Le samedi, 1 mai 1959, samedi 23 mai 1959
[" .V-' V .SJ\\V f ,v>i*rn gjggeg^ /¦'.-:;'H- ?;'\u2022*¦ i«î|;s5ff HÜ i?$Su aaawrK, \u2019.- j ÏH ftiçm* >«9 :ry 71e année, No 2 Montréal, 23 mai 1959 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Samedi - Express \u2018 nouvelle rubrique aux mille intérêts Sur toutes les scènes, par FRANCINE MONTPETIT-POIRIER \u2022\tUn roman d'amour \u2022\tUn roman policier cents fttafc \u2022«y: i* -'*< %&Wr.PUM aimeô T L R gap ¦m-m LA /! ATI NEE DONNE UN SENS NOUVEAU AU PLAISIR DE FUMER grâce à son nouveau filtre perfectionné et ses tabacs sélectionnés La MATINEE est spécialement conçue pour offrir aux Canadiens la parfaite douceur et la pleine saveur qu\u2019ils recherchent dans une cigarette à bout filtre.Son nouveau filtre perfectionné vous laisse goûter tout son arôme .doux, mais savoureux.I 3 ¦gHg acsa r ë A >\"VÀ' .MM hL ' wmm :2br> #¦&.:* sP.r}/&; sgR**# __________i Un paiement initial de 10% seulement et dès ce mois-ci la superbe piscine Esther Williams est installée sur votre terrain.( Pas de paiement avant juillet-cinq ans pour payer.) Veuillez me faire parvenir tous les renseignements concernant la piscine Esther Williams y compris le mode de paiement facile et le nom de mon fournisseur régional.ITS-l-F) NOM ADRESSE VILLE\tPROVINCE Dimensions approximatives de mon terrain - International Swimming Pool Corporation 188 East Post Road, White Plains, New York 1 La célèbre nageuse Esther Williams a lancé l\u2019idée de cette piscine exceptionnelle 2 L\u2019unique modèle à deux plans peut être érigé en n\u2019importe quel terrain, fût-il rocheux ou en pente 3 L\u2019espace réservé au bain, de 16' x 32', est entouré d\u2019une large promenade.Les dimensions extérieures sont de 25 x 'i 1 4 En cas de déménagement, la structure tout entière peut être démontée 5 h>cs portes à fermoir automatique et des clôtures de sécurité assurent la protection de vos enfants et tiennent éloignés les animaux errants 6 Le magnifique sequoia de Californie utilisé pour la promenade, les rampes, l\u2019escalier et l\u2019enceinte est pratiquement indestructible, résiste indéfiniment à l\u2019eau et aux intempéries.Le sequioia ne requiert ni peintures coûteuses, ni entretien dispendieux.11 résiste au pourrissement, aux termites, au travail, au gauchissement \u2014 par temps chaud, son contact est frais, et chaud par temps frais ^ Le revêtement \"Poolskin\u201d imperméable, de vinyl jaugeage 20, ne nécessite ni peinture ni nettoyage 8 Le système de filtrage maintient l\u2019eau claire et pure 9 La structure armée d\u2019acier imite celle d\u2019un pont pour plus de solidité 1 0 Lin espace de 510 p.c.est aménagé sous la promenade pour l\u2019entreposage des meubles et outils de jardin, des jeux, etc.1 1 La piscine est faite dans un modèle de profondeur constante ou avec renfoncement pour le plongeon, comprenant aussi un tremplin de 6 pieds 12 Tout ce qui est nécessaire à l\u2019agrément de la famille s\u2019y trouve.Pas de suppléments camouflés.Le prix d\u2019achat comprend l\u2019installation, le système de filtrage et de drainage, le revêtement \"Poolskin\u201d, auvents, lumière sous-marine, aspirateur sous-marin, échelle en acier inoxydable, bouées de sauvetage, ceinture, drapeau et mat, registre et même le Manuel de natation d\u2019Esther Williams.Tout sauf l\u2019eau ! IL. 4 .usâtesÜ&àà gBCy?-;; 1 sraK: ¦ $sin« 1W*B \" >».; ' \u2019 '*\u2022 ' ' \u2022 '¦\u2022 La Foule était pourtant là, un soir, au Waldorf Astoria, la salle la plus fermée de New-York.Harry Belafonte était le premier Noir à y pénétrer.Mais personne cette fois ne trouvait cela extraordinaire.Il donnait à tout ce que New-York comporte de plus select le goût d\u2019un Eden inconnu.On oubliait l\u2019étouffement des grandes cités.Sa voix, jaillissant du fond des entrailles en un lancinant solo de trompette, ou brisée de mélancolie comme une flûte, chantait les airs caraïbes mélancoliques et voluptueux.