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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-12-09, Collections de BAnQ.

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[" L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Entrevue Le temps béni de Guylaine Tremblay Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Vivre Niagara sous la glace Lire Quand le roman fait la planche L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Entrevue Temps béni pour Guylaine Tremblay Cinéma Odile Tremblay Flâneurs Scène Musique Cirque Arts visuels Télévision C U L T U R E V I V R E L I R E 12 7 12 12 2 26 27 28 31 50 52 Grand angle Camus, Vian et Pagnol en bandes dessinées Louis Hamelin Entrevue Magnifique Marilyn Louis Cornellier Critique Escapade Niagara l\u2019hiver, de glace et de vins Voyage Bières des Fêtes Alimentation Vins Jeux SOMMAIRE C U L T U R E REPORTAGE MANON DUMAIS LE DEVOIR À LOS ANGELES s ix ans , lorsque j\u2019ai vu Julia Adams nager au- dessus de la créature marine, j\u2019ai été submergé par des émotions que je ne pouvais expliquer, comme si je souffrais du syndrome de Stendhal.Je croyais qu\u2019ils allaient tomber amoureux et que le film se terminerait bien.Tous les jours, je dessinais cette créature que je trouvais belle.Je n\u2019ai jamais pu oublier cette vision», raconte Guillermo del Toro (Le labyrinthe de Pan, Hellboy), attrapé le mois dernier à Los Angeles en compagnie d\u2019une partie de l\u2019équipe de son plus récent film, The Shape of Water.Quelques décennies plus tard, le voilà qu\u2019il venge l\u2019homme-poisson de L\u2019étrange créature du lac noir (1954), de Jack Arnold, en racontant une merveilleuse histoire d\u2019amour évoquant La belle et la bête, La petite sirène et Le prince grenouille.Campé au cœur de la guerre froide, The Shape of Water (La forme de l\u2019eau au Québec) met en scène une femme de ménage muette, Elisa Esposito (Sally Hawkins), qui se prend d\u2019af fection pour une créature amphibienne (Doug Jones) gardée dans un laboratoire gouvernemental par le cruel agent Strickland (Michael Shannon).« Quand Guillermo m\u2019a dit que je jouerais l\u2019amoureux, j\u2019ai répondu : \u201cVraiment ?\u201d Dès le départ, il m\u2019a dit qu\u2019il ne voulait pas que je fasse du Doug Jones », raconte l\u2019acteur en agitant ses longues mains fines comme ses personnages du Labyrinthe de Pan.« Il voulait que j\u2019explore une gestuelle dif férente et, surtout, que je connecte avec le personnage de Sally.Ce qui était aussi impor tant pour D\u2019amour et d\u2019eau fraîche Guillermo del Toro raconte une merveilleuse aventure amoureuse dans The Shape of Water Ci-contre : Richard Jenkins partage la plupart de ses scènes avec Sally Hawkins.Sur l\u2019autre page : le cinéaste Guillermo del Toro avec les actrices Sally Hawkins et Octavia Spencer PHOTOS FOX SEARCHLIGHT «À Bête de foire pour le cruel agent gouvernemental Strickland, la créature est un dieu pour Guillermo del Toro Photo de la une du D : Pedro Ruiz Le Devoir Illustration de la une Lire : Carole Maurel.Tirée d\u2019En attendant Bojangles (Steinkis).62 60 54 58 30 40 16 22 24 44 Guillermo, c\u2019est que la créature ne se transforme pas comme dans Le prince grenouille ; il fallait qu\u2019elle soit acceptée et aimée telle qu\u2019elle est.» Si The Shape of Water rappelle par ses couleurs, ses décors et ses personnages Delicatessen et Le fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, Guillermo del Toro affirme que ce n\u2019est pas de ce côté qu\u2019il est allé puiser ses nombreuses références.« J\u2019ai vu ces films une ou deux fois, alors peut-être qu\u2019ils sont restés en moi.J\u2019ai volontairement fait des clins d\u2019œil aux films de Douglas Sirk, de William Wyler, de Stanley Donen\u2026 Je voulais faire un film à la française; j\u2019ai donc visité plusieurs fois l\u2019univers de Jacques Demy.» Espèce menacée Tandis que Strickland veut tuer la créature, la dernière de sa lignée, au grand dam du docteur Hof fstetler (Michael Stuhlbarg), Elisa fera tout en son pouvoir pour la protéger.Elle ira même demander l\u2019aide de ses deux seuls amis, sa consœur Zelda (Octavia Spencer) et son voisin Giles (Richard Jenkins).«Ce que je trouvais intéressant, c\u2019est que, les amoureux étant privés de la parole, ce sont deux membres de minorités que l\u2019on voulait faire taire à l\u2019époque, une Afro-Américaine et un homosexuel, qui s\u2019expriment à leur place, note Octavia Spencer.Guillermo est venu me chercher parce que j\u2019avais déjà joué ce genre de rôle, dans La couleur des sentiments.Il souhaitait que j\u2019y apporte une nouvelle teinte, mais au fond, c\u2019est lui qui l\u2019a fait.J\u2019ai aussi joué un personnage de cette époque dans Les figures de l\u2019ombre, avec pour toile de fond la lutte pour les droits civiques; cette fois, je jouais une femme qui se plaint de son mari, un personnage contemporain, en somme.» À l\u2019instar d\u2019Octavia Spencer, Richard Jenkins partageait la plupart de ses scènes avec Sally Hawkins.« Il fallait que je la regarde tout le temps quand je m\u2019adressais à elle parce que, lorsque quelqu\u2019un ne parle pas, il faut trouver une réponse dans ses expressions.Cela dit, il y a pire comme travail que de regarder le visage de Sally.» Peu féru de films de monstres, l\u2019interprète de Giles (clin d\u2019œil au personnage du défunt John Hurt, à qui del Toro destinait le rôle, dans Amour et mort à Long Island) a quand même revu L\u2019étrange créature du lac noir.«À l\u2019époque, le film m\u2019avait fait peur.Guillermo nous a expliqué que, si la créature s\u2019attaquait aux êtres humains, c\u2019est qu\u2019ils avaient envahi son monde.Guillermo a compris ça quand il avait six ans; il a fallu que j\u2019atteigne 70 pour y arriver!» Monstre humain, homme monstrueux Fidèle à lui-même, Michael Shannon a voulu comprendre son rôle.«Strickland tente de cacher à tous son anxiété, comme on le faisait à cette époque où il y avait beaucoup de cas de paranoïa, de névroses.On imaginait que le pire allait arriver d\u2019une seconde à l\u2019autre, alors on jouait aux durs.Quand j\u2019ai lu le scénario, j\u2019ai trouvé qu\u2019il y avait un humour noir qui me rappelait Docteur Folamour, l\u2019un de mes films préférés.» Pour sa part, Michael Stuhlbarg admet que c\u2019est au fil des entrevues qu\u2019il découvre la richesse de son personnage et que celui-ci n\u2019est pas si éloigné de l\u2019amphibien.« Tous deux jugés sans qu\u2019on prenne le temps de les connaître.Pour moi, ce qui comptait, c\u2019était de comprendre ses motivations, ses convictions, ses passions.Si ce film avait été tourné il y a 40 ans, j\u2019aurais été le véritable antagoniste.Au fond, tout ce qu\u2019il veut, c\u2019est étudier cette créature de manière la plus humaine qui soit.Son défaut, c\u2019est de faire confiance aux gens.» Bête de foire pour Strickland, la créature est un dieu pour Guillermo del Toro.Ce qui n\u2019est pas surprenant puisque les monstres sont sa religion.« Dans mon église, au Mexique, il y avait un Christ avec un genou protubérant, tout vert et violet.La première fois que j\u2019ai vu la créature de Frankenstein, j\u2019ai trouvé qu\u2019elle avait le même air tragique que ce Jésus.Nous nous détruisons à vouloir être parfaits, alors que les monstres nous permettent d\u2019être imparfaits; ce sont des martyres qui portent le poids des péchés des gens ordinaires, des patrons d\u2019imperfection que je priais chaque jour parce que nous sommes tous imparfaits.» Notre journaliste a séjourné à Los An- geles à l\u2019invitation de Fox Searchlight.Le film prend l\u2019affiche le 15 décembre.| 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Un film et ses influences Cinq esthétiques qui ont donné ses couleurs à La forme de l\u2019eau L\u2019étrange créature du lac noir (1954).Qui aurait pu croire qu\u2019un drame d\u2019horreur psychotronique campé en Amazonie de Jack Arnold pût être à l\u2019origine de l\u2019un des plus beaux films du réalisateur du Labyrinthe de Pan?Tout ce que le ciel permet (1955).Bien que l\u2019amour interdit que vivent Elisa et l\u2019homme-poisson rappelle celui de Jane Wyman et Rock Hudson dans ce magnifique mélodrame de Sirk, Guillermo del Toro a déclaré que son film était le «Théorème de Pasolini réécrit par Douglas Sirk avec un poisson» à la Mostra de Venise, où The Shape of Water a remporté quatre prix, dont le Lion d\u2019or.Les hauts de Hurlevent (1939).C\u2019est en voyant cette adaptation du roman d\u2019Emily Brontë par William Wyler que Guillermo del Toro a trouvé sa vocation\u2026 à quatre ans ! Frappé à l\u2019époque par l\u2019amour ravageur entre Catherine (Merle Oberon) et Heathcliff (Laurence Olivier), le cinéaste a fait de son héroïne une orpheline, à l\u2019instar du héros des Hauts de Hurlevent.Les parapluies de Cherbourg (1964).Aux yeux de sa fille cadette, The Shape of Water est le film le plus français de Guillermo del Toro.Avons-nous besoin de rappeler que dans ce film enchanté de Jacques Demy, où l\u2019amour s\u2019exprime en chantant, l\u2019eau de pluie joue un rôle peu négligeable?Chantons sous la pluie (1952).Le numéro où Gene Kelly chante et danse sous la pluie dans ce chef- d\u2019œuvre de Stanley Donen demeure un bijou d\u2019anthologie.Qu\u2019en sera-t-il de la scène où Guillermo del Toro propulse dans une comédie musicale Elisa, friande du genre, et sa créature bien-aimée?Dans mon église, au Mexique, il y avait un Christ avec un genou protubérant, tout vert et violet.La première fois que j\u2019ai vu la créature de Frankenstein, j\u2019ai trouvé qu\u2019elle avait le même air tragique que ce Jésus.Nous nous détruisons à vouloir être parfaits, alors que les monstres nous permettent d\u2019être imparfaits.GUILLERMO DEL TORO » Elisa Esposito (Sally Hawkins) se prend d\u2019affection pour la créature. cette même Force.À la fois moines et guerriers, les Jedi étudient, enseignent et manient la Force.La première trilogie met en vedette Luke Skylwalker, Leia Organa et Han Solo, figures de proue de la rébellion contre le vil empereur et son lieutenant Darth Vader.La «prélogie» (ou trilogie d\u2019antépisodes) remonte l\u2019arbre généalogique de Darth Vader, père de Luke et Leia autrefois appelé Anakin Skyl- walker, de sa formation comme Jedi jusqu\u2019à sa conversion du côté obscur.Campée 30 ans après Le retour du Jedi, la nouvelle trilogie reprend la même dynamique avec l\u2019Alliance, rebaptisée Nouvelle République, et l\u2019Empire déchu, réinventé sous le nom de Premier Ordre.On ramène Luke, Leia et Han, mais surtout une nouvelle génération de héros : Rey, une jeune femme au passé mystérieux, Poe, un pilote intrépide, et Finn, un stormtrooper qui a déserté le Premier Ordre.Chez les antagonistes, Kylo Ren a succédé à Darth Vader et un cer tain Snoke fait of- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 4 | Malgré un succès gigantesque et un accueil critique favorable, Star Wars.Le réveil de la Force se fit reprocher d\u2019être en somme un remake déguisé de Star Wars.Un nouvel espoir, épisode ayant lancé le phénomène en 1977.Or voilà que Les derniers Jedi semble encore vouloir donner dans la variation.Dans la boucle intergalactique Les derniers Jedi pourrait être une autre variation d\u2019un épisode précédent de Star Wars Kylo Ren a succédé à Darth Vader à titre d\u2019antagoniste, aux côtés de Snoke, dans la nouvelle trilogie de Star Wars.WALT DISNEY PICTURES CANADA ANALYSE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR n dit que l\u2019histoire est vouée à se répéter.C\u2019est particulièrement vrai dans la saga Star Wars, ressuscitée en 2015 avec Le réveil de la Force, premier volet d\u2019une nouvelle trilogie, la troisième.Vous suivez?La chronologie interne est la suivante : La menace fantôme, L\u2019attaque des clones et La revanche des Sith, «prélogie» produite entre 1999 et 2005, Un nouvel espoir, L\u2019Empire contre-attaque et Le retour du Jedi, trilogie déclinée entre 1977 et 1983, et enfin, Le réveil de la Force, Les derniers Jedi, à l\u2019affiche le 15 décembre, et un neuvième opus attendu en 2019.Non seulement tous ces films se suivent-ils, mais ils empruntent des structures narratives l\u2019un à l\u2019autre, et ce, en un cycle défini, symétrique si l\u2019on veut.Ainsi, après que Le réveil de la Force eut peu ou prou calqué la structure du film originel sorti il y a 40 ans, voici que Les derniers Jedi révèle une parenté manifeste avec L\u2019Empire contre-attaque.Détaillons la preuve par l\u2019exemple.Star Wars raconte un conflit classique entre le bien et le mal avec pour toile de fond une galaxie lointaine, très lointaine.Deux factions politiques s\u2019affrontent : l\u2019Alliance, qui s\u2019en remet à la Force, énergie positive présente en toute chose, et l\u2019Empire intergalac- tique, qui mise sur le côté obscur de C\u2019est comme de la poésie, les films riment.Chaque strophe rime en quelque sorte avec la précédente.GEORGE LUCAS » O fice d\u2019empereur.Est-ce à dire que l\u2019univers Star Wars évolue dans une boucle narrative ?Construction poétique D\u2019une certaine manière, oui.Et cela, sciemment, de l\u2019aveu même du créateur de la série, George Lucas, qui a vendu sa société Lucasfilm à Disney pour la somme de 4 milliards de dollars en 2012.Durant la production de La menace fantôme en 1999, il déclara à ce propos : « C\u2019est comme de la poésie, les films riment.Chaque strophe rime en quelque sorte avec la précédente.» Ainsi, Lucas a conçu à dessein les trois antépisodes de la « prélogie » afin que ceux-ci renvoient, dans leur construction même, à leurs vis-à-vis de la trilogie originelle.Au sujet de cette « construction poétique », Lucas expliqua, dans le commentaire audio accompagnant le DVD de La menace fantôme : « C\u2019est très, très clair dans les deux trilogies que je place les personnages dans sensiblement les mêmes situations en utilisant parfois les mêmes dialogues, de telle sorte que le père [Anakin] et le fils [Luke] passent à travers à peu près les mêmes expériences.» Ce ne saurait être plus clair.À présent au contrôle des destinées de Star Wars pour Disney, la productrice et directrice de Lucasfilm, Kathleen Kennedy, amie de longue date de Lucas, paraît maintenir cette approche.Rime ou redite ?C\u2019est en tout cas ce que laissait présager il y a deux ans Le réveil de la Force, écrit et réalisé par J.J.Abrams.L\u2019enjeu pour les gentils y consiste à pulvériser un astre construit par les méchants comme une arme de destruction massive.Exactement comme dans Un nouvel espoir, en 1977, voire comme dans Le retour du Jedi, en 1983, entre autres parallèles.Ou «rimes».Le film en est truffé.Qu\u2019en est-il dans Les derniers Jedi ?Rey, qu\u2019on a quitté alors qu\u2019elle retrouvait un Luke reclus sur une planète éloignée, insiste pour qu\u2019il assure sa formation de Jedi, ce qu\u2019il refuserait, du moins initialement \u2014 un peu comme Luke et maître Yoda dans L\u2019Empire contre-attaque.Pendant ce temps, Finn fait face à un dilemme : quitter ses nouveaux amis de la résistance ou rester et se battre auprès d\u2019eux \u2014 exactement comme Han, oui, dans L\u2019Empire contre-attaque.Idem pour cet interlude sur une planète casino avec Finn et Rose Tico, un nouveau personnage, qui se voudrait l\u2019équivalent du passage dans la Cité des nuages.Rapportées par Entertainment Weekly, ces informations ne rendent évidemment pas compte de l\u2019intrigue générale du plus récent film, celle-ci jalousement gardée secrète.Univers en expansion En entrevue dans EW, le scénariste et réalisateur Rian Johnson a minimisé l\u2019influence de L\u2019Empire contre-attaque.Il a cependant eu du mal à défendre une approche originale.« J\u2019ai simplement essayé de juste\u2026 ignorer cet as- pect-là et de laisser l\u2019histoire prendre forme comme elle le devait.Mais bon, Rey est isolée sur une planète reculée avec un maître Jedi, la Résistance est mise à mal, et on alterne ces histoires.De par sa nature\u2026 il y a des parallèles structuraux.Mais il s\u2019agit de nouveaux personnages, ils composent avec de nouvelles choses, et c\u2019est ultimement ce qui définit le film.Donc, je crois que ce sera unique.» M\u2019ouais\u2026 À la décharge de Johnson, il faut dire que la trilogie actuelle n\u2019est pas «gérée » par ses réalisateurs successifs, comme on l\u2019a évoqué, mais par Kathleen Kennedy.Disney fait de même avec sa division de films de superhéros Marvel, sur laquelle Kevin Feige a la main haute.D\u2019ailleurs, Disney ne cache pas sa volonté d\u2019accroître l\u2019univers Star Wars, une vache à lait dont le studio a déjà tiré une anthologie en cours : Rogue One, ou les événements qui surviennent juste avant Un nouvel espoir, Solo, ou la genèse du personnage d\u2019Han Solo, à paraître, et au moins un troisième projet, sans parler d\u2019un éventuel film consacré au maître Jedi Obi-Wan Kenobi.Une autre trilogie, confiée à Rian Johnson, est en outre en préparation.C\u2019est dire que Disney entend faire fructifier son investissement.Davantage af franchi du carcan narratif de la série, Rogue One a rap- por té 1 milliard de dollars, contre 2 mill iards pour Le réveil de la Force : le public a donné raison au studio de poursuivre dans la veine de la récursivité narrative privilégiée par George Lucas.De référent à modèle À la différence fondamentale qu\u2019en élaborant sa « prélogie », Lucas était animé par une vision artistique personnelle, peu importe que l\u2019on admire ou déteste ses antépisodes.« Star Wars est volontairement écrit comme un morceau de musique, avec des thèmes répétés de différentes manières et des idées reprises d\u2019une génération à l\u2019autre», déclara-t-il encore en 1999.À l\u2019inverse, chez Disney, le calcul tient davantage de la philosophie du moindre risque.Autrement dit, là où Lucas faisait de la première trilogie un référent à par tir duquel il déployait, dans la « prélogie », un passé constitué d\u2019échos au futur, Disney paraît plus enclin à utiliser la première trilogie comme un modèle de base ; une valeur sûre à reproduire.Cela peut donner d\u2019excellents divertissements, faut pas croire.Mais pour la poésie, on repassera.La tendance se confirmera-t-elle avec Les derniers Jedi ?Réponse bientôt, dans une galaxie pas si lointaine.| 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 CAMILLIEN HOUDE LE « P\u2019TIT GARS » DE SAINTE-MARIE DE RETOUR EN 2018 ! Du 28 novembre au 15 décembre 2018 SPECTACLE DE QUARTIER TEXTE ALEXIS MARTIN MISE EN SCÈNE DANIEL BRIÈRE ET GEOFFREY GAQUÈRE Réservez dès maintenant ! 514 521-4191 nte.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal, Qc Chiasme cosmique Dans son essai Star Wars Ring Theory publié en 2014, Mike Klimo prête des intentions encore plus complexes à Lucas.Reprenant la rhétorique de ce dernier, Klimo parle de la première trilogie et de la «prélogie» comme d\u2019un poème à six strophes, ou six films, à construction cyclique («ring composition») basée sur le chiasme.Du Larousse: «Chiasme \u2014 figure de style.Disposition en ordre inverse de deux phrases syntaxiquement identiques, formant une antithèse ou constituant un parallèle.» Klimo résume : «Cela veut dire que le premier et le dernier élément correspondent l\u2019un à l\u2019autre, que le deuxième et l\u2019avant-dernier élément correspondent l\u2019un à l\u2019autre, que le troisième et l\u2019antépénultième correspondent l\u2019un à l\u2019autre, et ainsi de suite, créant une sorte de cercle ou d\u2019image miroir.Si on assigne des lettres aux éléments, on obtient le pattern ABC C\u2019B\u2019A\u2019.» À titre d\u2019exemple, La menace fantôme évoque selon lui bel et bien Un nouvel espoir, avec le parcours d\u2019Anakin Skylwalker semblable dans l\u2019un à celui de son fils Luke dans l\u2019autre, mais repique également des schémas narratifs, des motifs, etc., au Retour du Jedi.Rey, au passé mystérieux, mène la nouvelle génération de héros.WALT DISNEY PICTURES CANADA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 6 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR vec leurs préparatifs réglés comme du papier à musique et leur déroulement truffé d\u2019imprévus, les mariages constituent une prémisse de comédie en or que le cinéma ne s\u2019est jamais privé d\u2019exploiter.Qu\u2019il s\u2019agisse des hésitations ultimes des époux, des maux de tête que la noce cause aux parents ou de l\u2019amour secret que vouent demoiselle ou garçon d\u2019honneur à l\u2019un ou l\u2019autre des futurs mariés, les possibilités de quiproquos ne manquent pas.Dans ces films, on retrouve souvent une organisatrice ou un organisateur de mariage professionnel dans un rôle secondaire, voire tertiaire, sauf exception.Le sens de la fête porte sur un tel personnage, que l\u2019on suit le temps d\u2019un contrat mouvementé.Il s\u2019appelle Max et, comme c\u2019est souvent le cas des rôles qu\u2019il interprète, on ne pour rait imaginer quelqu\u2019un d\u2019autre que Jean-Pierre Bacri le jouer.En l\u2019occurrence, Max fut spécifiquement écrit pour lui par Éric Toledano et Olivier Nakache, duo responsable du mégasuccès Intouchables.En entrevue, le second explique : « À l\u2019époque de notre avant- der nier film, Samba , Éric et moi sommes allés voir Jean-Pierre en lui disant : \u201cOn voudrait bien, un jour, faire un film avec vous.\u201d Et lui de nous répondre : \u201cBen pourquoi pas ?\u201d Alors voilà, nous lui avons raconté notre idée de filmer un traiteur spécialiste des mariages, avec toute sa brigade d\u2019assistants et de serveurs, minute par minute, une soirée durant.Le film est né comme ça, puis une multitude d\u2019autres choses se sont imbriquées parfaitement pour que ça fonctionne.» Du même souffle, Olivier Nakache confie que c\u2019est là une situation courante.À savoir que les cinéastes partent d\u2019un comédien qu\u2019ils aiment et qui leur donne l\u2019impulsion nécessaire pour créer un personnage, puis une histoire, et enfin un film.« Pour Intouchables, c\u2019est venu de notre envie de collaborer avec Omar Sy.Pour ce qui est de Jean-Pierre, il ne nous a rien promis, mais notre proposition lui plaisait, et donc nous avons écrit le scénario en tenant compte de sa musique d\u2019acteur si particulière.» Très français Quand il parle de son acteur principal, Olivier Nakache s\u2019emballe.« Jean- Pierre Bacri, c\u2019est un acteur avec qui nous avons grandi, et qui cultive la rareté.Il ne tourne pas dans beaucoup de films.Avec Agnès Jaoui, il en a co- écrit plusieurs vraiment brillants [Un air de famille, On connaît la chanson, Le goût des autres, entre autres].Comme acteur, il a une façon bien à lui de lancer les vannes, l\u2019air un peu énervé et bougon, tout en restant attachant.Il a, à cet égard, quelque chose de très français.On le croit abattu, mais non, comme dit son personnage : \u201cOn continue, on s\u2019adapte\u201d.» À cela s\u2019ajoute l\u2019aisance de la vedette à passer d\u2019un registre à un autre, sans ef for t.« Jean-Pierre est à l\u2019aise autant dans la comédie que dans le drame, et pour nous, c\u2019était fondamental, car nous aimons Éric et Les noces de Bacri Les auteurs d\u2019Intouchables ont écrit Le sens de la fête expressément pour l\u2019acteur inclassable Olivier Nakache parle d\u2019une situation courante : à savoir que les cinéastes partent d\u2019un comédien qu\u2019ils aiment et qui leur donne l\u2019impulsion nécessaire pour créer un personnage, puis une histoire, et enfin un film.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jean-Pierre est à l\u2019aise autant dans la comédie que dans le drame, et pour nous, c\u2019était fondamental car nous aimons Éric et moi mélanger les deux, parfois dans la même scène.Nous cherchions à établir un ton surtout comique, mais avec des moments plus graves ici et là, inattendus\u2026 Être inclassables.C\u2019est tout Jean-Pierre, ça.OLIVIER NAKACHE » A | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Les images pour le dire Ravis que nous sommes de voir l\u2019animation 3D Coco des studios Pixar (sous bannière Disney) caracoler en tête des recettes aux guichets depuis sa sortie en salle le 22 novembre.Lee Unkrich et Adrian Molina ont offert cet hommage passionné, fouillé et fidèle à la culture mexicaine, drôle et grave, sombre et tendre, sur des dessins et un scénario délicieux.Les Mexicains l\u2019ont même adopté \u2014 plus grand succès d\u2019un film d\u2019animation dans la patrie de Frida Kahlo.Signe du respect des cinéastes à leur endroit, sans fausse note, sans condescendance haïssable, sans caricature de «l\u2019autre».Amusant de voir gigoter au cinéma les familles avec des tout-petits, aussi des adultes attirés par le bouche-à- oreille, devant ce qui est devenu une animation-culte.Et tant mieux si le très nul Olaf, Frozen Aventures, en première partie, court métrage interminable (21 minutes), prenant les enfants pour des imbéciles et diluant leur faculté de concentration, quitte l\u2019affiche ce samedi, sous les lazzis.À sa vue, on craignait de s\u2019être trompée de salle, demandant au guichetier: «Où est donc Coco?» N\u2019empêche qu\u2019Olaf, par contraste, sut montrer à quel point le côté fleur bleue de l\u2019animation pour enfants à large spectre commercial perd du terrain au profit de films porteurs de vérités (façon scandinave, grands pays éclaireurs) sur leur société et celle des autres.Les enfants sont tellement exposés, à travers la Toile, aux affres du monde, autant leur dire de belle façon : oui, des parents se séparent, des rancunes sont tenaces, la famille peut être une plaie, la mort rôde.Voyez comment d\u2019autres peuples se dépatouillent avec ça.Les Mexicains sont depuis si longtemps traités en voisins subalternes par les gringos du haut de la mappemonde\u2026 Cette lettre d\u2019amour venue d\u2019Hollywood met un baume sur leurs plaies.Faudrait montrer Coco à Trump.Et s\u2019il ne voulait plus de mur\u2026 On aime voir ce film s\u2019ancrer dans la fête des Morts du début de novembre, avec les autels familiaux dédiés aux défunts, la musique omniprésente, les couleurs folles.Le petit héros de 12 ans, Miguel, musicien brimé, y traverse le royaume des trépassés pour retrouver son célèbre aïeul, vedette de la chanson.Le tout avec l\u2019aide des Alebrijes, créatures mythologiques polychromes hallucinées (qu\u2019on s\u2019arrache dans les marchés mexicains, versions de bois) et de squelettes plus ou moins faisandés.Destiné aux sept ans et plus, le film, mais susceptible de donner un coup de pouce aux parents à l\u2019heure d\u2019aborder la mort avec leurs enfants.L\u2019Occident a beau plastronner, il a beaucoup à apprendre des Mexicains, dont les traditions précolombiennes mêlées aux codes du christianisme démystifient la Grande Faucheuse mieux que nos silences affolés.Livrez-nous des recettes, les amis\u2026 Si chouette, la Catrina, grande dame squelettique à l\u2019immense chapeau régnant sur le monde des disparus.Et ces crânes qui nourrissent leur artisanat, ces pétales de souci jetés sur les morts, tous témoins d\u2019une timide ouverture.Outil de propagande ou de pédagogie Ailleurs, depuis une vingtaine d\u2019années, les Kirikou du Français Michel Ocelot ont réenchanté l\u2019Afrique noire aux yeux des petits enfants, en brossant un environnement collé au réel, mais la nudité de plusieurs personnages avait rendu sa diffusion difficile dans les pays anglo-saxons.Quant au Vent se lève, chef-d\u2019œuvre du maître nippon Hayao Miyazaki produit dans les studios Ghibli, il aura pris l\u2019affiche une semaine seulement en 2013 aux États-Unis.Quoique pacifiste, ce film historique parlait d\u2019un avion-chasseur, instrument de guerre\u2026 À ne pas montrer dans une Amérique qui largua deux bombes atomiques sur le Japon.Comme quoi le long métrage d\u2019animation est souvent traité au sud en outil de propagande, mais ça bouge.Tenez ! The Breadwinner (Parvana, une enfance en Afghanistan) de Nora Twomey, sur nos écrans depuis vendredi, adapté du livre de l\u2019Ontarienne Deborah Ellis, tient bon la large affiche aux États-Unis.S\u2019offrir Angelina Jolie comme productrice exécutive aide sa cause, faut dire.Cette animation coproduite par le Canada, l\u2019Irlande et le Luxembourg suit une fillette de 12 ans à Kaboul, travestie en garçon pour aider sa famille sous le règne des talibans en 2001.Parfois violent (à déconseiller aux moins de 11 ans), plongeant dans un univers où les petites filles n\u2019avaient pas le droit d\u2019apprendre à lire et à écrire, il enseigne aux enfants que l\u2019école n\u2019a rien d\u2019un droit acquis et que la cause des femmes constitue un chemin de douleur.Des contes insérés dans l\u2019intrigue, sous d\u2019adorables techniques de cartons découpés, offrent, comme Coco, une ode à l\u2019imagination en tant qu\u2019arme de résistance, précieux enseignement à acquérir dès l\u2019âge tendre.Alors, on applaudit quand des longs métrages d\u2019animation pour enfants à vocation commerciale tracent des chemins entre les peuples, même les plus nombrilistes, en élargissant des sphères de conscience.Les petits ont besoin de lampions pour saisir la complexité du monde.Souvent, leurs parents aussi\u2026 Odile Tremblay Chronique moi mélanger les deux, parfois dans la même scène.Nous cherchions à établir un ton surtout comique, mais avec des moments plus graves ici et là, inattendus\u2026 Être inclassables.C\u2019est tout Jean-Pierre, ça.Il est inclassable.Il est lui.» L\u2019ancien et le moderne Passé le prologue, Le sens de la fête confine son action échevelée aux limites d\u2019une cossue propriété champêtre où se déroule le repas nuptial.Cela étant, on n\u2019est pas en présence d\u2019une variation de «maîtres et valets» puisqu\u2019on demeure résolument du côté de Max.«Les films de mariage, c\u2019est comme les films sur les prisons et les films d\u2019écoles : il y en a en eu et il continuera d\u2019y en avoir des tonnes, bons et mauvais.Nous, nous souhaitions faire notre truc ; rester au plus près de Max et de ses troupes, et les placer dans cette espèce de Moulinsart.Nous voulions illustrer par là un monde qui change, et qui change très vite, avec cette équipe composée de gens venus de tous les horizons qui s\u2019activent dans ce décor suranné.Max songe à vendre son affaire car il se croit en bout de course, comme l\u2019est ce château.Plutôt qu\u2019un chapiteau sur le ter rain, nous avons construit une verrière très moderne pour justement opposer l\u2019ancien et le moderne.Et tout ça, c\u2019est la France.» Une France qui, dans le film d\u2019Éric Toledano et Olivier Nakache, « continue et s\u2019adapte ».À l\u2019instar, on l\u2019aura compris, du protagoniste qu\u2019incarne Jean-Pierre Bacri.Le sens de la fête prend l\u2019affiche le 15 décembre.De beaux mariages La reine Margot, Patrice Chéreau, 1994.Concoctées par Catherine de Médicis (Virna Lisi), les épousailles entre sa fille catholique Marguerite de Valois (Isabelle Adjani) et le protestant Henri de Navarre (Daniel Au- teuil) se soldent par un bain de sang.Un mariage (A Wedding), Robert Altman, 1978.Le déroulement choral, spécialité d\u2019Altman, d\u2019une noce tapageuse, entre rires, mensonges et déni.Avec notamment Geraldine Chaplin, Vittorio Gassman et Mia Farrow.Voyage au bout de l\u2019enfer (The Deer Hunter), Michael Cimino, 1978.Après les célébrations éthyliques d\u2019un mariage orthodoxe russe, trois amis (Robert De Niro, Christopher Walken, John Savage) quittent leur Pennsylvanie natale et vont combattre au Vietnam.Avec aussi Meryl Streep.Les noces de papier, Michel Brault, 1989.À Montréal, une pro- fesseure d\u2019université (splendide Geneviève Bujold) accepte de mauvais gré d\u2019épouser un réfugié chilien menacé d\u2019expulsion (émouvant Manuel Aranguiz) avec des conséquences inattendues.Murielle (Muriel\u2019s Wedding), P.J.Hogan, 1994.Méprisée de tous, une jeune femme vouant un culte au groupe ABBA et rêvant du prince charmant se voit proposer un mariage blanc.Un nom: Toni Collette.Le personnage s\u2019appelle Max et, comme c\u2019est souvent le cas des rôles qu\u2019il interprète, on ne pourrait imaginer quelqu\u2019un d\u2019autre que Jean-Pierre Bacri le jouer.MK2 MILE END L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 8 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR À la nuit tombée, dans le port d\u2019Helsinki, une masse de charbon s\u2019anime soudain dans la cale d\u2019un bateau.Un jeune homme en émerge, la peau barbouillée.À pas feutrés, il quitte le navire et s\u2019avance dans la ville endormie.Son nom est Khaled, un Syrien qui espère être admis comme réfugié par les autorités locales.L\u2019autre côté de l\u2019espoir, c\u2019est son histoire, mais aussi celle de Waldemar, le restaurateur qui le prendra sous son aile après qu\u2019on l\u2019eut condamné à l\u2019expulsion.Le film, qui lui a valu l\u2019Ours d\u2019argent de la meilleure réalisation à la Berlinale, marque également le retour d\u2019Aki Kaurismäki après un hiatus de six ans.Dans l\u2019intervalle, le cinéaste finlandais a de toute évidence continué d\u2019être habité par les mêmes questionnements qui ont nourri son précédent film, Le Havre.Dévoilé en compétition à Cannes et lauréat du prix Louis- Delluc, Le Havre conte les péripéties d\u2019un cireur de chaussures français qui décide de cacher un adolescent africain débarqué illégalement dans la ville portuaire en pensant être arrivé à Londres.Tandis que rôde un inspecteur de l\u2019immigration, un réseau d\u2019entraide se met en place autour d\u2019eux.Dans L\u2019autre côté de l\u2019espoir, Kauris- mäki reprend ces mêmes grands axes, à la dif férence qu\u2019il change sa focalisation.En effet, après avoir privilégié le point de vue du citoyen bon samaritain, l\u2019auteur place cette fois davantage l\u2019accent sur celui du clandestin.Le titre est en cela révélateur.Hilarante monotonie Découvert sur la scène internationale en 1989 avec Leningrad Cowboys Go America puis consacré en 2002 avec L\u2019homme sans passé, Grand Prix à Cannes, Aki Kaurismäki possède un style minimaliste immédiatement reconnaissable.Beaucoup de plans fixes, pas de mouvements de caméra extravagants, une action se déroulant dans un présent ressemblant curieusement au passé, des décors dénudés volontairement ringards, des silences à profusion, et sur tout, un sens de l\u2019absurde exacerbé par un ton qui se situe quelque part entre l\u2019impassibilité et la monotonie.Une réplique représentative?Celle- ci, livrée d\u2019une voix neutre, quasi in- dif férente, par une amie de Waldemar : « Je vais m\u2019installer à Mexico.Je boirai du saké en dansant le hula.J\u2019ai besoin d\u2019animation après toute cette tranquillité et ce silence.» On est cosmopolite ou on ne l\u2019est pas.Or, gravité et légèreté sont traitées à l\u2019identique.Ainsi Sherwan Haji, qui interprète Khaled, joue-t-il sur ce même registre lorsqu\u2019il explique avoir perdu toute sa famille dans l\u2019explosion de sa maison, près d\u2019Alep.L\u2019autre côté de l\u2019espoir est certain de plaire aux habitués de l\u2019univers de Kaurismäki, qui, tout en continuant de préconiser des mécanismes de distanciation formelle, révèle plus ouvertement un fond humaniste.En témoigne entre autres son opposition, en alternance, d\u2019exemples de xénophobie et de solidarité sociale.À cet égard, et pour toutes les merveilleuses idiosyncrasies qui l\u2019accompagnent, la démonstration apparaît parfois un brin appuyée, moins subtile que dans Le Havre.Ce qui n\u2019empêche toutefois pas L\u2019autre côté de l\u2019espoir d\u2019être un joli cru.Parlant d\u2019espoir : on nourrit celui qu\u2019il ne faille pas attendre encore six ans avant qu\u2019Aki Kaurismäki revienne avec un nouveau film.L\u2019autre côté de l\u2019espoir (V.O., s.-t.f.et s.-t.a.) ?1/2 Comédie dramatique d\u2019Aki Kaurismäki.Avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Ilkka Koivula, Janne Hyytiäinen.Finlande, 2017, 98 minutes.L\u2019homme avec un avenir Le Finlandais Aki Kaurismäki revisite l\u2019enjeu de la crise migratoire avec L\u2019autre côté de l\u2019espoir CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Campé dans les paysages dénudés du Yorkshire, Seule la terre conte une histoire d\u2019amour, mais pas celle que l\u2019on croit.En effet, bien que l\u2019un des principaux ressor ts dramatiques concerne l\u2019idylle qui naît entre un fermier tourmenté et un travailleur migrant, le film de Francis Lee traite d\u2019abord du ressentiment, puis de l\u2019attachement renouvelé du protagoniste envers la nature qui l\u2019entoure, le sol et les moutons qu\u2019il y fait paître.Le fermier au cœur de Seule la terre (V.F.de God\u2019s Own Country) se prénomme Johnny, et cette vie-là n\u2019est pas celle qu\u2019il a choisie.Le sort s\u2019en est chargé pour lui.Depuis que son père a subi une crise cardiaque qui l\u2019a laissé af faibli, c\u2019est à lui qu\u2019a échu le rôle de s\u2019occuper de la ferme familiale.Ce qu\u2019il fait avec abnégation, mais sans conviction.Essuyer les reproches dont l\u2019abreuve son père et fuir le regard réprobateur de sa grand-mère, voilà à quoi se résume l\u2019existence de Johnny.Pour décompresser, il passe ses soirées au pub, où il boit plus que de raison, assez pour se laisser al ler à des étreintes aussi furtives que furieuses avec des inconnus de passage.Arrive Gheorghe, un travailleur roumain embauché pour la saison de l\u2019agnelage.