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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2014-09-06, Collections de BAnQ.

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[" AlPHABETlSATIOI JOURNÉE INTERNATIONALE DE L\u2019ALPHABÉTISATION Uaptitude à lire et à compter ne s\u2019est pas améliorée au Québec depuis 10 ms Page G 2 Favoriser Uinclusion des analphabètes par la technologie Page G 3 Comitiufion Kolaln da Montréal Les commissions scolaires aident les décrocheurs à raccrocher Page G 4 CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014 TELE-QUEBEC Né en 2010, le Train des mots permet à des adultes d\u2019apprendre à lire et à écrire.Son objectif est de s\u2019implanter dans toute la MRC de Memphrémagog.MRC DE MEMPHRÉMAGOG Prendre le 'ftain des mots pour avancer dans la vie C\u2019est rhistoire d\u2019un train pas comme les autres: créé en 2011 dans la MRC de Memphrémagog, le Train des mots propose aux adultes analphabètes un parcours vers la lecture et l\u2019écriture, sans même quitter leur village.ASSIA KETTANI Apprendre à lire est un voyage à la découverte du monde et de soi-même », explique Michèle Gaudreau, fondatrice de l\u2019organisme.Car, insiste-t-elle, ceux qui se trouvent dans l\u2019ombre de la lecture sont coincés, incapables d\u2019avancer.«Léon est venu chez nous, car son patron lui proposait une promotion, qu\u2019il ne pouvait accepter tant qu\u2019il ne savait pas lire.Sans compétences en lecture, il ne pouvait pas rédiger un rapport très simple et occuper un emploi de superviseur.» Les besoins sont parfois plus fondamentaux, notamment lorsqu\u2019on peut à peine se déplacer, par crainte de se perdre, ne sachant lire ni l\u2019heure, ni un panneau.«Mireille vivait dans un état de dépendance complète de son mari.Elle n\u2019allait nulle part sans lui, car elle n\u2019avait aucune notion de distance, de temps et d\u2019espace.Elle était complètement isolée et sortait à peine de chez elle.» L\u2019idée du projet est née en septembre 2010 de la lecture d\u2019une entrevue de Maryse Perrault, anciennement directrice de la Fondation pour l\u2019alphabétisation, dans les pages d\u2019un cahier Alphabétisation du Devoir.Elle y faisait état de statistiques «effarantes, sinon incompréhensi- bles», rappelle Michèle Gaudreau.Et pour cause: les derniers résultats de l\u2019Enquête sur la littératie et les compétences des adultes publiés en 2011 par l\u2019OCDE montrent qu\u2019au moins un adulte québécois sur cinq a des problèmes de lecture.Au Québec, 33% des adultes qui occupent un emploi rémunéré ont du mal à lire.Ces chiffres ont provoqué un virage pour M\u201c® Gaudreau, qui a plaqué sa carrière de traductrice, et,le départ du Train des mots.A l\u2019automne 2010, elle a demandé l\u2019ajE pui des maires des six villages situés dans la partie ouest de la MRC de Memphrémagog: Austin, Bolton-Esf Eastman, Canton de Potton, Saint-Etienne-de-Bol-ton et Stukely-Sud.«Ils étaient aussi incrédules que moi face aux statistiques», rappelle-t-elle, et ils ont tout de suite soutenu le projet.Depuis, le Train des mots œuvre dans ces six villages, auxquels s\u2019est joint Magog.Quant à savoir comment nommer ceux qui montent à bord, Michèle Gaudreau a longtemps hésité.Des élèves?Ils ne sont plus à l\u2019école.Des clients ?C\u2019est gratuit ! Des bénéficiaires ?Ça fait penser à l\u2019aide sociale.Ce seront donc des voyageurs, terme qui a l\u2019avantage de ne porter aucun jugement de valeur.«On se donne une destination, un objectif, et le guide est là pour aider à y parvenir.» Qui sont les guides?Pour la plupart, ce sont des retraités de la région, souvent d\u2019anciens enseignants, tous bénévoles bien sûr.Et, visiblement, le désir d\u2019aider n\u2019est pas rare.«Je ne fais rien pour les recruter depuis presque deux ans.» Pour les outiller, ils sont encadrés par des formateurs spécialisés, car «ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a enseigné dans une classe toute sa vie qu\u2019on sait enseigner à des adultes», poursuit-elle.Pour recruter des voyageurs, le lien à établir est très différent d\u2019une simple inscription.«Nous travaillons en étroite collaboration avec les commissions scolaires, les travailleurs sociaux et les organismes communautaires.Ils sont en relation avec eux et ont déjà un lien de confiance.» En marge des centres de formation des adultes et des commissions scolaires qui donnent déjà des cours d\u2019alphabétisation, le Train des mots offre «quelque chose à ceux qui n\u2019ont pas les ap- titudes ou la confiance nécessaires pour faire partie d\u2019une classe», ce qui est parfois associé à de bien mauvais souvenirs.«On sait qu\u2019on va chercher une clientèle farouche.» Certains ont honte de leur état, «comme si c\u2019était leur faute.Quand j\u2019ai compris cela, j\u2019ai adapté ma stratégie.Quand je les rencontre, j\u2019apporte ma petite chienne, qui m\u2019aide à faire tomber la timidité et à délier les langues», explique Michèle Gaudreau.Pour défier la honte, la première carte à jouer est celle de la proximité, pour que les voyageurs n\u2019aient pas besoin de quitter leur environnement immédiat.