Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le nouvelliste
Éditeur :
  • Trois-Rivières :Le nouvelliste,[1920]-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le nouvelliste, 1968-08-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
TROIS-RIVIÈRES g fî^ sr^ U > ^¦ y- Vol.ÎO, N Collar, contenant un ingrédient qui tue les puces sans rémission’ Cet ingrédient est sans danger pour les chiens, mais mortel pour les puces, et il agit contre les tiques également.Plus de 5 millions de chiens ont porte les colliers Sergeant's Sentry .au lieu de porter des puces! C es colliers sont efficaces.Leur prix: S2.49 seulement.4fi\ ^ Sergeants V i SINTRV COtlAft LA TRAGEDIE DU BIAFRA Une guerre dont on parle beaucoup moins que celle du Viêt-nam, mais qui fait pourtant beaucoup plus de victimes, oppose la Nigeria au Biafra.Des millions de Biafrais sont morts de fairn et des millions d'autres connaîtront le même sort dans ce pays d'Afrique.Nous vous présenterons la semaine prochaine un reportage sur cette effroyable tragédie.GREFFE DU COEUR Suite tie la page précédente Ci-dessous, le Dr Henricke Banterou, résident en chirurgie.Autre photo, de g.à dr., M.Samir Naoum, chef de la banque de sang; le Dr Jacques Champagne, chef de la section de biochimie; Mlle H ligue t te G ingras, chef de la section d'hématologie.V / entièrement stérile où l’on conserve la lingerie, elle aussi stérilisée.On pénètre dans cette antichambre en traversant un vestibule minuscule où, entre une salle de toilette et une penderie, s’entassent de grands sacs verts destinés à recueillir les vêlements spéciaux après usage.C’est dans ce portique que toute personne admise dans Lune ou l’autre des pièces stérÜes doit se soumettre à un rigoureux rituel.Seulement les médecins qui observent les réactions du patient et les personnes de sa famille sont admis la Quand le Dr Grondin nous permit, au photographe Daniel Fontigny et à moi-même, de visiter son patient dans cette chambre stérile, nous dûmes nous conformer aux règles d’usage.Débarrassée Je mes vêtements (et de tout bijou), je dus revêtir une longue blouse de toile blanche, à manches courtes, chausser mes pieds de bottillons arlequin en papier vert, fermés par un élastique, cacher tous mes cheveux dans un casque de plastique (se.1*.nie à un casque de douche) et nouer un masque recouvrant mon nez et ma bouche Même chose pour les hommes sauf que la blouse est remplacée par un pantalon et une chemise, à manches courtes également.Puis, au moyen d une brosse spéciale, on procède au lavage pendant 10 bonnes minutes (au moins) des mains et des bras, depuis le bout des ongles jusqu'au coude Nous voilà prêts à pénétrer dans l'antichambre stérile ou une infirmière nous présente un essuie-main également stérile, elle nous fait ensuite enfiler une autre blouse verte à manches longues et dont les larges pans se rabattent Lun sur l’autre pour envelopper £ ' ïHV m w * ¦Fà Ci-dessus, le directeur des laboratoires, le Dr Claude .Allard.Photo du haut, le Dr Saltiel, radiologue, examine des radiographies de la cage thoracique de M.Paris.entièrement le corps.On iecouvre, enfin, les mains de gants de caoutchouc.Après la visite, nous quitterons ces vêtements (fort confortables mais tellement inélégants!).Ils seront lavés et stérilisés à nouveau.Pour les seuls chambres 500 et 501, on utilise plus de lingerie que sur tout un étage de l’hôpital.Si la lessive est confiée à un buandier.la stérilisation se fait au sous-sol même de rinstitut.Ce service central dépend du nursing et la directrice, Thérèse Béliveau, nous confie ses problèmes: “Nous sommes débordés! Notre service privé de lessive parvient difficilement à suffire à la tâche et nous devons engager du personnel supplémentaire ici pour la stérilisation.” Ce service central fournit tout l’hôpital, y compris les salles d’opération, en matériel nécessaire pour les soins et les traitements II est équipé d’un autoclave (appareil à vapeur sous pression), de deux fours à gaz et d’un troisième spécialement destiné au coeur-poumon artificiel, en plus d’un four à chaleur sèche.Dans