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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 12 avril 1947
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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    Successeur :
  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1947-04, Collections de BAnQ.

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[" 58e année, No 47 Montréal, 12 avril 1947 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS .A t':.\u20ac ¦M * ¦ \t\t\t ^ ,,, .\u2022/; \u2019 4.S .' # v t Jf P ï.vs a-4'%« \u2022 wmmPê. 2 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 yrsT^îçir Démarrages Rapides longue Durée 'Wm >yv>.A \\ zmi r\u2018AS' 1 i , ¦ \u2018¦r\u2019t # > ;«Î5 BATTERIES WILLARD \u2014pour Autos, Camions et Autobus, Radios, Motocyclettes, Tracteurs, Avions, Moteurs Marins, Diesel et Stationnaires\u2014vendues et entretenues partout por les Marchands Willard.BATTERIES À REMPLISSAGE DE SÛRETÉ Sûreté \u2022 Rendement \u2022 Longue Durée r WILLARD STORAGE BATTERY CO.OF CANADA, LTD., TORONTO, ONTARIO ARRACHAGE DES PALOURDES SUR LA COTE NORD.Avec l'arrivée de l\u2019équinoxe de mars la jeunesse de la Côte Nord choisit une journée soit pluvieuse, ou neigeuse le plus possible, accompagnée de vent violent de \u201cNordet\u201d.Les garçons partent d\u2019habitude, une douzaine.On y va toujours en bande, à cause des dangers qui se présentent.Les garçons sont chaussés de hautes bottes en cuir de loup-marin.Ces bottes sont graissées avec de l\u2019huile de marsouin.ILs sont munis de bonnes mitaines egalement en peau de loup-marin.Us ont chacun à la bouche une pipe (fort curieuse), faite en bois blanc.Leur tabac est dans un sac en peau de loup-marin, c\u2019est-a-dire qu îhs ont chacun un de ces sacs.Cette peau de loup-marin possède les vertus de garder le tabac souple et frais.Ils partent donc, les garçons, avec chacun une large pelle en bois sur les épaules, le manche de la pelle, comme on dit la-bas : un siau , est enfilé dans l\u2019anse d\u2019une chaudière vide de graisse.De plus, chaque gars emporte dans sa chaudière, pour mettre les \u201cclams\u201d, un large sac roulé sur lui-meme.Les arracheux s\u2019en vont sur les battures découvertes d\u2019eau mais recouvertes de glace et de \u201cfrasis\u201d, glace émiettée.La bourrasque est terrible, la neige tombe à gros flocons poussée par un vent violent qui vient du large ; seuls quelques goélands lancent dans l\u2019air leurs cris plaintifs.Les arracheux s en vont, trébuchant^ et tombant.Ils se relèvent et sont obligés de marcher, le corps penché de cote, a cause du vent qui les tient en flanc, \u2014 un peu comme un voilier qui louvoie.Us sont rendus à un mille sur le rivage, Us arrivent finalement près du large, ou une clairière débarrassée de glace laisse entrevoir une lisiere de grosses roches isolées et sauvagement drapées de varech.Enfin les voila arrives.La mer est basse, crient-ils.\u201cC\u2019est le temps ! \u201d Et les garçons s\u2019éparpillent les uns des autres, et se penchent pour piquer leurs pelles.L\u2019on dirait une volée de canards qui s abat.Mais cette pelle, il ne s\u2019agit pas de l\u2019enfoncer au hasard, pour avoir de bonnes \u201cclams\u201d.II faut planter sa pelle là où, dans la surface durcie par les innombrables marées à travers les âges, se voient des multitudes de petits trous ronds de la grandeur d\u2019un \u201ccinq cents\u201d, lesquels sont toujours rapprochés les uns des autres et groupés en constellations.Disons de suite que plus la mer est basse, et plus on fait le large, plus grosses sont les \u201cclams\u201d, de sorte qu\u2019à l\u2019époque des petites marées, alors que la mer ne baisse pas beaucoup, on ne trouve guère que des \u201cgar-nottes\u201d ou clams invendables.Les jeunes connaissent toutes les conditions requises pour faire une bonne récolte de \u201cclams\u201d, pour en arracher pendant quatre heures, le temps que la mer laisse à découvert la zone des grosses clams, \u201cles niques de clams\u201d comme on dit là-bas.Comme ils sont douze ayant chacun un sac, ils vont donc \u201cemplir\u201d douze sacs à sel, soit 6 siaux par sac, soit 72 siaux.Les garçons ont la capacité voulue, ayant grandi, sains et robustes, au souffle torrifiant du large et dans l\u2019air vif des montagnes.Va sans dire qu\u2019ils ont le tour, car arracher des \u201cclams\u201d est rude corvée, rude pour les bras et les reins et voici comment on procède.D\u2019une poussée du pied et de la jambe, vous enfoncez votre pelle dans le bord de la talle, puis vous secouez votre outil, en imprimant au manche de petites poussées brusques en avant et en arrière, de manière à décoller le bloc compact et lourd de glaise, de gravier et de coquillage.Enfin, d\u2019un effort des deux bras, et des reins aussi, vous soulevez la pelletée et la jetez en la retenant sur le bord du trou.Alors, ô plaisir ! les clams vous apparaissent, ou plutôt les blanches coquilles nuancées de noir et de bleu enclavées dans la glaise, piquées, aussi, dans la paroi de la fosse tout autour.Et à présent, il ne reste plus qu\u2019à décoller à la main, en vous appuyant de l\u2019autre côté sur votre peUe et à les déposer doucement pour ne pas les briser dans votre chaudière.Et voilà ! A mesure que les siaux se remplissent, les arracheurs les portent en arrière, vers quelque grande pierre plate où sont posés les sacs.Là, ils répandent les clams dans une flaque d\u2019eau de mer, eau qui est restée prisonnière dans un creux, lors du baissant.Là, les arracheux lavent les \u201cclams\u201d soigneusement puis les remettent à jointées dans les chaudières pour, enfin, les verser dans les sacs.Le lavage des \u201cclams\u201d, va sans dire, exige qu\u2019on enlève ses mitaines ; alors c\u2019est l\u2019onglée qui pique les doigts, ce qu\u2019on appelle la \u201cbébite\u201d aux doigts, le froid mord les mains dénudées et trempées.On se les réchauffe en les battant, à grands élans des bras, contre les côtes, sous les aisselles.Puis, avec une ardeur nouvelle, on retourne aux pelles, on se remet à piquer, et à revirer la \u201cgrène\u201d.On pique et tout à coup, le chef d\u2019équipe, toujours le plus vieux de la bande, crie \u201cla mer s\u2019en vient\u201d.En effet, la mer s\u2019en vient, elle s\u2019avance vers les roches, sur la vase claire ou le sable fin, sournoisement, elle envahit les trous fraîchement creusés, encercle les pelletées de glaise à côté des trous, faisant autant de minuscules îlots.Déjà, des paquets de mousse et des lambeaux d\u2019écume arrivent aux pieds des gars les plus avancés.La mer s\u2019élance et bondit, comme une folle.On dirait une furie échevelée, dansant une gigue infernale.La tempête sévit comme jamais, le vent est glacial.Perdus dans la tourmente, quelques goélands affolés poussent leurs cris plaintifs qu\u2019on prendrait, à cette heure, pour des cris de détresse et des appels au secours.On se hâte de remplir les derniers siaux, à cause de la mer qui vous poursuit.Il faut procéder à rebours, en revenant sur ses pas, et ne pas flâner ; car ici, à cause de la grève plate et immense, la marée les aurait vite encerclés.Les derniers sacs sont pleins, c\u2019est le temps .Là-bas, dans le brouillard, un attelage s\u2019amène, c\u2019est une sleigh sauvage, traînée par cinq chiens esquimaux qui viennent chercher les \u201cclams\u201d.Un petit homme se voit à l\u2019avant, c\u2019est un Indien montagnais, âgé de 12 ans.Il arrête ses chiens à quelques cents pieds des \u201cclams\u201d, ne pouvant aller plus loin, à cause de la glace coupée à pic.Alors les arracheux, deux par deux, empoignent par les bouts les lourds sacs et les portent jusqu\u2019au bord de la glace coupée à pic sur laquelle ils les déposent à bout de bras.Us montent sur la glace, empilent les sacs dans la sleigh et prennent le chemin de retour.Les douze garçons de Blanc Sablon s\u2019en reviennent fourbus vers la maison, où les attend une bonne \u201ctourtière\u201d au loup-marin dont ils se régaleront.On mange du loup-marin sur la Côte Nord.Les \u201cclams\u201d, en français, moules, sont des mollusques comestibles à coquilles bivales de formes ablongues.Elles font les délices des gourmets.On les apprête de différentes maniérés.Sur la Côte Nord, on en fait de la soupe, des pâtes et, souventes fois, les arracheux les avalent comme ça, toutes crues en les arrachant. LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PA.B.C\u201e et de PAssocïation des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é l : PLateau 9638 * 58e année, No 47 \u2014 Montréal, 12 avril 1947\t3 EN MARGE D'UNE ENQUETE Le Coût de la Vie Chez Nous et Chez nos Voisins A tort ou à raison, on se plaint dans divers milieux des conditions actuelles du coût de la vie en général.On est tenté de faire des comparaisons, de jeter un coup d\u2019oeil sur ce qui se passe à l\u2019étranger, plus particulièrement sur nos voisins les Américains.Des rapports de diverses provenances, recueillis avec plus ou moins d\u2019exactitude, ont donné naissance à des mouvements d\u2019opinions apparemment contradictoires.C\u2019est donc avec l\u2019intention de mettre un peu de lumière sur cet intéressant problème que notre collaboratrice a rédigé l\u2019article ci-dessous, en se basant sur les chiffres d\u2019une enquête conduite, il y a quelque temps.\u2014 N.D.L.R.FRED POIRIER GEO.POIRIER Présidents conjoints JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hulls Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t\u2022 $3.50 Six\tmois\t.2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t\u2022 $5.00 Six\tmois\t.2.50 AU NUMERO: 10 cents HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.QUEL est actuellement le sujet de conversation le plus à la mode chez les maîtresses de maison, jeunes et vieilles ?Ce n'est pas la question des domestiques puisqu'il n'y en a pratiquement plus.Ce n'est pas davantage celle du logement puisque personne ne songe à déménager et que tous ceux qui ont un toit sur la tête se déclarent satisfaits.Sera-ce alors le coût de la vie ?Je crois qu'on peut l'affirmer.On parle beaucoup en ce moment de ce que les aliments coûtent et des fournisseurs chez qui on peut se les procurer.Chacun cite des chiffres, assure qu elle a fait des trouvailles ou qu'elle est en mesure d apporter des renseignements précieux pour l'équilibre du budget familial.Depuis que les déplacements sont plus faciles, bon nombre de nos compatriotes ont pris la route des Etats-Unis, soit pour y passer l'été au bord de la mer ou l'hiver sous un climat plus doux, soit tout simplement pour revoir New-York, ses théâtres et ses magasins.Elles en sopt revenues avec des chiffres qui ont d'abord semblé fantastiques à leurs amies qui les ont soupçonnées de vouloir les épater.Et pourtant, ces voyageuses n'exagéraient rien.Une récente enquête faite par des envoyés de notre gouvernement leur donne raison.Vous allez en juger par vous-même.Les chiffres que nous citerons plus bas sont tous empruntés à cette enquête qui date de la mi-janvier.On a comparé les prix d'une cinquantaine d'articles spécifiques parmi les vivres, l'ameublement et les vêtements.Le lait se vend, à Toronto, 16 cents la pinte et à Détroit, 24 cents la pinte impériale.Le pain qui va de 8 à 11 cents à Winnipeg est 15 cents, le pain de 24 onces, à Minneapolis.Le beurre, 42 à 45 cents la livre à Vancouver, monte de 78 à 86 cents à Seattle.Le fromage, qui se vend à Ottawa 35 cents la livre, coûte 69 cents à Syracuse.Un sac de farine de 24 livres était de 69 à 93 cents dans les villes canadiennes, tandis que nos voisins payaient de $1.65 à $2.13 pour un sac de 25 livres.Un sac de 10 livres de pommes de terre canadiennes valait de 23 à 32 cents et la même quantité de pommes de terre américaines, 29 à 39 cents.Au Canada, la surlonge de bœuf valait de 41 à 54 cents la livre ; aux Etats-Unis de 48 à 79.Le gigot d'agneau canadien coûtait 38 à 51 cents et le gigot américain, 49 à 65 cents.Le saindoux végétal ou shortening se vendait chez nous, en janvier dernier, 17 à 27 cents la livre et 39 à 53 aux Etats-Unis.Sur deux seulement des vingt-cinq denrées alimentaires qui furent comparées, conclut le rapport, les prix américains étaient inférieurs aux prix canadiens, nous voulons parler du café et du cacao.Passons maintenant au chapitre du vêtement.Les chemises de travail pour les hommes se vendaient de $1.50 à $2.00 au Canada et $1.35 à $2.25 aux Etats-Unis.Les jupons-combinaisons de crêpe rayonne au Canada étaient de $2.00 à $3.00 et aux Etats-Unis, de $1.90 à $3.50; les robes de maison, $1.98 à $3.98 au Canada, tandis qu'elles se vendaient de $2.50 à $3.50 de 1 autre côté de la frontière.Pour ce qui est des bas de nylon, cependant, ce sont nos voisins qui remportent l'avantage, les nôtres coûtant $1.75 la paire et les leurs $1.25 à $1.65.Les meubles, les ustensiles de cuisine, la lingerie de maison, tout cela a été l'objet d'une enquête minutieuse.Les chaises de cuisine en bois non peinturé étaient de $1.59 à $3.95 au Canada et de $2.25 à $3.98 aux Etats-Unis ; un mobilier de salle à manger dont le prix, chez nous, variait de $55.00 à $105.00, aux Etats-Unis l'écart était plus grand encore puisqu'il allait de $39.50 à $119.00.Les draps de coton blanc se vendaient au Canada $1.98 à $2.95 pièce; aux Etats-Unis, $2.50 à $3.95.Le prix des casseroles émaillées était chez nous de 57 cents à $1.35 tandis que chez nos voisins elles étaient moins chères puisqu'elles ne coûtaient que de 35 cents à $1.00.On pourrait ainsi continuer à multiplier les exemples car le rapport auquel nous empruntons ces chiffres est long et détaillé.Il n'est pas le fruit de mes expériences personnelles, \u2014 je tiens à insister sur ce point, \u2014 il s'appuie sur des renseignements recueillis par des experts.Depuis que ces chiffres ont été notés, il y a eu, bien entendu, des fluctuations dans les prix.Je ne les ignore pas plus que ceux qui me lisent puisque deux ou trois fois par semaine je pars, munie d'un grand sac à emplettes, de carnets de rationnement.et aussi d'argent, pour faire le marché familial.C'est une occupation qui nous réserve tantôt de bonnes, tantôt de mauvaises surprises, et dont on revient éreintée.Il faut quand même que la vie continue, et si Ton songe aux difficultés qu'éprouvent les ménagères des autres pays, on doit avouer que les Américaines, et plus encore peut-être les Canadiennes, sont des privilégiées du sort.Thérèse FOURNIER \"P*** frHTV > 4?S rn,m# H» ** inn üiitfu MHiiH -Æ( La Promenade det Anglais, à Nice, dans les Alpes-Maritimes.On y respire un air si dégagé d'ennui que l'âme en est comme allégée et rejoint sans peine les hauteurs infinies d où tombent les fils d'or du soleil.Telle est l'impression du voyageur.SUR LE RHONE.CE CHEMIN QUI CHEMINE Une vue de Saint-Tropez montrant le port.Endroit universellement connu des villégiateurs.Pays de lumière, de beauté et de parfum dont les décors enchanteurs sont souvent évoqués dans les romans.î*fei»ur-rÇ< EN PROVENCE Par MAURICE BEDEL (Exclusif ou \"SAMEDI\") PAR UNE LARGE avenue de couleurs et de parfums la France accède à ses jardins du Midi, a ses vergers du pays d\u2019Avignon, à ses bosquets de mimosa des côtes de 1 Esterel, a ses orangers de Menton.La vallée du Rhône est une des plus nobles voies de beauté qu\u2019un fleuve se soit jamais frayées à travers monts et plaines pour aller célébrer ses noces avec la mer.Le voyez-vous ce fougueux, impatient de rejoindre sa fiancée d\u2019azur ?Il vient de loin, U vient de la Furka, il a passe par Brieg et par Viap, par Sion où il a découvert la vigne, par les monts du Valais qui 1 ont souillé des boues de leurs torrents ; il a pris un bain dans le Léman pour se faire beau avant de pénétrer en France, puis, de détour en détour, de coude en coude, il a trouvé à Lyon la ligne droite de ses amours : plus rien ne le retardera dans sa hate de découvrir le soleil de la Provence.La porte d\u2019entrée de cette province dédiée à la lumière est un arc de triomphe.Passez sous l\u2019arc d\u2019Orange dont les trois arcades s\u2019ouvrent à toutes les promesses d\u2019un ciel sans nuages ; laissez derrière vous le Nord et ses brouillards, dites adieu à la mélancolie des jours gris, des heures incolores.Franchissez l\u2019arc d\u2019Orange, et vous voilà libérés de toute mélancolie, de tout spleen insidieux et perfide.C\u2019est que vous avez pénétré au pays de la cigale chantante et du clair olivier ; c\u2019est que vous avez devant vous le royaume de l\u2019azur.Dès lors, tout vous sera lumineux à entendement : vos idées auront ces airs d\u2019étincelles vagabondes qu\u2019on voit aux lucioles des olivettes de Grasse ; votre mémoire ne sera plus ouverte qu\u2019à des souvenirs auréolés de joie ; vous devenez la demeure de cet hôte difficile à saisir et encore plus à retenir : le plaisir de vivre.»» '*\u2022>' \u2022 \u2022X\u2019 ^ ; ~T~ «A- j J' ,\t.\t\u2014 \u2014-&-*.-**\tj irci.cuiiaidiüjciiiiee ave le cypres, 1 olivier et le roseau : c\u2019est entrer en amitié avec ceux qi furent les familiers de Pindare et de Théocrite, d\u2019Horace et de Vir gile, cest se mettre en état de grâce pour saisir ce qu\u2019il y eut d noble, de pur et, pour tout dire, de divin dans la poésie antique don les rythmes se sont à jamais inscrits dans le rythme même de notr existence Maillanne n\u2019est pas loin de Là, où Mistral chanta les amour de Mireille, et non plus la fontaine de Vaucluse où Pétrarque corn posa ses sonnets en l\u2019honneur de Laure.Il faut aller par ces cam pagnes dont les jardins étroits produisent de frais légumes et de fruits de primeur en des mois de l\u2019année où les neiges couvrent en core une partie de l\u2019Europe.On y respire un air si dégagé d\u2019ennu ?nUffn T en, eSLC0Tle.,allégée et rei°int sans peine les hauteur infinies d ou tombent les fils d\u2019or du soleil.Et le même air vous passe sur les lèvres quand vous allez par le rues de ces villes dont le nom seul évoque un je ne sais quoi qu Arks aUpen itasUcTr ^ V\t: Avignon\u2019 Barbentane, Tarascon des.Petits cafes a 1 ombre des platanes, on voudrait célébré: en de courts poemes epigrammatiques les habitués de vos terrasses \u2022 rrùwT Vfiap\u20acUrs danis qui s\u2019élèvent de leurs verres, les buveur dent les fines malices de leurs propos ; l\u2019heure coule lentement ai fi des minutes, aussi lentement que les eaux du Léthé, fleuve de l\u2019ou-q Caf,es de Tarascon, cafes de Naples, cafés de Sparte cafés d< Smyrne c'est tout un : à la vérité, une civilisation de lobirs d d! ouce philosophie s épanouit devant le marbre ou le fer de leur guéridons, dermere survivance des âges où l\u2019homme ignorait le temv marque par les horloges.S\u2019il est encore en Europe quelques oasts £ chercher\"116\" 6t *\tC\u20196St de \u201c «*-*'£* ££ Callt rr en le tressant, la chanson aux lèvres Leur dém! iTmf U1 lls 0nt leurs gestes ont la grâce légère oui sied demarche est une danse dans l\u2019amitié des lézards Hoc\tn ce,s en^ants du soleil élevés ™.t.iniToS SE?« **, E.les fille, Deaute\t[ Lire la suite page 38 1 «.7,\".',' \" '\u2019°'\"\t\u2019'* S°\"\"1\t\"* Xlpes-Maritln,,,.CW 11 .\u2014¦ *.4- \u2014.\u2022rzzïjsz I «v T- Les quatre prlncipaui personnoqes de la distribution de \"The Best Year» at Our Lives\", qui vient d'é're prim* à Hollywood.De qauche * droite : DANA ANDREW, TERESA WRIGHT, MYRNA LOY et FREDERIC MARCH, titulaire d'un Oscar.\" THE BEST YEARS OF OUR LIVES \u2022\u2022 Le film que Ci-dessous, FRED, n'ayant pu rejoindre sa femme, d'ailleurs impossible à trouver, accepta l'invitation des Stephen et alla coucher ches eux.Dans la nuit il eut un cauchemar et ses cris attirèrent la douce présence de PEGGY STEPHEN.FRED et PEGGY se revirent par hasard, un hasard un peu travaillé par Peggy.On en profita pour déjeuner ensemble et Fred ne put s'empêcher de faire la comparaison entre la douce, l'ingénue Peggy et sa jeune femme Marie si mondaine.jm.: - W- ¦ \u2014 ¦ mm mmr Peu de temps après, FRED qui avait un modeste emploi dans une pharmacie, perd sa situation pour s'être porté à la rescousse de son copain HOMER, lequel venait d'avoir une vive altercation avec un client qui avait émis des idées subversives.:riptions pli t fâ ¦ r h %* B7r!\"- H0^ER PARRISH (Harold Russell) : un aviateur.FRED Le premier soir de l'arrivée, AL.son épouse MILLY (Myrna DERRY (Dana Andrews) et un serqent d'infanterie, AL STEPHENSON\tLoy) et sa fille PEGGY (Teresa Wright) décident de se .,P\t.