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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1961-05, Collections de BAnQ.

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[" MAI 1961 ST-HYACINTHE, P.Q.GATIEN LAPOINTE : Solitude de l\u2019homme SŒUR M.-ANTONIN A : Le culte marial de Péguy H.-M.DION : L\u2019humilité d\u2019un saint Thomas plus que jamais nécessaire ELIE GOULET : « Les hauts cris » de Suzanne Paradis ROGER CHARTIER : Action syndicale et bien commun EMILE LEEMAN : Erasme ou la ruine d\u2019une mystification LE SENS DES FAITS Son Excellence Mgr G.B.Flahiff, C.S.B., archevêque de Winnipeg \u2014 Le concile de S.S.Jean XXIII \u2014 Spiritualité de la Pentecôte \u2014 Pour l\u2019accueil des brises de la Pentecôte \u2014 Au carrefour de la loi et de la conscience \u2014 Adolescence et amour \u2014 Chacun sa vérité \u2014 Un théâtre de jeunes à Montréal \u2014 Dieu est né en exil \u2014 Chronique des disques.L\u2019ESPRIT DES LIVRES DIRECTION : MAISON MONTMORENCY COÜRVILLE (OUÉBEC-5).P.O.ADMINISTRATION 5375.AV.N.'D.DE GRÂCE MONTRÉAL.2 8.P, Q .PER WW*»cfxjwjwwÿc-ÿÿ nrnrr :«»'*».' « ;üf «[mii:| ***»«* * M SMS À&C&&Û «X si ?jOWW^ÿj \u2018 :'\u2018 wi-' i&SiPSI^PI «ÔtAi ROADS VICTOBA, ».C.v.v.vîw.v.v.v>.\\v\u2018.v.vS.v.v.: fW**a&A5 WW*»cfxftxjwwÿc-ÿÿ g*\tV g^isselÉ À&C&&Û &8.«SSS «X si ?jOWW^ÿj \u2018 :'\u2018 wi-' »:::>::sw:;; COLLEGE MILITAIRE ROYAL ?*_ DE SAINT-JEAM ?J Sfc^lSAINT-ilfiAM# P.Qfe tni « H ITi î5:x Continue, dit-il.Camille parla à I oreille de I aubergiste qui disparut, discrètement vers la cabine téléphonique.\u2014 Tu disais que Damien est revenu de la montagne, fit Camille, se tournant vers Marie-Andrée.\u2014 Oui ?Tous les soirs, je mettais ma robe blanche, mes escarpins et mon voile en fleur.Et le parfum, odorant comme une goutte de miel, 215 Revue Dominicaine j\u2019en oignais ma nuque pour émouvoir Damien.Ma robe, un nid tout blanc de mariée.car je suis mariée ?s\u2019étonna la jeune femme.« Elle appuyait ses mains sur son front où la sueur dansait un ballet ténu de lumière.Camille répondit, calme maintenant : i\u2014' Oui, Marie-Andrée.Elle observa sa main sans anneau.r\u2014 Damien ne dormait jamais avec moi, Doris.Et le dialogue se poursuit, dense, pathétique, d une lucidité inquiétante chez Marie-Andrée.C est le nœud de 1 action.Dès lors, les fils de Iécheveau se dénouent : chaque personnage court à un destin inéluctable.Dans Les hauts cris, le style a le grain serré du chêne.Suzanne Paradis écrit une langue classique, où une heureuse vivacité s allie à une originalité étonnante.Elle dit toutes choses avec finesse.Les expressions heureuses se multiplient.Au sujet de la mort de David : « L\u2019enfant, signe, promesse, don, allait se retirer d\u2019eux comme l eau du puits.Ils demeureraient dans leur soif comme en contrée étrangère ».Marie-Andrée exprime sa rancœur : «Je ne savais plus combien je haïssais Doris, jeta Marie-Andrée, comme une gifle à une joue absente ».Voici les remords de Doris : « Doris sanglotait, secouée par I orage intérieur comme une herbe par la vague noire, à I heure des marées de nuit ».Marie-Andrée s\u2019interroge sur la mort de Doris qui s est suicidée : « Et Marie-Andrée rêva de l\u2019affreux paysage sans eau qu\u2019était devenu le visage aux yeux fermés.Du pays sans étoile où allaient pourrir les cadavres d ardoise et de cendre.Où était-ce donc ?A quoi pouvaient servir ces doigts désormais sans couleur ni prière ?Ces pieds sans pas ni chemin ?Ce corps scellé, coffre de bois éteint au trésor révolu ?L œil sans larme ni regard ?Cette forme allongée dans son irrémédiable impotence ».Le printemps : « Mai éclatait dans une bourrasque de soleil ».216 « Les hauts cris » de Suzanne Paradis L\u2019biver : « L\u2019biver s\u2019abattit sur la ville et les jardins comme une main de furie.Le vent bourdonnait, guêpe inapaisable, dans la neige en fleur ».La mélancolie : «La voix de Luce était songeuse, elle était un peu triste, clocbe voilée d\u2019un village sans lieu ».Enfin, comme un leitmotiv biblique, passent et repassent les symboles de I Orient : les sandales, le sable, le puits, les lampes, la montagne, la mer.* * * Voilà le grand roman tout de clarté et d\u2019ombre d\u2019une douloureuse et tragique vie î On sort de la lecture de cet ouvrage, inquiet et transi, comme si on venait de traverser une tempête.Mais, au milieu des bourrasques les plus terribles, on pouvait entendre la voix plaintive et tendre de Marie-Andrée, l\u2019une des plus pures créations de notre littérature.Les grandes voix du ciel et de la terre animent Les hauts cris, celles de la vie et de 1 art, de I esprit et de la cbair, de I amour et de la baine.Que ce soit dans la poésie, le conte ou le roman, Mlle Paradis manifeste sans cesse une inépuisable liberté, une exceptionnelle facilité de création.Toutes les voies de la littérature lui sont accueillantes et elle imprime le sceau de sa personnalité, le souci de la perfection, à chaque œuvre nouvelle qu elle donne.Dans Les hauts cris, elle traite avec un rare bonbeur les thèmes universels de I amour, de la vie et de la mort.Comme Canadien français, nous nous réjouissons de l\u2019étonnante vocation littéraire de notre compatriote Suzanne Paradis, excellent écrivain de langue française I Elie Goulet De la Société des Ecrivains Sillery, ît mars 1961 Publié à Paris, aux Editions de la Diaspora.217 1 Action syndicale et bien commun Dialogue à une voix dominante \u2014 « Action syndicale et bien commun » : Si nous commencions par quelques définitions ?,\u2014' D accord î \u2014 Et d abord, de quel syndicalisme s agit-il ?>\u2014' Du syndicalisme ouvrier en général, et du syndicalisme canadien en particulier.\u2014 Qu embrasse l activité syndicale ?On a coutume de définir le syndicat comme « une association stable d employés groupés autour de I étude, de la défense et du développement de leurs intérêts économiques, sociaux et moraux ».Voici déjà qui en fauche assez large I Cette action syndicale pourra se mener au niveau de la négociation collective ; dans notre contexte canadien, c est décidément cette forme d activité qui est à I avant-plan des préoccupations syndicales.\u2014 Mais où donc encore l activité syndicale trouve-t-elle à s exercer ?-\u2014 Le syndicalisme ouvrier, à mon sens, peut fort légitimement mener une action au plan politique, selon des modalités d ailleurs nombreuses, s il découvre que c est à ce niveau qu au fond se joue le sort des travailleurs qu il a mission de défendre.C est ainsi qu il pourra appuyer carrément un parti dont le programme lui sied ; ou encore faire pression sur le législateur pour amener une modification, à lui favorable, du cadre juridique de ses relations avec le patronat ou de la sécurité sociale ; ou aussi, faire I éducation politique de ses membres et de la population dans son ensemble.Enfin, le syndicalisme ouvrier peut s occuper d\u2019une façon plus ou moins élaborée de la culture ouvrière, collaborer avec le mouvement coopératif et s\u2019intéresser aux loisirs et au bien-être général des salariés.,\u2014- Voilà pour l\u2019action syndicale.Mais comment définiriez-vous maintenant le bien commun ?1.Dialogue tenu à «Vie ouvrière», Radio-Canada.218 Action syndicale et bien commun Le Lien, c\u2019est ce que tout individu, tout groupe désire et recLercLe comme sa perfection.II y a donc, pour cLacun de nous, un Lien individuel.Mais dès qu un Lien est partagé ou recLercLé par plusieurs, il devient commun.Et c est ici surtout qu il importe de distinguer avec soin deux sortes, deux niveaux de Lien commun : le Lien commun particulier, qui est celui d un groupe intermédiaire entre I individu et la société gloLale (par exemple : une ville, une association religieuse, un groupement commercial, un cluL social, un syndicat, une fédération ou une centrale syndicale) ; et le Lien commun général, qui est la propriété collective de tous les memLres d une société politique donnée (par exemple : la Province de QuéLec, le Canada).Quand on parle simplement de « Lien commun », c est d ordinaire le Lien commun général qu on a à I esprit.Et quand on accole les termes « action syndicale » et « Lien commun », on pense évidemment en fonction d un certain Lien commun général, ce qui justement pose le proLIème que nous discutons ici.\u2014> Laquelle de ces optiques est la vôtre ?' S\u2019il s agissait du bien commun particulier du corps intermédiaire appelé syndicalisme, j accepterais volontiers que le syndicalisme ouvrier doive être en tension constante vers le bien commun.Et encore faudrait-il distinguer entre le syndicat local et I union ou fédération, entre celle-ci et la centrale syndicale, et enfin entre telle centrale et telle autre.Car aux divers paliers des structures syndicales se situent des groupes divers, dont les biens particuliers sont partiellement différents, et par certains aspects divergents, les uns des autres.C est donc entendu : les groupements syndicaux et les individus en leur sein poursuivent, par leur action économique, sociale et morale, leurs biens particuliers.J irai beaucoup plus loin : selon moi, ces biens particuliers (bien des membres et biens de l\u2019institution) sont les seuls que les groupements syndicaux (comme tous les autres corps intermédiaires d ailleurs) aient le pouvoir et le devoir de poursuivre directement.Et on a par ricochet le devoir de les juger sévèrement, ces groupements, dans la mesure où ils s éloignent de la poursuite de tels biens particuliers spécifiques : voilà le critère, voilà la norme de leur action collective.,\u2014¦ Mais que devient dans tout ceci le bien commun général ?N\u2019êtes-vous pas en train d inviter les individus et les groupes à tous les égoïsmes de leurs intérêts particularistes, quand vous leur proposez comme norme concrète d\u2019action le seul bien particulier qui les concerne ?< Bien sûr que non ! Je pose d abord en principe que les biens communs particuliers doivent se situer dans la ligne du bien commun général ; que d\u2019autre part, dans un contexte démocratique, les rapports sont étroits entre ces deux ordres de biens ; et qu enfin si le bien général ne peut ni ne doit servir de guide direct pour 1 action des individus et des groupes, ces derniers doivent quand même en tenir compte comme d une donnée de base dans la mesure où il est concrètement défini, ne jamais 220 Action syndicale et bien commun agir à son encontre quand il est clair et respecter les biens particuliers d\u2019autres individus et d\u2019autres groupes au sein de la société globale.