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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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Références

L'action nationale, 1997-11, Collections de BAnQ.

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[" I/AcI ion Volume LXXXVII, numéros 11 et 12, novembre/décembre 1997 Quand même vos espérances auraient été trompées non seulement sept fois, mais septante fois sept fois, ne perdez jamais l'espérance.Lamennais La déportation québécoise Deuxième partie Rosaire MORIN directeur de la revue Aux précurseurs, en guise de reconnaissance et aux héritiers qui auront le courage de l'espérance Jean-Daniel Côté, Lucia Ferretti, Robert Laplante, Ronald-É.Laviolette, Michel Rioux, Paul-Émile Roy, Marc Veilleux et des hommes d\u2019affaires ont lu le texte La déportation québécoise.Ils ont transmis d\u2019excellentes remarques qui ont modéré l\u2019ardeur et la colère de l\u2019auteur.À tous ma gratitude et mon amitié ! Quand même vos espérances auraient été trompées non seulement sept fois, mais septante fois sept fois, ne perdez jamais l'espérance.Lamennais ha déportation québécoise Deuxieme partie Rosaire MORIN directeur de la revue Nous exprimons notre sincère gratitude aux personnes qui ont collaboré à la réalisation de la Déportation de l'épargne, deuxième partie.Nous avons pu bénéficier de la collaboration enthousiaste et efficace d\u2019une vaillante équipe.Laurence Lambert, adjointe au directeur de la revue, a réalisé les graphiques, une partie des tableaux, les travaux de mise en page, de correction et de recherche d\u2019identification des gestionnaires, conseillers, comptables, etc.Denise Joyal a localisé les titres, dirigé la recherche et vérifié les rapports des fonds.Claire Caron a compilé les placements dans les entreprises, relevé les sociétés filiales des banques, établi l\u2019imbrication des banquiers dans les entreprises et produit les tableaux et annexes des revenus, actifs et employés des entreprises identifiées dans le Financial Post 500 de juin 1997.Sylvie Chagnon et Régine Lebourhis ont rédigé et dactylographié l\u2019ensemble des rapports de tous les fonds mutuels.Jean-Marie Pesci a vérifié les placements des sociétés dans les banques et les fonds mutuels.Yves Fortin a accompli une diversité de tâches multiples: impression, classification et divers travaux de recherche.Marie-Laure Prunier, directrice du secrétariat, a réalisé la correspondance avec l\u2019ensemble des présidents des divers secteurs financiers impliqués dans la recherche.Elle a assumé divers travaux de coordination.A tous, ma cordiale reconnaissance. Le capitalisme n'a pas de pays! Sommaire I.\tUn chantier plein d\u2019embûches .9 II.\tLes réservoirs de capitaux.24 III.\tL\u2019importance des fonds mutuels.95 IV.\tLes placements des fonds mutuels .124 V.\tL\u2019anormalité anormale.209 VI.\tLes répercussions.244 VII.\tLes objecteurs .282 VIII.\t« Il n\u2019y a pas de projets ».305 IX.\tUn plan de développement .378 X.\tConclusion .414 XI.\tAnnexes.419 XII.\tLes annonceurs.535 XIII.\tLa table des matières .557 En hommage aux éclaireurs Josepb-Papin Archambault Orner Héroux Edouard Montpetit Lionel Groulx Esdras Minville André Laurendeau Richard Arès François-Albert Angers Jean Genest Patrick Allen et aux 1 500 collaborateurs de L'Action nationale La cigale, ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue.La Fontaine La déportation québécoise Deuxième partie T 7 JL_J Action nationale est une revue d\u2019idées.Une revue de combat.Elle analyse des faits.Elle en dégage des leçons pour l\u2019avenir.Elle intervient dans tous les domaines de la vie collective: culture, éducation, vie sociale, économie et politique.Dans la vie d\u2019un peuple, il n\u2019y a pas de démarcation tranchée entre chacun de ces domaines.La revue «a trop le sens des réalités pour ne pas attacher aux problèmes économiques l\u2019importance qui leur convient.De ces problèmes, l\u2019épargne et son emploi sont l\u2019un des plus intéressants»1.C\u2019est pourquoi la revue s\u2019est toujours «intéressée» à l\u2019épargne.Aujourd\u2019hui, plus que jamais, parce que l\u2019heure est grave, L'Action nationale est engagée, corps et âme, dans ce chantier.Elle conduit une enquête dans tous les secteurs financiers.Elle entreprend l\u2019inventaire de tous les réservoirs de capitaux.Elle est persuadée que « le capitalisme a mieux à faire que d'entasser des richesses et qu\u2019zY a un rôle social à jouer» (Esdras Minville).L'Action nationale n\u2019est pas une grande revue.Son influence est limitée à l\u2019action de ses lecteurs.Elle veut jeter aujourd\u2019hui une faible lueur sur l\u2019avenir du Québec.C\u2019est l\u2019espérance qui ins- 1.J.-N.Cabana, Pour nous et chez nous, L'Action française, janvier 1917, 226. pire nos réflexions et nos propositions.Nous voulons, selon le mot de Talleyrand, avoir de l\u2019avenir dans l\u2019esprit.Certains fédéralistes nous ont reproché le caractère politique d\u2019un débat économique et social.Pour maintenir un maximum d\u2019unité autour de nos objectifs, il conviendrait, disent-ils, de faire comme Desjardins lors du référendum : se taire.Mais se taire, c\u2019est accepter le statu quo.C\u2019est la parole sans bruit, en silence.Pour nous, le problème est global.Le social, c\u2019est l\u2019âme.L\u2019économie, c\u2019est l\u2019œil.La politique, c\u2019est la bouche.Rien n\u2019est séparable.Chaque partie forme le tout.L'Action nationale n\u2019est pas indépendantiste comme certains.Souverainiste pendant le sommeil.Elle est indépendantiste le jour et la nuit, sept jours par semaine, 365 jours par année.« Nous ne sommes pas assez nombreux pour nous reposer», comme aimait à le dire Edouard Montpetit.La présente publication a pour but d\u2019informer les lecteurs, la presse écrite et parlée, les syndicats, les entreprises, le gouvernement et la population sur la déportation de l\u2019épargne québécoise.L\u2019objectif est de redresser une situation scandaleuse.L\u2019épargne québécoise doit d\u2019abord contribuer au bien-être des épargnants.Or, pour assurer leur aisance et leur bonheur, ce bien-être doit coïncider avec le développement du Québec.Le dossier d\u2019aujourd\u2019hui précise le champ de la recherche.Il présente d\u2019abord la taille des réservoirs de capitaux.Il analyse le secteur des fonds mutuels, leur importance, leurs placements et leur gestion.Sous le titre L'anormalité anormale, il dévoile le visage des maîtres de l\u2019économie.Les répercussions de la déportation de l\u2019épargne sont exposées dans les domaines économique, culturel, social et politique.Il sera aussi question de l\u2019ultra-libéralisme et du capital étranger qui font dire à M.Gilles Soucy, l\u2019économiste en chef de Desjardins, «qu'il n'y a pas de carence de capitaux au Québec».Le travail se terminera par des propositions concrètes.8 0 L\u2019ACTION NATIONALE Un chantier plein d'embûches 1.\tLa crise de l\u2019information .12 2.\tLe déni de l\u2019information .13 3.\tL\u2019incurie gouvernementale .16 4.\tLes objecteurs de conscience .19 5.\tLa pénurie des ressources .21 Hélas on voit que de tout temps les petits ont pâti des sottises des grands! La Fontaine Le mal québécois: la surprenante déportation de l'épargne T\u2019 J.\u2014J avenir des Québécoises et des Québécois dépend de la maîtrise de leur économie.Or cette maîtrise, ils ne l\u2019ont pas.«Mais là n\u2019est pas le plus grand mal.Le plus grand mal et le danger le plus grand résident dans l\u2019usage que l\u2019on fait, et que nous laissons faire, du fruit de notre économie - outil puissant, créateur de richesse nouvelle, que nous laissons utiliser au profit des autres, alors que logiquement il devrait nous servir1 ».Le Québec est riche.Très riche.Il possède assez de capitaux et de ressources pour un développement idéal.Mais une large partie des richesses est exploitée au bénéfice d\u2019entreprises étrangères et la masse de l\u2019épargne populaire est dispersée à travers la planète.L\u2019étude des portefeuilles des entreprises financières est très troublante.Les titres québécois y brillent par leur absence.La situation est anormale.Les institutions financières déportent l\u2019avenir québécois.Elles déportent plus de deux cents milliards de dollars.Elles financent, sans contrôle, des entreprises ontariennes, albertaines, américaines, européennes, asiatiques.Cette hémorragie n\u2019a jamais inquiété le gouvernement du Québec.Elle n\u2019empêche pas les hommes politiques de dormir 1.J.-N.Cabana, Pour nous et chez nous, L'Action française, janvier 1917, 226-227.10© L\u2019ACTION NATIONALE LA DEPORTATION QUÉBÉCOISE - T partie d\u2019un profond sommeil.Elle ne provoque même pas un frisson chez les poètes et les intellectuels.Elle reçoit la bénédiction des banquiers.Le rendement du capital serait supérieur en dehors du Québec.C\u2019est loin d\u2019être certain.C\u2019est même contestable.Les gardiens de l'argent des autres éparpillent et émiettent l\u2019avenir québécois aux quatre vents de l\u2019univers.La gestion de l\u2019épargne québécoise est catastrophique.Elle se traduit au Québec en chômage, en pauvreté.Elle crée des emplois sous d\u2019autres cieux.Elle finance des entreprises extérieures qui, souvent, viennent concurrencer les sociétés d\u2019ici.Cet état de dépendance, la revue le dénonce depuis 80 ans.Or, le Québec moderne est encore asservi.La population francophone est encore vassalisée et marginalisée.Elle ne fixe pas elle-même ses finalités.L\u2019enquête sur l\u2019épargne n\u2019est pas facile.Mais elle pénètre au cœur du problème.Elle l\u2019étudie en profondeur.Elle l\u2019analyse sous tous les angles.Elle le situe dans l\u2019avenir du peuple québécois.Des éléments de solutions durables sont proposés.Au cours des prochaines années, au rythme de ses ressources, la revue examinera les activités des banques, des fonds mutuels, des caisses de retraite, des caisses populaires, des compagnies d\u2019assurances, des sociétés de fiducie, des sociétés de prêts et de crédit, des sociétés d\u2019épargne et des compagnies de finance.Elle analysera la gestion, les normes de placement et les conséquences qui en découlent sur le destin du peuple québécois.L\u2019ACTION NATIONALE ©11 Il- LA CRISE DE L\u2019INFORMATION II m'a dit qu'il ne faut jamais Vendre la peau de l'ours Qu'on ne l'ait mis par tetre La Fontaine I.Un chantier plein d\u2019embûches i\u2014Je calendrier du chantier de l\u2019épargne n\u2019est pas déterminé avec la précision souhaitée.La progression des travaux dépend de la capacité du bénévolat.La revue ne vit pas de la générosité d\u2019un mécène.Millionnaire d\u2019idées, elle est pauvre d\u2019argent, comme Job.Elle espère produire un rapport sur les caisses de retraite et sur les assurances au printemps 1998.Les analyses faites à ce jour décèlent une tendance lourde: près des trois quarts des portefeuilles de placements des entreprises financières seraient investis hors Québec.La même courbe est observée dans tous les chantiers entrepris.La maladie de la mondialisation se généralise.Les promesses annoncées se traduisent en la concentration de la richesse et en appauvrissement des classes populaires.Les octobres rouges font partie de notre culture québécoise Guy Leblanc /.La aise de l'information L\u2019analyse des placements dans les assurances et les caisses de retraite avance moins rapidement que souhaité.C\u2019est par la porte 12 .I,e Devoir, 21 août 1997.340 L\u2019ACTION NATIONALE II.1.LES MARCHES FINANCIERS « À moyen terme, seul Lévesque Beaubien Geoffrion peut prétendre être le courtier québécois international.Les Casgrain, Marleau Lemire, Tassé, Whalen Béliveau, devront oser un jour.Mais pour ce faire, elles auront besoin du gouvernement du Québec.Quand, au début des années soixante-dix, un sous-ministre aux finances à Québec s\u2019était informé sur ce qu\u2019il fallait faire pour avoir un courtier majeur québécois, un spécialiste d\u2019une société canadienne lui avait alors répondu: \u201cen le créant.en lui donnant des affaires pour se développer.\u201d.