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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1919-02, Collections de BAnQ.

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[" VOL.I \u2014 Neo 2 La Revue Nationale Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS Février 1919 Nos vieilles églises .Gustave Baudouin Marie-Alice Yvette-O.Gouin A la gloire du ber .Blanche Lamontagne Les arbres m\u2019ont dit Pierre-J.Dupuy L\u2019après-guerre Emile Jodry Au crédit des méthodes énergiques .Henri Lessard Petits corps, grandes âmes Casimir Hébert Rédaction et administration: 296, RUE SAINT-LAURENT Montréal Abonnement annuel: $1.00.La livraison (chez les dépositaires): 15 sous.Les abonnements à la Revue Nationale commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d'adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.La revue canadienne-francaise au plus fort tirage.i rames En EL ie Ss ee least a LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE 9 DE MONTREAL , FONDEE EN 1834 Grand aumônier: Monseigneur PArchevêque de Montréal.Président général: Victor Morin, LL.D, notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler Vice-président général: V.-E.Beaupré, 1.C, professeur, 676, rue Saint-André.2e.Vice-président général: J.-B.Lagacé, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général: Guy Vanier, LL.Le avocat, 97, rue Saint-Jacques.\u2018Trésorier général: Joseph Hurtubise, courtier, 2, place d\u2019Armes.Directeurs: L'hon.L.-0.David, sénateur, 391, rue Saint-Hubert; \u2014 TFho- mas Gauthier, courtier, 11, place d\u2019Armes; \u2014 Victor Doré, professeur, 214, rue Berri; \u2014 J.-V.Desaulniers, courtier en immeubles, 1, rue Saint-Laurent; \u2014 Edouard Montpetit, professeur, 4924 ouest, rue Sherbrooke; \u2014 Arthur Courtois, notaire, 35, rüe Saint-Jacques.Chef du Secrétariat: Emile Miller, bureau 1, Monument National.Corporations filiales de 1a Société: la Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National -\u2014 la Société Nationale de Fiducie.La Revue Nationale est publiée a I'imprimerie Adj.Menard, 29, rue Saint-Vincent, Montréal.La\u201c STRATHCONA\u201d COMPAGNIE ASSURANCE INCENDIE (Edifice Versailles) 90, rue Saint-Jacques, Montréal Cette compagnie essentiellement canadienne-fran- çaise a été organisée en 1908, avec une charte provinciale, et opère dans la province de Québec seu- lement.Capital autorisé - - - - - $500,000.Capital souserit - - - - = 300,000.(par au-delà.de 400 Notaires qui agissent aussi comme ses agents.) Capital payé - - - - - - $120,000.DEPOT COMPLET AU GOUVERNEMENT Cette compagnie n\u2019est pas contrôlée par la \u201cCanadian Fire Underwriters Association\u201d: A.-AÀ.MONDOU, NP.J.MARCHAND Président Sec.-Trés.et Gérant-Général \u2019 Nous invitons les Institutions religieuses et.les Fabrigues à demander notre tarif spécial. La plus importante librairie et papeterie française du Canada.Fondée en 1885.LIVRES RELIGIEUX CLASSIQUES FRANÇAIS CANADIENS FOURNITURES DE CLASSES DE BUREAUX DE DESSIN ARTICLES RELIGIEUX ET DE FANTAISIE PAPIERS PEINTS TAPISSERIES ÉGRANGER FRÈRES Place d\u2019Armes et Notre-Dame O., br \u201cEA EDMOND- J.MASSICOTTE RSI HH NH MMH NH RA ESS TE SA La Librairie Notre-Dame achète au comptant et au maximum de leur valeur commerciale les livres, lots de livres et bibliothèques.Nous nous rendons à domicile pour l'achat des bibliothèques et des lots de livres importants qui nous sont signalés.Librairie Notre-Dame Phone Main 7767 28, rue Notre-Dame ouest .MONTREAL La Marque ALLIGATOR est pour le consommateur, la meilleure garantie de qualité et de valeur.Avant d\u2019acheter, assurez-vous si la marque se trouve sur vos harnais, malles, sacs de voyage, etc.LAMONTAGNE LIMITÉE 338, RUE NOTRE-DAME OUEST BLOC BALMORAL MONTREAL ii LA PARALYSIE VOUS GUETTE ! SANS PLUS TERGIVERSER METTEZ ORDRE A VOS AFFAIRES L'homme sage et prudent ne laisse rien au hasard: il ne remet pas au lendemain ce qu\u2019il peut faire le jour même.Vous pouvez être en santé aujourd\u2019hui; qui vous dit que vous le serez demain?Qui vous garantit que la paralysie n\u2019immobilisera pas votre main?n\u2019enchaînera pas votre langue?ne vous privera pas de l\u2019usage de vos facultés?Si donc vous désirez déroger à la loi commune, transmettre vos biens à d\u2019autres personnes qu\u2019à vos héritiers légaux, en empêcher temporairement le partage, en léguer l\u2019usufruit à quelques-uns et la propriété à d\u2019autres, ete, etc, il faudra y pourvoir par un testament.Faites-le donc maintenant, pendant que vous avez la pleine jouissance de vos facultés.Au moment de faire ce testament, n\u2019oubliez pas de nommer comme exécuteur testamentaire \u201cLA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE\u201d; elle est l\u2019'EXECUTEUR TESTAMENTAIRE IDEAL parce qu\u2019elle réunit toutes les qualités requises de responsabilité, d\u2019immortalité, de compétence et d\u2019habileté; elle saura mener à bien votre succession.Suivez l\u2019exemple des autres et confiez-nous la gestion de votre succession.DEMANDEZ NOS LIVRETS GRATUITS: Pourquoi et comment faire votre testament.La Société Nationale de Fiducie Constituée sous l\u2019autorité de la Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal.A.-W.PATENAUDE, gérant SIÈGE SOCIAL: Monument National Main 3914-4577 286, rue Saint-Laurent it EH HE EE COR EEA NE A EAH S00 LA BE A EEE EN LEH SEL EPIRA EAL HA A ROM AC AUD GO QT NES Nouveautés a Si vous êtes anxieux de trouver définitivement la x solution du problème du coût élevé de la vie, achetez à notre établissement.Vous éprouverez un sentiment de légitime fierté et de satisfaction en magasinant ici, car chaque achat représente une économie sensible.Peu importe l\u2019article que vous désiriez, nous l\u2019avons à un prix économique.Les prix les plus bas prévalent en tout temps, cependant la qualité supérieure subsiste quand même.Nous voulons plaire, tous nos efforts tendent vers cet idéal.ia rm tie on Ar Rn 50 Malgré la rareté des tissus de toute sorte, notre assortiment ne le céde en rien a celui des années précédentes.Nous avons une grande variété d\u2019étoffes a robes et a costumes, soies et velours de tout genre et pour tous les goûts; doublures de toutes les couleurs, bref nous avons ce qu\u2019il vous faut.Visitez notre rayon de la mercerie, nous avons des valeurs qui sauron vous intéresser.i L-N.MESSIER MARCHAND DE \u201cNOUVEAUTES\u201d.in 847-849-851, AVE MONT-ROYAL EST 2 Tél.Bell St-Louis 3460 iv 2.= _ 4 eed ema p\u2014a * ear me mr NOS VIEILLES EGLISES LA DESOLATION DES MONUMENTS HISTORIQUES En 1760, nous avions, au pays, environ cent seize églises et chapelles.> Depuis Oka et Châteauguay, elles se dressaient tout le long du fleuve Saint-Laurent, jusqu\u2019à Tadoussac.Or, combien pensez-vous qu\u2019il en reste?En y comprenant même celles qui, partiellement incendiées ou restaurées, ent été reconstruites avec les mêmes murs, j\u2019en compte dix- huit.Les voici: dates de construction NOMS et de restauration La chapelle de la ferme de la Congrégation, Pointe-Saint-Charles .1668 I\u2019Hopital-général de Québec .1673 La chapelle privée de Monseigneur de Laval, Québec .22222224 42 1 40 1678 L\u2019église de Chateauguay .1683 Notre-Dame-des-Victoires, Québec ._- .1691-1765 La chapelle du Cap-de-la-Madeleine .1694 L\u2019église et le cloître des Récollets, aux Trois- Rivières .LL 2 22 2222 V2 2 426 1698 L'église de la Pointe-aux-Trembles, Montréal-Est 1705 L'église de Saint-Pierre, île d\u2019Orléans .1717 L\u2019église de Repentigny .1725 L\u2019église de Beaumont .oe ee ee 1733 L\u2019église de Saint-Jean, ile d\u2019Orléans .1735-1852 L\u2019église de Saint-François, île d\u2019Orléans .1736 Les sept chapelles du calvaire du lac des Deux- Montagnes, Oka .1740 La basilique de Québec .1644-1744-1844 L\u2019église de Sainte-Famille, île d\u2019 Orléans Cee 1745 La chapelle de Tadoussac .1747 L'église du Sault-au-Récollet .1749-1852 La Revue Nationale, février 1919. 1 + 0 1 i Ia + ti | i | 1 iy ; 34 LA REVUE NATIONALE Les quatre-vingt-dix-huit autres, en autant que j\u2019ai pu le constater, sont disparues.Incendiées, dites-vous?Pardon, et voilà une impression qu\u2019il importe, tout d\u2019abord, de détruire.Les informations que j\u2019en ai pu recueillir sont encore malheureusement incomplètes, mais elles établissent déjà que quatre de ces églises ont été minées par l\u2019action du fleuve, quinze ont été incendiées et quarante-huit, \u2014 vous entendez bien \u2014 quarante-huit ont été démolies.Je préviens le lecteur que les chiffres et les dates que contient cette étude sont sujets à quelques modifications, et croyez que je m\u2019en excuse bien.Seulement, il est souvent très difficile de les bien établir.Au surplus, nous n\u2019avons pas encore d\u2019oeuve d\u2019ensemble sur nos églises, chapelles et presbytères ni, en général, sur nos monuments historiques et ce qu\u2019on en trouve est disséminé dans un grand nombre d\u2019ouvrages, traitant, chacun, d\u2019une ville, d\u2019une paroisse, d\u2019une seigneurie ou d\u2019un diocèse en particulier.Dès lors, je n\u2019ai pas la prétention \u2014 et là n\u2019est pas ron plus le but principal de cette étude, \u2014 d\u2019établir exactement ce que nous avions, lors de la Cession, d\u2019églises ct de chapelles et, à plus forte raison, de monuments historiques, ni ce qui nous en reste.Mais je crois pouvoir affirmer, du moins en ce qui regarde nos églises et nos chapelles, que les quelques changements que l\u2019on pourra sûrement apporter aux chiffres que j'en donne, n\u2019en sauraient altérer sensiblement le sens qui est que ces souvenirs de notre passé disparaissent d\u2019alarmante façon et qu\u2019il importe de protéger ceux qui subsistent encore.Au surplus, que la démolition de quelques-uns de ces édifices, soit à raison de leur site même, soit à cause de la nature de leurs matériaux, ait été inévitable, voilà ce qui serait à la fois inexact et injuste de ne pas reconnaître, et je l\u2019admets tout le premier.Mais que, d\u2019autre part, un trop grand nombre de ces démolitions aient pu et dû être évitées, que quelques-unes même se soient produites dans des circonstances particulièrement pénibles et peu honorables pour nous, voilà ess mT ss Sr one NOS VIEILLES EGLISES 35 également ce qu\u2019il serait difficile de nier.Et comme le lecteur a le droit d\u2019en exiger la preuve et que je la lui dois, je le prie de s\u2019armer de courage et d\u2019entrer avec moi dans quelques détails.Il convient de dire auparavant que nos curés, quel que dut être leur désir de préserver leurs vieilles églises, ont bien été forcés de tenir compte du sentiment, trop souvent opposé, de leurs marguilliers et de leurs francs tenanciers, et que c\u2019est dans ce sentiment ou cette mentalité du public qu\u2019il faut rechercher la racine même du mal.* x x A Ville-Marie, sous le régime français, l\u2019on a construit au moins quatorze églises et chapelles : La chapelle du Fort.L\u2019Hôtel-Dieu.La chapelle du troisième cimetière de Ville-Marie.L\u2019hopital-général.Notre-Dame-de-Bon-Secours.L\u2019église de la Congrégation.La chapelle Sainte-Anne.La chapelle de,la ferme de la Congrégation.Celle du Fort de la Montagne.La deuxième église paroissiale (Notre-Dame).La chapelle des Jésuites.L\u2019église des Jésuites.L\u2019église des Récollets.Notre-Dame-de-la-Victoire.Il n\u2019en reste qu\u2019une seule, qui s\u2019en trouve doublement précieuse : la chapelle de la ferme de la Congrégation, à la Pointe- Saint-Charles, construite par la vénérable Marguerite Bour- geoys en 1668, et que les Dames de la Congrégation ont conservée, tout comme son ameublement, dans l\u2019état même où les a laissés leur fondatrice.Et voilà qui est à la fois pa- 36 LA REVUE NATIONALE triotique et artistique.Une seconde, Notre-Dame-de-Bon-Secours, incendiée en 1754 et reconstruite, il est vrai, après la Cession mais avec sensiblement la même physionomie, a été, en 1888, si misérablement restaurée qu\u2019historiquement parlant, elle n\u2019existe plus.Nous y reviendrons.Trois autres seulement ont été totalement incendiées et non reconstruite: l\u2019hôpital-général, en 1765 et dont le mur de l\u2019abside existe encore, et l\u2019église et la chapelle des Jésuites, en 1808.Les neuf dernières, soit dans leur forme originaire, soit telles que reconstruites à la suite d\u2019un incendie partiel, ont été démolies.Et l\u2019on supposera peut-être que ces démolitions eurent lieu il y a très longtemps, quand ces édifices n\u2019avaient pas encore acquis de valeur historique.N\u2019en croyez rien.Sauf la chapelle du Fort, construite de bois et démolie vers 1656, et la chapelle Sainte-Anne, construite en 1698 et démolie vers 1721, toutes les autres ont été abattues depuis 1818.La chapelle du Fort de la Montagne, dont la construction fut commencée en 1677, fut démolie vers 1844 pour faire place au nouveau séminaire, L\u2019Hôtel-Dieu, tel que reconstruit en 1733, à la suite de son troisième incendie, fut définitivement démoli en 1861.La première \u2018église de la Congrégation, construite en 1695, fut.démolie et remplacée, au même endroit, en 1786, par une deuxième église, laquelle, à son tour, fut démolie en 1860.A sa place, l\u2019on construisit alors Notre-Dame-de-Pitié, dont le nom, par la suite, fut si douloureusement justifié; Jolie petite église, de style plutôt roman, et qui, par son site historique et par les reliques qu\u2019elle contenait, évoquait tout 1 L\u2019on démolit, cette année-là, la chapelle du troisième cimetière de Ville-Marie, également de bois, et qui était construite partie sur l\u2019emplacement actuel de la banque de Montréal et partie sur la rue Saint- Jacques.SIRT e fi = = NOS VIEILLES EGLISES | 37 le poeme, je ne dis pas seulement religieux mais encore national, de Marguerite Bourgeoys.Or, en 1912, \u2014 est-ce assez récent?\u2014 il fut décidé de prolonger jusqu\u2019au fleuve le pseudo-boulevard Saint-Laurent.Sur le tracé de ce prolongement se dressait cette chère église qui, à la suite de l\u2019expropriation que l\u2019on sait, devint la propriété de la cité de Montréal.Pour conserver ce petit trésor, il eut fallu sacrifier, tout autour, quelques pieds de terrain, et les camions, chargés de fromage, eussent bien été forcés de faire, de chaque côté, un détour d\u2019une vingtaine de pieds.Courant par ailleurs le risque d\u2019être désaffectée et convertie en musée, comme la demande en fut faite par M.le notaire Victor Morin, il eut fallu pourvoir à l\u2019entretien de cette église et lui payer un gardien.Le conseil municipal, toujours si judicieux et si parcimonieux dans la dépense des fonds publics, n\u2019osa, vous pensez bien, envisager pareille éventualité.D'ailleurs, bien peu s\u2019y intéressèrent et, par une belle matinée d\u2019été, pleine de lumière et de vie, sans que la foule, qui se précipitait à ses affaires, lui eût accordé un dernier regard, on l'abattit, \u2014 sans pitié.Il y a des civilisés barbares tout comme il y eut des barbares civilisés.A New-York, ce temple eût été ceinturé de bronze et couvert de fleurs.La deuxième église paroissiale, terminée en 1678 et remplacée, en 1829, par l\u2019église Notre-Dame actuelle, fut démolie en 1830.Cette démolition semble avoir été nécessaire.Or, sa tour nord-ouest fut laissée debout.Construite en 1723, sur les dessins de Chaussegros de Léry, ingénieur du roi, et de cent quarante-quatre pieds de hauteur, cette tour occupait le coin sud de la place d\u2019Armes actuelle, à peu près exactement dans l\u2019alignement du trottoir.Elle était surmontée d\u2019un campanile au sommet duquel se dressait une croix fleurdelisée, haute de vingt-quatre pieds, finement ciselée et qui était un bijou d\u2019élégance.! 