Le devoir, 13 octobre 2012, Cahier E
[" De Truffaz à Copland, le meilleur du Festival de jazz de Québec Page es \u2019tV^ î \\ ¦ ¦ Nom de domaine, la catharsis numérique d\u2019Olivier Choinière Page es 2 wm CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 K I OBPtRATï '-JL FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Club vidéo-Les derniers romantiques 1975 /Après 15 ans d\u2019expérimentation, le magnétoscope amorce son entrée dans les foyers.1984 La VHS supplante la vidéocassette beta et devient le format standard de l\u2019industrie./ 1990 Le laserdisc et le VCD (Video-CD) opposent une compétition éphémère à la vidéocassette.1994 Le film Jurassic Park écoule tout près de 18 millions de copies VHS.^ 1996 Apparition du lecteur DVD.1999 Napster centralise le téléchargement de musique et de cinéma en ligne.Alors que des multinationales comme Blockbuster tirent leur révérence et que les prophètes de malheur multiplient les prédictions les plus sombres, une poignée de résistants continuent d\u2019associer commerce et cinéphilie envers et contre tous.FRANÇOIS LÉVESQUE \\ A l\u2019aube de son premier âge d\u2019or, en 1982, l\u2019industrie naissante du cinéma à la maison suscite crainte et animosité auprès des grands studios hollywoodiens.Lors d\u2019une allocution au Congrès américain devenue célèbre, Jack Valenti, inénarrable président de la Motion Picture Association of America, comparç la location de vidéocassettes à Jack l\u2019Éventreur.Ironie du sort, les clubs vidéo deviennent peu après des alliés de taille pour ces mêmes studios, dont les films connaissent une seconde vie \u2014 pour autant de profits supplémentaires \u2014 grâce au marché du divertissement à domicile.Apparues à l\u2019issue d\u2019un second âge d\u2019or engendré par l\u2019avènement du DVD, au début des années 2000, les nouvelles avenues comme le téléchargement et le visionnement en ligne imposent aujourd\u2019hui d\u2019importantes mutations.Bref, si Hollywood se porte bien (box-office à l\u2019appui), il en va autrement pour le club vidéo d\u2019antan où que ce soit dans le monde.A Montréal, le Superclub Vidéotron a récemment fermé sa succursale à l\u2019angle de la rue Sherbrooke et de l\u2019avenue du Parc, et une autre à l\u2019angle du boulevard Saint-Laurent et de l\u2019avenue du Mont-Royal, deux emplacements de choix.Vidéotron opte en outre pour l\u2019efficience en plaçant des comptoirs de câble et de téléphonie dans ses clubs vidéo.Plus spectaculaire encore : la faillite de l\u2019emblématique multinationale Blockbuster, littéralement tombée au combat l\u2019an dernier.Or tout n\u2019est pas noir puisque certains commerces spécialisés continuent de se tenir debout sur le champ de bataille dévasté.Pourquoi?D\u2019une part, ce sont surtout des films comme Pirates of the Carrihean et Transformers qui font les beaux jours du téléchargement illégal.D\u2019autre part, les grands du visionnement en ligne légal, comme Netflix, misent eux aussi massivement sur des produits populaires.Au Québec, lUico offre bien une niche plus qu\u2019accueillante au cinéma d\u2019auteur, mais là encore, pour du Bergman ou du Fellini, un club vidéo de répertoire demeure la meilleure \u2014 et souvent la seule \u2014 option.Nos meilleures années «On a ouvert La Boîte noire en 1986, se souvient François Poitras, président-directeur de La Boîte noire, un fleuron montréalais de la cinéphilie.On a déverrouillé les portes et les gens sont entrés tout de suite.Ils [nous] attendaient.» Avant d\u2019emménager rue Saint-Denis, puis sur Mont-Royal, La Boîte noire avait pignon sur rue dans un petit local, rue Rivard.Alors étudiant, François Poitras montait, de son propre aveu, le genre de club vidéo qu\u2019il aurait aimé fréquenter.«Avec cette multiplication, l\u2019offre de divertissement à la maison a augmenté, mais le temps de loisir est resté le même » Le succès le prit un peu par surprise.« C\u2019était clair d\u2019entrée de jeu qu\u2019on tiendrait du film de répertoire, du cinéma étranger, mais aussi toutes les grosses nouveautés hollywoodiennes.» Question de rentabilité et d\u2019ouverture, même si tous les titres n\u2019étaient pas admis d\u2019office.Le modèle fonctionna et La Boîte noire apparut au générique de toutes les émissions culturelles.Son guide vidéo devint un incontournable.Une seconde succursale vit le jour rue Laurier en 1997, puis une autre, brièvement, rue McGill, dans le Vieux-Montréal.Lors de la fermeture de La Boîte noire Outremont, il s\u2019en trouva pour sonner le glas avant l\u2019heure.Le navire amiral qu\u2019est La Boîte noire Mont-Royal continue pourtant de fendre les flots en dépit de la mer houleuse.Avec l\u2019arrivée du DVD, les ventes explosent.On achète à moindre prix plutôt que de louer.«Aujourd\u2019hui, les profits entre la location et la vente s\u2019équivalent, révèle François Poitras.Ui grande différence, c\u2019est que les films se vendent beaucoup moins cher qu\u2019auparavant.Au temps des VHS, les copies qu\u2019on se procurait pour la location coûtaient très cher et mettaient un moment à baisser suffisamment pour qu\u2019on les vende.» Et encore, il reste toujours des clients pour se procurer une vidéocassette de Mort à Venise ou du Locataire pour 100$.«L\u2019arrivée du DVD, avec des prix de vente et de location identiques, et bas, a changé tout ça.» Parallèlement, la télévision se transforme et se bonifie alors que le nombre de chaînes croît de manière exponentielle.«Avec cette multiplication, l\u2019offre de divertissement à la maison a augmenté, mais le temps de loisir est resté le même», observe François Poitras.La «zap-pette» à la main, serait-on de moins en moins justifiés de sortir pour aller chercher un film au club vidéo du coin?Se faire son cinéma Lorsqu\u2019ils ouvrent Le Septième dans Hoche-laga-Maisonneuve, en 2002, Julien Avon et Julie Brisson veulent offrir aux cinéphiles de l\u2019est de la métropole le genre de club vidéo dont ils voudraient eux-mêmes être membres.En cela, ils marchent dans les traces de François Poitras et dans celles de Gilles Deguire, propriétaire de Vidéo Beaubien.Or le marché d\u2019il y a dix ans n\u2019a rien à voir avec la période faste des années 1980-1990.