Le samedi, 1 septembre 1944, samedi 9 septembre 1944
[" Montréal, 9 septembre 1944 C o «J i; **\u2022>.»r \u2022frxt, StÊr- sL'ÜmJ ¦ / iSigi '¦;¥ *ÜÊL \u2022\t3H\t *\t1\t* / ] Pf\t¦f\tt, ¦ 1 âiïf\t¦jï-'\t 56e année, No 16 LE SAMEDI On n\u2019entend plus parler de maisons hantées de nos jours \u2014\tLes temps ont changé.Olive, disait grand'père, avec le regard d\u2019un homme qui se rappelle de lointains souvenirs.Quand j\u2019étais jeune, les gens croyaient aux revenants, mais aujourd\u2019hui on n\u2019entend plus parler de maisons hantées.\u2014\tFort heureusement, nos enfants ne s\u2019inquiètent plus de toutes ces vieilles histoires, dit Olive.\u2014\tTa mère, par exemple, ne voulait même pas entendre parler de la mort \u2014 surtout de la mienne.Elle poussait si loin cette lubie quelle se refusait même à parler d\u2019assurance sur ma vie \u2014\tSais-tu qu elle me conseillait de ne plus en prendre?\u2014\tComme les temps, les femmes ont certainement changé.Naturellement, nous avons dû surveiller notre budget de très près depuis quelques années .à tel point que les achats sont aujourd\u2019hui beaucoup plus l'affaire des femmes que des hommes.Ainsi, nous avons pris l\u2019habitude de l'épargne et nous sommes devenues prévoyantes .et, après tout, n\u2019est-ce pas là, précisément, la fonction de l\u2019assurance-vie .l\u2019épargne en prévision de l\u2019avenir?, \u2014\tExactement, et prends mon cas.Je n\u2019ai pas eu besoin de mourir pour bénéficier de mon assurance.L\u2019Assurance-vie Gardienne des foyers canadiens Un message des compagnies d\u2019assurance-vie du Canada LA FEMME CHEZ ELLE Projet de construction d'une maison modèle d'après-guerre Convaincue que la reconstruction d\u2019après-guerre ne saurait être efficace à moins d\u2019être conduite de façon à répondre aux besoins des gens, à leurs désirs et à leurs moyens, la \u201cWorkers\u2019 Educational Association\u201d a conçu le projet de construire cet été une maison modèle d ouvrier.Les plans seront tracés d\u2019après un relevé organisé par \u201cWorkers\u2019 Educational Association\u201d.On consultera les ouvriers de tout le Canada au sujet du genre de maison qu\u2019ils aimeraient posséder ; ces suggestions réunies seront déposées devant une commission d\u2019architectes et d\u2019ingénieurs compétents.La maison modèle sera construite d\u2019après ce plan commun.Les frais de consultation et de construction seront défrayés au moyen d\u2019une loterie tenue par tout le pays et la maison modèle sera construite pour l\u2019heureux gagnant à l\u2019endroit où il habite.Un jury d\u2019architectes et d\u2019experts en science sociale qui sont d\u2019avis que la construction d\u2019un logement à prix modique ne doit pas nécessairement être inférieur, garantit une construction de toute première qualité.On tient compte de l\u2019apparence et des alentours de la maison.Des fabricants de meubles sont priés de construire un ameublement approprié à la maison, pour montrer ce qu\u2019on peut réaliser avec un plan conçu dans le domaine du bon marché.Ceci n\u2019est pas un projet de logement, souligne le \u201cWorkers\u2019 Educational Association\u201d, mais une initiative qui contribuera efficacement au succès des programmes de logement.Les conclusions du relevé seront accessibles à tous et discutées ouvertement.C\u2019est la plus grande tentative faite jusqu\u2019ici pour connaître l\u2019opinion de l\u2019ouvrier au sujet de la maison de ses rêves.?Les enfants ont besoin de vitamine D en été comme en hiver Bientôt, ce ne sera plus au jardin qu\u2019il faudra chercher les légumes du dîner, mais à la cave où on les aura entassés.La récolte est presque terminée un peu partout, et durant les longs mois à venir, il faudra compter sur les légumes conservés pour obtenir une large part des vitamines et des minéraux nécessaires au maintien de la santé.Il y a, cependant, une vitamine que l\u2019on ne peut pas se procurer ainsi, la vitamine D, dite vitamine soleil.Durant tout l\u2019été, les enfants ont joué au dehors, au grand air, en plein soleil ; ils absorbaient cette vitamine par tous les pores.La vitamine D est de première importance pour les enfants qui grandissent, sans elle, les minéraux nécessaires à la structure des os qui se trouvent dans le fromage au lait et autres aliments, ne peuvent être utilisés.Sans elles, pas d\u2019os forts ni de dents saines, mais des os frêles, des jambes grêles ou croches, du rachitisme.Le soleil est devenu moins éclatant et les enfants portent des vêtements plus épais lorsqu\u2019ils jouent dehors ; les plus vieux passent presque toute la journée à l\u2019intérieur, ce qui veut dire que le soleil, distributeur de vitamine D, leur fera défaut.On peut y remédier en recourant aux huiles de foie de morue ou autres poissons.Les Services d\u2019Hygiène alimentaire nous font remarquer que la vitamine D est à peu près la seule que les aliments ordinaires ne nous fournissent pas.Le lait irradié, le poisson à chair grasse et les œufs en contiennent un peu, mais non pas suffisamment pour les besoins d\u2019un bébé ou d\u2019un enfant qui grandit.\u201cLe temps est donc venu\u201d, nous dit le Dr Pett, directeur des Services d\u2019Hygiène alimentaire, \u201cde recourir aux huiles de foie de poisson, si l\u2019on veut donner aux enfants les vitamines nécessaires.\u201d LES ASPERGES Les asperges sont arrivées sur le marché.Choisissez-les avec soin, tendres et fraîches.Plus les tiges sont ligneuses, moins elles sont tendres.Lavez les asperges soigneusement ; sous les écailles se trouvent souvent des grains de sable.Faites-les cuire attachées en paquets et debout, les pointes en haut.Rappelez-vous que les grosses tiges exigent une plus longue cuisson que les pointes délicates.BALAYAGE Attendez-vous la fin de la guerre pour vous procurer une balayeuse électrique ?.Alors, faites en sorte que votre balayeuse mécanique vous donne le meilleur service possible.Qu elle soit vieille ou neuve, elle fera bien son ouvrage si elle est entretenue avec soin.FAITES CECI Poussez-la avec des mouvements égaux, sans donner des coups et sans trop presser.Vider le compartiment pour la poussière après chaque usage.Nettoyer souvent la brosse afin d\u2019empêcher les poils de s\u2019emmêler.Coupez les fils et les cheveux auotur de l\u2019essieu et peignez la brosse.Remplacez-la quand les poils sont usés.Huilez la balayeuse au moins une fois par mois, en suivant les directions données par le manufacturier.NE FAITES PAS Ne frappez pas la balayeuse contre les meubles.Ne la laissez pas au-dessus d\u2019un registre à air chaud.VOS PLANS POUR LA MISE EN CONSERVE y puuva, penser ues malmenant -\t-\t~\ten cuuôcrve, car mise en cc serve et jardinage vont de pair.Notez les méthodes employées avec le plus succès 1 annee dermere, ainsi que les aliments en faveur dans la famille II 3 toujours des preferences et si tous ont trouvé les tomates délicieuses, pourq n en plantez-vous pas une douzaine de plants de plus, cette année CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975, RUE DE BULLION MONTREAL _ CANADA \u2022 Tel: P La te a u 9638 * Président : FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Surintendant: ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) e A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans.Vf., as second class matter under Act of March 1879 e ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an\t$3.50 Six mois\t2.00 \u2022 AU NUMERO: 10 cents e HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.56e année, No 16 \u2014 9 septembre 1944\t3 LE RESSORT UN bonhomme eut un jour l'idée de s'asseoir sur un ressort et la chose lui plut parce que c'était moelleux et confortable.S'il avait borné là son geste il n'y aurait vraiment pas lieu de le mentionner mais le bonhomme appartenait à l'espèce de ceux pour qui la seule manière d'user des choses est d'en abuser.C'est une espèce pas mal nombreuse, dit-on, et qui se subdivise en plusieurs catégories; il y a, principalement, les turbulents et les apathiques.Pour les premiers on a bâti des prisons, pour les deuxièmes on a créé des sinécures.Le bonhomme que je mentionne faisait partie des turbulents.Il se dit que s'asseoir sur un ressort c'est bien, mais l'aplatir tout à fait c'est mieux; en conséquence il rêva aux moyens de réduire le ressort à l'état de galette.Il y parvint grâce à tout un jeu de ficelles, de crampons et de pesées sur lequel vous me dispenserez de vous donner des renseignements, tellement c'était compliqué.Je puis tout juste vous dire que c'était un embrouillage d'organes qui donnait peut-être l'illusion de la solidité mais ne garantissait nullement la sécurité.Le bonhomme se trouvait tout de même très bien et très beau là-dessus et il se trouvait \u2014 comme toujours en pareil cas \u2014 des tas d'idiots pour lui en faire compliment.Il arriva ce qui devait fatalement arriver; les ficelles cassèrent, les crampons cédèrent et les pesées tombèrent dans le vide.Le ressort brusquement libéré se détendit avec violence en envoyant dinguer le bonhomme qui décrivit une trajectoire dans l'espace selon les lois de fa balistique et retomba la tête sur une roche qui, elle, ne voulut pas se comporter à la façon d'un ressort.Ce fut la tête qui céda pour s'éparpiller ensuite en fragments de tous côtés.Ainsi finit l'aventure du monsieur qui se crut plus malin que les ressorts et s'imagina qu'on peut les aplatir définitivement en s'asseyant dessus et vaincre ainsi la souplesse permanente par la force passagère.Ce bonhomme-là ressemble singulièrement à un ancien peintre en bâtiments qui s'est un jour assis sur l'Europe avec l'intention d'en écraser le ressort appelé droit des gens.Conquérir un pays est une chose; conserver la conquête en est une autre.Les anciens empereurs romains qui n'étaient ni fous ni peintres en bâtiments s'y prenaient d'une meilleure manière que l'anormal de Bochie, celle des civilisateurs et des constructeurs.Ils ne furent pas toujours des petits saints mais, sauf exceptions assez rares, ils ne furent pas des imbéciles non plus ; ils savaient qu'un ressort réagit quand on pèse dessus et ils veillèrent soigneusement à ne pas causer de réactions dangereuses pour leur prestige et leur sécurité.Quand on veut casser un ressort, si l'on n'a pas la poigne assez forte pour cela, ou si l'on manque d'outils, il n'y a qu'à le laisser tranquille, il se rouillera bien tout seul si telle est sa destinée; alors il sera facile d'en venir à bout mais ça pourra prendre du temps et le casseur de ressorts aura tout le loisir de claquer lui-même auparavant.Si l'on veut tout de même réussir et aller vite en besogne, un seul procédé est vraiment efficace: chauffer le ressort jusqu'à ce qu'il se détrempe et perde toute son élasticité.On le tortille ensuite comme l'on veut sans aucune difficulté.Les peuples sont des ressorts, parfois de la meilleure trempe, et l'on en vient toujours plus facilement à bout en les chauffant convenablement qu'en s'obstinant à les violenter.Le fou de Bochie préfère employer la manière forte; il peut constater aujourd'hui le beau résultat auquel il est parvenu.S'il avait eu pour seulement cinq sous de jugeote et pour autant de psychologie, cela lui aurait fait une fortune morale de dix sous; peu de chose, bien sûr, mais cela tout de même aurait été mieux que rien, c'est-à-dire ce qu'il a.Le sort de l'Europe en aurait pu être changé.Au lieu d'entrer dans les pays en triomphateur prématuré, il s'y serait fait annoncer comme libérateur sympathique.Libérateur de quoi ?c'est ce qu'on aurait pu se demander, mais un conquérant avisé est toujours libérateur de quelque chose quand il a la bonne manière, et il aurait commencé non seulement par ficher la paix aux pays envahis, mais par les bourrer de toutes sortes de prévenances et de bonnes choses.Il aurait détrempé le ressort.Au lieu de cela, il a tout fait pour durcir encore leur trempe.Il suffit de lire les journaux amplement informés, ceux de provenance européenne, pour juger de la maladresse inouïe de l'homme aux petites moustaches comme conquérant; tel que son complice à la remorque, Benito l'ancien \"forum\", il a accumulé la crapulerie sur l'outrecuidance partout où il a passé et il se trouve maintenant à perdre complètement la partie avant d'avoir fini de jouer.Il a joué si maladroitement qu'on se demande si, chez lui, la bêtise et l'ignorance ne dépassent pas les mauvais instincts.Il a oublié, ou n'a jamais su cette loi essentielle de la physique qui s'applique à toute la vie universelle, que tout effort dans un sens crée dans le sens contraire une réaction de même valeur.Il n'a pas compris que l'oppression exercée sur les pays envahis déterminait fatalement un désir de libération tout aussi fort.Il ne semble pas savoir, enfin, que les réactions, quand elles s'opèrent dans un temps relativement court après une longue oppression, ces réactions-là sont forcément terribles parce qu'elles traduisent en violence ce qui s'est exprimé en durée.C est à cause de cette sorte de loi d'équilibre que des révolutions sanglantes servent d'épilogue à des mois, des années de vexations et de souffrances endurées avec une patience de plus en plus faible.Pendant quatre ans et demi d'occupation de divers territoires, l'homme à la guerre totale et au régime total-hitler a fait ainsi s'accumuler des trésors de haine dans toute l'Europe.Il a même réussi à se mettre le Nouveau-Monde à dos et tout porte à croire qu'il ne trouvera pas davantage de sympathies dans l'autre monde.Ce n'est pas ce qu'il rêvait mais c'est tout de même un résultat.Les peuples ont donc du ressort, c est entendu, mais la trempe n'est pas la même chez tous; on en pourrait citer où elle est à peu près nulle mais où elfe se fait tout de même lentement; peut-être même, à la faveur de la guerre, se fera-t-elle plus vite qu'on ne pense.Il en est un, enfin, où elle est trop sèche, trop cassante pour la tranquillité des peuples en général et de ses voisins en particulier.Ce peuple-là c'est celui d'Allemagne dont la trempe a été faite par les spécialistes de Prusse surtout depuis la confédération des pays germaniques.Il en est résulté pour le peuple allemand, un ressort d'une singulière nature: il cede à ses dirigeants avec la mollesse du mastic mais retrouve la fermeté d'un couteau de boucher contre les autres peuples.Le nazisme n'a fait qu'exploiter à tond cet état spécial mais ne l'a pas créé.« Ce\tdonc une dangereuse erreur de croire qu'il suffira d abattre le nazisme pour rendre l'Allemagne douce comme I agneau qui vient de naître Il n'y a qu'un seul moyen de valable et d'efficace avec elle, c est de lui casser le ressort.C'est-à-dire de niti veinent rei\"S ° \u201c* armées; et de les lui casser défi- LE SAMEDI 'Otilfxéù.^Aim ftfc-fe **e * toaâs» Le Nouveau- MEXIQUE en Abitibi Par Claude Mélancon ?De tout temps, l\u2019homme s\u2019est ingénié à occuper ses loisirs de façon originale.Quand il ne construit pas des chemins de fer miniature dans son jardin, il grave les paroles du \u201cPater\u201d sur une tête d\u2019épingle, dresse des puces, met en bouteille de petites goélettes toutes gréées, joue au golf ou collectionne quelque chose.Outre les philatélistes et les numismates qui éprouvent une grande satisfaction à coller des timbres dans un album ou à ranger des pièces de monnaie dans de petits tiroirs capitonnés de velours, il y a les collectionneurs de pipes, d\u2019éditions princeps et de boîtes d\u2019allumettes.Il y a aussi les collectionneurs de plantes.Ils ne sont pas très communs, car peu nombreux sont ceux qui peuvent disposer d\u2019un jardin ou d\u2019une serre ; rares surtout ceux qui ont la patience d\u2019attendre une année la floraison de leur fleur préférée.On peut trouver des boutons ou des capsules de bouteilles de bière tous les jours, mais certaines plantes ne fleurissent que tous les cent ans et d\u2019autres, parmi les plus désirables, prennent un malin plaisir à ne fleurir jamais.On comprend les hésitations d\u2019un amateur à se livrer à un passe-temps aussi riche en déboires, et 1 on apprécie davantage l\u2019initiative de M.Laval Goulet, avocat d\u2019Amos, qui a choisi de collectionner des cactées, plantes épineuses très répandues dans les deux Amériques, où on en compte près de 2,000 espèces et dont la floraison est souvent capricieuse.M.Goulet aurait eu l\u2019idée de se livrer à sa curieuse collection en lisant une revue, il y a six ans.Le fait que l\u2019habitat du cactus est un désert chaud loin d\u2019embarrasser cet abitibien semble au contraire avoir excité son imagination.Il se procura une petite serre, s\u2019acheta des livres bourrés de noms barbares, entra en correspondance avec quelques-uns des nombreux amateurs canadiens et américains et réunit quelques spécimens de cactées à raquettes et globuleuses.Mais il ne tarda pas à se rendre compte que le cactus, si peu exigeant dans son désert natal où il prospère dans les pires conditions climatériques, accuse de nombreux caprices aussitôt transplanté sous des cieux étrangers et en particulier sous le ciel d\u2019hiver de l\u2019Abitibi.Pour contenter cet émigré rébarbatif, M.Goulet s\u2019ingénia à reconstituer à Amos un coin du Nouveau-Mexique sympathique à ses hôtes hérissés.Il importa de la terre et du gravier, installa un système de chauffage et même un système d\u2019alarme reliant sa serre à sa chambre à coucher, ceci afin qu\u2019en cas de baisse subite de la température d\u2019Amos (un incident assez commun durant la saison froide!) il puisse apporter promptement du confort à ses frileuses amies frissonnant dans leur pot de terre cuite.Que M.Goulet ait finalement réussi à triompher des difficultés qu\u2019il s\u2019était imposées, sa collection de 250 cactées en parfait état de croissance le prouve surabondamment.Ses désirs maintenant satisfaits, le cactus du sud croît, s\u2019étale, se multiplie dans le nord et, de temps à autre, pour récompenser son amphytrion, fait jaillir d\u2019une pelote à épingles ou d\u2019une tige roide, garnie d\u2019épines acérées, une fleur de rêve au parfum suave.Seulement, comme il ne peut renoncer à tous ses traits piquants, d\u2019habitude il choisit la nuit pour épanouir cette fleur et prive ainsi M.Goulet d\u2019un peu plus de sommeil.Mais M.Goulet ne se plaint pas.Sa collection est unique dans l\u2019Abitibi et durant les grands froids d\u2019hiver, quand le thermomètre marque trente ou quarante degrés sous zéro, il n\u2019a qu\u2019à entrer dans sa serre pour se donner l\u2019illusion de villégiaturer dans un pays exotique au milieu d\u2019une végétation amie du soleil.Il y a des plaisirs moins délicats qui s\u2019achètent beaucoup plus cher.Dans cet article, on lira avec intérêt comment il est possible, même en Abitibi, de cultiver certaines plantes tout à fait étrangères à notre climat, telles, par exemple : le cactus.On voit ci-contre, M.Laval Goulet, avocat d\u2019Amos, faisant une inspection de sa serre dont l'atmosphère donne bien au visiteur l'impression qu'il se trouve au Nouveau-Mexique.\u2014 Ci-dessous, M.Goulet exhibant à la caméra la fleur d'un echinopsis albi flora.