°rC(, ' *ou$ *r°l$ originaires de lo même ville, se lient\tpayer du bon temps dans une boîte de nuit.Par un heureux amitié dans I avion qui les ramène au pays, la guerre terminée.hasard, il arrive que les trois vétérans amis s'y retrouvent.vient de couronner Hollywood (Production RKO Radio Pictures) Finalement FRED retrouva sa toute jeune femme MARIE (Virginia Mayo) que le travail dans une boîte de nuit avait gâtée durant son absence.L'accueil de cette dernière ne fut pas très chaleureux et laissai) même entrevoir un avenir douteux, comme le démontre la suite de cette histoire.w %\t* ¦ v4> .\\ : Le temps passe et AL, le père de PEGGY, qui a repris son poste à la banque, est contrarié de la façon dont les vétérans sont accueillis.Son humeur s'assombrit davantage quand Peggy lui apprend qu'elle aime Fred et qu\u2019elle entend l'épouser en dépit de tous les obstacles.irisi Le malheureux HOMER croyant que WILMA avait plus de sympathie que d'amour à cause de son infirmité, avait décidé de se retirer, mais cette dernière le rendit heureux en lui témoignant un réel sentiment d'amour et son intention de l'épouser dans le plus bref délai possible.Pendant ce temps, HOMER se rend compte que son Infirmité, causée par l'action militaire, provoque une très vive sympathie plutôt que de l'amour chez sa bonne amie WILMA (Cathy O'Donnell).Il avait remarqué la même chose chez ses parents.Sans farder, AL s'arrange pour avoir un entrefien avec FRED.Les frères d'armes s'animent quand Al attaque le sujet de sa fille pour signifier à Fred de ne plus songer à son impossible amour pour Peggy.Fred dût enfin consentir.% ,¦# Au mariage d'Homer, Fred et Peggy assistèrent en garçon et fille d'honneur.Fred, ayant trouvé une situation plus lucrative et se trouvant à tout jamais libéré de l'ingrate et infidèle Marie, apprend d'AI qu'il peut enfin épouser sa fille ! miMîM1\" IHliill.îHH\u2019 : üi!:: i!\" , i,,iuraag îiÜUÎÜÏSiüKîi aiiiawâKî iiiljr \u2022Mllflj I* lit .La salle des pas perdus du Grand Terminal de New-York.De proportions immenses, et souterraine, cette gare où se ramifient tant de trains et de métros semblent être la concrétisation des romans les plus fantastiques de H.-G.Wells.Premier contact avec la métropole pour nombre de Canadiens français.'\u2022 \u201d H» 4> : I il ¦iumr Au pied du fantastique R.C.A.Building, au cœur même de Rockefeller Center, des millions de visiteurs venant du monde entier ont pu contempler ce jeu d'eau inspiré de la mythologie grecque.Le motif de décoration, en effet, est une évocation de Prométhée.Ici la terre est rare et c'est pourquoi les plantes et le gazon sont dans des boîtes de terre, comme décorations très agréables.Midtown, où se trouvent les buildings les plus élevés de New-York.Cette théorie de gratte-ciels donne une idée parfaite de la sensation de vertige qu'on éprouve en visitant la métropole américaine.A droite, on reconnaît aisément le fameux Chrysler building, l'un des plus modernes qui soient au monde, et le deuxième par la hauteur.NIGHT VIEW \"RADIO CITY «V ' ¦ ** \u2022 V w » f >\u2022 « « IS M NEW-YORK C\u2019est devenu une coutume pour nombre de Canadiens français de passer les vacances de Pâques dans la métropole américaine.On a vu cette année que les journaux annonçaient des excursions à tarif réduit, comprenant déplacements, hôtels, restaurants, voire même amusements.Par ailleurs, nombreux sont les gens qui, ayant le bonheur d\u2019être propriétaires d\u2019automobiles, entreprennent, selon leurs propres plans, le voyage traditionnel.Cette visite dans l\u2019étourdissante ville de New-York se justifie amplement par les merveilles qu\u2019elle contient : musée, concerts, spectacles, monuments, bibliothèques et quoi encore.Et puis, il ne faut pas oublier la traditionnelle promenade du matin de Pâques, aimable et charmant prétexte pour l\u2019élégance qui s\u2019épanouit comme la saison nouvelle.Le mot traditionnel n\u2019est pas trop fort puisque la coutume date au moins de soixante-quatorze ans ! A l\u2019intention de ceux qui n\u2019iront pas cette année, nous publions ces photos de la ville en guise d\u2019avant-goût pour l\u2019an prochain .ou avant, nous le souhaitons ! Photos Ewing Galloway Il semble bien que l'expression la plus typiquement américaine de l'architecture contemporaine pourrait se résumer dans cette réalisation audacieuse qu'est le célèbre Rockefeller Center dont on a ici une vue d\u2019ensemble.C'est une ville dans la ville, pourrait-on dire, et c'est là que se trouve la fameuse Radio-City.\u2014 Ci-dessous, une vue de Broadway, prise la nuit, de Times Square, plus précisément.Au premier plan, à gauche, le fameux cinéma Paramount.Plus loin, l\u2019ancien Hôtel Astoria.L'endroit le plus achalandé.Ci-dessus, la statue de la Liberté, don du peuple français à la république voisine.Cette statue est aujourd'hui considérée comme le symbole parfait de la Terre Promise moderne aux yeux des sans patrie d\u2019Europe qui peuvent y avoir légalement accès.\u2014 Ci-dessous, le pont de Brooklyn, si familier aux touristes canadiens-français.Il enjambe la East River et son érection commença en 1883 pour se terminer en 1903.Ce fut longtemps le pont suspendu le plus long du monde.A l\u2019extrême droite, le magnifique édifice Woolworth.HMWU- 11\t1 j1 À\t '\"ÈL.\\ Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 M.EUGENE LAPOINTE UN VIOLON D'INGRES ORIGINAL Les poissons exotiques Par GASPARD ST-ONGE Mme A.LATULIPPE UN passe-temps particulièrement agréable est en voie de devenir très populaire en notre Canada français, surtout à Montréal et dans les environs.Ce passe-temps, c\u2019est l\u2019élevage des poissons exotiques.Le sujet est d\u2019autant plus intéressant, à nos yeux, qu\u2019au point de vue éducatif, on lui attribue une haute valeur, notamment dans les universités et autres maisons d\u2019enseignements, lesquelles sont pourvues de classes consacrées à cet effet où l\u2019on trouve des aquariums servant à illustrer les cours sur la vie des poissons exotiques, de même que sur les plantes aquatiques.Du reste, on a peut-être eu l\u2019occasion de remarquer que plusieurs médecins comptent sur la présence d\u2019un bel aquarium pour diminuer la tension nerveuse chez leurs patients.Ces considérations et bien d\u2019autres encore nous incitent à relater les diverses impressions qui se dégagent d\u2019une visite chez un amateur de poissons tropicaux.M.E.Labonte, un amateur féru, doublé d\u2019un connaisseur averti,, nous reçoit avec affabilité pour nous faire visiter ses trésors.Avec empressement, il nous fait passer dans une pièce ingénieusement aménagée à cette fin.Dix magnifiques aquariums dont les capacités respectives varient de 10 à 50 gallons sont disposés avec goût.Instinctivement, nos regards se posent sur l\u2019un des plus imposants, lequel, appelé aquarium de \u201ccommunauté\u201d, contient les plus beaux spécimens.Une idée d abord du paysage marin qui se compose de plantes aquatiques variées comme les cryptecorynes willisi, les cordatas et les griffitis, sans oublier un magnifique apeno-geton crispum, plusieurs beaux amazones, des sagittaires géants, du trèfle aquatique et, comme arrière-plan, un rang de vallisnaires.Dans cette flore évolue une foule de poissons tropicaux tels le pterophyllum scalare, de beaux helcetomas temminockis dont la particularité est de s\u2019embrasser.Que dire aussi de cette beauté authentique que # &Èbs.SÜfl V , .- \"X * * V* îmtm » \u2022 ma * * ï * J.- -.» Vs ÎSi Ci-dessus, un paysage de France tout empreint de charme et de beauté.L'étang bordé d'une rangée d'arbres d'une parfaite symétrie n'est pas sans nous rappeler la précision et l'aspect géométrique des jardins français.\tPhoto S./.F., Ottawa.Voici un autre phénomène qui est digne de mention.Une brebis de San Antonio, Texas, vient de mettre bas trois agnelets normalement constitués et tout à fait visibles.L'heureux propriétaire de ce trésor, car c'en est un, véritablement, s'est empressé de déposer les trois nouveaux arrivants dans un panier rempli de paille.Sous l'œil vigilant de leur mère qui paraît elle-même étonnée du phénomène, les trois petits contemplent le photographe qui fut assex heureux de les croquer à votre intention.\u2014 Ci-dessous, le dernier mot en fait d'avion commercial.C'est le Marathon air-liner, de fabrication anglaise, et mû par la double propulsion à jets et à explosion.Ce nouveau type d'avion doit incessamment entrer en service sur les lignes anglaises d'Europe, en attendant les autres.Voici quatre petits êtres tout grouillants qui ont bien l'intention de ne pas vouloir quitter ce monde.Ce sont, de gauche à droite, pour les nommer par leurs petits noms : Tommy, Donald, Bruce et Joan, tous nés le même jour, de la même mère, il y a quelque trois mois à Baltimore.Ce n'est pas un record comme celui de nos jumelles Dionne, mais le fait nous a paru digne de le mentionner.Ci-dessus, une expérience des plus récentes en ce qui a trait à l'enseignement de la chirurgie vient d'avoir lieu à Baltimore, aux Etats-Unis.Un groupe de chirurgiens et de docteurs de l'institut médical Hopkins de l'endroit suivent dans toutes ses phases une opération-type grâce au truchement de la télévision.Où s'arrêtera le progrès ? 10 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 Claire était divorcée depuis trois ans quand vint a guerre.De loin, elle n\u2019avait jamais cessé de suivre les étapes de la vie de Robert Frémont, son ex-mari, car elle n\u2019avait jamais cessé de l\u2019aimer.Lui aussi 1 avait aimée, jusqu\u2019au jour où une femme aux yeux hardis avait mis en lui une passion violente qui 1 avait arraché à son foyer.INCONNUE jfcife 'JL MP1» , « Nous n\u2019avons pas d\u2019enfants .Claire refera sa vie », s\u2019était-il dit pour apaiser de fugitifs remords.Elle n avait pas refait sa vie et ne la referait jamais, car elle était de celles qui se donnent sans retour.Et Robert demeurerait son unique amour.Elle avait été contrainte au divorce, mais aucune loi ne pouvait l\u2019empêcher de continuer à l\u2019appeler tout bas son époux.Elle avait appris le remariage de Robert, puis une maladie qu il avait faite au cours du dernier automne et elle eût donné toute sa vie pour qu\u2019il lui fût permis de veiller à son chevet.Elle connut enfin le départ de Frémont pour la guerre et, dès lors, elle trembla jour et nuit pour l\u2019absent.Nouvelle par ANNE-MARIE DELORD-TESTA Quand s\u2019annonça le rude hiver de la « drôle de guerre », elle pleura en songeant à la tranchée où il subissait les intempéries.Alors, une idée lui vint qui emplit son cœur d\u2019une joie salvatrice.Elle se mit à tricoter fébrilement de chauds lainages et à confectionner de succulents pâtés.Bientôt, le tout fut réuni en un colis fort alléchant qui partit à l\u2019adresse du sergent Frémont, dont elle avait réussi à connaître le secteur postal.Cet envoi d\u2019une marraine inconnue surprit fort le destinataire.\u2014 Pas d\u2019erreur, c\u2019est bien pour moi ! constata-t-il, en vérifiant pour la troisième fois l\u2019adresse inscrite en gros caractères sur la toile d\u2019emballage.Et prenant à témoin l\u2019un de ses camarades : \u2014 Il ne manque pourtant pas de copains qui n\u2019ont pas de famille comme toi, vieux.Moi, j\u2019ai une femme.Il faut dire qu\u2019elle ne m\u2019a pas beaucoup gâté jusqu\u2019ici.Mais cette marraine, qui me tombe du ciel, n\u2019en sait absolument rien.Comme pour demander pardon à l\u2019épouse lointaine du reproche qu\u2019il venait de formuler à son adresse, il tira de son portefeuille une photographie, la contempla un instant, puis la tendit à son interlocuteur.\u2014 Tu ne dois pas t\u2019embêter le dimanche ?apprécia le « poilu » en appuyant sur le portrait un regard admiratif.Robert sourit, flatté, et oublia, une fois de plus, qu\u2019auprès de cette trop belle épouse il n\u2019était pas le plus heureux des hommes.A dater de ce jour, il reçut de sa « marraine » un colis chaque semaine et il s\u2019émerveilla de ce qu\u2019elle prévint si merveilleusement ses moindres désirs.\u2014 Comment a-t-elle pu deviner que j\u2019aime les cigarettes turques et que je raffole des ananas ?se demandait-il, attendri.Il adressait à l\u2019inconnue des lettres chargées de gratitude et se plaignait de ce qu\u2019elle ne lui écrivit point.La missive vint enfin.Mais ou moment où Frémont allait la décacheter, il eut la sensation brutale d\u2019un coup de faux dans les jambes et tomba sur le sol durci de la tranchée.Il ne perdit connaissance qu\u2019au moment où les brancardiers l\u2019emportèrent.De son passage dans une ambulance du front et de son transfert dans un hôpital [ Lire la suite page 36 ] \"J'ai appris, Robert ! Alors, je suis venue.J'ai résisté quelque temps, mais je n'y tenais plus ! Ne crains rien, je vais repartir .Je sais que je n'ai plus le droit.\" Dessin de JEAN MILLET 4666 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 mt:* il LE MONDE SPORTIF Par OSCAR MAJOR BARBARA ANN SCOTT.FEE CANADIENNE DE LA GLACE Blonde, rieuse et fraîche, Barbara Ann Scott est la première patineuse du monde amateur de patinage de fantaisie.Qui ne connaît cette fée de la glace, cet être aérien, fait de souplesse et de grâce, Ann, dont pai'e l\u2019univers entier, depuis un mois, et qu\u2019applaudissent tous les pays, les uns après les autres ?Qu'a-t-elle à envier aux oiseaux qui planent dans les airs, aux cygnes merveilleux qui glissent sur les lacs ?La glace ne lui offre-t-elle pas son miroir qu\u2019elle frôle à peine ?Ses bras n\u2019ont ils pas les mouvements souples des ailes ?Barbara Ann Scott est incomparable, chez les patineurs amateurs, dans l\u2019exécution des figures et des dames acrobatiques qui constituent le programme du patinage artistique.C\u2019est de l\u2019art, assurément, mais c\u2019est du sport aussi, et qui exige un entraînement sévère et attentif.La force de ¦propagande pour le Canada que porte en elle cette spécialiste remarquable du patin n\u2019est pas douteuse et il y a lieu de nous réjouir que l\u2019Etat l\u2019ait officiellement reconnue.Elle a appris à patiner à Ottawa alors même qu\u2019elle faisait ses premiers pas.Il était naturel qu\u2019Ottawa produisit cette merveille du patin, comme elle a produit un grand nombre de joueurs de hockey de la N.H.L.Dans sa petite tête une idée a germé : \u201cJe veux dompter la glace.\u201d Envie d\u2019enfant gâtée, rêve irréalisable ?Non point.Ann Scott a vaincu l\u2019immensité glacée.Il n\u2019est pas de concours ou de championnat qu\u2019elle n\u2019ait remporté : championnat du Canada, championnat d\u2019Europe et championnat du monde.Simple, gentille, aimable, elle fait de par le monde sa moisson de lauriers.Son père, colonel de l\u2019armée canadienne, décédé l'an dernier, eût aimé être témoin de toute cette gloire.Dieu ne l\u2019a pas voulu !.Lorsque vous demandez à Ann, 18 ans, quel est, en dehors du patinage de fantaisie, le sport qu\u2019e\u2019le préfère, elle vous répond avec un doux sourire : \u201cLa pêche à la truite ! \u201d Nul plus que nous n\u2019admirons la gracieuse patineuse Barbara Ann Scott, et nous nous réjouissons de ses succès renouvelés.Dans deux ans, elle gagnera près de $100,000 par année, si les accidents ne viennent pas contrecarrer ses desseins.Ça n\u2019est pas seulement une grande sportive, mais aussi une artiste.Quand on l\u2019a surnommée la Fée canadienne de la glace, on a exprimé poétiquement un sentiment tout à fait juste.Mais ce qui nous chagrine un peu, c\u2019est de voir que, depuis la retraite \u2014 prématurée à notre sens \u2014 de Mlle Suzanne Thouin, de Montréal, nous n\u2019avons plus dans notre province de patineuses canadiennes-françaises de renom.Nous nous en voudrions de faire une peine, même légère, à qui que ce soit, mais les nôtres ne s avèrent pas capables d'inquiéter les prestigieuses patineuses anglaises et américaines.Peut-être la raison de cette carence est-elle assez facile à expliquer.Les patineuses canadiennes-françaises ne manquent ni de qualité athlétique, ni de grâce, mais elles répugnent à un entraînement suivi.De plus, vous n\u2019ignorez pas que, dans le patinage de fantaisie sur glace, comme dans tout autre sport, on n\u2019obtient rien sans se plier aux règles très sévères d\u2019un entrainement rigoureux.Oui, cela doit être la raison, et nous le regrettons.Saviez-vous qu'il en avait coûté près de $6,000 par année aux parents de Barbara Ann Scott pour que la Fée de la glace s\u2019adonnât sérieusement à son sport favori ?Connaissez-vous des parents canadiens-fran-çais qui sont prêts à dépenser une somme analogue pour que leur fille de 17, 18 ou 19 ans devienne championne du monde du patinage de fantaisie ?Non, n est-ce pas ?Nous, non plus.QUAND ON GAGNE ET QUAND ON PERD Quand une équipe d\u2019athlètes professionnels de premier plan remporte quelques beaux succès de suite, elle nç rencontre autour d\u2019elle que sourires, flatteries et amabilités de toutes sortes.Les amis, à ce moment, sont nombreux.Les mains se tendent.On félicite avec joie.On accompagne joueurs et dirigeants.La famille s\u2019est agrandie, elle est enthousiaste.C\u2019est le paradis.ou presque.\u201cAlors, dit un habitué des billets de saison, nous gagnerons le championnat de l\u2019univers ! \u201d Les dirigeants ne répondent pas.Ils savent qu\u2019une équipe de hockey n\u2019a rien de commun avec une machine automatique.Ils sont heureux, certes, mais ils craignent toujours que ça ne dure pas.Les blessures, la maladie ou la baisse de forme se produisent si vite et sans prévenir, qu\u2019il faut toujours craindre leur arrivée inopportune.Et, en effet, si l\u2019équipe subit des échecs notoires qui l\u2019éliminent de la course au championnat mondial, d\u2019une manière inattendue, la situation change nettement.Après la défaite, lorsque les joueurs quittent la patinoire, ils sont seuls ou presque.Ils s\u2019en vont en pensant qu\u2019ils auraient pu mieux faire, si ceci, si cela .Et ils sont surpris de ne pas voir autour d\u2019eux ceux qui les attendaient à la porte avant la défaite.Les adversaires, tout joyeux de leur victoire, sont déjà partis.Car il est évident, c\u2019est prouvé, qu\u2019on est plus vite sorti du vestiaire, lorsqu\u2019on est vainqueur.Si quelques personnalités sportives sont encore là (quelquefois les discussions se prolongent), elles vous abordent et, d\u2019un air c mpassé, comme au cimetière, vous disent : \u201cAlors, quoi, ça ne va plus ?C\u2019est une malchance.Si Richard n\u2019avait pas manqué un \u201cfilet ouvert\u201d, on aurait gagné la joute ! C\u2019est bien embêtant, je viens de perdre un cent dollars sur vos chances ! Le lendemain, les joueurs lisent les journaux et constatent, avec amertume, que les critiques pleuvent drues sur leur échine.Ils devraient en tirer des enseignements et y acquérir une bonne dose de philosophie.Malgré leur air détaché, ils sont froissés et vexés.Cette volée de bois vert les indispose.Ils pensent, aussi, au montant d\u2019argent qu\u2019ils perdent en ne gagnant pas la série.Toute la semaine, comme par hasard, les joueurs rencontrent des figures de connaissance qui les plaignent.veulent les consoler, et ne réussissent qu\u2019à les mettre en colère Les joueurs ne veulent pas faire voir qu\u2019ils aimeraient mieux parler d\u2019autre chose, ils sourient et répondent : \u201cOn se reverra, tout n\u2019est pas fini, il y a une autre joute, samedi soir, où nous aurons la chance de leur remettre le change.