«Chaque village a créé sa petite équipe de guides.» Autre atout de taille : la discrétion.Bégayer en lisant un livre d\u2019enfant en pleine bibliothèque municipale alors qu\u2019on a 50 ans ?« Certains ne sont pas gênés d\u2019aller à la bibliothèque.COURTOISIE RETRAIN DES MOTS La fondatrice et directrice du Train des mots, Michèle Gaudreau, en compagnie de son chien Mali mais ce n\u2019est pas le cas de tous.Nos guides disposent de locaux pour donner leurs cours.» Ensuite, il s\u2019agit de cours privés gratuits, ce qui permet de démarrer exactement où il faut et d\u2019aller à la bonne vitesse.«Le tutorat permet de s\u2019adapter à leur rythme et de tout diriger vers leurs besoins, même si ces besoins changent avec le temps.Autrement, ils risquent de lâcher.C\u2019est la raison pour laquelle nous avons un si bon taux de rétention des voyageurs, et autant de plaisir.» Ainsi, «quand Claire est arrivée, elle voulait pouvoir faire une recette de cuisine.Notre premier travail a donc été de faire un renversé aux fraises.» Depuis sa création, le Train a aidé 18 participants et trois voyageurs l\u2019ont quitté, ayant atteint leur objectif: intégrer la formation des adultes, qui exige un niveau présecondaire.« Ce sont nos diplômés», lance-t-elle.Mais, au-delà de la lecture, c\u2019est la personne qui grandit.«On voit les apprentis lecteurs se transformer, prendre de l\u2019assurance.Ils se coiffent mieux, nous regardent dans les yeux, enlèvent la casquette qu\u2019ils avaient enfoncée sur la tête.» Pour encourager les efforts, l\u2019équipe organise une petite fête après les 50 premières leçons, avec à la clé un certificat du Train des mots.«On n\u2019a pas idée de ce que ça leur fait Ce sont de tout petits progrès.Mais, pour eux, être capable de lire un titre de journal, ça change tout » Quant à savoir où s\u2019arrêtera le train, Michèle Gaudreau affirme qu\u2019il est loin d\u2019être arrivé à son terminus.«Notre objectif est de couvrir toute la MRC de Memphrémagog.Nous avons sept municipalités; il nous en reste huit autres.» Au-delà, elle rêve de voir un tel projet s\u2019étendre à l\u2019ensemble du Québec.«Que, dans notre société, tous ceux qui savent lire et qui veulent aider puissent le faire.Et que tous ceux qui veulent apprendre à lire puissent le faire aussi.» Il y en a suffisamment sur les deux quais, il suffit qu\u2019ils prennent le train ensemble.Collaboratrice Le Devoir Alphabétisation et développement dnrable « L\u2019alphabétisation est l\u2019un des principaux éléments nécessaires pour promouvoir le développement durable, car elle donne aux individus les moyens de prendre les bonnes décisions dans le domaine de la croissance économique, du développement social et de l\u2019intégration environnementale.L\u2019alphabétisation est à la base de l\u2019apprentissage tout au long de la vie, et elle joue un rôle fondamental dans la création de sociétés durables, prospères et pacijîques.» Extrait de la page consacrée à la Journée internationale de l\u2019alphabétisation, le 8 septembre 2014, placée sous le thème du développement durable, dans le site Internet de l'Unesco.ABCDE r 6 H I J KLHNOP Q R ST U VWXYZ L\u2019ACCÈS À LA FORMATION DE BASE Une question d\u2019équité et de solidarité sociale ± FTQ Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec A LA FTQ, ON S\u2019EN OCCUPE ! G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014 ALPHABETISATION APTITUDES A URE ET A COMPTER La situation ne s\u2019est guère améliorée en dix ans Un enjeu pour la formation continue, selon l\u2019OCDE Les tendances lourdes de l\u2019analphabétisme se poursuivent, si on se fie aux premiers résultats du Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), dévoilés en octobre dernier.Les chiffres de cette vaste enquête internationale sur les compétences en littératie et numératie montrent que la situation ne s\u2019est pas améliorée au Québec depuis dix ans.ETIENNE ÉMOND PLAMONDON Il faudra des années avant de bien analyser et tirer toutes les conclusions de la masse de données fournies par le PEICA Cette troisième grande enquête internationale sur les compétences des adultes, pilotée par l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a interrogé plus de 166000 adultes âgés de 16 à 65 ans dans une vingtaine de pays.Environ 27 000 Canadiens et 6000 Québécois ont participé à cette étude.Si le Canada se classe toujours dans la moyenne des pays de l\u2019OCDE et le Québec légèrement en dessous, la situation ne semble pas s\u2019améliorer.«Il y a une enquête environ tous les 10 ans.Après trois enquêtes, on constate que ça ne bouge pas beaucoup », se désole Caroline Meunier, responsable du développement d\u2019analyses et de stratégies au Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ).Règle générale, les résultats publiés par Statistique Canada, qui a mené l\u2019enquête ici, ne suscitent pas de surprises, à l\u2019exception des scores moyens selon l\u2019âge.Contrairement aux résultats de l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), réalisée en 2003, la tranche des 16-24 ans n\u2019affiche plus la meilleure performance.Elle est désormais dépassée par celle des 25-34 ans en littératie et en numératie, voire par les 35-44 ans en littératie.