Bulletin du Cercle juif /, 1 mars 1966, Mars
[" 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.Bulletin du 61+ Bibliotheque St.Sulpice, C.Q.CERCLE JUIF Montréal, Mars 1966 Déclaration du Concile oecumenique sur les Juifs Enquête du Bulletin du Cercle juif Vv Le Bulletin du Cercle juif a adressé & un certain nombre de personnalités canadiennes les questions suivantes: 1, Dans quelle mesure, selon vous, la déclaration du Concile oecuménique sur les Juifs marquera-t-elle les rapports entre les Juifs et les chrétiens au Canada?2.Quels sont, d\u2019après vous, les meilleurs moyens de donner suite, au Canada, à cette déclaration sur le plan concret?Nous avons publié dans nos derniers numéros les réponses de Mgr Alphonse Parent, Vice-Recteur de l\u2019Université Laval; du Rev.Père Richard Arès, directeur de la revue \u201cRelations\u201d; de M.Claude Ryan, directeur du Devoir; de l\u2019hon.Juge Roger Ouimet, de la Cour Supérieure; du Rev.Père Irénée Beaubien, S.J., directeur du Centre d'Oecuménisme; de M.Perry Meyer, professeur de droit à l\u2019Université McGill; de Mme Anna Stearns, professeur à l\u2019Université de Montréal, et de l'Abbé Jean Martucci, commissaire du Pavillon Chrétien à l\u2019Expo \u201867, Soeur Marie-Noelle, N.D.S.Nous poursuivons, dans ce numéro, la publication des réponses que nous avons reçues: R.P.PAUL DOUCET, O.P., ADJOINT A LA, DIRECTION DE LA REVUE MAINTENANT, CORRESPONDANT POUR LE GLOBE AND MAIL DE TORONTO: 1.a) Dans les rapports entre chrétiens et juifs, il faut bien distinguer ce qui est du ressort humain, c\u2019est-à-dire les relations sociales, d\u2019affaires, d'amitié personnelle entre les personnes ou les groupes et ce qui relève proprement du domaine religieux.b) Il est entendu que juifs et chrétiens vont être amenés à collaborer de plus en plus étroitement dans différents secteurs, culture, lutte contre la pauvreté, etc.Dans ce contexte la déclaration du Concile sur les juifs aura pour effet de déraciner des préjugés ancrés dans la conscience religieuse.C\u2019est un premier effet de la déclaration qui va permettre, au niveau des rencontres interpersonnelles, sur le plan humain, une meilleure collaboration, sans réticence.En un mot, la religion juive ou chrétienne ne sera plus une barrière psychologique entre les personnes.c) Cependant, en rester là serait mésestimer la portée de la déclaration qui se situe avant tout sur le terrain religieux, Or le monde religieux traverse actuellement une crise.On s'interroge actuellement sur la signification des valeurs religieuses pour les personnes et les groupes dans une société de plus en plus laïcisée.Cette interrogation n\u2019est pas limitée au christianisme.Elle se retrouve à l'intérieur du judaïsme même si l\u2019on en croit Arthur Cohen lorsqu'il affirme que la plupart des juifs vivent leur vie sans référence à Dieu.(Commonweal, 4 mars 1966, Rediscovering Judaism).C'est à ce niveau de la signification des valeurs religieuses pour notre temps que je vois le principal travail auquel devront se livrer les groupes chrétiens et juifs.Ces rencontres devraient se faire à deux plans: Celui des specialistes: théologiens et sociologues, anthropologues, etc.; celui des \u201cnon-instruits™: où s'associeraient tous ceux que préoccupe la signification religieuse d\u2019institutions telles que la famille, la société, etc.Ansi les groupes religieux seront-ils amenés à contribuer ensemble au développement de la société et par là-même à se rencontrer au nom des valeurs religieuses qui demeurent leur raison d\u2019être.No.111 LETTRE D'ISRAEL Douzième Année par notre correspondant Z.S.PEREZ L'actualité littéraire Les Israéliens aiment la poésie, c\u2019est un fait, Il y a déjà quelques années, Chin Chalom, poète d\u2019excellente réputation, me le disait, avec