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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 13 septembre 1952
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1952-09, Collections de BAnQ.

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[" jggg«|£ tréal, 13 septembre 1952 DANS CE NUMERO CLAUDE-HENRI GRIGNON I JEAN-PAUL NOLEI Por LES FORTUNES DES BOXEURS par ANDRE DE LA CHEVROTIERE PLUME JEAN DUBOIS LUCETTE ROBERT Roman d'amour, par MAGDA CONTINO 3AZINE NATIONAL DES CANADIENS cents C° ^ m \u2014f hü V.- 'Z*.\u2018S.U : mm ¦ -r' .¦ m .V.- , f wmm iHlTâT .kl a tfl S$|&Sr P^£: Ils possède ftf fotrtes /es eaïoctéirsffqcfesf KlÉ'^SQUet urtc\u2018^PC£r£l£Mnrli(fi-rSfi^ ^ ePfSi**** \t rr/zflP10 if#» *> \"Zj*»* RAEf0$-PH0N06RAPKE$ SUPERBES .PUISSANTS .NOUVEAUX 2 AUTRES GRANDES VALEURS mmmm MODÈLE C712\u2014En placages polis à la main \u2014 noyer d\u2019Amérique, acajou d'Afrique ou chêne blanchi richement veiné.Demi-portes harmonisantes.Puissant radio ultra-sensitif à 7 lampes.Cadran coulissant éclairé.Tourne-disques à trois vitesses s\u2019arrêtant automatiquement une fois le dernier disque terminé.Capacité 10 disques.Ample espace où ranger les disques.MODELE C7 11\u2014Très grand cabinet de luxe en acajou, noyer ou chêne blanchi.Récepteur radiophonique à 6 lampes hautement sélectif.Cadran coulissant éclairé et antenne à même Beam-A-Scope.Nouveau tourne-disques jouant les disques des trois vitesses, muni d\u2019un dispositif automatique qui arrête le mécanisme dès que le dernier est terminé.Capacité 10 disques.Ample espace supplémentaire pour disques.Incomparable est le qualificatif qui s\u2019applique le mieux aux radios-phonographes G-E 195 3 .incomparables par leur apparence, leur performance, leur puissance, leur tonalité.Incomparables par les valeurs remarquables qu\u2019ils offrent.Lorsque vous les aurez vus.lorsque vous les aurez entendus .vous aurez peine à croire qu\u2019ils puissent être achetés à des prix si modérés.Modèle C710 (ci-dessus).Disponible noyer, acajou, chêne blanchi dont le fini lustré est poli à la main.Joue jusqu\u2019à dix disques, grandeurs régulières, s\u2019arrête automatiquement une fois le dernier terminé.Haut-parleur de 10 pouces à Alnico 5; antenne à même Beam-A-Scope; 6 lampes; commande de tonalité; ample espace où ranger les disques .en un mot une valeur vraiment remarquable.N\u2019attendez pas un jour de plus Ne vous refusez pas, un jour de plus, le très grand plaisir de posséder un radio-phonographe véritablement moderne.Votre marchand G-E a ces trois beaux modèles en magasin\u2014il vous accordera une généreuse allocation en échange de votre vieil appareil et, si vous le désirez, il prendra les dispositions nécessaires afin que vous puissiez solder votre achat par versements mensuels.CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège Social: Toronto \u2014 Bureaux de ventes d\u2019un océan à l'autre LE COURRIER DE GENEVIEVE Chère Madame, Lorsque je vais passer la journée chez des amis, je suis toujours surprise, et même émerveillée de constater que leurs enfants vont se coucher sans témoigner le moindre mécontentement.Chez moi, c\u2019est une affaire d\u2019état : l\u2019un pleurniche, l\u2019autre cherche à gagner du temps.J\u2019aimerais à connaîtie votre avis à ce sujet.\u2022 Je me fais un plaisir de vous le donner et je souhaite qu\u2019il vous soit de quelque utilité car le problème du sommeil chez les enfants est d\u2019importance primordiale.Vous ne me dites pas l\u2019âge des vôtres, aussi vous répondrai-je par des remarques s\u2019appliquant à des âges divers.Un jeune enfant a besoin de plusieurs heures de sommeil par jour, outre le sommeil de la nuit.Le nombre de ces heures va en décroissant à mesure qu\u2019il grandit.Ainsi, entre dix-huit mois et trois ans un enfant peut s\u2019endormir assez rapidement lorsqu\u2019on le fait repo- ser dans le jour, pour s\u2019éveiller peu de temps après avec le désir de se lever et de s\u2019amuser avec ses joujoux.Ce changement d\u2019habitude est attribuable à la croissance.Au fait qu\u2019il a soif ou faim, ou encore que ses vêtements ou ses couvertures le gênent.Il se peut qu\u2019un bruit ou une lumière l\u2019ait réveillé, qu\u2019il ait mal digéré son repas., qu\u2019une modification de routine l\u2019ait énervé, qu\u2019il commence un rhume ou une indisposition quelconque.Il arrive que des mamans \u2014 et c\u2019est peut-être là votre cas \u2014 commettent l\u2019imprudence de mettre un enfant au lit durant le jour en guise de punition : elles ont tort.Aller se coucher ne doit jamais être envisagé par l\u2019enfant comme une punition mais plutôt comme un repos dont il a besoin et après lequel il s\u2019éveillera frais et dispos, pour commencer ou continuer une autre belle journée.Les enfants se montrent souvent plus agités \u2014 pour ne pas dire plus insupportables \u2014 quand il y a de la visite à la maison.Cette réaction peut être attribuée à diverses causes.Cela est parfois, pour un enfant, une manière d\u2019attirer sur lui l\u2019attention des grandes personnes, ou l\u2019espoir de retarder l\u2019heure du coucher.Il est essentiel que vous et votre mari adoptiez à ce propos une attitude ferme et identique.Votre enfant ne doit conserver aucun espoir d\u2019obtenir de l\u2019un le sursis que l\u2019autre lui refuse.Cependant, il y a vraiment des enfants nerveux et que la présence d\u2019étrangers \u2014 comme d\u2019ailleurs toute dérogation au programme de la journée \u2014 surexcitent.Ils ne souffrent pas d\u2019insomnie proprement dite ; ils se tiennent éveillés, parfois pour entendre les conversations ou savoir ce qui se passe, ou pour toute autre idée qui a germé dans leurs petites cervelles.Il serait bon alors de leur faire boire un peu de lait chaud, mais ne leur administrez jamais un sédatif sans une ordonnance du médecin.Il arrive aussi qu\u2019un enfant crie et s\u2019agite dans son sommeil.On doit alors se rendre compte que ce petit est vraiment nerveux et le traiter en conséquence ; lui éviter les émotions trop fortes, par exemple, ne pas lui raconter d\u2019histoires terrifiantes à l\u2019heure du coucher, ni même au cours de la journée.Cependant, les véritables cauchemars, qui se manifestent par une peur irraisonnable, sont rares chez des enfants de moins de neuf ou dix ans.Cette peur provient presque toujours d\u2019un mauvais rêve, et il vaut mieux réveiller doucement le dormeur en lui lavant le visage à l\u2019eau tiède.Un enfant doit se coucher chaque soir à la même heure car, je le répète, il est facilement dérangé par toute modification au programme de sa journée.Par ailleurs, une mauvaise habitude est bien vite prise.Il ne faut pas compter que si on lui a permis de veiller tard un soir, il sera disposé à se coucher de bonne heure le lendemain.Gronde-ries et punitions seront alors sans effet, et les parents qui auront changé l\u2019heure du coucher, soit pour faire plaisir à l'enfant, soit pour s\u2019accommoder eux-mêmes, sont les premiers coupables.LES PREMIERS COUPS DE CANON Si l\u2019on s\u2019en réfère à l\u2019histoire de Chine, le premier coup de canon fut tiré dans la quatre-vingt-cinquième année de l\u2019ère chrétienne, et cela par le roi Vitey contre les Tartares.Pour ce qui s\u2019est passé en Europe, Aulus Jutérianus, historien ligurien, écrivit, en 1336, que, lors des grandes guerres entre les Vénitiens et les Génois, des Allemands offrirent deux petits canons en fer, avec de la poudre et des boulets.Les premiers canons qui parurent sur le champ de bataille, pendant les guerres des Bannitaes de Florence et la maison de Médicis, furent apportés en Italie par Bartoloméo Caglioni.Au siège de Constantinople, en 1419, Mahomet dirigea contre la place un canon qu\u2019il tira lui-même sept fois dans une journée, et qui lançait un boulet de 300 livres.En 1425, les Anglais assiégèrent Mons et renversèrent les murs à coups de canon.En 1434, les Allemands, grâce à leurs canons, s\u2019emparèrent des côtes du Danemark, et, en 1493, Charles VIII, roi de France, dut à son artillerie la conquête du royaume de Naples. Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 3 4 ty* PAOI/ YOLAND GU\u20acIURD Un ambassadeur des talents canadiens NÉ À Joliette en 1923, Yoland Guérard, après avoir étudié le chant à Montréal, puis à Paris, après de brillantes saisons dans plusieurs opéras de France, nous est revenu pour quelques mois.Les Canadiens ont pu admirer sa voix de basse dans « Roméo et Juliette » au cours du dernier Festival de Montréal, ils l\u2019ont entendu à la radio, ils le retrouveront prochainement sur la scène des Variétés Lyriques, qui, du 25 septembre au 20 octobre, donnera le « Colorado » de J.Henri Rys.Puis Yoland Guérard repartira pour Lyon, en France, où il a signé un contrat avec l\u2019opéra pour la saison 52 - 53.Il est donc bon, ce nous semble, de retracer ici la carrière de ce jeune talent de chez nous qui a si brillamment défendu nos couleurs sur les scènes de France.Tout de suite après ses études classiques au séminaire de Joliette, Yoland était proclamé lauréat de chant à l\u2019Académie de Québec.Durant trois, ans, il sera pensionnaire aux Variétés Lyriques de Montréal tout en participant à divers programmes de Radio-Canada et de CKAC.Les Canadiens ont donc eu tout le temps de le bien connaître, avant qu\u2019il ne parte étudier deux ans en France, grâce à une bourse provinciale que lui a obtenue l\u2019entremise personnelle de M.Antonio Barrette, ministre du Travail.Ses premiers pas avaient été guidés par MM.Daunais et Goulet ; à Paris il eut léP chance de travailler sous la direction de MM.Jobin, Marcaux et Robert Salvat, répétiteur à l\u2019Opéra de Paris.Il eut l\u2019occasion de se perfectionner dans l\u2019art vocal tout en apprenant la mise en scène et en étendant son répertoire.Robert Salvat le présenta à l\u2019Opéra de Paris, puis il alla jouer le Méphisto de Faust à l\u2019Opéra de Lyon avant d\u2019entreprendre une tournée qui devait le mener de Calais, Lille, Boulogne et Marseille.Partout il remporta de brillants succès que sont venus confirmer d\u2019excellentes critiques de presse et un un nouveau contrat.Yoland Guérard a épousé Mlle Courteau, également de Joliette, et est le père d\u2019un charmant petit garçon qui a pris l\u2019accent parisien après quatre ans de séjour en France.Nous avons pu constater combien son talent s\u2019était affermi au point de devenir une véritable maîtrise et nous lui souhaitons bonne chance pour la plus grande gloire de notre pays.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de TA.B.C.( et de ('Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Ç>., Can.\u2014 Tél.: PL.96379c GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN\tCHARLES SAURIOL Directeur\tChef de la publicité Chef du tirage .ODILON RIENDEAU Chronique sportive .OSCAR MAJOR A B\tO N N E\tM E N T S\t Canada 1 an \t\t$3.SO\tEtats-Unis 1 an \t\t$5.00 6 mois \t\t2.00\t6 mois \t\t\t\t2.50 AU\tNUMERO :\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.dans son auto , Mt 'nx 'A s Void la Batterie que chaque automobiliste avisé voudra LA REVOLUTIONNAIRE ULTRA START DONNE \u2022 PERFORMANCE AMELIOREE PAR \"TOUT TEMPS\" \u2022 DUREE PROLONGEE \u2022 LA MEILLEURE VALEUR EN BATTERIE EXIDE BATTERIES OF CANADA LIMITED Toronto \u2022 Montréal \u2022 Winnipeg \u2022 Vancouver Pour durée prolongée de batterie Silvium \u2014 L\u2019alliage de grille résistant à la corrosion, résiste à l\u2019ennemi le plus destructif d\u2019une batterie \u2014 la corrosion des grilles causée par la surcharge.Nouveau matériel actif \u2014 Si efficace qu\u2019il est possible de profiter des avantages d\u2019une solution acide de gravité spécifique plus faible.Nouveaux séparateurs \u2014 Séparateurs en plastique pratiquement indestructible, extrêmement résistants à la chaleur et à l\u2019acide .flexibles et robustes.Une faible résistance interne assure .Plus grande FACILITÉ DE DÉMARRAGE PAR TEMPS FROIDS Voyez cette batterie révolutionnaire chez votre marchand Exide, aujourd\u2019hui même ! .QUAND C\u2019EST UN 4 Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 Défenseur des vieilles traditions françaises qui font la force de notre terroir, CLAUDE-HENRI GRIGNON le solitaire de Sainte-Adèle se fait le champion de la liberté d'expression.par JEAN DUBOIS M.Ferdinand Biondi.directeur des programmes de CKAC.vient voir Claude-Henri Grignon pour mettre la dernière touche a un programme.Ecrivain célèbre, amoureux de la Nature, Claude-Henri Grignon est aussi Canadien que la feuille d\u2019érable, aussi inébranlable qu\u2019un roc des Laurentides.Né à Sainte-Adèle en 1894, il y passera le plus clair de son existence, en sera conseiller municipal et maire.Son père était Wilfrid Grignon, le premier médecin du village, un expert en agronomie.Claude-Henri tâta deux ans du collège St-Laurent (où il eut pour confrère le grand journaliste Louis Fran-coeur mort tragiquement en 1941) puis rentra chez lui afin d\u2019y poursuivre ses études sous les auspices d\u2019instituteurs privés.Occupant déjà ses loisirs à écrire, il fut un temps fonctionnaire à Montréal et à Québec.Claude-Henri épousait à 20 ans Thérèse Lambert et, plus tard, adoptait sa nièce Claire.A 24 ans, il était employé à la Minerve, il passa ensuite au Nationaliste puis au Matin ; mais, bientôt fatigué de vivre en ville, il regagna Sainte-Adèle, son village natal.Passionné pour tout ce qui touche à la Nature, aimant la vie en plein air, combattant avec acharnement pour la liberté d\u2019expression, il fit de bonne heure montre d\u2019un caractère bien trempé que rien n\u2019est venu affaiblir.Ecrivain prolifique, Grignon collabora au Canada, à l\u2019Ordre, à la Renaissance et à En Avant; il se tailla aussi une renommée enviable par ses romans et nouvelles tels que : Un Homme et son Péché, Le Secret de Lind-berg, Ombres et Clameurs, Le Déserteur et autres récits de la vie campagnarde.Sous le pseudonyme de Valdombre, il écrivit nombre de pamphlets littéraires et politiques.Le der- nier en date remonte à 1939-40 et reste célèbre dans toutes les mémoires.C\u2019était l\u2019époque où M.Grignon, disons plutôt Valdombre, ne se souciait pas seulement d\u2019écrire ses pamphlets, mais aussi de les distribuer.Un jour d\u2019hiver 1937, alors qu\u2019il avait été à la poste prendre livraison de 600 plaquettes, un touriste américain l\u2019arrêta pour lui demander à quelle heure on le livrerait.Manifestement il avait pris l\u2019auteur pour le facteur à une époque où Sainte-Adèle n\u2019était encore qu\u2019un village et où l\u2019on n\u2019y livrait pas le courrier à domicile.Dans les récits de Valdombre, Grignon défend passionnément le droit de critique pour lequel il a toujours combattu, tant comme maire que comme écrivain.Il est financièrement persuadé que la critique introduite dans tous les domaines est un facteur important de progression et doit faciliter l\u2019évolution du Canada.Il ne s\u2019est donc pas fait faute d\u2019attaquer successivement ou simultanément la politique intérieure et extérieure, la presse, la littérature, le mode de travail, les incendies de forêts, le « Rapport Massey », les problèmes de la circulation moderne et tous autres thèmes qui lui semblaient bons.Toujours soucieux de progrès et de modernisation, quand il était conseiller de Sainte-Adèle, il fit une requête pour l\u2019enlèvement et l\u2019incinération des ordures par la municipalité.Ceci se passait voilà 15 ou 20 ans et Grignon se heurta à un refus systématique.Trois conseillers s\u2019opposaient rageusement à cette mesure de simple hygiène et pour les raisons suivantes : l\u2019un allégua qu\u2019il disposait d\u2019un homme pour enterrer [Lire la suite page 35] mm * \u2022 i .