Le Journal des Trois-Rivières, 21 décembre 1869, mardi 21 décembre 1869
[" SEME.ANNEE- Al SOA oc 3.oN - A +r -\u2014 .CN ee cm ES LES TRGIS-RIVIBRES, MARDI 21 DACEMBRE.1469.Ett one step Ste.Le \u2014 nes re re cs POLI \u2014 , TIQUE, INDUSTRIEL ET LITTERAIRE.SE es Sp Tr em \u2014\u2014 = mr rt pre > mr \u2014 M, McLEOD, Rédacteur, \u201cIN NECESSARIIS, UNITAS; IN DUBIIS, LISERTAS; IN OMNIBUS, CHARITAS.\" - DUFRESNE, Frèies, Propriétairesee EE \u2014 y \u2014 ere mere \u2014 - - rer ee re ra PROVINCE DE QUEBEC.| _ _ 4 Lettre de Mgr, l'Evêque d'Ortéans au Clergé de sen Diochve.PE .OusERVATINs #fR LA CONTROVENSE SOULEVÉR RALAPIVEMENT À LA DÉFINITION DE L'INFALL LIBILITÉ AU PROCHAIN OONCILE.VII (SUITE) Kt ils poarront étred'antant plus induits à considérer la définition de Vinfaillibitité du Pups con.me une conséoration implicite de ces doctrines si re duutées, que ces dootrines sont loin d'Gtre ubandun.pies.Sans cesse les journaux qui se donnent par- pii nous empme les purs représeatunts des principes romains, étulent ces theories dae leurs colonnes, les établissent àgraud renfort d'argam ats, et vont même jusqu'à signaler, conne attachés d'uthéisme, In doctrine à laquelle tiengent si fort les sunverains ostholiques comme les non catholiques, de l'inslé pendanco des deux puissances chacune dans su sphé- re.[I y & très peu de temps que nous lisions, citéos aves loge par un journal frangiis, les piro'es suj- vuntes, ott I'gn compar aux manichéens, coux qui soutiennent que les denx glaives no sout pas daus ln même malu : * Ÿ aurait-il dono deux sources d'autorité et du \u2018 pouvoir, deux fins suprôu-s pour les membres .Fae même société, deux buts divers dans l'idée 4 de l'être ordonnatenr et deux destinées distine \u201ctes chez na même home qui est à la fois mew.\u201cbre de l\u2019Hglise ot sujet do lita?Mis qui ne \u201cvoit ds suite I'sbsurdité d'un se nblab.e aystôrue ?# (est lo dualisme des minichésas, sinon l'athé- *isme.\u201d C'était là aussico que prétendait l'abbé de Lamannais, dans les emportameuts da 8 Ingique, et, contre le premior des quatre articles, 5) posait où di Au reste, Mgr.l\u2019Evêque de Poitiers n'est pas le seul à parler ajusi, Parwii les théologiens, les plas grands parting de l\u2019infaillibilité\u2019 avouent eux.mêmes les prodigieuses difficultés prutiques qui peuvent se rencintrer ici.Ce sout, disent-ila des difficultés inextrienbles, Intricatissime diffculrites ; et les plus habiles, ujoutent-ils, ont toate la peino du moude à s'en tirer: cn quibre dissoleendis mul- tum theoluyi peritiores laborant.lo Dilicultés tirées de lu vécessité da défisir los conditions du [nate ec rathedra, thas los ugtes pou- Ulicaux n'ayant pris ce crruetire, Zo Difficultés tirées du double caractère da Pupe considéré soit comme ductèur privé, svit comme ape.# Difficultés tirées des multiples questions de fait qui se peuvent poser À propos de tout acte ex cathrdea, , 4o Difficulida tirces du passé et des faits historiques, .Bo Dilfioultés tirées du fond méwe do la question; vu Difficultés, enfin, tirées de l'état des esprits coulemporaius.Li premiere chose a faire par Je Concile, avant de porter ici une défiuition dogmatique, eo genit duue de terminer les © mditions de \u2018mnfaillibiliré car@éfuir l'intaillibilité du Pape, sms préciser et définir les conditions de cetto infuillibilité, ce se- Tail no rien définir, parce que ce sorait définir trop, ou pas