«C\u2019est mauvais signe», lâche Chantal Ouellet, professeure au Département d\u2019éducation et de formation spécialisée de l\u2019UQAM.« On se serait tous attendu à ce que ceux qui sortent tout juste de l\u2019école aient des scores plus hauts», s\u2019étonne aussi Geneviève Dorais-Beauregard, directrice générale du Centre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF).Les causes de ce changement demeurent pour l\u2019instant un mystère.Mais Caroline Meunier note que «ce n\u2019est pas une tendance qui est unique au Québec».Statistiques Les pourcentages de la population associés aux différents niveaux de compétence, basés sur une échelle de 1 à 5, restent relativement similaires.Lors de l\u2019enquête internationale de 2003, l\u2019OCDE avait déterminé le niveau 3 comme le seuil minimal pour faire face aux exigences de l\u2019économie et de la société du savoir.C\u2019est ainsi que s\u2019est répandue l\u2019affirmation selon laquelle 49% des Québécois, §0 yoîr soit la proportion de la population n\u2019attei- piégés» gnant pas le niveau 3, étaient analphabètes.Si on conservait cette grille de lecture, les résultats du PEICA seraient encore plus sombres, puisque 53% des Québécois n\u2019ont pas atteint le niveau 3 cette fois-ci.Mais l\u2019OCDE a éliminé ce seuil avec le PEICA pour analyser le tout comme un «continuum de compétences ».En d\u2019autres mots, «il n\u2019y a pas de précipice » entre le niveau 2 et Les individus possédant de bonnes compétences sont plus sujets à avoir accès à la formation continue, tandis que les adultes peu compétents «risquent de Collège Frontière Collège Frontière Frontier DEPUIS PLUS DE 100 ANS AU QUÉBEC College DES CAMPS DE BUCHERONS AUX CAMPS D\u2019ETE Au Québec depuis 1912, notre action vise le développement des compétences en littératie et la création d\u2019occasions d\u2019apprentissage destinées aux enfants et aux adultes dans des milieux de travail, des organismes d\u2019insertion, des communautés autochtones et au sein de clubs d\u2019aide aux devoirs et de cercles de lecture situés dans des quartiers marginalisés.Faites partie de la solution ! Devenez bénévole ou faites un don dès aujourd\u2019hui ! www.collegefrontier e.ca le niveau 3, explique M\u201c® Meunier.Cette dernière admet que, en plus de susciter le scepticisme, cette statistique occultait les vrais problèmes.Selon elle, la situation est beaucoup plus alarmante pour les gens classés sous le niveau 2, dont les problèmes de compréhension de lecture ont des répercussions au quotidien.Quelque 19% des Québécois sont classés dans les niveaux 1 et inférieur à 1.«On parle de gens qui ne savent pas lire une posologie ou un manuel d\u2019instructions, précise M\u201c® Dorais-Beauregard.Qu\u2019il y en ait une personne sur cinq, c\u2019est bien plus inquiétant que le fait que la moitié des gens n\u2019atteignent pas le niveau 3.» Malgré tout, Chantal Ouellet considère qu\u2019il faut aujourd\u2019hui tendre vers le niveau 3.«A l\u2019ère du numérique, la fréquence à laquelle on est appelé à lire s\u2019est accélérée», explique-t-elle.D\u2019ailleurs, si le pourcentage des gens classés sous le niveau 2 a augmenté au Québec, M\u201d® Dorais-Beauregard nuance que ce n\u2019est pas nécessairement dû à une perte de compétences, mais plutôt à une société qui en exige plus.La dernière enquête s\u2019est adaptée aux besoins de lecture d\u2019aujourd\u2019hui et les évaluations s\u2019avéraient plus complexes.De plus, certains ont répondu au test à l\u2019aide d\u2019un ordinateur, «ce qui implique des compétences de lecture différentes», soulève M\u201d« Ouellet.«Dans l\u2019absolu, ce n\u2019est pas normal qu\u2019il y ait encore autant de personnes qui se retrouvent dans les niveaux inférieurs si vraiment on prend à cœur l\u2019éducation des adultes», ajoute Mme Dorais-Beauregard.En numératie, les résultats ne se \u201c-¦Cl Vf ,i'> - EMILIE TOURNEVACHE La professeure au Département d\u2019éducation et de formation spécialisée de l\u2019UQAM, Chantal Ouellet, pense que les troubles d\u2019apprentissage de la lecture doivent être repérés le plus tôt possible.révèlent pas plus reluisants.Environ 23% des Canadiens et 22% des Québécois se retrouvent sous le niveau 2 dans ce volet de l\u2019étude.Formation Au-delà des chiffres, l\u2019OCDE a émis, dans son rapport sur le PEICA, une importante mise en garde auprès de six pays, dont le Canada, au sujet de la formation.Elle souligne qu\u2019ici les individus possédant de bonnes compétences sont plus sujets à avoir accès à la formation continue, tandis que les adultes peu compétents «risquent de se voir piégés dans une situation où ils ne peuvent que rarement bénéficier de formations».Ansi, les compétences de ces derniers se détériorent avec le temps.