\tPhotos Canadien National. ¦aMdfcÉÜI sfeflSMï ^3 \"5 *r-4ÿ0.La Découpure d\u2019un Vieux Journal Une nouvelle par ALIN MONJARDIN JE flânais le long des boulevards, par une caniculaire journée d\u2019été, quand je perçus le bruit toujours si tragique des automobiles servant à conduire les pompiers sur les lieux des sinistres.Le feu n\u2019avait pas dû éclater loin du boulevard Saint-Martin, car les appels cessaient de résonner à cinq cents mètres de là, ce qui montrait que les véhicules s\u2019étaient arrêtés.Je suivis la foule, de minute en minute plus dense, et, en arrivant à l\u2019angle du boulevard, je pus constater qu\u2019un des immeubles du boulevard de Sébastopol était en flammes.Pour parler exactement, c\u2019était le premier étage de cette maison que le fléau dévorait.De là, les flammes commençaient à gagner les étages supé- rieurs.Le sinistre avait dû naître soudainement, brutalement, et avait été précédé du bruit d\u2019une explosion.Rapidement, je questionnai le capitaine des pompiers.Tout d\u2019abord, une bonne nouvelle pas de victimes.Mais les renseignements sur les causes du sinistre manquaient totalement.Tout ce qu\u2019on savait, c\u2019était que le feu s\u2019était déclaré chez M.Burantin, fabricant de peignes, au moment où les ouvriers qu\u2019il employait s\u2019apprêtaient à reprendre leur travail après avoir déjeuné dans les restaurants du quartier.Un quart d\u2019heure plus tard, ç\u2019eût été la catastrophe.M.Burantin, les yeux remplis de larmes, le cœur battant de douloureuse émotion, racontait que l\u2019incendie s\u2019était Dessin de DIMN déchaîné avec une telle rapidité qu\u2019il n\u2019avait même pas songé à le combattre.Il s\u2019était jeté dans l\u2019escalier ei ava^ Pu gagner la rue avec tous les occupants de 1 immeuble .Cet incendie, éclatant ainsi en plein jour, m\u2019étonnait.Je devinais, pressentais que la cause n\u2019en était pas accidentelle.J\u2019examinai du coin de l\u2019œil M.Burantin qui manifestait une profonde émotion et qui se frappait la poitrine en s\u2019écriant : \u2014 Je suis ruiné! Je suis ruiné ! Je me demandais : \u2014 Cet homme est-il sincère ?M approchant de lui, je lui dis à brûle-pourpoint : ~ ^ es*- 11116 main criminelle qui a allumé cet incendie, ne croyez-vous pas, monsieur Burantin ?Le fabricant de peignes sursauta : \u2014 Vous répondez à ma propre pensée ! Il y a un coupable.Il faudra m aider à le démasquer ! [ Lire la suite page 20 ] W% .Saw*#®*\u2019 0m'?**&¦ *W> ':- * ¦#¦ ' «*, * *>¦*£ 9 SEPTEMBRE 1944 DANS LE MONDE SPORTIF Par Oscar Major CHOSES ET AUTRES Tous les boxeurs ne s\u2019accommodent pas, aux Etats-Unis.C\u2019est très vrai et chacun devrait bien réfléchir avant de s\u2019y rendre.Les difficultés commencent avec la question de gérant.Il nous est impossible de juger si un gérant que l\u2019on connaît de nom seulement est bon ou mauvais, car les succès de ces derniers sont tout aussi éphémères que ceux des boxeurs.La plus grande prudence est recommandée dans le choix du gérant, vous dira Johnny Greco, notre valeureux boxeur italien de Notre-Dame de Grâces.C\u2019est pourquoi il faut essayer de traiter l\u2019affaire au taux le plus bas.Il est très difficile de trouver un bon gérant, acceptant moins de trente à trente cinq pour cent.Tous les frais d\u2019entraînement sont naturellement à la charge des boxeurs.La boxe, aux Etats-Unis ressemble au théâtre.Sur les réunions elles-mêmes, ce qui frappe c\u2019est la collaboration des journaux, dont les rédacteurs sportifs reçoivent certains cachets appréciables pour leur aide.Ce sont les journaux seuls qui sont la cause du succès de la boxe, chez l\u2019Oncle Sam.En ce qui concerne les méthodes d\u2019entraînement, elles ne diffèrent guère de celles en usage un peu partout.Nous devons, cependant, mentionner qu\u2019on n\u2019attache pas au travail au sac à sable une très grande importance.D\u2019un autre côté, on pratique le punching-ball, d\u2019une façon qui peut paraître exagérée.L\u2019entraînement du boxeur, aux Etats-Unis, est peut-être plus dur, mais plus court et tout de même sans exciter les nerfs.Il faut remarquer que tout l\u2019entraînement semble se faire, d\u2019après une méthode scientifique, sous les yeux d\u2019entraîneurs qui ont reçu une instruction empirique et conformément à une tradition datant de longues années.Il peut, par exemple, paraître intéressant de voir comment on traite la question de l\u2019homme qui a du liquide dans l\u2019estomac.On est convaincu que l\u2019homme \u201csec\u201d est plus destiné à faire des performances physiques que celui qui est rempli de liquide.¦ Les bandits de Trinidad ont besoin de mettre leurs jambes à leurs cous, s\u2019ils veulent réussir une chasse à l\u2019homme sans se faire appréhender.L\u2019autre jour, un gendarme de Trinidad a parcouru la distance de 100 verges en 91 secondes, à Georgetown, Guyanes-Anglaises.Il détient donc conjointement un record mondial.Nous serions des plus surpris si le jeune voltigeur des Royaux, Johnny Corriden, n\u2019approchait pas cette marque présentement.Ce petit marchand de vitesse est le plus rapide coureur de tous les joueurs de la Ligue Internationale.Saviez-vous que \u201cChip\u201d Chippie, du Montréal, était le meilleur joueur du champ centre que les Royaux aient eu, sans omettre les Jimmy Ripple, les Tut Stainback et les Hinkey Haines.Chippie a le don de rendre des plus faciles toutes les balles frappées dans son territoire, qu\u2019il couvre avec une habileté consommée.Il patrouillera le champ centre d\u2019un club des ligues majeures, en 1945 ou 1946.¦ Deux anciens joueurs des Royaux de Montréal sont arbitres dans les ligues majeures : Bill Stewart, des Royaux de 1917 et Jocko Conlan, du Montréal, il y a une dizaine d\u2019années.En plus, il y a, dans les grandes ligues de cette année, 26 joueurs qui ont déjà joué pour le Montréal.Ce sont Bucky Walters, du Cincinnati ; Goody Rosen, Hal Gregg, Lou Olmo, Tom Warren, Tom Sunkel, Barney Koch, du Brooklyn ; Roy Hughes, Bob Chipman, Bill Shuster, des Cubs de Chicago ; Max Macon, Stu Hofferth, Ira Hutchinson et Ab Wright, du Boston, ligue Nationale ; Xavier Rescigno, Pittsburgh ; Glen Stewart, Philadelphie, ligue Nationale ; Gene Moore, Al Hollingsworth, Browns de St-Louis ; Bill Dietrich, Jake Wade, White Sox de Chicago ; Don Ross, Détroit ; Lou Finney, Boston Red Sox ; Tut Stainback, Yankees de New-York ; Jake Powell, Sénateurs de Washington, Paul Calvert, Indiens de Cleveland.I Dave Lambton, lanceur gaucher du club Albany, a passé une semaine à l\u2019hôpital, souffrant de maux de dos.Les spectatrices des séances de lutte de Toronto ont changé la mode d\u2019acclamation.Elles conspuent le héros et applaudissent le vilain.Elles feraient œuvre plus utile en s\u2019abstenant d\u2019assister à ces genres de spectacle, où même les Torontoises n\u2019apprennent rien de bon.IL EXISTE UN SYSTEME DE PARIS PAR PRENEURS AU LIVRE.EN BOXE, A NEW-YORK La question primordiale pour un boxeur canadien se rendant aux Etats-Unis pour combattre fréquemment, c\u2019est d\u2019avoir un bon gérant.Mais, contrairement à ce que l\u2019on pourrait penser, le boxeur, dès le début de l\u2019entraînement, ne s\u2019abstient nullement de boire ;\t[ Lire la suite page 31 ] - WiifSîh\u2019: MÊm CI-CONTRE Ces trois jeunes demoiselles de Montréal prennent un repos mérité après une partie de tennis sur un terrain de jeux de la métropole.\tPhoto Conrad Poirier.CI-DESSUS Même dans les ligues majeures, plusieurs joueurs préfèrent glisser sur les buts, tête première, et toucher le coussin avec leurs mains, comme le fait Turner, du White Sox de Chicago, qui atteignit le troisième but, sain et sauf. 10 LE SAMEDI Récit sentimental STAR D\u2019AMOUR Par R.DAUPHINE ernand Rivière mettait la dernière main à sa toilette.Il dînait, ce soir-là, comme il le faisait régulièrement depuis un mois, les mardis et samedis, chez son futur beau-père, M.Legrand-Darboise, conseiller à la Cour des Comptes.Car depuis un mois, Fernand était officiellement fiancé à la petite-fille de cet important et riche personnage, Mlle Blanche Legrand-Darboise.Blanche était une charmante jeune fille, d\u2019une nature droite et un peu fière, mais sincère et franche autant qu\u2019aimante.Orpheline de père et de mère, elle avait été presque complètement élevée par son grand-père, membre du Sénat.Son aspect froid et sévère faisait un peu peur à la jeune fille, surtout quand elle parvint à l\u2019âge ou les j eûmes filles ont à faire à leur mère des confidences d\u2019une nature spéciale qu\u2019un homme est peu apte à recevoir et à comprendre comme il le faudrait.Legrand-Darboise n\u2019en avait pas moins, au fond, une grande tendresse pour Blanche, mais ne savait pas parler à la jeune fille comme il l\u2019eût fallu.Legrand-Darboise avait pour amie de famille, bien que beaucoup plus jeune que lui, la mère de Fernand Rivière, restée veuve elle-même depuis un assez long temps.Fernand lui plaisait beaucoup par son caractère précocement sérieux et sa correction naturelle.Quand son amie lui avait im jour laissé entendre qu\u2019il lui plairait fort de voir le mariage de son fils avec sa petite-fille, le sénateur accueillit avec empressement l\u2019idée de cette alliance.Fernand s\u2019était facilement laissé persuader.Il connaissait Blanche depuis de nombreuses années et la jeune fille qu\u2019elle était à présent était restée pour lui l\u2019enfant qu\u2019il avait connue et qu\u2019il dominerait de tout ce passé d\u2019aîné indulgent.L\u2019aimait-il ?la question n\u2019était même pas à se poser.Il ne prit même pas la peine de le paraître.A quoi bon jouer à l\u2019amoureux puisqu\u2019il n\u2019avait pour ainsi dire pas de cour à faire et que le mariage était arrangé d\u2019avance.A la vérité il trouvait, du reste, Blanche fort gentille et fort aimable.Il sympathisait avec elle et il ne fallait pas lui en demander davantage.Mais si, en apparence, Blanche semblait se contenter de cette froideur relative, on pouvait lire parfois dans ses yeux malicieux, quand elle regardait son fiancé, un éclair de volonté que l\u2019on pouvait traduire par ces mots : \u2014 Va toujours, mon petit bonhomme ; tu verras, toi, quand je voudrai !.Fernand s\u2019apprêtait donc à aller dîner chez sa fiancée quand le concierge lui monta une lettre sur l\u2019enveloppe de laquelle le mot : urgent, avait attiré l\u2019attention du cerbère et l\u2019avait décidé à ne pas retarder la remise du pli à son destinataire.Fernand le remercia de sa vigilance et décacheta la lettre avec une certaine indifférence après avoir constaté qu\u2019elle ne portait aucune indication imprimée de provenance.Il lut, sur une feuille de papier à en-tête notarial, ces quelques lignes : « Monsieur, « J\u2019ai la douloureuse mission de vous annoncer le décès survenu il y a quelques mois, à Chicago, de votre oncle maternel, Bernard Leclinchant, et de vous informer que je tiens à votre disposition et à vous remettre en mains propres une lettre testamentaire à votre adresse.« Vous voudrez bien prendre la peine de passer à mon étude, etc.» \u2014 Un oncle d\u2019Amérique! s\u2019exclama en riant le jeune homme.Il en existe donc toujours ?Celui-là m\u2019aurait-il fait héritier de quelques milliers de dollars ?J\u2019irai demain chez ce notaire et nous verrons bien.Le dîner chez le sénateur se passa comme à l\u2019habitude.Pour la première fois Fernand se surprit à regarder Blanche, à la regarder de tous ses yeux et à découvrir d\u2019un coup sa radieuse jeunesse.Sous le rayonnement des ampoules électriques qui jetaient des flots de lumière sur la table et les convives, il vit la nuque délicate qui se perchait gracieusement sous le frissonnement des cheveux blonds.Il vit, quand elle releva la tête, l\u2019harmonie de son visage et la vivacité malicieuse de ses yeux clairs.Il vit bien d\u2019autres choses encore qu\u2019il n\u2019avait jamais vues et il en ressentit comme une sorte d\u2019émotion toute nouvelle pour lui.Il était assis à ses côtés et il ne put s\u2019empêcher de lui murmurer tout bas : \u2014\tComme vous êtes jolie, ce soir ! \u2014\tMerci pour : ce soir ! répondit en souriant malicieusement la jeune fille.Mais elle n\u2019en était pas moins heureuse : c\u2019était le premier compliment que lui faisait son fiancé.Et, ce soir-là, Fernand s\u2019en alla avec un sentiment nouveau.CHAPITRE II Le lendemain, le jeune homme se rendit chez le notaire.Celui-ci, sur la justification de son identité, lui remit un pli fermé de quatre cachets à la cire et portant la suscription : Pour remettre à M.Fernand Rivière, mon neveu, après ma mort.Fernand rentra chez lui, estimant que le contenu de cette lettre devait mériter d\u2019être lu dans l\u2019isolement et avec tout l\u2019intérêt que comportent les dernières paroles d\u2019un mourant.Il s\u2019installa dans sa chambre à coucher et décacheta le pli mystérieux.Voici ce qu\u2019il lut : « Mon cher neveu, « En bon oncle d\u2019Amérique que je suis et, pour ne pas manquer aux traditions, ce n\u2019est qu\u2019après ma mort que tu recevras de mes nouvelles.Je souhaite qu\u2019elles ne te désanchantent pas trop.Car il est un point sur lequel je manquerai aux traditions, celui de l\u2019héritage.Ne t\u2019attends donc pas à recevoir, par cette missive, l\u2019annonce d\u2019un héritage fantastique qu\u2019il n\u2019est pas dans mes moyens de te laisser, à toi du moins.Je sais d\u2019ailleurs que tu n\u2019en as pas besoin et que tu es suffisamment pourvu de fortune pour n\u2019avoir rien à attendre de moi.C\u2019est un héritage de toute autre nature que je te lègue, mon cher neveu, certain que tu 1 accepteras en toute loyauté et de tout cœur.Voici ce dont il s\u2019agit.C\u2019est une histoire qu\u2019aucun des nôtres n\u2019a jamais connue.« Avant de partir en Amérique, j\u2019avais une amie, une nommée Laurence Dorfer, qui avait une fille.Je ne tardai cependant pas à me séparer de Laurence pour laquelle je n avais eu qu un entrainement passager.Je le fis discrètement et le plus galamment que je pus.Je partis en Amérique dans l\u2019espoir de me refaire une fortune.Sans cette pauvre orpheline, cette aventure ne m\u2019aurait laissé aucun autre souvenir, mais la destinée de cette enfant me cause quelques remords.Qu\u2019est-elle devenue ?N\u2019a-t-elle pas sombré ?Quelle vie mène-t-elle ?Je sais que sa mère est morte.Elle est donc restée seule, livrée à elle-même.« Mon cher neveu, ce sera à toi de la retrouver, si tu veux bien, et de lui témoigner la sollicitude que l\u2019éloignement d\u2019abord, puis la mort, m\u2019auront empêché de lui témoigner.Et quand tu l\u2019auras retrouvée, tu la mèneras au notaire qui t\u2019aura remis cette lettre et entre les mains duquel j\u2019ai déposé une somme suffisante pour lui assurer un sort indépendant.« Voilà, mon cher neveu, le seul héritage que je te laisse et je suis persuadé que tu te montreras digne de la confiance que je mets en toi.» \u201eT\u201e \u2014 ^ 7°Uà 1111 héritage ! s\u2019exclama Fernand, quand il eut terminé sa lecture N importe! Je m efforcerai de remplir la tâche que ce brave oncle m\u2019impose.Il se trouva bien embarrassé pour retrouver cette cousine incertaine qui surgissait tout a coup sur son chemin.Tout ce qu\u2019il savait à son sujet, c\u2019était le nom de sa mère, Laurence Dorfer et c\u2019était tout.Il fit ce qu\u2019il y avait de mieux à faire : il compta sur le hasard.Et il fit bien.Quinze jours plus tard, il se promenait sur le boulevard de la Madeleine et, en passant devant un palace de cinéma, il eut la bonne idée d\u2019y entrer, non pour s\u2019y absorber dans la contemplation du noir et du blanc, mais comme on\u2019 se réfugie dans un asile de paix et de silence pour réfléchir à quelque circonstance diffi-cultueuse de la vie.Une ouvreuse lui offrit le programme.Il Tacheta machinalement, d\u2019un geste involontaire, et gagna son fauteuil.Le spectacle n\u2019était pas commencé et on était en pleine lumière ; il jeta les yeux sur l\u2019imprimé qui lui offrait, avec le compte rendu du film, les noms des interprètes.Soudain une ligne flamboya à se^ yeux : Clémence\tSabine Dorfer Ce fut comme un éblouissement.Il n\u2019y avait guère de doute.Cette Sabine Dorfer devait être la fille de la maîtresse de son oncle, celle de tirer d un milieu compromettant à l\u2019occasion et d\u2019enrichir, qu il cherchait, celle qu\u2019il avait mission Tenir dans sa main le sort de deux jeunes filles tendrement aimées, sans que rien vous avertisse, si le geste que vous allez faire va les sauver ou les perdre.C'est un aspect de la situation la plus embarrassante qui se puisse imaginer.L'auteur s'est complu à nous faire frissonner d'émotion, dans ce récit d'amour. 9 SEPTEMBRE 1944 11 Il attendit longtemps avant de voir apparaître sur l\u2019écran cette Clémence dont le rôle, d\u2019après le programme, était le sien.Ce rôle était d\u2019une insignifiance rare.Ce fut à peine si Fernand eut le temps de distinguer qu\u2019elle était belle fille, peu richement costumée et d\u2019une expression qui rappelait sensiblement celle des mannequins de grands couturiers.Mais il en avait assez vu pour être assuré de la reconnaître.C\u2019était une assez jolie personne que Mlle Sabine Dorfer.Elle avait un visage aimable et assez rieur qui ne pouvait certes prétendre à ¦ la régularité d\u2019une beauté grecque mais qui était finement dessiné et délicat.Il se dégageait de toute sa personne une impression piquante.Sous un front découvert les yeux eussent pu être beaux s\u2019ils n\u2019avaient pas été mobiles ; le nez, petit, aux narines palpitantes, était amusant ; la bouche, moyenne, avec ses lèvres un peu épaisses, surmontait un menton rond et plein, agrémenté d\u2019une fossette où Ton eut pu loger une noisette.La physionomie générale était espiègle, pleine d\u2019assurance et de jeunesse ; dans tout le corps de cette jeune personne débordait une vie intense.La tâche qu\u2019avait assumée Fernand ne promettait pas de lui être désagréable.CHAPITRE III La marche à suivre lui parut fort simple.Il chercha sur le programme la firme qui avait émis le film en question et le nom du metteur en scène.Il lui fut aisé de trouver les adresses utiles.Il lui apprit, notamment, que le metteur en scène en question allait tourner un nouveau film.Il s\u2019appelait Jean Delsort et son film avait pour titre : Ciel d\u2019Orage.Peut-être que Sabine Dorfer était de la distribution.Julien Delsort tournait généralement ses films dans un studio situé à Epinay-sur-Seine pour les intérieurs.Il savait l\u2019y trouver, mais il savait qu\u2019il n\u2019était guère facile de s\u2019introduire dans un tel milieu à moins de se faire engager pour faire mie figuration.Ce moyen lui répugnait.Il craignait d\u2019apparaître pour la première fois à Sabine dans une position désobligeante.Il préféra jouer le grand jeu.II fit passer sa carte à Julien Delsort en lui demandant quelques minutes d\u2019entretien.Bien que les metteurs en scène de cinéma, conscients de leur importance, tout au moins de celle qu\u2019ils se donnent gratuitement, soient peu abordables, celui-ci, qui était dans un de ses beaux jours, consentit à recevoir Fernand dans un coin du studio.Le jeune homme eut tout d\u2019abord l\u2019idée de l\u2019interroger tout de suite sur Sabine, mais il abandonna bien vite cette idée.D\u2019abord, il craignit que le personnage ne prit fort mal la chose : le déranger pour l\u2019entretenir d\u2019une insignifiante figurante ! Puis Fernand entrevit soudain l\u2019occasion d\u2019étudier d\u2019abord la jeune fille dont il allait avoir à s\u2019occuper.Il s\u2019y prit donc autrement.