* T* 1 Toujours très occupé, Il aime à se faire allumer ses cigarettes par sa femme.Elle ne fume pas, mais tient toujours à portée de la main le briquet Ronson que lui a offert la compagnie qui commandite les émissions de Grignon.L\u2019auteur d\u2019\"Un Homme et son Péché\" aime à se détendre en bavardant avec les anciens, ceux qui ont vu naître Sainte-Adèle : M.et Mme Brisebois.tous deux âgés de 80 ans.VJ «i r ; r a r m Yîiift |£\t: «y Président de la Commission Scolaire de Sainte-Adèle, Claude-Henri Grignon se tient en relation constante avec monsieur le curé Arsène Aubin.'< > Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 5 Par les journées torrides que nous avons eues cet été, Jean-Paul se repose d'une émission près d'un ventilateur, .en rêvant aux vacances.»±- ;; : DANS L'INTIMITE PB NOS VEDETTES JEAN-PAUL NOLET a conquis le public par sa seule parole par LUCETTE ROBERT |\u2019ai interviewé Jean-Paul Nolet par la journée ,a I plus chaude de l\u2019été : celle qui oblige les journaux 1 à trouver le record précédent, de dix ou vingt ans plus tôt.Pour l\u2019instant, celui-ci est plus que suffisant à un « pays froid » et annihile complètement nos esprits.\u2014 Faites-vous du sport, Monsieur Nolet, lui demandai-je, sans aucune espèce de tact, évoquant par ma question une activité insupportable par 91 degrés.\u2014 Oui, fit Monsieur Nolet, dans un soupir.Et, reprenant son courage et retrouvant sa voix (que dominait le ventilateur électrique) « Oui, je fais du tennis et un peu de golf.» Abandonnant d\u2019un commun accord ce sujet brûlant (sic) je lui demandai ce qu\u2019il comptait faire de ses vacances.\u2014 Une longue randonnée dans ma voiture, me ré-pondit-il avec un tel enthousiasme que je comprends qu\u2019il m\u2019a déjà quittée par la pensée, et se promène sur les routes de la Gaspésie, comme l\u2019an dernier, ou du Maine, comme cette année.Sachant par expérience qu\u2019il n\u2019y a rien de tel pour ramener les gens au sérieux de l\u2019interview que de leur parler de leurs études, je recommence à neuf.Jean-Paul Nolet, « moins de trente ans », est né à Odanak et fit, au collège de Nicolet, des études classiques qui furent interrompues, en rhétorique, par une dépression nerveuse.Et pour cause ! Eh plus du programme scolaire, Jean-Paul Nolet étudiait le violon depuis quatre ans ; jouait la comédie ; chantait,«Sous la direction du célèbre abbé Georges Désilets (qui fut le premier à expédier de la musique par sans-fil) qui enregistra même des disques de la voix de Nolet, avant que le soprano de l\u2019adolescent ne se mua en la voix grave qu\u2019il a aujourd\u2019hui.La représentation la plus élaborée dans laquelle il joua fut certainement «Le Caliphe de Bagdad », de Boeldieu, dans laquelle il chantait le rôle de « Céline ».On dit que le hasard est un grand maître ; dans le cas de Jean-Paul Nolet, il décida certainement de sa vocation.Par un jour de vacances, en 1943, l\u2019envie lui prit de visiter le poste de radio CHLN (poste du Nouvelliste) des Trois-Rivières, où Jean Laforest était alors annonceur.Celui-ci fit un disque de sa voix et le mit de côté, avec l\u2019adresse du jeune homme.Quelque temps après, Nolet quittait le collège et prenait un repos nécessaire avant de partir pour les Etats-Unis, où il voulait gagner sa vie n\u2019importe comment, pourvu que ce fût du travail propre (S\u2019il ne fit pas fortune, du moins il apprit l\u2019anglais qui lui est joliment utile aujourd\u2019hui dans ses interviews radiophoniques).Atteint du «mal du pays», il voulut revenir, mais ses économies ne pouvaient le conduire que jusqu\u2019à Drummondville.Qu\u2019importe ! va pour Drum-mondville, où il avait de la famille.Il y trouve un message urgent du poste CHLN qui avait besoin d\u2019un annonceur dans les vingt-quatre heures.Quelques dollars de plus ou de moins ; un autre arrêt ; il avait le message trop tard et la place était prise.Le hasard ! Sa carrière commença sans préparation technique et l\u2019on imagine la somme de recherches et de travail que dût faire Jean-Paul Nolet, pendant son séjour à Trois-Rivières, pour que Radio-Canada l\u2019engage moins d\u2019un an plus tard.Tout le caractère de l\u2019homme est là : Passionné par tout ce qui touche à l'art, il s'intéresse à la collection de Mme Lucette Robert, notre collaboratrice.I Photos L, Alain, Le SamediI.tenace, probe, consciencieux et intelligent.Vous n\u2019avez qu\u2019à écouter le programme du matin, « Sur nos ondes » (où il répond au courrier de Radio-Canada avec Jean-Maurice Bailly) pour vous rendre compte d\u2019une autre de ses qualités qui est le tact.Le rôle des deux annonceurs est assez délicat car il n\u2019est pas question d\u2019engager Radio-Canada dans des polémiques, mais de souligner de quelques commentaires les remarques ou les exigences de chacun ; devoir qu\u2019ils font, tous deux, avec beaucoup de patience et de gentillesse.Les heures de travail d\u2019un annonceur sont, comme le dit Nolet, « régulières dans leur irrégularité ».Dans son cas, il travaille chaque dimanche soir au programme de « Nos futures étoiles » ; il doit être au poste assez tôt pour dépouiller le courrier de « Sur nos ondes », qui passe à 10 h.Il a, plus tard, des annonces de pro- grammes commerciaux, comme « Francine Louvain », à 11 h ; «Jeunesse dorée», à midi; «Lettre à une Canadienne, à 2.45 h ; et le Théâtre Ford et le Théâtre Radio-Canada, le jeudi soir, de 9 à 10 heures.L\u2019annonceur doit avoir, non seulement, l\u2019élocution facile, mais aussi du style, s\u2019il veut arriver aux grands reportages.Jean-Paul Nolet a commencé par les parades locales ; de la Saint-Jean-Baptiste, du Père Noël, parade de l\u2019Armistice, pour arriver aux épreuves décisives, comme la visite de la reine actuelle, alors qu\u2019elle était la princesse Elizabeth.Des reportages difficiles et qui demandent beaucoup de travail, sont les enquêtes industrielles, et les plus agréables sont les voyages, comme celui de Québec à Montréal à bord de l\u2019Empress of Scotland.Mais, le plus beau moment de sa carrière fut d\u2019être\t[Lire la suite page 31] \u2022 .W: H?s* ¦h \u2022 ; ® i ta» 6 TOMMY BURNS, né Noé Brosseau, de parents canadiens-français de l'Ontario, \u2014 champion du monde de 1906 à 1908.\u2022 ¦ii Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 Comment se font et se défont par ANDRE DE LA CHEVROTIERE Qui d\u2019entre nous n\u2019a pas entendu fredonner cette romance « fin de siècle dernier » : « Connaissez-vous les trois champions : John Sullivan, Corbett et Fitzsimmons ?» Allons-y avec nos trois étoiles, comme l\u2019on dirait au Forum.John Sullivan Quand John L.Sullivan était la terreur des boxeurs, il portait toujours l\u2019habit ; il laissait des poignées de 10 sous aux enfants \u2014 à la manière de John D.Rockefeller \u2014 dépensant sans compter pour des oeuvres de charité qu\u2019il se plaisait à multiplier.Mais ce fut inévitable, ce héros de plusieurs années d\u2019amateurs de boxe devait mourir dans le dénuement.Sullivan n\u2019est pas mort de faim, mais sa fortune était fort petite quand il rendit le dernier soupir dans une petite maison d\u2019Abington, Mass., en 1918.Cet Irlandais typique ne regretta rien.Sullivan fit $2,000,000 au cours de sa fructueuse carrière de 10 années de championnat, et se vanta d\u2019avoir dépensé un million de dollars en payant des consommations à ses admirateurs.Une seule tournée en 1890 lui rapporta plus de $200,000 en pariant $1,000 chaque soir que personne ne pouvait le « knockouter ».Il fit d\u2019autres tournées identiques et de plus ses grands combats lui rapportèrent chaque fois de $25,000 à $30,000.Il avait l\u2019habitude de parier toute la bourse d\u2019un match sur ses chances et ainsi gagnait régulièrement de fortes sommes.Pendant qu'il était champion Sullivan reçut jusqu\u2019à $5,000 par semaine dans ses tournées de vaudeville \u2014 somme imposante à cette époque.Et quand il n\u2019eut plus de revenu, Sullivan continua a dépenser jusqu\u2019à ce qu\u2019il ne lui restât pratiquement plus rien.Pendant un an, Sullivan mit hors de combat 59 adversaires.Il livra son dernier combat à poings nus, le 8 juillet 1889 contre Jake Kilrain, à Richburg, Mississipi, par une chaleur de 120 degrés et pour une bourse de $10,000, John L.gagna aux poings après 75 rondes.Sullivan perdit son championnat, le 7 septembre 1892, à la Nouvelle-Orléans contre Jim Corbett, de San-Fran cisco.John L., après cette défaite où il perdit $25,000 ainsi qu\u2019un enjeu de $10,000, se trouva sans le sou, et l\u2019on organisa pour lui une soirée-bénéfice au Madison Square Garden de New-York, pour lui venir en aide, sous la présidence de son ami personnel, le colonel Teddy Roosevelt, futur président des Etats-Unis.1892 \u2014 7 septembre \u2014 James Corbett battit John L.Sullivan en 21 rondes à la Nouvelle-Orléans.1894 \u2014 25 janvier \u2014 James J.Corbett eut raison de Charles Mitchell en trois rondes, à Jacksonville, Floride.« Gentleman » Jim Corbett fut plus habile avec son argent.Les premiers $10,000 qu'il gagna à la boxe pendant qu\u2019il était encore commis de banque à San-Fran-cisco, furent envoyés à ses parents qui achetèrent une maison.Jim dépensa peu.Il mourut très riche.Il laissa une fortune de $500,000 à son épouse, aussi une riche résidence et plusieurs maisons de rapport.Dans le vaudeville.Corbett fit beaucoup d\u2019argent, et travailla à un salaire immense.Bob Fitzsimmons 1897 \u2014 17 mars \u2014 Bob Fitzsimmons à défait James J.Corbett en 14 rondes à Carson City, Nevada.Fitzsimmons mourut dans le dénuement le plus complet.Toutes ses propriétés étaient hypothéquées.James J.Corbett JOHN L.SULLIVAN, tel qu'on le présentait au sommet de sa carrière.Il fut champion du monde à la boxe pendant dix ans et fit une fortune colossale qu\u2019il gaspilla allègrement.JACK DEMPSEY (à droite) s'entretient avec GENE TUNNEY à Washington.Les deux anciens champions firent du service dons la marine américaine pendant la dernière grande guerre.Ils sont probablement millionnaires.MB TW \u2019> , V .a .£ UL\u2019J Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 7 .ES FORTUNES DES BOXEURS Une rétrospective de Sullivan à Jersey Joe Walcott Son fils échoua dans sa tentative de remettre les affaires de son père en ordre.Pourtant Fitz paya un jour $40,000 pour l\u2019achat d\u2019un seul ranch.Nous ne mentionnerons ici que les principaux combats des champions et non ceux de moindre importance.James J.Jeffries 1899 \u2014 9 juin \u2014 James J.Jeffries battit Bob Fitzsimmons en 11 rondes, à Coney Island, New-York.1899\t\u2014 3 novembre \u2014 James J.Jeffries battit Torn Sharkey en 25 rondes, à Coney Island, New-York.1900\t\u2014 11 mai \u2014 James J.Jeffries gagna par knock-out à la 23e ronde sur James J.Corbett à Coney Island, New-York.1902\t\u2014 25 juillet \u2014 James J.Jeffries l\u2019emporta par knockout sur Bob Fitzsimmons à la 8e ronde, à San-Francisco, Californie.1903\t\u2014 14 août \u2014 James J.Jeffries mit James J.Corbett hors de combat en 10 rondes à San-Francisco.1905 \u2014 3 juillet \u2014 James J.Jeffries prend sa retraite.Jeffries est encore propriétaire d\u2019un beau ranch à Burbank, Californie.Aujourd\u2019hui, âgé de 78 ans, il se porte bien.Il a épargné suffisamment d\u2019argent pour vivre confortablement et à l\u2019aise.Chaque semaine il présentait à Los Angeles une tournée de boxe-amateur et réalisa $2,000 de profit à chaque programme durant une couple d\u2019années vers 1940.Los Angeles, Californie, et gagna 8 autres combats majeurs jusqu\u2019en 1908, lors de sa défaite aux mains de Johnson.Tommy Burns (Noé Brosseau) né en Ontario de parents canadiens-français fut promoteur dans l\u2019Ouest, canadien \u2014'Il ne fut jamais riche et a peu de la petite fortune qu\u2019il a gagnée alors qu\u2019il était champion mondial.Jack Johnson 1908 \u2014 26 décembre \u2014 Jack Johnson enleva son championnat à Tommy Burns, à la 14e ronde, à Sydney, Australie.La police arrêta le match.1910 \u2014 4 juillet \u2014 Jack Johnson l\u2019emporta par knockout sur Jim Jeffries à la 15e ronde, à Reno, Nevada.Il gagna aussi 10 autres combats importants.Jack Johnson fut le premier champion noir à conquérir le titre lorsqu\u2019il défit Jim Jeffries à Reno, Nevada.Après sa défaite aux mains de Jess Willard Johnson valait encore $250,000, mais il « fêta » beaucoup, surtout durant ses premières années comme roi de la boxe.Il acheta plusieurs limousines très dispendieuses.En 1935 il était pauvre, mais gagna peu après $500 par semaine en travaillant pour le cirque Ringling Brothers.Il fit aussi un bon salaire pour donner la biographie de sa vie dans les journaux étrangers.H mourut dans un accident d\u2019automobile aux Etats-Unis en 1944.Jess Willard %.-1K Tommy Burns 1906 \u2014 23 février \u2014 Tommy Bums battit Marvin Hart (successeur au titre de Jeffries) en 20 rondes à & fm 1915\t\u2014 5 avril \u2014 Jess Willard gagna par knockout sur Jack Johnson, à la 26e ronde, à la Havane, Cuba.1916\t\u2014 25 mars \u2014 Jess Willard et Frank Moran annulent en 10 rondes à New-York.Willard est relativement pauvre et il a demandé récemment un emploi à Jack Dempsey, qui le plaça dans une firme de liqueurs américaines.Jack Dempsey 1919 \u2014 4 juillet \u2014 Jack Dempsey l\u2019emporta par knockout sur Jess Willard à Toledo, Ohio.Willard ne JESS WILLARD, vainqueur de Jack Johnson en 1915 et dont la carrière de champion fut de courtes durée.put répondre au son de la cloche, au début de la 4e ronde.1921 \u2014 2 juillet \u2014 Jack Dempsey mit Georges Carpentier hors de combat à la 4e ronde à Jersey City, N.J.Ce match attira 80,000 personnes et rapporta $1,789,238.