« Cette situation constitue un enjeu politique d\u2019envergure» pour ces six pays, dont le Canada, «où une proportion significative des adultes se situent à un niveau inférieur ou égal à 1 sur les échelles de compétences en littératie et en numératie», selon le rapport de l\u2019OCDE.Ce document vante plutôt le Danemark, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède, dont les programmes, les politiques et les subventions ciblés ont permis d\u2019augmenter la participation des adultes à faible littératie et faible numératie à des formations spécifiques.Caroline Meunier espère que le PEICA va éclairer les décisions prises par les gouvernements et les inciter à s\u2019inspirer des bonnes pratiques éprouvées ailleurs dans le monde.«Malheureusement, ce n\u2019est toujours pas une prio- rité et il y a même un désengq-gement», constate-t-elle.A Québec, une nouvelle Politique gouvernementale d\u2019éducation des adultes se fait toujours attendre.Chantal Ouellet croit, quant à elle, qu\u2019il faut un plan d\u2019action pour sensibiliser la population, tant dans les milieux de travail que dans les milieux scolaires.«Il faut détecter le plus vite possible les troubles d\u2019apprentissage de la lecture, indique-t-elle.Il existe énormément de recherches sur les façons de mieux intervenir à l\u2019école pour améliorer la maîtrise de la lecture, mais il y a encore un grand écart entre ce qui est connu grâce à la recherche et ce qui est fait dans les milieux scolaires.C\u2019est dommage.» Collaboration Le Devoir ALPHABETISATION Où se trouvent les ressources ?EMILIE CORRIVEAU AU Québec, les services d\u2019alphabétisation proposés aux adultes sont dispensés par deux réseaux: celui des commissions scolaires et celui des organismes d\u2019action communautaire.Si leur concentration est beaucoup plus grande à Montréal et en Montérégie, ces ressources sont tout de même disponibles dans toutes les régions de la province.D\u2019après les plus récentes données, sur les 72 commissions scolaires qui couvrent le territoire québécois, 54 d\u2019entre elles offrent des cours en alphabétisation.Ceux-ci sont dispensés dans l\u2019un ou l\u2019autre des 190 centres d\u2019éducation des adultes répartis à travers la province ou dans des centres satellites.La plupart d\u2019entre eux se situent à Montréal, mais on en trouve au moins un par région.On y offre en général de la formation scolaire, de l\u2019éducation populaire et des activités complémentaires, comme de l\u2019aide à la démarche.Des frais variables sont imposés pour accéder à ces services.Quant aux organismes d\u2019action communautaire auto- nomes oeuvrant en alphabétisation, ils sont actuellement 129 à être soutenus par le ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport.On en trouve dans toutes les régions de la province, mais très peu dans le nord et le centre du Québec, en Estrie et à Laval.Leurs activités ont des formes variées; elles dépendent de la culture organisationnelle du groupe, des besoins identifiés, du milieu dans lequel elles sont réalisées et des ressources financières disponibles.Généralement, l\u2019action de ces organismes ne se borne pas aux ateliers de lecture et d\u2019écriture.Elle comprend aussi des activités de soutien à la vie sociale, des projets communautaires, etc., dont bon nombre sont offerts gratuitement.Le moyen le plus simple de connaître ce qui est proposé dans chaque coin de la province est de communiquer avec Info-Alpha, une ligne d\u2019aide, d\u2019écoute et de référence en alphabétisation et en formation de base : 1-888-488-3888.Collaboratrice Le Devoir L\u2019avenir commence mtenant f education-des-adultes-ca DE L'ALPHABÉTISATION À LADIPLOMATION.LES CENTRES D'ÉDUCATION DES ADULTES DE LA COMMISSION SCOLAIRE MARGUERITE-BOURGEOYS Lieux d'apprentissage tout autant que milieux de vie et tremplins d'intégration, les centres d'éducation des adultes offrent des classes d'alphabétisation à partir desquelles les élèves adultes peuvent cheminer Jusqu'à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires ou professionnelles.COMMISSION SCOLAIRE MARGUERITE-BOURGEOYS Centre d'éducation des adultes Champlain (Verdun) 514 765.8444 Centre d'éducation des adultes de LaSalle (LaSalle) 514 595.2041 Centre d'éducation des adultes Jeanne-Sauvé (Pierrefonds) 514 855.4195 Centre d'éducation des adultes Outremont (Outremont) 514 273.3353 LOTTUNS CNORTE LANPHLBAETISAME Pour trop de personnes au Québec, lire est un charivari.COMMISSION SCOLAIRE r t I ^FEDERATION Vi^AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT www.lafae.qc.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014 G 3 ALPHABETISATION Comment franchir la fracture numérique ?Internet et les nouvelles technologies se révèlent aujourd\u2019hui presque incontournables pour avoir accès à des services ou s\u2019épanouir en société.Un aperçu des besoins des personnes aux prises avec de faibles compétences informatiques et des moyens pour favoriser leur inclusion.