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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 16 mars 1961
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1961-03-16, Collections de BAnQ.

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[" GEORGES LAURIN À LA PRÉSIDENCE Dens ne =) La situation créée par les déclarations conjointes de Mgr le recteur ct de M.Vianney Décarie inquiète vivement les étudiants de l\u2019École Normale Secondaire de l\u2019Université de Montréal.La précipitation extrême qui a accompagné la création de l\u2019École Normale Supérieure nous donne le droit de supposer que certains principes fondamentaux ont pu être négligés.Les paroles calmantes, mais un peu nerveuses, de Mgr le recteur, ne nous rassurent pas tout a fait et nous voulons étudier quelques points saillants de la situation pour y chercher la clef de notre avenir.Pour rien au monde, ne vou- drions-nous indisposer à notre égard des personnages dont dépend notre avenir, Nous citerons donc textuellement, entre guillemets, les paroles de Mgr le recteur et de M.Vianney Décarie, telles que rapportées fidèlement, nous l'espérons, dans \u201cLe Devoir\u201d et \u201cLa Presse\u201d, samedi le 11 mars 1961.1) Mgr le recteur a dit que \u201cla décision n\u2019a rien de précipité\u201d et, ailleurs, que les autorités de l\u2019Université \u201cont été pressées par quelques circonstances\u201d (Le Devoir).Nous sommes portés à fous arrêter plus volontiers à la seconde de ces affirmations contradictoires.Qui, en effet, n\u2019a songé \u201cdepuis plusieurs années\u201d Journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Étudiants de l'Université de Montréal BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTRÉAL, 16 MARS 1961 à la formation d'une faculté d\u2019éducation ?Mais il paraît bien évident que les autorités de l\u2019Université ont été \u201cpressées\u201d au moment de la décision, puisqu'elles n\u2019ont pas eu le temps de consulter ni la Fédération des Collèges Classiques; ni le conseil de direction de l\u2019École Normale Secondaire de l'Université de Montréal.2) Quelles sont \u201cles circonstances\u201d qui ont talonné les autorités après une longue indifférence ?Pouvons-nous soupçonner que la question des nouveaux octrois n\u2019y est pas étrangère ?3) Pourquoi cette précipitation à détruire des institutions établies qui se savent encore imparfaites mais travaillent ardûment à se perfectionner en dépit du peu d\u2019encouragement et d'intérêt de l\u2019Université ?A-t-on songé à saboter de fond en comble les collèges classiques pour les améliorer ?Mgr le recteur dit: \u201cJad- mets que nous avons été pressés par quelques circonstances.Autrement nous aurions pu montrer le projet au public sous un angle différent comme un prolongement de l\u2019École Normale Secondaire\u201d (Le Devoir).Il nous semble que (Droit), la charmante assistante à ere, À L\u2019A.G.E.U.MA la suite de la mise en nomination de lundi dernier trois officiers de l'AGEUM ont été élus par acclamation.Ce sont MM.Hubert Lapierre (H.E.C.) à la vice-présidence intérieure, Gérard Trépanier (Poly) à la vice-présidence extérieure, et Mile Christiane Verdon secrétaire, MM.Michel Grimard, (Médecine), Georges Laurin (Droit) et Jacques Verdy (Droit) se feront la lutte à la présidence, Félicitations aux heureux élus et bonne chance ! la direction du Q.L., au poste de le point important n\u2019est pas de présenter le projet au public sous un angle ou sous un autre, comme s\u2019il s'agissait de quelque chose d\u2019équivoque à faire accepter avec ménagement, mais bien de savoir quelle est la meilleure solution pour l\u2019avenir de la science pédagogique dans notre province en tenant compte de l\u2019expérience précieuse acquise par l\u2019École Normale Secondaire.Au moment même où le ministre de la Jeunesse déclare qu\u2019il ne faut pas \u201cbouleverser le réseau des institutions existantes\u201d (Le Devoir, 13 mars 1961) et que son programme proposé entend mobiliser \u201call the existing cultural and pedagogical resources of the province\u201d (The Montreal Star, 13 mars), on abolirait ou diminuerait l\u2019École Normale Secondaire ?Les 228 élèves à temps partiel (presque tous professeurs actuellement) qui sont forcés de gagner leur vie tout en poursuivant leurs études et les élèves plus fortunés qui étudient à plein temps en ajoutant au cours pédagogique des sujets de spécialisation, ont droit d\u2019espérer que leur diplôme de licence ne soit pas dévalorisé par le sabotage de l'institution qui l\u2019a décerné.L'Université de Montréal est et reste responsable de ce diplôme et de son intégrité et nous voulons qu\u2019elle le déclare.4) Nous entendons des rumeurs tendancieuses qui expliqueraient les motifs de l\u2019abandon de l\u2019École Normale Secondaire, et nous n\u2019y croyons pas, MAIS ALORS, QUELLES SONT LES RAISONS VALABLES QUI ONT MOTIVÉ LE SABOTA- VOLUME XLII \u2014 NUMÉRO 45 contre le projet d\u2019Ecole Normale Supérieure GE (le mot est juste et nous y tenons) D'UNE ORGANISATION SOLIDE, dont les professeurs bien intégrés sont respectés de leurs élèves et collaborent en parfaite harmonie ?L'esprit de l\u2019École Normale Secondaire est remarquable et nous jugeons malhabile et désastreux de détruire d\u2019un coup de langue, d\u2019un trait de plume, une oeuvre qui aurait dû servir de base à des projets futurs.Pourquoi tenter d\u2019élaborer, sur: I'air- du.temps- et.sur des notions \u201cpressées\u201d, une nouvelle école qui n\u2019aurait rien LES ÉTUDIANTS DE L'E.N.S.PROTESTENT des valeurs lentement cultivées et moissonnées par l\u2019École Normale Secondaire ?S) Parlant de l\u2019École projetée, M.Vianney Décarie déclare: \u201cLe but de l\u2019école sera de recruter et de former des jeunes pour l\u2019enseignement secondaire, collégial, et jusqu\u2019à un certain point supérieur\u201d (Le Devoir).Nous ne comprenons pas en quelle façon la nouvelle école croirait répondre à de nouvelles exigences.M.Décarie ajoute que la nouvelle école \u201cdonnera un enseignement strictement de niveau Universitaire\u201d'et qu\u2019il \u201cn\u2019a pas à expliquer longuement en suite à la page neuf COMPRENNE QUI PEUT.La semaine dernière, Mgr Lus- sier et M.Vianney Décarie ont donné une conférence de presse à propos de la formation d\u2019une nouvelle faculté à l'Université.L'École Normale Supérieure est destinée à \u2018\u2018recruter et à former des jeunes gens pour enseigner au secondaire, au collégial et indirectement au niveau universitaire \u2014 au sens européen du mot\".M.Décarie affirme que cette école donnera un enseignement strictement universitaire et répond à un besoin ainsi qu\u2019à un voeu de la Fédération des Collèges Classiques.Le directeur de l'École Normale Supérieure se réfère à un article paru dans le Bulletin de la Fédération des Collèges Classiques en date du 3 décembre 1960 où on rapporte que 49.7% des professeurs des quatre dernières années du cours classique détiennent au moins une licence et que sur ce nombre, il y a plus de licences en philosophie qu'en lettres.(M.Décarie a oublié que la plupart des religieux possèdent une licence en théologie tandis que peu d\u2019entre eux en onl une dans la matière qu'ils enseignent.) CE SOIR, LA COMÉDIE DE L\u2019ANNÉE La direction de cette Ecole organisera un enseignement qui préparera les élèves aux différentes licences d'enseignement et leur permettra d'acquérir une formation pédagogique.La licence d'enseignement sera une concentration de matières qui prépareront du point de vue académique le récipiendaire à faire de l\u2019enseignement dans les collèges.Un tel diplôme se préparera dans les facultés.Quant à la formation pédagogique, elle sera assurée par l'institut supérieur des Sciences de l'éducation qui pour- - suivra un triple but: former au point de vue pédagogique, sous la direction de l'Ecole, le personnel enseignant et, enfin, un but de recherche pédagogique.L'institut accordera les baccalauréats, les licences et les doctorats en pédagogie pour les gens qui ont l'intention d'enseigner la pédagogie et d'avoir des postes d'administration.Les professeurs joueraient le rôle de tuteurs.Îls prendraient les étudiants par petits groupes, les suivraient de près et leur suite à la page trois «LA CRUCHE CASSEE» Lor rls = . PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN Qui élirons-nous?Selon l\u2019antique formule: \u201cLe sort jeté\u201d.Deux candidats se feront la lutte à présidence de PAGEUM.Et dans peu temps Pavenir de PAssociation sera de veau entre les mains de ses membres.utile de le répéter, peut-être un jour en serons- nous enfin convaincus, PAGEUM sera Pan prochain ce que nous voudrons bien qu\u2019elle 3 gerd = gi Qu'est-ce que PAGEUM?Un club de loisirs, un organisme qui a pour unique fonction de redistribuer à chacun une dose de plaisirs autant que possible équivalente à sa quote-part dans le budget global ?Une bonne année serait celle où danses, bals, carnaval, ciné-cabarets, flûtes, \u201cballounes\u201d, \u201csmokers\u201d, et autres distractions, auraient dépassé en valeur le montant de la cotisation ?Du pain et des jeux.Nous pêchons peut-être par idéalisme mais il nous semble qu\u2019une pareille organisation serait indigne des étudiants, malgré certain comportement qui est plus le fait de quelques imbéciles que de la masse, L\u2019AGEUM nous apparaît plutôt comme une association nécessaire, qui a pour premier but de défendre et promouvoir les droits de ses membres, une manière de syndicat, si vous préférez.L\u2019AGEUM m\u2019existe qu\u2019en fonction des intérêts de ses membres, n\u2019est responsable que devant eux de sa politique, et ne saurait souffrir de pressions de l\u2019extérieur, tant gouvernementales qu\u2019universitaires ou autres.En d\u2019autres mots, comme toute association d\u2019hommes libres, elle est indépendante et son président n\u2019a de compte à rendre qu\u2019à ceux qui Pont élu ou aux représentants légitimes de ses électeurs, par exemple le grand conseil de l\u2019Association.Les étudiants ont des problèmes, problèmes de logement, problèmes financiers et autres, ils ont également des droits qui découlent de leur condition, du rôle qu\u2019ils ont à jouer dans la société tant présentement que dans l\u2019avenir.Si on essaie de trouver ume définition de Pétudiant, on devrait y retrouver les éléments suivants: jeune, universitaire, citoyen, travailleur intellectuel en vue d\u2019un service à rendre plus tard à la nation.De ces éléments découlent des droits qui sont en fait les corollaires des obligations de l\u2019étudiant vis-à-vis de la société car, quoi qu\u2019on puisse dire, l\u2019étudiant est responsable devant la société.Ainsi du fait qu\u2019il est un intellectuel et qu\u2019il doive se réaliser comme tel il a droit à une vie culturelle.Ainsi du fait qu\u2019il est un travailleur intellectuel en vue d\u2019un service à rendre à la nation il a droit à des conditions de travail, de vie, qui lui permette le meilleur apprentissage qui soit de sa profession.Et on pourrait continuer cefte énumération, énumération qui fera d'ailleurs l\u2019objet d\u2019une charte étudiante, - charte qui sera soumise d\u2019ici peu au conseil.L'Association étudiante aura évidemment comme rôle d'assumer les droits et obligations: des étudiants.Ainsi de veiller à ce que ses membres aient des conditions de travail et de vie convenant à ce qu\u2019on exige d\u2019eux, à savoir d\u2019être compétents en leur domaine propre.Ainsi, de veiller à ce que ses membres aient un climat culturel qui leur permette de se développer intellectuellement.La réaction normale de l\u2019étudiant devant une situation qui lui est dommageable et à laquelle il ne peut remédier lui-même, devrait être de demander l\u2019aide de son association.Ce n\u2019est pas une faveur que cette dernière lui accordera, mais un service qu\u2019elle doit lui rendre.Le jour où les membres.de 'AGEUM auront compris que cette association n\u2019existe qu\u2019en fonction des services qu\u2019elle doit leur rendre, elle cessera d\u2019être un squelette de $100,000.Et Cest justement le devoir de Pexécutif de démontrer, de provoquer chez les étudiants une prise de conscience du rôle que doit jouer l\u2019AGEUM.Pour ce faire, l\u2019exécutif a en main deux instruments: le Q.L.et davantage le: Comité d'éducation.Le \u201cQuartier Latin\u201d pour sa part doit éveiller l\u2019attention des étudiants à certains problèmes, les forcer en quelque sorte à s\u2019interroger.Le Comité d'éducation doit, de son côté, élaborer une politique agéumique et surtout agir sur la masse étudiante; le plus gros de ses efforts doit porter sur le campus.Il doit être un organisme d\u2019éducation populaire.Ceci dit, passons à la campagne électorale.Qui élirons-nous à la présidence de 'AGEUM ?Il y aura évidemment une foule de promesses électorales, de nouvelles promesses, et les promesses traditionnelles.Les candidats rivaliseront d'imagination pour faire miroiter devant les électeurs l\u2019âge d\u2019or qu\u2019ils connaîtront sous leur administration.Ce qu\u2019il faudra essayer de découvrir, ce ne sera pas facile, c\u2019est jusqu\u2019à quel point les belles formules ronflantes correspondent à des idées bien arrêtées, à une conception bien enracinée.Ce qui importera et devra influencer, décider du vote, c\u2019est la sincérité, le sérieux du candidat sur lequel on fixera son choix.A-t-il réellement telle ou telle conception de J'AGEUM ou bien au contraire cher- che-t-il uniquement à charmer .l\u2019électorat en souscrivant aux opinions de la majorité ?Soumettons les candidats à la question.Jacques Guay \u201cPOUR LA JUSTICE .JE RESTE JUGE.!