À son contact, Johnny redécouvre la beauté de toute cette vie qui grouille autour de lui.Le nouveau venu n\u2019est pas sans charme non plus, et là encore, Johnny en sera quitte pour un apprentissage, Gheorghe ayant l\u2019heur d\u2019apaiser la violence qui couve en lui.Romantisme austère Présenté de la sorte, Seule la terre sonnera peut-être comme un «roman Harlequin» gai.Or le scénario, en partie autobiographique, de Francis Lee ne trempe jamais dans l\u2019eau de rose.Le film, son premier, transpire, de fait, l\u2019authenticité, rendant compte à la fois d\u2019une connaissance profonde du milieu dépeint et d\u2019un sens aiguisé du détail.Plus fruste que mièvre, à l\u2019image de Johnny, le récit révèle, comme le personnage encore, une complexité insoupçonnée \u2014 à défaut de réellement surprendre, il faut le dire.La réalisation de Lee témoigne quant à elle de la même approche.Initialement sans apprêt, avec une succession volontairement brusque de gros plans et de plans moyens, la mise en scène bonifie graduellement sa grammaire cinématographique et cède à des élans de grâce à mesure que Johnny réapprend à aimer la terre et à s\u2019aimer lui-même.Comme la lande brumeuse qui lui sert de théâtre, Seule la terre préfère son romantisme austère, ce qui lui sied du reste fort bien.Seule la terre (V.F.de God\u2019s Own Country) ?1/2 Drame psychologique de Francis Lee.Avec Josh O\u2019Connor, Alec Secareanu, Ian Hart, Gemma Jones.Grande-Bretagne, 2017, 105 minutes.Amour pastoral Un homme réapprend à aimer la terre et à s\u2019aimer lui-même dans la lande anglaise Plus fruste que mièvre, à l\u2019image de Johnny, le récit révèle une complexité insoupçonnée \u2014 à défaut de réellement surprendre, il faut le dire.AGATHA A.NITECKA C\u2019est l\u2019histoire du réfugié Khaled, mais aussi celle de Waldemar, le restaurateur qui le prendra sous son aile après qu\u2019on l\u2019eut condamné à l\u2019expulsion.MALLA HUKKANEN EYESTEELFILM C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 du théâtre en cadeau Avec Simon Beaulé-Bulman Marie-Eve Beaulieu Carol Bergeron, Benoît Brière Marcelle Hudon, Sébastien René andré robitaille, catherine sénart Tatiana Zinga Botao patrice coquereau Lyndz Dantiste David-Alexandre Després tnm.qc.ca mise en scène Carl Béchard dès le 16 ja nvier NOUVELLES DATES DIM 11 FÉV à 14 h \u2013 SAM 17 FÉV à 15 h profitez de notre tarif famille ! Une présentation CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Depuis son premier long métrage, Les états nordiques (2008), où un Montréalais se réfugiait à Radisson après avoir soulagé sa mère de ses souf frances, Denis Côté (Curling, Vic + Flo ont vu un ours) se plaît allègrement à tordre le réel, à jongler de manière ludique avec les codes du documentaire et de la fiction.Dans Carcasses (2010), portrait atypique d\u2019un truculent ferrailleur, de jeunes trisomiques prenaient d\u2019assaut le territoire du personnage central, faisant basculer le documentaire de plain-pied dans la fiction.Il en allait ainsi dans Que ta joie demeure (2014), où des acteurs se confondaient dans la masse des travailleurs d\u2019une usine.Les uns détestent, les autres adorent, et rares sont ceux qui restent de glace devant chacune des propositions radicales et personnelles de l\u2019ex-cri- tique de cinéma.Avec Ta peau si lisse, où il met en scène six culturistes, Denis Côté divisera, une fois de plus, tant la critique que le public.Quand ce réalisateur s\u2019attelle à un sujet quelconque, il ne faut pas s\u2019attendre à ce qu\u2019il prenne le spectateur par la main et lui dévoile tout ce qu\u2019il connaît.Au contraire, après s\u2019être amusé à le désarçonner d\u2019une scène à l\u2019autre, avec sa coutumière et irrésistible effronterie, Denis Côté l\u2019abandonnera à son sort, le temps de préparer une autre œuvre en réaction à la précédente, en réaction à la réception du public.Vous voulez tout connaître du culturisme ?Passez votre tour ! Vous avez envie de perdre vos repères ?Allez-y ! Denis Côté connaît peu de choses sur le culturisme.Et loin de lui l\u2019idée d\u2019en apprendre sur cet univers, pas plus que de nous renseigner un tant soit peu sur le sujet.Quelle est l\u2019idée alors?Celle de jouer, une fois de plus, avec le langage cinématographique.Et ça, les cinéastes qui s\u2019y adonnent ne sont pas légion.Et pour un cinéphile exigeant, ça n\u2019a pas de prix.Avec la complicité du directeur photo François Messier-Rheault (Le bruit des arbres de François Péloquin), Côté approche tout doucement la caméra des corps des six cultu- ristes qu\u2019il met en scène, comme s\u2019il les caressait avec une cer taine pudeur.Par endroits, l\u2019inusité des angles rappelle avec bonheur Bestiaire \u2014 non pas que le réalisateur traite ses sujets comme des bêtes de zoo ! Au gré du montage tout en subtilité de Nicolas Roy (Le torrent de Simon Lavoie), le cinéaste maintient une distance saine et respectueuse entre ces armoires à glace, quasi mutiques, et le spectateur, alors qu\u2019il brouille sagement les frontières entre la réalité et la fiction.Au spectateur de découvrir, ou pas, quand ce qu\u2019il voit est arrangé par le gars des vues.Alors qu\u2019entre en scène chacun de ces hercules des temps modernes, le spectateur sera peu à peu envahi par l\u2019émotion et balancera au vestiaire ses a priori sur l\u2019univers du culturisme.Tandis qu\u2019il attendra que Denis Côté le décontenance avec un coup de théâtre de son cru, il ne pourra que s\u2019incliner d\u2019admiration devant la discipline de ces athlètes de haut niveau, tout en se perdant en contemplation devant cette peau si lisse.Somme toute, un ovni d\u2019une sensualité déconcertante où planent une tension palpable et une envahissante mélancolie.Ta peau si lisse ?Film d\u2019essai de Denis Côté.Canada (Québec), 2017, 93 minutes.Ceci n\u2019est pas un documentaire Dans Ta peau si lisse, Denis Côté tord le réel d\u2019une réalité qu\u2019il ignore Le cinéaste approche tout doucement la caméra des corps des six culturistes qu\u2019il met en scène, comme s\u2019il les caressait avec une certaine pudeur.LA DISTRIBUTRICE DE FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 0 | 3 événements 23 ?lms Du 26 déc.2017 au 7 janv.2018 Les belles années de la musique rock Les animations fantastiques du Studio Ghibli L\u2019inoubliable Jeanne Moreau Info et billets theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 Seule la terre (V.F.de God's Own Country), de Francis Lee TVA FILMS Barbara ?Profil tout en fragments, en jeux de miroir et en poésie de la grande dame de la chanson française, Barbara, de l\u2019acteur-cinéaste Mathieu Amalric, qui met en scène Jeanne Balibar, est une mosaïque musicale entre création, archives et questionnements d\u2019actrice, d\u2019une beauté fragile et émouvante.Le cinéaste de Tournée et son interprète insufflent la vie, entre mémoire voilée et jeux d\u2019amour et de scène, à l\u2019au- teure de La solitude dans ce film qui touche et envoûte.Odile Tremblay à Helsinki.Lorsque les autorités le condamnent à l\u2019expulsion, Waldemar, un restaurateur néophyte, décide de lui fournir emploi et abri.Six ans après Le Havre, Aki Kaurismäki revi- site, dans L\u2019autre côté de l\u2019espoir, l\u2019enjeu de la crise migratoire.Beaucoup de plans fixes, pas de mouvements de caméra extravagants, une action se déroulant dans un présent ressemblant curieusement au passé, des décors dénudés volontairement ringards, des silences à profusion, et surtout un sens de l\u2019absurde exacerbé par un ton qui se situe quelque part entre l\u2019impassibilité et la monotonie : telle est sa manière, reconnaissable entre toutes.Humaniste sous ses dehors distants, la démonstration apparaît parfois un brin appuyée malgré les merveilleuses idiosyncrasies qui l\u2019accompagnent.Le film n\u2019en est pas moins un très joli cru.François Lévesque pour cet être détestable, dépourvu de talent, mais furieusement singulier.André Lavoie Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri (V.F.de Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) ?1/2 L\u2019histoire que conte Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri est épouvantable.On y rit pourtant beaucoup.Le film relate la quête d\u2019une femme qui, excédée par l\u2019absence de résultat dans l\u2019enquête sur le meurtre sordide de sa fille, loue trois panneaux publicitaires sur lesquels elle interpelle le shérif local.Action radicale \u2014 et prémisse brillante \u2014 qui a des répercussions inattendues dans la petite communauté peuplée de personnages pétris de contradictions.En verve, Martin McDonagh propose une méditation audacieuse sur la notion de justice, celle que l\u2019on peine davantage à rendre dès lors que la victime est de sexe féminin.Chacun voit ses convictions initiales bouleversées; une prise de conscience pas toujours confortable.Car dans cette tragicomédie remarquablement interprétée, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on rit que c\u2019est drôle.François Lévesque Lady Bird (V.O.et V.F.) ?En perpétuel conflit avec sa mère, une jeune fille trouve le moyen de se chicaner avec sa meilleure amie entre deux frissons amoureux.De découvertes en désillusions, elle devient une jeune femme.De prime abord, maints aspects de Lady Bird apparaissent familiers.Or, rien dans la manière ni la démarche de la scénariste et réalisatrice Greta Gerwig, actrice délicieusement iconoclaste, ne l\u2019est, familier.Dotée d\u2019un regard aussi incisif qu\u2019empathique, elle truffe ce récit autobiographique de détails originaux et d\u2019observations fines.En héroïne égocentrique mais attachante néanmoins, Saoirse Ronan (Brooklyn) est parfaite.Cela dit, on est tout spécialement ébloui par la vé- térante Laurie Metcalf (la série Getting On), qui compose une mère tour à tour insupportable et bouleversante.Du grand art.François Lévesque The Square ?Palmée d\u2019or au dernier Festival de Cannes, cette désopilante et cinglante fable sociale du Suédois Ruben Öst- lund repose sur le foisonnement de son scénario, qui déculotte la gauche caviar à travers les dérives de mauvaise foi d\u2019un conservateur de musée (Claes Bang).Si l\u2019ambition de cette satire de nos sociétés de privilèges nez au mur dilue parfois sa charge, les nombreuses scènes d\u2019anthologie, la force des dialogues et le brillant de sa mise en scène en font un mets de roi.Odile Tremblay Les nouveautés sont en rose The Disaster Artist ?1/2 Tommy Wiseau n\u2019est pas aussi prolifique que le fut Edward D.Wood Jr, mais ils ont tous les deux signé quelques-uns des plus mauvais films de l\u2019histoire du cinéma.Depuis 2003, The Room, cette aberration cinématographique, est devenue une œuvre culte et, s\u2019inspirant du livre qui en relate le tournage chaotique, James Franco s\u2019est approprié au passage ce personnage excentrique.Il en décrit les contours mystérieux, et sa relation parfois toxique avec Greg Sestero (Dave Franco), un jeune acteur dont les rêves relèvent des pires clichés.À armes inégales, ce curieux tandem va concocter un suave navet dont les cinéphiles du monde entier se délectent encore.La reconstitution de James Franco regorge de moments cocasses, mais aussi d\u2019une véritable compassion Seule la terre (God\u2019s Own Country) ?1/2 Essuyer les reproches de son père et fuir le regard réprobateur de sa grand-mère: tel est le quotidien de Johnny, fermier malgré lui, qui, pour ventiler, se saoule et multiplie les baises furieuses avec des inconnus.Arrive Gheorghe, un travailleur roumain embauché pour la saison de l\u2019agnelage.À son contact, Johnny redécouvre la beauté de toute cette vie qui grouille autour de lui, et aussi celle qui couve en lui.En partie autobiographique, le scénario de Francis Lee transpire l\u2019authenticité.Plus fruste que mièvre, à l\u2019instar de Johnny, le récit révèle, comme le personnage encore, une complexité insoupçonnée \u2014 à défaut de réellement surprendre.La réalisation témoigne de la même approche: sans apprêt, elle cède à des élans de grâce à mesure que Johnny réapprend à aimer la terre et à s\u2019aimer lui- même.Comme la lande brumeuse alentour, Seule la terre préfère son romantisme austère, ce qui lui sied fort bien.François Lévesque Parvana.Une enfance en Afghanistan (V.F.de The Breadwinner) ?1/2 Son père ayant été injustement fait prisonnier des talibans, une jeune Afghane est contrainte de se déguiser en garçon afin de subvenir aux besoins de sa famille.Adaptation du roman de Deborah Ellis, inspiré de témoignages de réfugiées afghanes, ce joli film d\u2019animation de la coréalisatrice de Brendan et le se- L\u2019autre côté de l\u2019espoir (V.O., s.t.-f.et s.t.-a.) ?1/2 Débarqué illégalement de Syrie, Kha- led espère être admis comme réfugié | 1 1 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 cret de Kells rend compte avec émotion et humour de la dure condition féminine sous le régime des talibans.Fort de couleurs chatoyantes et d\u2019une trame sonore envoûtante, Parvana s\u2019avère un plaidoyer pour l\u2019éducation et la culture.Manon Dumais Jeune femme ?1/2 Dévoilé à Cannes, Jeune femme a valu à Léonor Serraille la Caméra d\u2019or.Portrait rêche d\u2019un être qui attaque pour mieux se protéger, le film nécessite, ceci expliquant cela, un certain apprivoisement.Mise à la porte par son amoureux et larguée dans un Paris in- différent, Paula essaie de se refaire une vie, quitte à mentir, voire à se mentir.Peu à peu, sa personnalité se précise, souvent en faux avec des a priori placés comme autant de fausses pistes par Serraille, qui ne fait jamais de la protagoniste une victime.Paula piaffe, se bat et essaie, maladroitement, de communiquer.Le film est d\u2019ailleurs bavard, emphatique dans son déballage d\u2019émotions à vif, mais ne sombre jamais dans la vision clichée que l\u2019on se fait parfois du cinéma français.On assiste plutôt à une double prise de parole: celle d\u2019une héroïne atypique et celle de son auteure.Et chacune vaut qu\u2019on tende l\u2019oreille.François Lévesque Tadoussac ?1/2 Ayant quitté Montréal sur un coup de tête, une jeune fille réservée (Camille Mongeau) se pose à Tadoussac où elle s\u2019intéresse à une charismatique guide touristique (Isabelle Blais).Cadrant de près ses personnages, créant ainsi une atmosphère d\u2019abord oppressante puis propice à la confidence, Martin Laroche (Les manèges humains) tisse patiemment ce récit d\u2019une rencontre entre deux êtres réunis par un sombre et triste secret.Ce faisant, il nous entraîne doucement vers une finale bouleversante où Isabelle Blais confirme, une fois de plus, qu\u2019elle est une grande actrice.Manon Dumais The Disaster Artist, de James Franco ENTRACT FILMS Coco ?1/2 Se souvenir des défunts n\u2019est pas que tristesse, surtout au Mexique, grâce à la tradition festive du Dia de los Muer- tos.Ce rituel sert, en partie, de trame de fond à cette nouvelle réussite Pixar- Disney signée Adrian Molina (The Good Dinosaur) et Lee Unkrich (Toy Story 3).Au sein d\u2019une famille mexicaine où toute musique est interdite depuis des générations, le petit Miguel va s\u2019insurger contre cette position stérile.L\u2019apprenti chanteur-guitariste commettra un geste sacrilège dans le mausolée du grand Ernesto de la Cruz et sera vite précipité dans le royaume des morts au milieu de squelettes qui sont loin de se ressembler.Ce déploiement exceptionnel de formes et de couleurs aborde des sujets sérieux avec une belle légèreté, mélangeant allusions comiques et (subtils) commentaires politiques pour que tous y trouvent leur compte.André Lavoie Pieds nus dans l\u2019aube ?La Tuque, 1926.À douze ans, Félix Leclerc (Justin Leyrolles-Bouchard) a un bel avenir devant lui, contrairement à son meilleur ami Fidor (Julien Leclerc).Pour son retour au cinéma après presque dix ans d\u2019absence, Francis Leclerc (Mémoires affectives) transpose respectueusement le premier roman de son illustre père.Écrit avec le conteur Fred Pellerin, cette lumineuse chronique offre une vision idyllique du passé où l\u2019on célèbre la nature, la famille, l\u2019amitié et la charité chrétienne.Pour les nostalgiques du bon vieux temps.Manon Dumais La ligue des justiciers (V.F.de Justice League) ?1/2 Sur grand écran, les superhéros sont là pour de bon, que ça vous plaise ou non.Et les affrontements à coups d\u2019effets spéciaux témoignent aussi des luttes entre les armadas DC Comics et Marvel pour imposer leurs figures emblématiques respectives.Après Batman v Superman: Dawn of Justice, Zack Synder revient à la charge et fait renaître Superman (pas de véritable divulgâcheur ici\u2026), car rien de mieux pour réunir les ennemis d\u2019autrefois que de leur dénicher un vilain à la hauteur de leur ego.Assemblage de personnages familiers, parmi lesquels il faut maintenant compter Wonder Woman, et de nouveaux venus que l\u2019on tente d\u2019imposer, comme Aquaman, cette guerre de clans en est aussi une de vedettes au parcours sinueux, dont Ben Affleck en Batman pas très tourmenté.Un divertissement pétaradant par un cinéaste qu\u2019on a connu plus inspiré (300, Watchmen).André Lavoie Radius ?Il croit d\u2019abord à une épidémie lorsqu\u2019il voit tout ce qui vit autour de lui mourir instantanément, et à seulement quelques mètres de distance.Cet homme amnésique (Diego Klattenhoff) comprendra peu à peu qu\u2019il est la cause de ce carnage «soft», aidé par une femme (Charlotte Sullivan) affligée d\u2019une même perte de mémoire, liée à lui de plusieurs manières étonnantes.Aux confins de l\u2019horreur, du thriller et de la science-fiction, ce drame situé au milieu de nulle part affiche plusieurs promesses, certaines plus réussies que d\u2019autres, dont cet habile crescendo cernant les pouvoirs étonnants de ce tandem en cavale.Les limites des moyens accordés aux cinéastes sont ici évidentes, tout comme leur ambition d\u2019explorer, et de repousser, les frontières du fantastique.André Lavoie Rock\u2019n roll ?1/2 Après Michel Blanc et sa Grosse fatigue, c\u2019est au tour de Guillaume Canet de vivre la sienne, et à plein régime! Lui aussi repousse les frontières de l\u2019intimité des stars, ou l\u2019illusion de cette proximité avec ces gens supposément comme les autres.Lors d\u2019un tournage, vexé par les remarques de sa jeune partenaire sur son âge et sur son image proprette, Canet effectue un dérapage spectaculaire, ses excès et ses colères laissant son entourage sans voix, à commencer par sa compagne Marion Cotil- lard.Celle-ci en perd presque son accent québécois (qu\u2019elle peaufine pour le nouveau film de Xavier Dolan!), voyant la vedette s\u2019enfoncer dans le ridicule, mais surtout le Botox et les stéroïdes.La description des mœurs du milieu cinématographique fait souvent rigoler, mais la transformation physique du minet Canet en douchebag s\u2019assimile à la vacuité d\u2019un ballon gonflé à l\u2019hélium.André Lavoie Junior majeur ?À l\u2019origine rivaux, puis amis par la force des choses, Janeau (Antoine Olivier Pilon) et Joey (Rémi Goulet) passaient par toutes les émotions dans Pee-wee, l\u2019hiver qui a changé ma vie (2012).Dans Junior majeur, les deux personnages, joués par les mêmes acteurs, retrouvent leur dualité intacte dans un chapitre où l\u2019action centrale ne se déroule plus à l\u2019aréna mais à l\u2019extérieur, avec à la clé jalousie, vengeance et règlement de comptes.Film fort conventionnel, Junior majeur ne renouvelle pas le genre mais reste bien fignolé, sans temps morts.Jérôme Delgado Noël et cie ?1/2 La magie de Noël opère selon ses propres lois, et le cinéma n\u2019y échappe pas, ou presque.Devant et derrière la caméra, Alain Chabat n\u2019a pas manqué de ressources pour cette aventure au pays du père Noël forcé de débarquer parmi les simples mortels quelques jours avant sa grande livraison de cadeaux.Ses lutins sont mal en point, et il leur faut une bonne dose de vitamine C (vous avez bien lu).Son arrivée ressemble beaucoup à celle des Visiteurs, de Jean-Marie Poirée, débarquement d\u2019un vieux luron dans un monde dont il ne comprend pas les codes, malgré l\u2019aide de bons samaritains.Quelques scènes sont dignes d\u2019une opulence visuelle à la Tim Burton, et la suite de l\u2019aventure se décline sur le ton de la comédie absurde et des blagues que comprennent surtout les grands enfants.Mais Chabat a pris tant de soin à emballer son cadeau qu\u2019il en a oublié l\u2019irrévérence.André Lavoie Ta peau si lisse ?Denis Côté (Curling, Vic + Flo ont vu un ours) connaît peu de choses sur le culturisme.Et loin de lui l\u2019idée d\u2019en apprendre sur cet univers, pas plus que de nous renseigner un tant soit peu sur le sujet.Approchant tout doucement la caméra des corps des six cul- turistes qu\u2019il met en scène, le cinéaste maintient une distance respectueuse et pudique entre ces armoires à glace, quasi mutiques, et le spectateur, alors qu\u2019il brouille sagement les frontières entre la réalité et la fiction.En résulte un ovni d\u2019une sensualité déconcertante où plane une tension palpable.Manon Dumais L\u2019amant double ?En couple avec son ex-psychanalyste (Jérémie Renier), une gardienne de musée anxieuse (Marine Vacht, découverte dans Jeune et jolie) découvre qu\u2019il lui a caché l\u2019existence de son frère jumeau identique, lui aussi psychanalyste.S\u2019ensuit une liaison torride et tordue avec ce dernier.S\u2019inspirant librement d\u2019un roman de Joyce Carol Oates, François Ozon signe un thriller érotique d\u2019une esthétique clinique, fortement influencé par Cronenberg, Polanski et De Palma.Un film qui réserve quelques bonnes surprises malgré une finale convenue.Manon Dumais Roman J.Israel, Esq.?1/2 Avocat idéaliste et asocial, Roman J.Israel (Denzel Washington, excellent comme toujours) voit son monde basculer lorsqu\u2019il est repêché par une grande firme à la suite du décès de son modeste employeur.Après son oppressant thriller Le rôdeur, où Jake Gyllenhaal incarnait un aspirant journaliste amoral, Dan Gilroy déçoit avec ce solide portrait d\u2019un homme atypique croulant lamentablement sous une intrigue judiciaire tarabiscotée.Meilleure chance la prochaine fois.Manon Dumais L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e 1 2 | L E S F L Â N E U R S Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Enfourchez votre fidèle monture, direction rue Sherbrooke Ouest à Montréal.Le Musée des beaux-arts de la métropole propose jusqu\u2019au 4 février l\u2019exposition Il était une fois\u2026 le western, où se mélangent les toiles, les écrans et les artefacts qui permettent de peindre un portrait fort intéressant de cet univers ensablé.On y retrouve des clichés incontournables, mais aussi des explorations de l\u2019impact qu\u2019a eu le western dans la culture populaire.En prime, le musée offre une belle section pour la famille liée à cette expo, où on retrouve un espace de bricolage, un film d\u2019animation, des costumes et même des ateliers musicaux.Tomber pour le western au musée Philippe Papineau Allez voir le beau film de Martin Laroche, Tadoussac, qui a pris l\u2019affiche la semaine dernière.Sitôt sortis, sitôt partis : tel est le sort que connaissent trop de bons films d\u2019ici.Récit intimiste d\u2019une jeune fille qui, sous un nom d\u2019emprunt, s\u2019immisce dans la vie de sa mère biologique, Tadoussac explore le thème de la maternité de manière originale et sensible, entre traumatisme et lumière.L\u2019une toute d\u2019intériorité, l\u2019autre dans l\u2019extraversion, Camille Mongeau et Isabelle Blais se contrastent et se complètent.Un drame psychologique certes mini- maliste, mais non dénué de substance.Drame minimaliste François Lévesque Même mort, Leonard Cohen est partout.Caché dans l\u2019antique orgue Wurlitzer du Musée d\u2019art contemporain, dans cette machine à poésie que Janet Cardiff et George Bures Miller ont modifiée pour qu\u2019elle déclame, lorsqu\u2019on y pianote, des extraits de poèmes de l\u2019artiste.L\u2019âme de Cohen, l\u2019homme désespéré qui aimait la fête, était tout à fait à son aise à la dernière Nocturne du MAC.On y défilait dans les salles jusqu\u2019à 2h du matin, un verre à la main, un sandwich au smoked- meat dans l\u2019autre, anglophones et francophones réunis, pour expérimenter la «chambre de dépression», sur Famous Blue Raincoat et une animation visuelle.Un homme dans un orgue Caroline Montpetit On a bien besoin d\u2019un peu de lumière en ces tombées du jour trop hâtives\u2026 Reste que le meilleur legs du 375e anniversaire de Montréal demeure l\u2019illumination inspirée du pont Jacques-Cartier, signée Moment Factory.Jusqu\u2019au 28 janvier, retour aussi de la 8e Lumino- thérapie, à la place des Festivals, avec Impulsion.Rien de tel que de monter et descendre sur des balançoires en créant une onde sonore et lumineuse, œuvre éphémère générée par nos mouvements.Et à deux pas, la vidéoprojection murale Les lointaines nous entraîne dès la tombée du jour en d\u2019autres galaxies, dont on voit les astres briller.Rais de lumière Odile Tremblay ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR es dernières fois où Guylaine Tremblay est retournée sur scène, c\u2019était aussi pour jouer du Michel Tremblay : la comédie musicale Belles-sœurs en 2010 et Encore une fois, si vous permettez l\u2019an dernier.Au- delà du patronyme commun, de leur statut à tous les deux de chouchous du public, à la fois populaires et estimés, l\u2019actrice originaire d\u2019un milieu ouvrier a une connexion particulière avec le grand dramaturge.« C\u2019est un auteur que j\u2019admire depuis mon enfance.Quelqu\u2019un qui a changé ma vie, qui m\u2019a donné la permission de croire que je pourrais peut-être faire une car rière ar tistique.Il a donné à tous les Québécois la permission de penser qu\u2019on était assez grands pour exister sur une scène.C\u2019est pas rien ! » résume cette comédienne très demandée.Dans Enfant insignifiant ! créée chez Jean-Duceppe, Guylaine Tremblay reprend le savoureux rôle de Nana qu\u2019elle incarnait dans Encore une fois\u2026 Adaptée de son avant- dernier livre, Conversations avec un enfant curieux, la pièce s\u2019inspire de conversations entre Michel Tremblay et diverses figures de son entourage dans les années 1950.« Quand je lis un Tremblay, j\u2019ai l\u2019impression de plonger dans notre histoire, note l\u2019actrice.On a oublié sous quels diktats les gens vivaient.» Car avec sa logique implacable d\u2019enfant curieux, le petit Michel (Henri Chassé) questionne beaucoup L | 1 3 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 sur ce qu\u2019il ne comprend pas dans la religion catholique.Au grand dam des adultes, incapables de répondre.Et « dans sa candeur, il détruit des convictions ou des raisonnements qu\u2019eux pensaient solides».Le texte évoque cette religion « qui s\u2019est beaucoup imposée par le punitif, par la peur », engendrant l\u2019obéissance et le contrôle social.Une époque qui pousse à croire plutôt qu\u2019à comprendre.On voit pour tant la croyante Nana résister à cer tains dogmes.« Elle doute beaucoup.Mais elle est partagée entre son désir que son enfant ne devienne pas un mouton, qu\u2019il ne rentre pas dans ce moule, et sa crainte de semer le doute dans sa tête.C\u2019était le problème du Québec à ce moment-là : si on enlève la religion de notre vie, qu\u2019est-ce qui reste ?Cette transition ne s\u2019est pas faite », constate Guylaine Tremblay, devant le vide qui s\u2019est créé.Mais la pièce est d\u2019abord un di- Guylaine Tremblay a elle-même été une « enfant insignifiante », aux questions constantes.« Et je n\u2019ai pas beaucoup changé.Je veux toujours comprendre.» PEDRO RUIZ LE DEVOIR ver tissement, basé sur des dialogues dont la comédienne loue la drôlerie.Une langue dont l\u2019impression de famil iarité est pour tant trompeuse.« Ce fut l\u2019une de mes grandes surprises lorsque j\u2019ai commencé à jouer du Michel Tremblay : le travail sur la langue est beaucoup plus dif ficile que je ne le croyais.C\u2019est un langage moins direct que ce qu\u2019on parle maintenant.» Et cette proximité impose une vigilance accrue.« Moi, j\u2019ai le même respect pour Tremblay que pour tout autre auteur.Il faut faire attention de ne pas rajouter des ben, des là.Il y a une rythmique.Mais une fois qu\u2019on possède cette musique, c\u2019est jouissif.» La joueuse Guylaine Tremblay a elle-même été une «enfant insignifiante», aux questions constantes.«Et je n\u2019ai pas beaucoup changé.Je veux toujours comprendre.» Une curiosité que la comédienne, aussi formée en éducation spécialisée, étanche notamment en animant le magazine Banc public, qui revient en avril à Télé-Québec.En plus de poursuivre Unité 9 et d\u2019être la vedette l\u2019an prochain d\u2019une comédie de Rafaëlle Germain trop « délicieuse » pour refuser: En tout cas, à TVA.La sympathique interprète, qui n\u2019a jamais eu de plan de carrière, profite de tous ces «beaux rôles» qui lui sont offerts.«Parfois, je me dis que je travaille pour tous mes amis du Conservatoire qui ne travaillent pas.Je suis la seule de ma classe [active comme comédienne].» Le « terrible » ratio habituel est d\u2019une couple par promotion, rappelle-t-elle.Guylaine Tremblay, elle, a toujours joué \u2014 et la première décennie, exclusivement au théâtre.« Pourquoi moi plus que d\u2019autres ?Il y a une question de talent, oui, mais aussi de chance, d\u2019être là au bon moment.» Et de savoir prendre des risques.« Pour faire ce métier-là, il faut être un peu gambler.Parfois, on reçoit des propositions qui nous font miroiter la sécurité, et c\u2019est l\u2019autre of fre qu\u2019il faut choisir.Parce que c\u2019est là qu\u2019il va se passer quelque chose, sur le plan artistique.» L\u2019actrice pointe ce moment charnière où elle a décidé de quitter la sitcom Histoires de filles, qui ne lui apportait rien, à l\u2019aube de la quarantaine.Un saut dans le vide qui lui a permis de jouer un personnage très sombre dans le téléroman Emma.Puis tout le reste s\u2019est enchaîné.Le bonheur d\u2019approfondir Entre la reprise de l\u2019attachante Nana et ses continuités télévisuelles, l\u2019interprète développe souvent une relation à long terme avec ses rôles.« Quand j\u2019étais plus jeune, je ne croyais pas qu\u2019il y aurait un plaisir à jouer un personnage longtemps.Même que l\u2019idée m\u2019emmerdait un peu.» C\u2019est avec Annie et ses hommes, sa première longue télésérie, qu\u2019elle a découvert combien elle aimait raffiner, texturer un personnage.« Il y a là un élément très artisanal.J\u2019ai compris que c\u2019était une chance inouïe de pouvoir faire avancer un personnage dans toutes sortes d\u2019avenues que seul le temps permet.Les personnages qu\u2019on suit longtemps nous surprennent.» Son rapport au théâtre s\u2019est ainsi transformé.Jadis, avoue-t-elle, elle aimait les deux premières représentations, puis elle serait passée à autre chose.« J\u2019étais avide de nouveauté.J\u2019étais comme ça en amour aussi : il fallait toujours que je sois en exaltation.En vieillissant, c\u2019est approfondir les choses qui nous intéresse.Avoir le temps de se déposer dans un personnage, c\u2019est un grand luxe maintenant.Sur tout dans une société où tout va vite.» Les nouvelles conditions précipitées du petit écran (« Il y a 10 ans, on tournait 8 ou 10 scènes par jour ; maintenant c\u2019est 15 ou 17, et il n\u2019y a plus de répétitions ») qui éliminent malheureusement certains acteurs « fabuleux, mais au rythme lent », ne la pénalisent pas.« J\u2019ai la chance d\u2019avoir une grande mémoire, j\u2019apprends très très vite depuis toujours, je n\u2019ai aucun mérite.» Reste que « c\u2019est pour ça aussi qu\u2019on revient au théâtre, occasionnellement.Avoir le temps, ça fait du bien.» Happée par tous ces projets, Guy- laine Tremblay paraît pour tant n\u2019avoir plus de disponibilité pour les aventures plus en marge, comme du temps de son association avec le Nouveau Théâtre Expérimental.« Mais c\u2019est toujours en projet ! rétorque-t- elle.Alexis Martin et moi, on est toujours en discussion.Je pense même que je vais être une vieille dame de théâtre expérimental.Quand ils ne voudront plus voir ma vieille face à la télé [rires], c\u2019est là que je vais aller m\u2019amuser.Parce que mon moteur principal, c\u2019est le plaisir.» Enfant insignifiant ! Texte de Michel Tremblay, mise en scène et adaptation de Michel Poirier, avec Henri Chassé, Gwendoline Côté, Isabelle Drainville, Michelle Labonté, Sylvain Marcel, Danielle Proulx et Guylaine Tremblay, du 13 décembre au 3 février 2018, au théâtre Jean-Duceppe.C\u2019est un auteur que j\u2019admire depuis mon enfance.Quelqu\u2019un qui a changé ma vie, qui m\u2019a donné la permission de croire que je pourrais peut-être faire une carrière artistique.Il a donné à tous les Québécois la permission de penser qu\u2019on était assez grands pour exister sur une scène.GUYLAINE TREMBLAY » Un temps béni pour Guylaine Tremblay Drame ou comédie, à la scène comme à l\u2019écran, l\u2019actrice cultive le goût du jeu Dans Enfant insignifiant !, créée chez Duceppe, Guylaine Tremblay reprend le savoureux rôle de la croyante Nana, aux côtés d\u2019Henri Chassé.SOURCE DUCEPPE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e S c è n e 1 4 | ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR aphaëlle Lalande et Sonia Cordeau ont plus d\u2019une corde à leur ukulélé.Cofondatrices de la délicieuse compagnie théâtrale Projet Bocal, les comédiennes ont aussi formé il y a deux ans un duo musical pop-folk, Joli-Bois.Avant même la sor tie de leur premier EP, Quand les vents, prévu pour la fin de janvier 2018, elles lancent un spectacle saisonnier, Le joli Noël de Joli-Bois, dans la salle de répétition de La Licorne.On avait déjà pu savourer le sens musical et les voix harmonieuses des deux tiers féminins du Projet Bocal dans leurs pièces, surtout Oh Lord.Sauf pour des cours de chant suivis au Conser vatoire d\u2019ar t dramatique, elles n\u2019ont pour tant aucune formation musicale.« J\u2019avoue que je n\u2019avais jamais pensé faire ça dans ma vie, dit Sonia Cordeau.Je ne savais pas que j\u2019étais capable de composer des chansons.» Les deux artistes ont aussi appris à l\u2019oreille à jouer du ukulélé et de la mandoline (en plus de manier certains instruments électroniques rétro, tel l\u2019omnichord).« On est des instinctives dans toutes les sphères artistiques qu\u2019on touche », reprend la membre des Appendices.Cette pulsion d\u2019écrire des chansons a surgi alors que les deux amies vivaient une rupture amoureuse Le Noël folk de Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande La célébration du duo Joli-Bois mélange classiques, perles méconnues et compositions originales R | 1 5 C u l t u r e S c è n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 La pulsion d\u2019écrire des chansons a surgi alors que les deux amies, Sonia Cordeau (à gauche) et Raphaëlle Lalande, vivaient une rupture amoureuse simultanément.PEDRO RUIZ LE DEVOIR simultanément.« Ça s\u2019est fait naturellement, raconte Raphaëlle.On a commencé à s\u2019envoyer les chansons qu\u2019on écrivait chacune de notre côté, et à faire des harmonies.» Mais l\u2019exercice a vite dépassé le caractère thérapeutique pour devenir un véritable projet artistique.Un projet dans lequel le pétillant duo investit cœur, temps, argent (« c\u2019est un passe-temps qui coûte un peu cher, s\u2019esclaf fe Sonia), mais sans nour rir de grandes attentes.« Je pense que c\u2019est un [métier] encore plus tough que celui de comédienne.On veut juste une mini-place dans le monde musical.» Joli-Bois (du nom d\u2019une fleur qui pousse en février, donc « une battante ») embrasse un style pop-folk « assez doux ».Mais vivant.« Je pense qu\u2019on chante des choses tristes, mais d\u2019une manière qui ne l\u2019est pas, précise Sonia Cordeau.On ne se déchire pas l\u2019intérieur, musicalement.» Ce son est celui qui vient naturellement à ces fans de country et de folk, touchées par la simplicité de ces genres musicaux populaires.En famille Mais d\u2019abord, el les s \u2019of frent un spectacle de Noël.Une fête qu\u2019elles aiment au premier degré.« C\u2019est comme un grand fantasme qu\u2019on réalise, lance Raphaëlle Lalande.Chaque année, je me cherche des concer ts de Noël, mais il n\u2019y en a pas tellement [qui nous intéressent].Il y a beaucoup de musique classique.Alors, on avait envie de créer le spectacle que nous, on aurait aimé voir.» Dans Le joli Noël de Joli-Bois, le duo mélange des classiques un peu folklorisés (Noël blanc, Winter Wonderland) et des chansons t irées d\u2019un réper toire moins connu à une bonne moitié de compositions originales, écrites pour l\u2019occasion.Comment compose-t-on de nouvelles chansons dans un genre dominé par la tradition ?L\u2019exercice a exigé un peu de réflexion, répondent- elles.Il ne suffisait plus d\u2019exprimer des émotions, mais de se demander sous quel angle elles voulaient aborder Noël.Pour Raphaëlle Lalande, cette saison festive représente l\u2019espoir, une occasion de renouveau.« Avec le changement d\u2019année, on dirait qu\u2019il y a un sentiment qu\u2019à nouveau tout est possible \u2014 même si on peut déchanter en février.C\u2019est pourquoi j\u2019aime la musique de Noël.Et bien que je ne sois pas croyante, les chansons religieuses me touchent aussi beaucoup.Elles nous élèvent à un autre niveau.» Sonia Cordeau, elle, a surtout été inspirée par la nostalgie de son Noël d\u2019enfance.