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND Le Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) est la première enquête internationale à s\u2019être attardée aux compétences associées à la résolution de problèmes dans un cadre technologique.Il serait donc hâtif d\u2019interpréter ses résultats.En revanche, une des rares données simples à décrypter est plutôt préoccupante : sur une échelle de 1 à 4,18% des Québécois et 15% des Canadiens n\u2019ont même pas atteint le niveau 1, alors que c\u2019est le cas d\u2019environ 12% des personnes dans l\u2019ensemble des pays de l\u2019OCDE.«Ce sont des gens qui n\u2019avaient pas les capacités de faire ce test ou qui ont estimé ne pas les avoir pour le faire», explique Geneviève Do-rais-Beauregard, directrice générale du Centre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine (CDEACE).Sur le terrain, la demande de formation est réelle.Il n\u2019y a pas si longtemps, les cours d\u2019informatique donnés par des organismes communautaires étaient perçus comme une porte d\u2019entrée moins stigmatisante vers les cours d\u2019alphabétisation.Mais, aujourd\u2019hui, «la pression sur l\u2019emploi est plus forte», juge Louise Saint-Jacques.La directrice de La Puce, un centre multiservice de ressources en informatique répondant aux demandes des particuliers et des organisations communautaires, indique que la recherche d\u2019emploi et la technologie dans les milieux de travail sont désormais les principales raisons pour lesquelles on sollicite son aide.De plus, l\u2019accès des citoyens à des services gouvernemeqtaux passe de plus en plus par le Web.A Service Canada et dans les Centres locaux d\u2019emploi, par exemple, les rencontres avec un agent sont graduellement abolies.Les citoyens sont désormais dirigés vers un site Internet ou un «visioguichet» pour remplir des formulaires qui se révèlent parfois difficiles à comprendre, même pour des personnes parfaitement alphabétisées, note M\u201d® Saint-Jacques.La Puce, comme d\u2019autres organismes communautaires, doit donc aujourd\u2019hui les épauler dans cette démarche.Mais les limites financières restreignent son intervention.« On ne travaille pas nécessairement sur l\u2019ensemble des besoins [informatiques] du citoyen.On va vers celui qui est considéré comme le plus urgent.» En 2011, le Conseil du Trésor a adopté des normes gouvernementales d\u2019accessibilité au Web, qui s\u2019appliquent à tous les ministères et organismes visés par la Loi sur l\u2019administration publique.Ces normes exigent que les sites Web, les documents téléchargeables et les présentations multimédias soient accessibles aux personnes aux prises avec un handicap, mais aussi aux personnes vieillissantes, analpha- Louise Saint-Jacques bêtes ou peu à l\u2019aise avec les technologies.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.Une simple navigation sur les différentes pages concernées permet de constater que les sites ne sont pas tous aussi avancés dans leur application de la norme et dans la simplification de leur accès.«Il y a des sites qui se complexifient aussi», ajoute M\u201d® Saint-Jacques.Un bilan de la mise en oeuvre de ces normes dans l\u2019ensemble de la communauté gouvernementale n\u2019est pas prévu avant mai 2016.Déjà dans le rapport Citoyen branché, déposé auprès du gouvernement du Québec en 2012, La Puce et quatre autres organismes soulignaient la nécessité d\u2019augmenter le nombre d\u2019heures de formation.Le Parti québécois avait promis de «lancer un vaste chantier d\u2019alphabétisation, incluant l\u2019analphabétisme numérique».Mais, depuis l\u2019élection du gouvernement Couillard, ce dossier semble sur la glace, indique M\u201d® Saint-Jacques.Chartrand croit que l\u2019approche misant sur l\u2019enseignement de logiciels de base ne tient plus tellement la route Le Fab Lab : l\u2019avenir de l\u2019inclusion numérique ?Monique Chartrand, directrice générale de Communautique, se montre tranchante au sujet de notre rapport aux technologies de l\u2019information et des communications ^IC).«99,9% des gens subissent la fracture numérique, parce que, ultimement, on ne décide pas de ce qu\u2019on a comme technologie», dit-elle.L\u2019organisme communautaire, dont la mission est de soutenir la participation citoyenne en favorisant l\u2019appropriation des TIC, a d\u2019ailleurs rectifié ses façons de faire à l\u2019aune de l\u2019évolution fulgurante, éclatée et tous azimuts des nouvelles technologies.M\u201d® Chartrand croit que l\u2019approche misant sur l\u2019enseignement de logiciels de base ne tient plus tellement la route.«On force les gens à développer des compétences avec des applications qui changent tout le temps.On ne peut pas se tenir à jour», souligne-t-elle.Communautique expérimente désormais des méthodes à l\u2019aide desquelles «les citoyens pourraient carrément contribuer au développement de la technologie».Portement inspirée par le Citi-Lab de Barcelone, Communautique a mis sur pied son propre Pab Lab, soit un lieu ouvert de cocréation technologique.