[Lire la suite page 30] A gauche, JIM JEFFRIES, vainqueur de Bob Fitzsimmons en 1899.Champion du monde pendant sept ans.Agé de 78 ans, il vit confortablement sur son ranch de Californie.A droite : dans un combat qui se déroula à New-York, le 27 septembre 1950, JOE LOUIS manque l\u2019uppercut du droit qu\u2019il voulait administrer à EZZARD CHARLES.jr 8 Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 Roman d'amour PLUME par MAGDA CONTINO Dans un appartement d\u2019une maison déjà ancienne, rue de Vaugirard, deux personnes achevaient une triste conversation.Autour d\u2019elles l\u2019ameublement du salon était cossu mais un observateur eût décelé de ces signes qui ne trompent pas et qui révèlent une gêne soigneusement dissimulée.Les plis des grands rideaux montraient légèrement la trame et des reprises y étaient minutieusement faites.Les sièges avaient des traces d\u2019usure.Depuis quelque temps déjà, on ne pouvait plus rien remplacer et on sauvait la face au prix d\u2019un entretien de tous les jours.Une des deux personnes était un homme, pas très âgé mais qui semblait las, usé précocement et ceci s\u2019expliquait quand on savait que M.Deniaux, ancien industriel et naguère possesseur d\u2019une belle fortune, avait perdu beaucoup de son argent dans une catastrophe bancaire.Mme Deniaux n\u2019avait pu résister à ce bouleversement de situation.Veuf, accablé de chagrin, préoccupé de l\u2019avenir de ses deux filles, le malheureux sentait sa position s\u2019aggraver chaque jour.C\u2019est ce qui motivait la -conversation qui se déroulait entre lui et l\u2019aînée de ses enfants, Marie-Anne, aujourd\u2019hui âgée de vingt-deux ans.C\u2019était une brune au teint mat, aux traits purs.Elle évoquait, de façon singulière, les madones qu\u2019on voit dans les tableaux des primitifs italiens.Elle était de nature calme et silencieuse, mais, en ce moment, elle semblait en proie à une émotion profonde qu\u2019elle ne parvenait pas à dissimuler.\u2014 Ma chérie, dit le père avec un imperceptible embarras, je vais t\u2019expliquer.Les longues mains de Marie-Anne, tombées sur ses genoux, se crispèrent l\u2019une dans l\u2019autre.\u2014 Je sais que c\u2019est un sacrifice, reprenait le père.Tu aimes André Viallar depuis.\u2014 Depuis toujours, dit la jeune fille dont les sanglots réprimés firent trembler la voix.Il a été mon ami d\u2019enfance, mêlé à toutes les circonstances de ma petite vie.Tu avais donné ton consentement à notre mariage n\u2019y mettant qu\u2019une condition, que nous attendions pour nous unir, qu\u2019André eût une situation.\u2014 Il a aujourd\u2019hui une place au ministère de la Marine, je sais., mais ma pauvre chérie, c\u2019est pour moi que les choses ont changé.Nos revenus ont bien diminué.Je suis las et vieux, ma santé est ébranlée, je n\u2019ai plus la force de lutter.Que pourrais-je faire, à mon âge ?Tenter de me lancer de nouveau dans une entreprise ?Je n\u2019en ai plus la force.Ce qui reste de notre domaine du Périgord est grevé d\u2019hypothèques.Le loyer de cet appartement, modeste, pourtant, devient trop lourd.Devant le visage attristé de sa fille, M.Deniaux eut un moment d\u2019hésitation avant de poursuivre : \u2014 Comprends bien, mon enfant, c\u2019est un hasard providentiel qui m\u2019a fait rencontrer John Murray, mon ancien collaborateur.Il est très riche, il a un fils.En souvenir de notre amitié d\u2019autrefois, il serait heureux de voir notre famille unie à la sienne.Ce serait le salut pour nous tous, pour ta soeur, pour toi.Marie-Anne vint s\u2019agenouiller près du fauteuil de son père ; elle cherchait son regard.Elle y lut tant de lassitude, tant de désespoir que, soudain, l\u2019idée du sacrifice s\u2019imposa à elle.Pauvre père ! Depuis drs années, il n\u2019avait vécu que pour elle et pour sa soeur Il fallait un grand amour pour guérir cette jeune fille de sa coquetterie et de ses extravagances I Dessin de JEAN MILLET Sylvie, il les avait chéries et, tant qu\u2019il l\u2019avait pu, il les avait comblées.Elle détourna un peu la tête pour ne pas trahir son désarroi : \u2014\tJe comprends, père.Je voudrais te rendre tes bontés.Quand arrive ce.ce jeune homme ?\u2014\tMurray m\u2019écrit que son fils Patrick sera en France dans trois semaines.\u2014\tTrois semaines., répéta Marie-Anne, pensive.Elle se releva, montrant un visage un peu plus calme : \u2014\tJe ne m\u2019attendais pas à une telle proposition, j\u2019ai été un peu surprise.Mais la situation est grave, évidemment.Je vais te demander de réfléchir.Elle était placée à contre-jour et si M.Deniaux ne pouvait plus bien distinguer l'expression de ses traits elle voyait, elle, son père, en pleine lumière.Comme il avait vieilli ! Elle remarquait ses yeux ternis.Ses paupières rougies révélaient bien des souffrances secrètes.Dans le fauteuil où il était assis, son corps s\u2019affaissait.Tout ressort semblait brisé en lui.Une immense pitié bouleversa Marie-Anne et elle sentit monter en elle ce flot de tendresse qui pousse les belles âmes à tous les renoncements.Pourtant, quand elle se retrouva seule dans la pièce, elle éclata en sanglots.Pauvre Marie-Anne, elle pleurait sur son rêve.Elle essayait de le retenir dans ses fines mains, mais elle devinait qu\u2019en dépit de ses efforts, il allait s\u2019envoler loin d\u2019elle.\u2014\tBonsoir, sage Marie-Anne ! J\u2019ai rencontré devant la porte de l\u2019immeuble un pauvre misérable jeune homme que je t\u2019amène.Entrez ! Entrez et n\u2019ayez pas peur ! Marie-Anne sursauta, essuyant ses larmes, tentant de recomposer ses traits.Sa soeur Sylvie venait d\u2019entrer suivie de celui vers qui allaient ses pensees depuis le commencement du pénible entretien.Sylvie Deniaux avait dix-sept ans.On ne peut imaginer contraste plus complet que celui existant entre les deux jeunes filles.Qu\u2019on se figure quelque lutin échappé d\u2019une féerie ! Mince comme un fil avec des cheveux blonds vaporeux, toute rose, des yeux couleur de ciel, elle évoquait l\u2019idée d\u2019un oiseau exotique, ou d\u2019un papillon voletant.Peut-être cachait-elle des ailes sous sa robe ! Elle tourbillonnait sans cesse si bien qu\u2019on disait d'elle : c\u2019est une plume au vent ! Le surnom de Plume lui était resté.Elle ne vivait pas la vie, elle la dansait.Avec cela un coeur délicieux dont la tendresse se voilait de caprice, de rire, d\u2019espièglerie.Et par un phénomène étrange, une intelligence solide et pratique mais qui masquaient une légèreté apparente et une malice qui faisait l\u2019enchantement de la maison.Marie-Anne était sans défense ; quand on connaissait Sylvie on s\u2019apercevait qu\u2019elle avait bec et ongle, mais quelle était incapable de s\u2019en servir pour une méchante cause.Quant à André Viallar, c\u2019était un gentil garçon aux yeux bleu foncé, aux cheveux châtains, le vrai type du Français de bonne race, sérieux, énergique, affectueux.et il n\u2019était pas nécessaire de le voir longtemps pour deviner qu'il serait le compagnon idéal de la donee et un peu faible Marie-Anne.Sylvie s\u2019était arrêtée stupéfaite : \u2014\tQu y a-t-il Tu pleures?.Qu\u2019il s approche celui qui fait couler les larmes de ma soeur bien-aimée et je le réduis en chair à pâté ! Elle prenait Marie-Anne dans ses bras, la regardait attentivement : \u2014\tMais c\u2019est sérieux ! Elle pleure pour de bon ! Voilà qui n est pas tolérable ! C\u2019est votre avis, vaillant jeune homme?.Qu\u2019y a-t-il, chérie, on t\u2019a fait ie la peine ?Non.c est-à-dire.j ai du chagrin.\u2014\tAdmirez la distinction, André, s\u2019écria Sylvie.Elle n a pas de peine, mais elle a du chagrin.Allons, con-te-nous cela et ce brave chevalier et moi nous allons partir en guerre contre le coupable ! Dans les bras de sa soeur, Marie-Anne recommençait à sangloter.Bientôt, au milieu de ses larmes, André et Sylvie démêlèrent la vérité.L\u2019un comme l\u2019autre, ils étaient pétrifiés.Sylvie était à l\u2019âge heureux où les ennuis d\u2019argent ne comptent guère et ce qu\u2019elle apprenait lui faisait l\u2019effet d un coup de tonnerre dans un ciel clair.Mais c est une hérésie! c\u2019est impossible ! s'exclama enfin André Viallar.On n a pas le droit de nous séparer, d'exiger un pareil sacrifice ! C\u2019est.c\u2019est.Plume c est-à-dire Sylvie \u2014 lui imposa silence : \u2014 Chut ! pas de mots fâcheux.C'est de papa qu il s agit ! Evidemment, la chose est un peu difficile à avaler !.\u2014 Sylvie?reprocha machinalement sa soeur qui s\u2019était donné la tâche ardue de relever toutes les fautes de français et les écarts de langage.Quoi ?répliqua la jeune personne devenue subitement aussi sérieuse qu\u2019un président de tribunal.Tout le monde sait que le langage académique et moi nous ne passons pas par la même porte! Et d\u2019un!.Maintenant, il faut remédier à cette situation que je qualifie! ai de tragique.Et de deux ! SECRET Comme ils riraient de nous voir, après des années, goûter encore l'ivresse D'un amour rajeuni ! Secret ! Secret ! Ne dis pas que ça dure si longtemps, mon ami, ils n'en croiront rien.Secret ! Ne dis pas que cela nous suffit être l'un à l'autre, mon ami, silencieux, Les yeux dans les yeux.Secret ! Ne dis pas que nos lèvres savent encore, mon ami, murmurer le serment.face au crucifix : face au crucifix : «Je suis à toi ! » Jeanne L\u2019Archevêque-Duguay.( Extrait de Dans Mon Jardin.Fides ) Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 9 V \u2014\tTu es charmante, petite.un peu folle, parfois, mais bien sympathique.Voyons, ou en êtes-vous de toute cette histoire?\u2014\tTout marche pour le mieux.Marie-Anne remplit à la satisfaction générale son rôle d\u2019introductrice chez cette bonne Constance.Grâce à toi et à elle, la vie va devenir plus facile à la maison.\u2014\tQue dit ton père ?Il a un peu de peine, je crois, de nous voir travailler.De son temps, une femme distinguée n\u2019occupait ses nombreux loisirs qu aux arts d agrément ! Il n\u2019a pas fait beaucoup de difficultés parce qu\u2019il pense, sans doute, que le mariage avec cet Anglais arrangera tout.\u2014\tComment, le mariage avec l\u2019Anglais ?Je ne comprends plus, moi ! Marie-Anne ne lui a donc pas dit.\u2014\tQuelle ne voulait pas épouser le fameux Patrick Murray ?Non.Nous avons jugé sage d\u2019attendre un peu.Tu comprends, il ne faut pas que papa se doute que notre résolution de gagner de 1 argent a quelque rapport avec ce projet ! Nous aurions l\u2019air de nous révolter contre sa volonté.\u2014\tFort bien.Mais le temps passe, petite Plume ! Depuis combien de temps êtes-vous entrées en fonctions, ta soeur et toi ?\u2014\tQuinze jours.\u2014\tIl ne va plus s\u2019écouler beaucoup de temps avant l\u2019arrivée du.\u2014\tDu Britannique ?Tu dois avoir raison.Il va falloir se décider à entamer les hostilités.Pauvre père ! cela nous fait peine de contrecarrer ses projets.Et pourtant.Allons ! je me sauve.Merci pour toutes tes bontés, oncle Gustave, et à demain ! De son pas léger de petite fee, Sylvie quittant la maison d\u2019éditions de son oncle, située rue de Constantinople, avait gagné la plus proche station de métro qui la ramènerait sur la rive gauche.Ce que lui avait dit l\u2019excellent oncle Gustave la préoccupait et elle sentait que le moment approchait où il faudrait commencer la bataille pour le bonheur de sa soeur.Comme elle pénétrait dans l\u2019immeuble de la rue de Vaugirard, elle sentit positivement ses cheveux se dresser sur sa tête.\t[ Lire la suite page 13 ] \u2014\tComment veux-tu ?murmura Marie-Anne dont les yeux se séchaient pourtant et regardaient sa jeune soeur avec un commencement d\u2019espoir.\u2014\tRien n\u2019est irrémédiable au monde, déclara Sylvie s\u2019asseyant sur le bras du fauteuil.Résumons la question : que faut-il pour que tout le mondé soit heureux ?Que Marie-Anne épouse André ?\u2014\tJamais je ne renoncerai, déclara le jeune homme.\u2014\tBel amoureux, vous n\u2019avez pas la parole ! Marie-Anne qui souriait malgré elle, objecta : \u2014\tIl faut penser que père qui est las et mal portant ne peut plus être à la merci du lendemain.\u2014 J\u2019allais le dire, sage minerve.Eh bien, mais tout cela me semble d\u2019une simplicité biblique.Nous sommes quatre, n\u2019est-ce pas ?Papa est hors de cause.Reste trois individus solides et bien portants.Il faut que ces trois-là travaillent.\u2014 Mais, Sylvie, commença André, il me semble que.\u2014 C'est votre cas, d\u2019accord! Vous usez vos jours au ministère de la Marine.\u2014 Et ce que je gagne est suffisant pour faire vivre un ménage.\u2014 Mon Dieu, oui.D\u2019autant plus que l\u2019appartement est assez grand pour que vous habitiez ici et qu\u2019il serait facile à Marie-Anne de convaincre notre père qu\u2019elle ne veut pas le quitter.Voilà donc une affaire réglée.\u2014 Tout te semble simple, à toi, soupira Marie-Anne.Mais tu parles de travailler ?Nous n'avons pas de métier, ni l\u2019une, ni l\u2019autre.Que ferions-nous ?Sylvie se redressa dans une attitude orgueilleuse du plus haut comique : \u2014 Je n\u2019ai pas de métier, soit ; mais tu oublies que j\u2019ai un énorme talent ! \u2014 Ton dessin ?\u2014 Naturellement.Je suis un remarquable dessinateur ! Campée au milieu de la pièce, les mains derrière le dos, dans une pose qui lui était familière, elle était si drôle qu\u2019André se mit à rire : \u2014 Sylvie, savez-vous qui vous me rappelez ?\u2014 Napoléon! On me l\u2019a déjà dit.J\u2019ai d\u2019ailleurs ses conceptions rapides et fulgurantes.Je disais donc que je pouvais utiliser mes dons.Devinez chez qui ?Chez l\u2019oncle Gustave.Dans son affaire de journaux de modes, il aura bien une place pour moi.Seulement, je vais lui donner le mot : il faudra qu\u2019il vienne me chercher de lui-même et assurer papa que je lui suis absolument indispensable.\u2014 Moi, je ne suis bonne à rien, murmura Marie-Anne.\tv \u2014 Erreur, modeste violette.Te souviens-tu de notre amie Constance qui a installé un institut de beauté ?C\u2019est une personne comme toi qu\u2019il lui faudrait pour recevoir ses riches clientes.Oui, je te vois très bien dans le rôle de « récep-tionneuse ».Quoi ! ce n\u2019est pas français ?\u2014 Ce n\u2019est peut-être pas français, répondit André, mais c\u2019est tout simplement génial.Seulement comment faire accepter à votre père.\u2014 Nous lui dirons qu\u2019on offre à Marie-Anne un poste d\u2019administrateur.Pauvre père, cela lui rappellera les conseils d\u2019administration d\u2019autrefois et il sera ravi.Subitement, Sylvie se jetait à quatre pattes, regardait sous les meubles : elle cherchait son béret qu\u2019elle avait lancé à travers le salon en entrant.Elle le plaça sur ses boucles blondes et affirma : \u2014 Pour vous dire vrai, il y a quelque temps que je pensais à tout cela.Je sentais bien que le bateau faisait eau de toutes parts.Et vous savez, comme capitaine, je suis cm peu là ! __Je t\u2019en prie, parle convenablement ! supplia sa soeur.