\u201d ENT re, Ou encore suggérer à des hôpitaux de leur diocèse de refuser le contrat d'assurance-hospitali- sation.Les politiciens les plus véreux, les plus hypocrites, les plus rétrogrades, ceux qui ont survécu à l'ancien régime, se font entendre comme les porte-paroles officiels du clergé sans qu'un désaveu, pourtant si attendu, ne vienne de celui-ci.On semble loin du désaveu, on en est plutôt aux encouragements, par exemple on a déjà entendu des évêques se porter publiquement gorants de l'intégrité morale de certains hommes politiques.En vérité, le clergé, à cause des intérêts qu'il poursuit actuellement, est une force réactionnaire qu'il faut donc éliminer, c'est-à-dire ramener à ses justes proportions.Bien sûr, il y a des exceptions, et elles sont même à la fine pointe du progrès.Par ironie du sort, c'est de certains cleres qu'est venu, en une certaine partie, le mouvement de libération, qui doit jouer, en fin de compte, contre le clergé.Mais malheureusement.tant de perspicacité et de compétence ne leur attirent en général que des réprimandes.À l'un il est interdit de prononcer des conférences dans tel ou tel diocèse, \u2018ciers, commence à avoir des fric- un autre est tout simplement retiré de la circulation pendant quelque temps.Il est certain que ces clercs héroiques sont considérés comme des moutons noirs por la hiérarchie et sont désavoués par elle.rn Les exemples ne manquent pourtant pas, et la lecon devrait être apprise, de pays dans lesquels les prêtres subissent des répressions regrettables, par exemple à Cuba où existe un clergé à majorité franquiste, et au Brésil où le clergé, dont les intérêts concordent de manière inavouable avec ceux des milieux finan- tions avec le gouvernement.Un intellectuel catholique ca- nadien-francais se trouve donc en très mauvaise posture devant le spectacle de son clergé qui tout en appelant l'Église sa mère l\u2019asservie en fait à des manigances # qui la perdront.Pour le moment § il se contente de lui remettre sous Ÿ les yeux un message récent de ; l'épiscopat polonais rappelant a § ses prêtres que leur place est à § l'église et qu'il n'est pas de leur intérêt de se compromettre avec des régimes politiques.EE a ld YE TC a EE EE Bruno Verdon LE PEUPLE CANADIEN-FRANCAIS ET SON CLERGE Depuis environ un an la province de Québec connaît un progrès intense dans plusieurs domaines.Il s'agit en fait pour elle de rattraper un retard de plusieurs décades sur le reste des états civilisés du monde, que ce soit au point de vue de la démocratie parlementaire, de nos moeurs politiques ou de nos institutions sociales.La mort d'un despote fasciste a enfin donné l'occasion à des esprits clairvoyants et compétents de se faire entendre, non sans qu\u2019on cherche à les faire taire au début, mais assez pour que leurs conceptions finissent par s'imposer à la masse.On aurait pu s'attendre à ce que le clergé québécois, à qui © été dévolu par \u2018\u2019nécessité historique'' un ascendant extraordinaire sur tous les paliers de notre vie communautaire, eut participé lui aussi à cette démocratisation de nos moeurs et de nos institutions.Son omniprésence, qui commence d'ailleurs à le gêner, lui permet d'exercer une influence directe dans le sens d'un avancement social des Canadiens français.Or tel n'est pas le cas.Les politiciens qui ont pris le pouvoir en juin dernier, aux visées pourtant bien modestes mais dont le programme électoral est dans la ligne de la \"démystification'\u2019 actuelle, rencontrent dans la hiérarchie les résistances les plus opiniâtres.Il leur faut sans cesse faire des mises au point déshonorantes et accepter des compromis nuisibles au progrès pour ménager la susceptibilité de certains vieux bonzes du clergé.On à vu ces derniers mois des évêques se prononcer contre la gratuité scolaire sous le prétexte fallacieux qu'elle enlèverait les enfants à leurs parents, frémir d'horreur devant la seule mention d'un ministère de l'Éducation Nationale, qui, dans leur optique, déconfessionnaliserait aussitôt tout notre système scolai- \u2014\u2014LE QUARTIER LATIN journal bi-hebdomadaire de .PAssociation Générale des Étudiants de PUniversité de Montréal Membre de In Presse Universitaire Canadienne ' et de In Corporation des Escholiers Griffonneurs Directeur: Jacques GUAY Assistant-directeur: Christiane VERDON Rédacteurs en chef: Laurent BEGIN et André PINSONNEAULT Chef des nouvelles: Serge GRENIER Comité éditorial: Bruno MELOCHE, Pierre MARTIN, Louis BERNARD, Yves PAPILLON, Raymond AMYOT, Luc DANSEREAU, Michel PELLETIER Chargés de chroniques: François LACASSE (Travail), Denis GAGNON, (Internationale), Gilbert MARION (Peinture) : Jean-Pierre LEFEBVRE (Cinéma) Rédacteurs: Thomas SOMCYNSKY, Bruno VERDON, Anne-Marie DANSEREAU, Michel GOUAULT, Robert REÈVES.Pages artistiques: Stéphane VENNE (responsable), Louis ST-PIERRE, a ré PIER, Henri ARAN, ies PEETERS Correspondant agéumique: Jacques THEORET Photographes: Pierre ASSELIN, Daniel FORTHOMME Publicité: Georges Lefebvre \u2014 RE.7-6561 Abonnement pour l'année universitaire: $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 RE.8-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26.Imprimé par LA PATRIE \u2014 180 est, rue Ste-Catherine \u2014 Montréal - Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, _ Ministère des Postes, Ottawa. .16 MARS 1961 ee \u2014 sante sur le même ceux Lundi 20 mars: Mardi 21 mars: Mercredi 22 mars: Jeudi 23 mars: Vendredi 24 mars: Samedi 25 mars: neur.D'autres détails concernant cette semaine dans les \u2018\u2018\u2019Quartier Latin\u2019\u2019 de mardi et de jeudi prochains.Q SEMAINE DES SCIENCES SOCIALES Cette année, prenant conscience de son importa p.campus, et qu\u2019elle tend au dire Dolce été andis de Droit, à devenir La Faculté, la Faculté des Sci Sociales Économiques et Politiques de l\u2019Université de More a décrété que la semaine du 19 au 26 mars scrait \u2018\u2019sa\u2019\u2019 semaine.Voici le programme de cette semaine: imanche 19 mars: Partie de sucre au Mont Grégoire.D Départ à 2 h.p.m.du Grande Salon.\u201cChez Miville**.Le soir, Panel étudiant.Sujet: L'évolution des Sciences Sociales.Panel avec invités-surprise, Numéro spécial du \u2018\u2018Quartier Latin'\u2019.Parlement-école.Parlement-école.Clôture de la semaine avec un invité d\u2019hon- de plusieurs étudiants, donneraient un complément de formation sur le plan académique et professionnel.On prévoit donner deux diplômes.Un certificat d'aptitudes al'enseignement secondaire, exigeant trois ans d\u2019études et comportant nécessairement la licence dans la matière enseignée, permettrait d'enseigner \u2014 en pratique \u2014 dans les quatre dernières années du cours secondaire ou privé.Le deuxième diplôme serait une maîtrise et nécessiterait deux années d'études supplémentaires, Les étudiants qui en seraient munis seraient habilités \u2014 en principe à enseigner aux quatre dernières années du cours classique.En pratique, il se peut cependant que pour quelques années, le premier diplôme permette d'enseigner dans les quatre dernières années du classique.Plusieurs se demandent si par la formation de l'Ecole Normale Supérieure l'Université ne fait pas preuve d\u2019un manque de coordi- «LE QUARTIER LATIN» EN 1943 était dirigé par Gaston Pou- LIOT et CHARLES-A, LUSSIER qui se fit remplacer, en février 1944, par ROGER ROLLAND.Au hasard des sommaires: JEAN-Louis Roux, Lours- PuiLIPPE Duruy, Guy BEAU- ORAND-CHAMPAGNE, FERNAND SEGUIN, ELOI DE GRANDMONT, Guy Vu, SARTO OUELLET, RayMonp.-G, Dfcanie, Pau.LEGENDRE, PiemmE LAPORTE, PAUL VAILLANCOURT, MARCEL Théoret, Guy FRÉGAULT, PIERRE BAILLARGEON, MAURICE RIEL, JAŒQUEs Dunuc, Pienan TrOT- TIER, JACQUES NOISEUX, PIERRE- EtLIOTT TRUDEAU, PAUL AR- NOLDI, JEAN-PAUL GEOFFROY, Plemre-CarL Dusve.\u2014 En 1961, commie en 1943 \u201cLe Quartier Latin\u201d est imprimé par A PATRIE i COMPRENNE QUI PEUT.suite de la première page nation étant donné l'existence de l'Ecole Normale Secondaire.Mgr le recteur répond qu'il s\u2019agit de \u201cpoursuivre plus loin le travail accompli par cette institution\u201d.\u201cNous voulons, poursuit-il, utiliser toutes les ressources de l'Ecole Normale Secondaire.\u2018\u2019MgrLussier, secrétaire du Conseil de l'Ecole Normale Secondaire, a avoué cependant n'être pas au courant des cours donnés actuellement à cette Ecole.Il a affirmé qu'\u2018\u2018absolument personne n'aurait à souffrir de l\u2019École Normale Supérieure\u2019\u2019 et que l\u2019Université apporterait son aide pour \u201c\u2018être en mesure de répondre à 100% aux engagements pris par l'École Normale Secondaire à l'égard des étudiants\".\u201cQuand l'École Normale Secondaire a été hébergée ici, il a toujours été fait mention qu'elle devenait la base pour une évolution dans l\u2019enseignement de la pédagogie.C'était le premier geste posé dans le temps opur une faculté de pédagogie.\u201d Mgr Lussier a affirmé que les ententes avec l'Ecole Normale Secondaire demeurent encore à établir.Il se demande lui-même si les autorités accepteront de remplir des responsabilités autres.À une question qui revenait à demander pourquoi l'Université n\u2019a pas aidé au développement de l\u2019École Normale Secondaire plutôt que de créer une autre Ecole qui poursuit en partie les mêmes buts, Mgr Lussier a parlé de \u2018certaines circonstances\u201d sans lesquelles on aurait peut-être présenté la chose au public comme une évolution de l\u2019École Normale Secondaire, ce qu'elle est en définitive avec spécialisation de sa double fonction.Envisageant l'avenir de l\u2019École Normale Supérieure, nous pouvons dire avec Mgr le Recteur: \u201cJ'espère que ce n'est pas un château en Espagne.C\u2019est un système qui se tient au niveau de la pensée\".En effet, dans lo pratique, rien ne semble avoir été élaboré.ll ne nous reste qu à attendre cette naissance dans la réalité de ce plan logique et dire avec les autorités: \u201cNous annoncerons d'ici un mois si nous commençons en septembre 19617.Christiane Verdon Gilles Desroches Marcel Savarie LE:QUARTIER LATIN AU DERNIER CINÉ-CABARET «» Samedi soir dernier, ciné- cabaret, artiste invitée: Pauline Julien.On nous a dit entre autres choses que ce ciné-cabaret était le dernier de la saison et c\u2019est très heureux.Nous pourrons pendant quelques mois encore nous nourrir d\u2019illusions en songeant que la colline universitaire fourmille de têtes bien pensantes et qu\u2019elle est, devant la Cité, un témoignage vivant de la plus haute civilisation.Je dis bien \u201cillusion\u201d car à nous voir, pauvres carabins et poutchinettes, on a peine\u2018à croire qu\u2019il s\u2019agit là de la \u201cJérusalem nouvelle\u201d dont parlait si éloquemment M.Francis Lacoste.D'abord la présentation.M.Sylvestre, vous avez sans doute relégué aux oubliettes le vieil adage: \u201cl\u2019esprit qu\u2019on veut avoir nous fait perdre celui qu\u2019on a\u201d, encore faut-il en avoir! Vous ne le saviez pas ?Eh bien oui, à l\u2019Université de Montréal, on respecte le bilinguisme: le joual et l'anglais.Le \u201cjuke box\u201d se tait et le crieur, en l\u2019occurrence le maître de cérémonie.annonce \u201cShow-time\u201d, et c\u2019est le quart-d\u2019heure de l\u2019esprit.On aurait voulu rire, car c'était a mourir de rire, mais l\u2019on s\u2019en garde bien, le rire étant un signe trop évident de raison et de civilité, non, l\u2019on se contente de faire du bruit, beaucoup de bruit et de crier des incongruités car il faut bien nous comprendre et la langue de notre tribu est un assemblage de sons des plus hétéroclites.C\u2019est fou comme l\u2019on s\u2019amuse lorsqu\u2019on se retrouve dans le troupeau ! Mais enfin, ne sommes-nous pas des intel- lectuels qui, à défaut d'idées, brassons des mots savants ?Pour présenter Pauline Julien, il faut trouver le mot, le mot élogieux, le mot qui convienne; disons qu\u2019elle est une artiste INTRINSÈQUE ! Ça y est, un pas de plus et l\u2019on tombe dans la dialectique \u201cstraramienne\u201d.En passant, M.Sylvestre, simple suggestion, un retour au bon vieux Larousse, ça pourrait vous être utile.Bref, ne donnons pas à la présentation plus d'importance qu\u2019elle n\u2019en mérite et passons au tour de chant.Pauline Julien est sans contredit une artiste d\u2019une valeur exceptionnelle qui, en plus d\u2019une voix riche en sonorité et en modulations, possède un talent incontestable de comédienne.Elle n\u2019interprète pas, elle s'engage et vit une chanson, que celle-ci soit de Holmès, Vi- gneault, Ferré ou Claude Sylvestre.Elle chante avec cette voix qui vous pénètre dans les Os, mais aussi avec ses yeux, son corps, ses mains, bref, tout son être.Pauline Julien possède ce feu sacré qui fait d'elle une très grande artiste capable d\u2019émouvoir jusqu\u2019aux tréfonds ses auditeurs et d\u2019électriser une salle.Mais encore, faut-il que cette salle soit susceptible d\u2019être émue.Bien sûr, il y avait le piano qui grinchait (on ne le fera donc jamais accorder, ce piano ?) et le micro.toujours le micro.On avait pourtant dit qu\u2019il fonctionnait à merveille, mais il ne fallait pas s\u2019y méprendre, on vou- faisait beaucoup de bruit; c\u2019était donc parfait, car au ciné-cabaret, tout se juge en fonction du bruit.Si ce n\u2019eût été que les oscillations un peu trop perceptibles du micro, passe encore, mais il fallait bien causer un peu, il y avait tellement longtemps que la tribu ne s'était réunie ! Mais je sens le besoin de m\u2019excuser auprès des mânes de ces braves Indiens de 1492, car, s\u2019ils ne portaient pas collet blanc et boutons de manchettes, je présume qu\u2019ils possédaient cette forme naturelle de politesse, ce minimum de jugement qui demandent que l\u2019on se taise lorsque les circonstances l\u2019exigent.Bref, une cacophonie inextricable de bruits insolites, de verres qui éclatent, de conversations étriquées servait de fond de scène en harmonique au récital de Pauline Julien.Et l\u2019on prétend que vous êtes, messieurs les universitaires, barbares, mal dégrossis, l\u2019élite de la future génération ! La Colline universitaire sera-t-elle longtemps encore le lieu de rassemblement d\u2019une peuplade primitive ?On a peine à croire que l\u2019âge de pierre est une époque révolue ! Si la grossièreté et le manque de savoir-vivre font à ce point partie de votre patrimoine, si vous ne pouvez décidément pas vous départir de vos instincts grégaires, regagnez la jungle ou la toundra mais de grâce, épargnez la civilisation d\u2019une nouvelle invasion de mal-appris et d\u2019intellectuels à clinquant.lait tout simplement dire qu\u2019il .Célyne Garneau L\u2019EQUIPE DE LA \u201cCRUCHE CASSEE\u201d.AUTOUR DE LA MAQUETTE DE L'IMPOSANT DÉCOR. PAGE QUATRE En général, le \u201c\u2018Chrétien en démocratie\u201d ne nous apporte rien de nouveau, rien d\u2019extraordinaire et pourtant, que de bruit on fait autour de ce volume.C\u2019est un livre qui se vend très bien et dont on parle énormément.Pourquoi?Cet ouvrage de 158 pages est loin d\u2019être révolutionnaire: il nous parle de la vie démocratique et culturelle au niveau du catholique et ceci, dans des phrases simples et pondérées.Le même livre écrit par des laics aurait probablement passé inaperçu.Si on fait tant de bruit autour de ce volume, est-ce parce que les auteurs portent la soutane?La raison de cet intérêt subit envers ce livre est-elle que nous ne serions encore qu\u2019au niveau inférieur dans nos connaissances de la politique et de la démocratie en particulier?Autant de questions que je laisse sans réponse parce qu'elles me dépassent tout simplement! Une chose certaine, c\u2019est qu\u2019il est bon pour tout chrétien de lire ce livre, ne serait-ce que pour faire un effort de réflexion personnelle, afin de chercher à s\u2019éclairer et à se forger une compétence si nous voulons avoir prise sur les \u2018\u2018structures temporelles et les pénétrer d'esprit chrétien\u201d.On me demande ici de faire une petite analyse des 56 premières pages de ce livre.Disons tout d\u2019abord que les 30 premières pages ne sont qu\u2019un rappel des raisons que l'Eglise avait de se mêler des affaires des laics et ceci d\u2019une façon très intime.Les circonstances historiques ont fait naître diverses \u2018LE QUARTIER LATIN = LITE TS TRES Ay Ean - Pry - - ER T 16 MAT ve LE QU.LATIN PAGE CINQ Un étudiant non-pratiquant a accepté de nous exposer les raisons de son attitude vis-à-vis la religion.C\u2019est en Rhéto qu\u2019il a abandonné la pratique religieuse.Il en avait assez de ce règlement très sévère imposé aux élèves.