>\u2014> Pourriez-vous vous expliquer davantage ?r\u2014 Certainement.Je pense qu\u2019il faut au plus tôt détruire 1 équivoque selon laquelle la poursuite vigoureuse des intérêts particuliers est une bérésie sociale et morale.II importe au plus vite de libérer les corps intermédiaires comme le syndicalisme à tous ses paliers du jugement-massue par lequel on condamne ou I on appuie leur action au nom d un bien commun général le plus souvent imprécis.Ce qu il faut bien voir, c est que les structures juridico-économiques présentes, cbez nous, ne se prêtent que très mal à l\u2019utilisation du bien commun général comme critère d évaluation de l\u2019activité syndicale.Nous vivons, comme vous le savez, en régime mitigé de libre entreprise et de syndicalisme libre, celui-ci s adaptant à celle-là et édifiant ses cadres aux dimensions de celle-là.Dans ce contexte, c\u2019est le cboc de divers biens particuliers qui aboutira, par divers compromis mutuellement acceptables, à une certaine définition pratique, opérationnelle et d ailleurs provisoire du bien commun dans I\tindustrie, le commerce ou les services.,\u2014' Comment, alors, se situe le problème au plan de la législation du travail chez nous ?;\u2014' Justement, notre législation du travail condamne la négociation collective à la courte vue et le syndicalisme ouvrier à la myopie économique en limitant le cadre du dialogue collectif aux dimensions de l\u2019usine ou de I établissement local.Cbez nous, une fédération de syndicats n\u2019est même pas autorisée à négocier d\u2019un seul coup pour toutes les usines d une même entreprise ; encore moins peut-elle négocier avec toutes les entreprises d une même industrie.Or, au plan local, le syndicat ne représente qu un segment peu important de I économie et des travailleurs.II\tpeut difficilement percevoir I influence de son effort limité sur I ensemble de I économie ; sans compter que les chefs locaux sont d abord responsables vis-à-vis leurs membres du lieu.Si l\u2019on avait plutôt un vaste agrégat de syndicats et d\u2019employeurs négociant à I\u2019écbelle multi-em- 221 Revue Dominicaine ployeurs, on même industrielle, en attendant que ce soit au plus haut niveau de I économie, les chefs syndicaux (et patronaux, bien sûr) seraient tenus de voir plus large et plus grand, d envisager le bien commun général et les effets importants de leurs décisions sur I économie nationale.Peu à peu, les régionalistes égoïstes perdraient pied.De telles négociations aux cadres plus vastes favoriseraient I établissement de normes (de salaire, de productivité, de classification des tâches, etc.) plus sûres et plus communément acceptables de revendications et d interprétation des clauses de la convention.A ce niveau, des négociateurs plus mûrs et mieux renseignés feraient du meilleur travail et assureraient à notre économie une plus grande stabilité et à leurs institutions respectives une plus grande sécurité.»\u2014 En regard des structures dont vous venez de parler, quelles sont, selon vous, les attitudes de beaucoup de gens en face de l activité syndicale ?Ces attitudes sont généralement hostiles à I élargissement du champ d action, et donc des vues des syndicats ouvriers.D une part, beaucoup de gens entendent faire la comptabilité des gestes syndicaux sur la base de leur approximation du bien commun général ; ces mêmes personnes invitent le syndicalisme ouvrier à la collaboration aux dépens de la revendication « exagérée », bref, exhortent les syndicats à voir grand, à « mûrir », à mener une action désintéressée.Et d autre part, du même souffle, ces gens s inscriront en faux contre toute forme d\u2019action politique par le syndicalisme, de même que contre tout effort syndical pour élargir la négociation collective aux dimensions de I entreprise comptant plusieurs usines syndiquées, sans parler de I industrie et de I ensemble de I économie.Ne serait-ce pas là une occasion magnifique d assurer la promotion concrète de cette « organisation professionnelle » dont on parle tant ?,\u2014' Mais alors, qui donc définira le bien commun général ?j\u2014 Dans la conjoncture actuelle, c est à I Etat, et à I Etat seul, qu il incombe de définir ultimement, et avec le plus de clarté possible, les impératifs du bien commun général pour I action des groupements parti- 222 Action syndicale et bien commun culiers, quand la nécessité s en fait sentir ; c est à lui qu il revient de s en faire le défenseur et le promoteur contre les poussées égoïstes de certains groupes d intérêts et dans la ligne des vœux profonds de la majorité du peuple.L Etat, c\u2019est entendu, devra s\u2019aider, dans ses définitions et dans ses orientations, des lumières des divers groupes économico-sociaux.Mais en dernière analyse, c\u2019est lui le pilote et le metteur d ordre, qui doit dire le juste et le Lien quand ce dernier ne ressort pas clairement de la libre activité des individus et des groupes intermédiaires, quand donc des conflits naissent de cette libre activité.Selon la formule de Pie XI, « il appartient exclusivement à lEtat de diriger, surveiller, stimuler, contenir selon que le comportent les circonstances ou 1 exige la nécessité »./\u2014' Mais n existe-t-il pas des parties d alternative à la conjoncture juridique présente ?^ Sans doute.Ainsi, le syndicalisme pourrait être appelé à participer de plus en plus étroitement à la fonction de I Etat.On peut concevoir un syndicalisme qui ne serait que le prolongement de I Etat dans la vie économique.Entre le syndicalisme d Etat et le syndicalisme totalement libre, toute une gamme de degrés sont possibles.Le syndicalisme d\u2019Etat aurait évidemment le devoir de concentrer son action plus directement sur le bien commun général.Reste à savoir si I on souhaite vraiment l instauration cbez nous de cette sorte de syndicalisme.De plus, on pourrait permettre la négociation à I écb elle de I entreprise (à usines multiples) et de 1 industrie.Ce serait une très bonne façon, pour me répéter, d imposer aux négociateurs, des deux côtés de la table, des perspectives plus vastes et un souci plus réel des conséquences de leurs gestes sur I économie générale.Un dernier mot, pour résumer ?Je dirais, pour clore cette discussion, qu il faut avoir un sens aigu de la nuance quand on affirme que 1 action syndicale doit tendre vers le bien commun.D ailleurs, 1 étude concrète d une réalité industrielle et commerciale terriblement complexe suggère d elle-même le sens des distinctions, le réalisme des faits et I humilité des assertions.Roger Chartier 223 Erasme ou la ruine d une mystification Le cher Erasme I Quatre siècles après sa mort, il ne cesse d être encore la victime de ses plus fols admirateurs et comme on n est jamais mieux trahi que par ses propres amis, nous voici en possession d\u2019un nouveau mythe : celui d un spirituel humaniste qui s est immortalisé exclusivement par une satire sociale intitulée l Eloge de la Folie.Ainsi se créent les légendes et si I auteur est lui-même, en partie, responsable de cette méprise, il faut bien avouer que ses admirateurs ont surenchéri car d un simple divertissement d intellectuel, ils ont fait la synthèse de toute la pensée érasmienne, au point de laisser le restant de son œuvre dans une ombre où les vrais lettrés sont bien obligés de s\u2019introduire aujour-d hui s\u2019ils veulent s\u2019initier à la pensée authentique de l\u2019érudit.Pour comprendre le véritable contenu de cette trop fameuse satire, il faut pourtant la replacer dans les circonstances où elle a vu le jour et il faut la remettre surtout dans 1 esprit même de son temps.La critique des mœurs, I ironie quelquefois mordante qu\u2019un esprit indépendant peut exercer à I égard des travers de ses contemporains ont toujours constitué un plaisir raffiné dont les victimes choisies furent, par ailleurs, toujours des hommes qui prétendaient incarner toutes les vertus.Ainsi, déjà dans I Antiquité, un Lucien avait exercé sa verve à 1 endroit de ses contemporains, et avec I avènement du christianisme, les saints et les hérauts de la foi nouvelle ne s\u2019étaient point privés d\u2019attaquer I hypocrisie sous toutes ses formes, autorisés qu ils I étaient par I exemple même du Christ et de ses apôtres.Mais au cours de la Renaissance qui s amorça en Italie, sous I impulsion et la protection de la Papauté, le retour à I étude des Lettres antiques n avait fait qu accentuer un état d esprit qui n\u2019attendait, en somme, que I invention de I imprimerie pour diffuser un genre littéraire que les érudits et les philologues avaient déjà connu chez leurs maîtres de I Antiquité classique.Sans doute, le Moyen Age n\u2019avait pas totalement ignoré la culture gréco-latine puisque saint Thomas d Aquin, au XlIIe siècle, s était assi- 224 Erasme ou la ruine d\u2019une mystification milé I œuvre d Aristote pour établir sa propre synthèse théologique, mais cette culture, indispensable à toute formation humaniste, restait tout de même confinée au milieu des clercs, et donc réservée aux gens d Eglise.Toutefois, quelques années après la mort du Docteur Angélique, la scolastique médiévale dégénéra en discussions subtiles et dès lors il était facile d ironiser sur ces joutes entre les differentes écoles théologiques.Un redressement s\u2019imposait et par conséquent un retour aux sources mêmes du christianisme s avérait indispensable si on voulait faire bénéficier la foi des nouvelles expressions de la pensée.C\u2019est dans cet état d esprit qu il faut concevoir la naissance de l\u2019Eloge de la Folie, rédigée par le sarcastique Erasme alors même qu il s en revenait d un voyage à Londres où il avait conféré intimement et joyeusement avec le chancelier Thomas Moore, aujourd hui un saint que I Eglise romaine a porté sur ses autels.Rédigé d une traite, avec I approbation même de son saint ami, cet ouvrage résuma en quelque sorte les facéties de nos deux compères, mais comme il fallait ménager des susceptibilités ombrageuses, Erasme adopta une allégorie pour faire entendre sa propre voix sous la forme d une déesse inspiratrice.C\u2019était la Folie qui ironisait à la fois les superstitions des moines et les discussions théologiques de la scolastique décadente.Bien mal inspirés auraient été, toutefois, ceux-là qui voulaient trouver dans cette satire une attaque contre le contenu dogmatique de la foi authentique et le témoignage de Thomas Moore, décapité plus tard sur ordre de Henri VIII pour son attachement à I Eglise romaine, est là pour prouver que I ouvrage était d une parfaite orthodoxie religieuse.Mais comme les œuvres littéraires, une fois publiées, se trouvent sans défense devant les interprétations partisanes, il n est pas étonnant, d\u2019autre part, que les disciples