Le devoir, 28 février 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 43 / LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Un code-barres bavard Le téléphone intelligent pour décoder la valeur des aliments ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR lucides, sodium, protéines, édulcorants, gras trans ou saturés : face au manque de clarté des étiquettes sur les produits alimentaires, les applications cellulaires se multiplient au Québec pour aider les consommateurs à faire des choix plus sains en parcourant les rayons d\u2019épicerie.Téléphone à la main, il suffit désormais de scanner le code-barres ou l\u2019étiquette nutritionnelle sur sa boîte de céréales, son pot de margarine ou encore sa boîte de conserve de sauce tomate pour jauger leur qualité et démasquer les « mauvais » ingrédients.« Au quotidien, je rencontre des patients avec du cholestérol ou du diabète qui disent ne rien comprendre aux étiquettes des produits qu\u2019ils achètent.Avec tous ces chiffres qui portent à confusion et les nombreux nutriments, difficile de s\u2019y retrouver.Ces personnes ont besoin de conseils », explique Sonia Lachance, nutritionniste à Granby.Avec sa sœur Mélissa Lachance, elles ont lancé l\u2019application Zoom nutrition, qui permet de «vulgariser» et de guider les consommateurs d\u2019ici et d\u2019ailleurs.En prenant une simple photo du tableau des valeurs nutritionnelles affiché sur l\u2019emballage, l\u2019application mobile reconnaît des mots-clés \u2014 tels que lipide, sucre ou sodium \u2014 et détecte rapidement si un produit est trop salé, trop sucré ou trop INDEX Avis légaux.A4 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Économie.B3 Décès .B4 Sports .B5 Météo .B5 Mots croisés.B5 Sudoku .B5 Culture .B6 Grille TV.B6 CULTURE La mode comme un des beaux-arts : le designer Thierry Mugler au MBAM.La chronique d\u2019Odile Tremblay.| B 8 MONDE Donald Trump évoque un avenir « génial » pour la Corée du Nord de Kim Jong-un | B 2 MONDE « Un raciste, un escroc et un tricheur.» Michael Cohen n\u2019est pas tendre envers son ancien patron, Donald Trump.B 1 MARIE VASTEL HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR AFFAIRE SNC-LAVALIN Un témoignage accablant « Menaces » et « pressions », dit Wilson-Raybould \u2022Appel à la démission du PM \u2022Trudeau exprime son « désaccord » L\u2019ex-ministre Jody Wilson-Raybould a témoigné des pressions qu\u2019elle a subies pour éviter à SNC-Lavalin la tenue d\u2019un procès.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Ce n\u2019était pas une ingérence parce que je ne l\u2019ai pas permis.Il y a eu un effort concerté et soutenu d\u2019intervenir politiquement.En tant que procureure générale, je n\u2019ai pas permis que cela se produise.JODY WILSON- RAYBOULD » VOIR PAGE A 2 : TÉMOIGNAGE VOIR PAGE A 4 : ALIMENTATION G On peut utiliser son téléphone intelligent pour connaître la valeur nutritive des aliments transformés.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Le témoignage de Jody Wilson-Ray- bould en comité parlementaire aura eu l\u2019effet d\u2019une bombe à Ottawa : parce qu\u2019elle a confirmé avoir été victime de pressions « inappropriées », « régulières » et « persistantes » de la part du premier ministre et de son entourage dans l\u2019affaire SNC-Lavalin, le chef conservateur ne demande rien de moins que la démission de Justin Trudeau et du plus haut fonctionnaire de l\u2019État canadien ainsi qu\u2019une enquête de la GRC.Le premier ministre, lui, réitère qu\u2019il n\u2019a rien fait de mal.« Pendant environ quatre mois, entre septembre et décembre 2018, j\u2019ai vécu des tentatives régulières et persistantes de la part de plusieurs personnes au sein du gouvernement qui tentaient d\u2019intervenir de façon politique dans l\u2019exercice de mon pouvoir discrétionnaire de pro- cureure générale du Canada, dans une tentative inappropriée d\u2019obtenir un accord de poursuite suspendue avec SNC- Lavalin », a déclaré l\u2019ex-ministre, qui brisait le silence pour la première fois LA NOUVELLE HÉROÏNE.LA CHRONIQUE DE MICHEL DAVID.PAGE A 3 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 Trudeau maintient sa version des faits TÉMOIGNAGE SUITE DE LA PAGE A 1 depuis que cette affaire a éclaté.Un récit qu\u2019a catégoriquement rejeté le premier ministre.« Je continue de maintenir, comme je l\u2019ai fait depuis le début, que moi et mon équipe avons toujours agi de façon appropriée et professionnelle », a insisté M.Trudeau, de passage à Montréal en soirée.Mme Wilson-Raybould a livré une chronologie détaillée des échanges qu\u2019elle et son entourage ont eus l\u2019automne dernier relativement à la pertinence de déposer \u2014 ou pas \u2014 des accusations criminelles contre SNC-Lava- lin.Selon son décompte, il y aurait eu dix appels et autant de rencontres, impliquant onze membres du bureau du premier ministre, du Conseil privé et du bureau du ministre des Finances, Bill Morneau.Mme Wilson-Raybould a admis qu\u2019à aucun moment on ne lui a enjoint directement d\u2019annuler la décision de la directrice des poursuites pénales (DPP) de ne pas négocier un accord de poursuite suspendue (APS).Mais selon elle, puisqu\u2019elle avait décidé de ne pas annuler la décision de la DPP quelque part entre le 4 et le 16septembre, toute approche subséquente était «inappropriée».« Il est approprié que des collègues du cabinet soulignent au procureur général ce qu\u2019ils estiment être des considérations politiques importantes, qui sont pertinentes à une décision de politique entourant une poursuite », a-t- elle expliqué.Puis elle a ajouté : « L\u2019élection québécoise, toute considération partisane \u2014 avant ou après \u2014 était totalement inappropriée, non pertinente pour moi au moment où je portais mon chapeau juridique en tant que procureure générale.» Considération électorale ?Jody Wilson-Raybould soutient qu\u2019elle a averti Justin Trudeau dès le 17 septembre qu\u2019elle n\u2019annulerait pas la décision de la DPP.Le premier ministre lui aurait fait valoir, lors de cette rencontre en compagnie du greffier du Conseil privé, Michael Wernick, qu\u2019il y avait un risque de pertes d\u2019emploi si SNC-Lava- lin était condamnée.M.Wernick aurait évoqué l\u2019élection québécoise qui était en cours.Le premier ministre aurait réitéré cet élément, ajoutant « Je suis député du Québec, de Papineau ».Mme Wilson-Raybould affirme qu\u2019elle a alors demandé directement au premier ministre : « Êtes-vous en train de vous ingérer de façon politique dans mon rôle, dans ma décision en tant que procureure générale ?Je le déconseille fortement.» Le premier ministre aurait répliqué par la négative, en expliquant qu\u2019il « faut juste trouver une solution ».Dans les semaines suivantes, Mme Wilson-Raybould a relaté qu\u2019à plusieurs reprises des employés du bureau du premier ministre ont encouragé la ministre à consulter à l\u2019externe afin d\u2019obtenir un conseil juridique sur la question.Ne serait-ce que pour permettre au premier ministre de dire qu\u2019il avait tout fait pour tenter de sauver SNC.Le 19 décembre, M.Wernick aurait dit à la ministre que le premier ministre était déterminé à tenter tout ce qui était possible pour offrir un accord de poursuite suspendue à SNC.« Je pense qu\u2019il va trouver moyen que ça se fasse, d\u2019une façon ou d\u2019une autre.Il est dans cet état d\u2019esprit.Je voulais que vous le sachiez », lui aurait-il dit.Cette dernière dit avoir rétorqué qu\u2019ils se trouvaient en terrain glissant et qu\u2019elle ne pouvait pas, en tant que procureure générale, agir de façon politique ou partisane.« À trois reprises, lors de cette conversation, j\u2019ai senti qu\u2019en évoquant le nom du premier ministre le greffier agissait de façon menaçante », a observé Mme Wilson-Raybould.L\u2019ancienne ministre \u2014 qui est encore membre du caucus libéral jusqu\u2019à nouvel ordre, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à ce que M.Trudeau relise son témoignage \u2014 a maintenu que les institutions canadiennes n\u2019étaient pas menacées pour autant.Le chef conservateur, lui, a tiré une conclusion différente.Ce témoignage démontre à son avis que « le premier ministre a perdu l\u2019autorité morale de gouverner ».Selon M.Scheer, le premier ministre est intervenu pour obtenir une entente pour ses « amis » à SNC- Lavalin.Cela équivaut donc à de la «corruption».«Les Québécois ne veulent pas être utilisés comme une excuse pour la corruption.» Le NPD a réitéré sa demande d\u2019une enquête publique, demande qu\u2019appuie le Bloc québécois.Ce dernier, toutefois, invite tout le monde à « demeurer rationnel ».Divergence d\u2019interprétations Le premier ministre a rejeté la demande de démission, indiquant que c\u2019est lors de l\u2019élection que les Canadiens poseront un jugement sur lui et son gouvernement.M.Trudeau a surtout catégoriquement rejeté la lecture des événements faite par son ex-minis- tre.« Je ne suis absolument pas d\u2019accord avec les conclusions de l\u2019ancienne procureure générale », a-t-il affirmé.Le premier ministre s\u2019en tient à sa thèse défendue depuis le début de cette histoire, à savoir qu\u2019il y a eu des discussions, mais que celles-ci étaient à l\u2019intérieur des limites de ce qui est acceptable.« En tant que premier ministre, c\u2019est ma responsabilité de toujours défendre les travailleurs canadiens.Mais je veux être clair : la décision concernant SNC-Lavalin revenait à Mme Wilson-Raybould et à elle seule.» C\u2019est aussi la conclusion à laquelle était parvenu le greffier du Conseil privé lors de sa propre comparution la semaine dernière.Toute la question repose sur ce qui constitue des interventions inappropriées.Une professeure de droit est venue expliquer en comité plus tôt cette semaine que la barre est « très haute » pour qu\u2019une intervention politique auprès d\u2019un procureur général soit considérée comme inappropriée.Elle avait cité un cas britannique où un procureur général s\u2019était fait dire que sa décision, si elle restait inchangée, ferait « couler du sang dans les rues » et cela avait été jugé acceptable.Mme Wilson-Raybould a appris le 7 janvier qu\u2019elle changerait de portefeuille lors du remaniement ministériel de la semaine suivante.« J\u2019ai indiqué que je pensais que la raison [de la rétrogradation] était l\u2019affaire SNC », a-t-elle relaté de cette conversation.« Ils [au bureau du premier ministre] ont nié que ce soit le cas.» Les députés libéraux du comité lui ont demandé à répétition pourquoi elle n\u2019avait pas démissionné.Elle a expliqué que c\u2019est parce qu\u2019elle avait fait son travail.Elle aurait démissionné, assure-t-elle, si elle avait vu que le nouveau ministre de la Justice avait plié.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR En plus de devoir rembourser 19 millions aux candidats à l\u2019immigration derrière les 18 000 dossiers annulés, le gouvernement risque fort de se faire poursuivre en dommages et intérêts, selon le Barreau du Québec.