\"Une graine de violence\" C\u2019était sans accent de haine qu\u2019il chantait la révolte des descendants d\u2019esclaves, ou la tromperie des Blancs beau-parleûrs.La haine, il l\u2019avait écrite longtemps auparavant sur les affiches du métro.Et bien avant encore, il l\u2019avait mise dans ses poings, quand ils se battaient, Noirs contre Blancs, à Harlem.C\u2019est là qu\u2019il est né, il y a 32 ans; Ses parents venaient tous de la Jamaïque.Sa grand-mère maternelle était une Blanche : une Anglaise qui épousa cher un oeil clair, et de marquer quelques bleus sur les tendres peaux pâle- \u2014 J\u2019ai grandi en me battant, dit Harry.Je me suis battu à cause des nursery rhymes pour petits enfants, qui racontaient combien étaient vilains les petits Noirs.Je me suis battu parce qu\u2019on me tombait dessus, à l\u2019école.Je me suis battu avec les bouteilles, les poubelles, les pierres, les mains et les pieds.Son père, marin dans la flotte marchande britannique, avait disparu quand il avait 2 ans, pour honorer sa famille de brèves apparitions par la Harry Belafonte est devenu le plus fameux interprète du folklore des Antilles Britanniques.: \u2022Xvw ¦\u2019 m \"¦ un Noir de la Jamaïque.Sa grand-mère paternelle était une Haïtienne mariée à un blanc : un Français, descendant d\u2019émigrés Italiens, d\u2019où le nom de Belafonte.Deux générations plus tard, de ce confus croisement de races, naissait Harry, à Harlem.\u2014 Fais voir comment ça marque, les « bleus », sur ta peau de chocolat, sale nègre ! criaient les galopins blancs du quartier en le rouant de coups.Et les galopins noirs fonçaient dans la bande adverse avec l\u2019espoir d\u2019arra- suite.Couturière, garde d\u2019enfants, domestique, plongeuse, dans un restaurant, sa mère fit à peu près tous les métiers pour l\u2019élever avec son frère Dennis, de 4 ans son cadet.Ils parcoururent Harlem en long et en large, changeant 12 fois de quartier, avant d\u2019échouer dans un immeuble d\u2019émigrés grecs, où les batailles rangées reprirent de plus belle.\u2014 Quand j\u2019avais 8 ans, raconte Harry, il y avait un gars en particulier qui chaque jour, avec 4 complices, me Le Samedi.Montréal, 23 mai 1959 17 chassait à coups de pieds et de bâtons de l\u2019école.Ça a duré un mois.Au bout du mois j\u2019en ai eu assez.J\u2019ai été le chercher chez lui.Penché à la fenêtre, il parlait à quelqu\u2019un dehors.J\u2019ai vu que sa cravate pendait.Je l\u2019ai agrippée, cette cravate, d\u2019une main, avec fureur.De l\u2019autre main je l\u2019ai frappé au visage.Longtemps sa tête à cogné durement la fenêtre.Mais je n\u2019ai jamais plus eu d\u2019ennuis avec lui par la suite ; c\u2019était la règle : il était chef de bande, et je l\u2019avais vaincu quand il était seul, sans personne pour assister à sa déconfiture.Et Belafonte d\u2019ajouter : Mais je ne veux pas qu\u2019une petite centaine de mille de gosses s\u2019imagine que c\u2019est une bonne chose à faire.Il n\u2019y a rien de glorieux, dans la pauvreté, et les batailles de gangs.Quelques uns de ces types sont maintenant à Sing-Sing pour le reste de leur vie.J\u2019en parle seulement parce que c'est dans cette jungle que j\u2019ai grandi.Ce n\u2019était qu\u2019un incident, cette algarade.S\u2019il arrivait à Harry de voler quelque victuaille à un étalage, cela dégénérait en chasse à l\u2019homme.\u2014 Sacré galopin ! disaient les commerçants, mi-furieux, mi-gouailleurs, au petit Blanc qui s\u2019enfuyait avec un poulet.Mais que Harry s\u2019empare d\u2019une bo-pite de corn-flakes : \u2014Sale Nègre, crème de chocolat ! hurlait le commerçant.Et tout le quartier se mettait en branle.Parfois le petit garçon rentrait radieux avec des larcins impunis, en disant que « c'était une dame qui les lui avait donnés», ce que tout le monde faisait semblant de croire.Mais parfois aussi il rentrait avec deux gendarmes de chaque côté .A neuf ans, Belafonte avait un bel avenir de délinquant devant lui.Il n\u2019y avait qu\u2019à attendre, et laisser les choses suivre leur cours.