\u201d Mais les joueurs pensent : \u201cQuand on gagne, on est bien fin, mais quand on perd, on l\u2019est beaucoup moins, avec un trop grand nombre de gens ! \u201d NOTRE COUVERTURE Barbara Ann Scott, championne du patinage de fantaisie et sa mère, Mme Clyde-R.Scott, Cette très remarquable photo fut prise par le jeune Gabriel Desmarais, de Montréal.JOE DIMAGGIO, le célèbre voltigeur des Yankees de New-York, est, certes, entre bonnes mains, à sa sortie de l'hôpital Johns Hopkins, de Baltimore, où les médecins lui firent une greffe au talon gauche.Le divin guérisseur permettra-t-il au redoutable cogneur des Yankees de retrouver sa forme d'antan ?Larry McPhail et ses millions de supporteurs lui devront une fière chandelle ! Un partisan revient à la charge : \u201cDites donc, Maurice, vous n\u2019auriez pas deux billets pour samedi soir ?J\u2019aimerais à amener ma blonde ! \u201d \u2014 Ça y est, dit le meilleur compteur du hockey majeur.Lui et sa blonde, ils espèrent encore assister à notre défaite !.DEUX CAS D'ENDURANCE EXTRAORDINAIRE Au cours de sa carrière d\u2019athlète, le combat le plus rude auquel \u201cNewsy\u201d Lalonde, l\u2019un des plus grands athlètes de tout temps, participa, fut disputé entre les clubs de hockey Canadiens et les \u201cBull Dogs\u201d de Québec, il y a eu 35 ans, cet hiver.Lalonde était alors le pivot des Canadiens et le système de sept joueurs était en vogue, le club Tricolore n\u2019ayant que deux substituts.Les parties avec périodes supplémentaires étaient donc une corvée pour les réguliers.Ce match mémorable dura 58 minutes de période additionnelle.Newsy et feu Didier Pitre, ayant joué 118 minutes, pouvaient à peine se tenir debout.Didier Pite s\u2019écrasa sur la glace et demanda à manger, avant la fin de la joute.Il envoya chercher des sandwiches et du café au restaurant du coin.La joute fut retardée pour permettre à Didier de prendre son petit lunch.Les Canadiens luttèrent courageusement aux attaques furieuses de leurs adversaires Le joueur de défense Joe Hall, victime de 1\u2019influenza en 1919, compta le point décisif du Québec, deux minutes avant la fin de la deuxième période de 30 minutes de temps supplémentaire, le pointage final étant de 6 à 5 pour les \u201cBull Dogs\u201d.Les joueurs du Canadien durent se traîner ou presque pour se rendre à leur vestiaire.On eut recours à des stimulants pour faire reprendre leurs forces normales.On a déjà publié le récit d\u2019exploits sportifs des plus originaux, des cas typiques d\u2019endurance à la marche.Tout n\u2019est pas rose dans la vie d\u2019un marcheur qui, par exemple, réalise sans arrêt un trajet de 100 milles en 24 heures.Mais voici une prouesse sportive qui bat quatre as : Le fakir hindou Bhumi a marché nu-pieds, pendant 24 heures consécutives, sur un sentier semé de clous, à l\u2019entrée du Temple hindou de Puri, aux Indes Si ce fakir vit de la charité publique et passe sa vie sans travailler, à coucher à la belle étoile, il a de plus établi un record mondial de la marche que Ton peut classer dans la catégorie qui semblera la moins propre à quelque chose . 12 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 - __\u2014 lwb*t.Sans savoir pourquoi, Jack Desly eut l'impression que Sanchez posait une question muette.Il se retourna vers le vieillard, qui se trouvait légèrement en retrait.Dessin de JEAN MILLET LA DERNIÈRE AVENTURE DE JACK DESLY I \u2014 JEUX DE PLAGE Jack Desly ouvrit la porte-fenêtre et s\u2019avança sur le balcon.Le soleil était éclatant et faisait miroiter la mer calme.Dans la chambre, derrière lui, Gladys Smith donnait des ordres à Nan-Dhuoc, leur domestique annamite qui s\u2019affairait pour l\u2019aider à ranger les tiroirs.Le couple était arrivé le matin même, par la route, venant de Paris.Une fantaisie de Jack.Passer deux mois à Hendaye, juste en face de l\u2019Espagne.Il aspira profondément l\u2019air marin : \u2014 Eh bien ! on y est.Amusant comme sensation de penser que cette montagne, là-bas, c\u2019est déjà un autre pays.Gladys releva la tête, sourit et vint le rejoindre.Il désigna le mont Jaizkibel, dernier contrefort des Pyrénées qui s\u2019abaisse vers la mer jusqu\u2019à ce qu\u2019il y plonge, au cap du Figuier.\u2014 On dirait un fjord de Norvège .remarqua -t-elle.Cette hauteur couverte d\u2019une forêt de sapins vert sombre.Puis ces flancs de roche dénudée, lavés continuellement par l\u2019assaut des vagues.\u2014 Pour le moment, la mer est plate, dit-il.Mais les tempêtes ne doivent pas être pour rire, ici.Leurs regards firent le tour de l\u2019horizon.Laissant sur la gauche la montagne espagnole, ils admirèrent, à droite, les rochers tourmentés des Deux-Jumeaux.Puis Jack fit un mouvement de tête vers le Casino, en face de l\u2019hôtel.RÉCIT POLICIER Par CLAUDE ASCAIN \u2014 Cette construction donne un avant-goût du style espagnol-arabe.On dirait un castel.Des tours, des créneaux .Il prit une nouvelle bouffée d\u2019air et murmura : \u2014 Ah ! ça fait du bien .Ça nous change de Paris surchauffé.Au diable les soucis.Et avec eux, Arthème Ladon .Nan-Dhuoc qui s\u2019était approché pour annoncer que tout était prêt fit une grimace en entendant le nom de l\u2019inspecteur de la Sûreté et glapit de sa petite voix aigre : \u2014 Oui, maître .Ladon au diable .Et moi bien heureux, si lui toujours rester en enfer.Jack haussa les épaules et ouvrit son étui à cigarettes : \u2014 Bah !.Tu sais bien, Nan-Dhuoc, que dans ce petit jeu de cache-cache qui dure depuis des années, avec Arthème Ladon, c\u2019est toujours nous qui avons gagné.Nous représentons une bonne et solide association .Et avant que ce brave policier ait pu amonceler quelque chose contre nous, je crois que j\u2019aurai une barbe grise .\u2014 Allons, Jack, reprocha Gladys, il avait été convenu que nous ne parlerions pas de nos occupations habituelles, à partir du moment où l\u2019auto aurait démarré, et à peine ici, tu.\u2014 C\u2019est vrai, fit-il dans un sourire ; à l\u2019amende pour moi!.Je t\u2019achèterai un beau bijou à notre première excursion à Biarritz ou à Bayonne.Et maintenant, en vitesse.Le maillot de bain est de rigueur.La marée accourt.Qui se trempera le premier ?Nan-Dhuoc fila vers l\u2019aile du palace réservée aux domestiques.Il était fort stylé.Il n\u2019oubliait pas le rôle qui lui était dévolu.Il restait le valet de chambre .\u2014 Je suis un peu fatiguée, déclara Gladys.J\u2019aime mieux me reposer jusqu\u2019à midi.Mais que cela ne te gêne pas, mon Jacky.Déjà enveloppé d\u2019un peignoir, Desly lui rendit son baiser et disparut.Elle le vit, bientôt, traverser le boulevard et sauter lestement par-dessus le petit mur de la digue, courant dans le sable fin.Des cris de joie, des conversations, des éclaboussements, des appels, des culbutes, des rires, d es aboiements de chiens.L\u2019heure du bain à marée haute.Les vagues paresseuses déferlaient lentement comme à regret.Jack entra résolument dans l\u2019eau et dès qu\u2019il se sentit immergé jusqu\u2019à la taille, se mit à nager vers le large.Il s\u2019en allait d\u2019une brassée puissante et harmonieuse, attaquant des deux bras tour à tour, et laissant derrière lui, sous le battement rythmé de ses jambes, une tramée d\u2019écume.Un barbotteur, sur la plage le désigna et murmura à sa compagne : Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 13 \u2014 Regarde, ma petite.Ça c\u2019est du crawl.Et comment ! Jack éprouvait une sensation d\u2019ivresse à fendre ainsi le flot.Après environ cinq à six cents mètres, il s\u2019arrêta, se retourna, et debout, dans l\u2019eau, se maintint aisément par quelques mouvements arrondis des bras.La plage était aveuglante sous le soleil et l\u2019eau étincelait.Au fond, très loin, la masse bleuâtre des Trois-Couronnes, puis, par étages, d\u2019autres montagnes majestueuses.Le décor était admirable .Jack songea qu\u2019il valait et au delà celui de la Côte d\u2019Azur qu\u2019il avait toujours cru inégalable .Il se remit à nager vers la grève.Un groupe de jeunes gens et jeunes filles jouaient au ballon nautique.Jack arriva près d\u2019eux, et, sans façons, se mêla À leurs ébats.On l\u2019accueillit avec sympathie ; on avait eu le temps d\u2019admirer ses talents de triton.A la mer, les relations se nouent avec une remarquable facilité, quitte à se défaire aussi rapidement, une fois rentré dans ses quartiers d\u2019hiver.Dix minutes plus tard, Jack était le héros de la bande : il lançait le ballon plus loin, plus fort et plus adroitement que n\u2019importe qui.Le groupe revint sur le sable.Tout le monde était doré par le soleil, même Jack qui avait eu le temps de se brunir, en Marne, lors de ses promenades en canoë, aux abords de sa villa de La Varenne.Une conversation à bâtons rompus s\u2019engagea.Soudain, un ronflement de moteur emplit l'espace et Jack, instinctivement, regarda le ciel, s\u2019abritant les yeux sous la main en abat-jour.\u2014 Non, fit une jeune fille, ce n\u2019est pas un avion.C\u2019est le canot automobile de M.Livingmere.Jack, alors, regarda vers l\u2019horizon.Les jeunes gens se mirent à rire.\u2014 Vous ne verrez pas davantage au large.Il tourne dans la baie de Chingoudi.Il sort toujours à marée haute .Jack n\u2019ignorait pas la particularité de la plage d\u2019Hendaye qui consiste en une langue de terre s\u2019arrondissant entre la baie de Chingoudi \u2014 embouchure de la Bidassoa \u2014 et l\u2019océan.La baie subissait l\u2019effet des mariées et selon l\u2019heure se révélait vide ou représentant un grand lac d\u2019eau salée.\u2014 On y va ?.proposa l\u2019une des jeunes filles.\u2014 Le propriétaire du canot, expliqua-t-elle à Jack, est un vieux bonhomme à cheveux blancs, un chic type .Il traîne un aquaplane derrière son petit yacht et ça file.Il nous connaît.Il nous invite à chaque fois.Vous aimez l\u2019aquaplane?\u2014 Je pense bien!.s\u2019exclama Jack.Le groupe partit vers la baie, traversant la Pointe au milieu des tamaris et des plantes grasses poussant à l\u2019envi dans le sable.Dans la baie, sereine comme un miroir, le canot filait à toute allure avec la planche vernie de l\u2019aquaplane bondissant, vid^, à sa suite.\u2014 Allons au bout du môle .proposa l\u2019un des jeunes gens.Ils atteignirent l\u2019extrémité d\u2019une large avenue se terminant par un mur d\u2019où partait un escalier de pierre descendant dans l\u2019eau.\u2014 Ohé !.Ohé !.cria le meneur de la joyeuse bande.On voyait le visage tanné sous la casquette blanche de celui que Jack supposa être M.Livingmere.L\u2019homme qui était au volant, répondit en agitant gaî-ment le bras et bientôt le canot à moteur vint se ranger à peu de distance du môle.M.Livingmere mit ses deux mains en abat-son et cria : \u2014 Quand vous voudrez !.Chacun son tour !.Le plus décidé se laissa glisser à l\u2019eau et atteignit l\u2019aquaplane.Il se hissa d\u2019abord accroupi, le moteur gronda et, peu à peu, le jeune homme se redressa en s\u2019aidant adroitement des cordes qui lui permettaient de se tenir debout.Le canot fonça, exécuta un virage brusque.Mais le jeune homme s\u2019y attendait et pencha le corps.On entendit son rire et celui du pilote.Le canot s\u2019éloigna dans un rugissement continu.\u2014 Il a l\u2019air d\u2019un brave homme, hasarda Jack.\u2014 Qui ?.L\u2019Américain ?.Oh, oui.Un vieux célibataire qui ne sait pas comment dépenser ses millions .Jack Desly dressa l\u2019oreille.Un millionnaire ?.Tiens, tiens !.Malgré sa décision de se reposer à Hendaye, il.Ma foi, c\u2019était toujours bon à savoir.\u2014 Il habite par ici ?demanda-t-il d\u2019un air innocent.\u2014 Il a loué cette grande villa jusqu\u2019en octobre .L\u2019informateur montra une maison grandiose, en-tourée d\u2019un jardin luxuriant qui descendait jusqu\u2019à la baie même.\u2014 Mais non, rectifia une jeune fille, il a loué à l\u2019année, pour je ne sais combien de temps.Je le sais par maman qui en a parlé, dernièrement avec l\u2019agent de location.Il se plaît beaucoup par ici, et a même parlé d\u2019acheter la propriété .\u2014 Comme pipelette, toi, Sabine.commença un grand garçon frisé, d\u2019un air moqueur.On se mit à rire, et Jack trouva un mot heureux pour éviter des froissements d\u2019amour-propre.Le canot automobile revenait et l\u2019occupant de l\u2019aquaplane avait exécuté un plongeon.\u2014 Il m\u2019a eu ! clama-t-il en remontant l\u2019escalier ; U est terrible ! Son plaisir est de vous faire zigzaguer jusqu\u2019à ce que vous culbutiez .\u2014 Au suivant !.Au suivant !.appela M.Livingmere.Jack se décida.Le vieux millionnaire le dévisagea, puis sourit : \u2014 Soyez le bienvenu, monsieur.?\u2014 .Jack Desly.Je suis ici avec ma femme, en voyage de noces.Prétexte officiel qui fut aisément accepté.M.Livingmere ajouta : \u2014 Je serai enchanté de faire la connaissance de Mme Desly .Les promenades sur la baie se succédèrent.Finalement, l\u2019Amériain interpella un jeune homme blond : \u2014 Ft vous, monsieur Métayer?Cela ne vous dit rien, aujourd\u2019hui ?Antoine Métayer qui était assis sur le rebord du môle secoua négativement la tête.Aussitôt, tout le monde se moqua de lui : \u2014 Hou ! Hou ! Antoine !.Paresseux .M.Livingmere consulta sa montre et déclara : \u2014 Je vais rentrer.L\u2019heure du déjeuner approche .\u2014 Attendez, j\u2019y vais tout de même .Le canot blanc partit une fois de plus.Il accomplit un premier circuit au cours duquel Antoine tint bon, et tourna presque sur place envoyant littéralement l\u2019aquaplane dans une ronde vertigineuse, puis il piqua droit vers le port, en face du môle de Fontarabie, à environ un kilomètre de l\u2019endroit où se tenaient les jeunes gens.\u2014 Quelle heure peut-il bien être ?demanda Sabine.\u2014 Pas loin de midi et demi.répondit Jack.\u2014 Mon Dieu !.Je n\u2019ai que le temps de rentrer .Les jeunes filles se sauvèrent comme une volée de moineaux.Il ne resta plus que Jack avec trois compagnons.\u2014 Eh bien, qu\u2019est-ce qu\u2019il fait le canot ?murmura subitement Desly.Il ne revient plus ?\u2014 C\u2019est vrai.Ah ! non, le voilà .Il va ancrer directement devant la villa de M.Livingmere.C\u2019est curieux, je ne vois pas Antoine.L\u2019aquaplane était en effet inoccupé.Les quatre camarades s\u2019entre-regardèrent.Celui qui répondait au nom de Gérard eut un geste insouciant et lança : \u2014 Je parie qu\u2019Antoine aura lâché pied et abandonné l\u2019Américain.C\u2019est bien dans son caractère, ça .Il est hargneux par moments .\u2014 Si on allait le demander à M.Livingmere ?proposa Jack qui tenait à cultiver tout de suite cette nouvelle relation qu\u2019il jugeait immensément intéressante.Ils partirent en courant, mais peu après Jack proposa d\u2019aborder à la nage derrière la propriété, pour ?-?LE PASSÉ QUI FILE La vieille file, et son rouet Parle de vieilles, vieilles choses ; La vieille a les paupières closes, Et croit bercer un vieux fouet.Le chanvre est blond, la vieille est blanche, La vieille file lentement, Et pour mieux l'écouter, se penche Sur le rouet bavard qui ment.Sa vieille main tourne la roue, L'autre file le chanvre blond.La vieille tourne, tourne en rond, Se croit petite et quelle joue.Le chanvre qu\u2019elle file est blond, Elle le voit et se croit blonde ; La vieille tourne, tourne en rond Et la vieille danse la ronde.Le rouet tourne doucement.Et le chanvre file de même.Elle écoute un ancien amant Murmurer doucement qu\u2019il l\u2019aime.Le rouet tourne un dernier tour, Les mains s\u2019arrêtent désolées, Car les souvenances d\u2019amour Avec le chanvre étaient filées.\\\tGrégoire LE ROY ne pas avoir à traverser le jardin public.Ils plongèrent ensemble.Ce fut Jack qui atteignit, loin devant les autres, le débarcadère auquel était amarré le canot automobile.Au moment où il se hissait, une voix rude l\u2019interpella : \u2014 Hep !.Qu\u2019est-ce que vous faites ?C\u2019est une propriété privée, ici ! Un jardinier s\u2019avança, un râteau à la main, l\u2019attitude hostile.Jack se souvint qu\u2019il était tout nouveau à Hendaye et que l\u2019homme ne le connaissait pas comme il pouvait connaître les autres jeunes gens.Mais déjà le vieillard descendait rapidement d\u2019une terrasse sise au-dessus de la baie et, le visage avenant, tendait la main à Jack : \u2014 Laissez donc, Miguel, ordonna-t-il au jardinier.Ce monsieur est un ami.Voulez-vous prendre un cocktail ?offrit-il à Jack.\u2014 Avec plaisir.Mais où est donc Antoine Métayer ?.Les autres nageurs arrivèrent.L\u2019Américain les désigna : \u2014 Mais, là !.Il.tiens, il n\u2019est pas avec vos camarades ?\u2014 Non.A quel moment vous a-t-il quitté?M.Livingmere agita la main dans la direction du port.\u2014 A mi-route, fit-il.Il m\u2019a crié qu\u2019il préférait ne pas continuer ; la corde de soutien lui sciait les mains.Il a plongé, je l\u2019ai vu nager dans votre direction ; j\u2019ai continué jusqu\u2019au port et, après un grand cercle au large jusqu\u2019aux eaux territoriales d\u2019Espagne, je suis revenu chez moi.\u2014 Il est revenu à la nage ?.Mais nous n\u2019avons rien vu, absolument rien à la surface de la baie !.\u2014 Ça c\u2019est un peu fort !.murmura l\u2019Américain.\u2014 Il aura abordé du côté du vieux fort, assura Gérard.\u2014 Sans doute.conclut M.Livingmere, qui frappa dans ses mains pour qu\u2019on apportât les cocktails commandés pour tout le groupe.Jack rentra en retard pour le déjeuner à l\u2019hôtel.\u2014 Ça commence bien .déclara Gladys, en riant.Heureusement que j\u2019avais prévu le cas.Je t\u2019ai fait réserver tes hors-d\u2019œuvre.Le fautif s\u2019excusa de bonne grâce et narra les événements de la\" matinée, mais sans parler d\u2019Antoine Métayer.Ce qui avait le plus d\u2019importance à ses yeux était l\u2019existence de M.Livingmere.\u2014 Il paraît, dit-il discrètement, que ce bonhomme est cousu d\u2019or.: Cela me plairait beaucoup de faire craquer quelques coutures ! Il \u2014 MYSTERE OU PAS MYSTERE ?IL était quatre heures de l\u2019après-midi quand Jack et Gladys déambulèrent du côté de la baie.Desly désigna la villa imposante.\u2014 Tu vois ?.C\u2019est là .« Les Eucalyptus ».Tiens, justement voici notre personnage qui en sort.Ah ! bonjour, monsieur Livingmere ! Le vieillard, grand et sec, avait abandonné sa tenue de yachtman pour un costume de flanelle grise.H ôta son béret basque \u2014 il sacrifiait à la mode du pays \u2014 et s\u2019inclina galamment devant Gladys, baisant le bout des doigts offerts.Puis, tout de suite, sans transition, il annonça à Jack : \u2014 Vous savez?On ne sait pas ce qu\u2019est devenu le jeune Métayer .Desly eut un mouvement de surprise.Il avait presque oublié l\u2019incident du matin.M.Livingmere avait un visage légèrement anxieux.\u2014 Je commence à me tourmenter, fit-il.Je me sens vaguement responsable de .Gladys posa une question et en quelques mots fut mise au courant.L\u2019Américain poursuivit : \u2014 Je ne sais que faire .Ses amis sont venus tout de suite après le déjeuner.On ne l\u2019a vu nulle part, il n\u2019est pas rentré à son hôtel ; pourvu qu\u2019il ne lui soit rien arrivé ! Jack hocha la tête et s\u2019exclama : \u2014 Oh ! impossible .Il est trop bon nageur !.Et il n\u2019y avait pas grande distance à parcourir jusqu\u2019au Vieux-Fort de l\u2019endroit où il vous avait abandonné .Le vieillard laissa apparaître un bon sourire sur sa face bronzée.\u2014 Oui, oui, marmonna-t-il, c\u2019est ce que j\u2019ai pensé.Mais tout de même.Ce que je ne comprends pas, c\u2019est que vous ne l\u2019ayez pas vu plonger et nager vers le rivage .Ils se promenèrent ensemble le long de la baie, se dirigeant vers l\u2019endroit du môle.Jack, après un instant, allongea le bras.\u2014 Je sais pourquoi nous ne l\u2019avons pas vu, dit-iL Regardez.Il désignait le port au loin, derrière un tournant.\u2014 Au moment où vous avez mis le cap droit devant vous, le canot est passé le long de cette chaloupe U de pêche.Vous avez disparu à nos yeux pour une demi-minute au moins.Et puis après, j\u2019avoue qu\u2019on n'a plus fait attention à vous.Nous bavardions.Livingmere fronça le sourcil comme s\u2019il faisait un effort de pensée et parut calculer les distances.\u2014 Je ne puis me rendre compte, dit\u2014il à la longue, car, naturellement je regardais devant moi.Métayer m\u2019a crié « au revoir !» et il a plongé.C\u2019est tout ce que je sais.Je me suis retourné alors et je l\u2019ai vu s\u2019éloigner.Moi, j\u2019ai ouvert les gaz en grand.Gladys intervint et remarqua avec justesse : \u2014 La marée est basse.On voit le fond de la baie presque partout.S\u2019il était arrivé quelque chose à ce pauvre garçon, on devrait avoir déjà retrouvé son.Elle allait dire son cadavre, mais rectifia : \u2014 On l\u2019aurait vu, en un mot.S\u2019il était évanoui, ou blessé, ou.je ne sais pas, moi .\u2014 Oui, en mettant les choses au pire, il est impossible qu\u2019en un si court espace de temps, il se soit enlisé dans la vase.Un domestique de M.Livingmere arriva en courant \u2014 Monsieur.Il y a le commissaire de police qui.qui vous demande .Il est à la villa .Le vieillard eut une expression attristée, qu\u2019il tempéra par un sourire furtif, mais contraint \u2014 Je vais avec vous, déclara Jack.J\u2019étais là, ce matin, et s\u2019il s\u2019agit de cette incompréhensible affaire .Le commissaire de police, fort courtois, s\u2019excusa abondamment avec le savoureux accent du paya II expliqua que l\u2019un des jeunes gens \u2014 Gérard Promet \u2014 était venu faire une déclaration qui nécessitait une petite enquête et que, n\u2019est-ce pas, etc., etc.Après le départ du fonctionnaire, M.Livingmere se montra totalement navré de ce malheureux épisode qui, dit-il, « assombrissait, malgré tout l\u2019extrême plaisir qu\u2019il éprouvait d\u2019avoir reçu chez lui Mme Desly .On prit le thé sur la terrasse fleurie d\u2019où l\u2019on voyait admirablement le clocher de Fontarabie, la ville espagnole .\u2014 On distingue même, assura le vieillard, les cloches lorsqu\u2019elles sonnent, dans l\u2019espace ajourée.Jack et Gladys le quittèrent avec la promesse de revenir bientôt.Ils repartirent vers la plage à travers des rues plantées de magnolias.Jack, après un instant, se tourna vers sa compagne : \u2014 Eh bien ! qu\u2019est-ce que tu en dis ?