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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 22 août 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1891-08-22, Collections de BAnQ.

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[" | LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS: 8uz ANNFY%, No 381.\u2014SAMEDI, 22 AOUT 1891 ANNONCES: Un an, 83.00 1-1 Six mois.81.50 La ligne, par insertion - - - » » 10 oemis Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERIHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES, Insertions subséquentes .- - - Bots Vendu dans les dépôts - - 5 eents la copie | BUREAUX, 40.PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces 3 long terme \u2014\u2014 et re | re = 2 E D'ITALIE LE PRINCE,LE NAPLES, HERITIER DE LA COURONN 268 LE MONDE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 22 AOUT 1891 SOMMAIRE TEXTE.\u2014Nos gravures, par Jules Saiut-Elme.- Poésie : Souvenir du Parisian, par A.D.P.\u2014Causerie : La demoiselle À marier, par Catherine Parr,- Le fondateur de Lachine, par J.S.E.\u2014Etudes historiques : Eglise Notre-Dame de Montréal, par (;.A.Dumont.\u2014 Pauvres enfants : Nouvelle, par J.Martin.Bibli- graphie.- Nouvelle historique cauadienne-franç sise, par E -/.Massicotte.\u2014Epitre : Poignée de conseils pour être pris ou laissé« par Hermance.\u2014L'art de régler sa vie.\u2014 Primes du mois de juillet : Liste des réclamants.\u2014 Feuilletons : Un amour sous les frimas (suite), par Louis l'esson \u2014Fleur-de-Mai (suite), pur Gienrges Pradel.\u2014Nouvelles à la tnain.\u2014 l\u2019ro- lèmes d'Echecs et de Dames.GRAVURES.\u2014 Portrait du prince de Naples, héritier de la couronne d'Italie.\u2014Nouveau maitre autel et chœur de l\u2019église Notre-Dame.\u2014Statue de saint Pierre.-\u2014 Portrait de Cavelier de La Salle.Visite des marins français a Montréal : L'aviso le Bisson dans le port ; Un parti d'excursionnistes au sommet du Mont- Royal.\u2014L'escadie française à Cronstadt : Le pavillon russe au grand mât du Marengo, Pome Menseces ou Monoe Iicusme lre Prime - Ce ame vB 3me \u201c 444415 dme \u201c Ce 10 bme \u201c LS 5 éme \u201c ee 4 Tme \u201c Cee 3 8me \u201c ce 2 86 Primes, 4 $1 .86 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans uns salle ublique, par trois pereonnes choisies par \u2018assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois, VISITE DES MARINS FRANÇAIS La semaine dernière, en rouhaitant la bienvenue aux marins français du Bisson que nous avons le plaisir de voir au milieu de nous ces jours-ci, nous avons promis de reparler d\u2019eux et donnner même des vues photographiées se rapportant à la circonstance.Et comment ne tiendrions nous pas parole! Lorsque tout ce qu'il y a chez nous de descendants de Français s\u2019entretient de nos visiteurs et s\u2019occupe de les fêter, est-ce au MonpE ILLUSTRE qu'il siérait de se taire Ÿ Oh ! non, et nous voulans, une fois encore, «lire toutes nos sympathies à nos frères français, de passage parmi nous.Tel que nous l\u2019annoncions, les fêtes n'ont pas cessé de se succéder en l'honneur des\u2018ofliciers et marins du Hisson, auxquels sont venus se joindre, en même temps que le contre-amiral Cavelier de Cuverville, quelques officiers de la Naiade, échappés à Québec.Mardi, le 12 courant, il y avait grand bal, avec banquet, etc, à l'hôtel Lotbinière, à Vaudreuil, une de nos places d\u2019eau à la mode.Mercredi, excursion sur le Faint-Laurent, à travers les fameux rapides de Lachire, et le soir fête de nuit chez M I.Beaugrand, éditeur propriétaire du journal La l\u2019atrie, de Montréal.Jeudi soir, réception officielle à l\u2019hôtel-de-ville da Montréal, à monsieur l'amiral et les otlficiera du bord, avec présentation d'adresse au nom de l'association nationale Saint Jean Baptiste, par le président, M.L.O.David.Grucieux échange de courtoisies en cette occasion : la fanfare \u201c l\u2019Harmonie, \u201d de Montréal, a fait entendre l'air de la Marseillaise, et la musique de la N'aiade à joué le God save the Queen, Après la réception, souper offert aux marins par la colonie française de Montréal, chez Bougeant.Vendredi coir, représentations spéciales au parc Sohmer.en présence de nos visiteurs, pour la Caisse des naufragés.Samedi, l'après-midi et le soir, grande fête champêtre, au parc Sohmer encore.Dimanche, messe solennelle à Notre-Dame et ainsi de suite sans interruption.Les vues photographiques que nous présentons sont, d'abord, le Bisson au quai de Montréal.Il est là, tel que l\u2019ont vu tous nos lecteurs de cette ville : car, aux heures de visite libre au public, chaque après-midi, le vendredi excepté, entre trois et six heures, le coquet petit navire était littéralement assiégé par la foule des curieux.Ceux qui n\u2019ont pas eu la bonne fortune de se trouver à Montréal aimeront voir aussi le Bisson, et ceux qui l\u2019ont vu déjà aimeront se le \u2018appeler ainsi.L'autre scène a été croquée par notre artiste, au sommet du Mont Royal, et rendue par lui à la haute satisfaction de chacun de ceux qui l\u2019ont vue, les marins français surtout.C'est un groupe de tous ceux qui ont pris part au déjeuner en plein air, offert, mardi dernier, à nos aimables visiteurs, au parc de la montagne.Ils sont là une quinzaine, le commandant Puech et le lieutenant Simon au centre, deux charmants lommes entre tous.Leurs noms se trouvent au bas, mais même sans cette précaution, on les reconnaîtrait encore pour des fils de France, sous le hâle de la mer, toutes ces franches et loyales figures.Nous sommes fiers de présenter ainsi ces braves aux milliers de lecteurs du MoNDE ILLUSTRÉ.A présent -oilà que.déjà, ils s'en vont reprendre la mer et attendre l'appel de la patrie Nous voulons leur dire non pas adieu mais au revoir, en saluant une dernière fois le drapeau qu\u2019ils promènent glorieux partout, et en leur offrant nos plus sincères vœux.LE PRINCE DE NAPLES Le MonpE ILLUsTRÉ donne aujourd\u2019hui le portrait du prince de Naples, fils du roi Humbert d'Italie, le descendant et l\u2019héritier des spoliateurs piémontais L'intérêt, du monde catholique surtout, va se | concentrant sur latigure de cet adolescent qui sera, un jour, roi d'Italie, par le droit de la force.Lui dont on vante les vertus et les bonnes dispositions, on se demande s'il aura assez de magoanimité pour rendre enfin justice à tout un monde et réparer l'attentat que son grand père, Victor-Emmanuel, a perpétré, et que son père aura tacitement approuvé Son Altesse Royale, Victor-Emmanuel-Ferdi- pand-Maria Gennaro, prince de Naples, est né en cette dernière ville, le 11 novembre 1869.Il a donc atteint, l'an dernier, son âge de majorité.Le prince a fait de brillantes études, à la grande satisfaction de ses maîtres.Outre sa langue maternelle, il parle le français, l'anglais et l\u2019allemand avec une remarquable facilité L'histoire et la géographie lui sont familières, et il a donné une grande attention aux études militaires.Le prince de Naples a déjà beaucoup voyagé, surtout dans les contrées orientales où il a recueilli une foule d'observations.On a dit de l'héritier présomptif de la couronne d'Italie, à propos de sa récente et première visite en Angleterre, qu\u2019il éprouve toute sorte de sympathies pour ce royaume qu'il estime avoir été le plus sincère ami de l'usurpateur dont il porte le nom et qui fut son grand-père.Si cela est bien le cas, voilà qui ne prouve rien de bon pour les uns ni pour les autres.Et la France donc ?C\u2019est ainsi que l'on sait re connaître ses services chez le peuple des ingrats.Elle porte la peine de son péché : avoir travaillé aux succès de l'ambition, contre l'Eglise qu\u2019elle a la noble miesion de protéger et de sauver.JuLES SA1NT-ELME, L'ESCADRE FRANÇAISE A CRONSTADT Le mercredi 22 juillet, la division cuirauée de ls Manche, commandée par le contre-amiral Ger- vais, mouillait à Croustadt dans l'après-midi.L'escadre se composait des cuirassés Marenyo, Marceau, Requin et Furieux, du croiseur de 3e classe Surcouf, de l\u2019aviso torpilleur Lance et de deux torpilleurs.C'est, en somme, un événement assrz ordinaire que la visite d'une escadre en pays étranger ; mais il n\u2019est pas besoin d'être bien versé dans les choses de la politique pour comprendre la haute portée qui s'attache, dans les circonstances présentes, au fait, si simple en apparence, de cette visite.La réception faite aux marins français a été d\u2019un enthousissme qui défie toute description, le temps était d'ailleurs beau À souhait, et contribuait à rendre le coup d'œil absolument féerique.D'une part, l\u2019escadre d'évolutions russe, com mandée par l'amiral Kasnakof, attendait la flotte française, mouillée sur une seule ligne de onze su perbes navires ; d\u2019autre part, des centaines de yachts, de vapeurs et d\u2019embarcations, sillonnaient la rade, bondés de monde et couverts de pavillons.De nombreuses bandes chorales et instrumentales jouaient les chants nationaux des deux pays, des milliers da personnes criaient : * Vive la France! \u201d et : ** Amis, soyez les bienvenus ! \u201d Cependant, la division française s\u2019avançait lentement, dans un ordre irréprochable, vers le mouillage.A onze heures et demie, le pavillon de guerre russe montait au grand mit du Marengo, qui saluait la place de Cronstadt de 21 coups do canon ; puis il saluait le pavillon de l'amiral commandant en chef russe.À ce moment, l'enthousiasme devient indescriptible, les rousiques militaires jouent les airs nationaux, et de longues ac clamations s\u2019échangent entre les deux flottes.Il eat de règle, quand une force navale arrive en pays étranger, de saluer \u201c la verre\u201d de 21 coups de canon.Le salut, qui duis être renda coup pour coup, esb très minutieusement règle menté dans ses moindres détails et toute infraction À ces dispositions serait considérée comme une inconvenance ou même une injure.Aussi, pour éviter les malentendus possibles, le navire arrivant envoie À terre un officier chargé de régler la question avec les autorités du pays visité.II eat inutile de dire que, dans le cas présent, un pareil cérémonial n\u2019a pas été employé, car il ne pouvait y avoir aucun doute sur la question du salut rendu.Au moment de saluer, on hisse en tête du grand mât le pavillon de la nation qu'on veut honorer.Ce pavillon resto en place pendant toute la durée de la cérémonie.Pour éviter que, pendant sa montée, le vent ue l'engage dans les divers agrès de ls mâture, on le bisse \u201c ferlé \u201d, c\u2019est à-dire plié en paquet du plus petit volume possible, maintenu par la drisse elle-même, à l\u2019aide d\u2019un nœud parti culier qui se défait une fois le pavillon en place par un petit coup sec donné sur la drisse.Notre dessin représente une des phases du salut à bord du Marengo, lors de l'arrivée de l\u2019escadre française à Cronatadt ; on voit le pavillon maritime russe, qui ne représente pas les armes de Russie, c\u2019est-à-dire l\u2019aigle noir à deux têtes sur champ d'or, mais une croix de Saint-André, bleue sur fond blanc ; il eat salué À son passage devant la hune par les marins français.Comme nous le disions plus haut, tout est réglementé à bord, même les cris que doivent pousser les équipages.Il est permis de croire qe dans la circonstance présente, ils ont pu s\u2019en don ner À cœur joie tout en restant dans les limites réglementaires et sans qu'il ait été besoin de leur commander l'enthousiasme.® 1 SOUVENIR DU PARISIAN A UNE PASSAGERE Lucy, quand ton beau corps repose Daas ton lit blanc, sous, l'œil de Dieu ; Quand ta paupière à demi-close Aux clartés du jour dit adieu ; Lorsque les roses de ta bouche Pâlissent sous le froid du suir : Quand l'ange gardien de ta couche Incline son freat pour te voir : Quand sur tou sein qui se soulève \u2018l'es deux bras mignons sont croisés ; Quand ton front se per, comme un rôve, Dans tes cheveux entrelacés ; Quand sous les cils qui les ombragent, Tes yeux s0 livrent au sommeil ; Quand dans la nuit tes regards nagent, Tes regards A 'éclat vermeil : Peut-être alora ton esprit réve À tout ce qu'il aime ici-bas ?Sans doute devant toi se lève Quelque amour éclos sous tes pas © Lucy, parmi ces divins songes Dont ton petit cwur est le roi, Dans ca sommeil où tu te plonges, Rêves-tu quelquefois de moi * Montréal, 1591.CAUSERIE LA DERMOISELLE A MARIER .Nos mœurs ont mis quelque chose d'étrange dans cette position de fille à marier.Il doit nous sembler tuujours qu\u2019elles doivent se produire sur elles-mêmes l'effet d'un objet mis en vente, exposé à la vitrine, et que l\u2019on installe et arrange chaque matin, sous le jour le plus avantageux, afin d'atti rer les regards et les a lmi:ations des admirateurs.