« Je viens d\u2019une famille très serrée et on vit tous [éparpillés] à travers le Québec.Alors quand on se retrouve, c\u2019est très émotif.» C\u2019est ce sens de la famille, cette atmosphère de retrouvailles que symbolise aujourd\u2019hui Noël que les chanteuses souhaitent recréer sur scène, à travers un show « assez in- t ime et convivial » fait avec des amis.Le duo est en ef fet accompagné par des invités qui chanteront et leur ser viront de band : Stefie Shock, Yves Morin, Myriam Fournier et Simon Lacroix, leur compère du Projet Bocal.Parlant de la troupe, une bonne nouvelle en cette saison de réjouissances : un quatrième spectacle est déjà prévu pour la saison 2018-2019, toujours à La Petite Licorne.Mais au lieu de l\u2019habituelle création éclatée, le trio montera plutôt une pièce étrangère, d\u2019une « parenté f la - grante » avec leur univers insolite\u2026 et peut-être en collaboration avec d\u2019autres.Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande se font mystérieuses.Une manière de rester active pour la compagnie, qui avait clos un cycle de « forme cour te » avec Le spectacle, il y a un an.Au théâtre comme en chansons, ces artistes multidisciplinaires n\u2019ont sûrement pas fini de nous surprendre.Le joli Noël de Joli-Bois Avec Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande.Invités : Myriam Fournier, Simon Lacroix, Yves Morin et Stefie Shock.Du 14 au 22 décembre, à la salle de répétition de La Licorne.Je pense que c\u2019est un [métier] encore plus tough que celui de comédienne.On veut juste une mini-place dans le monde musical.SONIA CORDEAU » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Ja z z 1 6 | BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Les saxophonistes John Coltrane et Benny Golson furent de très grands amis des années 1940 à la mort du premier, le 17 juillet 1967.Le second, qui est toujours de ce monde, ne s\u2019en est pas encore remis.Leur histoire fait penser à celle, célèbre, de Montaigne et de La Boétie.Oui, oui, oui\u2026 C\u2019est sérieux, eux aussi auraient pu dire : «Parce que c\u2019était lui, parce que c\u2019était moi.» Dans le documentaire Chasing Trane réalisé par John Scheinfeld, qui vient tout juste de sortir, le gentleman Golson, car il est vraiment un gentleman, raconte leur rencontre à Phila- delphie au milieu des années 1940, alors qu\u2019ils étaient adolescents, et leur passion pour Charlie Parker en général et pour le be-bop en particulier.Il détaille, avec une sensibilité si constante qu\u2019il en est touchant, les bons moments passés ensemble, ceux qui se conjuguèrent avec l\u2019adversité, et bien évidemment l\u2019obsession très profonde de Coltrane pour la musique.Ce film a d\u2019ailleurs pour principale qualité ceci : la mise en relief de la passion dévorante de Coltrane pour son art.De tous les grands musiciens de sa génération \u2014 Mingus, Monk, Davis et Rollins \u2014, Coltrane fut à cet égard, la passion, le plus fanatique.À travers les témoignages de Sonny Rollins, Carlos Santana, Bill Clinton, le philosophe Cornell West, l\u2019ex-batteur des extraordinaires Doors John Dens- more, Jimmy Heath et plusieurs autres, Scheinfeld confirme que cette obsession était tellement envahissante que Coltrane travaillait continuellement.Avec d\u2019autant plus d\u2019acharnement qu\u2019il voulait fondre l\u2019amour spirituel du monde, l\u2019amour religieux du monde, dans sa musique.En d\u2019autres termes, notre homme était également dévoré par l\u2019ambition.La noble, il va sans dire.Bref, ce documentaire vaut vraiment le détour même si sa structure est très convenue.Par un de ces hasards dont l\u2019histoire a le secret, Golson a publié cette année, soit celle du 50e anniversaire de la mort de Coltrane, un album intitulé Horizon Ahead sur l\u2019étiquette High Note.On doit confesser que ce CD est sor ti il y a plusieurs mois, mais on était passé à côté jusqu\u2019à ce qu\u2019on réalise récemment qu\u2019il est un incontournable.Un sommet.On s\u2019explique.Avant toute chose, il faut préciser que ce disque a été réalisé avec des musiciens réputés : Mike LeDonne au piano, Carl Allen à la batterie et l\u2019immense Buster Williams à la contrebasse.Ensuite ?C\u2019est tout simple, Golson appartient à la catégorie des Golson le doux et Coltrane l\u2019acharné Avec Horizon Ahead que fait paraître le premier, on est d\u2019ores et déjà du côté de l\u2019intemporel Benny Golson a publié cette année, soit celle du 50e anniversaire de la mort de Coltrane, un album intitulé Horizon Ahead.SOURCE BENNYGOLSON.COM C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C O N T E S À PA S S E R L E T E MP S RÉSERVATION 418 643-2158 PREMIERACTE.CA LEPOINTDEVENTE.COM MAISON HISTORIQUE CHEVALIER 50, RUE MARCHÉ CHAMPLAIN QUÉBEC, QC 15H 16, 17, 23 ET 30 DÉCEMBRE 20H DU 15 AU 17, DU 20 AU 23, ET DU 28 AU 30 DÉCEMBRE ÉDITION ANNIVERSAIRE PRÉSENTE EN COLLABORATION AVEC 335, boul.de maisonneuve est berri-uqam 514-842-9768 cinematheque.qc.ca cinemathequeqc cinematheque.quebecoise Ta peau si lisse L\u2019autre côté de l\u2019espoir de DENIS CÔTÉ de AKI KAURISMÄKI Bagages de PAUL TOM Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 champions mi-lourds du jazz.Lui qui fut l\u2019auteur des morceaux les plus célèbres des Jazz Messengers, soit Along Comme Betty et Whisper Not, et aussi le cofondateur avec Art Farmer d\u2019une des grandes formations des années 1950 et 1960, soit le Jazztet, vient de signer un album à inscrire dans la liste restreinte de ceux qui ne révolutionnent rien, qui ne font pas de tapage, mais qui distillent du bonheur de la première à la dernière note.C\u2019est tout simple (bis), cet Horizon Ahead est l\u2019égal de Bitting the Apple par Dexter Gordon, d\u2019If I\u2019m Lucky par Zoot Sims, de Yeah ! par Charlie Rouse, de Café Montmartre par Stan Getz, de Workout par Hank Mobley et d\u2019Aunt Louise par David Murray et Steve Grossman with Michel Petruc- ciani.Autrement dit, cet Horizon Ahead du doux Benny Golson est d\u2019ores et déjà intemporel.ECM vient de mettre son catalogue à la disposition des abonnés d\u2019Apple Music, d\u2019Amazon, de Spotify, de Weezer, de Tidal et de Qobuz, soit les principaux acteurs de la spoliation quasi totale des droits d\u2019auteurs.Le pianiste Chick Corea et le batteur Steve Gadd ont reçu un doctorat honoris causa de la fameuse Eastman School of Music fondée, c\u2019est à retenir, il y a maintenant des décennies de cela.Après notre sortie contre le prix que l\u2019on demande ici pour l\u2019acquisition des numéros invendus en territoire européen de Jazz Magazine, un lecteur averti nous a signalé que la revue en question est disponible sur le site de la Grande Bibliothèque.Au sommaire du numéro courant de JazzTimes, des entrevues avec les batteurs Antonio Sanchez et Louis Hayes, les 100 ans de Buddy Rich, plus les rubriques habituelles.Ben Riley, c\u2019est tout ça! Zut ! L\u2019immense Ben Riley est mort à New York.Il avait 84 ans.Riley, c\u2019était bien évidemment le batteur favori de Thelonious Monk, qu\u2019il a accompagné pendant une décennie.Riley, c\u2019est aussi le musicien qui a eu l\u2019intelligence de rendre hommage à Monk en remplaçant le piano par la\u2026 guitare ! Riley, c\u2019est aussi le batteur des deux derniers albums de Chet Baker.Et c\u2019est celui qui a accompagné Dexter Gordon, Stan Getz, Johnny Griffin, Hank Jones\u2026 bref, les sommités du jazz.Riley, enfin, c\u2019est également celui qui fut le cofon- dateur du meilleur quartet des années 1980 : Sphere, avec Charlie Rouse au ténor, Buster Williams à la contrebasse et Kenny Barron au piano.Snif, snif.On apprend dans le documentaire Chasing Trane que son obsession pour la musique était tellement envahissante que Coltrane travaillait continuellement.ASSOCIATED PRESS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e M u s i q u e 1 8 | MIXTAPE The Greatest Gift ?1/2 Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty Ce que compose Sufjan Stevens n\u2019est jamais vraiment au repos.En témoigne cette déclinaison nouvelle de Carrie & Lowell (2015) \u2014 son album écrit dans le deuil de sa mère \u2014 livrée quelques mois après une version live.Si les deux démos enregistrés au iPhone laissent entrevoir l\u2019origine de leur création, sans plus, on est en revanche fasciné par l\u2019effet électroacoustique des remix, surtout ceux réalisés avec le musicien d\u2019origine équatorienne Helado Negro (superbe Death with Dignity, comme un arc atmosphérique).Il y a quelque chose de scintillant, même d\u2019exubérant dans la relecture que fait Sufjan Stevens de son propre dépouillement.Toute la minutie de ses mélodies prend un autre sens du fait de l\u2019ajout d\u2019éléments sonores (percussions, claviers), et sa voix apparaît plus claire, comme s\u2019il avait crevé une certaine surface.Quatre pièces inédites, d\u2019une mélancolie égale à l\u2019album original, bouclent la boucle, dont la mystérieuse et respi- rante Wallowa Lake Monster.Réussi, encore une fois.Geneviève Tremblay ROCK Songs of Experience ?1/2 U2, Islands Le dernier volet de ce diptyque inspiré par l\u2019œuvre poétique de William Blake et amorcé en 2014 avec Songs of Innocence débute pourtant assez bien.Coulante ballade en intro, suivie par un pop-rock acoustique cajoleur (Lights of Home), puis par le rock mélodieux de You\u2019re the Best Thing About Me, l\u2019une des trois seules chansons mémorables de ce quatorzième album en carrière des Irlandais.Les deux autres sont Get Out of Your Own Way qui, par son tempo rapide rehaussé de batterie électronique évoque Beautiful Day (sans l\u2019imparable refrain), puis la ballade Landlady en fin d\u2019album, plongée dans les souvenirs personnels de Bono avant la gloire.Du U2 pur jus, un rock rassembleur, les harmonies de guitares de The Edge qui gonflent l\u2019émotion, la section rythmique qui trépigne.Les onze autres chansons, cependant, alternent entre occasions manquées (surtout American Soul) et banalités oubliées aussitôt l\u2019album terminé.Un disque à peine plus inspiré que le pré- cédent, facile, souvent agréable d\u2019écoute, mais rapidement digéré.Philippe Renaud CLASSIQUE James Ehnes ?Beethoven, Schubert.Orchestre philharmonique de Liverpool, Andrew Manze.Onyx, 4167.Le plus grand violoniste de l\u2019histoire de la musique canadienne, ce gentleman musicien, a attendu la quarantaine pour enregistrer Beethoven, avant Brahms sans doute.Il nous livre, comme une évidence, le Concerto pour violon avec toute l\u2019élégance et le raffinement qu\u2019on attendait.Le partenariat avec l\u2019ex-baroqueux Andrew Manze n\u2019est pas prétexte, comme chez Mullova, avec Gardiner, à quêter une «vérité» stylistique supposée.Ehnes assume son fin romantisme jusque dans les cadences, là où Mul- lova traquait un côté révolutionnaire de Beethoven.Nous sommes de toute évidence dans une déclinaison d\u2019une lignée Milstein, Grumiaux et Oïs- trakh-Cluytens, dont la seule fantaisie moderne serait la transition entre le second volet et le rondo final.Même si la troupe de Manze ne démérite pas, un jour Ehnes aura peut-être les orchestres d\u2019Amsterdam, de Vienne ou de Philadelphie, qu\u2019il mérite, pour l\u2019accompagner.Christophe Huss ÉLECTRONIQUE Colón Man ?Equiknoxx, DDS Le dancehall et le hip-hop ont toujours été des vases communicants, l\u2019un déversant ses idées dans l\u2019autre.Entre la musique jamaïcaine et les musiques électroniques, le transfert était plutôt à sens unique, le dub, puis le digital dan- cehall influençant davantage les autres.Ce qui rend le travail du duo de producteurs de Kingston Equiknoxx encore plus unique: ces gars-là poussent le dancehall, ses codes et ses cadences, dans des territoires rarement explorés en Jamaïque.Après une compilation de leurs titres instrumentaux des dix dernières années (Bird Sound Power), le duo offre un premier disque original fascinant et déroutant, farci d\u2019idées neuves et de pointes d\u2019humour présentées dans un esprit résolument expérimental, minimaliste et hyperdétaillé \u2014 la somme des petits sons échantillonnés forme une riche jungle auditive.Le duo, qui participait à la récente édition mexicaine de MUTEK, prend un malin plaisir à déconstruire le rythme (Flank), les clichés mélodiques (Me- lodica Madness) en mettant en lumière leurs percussions singulières et les essentielles lignes de basse.Philippe Renaud RÉÉDITION Saturday Night Fever, 40 th Anniversary Edition ?1/2 Artistes divers Capitol/Universal Bon film, La fièvre du samedi soir.Plus sombre que l\u2019on s\u2019en souvient : ce n\u2019est pas seulement Travolta qui danse.Et pas seulement la bande sonore originale aux 16 millions d\u2019exemplaires vendus.Aveu : les Bee Gees en falsetto, avec la pulsation disco, je n\u2019avais jamais pu, jusqu\u2019à ce que j\u2019écoute cette réédition anniversaire.Pire, chaque fois que je réen- tendais Night Fever, je repensais douloureusement à mes 16 ans.La révélation me stupéfie d\u2019autant : c\u2019est bon maintenant.J\u2019entends du funk partout dans ce poum poum.Les guitares font tchac-a-tchac dans Jive Talking, You Should Be Dancing et Night Fever que c\u2019en est un festival du contretemps.Et ces notes vertigineuses me fascinent désormais : les entrelacs des frérots Gibb dans How Deep Is Your Love ne sont pas moins heureux que dans leurs années 1960.Faut m\u2019excuser, j\u2019entretenais de vieux préjugés.Allez, on m\u2019attend sur la piste de danse multicolore.Sylvain Cormier FOLK-POP La plage ?Maxime Gervais, Chuchabata Records Après s\u2019être autoqualifié de Slacker et d\u2019Artiste raté \u2014 les titres de ces deux précédents albums \u2014, le chansonnier folk et humoriste Maxime Gervais se réfugie sur la plage, endroit fantasmé où l\u2019on se sent libre d\u2019aborder avec un regard teinté de cynisme les sujets du quotidien: sexe, drogue et rencontres manquées.Délaissant le bon vieux «grattage» de guitare, Gervais s\u2019arme ici d\u2019un clavier décati pour proposer une trame de fond électrokitsch qui encourage fortement le hochement de chef par moments (La plage, Tension sexuelle, Les ados du futur).Cette nouvelle avenue crée une aura de second degré cheap qui rappelle les bonnes années de la création musicale poche- bonne de l\u2019ère de l\u2019Internet libre \u2014 je sais, c\u2019était le bon temps.On ne baigne pas dans la transcendance ici, mais ce disque à la poésie douce- amère a le mérite de glorifier ces moments entre ennui et émerveillement qui ponctuent la routine.Sophie Chartier NOËL A Capitol Christmas Volume Two ?1/2 Artistes divers, Capitol/Universal Hormis le bel ef fort de Florence K, qui a vaillamment proposé trois chansons originales pour célébrer Noël, rien n\u2019enthousiasme dans le nouveau lot de reprises préconge- lées.Je reviens constamment à cette compilation : non seulement la pochette est chic (la fameuse bâtisse Capitol en forme de pile de disques, surmontée d\u2019un sapin qui touche au ciel), mais les archives ont été fouillées pour la peine, de 1946 à 1968.On a l\u2019occasion de mesurer ce que Brian Wilson et ses Beach Boys (Frosty the Snowman) doivent aux Four Freshmen (Love Turns Winter to Spring).Le Noël country des pionniers Louvin Brothers (Away in a Manger) valse plus qu\u2019agréablement, le génial Les Paul fait des galipettes autour de White Christmas avec sa guitare trafiquée, Glen Campbell chante du Roger Miller de Noël et c\u2019est pas banal.On aurait vécu sans les versions molles d\u2019un Wayne Newton, mais s\u2019en of fusquer ne serait pas chrétien.Soyons magnanime : c\u2019est une chouette compil\u2019.Sylvain Cormier CLASSIQUE Trios avec harpe ?Valérie Milot, Antoine Bareil, Stéphane Tétreault.Analekta, AN 2 9888.Ce trio réunit une formation idéale dans le genre : notre grande harpiste Valérie Milot, son époux Antoine Ba- reil, concertmeister de l\u2019Orchestre symphonique de Laval et le fameux Stéphane Tétreault.Idéal se comprend à la fois en termes d\u2019expertise instrumentale et d\u2019entente musicale.Chose plus rare qu\u2019on le croit et, donc, notable : la prise de son (Carl Talbot à Saint-Augustin-de-Mirabel) est optimale, alliant précision et recul nécessaire avec une belle proportion des instruments.La harpe, instrument beaucoup plus sonore qu\u2019on le pense communément, aurait très bien pu envahir l\u2019espace\u2026 Si l\u2019histoire de la musique avait accouché de chefs- d\u2019œuvre notables dans cette formation cela se saurait, mais les trios de Jacques Ibert et Henriette Renié valent très nettement mieux que des exercices de conservatoire et le disque, plus que plaisant, se conclut avec deux bijoux de transcriptions.Christophe Huss | 1 9 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR ous avez vraiment de la chance», avait-il répliqué, façon fouet de cocher.C\u2019était en juillet 1994, aux FrancoFolies de La Rochelle.À la petite conférence de presse, on lui reprochait de n\u2019avoir jamais daigné se produire en spectacle au Québec, il avait réglé ça en une boutade.C\u2019est un pince-sans-rire, Eddy Mitchell, un mariolle, éternel gamin de Belleville.Vingt-trois ans plus tard, même question.Autre réponse.« Ça me plairait bien, mais je crois qu\u2019on ne veut pas trop de moi chez vous\u2026» Il est vrai qu\u2019une fois, le père Schmoll \u2014 surnom officiel ! \u2014 avait été programmé à nos FrancoFolies, mais on avait dû annuler, pour cause de mévente.Eh ! C\u2019est ça qui arrive quand, à la dif férence d\u2019un Cabrel ou d\u2019un Dick Rivers, on se tient loin des anciennes colonies.L\u2019Amérique, pour tant, i l connaît , ce Claude Moine fou de westerns et de coun- tr y qui se rebaptisa Eddy (comme dans Eddie Constantine) et Mitchell (comme dans Rober t Mitchum, presque).Il a enregistré à Nashville si souvent avec les pointures du lieu que lesdites pointures sont désormais ses amis.D\u2019ailleurs, ils jouent sur le nouvel Eddy, La même tribu volume 1 , disque de chouettes duos entre gens de bonne compagnie : l\u2019as harmoniciste Charlie McCoy et le maître Russ Hicks à la pedal steel.Comme en 1975.« Pourquoi chercher ailleurs ?Ce sont les meilleurs.Pour moi, ils sont de la famille.Je les reçois à la maison, ils mangent très bien d\u2019ailleurs\u2026 » Et Eddy d\u2019ajouter : « Ils raffolent de la cuisine française.Charlie McCoy est devenu un expert en escargots de Bourgogne, et Russ Hicks adore le bœuf en daube\u2026 » Tout un cinéma Cette voix d\u2019Eddy Mitchell au bout du fil ! Rare entrevue accordée à un journal québécois.J\u2019entends l\u2019épicurien qu\u2019il jouait, pote de Michel Ser- rault, dans Le bonheur est dans le pré (1995).Je le revois dans Coup de torchon (qui lui valut le César du meilleur second rôle, en 1981).C\u2019est tout un cinéma, Eddy.Acteur (38 films au compteur), cinéphile présentateur de grands classiques américains dans la série télé La dernière séance (de 1982 à 1998), romancier (P\u2019tit Claude, mer veille de p\u2019tit roman), il est bien plus qu\u2019un pionnier du rock\u2019n\u2019roll en France, ce qui n\u2019est quand même pas rien.Il faut le rappeler : au commencement fut le Golf Drouot, premier mini- golf de France, qui était sur tout le point de chute des fadas d\u2019Elvis, Gene Vincent et autres Bill Haley, dont le patron Henri Leproux avait farci le jukebox.La bande du square de la Trinité y traînait des savates qui n\u2019étaient pas encore des santiags (bottes de cowboy) : Claude Moine, Long Chris, et un certain Jean-Philippe Smet qui ne s\u2019appelait pas encore Johnny Hally- day, devenu ensuite son ami pour la vie.Ami qui s\u2019est envolé mardi, parti trop tôt, à 74 ans, terrassé par un cancer des poumons.Moins envie des États-Unis Dans « la même tribu », il y a aussi Renaud, étonnamment en voix pour carrosser Sur la route de Memphis, l \u2019un des titres emblématiques d\u2019Eddy Mitchell.« Vous savez, Renaud m\u2019a souvent dit qu\u2019il aurait voulu écrire cette chanson.Eh ben voilà, je l\u2019ai invité : vas-y, t\u2019as qu\u2019à la chanter.Il s\u2019est bien appliqué.» Renaud et Eddy ont aussi en commun la passion de la bédé : grands connaisseurs, grands collectionneurs.En 1968, le grand Jean Gi- raud, qui dessinait les aventures de Blueberry, avait signé la splendide pochette de l \u2019album 7 colts pour Schmoll , assor tie d\u2019une bédé où Eddy affrontait\u2026.Johnny ! « L\u2019un de nous est de trop dans ce pays\u2026 » Rebelote en 2017 : c\u2019est Ralph Meyer, émule de Giraud, qui a brossé le grand portrait au recto de La même tribu : grande scène de saloon où tous les participants sont croqués : Eddy, Johnny, Renaud, Arno, Jacques Dutronc, Julien Clerc, les Brigitte, Sanséverino, les Brigitte, Keren Ann, Alain Souchon, Christophe, Ibrahim Maalouf, Mar yline Moine (oui, la fille de Claude), et feu Charles Bradley le soulman.« C\u2019est pas facile, quand on ar rive après Jerry Spring et Blueberry, de faire un bon western en bédé.Il est formidable, Ralph Meyer, il a créé un personnage hors du commun.Dans sa série Undertaker, le type est croque- mort, chasseur de primes, tueur, il peut se faire louer comme flingueur, c\u2019est une trouvaille ! » Un volume 1 présuppose un volume 2, peut-on déduire.«On ne peut vraiment rien vous cacher, à vous\u2026 » Dans le vidéoclip de la chanson-titre, il y a un tas de pressentis, dont Maxime Le Forestier, Michel Jonasz.On retrouvera les mêmes musiciens américains, en goguette parisienne.Eddy a moins envie des États-Unis ces jours-ci.« Je vais vous dire.Quand y avait Bush, j\u2019ai enlevé mes bottes.Avec Trump, je vais changer de coiffure\u2026 » La même tribu volume 1 ?Artistes divers, Polydor/Universal Tribut à la tribu d\u2019Eddy Le rocker-crooner ouvre son saloon aux cowboys et aux cowgirls croisés sur la route de Memphis Eddy Mitchell a enregistré à Nashville si souvent avec les pointures du lieu que lesdites pointures sont devenues ses amis.JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE Vous savez, Renaud m\u2019a souvent dit qu\u2019il aurait voulu écrire cette chanson.Eh ben voilà, je l\u2019ai invité : vas-y, t\u2019as qu\u2019à la chanter.Il s\u2019est bien appliqué.EDDY MITCHELL, À PROPOS DE LA CHANSON SUR LA ROUTE DE MEMPHIS » «V L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e pianiste français Lucas Debargue donne ce samedi à la Maison symphonique de Montréal son premier récital en solo en terre québécoise.Il jouera Scarlatti, Chopin, Fauré et Ravel.Pour Lucas Debargue, « la scène est une expérience à part».«Ce n\u2019est pas que de la musique, dit-il au Devoir, il se passe quelque chose de spirituel.» Il ne faut pas titiller Lucas De- bargue sur ses envies de jouer telle ou telle œuvre en concert : «Un concert, ce n\u2019est pas forcément l\u2019envie de jouer quelque chose.Un concer t, c\u2019est avant tout créer un objectif.Quand je choisis un programme, je crée une espèce d\u2019excitation momentanée sur une pièce que je vais devoir travailler de manière intense.» Dans un tel contexte, «des œuvres viennent à moi pour être jouées », avoue le pianiste, qui distingue ainsi sa vie de «musicien chercheur» et de pianiste.«Mes chocs de musicien ne sont pas forcément ceux que je peux voir en tant qu\u2019instrumentiste.D\u2019ailleurs, mes derniers bouleversements n\u2019ont rien à voir avec le piano.Ce peut être une symphonie de Chostakovitch ou des lieder de Strauss : nous sommes sur des plans différents.» Le chercheur attend « d\u2019être surpris et bouleversé », le concer tiste brûle de l\u2019excitation de jouer un concer t, c\u2019est-à-dire d\u2019« avoir une peinture qui disparaît au fur à mesure qu\u2019on la peint », en quête de l\u2019adrénaline à « chercher à atteindre le moment de connexion avec le public».Entier en tout, Lucas Debargue se déclare «heureux de ne pas être juste un performing artist».Peu lui chaut son image.«Quand je ne suis pas en train de préparer un concert, je regarde des films, j\u2019écoute de la musique, je prends des notes.Je suis réellement passionné par la musique, je ne fais pas cela pour mon image ou ma notoriété.J\u2019ai la chance de me produire sur scène et le confort et la légitimité que cela m\u2019ap- por te me permettent, le reste du temps, de faire les choses que j\u2019aime, et ces choses-là ont à voir avec la musique.La musique, c\u2019est vraiment mon truc.Je ne fais pas du tout semblant!» Un peu plus de deux ans Au printemps de l\u2019année 2015, Lucas Debargue était un étudiant solitaire perdu dans la foule.« J\u2019ai passé tellement de temps, ici à Paris, à me demander pourquoi je faisais du piano, dans quel but.[\u2026] D\u2019un point de vue personnel et musical, j\u2019étais dans une sorte de coma social.J\u2019ai vécu plus ou moins dans l\u2019indifférence.Mis à part quelques personnes qui me sont très chères [\u2026], qui satisfont mes besoins affectifs essentiels, je trouve que la vie est très dure », déclarait-il à France Musique en août 2015, en regardant cette vie d\u2019avant.Et puis vint le Concours Tchaï- kovski, en juin 2015, qui le propulsa de l\u2019indifférence aux projecteurs les plus vifs.«Il faut imaginer quelqu\u2019un qui serait en état de léthargie et qui, tout à coup, aurait des convulsions», résuma- t-il au micro de France Musique pour décrire ce qui lui est arrivé.Ce Concours Tchaïkovski, il ne le gagna pas (4e prix), mais c\u2019est tout comme.On ne vit que Lucas De- bargue, on ne parla que de Lucas De- bargue, ce pianiste pas comme les autres.Certains mettaient en cause sa technique.« Ç\u2019a été pris au sérieux, mais c\u2019est la citation d\u2019une ou deux personnes qui ont décidé que je n\u2019avais pas une technique conventionnelle.C\u2019est complètement subjectif, c\u2019est à côté de la question et si des personnes se sont mises à parler de cela me concernant lors du concours, c\u2019est qu\u2019elles étaient gênées par autre chose et se refusaient à appeler un chat un chat.» Apparition lunaire en 2015, le Lucas Debargue de 2017 a gagné un sacré aplomb.« J\u2019ai toujours vécu en musique et ce qui était le plus important pour moi, c\u2019était de continuer de faire de la musique sous quelque forme que ce soit.Il se trouve que ça a marché avec le piano, grâce au Concours Tchaïkovski, mais je ne peux pas dire que c\u2019est ce dont je rêvais précisément.Cette vie qui est arrivée vite, il a fallu que je m\u2019y familiarise.Ce que j\u2019avais travaillé de l\u2019intérieur, c\u2019était l\u2019interprétation, avec ma professeure.Les voyages, les tournées, je ne pouvais absolument pas le prévoir et, honnêtement, quand cela a commencé, je n\u2019étais pas sûr que cela irait.Maintenant, après deux ans, je pense que oui, je peux y faire face et j\u2019y fais face avec bonheur.» Lui qui n\u2019est pas issu du sérail traditionnel continue à voir sa professeure, Lucas Debargue ne fait pas semblant La musique est « vraiment mon truc », confie le pianiste, qui se décrit comme un vrai passionné Pour l\u2019heure, la carrière ne permet pas encore à l\u2019artiste de se ménager des plages de liberté dans son emploi du temps.FELIX BROEDE SONY CLASSICAL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e AU CINÉMA GAGNANT \u2013 MEILLEUR FILM D\u2019ANIMATION L O S A N G E L E S F I L M C R I T I C S A S S O C I A T I O N 10 NOMINATIONS AUX ANNIE AWARDS DONT MEILLEUR FILM INDÉPENDANT D\u2019ANIMATION « LE MEILLEUR FILM D\u2019ANIMATION DE L\u2019ANNÉE ! » DES CRÉATEURS DES OEUVRES NOMMÉES AUX OSCARS ® BRENDAN ET LE SECRET DE KELLS & LE CHANT DE LA MER PRODUCTRICE EXÉCUTIVE ANGELINA JOLIE AU CINÉMA \u201c10/10 UN VÉRITABLE CHEF D\u2019ŒUVRE.\u201d TOP 10 \u2013 MEILLEURS FILMS DE L\u2019ANNÉE N A T I O N A L B O A R D O F R E V I E W NATIONAL BOARD OF REVIEW GAGNANT MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ GOTHAM AWARDS GAGNANT MEILLEUR ACTEUR JAMES FRANCO AU CINÉMA V E R S I O N A N G L A I S E V E R S I O N A N G L A I S E V E R S I O N F R A N Ç A I S E V E R S I O N F R A N Ç A I S E « LE FILM PARFAIT.» GAGNANT \u2013 MEILLEUR F ILM DE L\u2019ANNÉE N E W Y O R K F I L M C R I T I C S C I R C L E VERSION ORIGINALE ANGLAISE Rena Cherechevskaïa.« L\u2019expérience répétée de la scène m\u2019a donné beaucoup de confiance.Notre relation n\u2019est plus celle de professeur et d\u2019élève ; elle est celle de deux passionnés d\u2019interprétation et de musique.Maintenant, j\u2019apprends des partitions très vite et j\u2019arrive à développer une interprétation assez rapidement.Rena Cherechevskaïa ne m\u2019appor te donc plus grand-chose pour la préparation.Par contre, elle m\u2019apporte son avis de connaisseuse et de pianiste qui est inestimable.Son importance n\u2019a pas faibli.» Pour l\u2019heure, la carrière ne permet pas encore à Lucas Debargue de se ménager des plages de liberté dans son emploi du temps : «J\u2019ai beaucoup de propositions de concerts et pour coordonner les choses entre elles, je n\u2019ai pas une grande marge de manœu- vre, car ce sont souvent des premières invitations.Je peux donc être amené à faire des déplacements qui peuvent sembler assez illogiques.C\u2019est un but à cour t terme d\u2019avoir de temps en temps un mois de libre pour composer et pour travailler une nouvelle pièce.» Pour l\u2019instant, Lucas Debargue joue plutôt des récitals, mais les concerts avec orchestre commencent à s\u2019inviter à son horaire.Ce pianiste qui veut «prendre le temps» a dans sa panoplie de concertos plusieurs Mozart, le 2e de Beethoven, celui en ré de Haydn, mais aussi Tchaïkovski, les 2e et 4e de Rach- maninov, Chopin et Saint-Saëns.Avis aux orchestres d\u2019ici ! Lucas Debargue en concert Scarlatti : Sonates K.141 et 208.Chopin : Scherzos nos 1 et 2.Barcarolle.Polonaise «héroïque».Fauré : Barcarolles nos 1 et 4.Ravel : Gaspard de la nuit.À la Maison symphonique de Montréal, samedi 9 décembre, à 20h.Lucas Debargue en disque 1.Scarlatti, Chopin, Liszt, Ravel (Gaspard de la nuit).Sony, 88875192982.Mars 2016.2.Bach, Beethoven (Sonate no 7), Medtner.Sony, 88985341762.Septembre 2016.3.Schubert : Sonates D.664 et 784.Szymanowski : Sonate no 2.Sony, 88985465632.Novembre 2017.Le Devoir a déniché Salieri est-il si nul?Il y a quelques semaines, Le Devoir attirait votre attention sur le chef Werner Eh- rhardt, qui remettait au premier plan la musique orchestrale de Karl von Ordoñez.Plus tôt dans l\u2019année, Ehrhard faisait œuvre encore plus essentielle en nous donnant accès à L\u2019école de la jalousie, joyeux opéra de Salieri, créé à Venise en 1778 et remanié en 1783 pour le Burg- theater de Vienne, sources auxquelles s\u2019abreuve cet enregistrement, vocalement honorable, assez pour apprécier la découverte.La pièce Amadeus de Shaffer et le film qu\u2019en a tiré Milos Forman ont entériné l\u2019idée d\u2019un Antonio Sa- lieri pauvre épigone à la traîne de Mozart.Sans atteindre au génie de Mozart, l\u2019écoute de La Scuola de\u2019 Gelosi, grand succès de l\u2019époque CD, permet de remettre quelques pendules à l\u2019heure.À tout le moins sur un point: des nobles, des bourgeois, des domestiques, une comtesse délaissée et un mari volage, canevas auquel ajoutera une fausse lettre déclenchant la jalousie\u2026 Cela ne vous rappelle pas le scénario des Noces de Figaro?Plus encore: le Sa- lieri de 1778 préfigure nettement le Mozart des Noces (1786) et de Cosi fan tutte (1790) et surpasse les ouvrages lyriques d\u2019un géant tel que Haydn, tant il a le sens du théâtre et de la situation.Pas à la traîne et pas si nul que ça, l\u2019envieux! La Scuola de\u2019 Gelosi Antonio Salieri, DHM Sony Classical, trois CD, 88985332282 Les concerts classiques de la semaine Boston Camerata La redécouverte de la musique ancienne et médiévale est portée par des ensembles mythiques: Sequen- tia, Marcel Perez et l\u2019Ensemble Orga- num, l\u2019Ensemble Gilles Binchois ou La Reverdie.Ce cercle comprend la Boston Camerata de Joel Cohen et Anne Azema.C\u2019est cette dernière qui dirigera le premier concert à Montréal de la Camerata depuis sa création, en 1954.Avec l\u2019ensemble de musique arabe Sharq, Anne Azema et la Came- rata présenteront un programme de chants de Noël traditionnels du bassin méditerranéen.Mardi 12 décembre, 19h30 à la salle Bourgie.Magnificat ! Postlude au Festival Bach de Montréal, le retour de Kent Nagano dans la métropole nous vaudra un concert de Noël associant l\u2019Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns et le Magnificat de Bach.Nagano fait venir pour cela d\u2019Allemagne le Chœur des jeunes Audi (oui, les voitures!), dont il est un grand promoteur.Mardi 12 décembre et mercredi 13 décembre, 20h, à la Maison symphonique.J\u2019ai beaucoup de propositions de concerts [.] C\u2019est un but à court terme d\u2019avoir de temps en temps un mois de libre pour composer et pour travailler une nouvelle pièce.LUCAS DEBARGUE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i r q u e 2 2 | Arte Musica présente Présenté par CASSE-NOISETTE JEUDI 14 DÉCEMBRE, 11 h DUO FUNG-CHIU Janelle Fung et Philip Chiu, piano à quatre mains RAVEL, RESPIGHI et TCHAÏKOVSKI La musique féerique de Casse-Noisette réchauffe les cœurs des petits et des grands depuis sa création en 1892.SALLEBOURGIE.CA/NOEL 514-285-2000 NATALE A NAPOLI MERCREDI 20 DÉCEMBRE, 19 h 30 ENSEMBLE VESUVIUS Fêtez Noël à l\u2019italienne ! Découvrez les trésors de la musique traditionnelle du sud de l\u2019Italie.NOËL MÉDITERRANÉEN MARDI 12 DÉCEMBRE, 19 h 30 THE BOSTON CAMERATA & Ensemble de musique arabe SHARQ Chants de Noël de l\u2019Espagne, de la Provence, de l\u2019Italie et du Moyen-Orient.Différentes cultures, langues et traditions rassemblées dans un grand message d\u2019amour et d\u2019espoir.CONCERTS DU TEMPS DES FÊTES NOËLS BAROQUES JEUDI 21 DÉCEMBRE, 11 h ENSEMBLE LES SONGES Pascale Beaudin, soprano À quelques jours de Noël, transportez-vous dans les rues enneigées de l\u2019Allemagne et de la France baroques.MATINÉES DE NOËL Circassiens en patins Le Cirque du Soleil propose son premier spectacle sur glace avec Crystal « Je suis souvent seul dans les airs », dit Jérôme Sordillon au sujet de son numéro, au cours duquel il partage la glace avec la patineuse Nobahar Dadui, de Toronto, qui incarne Crystal.CIRQUE DU SOLEIL Trente des quarante artistes qui participent à Crystal chaussent des patins, dont quelques- uns qui ne savaient même pas patiner lorsque le travail de Crystal a commencé | 2 3 C u l t u r e C i r q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 REPORTAGE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR À CHICAGO Le mariage semblait écrit dans le ciel depuis toujours, et voilà qu\u2019il est officiellement consommé.Avec Crystal, son nouveau spectacle d\u2019aréna, le Cirque du Soleil allie pour la première fois le patinage, acrobatique comme artistique, aux arts du cirque.Ce sont Shana Carroll et Sébastien Soldevila, couple au travail comme dans la vie, empruntés pour l\u2019occasion à la direction de leur compagnie, Les 7 doigts, qui en signent la mise en scène.« Nous amenions notre fille de huit ans voir des spectacles de patinage artistique et nous nous disions qu\u2019il y avait lieu de donner un nouveau souffle à tout ça », raconte Shana Carroll, rencontrée dans l\u2019aréna de Hoffman, en banlieue de Chicago, alors que les ar tistes s\u2019entraînaient pour le spectacle du soir.L\u2019idée s\u2019est peut- être aussi implantée au cirque à force de fréquenter les arénas, ces lieux qui ont précisément été conçus pour être parcourus sur lames.Trente des quarante ar tistes qui participent à Crystal chaussent des patins, dont quelques-uns qui ne savaient même pas patiner lorsque le travail de Crystal a commencé, en juin dernier.L\u2019équipe a recruté autant dans le milieu du patinage artistique que dans celui du cirque.Les incarnations de Crystal, par exemple, sont doubles, un artiste filant en patin sur la glace tandis que l\u2019autre, rompue aux arts du cirque, por te ses numéros de trapèze.Le Cirque a une fois de plus bâti une histoire souple qui met en valeur ses numéros : celle de Crystal, une adolescente incomprise qui trouve refuge dans l\u2019écriture et qui se crée un monde imaginaire dans lequel elle peut circuler à l\u2019aise.Le Cirque du Soleil n\u2019a pas choisi n\u2019importe qui pour porter le patinage au niveau des arts du cirque.Kurt Browning, le champion mondial du patinage artistique, a créé les numéros de patinage, auxquels collabore Shawn Sawyer, également champion dans cette discipline.Le jongleur d\u2019origine chilien Jorge Petit n\u2019avait pour sa part chaussé des patins qu\u2019une fois ou deux avant d\u2019être recruté dans Crystal.« J\u2019étais allé deux fois à la patinoire publique, pour m\u2019amuser », dit-il.Depuis six mois, il a suivi un entraînement avec les meilleurs entraîneurs.« On a vraiment adapté la technique au patin, dit-il.On a eu de super bons entraîneurs, on a travaillé avec Kur t Browning.