de Luther se soient accaparés de ce texte pour compromettre Erasme dans leur secte.Et I auteur lui-même, non encore initié aux âpres controverses religieuses, devait avouer plus tard que la publication de son ouvrage avait été inopportune.Devant le déchaînement des passions, son esprit tolérant s\u2019était cabré et bien que 225 Revue Dominicaine ses travaux d érudit s étaient limités jusque-là à l\u2019édition de ses Adages, de son Enchiridion Militis Christiani et des Annotations de Valda sur le Nouveau 1 estament, il ne pouvait s empêcher d être ainsi, malgré lui, dans un camp qu\u2019il n\u2019avait pas choisi.Et aujourd hui même, alors que nous sommes en possession de la totalité des œuvres d Erasme, son Eloge de la Folie reste encore 1 objet d interprétations tendancieuses.Ainsi, de graves professeurs qui se sont pourtant spécialisés dans les études érasmiennes continuent de nos jours à propager un mythe, d appliquer une exégèse préconçue à un texte où ils ont préalablement disposé des idées qui leur sont personnelles.Tant d efforts en vue de pénétrer la compréhension réelle d un genre littéraire bien déterminé et que les Anciens ne dédaignaient pas, nous laissent sceptiques quant à 1 avenir, car, dans un cas comme celui-ci, jamais une solution satisfaisante ne pourra être donnée si on se borne à létude littérale d un texte sans défense.Et c est bien dans une autre direction qu\u2019il faudra dès lors orienter les recherches si on veut aboutir à une interprétation valable.Cette direction se trouve, à notre humble avis, dans l étude même du génie d Erasme dont l Eloge de la Folie n est qu une expression partielle.Il ne faut tout de même pas oublier que Fauteur, par 1 édition des œuvres de saint Jérôme, par la publication du Nouveau Testament en grec, par les Paraphrases sur les Evangiles, par d\u2019autres ouvrages inspirés par la doctrine des Pères de l\u2019Eglise, était avant tout un théologien qui voulait remettre en honneur les écrivains de l\u2019Antiquité classique.Théologien humaniste, faut-il l\u2019ajouter, qui estimait aussi à sa juste valeur la culture humaine qui avait servi à la transmission même du Message évangélique.Sans s égarer dans les subtilités métaphysiques de la scolastique décadente, il voulait promouvoir un renouveau des Lettres chrétiennes en propageant un plus grand respect pour les formes classiques.Mais de si graves travaux, exécutés dans le silence du cabinet, ne 1 empêchaient pas, le cas échéant, d être fort enjoué, d exercer une ironie qu il déployait aux dépens de ses semblables et de lui-même.Eternel 226 Erasme ou la ruine d\u2019une mystification voyageur, familiarisé avec les grands de ce monde, étudiant perpétuel, pérégrinant des Pays-Bas où il était né, en Artois, de Louvain à Paris, de Rome à Londres, sans oublier son rôle de conseiller de Charles- Quint, Erasme connaissait, en effet, le monde des hommes, des plus puissants aux plus faibles, des courtisans et des maîtres, II observait d un œil amusé ces rivalités mesquines, ces trafics d influence dont était entouré, par exemple, un monarque comme Henri VIII, auquel il avait d ailleurs été présenté en 1499, lors de son premier voyage en Angleterre.De ces fréquentations, il devait tenir une certaine attitude d esprit que son ami Moore devait lui envier bien souvent, car être mêlé intimement aux querelles des grands était pour le chancelier anglais une charge qui I empêchait bien des fois de vaquer à ses propres travaux, de consacrer enfin à sa famille des soins que le souverain anglais était bien en peine de concevoir.Quand on sait, d autre part, que l Eloge de la Folie a été publiée peu après I accession au trône de Henri VIII et après le retour d Erasme à Paris, on comprend encore mieux la véritable nature de cet ouvrage.C est un peu I esprit de Moore qui effleure dans ces pages, de Moore, qui, lui aussi, rédigera un jour un bien curieux livre l Utopie, et dans lequel de patients exégètes ont vu la réalisation utopique de la Cité idéale.Chez ces deux amis, c est la même mentalité, la même verve à I égard des travers humains.On ne saurait d ailleurs définir avec précision une telle tournure d esprit mais on ne serait pas loin de la vérité en disant qu elle se rapproche surtout de I humour anglais, de cet humour si difficilement saisissable à un esprit latin.N oublions pas qu Erasme était d origine néerlandaise et que sa formation classique n avait pas étouffé en lui les traits de son tempérament naturel, qui s extériorisait surtout dans les entretiens familiers, dans ses mots et réparties piquantes où sa franche et saine gaieté pouvait se donner libre cours.Mais pour cela il lui fallait aussi la présence compréhensive d un ami qui partageait toutes ses opinions et avec lequel il pouvait communier dans la même ferveur des Lettres antiques. Revue Dominicaine Que 1 bornas Moore ait joué ce rôle de confident, il suffit de jeter un coup d œil sur la correspondance échangée entre les deux kommes pour s en rendre compte.Et, à ce propos, on n insistera jamais assez sur le caractère de cette amitié qui permit à ces deux kumanistes d épancher leurs critiques, d élakorer au cours de leurs colloques intimes les linéaments mêmes de cet esprit nouveau, de cet kumanisme ckrétien dont Tkomas Moore sera lui-même le fleuron le plus éclatant.Oui, quand on examine les deux ouvrages de nos deux amis, on peut conclure à une identité d\u2019inspiration et s\u2019il est Lien vrai que Moore est à I origine du divertissement d Erasme, il faut ajouter aussi que les deux auteurs aimaient les paradoxes, c\u2019est-à-dire qu\u2019entre l\u2019idéal que pensaient représenter certains personnages de leur temps et la réalité kumaine, tellement limitée et même médiocre qu\u2019avaient sous les yeux nos deux sarcastiques okservateurs, il y avait une marge, un écart qu Erasme soulignait avec une insistante ironie, avec cet kumour qui est si spécifiquement à lui et qui témoigne, en somme, de la sincérité de ses propres convictions.Alors qu on imagine trop souvent un tkéologien sous un aspect austère et quelque peu pédant, Erasme, sans aucunement déflorer la valeur d une sainte tkéologie qui doit se renouveler aux sources mêmes de la pensée patristique, Erasme, en véritable humaniste, prouva ainsi qu il restait surtout un tkéologien soucieux de respecter aussi en 1 komme cet esprit critique qui I empêcke d être dupe de lui-même et des autres.En d autres termes, Erasme, en rédigeant son immortelle satire, voulait dénoncer certaine forme de mystifications qu\u2019on retrouve d\u2019ailleurs à toutes les périodes de I histoire et qui consiste surtout à attribuer à certains kommes influents et plus spécialement aux grands de ce monde une apparente vertu, laquelle n a, d autre part, rien de commun avec les vertus que I Eglise, par exemple, attribue à ses saints puisque, dans ce cas, la vertu est le fruit même de la grâce divine.Mieux que quiconque, Erasme, en tant que tkéologien averti, savait aussi que la route de la perfection, proposée par le Ckrist dans ses con- 228 Erasme ou la ruine d\u2019une mystification seils évangéliques, était ardue et que seuls les saints peuvent être considérés comme des chrétiens authentiques.Or, si la canonisation d un chrétien appartient au Magistère de I Eglise infaillible et si cette canonisation est précédée d\u2019une enquête sévère en cours de Rome, il faut ajouter aussi que ces procès ne s accomplissent qu après la mort.Sans doute, au cours de leur vie mortelle, certains chrétiens, par leur éminentes et héroïques vertus, peuvent exercer sur leur entourage un tel rayonnement qu il est malaisé de ne point leur attribuer anticipativement la sainteté, mais ces jugements, formulés à titre purement individuel, ne préjugent en rien la décision finale de I Eglise qui seule reste juge en ces matières.Que I auteur de l\u2019Eloge de la Folie n ait point trouvé autour de lui de tels chrétiens, sa satire en témoigne d une façon magistrale, mais nous pensons surtout que son amitié avec Thomas Moore, la connaissance de la vie intime et familiale de cet homme donna aussi à Erasme une plus juste idée des vertus authentiques, de ces vertus qu il ne trouvait pas dans le monde qu\u2019il fréquentait.A Chelsea, dans la maison même de son ami, il eut, en effet, I insigne faveur de voir penser et agir un saint authentique : il avait pu jouir de la présence pacifiante de cet homme, de ce père de famille qui aujourd hui encore, est connu pour ses bons mots, pour son humour dont il ne se départit même pas au pied de I échafaud.Ayant ainsi assisté intimement à la vie familale d un chrétien authentique pour lequel I Evangile n était pas lettre morte, Erasme, on le comprend aisément, dut éprouver quelque déception en considérant la société dans laquelle il était obligé de vivre.Par ailleurs, au cours de ses pérégrinations à travers le continent européen, il avait constaté, comme tant d autres, à quel point était tombée la décadence des mœurs, et h accession d Alexandre VI, Borgia, au trône pontifical lui avait fait entrevoir le scandale qu allait provoquer dans I âme des simples le spectacle d une Papauté si peu conforme à la morale évangélique.229 Revue Dominicaine D antre part, on conçoit que d une telle décadence des mœurs cléricales pouvaient naître aussi les pires révoltes populaires.Et le principe d autorité, à I intérieur même de I Eglise romaine, risquait d\u2019être ébranlé, sans parler des désordres qui allaient se manifester, à leur tour, dans la paix intérieure des nations et des peuples.En vérité, quelques années plus tard, Luther devait réveiller, en Allemagne, ces rancunes populaires trop longtemps contenues et cristalliser autour de sa personne une révolte qui grondait déjà depuis longtemps au cœur des masses.Et ici, il est intéressant de comparer les réactions différentes de Lutber et d Erasme en face des mêmes scandales.Bien que ce dernier ait manifesté au début une certaine tolérance à l égard de Lutber, à tel point qu il se vit forcé de quitter Louvain en 1521, Erasme, au spectacle de cette dissolution morale, ne fut point ébranlé dans ses convictions et, contrairement à Lutber, encore moins dans sa foi.L\u2019exemple de son ami Moore l empêcbait ainsi de porter des jugements trop bâtifs, et cette vie exemplaire du cbancelier anglais qui portait en somme un témoignage peu commun en faveur de la doctrine du Cbrist et de son Eglise, assurait Erasme que, malgré tout, il était encore possible de trouver, en ce siècle corrompu, des exemples insignes de vertus authentiques.Ce paradoxe étonnant entre la véritable doctrine du Cbrist, telle qu elle est donnée