\u2014 Voici, dit-il Je suis à la tête d\u2019une fortune respectable et l\u2019envie m\u2019a pris de faire du cinéma, comme scénariste.J\u2019ai vu de vos œuvres et goûte fort votre façon de faire.J\u2019aurais donc l\u2019intention de vous charger de la mise en scène de scénarios dont je serais l\u2019auteur et dont j\u2019assumerais tous les frais.Mais avant cela il faut que je fasse mon éducation et je vous demanderai la permission d\u2019assister à quelques-unes de vos séances de tournage, pour me rompre à la technique du métier.C\u2019était offrir à un aveugle d\u2019y voir clair.Julien Delsort sauta sur l\u2019occasion offerte.\u2014 Vous êtes ici chez vous, cher monsieur ! s\u2019écria-t-il.Fernand n\u2019en demandait pas davantage.On répéta une scène et on la tourna.Fernand eut tout le loisir de voir Sabine Dorfer qui, ainsi que dans l\u2019autre film qu\u2019il avait vu, avait été dans celui-ci chargée d\u2019une apparition insignifiante.Pendant un repos, Fernand s\u2019approcha de Julien Delsort.Désignant Sabine, il lui demanda, en affectant une certaine indifférence, malgré tout : \u2014 Quelle est donc cette jeune femme ; il me semble l\u2019avoir déjà vue dans un de vos films ?\u2014 En effet, je l\u2019utilise comme je peux, car elle est jolie et fait tableau.Elle s\u2019appelle Sabine Dorfer.Puis, avec un sourire : ,\u2014 Elle vous intéresse ?\u2014\tPeut-être! répondit évasivement Fernand.\u2014\tCe serait un bonheur pour elle.\u2014\tComment l\u2019entendez-vous ?\u2014\tComme vous le voyez, c\u2019est une belle fille, pas plus maladroite et qui tiendrait sa place à l\u2019écran mieux que bien d\u2019autres même.Malheureusement, ça n a pas de toilettes possibles et les fonds dont nous disposons ordinairement, nous autres tourneurs français, ne me permettent pas d\u2019habiller des interprètes.Cette fille ne fait rien pour en avoir non plus.Elle a pour ami un artiste qui tourne avec un collègue.Elle lui est fidèle, trop fidèle, vous comprenez.Comment voulez-vous qu\u2019une femme arrive au cinéma dans ces conditions ?\u2014\tQuel est cet ami ?\u2014\tUn jeune premier, du nom de Jean Rival, un bellâtre qui n\u2019a pas une ombre de talent mais qui est avantagé d\u2019un physique qui fait se pâmer les petites ouvrières et les mannequins, à la production des films où il paraît en séducteur irrésistible.C\u2019est absurde, si elle continue, cette petite n\u2019arrivera jamais à rien.Vous voilà prévenu, ajouta le metteur en scène avec un sourire entendu.\u2014\tOh ! Vous savez, répondit Fernand, je vous parlais d\u2019elle comme d\u2019une autre.\u2014\tOui, se dit Julien Delsort, et à ta première bande tu me l\u2019imposeras au premier plan, je connais ça, mais ça me va.De ce jour Fernand devint un assidu du studio d\u2019Epinay-sur-Seine.Mais il hésitait à se présenter à Sabine et à lui faire part de sa mission.Certes, le genre de vie de la jeune femme n\u2019avait pas de quoi surprendre outre mesure.Il se doutait bien que s\u2019il retrouvait la fille de son oncle maternel ce ne serait pas dans un monde bien choisi et que seule, livrée toute jeune à elle-même, elle n\u2019avait pas été maîtresse de choisir ses relations.\"Voyons, Sabine, il n'y a pas que l'amour dans la vie ! \" k\\ 12 LE SAMEDI NOS MILITAIRES De g.à d.: Paul Larouehe et Paul Maltais, tous deux en service actif outre-mer.Cyprien Bernier, en service actif outre-mer.De g.à d.: Les soldats Edmond, Roger et Bernard Edmond, en service actif au pays.\u2014 Le sergent-major Elphège Poirier, au pays.De g.à d.: Le soldat Carmel Talbot, en service actif au pays.\u2014 Le soldat Lucien G.Martin, en service dans l'armée américaine.\u2014 Le soldat Magella Dubé, en service actif au pays.¦ \u2022*: 'M ¦U.U , De g.à d.: Le soldat Denis et Roland Guilbeault en service actif au pays.\u2014 Le lieutenant Henri Maillot, en service actif au pays.htimÊm ' \u2018h\t\u2018 0- v \u2019 X: De g.à d.: Jean-Bernard Viens, en service actif au pays.\u2014 Le caporal A.M.Cari, en service actif au pays.\u2014 Le lance-caporal Rouville Gravel, en service actif outre-mer.; Et il se disait que la jeune femme valait peut être beaucoup mieux que ce qu\u2019elle paraissait.La seule façon de s\u2019en assurer n\u2019était-elle pas de faire connaissance avec elle ?Mais comme il lui déplaisait de 1 a-border brutalement, il décida de se faire présenter à elle par le metteur en scène.Celui-ci avait un coin du bureau dans le studio.Il y fit appeler Sabine.\u2014 Ma petite, lui dit-il, je vous présente un de mes bons amis qui brûle de vous faire ses compliments.Oui, il vous a vue dans La Douleur de Vivre.Mais je vous laisse.Vous n\u2019êtes pas de la scène qu\u2019on va répéter et tourner, vous aurez tout le temps de causer.Et il les laissa seuls.Il y eut une seconde de silence.\u2014 Monsieur est journaliste?demanda Sabine gaiement.\u2014 Non, mademoiselle.\u2014 Scénariste, peut-être ?\u2014 Je puis le devenir.\u2014 Alors, devenez-le et faites-moi donner un rôle.\u2014 Mais je ne dis pas non.\u2014 Je vaudrais toujours bien cette grande dinde de Gisèle Montcalm .Mais voilà, Delsort l\u2019a dans le sang et il ne voit que par elle ! Si ça ne fait pas pitié, ma chère, une poseuse sans talent.Elle fait marcher ce pauvre Delsort faut voir comme.Que les hommes sont naïfs et bêtes, tout de même.Puis, changeant de ton, Sabine reprit : \u2014 Vous venez me faire vos compliments, je vous en remercie, mais je voudrais bien savoir sur quoi, vos compliments ?Ce n\u2019est pas, j\u2019imagine, sur la façon dont l\u2019interprète les ignobles pannes que l\u2019on me confie ici ?Il n\u2019y a vraiment pas de quoi s\u2019y faire voir.\u2014 Alors, vous êtes désanchantée du cinéma ?\u2014 Oui et non.Ah ! certes, je ne m\u2019attendais pas à une existence de princesse de contes de fées, bien sûr, mais j\u2019espérais mieux que ce que j\u2019ai tout de même.Ce serait peut-être mon tour d\u2019avoir autre chose que des figurations.Puis, éclatant de rire : \u2014 Vous allez trouver que je suis bien cabotine, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Mais non, vous êtes ambitieuse, ce n\u2019est pas toujours un mal, mademoiselle.\u2014 Alors, vous me ferez un rôle, c\u2019est convenu et vous serez bien gentil.On se reverra, dites ?Et elle tendit la main à Fernand.\u2014 On se reverra, répondit sans se décider à en dire davantage pour cette fois.Un quart d\u2019heure après, Fernand voyait la jeune femme sortir en compagnie d\u2019un homme jeune, rasé, à l\u2019allure prétentieuse, à la mine de bellâtre, les joues et les yeux mal dépouillés de son maquillage, sans doute pour mieux se faire reconnaître des admiratrices qu\u2019il pouvait rencontrer en chemin.C\u2019était Jean Rival qui venait chercher sa maîtresse au studio et s\u2019en allait avec elle .CHAPITRE IV Prnand devint un habitué du studio et bien entendu se passa de Delsort désormais pour parler à Sabine.Une intimité commençante facilitait leurs rapports.\u2014 Figurez-vous, lui dit-elle un jour, que la première fois que je me suis trouvée devant vous, bien que je n\u2019en aie pas eu l\u2019air, vous m\u2019avez fait un peu peur.Oui, vous aviez un air si sérieux pour un homme qui vient vous faire un compliment ! \u2014 Et maintenant?demanda Fernand.\u2014 Je vous trouve toujours le même air sérieux, mais je ne m\u2019en effraie plus.Je m\u2019y habitue.Et puis, vous semblez si différent de tous ceux que je vois autour de moi, ici ! C\u2019est votre ami, Delsort ?\u2014 Un ami ?Si vous voulez.\u2014 Mais moi, je ne veux rien, c\u2019est lui qui vous a présenté à moi comme tel.Mais ça me paraît drôle parce que vous ne semblez pas être tous deux du même monde.Si vous saviez comme je suis contente d\u2019avoir fait votre connaissance ! \u2014 Pour le rôle que vous m\u2019avez demandé ?\u2014 Oui, pour ça, mais aussi pour autre chose, pour je ne sais quoi.Je devine que j\u2019aurai un ami en vous.\u2014 N\u2019en doutez pas, un ami qui ne demande qu\u2019à vous être utile.Elle le regarda dans les yeux comme pour y lire son degré de sincérité.Elle n\u2019y lut pas les désirs inavoués qui brillent dans le regard de la plupart des hommes qui se trouvent en présence d\u2019une femme à laquelle ils font des protestations d\u2019amitié.Elle se demanda pourtant la raison de la sympathie que ce jeune homme encore inconnu d\u2019elle quelques jours auparavant éprouvait de toute évidence pour elle.Elle lui tendit néanmoins la main en disant : \u2014\tJe vous crois et j\u2019ai confiance.Puis, comme après avoir réfléchi, elle dit tout à coup : \u2014 Vous ferez un joli scénario et vous m\u2019en donnerez le principal rôle.\u2014\tJ\u2019aurais préféré vous être utile autrement.Après tout, pensa-t-il, elle ne peut deviner la mission dont je suis chargé et elle ne se préoccupe que de ce qui forme le fond habituel de ses pensées et de ses désirs.Et tout haut il reprit : \u2014\tEh bien ! Nous verrons ; j\u2019essaierai.\u2014\tVous réussirez, j\u2019en suis certaine, et moi aussi, je réussirai.Et vous verrez le dépit de cette grande grue de Gisèle Montcalm.Mais en s\u2019en retournant Fernand se dit : \u2014 Voilà une singulière façon de remplir ma mission que de me laisser amener à écrire un scénario de cinéma pour faire une vedette de celle dont je suis chargé d\u2019assurer l\u2019avenir.Bah ! Tous les chemins mènent à Rome.Donnons-lui cette satisfaction pour avoir droit à sa reconnaissance et à son obéissance et ceci obtenu, je lui ferai quitter un métier qu\u2019elle n\u2019aura tout au moins plus besoin d\u2019exercer pour gagner sa vie .Restera le Jean Rival.De celui-là aussi il faudra que je l\u2019écarte, mais comment ?A quoi vais-je me trouver contraint, pour accomplir le devoir que j\u2019ai accepté de remplir ! La première chose qui lui parut utile à faire fut de bâtir un scénario et de le porter à Julien Delsort.Le sujet n\u2019en était ni meilleur ni pire qu\u2019un autre et se maintenait dans la constante banalité des films courants.Mais il comportait la possibilité d\u2019une mise en scène originale et assez compliquée, ce qui devait plaire par-dessus tout au metteur en scène.Celui-ci garda le manuscrit pour le lire à tête reposée, t-il à l\u2019auteur débutant.L important est que vous le soyez, vous, réplica modestement Fernand.Julien Delsort eut un sourire vaniteux et satisfait.Et, bien entendu, nous donnerons le beau rôle à Sabine Dorfer ?dit-il d\u2019un air entendu.Fernand acquiesça de la tête.Et le lendemain, quand il se montra au studio d\u2019Epinay, la première personne qu\u2019il vit et qui semblait l\u2019at- 9 SEPTEMBRE 1944 13 tendre avec impatience, fut Sabine qui se jeta à son cou joyeusement en s\u2019écriant : \u2014 Vous, vous êtes un amour! \u2014 Vous exagérez! \u2014 Non, venez vite dans un petit coin que je vous remercie comme il faut et que je vous raconte la chose.Elle l\u2019entraîna.Quand ils furent à l\u2019écart : \u2014 Voilà : en arrivant tout à l\u2019heure au studio, le concierge m\u2019a arrêtée au passage pour me dire que j\u2019aie à passer au bureau de Julien Delsort.Il avait à me parler.Songez si j\u2019ai eu la frousse que ce soit pour me dire qu\u2019il n\u2019avait plus besoin de mes services .Dame ! Il faut s\u2019attendre à tout, mais jugez aussi de ma surprise quand je me vis reçue presque avec des égards, ma chère ! « Il me dit à brûle-pourpoint : « \u2014 Vous savez, mon petit, si je suis exigeant et si je réclame beaucoup de mes vedettes .« J\u2019étais un peu interloquée.Est-ce qu\u2019il allait me parler de Montcalm ?« \u2014 Mais, reprit-il, je ne doute pas que vous répondrez à mon espoir.« Son espoir ?.Quel pouvait être cet espoir ?.Est-ce qu\u2019il aurait le toupet de me proposer ?.« Je balbutiai presque : « -\u2014 Moi ?.Comment ça ?« \u2014 Eh bien ! voilà.Mon excellent ami, Fernand Rivière, m\u2019a apporté hier un scénario.Ce n\u2019est pas plus mauvais qu\u2019autre chose et entre mes mains ça peut devenir intéressant.Il y a un rôle de femme superbe.« Un brouillard passa devant mes yeux.« Je commençais à comprendre.Vous teniez votre promesse et m\u2019aviez imposé à lui comme vedette du film que vous aviez conçu.« \u2014 Ce rôle, Montcalm me l\u2019a demandé, mais vous m\u2019avez toujours intéressé et j\u2019ai résolu quelque chose pour vous.Alors, sans même en parler à l\u2019auteur, j\u2019ai fait ma distribution et, savez-vous à qui j\u2019ai donné ce rôle ?« Je m\u2019en doutais bien un peu, n\u2019est-ce pas ?« \u2022\u2014 A vous, ma petite ; c\u2019est vous qui tiendrez le premier plan.Hein ?En voilà une bonne surprise.Qu\u2019est-ce qui va bien remercier son petit Delsort ?« Je marmonnai quelques mots de remerciements, car je savais bien que ce n\u2019était pas à lui, mais à vous, que je devais l\u2019accomplissement de mon plus cher désir.Ah ! vous êtes joliment gentil d\u2019avoir tenu et si vite, votre promesse.Fernand avait écouté, en souriant, la jeune femme ; il en était amusé et heureux.\u2014 Vous verrez, je vous ferai honneur, assura Sabine.Vous reconnaîtrez qu\u2019il y a autre chose en moi que la petite cabotine que j\u2019ai pu vous paraître.\u2014 J\u2019en suis persuadé.\u2014 Vous m\u2019aiderez de vos conseils .\u2014 C\u2019est que .\u2014 C\u2019est que quoi ?\u2014 Delsort est mieux placé que moi pour vous donner ces conseils.Et puis .\u2014 Et puis ?\u2014 Je ne pourrai continuer à venir ainsi assidûment au studio.Je serai retenu ailleurs \u2014 il pensait à son prochain mariage \u2014 c\u2019est presque une visite d\u2019adieu que celle-ci, maintenant que vous avez ce que vous désirez et que vous l\u2019avez par moi.\u2014 Je ne vous verrai plus ?'\u2014Presque plus, une fois ou deux, peut-être.\u2014 Eh bien ! Cela me fait de la peine, beaucoup de peine, voilà, dit Sabine.\u2014\tJe vous en sais gré.\u2014\tC\u2019est très sérieux, vous savez.Moi aussi je suis capable d\u2019affection et de dévouement.Je m\u2019explique peut- être très mal, mais au fond de moi-même j\u2019ai quelque chose qu\u2019on ne voit pas à la surface.C\u2019est vrai, ça.Vous tombez comme de la lune un beau jour dans ma vie, vous me rendez le plus grand service que je puisse souhaiter, vous éveillez en moi des sentiments nouveaux et proutt !.parti ! adieu !.Si vous croyez que c\u2019est drôle ! Fernand éprouvait quelque embarras à s\u2019entendre ainsi parler par une femme dont il n\u2019attendait rien de tel.Il en était ému.\u2014 Voyons, rétorqua-t-il, mais c\u2019est une aventure bien simple et comme il en arrive tous les jours.Je vous ai rendu service, comme vous dites, eh bien ! j\u2019en suis content.\u2014 Oh ! ce n\u2019est pas seulement du service rendu que je tiens compte, mais aussi d\u2019autre chose, d\u2019autre chose d\u2019indéfinissable.Je sentais autour de moi comme une sorte de protection qui m\u2019enveloppait déjà et cela de la part de quelqu\u2019un qui me paraissait tout à fait désintéressé et ça m\u2019était très doux.Et voilà que c\u2019est fini ! \u2014 Mais non, ça n\u2019est pas fini du tout et ce n\u2019est pas parce que des circonstances indépendantes maintenant de ma volonté, m\u2019empêcheront de venir vous voir .D\u2019abord, je veux que vous sachiez tout de suite que pour ce qui est du présent immédiat, vous n\u2019avez aucun souci à vous faire ; j\u2019ai tout prévu et Delsort vous servira les appointements que j\u2019ai convenus avec lui et paiera les toilettes nécessaires à l\u2019interprétation de votre rôle ; c\u2019est moi qui fais tous les frais de l\u2019affaire.Pour plus tard, vous recevrez de mes nouvelles d\u2019une façon ou de l\u2019autre.C\u2019est tout ce que je crois devoir vous dire pour l\u2019instant.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui vous intéresse le plus.Sabine eut un sursaut et d\u2019un ton presque douloureux, elle dit : \u2014 Vous croyez?\u2014 Je le suppose, car votre situation, je le sais, n\u2019est pas brillante et ce n\u2019est pas votre.ami, ce Jean Rival, qui est en position de vous aider beaucoup.\u2014 Il fait ce qu\u2019il peut.\u2014 C\u2019est insuffisant et je me demande comment.\u2014 Comment cela s\u2019est fait que je me suis accolée à lui ?Cela s\u2019est fait le plus simplement du monde, parce que j\u2019étais une pauvrette abandonnée et parce qu\u2019il a eu le cœur de comprendre ma détresse.Et puis, lui ou un autre ! \u2014 Enfin, vous l\u2019aimez ?\u2014 D\u2019amour ?Non.J\u2019ai pour lui de l\u2019affection, de la reconnaissance même.Beaucoup d\u2019autres m\u2019ont fait la cour, vous le pensez bien.L\u2019idée ne m\u2019est jamais venue de le tromper.\u2014 Allons, coupa un peu court le jeune homme, il faut que je vous quitte.\u2014 Je vous reverrai encore ces jours-ci ?\u2014 Oui.Elle lui tendit la main dans un geste plein de gentillesse et Fernand, avec une expansion subite, la porta à ses lèvres.CHAPITRE V Prnand resta plusieurs jours sans retourner au studio d\u2019Epinay et presque sans penser à Sabine et son fameux film : Star d\u2019Amour, que Julien Delsort devait avoir commencé à mettre à l\u2019étude.Chose étrange, ce commerce de quelques jours qu\u2019il avait eu avec Sabine avait éveillé en lui comme le goût de la femme et comme un besoin d\u2019elle.Le résultat avait été tout d\u2019abord contraire à ce que l\u2019on pourrait supposer : ce fut de le rapprocher de Blanche, sa fiancée, et de faire qu\u2019il «ses/*® r LA JOUSSE ACTIVE DE COLGATE PENETRE DANS LES INTERSTICES ^ CACHÉS ENTRE LES DENTS.DÉLOGE LES PARTICULES D'ALIMENTS.ENLÈVE LES ODEURS DE SALIVE STAGNANTE ET .FAIT DISPARAÎTRE LA CAUSE FRÉQUENTE - DE MAUVAISE HALEINE .BONSOIR MONIQUE; TU DANSES CETTE CONGA AVEC MOI ?~ AVEC GRAND .PLAISIR, DANIEL! MAINTENANT, .ip me Vu h i* UE DIS\u2019OUI ! POUR NETTOYER ET POLIR LES DENTS COLGATE FAIT UN TRAVAIL ÉPATANT ! TU NE PEUX TOUT DE MÊME ME \u2022 REFUSER SANS RAISON ! VEUX-TU SAVOIR LA VÉRITABLE RAISON?VOIS TON DENTISTE, IL TE DIRA MIEUX QUE MOI CE QU'IL FAUT FAIRE CONTRE LA , MAUVAISE HALEINE! ^ £ DANIEL VOIT SON DENTISTE ! PLUS TARD.GRACE A LA PATE A DENTS COLGATE PURIFIE VOTRE HALEINE EN NETTOYANT VOS DENTS BROSSE A DENTS COLGATE EN NYLON SVP^EAULRE LES SOIES NYLON DE COLGATE NE PEUVENT SE RAMOLLIR POUR SE DEBARRASSER DE LA MAUVAISE HALEINE, JE RECOMMANDE LA PÂTE À DENTS COLGATE ! IL EST SCIENTIFIQUEMENT PROUVÉ QUE 7 FOIS SUR IO COLGATE ARRETE INSTANTANÉMENT., LA MAUVAISE HALEINE 14 LE SAMEDI se montra plus empressé auprès d\u2019elle, plus attentif, plus tendre enfin pour dire le mot.La jeune fille ne le reconnaissait plus.Elle ne put s\u2019empêcher de le lui faire observer.\u2014 Comme vous êtes galant depuis quelque temps, monsieur Fernand, lui dit-elle un soir après un dîner de famille.Oh! s\u2019empressa-t-elle d\u2019ajouter, ce n\u2019est pas pour vous reprocher de ne l\u2019avoir pas été assez dans le passé.Non, je vous dis cela pour vous en exprimer le bonheur que j\u2019en ressens.Je ne dis pas que vous n\u2019étiez pas aimable auparavant et vous m\u2019avez toujours plu beaucoup.Mais je vous trouve changé.à votre avantage.\u2014 Ma chère Blanche .\u2014 Comment vous dirais-je ma pensée, car je veux vous la dire toute entière.Autrefois, vous paraissiez ne pas savoir parler à une femme et on dirait, pardonnez-moi ! que vous avez pris des leçons ailleurs qu\u2019auprès de moi.Voilà que je suis jalouse.