ussez, Maïs comment déterminer ces conditions?Les théologiens en dispatent, soiten théorie, in abstrac tn, Bolt in covercto e.en \u201cait.En un mot, quand et comment le Pape est-il infuilhble ?Voild ee qu'il faudra détorminer.Mais c'est ici quo les difficultés ne sont pls médiocres, Le Pape, toutes les Fois qu'il parte, est-il infaillible?Des théologiens l'ont pouré \u2014Ou bien ne l'est-il que quand Il parle, comme un dit, ce cathe dra.! Mais d'est précisé nent pour définir les eondi- tions de la parole eæ cathedeo que le Concile, si Jjuzeait À propre d'entrer dans cette question, aurait lurt à étudier et fort à Eure, Qu'est-ce, ca offet, que ln parolo en crtheidra ?quelles en sont 1a conditions?On disoute la dessus dans toutes les écoles: les us cxigont plus et lus lemme: uitramontsinou athée.Ces excès lui out ! peu réussi.Et, au fond, sous co rapport, les écri- | vaing dont il s'agit foi scut do Pdonle de lnmeumais, Mais plus ils reprocheut aux zouvermemmnts done! pas admettre lu doctrine de la B Île Uncu scurtem ét de tenir à cotte indépendance des deux puis.cei.plus ijx* démontrent eux-mêmes Ja force des répugnanoas ot l'univarmalité des répulsions que Jo redoute.; Et quand je parle de l'indépradance des doux puissances, loin de moi la pansée de metue en dou- t+ un senl instant la divine et certaine autorité de l'Ezliso, pour définir, proclamer et rappeler, aux gouvernements comme uur sujets, les saintes ob éternelles règles du justo et de l'injuste ?Mais 1 n'est pla qcetion, où lo sait bien, et c'est trop évident! Ni, los vieilles suscoptibilités na sont pas près de disparaître : uo journalisme passionné a tout fait pour les ranituer ; et nulle part, on le peut affirmer avez mestitude, ni en France, ni dans Li catholique Autriche, ni dans la Bavière et sur les lorls du Rhin, ui dans l'apostolique Espagne, ni duns us Portural, qui naguère chassaît los Sœurs de Charité, les dispositions des gouvernements curopéeus ne sont favorables à Ja proclamation du dogme aunuu- cé.L'hzore vous paraît-elle done venue de réveiller d'un bout de l'Europe à l'autre les baines contre le Saint Biége 2 .Ou plutôt, l'heure présente n'est-elle pas déjà pleine d'assez nombreux et d'assez grands périls ?Veut-on muttre à l'ordre du jour, duns l'Europe entière, la séparation de l'Eglise et do l'Etat ?| Veut-on même faire courir au concile d'autres | chances ?Que faudrait-il, dans l\u2019état netuel de I'L.! talie et de l'Europe, pour mener les plus grands! tralheurs ?I] est impossible de so le dissimuler, il y a des esprits qui tieunopt à poussor l'Eglisouux dernières extrémités.Dans quel intérêt ?VIT J'arrive maintenant aux difficultés théologiques, non précisément de l'infullibilité pontifiele, \u2014cette question, encore une fois, je ne lu traite, ni daus un sens, ni data un autre, \u2014mois aux difficultés théologiques de la définir ; car ces difficultés-là, si olles sout vralmient sérieuses, sont aussi une forte raison contre l'opportunité.Les journalistes qui semblent vouloir cnjoindre au Concile du définir l\u2019infuiihbilité du Pape, et de lu définir pur sgclamation, se doutentils des condi tions dans lesquelles le Concile aurait à faire cette définition ?Certes, on ne le dirait pas, à la tranière dont ils en parlunt ;\u2014comme Îls nose doutent guère de ce qu'il y a d'étrange, de prodigieusemsent anur- wal, et de tout A fait impossible, dans le rôle qu'ils se donnent depuis six mois