«+.Et, lorsque les rayons du soleil ou le grand air donnant sur la vitrine les ont un peu défrai- chies, on les jette de côté, parmi ce que l'on appelle les choses soldées, pour faire place à des marchandises plus fraîches, qui ne dareront aussi que ce durent les roses.Quelquefois, plus tard, il se trouve un acheteur, appréciant mieux que les autres la valeur de l'étoffe.Celui-ci choisira alors celle à qui l'on ne fait plus les honneurs de ls montre ; mais cela arrive si pen souvent ! Ne les voyez-vous pas chaque jour, ces pauvres jeunes filles que l'on veut marier 1.Fraiches et roses, pleines de jeunesse, de gaité et d'eapérances, elles ne dcmanderaient qu\u2019à ouvrir leurs ailes de papillons pour s'élancer vers ls vie et vers l\u2019espace ; mais la correction et la mise cn scène sont là, toujours là, attachées par une ficelle souvent invisible, mais sûre ; et elles sont retenues au rivage, où elles doivent suivra ot imiter la foule, quand elles s\u2019élanceraient avec tant d'espoir et de joie vers la barque qui passe, pour les emporter sur une autre rive.Oui, disons-le sans métaphore fantaisiste : si un y pensait, si on le remarquait, on aurait souvent un sentiment de bienveillante pitié pour ces pauvres filles, qui ne rêvent elles mémes qu'un mari, pour atteindre à la position qu'on leur fait entrevoir comme le seul port de salut.Mais, avant d'y arriver, quaud elles y avrivent, il n\u2019est pas d'embüches et d'obstacles qu\u2019elles ne voient surgir sous leurs pas.Tci, ce sont des amies jouant le méme rôle et courant au même but, se servant, comme elles le font elles-mêmes, de tous les moyens autorisés par nos mœurs, ou que leur prête la cuquetterie, pour apporter des rhvalités dangereuses.LE MONDE ILLUSTRE Là, ce sont les mères de ces mêmes ainies femmes excellentes peut -âtro jusqu\u2019à ce moment et en toutes autres circonstances, mais qui sont devenues féroces par le désir qu\u2019elles ont de marier leurs filles.Elles ont des yeux qui les vuieut si belles, si abondamment poarvacs de toutes les qualités qui peuvent faire le bonheur d'un mari, qu\u2019elles ne sauraient admettre que l'univers tout entier ne fût pas de leur opinion.Et, afin de s'imposer, elles ne craignont pas, souvent, de marcher sur le cœar et sur la réputation des autres jeunes filles, afin de faire À celles qui leur sont chères la place plus large et plus belle.Elles sunt peut être inconscientes de ce qu\u2019elles font, ces mires, ot l'amour sans limites qu'elles portent A leurs enfants pourrait méne, que'uefois, leur servir d'excuse.Mais qu'elies y songent ! Qu'elles voient plutôt, dans ces amies, dans ces compagnes de leurs filles, non des rivales qu\u2019il faut écraser, mais des êtres humains, cherchant et demandant aussi un bonheur réel que l\u2019on rencontre plus souvent en se donnant la main qu'en marchant isolée, dût-on même, dans son isoloment, mettre ln main sur ce prince charmant tant rêvé par toutes.\u2014Et savez-vous d'où viennent toutes ces misères et tous les ennuis de cette position de filles à marier ?Pronez garde ! Je vais toucher encore à une «juestion peut être grave !.Cela vient, je le cruis, de ce qu'elles regardent et attendent cet état comme le but unique auquel elles doivent tendre.Certes, rien ne vaut mieux qu'une famille, des enfants, un home où l\u2019on apportera la joie et le bien être, en les recevant également des autres : mais ce but, charmant dans son naturel, ne doit pas être si absolu qu\u2019il fasse perdre tout sentim nt de dignité et qu'il ferme des yeux qui pourraient s'ouvrir parfois vers d'autres Lorizons et vers d'autres vérités.De nos jours, et nous ne pouvons nous faire aucune illusion à cet égard, la femme pauvre trouve rarement un mari.Est-ce une raison pour qu'elle renonce À tout bonheur dans la vie ?Et ne peut-elle pas se dire que cette pauvreté pourrait, si elle avait la force de le vouloir, se changer en richesse par son travail et son énergie ?Cela nous preuve, plus que jamais, que les femmes duivent compter elles-mêmes pour quelque chose et prendre leur autonomie par une position qu\u2019elles sauront résolument se faire sans l'attente du mariage Et après, lorsque cette position sera acquise et établie, lorsqu'il sera prouvé qu'elles peuvent se suffire et qu\u2019ell-e n\u2019ont besoin de personne, qui les empêchera alors de chercher la réalisation de leurs rêves ?Et elles la trouveront d'autant plus surement que l'on sern perauadé que ce ne sera plus pour elles une nécessité «l'existence.Elles n'auront plus besoin de flirter et d'attendre, si souvant, hélas ! sans voir venir, parce qu'elles seront, au contraire, le but vers lequel va tendra et celui que l'on voudra atteindre.Mais jusque là !.Jusqu'à ce que lu femme ait compris toute ln dignité de sa position, il y aura toujours de pauvres filles sans dot, regardant tristement daus le vide et se disant chaque jour, au réveil : Le bouheur ivvonnu vivndra-t1l aujourd'hui : Et combien d\u2019entre elles, terminant le célèbre sonnet, se disent le soir, quand il n'y a plus pour elles aucune espérance : \u201c La fin, quand viendra-t-elle '.\u2026.CATHERINE Park.\u201c l'avenir d'un enfant est toujours l'ouvrage de la mère.\u2014 N AVOLÉON.L\u2019impartialité est maintenant bien rare dans le monde.Jusqu\u2019à la paralysie qui so déclare d\u2019un côté.259 LACHINE ET SON FONDATEUR CAVELIER DE LA SALLE La grande féte qui a été célébrée à Lachine, comté Jacques-Cartier, le dimanche, neuvième joar du mois d'août courant, à remise en évidence c-tte historique ct intéressante petite ville.C était bien pensé aux habitants de Lachine de commémorer comrue ils l\u2019ont fait, par l'inausara- tion «l'un fort joli monument, le sanglant anniversaire du maesacre de leur village par les féroces [roquois.Elles méritaient bien ce triomphe toutes l«s pauvres victimes de la nuit fatale du 9 août 1689 Ea eilet, c'est il y a deux ans que tombait le deuxième centenaire de cet événement douloureux.C'est alors aussi que l'érection d'un monument, dans le cimetière de Lachine, en souvenir des victimes, avait été décidée.Mais, cette année seulement, le monument à été complété et la fête du # août dernier, à Lachine, a consisté dans la tréné- diction solennelle de ce cénotaphe historique.Monseigneur l\u2019archevêque de Montréal officiait lui-même en cette occasion, et M.l'abbé Proulx, vice recteur de l'Université Laval, à Montréal, a prononcé un magnifique sermon de circonstance.Le nom de Lachine et de ses martyrs rappelle un autre martyr : il le fut de la science celui-là.Nous avous nommé Cavelier de La Salle, le grand explorateur canadien, le fondateur de Lachine.On sait comment il trouva le nom de ce village, lorsqu'il rassemblait ses canots à la tête du sault Se-Louis, au moment de partir pour ses immenses explorations de l'Ouest.Il était convainca qu\u2019il s\u2019en allait trouver un chemin pour arriver au grand empire de la Chine.Et dans sa conviction, il voulut consacrer, à son point de départ, ce nom qu'il chercherait à atteindre à son point d'arrivée.De La Salle n'atteignit pas l\u2019empire de Chine, mais parmi toutes les gloires au sein desquelles rayonne son nom, ce n'est pas la moindre que d'avoir fondé, au moment de partir, un aussi joli village que l'est Lachine, aussi bien situé, et surtout d'y avoir attaché un nom qui immortalise les nobles ambitions de ce voyageur émérite.Le Monbe IceuUsrre: à déjà parlé de Cavelier de La Salle, lors des belles fêtes de Rouen, mais il a cru être agréable à ses nombreux lecteurs en mettant sous leurs yeux, encore une fois, le portrait de cet illustre compatriote.J.S.E.Pour rendre le bois iuiperméable À l'eau, prenez parties égales dr parafilne et de résine, fondez ensemble, mélangez et appliquez sur la surface inté- ricore avec un pinceau.Coupez ensuite des bandes de mousseline de 20 centimètres de large, posez-lez sur l\u2019enduit, et, avec un fer À repasser chaud, appliquez-les fortement.Cette mousseline empêche les frottements et protège l\u2019enduit de telle sorte qu'un bac ainsi préposé a pu servir un an ou deux sans aucune réparation. \u2014e TG oe 0 y 3 1 ) 1 RV Na - do Tr ie SE Ry.see A ET LO Lah LE MONDE ILLUSTRE re a, a Ca.NOUVEAU MAITRE-AUTEL bi CHŒUK DE NOIRE-DAME DE MONTRÉAL ÉGLISE NOTRE-DANE DE MONTRÉAL (Suite) En 1857, M.Barbarin fut remplacé par M.l\u2019abbé Perrault, qui garda cette place jusqu'en 1864, où il fut remplacé à son tour par M.l'abbé Barbarin, reprenant son ancienne position de maître de chœur.M.Barbarin, après sa mort, eut pour successeur M.François Lavoie, officier des douanes ; ce dernier eut la direction du chant jusqu\u2019au 26 décembre 1878.Le ler janvier 1879, M.l'abbé Desrochers fut appelé à le remplace: ; il demeura en charge du chœur jusqu\u2019à la fin d'août 1884.M.Charles Labelle prit ensuite la direction du chœur et la garda jusqu\u2019au 29 mars 1891, où il fut remplacé par M.Guillaume Couture.M.Couture, pour inaugurer sa maîtrise, fit chanter la messe d'Ambroise Thomas.Les principaux soli farent chantés par MM.Acbille For- tier, venant de terminer ges études au Conservatoire de Paris, H.C.St-Pierre et Pascal Gagnon.Le 14 juin |s91, M.l'abbé Horduas remplace M.Couture.Notre-Dame, dont ls coût primitif fut de #220,- 000, mais qui vaut certainement beaucoup plus aujourd'hui, est une des plus grandes églises de l'Amérique ; elle peut contenir 10,C00 personnes + * Onzga cloches ornent les tours de Notre Dame, La tour de l\u2019ouest contient la plus grosse, celle communément appelé le \u201c gros bourdon.\u201d Jean- Baptiste, c\u2019est son véritable nom, est certainement la plus grosse cloche qu'il y ait en Amérique ; elle pèse 24,780 livres et a six pieds de haut ; son diamètre, À l\u2019ouverture, est de huit pieds et sept uces.Elle porte les images de la sainte Vierge et de saint Jean-Haptiste, ainsi qu\u2019un médaillon représentant l\u2019industrie, le commerce et l'agriculture.Plus bas, l'inscription suivante : Carolus et (ieorgius Mears Londini fecerunt (Traduction : * Charles et Georges Mears m\u2019ont fondue à Londres.\u201d La légende qui suit est inscrite sur la cloche : Anno Domini 1847 Fundat« Marianapolis 202 Pii P.P.IX Pontificatus | Regni Victorian: Brittanisrum 10 Ex Piissimo mercatorum, agricolarum artiticumque Marianopolitensium dono.(Traduction : \u201c J'ai été fondue l\u2019année 1547 de l'ère chrétienne, la 202me depuis la fondation de Montréal, la 1re du pontificat de Pie IX, la l0me du règne de Victoria, reine d\u2019Angleterre.Je suis le don des marchands, des agriculteurs et des artisans de Ville-Marie.\u201d\u201d) Cette cloche arriva à Montréal par le voilier Ottawa, le 23 septembre 1847.On fit des écha faudages spéciaux pour la descendre sur le quai.La descente, commencée à rept heures du matin, ne se termina qu'à une heure de l'après-midi.On déposa aussitôt la cloche sur un char et on Ia traîna jusqu'au parvis de Notre-Dame, où elle fut remisée sous une construction en bois.La bénédiction de \u201c Jean-Baptiste \u201d eut lieu le 18 juin 1848 À ce propos, voici ce que l'on lit dans la Afinerre du 20 juin : \u201c Cette grande cérémonie a eu lieu hier apris vêpres, dans l'église paroissiale.Une foule immense y assistait.Mgr Prince officiait, assisté de M.le supérieur du séminaire et d'un nombreux clergé.Avant la bénédiction, le rév.M.Billaudel monta un chair et adressa aux fidèles un éloquent sermon sur la cérémonie du jour.Huit parrains et huit marraines occupaient les premières places près de la cloche ; c\u2019étaient l\u2019hon.L-H Lafontaine et Mme Bédard, épouse de M.le juge l*édard, qui était au centre, puis M.Louis Boyer et Mme Charlebois, M.À.Prévost et Mme Jodoin, M.C.Wilson et Mme Drummond, M.L.Comte et Mme J I, Dabue, M.0.Fréchette et Mme N.Valois, M Maurice Gougeon et Mme S.Valois, M.E.Prul' homme et Mme Décary.Vennient ensuite le pré cident et les officiers de la société Saint Jean Bay tiste.\u201d Dane un journal de l'époque, on trouve les renseignements suivants sur la pose de cette grande cloche : Mercredi, le 21 juin 184%, dès le point du jour et durant toute la journée, la foule a'était portée en face de l'église parvissiale pour être tv moin d'un apectacle imposant, celui de voir monter le \u201c(Gros Bourdon\u201d au haut de la tour.Entre six et sept heures, la pluie tomba en abondance et fit craindre qu'on füt dans la nécessité de sus pendre l'opération, parce que les cäbles imprégné .d'eau, seraient devenus trop durs.Mais le vent dissips bientôt les nuages et le soleil se montra dans toute sa splendeur durant le reste de la jour née.\u201c Toute la matinée fut employée aux apprêts des câbles et des poulies pour suspendre la cloche à un certaine hauteur, an de la déposer ensuite sur des balances À patentes venant du rai/road de Lachine, avant de la poser.* Elle a été vendue au poids de 29,400 livres, on a vérifié d'une manière irrécusable qu'elle ne pes que 24,780 livres, laissant une différence de 1,62\" livres.\u201c L'opération de la vérification du poids dura deux heures, et ce ne fat qu\u2019à trois heures et demir que commença la majestueuse ascension de cett« masse énorme.\u201c Vers six heures, elle arriva au niveau de ln fenêtre par où elle devait entrer.Les préparatifs pour l\u2019introduire dans la tour durèrent encore quelque temps, et à 7! heures le gros bourdon était installé au milieu de la charpente qui doit le tenir suspendu pendant plusieurs siècles.\u201c La Fabrique avait demandé des soumissions pour la pose de la cloche, et les plus basses avaient été de £600 et de £800.\u2018 La Fabrique charges M Matte de l'entreprisr qui coûts seulement la moitié de ln somme exigee par les soumission naires.\u201c* Le gros bourdon fut mis en branle la première fois, vendredi, le 23 juin, à l'angelus du soir, pour annoncer notre fête nationale.\u201d (*) (*) Avant ce Rourdon, un autre y avait été installé en 1538, mais il se brisa la première fois qu'il sonna, le = décembre, à la messe de minuit.Contrairement à ce jue dit l'article ci-dessus, un autre journal dit que «cette cloche ne sonna que le 25 décembre 1548, 4 la messe de minuit, 4 » \u2014= \u2014\u2014 rs Maintenant, parlons des dix cloches qui se trouvent dans la tour de l\u2019est.Ces cloches ont été bénites le jour de la Saint-Pierre, jeudi, 29 juin 184:, au milieu d'une grande démonstration religieuse.Les parrains et marraines, réunis à la sacristie, firent leur entrée dans l\u2019église au son de la wu- sique ; ils étaient suivis d'enfants de chœur portant leu costumes des cloches, \u201c\u201c Ces habillements, dit un journal, consistaient en magnifiques velours et drap d\u2019or fleuri, importés de l\u2018rance, ur chapes, chasubles, dalmatiques et en tulle de dentelle brodées à l'aiguille ou au tambour.Une de ces cloches porte des halillements de deuil et annonce, hélas ! que son donateur n\u2019est plus.