Commission au sieur de Lotbinière, conseiller, pour informer et faire rapport sur un différend entre François Noir Rolland, habitant de Lachine et son curé messire Guyotte qui l'a fait jeter avec force et violence hors de l'église
Voir les informations
Détails du document
Informations détaillées
- Conditions générales d'utilisation :
-
- Titre :
- Commission au sieur de Lotbinière, conseiller, pour informer et faire rapport sur un différend entre François Noir Rolland, habitant de Lachine et son curé messire Guyotte qui l'a fait jeter avec force et violence hors de l'église
- Date de création :
- 19 décembre 1676
- Genre spécifique :
-
- Archives textuelles
-
- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Du 19e décembre 1676 avant-midi. La Cour assemblée où étaient Messieurs le gouverneur, l'évêque et l'intendant, les sieurs de Villeray, de Tilly, Damours, Dupont, de Lotbinière, Depeiras, de Vitré conseillers et le procureur général. Sur la requête présentée à Monsieur Duchesneau intendant de la justice police et finances de ce pays par François Noir Rolland habitant demeurant en l'île de Montréal contenant que comme habitant il traite aux Sauvages de marchandises même des boissons exécutant ponctuellement ce que le Roi a ordonné sur ce sujet et ce qui est porté par l'arrêt de cette cour du dix novembre 1668 et par les ordonnances de Monsieur le gouverneur des 14 août et 21 juillet 1675 registrées, publiées et affichées audit Montréal qui déclarent encore plus expressément les intentions de sa Majesté sur ce sujet, cependant il se trouve qu'après Pâques dernier le suppliant fut se [...]
-
- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Du 19e décembre 1676 avant-midi. La Cour assemblée où étaient Messieurs le gouverneur, l'évêque et l'intendant, les sieurs de Villeray, de Tilly, Damours, Dupont, de Lotbinière, Depeiras, de Vitré conseillers et le procureur général. Sur la requête présentée à Monsieur Duchesneau intendant de la justice police et finances de ce pays par François Noir Rolland habitant demeurant en l'île de Montréal contenant que comme habitant il traite aux Sauvages de marchandises même des boissons exécutant ponctuellement ce que le Roi a ordonné sur ce sujet et ce qui est porté par l'arrêt de cette cour du dix novembre 1668 et par les ordonnances de Monsieur le gouverneur des 14 août et 21 juillet 1675 registrées, publiées et affichées audit Montréal qui déclarent encore plus expressément les intentions de sa Majesté sur ce sujet, cependant il se trouve qu'après Pâques dernier le suppliant fut se confesser au sieur Guyotte prêtre son curé qui l'entendit en confession et après l'avoir ouï lui dit qu'il ne pouvait pas l'absoudre, et qu'il fallait attendre Monsieur l'évêque de Québec qui devait monter audit Montréal et que conjointement ils lui parleraient ensemble, ce qu'ils firent, et après lui avoir parlé il permit audit sieur Guyotte de l'absoudre, mais comme il apprit depuis que ledit sieur Guyotte s'informait par sous main de ce qui se passait dans son logis, et l'ayant un jour rencontré il lui dit Monsieur vous ne devez pas être surpris que je n'aille pas à confesse à vous, car je sais que vous tâchez à me surprendre et que vous vous informez trop de ce qui se passe chez moi cela causerait que je n'aurais pas le coeur assez ouvert pour vous déclarer ingénument tout ce que j'ai dans l'intérieur à vous dire; et quelque temps après ayant été averti que le dimanche ensuivant il allait être nommé hautement à l'église comme n'ayant point fait ses pâques, il fut trouver le sieur curé de Montréal qui était accompagné lors du sieur Caumont prêtre, auxquels il demanda d'être ouï en confession ce qu'ils lui refusèrent lui disant qu'il traitait de l'eau-de-vie par excès, à quoi il répondit qu'ils pouvaient s'en informer, ce qu'ils firent et le demandèrent au sieur Seguenot prêtre qu'il dit qui en traitait continuellement avec désordre tellement qu'il ne peut-être absous, quoiqu'il se fut offert d'aller à Boucherville avec le sieur Caumont pour se confesser ce qu'il lui refusa, le lendemain jour de Saint-Pierre il prit un homme avec lui et fut en canot à La Prairie de la Madeleine à dessein d'y faire ses dévotions au révérend père Fremin jésuite, et lui déclara ses sentiments, lequel lui dit qu'il était ravi de le voir dans les bonnes dispositions ou il était, qu'il y continuât, et qu'il pouvait traiter des boissons aux Sauvages pourvu qu'il ne les enivrât pas, et lui donna un billet adressant audit sieur Guyotte ou il marquait le contentement qu'il avait eu d'avoir entendu lui Rolland, et lui avait donné trois mois de terme pour le revoir et l'absoudre, ayant rencontré ledit sieur Guyotte il lui donna ledit billet lequel lui dit, voilà qui est fort bien, cependant nonobstant ledit billet, et la confession qu'il avait faite audit sieur Guyotte outre les autres qu'il allait voulu faire ensuite, le dimanche ensuivant ledit sieur Guyotte déclara hautement à l'église qu'il n'avait point fait ses Pâques, qu'il était exclus des prières qui s'y faisaient, et que quand on le verrait dans l'église on eut à l'avertir, et qu'il cesserait le service, tellement qu'il en fit ses plaintes à mondit sieur le l'intendant qui était lors audit Montréal qui y donna ordre, pourquoi il avait toujours été en repos jusqu'à ce que ledit sieur Guyotte lui dit qu'il n'avait qu'à aller trouver ledit père Fremin sans billet, qu'il lui avait parlé et qu'il le recevrait en