\u2014 Je n\u2019y comprends rien .fit-elle.Comment a-t-il pu disparaître ?\u2014 Mais je ne te parle pas de ce Métayer .Que penses-tu de Livingmere ?.Il a l\u2019air de s\u2019emballer pour toi.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019avant notre départ, nous aurons l\u2019occasion de .\u2014 Chut !.Voici du monde .C\u2019était Gérard Fromet en compagnie de deux autres amis.\u2014 Vous venons d\u2019Hendaye-ville, nous avons s '«\u201cstionné tout le monde.Il y a un porteui de journaux qui remontait à bicyclette ®t qui se trouvait à la hauteur de Belceni» quand il a vu .\u2014 Ahl.Il a Vu Metaver ?\u2014 Oui.Il a vu le canot, l\u2019aquaplane .Ça filait !.Et tout à coup, Antoine a culbuté.C\u2019était bien devant le Vieux-Fort.D s\u2019interrompit un instant pour exhaler un soupir soulagé et reprit : \u2014 Vous pensez si ça nous a rassurés .Mais le cycliste ne l\u2019a pas vu aborder.Il pédalait vers le monument aux Morts et là, il faut s\u2019écarter fortement de la route qui longe la baie .\u2014 Alors, conclut allègrement Jack, on le reverra ce soir.\u2014 Oui.Mais je me demande ce qu\u2019il peut bien faire, en maillot de bain.Pourquoi traîne-t-il aux abords de la baie ?C\u2019était exactement la question que Desly se posait intérieurement à lui-même, mais il n\u2019en laissa rien voir.Après un petit signe amical, il reprit sa route avec Gladys.Jack était silencieux.La jeune femme comprit qu\u2019il pensait activement, comme à chaque fois qu\u2019il arborait ce visage tendu qu\u2019il connaissait si bien.Il fit un geste comme pour chasser sa préoccupation et se remit à bavarder gaiement.A la même heure, dans son bureau, le commissaire de police achevait à mi-voix une longue conversation téléphonique avec Paris.Il avait un visage attentif.Sur sa table, de nombreux feuillets couverts d\u2019annotations indiquaient l\u2019importance des échanges de phrases, résultant en une série d\u2019instructions.\u2014 Oui .Oui .En effet .Exact.Entendu.Maintenant, ce n\u2019étaient plus que ces réponses brèves qu\u2019il articulait à intervalles plus ou moins longs.Finalement, il raccrocha, ramassa les feuillets, les relut, et ouvrant un coffre-fort derrière lui, les enferma soigneusement dans une serviette de cuir.Il resta ensuite méditatif, puis décrocha de nouveau son récepteur.\u2014 Allô ?.Les Eucalyptus, à Hen-daye-plage ?.M.Livingmere ?\u2014 Lui-même .Qui me demande ?Ah ! M.le commissaire de police !.Je vous écoute.Comment ?.A propos de cette malheureuse histoire concernant M.Métayer ?.Oui.Et alors, monsieur le commissaire ?La communication fut sans doute très optimiste, car l\u2019Américain écouta en souriant largement II remercia et souriait encore lorsqu\u2019il remit l\u2019appareil en place.Vers sept heures, Jack et Gladys, assis à la terrasse du Casino donnant sur la mer fumaient des cigarettes devant des portos, quand la silhouette de l'Américain apparut devant eux.Il s\u2019assit à côté de la jeune femme.Sa conversation était amusante et plus que jamais, il paraissait prendre un plaisir évident en la compagnie du couple élégant.\u2014 Qu\u2019est-ce que vous faites, après le dîner ?demanda-t-il.\u2014 Je crois, dit Jack, que nous allons nous retirer de bonne heure.Nous avons roulé toute la nuit dernière et, ma foi.\u2014 Allons donc.Vous n\u2019allez pas me faire croire qu\u2019un sportif comme vous est fatigué .\u2014 Moi pas, mais ma femme .commença Jack.\u2014 Je me sens très bien, assura Gladys, avec une œillade à l\u2019adresse de M.Livingmere.\u2014 Dans ce cas.rectifia Jack, tout va bien .\u2014 Si nous allions à Saint-Jean-de-Luz ?proposa l\u2019Américain.Sans médire d\u2019Hendaye, ça manque un peu de dancings chic par ici.Par contre, se hâta-t-il d\u2019ajouter, le repos y est parfait.Et quel paysage !.C\u2019est pourquoi je me suis installé sur la baie.Jack approuva et fit la même réflexion.\u2014 Oui.Pour s\u2019amuser, Saint-Jean QUI EST-IL, QUI EST-ELLE?Ce bébé se nomme Lyse.Aujourd\u2019hui, c\u2019est une petite étudiante qui désire de tout son cœur devenir une grande artiste.Il y a déjà beaucoup de chemin de fait.Elle est née à Montréal en 1931 de parents canadiens-français.A l\u2019âge de trois ans et demi, elle débutait à la scène avec le Théâtre des Petits où elle a tenu les premiers rôles jusqu\u2019à l\u2019âge de 10 ans.Elle étudia la danse durant trois ans aux studios Mary Beetles et Gérard Crevier, l\u2019art dramatique avec Mme Lilianne Dorsenn et Mlle Sita Riddez avec qui elle travaille encore les classiques.M.Paul Trot-tier lui donna des leçons de chant et son professeur de français est Mlle Du Haut Cilly et Mlle Katleen Hayes lui enseigne l\u2019anglais.Elle a eu le grand plaisir de jouer pour M.Paul L'Anglais et Marcel Provost à La Comédie de Montréal, ainsi qu\u2019avec L\u2019Equipe de M.Pierre Dagenais.Cette artiste fait de la radio depuis dix ans.On lui confia toutes sortes de rôles.Le premier fut Jeannot Gratton que lui donna Robert Choquette dans \u201cLe Curé de Village\u201d.Elle n\u2019avait alors que cinq ans.Comme elle ne savait pas encore lire à cet âge, c\u2019est sa mère qui lui apprenait par cœur, l\u2019après-midi, le texte qu\u2019elle devait jouer le soir à six heures.Elle a pris part aussi aux programmes suivants : \u201cC\u2019est la vie\u201d, \u201cLa Fronde des Enfants\u201d, \u201cL\u2019Heure Provinciale\u201d, \u201cCeux qu\u2019on aime\u201d, \u201cLa Marmaille\u201d, \u201cLe Vieux Loup de Mer\u201d durant cinq ans (rôle d\u2019Annette), \u201cFémina\u201d, \u201cSergent Swing\u201d, \u201cLes Maîtres de la Musique\u201d, \u201cRadio-Collège\u201d, \u201cJe me souviens\u201d, \u201cLe Théâtre de Chez Nous\u201d, \u201cLe Radio-Théâtre Lux Français\u201d, \u201cJeunesse Dorée\u201d, \u201cBécassine enfant\u201d, \u201cLe Théâtre de Radio-Canada\u201d ainsi que plusieurs émissions de la \u201cSociété de la Croix-Rouge Canadienne\u201d, des Certificats d\u2019Epargne de Guerre.On Ta entendue aussi dans \u201cLe Manoir de St-Cri\u201d et elle joua le rôle-titre de \u201cBécassine\u201d.On l\u2019entend dans le radio-roman \u201cYvan l\u2019intrépide\u201d.On se souvient de l\u2019avoir vue jouer en même temps que Shirley Temple à un des programmes de l\u2019Heure de la Victoire dont elle fut plusieurs fois de la distribution.A la Comédie de Montréal, elle interpréta un rôle avec Ramon Novarro et au Radio-Théâtre Lux.Elle fut aussi de la même émission que Simone Simon.Qui est cet artiste très jeune dont le prénom est Lyse ?Voir page 33 du présent numéro du \u201cSAMEDI\u201d., Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 et Biarritz sont à quelques coups d\u2019accélérateur .Mais j\u2019y pense .; Ma voiture est au graissage, je ne l\u2019aurai que dans vinqt-quatre heures au plus tôt.\u2014 Qu\u2019à cela ne tienne, s\u2019exclama l\u2019Américain.Je passerai vous prendre dans la mienne .C\u2019est dit ?A dix heures, une magnifique conduite intérieure de grande marque, pilotée par un chauffeur en uniforme, stoppa devant l\u2019hôtel.M.Livingmere complimenta chaudement Gladys sur sa toilette qui était exquise.Jack, sur le conseil de son nouvel ami, n\u2019avait pas endossé de smoking, mais un costume sombre bien suffisant pour la circonstance.Ils partirent par la route de la Corniche dans un ronronnement doux et puissant du moteur.Livingmere, après quelques propos, dit, soudain, d\u2019un air détaché : \u2014\tAh ! j\u2019ai eu des nouvelles du jeune Métayer.\u2014 On Ta enfin retrouvé ?demanda Gladys.\u2014\tNon .Mais l\u2019affaire se réduit à une plaisanterie.Comme quoi il ne faut jamais s\u2019alarmer inconsidérément.\u2014\tQu\u2019est-ce qu\u2019il s\u2019est donG passé ?intervint Jack.On grimpait la pente après Haiçabia et après un virage brusque, on vit devant soi, dans une trouée sur la mer sombre, les lumières du phare de Socoa.Quelques minutes plus tard, ce fut la ceinture brillante autour de la rade de Saint-Jean-de-Luz.L\u2019auto plongea dans une descente après un appel de klaxon.\u2014 C\u2019est le commissaire de police qui m\u2019a téléphoné lui-même, déclara M.Livingmere.J\u2019avais oublié de vous le dire, à l\u2019apéritif, au Casino.Il tenait à me rassurer.D\u2019après un rapport d\u2019agent, on a vu le jeune cervelé prendre pied à la base du Vieux-Fort et grimper jusqu\u2019à la route.R s\u2019est ensuite dirigé vers Belcénia et un petit bois sur la gauche .\u2014 Je n\u2019ai pas eu beaucoup le temps d\u2019étudier Antoine Métayer, confessa Jack, mais il m\u2019avait tout de même donné l\u2019impression d\u2019être plus âgé que le reste de la petite bande .Je l\u2019aurais cru plus raisonnable.A trente ans et quelque, on ne boude pas comme un gamin !.conclut-il.\u2014 Vous êtes observateur, monsieur Desly, complimenta Livingmere, car il a en effet trente-deux ans, quoiqu\u2019il n\u2019en paraisse pas plus de vingt-cinq .Mais ce n\u2019est pas une bouderie.D\u2019après le commissaire de police, ce serait.non, je ne veux pas paraître médisant.\u2014 Allez-y .encouragea Jack.Cela a-t-il beaucoup d\u2019importance ?\u2014 Ma foi.Il est infiniment probable qu\u2019on ne le reverra plus, se décida l\u2019Américain, alors je peux le dire tout de même.On pense qu\u2019il a choisi ce moyen pour disparaître sans avoir à payer sa note d\u2019hôtel.Je n\u2019ai pas demandé de détails, mais j\u2019ai été bien content, tout de même, de savoir qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de mystère, en fin de compte .Sans doute, avait-il prémédité son coup et caché des vêtements quelque part.Ah ! nous voici arrivés.La soirée fut charmante.Livingmere, qui faisait preuve d\u2019une étonnante verdeur, dansa plusieurs fois avec Gladys.Lorsque vint le moment de rentrer à Hendaye, il s\u2019exclama avec un enthousiasme qui amusa Jack Desly : \u2014 Il faut, mes chers amis, que nous nous voyions beaucoup durant votre séjour sur la Côte Basque .Vraiment, il y a longtemps que je n\u2019avais éprouvé autant de plaisir en compagnie choisie ! .Rien ne pouvait mieux servir les projets du gentleman-cambrioleur.Ce brave millionnaire lui ouvrait à deux [ Lire la suite page 16 ] Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 15 JOUISSEZ-EN PROTEGEZ-LA wm %^ÊÊÊèp WMMÉÊmm, ma+i ÜH1I imm ,-%A# 4æ UE D-319RF Droits réservés par Carling\u2019s 1945 THE CARLING BREWERIES LIMITED CARLINGS Dans certaines régions de la Chine, la couche superficielle du sol est devenue si précieuse qu'on a vu des hommes en voler des poignées chez des voisins plus fortunés.Des millions de tonnes de la couche superficielle de notre sol productif sont chaque année emportées par les eaux.La culture scientifique \u2014 le labour sinueux, la culture en planches et le terrassement \u2014 enraye la dévastation et la pauvreté qui résultent de l\u2019érosion du sol.LABOUR DE PRINTEMPS 11 \u2014 une Interprétation du labour sinueux par J,-E, Collier L\u2019agriculture étant le pivot de l\u2019économie du Canada, on conçoit que l\u2019usage inapproprié du sol affecte toute la nation.Le citadin et le cultivateur bénéficient des pratiques de conservation du sol et ils devraient s\u2019intéresser à ce sujet vital.LE CULTIVATEUR \u2014 un conservateur Le cultivateur devient conservateur en enrayant les ravages de l\u2019érosion \u2014 la détérioration des terres, une diminution de l\u2019humidité du sol, l\u2019envasement des cours d\u2019eau, l\u2019épuisement des puits et des ruisseaux, les inondations printanières. LA DERNIERE AVENTURE .[ Suite de la page 14 ] 16 battants les portes de sa propriété.Jack aurait tout le temps voulu pour prendre ses points de repère et travailler avec son habileté de toujours, sans laisser aucune trace.Ils revinrent à toute allure, sous le clair de lune qui faisait miroiter la mer et découpait en ombre chinoise le Jaizkibel sur le fond bleu du ciel.\u2014 Tiens, remarqua M.Livingmere au moment où ils débouchaient sur le boulevard, passé le Nid Marin, la chaloupe de la baie qui se décide à partir, teut de même, pour la pêche .La grosse embarcation qu\u2019il mentionnait venait de franchir la passe de la Bidassoa, à la Pointe, et voguait vers le large.L\u2019Américain ajouta avec un rire jovial : \u2014 Depuis trois mois que je suis ici, c\u2019est bien la première fois ! Tout arrive .Alors, mes chers amis, je vous dépose à votre hôtel .Le couple monta dans la chambre.Jack commença par écarter les volets qu\u2019un domestique prévoyant avait fermés, en raison du soleil couchant, pour éviter une intempestive chaleur.Une brise marine soufflait légèrement.Des-ly s\u2019accouda et alluma une dernière cigarette.Là-bas, la chaloupe de pêche faisait une tache noire sur la mer scintillante, et s\u2019éloignait de plus en plus.Il jeta le bout de sa cigarette et rentra dans la chambre.Gladys était dans le cabinet de toilette et prenait un bain tiède.Elle apparut dans un adorable pyjama de soie bleue qui seyait admirablement à son teint de blonde vénitienne.\u2014 Toi, murmura-t-elle, tu penses encore à ce Métayer ! \u2014 C\u2019est vrai, confessa-t-il.Au fond, je trouve sa conduite bigrement sotte.Et comme il ne m\u2019avait pas fait l\u2019effet d\u2019être sot lui-même, je cherche à comprendre .\u2014 A comprendre quoi ?.Mais Livingmere te Ta dit ! \u2014 Oui, les idioties du commissaire .Il s\u2019assit sur le bord du lit et fit claquer son pouce contre son index pour déclarer : \u2014 Tu trouves que c\u2019est fin, toi, pour un monsieur qui cherche à s\u2019éclipser, de choisir un moyen théâtral entre tous ?D\u2019alarmer ses compagnons, de mettre la police en branle ?Il n\u2019avait qu\u2019à s\u2019en aller le plus naturellement, par le train, en annonçant qu\u2019il allait faire une course à Bayonne, par exemple !.\u2014 Evidemment, répondit Gladys, en étouffant un bâillement discret, mais ce n\u2019est pas cela qui doit nous empêcher de dormir.\u2014 Je lui avais trouvé un petit air pas comme les autres, insista Jack, tout en se dévêtant.Tu sais, Gladys, que j\u2019ai du flair.Eh bien ! après une demi-heure de fréquentation du petit groupe, Antoine Métayer était jugé.\u2014 Ah bah !.Et qu\u2019est-ce que tu avais conclu ?\u2014 Qu\u2019il était là, parmi ces aimables écervelés, dans un but défini.Il devait les fréquenter pour masquer quelque intention secrète.Gladys eut un sourire ironique.\u2014 Un .un confrère, peut-être .\u2014 Cela ne m\u2019étonnerait pas .Et s\u2019il a filé aussi brusquement, c\u2019est qu\u2019il avait des raisons précises.Des raisons urgentes.\u2014 Bon .Laisse là tes déductions savantes et ferme les yeux, mon chéri.U est près de deux heures du matin ! Gladys allongea un bras galbé et atteignit la poire électrique pour éteindre la lumière.Ill \u2014 UNE NOUVELLE ARRIVEE SUR LA PLAGE Il allait être midi, et Jack, assis sous un palmier dans le jardin de l\u2019hôtel, lisait une feuille locale en attendant Gladys qui après le bain matinal était allée se changer dans la chambre.Le gravier de l\u2019allée crissa sous un pas pressé.Jack abaissa son journal et vit Nan-Dhuoc.Le Jaune avait une expression inusitée dans sa face habituellement calme.\u2014 Maître !.Moi vu Arthème La-don, tout à l\u2019heure .\u2014 Ladon ?Ici, à Hendaye ?.Tu divagues ! \u2014 Non, non, maître.Moi avoir vu lui à l\u2019arrivée train de Paris, onze heures et quelque.Moi étais à la gare, comme ça, promener un peu, et vu lui sortir, donner ticket.A Hendaye-ville, ajouta l\u2019Annamite.\u2014 C\u2019est insensé, grommela Jack.Que vient-il faire à plus de huit cents kilomètres de la capitale ?Gladys arrivait et s\u2019enquit de ce qui se passait.Elle se mit à rire et déclara : \u2014 Nous l\u2019attirons comme la confiture attire les mouches .\u2014 Mais non, protesta Jack, il est impossible que l\u2019inspecteur sache que nous nous trouvons ici.Et puis même.Il n\u2019est pas payé par l\u2019Etat pour se promener partout où nous allons .Non, je veux croire à une coïncidence .Très désagréable, mais coïncidence tout de même .Sur ce, allons déjeuner.Nan-Dhuoc ne s\u2019était pas trompé.C\u2019était bien le policier qui s\u2019était voué à la poursuite de Jack Desly.On ne pouvait le confondre avec un autre.Sa silhouette d\u2019échassier était trop connue de la petite association.Il avait toujours son air funèbre, ses grandes oreilles décollées, ses yeux ronds d\u2019oiseau, sa voix de chantre de cathédrale et son indomptable ténacité.A peine sorti de la gare, il héla un taxi et se fit conduire au commissariat de police.Il eut un entretien avec le fonctionnaire, sans doute pour des raisons de service et, sur le conseil de ce dernier, prit l\u2019autocar pour la plage où il s\u2019installa dans un petit hôtel propret et modeste, du côté des dunes, non loin du château d\u2019Abbadie.Arthème Ladon avait deux grandes valises.Après avoir décliné son identité comme étant celle d\u2019un employé de bureau en vacances, Gustave Dumont, il demanda le prospectus édité par le Syndicat d\u2019initiative donnant la liste des fêtes du pays.Jack et Gladys se rôtissaient au soleil quand ils le virent passer sur le sable.Desly se redressa, retira ses lunettes teintées, le suivit du regard et se tourna vers la jeune femme.\u2014 Je crois que la fin du monde approche .articula-t-il.Elle regarda à son tour et se mordit les poings pour ne pas se laisser aller au fou rire qui la gagnait.\u2014 En effet, répondit-elle, après un instant.Pour que Ladon se soit affublé ainsi, il faut croire qu\u2019un bouleversement général se prépare.Mon Dieu, qu\u2019il est drôle ! Ladon était vêtu en estivant.Oui, il portait un pantalon gris, un chapeau de paille, une chemisette courte avec quart de manche, et tenait son veston sur le bras, cependant que de l\u2019autre main, il trimballait ses chaussettes et ses souliers, le bas du pantalon retroussé jusqu\u2019aux mollets, pataugeant pieds nus dans les flaques d\u2019eau tiède ! \u2014 Il ne nous a pas vus, reprit Jack, mais je me fortifie dans la pensée que ce n\u2019est que le hasard qui Ta envoyé ici.La mer montait.On entendit pétarader le canot automobile de Livingmere et bientôt la rapide embarcation jaillit au tournant de la Pointe et vint exécuter un grand virage dans la mer.Jack et Gladys se mirent debout et firent de joyeux signaux, puis coururent vers l\u2019eau et s\u2019élancèrent à la nage.Le canot était mouillé à peu d\u2019en-câblures.Les deux nageurs allaient de Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 conserve, souplement.Dix ^ minutes plus tard, ils tournoyaient à l\u2019avant du petit yacht blanc.L\u2019Américain se pen- cha :\t,,\t.__Vous montez ?.Nous allons faire une promenade au large ! Immobile au bord de la grève, une silhouette qui, de cet endroit, donnait l\u2019impression d\u2019un épouvantail à moineaux, les fit rire tous trois.Arthème Ladon venait de reconnaître Jack Desly au moment où ce dernier était passe devant lui.Ce n\u2019était pas le vieillard qui tenait le volant, cette fois.Le chauffeur d\u2019auto connaissait le maniement de l\u2019embarcation à moteur.Allongés à l\u2019arrière sur de confortables matelas pneumatiques, Jack et Gladys conversaient avec Livingmere assis dans un transat.La plage n\u2019était plus qu\u2019une ligne dorée.On ne distinguait pas les baigneurs, ni les tentes multicolores.\u2014\tAh ! voilà les pêcheurs qui rentrent, prononça Livingmere.André, mets le cap sur eux .Le canot, obéissant à la manœuvre, se dirigea vers la grosse barque dont la voile pendait à moitié car le vent était faible.L\u2019Américain interpella un homme assis sur un tas de cordages : \u2014\tBonne pêche, Sanchez ?\u2014\tRien, monsieur.grommela l\u2019homme, avec un regard vers les deux compagnons de Livingmere.Sans savoir pourquoi, Jack eut l\u2019impression que Sanchez posait une question muette, et se retourna vers le vieillard qui se trouvait légèrement en retrait.Ce dernier se passait la main sur le menton et sourit à son hôte : \u2014\tIl n\u2019a pas l\u2019air content, hein.remarqua-t-il.\u2014\tIl a une tête sinistre.fit Gladys, en rendant à Livingmere les lunettes noires que celui-ci lui avait prêtées.\u2014\tBah ! je crois que c\u2019est un brave homme au fond .murmura l\u2019Américain.Mettons-nous à sa place.Toute une nuit de besogne pour rien.Le canot se rapprocha de la plage et après un échange de poignées de main avec le propriétaire, Gladys et Jack plongèrent.L\u2019Américain les suivit du regard, admirant sans doute leurs mouvements aisés.Puis ses traits prirent une expression méditative, indéfinissable .Us arrivèrent sur le sable, et remontèrent vers la tente qu\u2019ils avaient fait installer nettement à l\u2019écart des autres.