\u201d Avant la bLénédiction des cloches, M.l'abbé Houpe fit le sermon.pue 0 Te SETS ORAL socaco SF A =r u ce Statue de raint Picire Les personnes suivantes servirent de parrains et marraines : 1re cloche : M.l'abbé Quiblier, seul, représentant le séminaire de Saint Sulpice : Ze cloche : M.et Mme Furniss ; 3e cloche : M.et Mme John lonegani : 4e cloche : M.et Mme \u2018».Ber thelet ; 5e cloche : M.Fred.-Aug.Quesnel et Mme A.Laframboise, représentant Mme veuve Jules Quesnel ; Ge cloche : M.et Mme Hutert Paré ; Te cloche : M.L.S.Parent, curé de Repentigny, soul ; Se cloche : M.Jean Bruneau, ne pouvant assister, s'était fait remplacer par deux de ses enfants ; Ye cloche : M.Maurice Laframboise et Mlle Elmire de Rocheblave : lUe cloche : M.et Mme Bouthillier, n'ayant pu venir de Kingston, étaient représentés par M.Augustin Perrault.Ces cloches ont coûté I,4UU louis ; si on ajoute A ce prix, les frais de transport, de douane, l'inscription des emblèmes, ! habillement dont elles étaient revêtues le jour de la bénédiction (coûtant seul 400 louis), on peut dire qu'e'les ont coûté réellement £2,750 (*).(*) Ces cloches donnent les sons suivants : la lve (Marie Victoria), du poids de 6.011 livres, sonne du ténor ; la me (Fdouard-.\\lbert-Louis), 3,633 livres, re ténor ; lu 3me, 2,730 livres, ini ténor ; la 4me, 2.114 livrea, fa ténor ; la 5me, 1,641 livres, «/ ténor ; la Gime, 1.463 livres, la ténor ; la Tme, 1,200 livres, vi traor ; la Swe, 1,003 livres, do octave ; la \u201cme, #24 livres, re octave, ¢t la ome, S97 livres, ui octave, Tes donateurs de ces cloches sont : (lire cloche) le séminaire, (me) cloche, MM.Albert Furmss et Ed, Dowl- ing, (3me) M.et Mme John Donegani, (dime) M.et Mme Olivier Berthelet, (7me) l'hon.Jules Quesnel, (Gme) M.ev Mme Hubert, (Tine) M L.-S.Parent, curé de Repeu- tigny, (3me) M.Jean Bruneau, (time) M.et Mme T.Bou.thillier, (10me) M.Augustin Parent.GA, mint À euivre LE MONDE ILLUSTRE [Pour Le MONDE 1L1LURES E] PAUVRES ENFAN'TS ! (ROUVRLLE) \u201cJe te verrai sans ombre, » Vérité céleste ! \u201cTu te caches de nous dans nos jours de sommeil ; \u201cCette vie est uni songe et la mort un réveil.\u201d VOLTAIRE, (Extrait de Caton et l'âme 1umortell) Un soir de ce terrible hiver qui vient de s\u2019écouler & peine et qui restera longtemps gravé duns notre mémoirs, deux jeunes enfants de la Savoie, deux ramoneurs, âgés de quatorze 4 quiuze ane, cheminaient tristement, transis de froid, l'estomac vide, sur cette longue route poussiéreuse qui va de Narbonne à Perpignan.Couverts de haillons les défendant mal contre le vent fort et glacial qui soutllait ce jour }à, le visage et les mains noirs de suie, grelottants, une petite caisse sur le dos et le râcluir suspendu à leur étroite ceinture de cuir, ils marchaient péniblement, les larmes aux yeux, la tête basse et l'âme triste.Ils avaient fait environ quatorze kilomètres, luttant avec toute l'énergie de leur âge, et Dieu sait au prix de quels efforts ils avaient pu réussir u franchir cet espace.Lo plus faible des deux commençait à ressentir un engourdissement dans ses membres, tout son corps éprouvait un malaise indéfinissable, signes précurseurs de ces congestions terribles occasionnées par la froid et dont le dénouement fatal est presque toujours ls mort.Il manifestait à son compagnon d\u2019infortune l'intention de se reposer dans le fousé qui bordait le chemin, déclarant ne pouvoir plus avancer.L'autre l'encourageait, au contraire, essayant de le toute- nir, lui faisant comprendre le danger auquel ils allaient s\u2019exposer tous les deux s'ils s\u2019abandonnaient à cet état de torpeur qui commençait à les gagner.lorcément, il fallait continuer la route, espérant trouver une maison hospitalière qui leur permettrait de réchauffer leurs membres glacés et de passer la nuit à l'abri du mauvais temps.Cinq heures venaient de sonner.Les piles lueurs du crépuscule avait fait place aux faibles rayons d\u2019une lune nouvelle que les nuages cachaient de temps en temps : les rafales re succédaient par intervalles égaux et presque mesurés ; de gros et épais llocons de neige tombaient au milieu d'on silence qui n\u2019était interron.pu que par les légers battements du cœur de ces enfants, ou le bruit de leurs pus frappant le sol durci par la gelée ; la caupagne présentait un aspect désolé et sinistre et semblait se couvrir d\u2019un immense suaire dont la vue seule vous remplissait d'ettroi.Soudain.à quelques ventaines de mètres, ile aperçoivent une maison.Pleins de confiance, ils sentent leur courage renaître ; c'est le salut pour eux, et cetto idée augmente leurs forces ; ils espèrent trouver là une âme charitable qui se laissera attendrir par leur malheur et leur permettra de passer la nuit sous son toit hospitalier.Et qui sait 1 ils trouveront peut être là aussi un morceau de pain dont ils n'ont pas goûté depuis la Veille et un verre d'eau pour humecter leur gorge sèche.[ls arrivent enfin et frappent un timide coup avec le marteau cloué sur la porte, que le plus fort saisit de ecs mains crispées.Un morne silence succède au bruit du marteau, et puis plus rien.Ils recommenvent leur appel désespéré de minute en minute, A cing ou six reprises, mais personne ne vient à leur secours.Contiant dans votre jeuneste ct dans votre excellent cœur, il vous semblait que le monde ne contenait plus d\u2019ingrats.llélas | comme vous vous trormupiez et que d\u2019égoistes se trouvent souvent sur votre passage, tans même que vous vous en doutiez !.Hommes lâches au cœur dur, à l\u2019âme pétrie de boue, aux sentiments grossiers, tartufes, que de misércs vous pourriez soulager, que de malheurs teraient évités, ti vous aviez la conscience plus juste, si vous étiez plus généreux, ti vous éticz humains !.Quelle crue'le déception pour eux ! Alors qu'ils croyaient être sauvés, ile se voient maintenant à deux pse du tombeau ! 261 \u2014 \u2014 Reprenant leur course afin de se réchauffer an u, le teint livide, les yeux hagarde, dea spectres videux passent et repassent devant eux, semblent se moquer de leur faiblesse et les attirer peu à peu jusqu'au fond de leurs sombres demeures.Fpuisés, hora d'haleine, ayant À peine fait cinq cents mètres de plus, ile tombent au bord de la route, sur un tas de cailloux, pour ne plus se relever.Ils s\u2019embrassent alors comme pour lutter plus avantageusement contre ces noirs fantômes qui les poursuivent depuis longtemps, adressent un dernier adieu à leurs parents, à leurs riantes campagnes qu'ils ne reverront plus, commencent à entonner faiblement leur traditionnelle chanson du.pays, chuchotent tout bau les premiers mots de leur éternel hozanna : \u2018\u201c Ah ! ramona.\u201d et rendent leur belle Ame À Dieu.Pauvres enfants ! Pauvres enfants !.Le lendemain, des passants trouvèrent leurs corps étendus sur la route À l'endroit où ila étaient tomhés, le visage tourné vers les lieux de leur naissance qu'ile ne devaient plus revoir, enlacés, dans cette lutte suprôme et désespérée pour la défense de leur vie, et quelques personnes charitables les recueillirent et leur rendirent pieusement les derniers devoirs.Pauvres enfants ! Pauvres enfants !.\u2026 Armissan, (France).BIBLIOGRAPHIE Une lecture par jour, tel est le titre d'un opuscule qui vient de sortir de presse aux ateliers du Pionnier, de Sherbrooke.Ce petit livre, approuvé par Sa Grandeur Mgr Antcine Racine, évêque de Sherbrcoke, sers, nous l'espérons, bien accueilli par toutes les familles du Canada.Il est divisé en trente-et-un chapitres, un pour chaque jour du mois, Ce sont de courtes méditations, extraites des écrita d'un prêtre zélé qui, pendant près d\u2019un demi siècle, prêcha la parole de Dieu.Son prix minime le met à la portée de toutes les bourses : un exemplaire, dix centins : douze exemplaires, une piastre.C\u2019est un excellent ouvrage de propagande chrétienne et, à ce titre, nous le recommandons spécialement aux membres du clergé.A Sherbrooke, chez A.M.Richer, libraire, au bureau du /'ionnier et chez tous les libraires du pays.Toute la presse parla, il y a deux ans, de ce beau et très important livre : Les poètes du clocher, par lequel uf.\u2018\u2019harles Fuster tit connaître et populariser un mouvement intéressant entre tous.Il y passait en revue, avec des aperçus bien curieux, des silhouettes vivantes, tcus les écrivains bretons, flamands, angevins, franc comtois, provençaux, parisiens même, qui célèbrent leur province natale ou en dépeignent les mœurs particulières.Il leur consacrait an grand nombre de chapitres, en entremélant ses critiques de descriptions magistrales comme celles de Bruges, de l'Auvergne ou du Jura, si souvent reproduite: depuis.Entin, et pour rendre l\u2019œuvre plus utiie, pour lui bien donner le caractère d'une anthologie, il faisait plus de 500 citations remarquables.Le livre a fait du bruit, suscité bien des efforts nouveaux, définitivement consacré diverses réputations.Son succès a été si sérieux, que la quatrième édition vient d'être mise en vente, (chez Fischbacher, 33, rue de Seine, Paris.) C'est là qu'on peut demander, au prix de 81 20, les Poètes du clocher, avec un beau dessin inédit de l'un d\u2019entre eux, Jules Breton.Tous les lettrés voudront lire ou relire cet ouvrage capitel de Charles Fuster. \u2014 \u2014 a \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 20 2 262 LE MONDE ILLUSTRE NOUVELLE HISTORIQUE CANADIENNE FRANÇAISE = ANDANT des mois et bien des mois, per- : sonne ne put savoir 7 ueis étaient les deux individus, Le | 4% y RIS #0, emeurant dans une maison du bon vieux temps, édifice en pierres rondes, ovales ou plates, petites ou grosses, superposées sans symétrie, couchées sur un jaune lit de mortier rugaeux.Ces pierres, quoique sans âme, sans Organe, sans vie, subissaient, comme tout ce qui existe ici-bas, les avanies du temps.Il les avait noircies de ses caresses ignobles, il les avait Marquéer À son empreinte.La tache était indélibile.Telle la réputation ternie d'un humain.Le toit, jadis en bardeau, disparaissait sous une épaisse couche de mousse, verte comme des eaux saint-laurentiennes.Et ça vous poignait le cœur de voir la nature embellir jusqu\u2019au tombeau, semer des émeraudes sur une masse rocheuse, à l\u2019aspect sombre, sépulcral.Pourtant, cette masse se trouvait rue Notre.Dame, au centre de la ville.On l'eut dit jetée là pour servir d'épouvantail.\u2014Que s\u2019y passait-il donc! Cette question surgissait infailliblement dans le cerveau des passants et demandait une réponse sans jamais l'avoir, car les voisins, même les plus curieux, savaient peu de choses Tous les matins, un drôle de type, grand, sec, vieux \u2014 le domestique \u2014 parcourait les entours, achetait les provisions.Parlant avec laconisme, ne répondant pas aux questions indiscrètes, il rentrait su plus vite, en tirant sur lui la lourde porte qui faisait grincer goads et pentures, semblablement à une gémissante porte de prison.L'après midi, paraissait un autre type, sexagé- nère, courbé, à l\u2019œil éteint, aux cheveux blancs, aux formes grassouillettes, l'air d'un rentier.TI trottinait du haut en bas de la ville.Vers cinq heures, il revenait encombré de paquets précieusement portés, s\u2019enfouissait dans sa demeure et, le lendemain, la même monotone vie recommençait N'était-ce pas assez bizarre pour éveiller la curiosité des gens ?Aussi, devant cette énigme, les langues avaient beau jeu.Les histoires les plus contradictoires, les plus fantastiques, les plus incroyables se propa- gesient avec la rapidité d\u2019un feu de prairie.Le fait était nouveau, et comme tout ce qui eat insolite prend bientôt \u2014surtout dans ce pays \u2014une teinte de merveilleux vis à-vis la populace, celle ci crat que les deux vieillards étaient sorciers.Cette supposition avait, un jour, été confirmée par la nouvelle qu\u2019an gamin répandit brusquement dans le quartier.En prenant de grandes précautions, il s\u2019était approché de la maison, puis avait escaladé le mur\u2014ceinturant Ja cour\u2014près d\u2019une fenêtre da rez -de-chaussé.Précisément un carreau était ouvert.Son regard plongea à l\u2019intérieur, mais quel n'avait pas été son saivissement ?Le petit vieux, en robe de chambre, était là, occupé à examiner des objets bizarres, inconnus, et toute la pièce en était remplie et, par-ci par-là, des livres, ien sûr des grimoires.Si extrême avait été sa frayeur, que l'enfant dégringola.Toutes les commères, le soir, affirmaiont tout bas, avec mystère, \u2018jue le diable logeait dans la cabane aux sorciers\u2014épithète gratuite qu\u2019on avait donnée à la résidence de M.Pinchol\u2014c'était le nom de notre héros.