Ça m\u2019a aidé pour aller plus vite.La technique de jonglerie qu\u2019on utilise, ce sont des balles de rebond.Je n\u2019ai jamais vu de jongleur faire ça avant, la balle de rebond sur glace en patin.» Le très grand avantage du patin, c\u2019est évidemment la vitesse : cette vitesse fulgurante qui permet aux artistes d\u2019occuper davantage d\u2019espace, dans ces énormes arénas où le cirque produit ces plus gros spectacles depuis quelques années.Shana Carroll a aussi aimé jouer Une des scènes rappelle l\u2019ambiance d\u2019un match de hockey, avec pirouettes et acrobaties époustouflantes au sommet des rampes installées pour l\u2019occasion.CIRQUE DU SOLEIL Nous amenions notre fille de huit ans voir des spectacles de patinage artistique et nous nous disions qu\u2019il y avait lieu de donner un nouveau souffle à tout ça SHANA CARROLL » avec les sons et les silences des lames qui foulent la glace.L\u2019élaboration du spectacle a tout de même nécessité quelques ajustements.Lorsque Jérôme Sordillon descend sur la glace durant son numéro de sangles, il doit être assuré que ses souliers lui permettent à la fois de freiner et de glisser pour poursuivre son travail.La costumière Julie O\u2019Brien a d\u2019ailleurs dû travailler sur 22 modèles de chaussures avant d\u2019arriver à la chaussure idéale pour les pieds de Sordillon.«Je suis souvent seul dans les airs», dit Jérôme Sordillon au sujet de son numéro, au cours duquel il partage la glace avec la patineuse Nobahar Da- dui, de Toronto, qui incarne Crystal.«C\u2019est complètement différent et c\u2019est pour ça que c\u2019était intéressant.Il faut prendre son temps pour accrocher la glace.Même si j\u2019ai des crampons, c\u2019est sur la glace, donc ça glisse.Elle [No- bahar Dadui], elle a des patins, elle a de la vitesse.Et c\u2019est son élément.» Pour les artistes de cirque, il faut aussi apprendre à se réchauffer plus longtemps, pour pouvoir performer dans l\u2019air refroidi par la glace.Le patin ne semble en tout cas plus avoir de secret pour les performeurs du numéro de patinage acrobatique, dans une scène qui rappelle l\u2019ambiance de match de hockey, avec pirouettes et acrobaties époustouflantes au sommet des rampes installées pour l\u2019occasion en sus.Jorge Petit, quant à lui, vient de découvrir un univers.Nous l\u2019avons croisé à Chicago, mais il n\u2019était pas exclu qu\u2019il se rende sur la glace d\u2019une patinoire publique pour le seul goût de patiner, une fois de retour au Québec\u2026 Notre journaliste a séjourné à Chicago à l\u2019invitation du Cirque du Soleil.Crystal Une production du Cirque du Soleil.Directeur de création : Stefan Miljevic.Mise en scène : Shana Carroll et Sébastien Soldevila.Chorégraphe : Geneviève Dorion-Coupal.En tournée à Québec du 13 au 17 décembre au Centre Vidéotron et à Montréal du 20 au 31 décembre au Centre Bell. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 4 | CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Ah les mystères du milieu de l\u2019ar t ! Presque aussi complexes que ceux du milieu de la finance ou de la politique.Ces jours-ci, une exposition petite en dimension, mais grande en raison de son sujet et de l\u2019artiste qui la présente, permet de lever le voile sur certains aspects historiques de la mécanique du réseau artistique québécois.Durant de nombreuses années, Gabor Szilasi a pris des photos lors de vernissages d\u2019expositions.C\u2019est d\u2019ailleurs dans un de ces ver nis- sages qu\u2019il rencontra en 1960 sa future femme, Doreen Lindsay, qui deviendra une photographe réputée.Pour cette présentation au Musée McCord, Szilasi et la commissaire Zoé Tousignant ont choisi 43 images prises entre 1960 et 1980, images presque toutes inédites, sélectionnées dans plus de 3600 négatifs, dans une centaine de rouleaux de film 35 mm ! Szilasi a donc monté une documentation fabuleuse sur notre histoire de l\u2019ar t, sur une époque où, comme l\u2019écrit Tousignant, « les vernissages étaient des événements semi-privés voués principalement au développement du marché de l\u2019ar t local pour un groupe exclusif de personnes intéressées ».Szilasi a ainsi réalisé des photos d\u2019une qualité esthétique indéniable en prenant des images sur le vif.Szilasi fut de presque tous les vernissages à cette époque.Il était \u2014 et il est toujours \u2014 très fréquent de voir Szilasi présent dans ces fêtes, comme s\u2019il s\u2019agissait de sa famille élargie.Comme le souligne sa femme dans une vidéo réalisée pour cette expo, quand Gabor n\u2019est pas là dans un vernissage, les gens se demandent où il peut bien être\u2026 Il faut dire que, comme Szilasi le raconte, « il y avait moins de vernissages à l\u2019époque\u2026 un ou deux par mois ».De nos jours, il pourrait en faire deux ou trois par semaines.Gabor Szilasi nous montre une époque où la création artistique était bouillonnante, mais où il y avait peu de galeries d\u2019art contemporain.Dans les années de la Révolution tranquille, à Montréal, il y avait les galeries Denyse Delrue, Libre, Soixante, Dresdnère, qui semblait un peu trop commerciale aux yeux de certains.Szi- lasi nous montre des images de la galerie Agnès Lefort, fondée en 1950, et qui deviendra Mira Godard en 1961 avant de se transformer en 1968 en la galerie Godard Lefort.Par la suite se développèrent d\u2019autres galeries comme la galerie Martal, fondée en 1972, et qui exposa entre autres Irene F.Whittome en 1973.Et il y avait en- Szilasi et la scène artistique Gabor Szilasi tire le portrait d\u2019une époque effervescente au Québec Doreen Lindsay et Gabor Szilasi au vernissage de l\u2019exposition de Jeremy Taylor au Studio 23, à Montréal, en novembre 1969 SOURCE MUSÉE MCCORD core moins de galeries ou de lieux qui présentaient de la photo.Szilasi se souvient de l\u2019époque où Claude Haeffely avait commencé à en exposer dans le sous-sol de l\u2019ancien bâtiment de la Bibliothèque nationale.Puis il y eut la galerie privée Ya- jima, qui ouvrit ses portes en 1974\u2026 Dans la sélection présentée au McCord, le visiteur pourra entre autres voir des images de la première exposition du projet Disraeli réalisé par le Groupe d\u2019Action Photographique aux Galeries de photographie du Centaur en décembre 1972.Cette exposition de photos de Szilasi permet donc de revenir sur ces lieux qui sont devenus célèbres, mais aussi sur d\u2019autres lieux qui ont été oubliés, comme le Mansfield Book Mart, librairie logée au 2065, rue Mansfield.C\u2019est donc à un panorama d\u2019événe- ments ar tistiques importants pour notre histoire de l\u2019ar t que nous convie cette présentation.Des documents d\u2019une valeur inestimable.Les limites de la photo Malgré ce que l\u2019on pense en général dans la population, la photographie ne sert pas mieux la mémoire que d\u2019autres types de documents d\u2019archives ou d\u2019autres formes d\u2019arts.Après quelques années, les images que l\u2019on a prises deviennent vite mystérieuses et silencieuses.Même Gabor Szilasi ne se souvient pas de tous les gens présents dans ses photos.D\u2019où l\u2019importance de monter une telle exposition et de documenter ces images du vivant des différentes personnes que l\u2019on peut y voir.La commissaire Zoé Tousignant a d\u2019ailleurs réalisé un court métrage intitulé Vernissages qui permet d\u2019en apprendre plus sur l\u2019atmosphère et les gens qui constituaient ce milieu de l\u2019art.Elle raconte comment il est plus dif ficile de retrouver le nom des femmes que celui des hommes qui sont présents dans ces photos.Dans son film, on retrouvera le commissaire et historien de l\u2019ar t Normand Thériault, l \u2019ar tiste Claude Tousi- gnant, la traductrice Judith Terry, la collectionneuse et marchande d\u2019art Michico Yajima-Gagnon\u2026 Comme l \u2019explique Zoé Tousi- gnant, « ce film permet de conserver une mémoire orale » et de retracer plus finement la participation d\u2019acteurs impor tants à la scène ar tis- tique montréalaise.On émettra uniquement une réser ve envers cette exposition : l\u2019absence de catalogue.Une telle documentation mérite absolument qu\u2019un éditeur s\u2019y intéresse et publie un ouvrage de référence sur le sujet.Nous avons une histoire de l\u2019art très riche qui mérite d\u2019être expliquée et rendue publique.Gabor Szilasi nous montre une époque où la création artistique était bouillonnante, mais où il y avait peu de galeries d\u2019art contemporain Le monde de l\u2019art à Montréal, 1960-1980 Gabor Szilasi, au Musée McCord jusqu\u2019au 29 avril L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 LI RE Entrevue Entre lumière et humanité, 50 ans d'Himalaya dans l'oeil de Matthieu Ricard Quand le roman fait la planche BEAUX LIVRES L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 2 6 | GRAND ANGLE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR n œil.Une tapisserie aux couleurs ondulantes.Des hommes, en costume blanc ou noir, défiant la gravité, debout, sur les murs et le plafond d\u2019une chambre transformée en damier.Mais quelles images pouvait bien avoir en tête l\u2019intrigant « Monsieur B.» en affrontant le champion mondial d\u2019échecs Mirko Czentovic dans le douillet salon du paquebot reliant New York à Bue- nos Aires, décors de la nouvelle de Stefan Zweig Le joueur d\u2019échecs?L\u2019écrivain autrichien, témoin privilégié de la barbarie qui a fait basculer le monde dans la Deuxième Guerre mondiale, n\u2019est jamais allé aussi loin dans le détail de cette critique fine et violente du totalitarisme et de ses conséquences sur les trajectoires humaines.Contrairement à David Sala, qui, près de 75 ans plus tard, vient de s\u2019emparer de l\u2019œuvre publiée en 1943 pour y mettre formes, couleurs, visages et même mouvements.Le joueur d\u2019échecs (Cas- terman) étoffe le rang des œuvres littéraires qui, cet automne, font leur nid dans les cases du 9e art.De Zweig à Camus, en passant par Vian, Pagnol, Sijie ou Frank.Souvent pour le meilleur.Rarement pour le pire.«La littérature a toujours inspiré les modes d\u2019expression visuels», dit, depuis Nice, en France, le bédéiste Jacques Ferrandez.L\u2019homme signe Le premier homme (Gallimard), première adaptation en bande dessinée du roman franchement biographique d\u2019Al- ber t Camus, après avoir mis sur planches sa nouvelle L\u2019hôte en 2009, et L\u2019étranger en 2013.« Le cinéma se nourrit de littérature depuis toujours.Pour la bande dessinée, c\u2019est un peu plus récent, mais c\u2019est un signe de maturité de ce moyen d\u2019expression.Il fallait attendre l\u2019âge adulte dans lequel la bédé est entrée pour en arriver là.» «Se voir en bédé [Boris Dessiné] ne lui aurait sûrement pas déplu», lance Patrick Vian, fils de Boris Vian, dans la «petite préface» de L\u2019automne à Pékin (Futuropolis) des jumeaux Gaëtan et Paul Brizzi.Dans un style graphique proche des films d\u2019animation, le duo donne forme à Amadis Dudu, à Cornelius Onte, à Anne, à Rochelle et aux autres drôles d\u2019oiseaux qui habitent ce récit, qui ne se déroule ni l\u2019automne ni à Pékin, mais entre l\u2019Exopotamie et le comique absurde de Vian.« Ce n\u2019est pas le roman le plus facile à mettre en images, résume Paul Brizzi, joint à Los Angeles où il travaille avec son frère sur un long métrage d\u2019animation.Mais sa poésie est éternelle.» Le répertoire classique donne de bonnes histoires à raconter, dit-il en saluant la « force visionnaire » d\u2019auteurs comme Boris Vian, dont les romans «ont un aspect visuel qui frappe l\u2019imagination », ajoute son frère Gaë- tan, et invitent à la transposition dans une époque où « tout est image ».« L\u2019accès à l\u2019image est immédiat et multidirectionnel.C\u2019est la porte d\u2019entrée vers le texte », poursuit-il.« La bande dessinée n\u2019échappe pas au phénomène, reprend Paul.Une adaptation en bande dessinée vise à rapprocher une œuvre du public et, qui sait, l\u2019inciter à replonger dans le texte original.» «La littérature est une source d\u2019inspiration première, dit David Sala, joint par Le Devoir à Strasbourg, en France.Quand un texte nous frappe, l\u2019idée de le mettre en images survient très vite », particulièrement lorsque les liens avec le présent s\u2019imposent avec une résonance particulièrement dérangeante, comme dans le cas du Joueur d\u2019échecs.« Relire Stefan Zweig aujourd\u2019hui, c\u2019est voir autrement certaines idées [de repli, de ciblage de groupes d\u2019individus, d\u2019emmurement des nations] qui ressurgissent en ce moment.C\u2019est entendre autrement le bruit que font toutes ces opinions cherchant à s\u2019imposer par la force.» Sous les encres de Chine de Freddy Nadolny Poustochkine, c\u2019est la violence de l\u2019idéologie passant par la révolution culturelle de Mao qui Quand Albert Camus, Boris Vian et Stefan Zweig font la planche La bande dessinée puise de plus en plus dans le répertoire romanesque pour raconter ses histoires Le trait de David Sala suit le contour de tous ces maux sondés par Stefan Zweig CASTERMAN Le cinéma se nourrit de littérature depuis toujours.Pour la bande dessinée, c\u2019est un peu plus récent, mais c\u2019est un signe de maturité de ce moyen d\u2019expression.JACQUES FERRANDEZLI » Le premier homme, d\u2019après Albert Camus Jacques Ferran- dez, Gallimard, Paris, 2017, 184 pages L\u2019automne à Pékin, d\u2019après Boris Vian Paul et Gaëtan Brizzi, Futuropo- lis, Paris, 2017, 124 pages U | 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Les marmottes du Montana J\u2019ai ma propre version du jour de la marmotte.Je rouvre les yeux ce ma- tin-là et je songe que je dois écrire une chronique où il sera question du premier recueil de nouvelles d\u2019un auteur étasunien prometteur, la jeune trentaine, né dans le Michigan, vivant au Montana, où il gagne sa vie comme guide de pêche à la mouche professionnel.Qu\u2019il ait été découvert par le New Yorker (Wink est devenu le plus jeune écrivain à y faire paraître une nouvelle en 2011), et salué d\u2019outre-tombe par un Jim Harrison qui, sur ses dernières photos, ressemble de plus en plus à un Yoda du Wild West avec les oreilles moins proéminentes, que son livre ait été traduit par Michel Lederer et paraisse en français dans la collection «Terres d\u2019Amérique» chez Albin Michel, tout cela semble couler de source.Dans mon 2 février à moi, la nouvelle jeune sensation des lettres étasuniennes ne travaille pas toujours comme guide de pêche.Il peut arriver qu\u2019elle \u2014 et prenons, ici, quelques secondes pour nous réjouir de ce rare triomphe du féminin sur le masculin, car s\u2019il est un «boys\u2019 club» dans la littérature américaine, c\u2019est bien cette bande de l\u2019Ouest \u2014, il peut arriver, dis-je, qu\u2019elle gagne sa croûte comme reporter à la pige ou qu\u2019elle enseigne la littérature à l\u2019Université de Mis- soula, en attendant de se lancer dans l\u2019élevage du bison ou autre chose.La jeune sensation a de préférence roulé sa bosse et exercé trente-six métiers, comme Elwood Reid, tour à tour charpentier en Alaska, videur, barman, cuisinier et animateur d\u2019ateliers d\u2019écriture \u2014 et d\u2019ailleurs, qu\u2019est-il devenu?Bûcheron en Oregon est une autre bonne «ligne de CV» pour l\u2019éventuelle recrue de la «Montana Connection».Et donc, j\u2019ai sauté du lit, prêt à mettre mes pas dans mes propres traces, sur ces sentiers bien balisés, pour ne pas dire lourdement pavés, car, comme disait l\u2019autre, un mythe est un mythe est un mythe et Missoula n\u2019est peut-être pas Venise, mais il commence à y avoir foule à cette école du Montana.Michi- gan-Montana Express: la vieille trail de Hemingway\u2026 Cette littérature, il faut bien le dire, ne nous dépayse plus tellement avec ses grands solitaires vivant majoritairement dans des maisons mobiles ou des maisonnettes isolées au bout de chemins de terre et de longues allées gravillonnées s\u2019enfonçant au milieu des collines et des prairies sauvages, et roulant majoritairement en pick-up pour aller poser leur cul sur un tabouret dans le genre de bar qui est pratiquement désert à l\u2019heure du 5 à 7 et où les seuls personnages en vue, assis beaucoup trop près de nous, sont «un costaud [coiffé] d\u2019un Stetson maculé de sueur et orné d\u2019une plume de faisan mitée, plantée dans le bandeau.Ses cheveux hirsutes se déployaient sous le bord du chapeau et il était vêtu d\u2019un gilet de cuir avec rien en dessous sinon une toison de poils d\u2019un noir bleuté.Son compagnon, beaucoup plus petit, la peau très pâle, était presque chauve, hormis une longue mèche de cheveux blonds clairsemés qu\u2019il avait ramenée sur le côté du crâne.Il portait [\u2026] à la ceinture, dans une gaine, un poignard à manche de plastique jaune clair censé imiter la corne ».On ne se sauve pas en courant, on ne referme même pas le livre, parce que ce gars, Callan Wink, écrit plutôt bien.Il a déjà ses obsessions, par exemple le champ de bataille des bords de la Little Big Horn où continue de mourir, traversant le recueil telle une grosse truite céleste saisie de convulsions d\u2019éternité, le fantôme du général Custer lardé de flèches et castré par les squaws.Dans la meilleure de ces neuf nouvelles, le chef de chantier d\u2019un complexe résidentiel huppé appelé Yellowstone Club provoque la mort de quatre ouvriers d\u2019origine mexicaine en les obligeant à travailler le jour de Thanksgiving, sous la menace implicite d\u2019aller mettre son nez dans les papiers (ou leur absence) de ces immigrants au statut légal douteux.La descente aux enfers morale de notre homme le mènera finalement à la tente à sudation des Indiens Crows, puis à une éblouissante scène de rédemption où danse sacrée du Soleil et basketball se fusionnent pour donner une authentique apothéose américaine.Au passage, sur les traces du contremaître Rand, on aura vu, triste spectacle, les bords de la mythique Yellowstone se couvrir de « [vastes demeures] de pierre et de bois genre chalet », avec « télésiège privé [menant] au sommet de la montagne depuis le garage de la maison», et destinées aux milliardaires de la nouvelle économie et autres génies des applis et du fric instantané.Le travail de Michel Lederer est impeccable.En traduisant correctement les « three coveys of Huns and two sharptails » du texte original, il m\u2019a appris qu\u2019aux États-Unis, on désignait la perdrix hongroise (hungarian partridge) du nom de la tribu d\u2019Attila.Je suis impressionné.Louis Hamelin Chronique prend forme dans son Balzac et la petite tailleuse chinoise (Futuropolis), adaptation du livre fort de Dai Sijie.Luo et Mâ, les deux amis victimes de cette mutation désastreuse pour l\u2019Empire du Milieu, sont là, tout comme la charge subtilement critique du romancier chinois, qui trouve ici son chemin entre les ombres et la lumière.« Adapter une œuvre l ittéraire forte permet à un auteur de travailler à par tir d\u2019un scénario qui a fait ses preuves », fait remarquer Sylvain Lemay, qui enseigne la bande dessinée à l\u2019Université du Québec en Ou- taouais.Une aventure souvent commercialement intéressée, mais qui perd son aspect mercantile lorsque l\u2019idée de l\u2019adaptation vient du bé- déiste lui-même et de sa rencontre avec une œuvre ou un écrivain.« On se retrouve alors face à un dialogue entre deux auteurs autour de thèmes communs », comme ce fut le cas pour Jacques Ferrandez et Albert Camus.« J\u2019ai retrouvé dans Le premier homme, quand je l\u2019ai lu en 1994, les mots de mon père, dit-il, mais aussi une partie de ce qu\u2019avait été l\u2019histoire de ma famille et des lieux que j\u2019avais arpentés lors d\u2019un premier voyage en Algérie, où je suis né et où je n\u2019ai jamais vécu.» Anecdote : les grands-parents de M.Ferrandez tenaient boutique en face du 93 de la rue de Lyon à Alger, immeuble où le jeune Camus a passé son enfance.« La bande dessinée permet de mettre des choses en situation dans des lieux singuliers sans rencontrer les problèmes de financement et de production du cinéma », poursuit le bédéiste, qui trace les contours du quar tier Belcour t à la fin des années 1940, avec ses cafés et ses fontaines asséchées en été, avec « leur odeur de soleil et d\u2019urine », comme l\u2019écrit Camus.« C\u2019est faire aboutir une histoire, tout en respectant son surréalisme, sa fantaisie, ajoute Paul Brezzi, en restant dans des cadres budgétaires raisonnables.» Cadres forcément au diapason d\u2019un présent intransigeant qui appelle à faire toujours plus avec moins et qui réclame de plus en plus poésie et images pour survivre à la chose.D E S C L ASS I Q U E S Q U I FO N T D E S B U L L E S Jean de Florette, d\u2019après Marcel Pagnol (Bamboo édition) Une gentille adaptation de la naïve histoire mise au monde par Pagnol, par Serge Scotto, Éric Stoffel et Alexandre Tefenkgi En attendant Bojangles, d\u2019après Olivier Bourdeaut (Steinkis) L\u2019amour fou et la passion excessive circonscrits dans le roman de Bourdeaut magnifiquement mis en dessins par Ingrid Chabbert et Carole Maurel.Le journal d\u2019Anne Frank (Calmann-Lévy) Œuvre illustrée autant que didactique offrant cette plongée toujours nécessaire dans l\u2019intimité d\u2019un génocide par Ari Folman, David Polonsky.L\u2019athénée (Çà et là) La violence d\u2019un pensionnat pour la bourgeoisie de Rio de Janeiro en 1870 sous les traits d\u2019un bédéiste redoutable, par Marcello Quinta- nilha et Raul Pompéia.La face de Maître Pathelin (Actes Sud) C\u2019est une farce du Moyen Âge qui, soutenue par la finesse du dessin, vient parler au présent, par David Prudhomme et Alexandre Clérisse L\u2019Alger de Camus selon Ferrandez GALLIMARD Balzac et la petite tailleuse chinoise, d\u2019après Dai Sijie Freddy Nadolny Poustochkine, Futuropolis, Paris, 2017, 320 pages Le joueur d\u2019échecs, d\u2019après Stefan Zweig David Sala, Casterman, Bruxelles, 2017, 140 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 2 8 | ENTREVUE ISABELLE PARÉ LE DEVOIR e ses 50 ans passés sur le toit du monde, le moine bouddhiste Mat- thieu Ricard a rapporté plus que des montagnes de savoirs sur la vie spirituelle des hommes des hauts plateaux.De sa retraite, il a tiré des images uniques, attrapées au hasard de rencontres avec des sages et des mondes hors du temps, presque oubliés par la modernité.Dans son tout dernier ouvrage, Un demi-siècle dans l\u2019Himalaya, le philo- sophe-photographe publie la somme de cinq décennies vécues tant en Inde, au Bhoutan, au Népal qu\u2019au Tibet.Plus qu\u2019un documentaire sur son cheminement personnel dans le monde bouddhiste, ce voyage photographique, qui s\u2019étend de 1967 à 2016, embrasse des moments clés de l\u2019histoire récente et peu connue de ses maîtres élevés au rang de semi- dieux sur les plateaux de l\u2019Himalaya.Plus de 350 photographies explorent autant l\u2019héritage spirituel de ces hommes que l\u2019incroyable expression culturelle du peuple tibétain.Un peuple devenu le propre port d\u2019attache de Matthieu Ricard, depuis 1967.«C\u2019est une célébration de 50 ans de vie, présentée comme un par tage.Cela montre l\u2019extrême sagesse des visages des maîtres spirituels, et cela donne confiance aussi en la nature La lumière en portrait sur le toit du monde Matthieu Ricard rend compte en photos des 50 ans qu\u2019il a passés dans l\u2019Himalaya Matthieu Ricard a tiré des images attrapées au hasard de rencontres avec des sages et des mondes hors du temps.PHOTOS ÉDITIONS DE LA MARTINIÈRE VITRINE Personnalités mises à nu Pour savoir où il va, il faut peut-être replonger dans ce qu\u2019il a dit en mars 1990 dans les pages du magazine Playboy, haut lieu du galbe fessier et du sein siliconé exposés sur des doubles pages.Pour se donner bonne conscience, l\u2019endroit livrait dans ses belles années de grandes entrevues avec des personnalités fortes de son temps.Le milliardaire Donald Trump y est passé pour y partager sa fascination pour le régime répressif de Deng Xiaoping, qui, quelques mois plus tôt, a maté la révolte étudiante à la place Tiananmen en Chine.«Quand les étudiants sont arrivés en masse sur la place [\u2026], le gouvernement chinois a failli se laisser déborder.Ensuite, ils ont été ignobles, horribles, mais ils ont réprimé les manifs avec force.Ça vous montre le pouvoir de la force.Notre pays, en ce moment, est perçu comme un pays faible\u2026 et le reste du monde lui crache dessus\u2026» Twitter n\u2019existait pas, mais Trump avait trouvé dans cette rencontre \u2014 une des vingt composant ce retour en arrière dans l\u2019espace éditorial balisé par Hugh Hefner \u2014 le cadre idéal pour être lui-même et dire n\u2019importe quoi, sur son égo, sa fortune ou encore sur Jimmy Carter et «certains de nos présidents [qui] étaient d\u2019incroyables bouffons», dit-il.Qui parle, comme dirait l\u2019autre?Relire Trump, 25 ans plus tard, permet de voir qu\u2019il n\u2019a pas changé.Mais ces grandes entrevues sont aussi l\u2019occasion d\u2019appréhender les changements sociaux qui se sont opérés dans les 50 dernières années.Marcello Mastroianni, rencontré en 1960 par Playboy, le prouve en disant: «Le matriarcat a fait des femmes des monstres asexués [qui s\u2019entassent] sur des divans psychiatriques».À la fin du livre, Roman Polanski lui fait écho en demandant à son interlocuteur d\u2019admettre que «la plupart des femmes qu\u2019on croise n\u2019ont pas vraiment inventé la poudre».Autre temps\u2026 Tout ça pourrait donner envie de pleurer, mais heureusement, dans ce florilège de points de vue pour hommes en quête de courbes plus que de sens, Stanley Kubrick, Patricia Hearst, Joyce Carol Oates, Paul Simon, Tim Burton ou encore Salman Rushdie sont là, pour parfois surprendre et quelques fois faire sourire, comme Jack Nicholson qui rappelle ce proverbe chinois: «Un homme ne peut pas tomber amoureux s\u2019il est mort.» Pas de doute: Playboy a bien été un magazine divertissant! Fabien Deglise D Matthieu Ricard GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Paroles de lapin Les grands entretiens du magazine Playboy ?Éditions du sous-sol, Paris, 2017, 260 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 1521, 1570 En 1570, quand Les Quatre Livres de l\u2019architecture de Palladio sont imprimés 1837 En 1837, quand Charles Babbage conçoit la machine analytique 1884, 1895, 1943, 1963, 1964, 1970 En 1970, quand l\u2019Expo \u201970 a lieu à Osaka 1987, 1991, 1992, 2002, .2017 Quand le numérique marque-t-il l\u2019architecture ?Centre Canadien d\u2019Architecture Sternberg Press cca.qc.ca humaine », nous expliquait Matthieu Ricard, rencontré lors de son passage à Montréal en octobre dernier.Photographe depuis l\u2019âge de 10 ans et ami du grand photographe Henri Cartier-Bresson, Ricard, sans être un grand technicien, a saisi certains de ces « instants décisifs » qui distinguent les images exceptionnelles des autres.Libéré des contraintes extrêmes posées dans ces lieux reculés par la photographie argentique, l\u2019appareil photo de Ricard se fait d\u2019ailleurs beaucoup plus criant de vérité dans les planches plus récentes.Davantage qu\u2019un hommage à ces mentors, ce demi-siècle témoigne de l\u2019amour profond de Ricard envers cette terre qui frôle les cieux, ce pays où les montagnes et les âmes se nourrissent d\u2019immensité.Le traducteur du dalaï-lama en a tiré des scènes issues d\u2019un autre monde, capturées dans l\u2019intimité de temples centenaires perchés à 4000 mètres d\u2019altitude.« Au Bhoutan, j\u2019ai vécu comme au Moyen Âge, sans aucun indice du monde moderne, mais dans une culture très sophistiquée », souligne Ricard qui a documenté, avec son appareil photo, l\u2019incroyable retour de 30 ans d\u2019exil de son premier maître tibétain, Dilgo Khyentsé Rinpotché.Pèlerinages de maîtres portés sur des palanquins à travers des cols vertigineux, cohortes de cavaliers à cheval, monastères accrochés aux cimes : le monde surréel croqué par Ricard semble issu d\u2019un autre siècle, d\u2019une autre dimension.Les photos of frent une incursion rare dans la vie de ses maîtres adulés, mais dévoilent aussi une myriade de portraits aux visages burinés, portant une histoire millénaire.« Il faut vivre quelque part longtemps pour avoir de telles images.Il m\u2019a fallu un an pour capturer 80 moments magiques lors d\u2019un ermitage », soutient le moine français.De cette attente ressort une œuvre de lumière, traversée par la pureté cristalline des ciels himalayens et l\u2019unicité d\u2019une civilisation résiliente, malgré l\u2019oppression qui a détruit 5800 des 6000 monastères bouddhistes construits au Tibet durant la seule Révolution culturelle chinoise.«Cartier-Bresson disait que ce sont les photos qui nous prennent, pas le contraire », rappelle le moine qui, après 20 ans de conférences données à travers le monde, est retourné sur ses hauts plateaux.C\u2019est bien le monde himalayen qui a capturé l\u2019homme, plus que l\u2019inverse.Et, cette fois, prédit-il, ce sera pour longtemps.Un demi-siècle dans l\u2019Himalaya Matthieu Ricard, Éditions de la Martinière, Paris, 2017, 352 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 3 0 | CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Marilyn Monroe aimait l\u2019appareil photo et celui-ci ne le lui rendait que trop bien.Surtout lorsque c\u2019était son ami Milton H.Greene, l\u2019un des plus grands photographes du XXe siècle, qui se trouvait derrière l\u2019objectif.De 1953 à 1957, de Mandoline à Séance en rouge, en passant par Ballerine, Prostituée et la sulfureuse Séance en noir, la collaboration entre Monroe et Greene donna lieu à cinquante séances mémorables.Si le nom de Milton H.Greene est moins connu que celui de Marilyn Monroe, son art n\u2019en demeure pas moins illustre et célébré à travers le Magnifique Marilyn Il y a plus de 60 ans, Milton H.Greene célébrait la beauté de la mythique Monroe Parmi les 400 clichés, 154 étaient jusqu\u2019à maintenant inédits.PHOTOS FLAMMARION Ma très grande mélancolie arabe Un siècle au Proche-Orient ?Lamia Ziadé, P.O.L., Paris, 2017, 414 pages CRITIQUE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR « Je bois seul une coupe vide que je me figure toujours être pleine.» C\u2019est par une musique de Mohamed Abdel Wahab, chanteur, acteur et compositeur d\u2019une dizaine de titres d\u2019Oum Kalthoum, que furent por tés ces mots d \u2019Hussein el - Sayyed au siècle dernier.Et c\u2019est par l \u2019 immense talent de Lamia Ziadé et de son Ô nuit ô mes yeux qu\u2019arriva en 2015 la mélancolie portée par ceux-ci jusqu\u2019à un public souvent peu familiarisé avec les cabarets du Caire et du Beyrouth de la belle époque.C\u2019est qu\u2019elle était palpable, chez Ziadé, cette mélancolie.De là son travail acharné, son souci d\u2019entretenir ce lien de proximité immédiat l\u2019unissant à un héritage s\u2019oblitérant au fil des conflits.Et c\u2019est là tout le nœud de son plus récent roman graphique, Ma très grande mélanco l ie arabe , publ ié chez P.O.L.: les cassures, les désastres, les intel lectuels assassinés, les monuments dynamités.Tout cela comme héritage, comme poids atavique.Et par-dessus tout : le besoin d\u2019y trouver un sens.Mélancolie poussée à l\u2019extrême Ce livre, c\u2019est un voyage raconté au « tu » qui débute dans le sud du Liban, terre des mar tyres, et qui se termine en Égypte, à une époque où l\u2019on ne sait plus dans quelle partie de la cité des morts est enterrée Oum Kalthoum, et où l\u2019on découvre que le balcon à par tir duquel Nasser a prononcé le discours de Suez n\u2019existe plus.C\u2019est aussi la mélancolie poussée à l\u2019extrême, le désespoir remis en contexte ; le « suicide » dans le mot « attentat suicide ».Comme Ziadé l \u2019expl iquait récemment sur les ondes de France Culture, la genèse de ce livre remonte aux premières femmes kamikazes du Moyen- Orient \u2014 souvent des chrétiennes \u2014 et au culte des mar tyres.Dans son habituelle aisance à faire dialoguer les événements historiques, Ziadé passe, l\u2019espace de 414 pages, de Sanaa el-Mehaidly (première femme à commettre un attentat suicide contre un convoi israélien, en 1985) à la bataille de Karbala, en Irak, en l\u2019an 680.Centre névralgique de combat Dans un moment lumineux, l \u2019au- teure fait l\u2019éloge d\u2019un éclair de génie qui traversa l\u2019esprit de Maurice Chébab, directeur des antiquités au Musée national de Beyrouth, lorsque éclate la guerre, en 1975.Situé « route de Damas », une démarcation séparant Est et Ouest, le musée était alors un centre névralgique de combat.Ne pouvant trans- por ter les sarcophages inestimables de l\u2019établissement, Chébab les abrita en faisant couler par-dessus ceux-ci du béton armé.Il fit ensuite courir la rumeur que le musée avait été pillé.Après la guerre (et après la mort de Chébab), l\u2019équipe put démanteler 94 imposants blocs de béton.Dans son livre, Ziadé relate les mots de l\u2019actuelle conser vatrice du musée : « Même si nous savions exactement ce qu\u2019ils recelaient, ce fut à chaque fois un grand moment d\u2019émotion.» Lire Lamia Ziadé, en 2017, nous renvoie en quelque sorte à cette af fir- mation.Chacun de ses livres fait pour la culture arabe à la fois ce que fit Chébab, et plus tard l\u2019équipe du musée : protéger la véritable richesse et la redécouvrir.La beauté tragique d\u2019une danse macabre L\u2019illustratrice franco-libanaise Lamia Ziadé cherche un sens dans les drames du monde arabe Détail d\u2019une illustration tirée du livre de Lamia Ziadé ÉDITIONS P.O.L. | 3 1 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L\u2019heure du grand ménage médical La santé est une obsession occidentale.Le Québec n\u2019échappe pas à la tendance, et moi non plus.Nous n\u2019allons pas toujours bien, mais nous voulons vivre longtemps malgré tout.Par conséquent, nous comptons sur la médecine pour nous aider, pour nous guérir, voire pour nous sauver.En bons Occidentaux formatés par le capitalisme, nous appliquons à ce domaine la même logique qu\u2019aux autres: plus, c\u2019est mieux, donc nous n\u2019en avons jamais assez.Et si nous errions?C\u2019est la thèse que défend l\u2019urgento- logue Alain Vadeboncœur dans Désor- donnances (Lux, 2017, 344 pages).Il déplore, lui aussi, que l\u2019organisation actuelle de notre système de santé rende trop souvent difficile l\u2019accès à un médecin et il affirme qu\u2019il est temps de corriger cet irritant.Défenseur du régime public, Vadeboncœur écrit même que «l\u2019État pourrait certainement geler les revenus moyens des médecins pendant quelques années, afin d\u2019attribuer la marge de manœuvre ainsi dégagée à l\u2019amélioration du réseau».On reconnaît l\u2019influence du père, le regretté essayiste de gauche Pierre Vadeboncœur, dans ce souci de la justice sociale.Relativiser la médecine L\u2019urgentologue nous invite à aller encore plus loin, à remettre en question notre croyance selon laquelle, en matière de médecine, plus serait toujours mieux.«Mais il faut aussi moduler nos attentes envers une médecine qui n\u2019est responsable que d\u2019une partie de l\u2019amélioration de notre santé», écrit-il.Au Québec, quand on dit «santé », on entend «médecine ».Pourtant, précise Vadeboncœur, cette dernière, si elle est importante, ne constitue qu\u2019un élément dans le maintien de notre bien-être.Au XXe siècle, l\u2019espérance de vie s\u2019est allongée de 30 ans, mais seulement «8 de ces 30 années sont imputables aux soins médicaux».L\u2019amélioration des conditions de vie \u2014 éducation, travail, environnement \u2014 a fait le reste.Il faut donc en remercier, écrit Vadeboncœur, les «éboueurs, ingénieurs, agriculteurs, constructeurs, réformateurs sociaux, professeurs, syndicalistes, camionneurs, pompiers, policiers, fonctionnaires [\u2026] gouvernements et entreprises, n\u2019en déplaise à mes collègues qui croient parfois porter le poids du monde sur leurs épaules où repose leur stéthoscope».À titre de médecin, Vadeboncœur entend néanmoins assumer son rôle en soignant les malades à l\u2019Institut de cardiologie de Montréal et en fournissant une information médicale de qualité à toute la population.Son livre, à la fois rigoureux, bien écrit et plein d\u2019humour, est d\u2019ailleurs le meilleur livre de médecine paru au Québec depuis longtemps.Joyeux drille, l\u2019urgentologue établit d\u2019abord un diagnostic universel.«Vous êtes fatigué, stressé, vous vieillissez trop vite à votre goût, vous souffrez même parfois de ballonnements, voire de lourdeurs et de maux de tête, note-t-il.Je suis pareil et le diagnostic est évident: vous êtes comme tout le monde.» Cette situation explique le succès de tous ces livres proposant des recettes et cures miracles pour recouvrer la pleine santé.Vadeboncœur ne joue pas dans ce film.Le dépistage inutile À la manière de son ami et préfacier le Pharmachien, un autre sympathique et indispensable luron, l\u2019urgen- tologue oppose les preuves aux opinions et anecdotes afin de proposer un programme santé, modeste peut- être, mais efficace.Sur le podium des meilleures mesures préventives, il place, dans l\u2019ordre, l\u2019arrêt du tabac, le sport et l\u2019alimentation.