\u2014 Qu\u2019allez-vous chercher là, Blanche ?C\u2019est beaucoup plus simple.C\u2019est que je découvre un peu tard, la délicieuse créature que vous êtes et que je commence à comprendre le bonheur que j\u2019aurai à vivre auprès de vous.C\u2019est enfin que maintenant.\u2014 Que maintenant ?\u2014 Je vous aime.En parlant ainsi Fernand était sincère.Il aimait et, de bonne foi, il croyait que c\u2019était Blanche l\u2019objet de cet amour qui s\u2019éveillait en lui.C\u2019est qu\u2019il avait fait du chemin sur le terrain sentimental depuis le jour où il avait fait connaissance, un peu malgré lui, avec Sabine Dorfer.Blanche avait raison et avait deviné juste, le jeune homme avait, sans s\u2019en douter, pris des leçons dans l\u2019art d\u2019approcher les femmes et de leur parler.Il s\u2019étonnait lui-même de cette transformation qui s\u2019était opérée en lui.Il en faisait bénéficier sa fiancée.Il y avait quatre jours qu\u2019il ne s\u2019était montré au studio d\u2019Epinay quand il reçut, par l\u2019intermédiaire de Julien Delsort, ce billet de Sabine : « Grand Méchant, « Pourquoi n\u2019êtes-vous pas revenu au moins une fois comme vous me l\u2019aviez promis d\u2019ailleurs ?Cela me fait beaucoup de chagrin.« Votre petite amie, « Sabine .» Fernand fut touché de ce reproche.Il comprit qu\u2019il y aurait quelque brutalité de sa part à laisser ainsi tomber, du moins en apparence, celle dont il s\u2019était fait le protecteur tout gratuit.Et puis, son film : Star d\u2019Amour, que devenait-il ?Non.Il ne pouvait disparaître ainsi brusquement.Le jour même il retourna à Epinay.\u2014 Ah ! vous, enfin ! s\u2019écria Sabine, en courant au-devant de lui.Elle lui tendit sa joue gentiment.\u2014 Pardonnez-moi, mais j\u2019ai des occupations impérieuses.\u2014 J\u2019ai été peut-être bien indiscrète en vous écrivant ?Mais je ne pouvais plus y tenir.J\u2019étais trop heureuse, cela marche si bien et tout cela grâce à vous ! Et vous semblez, maintenant, vouloir vous en désintéresser complètement.Ce n\u2019est pas bien, moi qui vous aime tant ! Les derniers mots parurent lui être échappés.Elle regarda Fernand dans les yeux.Celui-ci fronça les sourcils et pour cacher sans doute l\u2019émotion que cet aveu presque ingénu lui causait, il demanda brusquerrtent : \u2014 Jean Rival va toujours bien?\u2014 Oh ! fit Sabine d\u2019un accent douloureux, comme vous me demandez ça! Elle tomba assise sur une chaise qui se trouvait derrière elle et ses yeux se mouillèrent.Mais elle ne dit plus rien.Cette dureté subite de Fernand l\u2019avait bouleversée.C\u2019était un chagrin si vrai, si profond, si poignant que le jeune homme se reprocha immédiatement de l\u2019avoir causé.\u2014 Pardon, Sabine, pardon, oui, j\u2019ai voulu être méchant mais je regrette sincèrement la peine que je vous ai faite.Vous savez que je vous suis tout dévoué et que je suis prêt à faire tout pour que vous soyez heureuse.Ne m\u2019en veuillez pas et oubliez la vilaine question que je vous ai posée.Mais sachez aussi que si je vous l\u2019ai posée, cette question, c\u2019était pour m\u2019arracher moi-même violemment à l\u2019émotion que me causaient vos chères paroles.Je me suis senti si peu sûr de moi devant vous si confiante, si séduisante, il faut bien dire le mot ! \u2014 Mais malgré ma confiance et ce que je puis avoir de séduisant, comme vous dites, vous ne m\u2019aimez pas.\u2014 Doutez-vous de mon attachement ?\u2014 De l\u2019attachement, on en a pour les animaux, répondit-elle amèrement, les animaux auxquels vous donnez la pâtée.\u2014 Que dites-vous ?\u2014 Je dis que vous ne m\u2019aimez pas! \u2014 Ma chère enfant, il ne faut pas d\u2019équivoque entre nous.Si vous attendez de l\u2019amour de moi, mon devoir est de vous en dissuader sans plus attendre.J\u2019aimais avant de vous connaître ; j\u2019aimais, et j\u2019aime celle qui deviendra ma femme avant peu de temps.-\u2014 Ah ! fit Sabine en pâlissant légèrement.Elle parut faire un effort sur elle-même.\u2014 Naturellement, elle est jolie, n\u2019est-ce pas ?Est-elle brune ou blonde ?A-t-elle vos idées ?Vous aime-t-elle ?Elle posait question sur question, fébrilement, en parlant très vite.Fernand la regardait sans répondre.Elle reprit : \u2014 Je conçois, maintenant, que vous ne pouviez pas me faire la cour comme les autres.Je vous souhaite d\u2019être heureux.Et comment s\u2019appelle-t-elle ?-\u2014 Blanche.\u2014 C\u2019est un joli nom.J\u2019aurais voulu m\u2019appeler Blanche et.être elle au lieu d\u2019être moi.Mais voilà, on ne forge pas soi-même sa destinée.Non.Je suis ingrate.Car je vous ai connu, vous êtes venu, je ne sais pourquoi, un beau matin, me tendre la main pour m\u2019aider à monter d\u2019un échelon.Cela, je ne l\u2019oublierai jamais.Puis, changeant de ton, elle reprit : \u2014 Pensez-vous que je serai bonne dans le principal rôle de votre film ?Oui, n\u2019est-ce pas ?Car je m\u2019y donnerai toute entière et je veux que vous soyez fier de moi.La conversation se détourna ainsi toute seule sur les choses de métier.Une surprise assez désagréable attendait Fernand ce soir-là à dîner chez sa fiancée.En entrant dans le salon il trouva sa mère et M.Legrand-Darboise en grande conversation.Il eut aussi la sensation que c\u2019était de lui qu\u2019on causait.Il ne se trompait pas.Il reçut un accueil un peu réservé.Fernand n\u2019était pas d\u2019un caractère à atermoyer quand il s\u2019agissait d\u2019une explication à donner ou à demander.\u2014 Qu\u2019y a-t-il donc?questionna-t-il.Mme Rivière fit un geste assez vague et regarda le grand-père de Blanche.\u2014 Parlez, cher ami, vous le ferez avec plus d\u2019autorité que moi.\u2014 C\u2019est donc bien sérieux ?\u2014 Cela pourrait l\u2019être, mais nous espérons encore, votre mère et moi, mon cher Fernand, que cela ne le deviendra pas.\u2014 Qu\u2019est-ce que j\u2019ai fait?s\u2019exclama Fernand.\u2014 Nous ne savons pas ce que vous avez fait, mais on nous a dit.\u2014 Ah ! On vous a dit ?\u2014 Que vous fréquentiez un peu trop assidûment, depuis quelques temps, certain studio de cinéma de la banlieue où vous n\u2019allez certainement pas voir des gens de notre monde.« Comment l\u2019a-t-on su ?C\u2019est ce que j\u2019ignore.Mais on a ajouté, chose que j\u2019ai peine à croire, que ce qui vous attire serait une jeune personne du lieu, personne de moeurs faciles évidemment.Nous avons affecté, votre mère et moi, de n\u2019attacher aucune importance à ce racontar, mais il a été fait imprudemment en présence de Blanche, qui en a été profondément troublée.Elle n\u2019a pas dû, elle, se leurrer sur la gravité de la chose.\u2014\tVraiment, elle en a conçu du chagrin ?demanda Fernand avec une véritable émotion.\u2014\tBeaucoup, répondit Mme Rivière.\u2014\tVous devez comprendre, mon cher ami, quelle est notre inquiétude à quelques jours, pour ainsi dire, de votre mariage.Il y a là, permettez-moi de vous le dire, un manque de réserve regrettable, ou tout au moins une imprudence irréfléchie.Vous commettre en un endroit pareil et en compagnie de personnes dont le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019elles ne sont pas de votre monde pourrait être considéré comme un mépris des convenances.\u2014\tJe vous assure .\u2014\tNe nous assurez rien et laissez-moi vous dire que je n\u2019ai plus au monde que ma petite Blanche et que ma seule ambition est de faire son bonheur avant de m\u2019en aller.J\u2019avais cru pouvoir compter sur vous pour cela.\u2014\tVoyons, Fernand, promets-nous .Le jeune homme ne la laissa pas achever.¦\u2014Vous vous trompez tous les deux et bien que certaines apparences soient contre moi, peut-être, je n\u2019ai en rien démérité de votre confiance à tous deux et de l\u2019affection de Blanche.Vous renseigner plus complètement sur ma présence au studio en question serait trahir un secret qui n\u2019est pas le mien.N\u2019ayez pas peur pour Blanche, je n\u2019appartiens qu\u2019à elle.Faites-la venir.On appela Blanche qui se présenta très émue.\u2014 Blanche, lui dit Fernand, quoi qu\u2019on ait pu dire, quoi que vous puissiez entendre, ne doutez pas de moi.Je vous aime et je vous jure que je n\u2019ai rien à me reprocher vis-à-vis de vous.Voulez-vous me croire ?Blanche leva vers lui deux yeux attendris.Elle lui tendit la main, résolument, sans hésitation, le visage éclairé d\u2019un bonheur intense et lui dit : \u2014 Fernand, je vous crois.\u2014 Je vous remercie, Blanche, de ne pas douter de moi.CHAPITRE VI ernand s était repris définitivement.Il avait compris qu\u2019il faisait fausse route.Que le .véritable amour et le réel bonheur étaient là, près de sa future femme et que pour un peu il allait passer à côté du bonheur.Le lendemain du jour où il avait reçu de sa fiancée ce gage de con- PROPOS DE FEMME SURVEILLEZ LA CHALEUR DU FER A REPASSER Nos élégantes sont fières de revêtir, par ces temps de chaleur excessive, une jolie blouse ou un costume fabriqués avec cette nouvelle rayonne qu\u2019on trouve sur le marché.Le repassage de ces vêtements exige cependant les plus grandes précautions si l\u2019on ne veut pas, dès le premier lavage, les gaspiller entièrement.Voici d\u2019ailleurs ce que nous dit la division des Standards de la Commission des prix et du commerce : « A cause de la rareté de fil « viscose » pour la fabrication des blouses de dames, des sous-vêtements et des robes, les manufacturiers se voient obligés d\u2019employer le fil « acetate ».Cette substitution ne modifie en rien la qualité du vêtement ; même la rayonne « acetate » est en plusieurs points supérieure à la « viscose » tant pour l\u2019apparence que pour la solidité.Mais, malheureusement, elle a l\u2019inconvénient de fondre à une température relativement basse, à peine plus élevée que le point d\u2019ébullition de l\u2019eau.Ceci signifie qu\u2019il faut porter une attention toute spéciale au blanchissage et au repassage de ce genre de rayonne ; autrement, il se fera des trous en différents endroits, parce que le tissu « fondra ».Les vêtements faits de rayonne acetate doivent être repassés humides, à l\u2019envers, avec un fer à peine chaud.Si le fer pétille quand vous placez votre doigt humide dessus, c\u2019est qu\u2019il est trop chaud.Si vous vous servez d\u2019un fer électrique, il vaut mieux enlever le courant avant de vous en servir.Il serait aussi prudent de placer un vieux mouchoir de toile entre le fer et le vêtement à repasser.Il est réellement difficile à une personne inexpérimentée de se rendre compte si un tissu est fabriqué d\u2019acetate ou de viscose, ou s\u2019il est un composé des deux.Pour plus de prudence, servez-vous toujours d\u2019un fer à repasser modérément chaud pour vos vêtements de rayonne, de crainte qu\u2019ils ne contiennent de l\u2019acétate.RAFRAICHIR LES STORES EN LES PEINTURANT D\u2019après les experts, des stores défraîchis peuvent être remis à neuf avec de la peinture.Etendre le store sur une table couverte de vieux journaux.Cette précaution est nécessaire car la peinture peut passer à travers le store.Il faut les bien nettoyer avant de les peinturer.Toute peinture de bonne qualité, éclaircie avec de la térébentine, doit être appliquée avec une brosse, en brossant de travers préférablement.Avant de rouler le store, assurez-vous qu\u2019il est bien sec Les stores en tissu de bonne qualité se nettoient avec de l\u2019eau et du savon à l\u2019aide d\u2019une brosse aux poils doux.Enlevez toute trace d\u2019eau avec une éponge et assurez-vous qu\u2019ils sont complètement secs avant de les remettre en place Baissez et remontez les stores par la corde et non par le bas du store les déchirures seront ainsi évitées.Elles sont fréquentes quand les stores battent au vent dans une fenêtre ouverte. 9 SEPTEMBRE 1944 15 fiance et d\u2019amour, Fernand se rendit au studio d\u2019Epernay, se jurant bien que ce serait pour la dernière fois.Il ne laissait pas que d\u2019être assez troublé en s\u2019y rendant.Bien que certain qu\u2019il ne commettrait rien qui peut être taxé de trahison, il avait le sentiment de commettre comme une incorrection malgré les bonnes raisons qui le portaient vers Sabine.L\u2019acte de foi de Blanche l\u2019avait touché jusqu\u2019au fond du coeur et avait fait fuir loin de lui toute tentation charnelle qui eut pu lui faire pousser les choses avec Sabine plus loin qu\u2019il n\u2019en avait jamais eu certes l\u2019intention, mais aussi loin qu\u2019elle paraissait, elle, devoir consentir à les amener.Et il ne se sentait pas homme à partager entre ces deux charmantes créatures si séduisantes qu\u2019elles fussent, l\u2019une et l\u2019autre.Il trouva Sabine qui semblait l\u2019attendre près de la porte du studio et qui, aussitôt qu\u2019elle le vit, s\u2019élança pour lui prendre le bras et l\u2019entraîner d\u2019un autre côté.\u2014 Nous n\u2019entrons pas au studio?demanda Fernand, étonné.\u2014 Non.Allons nous promener quelque part par là ; vers Enbhien, voulez-vous ?\u2014 Ne vous attend-on pas ?\u2014 On m\u2019attendra, voilà tout, répliqua -1 - elle nerveusement.C\u2019est le moindre de mes soucis.Avec un petit rire forcé elle ajouté : \u2014 A quoi servirait d\u2019être star si ce n\u2019était pour faire poser les autres ?Fernand fut surpris de cette nervosité.-\u2014 Qu\u2019y a-t-il donc, petite Sabine ?\u2014 Mais il n\u2019y a rien.Je n\u2019ai rien.Ils marchaient lentement sur l\u2019avenue.\u2014 Des ennuis avec Delsort ?Si je le savais.\u2014 Non, tout va bien de son côté.\u2014 Alors ?Elle ne répondait pas.-\u2014Est-ce que Jean Rival.Elle baissa la tête.\u2014 Serait-il jaloux de moi?\u2014 J\u2019ai eu beau l\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y avait rien de suspect entre vous et moi.Qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une amitié .qu\u2019il ne pouvait pas y avoir autre chose qu\u2019une amitié.que vous ne le voudriez pas.Il n\u2019y a pas, d\u2019ailleurs, que lui pour nous prendre pour deux amoureux .Hélas ! Il la regarda.\u2014 Pourquoi, hélas ?\u2014 Parce que même cette amitié n\u2019était pas destinée à durer et qu\u2019elle va finir.C\u2019était pourtant si charmant.Cela me donnait l\u2019illusion que vous m\u2019aimiez un peu.\u2014 Voyons, Sabine, il n\u2019y a pas que l\u2019amour dans la vie ! \u2014 Dans certaines, il n\u2019y a que ça.Il semble que dans la mienne il ne devait y avoir que ça et que c\u2019était cela que vous veniez m\u2019apporter.Ah ! Je le regrette presque que vous m\u2019ayiez apporté autre chose.\u2014 Ne regrettez rien.Car je vous apporte aujourd\u2019hui plus encore.\u2014 Quoi donc ?\u2014 La fortune.L\u2019éclair s\u2019éteignit soudain.\u2014 De l\u2019argent encore.-\u2014Oui, votre père que vous n\u2019avez guère connu et qui est mort loin de vous, en Amérique, m\u2019a légué la mission de vous garantir contre un avenir incertain.Pour répondre à votre désir, je vous ai facilité l\u2019accession à la vedette de cinéma ; mais ce n\u2019était qu\u2019un commencement ; il me reste à vous conduire chez le notaire qui a entre les mains le dépôt d'une somme que je crois importante et qui vous appartient désormais.Nulle joie ne se manifesta chez la jeune femme à cette nouvelle plutôt agréable.\u2014 Mon père est bien bon de s\u2019être souvenu de moi ; je ne le lui demandais pas.\u2014 Ne soyez pas trop sévère pour lui.On en fait pas toujours ce qu\u2019on veut dans la vie.Est-on jamais libre d\u2019agir souvent à sa volonté ?\u2014 Oui, je vous comprends.C\u2019est ainsi que notre.amitié, cette amitié qui m\u2019avait transformée, qui m\u2019avait révélé des sentiments inconnus, qui m\u2019avait ouvert des horizons insoupçonnés, cette amitié, m\u2019aviez-vous dit, est devenue impossible.\u2014 Comprenez-vous, ma chère Sabine, qu\u2019elle m\u2019est défendue, qu\u2019elle se heurterait à d\u2019autres devoirs.\u2014 Et à un autre amour surtout, n\u2019est-ce pas ?Oh ! Ne vous en défendez pas.Est-ce que vous êtes un homme du reste, à aimer une petite sa-botine .Vous avez quelque chose qui vaut mieux.\u2014 Supposez-vous que ce ne soit pas un sacrifice de ma part ?Il lui prit la main avec une émotion qu\u2019il ne pouvait dissimuler et il y eut entre eux un long silence.\u2014 Vous aurez toujours rm ami en moi.\u2014 Oui, de loin.On ne se reverra que par hasard et ce sera pour vous une corvée de nous retrouver ensemble.\u2014 Sabine ! Elle rougit sous l\u2019exclamation.\u2014 Pardon, dit-elle, c\u2019est vrai, je suis méchante et sotte.Je ne dis pas ce que je pense.J\u2019ai tant de chagrin.La vie m\u2019aura été cruelle jusqu\u2019au bout.Nous vivons dans des mondes trop distants et j\u2019aurais eu tort de m\u2019illusionner.Oui, c\u2019est un adieu qu\u2019il faut que nous nous disions.Elle se pencha vers lui et tendit son front en appuyant sa tête sur son épaule.Tous deux avaient les yeux humides.Avec une tendre câlinerie il mit sur ce front un long et tendre baiser.Alors, avec un courage soudain, elle lui quitta le bras.Et presque gaiement, mais avec une gaieté qu\u2019étranglait un sanglot, elle s\u2019écria : \u2014 Et Delsort qui m\u2019attend toujours au studio.Et elle se sauva presque en courant, en se retournant sur ses pas.Sans force, sans volonté, anéanti, Fernand la regarda s\u2019éloigner sans un mot, sans un geste pour la rappeler.Il rentra à Paris et se rendit sans retard chez le notaire, à qui il fournit tous les renseignements nécessaires pour qu\u2019il convoquât, dès le lendemain, Sabine Dorfer pour lui remettre l\u2019héritage de son père.Puis il fit sa toilette et se rendit au dîner chez sa fiancée.Au cours de ce dîner on fixa définitivement, sur sa demande, la date du mariage civil et religieux.Les deux fiancés se quittèrent, ce soir-là, en se jurant un amour éternel.Les journaux du lendemain matin contenaient l\u2019article suivant : « Une épidémie de suicides semble régner, depuis quelques temps, dans le monde des artistes de cinéma et des vedettes en particulier.Nous apprenons celui d\u2019une jeune femme qui s\u2019annonçait comme une future star : Sabine Dorfer, qui tenait la vedette dans un film nouveau et dont le succès promettait d\u2019être aussi certain que considérable autant pour sa beauté que pour son talent.On ignore la cause de ce suicide vraiment imprévu.On parle de chagrin intime.» Fernand fit les frais des obsèques et, devenu héritier de son oncle, renonça à l\u2019héritage en faveur de la Caisse de Prévoyance des Artistes de Cinéma.Son film ne parut jamais.R.Dauphine.- cette ^cJ2& (3i è*Wj& IvZteÿSLC\\&L vwjb Sujf-fcfc ! .dit Deanna Durbin DEANNA DURBIN, VEDETTE AVEC GENE KELLY DANS \"CHRISTMAS HOLIDAY\" (UNIVERSAL! cette seule crème veloutée vous suffira pour donner à votre peau la perfection de teint des vedettes.La Crème Intégrale Woodbury fait tant : Nettoie.Adoucit et lisse.Tient la poudre.Aide à corriger la sécheresse, les petites rides fines.Et Stéricine, ingrédient exclusif, purifie constamment la crème en pot, protégeant ainsi le teint des flétrissures causées par les germes de poussière.Elle fait des bandages pour les blessés, chante à la Cantine, vend des bons de guerre.Mais ni ce travail, ni l\u2019écran ne ternissent son charme printanier.Deanna Durbin l\u2019explique : \u201cGrâce à la Crème Inétgrale Woodbury, ma peau reçoit des soins complets \u2014 en quelques secondes.