enthousiasme.Les journaux hébraïques publient chaque semaine, des vers, libres ou rimés, signés d\u2019auteurs connus.Et, de son côté, l\u2019Edition s\u2019enrichit régulièrement de plaquettes accueillies toujours chaleureusement par le public.Accaparé par les soucis de la vie quotidienne, celui-ci se laisse aller a la réverie par le truchement de la poésie, de la poésie pure, celle d\u2019un Amos Ettinger dont on a salué le recueil (Minuit-moins-le-quart - Réva lifnei Hatzot) avec une franche sympathie, ou d\u2019un Eliahou Yaacovi qui, né en Russie et ayant séjourné longtemps aux Etats- Unis, a préféré venir en Israël taquiner la muse.Ses compositions, il nous les présente sous une forme originale, en offset et en couleurs, comme un album rutilant d'images.Quelle chance pour les amateurs de poésie! Mais l'actualité littéraire ne se limite pas uniquement à cette manifestation de la pensée, on écrit toujours des romans en Israël, des contes, des études sociologiques ou scientifiques.Nos écrivains ne chôment pas et ces derniers jours, au cours d\u2019un banquet, on a levé un verre en l'honneur d\u2019Aharon Appelfeld qui vient de publier, chez Massada, son GEL SUR LE PAYS (Kfor al Haretz) un recueil de nouvelles sur lequel le plus éminent de nos auteurs, Chai Agnon, ne tarit pas d\u2019éloges.Les Lettres Hébraïques se portent bien.Ce qui est réjouissant.Des visiteurs de marque Ne quittons pas l\u2019actualité qui fait l\u2019objet de notre titre.Nous venons de recevoir des visiteurs de marque.John Steinbeck, le célèbre auteur des \u201cRainsins de la Colère\u201d et Prix Nobel de Littérature, est venu ici en reporter, (un peu à la manière de Joseph Kessel), envoyé spécial d\u2019un grand quotidien américain du soir.Il ne couvrira pas, cependant, un procès retentissant ou quelque autre évènement sensationnel, mais, tout simplement, il observera le pays en marche, découvrira ses lumières et ses ombres, autant dire qu\u2019il le \u2018\u201c\u2018flashera\u201d et le livrera, dans toute sa nudité, à ses lecteurs, à travers ses LETTRES A ALICE qu\u2019une chaîne de trente publications diffusera aux quatre vents de l\u2019Amérique.Israël, il est vrai, maison de verre, n\u2019a rien à cacher à ses visiteurs, ni ses réalisations ni ses faiblesses et John Steinbeck, sûrement, ne dira que la vérité sur notre pays.Encore un hôte de marque: l\u2019écrivain judéo-italien Giorgio Bas- sani, venu, lui, en tournée de conférences sous les auspices de l\u2019Institut Culturel Italien d\u2019Israël.Le compatriote d\u2019Alberto Moravia est connu de notre public grâce à une traduction, assez médiocre d\u2019ailleurs, de sa meilleure oeuvre : LE JARDIN DES FINZT-CON- TINT, un des plus forts tirages de l'Edition italienne.Entre deux conférences, Bas- sani a confié à l\u2019Association des Ecrivains, avec une touchante modestie, qu\u2019il est recommandable de traduire, d\u2019abord, des oeuvres classiques de la littérature italienne avant de toucher aux auteurs modernes et, réciproquement, de faire connaître aux Italiens, en priorité, un Bialik, un Tchernihovsky, par exemple, avant les autres.A retenir.La parade des vedettes Comme nous l\u2019avions annoncé (Lire la suite en page 4) 1 ( re SN 19 AVR1966 2 BULLETIN D Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANÇAISE 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel.: 844-8621 (local 293) Président d'Honneur: S.DB.COHEN Président du comité exécutif: PERRY MEYER Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et Penvoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d EDITORIAL LES JUIFS ET LE RENOUVEAU QUEBECOIS Le Québec traverse une période de bouillonnement.D\u2019anciennes structures sociales s\u2019écroulent et sont remplacées par de nouvelles structures.Tout renouveau est difficile