«Ce qui fut fait en 1973 parle ministre des Finances en cassant l\u2019alternance des deux syndicats canadiens et en instaurant un nouveau syndicat bancaire dirigé par Lévesque, Beaubien, dont le capital à l\u2019époque était d\u2019environ 2 millions $, avec à la co-gérance René-T.Leclerc, Tassé & Associés, A.E.Ames, Wood Gundy et Greenshields.Dix ans plus tard, le ministre des Finances lançait le Régime-Epargne-Actions, un abri fiscal qui éveilla les Québécois à l\u2019actionnariat, favorisa la capitalisation d\u2019entreprises québécoises avec du capital de risque et augmenta significativement le chiffre d\u2019affaires des courtiers québécois.Il faut donc souhaiter que les décideurs politiques d\u2019aujourd\u2019hui aient le même courage et une vision tout aussi créatrice pour favoriser l\u2019émergence d\u2019un autre courtier majeur québécois.Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019inventer la roue, mais tout simplement de la faire tourner dans le bon sens»!7 Depuis, la roue tourne dans le mauvais sens.Le Gouvernement du Québec a inventé Placements Québec.Il fait ainsi concurrence à l\u2019industrie des valeurs mobilières.En achetant Placements Québec, l\u2019investisseur bénéficie d\u2019une légère remise qui n\u2019est pas accordée à nos courtiers.C\u2019est par des procédés semblables que le Québec est de plus en plus absent dans ce secteur financier.Les règles du jeu favorisent les entreprises étrangères.Sans l\u2019aide du gouvernement québécois, les sociétés québécoises 7.Raymond Trudeau, Une histoire de courtiers en valeurs mobilières au Quebec, L'Action nationale, octobre 1996, 50-64.L\u2019ACTION NATIONALE 35 II.2.LES BANQUES ne peuvent pas tirer profit des progrès technologiques.Elles ne peuvent faire face à la concurrence qu\u2019elles subissent au Québec même.Elles sont incapables de pénétrer le marché canadien.Ces faiblesses auront des répercussions sur les consommateurs et le secteur public québécois.Ce n\u2019est pas dans l\u2019uniformisation canadienne de la réglementation des valeurs mobilières que le Québec trouvera son profit.La consolidation des règlements entre les mains de l\u2019Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières serait à long terme aussi négative pour le Québec que l\u2019intrusion fédérale qui cherche à patenter un organisme canadien des valeurs mobilières.À quoi donc le Ministère des Finances et de l\u2019Économie pense-t-il lorsqu\u2019il s\u2019apprête à reconnaître un organisme ontarien d\u2019auto réglementation dans le domaine des valeurs mobilières?La Bourse de Montréal doit conserver sa propre charte et déterminer sa réglementation.Pourquoi garder la Bourse à Montréal si on transfère les pouvoirs de sa constitution à Toronto?Agir ainsi, c\u2019est se mettre la tête sur le billot.La guillotine nous attend.Elle frappera dans quelques mois, dans quelques années.C\u2019est inexorable.Le ministre ignore-t-il que les personnes qui exécutent les hautes œuvres et qui conduisent au cimetière l\u2019économie francophone siègent à Bay Street?Nous ne sommes plus que les locataires d'un petit Québec de plus en plus illusoire Pierre Perrault 2.Les banques En trente ans, les banques ont progressé à un rythme social périlleux.Les actifs se sont multipliés par 45, passant de 36® L\u2019ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES 25,5 milliardsî à 1 164,3 milliards au 30 avril 19978.La richesse du pays est administrée par 136 banquiers.Nous commenterons brièvement l\u2019évolution du système bancaire au Canada, les actifs, les placements et la gestion.Ce club sélect domine l\u2019économie canadienne.Au cours des dix dernières années, les banques ont diversifié leurs gammes de produits.Elles possèdent aujourd\u2019hui des sociétés de fiducie, d\u2019assurances, de fonds mutuels, de courtage, de financement spécial, de prêt hypothécaire, de gestion de portefeuille, de crédit bail, d\u2019affacturage et de cartes de crédit.Elles proposent des services informatiques: conception, gestion et mise en marché de logiciels et de matériel.Elles ont plus de pouvoir que le gouvernement.Le tableau 2 présente l\u2019actif des banques au 30 avril 1997.Au 1er février 1997, huit banques nationales opéraient au Canada et 41 banques étrangères étaient autorisées à établir des succursales.Le réseau bancaire compte 8 071 succursales à la fin de 1996 et 13 261 guichets automatiques en 1995.Au 30 avril 1997, les cinq grandes banques9 torontoises totalisent 1 008 milliards $, soit 93,4 % des banques canadiennes10 ou 65 % des actifs en dollars canadiens de toutes les institutions de dépôt au Canada* 11.La progression des banques francophones est calme, tranquille.Leur part du marché varie de 6 à 6,5 % de 1919 à 1996.Les banques vraiment québécoises, la Banque nationale du Canada et 8.\tAssociation des banquiers canadiens, Statistiques financières détaillées, deuxième trimestre terminé le 30 avril, publié en juin 1997.9.\tBank of Montreal, Bank of Nova Scotia, CIBC, Royal Bank of Canada et Toronto, Dominion Bank.10.\tAssociation des banquiers canadiens, Statistiques financières détaillées, deuxième trimestre terminé le 30 avril, publié en juin 1997.11.\tRevue de la Banque du Canada, printemps 1997, 14.L\u2019ACTION NATION AI T.©37 II.\t2.LES BANQUES la Banque Laurentienne du Canada12 occupent respectivement 5,3 % et 1,2 % du marché bancaire canadien.TABLEAU 2 Actif des banques canadiennes, en millions $, 30 avril 199713 Banques au Canada\tActif en millions}\tPart du marché% Royal Bank\t250 782,0\t23,2 CIBC\t227 493,0\t21,1 Bank of Montreal\t200 423,0\t18,5 Scotia\t176 128,0\t16,3 Toronto Dominion Bank\t153 206,0\t14,2 Banque Nationale du Canada\t57 121,0\t5,3 Banque Laurentienne du Canada\t13 007,9\t1,2 Bank Western\t1 838,7\t0,2 8 banques canadiennes Autres banques 31.3.97 Banques canadiennes Banques étrangères Total de l'actif bancaire\t1 079 999,6 955,5 83 349,5 1 164 304,6\t100,0 Les placements En territoire québécois, l\u2019actif des banques est de 141,6 milliards $, n\u2019incluant pas 264,4 milliards $ d\u2019opérations internationales et d\u2019opérations non réparties entre les provinces.Le tableau 3 présente la ventilation de l\u2019actif bancaire québécois, moins la non insertion des 264,4 milliards $ non distribués.12.\tLe Mouvement Desjardins vise à vendre la Banque Laurentienne, sur le marché de Londres, nous dit-on.13.\tIbid.38 © L\u2019ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES TABLEAU 3 Répartition de l'actif des banques au Québec, 199614 \tEn millions S Prêts hypothécaires\t33 517 Prêts aux entreprises\t17 599 Prêts personnels\t14 393 Autres prêts et valeurs\t16 508 Titres de sociétés\t2 768 Titres de gouvernements\t1 862 Autres éléments d'actifs\t55 026 Total de l'actif\t141 673 Quelle est la part des banques québécoises dans ce gigantesque réservoir d\u2019épargne qui appartient aux déposants dans une proportion dépassant les 90 pour cent?L\u2019actif des banques québécoises est de 59 707 millionsS en fin d\u2019exercice 1996.Les banques torontoises possèdent donc 81 966 millionsS d\u2019actif au Québec, soit 57,86% de l\u2019actif bancaire québécois à la dite date.Et les banques québécoises sont presque absentes dans les autres provinces.Voilà une autre mesure de la libre circulation ! La circulation part du Québec vers le lac Ontario.Elle est rapide.Elle ne redescend presque jamais vers les vannes de la canalisation du majestueux Saint-Laurent.La carence de renseignements ne nous permet pas d\u2019évaluer la somme des transferts vers l\u2019Ontario ou vers d\u2019autres destinations des 141 milliardsS d\u2019actif bancaire québécois.Mais des déplacements massifs sont effectués; des gérants de succursales nous en parlent à l\u2019occasion.Il est toutefois un champ où nous pouvons nous aventurer sans beaucoup de risque.Les banques possèdent des titres de valeurs mobilières d\u2019une importance considérable.14.Revue de la Banque du Canada, S20, S21 L\u2019ACTION NATIONALE ® 39 IL 2.LES BANQUES Le tableau 4 présente des données qui rendent possibles des commentaires à la fois significatifs et prudents.TABLEAU 4 Titres ou valeurs mobilières des grandes banques, millions $, 1996 15 Banques canadiennes\tEn millions %\tPage\" Royal Bank\t43 490\t86 CIBC\t39 817\t88 Bank of Montreal\t36 609\t75 Scotia\t25 905\t76 Toronto Dominion Bank\t24 224\t64 Banque Nationale du Canada\t8 565\t58 Banque Laurentienne du Canada\t859\t20 Total des sept banques\t179 469\t L\u2019actif bancaire québécois représente près de 15 % des actifs des 9 banques canadiennes.La logique voudrait que 27 milliards $ de titres soient placés au Québec.Quelle est la proportion ici investie?Cette question est fondamentale.Mais personne n\u2019y répondra.Personne n\u2019analysera.Personne n\u2019est au courant de la réalité.Même pas le ministère des Finances.Et l\u2019information ne sera jamais soumise à l\u2019œil observateur de L'Action nationale.Mais le relevé des placements faits par les sociétés de fonds mutuels appartenant directement aux banques canadiennes est un indicatif solide et important qui fournit une tendance certaine.Dans les placements des fonds mutuels, au prochain chapitre, l\u2019analyse sera étendue à tout l\u2019empire des fonds mutuels contrôlés par les banques.Le portrait n\u2019en sera que plus sombre.Le 15.Page du rapport 1996 des banques mentionnées.40 # L\u2019ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES Québec est le grand oublié dans les actions et les obligations détenues par les banques de Toronto.Le tableau 5 présente les placements des sociétés principales des fonds mutuels possédées par les grandes banques dans le secteur public québécois en 1996.TABLEAU 5 Placements des sociétés de fonds mutuels des banques dans le secteur public québécois, 1996 \tBanque Nationale\tToronto Dominion\tCIBC\tRoyal Bank\tScotia\tBanque Lauren- tienne\tMontreal Bank Fonds\tInvesNat\tTD Green Line\tCIBC\tRoyal Bank\tScotia Excelsior\tCorner- stone\tMontreal Bank Actifs 000 000 S\t2 456\t10 383\t8 909\t13 984\t5216\t252\t6 266 Placements dans le secteur public québécois en milliers $\t\t\t\t\t\t\t Gouv.Québec\t519\t279\t270\t16\t8\t7\t0 Hydro-Québec\t14\t9\t11\t0\t1\t0\t0 Municipalités\t18\t0\t0\t0\t0\t0\t0 Universités\t2\t0\t0\t0\t0\t0\t0 Cégeps\t0\t0\t0\t0\t0\t0\t0 Commissions scol.\t2\t0\t0\t0\t0\t0\t0 Autres secteurs\t8\t1\t4\t0\t2\t0\t0 Total secteur public Québécois\t563\t289\t285\t16\t11\t7\t0 Surpris?Choqués?Démoralisés?Les cinq fonds mutuels de Toronto, sociétés des cinq banques de Bay Street, possèdent des actifs qui atteignent les 44,7 milliards $ au 31 décembre 1996.Elles ont placé 602 millions $ dans le secteur public québécois (gouvernement, Llydro-Québec, municipalités, cégeps, commissions scolaires et autres secteurs).Leurs placements au secteur public québécois représentent une fraction microscopique de leurs actifs, alors que la souscription de fonds mutuels au Québec leur rapporte au moins 10 milliards $.L\u2019ACTION NATIONALE #41 II.2.LES BANQUES Le fonds de la Bank of Montreal n\u2019avait pas investi un sou.Celui de la Royal Bank avait risqué 16 millions $.La participation de M.Barrett et de M.Cleghorn au Sommet de l\u2019Economie et de l\u2019Emploi n\u2019a pas rapporté beaucoup de dividendes sous cet aspect.Le prix d\u2019excellence revient à M.Bérard de la Banque Nationale du Canada avec un placement de 563 millionsS, soit 22,9 % des actifs d\u2019InvesNat.C\u2019est une appréciation significative de l\u2019organisation sociale d\u2019un pays.L\u2019esprit torontois est la puissance souveraine.