\"Mon coeur était si bien sur ce sable\" Mais un soir l\u2019habituelle corrida dans les rues dépassa toute mesure.Harry rentra meurtri de partout, le visage en sang, une entaille au-dessus de l\u2019oeil.Cette fois il avait frôlé la mort : à une fraction de seconde près, il passait sous les roues d\u2019une voiture.Sa mère ne dit pas un mot, habilla le petit frère qui, tout nu dans une bassine, regardait Harry avec des yeux écarquillés, jeta en vrac tout ce qu'elle possédait dans une valise de carton, et prit le premier cargo pour la Jamaïque.Là, Harry passa les quatre années les plus étranges et les plus insouciantes de sa vie.C\u2019était un temps de solitude : sa mère, très vite, était repartie pour New-York.Elle y travaillait, pour envoyer de l\u2019argent et régler la pension de ses deux fils chez des gens du pays.Les deux enfants firent toutes les écoles de l\u2019île.Ils étaient un peu désorientés ; mais trouvaient néanmoins leur vie fascinante.« Mon coeur était si bien sur ce sable, Le soleil mûrissait tous les fruits de l\u2019été, Sur le sable d\u2019or le ciel dressait ma table Sous le ba-lan-ce-ment des cocotiers .» chantait Belafonte, ce premier soir, au Waldorf Astoria.Et, les yeux fermés, revoyait cet énorme manguier accueillant où il grimpait chaque soir.Couché sur une branche, il mangeait des mangues en regardant le ciel à travers les feuilles.Des refrains langoureux, portés par la quiétude de l\u2019air lui venaient d\u2019en-bas.De vieilles chansons d\u2019esclaves qui pleuraient leur Afrique : elles se gravaient toutes seules dans sa tête.Il ne savait pas qu\u2019un jour il les apprendrait au monde entier.Les longues, longues routes qui n'en j finissaient pas de tourner en tous sens, les immenses plages si blanches qu\u2019elles faisaient mal aux yeux, les bananiers gonflés de fruits \u2014 tout cela était un paysage enchanteur pour l\u2019enfant de 9 ans ; c'était un paysage qui chantait.Et les gens chantaient avec lui.Les années passent vite dans cette oasis de paix et de végétation luxuriante qui avaient succédé à la haine et aux taudis de Harlem.Cette symphonie pastorale dura 4 ans, au bout desquels Harry, poussant Dennis devant lui, dû rentrer à New-York : sa mère s\u2019inquiétait de la guerre.On était en 1940.Pas de sang de Noir dans des veines de Blanc Tout aussitôt les barrières raciales se dressèrent à nouveau.Les gens dans I les magasins lui jetaient un regard oblique en disant « sale Nègre », Harry avait presque oublié cette violence.Mais il avait 13 ans : les batailles de gosses s\u2019étaient transformées en réglements de comptes entre adolescents.C\u2019était beaucoup plus meurtrier.Harry Belafonte porte encore des cicatrices de ce temps-là.Mais c\u2019était surtout dur moralement.\u2014 J\u2019étais bon en sports, dit-il.Et quand on formait les équipes de rugby, j\u2019étais toujours choisi en premier.A ce moment-là on m\u2019acceptait.Mais ça n\u2019allait jamais plus loin.Je restais assis sur le seuil de la porte, et je les regardais passer, tous habillés pour aller faire une partie.Jamais ils ne m\u2019ont demandé de venir avec eux.Une fois de plus la famille Belafonte sautait d'un endroit à l\u2019autre, et chaque fois Harry se frayait un chemin à coups de poings dans de nouveaux gangs.A l'école son travail était satisfaisant.Mais sa conduite abominable.Il repérait au premier coup d\u2019oeil les professeurs racistes.\u2014 Je me rappelle comme si cela se passait hier.Un professeur qui a fait se mettre debout devant toute la classe une petite Négresse, pour qu\u2019elle explique pourquoi elle se mettait de l\u2019huile sur les cheveux.Les autres ricanaient.Mais quoi ! toutes les femmes noires utilisent l\u2019huile parce que leurs cheveux sont secs.Ma fille a 9 ans, le fait .Dès qu'un professeur était ainsi repéré, Harry passait à la contre-attaque, d'ailleurs avec une politesse exagérée : \u2014 Et pourquoi, s\u2019il vous plaît, dois-je apprendre telle date d\u2019histoire ?Est-ce que cela m\u2019aidera à trouver du travail ?Comment cela influencera-t-il ma vie ?A 16 ans, il en a définitivement assez.Nous sommes en 1944.C\u2019est la guerre.Il s\u2019engage dans la Marine.Normalement il n\u2019en a pas le droit ; il a l\u2019oeil gauche très faible, à la suite d\u2019une blessure reçue quand il était petit.Mais c\u2019est un jeu de tromper les médecins.Il suffit de faire un trou avec une épingle dans le carton qui lui cache l\u2019oeil droit : personne ne s\u2019apercevra qu\u2019avec l'oeil gauche seul il ne voit par à trois pieds.