«On n\u2019a pas ouvert Le Septième pour devenir millionnaires, avoue candidement Julien Avon.Le but était d\u2019être autosuffisants et de faire ce qu\u2019on aime.Julie et moi nous sommes connus comme commis de club vidéo et c\u2019est notre passion commune qui nous a poussés à nous lancer en affaires.» Bref, la cinéphilie, et surtout le désir de partager cette passion, l\u2019emporte sur l\u2019appât du gain.Pour la mettre en valeur, on fait appel à la créativité.Ainsi, Le Septième partage depuis quelques années son local, et son loyer, avec le Café Atomic, une combinaison ingénieuse autrement plus inspirante que les dépanneurs clubs vidéo de naguère.A l\u2019ère du 2.0 et du tout VOIR PAGE E 13 : CLUB VIDÉO 2003 Avec plus de 40 millions de copies vendues.Finding Nemo devient le DVD le plus populaire de tous les temps.2004 Six internautes français sont condamnés pour téléchargement illégal de films.S/iÂ-r^yO/sL Les disques Blu-ray et HD-DVD atteignent une qualité de son et d\u2019image inégalée.EBmM 2007 Netflix offre son catalogue en lecture en continu en ligne {streaming 2008 1,6 million de Blu-ray de The Dark Knight sont vendus en une semaine à peine.Le Blu-ray remporte la guerre des formats.2010 Blockbuster Video se place sous la loi de la protection contre les créanciers. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 CULTURE Pellicules fantômes et impressions d\u2019œuvres Odile Tremblay On s\u2019était rencontrés au mois d\u2019août avec sa copine Céline, jeune couple charmant et rieur.Albin de la Simone, de son petit nom, est pianiste, chanteur, compositeur, producteur français et plus encore.Touche-à-tout, car curieux de tout.11 m\u2019avait alors demandé d\u2019apporter un bonus à son projet rigolo, en piste au prochain Festival du nouveau cinéma.J\u2019arrivais du Nunavut avec une extinction de voix.On se chuchotait les paramètres de son spectacle-expo sur le ton du secret.Va pour le petit bonus et son mystère ! Ses fans le connaissent pour ses albums, dont Je vais changer et Bungalow !, pour ses textes décalés tantôt drôles, tantôt mélancoliques, pour son piano et son orchestre, à travers son amour du jazz mué en exploration d\u2019univers musicaux plus composites.Certains croient dur comme fer qu\u2019il utilise un pseudonyme.Ça l\u2019embête.Son patronyme provienf de la rivière de la Simone, dans l\u2019Aisne.A son arbre généalogique, ni ducs ni barons.Nul quartier de noblesse ne s\u2019accroche à sa particule.11 n\u2019a rien d\u2019un albinos non plus.Pas évident de s\u2019appeler Albin de la Simone.si poétique pourtant.Montréal, il connaît bien, pour avoir chanté aux FrancoFolies et ailleurs, pour tous ses amis artistes retrouvés à chaque séjour, mais c\u2019est en maître fantôme qu\u2019il parcourt nos terres ces jours-ci.Car Albin a concocté un programme de neuf fdms inexistants dont il a écrit les synopsis, signé des partitions musicales.Concert, conférence, expo, cocktail mettront la table pour ces oeuvres nébuleuses au rutilant Centre PHI du Vieux-Montréal, ce samedi à 19 h et à 21 h, à l\u2019invitation du Festival du nouveau cinéma.«Mon projet est né de l\u2019envie d\u2019aller voir ailleurs que du côté de la chanson et de rencontrer des gens nouveaux», dit-il.Ça fait une dizaine de fois qu\u2019Albin trimballe ses films spectraux, ajoutant des artefacts pour son expo : costumes, accessoires, affiches refusées (quoi d\u2019autre?), critiques absurdes de longs-métrages irréels.11 en parle comme d\u2019une oeuvre en devenir, rêvant déjà à des affiches exotiques nées de futures tournées au Japon, au Chili.Car tout est rêve dans cette histoire, ou à peu près.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Albin de la Simone est pianiste, chanteur, compositeur, producteur français.Et plus encore.Samedi soir, Sophie Cadieux et Marc La-brèche animeront l\u2019indicible, racontant des semblants d\u2019histoires sur des fragments de scénarios.Albin jouera du piano, à côté de musiciens québécois : Joseph Marchand à la guitare, Philippe Brault à la basse, José Major à la batterie.Ajoutez la violoniste Mélanie Vaugeois et la violoncelliste Annie Gadbois.Au spectateur, il demande de faire son cinéma sur l\u2019écran noir de ses nuits blanches.Neuf films à réinventer, c\u2019est mieux que neuf films trop bien expliqués, menu habituel.Et l\u2019originalité de cette initia-tive-là nous donne envie de semer à tous les vents nos propres fragments de scénarios fictifs, à laisser germer dans la tête des passants.Difficile de passer à côté de l\u2019expo II était une fois l\u2019impressionnisme au Musée des beaux-arts de Montréal, tirée de la succession de l\u2019Américain Sterling Clark et de son épouse Francine.Fils de bonne famille et un des héritiers de la compagnie des machines à coudre Singer, né en 1877, mort en 1956, ce Sterling au prénom argenté versa dans l\u2019acquisition d\u2019œuvres d\u2019art pour notre grand bonheur.Grâce à lui, ce plaisir d\u2019admirer aujourd\u2019hui de magnifiques Renoir, 25 en tout, dont certains célébrissimes, tel Une loge au théâtre, sans compter les Corot, Degas, Manet, Monet, Gauguin et compagnie, itinéraire doublé de la redécouverte d\u2019œuvres déjà croisées dans de grands musées étrangers ou au fil des expos itinérantes, saluées en vieilles connaissances.A travers cette ronde de la visite : des arrêts, des coups de cœur, comme devant une sombre et tempétueuse Marine de Monet, dont l\u2019horizon bas s\u2019inspire de ceux qu\u2019affectionnaient Courbet et Boudin.L\u2019expo, en partie grâce aux excellents commentaires affichés de la conservatrice du MBAM, Nathalie Bondil, me frappait aussi par autre chose : les liens qu\u2019art et mar- ché de l\u2019art entretiennent avec les découvertes scientifiques et les crises de société.Sterling Clark, déjà collectionneur d\u2019œuvres de maîtres anciens, a pu se procurer un nombre considérable de peintures impressionnistes durant la Grande Dépression des années 30, alors que les toiles se bradaient, sans miser pour autant sur les plus audacieux.11 ne comprenait ni Matisse ni Cézanne.L\u2019expo témoigne avec une acuité particulière de l\u2019impossibilité pour le public et plusieurs critiques (ça nous fait une belle jambe !) de saisir la nouveauté créatrice, sinon par le sarcasme et le dégoût.La sculpture hyperréaliste La petite danseuse de 14 ans de Degas, habituellement au Musée d\u2019Orsay, l\u2019illustre avec force, l\u2019artiste ayant été violemment accusé par la critique en 1881 de représenter l\u2019enfant avec un visage si-miesque porteur de tous les vices.On songe aussi que l\u2019impressionnisme a pu éclore lorsque l\u2019invention de la photographie contraignit les peintres à abandonner aux porteurs d\u2019appareil photo le réalisme, perdant ainsi le lucratif marché des portraits de bourgeois.