« Oui, il y a encore des possibilités de poursuites », a déclaré le représentant du Barreau, Hugues Langlais, lors de son passage à la Commission parlementaire sur le projet de loi 9, mercredi soir.En plus des frais de dépôt de dossier que le gouvernement s\u2019est engagé à rembourser, il en coûte en moyenne entre 1000 et 2000 $ aux candidats à l\u2019immigration pour monter leur dossier, a-t-il fait valoir.En multipliant cette somme par 18 000 (le nombre de dossiers), on arrive à une facture oscillant entre 18 et 36 millions de dollars.Cette somme IMMIGRATION Le Barreau met en garde le gouvernement Les candidats à l\u2019immigration dont les dossiers seraient déchiquetés pourraient multiplier les poursuites s\u2019ajouterait aux 19 millions que le gouvernement du Québec s\u2019est engagé à rembourser pour le dépôt des dossiers.« C\u2019est non seulement les frais d\u2019immigration, c\u2019est les frais de traduction, les frais de certification, de tests linguistiques », a expliqué Me Langlais, en soulignant que ces tests étaient « valables pour deux ans » et qu\u2019il fallait les reprendre si le dossier mettait du temps à être traité.Lors des échanges, la députée libérale de Bourassa, Paule Robitaille, a demandé à Me Langlais si le projet de loi ne comportait pas des « risques sérieux » et ne devenait pas ainsi « un terrain miné ouvert à toute forme de contestation ».Ce à quoi Me Langlais a rétorqué « absolument ».La semaine dernière, Le Devoir et d\u2019autres médias avaient rapporté que le Barreau avait décliné une invitation de dernière minute à se présenter à la Commission faute de temps pour se préparer convenablement.Or il a fina- Le premier ministre Justin Trudeau était à Montréal, mercredi soir, où il a offert ses premiers commentaires à la suite du témoignage de Jody Wilson- Raybould.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR lement pu se faire entendre grâce à un ajout à l\u2019horaire mercredi à 20 h.Dans sa présentation, l\u2019organisme a aussi vertement critiqué l\u2019article 9 du projet de loi par lequel le ministre se donne le droit « d\u2019imposer des conditions qui affectent la résidence permanente » aux immigrants lorsqu\u2019il délivre leur certificat de sélection.Dans un échange particulièrement vif avec sa représentante Me Réa Hawi, le ministre Jolin-Barrette \u2014 qui est lui- même avocat \u2014 a rappelé que le Québec avait déjà eu un tel pouvoir et déploré que les gouvernements précédents le lui aient retiré.« Moi, je peux vous assurer que, comme ministre du gouvernement du Québec, je vais toujours défendre les prérogatives de la nation québécoise, m\u2019assurer que le Québec a l\u2019entièreté ou le maximum de pouvoirs en matière d\u2019immigration », a-t-il dit.Plus tard en après-midi, la protectrice du citoyen s\u2019est dite à son tour « préoccupée » par les impacts de l\u2019annulation des 18 000 dossiers, à propos desquels elle dit avoir reçu de « nombreuses plaintes ».Se disant particulièrement inquiète pour les 6000 personnes qui travaillent déjà au Québec parmi les 18 000 qui attendent une réponse, la protectrice a demandé au ministre de faire en sorte que leurs dossiers soient traités dès maintenant, sans qu\u2019elles aient besoin de reprendre leurs démarches dans Arrima.Pour « limiter les dégâts », elle recommande en outre qu\u2019on rembourse aussi les frais engagés par les candidats pour les examens linguistiques (450 $) et qu\u2019on leur envoie à tous des excuses et des explications par écrit.La journée a également révélé que la Ville de Montréal craint de manquer de travailleurs en raison « de l\u2019effet combiné » de la réduction des seuils d\u2019immigration et de la priorité accordée à la régionalisation de la main-d\u2019œuvre.Le premier ministre a affirmé [le 17 septembre] qu\u2019il y avait une élection en cours au Québec et \u201cJe suis député pour le Québec, député de Papineau\u201d.J\u2019ai été étonnée.Ma réponse a été de poser une question directe au premier ministre, en le regardant dans les yeux.Je lui ai demandé : \u201cÊtes-vous en train de vous ingérer de façon politique dans mon rôle, dans ma décision en tant que procureure générale ?Je le déconseille fortement.\u201d Le premier ministre a dit : \u201cNon, non, non, on doit juste trouver une solution.\u201d JODY WILSON-RAYBOULD » Je ne veux pas que les membres du Comité ou les Canadiens croient que l\u2019intégrité de nos institutions s\u2019est évaporée.L\u2019intégrité de notre système de justice, de la directrice des poursuites pénales et des procureurs est intacte.Il nous incombe à tous de faire respecter nos institutions et l\u2019état de droit.Et c\u2019est pour cette raison que je suis ici.JODY WILSON-RAYBOULD » Je maintiens, comme je l\u2019ai fait depuis le début, que moi et mon équipe avons toujours agi de façon appropriée et professionnelle JUSTIN TRUDEAU » Les Québécois ne veulent pas être utilisés comme une excuse pour la corruption ANDREW SCHEER » Simon Jolin-Barrette ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 La nouvelle héroïne O n comprend mieux pourquoi le bureau du premier ministre Trudeau a tout tenté pour réduire au silence l\u2019ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould.Son témoignage était accablant.L\u2019ex-ministre avait averti qu\u2019elle ne pourrait pas tout dire, mais ce qu\u2019elle a dit était déjà beaucoup.On a eu l\u2019impression de faire une fascinante visite guidée dans les sombres arcanes du pouvoir, normalement interdites au commun des mortels.Quoi que puisse encore objecter M.Trudeau, on ne peut que conclure à une offensive en règle pour amener Mme Wil- son-Raybould à annuler la décision de la directrice des poursuites pénales, qui avait refusé de conclure un accord afin d\u2019éviter à SNC-Lavalin d\u2019être traînée devant les tribunaux.Elle a présenté un compte rendu aussi troublant que précis des nombreuses rencontres et communications qui ont lieu à ce sujet, même quand il était devenu très clair qu\u2019elle n\u2019entendait pas changer d\u2019idée.N\u2019importe qui aurait interprété une telle insistance comme une pression totalement inappropriée.Il était tout à fait normal que le premier ministre fasse valoir l\u2019importance de SNC-Lavalin dans l\u2019économie québécoise et canadienne, mais évoquer le contexte créé par l\u2019élection au Québec et le fait qu\u2019il était lui-même un député du Québec était totalement irrégulier.Les adjoints disent souvent les choses plus crûment que leurs patrons.À en croire Mme Wilson-Raybould, le principal conseiller de M.Trudeau, Gerald Butts, aurait dit que la question ne pouvait pas être réglée sans ingérence politique.Sa chef de cabinet, Katie Telford, aurait ajouté : « On ne veut plus discuter de légalité.» Il est maintenant très difficile de croire que sa rétrogradation aux Anciens combattants en janvier dernier puisse avoir eu une autre cause que son refus de se plier au désir du premier ministre, qui risque maintenant de le payer très cher.Elle a déclaré avoir démissionné du cabinet, il y a deux semaines, parce qu\u2019elle n\u2019avait plus la confiance du cabinet.Cette liberté retrouvée ne la rend que plus encombrante.Les partis d\u2019opposition ont déjà élevé l\u2019ancienne ministre au rang d\u2019héroïne et n\u2019en finiront plus de faire leurs choux gras de son témoignage, mais les dommages causés par trois semaines de gestion de crise déplorable étaient déjà considérables.Selon un sondage Angus Reid dont les résultats ont été rendus publics mardi, 59 % des Canadiens avaient vu leur opinion sur Justin Trudeau se détériorer au cours du dernier mois.Deux sur trois (66 %) \u2014 y compris chez les Québécois (65 %) \u2014 pensaient même qu\u2019on n\u2019avait pas encore mesuré toute la gravité du scandale.Ce qu\u2019ils ont entendu mardi ne peut que les conforter dans cette opinion.Il était un peu étonnant de voir Angus Reid accorder sept points d\u2019avance au Parti conservateur dans l\u2019ensemble du pays et surtout placer libéraux et conservateurs à égalité au Québec avec 24 % des intentions de vote chacun.Peut-être s\u2019agissait-il d\u2019une prémonition.Les résultats des trois élections partielles tenues lundi ne traduisaient cependant pas une telle dégringolade du PLC.Il est vrai qu\u2019Outremont, où le taux de participation a été particulièrement bas (21%), n\u2019est pas un terrain très fertile pour les conservateurs et que la baisse de huit points du PLC dans Bur- naby-Sud peut aussi s\u2019expliquer par les ratés de la campagne libérale et le débat sur le pipeline Trans Mountain.Il reste encore sept mois avant l\u2019élection générale et le gouvernement Trudeau doit maintenant espérer qu\u2019après deux semaines de relâche parlementaire, la présentation du budget, le 19 mars, lui permettra enfin de passer à autre chose, mais il ne pourra pas faire oublier cette terrible bavure.Pour SNC-Lavalin, la suite des choses s\u2019annonce aussi inquiétante.Quand elle a quitté le ministère de la Justice, Mme Wilson-Raybould dit avoir craint que son éventuel successeur ne manifeste pas la même indépendance face au bureau du premier ministre.Les raisons qui poussaient M.Trudeau à trouver un arrangement n\u2019ont certainement pas disparu, mais il est difficile d\u2019imaginer que David Lametti, aussi accommodant qu\u2019il puisse être, ose maintenant annuler la décision de Mme Wil- son-Raybould sans passer pour une lavette.Selon Angus Reid, une très nette majorité de Canadiens (63 %) estime que SNC-Lavalin devrait être poursuivie, même si cela devait priver l\u2019entreprise de contrats publics pendant dix ans.Sauf au Québec, où l\u2019opinion demeure très divisée, un accord serait politiquement désastreux pour les libéraux.Il est vrai que SNC-Lavalin ne fait rien pour s\u2019aider.Les dernières informations concernant les coûteuses parties de jambes en l\u2019air organisées pour soudoyer le fils de Mouam- mar Kadhafi pendant ses séjours au Canada n\u2019amélioreront certainement pas son image.MICHEL DAVID MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire À QUÉBEC LE DEVOIR Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, rejette du revers de la main la recommandation du Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) d\u2019abolir le bulletin scolaire actuel, qui classe chaque élève par rapport à la moyenne du groupe.« Le bulletin chiffré, avec les moyennes, est là pour rester.Ça, c\u2019est la décision du ministère», a-t-il dit sans détour à son arrivée à l\u2019Assemblée nationale, mercredi.«On n\u2019a pas l\u2019intention de suivre cette recommandation-là.» Pour favoriser le «plaisir d\u2019apprendre» au primaire et en 1reet 2esecondaires, le CSE suggère d\u2019«abandonner le bulletin chiffré actuel» ainsi que la moyenne de groupe \u2014 deux sources d\u2019anxiété, selon l\u2019organisme \u2014 au profit d\u2019un document de chiffres, de cotes (A, B, C, D, E), de tableaux ou de graphiques.L\u2019avis du CSE est « très intéressant », selon M.Roberge.Celui-ci a toutefois échoué à le convaincre.En effet, il a tranché mercredi en faveur du maintien de la moyenne de groupe dans les bulletins scolaires des élèves.« Ça aide les parents à comprendre le niveau de difficulté, le niveau d\u2019exigences des enseignants », a-t-il expliqué à la presse.« Ce n\u2019est pas tous les enseignants qui ont le même niveau d\u2019exigences.» « Bonshommes sourires » M.Roberge s\u2019oppose à l\u2019évaluation des élèves au moyen de « bonshommes sourires » ou encore de « soleils » et de « nuages », et ce, par souci de clarté.