car il suscite des crises.Cependant, l\u2019enthousiasme d\u2019une population qui construit une société nouvelle lui permet de surmonter les difficultés et de franchir les obstacles, à moins qu\u2019elle n\u2019ait pas suffisamment de ressources pour relever tous les défis.Les périodes de renouveau sont aussi des périodes de confusion.L\u2019exaltation si nécessaire à tout mouvement de progrès fait souvent oublier la nécessaire lucidité.Heureusement, les aspects positifs du renouveau québecois dépassent de loin les manifestations négatives de cette marche vers une nouvelle société.Cette société a besoin des bras et des têtes de tous les citoyens pour que sa renaissance soit réelle.Aussi les Juifs ont-ils un rôle à jouer dans ce mouvement de renouveau.Comme tous les autres citoyens québecois, ils doivent relever les défis, Ils sont de deux ordres: d\u2019ordre civique et d\u2019ordre culturel.D\u2019ordre civique parce que la renaissance économique et sociale du Québec est l\u2019oeuvre de tous ses citoyens indépendemment de leur origine et de leur langue.Les Juifs, comme tous les autres québecois, doivent apporter pleinement leur contribution à cette renaissance.Ils doivent en être autant que les autres, les artisans.Il y a aussi un défi culturel.C\u2019est que cette province est de culture francaise, Les Juifs francophones doivent se sentir de plain-pied dans ce mouvement de progrès.Les autres, ceux qui sont bilingues et ceux qui sont de langue anglaise, peuvent, eux aussi, prendre part à l\u2019épanouissement culturel de ce foyer canadien de culture française en en comprenant l\u2019ampleur et en appuyant les efforts de ceux qui oeuvrent dans le sens du progrès.C\u2019est dans la mesure où ils participent de l\u2019intérieur à la renaissance québecoise que les Juifs de langue anglaise, comme tous les autres anglophones de notre province, assureront leur avenir de minorité culturelle.L\u2019attitude la plus néfaste serait de se tenir à l\u2019écart, de se contenter d\u2019être les spectateurs et les observateurs sympathiques d\u2019un mouvement auquel ils ne participent pas.Certes, les Juifs francophones ont le devoir d\u2019expliquer ce renouveau culturel à leurs coreligionnaires de langue anglaise.Tous les espoirs sont permis.Du reste, les frontières entre les deux cultures ne pourront pas subsister éternellement.Les Juifs anglophones se remettent à l\u2019école.Ils sont de plus en plus nombreux à apprendre la langue française, ce qui représente un premier pas pour connaître la culture dont elle est le véhicule.Un tel mouvement ne peut qu\u2019être encouragé par tous les Canadiens de langue française.Du Centre Culturel de la Jeunesse Juive Le 7 novembre 1965 se réunissaient les 15 premiers membres du Centre Culturel de la Jeunesse Juive.Depuis, c\u2019est avec plaisir que nous avons vu grandir ce nombre à chacune de nos réunions jusqu\u2019à atteindre le nombre de 60.Cette période a donc été un encouragement pour les dirigeants du Centre, les forçant à mieux s\u2019occuper de l\u2019organisation des structures et du programme, et bien que le temps consacré aux études occupe une place considérable dans la vie de nos membres, nos réunions hebdomadaires jours un franc succès.connaissent tou- U CERCLE JUIF Mars 1966 LE THEATRE La balançoire, de William Gibson, adaptation de Marcel Dubé, à l\u2019Egrégore.Cette pièce nous vient après une longue carrière sur le Broadway, à Paris, et à la suite de son adaptation au cinéma.Il s\u2019agit donc d\u2019un succès populaire.Petit drame sentimental avec les ingrédients éprouvés, un peu de psychologie, un peu de poésie, des sourires.La Balançoire permet de faire passer une soirée.Ce qui est intéressant dans la production canadienne, c\u2019est l\u2019adaption de Marcel Dubé.Celui-ci a pensé