dans son Evangile, et un monde qui se dit chrétien fait tout le contenu de l Eloge de la Folie.Et à cet égard on peut dire que toutes les époques de 1 histoire humaine se ressemblent et c\u2019est pour cette raison aussi que l Eloge de la Folie reste encore un livre actuel, et qu il le restera toujours.Emile Leeman Bruxelles 230 Le sens des faits Son Excellence Mgr G.B.Flahiff, C.S.B., archevêque de Winnipeg M.Etienne Gil son nous avait dit du Père Flahiff alors que celui-ci était professeur au Pontifical Institute of Mediæval Studies de 1 oronto : « Le Père Flahiff est un des meilleurs exemples que je connaisse de la fusion de deux esprits dans une seule personne ».En effet, le Père Flahiff -\u2014 récemment nommé au siège archiépiscopal de Winnipeg »\u2014 a tous les signes extérieurs du savant et du gentleman anglo-saxon : grand, sérieux, poli, précis, plutôt silencieux.Pourtant, il suffit de causer un peu avec lui, soit en français, soit en anglais, aussitôt il montre toute la vivacité et la logique d un esprit formé au meilleur de 1 esprit latin.L élévation de Son Excellence Mgr Flahiff ne surprend aucun de ses amis.Mais ce qui étonne davantage, sans doute parce que les précédents sont assez rares chez nous, c est qu un archiviste, un paléographe, un savant, un diplômé de I Ecole des Chartes de Paris devienne archevêque.Bien sûr, comme Supérieur Général des Basiliens de Toronto, le Père Flahiff a dû souvent en ces dernières années mettre ses chartes et ses manuscrits de côté.Reste que nous sommes tous fiers, autant pour I honneur de notre Eglise que pour celui des sciences historiques, de savoir qu on vient d élever à un poste aussi important un homme aussi raffiné et aussi cultivé.Benoît Lacroix, O.P.Le Concile de S.S.Jean XXIII L annonce, le 25 janvier 1959, d\u2019un concile œcuménique par le Pape Jean XXIII, a donné un démenti officiel à tous ceux qui croyaient que I ère des conciles avait pris fin avec la définition de I infaillibilité pontificale au Concile du Vatican.Depuis ce temps, si I on considère les rapprochements entre les peuples, I abaissement des frontières géographiques, les moyens de communication universels par la poste, la radio, la télévision, 1 avion, les services de nouvelles internationales qui tiennent le monde en alerte sur un conflit, un incendie, une catastrophe qui vient d éclater sur un point du globe terrestre, il faut Lien reconnaître que le monde s achemine vers une certaine unité idéologique dont I Eglise ne peut se désintéresser.Et un concile permet bien des réajustements qui favoriseront la marche conquérante de 1 Eglise.251 Revue Dominicaine Quand Jean XXIII nous dit qu en annonçant un concile, il avait obéi à une « inspiration surnaturelle, ressentie comme un cboc inattendu », on comprend que dans notre monde actuel plus uni que jamais par les moyens modernes de communication, il importe d\u2019y insérer l\u2019unité spirituelle de fin et de moyens qui donne forme à toute société, spécialement à une société mondiale.L\u2019inspiration du Pape répond à une opportunité, une grâce actuelle que 1 Eglise nous offre.Malgré toutes les divergences ethniques, linguistiques, philosophiques, économiques et politiques des nations, il y a place pour un cheminement commun vers une fin précise que poursuit consciemment ou non la nature humaine : dignité de 1 homme, destinée chrétienne.Un concile permettra à l\u2019Eglise de juger en profondeur, sur des faits solidement établis, la marche actuelle du monde et d\u2019y dresser des phares qui en éclaireront les avenues.La lumière qu\u2019ils projetteront sur notre humanité, tout en respectant la liberté de tous et de chacun, pourra orienter I homme qui se cherche dans le désarroi du monde, en lui montrant sa dignité humaine dans sa destinée chrétienne qui, seule, donne un sens complet aux aspirations de I homme.Aux élèves du collège grec de Rome, le 14 juin 1959, Jean XXIII disait : « II faut que l\u2019Eglise s\u2019adapte, tellement il y a d évolution dans le monde moderne parmi les fidèles et dans le genre de vie qu\u2019ils doivent mener.Lorsqu elle aura réalisé cela, elle se tournera alors vers ses frères séparés et leur dira : voyez ce qu est I Eglise, ce qu elle a fait, comme elle se présente ».Dans Ad Petri cathedram, 5 juillet 1959, on lit : « Le but principal du concile consistera à promouvoir le développement de la foi catholique, le renouveau de la vie chrétienne des fidèles, l\u2019adaptation de la discipline ecclésiastique aux conditions de notre temps.Ce sera sûrement un spectacle admirable de vérité, d unité, de charité.pour ceux qui sont séparés de ce Siège apostolique, une invitation à chercher et à trouver I Unité ».Les obstacles qui s\u2019opposent à cette Unité, tant du côté des Orthodoxes que des Protestants, Son Eminence le Cardinal Bea les a admirablement exposés récemment (Cf.D.C., 15 janvier 1961, p.93).Nous les reproduisons partiellement.Si on compare ces Eglises les Eglises orientales orthodoxes >\u2014> aux divers groupes d Eglises protestantes /\u2014* qui se sont séparés cinq siècles plus tard, elles ont certainement de grands avantages.Les Eglises orthodoxes ont une succession apostolique régulière de leurs évêques, et elles ont des sacrements valides, surtout celui de I Eucharistie.Elles conservent 232 Le sens des faits dans leur doctrine I antique tradition apostolique et patristique, et elles ne diffèrent de la foi de I Eglise latine que sur peu de points, spécialement par la négation des dogmes définis par les Conciles qui se sont tenus après leur séparation, tels que la primauté et I infaillibilité du Pontife romain.Ils vénèrent aussi la Sainte Vierge qui leur est très cbère, bien qu ils n aient pas accepté les définitions dogmatiques de I Immaculée Conception et de I Assomption ,\u2014¦ dogmes déjà contenus dans leurs livres liturgiques et généralement admis par leurs fidèles ^ pour la raison que ces définitions ont été prononcées après leur rupture avec Rome.Au cours des siècles la conception de I unité a varié dans ces Eglises.pour aboutir à l\u2019union de cœur dans la foi, dans les mystères (sacrements) et dans un certain sentiment de fraternité.Un dernier obstacle est la différence de mentalité entre les Occidentaux et les Orientaux dont il ne faut sous-estimer I importance.Mais la grâce de Dieu est toujours là pour aplanir la route de I unité.Du côté des protestants I union est encore plus difficle.Ces nombreux groupes, bien que séparés de I Eglise mère, ont conservé à des degrés divers beaucoup de choses du précieux patrimoine de I Eglise mère, de laquelle bien souvent ils ont été séparés non de leur propre volonté, mais par le despotisme d un prince ou le mauvais exemple d un prélat mondain.Parmi eux, ceux qui restent fermement fidèles à la doctrine dont I héritage remonte à leurs ancêtres catholiques, et qui s\u2019efforcent de la faire passer dans leur vie religieuse, se rendent facilement compte qu ils ne possèdent pas la vérité entière et ni un grand nombre des secours que le Seigneur a promis à ses fidèles.On en trouve la preuve dans la fondation du Concile œcuménique fondé en 1948, à Genève et qui groupe aujourd hui plus de 180 dénominations protestantes, y compris quelques Eglises orthodoxes.Ajoutons encore une autre grave difficulté : selon la doctrine protestante, il n existe pas d autorité en matière doctrinale, mais chaque fidèle suit I inspiration qu\u2019il reçoit directement de I\u2019Esprit-Saint.Par conséquent, il n y a pas chez les protestants une autorité avec laquelle les catholiques pourraient traiter officiellement des questions de foi.Que I on pense, de plus, que seulement pour les Etats-Unis on ne compte pas moins de 250 dénominations ou groupes religieux différents dont certains adhèrent au Conseil œcuménique de Genève.Comment traiter directement avec tous ces groupements ?II y a encore d\u2019autres obstacles qui concernent également les orthodoxes et les protestants.On trouve chez tous une immense accumulation 255 Revue Dominicaine d incompréhensions, de ressentiments, de mauvais souvenirs, une grave ignorance de la vérité catholique et même des idées absolument fausses.II y a aussi la vie peu exemplaire de beaucoup de catholiques, etc.II faut reconnaître cependant qu il y a de solides fondements qui favorisent I Union des chrétiens.Dans le dialogue télévisé, le 4 décembre 1960, Mgr Heenan, archevêque catholique de Liverpool, répondait au Dr Ramsey, devenu depuis archevêque de Canterbury : Je suis d accord avec vous sur le fait que vous et moi nous sommes des chrétiens baptisés, ce qui constitue déjà une certaine unité, une unité extraordinaire.Les frères séparés doivent être considérés par les catholiques, non seulement en paroles, mais en actes, comme des frères, selon cette admirable parole de saint Augustin rappelée par Notre Saint-Père dans I encyclique Ad Petri Cathedram : « Qu\u2019ils le veuillent ou non, ils sont nos frères.Ils ne cesseront de l\u2019être que s\u2019ils cessent de dire le Notre Père.» Le Baptême et le Notre Père sont donc les fondements soli des sur lesquels devra s\u2019édifier l\u2019union des chrétiens, dans une charité intelligente toute dirigée vers la vérité.A.Lamarche, O.P.Spiritualité de la Pentecôte Ce « cahier », le 14e de la nouvelle série des Cahiers de la Pierre-Qui-Vire, fait partie, dans la même collection, d\u2019un ensemble de volumes qui veulent initier à une spiritualité liturgique.A remarquer surtout, dans la même veine, le cahier numéro 11 Initiation à la Liturgie et le 9e dû, lui aussi à la plume de notre auteur, Spiritualité Pascale.Spiritualité de la Pentecôte 1 s inscrit dans la suite normale de ce dernier et sera lui-même suivi d une troisième étude intitulée Spiritualité de Noël, devant paraître au cours du présent automne 1961.Ainsi se trouvera bouclée en trois tomes I œuvre de haute portée spirituelle que Dom Jean-Nesmy s était proposé d écrire et qui sera connue sous le titre global de Spiritualité de l\u2019année liturgique.Dans un premier chapitre du présent ouvrage sur la spiritualité de cette partie de l\u2019année liturgique qui va de la Pentecôte à I\u2019Avent et qu\u2019il intitule Unité de l\u2019année liturgique, I auteur explique fort bien que le Mystère de la Pentecôte et de tous les dimanches qui suivent ne peut vraiment se comprendre que comme destiné à perpétuer, au cours de I année, le grand mystère pascal, mort et résurrection du Christ-Jésus, que nous devons vivre chaque jour, jusqu au retour définitif et triomphal du Seigneur.La Spiritualité de la Pentecôte prolonge ainsi la Spiritualité 1.Dom Claude Jean-Nesmy, Desclée