« Je veux être bien clair.Il n\u2019est pas question pour notre gouvernement d\u2019éliminer les pourcentages, les moyennes de groupe\u2026 De retourner à ce qu\u2019on a eu au début des années 2000 : des bulletins avec des symboles, ou des émoticônes.Ce n\u2019était pas très clair pour les parents.Il faut bien considérer le bulletin comme un outil de communication famille-école.Il doit être facilement compréhensible », a plaidé l\u2019ex-enseignant.L\u2019élu caquiste souligne toutefois que « les évolutions en cours d\u2019étape, en cours d\u2019apprentissage peuvent être modifiées, améliorées ».« Les enseignants sont des professionnels.C\u2019est à eux de choisir », a-t-il déclaré.Par ailleurs, le ministre Jean-François Roberge a dit soutenir les enseignants qui relèvent la note d\u2019un élève de quelques points afin d\u2019assurer son passage vers une nouvelle année.« Une note, même en pourcentage, ce n\u2019est pas une simple addition d\u2019une série de chiffres.Ça relève d\u2019un jugement professionnel.Il n\u2019y a pas de problème quand c\u2019est l\u2019enseignant qui le fait.J\u2019ai des problèmes quand il le fait sous pression pour gonfler des statistiques », a-t-il insisté, avant de répéter : « Je fais confiance au jugement professionnel des enseignants.» Le leader parlementaire de l\u2019opposition officielle, Sébastien Proulx, appuie la décision de M.Roberge d\u2019ignorer la recommandation du CSE.Cela dit, il appelle son successeur à la tête du ministère de l\u2019Éducation à « repenser la façon dont on fait l\u2019évaluation ».« [Les] élèves ne doivent pas se trouver dans une situation où ils se préparent à réussir un examen.Il faut toujours être en situation d\u2019apprentissage et, un jour, on vient contrôler le degré d\u2019apprentissage », a soutenu l\u2019élu libéral.ÉDUCATION Le bulletin est là pour rester, dit le ministre GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR La polémique entourant un joueur de hockey victime de racisme lors d\u2019un match de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) a continué mercredi de faire réagir la classe politique.Selon le député libéral Enrico Ciccone, des accusations criminelles devraient être portées contre la poignée de partisans impliqués.« Dégoûtant, disgracieux et inacceptable.» Les événements survenus samedi à l\u2019aréna régional Rivière-du- Nord, à Saint-Jérôme, ont visiblement choqué M.Ciconne.« On s\u2019est attaqué à ses parents, à sa famille, parce qu\u2019ils sont Noirs.Là, un moment donné, ça va trop loin », s\u2019est-il insurgé devant les j o u r n a l i s t e s , a j o u t a n t q u\u2019 « o n tomb[ait] dans le droit criminel ».Le jeune défenseur des Marquis de Jonquière Jonathan-Ismaël Diaby a été la cible de propos à caractère raciste lancés par des partisans de l\u2019équipe adverse, les Pétroliers du Nord.Des spectateurs lui ont également montré des vidéos de babouins alors qu\u2019il se trouvait au banc des pénalités.La famille de l\u2019athlète a aussi été prise à partie par des partisans.Selon la description des événements faite par M.Diaby, des spectateurs ont touché les cheveux de son père et pris le bras de sa copine.Le joueur a finalement décidé, après avoir écopé d\u2019une nouvelle pénalité, de quitter les lieux avec ses proches.« Quand tu mets la main sur la tête de quelqu\u2019un, quand tu prends le bras de quelqu\u2019un comme ça a été fait, ce sont des voies de fait, a commenté Enrico Ciccone.On fait des guides sur comment se comporter dans les arénas, mais ça ne fonctionne pas.Ça fait cinquante ans que ça ne fonctionne pas [\u2026] Un moment donné, il faut être plus coercitif.» Des matchs sans spectateurs Le premier ministre François Legault a fait savoir mercredi qu\u2019il se serait attendu à ce que le match soit arrêté et que les partisans ayant insulté M.Diaby et sa famille soient expulsés.« J\u2019en appelle aux ligues de hockey et aux autres spectateurs : on a le droit de dire à quelqu\u2019un qui tient des propos comme ça que ça n\u2019a pas de bon sens.» De son côté, Enrico Ciccone a suggéré que la LNAH prenne exemple sur l\u2019Europe, où il arrive qu\u2019un match amateur ou semi-professionnel de soccer se déroule à huis clos pour éviter des débordements de la foule.« Il faut aller chercher où ça fait mal, et c\u2019est le portefeuille.Dans la ligue nord-américaine, on a besoin de[s] sous [de la vente de billets] », a-t-il dit.Une proposition que juge « un peu trop extrême » Simon Turcot, entraî- neur-chef du 3L de Rivière-du-Loup, l\u2019une des équipes du circuit de la LNAH.« Si on fait ça, les organisations vont fermer les livres.Les joueurs sont payés, il y a énormément de dépenses autour d\u2019un match de hockey.» Mais celui qui est à la tête de la formation louperivoise depuis trois ans le remarque : insultes et comportements déplacés fusent dans les aré- nas du Québec.« Ça arrive partout maintenant, déplore-t-il.Je m\u2019implique parfois dans le hockey mineur et ça arrive même dans les estrades des niveaux atome et pee-wee.» Et dans ses fonctions d\u2019entraîneur-chef du 3L, il raconte que les joutes disputées à Saint-Jérôme détonnent des autres villes visitées par la LNAH.« C\u2019est la place la plus difficile en matière de spectateurs.» Le climat parfois tumultueux des aré- nas est actuellement sous la loupe de la ministre des Sports, Isabelle Charest, qui en est à dresser un portrait de la situation, a-t-elle indiqué au Devoir.Comment enrayer le racisme dans les arénas ?LE BULLETIN MIRAGE.L\u2019ÉDITORIAL DE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD.PAGE A 6 Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, élu lundi député de Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique, a rencontré les membres de son caucus à Ottawa, mercredi, exhortant ses députés à redoubler d\u2019efforts afin de renverser les libéraux de Justin Trudeau alors qu\u2019il ne reste que huit mois avant les prochaines élections.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le nouveau député rentre à Ottawa Mme Wilson-Raybould a présenté un compte rendu aussi troublant que précis des nombreuses rencontres et communications qui ont lieu à ce sujet, même quand il est devenu très clair qu\u2019elle n\u2019entendait pas changer d\u2019idée.N\u2019importe qui aurait interprété une telle insistance comme une pression totalement inappropriée. LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 4 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Réal DEMERS, en son vivant domicilié au 2075 Stanislas, Montréal, Québec, H4L 3B4, est décédé à Montréal, le 25 novembre 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Carl St-Pierre, notaire, située au 845 boul.Décarie, suite 203, Montréal, Québec, H4L 3L7.Donné ce 25 février 2019 Patricia DEMERS et Marc- André DEMERS, liquidateurs AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (art.795, C.c.Q.) Prenez avis que, à la suite du décès de Charles Rivest, en son vivant domicilié au 931, boulevard Provencher, en la ville de Brossard, province de Québec, J4W 1Y7, survenu le 3 septembre 2018, un inventaire de ses biens a été dressé par Myriam Verreault et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Johan-Frédérick Clément, notaire, située au 100-1691, rue Montarville, Saint-Bruno-de-Montarville, province de Québec (450 653-7897).Fait à Saint-Bruno-de-Montarville, ce 26 février 2019 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Mark (Marc) BORDE- LEAU, en son vivant domicilié au 131, rue Desforges, Gatineau, Québec, J8R 2Y5, survenu le 25 avril 2018, un inventaire des biens du défunt a été déposé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Khanh Linh Vo Doan, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (QC), H1M 2Y2.Fait ce 26 février 2019, par Me Khanh Linh Vo Doan, notaire.AVIS AUX CREANCIERS AVIS EST PAR LES PRÉSENTES donné que 9165-1349 QUÉBEC INC., société légalement constituée ayant sa place d'affaires au 2285, chemin Gascon, Terrebonne, Québec, a fait cession de ses biens le 22 février 2019 entre les mains de PINSKY, BISSON INC., et que la premiere assemblée des créanciers se tiendra le 14 mars 2019 à 10h10, au bureau du Syndic situé au 96, rue Turgeon, suite 300, Sainte-Thérèse, Québec, J7E 3H9.Daté À SAINTE-THÉRÈSE, ce 26 février 2019.Eric Bisson, CPA, CA, SAI Responsable de l'actif Appel d\u2019offres Service de la gestion et de la plani?cation immobilière Direction de la gestion de projets immobiliers Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du gref?er, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : IMM-15428 Descriptif : PROJET RESTAURATION ET MISE AUX NORMES DE L\u2019HÔTEL DE VILLE DE MONTRÉAL - LOT 0302 - RÉPARATION DE BÉTON Date d\u2019ouverture : Mardi 26 mars 2019 à 13h30 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du jeudi 28 février 2019.Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 13 mars 2019 à 13h30, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu du 11 au 15 mars 2019 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 8h-9h30- 11h-13h30h-15h (à l\u2019exception du samedi et du dimanche).Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identi?cation fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai ?xé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous, au bureau d\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville à l\u2019attention du secrétaire d\u2019arrondissement, 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, H2N 2H8, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : S-AC-2019-011 Descriptif : Stabilisation de berges et aménagement du parc Nicolas-Viel Date d\u2019ouverture : 19 mars 2019 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (par cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : Jérôme Janelle, architecte paysagiste jerome.janelle@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 février 2019.Visites supervisées des lieux : s.o.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identi?cation fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau de l\u2019arrondissement, immédiatement après l\u2019expiration du délai ?xé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.FAIT à Montréal, le 28 février 2019.Le secrétaire d\u2019arrondissement, Chantal Châteauvert Réfection de toiture 425 à 433, rue Richmond, à Montréal Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 février 2019 sur le site Internet SEAO (Système électronique d\u2019appel d\u2019offres) au www.seao.ca ou en communiquant avec le service à la clientèle de SEAO au 514 856- 6600 (sans frais au 1 866 669-7326).Le coût pour l\u2019obtention de ces documents est celui établi par le SEAO.Les soumissionnaires pourront également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres à l\u2019adresse : approvisionnement@shdm.org AVIS PUBLIC APPEL D\u2019OFFRES DEV-CP19-021 Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 19-17422 Service de numérisation de documents sur micro- ?lms pour la Ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le jeudi 28 février 2019 est reportée au jeudi 7 mars 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service des infrastructures du réseau routier Direction des infrastructures Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13h30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du gref?er, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : # 441219 Descriptif : Travaux de réhabilitation de conduites d\u2019eau secondaire par chemisage dans diverses rues de la ville de Montréal.Date d\u2019ouverture : 26 mars 2019 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 février 2019.Visite supervisée des lieux : N/A.