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Titre :
Journal du dimanche : revue littéraire, artistique et de modes
Se définissant comme un hebdomadaire avant tout littéraire, Le Journal du dimanche couvre aussi les arts, la mode, les sports et la vie mondaine montréalaise.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1883-1885
Contenu spécifique :
samedi 3 mai 1884
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Monde illustré
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Références

Journal du dimanche : revue littéraire, artistique et de modes, 1884-05-03, Collections de BAnQ.

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[" Revue Littéraire, Artistique et de Modes VoL.1.MONTREAL, SAMEDI 3 MAT 1884.No.20.JOURNAL DU DIMANCHE REVUE MONITEUR du COMMERCE (Quatrieme Anse) REVUE des Matohes, de La Finance, de lIn- dustrie et des Assurances.Lette care, Antstique, et de Mode! ABONNEMENT: ABONNEMENT: Canadaet Etats Unis, - SS00 0 Canaduet Etit- Unis.=s2.00 ©omols, - 1.00 tmois, + ++ = = 1.00 ' + mois, > Jmoiss ME DANSERÉEAU, GÉRANT.So Journal du Dimanche SAMEDI, MAT isi L'administration et la rédaction du * Moniteur du Commerce et du \u201cJournal du Dimanche \u2018 sont tranférées au No.43, RUE SAINT-GABRIEL.A Mure DELIA TRUDEL.A la joie, au bonheur, enfant, tout vous convir.Nulle ombre ne ternit votre horizon vermeil.Car vous êtes à l'âge où Lau fleur de la vie Eutrouvre sa corolle aux baisers du soleil.Vous êtes le printemps, vous êtes la jeunesse.Vous êtes le rayon, vous êtes le parfum, La candeur qui fait croire et la Voix qui caress.L'idole du foyer et l'ange de quelqu'un.Tandis que bien souvent qe penche uu front morose Sous les regrets auners et les souvenirs lourds, Vous, poursuivant toujours quelque illusion rose, Avec des reflets d'or vous tissez tous Vos jours.Où je vois un couchant, vous voyez une aurore\u2026 Pourtant, un jour, hëlas ! vous ue sourirez point.Mais pourquoi donc froisser la fleur qui vient (d'éclore ?\u2026 Nous sommes en avril, et l'hiver est bien loin.W.CHaPMAN.Z5 Avril 1384.CHRONIQUE Cousin Charles était militaire: sonnez clai- ;rons! Lorsqu'elle le vit dans toute sa gloire, un 24 mai quelconque, le sabre au poing, la mous- éblouissement.les, parti un jour, sans rien dire, des continuations, qu'elle retrouvait si pimpant et si triomphant / Elle en réva longtemps : pensez-y done ! presque un soldat! Ëlle était blonde, elle était frèle, elle habitait la campagne qu'elle haissait et aimait la ville qu'elle ignorait.La vie est ainsi faite : espé- On touche le bonheur de la main.mais c'est un bonheur de tous les jours, un bonheur pot-au-feu, dont on est rassasié et, fatiqué, on l'abandonne, on court après l\u2019autre, celui qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaitra jamais.Quand on ne sait ; pas, on espère, quand on sait, on regrette.Ayant dix-huit ans, elle ne raisonnait pas.Elle retourna à la ferme, mais son cœur était resté à la ville.Son amoureux, celui avec lequel elle jouait au petit mari, depuis des années, était un bon enfant, bien innocent, Invope, au moral s'entend, à ne voir plus loin ique son nez.Jeannette, c'est son nom, était toute sa Vie; il le pensait, étant à cet Age où l'on croit à l'éternité des serments prêtés, le \u201csoir, furtivement, derrière une haie, entre deux l baisers, Pour elle, il eut tout sacrifié, son bien, qui n'était rien, et celui du père, qui valait | quelque chose, celui du père surtout.Quand elle revint, elle le regarda et rougit.De joie ou de honte?Qui sait ?Ce ne fut pas llui qui aurait pu le dire.Peu lui importait, il \u2018était presque son mari.Elle voulut avoir an ; journal de la ville ; il sabonna.Tous les jours, ! pour aller le lui chercher, il montait à cheval, ixnorant, pauvre innocent, qu'il souftlait le feu ; qui, un jour, dévorerait son amour.| Elle lui parlait manœuvres, réunions, tirs, mess, et de bien d'autres choses encore, qu'il ne | comprenait pas, mais qu\u2019il admirait parcequ\u2019elles \"tombaient d'une bouche qu'il adorait ! Elle avait rapporté de la ville certains raflinements qui l'étourdissaient; de myope il était devenu | presque aveugle : au delà d'elle plus d'horizon, loin d'elle il marchait à tâätons.Cet air empesté des grands centres, dont elle était imprégnée, le grisait plus et mieux que l'étoile du pays.Il ne travaillait plus, il vivait dans un rève continuel.Son reve, comme tous les rèves sérieux, comme tous ceux qui vous transportent dans ;un monde inconnu, n'avait que des formes vagues, indécises et Ilottantes, heureusement ! Elle aussi, elle rêvait, mais ce n\u2019était plus à lui ; ses songes étaient martials, elle ne voyait que militaires, ofliciers, fanfares et, dominant le tout, un Charles gigantesque, à cheval, le casque en tête, commandant à tous et s'inclinant respectueusement devant elle ! Un jour que par un temps affreux il avait été au village chercher la gazette de la ville, elle I'appela alors qu'il n'avait pas encore eu le temps de changer son costume trempé do pluie et maculé de boue.| P'tit Charles.jolie gloire ! ; pas pourquoi, mais je n'ai jamais pu le sentir ton officier.| | \u2014 Sais-tu la nouvelle ?\u2014 Non, les parents ont-ils fixé la date ?\u2014 Quelle date?\u2014 Celle du mariage.\u2014 Grand béta ! il s'agit bien de cela; il ya | \u201c .que, | an pe \u2018un bazar à Montréaltache en croc, l'air fier et décidé, elle eut un : Ltait-ce bien là le p'tit Char-| \u2014 C'est pas nouveau, il y a toujours des bazars à Montréal, c\u2019est un moyen de donner à des pauvres; l'argent d'autres pauvres.\u2014 Et pour toi de garder le tien.Ils ont une ; jolie idée, celle d'offrir une épingle d'honneur à | l\u2019officier le plus aimé.des dames.\u2014 Ca fera plaisir aux maris, mais à moi ca m'est égal.\u2014 Comment ! ça l'est égal : tu n'es donc plus de la famille, tu ne sais donc pas que nous | comptons un officier, un brillant otticier, un brave : parini notre famille! oiticier, l'honneur des continuations \u2014 Qui?quoi?qu'est-ce que tu veux dire ?d'abord je ne sais \u2014 Mon officier.mon otiicier.\u2026.bref c'est pas tout ça\u2026 m'aimes-tu \u2019 \u2014 En voilà une question ; mais qu'est-ce que non amour peut avoir à déméler avec l'officier u plus aimé des dames.Le coup était direct, aussi Jeannette l'évita-t- elle adroitement.Lille le fit asseoir à côté d'elle, Jui parla longuement, lentement, lui expliqua le vote, la manière d'obtenir les voix, la gloire pour eux, pour le pays, d'avoir donné naissance à un grand vainqueur ; lui souflla, au milieu de phrases mielleuses et embaumées, une étrange théorie de la solidarité des amours ; le prit par tous les côtés, et l'enlaça si bien et si fortement, qu'enivré, fou, inconscient, il promit de soutenir la candidature de p'tit Charles.La tâche fut rude, mais notre amoureux fut à la hauteur de l'entreprise.Il parla, il demanda, il mendia des votes ; rien ne le rebutait.Il avait fini par se persuader.ou par se laisser persuader que si Charles était reconnu comme étant l'officier le plus aimé des dames, il serait, lui, le mari le plus adoré de sa femme.Le grand jour arriva, ou plutôt les grands jours arrivèrent, car le vote dura plusieurs fois vingt-quatre heures.Chaque courrier était attendu avec impatience et les comptes-rendus de l'élection lus avec avidité.Avec quelle ardeur, avec quel enthousiasme ne travailla-t-on pas pendant ces moments de lutte : la paroisse tout entière, stimulée, poussée, soulevée par l\u2019éloquence de notre amoureux, avait enfin pris part au combat.Les votes envoyés et déposés au dernier moment donnèrent la victoire an cousin Charles, qui fut proclamé et acclamé comme l'officier le plus aimé.Mais ce n\u2019est pas impunément qu'on rève au mortel le plus adoré du beau sexe ! Trois mois après, un homme, les yeux rougis par les larmes, montait tristement dans un train se dirigeant vers l\u2019ouest, et les otliciers du beau régiment du Roi recevaient la lettre suivante : 1 ] \u201cVous éles prié d'assister au mariage de M.le lieutenant Charles ¥%% et de Mademoiselle Jeannelle ¥%%\" etc, cte. 154 Six mois après, l'uniforme était fané, on plaidait en séparation : sonnez clairons ! wR RIES Pourquoi vous ai-je raconté cette bluette en deuil ?je n\u2019en sais trop rien.Le patron de Touchatout m'avait dit en causant : vous devriez parler de la cavalcade et de son roi, et ces simples paroles ont évoqué en moi le souvenir de ce petit roman.Certainement, que j'en parlerai de la cavalcade! Ce roi élu, Capétien se soumettant aux coutumes des Mérovingiens, m'attire et me fascine.Je voudrais que celui qu\u2019on portera sur le pavois soit le représentant de notre population montréalaise, de la population féminine j'entends.Les hommes en ont assez d'élections : échevins, députés au fédéral, au provincial, que sais-je : qu'ils nous laissent la notre.lls paient pour envoyer leurs créatures au pouvoir, qu'ils paient pour assurer le pouvoir au représentant des créatures.À l'œuvre! Que le roi du 24 juin soit celui des femmes de Montréal ! travaillons, cabalons, intriguons, mais votons aussi souvent que nous pourrons.comme des hommes.Uh! si je n'étais pas de l'autre côté de la trentaine.comme j'en aurais de ces voies pour mon candidat, et sans bourse déliée ! La femme est forte dans sa faiblesse : que ne peut-elle avec un sourire, surtout si elle a de | belles dents, et la femme qui sourit a toujours de belles dents, avec un regard glissant furtivement entre deux rangées de cils longs et soyeux, avec une poignée de mains bien nuancée et bien parlante.mais en voilà plus qu'il n'en faut pour assurer un succès étourdissant à celui des candidats qui méritera l'appui et le vote des femmes de Montréal.Je le répète, que le roi du 24 juin soit notre roi.pas de division, soyons unies ; réfléchissons, jugeons et votons.Ayons pour nous représenter un vrai gentil- | homme, et prouvons une fois de plus au sexe fort que ce que femme veut, Dieu le veut! Pour moi, je promets à mon candidat ia voix de Touchatout.je suis sûre qu'il me la donnera dans sa prochaine causerie.Quant à mon candidat c'est.