\u2014 Pas d\u2019invitation pour ce soir, hein.articula Jack après un petit silence.\u2014 Il n\u2019y a pas de quoi s\u2019affoler .Nous avons le temps.Surtout, ne commettons pas la maladresse de nous imposer.Gladys joua avec le sable fin qu\u2019elle laissait glisser entre ses doigts et fit un mouvement comme si elle allait ajouter quelque réflexion, mais parut se raviser.\u2014 Mais oui, dis-le.encouragea Desly.Quel effet te produit-ii, en fin de compte, ce Livingmere ?Elle tourna vers lui ses yeux verts au regard profond.\u2014 Tu veux mon opinion franche ?\u2014 Bien entendu, Gladys.\u2014 Il a un air sympathique .Très sympathique, même .Seulement, as-tu déjà vu un chat qui dort et qui, tout à coup, s\u2019éveille et aperçoit une souris ?.Les yeux de ce bonhomme-là ont la même cruauté par moments .Surtout quand il ne se sait pas observé .Elle guetta l\u2019effet de ses paroles.Jack avait le regard empli d\u2019estime.Gladys reprit : \u2014 Tu sais, tout à l\u2019heure, quand nous avons rejoint la barque de pêche .J\u2019étais allongée à plat-ventre et j\u2019assujettissais mes lunettes.enfin, celles qu'il m\u2019avait prêtées .Et je .-\t4-15 \\ \u2014 Papa, tu laves la vaisselle et je recolle les morceaux ! Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 17 \u2014 Il a fait un signal, je parie !.dit vivement Jack.\u2014 Tu l\u2019as vu ?.\u2014 Non.Mais je l\u2019ai deviné.Je m\u2019étais retourné.Il avait un petit air.tu sais, quand on est surpris \u2014 Moi, je l\u2019ai vu, déclara la jeune femme.Oui.Dans le reflet d\u2019un de mes verres.Cela a été bref, mais aussi net que si je prenais une photo.Il avait mis un doigt sur ses lèvres.Jack toucha Gladys à l\u2019épaule et lui montra une ombre qui apparaissait derrière la tente et se révélait en contre-jour, à travers la toile.Il enchaîna une conversation quelconque.Le guetteur disparut après un moment.Jack attendit encore, et articula : \u2014 Notre cher Ladon !.Cela doit l\u2019intriguer, notre présence ici ! Une demi-heure plus tard, ils étaient installés sur le balcon de leur chambre à l\u2019hôtel et reprenaient leurs remarques au sujet de Livingmere.Loin d abandonner ses intentions premières, Jack était au contraire plein d\u2019ardeur .Il faut savoir ce que ce bonhomme-là a dans le ventre, dit-il.Le plaisir sera double de lui jouer un tour de ma façon.Vers l\u2019heure du dîner, Livingmere fit son apparition, toujours aimable et empressé.Jack lui désigna une chaise et l\u2019invita à prendre place à sa table, mais l\u2019Américain refusa, avec de multiples remerciements.Il était attendu à la villa par quelques amis et il était venu demander, justement, si M.et Mme Desly accepteraient de passer la soirée avec eux .Un bridge .\u2014 Non, déclara gentiment Gladys, ce soir, je voudrais me coucher tôt.J\u2019avoue que je suis brisée.Le changement d\u2019air, et puis cette activité dévorante depuis notre arrivée .Livingmere n\u2019insista pas, en homme bien élevé, et se retira.Jack avait donné des instructions à Nan-Dhuoc et il avait besoin de sa liberté.Il était dix heures et demie quand les deux occupants du 37 s\u2019accoudèrent à leur balcon.Jack fumait son éternelle cigarette.On pouvait les distinguer nettement d\u2019en bas car la lumière éclairait la pièce à flots.Desly était en pyjama et Gladys en robe de chambre.Ils refermèrent la fenêtre, et le plafonnier s\u2019éteignit pour être remplacé par la lueur voilée d\u2019une veilleuse de chevet.Alors, Jack se rhabilla rapidement et s\u2019en fut entr\u2019ouvrir la porte de la chambre.Nan-Dhuoc se glissa dans le petit vestibule.\u2014 Voilà, maître.Moi caché dans ma tente, comme vous ordonné .Sur la plage.Moi voir venir individu qui se tenir dans l\u2019ombre et guetter fenêtre à vous.Quand vous être sur balcon avec Mamizelle Gladys, lui regarder fixement.Puis après, quand vous fermé tout, lui attendre encore cinq minutes, et partir .\u2014 Tu ne l\u2019as pas suivi ?\u2014 Non, maître .Moi venir tout de suite prévenir vous .Jack revint vers Gladys qui reposait déjà au lit.\u2014 Mes prévisions étaient exactes, annonça-t-il.Notre présence ici ce soir a été soigneusement vérifiée.Cela commence admirablement bien.Attention au deuxième épisode.Nan-Dhuoc guida son maître vers la sortie de l\u2019hôtel réservée aux domestiques.Us cheminèrent par les rues assez faiblement éclairées, en direction de la baie de Chingoudi.On voyait les lumières d\u2019Hendaye-ville se réflétant en arc de cercle, et là-bas, les lueurs plus vives des bâtiments du chemin de fer.A gauche du jardin public de la Floride, absolument désert, s\u2019amorçait l\u2019avenue conduisant vers le môle.Jack s\u2019arrêta, laissant continuer l\u2019Annamite.Nan-Dhuoc arriva d\u2019un pas de flâneur et s assit sur un banc, près de l\u2019endroit ou descendait l\u2019escalier vers l\u2019eau qui clapotait doucement.Une barque était amarrée là.Subitement le Jaune vit surgir deux hommes de 1 ombre.Ses yeux habitués à 1 obscurité reconnurent l\u2019uniforme de douanier.Ils descendirent dans l\u2019embarcation et s\u2019éloignèrent à grands coups de rames.Nan-Dhuoc attendit.Les douaniers revinrent après quelques minutes.Us bavardèrent à mi-voix : \u2014 Non .C\u2019est calme .dit l\u2019un., C\u2019est tous les soirs pareil.On n\u2019a pas grand\u2019chose à faire ici.répondit 1 autre avec un rire insouciant.Jack, qui était toujours dissimulé dans le jardin public, vit surgir le Jaune.La-bas, douaniers .articula celui-ci.\u2014 B°n.Retoumes-y et tâche de distraire leur attention.Sans te rendre suspect, surtout.Nan-Dhuoc repartit, mais en approchant de 1 endroit où se tenaient les hommes en uniforme, il constata la présence d\u2019un pêcheur, apparemment connu des deux douaniers, car le trio était en grande conversation tout en grillant des cigarettes.Jack, dûment prévenu, s\u2019aventura au bord de la baie, traversa un endroit inculte, contourna une villa fermée et se posta de manière à pouvoir surveiller la grande bâtisse habitée par Livingmere.U voyait le débarcadère pour le canot, et le remblai de pierre qui s\u2019arrondissait tout le long du jardin et qui descendait jusqu\u2019à l\u2019eau.Tout était sombre dans la façade des « Eucalyptus », aussi bien du côté de la terre que du côté regardant Fon-tarabie.\u2014 S\u2019il a eu vraiment des invités, songea Desly, ils se sont retirés de bonne heure !.La brise lui apporta les onze coups égrenés par le clocher d\u2019Hendaye, auxquels répondirent bientôt les dix coups d\u2019Espagne, où l\u2019heure d\u2019été n\u2019existe pas.Jack savait que la marée aurait lieu dans quarante minutes.C\u2019était ce moment qu\u2019il attendait avant d\u2019espérer \u2022 quelque événement.IV \u2014 CUANDO .VIERNES.Subitement, Jack eut l\u2019intuition d\u2019une présence humaine non loin de lui.U avait d\u2019abord cru qu\u2019il s'agissait de Nan-Dhuoc, le supposant revenu, mais après un moment, il comprit son erreur.Un très léger craquement avait eu lieu derrière un tamaris et une ombre avait bougé.La nuit était étoilée, sans lune.Impossible de se rendre compte de ce que faisait cet inconnu.Jack se demanda si c\u2019était lui qu\u2019on surveiUait.Peut-être guettait-on son passage pour le suivre ?U prit une résolution hardie afin d\u2019obliger le guetteur à se démasquer.Tranquillement, il quitta sa cachette et se dressa, comme si rien de spécial ne l\u2019avait amené là.Puis il commença tranquillement à se dévêtir.Juste une chemisette et un pantalon à enlever ainsi que des sandales.U apparut en slip de nageur et se laissa couler dans l\u2019eau ; il est bien permis à quiconque de se livrer à une petite séance de natation nocturne.Jack s\u2019éloigna lentement, sans bruit, nageant la brasse.Arrivé à une certaine distance, il constata que l\u2019homme n\u2019avait pas dû bouger de sa place, car il ne le voyait pas apparaître au bord de l\u2019eau comme il l\u2019avait espéré.Il s\u2019allongea sur le dos, observant toujours l\u2019endroit d\u2019où il était parti et flotta ainsi durant quelques secondes.Ce fut alors qu\u2019il observa subitement l\u2019apparition d\u2019une lueur à une fenêtre \u2014 probablement une lucarne du grenier \u2014 de la « villa des Eucalyptus ».Cette lumière s\u2019éteignit, puis se rallu- En plus de vous maintenir en forme, 1 exercice vous donne un regain de vitalité qui avantage votre apparence, Vitalis et le \"traitement de 60 secondes\" en font autant pour votre chevelure.Vitalis revivifie votre chevelure .la rend vigoureuse, saine, lustrée .vous donne une mise stylée, soignée.50 secondes suffisent pour frictionner Vitalis dans le cuir chevelu.Vous ressentez un picotement stimulant et les pures huiles végétales de Vitalis se mettent ensuite à l\u2019oeuvre pour prévenir la sécheresse et donner un lustre naturel aux cheveux ternes.Ce traitement débarrasse le cuir chevelu des pellicules libres et freine la chute excessive des cheveux.10 secondes pour peigner .des heures bien coiffé! Les jeunes filles ne sont pas indifférentes à une chevelure belle et saine \u2014 votre entourage non plus.Au travatl ou ailleurs une apparence soignée vous avantage.Si vous voulez réussir\u2019 faites le premier pas dans la bonne direction avec Vitalis et le \"traitement de 60 secondes\u201d.Un produit Bristol-Myers Fabriqué au Canada 18 Le Samedi, Montréal, 12 avril 194T -» ^ 1\tj, ^00^ KvYpj\ti : IL MORCEAUX DE JAZZ f-T ê\tSUR DISOUES m\tj vY\" WOODY nul\tHERMAN à *1\tSES WOODCHOPPERS \t-v Set A39 - $3.75 Le \"\u2018U \u2022¦oupe fLçrman\u2019\u2019 interprète à la paffeTriàn-fc jÿ^-genre 1947.Les huit /\u2014'Ctnirf jlè res disjües mettent en vedette (^T|k3f|ebritéà fs'ttivantes: Red Norvo l -31!Wraithone>.Chubby Jackson (Con-^\u2022\u2022Jtrepassei.Bill Harris (Trombone), et l^utresj instrumentistes bien connus.Y^qijei Quelques titres: \u2018Tour Men on a VHmseT; \u201cIgor\u201d; \u201cSteps\u201d; \u201cPam\u201d qui vous donnent une assez bonne idée du gepre^de musique enregistré.BENNY i GOODMAN « ET SON ORCHESTRE \"OH! BABY!\" /:r 1 i Nouveau .\t~\t/ disque de y* \u201cOhî^aSyi\u201d eét un dts^ije de 12\" sur les 2 ïpD,té«h^Iitquel le Maestro Goodman interp~i?£iCï*^ec sa magi^ habituelle\u2014 mémeT ïhiérprétation lyrique sur Pun des {fortes/du disque eSt de lui.La musique/vous donne vraiment envie de ^autér et tout amateur voudra avoir-ce/disffue (C25020 \u2014 S 1.00) dans sa Æscotnèqtie.Columbia LES DISQUES \" MASTER WORK\" m SONT FAITS AU CANADA A ^\tV\tSjÊ jTk Æ LONDON PAR ^ * \"La Voii Radicofiomaue la olus riche\" JOUEZ DES DISQUES en vous servant de votre Radio SPARTON No.148RP $24 95 ( Legerement plus elevé dans l Ouest) J00EZ DE LA GUITARE e APPRENEZ A JOUER la Guitare Hawaïenne par correspondance.Cours complet, méthode très facile.Examens, diplôme, etc.Superbe, guitare hawaïenne fournie GRATIS avec la première leçon.Termes de paiements faciles.13 années d\u2019expérience.Des milliers d\u2019élèves diplômés , recommandent no-à tre cours.1.E CONSERVATOIRE DE MUSIQUE HAWAÏENNE ENR.122-S, Blvd.Charest, Québec.ma.Jack compta trois éclairs, à espaces égaux.\u2014 Ma parole .On fait des signaux ?.A qui ?Il tourna sur lui-même et regarda Fontarabie.Après un instant, il vit la réponse lumineuse jaillir d\u2019une masse sombre sise près du château de Charles-Quint, dans la vieille cité espagnole.Trois fois également.Quelle découverte .Mais ce n\u2019était pas fini ! \u2014 Ah ! bon, c\u2019est l\u2019appel et la réplique, avant de commencer.Voici le véritable message .Des lueurs courtes, des lueurs longues .Il épela les signaux d\u2019alphabet Morse émis par la lampe sur la côte française : cela donna C-U-A-N-D-O.Et en face, on répondit par V-I-E-R-N-E-S.Il attendit encore, mais ce fut tout.Un grand quart d\u2019heure se passa sans changement.Jack jugea que la conversation, pour brève qu\u2019elle avait été, s\u2019avérait terminée.Il nageotta encore quelques instants, puis se décida à revenir.Il aborda expressément tout près de l\u2019endroit où il jugeait que devait se cacher l'inconnu et rampa jusqu\u2019au tamaris, mais ce fut pour constater qu\u2019il n\u2019y avait personne.Perplexe, il revint à ses vêtements, quelques mètres plus loin, et les enfila tels que.La nuit était chaude, il n\u2019éprouva même pas un frisson, en homme entraîné à ces petites fantaisies.Il s\u2019assit sur le sol, cherchant à bien incruster dans sa mémoire les deux mots qu\u2019il avait surpris et qui étaient, il ne l\u2019ignorait pas, de langue espagnole.Si Jack parlait admirablement l\u2019anglais, il était beaucoup moins ferré en ce qui concernait l\u2019idiome de Cer-vantès, et ce ne serait qu\u2019à son retour à l\u2019hôtel, grâce à son dictionnaire, qu\u2019il pourrait saisir le sens de cet échange.Jack attendit encore une grande heure, mais rien, absolument rien de nouveau ne se produisit.Finalement, il se décida à quitter la place et à regagner l\u2019hôtel.Mais auparavant, il fallait, selon ce qu\u2019il avait convenu avec Nan-Dhuoc, faire savoir à l\u2019Annamite qu\u2019il pouvait rentrer également.Il fit entendre l\u2019appel du hibou, par deux fois.Et alors, une forme surgit de l\u2019ombre, s\u2019avança .\u2014 Non !.Arthème Ladon !.s\u2019exclama Jack d\u2019une voix étouffée.C\u2019était le policier, en effet.Sans laisser le temps à Jack de revenir de sa surprise qui était réelle, Ladon articula de sa voix caverneuse à un diapason discret qui la rendait encore plus semblable à un grognement : \u2014 Qu\u2019est-ce que vous faites ici, Des-ly ?.Pourquoi vous êtes-vous baigné, à une heure pareille ?\u2014 Parce que la baignoire de l\u2019hôtel était en réparation .répondit suavement le gentleman-cambrioleur.Mais, et vous, Ladon ?L\u2019inspecteur dardait son regard d\u2019é-pervier.Il pinça les lèvres et reprit : \u2014 Vous continuez vos petits jeux, Desly .Prenez garde .Tant va la cruche à l\u2019eau .\u2014 Merci pour l\u2019allusion .Mais je crois que vous venez de faire quelque chose qui ressemble à un mot d\u2019esprit !.Bravo !.L\u2019air Hendaye vous réussit à merveille.Brusquement, Ladon partit à grands pas, sans répondre.Jack le laissa aller et reprit le chemin de l\u2019hôtel.Il retrouva Nan-Dhuoc qui se hâtait et qui faillit le bousculer au croisement de deux rues.\u2014 Ah ! maître.Moi observer douaniers et pêcheur.Lui parti depuis longtemps.Douaniers bien paisibles .Jamais regarder du côté villa Eucalyptus .\u2014 C\u2019est une chance pour l\u2019auteur des signaux .murmura Jack.\u2014\tSignaux, maître ?.Quoi signaux ?.\u2014\tTu n\u2019as pas vu les jeux de lumière ?Nan-Dhuoc hocha abondamment la tête de droite à gauche.Jack resta perplexe.Pourtant, les éclairs avaient été si nettement visibles dans la nuit.Il se fit répéter l\u2019affirmation négative de l\u2019Annamite.Jack regagna sa chambre sans faire le moindre bruit et se coucha.Quand il se réveilla, le lendemain matin, un gai soleil resplendissait au dehors.Gladys déjà levée achevait sa toilette.\u2014 Ah ! tout de même, paresseux !.Il y a une demi-heure que j\u2019ai ouvert les volets et tu dors comme une marmotte .Il conta les péripéties de la nuit et tout de suite s\u2019exclama : \u2014 Regarde le dictionnaire .Cuando et Vicmes.Que signifie T La jeune femme feuilleta les pages et annonça : \u2014 Cuando égale « quand », et Viornes .attends .heu .Viemes, c\u2019est « vendredi ».C\u2019est très clair.On a demandé une date et la réponse a été vendredi.\u2014 Epatant.Mais ce que je ne saisis pas, c\u2019est qu\u2019on ait osé télégraphier ça au vu et au su de n\u2019importe quel promeneur nocturne.Ce qui tend à pousser à la conclusion qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un secret.Oh ! pardon .Nan-Dhuoc n\u2019a rien vu, lui.Et il avait les yeux fixés sur la villa .Après un moment de silence, Jack se frappa le front.\u2014 Ça y est.Tu vois, U n\u2019y a rien de tel que de se représenter la scène exacte pour y découvrir des détails inaperçus au premier abord .Je viens de fermer les yeux.Là, j\u2019étais dans l\u2019eau .Première lueur .Deuxième .Troisième.Et c\u2019est là que je m\u2019étais demandé pourquoi le rayon s\u2019allongeait drôlement au lieu de s\u2019élargir.Je n\u2019y ai plus pensé après .Heureusement que cela m\u2019est revenu .\u2014 Et quelle est l\u2019explication .J\u2019espère qu\u2019elle sera lumineuse, comme de juste ?\u2014 Sans même prononcer un mot, Gladys, je vais te faire la démonstration, et tu comprendras.Jack prit sa lampe électrique de poche dans un tiroir.Il entoura l\u2019ampoule d\u2019une longue feuille de papier roulée en forme de tuyau.Il braqua la lampe droit vers Gladys et l\u2019alluma.Puis il cligna de l\u2019œil et se plaça de manière que la jeune femme ne vit plus la lampe que de profil.Ce fut à ce moment qu\u2019il se décida à parler.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu vois, en fait de lueur ?\u2014 Mais, fit-elle en haussant les épaules, rien du tout, puisque ton ampoule est masquée par .\u2014 Exact.Ce qui n\u2019empêche pas que la lampe est allumée tout de même si tu veux bien vérifier ! Jack avait trouvé la clef du mystère.Voilà pourquoi Nan-Dhuoc n\u2019avait rien vu, et Arthème Ladon, probablement pas davantage.\u2014 Je me disais aussi.Jack s\u2019interrompit.Il se mit à rire.\u2014 Je dois une fière chandelle à ce brave Ladon.Sans sa présence, il ne me serait jamais venu à l\u2019esprit de faire trempette, et je n\u2019aurais rien su des messages !.Car c\u2019est par chance pure que je me suis trouvé, une fois dans l\u2019eau, dans Taxe exact de projection des lueurs .Il sauta sur le sol et se précipita dans la salle de bain.\u2014 Ainsi donc il se passera quelque chose vendredi.Et tu peux être certaine, Gladys, que ce soir-là, Living-mere éprouvera le besoin de nous écarter comme il l\u2019avait fait hier soir .Gladys l\u2019entendit barbotter dans la baignoire avec de grands éclabousse- ments.Quand U reparut, Jack était d\u2019une humeur joyeuse.__Je suppose, dit-il, que tu as déjà compris le sens de l\u2019activité mystérieuse du sieur Livingmere ?Elle tourna ses grands yeux vers lrn : \u2014\tContrebande ?\u2014\tBien sûr, voyons.Mais quel genre de contrebande ?.Voilà ce qu\u2019il reste à établir .Cela doit représenter un gros chiffre par le train qu il mène.\t.\t,, ____Heureusement que tu as découvert tout cela, mon Jack.fit-elle songeuse, en se polissant les ongles.__Oui.Car nous allons changer totalement nos batteries.Il nous faut désormais jouer le rôle de deux petits naïfs qui ne se doutent de rien, comme de juste.Ah! c\u2019est un beau requin, que ce pseudo-millionnaire .Quel plaisir de lui casser les dents ! On frappa à la porte.Le garçon apportait les petits déjeuners.Pendant qu\u2019ils descendaient sur le sable, Arthème Ladon s\u2019embarquait dans l\u2019autocar pour la ville.Il arriva au commissariat et s\u2019enferma avec M.Darriquère, aussi court que Ladon était grand, aussi barbu que Ladon était imberbe.\u2014 Avez-vous des nouvelles de Métayer ?Le commissaire fit non de la tête.\u2014 Aucune .Du moins jusqu\u2019à pré-sent.\u2014 Ne manquez pas de me prévenir, reprit Ladon.Vous avez communiqué avec Paris, bien entendu ?\u2014 Oui.Mais là-bas on n\u2019a rien reçu de lui non plus.\u2014 Evidemment, il n\u2019y a pas péril en la demeure, car il n\u2019y a jamais que deux jours qu\u2019il a disparu.,.Mais, tout de même, si cela se prolongeait.C\u2019est ennuyeux, ça .Il aurait pu faire savoir ce qu\u2019il mijote .Actuellement, je suis dans le noir, moi.__Mon cher inspecteur, le mieux est d\u2019attendre encore, je suis d avis que Métayer doit suivre une piste intéressante et que nous saurons à quoi nous en tenir d\u2019ici quelques jours.\u2014 Nous sommes mardi, grommela le policier parisien.Je lui donne jusqu à dimanche pour se manifester .\u2014 Et ensuite, vous prendrez l\u2019affaire personnellement en main ?\u2014 Bien entendu, mon cher Darriquère .Je ne vais pas rester ici à me tourner les pouces .Le commissaire de police regarde son interlocuteur.\u2014 Et si vous n\u2019attendiez pas jusque-là ?Hein ?Oui, réflexion faite .J\u2019ai l\u2019air de me contredire, mais il me semble que si quelque chose se produisait dans .enfin, dans l\u2019affaire, vous êtes tout indiqué pour aller de l\u2019avant.pour prendre l\u2019initiative des opérations .Voulez-vous que je vous donne le dossier complet ?Arthème Ladon s\u2019absorba dans un éparpillement de feuillets.V \u2014 ASTUCIEUSE MANŒUVRE La grosse conduite intérieure de Livingmere quitta le garage des Eucalyptus et fonça vers la route de la Corniche.Elle passa devant l\u2019hôtel au moment où Jack et Gladys en sortaient.Desly reconnut le chauffeur au volant.