À Toronto, l\u2019intelligence est souveraine, la science est souveraine, la force est souveraine, l\u2019action est souveraine.Au Québec, à certaines heures, la parole est souveraine.Il ne serait donc pas étonnant que les banques torontoises ne détiennent pas 2 % de leurs valeurs mobilières dans le secteur public québécois.L\u2019Association des banquiers niera.Elle ne prouvera pas.Elle n\u2019osera pas non plus nous prêter, pour une semaine, le portefeuille de la Royal Bank.Des créances singulières Certaines opérations bancaires mériteraient d\u2019être scrutées à la loupe.Nos ressources nous limitent à deux commentaires.Le premier survolera le phénomène des créances extérieures et le second jettera un regard expéditif sur les prêts douteux.En 1996, les banques canadiennes avaient investi 338,3 milliards $ dans des créances et des engagements au nom de non-résidents canadiens.Le tableau 6 identifie les contrées et les organismes bénéficiaires.1 ,e Québec ne gagne jamais le gros lot dans le jeu des banques canadiennes.Le petit montant de 338,3milliards$ engagé dans des créances en monnaies étrangères est cent fois supérieur aux prêts faits aux entreprises francophones et anglophones québécoises.42 © L\u2019ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES L\u2019expression francophone n\u2019est pas adorée dans le monde anglophone.Elle est à peine tolérée chez les intellectuels anglo-saxons qui nous aiment au temps des référendums.Elle ne plaît même pas à certains francophones du Québec.Mais nous existons.Et nous existerons longtemps.TABLEAU 6 Créances et engagements des banques canadiennes au nom de non-résidents, 199616 Hors Canada\tEn millions $ États-Unis\t160 800 Europe de l'Ouest\t74018 Europe centrale et Asie centrale\t456 Asie de l\u2019Est et du Pacifique\t24 427 Amérique latine et Antilles\t17617 Afrique du Nord et Moyen-Orient\t891 Afrique subsaharienne\t555 Autres créances\t1 572 Banques extraterritoriales\t21 727 Créances sur les résidents\t36 283 Total des engagements\t338 346 Une autre observation choquera aussi les libre-échangistes.Comme il fallait s\u2019y attendre, les banques n\u2019ont pas oublié les paradis fiscaux: elles ont placé 21,7 milliardsS aux Bahamas, Barbades, Bermudes, Cayman, Hong Kong, Panama et Singapour.Elles ont implanté dans les Antilles plus de 50 sociétés filiales.Un lieu de détente que L\u2019Action nationale n\u2019aura jamais le loisir de visiter.Le secteur des prêts douteux atteint les 8,4 millardsS pour le Club des Big Eive.Le montant est assez considérable.Il comprend plusieurs placements canadiens et internationaux.Il se 16.ML, SU.L\u2019ACTION NATIONAL.K ©43 II.2.LES BANQUES compose de prêts hypothécaires, immobiliers, commerciaux et personnels.Le tableau montre la répartion des prêts douteux, au montant brut, entre les cinq grandes banques canadiennes.Ces montants sont inscrits dans leurs rapports annuels.TABLEAU 7 Prêts douteux des 5 grandes banques torontoises, millions $, 1996 17 Banques canadiennes\tEn millions $\tPage\u201d Royal Bank\t2 235\t88 Bank of Montreal\t2 173\t59 Scotia\t2154\t61 CIBC\t1 092\t103 Toronto Dominion Bank\t773\t45 Total des cinq banques torontoises\t8 427\t La somme des prêts douteux est de loin plus élevée que les valeurs mobilières placées au Québec par les banques torontoises.Les sondages faits sur les placements des banques démontrent de façon évidente le transfert de l\u2019épargne régionale vers les grands centres.Ils confirment même la déportation de l\u2019épargne québécoise vers d\u2019autres pays.Déjà, les 338 milliards$ placés hors Canada indiquent une tendance.Le peu de titres québécois détenus par les cinq grandes banques démontre une affection prononcée à l\u2019égard de Bay Street et des montagnes Rocheuses.La gestion La faible représentation québécoise dans la direction des banques est une explication de la déportation de notre épargne vers d\u2019autres provinces et pays.Les 141 milliardsS d actif bancaire québécois sont confiés dans une proportion de 57,86 % à des banques torontoises.17.Page du rapport 1996 des banques mentionnées.44© 1.'ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES Dans le domaine de la gestion, la perte d\u2019emploi est considérable.Certes, les banques torontoises créent des emplois à salaires moyens dans leurs succursales québécoises que les banques québécoises peuvent aussi bien embaucher.Mais les emplois de haut rang sont concentrés à Toronto.Ce sont des milliers d\u2019emplois hautement salariés que les dépôts des Québécoises et des Québécois créent à Toronto.Les cinq présidents, dont les deux grands qui ont siégé au Sommet de l\u2019Économie et de l\u2019Emploi du Québec, résident à Toronto.Le temple des banquiers est situé à Bay Street.Il est normal qu\u2019on y retrouve les templiers.Plus de 95 % des membres de la haute direction des cinq grandes banques résident à Iôronto et dans la banlieue.Les rapports annuels des banques évitent d\u2019indiquer le lieu de résidence de leurs directeurs.Ce qui est certain, c\u2019est que les banques torontoises conjuguent en anglais et au masculin.Les indices ne trompent pas.Les Québécois travaillent dans une division territoriale ou encore dans une direction de ressources humaines et d\u2019affaires publiques.Mais il n\u2019y a pas à s\u2019insurger contre la concentration des emplois supérieurs au centre de décision.Le fait est conforme à la nature humaine.Les deux banques québécoises suivent le même modèle.On ne peut pas reprocher aux banques torontoises des attitudes d\u2019affaires normales.Les coupables de l\u2019intolérable situation résident au Québec.Le gouvernement du Québec qui tolère que les dépôts et épargnes des Québécoises et des Québécois soient confiés sans restriction à des sociétés étrangères est le véritable responsable de l\u2019hémorragie des emplois.Et c\u2019est un grave problème.En encourageant des entreprises établies hors Québec, nous perdons chez nous des milliers d\u2019emplois de haut rang.A même nos ressources, nous favorisons l\u2019essor de compagnies étrangères.Nous développons leur informatique, leurs instruments de recherche, leurs ressources humaines et leur puissance financière.L'ACTION NATIONAL!- ©45 II.2.LES BANQUES Nous leur procurons les moyens de concurrencer nos propres entreprises, qui demeurent craintives, prudentes, timorées.Un exemple concret: pour obtenir une marge de crédit de 20 000$ dans une caisse ou dans une banque de chez nous, L'Action nationale devait déposer en garantie une obligation de l\u2019Université de Montréal de 20 000 $.La confiance était limitée.Un gérant de la Royal Bank se contentait des états financiers qui comportaient 240 000$ d\u2019obligations municipales et scolaires et il accordait la marge sans autre forme de procès.Le sens des affaires le guidait.Malgré tous les inconvénients inhérents, L'Action nationale est demeurée sociétaire d\u2019une caisse d\u2019économie.C\u2019est là la folie qui la caractérise.Le Québec est traité comme une colonie par les banques torontoises.Il est plus que minoritaire dans les conseils d\u2019administration des cinq grandes banques.Ces lieux sont névralgiques.Là, se prennent les grandes décisions.Le tableau 8 présente le nombre des administrateurs selon le lieu de leur résidence.Le relevé est compilé dans les rapports 1996 des banques.Dans le cercle privilégié des banquiers anglophones, la présence du Québec est de 12,5 %.Une province comme une autre.11 administrateurs proviennent des Maritimes, 16 vivent en d\u2019autres pays, 17 au Québec, 41 dans l\u2019Ouest canadien et 51 en Ontario, où M.Chrétien a le droit de vote, y possédant sa résidence principale.Les banques anglophones comptent trois fois plus d\u2019administrateurs en Ontario qu\u2019au Québec.La domination de l\u2019Ontario est absolue.Et les salaires y sont haut de gamme.Un seul témoin à charge est aujourd\u2019hui assigné : Matthew William Barrett.Il est le président de la Bank of Montreal.Sa rémunération était de 3,9 million $ en 1996.C\u2019est le salaire global des dix premiers ministres provinciaux du Canada et des vingt et un ministres du gouvernement 46 © L\u2019ACTION NATIONALE II.2.LES BANQUES québécois.C\u2019est le salaire de cinquante-deux députés.C\u2019est le revenu de 650 assistés sociaux.M.Barrett n\u2019est pas drôle.TABLEAU 8 Résidence des administrateurs des banques torontoises, 1996 Résidence\tCIBC\tMontréal\tRoyal Bank\tScotia\tToronto\tTotal Alberta\t2\t3\t4\t2\t2\t13 Colombie-Britannique\t4\t2\t3\t2\t3\t14 Manitoba\t2\t1\t4\t0\t1\t8 Nouveau-Brunswick\t0\t0\t0\t3\t0\t3 Nouvelle-Écosse\t1\t1\t1\t2\t1\t6 Ontario\t15\t6\t9\t9\t12\t51 Québec\t2\t5\t5\t2\t3\t17 Saskatchewan\t2\t1\t1\t1\t1\t6 Terre-Neuve\t1\t0\t1\t0\t0\t2 Autres Pays\t5\t2\t2\t6\t1\t16 Total\t34\t21\t30\t27\t24\t136 Les revenus des cinq banques torontoises et de leurs sociétés contrôlées dépassent les recettes du gouvernement du Québec et de ses municipalités.La richesse colossale qui appartient au peuple est gérée par 136 administrateurs?Même pas.Les décideurs se résument à une quinzaine de nouveaux millionnaires.Ce club sélect possède le pouvoir de l\u2019argent.Il dicte les règles financières.Il impose ses conditions à tous, même aux gouvernements.Il ne consulte pas les déposants.Ces derniers sont pourtant les vrais propriétaires et les enrichisseurs des banques.Or, les actionnaires ne possèdent même pas 10 % des actifs bancaires.Au rythme actuel, les banques créent de graves distorsions sociales au Canada et au Québec.Le dogme de la productivité et l\u2019espérance dans le village global se traduisent par l\u2019augmentation du chômage, de l\u2019assistance sociale, de la criminalité.L\u2019usage de l\u2019argent et sa mauvaise distribution sont responsables de l\u2019appauvrissement collectif.L\u2019incertitude politique est un prétexte, un L\u2019ACTION NATIONALE @47 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE faux-fuyant, un subterfuge de Bay Street.Toronto ne veut pas perdre la colonie du Québec.Dans un pays qui possède autant de richesses que le Québec, Action nationale ne peut tolérer que le nombre des pauvres grandisse de 5 000 par mois, alors que les multimillionnaires s\u2019enrichissent à leur détriment.Devant la puissance dominatrice des banques, il est pressant d\u2019alerter la population face aux privilèges étendus qui leur sont accordés.Ces entreprises n\u2019exercent pas un rôle social correspondant aux bénéfices encaissés.La maximisation de la valeur pour les acdonnaires doit faire place aux intérêts supérieurs des véritables producteurs de cette richesse que sont les déposants.La sécurité de votre vieillesse dépendra-t-elle de la volatilité des bourses de Tokyo et de Hong Kong?3.Les caisses de retraite Les caisses de retraite sont un facteur important dans le développement du Canada et du Québec.Elles garantissent la sécurité de la vieillesse à la moitié des personnes âgées.Au Canada, en 1997, elles canalisent près de 800 milliards $.Ces capitaux jouent un grand rôle sur les marchés financiers.Ils sont investis dans l\u2019achat d\u2019obligations, d\u2019actions, d\u2019hypothèques et de placements divers qui contribuent à la vitalité de l\u2019économie.Sans compromettre le rendement et la sécurité des placements, les administrateurs peuvent contribuer à la croissance du milieu québécois.Deux exemples illustrent le potentiel possible.La Caisse des employés de la construction investit dans les hypothèques à l\u2019habitation pour encourager la construction.Le Fonds de solidarité et le Fondaction créent directement des emplois en plaçant près de 70% de leurs actifs dans les entreprises québécoises.48 0 L'ACTION NATIONALE IL 3.LES CAISSES DE RETRAITE Échec et mat! L\u2019enquête sur les caisses de retraite est d\u2019une difficulté sans nom.Mais la partie d\u2019échecs n\u2019est pas terminée.Malgré toutes les difficultés qu\u2019elle éprouvera, L'Action nationale poursuivra sa recherche sur les caisses de retraite.La mouche du coche bourdonnera.Les oreilles des ministres responsables entendront notre demande.Les présidents de caisses de retraite qui ont refusé le dépôt de leur rapport annuel recevront notre visite.Les représentants des syndicats seront invités à la solidarité.Les sociétés d\u2019Etat et les municipalités réfractaires ne nous tiendront pas toujours dans l\u2019impuissance.La partie de cache-cache achève.L'Action nationale ne lâche pas prise.Nous avons dépensé beaucoup de temps et d\u2019argent sans succès immédiat.Le ministère des Finances s\u2019est amusé avec nos nerfs.Ils sont solides.La Régie des rentes nous a procuré la liste des adresses et le nom des entreprises avec une note de frais.Le président de la Régie des reiites n\u2019a jamais répondu à notre lettre demandant les renseignements suivants: le nombre de caisses, le montant de l\u2019actif à une date précise, le nom du gestionnaire ou du correspondant, l\u2019adresse de correspondance et le téléphone de l\u2019organisme.Plus de 1 800 entreprises ont daigné ignorer totalement deux lettres sollicitant le portefeuille de leur caisse de retraite.Soixante-dix-neuf avocats nous ont répondu que leur caisse n\u2019était pas accessible en vertu même de la Loi sur l\u2019accès aux documents publics.Cinquante-deux entreprises nous ont fait parvenir la répartition de leurs actifs selon la nature des titres: la somme est imposante: 36 milliards$, mais aucune localisation des placements.Quarante-sept gestionnaires ont eu la courtoisie de nous expliquer le refus de leur comité de direction.Dix-sept gestionnaires nous ont invité à déjeuner ou à dîner; quatre fois, nous avons payé la note.L\u2019ACTION NATIONAL!