\u2014 Dévouez-vous donc pour votre famille ! gémit Sylvie.On vous reproche de ne pas vous exprimer comme feu M.de Châteaubriand en personne ! Adieu, ingrate ! Je cours de ce pas voir Constance et l\u2019oncle Gustave.Eh bien, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a encore ?Cette exclamation lui était arrachée par la vue de Marie-Anne qui montrait soudain un visage contracté : \u2014 Sylvie.Tout cela est très bien.Je crois que ton idée peut réussir, mais il y a quelqu\u2019un que nous oublions.\u2014 Qui ?\u2014 Ce Patrick Murray qui sera là dans trois semaines ! Prête à sortir, Sylvie s\u2019arrêta sur le seuil de la porte, le béret en bataille, plus « Petit Caporal » que jamais : \u2014\tQu\u2019il arrive ce grand escogriffe, je lui conseille ! Il aura affaire à moi ! Elle sortit en courant, mais avec tant de légèreté qu\u2019on eût dit que « Plume au vent » était poussée par l\u2019aile du zéphyr ainsi que dans les vieux contes.Dans le salon, les deux amoureux se regardaient, un peu rassérénés.\u2014\tAndré, disait Marie-Anne, j\u2019ai bon espoir.\u2014\tEt moi, je pense que, même si le monde entier se ligue contre nous, le Destin ne peut pas vouloir que mous soyons séparés.Il itfÊi H bien, cher oncle Gustave, êtes-vous content L de votre petite Sylvie ?On était au lundi, jour où les dessinateurs de la grande firme de journaux de Modes livraient les croquis destinés à passer dans les numéros de la semaine suivante.L\u2019oncle Gustave, dans son bureau directorial, venait d\u2019examiner les dessins de sa nièce, en avait mis un certain nombre de côté, lui en avait rendu d autres qui ne convenaient pas.Voyant la petite liasse de ses oeuvres sur la table, les yeux de Sylvie brillaient de joie.\u2014 Pas mal, ma chère petite Plume-au-vent ! Tu as un assez bon coup de crayon et le don d\u2019attraper le mouvement.on fera quelque chose de toi.L\u2019oncle Gustave, frère de feu Mme Deniaux, et d\u2019origine méridionale, était un homme vigoureux, haut en couleurs, jovial et doué d\u2019un optimisme à toute épreuve.Volontiers il était entré dans la conspiration de ses nièces, sachant son beau-frère trop fier pour solliciter quoi que ce fût, et heureux de venir en aide à la famille de cette façon détournée.\u2014 Mlle Sylvie Deniaux pourra passer à la caisse, déclara-t-il.Plume lui sauta au cou : \u2014 Merci, petit oncle! Je suis si contente de penser que je suis bonne à quelque chose. 10 Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 SW s&t&x 3ÈÊlÈSÊÈÈÈÉËÊÊiÊËâ nos vieilles annales judiciaires QUAND ON PENDAIT LES VOLEURS par ALAIN ROBERT La vindicte populaire d'il y a un siècle battait son plein.peler qu\u2019alors les exécutions étaient publiques et souvent avaient lieu sur la scène même du crime, afin d'impressionner plus vivement encore la population et d\u2019inculquer plus profondément dans les âmes l\u2019horreur du crime.Dessin de JEAN MILLET Avec les années, les moeurs évoluent, la vie change.Les dispositions de la Loi, également.Si, il y a quelques armées à peine, on a vu des courtiers malhonnêtes condamnés à deux ans de prison pour s\u2019être illégalement et injustement appropriés des centaines de milliers de dollars appartenant à leurs clients, si l\u2019on a vu des emprunteurs abuser de leur situation sociale pour ruiner de pauvres veuves et s\u2019en tirer sans même goûter à la prison, il n\u2019en était pas ainsi au Canada, dans la première partie du siècle dernier.Car alors, généralement, on pendait les voleurs.Les six hommes masqués C\u2019était pendant la nuit du 29 au 30 septembre 1826.Tout le monde dormait paisiblement dans le presbytère de Saint-Joseph de Lévis.Là, en effet, on avait la conscience tranquille.Dans la grande maison, chacun partageait le sommeil du juste.Mais l\u2019esprit des ténèbres veillait.Il avait soufflé son poison dans le coeur d\u2019hommes faibles et concupiscents.Dans l\u2019ombre un groupe s\u2019était formé.On se dissimulait à la vue.On chuchotait.Des gestes nerveux ajustaient des masques sur des visages dégénérés.Puis on passa à l'action Eveillé en sursaut, le vénérable curé Massé, est subitement confronté avec des pistolets.Dénaturés pâlies masques, les mots sont encore plus infernaux.Les bandits en veulent au coffre-fort du presbytère.Le Pasteur n\u2019a pas le choix.Il doit remettre la clef.Quand la nuit et le silence ont de nouveau engouffré le groupe sinistre, M.le curé Massé contemple le coffre dont la porte est demeurée ouverte.Les dix-huit cents louis ne sont plus là.Ses propres économies, celles de ses serviteurs et la caisse de la Fabrique.Les voleurs On s\u2019imagine que l\u2019affaire fit du bruit.La vindicte populaire franchit vite les limites de la paroisse Saint-Joseph et de Lévis.On entreprit une battue générale.Mais les bandits étaient habiles.Plusieurs malfaiteurs furent arrêtés et interrogés.Ce n\u2019était pas les coupables.Il est rare, cependant, que le crime demeure longtemps impuni.Aussi la Gazette de Québec annonçait-elle, le 13 septembre suivant, l\u2019arrestation de six hommes masqués.Ni les policiers, ni les citoyens indignés ne furent responsables pour la prise des criminels.On la dut au travail de la conscience ou, plus probablement, à la lâcheté.Chacun des bandits savait qu\u2019il y allait de sa tête s\u2019il tombait entre les mains de la Justice.C\u2019est ce qui décida Patrick McEwen, alias Patrick Daly, à parler.Assuré d\u2019échapper à la peine capitale, le triste sire nomma ses complices.William Ross, Robert Ellice, Benjamin Johnson et les deux frères Monarque, Jean-Baptiste et Michel.Les procès Il y en eut deux, car Ross exigea un procès séparé.Les preuves n\u2019abondaient pas et, sans le témoignage de McEwen, les accusés s\u2019en seraient probablement tiré.Le dénonciateur clarifia la situation et le verdict ne se fit pas attendre.Vingt minutes à peine après le commencement des délibérations, le Jury se prononçait.Coùpables ! Le samedi, 31 mars 1827, cinq des bandits masqués recevaient leur sentence.C\u2019était la corde.Ross, Ellice et Johnson seront exécutés devant la prison de Québec, le 21 avril suivant.Quant aux deux frères Monarque, on les pendra trois jours plus tard, le 24 avril, devant le presbytère de Saint-Joseph de Lévis.Il faut se rap- William Ross C\u2019était alors presque un vieillard.Il ne comptait plus ses vols.On l'avait même soupçonné d\u2019assassinats.Quand il exigea un procès séparé, il nourrissait une espérance.Il avait décidé de se défendre lui-même.On constata bientôt qu\u2019il possédait une solide instruction.Il connaissait suffisamment les lois criminelles canadiennes pour conduire habilement sa défense.Il fut même très éloquent dans son adresse aux Jurés.L\u2019hon.juge Kerr, qui présidait les Assises de Québec, nota même l\u2019habileté du prévenu.Plus tard le plaidoyer de Ross fut imprimé en brochure et mis en vente dans le public.Malgré son record criminel, William Ross suscita une certaine sympathie.On le disait issu d\u2019une excellente famille de Dublin, en Irlande.Son père en aurait ete un marchand prospère.Il avait d\u2019ailleurs déclaré que Ross n était pas son nom, refusant par contre de révéler sa véritable identité, pour ne pas déshonorer plus ouvertement sa famille._\t\u201c\t*-*»*-**»' ^rauque 1C UIL aux Etats-Unis.Réalisant qu\u2019on s\u2019intéressait de plus e plus à son sort, il admit, après sa condamnation, qi McEwen avait dit la vérité au cours de son témoignag ajoutant qu il était lui-même l\u2019instigateur et l\u2019orgi msateur de l\u2019attentat contre le curé Massé.Certaii officiers de l\u2019Armée et des Ministres de sa confessu religieuse tentaient alors de fléchir le Gouverneur Ross s\u2019imagina que cette dernière franchise les aiderE a le sauver de la corde.Ses espérances furent vaines cependant.Le 24 avi il montait courageusement sur l\u2019échafaud avec les dei autres condamnés à être exécutés ce jour-là.R faut ajouter à son crédit qu\u2019avant le procès, on 1 avait offert de sauver sa tète en témoignant pour Couronne, mais il avait alors refusé cette offre av indignation, s\u2019écriant :\tav \u2014 Je mourrais mille amis ! lois plutôt que de trahir mes [ Lire la suite page 28 1 Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 11 DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR Choses et autres ¦\tDans une édition antérieure, nous avons écrit que le lanceur montréalais Jean-Pierre Hoy avait bien fait d\u2019abandonner le club Ottawa, de la Ligue Provinciale, dans le but d'améliorer son sort avec le club St-Eusta-che, vu ses 32 ans révolus .Alors, nous ignorions que la direction des Athlétiques d\u2019Ottawa lui avait versé un boni de $1,500, quelques jours seulement avant son escapade de Bytown.C\u2019est moins bien, même devant les $2,000 que les directeurs du St-Eustache ont fait tomber dans ses goussets, pour le reste de la présente saison ., On nous a, récemment, demandé si Jean-Pierre méritait d\u2019être rayé du baseball organisé, à jamais.Nous le croyons.D\u2019autre part, nous savons que le baseball organisé, qui lui a procuré de bons moments et du bon argent, ne l\u2019intéresse plus.Aussi, le baseball organisé lui rendra la pareille, si ce n\u2019est pas fait, au moment où ces lignes sont publiées ! ¦\tRéponse à M.C.Giguère, Québec.Le meilleur gérant de la Ligue Provinciale, George McQuinn des Braves de Québec, ne souffre pas de comparaison.L\u2019ancien premier-but des Yankees de New-York, gentilhomme dans l\u2019acceptation du mot, possède plus de baseball dans son petit doigt de la main droite que tous les autres gérants du circuit d\u2019Albert Molini dans toute leur anatomie.De plus, s\u2019il voulait s\u2019en donner la peine, il serait, malgré son âge, le meilleur joueur du meilleur circuit de Classe C du baseball organisé, au bâton et au premier but, quoique ses vieilles jambes hésitent à obéir à son intelligence, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi.Il en est ainsi de Roland Gladu, gérant du Thetford-Mines, qt*i reviendra, l\u2019an prochain, diriger, activement, les destinées du club Sherbrooke, de la Ligue Provinciale.Ces deux valeureux athlètes quadragénaires semblent être de ceux qu\u2019on doit tuer deux fois, pour en venir à bout !.Pourquoi ?Ils ont mené une bonne vie ! Ils n\u2019ont pas passé leur temps, dans les clubs de nuit ! ¦\tRéponses à M.G.Lachance, Montréal.1 \u2014 Oui, monsieur, le club de baseball Montréal, tant qu\u2019il sera sous la tutelle des Dodgers de Brooklyn, attirera de grandes foules, au Stadium, parce que les proprios du Brooklyn sont des hommes d\u2019affaires intelligents, sachant que les Montréalais aiment un club gagnant.Aussi, ils agissent en conséquence.Si Montréal ramassait les casquettes, les amateurs de baseball de la Métropole bouderaient, comme la chose s\u2019est vue, en 1937, 1938 et 1939, sous une direction qui ne connaissait pas son affaire.Pourtant, ces gens possédaient une fortune, amassée dans d\u2019autres sphères ! 2 \u2014 Les concessions du Stadium, nous voulons parler des breuvages et des victuailles, appartiennent au Brooklyn, depuis près de 12 ans.Cet item rapporte, annuellement, au Montréal un profit, variant de $50,000 à $90,000, d\u2019après les assistances de la saison entière.Nous omettons les frais de location de l\u2019immeuble de la rue Delori-mier.Il s\u2019agit d\u2019un autre vingt mille dollars, que vous pouvez ajouter aux profits de cent mille dollars, encaissés à la suite des assistances payantes du Stadium.Comme vous le savez, le gouvernement prend sa part, en impôts.Et il n\u2019est pas timide, du tout ! Bref, à tout considérer, le club de baseball Montréal fait tomber dans les coffres du Brooklyn une somme approximative, en profits nets, de $100,000 à $150,000, par année.Ce n\u2019est pas à dédaigner ! ¦\tRéponse à M.L.Beauchemin, Montréal.Dans la Ligue Provinciale de Baseball, le club Granby possède un magnifique terrain, mais le système électrique de ce stade est le plus pauvre du circuit.Pourquoi ?Sans appuyer des deux épaules, nous vous dirons ceci : les autorités ignorent que le baseball qu\u2019on joue, le soir, doit l\u2019être sans coins noirs ! Et pour y remédier, il faut que l'on dépense près de $25,000.C\u2019est là le hic ! ¦\tTout récemment, Buzz Bavasi, vice-président des Dodgers de Brooklyn que tous les joueurs aiment, s\u2019adressait ainsi aux leaders de la Ligue Nationale : « Vous avez une bonne avance.Si vous tenez à coeur de faire un autre cinq ou six mille dollars, en une semaine au cours des prochaines séries mondiales, vous n\u2019avez qu\u2019à donner le meilleur de vous-mêmes sur le losange.L\u2019avenir vous appartient.Vous possédez le talent athlétique voulu.Du sang-froid et du cran, et encore du cran ! » Tous les joueurs, à l\u2019unisson, ont promis de s\u2019employer à fond, afin de mesurer leurs forces, en octobre contre les Yankees, le Boston ou le Cleveland.