\u201d au coucher, prenez le Masque Nocturne des vedettes: Nettoyez avec la Crème Intégrale Woodbury \u2014 puis remettez-en pour la nuit; elle adoucit.Servez-vous-en aussi de jour.Pots de crème 25c., 50c.CRÈME INTEGRALE - (^J^/Crtrd^cUVU S\u2019APPELAIT JADIS \u2019\u2019COLD CREAM\u2019\u2019.NETTOIE A FOND ET FAIT B.EN^US ENCORE! Achetez choque .emolne.cher votre pharmacien.de.timbre, d'épargne de guerre. 16 LE SAMEDI Notre feuilleton : LA MÉPRISE par MARC MARIO Ils montèrent à l\u2019appartement occupé par le petit ménage.Paul et Rosette se trouvait là.Victor y était aussi, et il jouait amoureusement avec la petite Jenny, au moment où les deux visiteurs se présentèrent.\u2014 Monsieur de Favreuse !.s\u2019écrièrent à la fois Popol et son amie, en reconnaissant le fils du suicidé de Montmartre.Edmond les reconnut aussi.Le visage de cet enfant, qui avait porté secours à son père, n\u2019avait point été oublié.Le visage de Totor se rembrunit.Il crut un instant reconnaître le voleur de son père.Me Verdelet s\u2019en aperçut, et le désabusa rapidement, en lui disant la vérité.L\u2019explication fut courte.Edmond la fournit lui-même.Il questionna d\u2019abord le petit ramoneur, et apprit de quelle manière il avait trouvé l\u2019enfant dans la maison abandonnée de Meudon ; il sut les démarches faites par le petit Paul pour conserver la petite Jenny.Paul et Rosette, parlant tour à tour, racontèrent simplement leur vie et leurs projets.\u2014 Nous allons nous marier dans quelques mois, dit l\u2019adorable jeune fille, car il fallait bien que nous attendions d\u2019avoir l\u2019âge.Moi, je l\u2019ai depuis longtemps, puisque les femmes peuvent se marier à quinze ans ; mais Paul n\u2019a pas encore tout à fait ses dix-huit ans.\u2014 Et puis?.questionna Edmond ravi et heureux.\u2014 Et puis, nous garderons notre fille !.Car elle est à nous, maintenant, puisqu'elle n\u2019a plus personne.On n\u2019a jamais pu savoir ce que la dame de Meudon, sa mère, est devenue.Nous l:adopterons, comme nous l\u2019avons déjà fait, et elle restera toujours avec nous.\u2014 Toujours?.fit Me Verdelet \u2014 Oui, toujours, monsieur, répondit le petit Victor, parce qu\u2019elle se mariera avec moi quand elle sera grande, et nous resterons tous ensemble ! Alors, il fallut apprendre la vérité à ces chers enfants.\u2014 Et si la mère de cette chère petite Jenny vit, dit le notaire ; si elle vient la réclamer ?Paul, Rosette et Victor restèrent interdits.Totor surtout souffrait à cette perspective lui faisant entrevoir la perte de cette mignonne qu\u2019il aimait déjà comme un petit homme.\u2014 Vous la connaissez, sa mère, dit à son tour Edmond.C\u2019est Jeanne.Jeanne Laroche !.Vous vous rappelez ?.\u2014 La bonne demoiselle!., dit Rosette.\u2014 Mme Jeanne!.s\u2019écria Paul.\u2014 Oui, c\u2019est elle, mes chers amis!.Cette enfant est sa fille !.\u2014 Mon Dieu ! est-ce possible ?\u2014 Eh bien ! tu vois, Rosette, dit Popol, il faut la lui rendre !.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 8 Publié «¦ vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014\tJenny?.s\u2019écria Totor, en serrant la petite fille dans ses bras.Jenny !.Oh ! non, non ! Et s\u2019adressant à l\u2019enfant : \u2014\tTu veux rester avec Totor, pas Nini ?lui dit-il.\u2014\tOui.avec Totor!.répondit Jenny.\u2014 Et ta maman?.lui dit le notaire, attendri.\u2014 Maman?.dit la fille de Jeanne, portant ses yeux vers Rosette ; elle est là, maman !.Elle lui tendait les bras.\u2014 Et moi ?dit Popol.\u2014 Toi!.t\u2019es petit père!.\u2014 Oh ! dites, monsieur, implora Rosette, Mme Jeanne est si bonne !.quand elle saura comme nous avons eu soin de Nini.quand elle verra combien nous l\u2019aimons, elle voudra bien que nous restions auprès d\u2019elle ?.\u2014 Oui, elle.le voudra, mes chers enfants, répondit le notaire.\u2014 Moi, d\u2019abord, je ne quitte pas ma petite Nini, déclara énergiquement Totor.\u2014 Et puis, dit fièrement le petit Galoux, nous ne serons pas à charge de Mme Jeanne.Je gagne bien ma vie, je travaille ! \u2014 Moi, aussi, ajouta Rosette.Edmond intervint.\u2014 Je ne veux pas que vous ayez désormais à vous préoccuper de votre avenir, dit-il.Je suis riche, mes chers amis, et je vous récompenserai de ce que vous avez fait !.\u2014 Nous, monsieur?.dit Popol.\u2014 Oui, vous trois!.Je me charge de tout.Mon ami, M.Verdelet, s\u2019occupera de vous ! Le notaire comprit les intentions généreuses de son ami.Totor, alors, s\u2019approcha de lui, et d\u2019un ton suppliant, comme se plaçant sous sa protection : \u2014 Dites, monsieur, je vous en prie, implora-t-il, demandez à cette dame qu\u2019elle me garde avec elle.afin que je reste auprès de ma petite Nini !.Je l\u2019aime tant, si vous saviez !.Edmond serra la main du petit garçon.\u2014 Je te le promets, dit-il.\u2014 Et moi, ajouta M.Verdelet, je te le promets aussi : tu ne la quitteras pas.\u2014 C\u2019est vous-même, mes chers petits amis, reprit Edmond de Favreuse, qui irez conduire cette chère enfant auprès de sa mère ! \u2014 Nous ?.\u2014 Elle saura ainsi ce que vous avez fait !.Elle saura que c\u2019est vous qui la lui rendez, et elle vous en sera reconnaissante, car elle vous aime bien, déjà ! Alors, les dispositions furent prises dans ce sens.M.Verdelet accompagnerait Paul Rosette, Victor et la petite Jenny.Quelques instants après, il télégraphiait à M.Laroche.Il lui disait qu\u2019il avait retrouve la fille de Jeanne et il lui annonçait qu il la lui ramenait.Puis il demanda à Edmond : \u2014\tEt vous?.Vous viendrez aussi?\u2014\tNon.non.Ce serait trop cruel, répondit le jeune homme.\u2014\tSi, je veux que vous veniez, insista le notaire.Ne serait-ce que pour que M.Laroche sache combien il s\u2019est mépris à votre égard.\u2014 Qu\u2019importe!.Cela n\u2019est rien à côté du reste, dit Edmond d\u2019une voix brisée.\u2014 Le reste!.Mais tout se réparera, mon cher enfant, promit le notaire, sans dire ce qu\u2019il projetait.Vous viendrez, je le veux !.Il le faut même, pour Jeanne ! Edmond obéit à ce nom.Avant de partir, il voulut, comme il l\u2019avait promis, assurer l\u2019avenir de ces chers enfants.Il remit au notaire deux cent mille francs, lui laissant le soin d\u2019en faire l\u2019usage qu\u2019il jugerait le meilleur.Il voulait qu\u2019ils fussent heureux tous les trois.Ils partirent tous les trois ensemble.Edmond ne voulut pas aller au château.Il resta à Segonzac, attendant à l\u2019hôtel M.Verdelet, qui devait le retrouver.Il ne se sentait pas la force de reparaître devant Jeanne sans se trahir, et ne valait-il pas mieux qu\u2019elle ignorât toute l\u2019infamie et la honte dont elle était victime ?Jeanne attendait sa fille, que la dépêche de M.Verdelet avait annoncée.Les deux médecins et son père étaient auprès d\u2019elle.L\u2019émotion qu\u2019elle éprouverait, avait affirmé l\u2019éminent spécialiste, ne pouvait que lui être salutaire.Et en effet, quand elle vit sa belle petite Jenny, quand elle la pressa contre son coeur, quand elle l\u2019embrassa, son visage se transfigura divinement, dans l\u2019exaltation de sa tendresse maternelle.La folie avait disparu à jamais.M.Laroche et Jeanne remercièrent Paul et Rosette, dont M.Verdelet leur apprit leur l\u2019admirable dévouement, dont il leur fit connaître la conduite et la tendresse.L\u2019ancien négociant, ému, les rassura, car ils craignaient encore qu\u2019on les séparât de la petite Jenny.\u2014 Non, vous ne vous quitterez plus, leur dit-il.\u2014 Et moi?.demanda Totor \u2014 Toi non plus, mon ami, dit Jeanne.Tu resteras avec elle, puisque tu l\u2019aimes.On les installa au château.Le soir, quand il put se trouver seul avec son vieil ami, M.Verdelet parla d\u2019Edmond.Le père de Jeanne voulut réparer tout de suite ce qu\u2019il avait fait, et il se rendit avec le notaire à l\u2019hôtel du Cheval-Blanc, où \u2019.e jeune homme attendait le retour de M.Verdelet pour repartir, après avoir appris ce qui s\u2019était passé.Ils traversaient le parc de la Cépée, lorsqu\u2019un homme, qui s\u2019était introduit dans la propriété, sortit d\u2019un massif derrière lequel il se cachait.Il s\u2019avança vers M.Laroche.\u2014\tMonsieur!.dit-il, écoutez-moi.\u2014\tQui êtes-vous ?.demanda le père de Jeanne, ne reconnaissant pas le mari de sa fille, dont la voix était altérée et le visage méconnaissable.Aussitôt après son entrevue avec Edmond, Mme de Favreuse avait couru à Saint-Denis, chez Griffonnier, voulant prévenir son fils du danger qu\u2019il courait.Elle avait compris, après les révélations d\u2019Edmond, le motif de la disparition de Lucien, lorsqu\u2019il avait reconnu la voix de son frère.Elle voulait le sauver.Griffonnier lui dirait où il se trouvait.Elle le rencontra chez lui, dans la chambre que l\u2019ancien clerc occupait chez ce petit marchand de vin de l\u2019île Saint-Denis.Alors, elle lui apprit tout.Griffonnier hochait la tête à ces révélations.Evidemment, il y avait faux en écritures publiques, et c\u2019était le bagne.Lucien prit peur.Le misérable tremblait, secoué par une frayeur épouvantable.Il était devenu livide.Il pensait bien que son frère ne lui ferait aucune grâce.Il savait que M.Laioche veogerait sa fille et le dénoncerait.Il songea à fuir.Mais Griffonnier n\u2019était pas de cet avis.Il s\u2019efforça de le rassurer.\u2014 Il faut, conseilla-t-il, voir ton beau-père et lui vendre ton silence !.Tu disparaîtras, s\u2019il te paye !.Tu te moques de ta femme à présent ! Mme de Favreuse approuva.Elle obtiendrait de son côté de l\u2019argent d\u2019Edmond, et iis partiraient ensemble.Lucien vit dans cette demande un salut possible.Il se décida.Alors, tout fut réglé entre ces trois misérables.Il fut convenu, afin d\u2019égarer les recherches s\u2019il s\u2019en produisait, que Mme de Favreuse et Griffonnier se rendraient à Dieppe ensemble.Ils y prendraient le premier vapeur anglais pour Newhaven.Là, ils attendraient Lucien, qui les rejoindrait aussitôt après avoir obtenu de M.Laroche l\u2019argent qu\u2019il espérait lui arracher pour disparaître et lui éviter tout scandale.Mme de Favreuse emporterait tout ce que son fils possédait d\u2019argent remis par le père Athanase.De Newhaven, en sûreté, elle écrirait à Edmond.Elle irait le voir au besoin à Londres, chez M.Pick, où il devait passer quelques jours avant de repartir pour l\u2019Amérique, et elle obtiendrait de lui une somme importante.Le misérable calcula son affaire Il essaya de prévoir tout ce qui pouvait arriver.LISEZ NOTRE NOUVEAU FEUILLETON PAGE 18 9 SEPTEMBRE 1944 17 Il espérait bien que M.Laroche, pour le salut de sa fille en même temps que pour éviter tout scandale, consentirait à payer pour qu\u2019il disparût.Il menacerait, au besoin.Il l\u2019effrayerait par un éclat, s\u2019il était nécessaire, un éclat retentissant, qui aurait lieu chez lui, dans le cas où il refuserait de payer.Pour cela, il se munit d\u2019un revolver.Mais l\u2019infâme envisagea aussi une autre éventualité.Il pouvait être arrêté, dénoncé, s\u2019il était reconnu avant d\u2019avoir réussi dons son monstrueux chantage.Dans ce cas, c\u2019était la cour d\u2019assises et le bagne ; Griffonnier le lui avait dit.C\u2019était, ce qui l\u2019épouvantait le plus, la confrontation avec son père.R fallait prévoir cela.« Si je suis pris, tant pis pour moi !.se dit-il avec une sombre résolution.Je me tuerai ! » Alors, au buffet de la gare d\u2019Orléans, où il attendait le train, il écrivit ceci : «Je me nomme Lucien de Favreuse.« J\u2019en ai assez de la vie.« Que l\u2019on ne cherche rien, et que l\u2019on prévienne ma mère de ma mort, Mme de Favreuse, Queens Victoria-Hôtel, à Newhaven, Angleterre.» Il mit cette feuille dans sa poche et partit.A la question du père de Jeanne, il répondit : \u2014 Je suis le mari de votre fille !.Il faut que je vous parle !.M.Laroche bondit.Il allait se ruer sur le misérable et l\u2019étrangler.M.Verdelet le retint, le saisissant à bras-le-corps.Mais l\u2019ancien négociant était doué d\u2019une force herculéenne.Il se dégagea de l\u2019étreinte de son ami et se précipita sur l\u2019infâme.Lucien avait eu le temps de prévoir cette agression.Il avait fait quelques pas en arrière et, sortant son revolver, il le braqua sur M.Laroche.\u2014 Ne me touchez pas, cria-t-il, ou je vous tue ! Mais M.Laroche, hors de lui, n\u2019entendit rien.Il se jeta sur Lucien, et, dans une courte lutte, durant à peine quelques secondes, il lui arracha son arme.Puis aveuglé par la fureur, il la dirigea sur l\u2019infâme, et, avant que Me Verdelet eût pu intervenir, il avait déjà pressé la détente.Le coup de feu retentit.\u2014 Qu\u2019avez-vous fait?.cria le notaire.Lucien s\u2019écroula comme une masse.\u2014 Justice!.répondit le père de Jeanne.\u2014 Malheureux !.Me Verdelet se baissa, espérant que Lucien n\u2019avait pas été tué.Il le palpa et, consterné, dit : \u2014 Mort !.Alors le notaire aperçut un bout de papier qui sortait de la poche du fils de Mme de Favreuse.C\u2019était la déclaration écrite au buffet de la gare d\u2019Orléans, que Lucien avait involontairement fait sortir en s\u2019emparant de son revolver.Me Verdelet prit ce papier et le lut.Son visage s\u2019illumina.Son ami, grâce à cette déclaradon, serait sauvé.Le scandale n\u2019éclaterait pas.Il remit le papier dans la poche du mort.Attiré par le bruit de la détonation, le jardinier accourait \u2014 Allez au château dit le notaire à son vieil ami ; restez auprès de Jpan-ne !.Qu\u2019elle ne sache rien de ce qui vient de se passer ici.Il ajouta, en le poussant : \u2014 Je me charge de tout ! Et il expliqua lui-même au jardinier : \u2014 Au moment où nous passions, cet homme est sorti de ce massif et s\u2019est tué sous nos yeux ! Sur les ordres qu\u2019il donna, on enleva le corps et on le transporta dans le logement du jardinier, pendant qu un domestique courait prévenir le maire de Segonzac.Me Verdelet se rendit lui-même auprès d\u2019Edmond.Il l\u2019informa du drame qui venait de s\u2019accomplir.\u2014 Vous voyez, lui dit-il, c\u2019est la justice de Dieu !.Venez, Jeanne ignore tout !.C\u2019est vous qu\u2019elle a reconnu.vous seul êtes son mari !.Il le conduisit au château, ému, ne pouvant encore se remettre de la violente émotion qui s\u2019était emparée de lui.La ressemblance fit le reste.A la vue d\u2019Edmond, Jeanne tressaillit profondément.Son visage s\u2019illumina ; ses yeux baillèrent d\u2019un éclat incomparable.Et, tenant sa fille dans ses bras, l\u2019offrant à ses baisers : \u2014 Toi ! cria-t-elle, transportée.Edmond ! oh ! mon bien-aimée ! \u2014 Jeanne!.ma chérie!.balbutia le jeune homme, ivre d\u2019amour.\u2014 Notre fille!.dit la jeune femme.Vois-tu comme elle est belle, notre fille?.Et, prenant la petite Jenny dans ses bras, la couvrant de baisers : \u2014 Oh.notre fille!.susurra Edmond à l\u2019oreille de Jeanne.Pleurant, vaincu par tant d\u2019émotions, M.Laroche ouvrit ses bras à celui que Jeanne aimait, à ce noble jeune homme qui l\u2019avait sauvée.\u2014 Soyez béni!.lui dit-il.Et, tout bas.\u2014 Oh ! pardonnez-moi !.implora le père de Jeanne.\u2014 Allez ! allez ! dit Me Verdelet à son vieil ami et à Edmond, Jeanne est sauvée, c\u2019est tout ce qu\u2019il faut!.Je me charge du reste, et tout sera légalement fait, je vous en réponds !.On lisait le lendemain, dans le « Petit Parisien » : « Un sinistre dans la Manche.\u2014 Le paquebot anglais William and Edward, faisant le service de Dieppe-Newhaven, a péri corps et biens dans un abordage.« Demain, nous donnerons les détails de cette épouvantable collision » C\u2019est sur ce paquebot que s\u2019étaient embarqués Mme de Favreuse et Griffonnier.Trois mois après, la Normandie, le même transatlantique qui avait amené Edmond en France, effectuait un nouveau voyage à New-York A son bord se trouvaient Jeanne Laroche et Edmond de Favreuse, avec la petite Jenny et Victor Landry Ni Edmond ni Jeanne n\u2019auraient voulu séparer Totor de Nini ! Victor, dont l\u2019intelligence avait été remarquée par l\u2019architecte chez qui il était employé, seconderait efficacement M.James Pick dans ses constructions de Montréal et de Portland.Il aurait là une situation toute trouvée.A la gare Saint-Lazare, au moment de leur départ pour le Havre, se trouvaient M.Laroche, Paul et Rosette, aujourd\u2019hui mariés, richement dotés par Edmond et par le père de Jeanne.Ils devaient rester à la Cépée avec M.Laroche.Me Verdelet et le docteur Desval-lières étaient là aussi, et auprès d\u2019eux se trouvaient encore la bonne tante Sophie et l\u2019oncle Bourasse, celui-ci ravi, celle-là enchantée de la bonne fortune de leur neveu.\u2014 Bougri de bougra !.s\u2019écriait l'Auvergnat que femeje idée j\u2019aie eue >.Correspondance strictement confidentielle.Mme CLAIRE LUCE, LES PRODUITS SANO Enrg., Case Postale 2134 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous : Votre nom Votre adresse 24 LE SAMEDI 5 PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES 5 GAGNANTS \u2014 5 JEUX DE CARTES Solution du Problème No 663 Problème No 662 Mlle Gilberte Mercier, Case Postale 185, Montmagny, P.Q.; Mlle Lucienne Charest, 526, rue Notre Dame, Thetford Mines, P.Q.; Mlle Cécile Huot, 981/2, llième rue, Québec, P.Q.; Mme Marius Laporte, 6993, rue Christophe-Colomb, Montréal, P.Q.; Mme L.P.Pelletier, R.R.No 1, L\u2019Ormière, Lorette-ville, P.Q.- AVIS- Le rationnement des jeux de cartes nous oblige à n\u2019offrir que cinq jeux par semaine.LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI\" \u2014 Problème No 664 (Les réponses doivent nous parvenir le feudi soir, au plus tard.) Nom .Adresse .Ville ou Village .Province Adressez : LES MOTS CROISES.Le Samedi.975.rue de Bullion.Montréal.P.Q.P fl R SE C T E E C R O U C R fl N O E P.E E toi t U R E C R D P V R E A N E N i S fl R O O G- E S T fl U I R E NON E S S fl C DEL u R I SETON VA L S E L E L Y P L fl C fl ELLE Si S P L fl T fl N | E NEE T |i R U fi | R fl i E T Roi T E F £ R S o t Son METAL M I N O T A Y É N U E BflNflLf M fl T l TE S Semai ne HORIZONTALEMENT 1.\tPlat personnage.\u2014 Trappe à fleur de terre.\u2014 Fils de Jacob.2.\tAssociée.\u2014 Taffetas rayé.\u2014 Achevé.3.\tRésultat de l\u2019addition de plusieurs quantités.\u2014 Saison.\u2014 Etre soumis à.4.\tQui manque d\u2019aptitude.\u2014 Carbonate de plomb.5.\tMarquée un sentiment de gaieté.\u2014 Application des connaissances.\u2014 Pronom.6.\tLui.\u2014 Baguettes auxquelles on enfile par la tête les harengs à fumer.\u2014 Conjonction.7.\tAgent politique de Louis XV.\u2014 Qui a l\u2019éclat blanc de l\u2019argent.\u2014 Saison.8.\tChemins bordés de maisons.\u2014 Peuple ligué.\u2014 Sorte de paresseux.9.\tSitué.\u2014 Roi d\u2019Israël de 919 à 918 av.J.-C.\u2014 Contre.10.\tPied de vigne.\u2014 Ophidien.11.\tExprime sa pensée par la parole.\u2014 Voies ferrées.12.\tPossède.\u2014 De la plante du pied.\u2014 Note.13.\tEspace de terre entouré d\u2019eau.\u2014 Astres fixes qui brûlent par leurs propres lumières.\u2014 Gelée des eaux.14.\tCatalogue.\u2014 Rendues par les pores de la peau une humeur aqueuse.\u2014 Personne qui reçoit l\u2019hospitalité.15.\tEtendue d\u2019eau.\u2014 Ville d\u2019Autriche.\u2014 Anneau d\u2019or que l\u2019on met dans le doigt.VERTICALEMENT 1.\tSoldats armés de fusils.\u2014 Premier officier municipal d\u2019une commune.2.