1 Le Vieux Montréal, 1611-1803, dessins de P.-H.Morin. Sn me rm ime coordonnée SE ae ae Pre rt a er TR eP = EMAAR IMAM ERS ELA EAP A RAPE EM MALE ELAS RSE LL LEAR ESE MESA A EEE SM AE 0408 ONE DAMON 38 LA REVUE NATIONALE Conçoit-on ce qu\u2019évoquerait aujourd\u2019hui de piquante curiosité chez l\u2019enfant questionneur et d\u2019émouvants souvenirs chez l\u2019adulte, cette relique du passé, toute cimentée avec de l\u2019histoire ?Eh bien! en 1843, cette tour fut condamnée à être détruite.L\u2019affaire fut confiée à un nommé Joseph Beaucaire qui, pour cette jolie besogne, chargea quinze louis.Et, dans l\u2019après- midi du 23 août, lié à de longs câbles, comme il convenait à une exécution capitale, le campanile fut d\u2019abord jeté à bas.Après quoi, lourdement et comme de grosses larmes, on.fit rouler jusques à terre chacune de ses pierres.On en a le coeur serré.Il sera toujours vrai de dire que le plus grand ennemi des oeuvres de l\u2019homme, c\u2019est l\u2019homme lui-même.L\u2019église des Récollets, coin Notre-Dame-ouest et Le Moyre, était encore intacte en 1867.Quelques années auparavant, on l\u2019avait embellie en y reconstruisant le beau portail de la seconde église paroissiale.Vendue le 9 mars 1867 à la corporation Lewis, Kay and Company, elle fut immédiatement démolie.II en reste aujourd\u2019hui les ornements sacerdotaux, les autels et quelques statues de bois dédorées que l\u2019on conserve pieusement dans la chapelle de Notre-Dame-des-Anges, coin Lagauchetière-ouest et Chenneville.La petite église de Notre-Dame-de-la-Victoire, érigée en 1718 pour commémorer en effet une victoire française et reconstruite en 1768, existait encore en 1900.Située tout à côté de Notre-Dame-de-Pitié, presque emmurée et récluse comme, à deux pas de là, avait vécu Jeanne LeBer, elle prenait le moins de place possible.Seulement, voilà.Lézardée et noircie, elle eut le malheur de vieillir.C\u2019était fatal.Et après avoir servi à emmagasiner des outils et du foin, on l\u2019acheva de quelques coups de pic, comme une chose flétrie.Au surplus, il n\u2019y a pas qu\u2019à Montréal, où de pareils actes aient été commis.= \u2014 \u2014e = = = x es \u2014 > it 5, re i NOS VIEILLES EGLISES | 39 Dans le diocèse de Québec, en 1905, l\u2019on détruisit une intéressante église, construite en 1722, et dont l\u2019intérieur, de bois sculpté et de style classique, était l\u2019un des plus beaux de la Province.Remarquez que la fabrique y possède un grand terrain, qui, au surplus, n\u2019a que peu de valeur, et que la nouvelle église, très belle d\u2019ailleurs, n\u2019a pas été construite sur le site de l\u2019ancienne.1 L'église paroissiale des Trois-Rivières fut dévastée par la conflagration qui, en 1907 je crois, ravagea une partie considérable de cette ville.Les murs restèrent debout et solides.Quelques citoyens protestèrent que l\u2019église devrait être reconstruite et conservée.Il est regrettable que ce conseil n\u2019ait pu être suivi.Ses vieux murs furent aussi détruits, et un témoin oculaire me dit que, le pic n\u2019y suffisant pas, on employa la dynamite.La vieille église Saint-Michel-Archange, à Sillery, construite en 1639, fut abandonnée au commencement du siècle dernier.Défoncée, exposée à toutes les intempéries de notre rude climat, elle prenait encore trop de temps à disparaître.Ses maîtres s\u2019en mêlèrent, mais ils eurent, dit-on, bien de la peine a avoir raison de ses gros murs.Quel dommage!.! Les églises de Sainte-Foy et de Sainte-Anne-de-Beaupré furent toutes deux démolies en 1878.La chapelle des Dames Ursulines, à Québec, le fut en 1901 ; l\u2019église de Sainte-Anne- de-Bellevue, en 1900 ; celle de Terrebonne, vers 1879; celle de Lachine, en 1865; celle de Saint-Henri-de-Mascouche en 1880, et il y en a d\u2019autres encore.Ajoutons que nos autres catégories de monuments his- teriques eurent aussi beaucoup à souffrir.Ainsi, le château de Longueuil, dont Frontenac a dit qu\u2019il \u201cnous donnait une idée des châteaux fortifiés de France\u201d, quoique partiellement incendié en 1792, était encore solide en 1810.On en détruisit alors les murs et la pierre servit à la construction d\u2019une nouvelle église.1 Les Jubilés, Eglises et Chapelles de la ville et de la Banlieue de Québec, Joseph Trudelle, Vol.I.p.62. } Nn = ne 40 | LA REVUE NATIONALE Le moulin du Fort, a la Pointe-a-Calliéres, construit en 1648, fut détruit vers 1905.La résidence du fondateur de Ville-Marie lui-méme n\u2019eut pas un meilleur sort.Elle fut rasée en 1850 ; étrange manière de célébrer le 200ième anniversaire de sa construction.Sur ses fondations fut érigé le magasin de la Cie Frotingham et Workman, où l\u2019on emmagasina de la ferraille.C\u2019est complet.| Le magasin de la compagnie des Indes, coin Notre-Dame et place Jacques-Cartier, construit en 1670 par le baron de Béc: ncourt et devenu plus tard la résidence de James McGill, fut aussi démoli en 1903.Sur son emplacement, \u2014 ou plutôt au-dessous, \u2014 on vend aujourd\u2019hui des légumes.Enfin, tandis que les Etat-Unis, à grands frais et avec éclat, restaurent le fort Carillon, nos forts à nous, celui de l\u2019îÎle aux Noix, par exemple, tombent en ruines.Cela n\u2019est pas tout, et que l\u2019on ne m\u2019en veuille pas d\u2019étendre encore ce triste tableau.C\u2019est que, pour détruire une église, on peut s\u2019y prendre de deux façons: la première, en la jetant par terre, c\u2019est la plus simple, et la seconde, en la défigurant.C\u2019est cette dernière façon qu\u2019ont adoptée, en France, les \u2018\u201cembellisseurs\u2019\u2019 qui, aux dix-septième et dix-huitième siècles, \u201cdéshonorèrent\u201d temporairement l\u2019incomparable cathédrale d\u2019Amiens \u201cen en badigeonnant l\u2019intérieur de grossiers oripeaux de plâtre et de dorures.\u201d! Or, si, à l\u2019extérieur, nos vieilles églises sont presque toutes sans style particulier, quoique de bon goût, à l\u2019intérieur, au contraire, elles offrent souvent de réelles beautés.Et c\u2019est précisément contre un trop grand nombre de ces intérieurs d\u2019églises, qu\u2019en ces dernières années surtout, nos \u201cembellis- seurs\u201d \u2014 car nous en avons nous aussi, \u2014 ont porté leur attention.1 Aïmanach de l\u2019Action Sociale Catholique, 1919 \u201cLa cathédrale d'Amiens\u2019 par l\u2019abbé J.-T.Nadeau, p.102.lf nies , ces \u2018eur plis fou! NOS VIEILLES EGLISES 41 Je pourrais, a ce propos, indiquer les cas, particuliére- ment pénibles, de deux de ces beaux intérieurs, tout de bois sculpté, que l\u2019on a récemment saccagés et \u2018\u201cmodernisés\u201d : c\u2019est presque un pléonasme.Dans l\u2019un de ces deux cas, la chaire, aussi de bois sculpté, eut la vie sauve, mais ce fut à la condition de descendre dans le sous-sol.Pour terminer, je n\u2019insisterai pas plus qu\u2019il ne faut sur le cas, devenu classique, de Notre-Dame-de-Bon-Secours.Toutes les malices que l\u2019on en pourrait dire ne nous empêcheraient pas de combien regretter qu\u2019en 1888, lors de la restauration qu\u2019il en entreprit, l\u2019abbé Lenoir se soit donné tant de peine pour penser à un tas de choses plutôt, précisément, que ce à quoi il eût tant fallu qu\u2019il pensât: laisser cette petite église en paix.Maintenant écrasée sous un amoncellement de clochetons, de statues et de colifichets, Notre-Dame-de-Bon-Secours à perdu sa valeur historique: c\u2019est une morte ensevelie dans du marbre.Un de mes clients avec'qui j'en causais récemment, me raconta comment, dans leurs chagrins, ses parents et grands- parents étaient toujours allés dans cette église, chercher leur soutien ; c\u2019était leur douce conseillère.\u201cElle était de la famille, continua-t-il, mais quand on l\u2019eut réparée, je ne la reconnus plus.Elle devint une étrangère et je changeai de paroisse.\u201d Puis, avec un gros soupir, il ajouta: \u2018\u201cVoyez-vous, monsieur, ça n\u2019est plus l\u2019église à maman.\u201d Voilà, je pense, assez de détails.Et je prie le lecteur, que mes remarques auraient pu involontairement blesser, de ne pas oublier qu\u2019étant, moi aussi, Canadien, elles étaient encore plus pénibles à écrire qu\u2019elles ne le sont à lire.Il y a un but à atteindre, qui est de sauvegarder ce qui nous reste de monuments historiques.Pour que ce but soit atteint, il Iplutôt que de parler de notre architecture religieuse, intéressante question qu\u2019il appartiendrait à l\u2019un de nos architectes de traiter.Qu\u2019il me soit seulement permis de dire à ce propos que, de l\u2019avis de- plusieurs, le style gothique, assurément fort beau ; si francais et si MU DL DA CSM DAS LOUE NC HT NEA TE ESA LPLE LD DELL LR CE TEE CE MERE TM CHR LA MAS A2 LA REVUE NATIONALE i A IN % +H fallait bien d\u2019abord démontrer qu\u2019ils sont en danger, et voila tout ce que j\u2019ai essayé de faire.! Au reste, il ne faudrait pas prétendre que la liste de toutes les tristesses de ce genre soit épuisée.Mais je la crois suffisamment longue et décisive, et parfois humiliante aussi, pour que nous puissions, dès maintenant, tirer des conclusions.x x x Admettons d\u2019abord, qu\u2019en général, nous n\u2019avons pas encore compris la valeur historique de nos vieux monuments ni apprécié tout ce que nous leur devons, particulièrement en ce qui regarde nos anciennes églises.S'il est vrai pourtant qu\u2019une race vit de ses traditions, que ce soit dans ses traditions qu\u2019elle puise la raison même de son tempérament, de sa physionomie propre, de tout ce qui a: profondément chrétien, malgré le méchant nom sous lequel on le désigne, et dont, avant la guerre, l\u2019on prédisait une renaissance en France grâce à l\u2019usage du métal et du ciment armé (Salomon Reinach, Apollo.i2e leçon, \u201cArchitecture romane et gothique\u201d, pp.115 et suivantes), semble présenter dans notre pays des difficultés presqu\u2019insurmontables, à raison de la i! rigueur de nos hivers, de la dûreté de nos matériaux de construction et de À son coût excessif.Difficultés que nous avons essayé de surmonter de ma- À nières différentes: les protestants, en employant, pour les parties extérieu- 9 res sculptées, une pierre importée, plus malléable, mais qui s\u2019effrite sous l\u2019action de la gelée, comme, par exemple, la belle cathédrale anglicane, rue Sainte-Catherine-Ouest, construite en 1859, et à la restauration de la- À quelle l\u2019on travaillait l\u2019été dernier; les catholiques, en supprimant à l\u2019ex- 0 térieur la sculpture, la statuaire, les rosaces, voire les gargouilles, çe qui - nous éloigne déjà singulièrement du gothique, et en employant à l\u2019inté- j rieur le piâtre et le papier mâché, ce qui nous en éloigne tout à fait pour nous rapprocher plutôt de la camelote.u Aussi ne semble-t-il pas que le style roman, moins élancé, moins - compliqué et demandant moins de sculpture, s\u2019adapte mieux à notre pays 4 et que nous devrions nous en inspirer davantage jusqu\u2019à ce que nous ayons A une architecture religieuse nationale, et il n\u2019est pas du tout certain que nous en ayons jamais une.Quoi qu\u2019il en soit, tout au plus me permettrai-je de rappeler qu\u2019en architecture comme en morale, la simplicité est une qualité fort appré- 3 ciable et que, si l\u2019on n\u2019y prend pas garde, il arrive que les ornements a n\u2019ornent plus du tout.A quoi j\u2019'ajouterai que nos architectes ne sau- 5 raient se former de leur art une trop haute conception ni se préparer à l'exercer avec trop de soin, leurs oeuvres ne laissant pas que d\u2019influer beaucoup et sur notre goût et sur l\u2019opinion que l\u2019étranger se forme de nous.\u2019 TT TY ELITE FRE EEE TOP TE MEN M Lo.BRIAR | TH RR HOTS HE I RR I IRN Ie sl an de nr je lt à de I rig , 108 NOS VIEILLES EGLISES 43 fait qu\u2019elle est différente d\u2019une autre race, tout comme un individu d\u2019un autre individu, que dire alors de l\u2019intérêt que nous avons de respecter ces survivantes de notre passé et d\u2019aller près d\u2019elles apprendre notre histoire.; Gardons-nous d\u2019oublier que ces vieilles églises, outre qu\u2019ici comme en France, elles soient \u2018des sources de vie spirituelle\u201d*, symbolisent en outre la raison même de notre survivance nationale, je veux dire notre système paroissial grâce auquel nos curés d\u2019autrefois, admirables de foi toute simple et d\u2019attachement au sol et à la langue, ont pu grouper nos familles abandonnées au conquérant, s\u2019associer à leur vie et à leurs besoins en les ramenant souvent à l\u2019église, comme le sang aux poumons et au coeur, pour les renvoyer ensuite plus vivifiées et mieux dirigées pour la lutte.Et dès lors, ne croit-on pas que la leçon d\u2019histoire prendrait un caractère autrement attirant et gravant si, au lieu de la donner froidement dans un livre, elle pouvait l\u2019être dans l\u2019enceinte même où l\u2019événement décrit s\u2019est déroulé?N\u2019admettra-t-on pas, par exemple, que la figure de Dollard des Ormeaux et de ses compagnons ne deviendrait pas davantage émouvante si on nous la pouvait montrer dans la petite chapelle de l\u2019Hôtel-Dieu, coin Saint-Sulpice et Saint-Paul, prêtant tous serment de mourir pour sauver la colonie ?Et que penser de Madeleine de Verchères si, étendant cet argument à nos autres monuments historiques, nous la voyions encore dans son fort, le 22 octobre 1692, repoussant victorieusement une attaque d\u2019Iroquois, et, avec la sublime crânerie d\u2019une fillette de quatorze ans, criant aux deux soldats effarés et aux enfants qui composaient seuls sa garnison: \u201cQuant même je serais taillée en pièces ou brûlée vive sous vos yeux, ne vous rendez pas!\u201d Mais pour que cette \u201cleçon de choses\u201d de l\u2019histoire se donne, encore faut-il que le monument existe, et pour que le monument existe, encore faut-il que nous nous en préoceu- pions, bien loin de le démolir.1 Maurice Barrès, La grande pitié des églises de France.p.133. 