« Un Fab Lab, c\u2019est un puissant laboratoire d\u2019inclusion sociale.Ici, les barrières de compétences disparaissent», assure M™ Chartrand, au sujet de ces espaces de collaboration.L\u2019approche part du besoin du citoyen, de ses idées, de ses projets.«Le mode laboratoire permet de développer des usages inédits, une prise de pouvoir», ajoute M\u201c® Chartrand, qui déplore, à plus large échelle, l\u2019absence de politique numérique ou de vision de la part des gouvernements dans ce domaine.Collaborateur Le Devoir ORGANISMES D\u2019EDUCATION DES ADULTES Les coupes font mal Les organisations actives en éducation des adultes vivent une année difficile.Des coupes majeures dans les budgets viennent du gouvernement fédéral, mais aussi du provincial.MARTINE LETARTE Le Centre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine (CDEACE) a appris, à la fin mai, qu\u2019il allait perdre son financement du gouvernemental fédéral le mois suivant.Le montant annuel de cette enveloppe s\u2019élevait à 450000$.Cela correspondait à environ la moitié du financement total de l\u2019organisme.«Pour préserver la chaîne de documentation, de l\u2019acquisition à la mise en ligne, nous avons seulement coupé trois postes alors que, normalement, nous aurions dû en couper cinq», indique Geneviève Dorais-Beauregard, directrice générale du CDEACE Tous les employés ont accepté une semaine de travail de 32 heures au lieu de 35 et l\u2019organisme a réduit ses jours d\u2019accueil à quatre par semaine au lieu de cinq.Des réserves permettent de garder ces deux personnes jusqu\u2019en avril.«Nous déposons des projets auprès de plusieurs organismes et fondations pour trouver le manque à gagner, sinon, nous devrons couper deux autres postes en avril», précise Mme Dorais-Beauregard.Les 360 membres du CDEACE sont principalement des organisations québécoises, d\u2019autres sont canadiennes et on retrouve aussi des chercheurs et des professeurs actifs en alphabétisation et en condition féminine.«Par exemple, un formateur d\u2019un organisme d\u2019alphabétisation peut nous demander de l\u2019aide pour monter une nouvelle formation pour un groupe d\u2019apprenants d\u2019un niveau donné et nous lui montons une trousse», explique Geneviève D orais-Beauregar d.Le CDEACE diffuse aussi, via son site, du matériel prêt à utiliser et a une bibliothèque virtuelle de 7000 titres.Son mandat est pancana- dien et ses membres actifs dans la francophonie canadienne hors Québec subissent déjà fortement les contrecoups des coupes.«Nous devons maintenant leur faire payer l\u2019envoi et le retour des documents que nous leur prêtons, indique la directrice générale.Nous avons un groupe membre dans les Territoires du Nord-Ouest et c\u2019est 160$ pour l\u2019aller-retour, alors il n\u2019en commande plus! Dans la plupart des communautés francophones hors Québec au Canada, à part en Ontario, il n\u2019y a plus de librairie francophone et les organisations manquent d\u2019accès à du matériel en français.» Le CDEACE étudie différentes avenues pour retrouver du financement d\u2019Qttawa.«Le gouvernement fédéral considère maintenant que l\u2019alphabétisation est une responsabilité des provinces, affirme M\u201c® Dorais-Beauregard.Il a décidé d\u2019investir plutôt dans des programmes de développement des compétences ciblés pour certaines industries.Pour obtenir des sous, on nous a conseillé de trouver des partenaires dans le secteur privé pour proposer des projets de formation qui se donneraient chez eux.Ce n\u2019est pas facile.Plusieurs entreprises ont peur de former leurs employés et de les perdre par la suite.» Contrairement à d\u2019autres organismes canadiens actifs en éducation des adultes qui sont presque uniquement financés par le gouvernement fédéral et qui songent maintenant à fermer leurs portes, le CDEACE peut toujours compter sur la moitié de son budget qui provient de Québec.Il obtient un financement aqnuel de base de 170000$ du ministère de l\u2019Education, du Loisir et du Sport (MELS).Geneviève Dorais-Beauregard est optimiste quant au maintien de cette enveloppe, mais, dans le contexte budgétaire actuel, elle est préoccupée par le sort des montants non récurrents.«On reçoit 300000$ par année pour financer des projets grâce à une entente triennale qui prendra fin en juin prochain, précise-t-elle.Il faudra renégocier.» Collaboratrice Le Devoir Plus de Semaine québécoise des adultes en formation Le couperet est tombé au printemps sur la Semaine québécoise des adultes en formation (SQAE).Pour l\u2019organiser, l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes QCEA) recevait environ 800000$ chaque année du MELS.L\u2019organisme qui travaille à favoriser et à développer des activités de reconnaissance et de valorisation de l\u2019éducation des adultes reçoit toujours de Québec environ 400000$ par année comme financement de base.