\u2014 Tu es fou, disent ses camarades, c\u2019est une guerre de Blancs.Laisse-les se débrouiller ! Son unité était uniquement composée de Noirs : \u2014 Pour la première fois, je me trouvais uniquement avec des hommes de ma race.Pour la première fois je m\u2019intéressais à mon propre héritage, et j\u2019en étais fier.Les types du Sud, habitués au lynchage, étaient les plus passionnément opposés à ce que les Noirs se mêlent de cette guerre d\u2019hommes blancs.Mais j\u2019étais du côté de ceux qui pensaient qu\u2019il valait mieux la guerre que les Nazis.Nous étions sûrs, pour la plupart, qu\u2019après la guerre il n\u2019y aurait plus de racisme : nous allions I T Du Burry ' //iiliAfin./ //// DoMiMiu.LE DELICIEUX VIN ROSE DU BARRY, EN 7 TEMPS S\téfaiti\t1 m l'emballage de papier de soie qui entoure iu la bouteille.VlaLinL».le papier métallique uni recouvre UeiâCneZ le goulot et le bouchon.\t\t D\tOrOUlOZ le hl de 1er qui retient le bouchon.\t D\tégagt\t!Z lentement le bouchon en le tournant.D\tefeOUClm la bouteille et .\t D\tégust\tab ce merveilleux \\in rosé qui pétille et vu qui danse dans votre verre.D\tU95XBIM ainsi tjue vos amis cl invites en servant UlUÜluu VUUn du vin rosé mousseux DuBarry.\t 6cmd ovrid &a+tacfce*tif ail firight DEPUIS 1874 TGB-157F Vous vous sentirez MIEUX! VOUS PARAITREZ MIEUX! Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRiAM DUBREUIL REMPLISSEZ CE COUPON améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX.Les Pilules Myrriam Dubrcuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement ner-.veux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un produit d\u2019hcurèux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses, années, apres des recherches sérieuses, par dea chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez St en timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE ï Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL\t/pour lc canada seulementi Case Postale, 1391, Place d'Armes, Montréal, P.Q.6880, rue Bordeaux.Ci-inclus 5c pour échantillon des Pilules Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom.Adresse.Ville.Province. 18 Le Samedi, Montréal, 23 mai 1959 faire de grandes choses, et à notre retour le pays nous accueillerait a bras ouverts .Harry Belafonte allait bientôt pouvoir méditer ces espérances a loisir ; dans la prison du camp de marins de San-Pedro, en Virginie.\u2014 Un volontaire pour donner son sang, avait crié quelqu'un.Il s\u2019était approché.Deux marins, Murray et Curtiz (deux Blancs) un peu ivres, s\u2019étaient mis à jouer au taureau et au matador, pour rire.Et Murray, d\u2019un coup de couteau involontaire, avait proprement tranché l\u2019arte-re démorale de Curtiz.\u2014 Alors, explique Belafonte à l\u2019officier de la Military Police, j\u2019ai offert mon sang pour la transfusion.Curtiz et moi appartenons au même groupe sanguin 1.-\u2014Quoi?Vous me ferez huit jours de taule ! tonne l\u2019officier.Ça vous apprendra à corrompre le sang national ! Hébété, Harry Belafonte n\u2019a rien trouvé à répondre.La transfusion l\u2019avait affaibli.En d\u2019autres circonstances l\u2019officier aurait été rejoindre le matelot Curtiz sur un lit d\u2019hôpital.Ces huit jours de taule, parce qu\u2019un Noir avait osé sauver la vie d\u2019un Blanc, furent pour Harry un abîme de désespoir.Il ne pouvait descendre plus bas.Il n\u2019y aurait jamais de fin à la haine, encore moins à la bêtise.Pour lui seul il se chantait, avec des modulations sauvages, l\u2019histoire du vieux prophète noir qui claironne que la fin