«L\u2019exercice régulier demeure le traitement qui a le plus d\u2019effets universels», écrit-il, et «une alimentation simple et variée, avec beaucoup de fruits et de légumes», s\u2019avère le régime idéal.Oubliez ces miroirs aux alouettes que sont la détox et les superaliments.Marchez, mangez des carottes, faites- vous vacciner, et ça ira.Vadeboncœur, qui se vante presque de ne pas avoir de médecin de famille, mène aussi la charge contre cette plaie médicale qu\u2019est le surdiagnostic.Quand on va bien, explique-t-il, les bilans de santé annuels ne servent à rien et le dépistage de divers cancers (côlon, sein, prostate) non plus.Ils peuvent même nuire à la santé en imposant des tests pénibles à des bien portants.Cette thèse explosive, contraire au matraquage médical habituel et dont l\u2019application libérerait d\u2019énormes ressources dans notre système de santé, est solidement défendue, depuis des années, par les médecins américains Nor- tin M.Hadler (Le dernier des bien portants, PUL, 2008) et H.Gilbert Welch (Le surdiagnostic, PUL, 2012), de même que par leur traducteur québécois, le docteur Fernand Turcotte.Il est d\u2019ailleurs étonnant que Vadeboncœur ne fasse pas référence à ces ouvrages pionniers, que je chéris parce qu\u2019ils m\u2019ont presque guéri de mon hypocondrie.Le jour de l\u2019An approche.Lire Va- deboncœur d\u2019ici là vous donnera de sacrées bonnes idées de résolutions.Louis Cornellier Chronique monde.Rappelons que la photo Ballerine assise, où la star por te une robe au jupon de tulle deux tailles trop petites, fut choisie, en 1999, comme l\u2019une des trois photos les plus importantes du XXe siècle avec celle d\u2019Einstein par Philippe Hals- man et celle de Winston Churchill par Yousuf Karsh.Faisant suite à Milton\u2019s Marilyn, publié en 1994, Joshua Greene, fils de l\u2019artiste, regroupe dans Marilyn inédite 284 photographies en couleurs et en noir et blanc des 400 clichés tirés des cinquante séances.Parmi ces images, 154 étaient jusqu\u2019à maintenant inédites.Quelque soixante ans plus tard, l\u2019actrice et le photographe réser vaient encore des surprises à leurs ir réductibles admirateurs, toutes générations confondues.Préserver des imperfections Au-delà de la beauté intemporelle de la star, Joshua Greene a voulu respecter l\u2019essence du travail de son père, allant jusqu\u2019à préserver ce que certains voient aujourd\u2019hui comme des défauts, les imper fections liées au passage du temps.« Les images d\u2019origine sont d\u2019ailleurs bien pires que celles que vous verrez entre les pages de cet ouvrage.Leur qualité est altérée parce que les pellicules ont beaucoup souf- fer t au moment de leur développement, en particulier les 35 mm noir et blanc que Milton, emporté par l\u2019excitation, développa dans une chambre d\u2019hôtel avec des temps d\u2019exposition et une température de l\u2019eau incohérents.Mais j\u2019ai jugé plus important de laisser d\u2019abord parler l\u2019émotion.» Et de l\u2019émotion, il y en a à cha que page.Pour chaque séance, Johsua Greene sert de guide alors qu\u2019il raconte dans quels contextes les photos ont été prises, explique les conditions d\u2019éclairage et dévoile quelques potins de plateau.Ce faisant, il permet au lecteur de découvrir des facettes de la star, notamment dans les séances Lit, Paysanne, Osier et Piscine, qui s\u2019offre à l\u2019objectif avec abandon.Au fil des pages, Greene relate aussi une histoire d\u2019amitié qui débuta lors d\u2019une séance historique pour le magazine Look.Plus que quiconque de ses pairs, Greene immortalisa à la perfection cette part d\u2019érotisme et d\u2019innocence qui se dégageaient de l\u2019iconique blonde platine, cette douce tristesse qui voilait son regard, ces lèvres gourmandes de vamp et ce sourire éclatant de fillette.Malgré les décennies qui nous séparent de Marilyn Monroe, les photographies de Milton H.Greene sont si vibrantes de vie que l\u2019on croirait entendre le rire d\u2019enfant et la petite voix de l\u2019actrice la plus glamour de tous les temps en feuilletant ce magnifique album.Marilyn inédite ?1/2 Milton H.Greene, traduit de l\u2019anglais par Alexandra Maillard, Flammarion, Paris, 2017, 268 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Gaston Deschênes Éditions du Septentrion 152 pages, 29,95 $ Aussi en numérique Alain Asselin, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu Éditions du Septentrion 312 pages, 49,95 $ Aussi en numérique Julia Dahl Médiaspaul 296 pages, 29,95 $ Collectif Guides de voyage Ulysse 208 pages, 34,95 $ Aussi en numérique Collectif Guides de voyage Ulysse 208 pages, 34,95 $ Aussi en numérique Marcel Sabourin Planète rebelle 96 pages, 24,95 $ Avec CD Daniel Guénette Les éditions de la Grenouillère 188 pages, 20,95 $ Aussi en numérique Yvon Deschamps Dramaturges Éditeurs 116 pages, 16,95 $ Louis-Philippe Hébert et Micheline Lanctôt Les éditions de la Grenouillère 392 pages, 24,95 $ Aussi en numérique Caroline Legouix Les éditions de la Grenouillère 124 pages, 18,95 $ Aussi en numérique Des livres qui ont tant à offrir. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Rodolfo Walsh et Inés Calveiro Traduction : Jules Des Chênes Les 400 coups 24 pages, 18,95 $ Nicolas Paquin Éditions du Phœnix 290 pages, 13,95 $ Gilles Côtes Éditions du Phœnix 222 pages, 11,95 $ Gilles Lapointe Presses de l\u2019Université de Montréal 448 pages, 59,95 $ Aussi en numérique Bruno-Jean Rotival et frère Bruno-Marie Médiaspaul 256 pages, 59,95 $ Denis M.Boucher et Paul Roux Bouton d\u2019or Acadie 184 pages, 19,95 $ Aussi en numérique Danielle Chaperon et Josée Bisaillon Fonfon 32 pages, 19,95 $ gâtez-vous, offrez-les ! Guy Laperrière Médiaspaul 304 pages, 24,95 $ Sylvain Rivière et Réjean Roy Bouton d\u2019or Acadie 56 pages, 15,94 $ Aussi en numérique Réjean Ducharme les éditions du passage 248 pages, 44,95$ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e .DESIGN 100 bâtiments contemporains en brique ?Philip Jodidio, Taschen, Cologne, 2017, 648 pages, deux volumes L\u2019éditeur allemand Taschen et son auteur vedette d\u2019architecture, Philip Jodidio, ont trouvé la recette : un thème et une liste de cent bâtiments du XXIe siècle.Après le béton, la maison, le bois, voici la brique.La chose serait à déplorer si ce n\u2019était de la qualité de la publication trilingue, deux tomes grand format et d\u2019innombrables images sur chaque édifice\u2026 Parfois au détriment des textes.Et pourquoi la brique?L\u2019auteur fait la démonstration de l\u2019universalité du matériau en argile, de son caractère éternel.Il est prisé de l\u2019Antiquité aux modernes \u2014 Mies van der Rohe et Frank Lloyd Wright voyaient en lui les assises de l\u2019architecture.Abordable, motif à répétition, noble.Du Québec, l\u2019auteur a retenu trois exemples, deux maisons de l\u2019architecte Alain Carle et un magasin de pneus de Verdun transformé en studio par le bureau Mark + Vivi.Jérôme Delgado JEU VIDÉO Game ?Jean Zeid, Seuil, Paris, 2017, 240 pages Il y a quelque chose de savoureux dans l\u2019idée de recourir au livre pour remonter l\u2019histoire du jeu vidéo.Mais cette idée du papier pour flâner dans l\u2019arrière-scène des titres à succès, revenir sur l\u2019esprit du moment\u2026 Cette idée invite le lecteur à prendre son temps.À la fois dictionnaire, recueil de biographies et reportage en pièces détachées, Game retrace avec finesse la genèse et le boom du jeu.Il y a la petite histoire des titres marquants : OutRun, Myst, The Legend of Zelda, Doom, Mine- craft, la série Call of Duty, Over- watch, etc.Il y a l\u2019évolution des arcades et l\u2019effet dévastateur des consoles.Il y a l\u2019effondrement de 1983, résultat d\u2019un marché saturé.Trouble-fête social à ses heures, comme l\u2019ont été le rock\u2019n\u2019roll et le roman, le jeu vidéo d\u2019aujourd\u2019hui « se regarde autant, voire plus, qu\u2019il ne se joue », nous rappelle l\u2019auteur.Une émancipation complète en quelques décennies seulement\u2026 François Desjardins JEUNESSE Cassandra Mittens et la touche divine ?1/2 Véronique Drouin, Québec Amérique, Montréal, 2017, 480 pages Des aventures scabreuses et de grandes émotions, ce roman historique entre fantastique et horreur en jette.À la fin du XIXe siècle, dans un Montréal habité par la pègre, une jeune fille noble en rupture avec les valeurs familiales orthodoxes dispose d\u2019un don rare : la « touche» \u2014 ou la faculté de lire dans les pensées.Mais voilà qu\u2019elle fugue, et qu\u2019elle réalise ne pas être la seule à porter pareil fardeau\u2026 Avec ses nouveaux alliés, des cœurs vaillants comme des exclus de la rue, elle luttera contre la secte des Porteurs de la touche divine, leurs semblables qui, eux, souhaitent accéder à la mairie de façon discutable.Si les personnages restent attachants et l\u2019intrigue bien rodée, c\u2019est là tout ce qui donne corps à ce roman inégal aux dialogues sans finesse, qui parle politique, discrimination et place des femmes avec maladresse.Un travail d\u2019édition plus resserré aurait permis d\u2019évacuer des longueurs et des erreurs linguistiques, mais surtout de faire de cette histoire dans l\u2019Histoire une leçon plus subtile.Geneviève Tremblay ALBUM ILLUSTRÉ Émile rêve ?Vincent Cuvellier et Ronan Badel, Gallimard, Paris, 2017, 28 pages Émile tombe facilement du côté du rêve.Il est comme ça.Quelques instants d\u2019éveil le mènent d\u2019un endroit à l\u2019autre, du déjeuner à la classe, par exemple, mais rapidement son esprit divague.Il imagine sans effort un pigeon rouge et vert à la tête de chat voler au-dessus de lui, une vache qui tente d\u2019attraper un train avec un lasso ou alors un éléphant rose partageant la cour d\u2019école avec les copains.Le trait à la fois tendre et caricatural de Ronan Badel appuie avec désinvolture la folie de Cuvellier.La dernière illustration valorise d\u2019ailleurs toute l\u2019imagination d\u2019Émile, que l\u2019on retrouve dans l\u2019eau, à la campagne, entouré des différents personnages qu\u2019il nous a fait découvrir en rêve.Cuvellier a l\u2019art de mettre en scène des instants du quotidien, l\u2019univers des petits, sans tomber dans des ornières.Sa plume allie avec finesse la candeur et l\u2019ouverture propres à l\u2019enfance.Marie Fradette CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Entre le rire et les larmes, il y a par bonheur encore mille et une raisons d\u2019être fasciné par Istanbul.Les couches des civilisations qui s\u2019y sont épanouies et nous donnent par fois l\u2019impression de s\u2019y confondre.Sa géographie fendue en deux par le Bosphore.Ses chats errants \u2014 milliers de petits sultans dont chaque habitant semble prendre soin.Ses journalistes emprisonnés.Son perpétuel balancement entre l\u2019Orient et l\u2019Occident \u2014 qui ne relève pas du cliché.L\u2019écrivain turc Orhan Pamuk y est né en 1952.Et depuis Le livre noir jusqu\u2019à Cette chose étrange en moi, Istanbul forme une sor te de noyau dur de ses livres.L\u2019écrivain nobélisé a tenté de s\u2019expliquer sur ce qui le liait à cette ville dans Istanbul, souvenirs d\u2019une ville, un essai paru dans une première traduction française en 2007.Cette nouvelle édition en grand format s\u2019enrichit aujourd\u2019hui d\u2019une introduction inédite et de nouvelles photographies qui nous plongent d\u2019une certaine façon dans la tête de l\u2019écrivain turc.Car lire et feuilleter ce livre, qui nous fait voir la métropole turque à travers le regard de photographes, de chroniqueurs ou d\u2019écrivains qui s\u2019y sont intéressés (principalement entre 1950 et 1975, période qui recouvre la jeunesse de Pamuk), c\u2019est pénétrer sur tout au cœur de l\u2019œu- vre d\u2019Orhan Pamuk.Un cœur qui vibre d\u2019un sentiment mélancolique particulier : le hüzün \u2014 qui pourrait être rapproché du saudade lisboète.« Le hüzün à Istanbul renvoie à un sentiment important dans la musique locale, à un terme fondamental pour la poésie, et à un point de vue sur la vie, à un état d\u2019esprit et à un matériau qui fait que la ville est ce qu\u2019elle est.» Découvrir cette forme toute singulière de tristesse, c\u2019est aussi commencer à saisir comment Constantinople est peu à peu devenue Istanbul dans la foulée de l\u2019ef fondrement de l\u2019Empire ottoman.« Pendant mon enfance, les nuits étaient belles parce que la ville, au fur et à mesure qu\u2019elle s\u2019appauvrissait, s\u2019enfouissait en elle-même, se recouvrait d\u2019une atmosphère trouble et pesante \u2014 comme de la neige \u2014, qui l\u2019imprégnait de poésie.» Gravures anciennes, photos de pala is en r uine, instantanés de neige et de brouillard et archives familiales qui font revivre un Istanbul qui n\u2019existe plus, l \u2019écrivain a ajouté à l\u2019édition originale quelque 230 photos.« Pour moi, nous dit Pamuk, le suprême idéal à atteindre pour un livre de photos est la redécouverte de notre vécu à partir d\u2019objets, de rues et d\u2019instants banals.» Rien de moins banal, toutefois, que ce livre, qui est autant un li- v r e d \u2019h is to i r e qu \u2019une tenta t ive toute personnelle de comprendre la fascination qu\u2019exerce encore et toujours Istanbul.L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Albin Michel P H O T O A U T E U R © I L Y A M A L N I K O V - I L L U S T R A T I O N C O U V E R T U R E © S T U A R T D A L Y - D E S I G N © YUVAL NOAH HARARI L\u2019histoire du monde me fascine parce que c\u2019est la mienne.C\u2019est notre biographie à tous.Stéphane Laporte, La Presse '' MAINTENANT VOUS ALLEZ CONNAITRE L\u2019AVENIR JONATHAN BÉCOTTE Lauréat du Prix Cécile-Gagnon 2017 dans la catégorie Roman pour « Un roman poétique qui dépeint l\u2019amitié entre deux garçons du primaire.Leurs jeux, leurs aventures formeront les racines des hommes qu\u2019ils deviendront.Ce livre arrache au lecteur des sourires parfois attendris, parfois nostalgiques, et celui-ci se surprend à vouloir retourner à l\u2019époque de son enfance.» Les membres du jury du Prix Cécile-Gagnon, organisé par l\u2019Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AÉQJ) © G u i l l a u m e B e l l L\u2019Istanbul d\u2019Orhan Pamuk en noir et blanc L\u2019écrivain turc laisse le souvenir photographique sonder le cœur de son œuvre Istanbul, souvenirs d\u2019une ville ?Nouvelle édition enrichie, 430 photographies, Orhan Pamuk, traduit du turc, Gallimard, Paris, 2017, 552 pages Dans les faubourgs d\u2019Istanbul.GALLIMARD L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 3 6 | ENTREVUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR e pinceau de Fabienne Verdier est aussi grand qu\u2019elle.Et elle l\u2019a coif fé de poignées de vélo pour pouvoir peindre à deux mains.« À chaque projet, je travaille avec de nouveaux outils », explique la peintre, qui a appris à peindre «à la verticale », c\u2019est-à- dire en tenant le pinceau perpendiculaire au papier, alors qu\u2019elle apprenait la calligraphie en Chine.« J\u2019ai été fascinée par l\u2019acte de peindre à la verticale.Il y a une réserve à l\u2019intérieur du pinceau, et cela insuffle une énergie au trait, par l\u2019écoulement de la matière au sol.La forme prend vie.Toutes les formes qui prennent vie sur cette petite terre sont façonnées par les lois de la gravité ».Fa- bienne Verdier a d\u2019ailleurs installé des caméras qui filment la réalisation de l\u2019œuvre, et dont on peut trouver les vidéos sur Internet.La peintre et le linguiste Alain Rey ont travaillé ensemble pour souligner la 50e édition du Petit Robert, plus tôt cette année.Ensemble, ils lancent Polyphonies, formes sensibles du langage et de la peinture, un beau livre qui reprend cette expérience.Le livre mêle langage et peinture.Il plonge dans la démarche de l\u2019ar tiste, qui a créé 22 tableaux sur des associations de mots.« L\u2019idée était d\u2019ouvrir sur quelque chose qui pourrait enrichir notre expérience des mots », ajoute Fabienne Verdier.Ces mots, dit-elle, ne sont pas «des squelettes morts de la pensée ».Fabienne Verdier le reconnaît pourtant, elle éprouvait de la colère contre les mots lorsqu\u2019elle s\u2019est embarquée pour la Chine il y a trente ans pour y apprendre la calligraphie.« J\u2019étais fâchée avec les mots.Je pensais qu\u2019ils me mentaient.Je cherchais à me libérer de la pensée rai- sonnante, à fuir une forme de pensée intellectuelle, pour retrouver une liber té.En ayant été formée par les Chinois, dans cette autre approche du monde, de la réalité, de la contemplation du monde, j\u2019ai appris une manière d\u2019exprimer l\u2019esprit par une voie d\u2019abstraction.» Puis, le linguiste Alain Rey, à 89 ans, prend contact avec elle.« Il m\u2019a dit : \u201cJ\u2019ai travaillé toute ma vie dans tous ces dictionnaires : du Grand Robert au dictionnaire historique de la langue française [\u2026]\u201d Il trouvait que peut-être il fallait s\u2019ouvrir pour l\u2019anniversaire du dictionnaire, et inviter un peintre abstrait à faire un voyage dans les mots.» Pour Fa- bienne Verdier, c\u2019était une façon de rappeler que les pages du dictionnaire ont quelque chose de vibratoire, des L\u2019art d\u2019enrichir l\u2019expérience du verbe Les mots ne sont pas des « squelettes morts de la pensée », dit l\u2019artiste Fabienne Verdier Entre vert profond et forme bleue, le couple de mots « arborescence » et « allégorie » trouve sa ramification symbolique dans une des 22 œuvres de Fabienne Verdier.PHOTOS ALBIN MICHEL L La peintre et le linguiste Alain Rey, complices autour des formes que peut induire le langage J\u2019étais fâchée avec les mots.Je pensais qu\u2019ils me mentaient.Je cherchais à me libérer de la pensée raison- nante, à fuir une forme de pensée intellectuelle, pour retrouver une liberté.FABIENNE VERDIER » Polyphonies Formes sensibles du langage et de la peinture Alain Rey et Fabienne Verdier, Albin Michel, Paris, 2017, 193 pages forces à l\u2019œuvre, « c\u2019est de la pensée en mouvement».Pour accomplir ces tableaux, Fa- bienne Verdier crée 22 paires de mots, qui évoquent eux-mêmes des associations d\u2019idées.À « allégorie », elle a associé «arborescence ».«Mon idée pour ce tableau : construire la fiction d\u2019une fantaisie métamorphique dans la création d\u2019une force minimale idéale.Saisir dans le relief du cobalt pur la poussée de sève vers la lumière ! Le détour allégorique d\u2019un enchantement qui dévoile le sens caché.Comme une petite révélation », écrit Fabienne Verdier dans les carnets qui accompagnent son travail.Le tableau associé aux mots « ryth - me » et «reflet » a été peint dans la maison que l\u2019artiste habite dans Char- levoix, au Québec, qu\u2019elle adore mais où elle n\u2019a encore jamais exposé. L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 prixlitterairedescollegiens.ca 15 e édition Jean-Philippe Baril Guérard Royal | Les éditions de Ta Mère Jean-François Caron De bois debout | La Peuplade Abla Farhoud Au grand soleil cachez vos ?lles | VLB Stéphane Larue Le plongeur | Le Quartanier Audrée Wilhelmy Le corps des bêtes | Leméac FINALISTES ÉDITION 2018 PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR «Christophe Colomb faisait affaire avec un pro des relations de presse», raille « l\u2019Ojibwe aux yeux bleus» Drew Hayden Taylor dans C\u2019est fou comme t\u2019as pas l\u2019air d\u2019en être un !, recueil de chroniques torpillant à l\u2019aide d\u2019un humour plein d\u2019autodérision les clichés pesant toujours sur la représentation des autochtones en fiction.Coup de fil à l\u2019homme de théâtre et documentariste ontarien pour qui le mythique duo innu Kashtin, c\u2019est ni plus ni moins que «Simon and Garfunkel avec un bronzage ».Vous rappelez dans une de vos chroniques datant de 1995 que la vraie histoire derrière le film de Disney Pocahontas en est fort probablement une d\u2019exploitation sexuelle plutôt que d\u2019amour.Le président Trump surnommait pourtant récemment la sénatrice Elizabeth Warren «Pocahontas», et la rappeuse américaine Nicki Minaj employait son image de manière sexualisante.Que diriez-vous à Nicki Minaj?Je lui demanderais si elle est au courant de la vraie histoire.Cela dit, on ne peut pardonner l\u2019ignorance que jusqu\u2019à un certain point, et ensuite, c\u2019est aux gens d\u2019assumer la responsabilité de leurs choix.Il faut apprendre à douter de la véracité de ce qu\u2019on nous présente.Vous voyez, moi, je ne suis pas complètement convaincu que la vraie Pocahontas parlait réellement aux ratons laveurs et aux oiseaux- mouches.[rires] Vous déploriez dans un texte paru en 1998 que seulement quatre stéréotypes de personnages autochtones dominent la fiction canadienne.Est-ce que les choses ont changé depuis?Pas autant qu\u2019on pourrait le penser.Plusieurs auteurs autochtones génèrent maintenant eux- mêmes des clichés.Au cours des 30 ou 40 dernières années, la renaissance littéraire autochtone a donné trois types de fiction : des fictions historiques, des fictions écrites du point de vue d\u2019une victime et des fictions qui s\u2019intéressent au stress post-colonial.Il fallait faire sortir le poison.Au- jourd\u2019hui, plusieurs personnes estiment frivole que j\u2019écrive des fictions plus humoristiques alors que nos communautés font toujours face à la tragédie, mais je crois que l\u2019humour, c\u2019est le WD-40 de la guérison.On en a besoin.«Dire que tous les Blancs doivent porter le blâme [de ce que les peuples autochtones ont subi au Canada] me plonge dans un intolérable inconfort», écrivez-vous.Pourquoi?Je me souviens d\u2019une conférence à laquelle j\u2019ai assisté et durant laquelle un Blanc s\u2019était levé pour demander : « Pendant combien de temps vous attendez-vous à ce que je me sente coupable pour ce que mes ancêtres ont fait ?» Ce à quoi un chef de bande lui avait répondu : « Je ne m\u2019attends pas à ce que vous vous sentiez coupable pour quoi que ce soit, mais si rien n\u2019a changé dans 20 ans, là vous pourrez vous sentir coupable.» Les nombreuses excuses de Justin Trudeau aux peuples autochtones, vous y croyez?Disons simplement que quiconque a déjà été impliqué dans une relation amoureuse dysfonctionnelle sait à quel point s\u2019excuser, c\u2019est facile.C\u2019est ce qui vient après les excuses qui est le plus important.C\u2019est fou comme t\u2019as pas l\u2019air d\u2019en être un ! Drew Hayden Taylor, traduit de l\u2019anglais, Éditions Hannenorak, Wendake, 2017, 410 pages Quatre questions à Drew Hayden Taylor Drew Hayden Taylor TOMAS KING LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 3 8 | CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR n 1977, lorsque Camille Laurin prononce son discours, à l\u2019Assemblée nationale du Québec, pour présenter les principes du projet de Charte de la langue française, le premier ministre, René Lévesque, s\u2019absente pour réapparaître peu après.Psychiatre, Laurin diagnostique là une désapprobation subliminale et s\u2019en af flige au plus haut point.Malgré son af faiblisse- ment par les tribunaux, la loi 101 restera pourtant le principal héritage du premier mandat péquiste.Dans le tome 2 de sa fresque Le gouvernement Lévesque, ce fait percutant que l\u2019historien Jean-Charles Panneton raconte, comme s\u2019il en avait été témoin, permet au journaliste Marc Laurendeau, par une dense préface bien sentie, de souligner avec justesse que le livre «se dévore avec passion».Même s\u2019il ne rapporte pas l\u2019anecdote, Laurendeau en évoque plusieurs autres.Il a, en particulier, « l\u2019impression d\u2019assister à chacune des réunions du conseil des ministres» comme «« le petit oiseau» caché dans la pièce».L\u2019ouvrage, qui s\u2019inspire notamment d\u2019archives restées confidentielles jusqu\u2019ici, couvre la période s\u2019étendant du triomphe électoral du Parti québécois en 1976 jusqu\u2019à l\u2019élection de 1981.Il fait suite au récit des débuts de la formation politique contenu en 2016 dans le premier volume.Un troisième tome, consacré au deuxième mandat (1981-1985) de Lévesque comme premier ministre, complétera l\u2019ensemble.Panneton fait sentir, dans le tome 2, les tensions, voire les dissensions, qui ébranlent le PQ.Mieux qu\u2019un exposé analytique des tendances, la trame concrète et vivante qu\u2019il restitue des événements eux-mêmes livre, à elle seule, un riche enseignement.Aussi, l\u2019absence de Lévesque durant le discours de Laurin sur la nécessité vitale de faire du français la langue commune du Québec, nécessité sans laquelle l\u2019indépendance n\u2019aurait plus de sens, estelle le symptôme d\u2019un mal très profond.Lévesque refuse que la loi 101, dans sa version originelle, interdise aux personnes qui ont fait leurs études en anglais au Canada, ailleurs qu\u2019au Québec, d\u2019inscrire leurs enfants à l\u2019école anglaise, d\u2019autant qu\u2019elle irrite les anglophones, brandissant en contrepartie la Constitution canadienne.Il s\u2019oppose René Lévesque, d\u2019ombres et de lumières Jean-Charles Panneton exhume le premier mandat péquiste avec sympathie et lucidité Le tome 2 de la fresque Le gouvernement Lévesque couvre la période s\u2019étendant du triomphe électoral du Parti québécois en 1976 jusqu\u2019à l\u2019élection de 1981.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le gouvernement Lévesque Du temps des réformes au référendum de 1980 ?1/2 Jean-Charles Panneton, Septentrion, Québec, 2017, 360 pages E L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 D i s p o n i b l e s e n f o r m a t n u m é r i q u e Un con?it armé, un vrai, entre nous deux.Le rêve.J\u2019allais en?n réussir.À aller le plus loin possible de toi, Maman.Avec ou sans argent, on fait toujours les mêmes conneries.Le drame d\u2019une génération ouverte à tous les plaisirs.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Du 27 novembre au 3 décembre 2017 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Romans québécois Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 2/4 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome  3 Les rafales Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 1/3 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique 4/6 Les chevaliers d\u2019Antarès \u2022 Tome 8 Porteurs d\u2019espoir Anne Robillard/Wellan 3/3 Le peintre d\u2019aquarelles Michel Tremblay/Leméac 5/5 Avec un grand A Janette Bertrand/Libre Expression 6/5 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 2 La déroute Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 9/5 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 1 L\u2019incendie Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 10/3 Eva Braun \u2022 Tome 2 Une cage dorée Jean-Pierre Charland/Hurtubise 7/3 Danger! Ma belle-mère débarque Catherine Bourgault/Les Éditeurs réunis \u2013/1 Romans étrangers Origine Dan Brown/Lattès 1/9 La reine du bal Mary Higgins Clark | Alafair Burke/Albin Michel 2/3 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 4/12 La sorcière Camilla Läckberg/Actes Sud 3/3 Millénium \u2022 Tome 5 La fille qui rendait coup pour coup David Lagercrantz/Actes Sud 5/13 Petite collection d\u2019os Kathy Reichs/Robert Laffont 6/8 Trois baisers Katherine Pancol/Albin Michel 9/9 Tenebra Roma Donato Carrisi/Calmann-Lévy \u2013/1 Double piège Harlan Coben/Belfond 7/5 Les yeux de Sophie Jojo Moyes/Milady 10/2 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/59 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 2/3 Dans mon livre à moi Olivier Niquet/Duchesne et du rêve 5/5 La fin des exils.Résister à l\u2019imposture des peurs Jean-Martin Aussant/Atelier 10 4/3 Désordonnances Alain Vadeboncoeur/Lux 3/2 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil 7/4 Lettres à une jeune entrepreneure Alexandre Taillefer | Pierre Cayouette/VLB 6/5 Le peuple brisé Alex Caine | François Perreault/Hugo Doc 9/5 L\u2019état du Québec 2018 Collectif/Del Busso 8/3 À la table des philosophes Normand Baillargeon/Flammarion Québec 10/4 Essais étrangers Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 1/94 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 2/13 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 3/3 Ça s\u2019est passé comme ça Hillary Rodham Clinton/Fayard 4/11 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 5/37 Psychothérapie de Dieu Boris Cyrulnik/Odile Jacob 7/6 Un bruit de balançoire Christian Bobin/Iconoclaste 6/4 En quête d\u2019alternatives.L\u2019état du monde 2018 Collectif/Découverte 8/5 Chroniques d\u2019une société liquide Umberto Eco/Grasset \u2013/1 Trop tard.La fin d\u2019un monde et le début d\u2019un nouveau Harvey Linwood Mead/Écosociété \u2013/1 ainsi à l\u2019idée de Laurin, ministre du Développement culturel, pour qui la mesure s\u2019inscrit dans une logique indépendantiste selon laquelle le cadre juridique fédéral freine le Québec dans son épanouissement en français.Il ne faut pas espérer que ce soit par le respect intégral de lois héritées du colonialisme britannique, comme la Constitution de 1867, adoptée à Londres sans consultation populaire ici, que le Québec puisse s\u2019émanciper.Voilà la conviction de Laurin, de Jacques Pari- zeau et d\u2019autres péquistes influents qui diffèrent d\u2019opinion avec Lévesque.Ce dernier, à la suite d\u2019une rencontre fédérale-provinciale des premiers ministres, sait que le Canada anglais jugera la loi 101 inacceptable, surtout dans sa première version.Au «vieux renard de la politique», commente Panneton, cela «permet d\u2019éviter l\u2019odieux» de l\u2019affadir aux yeux des péquistes radicaux.Il se doute que les tribunaux s\u2019en chargeront.Illusions perdues En s\u2019appuyant sur de nombreux procès-verbaux de réunions internes du PQ, l\u2019historien signale que, dès cette époque, beaucoup de militants idéalistes commencent à perdre leurs illusions.Ils se sentent bousculés, depuis 1976, par un personnel politique salarié qui, au service des députés péquistes, est, selon le mot de certains, attiré «par l\u2019odeur du pouvoir ».Malgré le manque de pureté d\u2019intention au sein de l\u2019appareil péquiste, Lé- vesque fera adopter un régime étatisé d\u2019assurance automobile qui déplaira, même dans son parti, aux avocats soucieux de garder l\u2019avantage pécuniaire de leur pratique privée en lien avec les accidents routiers.Hésitant en ce qui touche à l\u2019entière francisation et à l\u2019indépendance claire du Québec, le premier ministre reste tout de même fidèle à ses convictions sociales-démocrates.Au sujet de l\u2019idéal indépendantiste, la situation est fort compliquée.Lévesque tient à ce que la souveraineté du Québec soit indissociable d\u2019une union monétaire et douanière avec le Canada.Comme le résume si bien Panneton, «le référendum consistera en un mandat de négocier».L\u2019association économique avec le Canada «devient le préalable à l\u2019accession à la souveraineté».L\u2019historien a raison de préciser : « Cette position est à l\u2019opposé de ce qu\u2019avaient soutenu jusqu\u2019à maintenant les dirigeants du PQ.» Une formule plus simple, plus directe, visant mieux l\u2019indépendance, aurait aussi mené en 1980 à un échec référendaire, sans doute plus retentissant encore.Lé- vesque aura légué à son peuple une loi 101 affaiblie et, à la place d\u2019un esprit cocardier, voire revanchard, un progressisme modéré.Par rappor t au passé obscurantiste d\u2019un certain Québec, cela restera une grande victoire.Lévesque aura légué à son peuple une loi 101 affaiblie et, à la place d\u2019un esprit cocardier, voire revanchard, un progressisme modéré Les Amazones ?1/2 Adrienne Mayor, traduit de l\u2019anglais par Philippe Pignarre, La Découverte, Paris, 2017, 560 pages Il n\u2019en a fallu qu\u2019une, Atalante, abandonnée par son père, le roi Iasos, dans les montagnes d\u2019Arcadie.Elle devait mourir.Elle a plutôt fondé l\u2019un des mythes les plus puissants de l\u2019antiquité, celui des Amazones.Cette enquête iconographique, géographique et linguistique fait voyager sur dix siècles, de la Grèce antique à l\u2019Eurasie et convoque toutes les disciplines pour suivre le contour de ces femmes qui «étaient les égales des hommes».Le texte à l\u2019épreuve de la folie et de la littérature ?Marc Décimo et Tanka G.Tremblay, Presses du réel, Dijon, 2017, 600 pages Un professeur d\u2019histoire de Paris et une professeure de littérature de Montréal circonscrivent ici une réelle curiosité: l\u2019univers narratif des «fous littéraires», les Dele- pierre, Pérec, Calmeil et autre Nicolas Vaschide pour mieux comprendre la part de la folie dans la création et de l\u2019insanité dans la littérature.Du XVIIIe siècle à aujourd\u2019hui, la somme est colossale et à ce projet un caractère franchement fou.Un herbier de Montréal ?La Pastèque, Montréal, 2017, 84 pages L\u2019érable argenté, l\u2019asclépiade commune, le chèvrefeuille de Tartare\u2026 Seize plantes de l\u2019écosystème mont- réalais font converger ici bande dessinée et poésie vers leur science.Les textes de Bertrand Laverdure, Élise Turcotte, Kim Doré ou Christine Germain côtoient les récits dessinés de Michel Rabagliati, Réal Godbout, Pascal Girard et Janice Nadeau, dans un tout qui donne à voir l\u2019esprit d\u2019un lieu, autrement.Fabien Deglise I L S O N T P I Q U É N OT R E C U R I OS I T É L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 L i r e B e au x l i v r e s 4 0 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR n a l\u2019impression parfois que l\u2019univers concentrationnaire forme un genre à part de la littérature russe.Depuis 150 ans, c\u2019est un relevé fascinant d\u2019expériences extrêmes qui oscillent entre l\u2019avant-garde futuriste et des formes à la fois fabuleuses et primitives de la terreur.Un genre où l\u2019on pourrait aussi jeter pêle-mêle Les carnets de la maison morte de Dostoïevski, les Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov ou Le vertige d\u2019Evguénia Guinzbourg.Sans oublier, bien sûr, Une journée d\u2019Ivan Denissovitch et L\u2019archipel du goulag d\u2019Alexandre Soljenitsyne.Dans le cas de Dostoïevski, qui a passé pour «conspiration» à partir de 1850 quatre années à Omsk, en Sibérie, on sait à quel point l\u2019expérience du camp, concentré de beauté et d\u2019horreur, a été d\u2019une importance capitale.Avec son cinquième roman, Zakhar Prilepine, écrivain russe né en 1975, nous convie à un voyage au bout de l\u2019enfer.L\u2019archipel des Solovki est une longue immersion dans le tout premier goulag de l\u2019Union soviétique, précurseur d\u2019une véritable « industrie pénitentiaire » (Soljenitsyne) qui aurait compté jusqu\u2019à 600 camps.Ancien national bolchevique, sorte de fils spirituel de l\u2019écrivain Édouard Limonov, Zakhar Prilepine se décrit aujourd\u2019hui comme un nationaliste d\u2019extrême gauche.Soldat au cours des deux guerres en Tchétchénie (un théâtre qu\u2019il abordait sans filtre dans Pathologies), l\u2019écrivain russe a récemment soutenu armes à la main la rébellion dans l\u2019est de l\u2019Ukraine.Aux confins nord-ouest de la Russie, l\u2019archipel des îles Solovki flotte au milieu de la mer Blanche.On y trouve un monastère or thodoxe fondé en 1429 \u2014 ayant déjà servi de prison sous les tsars \u2014, vite réquisitionné par le nouveau pouvoir bolchevique, qui y a envoyé des prisonniers par milliers entre 1923 et 1939.Un monde de faim Quelle que soit l\u2019époque où on le prend, c\u2019est un monde de poux et de punaises de lit, de maladie, de trafics entre détenus, de froid et de saleté.Un monde de faim, de mauvais traitements et d\u2019exécutions sommaires.L\u2019archipel des Solovki nous plonge dans la conscience agitée d\u2019Artiom Go- riaïnov, jeune homme de bonne famille de Saint-Pétersbourg qui a atterri aux Solovki à la fin des années 1920 pour avoir assassiné son père \u2014 clin d\u2019œil aux Frères Karamazov de Dostoïevski.Ballotté par les événements, essayant de rester debout au milieu des détenus de droit commun, des assassins par hasard ou par métier, des brigands, des filous ou des vagabonds, entre les anciens moines et les opposants politiques, le jeune homme s\u2019accroche tant bien que mal.« Le matin, Artiom [\u2026] se sentait comme un sac d\u2019os qu\u2019on aurait mélangés à de la pâte et qu\u2019on aurait pétris, pétris, pétris, toute la nuit.» Mais Galia Koutcherenko, une bureaucrate tchékiste de la première heure qui travaille au camp, va poser le regard sur lui.Ils vont se rapprocher tant bien que mal, quelque par t entre l\u2019amour et l\u2019échange de bons procédés.Ce sera sa chance ou son malheur \u2014 jusqu\u2019à la toute fin, le lecteur hésite.C\u2019est une longue nuit de cauchemars éveillés et d\u2019incertitudes que nous fait traverser Prilepine \u2014 dont l\u2019un de ses arrière-grands-pères a été lui-même interné aux Solovki.« Ici, ce n\u2019est pas un camp, c\u2019est un laboratoire », dira le directeur du camp des Solovki, Fiodor Eïkhmanis \u2014 un personnage qui a réellement existé avant d\u2019être emporté par les purges staliniennes de 1937.Un laboratoire où cobayes et scientifiques se partagent, au fond, une grande cage sans barreaux.