«Tant pis pour nous, tant mieux pour la peinture», ironisait Renoir.Ce même Renoir, homme de droite, antidreyfusard, sexiste au point de se vanter de peindre des modèles féminins qui ne pensent pas, s\u2019étonnait avec raison d\u2019être considéré comme un révolutionnaire quasi politique juste parce qu\u2019il explorait des nouvelles pistes artistiques.L\u2019expo porte en creux les préjugés d\u2019une époque, donc de toutes les autres.Il était une fois l\u2019impressionnisme, c\u2019est tout cela : un voyage à travers la beauté des œuvres et une illustration des soubresauts de la modernité au cours de la dernière partie du XIX® siècle.L\u2019expo se nourrit aussi, bien sûr, des références personnelles qu\u2019on y greffe, ses lectures, entre autres choses.Proust, grand admirateur des peintres impressionnistes, Monet en particulier, évoquait à travers La recherche l\u2019art novateur, fils de la clairvoyance ou de la voyance tout court: «Le peintre original procède à la façon des oculistes, écrivait-il dans Sodome et Gomorrhe.Le traitement par leur peinture n\u2019est pas toujours agréable.Quand il est terminé le praticien nous dit: maintenant, regardez! Et voici que le monde, qui n\u2019a pas été créé une fois mais aussi souvent qu\u2019un artiste original est survenu, nous apparaît entièrement différent de l\u2019ancien, mais parfaitement clair.» On ne saurait mieux dire.otremblay@ledevoir.corn fmm mmk LJ- m ASCANIO CELESTINI MISE EN SCENE LUCE PELLETIER LUC BOURGEOIS LOUISE CARDINAL MARTIN HÉROUX OLIVIER MORIN FRANCE PARENT COLLABORATEURS CATHERINE GADOUAS MARYLINE GAGNON OLIVIER LANDREVILLE CLAIRE L'HEUREUX CAROLINE POIRIER JOCELYN PROULX DU 9 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 2012 [ [ ï H E  ï n DE 1 P s I s wswnrw\tnn Québec El n Avec la participation de -\tMinistère de la Culture, des Communications et de la Condition feminine -\tMinistère des relations internationales THÉÂTRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE 514.526.6582 WWW.THEATREPROSPERO.COM RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts S œNSEILDESARTS lü DELQNGUEUIL Ql^ydro^ miseen^ Besbiens TSouvettc^ suif F*\u2014' tQ 90 \u2018«-\u2018¦\u2019-''a» «Chapeau!» Eisa Pépin, Voir « Tout ça m'illumine » Nathalie Petrowski, La Presse « Tout ça fait du bien » Jean Siag, La Presse «On en sort Imuleversé », Katherine Verebely, SRC / Desautels Québec Une création DU THÉÂTRE Québec¦ IL VA.SANS DIRE laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 IVDG LE DEVOIR, LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 E 3 CULTURE.FESTIVAL DE JAZZ DE QUEBEC Les révolutions douces d\u2019Erik Ihiffaz GUILLAUME BOURGAULT-COTE On le constate à chaque entretien: ErikTruf-faz opère dans un espace-temps joliment décalé.11 parle avec lenteur, en prenant le temps de réfléchir.,11 joue avec concision, pas une note de trop.Epuré partout.Et toujours pertinent.Quinze ans de succès et près d\u2019un demi-mil-lion de disques vendus au fil de son association avec Bine Note (chez qui il lancera le 22 octobre son dixième alhum, El tiempo de la Revolu-ciôn) n\u2019ont pas changé Erik Truffaz.Modestie permanente chez le trompettiste franco-suisse.On lui parle de sa tournée au Québec (Sherbrooke, Montréal, Eestival de jazz de Québec \u2014 où il sera l\u2019une des têtes d\u2019affiche de la sixième édition \u2014 et Saint-Eustache), il s\u2019informe d\u2019abord des vêtements à apporter pour son séjour automnal.On l\u2019interroge sur le titre de son album, il s\u2019informe d\u2019abord des développements du conflit étudiant québécois.Cette modestie tranquille transparaissait dans une entrevue accordée au Devoir en 2009 : il refusait de se dire «fier» d\u2019avoir relevé le défi de lancer un album triple en pleine crise du disque.« Une fierté, ce serait prétentieux, ré-pondaif il au Devoir.Disons simplement que je suis content.» La grosse tête, très peu pour le souffleur.Trois ans plus tard, il se dit également «content» de son dernier disque, bâti dans la foulée du précédent {In Between).On y retrouve les ingrédients de la recette Truffaz: du jazz à la fois planant et teinté de rock, une rythmique assez lourde en contrepoids de la trompette aérienne de Truffaz, quelques chansons (avec Anna Aaron), du bidouillage, des couches de textures, une vague évocation de Miles Davis \u2014 de qui Truffaz a toujours revendiqué la filiation.Loin de la virtuosité, Truffaz a acquis au fil des ans une parfaite maîtrise du souffle pour développer un son de trompette remarquable, que l\u2019on goûte à plein dans une pièce comme Un souffle qui passe.«C\u2019est un disque que je vois vraiment comme le second volet d\u2019in Between, explique Truffaz.Cet album marquait l\u2019arrivée de Benoît Corboz aux claviers [en remplacement de Patrick Muller \u2014 Marcello Giuliani et Marc Erbatta complètent le quartet].Les deux ans de tournée qui ont suivi lu Between ont permis de faire évoluer le groupe, de solidifier notre son.On a composé El tiempo au bout de ces deux ans, directement dans le studio.» A un morceau près, le travail s\u2019est donc fait en live.«On répète généralement avant d\u2019arriver en studio, pour des raisons économiques, dit Truffaz.Mais là, on était tout le temps en tournée; je n\u2019avais pas de nouvelle musique, à part quelques bribes.Alors, on a improvisé, on a retenu le plus intéressant, on a refait quelques prises, et voilà, on avait chaque soir un nouveau morceau.» Quelle révolution?Concernant le titre choisi \u2014 Le temps de la révolution \u2014, Erik Truffaz rigole quand on lui Erik Truffaz au Festival de Montreux en 2011.demande s\u2019il s\u2019agit d\u2019un appel en bonne et due forme.«Je n\u2019irais certainement pas appeler à la révolution mondiale », répond-il.Pas son genre, non.Mais quand même, le titre n\u2019est pas innocent.«On a enregistré pendant le printemps arabe; plusieurs pays bougeaient et j\u2019ai eu cette idée.Mais c\u2019est au fond une façon de parler de plusieurs choses: poétiquement, c\u2019est un clin d\u2019œil à Ennio Morricone et à son film 11 était une fois la révolution; politiquement, on exprime ainsi notre opposition par rapport au monde libéral qui a tendance à aller n\u2019importe comment.On le voit bien que la vie est de plus en plus chère et que les gens ont de moins en moins d\u2019argent.» Une autre référence, musicale celle-là, s\u2019accroche au titre.«La manière dont on transforme les musiques est une forme de révolution », soutient Erik Truffaz.11 donne l\u2019exemple de la pièce qui ouvre son nouveau disque et de celle qui le clôture : deux morceaux complètement différents, l\u2019un ballade jazz, l\u2019autre dominé par une rythmique rock.