des tourments est proche, pour sa race.Sorti de prison, Belafonte y retourna si souvent qu\u2019il eut le temps d\u2019y lire toute une petite bibliothèque sur l\u2019histoire Noire, et sur la vie des grands hommes de sa race.C\u2019était toujours pour des manquements à la discipline.Et un jour, parce qu\u2019il avait frappé un officier : \u2014 Ce n\u2019était même pas un officier d\u2019ailleurs, dit-il.Mais il en prit le grade dès qu\u2019on le chargea de commander notre groupe de Noirs.Je l\u2019ai frappé parce qu\u2019il était une grande g \u2022 ¦ \u2022 Ce fut sa plus longue détention.Puni parce qu\u2019il avait sauvé un Blanc, puni parce qu\u2019il avait frappé un Blanc, il décida qu\u2019entre deux il était plus agréable de cogner que donner son sang.\u2014 Vous feriez bien d\u2019être gentille avec moi, parce qu\u2019un jour je vous épouserai, avait dit Harry, la première fois qu\u2019il la vit, à une jeune fille de 16 ans.Marguerite Byrd étudiait la psychologie et les arts ménagers.Elle sortait d\u2019une famille aussi stable et solide que celle de Harry était incertaine.Elle était Noire, bien entendu.Et Harry la fascinait.Il savait parler.Il savait aussi rester pendant des heures les sourcils froncés, dans un silence plein de menaces pour le monde extérieur.Il était beau, ce qui ne gâchait rien.Mais surtout il était aussi fuyant qu\u2019un chat sauvage \u2014 on ne savait jamais très bien quelle allait être sa réaction.Et Marguerite trouvait qu\u2019apprivoiser un chat sauvage, en tant qu\u2019étudiante en psychologie et future éducatrice, était certainement un problème intéressant.\u2014 Il était aussi passionnant qu\u2019un délinquant juvénile, dit-elle.Harry Belafonte suivait tous les soirs les cours au Conservatoire d\u2019art dramatique.Il y rencontrait des passionnés d\u2019art, de littérature, de musique et de danse.Il y rencontra aussi Marion Brando et Tony Curtis faméliques en blue de jeans que personne encore ne Démobilisé en 1945 parce qu'on avait quand même fini par s\u2019apercevoir qu\u2019il n\u2019y voyait guère de l\u2019oeil gauche, Harry se mit en quête d\u2019un travail.Homme à tout faire dans diverses maisons, Harry, se demanda s\u2019il allait devenir un professionnel du basket-ball, quand il pénétra un soir dans le American Negro Theatre.C\u2019était la première fois qu\u2019il pénétrait dans le monde des acteurs.C\u2019était aussi un pur hasard : on lui avait remis un tiquet perdu, il était entré par simple curiosité.Ce fut un choc.Enthousiasmé, dès le spectacle fini, il s\u2019échappa vers les coulisses, et buta sur un groupe de machinistes en difficulté : \u2014 Pouvez pas tenir cette corde ?Machinalement il tint la corde.A 3 heures du matin, il était encore occupé à ranger les décors .Et tous les soirs il revint.Pour rien, pour son seul plaisir.Il étudia les problèmes d\u2019éclairage, les dessins des décors, se passion- na pour les trompe-l\u2019oeil et s\u2019enthousiasma de la solidarité ambiante.Et un beau soir il remplaça un acteur malade dans une pièce de Sean O\u2019Casey : «Juno and the Pay cock ».Ce fut un second choc.J\u2019ai trouvé enfin ma vocation, hurla Harry dès le rideau tombé.Je parlerai au public, et il faudra qu\u2019il m\u2019écoute.Et il courut s\u2019inscrire au conservatoire d\u2019art dramatique.connaissait.\u2014 La première fois que j\u2019ai vu Belafonte, raconte Marlon Brando, il était tout seul dans un coin.Il a engagé la conversation en me demandant du feu.Je lui ai demandé quel rôle il préparait : \u2014 Othello.C\u2019est ce que je voudra\u2014 jouer.\u2014 Vous avez raison, c\u2019est un beau rôle.\u2014 Mais pas facile, n\u2019est-ce pas.Pas facile de s\u2019imposer, avec la couleur de ma peau .