confession étant satisfait de sa conduite, si bien qu'ayant été trouver ledit père Fremin il lui dit que ledit sieur Guyotte ne lui avait nullement parlé; ainsi se voyant frustré de ses réponses il écrivit audit sieur Guyotte ou il le priait que quand il lui plairait de lui donner un billet il retournerait trouver ledit père, ce que ledit sieur Guyotte fît et mandît audit père de l'entendre sans pourtant lui administrer le très saint sacrement de l'Autel, ne le trouvant pas encore en état et autres termes qui sont portés par ledit billet, et comme lui Rolland n'étant pas lors en commodité d'aller trouver ledit père, ne fit aucune difficulté le dimanche ensuivant de se présenter à l'église pour entendre la sainte messe, ce qu'il fît et l'entendit sans que personne lui dit rien sinon qu'à la sortie il entendit dire que ledit sieur Guyotte était fort fâché de ce qu'il avait été à la messe, et que s'il retournait il lui ferait un affront duquel il ne se relèverait jamais; le dimanche ensuivant qui fut le dernier de novembre dernier allant de chez lui au Montréal il passa à l'église pour entendre la sainte messe ou ledit sieur Guyotte l'ayant aperçu lui dit hautement en public étant à l'autel vêtu de ses habits sacerdotaux qu'il sortit, et qu'étant exclus de l'église il n'y devait pas entrer, à quoi il répondit, Monsieur vous m'avez toujours dit que je n'étais pas exclus de l'église, vous avez ouï ma confession à Pâques, ainsi je ne dois pas sortir d'un lieu qui est pour tous les chrétiens tellement que résistant en réponses à ne vouloir pas sortir, ledit sieur Guyotte demanda main-forte à l'assistance pour le mettre dehors, qui cependant se tenait toujours à genoux, et lors un nommé René Cuillerier dit Léveillé dit aux marguilliers allons Messieurs c'est à vous a le mettre dehors, sur quoi le nommé Milot marguillier se leva, et assisté des nommés Lapierre, Garrigue qui était ivre, LeMeusnier, Verdamont et plusieurs autres se jetèrent sur lui après que ledit Milot eût dit qu'il était procureur dudit sieur Guyotte et le traînèrent par les cheveux comme un excommunié hors de l'église, lui donnant plusieurs coups avec un scandale et affront autant inouï et insupportable qu'on aie encore vu paraître, ce qui l'a obligé de descendre de en cette ville, malgré la rigueur de la saison et la grande dépense qui lui convient faire, requérant qu'il lui soit sur ce fait justice, vu ladite requête signée François Noir, ordonnance de mondit sieur l'intendant étant au bas d'icelle portant qu'il en sera par lui référé à la Cour du quatorze de ce mois, arrêt du quinze de ce mois portant communication être faite au procureur général, conclusions dudit procureur général en date de ce jour, tout considéré, la Cour avant faire droit a commis et commet le sieur de Lotbinière conseiller en icelle pour se transporter audit lieu de Montréal pour informer à la requête dudit Rolland de ce qui s'est passé dans l'église de la paroisse de Lachine le dernier dimanche du mois de novembre de la présente année, circonstances et dépendances, et qu'à cet effet témoins seront administrés par ledit Rolland pour ladite information rapportée à la Cour être ordonné ce que de raison. DUCHESNEAU DUPONT, RUETTE DAUTEUIL»
- Sujets traités :
-
- Très-Saint-Sacrement (Saint-Quentin, Nouveau-Brunswick : Paroisse),
- Actions et défenses,
- Autels,
- Biens (Droit),
- Boissons,
- Canots,
- Cheveux,
- Chrétiens,
- Coeur,
- Commissions,
- Conseillers,
- Costume,
- Différends,
- Droit,
- Déboursés,
- Dépendances,
- Fortifications,
- Fâché,
- Gouverneurs,
- Habitations,
- Hommes,
- Informations (Droit),
- Intendants,
- Justice,
- Jésuites,
- Logement,
- Marginaux,
- Marguilliers,
- Messe,
- Ordination,
- Police,
- Prières,
- Produits commerciaux,
- Prêtres,
- Pâques,
- Repos dominical,
- Requêtes (Droit),
- Réunions,
- Sentiments,
- Toilettes publiques,
- Transport de marchandises,
- Villes,
- Violence,
- Vêtements,
- Église -- Finances,
- Églises,
- Évêques
- Notice détaillée :
- Collections et fonds :
- Lieu de conservation :
-
- Archives nationales à Québec
-
Lien :Le lien est la meilleure manière de partager ou de conserver une ressource. Il est basé sur l'ARK (Archival Resource Key), un identifiant pérenne. Seules les suppressions et les nouvelles numérisations pourraient rendre ce lien invalide.
-
Fichiers (3)
Téléchargement en lot
Vous devez accepter les conditions d'utilisation afin d'accéder au téléchargement en lots.
BAnQ encourage et permet l'utilisation des Contenus sous réserve du respect du droit d'auteur, de tout autre droit pouvant exister et des conditions générales d'utilisation.
BAnQ a recours à des déclarations de droits du consortium RightsStatements.org et à des licences 4.0 de l'organisation Creative Commons. Les Contenus qui sont identifiés à l'aide d'une mention de droits ou d'une licence peuvent être utilisés selon les conditions spécifiques de cette mention ou de cette licence. Consulter le panneau information pour les droits qui s'appliquent sur ce lot.
Lors de toute utilisation permise des Contenus, l'usager doit mentionner le nom de l'auteur ou du créateur (s'il est connu) et mentionner la source (« Bibliothèque et Archives nationales du Québec »), préférablement avec la cote, le numéro d'identification ou l'URL des Contenus utilisés.
Vous pouvez télécharger un maximum de 50 fichiers à la fois.
Références
RIS ou Zotero
EnregistrerEndNote
Enregistrer
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.