- 049 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE Mais l\u2019enquête sur les caisses de retraite n\u2019est pas terminée.Idle est à peine commencée.Nous réussirons malgré tous les refus.L\u2019enjeu est trop important.La vie de L'Action nationale est l\u2019histoire d\u2019un échec qui finit toujours par triompher.Parce que nous n\u2019abandonnons jamais une bataille importante sans l\u2019avoir gagnée.Nous avons entrepris cette enquête sur les caisses de retraite avec notre cœur.Nous la poursuivrons avec notre tête.La stratégie sera différente.Les actifs Au Québec, l\u2019actif des caisses de retraite varie selon les sources de renseignements.Un document du ministère des Finances mentionne la somme de 72 milliards $18.Claude Bariteau, professeur à l'Université Laval, évalue à 150,5 milliardsS les sommes thésaurisées dans le Régime des rentes du Québec, les régimes enregistrés de pension et les régimes enregistrés d\u2019épargne retraite.Il arrive à ce chiffre «par l\u2019addition des trois montants suivants: 15 milliards $ du Régime des rentes du Québec, 86 milliards $ des REP et 49,5 milliards $ des REÉR.Tous ceux et celles que j\u2019ai contactés, écrit-il, estiment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une évaluation prudente de la réalité.Celle-ci sera connue seulement en 1998.On découvrira probablement qu\u2019elle est plus près de 160 ou de 165 milliards S»19.Le Québec compte quelques caisses importantes.Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics du Québec (RRF.GOP) totalise 19 750 millions$, mais le gouvernement doit 18,2 milliards $ non inclus dans ce montant.La Caisse de retraite d\u2019Hydro-Québec effleure les 6 milliards $ d\u2019actifs.Plusieurs caisses excèdent les 2 milliards $: les Policiers tie la CUM, les employés de la CUM, la Société de transport de la IS Régie des rentes du Quebec, I.'investissement des caisses de retraite dans les obligations du gouvernement du Québec, février 1996, I.|9.Claude Bariteau, L'Action nationale, décembre 1996, 53-67.50© FACTION NATIONAL! II.3.LES CAISSES DE RETRAI TE CUM, le Mouvement Desjardins, les employés de la Ville de Montréal.Des caisses d\u2019entreprises qui sillonnent le Canada possèdent des actifs supérieurs dont la proportion québécoise seulement sera retenue pour notre enquête: Air Canada, Alcan, Bell Canada, Canadian National, Canadian Pacific, Royal Bank et autres.Les placements Dans le document mentionné de la Régie des rentes qui retenait le chiffre de 72 milliards $ comme actif des caisses de retraite, on peut lire: « Si cet actif était placé de la même façon que celui des caisses en fiducie pour l\u2019ensemble du Canada, il serait réparti comme suit: près de 1/5 en obligations du gouvernement du Canada, autant en obligations provinciales et moins de 10% dans des obligations d\u2019autres sources; près du 1/4 en actions canadiennes; près de 10 % en titres étrangers et autant en immeubles ou hypothèques; le solde en encaisse ou en titres à court terme.« Les obligations gouvernementales du Québec représentent un genre de placement important pour les régimes de retraite.En effet, en se basant sur les données du paragraphe précédent, les Québécois détenaient jusqu\u2019à 13 milliards $ d\u2019obligations provinciales par l\u2019entremise de leurs régimes complémentaires de retraite.Ils détenaient aussi, par l\u2019entremise du Régime de rentes du Québec et de la Caisse de dépôts et placement du Québec, 6,4 milliards de dollars de titres émis par le gouvernement du Québec, en 1994.La somme de ces deux montants représente près du 2/5 de la dette nette du gouvernement du Québec qui était de 50,4 milliards de dollars, au 3 1 décembre 1994.À cette proportion, il faudrait ajouter les obligations d\u2019épargne du Québec détenues par des Québécois, soit directement par l\u2019entremise de leurs REÉR, ou plus indirectement par l\u2019entremise de leurs caisses de retraite pour les titres à court terme, billets ou papier commercial émis par le gouvernement.L\u2019ACTION NATIONALE @51 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE Somme toute, l\u2019épargne retraite des Québécois contribue dans une bonne part au financement de la dette du Québec-0».Les données de la Régie des rentes sont fort incomplètes.Le chiffre avancé de 72 milliards $ ne représente même pas la moitié des actifs réels.Les placements espérés sont presque fantaisistes.Les analyses de L'Action nationale démontrent une tendance contraire aux révélations de la Régie des rentes du Québec.Le tableau 9 précise la répartition réelle des placements de 26 caisses de retraite.TABLEAU 9 Répartition des placements de 26 caisses de retraite, 1996 Provinces ou pays\t000$\tProportion Alberta\t354 939\t7,29 Colombie-Britannique\t145 313\t2,99 Ile-du-Prince-Édouard\t479\t0,01 Manitoba\t11 001\t0,23 Nouveau-Brunswick\t9 703\t0,20 Nouvelle-Écosse\t23 919\t0,49 Ontario\t940 917\t19,33 Québec\t1 094 768\t22,49 Saskatchewan\t36 740\t0,75 Terre-Neuve\t5 808\t0,12 Total provinces\t2623 587\t53,90 Asie\t207 965\t4,27 États-Unis\t384 904\t7,91 Europe\t184 822\t3,80 Autres pays\t132 359\t2,72 Total hors Canada\t910 050\t18,70 Gouvernement du Canada\t1 057 469\t21,73 Orqamsmes fédéraux\t155 377\t3,19 Fonds mutuels non localisés\t88 940\t1,83 Autres actifs\t31 602\t0,65 Total des portefeuilles\t4 867 025\t100,00 20.Régie des rentes, opns cit.52 © L\u2019ACTION NATIONALE II.3.LES CAISSES DE RETRAITE C\u2019est un faible échantillonnage, mais la tendance lourde augmentera de plusieurs kilos, si l\u2019enquête peut être conduite jusqu\u2019à la fin.Les caisses de retraite analysées proviennent surtout du secteur public.D\u2019énormes surprises attendent le gouvernement dans ce chantier, qu\u2019il collabore ou non.Des caisses de retraite du secteur public québécois investissent les trois quarts de leurs avoirs en d\u2019autres provinces et pays.Pourtant, il est douteux de croire que les travailleurs et les travailleuses préfèrent développer l\u2019économie des autres coins du monde plutôt que celle du Québec.Ils acceptent de livrer ainsi la sécurité de leur vieillesse aux bourses de New York ou de Tokyo.C\u2019est cette attitude des gestionnaires des caisses de retraite québécoises qui est en partie responsable du chômage ou de la précarité d\u2019emploi de leurs propres enfants et de la perte d\u2019emploi de leur belle-sœur ou de leur collègue.Les Québécois doivent exiger un autre comportement des caisses à qui ils confient une partie de leur salaire.Le tableau 10 reproduit les placements de 26 caisses de retraite dans le secteur public québécois.TABLEAU 10 Placements de 26 caisses dans le secteur public québécois, 1996 \tEn millions $\t% des actifs Secteurs\t\t Gouvernement du Québec\t264 655\t5,43 Hydro-Québec\t81 909\t1,68 Municipalités\t51 196\t1,05 Universités\t11 353\t0,23 Cégeps\t3 049\t0,06 Autres institutions sociales\t66121\t1,35 Secteur public Québec\t478 283\t9,80 L\u2019ACTION NATIONALE @ 53 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE Les 478,2 millions $, placés dans le secteur public québécois, sont inclus dans les 1 094 millions $ placés au Québec.Ainsi, les travailleuses et les travailleurs du Québec n\u2019ont investi que 616 millions$, 12,6% des actifs de leurs caisses dans les entreprises où ils gagnent la vie de leurs familles.616 millions $ sur 4 867 millions $.Et vous êtes choqués, madame Dubé, si votre frère Pierre perd son emploi ?Vous faites une colère, cher Daniel, si votre fille Jeannine ne trouve que du travail précaire et à temps partiel?Vous ne comprenez pas que votre conjoint, Jacques, le beau bachelier que vous aimez, ne se trouve pas un travail correspondant à sa compétence ?Quelle naïveté ! Vous êtes responsables du chômage de votre frère et de l\u2019aide sociale de votre cousine.Vous placez en dehors du Québec les trois quarts de votre épargne.Pensez-y donc à la prochaine réunion de votre caisse de retraite et exigez un changement de cap de la part de vos administrateurs.Vous-même d\u2019ailleurs en serez mieux servi.Le tableau 11 présente les placements faits par 26 caisses québécoises de retraite dans le secteur public canadien, en millions $, en 1996.TABLEAU 11 Placements de 26 caisses dans le secteur public canadien, 1996 \tEn millions $\t% des actifs Gouvernement du Canada\t1 057 467\t21,73 Gouvernement de l'Ontario\t78812\t1,62 Autres gouvernements\t86 084\t1,77 Hydro-Ontario\t79 781\t1,63 Autres Hydros\t17 669\t0,36 Autres services publics\t165 970\t3,41 Secteur public Canada\t1 485 783\t30,52 54© L\u2019ACTION NATIONALE II.3.LES CAISSES DE RETRAITE Les placements dans le gouvernement de l\u2019Ontario, des autres gouvernements, de l\u2019Hydro-Ontario, des autres hydros et des autres services publics sont déjà calculés dans les placements des provinces du tableau 9.C\u2019est à peine imaginable.Les travailleuses et les travailleurs du Québec placent trois fois plus de leurs épargnes dans le gouvernement du Canada et dans les provinces du Canada anglais que dans leur pays du Québec ! Et Louise est toute surprise du prix élevé des fournitures scolaires de son petit Bastien ! Gérard ne comprend pas pourquoi il doit aujourd\u2019hui payer pour tant de services gouvernementaux autrefois gratuits.Ginette doit conduire sa petite Marika à l\u2019école, tous les matins; il n\u2019y a plus de transport scolaire.Et la litanie des jérémiades se poursuit comme des coups d\u2019épée dans l\u2019eau.Mais, c\u2019est au ministère des Finances qu\u2019il faut botter le derrière.Il sait.Il voit.Il regarde.Il parle.Il n\u2019agit pas.Pendant un instant encore, regardons de plus près la bêtise de gestionnaires irresponsables.Les caisses de retraite analysées ont placé 478 millions $ dans le secteur public québécois et 1,5 milliard $ dans le secteur public du Canada anglais.Ils ont entendu l\u2019écho de Scotia McLeod.Ils ont choisi le Canada, Hydro-Ontario et des services d\u2019autres provinces.Ils ont investi dans des valeurs qui leur rapportent une diminution de revenus de quelque 15 millions $ par année.Il ne faut pas être brillant pour agir ainsi.Il n\u2019est pas ici question de nationalisme, mais de simple bon sens.Un placement dans leur propre avenir serait plus risqué que dans celui des Canadiens ou des Indonésiens?La déportation de l\u2019épargne est incroyable, effarante, étonnante, étrange, renversante, surprenante, impensable, inconcevable, inimaginable, invraisemblabe, bizarre.Gestionnaires québécois, si vous n\u2019avez pas confiance au Québec, déménagez, ça presse! Devant l\u2019intolérable, personne ne parle.C\u2019est la libre circulation.