\u2014 On ne sait jamais, répondit nonchalamment Brando.Un miracle .Harry avait de bonnes raisons de ne pas croire aux miracles.Il se fit livreur, emballeur, chroniqueur sportif, il vendit des hot-dogs, poussa des wagonnets de costumes dans une fabrique de vêtements, nettoya les carreaux, garda les docks de Canarsie la nuit, astiqua les chaussures.Et parfois le soir, il allait écouter du jazz dans une boîte de nuit de Broadway, le Royal Roost.Pendant toute une année \u2014 1947 \u2014 il loge chez un ami, Allan Greene, qui est professeur de chant et compositeur à ses heures.Il va de night-club en night-club, cherchant un engagement.Mais il n\u2019y a guère de places pour les débutants.Mais il a au moins une grande satisfaction ; il retrouve Marguerite Byrd, qui est venue s\u2019installer à New-York comme professeur dans un centre pour enfants.« Je vous épouserai un jour » avait dit Harry deux ans auparavant.Le 18 juin 1948, le mariage est célébré.Les fiançailles avaient eu lieu d\u2019une façon particulièrement romanesque : il 1 avait jetée par-dessus le parapet d\u2019un pont de l\u2019East River, et maintenue dans le vide jusqu\u2019à ce qu\u2019elle dise oui.Elle qui l\u2019avait tout d\u2019abord trouvé passionnant parce qu\u2019il présentait quelques symptômes de délinquance, ne pouvait que trouver encore bien plus passionnante cette façon originale de la demander en mariage.Cette curieuse idylle devait se terminer 9 ans plus tard.\u2014 Je me suis marié trop jeune, et sachant trop peu de la vie, dit Belafonte.Hamburgers et musique à gogo Pour le moment, le jeune couple s\u2019installe dans un petit appartement de Harlem.Une fille, Adrienne, allait bientôt naître, et à la même époque, Harry trouve enfin son premier engagement.Ce n\u2019est évidemment pas grand chose : un manager l\u2019engage deux semaines pour chanter les scies du moment.Harry répète huit heures par jour, il est malade de peur, et de plus il n\u2019est pas content : \u2014 Je ne peux pas le faire, répète-t-il inlassablement.Je ne peux pas chanter ces machins à succès.Ce sont des mensonges, ça sonne faux.Pourtant, engagé pour deux semaines, il y restera cinq mois, et son salaire hebdomadaire montera de 70 dollars à 110.Pendant un an il fait ainsi le tour de quelques night-clubs.Il chante, ils continuent paisiblement à bavarder.\u2014 Ils avaient bien raison ! dit Harry Belafonte.Je n\u2019aimais pas ce travail.J\u2019avais l\u2019impression de trahir mes principes pour de l\u2019argent.Et en 1950, Harry, qui n\u2019aime décidément pas ce travail, met toutes ses économies, et celles de deux amis, dans un petit snack de Greenwich Village, le Saint-Germain-des-Près de New-York.Les trois jeunes gens, sans aucune expérience même de l\u2019art culinaire, montent un petit comptoir, dressent quelques tables, et à tours de bras se mettent à faire frire des hamburgers et des oeufs.Ils servent aussi le café.Les efforts gastronomiques s\u2019arrêtent là.De toute la nuit d\u2019ailleurs la salle ne désemplit pas.C\u2019est rempli d\u2019acteurs, d\u2019artistes, de poètes en mal de copies, de philosophes qui toute la nuit, la tasse de café à la main parce que les tables sont surchargées, discutent à perdre haleine.Harry et ses associés se mêlent à la discussion, et il n\u2019est pas rare qu\u2019ils mettent à la porte (en le priant de ne plus revenir) un adversaire dont ils n\u2019aiment pas les idées philosophiques.C\u2019est toute une faune de noctambules bohèmes que Ton n\u2019a aucune chance de rencontrer pendant la journée.Le soir ils se réveillent, s\u2019étirent, et se retrouvent tous ensemble dans l\u2019antre de Harry pour rêver de transformer le monde, ou de le faire sauter.Tout cela marcherait au mieux, si seulement il y avait quelqu\u2019un pour s\u2019occuper de la caisse.Mais il n\u2019y a personne.Les trois partenaires, quand ils ne sont pas en train de chanter, ou quand ils ne sont pas lancés dans des discussions, sont tous les trois ensemble penchés sur le fourneau pour cuire leurs oeufs.Il y a quelques amis qui servent éventuellement de serveurs ou de plongeurs quand le besoin s\u2019en fait sentir.Mais jamais personne à la caisse.Ceux qui y pensent, payent.Les autres entrent, se cuisent ce qu\u2019ils veulent quand personne ne s\u2019en occupe, et repartent.R y même des