¦\tRéponse à MM.J.Ladouceur, C.Marois, A.Malo, Montréal.Non, messieurs, vous ne gagnez pas vos légers paris.Nous en sommes désolé.M.Roméo Gauvreau n\u2019a aucun intérêt dans le club de baseball Montréal.M.Hector Racine, millionnaire, touche un salaire de cinquante dollars par semaine, pour la forme, comme l\u2019on dit dans le bon vieux faubourg de Québec.Quant à Me Lucien Beauregard, gentilhomme dans toute l\u2019acceptation du mot, est l\u2019avocat des Royaux de Montréal.Donc n\u2019allez pas croire tous les racontars, dont vous faites mention dans votre intéressante lettre.Nous vous prions de nous revenir plus souvent.Vous serez servis à souhait ! ¦ Réponse à M.F.Larochelle, Montréal.Vous nous demandez, dans le but de régler un pari fait avec vos amis, pourquoi les bons boxeurs se font de plus en plus rares, dans nos parages et ailleurs.Aujourd\u2019hui, un trop grand nombre de pugilistes ne se donnent pas la peine de suivre un entraînement sévère, ils ne font pas assez de courses à pieds ou de marche à travers les bois, ils mangent trop, en un mot ils prennent la vie trop aisément, ne fuient pas assez les mille tentations qui les assiègent de tous côtés.Puis, au sujet des boxeurs de notre province, il y a trop peu de gérants et d\u2019entraîneurs experts pour leur enseigner les trucs de l\u2019art pugilistique.Pas si bête, n\u2019est-ee pas ?Les Russes ont de drôles d\u2019idées dans les questions politiques.Au point de vue des sports et de la médecine, ils ont, toutefois, une conception, devant laquelle on ne doit pas faire la moue.Les athlètes professionnels russes ne font pas fortune, pour l\u2019unique raison que le professionnalisme est prohibé.Nous nous demandons, depuis plus d\u2019une décade, s\u2019ils n\u2019ont pas raison d\u2019agir de la sorte, surtout à cause des abus de la lutte libre, de la boxe, du ballon-au-panier, des courses de Six- Jours en bicycle, des courses de chevaux, trot et amble et quoi encore.Comme on le sait, le jeu d\u2019échecs a toujours connu une grande vogue, en Russie, où d\u2019excellents joueurs ont déployé leurs talents, sous les yeux de ceux qui habitent, de l\u2019autre côté du rideau de fer.A tout événement, les Russes ont leur propre manière de s\u2019entraîner à ce sport intelligent, tout comme le font nos joueurs de baseball et plusieurs de nos boxeurs, les meilleurs, bien entendu.Le célèbre joueur d\u2019échecs russe, Mark Taimanov, excellent pianiste, se tient en très bonne condition physique, au volleyball et à nager.D\u2019autres s\u2019entraînent au moyen de la marche, de la course à pieds et de la bicyclette.Cependant, la méthode la plus paradoxale, qui ne manque pas de bon sens pour les experts, employée par le champion du monde du jeu d\u2019échecs, le Russe Michail Botvinnick, est la suivante : Avant de livrer une partie d\u2019échecs importante, en Europe ou aux Etats-Unis, où il n\u2019est pas défendu de fumer dans les salles, contrairement à ce qui se passe en Russie, Botvinnik, à l\u2019aide d\u2019un compagnon, un expert à ce beau sport d\u2019intérieur, étudie les pro- [Lire la suite page 35] |wr h\u2019 \\ mm -, U' ¦ 1 FRANK MARCHIO, le jeune voltigeur du champ gauche des Royaux de Montréal, modeste et timide on ne peut plus, terminera sûrement la présente saison avec ¦ne moyenne au bâton de .300 ou plus.La direction du Brooklyn et le gérant du Montréal, Wally Alston, sont d'opinion que, dans deux ou trois ans, Frank sera prêt à patrouiller le champ extérieur des Dodgers.Le mentor des Royaux, le gérant de l\u2019année, attend beaucoup de Frank, au cours des prochaines joutes éliminatoires de fin de saison. 12 Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 Image Cité du Vatican : S.S.Pie XII reçoit en audience privée un groupe des plus jeunes membres de l'Action Catholique Italienne.Les enfants ont revêtu des costumes régionaux.% 4f f.» ' >* A Kansas City, le député sheriff Lloyd Hilburn considère la brèche qu'ont pratiquée 9 prisonnier» avant de s'évader.On se demande toujours comment ils ont pu se procurer le groupe autogène dont ils se sont servi.K5üSOtsTC.New-York : ces quatre photos nous montrent dans l'ordre les phases [principales d'uive catastrophe aérienne qui s'est déroulée dernlère-dKFiit.La catapulte qui devait amortir l'apontage ayant cassé l'avion fut précipité dans la mer.\tIl y a quelques semaines, André Raguet, cinéaste français, a commencé à tourner aux studios de Billancourt le film : \"Il est minuit, Dr.Schweitzer\", tiré de la pièce de Gilbert Cesbron.Pierre Presnay incarne le célèbre philanthrope, la plus brillante intelligence française de l'heure.A gauche, le docteur ; à droite, l'acteur.¦v Angleterre, Hemel Hemptead : la reine Elisabeth visite la nouvelle ville et la petite Susan Apple-gate, sûre de son élégance, la considère tranquillement.La reine a scellé la première pierre d'une église.Ci-contre, à droite.Bronx, New-York.\u2014 \"Traitez les autres comme vous aimeriez que l'on vous traite vous-même\", dit le sage.Voilà pourquoi une jeune visiteuse de six ans se plaît à procurer des rafraîchissements aux hôtes du zoo.Avouons que, par la chaleur qui sévissait cet été, cette initiative partait d'un bon naturel !.\u2022'll ;\\n Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 13 PLUME [ Suite de la page 9 ] La loge de la concierge était ouverte et un garçon jeune, assez grand, efflanqué, et dont la casquette grand sport montrait une forêt de cheveux du plus horrible blond filasse, demandait : \u2014 Please.Le étége de M.Deu-nioux.\u2014 Au troisième, répondit la bonne femme qui avait quelque mérite à avoir deviné ce que voulait le visiteur.Sylvie frémit.L\u2019Anglais arrivait avant la date fixée.Fallait-il qu\u2019il fût pressé, le misérable ! L\u2019homme se dirigeait vers l\u2019ascenseur.Plume-auvent se précipita, y arriva avant lui et ce fut elle qui l\u2019invita à y monter en disant d\u2019une voix suave : \u2014 Montez, sir ! L\u2019Anglais salua, impassible.Sylvie appuya sur le bouton.Elle avait enveloppé l\u2019arrivant d\u2019un coup d\u2019oeil et elle ne savait si elle devait se réjouir ou se dérober de le voir si fâcheusement ordinaire et même laid avec de gros yeux à fleur de tête, une grande bouche et un nez retroussé.Comme l\u2019ascenseur s\u2019ébranlait, elle se tourna brusquement vers lui : \u2014 Vous êtes M.Patrick Murray ?\u2014 Aoh ! no, dit paisiblement l\u2019Anglais, je être sa Valette de chambre.Sylvie ne dit plus rien, elle pensait : « On dit : Tel maître, tel serviteur.S'ils se ressemblent, cela fait un jolie couple ! s> On était arrivé au palier du troisième étage.Sylvie sortit de l\u2019ascenseur, ouvrit la porte de l\u2019appartement.\u2014 Aoh ! Miss, je demande parler à M.Deunioux.\u2014 Suivez-moi, fit Plume.Père, voici quelqu\u2019un qui désire te voir.M.Deniaux apparaissait dans la grande antichambre.Sylvie, le coeur battant, s\u2019appuya contre la porte d\u2019entrée.Elle se disait : « Si cet efflanqué pouvait venir annoncer que son patron a eu un accident et sera \"retenu six mois dans une clinique.» Le domestique s\u2019expliquait assez péniblement : \u2014 Mon maître il débarque et il est arrivant demain.Patrick Murray, il se nomme, fils de John Murray.S'il vous plaît, il est ici, présentant ses compliments demain cinq heures.Sur le visage de M.Deniaux se lisait un conflit de sentiments curieux à observer.Il était content, certes, de cette arrivée qu\u2019il souhaitait.Mais lui aussi devait sentir approcher l\u2019heure d\u2019un conflit.\u2014 Vous direz à sir Patrick Murray que je l\u2019attendrai demain cinq heures.Quand le valet de chambre fut sorti et que M.Deniaux qui avait la certitude d\u2019avoir vu sa fille Sylvie, la chercha des yeux, elle avait disparu.Plume-au-vent avait couru vers la chambre de sa soeur.Elle avait arraché son béret d\u2019un geste dramatique et elle s\u2019écriait, la voix haletante : \u2014 Le voilà ! L\u2019ennemi approche ! Le monstre est sorti de sa caverne ! \u2014 Qui ?Quoi ?Que dis-tu ?demanda Marie-Anne, ahurie.Elle avait laissé tomber sur ses genoux le livre qu\u2019elle lisait et elle levait vers Sylvie ses doux yeux inquiets.\u2014 Je dis, reprit Plume, que la catastrophe est proche.Demain, à cinq heures \u2014 à moins que le ciel ne fasse qu\u2019il se casse une jambe ! \u2014 Patrick Murray, l\u2019indésirable, franchira le seuil de notre demeure ! Marie-Anne s\u2019était levée, toute pâle.\u2014 Je suis perdue, dit-elle, faiblement.\u2014 Perdue I Pauvre créature ! Tu n\u2019as pas honte de t\u2019abandonner ainsi ?Qu\u2019est devenu ce bel amour digne des plus célèbres de l\u2019histoire ?\u2014 Que puis-je faire ?gémit Marie-Anne.Je suis prise entre mon amour pour André et ma tendresse pour notre père.Et, à moins que ce Patrick Murray ne renonce de lui-même à son projet.\u2014 Rien de plus facile, chérie, si tu veux m\u2019écouter.\u2014 Quelle idée as-tu ?\u2014 Que lui a-t-on promis, à cet estimable personnage ?Une jeune fille belle comme le jour, probablement.Il n\u2019y a qu\u2019à lui montrer qu\u2019on Ta odieusement trompé et il se dégoûtera du coup ! \u2014 Je ne comprends pas ?\u2014 Tu n\u2019as pas plus d\u2019imagination que le poussin qui vient de naître ! Il y a différents moyens dont une jeune fille peut se servir pour éloigner les prétendants.Primo : se mettre des lunettes noires d\u2019une forme périmée, ce qui est une faute de goût et supprime radicalement le charme du regard.Deuxio : se placer une noix en permanence dans la bouche, ce qui cause une fluxion perpétuelle, vous donne un délicieux bégaiement quand cela ne vous prive pas définitivement de la parole.Tertio : réunir tes beaux cheveux noirs en un affreux chignon pointu sur le sommet du crâne.Je voudrais bien savoir quels projets de mariage résisteraient à ces traitements énergiques et radicaux ?.\u2014 Tu es folle, Plume-au-vent ! Tu ne comprends donc pas que si je faisais ce que tu dis, ce serait nous moquer de notre père, le couvrir de ridicule.Malheureusement, cette histoire n\u2019est pas une plaisanterie.\u2014 Bon.Alors, soyons sérieux.J\u2019irai attendre le grand escogriffe à la porte et je lui expliquerai la situation en termes si clairs qu\u2019il ne lui restera plus qu\u2019à s\u2019élancer, la tête la première, dans le prochain paquebot en partance.\u2014 Non, Sylvie, non ! Tout cela est irréalisable.Plume prit un ton vexé : \u2014 Je vois ce que c\u2019est.Au fond, tu brûles du désir de t\u2019appeler Mrs.Marie-Anne Murray.Ma chère lady, il ne me reste plus qu\u2019à te présenter mes voeux et à souhaiter d\u2019être la tante de nombreux petits morveux aux cheveux carotte ! Voyant que les yeux de sa soeur se remplissaient de larmes, elle s\u2019élança vers elle, la prit dans ses bras : \u2014 Pardon ! Mais aussi, tu es la plus terrible entêtée du monde et une sainte n\u2019y résisterait pas.Les deux soeurs s\u2019embrassèrent et elles prirent place sur un petit canapé, les mains unies.\u2014 Comprends-moi, Sylvie, dit Marie-Anne.Dans tout cela je pense à notre père et je ne voudrais rien faire qui pût l\u2019offenser ou le peiner.Mais il me vient une idée qu\u2019il m\u2019a suggérée lui-même en me faisant le plus grand éloge de ce jeune homme, un garçon parfait, paraît-il.Il ne peut m\u2019aimer puisqu\u2019il ne m\u2019a jamais vue.Sans doute obéit-il au désir de son père, lui aussi.Si je lui fais comprendre, par une attitude froide et distante que je suis incapable de m\u2019attacher à lui, sans doute se retirera-t-il de lui-même.Père ne pourra m\u2019en vouloir puisque la rupture viendrait de Patrick Murray.Après son départ, nous arriverons bien à consoler papa et lui démontrer que nous pouvons tous être heureux sans ce maudit mariage.Sylvie hochait la tète d\u2019un air de doute.Le soir tombait et, dans la douce lumière du crépuscule, le visage de Marie-Anne se détachait en \u201cMême en voyageant seule .Mlle S.N., au retour d\u2019un voyage en Europe, remercie en ces termes sa banque de la façon dont le comptable lui a facilité la question d\u2019argent: \u201cM.V.s\u2019est donné beaucoup de peine pour me fournir des détails sur les diverses monnaies européennes et sur la façon de procéder, ce qui m\u2019a épargné en grande partie, même en voyageant seule, les retards et les embarras qu\u2019ont dû subir plusieurs voyageurs expérimentés que j\u2019ai rencontrés en route.Cela a beaucoup contribué à mon confort et à mon agrément.\u201d Les banques sont en mesure de préparer les voies aux personnes qui font, au pays ou à l\u2019extérieur, un voyage d\u2019affaires ou d\u2019agrément.Les lettres de crédit, les chèques de voyageur et les diverses autres facilités qu\u2019elles mettent à la disposition du public ne sont d\u2019ailleurs que l\u2019un des moindres services qu\u2019assure chaque jour toute succursale de n\u2019importe quelle banque à charte.Cette annonce, tirée d\u2019une lettre authentique, est présentée par LES BANQUES QUI DESSERVENT VOTRE VOISINAGE 14 clair sur les tentures.Elle voyait son profil de vierge médiévale, la vie luxuriante de ses beaux cheveux noirs, ses longs cils dessinant une petite grille sur ses joues mates.A ce moment, la beauté un peu grave et toute spirituelle de la douce jeune fille prenait toute son intensité et Sylvie pensa qu\u2019il était difficile sinon impossible de voir sa soeur sans l\u2019aimer.\u2014 Cet Anglais ne renoncera pas si facilement à jouer sa chance, se dit-elle.Quel dommage ! Marie-Anne est trop jolie, beaucoup trop jolie ! Ill Le jour fatal était arrivé et la famille Deniaux à laquelle s\u2019était joint l\u2019oncle Gustave, attendait dans le salon l\u2019arrivée de « L\u2019indésirable », comme le nommait Sylvie.Le père et les deux filles étaient préoccupés et nerveux quoiqu\u2019ils fissent tous leurs efforts pour se le dissimuler mutuellement.Seul, l\u2019oncle gardait son sang-froid et son éternel optimisme.Il avait bon espoir que les choses finiraient par s\u2019arranger et il était décidé à donner, le cas échéant, un coup de main à ses nièces.En attendant, il n\u2019était pas fâché de voir comment « les petites » allaient s\u2019en tirer.Sylvie avait déclaré à sa soeur qu\u2019elle mettrait pour recevoir le visiteur « sa plus sale robe », ce qui ne l\u2019empêchait pas d\u2019être charmante, simplement vêtue de mousseline rose pâle qui s\u2019as-sortissait à sa blondeur et à sa fragilité de plume légère.Quant à Marie-Anne, en robe sombre, une rose thé à peine épinglée à son corsage, elle était si belle et si touchante que Sylvie, tout en étant fière d\u2019elle, trépignait de rage : \u2014 Il n\u2019est pas possible que cet animal ne devienne pas fou d\u2019elle ! Ah ! nous voilà jolis ! Après qu\u2019un coup de sonnette eût fait tressaillir tout le monde, la servante annonça : \u2014 M.Patrick Murray-Sylvie n\u2019osait regarder Marie-Anne qu\u2019elle devinait au supplice.Elle ferma une seconde les yeux.Quand elle les rouvrit, un jeune homme s\u2019inclinait profondément devant M.Deniaux qui lui tendait la main.\u2014 Soyez le bienvenu chez moi.Votre père a été l\u2019un des meilleurs amis de ma jeunesse.\u2014 Je le sais, monsieur, répondit une voix de timbre agréable que rehaussait un léger accent non sans charme.Il m\u2019a souvent entretenu de vos années de travail en commun, qui comptèrent parmi les meilleures de sa vie.Je suis fier et heureux de pouvoir vous présenter mes hommages.Il n\u2019est rien de tel pour apprécier quelqu\u2019un que d\u2019avoir été prévenu contre lui et, sans doute, si le pauvre Patrick Murray n\u2019avait été le prétexte du drame intime que nous connaissons, l\u2019aurait-on trouvé tout bonnement charmant.Il était de taille moyenne, bien proportionné, d\u2019allure sportive.On le devinait vigoureux dans sa minceur et quelque chose révélait en lui l\u2019audace et la décision.Son visage hâlé était couronné de cheveux châtains et éclairé par de beaux yeux noisette.Que pouvait penser Marie-Anne ?Nul n\u2019eût pu le deviner, mais Sylvie se disait : \u2014 Il est mieux que je ne le pensais.Cela ne m\u2019empêchera pas de le détester, d\u2019ailleurs.Après avoir salué l\u2019oncle Gustave qui l\u2019accueillit avec sa rondeur coutumière, le jeune homme s\u2019approchait des deux soeurs.