> Montréal, à cette époque, n'était pas cette cité superbe d'aujourd'hui Ses ridicules fortifications, qui la tenaillaient dans un espace de cent acres, existaient encore.Aussi les commentaires allaient bon train et se transmettaient avec la plus grande facilité.Tris tot nos deux originaux furent en butte à la curiosité des gens de partout.On se montrait leur maison comme une chose extraor«i- naire.Les audacieux\u2014les jeunes gens\u2014juraient de briser le secret de cette vie monacale si tranquille.Sans avoir de motifs vulgaires, mais aiguillonné quelque peu par la curiosité, un adolescent bien connu, Jacques Viger, plus tard premier maire de Montréal et antiquaire «listingué, jura d'en avoir le cœur net.Une force incompréhensible le poussait d'ailleurs à agir ainsi.De même que le fer est irrésistiblement attiré vers l\u2019aimant, de même Jacques se rentait porté à se rapprocher de ce vieillard.C'est que l'influence magnétique, qui s'établit entre deux personnes ayant les mêmes aspirations, les avait unis Déjà, le germe de la passion des recherches historiques se développait en lui.Ea peu de temps, au fait des habitudes de M.Pinchol, il sut où ce dernier allait.Le sexagénaire visitait certains marchands de la Basse-Ville (rue St-Paul) qui tenaient en réserve, pour lui seul, les antiquités canadiennes qu'ils avaient l\u2019occasion d'acheter à des prix ridicules et les lui revendaient à gros bénéfices.Jacques s\u2019entendit avec un de ces marchands et il fut mis en relation avec le bonhomme.De jour en jour, par le moyen de la conversation, de petits services, la connaissance se fit et une amitié bi- -arre lia ces deux êtres disparates par l'âge mais en pleine communauté d'idées.Finalement, M.Pinchol invita Jacques, + + + Le jeune Viger,tout joyeux d'être arrivé au but, ne manqua pas l'occasion.Il se rendit chez Pin- chol et pénétra dans ln fameuse rabane aux sur- ciers, au grand ébahissement du voisinage.Reçu avec la plus grande courtoisie, par le maître de céans, il fut introduit dans le sanctum: sanctorum, c'est-à-dire dans la pièce, où se tenait d'ordinaire son vieil ami.Un cri de surprise s\u2019échappa involontairement de sa bouche.Il était en présence d\u2019un musée.Non pas une banale collection sana goût, pour lo seul plaisir de ramasser.Jacques, après avoir visité tout, après avoir eu des explications sur chacun des objets, demanda à I'antiquaire quel avait été son but, ou du moins son arrière pensée, en agissant ainsi 1 \u2014Mon jeune ami, répondit le vieillard, j'ai ici réuni cette collection par patriotisme.J'ai voulu avoir devant moi ces reliques du passé qui, dans leur muette stabilité, parlent néanmoina à mes yeux et font mon eaprit se reporter en arrière.Je retrouve au milieu de tout cela ma vie, mon histoire.Peut être vous intéressera-t-elle, laiaser- moi vous la dire rapidement.* + + \u201c En 1760, je n\u2019avais que quinze ans, mais mon cœur battzit d'amour pour sa patrie.Les revers qu\u2019elle venait d\u2019essuyer, la mort d\u2019un père chéri, au champ d'honneur, sur les plaines d'Abrabam, m'avaient douloureusement torturé.Une noble colère m'embrasa, je régolu de venger mon père ou de verser, moi aussi, mon sang pour la Nouvelle- France.\u201c Malgré ma mère, ma bonne et sainte mère, je m'enrolsi, au printemps de 1760, dans l'armée de Lévis.Ala brillante bataille de Sainte Foye, jo fis partie de la fameuse brigade des miliciens mont- réalais, qui, sous le commandement du colonel Rhéavme puis de M.de Repentigny, seule, opposa une barrière infranchissable à l'armée anglaise (*).\u2018 Hélas ! la fortune ne nous sourit pas longtemps.La retraite pévible commença, nous revinmes à Montréal ; Vaudreuil capitula ; Lévis repassa en France ; le pays devint colonie anglaise et je fua contraint de pleurer en silence la perte de la mère patrie, l'asservissement de sa fille.\u201cC\u2019est alors que germa en mon cerveau l'idée de réunir ici, dans cet endroit, tout ce que je pourrais recueillir de reliques du passé.Et loraqu\u2019il m\u2019arrive, comme par les temps malheureux que nous traversons, de sentir mon Ame se révolter devant la tyrannie d\u2019un Haldimand ou d\u2019un Craig, alors, je m\u2019enferme dans cette chapelle et là, en face de ces restes muets d\u2019un passé magnifique, mes larmes coulent, coulent abondamment et mon cœur, rempli d'émotion, trop patriote pour se courber jamais, pour reconnaître jamais le joug, demande la mort.[a mort, la douce mort qui nous délivre de tout ; la mort, la glorieuse mort qui libère l\u2019âime de ses chaînes pour l'envoyer vers la lumière : «ed lucem /\" Ie patriotique vieillard s'était transformé pendant cette tirade, qu'il appelait son histoire.Le sentiment qu'il tenait enfermé au dedans de lui- même, contunt de pouvoir s\u2019épancher, heureux de trouver une Ame ou commo cn une terre fertile il irait germer vite, redonnait à l'ancien soldat de Lévis la vigueur de l\u2019âge mûr.Sa taille s'était redressée, ses petits yeux grie, vifs, pétillaient de plaisir, d\u2019amour, d'admiration.La main levée, le regard tourné vers le ciel il semblait beau, grand, magnifique.Cette régénérescence ne dura pas longtemps et avec elle le bonheur d\u2019un instant s'évanouit.La réalité, hideuse en sa difformité brutale, vint remplacer l'idéal beau, doux, saint qui, pendant des secondes trop courtes, avait réussi À faire promener un sourire sur les lèvres de l\u2019antiquaire Du noir, du rouge, des ténèbres, du sang, il ne voyait plus que cela dans l\u2019avenir de sa race.Des larmes roulaient sur ses joues, des sanglots secouaient cette poitrine autrefois forte, maintenant affaiblie par les ans.Jacques Viger, ému nu plus profond de son être, demeurait silencieux, respectant la douleur de ce militaire, de ce patriote.+ + * Cinq ana plus tard, M.Pinchol étant décédé, son testament fut ouvert.Tous les biens étaient donnés au fidèle serviteur du détunt, à l\u2019exception de la collection léguée à Jacques Viger.EPITRE A MLLE GRAZIA PF.QUI M\u2019OFFRE TOUTE SA TENDRESSR Poignér de conseils pour être prison laissés, \u2014ad libitum Pauvre petite ! J'ai souri et vous vous êtes fà- chée.Puis, quand détachant vos bras de mon cou je vous ai dit Avec un sérieux que vous ne m'aviez jamais vu : prenez garde ! vous me ferez mal ; vous êtes restée toute surprise et n\u2019avez rien compris À la rudesse de ma phrase.Voua me ferez mal f.Mais oui, si je vous prends au mot et me vais bercer de toute cette amitié dont vous voulez m\u2019étreindre.Ecoutez-moi.; Quel Age avez-vous 1.Ces choses ne #'écrivent guère dans les colonnes d'un journal ; cependant (*) Historique.V.Garneau, pp.363 et 364, vol.11. f=\" \u2014\u2014\u2014CT\u2014\u2014\u2014 ee si je ne craignais de blesser vos grande demoiselle, je vous dirais : qu\u2019une enfant.Et pourtant, vous êtes sortie hier du pensionat, lancée aujourd'hui dans le monde, dans ce monde qui fréquente les places d'eau, vous êtes fêtée un peu, aimée beaucoup.Mais que sont ces succès, ces triomphes, et entre nous, que savez-vous ?.Ah ! prenez garde, n'allez pas ainsi enlacer tout ce qui vous plaira sur la route : vous déchirerez vos doigte.N'allez pas noyer de tendresse la première personne qui vous inspire quelque symps- thie : savez-vous qui elle est ?Et quand vous le saurez, si elle ne vous plait plus, comment reprendrez vous votre affection ?A ménager la chèvre et le chou on n'arrive jamais ; et vous ne sauriez croire de quel embarras vous vous verriez alors enveloppée.vous n'êtes e * * * Vous croyez me connaître.Chère enfant !.\u2026.C'est vrai, j'ai écouté sans rire toutes vos confidences aussi spontanées que naives ; je vous ai laissée étaler, avec l'éloquence qui vous emportait, tous les brimborions de votre esprit et de votre cœur ; mais pensez-vous qu'après la vingtaine on se livre ainsi ?qu\u2019on ouvre ses tiroirs et qu\u2019on dise au premier venu : regardez, fouillez ! Non, non.Les gens ne sc jugent pas dans un souris : que de «rimaces ce sourire même ne peut il cacher ! Ce n\u2019est pas dans une fête brillante, dans un milieu parfnmé, à travers des flots de lumières et de luxe, qu\u2019on cherche ordinairement les amis.(irazia, dans les heures de calme et de douceur, dans les plaisirs faciles et qui coûtent peu, se forment ces liens, d'autant plus solides, d'autant plus chers et sûrs, qu\u2019ils résistent aux coups rudes du malheur et des ans.+ + .Laissez-moi vous parler franchement.Vous me paraiesez d\u2019une nature à aimer les tourmentes, d'un tempéramant À vous accrocher A tout ce qui, sur le chemin accidenté «le l'existence, vous sourirs, à suivre le premier mouvement de votre imagination montée par une forte fièvre mondaine, à n'écouter que votre cur.Vous me faites ptine, vraiment, Quelles tempetes vous vous amagsez pour les iours où l\u2019on recueille ce que l'on à semé !.+ * Votre cœur ! Mais qu'\u2019est-il votre ceeur, comme celui de chacun de nous $ Un malheureux vagabond qui vous peut entraîner À tous les excès, à toutes les sottises, s\u2019il n\u2019est tempéré, retenu, par un jugement sain, par une supputation minutieuse des événements ou des choses qui vous captivent et vout attirent.Ma chère amie, avant de vous laisser aller à cet enthousiasme si prompt, et déplorable méme chez vous, je vous prie, consultez votre raison.Vous ignorez que de peines re seraient épargnées et s'épargneraient encore des personnes, à l\u2019âge mûr peutêtre, si, en toutes circonstances, elles s\u2019en rapportaient à un raisonnement lent et sûr, plutôt qu\u2019à un entraînement subit, à un ins- tinet étrange qu'elles osent confondre et nommer un sentiment.C\u2019est de cette dernière façon qu'elles se créent des abîmes de déceptions, de désenchantements, de regrets ; qu'elles nagent ssns cesse dans les pleurs, Et c'est à recommencer toujours.+ + + Œil ouvert, Grazia ! Nous somies les propres artisans de nos malheurs, de même que nous le pourrions être de notre bonheur, si nous agissons toujours avec tact, prudence et modération.Dieu, ou sn sage providence, n'est pour rien dans p nos grandes douleurs, dans nos tristesses, nod larmes.Elles naissent toutes de notre faiblesse, de nos folles et ridicules prétentions.qui ne s'arrêtera jamais, voudraient saisir tout ce qui flatte, ensence, grise, et voir ces possessions s'éterniser entre nos mains.Comme si nous en étions encore aux coups des baguettes magiques de ces généreuses fécs d'autrefois ! Je vous donna raison ; oui, mon amie, qui de nous ne s\u2019est trouvé comblé d'ivresse, sous la puissance (le la plus grande joie que puisse enfanter imagination ! Qui n'a été réeliement heureux 1.Mais qui aussi n\u2019a pleuré quan, croyant posséder le bonheur même, nous l'avons vu glisser gous nou effortsi.C'est qu'il ne faut pas tant y croire ot s\u2019y cramponner, tant s'agitbr et se déseapérer.Il eit passd,.il passe, .hélas ! comme tout est passé et passe, d'après la loi d'ici-bas.Et cette lui, elle est bien faite pour nous, allez.Vous, avec vos dix huit ou vingt ans, vous ne pouvez croire qu'après certaines heures de félicité suprême, d'incarnation avec la jouissance même, la meilleure et la plus pure, vous ne pouvez croire qu\u2019on se voie tout À coup, sans transition à peine, abîmés dans les amertumes, dans le vide.Que vous êtes naïve ! S'il était possible de retenir le bonheur tel qu'il apparait un moment à chaque être qui le court et s'en donne la peine, ce ne serait plus le bonkeur.Il deviendrait notre familier ; nous le recevrions en rube de chambre et en papillottes : il finirait par nous lasser.Le bonheur ! Mais c\u2019est sa nature d'inconstant qui nous le fait tant aimer.Qu\u2019il demeure, et nous lui rions au nez * + * Toutes ces choses vous les comprendrez\u2014plus tard.Et vous ne m'en voudrez plus d'avoir pris un ton grave que vous ne me connaiseiez pas, avec ces verres qui chez moi vous déplaisent, pour l\u2019unique plaisir de vous sermouer.En attendant, topez là ! je suis votre amie ; amie aussi sincère et plus franche que toutes celles auxquelles, avant la fin de la saison, vous irez raconter vos hauts faits et jure de votre tendresse.Jay rmaace En villégiature.L'ART DE REGLER SA VIE Loin qu\u2019il faille considérer l'effort soutenu et quotidien comme l'unique loi de l'individu, il faut toujours faire leur place aux plaisirs, aux saines distractions, aux joies de la famille et de l'amitié, les considérer même comme le véritable but de la vie, dout le travail est seulement le moyen.Le vrai devoir de l\u2019homme est d'être heureux et de rendre heureux ceux qui l'entourent.Or, le secret du bonheur est de bien remplir sa tâche, quelle qu\u2019elle soit, et l'on n'y arrive jamais mieux, selon le mot de Pline, qu\u2019en sachant se divertir à propos et se tenir en gaieté : Studia hilaritat pro- veniunt, En général, la grande ditliculté n\u2019est pas tant de se procurer ce qui amuse à l'occasion que de résister aux assauts de la douleur et des soucis.Parmi ces soucis, il en est sans doute d'inévitables.Mais n'y en a t-il pas un grand nombre que l'homme sage peut conjurer s\u2019il y apporte un peu de goin, ceux, par exemple, qui proviennent d\u2019une négligence habituelle des principes de l\u2019hygiène ?La maladie, les petites incommodités, sont en effet la grande source de la préoccupation et de la tristesse.Or, il faut bien le dire, dans les trois quarts des cas, l\u2019individu semble avoir en vue de se les assurer, au lieu de conduire sa vie en vue de les éviter.Simonide était plus sage quand il clas- gait comme il suit les bonheurs de l\u2019existence : en première ligne, la santé ; en seconde, la beauté hysique ; en troisième, la richesse bien acquise ; en.dernière, les plaisira de la jeunesse et les exercices du corps partagés avec des amis sûrs.Pen de gens saverit à quel point la santé de LE MONDE ILLUSTRE 248 rétentions à la Nos rôves, poussés pas la fougueuse ambition l'individu est véritablement à fa discrétion.Chacun sait bien qu\u2019il peut à volonté se rendre malade, mais on oublie trop qu'on peut également beaucoup pour rester bien portant.La sagesse des nations proclame qu\u2019à quarante ans quiconque n\u2019est pas un sot doit être plus ou moins médecin.Malheureusement, le plus grand nombre des hommes, au lieu d'être médecin à cet âge, sont malades.Et qu\u2019aurait il fallu pour leur épargner ce supplice 1 Rien de plus que des habitudes régulières, de l'exercice quotidien au grand air, de la propreté personnelle, une alimentation bien comprise et, spécialement, la modération dans le boire et le manger.Neuf fois sur dix, le malade ne doit sa maladie qu\u2019à lui-même.Un autre grand élément de bonheur est le choix intelligent des livres.La plupart des hommes s'en remettent de ce choix au hasard.Il n'y a pas d'erreur plus funeste.Un livre est un ami, et tout le monde sait qu\u2019un ami mal choisi ne peut que vous rabaisser, tandis qu\u2019un ami bien choisi vous élève.D'autre part, les livres sont la fontaine des pensées ; quoi de plus important au succès et au bonheur que de se maintenir dans un courant habituel de pensées justes, fortes et saines ! Un ne saurait donc veiller avec trop de soin sur les lectures dont on fait sa pâture habituelle.Ce sont elles qui modèlent l'ère interne, qui dirigent la vie et façonnent la conduite, le but, les aspirations, les actes de l\u2019individu, souvent à son insu même.Pourquoi donc, au lieu de régler le choix de ses livres aur l\u2019idéal qu\u2019il se propose, se lsisse-t- il aller si souvent à les prendre des mains du hasard 1 Serait il vrai, pour paraphraser le mot de La Bruyère, que l'homme emploie la plus grande partie de sa vie à rendre l'autre partie misérable.Il v a encore les \u201c bonheurs déguisés,\u201d c'est-à- dire des satisfactions que le sage sait trouver parfois jusque dans ses infortunes.C\u2019est ainsi que Helmholtz faisait remonter à une fièvre typhoide, dont il fut atteint dans sa jeunesse, l\u2019origine de ses premières découvertes.