pouvoir traduire la langue nord-américaine anglaise dans un français nord-américain, celui du Québec.Théoriquement, l\u2019idée se justifie On a vu d\u2019autres entreprises du même genre.On ne peut en juger que par le résultat.Or, il serait injuste, à notre avis, de tirer des conclusions en se basant sur la représentation de l\u2019Egrégore.Les faiblesses de la mise en scène s\u2019ajoutent à celles des comédiens.Les acteurs et le metteur en scène ont sans doute confondu les tournures canadiennes de la langue avec les intonations et les gestes de la vie quotidienne.Ceci se conçoit sans doute dans un télé-roman, mais sur scène il est nécessaire de transposer, et c\u2019est l\u2019interprétation qui a rendu l\u2019adaptation de Marcel Dubé contestable.Disons qu\u2019il ne s\u2019agit pas de joual ici, mais d\u2019une langue familière.Rien ne nous autorise à prétendre que la langue familière de Paris ou de New York soit plus pure que celle de Montréal.Dubé a tenté d'atteindre à une certaine vérité.Le résultat de son entreprise n\u2019est pas concluant mais l\u2019idée est à retenir.Les interprètes de La Balançoire sont: Louise Rémy et François Tassé.Le metteur en scène est Roland Laroche, Croque-monsieur, de Marcel Mithois, au Théâtre du Rideau Vert.Les comédies de boulevard ne valent souvent que par l\u2019interprétation.Or, il ne semble pas que celle de Croque-monsieur exploite toutes les ressources comiques du texte.Dans le rôle d\u2019une femme plusieurs fois veuve, Janine Sutto nous fait croire à moitié à son personnage, Elle gesticule trop, d\u2019une manière saccadée, et cette femme aguichante nous donne souvent l\u2019impression d\u2019être hystérique.Dans des rôles secondaires, Ul- ric Guttinguer et Jean Dalmain campent très bien leurs personnages.C\u2019est Dalmain lui-même qui est responsable de la mise en scène qui nous paraît fort adéquate.Ces réunions ont été rendues possibles grâce à l\u2019obligeance des dirigeants du Beth Hamedrash Hagadol et en particulier à celle de M.Sol Deitcher qui nous accordent une salle de réunions tous les jeudis soirs.Jetons maintenant un regard sur les activités de ces deux derniers mois.C\u2019est M.Jean Boulakia, Docteur en Economie, Professeur à l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales, qui a inauguré notre programme de conférences en parlant de \u201cl\u2019influence de la jeunesse sur l\u2019économie\u201d, un sujet qui n\u2019a pas manqué d\u2019entraîner l\u2019auditoire dans de vives discussions.Au chapitre des conférences-dé- bats, organisés par les membres même du Centre, Mlle Renée Cohen, M.Gérard Dab et M.Jo Levy se sont réunis autour d\u2019une table ronde pour discuter avec l\u2019assistance de \u201cL'influence de la littérature et du cinéma sur la jeunesse\u201d.La semaine dernière nous recevions un invité de marque en la personne de M.Michel Euvrard, Agrégé des Lettres, Professeur de Littérature à l\u2019Université Sir George Williams et qui a choisi comme sujet \u201cLe Réalisme critique de la littérature contemporaine\u201d * * * Que nous réservent les mois à venir?D'abord, puisque l\u2019organisation des conférences et des débats s\u2019avère être un succès, nous continuerons à en écouter régulièrement.Le Ciné-Club, qui projettera un film par mois, présentera un panorama du film parlant.Au programme: AVRIL: \u201cLe ciel est a vous\u201d, de Grémillon.MAI : \u2018\u201cLa pointe courte\u201d, d\u2019Agnès Varda.JUIN: \u201cHiroshima mon amour\u201d, d\u2019Alain Resnais.Certains de ces films seront commentés par M.le Professeur Jean Billard, de S.G.W.U.Nous espérons pouvoir satisfaire ceux qui nous ont demandé des conférences sur le Judaïsme.Le numéro de téléphone de ce groupe est: 735-3021. Mars 1966 awe a BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES Une vie d\u2019enfer, par André Laurendeau, Editions HMH, Montréal.Le roman d\u2019André Laurendeau est l\u2019histoire d\u2019une chute.Il se termine par une lueur d\u2019espoir.Le rachat est possible malgré toutes les dégradations.Alain, le héros et le narrateur de ce roman, est un journaliste.Il évoque pour nous son enfance, sa vie familiale.Nous le voyons avec sa femme, ensuite avec sa maîtresse.Il est rongé par un mal indéfinissable, une sorte de vide, une attente, un manque.Va- t-il gagner son droit au bonheur?Mais qu\u2019est-ce le bonheur si la vie elle-même est un mirage?Ce n\u2019est pas un personnage tourmenté qui se pose des questions.C\u2019est un homme qui se détruit, qui est habité par la mort parce qu\u2019il a peur de vivre.Il veut vaincre son inaptitude à se mouvoir dans le monde, à accueillir les dons de la nature et les joies des rapports humains.L\u2019amour est le dernier rempart que la vie élève devant lui pour le protéger de lui-même, mais son acharnement n\u2019en est que plus tenace.C\u2019est un roman d\u2019une violence silencieuse qui n\u2019éclate pas car elle est tempérée, voilée par un chant triste, dernier sursaut d\u2019espoir.C\u2019est à un chant, à une musique que nous fait penser le roman de Laurendeau.Tout n\u2019est pas dit car l\u2019auteur lui-même écoute le dernier soubresaut de ce personnage qui lance un ultime appel à la joie et à la vie, Il y a une beauté sobre et contenue dans ce livre dont l\u2019écriture correspond avec perfection aux mouvements du coeur et de l'âme, Le Bill 60 et le public, par Léon Dion, Les Cahiers de l\u2019Institut Canadien d\u2019Education des Adultes, Montréal.Le Bill 60 représente un tournant dans la vie québecoise.Il s\u2019agit de la première étape sur la voie d\u2019une réforme radicale de l\u2019enseignement.Léon Dion a entrepris l\u2019examen analytique des circonstances qui ont entouré l\u2019adoption de ce Bill.Il passe en revue les interventions des associations, les commentaires des journaux ainsi que les prises de position de certaines personnalités, C\u2019est l\u2019étude d\u2019un cas sociologique dont les répercussions sont considérables.Quelles conclusions peut-on tirer de cet évènement ?Laissons la parole à l\u2019auteur : \u201cLe débat sur le bill 60 aurait donc été, à la périphérie de la société, une querelle sur la place publique entre associations libres et entre simples citoyens engagés dans la vie des associations, des revues et des mouvements sociaux ; mais, au coeur du système social, il aurait été l'affrontement des deux pouvoirs dominants, le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil.Les associations libres et les simples citoyens auraient été des participants plus ou moins conscients de la lutte entre ces deux géants, Et ceux-ci auraient réussi à réconcilier leurs divergences sans apparemment avoir requis, même s\u2019ils ont pu verbalement le réclamer, l\u2019appui des associations libres et des simples citoyens.\u201d Les Journaux du Québec de 1764 à 1964, par André Beau- lieu et Jean Hamelin, Les Presses de l\u2019Université Laval, Librairie Armand Colin, Paris.Il n\u2019existe pas d'histoire du journalisme canadien-français et pourtant la presse a joué un rôle essentiel dans la vie politique, sociale et culturelle du Québec.Le livre d\u2019André Beaulieu et de Jean Ha- melin, qui énumère tous les journaux publiés dans la province depuis 1764 jusqu\u2019à 1964, est extré- mement précieux, d\u2019autant plus que les auteurs ne se sont pas contentés des détails bibliographiques et techniques mais se sont employés à donner un résumé de l\u2019histoire de chacun des journaux importants.Voilé un livre qui servira les chercheurs et les futurs historiens mais qui est aussi indispensable à tous ceux qui