\u201cOn pa pas toujours l\u2019inclination d'aller à la messe beau temps, mauvais temps\u201d.Comme on le forçait à y assister, il commença à lire pendant la messe.Des sanctions s'ensuivirent, évidemment: une autre messe le même jour.\u201cLa messe devient une sanction, une obligation de respecter un règlement, et non plus un devoir individuel.\u201d Que pense-t-il de l\u2019enseignement religieux dans nos institutions du cours secondaire ?\u201cOn le diffuse en trop grosse dose et on y mêle un peu de tout : assistance à la messe, état de grâce, sanctions sociales au point de vue règlement, expulsion du collège.\u201d Il en résulte que pour un gars de 15 ans la religion devient \u201c\u2018l\u2019opium du peuple\u201d, une façon de contrôler l\u2019étudiant alors qu\u2019elle devrait être un des meilleurs moyens d\u2019épanouissement.\u201cC\u2019est ce qui m\u2019a conduit à délaisser progressivement la religion.Je n\u2019ai rien contre elle.\u201d Soulignons qu\u2019il croit en Dieu ainsi qu\u2019en la divinité du Christ.Il en veut à la manifestation extérieure dc la religion a travers le clergé et à l\u2019omniprésence que ces messieurs du clergé en font comme norme et sanction à toute la conduite.\u2018Tu ne peux plus en faire une chose individuelle à cause de l\u2019omniprésence du clergé qui te pousse à en faire une notion ENTREVUE AVEC UN NON-PRATIQUANT plutôt sociale.Tu n\u2019as pas l\u2019impression d\u2019être original.\u201d \u201cJe ne prétends pas être sérieux dans mes griefs.J'ai tout balancé parce que j'étais trop écoeuré, quitte à y revenir.\u201d Ce n\u2019est pas un non définitif car peut-être que plus tard, établi, il reviendra à la religion.Sa religion est un obstacle qui l\u2019empêcherait de vivre, d\u2019être personnel, de faire sa propre recherche parce que tout lui serait imposé.On ne permet pas à l'étudiant de s\u2019adapter à la religion.On lui impose une religion toute faite, et tout doit être accepté sans discussion.C\u2019est un jeu, un \u201ccrois ou meurs\u201d.\u201cJe le répète je ne suis pas mûr au point de vue religieux, cela sans doute à cause des enseignements que j'ai reçus, enseignements qui m\u2019ont tout mêlé.\u201d Serait-il pour les écoles non- confessionnelles ?\u201cSi on m\u2019assurait que les parents seraient en mesure d\u2019éduquer convenablement les enfants, dans une religion, on pourrait avoir des écoles neutres.\u201d Il faudrait mettre l'enfant en face du phénomène religieux de façon à provoquer en lui une recherche personnelle, l\u2019inviter à prendre conscience de la religion.Lorsqu\u2019on élève un enfant, c\u2019est à l\u2019aide de l\u2019humanisme.On ne peut séparer l\u2019humanisme de la religion.On peut apprendre à l\u2019enfant que des hommes ont pratiqué diverses religions.Z n\u2019est pas prêt à dire qu\u2019on doive basculer la religion car elle fait partie de tout l\u2019homme.Il reste religieux mais n\u2019en fait aucune pratique extérieure.Dans les écoles confessionnelles ounon-confessionnelles il s\u2019agirait de ne pas faire de la religion un phénomène social, collectif, de ne pas obliger à aller à la messe, à communier.L\u2019enseignement peut être obligatoire et la pratique facultative.Les écoles confessionnelles de formule actuelle font fausse route.La preuve en est que la pratique de la religion est devenue chose extérieure.Ce pourquoi on est de grands enfants au point de vue religieux, même si on est intellectuel.Dans sa famille, Z doit se plier à un minimum de pratique extérieure, Il fait semblant d\u2019aller à la messe pour éviter le scandale.\u2018Nous en sommes à ce point au Québec où la religion est une manifestation collective.Ce qui prouve un manque de maturité dans la religion des Canadiens français.On se soucie peu des préceptes religieux.Ce qui compte, c\u2019est d\u2019être à la messe, de sauver la face.Il admet qu\u2019à l\u2019Université il se sent plus libre parce qu\u2019il bénéficie d\u2019un certain anonymat.Mais encore ici il doit se cacher.Cependant on n\u2019a pas d\u2019enseignement religieux imposé.A propos de l\u2019enquête sur la religion effectuée au premier semestre par les autorités, enquête qui semble \u2014 quoique le comptage ne soit pas encore terminé \u2014 prouver que plus de 80% des étudiants catholiques sont pratiquants, Z croit que de tels résultats ne prouvent rien.Il ne se sent pas dans un milieu catholique qui répond à l\u2019image qu\u2019il se fait du catholicisme.On a une foule d\u2019inhibitions collectives qui sont la marque du catholicisme québécois, grégaire.Le fait d\u2019aller à la messe ne veut rien dire à l\u2019heure actuelle.Il est facile de voir que la pratique n\u2019est pas le signe d\u2019une conviction profonde mais d\u2019une habitude.On ne veut pas se particulariser.\u201cJe n\u2019ai jamais considéré le progrès du catholicisme au nombre de conversions.C'est un phénomène plutôt qualitatif et non quantitatif.\u201d Le catholicisme n\u2019est pas plus vivant, si ET LA MENAGRRE.i + { \"LE JUGE ADAM SUR LE DOS, SON GREFFIER LUMIÈRE, vr aid As ASAI.© +» tio reduce Lanta ice.lors de la quéte du dimanche les paroissiens donnent mille dollars au lieu de 500 dollars.En terminant, Z affirme qu\u2019il considère que la religion est religion d\u2019amour et non de crainte.Le clergé ne joue pas son rôle qui est de voir à éclairer les fidèles sur des points de doctrine, d\u2019inciter à la charité chrétienne et sociale plutôt que d\u2019être des comptables au service des campagnes de souscriptions et de statistiques religieuses.II semble cependant qu\u2019à Theure actuelle il soit plus facile de trouver des membres du clergé qui soient plus ouverts.\u201cJe crois en une amélioration qui se produira sûrement puisqu\u2019il y a pénurie de vocations sacerdotales.\u201d Christiane Verdon Francine Tougas Monsieur Jacques Guay, Depuis quelques mois, beaucoup de textes nous déçoivent dans le \u201cQuartier Latin\u201d.L'autorité, le clergé, les institutions, le langage, tout passe sous la critique acerbe de certains étudiants.Cela donne l'impression que jamais les choses n\u2019ont été si ma e Pour qui veut critiquer, le passé comme le présent peuvent l\u2019alimenter.Rien n\u2019est parfait ici-bas.Mais le critique ne devrait-il pas se critiquer lui aussi ?Il faut être réaliste! Le but de notre critique n\u2019est-il le progrès C\u2019est un moyen bien délicat puisqu\u2019il fait plus de tort qu\u2019il n\u2019améliore les situations.Quoi qu\u2019on fasse, la critique ne peut disparaître, on l\u2019a toujours trouvée dans les milieux qui voulaient évoluer.Mêmes les personnes les meilleures s\u2019en sont servi à l\u2019occasion.Mais il y a une façon de critiquer ! Comme on doit parler avec prudence de ce que l\u2019on ignore, l\u2019auda- cleux critique doit se faire un devoir de connaître ce qu\u2019il faut corriger d\u2019une situation et ce qu\u2019il faut conserver intact, ce qui a été tenté chez nous et ailleurs pour la corriger.Connaissant l\u2019attitude des personnes les plus compétentes dans ces domal- nes, il n\u2019ira pas croire qu\u2019il a la capacité de faire mieux qu\u2019elles.Cette compétence qui nous permet de nous prononcer sur de tels problèmes, nous ne l\u2019attendons de l\u2019homme de la rue.Naïf serait l\u2019ouvrier qui prétendrait en montrer au médecin dans le domaine de Ia ecine, Nous connaissons chaque jour de nouvelles notions dans l'étude de notre future profession, nous ne prétendons pas avoir raison contre nos professeurs.Et pourtant, n'est-ce pas l\u2019une des caractéristiques de l\u2019esprit dit \u201ccarabin\u201d de se prononcer en maître sur la plupart des sujets, s'agit-il de religion, de morale, d\u2019économique, de politique, etc.C\u2019est ordinairement bien facile de critiquer, mais si tel état de choses fait défaut, ce n\u2019est pas tout de le dénoncer, encore faut-il y trouver un substitut.Et c\u2019est ici vraiment que se trouve le noeud du problème.Cela exige une bonne dose de réflexion, d'expérience, et de maturité que l\u2019on trouve difficilement chez, les meilleurs upiversitaires.Les années nous l\u2019apprendront ! Chose étrange, nous savons par expérience que ceux qui critiquent le plus sont ment ceux qui refusent le plus leur collaboration.Allons leur demander un service, une aumône, um secours pour les nécessiteux, Hs riront \u2018à notre visage, nous frouveront retardés, embarrassants.Pouvons-nous croire en la sin- Aux futurs professionnels PUPITRES - CHAISES CLAVIGRAPHES CLASSEURS - LAMPES Consultez E.DESNOYERS \u2014 Chez Rosnire Desmoyers, prop.21 est, Notre-Dame UN.1-9879 Jusqu'à 20% d'escompte as TRIBUNE LIBRE cérité de tels gens?En leur désir de faire progresser la société?On devrait plutôt s\u2019apitoyer sur leurs propres problèmes, déplorer cette mentalité qui leur fait voir tout en noir.C\u2019est le temps que ça change! Nous voulons que notre journal nous donne d\u2019abord les opinions des universitaires sur les faits contemporains, actuels; ensuite, qu\u2019il nous donne de nouvelles connaissances pour compléter ce qui nous manque d'indispensable dans les domaines qui ne sont pas de notre profession; enfin, qu\u2019il nous apprenne l\u2019art d\u2019étudier et Part ?| de vivre, d\u2019occuper nos loisirs, d\u2019une facon plus conforme aux conclusions actuelles des sciences.A mesure que nous avancons dans nos études, nous devons tâcher de devenir plus hommes, plus au courant des autres sciences, mieux guidés dans la conduite de notre vie.Notre journal doit y apporter sa contribution.Quand il remplira mieux cette fonction, quand il n\u2019aura pas peur de consulter les spécialistes de notre pour mieux mous servir, quand il perdra un peu de cet esprit critique, alors il sera la \u201cvoix\u201d des étu Marius Deschénes Tense do Gala EN LOCATION Le plus grand choix au Canada de vétements de cérémonie.Les plus récents modèles \u2014 parfaitement ajustés à votre taille.ESCOMPTE AUX ÉTUDIANTS TERMES FACILES .PAGE SIX Les Canadiens français, dans l\u2019ensemble, sont bons.Mais il y en a aussi quelques méchants.Le Bien est unique, donc les bons se ressemblent tous.Mais il y a plusieurs façons de faire le Mal; c\u2019est pourquoi les méchants sont beaucoup moins ennuyeux: on en trouve de toutes les espèces, du blouson noir jusqu\u2019au poète.Le méchant est toujours en état d\u2019équilibre instable; il passe d\u2019une position à l\u2019autre dans un refus qui ne cesse de se modifier.André Brochu publiait.récemment aux éditions de l\u2019Hexagone un recueil de poèmes, Privilèges de l'ombre, recueil plus ou moins méchant, et qui de plusieurs façons marque à la fois un terme et un dépassement possible de ces avatars du refus.Voilà le sujet autour duquel je me propose de faire quelques digressions, dans le contexte de la méchanceté.Privilèges de l\u2019ombre.Le titre caractérise déjà une démarche: car tout élément d\u2019un monde poétique ne peut tenir de privilège que du créateur de ce monde.L'auteur, qui nous dit n\u2019étre que \u2018\u2018l\u2019ombre de l\u2019ombre\u201d\u2019, a pourtant un autre rôle: c\u2019est lui qui tire les ficelles.Mais son effort est pour nous laisser ignorer sa présence, et se la cacher à lui-même.La poésie se donne ainsi pour un \u201cjeu des quatre coins\u201d où l\u2019auteur est toujours au centre, hors de question, hors- circuit.D\u2019après les règles du jeu, on devrait croire que le recueil puisse avoir été écrit par n\u2019importe qui.On n\u2019y apprend rien de l\u2019auteur, si ce n\u2019est qu\u2019il mène un combat incertain contre une espèce d\u2019inertie qui le tire vers le non-être: Quel effort pour ne pas prendre la courbe des choses.Je n\u2019être plus possible.Je me résorbe.Voilà ce qu\u2019on nous répète sans cesse.Je dis on\u201d parce qu\u2019en fait ce n\u2019est pas l\u2019auteur qui parle dans ce recueil, mais une voix neutre et anonyme, venant de nulle part.Cette voix fait penser à La Ralentie de Michaux, ou aux personnages de Beckett; elle ne parvient pas à exister tout à fait.C\u2019est une