surtout, eu.s'iugérant &u poiut où ils le font dans los affuiros les plus in tines du gouvernement de l'Eglisedo Ne suis pus surprix, d'silleurs, do lenr extra: orlinaire imprudence.ls ue sont pus théologiens.OUR, Messieurs, vouk connaissez toutes les ques Lions que je vais rappeler : elles vous sont enseignées 508 nos écoles, Mais en mme temps qu'on vous à criscigne, on vous apprend à no pas ca cntrete- Ni luutilement Jes fidèlos, Prôtres, nous avons uv double devoir : d'est d'étudier les choses obscures et De prêcher que les choses cluires.Quant uux la- Îques, encore une fuis, je ne leur reproche pas d'i- proces tuuia je leur roproobe d'agiter et du trancher © questions qu'ils ignorant, Ils ve savent pas d quelles difficultés ils touchent étourdiment, et je suis malheureusement ubligé de les eu avertir, en os Tappeluut, à vous, wessicurs, ce que vous 8a- ex déjà, \u201cRa matière si grave et si délicate et si con Frere dit avec uns raison supérieure Mgr.1'E- \u2018êque de Poitiers, on ne doit se luisser guider vi « par l'eashousiasme, ni par le sentiment personnel ; « fous \u2018les mots duiveutôtre peséset expliqués, :, Loutes les faces de lu question uxumingos, tous lex !, 588 prévus, toutes les fausous applicutious écartées, « Lous los ioconvénieors balunoés avec les avau- «tages (8) 1 .a ON Et ti an grrr rt primer omélle prononcée dans la chapelle de son grand- autres moins, Ly Cardinal Orsi ue parla pas prea sémont comme le Cardinal Belluming ni Be armin courte de Cardinal Capolluri, qui fut depuis le Pupe Grégoire XVI, Mausi parle, soit de \u201c Conciles assemblés préaln- ; blement,\u201d soit de \u201c ducteura appelés,\u201d 2oît de # con- grégutions institué:s\u201d et de * suppiications publiques.\" * Sans cel, ditil, que Bossuet le sache * bien, nous ne recuupuissons plus le Paps comme \u201cinfallible.(9).Bellurmin easye de consilier ceux qui disont: Luntifer consilinm andwi! wlioron pestorum, avee ceux qui disent qu'il peut détivir tout seul, iam sls (10).Ish bien ! devant toutes ces divergences d'opi- uions, et je n'en cite que quelques-unes, \u2014car on en compte ut bien plus grand nombre, même parmi les théolugiens ultromontaing,\u2014comment agira le Conerle?11 faudra done qu'il cotreprevne, approuvant les unes, réproavant lea autres, la rude tâche de faire, d'une fagon dogmatique ct absolue, un choix p+rini toutes ces opinions théologiques ; mais sur quelles bâses, certoines, claires et indiscutables, s'uppuieru-t-il pour culs ?Encore une fois, qu'ust-co donc exuctement qu'uu uote ce cuthedra 7 Est-ce un situple bref?Qui, disent les uns; non, disent les autres, Est-ce un reserit ?Mémo partuge d'opinions, lat-ce une bulle, une allocution consis tortale, encycliqué ?Faut-il, dans l'acte re cathedra, que le Papo s'u- dresse à toute !'Iglise ?\u2014 Qui, diseut la plupart.\u2014 Non, dit uv Anglais professeur laïque de théulogie at journaliste contewporain qu'nd il ne parlerait qu'à au seul Eväque, 04 mêne à un simple ai jae, il pont avoir voulu enseigacy vc cuthedra.Lt est uescz (11) .Kb bien alors, faut-il uu moins, comme plusieurs le réclament, pour qu'il n\u2019y uit aucun doute BUT BON inteution, que le Pupe définisse la doctrine sous lu savotion d'un smathème contre l'errour ?; \u2014Ou suffit-il, comme d'autres le préteudeut, qu'il exprime, d'une m mière quelconque, sun intention do faire un dogme ?