\u2026.pardon, mais le serutin est secret.Je ne saurais.puisque j'ai parlé de mon collègue, de celui qui a eu l'amabilité de me donner le conseil de rester cachée, quitter la pMme : sans le féliciter de sa dernière causerie.Mais, il parle plusen amateur qu'en connaisseur, lui, pauvre célibataire, ignorant les douceurs du mariage.Que sait-il sur la question / rien ou presque rien.Quelques aperçus, quelques vues furtives, prises en passant pardessus l'épaule d'un ami ou par quelque porte de ménage entre-bäillée.11 raille les jeunes gens de 15 ans qui font une fin en épousant une jeune fille de trente-trois ans.Pourquoi pas ?il y a bien des hommes qui finissent à soixante ans par épouser des jeune filles commençant à peine leur seize ans.la méme chose me direz-vous: Je suis de votre avis.L'homme vieux, usé quelquefois, roué toujours, qui épouse une enfant, est un égoiste, oubliant que la jeunesse veut être respectée et quelle a ses droits qu\u2019on ne méconnait pas impunément.L'homme fatigué, blasé, qui prend femme, prend une garde-malade.Tant mieux pour lui, si elle a la vocation de l\u2019emploi ; dans le cas contraire il recommencera une vie pleine d'horizons nouveaux et de sensations inconnues.Que son martyre serve d\u2019exemple aux autres ! Mais la femme mûre, qui épouse un homme encore jeune, est toute différente.Celui qui est venu raviver les rayons déjà éteints de son soleil d\u2019automne a droit à toute son affection.C'est pas! LE JOURNAT, DU DIMANCHE Pour lui elle sera plus qu\u2019une femme, elle sera une mère, et presque une esclave.Cet homme a une existence d\u2019une douceur inconnue à tout autre : aimé, choyé, prévenu dans ses moindres désirs, il se laisse vivre, la vie lui est facile, tout ve qu\u2019on lui demande c'est un peu, rien qu'un peu d'affection.Puis quel abime entre le vieux libertin qui fait une fin et la femme qui entre tard dans le mariage ! Lui, émoustillé par le Iruit nouveau, il pense à ses amours d'antan et ne rêve qu\u2019à des fredaines irréalisables et au moyen de recouvrer une liberté dont il ne pourrait faire usage.Elle, n'a pas de quelque mari, elle le chasse de son esprit pour ne penser qu\u2019au présent.Elle enlace, elle enserre sans le quitter d'une minute ce présent souvent inespéré, et si elle le perd c'est par excès d'amour et non d'indifférence.Touchatout, je vous veux du bien, malgré vos méchancetés, vous avez trente-et-un ans, je pense ; le ; tabac\u2014est-ce bien le tabac\u2014et les lettres vous ont fatigué.Crovez-imoi, prenez femme dans la | cinquantaine ; si vous le voulez, j'ai une fiancée toute prête ; donnez-moi votre vote pour mon \u2018roi et elle est à vous ! MAUD._\u2014.PETITE CAUSERIE Je n'ai jamais péché par excès de politesse.C\u2019est une de mes moindres qualités.Cepen- dant quand j'assiste à un concert, j'aime à écouter jusqu'a la fin les personnes assez charmantes .| pour faire jouir, pendant quelques heures, un | public ennuyé des mille et une tracasseries d'une journée plus ou moins gaie.sement, ce ne semble pas être l'opinion de tout le monde.On l\u2019a généreusement prouvé l\u2019autre soir au concert pourtant si aimable.; donné au bénélice de madame Defoy.| i par le mariage, firent penser au God save the : Queen, un jeune homme qui, à son arrivée, \u2018 m'avait coudoyé pendant une demi-heure afin de placer plus galamment les dames qu'il ; Accompagnait, recommença son exercice gvin- Aussitot i toutes les têtes de se lever, tous les corps de se Ce fut comme un signal.nastique.mouvoir, chacun de quitter son siège : un vrai brouhaha général.Vous pensez que inoi je restai assise / J'eus été ridicule.Je fis comme les autres, d'un tapage diflicile à décrire.N'est-il pas regrettable qu'une société, telle \u2018que réunissait ce soir-là an programme des plus | attrayants, enrichi encore, pût mettre le comble à un abus si souvent signalé.Quoi ! on allait applaudir des parents, des | amis, et voilà qu'on se lasse au moment où l'habileté jointe à la grâce fait dérouler à nos yeux le plus heureux des dénoûments ! C'est réelle- ! ment étonnant.Qu'on s'ennuie au théâtre, je le comprends ! sans en dire rien de plus, mais à une soirée si intime, si agréable ?Il y a là pour moi une | énigme.J'en cherche encore le mot.| Allons, bon public, redevenons un peu plus ; sages.Sachons même attendre la dernière note | du God save the Queen pour faire autant de bruit ! que possible en quittant la salle du concert.| 3: TROIE deu ! i A propos, la Providence ne m'a jamais gatée, mais le hasard me favorisa en me faisant rencontrer un gentil galant lorsque je me rendais à ce concert.(Naturellement nos sièges ne a de passé, où si elle en a un, quelque cousin ou: Malheureu- : | À cette partie de l\u2019opérette où les choses : arrangées pour le mieux, puisque tout doit finir .Et nos trop bons amateurs durent terminer au milieu \u2014 ! furent pas éloignés l'un de l'autre.) Ah! c\u2019est ,une vraie tête aux bonnes idées que celui-là, Savez-vous ze qu\u2019il me dit ?C'est quo nous devions avoir plus souvent de ces réunions, puisqu'à Montréal nous avons tant de jeunes talents agréables à entendre et qui gagnent toujours quelque choso à être connus.Certes, ce ne sont pas les œuvres de charité : qui manquent pour les motiver.Tous les jours on frappe à nos portes, tous les jours on en appelle à notre générosité.C'est bazar ici, vrafle là, pauvres honteux, ete, ete, que sais-je encore ?Eh bien, qu'on se donne la main, qu'on orga- \"mise ! La musique, le drame et la déclamation | mème, devant faire les frais de ces soirées.Je ne doute pas que notre société montréalaise s\u2019y rendrait encore tout entière : chacun serait heureux en versant son obole, de connaître et d'applaudir la jeunesse artistique.| Mais.je reviens à mon aimable voisin, bon | causeur dans les entr'actes.Il me demanda si j'aimerais de ces réunions une ou deux fois lu mois, Jen voudrais une chaque semaine, lui répondis-je, d'un accent.je coupe court, lo \u2018qualificatif me manque pour l'exprimer.Hélas ! je gaspille mon éloquence, il ne m'a pas compris ! Le hasard l'avait mis sur mon chemin, j'étais joyeuse ; il paraissait l'être : je comptais déjà davantage.« Un sureroit de charme serait-il à dédaigner / | Par exemple ! i HERMANCE._.L'AMOUR PHILOSOPHE \"Chaude après-midi d'avril.as une brise ; l'air est singulièrement transparent, le ciel \u2018 bleu: mais la poussière joue sur les routes, les gens su fuient : la terre semble fatiguée de cet éternel amant auquel elle ne peut échapper.Que faire 2.tm doit renoncer a la promenade, ct la causerie méme est un effort.Réunis dans une petite chambre, vrai nid de , bohème, trois amis (c'est ainsi qu'il est convenu de désigner les camarades qu\u2019un ennui commun rassemble) ont résolu le problème en dissertant sur leurs premières amours.C\u2019est au tour de Théophile.Nonchalamment établis dans ces positions libres que les hommes affectent entre eux, tandis que François recherche quelques détails peu connus de notre histoire, que l'ierre suit distraitement des yeux la fumée d\u2019une cigarette, du milieu d'un épais nuage, encens offert au dieu du souvenir, Théophile commence {lentement la nouvelle philosophie suivante, que le vent seul entendit et emporta vers ces régions inconnues ou il charrie les débris, les \u2018fanes et les herbes flétries : i \u201cle sort de l'homme est livré au vent, et ; c'est le caprice qui le mene.| \u201cOn a raisonné son cœur, on s'est fait une | philosophie de la vie, on a tracé un chemin droit tout bordé de roses, où l'humeur égoiste s'épanouit à l'aise : el voilà qu\u2019un rien, une touile de cheveux, un ruban, détruit ces heureux projets ; roses, chemin, humeur s'évanouissent, et l'homme lui-mème ne se reconnait plus.| Je marchais au hasard dans ce grand bazar | du monde, la jovialité me servant de monnaie, et l\u2019espérance de savoir : llinant le Jong des boutiques, attiré par le brillant et le bruit, tantôt je chantais une idylle aux nymphes des fontaines, ou je devisais en fumant orientale- ment avec quelque philosophe de rencontre.\u201c Je touchais à la surface des choses, heureux LE JOURNAL DU DIMANCHE 155 de voir les femmes belles, le printemps gai, ne demandant qu\u2019à sentir le parfum des fleurs et à conserver ines vingt ans.\u201c Mais soudain, en un coin perdu de ce grandiose bazar, une paire d\u2019yeux gris, dinmants recouverts d'ombre et de la poussière du silence, attirèrent mon intérêt et excitèrent ina con voi- tise.Et les fleurs n\u2019eurent plus de parfums, et les femmes ne furent plus belles.\u201c A leur feu, mon âme grandit et devant moi s'ouvrit un idéal de vie sévère, généreux, grand, sans cesse éclairé par le soleil de ces yeux gris.« l\u2019ériode de folie quime fait rire encore quand jy pense.\u201cLe croiriez-vous / Cette immense blague tant rebattue, cette vulgaire scie de charité et de dévoüment, se présenta à Ina pensée, Non point terne et vague, telle que nous la font les discoureurs, mais réelle, pratique, neuve, entou- ree de je ne sais quel prestige de jeunesse et de chevalerie.