De Brouwer, Bruges, Belgique.19 cm.317 pages.234 Le sens des faits pascale, puisqu elle « étend à toute I Eglise de tous les temps la vie même qui anime intérieurement le Christ ressuscité ».C est bien là la perspective à laquelle doit nous introduire une célébration assidue de la liturgie depuis la Pentecôte jusqu\u2019au temps de I Avent.Le temps de la Pentecôte et des « dimanches verts » apparaît avant tout à Dom Jean-Nesmy comme le temps de I Eglise, de I Eglise qui sacrifie avec le Christ-Jésus, le temps de I intériorisation, le temps où la liturgie du Christ devient notre liturgie ; le temps de la Parole, le temps par excellence de la lecture continue et continuelle de la Parole de Dieu, manifestée dans les Evangiles, les Epîtres ou les Psaumes ; le temps des Saints mais surtout le temps du « dimanche », le temps qui nous enseigne I extrême importance de consacrer cette journée du dimanche au rappel de la Résurrection du Sauveur.L auteur insiste sur ceci, fort heureusement d\u2019ailleurs, à tel point qu\u2019il y trouve I ordonnance tout entière de son livre.La première partie s intitule Célébration de la Pentecôte et comporte un chapitre sur le sens biblique, la liturgie et la mystique de la Pentecôte ; la seconde partie Célébration du Dimanche comporte à son tour quatre chapitres : dans le sillage de la Pentecôte, le retour du dimanche, survol des 24 dimanches et le dernier pouvant servir de conclusion, les derniers temps.Le cycle liturgique de la Pentecôte ainsi considéré implique donc, avec les nuances nécessaires, toute une spiritualité du dimanche.II retrouve ainsi une plénitude de sens que les commentaires dits liturgiques d autrefois ne nous avaient pas accoutumé de comprendre.Le livre de Dom Jean-Nesmy est au plan de la vie spirituelle un des fruits les plus savoureux du renouveau des études liturgiques qui se produit dans I Eglise depuis une quinzaine d années.Ce livre, il faudra se le procurer, avec les deux autres qui constituent la trilogie « spiritualité de la vie liturgique », il faudra le lire et longuement le méditer.T.-M.Landry, O.P.Pour l\u2019accueil des brises de la Pentecôte Invitons les âmes à des considérations sur le Saint-Esprit en rappelant d abord comment les hommes trouvent plaisir à naviguer à la voile.Spiritus ubi vult spirat, comme le vent souffle où il peut, et I homme n a plus qu à fournir sa belle ingéniosité.Si on cherche avec son cœur, on voit que beaucoup de choses, vraies au sujet de I eau et du vent, sont vraies de la grâce.235 Revue Dominicaine Sur I eau, c est déjà un repos de penser aux partenaires offerts en cette entreprise.La mer avec ses états, la mer avec ses mouvements.Tantôt c\u2019est le calme plat et la contemplation à l\u2019état de miroir.Un léger vent provoque la risée, et s\u2019il enfle encore il cause les vagues, la fioule, les tempêtes.La mer avec ses différents courants, la marée, les courants de densité, de dérive et de gradient.L\u2019autre grand partenaire, par-dessus la mer, c\u2019est le vent lui-même.La mer dans les ckoses de I âme c est la miséricorde, et le vent : cette possibilité d\u2019adoration que l\u2019Esprit vient chercher et que l'homme met en exercice saluant la paternité divine, Gloire soit au Père.Alors les fiommes peuvent vous regarder en attendant de vous immensément.Ils ne seront pas déçus.Non, ils ne seront pas déçus, parce que brillera non seulement votre air mais votre état désintéressé et parce que la religion leur sera montrée comme le plus élevé des bonheurs.Ici c est une vocation exaltante qui est en cause.On y est toujours à court de talent.On arrive à des points fréquents où le vent souffle encore mais c\u2019est la voilure qui manque.Nos talents mal développés.La voilure c est le moteur du voilier.Qu elles nous inspirent donc toutes, les voiles différentes dont on se sert.Les voiles d\u2019avant (les focs), les voiles en-verguées sur le mât et sur la borne (le soutien horizontal), etc.Elles pratiquent toutes les vertus du bon accueil.Parfois dans la brume, mais aussi dans I air et le soleil, elles se gonflent comme des créatures de vie et de mouvement.La voile aujourd bui est devenue un sport de plaisance.C est le geste essentiel de I bomme sur la mer.La perfection ici d après Monsieur Jean Peytel consiste à « aller là où I on veut, et le faire mieux et plus vite que les autres quand il s\u2019agit de compétition ».Mener la vie surnaturelle à la voile sous le souffle de I Esprit c\u2019est mieux atteindre tous les buts que I on peut se proposer.« Celui qui pratique le sport de la voile, continue le même auteur, conduit un engin inerte et reçoit la force de propulsion de I extérieur ».Force d en baut sur l\u2019âme grandement artiste (non pas inerte comme le voilier) I âme douée de mille forces pour toutes les entreprises de salut.«La mer, même lorsqu elle paraît inoffensive, demande à être toujours traitée avec respect ».II en est ainsi de l\u2019amour.II faut admirer par avance toutes les personnalités qu on va rencontrer dans le jour.Préparer notre souffle intérieur.C est à partir de cette admiration qu\u2019on pourra leur être utile.Cette admiration par avance préparée dans le secret est parfois bien plus lumineuse et nourrissante pour I âme que 236 Le sens des faits celle qui sera possible dans les distractions ou dans les barrages de Iévénement.Ceux qui acbètent les petits bateaux de plaisance qu on voit dans les ports ordinairement ne vivent pas au bord de la mer.Ce sont des terriens.Ils ont encore plus besoin de I océan pour s évader, et de plus la mer elle-même est plus belle si elle est une mer rêvée, i.e.embe Ilie par F art de I âme humaine.Embellissons de même manière les rencontres à faire, en sorte que les âmes soient encore plus poreuses à I éternel.Et que nous, présents sur ces océans, ils puissent se réjouir et dire : voici qu aujourd bui nos eaux sont devenues les porteuses d un précurseur ! En route vers le sommet de la perfection, tous les hommes de tous les siècles forment une équipe.La solidarité humaine est un phénomène très dense, encore que non seulement il suppose, mais de plus il sauvegarde I indépendance et la liberté de chacun.On pourrait ici emprunter des exemples soit au monde de la montagne, soit à I univers de la compétition nautique.Non seulement les régates, entreprises de plaisance, mais comme elles œuvres de loisir aussi, les courses-croisières (celle de New-Yorh aux Bermudes, par exemple), ont amélioré l\u2019architecture et les types de bateaux au service de I homme.Car il s\u2019agit alors de passer à travers une difficulté.Nous devrions faire face aux imbroglios sociaux nécessaires avec reconnaissance de pouvoir grandir les souplesses de notre bateau.Le seul fait d\u2019accepter de vivre en régate ou en course-croisière amène à modifier son dessin ou ses vues sur l\u2019acte d\u2019être.On voit les virtualités plus ou moins grandes de chaque unité navale si on les met en concurrence.Ainsi d un groupe d âmes en concurrence.Va gagner le bateau qui a le plus de sourire et de simplicité.Simplification signe de perfection est une vérité dense qui s applique à la technique de construction du voilier.D e même grandir en noblesse spirituelle c\u2019est grandir en simplicité.Enfin, un voilier, même pour compétition, est un bateau de plaisance et je termine en disant qu il faut vivre sa religion avec une réelle plaisance intérieure, si on veut porter son âme jusqu\u2019aux limites de la perfection spirituelle.C est ici que I âme implore, avec leurs grâces incomparables, tous les souffles d en haut : O lumière de bonheur venez briller dans le cœur de chacun de vos amis l Arcade-M.Monette, O.P.La Maison Montmorency, mai 1961 237 Revue Dominicaine Au carrefour de la loi et de la conscience Nous, Canadiens français, avons I habitude de ne nous soucier des lois qu une fois les lois faites et codifiées.Autrement dit, nous ne sommes d accord que pour les trouver en désaccord avec ce que nous aurions voulu qu elle fussent : jamais pour les faire telles que nous les voulons.Je doute donc fort du résultat d un sondage entrepris par la Revue Dominicaine, admirant seulement que pour une fois on ose nous inviter à penser et à prendre nos propres responsabilités face à ce que nous voulons être.N étant pas du nombre des collaborateurs officiellement invités à se prononcer sur la redoutable question de la censure cinématographique, je préfère me tenir ici en marge de la question et rappeler un fait qui me paraît cependant capital en la matière.Ce fait, c\u2019est que les lois écrites sont, bien souvent, surtout en pays latins r\u2014 les catholiques latins sont par nature et tendance très formalistes, très pharisiens, la cuirasse derrière laquelle les consciences ont l\u2019habitude de se dérober à leur vrai devoir et à leur vraie responsabilité.II est plus facile de faire une loi que de se convaincre de la nécessité qu\u2019il y a de la porter, et plus facile de s\u2019écrier : « II y a une loi contre cela » que de s\u2019imposer les démarches qu\u2019il faut pour la faire respecter.Faire et multiplier les lois est une excellente manière de se dispenser personnellement de tout engagement moral : et c\u2019est la bonne raison pour laquelle les démocraties se gavent de lois qui leur donnent une bonne conscience sans affecter pour autant leur comportement.Ainsi, on discute beaucoup présentement, à Québec et dans tout le Québec, la loi concernant la vente des boissons.Ceux qui seraient trop pressés de se récrier que de telles discussions prouvent, une fois de plus, que le Québec est le « pays du péché mortel » feraient bien de s\u2019inquiéter de ce qui se fait, actuellement, en France, en matière de réglementation concernant la vente et I usage des boissons, la prostitution, etc.