44 LA REVUE NATIONALE Aussi bien, voilà ce que nos puissants voisins, que l\u2019on n\u2019accusera pourtant pas de manquer de sens pratique, ont su comprendre bien avant nous.Pour s\u2019en convaincre, l\u2019on n\u2019a qu\u2019à voir avec quel soin, allant parfois jusqu\u2019à la piété, ils savent protéger leurs monuments historiques: la résidence de Washington à Mount-Vernon, celle de Longfellow à Cambridge, celle de Paul Revere à Boston, les Christ Church, Kings Chapel, Old South Church, Farneuil Hall et Old State House à Boston, \u2014 The Trinity Church et The St.Paul\u2019s Chapel, à New-York, ces deux dernières situées pourtant dans un endroit où le terrain possède, m\u2019assure-t-on, quelque valeur.Dans cette dernière chapelle existe encore le banc même où Washington est venu souvent prier.On le conserve religieusement, recouvert des armes de la grande République.Et de ce que, dans cet ordre d\u2019idées, nous ayons subi de si douloureuses pertes, il ne faudrait pas conclure qu\u2019il ne nous reste presque plus de monuments historiques dans le Québec.7 Loin de là.En outre des dix-huit précieuses églises et chapelles que j'ai nommées, mentionnons, un peu au hasard, le manoir des Jésuites, à Sillery, construit en 1637, que l\u2019on dit être la plus vieille maison existante chez nous; le séminaire de Saint-Sulpice, commencé en 1684 ; les deux tours du Fort de la Montagne, datant de 1694; le château de Ramesay,construit en 1705 et sauvé du désastre en 1903, par M.le notaire Victor Morin; le château Sabrevois (la Broquerie); le manoir d\u2019Echambault; le presbytère de Caughnawaga ; le vieux moulin de la Pointe-aux-Trembles; la maison de Catalogne; la maison Forretier; la mission du Sault-Saint-Louis; sans oublier l\u2019intéressante Friponne, non plus que la vieille rue Saint- Amable, silencieuse au milieu du bruit contemporain et où, sur les grosses dalles arrondies de la chaussée, le bruit de nos pas, répercuté entre ces gros murs de pierre avec leurs lourds volets de fer, nous revient plein de résonnances du passé.Et j\u2019en passe, et de fort intéressants, sans parler ni des manuscrits, ni des monuments qui, bien que subséquents à la NOS VIEILLES EGLISES 45 Conquête, offrent, eux aussi, un intérêt historique, comme, par exemple, les deux églises de Saint-Eustache et de Saint-Denis.Assurément, quelques-uns de ces monuments sont en mains sûres, mais il n\u2019apparaît que trop clairement que le plus grand nombre en est bien exposé.Or, comme nous devons assurément tenir à les consacrer, par quels moyens pouvons-nous espérer y parvenir?Voila, pour terminer, la question qu\u2019il nous reste à étudier brièvement.Xx x + Il conviendrait d\u2019abord de partager en deux catégories bien distinctes les monuments qui, au point de vue historique ou artistique, offrent chez nous un intérêt national.Mettons dans la première catégorie, si on le veut bien, ceux qui sont d\u2019un caractère religieux: églises, chapelles, presbytères, cimetières, objets du culte et autres de cette nature, et se rattachant à l\u2019église catholique.Or, je ne sais si je m\u2019abuse, mais il me semble qu\u2019il serait relativement facile, du moins en théorie, de préserver toute cette première catégorie.En effet, la loi des fabriques, à l\u2019article 4291 des statuts refondus de Québec, 1909, édicte ce qui suit: \u201cToutes les matières relatives à l\u2019érection des paroisses, \u201cà leur division, ou à la construction et à la réparation des \u201céglises, des presbytères et des cimetières et dépendances, ap- \u201cpartenant au culte catholique romain, sont réglées et déci- \u201cdées par l\u2019évêque catholique romain ou l\u2019administrateur du \u201cdiocèse que ces matières regardent et par les commissaires \u201cnommés pour le diocèse.\u201d Ne pourrait-on pas étendre ce principe aux monuments historiques religieux catholiques, au moyen d\u2019un amendement à cet article 4291 stipulant, en substance, ce qui suit : \u201cIl en est de même de la démolition, de la restauration \u201cet de l\u2019entretien de toute église, chapelle, presbytère, et cime- a bv { ve Wl i.46 LA REVUE NATIONALE \u201ctière, de même que des sculptures sur bois et autres oeuvres \u201cd\u2019art qu\u2019ils contiennent, appartenant au culte catholique ro- \u201cmain et que l\u2019évêque catholique romain ou l\u2019administrateur \u201cdu diocèse, ou toute commission nommée par l\u2019un d\u2019eux, aura \u201cclassé comme présentant, au point de vue historique ou ar- \u201ctistique, un intérêt national Loin de moi la prétention de croire que cette phraséologie soit définitive.Qu\u2019il me soit seulement permis de soumettre respectueusement ce projet d\u2019amendement, conscient que, s\u2019il était jugé praticable, nous n\u2019aurions qu\u2019à nous féliciter de voir tous ces trésors confiés à la sagesse et au patriotisme de nos évêques.Reste la seconde catégorie qui comprendrait tous les autres monuments d\u2019un caractère historique purement profane.Mais ici, la situation se complique singulièrement, parce qu\u2019il y manque un principe d\u2019autorité.Et peut-être pour la mieux connaître, ne serait-il pas inutile d\u2019étudier succintement par quelle législation et par quels moyens on est parvenu, sinon à la résoudre tout à fait, du moins à l\u2019améliorer considérablement aux Etats-Unis qui sont le pays offrant avec nous, sous ce rapport comme sous bien d\u2019autres d\u2019ailleurs, le plus d\u2019analogie.L\u2019on en trouve un exposé dans le vingt-deuxième rapport annuel de 1917 de la société dite The American Scenic and Historic Preservation Society, de New-York.Quatre catégories de corps publics, y est-il dit, s\u2019y partagent l\u2019acquisition et la conservation des monuments naturels et historiques: le Gouvernement national, celui de chacun des Etats fédérés, les corporations municipales et les sociétés historiques.Le Gouvernement national se préoccupe plus partieu- lièrement des grands parcs et des grandes réserves naturelles.Il en possède cent cinquante qui sont sous le contrôle de trois départements différents.Ces réserves sont appelées soit des National Parks, soit des National Monuments, selon qu\u2019ils existent en vertu d\u2019une loi spéciale du Congrès ou en vertu TE SILI HURRY NOS VIEILLES EGLISES AT d\u2019une simple proclamation du président de la République auquel une loi générale donne le droit de le faire.Le gouvernement de chaque Etat peut aussi posséder de grandes réserves, \u2014 celui de l\u2019Etat de New-York en particulier en possède plusieurs \u2014 mais il appartient plus particulièrement à ces gouvernements locaux, de même qu\u2019aux conseils municipaux, de veiller à la conservation des champs de bataille, des vieilles fortifications ou des\u2018 bâtisses offrant un intérêt historique.Le plus souvent ils s\u2019en portent acquéreurs quoique plusieurs leur soient offerts par des particuliers.Quelques-uns de ces monuments sont aussi achetés par des sociétés historiques, dont il existe, là-bas, un grand nombre, ou leur sont également offerts gratuitement.L\u2019Etat ou le conseil municipal défraye généralement tous les frais de réparation et d\u2019entretien de ces monuments, mais ils en confient presque toujours l\u2019administration à des sociétés historiques ou à des fiduciaires qui, sans entrave politique et étant sur place, peuvent, sous ce rapport, rendre de plus grands services, lesquels, par ailleurs, sont gratuits.Mais, ajoute ce rapport, \u201cqu\u2019il s\u2019agisse d\u2019appropriation de deniers publics ou de dons offerts par des particuliers, le principal moyen d\u2019action que l\u2019on retrouve à la base de tout ce système, a été la formation, aux Etats-Unis, d\u2019une opinion publique fortement dessinée en faveur de la conservation des monuments historiques.On y multiplie à cette fin les réunions des sociétés historiques, les \u201cpèlerinages\u201d publics aux monuments historiques, les conférences, les articles dans les revues et dans les grands quotidiens et, au besoin, les sollicitations personnelles.Et ce mouvement ne date pas d\u2019hier.En 1876, la Old South Church, à Boston, fut vendue pour être démolie.Déjà, la vieille horloge de la tour était descendue.Cette nouvelle fut suivie immédiatement d\u2019une avalanche de protestations.Des réunions sont immédiatement convoquées.On en tient dans l\u2019enceinte même du monument me- BA LIMLIL PLEA MY statins HH MMMM EME LRA SUN IL HMI J HARM HM AMAA MM CAH MLO ALE SE PAL FECA EM NEC 48 LA REVUE NATIONALE nacé.Un comité puissant se forme qui offre au propriétaire d\u2019acheter l\u2019immeuble pour la bagatelle de 8400 000.00.L\u2019offre fut acceptée et l\u2019immeuble vendu à Monsieur Pulsifer qui déboursa $75 000.00, acompte du prix, et convint de détenir l\u2019immeuble jusqu\u2019à ce que le comité pût en acquitter le coût.: On organisa immédiatement une foule de bazars et d\u2019autres réunions de ce genre.L\u2019une d\u2019elles rapporta $36 000.00.L\u2019année suivante, le prix de vente était intégralement payé.Sans nous laisser abattre ni par la munificence américaine, ni par les premiers échecs, formons ainsi, chez-nous, une forte opinion publique en faveur de la conservation de nos monuments historiques.C\u2019est sur ce terrain qu\u2019il nous faut, semble-t-il, centraliser pour le moment nos énergies.Et -pour y parvenir, encourageons la fondation de nou- - Velles sociétés historiques, trop peu nombreuses dans cette Province, et dont chacune monterait la garde dans son district; multiplions les articles dans les revues et dans les quotidiens, les conférences, les pèlerinages; démontrons la valeur éducatrice de nos monuments historiques.Dès que cette opinion publique se sera dessinée, restons convaineus que les pouvoirs publics, toujours anxieux de s\u2019y conformer, apporteront eux aussi leur précieux concours.Ce jour-là, la partie sera presque gagnée.Gustave BAUDOUIN Montréal, 8 février 1919.fae a Pr rs MARIE-ALICE (PREMIER PRIX DU CONCOURS LITTERAIRE) Voici les vacances! Neuf heures sonnent à la chapelle du couvent de Roberval! Quel écho joyeux les notes chantantes éveillent dans le coeur des pensionnaires, petites et grandes, turbulentes et paisibles! Gling, glong, gling, glong, carillonne la grosse cloche, sans se douter que sa note met en émoi tout un petit monde et porte un coup fatal aux heures d\u2019études.Dans les corridors un va et vient inhabituel s\u2019harmonise mal avec l\u2019aspect froid et silencieux des grands murs blanchis à la chaux.L\u2019éclat joyeux des voix jeunes éveille l'écho endormi des grandes salles.Mère Saint-Arsène, malgré le clic-clac de son signal de bois, ne peut maintenir l\u2019ordre.D'ailleurs, l\u2019émotion qui envahit la bonne soeur en songeant au départ de tout ce petit monde qu\u2019elle aime, lui met au coeur la meilleure des indulgences; ses bons yeux ronds et noirs brillent d\u2019une tendresse triste en se posant, tour à tour, sur le frais minois de Louisa Larouche, sur la figure sérieuse d\u2019Eulalie Bé- langer, sur la tête ébouriffée d\u2019Hélène Otis.Comme elle les aime toutes d\u2019une même affection maternelle et inquiète à cette heure où leur âme est déjà en vacances! Elle les aime, surtout, celles que septembre ne doit pas ramener! Que leur réserve la vie?que leur garde l\u2019avenir?seront-elles heureuses?resteront-elles bonnes?Comme pour augmenter l\u2019angoisse de ces réflexions, une petite voix au son de grelot égrène sa note rieuse: \u201cMoi, je vais m\u2019amuser et lire touté la journée en attendant que je trouve une place de maîtresse d\u2019école!\u201d C\u2019est Marie- 1 ] i.PERM 50 LA REVUE NATIONALE Alice qui parle ainsi, Marie-Alice la tapageuse, qu\u2019aucune règle n\u2019a pu discipliner, mais dont la gaieté et la franchise désarment les plus sévères.Orpheline, vivant à Chambord avec une vieille tante infirme, Marie-Alice doit au curé de sa paroisse d\u2019avoir fait trois années de pensionnat et de quitter le couvent munie d\u2019un diplôme élémentaire.Devinant en elle une nature droite et intelligente, il a voulu en faire une maîtresse d\u2019école.Notons en passant que le rêve de la plupart des jeunes filles du Lac Saint-Jean est d\u2019enseigner.Le titre de mai- tresse d\u2019école est un des plus respectés dans le village.Il advient souvent qu\u2019une jeune fille trouve un épouseur peu de temps après avoir pris possession de sa classe.Pourvu.qu\u2019elle soit un peu jolie, la maîtresse d\u2019école devient tout de suite le beau parti de la paroisse.Cela prouve combien le savoir est goûté.Marie-Alice allait, en laissant le couvent, devenir presque un personnage! Mais, la perspective d\u2019enseigner ne lui souriait qu\u2019à demi; elle avait lu quelque part qu\u2019il est d\u2019autres moyens d\u2019être heureux; sa compagne de pupître, une Québecoise, lui ayant raconté ses dernières vacances, le récit des plaisirs de la ville avait fait perdre à l\u2019écolière un peu de son idéal campagnard.Pourtant, la vie lui apparaissait désirable encore, et l\u2019idée de revoir toutes les choses familières de son village la faisait rire et chanter de plaisir.La porte du cloître s\u2019est refermée sur le flot des pensionnaires! Le grincement, dans la serrure, des deux clés règlementaires avertit les finissantes qu\u2019elles ne franchiront plus le seuil du couvent.Marie-Alice secoue l\u2019impression de regret qui menace de l\u2019envahir, et lançant sa pensée vers l\u2019avenir, elle prend gaiement le chemin de la gare.En descendant à Chambord, notre héroïne constate que le train de Québec est en gare.Tout de suite, elle s'amuse MARIE-ALICE ! 51 de ce tableau bien connu des grosses malles qu\u2019on roule en bas du train de fret \u2014 des lourdes caisses qu\u2019on embarque pour Chicoutimi, des hommes en bottes et en chemises, fumant béatement leur grosses pipes.Puis, songeant que désormais, elle pourra revenir chaque jour, contempler ce brouhaha, Marie-Alice réclame sa valise de pensionnaire, appelle Jean Larouche, pour qu\u2019il la hisse derrière la voiture, s\u2019empare des cordeaux, et \u2018Marche, la grise!\u201d Chemin faisant, le vieux Larouche énumère les nouvelles du village: \u2018\u201cPhilippe Néron a acheté la terre d\u2019à côté de chez vous, y va y mettre ses vaches.\u201d Le chemin qui mène au deuxième rang a défoncé, juste derrière la grange à Tit Pit Gagnon.La \u201c\u2018criature\u201d à Baptiste Levesque a acheté un piano tout neuf pour sa Louisa, qu\u2019est revenue du couvent du Chi- coutimi; paraît qu\u2019\u2018asteur\u2019\u2019 qu\u2019elle fait de la musique, elle est trop demoiselle pour travailler sus la terre.\u201d Enfin, dernière et importante nouvelle: \u2018La grande Aglaé a défuntisé la nuit d\u2019avant-hier\u201d et le vieux d\u2019ajouter: \u201cPense, Mlle Marie-Alice, que M.le Curé va vous donner son école ; I disait hier à vot\u2019 tante qu\u2019y en a pas d\u2019pus capable que vous; seulement, faudrait pas faire comme la grande Aglaé qu\u2019a viré consomption.