s\u2019occupent de la chose publique.Dictionnaire biographique du Canada, Volume premier, Les Presses de l\u2019Université Laval.Le dictionnaire biographique du Canada est le premier grand dictionnaire de biographie qui adopte un ordre chronologique.Chacun des volumes couvrira une certaine période de l\u2019histoire canadienne.Celui-ci va de l\u2019an 1000 jusqu\u2019à 1700.Aussi nous y trouvons une histoire très détaillée des Indiens.C\u2019est M.Georges Brown qui est le directeur général de ce dictionnaire.Son directeur adjoint est l\u2019historien Marcel Trudel et le secrétaire général est André Vachon.Ils ont réuni une équipe considérable d\u2019historiens carfadiens aussi bien de langue anglaise que de langue française.Ce dictionnaire présente toutes les garanties scientifiques et académiques.Il faut remarquer que ce souci n\u2019a pas empêché les responsables de l\u2019édition d'accorder une grande attention à la présentation et à l\u2019écriture.La Mystique et les mystiques\u2014 sous la direction du Père A.Ravier, Editions Desclée De Brouwer.Comment situer le mysticisme dans le monde d'aujourd'hui?Quelle place occupe le mysticisme catholique ?Ce sont ces questions auxquelles on tente de répondre dans ce livre.Pour ce faire, le Père A, Ravier, qui a dirigé ce gros ouvrage, a réuni des spécialistes catholiques pour traiter de toutes les mystiques: catholique, anglicane, juive, musulmane, orthodoxe, bouddhiste.Le livre se termine par une étude comparative entre le mysticisme catholique et la spiritualité orientale.Le chapitre sur la mystique juive comporte une centaine de pages.Son auteur est l\u2019Abbé Hruby.II est bien documenté.Le moraliste impénitent, par Tétreau, Editions de la Diaspora française.Collection d\u2019aphorismes, d\u2019anecdotes, de courts essais sur les lettres, les arts, la science et la politique.Baudoin V, Comte de Hainaut 1150-1195, par Jacques Falma- gne, Les Presses de l\u2019Université de Montréal.M.Jacques Falmagne, professeur agrégé à la Faculté des Lettres à l\u2019Université de Montréal, retrace une page lointaine de l\u2019histoire belge.Baudoin V, Comte de Hainaut, est l\u2019un des premiers à avoir compris la conjoncture historique qui rendait possible la naissance d\u2019un nouveau pays, la Belgique.Le Japon entrevu, par Benoît Lacroix, o.p, Editions Fides.Récit de voyages et réflexions sur l\u2019avenir du Japon par un théologien canadien.Le Père Lacroix définit la vocation du Japon de demain comme une vocation spirituelle.Feuilles d\u2019érable et Fleurs de Lys, par Pierre Cabiac, Editions de la Diaspora Française.Cette anthologie de la poésie canadienne fort utile comme introduction à la littérature canadienne ne fait pas oublier celle bien plus complète de Guy Sylvestre.Vers une sagesse, par François Hertel, Les Editions de la Diaspora Française.Cet écrivain canadien qui réside à Paris depuis de nombreuses années, réunit ici un certain nombre d\u2019essais.Il aborde divers sujets mais ses préoccupations essentielles sont d\u2019ordre philosophique, plus précisément théologique.Esprit original, M.Hertel remet en question beaucoup d\u2019idées.A Pictorial History of the Jews in the United States, par Morris U.Schappes, Editions Marzani & Munsell Inc., New York.M.Schappes retrace l\u2019histoire des Juifs aux Etats-Unis depuis leur arrivée jusqu\u2019à nos jours.400 photos et dessins enrichissent le texte.L'auteur met l\u2019accent sur l\u2019aspect libéral de cette histoire et la lutte pour l\u2019affranchissement des Juifs aux Etats-Unis.Dans la Collection Bibliothèque Européenne, chez Desclée de Brouwer, deux oeuvres d\u2019importance: d\u2019abord la traduction des poèmes et sonnets de William Shakespeare, par Armel Guerne, et ensuite l\u2019oœeuvre considérable du grand spécialiste italien de