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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2016-07-25, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 6 5 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a «Ni coup d\u2019État ni diktat».Pour la première fois depuis la tentative de putsch, les Turcs ont manifesté leur opposition aux agissements du régime Erdogan.Page B 1 Sur la route \u203a Petit précis pour débats électriques.Démêler le vrai du faux autour de la voiture électrique.Page B 5 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S À 12 jours du lancement des Jeux olympiques de Rio, le Comité international olympique (CIO) a renoncé dimanche à suspendre le Comité olympique russe, laissant aux Fédérations internationales le soin de faire le tri parmi les sportifs «contaminés» par le «système de dopage d\u2019État» mis sur pied en Russie au cours des dernières années.Une décision décriée par plusieurs, qui voient là une occasion manquée de marquer l\u2019importance d\u2019un sport «propre».« De façon décevante, au moment le plus important pour les athlètes propres et pour l\u2019intégrité des Jeux olympiques, le CIO a refusé de jouer un rôle de leader déterminant », a insisté Travis Tygart, directeur général de l\u2019Usada, l\u2019agence antidopage américaine.L\u2019Agence mondiale antidopage (AMA) s\u2019est aussi dite « déçue» de la décision du CIO.En excluant pourtant du même souffle la lanceuse d\u2019alerte à l\u2019origine des premières révélations sur l\u2019athlétisme russe, Yuliya Stepanova, le CIO s\u2019est aussi attiré les foudres des agences Le CIO esquive la question russe En laissant les fédérations sportives faire le tri, l\u2019organisation olympique déçoit le monde antidopage L\u2019ALLEMAGNE ÉBRANLÉE PAR UNE SÉRIE D\u2019ATTAQUES JENS MEYER ASSOCIATED PRESS L\u2019Allemagne est sur le qui-vive après une série d\u2019attaques qui ont déclenché la peur et la mé?ance dans un pays jusqu\u2019ici épargné par le terrorisme.Tandis que Munich pleurait les morts de la fusillade de vendredi, pour laquelle la piste islamiste est écartée, un réfugié syrien a tenté de se faire exploser au milieu d\u2019une foule en Bavière.Page A 3 Le Devoir poursuit sa minisérie d\u2019été sur la ponctuation.Aujourd\u2019hui : le passé et l\u2019avenir du point dans les univers numériques.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N P renons un téléphone non bête au hasard.Mettons celui d\u2019un journaliste du Devoir.Dans les textos récents glanés pêle-mêle, il y a notamment tout ceci : D\u2019un collègue : « J ai mon lead» D\u2019une patronne : « Je suis au bureau je t attends et on en parle» D\u2019une source : «Désolé mais je ne peux pas te parler sur ce sujet » Que des phrases complètes avec une seule et même caractéristique évidente : l\u2019absence de ponctuation et surtout de point final.Ce petit signe essentiel, certainement le plus fondamental avec la virgule, n\u2019a pas beaucoup la cote dans les textos, mais aussi sur WhatsApp, Twitter et d\u2019autres nouvelles plateformes d\u2019échange.Un monde numérique sans point se profile.«On réinvente l\u2019utilisation de la ponctuation», dit Louise-Amélie Cougnon, linguiste, chercheuse et coordonnatrice au projet WebDeb de l\u2019Université catholique de Louvain, en Belgique.« On réinvente l\u2019usage : on ne réinvente pas la ponctuation.Un des premiers grands élans concerne la suppression des ponctuants.Le point MISES AUX P?INTS Point final pour le point final Comment les usages numériques font disparaître certains signes L\u2019économie collaborative est en plein essor.Plus que les Uber et Airbnb de ce monde, 170 organismes au Québec forgent cette nouvelle donne économique et sociale, propulsée par Internet et une soif de renouer avec la communauté.Premier volet d\u2019une série de trois textes sur un mouvement qui fait boule de neige.I S A B E L L E P A R É Dans un co in de l\u2019atelier, un jeune crack de technologie tient sur sa tête un étrange casque doté de capteurs neuronaux.À ses côtés, une ar tiste dessine sur un écran des animaux, transformés en origami de papier grâce à une découpeuse laser, pendant qu\u2019une imprimante 3D recrache du plastique quelques mètres plus loin pour fabriquer la pièce manquante d\u2019un appareil.Bienvenue à l\u2019échoFab, le pionnier des «Fab Lab» au Canada qui crèche rue Peel, dans Grif fintown.Le laboratoire L\u2019AUTRE ÉCONOMIE Des labos fabuleux au cœur de l\u2019innovation citoyenne Remous chez les démocrates Page B 1 Nos ponts avec le passé Une histoire de l\u2019éternel débat sur le péage Page A 5 Eau potable Montréal exhorte les propriétaires à remplacer les tuyaux de plomb Page A 2 VOIR PAGE A 8 : POINT FINAL ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le Fab Lab est ouvert à des citoyens de tous les âges.Ci-dessus, un jeune homme travaille sur une planche à roulettes améliorée.VOIR PAGE A 8 : LABOS VOIR PAGE A 8 : CIO L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 E n solidarité avec les prisonniers d\u2019opinion en Iran, particulièrement avec la professeure à la retraite de l\u2019Université Concordia Homa Hoodfar, le député de Québec solidaire Amir Khadir a conclu dimanche soir une grève de la faim symbolique de 48 heures.Née en Iran, Homa Hoodfar est établie à Montréal depuis 30 ans.D\u2019après sa famille, elle s\u2019était rendue en Iran au début du mois de février pour visiter des proches et mener des recherches archivistiques à la bibliothèque parlementaire de Téhéran.Elle a été arrêtée le 6 juin et incarcérée à la prison d\u2019Evin, à Téhéran.Des accusations ont été por tées contre elle, mais on en ignore toujours la nature exacte.En entrevue avec La Presse canadienne, Amir Khadir souligne que les prisonniers politiques sont souvent obligés d\u2019avoir recours à des grèves de la faim pour faire respecter des éléments de base de leurs droits, parfois jusqu\u2019à 48 jours, d\u2019où l\u2019idée d\u2019une grève symbolique de 48 heures.Des membres d\u2019un réseau international de solidarité pour les droits de la personne en Iran ont mené des actions similaires à Vancouver, Calgar y, New York, Atlanta, Dallas, Fresno et dans cinq villes européennes, dont Paris et Hambourg.Faire pression M.Khadir a invité les dirigeants canadiens et québécois à mettre tout leur poids dans la balance pour forcer la libération de Mme Hoodfar et estime que les dirigeants d\u2019entreprises d\u2019ici, comme Bombardier, ont aussi leur rôle à jouer auprès des autorités des pays où ils font des affaires.« Le Canada a plusieurs possibilités d\u2019actions pour faire avancer la question des droits [de la personne] en Iran, a-t-il écrit dimanche sur sa page Facebook.Il y a en ce moment un dialogue entre les deux pays pour rouvrir les ambassades.[Le ministre des Af faires étrangères, Stéphane] Dion serait en mesure d\u2019exercer une vraie influence.» Amorcée vendredi soir, la grève de la faim symbolique s\u2019est poursuivie jusqu\u2019à dimanche, 18 h.La Presse canadienne Khadir participe à une grève de la faim symbolique pour soutenir les prisonniers politiques iraniens Le député solidaire soutient notamment la professeure Hoodfar, arrêtée en juin dernier B O R I S P R O U L X D ans son effort pour éliminer les vieux tuyaux de plomb du réseau d\u2019aqueduc, la Ville de Montréal tente de faire bouger les propriétaires d\u2019immeuble à l\u2019aide d\u2019un dépliant d\u2019information.distribué aussi aux locataires.S i vous habitez Montréal, vous faites peut-être partie des 360 000 foyers qui ont reçu une lettre de la Ville demandant de vérifier si votre entrée de service d\u2019eau potable est en plomb.Tout en notant qu\u2019il n\u2019y a «aucun danger immédiat», l\u2019administration municipale met les bouchées doubles pour changer les dizaines de milliers de tuyaux de plomb qui se trouvent toujours sous nos pieds.Avec ces dépliants, la Ville suggère aux propriétaires de mettre la main à la pâte, sans toutefois les y obliger.Les bâtiments de huit logements et moins construits avant 1970 pourraient être liés à l\u2019aqueduc municipal avec un tuyau d\u2019eau potable composé de plomb, métal lourd toxique qui a la fâcheuse propriété de se dissoudre dans l\u2019eau stagnante quand il fait chaud.La Ville de Montréal s\u2019est engagée, en 2006, à remplacer l\u2019ensemble des 60 000 conduites faites de plomb de son réseau pour 2026.À mi-chemin dans l\u2019échéancier, voilà que seulement 9000 remplacements ont été effectués.Pour rattraper le retard, la Ville doit donc passer en seconde vitesse.Collaboration demandée Montréal ne souhaite pas faire cavalier seul dans l\u2019aventure de déplombage, puisqu\u2019elle n\u2019est responsable que d\u2019une partie de chaque tuyau de raccordement.À partir de la rue, le tuyau public se raccorde à une section privée, de la responsabilité du propriétaire, comme la tuyauterie à l\u2019intérieur du bâtiment.La collaboration des propriétaires de Montréal est donc essentielle pour retirer tout le plomb, mais la Ville ne peut la forcer.«On recommande aux propriétaires de faire les travaux.On n\u2019oblige pas », précise Chantal Morissette, directrice du service de l\u2019eau à la Ville de Montréal.Le dépliant «L\u2019eau de votre robinet répond-elle aux normes?», distribué la semaine dernière par la Ville de Montréal, demande aux locataires de communiquer avec leur propriétaire ou un plombier pour s\u2019assurer que leur entrée de service n\u2019est pas faite de plomb.Aux propriétaires, il suggère de remplacer son bout de tuyau au moment où la ville procède à des travaux.«Si un propriétaire décide de remplacer son côté, même s\u2019il n\u2019y a pas de travaux prévus, la Ville s\u2019engage à faire le sien », précise Chantal Morissette.Cette offre ne plaît pas aux propriétaires, selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).«Je ne peux pas m\u2019imaginer que des propriétaires vont se lancer dans des travaux sans savoir quand la ville va procéder pour son bout», lâche le por te-parole Hans Brouillette.Selon lui, le dépliant distribué par la Ville inquiète les locataires, et met de la pression sur les propriétaires pour effectuer des travaux non urgents.«Les propriétaires attendent déjà après la Ville pour plein d\u2019autres problèmes.On a des aqueducs en mauvais état, il y a des rues avec des fuites.La Ville a un problème de coordination», croit-il.Les propriétaires qui veulent se débarrasser de leur tuyau en plomb devront débourser, selon les estimations municipales, environ 2000$ pour une résidence située à environ 6 mètres de la rue.Alors que Toronto of fre aux propriétaires une trousse pour tester chez soi la présence de plomb, Montréal suggère aux propriétaires de payer un laboratoire pour évaluer la présence du métal.Niveaux en diminution La Ville de Montréal se défend de vouloir inquiéter la population.«L\u2019eau à Montréal demeure d\u2019excellente qualité », précise Chantal Morissette.L\u2019eau du robinet n\u2019a jamais provoqué d\u2019intoxication au plomb, malgré la présence de ces tuyaux.À la Direction de santé publique de Montréal (DSP), on précise que les principaux dangers pour les enfants demeurent la peinture au plomb, toujours présente dans certaines vieilles maisons, ou encore les jouets impor tés d\u2019Asie contaminés à ce métal.Pour l\u2019eau potable, « il n\u2019y a pas d\u2019urgence de santé publique, précise Julie Brodeur, toxicologue à la DSP.Quand j\u2019étais jeune, il y avait beaucoup plus de plomb dans notre sang que dans celui des enfants aujourd\u2019hui.» Il demeure que certaines résidences montréalaises dépassent la norme québécoise de 0,010 milligramme de plomb par litre, après cinq minutes d\u2019écoulement.En particulier les «maisons d\u2019après-guerre» («Wartime Housing») construites dans les années 1940 et 1950, dont la Ville veut remplacer les entrées d\u2019eau en priorité.Malgré la présence de tuyaux de plomb, l\u2019eau demeure potable.Il est recommandé aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans de consommer de l\u2019eau filtrée ou de l\u2019eau embouteillée.Selon Santé Canada, l\u2019absorption de très petites quantités de plomb dans le sang peut avoir des effets néfastes sur le développement intellectuel et compor temental des jeunes enfants.Le Devoir TUYAUX DE PLOMB Montréal exhorte les propriétaires à collaborer La Ville veut éliminer les vieilles conduites du réseau d\u2019aqueduc PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le député Amir Khadir souhaite que les dirigeants politiques fassent pression sur les autorités iraniennes pour libérer Mme Hoodfar.F A N N I E O L I V I E R à Ottawa A ffirmant vouloir faire de la sécurité ferroviaire une priorité, Ottawa accélère de plusieurs mois le retrait des anciens wagons-citernes DOT- 111 mis en cause dans la tragédie de Lac-Mégantic, a appris La Presse canadienne.Ainsi, en date du 1er novembre 2016, les vieux wagons-citernes DOT-111 ne pourront plus transporter de pétrole brut sur les chemins de fer au pays.C\u2019est six mois plus tôt que ce qui était prévu pour le retrait des wagons-citernes sans protection thermique appelée « chemise ».Quant aux modèles munis de cette protection, ils ne feront pas exception et seront bannis en même temps que les autres, soit seize mois plus tôt que ce que le calendrier prévoyait à l\u2019origine.Trois ans après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic qui a rasé le centre-ville de cette municipalité de l\u2019Estrie et coûté la vie à 47 personnes, le ministre fédéral des Transpor ts, Marc Garneau, affirme que la sécurité dans les transports est sa priorité numéro un.