conscience sans situation, pure présence à soi, qui se réduit à une immanence précaire, à la limite de l\u2019opacité ou de l\u2019effritement.Et si elle existe si mal, c\u2019est que le monde qui l\u2019entoure, monde sans repères ni points d'appui, ne vaut guère mieux; il est un faux-fuyant : sc L'arbre n\u2019était pas l\u2019arbre L'oiseau n\u2019était pas l\u2019oiseau L'arbre l\u2019oiseau mentaient.Dans cet univers désintégré la conscience poétique, cette voix sans nom, est un commencement, absolu, ou mieux, un vouloir-commen- cer, un vouloir-être; la parole est son moyen de se faire exister.Ces vers, par exemple, Je m\u2019associe aux choses.Je suis la table Pour mon plaisir.Je suis heureux Comme un caillou ces vers ne sont pas d\u2019abord l\u2019expression d\u2019un sentiment; ils sont avant tout une nomination magique: un peu comme si le nom venait conférer une sorte de réalité à ce \u2018\u201cje\u201d\u2019 fugitif.Je suis une chose, une table, un caillou, n\u2019importe quoi, mais je suis quelque chose.Ces mêmes vers, d\u2019ailleurs, témoignent en même temps du mouvement inverse.Il est bien impossible à la conscience d\u2019exister à la façon d\u2019une chose: elle est, par définition, perpétuelle distance à soi.Mais alors cette position est intenable, cet effort pour ne pas prendre la courbe des choses devient trop lourd, et on a envie d'abandonner, de se laisser sombrer doucement dans une torpeur hébétée, de devenir un caillou.Dans son effort pour se faire exister pour de bon, la conscience se nie elle-même comme conscience.Ces deux mouvements contraires de l\u2019être à la fois \u201canéanti d\u2019ennui vivace \u2014 exaspéré d'espoir tenace\u201d\u2019, selon les mots de Saint- Denys-Garneau, ces deux mouvements sont fonction l\u2019un de l\u2019autre.Et leur dialectique définit le dilemme où se débat la poésie de Brochu.En voulant se nommer, le poète nomme son absence; mais, soit dit en passant, il la dépasse du même coup; et ouvre ainsi la voie à \u2018une poésie tout autre, Ce qui précède vise simplement à cerner, si possible, le problème tel qu\u2019il nous est présenté.L'auteur se cache, il nous présente un jeu que nous avons tenté de comprendre.Notre rôle est d\u2019abord de ne pas nous aviser de la présence du ventriloque qui donne corps à cette voix neadiito iva at .LE+QUARTIER LATIN LES AVAIAR \u2018anonyme, car alors tous ses tours auraient été vains; au lieu de laisser agir les marionnettes, il lui faudrait recommencer à vivre, quel désastre! Mais justement, la critique littéraire ne m'intéresse pas beaucoup; on se limite et on risque de s\u2019ennuyer, si on respecte les règles de tous les jeux.Ce qui est intéressant, c\u2019est l\u2019auteur: pourquoi un jeune homme, \u2018\u201ccarabin\u201d\u2019 par surcroît(!), écrit une telle poésie; quel est le sens de la démarche dont ses poèmes ne sont que le signe; voilà les questions qu\u2019il faut poser.C\u2019est ici que mes histoires de méchants, qui ont pu sembler un peu gratuites, trouveront leur place.Bien sûr, poser ces questions, c\u2019est violer les règles du jeu; mais tel est précisément le but de cet article; car la poésie est comme une femme: elle reste stérile si on la respecte trop.Il n\u2019est plus original du tout de dire que nous vivons en plein puritanisme.Même chez les frères enseignants, on s\u2019en rend compte.Depuis notre naissance, on nous a cassé les oreilles avec les préceptes d\u2019une morale pathologique et toute négative: mal, péché, défendu, enfer, pénitence, sacrifice, voilà les leit-motivs de notre éducation.En plus de ça, il a fallu qu\u2019on soumette au dogmatisme même les domaines qui n\u2019ont rien à y voir: on nous a enseigné l\u2019histoire avec des mythes, la littérature avec des \u2018\u2018\u201cmorceaux choisis\u2019, on nous a mis entre les mains, pour comprendre le XXe siècle, une philosophie moyen-âgeuse, etc, Nous voilà bien équipés; tout ce qu\u2019il faut pour faire de bons garçons, puis de bons pères de famille, pour la plus grande gloire de Dieu et la survivance de la race.Bien.Mais même le brain-washing le plus perfectionné peut parfois échouer.En ne voilà-t-il pas que quelques mauvaises têtes commencent à douter de l\u2019existence du Grand Lustucru et du Bonhomme sept heures.C\u2019est là le genre d\u2019individus louches qui finissent par écrire des poèmes.Mais n\u2019anticipons pas.Pour l\u2019instant, voici notre jeune homme qui découvre un monde tout différent de celui qu\u2019on a voulu lui apprendre.Il dépasse le système, et du même coup, il prend conscience de sa singularité: son point de vue sur le monde lui appartient en propre, et il n\u2019est plus inséré dans un beau système ordonné, il n\u2019a plus sa place ni sa \u201cvocation\u201d définie d\u2019avance.Il ne peut compter que sur ses propres forces pour réinventer le monde.Cette simple prise de conscience suffit déjà à l\u2019isoler: on se rend bien compte qu\u2019il \u2018\u201c\u201cn\u2019adhère\u2019\u2019 pas, on le condamne, on le foutera à la porte de collèges pour \u201cinfluence pernicieuse\u201d, \u2018mauvais esprit\u201d, ou pour quelqu\u2019autre raison de même acabit.Il est bientôt face à un dilemme: il ne peut oublier les questions qu\u2019il s\u2019est une fois posées, et il ne peut éviter d\u2019être classé comme \u2018méchant\u2019, du simple fait qu\u2019il les pose.Il se révoltera alors contre les Valeurs qui le nient, et se lancera à fond dans le rôle qu\u2019on lui a attribué malgré lui.Combien d\u2019entre nous (je m'adresse à ceux Qui ont été, à un moment ou l\u2019autre,\u2018\u2018méchants\u201d\u2019.Je n\u2019ai certes pas l\u2019ambition absurde de convaincre ceux qui ont déjà La Vérité.), combien d\u2019entre nous ne se sont pas laissés entraîner dans cette impasse ?C\u2019est le moment où on s\u2019agite inutilement pour éliminer en soi la domination .de Valeurs auxquelles on ne croit plus: J'ai défloré les nobles sentiments J'ai humilié mes remords Joie je t'ai violée.Mais elle ne va pas toute seule, cette révolte.On ne se libère pas facilement d\u2019un milieu dominé par l\u2019absolutisme.Quoi qu\u2019on en ait, la force para-judiciaire d\u2019une telle société s\u2019impose et toute révolte, toute différence même, y entraîne la mauvaise conscience, Il y a par exemple un signe révélateur à cet égard dans l\u2019emploi de l\u2019expression \u2018droit à l\u2019erreur\u2019\u2019 pour \u201c\u2018liberté d\u2019opinion\u201d.Pour arriver à se libérer, il faudrait affirmer des valeurs nouvelles; et nous nous limitons trop souvent à une simple négation de la morale négative qui nous entoure; \u201cIl n'est pas vrai qu\u2019il n\u2019est pas permis de.oS On prend conscience de l\u2019arbitraire du système, mais l\u2019autorité et le poids de la masse lui confèrent une valeur, une force coercitive indépendante de l\u2019opinion qu\u2019on en peut avoir.Il est impossible ou presque de ne pas intérioriser le verdict de ce tribunal public, et on en arrive à se concevoir soi-même comme méchant par * rapport aux Valeurs mêmes dont on tentait de se défaire.L\u2019individu, défini par son rôle social, se perd dans l\u2019ensemble qui le dépasse, et intériorise de lui-même sa culpabilité au regard de cet ensemble.C\u2019est la définition même de la conscience malheureuse.Il y a là une sorte de cercle vicieux ; cette singularité, d\u2019abord réclamée comme un droit et un fait inévitable, vous est rejetée à la face comme une condamnation; au moment même où on veut s\u2019assumer comme sujet libre, on est VU et jugé en tant que tel: le tribunal-société a transformé en essence un projet.Et justement, une essence est une réalité idéale et immuable; elle n\u2019a rien à voir avec le FAIRE, avec les actes.Chaque méchant inventera son comportement: tel voudra s\u2019imposer par le scandale, cet autre jouera les dillettantes cyniques, cet autre encore la comédie du mauvais sujet repentant .: Mais en vain: les actes de l\u2019out-sider sont automatiquement interprétés selon son essence éternelle de méchant ; l\u2019image qu\u2019on lui renvoie de lui-même est toujours grimaçante, et il ne peut se saisir qu\u2019en elle.Ses actes se transforment en gestes, il joue toujours la comédie, pour cette simple raison qu\u2019il ne peut échapper au regard de son public de juges.On lui a volé sa réalité, il ne fait plus le poids, ne peut plus se prendre au sérieux.Que l\u2019on m\u2019entende bien: il y a un esprit de sérieux satisfait et pharisaïque; ce n\u2019est pas là celui dont je parle, mais d\u2019un sérieux par l\u2019incarnation dans une action enfin concrète et autonome, d\u2019un sérieux qui soit la fin de la comédie et de la futilité.Cette futilité à laquelle revient à chacun de ses détours la conscience malheureuse dans le système de Valeurs où elle s\u2019enferme sans s\u2019en rendre compte.Il suffit d\u2019avoir vu un écureuil ou un rat encagé courir sur son rouleau pour comprendre ce que je veux dire.On en vient à ressembler à ce Prométhée dérisoire dont Brochu fait l\u2019esquisse ; avec des tendresses d\u2019enfant il caressait ses amarres.À moins d\u2019être doué d\u2019une inclination et d\u2019une facilité extrême à se prendre à ses propres comédies, on se lasse fatalement de ce manège.Jl faut inventer autre chose, Et c\u2019est ici que se situe la démarche de Privilèges de l\u2019ombre, Il s\u2019agit, en gros, de retourner en soi-même, à l\u2019abri des regards et des juges.Puisque vos actes \u2018 vous échappent et se transforment en comédies dans cette société où seuls les juges sont citoyens à part égale, n\u2019agissez plus, retirez-vous de ce monde: cette inexprimable) singularité qui fut le point de départ de l\u2019avénture est seule valable, tout.le reste n\u2019est que mensonge et miroirs déformants: Je me défie des mo L Qui miment la parole Je me défie des cris- ?- détruit du même \u20ac Qui simulque l\u2019angoisse Je me défit des larmes Qui parodient l\u2019amour.Cependant, cette singularité où on tente\u201cde se retirer est fugitive: c\u2019est qui fait qu\u2019un homme soit lui-même, ou plutft le fait abstrait de sa différence, son ipséité.[Mais justement, elle ne peut être visible de l\u2019intérieur ; quand on vit hors de l\u2019univers des autres,lil ne peut être question de se définir comme différent d\u2019eux.Retiré en soi, on perd tout point de référence; le flux de la conscience, sa présencdà soi n\u2019ont plus rien de singulier, ils semblent plier de soi, s\u2019imposent comme \u2018\u201cce qui est nafurel\u201d, ils deviennent en fait la seule réalité guÿ.gemeure.La voix du poème nous disait que{son mal-être était fonction de celui du monde: \u2018\u2018L\u2019arbre n\u2019était pas l\u2019arbrc\u201d, ctc.Mais en réalité, tout se passe de la façon contraire; c'est parce que le poète se retirant en lui-même sq désintéresse du monde que le monde : perdu sÿ consistance: il n\u2019a plus que la présence diffuse d'une \u2018\u2018after-image\u201d\u2019.Et si notre méchant-devegu-poéte s\u2019arrange pour oublier sa culpabilité, Ç'est qu\u2019il n\u2019a pas envie de redevenir le méchant; il lui faut tenter de se débrouiller autrement vec cette fuite de la singularité, trouver un nioyen de récupérer son *je\u201d avant qu\u2019il ne se{réduise en fumée.Car une conscience sans & § finirait par ne plus exister comme con ; c\u2019est contre cette dissolution que se fait Ket \u2018\u2019cffort pour ne pas être mort\u201d dont nous}parlions au début.Le problème cst simple: il faut, tout 3 la fois, ne rien faire, de façon à Be pas sortir de l\u2019immanence, et être tout de fiême quelque chose.Et la conscience ne peut \u2018fêtre\u2019\u2019 que s\u2019il y a un regard pour la fixer, alos qu'on ne peut supporter le poids du regard dgsautres.Il ne reste donc qu\u2019à se dédoubler soi-piême, se faire à la fois objet inerte ct sujet abfolu; et, qui est plus, ce dédoublement ne doit £as entraîner de mouvement: il s\u2019agit de pro deux termes en même temps distincts et uns, fans une sorte d\u2019identité immobile et intempordle: Ne pl parler rêver Par un inévitable l\u2019approche de cette ide in singularité que l\u2019on \u20acs contraires, cadavre \u2018ontenu, objet et sujet, ificité, Cette identité récherchait:-être à la et cercueil, contenant c\u2019est n'avoir plus de devient une présence en quelque sorte pant son propre absolu, V langage lui même ne poème est une incanta urrait continue in sont telles que ie poète dit être à la fo véritable paradoxe, © bien: que ces deux te t que ce seul but; ce 1, une litanie que l\u2019on Mment; les antithèses termes s\u2019y annulent: de tout où ils acquièrent comme une égalité en perdant leur sens particulier.Le langage de Privilèges de l\u2019ombre est un langage vide, la conscience qui s\u2019y livre une conscience vide, qui Ne peut expérimenter que l\u2019ennui d\u2019une vie et d\u2019un monde d\u2019une éternelle monotonie.Rien ne s\u2019y passe, on ne sent rien que le poids de son corps et de son existence, dans une lente minéralisation: poussée à la limite, cette attitude se transformerait en catatonie.Tout cela est bien beau, mais on n\u2019atteint jamais cette limite: hors des poèmes, on ne devient jamais un caillou.Cette gageure que le méchant a faite de se récupérer soi-même était perdue d\u2019avance, c\u2019était s\u2019engager dans une démarche contradictoire.S\u2019identifier à soi est impossible parce qu\u2019alors, précisément, on ne serait plus là pour le \u2018savoir, pour se regarder.Un caillou n\u2019est pas \u201cidentique à soi\u201d, il est soi ; et il n\u2019écrit pas des poèmes.Pour qu\u2019on puisse parler d\u2019identité, il faut qu\u2019il y ait deux termes, ce qui définit la recherche de l\u2019unité comme contradictoire, Drôle de cercle vicieux : chercher l\u2019unité par le moyen de la dualité! Je comparais tout à l\u2019heure le méchant au rat sur son rouleau; il ressemblerait plutôt cette fois, dans son effort pour se reprendre soi-même, au chat qui court après sa queue.En disant que le méchant tente de se récupérer ainsi, j'ai pu avoir l\u2019air de décrire une aventure ontologique et abstraite; mais &n réalité il en va tout autrement.C\u2019est dans la vie concrète et quotidienne que cette démarche se réalise; et c\u2019est d\u2019ailleurs à ce niveau que toute l\u2019aventure glisse le plus clairement dans la futilité.En autant qu\u2019on n\u2019est pas catato- nique, on continue de vivre.Les poèmes ont beau parler de torpeur, d\u2019inappétence, en réalité on marche, on mange, on parle, etc.Il est facile de dire que c\u2019est \u201cun autre\u201d qui fait tout cela; mais en réalité, vivre est toujours agir, faire quelque chose.Pour fuir le regard des autres, l\u2019out-sider évite tous les actes importants, significatifs; il ne fait rien qui puisse l\u2019engager, il témoigne d\u2019une \u2018\u2018\u201cméfiance\u201d\u2019 totale, il ne veut pas se laisser prendre.Mais il ne devient pas non plus un caillou: il continue de vivre au niveau des actes quotidiens, indifférents; en fait il s\u2019est lui-même condamné à l\u2019insignifiance.Et même ces détails quotidiens, d\u2019ailleurs, prennent un sens social; c\u2019est donc à leur niveau qu\u2019apparaîtra le plus clairement l\u2019échec de cette attitude.En effet, il faudra toujours se surveiller; à chaque geste qu\u2019on pose, à chaque phrase qu\u2019on dit, s\u2019arranger pour ne pas être jugé sur cette phrase ou ce geste.Le méchant dira sa phrase sur un ton ironique, ou bien il ajoutera une remarque pour bien montrer qu\u2019il n\u2019est pas présent, qu\u2019il ne s'engage pas dans ce qu\u2019il vient de dire, qu'il ne se prend pas au sérieux.Et en fait, personne ne le prend au sérieux non plus: tout cela est aussi futile que le jeu du chat.On passe son temps à corriger des détails, à éviter des pièges qui n\u2019existent pas, à jouer un petit jeu de désengagement d\u2019une minutie maniaque; au lieu d\u2019agir, on s\u2019agite, on finit par tomber dans une espèce de méticulosité tâtillonne: vivre sans rien faire, c\u2019est être gâteux; parler sans rien dire, radoter: Les mots-cadavres Seuls nous demeurent On les resasse On les compile .