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca .Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identi?cation fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai ?xé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat LOCATION D\u2019UN BALAI DE RUE AVEC OU SANS OPÉRATEUR POUR TRAVAUX DE BALAYAGE DE RUE SUR LE TERRITOIRE DE BOUCHERVILLE Documents disponibles : Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) www.seao.ca ou au 1 866 669-7326, à compter du jeudi 28 février 2019 Informations : Marie-Josée Nolin, (450) 449-8100, poste 8005.Dépôt des soumissions : Centre administratif Clovis Langlois à l\u2019attention de la Direction du greffe, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville, (Québec) J4B 2Z7 avant 10h, le mercredi 20 mars 2019 (horodaté par la Direction du greffe) Suivra l\u2019ouverture publique des soumissions à la salle Pierre-Viger du Centre administratif Clovis- Langlois.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucherville ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues Gaston Perron, Directeur Direction des Finances et des approvisionnements Appel d\u2019offres SP-19-11 COUPE DES HAUTES HERBES DES FOSSÉS SUR LE TERRITOIRE Documents disponibles : Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) www.seao.ca ou au 1 866 669-7326, à compter du jeudi 28 février 2019 Informations : Marie-Josée Nolin, (450) 449-8100, poste 8005.Dépôt des soumissions : Centre administratif Clovis Langlois à l\u2019attention de la Direction du greffe, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville, (Québec) J4B 2Z7 avant 10h, le mercredi 20 mars 2019 (horodaté par la Direction du greffe) Suivra l\u2019ouverture publique des soumissions à la salle Pierre-Viger du Centre administratif Clovis- Langlois.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucherville ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues Gaston Perron, Directeur Direction des Finances et des approvisionnements Appel d\u2019offres SP-19-14 Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 19-17372 Installation, entretien et exploitation d\u2019un anneau de glace réfrigérée temporaire au parc Angrignon L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le mardi 26 février 2019 est reportée au jeudi 28 février 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville Yves Saindon, avocat Ententes-cadres \u2013 Sélection d\u2019entrepreneurs généraux pour des travaux de remise en état dans divers logements de la SHDM Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 février 2019 sur le site Internet SEAO (Système électronique d\u2019appel d\u2019offres) au www.seao.ca ou en communiquant avec le service à la clientèle de SEAO au 514 856- 6600 (sans frais au 1 866 669-7326).Le coût pour l\u2019obtention de ces documents est celui établi par le SEAO.Les soumissionnaires pourront également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres à l\u2019adresse : approvisionnement@shdm.org AVIS PUBLIC APPEL D\u2019OFFRES GI-CP19-022 Appel d\u2019offres APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS Reconstruction mineure de trottoirs, là où requis, sur les différentes rues de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de- Grâce (RMTA 2019) Soumission n° CDN-NDG-19-AOP-TP-029 Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h, le lundi 18 mars 2019 au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, Rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai ?xé pour leur réception.Renseignements : Division Infrastructures et aqueduc : bureau des études techniques Courriel : bureautechniquecdn-ndg@ville.montreal.qc.ca Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du jeudi 28 février 2019.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette ?n dans une enveloppe cachetée, clairement identi?ée, et portant l\u2019identi?cation fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 28 février 2019.La secrétaire d\u2019arrondissement substitut, Julie Faraldo-Boulet Appel d\u2019offres public Collecte, transport et disposition des matières résiduelles pour les terminus Angrignon, Henri- Bourassa Sud et Radisson Numéro d\u2019appel d\u2019offres : 1000019 Documents d\u2019appel d\u2019offres sont disponibles via le site système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) www.seao.ca à partir de mercredi, 27 février 2019.Dépôt de soumission : Pour être validement reçue, toute offre doit être déposée au plus tard le mercredi, 20 mars 2019 à 15 h, au bureau de l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), situé au 700 de la Gauchetière Ouest, 4ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2 Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 19-17465 Gestion des écocentres L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le mardi 5 mars 2019 est reportée au mardi 12 mars 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 19-17455 Services professionnels multidisciplinaires pour la dé?nition et l\u2019analyse des besoins, la conception préliminaire et ?nale et le suivi de prototypage et de fabrication d\u2019une gamme de mobilier urbain numérique L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le jeudi 28 février 2019 est reportée au jeudi 7 mars 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction de l\u2019eau potable Appel d\u2019offres : 10298 18U22TR01 \u2013 Remplacement du système de chauffage de l\u2019usine de production d\u2019eau potable Dorval.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 26 février 2019 est reportée au 7 mars 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de la gestion et de la plani?cation immobilière Direction de la gestion de projets immobiliers - Division projets corporatifs Appel d\u2019offres : # IMM-14293 Les présents travaux consistent en la mise en œuvre du projet de restauration de la maçonnerie et divers travaux connexes au Château Dufresne, 2929 rue Jeanne-D\u2019Arc, Montréal.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 5 mars 2019, est reportée au mardi 12 mars 2019, à 13 h 30, au Service du greffe de la Ville de Montréal.Fait à Montréal, le 28 février 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR PATRIMOINE Comment valoriser la sphère d\u2019Expo 67 ?Rien n\u2019est prévu pour l\u2019instant pour occuper cet espace de l\u2019île Sainte-Hélène, bien qu\u2019Ottawa se soit engagé à dépenser 10 millions pour en éclairer la structure au cours des prochaines années.«Il y a quelque chose de paradoxal », affirme M.McConville, à voir l\u2019attention consacrée «au spectacle de cette sphère plutôt qu\u2019à sa substance».Il faut, selon lui, s\u2019intéresser d\u2019abord à son intégrité, à la synergie du bâtiment.« C\u2019est à cela qu\u2019on doit d\u2019abord penser.» David McConville considère que la sphère d\u2019Expo 67, signée par Buckmins- ter Fuller mais en partenariat avec Shoji Sadao, est l\u2019une des structures architecturales les plus importantes du monde.« Je crois vraiment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une des œuvres architecturales les plus importantes de la planète.» À preuve, il évoque les nombreux prix remportés par ce bâtiment avant-gardiste qui fut le pavillon officiel des États-Unis lors de l\u2019Exposition universelle de l\u2019été 1967.Fuller a reçu la médaille d\u2019or de l\u2019Institut royal des architectes britanniques (1968) et la médaille d\u2019or de l\u2019American Institute of Architects (1970) en reconnaissance du fait que la structure renfermait le plus d\u2019espace avec le moins de matériaux.« Ce n\u2019est pas la plus grande sphère qu\u2019ait conçue Buckminster Fuller.Mais c\u2019est la plus grande qui soit aussi légère.Et c\u2019est à ce titre, entre autres choses, qu\u2019on avait reconnu son génie.C\u2019est par ailleurs, à ma connaissance, le seul bâtiment qui ait inspiré un modèle moléculaire d\u2019un Prix Nobel, sir Harold Kroto.» Le président du conseil du Buckmins- ter Fuller Institute a vécu quelque temps à Montréal.«La vision qu\u2019avait Fuller de son œuvre s\u2019intègre bien à ce que sont les Montréalais.Pour Fuller, le dôme incarne les principes d\u2019intégrité et de synergie qui, je crois, en disent long sur le caractère et les aspirations de Montréal.Plusieurs projets et mouvements contemporains de Montréal sont imprégnés de l\u2019esprit de la vision originale de Fuller pour le pavillon américain, qu\u2019il proposait d\u2019ailleurs comme lieu de rassemblement international.» À son sens, les idéaux de l\u2019architecte décédé en 1983 perdurent dans les préoccupations montréalaises du développement durable, des arts médiatiques, de la santé planétaire, de l\u2019innovation sociale et technologique, des laboratoires vivants et un large engagement en faveur de l\u2019égalité et de l\u2019éducation.C\u2019est dans cette direction, croit-il, que doit être pensée l\u2019utilisation future de ce dôme géodésique unique.En 2018, à l\u2019occasion de consultations publiques tenues à Montréal, cet organisme américain qui veille à la pérennité de l\u2019œuvre de l\u2019architecte avait fait des recommandations à la Ville qui vont d\u2019ailleurs en ce sens.Le président du conseil du Buckmins- ter Fuller Institute est inquiet sur l\u2019avenir de la sphère géodésique d\u2019Expo 67.Joint en Californie par Le Devoir, David McConville est au fait que le gouvernement fédéral doit en principe cesser d\u2019occuper la célèbre structure de l\u2019architecte américain en décembre prochain.La Biosphère, le musée de l\u2019environnement, doit alors en principe rendre l\u2019âme. LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 5 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Au centre de nombreuses polémiques depuis des mois, la Ville de Chambly a été placée sous tutelle par le gouvernement du Québec mercredi.Cette décision a été prise alors que l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) procédait à des perquisitions à l\u2019hôtel de ville ainsi que dans deux autres édifices municipaux.La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a indiqué que la tutelle avait été décrétée à la suite de vérifications effectuées par la Commission municipale du Québec (CMQ) concernant la gestion de la Ville et les allégations sur des manquements en matière d\u2019éthique et de déontologie.Mais les perquisitions de l\u2019UPAC ont précipité la décision du gouvernement, a-t-elle reconnu en point de presse: «Là, l\u2019UPAC est arrivée ce matin à la ville de Chambly.C\u2019est certain qu\u2019on est porté à croire qu\u2019il y a eu des événements ou des gestes qui ont été posés.» « Il est essentiel pour moi d\u2019assurer le bon fonctionnement de la ville pour ses citoyens, a-t-elle poursuivi.On veut une tutelle parce qu\u2019il n\u2019y a plus de lien de confiance.» Des tuteurs seront bientôt nommés.En parallèle, la Commissaire à l\u2019intégrité municipale et aux enquêtes (CIME) procède également à sa propre analyse.La Ville de Chambly et son maire, Denis Lavoie, sont sous le feu des critiques depuis des mois.En novembre dernier, la ministre La- forest avait demandé à la CMQ d\u2019examiner les agissements du maire Lavoie à la suite d\u2019un reportage de l\u2019émission Enquête.Radio-Canada avait diffusé des extraits d\u2019enregistrement du maire Lavoie démontrant qu\u2019il avait tenté d\u2019utiliser ses fonctions pour faire congédier un entraîneur de soccer.M.Lavoie s\u2019est aussi fait reprocher l\u2019usage répété de poursuites contre des citoyens de sa municipalité pour des propos qu\u2019il jugeait diffamatoires.Des employés ont également fait état d\u2019un climat de travail tendu.L\u2019administration Lavoie a par ailleurs essuyé de nombreuses critiques après qu\u2019elle eut ordonné la démolition de la maison Boileau, un édifice patrimonial dont la Ville était propriétaire.MUNICIPALITÉS La tutelle pour la Ville de Chambly L\u2019UPAC a procédé à des perquisitions à l\u2019hôtel de ville et dans les bureaux administratifs Apprendre par soi-même à faire les bons choix ALIMENTATION SUITE DE LA PAGE A 1 gras.Le résultat est présenté sous forme de code couleur : des pastilles vertes, jaunes ou rouges s\u2019affichent après l\u2019analyse des nutriments.On retrouve ensuite un conseil de Sonia Lachance, qui s\u2019est appuyée sur les critères de saine alimentation du Centre de référence en nutrition de l\u2019Université de Montréal Extenso, pour aider l\u2019utilisateur à trancher.Des barres de céréales riches en sucre mais faibles en sodium et lipides seront ainsi accompagnées d\u2019une mention « à consommer avec modération », tandis qu\u2019un sac de croustilles trop grasses et trop salées sera considéré comme « à éviter ».