«Il en entre autant qu\u2019il en sort».Ce n\u2019est pas la L\u2019ACTION NATIONALE © 55 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE vérité.Le Canada limite la sortie à 20 %.Mais, nous, pauvres Québécoises et Québécois, il nous faut être charitables.Serrons-nous la ceinture ! Acceptons les privations ! Diminuons les services publics pour permettre à d\u2019autres contrées de mieux vivre ! Nos caisses de retraite québécoises placent quatre fois plus d\u2019argent dans le gouvernement du Canada que dans celui du Québec.Pourtant Québec accorde des avantages fiscaux comparables et un rendement supérieur.Ces caisses québécoises investissent dans le secteur canadien trois fois plus que dans celui du Québec.Riles placent dans les autres provinces deux fois plus qu\u2019au Québec.Le montant de leurs actions et de leurs obligations dans d\u2019autres pays est aussi élevé que les placements au Québec.Les gestionnaires québécois de l'argent des autres tablent sur l\u2019économie chinoise, brésilienne et mexicaine pour garantir la sécurité de la vieillesse des Québécoises et des Québécois.L\u2019épargne québécoise travaille au bénéfice des concurrents de nos entreprises.Elle joue contre nous, au lieu de renforcer notre armature économique.Il y a un autre vice dans l\u2019engrenage.Certains gestionnaires ont une habileté à contourner la règle des 20 % prescrits par la loi fédérale, sans s\u2019exposer aux pénalités prévues.Ils ont découvert diverses façons d\u2019augmenter la proportion des avoirs étrangers.Lévesque Beaubien Geoffrion a même décrit dans un bulletin huit façons de maximiser le contenu étranger de son régime enregistré d\u2019épargne-retraite (REÉR) au-delà du 20 % permis par la loi-1.Les détournements varient selon le génie des gestionnaires qui augmentent le poids des actions internationales aux dépens des titres québécois.21.Les Affaires, 24 février 1996, C8.56® L\u2019ACTION NATIONALE II.3.LES CAISSES DE RETRAITE Heureusement, le ministre fédéral des Finances refuse d\u2019abolir le plafond de 20%.Il comprend que les caisses de retraite doivent contribuer au développement du Canada.Espérons que le ministère des Finances du Québec aura la sagesse de ne pas se contenter du plancher comme plafond.Il est malheureusement très sensible aux humeurs des grands banquiers.Qu\u2019on le veuille ou non, messieurs M.W.Barrett, John E.Cleghorn, A.L.Flood, Peter Godsoe, Gordon Thiessen et Richard M.Thompson sont plus influents que ne le sont, ensemble, Lise Bissonnette, Clément Godbout, Robert Laplante, Gérald Larose, Lorraine Pagé et sept millions de contribuables québécois.Le Québec doit utiliser l\u2019épargne des Québécoises et des Québécois à des fins de développement social et économique du Québec.Hélas! l\u2019épargne québécoise finance d\u2019abord des compagnies et des gouvernements établis hors Québec.Elle est placée en actions et en obligations par les banques, les caisses populaires, les caisses de retraite, les fonds mutuels, les sociétés d\u2019assurances et les autres entreprises financières.La proportion de l\u2019exportation dépasse les deux tiers de l\u2019épargne.La somme frôle les 200 milliards $.Les responsables de cette déportation sont messieurs Claude Béland, André Bérard, Raymond Garneau, Paul Desmarais et les gestionnaires de l\u2019argent des autres qui assistent Cn spectateurs à la déportation de l\u2019épargne québécoise, quand ils ne la pratiquent pas eux-mêmes.La gestion La gestion des caisses de retraite mérite une étude particulière.Nombre de caisses confient la presque totalité de leurs portefeuilles à des sociétés de fonds mutuels.Certaines caisses placent une proportion plus raisonnable de leurs actifs dans ces fonds.C\u2019est un mode de placement irrationnel.La sécurité de la vieillesse dépendra de la volatilité des bourses de Tokyo et de New York.L'ACTION NATIONALE ® 57 II.3.LES CAISSES DE RETRAITE C\u2019est par surcroît une déportation d\u2019emplois folle et anormale.La majorité des fonds mutuels choisis ont pignon sur rue à Bay Street ou sont associés à des sociétés torontoises.Des milliards $ de gestion ainsi abandonnés à des sociétés de Toronto représentent pour le Québec une perte directe de plusieurs centaines d\u2019emplois hautement rémunérés.Un certain nombre de caisses de retraite cèdent la gestion de leurs fonds à des compagnies d\u2019assurances ou à des banques.Sans remettre en cause la compétence de ces sociétés à manier le vil argent, il faut savoir que leurs intérêts et leurs pratiques ne sont pas toujours conciliables avec l\u2019objectif de la sécurité pour la vieillesse.Des comités conjoints d\u2019employeurs et de cotisants administrent leur propre caisse.Ils utilisent habituellement les services de conseillers financiers dont la plupart travaillent pour des firmes torontoises.Voilà une autre façon de créer du chômage au Québec! La gestion des caisses de retraite du secteur public (municipalités, universités et sociétés d\u2019État) devrait être confiée à la Caisse de dépôt et placement avec des règles rigides de placements favorables au développement du Québec.Il y a dans l\u2019usage actuel un émiettement financier intolérable et des pratiques ultralibéra-listes.Dans la gestion des caisses de retraite se pose aussi une question éthique importante.Divers témoins dénoncent l\u2019usage de pourboires assez alléchants pour obtenir la gestion d une caisse de retraite.Ces agissements sont inqualifiables.Ils doivent prendre fin.Bref, les caisses de retraite doivent rechercher la sécurité et le rendement de leurs placements sans négliger les retombées économiques pour le développement du Québec.Comme l\u2019épargne est éparpillée et qu\u2019il est nécessaire d en connaître 1 usage, le gouvernement doit obliger ces organismes à divulguer publiquement 58 © L\u2019ACTION NATIONALE II.3.LES CAISSES DE RETRAITE leur portefeuille de placement, à l\u2019instar des fonds mutuels canadiens.La divulgation publique, ce n\u2019est pas déposer un rapport sur la 22e tablette d\u2019une bibliothèque gouvernementale inaccessible à L\u2019Action nationale.Terminons cette section sur les caisses de retraite par le commentaire du journaliste Michel Vastel, que tous n\u2019aiment pas mais que personne ne réussit à empêcher de parler: «Le Québec perd donc aux deux extrémités des régimes d\u2019épargne-retraite : «Il accorde un généreux report d\u2019impôt pour toute contribution à ces régimes, mais les fonds ainsi accumulés sont investis en dehors du Québec.Le Canada impose un réinvestissement de 80 % dans son économie, mais le Québec, qui supporte la moitié du coût des mesures fiscales, ne peut récupérer une partie équitable de ce 80 %.«Une bonne partie des fonds accumulés dans les régimes de retraite seront dépensés à l\u2019étranger, en Floride par exemple, et la province ne récupérera pas les impôts différés.Pire encore, lorsqu\u2019un Québécois quitte définitivement la province, ce qui n\u2019est pas rare de nos jours, il part avec son épargne bien sûr, mais aussi avec les impôts qu\u2019il doit à la province.« Il ne faut pas oublier, cependant, que le crédit d\u2019impôt pour contribution à un régime de retraite est un privilège et non un droit.Le gouvernement serait tout à fait justifié de poser des conditions à l\u2019exercice de ce privilège comme le Canada le fait d\u2019ailleurs.Le Québec peut aussi offrir un régime fiscal préférentiel à ceux qui s\u2019installent à Montréal pour gérer ces épargnes.22 22.Michel Vastel, De i/iwi Bernard Landry a-t-il peur:', Le Soleil, 24 mars 1997, B.6.L\u2019ACTION NATIONALE @59 II.4.LA CAISSE DE DEPOT ET PLACEMENT L\u2019épargne est d\u2019une importance capitale ; elle est la condition du développement de la société québécoise.4.La Caisse de dépôt et placement La Caisse de dépôt et placement est un réservoir de capitaux d\u2019importance majeure pour le développement du Québec.Elle recherche des rendements, non pour elle-même, mais pour tous les Québécoises et Québécois.Les résultats financiers sont excellents.Ils sont comparables à ceux des grandes institutions financières nord-américaines.« Malgré l\u2019évolution rapide du monde financier, la Caisse reste résolument tournée vers sa raison d\u2019être: le rendement financier optimal.Le rendement économique, deuxième grand volet de sa mission, .passe par une solidarité indéfectible et intelligente avec les entreprises québécoises performantes, de toutes tailles et de tous les secteurs, et avec tous les acteurs de la vie financière et économique québécoise.Elle favorise l\u2019exportation de biens et services québécois et facilite l\u2019implantation d\u2019entreprises étrangères au Québec.Elle a donc continué de privilégier Montréal comme place financière en effectuant 73 % de ses opérations boursières avec des institutions établies dans la métropole et en réalisant 88 % de ses activités de gestion du portefeuille obligataire dans cette ville »- '.L\u2019avoir des déposants Créée au début de la Révolution tranquille, la CDPQ administre les fonds de 18 déposants: caisses de retraite, régimes d\u2019assurances et autres organismes publics québécois.L\u2019avoir des déposants est ainsi réparti, en millions de dollars-\u20194: 23.\tCDPQ, Rapport annuel, Un réseau en action, 1996.24.\tIbid., 13.60 ® L\u2019ACTION NATIONALE n.4.LA CAISSE DE DEPOT ET PLACEMENT TABLEAU 12 Avoir des déposants à la CDPQ, 1996 Organismes\tEn millions $\t% de l avoir RREGOP\t23 137\t40,4 Régie des rentes du Québec\t15 660\t27,4 Société de l'assurance\t5 543\t9,7 CSST\t5 705\t10,0 Commission de la construction du Québec\t5 568\t9,7 Régimes de retraite gouvernementaux\t1 088\t1,9 Autres déposants\t513\t0,9 Total de l\u2019avoir des déposants\t57 214\t100,0 La canalisation de l\u2019épargne vers la CDPQ a bâti un instrument unique de développement québécois.Le gouvernement ne devra jamais céder aux pressions de partager, de morceler ce bien précieux.Au contraire, il faut en augmenter la taille.L\u2019éparpillement de l\u2019épargne en une multitude de petits fonds n\u2019est pas productif.La CDPQ constitue la plus grande source de capital de risque au Québec.Elle favorise le développement des entreprises innovatrices en biotechnologie, communications et technologie.Elle aide aux démarrages d\u2019un grand nombre d\u2019entreprises.Elle est un moteur de l\u2019activité économique du Québec.N\u2019allons pas en réduire la taille.C\u2019est un fleuron national dont le rendement est efficace.« En 1996, les équipes de gestion de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont réalisé un rendement global de 15,6 % »25.Ce résultat est excellent, surtout eu égard au risque faible de l\u2019ensemble de ces placements.Les placements à la juste valeur étaient ainsi répartis, en millions $26: Le tableau 13 présente les placements de la CDPQ, en millions $.25.\tIbid., 13.26.\tIbid., 14.L\u2019ACTION NATIONALE ©61 Il 4.LA CAISSE DE DEPOT ET PLACEMENT TABLEAU 13 Placements de la CDPQ, 1996 Titres\tEn millions $\t% de l'actif Obligations\t27 088\t45,77 Actions et valeurs convertibles\t26 073\t44,06 Financements hypothécaires\t1 567\t2,65 Biens immobiliers - net\t2 359\t3,98 Valeurs à court terme\t2 094\t3,54 Total des placements\t59181\t100,0 Ces biens et actifs appartiennent pour une large part aux déposants.Le tableau 14 présente les diverses catégorie d\u2019obligations, à leur juste valeur27 : TABLEAU 14 Obligations de la CDPQ, à la juste valeur, 1996 Bénéficiaires\tEn millions $\t% actif\t% obligations Gouvernement du Québec\t10 633\t17,97\t39,25 Gouvernement du Canada\t6 685\t11,30\t24,68 Autres gouvernements\t501\t0,85\t1,85 Garanties par gouvernement\t7 568\t12,79\t27,94 Entreprises et autres\t1 675\t2,83\t6,18 Instruments financiers\t26\t0,01\t0,10 Total des obligations\t27 088\t45,75\t100,00 La CDPQ est l\u2019une des seules sociétés importantes à détenir un montant plus considérable d\u2019obligations gouvernementales québécoises que d\u2019obligations fédérales.En se référant au « Rapport d\u2019activités », les « Garanties par un gouvernement » se décomposent ainsi28: 27.\tIbid., 16.28.