\u2014 Ma fille Marie-Anne, l\u2019aînée, disait M.Deniaux.La cadette, Sylvie.Les yeux noisette effleurèrent les deux visages, s\u2019y arrêtèrent discrètement.Puis Patrick sourit : \u2014 Je suis heureux de vous connaître, mesdemoiselles.J\u2019espère qu\u2019un peu de l\u2019amitié qui a uni nos pères nous unira aussi.Il parlait avec simplicité.Pour M.Deniaux, pour l\u2019oncle, l\u2019impression était bonne.Quant aux deux jeunes filles, elles étaient trop de parti pris pour que leur opinion fût favorable.On servit le thé, on passa des cigarettes.La conversation était peu animée.Trop de pensées diverses les agitaient tous.Marie-Anne s\u2019efforçait de ne pas paraître trop triste, Sylvie était « en boule ».Le père, pour rompre la glace, demanda à Sylvie de chanter, sa soeur l\u2019accompagnerait.Sylvie avait une voix ravissante, légère comme sa petite personne, mais elle était d\u2019humeur subversive : elle chercha donc quelque chose qu\u2019elle jugeait capable de déconcerter le visiteur.Elle choisit une chanson assez peu claire par elle-même, mise en musique par un compositeur ultra-moderne aux harmonies fort dissonantes.Les mains derrière le dos dans sa pose « Petit Caporal », elle chanta en examinant Patrick du coin de l\u2019oeil.Quand elle termina sur un accord qui devait sembler faux à des oreilles peu initiées, Sylvie s\u2019aperçut que le visiteur souriait.\u2014 C\u2019est une délicate attention, dit-il, de m\u2019accueillir par une traduction d\u2019un de nos grands poètes nationaux.La musique en est singulière mais la chanteuse et la pianiste l\u2019interprètent avec tant de clarté qu\u2019elle devient facilement accessible.Sylvie était bonne joueuse, elle se sentit battue sur son propre terrain.Patrick continuait : \u2014 Et puis cela me rappelle des souvenirs.Notre grand Kipling a beaucoup écrit sur les Indes.J\u2019ai vécu pendant des mois dans l\u2019île d\u2019Eléphan-ta, non loin de Bombay.J\u2019accompagnais une mission archéologique.Marie-Anne, fidèle à sa résolution, s\u2019était détournée.Elle feuilletait une partition, l\u2019air mélancolique et distrait.Mais Sylvie commençait à être intéressée : \u2014 L\u2019île d\u2019Eléphants ?J\u2019ai lu quelque chose là-dessus, il me semble.Il y a un temple.\u2014 Un temple qui date d\u2019environ deux mille deux cents ans.Il a été taillé à même la montagne et il s\u2019élève, maintenant, comme celui d\u2019Angkor, au milieu d\u2019un fouillis désordonné d\u2019arbres, de buissons, de lianes.Cette végétation est peuplée d\u2019animaux mystérieux qu\u2019on sent glisser et fuir autour de soi.Le temple et la forêt, deux mondes inconnus dont la grandeur vous écrase.Le jeune Anglais parla longtemps, toute glace définitivement rompue.Parfois, il était coupé par une demande de M.Deniaux ou de l\u2019oncle Gustave, mais plus souvent par une question de Sylvie prodigieusement intéressée.Enfin, M.Deniaux finit par interrompre la curieuse Plume : \u2014 Ma petite fille, n\u2019abuse pas de notre hôte.Voyons, mon cher Patrick \u2014 vous permettez que je vous appelle ainsi ?\u2014 vous dînez avec nous, naturellement.Nous ferons plus ample connaissance à table.\u2014 Monsieur, j\u2019aurais si grand plaisir à vous inviter moi-même ce soir ! Si vous le permettez, je vais retourner à mon hôtel me mettre en smoking et je reviendrai vous prendre pour aller dîner dans un lieu que vous choisirez.\u2014 Quelle bonne idée ! s\u2019exclama Sylvie, on va s\u2019amuser ! \u2014 Ensuite, si vous le voulez bien, nous passerons la soirée au théâtre.\u2014 Vous êtes bien aimable de penser à nous distraire et.Elle s\u2019arrêta net, baissant le nez, confuse, elle venait de rencontrer le regard de Marie-Anne, si triste, si chargé de reproche qu\u2019elle fit un retour sur elle-même.Oubliait-elle donc que ce nouveau venu était l\u2019Ennemi, celui qui devait faire le malheur de sa soeur ?Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 De son côté, M.Deniaux à qui cette première entrevue si animée faisait bien augurer de la suite, consentit à tout ce qu\u2019on voulut et il fut entendu que Patrick reviendrait chercher toute la famille dans une couple d\u2019heures.\u2014\tMes enfants, dit le père après le départ du jeune Anglais, il ne vous reste plus qu\u2019à aller faire votre toilette.Marie-Anne et Sylvie s\u2019éclipsèrent sans mot dire, mais a peine rentrée dans la chambre de l\u2019aînée, celle-ci déclara : \u2014\tJe ne te comprends pas ! On aurait vraiment dit que tu voulais faire croire à ce jeune homme que nous étions enchantées de le voir ! Plume-au-vent semblait un peu déconfite : \u2014\tJe ne pouvais tout de même pas prendre un balai pour le mettre à la porte ! \u2014\tIl ne s\u2019agit pas de cela.Tu lui as laissé croire qu\u2019il t\u2019intéressait par ces récits de l'autre monde.Ensuite, quand il a parlé de sortir, tu as acquiescé avec un empressement.\u2014 Ai-je mis tant d\u2019empressement que cela ?murmura Sylvie.\u2014 L\u2019empressement que la Belle au Bois a dû mettre pour accueillir le Prince Charmant.On aurait dit que tu lui étais reconnaissante de son idée ! Sylvie regardait le bout de ses souliers d\u2019un air perplexe.On sentait qu\u2019un travail s\u2019effectuait dans sa tête blonde ! Marie-Anne reprit un peu énervée : \u2014 Ce n\u2019est pas du tout ce qui était convenu.Rappelle-toi, ne m\u2019as-tu pas offert de lui signifier que je ne l\u2019aimerais jamais ?\u2014 Tu as refusé ce moyen de te débarrasser de lui, et tous les autres moyens, d\u2019ailleurs.\u2014 Je ne reviens pas sur ce que j\u2019ai dit à ce moment-là ; mais de là à me jeter à son cou ! \u2014 Moi ! je me suis jetée au cou de Patrick Murray ?s\u2019exclama Sylvie.Tu exagères beaucoup, tu es injuste.J\u2019ai été polie pour ne pas heurter papa tout de suite, voilà tout.C\u2019est de la ruse féminine.Marie-Anne était allée se jeter dans un fauteuil, l\u2019air accablé.Sylvie vint se camper devant elle : \u2014 Marie-Anne, je vais te rassurer tout de suite.Je le déteste, ce garçon ! Je le trouve insupportable, prétentieux, envahissant avec ses récits de voyage ! Est-ce qu\u2019on sait si c\u2019est vrai, seulement, ce qu\u2019il raconte ! Eléphanta ! Eléphanta ! J\u2019en raconterais tout autant, moi, après avoir consulté des livres ! Il est odieux, voilà ce qu\u2019il est ! \u2014 Je n\u2019aurais pas cru que ce fût ton impression, soupira Marie-Anne.J\u2019ai eu, un instant, la pensée que tu me trahissais.\u2014 Moi?Jamais! Et voilà un soupçon que je lui ferai payer à ton Patrick Murray.Ah ! il n\u2019a pas fini avec moi ! Là-dessus elle disparut dans sa chambre.Sans doute pour témoigner toute l\u2019horreur qu\u2019il lui inspirait, Plume-auvent, renonçant à « la plus sale robe » choisissait la toilette qu\u2019elle estimait devoir lui aller le mieux : une jolie et longue jupe turquoise et un corsage de velours noir.Quand elle fit irruption de nouveau dans la chambre de sa soeur, elle poussa une exclamation : \u2014 Comment?Tu n\u2019es pas habillée?Marie-Anne était restée assise à la même place et elle avait toujours sa petite robe sombre où la rose thé s\u2019effeuillait tristement.Non, dit-elle, je ne veux pas faire de frais pour ce jeune homme.Ce serait une trahison envers André.Je dirai à papa que j\u2019étais trop lasse pour changer de toilette.Je ne comprends L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 3\t7\t2\t6\t4\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t5\t7\t2\t8\t4 P\tP\tU\tS\tF\tR\tA\tN\t0\tI\t0\tG\tR\tA\tU\t£ 7\t3\t8\t4\t2\t6\t5\t3\t4\t2\t7\t6\t3\t4\t2\t7 T\tJ\tN\tZ\tP\tY\tR\tF\tV\tP\tA\tE\tT\t0\tE\tG 7\t4\t2\t8\t3\t6\t4\t2\t7\t3\t5\t4\t2\t6\t3\t7 E\tU\tL\tC\tD\tZ\tS\tT\tZ\tE\t0\tA\tE\tP\tC\tV 7\t4\t3\t6\t2\t8\t5\t3\t7\t4\t2\t6\t7\t4\t3\t6 0\tV\t0\tL\tL\t0\tS\tK\tT\t0\tE\tU\tR\tT\tS\tS 7\t6\t2\t7\t4\t3\t8\t2\t5\t4\t6\t3\t7\t2\t8\t4 E\tP\tP\tA\tR\tT\tN\tH\tA\tE\tA\tR\tI\t0\tG\tE 4\t7\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t4\t8\t3\t6 T\tS\tU\tT\tC\tN\tA\t0\tC\tI\tH\tI\tI\tE\tT\tE 4\t7\t2\t5\t3\t6\t4\tr~* (\t2\t6\t3\t7\t5\t2\t6\t3 L\tN\tQ\tA\tI\tN\tE\tC\tU\tT\t0\tE\tT\tE\tE\tN Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William.J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 15 \t ® \\.0~ / Peinture t MrK B [effort S I mm.Vous serez fier de vos travaux de peinture et de décoration si vous employez le pinceau Simms \u2014 le pinceau qui facilite votre tâche.Grâce au pinceau Simms peinturer devient un plaisir.Il retient la bonne quantité de peinture et l'étend d'une manière uniforme .il est de plus très résistant.Voilà pourquoi les meilleurs peintres portent leur choix sur les pinceaux Simms.Suivez leur exemple \u2014 exigez Simms! Les pinceaux Simms se font en soies naturelles ou soies de nylon Sim-Nyl., ¦B\t\tV ¦¦ 5\tB ¦\tB B\" : J\t\t ¦\t¦ ¦¦\t¦I=Bb1 IQ ¦H\t\tlÉF\tfl\tM £\tr 0 e\tii,\til.\tfl\tA D A £\tS *\tft r\té | i\t| A 0 e L\tU L\tL> 6 *¦:\tL £\t11 U\t! A\tu «\tCr £ £ fl L\u2019abbé Emmanuel avait dû les voir commencer, ces luttes, avant la mort de Colette, car les yeux très loin, le visage empreint d\u2019une expression pitoyable et douce, il dit : \u2014 Oh! oui, je sais, je me souviens!.Il reprit : \u2014 Je les ai vus naître, ces combats et ces désespoirs, alors que la malheureuse jeune femme, qui sentait qu\u2019elle ne survivrait pas à la naissance de son enfant, voulait confier cet enfant à son frère, voulait surtout lui faire jurer d\u2019oublier le père, pour ne se souvenir que de sa maternité à elle.«Et Jean-Jacques Monastier, pour donner la paix à cette pauvre petite victime qu\u2019il adorait, jurait tout ce qu\u2019elle demandait.«Mais elle-même ne sentait ces promesses ni profondes, ni sincères, et elle se désespérait.« \u2014Alors, disait-elle, cet enfant, tu vas donc, Jean-Jacques, et le martyriser et l\u2019adorer ?« Est-ce digne de toi, qui m\u2019as tant aimée ?« Et en souvenir de notre si grande affection, de notre jeunesse, de notre mère, qui en mourant m\u2019a donnée à toi, ne pourrais-tu pas faire un très grand effort et me jurer loyalement, sincèrement, ta main dans la mienne et tes yeux dans mes yeux, que tu aimeras l\u2019orphelin, que tu oublieras la patrie du père, pour lui donner une âme française comme la tienne, comme la mienne, comme celle de tous les nôtres ?.« Et M.Monastier, avec d\u2019atroces tressaillements autour de sa bouche crispée de douleur, jurait sans cesse tout ce que voulait la mourante.« Mais seul avec moi, en déchirant la chair de sa poitrine, il murmurait, désespéré et fou : « \u2014 Je ne pourrai pas, je ne pourrai jamais admettre chez moi, autour de moi, le sang de cet Allemand, de ce bandit, de ce monstre mêlé au mien.Et Jacqueline, toute remuée d\u2019émotion, murmura : \u2014 Hélas ! hélas ! c\u2019est bien cela, en effet, que depuis la mort de ma mère nous avons vu chez nous, c\u2019est bien l\u2019état d\u2019âme qu\u2019a eu mon père et qui nous a martyrisés tous, car toute sa vie s\u2019est passée à adorer en Claude sa soeur ; à haïr abominablement en lui, en même temps, l\u2019ennemi qui avait porté le désespoir, la mort et le déshonneur chez lui.Claude, silencieusement, pleurait.L\u2019abbé Emmanuel demanda : \u2014 Et ce père, le connaissez-vous ?\u2014 Non, dit Claude.\u2014 Comment, avec l\u2019âme à la fois violente, persévérante et tendre qu\u2019il avait, ce père, et dont m\u2019a tant parlé Mme Colette, comment n\u2019a-t-il pas cherché à vous revoir ?\u2014 Il a tenté tout ce qu\u2019il a pu pour cela, déclara le mari de Jacqueline, en pensant à ce terrible épisode de sa jeunesse, qui s\u2019était traduit de par le séjour d\u2019Isidore à Pierre-Pointue, et son enlèvement à lui, Claude, et la mort du valet de chambre dans le train, et le séjour de l\u2019enfant à Schaffhouse, et tout ce qui s\u2019en était suivi.« Il l\u2019a essayé, oui, répéta Claude.« Je crois même que je l\u2019ai vu et qu\u2019il a deviné, à ma ressemblance avec la morte, quelle était mon origine.« Il m\u2019a supplié de lui dévoiler certaines choses, de lui permettre de réparer ce qu\u2019il appelait : un crime.\u2014 Ah ! et que s\u2019est-il passé alors, qu\u2019avez-vous décidé ?\u2014 J\u2019avais quatorze ans, mais l\u2019éducation qui m\u2019avait été donnée avait fait entrer une grande rigidité en moi.« J\u2019avais fait à ma mère adoptive un serment : celui de ne jamais chercher à pénétrer les mystères que je pourrais, quelque jour, soupçonner autour de moi.« Alors, devant les paroles énigmatiques de cet homme que je ne connais- Le Samedi, Montréal 13 septembre 1952 sais pas, en dépit de ses supplications, de l\u2019invincible sympathie qu\u2019il m\u2019inspirait, je me suis raidi, j\u2019ai fermé mon coeur, je me suis enfui, déroutant tous ses soupçons.\u2014 Ah ! comme vous avez bien fait, monsieur.« En agissant ainsi, vous avez accompli le voeu sacré de la morte, qui m\u2019avait dit : \u2014 Mon enfant sera Français, uniquement Français ; il ne connaîtra jamais sa famille allemande, surtout son père ; c\u2019est ma volonté la plus expresse, la plus formelle !.« Mon frère l\u2019élèvera, et quand bien même il aurait à souffrir des souvenirs qui resteront éternellement en Jean-Jacques, je veux que Georges et lui soient ses seuls parents, sa seule famille.L\u2019abbé, Emmanuel avait dit tout ce qu\u2019il pouvait dire.Il se leva et alla dans la pièce voisine, d\u2019où il revint bientôt, portant une petite liasse de papiers à la main.\u2014 Voilà ce qui m\u2019a été confié, pour vous, dit-il.«Je m\u2019étais engagé à vous le remettre à vous seul ; si je fusse mort avant votre visite, je l\u2019eusse brûlé.« Maintenant, ma tâche est accomplie.Les deux jeunes gens, après avoir remercié par des mots que l\u2019abbé Emmanuel sentait venir de coeurs sincères et droits, voulaient repartir.Mais, comme l\u2019avait dit Giuseppe, personne n\u2019eût été eapable, en n\u2019acceptant pas l\u2019hospitalité du curé, de lui causer à la fois un affront et du chagrin.Du reste, le déjeuner était prêt.Gennaro, qui n\u2019avait jamais quitté son maître, était un cuisinier de premier ordre.Des truites roses des lacs glacés, le gibier de la montagne, les volailles succulentes, quoique de toute petite race, les campines exquises, des fruits merveilleux, sucrés et parfumés par le chaud soleil du Midi, composèrent un menu des plus succulents.On laissa passer les heures ohaudes du jour, puis, pendant que Giuseppe attelait et recevait des ordres pour attendre ses voyageurs assez loin dans la descente, l\u2019abbé conduisit les deux jeunes gens faire une excursion dont il leur avait caché le but.C\u2019était dans un coin de terre assez éloigné du village, mais encore plus ombragé, plus fleuri, plus beau que tout ce qu'ils avaient vu jusque là.A la magnificence des arbres certainement centenaires, à la beauté merveilleuse des massifs et des buissons, à la propreté des allées et même des sentiers qui traversaient ce coin de terrain en tous sens, on se serait cru dans la partie la plus soignée d\u2019un admirable parc.Mais, au bout de quelques pas, Claude et Jacqueline tressaillirent.Ils étaient arrivés, en effet, devant une g-ande croix de pierre qui dominait l\u2019endroit tout entier.Puis, au pied de cette croix, cachée dans la végétation profonde des massifs et des arbustes, ils finirent par distinguer des statues, des stèles, des pierres tombales, des urnes funéraires.