« Chaque homme por te au fond de lui un bout d\u2019enfer », pensera d\u2019ailleurs Artiom.Car aux Solovki, personne n\u2019est indemne, chacun a le cœur lourd et les mains sales.Aux commandes de cette plongée en apnée au cœur d\u2019un chaos indescriptible et organique, délire halluciné d\u2019un détenu sur le mode de la survie, Pelevine accouche d\u2019un grand roman polyphonique por té par quelques dizaines de personnages.Malgré ses 830 pages, l\u2019ampleur du livre tient surtout à ce que l\u2019écrivain russe, qui ne craint jamais les zones grises, l\u2019a nourri de tout ce qui constitue la vie : les violences et les trahisons, la rêverie, le silence, l\u2019injustice, la cruauté et l\u2019arbitraire, la laideur et la beauté.La vie, la mort Et pour Pelevine, qui nourrit son roman d\u2019une réflexion sur la nature humaine, la cause est entendue : « L\u2019homme russe n\u2019a pas pitié de lui-même : c\u2019est là son caractère principal.» «On dira ensuite qu\u2019ici c\u2019était l\u2019enfer.Or, ici, il y avait la vie.La mort, c\u2019est aussi pleinement la vie, il faut vivre jusqu\u2019à cette pensée, il est impossible de l\u2019attraper à la volée.Pour ce qui est de l\u2019enfer, ce n\u2019est qu\u2019une des formes de la vie, il n\u2019y a rien là d\u2019effrayant.» L\u2019homme est vivace, écrivait déjà Dostoïevski.C\u2019est une créature qui s\u2019habitue à tout.Voyage au bout de l\u2019enfer L\u2019archipel des Solovki est une plongée en apnée au cœur du premier goulag de l\u2019Union soviétique O L\u2019archipel des Solovki ?Zakhar Prilepine, traduit du russe par Joëlle Dublanchet, Actes Sud, Paris, 2017, 832 pages L\u2019ampleur du livre de Zakhar Prilepine tient surtout à ce que l\u2019écrivain russe l\u2019a nourri de tout ce qui constitue la vie.JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019homme russe n\u2019a pas pitié de lui-même : c\u2019est là son caractère principal ZAKHAR PRILEPINE » | 4 1 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C U L T U R E CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Un travail de moine, hyperfouillé et de longue haleine : la biographie d\u2019Edmund Alleyn (1931-2004) ne fait pas pour rien 400 pages (dont 70 de notes).L\u2019auteur, l\u2019historien de l\u2019ar t Gilles Lapointe, a mené une étude exhaustive et savante de son sujet.De longue haleine ?La recherche de Lapointe repose en partie sur deux entretiens qu\u2019il a eus avec l\u2019artiste l\u2019année de sa mort.Il y a 13 ans ! Marginalisé, souvent décrit comme renfermé et solitaire, le peintre et auteur d\u2019un œuvre foisonnant reçoit ici l\u2019ultime appui d\u2019une longue et nécessaire campagne en faveur de sa reconnaissance publique.La biographie serait le troisième pan de ce qui s\u2019est d\u2019abord manifesté sous la forme d\u2019un film intimiste (L\u2019atelier de mon père, Jennifer Alleyn, 2008), puis sous celle d\u2019une exposition rétrospective (Dans mon atelier, je suis plusieurs, Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 2016).Le travail de moine de Gilles Lapointe se situe aux confins de deux précédents exercices.Le professeur associé de l\u2019UQAM construit son récit à par tir des archives de l\u2019artiste tout en laissant la parole à l\u2019art par le truchement de citations de textes descriptifs ou critiques.On déplore cependant le rôle minimal at tr ibué aux reproductions d\u2019œuvres : le propos est rarement appuyé par une image.Le récit puise abondamment dans la vie épistolaire de l\u2019artiste.Parti à Paris après ses études à l\u2019École des beaux-arts de Québec, il y séjournera pendant 16 ans (1955-1971).Sa correspondance avec son père tisse une bonne partie de sa vie d\u2019exilé, celle où il subira les aléas du marché, se mariera, deviendra papa.Solitaire, Alleyn ?Pas vraiment.Professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa dès 1972, il sera écouté, vu comme une « personne-ressource ».Les médias en feront aussi un modèle, suivi par la presse tant générale que spécialisée.De nombreuses entrevues ont laissé leur marque.Dans ses années parisiennes, il s\u2019affiche peu au sein d\u2019une diaspora québécoise prise les deux mains dans l\u2019abstraction (les Borduas, Riopelle et Ferron, entre autres).Il intègre par contre le mouvement au- jourd\u2019hui oublié Figuration narrative, où il tisse de solides amitiés, La consécration d\u2019Edmund Alleyn, chapitre 3 Un travail savant et précieux permet de mieux comprendre l\u2019œuvre et l\u2019homme notamment avec le théoricien du groupe, Gérald Gassiot Talabot.L\u2019ouvrage de Gilles Lapointe est ponctué par les grandes séries de la carrière d\u2019Alleyn : de la « période indienne», sorte de lien identitaire réalisé en exil, aux ultimes Éphémérides, en passant par le virage technologique des années 1960 et ses réflexions sociales, les plexiglas de la Suite québécoise des années 1970 ou les Vanitas des années 1980.Ce sont les ruptures esthétiques qui en feront, avec le temps, un artiste sans chapelle.C\u2019est le chapitre consacré à l\u2019Intros- caphe qui scelle l\u2019image si unique d\u2019Edmund Alleyn.Il faut dire que cette sculpture multisensorielle en forme d\u2019œuf, un habitacle à expérimenter une personne à la fois, aura été une anomalie esthétique de son époque et dans sa carrière.Lapointe démontre cependant à quel point elle aura été impor tante, notamment comme pont entre Paris et le retour au Québec.En haut : Edmund Alleyn pendant la construction de l\u2019Introscaphe SUCCESSION EDMUND ALLEYN En bas : Au creux de l\u2019été, Edmund Alleyn, 1962, collection du Musée d\u2019art contemporain de Montréal RICHARD-MAX TREMBLAY Edmund Alleyn Biographie ?1/2 Gilles Lapointe, Presses de l\u2019Université de Montréal, Montréal, 2017, 448 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 4 2 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO LE DEVOIR a mor t dans l\u2019air, devant les yeux, défile sur plus de 200 pages, sous le coup de pinceau, ou de spatule, voire sous l\u2019effet d\u2019une giclée à bout de bras.Dans Le dernier tableau.De Simone Mar tini à Zao Wou-Ki, 100 artistes ont été conviés, de manière posthume, à s\u2019exprimer sur l\u2019inévitable Faucheuse.L\u2019historien et romancier Bernard Chambaz (À tombeau ouvert) en est le maître d\u2019œuvre.C\u2019est lui qui signe les textes sur ces 100 tableaux, pour en arriver à une insolite histoire de 700 ans de peinture.Le sur vol est très personnel, placé sous cet angle du chant du cygne d\u2019un maître \u2014 un grand maître, de préférence.On y retrouve Picasso et un Auto- por trait, un Boogi-Woogie de Mondrian inachevé, puis une scène à la Vierge signée de Vinci.Rembrandt, Goya, Van Gogh, Pollock, Warhol y sont.Riopelle aussi, rassurez-vous.Bernard Chambaz ne prétend pas aborder les grands courants.Il ne tient pas à la leçon, penche plutôt vers la fable.Dès le préambule de son « éventail », il af firme apprécier l\u2019absence d\u2019évidence autour de l\u2019identification de l\u2019ultime opus.« Parfois, des débats entre historiens d\u2019art et des expertises règlent, ou ne règlent pas, la question.Mais ces énigmes of frent la possibilité d\u2019entrevoir au passage de belles histoires.» Ces belles histoires, qui prennent sens (ou pas) dans les mots de Cham- baz, amalgament faits véridiques, descriptions de tableaux et interprétation de tout ça.Tout n\u2019est pas lisible, mais le ton, lui, est suf fisamment à l\u2019emporte-pièce pour retenir le lecteur.On ne lit pas, bien sûr, chacun des récits.On les choisit au hasard, par L\u2019adieu du peintre L\u2019auteur français Bernard Chambaz scrute la mort dans des tableaux de fin de vie Pablo Picasso, Autoportrait, 1972 SOURCE SEUIL af finités.Le Québécois s\u2019arrêtera sur le cas Riopelle \u2014 un détail d\u2019Hommage à Rosa Luxembourg, son testament pictural \u2014, comme le Mexicain sur celui de Frida Kahlo, par ailleurs rare exemple hors du cénacle Europe-Amérique du Nord (avec Zao Wou-Ki).Bernard Chambaz ne prétend donc pas à l\u2019histoire de l\u2019art.Est-ce la raison de l\u2019absence, par choix ou par négligence, des impératifs de la discipline (années de naissance et de décès, lieu de dépôt de l\u2019œuvre) ?Les chapitres thématiques manquent de relief, de précision.Mais une telle organisation permet de mieux brasser genres et époques et de déconstruire avec bonheur l\u2019histoire officielle.Le dernier tableau est à lire comme une envolée lyrique.Chambaz extrapole, néanmoins avec soin, à partir de ce qui se dit à la mort des artistes.Sous sa plume, Picasso savait « qu\u2019il se regardait peindre désormais les « après-derniers », tenant une espèce de journal de son déclin, tenant bon, n\u2019attendant rien après la mort ».On comprend à la lecture que l\u2019auteur ne visait pas à décortiquer le tableau sur le chevalet trouvé à Le dernier tableau De Simone Martini à Zao Wou-Ki ?Bernard Cham- baz, Seuil, Paris, 2017, 240 pages Jackson Pollock, Untitled (Red, Black and Silver), 1956 SOURCE SEUIL L Parfois, des débats entre historiens d\u2019art et des expertises règlent, ou ne règlent pas, la question.Mais ces énigmes offrent la possibilité d\u2019entrevoir au passage de belles histoires.BERNARD CHAMBAZ » C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Venez entendre deux musiciens au sommet de leur art pour qui Mozart et Beethoven n\u2019ont plus de secret ! Le pianiste Christian Zacharias interprète le 1er Concerto pour piano de Beethoven et l\u2019OSM présente la plus célèbre des symphonies de Mozart, dirigée par le grand chef néerlandais Edo de Waart.21 ET 24 FÉV | 20 h 25 FÉV | 14 h 30 Acclamé par la critique, le chef d\u2019orchestre ?nlandais John Storgårds donne le coup d\u2019envoi au Festival nordique, alors qu\u2019Alain Lefèvre, pianiste québécois de renommée internationale interprétera le Concerto Romantique d\u2019André Mathieu avec la maestria qu\u2019on lui connaît.Plaisir et (re)découvertes assurés! 24 AVR | 20 h MOZART ET BEETHOVEN PLEINS FEUX SUR LES TERRITOIRES NORDIQUES Edo de Waart, chef d\u2019orchestre Alain Lefèvre, piano Concert présenté par Yamaha Behzad Ranjbaran offre un poème symphonique inspiré de la culture perse, commandé par Ali Yazdanfar, contrebasse solo de l\u2019OSM.Puis l\u2019orchestre en entier vibre au son d\u2019une légende allemande avec Wagner ainsi que la 1re Symphonie, « Titan », de Mahler.14 ET 15 FÉV | 20 h LA « TITAN » DE MAHLER Kent Nagano, chef d\u2019orchestre OSM.CA | 514 842-9951 Partenaire de saison En vente aussi à Partenaires publics 3 CONCERTS AU CHOIX 105 $* à partir de 2 CONCERTS AU CHOIX 75 $* à partir de *certaines conditions s\u2019appliquent CHÈQUES-CADEAUX DISPONIBLES ! côté du corps de l\u2019ar tiste \u2014 le cas Borduas lui en aurait donné l\u2019occasion, si on le lui avait soumis.Chambaz a préféré, et c\u2019est bien ainsi, une œuvre explicite de fin de vie.Le bain turc d\u2019Ingres, « un oculus qui fait du spectateur un voyeur », il le qualifie d\u2019« ultime turquerie d\u2019un vieil homme ravi de faire apprécier sa verdeur ».Et avec Francis Bacon et son Study of a Bull, « peinture exceptionnelle », il s\u2019en veut « d\u2019accentuer l\u2019équation trop solaire d\u2019un Bacon » en taureau, mais assure ne connaître « guère d\u2019équivalent d\u2019une humanité pareille ».SU R L E R A DA R MARIE-ÈVE CHARRON LE DEVOIR Morelli bien servi par le 1700 La Poste Il ne faisait pas de doute, dès son ouverture en 2014, que le 1700 La Poste allait occuper un créneau spécifique sur la scène montréalaise des arts visuels qui n\u2019était pas celui des galeries ni celui des musées ou des centres d\u2019artistes.Cet espace privé a aussi depuis gagné en crédibilité, témoignant de ce que la mécène Isabelle de Mévius, qui lui a donné jour, a su bien s\u2019entourer et être à l\u2019écoute de conseils avisés.En fait la preuve l\u2019actuelle exposition consacrée à François Mo- relli, qui se termine le 17 décembre, et la luxueuse publication qui en est le complément obligé.Pour chacune des expositions présentées dans son histoire, la maison se fait d\u2019ailleurs un devoir de livrer un catalogue.Celui sur Morelli est plus que remarquable par la qualité des reproductions abondantes des œuvres, mais aussi les textes de haut calibre du conservateur de l\u2019art actuel au MNBAQ, Bernard Lamarche, et de l\u2019artiste jake moore.Leurs analyses respectives mettent généreusement en lumière le caractère foisonnant d\u2019un œuvre où le dessin et le corps se font résolument performatifs.François Morelli Sous la direction d\u2019Isabelle de Mévius, avec les textes de Bernard Lamarche et de jake moore, Montréal, 1700 La Poste, 2017, 255 pages.GUY L\u2019HEUREUX L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 4 | CRITIQUE LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR ans les festivals où il se glisse, c\u2019est le film chouchou du public.Il a été un coup de cœur tant à Rouyn-Noranda qu\u2019à Québec et à Montréal, où il a gagné des prix.Tout en sobriété mais empreint de beauté et d\u2019humanité, Bagages, réalisé par Paul Tom, est un documentaire qui raconte le parcours d\u2019intégration de jeunes immigrants à l\u2019école Paul-Gérin-Lajoie-d\u2019Outremont à travers une pièce de théâtre qu\u2019ils montent dans leur cours d\u2019art dramatique.Grâce à la complicité du réalisateur cambodgien d\u2019origine \u2014 lui- même un immigrant arrivé bébé au Québec \u2014 et de l\u2019enseignante d\u2019art dramatique Mélissa Lefèbvre \u2014 si touchante et dévouée envers ses élèves \u2014, les adolescents se livrent en toute authenticité à la caméra.Et ils bouleversent.Iran, Brésil, Corée du Sud.Les pays dif fèrent, mais les vies se ressemblent.« L\u2019école en Iran, c\u2019est une prison », raconte un adolescent.« Dans mon pays, on ne peut pas avoir de maquillage et on doit toujours avoir les cheveux attachés », explique à son tour une jeune fille de Moldavie.Du coup, le Québec leur apparaît comme une oasis de liber té.« T u marches et cer tains hommes ou des femmes peuvent sourire pour rien, pour toi », souligne une jeune fille dans un sourire étonné.« Même si les personnes ne sont pas d\u2019accord, j\u2019ai le droit de donner mon opinion.Grâce à Montréal et à Canada, je sais que le mot c\u2019est \u201clibre\u201d », dit pour sa par t une élève originaire des Antilles.Pour un élève brésilien, devenir un Québécois « psychologiquement », c\u2019est « beaucoup le fait d\u2019accepter tout dans le monde ».À travers des sketchs sur des coutumes de leur pays, des discussions sur un objet qu\u2019ils ont apporté dans Lever le rideau sur des parcours migratoires Bagages, un documentaire sur des enfants qui posent leurs valises au Québec Le cinéaste Paul Tom s\u2019estime « béni des dieux » d\u2019avoir eu accès à ces histoires de vie si riches, traversées de découragement et de résilience.PICBOIS PRODUCTIONS leurs bagages ou des ateliers gestuels où on leur demande d\u2019imiter les Québécois, on assiste à la création d\u2019une œuvre tissée de moments drôles \u2014 quand les jeunes imitent l\u2019accent québécois \u2014 et de tristesse, colorée par des accents et des bouts de langues de par tout dans le monde.Peu à peu, on entre dans la peau de ces enfants d\u2019ailleurs qui parlent de leurs chocs culturels, de leurs deuils, mais aussi de leurs rêves.Et, soudainement, on comprend mieux ce que c\u2019est que d\u2019être vulnérable en voyant un jeune Mol- dave qui est à l\u2019école depuis trois jours et qui ne capte rien de ce qu\u2019on lui dit.Parlant de sa propre expérience à son arrivée, un autre garçon de la classe mettra des mots sur ce qu\u2019il vit : « Tu ne rien comprends, tu es prisonnier.Tu sens qu\u2019ils ont fermé ta bouche », dit-il, avant d\u2019ajouter : « Je veux mourir.» Difficile, aussi, de ne pas être ému en voyant les jeunes fermer les yeux, D Durant huit mois, j\u2019ai eu de grandes bouffées d\u2019inspiration, d\u2019immenses moments de joie, [.] de précieux instants de fragilité PAUL TOM » à la demande de l\u2019enseignante, pour raconter ce qu\u2019ils voient lorsqu\u2019ils pensent à leur pays.« Ma famille, la plage, le carnaval\u2026 » Des silences.Des soupirs.Doucement, ils craquent les uns après les autres.«Mes grands- parents me manquent », murmure une jeune Chinoise, les joues inondées de larmes.« Parce que je vis avec mes grands-parents quand je suis petite.» D\u2019autres scènes viendront encore bouleverser : celles où les jeunes racontent le moment du départ, où les déchirants «au revoir» ne sont jamais assez.Idée originale de Mélissa Lefèbvre, le film, projeté à la Cinémathèque jusqu\u2019au 10 décembre avant d\u2019être présenté à Télé-Québec les 11 et 12 décembre, fut d\u2019abord une pièce de théâtre, primée par le ministère de la Culture, que l\u2019enseignante a montée avec ses élèves pour que « leurs voix soient entendues ».En éter nelle quête identitaire, le cinéaste Paul Tom s\u2019estime « béni des dieux » d\u2019avoir eu accès à ces histoires de vie si riches, traversées de découragement et de résilience.« Durant huit mois, j\u2019ai eu de grandes bouffées d\u2019inspiration, d\u2019immenses moments de joie, d\u2019innombrables éclats de rire, de précieux instants de fragilité », raconte-t-il.Car s\u2019il est bouleversant, Bagages n\u2019est pas sombre.« Dans ma valise, il y a maintenant une par tie d\u2019ici, de vous.Et j\u2019espère que, dans la vôtre, il y a une partie de nous », finissent-ils par dire à l\u2019unisson.C\u2019est là toute la beauté et la sagesse de ces jeunes immigrants en train d\u2019apprendre à devenir des adultes.En train d\u2019apprendre à devenir aussi des Québécois.Bagages Télé-Québec, lundi à 21h, en rediffusion mardi à 13h | 4 5 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 13 DÉC 2017 19 H 30 SALLE ANDRÉ-MATHIEU Un monde de traditions Rimski-Korsakov, Ouverture de La Grande Pâque Russe Bizet, L\u2019Arlésienne, Suite no2 Vaughan Williams, Greensleeves +Musiques issues des traditions de l\u2019Arménie, de l\u2019lnde, du Paraguay, du Nigéria, de la Syrie, de l\u2019Ukraine.BILLETTERIE 450 978-3666 OSL.QC.CA ALAIN TRUDEL, CHEF LES PETITS CHANTEURS DE LAVAL Voyagez dans l\u2019esprit des fêtes ! Adaptation du texte : Bernard Dagenais Livret Musical : Andy St-Louis Mise en scène : Luc Arsenault Du 13 au 16 décembre Salle Paul Buissonneau du centre culturel Art neuf 3819, rue Calixa-Lavallée, Montréal Billets : Infos.: Les Productions Artémuse présentent Un don sera remis au pour la santé mentale On assiste à la création, par les élèves, d\u2019une œuvre tissée de moments drôles et de tristesse, colorée par des accents et des bouts de langues de partout dans le monde.PICBOIS PRODUCTIONS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Orchestre Strauss de Montréal Alexander Steinitz, chef d\u2019orchestre (Vienne) Lara Ciekiewicz, Lyne Fortin, soprano Brian Cheney, ténor 1er Salle Wilfrid-Pelletier Célébrez avec un orchestre de 65 musiciens, les plus belles valses, de célèbres polkas et des airs d\u2019opérettes, mettant en vedette d\u2019exceptionnels danseurs et de réputés chanteurs.Concert 20e anniversaire Produit par MANON DUMAIS LE DEVOIR Tradition des Fêtes Dès le 11 décembre, petits et grands enfants pourront enfin se régaler de la 35e édition de l\u2019incontournable programmation de Ciné-cadeau.Seront fidèles au rendez-vous Astérix le Gaulois, Lucky Luke, l\u2019homme qui tire plus vite que son ombre, et Tintin le téméraire reporter.Seront aussi de la fête Ernest et Célestine (photo ci-dessus), d\u2019après un scénario de Daniel Pennac, Phantom Boy, avec la voix d\u2019Audrey Tautou, et Un monstre à Paris, avec les chansons de -M- et de Vanessa Paradis.Ciné-cadeau Télé-Québec, tous les jours, 9h, 15h30, 18h30 Drôle de fête Pour une troisième année de suite, François Morency anime le Gala Les Olivier.Et pour une seconde fois de suite, ce sera sous le signe de la controverse.Rappelons que, l\u2019an dernier, Mike Ward, couronné humoriste de l\u2019année, avait boycotté le gala puisque le numéro qu\u2019il devait y présenter avec Guy Nantel avait été censuré.Pour dénoncer la censure, plusieurs humoristes s\u2019étaient présentés sur le tapis rouge puis sur scène le visage masqué.Osera-t-on faire allusion cette année à l\u2019affaire Rozon?Fera-t-on la promotion du Festival du rire de Montréal ?Ramènera-t-on sur le tapis les blagues de Guy Nantel sur la culture du viol ?Lors de son passage à Tout le monde en parle, dimanche dernier, l\u2019animateur de ce 19e gala a promis de « tuer dès le début l\u2019éléphant blanc dans la pièce ».Gala Les Olivier Radio-Canada, dimanche, 20h Fête d\u2019enfants Qu\u2019ont en commun Louise Marleau, Guillaume Lemay-Thivierge et Sophie Nélisse?Ils ont tous trois entamé leur carrière à un très jeune âge au petit écran.La première a joué dans la série Beau temps, mauvais temps en 1955 ; le deuxième, dans Épopée rock en 1984 ; et la troisième, dans Mirador et Toute la vérité en 2010.Tous trois seront les invités d\u2019André Robitaille et Édith Cochrane dans une émission spéciale de deux heures des Enfants de la télé consacrée aux «vrais enfants de la télé ».Au menu : fous rires, malaises, émotion et nostalgie.Les enfants de la télé Radio-Canada, mercredi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 S O I R É E S E N F Ê T E Le visionnement en continu de la semaine Jean-Claude Van Damme semble s\u2019en donner à cœur joie dans la série Jean- Claude Van Johnson, où il incarne un ex-agent secret qui reprend du service en se faisant passer pour une star de films d\u2019action.Le hic, c\u2019est qu\u2019il est un peu rouillé, ce qui ne manquera pas d\u2019inquiéter sa patronne (Phylicia Rashad).Produite par Rid- ley Scott, cette série de six épisodes d\u2019une demi-heure est une création de David Callaham, scénariste de la franchise Expendables.Il y a plus d\u2019un an, l\u2019émission-pilote avait suscité l\u2019enthousiasme des mordus des muscles de Bruxelles sur Amazon.Leur patience sera-t-elle récompensée ?Jean-Claude Van Johnson Dès vendredi sur Amazon Prime Video | 47 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 SAMEDI MILDRED PIERCE (3) É.-U.2011.Mélodrame de Todd Haynes avec Kate Winslet, Guy Pearce, Evan Rachel Wood.- Dans les années 1930, une femme au foyer, séparée de son mari infidèle, entreprend de se trouver du travail et de pourvoir seule au bien-être de ses deux filles.ARTV 13h GEMMA BOVERY (4) Fr.2014.Comédie dramatique d\u2019Anne Fontaine avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng.- En Normandie, un boulanger féru de littérature observe les tribulations extra- conjugales d\u2019une voisine anglaise qui lui rappelle la célèbre héroïne d\u2019un roman de Flaubert.ARTV 15h30 HUIT EN-DESSOUS (4) (Eight Below), É.-U.2005.Aventures de Frank Marshall avec Paul Walker, Bruce Greenwood, Moon Bloodgood.Jason Biggs.- Un guide met tout en œuvre pour retrouver ses huit chiens de traîneaux qu\u2019il a dû abandonner dans une station en Antarctique lors d\u2019une tempête.TVA 15h45 LE CONTE DE DESPEREAUX (4) (The Tale of Despereaux), É.-U.2008.Film d\u2019animation de Sam Fell.- Une souris vient en aide à une princesse enfermée par son père à la suite de la mort accidentelle de sa mère, provoquée par un rat.TQ 18h HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D\u2019AZKABAN (3) (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban), É.-U.2004.Drame fantastique de Alfonso Cuaron avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, David Thewlis.- Un jeune sorcier apprend qu\u2019un dangereux prisonnier en cavale chercherait à le tuer.V 18h IRON MAN 2 (5) É.-U.2009.Drame fantastique de Jon Favreau avec Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Mickey Rourke.- Un milliardaire subit diverses pressions pour qu\u2019il mette la technologie derrière son alter ego invincible Iron Man au service de la défense des États-Unis.TVA 18h30 MARY POPPINS (3) É.-U.1964.Comédie musicale de Robert Stevenson avec Julie Andrews, Dick Van Dyke, David Tomlinson.- Deux enfants découvrent un monde de joie et de fantaisie grâce à une gouvernante dotée de pouvoirs magiques.ABC 20h JACK REACHER (5) É.-U.2012.Drame policier de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall.- Un ancien major de la police militaire enquête sur les raisons qui ont motivé l\u2019assassinat de cinq personnes par un tireur déséquilibré.TVA 20h56 MA VIE AVEC LIBERACE (3) (Behind the Candelabra), É.-U.2013.Drame biographique de Steven Soderbergh avec Michael Douglas, Matt Damon, Rob Lowe.- La liaison tumultueuse du pianiste Liberace et de son jeune amant Scott Thorson, depuis leur première rencontre à Las Vegas jusqu\u2019à leur séparation acrimonieuse.ARTV 21h MAMMUTH (3) Fr.2010.Comédie dramatique de Gustave Kervern avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani.- Un retraité enfourche sa moto afin d\u2019aller quérir un peu partout en province les papiers administratifs qui lui donneront accès à sa pension.TFO 21h LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR (5) (Saturday Night Fever), É.-U.1977.Drame de mœurs de John Badham avec John Travolta, Karen Lynn Gorney, Donna Pescow.- Les ambitions d\u2019un adolescent de Brooklyn qui fréquente les discothèques pour oublier un quotidien banal.TQ 22h SAINT AMOUR (4) Fr.2015.Comédie dramatique de Benoît Delépine avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste.- Afin de se rapprocher de son fils, qu\u2019il espère bientôt voir prendre sa relève, un vieux fermier visite avec lui différentes régions viticoles de France.TFO 22h35 AMADEUS (2) É.-U.1984.Drame musical de Milos Forman avec F.Murray Abraham, Tom Hulce, Elizabeth Berridge.- Un vieux musicien s\u2019accuse d\u2019avoir tué Mozart et raconte les circonstances de son forfait.RC 0h LA LIGNE VERTE (4) (Green Mile, The), É.-U.1999.Drame de Frank Darabont avec Tom Hanks, Michael Clarke Duncan, David Morse.- En 1935, en Louisiane, un gardien de prison se lie d\u2019amitié avec un condamné à mort doté de pouvoirs de guérison.TVA 0h04 CONTE D\u2019HIVER (4) Fr.1991.Drame de mœurs d\u2019Éric Rohmer avec Charlotte Véry, Hervé Furic, Michel Voletti.- Partie vivre en province avec son amant, une Parisienne est toujours hantée par l\u2019image d\u2019un grand amour de vacances dont elle a perdu la trace.TFO 0h19 TIM BURTON\u2019S THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS (1) É.-U.1993.Film d\u2019animation d\u2019Henry Selick.- Après avoir kidnappé Santa Claus, les monstres de l\u2019Halloween préparent une fête de Noël aux accents lugubres.CTV 0h35 DIMANCHE LE SECRET DE L\u2019ÉTOILE DU NORD (5) Norv.2012.Conte de Nils Gaup avec Vilde Zeiner, Anders Baasmo Christiansen.- Afin d\u2019aider un roi à retrouver sa fille kidnappée, une petite orpheline se lance à la recherche de l\u2019Étoile du Nord.TVA 14h30 LES MONDES DE RALPH (4) (Wreck-It Ralph), É.-U.2012.Film d\u2019animation de Rich Moore.- Las d\u2019être un vilain de jeu vidéo, un démolisseur part à la conquête d\u2019une médaille de héros dans un autre jeu, bouleversant du coup l\u2019univers des arcades.RC 15h LE CLIENT (4) (The Client), É.-U.1994.Drame policier de Joel Schumacher avec Susan Sarandon, Tommy Lee Jones.- Une avocate défend un adolescent qui refuse de révéler à la police ce qu\u2019un avocat de la mafia lui a confié avant de se suicider.MAX 15h30 TROLLS EN BOÎTE (4) (The Boxtrolls), É.-U.2014.Film d\u2019animation de Graham Annable.- À l\u2019époque victorienne, une fillette de la haute société vient en aide à un orphelin élevé par de curieuses créatures vivant dans les égouts.TVA 16h03 ÉSIMÉSAC (4) Can.2012.Conte de Luc Picard avec Nicola Frank-Vachon, Gildor Roy, Maude Laurendeau.- Le nouvel homme fort d\u2019un village frappé par la crise se laisse convaincre par le forgeron de miser sur la venue possible du chemin de fer plutôt que sur un projet de jardin communautaire.ARTV 19h DPJ (4) Can.2017.Documentaire de Guillaume Sylvestre.- Incursion dans un centre de la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal, où des travailleurs sociaux veillent sur des enfants soustraits à la garde de leurs parents.CD 19h LA DERNIÈRE LEÇON (5) Fr.2015.Drame de Pascale Pouzadoux avec Marthe Villa- longa, Sandrine Bonnaire, Antoine Duléry.- Refusant de se voir dépérir, une femme de 92 ans annonce à son fils et sa fille qu\u2019elle mettra fin à ses jours dans deux mois.TV5 20h À TRAVERS L\u2019UNIVERS (3) (Across the Universe), É.-U.2007.Comédie musicale de Julie Taymor avec Jim Sturgess, Evan Rachel Wood, Joe Anderson.- Les tribulations sentimentales et politiques d\u2019un groupe de jeunes artistes marginaux à New York au cours des années 1960.MAX 20h ASTÉRIX ET OBÉLIX \u2013 AU SERVICE DE SA MAJESTÉ (4) Fr.2012.Comédie fantaisiste de Laurent Tirard avec Édouard Baer, Gérard Depardieu, Guillaume Gallienne.- Tout en livrant un tonneau de potion magique dans un village breton menacé par César, Astérix et Obélix se chargent de faire un homme du neveu froussard de leur chef.TVA 21h LOUIS 19, LE ROI DES ONDES (6) Can.1994.Comédie de Michel Poulette avec Martin Drainville, Agathe de la Fontaine, Dominique Michel.- Un modeste vendeur remporte un concours dont le prix consiste à diffuser en direct, 24 heures sur 24, la vie quotidienne du gagnant.TQ 21h L\u2019OUTSIDER (5) Fr.2016.Thriller de Christophe Barratier avec Arthur Dupont, François-Xavier Demaison, Sabrina Ouazani.- Huit ans après son arrivée à la Société Générale de France, un jeune trader ambitieux est accusé d\u2019avoir commis une fraude qui aurait fragilisé le système financier mondial.TFO 21h LA NEUVAINE (3) Can.2005.Drame psychologique de Bernard Émond avec Élise Guilbault, Patrick Drolet, Denise Gagnon.- À Sainte-Anne- de-Beaupré, une urgentologue suicidaire est sauvée par un jeune homme qui fait une neuvaine pour obtenir la guérison de sa grand-mère mourante.TFO 23h 8 FEMMES (4) Fr.2001.Comédie policière de François Ozon avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart.- Dans un manoir isolé, la découverte du maître de maison poignardé dans son lit éveille des soupçons mutuels chez les huit femmes de son entourage immédiat.RC 1h LUNDI HEUREUX HASARD (4) (Serendipity), É.-U.2001.Comédie sentimentale de Peter Chelsom avec John Cusack, Kate Beckinsale, Jeremy Piven.- Deux jeunes gens épris l\u2019un de l\u2019autre décident de placer leur avenir entre les mains du destin.TVA 13h LE DERNIER SOUFFLE \u2013 AU CŒUR DE L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL (4) Can.2017.Documentaire d\u2019Annabel Loyola.- Les deux dernières années de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, telles que vécues par le personnel soignant, les patients et les religieuses qui y habitent toujours.CD 14h PHANTOM BOY (4) Fr.2015.Film d\u2019animation de Alain Gagnol.- Un garçon malade, qui possède le pouvoir de quitter son corps, aide un détective à déjouer les plans d\u2019un criminel qui veut prendre le contrôle de New York.TQ 15h30 ASTÉRIX LE GAULOIS (5) Fr.1968.Dessins animés de Ray Goossens.- En 50 avant J.-C., le chef des Romains tente en vain de voler aux Gaulois le secret de leur potion magique.TQ 18h30 LA MARCHE (4) (The Walk), É.-U.2015.Drame biographique de Robert Zemeckis avec Joseph Gordon-Levitt, Charlotte Le Bon, Clément Sibony.- À New York, le matin du 7 août 1974, le funambule Philippe Petit marche sur un fil de fer reliant les tours jumelles du World Trade Center.TVA 19h30 LA DONATION (4) Can.2009.Drame de Bernard Émond avec Élise Guilbault, Jacques Godin, Éric Hoziel.- Les épreuves et renoncements d\u2019une femme médecin montréalaise venue en Abitibi pour remplacer temporairement un vieux docteur.TFO 21h NEWTOWN (3) É.-U.2016.Documentaire de Kim A.Snyder.- Rencontres avec les parents de trois des vingt-six victimes du massacre de l\u2019école élémentaire Sandy Hooks de Newtown, au Connecticut, en décembre 2012.PBS (WETK) 22h CONTAGION (4) É.-U.2011.Thriller de Steven Soderbergh avec Laurence Fishburne, Matt Damon, Jennifer Ehle.- Un virus venu de Hong Kong crée une pandémie qui affecte les destins de divers scientifiques et spécialistes de la santé, d\u2019un veuf immunisé et d\u2019un blogueur aux propos alarmistes.V 0h PLAN PARFAIT (4) (Thin Ice), É.-U.2011.Comédie dramatique de Jill Sprecher avec Greg Kinnear, Alan Arkin, Billy Crudup.- Alors qu\u2019il tente de dérober à un vieux fermier un violon d\u2019une grande valeur, un agent d\u2019assurances malhonnête et fauché voit son plan mal tourner.TVA 0h35 MARDI KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES (4) Fr.2012.Film d\u2019animation de Michel Ocelot.- Dans un village africain, un vieux conteur évoque diverses aventures survenues à son petit-fils espiègle et futé.TQ 9h AMERRIKA (4) (Amreeka), É.-U.2009.Drame de Cherien Dabis avec Nisreen Faour, Melkar Muallem, Hiam Abbass.- Alors que la guerre en Irak vient d\u2019être déclenchée, une Palestinienne divorcée et son fils adolescent émigrent aux États-Unis, où leur intégration s\u2019avère difficile.VIE 13h LE COQ DE ST-VICTOR (4) Can.2013.Film d\u2019animation de Pierre Greco.- Après s\u2019être débarrassés du coq du maire, qui les réveillait trop tôt, des villageois se mettent à faire la grasse matinée et à négliger leur travail.TQ 15h30 MADAGASCAR (4) É.-U.2005.Film d\u2019animation d\u2019Eric Darnell.- Par un concours de circonstances, quatre animaux nés au zoo de Central Park se retrouvent dans la jungle de Madagascar.TQ 18h30 INVINCIBLE (4) (Unbroken), É.-U.2014.Drame biographique d\u2019Angelina Jolie avec Jack O\u2019Connell, Jai Courtney, Garrett Hedlund.- En 1943, un soldat américain dont l\u2019avion s\u2019est abîmé dans le Pacifique est rescapé par l\u2019armée japonaise après 47 jours de dérive puis envoyé dans un camp de prisonniers.TVA 19h30 LES BARBOUZES (4) Fr.1964.Comédie de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Bernard Blier.- Un agent est délégué auprès de la veuve d\u2019un trafiquant d\u2019armes pour récupérer des plans.TFO 21h JINGLE BELL ROCKS (4) Can.2013.Documentaire de Mitchell Kezin.- Un voyage au cœur de la musique de Noël, à travers les témoignages de ceux qui perpétuent cette tradition.PBS (WETK) 21h GEMMA BOVERY Voir samedi, 15h30.ARTV 22h LA DONATION Voir lundi, 21h.TFO 0h09 LA TEMPÊTE (5) (The Perfect Storm), É.-U.2000.Aventures de Wolfgang Petersen avec George Clooney, Mark Wahlberg, Diane Lane.- Des pêcheurs doivent braver une terrible tempête provoquée par la convergence de plusieurs systèmes météorologiques.TVA 0h35 MERCREDI WALLACE ET GROMIT \u2013 LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU (3) (Wallace & Gromit \u2013 The Curse of the Were-Rabbit), G.-B.2005.Film d\u2019animation de Steve Box.- Un inventeur et son fidèle petit chien cherchent à capturer un lapin mutant géant qui festoie la nuit dans les potagers de leur village.TQ 9h LA FILLE DU NEW JERSEY (5) (Jersey Girl), É.-U.2004.Comédie dramatique de Kevin Smith avec Ben Affleck, Liv Tyler, Raquel Castro.- Devenu en peu de temps veuf et chômeur, un riche publicitaire new-yorkais se voit forcé de retourner vivre chez son père avec sa fillette.TVA 13h L\u2019OURS MONTAGNE (4) Dan.2011.Film d\u2019animation d\u2019Esben Toft Jacobsen.- En visite chez leur grand-père, qui habite à la lisière d\u2019une forêt mystérieuse, un garçon et sa petite sœur s\u2019attachent à un ours gigantesque menacé par un vil chasseur.TQ 15h30 FANTASTIQUE MAÎTRE RENARD (4) (Fantastic Mr.Fox), É.-U.2009.Film d\u2019animation de Wes Anderson.- Par ambition, un renard dévalise trois éleveurs de volaille industriels, provoquant de leur part une riposte qui force sa famille et les animaux du voisinage à fuir en lieu sûr.TQ 18h30 ET SI LE CIEL EXISTAIT?(5) (Heaven is for Real), É.-U.2014.Drame de Randall Wallace avec Greg Kinnear, Connor Corum, Kelly Reilly.- En révélant que son jeune fils aurait eu des visions du paradis alors qu\u2019on l\u2019opérait d\u2019urgence à l\u2019hôpital, un pasteur du Nebraska se met à dos sa congrégation et son épouse.TVA 20h A TOUCH OF SIN \u2013 LA SOIF DU PÉCHÉ (3) Chin.2013.Drame de mœurs de Jia Zhang-ke avec Jiang Wu, Wang Baoqiang, Zhao Tao.- En Chine, trois hommes et une femme, issus de quatre provinces différentes, se défendent à leur façon contre les nouveaux riches qui font la loi dans leur pays.TFO 21h LES BARBOUZES Voir mardi, 21h.TFO 0h13 JEUDI POULETS EN FUITE (3) (Chicken Run), É.-U.2000.Film d\u2019animation de Peter Lord.- Des poules tentent de s\u2019enfuir d\u2019une ferme où on les destine à devenir de la chair à pâté.TQ 9h SINBAD \u2013 LA LÉGENDE DES SEPT MERS (4) (Sinbad \u2013 Legend of the Seven Seas), É.-U.2003.Film d\u2019animation de Patrick Gilmore.- Un fougueux capitaine et sa bande de pirates luttent contre une déesse diabolique qui veut faire régner le chaos sur la Terre.TQ 15h30 SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.MP 16h30 ASTÉRIX ET LE COUP DU MENHIR (4) Fr.1989.Dessins animés de Philippe Grimond.- Les garnisons romaines cherchent à tirer profit de l\u2019amnésie soudaine du druide Panoramix, mésestimant la vigilance du vaillant guerrier Astérix.TQ 18h30 COMMOTION (5) (Concussion), É.-U.2015.Drame de Peter Landesman avec Will Smith, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin.- Un médecin légiste d\u2019origine nigériane, qui a découvert la cause de la démence précoce chez les joueurs de football professionnels, se bat pour que la NFL reconnaisse le problème.TVA 19h30 GETT \u2013 LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM (3) (Gett), Isr.2014.Drame social de Ronit Elkabetz avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy.- Vivant séparée de son mari, une coiffeuse israélienne tente de convaincre trois juges rabbiniques de forcer ce dernier à lui accorder le divorce.TFO 21h ÉSIMÉSAC Voir dimanche, 19h.ARTV 22h MONTRÉAL NEW WAVE (4) Can.2015.Documentaire d\u2019Érik Cimon.- À la fin des années 1970, le mouvement New Wave montréalais déborde le domaine musical, gagnant le champ des arts visuels, de la danse, du cinéma, en s\u2019exportant avec succès.CD 22h ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?(5) Fr.2011.Comédie dramatique de Stéphane Robelin avec Jane Fonda, Pierre Richard, Claude Rich.- Afin de faire face à la vieillesse, cinq amis septuagénaires décident de vivre en communauté dans une grande maison.TQ 22h29 VENDREDI DE LA NEIGE POUR NOËL (4) Norv.2013.Film d\u2019animation de Rasmus A.Sivertsen.- Avec l\u2019aide d\u2019un canard intrépide et d\u2019un hérisson froussard, l\u2019inventeur d\u2019un canon à neige tente de stopper un journaliste mégalomane qui a déclenché un blizzard avec sa machine.TQ 9h03 FUNNY FARM (5) É.-U.1988.Comédie de George Roy Hill avec Chevy Chase, Madolyn Smith, Joseph Maher.- Ayant fait l\u2019acquisition d\u2019une maison de campagne dans le but d\u2019écrire un roman, un ancien chroniqueur sportif y vit toute une série de tribulations.TVA 13h MONTRÉAL NEW WAVE Voir jeudi, 22h.CD 14h SHAUN LE MOUTON \u2013 LE FILM (3) (Shaun the Sheep Movie), G.