l’autoclave, on stérilise la lingerie, les appareils en acier inoxvdable et l'eau.Dans le four à chaleur sèche, entrent les instruments chirurgicaux métalliques.Les fours a gaz servent pour les matières plastiques, le caoutchouc, les instruments délicats et tout ce qui ne peut supporter la chaleur humide.C’est dans cet appareil qu’on stérilise la correspondance du malade, le journal qu’il ré- 8 • rtRSPBCTIVFS No 35 31 août 196f clame, le papier nécessaire à son dossier, lequel demeure dans sa chambre.Lors de la dernière transplantation cardiaque, on a utilisé 125 blouses.Au cours des jours suivants, le rythme s’est stabilisé à environ 70 par jour! “Nous avons dû mettre au point toute une organisation nouvelle, souligne garde Béliveau.Notre difficulté, au début, résidait dans l’absence de toute documentation sur le sujet.Nous nous sommes inspirés d'un article publié par le Dr Barnard dans un magazine sud-africain et de quelques articulets parus dans les revues de nursing.Pour le reste, nous nous sommes débrouillés avec les moyens du bord ' Ainsi, on dut entraîner un cuisinier pour ce malade exceptionnel.Ganté, masqué, il s’emploie à préparer (toujours stérilement) les mets qui sont ensuite déposés dans un plateau stérile, lui-même glissé à son tour dans un sac.“Pour les greffes, souligne la directrice du nursing, plusieurs difficultés nouvelles se sont présentées en plus du travail de nursing habituel." Il n’en fallut pas moins rafraîchir les connaissances des infirmières pour assurer que toutes les mesures d’aseptie soient bien respectées.Garde Cécile Boisvert prit en main l’entraînement d’une vingtaine de ses compagnes.“Auprès du patient, dit-elle, notre travail est relativement simple, du moins il ne diffère pas de celui que nécessite un autre opéré du coeur.Il s’agit de surveiller le débit cardiaque et les réactions immunologiques afin de prévenir l’infection; maintenir de bons échanges respiratoires, assurer le confort physique et la tranquillité du patient pour faciliter sa guérison." Bref, prendre sa pression, lui faire faire ses exercices: inspirer profondément, tousser, le tourner dans son lit quand il ne se lève pas, le frictionner, lui donner ses médicaments qu’il avale avec de l’eau stérilisée.On le lave avec une solution spéciale bactériostatique qui crée une barrière contre les microbes et avec de l'eau stérilisée chaude.“Quand il a fallu nous préparer à une opération de ce genre, raconte garde Boisvert, nous avons considéré les principes fondamentaux, comme ceux qui consistent à éviter tout danger d’infection, et nous avons élaboré les techniques requises.Quand le Dr Grondin est allé au Texas, garde Béliveau et moi lui avons confié une longue liste de questions à poser aux infirmières qui possédaient une certaine expérience dans ce domaine." Si l’on accorde autant d’attention à ces détails, c’est dans le but d’éviter une des deux causes principales d’insuccès, l’infection, l’autre cause étant le rejet du greffon.“Peut-être rirons-nous de tout cela dans dix ans, ajoute le Dr Grondin, moqueur, mais en attendant on ne connaît rien de mieux et il faut s’attacher à des détails comme ceux-là!" Au fur et à mesure que l'état du patient s’améliore, l’hôpital reprend son rythme normal.Mais le surcroît de travail se fait sentir un peu partout Ainsi, au laboratoire, on a consacré 125 heures exclusivement au premier opéré.“Maintenant, nous consacrons environ cinq heures par jour à ce patient, précise le Dr Allard, pour effectuer les analyses biochimiques qui indiquent les possibilités de rejet, dès leur apparition." Tout heureux de collaborer à une expérience aussi extraordinaire, le personnel contribue bien volontiers en ne lésinant pas sur les heures supplémentaires.C’est ainsi que plusieurs infirmières ont tenu, pendant une dizaine de jours, deux services d’affilée de huit heures chacun et même fourni jusqu'à 20 et 22 heures de travail sans interruption.Le sang fourni gratuitement par la Croix-Rouge et l’appareil de radiothérapie prêté par l’Hydro-Québec ne sont, par ailleurs, que deux exemples de la bonne volonté qu’ont manifestée les collaborateurs extérieurs à qui l’Institut fit appel.Le Dr Paul David, directeur général, insiste beaucoup sur cette coopération obtenue spontanément: “Il est impossible d’effectuer un travail de cette importance, conclut-il, sans la participation de chacun.En fait, c’est un immense acte de générosité collective.’’ < * - *41 si /< / - U ¦ I Sk 7 tl m 4Vi ¦ ¦ / S.'.•jP*- .S,.**.n .S: Ici, Jantzen est à Y eur! Prenez le temps d’admirer la nat ure, d'écouter le murnvure de la riviere et le bruissement des feuilles sous vos pas.La nature a son mot dans l’exiMcncc .mais avec Jantzcn, vous aurez toujours hr dernier mot.jamzen K't l Af * Paris, mai et juin 1968 Dernier de deux articles TOUT RENTRE DANS LORDRE, MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS?La semaine dernière.Pâquerette Villeneuve a relaté les premières manifestations qui menèrent la h rance à deux doigts de la révolution.Dans son second article, la journaliste montréalaise, qui a assisté elle-même à ces événements, nous parle de Daniel Cohn-Bendit, l'un des meneurs étudiants, et nous décrit la brutalité des C.R.S.En plus de la reprise de la Sorbonne par la police, Pâquerette Villeneuve parle du désarroi des hommes politiques français et de l'attitude du général de Gaulle avant les élections qui devaient lui assurer la victoire.LA RÉDACTION par Pâquerette Villeneuve LE MOMENT CULMINANT de l'occupation de la Sorbonne par les étudiants fut l’annonce de la conférence de presse qu'allait donner un soir à minuit Daniel Cohn-Bendit, l’un des trois meneurs, rentré clandestinement en France malgré l’interdiction de séjour qui lui avait été signifiée.Pour l’occasion, il avait teint en noir sa célèbre chevelure rouge carotte.Dès 11 heures, les journalistes réunis dans une pièce trop petite pour leur nombre, piaffant d'impatience et donnant avec leur infantilisme habituel des conseils définitifs sur la manière d’organiser une conférence de presse, discutaient ferme sur l'affront qu’on leur faisait en les obligeant d’attendre.Un quelconque reporter anglais s’écria: “Si dans 10 minutes il n’est pas là.tout le monde ici s’en ira.’’ M?is comme sa tête ne plaisait pas à ses collègues, il fut conspué et un Français lui demanda: “N’avez-vous jamais attendu à la Maison-Blanche?” A l’idée qu’on pouvait comparer le président Johnson et Cohn-Bendit, l'Anglais s’étouffa et se tut.Pendant ce temps, des caméramans de nombreux pays: N.B C.américaine, T V italienne, allemande, britannique, canadienne (Denis O’Leary), postes de radio et autres, quotidiens et hebdomadaires de tous genres, déménagés dans une grande salle, se préparaient et, à une heure du matin, apparut celui que plusieurs considèrent comme le “détonateur” des événements et qui passa en mai à la légende.Dans le journal Combat, on alla même jusqu'à le comparer à Robin des Bois.10 - PERSPECTIVES No 35.31 ooût 1956 ri ’"r >éi; "Wk.micro, Daniel Cohn-Bendit exhorte les étudiants qui viennent d'occuper la Sorbonne, tandis que les combats de rue font ra%e au Quartier latin ftr- m-Æ ¦'lir- ** ohiif Daniel Cohn-Bendit, 23 ans, etudiant en sociologie à Nanterre, très brillant élève, négociateur qui avait en vain plaide auprès du recteur Roche, la nuit du 10 au 11 mai, la réouverture de la Sorbonne, passe-muraille ou plutôt passe-frontière, était là en chair et en os.Je l’avais raté à son passage à la TV et je me réjouissais de pouvoir l’observer de près pour former un jugement sur celui qui, avec Jacques Sauvageot, vice-president de TU.N E.F., et Alain Geismar, president du S.N.E.S.