\u201d Le père Larouche avait deviné juste.Le lendemain, M.le Curé vint lui-même annoncer à la vieille Julie Tremblay et à sa nièce que la petite école du premier rang aurait en septembre une maîtresse toute neuve, dans la fraîche personne de Marie-Alice.Le bon curé rayonnait, son but était atteint, la petite orpheline aurait sa place au soleil.sur la route poudreuse et toute blanche de neige, les sapins noirs alignent leurs squelettes grèles; pas une maison, et, sans un vieux four dont la forme se devine sous la neige, on se croirait en pays sauvage; aucun tra:seau n\u2019a durci le chemin depuis la dernière bordée. A 5: H 7 52 LA REVUE NATIONALE Péniblement, trébuchant à chaque pas, Marie-Alice s\u2019avance sur la route morne et désolée.Notre diplômée a bien changé, ses yeux ont perdu leur éclat, sa maigreur la fait paraître trop grande, sa démarche est lourde comme celle d\u2019une vieille et les gens du village disent qu\u2019elle ressemble à la grande Aglaé.La vie n\u2019a pas toujours été rose depuis le départ du couvent! M.le Curé est mort, la vieille tante en a fait autant, et depuis deux ans Marie-Alice, levée avec le coq, prend chaque matin le chemin de son école située à un bon mille de distance.Au printemps et même à l\u2019automne le trajet est facile, mais que de souffrances apportent les dures gelées d\u2019hiver! C\u2019est la marche longue et rude, sur la route non battue; c\u2019est l\u2019entrée dans une salle d\u2019école glacée.C\u2019est le feu qui ne veut pas prendre parce que les doigts raidis de la pauvre petite maîtresse disposent mal les grosses bâches; c\u2019est l\u2019arrivée des enfants, pas toujours chaudement vêtus et dont les tout petits pleurent de froid; c\u2019est l\u2019épuisante tâche de parler des heures et des heures, jusqu\u2019à ce que la voix se \u201ccasse\u201d.C\u2019est la pitié qui vous prend, devant le maigre dîner des plus pauvres, qui n\u2019ont jamais de dessert, pas toujours assez de pain; c\u2019est le retour après la journée de fatigues accablantes.C\u2019est tout cela qui fait dire & Jean Larouche: \u201cMam\u2019zelle Marie-Alice s\u2019en va et c\u2019est l\u2019hiver qui l\u2019emporte\u2019\u201d.Notre petite maîtresse d\u2019école ne se plaint pas des misères de sa vie: son âme, comme son corps, a subi une transformation.Dès le début de sa carrière, Marie-Alice s\u2019est attachée à ce peuple de tout-petits.Sa bonté a eu pitié de leur faiblesse, et sa pauvreté a plaint leur misère.Son coeur tout entier s\u2019est donné dans un élan vraiment maternel.Elle n\u2019a eu qu\u2019un souci, rendre saines et fortes, ces petites âmes d\u2019enfants, inculquer à leur intelligence un savoir solide et pratique qui leur serait utile au village.Pour s\u2019être fait un coeur de maman, la vaillante fille MARIE-ALICE 53 connut des joies trés douces, qui lui firent mépriser ses réves légers d\u2019autrefois.\" Chaque matin, lorsqu\u2019à son réveil l\u2019orpheline sentait ses membres tout brisés des fatiques de la veille, elle songeait: \u201cMes petits m\u2019attendent\u201d, un peu d\u2019énergie lui revenait, Mais en février, un jour vint ou la faiblesse triompha de son courage.Ce matin-la, les enfants trouvèrent la classe vide.On sut ainsi que Marie-Alice était malade, et le pére Larouche essouffla sa jument jusqu\u2019à Roberval pour en ramener le docteur.Une voisine, la mère Bouchard, s\u2019offrit de soigner la malade; comme Marie-Alice s\u2019inquiétait des enfants de la bonne femme, celle-ci lui répondit que sa plus vieille la remplacerait bien pendant quelques jours; elle ajouta: \u2018Faut ben s\u2019aider un peu!\u201d Le docteur C., après avoir jeté son \u2018capot de poil\u201d sur une chaise, s'approcha de la malade et voulut lancer un de ces mots joyeux et réconfortants, dont il avait le secret; mais le badinage s\u2019arrêta dans sa gorge, quand son regard tomba sur la petite figure de cire illuminée par deux grands yeux de fièvre.Où était l\u2019écolière aux yeux rieurs, à la bouche fraiche de santé?.Marie-Alice lut sa condamnation dans le haussement d'épaule du docteur.Son coeur se serra et elle dit simplement: \u2018Est-ce que je pourrai dire bonjour à ma classe avant de m\u2019en aller?\u201d Le docteur n\u2019eut pas la cruauté de répondre négativement, il prit doucement la petite main transparente, conseilla une grande tranquillité et parla de guérison probable.Une fois sur la route, le docteur dit au vieux Larouche que ça n\u2019était plus qu\u2019une question de jours, qu\u2019il ne fallait pas laisser les enfants voir leur maîtresse, à cause de la contagion; il prononça le gros mot de consomption galopante et parla des derniers sacrements. 54 LA REVUE NATIONALE Deux grosses larmes roulaient sur les vieilles joues plis- i : sées du pere Larouche: \u201cC\u2019est y pas triste de voir mourir des jeunesses comme ça, quand anne vieille bête bonne à rien comme moé j\u2019sus encore en vie!\u201d Après le départ du docteur, Marie-Alice voulut écrire ; d\u2019une main tremblante de fièvre elle couvrit deux longues pages, se reposant à chaque ligne.De temps à autre, un gros soupir soulevait sa poitrine.A la fin, reposant sa tête lourde, elle appela la mère Bouchard: \u201cJe ne sais pas combien de temps je peux vivre encore, mais je sens bien que a je ne me releverai plus.Je n\u2019ai pas peur de mourir, je serai bien plus chez nous au ciel, puisque tout mon monde est là.Je serais bien heureuse de m\u2019en aller, sans le gros chagrin que j'ai de laisser mes élèves.\u201d Ici, pauvre fille mordit ses x lèvres pour ne pas pleurer; plus bas et plus lentement, elle a continua: \u201cJ\u2019ai pensé de leur laisser un souvenir pour qu\u2019ils ne m\u2019oublient pas trop vite.Quand ma petite maison et i mes quelques meubles seront vendus, vous achèterez toutes les choses que je viens d\u2019écrire.Avec le reste de l\u2019argent, vous paierez le docteur et M.le Curé, vous ferez dire des messes, et s\u2019il reste quelques sous, ils seront pour la veuve Bergeron \u2014 ses douze enfants en ont bien besoin! Vous | garderez, en souvenir de moi, mes hardes, ma robe de pre- i mière communion avec mon voile, ma couronne et mon à cierge; c\u2019étaient des présents de M.le Curé.Moi, j\u2019'emporte mon chapelet, maman va le reconnaître, c\u2019était le sien\u201d.Epuisée par l\u2019effort, Marie-Alice se tut et ferma les yeux.: Le lendemain le Bon Dieu vint dans la chambre de la petite maîtresse d\u2019école, qui le reçut dans son âme toute 3 blanche.Elle dut étre bien touchante et bien belle, la dernière action de graces de Marie-Alice! On l\u2019entendit prononcer lentement, ardemment le nom de chacun de ses élèves, c\u2019était encore à eux qu\u2019elle songeait!. MARIE-ALICE 55 Six jours plus tard, la malade, se sentant mourir, voulut entendre lire ses dernières pages d\u2019écriture.La mère Bou- chard s\u2019exécuta de son mieux: \u201cQuand je serai partie, je voudrais que mes enfants de \u201cl\u2019école\u201d pensent quelquefois à moi: je penserai si souvent à eux, dans le ciel! Je leur demande d\u2019être obéissants avec leur nouvelle maîtresse, de toujours bien prier le Bon Dieu et de continuer à faire plaisir à leurs parents.\u201d \u201cJe veux leur donner tout ce que j'ai.Je laisse & Pierre a Michaud, à Charles-Eugène Néron, à Alphonse Lévesque, chacun une belle paire de mitaines rouges, toutes neuves.Je donne à Marie-Josèphe Desbiens, à Louise-Alma Brassard un beau nuage bien chaud.A tous les petits de la deuxième division, je donne des tuques avec un gland.Ils diront à Mme Bouchard quelle couleur ils aiment mieux, etc, etc.\u201d La liste continuait sur ce ton de naïveté touchante; pas un enfant n\u2019était oublié! Une grosse larme trembla aux cils de la mourante! C\u2019était le dernier pleuf.Gling, glong, gling, glong, chante tristement la grosse cloche, tandis que sa note ailée porte une âme au ciel.Yvette O-GOUIN Montréal, novembre 1918. A LA GLOIRE DU BER LA NUIT.La nuit, Quand les portes sont closes, Et que les choses Dorment sans bruit, Lorsque l\u2019enfant aux lèvres roses Dans son ber sourit, Et que la mère, au front pâli, Repose Dans son lit; Quand, sur la colline, L\u2019ombre s\u2019étend, Que l\u2019habitant Ecoute, content, La chanson que, sur la colline, Chante la semence divine; La nuit, Quand le vent fait parler les blés, Dans les champs comblés, Et que les boeufs, accablés, Dorment dans leur crêche, En rêvant d\u2019herbe fraîche; La nuit, Si nos yeux pouvaient voir Dans le noir, On y verrait, grande aile blanche, Front qui se penche, Souffle pur, Comme des sentinelles Eternelles, Aux yeux d\u2019azur, Dans les maisons que l\u2019on croit seules, Et les foyers qu\u2019on croit déserts, On y verrait l\u2019âÂme de nos aïeules, Planant autour des bers!.Blanche LAMONTAGNE Septembre 1918. LES ARBRES M'ONT DIT.Nous sommes les géants des heures fabuleuses Où souriait la vie à son premier matin, Où les jeunes rayons d\u2019un pur soleil lointain Se balancaient gaîment sur nos branches peureuses.Nos feuillages alors debout dans la clarté Envahissaient déjà tous les hauts promontoires ; Et sur les continents, près des fleurs de moire, Nos grands pins somnolents miraient leur majesté.Ah! que de sève alors sous la peau des écorces Doublait et redoublait l\u2019essor jamais fini Des cimes qui, là-haut, montaient vers l\u2019infini ?Ah! que de sève alors faisait grossier nos torses! Et dans l\u2019immense joie, au retour du soleil, Nous chantions librement, de nos lèvres de feuilles, Tous ces chants de bonheur par lesquels on accueille Les bienfaits souhaités du jour à son éveil.Des vents harmonieux agitaient les écharpes De lierres suspendus à nos rugosités, Quand les midis flambaient dans leur torridité Ou quand le soir, en nous, faisait vibrer ses harpes.A nos concerts bientôt s\u2019unirent d\u2019autres sons.Un choeur léger d\u2019oiseaux, à l\u2019ombre des tonnelles, Eperdument chanta la gaîté de ses ailes.Trémolos gais de flûte et graves violons! Inoubliable fête où soleil et musique Dans un même baiser mêlaient leurs harmonies, Et que les rossignols quand elle était finie Regrettaient de leur plainte en la nuit pacifique.C\u2019est alors que fuyant ses timides légions Une étoile souvent descendait sur nos branches Pour y bercer en paix sa vague clarté blanche, Lasse de parcourir les célestes régions.Et quand elle partait joyeuse et réposée, Voulant laisser toujours un brillant souvenir Qui contât son passage à ce jour à venir, Tous, elle nous paraît des perles de rosée.O la beauté profonde et sereine des nuits! Si doucement les doigts des longs rayons de lune Caressaient dans l\u2019air pur des chevelures brunes, Que les cerfs en bramaient de tristesse et d\u2019ennui.Pierre-J.DUPUY RE CM MATE RA EH eS EAC AACN MH MMMM L\u2019APRÈS-GUERRE En France, aux Etats-Unis et même en Allemagne, on S\u2019occupe du problème de la reconstruction économique de l\u2019après-guerre.En Angleterre on a adopté un plan suivant lequel l\u2019armée de cinq millions d\u2019hommes actuellement sous les armes sera démobilisée en l\u2019espace de neuf mois après la cession des hostilités.Non seulement ces soldats seront rendus à la vie civile durant ce laps de temps, mais chacun d\u2019eux recevra un emploi conforme à ses aptitudes naturelles.De sorte que la transition s\u2019accomplira avec un minimum de perturbation pour la vie économique de la nation.Le problème de la reconstruction économique attire-t-il suffisamment notre attention?Je ne le crois pas.Faut- il que la servilité coloniale nous ait fait perdre toute notion élémentaire de sécurité nationale?Serons-nous épargnés par ce bouleversement qui préoccupe, à si bon titre, et les hommes d\u2019Etat et les économistes des pays belligérants?Notre immunité n\u2019est pas si grande.Il faut donc y penser, car cette guerre amènera après elle une dépression dans la finance et dans l\u2019industrie.Toutes les grandes guerres ont été suivies de périodes de dépression.Et cette ère de paix, dont nous entrevoyons l\u2019aurore, sera désastreuse pour le Canada, si elle le surprend non préparé, car l\u2019avenir économique de notre pays et le rôle qu\u2019il est appelé à jouer parmi les nations industrielles seraient à jamais compromis.Nos industries de guerre n\u2019attendent pas que la paix soit un fait accompli pour interrompre leur rendement.Elles employaient environ 300 000 hommes et femmes qui devront changer d\u2019occupation.Il y a tout près de 100 000 femmes, employées à des travaux faits auparavant par des hommes.Ainsi le personnel des banques est presque tout féminin.Ces gens conserveront probablement leurs nouveaux postes.Notre armée d\u2019outre-mer sera rapatriée.Son effectif est de 500 000 L\u2019APRES-GUERRE 59 hommes.De ce nombre, 200 000 seront ou morts ou inaptes à tout travail.Donc il reste 300 000 soldats qui seront licenciés.Cela fait au bas mot 500 000 hommes et femmes, auxquels il faut fournir du travail utile et rémunérateur.Il est un facteur d\u2019ordre psychologique qu\u2019il faut nécessairement considérer, et dont l\u2019omission voue à un échec: c\u2019est celui du retour du soldat à la vie civile.Le séjour du soldat à l\u2019armée est démoralisateur.Il perd certaines qua- lités\u2014ponctualité, application\u2014 qui sont essentiellles à la vie civile, qualités qu\u2019il lui faudra acquérir de nouveau.I ne peut se plier à la discipline industrielle avec autant de facilité qu\u2019auparavant.Sa mentalité est changée.Cela est dû principalement à l\u2019attitude des politiciens de bas-étage intéressés, pour fins politiques, à flatter et à louanger le soldat qui s\u2019arroge des droits incompatibles avec la réalité des choses.Des patrons, qui avaient promis d\u2019engager des soldats, ont changé radicalement d\u2019idée.Non seulement un soldat croit- il être capable de remplir une position, mais il désire que les autres employés soient démis pour que ces postes soient donnés à des soldats.Naturellement, tous ne pensent pas ainsi, mais cela peut être considéré comme étant la mentalité- qui règne chez nos vétérans.Pour plusieurs le retour à la vie normale sera difficile.Les commissions provinciales de rééducation des soldats mutilés y pourvoient actuellement.En outre l\u2019outillage des usines devra être renouvelé.Nécessairement, il y aura chômage dans la fabrication des produits nouveaux.Une conclusion s\u2019impose.Notre industrie sera incapable d\u2019absorber un si grand nombre de mains, surtout à cette époque, époque transitoire, et partant difficile.Il faut chercher ailleurs la solution de ce problème.Ailleurs, on trouve le retour à la terre.Il est indéniable que notre pays, pays jeune et encore en voie de transformation, peut difficilement lutter contre les autres pays, parce que ces Etats sont financièrement plus puissants, tels les Etats-Unis; ou parce qu\u2019ils sont des pays à l\u2019organisation industrielle plus stable, tels les. 60 LA REVUE NATIONALE Etats européens.Il ne peut lutter avec succès que dans la fabrique de certains produits, le papier par exemple, parce qu\u2019il possède en abondance la matière première de ce produit, le bois à pulpe.C\u2019est donc l\u2019agriculture qui lui offre le plus vaste champ d\u2019action.Avec ses plaines fertiles de l\u2019Ouest, il peut devenir ie grenier du monde, s\u2019il les cultive scientifiquement, de manière à obtenir un rendement plus intense par acre.Dans les vieilles provinces de l\u2019est, l\u2019industrie laitière, pour ne mentionner que cela, est susceptible de développement afin d\u2019exporter en plus grande quantité ses deux produits, le beurre et le fromage.C\u2019est avec l\u2019agriculture que le Canada pourra relever sa structure économique et faire face à toutes ses charges annuelles, que des économistes angiais ont récemment fixées à $300 000 000.11 faudrait donc établir nos vétérans sur des fermes.Mais il faut procéder avec méthode.Le gouvernement a même adopté une loi pourvoyant à l\u2019établissant du soldat sur le sol.Jusqu\u2019ici les résultats pratiques ont été nuls.Le guerrier n\u2019est pas empressé de s\u2019établir sur un homestead.Faut-il en blamer?Cette vie isolée n\u2019a rien de bien attrayant, surtout pour lui, habitué au\u2019il est à coudoyer journellement beaucoup d'hommes.Il n\u2019est pas préparé à vivre séparé de ses voisins par de grandes distances.Et cette vie, peu agréable pour lui, l\u2019est encore moins pour la femme, qui aime la société de ses semblables, d\u2019où résulte pour le colon la perspective de ne pouvoir zon- tracter mariage.Mais il y a moyen de parer à ces inconvénients.A l\u2019établissement isolé, on pourrait substituer l\u2019établissement collectif, d\u2019où liaison intime entre camarades d\u2019hier.Les femmes, dont la perspective d\u2019isolement serait devenue \u2018Vaine, pourraient collaborer heureusement à cette oeuvre.Chacun de ces groupements deviendrait une petite ville, ayant ses églises, ses écoles, ses théatres, et même ses.