire.De l\u2019argent bien investi.Maxime Lavallée monte une carte des vins en accord parfait avec les assiettes proposées par Luca.Post-scriptum : Un lecteur et une lectrice m\u2019ont fait remarquer que, dans une critique antérieure, j\u2019avais utilisé mal à propos les mots « taverne » et « addition » pour « oste- ria » et « aggiunta » en italien.J\u2019aurais dû vérifier davantage avant d\u2019écrire des bêtises.Osteria est plus un bistrot et l\u2019addition en fin de repas est un « conto ».Comme ils l\u2019ont fait avec délicatesse, je les en remercie.Le resto offre un parfait équilibre entre le plaisir des pupilles et des papilles. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com +1 (888) 285-8384 .www.eurocartt.com L\u2019ACHAT-RACHAT CITROËN LOCATION DE VOITURE NEUVE ENTRE 21 ET 175 JOURS Véhicule neuf GPS intégré sur toute la gamme 2019 Kilométrage illimité Assurance multirisque sans franchise (bris de glace, pneus, etc.) Possibilité de prendre et remettre votre véhicule dans des pays différents Formule « Clés en main » : Aucuns frais cachés et aucune charge à destination Assistance 24 h/24 et 7 j/7 Plus de 40 pays couverts Aucuns frais « Jeune Conducteur » ou « Conducteur Additionnel »* Service dédié & réservation effectuée entièrement à Montréal Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com POUR DES VOYAGES PAS COMME LES AUTRES ! 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L\u2019expression y est seulement plus dramatique, plus « mordante » sur le plan de la structure, mais aussi fort aromatique avec ses notes poivrées, anisées et fumées qui lui offrent une impression puissante et verticale.Très recommandable.(5) © ?1/2 La surprise Banyuls Rimage 2017, Domaine la Tour Vieille, Roussillon, France (28,35 $ les 500 ml \u2013 884908) Tout jeune, ce grenache qui mord ici sans remords dans un gros morceau de chocolat noir enrobant en son centre une radieuse cerise juteuse et capiteuse.Mais cela ne s\u2019arrête pas là.Ajoutez ces tanins affriolants fondus sous la sève et la finale longue et épicée qui ponctue le tout et, eh ben\u2026 vous voilà dans de beaux draps ! (10 +) © ?1/2 Le blanc San Vincenzo 2018, Anselmi, Vénétie, Italie (16,85 $ \u2014 585422) Je n\u2019ai nullement perçu ici l\u2019apport de sucres résiduels inscrits sur la fiche technique de saq.com.Est-ce en raison de sa vivacité ?Toujours est-il que ce blanc semble « sauvi- gnonner » tant il arbore cette fébrilité herbacée et citronnée qui lui colle à la peau et le dresse à la verticale.C\u2019est léger, savoureux, simple, de belle longueur.(5) ?Le rouge Frontaura y Victoria Crianza 2015, Tinta del Toro, Toro, Espagne (17,35 $ \u2014 13565377) Je suis toujours ému quand on me propose un vin qui sait d\u2019où il vient et qui sait où il va, synthétisant au passage un savoir-faire parfaitement adapté à la réalité locale.Je n\u2019aurais pas dit mieux.Toujours est-il que ce tempranillo bien élevé vise juste, avec son fruité enveloppé, structuré, riche et puissant.À ce prix ?Courez ! (5 +) © ?Le bio Chianti Classico 2015, Fontodi, Toscane, Italie (34,25 $ \u2014 879841) Du sangiovese oui, du grand sangiovese aussi.L\u2019envolée fruitée y est irrésistible, mais c\u2019est surtout la suprême cohérence de l\u2019ensemble qui l\u2019inscrit ici parmi les meilleurs.Il y a à ce chapitre cette équation de la puissance et de l\u2019élégance conjuguées, une savoureuse volupté tannique et une finale longue.Sérénissime, aurait dit Sa Sainteté.(5 +) © ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019humilité, le doute, la remise en question, l\u2019absence de préjugés\u2026 Le milieu du vin, à l\u2019image de la société, évolue et n\u2019a rien de figé.J\u2019aime à dire aux gens qui assistent aux séminaires et autres dégustations qu\u2019il n\u2019y a aucune vérité coulée dans le béton en matière de vin.Chacun dispose de la sienne.Et que ma vérité sur le sujet vaut bien la leur, bien que le recul me permette d\u2019embrasser plus large un sujet qui, de toute façon, m\u2019échappera toujours.Voici quelques points relevés au fil des derniers mois.Le vin dégusté