\u201cTout commu un naif élève de belles-lettres, décluamant une composition, je me disais que l'avocat a pour mission de chercher l\u2019opprimé et de le trouver; je me disais aussi que la suprême volupté est de se dévétir pour revétir les autres.' \u201cEspèce du socialiste, comme vous voyez.D'où mme venaient ces idées bourgeoises ?Je ne sais : ces mots avaient un sens, Un corps pour moi, ais je ue pouvais les concevoir sans les \u2018 veux gris.\u201d Ici notre phraseur, emporté par ln fougueuse émotion du souvenir, laissa choir sa pipe qui s'alla briser aux pieds de François.\u201cMaladroit! cria celui-ci, troublé dans ses intéressantes recherches sur les amours d'il y a deux cents ans.\u201c Qui.maladroit!\u2026 J'ai joué avec cette pipe comme avec mon bonheur.\u201cLes diamants n\u2019étaient pas pour moi, et baste ! je m'en consolai.* Peut-être, après tout, ces yeux gris qui disaient tant de choses, ne disaient-ils rien du tout.\u201cJe retournai à mon vagabondage, paresseux comme avant : je n'étais plus jeune, je fuyais les femmes et les fleurs, et la nature me laisait la grimace.* Maintenant, à mes \u201cmeilleurs ennemis,\u201d vous n'avez rien compris à cette histoire.* Qu'importe! si vous en retenez bien la morale.\u201c Enfermez-vous soigneusement dans votre chambre, et évitez les yeux gris, bleus ou noirs : à quoi bon ?tôt ou tard, ils vous y poursuivront, chacun doit leur rendre hommage.\u201c Apprenez aussi pour la première fois que si l'amitié est un leurre, l'amour n'est pas toujours une fièvre chaude ; apprenez que de toutes les choses sûres et palpables, la plus sûre et la plus palpable est un bon bifteck avec un ruban de pommes de terre alentour, tel que Victor sait en appréter.C'est pourquoi je vous invite.\u201d A ces mots, Pierre monta sur ses échasses, François secoua sa torpeur.et les trois lurons s'acheminèrent vers le restaurant de Victor, où vous les trouverez encore.l\u2019ourtant.en passant le seuil.Théophile s\u2019ar- rèta un instant, et ses yeux se teignirent d'une passagère nuance de mélancolie : \u201c Mon pauvre rêve !\u201d murmura-til, CAnRLON.4-1 \u2014e =: \u2014\u2014\u2014\u2014 RENSEIGNEMENT UTILE.Pour avoir des vemedes français non falsifics, adressez-vous à MM.Laviolette et Nelson, rue Notre-Dame, 209, Montréal.CAUSERIE.Avec le chaud soleil nous revient l'animation, la vie; nous sortons de l\u2019engourdissement de l'hiver.Notre grande artère, le fleuve, va laisser alfluer un sang vivifiant au cœur, et le pays \u2014pauvre corps alourdi par un long hiver- nage\u2014va s'étirer et se remettre courageusement aux affaires.Nous allons revoir, après une absence qui nous « semblé bien longue, ces grands steamers qui sont la joie et l\u2019orgueil de notre port.Le canon va gronder de nouveau pour nous annoncer les arrivées et nous prévenir des départs; ses saluts, pour être bruyants, n\u2019en sont pas jinoins chaleureux, et comme nous somines un | peu guerriers, nos oreilles ne seront pas effrayées : par ces détonations de bon augure.Nous ne pourrons pas tous les revoir nos beaux \u2018 navires ; plus d\u2019un, malheureusement, va man- ;quer à l'appel.Pendant ces six mois de séparation, il s\u2019est produit des vides : la chose meurt - | comme l'homme! Le Daniel Steénman dort de | garde dans ses flancs sa cargaison de victimes.; Pauvres émigrants ! quel terrible sort a été le leur: s'expatrier pour aller au-devant de la fortune et rencontrer lx mort avant même que la vigie n'ait crié terre! Mais si celui-là à disparu, nous recevrons, par contre, la visite de nou- Veaux venus et oublierons l\u2019englouti ; les morts : vont vite! Nous avons soif de nouveau et pas- ; sons facilement d'un enterrement à un baptême : ; c\u2019est la loi de la nature.1 i | Nos quais vont reprendre cette animation qui fait tant plaisir à voir, et dans nos rues nous allons pouvoir rencontrer ces matelots au teint | bronzé s'en allant par bandes, à l'aventure, la | pipe aux lèvres.Ces braves marins, à la démar- | che cadencée, sont vraiment curieux à observer : \u2018ils s'arrêtent à toutes les devantures de maga- | sins pour admirer des choses qu'ils ont vues | partout : ces blasés ont des étonnements d'en- tants! Les tavernes du bord de l'eau vont retrouver leurs vieux clients, leurs fidèles, et les i joyeuses chansons vont résonner de nouveau dans les salles enfumées.Les provisions de genièvre de Hollande et de rhum de la Jamarque sont prêtes; le cabaretier, après un long chômage, va pouvoir faire ample moisson de | | i ! jet ; piastres vertes et d\u2019écus blancs.ne t Ed Que notre fleuve parait bean quand on peut l\u2019admirer du bord d'un de ces steamboats, véritables palais flottants, qui le sillonnent en tous sens, et quel magnifique panorama se déroule devant nos yeux étonnés ! Le bâtiment, par lui- mème, est une vraie merveille; quel agencement, quel sentiment exquis du comfort! Dans ce cas, l\u2019homme a pris modèle sur la nature: il a fait grand et beau.L'Amérique est la terre | préférée du voyageur et du touriste, et elle mérite de l'être sous tous les rapports.Non seulement les sites et les points de vue sont magnifiques, mais encore, sur notre continent, l\u2019homme a su rapprocher les distances, rendre agréables les longs parcours et éviter au voyageur la fatigue et les ennuis.Tout le monde sait que nos steamboats sont de beaucoup supérieurs à ceux qui sillonnent la Tamise ou aux bateaux à vapeur, les mouches et les hirondelles, que l'on peut voir sur la Seine, a Paris, ou sur le Rhône, à Lyon.Même les bâtiments qui font la traversée entre la France et l\u2019Angleterre ne peuvent êfic comparés à ceux que ous voyons tous les jours sur notre Saint-Laurent.Jen parle par expérience, hélas ! Rien d\u2019agréable pour l\u2019observateur comme un voyage à bord d\u2019un de ces beaux navires de la i son dernier sommeil, là-bas, en vue d\u2019Halifax et | Cie du Richelieu et de l'Ontario.Prenons le Bohemiän, par exemple, ce n\u2019est pas le plus coquet, mais ce n'est pas celui qui laisse le plus à désirer.Je laisse de côté les deux beaux morceaux, le Québec et le Montréal : je suis un gourmand bien plus qu'un gourmet.D'abord c\u2019est le départ ; quel va-et-vient sur le guai ! jamais on ne pourra emmagasiner dans les [lances du navire toutes ces marchandises qui sont là, au grand soleil.Mais, subitement, comme par enchantement, tout a disparu, tout est engouffré.Le sifflet mugit en laissant échapper un blanc panache de vapeur, le bâtiment s'ébranle.lentement il s'avance et gagne le \u2018canal de Lachine, s'arrètant à la première écluse.Les passagers retardataires profitent de la circonstance pour monter à bord, on met encore quelques ballots a fond de cule et le steamboat repart Le voilà qui s'avance majestueusement {sur les eaux calmes du canal ; les usines de la \u2018côte St-Paul se succèdent devant nos yeux.À bord, tout le monde s'est casé, bétes et gens.+ Les habitants, qui vont retrouver leurs dignes moitiés ont pris des places d'entrepont et l'Uinent silencicusement leurs pipes, assis sur des caisses, tout en rélléchissant aux grosses dépenses qu'ils ont faites en ville et dont il faudru rendre compte.Les bourgeois, les belles demoiselles, voire même les servantes endimanchées, tout ce monde est en haut.à la place d'honneur.Les groupes se sont formés, chaque jeune fille a trouvé son cavalier et les conversations commencent.Tout à coup, le piano pousse son premier gémissement, Une petite brune, aux yeux éveillés, a bien voulu se rendre à la demande de son admirateur et s'est mise à tapoter.On fait cercle ; seules, les mamans sont restées assises dans leurs coins et tricotent machinalement.En bas, on entend un bruit terrible, mais ce n'est rien : une simple querelle entre habitants ! Ces messieurs ont poussé des reconnaissances par trop souvent répétées vers la cambuse.La brunette enlève son morceau avec un brio qui excite des murmures d'admiration.Son cavalier est tout fier du succès de sa belle et se redresse orgueilleusement.À la demoiselle succède un grand garçon au tuint coloré, un habitué de ces bateaux- concerts.D'une voix langoureuse il nous chante : \u2018 Aimez moi seulement comme vos bêtes, Vos chats, vos chivns, vos p'tits oiseaux \u2018 Je me sauve en entendant un coup de sifilet.du bateaun; nous sommes & Beauharnois.Les quais sont couverts de fleurs, c'est-à- dire que ces fleurs ornent des coquets chapeaux de paillo et que les dits chapeaux recouvrent de charmantes petites têtes féminines.À Beauharnois, toutes les jeunes filles sont gentilles, chose rare, et comme elles sont aussi très curieuses, vous pouvez les voir se promener en grande toilette sur le quai, à l'arrivée du bateau.Les messieurs à bord, qui sont généralement de fort bons connaisseurs, se pressent sur les bastingages pour assister à cu spectacle qui a bien son prix.Les amis se reconnaissent : les mouchoirs s'agitent, les colloques s'engagent, mais ce monstre de capitaine \u2014 qui n'a jamais flirté \u2014 donne l'ordre d'appareiller.Adieu ! Le bätiment est déjà loin et la petite ville,si bien bâtie en amphithéätre sur les bords de ce beau lac Saint- Louis, s'enfonce et disparait dans la brume du soir.Le steamboat s'arrète encore, c'est la première écluse du canal de Beauharnois.Quelques maisons sont bâties ça et là, deux phares jettent leur lumière brillante, le tout a mérité le nom de ville, Mélocheville, grâce à un épicier entreprenant dont le magasin agrémenté d\u2019une 156 LE JOURNAL DU DIMANCHE buvette et bâtie sur la berge tente les passagers altérés.Plus loin, sur la rive droite, on devine Saint-Timothée, le coquet petit village ; saluons- le : c\u2019est une pépinière d'avocats ! Vers dix heures du soir on arrive à Salaberry de Valleyfield, un gros village moitié canadien, moitié anglais \u2014 comme son nom.