« « Alls sont un peu notre sagesse Et notre vide.LE QUARTIER LATIN S DU REFUS oh par Pier Mahe La voix qui parle dans les poèmes voit bien que ses mots sont des cadavres, sa vie une mort- vivante.Elle en vient à vivre sa condition comme un exil \u201cnous ne sommes pas au monde, la vraie vie est absente\u201d.De là à supposer que cette Vraie Vie existe quelque part, il n\u2019y a qu\u2019un pas, qu\u2019il est presque impossible de ne pas franchir.En autant qu\u2019on s\u2019est mis dans une position où il est impossible d\u2019adhérer à ses propres actes, en autant qu\u2019on s\u2019est défini comme une sorte de carrefour vide, il n\u2019est pas surprenant qu\u2019on en vienne à penser que des Valeurs essentielles Viennent se rencontrer à ce carrefour.En effet, par refus de s\u2019engager, on en est venu à ne jamais agir \u2018pour de vrai\u201d; on a réduit la vie à une série de petites tracasseries; au cours de l\u2019aventure, le monde réel a perdu sa consistance: \u2018\u2018l\u2019arbre n\u2019était pas l\u2019arbre\u201d, etc.De la même façon, les actes, dans cet exil, ne sont plus que des simulacres des essences: Je me défie des cris 5 Qui simulent l\u2019angoisse Je me défie des larmes Qui parodient l\u2019amour.Et justement, comme on tente de ne rien faire, et d\u2019être quelque chose, on en vient à tenter de s\u2019identifier à ces essences.L\u2019exemple le plus clair de ce mouvement est celui de l\u2019amour; le recueil contient plusieurs poèmes d\u2019amour, où on parle de rosée, de cendres, etc.On sent bien qu\u2019il ne s\u2019agit pas là de la transposition d\u2019un amour réel: vivre un amour c\u2019est se livrer de la façon la plus totale au regard d\u2019une Autre, et il n\u2019est pas question de prendre un tel risque ici.L\u2019amour dont il s\u2019agit est un rêve: \u201cne parle pas, soyons l\u2019amour\u201d, dit l\u2019un des poèmes, ce qui me semble fort révélateur.En règle générale, les gens font l\u2019amour; le seul amour qui puisse avoir un sens humain est celui que les hommes font tous les soirs.Cet amour est un acte bien concret et non pas l\u2019espèce d\u2019étreinte figée du poème.L'amour avec lequel on tente de coincider est une impossibilité; c\u2019est le Hamour qui n\u2019existe qu\u2019au niveau des essences.Il est dès lors bien évident qu\u2019on ne l\u2019atteindra jamais: le poète a choisi cet Hamour précisément parce qu\u2019il ne correspondait à rien de concret.Il peut bien parler de \u201cfille mensonge\u201d, mais il n\u2019a que soi-même à blâmer puisque c\u2019est lui qui s\u2019est lancé à la poursuite d\u2019un songe: Toujours reconstruire nos songes Pour en vivre les ruines C\u2019est le secret de notre amour.Il en va de même dans tous les domaines; le méchant-poète s\u2019est enfermé lui-même dans une condition navrante où il ne peut passer de la futilité qu\u2019à la déception, dans une ronde infernale.Il a bien échappé à l\u2019univers des juges, mais tous les univers possibles se sont désintégrés en même temps, et il ne lui reste entre les mains qu\u2019un beau désastre à contempler.C\u2019est ainsi que la forme: \u201cJe.ne plus\u201d se retrouve dans une bonne moitié des poèmes.Il y a toujours un événement catastrophique qui vient de s'achever: \u2018\u201cj\u2019ai tout détruit et il ne reste plus rien\u201d, \u201ctout s\u2019est effondré et je reste seul\u201d, voild le sens de ces récapitulations - successives, L'avenir est toujours coupé, on-ne va et on ne veut aller nulle part.Le présent (qui: en fait est un perpétuel radotage), on le voit toujours comme un aboutissement, un naufrage: je ne plus.La dimension du temps qui pix\u201c: alors toute l\u2019importance, c\u2019est le passé.Mis le passé réel ne fut composé que d\u2019une LN 65 \u2018 PAGE SEPT série de désastres successifs, de présents d\u2019impuissance.C\u2019est dire que le passé qui domine le temps en est un autre que le passé réel: il est toujours antérieur aux anciens présents, c\u2019est \u201cavant\u201d, un temps différent de celui de l\u2019existence, le temps du mythe, \u201cin illo tempore\u201d; ce qui a priorité, c\u2019est ce temps hors de la vie réelle, avant le moment ou: J'ai perdu la pureté des pierres J'ai perdu la grâce des bambous J'ai perdu la force de l\u2019orage, etc.En somme le poète s\u2019aliène au profit du mythe; chaque moment de sa vie, vécu dans la futilité, prend valeur d\u2019absolu en glissant au passé, Encore une fois c\u2019est une illusion qui prend toute l'importance.Si le poète n\u2019arrive jamais à donner du poids à son présent, à ses actes, c\u2019est qu'il a conféré valeur de réalité à l\u2019impossible, à l\u2019ailleurs.\u201cLa vraie vie est absente\u201d, parce que la seule qu\u2019il accepte pour vraie est l\u2019Autre Vie, n\u2019importe laquelle sauf celle qu\u2019il vit à chaque moment.Et au fond, cette vraie vie, ce serait celle où on recevrait comme par enchantement \u201cla pureté des pierres\u201d, etc.(grâce, force, vertu, innocence); ce serait une vie où en somme on serait justifié de l\u2019extérieur, où on ne serait pas responsable des valeurs qu\u2019on n\u2019aurait qu\u2019à accepter avec \u2018\u201c\u2018innocence\u201d\u2019, etc.Cela existe: l\u2019esprit de sérieux de celui qui accepte un système et s\u2019en sert pour se justifier réalise exactement ce mouvement.Mais c\u2019est là notre point de départ: nous en sommes arrivés à faire de notre vie une perpétuelle nostalgie de ce que nous avions refusé dès l\u2019abord; nous nous faisons déchus vis-à-vis d\u2019un mythe au lieu de nous démystifier; pour fuir l\u2019univers des juges, nous sommes devenus à nous-mêmes nos propres juges, nous rendant la vie impossible à nous-mêmes.On en vient à se demander si tant d\u2019efforts valaient d\u2019être gaspillés pour en arriver à ce beau triomphe: Vide il n\u2019y a plus que le vide I! n\u2019y a plus Que tes mots disant le silence Et le silence dit l\u2019absence Si au moins on assistait à un suicide réel, il demeurerait encore une certaine élégance, tandis que, nous l\u2019avons vu, ces mots disant le silence ne sont qu\u2019un radotage.Tout cela parce qu\u2019on persiste à prendre pour \u2018le vert paradis des amours enfantines\u201d\u201d ce qui ne fut qu\u2019une cure de brain-washing trop bien réussie.Quand on a l\u2019impression que le monde n\u2019est que déception, il ne faut pas accuser le monde, dont l\u2019inerte indifférence ne peut être coupable; et puisque le monde ne prend un sens quelconque que pour une conscience constituant ce sens, il faudrait un jour comprendre que l\u2019on est seul responsable de ses déceptions.Seule une attitude contradictoire peut être à la base d\u2019une quête impossible.L'intérêt du recueil de Brochu est justement en ce qu\u2019il est une prise de conscience de cet échec, Evidemment, cette prise de conscience peut devenir elle-même un élément de plus dans la ronde que nous avons décrite; il est facile de se laisser aller à savourer doucement l\u2019amertume d\u2019un échec; c\u2019est l\u2019aboutissement de la vie du raté ou du gâteux.Mais cette même prise de conscience peut constituer un dépassement de \u2018 l\u2019échec en question, et ouvrir la voie à une vie tout autre.Le méchant peut dépasser les avatars successifs de son refus: il serait peut-être temps que nous cessions d\u2019agir en fonction d\u2019un système de Valeurs que nous refusons; il serait temps que nous cessions de proclamer le \u201cdroit a Perreur\u2019 et que nous nous occupions de vivre notre vérité; il serait bien temps de devenir indépendants, adultes, et de cesser de nous soucier de ces piètres juges dont les jérémiades et les remontrances devraient nous laisser bien indifférents.On a voulu nous faire croire que nous étions des anges, et ça n\u2019a pas collé; alors nous nous sommes pris pour de petits Rimbaud, \u2018\u2018satan adolescent\u201d, etc., et on s\u2019en \u2018est servi pour nous condamner; nous avons enfin voulu nous prendre pour des cailloux, sans trop de succès.Il serait peut-être temps d\u2019en finir avec tout cela, et de passer les mythes par-dessus bord: si nous nous prenions une bonne fois pour des hommes?L\u2019expérience serait peut-être plus fructueuse.Elle aurait à tout le moins l\u2019attrait de l\u2019inédit. PAGE HUIT LEQUARTIER LATIN EN REGARD DE LA DOCTRINE.gieuses et scolaires sous la III- République.Visant tout d\u2019abord l\u2019action politique du clergé, il a fini, dans la littérature pamphlétaire, par désigner toute activité du prétre débordant ses fonctions culturelles, voire toutes les manifestations de la vie chrétienne sur le terrain moral, social, professionnel et politique .(Ce qui veut dire que les pamphlétaires refusaient au prétre le droit méme d\u2019être citoyen \u2014 c'était du \u201c\u2018laïcisme\u2019*.) .Sous une forme très large, on pourrait définir le mot: la propension d\u2019une Église ou d\u2019une société spirituelle à s\u2019immiscer dans les affaires séculières, pour transformer l'autorité publique en simple instrument de ses desseins.Cet appétit du pouvoir n\u2019a pas seulement cxisté dans l'Église catholique.Le protestantisme à ses origines nous en propose un exemple fameux: la dictature ecclésiastique de Calvin à Genève .Quant à l\u2019Église catholique, sa longue histoire permet de discerner chez elle deux formes possibles de la tentation du cléricalisme: une forme institutionnelle due 3 une conception particuliére des rapports entre le pouvoir politique et le pouvoir spirituel; une forme diffuse due a la tendance assez fréquente chez les clercs à faire régner l\u2019Église par des voies charnelles et politiques .Le cléricalisme n\u2019est donc pas un mythe, forgé de toutes pièces par les adversaires de l'Église.Les analyses précédentes montrent qu\u2019il a pu se manifester à toutes les époques.Les clercs doivent d'autant plus s'en garder que les peuples ont la mémoire longue et qu'\u2019ainsi les fautes commises dans le passé peuvent gêner gravement les inté- suite de la page quatre ;Ç rêts de l\u2019Église et entraver l'exercice de sa mission spirituelle.\u201d \u201cLE CLÉRICALISME: l'introduction de ce néologisme, encore absent de nos dictionnaires dans le langage de la politique et des polémiques religieuses, a été faite, dit-on, par des journalistes belges, vers l\u2019année 1855 .Les abus de pouvoir du sacerdoce se font sentir, soit par une tendance à une domination excessive sur les consciences des fidèles, soit par des empiète- ments sur le domaine des autorités politiques et civiles.Ces usurpations du clergé ne sont possibles que dans les Églises qui reconnaissent un pouvoir sacerdotal et elles ne sont à craindre que dans celles qui, étant unies à l\u2019État, forment de véritables établissements politiques, ne songeant, en cette qualité, qu\u2019à étendre leurs attributions et visant par conséquent à transformer le gouvernement de l'État en une véritable \u2018\u201cThéocratie\u2019 .Mais la religion doit être soigneusement distinguée du cléricalisme .Cette politique du Christianisme (en tant que religion) est largement humanitaire et tolérante: elle nous fait assister au magnifique spectacle de ses combats incessants contre l\u2019esprit d\u2019ignorance et de superstition, de ses efforts pour réintégrer la conscience individuelle dans la pleine possession d'elle-même par l\u2019assimilation des vérités religieuses faisant seules leur chemin dans le monde .La politique du cléricalisme est au contraire exclusivement sectaire et intolérante (tout comme son opposé qui est le laïcisme).Malgré l'évidence des faits, le pouvoir sacerdotal persiste à soutenir qu\u2019étant de droit divin, il s\u2019identifie à la religion et qu\u2019il reste l\u2019Église même dans toute sa pureté et son intégrité originaires.C\u2019est au moyen de cette confusion entre les pouvoirs temporels et spirituels, entre le temps de l'Église primitive et ceux de la décadence de ses institutions ecclésiastiques, que le cléricalisme trouble et démoralise les esprits, produit l\u2019affaissement des caractères et séduit les faibles en leur évitant jusqu\u2019à l'effort de discerner le vrai du faux, le bien du mal, l\u2019autorité du prêtre se dressant continuellement devant la conscience des fidèles et se substituant artificiellement à celle- ci, comme un critérium infaillible de la vérité religieuse.