(mais la France n\u2019intéresse que lorsqu elle est pour nous contradiction I) II reste pourtant, au sortir des discussions entendues en Chambre, un point assez clair : jusqu\u2019ici nous avions eu des lois, des lois sévères et fortes, mais qui n\u2019avaient pas empêché la débâcle dont nous sommes tous les témoins atterrés.Les lois étaient là !.Et, comme telles, elles nous dispensaient de toutes responsabilités sociales.Les lois étaient pourtant violées ; dans chaque municipalité le maire, chevalier de Saint-Grégoire, les conseillers, tertiaires et membres des ligues du Sacré-Cœur, savaient fort bien que sous leur nez, à I année longue, les lois étaient 238 Le sens des faits violées, mais.les lois étaient là, et ils pouvaient chaque soir s endormir pacifiquement dans le Seigneur, n\u2019ayant rien dit, rien fait, rien entrepris pour faire cesser cet état de chose, mais toujours prêts à signer des deux mains toutes les pétitions qu\u2019on leur demanderait pour que de nouvelles lois plus sévères soient portées.C est dans ce contexte que j appréhende autant que j espère la parution d un nouveau Code de la Censure Provinciale du Cinéma.Je I appréhende, parce que je prévois assez que ce Code sera pour la majorité des consciences québécoises non pas une occasion de s exercer, mais plutôt de profondément s endormir dans une quiète sécurité.Je I\tespère, parce que I occasion de I introduction de ce nouveau Code pourrait donner lieu à un réveil de la conscience nationale.Si tant est qu il nous en reste une ou que nous sachions ce que cela a jamais pu signifier que de s\u2019inquiéter d en avoir une.Richard Lacombe Adolescence et amour Dans la revue Actualité, livraison de mars, p.11, le R.P.Joseph d Anjou, S.J., a présenté mon volume intitulé : Adolescence et amour.II\ten a écrit de bonnes choses, mais il a ajouté, sans doute avec une bonne intention dont je ne me permets pas de douter, des remarques injustes que je dois relever et réfuter, d\u2019autant plus que la revue Actualité a un tirage considérable et pénètre dans de nombreux milieux.Il a écrit notamment au sujet de mon volume : « Je regrette qu il manque ici une psychologie profonde de I adolescence ».Cette accusation me paraît absolument imméritée, car de nombreux témoignages reçus de la part d\u2019éducateurs très compétents soutiennent le contraire.II m aurait d ailleurs été absolument impossible de préparer une étude élaborée sur l\u2019adolescence et l\u2019amour, sans avoir des notions assez solides de ce secteur de la psychologie.De plus, je dois avouer avoir omis dans mon ouvrage plusieurs chapitres, qui auraient doublé et même triplé la quantité du texte, afin que ce livre ne fût pas trop considérable pour l\u2019ensemble des lecteurs éventuels.Par ailleurs, le problème était trop difficile et complexe pour que je me contente d\u2019une œuvre de vulgarisation.J\u2019ai donc dû recourir à une présentation plutôt scientifique, et conséquemment un peu aride, car il semble impossible d apporter des solutions faciles à des problèmes difficiles.Ce livre a été écrit pour les prêtres, les éducateurs, les parents et les adolescents qui ont une certaine culture intellectuelle.Sans doute, 259 Revue Dominicaine quelques chapitres sont un peu difficiles, mais ils étaient nécessaires pour tien démontrer l\u2019état de l\u2019amour humain dans l\u2019économie actuelle de la Rédemption.Tout récemment, j\u2019ai remarqué que le R.P.Marcel Marcotte, S.J., le responsable du programme radiophonique Cœur à cœur, a justifié la présentation sérieuse et scientifique de ses réponses.Je considère qu il a parfaitement raison, même si certains problèmes traités par lui dépassent la capacité intellectuelle d une partie de ses auditeurs.Quant au P.d Anjou, il ajoute au sujet de mon livre : « Réserve plus sérieuse : à propos de la conception de 1 amour, I auteur, qui multiplie les notations utiles, tolère trop d\u2019équivoques et de contradictions.S\u2019il refuse, avec raison, d\u2019identifier amour et sexualité (p.129), pourquoi approuver des textes qui les confondent ?» (pp.45, 153-135).Ce sont là des accusations fausses et injustes.Considérons d\u2019abord le cas de l\u2019amour et de la sexualité.Il est vrai qu\u2019à la page 129, je me refuse d identifier amour et sexualité, comme certaines gens qui considèrent I amour comme n\u2019étant pratiquement qu\u2019une source de plaisirs ; toutefois, aux pages 45, 135-135, je n approuve aucunement des textes qui confondent ces deux réalités.En effet, j\u2019écris notamment qu\u2019il faut « lier la sexualité à 1 amour, conçu comme un grand sentiment prenant toute la vie, et I amour au mariage ».Ainsi, lorsqu\u2019on distingue le corps de I âme, on ne confond pas ces deux éléments en soutenant que l\u2019âme est liée au corps.En conséquence, je n établis aucune confusion de l\u2019amour et de la sexualité, comme le prétend le P.d\u2019Anjou, mais seulement distinction d une part et union d\u2019autre part, selon l\u2019adage de Jacques Maritain : Distinguer pour unir.Contrairement encore à ce qu écrit le P.d\u2019Anjou, je ne tolère ni équivoques ni contradictions.En effet, je rappelle, en parlant des composantes de I amour humain, que la terminologie à ce sujet n\u2019est pas uniforme, et je signale les termes les plus courants utilisés par les différents auteurs (pp.78-79).Si nous lisons, par exemple, l\u2019encyclique de S.S.Pie XII sur la virginité, nous rencontrons des locutions très variées pour I exprimer : sainte virginité, parfaite chasteté consacrée au Seigneur, célibat ecclésiastique, virginité chrétienne, état de chasteté parfaite, etc.Nous ne pouvons accuser de formuler des équivoques et des contradictions les auteurs qui n adoptent pas la terminologie conforme à nos préférences personnelles.II suffit que le sens de leurs termes soit légitime et suffisamment clair : c\u2019est là une question d objectivité et d\u2019honnêteté intellectuelles.Voici une autre remarque du P.d Anjou qui est absolument erronée : « Le dernier paragraphe de la page 159, écrit-il, est inacceptable, faute 240 Le sens des faits de distinguer continence et chasteté ».Vraiment, le bon Père a été mal avisé de formuler cette accusation, car le texte incriminé est extrait d une conférence prononcée à un Congrès de professeurs de théologie à Paris.Si cette affirmation avait été réellement inacceptable, nous pouvons imaginer la vive réaction qui aurait explosé chez tous ces théologiens chevronnés.Par ailleurs, dans une étude publiée par la revue Culture (sept.1958, mars 1959), j\u2019ai exposé, en me basant sur saint Thomas d Aquin et plusieurs des meilleurs théologiens, la notion exacte des principales dispositions ou vertus relatives à la chasteté : pudeur, pudicité, chasteté, continence, virginité (sept.1958, pp.504-508).Et je puis affirmer que le texte jugé inacceptable par le P.d Anjou est parfaitement correct et orthodoxe.Finalement, ce Père ajoute, dans sa recension de mon volume : « II eût été facile d\u2019intégrer les apports doctrinaux de l\u2019ouvrage en les centrant sur Jésus-Christ, dont tout homme doit être I imitateur, compte tenu de la grâce propre à chacun ».En réalité, il s agit là d une remarque fantaisiste ; en effet pour Notre-Seigneur ne s\u2019est jamais posé le problème des fréquentations ni précoces ni normales et, de plus, *\u2014 ce qui est très important, \u20141 I écho du cri de saint Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous ?Tu as les paroles de la vie éternelle » \u2014 retentit I appel tragique des hommes qui de tout temps ont cherché Dieu.Bernard-M.Mathieu, O.P.Chronique des disques Parmi les enregistrements récents, plusieurs méritent de retenir notre attention.D abord, voici un disque qui sort de I ordinaire.Son titre est « Love in Bath ».II s\u2019agit d\u2019arrangements de certaines œuvres de Hændel par le regretté Thomas Beecham, pour un ballet dont lui-même a écrit le scénario et qui s\u2019intitulait « The Great Elopement ».Cette musique est dans le plus pur style classique, elle est fort belle et elle plaît beaucoup.L Orchestre Philharmonique Royal est sous la direction de Sir Thomas Beecham.Je recommande vivement ce disque à tous ceux qui veulent entendre quelque chose à la fois de nouveau et de consistant (Angel, 55504).246 Le sens des faits Un autre disque, qui ne saurait manquer d être apprécié, comporte quatre concertos pour deux violons, de Vivaldi.Et, si je ne me trompe, c est leur premier enregistrement.Ce sont le Concerto en ré mineur, F.1, no 100, le Concerto en do mineur, F.î, no 12, le Concerto en sol mineur, F.1, no 98 et le Concerto en Ré majeur, F.1, no 41.Ils sont magnifiquement interprétés par les violonistes Isaac Stern et David Oistraldi, avec le groupe de cordes de IOrchestre de Philadelphie sous la direction d Eugene Ormandy (Columbia, ML 5604).Voici encore un premier enregistrement.II s agit de six Concertos pour deux orgues, par le Padre Antonio Soler (1729-1783).Celui-ci les a composés pour son élève, I lnfant d Espagne, Don Gabriel de Bourbon.Ces œuvres très intéressantes sont interprétées ici par les organistes E.Power Biggs et Daniel Pinkham.Et r on saura gré, sans doute, à la compagnie Columbia de nous les avoir présentées (Columbia, ML 5608).Dans la collection « Monumenta Italicæ Musicæ », sous le titre de « Serata Napoletana » (Soirée Napolitaine), I ensemble «I Musici » présente les quatre œuvres suivantes : le Concerto Grosso no 3, en Fa majeur, d Alessandro Scarlatti ; le Concerto en Ré majeur pour violoncelle, cordes et continuo, de Leonardo Léo ; le Concerto en fa mineur pour cordes et continuo, de Francesco Durante ; le Concerto en Sol majeur pour flûte, cordes et continuo, de Giovanni Battista Pergolesi (Pergolèse).Vraiment, cette musique italienne est ravissante.Et je ne saurais trop recommander un tel disque (Epie, LC 5760).L\u2019Ode pour la Fête de sainte Cécile, de Hændel, est une autre œuvre qu on n a pas souvent I occasion d entendre, mais qui en vaut la peine.Elle dure environ une heure.Et elle se divise en douze mouvements.Or, la plupart des mouvements mettent en vedette un instrument ou un groupe d instruments.Cette œuvre splendide est interprétée par Adele Addison, soprano, John McCalIum, ténor, John Wummer, flûtiste, Laszlo Vargas, violoncelliste, Bruce Prince-Joseph, organiste, le Chœur de I Uni-versité Rutgers sous la direction de F.Austin Walter et la Philharmonique de New-York dirigée par Leonard Bernstein (Columbia, ML 5606).Sur le même disque, I on trouve deux œuvres d autres contemporains : d abord, les Danses Symphoniques, de Rachmaninoff (que I éditeur présente comme le premier enregistrement par I orchestre favori du compositeur) ; ensuite, Paganiniana, de Casella (que I éditeur présente également comme un premier enregistrement).Les Danses Symphoniques, de Rachmaninoff, sont une de ses œuvres pour orchestre les plus agréables à entendre.Quant à Paganiniana, de Casella, cette œuvre est basée sur Revue Dominicaine différentes compositions de Paganini, qui fut à la fois un virtuose du violon et un auteur remarquable (Columbia, ML 5605).La compagnie London, dans sa série internationale nous offre, sous le titre de « German Army Chorus and Brass Band », un pot-pourri de vingt-quatre des plus célèbres chansons de marche allemandes, interprétées par les chœurs du Collège militaire de Hambourg.Cela ne manque pas d\u2019intérêt ! (London, TW 91255).Sous le titre de « Rhapsodies », I on trouve sur un même