\u201c Je les dus, en effet, disait il, aux économies que cette maladie me permit de faire, dans l'automne de 1341, en ma qualité d\u2019éldve gratuitement soigné à l'hôpital, et grâce auxquelles je pus acheter un microscope.\u201d Dans la plupart des cas, a dit sir John Lubbock, nous tenons en nos mains le bonheur de notre vie.C\u2019est à nous de le comprendre, d'en apprécier à temps les conditions et de savoir nous plier aux règles très simples qui nous l\u2019assurent presque toujours.PRIMES DU MOIS DE JUILLET LISTE DES RÉCLAMANTS Montréal.\u2014Dame |.E.N.Pratte, 1622, rue Notre lama Pame Heari Véronneau, 413, rue Rose : A.Rouleau, 1374, rue Ontario ; Alfred Donais, 34, rue Maison.neuve ; Joseph Ricard, 24, rue Cathédra « : Thomas Massé, ils, 113, rue St- André ; Dame Cyprieu Pa- quette, 453, avenue Laval ; Dame Tl'élesphore Ber- nier, 79, rue Campenu ; T Deguire, 29, rue Versailles ; Delle Sarah tiauthier, 164), rue Dorchester ; L.'I' Bernier, 2X, rua Drolet ; Delle E.Belz, 230, rue St-Dominique : Dame Alfred Lortie, 8, rue Rose ; Napoléon Larose, ), rue Lamontagne ; T.M.Prévost ($2.0, 575, rue Hypolite ; J.A.A.Mi.chaud, 3), rue St André.Queh «, \u2014 Dalle Blauche Emond, #5, rue Bayard, St-Sau- veur ; Niméon Jouvi 1, rue Napoléon, St-Sauveur : Dame Alfred Rochette, 479, rue St-Valier ; Arthur Chamberland, 221, rue Franklin, St-Sauveur ; Ar: thur Beaudoin, 194, rae St-François ; R.S.Berge- vin, rue Grant ; Louis Bureau 175, rue du Pont : Alphonse Savard, 143, rue Richardson : Delle José- hine Binet, 260, rue St-Joseph ; Delle lieorgiana Roy, 19, avenue Renaud, St-Sauveur ; Joseph Robi- taille, 121, rue Richardson.St-Cunegond.-\u2014J, Omer Marchand, 1304, rue St-Juc- ques : Félix Nt-Onge (83.00), 1608, rue St-Jacques ; saie Vary, 3222, rue Notre-Dame.Sr.Henri de Montréal.\u2014 Wilfrid Taillefer, (deux primes), 51, rue St-Ambroise ; Delle Alphonsine Bouiez, 71, rue Bourget ; A.Nauvé, 3494, rue Notre-Dame.Pointe St-Charlrs.\u2014 Louis Poulin, 124, rue du Grand Trone ; Benoit Aumond, 156, rue Ropery.Nicolet.- Alfred Duval.tevrqevitle, P.y \u2014C.LeBlanc ($5.00).St- Raymond.\u2014E.A.Panet.Boston, Muss, \u2014J.I.Bergeron, 2, Savin St, Georgetown, Minn, \u2014Philippe Fortier. % | | F | pe |] KB: | t ! ic e Let at NS 4, ud R.Beullac Anquetil Rouvier Frechion Non Schowb Puech Lejay Jonas ti.licaugrand Maille Ai camp.Ensrigne.Lieut, V.consgal, Commit, Lu ut Aspirant, DeMachy DeLesquin PalaHarthe Wolff Chouillou DeLartigues Guilhern Lahadens \u2018uigues Aspirant.Ensciyne, Aspirant.Medecin, Aspirant, VISITE DES MARINS FRANÇAIS.\u2014UN PARTI D'EXCURSIONNISTES AU SOMMET DU MONT-ROY AT\u2014(Photographie Laprés) rm Ping | rem ~~ ill SE Ÿ i a WN | ov, Il Su.\u2018 he \\ 3 - 1G = = = { NR # | EY ek $- 7 N N 7 it N La ; - 2 li i il y | i I \u20ac = = | oR if i li A i Hi | ; \\ § | hifi = n pl | hi | I ; | \\ An a Ii : I W | | RD | | | | | | I | ill I | i | | | 4 | | | | ii a use P ig | il , ss i 2 = = A Ja) ir Ww NS wr Finn | à VE , | 7 = £7 3 & ve, ay wad SEES _ Ê = a + CCE ZZ = - | ke 5 Sim = We >= W Ih i I 14 wi M Va | | \\ NB TAY Sa - * | ! I | if Rx | À 5 A a 1 i A hy Ql a I) | # 4 As A Fe il HE § \\ pe a i i 4% > \u2018 \u20ac er \\ | AN i _ 1 | Vs Vo I pe Ni | pe, Né il | \"64 pa ven 4 | TR\".4 = | À te y | | | A A y BE, cy | ' oi =, * == ae Le mé EE == == = #: E \u2014\u2014- = ee i == = 7 SS + r= ST il f #1 J oy Le à/ \\ ) ! I = ! \\ x \u20ac © # = __ ee i Nh me +.LESCADRE FRANCAISE A CRONSTADT.\u2014LE PAVILLON RUSSE AU GRAND MAT DU MARENGO\u2014(De l'Ilustration) mal pe ri re whens ake dr oot ar oe AMOUR SOUS LES FRINMA AU PATINOIR (Suite) \u2014TFaut-il mére, que je te dise le nom de toutes les jeunes filles dont je fais la connaissance.Je t'avoue que je n'y ai pas songé, et d'ailleurs cela n'a aucune importance.\u2014Eh ! eh qui sait ?Le fait est que Mme liosewood avait parfaitement saisi le sens de ce petit incident.Llle avait remarqué que les yeux de Mlle Marguerite avaient cherché ceux d'Alfred, qu\u2019elle avait ébauché la première uue inclinaison de tête avec un gracieux sourire.Son cavalier avait paru peu satisfait de cette marque d'attention donnée à Alfred, et il lui avait à peine fait de la tête eb comme à vontre- cœur, un petit signe «le reconnaissance.Quant & Alfred son émotion s'était trahie par un mouvement involontaire du bras sur lequel sa mère s'appuyait, et par le son de sa voix.Mme Rosewood avait saisi tout rela du premier coup, et tout en marchant elle faisait ses déductions.\u2014 Mais, reprit tout à coup Alfred, je ne suis pas venu ici seulement pour regarder ; je veux aussi patiner.\u2014Va, va, mon garçon, fit la mère ; je ne te retiens pas.Et Alfred courut à la chambre réservée aux hommes, pour mettre ses patins.Deux minutes après il s\u2019élançait sur la glace.Patiner pour lui était un jeu, ou si l'on préfère un art dans lequel il s'était exercé depuis sa plus tendre enfance, et plus que jamais, ce soir-là, il se sentait en bonne disposition de montrer son habileté, car il savait que les yeux de Marguerite étaient tournés vers lui.Il tit d\u2019abord quelques tours, puis avisant une jeune fille de sa connaissance qui était seule, il lui offrit galamment son bras qu'elle accepta avec empressement.C était une belle fille, l'une de ces beautés sévères qui laissent l'esprit en repos et qui troublent peu les sens.À l'encontre de ses camarades, olle n'aimait pas à flirter.Alfred le savait, car il la voyait de temps en temps à son magasin où elle allait faire ses achats.Cependant, ce soir-là, Alfred se sentait en verve et de bonne humeur.Il la complimentait sur sa bonne tournure, ur son teint frais et rosé, sur son habileté à patiner.Il parlait avec abondance, avec chaleur même, comme quelqu\u2019un dont les sentiments débordent au dessus de la galanterie conventionnelle.Elle l\u2019écoutait toute ravie, peu habituée à ce langage.Parfois, elle sourisit, ou rougissait de plaisir ; parfois elle avait une légère exclamation pour protester contre une galanterie un peu trop forte.Mais pendant qu\u2019Alfred parlait à la jeune fille, son cu'ur était auprès de Marguerite.C'était À elle qu\u2019il pensait, c'était à elle qu'il voulait parler, c'était elle qui lui inspirait tous ces beaux sentiments qu'il adressait à une autre.ll n'osait pas la regarder fixement ; mais il lui jetait de temps en temps un re gard à la dérobée, il accélérait ou ralentissait sa marche, par calcul, afin de trouver la meilleure #i- tuation pour la voir ; son instinct d'amoureux loi disait quand elle se trouvait derrière lui.L'orcheatre venait encore de finir un morceau, et il y eut un intermède pendant lequel quelques patineuses se reposèrent.Marguerite était de ce nombre.Alfred eut un instant l'idée d'aller lui offrir son bras, mais il n'osa pas ; pendant qu'il No 4 LE MONDE ILLUSTRE hésitait, un autre cavalier la demanda et elle partit avec lui.lci, lui cria une voix.Et en même temps, il se sentait pris par une main qui l\u2019entraînait dans une de ces figures où les meilleurs patinevrs déploient leur adresse et l\u2019élégance de lerura mouvements.Ce sont deux lignes sinueuses qui se coupent À distances égales, formant Jes annsaux allongéer d\u2019une chaîne régulière,.Aux points d'intersection un cavalier et une cavalière se rencontrent en se donnant la main puis se séparent en sens opposé pour recommancer plus loin le même manège Le coup d'wil est vraiment des plus gracieux pour les spectateurs.C'est une chaîne vivante dont les anneaux mobiles se nouent et se dénouent sans cesse.Alfred, en ce moment, était un acteur, et il s\u2019appliquait à remplir son rôle d\u2019une manière satisfaisante.Un rôle bien connu, mais qui cependant avait quelque chose de nouveau : la présence de Marguerite.Déjà il venait de se croiser avec elle.Elle lui avait tendu sa main toute nue qu'il avait pressé doucement dans es main gantée.La deuxième fois qu'il revint à elle, il avait enlevé son gant, maie ella avait remis le sien.Ils se comprirent alors, et la troisième fois, leurs deux mains nues eurent une de ces douces et chaudes étreintes où vibre ln passion.lis la renouvelèrent plusieurs fois, au point qu'\u2019Hlenri qui les observait, eut des mouvements d'impatience.À la fin, n\u2019y tenant plus, il abandonna son poste et donna le signal de la débandade.A ce moment, Marguerite qui se trouvait à quelques pas devant Alfred, laissa tomber le gant qu'elle tenait à la main.Celui-ci s'élança pour le ramasser, et il l'avait déjà relevé d'un mouvement rapide, sans s'arrêter lorsqu'il vint buter contre Henri, qui lui aussi avait ou la même idée et s\u2019était élancé vers le gant.Le choc fut si prompt que les deux adversaires perdirent l\u2019équilibre et roulèrent sur la glace.Des exclamations et des rires s\u2019élevèrent de tous les côtés.Alfred se releva promptement et remit le gant à Marguerite : Henri, plus furieux d'être distancé par son rivel que de la chûte en elle- même, se mit à l'apostropher en termes peu aimables.Des amis intervinrent.Alfred se contenta de hausser les épsules et se retira.Rentrée chez elle, Mme Itosewoud dit à son mari : \u2014J'avais bien deviné pourquoi Alfred était si soucieux ces jours derniers.Il est amoureux, et maintenant, je sais de qui.l\u2019evine, mon homme.\u2014Comuent veux-tu que je devine ; je ne connais guère les jeunes filles qu\u2019il peut fréquenter.\u2014C'est vrai, tu ne saurais deviner, il faut donc que je te le dise tout de suite : c\u2019est do mademoiselle Marguerite Spencer.\u2014Tu plaieantes, ma chère femme.\u2014 Non, pas du tout.\u2014Quoi ! tu veux dire la fille de M.Spencer, un des hommes les plus riches de la ville 1 \u2014Précisément.\u2014 Mais c'est de la folie.t'imaginer cela ?\u2014Je n'ai rien imaginé ; j'ai vu de mes propres yeux.\u2014Ce n'est rien de sérieux, ces jeunes filles aiment tant à tlirter.\u2014 Pourtant, je t\u2019assure que la jeune fille paraît bien sérieuse, bien éprise même.\u2014 Allons, ma pauvre femme, je crains bien que ton affection pour notre garçon ne t'aie tourné la tête.Partagerais tu, par hasard, ses chimères et illusions Ÿ \u2014 Peux tu penser une chose semblable | Elles me font peur pour lui, d'autant plus peur qu\u2019il y a dans l'affaire un rival dansereux Et Mme ltosewood se mit à raconter à sen mari tous les incidents de la soirée.Il écoutait attentivement en hochant la tête.Comment as-tu pu 111 ENTRE L'AMOUR ET L\u2019AMITIE La scène du patinoir n\u2019avait fait qu'aviver encore davantage l'amour d'Alfred.D'un ami, il s\u2019étaib fait un ennemi, un rival.Il le regrettait presque.Cette amitié ne faisait que de commencer, elle promettait tant de bons résultats et voilà u'À peine ébauchée, elle était brisée par une emme.Au fond il estimait Henri, il regrettait d\u2019être obligé de lui tourner le dos ; mais entre lui et Marguerite, il ne pouvait hésiter une minute ; le choix était fait d'avance.Il ne fallait plus penser à retourner chez Henri, ni chez Margue rite.Au patinoir, il y avait À craindre de nouveaux scandales eb pour rien au monde il eût voulu s'exposer, ou plutôt exposer Margaerite à un renouvellement de la scéne qui avait eu lieu ; c'était bien trop d'une fois.Alors, lui, d'ordinaire si tranquille, si attentif aux aflaires de son magasin, qui ne sortait presque jamais, on le vit ssïsir les moindres occasions, les moindres prétextes pour sortir C'était dans l'après-midi.Il faisait le tour des rues les plus fréquentées de la ville où, par les beaux jours, les traîneaux se suivaient en longues files.