«C\u2019est clair que pour transporter du pétrole brut, il faut quelque chose de plus robuste, a expliqué M.Garneau en entrevue à La Presse canadienne.C\u2019est pour ça qu\u2019on s\u2019en va vers un nouveau standard, qui est le TC-117.» Le ministre donnera donc un ordre pour accélérer le retrait des DOT-111, puisqu\u2019ils sont reconnus pour leur faible résistance aux impacts.Il en fera l \u2019annonce lundi, à Montréal.Les TC-117 sont faits d\u2019un acier plus épais et comprennent davantage de dispositifs de sécurité, comme des boucliers protecteurs et une couche de protection thermique.«Ce genre de wagon-citerne serait beaucoup plus capable de résister à une perforation», a assuré M.Garneau.Matières dangereuses Cette annonce ne signifie pas que ces DOT-111 disparaîtront complètement des chemins de fer au Canada.Seulement, ils ne pourront plus transporter de pétrole brut.« La réalité, c\u2019est qu\u2019on ne pourra pas empêcher le transport de matières dangereuses à travers le pays, a fait valoir M.Garneau.Mais on peut certainement prendre beaucoup plus de précautions, et c\u2019est ce que mon gouvernement est en train de faire.» Dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic, diverses mesures avaient été prises pour minimiser les risques d\u2019accident.Ainsi, la vitesse des convois a été réduite dans les villes et les municipalités sont désormais informées du type de matières dangereuses qui peuvent traverser leur territoire.M.Garneau dit examiner actuellement d\u2019autres mesures qui pourraient améliorer davantage la sécurité ferroviaire.« On est en train d\u2019explorer ces mesures-là.En temps et lieu, j\u2019en parlerai.Mais c\u2019est certainement quelque chose qui est important pour moi, parce que je veux m\u2019assurer, dans la mesure du possible, qu\u2019on n\u2019ait aucun accident quand on transporte des matières dangereuses », a-t-il affirmé.Ces précautions sont d\u2019autant plus importantes que le transport du pétrole par rail a grimpé en flèche au cours des dernières années.L\u2019an dernier, 146 000 chargements de pétrole brut ont circulé sur les voies ferrées du pays.L\u2019industrie avait d\u2019abord été réticente devant la volonté d\u2019Ottawa de se débarrasser des vieux DOT-111, compte tenu des coûts impor tants pour les remplacer.M.Gar- neau soutient qu\u2019elle fait désormais équipe avec le gouvernement fédéral.« C\u2019est du progrès, parce qu\u2019on a réussi à avoir l\u2019accord de tout le monde pour accélérer ce processus », a- t-il signalé.Le Canada collabore également de près avec les États- Unis, puisque les réseaux fer roviaires sont intercon- nectés et qu\u2019une part importante du pétrole qui circule au Canada provient du Midwest américain.Voie de contournement Par ailleurs, le ministre n\u2019exclut pas la construction d\u2019une voie de contournement pour le chemin de fer qui traverse toujours Lac-Mégantic.L\u2019entreprise AECOM a, dans une phase préliminaire de son étude, proposé une voie de contournement de près de 12 kilomètres, qui pourrait être réalisée pour 115 millions.La deuxième étape de l\u2019étude consiste à évaluer notamment les impacts environnementaux et à identifier les propriétaires qui pourraient être expropriés.Les citoyens de la municipalité estrienne s\u2019impatientent toutefois, puisque l\u2019infrastructure ne pourra être réalisée avant 2021.M.Garneau af firme qu\u2019il discutera justement bientôt des échéanciers de cette étude avec le maire de Lac-Mégan- tic, Jean-Guy Cloutier.La Presse canadienne Ottawa accélère le retrait des wagons DOT-111 Avenir incertain pour l\u2019école Hochelaga Fermée depuis 2013 pour cause de moisissure, l\u2019école primaire Hochelaga, située sur la rue Adam dans l\u2019est de Montréal, pourrait bien ne pas rouvrir ses portes, selon des informations obtenues par TC Média.Les parents des enfants inscrits seront invités à la mi-octobre à se prononcer sur le sort de l\u2019établissement dans le cadre d\u2019une consultation publique, a indiqué la Commission scolaire de Montréal (CSDM) dans une lettre envoyée aux principaux intéressés.Les parents pourraient ainsi révoquer l\u2019acte d\u2019établissement de l\u2019école, en vertu de quoi le bâtiment pourrait fermer définitivement ses portes en juillet 2017.Le Devoir Coup d\u2019État raté : un Canadien emprisonné La famille d\u2019un Canadien qui serait détenu en Turquie sous des accusations d\u2019avoir été un leader de la tentative de coup d\u2019État avortée le 15 juillet tente de faire revenir au Canada la conjointe de Davud Hanci et leurs enfants.La famille a indiqué que M.Hanci avait été mis en détention et que son nom apparaissait dans les médias turcs relativement à la tentative de coup d\u2019État.M.Hanci, qui réside à Calgary et travaille notamment comme imam pour le Service correctionnel du Canada, s\u2019est rendu en vacances en Turquie avec sa conjointe et leurs enfants le 7 juillet.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les vieux wagons DOT-111 sont reconnus pour leur faible résistance aux impacts.Montréal s\u2019est engagé à remplacer les 60 000 conduites faites de plomb pour 2026 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 B O R I S P R O U L X D eux fois plutôt qu\u2019une, l\u2019Allemagne a été mise en aler te, dimanche, par des crimes qui ont soulevé de nouvelles craintes de terrorisme.Un Syrien de 27 ans dont le statut de réfugié a été rejeté s\u2019est fait exploser à l \u2019entrée d\u2019un bar d\u2019Ansbach, près de Nuremberg.Le suspect, également la seule personne tuée par l\u2019explosion, aurait tenté de perturber un festival de musique pop qui se tenait à Ansbach, a af firmé le ministre Joachim Her rmann, cité par l\u2019agence allemande dpa.Au moment d\u2019écrire ces lignes, la thèse de l\u2019attentat islamiste n\u2019était pas exclue par les autorités.«Il s\u2019agit malheureusement d\u2019un nouvel attentat», a déclaré le ministre de l\u2019intérieur du Land de Bavière, Joachim Herrmann.Plus tôt, à 200 km de là, une agression sordide à la machette a coûté la vie à une femme et a fait deux blessés, à Reutlingen, près de Stuttgart.L\u2019assaillant serait un homme de 21 ans, d\u2019origine syrienne et détenteur du statut de demandeur d\u2019asile.Pour ce meurtre, la thèse du terrorisme a été écartée, tout comme pour l\u2019attaque de Munich de vendredi.Ces événements sur viennent dans un climat très tendu de suspicion terroriste après l\u2019attaque, lundi dernier, d\u2019un train près de Wur tzbourg, en Bavière.Seule cette première attaque a été revendiquée par le groupe État islamique (EI) en Allemagne.Vendredi, la fusillade de Munich avait provoqué nombreuses spéculations.Pendant que le centre-ville de la principale ville de Bavière était complètement perturbé par la recherche d\u2019éventuels complices du tireur, vendredi, la chancelière allemande, Angela Merkel, s\u2019est cependant retenue de tout commentaire, contrairement à ses homologues Barack Obama et François Hollande, qui ont témoigné devant les caméras le soir même.Même si, au plus fort des événe- ments, la police s\u2019est avancée en qualifiant l\u2019attaque de « situation aiguë de terreur », Merkel a fait preuve de retenue en attendant près de 20 heures avant de réagir.« Le temps pour elle de s\u2019assurer qu\u2019il ne s\u2019agissait ni d\u2019une attaque terroriste de type islamiste, ni d\u2019une agression de l\u2019extrême droite, le jour du cinquième anniversaire de la tuerie de Utoya, en Norvège, ni de l\u2019acte d\u2019un réfugié, mais d\u2019une \u201ctuerie classique\u201d de forcené », analyse le quotidien Libération.Le tireur de Munich n\u2019était pas un islamiste À Munich, la thèse du tireur solitaire semble se confirmer au fil du dévoilement de nouvelles informations sur l\u2019assaillant, David Ali Son- boly, 18 ans.Fils de parents immigrants iraniens, son profil d\u2019adolescent seul et à l\u2019écart des autres est souligné par l\u2019AFP, qui décrit l\u2019incompréhension des voisins.Des collègues de classe l\u2019ont décrit au Guardian comme étant « très impopulaire» et rejeté des autres.Le New York Times publie que Sonboly avait subi un traitement pour un épisode dépressif et paranoïde en 2015.Selon Robert Heim- berger, chef de la police criminelle de Bavière, l\u2019adolescent était fasciné par la tuerie scolaire de Win- nenden, en Allemagne, qui a emporté 16 vies en mars 2009.David Ali Sonboly aurait planifié l\u2019attaque depuis un an, tout en jouant au jeu vidéo de tir à la première personne Counter-Strike : Source, révèle le New York Times.Le journal précise que l\u2019arme du crime, un Glock 17, est une ancienne arme factice de théâtre restaurée pour pouvoir tirer de vraies balles.Les autorités suspectent le tireur de se l\u2019être procuré par le biais du « Web invisible » (darknet), qu\u2019il fréquentait.Le tireur aurait également utilisé Facebook pour inviter d\u2019autres jeunes au McDonald\u2019s où il a commencé la fusillade, confirmant la préméditation de l\u2019acte.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir L\u2019Allemagne sous haute tension Un Syrien à qui le statut de réfugié a été refusé s\u2019est fait exploser en Bavière VALERY HACHE AFP La policière Sandra Bertin, lors d\u2019une conférence de presse organisée dimanche CHRISTOF STACHE AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs personnes se sont recueillies dimanche soir à Munich, près du lieu où s\u2019est produit l\u2019attentat meurtrier de vendredi.B E R T R A N D P I N O N P I E R R E R O C H I C C I O L I à Paris L a polémique en France sur la sécurité à Nice le soir de l\u2019attentat du 14 juillet a tourné à l\u2019aigre dimanche, une responsable policière de la ville accusant de pressions le pouvoir socialiste, qui dénonce en retour une manipulation de l\u2019opposition de droite.La tuerie de Nice, la plus grave attaque terroriste en Europe depuis les attentats de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles le 22 mars, a fait 84 morts et plus de 350 blessés, fauchés par un camion lancé contre la foule sur la promenade des Anglais.La droite, qui gère la ville, et l \u2019extrême droite, qui y est très implantée, fustigent depuis lors le gouvernement socialiste, attribuant au ministre de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, la responsabilité des failles présumées du dispositif sécuritaire le soir du carnage.Le contexte politique est propice à la surenchère, à moins d\u2019un an des élections présidentielle et législatives de 2017.Dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), Sandra Bertin, qui dirige la vidéosur- veillance à la police municipale de Nice, s\u2019est dite victime de pressions le 15 juillet d\u2019un commissaire « envoyé » par l\u2019Intérieur, qui l\u2019a «mise en ligne» avec le ministère.Elle dit alors avoir été « harcelée », sommée de détailler, dans un rapport sur les images de la soirée de la veille, la présence de la police municipale et « de bien préciser que l\u2019on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité ».«On m\u2019a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n\u2019ai pas vues», accuse-t-elle.Sur la sellette depuis plusieurs jours, Bernard Cazeneuve, à qui le président François Hollande a renouvelé vendredi « toute [sa] confiance », a contre-attaqué en annonçant une plainte pour «diffamation».Le ministère a démenti tout échange ou intervention avec la responsable niçoise, qu\u2019il a appelée à produire les preuves de ses accusations.«Les polémiques et manipulations qui portent atteinte à la police nationale, à ses dirigeants et à son ministre doivent cesser », a renchéri le patron de la police nationale, Jean-Marc Falcone.Nombreuses critiques Comment le tueur de Nice a-t-il pu lancer son semi-remorque de 19 tonnes sur la foule arpentant la promenade des Anglais le soir de l\u2019attentat ?Les interrogations sur la sécurisation de l\u2019artère ont été nourries par des informations jeudi du journal Libération.Selon le quotidien de gauche, une seule voiture de police municipale barrait l\u2019accès à la zone piétonne quand Mohamed Lahouaiej Boulhel a engagé le camion dans sa course meurtrière.Elle avait relevé deux heures avant une voiture de la police nationale.La polémique porte aussi depuis quelques jours sur une demande faite par la justice à la ville de Nice de détruire des copies d\u2019enregistrements de vidéosurveillance durant l\u2019attentat.La municipalité a crié à la «destruction de preuves».«Le ministère de l\u2019Intérieur donne le sentiment de chercher à empêcher que n\u2019éclate la vérité dans ce qui devient une af faire d\u2019État », a dénoncé dimanche le parti d\u2019extrême droite Front national (FN), jugeant « accablant » le témoignage de Sandra Bertin.Les propos de la policière municipale sont « un élément de plus qui démontre que quelque chose n\u2019est pas transparent », a renchéri Eric Ciotti, député niçois de droite proche de l\u2019ex- président Nicolas Sarkozy.