\u2014 Où va-t-il?murmura le jeune homme.Est-ce qu\u2019il y aurait quelque chose de changé dans les intentions de TAmérirain ?Livingmere avait invité le couple à l\u2019accompagner pour une excursion à Saint-Jean-Pied-de-Port.Ils se hâtèrent vers la villa.L\u2019Américain était installé dans un fauteuil à bascule sur le péristyle et se leva à leur arrivée.\u2014 Je m\u2019excuse, dit-il tout de suite, de vous imposer un petit délai avant le départ.On m\u2019a téléphoné ce matin de Ciboure, juste avant le déjeuner.J\u2019avais commandé un joli petit vase.77 19 DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE Solation du Problème No 798 LES 10 GAGNANTS DU PROBLEME No 797 10 JEUX DE CARTES Mlle Cécile Lacas, 330, rue St-Georges, appt.106, St-Jérôme, P.Q.; M.Normand Lanoue, 259, rue Principale, Famham, P.Q.; Mlle Aline Veilleux, St-Ludger, Co.Frontenac, P.Q, ; Mme Julienne Lévesque Rathé, 9b, rue Victoria, Bagotville, P.Q.; M.Georges - Aimé Péloquin, 117, rue Royale, Sorel, P.Q.; Mme René Laporte, 5439, rue Cartier, Montréal, P.Q.; Mlle Rose-Edmée Parent, 6440 \u2014 6e Avenue, Rosemont, Montréal, P.Q.; Mlle Cécile Julien, 6726, rue St-Denis, Montréal, P.Q.; Mlle Carmen Bleau, 96 \u2014 6e Rue, Québec, P.Q.; Mlle Rolande Dussault, 143, rue St-Joseph, Lauzon, Co.Lévis, P.Q.\tfl\th)\tF\tR\tPi\tc\tY\tU\tO\t5\tI\tY\tE B\t P\t\tO\tL\t1\tV\tfc\t\t£>\tY\tE\tR\te\t\tF É\tY\t\t4\tR\tE\t\tB\t\te\tV\tE\t\tM\ta R\tO\tc\t\tE\t\tç\tO\tL\t\tE\t\tP\tfi\tM O\tY\tÊ\tR\t\tB\tO\tR\tE\tE\t\tP\to\tM\tT N\tO\t3\t\tP\tU\tR\t1\tS»\tY\tE\t\tE\tY\tfi O\tN\t\tB\to\tR\t\tN\t\tE\t0\tY\t\tE\tS 3\t\tB\tO\tN\tN\tE\t\tM\tI\tM\tE\tR\t\tM P\tO\t\tN\t1\tO\t\tR\t\tN\tE\tY\t\tR\tT O\tc\tT\t\tC\tU\tV\tE\tY\tY\tE\t\t6\tO\tCr R\tE\tR\tl\t\ts\tE\tC\tM\tt\t\tU\tO\tY\t0 E\tR\tU\t\tF\t\tR\tÜ\tE\t\ta\t\tY\t1\tR E\tM\t\tS\tE\t5\t\tS\t\tO\tO\tT]\t\tN\t1 Fs\t\tS\tS\tR\tt\tt\t\t*\tV\tR\tR\tE\t\tE \tS\t1\tM\tU\tU\tY\tfl\tM\tt\tM\tt\tN\tT\t LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \u201d \u2014 Problème Ne 799 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 M 12\t*3\t14\t15 Nom Adresse Ville ou Village\tProvince Adressez : LES MOTS CROISES, Le Somedi, 975-985, rue de Bullion, Montréal.R.Ç.Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 une poterie dont je comptais faire cadeau à Mme Desly et on devait me la livrer, puis, à la dernière minute, on me fait savoir que c\u2019est impossible.Il tendit son étui à cigares à Jack et offrit des cigarettes à Gladys en ajoutant : \u2014 J\u2019ai donc envoyé immédiatement André, mon chauffeur, pour la chercher .C\u2019est à l\u2019entrée de Saint-Jean-de-Luz.Il sera de retour dans une demi-heure au plus tard.Non, ne me remerciez pas, chère madame, c\u2019est un hommage bien modeste de ma part.André avait reçu l\u2019ordre de se hâter, et il appuyait sur l\u2019accélérateur.D n\u2019ignorait pas qu\u2019on l\u2019attendait pour cette promenade classique le long de la vallée de la Nive, dès son retour.Ce n\u2019était pas la première fois qu\u2019il roulait sur la Comiche et U en connaissait les particularités, prenant les virages le long de la paroi rocheuse, freinant dans les descentes brusques, sollicitant son moteur dans les grimpées sinueuses.Dans un champ devant lui, à gauche, deux petits paysans se poursuivaient en courant II eut l\u2019intuition que l\u2019un de ces petits imprudents allait traverser la route et freina progressivement, klaxonna, puis redonna de la vitesse.Mais son visage s\u2019était brusquement tendu et il expérimenta une nouvelle fois sa pédale de freins ; une troisième fois.B poussa un juron bref, devint pâle et stoppa.Sous son siège il y avait une combinaison bleue.Il l\u2019endossa en un clin d\u2019œil, se glissa sous les roues avant, examina les câbles de freins.Son visage était encore plus blême quand il se redressa.\u2014 Je le sentais, marmonna-t-il.Bon Dieu !.Quelle veine insensée ! Deux kilomètres plus loin, c\u2019était la culbute en bas de la roche ! André venait de s\u2019apercevoir que l\u2019un des câbles était rompu, de sorte qu\u2019un coup de frein brusque l\u2019aurait déporté sur sa droite, provoquant un demi tête-à-queue et l\u2019aurait envoyé dans la mer, à l\u2019endroit où la route fait un coude brusque, non loin du fort de Socoa.H pouvait rouler encore jusqu\u2019à Ol-boure, mais avec une extrême prudence.A peine arrivé dans la petite ville, il avisa un garage et demanda l\u2019autorisation de téléphoner à son patron.Livingmere entendit la sonnerie et disparut dans la maison.Quand il revint, Jack remarqua le tremblement de ses mains.Le vieillard s\u2019assit et se versa une rasade de whisky, puis : \u2014 Mon chauffeur vient d\u2019échapper à un terrible accident, articula-t-il.Un câble de frein .rompu .C\u2019est miracle qu\u2019il ne se soit pas rompu les os.11 s\u2019en tire avec un bras démoili .L\u2019auto n\u2019a rien d\u2019abîimé, mais naturellement elle est indisponible .Du coup, chère madame, mon chauffeur a oublié la commission.\u2014 C\u2019est tellement compréhensible ! s\u2019exclama Gladys, toute saisie.Il ne pouvait plus décemment être question de l\u2019excursion projetée, d\u2019autant plus que la voiture était indisponible.Jack abonda dans le sens de Livingmere qui déclara, puisqu\u2019il en était ainsi, qu\u2019il allait se rendre tout de suite à Ciboure pour ramener son chauffeur.\u2014 Voulez-vous que je vous y mène dans mon auto ?proposa Desly, d\u2019un ton empressé.\u2014 Non, jamais de la vie.Je ne veux pas vous infliger cette corvee ! Jack insista un peu par politesse, puis décida qu\u2019il passerait l\u2019après-midi sur la plage, avec Gladys.A peine de rétour à l\u2019hôtel, Jack fut pris d\u2019une fièvre de mouvements.Il fit quérir Nan-Dhuoc qui flânait non loin de là.\u2014 Vite !.Sors l\u2019auto !.Pas une minute à perdre !.\t\\ Gladys écouta, stupéfaite, les expli-cations de son ami.\u2014 Tout ça, comprends-tu, des bobards, ma chérie .L\u2019accident et tout ! Une manœuvre pour se débarrasser de nous .Livingmere n\u2019a jamais eu l\u2019intention de nous emmener à Saint-Jean-Pied-de-Port, mais je parie qu\u2019ü y va courir tout seul.En tous cas, montre-toi sur la plage, au cas où je me serais trompé.Si tu le rencontrais, tu diras que., que je fais mon courrier .Enfin, je te fais confiance .Nan-Dhuoc attendait son maître aux environs du château d\u2019Abbadie, à l\u2019embranchement de la route de la Croix-des-Bouquets.On roula à bonne allure, puis Jack commanda de s\u2019arrêter.L endroit était isolé à souhait.Tirant de l\u2019un des tiroirs secrets de la voiture un nécessaire de maquillage, Desly se composa une tête de vieux professeur à lunettes d\u2019or.Dans une valise toujours prête, U trouva les vêtements nécessaires.On repartit, par Urrugue et Ascain.Jack lisait la carte et dirigeait l\u2019Annamite.Il s\u2019agissait d\u2019éviter l\u2019itinéraire direct jusqu\u2019à Louhossa, de manière à ne pas courir le risque de rencontrer Livingmere.L\u2019auto arriva devant la petite ville pittoresque de Saint-Jean-Pied-de-Port, stoppa, juste le temps de permettre à Jack de descendre et disparut.Nan-Dhuoc savait où il devait attendre son maître.Jack flâna, le nez au vent.Il y avait des groupes de touristes qui faisaient comme lui.Plusieurs autocars étaient rangés sur un terre-plein.Les marchands de souvenirs et de cartes postales regardaient d\u2019un œil satisfait ces clients probables.Desly s\u2019installa sur un banc, devant une longue table rustique, à la porte d\u2019v.ne auberge, sous des guirlandes de capucines.L\u2019endroit était excellent pour surveiller toute voiture arrivant par la grande route.Un nouvel autocar surgit ; une avalanche de gens en descendirent et s'éparpillèrent.L\u2019un d\u2019eux s\u2019installa non loin de Jack.Ce dernier jeta un regard discret sur l\u2019homme et sentit tout de suite que l\u2019autre l\u2019examinait.Il n\u2019avait guère eu le temps de le juger, mais peu importait.Il était préférable de s\u2019éloigner.Il paya et se leva, puis traversa la place et feignit de s\u2019absorber dans la contemplation d\u2019objets basques.Quand il se retourna le voyageur avait disparu.Son attention fut attirée par une auto de louage.Un sourire furtif apparut sur ses traits.Il avait deviné juste.Livingmere venait d\u2019arriver.\u2014 Attendez-moi ici.ordonna l\u2019Américain.Je vais faire un tour à pied jusqu\u2019à la Béhérodie .Il paraît qu\u2019il y a un joli point de vue^ n\u2019est-ce pas ?\u2014 Hé bé, pour sûr,,.Très joli.Alors, je vous attends ici.Déjà le pseudo-professeur s\u2019acheminait vers la rivière dont il venait d\u2019entendre prononcer le nom.Livingmere le dépassa sans lui accorder d\u2019attention et se hâta.Mais au lieu de rester à l\u2019endroit où se pressaient les amateurs de paysages, il continua vers une éminence qu\u2019il franchit.Jack s\u2019aventura à sa suite, tout en continuant d\u2019observer une distance prudente.L\u2019Américain s\u2019arrêta, alluma longuement un cigare, et jeta un regard circulaire, puis consulta sa montre, Jack chemihait à petits pas et semblait totalement absorbé par l\u2019horizon.Mais en réalité, il utilisait le stratagème découvert par Gladys et observait Livingmere dans le reflet de ses lunettes contre le soleil.Un paysan apparut, marchant d\u2019un pas élastique, les pieds chaussés d\u2019es-pargates, le veston pendu sur l\u2019épaule.Il traversa de biais le champ au milieu duquel stationnait l'Américain.Living- HORIZONTALEMENT 1.\tAttaque brusque.\u2014 Petit jardin attenant à une maison de paysan.2.\tFleuve côtier de France.\u2014 Suspension d\u2019action.\u2014 Traité d\u2019alliance.3.\tPain de qualité inférieure.\u2014 Saint martyrisé en Afrique.\u2014 Petit-fils d\u2019Hellen.4.\tVésicule du fiel.\u2014 Nationalité du Pape.\u2014 Possessif.5.\tVoix d\u2019homme la plus élevée.\u2014 Prénom féminin.\u2014 Marque l\u2019étonnement.6.\tMorceau d\u2019étoffe blanche que portent au cou les gens de robe.\u2014 Vélocipède (abr.) 7.\tOpiniâtre.\u2014 Roi de Juda.\u2014 Fond d\u2019une rivière.8.\tMarque la joie.\u2014 Etonner profondément.\u2014 Négation.9.\tFatigué.\u2014 Dépôt des liqueurs fermentées.\u2014 Fleuve de la Russie caucasienne.10.\tNom poétique de l\u2019arc-en-ciel.\u2014 Prénom masculin.11.\tLongueur d\u2019une enjambée.\u2014 Graminée.\u2014 Sultan surnommé le Féroce.12.\tEn évidence chez les maigres.\u2014 Roches escarpées sur les bords de la mer.\u2014 Paysage.13.\tA travers.\u2014 Mets entamé.\u2014 Substantif.14.\tCagneux.\u2014 Célébrité.\u2014 Négation.15.\tProtochlolure de mercure.\u2014 Cotonnade indienne.VERTICALEMENT 1.\tMissionnaire qui colonisa la Guadeloupe.\u2014 Résine tirée du pin maritime.2.\tAvoir de l\u2019affection \u2014 Etablissement ou l\u2019on entretient les chevaux.\u2014 Manche.3.\tChambre-Haute du Canada.\u2014 Situé.\u2014 Pieu aiguisé par un bout.4.\tDans la gamme.\u2014 Dépouiller la garance de sa robe.\u2014 Bière de Bruxelles.5.\tUnité de mesure agraire.\u2014 Mammifère carnassier de l\u2019Inde.\u2014 Ger-mandrée.6.\tMoitié.\u2014 Capitale de la Tunisie \u2014 Pronom.7.\tEsquive.\u2014 Première femme._______ Unité de pression.8 Déteint par la suite d\u2019un lavage._ Fléchir.9.Roi d\u2019Israël.\u2014 Adresse.\u2014 Crochets de fer.10.\tAdverbe de Lieu.\u2014 Suffisamment \u2014 Volcan de la Sicile.11.\tJointes.\u2014 Exposés au bon air ____ Aventurier français né à Tonnerre 12.\tFleuve de la Géorgie.\u2014 Guides.\u2014 A moi.13.\tTension.\u2014 Dieu suprême des Babyloniens.- Ville de Tchécoslovaquie.14.\tPréfixe.- Malicieux.- Elément gazeux.15.\tBallotter.\u2014 Port de la Lituanie. 20 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 APRES L\u2019ERE ATOMIQUE.Vous ,voyez-vous porter au bras une jolie montre-bracelet, donnant parfaite-ment 'l\u2019ïi^Ure,, et de dimension ordinaire, munie d\u2019un appareil de radio récèpteur-traiKiiietteur, munie également d'un petit radar pour vous diriger tel un compas dans la brume ou la noirceur, et vous prévenir des dangers ?Vous voyez-vous dis-je, avec cette montre-bracelet combinée d\u2019un communicateur de téléphone interurbain, soit pour appeler à votre demeure, au bureau, où chez vos amis, sans que cela ne vous coûte un sou de plus pour le faire fonctionner, en vous servant de la source d\u2019énergie des radiations reconnues, du corps humain ?Ce serait une merveille, n\u2019est-ce pas?Ou du moins, un rêve fantastique ?Eh bien ! des techniciens \u201csavants\u201d sont à travailler en ce moment à une découverte aussi fantastique.\u201cL\u2019électrification par ondes\u201d.Ils prétendent \u201cmordicus\u201d réussir.Tant mieux pour eux s\u2019ils réussissent, mais, tant pis pour nous.Car les meilleures découvertes faites dans le domaine de l\u2019électricité et de la radio, nous permettent d\u2019affirmer que le corps humain émet des vibrations et que ces dernières réagissent sur les autres aussi bien qu\u2019il les capte.Supposons que oes techniciens \u201csavants\u201d réalisent, un jour, çe rêve hardi, c\u2019est-à-dire, d'émettre par sans fil l\u2019énergie électrique à chaque foyer, chaque industrie ou tramway, etc.Ainsi qu\u2019on le fait aujourd\u2019hui pour les ondes radiophoniques, quel'sera l\u2019effet de ces ondes sur l\u2019organisme humain?Nous, dont le corps est un excellent conducteur d\u2019électricité, nous, qui sommes impuissants à barrer la route aux ondes radiophoniques, qui traversent tout, aussi bien les murs de nos maisons que notre Corps lui-même, que ferons-nous ?Faudra-t-il adopter des armures isolantes pour nous protéger de la force redoutable de ces rayons répandus dans l\u2019éther ?Puisqu\u2019il est reconnu, que notre organisme se comporte comme une antenne de T^j.F.et qu\u2019il réagit à une longueur d\u2019onde déterminée et particulièrement sensible à une longueur de 23 pieds, l\u2019effet serait désastreux, vu que les ondes ultra-courtes possèdent des effets physiologiques incontestables sur l\u2019être humain.Toutefois, nq nous énervons pas' pour le présent, car ces grands techniciens \u201csavants\u201d ont encore loin à faire pour accomplir leur \u201cmiracle\u201d, et dans la mesure où l\u2019on s\u2019en sert maintenant dans la T.S.F., elles ne représentent pas de réels dangers, Hector Brault LA BOITE AUX, QUESTIONS P/c/< QUESTION.\u2014 Monsieur.\u2014 Je possède une table tournante \u201cpickup\u201d, mais il n\u2019est point de sortie sur mon récepteur pour le faire fonctionner.Je vous serais obligé si vous pouviez m\u2019indiquer un moyen d\u2019installer un \u201cpickup\u201d après mon radio.\u2014 M.T., 1583, rue Dufresne, Montréal.REPONSE.\u2014Dans la vignette ci-dessus, quelques façons de raccordements les plus employés : QUESTION.\u2014Je vous prie de bien vouloir me procurer l\u2019adresse d\u2019une maison qui vend des ouvrages sur la T.S.F.en français.\u2014 Emanuel Ilet, Saint-Marc, Haïti.REPONSE.\u2014En vous adressant chez tout bon libraire, vous aurez le choix entre une dizaine d\u2019ouvrages sur la T.S.F.Je vous conseille, en particulier, de vous procurer \u201cToute la Radio\u201d, par Einsberg.Adressez vos problèmes à Radio-Docteur, \"Le Samedi\", 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q.mere avait retiré son béret basque et s\u2019épongeait le front.Le paysan passa devant lui.Le vieillard, par inadvertance, lâcha son mouchoir qui voleta.L\u2019homme courut après le carré de ^batiste et le rapporta.Un remerciement, l\u2019offre d\u2019une piécette que le paysan refusa, puis ce fut tout.Mais Jack n\u2019avait pas été dupe du manège.Il avait distinctement vu la petite enveloppe glissée dans la paume de l\u2019Américain en même temps que le mouchoir.\u2014\tEt maintenant ?se demanda Des-ly.Que va-t-il faire ?Le vieillard ne semblait pas décidé à s\u2019en aller.Il regarda de nouveau sa montre et se mit en route vers un boqueteau à un demi-kilomètre de là.La filature devenait malaisée.Comment suivre l\u2019homme, maintenant, sans éveiller ses soupçons ?Jack trouva un moyen ingénieux.Il se mit à fureter sur le sol, comme s\u2019il cueillait des simples.Peu à peu, il se rapprocha des arbres.Dès que Living-mere eut disparu, il marcha sans hésitation, quitte à reprendre son manège à la moindre alerte.\u2014\tJe suis sûr qu\u2019il va rencontrer quelqu\u2019un là-bas .Au moment où il allait pénétrer sous le couvert, Jack vit un individu qui était plaqué contre un arbre et dont l\u2019attitude indiquait sans erreur possible celle d\u2019un guetteur.Presque aussitôt, l\u2019inconnu ayant probablement repéré Jack, se mit en devoir d\u2019allumer une cigarette d\u2019un air faussement détaché.Desly se courba vers le sol, dans une nouvelle frénésie d\u2019herborisation.Puis il fit demi-tour, et tranquillement reprit le chemin de la bourgade.« Rien à* faire .songea-t-il.Je savais bien que l\u2019histoire du chauffeur était une belle blague !.» Il venait de reconnaître à une attitude caractéristique, durant un bref instant, l\u2019homme qui s\u2019était soi-disant cassé le bras en roulant vers Ciboure ! Oui, c\u2019était André, le chauffeur de Livingmere.\u2014 Son déguisement indique une certaine expérience.Ce n\u2019est donc pas un type inoffensif .Et il est ici dans un but facile à comprendre.André avait débarqué du dernier autocar.C\u2019était lui qui s\u2019était assis à la porte de la même auberge que Jack.Sa mission, se disait l\u2019ami de Gladys, consistait sans doute à couvrir le rendez-vous de son maître et à épier quiconque rôderait autour de lui.\u2014 Admirablement machiné !.Qui pourrait se douter que l\u2019Américain et le chauffeur déguisé se connaissent ?Il n\u2019y avait qu\u2019une chose à faire, rejoindre Nan-Dhuoc et rentrer au plus vite à Hendaye.A huit heures du soir, il fut assis à côté de Gladys dans la salle de restaurant, comme toujours.Nan-Dhuoc lavait soigneusement la voiture dans le garage de l\u2019hôtel ; tout rentrait dans l\u2019ordre.Durant la promenade rituelle d\u2019après-dîner, Jack et Gladys passèrent devant les Eucalyptus.L\u2019Américain était également rentré.Il apparut dans le jardin.\u2014 Passé une bonne après-midi ?s\u2019en-quit-il.\u2014 Délicieuse .Et vous ?.Quel est l\u2019état de votre chauffeur ?Livingmere marqua une hésitation très courte avant de répondre.\u2014 Oui, en effet, mon chauffeur, mur-mura-t-il.Eh bien ! je lui ai accordé quinze jours de vacances .Sur sa demande, d\u2019ailleurs .C\u2019est un garçon consciencieux ; il a tenu à les comprendre dans le délai d\u2019immobilité que lui vaut son bras.Mais vous pensez que je n\u2019ai rien voulu entendre.Il aura .mais je vous ennuie avec ces petites histoires sans aucun intérêt.fit-il dans un rire qu\u2019en d\u2019autres temps le couple aurait jugé très sympathique.Ils sortirent tous trois s\u2019acheminant vers le môle de la baie.Un grand individu efflanqué passa tout près.Jack reconnut Arthème Ladon.L\u2019Américain baissa la voix après que l\u2019inspecteur se fût éloigné et, désignant discrètement le personnage : \u2014 Voilà plusieurs fois que je vois cet escogriffe rôder autour de ma propriété .Il m\u2019agace .Vous ne trouvez pas qu\u2019il a un genre, heu, plutôt suspect ?.Jack exhiba un air extrêmement innocent.\u2014 Qui donc ?.Ce grand bonhomme ?Je ne l\u2019ai jamais remarqué.H n\u2019est pas extrêmement élégant, ma foi.Ainsi, il traîne autour des Eucalyptus ?.\u2014 Oui.Mon jardinier l\u2019a vu, même, s\u2019arrêter et regarder obstinément la maison comme s\u2019il voulait.s\u2019il voulait .Au fond, je ne sais pas ! acheva Livingmere avec un sourire.La curiosité de certaines gens mal élevés est vraiment insupportable .\u2014 Pourquoi ne le signalez-vous pas à la police ?intervint Gladys avec douceur.Le vieillard eut un mouvement vif de tête vers elle.\u2022 \u2014\tSi cela continue, assura-t-il, c\u2019est ce que je ferai, chère amie.En rentrant à l\u2019hôtel, Jack murmura à Gladys : \u2014\tNous voici mercredi soir .Encore quarante-huit heures et il se passera quelque chose aux Eucalyptus .N oublie pas : Viernes .Vendredi .Probablement dans la nuit.Gladys resta silencieuse.Puis, lentement : \u2014 Méfie-toi, Jack.Il y a des moments où ce Livingmere me donne l\u2019impression d\u2019avoir une opinion de nous bien différente de celle que nous nous efforçons de lui inculquer .\u2014\tAllons donc !.Pourquoi nous soupçonnerait-il de .