la littérature russe, Ettore Lo Gatto, sur l\u2019histoire de la littérature russe des origines à nos jours.Ce livre, en plus d\u2019être un ouvrage sûr, contient une bibliographie complète.Le Temple Beth Am, de Los Ange- les, vient de construire un mur du souvenir à la mémoire des six millions de Juifs tués par les Nazis.Ce monument sera inauguré le 24 avril, quelques jours avant la célébration traditionnelle de la révolte du ghetto de Varsovie.Israël veut commémorer la visite du Pape Buenos Aires \u2014 Le chef de l'Office du tourisme de l'Etat d\u2019Israël, qui effectue un voyage cn Argentine, a rendu visite au cardinal Caggiano, archevêque de Bue- nos Aires.Il lui a annoncé la parution prochaine d\u2019un décret qui proclamerait le 5 janvier comme \u201cTour du pèlerin de Terre Sainte\u201d, en mémoire du voyage du Pape en Palestine. BULLETIN DU CERCLE JUIF HAIM GOURI AU CERCLE JUIF À la dernière réunion du Cercle juif, M.Haim Gouri, l\u2019un des poètes israéliens les plus brillants, a donné une conférence sur la nouvelle culture israélienne.Né en Israël, il appartient à la jeune génération d\u2019écrivains qui cherchent leur voie entre la grande tradition culturelle juive et la nouvelle réalité israélienne.Cette tension est fructueuse même si elle pose des problèmes.M.Gouri a fait part des préoccupations de la jeunesse israélienne qui se distingue de la jeunesse juive des autres pays.Mlle Colette Avital, du Consulat Général d'Israël à Montréal, a donné lecture du poème suivant de M.Gouri qui a un caracère au- to-biographique : 1923-1958 Et je n\u2019avais pas eu de temps.Il est clair à présent que je n\u2019avais pas eu le temps.La moitié de ma vie.Il est permis à présent de me taire.Mon ombre va s\u2019allongeant avec les pas du soleil.Je suis l\u2019homme qui n\u2019avait pas eu de temps.Et je n'avais pas eu le temps de croître à mon aise arbre de pensées peu à peu, pour ressembler à quelque chose de plus logique, moins fruit du hasard, et rapiécé de cris, de repas furtifs pris debout, d\u2019un paquet d\u2019obligations qui tremblent devant la trahison.Ma vie a passé entre les journaux.J'avais le souffle coupé par des courses aux distances brèves \u2014 au nom de dieu.La signification restera loin derrière les actes et les bruits touchent d\u2019autres bruits.Et je n\u2019avais pas eu le temps de me couvrir de mousse ou de rouille et de tourner la roue naissance-enterrement-naissance- enterrement-naissance, d\u2019appartenir aux souvenirs ou de jaunir feuille après feuille dans le livre pesant, d\u2019être compris, certain errant entre la prière et l\u2019Eternel, Existant.Héritant un lot.Entre moi et mon père \u2014 la mer.Et tout le monde répondit à l\u2019appel.Des hommes parlaient à la première personne du pluriel.Tous mes jours réunis.A la fin des expéditions des bataillons chauds parlant en rêve.Une lune pétrifiée sur le champ.Un voisin se tourne, obscur, et passe la paumé de sa main sur les espaces de ma poitrine chaude.Ma main soutient le menton d\u2019un inconnu endormi et blanchit lentement \u2014 poids d\u2019un crâne énorme chevelure et rêves.Ma femme au loin veille solitaire.Ma femme salée prête à accoucher.(Trad.: Nicolas M.Lazar) Lettre d\u2019Israél.Mars 1966 (Suite de la page 1) dans notre précédente LETTRE, voici Marlène Dietrich, venue pour un tour de chant, en compagnie de ses musiciens.Le Publié lui a réservé le meilleur accueil et elle lui est apparue avec sa Voix grave et une maîtrise que l\u2019âge n\u2019a pas entamée.Elle a, en arrivant, soulevé le pan de sa robe scintillante et exhibé le galbe de ses jambes, comme d'habitude et comme partout où elle se produit.Le poids des ans n\u2019a pas l\u2019air de trop l\u2019user, le personnage est resté le même, tel que nous l\u2019avons connu, il y a vingt ou trente ans, sophistiqué certes mais ferme encore.Un confrère lui a demandé : \u201cEl l\u2019Allemagne?Oubliée ?