disque les quatre œuvres suivantes : la Rhapsodie no 2, de Liszt ; la Rhapsodie Roumaine no 1, d Enesco ; la Moldau et I Ouverture de la Fiancée vendue, de Smetana.Ces œuvres sont jouées brillamment par I Orchestre Symphonique RCA Victor, sous la direction de Stokowski (RCA Victor, LM 2471).Deux symphonies de compositeurs français sont merveilleusement exécutées par I Orchestre National de la Radiodiffusion Française, sous la direction de Sir Thomas Beecham.II s\u2019agit de la Symphonie en Do majeur, de Bizet, et de la Sy mphonie en sol mineur, de Lalo (Capitol, G 7257).L Orchestre Symphonique « Hollywood Bowl », dirigé par Mildos Rozsa, présente, sous le titre de « Danube Waves », les œuvres suivantes : une valse de Josef Strauss, intitulée « Vie, Rire et Amour » ; les « Flots du Danube », d Ivanovici ; I Ouverture de « La Fiancée vendue », de Smetana ; la marche « Radetzky », de Johann Strauss, père ; la Rhapsodie Hongroise no 14, de Liszt ; enfin un arrangement orchestral d\u2019une chanson tzigane, intitulée « II n\u2019y a qu\u2019une fille ».Cette musique « danubienne » a son c harme I (Capitol, P 8540).Dominique Vérieul 248 esprit des ivres J.et Raïssa Maritain. « Liturgie et contemplation ».Présence chrétienne.Desclée De Brouwer, Bruges, Belgique.18 cm.100 pages.Devant le renouveau du mouvement liturgique doit exister un certain équilibre entre la prière contemplative (avide de solitude) et la prière liturgique (essentiellement communautaire).Jacques et Raissa Maritain interviennent dans ce débat pour remettre toutes choses dans l\u2019unité d\u2019une plus haute lumière.Ils accueillent l\u2019expérience chrétienne dans sa totalité, rétablissant l\u2019équilibre par un recours à la réflexion théologique.Ceux qui se refusent à un effort diéologique auront toujours tendance à identifier leur propre experience avec celle de 1 Eglise.Dans ce volume, la primauté de la contemplation y est affirmée, à cause de la primauté de la charité elle-même qui en est le principe.Au chapitre «Liberté des âmes» (p.90), l\u2019auteur s\u2019élève contre les exagérations pseudo-liturgiques en se référant à Mediator Dei à bon droit.« Un bon nombre de chrétiens ne peuvent se servir du Missel romain, même s\u2019il est écrit en langue vulgaire ; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et formules liturgiques.En outre les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun.Qui osera dire sur la foi d\u2019un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au Sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits ?Mais ces gens-là le peuvent assurément grâce à une autre méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères du Christ, d\u2019accomplir d\u2019autres exercices de piété et de faire d\u2019autres prières, qui bien qu\u2019elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s\u2019accordent cependant avec eux par leur nature ».Rome a toujours été vigilante à s\u2019opposer à toute tentative de regimentation des âmes.Elle sait que l\u2019esprit de la liturgie demande le respect de la liberté évangélique propre à la nouvelle Loi ; elle sait aussi que dans l\u2019Eglise de la terre comme dans celle du Ciel, il y a beaucoup de demeures.Excellent volume que nos liturgistes feront bien de méditer.A.L.Céline DuprÉ >\u2014> « Elizabeth Bégon ».Collection Classiques Canadiens.Fides, Montréal.17 cm.94 pages.Voici le 19e volume de cette collection où l\u2019on groupe au petit bonheur les figures les plus représentatives de notre histoire.Grâce à une introduction bien construite de Céline Dupré, et évidemment à la correspondance de ladite Elizabeth, nous planons en toute sûreté sur cette société canadienne-française du XVIIIe siècle.Certes Elizabeth Bégon n\u2019a aucune prétention littéraire et ne s\u2019improvise pas historienne.Elle 249 Revue Dominicaine nous intéresse en ce qu\u2019elle nous trace avec précision les éléments de la vie de cette société G.F.Abstraction faite de certaines insipidités, il reste que c\u2019est un bon volume sur la «noblesse de nos origines» (sic).Alors, vous êtes convaincu ?Si vous êtes intéressé aux commérages de Madame, tendez l\u2019oreille et répandez les nouvelles.Jean-Pierre Phaneuf Michel ine Dumont >\u2014> « Laure Conan ».Editions Fides.Classiques canadiens, 1961, 17 cm.94 pages.Voici le 20e volume de cette collection qui nous présente notre première romancière canadienne-française : Laure Gonan, de son vrai nom Félicité Angers.Micheline Dumont s\u2019est occupée de la présentation.Abstraction faite de quelques pages surannées voire même excessives parfois, ces bribes assez restreintes de l\u2019œuvre imposante de l\u2019auteur suffisent à nous retremper dans cet « Eden spirituel » qu\u2019était le début du XXe siècle.Certes Laure Gonan a contribué à enrichir notre patrimoine par ses nobles pensées sur la religion et le patriotisme, mais l\u2019évolution doit être la marque d\u2019un peuple adulte.Avons-nous évolué ?Je vous laisse le soin de répondre.Alain Guillermou « Saint Ignace de Loyola et la Compagnie de Jésus ».Maîtres Spirituels.Editions du Seuil, Paris, France.18 cm.187 pages.« .cette animosité dont la Compagnie, parmi les ordres religieux, semble avoir eu le privilège ingrat», (p.177).Il importe beaucoup de se débarrasser de ses préjugés en lisant ce volume.L\u2019indifférence d\u2019abord et l\u2019objectivité ensuite doivent caractériser le lecteur.Est-ce une apologie de la Compagnie, une justification amorcée par un Jésuite investi d\u2019anti-jésuites ?Si tel avait été le cas, l\u2019œuvre n\u2019aurait pas mérité d\u2019être catalogué parmi cette phalange spirituelle.C\u2019est une excellente étude sur la doctrine ignacienne.Tout d\u2019abord, l\u2019auteur nous introduit dans l\u2019intimité de la vie de saint Ignace.Ce n\u2019est pas une étude sèche des événements qui ont entouré la vie du saint, au contraire, l\u2019auteur commente ces événements, en extrait toute la substance spirituelle.Suit le chef-d\u2019œuvre du volume : l\u2019étude proprement dite de la doctrine ignacienne : Exercices Spirituels, Constitutions, Journal Spirituel.Guillermou a enrichi ces pages des plus beaux textes de saint Ignace.Autant la première partie a été excellente, autant la deuxième a quelque peu fléchi.L\u2019auteur a intitulé son chapitre : l\u2019héritage, pour nous instruire ensuite de trois événements qui ont soulevé maints débats : les Réductions du Paraguay, les Jésuites et la Querelle Janséniste, les rites 250 L\u2019esprit des livres chinois.Je ne veux pas sous-estimer l\u2019intention de l\u2019auteur mais insérer trois problèmes de cette envergure en 30 pages est pour le moins téméraire car on risque de tomber dans un parti pris.Il reste en tout cas que c\u2019est un excellent volume d\u2019introduction.Et que penser des belles gravures qui jalonnent cette œuvre.Jean-Pierre Phaneuf Jean Steinmann >\u2014> «Daniel».20 cm.158 pages ; «Isaïe».20 cm.158 pages ; « Jérémie ».20 cm.188 pages ; « Josué ».20 cm.146 p.Editions Desclée De Brouwer, 22, Quai au Bois, Bruges, Belgique.Ces quatre volumes de la collection Connaître la Bible, rédigés par des équipes bibliques, avec introduction et commentaires, texte français établi par Jean Steinmann, sont d\u2019une beauté littéraire incomparable.De nombreux documents d\u2019art ancien viennent illustrer le texte.A conseiller aux professeurs, aux prédicateurs, à tous ceux qui désirent mieux connaître la Bible.A.L.L.J.Rondeleux « Isaïe et le Prophétisme ».Maîtres Spirituels.Editions du Seuil, Paris, France.18 cm.189 pages.Voici quelques pages limpides sur un sujet important dans l\u2019évolution de la théologie judéo-chrétienne : premier effort sérieux vers la saisie d\u2019un Dieu personnel et universel.Comme cette collection nous propose une étude abrégée de la doctrine spirituelle d\u2019un maître à travers ses écrits, l\u2019auteur a dans l\u2019ensemble suivi cette ligne mais d\u2019une manière qui nous paraîtra un peu scolastique.Nous pouvons discerner le travail d\u2019un humaniste, d\u2019un méditatif.L\u2019auteur nous introduit dans l\u2019intimité du « prophétisme » par des analyses denses, des commentaires judicieux du texte.Les prophètes, en particulier Isaïe jouèrent un rôle très important dans l\u2019évolution de la pensée juive sur le monothéisme.D\u2019une conception tribale de Dieu entichée d\u2019une extériorisation sensible de la religion où le peuple juif était enlisé, Isaïe a insufflé les premières notions d\u2019un Dieu-Justice, personnel, intime dans le cœur de l\u2019homme.Appréhension de l\u2019être, confiance absolue en l\u2019Auteur de la Création, espérance en Lui, amour des hommes : autant de traits caractéristiques de ce grand prophète que Rondeleux veut nous faire saisir en des chapitres brefs où la cohésion et la logique font quelquefois défaut.Jean-Pierre Phaneuf Maredsous * « Petite Bible du peuple chrétien ».Editions Maredsous, Belgique.20 cm.280 pages.Ce livre de 280 pages contient 54 récits de l\u2019Histoire Sainte, 42 extraits des Prophètes, 45 textes des Sages d\u2019Israël, 24 Psaumes, imprimé en brun et violet sur papier teinté, dans une typographie attrayante.Excellent volume pour nos foyers.251 Revue Dominicaine Luce Laurand >\u2014< « Sainte Germaine, la bergère de Pibrac ».Editions du Sud-Est, Lyon, France.19 cm.80 pages.Sainte Germaine de Pibrac, communément appelée sainte Germaine Cousin est une humble bergère qui s\u2019est sanctifiée par son travail quotidien.Elevée durement par une marâtre, considérée comme une « bonne à rien », elle n\u2019était pas malheureuse car elle trouvait sa joie en Dieu, en gardant les moutons dans cette nature qu\u2019elle aimait.Ecrit dans un style simple et touchant, ce livre nous montre que l\u2019on peut se sanctifier chaque jour par notre travail quotidien offert à Dieu.C\u2019est le levain dans la pâte.Très beau sujet de méditation pour notre humanité qui a perdu le sens du travail.Jean-Pierre Phaneuf J.Hambleton \u2022\u2014> « Ramon ».Les Editions de I EcIair, Hull, Canada.21 cm.80 pages.Ce qui nous frappe dans ce « roman » c\u2019est le lien d\u2019intimité qui semble exister entre l\u2019auteur et la nature, entre les choses et les gens : émerveillement de l\u2019enfant devant ses «découvertes », poésie des guitares et des chants : réminiscences lointaines de textes bibliques, etc.Ce qui nous vaut de splendides descriptions de cette nature cubaine.Malgré tout, ce roman est teinté de pessimisme, d\u2019une inquiétude et d\u2019une angoisse propre à cette ère troublée du régime dictatorial de Batista tirant à sa fin.A travers le fouillis inextricable de thèmes et de « situations-mystères », nous apercevons le drame d\u2019un peuple à la recherche de son équilibre.Pierre Fernessole : *\u2014 «Pie IX».Tome I (1792-1855).Editions P.Letbielleux, 10, rue Cassette, Paris-VI, France.25 cm.288 pages.Cet ouvrage en deux tomes a pour objet de faire connaître dans leurs lignes essentielles la Vie et l\u2019Œuvre d\u2019un des plus grands Papes : le Pape du Concile du Vatican, Pie IX, «Créateur de la papauté moderne», selon l\u2019expression de Haies, l\u2019écrivain anglais.