«C\u2019est pourtant la même pièce, dit le trompettiste.Giuliani a eu l\u2019idée de tourner la ballade pour voir où on pouvait aller.On peut décliner la musique de cent façons, en la réarrangeant.» C\u2019est là un principe \u2014 jongler avec les structures, modifier les repères \u2014 que Truffaz suit plus largement dans sa carrière.Son album Rendez-vous le présentait avec des formations très éloignées de son quartet (avec un groupe indien, l\u2019artiste électro Murcof ou le chanteur Le poète Copland et le cinéphile Blake SERGE TRUEEAUT Ly amorce du présent article ' est un emprunf un copier-coller, un vol de haut vol, car l\u2019artiste du jour est énorme.SelonJazzstation.com, «Copland [Marc de son prénom] est un des meilleurs pianistes dans l\u2019histoire du jazz, le plus grand poète du piano depuis Bill Evans».Qu ne saurait mieux dire.Toujours est-il que Copland se produira à Québec les 12 et 13 octobre prochain dans le cadre du Eestival de jazz de Québec, de qualité absolue ISQ 1 million.Qù?Au Largo, en compagnie d\u2019Adrian Vedady, contrebassiste élégant, et de John Eraboni à la batterie.Ce n\u2019est pas tout.Le 26 octobre à L\u2019Astral, Copland jouera en compagnie de l\u2019immense contrebassiste Gary Peacock, puis les 28 et 29 octobre ils joueront au Largo.Quoi d\u2019autre ?Un album enregistré live au Largo en octobre 2011 par le trio sera lancé lors des prestations.Ce n\u2019est pas tout (bis).Ran Blake, le pianiste-cinéphile, Blake, le réputé professeur du Conservatoire de Boston, l\u2019artiste qui se produit trop peu en dehors de sa chère Nouvelle-Angleterre, sera au Château Erontenac le 17 octobre, où, en compagnie du trio de Lorraine Desmarais et du trompettiste Tiger Qko-shi, il déclinera son admiration, par notes interposées évidemment, pour Alfred Hitchcock.Retournons à Copland.Copland est un drôle d\u2019oiseau, ou plus précisément un oiseau rare.Qu\u2019on y pense: dans les années 60, il s\u2019est taillé une réputation de bon, de très bon saxophoniste alors qu\u2019il était membre du quartet de Chico Hamilton.Mais voilà qu\u2019au terme de la décennie en é FESTIVAL DE JAZZ DE QUEBEC Dans les années 60, Marc Copland s\u2019est taillé une réputation de bon, de très bon saxophoniste; au terme de la même décennie, il décida d\u2019abandonner l\u2019alto pour le piano.question, il décida d\u2019abandonner l\u2019alto pour le piano.Pour les touches noires et ivoire avec lesquelles il avait jonglé dans sa prime jeunesse.Pour faire court, au début des années 80 il se réinstalle à New York, où son style lyrique, empreint de nuances et de lenteur, est souvent sollicité par Joe Lovano, Randy Brecker, Dave Liebman et bien d\u2019autres corsaires de la note bleue.Peu à peu, il confectionne une somme musicale, par albums s\u2019entend, à nulle autre pareille, car émaillée de chefs-d\u2019œuvre.Rien de moins.Qu en compte deux, au minimum.11 y a le Haunted Heart & Others Ballads sur étiquette Hathut, étiquette suisse, réalisé en compagnie de Drew Gress à la contrebasse, un de ses favoris, et de Jochen Rueckert à la batterie.Cette histoire de cœur hanté évolue au gré de standards comme My Eavorite Things, Easy to Love ou Soul Eyes, de classiques imbibés de gospel comme Greensleeves, de compositions plus récentes, on pense au Crescent de John Col-trane et de pièces originales qui se singularisent par une sensibilité prononcée mais jamais mièvre ou larmoyante.Dans cet album, tout, absolument tout, est parfait.De l\u2019exécution de l\u2019ensemble aux jeux de chacun, c\u2019est un régal.L\u2019autre chef d\u2019œuvre est en fait une suite éditée par le label allemand Pirouet.11 s\u2019agit du New York Trio Recordings paru en trois compacts : Mo-dinha avec Peacock, longtemps complice, faufil le rappeler, de Bill Evans et de Keith Jarrett, et Bill Stewart à la baf terie.Voices avec Peacock et Paul Motian et Night Whispers avec Gress et Stewart.C\u2019est bien simpje : cette sujte est un sommet.A suivre.A Québec et à Montréal.Le Devoir FABRICE COFFINI AGENCE FRANCE-PRESSE Sly Johnson) et sans batterie.«Je joue avec le quartet depuis presque 20 ans, explique le musicien.Pour qu\u2019il demeure frais et motivé, on doit arrêter de temps à autre, essayer autre chose, se nourrir ailleurs.Après, on revient et on repart ensemble.Et c\u2019est ce qui est bien avec la musique: c\u2019est beaucoup plus facile de partir et de revenir que dans un couple.» Au Eestival de jazz de Québec, Truffaz se produira en programme double avec la chanteuse suisse Sophie Hunger, dont le folk-rock de création est apprécié par un large public en Europe (et au Eestival de jazz de Montréal).Les deux ont collaboré sur In Between, et Hunger a assuré plusieurs premières parties du trompettiste.Elle présentera elle aussi un nouvel album {The Danger of Light).Le Devoir ERIK TRUFFAZ EN CONCERT 24\toctobre au Granada de Sherbrooke 25\toctobre à L\u2019Astral de Montréal 26\toctobre au Cabaret du Capitole de Québec 27\toctobre à Saint-Eustache FESTIVAL DE JAZZ DE QUÉBEC Du 15 au 29 octobre www.jazzaquebec.ca D Écouter aussi > El tiempo de la Revoluciôn, pièce-titre du dernier album d\u2019Eric Truffaz.ledevoir.corn/culture/musique Le 6® FJQ en six spectacles Robert Glasper Avec Jason Moran, Glasper est sûrement le pianiste trentenaire le mieux coté du jazz actuel.Sa « new urban black music » a un pied dans le jazz acoustique, l\u2019autre dans le hip-hop.L\u2019album Double Booked (2009) témoignait de ces deux facettes de l\u2019artiste américain.Glasper doit d\u2019ailleurs présenter à Québec une formule similaire (trio acoustique d\u2019abord, et avec son groupe Experiment en deuxième moitié).Au Palais Montcalm, le 18 octobre, à 20 h.Paolo Fresu et Omar Sosa Qu le signalait à la sortie en avril : le disque Alma du Sarde trompettiste et du Cubain pianiste est un bijou.Album habité, inspiré et inspirant, bâti sur des thèmes délicats et des méditations qui ont leur part de lumière et de mystère.Une sorte de poésie jazzis-tique.Au Capitole de Québec, le 19 octobre, à 20 h.Gretchen Parlato Ce sera le troisième passage de la chanteuse américaine au EJQ.Son album The Lost and Eound (réalisé par Robert Glasper) s\u2019est glissé dans la liste des meilleurs crus 2011 de plusieurs médias \u2014 dont Le Devoir.L\u2019auteure explore un jazz très personnel aux teintes métissées: soupçons brésiliens, pop, soul, folk, R & B, voix sensuelle et précise.Probablement la révélation vocale des dernières années.Au Capitole, le 27 octobre, à 20 h.Matt Stevens et Christian Scott Une autre affiche qui a les pieds bien plantés dans le futur du jazz contemporain.Le guitariste Matt ^tevens \u2014 peu connu ici, mais encensé aux États-Unis \u2014 vient de lancer un premier album en tant que leader.Son travail avec l\u2019excellent trompettiste Christian Scott lui a valu la reconnaissance du milieu.Les deux se partagent l\u2019affiche d\u2019un quartet complété par Eric Doob et Vincente Archer.Au Largo, les 24 et 25 octobre, à 20 h 30 et 22 h 30.Jeremy Pelt Quintet Avec notamment Truffaz, Scott et Eresu en tête d\u2019affiche, le EJQ sera très trompette cette année.Qu ajoute à cette liste de valeurs sûres Jeremy Pelt, dont le quintet libère un puissant hard bop.Au Largo, les 21 et 22 octobre, à 20 h et 22 h.Scène locale Les jazzmen québécois sont un peu partout dans la programmation du FJQ : notons la présence de François Bourassa, de Samuel Blais, d\u2019Qliver Jones, de Ranee Lee, de Michel Donato, de Jim Doxas, de Rémi Bolduc ou de Joe Sullivan.ESPACE s\u2019envolent rapidement Les billets s env\tmaintenant m K A- DU13 NOVEMBRE àpartirdè\\ L/uiJi\\LJvr,ivinjAr, l\u2019^^yREDE ,\tCLÉMENCE AU 8 DECEMBRE desrochehs 4 2 1 : DRAMATURGIE MISEENSCENE^ BRIGITTE POUPART MUSIQUE , ORIGINALE ARIANE MOFFATT PASCALE MONTPETIT, ACCOMPAGNÉE DE TROIS INTERPRÈTES-MUSICIENS V n E UNE PRODUCTION D\u2019ESPACE GO Avec la participation de Transthéâtre 32A THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE: 514845-4890 ESPACEGO.COM Hydro\tf LdV Quéf>e S < Z < û La direction d'acteurs la plus parfaite qu'on - \u2022 puSaginer.celle de Denis Bernard (.) Remarquablement bien tait.