\u2014Ou bien enfin, comme le soutient eos ore le théologien laïque que ju cituis tout à l\u2019Leure, peut-il parler ce culkedra mêus quand il v'exprimurail pis oluirement sou inteutiou d'imposer la foi?Etiamsi obligntio assensam prestandi non diserte ecprimatur (12).\u20140 : bien faut-il cumme certains natres le veulent, que Je l\u2019ape ait consulté?Et, s'il le faut que doit-ii consulter ?Quelques Evê-ques ?vu, à défaut, d'Evêques, les Cardinaux ?ou, à défaut \u2018des Cardimaux, les congrégations romaines ?vu, à défaut des congrégations rousaiogs, des théologiens, des doe- teurs, et combien ?Sulfirait-il d'un décret qu\u2019il Auwait dress seul dans sou cubinut ?Pourquoi dis- Unguer, disont quelques-uns, là où les paroles des prumuezyes ve distinguent pas?\u2018 Voici, du resto, un autre théulogien contemporaiu l'Allemand Pldips, que cette difficulté d'arrêt pas.Pour lui ls détimrion & cuthedri ue demande que le Pape cousuite qui que ce suit : ui le Concile, ut l'Eglise romaine, ni lt collége des Cardinaux.Le ducteur allemand va plos loiu cucure ; il n'est pas nécessaire, selon lui, quo» bo Pape réfidchisse mi rement .; .w Ni qu'il étudie soigneusement la question, à la lumière de la parole de Dieu écrite et trudi- tionnelle ; «Ni qu'il élève sa prière vers Dicu avunt de pro- noucer.\u2026 , \u201c Sans toutes ces conditions, sa décision n'en se- rat pas moins aussi valide, ausst valable, nussi obli- guluire pour toute l'Eglise, que e'il avait observé toutes tes précaations quo diete la foi, la piété, le bon sens.\u201d , Que faut-il donc, selon ce docteur, pour qu'uve dédiuition sois ce cuchedra# Lo voici: * Il reste à * dire d'après cela pour défondrs le valeur d'u we \u201cJécisiou ex cuthedra, qu wile existe, lorsque le 0) Do Maistre, De Pape, liv.1, ch X, V.(10) Disputationes Bellormuni, ; ; (1) M.Ward, Ve anfailithiiat ais eztensions, thers duo domi, p 35.3.Ward est ua nncien Juinistre apgli- cuin converti, rélé catholique aujourd'hui, et qui « «Le; quoique Inique, professeur de thévlogie au grand smi : Pape daus un Cuncile ou hors d\u2019un Concile VER- * RALENENT Où par écrit, douns À tous les fidèles \u201coliétiens, comme Vioaire de Jésus-Christ, au .nou des Âpoires Pierre et Paul, ou en vertu de l'autorité du Saïut-Siére, où en d\u2019autres termes \"semblables, avec où vuns la mennce de l'anathèmo \u201c une décision relutive au dogme ou À lu morale.\u201d (Phitips, dict, Gosoh les articles f'upe.) D'après ce théologien, l'Igliée t 4 pus le droit de wetire Une restriction ni vus conditun « uclcony ue, quant À lu vdlidicé, à l'exeroigg de l'infundibilité Un deriv rn français, uuteur d'au récent traité De Pup, ve dit guère autre chose, et ne demande, vour que ie l\u2019ape, purlant à l'Egliso auiverselle, suit wii ible, qu'une conditions: now ps qu'il ait délibéré, ctudié, cousulté, mais simplement qu'il ait eu l'intention de faire un dogue, et qu'il n'ait pas été violenté.: M.Ward, nous l'avons vu, ne demande môme pis que lu lupe s'adresse à l'Eghso: qu'il g'adresse à un seul évêque ou & un seul Ligue, ccia sutfit, Voilà dune de quelie sort: quelques-uns ne ora gueut pus, aujourd'hui, de traiter ces imuenses questions ! .Judis quelques uns, et je prie qu'on veuille re- MAFQUEF G8 MOL; 64F Ju ite vou-lrais pis que toutes les plus extrêmes thénties parussent fir: contre on luteution, mises au cu.npte du toute la théolu- pic catholique, Eh bien! en présence de toutes ces opinicns, le Joncile