Œuvre d\u2019histoire où les faits sont exposés en toute objectivité.L\u2019auteur a puisé ses informations aux sources directes, le plus souvent inédites, voire secrètes : 1) Dossier du procès informatif ; 2) Archives Secrètes du Vatican ; 3) Archives des Affaires étrangères de Paris, etc.Le tome I comporte deux parties ; I.\t\u2014 Préparation d\u2019un grand Pontificat (1792-1846) : Episcopat de Spo-lète et d\u2019Imola.\u2014 Conclave.II.\t\u2014 Les débuts d\u2019un grand pontificat (1846-1855) : Réformes administratives et politiques.\u2014 Pie IX et la Cause nationale.\u2014 Exil à Gaète.\u2014 Retour à Rome.\u2014 « L\u2019action sociale ».\u2014 Le dogme de l\u2019immaculée Conception. L\u2019esprit des livres Le tome II (à paraître fin 1961) fera connaître l\u2019activité de Pie IX, de 1855 à sa mort 1878 : La question romaine.\u2014 Le magistère doctrinal.\u2014\tDéveloppement de la vie catholique et de la hiérarchie ecclésiastique.\u2014\tExpansion missionnaire.\u2014 Physionomie morale et spirituelle.Des conditions spéciales seront consenties dans le tome II aux possesseurs du tome I.Ce livre vient à son heure, puisque la cause de béatification de Pie IX est sur le point d\u2019aboutir ; d\u2019autre part le prochain Concile œcuménique préparé par Jean XXIII reprendra l\u2019œuvre du Concile du Vatican interrompu en 1870 par les événements extérieurs.J.Stelzenberger « Précis de morale chrétienne ».Desclée & Cie, Tournai, Belgique.22 cm.424 pages.Ce traité qui est un précis de morale présente aux étudiants une sorte de somme générale de toute la matière de la théologie morale avec toutes les notions et applications les plus indispensables à leur formation.Il appartient au professeur de compléter ce qui paraît trop sommaire.L\u2019auteur a tenu à mentionner les opinions scientifiques les plus récentes.Il a exploité aussi les autres domaines de la théologie : Bible et Dogme, et même les auteurs profanes.Il a voulu écrire un ouvrage de morale pratique mais ressourcé aux orientations doctrinales classiques et récentes, est-il dit dans l\u2019Introduction.Ce précis est clair, bien ordonné, de consultation facile.Nul doute que les gens pressés que sont les prêtres du ministère l\u2019apprécieront.A.L.En collaboration >\u2014> « Théologie du péché ».Bibliothèque de Théologie.Desclée & Cie, Tournai, Belgique.23 cm.532 pages.Neuf théologiens de réputation internationale ont signé les neuf chapitres de ce volume.Dans notre monde païen, la culpabilité est considérée comme une source de névrose et de déséquilibre.De La mort de Dieu de Nietzsche à la Morale sans péché de Hesnard, l\u2019idée du péché est présentée comme une invention des hommes.Dieu serait le grand coupable de nos mauvaises actions comme de nos bonnes.C\u2019est tout le problème de la liberté et de la culpabilité qu\u2019il importe de mettre en relief.Et la distinction entre les actus ho minis et les actus humanus n\u2019en devient que plus nécessaire.Elle éclaire tout : liberté et culpabilité.Dans ce volume les auteurs s\u2019attardent à l\u2019aspect fautif du péché et nous promettent un autre volume sur l\u2019aspect libre et moral des actes humains.Un regard sur le sommaire nous dit toute l\u2019importance de ce volume.Le péché dans l\u2019Ancien Testament par A.Gelin ; dans le Nouveau Tes- 253 Revue Dominicaine tament par A.Deschamps ; chez les Primitifs par J.Goetz ; chez les philosophes grecs par A.Jagu ; dans son essence chrétienne : originel et actuel, par Boyer et Huftier.Puis une note importante sur la théologie du péché dans les Eglises protestantes.Ces chapitres bien documentés où le péché est surtout considéré en fonction de la loi naturelle, des mœurs et traditions des peuples, et en dernier lieu de la Révélation disent assez la valeur exceptionnelle de ce volume tout à l\u2019honneur de Bibliothèque de Théologie.Aucun théologien en puissance ou en acte ne devra l\u2019ignorer.A.L.J.Fuchs, S.J.*-< « Le Droit naturel ».Essai théologique.Bibliothèque Je Théol ogie, vol.VI.Desclée & Cie, Tournai, Belgique.23 cm.214 pages.L\u2019auteur étudie dans ce volume le cheminement du droit naturel à travers la Bible et la Théologie.« L\u2019insistance avec laquelle le magistère ecclésiastique a parlé du droit naturel dans les dernières décades, la réflexion théologique sur la réalité du surnaturel et l\u2019affrontement avec la théologie protestante invitent aujourd\u2019hui plus que jamais à une élaboration théologique de la science du droit naturel» (Cf.Préface).Il importe de signaler Le droit naturel dans l\u2019histoire du salut (p.32) et dans l\u2019ordre de la Rédemption (p.112).Cette projection de la Bible et de la Théologie sur le droit naturel ouvre des avenues enrichissantes sur la destinée de l\u2019homme.A.L.Ch.J.Colomb *\u2014¦ « Au souffle de I Esprit ».Histoire de l\u2019Egl ise.Desclée & Cie, Tournai, Belgique.21 cm.138 pages.Un résumé pratique de l\u2019Histoire de l\u2019Eglise à partir des Apôtres à nos jours.Chaque chapitre est suivi d\u2019un questionnaire qui met l\u2019accent sur le principal.A recommander aux étudiants de nos séminaires.Romano Guardini -\u2014- « Royaume de Dieu et liberté de l\u2019Homme ».Présence chrétienne.Desclée De Brouwer, Bruges, Belgique.18.5 cm.252 pages.La méditation religieuse de Guardini n\u2019a cessé de tourner autour d\u2019un mystère, l\u2019approfondissant sans cesse au cours de nouvelles œuvres, comme des contemplations concentriques : le monde est un risque que Dieu a pris.L\u2019ayant pris, il est tenu de jouer avec le monde un certain jeu qui est celui de la liberté.Et ce jeu, il le joue jusqu\u2019aux plus extrêmes conséquences.254 L\u2019esprit des livres L\u2019horrible guerre de 1939-45, la vie à Berlin telle qu\u2019on l\u2019imagine alors, voilà, certes, les occasions de cet ouvrage : quel est l\u2019homme qui n\u2019a pas été contraint, alors, de justifier d\u2019abord à ses propres yeux et aux yeux des autres le misérable état du monde et de le concilier avec le dogme de la Providence et l\u2019enseignement de la Seigneurie du Christ ?Seigneurie de Dieu et liberté de l\u2019homme, voilà bien le thème central, et qui ne voit qu\u2019aujourd\u2019hui encore subsiste cette question permanente et, avec elle, la réponse que Guardini lui donne d\u2019après la Bible ?Jean Steinmann « Richard Simon et les origines de l\u2019exégèse biblique ».Desclée De Brouwer, Bruges, Belgique.21 cm.12 illustrations, 452 pages.Qui connaît Richard Simon ?Que saurait-on de Descartes ou de Bossuet si aucune de leurs œuvres n\u2019avait reparu depuis 1715 ?Cependant on sait bien qu\u2019il est le plus grand critique de l\u2019ancienne France.Certes il a tout fait pour rester obscur.Par ailleurs les innombrables ennemis que lui avaient suscités ses perpétuelles et mordantes critiques avaient réussi à l\u2019abattre.Bref, l\u2019athéisme de d\u2019Alembert remplaça la critique biblique méprisée.La victoire de Bossuet sur Richard Simon fut la plus cuisante défaite de l\u2019Eglise dans les temps modernes.Le moment est venu de rendre sa place à ce génie méconnu.Sur le protestantisme, sur le monachisme, sur les conciles, sur le droit canon, sur l\u2019histoire, sur les lettres profanes, il a multiplié les vues merveilleuses d\u2019un esprit universel.Il a touché à tout ce qui regardait l\u2019Ecriture, la pa-tristique, la liturgie, les sacrements.Il lisait tout, fouillait tout, enquêtait partout.On saura gré à l\u2019abbé Steinmann d\u2019avoir écrit la première biographie de Richard Simon.Elle intéressera tous ceux que préoccupent le renouveau biblique actuel et l\u2019histoire de l\u2019Eglise en France.H.Jedin « Brève histoire des Conciles ».Desclée & Cie, Tournai, Belgique.19.5 cm.214 pages.Ce livre trace modestement l\u2019historique des vingt conciles œcuméniques reconnus par l\u2019Eglise.La notion d\u2019œcuménicité de ces vingt conciles \u2014 Concile de Nicée, 325 au concile du Vatican, 1869 \u2014 s\u2019est introduite dans la science et la pratique de l\u2019Eglise quoique l\u2019on ait beaucoup discuté sur l\u2019œcuménicité des Conciles de Bâle et du Latran.Le chapitre Le Concile est-il supérieur au Pape ?garde un grand intérêt historique.Ce livre nous fait bien comprendre l\u2019importance du Concile œcuménique que décréta S.S.Jean XXIII, le 25 janvier 1959. Revue Dominicaine R.Bellemare « Le sens de la créature dans la doctrine de BéruIIe ».Desclée De Brouwer, Bruges, Belgique.18.5 cm.190 pages.Par cet ouvrage aussi brillant que bien informé, le Père Bellemare s\u2019affirme d\u2019emblée comme un historien de grande classe du fondateur de l\u2019Oratoire de France.On verra tout le parti qu\u2019il a su tirer d\u2019un inédit des notes sur la vie de sainte Catherine de Gênes qui éclaire singulièrement les positions de la spiritualité de Bérulle.Tous ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019histoire de l\u2019Ecole française en général, et au Cardinal de Bérulle tout particulièrement, salueront avec joie la publication de ce livre, avec l\u2019espoir que l\u2019auteur ne s\u2019en tiendra pas là et qu\u2019il nous donnera bientôt la suite du résultat de ses recherches.Marcelle Vérité >\u2014\u2022 « La baleine bleue ».Desclée De Brouwer, Bruges, 19 cm.54 pages.Madeleine Raillon ^ « Bijou, caillou, cbou ».Desclée De Brouwer, Bruges, 19 cm.54 pages.Geneviève Agel ^ « Dans cette étable ».Desclée De Brouwer, Bruges.19 cm.54 pages.Ces trois volumes joliment illustrés par des artistes sont destinés aux enfants.Ils y trouveront un véritable enchantement.Le texte et l\u2019image ont toute la fraîcheur de l\u2019enfant qui s\u2019y reconnaîtra.Félicitations à Desclée De Brouwer pour cette réussite.Revue mensuelle publiée à Saint-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS.- CANADA : $5.00 \u2022 ÉTRANGER ! $5.50 ; LE NUMÉRO : $0.50 ; AVEC LE ROSAIRE : $1.00 EN PLUS ; ABONNEMENT DE SOUTIEN : $10.00 DIRECTION: MAISON MONTMORENCY.COURVILLE (QUÉBEC-5), P.Q.ADMINISTRATION: 53 75, AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL-28
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