\tCDPQ, Rapport d\u2019activités 1996, 11.62 # L\u2019ACTION NATIONALE II.4.LA CAISSE.DE DÉPÔT ET PLACEMENT TABLEAU 15 Obligations garanties par un gouvernement, à la juste valeur, 1996 Détenues par la CDPQ\tEn millions $ Gouvernement du Québec\t5 436,3 Gouvernement du Canada\t110,0 Municipaux et commissions scolaires\t2 021,6 Total des garanties\t7 567,9 Pour évaluer la part des obligations placées au Québec, le tableau 16 présente un portrait assez fidèle: TABLEAU 16 Obligations de la CDPQ au Québec, 1996 Garanties par le Gouvernement du Québec\tEn millions $\t% de l'actif\t% obligations Gouvernement du Québec\t10 633,0\t17,9\t55,70 Garanties par le gouvernement du Québec\t5 436,3\t9,2\t28,47 Municipaux et commissions scolaires\t2 021,6\t3,4\t10,59 Entreprises et autres\t1 000,0\t1,6\t5,24 Total\t19 090,9\t32,1\t100,00 Deux commentaires expliquent la présentation des chiffres.Le montant retenu pour les « garanties par octrois municipaux et scolaires» peut être inférieur à 2 021,6 millions$; il est fort probable que des placements ont été faits à des organismes municipaux et scolaires hors Québec.Le milliard de dollars aux «entreprises et autres» représenterait 60% des obligations aux entreprises, ce qui nous paraît réaliste.Sur les 450 milliards $ d\u2019analyses réalisées par I '/lction nationale depuis le début de 1996, la CDPQ gagne le prix «orange».C\u2019est la meilleure performance en obligations de tous les porte- L\u2019ACTION NATIONALE © 63 II.4.LA CAISSE DE DEPOT ET PLACEMENT feuilles que nous avons examinés dont les actifs totalisaient un milliard$ et plus.Le portefeuille des actions et des valeurs convertibles de la CDPQ s\u2019élève à 26 073 millionsS.La répartition est ainsi présentée dans le rapport annuel: TABLEAU 17 Actions et valeurs convertibles de la CDPQ, en millions $, 199629 Marchés\tEn millions $ Canada\t15 570 États-Unis\t2 556 Europe\t4 020 Japon\t2 167 Autres pays de l'Asie et de l'Océanie\t755 Marchés en émergence\t958 Instruments financiers dérivés\t47 Total actions et valeurs convertibles\t26 073 Nous avons localisé 96,48 % des actions et valeurs présentées dans le Rapport d'activités 1996, des pages 74 à 199.Il existe une différence de 1 163 millions $ entre le relevé effectué dans le Réseau en action (26 073 millions$) et les chiffres qui apparaissent dans le Rapport d'activités (24 910,6 millions$).Malgré les efforts déployés, il nous a été impossible de localiser 878 millions $ d actions et nous l\u2019inscrivons comme tel dans le tableau 18 qui présente le sommaire du portefeuille des actions de la CDPQ.2381 IX.I.UNE VISION DE L\u2019AVENIR de Pointe-Saint-Charles ne mangent pas à leur faim.Des familles n\u2019ont aucune réserve pour parer les coups rudes.La clochardisation ravage plusieurs villes.La marginalisation se développe.L\u2019argent n\u2019est pas un instrument au service de la société.Cette toile de fond réflète l\u2019observation de L'Action nationale.La richesse ressemble à un polygone à l\u2019envers.La hase est étroite.Elle est caractérisée par la pauvreté des travailleuses et des travailleurs.Le sommet est imposant, majestueux.Des palais abritent le capital.Le capital a pour seul objet le profit.Il devrait de préférence viser l\u2019utilité générale.La moralité devra modifier les pratiques économiques.Au rythme actuel, le Québec et le monde s\u2019engagent dans une banqueroute mondiale.Le capitalisme est en faillite.Les banquiers tentent de refiler l\u2019échec sur l\u2019endettement public dont ils sont les premiers responsables.Ils entassent leurs profits dans les paradis fiscaux ou ils les cachent dans les reports d\u2019impôt.La mondialisation est une panacée américaine.Ce qu\u2019il faut supprimer ce n\u2019est pas le capitalisme.Ce sont les crimes du capitalisme.En cette matière, c\u2019est la politique qui a fait défaut.Certes les gens d\u2019affaires ne sont plus coiffés de l\u2019auréole.Les faillites en série et les fermetures sauvages d\u2019usines témoignent de leurs déficiences qu\u2019ils veulent combler par des privatisations avantageuses.La recherche insatiable du profit aboutit inexorablement au contingent tragique des chômeurs et des assistés sociaux.1 500 000 pauvres au Québec.Nous sommes en voie de fabriquer des prolétaires.La culture de la pauvreté s\u2019enracine.Aucun pays n\u2019est tout à fait à l\u2019abri des émeutes qui se trament dans l\u2019ombre.De ce glissement social, la politique est responsable.Elle a été incapable de dompter les instincts cupides de lions affamés.Elle n\u2019est pas interv enue pour limiter les appétits inapaisables.Elle n\u2019a pas assumé la garde du patrimoine collectif.Elle a laissé les banquiers et les financiers desservir la culture et les masses populai- 382 © L\u2019ACTION NATIONALE IX.I.UNE VISION DE L\u2019AVENIR res.Elle a permis que les entreprises financières mobilisent l\u2019épargne québécoise et l\u2019investissent massivement en d\u2019autres provinces et pays.Une personnalité, Guy Paiement, qui réfléchit depuis longtemps sur la question sociale, écrivait tout récemment: «Je suis .convaincu que nous ne pourrons continuer longtemps à subir la globalisation du capital sous son mode actuel sans assister à une crise majeure de tout notre système économique et politique.Ce nouveau pouvoir financier menace, en effet, l\u2019économie des échanges, freine la production des biens, tarit le pouvoir d'achat des gens, démolit les instances démocratiques, fracture en profondeur la société et exclut de plus en plus de personnes.Si nous voulons éviter d\u2019être entraînés dans la crise qui éclatera tôt ou tard, il nous faut retrouver ce lien social fondamental avec nos frères et sœurs qui sont actuellement sacrifiés.Refuser que notre système économique et financier écrase des innocents.Refuser d\u2019être menés par la fatalité ou le laisser-faire.Prendre le risque, au contraire, d\u2019investir dans un fonds de capital de risque pour relancer l\u2019économie et promouvoir des emplois.S\u2019informer sur les politiques d\u2019investissement de nos fonds et exiger des comptes aux responsables.Se regrouper avec ceux et celles qui poussent pour une réforme majeure de la fiscalité.Commencer à réagir au niveau des assemblées générales de nos Caisses populaires et exiger que le trop-perçu annuel puisse profiter aux organismes de quartier qui s\u2019occupent des exclus de notre société.Sans compter les pressions sur nos dirigeants, à tous les niveaux, pour encadrer ce nouveau pouvoir financier qui n\u2019a de compte à rendre à personne1 ».L Guy Paiement, {.'économie et son arrière-pays, Picies, 1997, 95-96.L\u2019ACTION NATIONALE #383 IX.1.UNE VISION DE L\u2019AVENIR C'est h la qualité de l'esprit que l'on songe quand on prononce le mot culture.Roustan C.Français ou anglais L\u2019exigence de la ressaisie de l\u2019épargne québécoise coïncide avec les impératifs de l\u2019épanouissement culturel et les besoins de la société à bâtir.Si notre nation veut s\u2019épanouir, elle doit s\u2019en donner les moyens.Démunis de la richesse matérielle, des milliers de francophones du Québec abandonneront le territoire québécois.Comme jadis.Ils chercheront vers d\u2019autres contrées la satisfaction de leurs légitimes ambitions humaines.Dans un climat de pauvreté, le rayonnement de notre culture s\u2019affaiblit.La richesse de notre langue diminue.Nos structures sociales se transforment.Notre personnel politique subit l\u2019influence du capitalisme étranger.Au cours des cinq prochaines années, les Québécois francophones et anglophones doivent assumer la maîtrise de leurs épargnes.L\u2019objectif est de regrouper au sein de leurs institutions un minimum de 30 milliards$ par année de capitaux québécois actuellement placés hors Québec.La stratégie aurait l\u2019effet de créer au Québec des centaines de milliers d\u2019emplois, si l\u2019intelligence guide nos hommes politiques et d\u2019affaires.C\u2019est la seule recette qui peut conserver au Québec son caractère français et favoriser l\u2019épanouissement de la culture.Même le gouvernement ne réalise pas qu\u2019en travaillant en anglais, on adopte rapidement la philosophie de vie des patrons.Vivre autrement qu\u2019ils ne pensent conduit les Québécoises et les Québécois à penser comme ils vivent et à adopter la conception de la vie des maîtres.Il en est des peuples comme des individus.384® L'ACTION NATIONAL! IX.2.UN PROJET GLOBAI Que deviendra la personnalité de notre petit peuple s'il est forcé de vivre dans une structure économique et sociale qui lui reste étrangère.Jean Lanctôt 2.Un projet global Les Québécoises et les Québécois travaillent en rangs dispersés.Les efforts sont éparpillés, émiettés.Chacun, dans son île, conduit sa bataille.Tous ces combats individuels ne sont pas inutiles, mais combien plus seraient-ils féconds et fructueux, s\u2019ils étaient conduits comme des éléments d\u2019émancipation nationale ?Trop de travaux sont entrepris comme des pièces isolées.Ils ne s\u2019intégrent pas dans le casse-tête québécois de 17 890 centres de pauvreté.Des syndicats proposent et souvent disposent.Trop de patrons produisent des richesses pour eux-mêmes.Le gouvernement lance des initiatives valables.Il les amoindrit par des coupures bêtes et méchantes.L\u2019avenir d\u2019un peuple ne se bâtit pas au petit bonheur, sans orientation précise, sans le sens du bien commun.Le temps de la politique du tâtonnement, de l\u2019à-peu-près, de l\u2019imprévoyance est passé.On a taillé hélas! à grands coups de haches dans des ressources que l\u2019on croyait inépuisables.Le gouvernement du Québec compte un trop grand nombre de conseils, de comités, de commissions, de conseillers, de consultants et d\u2019instigateurs.Des centaines d\u2019intentions généreuses sont exprimées.Des projets innovateurs sont lancés.Les solutions ont toutes été proposées par des comités, des commissions, des enquêtes, des rapports, des études et des analyses multiples.Ibut a été étudié.Les résolutions des Etats généraux du Canada français ont été enterrées.Les multiples conseils d\u2019orientation économique, sociaux, d\u2019éducation et autres ont le plus souvent abouti dans la treizième filière.Ils analysent la plupart du temps la petite feuille L\u2019ACTION NATIONALE ©385 IX.2.UN PROJET GLOBAL de la branche d\u2019un arbre, sans avoir jamais admiré le paysage splendide de la forêt.Les propositions des divers Etats généraux ont été déposées dans des tombes scellées.Le rapport de la Commission Bélanger-Campeau repose dans l\u2019enclos funèbre de M.Bourassa.La consultation sur l\u2019avenir du Québec est devenue la pâture des technocrates.Le fossoyeur a même jeté plusieurs pelletées de terre sur les résolutions du grand Sommet sur l\u2019Economie et l\u2019Emploi.L\u2019action ne suit pas la parole.L\u2019intérêt partisan ou pécuniaire paralyse les initiatives les plus louables.Les hommes politiques et les financiers ont l\u2019oreille dure.Ils n ont pas entendu.Leurs oreilles sont à saveur électoraliste ou à écoute lucrative.Le jeu de la chaise musicale qui transfère les ministres pour satisfaire des groupes de pressions n\u2019est pas non plus un élément de continuité et de persistance.La question nationale est devenue une question économique Édouard Montpetit A.Les priorités prioritaires À entendre parler Jean Coutu, Claude Béland et Paul Desmarais, il ne fait pas l\u2019ombre d\u2019un doute que l\u2019ordre des priorités n\u2019est pas établi.Il est urgent qu\u2019il le soit.Trois dimensions doivent être protégées.La première consiste à utiliser l\u2019épargne au service de la collectivité, et non au profit du capital.La deuxième priorité délimite les secteurs qu\u2019il faut développer de préférence à d\u2019autres.La dernière détermine des activités durables et viables pour tout le territoire du Québec.3 86 © 1 - ACTIC )N NATIONALE IX.2.UN PROJET GLOBAL Lorsque nous aurons acquis la richesse nous pourrons développer en nous la culture française; Nous ne survivrons pas autrement.Edouard Montpetit a.Un projet de société Ne nous illusionnons pas.Ce ne sont pas les sommets en vogue qui établiront le projet de la société québécoise.Le verre des conducteurs est à moitié vide.Il contient des ingrédients différents, c\u2019est-à-dire des éléments diamétralement opposés.La récolte produira des compromis et des compromissions.Les débats sont organisés en fonction des difficultés de l\u2019heure.Les complications du temps présent font oublier le temps futur.Les revendications sont tellement reliées à des intérêts particuliers qu\u2019on est incapable de concevoir et de bâtir l\u2019avenir.La petite flamme de l\u2019espérance n\u2019éclaire pas les délibérations des assemblées contradictoires.Les femmes et les hommes politiques qui se succèdent sont incapables de cohérence et de continuité.Ils sont absorbés par une multitude de problèmes quotidiens.Malgré toute leur bonne volonté, ils ne peuvent tout accomplir.Sollicités et pressurés, ils abandonnent l\u2019objectif déterminé à la moindre résistance ou au premier échec.Le Québec doit être capable de regrouper une poignée de spécialistes, d\u2019experts et de gens «ordinaires» qualifiés dans les affaires publiques.Ce groupe, ce seul groupe, aurait le mandat de conseiller le gouvernement sur la politique culturelle, sociale, économique et fiscale.Il est facile de choisir des femmes et des hommes de grande transparence.Assez qualifiés pour développer l\u2019économie nationale.Assez intelligents pour concevoir une politique économique et fiscale adaptée à la conjoncture.Assez compétents pour conseiller l\u2019harmonisation des politiques et des activités des ministères et des sociétés publiques.Assez courageux pour favoriser la décentralisation et la régionalisation.Assez