\tLe petit d\u2019un âne.\u2014 Architecte français (1731-1802).\u2014 Petite île.3.\tFief militaire.\u2014 Venus au monde.\u2014 Roi d\u2019Israël qui périt assassiné par un de ses généraux.4.\tAuteur français (1795 - 1868).\u2014 Tête.\u2014 Pronom.5.\tSaison.\u2014 Corps dur, brillant, nacré et rond.6.\tCoups de baguettes donnés sur le tambour.\u2014 Perroquet de l\u2019Amérique du Sud.\u2014 Pièces de vaisselle.7.\tUnité de mesure.\u2014 Un des plus forts des oiseaux de proie.\u2014\u2022 Débarrasse les étoffes des nœuds.8.\tDu côté du père.\u2014 Qui est à toi.9.\tPieux.\u2014 Vers plat qui vit dans le tube digestif.\u2014 Oiseaux échassiers.10.\tPronom.\u2014 Abréviation de sainte.\u2014 Fruits charnus de divers arbres.11.\tSubstance friable.\u2014 Meurtris.12.\tPetit mammifère carnivore.\u2014 Bière anglaise légère.\u2014 Interjection.13.\tChapeau haut de forme, monté sur ressorts qui permettent de l\u2019aplatir.\u2014 Ville d\u2019Autriche.\u2014 Roi de la terre de Magog.14.\tOmbellifère odorante.\u2014 Instruments pour serrer.\u2014 Brin de paille.15.\tQui dirige un établissement.\u2014 Planche à rebords du compositeur en imprimerie.Dans le couloir, le gardien demanda aux agents ce qu\u2019avaient fait ce monsieur si bien mis qu\u2019il venait de coffrer.\u2014 Il a sans doute assassiné un homme, dit un policier, et le porteur de clefs jeta sur la cellule qu\u2019il venait de clore un regard empreint d\u2019une profonde horreur.III Au milieu des terrains vagues qui bordent Saint-Ouen et forment une lisière entre Paris et sa banlieue, s\u2019élevait il y a deux ans encore, une mauvaise masure à un étage dont les murs étaient faits de plâtras, de morceaux de planches et de poutres volés à des chantiers de démolition.La fenêtre, les bois peints d\u2019une autre couleur que la porte, avait la moitié de ses vitres remplacées par des papiers dont quelques-uns étaient troués et laissaient passer des lambeaux flottant au vent.Sur le toit fait de morceaux de toiles goudronnées, de bottes de paille et de quelques tuiles placées au hasard, sortait un tuyau de poêle mis de travers comme un chapeau d\u2019ivrogne.Autour de la maisonnette, des terrains incultes semés de plâtras et de débris de toutes sortes et des échalas assemblés par des fils de fer ayant la prétention de former clôture et sur lesquels des chiffons, des loques informes séchaient.Une couche épaisse de poussière apportée par le vent de la route voisine donnait à tous ces objets une teint grise uniforme.Pourtant, par la matinée de mai, où nous sommes, ce lambeau hideux de banlieue, éclairé de soleil, avec ses verdures jeunes dominant ça et là les pans de murs, ses oiseaux chantant de tous côtés, perdait son aspect lamentable et triste et devenait presque gai, plus gai que les grandes voies du centre de Paris, refroidies par les lourdes pierres de taille de ses hôtels et de ses grandes maisons uniformes, semblables à des casernes.Sur la porte de la masure que nous venons de décrire, porte autrefois peinte en gris et maintenant couleur de terre, on lisait en lettres noires cette enseigne : \u201cZéphyrino, sculpteur.\u201d La porte poussée, on se trouvait dans une vaste pièce dont le sol était fait de terre battue, où trois lits, ou plutôt trois grabats formés d\u2019une paillasse et d\u2019un amas de chiffons, étaient étalés les uns à côté des autres.Il y avait de plus un poêle en mauvais état entouré de vaisselle sale, une table de couleur indécise, deux ou trois chaises boiteuses, et dans un coin, sur un chevalet de bois moisi, quelque chose ressemblant assez à une statue sous un linge sale.Par un des carreaux de la fenêtre, un étroit rayon de soleil qui mettait de la lumière sur sa joue et dans ses yeux, une jeune fille de dix-sept à dix huit ans, très jolie, au teint coloré, aux cheveux d\u2019un noir de jais, était en train de se coiffer avec un madras aux grandes lignes jaunes et rouges, pendant qu\u2019une femme âgée, accroupie sur son lit, la regardait faire en mordant à belles dents dans un morceau de pain.La voix de la femme s\u2019éleva, traînante et vagissante.\u2014 Tu n\u2019entends rien venir, Giova-nina ?\u2014 Rien, maman.\u2014 Où sont-ils allés encore ?.\u2014 Le père espérait placer un plâtre et Constantino devait avec Rianzo forger un bronze.La mère leva les bras au ciel.\u2014 Un bronze ! soupira-t-elle.Ils me feront mourir d\u2019angoisse.Il est nécessaire, pour comprendre ce dialogue, d\u2019expliquer ce que signifiaient dans le langage de la famille Zéphyrino ces expressions ; placer un plâtre, couler un bronze, modeler une terre cuite.Placer un plâtre voulait dire commettre un vol de peu d\u2019importance.Le bronze, la terre cuite, le marbre indiquaient des opérations plus graves, des vols avec effraction, suivis d\u2019assassinat au besoin, car le signor Zéphyrino, sculpteur, était tout simplement le chef d\u2019une bande de bandits, composée de ses deux fils Constantino et Rianzo, et de la mère Margarita qui avait pour mission d\u2019écouler les objets dérobés.Giovonina, la fille, avait toujours refusé de les aider en quoi que ce fût.Elle faisait le ménage et vendait des paillassons qu\u2019elle fabriquait elle-même à ses moments perdus.Elle souffrait dans ce milieu de vols et de crimes et avait hâte d\u2019en sortir, mais elle craignait son père et ses frères qui la menaçaient souvent de lui faire un mauvais parti si elle les quittait ou si elle les trahissait.Zéphyrino ignorait le premier mot de la sculpture, ce qui ne l\u2019empêchait pas d\u2019avoir constamment dans son taudis une statuette de terre glaise couverte d\u2019un linge douteux qu\u2019on mouillait de temps en temps.Tout à coup, Giovanina, qui achevait de nouer sur ses cheveux noirs son foulard aux éclatantes couleurs, s\u2019arrêta dans sa besogne, et resta les bras en l\u2019air, écoutant : \u2014\tEn voici un, dit-elle.En effet, un bruit de pas pressés se fit entendre au dehors et presque aussitôt la porte s\u2019ouvrit avec violence.Un homme à grande barbe, aux longs cheveux gris, coiffé d\u2019un chapeau pointu, les mollets entourés de bandes d\u2019étoffe, comme Fra Diavalo, entra précipitament.C\u2019était Zéphyrino.Il jeta au dehors un regard de l\u2019homme poursuivi, de la bête traquée, puis il referma vivement la porte.La femme s\u2019était dressée sur son lit toute pâle.\u2014\tQu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?dit-elle.\u2014\tRien, fit l\u2019homme .des sergents.\u2014\tIls te poursuivent ?\u2014\tNon, mais je ne voulais pas qu\u2019ils me voient entrer.Il jeta son chapeau par terre, l'air avachi, éreinté.\u2014\tY a quéque chose à boulotter ?\u2014\tTu as faim ?\u2014 Je meurs.\u2014 Voici du pain, dit la femme en lui tendant le morceau qu\u2019elle avait à la main.Zéphyrino se jeta dessus et le dévora.La femme se hasarda à demander : \u2014 Et le plâtre ?\u2014 Rien.En poussière.Oune veste i Ah ! tonnerre de bon Diou ! Pas le rond ! Et rien ici à nous mettre sous la dent.Ça ne va pas le métier.Ça ne va pas.\u2014 Nous ferions mieux, dit doucement la jeune fille, de nous mettre tous à travailler honnêtement.\u2014 A quoi ?dit le père farouche, la scoulptoure ?Tu sais bien, papa, dit la jeune fille, que tu n\u2019as jamais fait de sculpture .à tresser des paillassons comme autrefois.Le père eut un geste dédaigneux.\u2014 J\u2019ai les doigts trop raides, dit-il.Mais Constantino, mais Rianzo et moi.ils sont forts .ils sont adroits ! i \u2014 S\u2019ils réoussissent leur bronze, fit l\u2019Italien, nous n\u2019aurons pas besoin de travailler.\u2014 Et s\u2019ils ne réussissent pas, dit la mère, s\u2019ils se font prendre ?Zéphyrino haussa les épaules.\u2014 Prendre, murmura-t-il.Tou as toujours des idées comme ça, toi.Tou as toujours été oun oiseau de mauvais augoure.Giovanina, qui étant habillée avait ouvert la porte, pour respirer l\u2019air frais de cette matinee de printemps, eut un brusque sursaut.\u2014 Les voici, dit-elle.Constantino ?Rianzo ? 9 SEPTEMBRE 1944 25 \u2014 Tous les deux.Le père se précipita au-devant d\u2019eux.Il rentra bientôt accompagné de deux jeunes gens aux faces barbues, aux yeux farouches, vêtus de mauvais paletots et coiffés de chapeaux mous, tous les deux taillés en athlètes, les épaules larges, les jambes nerveuses.Constantino, l\u2019aîné, était un peu plus grand que Rianzo.Cela seul les distinguait l\u2019un de l\u2019autre, car ils se ressemblaient étonnamment.Le père avait hâte qu\u2019ils parlassent.d'apprendre d\u2019eux des nouvelles.Mais ils restaient muets, l\u2019air sombre.Pourtant Rianzo laissa tomber ces mots : \u2014 Un beau four ! \u2014 Comment ?fit le père anxieux.Constantino poursuivit, les poings serrés, le regard brillant d\u2019une lueur fauve : \u2014 On nous a trahis.Ah ! les brigands ! \u2014 On nous a reçus à coups de pruneaux, dit le plus jeune.Constantino est blessé.Zéphyrino courut à son fils.\u2014 Blessé ?La mère s\u2019était levée tout à fait.Giovanina restait indifférente.Le jeune homme eut un sourire plein de dédain.\u2014 Bah ! fit-il, rien du tout.une égratignure.et relevant ses manches, il montra son bras, un bras velu, nerveux, dont le coude était ensanglanté.On entoura Constantino .on voulut le panser .il repoussa tous les soins.\u2014 Si nous avions réussi, dit-il, j\u2019aurais pu me dorloter.Mais nous n\u2019avons pas de temps à perdre.Il faut chercher autre chose.\u2014 Quel malheur, soupira Rianzo, que nous n\u2019ayons pas eu notre part dans le coup qui a été fait cette nuit ! \u2014 Quel coup ?demanda Zéphyrino.\u2014 Un homme du monde assassiné à coups de couteau dans sa voiture, en allant de son hôtel à la gare de Lyon.le soir de ses noces.sa femme à ses côtés qu\u2019on avait endormie .Des gens très riches .Ils partaient pour l\u2019Italie.Ce qu\u2019il devait y avoir gras !.de l\u2019argent.les bijoux de la femme .Ah ! les veinards! \u2014 Et sait-on qui a fait le coup ?\u2014 Il n\u2019en est pas question .Ah ! s\u2019il nous avait confié la besogne à faire !.Rien à risquer .De l\u2019ouvrage proprement fait.Mais il a voulu travailler lui-même.Il se fera salement pincer sans profit pour personne.\u2014 C\u2019est vrai, dit le père.Il y a toujours des gens pour gâcher les métiers.Oun coup de couteau ! Est-ce qu\u2019il devrait se donner oun coup de coup de couteau dans Paris sans nous ?\u2014 Il a raison, le père ! s\u2019écria en riant Constantino.On devrait se faire breveter.\u2014 On connaît lou nom dou pante ?demanda Zéphyrino.\u2014 Je l\u2019ai entendu prononcer.J\u2019étais là près de la gare, en faction, quand on a sorti le corps de la voiture.Je me suis avancé.Je voulais voir le travail.Superbe ! Un coup qui nous eût fait honneur.Le cœur traversé .Pas le temps de dire : Ouf ! \u2014 En effet, murmura le père, c\u2019est beau ! \u2014 Le cocher ne s\u2019est aperçu de rien, la victime est un nommé M.de Pom-péry.Le vieil Italien sursauta violemment.\u2014 Pompéry, l\u2019assassiné, s\u2019écria-t-il, tou as dit Pompéry ?\u2014 Mais oui ! \u2014 Marié de ce matin ?\u2014 Oui.\u2014 Et sais-tou qui a épousé ce Pam-péry ?\u2014 Non ! Tous s\u2019étaient approchés de Zéphyrino et l\u2019entouraient avec curiosité, surpris de son air agité.\u2014 Eh bien ! fit celui-ci, il a épousé oune personne que nous connaissons tous .oune ancienne danseuse de la Scala, oune amie .pour laquelle nous avons travaillé dernièrement, la Signora Olivieri.\u2014 Olivieri, je l\u2019ai vue, dit Constantino, je ne la connaissais pas.une belle femme .\u2014 Belle ! s\u2019écria le père avec enthousiasme, belle à damner tous les saints du paradis .Oune madona !.la madona elle-même.Et qu\u2019est-elle devenue ?.On l\u2019a touée aussi ?\u2014 Non, pas de mal.on l\u2019avait seulement endormie.L\u2019émotion de Zéphyrino ne paraissait pas calmée.Son œil brillait.Il allait et venait par la pièce avec une sorte de fièvre, et tout à coup, il s\u2019écria, l\u2019air exalté : \u2014 Ah ! mes enfants ! mes enfants ! C\u2019est peut-être la fortune qui nous revient.mais c\u2019est peut-être oune fortune inespérée, inouïe .immense.Nous pourrons manger dou macaroni tous les jours.On voulut interroger le père, mais il refusa de s\u2019expliquer .il dit seulement : \u2014 Laissez-moi faire, ne vous mêlez de rien.Si mon flair ne me trompe pas .dans quelques jours, nous serons riches comme des Crésus.\u2014 Ainsi soit-il, dit Rianzo.Et Constantino murmura : \u2014 Il va se faire temps ! Pendant que la mère levait les bras au ciel, comme pour l\u2019invoquer, c\u2019est à peine si Giovonina avait écouté tout cela.Elle avait continué à vaquer, pendant la conversation, aux soins du ménage, arrangeant les lits, la vaisselle, paraissant ne s\u2019intéresser à rien de ce qui se passait autour d\u2019elle, l\u2019air étranger pour ainsi dire.Le vieux Zéphyrino, qui paraissait un instant auparavant épuisé de fatigue, semblait avoir repris toute sa vigueur.Ayant été chercher un miroir ébréché il le posa sur la table et commença à faire sa toilette.Il ôta sa perruque, sa fausse barbe, apparut tout frais rasé et rajeuni, mit un pantalon, un chemise blanche, emprunta le chapeau d\u2019un de ses fils et se disposa à s\u2019éloigner.Rianzo s\u2019offrit pour l\u2019accompagner.\u2014 Non, dit-il, je n\u2019ai besoin de personne.Couchez-vous et dormez.A votre réveil, vous me reverrez avec de bonnes nouvelles, de très bonnes nouvelles.Il poussa la porte et sortit vivement, le cœur plein d\u2019espoir.Constantino avait trouvé dans un coin un oignon qu\u2019il se mit à peler et Rianzo se jeta sur son lit.Une demie heure après ils dormaient tous les deux, et on entendit résonner dans la pièce leur ronflement sonore et régulier.La mère s\u2019était levée et balayait.Giovanina était sortie.Elle avait pris à main gauche un petit sentier et s\u2019était dirigée vers les fortifications.Il était sept heures.Le ciel s\u2019était obscurci et le soleil brillait de tout son éclat.Une matinée délicieuse, toute pleine de chants d\u2019oiseaux .Sur les terrains vagues les fils de la Vierge s\u2019entre-croissaient en désordre, ourlés de rosée .ce qui les faisait ressembler à des colliers de perles menues.La jeune Italienne marchait d\u2019un pas rapide, sans s\u2019attarder à admirer la campagne autour d\u2019elle.De temps en temps elle se retournait du côté de la maisonnette, qu\u2019elle venait de quitter, pour s\u2019assurer qu\u2019elle n\u2019était pas suivie, puis voyant que personne ne faisait attention à elle, elle poursuivit sa route avec une ardeur nouvelle.Elle avait atteint un bouquet d\u2019arbres entourant une maisonnette et qui la cachait aux yeux indiscrets, \u2014 un bouquet de lilas tout fleuris.Elle s\u2019y arrêta.Mais à peine avait-elle eu le temps de respirer et de se remettre de sa marche rapide, qu\u2019un jeune homme, Qualité Première THÉ La marque reconnue depuis 50 ans pour sa saveur délicieuse.SA1ADA TROIS grands magazines pour $5 par année Sur réception de ce prix d'aubaine vous recevrez pendant un an: £e Samedi Svntr.i LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM (Cette offre est pour le Canada seulement) Comme en divers domaines des activités sociales, la guerre constitue l'épreuve la plus sérieuse de la qualité et de la popularité en ce qui a trait aux publications de magazines.Or, si vous examinez ce point impartialement, force vous est d'en venir à la conclusion que nos trois publications: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM, continuent de procurer à leurs lecteurs \u2014 et cela depuis cinquante-trois ans \u2014 une matière abondante, distrayante et éducative.Le cas, qui est sans exemple au pays, devrait pouvoir se passer de commentaires superflus.-COUPON D\u2019ABONNEMENT- Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.\u2014 Important : Veuillez indiquer d\u2019une croix ( ) s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom .Adresse .Ville .Province POIRIER, BESSETTE & Cie, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, P Q 26 LE SAMEDI T\u2019EN FAIS PAS SI ON TOMBE À L'EAU-MES SOULIERS SONT PROTÉGÉS PAR LE POLI ^ 7 \u201cNUGGET\u201d yüi'M f/M/Mi PARCE QU'IL EST IMPERMEABLE, LE NUGGET PROLONGE LA DURÉE OU CUIR.CHAUSSURES NUGGET Z(n ion moyen 'be pensel À LUI.Songez qu\u2019il a tout quitté pour répondre à son devoir.Songez que rien ne saurait lui plaire autant, dans son éloignement, que de recevoir chaque mois un magazine qui lui évoquera la vie qu\u2019il menait autrefois, parmi vous.Un abonnement à La Revue Populaire signifierait pour lui un précieux réconfort en même temps qu\u2019une saine et agréable distraction.Et pourtant, cela ne représenterait, pour vous, qu\u2019un déboursé dérisoire.Faites ceci et vous pourrez avoir la certitude que, de son camp d\u2019entraînement, votre soldat : fils, frère, époux ou fiancé, aura une douce pensée en parcourant ce magazine que vous-même aimez lire chaque mois.ROMAN DE SEPTEMBRE : LE COUP D 7 A I LE Par CONCORDIA MERREL -COUPON D'ABONNEMENT- La Revue POPULAIRE (POUR LE CANADA SEULEMENT) 1\tan .$1.50 2\tans .$2.00 Veuillez indiquer d'une croix (\t) s'il s'agit d'un renouvellement.Adres se Ville .Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE.Ltée, 975, rue de Bullion, Montréal.P.Q.de vingt ou vingt-deux ans à peine, sorti à pas de loup des feuillages derrière lesquels il se tenait blotti, s\u2019avança avec précaution et, lui mettant par derrière les mains sur les yeux, cria d\u2019une voix joyeuse : \u2014 Qui vive ?Elle eut un tressaillement profond.\u2014 Firluth ! dit-elle.