\u2014\tJack, reprit-elle, l\u2019intuition des femmes est toujours supérieure à celle des hommes.Je t\u2019assure qu\u2019il n\u2019est pas notre dupe.Faisons en sorte que nous ne devenions pas les siennes.VI \u2014 LUGUBRE DECOUVERTE Arthème Ladon quitta l\u2019autocar près de la place Pluviôse, à Saint-Jean-de-Luz et se pressa.Un petit homme barbu l\u2019attendait au coin de la maison Louis XIV.Us se serrèrent la main.C\u2019était Darriquère, le commissaire de police d\u2019Hendaye.Alors, articula le policier parisien, vous .vous l\u2019avez vu ?\u2014 Non, pas encore.Je vous attendais .Dès que j\u2019ai été avisé par téléphone, ce matin, je vous ai envoyé le petit mot.Ils se mirent en route.Darriquère expliqua qu il avait donné rendez-vous à son confrère de Saint-Jean-de-Luz et que.\u2014 Ah ! le voici.murmura-t-il.Ils se trouvaient devant le petit bâtiment sinistre de la Morgue.Les trois hommes entrèrent.Il faisait frais.Le contraste était vif entre l\u2019atmosphère embrasee du dehors et celle qui régnait en cet endroit lugubre.Un employé les guida.La vision était hideuse.Ils ne restèrent qu\u2019un bref instant devant le corps déjà gonflé par un séjour prolonge dans la mer.Malgré son endurcissement professionnel, Ladon ne put retenir un haut-le-corps.\u2014 C\u2019est bien lui.balbutia-t-il.Il venait de reconnaître le cadavre du jeune Antoine Métayer .\u2014¦ J\u2019ai encore quelque chose à vous dire, prévint M.Bastade, le commissaire de Saint-Jean.Ils sortirent.La foule était joyeuse, bruissante, élégante.Ici, la vie.Là-bas, dans la salle basse, la mort. Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947* 21 Une fois installés dans le bureau de M.Bastade, Arthème Ladon et Darri-quère entendirent non sans stupeur les détails fournis par l\u2019homme assis en face d\u2019eux.\u2014 Le rapport du médecin qui a examiné le corps est formel, dit M.Bastade .La victime était déjà morte quand elle se trouva dans l\u2019eau.La cause du trépas n\u2019est nullement la noyade.L\u2019examen des poumons et du système respiratoire a été concluant, sans qu\u2019il y ait eu besoin d\u2019une autopsie.\u2014 Alors, gronda Ladon, un crime bien caractérisé ! \u2014 Sans aucun doute possible.Le malheureux porte une trace de balle dans la nuque.Maintenant que vous l\u2019avez reconnu, on va faire le nécessaire pour l\u2019extraction .Darriquère ouvrait des yeux tragiques.Ladon se rongeait les ongles.\u2014 Et enfin, termina Bastade, on a remarqué autour des chevilles les traces d\u2019une corde.Il est à penser que le corps avait été lesté d\u2019un poids afin de descendre dans les profondeurs sous-marines.\u2014 Ce poids, marmonna Ladon, comme s\u2019il se parlait à lui-même, se sera détaché avec la corde et le corps est remonté.\u2014 Parfaitement.C\u2019est un pêcheur de Saint-Jean qui a vu à l\u2019aube, aujourd\u2019hui, cette masse ballottée au gré des flots et qui l\u2019a amenée .Un lourd silence régna dans la pièce.Finalement, Ladon articula : \u2014 Voilà pourquoi Métayer n\u2019a plus jamais donné de nouvelles .Darriquère demanda vivement : \u2014 La mort remonte à combien de jours ?Bastade fit un geste d\u2019ignorance : \u2014 Le docteur n\u2019a pu le certifier de façon positive en raison des circonstances hâtives dans lesquelles il a examiné le corps.Il s\u2019est surtout appliqué à découvrir le temps durant lequel le cadavre a séjourné dans l\u2019eau .Il suppose que cela peut faire trois à quatre jours .\u2014 Moi, je vous dis, grommela Ladon, qu\u2019il a été tué le soir même de sa disparition et jeté à l\u2019eau tout de suite après.\t\u2022 Il exposa son idée devant les deux auditeurs attentifs : \u2014 Métayer aura senti la menace d\u2019un danger brusque et immédiat.Il a choisi le prétexte de l\u2019aquaplane pour fausser compagnie aux gens qui l\u2019entouraient.Mais on l\u2019aura retrouvé et.voilà .' Darriquère approuva, avec un profond soupir : \u2014 Dire que nous avons des soupçons précis, ajouta-t-il, mais que nous ne pouvons rien dire, ni rien faire, faute de preuves décisives .\u2014 Oui, rugit sourdement Ladon, mais quand le jour sera venu, il y aura un terrible règlement de comptes ! Il haussa rageusement les épaules.\u2014 J\u2019espère, reprit-il, que personne ne se doute de .\u2014 Non, non !.s\u2019exclama Bastade.D\u2019accord avec la presse locale, nous étouffons l\u2019affaire.Songez à l\u2019effet sur les estivants, en pleine saison balnéaire .D\u2019ailleurs, les journalistes ne se doutent même pas de la gravité de la chose.Us croient à la simple noyade d\u2019un inconnu.\u2014 Ah ! c\u2019est préférable .Us ignorent donc la question de la balle dans la nuque, des cordes aux chevilles ?\u2014 Bien entendu.Le süence complet.Plus tard, justice sera rendue au malheureux inspecteur de la Sûreté nationale, Antoine Métayer, victime de son devoir, tombé en service commandé .Darriquère et Ladon prirent conge du commissaire de Saint-Jean-de-Luz et cependant que le premier nommé rentrait à Hendaye par le train, 1 inspecteur repartait par l\u2019autocar.Us étaient censés ne pas se connaître dans la ville où ils retournaient.Ladon regagna le petit hôtel qu\u2019il habitait.Non loin de là, assis dans un terrain parsemé de petites dunes, un homme regardait les rochers des Deux-Jumeaux.U se leva après avoir vu Ladon rentrer che lui.Si Jack Desly s était trouvé dans les parages, il aurait sans peine reconnu, sous ce même déguisement de la veille, le chauffeur de Livingmere, l\u2019inquiétant André .Et il aurait eu un sujet de méditation en constatant que pas plus qu\u2019à Saint-Jean-Pied-de-Port, le guetteur ne semblait souffrir d\u2019une blessure quelconque au bras.Mais Jack Desly ne pouvait se trouver partout à la fois et, à cette minute même, il se livrait aux plaisirs de l\u2019aquaplane derrière le canot rapide dé 1 Américain.Tout en évoluant avec une aisance consommée, il étudiait soigneusement, à chaque passage devant le jardin de la villa, la topographie des lieux, et l\u2019enregistrait dans sa mémoire.Finalement, Livingmere vint se ranger à son débarcadère.\u2014 Fameux !.s\u2019exclama-t-il ; j\u2019ai eu beau executer voltes et virevoltes, vous avez tenu bon !.C\u2019est la première fois que je suis battu, ajouta-t-il.Gladys était assise dans le jardin, sous un grand parasol.Jack apparut dans un rejaillissement de gouttelettes et s\u2019ébroua comme un chien mouillé.Le thé fumait sur la table et des piles de sandwiches appétissants firent loucher le jeune homme.\u2014 Je meurs de faim.avoua-t-il.Enveloppé d\u2019un peignoir, il s\u2019installa.Gladys fit les honneurs du service.Livingmere l\u2019admira comme de coutume.Il se tourna vers Jack et murmura : \u2014 Vous faites un couple parfait tous les deux.La grâce, la force souple.J\u2019aime votre vigueur et votre harmonie à tous deux.Pour moi qui suis un vieux bonhomme, c\u2019est un véritable bain de Jouvence que vous contempler .Jack s\u2019allongea sur le sable tout près du remblai au-dessus de la baie et alluma une cigarette pendant que Livingmere proposait à la jeune femme de visiter la villa.Cette offre était le résultat de quelques réflexions adroites de Gladys.\u2014 Si vous le permettez, déclara Jack, je vais paresser encore un peu au soleil .D\u2019ailleurs, je risquerais de ternir le miroir ciré des parquets .Au retour de l\u2019amphitryon avec son invitée, on fit des projets pour le lendemain.Livingmere avait demandé qu garage de Ciboure si l\u2019auto serait bientôt prête et on lui avait répondu qu\u2019on la lui amènerait en fin de journée.\u2014 Cette fois, proposa gaîment le vieillard à ses amis, nous allons prendre rendez-vous ferme pour Saint-Jean-Pied-de-Port ! Jack admira la parfaite maîtrise de soi-même dont Livingmere faisait montre.U approuva avec un feint enthousiasme : \u2014 Mais il nous faudra être revenus avant huit heures, souligna-t-il, car nous devons aller voir des amis à Biarritz .Nous dînerons avec eux .U escomptait une réponse affirmative.Le lendemain était le fameux vendredi.Livingmere avait intérêt à rentrer, lui aussi, de bonne heure.Tout fut mis au point.Le soir, dans leur chambre, Jack questionna avec intérêt : __Tu as noté les détails des pièces ?Tu as tout visité ?_____Il ne m\u2019a fait grâce de rien.Depuis les combles jusqu\u2019à la cuisine au sous-sol.C\u2019est très confortable, d\u2019ailleurs.U prit une feuille de papier êt la tendit, avec un porte-mine : __Voyons si ta mémoire est fidèle .Gladys dessina un plan d\u2019une précision remarquable, ajoutant des com- mentaires complétant les coups de crayon : \u2014\tIci le grand vestibule carré que tu connais .Puis là, le salon, la salie à manger, le .\u2014\tOui, le rez-de-chaussée, je l\u2019ai vu moi-même.Ce sont les étages qui m\u2019intéressent.Où est sa chambre ?\u2014\tIci, précisa Gladys.La salle de bain à côté, un petit couloir, un escalier en colimaçon qui monte directement dans le cabinet de travail et qui est indépendant du grand escalier .Elle continua ses explications devant Jack qui était attentif comme un étudiant à une conférence en Sorbonne.\u2014\tTu vois, fit-il quand elle eut terminé, que tes craintes sont injustifiées.Il ne nous livrerait pas le plan de son intérieur s\u2019il craignait quelque chose de nous .Gladys ne releva pas la remarque.Elle se contenta d\u2019étouffer un petit soupir.Jack s\u2019appuya au balcon.U vit Nan-Dhuoc traverser rapidement le boulevard et s\u2019engouffrer dans l\u2019hôtel.Deux minutes plus tard, le Jaune frappait à la porte.\u2014 Maître .Encore un espion, tn bas caché dans tente et regarder fenêtre .Cette fois, moi suivi lui.\u2014 Et où est-il allé ?\u2014 Allé jusqu\u2019à villa Eucalyptus .Moi faire bien attention lui pas voir moi, mais lui retourné tout à coup, alors moi, tomber plat-ventre dans jardin public .Et puis fini.Revenir ici.Nan-Dhuoc précisa qu\u2019il n\u2019avait pas vu l\u2019homme entrer dans la propriété de l\u2019Américain.\u2014 Bah ! c\u2019est tout comme .dit Jack Tu peux être sûr que .Gladys interrompit avec douceur : \u2014 Alors; Jack.Tu es en contradiction avec toi-même .Puisque tu admets que Livingmere nous fait surveiller .\u2014 Attends .Nan-Dhuoc, peux-tu me décrire le bonhomme ?\u2014 Oui.Cette fois, moi vu lui sous lumière lampadaire.Desly reconnut le signalement.Il sif-flotta : \u2014 Le chauffeur de l\u2019Américain.U continue à garder son travestissement .Bien sûr .Puisqu\u2019il est censé se trouver en traitement pour cm bras cassé !.\u2014 Tu ne m\u2019as pas répondu, Jack.insista gentiment la jeune femme en s\u2019approchant.\u2014 Ah ! oui.Dieu que tu es passi-miste ! Mais je pense tout simplement que Livingmere serait désolé d\u2019être pris en flagrant délit de mensonge et qu\u2019il veut, en toute occasion, s\u2019assurer qu\u2019il ne risque pas de se trouver nez à nez avec nous .Par exemple, quand il dit qu\u2019il va à Saint-Jean-de-Luz, quelle tête ferait-il si nous lui demandions le lendemain comment se faisait-il que nous l\u2019avons cherché au Casino ou dans un dancing sans le trouver.\u2014 U pourrait répondre qu\u2019il a fait comme nous, qu\u2019il a changé d\u2019avis .Non, mon petit Jack, je ne suis pas convaincue par tes arguments.Je t\u2019adore, tu es d\u2019une habileté merveilleuse, mais parfois tu mésestimes l\u2019adversaire .Je suis persuadée, moi, que Livingmere nous surveille pour savoir si nous lui mentons .U rit de bon coeur.\u2014 Eh bien! comme jusqu\u2019à présent il n\u2019a pas encore pu trouver le défaut de la cuirasse, il doit être satisfait et tranquillisé.Sur ce, puisque le sieur André est allé faire son rapport à son patron, je vais descendre et m\u2019assurer des facilités de pénétration dans le jardin des Eucalyptus.En somme, une petite répétition générale pour demain soir .La baie était à mare basse quand Jack parvint à sa cachette.Cela contrariait ses plans, il ne l\u2019avait pas prévu.Mais, après un rapide calcul, il se rendit compte, non sans étonnement, que la nuit du vendredi, le flot ne commencerait à monter qu\u2019à une heure trop tardive ou, pour mieux dire, à l\u2019aube du samedi.\u2014 Comment va-t-on faire alors?se demanda-t-il.Dans son esprit, la villa devait recevoir une visite nocturne en provenance de Fontarabie, au jour convenu et le moyen le plus pratique était de passer à la rame.Il ne doutait pas que les douaniers se laisseraient berner Un homme comme Livingmere prendrait toutes ses précautions.Mais devant cette question de flux ou de reflux, il était quelque peu désorienté.Le jardin donnait par un de ses*côtés sur le terrain inculte dans lequel il se trouvait actuellement.U s\u2019avança en rampant jusqu\u2019à la haie épaisse, la suivit en descendant, atteignit le remblai de pierre et, se haussant avec précaution, regarda au-dessus, vers l\u2019intérieur.Le cri du hibou, à deux reprises, au loin.Nan-Dhuoc, posté dans un bouquet de magnolias annonçait un danger- U attendit.Un pas crissa dans le jardin de Livingmere, courant vers le portail situé de l\u2019autre côté.Puis une altercation éclata.Malgré lui, Jack eut un sourire.Le jardinier de la villa était en train d\u2019engu.irlander quelqu\u2019un.Et Desly reconnaissait la voix de basse de Ladon qui répondait.U se glissa.jusque dans la rue et rejoignit l\u2019Annamite.\u2014 Moi vu Ladon, chuchota ce dernier ; lui aller dans direction vous, maître.\u2014 Oui.Et il a été stoppé avant de me joindre.civil \u2014 LA NUIT DU VENDREDI Monsieur Livingmere était assis dans un fauteuil, tout habillé malgré l\u2019heure tardive.U tenait un revolver dans sa main droite.L\u2019obscurité régnait complètement dans la pièce.U était attentif au, moindre bruit.Dans son cerveau se déroulaient, comme un film, les événements de la journée., Cette excursion à Saint-Jean-Pied-de-Port en compagnie du couple Desly, puis le, retour, l\u2019arrêt à Biarritz pour déposer Jack et Gladys.Et enfin la certitude qu\u2019ils n\u2019avaient aucunement rendez-vous avec des amis et qu\u2019ils avaient dû.rentrer aussi vite que possible à Hendaye.Un sourire redoutable se jouait par instants sur ses lèvres.U attendait.Soudain, il se dressa et, vif comme un chat, courut jusqu\u2019à la porte, prenant soin de se tenir à côté de l\u2019interrupteur électrique.Un léger grattement se fit entendre.U serra plus fort la crosse de son arme.La porte s\u2019ouvrit lentement.Au même moment, la lumière jaillit au plafonnier et Livingmere prononça d\u2019une voix très calme : \u2014 Haut les mains ou je tire !.Jack Desly comprit à son regard qu\u2019il n\u2019hésiterait pas et leva les bras au-dessus de sa tête.Livingmere l\u2019obligea à avancer jusqu\u2019au centre de la pièce et d\u2019une main experte fouilla ses poches, en tira une trousse perfectionnée de cambrioleur ainsi qu\u2019un petit browning plat.U jeta le tout de l\u2019autre côté du lit, dans la ruelle, et s\u2019assit.Jack articula avec aisance : \u2014 Vous permettez que j\u2019en fasse autant ?\u2014 Oui.Mais au moindre geste suspect, je vous abats comme un chien.N\u2019oubliez pas que je viens de vous surprendre en pleine effraction .\u2014 Je sais .Je sais .Aussi ne craignez rien de moi.Jack nourrissait l\u2019ardent espoir que Nan-Dhuoc ne tarderait pas à surgir, ce qui renversait la situation.L\u2019Amé- 22 Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 ricain parut deviner sa pensée et prononça : \u2014 Votre domestique jaune doit être proprement ligoté par mon jardinier aidé du pêcheur Sanchez qui veillent ¦ sur ma sécurité .Jack réussit à mettre un sourire.\u2014 Ainsi, vous attendiez ma visite ?\u2014- Je l'ai attendue chaque soir, cher monsieur.Je me demande même pourquoi vous avez tant tardé.\u2014 Et vous allez sans doute me livrer à la police ?Livingmere répondit négligemment : \u2014 Je ne sais pas encore .J\u2019éprouve tant de sympathie pour Mme Desly que j\u2019hésite à faire pleurer ses beaux yeux verts .Jack fit un signe d\u2019assentiment, de la tête, et ajouta : \u2014 C\u2019est horriblement fatigant de garder ainsi les bras en l\u2019air.Vous permettez ?Oh î je ne vous attaquerai pas .J\u2019imagine que vous ne manqueriez pas votre but.\u2014 J\u2019ai été champion de tir .murmura Livingmere.Je veux bien vous autoriser à abaisser les bras, mais pas de bêtises.N\u2019oubliez pas que je peux vous trouer le corps comme une écumoire .On m\u2019acquitterait avec félicitations .\u2014 Heu.Je n\u2019en suis pas si sûr .riposta Jack.Desly était passablement dérouté par la nonchalance qu\u2019affectait le vieillard.L\u2019heure qu\u2019il jugeait importante entre toutes approchait à grands pas et Livingmere ne semblait nullement pressé.Pourtant, on était au vendredi \u2014 viemes \u2014 et c\u2019était le fameux jour, ou plus exactement la nuit convenue avec les mystérieux signalisateurs de Fontarabie.Qu\u2019y avait-il sous la tranquillité du vieillard ?Livingmere fit entendre un rire sardonique.Il allait répondre quelque chose à la dernière réflexion de Jack, lorsque Sanchez le pêcheur apparut, haletant, la chemise déchirée, un bras inerte et grommela quelque chose de rapide en espagnol.Livingmere changea immédiatement d\u2019attitude.Il gronda un ordre.Sanchez sortit en courant.Une minute plus tard, deux hommes surgissaient, se jetaient sur Jack et le maîtrisaient, puis le ligotaient.\u2014 Votre sale macaque, rugit Livingmere, a réussi à fuir .Mais vous allez payer pour les deux ! Il s\u2019approcha de son prisonnier, une lueur cruelle dans les yeux et appuya le canon de son arme sur la tempe de Jack.Ce dernier, un peu pâle, ne broncha pas.Livingmere releva le revolver.\u2014 Non .pas ici !.marmonna-t-il.Il fixa les yeux sur son prisonnier comme s\u2019il cherchait à lire ce qui se passait dans son esprit, puis articula : \u2014 Je vous laisse une petite chance d\u2019avoir la vie sauve .Que savez-vous exactement ?\u2014 Moi ?Pas grand\u2019chose .J\u2019ai risqué ma carte, je suis battu, c\u2019est tout.Je suis comme vous, je n\u2019ai pas intérêt à conter mes petites histoires à la police .Livingmere exhiba une moue méprisante : \u2014 C\u2019est tout ce que vous avez imaginé !.Et vous croyez que je vais couper dans votre mensonge enfantin ?Allons, mon garçon, cartes sur table !.N\u2019oubliez pas que vous négociez votre vie, en ce moment.En un éclair, Jack comprit.L\u2019Américain était persuadé qu\u2019il était en face d\u2019un policier.\u2014 Je vous affirme, déclara-t-il, que je ne suis pas ce que vous croyez.Si vous avez quelqu\u2019un à craindre, c\u2019est ce grand escogriffe qui a rôdé autour de votre maison ces jours-ci et.\u2014 Ah ! il me surveillait ?fit Livingmere avec le même rictus.Enchanté de l\u2019apprendre ! Comme si je n\u2019avais pas été assez expérimenté pour m\u2019en apercevoir moi-même.Non, vous faites fausse route.Je vous épargne la peine de continuer votre comédie .Jack haussa les épaules et ne parla plus.C\u2019était inutile.L\u2019Américain courut jusqu\u2019au palier, appela d\u2019une voix assourdie et les deux bandits qui avaient ligoté Jack reparurent.Il descendit.Peu après, Jack entendit le bruit du moteur de la grosse auto.Il comprit qu\u2019on allait partir.Livingmere revint, donna un ordre bref, les deux bandits bâillonnèrent leur prisonnier et le chargèrent sur leurs bras.Jack fut déposé à même le plancher de l\u2019auto.Les deux misérables s\u2019installèrent.Le vieillard prit le volant.Au moment où le véhicule démarra, dans la rue déserte, une ombre bondit derrière et s\u2019accrocha comme un singe au porte-bagage plaqué contre la carrosserie.C\u2019était Nan-Dhuoc qui, dissimulé dans un massif, à proximité, avait deviné qu\u2019on emportait son maître.Il fallait la souplesse et la vigueur de l\u2019Annamite pour ne pas se laisser décrocher et rouler sur la route, malgré les heurts et les secousses.Il tenait bon, agrippé avec une énergie farouche.Malgré l\u2019obscurité qui enveloppait la campagne, il reconnaissait les endroits où l\u2019on passait.On se rendait, une fois de plus, à Saint-Jean-Pied-de-Port.Mais la ville fut dépassée, et l\u2019auto continua de grimper vers la frontière espagnole.Finalement, on stoppa.Nan-Dhuoc, aussitôt, bondit sur le sol et s\u2019embusqua derrière un arbre.L\u2019auto était rangée dans un petit chemin, en dehors de la route, tous feux éteints.Livingmere descendit, ouvrit la portière arrière et ordonna à ses acolytes de descendre.L\u2019Annamite vit apparaître le corps de Jack, toujours transporté par les deux hommes.Le groupe avançait lentement, en raison du mauvais état du sol.On allait vers une hauteur à travers des cailloux et des morceaux de rocaille.Le Jaune n\u2019éprouvait aucune difficulté à pister l\u2019ennemi.Une masure au toit à demi-écro'dé dressa sa silhouette, passée l\u2019éminence.Le trio disparut à l\u2019intérieur avec son fardeau.Nan-Dhuoc tourna autour de la maison en ruines, cherchant à se rendre compte de l\u2019endroit où l\u2019on avait déposé Jack Desly, quand il entendit un bruit de pas, tout près, et n\u2019eut que le temps de s\u2019aplatir au sol.Livingmere passa rapidement, se dirigeant vers un point qu'il semblait connaître à \u2018la-vance.Aussitôt, l\u2019Annamite le suivit en se dissimulant.Son intention était de se rendre maître de l\u2019Américain puis de lui infliger, de même qu\u2019il l\u2019avait fait pour Sanchez, une bonne désarticulation de l\u2019épaule par l\u2019un de ses coups favoris de jiu-jitsu.Il n\u2019aurait, plus, dès lors, que deux ennemis à affronter, qu\u2019il abattrait froidement à coups de revolver, escomptant bien découvrir une arme sur Livingmere.Le vieillard avançait toujours.Nan-Dhuoc se glissait derrière lui comme un tigre dans la jungle.Il s\u2019arrêta dans un boqueteau après avoir calculé qu\u2019il valait mieux revenir près de la maison pour y attendre le retour de l\u2019homme.En effet, Livingmere ne pouvait que rentrer dans la masure.Ce qu\u2019il allait faire là-haut n\u2019intéressait nullement Nan-Dhuoc.Livingmere atteignit un endroit dé-* limité par des fils de fer barbelés.La nuit était sereine.Le silence s\u2019avérait complet.Un croissant de lune, là-haut, donnait juste ce qu\u2019il fallait de lumière pour éviter l\u2019emploi d\u2019une lampe électrique.Au delà du réseau de barbelés commençait une zone neutre, une sorte de no man\u2019s land s\u2019étendait jusqu\u2019à une barrière analogue marquant la frontière espagnole.Livingmere scruta l\u2019immensité derrière lui pour s\u2019assurer que rien de suspect ne le menaçait et reporta son regard sur la crête qui dominait à environ deux cents mètres plus loin, au-dessus d\u2019un petit plateau.Après une longue minute, il fit entendre un léger sifflement modulé d\u2019une certaine façon.Quelques secondes s\u2019écoulèrent et la réponse lui parvint tout près.Il tendit le cou.Un homme était allongé sur le sol et venait de se relever après avoir renouvelé le sifflottement.Il s\u2019approcha de Livingmere dont il n'était plus séparé que par le grillage de barbelés.