échevins.Au premier mérite, on joindrait celui de la réorganisation sociale.A chaque soldat, le gouvernement donnerait une ferme d\u2019une étendue convenable; il leur préterait, a conditions faciles, une somme d\u2019argent pour leur permettre la construc- L\u2019APRES-GUERRE 61 tion d\u2019un maison confortable et coquette.La première année, des graines de semence leur seraient données, ainsi que des instruments aratoires dont le coût serait rembourser par versements.Sans, aucun doute, ce projet, mis en pratique sur une haute échelle, coûterait une somme assez considérable, peut-être 200 millions de piastres.Mais le placement serait excellent.Ces hommes, qui ont bravé la mitraille, la plupart volontairement et qui ont enduré des souffrances physiques et morales, ont droit à notre reconnaissance.La guerre finie, les nations belligérantes n\u2019auront qu\u2019un souci : relever les ruines accumulées par la guerre ; qu\u2019un but- stabiliser leur position économique.En cela, elles agiront avec non moins d\u2019énergie qu\u2019elles ont mis pendant le conflit.Beaucoup de mesures préparations à la guerre économique qui suivra la guerre actuelle ont été adoptées, après avoir été soigneusement étudiés, et desquelles nous pourrions certainement faire notre profit.Chose étrange, la plupart de ces mesures sont empruntées aux Allemands.Mais il faut avoir le courage de prendre chez nos ennemis ce qui nous convient, comme on doit en rejeter tout ce qui est mal.Il faut, comme dit M.Hauser, \u201cse tenir vis-à-vis l\u2019Allemagne de l\u2019avant- guerre, à égale \u2018distance de l\u2019ignorance dédaigneuse et de l\u2019admiration enthousiaste.\u201d (1) En France, on a réalisé l\u2019état d\u2018infériorité où l\u2019on était et on y remédie.Voici ce que dit M.Moro: \u2018Pour se prémunir contre la guerre, il faut être fort économiquement, plus encore que militairement, ce que - la France n\u2019a pas su faire, puis pour vaincre définitivement, il faut, pendant la guerre, préparer ses forces économiques et s\u2019assurer un lendemain de prospérité.\u201d (2) Connaissons- nous la situation économique de notre pays, ou tout nous est- il vague?En Angleterre, pays traditionnel du libre-échange, on devient nettement protectionniste.On y crée l\u2019Overseas (1) Les Méthodes allemandes d'expansion économique.Chez Colin, 1915.(2) Bulletin de la Foire de Lyon, \u201cL\u2019autre guerre\u201d. Di NM Ais AA TALIS LI FAIA MIE hs 62 LA REVUE NATIONALE Trade Department, organisme copié des Allemands, et dont la mission est d\u2019éclairer les industriels et les négociants anglais.Il envoie des agents enquêter sur les marchés étrangers (afin de connaître les goûts des clients, surveiller les agissements des concurrents rivaux, etc.).Une lettre de M.Philippe Roy, commissaire canadien à Paris, nous dit qu\u2019un bureau semblable aiderait nos industriels, surtout si l\u2019on considère que le commerce allemand s\u2019est developpé grâce à son élasticité et à son adaptabilité aux goûts des clients, ce qui ne s\u2019obtient en demeurant passif.Nous citons: Since the beginning of the war, the methods employed by Canadian firms to get French business have not been successful in the great majority of cases, any more than the efforts of American firms have been successful, when they have failed to realize the one possible basis upon which business can be made successful.\u201cThe French business man wants to pay for what he buys in France and in francs.The American were keen to realize this and the establishment of American banking interests over here to meet this situation has been the strongest factor in developing United States business.\u201cTo ask a Frenchman to buy and pay for his goods in America or Canada in dollars is like squeezing the blood from his very heart.Up to now I must state that I did not notice on the part of our Canadian exporters the least effort made in this direction.\u201d (3) On y active également les recherches scientifiques an fondant le National Physical Laboratory, imitant en cela les Etats-Unis avec le Bureau of Standards à Washington, et à Charlottenbourg, près de Berlin, fonctionne le Physikalische- Tecknische-Reisch-Anstalt.La science est sortie du domaine de la spéculation (3) Lettre citée par l\u2019Industrial Canada, livraison de juillet 1917. L\u2019APRES-GUERRE 63 pure, elle doit s\u2019adapter à l\u2019industrie, dont elle devient une auxiliaire précieuse.On cite cet exemple du trust américain du pain, qui soumit à l\u2019Institut Mellon, de Phila- deiphie, un problème fechnique qui fut résolu.On réalisa de | ce fait une économie d\u2019une somme supérieure au coût de cet Institut.On voit quels puissants avantages nos industriels peuvent réaliser sous ce rapport.En voici le fonctionnement.Un industriel a un problème technique quelconque à résoudre.Il le soumet à son chimiste, travaillant dans son laboratoire.Mais cela est très coûteux, et par suite, inaccessible à plusieurs.Alors, ou ces industriels s\u2019unissent pour partager ces dépenses, ou ils soumettent leurs difficultés au Bureau central des Recherches scientifiques, récemment fondé à Ottawa.Aussi, il est logique de croire que plusieurs chimistes étudiant un problème ont plus de chance de le résoudre, qu\u2019un seul travaillant isolé.Le système bancaire a puissamment favorisé l\u2019expansion du commerce allemand.Les banques de ce pays établissaient des succursales dans les contrées dont on voulait s\u2019assurer le marché.L\u2019industriel allemand vendait ses produits au négociant de ce pays et lui donnait un long crédit.La banque intervient alors.Elle rembourse l\u2019industriel de ses fonds qu\u2019il peut faire fructifier ailleurs, et le commerçant peut réaliser le produit de sa vente, par suite de sa longue échéance, avant de s\u2019acquitter envers la banque dont il est maintenant le débiteur.Celle-ci exige une légère compensation, partagée entre le vendeur et l\u2019acheteur, et soldée en fin de compte par le consommateur, cet éternel tondu.C\u2019est ce qu\u2019on appelle les banques d\u2019exportation.C\u2019est un des moyens qui ont aidé le plus l\u2019Allemagne à étendre son emprise économique sur le monde.L\u2019Angleterre et les Etats- Unis ont maintenant recours à ce procédé; ils établissent des succursales de leurs banques en pays étrangers, pour le plus grand avantage de leurs industriels, dont elles facilitent les échanges.En France, la Chambre étudie actuellement un projet de loi pourvoyant à la création de telles ban- Liat obidtis trs CROHHHAHHA NN 64 LA REVUE NATIONALE ques.Nos financiers proclament notre système bancaire comme le meilleur au monde, mais le tient-on seulement up- to-date?Nos maisons de finance ont-elles des succursales à l\u2019étranger, en Sibérie par exemple, où l\u2019on veut écouler nos instruments aratoires, ou en France, où l\u2019on veut aider à la reconstruction?Notre système financier ne serait-il pas renforcé par la création d\u2019une banque de ré-escomnte, comme l\u2019on vient d\u2019en établir une chez nos voisins d\u2019outre-quarante-cin- quième?Aux Etats-Unis, on tente de s\u2019assurer des marchés ; on noue des relations d\u2019affaires avec l\u2019Europe, avec la France notamment.Une foule d\u2019envoyés américains circulent à travers l\u2019Amérique cu Sud, touiours à l\u2019affût, pour s\u2019en assurer les marchés.Plusieurs commissions canadiennes sont allées enquêter à l\u2019étranger, mais entre elles et l\u2019industrie canadienne, on cherche vainement quelque relation.I y a trop d\u2019isolement.Mais avant d\u2019aller conquérir des marchés hors de nos frontières, s\u2019est-on assuré le nôtre?Que sert-il, en effet, d\u2019exporter une cargaison d\u2019instruments aratoires à Rio-de-Janeiro, si l\u2019on est obligé d\u2019en importer pius tard?EMILE JODRY AU CRÉDIT DES MÉTHODES ENERGIQUES L\u2019incident du Collier\u201ds Weekly est clos.Il appelle des considérations et des commentaires.Mais avant d\u2019entreprendre les unes et les autres, et afin de donner au lecteur une vue d\u2019ensemble sur un fait dont l\u2019origine et le dénouement couvrent presque l\u2019espace d\u2019une année, faisons-en un bref historique.En janvier 1918, Me J.-A.E.Dion, de Montréal, s\u2019abonnait au Collier\u201ds Weekly, grande revue new-yorkaise.Aimant sincèrement, mais d\u2019une façon pratique, sa langue et sa race, se souvenant des attaques injustifiées et indignantes dont elles sont sans cesse l\u2019objet dans tant de journaux et de périodiques anglo-américains, il fit à l\u2019agent une condition expresse : la revue ne publiera \u201caucun article libelleux, faux et injuste à l\u2019égard des Canadiens français.\u201d Et l\u2019adminstration de ratifier.Le temps n\u2019allait pas tarder d\u2019offrir à la revue l\u2019occasion de prouver sa sincérité ou de faire voir son infidélité à son engagement.En avril dernier, dans un article sur la conscription au Canada, elle parlait du patois des Canadiens français.: Me Dion, qui prétend que lui et ceux de sa nationalité parlent la langue francaise, et pas autre chose, proteste contre une telle fausseté; avec preuves à l\u2019appui, il demande une rétractation.On ne lui fournit que des explications sur la provenance de l\u2019écrit mensonger.Ce n\u2019est pas satisfaisant, et, fort de son contrat, l\u2019abonné se décide à poursuivre.Talonnée, la revue veut concilier et s\u2019entendre: M.Dion tient son bout, et enfin elle avoue son erreur et se dit prête à publier l\u2019article qu\u2019il voudra bien lui envoyer sur le parler des Canadiens français.\u201cVictoire complète et qu\u2019il faut mettre au crédit des méthodes énergiques\u201d, écrit Pierre Homier, dans l\u2019Action française, à qui j\u2019emprunte beaucoup dans cet exposé.Or voici la rétractation faite en novembre dernier, par cette fameuse revue.Après avoir affirmé qu\u2019elle a reçu quantité de lettres de protestation qui lui sont venues de divers endroits, et qu\u2019elle doit se borner, vu la disette du papier, à publier la plus doeu- thtitishrtrinetatien, rit att atid a Ltt Ca 66 LA REVUE NATIONALE mentée et la plus convaincante, celle de M.Baillargé, curé de Verchères, elle ajoute: \u201cPour aller plus loin dans la voie de l\u2019abnégation, nous ne doutons plus que le parler des Canadiens français ne soit une survivance réelle, avec quelques modifications, de la langue de Molière.\u201d (Traduction de l\u2019Enseignement primaire.) Observons d\u2019abord que cette victoire est le fruit d\u2019une mentalité nouvelle.On dit de la civilisation qu\u2019elle est la résultante, le couronnement de tous les siècles et non le fait d\u2019un seul.De même peut-on dire, les fières paroles, les gestes nobles, les attitudes et les actes courageux de survivance nationale française sont le produit d\u2019une pensée convaincue et déterminante.Il n\u2019y a pas de cela plusieurs années, on parlait comme d\u2019une chose certaine, définitive, accomplie, de notre anglici- sation, de notre englobement dans le tout anglo-saxon, de notre disparition comme race distincte.Les événements, les menées sournoises ou à ciel ouvert de nos adversaires, encore plus notre silence et notre passivité semblaient leur donner raison.Nous étions recouverts, opprimés sous des nuages de pessimisme et de découragement.Mais par un revers heureux de circonstances, dont l\u2019historique nous mèênerait trop loin, un réveil s\u2019est produit.Il a rendu possible tout ce que nous avons vu depuis quelque dix ou douze annnées en fait de revendications légitimes, de luttes justes, de victoires obtenues, d\u2019espoir retrouvé et plus abondamment nourri.Un travail devrait se faire pour remettre à la mode le parler francais.C\u2019est accompli.L\u2019opinion s\u2019est formée, qui a eu son retentissement dans tous les domaines, aux parlements fédéral et provinciaux, dans le commerce et l\u2019industrie, à l\u2019école et dans la famille.Certes, la reconquête n\u2019est pas absolue, par aonséquent non terminée ; mais les résultats sont déjà splendides, réconfortants, pleins d\u2019encourageantes promesses.Des luttes encore plus terribles peut-être nous attendent, mais notre langage s\u2019échenille et s\u2019épure ; il est mieux parlé à la campagne et dans la ville.Il enfonce de plus en plus des portes et gagné des défenseurs de plus en plus nombreux.\u2018 Cette aventure du Collier (car il y a eu véritablement aventure) nous dit encore qu\u2019il ne faut plus croire à la faiblesse d\u2019une minorité ou à la prédominance inévitable d\u2019une majorité.Après tout, qu\u2019une grande revue de New-York, AU CREDIT DES METHODES ENERGIQUES 67 pouvant compter sur des centaines de mille lecteurs anglais, s\u2019humilie à la poursuite d\u2019un abonné de langue française, dont les compatriotes sont une poignée en regard des autres, il y a là toute une leçon.Nous n\u2019hésitons pas à la louer de sa rétractation.Elle a fait preuve de justice.Toutefois, la chose ne nous apprend-elle pas à croire et à réaliser de plus en plus cette parole, qu\u2019un peuple qui veut et dit vivre ne meurt pas?qu\u2019on a souvent besoin d\u2019un plus petit que soi?qu\u2019une race ne se mesure pas toujours à sa valeur numérique, mais à son courage, à sa fierté, à sa détermination, à sa volonté de vivre?Il n\u2019en est pas d\u2019elle comme d\u2019un individu.C\u2019est en vain que celui-ci, affaibli, étreint par la maladie, veut repousser la mort et se débat contre elle, jusque dans son agonie.Cette mort arrive, le terrasse et l\u2019emporte.D\u2019un peuple, on ne dit pas qu\u2019il meurt, mais qu\u2019il se tue.Vérité incontestable : tant et autant qu\u2019il le veut, il vit dans sa langue et ses traditions, même sous l\u2019oppression, même sous la tyrannie.x x x \u201cNous avons reçu quantité de lettres de divers endroits\u201d, nous avoue le Collier.A M.Dion, sans doute, revient la grande part d\u2019un tel succès.Cependant, sans contredit, les réclamations de plusieurs compatriotes y sont pour quelque chose.On a pu comprendre et conclure là-bas que la calomnie n\u2019avait pas blessé au coeur un seul homme, mais bien toute une race.Concluons-le nous aussi : quand un individu, une collectivité, un gouvernement insulte quelqu\u2019un dans sa nationalité, c\u2019est elle qui doit ressentir l\u2019opprobe et relever le gant qu\u2019on lui jette.Quand, au contraire, un homme, à cause de cette même nationalité et pour son compte, prend l\u2019initiative d\u2019une revendication juste et énergique, il doit en recevoir l\u2019appui et la louange.Non seulement la presse droite, sincère, dévouée, mais toutes les personnes auxquelles peuvent s\u2019appliquer les mêmes épithètes, lui doivent l\u2019encouragement et l'hommage, la première dans ses tribunes, les autres dans leurs paroles et leurs écrits.Je n\u2019en ai aucun doute: le Collier a été frappé par le nombre de lettres protestatrices venues de divers points du Canada francais.Il ne manque point d\u2019occasions, chez une nationalité vouée comme la nôtre à des luttes incessantes, de mettre en pratique 63 LA REVUE NATIONALE cette méthode d\u2019appui, de blame et de réclamation.I s\u2019en présentait une, il n\u2019y a pas longtemps.En novembre dernier, à Ottawa, le secrétaire français du département de l\u2019Instruction publique de la province de Québec représentait le surintendant aux réunions de l\u2019Association d\u2019Education de la puissance.On y discutait de l\u2019uniformité des livres de classe pour toutes les écoles canadiennes.Seul, M.J.