\u201d La définition du cléricalisme et ses implications étant assez complète je crois, parlons maintenant de LAICITÉ ET DE LAICISME, autres phénomènes sociaux qu\u2019il ne faut pas confondre et auxquels les auteurs du \u2018\u2018Chrétien en démocratie\u2019 font allusion.La LAICITÉ est \u2018\u2018un principe de la doctrine catholique réflétant la distinction entre le spirituel et le temporel et la souveraineté de deux pouvoirs\u201d.\u2018\u2018Lorsqu\u2019on dit qu\u2019un État est laïque, on veut, avant tout, définir sa fonction propre qui est d\u2019ordre temporel et son incompétence concernant le fait religieux comme tel.La laïcité est une bonne chose puisqu'elle permet à chaque citoyen de pratiquer la religion de son choix, à l\u2019État de jouer son rôle dans l\u2019ensemble de la société et d'intervenir dans des secteurs qui jadis échappaient en grande partie à son influence parce qu'ils étaient considérés d\u2019ordre privé.Les citoyens eux-mêmes réclament cette intervention au nom du bien commun.\u201d TTT | Tm | | rochaæinoement oo I Droghamme CALENDRIER UNIVERSITAIRE 16-17-18 MARS à8 h.p.man Gesu \u2014 \u201cLa Cruche Cassée\u201d par I'Atelier Universitaire 16 MARS Conférence d\u2019information organisée par la Faculté de Chirurgie Dentaire 8 h.30 au Grand Salon du Centre Social 17 MARS Elections du Conseil étudiant à Poly 18 MARS dernier C À 8 h.30 p.m.à l\u2019auditorium de l\u2019Université iné-Campus 23 MARS Elections des officiers généraux de PA.GÆ.UM, Dites des Players, ah vous plait LA PLUS DOUCE, LA PLUS SAVOUREUSE Le domaine de l'instruction, par exemple, doit être, à mon.humble avis, laïcisé le plus tôt possible et ceci pour le plus grand bien de tous, l\u2019Église notre Mère la première.En effet, on réclame de toute part la gratuité scolaire à tous les niveaux.Si c\u2019est l\u2019État qui est appelé à fournir les fonds nécessaires pour atteindre ce but, il est logique et plus prudent que ce soit lui qui dirige et administre les institutions qui reçoivent ces fonds.Ainsi, les laïcs qui enseignent pourront gagner un salaire convenable, les parents, en tant que citoyens payeurs de taxes, auront enfin l'opportunité de dire un mot sur l\u2019éducation de leurs enfants (opportunité qu\u2019ils n\u2019ont pas dans des institutions comme le Collège Grasset ou l\u2019Université de Montréal) et enfin, un plus grand nombre d'étudiants, riches ou pauvres, pourront fréquenter nos cours classiques et les institutions de haut-savoir que sont nos universités.Cette saine laïcité peut s\u2019opérer graduellement à condition que les laïcs respectent le prêtre dans ses fonctions propres et que les prêtres et les religieux, à leur tour, se rendent compte que notre \u201cbelle province'\u2019\u2019 a enfin évolué vers un christianisme adulte et mieux compris et que les laïcs ont acquis une compétence réelle dans tous les domaines qui leur sont propres.Est-ce à dire qu\u2019il n\u2019y aurait plus de religion enseignée?Pas du tout.Les institutions d'enseignement fréquentées par les catholiques jouiraient d\u2019un enseignement religieux, tout comme les protestants et les juifs.Par contre, j'estime qu\u2019au niveau universitaire, il ne doit plus y avoir de matières religieuses obligatoires car les universités sont appelées de plus en plus à recevoir des étudiants de toutes races, nationalités, langues et religions.Il serait injuste au point de vue de la liberté la plus élémentaire de forcer un étudiant non catholique à assister à des cours de religion catholique et à passer des examens sur ces matières.La laïcité de l'État et des universités est donc, d\u2019après moi, une chose d\u2019une impérieuse nécessité.Il y a pourtant un danger pour les catholiques qui désirent que ce processus de laïcisation s'opère.C\u2019est de glisser vers le LAICISME.\u201cLe laïcisme est le phénomène contraire et tout aussi condamnable que le cléricalisme.En fait, c\u2019est une neutralité de nature \u201c trompeuse à l\u2019égard du fait religieux.Il implique une attitude antipathique, défavorable, dédaigneuse, sous les apparences d\u2019impartialité.De là, on passe aisément un laïcisme agressif, doctrinaire, ouvertement antireligieux.\u201d\u2019 C\u2019est un phénomène qui s'est produit cette année chez certains rédacteurs du *\u201c\u2018Quartier Latin.Voulant bien faire probablement, ils ont entrepris une campagne de laicisation, au début saine et mo- mene 16 MARS 196; dérée, qui s\u2019est changée a en laïcisme exprimé plus ou mone Se ement, ~ propos de lajcitg de l'État, les abbés Dion et O'Neill disaient: \u201cIl est des cas où l'État doit aller plus loin dans son sou tien accordé aux valeurs religieuses fond Dans un pays marqué pro.ondément par des traditions et des coutumes chrétiennes, l'État a le devoir de tenir compte de leur existence dans l'élaboration de sa politique.En agissant ainsi, il donne preuve de réalisme et ne fait que remplir sa fonction de gardien du bien commun.Cela ne l\u2019empêche pas de conserver sa laicité, Un mouvement tel que le laïcisme a plusieurs causes: esprit négateur des valeurs surnaturelles, fruit du rationalisme, du positivisme et de la prépondérance de la technique dans notre civilisation, réaction aussi envers le cléricalisme, (Dans le Québec, je crois que le laïcisme a surtout été une réaction contre l\u2019ingérence de certains clercs dans la politique et dans le domaine de l\u2019éducation, sous le couvert de la morale et des valeurs absolues, Certaines anecdotes bien connues ont un fond de vérité, de triste vérité, par exemple: \u2018\u201c\u2018Le ciel est bleu, l\u2019enfer est rouge! Vous savez pour qui voter!) En général, les abbés Dion et O'Neill ont été très objectifs dans leur exposé et ont su rappeler des définitions souvent importantes.Pour résumer leurs idées, disons qu\u2019une saine laïcité est nécessaire aujourd\u2019hui pour le bien commun et pour un plus grand respect de l\u2019Église dans ses fonctions propres, D'autre part, le laïcisme ct le cléricalisme sont des maux dont la disparition soulagerait les catholiques adultes et convaincus.Je crois qu\u2019il était bon de rappeler ces quelques données tout en recommandant la lecture du \u2018\u2018Chrétien en démocratie\u201d, chose qui s'avère nécessaire si on cxamine les derniers articles parus dans nos journaux, tant étudiants que \u201cpublics\"\u2019.J'ai essayé d\u2019être objecdf dans ce petit exposé quoique ses dimensions ne me permettent pas d\u2019exprimer toutes les opinions valables sur le sujet.Je n\u2019espère qu\u2019une chose; c\u2019est que la lecture du volume des abbés Dion et O'Neill donne la possibilité à ceux qui écrivent sur le sujet de le faire en \u201cconnaissance de cause\u201d.André Charron (Adano) Bacc.1I Sc.sociales.(1) Gambetta (Léon) avocat ct homme politique français, né à Cahors, 1838-1882.Il s'est fait remarquer dans les rangs du Parti républicain à la fin de l\u2019Emplre et fut nommé député de Paris en 1869.Il fut préaident de la Chambre en 1879 et président du Consell en 1881.II cormbattit avec éclat le cléricalisme.(2) \u201cCatholicisme, hier, uujourd'bul) demain.\u201d Tome I (Bethtéen:-Confrères, (3) M.Block: \u2018Dictionnaire de la politique\u201d, 1873 .P.360.SAMEDI, DERNIER CINÉ-CAMPUS \u201cLES FEUX DU MUSIC HALL\u201d de Federico Fellini avec Giulietta Massina 18 MARS | ye 7 allay * la ® 2S LE SALON DE LA JEUNE Actuellement, à l\u2019École des Beaux-Arts, se tient le salon de la jeune peinture, organisé par le Centre canadien d\u2019essai.C\u2019est une exposition-concours qui a pour but de découvrir des jeunes artistes de talent et de leur donner une chance d\u2019exposer et de se faire connaître.En parcourant le salon, pourtant, les signatures que nous y voyons sont plutôt familières: Mongeau, Chapdelaine, Salette, Dulude, Daglish, etc.Est-ce dire que les jeunes peintres vraiment débutants perdent des chances en étant comparés à des aînés ou est-ce parce qu\u2019ils n\u2019osent rien présenter ?L\u2019allure générale du salon est plutôt décevante.Il semble que les jeunes artistes ne prennent pas de risques: il faut que leur peinture plaise au plus tôt.Il y a quelques trucs pour y arriver vite et c\u2019est très déprimant de constater jusqu\u2019à quel point ils sont exploités.L'impression qu\u2019on a de cette exposition est une impression de superficiel et de facilité.Si, avant trente ans, on en est déjà rendu à dépouiller son style (déjà réduit au minimum d'effort), qu\u2019en restera-t-il à cinquante ans ?Il semble que le travail honnête et ardu à la recherche d\u2019une expression personnelle se perde de plus en plus.Plutôt que de viser la vérité profonde, certains jeunes peintres visent l\u2019effet immédiat que fera leur peinture.Ce qui donne des résultats ébahissants: tout nous tape dans l'oeil du premier coup et nous Ote ainsi le plaisir de découvrir et d\u2019aimer une jæinture.Peut-être est-ce pour éviter un effort fatiguant au spectateur que les jeunes peintres agissent ainsi.Germain a remporté le premier prix de peinture.Ses peintures PEINTURE (qui sont plutôt des encres) sont très riches de couleurs, obtenues par les transparences de l\u2019encre et certains effets de brûlé.La composition est simple: il s\u2019agit d\u2019une masse principale en relief qui s\u2019étend à travers toute la toile par des dégoulinures blanchâtres.Le tout paraît fabriqué de toutes pièces.Cependant, c\u2019est agréable à regarder mais il faudrait peut-être exiger plus que cela d\u2019un jeune peintre si l\u2019on veut avoir plus tard des peintres de valeur.Le deuxième prix de peinture va à Lise Gervais.Elle présente deux peintures dont l\u2019une étonne par le format allongé.Mlle Ger- vais travaille à la spatule en énumérant des taches rouges, jaunes et noires sur un fond blanc pur.C\u2019est un procédé assez mécanique mais sa peinture vibre tout de même, quoique cette vibration a tendance à devenir papillotement quelques fois.Gabriel Contant, lauréat du troisième prix, présente pour sa part deux petites toiles très sobres, où on retrouve une organisation de l\u2019espace et un jeu de profondeur intéressant.La couleur demeure assez sommaire cependant.Spiecker a eu une mention honorable avec deux peintures où il étudie la texture.Marcel Braistein a remporté le prix de sculpture avec un personnage de fer soudé très expressif, d\u2019une matière très riche.Anne Treize a remporté la palme pour les arts graphiques avec une encre très banale.Heureusement, toutes les peintures ne sont pas truquées.Certains jeunes poursuivent des recherches sérieuses très consistantes.Je pense à Daglish qui expose une peinture très raffinée de couleurs, ou, à Hurtubise qui présente deux immenses toiles pleines de richesses, ou à Venor, Arkauskas, Vernier, Marion et quelques autres.| Ce qui est dommage, c'est qu\u2019on ne s'attache pas autant à encourager un travail qui promet qu\u2019à se pâmer devant une production \u201carrivée\u201d et souvent vide de toute vie intérieure.Yolande Dupuis PARTIE DE SUCRE Organisée par la Faculté de Sciences Sociales Chez Boulais, le 19 mars, à St-Grégoire Départ des autobus, \u201cRendez-vous\u201d Chez Valère à 2 h.p.m.Billets: pour les membres inscrits, $2 par tête, $4 par couple.Pour les membres de PAGEUM, $3 par téte, $6 par couple.ou Vianmey Dugas.Pour informations et réservations de |.| billets, s\u2019adreasce à Jenn-P, Tétreault| LE QUARTIER LATIN PAGE \u2018NEUF LES ÉTUDIANTS PROTESTENT \u2026 quoi cela répond à un besoin\u201d.Nous affirmons que l\u2019École Normale Secondaire de l\u2019Université de Montréal donne un enseignement universitaire.L'Ecole Normale Supérieure a sans doute sa place à l\u2019Université, mais ce n\u2019est pas la nôtre ! Pourquoi détruire l\u2019École Normale Secondaire dans sa direction, dans son personnel enseignant, dans les diplômes qu\u2019elle accorde, dans les crédits |.accumulés, péniblement parfois, par les élèves actuels ?Plusieurs d\u2019entre nous songent à demander des bourses pour étudier à l\u2019étranger: Sommes-nous certains d\u2019être bien accueillis par le gouvernement et par les universités étrangères quand notre recteur lui-même ne renie pas une déclaration qui nous prive du statut universitaire ?Nous voulons bien accorder à l\u2019Université de Montréal le droit de créer une faculté de haut-savoir pédagogique, et nous la félicitons de vouloir s\u2019inspirer de l\u2019École Normale Supérieure de Paris.Mais cette faculté francaise compte un nombre bien restreint d\u2019étudiants triés parmi 40 millions de Français.Or, le département de l\u2019Instruction Publique prévoit que la province de Québec aura besoin de 5,000 professeurs au niveau secondaire d\u2019ici quelques années.Il nous semble présomptueux d\u2019espérer que l\u2019École Normale Supérieure, telle que conçue par les autorités de l'Université, pourra, en partant de zéro, remplir ces cadres.Nous devons garder l\u2019École Normale Secondaire pour continuer de former des licenciés qui se révéleront de plus en plus compétents à mesure qu\u2019augmenteront l\u2019intérêt et l\u2019encouragement que Mgr le recteur, membre- fondateur et secrétaire du conseil d\u2019administration de l\u2019École Normale Secondaire, ne leur a peut- être pas très largement accordés jusqu'ici.En effet, comment expliquer que Mgr.Lussier ne connaisse rien de la programmation actuelle et projetée de l\u2019École Normale Secondaire, comme il l\u2019a reconnu devant les représentants de notre association ?11 ne faudrait pas, évidemment, que se répètent des restrictions aussi nuisibles que la suivante: nos étudiants au baccalauréat et à la licence n\u2019ont jamais eu l\u2019autorisation d'emprunter des livres de la bibliothèque universitaire.Mais, il nous semble, que dans un climat de compréhension et d\u2019accueil, l\u2019Université de Montréal aurait grandement à profiter du maintien de l\u2019École Normale Secondaire, non pas dans un rôle diminué comme le concède actuellement Mgr le recteur, mais au contraire, dans un rôle augmenté, avec un personnel nombreux et intégré dans les oeuvres de l\u2019Université.