\t^ Michel Coulombe, Bouillant de culture, SRC l'ai rarement vu quelque chose d'aussi au- ^\tthentSre?d'aussiinVnseauthéâtre.(.) Vous passez du rire aux larmes.Émilie Perreault, 98,5 fm nu théâtre aussi puissant que de la dynamite ( ) Une distribution forte, une '\u2019'^foire renve -santé des personnages hauts en couleur (.) Louise Bourbonnais, Journal de Montrea ^ Cette pièce \"rentre-dedans\" se colle tant a l'humanité de ses personnages et leurs émotions que la proximité devient inevitable.Pascale Gauthier, 24 heures Sur scène, le résultat est limpide, coherent, accessible et frappant.Yves Rousseau, Le Quatrième -J\"'*, h \\ I Texte Deirdre Kinahan Traduction Maryse Warda Avec Christine Beaulieu, Félix Beaulieu-Duchesneau, Émilie Bibeau, Patrick Hivon, Louise Laparé, Alice Pascual, Mani Soleymanlou et la voix de Sophie Cadieux Mise en scène Denis BemardF^ Du 2 octobre au 10 novembre 2012 4559 Papineau, Montréal / theatrelalicorne.com / Billetterie: 514 523.2246 7285, rue Chabot Montréal (à proximité du ® Fabre] LE DEVOIR Québec SS CONSBLDESAim DEHOMIRÉAL GDiisall des Arts Cenade Council for the Arts Télé-Québec LE DEVOIR E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 CULTURE'THEATRE FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Pour Isabelle, Fabien Dupuis s\u2019est inspiré de l\u2019antihéros du conte d\u2019une quinzaine de minutes qu\u2019il a présenté dans l\u2019édition 2010 des Contes urbains, pour en faire un solo de 75 minutes.Fabien Dupuis sur scène et décorseté Le comédien bien connu des téléspectateurs défend Isabelle^ un premier solo de son cru CHRISTIAN SAINT-PIERRE Depuis sa sortie de l\u2019École nationale, en 1990, Fabien Dupuis a très majoritairement oeuvré à la télévision, notamment dans Virginie, une émission quotidienne à laquelle il a donné neuf ans de sa vie.A 47 ans, après avoir bénéficié des bons conseils de Luc Senay, d\u2019Yvan Bienvenue et de Michel Marc Bouchard, le comédien se permet enfin de réaliser un vieux rêve : interpréter ses propres mots sur une scène de théâtre.Lors de l\u2019édition 2010 des Contes urbains, Dupuis a franchi une première étape en testant les confessions de son personnage, un antihéros prénommé Daniel, devant public.Les échos de la critique et du milieu, fort positifs, ont mis du vent dans les voiles du créateur, assez pour l\u2019inciter à faire de son conte de 15 minutes un solo de 75 minutes.«C\u2019est bien évident que tous ces compliments et toutes ces tapes dans le dos m\u2019ont poussé à écrire Isabelle, avoue l\u2019éternel jeune homme.Mais j\u2019ai vite réalisé que c\u2019était viscéral, que c\u2019était un appel puissant, qu\u2019il était temps que je passe à Après toutes ces années à jouer pour la télévision, J\u2019ai envie de parler fort, J\u2019ai envie de bouger gros et de le faire pendant une heure et quart.C\u2019est comme si an corset avait cédé, )y Fabien Dupuis l\u2019action.Je n\u2019en pouvais plus d\u2019attendre continuellement après les autres pour travailler.J\u2019aime toujours la télévision, je suis un maniaque de télévision, mais après 22 ans à devoir exister dans le désir des autres, il me fallait une pause, ne serait-ce que pour me voir différemment.Là, c\u2019est moi qui désire, c\u2019est moi qui me fixe des objectijs.Je ressens un calme nouveau depuis que f écris et que je joue mes affaires.Ça me donne aussi une tout autre vision du jeu.Après toutes ces années à jouer pour la télévision, fai envie de parler fort, fai envie de bouger gros et de le faire pendant une heure et quart.C\u2019est comme si un corset avait cédé.» Durant toute son enfance, Daniel subit les agressions répétées d\u2019une mère frustrée, une femme des années 1950, insatisfaite de son sort, disqualifiée et éteinte par sa société.Pour fuir les coups et les cris, le garçon trouve refuge auprès d\u2019Isabelle, une cousine qui ne refuse jamais un match de lutte.Au fil du temps, leurs jeux deviennent de plus en plus intimes.Le jour où sa mère les surprend tous les deux en plein rapport sexuel, quelque chose se fracasse irrémédiablement dans la personnalité de Daniel.Lorsqu\u2019on le retrouve, 25 ans plus tard, à l\u2019enterrement de sa mère, alors qu\u2019il renoue avec sa cousine, on constate que Daniel est resté un enfant.Malgré la gravité des thèmes qu\u2019il aborde, le créateur tient à préciser qu\u2019il y a aussi beaucoup d\u2019humour dans son «stand-up tragique», un solo dont Marc Béland signe la mise en scène.«Jamais le personnage ne s\u2019apitoie, indique Dupuis.Tout simplement parce qu\u2019il ne sait pas à quel point son récit est triste.Pour continuer à vivre, il baisse la tète et il fonce.Moi, pour entrer dans ces histoires qui trouvent un point de départ dans ce que j\u2019ai vécu enfant, il a fallu que je fasse un peu la même chose.Je me suis appuyé sur des années de thérapie, mais fai aussi cherché à faire un peu abstraction de mes parents.Il fallait que je me fiche un peu de ce qu\u2019ils allaient penser pour arriver à écrire librement et authentiquement.» Cette année 2012, où il est devenu père d\u2019une petite fille et auteur d\u2019une première pièce de théâtre, gageons que Fabien Dupuis n\u2019est pas près de l\u2019oublier.Collaborateur Le Devoir ISABELLE Texte: Fabien Dupuis.Mise en scène: Marc Béland.Une production J\u2019ie dis là présentée à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 16 octobre au 3 novembre, puis en tournée à travers le Québec.NOM DE DOMAINE 16 octobre au 10 novembre 2012 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte et mise en scène Olivier Choinière Avec Aurélia Arandi-Longpré ou Alexandra Sicard, Stéphane Jacques, Dominique Leduc et Jean-François Pronovost Concepteurs Jean Bard, Florence Cornet, Bien Ewing, Eric