\u2014L'endroit compte environ cinq mille âmes et est un peu plus important que la ville de Mélocheville.La grosse masse grisûtre de la filature de coton se détache sur l'horizon sombre, tout autour des petites lumières scintillent : en bas, sur le quai, des ombres s'agitent, et c'est un bruit do voix, de pas et de tonneaux roulés.Le bateau s'ébranle encore et le lendemain matin on salue Cornwallmn Le retour est encore plus attrayant que l'aller, la route est plus pittoresque et plus accidentée ; on descend le fleuve tout droit au lieu de passer par les canaux.Les cascades des Cèdres, celles de Mélocheville et les rapides de Lachine fournissent leurs parts d'incidents.A l'approche ; d'un sault, les passagères braves se renferment | dans leurs cabines, les intrépides se risquent à l'avant du bâtiment pour essuyer l'écume des vagues, et c\u2019est plaisir de voir ces petites têtes! blondes se pencher curieuses sur le gouflre.! qui n'en peut mais ! Ah ! vive le chaud soleil qui nous ramène tous ces plaisirs et toutes ces joies ! ToucHATouUT.LE ZOUTAVE, LES BRIGANDS ET LA JEUNE FILLE Tout le monde à encore vivace à la mémoire ce généreux mouvement des zouaves pontificaux qui, il y a quelques années, laissaient le Canada pour aller s'enrôler sous les drapeaux du pape.En allant combattre si héroique- ment pour les droits de l'Eglise.la plus noble des causes, ils ont émerveillé l\u2019univers entier par leur générosité et leur courage intrépide.L'éclat qu'a projeté au loin leurs baronnettes a rejailli sur le Canada et a décrit un tracé lumineux qui est une gloire nationale.Le séjour des zouaves à Rome a été marqué par des actes de bravoure et des traits d'hé- roisme qui honorent ceux qui les ont accomplis.En dehors mème des combats qu'ils ont affrontés si courageusement sur le champ de bataille, ils se sont parfois trouvés dans des positions périlleuses qui leur laissaient peu d'espoir d'échapper à la mort.L'Italie, comme on le sait, est infesté de brigands qui se cachent dans des antres sauvages où ils vivent de rapines et de crimes.Il arrive assez souvent qu\u2019ils capturent des gens riches et ils obtiennent parfois de fortes rançons ponr les rendre à la liberté.Ces brigands sont devenus la terreur des Italiens, et les zouaves étaient la terreur des brigands.Les soldats du pape allaient souvent en expédition pour chasser comme des bêtes fauves ces ineurtriers des forêts, qu'ils avaient droit de fusiller lorsqu'ils découvraient leurs cavernes.Un jour que les zouaves n'étaient pas de service, un de nos compatriotes obtint la permission de sortir de Rome et se dirigea du côté de la campagne.Ses magnifiques paysages, les odorantes prairies et les verts bosquets attirèrent l'admiration du zouave, qui parcourut une longue distance sans presque s'en apercevoir.Arrivé à un endroit où le panorama qui se déroulait à ses regards lui paraissait l'idéal d\u2019un paysage, il s'arréta pour admirer ce site enchan- : voyait pas quinze pas en avant de lui.T | teur et respirer le parfum des fleurs sauvages | son fils était tombé sur le champ d'honneur, en qu\u2019une douce brise lui apportait.sur cette verdoynnte pelouse aussi moelleuse que le meilleur divan.| longtemps le beau ciel d\u2019Italie qui a fait rèver plus d\u2019un romancier.Le zouave passa de l\u2019ad- | miration au sourmeil sans s'en apercevoir.! Tout à coup il est éveillé par une main rude \u201cqui le tenait par le bras.l£n ouvrant les yeux il voit à ses côtés un homme à la figure rébarbative, Sans perdre une seconde, le zouave porte la main à son côté pour saisir son épée, Il contempla pendant ! échos de la forêt.! ; mais le sinistre inconnu lui dit : * C'est inutile, je t'ai désarmé pendant que tu dormais.Je suis le brigand Rodolpho et tt es mon prisonnier.» Tu vas t'en venir avec moi, il faut que je passe et on ne me reconnaitra pas, on croira que je suis ton compagnon ; et si tu fais un geste pour me faire reconnaître, je te tire à bout portant.\u201d En disant cela le brigand, l'œil en feu, dirigea : son revolver du côté du zouave.Ce dernier ne pouvait se rebeller, car il était tué sur le champ.I lui fallut suivre le brigand.Îls passèrent par le village comme deux compagnons, et à l'entrée du bois le brigand s'arrêta pour bander les veux du zouave, afin qu'il ignore le sentier qui conduisait à leur caverne.A une courte distance du leur repaire le brigand tit tomber le bandeau des yeux du zouave.Il était au milieu d'un bois tuutt'u, où il ne Deux minutes après il était rendu.On le fit descendre dans une petite cabane creusée à imoitié dans la terre.L'arrivée du chef avee une vie- time fut accueillie par de féroces applaudisse- | ments.Le zouave se trouvait avec douze affreux bandits dont la figure sinistre inspirait la plus grande terreur.La première question qu'on lit au zouave, fut de lui demander s\u2019il avait des parents de riches \u2018 qui pourraient le racheter.Le zouave répondit | qu'il venait de loin et qu'il ne connaissait per- : sonne à Rome qui eût de l'argent.I dit que le seul bien qu'il avait était sa vie et qu'il I'avait offerte pour la défense du Nouverain l\u2019ontife.Comme les brigands avaient perdu tout espoir de gain, il ne leur restait plus qu'un seul moyen d'assouvir leur joie féroce, c'était de tuer leur victime.Ils l'attachèrent alors à un ; arbre et tirèrent sur lui à la carabine, chacun leur tour.Le zouave qui avait fait le sacrifice de sa vie pour la revendication des droits de l'Eglise, ne craignait pas ln mort.|] ferma les yeux, pencha la tête et se tintimmobile pendant que ses bourreaux dirigeaient sur lui leurs balles meurtrières.Néanmoins les balles ne Fatteignirent pas.Après l'avoir ainsi exposé au supplice, les bourreaux le détachèrent de l'arbre.Le chef Jui déclara que lui et ses compagnons lui lan-, çaient.des balles exprès chaque côté de la tête pour tacher de le faire mourir de peur; mais voyant son snng-froid, il offrit au zouave qu'il aurait la vie sauve, s'il voulait être un des leurs et faire partie de la troupe de brigands.Le zounve lui répondit avec indignation et fierté : ** Vous pouvez me tuer, si vous voulez, je n'ai.pas peur, mais vous ne ferez jamais un bandit d'un zouave du pape !\u201d C'en était fait de lui.Il était facile de prévoir le sort qui l'attendait.Tl ne craignait pas : de mourir, mais il eut mille fois mieux aimé verser son sang sur le champ de bataille, pour ; la cause de l\u2019Eglise.Ce qui l\u2019attristait le plus, | c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait personne pour dire à sa pauvre mère ce qu\u2019il était devenu, elle qui, dans son malheur, eut trouvé en quelque sorte une certaine consolation si on lui avait dit que de votre chef\u201d Il s'assied ; combattant pour les droits de l\u2019Bglise.Tout à coup un cri lugubre fit retentir les On eut dit des rugissements d'un ours tenant une proie dans ses serres meurtrières.Les bandits avaient compris ce cri qui était pour eux une bonne nouvelle et laissérent éclater lour joie sinistre avec une férocité capable de mettre en fuite une légion de bètes sauvages.C'était un brigand qui arrivait avec une jeune fille qu'il avait capturée.Une autre victime allait être immolée dans ce hideux repaire.Les brigands tinrent conseil pour savoir ce qu'ils fereient de leur dernière victime, lls décidèrent de tirer au sort alin de choisir celui | dans un petit village, je vais te tenir par le bras ; qui serait son maître et son bourreau.Déjà les préparatifs sont faits pour tirer aux dés.Le zouave demande aux brigands le droit de concourir avec eux, Après quelques hésitations ils lui accordent sa demande.Le chef commence et les autres suivent.le zouave devait tirer le dernier.Lorsque son tour fut arrivé, il se rend près de la table où étaient les dés, Alors il offre son tour au chef des brigands, Le bandjt ne se fit pas prier.M était déjà rendu pres de la table où il déposa son revolver pour prendre lus dés des mains du zouave.Celuici, sans perdre de temps, saisit l'arine du brigand et le pointa en disant : \u201c si tu bouges, je te tuv, et si l'un de vous remue un doigt,\u201d dit- il, en s'adressant aux autres, c'en est fait \"* Maintenant, ajoute le zouave, en prenant de sa main gauche le bras de la jeune fille, il faut que tu viennes nous conduire tous les deux hors du bois, je te promets la vie sauve et si tu ne te hites pas, je te tue à l'instant.