\u2014 Eh bien, Pedro ! grommela Livingmere.Tu es seul ?C\u2019était le paysan qui lui avait remis le mot dans le mouchoir, le jour où Desly avait guetté l\u2019Américain à Saint-Pied-de-Port.\u2014 Oui, seyor.Ils vont venir .Mais je devais faire le jjuet, n\u2019est-ce pas ?Tout est bien ?\u2014 Oui.Dis-leur qu\u2019ils peuvent passer .J\u2019ai apporté une pince pour couper les barbelés .Dans combien de temps seront-ils là ?\u2014 Dans une demi-heure au plus tard.Ils se tiennent là-haut, derrière la crête.Je remonte les chercher.Vous attendez ici ?\u2014 Oui.Pour les guider vers ma voiture .Nous partirons tout de suite .Je les déposerai comme convenu à Cambo.L\u2019autre auto attend aux environs.Dis-leur que tout va bien, mais qu\u2019ils se hâtent.On ne sait jamais .Pendant que ces propos se chuchotaient ie long des barbelés, Nan-Dhuoc regagnait les environs de la masure et s\u2019embusquait afin de préparer son coup.Après cinq minutes d\u2019attente, il eut la subite intuition que l\u2019absence de Livingmere serait plus longue qu\u2019il ne l\u2019avait escomptée et se demanda s\u2019il n\u2019aurait pas avantage à tenter de délivrer son maître, dans l\u2019entretemps.Il grimpa silencieusement sur un pan de mur pour essayer de gagner ce qui restait du toit.Il avait l'intention de repérer exactement l\u2019endroit où on gardait Jack, puis il redescendrait, disposerait à la porte de la baraque une bûche qu\u2019il avait découverte et, après avoir attiré les hommes par un bruit insolite, assommerait le premier qui se présenterait.Une fois seul en face du second, il était certain de la victoire.Au moment où il descendait du toit pour accomplir la deuxième partie de son programme, il se sentit cueillir dans des bras robustes.Une couverture lui fut jetée sur la tête, des cordes lui entortillèrent les membres.Il eut beau s\u2019agiter, il était pris.Puis il sentit qu\u2019on l'emportait.Ce n\u2019était pas un homme seul qui l\u2019avait attaqué.Il s\u2019était rendu compte qu'il avait affaire à plusieurs agresseurs.Malgré son impassibilité, Nan-Dhuoc sentit un froid mortel lui envahir le cœur.Cette fois-ci, U était bien perdu.Et, sans doute, son maître également.On le déposa sur le sol.Une voix murmura : \u2014 Ce sera toujours un adversaire de moins .Oui, grommela un autre homme, enlevez-lui sa couverture, mais prenez garde qu\u2019il ne donne l'alarme .Je veux voir si je connais cette tête-là.Nan-Dhuoc n\u2019était pas revenu de sa stupéfaction, qu\u2019un jet de lumière lui éclairait le visage.La voix qu\u2019il avait déjà reconnue marmonna encore : Ah - Par exemple !.Le singe jaune de Jack Desly .Ainsi, notre gentleman-cambrioleur a étendu ses occupations.Il fait partie de la bande, de même que Nan-Dhuoc .L\u2019Annamite ne put émettre une protestation.On venait de lui appliquer un bâillon solide.Les hommes qui l\u2019avaient capturé étaient sous la conduite de l'inspecteur de la Sûreté nationale, Arthème Ladon !.VIII _ COUPS DE FEU DANS L\u2019OMBRE L\u2019Annamite s\u2019agita.Ses yeux exprimèrent avec éloquence qu\u2019il avait quelque chose à dire.Ladon eut un rictus.\u2014 Au premier appel, articula-t-il, je t\u2019assomme !.Compris ?Et il enleva le bâillon, prêt à assener un coup de crosse sur la tête de son prisonnier.Mais Nan-Dhuoc parla discrètement : \u2014 Missié Ladon .Moi pas complice Américain .Mon maître non plus .Vous trouver Livingmere là-haut, côté frontière .\u2014 Ça va .ça va .Ce n\u2019est pas la première fois que j\u2019entends des boniments de l\u2019un ou de l\u2019autre.Mais c\u2019est bien la dernière, mon petit bonhomme en pain d\u2019épices.Car je te promets que' tu es bien pris et que tes aventures sont terminées .Quand à ton maître .Il tourna le dos, n\u2019écoutant pas les piaillements de l'Annamite, à qui l\u2019on venait de replacer un foulard épais sur la bouche.Ladon et ses hommes venaient seulement d\u2019arriver et n\u2019avaient pas assisté au débarquement de Jack, ni à son emprisonnement dans la masure.Toutefois, celle-ci paraissait posséder im intérêt certain pour l\u2019inspecteur, car des hommes étaient adroitement postés aux alentours.Un des collaborateurs du policier apparut dans le bois.\u2014 Vite!.souffla-t-il.J'ai vu sortir un individu qui courait dans la direction de la crête .C\u2019était l\u2019un des gardiens de Jack qui avait entendu le bruit de lutte entre Nan-Dhuoc et les policiers.Il s\u2019était glissé dehors, accomplissant un détour et avait foncé droit vers le point où il savait que devait se trouver Livingmere, pour le prévenir des présences alarmantes.Ladon était persuadé que la maison était vide.D\u2019après les renseignements qu\u2019il avait réussi à se procurer, un rendez-vous important devait avoir lieu en cet endroit et il guettait l\u2019arrivée des gens, mais tout changeait à présent.Une immense stupéfaction l'avait saisi.Est-ce que, par hasard, Nan-Dhuoc aurait dit la vérité ?Il divisa sa petite troupe et donna ordre à la première partie de s\u2019élancer sur les traces du fuyard.Pendant ce temps-là, à la tête des autres, il pénétrerait dans la maison en ruines.Livingmere attendait toujours.Il vit enfin descendre de la crête trois individus guidés par Pedro.Quelques coups de cisailles dans les barbelés.Le groupe passa.Pedro qui avait achevé sa tâche disparut dans l\u2019ombre .A cet instant, sé profila une ombre.Celle du complice qui arrivait pour donner l\u2019alarme.Il parla d\u2019une voix entrecoupée.Livingmere exhala un juron furieux: \u2014 Tu es fou !.Ce n\u2019est pas possible !.Retourne là-bas tout de suite, idiot !.Qui sait si.L\u2019un de ses compagnons le saisit au bras et, sans mot dire, désigna des formes qui rampaient lentement.Ils restèrent immobiles puis, du même elan, rebroussèrent chemin, courant vers la délimitation de frontière pour se mettre à l\u2019abri.Livingmere seul était toujours à la même place.Il n\u2019en croyait pas ses yeux.Quand il eut compris que la Le Samedi, Montréal, 12 avril 1947 23 partie était vraiment perdue, il pivota sur ses talons, mais trop tard.Six hommes s\u2019étaient dressés et une balle siffla à ses oreilles, puis une autre.Il répondit, vidant son revolver de façon désordonnée.Mais il avait été atteint à l\u2019épaule et à la jambe.Avant d\u2019avoir eu le temps de se traîner en terrain neutre, il fut entouré, capturé .Pendant ce temps, un drame si4 passait dans la maison abandonnée.Exécutant sans doute les ordres reçus, l'homme qui était resté avec Desly avait passé une corde autour d\u2019une poutre de charpente qui apparaissait à un endroit où le toit n\u2019existait plus et s'était mis en devoir d\u2019attacher l\u2019autre extrémité autour du cou du prisonnier.Desly n\u2019avait pas peur de la mort.Tout de même, en cet instant, il éprouvait une angoisse.La pensée de Gladys l\u2019obsédait.Il l\u2019aimait.Plus qu\u2019il ne le croyait.Il se rendait compte, à présent combien il tenait à elle.C\u2019était surtout pour elle qu\u2019il avait continué sa vie d\u2019aventures, pour lui procurer le luxe, le bien-être.Et il allait terminer son existence bêtement, tristement, affreusement, aux mains de cette brute ! Non, non .Il se défendrait, il.Au moment où le bandit allait hisser le corps, Jack, dans une détente formidable de tout son être, lui lança ses deux pieds à la fois en pleine poitrine.Il retomba rudement sur le dos, mais avait eu la satisfaction de voir le misérable culbuter sur lui-même.La corde s\u2019était rompue sous le choc.Le gredin, après quelques secondes d\u2019étourdissement, revint à lui, brûlant d\u2019une rage inextinguible.U tira un revolver de sa poche, se jeta sur Jack et lui appliqua le canon de l\u2019arme sur la tempe pour être certain de ne pas manquer son coup.Juste au moment où il appuyait sur la gâchette, quelque chose l\u2019écrasa, et une main lui tordit le poignet.Un homme était apparu, il avait vu la scène, compris en un éclair et tenté de sauver la victime.La détonation éclata tout de même.Un cri de douleur retentit» Mais ce n\u2019était pas Jack qui l\u2019avait poussé., Le misérable qui avait tiré ne put renouveler son forfait.Un coup de crosse solidement appliqué sur la tête par un nouvel arrivant lui ôta toute possibilité de résistance.Jack Desly, après tant d\u2019émotions, à demi-étouffé sous le bâillon qui lui couvrait la presque totalité du visage, sentit qu\u2019un vertige le prenait et il ferma les yeux, glissant rapidement dans l'inconscience.La demi-clarté qui régnait dans la pièce à ciel ouvert était insuffisante pour porter secours au policier blessé.L\u2019un des hommes braqua une lampe électrique.Il poussa une exclamation : \u2014 C\u2019est le patron !.Ah ! ils la paieront cher !.Une tache rouge apparaissait sur la poitrine d\u2019Arthème Ladon.Penché sur lui, l\u2019un des hommes sous ses ordres écarta la chemise et hocha la tête.La balle avait dû pénétrer sous l\u2019une des côtes.L\u2019inspecteur ouvrit les yeux.Il articula péniblement : \u2014 Laissez.Il faut d\u2019abord s\u2019assurer de .des .des bandits .Le devoir avant tout ! .Mais les autres ne l\u2019entendaient pas de cette oreille Ils improvisèrent un brancard de fortune pour descendre leur chef jusqu\u2019à la voiture qu\u2019on avait laissée aux environs de Saint-Pied-de-Port.Ladon avait refermé les yeux.Il respirait péniblement.Il entendit une rumeur pendant qu\u2019on se mettait en route.Puis ce furent des coups de feu dans !a montagne.On se battait là-haut.Ils n'avaient pas franchi deux cents mètres que le deuxième groupe les rejoignait, transportant un autre blessé.Nous tenons Livingmere !.Quant aux autres, on les poursuit dans le no man s land èt ils seront certainement pincés.Arthème Ladon esquissa un sourdre et ses traits devinrent plus calmes.Il était heureux.H avait réussi dans sa mission.Un docteur, réveillé en hâte dans la bourgade, examina la blessure et releva la tête montrant un visage optimiste.\u2014 Ses jours ne sont pas en danger ! fit-il.Il aura, par exemple, besoin d\u2019un bon repos après l\u2019extraction du projectile .\u2014 Peut-on le transporter à l\u2019hôpital de Bayonne ?\u2014 Oui, mais roulez raisonnablement .Pas trop de secousses .\u2022 Deux lits côte à côte dans une chambre particulière de l\u2019hôpital.Il y en avait encore un troisième, mais à l\u2019infirmerie de la prison de Bayonne : celui de Livingmere.Depuis un bon moment, Jack Desly que l\u2019on avait également cru blessé dans l\u2019aventure de la montagne et qui, de l\u2019avis du médecin, avait tout de même été victime de contusions multiples, regardait dormir son voisin.L\u2019opération qu\u2019avait subie l\u2019inspecteur remontait à plusieurs jours et avait eu lieu avec un plein succès.La convalescence n\u2019allait plus tarder.Quant à Jack, il pourrait se lever le jour même.Ladon s\u2019éveilla, promena son regard autour de lui.Ses yeux rencontrèrent ceux de Jack._Oui, fit Desly, en hochant la tète, oui.Je ne veux pas vous fatiguer, Ladon, mais j\u2019ai énormément de choses à vous dire .Le regard de l\u2019inspecteur exprima l\u2019incompréhension._C\u2019est moi que vous avez sauvé, Ladon, reprit Jack._Vous ?.Je vous ai.ah !.c\u2019est incroyable ! _C\u2019est ainsi pourtant.Vous avez reçu la balle qui m\u2019était destinée.Sans votre intervention, c\u2019était fini pour moi.Ladon ferma les yeux pour essayer de comprendre.Alors, Jack Desly n\u2019était pas le complice de Livingmere?Il valait mieux ne plus penser à tout cela.On verrait.Plus tard .Une infirmière entra, apportant des potions, l\u2019une pour Ladon, l\u2019autre pour Jack Desly.Quelle situation paradoxale que celle de ces deux adversaires de toujours, réunis dans une même chambre, couchés tous deux sur un lit d\u2019hôpital, comme des compagnons d\u2019épreuve.La femme en blanc annonça une visite pour Jack.C\u2019était Gladys, les bras chargés de fleurs .Derrière elle, Nan-Dhuoc trottinait avec un énorme panier de fruits sur les bras.Elle étreignit Jack, puis se tourna tout de suite vers Ladon.Sans mot dire, elle vint à lui, le regarda longuement.Elle contemplait ce visage long, maigre, au nez pyramidal, aux oreilles énormes qu\u2019elle avait si longtemps ridiculisé en compagnie de son ami.Nan-Dhuoc, impassible, mais dont les yeux obliques clignotaient étrangement en regardant son maître, attendait un ordre.Gladys regardait toujours Ladon.Ce dernier, après avoir durci le regard, subissait la fascination des yeux verts magnifiques.Il entendait la voix mélodieuse qui murmurait : \u2014 Monsieur Ladon.Vous avez sauvé mon Jack .Vous avez risqué votre vie pour lui.Quel que soit l\u2019avenir qui lui est réservé, je ne l\u2019oublierai jamais.Ladon se raidissait pour ne pas se laisser gagner par une émotion jusqu\u2019alors inconnue .Lui, le déshérité, l\u2019homme au visage grotesque, celui dont les femmes se moquaient, lui qui ne trouvait quelque saveur à la vie que dans l\u2019accomplissement de sa profession, il écoutait cette voix qui lui semblait celle d\u2019une fée, il regardait ces traits d\u2019une séduction extraordi- naire, il entendait les remerciements murmurés avec une profonde gratitude !.Jamais, au grand jamais, il n\u2019avait vécu une minute pareille.Gladys venait de lui prendre la main.Il frémit au contact de cette peau douce et satinée et ses doigts se crispèrent malgré lui sur ceux de la jeune femme.Elle se pencha, tout près de lui.\u2014 Monsieur Ladon.Voulez-vous me permettre de.de vous embrasser ?Il ferma les yeux et sa poitrine se souleva en un immense soupir.Elle se redressa et regarda Jack.Il inclina la tête ; il était très pâle d\u2019émotion, également.\u2014 Tu as bien fait, Gladys.Arthème Ladon est un chic type .Nan-Dhuoc s\u2019approcha et déposa une pyramide de fruits en deux parts égales au chevet des deux malades.Déjà Gladys arrangeait les fleurs de même manière.Quand elle quitta la pièce, les yeux de l\u2019inspecteur étaient emplis de grosses larmes qu\u2019il ne cherchait pas à retenir.Il tendit son long bras hors du lit.Jack allongea le sien.Les deux mains se rencontrèrent et s\u2019étreignirent.\u2014 Ladon, murmura Jack d\u2019une voix éraillée, c\u2019est bien fini.Quand j\u2019aurai purgé ma peine, je ûous promets que je deviendrai un homme hon- AVIS A NOS LECTEURS Depuis quelques mois, nos lecteurs ont remarqué que LE SAMEDI contient une section de papier-journal alternant avec le papier de luxe.Ceci n'est pas pour une raison d'économie, comme on aurait bien pu le croire, mais bien pour augmenter le nombre de pages en attendant que le papier de luxe nous revienne en abondance.Dès que le papier-magazine se fera moins rare, tout LE SAMEDI sera imprimé, comme avant la guerre, sur papier glacé.Nous espérons que nos lecteurs et lectrices se réjouiront de cette bonne nouvelle.Malgré cette augmentation, LE SAMEDI reste toujours à 10 sous alors que plusieurs autres publications majorent leur prix.nête .Vous avez gagné la partie .\u2014 Votre peine ?.Quelle peine ?grogna Ladon.Je n\u2019ai jamais pu réunir de preuves contre vous .Ce n\u2019esl pas maintenant, à propos d\u2019une affaire dont vous êtes totalement innocent, que je vais vous faire coffrer, dites !.IX \u2014 LE PROCES DE L\u2019AGITATEUR Le procès de Holtzmann, dit Livingmere, eut lieu à huis clos.Un échange de télégrammes secrets s\u2019étaient effectués entre la France et les Etats-Unis.D\u2019origine germanique, mais naturalisé sujet américain, Holtzmann s\u2019était enfui de son pays d\u2019adoption après avoir trempé dans un complot au cours duquel il avait été l\u2019âme de l\u2019agitation contre les Etats-Unis d\u2019une bande de forcenés mexicains.A peine réfugié en Europe sous le nom de Livingmere, il avait laissé passer quelque temps et s\u2019était entremis auprès d\u2019un groupe espagnol.Il s\u2019agissait d\u2019aider certains individus à entrer en France.Ceux-ci devaient y commettre des méfaits politiques que Ton aurait rejetés ensuite sur le parti adverse, dans cette sanglante guerre civile qui déchirait le pays.Et ainsi la France aurait été entraînée malgré elle dans le conflit.Trompé par les apparences, notre gouvernement aurait pris parti contre les auteurs apparents des méfaits.La chose était d\u2019une importance inouïe, comme on le conçoit.Et, grâce à la vigilance de nos policiers, une tuerie sanglante et sans profit pour les nôtres avait été évitée .Depuis l\u2019arrivée de Livingmere en France, il était surveillé, en raison de la demande d\u2019extradition qui avait été fait par les Etats-Unis.Notre Sûreté nationale le soupçonnait de n\u2019être autre que le fameux Holtzmann, mais n\u2019en étant pas absolument certaine, s\u2019occupait à réunir les preuves.Un jeune inspecteur, Antoine Métayer, avait reçu mission de s\u2019installer à Hendaye comme estivant et de tenter de gagner la confiance de l\u2019homme .\u2014 Vous avez découvert les véritables raisons de son activité .formula le président du tribunal.\u2014 Oui, avoua Holtzmann.Mais ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai tué.C\u2019est Sanchez, le pêcheur.Ce dernier protesta avec véhémence.Non, il n\u2019avait pas tué.Il n\u2019avait fait qu\u2019exécuter -.les ordres de l\u2019Américain.Il fit un récit détaillé des événements, récit que Holtzmann nia avec fracas.\u2014 Le chef, expliqua le pêcheur, m\u2019avait fait savoir qu\u2019il était urgent de se débarrasser de Métayer, sans quoi tout serait découvert.Il décida qu\u2019à la première occasion, il agirait.Le matin du crime, il vint me prévenir que.\u2014 C\u2019est faux !.clama Holtzmann, furieusement.\u2014 Silence !.ordonna le président du tribunal.Continuez, Sanchez .\u2014 Le chef me dit qu\u2019il essaierait de convaincre Métayer de faire un tour en aquaplane .Dès que l\u2019homme fut sur la planche, Livingmere \u2014 enfin, Holtzmann \u2014 l\u2019emmena à toute allure vers ma barque et profita de l\u2019instant où Métayer était masqué par le flanc de mon bateau pour lui tirer une balle avec un revolver muni d\u2019un « silencieux ».\u2014 C\u2019est faux !.protesta derechef Holtzmann.L\u2019homme a été atteint par derrière, dans la nuque .Je ne pouvais donc pas l\u2019avoir visé, puisqu\u2019il me faisait face .\u2014 J\u2019étais dans ma barque, rétorqua Sanchez, et c\u2019est au moment où Métayer tourna la tête de mon côté que le chef tira .L\u2019inspecteur tomba aussitôt et coula à pic.Je me munis alors d\u2019une longue gaffe et attirai le corps, le plaquai sous la quille de ma [ Lire la suite page 37 ] 24 Le Samedi, Montréal, 12 ai>rfi 1947 NOTRE FEUILLETON LE RETOUR SANS ESPOIR
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