-B.2015.Film d\u2019animation de Mark Burton.- Pour profiter d\u2019une journée de repos, un mouton et ses compères endorment leur fermier dans une caravane, avec des conséquences catastrophiques.TQ 15h30 ASTÉRIX ET CLÉOPÂTRE (4) Bel.1968.Film d\u2019animation d\u2019Albert Uderzo.- Cléopâtre fait appel à des Gaulois pour l\u2019aider à bâtir un temple en défi à César.TQ 18h30 UNE DERNIÈRE CHANCE (5) (One Chance), G.-B.2013.Drame biographique de David Frankel avec James Corden, Alexandra Roach, MacKenzie Crook.- Victime de harcèlement depuis l\u2019enfance, le commis obèse Paul Potts atteint la célébrité grâce à une mémorable prestation de chant lyrique à l\u2019émission Britain\u2019s Got Talents.TVA 19h UNDERGROUND (2) Fr.1995.Comédie dramatique d\u2019Emir Kusturica avec Miki Manojlovic, Lazar Ristovski, Mirjana Jokovic.- Des Yougoslaves sont cachés dans une cave pendant 20 ans par un profiteur qui leur fait croire que la Deuxième Guerre mondiale n\u2019est pas terminée.TFO 21h TANGUY (4) Fr.2001.Comédie de mœurs d\u2019Étienne Chatiliez avec André Dussollier, Sabine Azéma, Éric Berger.- Un universitaire de 28 ans qui vit toujours chez ses parents résiste aux tentatives de ceux-ci de le mettre à la porte.TQ 21h27 ÉSIMÉSAC Voir dimanche, 19h.RC 23h05 LA PART DES ANGES (4) (The Angels\u2019 Share), G.-B.2012.Comédie de Ken Loach avec Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland.- Le destin d\u2019un voyou de Glasgow bascule favorablement lorsque son agent de travaux communautaires l\u2019initie aux subtilités du whisky.TQ 23h14 NEZ ROUGE (5) Can.2003.Comédie sentimentale d\u2019Érik Canuel avec Patrick Huard, Michèle Barbara Pelletier, Pierre Lebeau.- Un critique littéraire condamné par la cour à travailler comme bénévole pour Nez Rouge fait équipe avec une écrivaine dont il a déjà démoli l\u2019œuvre.TVA 23h35 L E S F I L M S À VO I R C E T T E S E M A I N E À L A T É L É V I S I O N L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e É c r a n s 4 8 | 12/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Défier la magie Saint-Élie-de-Légen./ Gaétan Le siège Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags LA MARCHE (2015) avec Charlotte Le Bon, Joseph Gordon-Levitt.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue ASTÉRIX LE GAULOIS (1968) 19h45 Pikpoket Danse lascive Bagages Appendices Mc$ween Dans médias V Souper parfait OD Bali Rire et délire Ambulances UN RÊVE POUR NOËL (2016) Nikki Deloach.OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Rires du monde Christian Dior: La France Napoléon, Russie / La Moskova Journal/ Afrique CANAL D Douanes: Can Douanes: Can Transports Enchères Secrets souterrains Futurescape Un monde insolite Craindre voisin CANAL VIE La belle gang ByeMaison Quoi ton plan?Chéri, je t'échange! Mariage à l'aveugle Paroles d'enfants La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) Blitz LNF Football / Patriots de Nouvelle Angleterre c.Dolphins de Miami (D) HISTORIA Shotgun Ménard Nos ancêtres les extraterrestres Top 10 / Les mystères anciens Malédiction Island Partie 2 de 2 Hitler déclassifié / Ratlines Dossier OVNI ICI ARTV Les belles histoires Les pays d'en haut ICI on chante Angèle Dubeau / Pour une dernière fois Homme qui.Wainwright EXPLORA Le mystère de Yellowstone Alex+Tyler, éco Poissons monstres Pharmachien Cloner un mammouth Méga Tsunami Géants des airs Z Les hors-la-loi du volant Les pires chauffards québécois Ascension / Prémonition Prêt sur gage Prêt sur gage Arrow / Kapiushon ST: Enterprise SAVOIR Encore plus Chastena/ Thèse Contact Science tourne Un grand pas 20h50 Universc Encore plus Chastena/ Thèse Contact Science tourne Un grand pas TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite LA DONATION (2009) 22h40 Visite 23h10 Citoyen Planète Shamwari Mangoustes Opérations spéciales Ville du futur La mort au fil Faits divers le mag Secrets de chats Faits divers CBC CBCNews On the Money Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake / Whisper Sisters CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Lucifer / The Sin Bin The Gifted / eXploited Michael Buble / Mariah Carey CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Chicago Med / Naughty or Nice The Brave Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition The Great Christmas Light Fight The Great Christmas Light Fight The Bachelor News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts 9JKL Scorpion Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / Newtown UNIS Pense vite! AGROFUN Hooké Oiseaux Guides d'aventures À plein gaz Chars Peaky Blinders Canada, nature HBO 18h10 THE CHANGELING (1979) George C.Scott.Happening 21h15 The Night Of / The Beach 22h40 The Night Of TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ LNH Hockey / Avalanche du Colorado c.Penguins de Pittsburgh (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ 12/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Planète Terre 2 / Les déserts Les Olivier Gala Les Olivier Le Téléjournal 22h35 Gala Les Olivier TVA TVA nouvelles VLOG Variétés Noël La Floride de JMP ASTÉRIX ET OBÉLIX: AU SERVICE DE SA MAJESTÉ (2012) 23h15 TVANou.TQ Curieux Bégin Deux hommes en or Jouer dur LOUIS 19, LE ROI DES ONDES (1994) Martin Drainville.F.-tireurs V Cinéma Occupation Double Bali OD+ en direct Occupation Double Bali MON PÈRE NOËL BIEN AIMÉ ICI RDI Enquête Le National Le National RDI économie Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Chemins école Journal FR Trepalium LA DERNIÈRE LEÇON (2015) Marthe Villalonga.Les flots Journal/ Afrique CANAL D Galas ComediHa! 2015 Docu-D / DPJ Billy Docu-D / Fly-in, fly-out Déconstruire la ville S.souterrains CANAL VIE Meilleur que le chef! Donnez au suivant DANGEREUSE LIAISON (2011) Christina Cox.J'aurais pu mourir Maigrir gagner RDS 16h00 LNF Football (D) Sports 30 Sports 30 Blitz LNF Football / Ravens de Baltimore c.Steelers de Pittsburgh (D) HISTORIA Nos ancêtres les extraterrestres Vimy Partie 1 de 2 Pawn Stars Pawn Stars Fous bolides Fous bolides Bing Bang Rois scrap Restauration ICI ARTV Les dieux de la danse ÉSIMÉSAC (2012) avec René Richard Cyr, Marie Brassard.Le mystère Macpherson Gala Les Olivier / Après-gala Les Olivier EXPLORA S'aime chien Curiosités de l'évolution Les maîtres de la mémoire Planète techno Les bâtisseurs de l'impossible Découverte Stupidité Z Maripier! Démolition Remorquage Prêt sur gage Dans l'net Le web obscur Les stupéfiants / Spécial Reddit Expédition extrême Le Carol SAVOIR Reportage Géo 18h50 L'ONU Planète Terre Révolte 20h20 L'ONU Visite/ VOD Face à Face Ombre doute 22h50 Paris DeGarde/ L\u2019ONU TFO Subito texto Top!/ Top! Les jumelles Danse rêves Mosquée Citoyen monde L'OUTSIDER (2016) Arthur Dupont.LA NEUVAINE Planète 17h30Impriman Life: L'aventure de la vie Pourquoi nous détestent-ils, nous les juifs?Topoï: L'époque La garde rapprochée d'Hitler Les oubliés CBC Cinéma Mickey Cmas Rudolph Red Reindeer HOME ALONE (1990) avec Joe Pesci, Macaulay Culkin.CBC News: The National CBCNews CTV 16h30 LNF Football (D) SportsCentre The Big Bang The Big Bang Shark Tank To Be Announced National News GBL Global News Global National BorderSecur TheSimpsons Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles / Forasteira Madam Secretary / Minefield Global News ABC World News News at 6:30 Funniest Home Videos FROZEN (2013) avec Voix de Idina Menzel, Kristen Bell.Encore! News at 11 CBS 16h00 Football / N.Y.J/Den.60 Minutes Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles / Forasteira Madam Secretary / Minefield 3 News PBS (33) Great British Baking / Patisserie A Place to Call Home Great Performances / Driving Miss Daisy The Making of a Lady The Tunnel UNIS Couleurs locales Devenir adulte Monde Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 16h45 ROOM 18h45 THE WIZARD OF LIES (2017) avec Michelle Pfeiffer, Robert De Niro.David Bowie: Five Years 22h35 VicePri.23h10 VicePri.TVA Sports RAW LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Maple Leafs de Toronto (D) Le TVA sports Boxe LNH Hockey 12/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie Un homme à la mer Victoria / L'époux de la reine Les liens du sang Le Téléjournal Les Bougon Dre Grey TVA TVA nouvelles IRON MAN 2 (2010) avec Don Cheadle, Scarlett Johansson, Robert Downey Jr.JACK REACHER (V.F.) (2012) avec Rosamund Pike, Tom Cruise.TQ LE CONTE DE DESPEREAUX (2008) 19h45 Le Chat Les francs-tireurs Belle et Bum LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR (1977) V HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN (2004) avec Emma Watson, Rupert Grint.UN MARIAGE D'AMOUR (2008) Wendie Malick.Punch ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 Jardin extra Journal FR Super champion Les plus grands magiciens du monde / Mandrake 2014 La Fabian Journal/ Afrique CANAL D Le sport Pêches bayous Douanes: Can Douanes: Can Grand Rire Grand Rire Galas ComediHa! 2015 Grand Rire Grand Rire Transports CANAL VIE Vendre ou rénover?Petite ville, grandes rénos Mariage à l'aveugle La chute Entre nous Entre nous Je t'échange! RDS Sports 30 24CH glace Curling - Roar of the Rings Hommes et femmes Essais Olympiques Demi-finale (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Ripper Street Ripper Street Hitler déclassifié / Le tunnel La malédiction d'Oak Island Top 10 ICI ARTV Ils étaient dix Amour du country / Bluegrass Nouveau Nouveau MA VIE AVEC LIBERACE (2013) avec Scott Bakula, Matt Damon.23h10 Entrevue EXPLORA Animo Pharmachien CheminsÉcole/ danger Vélos contre autos 21h45 Vu ciel L'énigme Toutânkhamon Sexplora Z Expédition extrême Les Riders Blood Brothers Seuls et tout nus XL Le dernier bazou Forgerons Les Recrues Le Carol SAVOIR La bibliothèque de.Apostrophes / La cinquantaine 20h15 Beau Rature et lit John Rea Soif Vues d'UQAM Face à Face TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde MAMMUTH (2010) Gérard Depardieu.22h35 SAINT AMOUR (2016) Planète Les oubliés Les oubliés Les nouveaux explorateurs Les animaux pensent-ils Recherche Panoramas Les bébés volés du franquisme CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Penguins de Pittsburgh (D) Hockey / Vancouver vs Calgary (D) CTV CTV News Montreal W5 / Red Eye MURDER, SHE BAKED: A PLUM PUDDING MYSTERY (2015) The Indian Detective National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur CHRISTMAS INCORPORATED (2015) Shenae Grimes.The Engels The Engels Global News ABC 17h30 Paid News at 6:30 Extra Weekend MARY POPPINS (1964) avec Dick Van Dyke, Glynis Johns, Julie Andrews.News at 11 CBS 15h00 Football Ch.3 News Family Feud Family Feud Rudolph Red Reindeer Frosty Frosty Returns 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Detectorists Fresh Fields Coupling Agatha Raisin Death in Paradise / Lost Identity Austin City UNIS D'un rire à l'autre / Le premier gala / Alexandre Bisaillon L'espionne de Tanger Peaky Blinders Guides d'aventures 24 hres roman HBO 18h10 Curb 18h45 Curb Your Enthusiasm Curb Your Enthusiasm / Fatwa! 20h25 Newspaperman Boxing - HBO After Dark (D) TVA Sports 16h00 Soccer Avant-match LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 Kevin 23h15 Boxe S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR L\u2019homme qui a inventé le glamour, Christian Dior, reste une figure discrète parmi les géants de la mode française.Son destin a pourtant coloré la France d\u2019hier, contribuant à lui rendre son élégance et son prestige au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.Avec Christian Dior, la France, Frédéric Mitterrand consacre un documentaire appliqué à celui qu\u2019il appelle le «roi de la mode sans couronne».Écrit, narré et réalisé par l\u2019animateur, cinéaste et écrivain, ce portrait en deux temps montre la légende de la mode sous un jour méconnu.Les archives de la vie comme de la carrière du créateur du New Look sont en effet rares.Elles forment ici une somme foisonnante dont l\u2019ancien ministre de la Culture joue avec emphase, la collant parfaitement à une autre histoire, celle de la France du siècle dernier.La musique et les plans de caméra sont travaillés au petit point.Les images d\u2019archives sont magnifiées par un fin travail de restauration.Même le fil narratif est dévidé patiemment, sans jamais s\u2019emporter, si bien que la facture classique de ce documentaire élégant lui confère un air suranné, très vieille France.Il faut dire qu\u2019il y a un plaisir presque coupable à renouer avec le souffle hagiographique du neveu de François Mitterrand.Fasciné par le destin des grands de ce monde, ce commentateur attitré des cérémonies royales y déploie son phrasé impeccable habituel en multipliant les formules adroites et les images-chocs sur un ton égal, presque détaché, qui habille fort bien son sujet.Christian Dior, la France Lundi, TV5, 20h En rediffusion samedi, 16 décembre, 13h Un roi de la mode sans couronne Frédéric Mitterrand consacre à Christian Dior un portrait au petit point SU R L E R A DA R Les inspirants, au cube Télé-Québec a rattrapé à sa façon un créneau abandonné par Vrak, qui rendait hommage aux «préférés» de son public adolescent avec le gala KARV.Voilà donc la première édition de la Soirée Mammouth, qui récompense les cinq «actions les plus inspirantes» de l\u2019année, choisies par le jeune public invité à voter parmi une vingtaine de finalistes choisis par un jury de jeunes de partout au Québec.Durant la cérémonie diffusée en direct sur toutes les plateformes de Télé-Québec et animée par Pierre-Luc Funk et Sarah-Jeanne Labrosse, les téléspectateurs seront invités à voter pour le lauréat dont le discours sera le plus inspirant, lequel remportera le prix Mammouth XXL.Mammouth 2017 Télé-Québec, telequebec.tv et la page Facebook @MAMMOUTH tqc, vendredi, 20h TV5 | 4 9 C u l t u r e É c r a n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 12/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La magie de Casse-Noisette ICI on chante De peigne et de misère Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur UNE DERNIÈRE CHANCE (2013) James Corden.Deux filles le matin TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager ASTÉRIX ET CLÉOPÂTRE 19h50 Pingouin MAMMOUTH 21h25 TANGUY (2001) André Dussollier.Cinéma V Souper parfait Détestables L'arbitre Huissiers Haute sécurité LOVE ALWAYS, SANTA (V.F.) (2016) Marguerite Moreau.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les flots / Martinique - Sud J'ai marché sur la terre / Chili Thalassa Chacun son île Journal/ Afrique CANAL D Secrets souterrains Craindre son voisin Un tueur si proche 60 jours en prison Chicanes Chicanes Voyage enfer CANAL VIE Encan et flip au Texas Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover?Réno par le haut En famille ByeMaison Sauvé par ange RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° 24CH glace Hors-jeu 2.0 Images/sec.L'antichambre (D) Sports 30 HockeyQc.ca HISTORIA Vimy Partie 2 de 2 Guerre du ginseng Les montagnards Dundee Dundee Guerriers route / L'enfer A$ de brocante ICI ARTV L'appel du coeur Appelez mon agent / Norman Anne Comme par magie Rétroviseur EXPLORA Outback Outback Planète techno Pharmachien Concevoir l'impossible L'art du camouflage Sexplora Stupidité Tabou Z Dans l'net Remorquage Maripier! Forgerons Les Recrues Démolition Remorquage Prêt sur gage Infiltration Banshee (v.f.) SAVOIR Un grand pas 18h50 Universc Chastena/ Thèse Encore plus Contact Science tourne De grands noms L'ONU/ Paris La bibliothèque de.TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Mosquée TFO 24.7 UNDERGROUND (1995) avec Lazar Ristovski, Mirjana Jokovic, Miki Manojlovic.Planète Shamwari Mangoustes Sauvés par des Justes Humains 3.0 / L'homme réparé Life: L'aventure de la vie Les nouveaux explorateurs Faits divers CBC CBCNews On the Money Rick Mercer Coronation St.marketplace Stats of Life the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.To Be Announced CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver / Bullet + Pen Hawaii Five-0 Hawaii Five-0 Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Once Upon a Time Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 Local22 News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MacGyver / Bullet + Pen Hawaii Five-0 Hawaii Five-0 Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour BBC News Vermont Week Wash.Week Third Rail Mormon Choir Lidia Celebrates America Business UNIS Pense vite! Monde Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule D'un rire à l'autre Dinos/ Simple HBO 17h15 EVERY THING WILL B.19h20 REMEMBER (2015) Christopher Plummer.George Lopez All Def Comedy WISHFUL DRINKING (2010) TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match LNH Hockey / Kings de Los Angeles c.Rangers de New York (D) Dave Morissette en direct Dans le ring 12/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Infoman Les dieux de la danse 1001 vies Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags COMMOTION (2015) avec Alec Baldwin, Albert Brooks, Will Smith.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue ASTÉRIX ET LE COUP DU MENHIR (1989) Jouer dur T'es où, Youssef?ET SI ON VIVAIT TOUS ENS.V Souper parfait OD Bali Intemporel Intemporel Chicago Police OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Ports d'attache / Montréal Pérou: Planète extrême Passage Nord-Ouest Rires du monde Journal/ Afrique CANAL D Les survivants Héros purs et durs Docu-D / Chiens millionnaires Déconstruire la ville Docu-D CANAL VIE La belle gang Sous-sol! En famille Simplement vedette Donnez au suivant Entre nous Entre nous La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Devils du New Jersey c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les as de l'aviation / Red Tails Bing Bang Rois scrap Fous bolides Fous bolides Légendes de la route Les moteurs Voitures de Montagnards ICI ARTV Les belles histoires Les pays d'en haut Appelez mon agent / Norman Rétroviseur Défier la magie ÉSIMÉSAC (2012) Marie Brassard.EXPLORA Couples insolites Un lion dans votre salon Océania / Géants des mers Un film, une histoire L'envol des drones Méga Tsunami Z BattleBots: Combats de robots Seuls et tout nu / Thaïlande Le dernier bazou Maripier! Les Riders Les hors-la-loi du volant Démolition SAVOIR Grand musée Rencontre Fièvre politique 19h50 Table Face à Face Révolte 21h50 L'ONU 21e Siècle Cent regards Fièvre politique TFO Amélie Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point TFO 24.7 GETT: LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM (2014) TFO 24.7 Planète Shamwari Mangoustes Les nouveaux explorateurs La garde rapprochée d'Hitler Les oubliés Les oubliés Faits divers le mag Hubble CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.LAST HOLIDAY (2006) avec LL Cool J, Queen Latifah.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon The Indian Detective Criminal Minds CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Super Donuts 9JKL NCIS: New Orleans S.W.A.T./ Homecoming Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Celebration Prep & Land.Baking Show / Dessert Week Baking Show / Cookie Week News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Homecoming Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Innovate Saving Water Saving Our Waters Great Houses Scott & Bailey Business UNIS Pense vite! Devenir adulte Chez nous 2050 Couleurs locales Les filles de Caleb L'espionne de Tanger Vu intérieur HBO 17h20 41 19h05 BROOKLYN (2015) avec Emory Cohen, Saoirse Ronan.The Night Of / Ordinary Death The Night Of / The Call of the Wild TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Le top LNH Le top LNH Avant-match LNH Hockey / Predators de Nashville c.Oilers d'Edmonton (D) 12/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Enfants de la télé / Louise Marleau , Guillaume Lemay-Thivierge.Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur VLOG Oeufs d'or ET SI LE CIEL EXISTAIT?(2014) avec Kelly Reilly, Greg Kinnear.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue FANTASTIQUE MAÎTRE RENARD (2009) Danse lascive L'héritier Jouer dur À la di Stasio V Souper parfait OD Bali Personne d'intérêt NCIS: Los Angeles / Piégés NCIS: Los Angeles OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île / Île Baranof Cash Investigation Les routes de l'impossible Journal/ Afrique CANAL D Douanes 24CH glace Cuban Chrome Alaska: La ruée vers l'or Panique sur la 401 1000 jours planète / Arctique Testament CANAL VIE La belle gang Quel âge Ouvrez, jamais Meilleur que le chef! Sauvé par un ange Design V.I.P.Sous-sol! La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 Le sommet F1 Magazine 25 ans d'émotions L'antichambre (D) Sports 30 Images/sec.HISTORIA L'encan L'encan De l'acier et du feu Restauration Restauration A$ de la brocante / En piste! Restauration Restauration Cash Cowboys ICI ARTV Les belles histoires Les pays d'en haut ICI on chante Outlander 22h10 Outlander / Le salut de Mary EXPLORA Couples insolites Animo S'aime chien La Semaine verte Mon cerveau au banc Aucune limite Les bâtisseurs Z Jobs de bras Bras de fer Les stupéfiants Expédition extrême Forgerons Les Recrues Des jobs de fous Maripier! SAVOIR Santé mentale et dépendances DeGarde/ Idées Autisme 21e Siècle Regards/ Paris Santé mentale et dépendances DeGarde/ Idées Autisme 21e Siècle TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 LA SOIF DU PÉCHÉ (2013) avec Lanshan Luo, Wu Jiang.23h15 Citoyen Planète Shamwari Mangoustes Manfred Richthofen Les nouveaux explorateurs Faites entrer l'accusé Mao, de l'espoir à la désillusion CBC CBCNews On the Money 22 Minutes Coronation St.Great Canadian The Great British Baking Show CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Criminal Minds / Wheels Up Law & Order: S.V.U.Designated Survivor CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Survivor SEAL Team / Collapse Holiday Commercials Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Speechless Modern Family Am.Housewife Designated Survivor News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor SEAL Team / Collapse Criminal Minds / Wheels Up Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Globe Trekker Nature / Soul of the Elephant Nova / Secret Tunnel Warfare SuperNature: Wild Flyers Business UNIS Pense vite! Ouache/ Ouache Vu intérieur Sel et Diesel Bouffe en cavale / Montérégie II Vertige Fous animaux Balade Tor.À plein gaz HBO 17h45 AWAKENING THE ZODIAC (2017) TAKEDOWN: THE DNA OF GSP (2014) The Night Of The Night Of Fight Game TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match LNH Hockey / Rangers de New York c.Sénateurs d'Ottawa (D) D.Morissette 22h15 RAW 23h15 Kevin 12/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Crescendo La mission de Kent Nagano Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur VLOG INVINCIBLE (2014) avec Takamasa Ishihara, Domhnall Gleeson, Jack O'Connell.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue MADAGASCAR (V.F.) (2005) Danse lascive Miron, un homme SOS sages-femmes Deux hommes V Souper parfait OD Bali Heure limite / Réconciliations Éternel / Blessure ouverte Pure (v.f.) OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Jardin extra Terre et ciel Un jour, un destin Chansons Caméléon Journal/ Afrique CANAL D Futurescape Billy Le sport Douanes: Can Situation Les survivants Voyage au bout de l'enfer Alaska: La ruée CANAL VIE La belle gang Encan et flip au Texas Réno par le haut Grandes rénos / Le retour Ouvrez, jamais Quel âge La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Sabres de Buffalo (D) L'antichambre (D) Sports 30 De sentiers HISTORIA La légende de la mine maudite Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Fièvre encans Fièvre encans Fièvre encans ICI ARTV Les belles histoires Les pays d'en haut ICI on chante / Patrice Bélanger Rétroviseur Rétroviseur GEMMA BOVERY (2014) Fabrice Luchini.EXPLORA Couples insolites CheminsÉcole/ danger Découverte Homo sapiens Panique sur terre Génie Einstein Z Prêt sur gage Remorquage Plus dur Le web obscur Vikings / Pertes et Profits Surnaturel / L'étoile Helix (v.f.) / L'héritage Star Trek: Voy.SAVOIR Archi branchés Rencontre Lima à l'heure du facteur C CORIM Sociologie Archi branchés Au-delà/ Métiers Mon temps Chanson/ Idées John Rea TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite LES BARBOUZES (1964) Lino Ventura.22h45 Visite 23h10 Citoyen Planète 17h30Colombie Mangoustes Les nouveaux explorateurs Chine sauvage Sauvés par des Justes Chine, le cri interdit Topoï CBC CBCNews On the Money JFL: Gags Coronation St.22 Minutes / State of the World Kim's Mr.Bean CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice Harry Styles Saves the World / Probably CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Double Down Bull / Home for the Holidays NCIS: Los Angeles Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition The Middle Fresh Off-Boat Black-ish The Mayor Saves the World / Probably News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Double Down Bull / Home for the Holidays NCIS: Los Angeles Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Cannabis Fire Finding Your Roots Jingle Bell Rocks 22h35 Seasons Business UNIS Pense vite! Bizarroscope Balade Tor.Fous animaux 2050 Chez nous Chercheurs d'or Yukonnais Dinos/ Simple Anatomie/ Nina Devenir adulte HBO Cinéma 18h45 If You're Not in the Obit, Eat Breakfast 20h15 Clínica de Migrantes The Night Of / A Dark Crate The Night Of / The Art of War State of Play TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Flyers de Philadelphie (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Kevin Raphael M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR C\u2019est un objet télévisuel bien singulier que cette série documentaire qui raconte la longue quête d\u2019un fils pour savoir le fin mot derrière la mort suspecte de son père.Pour qui connaît son créateur, le documentariste américain Errol Morris, ce Wormwood reste dans la lignée de ses œuvres les plus connues et saluées, The Thin Blue Line et Fog of War, des documentaires eux aussi chargés de reconstitutions dramatiques.Ceux qui font ici connaissance avec la façon de faire de Morris seront sans doute agréablement surpris par la virtuosité de la réalisation des six épisodes de la série, où l\u2019on suit le récit d\u2019Eric Olson.Depuis son plus jeune âge, ce dernier tente de comprendre le décès tragique de son père, Frank Olson, un scientifique qui travaillait à la CIA, « tombé» ou «ayant sauté» de la fenêtre de sa chambre au 13e étage d\u2019un hôtel de Manhattan en novembre 1953.Après avoir été avisée qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un suicide, la famille du défunt a appris du gouvernement américain, 22 ans plus tard, qu\u2019Olson aurait ingéré du LSD à son insu, dans le cadre d\u2019expériences menées par la CIA.Le fils ne se contentera jamais de cette seule explication et tente depuis de trouver les preuves que son père aurait été assassiné\u2026 Wormwood nous entraîne dans cette quête personnelle à travers bien sûr tout un lot d\u2019extraits d\u2019entrevue avec Eric Olson, montés de façon fort dynamique et éclatée, avec quantité d\u2019archives télévisuelles et imprimées, auxquelles s\u2019imbriquent de façon toute naturelle de nombreuses séquences de fiction où l\u2019on recrée avec soin les derniers mois du défunt, formidablement interprété par Peter Sarsgaard, au cœur de la guerre froide, pris dans une spirale dont il n\u2019a pas le contrôle et qui causera sa perte.Wormwood Netflix, dès vendredi Passer sa vie à élucider une mort NETFLIX L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 5 0 | V I V R E Les chutes du Niagara et l\u2019hiver forment la plus grande et la plus créative équipe de sculpture sur glace au monde.Jour et nuit, la majestueuse Niagara fait un saut de 50 mètres, frappe des rochers et remonte au ciel en millions de gouttes vaporeuses qui se greffent aux œuvres de glace existantes.Le miracle surconsommé de Niagara est « virginisé » par la neige et la quasi-absence de touristes.TOURISME ONTARIO REPORTAGE BENOIT LEGAULT COLLABORATEUR LE DEVOIR À NIAGARA es chutes du Niagara et l\u2019hiver forment la plus grande et la plus créative équipe de sculpture sur glace au monde.Jour et nuit, la majestueuse Niagara fait un saut de 50 mètres, frappe des rochers et remonte au ciel en millions de gouttes vaporeuses qui se greffent aux œuvres de glace existantes.Le miracle surconsommé de Niagara est «virginisé» par la neige et la quasi-absence de touristes.L\u2019hiver, Niagara Falls reprend l\u2019aspect naturel et redoutable des chutes telles qu\u2019elles ont été vues par les pionniers européens.Les chutes canadiennes, par leur forme arquée, projettent au centre de la cataracte de puissants jets d\u2019eau qui s\u2019élèvent en puissance et forment des nuages glacés spontanés.Ce sont toutefois les chutes américaines qui produisent l\u2019hiver le spectacle le plus différent et le plus saisissant.Le lit de rochers érodés, qui assombrit l\u2019été le pied des chutes, forme l\u2019hiver un rideau revêtu de neige congelée.Des deux côtés de la frontière, de la glace s\u2019agrippe aux arbres, aux luminaires et à tout ce que la civilisation et la nature ont dressé.Tout cela est beau, mais pas chaud.La température aux abords des chutes semble beaucoup plus froide que celle indiquée par le thermomètre, et ce, à cause de l\u2019humidité et du vent.Points d\u2019observation Les passerelles extérieures des tours Skylon et Minolta sont glaciales, mais elles accordent des vues inoubliables sur la rugissante rivière glacée.Ces tours sont illuminées durant le Winter Festival of Lights, qui donne un caractère festif aux chutes en décembre et en janvier (wfol.com).En soirée, des éclairages multicolores donnent un caractère inattendu aux édifices et aux rues principales de Niagara Falls.Les touristes d\u2019hiver profitent de tarifs hôteliers réduits (beaucoup de chambres à moins de 100 $).Plusieurs attraits kitsch sont toutefois fermés \u2014 et ma foi, c\u2019est tant mieux.Du 22 décembre au 7 janvier, le La- serlight Show Borealis fera briller Niagara plusieurs fois par soirée.La soirée du jour de l\u2019An sera célébrée en grand, de 20 h à 1 h du matin, sur une scène en plein air mettant en vedette le groupe d\u2019origine québécoise Simple Plan et trois autres formations musicales.Mais ensuite, en | 5 1 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Niagara.L\u2019hiver.Mystère.Et boules de glace.La péninsule du Niagara est complètement différente pendant cette période de l\u2019année.La morte-saison y est synonyme de fortes émotions glacées.Niagara l\u2019hiver : de glaces et de vins Hamilton : vols et gastronomie Niagara Falls est à deux heures de voiture de Toronto et à seulement une heure de Hamilton.Air Canada assure des vols quotidiens sans escale vers Hamilton en biréacteurs régionaux CRJ de 50 places de Bombardier.Les tarifs sont comparables aux tarifs Montréal-Toronto (souvent moins chers, en fait).L\u2019aéroport de Hamilton est tout petit \u2014 sans stress \u2014 et on peut y louer une voiture pour filer jusqu\u2019à Niagara en traversant la péninsule du même nom.Dans l\u2019ombre de Toronto, Hamilton vit actuellement une renaissance économique.Certes, l\u2019allure de cette ancienne ville industrielle demeure rude et carrée, mais sa scène gastronomique bouillonnante attire l\u2019attention de grands médias américains.Hamilton permet à des chefs torontois établis de se réinventer et à de jeunes chefs d\u2019expérimenter sans la pression des coûts de fonctionnement écrasants de Toronto.La scène artistique et musicale de Hamilton demeure très active et originale.Cette ville mésestimée est à découvrir.Information : tourismhamilton.com et ontariotravel.net.L Durant le Winter Festival of Lights, des éclairages nocturnes donnent un caractère inattendu aux édifices et aux rues principales de Niagara Falls.BENOIT LEGAULT Pendant la saison froide, le secteur historique redevient calme et il est bien sûr illuminé et festif janvier et sur tout en février, les chutes gèleront en beauté et en sérénité.(niagarafallstourism.com) À noter que le voyagiste québécois Tours Amérique (toursamérique.com) propose, pour la première fois cette année, un circuit de trois jours en autocar dans la péninsule du Niagara l\u2019hiver.Niagara-on-the-Lake L\u2019endroit est si populaire l\u2019été qu\u2019on peine à en profiter.L\u2019hiver, le secteur historique redevient calme et il est bien sûr illuminé et festif.Les panoramas sur le lac Ontario sont inoubliables.On voit Toronto au loin.(niaga- raonthelake.com).Plusieurs wineries de la région demeurent ouvertes l\u2019hiver, car la péninsule du Niagara est devenue une région majeure de tourisme viticole.Le Niagara College de Nia- gara-on-the-Lake propose toute l\u2019année des visites guidées (tarif 5$) de sa teaching winery, comprenant une dégustation commentée de trois vins ontariens (voir niagaracollegewine.ca).Les vins de glace Ils sont la deuxième signature mondiale de Niagara.Du 12 au 28 janvier, le 23e Icewine Festival regroupera 35 wineries.Dégustations, accords mets- vins et spectacles seront au menu.(niagarawinefestival.com) La région de Niagara qui produit le plus de vin, Twenty Valley, organise aussi le WineFest, du 12 au 14 janvier, dans le village de Jordan.Janvier, c\u2019est aussi le moment de la récolte des raisins gelés, dont le jus concentré deviendra du vin de glace; on peut parfois participer à ces vendanges.(20valley.ca) Par ailleurs, la maison Peller organise une intense icewine experience le 20 janvier. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e Voya g e 52 | Pour trouver du dépaysement dans le familier, de l\u2019exotisme dans la tradition et s\u2019initier en douceur à l\u2019Asie entre deux feux d\u2019artifice, direction l\u2019Ilha Formosa ! REPORTAGE CAROLYNE PARENT COLLABORATRICE LE DEVOIR À TAIPEI ls ont choisi avec soin la couleur de leur lanterne de papier, achetée sur place, dans une boutique du hameau.Le rouge cor respond à la santé et à la paix ; l\u2019orange, à l\u2019amour et au mariage ; le jaune, au fric ; le vert, au succès\u2026 Certains, ne laissant rien au hasard, ont choisi la leur quadricolore.Ils ont aussi bien pesé les mots qu\u2019ils y ont tracés à l\u2019encre de Chine.Après tout, ils doivent être sans équivoque afin que les esprits des ancêtres comprennent bien le message qui leur est envoyé.«Fat paycheck, fat bonus », a écrit un jeune homme sur son ex-voto volant.Sa requête est des plus claires.Installés sur la voie fer rée qui scinde littéralement le village en deux, couples, parents ou amis soulèvent ensemble leur lanterne tandis qu\u2019un préposé allume la bougie qui la propulsera dans le ciel.Ça y est, on peut maintenant la laisser s\u2019envoler\u2026 d\u2019autant plus qu\u2019un train arrive ! Shifen est situé dans la vallée de Pingxi, à une heure et demie de route de Taipei, la capitale.Le village a connu son heure de gloire au début du XXe siècle, au temps de l\u2019occupation japonaise et du transport ferroviaire du charbon.De nos jours, ce sont les prières sur papier qui font sa for tune, car des touristes en provenance de Hong-Kong, du Japon, de la Corée et d\u2019ailleurs dans l\u2019île sollicitent la bienveillance des esprits au quotidien, du matin au soir.Merry romance ! « Les premières lanternes ont été inventées à l\u2019époque des Trois Royau - mes de Chine [220-265] et servaient à des fins militaires, explique la guide Lin Ling-hue.Leur apparition soudaine dans le ciel pouvait par exemple signaler que l\u2019ennemi avait battu en retraite.» À Taïwan, dans les années 1800, on lâchait des lanternes à l\u2019occasion des premières semailles.Puis, on en est venu à associer cette tradition au désir d\u2019avoir des fils pour travailler aux champs, d\u2019où les premières inscriptions manuscrites sur ces mini- montgolfières.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019événement est féerique, et pour le voyageur occidental de passage à Shifen, quelle jolie façon de célébrer Noël ou le jour de l\u2019An ! Un temps des Fêtes entre lanternes et père Noël à Taïwan Le gratte-ciel iconique Taipei 101 accueille le Nouvel An avec un spectacle pyrotechnique.BUREAU DE TOURISME DE TAÏWAN I Dans l\u2019ancienne Formose, le 25 décembre est le jour de la Constitution, qui marque depuis 70 ans cette année la naissance de la République de Chine | 5 3 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Dans l \u2019ancienne Formose, le 25 décembre est le jour de la Constitution, qui marque depuis 70 ans cette année la naissance de la République de Chine.