déclarera-Lil qu\u2019il ÿ à une furme nécessite, sous raquelle lu Pape SERA TENU d'uzercer son 1n- fallibilité Ÿ où bien lu forme n'y lerait-elie rien ?et lo Pape sera-tal infullible, quand et de law andre qu'ii jugeru bou de l'être, sans avoir ni prié, ni étudié, nt consulté, et s'udressant au premier fidèle venu ?Et, pui-que déterminer en quelle circonstance le Pape est intuillibie, c'est déterminer was dans «quels les cuuditions it ue l'est pris, il y aura duvo à détinir fei deux dogs uu lieu d'un : le dogme de l'infail- Hibilité et le dog.ne de la faillibilité ?On déclurera, come du foi, non-seulement que le l\u2019apo est infan- lible dans tellos et telles conditions, mais cucore que dans telles conditions ol est fulhible, Ft comment, vucure une ting, 8'y proudrat oa pour fixur ves limites ?Où sont-cuies clairement duus l'ucriture ?Où sout-etles dans |onseignemunt, ai varié etat coutradiemnire loi, des théviogiens ?(Quuiles opinions vu-t-vu ériger en dugmes ou co hé- résivs ?dt si on ne le fait pus, dans quel lucounu v-t-on juter l'Islise ?IX Mnigce n\u2019est pas tout.O\u201ctre Ie question de droit, il ÿ auru oncore la question de fair, Qui décilera, vn fait, que telle décision du Paps remplit toutes les onnditions d'un déoret cz evthedru / Ce divcer- nement serait-t-il toujours facile ?Non.C'est ce que reconnaissent de bonne foi les par tisaug les plus avancés de l'infaillibilité pontificale, Le thévlogien anglais Ward, par exemple, dit cx- pressément : \u201c Puisque toutes les alloeutions pouti- + fiçalus, toutes les lettres apostoliques, mê ne tou- $ tes les Eneycliques, ne contiennent pas de défini- 4 tions ce cathedrn, il faut regardee de près pour + dffeceener d'une façou suffisinte quels sont veux $ de ces actes où Jo Souverain l'ontifo doit être cen \u201cgs paler oe cuthedra ; et il fant y regarder de + près dans les notes mêmes we cathedra, c'est-j-Jia + duns los notes infuillibles, pour bien discerner ce 4 qu'il enscigne ec cathedro, c'est-à-dire ivfuil'ible- \u201cment (13).\" ; Et cu discornement est al difiéile par fois aux thé- olofivns eux-mümes, que M.Ward reconunît, asce une inudestie qui l'hunore, avoir commis et « pinià- trement soutenu une grave méprise, touchant la nn- ture des netcs poutificaux de diverses sortes, où avaient été flétrics les propositions signalés plus tard dans une pièce récente émanée dc Rome, Tlavait cru etil affirmait que chacun des actes qui a fourni des propositions au recueil app-lé Sylfebus, devait | être regardée par cela seul comme ayant le curne- | wre d'un nete ce cuthedra.Ce qu'il confuse- waintenant avec franchise uvuir Été une.grosse erreur.L'histoire ecclésiastique, du reste, est pleine de Faits semblables, Un se rappelle certains actes con- xidérables des l\u2019apes, dans lee temps passés, sur Jesquels les théologiens ont tint disputé et disputont encore, pour savoir s'ils gout, oui vu von, ex cathe dru.; \u2018Quand le Pape Etienne condamna saint Cyprien dung la question du baptéma des hérétiquos, a-t il parlé ec cuthedru ?les uns affirmont, les autres nient.Quand le Pape Honorius, consulté snr la question dus monothélisue par Sergius, patriarche de Constan tinople et d'autres llvéques orientaux, Corivit ces fameuses lettres qui donnèrent lieu à tant débats, n-t-il parlé ex cuthedra ?Lus thévlogieus out encore ià-dessus vivement discuté, Qui décidera done ?L'Eglise, [faudra donc souvent en revenir, de fait, à une décision de l'Eglise, En effet, outre les deux questions de fait dont parle M.Ward.et qui se doivent poser À propos du tout neto ec cuthedra,\u2014l'uete est-il er cuthedra ?