[ly en avait de toutes sortes : des grands, des petits, des hauts, des Las, des carrés ; d'autres aux formes arrondies Les plus sristocratiques avaient des chevaux fringants, aux pieds soigneusement ferrés pour s'enfoncer dans la glace, aux harnais reluisants.Des fourrures en garnissaient l'intérieur et retombaient par derrière à l'extérieur comme uue tenture.On en voyait émerger des têtes couvertes de bonnets À poils, et des chapeaux de femmes si enfoncés dans les manteaux qu'il était presque impossible de reconnaître les Yisages.Alfred, cependant, n'avait pas de peine à reconnaître Marguerite.Il devinait de loin, plutôt qu\u2019il ne voyait son traineau parmi tous les autres, et en passant, ils échangeaient un regard, quelquefois même un sourire.Ils en avaient pris l'habitude ; c'était devenu comme une entente entre eux.Un jour, pourtant, Marguerite passa près de lui sans détourner la tête.Ne l\u2019avait-elle pas vu ! Si ; mais auprès d'elle était assis Henri qui lança en passant à Alfred un regard railleur.Les jours suivants la même scène recommença.Henri était toujours là, avec son regard railleur.Alors, Alfred n\u2019osa plus recommencer ses courses.Il songes à écrireà Marguerite.Maiscomment lui faireparvenir sa lettre ' Par la poste ?il n'y fallait pas songer.Elle pouvait tomber entre les mains de sea parents.Il valait mieux la lui remettre luimême.Où et comment ?Il y rétléchit longtemps.Un soir, il entra dans un temple protestant.Ce n\u2019était pas le temple de sa religion.Il tremblait presque en franchissant le seuil, comme à l'idée de commettre un sacrilège, car il n'allait pas là pour prier.Il y avait à peine fait quelques pas qu'il s'arrêta, interdit, ne sachant plus où al ler.Un de ces assistants qui sont toujours à l'entrée des temples protestants chargés de placer les personnes étrangères à la congrégation, vint le tirer d'emharras en le conduisant à un banc.Il s\u2019y assit.C'était un banc très confortable, comme d'ailleurs tous ceux du temple, avec des coussins moelleux et ses petits escabeaux rembourrés pour les genoux.Il y avait au moins un douzaine de livres dans une boite.Il en prit un, le premier veny, et l'ouvrit au hasard pour se donner une contenance.C'était un livre d\u2019hymnes.Il détourna les veux et vit autour de lui quelques per- sones de sa connaisrance qui le regardaient curieusement, ne l'ayant jamais vu daus ce temple auparavant, et se demandant ce qu\u2019il pouvait bien venir y faire.Plusieurs femmes se penchaient à l'oreille de leur voisine pour y murmurer quelques mots.Il sembla à Alfred qu\u2019elles parlaient de lui, et il se trouva profondément ridicule.Il venait d\u2019apercevoir, à quelques bancs devant lui, un peu à droite, Marguerite avec son père et sa mère.Il n\u2019avait fait que l'apercevoir rapidement, puis un nuage avait passé sur ses yeux et il avait détourné son regard aussitôt.Îl lui semblait maintenant qu'autour de lui, tout le monde pouvait comprendre son émotion ct que ses yeux le trahissaient.i \u2014 eer 4 \u2018 Sods as >\u201d A suivre | 7 ~~ aa LE MONDE ILLUSTRE 267 FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE \" MONTRÉAL, 22 AOUT 1891 FLEUR-DE-MAI QUATRIÈMK PARTIR L'AFFAIRE DE LAURIAC Valroy, malgré sa force musculaire d'homme, avait toutes les peines du monde à la tenir, Puis, ce paroxysme nerveux abattu, elle se laissa aller à un aveulissement morbide, insensible À ce qui pouvait se passer autour d'elle, ne répondant point aux interrogations toutes pleines d\u2019angoisse de sa mère, non plus qu\u2019à celles de Valroy, désespéré de voir la créature qu\u2019il adorait donner tous les signes d'une aliénation désolante.De la couche où Blanche reposait inerte, il était obligé de courir au lit d'Henri de Lauriac.Le vlessé réclamait également sa présence, son état exigeait une surveillance de tous les instants.Et ls mère, à quelle angoiser atfolunte n\u2019était- elle pas condamnée !,.IV.\u2014L'INSTRUCTION Arthur Forcière s'était levé ce jour là de réjouissante humeur.Le perpétuel sourire qui agrandiseait sa bouche l'élargissait encore.Et il était allé de son pied léger chez sou excellent ami, M.Béchard, procureur de la République de Brétigay-eur l\u2019Aire.Brétigoy-surl'Aire, avons nous omis de lo dire, est une petite sous-préfecture, gaie et riante, qui possède un tribunal de première instance, une brigade de gendarmerie, et toute la suite régulière des services administratifs et publics que comporte une petite ville bien organisée M.Béchard, homme entre deux âges, plus près du second que du premier, se montrait excessive ment soucieux des devoirs de sa chage.Maigre, les joues creuses, la barbe jaune et sel, affectant généralement les allures d'une brosse de chiendent mal taillée, M.Béchard n'était certainement pas un méchant homme, mais la domi- naute de son caractère était À coup sûr l'entêtement.De plus, il possédait au plus haut «égré une prétention courante, «elle «le déméler, dès le premier instant, les affaires les plus embrouillées.Et du moment qu\u2019il s'était fait une idée précon- cue, du moment que son «il gris clair était fixé sur un prévenu quelcoique, il «ais ndait que ce prévenu fût un coupable, ce coupable un condamné, et les preuves les plus palpables, les contradictions les plus flagrantes n'auraient puint eu le pouvoir de l\u2019amener à résipiscence.Un jour M.de Motternich, le diplomate bien connu, eut l\u2019aplomb de prononcer devant M.Guizot, une phrase malheureuse.; \u2014Je n'ai jamais connu l\u2019erreur,\u2014atlirma-t-il saus sourciller.i M.Guizot le regarda avec un sourire.; \u2014J'ai été plus heureux que vous, mon prince, \u2014répliqua t il, \u2014À diverses reprises, j'ai été à même de m\u2019apercevoir que je m'étais trompé.M.Béchard, tout au contraire, 16 connaissait pas l'erreur.; ; Arthur Forcière entra dans le cabinet de truvail du magistrat en fredonnant un air de chasse.Depuis son aventure sylveatre, il était devenu, prétendait-il, un veneur consommé oo \u2014Eh bien ! vous n\u2019dtes pas prét,\u2014s'écria-t-il,\u2014 en voyant M.liéchard tout de noir habillé, Nous ne serons pas à l'heure au chomin de fer, uous allons rater le train.i Forcière et le procureur devaient aller ce jour- Ne 44 À pêcher à ln Loire, et ue revenir des bords fleuris qu'arroze le grand fleuve que très tard dans la soirée.\u2014Nous ne partons pas,\u2014fit M.Béchard d\u2019un air grave,\u2014ou plutôt vous partez seul.\u2014Jamais de la vie, c'était entendu.Vous me faites manquer lu plus belle partie du monde.ça n'ost pas possible, Et patati et patata.Forcidre no s'arrétait point.M.Béchurd secoun la tite.\u2014Les devoirs de ma charge, \u2014répliqua t-il, \u2014ne ne permetent pas de me joindre à vous.Je ne pars pas.ou plutôt jo pars d'un autre côté, dans un instant.Une affaire très grave.un critue :.\u2014Ët où cela ce crime ?\u2014demanda Forcière, qui était curieux comme une femme au lavoir.\u2014Au château de Lauriac.Arthur Forcière bondit tout droit, \u2014A Lauriac !\u2014répéta til ; \u2014mais jen viens.il y & quelques jours à peine.\u2014_Je le enis, aussi ai-je compté sur Vous pour WA fournir quelques explications préalab'es, \u2014Mais ce crime ?.\u2014[Le marquis de Lauriac à été assassiné !.\u2014Ah ! mon Dicu ! est-ce possinle !.M Henri de Lauriac !.Quand je pense que j'ai déjeuné avec lui il n\u2019y à pus huit jours \u2018.A-t- on idée de ça !.\u2014Oui, c'est bien M.Henri de Laurinc.Il n\u2019y a que lui, d'ailleurs, à porter ce nom.-Lit qui est ce qui à commis le crime ?\u2014Une petite folle, muette, idiote, recueillie par le marquis et qui habitait le château depuis quelque tenuipe.Arthur Forcière se frappa vivement les cuisses à diverses reprises.\u2014Eh bien ! moi !.il disait moa, en arron- dirsant sa bouche en cul de poule, - mon je sais pourquoi elle n assassiné le marquis.M.Béchard regarda Arthur Forcière avec stu- p\u2018faction.- Vous connaissez le motif de ce crime ?.Certainement.la petite s\u2019est tout simplement vengée.\u2014 Que voulez vous dire ?Voilà, je vais tout vous expliquer, et vous ul- lez comprendre comme c'est simple.M Béchard changea complètement d'allures.\u2014C'e n'est plus votre ami qui vous parle, dit il avec une gravité glacinle \u2014soncez que c'est un magistrat «jui vous interroge.Arthur lorcicre leva des yeux inquiets sur le procureur.\u2014Diahle ! fitil, comme vous y allez.Je regrette vivement d'avoir eu la langue trop longue.et je devrais bien vous laiser vous débrouiller tout seul.-Dans le cas où vous refuseriez de répondre, répliqua M.Béchard, qui avait, comme on sait, l'habitude de tout pousser à l'extréme,\u2014oui, dans le cas facheux où vous refuseriez de me répondre, je me verrais dans la dure nécessité de vous faire arrêter.\u2014Je parle, mais je parle.Je no demande même qu'à parler, \u2014fit Furcière précipitamment, tant il se sentait mal à l\u2019aiee.\u2014 Vous ne ferez que votre devoir.-Fh bien ' le marquis de Lauriac, a cu à cette chasso, où j'étais présent, un coup de fusil malheureux.\u2014Sous le sccau lu plus grand secret, vous me l'avez contié.Une malheureuse qui révoltait du bois mort.; ; \u2014\u2014Mais c'est c-lle-là !.C'est la tetite-Mai .c'est l'idiote.Tandis que j'étais occupé à lutter avec l\u2019horible moustre qui a failli m'\u2019éventrer, j'ai assisté à toute la scène.Et bien ! c'est évident pour moi, cette folle à voulu se venger.et elle a assassiné le marquis.\u2014C'est tout ce qu'il y a de plus simple.\u2014M.Héchard, du premier coup, empaumait la version d'Arthur Forcière.La Petite-Mai, de prinie nhord, était déclarée et recoanue coupable.C'était comme si tous les notaires, les avoués, et tous les huissiors de la terre y avaient passé.\u2014Vous comprenez bien, mon cher ami, \u2014reprit M.Béchard,\u2014que vous allez vous-même renoncer à toute partie de pêche, et que vous m'accompagnez à Lauriac.J'ai besoin de vous.comme témoin, eb vouk m'aiderez à alréger les lenteurs de l'instruction.Arthur Forcière avait grande envie d'envoyer tout promener, et l'instruction et le petit voyage forcé que son ami, malheureusement doullé d\u2019un magistrat, allait lui faire faire.Mais le procureur n'y allait pas par quatre chemins.Il avait déclaré que l\u2019avoué l\u2019accompagnerait, il fallait bien que celui ci s\u2019y résignât.\u2014La gendarmerie va nous accompagner, \u2014 ajouta M.Béchard.Et cette idée d\u2019être escorté par des gendarmes à cheval raccommada un peu Arthur Forcière avec l\u2019expédition.Avec cette escorte militaire il allait avoir l'air d'un personnage.\u2014 Allez quitter votre costume de pêche, habil- lez-vous d'une façon convenalile, comme un homme qui va assumer une très grave responsabilité, et dans quelques instants soyez ici, la voiture sera prête, ainsi que notre escorte et nous partirons aussitôt.Trois heures plus tard, le parquet, les gendarmes, en compagnie d\u2019 Arthur Forciére, entraient dans la cour d'honneur de Lauriac.Au milieu de la cour, un groupe composé des gardes, des domestiques et aussi des ouvriers qui avaient quitté leurs travaux et leur tâche pour jouir de la vue de ce que l'on est convenu d'appeler tout l'appareil de la justice.\u2014 Déjà, \u2014 disait Bernard, le garde-chef, \u2014 déjà les gendarmes !.,.Qui donc les a prévenus ?Félix Mingat, qui faisait partie du groupe, no disait rien.Sur le visage du wisérable, se lisaib une satisfaction féroce.La Fade-Grise, la cause de tous ses maux, allait pour sûr être fourrée en prison.Ou verrait bien si elle saurait en sortir.Et puis, une autre cause de joie pleine pour le rival malheureux de Victor Fortier.Par moment, il portait la main à la doullure de sa veste, et il ressentait la très douce satisfaction da sentir le froissement soyeux d\u2019un billet de han- que de mille francs qu\u2019il y avait introduit depuis peu.La situation nu château de Lauriac ne s'était moditiée en rien.Llanche de Lauriac, pas plus que le marquis n'avait recouvré l'usage de la parole.La jeune femme était maintenant en proie à un épouvantalle arcès de fièvre nerveuse, au milieu duquel elle s'agitait en des convulsions désespé rées.Elle se débattait, croyant toujours que l\u2019on voulait assassiner sa fille, et alors elle se défendait frénétiquement, voulant courir À son secours, Pour Henri, c'était tout le contraire ; il était tomhé «dans un état de prostration profonde, duquel Raoul Valroy se gardait bien d'essayer de le tirer.\u2014Un effort, \u2014répétait Valroy,\u2014un mouvement brusque, et je ne réponds plus de lui.La marquise avait fait appel à tout son courage.Tout comme Valroy, elle allait d'un lit l'autre, désespérée, mais trouvant une force dans ce désespoir mème et ne se laissant aller désormais ni à une marque de douleur ni à-une faihlesse.Pour la Petite-Mai, l'état dans lequel elle se trouvait eïüt ému la plus insensille des âmes.La marquise, malgré la terrible rancune qu\u2019elle portait contre cette créature, à ls folie de laquelle par moments, elle attrihuait tous les malheurs qui venaient de fondre sur elle, ls marquise elle même la prenait en pitié.La Petite Mai s\u2019était haliillée des vêtements que lui avait donnés Blanche, elle s'était levée et maintenant assise tout auprès de la porte de la chambre du marquis, elle dardait des yeux étincelants sur Valroy, sur la marquise, sur les serviteurs qui al- Iaient et venaient, donnant des soins au blessé, semblant les interroger avec une mortelle angoisse.Par momonts, les sanglots la suffoquaient.Alors les pleurs, sans bruit, coulaient sur son visage sans qu'elle prit la peine de les essuyer, in- EE I anon.ak 268 LE MONDE ILLUSTRE EE consciente de ce qui pouvait se passer autour d\u2019elle.A toutes ces poignantes inquiétudes, que Raoul Valroy partageait avec Mme de Lauriac, venait se joindre une autre angoisse non moins cruelle.A tout instant Raoul se répétait à mi-voix cette question qui se posait constamment dans sun es- rit : P \u2014Mais qu'est devenu Octave de Marcenay ! Que lui est-il arrivé ?Un malheur ! très certainement.Et Raoul Valroy se perdait en de poignantea conjectures.La marquise était à cet instant auprès da lit de sa fille, qui persistait à ne point la reconnaître, lorsque le procureur de la République la tit demander.M.Béchard était déjà installé en compagnie de son greffier d'une part, d'Arthur Forcitre de l\u2019autre, dans l\u2019une des salles basses du château.Le greffier était assis à une table, devant du papier, tout prêt à écrire les interrogatoires.Le magistrat se trouvant placé devant une autre attendant déjà les témoins, car il avait hâte de commencer cette instruction qui devait faire éclater aux yeux de tous sa singulière clairvoyance et aa surprenante pénétration.Mme de Lauriac répondit aussitôt à l'appel du magistrat eb se prérenta devant lui.M.Béchard, une fois en fonctions, manquait totalement d'urbanité.La justice, les devoirs de sa charge absorbaient à ce point ses facultés qu\u2019il oubliait peut être an peu trop le reste de la terre et ses créatures.Il eut donc un très court salut pour la marquise lui désigna de la main un siège disposé à l'avance pour servir aux témoins que le magistrat allait interroger.La marquise s'assit et sttendit, impatiente de retourner au chevet des deux êtres qui lui étaient si chers.De son côté Arthur Forcière s'était levé et avait salué jusqu'à terre.