\u201d Le brigand se voyant mal pris et n'ayant pas le courage d'affronter la mort, obéit en tremblant aux ordres bien formels du zouave.Il commanda à ses compagnons de ne pas bouger de leur place.Et comme leurs armes se trouvaient dans la caverne, ils ne pou- aient secourir leur chef.Ce dernier, qui ne demandait pas mieux que d'abréger ses terreurs, partit aussitôt pour conduire hors du bois le zouave et la jeune fille.Lorsqu'ils furent en lieux sûrs, le zouave renvova le brigand et revint à la ville de Rome avec la jeune fille qu'il avait délivrée et sauvée de la torture et de la mort: mais la jeune fille était devenue folle.ANTONIO, Montréal, ler mai [Ssh coe UNE HALLUCINATION Dans l'hiver de ESTH, le gouvernement de Québec fit faire des arpentages dans le canton de Metgermette, comté de Dorchester, dans l'intérêt de la colonisation.Un arpenteur de mes anis tut chargé de cette besogne.Mon ami, connaissant mes goûts pour la chasse, m'invita à aller passer quelque temps avec lui dans le bois, Je lui- promis d'aller lui faire une surprise un de ces beaux jours, Il avait quatre hommes à son service, et logenit avec eux dans une cabane « sucre, à nent milles de toute habitation.Vers lu fin du mois de mars, je pus rejoindre mon ami l\u2019arpenteur.Je fus reçu, il va sans dire, à bras ouverts.Durant huit jours je fis la chasse avec tant de succès que je ne laissai pas, au moins selon les apparences, un seul couple de perdrix pour renouveler l'espèce dans Metgermette. LE JOURNAL LU DIMANCHE 157 Un jour, comme je revenais de chasser, je trouvai un étranger à la cabane.C'était le propriétaire de l'érablière où nous étions campés qui venait faire les premiers préparatifs nécessaires à la fabrication du sucre.Il parut d\u2019abord très mécontent de ce que mon ami l\u2019arpenteur s'étaitemparé de sa cabane, sons lui en demander permission.Je réussis à le rendre de meilleure humeur en lui faisant faire la connaissance d'une certaine cruche de vin que j'avais en ma possession.Quand mon ami et ses hommes arrivèrent le soir, le sucrier était gai comme un pinson.Après le souper, que nous arrosäâmes du susdit vin de la susdite cruche, pour intéresser notre propriétaire, nous lui racontâmes une foule d'histoires plus ou moins bètes qu\u2019il parut fort goûter.Il était très tard, et nous racontions toujours nos blagues, Quand nous fiunes sur le point de nous mettre sous la couverture, notre sucrier nous offrit du nous intéresser, en nous racontant une aventure, ce que nous acceptimes avee plaisir.-lly a deux ans, dit-il, je faisais du sucre dans la cabane où nous sommes à l'heure qu'il est.C'était durant la semaine sainte.Le Vendredi-Saint les érables coulaient abondamment, et les auges et les rassots étaient si pleins qu'ils renversaient.Jusque-là je n'aurais pas travaillé le Vendredi- Naint pour tout au monde.Mais comme je voynis que je perdrais beaucoup d'argent en perdant beaucoup d'eau d'érable, je me décidai, après beaucoup d'hésitation, a faire la fournée.de ramassai tant d'eau, que j'emplis toutes mes futailles.Jo terminal ma besogne tard dans lu veillée, et quand j'entrai à ma cabane, j'étais épuisé de fatigue.J'étais tellement fatigué que je ne pus pren-_ dre mon souper.Je m'étendis sur le sapin et je m'endormis sans avoir eu le courage de faire ma prière.Tout à coup je fus éveillé par un grand bruit.Comme j'allais me lever pour savoir ce qui pouvait avoir fait ce bruit, j'aperçus dans l'em-, brasure de la porte de la cabane une grande croix blanche.A cette apparition je voulus fuir, éperdu, ne sachant ce que je faisais, tremblant de tous mes membres, mais la croix, prenant une position oblique.me barra le chemin, Je reculai an fond de la cabane, Le cœur me battait à me rompre la poitrine.et je sentais mes extrémités froides comme de la glace.Dientôt, sur la croix, toujours dans la porte, j'aperçus un homme les pieds ot les mains cloués et d'où le sang jaillissait.J'étais en présence du Sauveur mort pour le salut des hommes.Aussitôt je me jetai à genoux, les mains levées vers la croix.La ligure du Christ parut remuer, et la croix se mit en mouveinent et savança Vers Mol.Je me jetai la face contre terre.Au même instant, la bouche laissa tomber ces mots : - Que vous ai-je donc fait ?;Ç l\u2019uis je n\u2019entendis plus rien et tout disparut.\u2014Quel songe étrange vous avez eu là, dis-je en souriant.\u2014Un songe ?pas du tout, monsieur, el ce que je vous ai dit est arrivé à la lettre.\u2014 Vous croyez donc avoir vu réellement le Christ sur la croix ?| | \u2014Si je l'ai vu ?comme je vous vois là, jeune incrédule.\u2014Avez-vous vu autre chose, le reste de la , nuit, où vous avez eu cette apparition ?| \u2014\u2014Non, monsieur, car je m'étais évanoui en entendant la voix du Sauveur, et ce ne fut que deux jours après que je recouvrai la connaissance.Un sucrier de mes amis, qui était venu, le jour de l'âAques, ine faire une visite, me trouva à moitié inort à la porte de ma cabane._ Comment j'étais sorti de ma cabane ?je ne l'ai jamais su.| Comme vous voyez, j'ai été bien puni d'avoir travaillé le Vendredi-Saint.| « Tout le monde de ma paroisse sait ce qui, m'est arrivé, et cependant il y a encore bien des \u2018sucriers qui travaillent le jour ou notre Nei- .gneur est mort.« Il y aura encore quelqu'un de puni, vous verrez, Nous eûmes beau employer tous les arœu- ments pour persuader notre homme qu'il avait , été le jouet d'un songe, nous ne pûmes y réussir, i bien au contraire, en voyant notre incrédulité, il fut très mécontent : et si nous eussions continué à le contredire, il nous aurait probablement mis à la porte.Dien que je n'ajoutasse aucune foi au récit \u201cdu sucrier, il m'avait tellement impressionné que je fus bien longtemps à me tourner et retourner sur ma couche de sapin, et j'eus la \u2018nuit un songe dans lequel je vis des croix blanches.AUGUSTE VERGER.LARMES CHRÉTIENNES Ce matin, jour du Seigneur, je me suis rendu à l'église.J'y ai vu beaucoup de choses : quelques-unes m'ont tristement fait réfléchir.Dans ce temps de la charité et de l'égalité, , j'ai vu la sottise habillée de soie et de fourrures, \u2018resplendissante d'or se pavaner effrontément, et j'ai vu la haine crisper des lèvres.Là se tenaient : deux femmes : le hasard les avait rapprochées l'une de l'autre : ce mème hasard les tenait séparées depuis quelques années.Dans leur enfance.elles avaient grandi comme deux sœurs.Toutes deux pauvres, elles avaient partagé les memes amusements et rempli les mèmes devoirs.Elles s'étaient rencon- | trées sur les banes de la mème école, et plus ltard_elles recurent une part égale de durs labeurs et de souffrances.Elles vivaient ainsi | heureuses.Mais un jour vint qui changea leur existence.L'une d'elles reçut un magot et fit un joli mariage.Elie ne le méritait point.Sa com- * pagne, meilleure et plus intelligente, resta pau- ;vre.Le bon Dieu cependant lui accorda la \u2018part de bonheur et de paix dans la personne d'un brave et honnète ouvrier.Celle-ci resta \"bonne avec son mari, la première devint sotte , et méchante, et son mari ne l'ut qu'un chenapan, | De plusieurs années elles ne sv revirent, car | dès maintenant la richesse dédaignait la pau- | vreté.sa sœur d'autrefois.Elle est demeurée impassible avec sa figure ennuyée et dédaigneuse.Elle n\u2019a plus de cœur, me suis-je dit, un sac d'écus l'a remplacé.Ah ! quelle humiliation pour la pauvreté ! Se sentir intellirente, honnête, se savoir capable | O bétise ! pourquoi te réfugier si souvent sous \u2018le satin et In dentelle ! | Or, co matin le hasard les a réunies.Madame | s'est trouvée face à face avec son ancienne compagne.La curiosité m'aiguillonna.Jo connais- | attachés sur toutes deux.voir leurs mouvements ot de surprendre le jeu de leurs physionomies.pas regardé.sais leur histoire.Mes yeux restèrent lixement : J'étais anxieux de , Eh bien ! madame n\u2019a | Elle n'a pas eu un sourire pour \u2018 porte do l'habitation où il frappa avec une sorte de dominer de cent coudées celle qui vous éclabousse maintenant, celle que vous conduisiez naguère, celle que vous avez animée, aidée défendue! Quelle rage! Quelle puissance, huinaine peut arréter alors la révolte dans un cœur?Qui peut apaiser le courroux d\u2019une âme grande et fière ?Aussi j'ai vu des lèvres se crisper, des lèvres se mordre, des nerfs se contracter.Jl est passé sur le visage de cette pauvre femme un voile qui l'a assombri.Le sang ne lui est pas monté à la figure, elle a blanchi, et j'y ai aperçu une expression de haine indicible.Cette haine, qui pousse une population aux barricades, cette haine du bourreau qui regarde imimnoler avec volupté la victime de sa vengeance, la haine du dumné qui se tord dans la lave et qui maudit son Créateur! Quel spectacle horrible ! Mais ce ne fat qu'un éclair.Fai vu la pauvre femme se mettre la tète dans les mains.Son cœur s'est échappé de l'étreinte mortelle où il agonisait, et elle à pleuré.Ah! les bonnes larmes ! ah ! les douces larmes ! Elles attendrissent, elles réjouissent, elles sont le baume de l'ame.Je n'ai plus regardé, mais j'ai senti la prière s'échapper de son âme réconceiliée.Dans cette position de la rniséricorde et du pardon, j'ai senti, à l'expression angélique de ses traits, ses lèvres prononcer un dernier ave pour celle qui l'avait insultée si brutalement, pour sa compagne d'autrefois.|.A.T.Lévis, 20 avril.1ss4, LE PREMIER AMOUR DUN COURETR DES DOIS.Pen d'années avant la révolution des Etats- Unis, par une belle et claire nuit d'automne.un jeune homme, ou plutôt un enfant, car il avait à peine seize ans, se tenait immobile, adossé à un vieil arbre, en face d'une habitation de plus belle apparence que la plupart des autres constructions du pays.Les bras croisés, les yeux obstinément fixés sur une fenêtre, la seule qui l'ut éclairée, et d'où s'échappait parfois jusqu\u2019à lui un bruit de voix mèlé d'un rire franc et argentin, Il semblait dominé par une pensée unique ; ses sourcils froncés, ses lèvres serrées, son œil brillant d\u2019un éclat sauvage, indiquaient chez lui un violent orage intérieur.l'heure s'avançait, et le jeune homme restait dans son attitude silencieuse, presque mena- cante.Enfin la porte de l'habitation s'ouvrit, et sur le seuil, éclairés par la lumière de l'intérieur, parurent un jeune homme et une jeune fille.Ils échangèrent quelques paroles à voix basse, sans doute une charmante promesse ou une conlidence intime, puis la voix harmonieuse de la jeune fille se fit entendre : * Donne nuit, Ienri, et à bientôt ! \u2014bDonne nuit, mx chère Rose, et que Dieu vous envoie d'heureux songes ! \u201d l\u2019uis la porte se reforma, et l'amoureux s\u2019éloi- ; na paisible et réveur.Au moment où il allait disparaitre sous les arbres, le jeune homme, qui l'avait épié pendant toute la soirée, sortit de son immobilité et \u2018it deux ou trois pas rapides dans sa direction, comme s'il eut voulu le rejoindre.Puis soudain il s'arrêta, fit volte-face et courut vers la 158 1.1 JOURNATL DIET DIMANCHE d'impatience nerveuse.senta et le reconnut aussitôt : \u201c Quoi! Marse Simon, c'est vous! \u2014Je veux voir Rose F***,\u201d répondit sèche- | j'en ai trop.ment le visiteur.Et comme le domestique semblait hésiter.