«On n\u2019a pas coupé là, mais, en coupant le financement de la SQAF, notre campagne majeure pour le grand public, c\u2019est comme si on nous coupait un peu notre raison d\u2019être», affirme Ronald Cameron, directeur général de l\u2019ICEA II s\u2019inquiète du message envoyé à la population.«L\u2019éducation des adultes mange une claque, déplore-fil.Investir dans la valorisation de l\u2019éducation des adultes, c\u2019est l\u2019équivalent d\u2019investir dans la persévérance scolaire chez les jeunes: c\u2019est important! Il faut faire plus en alphabétisation, lever les obstacles pour que ces personnes puissent participer à des activités de formation.Pour y arriver, une mobilisation des acteurs est nécessaire.» VIENS DE PERDRE REMPLOI QUE J AVAIS DEPUIS 23 ANS.VU QUE J'AI PAS D'INSTRUCTIQNp CA VA ÊTRE DUR D'EN TRQUVER UN AUTRE.1 800 361-9142 Depuis sa création, en 1990, la ligne Info-Alpha a aidé 65 000 personnes qui, comme Paul, ont fait le choix de retourner en formation.Info-Alpha est un service téléphonique sans frais et confidentiel qui offre aide et écoute aux personnes analphabètes et à toute personne souhaitant avoir accès à la formation de base en lecture et en écriture.Un service de la A m m I alphabétisation Des mots d'espoir AIDEZ-NOUS A LES AIDER,[SEIS fondationalphabetisation.org/donnez 1 800 361-9142 Les livres, tout un monde de connaissances.Fédération \u2022Sfr des syndicats ___X de i'enseignement (CSQ) fse.qc.net l Cantnb sytWIuli ' diiquttflc lacsq.org G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014 AlPHABETISATIOI FONDATION POUR L\u2019ALPHABETISATION 25 ans plus tard.EMILIE CORRIVEAU D\u2019après la plus récente enquête de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la littératie, laquelle mesure les aptitudes des personnes âgées de 16 à 65 ans à comprendre, utiliser et s\u2019approprier des textes écrits pour participer à la société, atteindre des objectifs et développer des connaissances, près de 53% de la population québécoise n\u2019a pas les compétences souhaitables pour s\u2019épanouir pleinement dans la société moderne.\\ A qui la faute?Peu surprise des résultats de l\u2019OCDE, Mockle indique que la situation était prévisible.«Le problème au Québec, c\u2019est qu\u2019on confine depuis longtemps l\u2019apprentissage et l\u2019appréciation de la lecture à la sphère scolaire.Or, dans la sphère scolaire, la lecture a essentiellement une fonction utilitaire.Elle sert à obtenir des résultats et à décrocher un diplôme.Le plaisir de lire, lui, est presque complètement évacué, ce qui fait qu\u2019on se retrouve avec une foule de jeunes pour qui le jour où se terminent leurs études correspond à la dernière fois où ils ouvrent un livre ! Et c\u2019est malheureux, mais, quand on ne lit pas, on perd ses capacités de lecture.» Ce constat, cela fait déjà plusieurs années que la Eon-dation pour l\u2019alphabétisation l\u2019a formulé.Observant que, lorsqu\u2019aucune prévention n\u2019était faite en milieu familial, on assistait généralement à une reproduction intergénérationnelle de l\u2019analphabétisme, elle a mis sur pied en 1999 le programme La lecture en cadeau.«Ce qu\u2019on a fait, c\u2019est distribuer des livres à des enfants défavorisés pour semer chez eux le goût de la lecture», confie Mockle.La première année, 2000 livres ont été distribués dans la région de Montréal.Populaire, le programme La lecture en cadeau s\u2019est étendu l\u2019année suivante à l\u2019ensemble du Québec et perdure depuis, si bien qu\u2019aujourd\u2019hui la Eon-dation offre plus de 38 000 livres par année.«La demande actuelle se situe autour de 100000livres par année.On n\u2019est simplement pas capable d\u2019y répondre.» C\u2019est pourquoi la Eonda-tion aimerait que le gouvernement québécois soit davantage pro actif en matière de prévention de l\u2019analphabétisme et,de promotion de la lecture.A son avis, l\u2019élaboration d\u2019une stratégie nationale comprenant le déploiement d\u2019une vaste campagne de sensibilisation sur l\u2019importance de la lecture serait souhaitable.Agir sur plusieurs fronts Loin de baisser les bras devant l\u2019immobilisme gouvernemental, la Eondation poursuit son action sur plusieurs fronts.Par le biais de la ligne Info-Alpha, qu\u2019elle a créée en 1990, elle offre un service d\u2019écoute et de référence aux adultes en alphabétisation et en formation de base.Egalement, grâce à sa ligne Info-Ap-prendre, elle informe depuis 2002 les gens qui se questionnent quant aux ressources disponibles en matière d\u2019éducation des adultes.Et la Eondation ne manque pas de projets.Parmi eux, la création d\u2019une collection de livres pour faibles lecteurs.