-S.U P., syndicat de renseignement supérieur, avait marché au premier rang de toutes les manifestations La TV américaine lui avait offert $3 (XX) pour une interview exclusive, et il aurait accepté à condition que la somme soit versée au mouvement du 22 mars.Eh bien, il faisait bonne impression, le petit juif allemand?Né en France, orphelin de père et de mère, Dany retourna en Allemagne vers 14 ans où son frère aîné habitait et prit la nationalité allemande.Par la suite, il revint à Pans faire ses études.D'ailleurs, il est d’assez grande taille, les joues déjà ronde?, de cette rondeur sensuelle des sémites, avec des yeux profonds d'un bleu aigu, aussi intelligents que rieurs dans un visage pétillant de malice.Il a fait sa conférence de presse avec l’autorité d un vieux routier de la politique, disant clairement ce qu'il voulait dire et rien que ce qu'il voulait.faisant dans l’ensemble des déclarations généreuses et générales du genre: “Il faut donner aux ouvriers étrangers qu'on exploite les memes droits qu'aux Français", ce qui n’avait pas de quoi, me semblait-il.faire trembler un gouvernement D'ailleurs.on l'imaginait mieux dans un salon entouré d'admirateurs et d’admiratrices que sur la paille humide des cachots Des trois meneurs que j’ai rencontrés, il m'a semblé le plus naturel et le plus direct, le plus épanoui.Il n'est plus adolescent et il n’est pas encore homme Le deuxième meneur, Alain Geismar.Parisien de 27 ans.se veut plus politique: il est encore plus bagarreur mais moins original Quant à Jacques Sauvageot.c’est un caractère passionné et difficile, peut-être moins ouvert que Cohn-Bendit.Membre du P.S U.et animateur de l’U N.E.F., il a peine à assumer la contradiction de ce double rôle, étant donné la suspicion absolue des étudiants envers tout parti politique.Mais il lance avec énergie des mots d’ordre de rassemblement dont certains tourneront contre le but proposé.La Sorbonne fut reprise par la police un dimanche de la mi-juin, à un moment où les choses tournaient au vinaigre à l'intérieur et où les étudiants commençaient à s’en trouver bien embarrasses Une dernière conférence de presse eut lieu deux jours plus tôt, au cours de laquelle de nouvelles têtes annoncèrent l’évacuation des beatniks, celle des différents groupes politiques accusés d’être devenus des ‘‘féodalités’’, un nettoyage général par les équipes du service sanitaire et l’élimination des katangais.Il ne restait a peu près qu'une centaine d'étudiants et de chômeurs quand elle fut reprise.Les agents isolèrent le quartier de la Sorbonne.A l'intérieur de l’ilôt, le cinéma Pantheon affichait un film au litre bien choisi les Encercles [jCs Katangais créèrent un problème assez, spécial.IScspionnile étant vite devenue a la mode, les étudiants acceptèrent les services de quelques anciens mercenaires, légionnaires ou soldats, de blousons noirs au grand coeur et à la tête faible, qui s’instituèrent champions du service d’ordre.Des lors, plus moyen de rien toucher et d'aller nulle part sans leur assentiment.Ils jouaient si bien leur rôle que c’est bientôt le comité d'occupation qu’ils accusèrent d’être de connivence avec I ennemi Et pour ces gens vivant toujours en marge de la société, l'ennemi, c'est tout le monde.La situation devint très tendue, les étudiants demeurant impressionnés par les biceps de leurs adversaires Tout finit par une rocambolcsquc lutte a 5 heures du matin avec les Katangais expulsés par les fenêtres et criant vengeance.L'héroïque Sorbonne avait vécu.A l'Odéon.il en était un peu de même.Dans la salle, régnait un climat extraordinaire de palabres entre tous les spectateurs On jouait tous les soirs à guichets fermés et Jean-Louis Barrault a dû se demander s'il retrouverait jamais de telles salles?Mais dans les coulisses et dans tout le reste du théâtre, le service charge de faire régner l'ordre n’avait pas beaucoup l'habitude des luxueux théâtres bourgeois.Un des premiers plaisirs fut de recréer le chic des films de cape et d’épée en se servant dans les panières, et j’ai rencontré un soir un joh petit pâtissier vêtu d’un pourpoint de vc- Suite a lu pa^e suivante PARIS, MAI HT JUIN 1968 Suite de la page précédente lours brodé sorti tout droit du Médecin malgré lui.Un des katangais m’a permis de monter au troisième étage du service d'ordre.Il n’avait pas une mine très chrétienne, mon Katangais, avec sa gueule taillée à coups de serpe et ses manières de soldat blanc dans la brousse! Heureusement, nous n’étions pas seuls car ma légitime curiosité de femme journaliste eût cédé le pas au simple instinct de conservation’ Enfin, nous arrivâmes au troisième