«Les accusations indignes de ce jour s\u2019inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter», s\u2019est emporté au contraire Bernard Cazeneuve.Agence France-Presse ATTENTAT DE NICE Une policière dit avoir été victime de pressions de la part du gouvernement V A L É R I E L E R O U X à Munich U n jeune homme ser viable et sans histoire, réser vé et fan de jeux vidéo de guer re : pour ses voisins, encore sous le choc, rien ne pouvait laisser présager l\u2019acte fou du tireur qui a assassiné neuf personnes à Munich.David Ali Sonboly, un jeune Germano-Iranien de 18 ans, vivait avec sa famille dans un immeuble de logements sociaux moderne et discret, au cœur d\u2019un quartier (Maxvorstadt) plutôt aisé de la capitale bavaroise, non loin du centre.À l\u2019entrée du bâtiment, coincé entre une concession de voitures de luxe Mazerati et une boutique de robes de mariée, au 69, de la Dachauer Strasse, Delfye Dalbi cherche en vain le moindre indice d\u2019une faille chez son jeune voisin.« Je ne l\u2019ai jamais vu en colère, je n\u2019ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins », raconte cette mère de famille d\u2019origine macédonienne qui habite au premier étage de la résidence.L\u2019auteur de la tuerie vivait avec ses parents et son jeune frère dans un trois pièces du cinquième étage et avait fréquenté l\u2019école du quartier, précise-t-elle.« Il était très gentil, serviable.Il riait comme toute personne normale [\u2026] Quelque chose s\u2019est passé dans sa tête », ne peut-elle que lâcher.Les deux parents sont iraniens, selon le voisinage, le père chauf feur de taxi, la mère ancienne employée de la chaîne de grands magasins Karstadt.Tous deux arrivés à la fin des années 1990 comme demandeurs d\u2019asile.« Je suis vraiment désolée pour la famille, même pour ce garçon [\u2026] Les gens disent que c\u2019est parce qu\u2019il est musulman, ça n\u2019a rien à voir», insiste Delfye Dalbi.Selon le ministre allemand de l\u2019Intérieur, Thomas de Maizière, le jeune homme s\u2019était même converti à la religion chrétienne, d\u2019où son prénom David.Pour Sedik Ali, un Afghan de 29 ans, le tueur, plutôt grand et costaud, laissera surtout le souvenir d\u2019un jeune homme seul, à l\u2019écart des autres.«C\u2019est étrange, mais il ne parlait jamais avec nous», note ce voisin.Déprimé, à l\u2019écart L\u2019auteur de la tuerie souffrait en fait d\u2019une « forme de dépression », a annoncé samedi le procureur de Munich.Il a décrit l\u2019acte classique d\u2019un « forcené » emporté dans une crise de folie meurtrière, sans lien avec le groupe État islamique (EI).Dans une vidéo amateur filmée lors de la fusillade, il s\u2019écrie en réponse à un riverain qui le traite de métèque : « Je suis Allemand, je suis né ici » puis, comme en forme excuse, « j\u2019étais en traitement hospitalier ».Il aurait fait l\u2019objet de « harcèlement » de la part d\u2019autres « jeunes de son âge», a souligné M.de Maizière.Selon une source policière citée par l\u2019agence DPA, il était fan de jeux vidéo de guerre et, plus symptomatique, un admirateur d\u2019un jeune Allemand de 17 ans qui avait perpétré un massacre dans son école près de Stuttgart en 2009.Beaucoup se souviennent de l\u2019avoir vu distribuer des journaux gratuits, qu\u2019il transportait derrière lui dans un chariot.Mais pour Stephan, le serveur du Treemans, un café branché installé au rez-de-chaussée de l\u2019immeuble, « tout dans son langage corporel était synonyme de \u201cje ne veux pas vous parler\u201d ».«Il n\u2019était pas comme les jeunes de son âge, branchés, foufous, avec des coupes de cheveux à la mode.Il avait l\u2019air plus calme.C\u2019était un garçon timide », dit-il.Comme la plupart des résidents de l\u2019immeuble, d\u2019origine étrangère, le jeune homme passait devant le café sans s\u2019arrêter.Tout autour, les contrastes ne manquent pas avec ces vies de migrants.Des immeubles haut de gamme ont poussé ici et là, avec balcons fleuris et meubles de jardin coquets.Dans la vitrine Maserati, une décapotable affiche son prix sans complexe : «177 289euros».Et sur le modèle d\u2019à côté, une pancar te annonce fièrement : «VENDU».Agence France-Presse Un jeune homme sans histoire auteur d\u2019un acte fou Le tireur de Munich souffrait d\u2019une « forme de dépression » et aimait les jeux vidéo de guerre ASSOCIATED PRESS Les véhicules d\u2019urgence étaient déployés dimanche soir près du lieu de l\u2019explosion, à Ansbach. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AVIS LÉGAUX AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Gérard CAMI- RAND, en son vivant domicilié au 1530 rue Falaise, Laval, Québec, H7G 4H3, est décédé à Laval, sept (7) février deux mille seize (2016).Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, au 2173 rue de Bavière, Laval, Québec, H7M 4Y7.Donné ce vingt-deux (22) juillet deux mille seize (2016).Céline CAMIRAND, liquidatrice Pierre CAMIRAND, liquidateur AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c) SECTION 1 - AVIS Avis est donné à : Sunrise Quail Farms (156, 4e rang,Ste-Hélène-de- Bagot, QC, J0H 1M0) 750-32-012566-165 Richard Fournier et 9083-6073 Québec Inc.(5-63, Rachel, Ange-Gardien, QC, J0E 1E0) 750-32-012586-163 Francine Lefrançois (405, Samuel de Champlain, Ste-Julie, QC, J3E 1C7) 750-32-012545-169 9301-0668 Québec Inc.(535, Fréchette, Marieville, QC, J3M 1A2) 750-32-012296-151 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Saint-Hyacinthe situé au 1550, Dessaulles, Saint-Hyacinthe, QC, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis des options qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.SECTION II - INFORMATIONS RELATIVES À LA PUBLICATION Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 20 juillet 2016 par le greffier de la Cour du Québec dans les dossiers numéros: 750-32-012566-165 750-32-012586-163 750-32-012545-169 750-32-012296-151 Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.SECTION III - INFORMATIONS FINALES Saint-Hyacinthe, le 20 juillet 2016 (S) NATHALIE LAMPRON Greffier-adjoint de la Cour du Québec CESSATION D'EXERCICE Veuillez noter qu'ayant définitivement cessé d'exercer la profession de psychothérapeute, Denise Tanguay, art-thérapeute domiciliée à Saint-Sauveur, m'a confié la garde de ses dossiers à titre de cessionnaire.Voici mes coordonnées : Diane Lefebvre, B.A.Psychosociologie, psychothérapeute, 2847, Montée d'Ar- genteuil, St-Adolphe-d'Howard, QC, J0T 2B0.514-844-4731.Mes jours de bureau sont : lundi et mardi à Montréal, jeudi et vendredi dans les Laurentides.ENTRÉE EN VIGUEUR DE RÈGLEMENTS Avis est donné que le conseil d\u2019agglomé ration, à son assemblée du 22 juin 2016, a adopté le règlement suivant : RCG 05-002-9 Règlement modifiant le Règle - ment du conseil d\u2019ag glo mération sur la déléga - tion de l\u2019entretien du réseau principal d\u2019aqueduc et d\u2019égout aux municipalités liées (RCG 05-002) L\u2019objet vise à remplacer la grille tarifaire de l\u2019annexe D afin de refléter l\u2019indexation de 2016.Ce règlement entre en vigueur en date de ce jour.Il est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est et peut également être consulté en tout temps, sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 25 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 16-14921 Descriptif : Service d\u2019Inspection, d\u2019entretien et de réparation d\u2019équipement de levage - Entente de service de 3 ans Date d\u2019ouverture : 24 août 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Youness Faouzi, agent d\u2019approvisionnement : 514 868-5852 Catégorie : Services professionnels Appel d\u2019offres : 16-15467 Descriptif : Services professionnels visant la gestion et la coordination de la programmation événementielle de 2017 Date d\u2019ouverture : 15 août 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Pierre L`Allier, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-5359 Documents : Les documents relatifs à ces appels d\u2019offres seront disponibles à compter du 25 juillet 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 25 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) SECTION I \u2013 AVIS Avis est donné à : nom et dernière adresse connue numéro de dossier Tony Cafaro : 6455 Jean-Talon E #705, Montréal, Qc, H1S 3E8 500-32-151583-160 Despres Jean-Pierre : 462 12e avenue, Laval, Qc, H7N 4C1 500-32-152350-163 Thibert Julien : 535 chemin St-Louis, Beauharnois, Qc, J6N 2K7 500-32-152438-166 Muhammad Aslam : 858 Bartleman Terrace, Milton, Ontario, L9T 6Z4 500-32-152444-164 Esau Mathieu : 8190 av.Christophs-Colomb #27, Montréal, Qc, H2P 1X2 500-32-152621-167 New City Gas : 6729 de L'Esplanade, Montréal, Qc, H2V 4P9 500-32-152659-167 Oger Cynthia : 6055 rue Villeneuve #110, Montréal-Nord, Qc, H1G 1M1 500-32-152815-165 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Montréal situé au 1 Notre-Dame Est # 1.04, Montréal, Qc, H2Y 1 B6, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui ya été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.SECTION II \u2013 INFORMATIONS RELATIVES À LA PUBLICATION Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 22 juillet 2016 par le greffier dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.SECTION III \u2013 INFORMATIONS FINALES Montréal, le 22 juillet 2016 Marioara Albastroiu Greffière de la Cour du Québec Canada Province de Québec District de MONTREAL Localité MONTREAL C O U R D U Q U É B E C Chambre civile Division des petites créances 1 NOTRE-DAME EST MONTRÉAL (QC) H2Y 1B6 Téléphone : 514-393-2304 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Agnès L'Archevêque, en son vivant domiciliée au 239-1120 Liébert, Laval, Québec, H7C 2R9, est décédée à Laval, Québec, le 1er avril 2014, et qu'un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Daniel Théorêt, notaire au 3095, Boul.Dagenais Ouest, Laval, Qc, H7P 1T8.Donné à Laval, Québec, ce 22 juillet 2016 Robert Leblanc, Richard Leblanc et Pierre Leblanc, liquidateurs FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a pris part au sommet dimanche.Chengdu \u2014 La recrudescence d\u2019attentats à travers le globe est devenue une menace pour la croissance économique mondiale, ont averti dimanche les grands argentiers du G20, tandis que le ministre français Michel Sapin décrivait le terrorisme comme un nouveau facteur d\u2019« incer titude » pour la conjoncture économique.À l\u2019issue d\u2019une réunion de deux jours à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, les ministres des Finances du G20 ont «condamné dans les termes les plus forts les récents attentats terroristes » survenus dans le monde.Ils ont également inclus le terrorisme parmi les facteurs « compliquant » l\u2019environnement économique mondial, selon leur communiqué final.Le Fonds monétaire international (FMI) avait fait le même constat au cours du week-end.« C\u2019est nouveau : le monde a déjà connu des attaques terroristes [\u2026], mais aujourd\u2019hui, la multiplicité des attentats crée une situation d\u2019incertitude» au moins aussi dommageable pour l\u2019économie « que des déstabilisations régionales ou un conflit régional », a confirmé Michel Sapin.Dès lors, « c\u2019est normal que le terrorisme soit mentionné dans l\u2019analyse du paysage économique», a insisté le ministre français des Finances dans un entretien à l\u2019AFP.À cet égard, la réunion de Chengdu a été l\u2019occasion de « réaf firmer notre solidarité et notre résolution dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, et dans le renforcement des moyens pour enrayer le financement du terrorisme», a indiqué de son côté le secrétaire au Trésor Jacob Lew.La question a été immanquablement abordée lors des dernières rencontres du G20, mais la succession d\u2019attentats meurtriers ces dernières semaines, de Nice à Kaboul, lui conférait une acuité particulière.Efforts précédents En mai au Japon, les grands argentiers du G7 s\u2019étaient déjà entendus pour muscler leur of fensive contre le financement du terrorisme, par l\u2019intermédiaire d\u2019échanges accrus entre organisations de renseignement et une meilleure collaboration dans la mise en œuvre des sanctions financières, comme le gel de comptes bancaires.Mais également par le renforcement du Gafi (Groupe d\u2019action financière), un organisme international qui lutte contre le blanchiment des capitaux.Ces efforts sont-ils efficaces pour prévenir le passage à l\u2019acte d\u2019individus isolés, comme c\u2019était apparemment le cas du conducteur du camion ayant foncé dans la foule à Nice ?Au-delà des mesures s\u2019attaquant au « financement des grandes structures du terrorisme » comme le groupe État islamique, un « deuxième versant » des propositions étudiées au G20 concerne directement « le financement des actions terroristes sur nos territoires », a expliqué M.Sapin.« C\u2019est du terrorisme low- cost, il ne faut pas de grands moyens pour le mettre en œu- vre.Mais là aussi, on peut agir et on agit déjà : par exemple, dans le cas des cartes de crédit prépayées, qui jusque-là pouvaient être chargées de façon anonyme», a-t-il souligné.Agence France-Presse Le terrorisme menace la croissance économique mondiale, préviennent les grands argentiers J U L I E N G I R A U L T à Chengdu La décision du Royaume-Uni de quitter l\u2019Union européenne « renforce les incer ti- tudes » pour l\u2019économie mondiale, ont assuré dimanche les grands argentiers du G20, le Brexit s\u2019ajoutant au terrorisme parmi les nouvelles menaces pesant sur la croissance planétaire.Pour les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20, réunis ce week-end à Chengdu (sud-ouest de la Chine), les négociations compliquées sur le divorce entre Londres et l\u2019UE vont attiser la nervosité des acteurs économiques.Pour autant, les responsables des vingt principales économies mondiales se sont efforcés de rassurer: «Les membres du G20 sont bien positionnés » pour contrer «de manière dynamique» les éventuelles répercussions du Brexit, ont-ils insisté dans leur communiqué final.La rencontre, dans la moiteur estivale du Sichuan, a été dominée par les conséquences du vote britannique, sur fond d\u2019environnement international déjà morose.Le Fonds monétaire international (FMI) avait abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017 en avertissant que des incertitudes prolongées sur le Brexit pourraient entraîner un ralentissement plus important encore.