- .EN DÉFINITIVE, les étudiants de l\u2019École Normale Secondaire réclament le droit de savoir: 1) pourquoi sabote-t-on l\u2019École Normale Secondaire ?.pourquoi ignore-t-on le travail qu\u2019elle accomplit depuis 20 ans ?\"A Ta ressort;un\u2019réle siibal- terne ?: [ pourquoi lui réserve-t-on en| dernier suite de la première page 2) de quelle façon précise l\u2019avenir des étudiants actuels sera- t-il affecté ?L'avenir de 800 élèves est en jeu: de grâce, .des précisions ! de quelle façon précise l\u2019École Normale Supérieure entend- elle intégrer les diplômés \u2014 bacheliers ou licenciés en pédagogie \u2014 qui voudraient obtenir un diplôme supérieur ?Nous pensons non seulement aux diplômés de l\u2019École Normale Secondaire, mais aussi des autres écoles normales supérieures qui décernent un baccalauréat en pédagogie sous l'égide de l'Université de Montréal.Les étudiants qui se sont fiés à l\u2019Université de Montréal et.à son recteur, et qui sentent leur avenir gravement compromis, veulent des garanties définitives et précises.Les étudiants craignent de se retrouver, du jour au lendemain, avec, comme seule richesse, un parchemin d\u2019une institution défunte à toutes fins pratiques et discréditée par un de ses plus éminents fondateurs.Le Comité de régie pour l\u2019Association des Étudiants de l\u2019ENS OUI OU NON À L\u2019ÉCOLE NORMALE SECONDAIRE ?La création de l\u2019École Normale Supérieure met immédiatement en cause l'existence à l\u2019intérieur de nos murs de l'École Normale Secondaire, fondée déjà depuis vinge ans.La nouvelle école possédera, dit-on un statut strictement universitaire, ce qui la différencierait de l'École Normale Secondaire.Aussi, ceux de \u2018\u2018la timide tentative\u2019\u2019 en profitent-ils pour exposer la condition actuelle de leur école.La conception moderne d\u2019une université ne se sépare \u2018pas des notions d'esprit universitaire, de recherche et de publications.Sur ce plan, nous voudrions montrer que l\u2019École Normale \u2018Secondaire possède aussi ses lettres de noblesse.Les carabins ont déploré avec raison le départ de M.-Dansereau, un authentique professeur à l\u2019esprit universitaire.Entretenir un dialogue avec les élèves et favoriser chez eux le développement de l\u2019esprit critique devrait être les préoccupations majeures de celui qui enseigne à un niveau supérieur.C\u2019est en ce sens que les professeurs de l\u2019E.N.S.ont compris l'esprit universitaire et l'étudiant non seulement a droit \u2018\u2018à sa vérité\u2019\u201d\u2019 mais peut même critiquer la conception du professeur sans pour autant encourir les foudres de l\u2019exclusion ou de l\u2019échec.Cette attitude ne peut se concevoir que dans une optique strictement universitaire.Dans le même sens, les professeurs ont toujours encouragé le développement de esprit de recherche.Ce point a toujours été à l\u2019honneur à l'École: la qualité des thèses des diplômés en témoigne et dans le contexte actuel, les étudiants intéressés ont formé des équipes qui grâce aux séminaires et cours à cet effet se préparent à un travail fructueux en pédagogie.Leur nombre s\u2019est accru considérablement au cours des dernières années et nous espérons, qu\u2019en créant le climat nécessaire, le Canada français pourra bientôt faire valoir ses droits dans ce domaine.L'École possède ses propres éditions.Elle a publié de nombreux tests et examens en usage dans les écoles ou collèges et récemment les Éditions Pédagogiques de l\u2019École Normale Secondaire publiaient un Cours d\u2019Algèbre par Emile Gérard, maintenant adopté par de nombreux collèges classiques.Cette rénovation des méthodes ne s\u2019étend pas seulement au domaine scientifique (Méthode Mar- villet).Dans le domaine de l\u2019enseignement du francais et des langues (Méthode Gal), l\u2019École a toujours préconisé l'application des techniques les plus modernes avec les professeurs les plus compétents comme en témoigne le passage parmi nous de MM.Geslin, Jasmin, Leroy, Genest et autres de même calibre.Même au point de vue des programmes, l'Ecole, en collaboration avec la faculté des arts, réunissait, il y a quelques années, les préfets des études au centre pédagogique du lac Trèfle, dans les Laurentides, pour mettre au point un programme depuis lors en vigueur dans les collèges.De telles initiatives encore une fois relèvent du niveau strictement universitaire.À la lumière de ces faits, les étudiants de l'École Normale Secondaire se demandent si une saine évolution doit nécessairement se faire dans la destruction.Dans le contexte politique actuel on semble croire que tout est à changer.Quand une institution a déjà fait ses preuves on peut s\u2019interroger sérieusement pour savoir si avant de créer il ne serait pas bon de tenir compte aussi des \u2018\u2018valeurs acquises\u201d.Le comité exécutif de l\u2019École Normale Secondaire LA CRUCHE CASSÉE L\u2019ATELIER.UNIVERSITAIRE présente, AU GESU - farce de Henrich Von Kieist .16 17 18 LE PAGE DIX LE QUARTIER LATIN 16 MARS 1961 ow - PETER STUYVESANT ARR Paris, Londres, New-York , Amsterdam, Sydney, Hambourg, de ville en ville, de pays en pays, un nombre de plus en plus grand de fumeurs connaissent la joie de vivre que procu re / C, Stuyvesant.7 Wry pag % sais i Th ri pu Hii 4 a be tl rt de 0] Su ho! fr ay dit in i] Ny x 3 sl (ju HLT] SN, ] n Hi iy if 1] =\" 20 Ë Fr fi 1; ty [lits 1595 : pd i 4 afi] ti) SE N Ek 1672 5 LN fan (Rd Ky, cr x, LNs SI k 3406 IT | va 2 SLA EE) RR Al i 13 A NN ne 10 Up ç M 4 En giv any j ir j | x ji ÿ ER Ih Say pice I) ou i Ii] ÿ FR LE fi 1 5 [res HIE de = ER ial # 1 Fh EM 14, A ; i A pour plus de plaisir PAGE:ONZE AU VOLLEYBALL L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL TERMINE EN DEUXIÈME POSITION La saison régulière de volleyball s'est terminée la semaine dernière alors que les Polonais ont vaincu les Carabins 1 parties à 1, en s'assurant ainsi la première position et le championnat de Montréal.Le classement final est donc: 1.Polonia 2, U.de M.3.lEstonians 4.Latvians 5, Snowdon \u201cY\"\" 6, Immaculée-Conception Celà ne veut pas dire que les activités de l'équipe se terminent aujour- d'hui, bien au contraire.C'est ce soir que débutent les semi-finales qui consistent en deux matches au total des parties (ou des points).Alors que les champions (Polonia) rencontreront les Estonians (ceux-ci se sont mérité la coupe pour le plus piètre esprit sportif de l'année), les Carabins feront face aux Latvians.Les gagnants se disputeront un seul match en linale pour la possession de la coupe et le privilège de pouvoir participer aux championnats de l\u2019est du Canada, qui se tiendront cette saison à l'oronto, le 29 avril.Ce qui veut dire qu'il reste trois possibilités à notre équipe de pouvoir y participer, soit que l\u2019on remporte la finale, ou que les Polonais la remportent (ceux-ci étant déjà éligibles, l'équipe de deuxième sera appelée à les accompagner), soit que l\u2019on remporte les championnats provinciaux qui se tiendront à Québec, le 15 avril.Il y aura en plus, le 8 avril, un tournoi pour toutes les équipes de Montréal et des environs qui désirent y participer.Ce tournoi qui se tiendra au Centre Maisonneuve, aura pour but d\u2019habituer les équipes qui représenteront notre région à jouer contre plusieurs équipes en succession, ce que font les équipes de Toronto à plusieurs reprises durant l'année (elles remportent toujours le championnat d'ailleurs).Comme vous voyez, le plus gros reste à faire.Il ne nous reste plus qu'à féliciter nos porte-couleurs pour avoir terminé en tête du classement et de leur souhaiter les meilleurs succès possibles dans les tournois à venir.R.Brunet l'étudiante, bien équipée pourL L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE SEL [POIVRE|SAUGE fFARINEÏ AIL.MÉSSSISUCRE \u2014s POULE NON ASSAISONNEMENT HABILLÉE À LA RUSSE Vv 3 OEUFS MOLLETS OEUFS DURS THÉ MAT ot \u201cMES RECETTES | IMMORTELLES® PAR - 4% L\u2019étudiante bien équipée pour gagner le pain de la maisonnée utilise une courte recette infaillible: \u201cPrendre un Compte \"MA BANDE d'Epargne de la B de M et l\u2019alimenter réglièrement.\u201d BANQUE DE MONTRÉAL La Première Banque au Canada pour les étudiants Succursale Ave.Darlington et Soissons: GEORGE GALE, gérant UIF.60 MOT DE LA FIN SUR LES CARABINS Lors de la demière édition du \u201cQuartier Latin\u201d, nous vous avions promis de venir vous donner nos impressions sur la saison qui vient de prendre fin.L\u2019impression générale que nous en tirons est que nous avions une équipe de beaucoup supérieure au record qu\u2019elle a amassé: lu fin de saison prouve notre avancé, puisque chacune des victoires remportées l\u2019était aux dépens d\u2019adversaires en besoin.Dans l\u2019Interuniversitaire, nous avons remporté cinq victoires et subi sept défaites; nous avons compté 54 buts (un de moins que les champions) et alloué 67: c\u2019est là qu\u2019était notre faiblesse jusqu\u2019à la neuvième partie, mais Régent Beaudet est venu régler le problème.Dans l\u2019Interuniversitaire de Montréal où nous avons remporté le championnat, nous avons gagné six fois en sept tentatives, tandis que les exhibitions nous ont permis d\u2019ajouter trois autres victoires (en cing rencontres) à notre \u201cfleuron\u201d (sic).Revoyons chacune de nos défaites: La première est venue contre la Varsity un samedi après-midi au compte de 8 à 4.Nous croyons que Robert Jarry n\u2019y a pas donné son rendement, surtout à la première période, et que nous aurions pu l'emporter probablement, comme l\u2019indique l\u2019avantage que nous avons eu au cours des deux demiers engagements.Au compte de 4 à 3, nous avons subi notre deuxième échec de la saison lors de notre seconde visite à Potsdam dans une joute où les officiels ont sans contredit volé le spectacle, et la victoire évidemment.Et nous voilà à Toronto le 13 janvier (et un vendredi en plus).Quelques heures avant la joute, les Carabins sont confiants, mais ils ne savent pas encore ce qui les attend.Quand vous perdez 14 à 6, vous vous fermez la boîte.Mentionnons la tenue de Jarry qui a su briller malgré les 14 rondelles qui ont pénétré derrière lui, Les deux défaites suivantes nous ont fait mal, parce que nous aurions dû l\u2019emporter.Nous avons tout d\u2019abord perdu aux mains du McGill au compte de 5 à 4, dans une joute où notre manque de fini autour des filets adversaires nous a coûté la victoire à l\u2019engagement initial.(Mentionnons que cette joute comptait dans les deux circuits.) Puis contre le Québec avons disputé notre meilleure rencontre de la saison, mais nous avons quand méme subi un échec de 3 à 2, surtout dû à la présence d'un Grenier miraculeux devant la cage des Québecois.Sur notre défaite de 6 à 3 le lendemain à Québec, aucun commentaire: les joueurs n\u2019ont tout simplement pas joué.Malgré le compte de 7 à 1, ln défaite subie à Toronto n'indique pas du tout allure de ia partie: les offi- clels nous ont tout simplement écrasés par leurs punitions toujours bien placées.Nous espérons que Favreay prendra sa retraite parce que son jugement se fait vieux et sans réflexes appropriés.Puis vient la joute du Carnaval! Sur celle-là et sur Péchec de S à 3 à Québec, nous aimons mieux me pas nous prononcer, Ia première parce que nous travailllons Padver- \u2018| smire et qu\u2019a peu prés tout a été dit, la seconde parce que nous ne l'avons Mais il! appert que c\u2019est Québec que Beaudet a commencé fournir le rendement qui devait lui assurer le poste jusqu\u2019à ln fin de la saison.C'était là notre dernier Donc très facilement, les Carabins auraient pu l'emporter cinq fois de plus: à Potsdam, ici contre McGill et Québec, à Québec la deuxième fois et contre les Etoiles de l\u2019Intercoilé- giale.Seuls les Blues ont définitivement eu le meilleur sur nous cette année.Revoyons maintenant le rendement de chaque point de l\u2019équipe.En ce qui conceme l\u2019instructeur, nous passerons certainement pour un fanatique en affirmant que monsieur Bleau n\u2019est pour rien dans nos défaites: il ne peut travailler pour les joueurs.La seule chose qui pourrait motiver son renvoi, c\u2019est le fait que sa seule présence semble inciter certains joueurs à se contenter de l\u2019In- terfac ou à prendre une retraite prématurée.D'ailleurs il est fort probable qu\u2019on devrait commencer à expulser tous les anciens gérants- généraux qui voudraient encore s\u2019imposer: C\u2019EST LA QUE SE TROUVE LE PROBLEME ! Nous croyons le problème du gardien de buts résolu pour l\u2019an prochain, parce que Régent Beaudet a joué sur la fin de la saison avec un brio des plus étonnant, surtout après l\u2019avoir vu jouer dans la victoire de 8 à 7 contre le Rouge et Or de Québec.Sans aucun doute, il a été de loin supérieur à Jarry et Vanasse, lequel a tout de même gardé une solide partie lors.de notre défaite de 3 à 2 contre le Rouge et Or la première fois.Avec Bastien, Hébert et Lacasse, les Carabins possèdent pour l\u2019an prochain un solide noyau à la ligne bleue, et il suffira d\u2019en découvrir un quatrième pour nous assurer un équilibre constant à cette position.Fernand Bastien a mal commencé, mais à mesure que la saison progressait et que son tempéramment s\u2019assagissait, il s\u2019améliorait d\u2019autant et nous croyons qu'il sera notre pilier l\u2019an prochain.Roland Hébert a joué des parties colossales, mais parfois, il n\u2019offrait pas la moitié de son rendement, un défaut qu\u2019il lui faudra corriger.Serge Lacasse a fait d\u2019innombrables erreurs, mais rares sont celles qui se sont répétées: il a appris et très vite, même au delà de nos espérances.Et n\u2019oublions pas la puissance et la précision de son lancer.Lavigne