\u2014et s'il l'est, sur quoi porte préci-ément Ju détirition ¥ ~il y en à une autre; pus ai simple dans la pn- tique qu'on pourrait le croire d'abord, et que voi- et: o Ne se peut-il jamais reucontrer, en effet, dans la suite dus siècles, tel Pape do la liberté duquel ou puisse lésitimement douter ?Les plus zélés suut bien foreds de le reconuaître et d'admettre, en présence de l'histoire, qu'un l\u2019ape,sous l'iufluenez de la crainte, peut définir l'ur- reur.Voilà donc, dune certuines circonatances, Une troi- : sidme estion de fait à constater : la pleine et cotiè te liberté du Pape ?N'y en a-Lil pag une quatrième; ear, ai un Pape, même déclaré infaillible pourrait encore, même dans un acte ex cathedrs, crrer sous le coup de l'intimidu- tion et de la orainte we le pourrait til jamais par entraînement, pur passion, par imprudence Ÿ Les théologiens, partisans del'intuillibilité, expliquent we non: Dieu, disent-ile, ne fera pas do miracle « vos Je premier cas, pour empécher un Papo faible de céder à la érainte ; mais lien fera toujours un (18) Cirza has bigitr aliozationes et lilterag aposto- licay adlaborundus eat, ul satis dignoscatur in quibue- nam eurutd Pontifex ex cathedra Joqui, et cathodru doce- paire de l\u2019Archevéché de Westminster.(18) Fhid, Thecis dumdeeras , re jure ceuscatur.dans lo second, pour empéshor un Pur\" pawionné ou témétaire d'errer par imprudence; ot cela, ajoutent quelques-uus, même quand le Pape-n'auruit priv unouno des précautions qu'on apporta d'ordinaire dans unc affsire sérieuse : ils vavens-qu'an Pape peut défiuir l'erreur par faiblesses; pis autre meot, .; Voilà l'explication de 0e théolurient Mais je posa jui celte question : Sera-til toujours g£ue l'appré- oier Ju contrainte qu\u2019aurs pu subir ud\"Rapo ?Non: il peut se reucontrer ds 08 oËtine tefébauatatation soit chos.fort délicate; et \u201c tous les cas doivent être prévus, \u2019 Comme uussi, * trites les faces du la question examinées.Cruit-on que lu solution de toutes cos difficultés serait une mines bewogne pour le Concile ?it cou écrivains quotidiens, qui en parlent ai fort à leur aive, parce que les difficultés ne les inquiètent gui- re,\u2014ils ve les voient seulement pas, \u2014sontils auto- visés, commne ils le fout, À preserire aux évè jues de n'en charger ?, X C'est bientôt do dire que la question, vujourd'hui, est jogép; nais les vrais théologiens, leg théologiens sérieux, savent bien qu'au fond il n'en est rien ; et que, si le Concile ici veut procéder uveo la maturité et Ja gravité dont ces scintes assemblées de l'Egliso na se sout jamais dépirtios, loruqu'il s'est agi de! jrotlimer les dormes, de bien longs labeurs peuveut être reserves d vos délibérations.La tridition, quels que puissent être ses témui- gnoges, est-elle donc i i unanitie, ot l'histoire vane embarrag ?C'est sur co terrain surtout que lu déti nition de l'infuñibiliié poutiieale, ei te Concile ers- yait devoir s'en oceuper, l'entruînerait foi.caent dans les plus luugues ct les plus délicates recherches.Par 1a définition, en effet, de l'infaillibilité, por- sonnelle du l\u2019apr, cene serait pus l\u2019avenir seulement qu'on engogerait: ce serait aussi tout le passé, Car, si le Pupeestinfuillible, ib l'a touju rs été.La