\u201c Allez lui annoncer ma présence, et dépê- chez-vous ou sinon.\u201d Le domestique obcissait à contre-cœur, lors- C'était une belle et que Rose elle-même parut.gracieuse personne de dix-sept ans.\u201cTiens, Simon ! dit-elle avec quelque surprise: il me semble que votre visite est un peu tardive, \u2014Et peu agréable, sans doute ?répondit Simon avec amertume.\u2014Ah!.pourquoi venez-vous alors \u2014C'est mon aflaire.\u2014Sans contredit : aussi vous laisserai-je vous arranger seul.\u201d Et se retournant avec hauteur, elle allait se retirer, mais Simon la saisit par le bras avec une certaine rudesse : \u201c Un instant, ma belle, j'ai un mot à vous dire.\u201d Rose lui lança un regard indigné.* Lächez-moi, monsieur.ou j'appelle secours.\u2014 Votre nouvel amoureux.peut-être / \u2014Quelqu'un du moins qui châtiera votre insolence.l'as J+ menaces, Hose, je ne suis pas d'humeur à les supporter.croyez-le.Ecoutez-moi, malheur à celui qui voudrait e: ce moment s'interposer entre vous et moi : Je suis fou.Rose, poursuivit-il d'une voix basse et tremblante, je sais que je suis laid.gauche, grossier, sans éducation ; wis comme un autre, j'ai du cœur et, sachez-le, on ne se joue pas de moi impunément.Rose, je vous aime, vous le savez; vous avez encouragé mon amour, vous m'avez fait espérer que vous seriez ma femme.Cependant, pour des raisons que j'ignore, depuis quelque temps vous me traitez froidement, vous me parlez à peine, vous m'évitez.\" La jeune fille parut embarrassée.\u201c« Mais non, Simon.dit-elle, vous vous serez trompé.\u2014 Non, répondit-il vivement : non, je sais, j'ai vu.La cause de ce changement est en vous.Vous en aimez un autre.Vous avez toujours eu du penchant pour Henri L'«#*, et c'est à Jui que vous me sacrifiez.Mais il m'en rendra raison : j'aurai sa vie ou il aura la mienne.\u2014Oh! ne parlez pas ainsi; vous m'épouvantez.\u2014dJ'agirai comme je parle ; si je ne suis qu\u2019un enfant, j'ai la force et le courage d'un homme.Par passe-temps ou par vanité vous vous êtes jouée de moi : vous savez comment je me venge.\u2014 Mais pourquoi toutes ces menaces ?au Un domestique se pré- | \u2014Vous tenez done beaucoup à ce que je vous {latte en vous assurant de ma préférence ?| \u2014Non, Rose ; point de Ilatterie, j'en ai assez ; | Je vous demande de la sincérité une fois dans votre vie.Rose, vous vous êtes | jouée de moi.Me préférez-vous, oui ou non ?* Voilà ce que je veux savoir.; \u2014Et, dit-elle d\u2019un ton insinuant, pouvez-vous supposer que je vous préfère Henri ?, \u2014ose, je crois vos actions plus que vos paroles.\u2014Comment! vous m'accusez dit-elle avec quelque dépit.\u2014 J'ai mes raisons pour agir comme je le fais.Répondez-moi catégoriquement : prète à renvoyer Henri et à ne plus le revoir ?Rose fit un geste d'indignation.» Monsieur! vous oubliez, je pense, que vous parlez à la lille du Colonel F*#=, Je ne vous autorise point à me poser de semblables questions.vous, vous en avez le droit : \u2014 Mais je ne le puis, Rose : vous le savez.\u2014Alors, Simon, prenez-moi comme je suis, et résignez-vous.N'oubliez pas que je suis un peu plus vieille que vous, et que j'ai un caractère qui ne se soumettra jamais.\u201d de l'endant quelque temps, la conversation con- , tinua sur ce ton.La jeune lille, avec l'adresse d'une coquette accomplie, excitait et calmait tour à tour son rude et fougueux adorateur, et semblait prendre plaisir à provoquer ces alter- ! natives de jalousie, de colère et de tendresse.Elle le congédia enfin, mécontent d'elle et de lui-même, incapable de formuler plainte sérieuse, i mais pourtant irrité de se sentir amoureux et : humilië par le sentiment de son infériorité dans la discussion qui venait d'avoir lieu.Tourmenté par mille pensées confuses, il marcha quelque temps à l'aventure, puis machina- \u2018lement tourna à droite et s'enfonça dans un petit \u2018bois que son rival avait dû traverser en se retirant.ll arriva ainsi à une clairière isolée que traversait un cours d'eau large, mais peu profond.A la clarté de la lune, il apereut un homme assis sur une pierre, et tout d'abord il : Adevina L'##* avant de l'avoir reconnu.Cette Vue ralluma toute sa colère.Après une minute , d'hésitation, il marcha rapidement vers Henri, trop préoccupé pour remarquer son approche, il lui dit brusquement : \u201c Que faites-vous là ?\u201d Tiré de sa rêverie par cette interpellation, L#*## tressaillit et regarda son interlocuteur.; \u201cQue vous importe, Simon / Vous n\u2019êtes pas chargé de me garder.\u2014Il m'importe beaucoup, et je puis vous le prouver, que je vous garde ou non.\u201d Ilenri, quoique moins grand que Simon, avait trahison ! Ç LEtes- vous | Si mes maniéres vous déplaisent, retivez- | tranquille.Vous m'avez suivi évidemment pour me chercher querelle.C\u2019est de la folie.\u2014Soit.Alors défendez-vous.\" Et Simon s'élunça sur son adversaire qui, fort et résolu riposta vigoureusement.Tous deux s'enlacèrent, luttèrent corps à corps, puis roulèrent à terre lourdement.l\u2019eu à peu cepen- ; dant Simon prit le dessus, et son adversaire, | plus âgé que lui, sentit avec dépit ses forces \u2018 décroitre.Honteux d'une pareille défaite et {résolu à ne pus céder à un rival qu'il croyait indigne de lui, il fit un dernier effort, tira de sa poche un petit couteau pliant, et en frappa Simon au côté.Mais il était aflaibli par la lutte, et sa main mal assurée, ne fit à son adversaire {qu'une blessure légère qui acheva de l'exaspérer.Arrachant le couteau à son rival, Simon, à son tour, le lui plongea à plusieurs reprises dans In poitrine.\u201c Vous m'avez tué,\u201d dit Ienri d'une voix affaiblie.Simon se releva frémissant.En présence de ce corps étendu à ses pieds, sa colère tomba \u2018subitement et il entrevit toutes les conséquences de sa fatale rencontre : son nom flétri comme celui d'un assassin, sa famille déshono- ree par lui, enfin le châtiment inévitable de la loi, d'autant plus sévère que le meurtrier n'avait ni amis ni protecteurs, et que la victime au contraire appartenait à une famille riche et puissante.\u201c Henri, êtes-vous mort / dit-il d'une voix atterrée en se penchant sur le corps de son rival.Parlez-moi, Henri, un mot, rien qu'un mot.LDites-moi que vous allez vivre, et j'oublierai tout : Rose elle-même, que j'aime tant.\u201cje partirai, on ne me reverra jamais.\u201d las de réponse: le blessé gisait pâle, sanglant, immobile.Simon jeta sur lui un dernier regard : \u201c Mort ! s'écria-L-il, il est mort ! Je l'ai tué \u2018\" Et désespéré, il s'enfuit rapidement à travers le bois et courut à sa cabane.Ses parents dor- | maient : il les réveilla, leur raconta brièvement ce qui venait de se passer, puis, muni de sa carabine et de quelques objets de première ; nécessité, il fit un rapide adieu à sa famille i consternée et sortit en versant les dernières larmes que lui ait jamais arrachées une émotion tendre.Au point du jour, il était loin déjà.; marchant seul, mais résolu, dans la direction | des grandes solitudes de Far-West.| Autant ce récit est peu connu, autant était ; populaire le nom de Marse Simon, ce légendaire héros des frontières, qui, pendant tan: { d'années, fut la terreur des Penux-Rouges, et | qui mourut dans une vieillesse tranquille, après ! une carrière aventureuse semée de traits d'une incroyable audace.Tel fut pourtant le premier pas dans la vie de cet homme de fer, perdu par \u2014Parceque, aujourd'hui seulement, j'ai la deux ans de plus que son interlocuteur, et il ne | I'emportement de la passion, et tourmenté, pen- preuve de votre trahison.Je soupçonnais depuis longtemps la vérité : ce soir, voyant Henri venir de ce côté, je l'ai suivi de loin.Pendant toute la soirée, Rose, j' me suis tenu sous le grand orme, observant la chambre où vous étiez avec mon rival : j'entendais vos éclats de rire ; j'ai entendu votre tendre adieu quand vous vous êtes séparés.Je sais tout, vous le voyez.Maintenant, un seul mot, et parlez franchement : Me préférez-vous a llenri 2\" L'embarras de la jeune fille redoubla.\u201c Pouvez-vous me demander cela ?dit-elle d'une manière évasive.Oui, Rose, je vous le demande, et j'attends votre réponse.\u2014 Alors entrons quelques minutes ; nous serons mieux pour causer.\u2014Non, Rose, je n'entrerai pas ce soir.pouvez me répondre ici.Vous put s'empécher de répondre : \u201c Quais ! qu'avez-vous donc, Simon ?-Vous paraissez bien insolent pour un petit garçon.\u2014Ne m'appelez pas ainsi, crix Simon, furieux, ou je vous tire sur place.\u201d Henri se leva.\u201c Si c\u2019est là votre jeu, je saurai vous répondre.\u2014Oui, j'aime mieux ce jeu-là que l'autre.\u2014Quel autre ?\u2014Vous ne le devinez pas ?Allez donc le demander à Rose F+«#, | \u2014Ah! vous êtes jaloux.; comprendre.| \u2014Ce n\u2019est pas malheureux ; mais vous vous trompez, je ne vous honore pas de ma jalousie.| Seulement je ne veux pas que vous revoyiez ! Rose, car cela me déplait.