-N.Miller, après avoir fait un juste éloge de notre système d\u2019enseignement primaire, s\u2019oppose à la mesure.Il donne comme excellentes raisons la liberté et l\u2019autonomie provinciale.La discution n\u2019eut pas de suite; aucune motion pour ou contre ne fut même présentée.C\u2019est une attitude dont nous devons être heureux, et qu\u2019il faut soutenir.Nos hommes publics, soit à la Législature, soit surtout dans leurs relations difficiles, parfois intimidantes de la vie quotidienne, en face de la majorité, ont besoin plus que d\u2019autres de se sentir réconfortés par une opinion générale ferme et tenace.Ces quelques réflexions ne contiennent peut-être rien de bien neuf.Quelles viennent du moins redire, répéter.A force d\u2019y revenir, les vérités s\u2019impriment indélébiles dans les cerveaux.C\u2019est l\u2019histoire de la goutte d\u2019eau qui use la pierre, du clou qu\u2019il faut cogner jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit bien enfoncé.Et comme la bataille est loin d\u2019être finie, qu\u2019il nous reste beaucoup de terrain à gagner, qu\u2019il faut lutter toujours sans se lasser, que l\u2019on n\u2019en veuille pas à toutes les bonnes volontés revenant à la charge.Henri LESSARD rt pm see em exe POUR LA JEUNESSE PETITS CORPS, GRANDES AMES CHAPITRE I La fête de Marguerite \u2014 Mon journal \u2014 Premiers essais \u2014 Scènes de rue \u2014 Mangeurs à la gamelle \u2014 Le cantonnier curieux \u2014 M.Alexandre Brisebois et Pierre Corneille \u2014 Ma chambreite \u2014 Moeurs des Sauvages \u2014 Le vieux Montréal.Montreal, ler octobre 1917.C\u2019était hier grande fête chez nous.Marguerite avait onze ans.A cette occasion elle a reçu plusieurs cadeaux de ses petites amies, consistant surtout en images, livres et fleurs.Sa marraine lui a fait un présent pratique: une trousse de couturière avec une corbeille à ouvrage.Papa lui a présenté \u201cLa vie des saints\u2019 de l\u2019abbé Janvier, reliée en chagrin grenat, avec tranche dorée.Marguerite est si fière qu\u2019elle a déjà lu plusieurs vies, celles des saints patrons de ses parents et amies.En même temps, mon père, qui fait rarement un cadeau à l\u2019un sans que les autres aient le leur, m\u2019a remis un gros cahier de papier blanc, qu\u2019il a fait relier à mes initiales en percaline grise.Sur le plat était imprimé en lettres dorées : \u201cMon journal\u201d.\u2014dJean-Paul, me dit-il, ce cahier te servira pour ton journal.Je te recommande d\u2019y écrire chaque soir ce que tu auras fait ou remarqué dans la journée.\u2014 Mais, lui dids-je, ce cahier est bien épais et je ne sais ce que )\u2019y pourrai bien écrire.\u2014Tu auras, m\u2019a-t-il répondu, vite fait de le remplir si tu veux ouvrir les yeux et les oreilles.Ecoute battre ton coeur, les sentiments qui l\u2019agitent, observe les actions de ceux qui vivent dans ton entourage et tu auras mille choses intéressantes à écrire sur ces pages.Suppose que le soir, en revenant de la classe, tu me racontes ce que tu as vu, entendu, senti ; tout cela, écris-le, comme si tu me parlais, en employant les mots les plus simples.D\u2019abord tu éprouveras quelque difficulté, mais tu ne tarderas guère à voir les idées venir de tous côtés.Ta mère pourra t'aider dans les commencements, en examinant ton brouillon ; plus tard tu écriras seul et diree- tement dans le cahier.C\u2019est à quoi il faut tendre.Tu pourras y inclure tes meilleurs devoirs et quelques pages choisies des livres qui ne sont pas dans notre bibliothèque et qui t\u2019auraient plu.Petit à petit, sans que tu t\u2019en aperçoives, tu apprendras à penser, à observer et à écrire: c\u2019est en forgeant qu\u2019on devient forgeron, dit le proverbe latin.A A 4 3 Ri: AE PA: Ry BC It IH > PRL rR es 70 LA REVUE NATIONALE Ce matin, pour répondre au désir de mon père, qui m\u2019a dit d\u2019observer autour de moi, je suis allé sur la rue pour voir ce qui se passe.Le temps était superbe.Les tramways électriques de la côté de la rue Saint-Denis, bondés d\u2019ouvriers et de midinettes, dévalaient et croisaient la rue Ontario avec un bruit assourdissant de rails quatre fois heurtés, tandis que d\u2019autres voitures, presque vides celles- là, en faisaient l\u2019ascension avec ce bruit non moins ahurissant de la perche roulant sa rondelle sur le fil de cuivre.Mais, me dis-je, comment font pour dormir ceux qui logent dans ce quartier?Quand les fenêtres doivent rester ouvertes, dans la chaude saison, ce tintamarre doit être insupportable.Le soleil, resplendissant, émergeait à l'horizon, entre l\u2019église Saint-Jacques et les hauts édifices des environs, qu\u2019il frangeait d\u2019une bordure lumineuse.Il faisait étinceler les vitres de la partie ouest de la rue Saint-Denis.C\u2019était agréable à voir.Je descendis la rue vers le soleil, dont mes yeux supportaient avec peine l\u2019éclat.Je n\u2019ai rien de l\u2019aigle à ce compte, puisque l\u2019aiglon habitue ses jeunes yeux à fixer sans qu\u2019ils clignent l\u2019astre éblouissant vers lequel il vole.Tournant à la rue de Montigny, je me dirigeai vers l\u2019est, avec l\u2019intention d\u2019atteindre la rue Amherst et gagner de là le marché Saint-Jacques.Vis-à-vis la Réforme, je fis la rencontre d\u2019un camionneur assis sur une chaise pliante placée dans sa voiture non chargée.Avec une insouciance parfaite, sans s\u2019oceuper des passants, il chantait à voix assez haute pour | qu\u2019on puisse l\u2019entendre distinctement à cent pas, le refrain suivant, dont la mélodie est fort chantante : Mangeons à la gamelle, Vive le son, vive le son, Mangeons à la gamelle, Vive le son du chaudron.Quant au couplet, je ne m\u2019en rappelle plus, mais je sais qu\u2019il y était question des Romains mangeant à la gamelle et [| des Carthaginois qui furent vaincus & Capoue parce qu\u2019ils ne 1 i voulaient plus manger ainsi.Cette chanson, je me la ferai | chanter par le vieux Jacques, quand je retournerai à Laval- | ly des-Rapides.Il en sait tant et de si curieuses.J\u2019admirais les voitures des passants, quand je m\u2019arrêtai pour voir un cantonnier poussant devant lui sa poubelle roulante, lequel m\u2019apostropha en ces termes : \u2014\u2014\u2014 ww T5 PETITS CORPS, GRANDES AMES 71 \u2014Qu\u2019est-ce que tu cherches, dans le quartier, à cette heure-ci; tu ne vas donc pas à l\u2019école, petit?\u2014Moi, mais oui, monsieur, c\u2019est pour neuf heures seulement.\u2014Es-tu inspecteur des travaux publics, pour tout reluquer comme tu fais?\u2014 Monsieur, c\u2019est pour moi que je regarde; mon père m\u2019a dit d\u2019observer pour mon journal que j'ai à rédiger; et c\u2019est ce que je tâche de faire.\u2014C\u2019est ça, mon gars, fais toujours ce que ton père te dit.Tout de même, pour faire un journal, tu ne me parais pas encore de taille! Ton père est-il journaliste ?\u2014Non, monsieur, il est voyageur de commerce et peintre à ses heures.\u2014Ah! fit-il.Et sur ce, je lui tirai ma révérence, car le cadran de Saint-Pierre sonnait sept heures et demie, et je n\u2019avais pas encore déjeûné.Je remontai bien vite dire à ma mère ce que j'avais vu et observé.Elle m\u2019apprit que papa partait bientôt pour une tournée de huit à dix semaines, dans l\u2019ouest canadien et aux Etats-Unis.J\u2019appris aussi que grand-père Saint-Denis et grand\u2019mère seront à dîner avec nous aujourd\u2019hui, et ne repartiront que la semaine prochaine.Je suis triste et heureux.Mon père est si souvent absent, que son départ m\u2019attriste, et d\u2019autre part grand-père est si bon pour moi que ma tristesse s\u2019est quasi changée en joie.Montréal, 2 octobre 1917.Nous avons eu notre leçon d'histoire ce matin.M.Alexandre Brisebois, notre dévoué professeur, nous a parlé des voyages de Champlain et il nous a lu sur les moeurs des Sauvages du Canada des pages très intéressantes, que j\u2019ai sténographiées, et que je pourrai transcrire plus tard.Voici la dictée que nous avons à mettre au propre pour demain.C\u2019est un jugement sur Corneille, due à un écrivain du dix-huitième siècle, comme cela se voit assez par le style, nous dit M: Bri- ois: \u201cLe véritable Père de la tragédie francaise fut Pierre Corneille, Ce grand, ce sublime Corneille, Qui plut bien moins à notre oreille Qu\u2019à notre esprit qu\u2019il étonna, Ce Corneille qui crayonna L\u2019âme d\u2019Auguste, de Cinna, De Pompée et de Cornélie, etc. | TH tl Re + ù i LE mS pee LER rer ade\u201d = prie AT EE en eet EE ARE Sa me ir Phi ree Be PTL La Re HN 4 IH ria 3 Hi Hs 72 LA REVUE NATIONALE Ce poéte, dit un auteur moderne, a d\u2019assez grandes qualités pour qu'on puisse convenir de ses défauts.Ses vers ne sont pas toujours coulants, sa diction est très incorrecte, son éloquence est quelquefois d\u2019un déclamateur ; les plaidoyers qu\u2019on trouve dans quelques-unes de ses pièces ont fait dire qu\u2019il était plus fait pour son premier métier (celui d\u2019avocat) que pour le second; mais au milieu de ses plus grands défauts il est sublime, serré et pressant dans le dialogue, pompeux et brillant dans les descriptions, hardi dans les portraits; il offre, dans ses belles scènes, une majesté qui impose et une audace qui surprend.L\u2019énergie de son style vient en partie de la profondeur de ses idées et de la force de son âme.Son caractère était d\u2019une trempe romaine ; c\u2019était Brutus ressuscité, pour réveiller dans le coeur des Français, l\u2019amour de la liberté et de la patrie.Dans les éloges que nous donnons à Corneille nous avons en vue ses bonnes pièces; car lorsque l\u2019âge eut glacé son génie, il fut trop au-dessous de lui-même.Aussi on le représente dans le temple du Goût, RAS sacrifiant sans faiblesse Tous ses enfants infortunés, Fruits languissants de sa vieillesse Trop indignes de leurs aînés., 3 octobre 1917.Comme il fait bon d\u2019être en ma chambrette! La maison que nous habitons est modeste; elle est montée de meubles antiques, dont plusieurs ont été faits des mains de grand-père, \u2018qui les a ornés de sculpture sur bois qui en font le prix.Tous ceux qui les voient ne peuvent s\u2019empêcher de les trouver beaux.Ce sont autant de souvenirs qui me rappellent le père de ma mère, de sorte que je suis vraiment heureux quand Je suis au milieu de ces meubles.Ce ne sont pas les palais qui font le bonheur, mais c\u2019est bien la famille.La compagnie des parents, des soeurs, des frères, des aïeuls, cela suffit pour rendre chère et bénie toute habitation, quelque pauvre qu\u2019elle soit.Tout oiseau trouve beau son nid, dit un proverbe.O ma chambretté, je t\u2019aime, car ceux que j\u2019affectionne sont à quelques pas de moi.J\u2019entends leurs voix, leurs rires, tandis que je griffonne ces lignes pour que mon père soit fier à son retour.Casimir HEBERT (à suivre) LES LIVRES NOUVEAUX MELANGES HISTORIQUES.Volume 1.Etudes éparses et inédites de Benjamin Sulte, compilées, annotées et publiées par Gérard Malchelosse.Un volume in-8, 164 pages, avec photographie de M.Sulte.Montréal, 1918; éditeur: G.Ducharme, 36a, rue Notre-Dame, ouest, Montréal Prix: 60 sous.Notre jeune littérature est singulièrement riche d\u2019études et d\u2019articles très précieux au point de vue de l\u2019histoire et de la littérature du terroir, et qui dorment, la plupart inédits, dans un oubli poudreux; d\u2019un autre côté, que d\u2019écrits valeureux furent dédaignés, lors de leur publication! Et pourtant, notre littérature n\u2019a jamais été trop abondante.Des oeuvres considérables n\u2019ont même jamais été imprimées, les frais de l\u2019imprimerie ayant été sans doute pour leurs auteurs un trop pesant fardeau.: De là tant d\u2019heureuses résurrections a accomplir sous la poussière d\u2019au-delà un siècle.Et le public accepte toujours avec plaisir et reconnaissance ces oeuvres déjà vieilles, oubliées, et qu\u2019on lui remet tout d\u2019un coup sous les yeux, dans une toilette nouvelle, fraîche, attrayante.C\u2019est ce qu\u2019un jeune éditeur de Montréal, Gérard Malchelosse, vient de faire des manuscrits originaux, des vieux articles oubliés et épars de notre vieil et érudit historien, Benjamin Sulte.M.Mal- chelosse, en effet, vient de publier le premier d\u2019une série de volumes de Mélanges historiques, sorte d\u2019anthrologie des \u201cmille et un\u201d articles publiés par M.Sulte, au cours de ses soixænte années de vie littéraire phénoménalement productive.Il eût été criminel de laisser perdre dans l\u2019oubli tant de si précieuses pièces pour notre histoire.Les articles de Benjamin Sulte, remplis de renseignements pour la plupart inédits, de vues nouvelles sur notre histoire sont, en quelque.sorte, des petits monuments historiques qu\u2019on ne saurait trop apprécier aujourd\u2019hui que notre histoire se retrempe aux sources de la couleur locale: son oeuvre, dans l\u2019ensemble, et telle que veut la rééditer Mal- chelosse, est une vaste encyclopédie sur l\u2019histoire de nos aïeux; leur origine y est tracée sans aucune ambiguité; on y étudie leurs moeurs, leurs coutumes, et tout est décrit avec une fidélité d\u2019artiste, avec un franc parler, parfois mordant.L\u2019érudit en histoire est un médecin philanthrope qui, le lendemain de sanglants combats, vient visiter le champ de 74 LA REVUE NATIONALE bataille et cherche si sur cette teerre désolée il ne retrouverait pas, gisant au milieu des morts, quelque brave combattant encore plein de vie, qui n\u2019aurait besoin que d\u2019être remis sur pied et de respirer quelque puissant cordial pour ressaisir une vie qui s\u2019échappait et devenir peut-êter, un jour, l\u2019instrument de la gloire de sa patrie.Et ces glorieux ressuscités, une fois présentés à notre admiration par cet anatomiste de l\u2019histoire, entraînant les volontés rebelles, aux jours des grandes dépressions, et font passer dans tous les coeurs l\u2019amour de la patrie.Telle a été l\u2019oeuvre de M.Sulte dans soixante années de recherches à travers notre grande histoire.Pour employer une autre comparaison, M.Sulte est comme ce navigateur qui, dans un voyage de découvertes, s\u2019arrête avec plaisir à visiter des îles signalées pour la première fois sur ses cartes, et en découvre parfois lui-même de nouvelles, non moins riantes et non moins fécondes, sur cet océan toujours inexploré.Et nous aimons, en lisant ces chroniques sur notre vieille histoire, nous arrêter pour acquérir une connaissance plus intime de ces héros ressuscités ou découverts, qui furent si populaires de leur temps et qui sont si étrangers au nôtre.M.Suite a su nous les rendre familiers; ils allaient mourir derechef, quand le compilateur et l\u2019éditeur de ses oeuvres leur donnent, aujourd\u2019hui, une nouvelle vie.Damase POTVIN Les Mélanges historiques de Benjamin Sulte, dont le premier volume vient de paraître, formeront une véritable encyclopédie canadienne.C\u2019est la mise en gerbe de tous les articles tombés de la plume de l\u2019infatigable, de l\u2019inlassable chercheur qu\u2019a été cet ami de notre histoire.A l\u2019occasion l\u2019occasion de la réimpression de ces articles, le tout a été soigneusement revu et mis au jour, avec annotations supplémentaires par Gérard Malchelosse.M.Sulte a écrit d\u2019aprés un angle visuel différent de ses contemporains.En relatant tel fait, tel évènement de nos annales, il nous est venu bien documenté, souvent à la suite de longues recherches poussées même jusqu\u2019à l\u2019étranger, et s\u2019est employé non seulement à décrire les faits mais aussi les causes ou les raisons déterminantes; c\u2019est-à-dire le dessous des cartes de l\u2019histoire.Semblable narration, bien détaillée, bien motivée, a toujours plus de charme, d\u2019intérêt pour l\u2019a- \u2014 \u2014 22 LES LIVRES NOUVEAUX 75 dulte, de même pour le jeune âge.Dans Causons du pays zt de la colonisation, par Joseph Amusart (autre pseudonyme de Sulte), l\u2019enfant qui, à la veillée, écoutait ses parents et leur invité discuter de l\u2019histoire du Canada, s\u2019est exclamé ravi: \u201cAh! mais, ce n\u2019est pas comme ça qu\u2019on apprend l\u2019Histoire à l\u2019école! Ici, c\u2019est bien plus intéressant!