proclamation dece dogme donustait, d'un coup, le curuôtère de décisions infhillibles à tout re que les Pupes, lepuis dia huit gitolee, ont Jamun décidé, a'ils l'avaient fait duns 1g conditions et log formes qu'on aurait déterininées pour l'exercico de l'inluillibilité.Je dis que le Cuncile ne pourrait rien uvou u exatniner de plug grave et de plus épi neux.Je rapp=lnis tout à l'heure deux souvenirs histo.viqu =: lu dispute du Pape saint Étienne uvec naînt Cyprien et la répouse du Pape Honorius à Seixius, nu sujet du monothéliame.Kh Lien, vil était prouvé que salut Etienne avait prononed rx cuthedra, infailliblement, obligatoirement, saint Cyprien ut lex Evêques qu oùb résisté ue croyaient done pas à l'infrillibilité du Pupe ?Et saint Augustin, qui les excuse, parce que, dit- il, l'Eglise n'avait pas oncora prononcé (14) n'y org yuit donc pas non plus ?Lt quand il éurivuit, au sujet deg Danatistes, qu'après le juxsemeut de Iome, il restait encore eelui de l'Eglise universelle, restu- bu acthue plennriane anicere Eedesie Cons ilinm (15), àl croyait done qu'après le jug ant de Rome Le jugeiNent de l'Iidlino devait entrer pour quolque chase dang la définition de la foi ?Voilk nu neuvel ex inpie des difliultés que l'examen das faits\u2019historiques peut sonlever, Du mêmo pour Houoriue.Ou à écrit des volu- ms encore pour prouver que les nets du sixié ne Concile, qui l\u2019a gondumné, avaient été altérés ; des volumes pour prouver que 62 Pap+n'u pas réelle- meut chselgué l'hérésie ; des volumes encore pour prouver qu'iTônorius n'a écrit qu'une lettre privée, Quoi qu'il en soit de ces direussions, si l'âcheu- ses à aonlever, qu'Honorius ait été héritique et con- dumné justemont comme tel par un Concile œoumé- nique, qui a provoncd, /fonario hœretico anathen-e ; ou qu'il uit été simplement va fauteur de l'hérésie, et reprouvé comme tei par les Pape soy succes seurs, dang Ingformule du serment qu'ils pronon- galent à lenr snoro : Que pravis corner assertion: Due fonnentrnt tiapendit : c'est aivgi que s'exprime le Léher divraus pontifientis, recucil des votes authentiques de ln chancellerie romaine.\u2014 En dehors de ces points d'histoire incontestéa, une autre question, fort sérieuso assurément, we présente ici : Dans ce temps 1, le Concile «ocuménique, l'Eglive, par conséquent, considérait le SAuverain Pontife lui-même, adressant sur une question de foi à de gendes Yzlisos des lettres dogmatiques, Lirtepax ole jnvetiear (16), comme sujet à l'erreur, et les Evêques réunis, ecnime compétents pour le coudam- ner et lui dire nnnthème ?Kit le Pape Liou [In confirmé la sentence du Concile ; les Krlixce d'Orient et d'Occident l'ont acceptée.Le Pape Léon 11 et les Fulises croyaient donc également qu'un Pape, s'expliquant sur des questions de foi portées à son tribunal, peut méritor l\u2019anuthème ?Voilà un point eur lequel le Concile auraît cucore à se prononcer.Je n'ni ni ln prnsée nilo Lemps de faire ici ce qu'il serait nécessiire qe 1e Concile fit pour pro- \u2018céder avec lu circonspection secoutumde des Conciles : une revue complète de l'histoire.Je laisse les dificultés que peuvent soulever les Papes Vigile et Libère ; mai ju demande permission de rappeler cacoro un seul fait.Au moyen Âge, un Pape, Buscal El, fait à un empercur d'Allemagne, Heuri V, une concession tellement exorbitanto sur investiture des Evêques, qu\u2019un Concile s'assemble à Vienne, et qu\u2019un