« Le problème, c\u2019est que parfois un produit trop sucré par exemple va s\u2019en sortir avec des pastilles vertes, donc comme un bon choix, simplement parce que pour la portion recommandée la quantité de sucre n\u2019est pas excessive.Mais les portions préconisées sur l\u2019emballage par les fabricants sont minuscules et on sait très bien que les gens en mangent le double », s\u2019inquiète la nutritionniste.Combler un vide Une stratégie marketing des entreprises qui devrait prendre le bord d\u2019ici 2022, date limite fixée par Santé Canada pour forcer les fabricants à se conformer à de nouvelles règles d\u2019étiquetage strictes.L\u2019organisme fédéral prévoit notamment l\u2019ajout d\u2019un symbole sur le devant de l\u2019emballage des aliments considérés comme trop riches en sucres, en sodium et en gras saturés.Une mesure qui pourrait encourager certains à revoir leurs recettes pour ne pas avoir mauvaise presse.« On vient combler un vide avec notre application en attendant que l\u2019étiquetage soit simplifié », estime Sonia Lachance.Les sœurs Lachance ne sont pas les seules à donner un coup de pouce aux consommateurs.Plusieurs applications ont fait leur apparition dans les dernières années.L\u2019application française Foodvisor par exemple \u2014 télé- chargeable au Québec \u2014 propose de scanner les code-barres des produits ou de prendre en photo son assiette de déjeuner pour en analyser la valeur nutritive.Fooducate, qui vient des États- Unis, fonctionne aussi par balayage des code-barres, mais ne reconnaît pas certains produits québécois.Yuka, une autre application française, va encore plus loin en permettant, toujours par balayage de code-barres, d\u2019analyser la valeur nutritive, la présence d\u2019additifs et le caractère biologique ou non d\u2019un produit.Lancée essentiellement sur le marché français pour l\u2019instant, l\u2019application a su rejoindre 8,8 millions d\u2019utilisateurs en un an.Elle devrait être télé- chargeable au Québec cet été, selon la responsable des relations presse, Ophé- lia Bierschwale.Simple accompagnement « C\u2019est une façon de s\u2019informer sur l\u2019alimentation qui fit avec notre société.On a tous un téléphone dans notre poche.Avec la quantité de nouveaux produits alimentaires chaque année, les gens ne savent plus qui croire, comment trouver l\u2019information et que choisir pour rester en santé », note le nutritionniste Bernard Lavallée.Il estime néanmoins que ces applications doivent rester un accompagnement pendant une période de transition.« Les gens doivent réaliser qu\u2019ils peuvent d\u2019eux-mêmes faire de bons choix en limitant les aliments transformés, lance-t-il.Idéalement, ce qu\u2019on mange ne devrait pas avoir de code- barres ou d\u2019étiquette, car on devrait surtout consommer des produits frais ».Les bouchées doubles Un avis partagé par le professeur de nutrition à l\u2019Université de Montréal Jean-Claude Moubarac qui estime qu\u2019un plus gros travail de sensibilisation et d\u2019éducation devrait se faire dès l\u2019enfance.Ces applications ne doivent pas non plus remplacer le travail de Santé Canada, qui devrait mettre les bouchées doubles pour faire appliquer ses nouvelles règles avant 2022, croit-il.«Santé Canada espère que les compagnies vont commencer à réformer leurs produits et les rendre plus sains avant que la politique entre en vigueur.Mais les entreprises vont sûrement attendre la dernière minute et arriver avec de nouvelles stratégies pour jouer avec le tableau de valeurs nutritionnelles.» « Les applications s\u2019adressent à un public avisé qui surveille son alimentation.Alors que les mesures de Santé Canada vont inévitablement rejoindre tous les consommateurs », renchérit Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids.Elle espère aussi que le gouvernement Trudeau respectera ses engagements électoraux en matière d\u2019étiquetage des aliments avant la fin de son mandat.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Outremont : requête judiciaire contre le projet de synagogue Un résident d\u2019Outremont s\u2019est adressé à la Cour supérieure, mercredi, afin de tenter de bloquer le projet de synagogue sur l\u2019avenue Bernard.Karim Ben Rhouma demande à la Cour d\u2019annuler l\u2019entente intervenue entre l\u2019arrondissement d\u2019Outremont et Place Bernard, une société dirigée par Michael Rosenberg, et d\u2019invalider la résolution permettant l\u2019aménagement du lieu de culte sur l\u2019artère commerciale.Dans son pourvoi en rétractation de jugement, M.Ben Rhouma, un commerçant de l\u2019avenue Bernard, fait valoir qu\u2019en concluant une entente avec Place Bernard, Outremont a outrepassé le processus démocratique du référendum tenu à l\u2019automne 2016.Lors de ce référendum, les résidents avaient clairement exprimé qu\u2019ils ne souhaitaient pas de lieu de culte sur l\u2019avenue Bernard, ajoute-t-il.Or, l\u2019entente intervenue au début du mois de février « va directement à l\u2019encontre de la voix et des droits démocratiques de ses contribuables », souligne- t-il dans sa requête.M.Ben Rhouma reproche aussi à l\u2019arrondissement d\u2019avoir agi « de mauvaise foi ».À cet égard, il cite des propos qu\u2019aurait tenus le maire d\u2019Outre- mont, Philipe Tomlinson, lors d\u2019une rencontre de Projet Montréal le 25 octobre 2017, soit pendant la campagne électorale.Celui-ci aurait dit, concernant le référendum : « On a besoin d\u2019une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de trouver une façon de contourner ce règlement-là qui interdit partout à Outremont.» Le requérant est ainsi d\u2019avis que la Ville de Montréal « n\u2019a clairement pas agi dans le meilleur intérêt de ses citoyens ».L\u2019aménagement d\u2019une synagogue sur l\u2019avenue Bernard, une artère « largement commerciale », aura pour effet d\u2019en affecter l\u2019activité économique, soutient M.Ben Rhouma.Il demande ainsi à la Cour de déclarer nulle l\u2019entente intervenue entre la Ville et la société Place Bernard car, soutient-il, « une Ville ne peut adopter une résolution en contravention avec sa propre réglementation ».M.Ben Rhouma demande aussi au tribunal d\u2019invalider la résolution adoptée par le conseil d\u2019arrondissement le 4 février dernier pour approuver l\u2019entente et d\u2019ordonner la tenue du procès initialement prévu.Entente à l\u2019amiable Rappelons qu\u2019en 2016, une majorité de résidents avaient voté par référendum pour un règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur l\u2019avenue Bernard.Sauf que Place Bernard détenait déjà un certificat d\u2019occupation pour l\u2019implantation d\u2019un mikvé, un bain rituel juif, et qu\u2019elle avait déposé une demande de permis pour agrandir son lieu de culte avant la tenue du référendum.L\u2019arrondissement d\u2019Outremont ayant refusé de lui octroyer un permis, Place Bernard s\u2019était adressée aux tribunaux pour l\u2019obliger à lui remettre ce permis.Outremont a finalement conclu une entente à l\u2019amiable pour autoriser l\u2019aménagement de la synagogue.Le maire Tomlinson a justifié sa décision en soutenant que, selon le Contentieux de la Ville, le risque était grand que l\u2019arrondissement perde sa cause si le procès devait aller de l\u2019avant.De nombreux résidents l\u2019ont accusé d\u2019avoir abdiqué devant le propriétaire de l\u2019immeuble.Le bureau du maire Tomlinson n\u2019a pas voulu commenter le dépôt de la requête de Karim Ben Rhouma.Une séance d\u2019information sur l\u2019entente avec Place Bernard était prévue mercredi soir.La CMQ « accompagnera » la Ville de Chambly jusqu\u2019à ce que la lumière soit faite dans ce dossier.Le conseil municipal continuera de se réunir et d\u2019adopter des résolutions et des règlements nécessaires à son fonctionnement, mais toutes ses décisions devront être approuvées par la CMQ.Celle-ci pourra aussi obliger la Ville à exécuter certaines mesures et aura des pouvoirs spécifiques en matière financière, comme l\u2019approbation du budget et le recouvrement de taxes impayées.L\u2019UPAC débarque En matinée mercredi, l\u2019UPAC s\u2019était présentée à l\u2019hôtel de ville de Chambly ainsi que dans les bureaux administratifs et le garage de cette municipalité de la Rive-Sud de Montréal afin de procéder à des perquisitions.Tous les bureaux de la Ville ont été fermés et les employés ont dû retourner à la maison pour la journée.En entrevue à TVA Nouvelles, le maire de Chambly, qui est au repos depuis novembre dernier, a reconnu être visé par l\u2019enquête de l\u2019UPAC.Lui-même un ancien policier, Denis Lavoie a reproché à l\u2019UPAC de s\u2019être présenté à l\u2019hôtel de ville sans avertissement.« C\u2019est de valeur.Ces gens-là, au lieu d\u2019agir de même, ils seraient venus nous voir et on leur aurait donné un bureau et on leur aurait même payé le café», a-t-il déclaré.Les policiers n\u2019ont effectué aucune arrestation et l\u2019enquête se poursuit, a indiqué l\u2019UPAC.Les employés municipaux reviendront au travail jeudi matin.« On attend que des directives soient données à la Ville.On n\u2019a pas plus d\u2019informations que vous », a indiqué Micheline Le Royer, du Service des communications de la Ville.Denis Lavoie est maire de Chambly depuis 2005 et a été réélu à trois reprises.Il a été auparavant enquêteur à la Sûreté du Québec et avocat.Avec La Presse canadienne L\u2019UPAC s\u2019est rendue à l\u2019hôtel de ville de Chambly mercredi matin.