\u2014Simon, vous feriez mieux de me laisser Je commence à dant de longues années, par des remords dont lil ne connut que bien tard le peu de tonde- ment.| Henri s'était guéri assez facilement de ses ; blessures; il épousa la coquette Rose, et le résultat le plus clair de cette rivalité amoureuse entre deux garçons de seize ans fut la mort des pauvres Indiens que Simon expédia en nombreuses hécatombes, dans les bienheureux territoires du Grand-lisprit\u2014._\u2014.- - LE COIN POUR RIRE.Une devise que nous recommandons à M.Beaugrand : Tout pour Dieu el pour la l\u2019atrie ! 2 de LIZ JOTIIRNAT, 1917 JDINLANCHHE 159 Deux traductions : N.S.Ry.Chemin de fer de Notre Syndicat.Humbug.Mommne-punaise, pd Le svaupathique propriétaire de l'hôtel Richelieu est un nouveau Moise qui a su ajouter à la répnta- tion déjà fameuse du rocher ! ge He sie Les gens qui passent rue St-Gabriel sont toujours bien mis et paraissent très affairés : c\u2019est la rue de Ja l\u2019ompe et de la Presse, Traduction oflivielle du Grand Tronc : Beware of confidence men.Prenez garde aux hommes de vonfianve ! A qui peut-on se fier, alors ?it Pourquol les myopes désirent-ils tous être actionnaires de la Cie du hateau traversier d'Hochelaga ?f'our pouvair dire qu'ils ont le long œil ! Un opérateur n'est pas un faiseur d'opéras.Une femme qui file est une femme honnète.Un homme qui file est nn coquin.de ne comprends pas qu'un homme de vingt-denx ans s'appelle Tranchemontagne : cr nom-là n\u2019est bon que pour les mineurs! (RIBOUILLE.cw LE TOUT MONTREAL.L'Armiy et Navy Gazette de Londres.annonce otti- ciellement que le Major-Général Middleton doit sucvéder au Général Luard, eu qualité de romman- dant-en-chef des milires canadiennes.Lo General Middleton n'est pas pour nous un étranger.il a dejà résidé de longues années au Canada avec les troupes régulières de Sa Majesté.Le général a épousé Mademoiselle Eugénie Doucet fille de feu M.Théod.Doucet, ancien notaire de Montreal.C'est beau d'être rorzon dla force, la puissance, la richesse el comme si tout cela n'était pas suffisant on reçoit des cadeaux de ses humbles sujets La Societe Saint Jean-Baptiste a decide que pour rappeler au Saint-Loms du 24 juin sa royauté éphémère, elle lui otffrirait une medaille en or, grand module.d'une valeur de 8160 ; médaille que MR.Reuilac à fait frapper à Paris spécialement pour la virconstauce et sur des dessins qu'il à fournis.A ce souvenir vraiment royal, le comité ajoute lemagniti- que tableau représentant le passage de lacavaleade surla Place Notre-Dame et que tout Montréal a pu admirer dans la vitrine de M.Beullac.C'est tout simplement un petit présent de 8250 que le roi Saint Louis de Montréal mettra le 24 juin dans le gousset tte sa cotte de mailles.Le comité honorant le courage malheureux, offrira à chacun des candidats non élus, une médaille magnifique qui leur rappellera qu'ils ont, par leur caractère et leur réputation, mérité le suffrage d'une grande partie de leurs concitoyens.* Nous avons assisté avec beaucoup de plaisir à la conférence donnée par M.le Dr de Bouald, au Cabinet de lecture paroissial ; nous regrettons que la nature même de cette conférence, qui portait sur des questions économiques et physiologiques de l'ordre le plus élevé, ne nous permette pas d'en donner un résumé qui sortirail par trops du cadre du Journal, Nous espérons que M.le Dr de Boual livrera son magnifique travail à l'impression afin d'en fadre profiter ses nombreux autis.On lit dans le Moniteur Universel de Paris: Auvers\u2014ll y a quelques jours, un agent de police visita l'hôtel Saint Antoine, à Anvers, et demanda mystérieusement S'il n\u2019y avait pas dans la maison un \u201c grand monsieur avec une jolie femme\u201d Il paraît qu\u2019un grand monsieur et une johie femme avitient, la veille, changé une fausse banknote de 30 vaieut être arrèlés, Or, il ne se trouvait ditns l'hôtel qu'au grand monsieur, M.Gye, l'habile directeur de Coveut- Garden, et une jolie femme : haui.Done, à 7} b.un agent fut introduit chez M.Gye et lui ordonna de le suivre immédiatement au bureau de polire.En vain M Gye protesta, montrant Patliche dn spectacle annoncant pour le soir même Mme Albani daus Lucie, au Théätre-Royal, et ajouta que madame ment qu'il l\u2019accompagnät; en vain le maitre de l'hôtet répondait de l'honoratilité de M Gve, Force devait rester à la loi.Heureusement, grâce à vue petite ruse et pendant | que l'agent parlait avec le propriétaire, M.et Mme \u2018Gye s'échappèrent par une porte dérobée, el tous | deux en voiture arrivèrent en hâte au théâtre, mais à temps, Inutile d'ajouter que la chose en est restée | là, et que M.Gve à reçu les excuses de l'administration.ce MODES DU JOUR Le soleil nous dit enfin bonjour : il reste quelquefois caché.histoire de s'amuser, mais lorsqu'il se montre, il nous envoie ses ravons les plus chauds et les plus éelatants.Nous entrous veritablement dans la belle saison, la saison des fleurs.des jolies toilettes et des jolies femmes.Attention à vos loi- lettes, mesdames! Si l'hiver le vêtement de fourrure, le pardessus de drap épais couvre tout et permet tout, même la robe fance, il n'en est pas ainsi pendant la saison d'été.L'été est la saison élégante par excellence et celle où l'élégance est la moins voûteuse et la plus vraie.Pour être bien habillee pendant la chaude saison, ce n'est pas tant l'argent qui est nécessaire que le bon goût.La richesse du costume, des agréments et des garmitures n'est pas indispeusable, et je prétends que plus les costumes sont simples mieux cela vaut.Pour être bieu habillée, al suffit souvent de bien choisir ses étoiles, d'étudier leurs combinai- sous et d'avoir une bonne couturicre.Une robe simple, bien taillée et bien ajustée est toujours une belle robe.d'insisterai beaucoup sur le choix de la couturière à cette époque de la saison ; tout se voyant dans la toilette d'été, il faut en conséquence que tout aille bien : le plus petit défaut suffit pour abimer la plus jolie des toilettes.Après avoir appelé le soleil à grands cris, notre pre- mitre préoccupation, dès qu\u2019il arrive, c\u2019est de nous préserver contre ses ardeurs.ll est génant ce soleil ; sterling, et la police pensait sans doute que n\u2019im- | porte grand mousieur avec une jolie femine de-, sa femme, Mime Al: etait en train de s'habiller, et qu'il fallait absolu- il nous réchauffe.il nous réjouit, mais hélas! il nous brunit quelque peu le teint.Vite l'ombrelle à lit rescousse ; il fautabsolument protéger nos figures, jet pourtant nn pen de bistre t'est pas toujours à i dédaiguer sur certains visages! L'oimnbrelle est presque la partie la plus changeante et la plus i variable du costume.Il y a loin des petites fantai- | vies de nos mondaites modernes aux meubles respectables que portaient nos aieules, Aujourd'hui on | fait des ombrelles en tout el avec tout; on ne leur | demande qu\u2019une chose : c'est d'être jolies et de peu | ae durée.La grande mode parisienne du moment | c'est l'ombrelle eu fleurs naturelles.Certes, ce doit être une chose bien charmante qu\u2019une jolie tète ainsi encadrée de fleurs et de verdure, mais il lui faut un cadre a l'avenant et je crains que l'élégante | montréalaise, qui voudrait suivre cette toute gra- | cieuse mode, ferait plutôt preuve d'excentricité que | de bon goût.Les ombrelles de lia saison conservent l'originalité et la variété du manche auquel nous tähons de nous accoutumer depnis longtemps déjà, malgré l'excentricité qui en signale le plus grand nombre.Les étoiles seront claires et lumineuses, une véritable symphonie de couleurs, sous un adora- | ble fouillis de dentelles et de plumes frissonnantes.les unes entièrement voilées de tulle avec gerbes de fleurs, les autres en satin, relaifssées de plumes et \u2018de choux de dentelle.d'autres enfin entourées de perles étincelantes, Dans un ordre d'idée plus simple, je signalerai les ombrelles en croisé d'Andrinople, unies ou avec \"un large motif brodé sur un vôte ; les ombrelles en teoton ecru et en coton beige, ornées de la mème | manière, celles en votonnade brune, pourpre ou ! i bleu marin, avec bordure de houx, imprimée en rè- serve, sur fond éeru où beige.Ces impressions sont la grande vogue du jour.sur coton ou sur satinette ; les dessins el les dispositions en soul variés à l'infini, depuis la fine traîne jusqu'au semé le plus serré.La dentelle en garniture au bord des om- { brelles est toujours employée et le sera encore long- \u201ctemps, car la mode en est très jolie et très utile.par suite de la douceur qu\u2019elle donne à la figure.Les parasols Japonais jouissent enrore de lu fa- \u201cveur du publie : ils ont réellement la vie dure : seule- \u201cnent s'ils sont restés comme forme le papier impri- | mé a fait place au tissu.Le plus employé à cette fin est la brocatelle.sans dentelle, naturellement ; le style ne la comportant pas.| Lin dehors de ces quelques nouveautés, qui ont disparu presque aussitôt qu'elles ont été revues, j'ai ate à mème d'admirer chez MM, Boisseau & frère, ; l\u2019ensemble des modèles parisiens el anglais de la saison.Ombrelles unies, en votonnade.eu satinette êcrue.beige.grise, noire, ponveau, doublées de cou leurs brillantes, avec nœuds de rnbans rappelant la doublure; ombrelles imprimées avec fleurs ou feuilla- | ges, ombrelles garnies de tulle.de chenille, de | broderie ; bref il y en a pour toutes les bourses et pour tous les goûts, et on en reçoit encore.Choisissez bien vos ombrelles, mesdamnes, c'est une arme aussi utile qu'un éventail, et de plus c'est presque un drapeau: dans la toilette, ce qu\u2019il faut surtout soigner ce sont les extrémités Un bon conseil avant de finir: quand vous voudrez acheter une ombrelle, visitez d'abord les magasins bien assortis, important directement et continuellement les nouveautés européennes, et vous aurez de belles choses à peu de frais.Dans une autre chronique je vous dirai pourquoi ; mais en attendant suivez mon conseil et ne manquez de voir les modèles de la maison Boisseau frères.