\u2014 Giovanina ! Us s\u2019étaient pris la main et se regardaient sans pouvoir dire autre chose, se frôlant comme des chats amoureux dans le sentier inondé de soleil, bordé de rameaux fleuris.Au-dessus de leurs têtes, les alouettes montaient avec des petits cris vers le ciel, comme pour y annoncer leur bonheur.De temps à autre, Firluth pressait la main de Giovanina, et ce cri sortait de son cœur et de ses lèvres : \u2014 Je t\u2019aime.Et Giovanina souriait .heureuse sous la caresse de cette phrase.Firluth était un jeune clown du cirque Fernando.Giovanina l\u2019avait vu un soir et l\u2019avait remarqué.Firluth avait aussi aperçu la jeune fille rôdant sur les boulevards avec quelques paillassons qu\u2019elle essayait de vendre.Il l\u2019avait trouvée jolie avec son grand œil doux et triste.De son côté, il n\u2019était pas heureux.Pas de parents .pas de famille .il avait été élevé au hasard, dans la rue.pour ainsi dire.Il avait de l\u2019esprit naturel ou plutôt de la blague et n\u2019avait jamais réfléchi avant d\u2019avoir vu Giovanina.Il se laissait vivre, insouciant et gai, dépensant avec ses camarades l\u2019argent qu\u2019il gagnait.Il avait du succès au cirque.Le public riait de ses drôleries et quand il avait réussi une farce nouvelle, il était heureux d\u2019entendre une foule enthousiaste crier : \u2014 Firluth ! Firluth, bravo Firluth ! Il n\u2019avait pas jusqu\u2019alors connu d\u2019autres joies et ne se doutait pas qu\u2019il pût y en avoir d\u2019autres sur terre.Il était de taille moyenne, avait le corps souple, des petites moustaches blondes à peine perceptibles, un teint clair d\u2019Anglais et des yeux bleus.Du jour où il remarqua Giovanina, il pensa qu\u2019il y avait quelque chose de supérieur aux culbutes les mieux réussies.L\u2019amour entra dans son âme et il devint sentimental.Il se levait de bonne heure, sortait de Paris au soleil levant, bien qu\u2019il se fût couché fort tard, il s\u2019en allait errer dans la rosée sur le gazon si souvent chauve qui entoure les fortifications.Là, il écoutait chanter les oiseaux, restait des heures entières absorbé, les yeux vers le ciel, se disant : Oh ! qu\u2019elle est belle! que je voudrais la voir ! Et que je l\u2019aime ! Puis il pensait : Qui est-elle ?Que fait-elle ?Voudra-t-elle penser à moi ?M\u2019aimera-t-elle ?Si je savais son nom, je le crierais, je l\u2019invoquerais et peut-être m\u2019entendrait-elle .Il voyait devant ses yeux énamourés onduler son corps souple, sa tête élégante coiffée de son foulard coquet, sa tête ourlée des ondes de ses cheveux noirs, éclairée par la flamme de ses grands yeux.Il l\u2019appelait.Quand viendra-t-elle ?Quand se promènera-t-elle près de lui écoutant les paroles d'amour débordant de son âme ?Un matin, il eut une grande surprise.Sur la route, marchant vers Paris, il aperçut celle à laquelle il pensait toujours.Oui, c\u2019était bien elle.Il l\u2019avait reconnue tout de suite.Quelle autre avait sa démarche ?Quelle autre avait sa grâce?Il resta immobile, comme pétrifié, ses yeux rivés sur elle, ne sachant ce qu\u2019il devait faire, s\u2019il devait profiter de cette occasion unique, qui s\u2019offrait de lui parler, de lui faire connaître ses sentiments, l\u2019âme partagée entre ce désir et la peur d\u2019être repoussé.La route était déserte.Il faisait presque froid.On était au commencement d\u2019avril, et le gazon et les arbres étaient couverts de gelée blanche.La terre semblait s\u2019être roulée dans la poudre de riz.La jeune fille s\u2019avançait de son pas cadencé.arrêtant de temps à autre pour cueillir une fleurette pointant à travers l\u2019herbe et le givre.Que faire ?se poster devant elle ?l\u2019accoster ?Firluth ne se sentait ni le courage, ni la force nécessaires, pour cet acte d\u2019audace.Et pourtant pourrait-il la laisser passer sans se montrer à elle.sans lui indiquer qu\u2019il y avait là, près d\u2019elle, quelqu\u2019un qui, tous les matins, l\u2019attendait, soupirait pour elle ?Le jeune amoureux cherchait encore ce qu\u2019il allait faire quand tout à coup un cri de la jeune fille fit passer un frisson dans tout son être.Un chien énorme, au poil hérissé, venait de sauter du fossé sur la route, et Giovanina, surprise par cette apparition inattendue, avait poussé un cri de frayeur, mais le chien n\u2019avait même pas fait attention à elle, et il était déjà loin quand Firluth arriva au secours de la jeune fille.Giovanina, qui n\u2019avait pas vu arriver le jeune homme, car il était caché par une haie, poussa un nouveau cri, quand elle eut reconnu celui qui venait vers elle, elle devint pâle et s\u2019arrêta, le cœur serré d\u2019une émotion intense qu\u2019elle chercha pourtant à dissimuler.\u2014\tAh ! mon Dieu, fit-elle d\u2019une voix qui tremblait, vous m\u2019avez fait peur ! ¦\u2014Je venais à votre secours, dit Firluth aussi troublé qu\u2019elle.\u2014\tA mon secours.\u2014\tMais n\u2019avez-vous pas appelé ?Ah ! si.une bête de chien qui m\u2019a effrayée .Mais il est parti.' Alors, dit Firluth, ne sachant plus quoi dire.je venais.Et si vous avez besoin de quelqu\u2019un pour vous défendre .Giovanina se mit à rire, montrant une rangée de dents brillantes comme des perles.\u2014\tNon, merci, dit-elle, le chien est loin déjà .Et elle voulut continuer sa route.Mais Firluth restait immobile, la regardant, l\u2019air si étrange qu\u2019elle ne s éloigna pas.Et tous les deux restèrent un moment silencieux, interdits, sans qu\u2019un mot leur vînt.Pourtant, au bout d\u2019un instant, Firluth, faisant un grand effort sur lui-même, dit : \u2014\tVous allez à Paris ?\u2014\tOui.Est-ce que vous demeurez par ici9 Du regard, elle indiqua la masure.\u2014 Là bas, dans cette maisonnette.~ Ah ! mon Dieu, s\u2019écria naïvement le clown, et moi qui ne le savais pas! Giovanina le regarda stupéfaite de cette exclamation.Puis elle dit : \u2014 Vous nous cherchiez ?Vous cherchiez mes parens ?\u2014 Non, vous.\u2014 Moi, s\u2019écria l\u2019Italienne, étonnée.Tous le matins je viens ici, pour penser a vous.\u2014 Comment cela ?Depuis que je vous ai vue passer sur le boulevard je ne puis plus ne plus penser à vous.La jeune fille ne répondit pas.Une rougeur subite avait envahi ses joues.cote remarqué penserait à elle 7 T oui, puisqu\u2019il était lâ, que tous les : tins il y venait, semblant la gue L Italienne sentit tout à coup chaleur envahir son cœur.Elle < heureuse de savoir qu\u2019elle n\u2019était dédaignée de tout le monde, qu\u2019 avait sur cette terre un être qui rê d elle.Mais elle était timide et n; maigre la vie de grands chei quelle avait menée.Son cœur , tendre et neuf.Son âme pure. 9 SEPTEMBRE 1944 27 elle restait toute tremblante devant ce jeune homme qui lui parlait une langue qu\u2019elle entendait pour la première fois, qui lui disait qu\u2019elle était belle entre toutes les femmes, qu\u2019il l\u2019aimait, qu\u2019il l\u2019aimerait toujours, qu\u2019il ne pouvait plus désormais vivre sans elle, car Firluth avait enfin brûlé ses vaisseaux, avait osé laisser parler son coeur.Elle répondit à cet amour naissant.Elle laissa voir les sentiments qui l\u2019animaient, et, à partir de ce jour de lumière et d\u2019amour, Firluth et Giovanina se virent à peu près tous les matins, construisant dans leur imagination les plus brillants châteaux en Espagne, se nourrissant d\u2019illusions et de rêves.Mais le jour où nous les retrouvons là, dans l\u2019endroit où ils se rencontraient d\u2019ordinaire, ils venaient chacun avec une résolution.Ils étaient las de souffrir séparés de l\u2019un de l\u2019autre et Giovanina avait mille autres raisons de s\u2019éloigner, de prendre le bras de Firluth et d\u2019aller avec lui être heureuse loin de la honte et des vengeances des siens.IV Après une promenade silencieuse de quelques minutes où les deux amoureux la main dans la main, ne songeaient qu\u2019à se regarder et à soupirer, ne trouvant pas de mots pour exprimer leur bonheur, Giovanina s\u2019arrêta tout à coup et dit, l\u2019air sérieux : \u2014 Tu m\u2019aimes, Firluth ?Firluth mit la main sur son coeur et la fixant avec des yeux extasiés : \u2014 Si je t\u2019aime! murmura-t-il.\u2014 Mais, reprit la jeune fille, tu m\u2019aimes bien sérieusement, pour toujours?\u2014 Pour toujours, affirma le clown.\u2014 Tu serais heureux d\u2019être mon mari ?\u2014 Oh! oui! oh! oui, cria le jeune homme hors de lui.Et pour montrer l\u2019excès de joie, il se mit à faire sur la route de furieuses culbutes.Puis, revenant à Giovanina, un peu ahurie.\u2014 Tu m\u2019aimes bien, toi aussi, dit-il, tu m\u2019aimes bien.Oh ! que je suis heureux ! Que nous serons heureux tous les deux, car, écoute Giovanina, j\u2019ai fait un rêve depuis longtemps.J\u2019ai rêvé que tu étais ma femme.Je t\u2019emmenais chez moi, dans ma petite chambre, car j\u2019ai loué une chambre où nous pourrons loger tous les deux, passage de l\u2019Elysée-des-Beaux Arts, sous les toits, à deux pas du cirque.Il y a un petit poêle pour faire la cuisine.Et des pierrots !.C\u2019est plein de pierrots qui piaillent toute la journée.Je leurs mets de la mie de pain sur les bords du toit.Tu verras comme c\u2019est amusant.Puis il y a un arbre dans le quartier.un arbre qu\u2019on voit de loin.Et c\u2019est si bon la verdure ! Tu seras heureuse, là.Tu veux bien venir ?.Je ferai tout ce que tu voudras.Tu me diras le matin; Iiève toi pour aller chercher le café au lait ! Et je me lèverai, et tu trouveras ton café au lait tout préparé avec des tartines de beurre.L\u2019hiver, c\u2019est moi qui ferai le feu.L\u2019été, j\u2019irai te chercher des violettes.Giovanina riait, étourdie par ce flux de paroles : \u2014 Grand fou ! murmura-t-elle Mais elle était heureuse, heureuse comme elle ne l\u2019avait pas été encore.Et c\u2019était si bon, cette joie ! après la contrainte qu\u2019elle subissait chez elle, les terreurs constantes qui lui serraient l\u2019âme.Elle était heureuse de s\u2019épanouir à la chaleur de cette affection.Elle reprenait vite.Firluth reprit avec la même vivacité, la même exubérance : \u2014 Tu veux, dis, tu veux ?Elle répondit doucement, lui posant le bras sur le bras et dans ses yeux toute la lumière de ses grands yeux, à elle : \u2014 Je venais te le demander.Firluth fit un bond violent.\u2014 O joie, s\u2019écria-t-il, ô triomphe ! Et ne sachant plus ce qu\u2019il disait, se croyant au cirque, dans le bruit des acclamations, il ajouta ; \u2014 \u201c All right ! \u201d allez la musique ! Giovanina riait de le voir si gai.Oh ! oui, il l\u2019aimait bien ! Elle le voyait à sa joie, à cette joie qu\u2019il ne pouvait contenir en pensant qu\u2019elle allait être pour toujours son amie, sa femme.Elle ajouta, lui montrant du regard, d\u2019un regard où il y avait comme une épouvante, la masure qu\u2019elle venait de quitter : \u2014 Je venais te demander de m\u2019emmener de là.de m\u2019emmener de là pour toujours.\u2014 Tu n\u2019es pas heureuse ?dit Firluth, redevenant sérieux.La jeune fille ne répondit pas, mais son amoureux vit une larme poindre à l\u2019extrémité de ses cils.\u2014 Oh ! je te rendrai heureuse, moi ! s\u2019écria-t-il.Je te ferai oublier tous tes ennuis, tous tes chagrins.je t\u2019aimerai tant !.Je passerai ma vie à \u201ces pieds, à te servir.Elle se mit à rire à travers ses larmes.\u2014 Tu me serviras bien mal, dit-elle, si tu es à mes pieds.Il se mit à rire aussi.Ils étaient si joyeux.Sur la route, des gens commençaient à se montrer, les regardant de côté en passant.Ils ne voyaient rien, ne faisaient attention à rien, tout absorbés tous les deux dans leur mutuel amour.\u2014 Et quand, demanda Firluth, vas-tu te soustraire aux mauvais traitements dont tu es victime chez toi ?\u2014 Ce soir, sans doute.\u2014 Ce soir !.s\u2019écria le clown .O joie ! O bonheur ! Dès que j\u2019aurai une heure libre, c\u2019est près de toi que je la passerai.\u2014 Tu me le promets ?\u2014 Oh! je n\u2019ai pas besoin de jurer, va.Mon coeur m\u2019y porterait et mes jambes iront moins vite que lui.L\u2019heure s\u2019écoulait.Le soleil était haut déjà.Un mouvement de chevaux et de voitures se faisait, allant vers Paris.Novembre étend sur nos campagnes Son manteau chargé de jrimas, Et, sur le flanc de nos montagnes, L\u2019orme blanchit sous le verglas.Soyez rêveuses, jeunes filles ! Ce mois vous dit où vous courez ; Regardez ces vertes charmilles : Elles passent, vous passerez.Il aime la France comme une tendre mère.Ses biographes nous rappellent que Faucher de Saint-Maurice était toujours le premier à accueillir les rares bateaux français qui venaient à Québec.Il souhaitait la bienvenue à ses frères les Français et faisait en sorte que leur séjour fut le plus agréable possible ! Il poussait cette cordialité tellement loin que ceux-ci disaient souvent : \u201cC\u2019est sûrement un des nôtres qui s\u2019est exilé au Canada\u201d.Faucher de Saint-Maurice fit trois fois la traversée pour aller vers la patrie de nos ancêtres.Ecoutez ses impressions lorsqu\u2019il vit pour la première fois la terre de France : \u201cC\u2019était en 1869.Malade, brisé par le travail, légèrement mordu par l\u2019ennui, j\u2019étais allé demander à l\u2019Europe un peu de changement et de repos.\u2014 Il faut nous séparer, dit Giovanina.\u2014 Déjà ?\u2014 On pourrait nous voir.Mes frères dorment.Mon père est dehors.et ma mère pourrait sortir.Et je ne voudrais pas, maintenant surtout, qu\u2019ils te,connaissent.D\u2019ailleurs, on m\u2019attend.Il faut que j\u2019aille à Paris et que je sois revenue pour le déjeuner.\u2014 Je vais t\u2019accompagner, dit Firluth, en route, nous causerons.\u2014 J\u2019ai peur, fit l\u2019Italienne, de rencontrer mon père.Il est parti pour Paris.\u2014 Si tu l\u2019aperçois de loin, tu me préviendras et j\u2019aurai l\u2019air de ne pas te connaître.Mais ne nous séparons pas encore, je ne le pourrais pas.\u2014 Viens donc, dit le jeune fille, mais marchons vite ! Us se dirigèrent sans parler vers Paris.Ils se contentaient de se regarder de temps en temps et de se sourire.Par ces sourires s\u2019exhalait le trop plein de leur bonheur.Il était près de midi, quand Giovanina, revenue de Paris, entra dans la maisonnette.Il faisait très chaud.Le soleil tombait d\u2019aplomb sur la masure.Constantino et Rianza dormaient toujours.La mère, assise sur un escabeau, épluchait des légumes qu\u2019elle jetait ensuite dans un seau d\u2019eau.En voyant sa fille, elle eut un cri aigre : \u2014\tAh ! te voilà, toi ! La jeune fille posa sur la table le paquet qu\u2019elle tenait à la main.\u2014\tOui, dit-elle, me voilà .après ?Elle avait prit un ton agressif qui n\u2019échappa pas à la mère.Celle-ci grommela : \u2014\tTu as mis le temps à faire la course.\u2014\tOn m\u2019a fait attendre, dit Giovanina, d\u2019un air indifférent.Et elle prit un couteau pour aider la vieille Italienne.\u2014\tC\u2019est-à-dire, reprit celle-ci, que tu as rencontré en route quelque godelureau qui t\u2019a conté fleurette.\u2014\tEt quand cela serait?Ne suis-je pas d\u2019âge ?Une lueur méchante s\u2019alluma dans les yeux de la vieille.\u2014\tSi je savais ça, fit-elle.L\u2019Irlande m\u2019éblouit, l\u2019Angleterre m\u2019enrhuma et la France me fit pleurer, pleurer de joie et d\u2019orgueil, car alors pour la France nous ne pleurions pas autrement.Pendant deux mois j\u2019eus le vertige de Paris.Puis, lorsque le calme se fit, je songeai qu\u2019en France, il y avait pour moi un coin de terre où se trouvait véritablement la patrie.Je partis cheminant vers l\u2019océan et refaisant pieusement ce pèlerinage que nos aïeux, les gens de la Saintonge et du pays d\u2019Au-nis faisaient, il y aura bientôt 250 ans, lorsqu\u2019ils venaient, au nom du Christ et des fleurs de lys, convertir et coloniser la Nouvelle-France.\u201d Ce grand amoureux de la France s\u2019éteignit, en pleine maturité, à Québec en 1897 à l\u2019âge de 53 ans, après avoir laissé une œuvre considérable et appréciée de tous les Canadiens.S\u2019il vivait aujourd\u2019hui, je ne doute pas qu\u2019il se joindrait à tous nos soldats pour reconquérir la liberté de la France ! Mais sois tranquille et repose en paix, Faucher de Saint-Maurice ! car nos soldats ont commencé à délivrer la France du joug allemand et le jour n\u2019est pas loin où le drapeau français se hissera à nouveau sur ce pays que tu aimais tant.Le Centenaire d'un Ecrivain Original [ Suite de la page 6 ] Jl eit \\*cdl de *°f&neuX .achevé** SI VOUS SAVEZ COMMENT! \u2022 Vous pouvez avoir des cheveux luisants et lustrés.Même si vos cheveux paraissent ternes et sans vie en ce moment.Ce manque d\u2019éclat est souvent dû à la pellicule gommeuse qui peut s\u2019enlever avec l\u2019aide de Danderine.Versez simplement un peu de Danderine sur votre peigne ou votre brosse quand vous vous coiffez.Danderine fait des merveilles, dès la première application.Donne un beau luisant aux cheveux.Fait ressortir ces reflets chat-toyants que tout le monde admire.De plus, l\u2019emploi quotidien de Danderine est important pour aider à faire disparaître les vilaines pellicules.Vous vous coiffez aussi plus facilement, et votre ondulation tient plus longtemps.Achetez Danderine maintenant et voyez comme il est facile de soigner vos cheveux.(fS* « Les hommes aussi aiment Danderine .l\u2019ennemie des pellicules 1 Danderine Le moyen moderne et rapide d\u2019avoir de beaux cheveux 28 LE SAMEDI «ouïs sMiÇ-V ¦LE BOUCHON DE CONTROLE Empêche DE REPANDRE LA SAUCE, D'EN TROP VERSER Rehausse la saveur des VIANDES POISSON SOUPES SAUCES 18F SAUCE WORCESTERSHIRE CROSSE & BLACKWELL GRAINES BRDCK POUR OISEAUX Graines propres, fraîches, lavées de toutes impuretés.Le régime alimentaire qui maintiendra votre canari en état de chanter.- VOUS QUI ÊTES \u201cD\u2019ÂGE MOYEN\u201d ET QUI ABHORREZ CES ÉBLOUISSEMENTS Si, comme tant d\u2019autres femmes âgées de 38 à 52 ans \u2014 vous souffrez de bouffées de chaleur et éprouvez ces sensations de nervosité irritable, de faiblesse qui produisent le cafard \u2014 le tout causé par la période fonctionnelle de l\u2019âge moyen, particulière à la femme \u2014 faites l'essai du Composé Végétal Lydia E.Pinkham pour le soulagement de tels symptômes.Le Composé Pinkham est connu comme un sédatif urétral parce qu\u2019il produit un effet calmant sur l\u2019UN DES PLUS IMPORTANTS ORGANES DE LA FEMME.Des milliers et des milliers de femmes \u2014 riches comme pauvres \u2014 en ont relaté les bienfaits.\u2014 Voici un produit qui aide la nature et c\u2019est ce genre de produit qu\u2019il faut se procurer.Suivre le mode d\u2019emploi sur l\u2019étiquette.COMPOSÉ VEGETAL LYDIA E.PINKHAM \u2014 Eh bien quoi, s\u2019écria la jeune fille, qu\u2019est-ce que tu ferais ?Elle allongea ses grands doigts décharnés et dit : \u2014 Je t\u2019étranglerais de mes propres mains.Giovanina haussa les épaules.Sur le lit, un des dormeurs venait de se retourner.Il se dressa à demi, bâilla bruyamment et dit : \u2014 Eh bien ! voyons, on ne bouillotte donc pas ce matin ?\u2014- Giovanina vient de rentrer, dit la mère.Elle était partie à sept heures à Paris.\u2014 C\u2019est que j\u2019ai faim, moi, murmura le jeune homme.\u2014 Constantino dort toujours et le père n\u2019est pas revenu encore.Rianzo fit entendre une sorte de grognement sourd et retomba sur son lit.\u2014 Allons, dit la mère à Giovanina, pressons-nous.Si le père arrivait.Elle n\u2019avait pas achevé que la porte s\u2019ouvrit violemment et Zéphyrino parut.Il semblait fort agité et on voyait à son air qu\u2019il s\u2019était passé des événements graves et qu\u2019il avait à dire des choses importantes.D\u2019un geste qui lui était familier, il jeta à travers la pièce son chapeau de feutre et appela d\u2019une voix rude : \u2014 Constantino ! Rianzo ! La mère accourut et mettant son doigt sur sa bouche comme pour recommander au père de ne pas faire de bruit : \u2014 Ils dorment, dit-elle.\u2014 N\u2019importe, fit l\u2019Italien, il faut les réveiller, et il cria de nouveau, plus fort cette fois : Constantino ! Rianzo ! Allons ! debout ! Les jeunes gens se dressèrent sur leur lit, les yeux gros de sommeil, la face hébétée, et les cheveux hérissés.-\u2014 Quoi ?firent-ils d\u2019une voix pâteuse, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?\u2014 Grande nouvelle ! fit Zéphyrino avec son accent italien, qu\u2019il avait fort prononcé, cette fois, c\u2019est la fortoune ! Tous, sauf Giovanina, restée à l\u2019écart, occupée à plier du linge, mais qui écoutait sans en avoir l\u2019air, tous se rapprochèrent de lui, les yeux allumés par la cupidité, le geste avide.¦\u2014 Oui, répéta le vieux, c\u2019est la fortoune inouïe, incommensourable.Savez-vous avec quel arme a été toué mos-sou de Pompéry ?\u2014 Non.\u2014 Avec lou poignard, dit Zéphyrino.\u2014 Le poignard ?\u2014 Le poignard, poursuivit l\u2019Italien, volé par nous à mossou de Lagarde et vendou à la signora de Pompéry.Les autres ne comprenaient pas où voulait en venir le père.Celui-ci les regarda d\u2019un air de compassion.\u2014 Vous ne comprenez pas?.s\u2019écria-t-il, vous ne comprenez pas que c\u2019est la signora de Pompéry qui a toué elle-même son mari ?