ct Boissonneault ne sont pas à notre avis de calibre à nous aider.Regardons maintenant le travail de nos avants: Claude Duguay: le meilleur compteur de l\u2019équipe, le joueur le plus spectaculaire, le plus populaire, et LE MEILLEUR JOUEUR DE LA LIGUE, DE LA LIGNE BLEUE AUX FILETS ADVERSAIRES.Raynald Dufour: voilà un type bourré de talents, mais d'emblée trop influençable: sil peut apprendre à contrôler tous les événements extérieurs au hockey et se concentrer à son jeu au cours d'une partie, deviendra une vedette très rapidement.Guy Bélisie: il offre toujours le même rendement: jamais sensationnel, mais toujours efficace.C\u2019est un travailleur infatigable et un as sur| ln défensive (\u201cshadow play\u201d).René Verrier: le joueur le plus régulier de Péquipe.René n\u2019a pas connu une seule mauvaise joute de |.la saison et s\u2019il peut apprendre à profiter des nombreuses échappées qu\u2019il se prépare, ll deviendra un compteur des plus dangereux.Plerre-Paul Blouin: le meilleur ma- nleur de bâton de l\u2019équipe.Son jeu tient l\u2019adversaire continuellement: en déséquilibre: il nous rendra de pré- \\ cieux services au cours des années à venir.Eddie Cree: celui qui nous a le plus étonnés cette année.Nous savions qu\u2019Eddie Cree maniait très bien le bâton mais nous croyions que son lent coup de patin lui nuirait: il s'est amélioré à chaque joute et depuis qu\u2019il joue régulièrement, il a compté souvent parce qu'il est toujours bien placé et des plus astucicux.Roland Mongeon: malgré les x livres qu\u2019il devrait perdre, il demeure un de nos joueurs favoris parce qu\u2019il possède ce désir de vaincre qui est la marque des champions.D'ailleurs, quand il veut s\u2019en donner la pcine, il n\u2019a rien d\u2019un manchot ! Marcel Landreville: après un début de saison des plus désappointant, Marcel a finalement affiché Ia tenue que l\u2019on était en droit d'attendre de lui, et nous espérons que l\u2019an prochain, il retrouvera la forme qui lui avait permis d'obtenir huit points en une joute.Roger Hamel: solide sur la défensive, mais plutôt faible à l\u2019attaque parce qu\u2019il a la mauvaise habitude de porter le jeu dans le coin de la patincire, d\u2019où Pon peut difficilement compter, avouons-le.Jean-Marc Melançon: bourré de talent, mais handicapé par un caractère capricieux et irrégulier.Nous croyons donc que tout ce dont nous avons besoin pour l\u2019an prochain, cest un joueur de défense et trois joueurs d'attaque.Avec l\u2019expé- rlence acquise cette saison, nous pourrons alors compter sur une équipe qui saura redorer le blason de l\u2019Université de Montréal (quelque peu terni depuis trois ou quatre ans), si TOUS S'EN DONNENT LA PEINE ! Ces opinions sont personnelles et n'engagent que Guy Pinard David DOCTOR 20% de réduction ÉTABLI DEPUIS PLUS DE 30 ANS 1000 habits TUXEDOS TENUE DE GALA 5439 AVE DU PARC CR.7-0886 mu 000 5 ee - A - 7 A = PAGE DOUZE LE QUARTIER LATIN RÉFLEXIONS SUR LE DÉPART D'UN UNIVERSITAIRE M.Pierre Dansereau démissionne .M.Pierre Dansereau nous quitte.La nouvelle parue dans les journaux de la semaine dernière n\u2019a pas été sans en surprendre et en bouleverser plusieurs spécialement parmi les étudiants de la faculté des Sciences dont iI est le doyen.M.Darsereau est en effet l\u2019une des personnalités les plus marquantes de notre milieu universitaire et sa perte causera certainement chez nous un extrême regret en même temps qu\u2019un vide profond et difficile à combler.Arrivant à la suite des départs plus ou moins spectaculaires de quelques-uns des meilleurs professeurs de l\u2019Université, la démission de M.Dansereau et les circonstances qui l\u2019entourent constituent un événement extrêmement grave et remettent en question de façon particulièrement aiguë certains aspects de notre problème universitaire.Cette hémorragie de professeurs, scientifiques ou autres, vient d\u2019atteindre un état où elle ne saurait continuer sous peine d\u2019ébranler jusque dans ses fondements mêmes notre système d\u2019éducation universitaire.À ce niveau en effet, l\u2019enseignement n\u2019est pas une affaire de briques ou d'administration: Îl n\u2019est même pas, surtout pas une \u201caffaire\u201d tout court; une université est un groupe d'hommes, de \u201cmaîtres\u201d avec toute la noblesse et le respect dont l\u2019histoire a entouré ce titre depuis le Moyen-Age; autour de ces \u201cmaîtres\u201d se rassemblent des étudiants qui viennent travailler sous leur direction pour en tirer la science, l\u2019expérience et la culture humaine.C\u2019est là le noyau, le fondement de toute maison qui prétend dispenser un enseignement supérieur.Mais une organisation humaine comme celle-là, surtout si elle a un tant soit peu d\u2019ampleur a besoin de se donner des têtes dirigeantes qui voient à lui maintenir ce haut degré d\u2019excellence, de vie intellectuelle et de collaboration humaine dont elle doit se nourrir.Elle a aussi besoin de corps auxiliaires tel que le corps administratif qui vient à son service pour lui faciliter cette recherche et cet enseignement de chaque jour que les tracas de finance, de matériel et d'organisation risqueraient continuellement d\u2019étouffer.Quel iriste spectacle alors que le départ de M.Dansereau .et quel spectacle plus déplorable encore de lire le communiqué officiel de l\u2019Université de Montréal à cette occasion.Pierre Dansercau est un scientifique de renommée internationale: son nom est attaché à près de deux cents publications dont un volume; ses recherches l\u2019ont mené aux quatre coins du monde; il a enseigné dans nombre d\u2019universités, obtenu un peu partout des bourses, des nominations, des honneurs.Reconnu et estimé dans tous les milieux il constituait un des plus beaux titres de fierté de l\u2019Université de Montréal.Mais il est encore plus: son humanisme, sa compétence et l\u2019excellence de son enseignement le classent commie l\u2019un des rares \u201cmaîtres\u201d véritables, l\u2019un des rares \u201cuniversitaires\u201d que nous ayons.Et M.Dansereau nous quitte: \u201c.Un très grand honneur fait à l\u2019Université.\u201d ! Il faut être de l\u2019administration pour écrire de pareilles stupidités ! Et au fond peut-être touchons-nous ici au véritable problème: problème de structure qui veut que nos administrateurs aient ce dénominateur commun de n\u2019être pas des universitaires et que notre charte ne soit pas conçue pour des universitaires.Car qu'est-ce au fond qui nous vaut le triste \u201chonneur\u201d du départ de M.Dansereau: conflits de sans doute, manque de collaboration, difficultés de toutes mesquineries peut-être, hélas ! mais aussi et bien plus encore l\u2019impossibilité pour un homme de la trempe de M.Dansereau de jouer un rôle de figurant, d\u2019être le doyen d\u2019une faculté sans en avoir la direction réelle: le système peut parfois fonctionner à merveille mais il est clair que dans le cas présent une personnalité aussi forte et aussi originale que celle de M.Dansereau ne pouvait s\u2019accommoder indéfiniment d\u2019une telle situation.À qui faut-il s\u2019en prendre ?Peut-on blâmer ceux qui ont l\u2019autorité de s\u2019en servir; peut-on les blamer d\u2019avoir des idées et de les réaliser même s\u2019ils n\u2019ont pas toujours la souplesse et la diplomatie nécessaire ?Non, il semble plutôt que l\u2019on soit ici en face d\u2019une question de structure et que soit bâtard cet état de fait qui veut que la direction et l\u2019orientation de la faculté des Sciences ne soient pas finalement entre les mains de son doyen.Et que dire aussi de cette impossibilité pour des universitaires de vivre sous une administration dont le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019elle n\u2019a guère ni la stature ni le sens universitaire ! De cela le départ de M.Danse- reau et l\u2019inqualifiable communiqué officiel qui l\u2019annonce nous en donnent encore une fois Ia mesure.Dans une organisation humaine comme celle-ci il y aura toujours comme dans toutes les organisations humaines des conflits, des discordes et plus encore parce que les individus sont de taille, les idées sont fortes, les personnalités sont puissantes.Aussi doit-on exiger des cellules dirigeantes une compréhension d'autant plus grande, une capacité d'autant plus habile à prévenir les conflits, à les empêcher de tourner au pire, un sens d'autant plus aigu des véritables valeurs universitaires, de l\u2019essentiel et de l\u2019accessoire dans la vie et la mission d\u2019une maison de ce genre.Hélas ! Avec tous les professeurs que nous gardons ct que mous aurions pu garder, nous pourrions peut-être atteindre cette maturité universitaire que Pon est en droit d\u2019attendre d\u2019une semblable institution.Mais tant que celle-ci sera plus une \u201caffaire\u201d qu\u2019une source et une dispensatrice de science et d\u2019humanisme; tant qu\u2019on y engagera les hommes selon les normes étroites d\u2019un \u201cvendeur\u201d plutôt que selon celles, infiniment souples et variées d\u2019un \u201cmaître\u201d, tant que les professeurs y seront de simples salariés obligés de se battre pour s'assurer un traitement convenable plutôt que d\u2019avoir une voix forte et même prépondérante dans la direction de leur institution, tant que le corps administratif sera trop un obstacle et pas assez un service, tant que les étudiants seront trop les clients d\u2019aujourd\u2019hui et pas assez la nation de demain; tant que tout cela sera de l\u2019idéalisme tellement nous en sommes éloignés, nous aurons des briques mais pas une université, M.Dansereau s\u2019en va.Que ce départ soit plus qu\u2019une perte: qu\u2019il soit une leçon marquante dans ce renouveau universitaire dont nous avons un tel besoin.Quant à nous étudiants, nous perdons, et pour peu de temps nous l\u2019espérons, un homme et un universitaire mais plus encore un \u201cmaître\u201d et un ami.Jean L\u2019Ecuyer \u201cL\u2019Explorateur\u201d, février 1961.LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE SUPÉRIEUR DU COLLÈGE ANDRÉ GRASSET Montréal, le 13 mars 1961 Monsieur le Supérieur, Collège Grasset, 1000 est, boul.Crémazie, déclaré que \u2018\u2018j\u2019apprécierais recevoir, par écrit et dès le prochain courrier, d\u2019une façon bien précise et bien explicite, la ou les demandé en mon titre de père, |d\u2019éducateurs chrétiens.\u201d Votre votre inébranlable décision | silence, le vôtre, celui des auto- Peut-être que la plume de |rités de votre maison, réussiront- Michel de Saint-Pierre dans|ils à me faire douter de cette Montréal.Monsieur le Supérieur, Le 23 février dernier, à moins de quatre mois de la fin de l'année scolaire, les parents de onze étudiants des classes de Méthode recevaient avis, par voie téléphonique, que leur fils n\u2019était plus admis en ce collège dont vous êtes le premier responsable.J'ai moi-même énten- du tel message sans en saisir les causes.Le lendemain, soit le 24 février, sous pli recommandé et par livraison spéciale, je vous ai raisons qui ont, motivé votre décision\".Refuserez-vous de reconnaître qu'agissant ainsi je n\u2019exerçais tout simplement qu'un des devoirs et des droits de l'autorité paternelle: la connaissance des actes de mon fils! Le 6 mars, en une seconde lettre recommandée, je vous ai rappelé gentiment ceci: \u2018\u2018toutes vos explications devraient être sous mes yeux\".En ce jour du 13 mars je n'ai encore reçu aucune ligne de votre main.Vous serait-il si impossible ou si ardu d'expliquer, ainsi que \u201cLes nouveaux aristocrates\u2019\u2019 retient beaucoup de votre attention.Mais il demeure que le droit et le devoir le plus élémentaire d'un père qui a quelque amour des siens, afin qu\u2019il se puisse guider dans l\u2019art d'élever l\u2019enfant que lui a confié la Providence, c\u2019est de connaître les actes de son fils et les considérations diverses dont on a pu l\u2019environner.Ici je me limite à vous réécrire ceci: \u2018Je vous avais confié mon fils dans la pensée que vous étiez toujours fidèles à votre rôle fidélité ?Cela je ne le voudrais à aucun prix.Puisque vous m'y avez obligé, c\u2019est par le truchement d'une lettre ouverte que, uniquement en vertu de mes obligations paternelles, je réclame votre réponse selon les normes ci-dessus réitérées.Veuillez agréer mes remerciements, remerciements qui vous sont présentés dans l'espoir que vous vous empresserez de me répondre.Un père qui a le droit et le devoir de savoir, J.-Léopold Gagner, 11,160, rue Jeanne-Mance 16 MARS 196; Lundi prochain an Grand Salon à 12 h.30 TIBOR TOLLAS, poète hongrois Un des chefs de la jeunesse lors de la révolution hongroise, RECTIFICATION Cher Jacques, J\u2019ai eu la surprise de voir un article que j'avais remis en décembre, paraître dans un numéro de mars.Soit désordre, soit manque d'articles, ces commentaires sur l\u2019Amérique centrale, à cause du retard, perdaient toute leur signification.Quand on oublie de passer un article de commentaires sur l\u2019actualité, il vaut mieux laisser tomber.Voulant garder un peu de sérieux au \u201cQuartier Latin\u201d, sans prétendre que notre journal soit un journal d\u2019information, j'ai cru nécessaire malgré tout, non pas de critiquer le journal pour cet incident mais au moins d\u2019informer les lecteurs qu\u2019il y a eu erreur.Merci.Louise des Trois-Maisons EXPORT BOUT UNI BB FILTRE A PA went NF S52 compl we \u2019 ce = ; 4 ; 75 mosson ALE Be.te a 4 Pau We reconnaître, de M.Saint-Laurent, honorable Bal- Champoux de \u201cLa Presse\u201d et évi- les personnages \u201cbig chief agonisant, deux dé- cer, Barrette, un disparu, le Bo- demment The Town.Et, au pre; historiques suivants: Jacques-Car- f Sartomaire et Savignaque, marc de Sévigny, Miss Fairclough, mier plan, vous le tier des Gaulles, Claude-Henri M.Vaniire, Govemor une femme de coeur, Camilllen, le Et non le » les airs: .Grognon, un historien de Ia belle Nésime, lieutenant-gouverneur, cher ange, Maumau, Henri Bou- évêque René, histoire, André Laurendeau, du Jacques Hébert ot Jean rame, MM.Langlois, Gagnon et "]
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