\u2014 C\u2019est l\u2019ancien cimetière de la commune, dit le prêtre.« On en a fait un autre là-bas, un peu loin, mais on conserve celui-ci, parce que les familles patriciennes du pays y possédèrent leurs tombes.Quelques-unes de ces sépultures représentent même des monuments d\u2019une exceptionnelle beauté.« Les arbres y ont grandi et poussé.« Les massifs, en se développant, ont fait de notre cimetière un des plus beaux Campos-Santos de 1 Italie.C\u2019est moi qui suis chargé d\u2019entretenir les tombes solitaires ou abandonnées.«Vous allez voir celle de votre mère, monsieur ; c\u2019est une des plus belles. Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 27 «Vous verrez aussi par qui elle a été érigée à la mémoire de la morte.L\u2019émotion de Claude était indescriptible.Il donnait le bras à Jacqueline et se soutenait à peine.L\u2019abbé Emmanuel tourna autour de la croix, prit à gauche, et se trouva bientôt dans une petite clairière, qu\u2019une seule allée circulaire, soigneusement entretenue, entourait.Au centre de cette clairière, au-dessus d\u2019une corbeille de fin gazon, on voyait une admirable statue de femme en marbre blanc, de grandeur naturelle.Claude, les yeux arrondis, poussa un cri et étendit les mains.Cette statue, en effet, paraissait être la reproduction de Jacqueline, de Jacqueline telle qu\u2019il l\u2019avait vue le jour de l'inoubliable fête de Pierre-Pointue, avec sa coiffure lorraine, sa cocarde française retenant le petit bouquet fait avec les petits oeillets sauvages des Vosges, ces petites fleurs que Colette avait aimées jadis, comme plus tard les avait aimées aussi Jacqueline.Et le corps si beau, souple, magnifique, adorable dans sa minceur élégante, était le même ; les mêmes aussi les traits de bonté souveraine où le nez à l\u2019arête si fine, le front volontaire et intelligent, les yeux surtout grands, immenses, composaient un ensemble attirant et unique.Au-dessous de la statue, le socle portait ces mots : \u2014\u2022 A ma fiancée, à mon grand, à mon saint, à mon pur amour, à celle qu\u2019on m\u2019a volée, mais que même en mourant, j'adorerai toujours.Et, après ces mots, encore se voyait la signature : « Georges Perrotin ».Le prêtre dit : \u2014 Celui que vous avez connu, dont le nom est là, qui a été un héros d\u2019abnégation, de dévouement et de douleur, m\u2019a donné une somme considérable pour que cette tombe fût toujours entretenue.«Vous voyez que je suis fidèle à mon service.Les deux jeunes gens étaient tombés à genoux.Jean-Jacques n\u2019avait jamais voulu dire où Colette était enterrée.Il avait laissé supposer que c\u2019était à Milan.Et voilà que subitement, sans y être préparés, Claude et Jacqueline retrouvaient sa tombe.Ils restèrent longtemps là, à côté l\u2019un de l\u2019autre, à évoquer le souvenir adoré de celle qu\u2019ils avaient constamment aimée sans l\u2019avoir jamais connue, et très tard ils quittèrent l\u2019abbé Emmanuel Borromée, en le remerciant de toutes ses bontés, en lui promettant de revenir.Le soleil descendait à l\u2019horizon quand ils retrouvèrent Giuseppe qui les attendait au pied de la cascade, avec ses deux haridelles et sa guimbarde.Mais un Italien ne s\u2019ennuie jamais à ne rien faire.H s\u2019était étendu à l\u2019ombre du talus sur l\u2019herbe, épaisse à cet endroit, et il y dormait à poings fermés, tandis que les rosses tranquilles et heureuses de cette aubaine inaccoutumée, broutaient les pousses tendres des bryères et des cys-tes.La descente eut lieu très rapidement.La jeune femme et son mari avaient la main dans la main ; ils étaient en proie à la plus profonde des émotions en pensant à tout ce qu\u2019ils venaient de voir, à tout ce qu\u2019ils venaient d\u2019entendre, à tout ce qu\u2019ils allaient encore apprendre d\u2019inconnu, de douloureux et de terrible, et qui devait être consigné dans les pauvres cahiers de Colette, qu\u2019ils emportaient avec eux.Ils rejoignirent ainsi l\u2019hôtel d\u2019où ils étaient partis le matin.Et Jacqueline, effrayée du bouleversement de Claude, du tremblement de ses mains, de la pâleur horrible de son visage, lui disait : \u2014 C\u2019est moi qui veux te les lire, ces confidences suprêmes ; ensemble, nous apprendrons ce qu\u2019elle a souffert, et ce qu\u2019elle a voulu, et peut-être ce qu\u2019elle veut encore.VI \u2014 Les lois de la guerre Le lendemain matin, assis tous deux dans la forêt, si belle, aux premiers escarpements de la montagne, dans un site magnifique et * désert, les deux jeunes gens commencèrent ensemble la lecture des pages, à coup sûr des plus douloureuses, que Colette avait écrites jadis, pour l\u2019enfant qui n\u2019était pas encore né.C\u2019était Jacqueline qui tenait les cahiers à la main.Elle savait, en effet, que seule avec sa douce voix que Claude adorait, elle pourrait atténuer certaines révélations, certains souvenirs.Elle commença : « Rosemberg, Allemagne, fév.1871 « Est-ce bien moi, si pure, si heureuse, si adorée, il y a quelques mois à peine, moi, la fille adoptive de tante Ursule, moi, la fianoée de Georges, moi, l\u2019idole de Jean-Jacques, qui suis aujourd\u2019hui ici, ravie aux miens, prisonnière, loin de tout ce que j\u2019ai aimé et vénéré ; en pleine révolte, incapable de vouloir, de penser, de décider quoi que ce soit, ne sachant même pas encore ce qui m\u2019est arrivé, au moins tout ce qui m\u2019est arrivé ?« Car il y a dans ma vie passée des trous que je ne m\u2019explique pas, des absences de mémoire dont je n\u2019aurai peut-être jamais la clef.«Et je tremble, je suis désespérée, j\u2019appréhende tant d\u2019infamies, de douleurs et de mystères !.« Ah ! Seigneur, Dieu terrible, pourquoi nous envoyer cette épouvantable épreuve à nous, qui sommes depuis si longtemps de si braves gens, n\u2019ayant jamais fait de mal à personne ?« Où êtes-vous ?.« Existez-vous seulement, pour per-mettre les choses abominables que j\u2019ai vues, par où je suis passée, et qui m\u2019ont, sans retour, brisée, désespérée ?« Et mon frère, et Georges, où me croient-ils?.Ne me pleurent-ils pas comme morte, à jamais perdue pour eux ?« Car s\u2019ils me supposaient vivante, quelle puissance humaine, même celle de nos vainqueurs, pourrait les empêcher de me rechercher, de me retrou -ver?« Mais aujourd\u2019hui que dans mon exil j\u2019ai un semblant de calme et de paix, je veux pour ceux qui plus tard retrouveront ma trace et me vengeront qui dans tous les cas me plaindront, me pleureront et ne cesseront pas de m\u2019aimer, raconter aussi fidèlement que possible tout ce qui m\u2019est arrivé, ou du moins les choses dont je me suis rendu compte.«Une intuition souveraine, en effet, me dit que j\u2019en ignore encore les plus graves, les plus essentielles.« Jean-Jacques, au début de la guerre, était parti avec tout ce que le pays, pour des raisons ou pour d\u2019autres, gardait encore de valide, et qui n\u2019avait pas été pris ou mobilisé.« Il avait d\u2019abord tenu la campagne de tous les côtés, mais peu à peu, il s\u2019était cantonné, avec son corps de francs-tireurs, sur le plateau de Vineuil.« Ce corps, peu nombreux les premiers jours, s\u2019était insensiblement renforcé de tous les amis de mon frère, de ses ouvriers, de ses clients, des patriotes comme lui, qui cherchaient dans cet admirable pays des Vosges, tout fait de ravins cachés, de sentiers perdus, de défilés mystérieux, à défendre le coin de terre où ils étaient nés, à tracasser les corps allemands, entraient, sortaient.DEMANDEZ le Fils Favori de l'Ecosse., i « i ¦ wUmè BORN 1820 STILL GOING STRONG UN VRAI SCOTCH ^ \u2022 \t / 1, tu ' - Distillé Mélangé et Embouteillé en Écosse Vendu en différents formats John Walker & Sons Ltd., Distillateurs De Whisky Ecossais, Kilmarnock, Écosse 72-f 28 Le Samedi, Montréal.13 septembre 1952 de ÇûrtZëT etKfettute'} DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?USEZ ALORS CECI.Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire .encore ! La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un -sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques.Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont a la base du merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA ont précisément pour fonction d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate cm développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE Ci-inclus 5 sous pour échantillon do produit SANO «A ».(POUR LE CANADA SEULEMENT) II Et de fait, Jean-Jacques, avec ses francs-tireurs, ses lieutenants, ses soldats, tous obéissants et dévoués comme lui, soutenait les armées régulières françaises, leur servait de guide, d\u2019éclaireur, protégeait les villages contre les pillards, gardait les défilés dangereux, surprenait, harcelait les troupes ennemies, restait sans cesse en éveil, prêt à défendre les nôtres, à se dévouer, à se sacrifier, ayant par avance donné son sang à la patrie en danger.« Nous les femmes, les soeurs, les filles de tous ces braves, nous étions dans les ambulances qui couvraient le pays, destinées à relever les blessés, à les panser, à relever leurs forces, à rallumer leur courage, fermer leurs yeux, les ensevelir quand la mort les prenait.« En avons-nous vu de tous ces pauvres gens, Allemands comme Français ?« Et leur avons-nous prouvé, même à ceux qui avaient envahi notre pays et versé notre sang, que la pitié française ne regarde jamais de quelle nation est celui qui souffre et qui meurt !.« Le château tout entier, l\u2019usine, le village, tout n\u2019était chez nous qu\u2019une vaste ambulance, que couvraient et protégeaient les drapeaux blancs de la paix, sur lesquels on voyait encore la Croix rouge de Genève, la croix de la pitié, de la charité universelle, toujours respectée par tous.« Georges, avec son brassard sur lequel apparaissait le même signe de protection, non seulement se prodiguait nuit et jour à ceux qui avaient besoin do soins, mais parcourait encore le pays en tous sens, afin de porter secours à ceux qui, dans les sentiers perdus ou derrière les buissons, sans secours, fussent morts de leurs blessures ou de leurs souffrances.« Un jour, il arriva avec une terrible nouvelle.« Les troupes ennemies avaient reçu un échec sanglant.« Un de leurs corps d\u2019éclaireurs avait été détruit par les nôtres.« Officiers et soldats étaient tous morts, tous jusqu\u2019au dernier.«Les Allemands avaient juré de les venger.« Pour cela, les lois les plus élémentaires de l\u2019humanité étaient violées par eux.Ils ne ménageaient plus rien.« Les ambulances, elles-mêmes, ne trouvaient pas grâce devant leur cruauté.« Ils massacraient, égorgeaient, pillaient tout ce qui leur tombait sous la main.« Sous le plus futile prétexte, les hommes, alignés contre le mur, étaient fusillés ; les femmes, avant d\u2019être tuées, subissaient dans les orgies de la nuit, les derniers outrages.« Tante Ursule, à l\u2019idée que semblable sort pouvait m\u2019être réservé, perdit la tête.Adresse « Elle n\u2019eut plus qu\u2019une idée : me cacher, me sauver.« P :ur cela, voici ce qu\u2019elle décida : « Un de nos fermiers, Just Dombrot, parti comme franc-tireur au début de la guerre, gravement blessé dans un des premiers engagements, avait été transporté dans une de nos ambulances et soigné par nous.« Il avait fallu lui couper la jambe.« Il s\u2019était péniblement remis, et maintenant infirme pour toujours, il devait regagner sa ferme de Vieuxville, perdue dans le pays le plus sauvage, le plus lointain, le plus solitaire de nos voisinages.« Tante Ursule eut tout de suite 1 idee de me confier à lui ; dans cette ferme déserte où je serais confondue avec ses soeurs et ses filles, vêtue comme elles, vivant de leur vie, me livrant aux mêmes travaux, peut-être serais-je préservée ?« Elle me procura des habits de paysanne, très vraisemblables dans leur propreté et leur usure, puis après m a-voir mille fois embrassée et bénie, elle me remit à Just Dombrot.«C\u2019était un très brave homme, qui eût donné sa vie pour nous.« Georges était loin ce jour-là.« On ne pouvait ni lui demander conseil.ni me faire escorter par lui.«Du reste, tante Ursule ne prenait jamais conseil que d\u2019elle-même.« Je partis le soir, vers dix heures.« Nous avions une vieille carriole à laquelle était attelée une jument sûre.« Nous fîmes d\u2019abord beaucoup de chemin sans rencontrer personne.« Just connaissait le moindre sentier de la montagne, moi aussi.«J\u2019avais tant parcouru nos chères Vosges, jadis, avec Jean-Jacques.«La nuit était magnifique, quoique froide.« Nous étions en décembre, et l\u2019admirable été de la Saint-Martin, aussi beau quelquefois chez nous que le printemps, semblait être revenu avec une température clémente : du soleil pendant le jour, et des nuits aussi calmes que belles.«La lune n\u2019était pas encore levée.« On ne voyait dans la sente de la forêt, que maintenant nous suivions, autre chose que les profondeurs obscures, de la couleur de l\u2019acier, à peine éclaircies par la lueur incertaine qui tombait des étoiles, des multitudes d\u2019étoiles, il est vrai, placées très haut dans le ciel noir comme autant de clous d'or.«Just avait entouré de chiffons les pieds de la vieille jument, afin que celle-ci ne fît aucun bruit, même sur l\u2019épais tapis de feuilles mortes qui jonchaient les chemins.« Il pouvait, en effet, aux alentours, se trouver quelques éclaireurs ennemis dont la rencontre nous aurait été fatale.« De loin en loin, dans la clairière, où la lumière se faisait plus nette, plus pré- QUAND ON PENDAIT LES VOLEURS [ Suite de la page 10 ] B.P.2134 PLACE D\u2019ARMES MONTREAL, PQ Une grâce Le supplice des deux frères Monarque allait être plus spectaculaire que la pendaison des trois autres complices.Le 24 avril au matin, on les conduisit de la prison de Québec au presbytère de Saint-Joseph de Lévis.Le cortège était formé principalement d\u2019une imposante escorte militaire, composée des soldats des 71e et 79e Régiments de la Garnison.Deux prêtres du Séminaire de Québec, MM.Aubry et Viau, accompagnaient les condamnés, qui faisaient le trajet à pieds, la corde au cou, en arrière des deux charrettes qui transportaient leurs cercueils.Au moment même où le bourreau al- lait rabattre les capuchons noirs sur la tête de ceux qu\u2019il allait précipiter dans l\u2019éternité, le commandant de l\u2019escorte lui remit un pli qui venait d\u2019arriver.C\u2019était la grâce de Michel Monarque, le cadet.Le Gouverneur avait consenti à lui épargner la vie.Si le courrier avait été retardé deux minutes en chemin, le jeune Monarque aurait été pendu avec son frère.Il n\u2019y eut donc qu\u2019un capuchon noir, qu\u2019une corde à se raidir sous le poids d\u2019un agonisant.Mais ce fut terrible.Etait-ce l\u2019émotion, était-ce l\u2019inexpérience, le bourreau dut recommencer trois fois avant de réussir sa triste besogne.Alain Robert cise, on distinguait vaguement des troncs d\u2019arbres qui se dressaient, des buissons plus sombres qui, par une ligne familière, et connue, servaient de points de repère à Just et à moi.