nuits où la porte est hermétiquement close : à l\u2019intérieur Harry et quelques autres répètent leurs chansons.C\u2019est dans cette atmosphère particulière que Harry Belafonte trouve pour la première fois son style.Accompagné à la guitare par Millard Thomas (qui l\u2019accompagne toujours aujourd\u2019hui), il commence par chanter de vieilles balades inconnues, des complaintes des îles, des histoires gaies ou tristes de toutes les contrées du monde.Et en même temps, il étudie sa mimique.Pour que ces chansons, absolument neuves pour le public américain, c passent la rampe », il ne les chantera pas seulement : il les « jouera ».Et un soir la chance passe le seuil sous les traits de Jack Rollins.C\u2019est un c lecteur » pour un producteur de re-[ Lire la suite page 40 ] Il - Par dessus le parapet d'un pont, Harry tient Marguerite dans le vide c'est sa demande en mariage ! Harry, qui débuta fort modestement en 1950, est maintenant une des plus grandes vedettes de la chanson dans le monde.On le voit ici accompagné par son ami Millard Thomas, célèbre guitariste américain.>* £*-\u2022 \u2022\">\u2022»-.V>WB8Sa arü*- «M.9.0 *V 46 Le Samedi.Montréal, 23 mai 1959 T\u2019en fais pas, maman.c\u2019est du caoutchouc mousse! Les divans ont toujours été une tentation pour les jeunes acrobates.Cependant, les effets résultants\u2014 ressort brisé, siège détérioré\u2014se font de plus en plus rares grâce à la bourre de caoutchouc mousse qui donne aux divans meilleure résilience et meilleure durabilité.A la base de la bourre de caoutchouc mousse se trouve le latex de caoutchouc synthétique Polysar*, le produit qui permet au fabricant de caoutchouc mousse de mouler les formes de plus en plus complexes qu\u2019exigent les divans modernes.C\u2019est aussi le produit qui contribue à la durabilité et au confort des divans rembourrés de caoutchouc mousse \u2014 leur permet de garder leur forme, de \"résister aux coups.\u2019\u2019 Le latex pour caoutchouc mousse n\u2019est qu\u2019un des 25 types de caoutchouc Polysar fabriqués à l\u2019usine de Polymer Corporation située à Sarnia en Ontario et couvrant 1(50 acres.Ces caoutchoucs sont de nouveaux types de caoutchouc\u2014ce sont les caoutchoucs qui vous rendent la vie plus facile, plus agréable .expressément parce que chaque caoutchouc Polysar est créé en prévision de sa fonction particulière.POLYMER CORPORATION ION | POLYSAR CAOUTCHOUC SYNTHÉTIQUE ?Marque de commerce déposée POLYMER CORPORATION LIMITED SARNIA CANADA 1 Suite de la page 44 j tive, Carlo, balbutiant de vagues excuses, se précipita pour avancer un fauteuil.Mais Suavita ne lui en laissa pas le temps et, s\u2019effaçant soudain, découvrit une ombre gracieuse, un visage frais et doux, de grands yeux noirs effarouchés.Lola.Lola, toute confuse et gênée, dont le sourire timide semblait vouloir excuser la présence.Carlo fut saisi devant cette apparition, à laquelle il ne s'attendait guère.Ses yeux, béants d\u2019admiration, ne purent tout de suite se détacher de la jeune fille.Une étrange attirance le courba devant elle.Il ouvrit la bou- che, voulut articuler quelques mots.Mais un émoi délicieux \u2014 qu\u2019il ignorait \u2014 comprima sa gorge.Pas un son n\u2019en sortit.\u2014 Est-il cocasse?dit Suavita, amusée.Impayable !.Mais ne restez donc pas ainsi à la contempler, la bouche ouverte, vous allez l\u2019effrayer !.Mademoiselle Liliane Morestac, je vous présente M.Carlo Misère, à qui vous êtes redevable d\u2019avoir mis tout en oeuvre pour vous retrouver.C\u2019est lui qui a préparé et poursuivi ces actives recherches qui furent bientôt couronnées de succès.puisque vous êtes là et que vous pouirez bientôt tomber dans les bras de monsieur votre père.Allons, mes enfants, asseyons-nous et réglons avec prudence le merveilleux retour de l\u2019entant prodigue.Il s\u2019agit, avant tout, d\u2019aller doucement et de préparer lentement M.Morestac \u2014 pour qui je craindrais une trop brutale révélation \u2014 eu bonheur d\u2019avoir retrouvé sa fille.Poussée par sa mère, qui