« Une impor tante menace pour la croissance s\u2019est matérialisée [\u2026] L\u2019essentiel du Brexit restant à venir, des répercussions encore plus négatives sont clairement possibles », insistait l\u2019institution ce week-end.Négociations à venir Londres reste maître du calendrier pour activer l\u2019ar ti- cle 50 des traités européens sur les modalités de sortie de l\u2019UE, qui déclenchera l\u2019ouverture des négociations formelles avec Bruxelles.«On comprend qu\u2019ils aient besoin de temps pour préparer les négociations, mais ils ne doivent pas en prendre davantage que nécessaire.Le plus tôt sera le mieux, y compris dans l\u2019intérêt du Royaume-Uni », a réagi dimanche à Chengdu le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.Les discussions «doivent intervenir de façon apaisée, pragmatique et transparente», a renchéri le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew.«Si cela tournait à la confrontation, ce sera extrêmement déstabilisant pour la confiance [générale]», ajoutait un diplomate américain.Fraîchement nommé, le chancelier de l\u2019Échiquier britannique, Philip Hammond, s\u2019est rendu à Chengdu pour tenter de désamorcer la fébrilité ambiante.Agence France-Presse Le Brexit «renforce les incertitudes» SOMMET DU G20 M I K E B L A N C H F I E L D à Ottawa Le Royaume-Uni fera tout en son pouvoir pour accélérer l\u2019entrée en vigueur de l\u2019accord économique et commercial d\u2019échange global (AECG) du Canada avec l\u2019Union européenne (UE), a indiqué le haut- commissaire du pays au Canada, Howard Drake.Les électeurs britanniques ont récemment voté en faveur du retrait de leur pays de l\u2019UE.Le Royaume-Uni demeurera soumis aux traités européens tant et aussi longtemps que les négociations en vue de sa sortie ne seront pas entamées, a rappelé le haut-commissaire.Le processus devrait durer plus de deux ans.Entre-temps, le Royaume- Uni appuie l\u2019accord entre le Canada et l\u2019UE qui doit entrer provisoirement en vigueur plus tard cette année, a soutenu M.Drake.L\u2019entrée en vigueur provisoire fera en sorte qu\u2019environ 90 % des clauses de l\u2019AECG seront applicables avant la ratification par les 28 pays membres de l\u2019UE.« L\u2019échéancier pour que tout cela survienne est plutôt ambitieux, mais nous serons là pour aider à mettre les choses en branle», a-t-il dit.La déclaration de Howard Drake concorde avec celle de la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, il y a quelques semaines.Celle-ci a affirmé que ses homologues européens lui avaient assuré que la majeure partie de l\u2019entente s\u2019appliquerait dès l\u2019automne prochain, quand le Parlement européen aura apposé sa signature.Les eaux s\u2019étaient toutefois embrouillées quand le ministre britannique du Commerce, Liam Fox, avait dit à la presse que des négociations pour un accord bilatéral avec le Canada allaient bon train.Howard Drake ne s\u2019est pas prononcé sur la question, dimanche, mais il a néanmoins répété que le Royaume-Uni, dans sa position actuelle, ne peut pas négocier des ententes de libre-échange en toute indépendance de l\u2019UE.Échanges fructueux Le haut-commissaire a par ailleurs ajouté que, lors de sa visite à Londres, la ministre Chrystia Freeland avait eu des discussions fructueuses avec son homologue britannique.«Nous avons eu de bonnes discussions avec plusieurs de nos alliés de partout dans le monde, dont plusieurs avec lesquels nous sommes liés par d\u2019importantes relations commerciales.Le Canada en fait partie», a précisé M.Drake.Les négociations du Royaume-Uni avec l\u2019UE sont prioritaires, a-t-il ajouté.Les Britanniques ne disposaient pas, jusqu\u2019à maintenant, de leurs propres négociateurs, ayant cédé le terrain à l\u2019UE lors de leur adhésion, il y a 43 ans.Plusieurs analystes esti - ment par ailleurs que le processus de retrait pour rait s\u2019avérer plus long, puisque au fil du temps le Royaume-Uni a développé des liens étroits avec l\u2019UE.Récemment portée à la tête du gouvernement pour remplacer David Cameron, la première ministre Theresa May a dit qu\u2019elle n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019ouvrir les pourparlers du Brexit avant que des objectifs clairs soient établis, ce qui selon elle prendra un an.La Presse canadienne LIBRE-ÉCHANGE L\u2019envoyé du Royaume-Uni au Canada apaise les inquiétudes concernant l\u2019AECG Aujourd\u2019hui, la multiplicité des attentats créé une situation d\u2019incertitude Michel Sapin, ministre français des Finances « » J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U B onne ou mauvaise idée, les péages sur les ponts ?Ce vieux débat refait périodiquement surface.Dernièrement encore, il a remonté le courant de l\u2019actualité au sujet du nouveau pont Champlain.Après de multiples tergiversations sur le statut de l\u2019ouvrage qui doit remplacer l\u2019ancienne structure, le gouvernement de Justin Trudeau a promis de ne pas imposer à nouveau un péage.Le passage sur l\u2019ancien pont Champlain se faisait au prix d\u2019une taxe directe de son ouverture en 1962 jusqu\u2019à 1990.Au Québec, du XIXe siècle jusqu\u2019au début du XXe, on trouve toutes sor tes de demandes d\u2019individus pour l\u2019obtention de droits de prélever un droit de passage sur des ponts qu\u2019ils contrôlent.En 1910, une commission d\u2019étude encourage l\u2019État québécois à assurer son emprise sur les ponts et les routes à péages.Peu à peu, l \u2019État impose des normes au nom d\u2019une justice pour tous.Le 11 décembre 1912, par exemple, le futur premier ministre Louis- Alexandre Taschereau demande l\u2019abolition des ponts à péage à Saint-Hyacinthe, sur les ponts Morrisson, Barsa- lou et de la Société.Lors de la même séance à l\u2019Assemblée législative, on augmente la vitesse permise des automobiles sur la voie publique.Elle sera désormais au maximum « de 15 miles à l\u2019heure dans les villes et de 25 dans les campagnes au lieu de 9 et de 15 », comme c\u2019était le cas depuis 1909.Faire payer les riches Les automobilistes doivent- ils eux aussi payer les frais exigés à chaque passage sur les nombreux ponts à péage du Québec et sur les routes payantes, dites « à barrière » ?Certains plaident que non.Le député nationaliste Armand Lavergne, un ami d\u2019Henri Bourassa, s\u2019indigne.Il dit : « Il est juste que les riches, qui traversent ces chemins et ces ponts confortablement installés sur les sièges capitonnés de leur auto, paient comme les petites gens qui s\u2019en vont au marché juchés sur leur charrette.Cela constitue une espèce de passe-droit en faveur du riche qui, en se promenant en auto, brise plus que les autres les chemins publics, et une surtaxe au détriment du pauvre.» Malgré une certaine volonté de mettre fin à ce régime des péages au début du XXe siècle, il se perpétue.À Saint-Adelphe, en Mauricie, P.N.Chaillez construit par exemple en 1912 un nouveau pont payant sur la rivière Batiscan afin de remplacer l\u2019ancien.Qu\u2019est-ce qui explique qu\u2019au XIXe siècle ce régime de taxation directe soit si répandu au pays des érables pour que de petits barons locaux tentent toujours d\u2019en tirer fortune ?Aux origines C\u2019est au temps de l\u2019Empire romain que s\u2019édifie le premier grand réseau de ponts et chaussées.Le système de transport actuel y fait encore référence de multiples façons.Sur les dif férents axes de son réseau, Rome perçoit une taxe pour assurer l\u2019entretien de cet empire qui couvre l\u2019Europe de ses tentacules.Au Moyen Âge, l\u2019Église catholique se substitue à l\u2019État organisé par un phénomène de compensation du vide.Le monde se fragmente en baronnies, en fiefs, en cités.Les juridictions se multiplient et se croisent.Des villes, des religieux et des particuliers aux intérêts variés accaparent des fragments du système routier et détournent à leur profit le système du péage.Percevoir de l\u2019argent pour acquitter un droit de passage ne vient pas forcément pour celui qui en profite avec l\u2019obligation de maintenir en bon état la structure en cause.Une souveraineté globale mettra bien du temps à se redévelopper.À mesure que les couronnes retrouvent leur capacité à régner sur les affaires publiques, les péages vont être mieux contrôlés.Plusieurs abus seront supprimés.En France, sous Charles IX, une ordonnance datée de l\u2019an 1560 oblige désormais ceux qui perçoivent une taxe sur les ponts à veiller à leur entretien.Mais seulement voilà : les monarchies européennes reconnaissent qu\u2019on se joue d\u2019elles malgré de nouvelles disposit ions pour assurer leur autorité sur la gestion des ponts et des chaussées.Une conception plus mo- der ne des activités économiques entre aussi en ligne de compte dans la réflexion qui s \u2019opère peu à peu à l\u2019égard du vieux système de l\u2019utilisateur-payeur.Au royaume de France, cette réflexion encourage à délaisser cet héritage d\u2019un passé où la gestion des transpor ts apparaît à maints égards dys- fonctionnelle.En Angleterre, au XVIIIe siècle, le Parlement décide au contraire de favoriser le développement de péages.Il le fait au cas par cas.Même si cela entraîne des améliorations dans les transports, les péages seront maudits par la population.Plusieurs émeutes éclatent entre 1735 et 1750.Des postes de péage sont saccagés ou détruits.En France, la chute de l\u2019Empire napoléonien et la restauration de la monarchie marquent le retour des péages sur les ponts que l\u2019on cède en concession à des intérêts privés.Arriver en ville Au Québec du XIXe siècle, un très grand nombre de petits ponts de bois et de chemins sont donc contrôlés par des intérêts particuliers.Sur l\u2019île de Montréal, le système demeure le même.Thomas Porteous espère par exemple financer ses ponts entre le Bout-de-l\u2019Île, Lachenaie et Repentigny grâce à un système de péage.Mais la concession qui lui permet de fabriquer et de contrôler deux ponts, puis trois, est malmenée par les glaces du fleuve en plusieurs occasions.Il devient impossible pour lui de récupérer son argent.Plusieurs projets seront esquissés par la suite en cet endroit où l\u2019île apparaît plus facile à franchir.On finira par conclure que seules les autorités publiques sont à même de financer un tel ouvrage dans l\u2019intérêt collectif.Mais rien ne sera édifié en cet endroit avant plusieurs décennies encore.En 1917, Montréal compte 6000 automobiles dans ses rues pour une population totale d\u2019environ 600 000 personnes.Il faut compter sur le fer et l\u2019acier pour favoriser les traversées, à l\u2019exemple du pont Victoria, érigé en 1859 au bénéfice du train.Un ouvrage énorme destiné à la circulation automobile sera jeté sur le Saint-Laurent, près de la prison du Pied-du-Cou- rant.Les travaux débutent en 1925.Le pont du Havre est inauguré le 24 mai 1930.Le pont est rebaptisé le 1er septembre 1934 du nom de Jacques- Cartier, au motif de souligner le 400e anniversaire du voyage par lequel le marin malouin prend figure de découvreur chez les Canadiens français.Le pont a coûté 20 millions, soit l\u2019équivalent de 280 millions en dollars de 2016.Le gouvernement entend éponger cette somme par un péage.Le tarif varie selon le type de véhicule ou d\u2019animaux qui l\u2019empruntent.Les cyclistes et les piétons doivent payer 15 cents, 25 cents pour un automobiliste seul et 15 sous supplémentaires par passager additionnel.Les véhicules à traction animale paient selon les animaux employés.Et les animaux sont facturés de 3 à 15 cents par tête, selon l\u2019espèce.Les enfants de moins de 5 ans ne payent pas.La décision de construire la voie maritime du Saint-Lau- rent oblige à remonter le tablier du pont.La partie sud fait l\u2019objet de travaux importants entre 1957 et 1959.Le péage devient automatique à cette occasion.Il sera aboli à compter du 1er juin 1962 sur les ponts Jacques-Car tier et Victoria : des agents de ce poste de péage ont commis des vols, ce qui a encouragé la promesse électorale de son abolition.Inauguré en 1962, le pont Champlain coûte 35 millions, soit l\u2019équivalent de 285 millions en dollars de 2016.Le péage y est obligatoire jusqu\u2019au printemps 1990.À Montréal, le pont Olivier- Charbonneau de l\u2019autoroute 25 est payant depuis son ouverture, le 21 mai 2011.L\u2019idée du péage sur les ponts va et vient.Comme la mémoire de l\u2019histoire.Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 L os Angeles \u2014 Les flammes d\u2019un gigantesque incendie en Californie ravageaient quelque 8000 hectares de forêt dimanche, forçant des centaines d\u2019habitants vivant au nord de Los Angeles à être évacués, ont annoncé les autorités américaines.Le brasier, nommé « Sand Fire » et combattu par plus de 900 pompiers, n\u2019est maîtrisé qu\u2019à 10 %, a expliqué le groupe de coordination nat ionale des feux de forêt (National Wildfire Coordinating Group), évoquant des dégâts sur les infrastr uc- tures de la région, sans plus de précision.Nombreuses évacuations Environ 300 personnes ont été évacuées samedi et des ordres d\u2019évacuation ont été donnés pour 1500 habitations, ont de leur côté af firmé les pompiers de Los Angeles, cités par les médias américains.Le feu de forêt, alimenté par la sécheresse et des chaleurs accablantes en Californie, s\u2019est déclaré vendredi dans la vallée de Santa Clarita, en banlieue de Los Angeles, et se déplace vers des zones plus habitées comme celle du Sand Canyon, ont précisé les pompiers du comté cités par le Los Angeles Times.Les imposantes flammes qui dévorent le sud de la Californie ont créé un horizon rouge orangé parsemé de fumée noire dans le ciel de la région et les autorités ont mis en garde contre la mauvaise qualité de l\u2019air.La Californie connaît une sécheresse record de cinq ans et a déjà subi ces derniers mois de nombreux incendies.Agence France-Presse Un gigantesque incendie ravage la Californie La progression des flammes force l\u2019évacuation de centaines de personnes Postes Canada : les PME craignent une hausse des coûts Les petites et moyennes entreprises canadiennes (PME) surveillent étroitement le conflit à Postes Canada, qui pourrait leur occasionner des coûts additionnels importants advenant le déclenchement d\u2019une grève.La Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante (FCEI) se dit inquiète.Sa vice-présidente, Martine Hébert, souligne que les PME sont de grandes utilisatrices des services de Postes Canada, en raison du coût inférieur exigé par la société d\u2019État comparativement aux entreprises privées.La FCEI espère que le spectre d\u2019une grève s\u2019atténuera et qu\u2019une entente contractuelle interviendra à Postes Canada.La Presse canadienne Québec soutient les pomiculteurs Québec s\u2019associe à tous les intervenants en pomiculture pour déployer un plan d\u2019intervention en protection sanitaire des cultures pour juguler l\u2019épidémie actuelle de brûlure bactérienne qui affecte les pommiers dans les Laurentides.Le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, Pierre Paradis, soutient que le gouvernement fait de ce problème une priorité et qu\u2019il pose des gestes concrets pour combattre la maladie.La stratégie repose essentiellement sur des interventions dans les vergers, mais également dans tous les autres lieux où se trouvent des végétaux sensibles à la maladie.Le ministre assure que tous les vergers de la région des Laurentides seront inspectés d\u2019ici le milieu du mois d\u2019août.La Presse canadienne RYAN BABROFF ASSOCIATED PRESS Les imposantes flammes ont créé un horizon rouge orangé parsemé de fumée noire dans le ciel de la région.Imagine-t-on Montréal sans le pont Jacques-Cartier ou encore la ville de Québec sans son vieux pont de fer centenaire ?Les ponts, qu\u2019ils soient de bois ou de béton, font partie de l\u2019image des villes comme des villages.Aux anciennes routes liquides, ils ont ajouté une humanité dont il convient de rappeler l\u2019histoire.Troisième texte d\u2019une série de six.NOS PONTS AVEC LE PASSÉ (3/6) Les ponts d\u2019or Petite histoire de l\u2019éternel débat sur le péage PHOTOS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les utilisateurs du pont Champlain devaient passer par un poste de péage sur cette photo prise à Montréal en 1978.Le pont Jacques-Cartier, en 1989 Les premiers ministres des provinces et territoires réunis au Yukon ont réitéré leur opposition à l\u2019idée de Justin Trudeau d\u2019introduire une taxe fédérale sur le carbone.De plus, ils se sont mis d\u2019accord pour en venir à une entente ambitieuse de libre-échange interprovincial dont il reste à négocier les détails.Ce qui n\u2019ira pas de soi.ans une entrevue accordée quelques heures avant la rencontre des premiers ministres provinciaux, la semaine dernière, Justin Trudeau a rappelé sa préférence pour une taxe nationale sur le carbone.En soi, l\u2019idée n\u2019est pas mauvaise puisque le meilleur moyen de réduire la consommation d\u2019un bien, c\u2019est d\u2019en augmenter le prix.Le problème, c\u2019est qu\u2019Ottawa a tant tardé avant d\u2019intervenir dans le dossier du climat que chaque province a déjà choisi sa voie.La Colombie- Britannique a introduit une taxe sur le carbone ; le Québec et l\u2019Ontario ont adhéré à la bourse du carbone avec la Californie ; l\u2019Alberta impose une taxe et ?xe un plafond aux émissions des pétrolières ; la Saskatchewan mise sur le captage de CO2, etc.Toutes ces politiques ne se valent pas et ne rapporteront pas les résultats attendus.L\u2019Alberta continuera d\u2019extraire de plus en plus de pétrole, l\u2019Ontario de produire des véhicules et le Québec d\u2019en acheter\u2026 mais ces petites contradictions mises à part, personne ne veut qu\u2019Ottawa dédouble ses efforts et chacun exige qu\u2019on tienne compte de son bilan dans le partage de l\u2019objectif à atteindre.Sans oublier le fait que les provinces ne veulent pas, non plus, qu\u2019Ottawa récolte le produit d\u2019une nouvelle taxe et dé?nisse lui-même l\u2019usage qu\u2019il en fera.?Par ailleurs, on a aussi discuté de ?nancement de la santé autour de la table des premiers ministres.Ces derniers s\u2019entendent pour exiger des libéraux fédéraux qu\u2019ils respectent leur promesse électorale d\u2019injecter 3 milliards supplémentaires au cours de leur mandat.Ils demandent même, sans trop y croire, qu\u2019Ottawa rehausse sa participation à hauteur de 25% des coûts réels de la santé au lieu de la laisser glisser sous les 20% comme ce sera bientôt le cas.À Québec, on craint qu\u2019un gouvernement Trudeau tente d\u2019imposer ses priorités en échange de sa contribution, sans rien y connaître en gestion de la santé.Si certains, comme le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, n\u2019y voient pas d\u2019inconvénient, Philippe Couillard refuse par principe que l\u2019on remette en question l\u2019autonomie du Québec et le traitement asymétrique reconnu depuis 2004.Il demande en outre que l\u2019on tienne compte du poids que fait peser le vieillissement de la population dans le calcul des transferts.Cette dernière proposition déplaît aux provinces qui, comme l\u2019Alberta, ont une population jeune.N\u2019empêche que l\u2019idée tient la route puisque l\u2019essentiel de l\u2019augmentation des coûts en santé résulte précisément du vieillissement.La partie est donc loin d\u2019être jouée entre Justin Trudeau et les provinces avec lesquelles il s\u2019est engagé à collaborer.?Mais le sujet qui a surtout retenu l\u2019attention, lors de cette rencontre des premiers ministres, c\u2019est celui du libre-échange inter- provincial.Alors qu\u2019on s\u2019attendait à un accord ?nal sur la question, les premiers ministres ont dû se contenter d\u2019une entente de principe dont les détails restent à négocier.Cette entente stipule qu\u2019au lieu de faire la liste des secteurs touchés par le libre- échange on procédera à l\u2019inverse en déterminant ceux qui seront exclus de l\u2019entente.Par exemple, la culture\u2026 et plusieurs autres.Cette approche satisfait le milieu des affaires, qui se plaint depuis longtemps des règlements pointilleux érigés entre les provinces, que ce soit la dimension des poids lourds ou le format des contenants de crème à café\u2026 Rappelons-nous aussi les guerres de clocher dans l\u2019industrie de la construction, où les syndicats revendiquent depuis toujours l\u2019embauche prioritaire de leurs membres en région.Même la vente d\u2019alcool pose problème pour des motifs qui tiennent autant du protectionnisme que de la volonté de contrôle des gouvernements.Si les consommateurs du Québec, de l\u2019Ontario et de la Colombie-Britannique pourront prochainement commander en ligne des vins produits dans une autre province, ils devront toujours passer par leur société d\u2019État pour accéder aux produits.Depuis le temps qu\u2019on parle de libre-échange interprovincial, on ne peut qu\u2019être sceptique quant à la capacité des élus d\u2019en arriver rapidement à un accord qu\u2019ils pourront défendre devant leurs électeurs.Tout le monde est pour la vertu, mais chacun en offre sa propre dé?nition.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Trump ou le cauchemar éveillé de l\u2019Amérique Si l\u2019on pense que tout a été dit sur ce personnage, je crois plutôt que nous n\u2019en sommes qu\u2019au début d\u2019un roman d\u2019horreur qui va mal finir.La campagne présidentielle est à peine amorcée que déjà ce «Duce américain» se vautre dans les bas- fonds de la médiocrité.S\u2019il a réussi à se payer un parti, il tente maintenant de s\u2019offrir un pays qu\u2019il veut calquer à son image.S\u2019appuyant sur une base électorale hétéroclite, il tente de réunir ses fidèles autour d\u2019un discours de haine et d\u2019insécurité.Pour défaire ses adversaires, il se sert du mensonge et de la désinformation, tout en s\u2019adonnant à des attaques personnelles inégalées.Dans un amalgame pernicieux, l\u2019immigrant devient un envahisseur, le musulman, un ennemi potentiel, l\u2019ouverture et le dialogue, des faiblesses, un président noir, une erreur historique, le racisme, une défense naturelle.Pour Tr ump, il faut se protéger de toutes ces déviances qui affligent le bon peuple américain, il faut s\u2019armer physiquement et moralement contre l\u2019envahissement des forces du mal.Ériger des murailles devient de la légitime défense devant les dangers qui menacent l\u2019Amérique.Pour ce mégalomane dangereux, même les oreilles du bon sens ont des L I B R E O P I N I O N É L I S A B E T H B A D I N T E R Philosophe G É R A R D B I A R D Rédacteur en chef de Charlie Hebdo B E R N A R D L A N D R Y Ancien premier ministre du Québec Au nom du Comité de soutien à Djemila Benhabib P ierres angulaires de notre démocratie, la liberté d\u2019expression et son corollaire, la liberté de critiquer, sont sérieusement remis en cause au nom d\u2019une vision falsifiée de la lutte contre le racisme, qui assimile la critique de l\u2019islam à une forme de racisme, en la qualifiant d\u2019« islamophobie ».Ce positionnement idéologique, qui relève de l\u2019escroquerie sémantique, concourt à imposer l\u2019idée que la liberté d\u2019expression serait subordonnée aux diktats des religions en général et de l\u2019islam en particulier.À plusieurs reprises ces dernières années, les démocraties ont rappelé que la liberté d\u2019expression était un droit inaliénable.Pourtant, au- jourd\u2019hui, nombre de penseurs, d\u2019intellectuels, d\u2019écrivains, de journalistes et de militant(e)s féministes et laïques font l\u2019objet de graves persécutions, voire de menaces de mort en raison de leur détermination à user de ce droit.Cette tendance prend une orientation dramatique s\u2019agissant du monde dit musulman, où la séparation des pouvoirs politiques, religieux et judiciaires est un enjeu fondamental qui oppose, à l\u2019heure actuelle, des démocrates aux islamistes et aux régimes autoritaires ou dictatoriaux.Éliminer les opposants C\u2019est le 14 février 1989, avec la publication du roman de Salman Rushdie Les versets sataniques, que l\u2019opposition frontale à la liber té d\u2019expression prend une tournure des plus terrifiantes en se transposant sur la scène européenne.L\u2019ayatollah Khomeini appelle tous les musulmans à tuer le romancier anglo-indien, accusé de blasphème.Désormais, la stratégie des islamistes consiste à éliminer par tous les moyens leurs opposants.