Forget, Jean Gaudreau, Martin Sirois BILLETTERIE B14 84B-7277 QUATSOUS.COM Québecn LE DEVOIR Une coproduction Théâtre PAP + Les productions A tour de râie Du 2 au 27 octobre //IP texte 6st d\u2019un® , , Mle'ïtsenùbleAriart rv-rKnÆobo'set est habité par bas acteurs p^negrané justesse» Alexandre Vigneault, in Presse Mardià19h Mercredi au verwlredî à 20h Samedi à 16h uniquement «,\u201e,:o\\fsŒŒntr.ai Billrta Jeune -EtHe la mort performance-théâtre-lectu par le Bureau de l\u2019APA (Laurence Brunelle-Côté et Simon Drouin) res â û espateellbre.qc.ca 51A-521-1;191, 19*5, rue PüUum, métro Frontenac Québec gg CSL LE DEVOIR MARC BOIVIN , UNE IDEE SINON VRAIE.24, 25, 26 OCTOBRE : pniviM RQZINI SOKOLOVIÇf PROJ POS T CHOREGRAPHE ET INTERPRETE MARC BOIVIN MUSIQUE LE QUATUOR BOZZINI CONSEILLERE ARTISTIQUE ET RÉPÉTITRICE 1 SOPHIE CORRIVEAU n_UM ERE LUC E BAZZO COSTUMES ANGELO BARSETTI BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTREAL WWW.AGORADANSE.COM AGORA DE LA DANSE 9NCÛ PHOTO ] ANfiELO BARSETTI E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 CULTURE>MUS10.UE CLASSIQUE JOERG KOCH AGENCE ERANCE-PRESSE Cecilia Bartoli, «la Madonna ou la Lady Gaga du classique» comme la nomme Libération.Bartoli, joyau de la musique classique et as du marketing CHRISTOPHE HUSS Cecilia Bartoli a pris la relève de Callas et de Pavarotti dans le rôle de phare et de leader de l\u2019industrie de la musique classique enregistrée.Celle que Libération nomme «la Madonna ou la Lady Gaga du classique» vient de faire paraître Mission, son premier récital depuis 2009.On peut ne pas aimer la surexposition expressive.On peut trouver des bas-médiums qui s\u2019engoncent à l\u2019occasion.Bref, on peut chipoter par-ci, par-là.Mais à quoi cela rimerait-il ?Cecilia Bartoli est un joyau de la musique classique et un as du marketing.Elle prend deux années \u2014 trois cette fois-ci \u2014 pour concocter des albums conceptuels qui, depuis quelque temps, contiennent pléthore d\u2019œuvres littéralement ressuscitées et majoritairement passionnantes.Le courant de l\u2019album-concept bartolien a débuté avec Vivaldi Album au tournant du millénaire, l\u2019une des meilleures ventes classiques de l\u2019histoire.Mais la vraie quête menant à retrouver des répertoires oubliés et en faire, à l\u2019aide d\u2019un regroupement scénarisé, des succès internationaux, a débuté avec Opera Proibita en 2005.Depuis sont venus Maria et Sacrificium, le dernier en date (2009), consacré aux airs composés pour les castrats.Marketing et concepts Aujourd\u2019hui, on monte d\u2019un cran, avec tout ce qui entoure Mission, un programme de 25 airs d\u2019Agostino Steffani (1654-1728), compositeur vénitien ou- MISSION blié, attaché à la cour de Bavière.Le CD contient 21 premiers enregistrements de cette musique hautement expressive, dont le langage prend racine dans la Renaissance (Monteverdi) et s\u2019élance vers le Baroque (Haendel), avec fougue ou tendresse.Mais ce qui est tout aussi inédit, c\u2019est l\u2019habillage marketing: une sortie entourée de mystère, pour décliner l\u2019image de ce musicien qui fut aussi diplomate, voire agent secret.________ Le titre Mission est une allusion à ces activités.Sur le Net, à coup de «webisodes», l\u2019éditeur a préparé sa sortie comme jamais dans l\u2019histoire de la musique classique enregistrée.Maintenant que l\u2019album est sorti, paraît un roman sur le sujet.Les joyaux du paradis, écrit par Donna Leon, une intrigue dans la Venise actuelle mêlant musique et suspense.Et bientôt, Mission-The Game deviendra un jeu pour iPad ! Mais n\u2019oublions pas l\u2019essentiel : au-delà du marketing, ce qu\u2019on entend là est proprement unique, soigné dans le plus infime détail, commercialement astucieux et musicalement révélateur.Le Devoir CECILIA BARTOLI: MISSION Airs d\u2019opéra d\u2019Agostino Steffani.Cecilia Bartoli (mezzo),! Ba-rocchisti, Diego Fasolis.Decca 478 4732.DÀ voir > Les «webisodes» que l\u2019éditeur a préparé pour la sortie de l\u2019album Mission; ledevoir.eom/ eulture/musique IH OCTOBRE IIH SAISON 2012 \u2022 2013 Debussy au fil du temps La Fondation Arte Musica célèbre le 150® anniversaire de naissance du compositeur français CHRISTOPHE HUSS En l\u2019honneur du 150® anniversaire de la naissance de Claude Debussy, la Londation Arte Musica organise du 18 au 28 octobre, à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), les Journées Debussy.Le célèbre pianiste français Jean-Philippe Collard est invité à les ouvrir.11 est intéressant de constater à quel point l\u2019interprétation de la musique de Debussy a évolué au fil des décennies, par exemple celle de la musique pour piano, archétypi-quement représentée par les deux livres des Préludes.Dans les années 40 et 50, les maîtres interprètes en étaient Walter Gieseking, Marcelle Meyer et Robert Casadesus, privilégiant une approche cursive et factuelle.Plus tard, avec Arturo Benedetti-Michelangeli, Claudio Arrau et Krystian Zimer-man, se sont imposées des lectures plus lentes, creusées, recherchant la poésie des timbres.Le regard sur Debussy était devenu plus impressionniste.Trop, peut-être ?Jean-Philippe Collard, interrogé par Le Devoir, ne s\u2019inquiète pas du phénomène et n\u2019y voit pas de dérive : « C\u2019est une avancée naturelle pour un génie de la composition, dont la personnalité s\u2019épanouit à travers ces interprétations diverses.J\u2019y vois un processus très sain.De grandes tentatives d\u2019interprétation conduisent à un affinement du style.Cela prendra encore des décennies: regardez ce qui s\u2019est passé avec la musique de Bach ou de Chopin.» La palette des visions interprétatives est donc «utile pour avancer», notamment parce qu\u2019il y a des «choses très troublantes dans l\u2019œuvre de Debussy», qui ne permettent pas de se forger «un avis définitif sur la manière de la jouer».Jean-Philippe Collard n\u2019a cependant pas radicalement changé de vision lui-même : «Fondamentalement, ma personnalité agit comme un filtre, et je ne peux changer la \u201cgénétique\u201d de ce filtre, s\u2019agissant de l\u2019architecture, de la pensée ou de l\u2019exécution.Mais, oui, je peux adapter telle articulation, tel phrasé, tel tempo, d\u2019autant qu\u2019il est difficile de décoder les signaux de Debussy, car ils ne sont pas toujours très précis.» Pas précis, Debussy ?Pourtant, les partitions fourmillent d\u2019indications ! « C\u2019est précis par la somme d\u2019indications, dit Jean-Philippe Collard, mais quand on approfondit, on RODEE ROMERO Le pianiste français Jean-Phiiippe Coiiard ouvrira ies festivités du 150® anniversaire de ia naissance de Ciaude Debussy, qui auront iieu à ia saiie Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréai.trouve