ne cessait de la tenir sous la domination de son regard, Lola, encore un peu hésitante, s\u2019assit à l\u2019écart.Ebloui par la touchante beauté de la jeune fille, Carlo sentait son coeur s'élancer impétueusement vers elle.Ce joli visage, aux traits fins, qui lui semblait, depuis cinq minutes, avoir toujours hanté ses songes, était bien la réalisation de l'idéal le plus parfait qui fût.Il l\u2019enveloppa de regards attendris, que fuyait obstinément la sauvage Lola.Cela n\u2019empêcha pas Carlo de la dévorer des yeux, au contraire.Suavita s\u2019aperçut-elle aussitôt de l\u2019impression que sa fille produisait sur Carlo ?Il eût fallu mai la connaître pour en douter ! Mais loin d\u2019y trouver à redire, elle s'en réjouit, comme d\u2019un événement propice à la petite comédie qu\u2019elle avait préparée et dont le dénouement était sur le point de se produire.En effet, le bohème amoureux \u2014 non plus tenu seulement par l\u2019appât d\u2019une vie dorée, mais encore par un sentiment plus noble et plus tendre \u2014 devait accepter d\u2019en passer par tout ce que déciderait l\u2019autoritaire Suavita.Elle eut donc un sourire satisfait et, s\u2019accoudant sui son fauteuil, se tourna avec sa vivacité habituelle vers Carlo \u2014 C\u2019est à toute votre délicatesse que je fais appel à présent, dit-elle en le pénétrant de son regard de feu.Vous devez me comprendre.Vous allez ramener Mlle Morestac à son père.Mais il faut préparer celui-ci avec prudence, avec tact, à cette joie inattendue.N\u2019oubliez pas qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un infirme !.Malgré tous les espoirs dont il s\u2019est laissé bercer, il se peut qu\u2019il ne s\u2019attende pas à retrouver son enfant aussi vite.Ce sera à vous d\u2019opérer avec délicatesse et de savoir doser goutte à goutte la bonne nouvelle.Ecoutez-moi, Carlo, vous n\u2019aurez pour cela qu\u2019à lui narrer vos patientes recherches, l\u2019art avec lequel vous avez su ordonner votre plan.Vous lui direz comment il vous a fallu parcourir une partie de la France, avant de recueillir les premiers renseignements utiles qui devaient vous mettre sur la bonne piste.Comment aussi vous avez pu retrouver les traces de cette chère enfant.Car, ainsi que je l'ai dit à M.Morestac.Elle se tourna vers Lola avec un regard parfaitement digne de la situation.\u2014.C\u2019est vous qui avez tout fait.Le hasard seul a voulu que ce soit moi qui me suis présentée pour la ramener à Biarritz.Mais je ne saurais me parer des plumes du paon et j\u2019exige que M.Morestac soit mis entièrement au courant de tous vos efforts.C\u2019est bien le moins! ajouta-t-elle avec une indéfinissable nuance de moquerie au fond de ses sombres prunelles.Vous entendez, cher ami ?Il faut que l\u2019infime part prise par moi dans tout ceci demeure inconnue (elle appuya avec force sur ce mot).que M.Morestac ignore notre collaboration \u2014 qui fut d\u2019ailleurs trop peu de chose pour me permettre d\u2019en parler \u2014 et ceci pour ménager ma modestie.Carlo fixait sur « la patronne », comme il appelait Suavita, des yeux débordants de stupeur.Il se demandait aussi avec angoisse comment Mlle Morestac pouvait accepter de se prêter à une aussi lâche comédie.Mais peut-être ignorait-elle réellement que Suavita se fût seule occupée des recherches ?En y réfléchissant, il en vint à comprendre une partie de la vérité : Suavita lui demandait \u2014 à mots couverts, étant donné la présence de la jeune fille \u2014 de bien vouloir laisser dans l\u2019ombre tout ce qu\u2019elle avait fait personnellement et d\u2019expliquer de son mieux comment il avait recherché, puis enfin découvert, Mlle Morestac.Ah ! elle était rudement roublarde, cette Suavita !.Pourquoi fallut-il qu\u2019au moment où il pensa cela, il rencontra les grands yeux étonnés de Lola qui le fixaient avec une surpi se mêlée de candeur ?Hélas ! mentir à ces yeux-là !.m m m- .m- m- m \u2022 ¦.mm.m ¦ m m m- m mm-m m- - m m m m-m m ma ¦ ins: ,
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