\u201d\u2014Vous avez là, Sulte en plein.: Le passant s\u2019amusera et s\u2019instruira profitablement à lier la collection des Mélanges historiques-Sulte, et le chercheur avisé, l\u2019amateur étudiant de notre étudiant de notre glorieux passé, seront renseignés magistralement, en ayant soin de placer dans leur bibliothèque ces brochures dès leur publication.M.Sulte a écrit dans les deux langues du pays.On nous annonce que chaque volume des Mélanges historiques contiendra un ou deux articles en anglais.Nous aurions préféré voir chaque partie unilingue, traduire, si nécessaire, les morceaux anglais, ou mettre ceux-ci dans une série à part.Régis ROY x x x LF GHORGES-ETIENNE CARTIER DE M.BOYD Le journalisme mène à tout, pourvu que l\u2019on en sorte; John Boyd en est sorti et cela l\u2019a mené à écrire l\u2019un des plus beaux livres de biographie canadienne: Georges-Etienne Cartier, sa vie, son temps.L\u2019édition francaise vient tout juste de sortir des ateliers de la maison Beauchemin, qui en a fait une belle oeuvre de composition typographique et presqu\u2019un travail d\u2019art.Rien n\u2019aura donc manqué au grand homme d\u2019Etat canadien, que l\u2019on appellera peut-être un jour le second fondateur du Canada : positions, honneurs, estime de ses compatriotes durant sa vie, renommée chaque jour grandissante à mesure que s\u2019accomplit 'oeuvre \u2014 son oeuvre de la Confédération, puis le jugement de l\u2019histoire, formulé de main de maître, par un homme d\u2019un réel talent d\u2019historien.Cartier et son temps est une oeuvre complète, entière, définitive sans doute, et qui nous paraît aussi juste qu\u2019impartiale et vraie.M.Boyd, on le sent bien, s\u2019est employé, avec grand succès, d\u2019ailleurs, à étudier par le détail les rapports et dépendances mutuelles des multiples activités de l\u2019homme politique, pour dégager ensuite de cet ensemble merveilleux les traits distinctifs qui forment le caractère essentiel de cette grande figure de l\u2019homme d\u2019Etat canadien.Ce travail de science et ERS wr rosea afer TL T0 [tH HI (Hl i i HH i (EN A mn A ie Hh * H ; HEE EHS EA MME RSG Le 76 LA REVUE NATIONALE d\u2019art, seule une ame d\u2019artiste et de savant pouvait le réussir pleinement.Des livres comme celui-là ne sont pas encore bien nombreux chez nous, et nous savons les apprécier davantage.Ne conviendrait-il pas de le faire entrer dans tous les milieux?Il ne faut pas s\u2019étonner qu\u2019un Ecossais d\u2019origine ait pu si bien comprendre un caractère d\u2019un tempérament de race franque ; ce sont deux Canadiens de naissance, mais surtout d\u2019esprit et de coeur; et quand deux hommes se rapprochent par l\u2019esprit et le coeur, toutes les mesquines antipathies disparaissent devant l\u2019immense besoin d\u2019action commune, pour faire grande et belle leur commune et unique patrie, le Canada.J.-C.-0.BERTRAND 0 ET IN \u201cACADIA\u201d EGO Le collège de Sainte-Anne, à la Pointe-de-l\u2019Eglise (N.-E.), se propose de réunir en un congrès tous ses anciens élèves.Le R.P.Braud, supérieur de la maison, vient d\u2019adresser à cette fin une invitation à tous ceux de nos frères acadiens qui sont passés par ce foyer d\u2019instruction classique.Nous en extrayons ces quelques lignes, empreintes de la plus franche cordialité : \u201cLe moment est venu de rendre plus intime encore l\u2019union de nos âmes, en nous rapprochant par une organisation pratique, dont les bases ont d\u2019ailleurs été jetées en 1907, par le R.P.Dagnaud.\u201cBien des générations déjà ont passé par Sainte-Anne.Comme mon séjour dans notre maison a été long, il m\u2019a été donné de vous connaître pour la plupart, et, je n\u2019ai pas besoin d\u2019ajouter, de vous aimer.Aussi bien, que de souvenirs se présentent à moi, quand je reporte mon esprit quinze, vingt, vingt-cinq ans en arrière.Or ce sont précisément des souvenirs si émouvants du passé, \u2014 souvenirs des anciens supérieurs: Mgr Blanche et Mgr Chiasson, souvenirs de vos anciens maîtres comme de vos condisciples d\u2019alors, \u2014 que je vous invite à venir revivre dans une grande réunion fraternelle.Cette réunion, nous la voudrions dans les premiers jours de juillet 1919.Elle revêtirait un caractère tout à la fois religieux et familial; car nous voulons que vous vous retrouviez chez vous, et toutes les dispositions ont été prises à cet effet.\u201d mena Hirai i ce bind said L\u2019EXPOSITION DU JOUET CANADIEN DU 8 AU 20 DECEMBRE 1918 Observation des visiteurs \u2014 Une interview \u2014 Le Rapport du jury A l\u2019issue de l\u2019exposition, plusieurs compatriotes, \u2014 ouvriers, commerçants, hommes d\u2019oeuvres, \u2014 qui n\u2019avaient pu la visiter, ont voulu se renseigner sur les modèles de jouets que le public paraît demander de préférence à d\u2019autres, et sur les perspectives de succès pour les ouvriers spécialisés dans la fabrication de certains jouets.Nous croyons répondre à une bonne part des questions posées à ce sujet, en donnant ici les observations des visiteurs, telles qu\u2019elles se lisent au registre de l\u2019exposition.M.Joseph Dupont, 1955, rue Saint-Laurent, Montréal,- offre de louer, à raison de dix piastres par mois, un local propre à la fabrication des jouets en bois.L'atelier se trouve au No 2193a, rue Saint-Laurent.M.Dupont en fera compléter l\u2019outillage afin de répondre aux besoins du locataire.* * *x Il vous manque des jeux d\u2019échecs, de dames et autres de ce genre.Je vois que c\u2019est un bon commencement et vous souhaite un succès complet.Joseph FORTIER x * x La Cie de jouets et poupées de Victoriaville invite les soldats mutilés, qui voudraient se livrer à la fabrication du jouet et du bibelot, à entrer en correspondance avec elle.J.-E.-A.ALAIN, gérant.x x x Casimir Hébert, consul du Pérou, Montréal \u2014J\u2019ai été très intéressé par l\u2019exposition du jouet, et je ne doute pas que l'initiative de la Société Saint-Jean-Baptiste contribue à l\u2019avancement d\u2019une nouvelle industrie nationale.Pour une première exposition, c\u2019est un succès.x * x I have seen the Toy Exposition in the Champ Elysées, Paris, and considering that this exposition is your first venture, it compares admirably.C.JOLY de LOTBINIERE x x x L'ensemble est intéressant; les poupées font cependant défaut, ce qui sera de nature à contrister les petites filles, d\u2019au- re ee = 2 T8 LA REVUE NATIONALE tant plus que les petits garçons me semblent mieux partagés.Et les objets de mécanique sont rares.Tout de même, félicitations pour ce commencement, qui est propre à encourager les nôtres et promet de plus beaux succès pour l\u2019avenir.PILON, Ptre, prof.Collège de l\u2019Assomption.x *x* XK Je trouve l\u2019exposition très intéressante.L\u2019oeuvre est admirable et mérite beaucoup d\u2019encouragement.Peut-étre pourrait-il y avoir un plus grand nombre de jouets mécaniques?En tout cas, il y a des modèles très artistiques.Les jouets des enfants doivent, il me semble, être de nature à développer en eux le goût du beau.Idola SAINT-JEAN x Kx XK J\u2019ai fait la visite des jouets qui sont exposés, et je constate que c\u2019est une oeuvre très louable et qui mérite des encouragements.J.-H.MONGEAU, Ptre.x kx XK L\u2019initiative de cette exposition de jouets, parmi lesquels figurent des objets d\u2019une utilité réelle, est hautement méritoire.L'aspect qui la rattache à l\u2019oeuvre de rééducation des mutilés de la guerre est particulièrement intéressant, parce que celle-ci compte maintenant comme question de première importance.Je souhaite qu\u2019on recherche sérieusement les moyens pratiques de développer cette industrie, pour le plus grand bien de nos glorieux et par leur action propre.Dr T.-A.BRISSON x * Xx Le jouet qui intéresse le plus les enfants est celui qui met en travail leur imagination.Trop de perfection nuit; il faut faire la part du rêve: la poupée vieille de 60 siècles est toujours en vogue, et c\u2019est souvent la plus informe qui est le plus aimée.P.-M.GIRARD « * x Une personne sachant fabriquer des jouets en métal de fusion facile, d\u2019après un procédé nouveau, demande un associé pouvant lui apporter un capital d\u2019un millier de piastres.S\u2019adresser au secrétariat, pour plus amples informations. pa a citant et pe L\u2019EXPOSITION DU JOUET CANADIEN 79 Tout est intéressant dans cette exposition.Les ouvrages faits par les mutilés, particulièrement.Cette oeuvre de la Croix de gloire mérite l\u2019encouragement général et devrait être fortement soutenue par les autorités publiques.Marie GERIN-LAJOIE x x x Une armée de petits soldats de bois ou de plomb serait, je crois, très appréciable.Paul-Henry GIRARD x x x Je regrette l\u2019absence des poupées.Lucile DESY x *x* x Oui, je voudrais voir, moi aussi, des poupées et de petits villages canadiens, je voudrais voir encore et surtout de petites arches de Noé, toutes pleines d\u2019animaux.Jules MAILLE x x Xx M.Arthur Bleau, 62, de la Naudière, désire fabriquer des jouets à la maison et désire entrer en relation avec personnes pouvant lui procurer de l\u2019ouvrage.«x x x Donner aux enfants le goût du beau dès que leurs grands yeux innocents s\u2019ouvrent sur la vie.et hélas! ses laideurs, l\u2019oeuvre est belle et louable.Cette oeuvre, vous l\u2019avez accomplie, ici.Donc merci, bravo et encore! Léon-Mercier GOUIN * Kk x C\u2019est une excellente idée que cette exposition.On y remarque surtout beaucoup d\u2019intelligence et beaucoup d\u2019invention.Plusieurs jouets s\u2019élèvent au-dessus de la banalité de certains jouets étrangers.Henri LETONDAL x x + Avec un capital de $1,500 à $2,000, je pourrais fabriquer tout article en marquetterie, objets d\u2019art, coffres à bijoux, porte-musique, selon des modèles anglais, français et italiens.S\u2019adresser au secrétariat pour plus amples renseignements. RR MMM A RL 80 LA REVUE NATIONALE Je trouve cette première exposition du jouet canadien très intéressante, malgré que je constate avec regret le manque de jouets mécaniques, de jeux d\u2019échec, de boîtes de physique amusante, de prestidigitation, etc.Je trouve aussi que les poupées font défaut.Bref, c\u2019est un bon commencement et je souhaite un succès complet.Honneur aux pionniers de l\u2019oeuvre.\u2019 P.-G.H.x *x* x L\u2019exposition me plait beaucoup.Les organisateurs et les artisans ont droit à toutes les félicitations.Je remarque dans la section des Algériens beaucoup de couleur locale dans les dessins de choses africaines; ne pourrait-on pas reproduire les plus caractéristiques des scènes canadiennes?Maisons de bois rond, chantiers, bateaux, etc, trouveraient ici des fervents.Alexandre DUGRE, S.J.Le Devoir du 20 décembre 1918 a publié l\u2019interview suivante : \u201cL\u2019exposition du jouet bat son plein, au Monument National.Les visiteurs se font si nombreux que le jury a dû retarder sa visite jusqu\u2019à un moment où la salle de l\u2019exposition se trouvera fermée.Nos lecteurs liront avec intérêt les observations que nous a faites, à l\u2019issue d\u2019une visite, Mme Maria Lagacé-Girard : \u201cDepuis quelque temps tout particulièrement, dit-elle, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a manifesté son patriotisme en créant des oeuvres admirables et d\u2019un intérêt vital pour nous, Canadiens français.Qui ne se souvient de l\u2019oeuvre de la Pensée française?puis celle de la propagation du livre français?puis encore celle de la journée historique (18 mai 1917)?\u201cEt voilà maintenant qu\u2019épousant les soucis d\u2019éducation des mamans canadiennes-françaises, elle s\u2019ingénie à faciliter leur tâche à la fois délicate et difficile, et se préoceupe de mettre entre les mains de nos petits des contes \u2014 genre Epi- nal, redisant nos gloires nationales, nos merveilleuses 1é- gendes, \u2014 rédigés par nos écrivains et artistement illustrés L\u2019EXPOSITION DU JOUET CANADIEN 81 par nos dessinateurs; elle veut encore, tout en charmant l\u2019imagination de nos enfants, travailler à leur formation esthétique et au développement de l\u2019amour de la patrie en eux, en les dotant de jouets de facture canadienne, reproductions, miniatures de choses et de scènes canadiennes.\u201cNous devons plus que des félicitations, mais une réelle reconnaissance à la Société Saint-Jean-Baptiste pour ces heureuses initiatives.Cependant nous ne devons pas nous borner à admettre la justice de notre gratitude.Il faut que chacun apporte sa collaboration.Il faut secouer et secouer rudement notre funeste apathie.Il faut rallumer et attiser un patriotisme vigilant.Il faut que grands et petits, riches et pauvres, hommes et femmes, que chacun se consi- dere pour ce qu\u2019il est: une unité de valeur précieuse; que chacun corresponde au dévouement de l\u2019élite; que chacun croit, en paroles et en actes, qu\u2019il est une cellule vivante et indispensable du corps national; que chacun soit intimement convaineu de l\u2019importance du devoir particulier qui lui incombe.Notre vieille devise canadienne a toujours sa raison d\u2019être et doit être spécialement méditée à l\u2019heure grave que nous vivons: \u2018\u201c\u201cL\u2019union fait la force\u201d.\u201cDans l\u2019occurrence, la coopération que la Société Saint- Jean-Baptiste attend de nous n\u2019est pas très onéreuse: il n\u2019y a pas un sou à débourser, et pour ne pas correspondre à son invitation, il faudrait avoir non seulement peu de bonne volonté, mais n\u2019en avoir que de la mauvaise.I! s\u2019agit de nous intéresser à l\u2019\u201cOeuvre du Jouet\u201d et d\u2019aller témoigner personnellement de notre vive admiration pour les efforts que tente la Société Saint-Jean-Baptiste, dans le double but d\u2019améliorer l\u2019éducation des \u201ctout petits\u201d et de créer chez nous une industrie intéressante et rémunératrice.Un grand nombre de jeunes filles, de femmes, d\u2019infirmes et surtout de mutilés de la guerre trouveront dans le travail qui leur sera fourni l\u2019occasion d\u2019utiliser leur savoir-faire, leur habileté, leurs talents et de soutenir leur énergie morale, dont ceux de la dernière catégorie surtout auront si grand besoin dans leur détresse : ils ne se croiront pas à charge et pourront se procurer le bien-être qu\u2019apporte un travail régulier et bien rémunéré.L\u2019oeuvre n\u2019en vaut-elle pas la peine?