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Une Ville ne peut adopter une résolution en contravention avec sa propre réglementation KARIM BEN RHOUMA » ui a dit « en tentant de \u201cprotéger\u201d les élèves plus faibles et en ne voulant pénaliser personne, on gonfle artificiellement les notes et on laisse passer des élèves qui devraient échouer » ?Cette pensée émane de l\u2019actuel ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, qui a écrit cela dans son recueil de chroniques Et si on réinventait l\u2019école ?Le chapitre II (« Pour en finir avec la médiocrité ») est on ne peut plus éloquent : le nivellement par le bas est détestable, la notion d\u2019échec est nécessaire, la philosophie du moindre effort est nuisible, la course à la réussite est malsaine.Pas étonnant alors que le ministre Roberge ait coupé court mercredi à l\u2019ouverture d\u2019un énième débat sur le bulletin scolaire de rêve, ce dont nous lui savons gré.Dans son avis Évaluer pour que ça compte vraiment, le Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) ramène la question des bulletins à l\u2019ordre du jour, mais il rappelle surtout l\u2019importance d\u2019un processus d\u2019évaluation qui veut encore dire quelque chose.Non seulement le bulletin idéal n\u2019existe pas, mais il est la manifestation congrue d\u2019une réalité beaucoup plus complexe qu\u2019un simple pourcentage ou une moyenne.Avec ou sans chiffres, assortis de moyennes ou pas, colorés de pictogrammes ou noircis de cotes, les bulletins scolaires ont connu tous les temps au Québec.Conçus pour informer les parents de l\u2019évolution des apprentissages de leur enfant, les bulletins ont traversé l\u2019une de leurs périodes les plus sombres (mais pas la seule) au tournant des années 2000, alors que la réforme de l\u2019éducation consacrant le règne des compétences transversales avait révélé l\u2019un de ses maillons les plus faibles en plein dans le champ de l\u2019évaluation.Ô surprise, il semblait que rien, ou alors très peu, n\u2019avait été prévu pour que les enseignants, à qui on avait refilé une patate chaude, puissent traduire de manière intelligible les progrès ou les difficultés des élèves.Cela, combiné à une course effrénée vers la réussite de tous en tout temps, juxtaposé en plus aux pressions sociale, parentale, gouvernementale pour un système d\u2019éducation exposant ses succès et non plus ses échecs, et ça y était : l\u2019école du Québec avait mis le pied dans le nivellement par le bas.Crainte du redoublement, passage du primaire au secondaire sans avoir réussi les compétences de base, réseau qui materne, qui chouchoute, qui a peur de nommer l\u2019échec sous peine de brimer l\u2019estime et de nourrir l\u2019anxiété.Avec les égarements que la course à la performance peut entraîner : la tricherie ou encore tout un réseau parallèle de soutien pédagogique pour améliorer une cote R au collégial ou un examen d\u2019admission au secondaire.Dans son livre, Jean-François Roberge met en garde contre ce qu\u2019il appelle la « chaîne de la médiocrité », qui ne se contente pas de semer ses moindres efforts au primaire et au secondaire, mais aussi au collégial et à l\u2019université.Comment expliquer l\u2019entrée au cégep d\u2019étudiants maîtrisant si faiblement la langue écrite, alors que les États généraux sur l\u2019éducation de 1996 y avaient placé leur accent prioritaire, sinon à travers les passe- droits octroyés au fil des ans ?Les notes et les diplômes sont-ils le reflet de la réalité ou ne seraient-ils pas plutôt de beaux mirages ?Le rapport du CSE ose une association audacieuse pour soutenir son vœu de ne plus voir ni bulletin chiffré ni moyenne de groupe à l\u2019école.Il soutient qu\u2019on a tellement tout misé sur la forme de cette communication qu\u2019on a négligé et même oublié sa finalité : celle de soutenir l\u2019apprentissage.Et la bombe : le tout perpétuant « une logique de classement des personnes et de compétition qui n\u2019est pas étrangère au décrochage ».Le bulletin, une explication au décrochage ?C\u2019est un peu court, nous semble-t-il.Le professeur de philosophie Guy Ferland parle avec justesse aujourd\u2019hui dans notre courrier des lecteurs de l\u2019échec comme « angle mort de la réussite » : « À l\u2019école, l\u2019obsession de la réussite renforce la tendance à voir dans l\u2019échec une catastrophe honteuse à cacher si l\u2019on ne veut pas être banni du club des gens qui performent facilement.» Il fut un temps où les annonces officielles entourant l\u2019éducation ne rimaient qu\u2019avec réussite pour tous, lutte contre le décrochage ou encore cibles de diplomation.Aujourd\u2019hui, comme si cette affaire de réussite était taboue \u2014 ou pire, ennuyeuse ! \u2014, elle occupe plus discrètement l\u2019avant-scène.On a décidé de causer réussite en misant sur des moyens : développer un sentiment d\u2019appartenance à l\u2019école en construisant de beaux bâtiments ; dépister les difficultés de manière précoce en instaurant les maternelles 4 ans.C\u2019est une manière d\u2019y arriver, sans discourir de l\u2019école en entonnant des refrains devenus négatifs et sombres au point de décourager d\u2019enseigner, comme en font foi les problèmes de relève enseignante.Mais s\u2019agit-il là aussi de mirages destinés à gommer, comme des notes gonflées camouflant l\u2019échec, la face sombre d\u2019une réalité ?La question est lancée.LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Joël Chiarello Étudiant à la maîtrise en science politique à l\u2019UQAM Le vendredi 22 février 2019 vers 10h15, tous les étudiants et étudiantes de l\u2019UQAM ont reçu un courriel assez étonnant de la part de la direction de l\u2019établissement.Ce courriel était une réponse au mouvement de grève qui fait rage un peu partout au Québec et particulièrement à l\u2019UQAM: «L\u2019Université, en concertation avec les responsables académiques et les instances concernées, devra au moment voulu évaluer ces impacts et statuer sur les mesures à mettre en œuvre pour valider l\u2019atteinte des objectifs de formation par les étudiantes et les étudiants», pouvait-on lire.«Dans le cas précis des stages, [\u2026] il n\u2019existe aucune garantie que les périodes de stage manquées pourront être reprises ou complétées.» Le coup de semonce était lancé.La direction menace ainsi indûment les étudiants, les avisant qu\u2019en cas de grève, leur session pourrait ne pas être validée.Laissant planer ce doute [\u2026], elle ne clarifie pas encore si les frais de session seront remboursés.La direction juge ainsi convenable de menacer les élèves en laissant entendre que leur avenir pourrait être compromis si la mobilisation sociale collective devait se poursuivre.Elle joue la carte de l\u2019intérêt individuel contre celui de l\u2019intérêt collectif, avec l\u2019objectif assez clair de diviser les étudiants pour mieux régner.Économie de marché Ce qui est troublant, ce n\u2019est pas de voir la direction jouer sur cette dualité.C\u2019est plutôt que ce courriel illustre très clairement que les établissements d\u2019enseignement ne sont plus conçus pour jouer un rôle dans le développement du citoyen comme être social d\u2019une collectivité.L\u2019objectif est on ne peut plus clair : on vise maintenant à être une succursale de l\u2019économie de marché qui forme de futurs travailleurs.Le diplôme en est le laissez- passer, la grève, par définition collective, en est l\u2019obstacle.Dans l\u2019argumentaire contenu dans ce courriel, les plus grands cerveaux de la machine à diplômes poursuivent en disant que « l\u2019absence à une ou plusieurs séances de cours peut avoir des impacts pédagogiques importants et limiter l\u2019atteinte des objectifs d\u2019apprentissages déterminés par un cours ».L\u2019absence se définit par « le fait pour quelqu\u2019un de ne pas se rendre là où il est censé se rendre, et, en particulier, de ne pas aller à son travail, de ne pas assister à un cours, etc.» (Larousse).Or, dans le cas précis d\u2019une grève, les étudiantes et les étudiants ont défini qu\u2019ils étaient censés se rendre dans la rue pour se mobiliser contre une injustice (présente ou à venir).Devons-nous en conclure que notre session n\u2019est pas à risque puisque nous ne nous rendrons pas coupables «d\u2019absences»?Les hautes instances uqamiennes [\u2026] croient-elles détenir le monopole légitime de ce que constituent nos devoirs en tant qu\u2019étudiants, mais surtout en tant que futurs citoyens?À quel moment la société a-t- elle dévié des principes fondamentaux de l\u2019éducation pour ainsi considérer que la grève, les assemblées étudiantes, les délibérations collectives et l\u2019organisation politique de revendications sociales ne sont pas parmi les meilleurs moyens de formation d\u2019un citoyen ?[\u2026] L\u2019UQAM ne devrait- elle pas encourager ses étudiantes et ses étudiants à parfaire leur éducation politique et civique ?Encourager la mobilisation et l\u2019implication sociale plutôt que de tenter de la réprimer ?Ce courriel, il faut l\u2019avouer, est très inquiétant pour l\u2019avenir de l\u2019éducation, mais aussi pour celui de notre société.Les motifs de la direction sont tordus et ne servent assurément pas les étudiants, ceux qu\u2019ils aiment nommer dans leur conseil d\u2019administration « leurs clients ».Or, devant l\u2019influence toujours plus grande de la croissance et des maestros de l\u2019économie, il semble légitime de se demander si on peut encore sauver notre éducation des griffes des intérêts économiques.Je veux croire que cela est toujours possible, mais, pour cela, la solidarité doit se manifester dès maintenant envers la cause étudiante.La lutte se doit de commencer par une mobilisation élargie contre la marchandisation de l\u2019éducation, qui inclut l\u2019exploitation grandissante des stagiaires.L\u2019échec de la réussite L\u2019échec est dans l\u2019angle mort de la réussite, en éducation comme partout ailleurs.Cependant, on ne veut pas en entendre parler ni le voir dans le rétroviseur de notre mémoire.Pourtant, les déboires font partie de notre existence.Nous vivons beaucoup plus de revers à l\u2019école, sur le marché du travail et dans la vie amoureuse que de succès.On occulte cette réalité parce que nous sommes obnubilés par nos victoires montées en épingle.Les réseaux sociaux ont accentué ce phénomène.Nous y montrons les meilleurs aspects de nous-mêmes et de nos activités pour nourrir notre orgueil.On publie sur Internet des photos de voyages, d\u2019anniversaires et d\u2019autres événements pour prouver à l\u2019univers entier l\u2019importance de notre quotidien.