| Pépia. 160 FEUILLETON DU JOURNAL DU DIMANCHE\" LI: JOURNAL DU DINLANCHE A l\u2019âque où les mariera, répétée sur un rythme cadencé, comprit qu'il | 5 14 Het het tra rive riri ! luieüt été difficile de se tirer par un subterfuge du piège où l'avait poussé son excès d'enthousi- ' asme.Aussi, comme il était bon enfant, il ne se fit pas prieret entonna, aux applaudissements frénétiques de l'assistance, une vicille chanson picaresque.Danseurs, spectateurs et musiciens rinient à gorge déployée des vontorsions que faisait le brave sergent pour joindre la mimique aux paroles.Un seul pourtant parmi les auditeurs restait bouche close, l'air défait et contristé.sait pas, il ne prenait pas garde à ce qui se passait, 11 se trouvait mélé à la fête, mais il n'en : faisait point partie.LE SECRET ble ROCH DEUNIEME PAT HIT LE MAURIT IN Pauvre Koch! De temps à autre, son regard triste et mélancolique s'arrétait sur le couple LE BAL.qui tournoyait, enlacé, dans la ronde, et qui paraissait, en ce moment, ivre de bonheur.(Suite.Diégo et Marie, maintenant que leur secret appartenait au village tout entier, ne son- \u2014Après ce qui s'est passé entre son père et Geaient plus, avec l'égoisme propre à l'amour, lui ce matin! s'exclamaient les plus sceptiques, qu'à leur prochaine union, et telle était l'exal- \u2014Ce ne peut être que Rafuel Trujilio, le fils tation de leur imagination qu'ils oubliaient, l'un du meunier, dit sentencivusement celui qui et l'autre, combien la réahté leur réservait à voulait paraitre le mieux informé.tous deux de cruelles soutlrances.\u2014Ou bien Roch le sacristain, lissa malicieusement celui qui voulait passer pour le plus lisait que la joie.Cependant il les coimtemplait plaisant.sans envie.Sans doute cet amour hautement \u2014Le frère du Linot! s'écria-t-on en chœur, avoue, dont toute la Chènaie était témoin, devait en appuyant cette interjection ironique d'un briser à jamais toutes les illusions, toutes les long éclat de rire.espérances du pauvre enfant trouvé, et devant \u2014Que ce soit n'inporte qui.le fait est que cette certitude, tout autre que lui eut rugi de c'est quelqu'un, reprit le paysan sentencieux, | désespoir.Mais Roch ne s'occupait que de \u2014Nilence ! cria l'un des inusiciens, un peu Marie, et il se disait que l'amour véritable doit : les hommes ne voient pas les choses de ln vexé de voir que l'on accordat a ceux qui ve- pouvoir aller jusqu'à cet extréme sacrifice.naient du dehors plus d'attention qu'aux figures La curiosité des paysans était satisfaite ; tous de la danse.Le rappel à l'orde du räcleur de violon pro- rie et Diégo étaient, à dater de ce jour, fiancés.duisit son effet.Les chuchotements, les con- Ainsi le voulait la coutume, et personne n\u2019eût versations cessèrent, et la foule s'ouvrit pour osé y redire.Aussi le bal avait-il bientôt repris livrer passage aux arrivants qui faisaient depuis son animation accoutumée, ce qui n\u2019empéchait : quelques minutes l\u2019objet de ces divers commen- pas quelques-uns des anciens de hocher la tête taires.Crrâce à la tante Paca, mise dans la con- eh se demandant si Marie avait bien ou mal fidence, le fils de l'aleade avait échangé la pro- fait de promettre su main a un jeune homme: | 0, I \u2018ques amis à Salamanque et ailleurs, on verra saique redingote, qu'il portait en entrant au vil- Tout fils d'alcade qu'il est, disait-on, il se trouve lage, contre le poétique costtune des montagnes, présentement dans une position encore plus.et il se retrouvait au milieu des jeunes gens de critique que celle de Cosme Nogales, le pauvre Ja Chénaie comme s'il ne les eût jamais quittés, diable irrévocablement appelé à partir pour la et comme s'il n'eût point dù se séparer d'eux.guerre, Jovial, ragaillardi.Diégo paraissait avoir ou- blhié tous ses soucis, Il serrait la main avec ef- penché vers Robreno, lui dit quelques mots à fusion à tous ceux qu'il rencontrait, et telle était l'oreille.Le sergent eut l'air étonné, mais le au fond l'amitié de tous les paysans pour le fils ton sincère de son interlocuteur le décide à d'Angèle, que pas un d'eux ne se souvenait des céder au désir qu'on lui exprimait, D'une voix menaces proférées quelques heures auparavant forte il chanta, accompagné par les instruments : par don Gaspard.Les anciens de la Chénaie s'étaient groupés devant la boutique du barbier.C'est vers ce point que se dirigen Moch, laissant Marie et Diégo dans la foule.Un grand vieillard à barbe blanche, qui avait vu naître tous ceux qui étaient présents à la fête, faisait fonction de doyen d'âge.Il était assis dans le siège réservé qui servait de fauteuil de la présidence.Quand tout le monde fut installé, il donna de la main le signal de la fête, à laquelle on n\u2019avait fait jusqu'alors que préluder.\u2014Dansez, mes enfants, dit-il.À la Saint-Jean joie et liesse pour tout le monde, Le sergent Robreno, mis en humeur, était monté sur l\u2019estrade de l'orchestre et battait des : deux mains pour animer les danseurs.Mais, par une contradiction toute naturelle, sa démons- | tration chaleurcuse produisit une impression | tout opposée à celle qu'il attendait, en ce sens qu\u2019elle attira les regards sur lui et porta une vingtaine de jeunes fous à crier à tue-tête : | \u2014Chantez, chantez, hé! sergent, chantez ! Marie rougit.Diègo la regarda en soumant.Robreno, un peu étourdi par cette invitation | foule bissa le couplet picaresque en répétant : Het he: tra viva rire! Phis-mmoi, Gil, pourquoi tu bouzrs: Het het tra viva rire! C'est Ja niece da eure, He! he! tra mira rire! (ui nous mnoutre ses bas routes.Het he! tra rira rire ! l\u2019ourquoi.Gil.es-tu navre ! He! he! te rica rive! (nl s'est mis en frais d'ailleute, Hé! hé\" tra rira rire! Mais la belle à préfêre Hel het tra rira rire! Diego, le fils de l'aicade.He! het tra rira vire ! l\u2019auvre Gil, il en mourra.He! hé! tra riré rira! A Pâque on les märiera.Hé! hé! tra rirë rira* la Il ne dan- \u201cpartir le jeune homine.Dans leurs physionomies le sacristain, lui, ne , les commentaires étaient désormais inutiles.Ma- .À ce moment, l'un des musiciens qui s'était - ! ln même temps des hourrahs, des battements de mains se firent entendre de toutes parts, et les musiciens, redoublant de zèle, raclèrent \u201cleurs violons à briser leurs archets., \u2014Je ne croyais pas Marie aussi sournoise, \u2018dit malicieusement un des anciens qui etait assis à côté du président.| \u2014Il n\u2019est fille si sage qui ne soit sournoise enamour, mon cher Dautista, répondit le vieil- ! lard ; je gage qu'hier encore l'abbé ignorait le ! secret de la petite, et qu'elle ne l'avait pas choisi pour confident.Ils s'aiment : qui peut s'v opposer?C'est la volonté de Dien, co doit ètre celle des hommes.\u2014Lt que va dire de cela l\u2019aleade ?\u2014Qui sait ?mais il est probable que, suivant l'usage, l'abbé ira demain matin lui demander son consentement.\u2014 Mauvaise commission.\u2014Assurément.\u2014Don Gaspard semble bien décidé à laisser Quand Jo pense que l'année dernière, pour faire libérer mon José, j'ai vendu ma vigne et mon pré, et je n'ai garde qu'un coin de terre ; mais, en somme, mon fils * était mon fils, Et le vieux paysan essuya une larme en songeant au sacrifice qu'il avait dû faire pour sauver son enfant, car, à cette époque, l'em- pècher de servir sous les drapeaux, c'était l'arracher à une mort presque certaine.\u2014Que voulez-vous ?répondit Dautista, tous meme manière.\u2014 Mais, le barbier, qui depuis un quart d'heure brülait de se mêler à ln conversation, s'il part pour l\u2019armée, que fera-t-elle \u201d \u2014 Elle fera, dit Bautista, ce qu'a fait détunte Dlaise ma pauvre femme, que Dieu ait son âme, elle attendra jusqu'à Paques ou à la Trinité.\u2014L'abbé Juan parait ne pas désespèérer de sauver Diégo, repartit le barbier ; il lui reste quel- bien.Et puis il y a toujours, comme dit l'abbé, lu miséricorde divine, qui ne livrera pas au désespoir deux cœurs aimants et bons, \u2014Ce qu'il y a de plus ficheux, objecta Daulista, c'est que le jeune homme n'est pas tout a fait aussi bon qu'il en a l'air.N'a-t-on pas | conté de lui pis que pendre, et ne sont-ce point ses folies de Nalamanque qui ont mis son père en colère ?| \u2014_ Folies de jeunesse, dit le vieillard qui pré- \u2018 sidait ; folies condamnables sans doute.mais pour lesquelles on ne saurait point être inexorable, s'il s'en repent.Ce jeune homme n'est ; pas mauvais, il est de l'étoile dont on fuit avec \u201cdu calme et de la patience un honnète homme.La tyrannie de son père le pousse à l'exaspération.Ce n'est pas ainsi qu'il faut s'y prendre.\u2014 Soit; mais franchement, Marie eût pu faire , Un choix plus heureux.\u2014Oui et non.L'avenir nous l'apprendra.; Aujourd'hui, ce qui est fait est fait.Tandis qu'ils parlaient ainsi, la nuit était venue, et le président de la fete jugea convenable de donner, suivant la contume, le signal du départ général.Les musiciens raclèrent un air, et les danseurs se séparèrent.Robreno avait à cœur d'éclaicir un point qui restait obscur dans son esprit.Il arréta par le bras un des paysans qui s\u2019en allait.(A suivre.) 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