\u201cCette première exposition est des plus intéressantes et des plus suggestives: les jolies choses y ahbondent: meubles mignons et élégants, berceuses caractéristicues, minuscules chevaux, harmonieux xylophones, fascinants aéroplanes, pont er Se ED 82 LA REVUE NATIONALE de Québec, hochets légers et sonores en foin odorant, gracieux accessoires de toilette et de boudoir, etc, ete.Je ne fais qu\u2019une incomplète énumération et ne veux rien décrire, afin de respecter la légitime curiosité du public.\u201cJe n\u2019ai pas été surprise de constater que les jouets de fabrication française fraternisent avec les nôtres.La Croix de Gloire, par l\u2019entremise intelligente et dévouée de Mme Charton, a gracieusement prêté à la Société Saint-Jean-Bap- tiste les modèles des jouets que produisent en France, aux colonies, et à Montréal même, les grands mutilés de la guerre.Quand le Francais, qui est essentiellement apôtre, a-t-il pu garder égoistement pour lui son idéalisme, ses ingénieuses trouvailles, ses inventions humanitaires, en un mot tout ce qui peut améliorer, embellir et ennoblir l\u2019espèce humaine ?\u201cLes modèles français exposés, qui sont exquis de dessin, de coloris et de perspective, inspireront sans nul donte nos artistes canadiens.Anticipant sur l\u2019avenir prochain, je vois déjà, un soir de jour de l\u2019an, dans un boudoir abondamment éclairé par un superbe lampadaire de chêne et d\u2019érable, \u2014 et groupés au pied du traditionnel arbre de Noël, \u2014 de petits Canadiens, à la frimousse éveillée et réjouie, s\u2019amusant à reconstituer, à l\u2019aide de parfaites miniatures, nos paysages canadiens.Ils disposent au meilleur de leur connaissance les gentilles maisonnettes \u2018en croupe\u201d ou en \u201cfaite\u201d, de \u201ccailloux ronds\u2019 ou de \u201cbois franc\u201d, les entourent de nos ormes, de nos érables et de nos sapins si décoratifs.Le puits à la margelle de cailloux aussi, et muni de la longue \u201cbrimbale\u201d est judicieusement placé près de la demeure villageoise; et symétriquement alignées, les clôtures en bois ou en pierre choisie, défendent contre toute invasion étrangère les \u201cbati- ments\u201d autour desquels s\u2019ébat la gente emplumée des poules, des dindons et des oies.Et voilà qu\u2019au bout de la rangée de maisonnettes formant rue, s\u2019élève digne et éloquente la petite \u201céglise de campagne\u201d au clocher pointu et brillant comme l\u2019argent, tandis qu\u2019à mi-route, entourée d\u2019une jolie palissade, la \u201ccroix du chemin\u2019 étend ses bras dans un geste de bénédiction.\u201cPendant que les petits s\u2019en donnent, a coeur joie avec leurs beaux joujoux neufs, les grands surveillent avec intérét une difficile partie d\u2019échecs et voient se mouvoir sur le damier, aupres des \u201cpetites tours du Séminaire\u201d, d\u2019illustres personnages de notre histoire.\u201cLes sujets canadiens à reproduire en jouets ne font pas L\u2019EXPOSITION DU JOUET CANADIEN défaut; et sous le crayon de nos artistes, sous le couteau de nos artisans, de grandes figures, de charmantes scènes de fermes, de vieux intérieurs oubliés vont surgir du passé, et dont la longue contemplation imprimera ineffacablement dans l\u2019âÂme de nos enfants, en belles lignes et en couleurs séduisantes, les pages de notre histoire.\u201cLa Société Saint-Jan-Baptiste accueille avec empressement, demande même avec instance, les suggestions qu\u2019on veut bien lui soumettre.Encourageons dans la mesure du possible cette oeuvre éminente nationale: que chacun de nous, répondant à l\u2019appel de la Société, visite la présente exposition, s\u2019intéresse à l\u2019industrie naissante, fasse part du résultat de ses réflexions ou de l\u2019élaboration de quelque projet nouveau.\u201d Monsieur le Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Monsieur, Les soussignés, membres du jury de l\u2019Exposition du jouet, ont l\u2019honneur de vous faire le rapport suivant : Ils constatent que bien peu d\u2019exposants ont pu satisfaire à l\u2019article 6 du programme: \u201cLes récompenses iront aux modèles qui réunissent le mieux ces trois qualités: ingéniosité, bel aspect, bon marché.\u201d Le jury décerne (a) un GRAND PRIX collectif aux familles abénaquises d\u2019Odanak (Yamaska), dont voici les noms: O\u2019Bomsawin, Pa- nadis, Nolett, Benedict, Emmett, Robert, Msadoques, de Gon- zague et René, pour leurs hochets, poupées, ameublements de poupées, wigwams, canots, paniers et autres miniatures, faits en foin odorant, éclisses de frêne et divers bois coloriés.Tous ces modèles ont été fabriqués à domicile, par de jeunes enfants.(b) deux PREMIERS PRIX (ex-aequo) l\u2019un à la Compagnie de jouets et poupées de Victoriaville (The Victoria Doll & Toy Mfg.Co.Ltd.), qui expose des meubles d\u2019écoliers et des ameublements de poupées; l\u2019autre à la famille de M.L.-O.Girard, 422, rue Addington, Westmount, pour ameuble- | ments de poupées, faits à domicile.| Deux autres PREMIERS PRIX (ex-aequo) sont décernés à chacun des fabricants suivants, à cause de l\u2019ingéniosité dont ils ont fait preuve: MM.Hébert et Varin, 542, rue Aylwin, Montréal, balancoires d\u2019enfants.MM.Chapdelaine et Dési- lets, 740, rue Papineau, Montréal, pour chevaux mécaniques. 84 LA REVUE NATIONALE Des DEUXIEMES PRIX sont accordés, en raison du bon marché de leurs modèles, 2a Mme P.Lemire, 906 est, rue Ontario (Montréal), pour berceau de poupées; à M.Louis Thé- rien, 1987, rue Saint-Laurent, (Montréal), pour ameublements de poupées; à M.R.Martin, 892, rue Plessis (Montréal), pour xylophones; a M.J.-A.Dorval, 5014, rue Sainte-Marguerite (Québec), pour petit navire.Une mention spéciale est accordée à Mme L.Charton, fondatrice et directrice de la Croix de Gloire, école de rééducation des mutilés, pour sa riche collection de jouets provenant de diverses écoles françaises de rééducation, et pour les travaux exécutés sous sa direction, par des mutilés canadiens.Le jury remarque l\u2019absence presque complète du jouet mécanique, du jouet de table, de la poupée et des petits motifs en bois découpé, qui permettraient à l\u2019enfance de composer toute une variété de scènes locales.Il félicite votre Société de son initiative et il exprime le désir qu\u2019une exposition du même genre soit organisée sous sa direction, chaque année, dans un local d\u2019accès facile au public; que cette exposition prenne le caractère d\u2019une foire, dont l\u2019entrée serait gratuite et où les exposants se tiendraient en permanence, en vendant des objets de leur fabrication.Comme récompense aux exposants primés, le jury suggère qu\u2019au lieu de prix en argent, votre Société décerne des diplômes lithographiés, portant les armes su rcachet.\u201cOr\u201d pour les premiers prix, \u201cArgent\u201d pour les seconds prix, \u201cAzur\u201d pour les mentions.Bien respectusement, (Signé) Madeleine G.HUGUENIN, \u201c J.-E.-C.DAOUST, \u201c Nap.LAFORTUNE. a Gy Eanes terrasse Canadiens francais, Le temps n\u2019est plus, d\u2019un patriotisme de discours.Il nous faut maintenant un patriotisme d\u2019action.Savez-vous bien quelle action éminemment patriotique constitue la pratique constante de L'ÉCONOMIE ?Avez-vous songé qu\u2019en prenant l\u2019habitude de l\u2019économie, vous vous rendez service à vous-même ainsi qu\u2019à votre race?LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal vous invite cordialement à venir lui confier vos économies, quelque petites qu\u2019elles soient; - elle vous réserve toujours le meilleur accueil et vous donne la sécurité la plus certaine.A.-P.LESPERANCE, Gérant général. L'iImprévoyance mène a lhospice C\u2019est un devoir pour tout homme, de se constituer par l\u2019épargne une réserve pour les mauvais jours.Si l\u2019homme pouvait suffire à ses besoins jusqu\u2019à sa mort, il n\u2019aurait pas à s\u2019inquiéter dans ses jeunes années du soin de garantir sa vieillesse des ennuis qui, la plupart du temps, l\u2019accompagnent.La maladie sera peut- être le lot de ses vieux jours, et dès lors, ne pouvant plus travailler, ses ressources qui lui assuraient auparavant l\u2019aisance, ne seront plus suffisantes à cause de ses besoins nouveaux. Soyez done prévoyants afin que vous n\u2019ayez pas à mendier à vos enfants, quand vous serez devenus vieux, un pension qui, certes, vous est due, mais qui vous sera marchandée peut-être par suite de rivalités fraternelles.Assurez donc votre indépendance et ne comptez pas uniquement sur la reconnaissance ou la fortune de vos enfants pour vous ménager une vieillesse heureuse.Que votre pension vous vienne de vous-même, de votre prévoyance et non d\u2019un décret de tribunal, forçant vos fils à subvenir à vos besoins par une pension alimentaire.Soyez prévoyants.Evitez l\u2019hospice en vous inscrivant à La Caisse Nationale d\u2019Economie.Celle-ci vous ménagera une rente assez forte pour que vous puissiez faire le libre choix du lieu de votre retraite.Pour avoir tous les renseignements sur cette oeuvre puissante et bienfaisante, découpez et remplissez de suite le coupon ci-dessous et faites-nous-le tenir par malle à la CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE 286, rue Saint-Laurent MONTREAL Messieurs, Veuillez me faire tenir, à l\u2019adresse plus bas mentionnée, votre livret de renseignements \u201cComment se créer des rentes\u201d.Nom = «+ \u20ac + + + + + + = \u20ac s + = + « + + + + » + + + + + + + + + + sas se ae Sse + + 0 4 + + + 4 ss mos 4 + + + + + + + à + + + à + + » + + + + + + 20 Ville ou Village + + + + + \u20ac + + » +» + + + + # + + + + + + + + + + 4 » + + + » Comté «+ + + + + + + + 4 8 +e =» + + + + + » + 6 + + + + + + + + + + + + 4 + + + à vit École des Hautes Etudes Commerciales de Montreal PREPARANT AUX SITUATIONS SUPERIEURES DU COMMERCE, DE L'INDUSTRIE ET DE LA FINANCE Bibliothèque économique, Musée commercial et industriel Délivre les diplômes de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMMERCIALES\u201d, de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMPTABLES\u201d et de \u201cDOCTEUR EN SCIENCES COMMERCIALES\u201d.Cours spéciaux de comptabilité.Pratique des affaires.Assurances, Banque.Expertises comptables, etc.Le diplôme de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMPTABLES\u201d donne droit à l\u2019admission dans \u201cL\u2019Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec\u201d et dans \u201cL\u2019Association des comptables de Montréal\u201d (Chartered accountants).Les cours du soir sont ouverts aux jeunes gens et aux jeunes filles.Des BOURSES DU GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions, etc, s'adresser AU DIRECTEUR DES ÉTUDES 399, AVENUE VIGER MONTRÉAL ELLE A TRIOMPHE DE L'ÉPREUVE L\u2019année 1918 a été la plus extraordinaire de toute l\u2019histoire des compagnies d\u2019assurance-vie.\"Aux réclamations accumulées par quatre longues années de guerre, sont venues s\u2019ajouter celles causées par la terrible épidémie de grippe espagnole.Ces deux fléaux ont éprouvé l\u2019existence de la COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA, et elle en est sortie sonsciente plus que jamais de sa force et de sa solide organisation.A la fin de 1918, YACTIF de la SUN LIFE était de $97 620 378.Son SURPLUS & la méme date était de $8 027 378.Si vous recherchez une police d\u2019assurance de tout repos, transigez avec LA SUN LIFE ASSURANCE COMPANY DU CANADA Siège Social: Montréal T.-B.Macaulay, président viit A.J.BOUCHER EDITEUR DE MUSIQUE Enrg.28 est, rue Notre-Dame, - 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- - - - - Montréal Tél.Bell: MAIN 494 EDMOND HURTUBISE Courtier d\u2019assurances Chambre 77, immeuble \u201cGUARDIAN\u201d 160, RUE SAINT-JACQUES - - - MONTREAL LA ROYALE, Limitée COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE ~ ET CONTRE I\u2019INCENDIE Wm.MACKAY, gérant-général J.-H.LABELLE, gérant-adjoint La plus puissante compagnie d\u2019assurance-feu de l\u2019univers ACTIF: $135 000 000 Bureau: L\u2019IMMEUBLE DE LA COMPAGNIE REPRÉSENTANTS À MONTREAL: HURTUBISE & SAINT-CYR AGENCE ÉTABLIE EN 1860 Téléphone: MAIN 1287 Commission des Vivres du Canada Téléphones: Est 799\u20144928 Licences No 10-8206 11-758 5-248 Is A.Pâtisserie Francaise KERHULU et ODIAU Restaurant ouvert de 7 heures à minuit Pâtisserie, Confiserie, Glaces, Sorbets.Spécialités pour Banquets, Mariages, Réceptions, etc.Cuisine pour la ville, Assortiment de viandes froides, Pâtés de Volaille et Gibier, Charcuterie fine.Spécialité: Conserves Alimentaires Françaises 172-176, rue Saint-Denis.- - - - Montréal La Maison n\u2019a pas de succursale.LA PATISSERIE PARISIENNE JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899 Le plus grand choix de Pâtisseries Françaises.Assortiment complet de bonbons fins !! 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Pellicules appropriées aux besoins de la jeunesse.Industries.Voyages.Comédies.Vers de lanterne faits d\u2019après vos photos, dessins ou gravures.Demandez catalogue de la catégorie de vues qui vous intéresse.Copie et agrandissement.Location et achat de vues.EDGAR GARIEPY Projectionniste de l\u2019Université Laval et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Tél.Est 6272 704, rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTREAL GENIE-CIVIL, ARCHITECTURE ET INGENIEUR-CHIMISTE DUREE DES COURS: QUATRE ANNEES Ingénieur spécialiste: Mines et Electricité UNE ANNEE COMPLEMENTAIRE Ecole de Préparation Prépare aux examens d'admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Durée des cours: une année pour les candidats admis en le section et deux années pour les candidats admis en 2e section.Les examens d'admission ont lieu en juin et en septembre.Les finissants des cours classiques sont admis en 2e section, sans examen.Cours d\u2019été, du 1er juillet au ler septembre, en vue des examens d\u2019admission de septembre Pour renseignements s\u2019adresser au Directeur, 228, rue Saint-Denis - - - - MONTREAL 51 ans dans la même famille ih La Maison Dupuis Frères se réclame de plusieurs titres \u201c pour mériter la confiance et la faveur de ses clients.L\u2019un, entre autres, lui semble particulièrement précieux: celui d\u2019avoir été depuis cinquante-et-un ans la propriété de la même famille.De même qu\u2019en 1868 M.Nazaire Dupuis était le seul propriétaire de la maison qu\u2019il fondait, ainsi, en 1919, M.J.-Narcisse Dupuis, son frère, est l\u2019unique propriétaire de Dupuis Frères Ltée, puisqu\u2019il détient 1199 parts du capital-actions sur un total de 1203.Le fonds inépuisable d\u2019expérience et de connaissances accumulées durant plus d\u2019un demi-siècle de contact avec le public, joint à la confiance qu\u2019inspire la présence des mêmes propriétaires, n\u2019est pas la moindre cause du succès de notre Maison qui .célèbrera bientôt son 5le Anniversaire.\u201cLe Magasin du Peuple\u201d "]
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