À l\u2019école, l\u2019obsession de la réussite renforce la tendance à voir dans l\u2019échec une catastrophe honteuse à cacher si l\u2019on ne veut pas être banni du club des gens qui performent facilement.Cela redouble le sentiment de culpabilité des élèves qui éprouvent des difficultés scolaires.L\u2019exclusion sociale et le manque d\u2019estime de soi proviennent de ce refus d\u2019envisager les erreurs de parcours ou encore les échecs scolaires comme des jalons inévitables de tout cheminement humain.Bien entendu, il ne s\u2019agit pas de vanter les mérites des ra- Menace voilée de l\u2019annulation des stages à l\u2019UQAM LIBRE OPINION LETTRES ÉDUCATION Le bulletin mirage Q ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu années 1970.J\u2019ai aussi grandement profité de ses conseils judicieux alors qu\u2019il préparait les élèves de la polyvalente en vue du concours oratoire du Club Optimiste.Jean Alfred était un homme d\u2019une grande érudition, un amoureux de la langue française ; mais il était surtout un homme chaleureux, passionné et engagé.Immigrant venu d\u2019Haïti, il était littéralement tombé amoureux de sa terre d\u2019accueil, le Québec, et des gens de l\u2019Outaouais.Non seulement s\u2019est-il bien intégré à la société québécoise et gatinoise, mais il s\u2019est mis au service de ses concitoyennes et concitoyens en s\u2019engageant d\u2019abord sur la scène municipale, puis en obtenant leur confiance en tant que député de Papineau.La fougue et la détermination à toute épreuve du député Alfred se sont révélées être deux des ingrédients essentiels à la genèse du projet de centre hospitalier de Gatineau, qui fut inauguré en 1983.Jean Alfred : modèle d\u2019engagement social, source d\u2019inspiration pour ces milliers de femmes et d\u2019hommes qui, comme lui, viennent s\u2019établir au Québec.Dans la foulée de la décision annoncée par la Commission de toponymie, la nouvelle ministre de la Santé, madame Danielle McCann, ne pourrait-elle pas nommer le centre hospitalier de Gatineau « hôpital Jean-Alfred » à la mémoire d\u2019un de ses instigateurs les plus dévoués ?Yves Rochon Gatineau, le 26 février 2019 tages, mais simplement de mentionner qu\u2019ils font partie de tout itinéraire normal et qu\u2019ils peuvent être surmontés de façon profitable.On a tellement mis d\u2019efforts en éducation pour favoriser la performance qu\u2019on a oublié de penser aux épreuves incontournables qui permettent également de progresser dans les apprentissages.Quand on ne porte pas attention à l\u2019angle mort de la réussite, on risque de quitter subitement la route au lieu de parer aux conséquences des dérapages inhérents à la vie.Guy Ferland, professeur de philosophie au collège Lionel- Groulx de Sainte-Thérèse Le 25 février 2019 Et pourquoi ne pas nommer le Centre hospitalier de Gatineau « hôpital Jean-Alfred » ?J\u2019ai été très touché d\u2019apprendre que la Commission de toponymie du Québec a décidé que le pont enjambant la rivière de la Petite-Nation, entre Plaisance et Lochaber-Canton, sur l\u2019autoroute 50, portera dorénavant le nom de Jean Alfred, qui fut le premier député noir élu à l\u2019Assemblée nationale, où il représenta la circonscription de Papineau de 1976 à 1981.J\u2019ai eu le plaisir d\u2019avoir monsieur Alfred comme professeur de français en 3e secondaire à la polyvalente de Hull durant les MARIE-ANDRÉE CHOUINARD A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Dana Lord-Beaudin Enseignante à la CSDM Chère équipe de production de Passe- Partout, Tout d\u2019abord, je vous félicite pour votre travail : les images télévisuelles et les comptines de Passe-Partout sont belles et adaptées au goût du jour pour des enfants de 9 mois à 5 ans, et le rythme est bon.Belle réussite.Mais\u2026 J\u2019attendais avec hâte et curiosité le renouveau d\u2019une émission-culte qui a su bercer mon enfance dans les années 1990.[\u2026] Je suis une personne très importante pour la vingtaine d\u2019élèves qui entrent chaque jour dans ma classe.Vous l\u2019aurez deviné: je suis enseignante.Qui plus est, je n\u2019enseigne pas n\u2019importe où, je le fais sur l\u2019île de Montréal.Dans ma classe ou celle de n\u2019importe quel autre de mescollègues, vous constaterez qu\u2019il y a au moins 50% d\u2019élèves issus de communautés ethnoculturelles autres que celle dite des «Québécois de souche», toutes aussi riches et belles les unes que les autres.Mes élèves se distinguent chaque jour en classe par leurs personnalités teintées de leur identité unique, fabuleux mélange de leur culture d\u2019origine et de la culture québécoise.Qu\u2019ils viennent de pays maghrébins, asiatiques, européens ou africains\u2026 ils sont tous Québécois.Ma classe est québécoise.Elle n\u2019est pas blanche avec un voisin immigrant qui passe dire «Bonjour!» pour montrer qu\u2019il existe.Ma classe est un amalgame ethnique, culturel, social de tous genres et de tous horizons.Qu\u2019ils soient de première, de deuxième ou de troisième génération immigrante, ils sont Québécois.Homogénéité troublante Ce matin, j\u2019ai regardé cette émission tant attendue par les familles québécoises.Ce qui m\u2019a sauté aux yeux, c\u2019est l\u2019homogénéité de tous les personnages, autant les personnes réelles que les marionnettes.Ils sont tous plus blancs les uns que les autres.Devant cette flagrante blancheur, je me suis demandé si, malgré les belles comptines et les beaux sujets proposés, je serais prête à utiliser ce matériel avec mes élèves pour le contenu éducatif.Un nouveau Passe-Partout plus blanc que blanc ?Louis Simard Professeur agrégé, programme d\u2019administration publique, Université d\u2019Ottawa La semaine dernière, l\u2019Office national de l\u2019Énergie (ONE) rendait public son rapport « 2.0 » sur le projet d\u2019oléoduc Trans Mountain.Sans surprise, le document recommandait une 2e fois la réalisation du projet.À la suite du jugement de la Cour fédérale d\u2019appel qui annulait le certificat d\u2019utilité publique délivré par le gouvernement autorisant le projet, cette nouvelle version inclut la prise en compte de l\u2019augmentation du transport maritime qui découle de la multiplication par trois de la capacité de transit de l\u2019oléoduc.Seize recommandations, 156 conditions de réalisation, mais même verdict : le projet est d\u2019intérêt public, le gouvernement devrait donc aller de l\u2019avant.La suite dans 90 jours\u2026 ou plus tard, car le gouvernement est toujours à réparer ses manquements, car la Cour lui reproche également d\u2019avoir omis de consulter adéquatement les communautés autochtones, second motif d\u2019invalidation du certificat d\u2019utilité.La suite donc\u2026 avant ou après les prochaines élections fédérales ?Voilà la prochaine question.Une triple tension Le projet Trans Mountain est éminemment passionnant, car il est révélateur des tensions fondamentales qui caractérisent le Canada actuellement et qui rendent la situation impossible.Nous pourrions les résumer au nombre de trois : La diversité des réalités politico-éco- nomiques et la montée de l\u2019autonomie plurielle versus le gouvernement fédéral.Les valeurs comme les intérêts des différentes régions du Canada sont fort différents.Les réalités politiques et économiques de l\u2019Alberta et du Québec, par exemple, ou de la Colom- bie-Britannique sont souvent opposées.L\u2019importance des compétences provinciales dans les secteurs de l\u2019énergie et de l\u2019environnement et la montée en importance des municipalités et des territoires, notamment dans le cadre de la mondialisation et de la gouvernance multiniveaux, font en sorte que l\u2019intervention fédérale en faveur de l\u2019intérêt public apparaît un défi colossal.Comment concilier le tout canadien ?Une véritable initiative pour établir une politique énergétique pancanadienne en coconstruction avec les principales parties prenantes est impérative.Économie contre environnement.À l\u2019ère des changements climatiques, la transition énergétique pour plusieurs est incontournable.Une économie basée sur l\u2019extraction des ressources prenant peu ou pas en compte les externa- lités, celle qui a bien servi le Canada depuis sa création et sur laquelle repose une bonne part de la péréquation, peut-elle être abandonnée ?Un fossé générationnel semble caractériser ce débat entre pro-économie et pro-envi- ronnement.Concilier les deux camps est-il possible ?Est-ce seulement une question de temps et de divergence sur la rapidité avec laquelle il faille concevoir et mettre en œuvre la transition énergétique ?Les engagements internationaux comme la réputation du Canada sont en jeu.Autonomie autochtone contre souveraineté canadienne.L\u2019article 35 (1) de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît et confirme les droits exis- L\u2019oléoduc Trans Mountain, ou la quadrature du cercle tants ancestraux ou issus de traités des peuples autochtones du Canada.La Cour suprême reconnaît l\u2019obligation de consultation et précise qu\u2019il consiste à montrer un effort sincère pour mieux comprendre et répondre aux préoccupations des peuples autochtones.De plus, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) va plus loin : « Les États consultent [ces] peuples [\u2026] et coopèrent avec eux de bonne foi par l\u2019intermédiaire de leurs propres institutions représentatives, en vue d\u2019obtenir leur consentement [\u2026] avant l\u2019approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres ou territoires et autres ressources, notamment en ce qui concerne la mise en valeur, l\u2019utilisation, l\u2019exploitation des ressources minérales, hydriques ou autres.» Comment un gouvernement qui s\u2019est engagé dans la réconciliation avec les communautés autochtones peut-il concrétiser cette volonté dans le cadre d\u2019un projet comme Trans Mountain ?Acceptabilité sociale Réaliser Trans Mountain ou l\u2019abandonner ?La volonté du gouvernement Trudeau est claire [\u2026], il est même devenu propriétaire l\u2019été dernier du projet, et ce, à grands frais.[\u2026] Le coût politique pourrait être sans retour.Les parties prenantes sont si campées.Une grande part des communautés autochtones s\u2019y oppose, bien que certaines appuient fortement le projet.Les environnementalistes et plusieurs municipalités sont farouchement contre.Le lobby pétrolier est bien mobilisé, faisant pression sur le fédéral et le gouvernement, solidement appuyé par le gouvernement albertain.La Co- lombie-Britannique est dans une position indélogeable, dans la mesure où l\u2019opposition au projet est une condition de la coalition NPD-verts.[\u2026] Pour sortir de cette impasse, un compromis est nécessaire.À quelles conditions, le projet peut- il devenir acceptable ?Comment l\u2019aménager et en diminuer les risques ?Comment accommoder les parties prenantes ?L\u2019acceptabilité sociale, qu\u2019on le veuille ou non, est devenue la clé pour réaliser de grands projets comme les politiques publiques.