\u2014 Eh bien ! après ?fit Constantino qui avait l\u2019esprit lourd.\u2014 Comment après ?s\u2019écria Zéphyrino indigné.Tou ne vois pas le parti qu\u2019on peut tirer de ça ?La signora de Pompéry n\u2019est pas soupçonnée.Mossou de Lagarde est arrêté.Or, moi, je m\u2019habille.Je me rends chez la signora de Pompéry et je lui fais passer ce mot : J\u2019ai reconnu lou poignard.Vous voyez d\u2019ici la tête.\u2014\tEn effet, dit la mère, Zéphyrino a raison .On peut tirer quelque chose de ça .\t, \u2014\tQuéque chose, fit l\u2019Italien, quéque chose ?Orme fortoune ! La signora de Pompéry ou plutôt la signora Olivieri est très riche.Elle sait que nous connaissons tout d\u2019elle.Elle donnera tout pour ne pas être accousée et surtout pour perdre mossou de Lagarde.Je vais lui demander cent mille francs.La mère se récria, éblouie.\u2014\tCent mille francs ! \u2014 Pas un sou de moins, continua l\u2019Italien avec feu.Et elle me les donnera.Elle les donnera quand elle saura que son sort et celui de mossou de Lagarde sont entre fnes mains.Oh ! je la connais, la Olivieri, aussi violente dans ses haines que dans ses amours ; et elle hait mossou de Lagarde, qui ne l\u2019aime pas, qui n\u2019a jamais voulu l\u2019aimer, et qui aime oune autre femme.Oh ! la jalousie pour les Italiennes !.la jalousie et le dépit ! Dans oune heure, elle sera à mes pieds.Dans oune heure elle nous couvrira d\u2019or, car je pouis la perdre ou servir ses passions.Tous comprenaient maintenant.tous voyaient le parti qu\u2019on pouvait tirer de ce secret.Ils se croyaient riches.La femme enthousiasmée avait sauté au cou de son mari et l\u2019embrassait avec admiration, criant que lui seul avait du génie .que lui seul savait les tirer d\u2019affaire.Constantino et Rianzo s\u2019étaient levés tout à fait.Ils n\u2019étaient pas moins allumés.Ils supputaient déjà toutes les bombances, tous les plaisirs qui allaient découler pour eux de cette source inespérée de fortune que le père venait de découvrir et portaient aux nues Zéphyrino.Ils n\u2019auraient jamais pensé à ça.Pour faire le coup de poing ou donner le coup de couteau, à eux le pompon.Mais pour ce qui était des combinaisons .Et pourtant n\u2019était-ce pas plus lucratif, un bon chantage bien combiné et cent fois moins dangereux qu\u2019un vol à main armée ?Aussi ne tarissaient-ils pas d\u2019éloges sur l\u2019invention du père.Giovanina seule restait froide.Elle ne s\u2019était pas rapprochée, n\u2019avait pas paru entendre, et n\u2019avait pris aucune part dans la joie générale.Sa mère alla à elle.\u2014\tEh bien ! qu\u2019est-ce que tu dis, toi?tu n\u2019as pas entendu ?Tu n\u2019as pas compris ?Nous allons êtres riches .très riches.\u2014 Fortune mal acquise, murmura la jeune fille.Son père courut à elle, les yeux enflammés de colère.\u2014\tMal acquise !.Fortoune mal acquise .Est-ce que nous faisons dou mal à quelqu\u2019oun ?C\u2019est oune scélérate, cette femme, si elle a toué son mari.Eh bien ! c\u2019est nous qui la pou-nissons, pouisque la justice l\u2019oublie, c\u2019est nous qui sommes la joustice, acheva-t-il avec un geste plein d\u2019emphase.Giovanina continua sa besogne sans répondre.\u2014\tBah ! fit Constantino, laisse-la donc.Une vraie tête de mule ! \u2014\tElle n\u2019a jamais été intelligente, conclut le père.Quelques minutes après tous étaient à table.Zéphyrino avait envoyé la mère chercher a crédit plusieurs litres de vin.Ils pouvaient faire des dettes, ils les paieraient bientôt.Giovanina servait.Elle ne mangeait pas .Elle semblait loin.Elle se voyait déjà, sans doute, dans la petite chambre que lui avait décrite Firluth, libre, aimée, au milieu des fleurs et des chants d\u2019oiseaux et son regard allant au delà de ce qui l\u2019entourait semblait dire, illuminé d\u2019espoir : \u2014 Demain! demain! je serai heureuse .Sans soupçonner qu\u2019il y a loin quelquefois entre aujourd\u2019hui et demain comme entre la coupe et les lèvres.V Depuis deux ans environ, Paul de Lagarde était définitivement fixé à Paris, après avoir passé trois années dans un régiment de dragons à Lunéville, d\u2019où il était sorti avec le grade de sous-lieutenant.Très brillant cavalier, il avait eu beaucoup de succès, surtout auprès de la partie féminine de l\u2019assistance, aux grandes assises hippiques qui ont lieu chaque année, au commencement du printemps dans le Palais de l\u2019Industrie.Il s\u2019y montrait superbe d\u2019élégance, d\u2019audace et de bravoure, et était devenu un des favoris du concours.La comtesse Olivieri ne manquait pas une des ces réunions où sa beauté brillait en pleine lumière ; elle l\u2019avait souvent applaudi de ses mains finement gantées.Mais malgré de discrètes avances, le jeune officier avait à peine regardé cette femme que tous les jeunes gens dévoraient des yeux.Cette indifférence affectée ou réelle avait piqué au ieu l\u2019orgueilleuse Italienne, et elle s\u2019était juré d\u2019en triompher.Avant que Paul eût quitté le régiment, la comtesse avait fait prendre sur lui des renseignements qui avaient augmenté encore son désir de le connaître, de se faire aimer de lui et l\u2019épouser.Elle avait appris, en effet, que le jeune homme paraissait possédé tout entier par une passion secrète qui l\u2019empêchait de rien voir autour de lui ; mais malgré tous ses efforts, tous les sacrifices d\u2019argent même qu\u2019elle avait faits, elle n\u2019avait pu savoir quelle était la femme, objet de cet amour si discret et si entier.Ce mystère planant sur la vie du brillant officier avait rendu la conquête de celui-ci plus précieuse à la jeune femme, et il n\u2019est rien qu\u2019elle ne fit à partir de ce moment pour se rapprocher de lui et attirer sur elle son attention.Elle n\u2019y parvint pas, tant que Paul de Lagarde resta au régiment.Le jeune homme ne passait, en effet, que quelques heures à Paris, et ces heures étaient employées tout entières, soit à se rapprocher de l\u2019inconnue qui semblait mailresse de toutes ses pensées, soit à penser à elle.Rien ne pouvait le distraire de ce rêve.Etait-ce une jeune fille ?Brune ou blonde ?La femme aimée de Paul devait habiter Paris ou les environs, car c\u2019était sûrement quand il venait à Paris que l\u2019officier la voyait.A Lunéville, sa vie était régulière, sans ombre.n\u2019était qu\u2019il restait plus longtemps que ses camarades à se promener seul sous le ciel étoilé, dans le parc splendide qui déroule ses verdures devant le château de l\u2019ancien roi de Pologne.Il passait là quelquefois des soirées entières, sans doute à penser à elle, les yeux perdus dans le lointain vaporeux où pour lui brillait son image.On entendait, dans la nuit, le cliquetis régulier de son sabre qui de temps en temps heurtait le sol ou battait ses pieds.Aucun de ses camarades, quand on le voyait ainsi, n\u2019osait venir le distraire.On se disait : Paul est dans ses rêves, et on le laissait.La comtesse avait tout cela.Et tout ce qu\u2019elle avait appris de cet amour qui paraissait absorber à ce point le jeune officier avait encore irrité la passion qu\u2019elle sentait naître et se développer en elle pour ce rebelle, le seul peut être qui fût resté froid sous la chaleur de ses regards.Quvnd Paul eut quitté le régiment et habita Paris, elle ne désespéra plus d\u2019en triompher.Elle aurait mille occasions.de se trouver avec lui, car il fréquentait le même monde élégant.Ils pourraient se voir a l\u2019Opera, aux Français, aux courses, aux premières représentations, et 1\u2019\u201c autre\u201d n\u2019y allait pas, l\u2019Italienne en était persuadée, car aucun regard, aucun mouvement de Paul n\u2019avait à l\u2019œil exercé d\u2019une rivale décélé par sa présence.La femme aimée de Paul menait sans doute une vie retirée dans quelque château situé aux portes de Paris.Peut-être était-ce une jeune fille de condition médiocre à qui étaient interdits les endroits où le luxe s\u2019étale, ou peut-être avait-elle peur, en se montrant, de se trahir, de laisser pénétrer le mystère qui l\u2019enveloppait.Quoi qu\u2019il en fût, à partir du jour où Paul de Lagarde, redevenu simple 9 SEPTEMBRE 1944 29 citoyen, resta à Paris, la comtesse commença à faire sérieusement le siège de son coeur.A chaque pas qu\u2019il faisait dans les lieux où les mondains s\u2019assemblent, Paul trouvait devant lui la comtesse Olivieri, éblouissante, caquetant, s\u2019étalant, parée et brillante, avec sa beauté souveraine, tentant d\u2019attirer sur elle les regards du seul homme auquel elle attachât quelque prix.C\u2019est à peine si Paul l\u2019avait vue et s\u2019était informé d\u2019elle.On lui avait dit : C\u2019est une Italienne.On la nomme la comtesse Olivieri.Jeune femme ou jeune fille ; on ne sait pas au juste.Riche.Paraît chercher un mari.Tels sont les renseignements vagues qu\u2019on lui avait donnés, qu\u2019il avait écoutés d\u2019une oreille distraite et auxquels il n\u2019avait plus pensé.Les choses entre Paul et la comtesse étaient dans cet état quand un jour, à la Marche, se produisit un incident qui éclaira tout à fait Paul sur les sentiments de l\u2019Italienne à son égard, et qui l\u2019éloigna d\u2019elle à jamais au lieu de l\u2019en rapprocher.On connaît ce champ de courses de la Marche, un des plus coquets des environs de Paris avec ses gazons accidentés et fleuris, les bouquets de verdure qui lui font une ceinture d\u2019ombre.et sa petite rivière qui Serpente sous les nénuphars, dans un lit de marguerites et de boutons d\u2019or.Les réunions y sont fort suivies, surtout du public élégant.Il y a des courses de gentlemen qui y attirent toute la fine fleur du monde des clubs.Les mondains semblent l\u2019affectionner tout particulièrement.Dans une de ces journées \u201cselect\u201d, Paul de Lagarde devait piloter un cheval qui était devenu rapidement favori, quand on a su qu\u2019il avait la monte de l\u2019ancien officier de dragons, le héros des concours hippiques de Paris.Le jeune homme avait couru plusieurs fois déjà à Auteuil ou au Vési-net.Il adorait cela.être emporté par un cheval rapide, franchir les obstacles, narines au vent, braver le danger et arriver dans un coup de foudre, battant D\u2019adversaire, autant par son énergie et son audace que par la qualité de son cheval.Rapidement, Paul s\u2019était fait un nom parmi les héros de courses de gentlemen.On recherchait le cheval monté par lui et on lui confiait son argent avec l\u2019espoir de le voir fructifier.Rarement, le jeune cavalier avait trompé l\u2019espoir de ses partisans.Ce jour-là, à la Marche, la course allait être particulièrement intéressante.Le prix était élevé, 10,000 francs et un objet d\u2019art.Les meilleurs chevaux de steeple chase étaient engagés, et on devait y voir se mesurer les premiers gentlemen-riders : aussi l\u2019affluence était-elle considérable.Bien avant l\u2019heure fixée, les tribunes étaient bondées de toilettes élégantes, de chapeaux fleuris qui les faisaient ressembler à des parterres, et à chaque instant, les voitures, les mails-coaches, les chars-à-bancs, les tapissières, des véhicules de tous genre et de toutes formes déposaient sur la pelouse de nouveaux arrivants, au milieu de cliquetis de fouets, de cris, d\u2019injures, de hennissements de chevaux, dans un désarroi, une confusion de jour de fête.Une journée superbe .Un soleil clair qui donnait aux verdures du gazon des transparences d\u2019émeraude.Un ciel d\u2019un azur lumineux.Le ruisseau scintillant de lumière ressemblait à un serpent écaillé de pierreries, et d\u2019or glissant entre les hautes herbes.Une gaieté partout.Les arbres, tout fleuris, secoués par une légère brise, agitaient dans l\u2019air les parfums de leurs rameaux.De temps en temps, des chevaux arrivaient emmitouffées de flanelle, les pattes entourées de bandelettes et étaient l\u2019objet de la curiosité et de l\u2019attention générale.Mais ils restaient indifférents.Marchant de leur même pas déhanché et tranquille, à moins qu\u2019un mouvement plus brusque de l\u2019homme qui les conduisait, un cri poussé à leurs oreilles, ne leur fit dresser brusquement la tête, s\u2019arrêter, les naseaux ouverts, l\u2019œil vif.les jambes frémissantes, se cabrer dans un mouvement de colère ou de peur.Des bookmakers passaient, un calepin d\u2019une main, un crayon de l\u2019autre, criant la cote, pendant que les employés du pari-mutf'\" indolents et désintéressés, dispç\tdans leurs baraquements en planches l\u2019outillage dont ils allaient avoir besoin.Puis l\u2019heure sonna, augmentant l\u2019animation, faisant se presser les retardataires, mettant la fièvre sur le champ de courses.La comtesse Olivieri était arrivée depuis quelque temps déjà.Elle trônait aux premières places audacieusement belle, vêtue d\u2019une toilette d\u2019un goût exquis, et n\u2019y avait pour lutter avec elle qu\u2019une jeune femme qu\u2019elle n\u2019avait jamais vue encore, qui était blonde comme elle était brune, et qui devait, dans l\u2019esprit des amateurs, lui disputer la palme.Cette femme était accompagnée de deux hommes, un homme d\u2019une trentaine d\u2019années, élégamment vêtu, visage distingué, mais froid, et un homme ayant dépassé la cinquantaine.physionomie austère de magistrat.L\u2019homme jeune et son compagnon avaient entre eux un air de famille qui faisait penser que ce devait être le père et le fils.La femme blonde était elle la femme ou la soeur du plus jeune ?On ne pouvait pas le deviner tant leur attitude à tous les deux était indifférente et réservée.En voyant cette femme, la seule qui pût ère comparée à elle, et peut-être même lui être supérieure, la comtesse Olivieri avait ressenti une impression étrange.Peut-être était-ce là la rivale arrachée à sa solitude par cette occasion unique de voir triompher l\u2019homme aimé.L\u2019Italienne ne pouvait pas détacher d\u2019elle ses yeux, qui se chargeaint, sans qu\u2019elle eût de motifs, d\u2019effluves de jalousie et de haine.Mais ne lui suffisait-il pas, pour détester d\u2019instinct cette jeune femme, de voir mettre par elle en péril sa royauté, de n\u2019être plus déclarée par ceux qui étaient là la plus belle, mais seulement une des plus belles ?Les courses commencèrent, la première sans grand intérêt, comprenant un prix à réclamer.Toute l\u2019attention se porta sur la troisième, le prix du Printemps, où devaient se mesurer les gentlemen dont faisait partie Paul de Lagarde.La sonnerie qui l\u2019annonça produisit une sensation énorme, puis un grand mouvement.On courait voir passer les craks dans les bookmakers.On s\u2019écrasait devant les baraques du pari mutuel.\t, Le cheval que devait piloter M.de Lagarde montait toujours et devenait grand favori.Il n\u2019était plus qu\u2019à égalité.Le jeune gentilhomme n\u2019avait pas été aperçu encore.Quand il parut sortant du pesage, sa cravache à la main, vêtu d\u2019une casaque rose pâle rayée de jaune, on se pressa pour le regarder.Il était aussi favori que son cheval.L\u2019œil décidé, la moustache crânement retroussée, il portait à merveille son costume mince qui moulait ses formes d\u2019Antinoüs.Tous les regards de femmes allaient à lui.La comtesse était descendue de son estrade pour se trouver sur son passage et le voir de plus près .Mais la blonde inconnue n\u2019avait pas bougé.On eût dit qu\u2019elle était indifférente à tout ce qui se passait autour d\u2019elle, tant le regard de ses yeux bleus, perdu dans la lumière de l\u2019horizon clair, semblait loin de là.Sans paraître prendre garde à l\u2019attention dont il était l\u2019objet, Paul de Lagarde s\u2019était dirigé lentement vers son cheval qu\u2019un garçon d\u2019écurie promenait par la bride.C\u2019était une bête superbe, pleine de feu, aux jambes élégantes et fines, aux flancs élancés, au poil reluisant.Quand elle sentit approcher son cavalier, elle tourna intelligemment la tête vers lui, comme pour lui souhaiter la bienvenue.En un clin d\u2019œil, Paul fut sur son dos, et il se dirigea au pas vers l\u2019endroit où le départ devait être donné.Quelques-uns de ses concurrents l\u2019y avaient précédé.D\u2019autres s\u2019y rendaient côte à côte avec lui.Il y avait douze partants, une course superbe.Jamais peut-être la comtesse n\u2019avait pas été si émue.Elle aurait donné cher pour avoir le droit d\u2019arrêter familièrement Paul, de lui parler, de lui adresser le dernier sourire d\u2019encouragement, ce sourire plein de vœux et de promesses qu\u2019envoie à l\u2019homme aimé qui va courir un danger la femme qui aime .Mais la comtesse n\u2019était pas plus, sans doute, pour le brillant cavalier que toutes les femmes qui se trouvaient là.En se rendant sur la piste, Paul de Lagarde avait dirigé son cheval tout près des tribunes et les personnes qui l\u2019auraient fixé attentivement à ce moment l\u2019auraient vu tourner son regard vers la blonde inconnue et s\u2019allumer son visage en même temps que celui de la jeune femme sans qu\u2019on pût surprendre entre eux un signe, un mouvement indiquant qu\u2019ils se connaissaient.Cependant, tous les cavaliers étaient réunis au point de départ.Leurs casaques multicolores scintillaient sous le soleil entre les verdures de la prairie et des arbres.Les chevaux piétinaient, se cabraient, avaient des hennissements impatients.Lentement, le starter, son large fouet à la main, accompagné de son acolyte, portant le drapeau, se dirigeaient vers eux.Tout le monde avait envahi les gradins, bondés maintenant.On grimpait sur le bancs, sur les chaises.La toiture des tribunes apparaissait de loin garnie de milliers de têtes noires où se détachaient, ça et là, quelques ombrelles grises.Sur la pelouse, un grouillement indéfini d\u2019où montait un concert de voix et de cris, pareils par moment à un grand bruit de vagues furieuses.Puis tout à coup, partout, un grand arrêt, une seconde d\u2019émotion et de silence.Le drapeau venait de s\u2019abaisser.Les chevaux partaient.Alors, des hurras, des cris de tous genres, des bousculades.On s\u2019écrasa le long des cordes pour voir passer les chevaux.En tête, galopant pardessus tout le lot, se détache Azurine, montée par Paul de Lagarde.Son galop est régulier, moelleux, pour ainsi dire.Elle a, quand elle saute les obstacles, des grâces de biche.Comme la course est longue et comprend deux tours de piste, l\u2019allure est lente d\u2019abord, puis elle va s\u2019accentuant peu à peu.Les chevaux se passent et se dépassent.Les couleurs papillotent sous le soleil, se mêlent, se croisent, à travers le vert clair de l\u2019horizon.Puis, à chaque incident de course, un cheval butant ou tombant, de violents murmures, suivis d\u2019une grande agitation.On voit des gens courir éperdus, se démener, fendre la foule qui se presse pour changer les paris ou donner de derniers ordres.Les chevaux marchent toujours.Le premier tour de piste a été effectué par tous les concurrents, sauf deux tombés dès les premiers obstacles.La vitesse augmente.C\u2019est à peine si on les voit passer maintenant, tant l\u2019allure devient rapide.On ne distingue plus les couleurs des casaques .c\u2019est une note claire piquée dans l\u2019horizon, Azurine est toujours en tête.On voit miroiter le casaque de Paul de Lagarde, prenant dans la grande lumière les nuances tendres d\u2019aurore.Puis, La Nourriture du Dr Chase POUR LES NERFS pour 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