\u2014 Monsieur, \u2014commençs la marquise, \u2014je vous rierai de m'adresser le plus brièvement possible fos questions que vous avez À me poser, car mon fils est mourant, ma fille se trouve dans un état non moins alarmant, et ma présence est iadispen- sable auprès de mes deux enfants.Ce début eut le don de déplaire à M.Béchard.\u2014Madame,\u2014répliqua t-il d\u2019un ton sec, il s'agit avant tout d'éclairer la justice.Je connais mon devoir et je saurai le remplir jusqu\u2019au bout, croyez le bien.Mme de, Lauriac leva des yeux surpris sur le magistrat.Dans le désespoir où elle s'agitait, elle ne comprenait pas qu'il ne prit point part à ses angoisses.Lorsque nous sommes en proie à une cuisante douleur, nous ne pouvons croire à l'indifférence des autres.\u2014 Madame.reprit le procureur, \u2014 veuillez - me dire ce que vous savez sur le crime dont votre fils a été la victime.Mme de Lauriac, au dernier moment Ls put trouver en elle la force ni le courage d'accuser Fleur-de-Mai.Sa droite conscience, comme son impeccable loyauté, lui défendait de charger cette malheureuse enfant, victime de son fils, bien qu\u2019elle fut convaincue, par moments, que dans un accès de délire aigu, elle eût tenté d\u2019assassiner celui-ci.Aussi répondit-elle : \u2014 Mais, monsieur, je ne sais.Elle avait hésité.La réponse n'avait pas immédiatement suivi la demande.Un imperceptible et froid sourire apparut sur les lèvres du procureur.Il était évident qu\u2019il n\u2019ajoutait aucune foi aux paroles de Mme de Lauriac.| \u2014Alors,\u2014reprit il, \u2014tandis que son œil, cet œil qui avait la prétention de sonder, du premier coup et sans uue erreur possible, lea plus impénétrables consciences, se voilait à demi et ne quittait pus les yeux de la marquise, alors, vous ne savez rien concernant ce crime } ; Cette fois, ne pouvant admettre cette persistance qu\u2019elle trouvait révoltante, Mme de Lauriac repondit nettement : \u2014Non, monsieur.\u2014 C\u2019est-à dire, madame, que vous refusez tout simplement de me répondre.Kh bien, il est de mon devoir de vous obliger de le faire et au besoin je saurai bien vous y contrairdre.Jusqu\u2019alors personne au monde n'avait osé parler de cette façon à Mme de Lauriac, non pas qu'elle se prévalut de son titre.Nun pas qu'elle fut fière et orgueilleuee de aon nom.Mais avant tout, elle était une trios grande dame, une femme bien élevée entre toutes, et jusqu'alors personne ne lui avait manqué de respect.\u2014 Monsieur, \u2014 dit elle en se levant,\u2014 je we retire, mes enfants ont besoin de tous wes soins et de toutes mea forces, et je no puis pour l'instant vous fournir aucun éclairciséement sur Ia terrible catastrophe qui a frappé d\u2019une façon si mystérieuse, quoique bien différente, et à la fois, mes deux enfants.Et Mme de ! auriuc se dirigea vers la porte.Mais M.Béchard se leva précipitamment et lui barra le terrain.\u2014Je vous demande pardon, madame,\u2014dit-il d'un ton roide et carsant qui corrigeait la formule pulie qu\u2019il employait,-je vous demande bien pardon, mais vous ne sortirez pas.J'ai des explications à sous demander, et j'exige (ue vous tne les fournissiez .Mae de Lauriac retomba dans le fauteuil où elle était assiso quelques instants auparavant.\u2014 Madame, \u2014reprenait M.Béchard, puisque vous ne voulez pas me répondre, c\u2019est moi qui vais vous dire quel est l\u2019auteur du crime dont votre fils est la victime.Ces jours derniers, il a été tiré un coup de fusil sur une jeune fille muette, idiote, qui errait dans une sapinière en ramaseant du bois mort.Cette tille vecueillie au château, est tout d'abord demeurée tranquille, mais elle gardait au fond du cœur une rancune bestiale contre celui qui l'avait blessée, et traîtreusement, elle a trouvé le moyen de lui rendre la pareille.Et tapant légèrement des deux mnains sur la table, en lançant un triomphant regard, il conclut : \u2014 Vous voyez, madame, que je suis complètement nu courant du drame de Lauriac.- \u2014 C'est possible, monsieur, \u2014répliqua froidement la marquise, co que vous dites là eet très pos- gible.Mais comme nous n\u2019en avons aucune preuve, comme d'autre part ma malheureuse fille a été épouvantée cette nuit pir une cause que nous ne pouvons encore connaître, comme cette jeune fille, que l'on accuse, se montre désespérée de létat mortel dans lequel se trouve mon pauvre enfant.je ne puis V'accuser, eb malyré de graves présomptions, je ne puis croire cette malheureuse coupable d'un horrible crime.M.Béchard hocha la tête d\u2019un air entendu - Madame,\u2014-dit-il, les criminels sont d'excellents acteurs, ils jouent tous merveilleusemeut ln comédie.\u2014 Ma raison se refuse à croire À la cu'pabilité de cette enfant !.__ Mais les faits sont la, madame.\u2014Je ne puis croire à tant d'infime hypocri- ie.\u2014Ob ! madame, les fous, les idiots aavent dissimuler pendant trés longtemps leurs plus féroces rancunes.Mais j'ai une autre question à vous adresser.Et un éclair de triomphe brilla dans les yeux du procureur.Pour la bonne louche, en dernier ressort, il avait conservé la carte mnitresse, l'atout vainqueur qui détermine le gain des batailles.i En route, Vorcitre et le magistrat avaient causé.Et Arthur Horcière s'était laissé aller à dire au procureur : oo \u2014 Moi, à la place de Mme de Lauriac, je ne serais pas tranquille.svec une très grosse somme chez moi !.Je ne dormirais pas sur mes deux oreilles.; Au mot \u201c grosse somme\u201d M.Béchard avait levé la tôte.Et il n'avait pas fallu une très grande diploma- tia pour vonfesser Arthur Forcière, et lui faire avouer qu'il avait remis lui-même une somme de trois cent mille france à ls marquise de Lauriac.Après avoir obtenu cet aveu de son compagnon, quelque peu forcé, M.Béchard s'était tu, laissant Forcière se rencogner dans le fond de la voiture.Mais l'esprit du magistrat travaillait, eb il re- construissit son drame tout À l'aise, faisant de la pauvre Petite-Mai non seulement un iussassin, mais encore une voleuse.Donc, après avoir prononcé ces mots : \u2014 J'ai encore une question à vous adresser, il ajouta : -Ne seriez-vous point prête à croire, madanie, que cet assassinat, de la part de cette malheureuse petite folle, se rattache à un vol ou A une tentative de vol dont vous auriez été la victime ! Mme «e Laurinc secour énergiquement la tête.\u2014 Mais, monsieur, on ne m'a pas volé.On comprendra sisément qu'il n'avait pu venir À la pensée de la marquise, dans l'affolant émoi cù elle &6 trouvait depuis le moment où son fils avait été frappé, de s'assurer ci la grosse somme en bil- ets de banque, qu\u2019elle tépait enfermée dans un portefeville, ne lui avait pas été soustraite.Avec une persistance qui faisait le fond de fon caractère, M.Béchard reprenait : \u2014 Etes-vous cercaine, madame, qu\u2019ane somme de trois cent mille francs qui vous & été re mise ces jours derniera par Me Forcière se trouve toujours en votre possession / \u2014 Je le crois, monsieur, \u2014répliqua aussitôt Mme de Lauriac, en jetant un regard surpris à l'avoué, \u2014elle se trouvait hier encore dans le secréteire où je l\u2019ai enfermée.\u2014 Aujourd hui ?\u2014 demanda le procureur.\u2014 Aujourd'hui, monsieur, je n'ai songé qu\u2019à mes enfants.\u2014Eh bien ! madame, voulez-vous vous assurer que cette somme, qui constitue une véritable fortune, et qui est bien faite pour tenter nombre de consciences, est encore en votre posusaiun.M.Béchard était quelque peu emphatique et prudhommesque.Mme de Lauriac s'était levée et rentrait dans son appartement.Quelques instants plus tard elle revint.Le petit bonheur du jour était encore ouvert.Le portefeuille, on le sait, avait disparu.Cette déception n'était rien en comparaison des douleurs présentes quis déchiraient le cœur de la mère.Aussi dit elle simplement au procureur : \u2014 Vous avez raison, monsieur, cette somime m'a été enlevée.\u2014Quaud je vous le disais !\u2014s\u2019écria triomphant M.Béchard.Jamais un vol ne lui avait causé autant de plaisir.Un homme curieux à considérer à cet instant, c'était Arthur Forcière.\u2014 Trois cent mille francs,\u2014répétait il \u2014on vous a volé trois cent mille francs !.Et vous n'en dites pas plus.Ça c\u2019est renversant !.Et il ajouta naïivement : \u2014 Moi, si on m'avait volé cent sous, je hurlerais!.Mais la situation était trop grave pour s'arrêter aux divagntions d\u2019 Arthur Forcière.Quant à Mme de Lauriac, elle semblait être sur un lit de char) ns ardents.A la fin, n'y tenant plus : \u2014 Moni ur,\u2014dit-elle,\u2014 laissez moi me retirer : je veux revoir mes enfants: Insistor pour obtenir des \u201cclaircissement de moi en ce moment, ce serait complètement inutile.Je vous l'avoue, monsieur, je ne pense qu'à mes enfants.Uette fois, M.Béchard, quelque contrarié qu'il pût être, n'oxa point refuser à la maiheureuse mère le droit qu\u2019elle réclamait.\u2014 Vous m'\u2019interrogerez plus tard, monsieur, \u2014 dit encore Mme de Lauriac, quand je serai plus calme, et à ce moment, je vous le promets, je serai toute prête à vous répondre.Et Mme de lauriac sortit.L'un des gendarmes, le brigadier, un gros homme large, tout en moustaches, se tenait debout contre la porte, aux ordres du procureur «le la République.\u2014 Louveau, \u2014 lui dit le magistrat, \u2014 allez me chercher ia coupable.Elle se trouve encore à Lauriac, je le sais, amenez-la moi ici.\u2014Bien, monsieur le procureur. LE MONDE ILLUSTRE 269 \u2014\u2014 \u2014 Et le brigadier Louveau sortit d\u2019un pas raide, automatique, s'enquit auprès du premier domestique qu\u2019i rencontra, de l'endroit où il pouvait ap- réhender au corps \u201c l'assassin.\u201d La Petite-Mai était toujours assise aur une chaise, tout auprès de la porte de l'appartement du marquis de Lauriac.Louveau marcha droit à la pauvre fille et la secouant rudement par le bras lui dit brutalement : \u2014Allons ! obtempérez.je vous arrête.Monsieur le procureur, \u2014il vous attend, Les joues de la Petite Mai étaient a cet instant trempées de larmes.\u2014Je vous ai dit de marcher.Et le brigadier enleva de force la pauvre cr\u201ca ture et la poussa devant lui.Elle arriva dans la salle basse où M.Béchard tenait ses assises.Eperdue.se cachant le visage dans les maine.ce fut dans un lamentable état qu\u2019elle comparut devant le procureur.\u2014- Là ! faut vous tenir là, devant le juge,-\u2014lui dit Louveau,\u2014et encore, faut être convenable, autrement vous aurez aflaire à moi.Louchard lui iniportait peu.le magistrat ne lui inapirait aucune frayeur.Elle ne songenit qu\u2019à Henri.à Ilenri sanglant, mourant sur un lit de douleur.Le reste lui importait peu, et le brigadier en était pour ses menaces.M.Béchard regardait la pauvre créature de ses yeux perçante.-Tl faudrait tâcher de me répondre -com- mençat il ;- je sais que vous ne pouvez parler.Oui, oui, c'est entendu.Mais enfin, vous me comprenez bien.Vous pouvez bien, tout au moins, me répondre par signes.La Petite Mai regardait le procureur, sans ménie essayer de saisir le sens de ses paroles.Vous ar'entendez bien, \u2014répéta-ti!, voussa- vez bien ce que je veux vous dire.Il est parfaitement inutile de jouer au plus fin avec moi.Par conséquent.tâchez de me répondre.Par signes.Autrement, je me verrais dans la nécessité de sévir.Toujours le même mutisme.\u2014 C'est vous qui avez tiré sur M.Henri de Lau- riac, \u2014reprit le magistrat.Il est inutile de nier.On a retrouvé le fusil.C'est vous qui avez blessé mortellement M.Henri de Lauriac.\u2014Henri !.répéta duuloureusement la pauvre créature.Encore, ce nom bien aimé, ne le pronon à t-elle qu\u2019à demi-voix.\u2014Ah !\u2014 fit M.Béchard triomphant, vous voyez bien que vous pouvez parler quand vous voulez.Alors, vous avouez que c\u2019est vous qui avez tué à bout portant le marquis de Lauriac.La Petite Mai avait baissé la tête, elle pleurait toujours silencieusement.- -Songez que j'interpréterai votre silence comme un aveu.-Donc vous nous avouez que c'est vous qui avez assassiné le marquis de Lauriac.Gretlier enregistrez l'aveu de la prévenue.C'était un point acquis au débat.La Petite-Mai avait avoué !.Elle s'était reconnue coupable._-Maintenant,\u2014reprit M.Béchard, voulez vous me dire ce que vous avez fait des trois cent.mille francs que vous avez volés à la marquise de Lau- rise 1.Où les avez-vous cachés !.Vous voyez bien que je sais tout.Répondez.La Petite-Mai demeurait toujours là, la tète baissée, les bras tombaut inertes le long de son corps.