au chai chez le vigneron il y a peu de temps n\u2019a pas le même goût que celui acheté cette semaine à la SAQ.Avez-vous une explication?La dégustation, on ne le dira jamais assez, est avant tout affaire de contexte, d\u2019ambiance, d\u2019atmosphère.Bien plus, à mon avis, que de millésime, de producteur ou d\u2019appellation.Déjà, le pouvoir suggestif de votre dégustation au chai vous a placé sur une orbite de plaisir dont il serait impensable de ne pas tenir compte aujourd\u2019hui.Boire un verre de Château Margaux dans un verre en plastique sous un soleil de plomb avec votre pire ennemi devrait vous convaincre rapidement que vous faites fausse route ! J\u2019ai environ 2000 bouteilles dans ma cave.Est-ce raisonnable d\u2019en ajouter?Une cave à vin est à l\u2019image d\u2019une solera.Vous retirez les candidats à maturité pour mieux accueillir les plus jeunes susceptibles de se bonifier avec le temps.Il vous faudrait cinq ans à raison d\u2019une bouteille par jour (ou cinq flacons par jour par an si vous avez vraiment soif) pour écluser le tout.Mais est-ce bien le but ?Trouvez votre équilibre.Ma règle d\u2019or ?Vaut mieux boire le vin plus jeune que trop vieux.Surtout, n\u2019hésitez pas à créer l\u2019occasion.La vie est trop courte ! Le vin passe-partout pour l\u2019accord vin et mets existe-t-il?Si j\u2019avais à choisir, j\u2019opterais pour un blanc sec d\u2019une jolie vinosité.Ou encore, si vous le dénichez, un vin orange (un blanc de macération plus ou moins prolongée).Vous seriez étonnés de savoir que l\u2019ajout simple d\u2019une pincée de sel et d\u2019un jet de citron sur l\u2019aliment de votre choix Questions en rafale, réponses en cavale Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le vin\u2026 ou presque ! Il faudrait extirper le vin rosé de ce foutu contexte qui veut qu\u2019il ne se boive que l\u2019été.JEAN AUBRY rend pratiquement TOUS les accords possibles.Le mystère de la chimie, paraît-il.Un rosé ?Possible.Mais encore faudrait-il l\u2019extirper de ce foutu contexte qui veut qu\u2019il ne se boive que l\u2019été ! Le réchauffement planétaire a-t-il une incidence sur la culture de la vigne et, ultérieurement, sur les vins?Une sélection de nouveaux clones, une taille appropriée, une irrigation au compte-gouttes (la sécheresse actuelle de plus de 50 jours dans le pourtour méditerranéen français en balise déjà la pratique), mais aussi des replantations avec exposition nord en altitude (si possible), quand ce n\u2019est pas tout simplement une migration des vignes plus au nord sont en cours pour en minimiser les impacts.Ce qui me semble désormais irréversible est que le vin tel que l\u2019on a connu ne sera jamais plus le même.La notation d\u2019un vin, comme d\u2019un livre, d\u2019un film ou d\u2019une discographie, est-elle pertinente?En ce qui a trait au vin : non.De quelle logique relèverait d\u2019ailleurs le fait que l\u2019on puisse appliquer un barème précis sur un produit organique vivant dont l\u2019évolution le destine justement à demeurer imprévisible en raison de sa nature même ?Vous viendrait-il d\u2019ailleurs à l\u2019idée de noter votre chroniqueur vin? L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 8 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 445 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote | O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 73 7 1 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d III II s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 73 7 1 I 7 6 5 4 3 2 1 2 1 1 1 10 9 8 x u e i s v u l e p L .5 u a t o a l e p r t t ê u e P .4 e b t l e e i u l a p e l r i a F .3 t s e n t u \u2019 t d n e m é l É .2 é s o p op s ôle p x u e d e o m è t s y n s u \u2019 t d a t É .1 X IX III V VI VI V IV é t n e d i c c s p m e u t a e s r e v r e s b t o u e n p o \u2019 ù l I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E it nt a u q e it t e p e n U 0.1 h nt e s è r t nt e m i ra V .9 e m e r êt \u2019 d t n ie v i u Q .8 g l n A e e g a l l i t v i t e P 7.r e t i v é \u2019 t l u e e p n n O .6 Pose I.v t eu I François orneille C plaire.mon Amér en Prod I.fi Site n.E bien n p Ch .X IArticle.rencon v Mau rendre.t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 73 7 1 é e t s a i s u o é n n io t n e i r é IV II on quand problèmes des 12.uide.G roché.acc Cherche ple tem u d petite une Le oile.v articula céréalière.usée.m proches.o p p u s n i romain.consul anger Ch viter é d\u2019 jours ou T 1.grands.des cour la dans jouer la à Finir V.s\u2019armer à Ier Aida Molière.chez que chez pide stu Moins .pour t tou A vion.a en ter à premier Le .III ique.Grande meunière.uction VI.tium.stron Le a.y ma à le i c a F t.