étage de l'Odéon, où on avait refuse à Jean-Louis Barrault de pénétrer, et je vis là deux filles assises sur les genoux de militaires d'âge moyen, un petit gars de la Plaine Saint-Denis (le quartier à mélasse d'ici) aux bras tatoués, au visage gentil avec juste une petite pointe d'instabilité agressive, et un type plus âgé à moitié clochard, qui essaya de me faire rire en me montrant des photos pornographiques dans la doublure d’un chapeau melon! Parmi les sujets qui ont fait couler le plus d'encre, il y eut celui des brutalités policières.Les journaux en ont beaucoup parlé et les Editions du Seuil ont même publié un Livre noir des journées de mai.Une jeune fille m’a raconté qu’elle a reçu un coup de matraque, quelle a été obligée de garder les bras en l’air avec un pavé dans chaque main et quelle a vu des agents s’en prendre particulièrement à des gens de couleur Pour ma part, je n’ai jamais vu de scènes de ce genre, sauf dans les actualités cinématographiques.Il est évident qu'entre policiers et étudiants.il existe une hostilité naturelle assez grande Pour les policiers, les étudiants sont “des fils de famille dont le père est né avant eux.qui ont donc eu toutes les chances puisqu’ils sont promis à des responsabilités et qui ont, en plus, l’audace de se plaindre et de vouloir impunément faire les matamores'* Quant aux étudiants, ils considèrent les policiers comme “des valets de l’ordre, des gens qui ne sont bons à rien d’autre puisqu'ils font ce métier et qu’en plus ils représentent sous sa forme la plus concrète l'Autorité, l'Interdiction de .’’ Quand on les met en présence les uns des autres, si on les “chauffe”, le résultat ne se fait pas attendre.“C R S.— S S.” c’était le cri de guerre.le en de ralliement que les constructeurs de barricades avaient adopté pour stimuler leur ardeur, pourtant les C.R.S.ne sont pas tous des hystériques rêvant de massacres, et il m’est arrivé de rencontrer des étudiants ayant fait les barricades qui avouaient que “les C R S.ont eu bien de la patience parce qu’on les cherchait”.A plusieurs reprises, pendant les reportages à la radio, il fut fait état d'of-ficicrs de police qui parlementaient avec le service d’ordre étudiant, souvent efficace, et établissaient un modus vivendi: “Vous n’essayez pas de partir par ici et nous vous laissons dégager par les rues adjacentes.” I>c syndicat des C R S.protesta contre “la campagne de dénigrement systématique” dont il fut l’objet et publia qu’il éliminerait de ses rangs les éléments convaincus de brutalité.Quant à l’agent de police parisien, qui d'habitude règle la circulation, il n’était pas forcément satisfait qu'on l'envoie à la distribution de pavés.“Nous sommes bons à réprimer les monômes (défilés des lycéens dans les rues après les examens) mais pas ça.Nous sommes faits pour recevoir des yaourts, pas des pavés*” déclarait l'un d’eux non sans humour au journal Combat, mais on les appelle aussi les cognes.Pour arriver à faire la part des choses, je décidai donc un soir de me rendre compte de ce qui se passait réellement Un vendredi soir, entre 11 heures et minuit, j'ai accompagné un caméraman de la télévision américaine qui filmait les points chauds de la manifestation.Nous étions d’abord place Saint-Michel, derrière les plus avancés des manifestants qui lançaient des cailloux sur les policiers, bloquant en rangs serrés le pont Saint-Michel.Derrière nous, des feux faits avec des ordures ou des panneaux d’affichage arrachés et un peu plus loin le bruit de la rue qu'on dépavait.Le caméraman filme pendant que des grenades lacrymogènes, en petite quantité mais à un ry thme continu, sont lancées à la main par les policiers.Comme on les voit arriver, on se remue en conséquence.