« L\u2019acceptabilité sociale est le résultat d\u2019un processus démocratique par lequel les parties construisent ensemble les conditions à mettre en place pour qu\u2019un projet, un programme ou une politique s\u2019intègrent harmonieusement, et à un moment donné, dans son environnement économique, naturel, humain et culturel.»1 Avec le projet de loi C-69, le gouvernement libéral, comme promis, a lancé une réforme des processus décisionnels hérités du gouvernement Harper en matière d\u2019énergie et d\u2019environnement, et notamment d\u2019oléoducs.Au cœur de la réforme : une plus grande participation du public et des communautés autochtones, un renforcement de l\u2019évaluation environnementale, une meilleure prise en compte des questions de santé et de genre, et un rôle accru du politique dans le processus décisionnel.Nous ne pouvons que saluer les principes de cette réforme.Des voix s\u2019opposent à celle-ci, laissant entendre qu\u2019elle aggravera la situation actuelle, rendant impossible la réalisation des projets d\u2019oléoducs.Certains anticipent une politisation du processus décisionnel et croient qu\u2019il vaudrait mieux laisser une agence experte et indépendante, comme l\u2019ONE, décider.Or, compte tenu de l\u2019importance de ces grands projets d\u2019infrastructure et de l\u2019indépendance qui reste encore à démontrer d\u2019agences comme l\u2019ONE \u2014 un simple coup d\u2019œil sur l\u2019origine des commissaires et leur expertise suffit à entretenir le doute \u2014, il est souhaitable que les représentants élus, légitimes et responsables soient ceux qui tablent sur l\u2019intérêt public de ces projets et qui les autorisent.Trans Mountain, avant ou après les prochaines élections fédérales ?Il y a fort à parier qu\u2019avec le travail à abattre, la décision se fasse attendre encore longtemps.1.Julie Caron-Malenfant et Thierry Conraud.Guide pratique de l\u2019acceptabilité sociale: pistes de réflexion et d\u2019action, Éditions D.P.R.M., 2009, p.14.Ma réponse a été négative.Non pas en raison du contenu, mais à cause de la non- représentativité.Comment mes élèves pourraient-ils se sentir Québécois [\u2026] si on leur présente une émission dans laquelle on ne leur montre que des personnages principaux blancs?Je dois avouer que j\u2019ai été déçue en constatant que la seule représentation de la diversité des enfants durait à peine quelques secondes, où des enfants dégustent des pommes\u2026 Cela m\u2019a rappelé que les seules fois où l\u2019émission d\u2019origine incluait des personnages d\u2019autres origines, ceux-ci étaient souvent des voisins ou des amis occasionnels.Notamment cette voisine italienne qui venait parler de spaghetti avec Cannelle et Pruneau : un personnage d\u2019une communauté culturelle différente, charriant un gigantesque stéréotype, et dont le passage durait deux minutes\u2026 En 2019, une émission jeunesse éducative devrait être représentative et éviter de dresser un portrait imparfait de ce qu\u2019est un « Québécois », nuisant ainsi de façon indirecte à leur propre sentiment d\u2019appartenance au Québec.Je viens de Sept-Îles, une magnifique petite ville bordée par deux fabuleuses communautés autochtones.Dans ce petit bout de territoire, un très grand pourcentage de la population est autochtone\u2026 Les enfants de cette communauté non plus ne se sentiront ni interpellés ni représentés par l\u2019émission.Juste avant de partir pour le congé des Fêtes, mes élèves et moi-même avions regardé le film Le grincheux.Après 30 minutes, une élève avait remarqué que tous les personnages étaient blancs et que c\u2019était très peu représentatif.Déjà, en 3eannée, cet aspect l\u2019avait frappée.Nous devons développer le regard critique chez nos élèves.Pour ce faire, je ne peux pas, en mon âme et conscience, ne pas être critique moi-même face à des représentations qui pourraient avoir un impact négatif sur mes élèves actuels et futurs.D\u2019où cette lettre.Vous avez réussi à mettre au goût du jour une de nos émissions jeunesse cultes.Cependant, vous avez échoué à offrir aux enfants une représentation réaliste de la diversité ethnoculturelle qui les définit.Pour cette raison, au préscolaire, vous ne serez pas dans ma classe.[\u2026] Ma responsabilité, comme enseignante, est de m\u2019assurer que ces enfants qui passeront dans ma classe se sentent inclus, représentés, acceptés et que, malgré les formes de racisme qui subsistent [\u2026], ils se sentent Québécois à part entière, autant que vous, autant que moi.Malheureusement, on ne le sent pas dans Passe-Partout.Bonne chance pour la suite.Une enseignante parmi tant d\u2019autres.Comme dans l\u2019émission d\u2019origine, les personnages principaux du nouveau Passe-Partout sont blancs.KARINE DUFOUR TÉLÉ-QUÉBEC Le projet Trans Mountain est éminemment passionnant, car il est révélateur des tensions fondamentales qui caractérisent le Canada actuellement et qui rendent la situation impossible LEDEVOIR // LE JEUDI 28 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 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Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.criminalisé en 1973 et légalisé en 1986, « on note des corrélations évidentes maintenant entre les façons dont on parle dans les industries du vin, de la gastronomie et du cannabis ».Et ce côté sensoriel ne peut ici que se développer encore, croit M.Greenblatt.«On parle aussi des effets, à cause des différents effets psychotropes qui viennent avec la consommation du cannabis.S\u2019ajoute la sommellerie : arômes, goût, sensation dans la bouche, la façon dont le joint brûle.Il y a des variétés fruitées, herbales, métalliques, fromagées.Toutes les palettes qu\u2019on retrouve en dégustation de vin sont là aussi.» Des « roulettes de dégustation » se trouvent facilement en ligne, essentiellement en anglais*.L\u2019entreprise canadienne Cannareps propose à Vancouver et à Toronto un cours en deux temps sur la sommellerie du cannabis, tout comme l\u2019américain Trichome Institute le fait en ligne.Les mots pour le dire La Société québécoise du cannabis (SQDC), pour informer ses clients, ne peut échapper à une description gustative de ses produits.Elle doit choisir avec soin les mots qu\u2019elle pose sur les fleurs qu\u2019elle propose, puisque la Loi sur la santé publique interdit tout ce qui peut ressembler à de la promotion de consommation.Ce sont les producteurs qui écrivent et fournissent à la SQDC les informations sur les produits.Deux lignes, a appris Le Devoir, qui s\u2019adressent aux consommateurs et que la SQDC peut utiliser et modifier à sa guise.Et un guide beaucoup plus détaillé en matière de goût et d\u2019arômes, pour les budtenders, les commis-vendeurs.Car « nous ne manipulons pas les produits, a indiqué la SQDC, nous n\u2019avons pas de goûteurs du cannabis.Parfois, nous procédons à des analyses d\u2019échantillons afin de nous assurer de la conformité des caractéristiques fournies par les producteurs.Effectivement, ce sont eux qui nous donnent l\u2019information relative aux arômes, à l\u2019espèce, à l\u2019intensité, à la concentration de cannabi- noïdes, etc.» N\u2019y a-t-il pas un problème éthique à laisser les producteurs parler eux- mêmes de leurs produits ?Non, croit un joueur de l\u2019industrie qui préfère garder l\u2019anonymat.« Je ne crois pas qu\u2019on veuille qu\u2019un gouvernement intervienne dans la construction d\u2019un discours et d\u2019une culture qualitatifs.On peut encore faire une comparaison avec le monde du vin : les producteurs sont de grands connaisseurs, parmi les meilleurs.Et les consommateurs sauront trouver d\u2019autres informations, et les croiser.» Pour Adam Greenblatt, la culture qui entoure le cannabis, avec son vocabulaire et sa sémantique, ne peut que se développer.Mais elle est au Canada ralentie par l\u2019interdiction de la consommation sociale, croit-il, «et surtout au Québec, plus strict qu\u2019ailleurs.En bloquant l\u2019usage social, on ralentit l\u2019évolution de la culture qui entoure le cannabis, et le côté sommelier.On le voit dans les villes où la consommation sociale est acceptée: Amsterdam, Denver, et en Californie, où ça commence tout juste.Le vocabulaire et le langage s\u2019y développent».Dans la foulée, la façon dont on décrit les consommateurs change aussi.« De moins en moins, on parle de poteux ou de stoners.Il y a de moins en moins de préjugés qui teintent le langage, et, je crois, de moins en moins de préjugés tout court.» TERMINOLOGIE Donner sa langue au chanvre Êtes-vous THC ou CBD ?La légalisation du cannabis dégèle la façon dont on en parle.CATHERINE LALONDE LE DEVOIR « Hey, j\u2019ai acheté plein de stock à la SQDC», a-t-on entendu récemment dans une fête.« Toi, es-tu plus THC ou CBD ?» Alors qu\u2019il y a quelques années « on en fumait du bon » et basta, voilà que le tout-venant, fumant ou pas, navigue aujourd\u2019hui entre l\u2019indica, le sativa et les hybrides ; entre des arômes terreux, sucrés, épicés, fruités, avec notes de baies ou de musc ; bien loin du fumet de moufette qui qualifiait il y a quelques années en un seul parfum fourre-tout l\u2019entièreté des fumées chanvrées.La façon dont on parle de cette drogue a évolué au fil du temps.Les mots pour la dire ont changé.Et ce, de manière marquée depuis la légalisation du cannabis.En attendant une sémantique du pot, discussion avec des pros de l\u2019herbe sur l\u2019évolution de sa lingua franca et sur son passage de la clandestinité à l\u2019espace public.« La légalisation entraîne la diffusion de l\u2019information, la connaissance entraîne un changement dans la manière d\u2019en parler, et l\u2019évolution du discours démontre, elle, une augmentation des connaissances générales du public en matière de cannabis », résume en deux coups de cuillère à pot \u2014 sans jeu de mots\u2026 \u2014 le porte-parole du producteur de cannabis médical Canopy Growth, Adam Greenblatt.Même dans la rédaction des lois, «marijuana » et « marihuana » ont cédé au fil du temps le vert terrain à « cannabis », note M.Greenblatt.Une des rares journalistes spécialisés en ces volutes qui partent en fumée, Lauren Yoshiko note elle aussi la transformation langagière qui vient avec la légalisation, où qu\u2019elle se fasse.« Déjà, je rigole en pensant qu\u2019il y a trois ans vous m\u2019auriez demandé mon avis sur le pot ou sur le weed.Au- jourd\u2019hui, nous voilà à parler de cannabis.Ce mot que j\u2019utilise désormais avec ma famille, jamais je n\u2019aurais pensé qu\u2019il deviendrait aussi courant, même dans ma propre bouche!» note celle qui a commencé à couvrir le sujet en 2014 en utilisant alors un vocabulaire mâtiné de slang.« C\u2019est surtout le public qui a changé depuis.J\u2019écrivais quand j\u2019ai commencé pour les stoners, les gros consommateurs; le ton était très chummy-chummy, très casual.À partir des premiers pas de la légalisation, le grand public s\u2019est mis à vouloir de l\u2019information sur le sujet et les grands médias n\u2019avaient pas d\u2019expérience autre que sur l\u2019aspect légal.Je suis partie d\u2019une niche culturelle hy- perciblée pour devenir une journaliste de nouvelles, une généraliste.Et je me suis mise à parler de pot à des gens qui n\u2019en avaient jamais fumé.C\u2019est une occasion que je voulais saisir : œuvrer à recadrer la façon dont on pense et dont on parle de la marijuana.» «Et aujourd\u2019hui, effectivement, quand je vois le mot \u201ccannabis\u201d résonner partout, des journaux aux devantures des magasins, je n\u2019ai plus l\u2019impression qu\u2019on parle de ces feuilles achetées dans un sac Ziploc au coin d\u2019une ruelle obscure pour 20 $.Le feeling est différent, et le mot \u201ccannabis\u201d me semble connoté d\u2019une manière plus business, dans le champ des brevets, laboratoires botaniques, adresses IP, marketing\u2026 » Sommeliers tireurs de joints « On est en train de troquer ces mots qui ne voulaient pas dire grand-chose pour des termes plus précis », poursuit M.Greenblatt.« On parle moins de la morphologie de la plante et davantage des terpènes et molécules aromatiques qui donnent le goût spécifique à chaque plante.Ou du pourcentage précis de THC ou de CBD, là où avant on disait juste \u201cc\u2019est fort\u201d ou pas.» À Portland, en Oregon, où Mme Yo- shito réside et où le cannabis a été dé- On est en train de troquer ces mots qui ne voulaient pas dire grand-chose pour des termes plus précis ADAM GREENBLATT » ISTOCK "]
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