éta ais v mau pl grande mais iste Tr arbres.les dans tons a age.v sau vie la é v retrou A tique.l\u2019iden A I.V tre.de Lieu manie.aise .ter an ch fait l\u2019a y ull L I.VI et être pour soigner A .animales Graisses 11.Bien bombe.la faire à .10 allégé.et Léger grec.cœur Au 9.te.descen Pour Enzyme.8.chlore.le ai v Le 7.Règle.tions.les dans sel Du 6.uction prod teuse Dou u a t iron beaux us pl Les les Pour 5.gé ié P .s e l b a t r t raimen V 4.et Général timbre.de 3.ts.demen débor les ui l A 2.eil.v é en a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o E E G A T O N OR C II Niue Iles.Mirettes.III oncerta C I.Horiz V Réinstallées.Mésocarpe.Gitanes.personnage X Trom .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e IV IX t.Ma Punk.VI.Lé.(unie).V.Ore.Perlée.Lai.ô All Araires.II tion.ontalement Noisetiers.11.Marne.Souk.8.6.Pneus.t.arren N ping-car Cam 1.ertica V X.Lainer Alleu.o.C II VI Rami.us conn ume.monde.le t tou t pen s pui Du ppe Phili 12.pée.Lam Ola.Ille.10 Rail.Réa.T 9.Cal.a l o s n I .se T 7.ues.Reten Erte.5.Amen.Ciels.4.Li.3.e l o I .l e i r O 2.lement us.reconn g .se s a qu o c t ô t u l t p i a t e é n è c a s l .À c e m ê m - e l l r e u t s e l p m o r c u o n t t u i a f e l u s q i d n a t s nou e s e r l u e s é b m o t e r l a t m n o e s s s i a , m s sé n ade c s t u a e s d m u o s r e t s a n m y s g e , l e n i l o p m a r e t r l u S 1 o n y , é at r e m is n o r nc s u e d s u a t a e e é p m o r t t s e \u2019 e s d n o c e a s t s e e r è i m e r a p .L é cut é x e e i r é e s n s u i r p e r t n t e n s o e n i a TS MO 6 44 N° OBLÈME PR OISÉS CR Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 .e p o r u n E t e n a r u o c u m i a s s u e a r t n o c n e e r n l s o i a , m n i n i m é f m tra m o e n , l c e b é u u Q \u2014 A que r a m e R u .Q j d \u2014 a e s s a u q o c n * o t n , e e s s a oc c .s p m e e t m ê m e m s i n o r c n y s n * o t n , e e m is n o hr nc y s t u s e u no e g \u2014 s u o n e g n * o t n , e x nou e g q s i u , p s e n i a m u o s r e t s a n m y s g e l et uj s r a e p \u2014 L é t u c é x n *e o t n , e s e é cut é x e .Q j d \u2014 a s é s n e d a c n * o t n , e s ncé ade c s.é v e g a s u \u2019 d à l n o p s e r r o i c u e q , c n i l u c s a u é a oy l p m t e n e m e l l e u t i b a t h s e e n i l o p .e n n o ff u o , b e g n a r t e é i r e l ô r e d n u \u2019 t d s i e t e i u d o r e p i s u e q e c e d r è t c a r a .C . m \u2014 n n  c u e l av e i r u l n p o t s i a t f n e o i t p e c x e e n g o n l o i t c n o s f n a i s c t i s e se m o n o r e p e l u c l e e av d r o c c a \u2019 l s a n i m o n o r é p s s a e p p i c i t .r e i l u g é e r m h t y n r , u e c n e d a e c n i a u u Coco Chanel mais celui de la vulgarité e de la pauvr air contr , ce n e e lux L ANCHE BL GRILLE 2 7 17 X JEU n .x .e u q i e CHÉS FLÉ S T MO ., eté st pas le e \u2019 US FÉR DES GRILLE DONT DENT MENT MENU VENU SE COLIO S \u2022 CO IONES \u2022 TION GERMINA \u2022 GER A S MES \u2022 SMES A OPL T C E \u2022 T C USPE S \u2022 US TIRAMIS \u2022 TIR OR S RES \u2022 ONDRES L \u2022 ON VIOL \u2022 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A V R I L / 2 0 1 9 «?Les carnets stimulants d\u2019un homme engagé dans une ré?exion féconde sur le Québec, la vie intellectuelle et la littérature.?» Marie-France Bazzo 456 pages \u2022 29,95$ UN LIVRE SURPRENANT Dominique Lebel L\u2019ENTRE-DEUX-MONDES Boréal © J e a n - R e n é P a r e n t e a u "]
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