\u2014Puisque je vous dis, \u2014ineistait le procureur, \u2014 que je sais tout, que vous avez assassiné M.de Lauriac, que vous avez volé à sa mère les trois cents mille francs.Il est parfaitement inutile de faire l\u2019idiote.Vous savez très bien ce que je veux vous dire.; Alors Louveau, qui faisait da zèle, s'avansa jusqu'à la jeune fille ot ia saisissant pac la bras, la se coua violemment et lui disant : ; \u2014Allons ! répondez donc, puisqu'on vous le dit \u2014Oh |-\u2014marmurs M.Béchard,\u2014elle est beaucoup plus forte que je ne le croyais.très, très \u2014 forte.mais.nous en avons vu bien d'autres.Puis s'adressant à Louveau : \u2014 Brigadier, \u2014 fit il, \u2014 latssez-la.je la reprendrai tout À l'heurs.Je vai la confronter avec le médecin qui » soigné tout d'abord M.da Lauriac.C'est le M.Raoul Valroy.\u2014ajouta- t-il en consultant ses notes.\u2014Faites-moi venir au plus tôt M.Valroy.Et peu de temps après le brigadier Louveau pénétrait dans ln salle hisse en compagnie de Raoul Valroy.Les antipathies, de même que les sympathic3, sont soudaines chez la plupart des çens.M.13échard et l'anzien compagnon d'Octave de M'arcenay ne s'étaient pas plutôt regardés, qu\u2019ils ressentaient l'un pour l'autre une antipathis instinctive Aussi le procureur se montra-t-il plus cassant que jamais.Peut-être Valroy, en entrant dans Ia salle basse da chiiteau trantf rmée en sanctuaire de la justice, avait il eu le tort da de ne pas accorder assez d'attention au magistrat tout boufli de la gravité de ses fonctions.Raoul Valroy ne songeait qu'à la femme qu\u2019il aimait.qu'il alorait, À cette mère qui, à cette heure, pouvait être condamnée à la folie pour le reste de son raistence, alors que lui, Valroy, ne pouvait découvrir le pourquoi de cette crise subite.T] pensait aussi à la surprenante absence de son ami, de son frère, Octave de Marcenay, et à la mystéricure blessure d'Henri de Lauriac.Enfin, il pensait à tout ce qui s\u2019était passé dans cette nuit terrible, et pas le moins du monde A M.Héchard, qui ne pouvait pas comprendre que dès le premier abord il ne produisit pas l'etlet de la tête de Méduse eur caux qui étaient appelés à comparoir devant lui.M.lséchard, même dans les circonstances les plas critiques, était essentielleuient minutieux.Il conmenca donc par demander au \u2018* témoin \u201d ses noms, prenoms, qualités.Raoul Valroy répondait très vite, en homme pressé.\u2014 Votre profession *\u2014fit le procureur.\u2014 Médecin de ln marine de l'Etat, démissionnaire.\u2014 Quelles sont les raisons qui vous ont amené à donner votre démission \u2019 Du coup, Valroy s'emporta.\u2014Je pense, \u2014 répliqua-t il, \u2014 que cela vous importe peu de savuir pourquoi je n'ai pas continué ma carrière et que les motifs qui m'ont amené à prendre cette détermination n\u2019ont rien qui puissent vous intéresser.Je;vous prie, en outre, monsieur le procureur, de bien vouloir ahréger mon interrogatoire le plus possible.Ma présence est indispensable auprès d\u2019une malheureuse jeune fomme qui est atteinte d\u2019an transport au cerveau, j'en ai grand'peur.et d'autre part, auprès \u2018d'un blessé, do t l'état m'inspire les plus graves inquiétudes.Quant A moi, je n'ai été appelé à Lauriac qu'après que le crime a été commis, je ne sais rien, je n\u2019ai rien vu, je ne puis par conséquent rien vous dire.\u2014 Mais, monsieur, \u2014 tit aigrement M.Béchard, \u2014nous ne pouvons procéder ainsi, ce n'est pas re.gulier.\u2014 Monsieur, \u2014 répliqua Raoul Valroy en essayant de le calmer, \u2014 io fais appel avant tout à vos sentiments d'humanité.Jo vous atlirme ue mes deux malades ont hesoin de moi.Je vous jure sur l'honneur que je ne sais rien, absolument rien.Ah ! \u2014 pardon, fit encure Valroy en se reprenant, \u2014 je sais que l\u2019on accuse ma pauvre petite muette, \u2014qui est aussi une malade à moi, \u2014d\u2019avoir assassiné Henri de Lauriac, auquel elle portait une affection passionnée.Valroy n'eut pas plus tôt prononcé ce mot qu\u2019il regretta de l'avoir Inissé échapper.__Continuez, continuez, \u2014 lui «lit le magistrat, qui venait de pointer son agitation.\u2014 Vous vous méprenez sur le sens de mes paroles.\u2014 Pas le moins du monde.Vous venez «de reconnaître que cette petite idiote.\u2014Mais elle n\u2019est pas idiote le moins du monde.Elle est très intelligente au contraire.\u2014Ah ! écrivez greffier.M.le docteur Val- roy reconnaît que c'est avec pleine connaissance de cause que la prévenue a assassiné M.de Lau- riac.,.de plue.le motif, je veux dire l\u2019un des motifs de cet asenasinat est désormais connu.La prévenue portait à M.de Lauriac une affection passionnée.Le procureur insista sur le mot.\u2014Mais je n'ai pas dit un mot de cela, par exemple.Mais c'est une indignité de me faire parler ainsi ! Mais vous métamorphosez mes paroles de la façon la plus révoltane.\u2014 Monsieur, \u2014 interrompit M.Iléchard, \u2014 je vous engage à être très circonspect en employant les paroles quo vous adressez à un représentant de la justice, autrement il pourrait vous en arriver des désagréments que vous seriez le premier À ro: gretter.Mais Valroy n'était plus maître de lui.\u2014Eh ! il arrivera ce qu\u2019il arrivera, monsieur le procureur, mais je n'ai jamais eu qu\u2019une parole, et je n\u2019admets pas, je n\u2019admettrai jamais que la mienne soit interprétée d'une façon absolument contraire À la vérité ! je n'ai pas dit un mot, un seul, vous m'entendez bien.Un froid sourire plissa les lèvres de M.1ié- chard, et désignant du bout da crayon qu'il tenait à la main la feuille de papier du greffier : \u2014 C'est écrit, monsieur, \u2014 dit-il, \u2014 et si vous le voulez bien, cela restera acquis aux débats.\u2014Je nierai énergiquement, \u2014 insista Valroy, s\u2019animant de plus en plus, \u2014 je dirai ce que j'ai toujours dit, la vérité, et je prouverai que c'est une véritable démence d\u2019accuser cette enfant d'un crime qu\u2019elle est incapable de commettre.\u2014-Ah ! vraiment.comme vous la croyez également incapable d'avoir commis un vol de trois cent mille france.Cette fois, Raoul Valroy leva sur le procureur des yeux tellement stupéfiés que celui-ci savoura pleinement son triomphe.\u2014Vous ignorez ce détail, \u2014 ajoutatil d'une voix légèrement narquoise.\u2014 Cette enfant a volé trois cent mille francs ! Et à qui\u201d.\u2014À Mme la marquise de Lauriac, qui pourra vous le répéter elle-même.\u2014FEt qu'en a-t-elle fait $ M.Béchard rentra le cou dans ses épaules.\u2014Voili le n«ud de la question ! Voilà ce qu\u2019il s'agit de découvrir, et ce ser.la tâche du magistrat, c'est-à dire la mienne.\u2014 Mais enfia ! monsieor, cette pauvre fille, trouvée grelottante dans le parc.\u2014Cette.pauvre fill, \u2014 M.Béchard insista ironiquement sur le mot \u201c pauvre \u201d \u2014 est une très rusée coquine qui avait comhiné un très beau coup double.Elle s'est faufilée dans l'appartement de la marquise, elle « enlevé les trois cent mille francs contenus dans un portefeuille, \u2014 la scène est facile à reconstituer pour quelqu'un ayant l'habitude «le suivre ces sortes d'affaires ; \u2014 elle a été évidemment surprise au moment où elle commettait ce vol.Est-ce par le marquis ?. suivre D\u201c MATHIEU & BERNIER CHIRURGIENS-DENTISTES Coin des rues Champ-de.Mars et Bonsecour Extraction de dents sans douleurs aveo les procédés les plus perfectionnés.J.N.LAPRES PHOTOGRAPHE 208, RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Ct-devant de la maison W.Notman & Fils.\u2014Portraîte de tous genres, et le nouveau procédé imitant la gravure sur acier 270 \u2014 NOUVELLES A LA MAIN Une jeune fille au confossionnal.\u2014Mon père, est-ce un grand pêché de me laisser dire que je suis halle ?\u2014Oui, mon enfant, car il ne faut pas même encourager le mensonge.Un pioupiou serre de près, au jardin des Tuileries, une petite Lonne.Pendant ce temps, Hébé crie comme un possédé.\u2014Taisez-vous, lui dit la bonne, ou bien le militaire qui est méchant, va vous battre.\u2014 Alors, riposte Bébé, a'il est si méchant que ça, pourquoi l\u2019embrassez- vous si fort ! Mariage \u201c\u2018 fin de siècle.\u201d \u2014Moi, dit Arthur Baladèche, je nh'épouse qu\u2019à la condition que la dot soit en rentes et les parents.en terre.\u2014_-_.AVIS AUX MÈRES.\u2014Le \u201c sirop calmant de Madame Winslow \u201d est employé depuis plus de 50 ans par des millions de mères pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.Il soulage le petit patient aussitôt, procure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin * s\u2019épanouit comme un bouton de fleur, \u201d est très agréable à prendre, il calme l'enfant, amollit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par la aentition ou autrement.Vingt-cinq cents la bouteille, Exubérante ne peut être conservée qu'en entretenant le cuir chevelu propre, frais et libre de toute teigne, ainsi que le corps dans une bonue condition de santé.La grande popularité de la Vigueur des Cheveux d'Ayer est due À ce qu\u2019elle nettoie le cuir chevelu, favorise la pousse des cheveux, empêche leur chute, et leur donne ce doux et soyeux luisant si essentiels dans la beauté parfaite.Frederick Hardy, de Roxbury, Mass., un monsieur âgé de cinquante ans, pere dait ses cheveux rapidement et «.qui restait, tournait : .gris.Apres fait l'essai de différentes pré: Lions, sans aucun Léndice, il commença à se servir de la Vigueur des Cheveux d\u2019Ayer.* Elle arréta la chute,\u201d écrit-il; \u201cet, à ma grande surprise, fit que mes cheveux blancs (sans teindre le cuir chevelu) devinrent de la même nuance brune qu'ils avaient quand j'étais dans ma vingt-cinquième anuée.\u201d Dix Ans Plus Jeune.Mme.Mary Montgomery, de Boaton, écrit: \u201cPendant des années, j'étais obligée de porter un bonnet pour cacher une place chauve sur le sommet de ma tête; mais mairtenant, j'ai serré joyeusement mon bonnet, car votre Vigueur des Cheveux en a amené une nouvelle pousse.Je pouvais à peine en croire mes yeux quand je vis d'abord mes cheveux pousser; mais ils y sont, et j'en suis enchantée.Je parais dix ans plus jeune.\u201d Un pareil résultat à eu lieu, en faisant usage de la Vigueur des Cheveux d\u2019Ayer, pur Mme.O.O.Prescott, de Charles- wi, Mass., Mlle.Bessie H.Bedloe, de Berlington, Vt., Mme.J.J.Burton, de Bangor, Me., et d\u2019autres persuunes en grand nombre.La perte des cheveux, peut-être, est due A l'impureté du sang ou aux désordres de l'estomac ct du foie, et dans ce cas, un traitement par la Salsepareille d\u2019Ayer ou bien parles Pilules d\u2019Ayer jointes à la Vigueur, peuvent être nécessaires pour donner la santé et le ton à toutes les fonctions des organes du corps.En même temps, on ne saurait trop dire que nul du ves remèdes ne peut faire beaucoup de bien sans un essai persévérant et une stricte attention à la propreté et à la subriété.Ayer\u2019s Hair Vigor, Préparée parle Dr.J.C.Ayer & Co., Lowell, Mass., Etats-Unis.Vendue par tous les Pharmaciens et les Parfumeurs.LE MONDE ILLUSTRE EMILS TRUDEL, EMILE DEMERS, LIBRAIRIE NOUVELLE TRUDEL & DEMERS 1611, RUE NOTRE - DAMK Coin rue St-Gabriel Papeterie, livres d'écoles et de littérature articles de fantaisie, objate de piété.blanc, d'avocats.eto.Une visite ast sollicitée.B.CHALIFOUX ART TE UCITOIRAPHE Rpéclalité pour vucsgroupes agrandie dans toutes les dimensivas.S'adresser : (37, Lagauchetière, Montréal, OXYR Guérit les nerfs et le cerveau ; c\u2019est-k-dire le siège Giant Food des principales maladies : La dispepsie, la consomp tion, le manque de force, les erreurs de jeunesse, la maladie de cweur, de foie, des ro goons ; donne une vie nouvelle a tous 'e corps.En vente chez 8.LACHANCE, 1530, rue Ste-Catheriae, Ou envoyer sur réception du prix 35e OXYR AG'Y, P.O,, tox t48, Montreal, P.©.AUX DAME ro vr, partent du ler décembre etdu ler Juin, Farts [ = Sa e artements, UD an: Tr 8x ois : PREFONTAINE, 4 ;, ec tr ; Prion postale, un an 20 : fr.: six mois : ° ARCHITECTE CE, Je ; 7 3 france.B'adresser & la !/brairfe Ch, Dela.: À : eu = 1 Il pra Bae Mas Tie lp (Wms mppl Suocosseur de feu Victor Buurgeau © ; Te Lt et 3 .18, Place d'Armes, Montreal .; - i TT TI ETN LACOMBE, .JT des ! 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tation de 1 Etat en 1870, par un vote populaire rasan Laquelle expire le ler Janvier 1308 Les Grande Tirages Extrasrdinaires ont lieu sémi-annuellement (Juin et Décem bre) et les Grands Tirages Simples ont lien mensuellement, les dix autres mois de l'an née.Ces tirages ont lieu en publi, à l'Acndé mie de Musique, Nouvelle-Orléans, Le.\u2018 Nous certifions par les présentes que sous surveillons les arrangements faits pour les tirages mensuels et semi-annuels dois Cor pagnie de Lotterie de l'Etat de la Lousiane que nous gérons et contrôlons personnel!» ment les tirages nous-mêmes et que tout est conduit avoo honnêteté, franchise eù bonne toi pour tous les intéressés : nous autorisons la Compagnie à se servir de ce certificat, avec des fac-simile de nos signatures attachés dane JT bb \u2014 Commissaires Nous, les soussignés, Bançues et Banquiers ajerons tous les prix g aux Loteries de Etat de la Louisiane qui seront présentés à noscalsse .R.M.Wailmaley,trés.Louisiana National BE Pierre Lanaux,Prés.State National Bk A.Baldwin, Prés.Now Orleans National Bb Carl Kohn, Prés.Union National Bk Grand Tirage Mensue.L'ACADEMIE DE MUSIQUE, NOUVELES ORLEANS, MARDI.$ SEPTEMBRE 1891 PRIX CAPITAL - 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