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il faut situer la condamnation à mort de Tas- lima Nasreen (1993), l\u2019assassinat de Theo van Gogh (2004), les tentatives visant le caricaturiste danois Kurt Westergaard (2005), ainsi que la tuerie à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.La légitimité de la mise à mort des esprits libres est clairement revendiquée par l\u2019islam politique.Leur élimination est programmée et se joue sur plusieurs niveaux.Le terrain juridique en est un et il n\u2019est pas des moindres.Des poursuites judiciaires sont désormais intentées contre des militants laïques et féministes sous de faux prétextes.Cette nouvelle stratégie qui s\u2019apparente à une « guerre juridique » s\u2019est visiblement mise en place afin de museler quiconque use de sa liberté de parole pour critiquer l\u2019islam radical et tester la résistance des «cibles» et des institutions.En France, le procès des caricatures de Charlie Hebdo en a préfiguré le terrifiant engrenage.Le procès contre la crèche Baby Loup a suivi, avec ses interminables rebondissements judiciaires dont la directrice, Natalia Baleato, est sortie victorieuse, mais au prix d\u2019un long combat.L\u2019exemple de Benhabib Au Québec, Djemila Benhabib, journaliste et essayiste bien connue pour son combat contre l\u2019islam politique, en est déjà à son deuxième procès.En 2012, elle est poursuivie par une mère musulmane qui lui reproche d\u2019avoir publié sur son blogue les photos de ses deux enfants prises lors d\u2019un concours de récitation coranique organisé à la mosquée al-Rawdah, un fief des Frères musulmans.Or, ces mêmes photos étaient déjà publiées sur le site de ladite mosquée.Djemila Benhabib a gagné ce procès sans réel objet, mais on peut imaginer ce que cela représente de pression morale et financière.Le 26 septembre prochain s\u2019ouvrira à Montréal un autre procès, qui l\u2019oppose, cette fois-ci, à une école islamique pourtant financée par le ministère de l\u2019Éducation et qui fait du port du voile islamique une obligation à partir de la troisième année (c\u2019est-à-dire pour des fillettes de 9 ans).Au Royaume-Uni, la militante féministe Mar yam Namazie, qui mène une lutte acharnée contre les tribunaux de la charia, est aux prises avec des lobbies organisés au sein des campus universitaires qui viennent perturber violemment ses conférences.Cet insupportable harcèlement consiste toujours à faire passer des militant(e)s laïques pour des racistes.Ne nous trompons pas sur les véritables motivations des auteurs de ces attaques d\u2019un type nouveau.D\u2019abord, il s\u2019agit de faire régner la peur pour empêcher toute expression critique envers l\u2019islam ou contre la façon dévoyée dont certains veulent l\u2019imposer à d\u2019autres.Ensuite, il s\u2019agit de mettre une pression démesurée sur les personnes visées, pour les épuiser psychologiquement et financièrement, les ostraciser et les éliminer du débat public.Bref, les décourager de continuer à s\u2019exprimer publiquement.C\u2019est pourquoi nous réaffirmons avec force que les démocrates du monde entier refusent la stratégie de la peur et de l\u2019intimidation.Il ne saurait être question de renoncer à la liberté d\u2019expression, pas plus qu\u2019à l\u2019universalité des droits de la personne et à ceux des femmes en particulier, qui ne doivent souffrir aucune contestation ni restriction au nom de préceptes religieux ou de prétextes culturels.À nous de rassembler nos forces pour nous donner les moyens d\u2019agir collectivement.C\u2019est le premier objectif du comité de soutien qui vient de se constituer.Consultez la liste complète des signataires sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.La liberté d\u2019expression mise à l\u2019épreuve par l\u2019islam politique FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET murs\u2026 Ce qu\u2019il ne comprend pas, cependant, c\u2019est que l\u2019ennemi est dans sa tête et dans celles de ses partisans qui se nourrissent de ce message de peur et de haine.Marcel Perron Neuville, le 23 juillet 2016 douer le dictateur.Et ils sont fiers d\u2019eux.Et pendant ce temps, Liu Xiaobo, qui a poussé les valeurs occidentales, croupit en prison.Qui ?Liu Xiaobo.Connais pas.Les Chinois ont horreur de « perdre la face».Annuler le G20 ferait perdre la face à Xi Jinping.Quel effet cette situation aurait-elle?Peu d\u2019effet.Les Chinois sont déjà trop forts économiquement, politiquement (à l\u2019intérieur), et d\u2019un point de vue militaire (régionalement).Alors pourquoi un tel affront?Pour montrer à la Chine qu\u2019on veut qu\u2019elle soit un partenaire et non pas un dominateur régional.Pour montrer à la Chine qu\u2019on ne veut pas de successeur à la domination internationale américaine.Bernard Forest le 23 juillet 2016 Il faut annuler le G20 pour donner une leçon à la Chine Plus la Chine s\u2019enrichit et plus elle nie les autres pays.Plus la Chine s\u2019enrichit et plus elle impose à l\u2019intérieur des règles très chinoises aux compagnies étrangères, particulièrement dans le domaine du savoir-faire et de l\u2019informatique.Plus la Chine s\u2019enrichit et plus elle cherche à s\u2019étendre militairement.Et ce n\u2019est pas une quelconque Cour de La Haye qui va changer quoi que ce soit à son ambition.Que font les gouvernements étrangers?Rien.Leur seul intérêt est la manne qu\u2019ils espèrent pour leurs compagnies nationales.D\u2019autres gouvernements espèrent recevoir un peu de cette manne sous forme d\u2019aide internationale.Que font les gouvernements des pays riches occidentaux ?Ils se taisent ou font des discours d\u2019apaisement ou des promesses.Dans les conditions actuelles, ils n\u2019ont aucun intérêt à s\u2019opposer à Pékin.Ils ferment les yeux et, comme durant les années 1930 face à Hitler, essaient d\u2019ama- CONSEIL DE LA FÉDÉRATION De la théorie à la pratique D JEAN-ROBERT SANSFAÇON Scrutin : soyons égalitaires Ainsi songe-t-on à Ottawa, par les temps qui courent, à réformer le système électoral.Peut-être serait-il pertinent, à cette occasion, de reconnaître la nation québécoise en lui accordant une sorte de prime, un bassin de représentants qui égalerait en nombre celui de la nation canadienne-an- glaise ; celui du «rest of Canada», comme on a l\u2019habitude de dire\u2026 Ainsi, il serait fini le temps où une des deux nations du pays est plus égale que l\u2019autre\u2026 Réjean Martin Trois-Rivières, le 24 juillet 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.C\u2019 était la fête des langues ce week-end à l\u2019Université Concordia, qui accueillait le Symposium nord-américain des polyglottes.J\u2019en étais, comme conférencier, mais j\u2019y serais tout de même allé.Je parle trois langues et j\u2019en baragouine deux autres, mais surtout: je voue une grande admiration aux super-polyglottes capables d\u2019avaler huit, dix ou douze langues, voire vingt, avec une aisance déconcertante.C\u2019était aussi une belle occasion de réfléchir à un problème de l\u2019enseignement des langues qui me chicote depuis longtemps.On enseigne toutes les langues à tout le monde avec pour objectif la maîtrise des quatre compétences \u2014 lire, comprendre, écrire, parler.Mais pour l\u2019apprenant normal, c\u2019est très difficile et souvent impossible.Or, il existe une autre approche, qui est celle de l\u2019intercompréhension, et qui prend le chemin inverse.La logique de l\u2019intercompréhension consiste à se concentrer d\u2019abord sur la compréhension passive, c\u2019est-à-dire lire et comprendre.En 2012, j\u2019avais rencontré la présidente d\u2019une association pour l\u2019intercompréhension qui m\u2019avait expliqué qu\u2019il existe des méthodes spécifiques comme EuRom5, EurocomRom et Galateo pour les langues romanes.La logique de l\u2019intercompréhension consiste à utiliser ce que l\u2019on sait de sa propre langue pour en décoder une autre.En une cinquantaine d\u2019heures, on est capable de lire des textes dans une autre langue romane.Pour la compréhension orale, c\u2019est évidemment plus, mais beaucoup moins que les 1 200 heures qu\u2019il faut pour une maîtrise complète de niveau intermédiaire.C\u2019est une utopie sans doute, mais imaginez une politique d\u2019intercompréhension pour l\u2019enseignement des langues.Imaginez que trois, quatre, cinq millions de Québécois comprennent non seulement l\u2019anglais, mais l\u2019espagnol, le portugais, l\u2019italien\u2026 Langues voisines Une pédagogie des langues basée sur l\u2019incompréhension suppose que l\u2019on distingue clairement «langue étrangère» et «langue voisine», pour valoriser ces dernières.Les Scandinaves ont pratiqué pendant tout le XXe siècle une pédagogie basée sur l\u2019intercompréhension du danois, du norvégien, du suédois \u2014 définis comme langues «voisines».J\u2019ai toujours pensé qu\u2019il était absurde de voir un Québécois devoir parler en anglais à une Brésilienne ou une Italienne.N\u2019importe quelle personne avec un DEC devrait être en mesure de décoder ce qui se dit ou s\u2019écrit dans une langue voisine.D\u2019autant plus que chez les langues latines, le degré de correspondance (vocabulaire, grammaire, phonétique) tourne autour de 75% et plus.J\u2019ai moi-même fait cette expérience il y a une dizaine d\u2019années à l\u2019île de Jersey, où j\u2019avais passé trois jours en compagnie d\u2019un groupe d\u2019habitants s\u2019exprimant en jèrriais, une variante du normand \u2014 proche du français, quoique assez distincte pour susciter de l\u2019incompréhension.Or, si l\u2019on se soucie de seulement comprendre, il faut à peine quelques heures pour percer le mur.Évidemment, cette opposition de langue voisine, langue étrangère est foncièrement politique.Elle pose aussi un certain nombre de problèmes pratiques pour des langues multinationales que partagent de multiples pays avec des intérêts très divergents.Il serait difficile d\u2019imaginer une politique d\u2019in- tercompréhension entre le Mexique et le Québec, par exemple.Mais il serait plus aisé de l\u2019imaginer entre la France et l\u2019Espagne.Pour être utile, la notion de langue voisine ne devrait pas seulement se limiter à la proximité linguistique, selon moi.En Belgique, il est absurde de considérer le français et le flamand comme deux langues étrangères, pas plus que l\u2019anglais et le français au Canada.Ces langues sont assez différentes, mais elles partagent un même espace sociopolitique.Il m\u2019a toujours semblé que le bilinguisme au Canada anglais aurait progressé beaucoup plus vite si on avait pris une approche d\u2019intercompré- hension dans l\u2019enseignement du français, au lieu d\u2019essayer d\u2019enseigner les quatre compétences de base à raison de 20 minutes par jour.On peut toujours rêver.?À la suite de ma dernière chronique, de nombreux lecteurs ont fait valoir que le 14 juillet ne commémore pas la prise de la Bastille, mais un autre 14 juillet, celui de 1790, qui était la fête de la Fédération.Cette grande célébration d\u2019Union nationale visait à réconcilier les éléments les plus conservateurs de la société avec les avancées de la révolution.C\u2019est exact, mais ils omettent de dire que la fête de la Fédération a quand même un lien avec la prise de la Bastille.Son organisateur, le marquis de La Fayette, a choisi cette date précisément pour signaler aux plus républicains que c\u2019était aussi leur fête, et pas seulement celle des plus conservateurs.La même logique a prévalu en 1880 au moment du choix du 14 juillet comme date de fête nationale.Apprendre les langues JEAN-BENOÎT NADEAU X A V I E R C A M U S Enseignant en philosophie, blogueur et chroniqueur politique à CKRL t si les médias faisaient partie du problème ?Grâce à ces derniers, nul besoin d\u2019avoir été approché par le groupe État islamique pour savoir ce qu\u2019il faut pour obtenir la gloire instantanée : n\u2019importe quel loup solitaire connaît désormais le mode d\u2019emploi pour passer à l\u2019histoire, paralysant notre «village planétaire » le temps de quelques jours.Comment prévenir le prochain attentat, dans ces circonstances ?Ne devrait-on pas taire le nom des déséquilibrés qui commettent ces crimes plutôt que d\u2019en faire des martyrs récupérables par Daech, à la carte ?C\u2019est dans l\u2019air du temps, notre Zeitgeist contemporain porte en lui cette grande dichotomie polarisante entre le « bon Occidental » \u2014 amant d\u2019une laïcité partiale en faveur du christianisme \u2014, d\u2019une part, et le méchant musulman, caricaturé en sorte de bombe à retardement, supposément méfiant de notre mode de vie occidental.Nos produits culturels véhiculent d\u2019emblée ces idées, implicitement.Dans le documentaire Hollywood et les Arabes, on apprend par exemple que, depuis plus d\u2019un siècle, « les Arabes forment le groupe ethnique le plus dénigré de toute l\u2019histoire d\u2019Hollywood.Ils sont généralement dépeints comme des sous-humains».Et comme par hasard, on en est venu à les associer de plus en plus au terrorisme : « Ces images ont subi une transformation draconienne ces dernières années pour faire de la femme et de l\u2019homme arabes des terroristes » («L\u2019islamophobie à Hollywood», journal Métro).D\u2019al-Qaïda au groupe État islamique, en passant par les talibans, les médias déterminent toujours une cible unique à anéantir, faisant fi de la complexité des enjeux régionaux.Pourquoi ne parle-t-on plus, par exemple, de la création d\u2019un éventuel État palestinien, ce qui aurait pour effet d\u2019atténuer bien des tensions?Par la voie militaire, nos gouvernements pourraient cer tes vaincre Daech, qui ne compte que quelques milliers de combattants, sans régler le problème de fond.On préfère fuir vers l\u2019avant en nourrissant notre complexe militaro-industriel.Comme l\u2019explique le journaliste et ex-mili- taire canadien Martin Forgues : « Combien de fois devra-t-on répéter que pendant que politiciens et commentateurs politiques poursuivent les appels à une nouvelle croisade, des groupes armés plus ou moins reliés à al-Qaïda sont devenus, en raison de leur opposition au régime de Bachar al-Assad, des \u201calliés objectifs\u201d de l\u2019Occident?» (Les racines du mal, Ricochet).Justin Trudeau, pareil Autrement dit, on combat l\u2019ennemi du jour en se ménageant l\u2019ennemi de demain, dans un cycle d\u2019af frontement sans f in .Quelle grande puissance aura le courage de dénouer l\u2019impasse par un authentique plan de paix régional, incluant la remise en question du soutien actif aux dictatures et pétromonarchies locales ?Contrairement aux idées reçues, le Canada n\u2019a pas opéré ce changement de paradigme à l\u2019arrivée au pouvoir du Parti libéral, malgré les promesses de missions diplomatiques au Moyen-Orient.