« Mais il n\u2019y a bien que les politiciens pour célébrer ça ! dit Ell ie Chou, directrice des communications à l\u2019hôtel Le Méridien, à Taipei.Pour nous, Noël est une fête pour les couples et non les familles.Les amoureux s\u2019of frent un dîner romantique au restaurant et vont admirer ensemble les arbres de Noël très élaborés qui décorent les lieux publics, les magasins et le hall des d\u2019hôtels.Au Méridien, le père Noël distribuera des bonbons à tous nos hôtes ! » Évidemment, quand la venue au monde du petit Jésus ne concerne que 4,5 % d\u2019une population majoritairement bouddhiste, confucianiste et taoïste, il n\u2019est pas étonnant que Noël ne soit que prétexte à des illuminations à l\u2019occidentale.Ainsi, à New Taipei City, Christ- masland se veut un gigantesque marché de Noël.Dans la capitale même, le gratte-ciel iconique Taipei 101 accueille le Nouvel An avec un spectacle combinant feux d\u2019artifice et jeux de lumière.Mais les vrais romantiques, eux, auront déjà filé sur la côte est de l\u2019île et le rivage de Sanxiantai, dans le comté de Taitung, pour assister au premier lever de soleil de l\u2019année sur la planète.Asie 101 Qui part en vacances à Taïwan ?Poser la question, c\u2019est y répondre ! Pourtant, l\u2019île est si belle\u2026 Premiers Européens à y mettre les pieds, des Portugais étaient déjà de cet avis en 1544 puisqu\u2019ils l\u2019avaient surnommée «Ilha Formosa».Pour qui rêve d\u2019Asie, Taïwan une première destination parfaite.On y est dépaysé sans perdre tous nos repères.Les traditions locales sont bien vivantes dans la capitale ultramoderne comme dans l\u2019arrière-pays pittoresque.Culture et gastronomie sont riches de leurs emprunts aux Chinois, aux Japonais (ah, les sushis et les bains d\u2019eaux thermales!), aux peuples autochtones et aux Taïwanais de souche.Autres atouts : le train nous mène aux quatre coins de l\u2019île \u2014 en TGV, on ne met d\u2019ailleurs que 90 minutes pour la traverser du nord au sud! Les amateurs de mer, de montagnes et de temples mystérieux sont comblés.Le coût de la vie est abordable.Et en prime, on y est en sécurité.Au palmarès 2017 des Safe Cities du magazine The Economist, Taipei, ville de 2,6 millions d\u2019habitants, figure au 22e rang sur 60, devant Washington, Paris et Milan.Et je ne vous ai seulement pas parlé du formidable sens de l\u2019hospitalité made in Taïwan\u2026 Vivement Noël chez Confucius ! Carolyne Parent était l\u2019invitée du Bureau de tourisme de Taïwan.Sortir à Taipei Pas de danger qu\u2019on s\u2019ennuie dans la capitale taïwanaise\u2026 Le Musée du palais national abrite à lui seul la bagatelle de 600 000 œuvres d\u2019art chinoises provenant entre autres du palais de la Cité interdite, à Pékin.Tchang Kaï-chek, premier président de la République de Chine, a rapatrié ces trésors dans l\u2019île lorsque la guerre civile faisait rage sur le continent.Le monument commémoratif consacré au héros- dictateur est par ailleurs une œuvre à voir aussi.Quant aux sentiers de randonnée traversant boisés et plantations de thé du district de Maokong, sur les hauteurs de la ville, ils font le bonheur des amateurs de plein air.Et les « locaux», eux, où vont-ils?Spud Chang, le concierge de l\u2019étonnant hôtel-boutique Proverbs, un monolithe noir à résille d\u2019acier situé dans le quartier émergent d\u2019Eastern District, partage ses bonnes adresses.1.La rue Dihua «Cette rue commerçante du secteur de Dadaocheng existait déjà dans les années 1850.Au port adjacent arrivaient de Chine des marchandises qui étaient échangées contre des produits d\u2019ici, comme le thé.Un programme municipal de revitalisation lui a donné un second souffle, et on y trouve aujourd\u2019hui de petites boutiques de créateurs et des étals de rue qui sortent de l\u2019ordinaire.» 2.Le marché de nuit de la rue Raohe «C\u2019est l\u2019un des plus vieux et des plus traditionnels marchés nocturnes de Taipei.Dans le district Songshan, il s\u2019étale sur 600 mètres et déborde d\u2019étals de marchandises et de nourriture de toutes sortes.» 3.Le parc Da\u2019an «C\u2019est notre Central Park à nous\u2026 avec une bambouseraie, et on y va pour se détendre comme pour courir.» Bon appétit ! La gastronomie taïwanaise puise dans les traditions culinaires des autochtones comme des immigrants venus du Fujian et d\u2019ailleurs en Chine continentale, des Japonais et des Coréens.L\u2019offre culinaire est donc extrêmement diversifiée.Elle est aussi bon marché.«Pour cette raison, nous cuisinons très peu à la maison, ça n\u2019en vaut pas la peine!» lance la guide Lin Ling-hue.Ainsi, pour 200dollars taïwanais (8,50$), on se régale dans un resto sans prétention ou dans un marché de nuit.À la spécialité locale qu\u2019est le « tofu puant» \u2014 du tofu bien fermenté \u2014, on préférera sans doute les xiaolongbao (raviolis vapeur) au porc et les dumplings (raviolis bouillis) aux crevettes de Din Tai Fung, à Taipei.Cette vénérable enseigne est une chaîne, mais à la succursale originale, où vont les puristes, on fait encore la queue la fin de semaine, presque 60 ans après son inauguration.(No 192, Sec.2, dans Xinyi.) Lâcher de lanternes célestes, à Shifen, non loin de Taipei CAROLYNE PARENT Un bar aux allures de speakeasy à l\u2019hôtel Proverbs de Taipei.PROVERBS Comme la population est majoritairement bouddhiste, confucianiste et taoïste, il n\u2019est pas étonnant que Noël ne soit que prétexte à des illuminations à l\u2019occidentale Des tomates cerises laquées de sirop CAROLYNE PARENT L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Viv r e HÉBERGEMENTS EN RÉGIONS HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Déambuler au cœur de sites historiques, de rues marchandes animées.Découvrir la féerie du Marché de Noël Allemand à partir du 23 novembre.à quelques pas de l\u2019hôtel.Goûter la cuisine nordique des Chefs Jean-Luc Boulay et Arnaud Marchand au populaire restaurant Chez Boulay-bistro boréal.Se prélasser dans le confort douillet d\u2019une chambre contemporaine.Lire le livre oublié, s\u2019offrir un massage boréal au SPA du Manoir.Tentant n\u2019est-ce-pas?Et abordable en plus! À partir de 149$ par nuit en occupation double.Rabais pour séjour de deux nuits et plus.www.manoir-victoria.com \u2022 1-800-463-6283 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 22 FÉVRIER AU 4 MARS 2018 19e édition montrealenlumiere.com L E PA R TAG E D U S AVO I R À L\u2019 H O N N EU R L\u2019 I T H Q F Ê T E S E S 50 A N S BONNES TABLES RÉSERVEZ MAINTENANT ! CIRCUIT GASTRONOMIQUE L\u2019ITHQ EN «VEDETTES » Les Bonnes Tables Air France d u f e s t i v a l , n o s p r é c i e u x restaurateurs qui sont le cœur même de notre programmation gastronomique, of frent des centaines de propositions des plus alléchantes ! 1er MARS // CIRCUITS à 17 h 30 et 19 h ITHQ Ithq.qc.ca/mtlenlumiere À l\u2019occasion de son 50e anniversaire, l\u2019ITHQ vous invite à vivre une expérience unique en son genre, à même ses locaux de la rue Saint-Denis : un circuit gastronomique de 5 services réalisés par 5 de ses diplômés vedettes.Une soirée exceptionnelle en vue ! MARIE-FLEUR ST-PIERRE Restaurants Tapeo et Mesón DANNY ST-PIERRE Restaurant Petite Maison MARTIN JUNEAU Restaurant Pastaga ANN-RIKA MARTIN Restaurant La Planque, Gagnante de l\u2019émission Les Chefs ! 2017 JONATHAN LAPIERRE-RÉHAYEM Restaurant de l\u2019ITHQ Diplômés Tout au long de la soirée, plusieurs produits ESKA seront gracieusement mis à la disposition du public.Un mixologue sera également présent pour proposer une variété de cocktails à base d\u2019eau de source naturelle gazéifiée ESKA.ESKA, COMPLICE DE VOS MOMENTS GASTRONOMIQUES PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR ette année, osez le changement et troquez les bulles de raisin contre celles de l\u2019orge, du seigle, de la cannelle, de la pomme grenade, du sirop d\u2019érable et de la canneberge.Nous vous présentons deux bières artisanales québécoises à partager et à savourer pendant le temps des Fêtes.La Réserve de Noël À l\u2019usine des Trois Mousquetaires, située à Brossard, Noël arrive en octobre.«Notre Réserve de Noël est agréable à brasser parce que toute la place sent les épices durant les journées de brassage», confie le brasseur en chef Sébastien Langlois.Qu\u2019est-ce que ça goûte, la fête de Noël ?C\u2019est un peu la question à laquelle cette riche lager rouge tirant à 10,5% alc./vol tente de répondre.Pour Brassins festifs C | 5 5 Vi v r e B i è r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 élaborer sa recette, les Mousquetaires ont puisé dans leurs souvenirs, «dans toutes ces odeurs qu\u2019on emmagasine en nous et qui nous rappellent de beaux moments, abonde Langlois.C\u2019est une bière festive, liquoreuse, une bière à partager qui nous rappelle le temps des Fêtes avec ses saveurs de sapin, de pain d\u2019épices, de biscuits au gingembre.» Une bière à partager, c\u2019est le mot à retenir.Ce brassin est riche comme une chope de lait de poule.Dès qu\u2019on l\u2019ouvre, le gingembre et les épices sautent aux papilles.Tempérée, la légère amertume s\u2019efface alors que la cannelle remonte à la surface.«Cette année, on s\u2019est donné le défi de la rendre plus facile à boire, mieux balancée, abonde Langlois.Les ingrédients sont pas mal les mêmes que depuis qu\u2019on a commencé à la brasser [il y a environ cinq ans], mais on a ajusté les quantités.» On y reconnaît la cannelle et le gingembre, la vanille, le jus de canneberge aussi «en quantité plus importante cette année, son acidité permettant de mieux balancer le goût des sucres résiduels».Tout Québec Si la recette évolue chaque année, c\u2019est aussi en raison des matériaux de base, précise le brasseur en chef : «On travaille avec des grains québécois 100% sur cette bière, ce qui n\u2019est pas évident, car d\u2019une saison [de récolte] à l\u2019autre, les grains ne goûtent jamais exactement la même chose.Ensuite, on travaille avec des houblons qui, eux aussi, vont avoir un goût légèrement différent d\u2019une année à l\u2019autre puisque les houblons, c\u2019est un peu comme les cépages dans le vin.Ça varie.» Contrairement à une IPA, disons, les houblons ne sont pas mis en valeur dans une bière peu amère et portée vers la chaleur du sucre et des épices.Le brasseur a donc privilégié le houblon allemand Polaris, « très particulier, au fort potentiel améri- sant, mais quand même prononcé au goût.Ce qui est unique aussi pour ce houblon, c\u2019est son côté mentholé qui fonctionne bien pour la Réser ve », une bière qui, assure-t-il, est propice au vieillissement.« Un an plus tard, toutes les saveurs et les huiles essentielles des épices sont bien intégrées.Je crois qu\u2019elle devient encore mieux balancée.Sérieusement, cette bière, après un an, est très très bonne ! » La Résurrection de Broderus « Je ne sais pas pourquoi, mais cette bière-là est l\u2019une de nos plus demandées à l\u2019exportation», indique Éloi Deit, maître brasseur de la Brasserie Dun- ham.«Aux États-Unis et dans l\u2019Ouest canadien, on se la fait demander vraiment d\u2019avance», ce qui explique que les amateurs du Québec peuvent se procurer ce fin brassin, une bière de type «saison», en boutique spécialisée depuis déjà un bon mois.«Lorsqu\u2019on a élaboré cette recette, on ne voulait pas d\u2019une bière de Noël \u201ctraditionnelle\u201d avec beaucoup d\u2019épices, des bières plus fortes ou de grosses brunes qui peuvent devenir écœu- rantes, je trouve», explique Éloi Deit, maître brasseur à la Brasserie Dunham.Ce qu\u2019il y a de bien avec ces bières de Noël, c\u2019est justement qu\u2019il n\u2019y a pas de recette.Ce n\u2019est pas un style défini, avec des règles à suivre \u2014 à l\u2019origine, en Belgique et en Grande-Bretagne, la bière dite «de Noël» était simplement un brassin spécial que les brasseries offraient à leurs meilleurs clients.Or, La Résurrection de Broderus paraîtra paradoxale, puisqu\u2019elle respecte le style d\u2019une saison belge, une bière d\u2019été traditionnellement brassée pour étancher la soif des paysans après une journée de travail aux champs.L\u2019élève et le maître Saison de Noël brassée avec de la mélasse de pomme grenade, du sirop d\u2019érable et des houblons nobles (saaz de la République tchèque, golding du Royaume-Uni) dont la présence aromatique demeure discrète, La Résurrection de Broderus est étonnamment légère, a des saveurs complexes et une effervescence dynamique propre aux saisons.Il s\u2019agit d\u2019une bière conçue en collaboration avec le réputé brasseur danois Anders Kissmeyer, que Deit décrit comme « un vieux bourlingueur de la bière, comme un prof émérite d\u2019université que tout le monde apprécie et qui est devenu une référence », une figure de proue du milieu brassicole mondial.La première version de leur Saison de Noël (qui titre 6,7 % alc./vol) fut brassée au pub Le Cheval Blanc, où Éloi Deit a appris son métier.La version Dunham a évolué : «Anders revenait alors du Liban, où il avait travaillé avec un brasseur qui utilisait la mélasse de pomme grenade.Il m\u2019a dit : \u201cTiens, pourquoi pas ?Ça fait un peu Noël, par la couleur et le côté fruité, et ça ajoute une acidité au produit.\u201d On trouvait intéressant de marier ça aux saveurs du sirop d\u2019érable.» Le sirop d\u2019érable, ajoute Deit, a cette particularité «de fermenter à 100% en principe, donc de laisser très peu de sucre résiduel.De plus, il donne une texture en bouche différente, plus légère, justement à cause de ses sucres complexes dif férents de ceux du malt.» L\u2019utilisation de levures sauvages de type brettanomyces « vient ensuite complexifier le tout.Ce sont des levures capables de digérer des sucres très complexes que des levures normales n\u2019arrivent pas à faire, ce qui assèche encore plus le produit final».Les brettanomyces qui continuent à travailler la bière longtemps après qu\u2019elle a été embouteillée invitent aussi au vieillissement.« Selon moi, elle est encore meilleure vieillie, conseille Deit.Les bières avec des \u201cbretts\u201d, lorsqu\u2019elles sont jeunes, on dirait qu\u2019elles sont encore confuses.Après deux mois, elles sont à point \u2014 on en a même gardé pendant deux ans, c\u2019était super bon ! » Réserve de Noël Les Trois Mousquetaires.Lager rouge épicée, 10,5% alc./vol, 750ml.La Résurrection de Broderus Brasserie Dunham.Saison à la mélasse de pomme grenade et au sirop d\u2019érable avec levures sauvages, 6,7% alc./vol, 750ml.Ce qu\u2019il y a de bien avec ces bières de Noël, c\u2019est justement qu\u2019il n\u2019y a pas de recette.Ce n\u2019est pas un style défini, avec des règles à suivre.PEDRO RUIZ LE DEVOIR La Réserve de Noël est une bière à partager, c\u2019est le mot à retenir.Ce brassin est riche comme une chope de lait de poule. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Une agence de Québec qui a fait ses preuves DÉJA 23 ANS ! 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Le deuxième titre, Amérique du Sud, nous tuyaute sur 13 contrées : l\u2019Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l\u2019Équateur, la Guyana, la Guyane française, le Paraguay, le Pérou, l\u2019Uruguay et Suriname.La force des guides Lonely Planet réside dans le foisonnement et la fiabilité des renseignements pratico-pratiques : les modalités des passages transfrontaliers, les meilleures adresses tous azimuts et jusqu\u2019aux horaires de bus.C\u2019est la bible des routards et autres voyageurs indépendants.En témoigne le prix récompensant « l\u2019œuvre de toute une vie » que l\u2019Organisation mondiale du tourisme décernait, en janvier dernier, aux fondateurs de Lonely Planet (et ex-propriétaires) Maureen et Tony Wheeler.Et pour cause : combien d\u2019entre nous ont-ils inspirés\u2026 et menés à bon port ?Un léger hic : dans la mesure où ces ouvrages visent à répondre aux besoins des voyageurs qui partiront pendant des mois et enchaîneront des destinations voisines, n\u2019aurait-il pas été plus logique d\u2019ordonner les chapitres en fonction de la proximité des pays plutôt que par ordre alphabétique ?Détail, détail\u2026 Carolyne Parent PEDRO RUIZ LE DEVOIR comprend vite que la nature est plus forte que tout et que la faune et la flore, elles, ont su s\u2019adapter et prospérer malgré les conditions extrêmes.Que les aventuriers se rassurent : en feuilletant ce fascinant beau livre, dont l\u2019illustration est surtout dominée par le travail de cartographie de Martin Brown, on découvre tout de même quelques audacieuses et uniques adresses où sortir sa perche à selfie sans (trop) mettre sa vie en péril.#blessed.Émilie Folie-Boivin Orage spectaculaire sur le lac Maracaibo, au Venezuela ÉDITIONS DE LA MARTINIÈRE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e A l i m e n t at i o n 5 8 | GRAND ANGLE SOPHIE SURANITI COLLABORATRICE LE DEVOIR Hygge.Ils sont forts, ces Danois.Ils ont réussi à exporter un concept avec un nom que personne n\u2019arrive à prononcer correctement ni à définir précisément.Depuis un an ou deux, tout le monde aspire à ce « hugueu », « hou- geu », « hou-ga », ou art de vivre à la danoise ! Comme cette quête du bien- vivre passe (entre autres) par de bonnes choses à manger et à partager, l\u2019art de la table s\u2019engouffre dans cet esprit « être bien chez soi » : se créer un cocon, recevoir dans une ambiance chaleureuse et confortable.« De ce que je vois passer sur les réseaux sociaux et ce sur quoi je me concentre, c\u2019est de faire simple tout en étant élégant », confirme Mayssam Samaha, créatrice des évé- nements Saisons, une série de repas saisonniers qui se tiennent dans un endroit et avec un chef québécois chaque fois dif férents, où l\u2019art de la table est particulièrement soigné.Parce qu\u2019on le sait, manger avec les yeux fait partie de l\u2019expérience et aiguise les appétits.La manière d\u2019appréhender la table suit ce qui se passe dans les assiettes.La philosophie du « cuisiner frais, local, saisonnier » se retrouve donc sur la table.Le contenant colle au contenu.On vise la simplicité, le naturel.Par exemple, pour le temps des Fêtes, à défaut de fleurs fraîches, on décorera avec du sapinage, du petit bois souple que l\u2019on peut tresser, des légumes (choux, radis\u2026).Table simplifiée L\u2019art de mettre la table s\u2019est en effet simplifié et la façon d\u2019aborder le dressage de table s\u2019est décomplexée.On mise sur le beau et le pratique, l\u2019un des principes du hygge.L\u2019environnement ne doit pas être tape-à-l\u2019œil, luxueux.Cette recherche et ce goût pour la simplicité influencent ainsi le choix des matières.Du lin ou du coton pour les serviettes, la nappe ou le chemin de table (dont l\u2019orientation a changé ; maintenant, c\u2019est un vis-à-vis !).De la céramique pour les objets de la table.Tant pis si le service de table s\u2019avère incomplet.Mettre la table à partir de ce qu\u2019on a fait partie de l\u2019exercice.Lumière La lumière participe énormément à la sensation de confort et de convivialité.On règle donc son éclairage général au plus bas, on multiplie les sources douces lumineuses et on allume des bougies.Pour l\u2019ambiance tamisée d\u2019une pièce et le périmètre table, il suffit de ventiler plusieurs bougies à base de produits naturels, préférablement sans parfum.Vous avez la chance de pouvoir allumer un feu de cheminée ?Alors là, c\u2019est encore plus «hugueu» ! Bon, qui met la table pour le temps des Fêtes?Le hygge se met à table À surveiller Pour son septième numéro, Caribou \u2014 un magazine indépendant, sans recette de cuisine, qui s\u2019interroge sur l\u2019identité culinaire québécoise \u2014 aborde le thème de l\u2019art et du design.La cuisine estelle un art ?Comment le design s\u2019insère-t-il dans l\u2019univers de l\u2019alimentation ?Pour une lecture qui nourrit différemment\u2026 sous l\u2019angle « hygge » ! Pour les points de vente : cariboumag.com | 5 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 PRIX SPÉCIAL 4 200$ 17 JOURS DU 7 AU 23 MARS 2018.Vous rêvez de découvrir L\u2019EGYPTE 5 jrs au Caire, 2 jrs à Alexandrie, 1 jr à Abou Simbel, Assouan, 3 jrs de croisiere, 1 jr Louxor, 3 jrs à Hurgada en bord de mer rouge.VOYAGE EXCLUSIF GROUPE DE 15-20 PERSONNES, AVEC ACCOMPAGNATEUR ÉGYPTIEN.Il ne reste que 4 places v : s i r omp c on N .ue g o ol t p y g é hone p o nc a r f s e t u o T .* 5 e r è i s oi r c t e s l e t ô H .s e r oi b ur o p é t n s i l o t v e e u q i l t a s n a r l t o t : v n a n e r p m o C .s e l l nne o s r e p s e s n e p dé s o v , a s i de i u g c e v a , s e onné i t n me s e t i s i v s e l s e s l u o , t s a p e s r e S l U O .T s r u e i r m o .c e c n e eg r e g a y o v @ s n o i at v r e s e R 3 2 6 4 3 3 6 7 6 6 & 1 8 6 3 4 3 8 4 2 1 .5 l e T 8 P A 1 3 c H e b é u , Q l a e r t n o M , 9 0 e 4 t ui , s y e nl a t e S u 0 r 1 4 1 c e b e u u Q s d i m r e P Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 BON VOYAGE Les événe- ments Saisons sont une série de repas saisonniers dans un endroit et avec un chef québécois chaque fois différents, où l\u2019art de la table est soigné.PHOTOS JEAN-FRANÇOIS FRENETTE Quels changements constatez- vous en matière d\u2019art de la table depuis que vous dirigez le Centre de céramique ?Les gens sont plus conscients de l\u2019environnement dans lequel ils veulent vivre.Ils souhaitent une personnalisation des choses qui les entourent, avoir des objets fabriqués par des personnes ayant à cœur de transmettre des émotions à travers ces objets qui reflètent leurs créateurs.Il y a aussi le phénomène des chefs restaurateurs qui ont apporté leur perception de la façon de traiter la table, le fait d\u2019aimer manger dans des plats en harmonie avec leur cuisine.Ces chefs qui demandent à des céramistes de créer des collections donnent aux clients l\u2019envie d\u2019avoir à la maison des objets différents.Avant, on avait de la vaisselle blanche, et puis c\u2019est tout.On observe donc un engouement renouvelé pour le beau?C\u2019est surtout un engouement pour le fait main, la personnalité du créateur, la signature pour un objet qui nous donne des émotions lorsqu\u2019on s\u2019en sert.Un quelque chose qui n\u2019est pas neutre ni industrialisé.À un moment donné, nous nous sommes détournés du fait main.On y revient.Car il y a ce besoin de donner du sens à ce qu\u2019on fait, à ce qui nous entoure, aux objets.Il y a aussi ce besoin de donner du temps pour faire les choses.Parallèlement au Salon des métiers d\u2019art de Montréal (metiersdart.ca) qui se tient jusqu\u2019au 17 décembre, le Centre de céramique Bonsecours (centreceramiquebonsecours.com) organise son «Petit Salon» avec une douzaine de ses diplômés.Jusqu\u2019au 20 décembre.Deux questions à Monique Giard, directrice du Centre de céramique Bonsecours depuis 1981 L\u2019art de mettre la table s\u2019est simplifié et la façon d\u2019aborder le dressage s\u2019est décomplexée.On mise sur le beau et le pratique, un principe du hygge. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e Vi n 6 0 | Moins de 16 $ Chianti 2015, Cecchi, Toscane, Italie (13,65$ \u2013 642561) Si la version Ricasoli 2015 (13188858) est top, celle-ci ne s\u2019en laisse pas imposer non plus.Avec moins de détails certes, mais pourvue de tanins fruités bien charnus, souples et bien liés.Un rouge simple, bien frais et doté d\u2019une structure moyenne ; idéal pour ce spaghetti du lundi soir.Servir frais.(5) ?La surprise Clos de la Perrière 2014, Domaine Parigot, Hautes Côtes de Beaune (31,25$ \u2013 12875841) Je suis toujours profondément respectueux de cette Bourgogne qui continue à nous offrir de tels pinots, généreux d\u2019eux-mêmes mais sans toutefois grossir le trait, préférant jouer de finesse et de précision.Et puis sentir ce fruit éclater ; caresse au palais et paix dans l\u2019âme.Un beau moment de fraternité (5+) ?1/2 © Le blanc Clos de la Butte 2015, Muscadet Côtes de Grandlieu sur lie, France (19,65$ \u2013 12886831) Comme pour le beaujolais, vous connaissez ma passion pour le beau muscadet.À moins de 20 $, nous sommes ici au niveau du cru, de celui dont la sève fait merveille sur l\u2019huître qui s\u2019ouvre pour mieux relancer la sapidité et la pointe saline.C\u2019est très classe, élégant, détaillé et pourvu d\u2019un fruité pur et lumineux.Top! (5+) ?1/2 © Le rouge Caldas Reserva 2013, Douro, Portugal (22,05$ \u2013 11895330) Se colleter avec le cépage touriga nacional exige tout de même une certaine préparation.Surtout s\u2019il trouve son écho minéral dans ces remarquables schistes du Douro qui en démultiplient la vibration fruitée.Avec sa mâche et sa structure assurées, sa fraîcheur et sa conviction, ce rouge corsé demeure un beau boulot d\u2019artisan.L\u2019attendre.(10+) ?© La santé par le vin Rosarté 2016, Château La Tour de l\u2019Évêque, Côte de Provence, France (19,95$ \u2013 13446458) Cette belle pièce de rosé est visiblement outillée pour vous permettre de franchir le clivage trop restrictif de ces rosés d\u2019été (lire : du 1er mai au 31 août) qui n\u2019existent plus à compter du 1er septembre.Ce bio est épatant.Par sa vinosité, son ampleur fruitée, sa signature qui le rapproche d\u2019un grand Ta- vel : tout y est ! (5) ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR « Too much of anything is bad, but too much Champagne is just right.» Quelque 125 ans plus tard, le romancier Mark Twain était loin de se douter de l\u2019intérêt de son propre pays pour les nobles bulles avec près de 22 millions de bouteilles im- por tées.Mais il serait consterné que son propre président ne soit abonné pour sa par t qu\u2019aux vul - gaires bulles industrielles ! Forte d\u2019une production de 306 millions de cols générant annuellement quelque sept milliards de beaux dollars canadiens, inutile de préciser que la Champagne roule sa bulle avec bonheur aux quatre coins ronds de la planète vin.Les grandes maisons mènent le bal, avec des bruts sans année (BSA) toujours homogènes sur le plan de la qualité même si de plus en plus de consommateurs optent pour l\u2019originalité des cuvées livrées par des récoltants-manipulants artisans.Et vous, le champagne vous fait-il rêver ?Moi, si.Et je ne suis pas le seul.Les Amis du vin du Devoir sablaient quelques belles bouteilles à l\u2019aveugle cette semaine.Déclinons.Drappier Brut Nature, Pinot Noir, Dosage Zéro (49,75$ \u2013 11127234).Eût- il été utile de carafer ce champagne bien sec, encore tout d\u2019un bloc et peu nuancé?Ou bien de lui assurer deux ou trois années supplémentaires de cave?Toujours est-il que la trame fruitée est bien droite, vigoureuse même, terminant la marche avec netteté et franchise.Champagne apéritif par excellence.(5+) ?.Moyenne du groupe: ?1/2.Tribault Scloesser Blanc de Chardonnay Brut (38,50$ \u2013 12398491).Parmi les moins chers sur le marché actuel mais aussi, à ce niveau, le meilleur ! C\u2019est floral et vivant, harmonieux sur le plan du dosage, simple mais d\u2019un parfait équilibre.J\u2019aime.(5) ?.Moyenne du groupe : ?1/2.Agrapart & Fils Grand Cru Terroirs Extra Brut (85$ \u2013 12437007).Avec ses chardonnays issus de grands crus, Agrapart réinvente en quelque sorte la définition des mots «subtilité» et «finesse».Le dosage très retenu amplifie l\u2019impression de l\u2019aspect minéral qui, tel un nuage chargé en fruits, humidifie un palais heureux d\u2019être ainsi ravivé.La tension est maintenue, sans fléchissement.Vous pouvez même l\u2019attendre en cave.(10+) ?.Moyenne du groupe: ?.Pol Roger Brut (62,25$ \u2013 051953).Séduction immédiate pour tous, mais surtout un mousseux fin et enjoué, festif et rassembleur.Avec une élégance, une classe, qui le distingue.Émoustillant à l\u2019apéro comme sur l\u2019entrée.(5) ?.Moyenne du groupe : ?1/2.Fleury, Notes Blanches Brut Nature, Pinot Blanc (99 $ \u2013 12913894).Il en reste très peu, mais quelle émotion ! Un bio intrigant, complexe, profond et d\u2019une longueur en bouche d\u2019anthologie qui a troublé tous les participants.Une maison très fiable.Fromage ?(5+) ?.Moyenne du groupe: ?1/2.Brimoncourt Brut Régence (57,25$ \u2013 13349596).Une première apparition chez nous de cette cuvée d\u2019un négo- ciant-manipulant qui taille ses vins avec charme et amplitude même si l\u2019on souhaiterait un tracé de bouche sans doute plus droit et précis.Un classique qui ne manque tout de même pas de charme.(5) ?.Moyenne du groupe : ?1/2.Egly-Ouriet Brut Tradition Grand Cru (97,25$ \u2013 13319475).Le clou de la dégustation?Et de loin ! Ouf ! Wow! Unanimité ici.Grand mousseux de caractère ennobli par un élevage long sur lies, générant une bulle fine et des flaveurs de pommes au four et d\u2019épices.Racé.Tiendra bien sur une viande à table.(10+) ?1/2.Moyenne du groupe : ?.Lallier Grand Rosé Brut (48,75$ \u2013 12560881).Sa position après l\u2019Egly- Ouriet l\u2019a-t-il desservi ?Oui.Son fruité net, sa tension et son ouverture de bouche texturée le disposent à de jolies libations, à petit prix.(5+) ?.Moyenne du groupe : ?1/2.La semaine prochaine : d\u2019autres mousseux pour tous budgets ! S\u2019éclater au champagne La Champagne roule sa bulle avec bonheur aux quatre coins ronds de la planète vin.JEAN AUBRY | 6 1 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Fieldstone 5427, boulevard Saint-Laurent Montréal, 438 387-7197 Un chef cambodgien, Chanthy, un associé mexicain, Emiliano, et une troisième collègue vancouvéroise, Alanna, réussissent à faire de Fieldstone, leur petit restaurant du Mile-End, un lieu plein d\u2019exotisme tout en favorisant les produits de proximité.Cette «pierre de champ» (dans notre langue) propose de belles assiettes, simples, soignées et pleines de belles surprises.?1/2 $$ 1/2 L\u2019atelier de Joël Robuchon Casino de Montréal, niveau A, Pavillon du Québec, 1, avenue du Casino Montréal, 514 392-2781 Du très beau travail et du très bon aussi, exécuté à la perfection par Éric Gonzalez et sa brigade.Chaque assiette arrive et l\u2019on est d\u2019abord surpris par sa beauté.Le bonheur se poursuit tout au long du repas.La salle est comme elle doit l\u2019être chez le chef le plus étoilé de la planète et le service est un modèle.?$$$$$ Recto Verso 814, chemin Pierre-Péladeau Sainte-Adèle, 450 229-9555 Entre Sainte-Adèle et Sainte-Margurite- du-Lac-Masson, le chef Bruno Léger a installé son Recto Verso dans une très belle maison ancestrale.Il y sert une cuisine délicieuse, pleine de plantes venues des forêts avoisinantes et que lui apportent divers chasseurs-cueilleurs de qualité.Assiettes imaginatives et soignées, service attentionné et ambiance invitant à la découverte.?1/2 $$$ 1/2 L E S N A P P E S D U M O I S CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Cette très belle maison de la r ue Drummond a, au fil des ans, abrité plusieurs très bons restaurants et des chefs de qualité.Le patron n\u2019a pas changé, mais le décor si, avec Tangia, cette nouvelle mouture très marocaine.Un Maroc très différent de celui que les circuits touristiques grand public proposent.On trouve bien sûr ici les grands classiques de la cuisine marocaine, mais également quelques interprétations très personnelles de cer tains plats, la touche du patron sans doute.La soirée avait plutôt mal commencé ; attendre 45 minutes l\u2019arrivée du premier service alors que le restaurant est loin d\u2019être plein peut tomber sur les nerfs de quelqu\u2019un qui a faim.Après avoir lu en salivant sur le menu «Harrira de ma belle-mère » se faire dire : «Désolé monsieur, il n\u2019y en a pas ce soir » est également un peu surprenant ; cette soupe traditionnelle à base de tomates, de viande et de légumes secs n\u2019est pas quelque chose de par ticulièrement compliqué à conserver pour le servir dans un restaurant marocain.Tout est allé en s\u2019améliorant.Commandes prises par un athlétique jeune homme qui travaille au pas de charge toute la soirée.Sur neuf plats goûtés, la note moyenne attribuée est plutôt élevée.Esthétiquement, rien à redire ; gusta- tivement, quelques bémols, mais rien de désespérant.Si l\u2019on doit distribuer fleurs et pots, on peut commencer par un gros pot en fonte pour cette insignifiante salade de carottes dans laquelle tous les éléments (carottes, cumin et herbes) se disputaient la dernière place.Et un pot de taille plus modeste pour ce ta- gine de poulet annoncé «aux olives et citrons meyer confits » et qui était d\u2019une désespérante platitude.Pour les fleurs, en entrées : salade d\u2019aubergines à la chair très fumée, délicieux goût de grillé, pâte de sésame, quelques graines de grenade en décoration ou une pastilla au poulet très réussie, oignons, amandes, cannelle et un feuilleté impeccable.En plats principaux, un tagine aux boulettes, généreusement garni de sauce tomate épicée et d\u2019un œuf coulant.Comme le laisse présager le nom de la maison, on sert ici une tangia.La version locale est à la joue de bœuf longuement braisée, servie sur un lit de houmous aux poivrons rouges et accompagnée de pommes de terre rattes et d\u2019oignons cipollini.Servi sur une planchette à laquelle est fixée une tangia (le récipient du même nom), c\u2019est un plat parfait où flottent quelques effluves de citron confit.Pour compléter le tout, on envisage un couscous du moment.Il est annoncé «selon l\u2019humeur de la cuisine » et «prix du marché ».J\u2019ai vérifié avant de commander.L\u2019humeur en cuisine était bonne, m\u2019a-t-on assuré, et même si 24 $ pour un couscous de base est exagéré, j\u2019ai passé commande.Petite semoule simple dans un fond de bouillon de légumes au safran accompagnée de carottes, de pois chiches, de courgettes et de rabiolles, le tout couronné d\u2019oignons rouges confits, de raisins secs et d\u2019amandes effilées.En desserts, une délicieuse et non culpabilisante crème très légère relevée de safran, d\u2019anis, de cardamome, de noix muscade, de vanille et d\u2019eau de fleur d\u2019oranger ou une verrine de purée de figues très soyeuse avec une touche d\u2019eau de fleur d\u2019oranger, quelques brisures de biscuit au chocolat et miettes de crumble de noix caramélisées.Tangia ?1/2 $$$ 2072, rue Drummond, 514 282-9790.Ouvert le midi du mardi au vendredi et en soirée du lundi au samedi.Le midi, comptez une vingtaine de dollars.En soirée, triplez et plus si vous avez très soif.De la carte des vins, M.Aubry dit : «Somme toute, une carte équilibrée et dotée de prix corrects, mais j\u2019aurais souhaité une ouverture sur ces vins d\u2019ailleurs, principalement du Nouveau Monde.Aussi, possibilité d\u2019un champagne abordable sur la carte?» L\u2019autre Maroc, version Tangia On retrouve chez Tangia un Maroc très différent de celui que les circuits touristiques grand public proposent.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e M o t s d e t ê t e 6 2 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 6 3 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 377 Horizontalement I.Tâtonnements.II.Epileur.Dura.III.Nette.Grimât.IV.Tri.Sportive.V.Aces.Et.Etel.VI.Tuniques.Orl.VII.Dur.Parsi.VIII.Votée.Toi.Is.IX.Epar.Berline.X.Senestre.Ise.Verticalement 1.Tentatives.2.Aperçu.Ope.3.Titien.Tan.4.Olt.Sidère.5.Nées.Que.6.Nu.Peur.Bt.7.Ergote.Ter.8.Rr.Spore.9.Edite.Ail.10.Numitor.II.11.Traversins.12.Satellisée.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 378 1.Maintient en bonne forme.2.Grand d\u2019Espagne un peu sec.Douce en chanson.3.Raquin et Martin.Doublé chez papa.4.A consommer par la racine.Défense du gallinacé.5.Bout de terre.A valeur d\u2019or.Ouvre la gamme.6.Remonte pente.7.Préposition.Servi à la louche.8.En gros.Leurs rapprochements sont souvent heureux.9.Suite organisée.Bout de rime.10.Démonstratif.Infos et images du monde.11.Fait appel.Quitte le Pacifique pour faire son numéro au cirque.12.Représentation vaticane.I.Facilite la prise de contact.II.Sobres et rapides sur les pistes.A le dernier mot.III.Déposé pour protéger.Ras autour du trou.IV.Dégagé pour respirer.Ce n\u2019est pas le moment pour se découvrir.V.Bien fatigué.Attachée au corps la vie durant.A géré les finances de Clotaire puis de Dagobert.VI.Franchis en entrant.Grecque.VII.Il y a peu de temps.On peut déjà penser à le préparer.Dans le plat.VIII.Refuge en cas de crise.Fripon devenu miséreux.Assez salé.IX.Ne frappe pas toujours directement.Mettre dans l\u2019ombre.X.Saisie arrêt.Enduite et collante.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre, trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1 .R O U T E 2 .3 .4 .5.B O I S É MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.CASSER OGRE DAMER PIE ÊTRE CINQ MANGER OREILLES BAVARD GRUE MOUTON POMMES PIED PION TOMBER PÉTARD 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.(Isaac Newton) L\u2019INTERVALLE Belle, balle, bâcle, racle, racée LES ANAGRAMMES Tirets - triste - sertit - titres / Cirque - crique / Centré - récent - créent / Féroce - forcé / Farcit - trafic MOT IMAGE : Tire-larigot / Poule mouillée / Diable au corps / Rendre la monnaie de la pièce / Copain comme cochon / Jeter l'argent par les fenêtres / Réglé comme du papier à musique / Tête folle Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.L A A E M I C L R R C A E E I AC E L F S R F S I O P T U R F E O N T 1.2.1.2.1.2.3.4.1.2.1.2.1706 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 D É C E M B R E / 2 0 1 7 40?% de rabais Montres CITIZEN, SEIKO, BULOVA, TIMEX et G-Shock et Baby-G de CASIO 3999 2999 7999 55?% de rabais 30?% de rabais 200?$ de rabais 8999 2 pièces EN MAGASIN ET À LABAIE.COM LIVRAISON SANS FRAIS DES ACHATS EN LIGNE DE 99?$ OU PLUS* UN JOUR SEULEMENT SAMEDI 9 DÉCEMBRE DIMANCHE 10 DÉCEMBRE pour femme BENCH et PERFORMANCE ORK MARC NEW Y PERFORMANCE, VIN KLEIN AL C Choix de hauts Ord.79?$ à 89?$ pour homme BEN SHERMAN à manches longues Chemises Ord.115?$ .PERFORMANCE VIN KLEIN AL C et à logo en tissu bouclette zippés à capuchon et les hauts BENCH en molleton à logo autres, le haut zippé Comprend, entres JET WEST Y H BEVERL , EM DELSEY SAMSONIT 46 à 53 cm à 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canots, meubles et accessoires de jardin, barbecues et matelas.\u2019applique au montant après déduction des rabais et des offres applicables.Offre non valide dans les magasins a livraison standard sans frais s es rabais s e choix varie selon le magasin.L ork et Nambé.\u2019appliquent à nos prix ordinaires, sauf indication contraire.Exceptions : Collections Compagnie de "]
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