des choses pas très logiques ou pas réalisables.Sur le plan rythmique, dans certaines œuvres, on trouve des choses qui ne rentrent pas dans les mesures, des temps en plus.» Donc, en abordant une partition debussyste, «on n\u2019entre pas dans une prison; on pénètre dans un univers où tout est possible!» Jean-Philippe Collard y voit l\u2019incarnation du «miracle de l\u2019interprétation».Le terreau du futur Le choix clé aux yeux du musicien est de trouver réponse à la question « au fond, jusqu\u2019où aller dans l\u2019impressionnisme?».Cette réponse est difficile à apporter, «d\u2019autant que s\u2019y greffe un second mystère: ces relents de la période romantique qui viennent entrer en conflit avec la modernité de la musique.Il y a, par moments, des harmonies d\u2019une tendresse chavirante, des chromatismes exceptionnels.Cette musique balance donc entre le siècle passé et un champ d\u2019étude LES RYTHMES D'AFRIQUE AU CŒUR DU QUÉBEC Entre musique et tableaux Les Journées Debussy \u2014 soit six concerts, deux conférences et la projection de deux films, entre le 18 et le 28 octobre \u2014 sont organisées en ben avec l\u2019exposition Une histoire de l\u2019impressionnisme: chefs-d\u2019œuvre de la peinture française du Clark, présentée au MBAM.Deux récitals de piano mettront à l\u2019affiche Jean-Philippe Collard, jeudi, et Michel Béroff, samedi prochain.Un concert pour piano à quatre mains et pour deux pianos réunira les deux artistes le dimanche 21 octobre à 14 h.Des musiciens de l\u2019OSM joueront la musique de chambre de Debussy les vendredis 19 et 26 octobre, dans le cadre de la série «Tableaux en musique », avec, au préalable, à 17 h, une visite commentée de l\u2019exposition Une histoire de l\u2019impressionnisme.Le musée réalise ainsi parfaitement l\u2019intégration des arts qu\u2019il vise à travers l\u2019association avec la Londation Arte Musica.En clôture, dimanche 28 octobre, la soprano KImy McLaren chantera les plus belles mélodies du compositeur.pour tout le XX\u201d siècle.» Aux yeux de Jean-Philippe Collard l\u2019œuvre qui lui parle le moins, en tant que pianiste, est le cycle des études, mais, dit-il, «c\u2019est une manne pour les compositeurs du XX\u201d siècle, un ferment pour des décennies à venir.Sur la planète musique, Debussy a opéré une révolution dans la forme des pièces, dans la manière dont chemine un compositeur.Debussy a jeté aux orties la structure des symphonies et des sonates.\u201cNe développons plus \u201d, disait-il.Du coup, il avait une idée à la seconde, et c\u2019est ce qui fait la richesse de sa musique.Tout ce qui suit, dans la création musicale, repose sur cela».Le Devoir JOURNÉES DEBUSSY Du 18 au 28 octobre à la salle de concert Bourgie du Musée des beaux-arts, 1339, rue Sherbrooke Ouest.Billets du lundi au samedi, de 11 h à 17 h, au 514 285-2000, option 4.TOUTE LA MAGIE DE L UNIVERS AFRICAIN EN MUSIQUE ET EN CONTE Revue de theatre LANCEMENT le lundi 15 octobre 2012 à 17h au Théâtre la Chapelle 3700, rue Saint-Dominique Montréal L\u2019AGENDA L\u2019HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LE DEVOIR Présanté grâce à l\u2019appui financier de ia Fondation do la Place des Arts. LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2012 E 9 CULTURE )MUS1ÛUE EUGtn JOCHUM DISQUE CLASSIQUE La leçon d\u2019Eugen CHRISTOPHE HUSS EMI, dans sa série «Icon», publie un coffret de 20 CD consacré au chef allemand Eugen Jo-chum.Un peu oublié aujourd\u2019hui, Jochum (1902-1987) a bien des choses à nous apprendre.Contrairement à bien des chefs disparus, le nom d\u2019Eugen Jochum reste intimement lié à un compositeur: Anton Bruckner, dont il fut l\u2019un des plus grands défenseurs, même en terres hostiles, notamment en Erance, où il donna la première audition de la 5^ Symphonie en 1969 sous les huées du public.Jochum a longtemps été affilié aux étiquettes Philips, dont il a gravé le premier disque, en 1951, avec le Philharmonique de Berlin \u2014 une faramineuse 5^ Symphonie de Beethoven \u2014 et Deutsche Grammophon.Il a enregistré pour le label jaune des intégrales Beethoven, Brahms, Bruckner et la version de référence des Symphonies londoniennes de Haydn, comme des Variations Enigma d\u2019Elgar ! L\u2019époque EMI est quasiment la période ultime de Jochum en disque.Le chef gravera ses dernières paroles à Bamberg pour Eurodisc (des ouvertures de Beethoven et quelques symphonies de Mozart), mais l\u2019étiquette anglaise offrit au maestro septuagénaire, entre 1975 et 1980, trois intégrales: Bruckner avec la Staats-kapelle de Dresde, Brahms avec le Philharmonique de Londres et Beethoven avec le Symphonique de Londres.Le cadeau ultime, après parachèvement de tout cela, fut d\u2019autoriser le chef à enregistrer la Messe en si de Bach à la Radio bavaroise en mars et avril 1980.Si les intégrales Bruckner et Brahms avaient été rééditées, l\u2019intégrale Beethoven est très largement méconnue, de même que la Messe en si, reparue une seule fois en CD (collection « Double Eorte»).La méconnaissance de ces enregistrements tient au fait que, lorsque les intégrales (sauf Brahms parue en 1977 ou 1978) furent parachevées, le marché bascula vers le compact.Ces enregistrements analogiques \u2014 et non numériques \u2014 furent ainsi «périmés» techniquement au moment même de leur sortie.La leçon de Jochum est contenue dans les réponses que m\u2019avait faites Daniel Barenboïm au sujet de l\u2019interprétation de la musique orchestrale de Beethoven en 2000.«Les orchestres sont plus avancés techniquement, mais [.] au prix d\u2019une perte de culture orchestrale en ce qui concerne l\u2019importance de l\u2019harmonie.Je peux trouver différentes manières de souligner un changement harmonique: un jour en lui donnant plus de poids, un autre en laissant la modulation passer doucement dans le contexte.Mais il n\u2019y a pas moyen d\u2019éviter la progression harmonique et de la remplacer par un élément rythmique ou de couleur.[.] Si dans la 5^ pièce de /\u2019Opus 16 de Schoenberg vous ne pouvez pas suivre la voix principale serpentant à travers les pupitres de l\u2019orchestre, si la continuité de cette ligne n\u2019est pas claire, vous ne pouvez pas comprendre l\u2019œuvre.Dans la musique de Beethoven, la progression harmonique a la même importance.» C\u2019est exactement ce qu\u2019on entend chez Jochum.Lumineusement, il prend le temps de le démontrer.Déjà âgé, le chef le fait avec un soupçon d\u2019inertie, mais sa leçon au niveau de «l\u2019illumination harmonique» des œuvres est immense (7^ Symphonie de Beethoven, 4^ Symphonie de Brahms, 4^ Symphonie de Bruckner!).En des temps qui privilégient le tempo et les accents, ce sont des bases de la musique auxquelles il est sain de revenir de temps en temps.Le Devoir EUGEN JOCHUM, THE COMPLETE EMI RECORDINGS EMI 20 CD 464004 2 w / FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Omniprésent est inspiré des musiques latines dans lesquelles Damien Robitaille s\u2019immerge depuis deux ans.