À la vérité, le plan Trudeau s\u2019inscrit bien davantage dans le droit fil du modèle conser vateur précé- dent, en soutenant d irecte- ment les frappes de la coalition internationale.Si, d\u2019une part, l\u2019on a annoncé le repli des six CF-18 canadiens qui participaient aux bombardements, l\u2019on compense largement ce retrait par l\u2019augmentation de la capacité militaire canadienne de 650 à 830 soldats.En triplant le nombre de soldats des forces spéciales, Ottawa espère assister plus efficacement l\u2019effort de guerre par la formation des peshmergas, la collecte de renseignement, le ravitaillement, le ciblage de bâtiments et positions de combat de l\u2019organisation EI\u2026 Qu\u2019en est-il de la couverture médiatique de cette guerre pour la « paix » ?Rien que dans la ville de Manbij, en Syrie, il y aurait eu 104 civils abattus du haut des airs, depuis le 31 mai dernier.Près de la moitié de ces victimes collatérales étaient des femmes et enfants.Puis, dans la nuit du 18 au 19 juillet, la coalition internationale commit une autre « bavure », tuant au moins 85 civils \u2014 possiblement plus de 200 selon d\u2019autres sources («Syrie, la coalition anti-EI tue plusieurs dizaines de civils », Le Monde).La planète média ne s\u2019arrête pas, reléguant sélectivement ces informations au second plan.Ne devrait-on pas prendre la peine de compter tous les morts ?Terrorisme et matraquage médiatique Quelle grande puissance aura le courage de dénouer l\u2019impasse par un authentique plan de paix régional, incluant la remise en question du soutien actif aux dictatures et pétromonarchies locales?A L I S O N H A C K N E Y Biologiste Senneville e projet de système de rail automatisé (REM) proposé par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ) rappelle la triste époque des fusions municipales.Le gouvernement central avait alors imposé sa vision sur une métropole et une population qu\u2019il ne s\u2019était pas donné la peine de bien connaître.Des villes diverses et parfois éloignées ont été amalgamées sans égard à leurs préférences ou leurs particularités.Aux élections suivantes, les libéraux, en guise de sauveurs, ont fourni une échappatoire compliquée par laquelle certaines municipalités ont réussi à redevenir elles-mêmes.Ces mêmes libéraux, par l\u2019entremise de la CPDQ cette fois, cherchent encore à imposer leur solution sans véritable consultation.Ce projet monté à l\u2019improviste et sans planification, sans débat et sans effort de coordination avec les autres instances de transport en commun de la métropole, vise à favoriser l\u2019octroi de milliards de dollars de contrats selon un plan mis en place par une administration qui fait l\u2019objet d\u2019une enquête de l\u2019UPAC.Curieux que ce projet n\u2019apparaisse pas de façon proéminente sur le site Web du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l\u2019Électrification des transports.Les diverses instances publiques en matière de transport ne coordonnent-elles pas leurs efforts?Qui est responsable de coordonner les réseaux existants à cette nouvelle ligne de train qui se veut intégrée?Pourquoi se presser?La CPDQ a nonchalamment demandé que la période accordée au public pour préparer une soumission aux audiences du BAPE prévues cet automne soit écourtée.Pourquoi se presser si l\u2019on considère que ce projet changera le paysage du Québec à jamais?En comparaison, le PMAD (Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement) est le fruit de multiples consultations publiques et entre municipalités.Pas moins de 400 mémoires ont été présentés par le grand public \u2014 un nombre record \u2014 la presque totalité plaidant pour une protection accrue des milieux naturels.MM.Guertin et Vandersleyen («Le REM ag- gravera-t-il la fracture Montréal-régions ?», Le Devoir, 9 juillet) ont souligné que la route du REM a priorité sur l\u2019amélioration du chemin de fer dans le corridor Québec-Trois-Rivières- Montréal.Selon eux, « le transport en commun relève avant tout d\u2019une connaissance fine de la dynamique d\u2019une ville et de sa structure».D\u2019autres ont mentionné que des quartiers dans l\u2019est de Montréal ne profiteront pas de ce projet.On peut même douter de l\u2019utilité du nouveau train dans les quartiers qu\u2019il compte traverser.Des navettes emporteraient les usagers vers la gare de train.Est-ce vraiment plus pratique de prendre la navette et ensuite le train?Si ces navettes sont aussi inefficaces que la navette de la STM à travers Sainte-Anne-de-Belle- vue, peu voudront les utiliser.Les navettes auront-elles à se faufiler dans le trafic déjà dense de certains quartiers de l\u2019Ouest-de-l\u2019Île comme Kirkland ou Pierrefonds-Roxboro?On peut aussi envisager que les usagers doivent se rendre ailleurs qu\u2019aux endroits desservis par le REM.Effet pervers La STM détournera-t-elle des fonds de son réseau existant perpétuellement sous-financé vers des navettes pour le nouveau train?Plutôt que de réduire la dépendance à l\u2019automobile et de faire échec à l\u2019étalement urbain, le REM pourrait au contraire les favoriser.Si l\u2019on peut prendre son auto jusqu\u2019à Sainte-Anne-de- Bellevue pour sauter dans le REM, ne serait-il pas encore plus tentant pour les jeunes familles de quitter l\u2019île de Montréal et d\u2019acheter en plus grand nombre une maison moins dispendieuse à Vaudreuil-Dorion, par exemple ?Ceci aurait l\u2019ef fet pervers de pousser les gens à s\u2019établir encore plus loin tout en continuant de travailler au centre de Montréal, ce qui irait à l\u2019encontre des objectifs de densification des zones résidentielles, de protection des terres agricoles et de réduction des gaz à effet de serre du PMAD.En réponse à une question en ce sens, un représentant de la CPDQ a soutenu que le niveau de trafic provenant de l\u2019extérieur de Montréal serait contrôlé par le nombre d\u2019espaces de stationnement prévus à la gare ! Impacts environnementaux Et que dire des autres impacts sur l\u2019environnement, la destruction d\u2019habitats naturels et de biodiversité, notamment ?La Ville de Montréal peine à atteindre le 10 % de milieux naturels protégés promis par le maire Coderre.Les promoteurs du REM en ont-ils discuté avec le responsable de l\u2019environnement de la Ville, M.Réal Ménard?Malheureusement, la CPDQ, tout comme le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement, et de la Lutte contre les changements climatiques, démontre une attitude de complaisance envers les milieux naturels et les habitats pour la faune, dont plusieurs espèces menacées.Les terres de Brossard, Longueuil et Boucherville constituent le dernier espoir de la rainette faux-grillon de l\u2019ouest, cette grenouille minuscule devenue célèbre, tout comme les terres de Pierrefonds-Ouest, où est projeté le tracé du train électrique, constituent le dernier espoir des couleuvres brunes, couleuvres tachetées, tor tues géographiques, Goglu des près et de plusieurs autres espèces d\u2019oiseaux et de plantes en voie de disparaître à tout jamais de l\u2019île de Montréal.Philosophie désuète Le projet de la CDPQ est inspiré de la philosophie désuète « extractiviste » selon laquelle les ressources naturelles et les milieux naturels sont inépuisables, et les détruire reste sans conséquence.La rainette a cependant créé un précédent récemment en freinant ce style de développement destructif rendu trop populaire ces dernières décennies.La rainette et le Goglu seront-ils assez forts pour stopper la machine libérale qui rassemble en son sein les plus grands promoteurs des infrastructures d\u2019asphalte et de béton ?Sinon, il est certain que le train électrique de messieurs Couillard et Coderre, lui aussi en béton, passera au travers de plusieurs espaces naturels de la région.RÉSEAU ÉLECTRIQUE MÉTROPOLITAIN Un projet monté à l\u2019improviste CDPQ INFRA Représentation graphique du REM E L L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Rectificatif L\u2019homme sur la photo accompagnant l\u2019article «Richard Bain avait fait des aveux à sa psychiatre», publié dans notre édition des samedi 23 et dimanche 24 juillet en page A 7, est erronément identifié comme étant Richard Bain.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un proche de la victime, Denis Blanchette, décédé le 4 septembre 2012 lors de l\u2019attentat du Métropolis.Toutes nos excuses.antidopage.«L\u2019AMA est très inquiète du message que cela envoie aux lanceurs d\u2019aler te à l\u2019avenir », écrit Olivier Niggli, directeur général de l\u2019AMA.Malgré tout, le CIO estime avoir déterminé des critères stricts qui devraient aider les nombreuses fédérations sportives à prendre leur décision.«Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde», a reconnu le président du CIO, Thomas Bach, dans une conférence de presse téléphonique, en affirmant avoir «placé la barre le plus haut possible».Cette décision a été saluée par les autorités russes, qui se sont montrées «reconnaissantes» de la décision «objective».Peu réaliste D\u2019ici le lancement des premières épreuves olympiques le 5 août prochain, ce sont donc les Fédérations internationales qui devront décider du sort des nombreux athlètes russes.Pour sélectionner les sportifs réellement « propres », les Fédérations devront notamment s\u2019assurer que les athlètes russes ont tous subi des «contrôles crédibles», et donc faits hors de Russie.Si les Fédérations n\u2019arrivent pas à décider, ce sera à nouveau au CIO de trancher, cette fois de manière définitive.D\u2019après Michel Portmann, qui a longtemps travaillé sur les problèmes de dopage et sur les outils mis en place pour dépister les drogues utilisées pour améliorer les per formances sportives, il est peu probable que les Fédérations internationales arriveront à prendre une décision éclairée dans le temps qui leur est imparti.«Elles n\u2019ont ni les ressources ni le temps pour évaluer correctement les dossiers des athlètes mis en cause, explique le professeur retraité de l\u2019Université du Québec à Montréal.Au mieux, les athlètes dont les noms sont sortis dans le rap- por t McLaren seront exclus, mais les autres \u2014 ceux pour qui un doute demeure \u2014 pourront sans doute participer.» Dans un monde idéal, il faudrait qu\u2019une seule agence de dépistage indépendante se charge de tester l\u2019ensemble des athlètes participants aux Jeux, croit-il.Devant l\u2019ampleur de la tâche, il est toutefois à peu près certain que cela n\u2019arrivera jamais.Encore moins à un peu plus de dix jours du début des épreuves.« L\u2019approche adoptée et les critères décidés vont inévitablement mener à un manque d\u2019harmonisation, à des recours potentiels et à une protection moindre des athlètes propres », a pour sa part réagit l\u2019AMA.Dangereux précédent C\u2019est sans surprise que le directeur du Laboratoire d\u2019étude de la performance humaine de l\u2019Université du Québec à Montréal a appris la décision du CIO dimanche matin.«Les Jeux olympiques sont une immense machine, lance Pierre Sercia.Il y a un contexte politique et économique qu\u2019on ne peut certainement plus écarter.Avec sa décision, le CIO envoie un message politique, il établit un précédent important.» Selon lui, il aurait été tout simplement impensable pour le Comité international d\u2019exclure la totalité des athlètes russes.«Une telle exclusion aurait ouvert la porte à beaucoup d\u2019autres, note le professeur au Département des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019UQAM.Et c\u2019est certain que les Russes ne sont pas les seuls.Des cas de dopage, il y en a partout.Peut-être pas de manière aussi systématique, aussi organisée, mais qui sont connus, tolérés, voire encouragés, il y en a partout.» En excluant la Russie des Jeux de Rio, croit M.Sercia, le CIO s\u2019exposait à une série de dénonciations dans le futur.«Qui sait jusqu\u2019où ça aurait pu aller, in- siste-t-il.Vous imaginez des Jeux olympiques où la Russie, les États- Unis, la Chine seraient tous exclus pour des cas de dopage?Les Jeux n\u2019auraient plus eu leur raison d\u2019être.Le CIO a fait un choix, il a choisi de ne pas intervenir, ou du moins de le faire tout en douceur, pour des raisons politiques.» Plus encore, selon lui, il ne faut pas rejeter l\u2019idée que la Russie a très certainement fait des pressions sur le Comité, arguant qu\u2019elle avait des preuves de dopage chez des athlètes étrangers \u2014 possiblement américains, croit le professeur Sercia.«Avec cette décision, le CIO a possiblement évité une crise beaucoup plus grande.» Son ancien collègue Michel Portmann, qui a lui aussi, enseigné au Dé par tem ent des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019UQAM, est du même avis.«Il est impossible de savoir réellement ce qui s\u2019est dit quand la décision a été prise, mais on peut faire des hypothèses.Il est probable que le CIO a subi des pressions de la part de la Russie.Il faut aussi tenir compte du fait que l\u2019exclusion d\u2019un pays peut avoir des conséquences juridiques.Le Comité n\u2019a sans doute pas voulu s\u2019embarrasser de ces considérations à quelques jours des Jeux.» Occasion manquée L\u2019ancien entraîneur olympique, qui a notamment mené l\u2019équipe canadienne du relais 4 x 100m jusqu\u2019à la médaille d\u2019or aux Jeux olympiques d\u2019Atlanta, en 1996, estime toutefois que le CIO a manqué de courage en ce qui concerne le cas de la Russie.«Je ne dirais pas que je suis vraiment surpris, mais je suis profondément déçu», lance-t-il.Surtout, se désole celui qui a lui-même participé aux Jeux olympiques de 1968, à Mexico, c\u2019est pour les athlètes que cette décision est sans doute la plus décevante.