forts -\u2019ACTION NATIONALE @ 387 LX.2.LIN PROJET GLOBAL pour établir la concertation avec les partenaires politiques, économiques et sociaux.Assez dynamiques pour susciter l\u2019innovation, l\u2019entrepreneurship et l\u2019esprit d\u2019initiative.C\u2019est à un petit groupe de personnes qui ont de l\u2019avenir dans l\u2019esprit qu\u2019on doit confier l\u2019élaboration du projet de société.C\u2019est une question à la fois de ressources et de compétences, de stratégie et d\u2019habileté.Ce groupe devra posséder l\u2019autorité de mener des enquêtes et la capacité de rendre publique la publication de leurs avis au moment même de leur dépôt au gouvernement.Ainsi, la classe politique fera preuve d\u2019une plus grande transparence et l\u2019érosion de la confiance à son égard s\u2019effacera dans le temps.Un projet de société, c\u2019est le chemin à suivre.Il permet l\u2019élaboration des priorités majeures.Un projet collectif obligera un gouvernement à harmoniser ses politiques avec le bien commun.Il indiquera à l\u2019État ce qu\u2019il faut faire pour suppléer aux insuffisances de la libre entreprise incapable de répondre aux défis.Car les entreprises qui reprochent au gouvernement son endettement et ses faiblesses sont pour une large part responsables des plaies d\u2019Égypte.Pour fixer les objectifs de l\u2019avenir, il est inutile de multiplier les sommets organisés au petit bonheur.L\u2019émancipation sociale ou la maîtrise de l\u2019économie par les Québécoises et les Québécois est une condition fondamentale d\u2019un avenir meilleur pour la nation québécoise.Cette émancipation correspond à une urgence reconnue par toutes les personnes préoccupées par la question sociale.Il n\u2019y a pas de nation libre sans une base économique forte et solide.En décembre 1994, L'Action nationale a entrepris une réflexion qu\u2019elle poursuit toujours.Les idées et les projets doivent être remis sans cesse sur le métier.Les débats entre gens du pays établiront les consensus et les priorités.388 ©L\u2019ACTION NATIONALE IX.2.UN PROJE T GLOBAL L'être dit libre est celui qui peut réaliser ses projets Sartre b.L'emploi La croissance de l\u2019emploi, respectueuse de la qualité de la vie, est la condition fondamentale du bien-être du peuple québécois, Plus d\u2019un million de Québécoises et de Québécois sont sans emploi.Le chômage et l\u2019aide sociale coûtent plus de trente-cinq milliards $ par année.Des centaines de milliers de personnes occupent des emplois à temps partiel et à faible revenu.Le gouvernement, les entreprises et le mouvement syndical doivent faire de l\u2019emploi l\u2019objectif principal des prochaines années.Au chapitre précédent, nous avons démontré que des milliers de chantiers peuvent donner du travail à toutes les Québécoises et à tous les Québécois.Les projets attendent.Hommes d\u2019affaires, financiers, entrepreneurs, gens de professions, réveillez-vous! Sortez de votre sommeil.Vos frères, vos sœurs, vos petits-enfants ont besoin de votre imagination, de vos talents, de votre génie.Les tâches sont immenses: \u2022\tMobiliser l\u2019épargne québécoise pour créer des emplois dans des entreprises québécoises.\u2022\tConcevoir le développement régional avec une vision de l\u2019avenir et le souci de la justice sociale.\u2022\tAccroître le contrôle du marché intérieur en vue d\u2019une autosuffisance dans des secteurs déterminés.\u2022\tConquérir les marchés étrangers en utilisant les nouvelles techniques d\u2019information et de communication.\u2022\tRapatrier tous les pouvoirs économiques d\u2019un pays indépendant.\u2022\tMettre fin aux dédoublements existant entre divers minis-tèrs du gouvernement québécois.L\u2019ACTION NATIONALE @ 389 IX.2.UN PROJET GLOBAL \u2022\tÉtablir un moratoire sur la suppression d\u2019emploi dans les services publics.\u2022\tFavoriser le partage de l\u2019emploi.\u2022\tBâtir une économie sociale humaine et durable.\u2022\tViser l\u2019excellence dans la concertation sociale.Si nous respectons les règles du jeu, l\u2019espoir devrait renaître.L\u2019emploi crée la prospérité.L\u2019aisance facilite le bonheur.Nous possédons 200 milliards $ d\u2019épargne déportée.Savez-vous ce que nous pouvons bâtir avec cette fortune dispersée?Statistique Québec2 nous le fait savoir.Nous avons consultez les tableaux 5,7 et H qui indiquent l\u2019impact économique d\u2019une production de 100 millions de dollars de 34 secteurs sur la main-d\u2019œuvre, les salaires et la fiscalité (voir l\u2019annexe 30).Le résultat est imposant: 27 228 emplois directs, 6 800 emplois indirects et une masse de salaires de 1 232 millions$ avant impôts.L\u2019effet total sur les impôts Québec et Canada s\u2019élèverait à 268 millionsS.Si les données de Statistique Québec sont exactes, qu\u2019attend le ministre de l\u2019Économie et des Finances pour rapatrier 3,4 mil-liards$ placés aux États-Unis et pour créer ici 272 280 nouveaux emplois directs?L\u2019utilitarisme était la philosophie de l\u2019épargne; il perd tout sens quand l'épargne est compromise par.les menaces de banqueroute.Sartre B.Une politique de l'épargne L\u2019épargne, c\u2019est le moteur de la vie économique.C\u2019est la clé du développement social.C\u2019est l\u2019instrument qui améliore la qualité de la vie.C\u2019est l\u2019outil pour accroître la production en faveur de l\u2019homme.Non pas uniquement en faveur du capital.L\u2019entre- 2.Le Québec statistique, 60e édition, p.769, 770 et 771.390 0 L'ACTION NATIONALE LX.2.UN PROJET GLOBAL prise financière qui recueille l\u2019épargne doit l\u2019utiliser, non pas à son seul profit, mais selon les volontés et les besoins des épargnants.Elle doit placer l\u2019argent comme si elle était l\u2019épargnant.Comme si elle était un bon père de famille.Pour régulariser une situation anormale, le gouvernement bouchard doit poser des gestes porteurs d\u2019avenir.Il doit avoir de l\u2019avenir dans l\u2019esprit, selon l\u2019expression de Talleyrand.Pour mettre l\u2019épargne québécoise au service du peuple québécois, plusieurs initiatives s\u2019imposent.Il faudra concevoir et réaliser une politique de l\u2019épargne.L\u2019éparpillement, la concentration et l\u2019utilisation de l\u2019épargne populaire en faveur du capital ne disparaîtront pas si la politique n\u2019intervient pas.Une orientation précise et rationnelle est indispensable à la qualité de vie du peuple québécois.Elle doit être intégrée dans la stratégie du développement durable.De quelle stratégie parlons-nous?Disons immédiatement qu\u2019elle indiquera la limite à la déportation et qu\u2019elle éclairera les noirceurs de la libre circulation.Si la stratégie veut ignorer la tactique, la tactique ruine la stratégie.Valéry a.Une stratégie québécoise L\u2019élaboration d\u2019un projet de société n\u2019a pas besoin d\u2019une œuvre en trois sommets, en sept volumes et en dix-huit rapports.La société québécoise est capable de mobiliser des solidarités selon l\u2019image qu\u2019elle se fait de la civilisation de demain.À partir de la conception du futur, elle établira des étapes définies et une suite ordonnée d\u2019opérations en vue de l\u2019utilisation maximale de l\u2019épargne canalisée dans les réseaux financiers.Ainsi le fruit du travail convergera vers les objectifs majeurs préalablement déterminés et non plus vers l\u2019enrichissement d\u2019un petit groupe de privilégiés.N\u2019oublions pas que sans l\u2019utilisation optimale de L\u2019ACTION NATIONALE © 391 IX.2.UN PROJET GLOBAL l\u2019épargne, il n\u2019y aura pas de prospérité future pour la collectivité québécoise.La déportation de l\u2019épargne ne dépend pas d\u2019autrui.Elle découle de notre irresponsabilité.Les gestionnaires et les citoyens sont coupables de rechercher le profit immédiat sans réfléchir à l\u2019impact social.Le gouvernement du Québec n\u2019a pas le courage et l\u2019audace d\u2019établir des règles pour l\u2019investissement au Québec de l\u2019épargne canalisée dans les entreprises financières.Les caisses populaires, les banques, les compagnies d\u2019assurances, les sociétés de fiducie, les fonds mutuels doivent être liés par une stratégie du développement québécois.Ces entreprises regroupent une fraction trop grande de l\u2019épargne populaire pour ne pas intervenir de façon appréciable dans le financement des institutions, des entreprises et des projets québécois.Par eux-mêmes, les financiers ne bougeront pas.Ils sont à la seule recherche du profit rapide et visible à l\u2019œil nu.Le gouvernement Bouchard devra leur imposer l\u2019obligation d\u2019utiliser l\u2019épargne populaire pour bâtir de nouvelles usines, pour contribuer à l\u2019expansion des entreprises existantes et pour créer les infrastructures d\u2019une société moderne.La stratégie de l\u2019épargne doit être au cœur de l\u2019économie québécoise.Les institutions financières auraient intérêt à modifier la philosophie de leurs opérations.Elles ne le feront pas.Il faut les contraindre.Le développement du milieu doit devenir le premier motif de leurs investissements.Un tel souci serait rentable dans le temps.À court terme, le financement de nouvelles usines et de projets communautaires ne produit pas le bénéfice maximum.Mais les milliers de travailleurs qui fabriquent un produit utile contribuent à la prospérité sociale et économique de leur milieu.Ils exercent une tâche qui profite à leurs compatriotes et aux entreprises elles-mêmes.Ils aideront à l\u2019équilibre des finances publiques.Ce mode d\u2019agir serait nettement supérieur au régime 392 ©L\u2019ACTION NATIONALE LX.2.UN PROJET GLOBAI d\u2019entretenus que nous bâtissons.La création d\u2019emplois coûte moins cher que l\u2019assurance «chômage» et l\u2019assistance sociale.L'épargne a des limites, mais la bêtise humaine est infinie.b.Une limite à la déportation Les caisses de retraite et les entreprises financières déportent 200 milliards $ de l\u2019épargne québécoise.Les analyses reproduites au chapitre II indiquent une telle tendance.Ces réservoirs d\u2019épargne sont accumulés pour la sécurité de la vieillesse, pour le confort de la vie et les placements des entreprises .L\u2019argent est géré par des gestionnaires spécialisés ou par un comité employeurs-employés.Le Canada a limité à 20 % la portion d\u2019avoirs étrangers que les caisses de retraite peuvent posséder.Malheureusement, les financiers trouvent le moyen d\u2019augmenter ce plafond, sans s\u2019exposer aux pénalités prévues.Si le Canada impose aux caisses de retraite un investisement de 80 % au pays, pourquoi le Québec qui accorde un même avantage fiscal ne pourrait-il pas exiger la moitié du plafond fédéral ?D\u2019autres pays prescrivent des règles identiques.En Europe, les règles de l\u2019Union européenne sont précises.Les assureurs et les gestionnaires des caisses de retraite doivent investir dans la même monnaie que les engagements envers les assurés.Il est toléré qu\u2019un montant équivalant à un 20 % de la valeur des engagements puisse être placé librement à l\u2019étranger.C\u2019est un montant plafond qui doit inclure les capitaux libres.En outre, une entreprise ne peut posséder en actions plus des deux tiers de scs actifs.Elle ne peut placer plus de 5 % auprès d\u2019un même émetteur.Les immeubles ne peuvent représenter plus de 10% des engagements3.3.Ambassade de France aux Etats-Unis, L\u2019attaché financier, 5 août 1996.L\u2019ACTION NATIONALE #393 IX.2.UN PROJET GLOBAL En Allemagne, il n\u2019y a pas de restrictions aux banques sur le lieu de l\u2019investissement.C\u2019est le client qui décide où investir.Dans les autres secteurs, ce sont les lois du marché qui déterminent la destination des fonds à investir.Un représentant de la Kreissparkasse nous affirme que les fonds qui restent en Allemagne sont les plus populaires.Il croit que la confiance en l\u2019économie allemande est le motif principal qui justifie le placement en Allemagne.Le risque est jugé moins élevé.Le client a plus de facilité à comprendre comment son argent travaille.Il peut suivre le rendement de son investissement dans les journaux locaux, 'lèlle est l\u2019information recueillie.Les Québécoises et les Québécois ont-ils moins confiance en leur économie que les Allemands en la leur?Aux Etats-Unis, les limites à l\u2019exportation des