« Tout à coup, il me sembla entendre un bruit léger.Oh ! léger !.tel un lièvre, ou tout autre animal des bois dérangé en son gîte.« Je touchai le bras de Just assis a mes côtés, et tirant violemment sur les brides qu\u2019il tenait, je dirigeai rapidement la jument derrière un massif épais de jeunes sapins et de mélèzes.« Bientôt, le bruit d\u2019une pierre roulant sur les pentes, frappa encore notre oreille.« Lestement, silencieusement, Just sauta par terre et prit dans ses mains le nez de la jument qu\u2019il serra doucement, afin de l\u2019empêcher de hennir.« Quelques secondes se passèrent.« Le silence profond de la nuit était revenu, nous allions nous remettre en route, quand nous entendîmes de nouveau des piétinements sourds, mais qui se rapprochaient et qui étaient évidemment les pas d\u2019une troupe en marche.« Just, aussitôt, pénétra plus avant dans le massif, au risque d\u2019y démolir complètement la vieille carriole, et ses essieux, et ses bancs.«Que lui importait, après tout !.Nous n\u2019étions plus bien loin de Vieux-ville.Et il fallait, à tout prix, nous cacher, nous dissimuler aux yeux de la troupe qui se rapprochait.« En effet, bientôt le bruit augmenta.«On entendit même distinctement le tintement des gourmettes des chevaux, et même celui des sabres battant les éperons et les bottes.« Une sueur froide m\u2019inonda tout entière.Just se signa.« Je l\u2019entendis murmurer : « \u2014 Mon Dieu ! prenez ma vie, mais préservez la fille de mes maîtres ! « La lune, jusque là cachée, émergea tout à coup de l\u2019horizon.« Subitement, on y vit comme en plein jour.« Au bout de quelques secondes, un cheval tout près de nous hennit ; d\u2019autres, longuement, lui répondirent.« Une voix allemande dit : \u2014 Halte.il y a quelqu'un dans ces massifs.« Une autre, celle d\u2019un sous-officier probablement, car elle était plus impérieuse, répondit : « \u2014 Descendez et visitez ces grands buissons, là à côté.« On obéit, et nous vîmes bientôt apparaître, auprès de nous, trouant le rideau noir de la sapinière, la tête carrée, massive et énorme d\u2019un cheval.« Une vapeur blanche, épaisse et brûle nte, s\u2019échappait de ses naseaux, et passait comme un souffle très chaud sur nos visages.« Cachés dans les buissons, ainsi que nous Tétions, nous essayions néanmoins de nous dissimuler encore.« Déjà, je distinguais les ganses jaunes cousues aux tuniques, les bonnets plats, les grandes bottes noires au-dessus des culottes sombres, le sabre pendu tout droit à l\u2019arçon de la selle.« Et tout à coup, une voix puissante s\u2019éleva, disant en un français correct : « \u2014 Eh! qui va là?.» « C\u2019était un soldat qui venait de découvrir Just et sa carriole.«En allemand aussitôt, un autre ajouta, s\u2019adressant au chef encore caché assez loin par les massifs d\u2019arbres : « \u2014 Il y a une carriole attelée et un homme qui se cache, mon lieutenant.« Moi, on ne m\u2019avait pas encore vue, car je me faisais toute petite derrière des genévriers plus épais et plus touffus.« Un des hussards, descendu de sa monture, venait de saisir Just par sa blouse, le traînait devant un sous-officier.« \u2014 Que faites-vous ici ?interrogea le chef. Le Samedi, Montréal, 13 septembre 1952 29 « Pourquoi vous cachez-vous ?s \u2014 J\u2019ai entendu marcher, vous comprendrez aisément que l\u2019on se gare par le temps qui court !.\u2014 Assez ; comment êtes-vous en cet endroit ?Répondez plus vite.«\u2014 Je rejoignais ma ferme.« \u2014 Où est-elle située ?« \u2014 A Vieuxville, très haut dans la montagne.« \u2014 Ah ! nous allions de ce côté, mais nous nous dirigions péniblement ici.Mettez-vous devant nous, vous nous guiderez.«\u2014 Jamais ! « A ce moment, un autre soldat, passant près de moi, eut l\u2019idée de se baisser et me vit.«\u2014 Oh! oh!.fit-il tout haut, l\u2019individu n\u2019est pas seul.«\u2014 Un guet-apens, je vous dis! «\u2014-Sacré pays, va!.«Et déjà les clameurs retentissaient, les sabres sortaient du fourreau, quand celui qui m\u2019avait découverte, et qui m\u2019avait tramée en pleine lumière, au milieu de la route, s\u2019écria : « \u2014 Il en faudrait beaucoup de guet-apens comme celui-là.C\u2019est une femme, et jeune et belle.Oh ! oui.belle comme les amours.« \u2014 Bravo! c\u2019est un gibier joliment rare par le temps qui court.Nous allons jouer à qui l\u2019aura.« Je comprends l\u2019allemand comme le français.« Des frissons d\u2019indignation et de honte me prenaient en entendant les horreurs que ces brutes échangeaient entre elles.«Mais la nouvelle n\u2019avait pas tardé à circuler, arrivant jusqu\u2019au lieutenant, resté sur la route.«Une femme très jeune, très jolie, avait été découverte derrière un buisson.« Les engagés volontaires, les sous-officiers, se battaient déjà pour savoir à qui elle allait échoir comme butin de guerre.« Et moi, redressée derrière mon buisson, avec Just qui était parvenu à s\u2019échapper des mains des soldats et me couvrait de son corps, j\u2019attendais, n\u2019ayant rien à portée de ma main, pas une arme, pas un simple couteau, rien que les épingles de mes cheveux, bien faibles, hélas ! devant le danger qui me menaçait.« Just, bientôt, en voulant me protéger, me garantir, m\u2019empêcher d\u2019être prise et emportée par ces bandits, ne tarda pas à tomber mort devant moi.«Et tous, tous alors se disputèrent pour m\u2019avoir, pour m\u2019enlever comme une proie dont le voisinage, seul, faisait briller tous les yeux, trembler toutes les mains.« Cette courte lutte me sauva, au moins momentanément.« En effet, l\u2019officier, chef du détachement, prévenu, arriva au grand galop de son cheval.« C\u2019était un grand et solide gaillard, dont les yeux clairs, la haute stature, la voix de volonté, de commandement, évidemment en imposaient à tous.« \u2014 La paix ! qu\u2019on reprenne les rangs ! dit-il.Cette jeune fille ne sera la conquête de personne, pas même la mienne, je la protégerai !.« Et comme les grondements ne cessaient pas, comme toutes les convoitises en éveil ne voulaient pas se taire, comme les têtes ne se courbaient pas et qu\u2019on n\u2019obéissait pas assez vite il cria avec un terrible accent de colère : « \u2014 Depuis quand un soldat allemand n\u2019obéit-il plu?à son chef, absolument, immédiatement ?» «C\u2019était fini.Un silence magique, instantané, se fit aussitôt.« -\u2014- 'Où est cette jeune personne ?de-manda-t-il.«_Là, mon lieutenant, derrière le buisson.« \u2014 Elle y était seule ?« \u2014 Non, avec un paysan qui a été tué à ses pieds en la défendant.« \u2014 Comment ces gens-là se trouvaient-ils à cet endroit ?« \u2014 Ils traversaient la forêt dans une vieile carriole.« Ils se rendaient là-haut dans une ferme appelée Vieuxville.« Ils nous ont probablement entendus, et ont essayé de se cacher et de nous échapper.« \u2014 Et l\u2019homme est mort ?« \u2014 Oui, mon lieutenant.« \u2014 Et la carriole, et le cheval qui la traînait ?« \u2014 Tout cela est bien derrière le buisson.« \u2014 Très bien.« Arrangez l\u2019équipage et amenez-moi la fille.» « A coups de plat de sabre, en me poussant, en me battant, en m\u2019abîmant, ces ignobles bandits me firent passer par-dessus le corps de mon pauvre Just et obéirent à l\u2019ordre de leur officier.« J\u2019avais fait le sacrifice de ma vie.« La colère, l\u2019indignation, avec l\u2019idée cependant de dissimuler mon nom et ma famille, me tenaient seules.« Une Monastier devenue la proie de nos vainqueurs !.« Oh ! non.personne ne le saurait jamais.« Dans la clairière, le lieutenant était descendu de cheval.« Bien campé au milieu d\u2019un espace mieux éclairé que le reste du bois, inondé des rayons blancs d\u2019une lune sans pareille, on le voyait bien.ble petite voiture et sa troupe.Puis il se plaça contre la tête de la jument.« Alors, de sa voix tranchante, il cria simplement : « \u2014 Marche !.» « Le jour se lève très tard en hiver.«La troupe silencieuse et homogène avait suivi le lieutenant sans un mot.«Il marchait très lentement, à cause de la vieille jument qui n\u2019eût pas pu suivre une allure plus rapide.« Moi, je me sentais maintenant comme protégée par ce géant hautain et dur, qui, au moins, au milieu de ses soldats et par une dignité que je sentais, empêcherait toute abomination immédiate de se commettre.« Une fatigue extrême avait succédé, chez moi, à la colère effroyable qui m\u2019avait saisie, à la douleur d\u2019avoir vu massacrer Just Dombrot à mes côtés.«Invinciblement le sommeil me prit, un sommeil qui me sembla être la mort tant il s\u2019abattit sur moi, foudroyant et sembla être la mort, tant il s\u2019abattit sur moi, foudroyant et absolu, et contre lequel je ne luttai pas.« Ah ! mourir, mourir, tout oublier, ne plus voir les atrocités, les ignominies qui m\u2019étaient peut-être réservées.Quelle bénédiction de Dieu ! « Et sans même avoir la force de murmurer une prière, je me laissai aller à ce que je croyais être l\u2019anéantissement et la fin.«Le jour, en frappant mes paupières closes, me rendit à l\u2019effroyable réalité des événements.«Les guides, qui étaient tombées de Plaire à soi est orgueil, aux autres vanité.Paul Valéry Le mariage n\u2019est dangereux que pour l'homme qui a des idées.Herzog «Il était véritablement d\u2019une taille gigantesque.« \u2014 Qui êtes-vous ?me demanda-t-il en français, en un français tout aussi pur que le mien, mais d\u2019une voix ferme et dure.« \u2014 Je suis une femme, répondis-je aussitôt, une femme sans défense, sans soutien, et vous êtes, vous, des hommes nombreux et armés.« Et moi, seule, faible, abandonnée, sans défense au milieu de vous, moi que vous maltraitez, j\u2019ai le droit de vous crier : «Vous êtes des brutes autant que vous êtes.des brutes, oui, mais aussi des bandits.Et maintenant, tuez-moi, ce sera plus vite fini.J\u2019ai fait le sacrifice de ma vie : \u2014¦ Vive la France ! « Je m\u2019attendais à être étranglée sur-le-champ.« Pas du tout.Il me sembla même que l\u2019officier avait tressailli.« \u2014 Tuer les femmes, murmura-t-il très bas, c\u2019est abominable, en effet.Oh ! la guerre !.» « Et, tout haut, en voulant rester impérieux et autoritaire : « \u2014 Le vainqueur partout est le maître, ajouta-t-il.Vos hordes nous l\u2019ont prouvé jadis.«A nous le tour, aujourd\u2019hui.« Et maintenant, taisez-vous ».« La carriole était avancée et tout près de nous.« \u2014 Montez, dit-il.Etes-vous capable de tenir les guides, ou la terreur vous en empêchera-t-elle ?«\u2014 Je n\u2019ai pas peur, affirmai-je, donnez-moi un revolver, et vous allez le voir !.» « Il ne répondit pas une parole.«Mais comme j\u2019étais assise sur la carriole, je le vis s'avancer sur son cheval et se mettre entre la miséra- mes mains, étaient accrochées sur le devant de la carriole.«La jument avait été remplacée par un solide cheval à la croupe carrée.« Un soldat le menait par la bride.« Un grand manteau gris sentant horriblement le tabac, me préservait du froid, m\u2019enveloppait.«Je jetai des regards effarés sur ce qui m\u2019entourait.« Le sentiment ne m\u2019était pas encore revenu.« Tout d\u2019abord, sur un cheval, à côté de moi, haut et ferme sur sa selle, je vis un officier marchant en tête de sa troupe.«Il me regardait souvent, attentivement.« Où étions-nous donc ?« Aux environs de Pierre-Pointue ?«Non, je ne reconnaissais pas la campagne.« De Vieuxville ?Pas davantage.«Jamais les promenades avec mon frère ne m\u2019avaient portée de ce côté.« Les yeux de l\u2019officier, très bleus, autoritaires et énergiques sous la visière du casque à pointe, se fixaient souvent, longuement sur moi.« A un moment donné même, mon regard rencontra le sien, et l\u2019étranger profondément tressaillit.«On eût pensé qu\u2019il lisait dans mes prunelles tout ce que je ressentais : la douleur, l\u2019indignation, le mépris, oh ! oui, le mépris, surtout !.«Il détourna aussitôt la tête, et j\u2019eus l\u2019impression qu\u2019il était gêné.« H ne m\u2019adressa cependant pas la parole, mais personne non plus ne me l\u2019adressa.« De ce côté, du moins, c\u2019était un progrès.« Vers dix heures seulement, nous arrivâmes dans un village désert, et qui, Poli a Argenterie Goddards Un bon produit Anglais RAPIDE FACILE DURABLE importé par A.O.PAUL ROY, MONTREAL ?On vient partout apprécier pour le confort et les nombreux J avantages que vous offre TVoütùuoïd | SUR LA 55e RUE, A BROADWAY Splendidement aménagé pour 800 hôtes Salles de bains, douches et radios.Télévision ! $3 -50\tsr.oo DEPUIS J SIMPLE et J DOUBLE ?*?Inquiété par vos FAUSSES DENTS qui glissent, vous irritent ?Ne soyez plus ennuyé par un dentier glissant qui se déplace, branle, tombe même parce que désajusté, et ce, lorsque vous mangez, parlez, ou riez.Saupoudrez seulement un peu de FASTEETH sur vos fausses-dents.Cette poudre agréable assure une remarquable sensation de sécurité et de confort en faisant adhérer votre denser plus fermement.Pas de goût gommeux, pâteux ou sensation du genre.Elle est alcaline 'non acide).Procurez-vous FASTEETH chez n'importe quel pharmacien\t4 Si vous avez aux alentours de Montréal.PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t7662, rue St-Denis, Montréal 30 *0\"T»f4l.,e 1*0* \u201e UN ENSEMBLE PARFAIT AU S\u20acRVIC\u20ac D\u20ac LA FAMILL\u20ac \" Les magazines canadiens qui enrichissent la conversation \" Il ne vous en coûtera que $5.50 pour donner le sourire à toute une famille \u2022 S'ABONNER C'EST S'ASSURER D'ETRE TOUJOURS A LA PAGE REMPLISSEZ CE COUPON D\u2019ABONNEMENT SELON VOTRE CHOIX ?LES 3 MAGAZINES LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE ~ LE FILM 1 an .( Canada seulement ) $5.50 OU \t\t\tC an.\tE.-U.\t ?\tLE\tSAMEDI \t\t\t $3.50\t$5.00 pour 1\t1 an ?\tLA\tREVUE POPULAIRE\t\t 1.50\t2.00 \"\t.?\tLE\tFILM \t\t\t 1.00\t1.00\t Veuillez trouver ci-inclus, la somme de $.pour l\u2019abonnement indiqué d\u2019un (X) ?IMPORTANT : \u2014 Veuillez indiquer d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adresse.Localité.>\u2019r«v.POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion\tMontréal 18, P.
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