«Ma copine est d\u2019origine latine, et j\u2019ai voulu connaître et approfondir sa culture.» Salsa du cœur La virée latino de Damien Robitaille, ni parodique ni touristique SYLVAIN CORMIER La limo fait deux parcomètres de long, s\u2019étend de la Lromagerie Hamel au Placard.Pas trop Plateau.Plutôt Miami.C\u2019est l\u2019idée.L\u2019album Omniprésent a été enregistré là, avec Laurent Lone Lebone Preneur.A Miami, pas dans la limo.«La limo, c\u2019est juste pour exagérer un peu», dit en riant Damien Robitaille dans son bel habit et sous son beau chapeau.«J\u2019aime ça, exagérer un peu.» Lata-lement, c\u2019est dans la limo qu\u2019on s\u2019installe.«Ça fait un lancement privé pour chacun.» Grosse vie sale?Même pas.La relationniste d\u2019Audiogram apporte des cafés, le champagne ne coulera pas, ni à flots ni au compte-gouttes.On ne roulera pas jusqu\u2019à la plus proche plage.«On s\u2019amuse avec la limo comme on s\u2019amuse dans mon album; mais ça ne veut pas dire que l\u2019album est une joke, tu comprends?» C\u2019est bien de le préciser: avec Damien, on se sait jamais trop s\u2019il y a décalage ou pas.Kitsch exprès ou naturel kitsch, Damien sur tapis shag 70\u2019s dans le livret à\u2019Homme autonome! Et maintenant, ce Mambo King franco-ontarien, est-ce un nouveau Patrick Zabé, sorte de Senor Météo du siècle nouveau?«C\u2019est pas une gimmick.J\u2019écoute à fond les musiques latines depuis deux ans, ma copine est d\u2019origine latine, et j\u2019ai voulu connaître et approfondir sa culture.Je suis un gars obsessif: je plonge, j\u2019ai des immersions.Pour le premier album, j\u2019étais en plein Hank Williams.Après, j\u2019ai sauté au reggae.Après, c\u2019étaient les Beach Boys, Erank Sinatra.Ç\u2019a mené à Burt Bacharach.Après ça, c\u2019était la soul, le funk.Et là, c\u2019est latino.Mais je vis intensément chaque période.Passionnément, même.» Jouer avec les clichés, transcender les stéréotypes en les caricaturant, ce n\u2019est pas son truc, malgré les apparences.«Si je faisais ça, j\u2019aurais mis des percussions par-dessus les percussions, et j\u2019aurais parlé de fucking martinis tout le temps, explique-t-il avec une pointe d\u2019exaspération.C\u2019est pas ça.Oui, il y a le côté humoristique; oui, j\u2019aime ça, les rimes et jouer avec les mots; mais c\u2019est toujours pour dire quelque chose qui me tient à cœur.» Malentendu de base, comprend-on : pas de second degré chez lui, ou alors accidentellement, ou fort occasionnellement, et seulement pour rigoler gentiment (par exemple, ayant joué de tous les instruments avec Lone, il a inventé des musiciens dans les crédits du livret: Domingo Rodri- guez, Jimmy Juré).En vérité, Damien Robitaille fait de la chanson candide, mais comme il a très naturellement le sens de l\u2019analogie, la rime facile et le rire un peu fou, on lui prête des intentions.On le bombarde Marc Labrèche de la chanson décalée.Alors qu\u2019il se définit plutôt comme un «kétaine assumé».«Moi, je pense que les gens ne savent pas comment gérer des émotions simples.» Candide comme Brian Quand il chante Traces sur la plage, son «vieux slow des années 1950», il n\u2019est pas dans la parodie d\u2019un genre : il s\u2019offre du vrai de vrai collé serré, le texte est à lire au ras des pâquerettes: «Nos traces / Sur la place / N\u2019étaient pas un mirage /Au clair de la lune / On s\u2019cachait derrière les dunes.» On n\u2019est pas chez Paul et Paul, où le slow plagiste ne pouvait qu\u2019être ridicule : «Dans un coquillage / On a fait l\u2019amour / Oui, oui l\u2019amour.» Rien à voir.Mais on mesure le risque de méprise : comment prendre au sérieux Ta maman m\u2019amadoue, drôle de funk latino pour une histoire de cougar?«Elle me fixait comme sa proie / M.I.L.E, j\u2019ai vu ses griffes / Quand elle a sauté sur moi.» On pense à la Concepciôn de Charlebois, chanson-gag.«J\u2019en mets un peu, je m\u2019amuse avec la situation, mais tout ce que je chante vient d\u2019expériences vécues.» Il rit très fort.«Disons que là, c\u2019est plusieurs expériences.Chaque année, la mère changeait.» Il rit encore plus fort.La limo en vibre.En salsa.Exotique! parle de l\u2019accueil fait à l\u2019étrangère dans un «village Iqui] avait les symptômes / D\u2019une population monochrome».Mambo métissé, tout aussi dansante, se veut une ode à la mixité : « Ça fait depuis le début des temps / Que les humains se mélangent mon ange /Alors ce soir, prends ça cool, n\u2019aie pas peur/ Mettons en marche le malaxeur.» Maniement d\u2019image manière Damien, au service de valeurs qui sont «profondément» siennes.«La grande question de l\u2019album, c\u2019est: on est qui?Dans Omniprésent lia chanson-titre], je joue avec l\u2019idée que c\u2019est difficile de se trouver aujourd\u2019hui, tellement on est partout: c\u2019est une question sérieuse pour moi.Moi, je suis là pour divertir les gens, c\u2019est pour ça, la limo, c\u2019est pour ça, le comique et les rimes.Mais Belle bénévole est une vraie chanson d\u2019amour, et Dame Nature exprime le sentiment que j\u2019ai d\u2019être \u201cun cerf-volant errant \u201d.Je suis un drôle de gars, tu comprends ?» Je lui dis qu\u2019il me fait penser parfois à Brian Wilson.Eternel émerveillé, génie presque malgré lui.Damien attrape la comparaison au vol: «Je suis comme Brian Wilson et Mike Love en une seule personne.Des émotions pures, mais avec du \u201cfun fun fun \u201d.» Bien résumé.Ça donne un gars qui, mine de rien, de L\u2019homme qui me ressemble à Homme autonome et à Omniprésent, a de la suite dans les idées et trois albums sérieusement rigolos, drôlement sincères et franchement divertissants pour le prouver.Et une limo pour la journée.Le Devoir OMNIPRESENT Damien Robitaille Audiogram Ecouter aussi > Ta maman m\u2019amadoue, chanson funk latino tirée de l\u2019album Omniprésent, ledevoir.com/culture/musique D mm LA CHAPELLE DE QUEBEC BERNARD LABADIE SAISON 2012.2D13 VIOLON Retrouvailles attendues avec une magnifique artiste touchante de sensibilité, éblouissante de virtuosité ! MOZART I HANDEL LUMINEUSE SANDRINE PIAU CONCERT A MONTREAL PRESENTE PAR RioTinto Alcan BERNARD LABADIE CHEF\t^ NOVEMBRE À 20h /palais montcalm SANDRINE PIAU, SOPRANO SAMEDI 3 NOVEMBRE À 19h30 /maison symphonique de Montreal PALAIS\t\t mOntcalm\tPARTENAIRE DE SAISON A QUEBEC\tPARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL CK LaCapitale LE DEVOIR Groupe financier /!>7
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