«Vous imaginez vous être entraîné toute votre vie pour pouvoir participer à des Jeux et savoir pertinemment que l\u2019un des athlètes devant vous est dopé, ou l\u2019a été dans un passé rapproché?C\u2019est complètement décourageant, c\u2019est révoltant!» «Le dopage est un grave problème dans le milieu du sport, renchérit-il avec aplomb.C\u2019est une tare qui mine les ef forts de centaines de personnes.Le CIO avait une chance de mettre son poing sur la table, d\u2019af firmer haut et fort que le dopage, la tricherie ne devraient jamais avoir lieu.Il l\u2019a ratée.» Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CIO FABRICE COFFRINI AGENCE FRANCE-PRESSE Le président du CIO, Thomas Bach, a dit avoir «placé la barre le plus haut possible».est supprimé, tout simplement.» Le WebDeb cartographie le débat public sur Internet.Mm e Cougnon le dit elle- même : le fil rouge de ses travaux, c\u2019est « l\u2019influence du numérique sur le langage».Elle ajoute qu\u2019en préparation pour l \u2019entrevue, elle a posé la quest ion à des collègues sur leur utilisation du point dans les SMS \u2014 les tex- tos, quoi.« Quelqu\u2019un m\u2019a répondu : \u201cMais moi, je ponctue !\u201d Et ça, c\u2019est très marrant.On interprète très mal ce qu\u2019on fait nous-même.Alors, je lui ai demandé de me montrer son téléphone et je lui ai prouvé qu\u2019il ne ponctuait pas.Ce n\u2019est donc pas une question d\u2019âge.Les plus de trente ans aussi font partie de la culture SMS.Les plus vieux aussi abrègent la langue.Eux aussi éliminent les points.» Le professeur de l\u2019Université du pays de Galle David Cristal, auteur d\u2019un ouvrage sur l\u2019histoire et l\u2019usage de la ponctuation en anglais, a récemment résumé le constat imparable en disant au New York Times que «nous sommes à un moment décisif dans l\u2019histoire du point final».Il a aussi fait remarquer que le point utilisé parcimonieusement acquiert maintenant une valeur émotive.Si l\u2019invité pour lequel vous vous prépariez à mettre les petits plats dans les grands se décommande par texto, vous pouvez répondre : «Bien», sans point.En en mettant un (« Bien.»), ou en mettant un point d\u2019exclamation (« Bien ! »), vous accentuez la réponse pour mieux faire comprendre votre déception.L\u2019observation a été confirmée par une étude récente d\u2019une université du New Jersey : les réactions par un seul mot (« Okay », « Sure », « Yep ») accompagné d\u2019un signe sont perçues comme plus sincères.Pour Mme Cougnon aussi, la ponctuation, c\u2019est du sérieux, et il n\u2019y a rien de trivial ou de mineur dans l \u2019étude de ce code complexe.« J\u2019ai fait ma thèse sur les langages SMS, dit- elle .Une grosse par tie est consacrée à l\u2019utilisation de la ponctuation ou de l\u2019espace.Je m\u2019intéresse maintenant à d\u2019autres médias, et on voit là aussi des utilisations très spécifiques des ponctuants.» Code partagé La suppression des signes de ponctuation touche le point, donc, mais aussi les tirets, les apostrophes, la virgule, les deux points ; bref, les signes à fonction rythmique.«Pourtant, ça fonctionne, note la spécialiste.Parce qu\u2019il y a intercom- préhension entre les usagers.De fait, tout le monde sait en vrai que les signes de ponctuation peuvent par exemple être ramenés à des blancs graphiques.On le fait et ça marche.» Cette disparition s\u2019accompagne d\u2019une surutilisation de cer tains autres signes dans les nouveaux médias par rapport à cer tains autres écrits normés .« Dans ce cas, la ponctuation joue une fonction intonative et expressive pour ajouter à l\u2019expression une émotion, comme de la tristesse ou de la joie, ou pour créer une emphase », note la pro en donnant l\u2019exemple de la démultiplication des points d\u2019excla- mat ion ou des tro is pet its points.« On peut aussi montrer qu\u2019on crie en utilisant des majuscules.» Cela noté, la linguiste ajoute que ces usages empruntent, même sans le savoir, à des techniques inventées par des auteurs il y a belle lurette.« L\u2019utilisation à fonction into- native des ponctuants s\u2019observe déjà depuis longtemps dans la bédé et dans les romans quand on imite l\u2019oral.Je pense par exemple à Zazie dans le métro de Queneau, qui est presque un précurseur des SMS.On pourrait aussi citer les reformulations orthographiques déjà présentes dans les jeux sur la langue au Moyen Âge.On n\u2019a pas inventé ces pratiques avec le SMS, où elles s\u2019activent de façon intensive.» Droit au but Seulement, la disparition d \u2019un signe ou la sur utilisation d\u2019un autre sur une plate- forme ne conduit pas nécessairement au même effet sur une autre.Le point disparaît du texto, mais pas du journal, ni même des courriels, d\u2019ailleurs.Par contre, la langue courte et efficace des SMS tend à per- coler partout.On écrit « to the point », avec ou sans point, dit la linguiste.«Les nouveaux médias exigent du bref et de la vitesse.Cette brièveté et cette rapidité influencent l\u2019écriture plus n o r m é e .P a r c o n t r e , p a r mes études assez longitudinales, j\u2019ai prouvé qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019influence des nouveaux médias sur l\u2019orthographe des jeunes.» L\u2019obser vatrice n\u2019est pas là pour juger d\u2019un point de vue normatif : elle constate, elle décrit et c\u2019est tout.« La langue vit.Il n\u2019y a pas une meilleure langue à un moment donné.Elle vit autrement aujourd\u2019hui qu\u2019hier et voilà.En plus, on oublie une influence très, très positive des nouveaux médias qui ont permis un retour à l\u2019écrit chez les jeunes.La jeunesse, à travers l\u2019histoire, n\u2019a jamais autant pratiqué l\u2019écrit.Jamais.Il y a déjà eu des élites qui écrivaient beaucoup de correspondance.Maintenant, tous les jeunes écrivent et lisent tout le temps.» Les journalistes aussi.Avec ou sans point Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 POINT FINAL Le point en cinq temps Antiquité Les Grecs utilisent un point surélevé, au- dessus de la ligne, pour signaler la clôture d\u2019un texte complet.Moyen Âge Apparition du periodus, un point dit «en bas», accompagné d\u2019un trait ondulé pour marquer la fin d\u2019un verset, d\u2019une section, mais pas d\u2019une phrase complète.Renaissance Le point actuel s\u2019impose comme tel, pour marquer la fin d\u2019une phrase.La majuscule va s\u2019adapter à ce nouveau marqueur, qui va lui-même s\u2019effacer devant d\u2019autres indiquant l\u2019interrogation ou l\u2019exclamation.On dit alors ce point «simple » ou «rond».Son nom dérive du latin punctum, qui désigne une piqûre, y compris celle d\u2019un stylet sur une tablette de cire.Cette source va aussi donner la ponctuation.1913 Publication du recueil Alcools d\u2019Apollinaire, où est supprimée toute trace de ponctuation, probablement sous l\u2019influence d\u2019expérimentations poétiques de Blaise Cendrars.1992 Envoi du premier texto commercial au Royaume-Uni.Il dit : «Merry Christmas» (sans point) Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde Thomas Bach, président du Comité international olympique « » communautaire fait partie d\u2019un réseau mondial de labos créés par le MIT (Massachusetts Institute of Technology) au début des années 2000 pour donner accès gratuitement à la collect iv ité au savo ir et aux équipements favorisant l\u2019innovation.Rompu à l\u2019idée que les nouvelles technologies doivent servir au plus grand nombre et favoriser le changement social, le fondateur des Fab Lab, Neil Gershenfeld, professeur au MIT, a fait germer en moins d\u2019une décennie 1000 de ces labos dans 78 pays, tous connectés pour par tager savoirs, logiciels, modes d\u2019emploi et données en mode code libre (open source).(Presque) tout fabriquer « Le Fab Lab, c\u2019est une prise de pouvoir sur le monde de l\u2019objet.C\u2019est une communauté qui s\u2019entraide pour faire\u2026 \u201calmost anything\u201d », lance Monique Chartrand, directrice de Com- munautique, organisme fondateur d\u2019échoFab, lancé en 2011.L\u2019enjouée directrice reprend le leitmotiv du très couru cours « How to Make (almost) Anything » (Comment [presque] tout fabriquer) donné par le professeur Gershenfeld, qui permet à quiconque d\u2019accéder sans frais aux machines de fabrication numérique ou à toute autre machine-outil pour mettre au monde une idée, un projet, et créer un prototype à très bas coût.«Le Fab Lab, ça ne se résume pas à un partage d\u2019équipements.Le principe premier ici est que les gens collaborent, et c\u2019est cette rencontre des savoirs qui est importante.Un Fab Lab a les mêmes équipements qu\u2019un autre laboratoire, mais le principe est d\u2019ouvrir à toutes les connaissances des Fab Lab du monde entier qui s\u2019échangent les infos d\u2019un pays à l\u2019autre», insiste la porte-parole de Communautique.Depuis 2011, le Fab Lab reçoit patenteux, inventeurs et artistes en délire à la recherche de solutions concrètes à des problèmes concrets\u2026 ou pas.Du nombre, le quart revient comme bénévole aider d\u2019autres bricoleurs à réaliser leurs rêves les plus fous en fusionnant leurs expériences.« Il y a autant des geeks qui viennent développer des logiciels que des dames qui viennent utiliser des machines à coudre, des architectes, des designers, des artistes.On a même eu des cuisiniers qui ont réalisé à l\u2019imprimante 3D le portrait de Denis Coderre en chocolat!» raconte la mère du Fab Lab, qui accueille 1000 bidouilleurs par année.Inventeurs en herbe Découpeuses laser, imprimante 3D et ordinateurs côtoient machines-outils, fraiseuse et équipement industriel dans un local où plane une vague odeur de bois brûlé.Une imprimante recrache des petits objets de plastique multicolores, notamment une miniature du Colisée de Rome, un filet en cotte de mailles et un étrange vase aux parois fines comme du papier de soie.«Ce sont tous des prototypes, des essais», explique Mme Chartrand.Pas très loin trône une «patente à gosse» bricolée à partir de matériaux récupérés et du savoir-faire développé dans un autre Fab Lab qui permet de fondre des objets de plastique récupérés pour produire du fil à imprimer «maison».«Comme ça, on utilise moins de plastique», explique Monique Char- trand.«On peut couler un prototype 3D pour 10$ plutôt que de dépenser 10 000$ pour le faire fabriquer en Chine.Les autres utilisateurs aident à perfectionner ces prototypes.Ça crée des discussions incroyables.C\u2019est une formidable occasion d\u2019empowerment pour les gens», assure cette mordue de laboratoires populaires.Néophytes et autodidactes viennent y fabriquer leur propre éolienne ou des panneaux solaires concoctés à par tir d\u2019objets du quotidien, d\u2019autres viennent « triper » sur des projets créatifs complètement éclatés.Pourquoi ne viser que l \u2019utilitaire ?Technologie et contemplation peuvent aussi faire bon ménage.Méditer au labo C\u2019est le cas de Frank, qui, concentré sur son écran, commande un logiciel capable de reconnaître les émotions à l\u2019aide d\u2019un casque neuronal « branché» sur son cerveau.Comme un athlète, il exerce aussi ses neurones à déplacer une souris d\u2019ordinateur sans les mains.Objectif?Créer un drone qui puisse être commandé par l\u2019esprit ! Pourquoi ?« C\u2019est vraiment coooool !» rétorque l\u2019inventeur d\u2019objets volants connectés.«En fait, cette technologie permettrait aussi à des gens qui n\u2019ont pas de mains de contrôler une prothèse seulement avec leur cerveau, dit-il.Ça pourrait être très utile.» D\u2019ailleurs, les Fab Lab ont à leur tableau de chasse d\u2019avoir aidé des enfants amputés à imprimer en 3D leurs propres prothèses.Ce sentiment puissant de « je peux tout faire», l\u2019écho- Fab a choisi de l\u2019inoculer à de jeunes éclopés des centres jeunesse.«Ça leur montre que le savoir, l\u2019innovation, ça ne s\u2019apprend pas juste à l\u2019université et que tout peut s\u2019apprendre par les pairs.» « Même moi, dit Monique Chartrand, j\u2019ai réussi à imprimer mon bouton de sécheuse brisé.Pourquoi courir chez le quincaillier?» Obsolescence programmée, objets mal conçus et bon marché: avec ses «Repair Café» ouverts à tous, le Fab Lab fait un immense pied de nez aux Dolla- rama de ce monde et à la production industrielle, souvent plus orientée vers le profit que l\u2019intérêt du plus grand nombre.«On fait de la recherche sur les façons de pirater des électroménagers pour les rendre plus durables ou mieux adaptés aux besoins des personnes âgées.Les Fab Lab font en sor te que des gens reprennent le pouvoir sur l\u2019industrie, la surconsommation et utilisent de nouvelles technologies pour réinventer des objets au profit des ci - toyens», insiste l\u2019émule intarissable de Gershenfeld.Le laboratoire citoyen accueillera d\u2019ailleurs en août la première Foire du vieillissement créatif, une rencontre qui ne sera pas un « salon de gadgets, mais un lieu de discussions pour créer un vieillissement durable.Les gens veulent rester actifs.Il faut que les nouvelles technologies s\u2019ouvrent à la réalité des aînés », explique Mme Char- trand.Exosquelettes, mar- chettes high tech, habitations modulables : tout est dans la mire de ces créatifs.Du moins, «almost anything», comme dit le pape des Fab Lab.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LABOS «On a même eu des cuisiniers qui ont réalisé à l\u2019imprimante 3D le portrait de Denis Coderre en chocolat !» "]
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