«On travaille fort, ça, il n\u2019y a pas de doute, assure M\u201c® Mockle.On en a peut-être fait beaucoup en 25 ans, mais on est loin d\u2019avoir enrayé l\u2019analphabétisme.» Collaboratrice Le Devoir SiSvNCER dans la vie leTRAINdesMOTS LE FOYER D\u2019ALPHABETISATION DE MAGOG ET DES ENVIRONS Info : 450 297 9907 www.letraindesmots.org à partir du 1 octobre Raccrocher à l\u2019éducation des adultes Si le taux de diplomation au Québec est relativement élevé \u2014 72% des moins de 30 ans ont un diplôme postsecondaire en poche \u2014 et ce, malgré un taux de décrochage au secondaire oscillant autoiu de 36%, c\u2019est que les décrocheius québécois raccrochent.Et ils le font auprès des services d\u2019éducation des adultes des commissions scolaires.Comment ces dernières s\u2019acquittent-elles de cette tâche?PIERRE VALLEE Tl faut d\u2019abord comprendre ^± que tous les efforts sont faits pour empêcher un jeune de décrocher et pour le maintenir dans le secteur jeune, souligne Lucille Doiron, directrice en soutien à la gestion des établissements à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).On lui offre du soutien et on lui propose diverses voies possibles pour le maintenir à l\u2019école secondaire.» Avant ou après deux ans Lorsque les moyens mis en œuvre par l\u2019équipe de l\u2019école secondaire échouent et que le jeune décroche malgré tout, s\u2019il veut raccrocher ensuite, il devra aller frapper à la porte des services d\u2019éducation des adultes d\u2019une commission scolaire.L\u2019accueil qu\u2019il recevra varie selon le temps passé hors des classes.«Si ça fait moins de deux ans qu\u2019il a décroché, le jeune se présente avec son dernier bulletin.Si, par exemple, il a réussi sa 2® secondaire, il est aussitôt inscrit en 3\u2018 secondaire.» Par contre, pour l\u2019élève qui a passé plus de deux ans en dehors des classes, on craint une perte d\u2019acquis et l\u2019élève devra passer des tests de classement.« Ces tests servent à déterminer son niveau actuel de connaissances.Ils nous permettent d\u2019établir, par exemple, si, en français, il a sa 3\u2018 secondaire et si, en mathématiques, par contre, il n\u2019a que sa 2\u201c secondaire.Ainsi, il nous est possible de lui fournir un horaire qui tienne compte de ses différents niveaux de connaissances.De plus, on lui offrira un soutien en rapport avec ses besoins.» Analphabètes fonctionnels Dans certains cas, l\u2019élève qui veut raccrocher et qui se présente à l\u2019éducation des adultes pour terminer ses études secondaires est, dans les faits, un analphabète fonctionnel.Règle générale, ce sont des élèves qui ont soit des difficultés d\u2019apprentissage, soit des troubles d\u2019apprentissage.«Cette catégorie d\u2019élèves a déjà été identifiée bien avant son arrivée à l\u2019éducation des adultes.Les difficultés et les troubles d\u2019apprentissage sont décelés à un jeune âge, le plus souvent au primaire.Ce sont tous des élèves qui ont connu un parcours scolaire et un cheminement de formation particuliers et différenciés.» Il en sera de même à l\u2019éducation des adultes.«Les élèves ayant des difficultés d\u2019apprentissage seront tout simplement mieux encadrés et accompagnés.Le fait que les classes en éducation des adultes sont plus petites, en moyenne une quinzaine d\u2019élèves par classe, permet à l\u2019enseignant d\u2019offrir un suivi plus personnalisé.Ce sont des élèves qui, par exemple, n\u2019arrivent pas à comprendre une règle de grammaire, mais dont on sait qu\u2019ils arriveront à la comprendre si on leur donne LE DÊCROCHWôtmm: JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les élèves victimes de décrochage scolaire sont souvent ceux qui ont des difficultés ou des troubles d\u2019apprentissage.le temps nécessaire et si on agit avec patience.» Quant aux élèves ayant des troubles d\u2019apprentissage, comme la dyslexie, ils seront accompagnés, comme auparavant, par une équipe de professionnels en éducation, tels les psycho-éducateurs, orthopédagogues et autres.Un seul but visé Mais, peu importe le type de clientèle, les difficultés rencontrées, les différentes approches éducatives, tous les efforts mis de l\u2019avant par le personnel des services d\u2019éducation des adultes, dans le cas des raccrocheurs, visent le même but.«Nous faisons tout notre possible pour qu\u2019ils obtiennent enfin un premier diplôme, peu importe s\u2019il s\u2019agit d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires ou d\u2019un diplôme d\u2019études professionnelles.Pour cet individu, ce premier diplôme est sa première carte de visite qui lui permettra de dénicher un emploi et de devenir un citoyen responsable.» Et c\u2019est souvent un premier pas.«Ce premier diplôme, c\u2019est aussi sa première victoire, sur laquelle il pourra construire.Il existe aujourd\u2019hui de nombreuses passerelles entre les différentes voies de formation.Par exemple, un jeune qui obtient un DEP en mécanique automobile peut ensuite s\u2019inscrire au collégial dans une technique reliée à la mécanique et, s\u2019il le désire, poursuivre à l\u2019université et même devenir ingénieur.» D\u2019où l\u2019importance de ce premier diplôme.Collaborateur Le Devoir csn.qc.c Ensemble CONTRE L\u2019ANALPHABÉTISME Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec www.rgpaq.qc.ca icéa /\ty ^\t \tpNA\tLA/il ll.l\tLit\tHt LLL\tlll\tUt \t\t RGPAO Institut de coopération pour l'éducation des adultes www.icea.qc.ca "]
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