Archorêque, qui devait plus tard monter sar In chaire de guiot Pieere, sous le nom de Calixte IT, déclare que ls conergzion fuite pr le Pape implique une véritable Bérésie, herresin esse judicavimus, CL condamne si lettre à l'enspe- teur.Et déjà, le Pape lui-même, en plein Concile de Latran, en présence de plus de cent Evômnez, s'é- \u201ctait humilié de son propre mouvement, ot le Concile avait causé et annulé ya concession, Quoi qu\u2019il eu suit de la faute de Puscal UE, à tout le moinu, ses coutemporains et lui-mémo eroyaient done qu'un Pape peut tomber duns l'hérésie 7 Dira t-on qu'une hérésie implicite, et copoudant dizne d'avuthème, dung un graud soto pontifical, ve prouve rien coutre l\u2019'ivfailiibilité, quand cet ucta n'est pus une définition ce cathedra 1 Mais \u2014\u2014\u2014 (14) Seint Augustin.De Baptiaine, (16) Epiat, ad Guor.Bleus, x vis.comment faire compreudre à ln foule ces distine- tions ?.Car voici un autre oôté de 1a question, doit ln Conuiss aurait encore à go prdoccuper 88 icuscment ;.Jos conséquences de lu défiuition au point de vuo dix lLiowmes dv eu temps.XI T ne fint pis #, faire d'illusion, non seulement sur les esprits incrétéules, wais euoore la wasse duor- me des esprity ches qui la fob ent faible.Pour wa part, je no pula penser sans effeobwd nombre do ceux quo lu définition demandée éloiguerait de vous pout- être à jumais.Muis portr les fidôles eux-mômes, la défivition se rait elle saus juconvéuients / , de tie vois eucore iol conuaiut du poser dus questions qui tue répugneut profondäweut.Mais ju par- I lu puss et pour l'aveuir.On aous contraut do réveiller le p15sd eudormi, et nous avous à travailler pour le giteles futurs, Voilà dance le Pape déclaré iufaillible, qui réan- invins pout, conmo écriva.comme doctours privé, faire un livre hérétique es s'opiniûtrer dans l'hérésie, C'est l'opinion générale, Bien play, voild le Pape qui même comme Pape, quand il wo parle pas ex enthedria.\u2014ob wéwe duns un acte vù il parle ce cuthadru, en oo qui n\u2019est pas l'objot précis de Li détinition, \u2014peut, de l'avis vui- versel, errur, enseiguer l'erreur ; et puis être jugé, condumné, dép ed, Jlh bien ! supposons au J' qe errant, où accusé d'erreur : il l'audra prouver quo son eusciga:ment, on n'est quaneeathods , ou ne Lpas erroné : quelle difficulté nouvelle vi le l'«pe n ét6 déclaré infaillible 1 En we contestant yun fait, vo vomblera-t-on pas coutest«r wu droit?lat a le Pape s'obstine, quel désarroi dang les Ames E Di faudra dune faire le procès pour cause d'hérésio à oului dont lulaithidité sora won dugine, Qu'uv nvuvel Flonorius daus l'avenir se reacon- tre, qui, je ne div pas détinisse, mais pur dos lettres dogm tiques, adressées À de grandes Etelisco Formeute d'héréaie,\u2014la déclaration d'infaillibilité no l\u2019um- pêchera pas;\u2014miis se représente t-on quel serait en pareil cas to trouble de l'Eglise et des consciences Sans douto, los thésIngiens distingueront ici les nnnnecs et les délicntesses, et montreront qu'il n'y 1 pas précisément définition ; mais la foule des esprits qui ne sont pas tholozicns, cumment ponrra- t-ollo distinguer que le l\u2019ape faillibls, dans tel où tel acte, méwe comme Pape, uo Pest plus dans tel ou tol autre?Comment comprendra-telle qu'il puis- xa Être infaillibe, ot fomenter, par de grauds notes puntificaux Vhérésic ?Aux yonx du prablie, ce
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