\u201d La réponse fut négative: on n\u2019oublie pas le lieu où l\u2019on est né, ni une culture de base chèrement acquise.Allemande, Marlène l\u2019est et le reste, mais bonne allemande, anti-fasciste, anti-nazie, elle l\u2019a d\u2019ailleurs prouvé, au cours de la dernière guerre, dans le clan des Alliés.L\u2019Ange Bleu aime, au surplus, Israël et son peuple, elle en est à sa deuxième tournée dans le pays où elle compte d'innombrables admirateurs.Elle leur rappelle, en chantant, en se montrant, de si beaux souvenirs, des années de félicité.Marlène chante surtout en anglais et, naturellement, en allemand, en français et aussi en hébreu, langue qu\u2019elle utilisa à Moscou, après sa tournée de 1960 dans notre pays.Le gros succès remporté par cette grande vedette internationale au Heikhal Hatarbouth, n\u2019a cependant pas relégué à l'arrière-plan celui d\u2019une Amalia Rodrigues, la reine des \u201cfades\u201d.Il y a du Lys Gautv et de l\u2019Edith Piaf, dans l\u2019expression de son visage, dans sa voix, dans sa tristesse.Le chant espagnol ou portugais a toujours captivé notre public et il n\u2019est pas étonnant que celui-ci ait applaudi chaleureusement Santa Amalia, comme l\u2019appellent ses compatriotes, dans l\u2019interprétation de chansons chaudes et nostalgiques inspirées par l\u2019ambiance brûlante des terres ibériques.Côté musique: signalons le passage d\u2019Andrée Colson et de son ensemble instrumental.Les amateurs de musique ont été comblés.Deux concerts, deux véritables parties de plaisir, de charme.L\u2019archet de Mme Colson a un pouvoir magique qui procure mille joies.Et la saison continue en Israël.Coup d\u2019oel sur le théâtre Le célèbre Théâtre Caméri affiche la pièce de Nathan Alter- man: LA REINE ESTHER (Esther Hamalca), comédie musicale qui attire la foule de Tel Aviv et des autres grandes villes du pays.La troupe composée de 50 acteurs autour d\u2019Abraham Morh en un Assuérus éblouissant et de Choulamith Yaron, campant une Reine Esther, attirante au possible, cette troupe remporte partout du succès.Sur les autres scènes, on représente les mêmes spectacles, Mo- lière, Cocteau notamment, dont le succès n\u2019est pas prêt de toucher à sa fin.Mais déjà, on annonce une comédie française de Jean Audiberti, \u201cRendez-vous à la frontière\u201d, que montera, au début du mois prochain le metteur en scène Michael Elmaz.La pièce sera jouée à la Habi- mah.On en parlera.Peinture On ne compte pas moins d\u2019une dizaine d\u2019expositions de peinture à Jérusalem et à Tel Aviv, particulièrement.Les artistes viennent de partout.Hôtelier, Albert Gold- mann, manie admirablement le pinceau et les couleurs violentes.Cantatrice célèbre par ses mélodies d\u2019inspiration yéménite, voici Brak- ha Zefira entrée dans le royaume des peintres, où elle apporte une touche orientale, une délicatesse digne d\u2019élognes.Une exposition qui a fait beaucoup parler d\u2019elle: celle de Paul Klee, au Musée Israél, a Jérusalem.Ses 120 tableaux offrent une gamme impressionnante de qualités.Beaucoup d\u2019esprit dans ces créations, de la légende, de la philosophie, voire de la poésie.Klee attire, chaque jour, des centaines de visiteurs.Il nous plait de signaler et de saluer, d'autre part, un peintre d\u2019origine parisienne, Raphaeli dont l'exposition a été inaugurée par M.Lemoine, Consul Général de France à Jérusalem.Raphaeli voit la peinture, à travers la religion.Ces tableaux trahissent le Sage qui ne se sent à l\u2019aise que dans l\u2019enceinte d\u2019une synagogue dont il connaît les moindres replis.Quelle maîtrise, chez cet artiste, quelle sensibilité ! 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