caisses de retraite demeurent un secret impossible à pénétrer.Mais nous avons appris4 que les entreprises financières ne peuvent pas investir dans les pays sanctionnés.L\u2019Office of foreign Assets Control peut condamner à la prison et imposer de fortes amendes aux entreprises qui oseraient investir en Corée du Nord, à Cuba, en Iran, en Iraq et en Libye.D\u2019autres limites à l\u2019exportation de l\u2019épargne existent-elles?Avec les Américains, on ne sait jamais.La mondialisation, c\u2019est l\u2019américanisation.Certains pays imposent l\u2019obligation d\u2019investir dans les titres du gouvernement.Elle varie de 20 à 30 % du Japon au Mexique.La Belgique prévoit un investissement de 15 % de ses caisses de retraite dans ses titres gouvernementaux.Le gouvernement du Canada, sans aucune exigence de cette nature, bénéficie d\u2019un placement qui atteint les 20 % des titres des portefeuilles d\u2019entreprises financières.4.Délégation générale du Québec à New York, Attaché aux investissements, 6 août 1996.394 (© L\u2019ACTION NATIONALE IX.2.UN PROJET GLOBAL Un système de législation est toujours impuissant, si l'on ne place à côté un système d'éducation.Michelet C.Une législation réelle Aucune politique n\u2019a été sérieusement élaborée pour sensibiliser et inciter les intervenants financiers à investir au Québec, même si un tiers de l\u2019épargne est le résultat d\u2019avantages fiscaux.Nos réflexions porteront sur la constitution en société, les caisses de retraite, les marchés financiers, la Bourse de Montréal, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le secteur public et la coopération.Une société civile.implique une coordination et généralement aussi une subordination d'éléments les uns aux autres.Bergson a.I,a constitution en société Se constituer en société commerciale crée une situation légale qui favorise une entreprise et qui protège à la fois la population par la capacité qu\u2019elle acquiert d\u2019imposer des règles qui respectent l\u2019intérêt général et la législation du pays Québec.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être fiscaliste ou technocrate pour comprendre que \u2022\tLes entreprises financières qui font des affaires au Québec doivent être constituées en vertu des lois du Québec.\u2022\tLes entreprises industrielles et autres qui opèrent au Québec doivent être constitutées en vertu des lois du Québec.\u2022\tLes sociétés constituées en vertu des lois du Québec, même filiales d\u2019entreprises étrangères, doivent être assujetties aux législations québécoises et être régies par une réglementation québécoise.L\u2019ACTION NATIONALE @ 395 IX.2.UN PROJET GLOBAL \u2022\tLes filiales constituées en vertu des lois du Québec doivent offrir à des Québécois au moins 51% de leur capital-actions.\u2022\tLes caisses de retraite qui gèrent les cotisations d\u2019employés québécois doivent déposer à l\u2019État québécois leur rapport annuel, leur politique de placement et leur portefeuille de valeurs détaillé: actions, obligations, hypothèques.\u2022\tLes entreprises constituées en vertu des lois du Québec, filiales ou non, doivent déposer à 1 État québécois le rapport annuel de leurs affaires québécoises, leur politique de placement et leur portefeuille de valeurs détaillé: actions, obligations, hypothèques.\u2022\tLes investisseurs étrangers seront protégés par un code d\u2019investissement pour préciser et garantir leurs droits et devoirs et prévoir une procédure d\u2019arbitrage dans les cas de nationalisation.Ces obligations sont strictes.Leur non-observance entraîne des pénalités sévères et même la perte du permis d\u2019opérer de l\u2019Inspecteur général des institutions financières.De telles propositions offensent la vertu des ultra-hbéralis-tes.Ces bonnes gens croient que la libre circulation est une loi inviolable.C\u2019est leur nouvelle liturgie.Une liturgie universelle.Mais le Québec existe encore.Même si l\u2019Ontario est parmi nous.Des centaines de sociétés ontariennes se promènent dans le paysage québécois avec des chartes étrangères.Dans les assurances, des entreprises font des affaires au Québec avec des sièges sociaux en Alberta, Allemagne, Angleterre, Belgique, Colombie-Britannique, Écosse, France, Hollande, Italie, Japon, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario, Saskatchewan, Suède, Suisse.Les assureurs américains, qui souscrivent des primes ou des cotisations au Québec, ont leurs sièges sociaux dans 24 États: Californie, Connecticut, Delaware, Floride, Géorgie, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Maine, Mary- 396 © L\u2019ACTION NATIONALE IX.2.UN PROJET GLOBAL land, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Missouri, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Pensylvanie, Rhode Island, Tennessee, Texas, Wisconsin.Dans les fonds mutuels, l\u2019image et la réalité sont torontoises: AGF, Altamira, Canada Trust, CIBC, CI Mutual, Dynamic, Fidelity, Mackenzie, Montreal Bank, Mutual Life, Royal Bank, Scotia Excelsior, TD Green Line, Templeton, Trimark.De jolis noms français! La sécurité de la vieillesse peut-elle être confiée à la Bourse de Hong Kong?b.Les caisses de retraite A l\u2019instar du gouvernement canadien, le gouvernement québécois accorde des avantages et des privilèges fiscaux pour la sécurité de la vieillesse et pour le développement des entreprises financières qui font des affaires au Québec.En retour, l\u2019Ftat du Québec serait en droit de s\u2019attendre à ce que les entreprises investissent davantage dans les titres du secteur public.C\u2019est le contraire qui se produit, généralement.Les caisses de retraite et les entreprises financières déportent l\u2019épargne québécoise en dehors du Québec, parfois même les sommes correspondant aux avantages fiscaux.\u2022\tLTne action immédiate et précise s\u2019impose.Le gouvernement du Québec doit limiter à 40 % l\u2019exportation des épargnes québécoises qui bénéficient d\u2019avantages fiscaux.\u2022\tSi le ratio n\u2019est pas respecté, le gouvernement qui taxe lourdement les contribuables pourrait exiger un impôt de 2 % sur le capital exporté illégalement.Pourquoi pas?\u2022\tLes caisses de retraite québécoises et canadiennes qui gèrent des fonds d\u2019employés québécois doivent déposer leur rapport annuel, leur politique de placement et leur portefeuille de valeurs détaillé: actions, obligations, hypo- L\u2019ACTION NATIONALE ©397 LX.2.UN PROJET GLOBAL thèques, etc.Cette mesure est plus importante que l\u2019inspection annuelle des caisses populaires.\u2022\tLes entreprises jouissant d\u2019avantages fiscaux doivent transiger àla Bourse de Montréal, si les titres y sont disponibles.\u2022\tLes entreprises jouissant d\u2019avantages fiscaux doivent investir au moins 40% de leur portefeuille en actions d\u2019entreprises québécoises.Dans une conjoncture où le gouvernement du Québec a un intérêt primordial à accroître la part de sa dette entre les mains des Québécois, il est incompréhensible de le voir hésiter à obliger les caisses de retraite et les entreprises jouissant de privilèges particuliers, à investir une part raisonnable, 15 % par exemple, dans ses propres obligations.L\u2019Etat récupérerait ainsi plus de 25 milliards $ de fonds qui répondraient à des besoins d\u2019ordre financier et d\u2019émancipation politique.Il réduirait la lourde prime qu\u2019il verse aux financiers internationaux.Il serait moins vulnérable aux pressions de messieurs W.Barrett, P.C.Gobsoe et de tous les banquiers internationaux.Il éviterait par surcroît que tous les fonds canalisés par les abris fiscaux soient placés dans des titres spéculatifs.La sécurité de la vieillesse ne peut dépendre uniquement de la volatilité des bourses de Tokyo et de New York et de l\u2019insécurité des marchés émergents.Les marchés financiers peuvent développer le Québec, un pays à portée de main c.Les marchés financiers Le secteur financier peut aider une économie qui fonctionne au ralenti à passer à la croissance rapide.Mais s\u2019il est mis au seul service du capital, s\u2019il ne recherche que le profit à court terme, s\u2019il ne favorise que ses propres intérêts, il compromet l\u2019avenir.C\u2019est de cette compromission dont sont coupables les messieurs Soucy & Associés qui répètent qu\u2019« il n\u2019y a pas de projet » 398 @11 .\u2019ACTION NATIONALE IX.2.UN PROJET GLOBAL et «qu\u2019il n\u2019y a pas de carence de capitaux au Québec».À cette objection fallacieuse, nous avons répondu au chapitre précédent.Il n\u2019y a pas de projet parce que les gestionnaires ne sont pas des entrepreneurs.Ils ne sont pas des bâtisseurs.Ils sont des commis imprévoyants.Ils parlent d\u2019une abondance de capital de risque.Ils mesurent à l\u2019once le placement à accorder aux PME et aux coopératives naissantes.Ils mesurent à la plus-value leurs interventions.Les normes sont pesantes.Les programmes de démarrage sont lourds.Les projets sont jugés trop légers.Investir dans le deuxième Québec, c\u2019est une aventure?C\u2019est dangereux?Le capital de croissance est même investi selon la règle impitoyable du risque mesuré selon le poids.Les gestionnaires refusent un projet rentable parce qu\u2019un actionnaire a déjà joui de l\u2019aide sociale.Ils exigent des cautions pour un prêt de 1000 $.Ils requièrent des garanties à toute épreuve.Ils ralentissent ainsi les activités industrielles.Ils freinent le développement social.Ils paralysent le développement économique.Pourtant, ces financiers ne travaillent pas avec leur argent.Ils gèrent l\u2019argent des autres.Ils s\u2019enrichissent avec l\u2019argent des autres.Avec l\u2019argent des autres, ils acquièrent des actions et des obligations d\u2019entreprises établies en d\u2019autres provinces et pays.Ne devraient-ils pas investir d\u2019abord cet argent dans le milieu des épargnants qui leur permette de s\u2019enrichir?La question est vitale.La responsabilité du financier grandit avec le poids de l\u2019argent qu\u2019il manipule.Le sens social lui rappelle que les richesses économiques doivent servir l\u2019homme.Si elles sont utilisées selon les intérêts des épargnants, elles contribueront à la santé sociale et à l\u2019épanouissement culturel.Nos financiers et nos gestionnaires ont des devoirs sociaux à accomplir.D\u2019immenses tâches sollicitent leurs appuis, leurs interventions.L'Action nationale n\u2019a certes pas la compétence des experts financiers.Elle possède le goût du pays et l\u2019amour des L\u2019ACTION NATIONALE ©399 IX.2.UN PROJET GLOBAL gens de chez nous.F,lie n\u2019accepte pas et n\u2019acceptera jamais le slogan: «Il n\u2019y a pas de projet».Elle demande avec instance au gouvernement de ne pas adopter une attitude neutre à l\u2019égard de la mobilité du capital.Il y a des milliers de projets à entreprendre et à réaliser.Il y a des centaines de décisions à prendre.Les entrepreneurs, les financiers, les banquiers et les gestionnaires doivent: \u2022\tRelancer les marchés monétaire, obligataire et boursier et les axer vers le développement du Québec et de ses régions.\u2022\tAccroître la place des actions et des obligations québécoises dans les portefeuilles qu\u2019il gère.\u2022\tInvestir au Québec selon un système de priorité hé au développement social, économique et régional.\u2022\tRéinvestir au Québec leurs revenus et leurs profits, selon des règles de développement régional et économique.\u2022\tInvestir dans chaque milieu dans la proportion des primes, cotisations ou dépôts recueillis.\u2022\tFavoriser l\u2019installation dans les régions sous-développées d\u2019entreprises correspondant aux besoins du milieu.\u2022\tInvestir massivement dans des secteurs économiques spécifiques.\u2022\tInvestir des capitaux au Québec, au moins dans la proportion de leur chiffre d\u2019affaires.\u2022\tRespecter une politique de réinvestissement des profits non distribués.\u2022\tDéposer des réserves au Québec dans la proportion de leur chiffre d\u2019affaires québécois, pour protéger l\u2019épargnant.\u2022\tLes intermédiaires financiers de grande taille doivent transiger avec les petits et les grands courtiers de Montréal.Le slogan deM.Soucy: «Il n\u2019y a pas de carence de capitaux» est inexact.Des milliers de projets ne peuvent démarrer faute de 400
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