“Allons de leur côté”, lance le caméraman.Nous traversons la place entre les projectiles des manifestants, qui sont encore très peu nombreux à s’avancer aux endroits risqués, et nous prenons place à côté du service d’ordre.Sur le pont, c’est l’obscurité a peu pies totale.J’entends sifflei un caillou qui me rase l'oreille.Les C R S.sont calmes, un gradé donne des ordres de tactique à ses hommes Personne n'est agité sauf un C R S.d'une cinquantaine d'années environ, le visage sanguin, qui semble n’avoir pas beaucoup de sang-froid et m’a l’air très facile à déchaîner.Il faut des nerfs d’acier pour faire ce métier écouter les injures et éviter les projectiles lancés par les manifestants.Au bout de 10 minutes, ça m'a suffi Incapable de surmonter plus longtemps ce climat de violence, je décide de rentrer chez moi II ne faut pas y songer, toutes les rues sont barrées.Je repars donc vers le boulevard Saint-Germain Tout est fermé, même le café des Deux-Magots et le Drugstore A force de marcher, je trouve un café encore allumé Le patron a fermé les portes, mais je le connais puisque j’ai longtemps travaillé à côté et il me laisse entrer Peu à peu.la manifestation s’est portée vers le boulevard et, à 4 heures du matin, on peut voir flamber, à un quart de mille, une barricade; les flammes atteignent une hauteur de trois é-tages.cela fait une impression fantastique.Une heure plus tard, je passe à la faculté de Médecine où l’on a recueilli des blessés et où un etudiant surexcité accueille chaque infirmier improvisé en disant “As-tu vu des violences?” J'enregistre au magnétophone.I^‘ jour se lève quand je rentre par les petites rues du quartier Saint-Germain d’où se dégage l’odeur âcre et persistante des bombes lacrymogènes.Le processus qui est en marche est extrêmement curieux.Le matin de cette fameuse nuit, Christian Fouchet, alors ministre de l'Intérieur, déclare “C’est la pègre qui est descendue dans la rue.” Les étudiants n’aiment pas beaucoup cette déclaration.Quant à la pègre, c’est connu de tout temps qu’elle aime l’ordre et ne commet d’illégalité que ce qu'il faut pour bien vivre et devenir respectable.Le public qui prend part aux événements est très mélangé J’ai pu le constater par moi-même à quelques reprises.Ma première expérience de ces manifestations date du 6 mai.La veille, des magistrats exceptionnellement réunis un dimanche avaient prononcé des peines de prison exécutoires contre quelques étudiants ayant manifesté le 3 et qui furent incarcérés.En sortant de chez moi le lundi vers 4 heures de l’après-midi, j’aperçois une foule massée place Maubert.De nombreux cars de police stationnent aux alentours Soudain dans la rue Galande, un nuage de C R S.passe au pas de charge, matraque à la main, à la poursuite sans doute de manifestants que je n’ai pas aperçus.Je me suis réfugiée dans un café dont je connaissais la patronne Derrière les portes fermées, les réflexions allaient bon train Le Parisien, badaud de nature, n’est pas mécontent d'avoir droit, sans frais ni trop de risques, à un spectacle inaccoutumé.Dans la rue, des manifestants se font des boucliers avec les panneaux publicitaires en tôle des magasins Prisunic; certains ont des bouteilles à la main.Les manifestants qui reçoivent quantités de bombes lacrymogènes pleurent et sortent tous des mouchoirs pour se protéger les voies respiratoires.A un moment donné, ils mettent le feu à une petite baraque de terrassiers place Maubert et pendant quelques minutes, les flammes montent â hauteur des arbres qui se dressent sur la place.Les pompiers arrivent vite sur les lieux pour é-teindre l'incendie et repartent en passant devant le café ou je me trouve.Les manifestants qui ont barré la rue avec deux voitures refusent de les laisser passer à moins qu’ils ne montent sur les trottoirs avec leur énorme voiture rouge, ce qu’ils font de bonne grâce.Bientôt, d’ailleurs, la manifestation est dégagée Du côté politique, la réaction fut é-galement étonnante La bouffée d’air frais provoquait des ravages.Tout le monde s’interrogeait, les “colonels” (désignons par ce terme les gens d'une certaine valeur qui occupent des postes secondaires) souhaitent un bouleversement qui les propulserait vers les sphères convoitées de la puissance.La succession du général de Gaulle continuait à entretenir bien des espoirs secrets.On cherchait de toutes pans des barrières à faire sauter Les étudiants a-vaient provoqué un climat idéal de re- F.Mittcrand, chef de ha Fédération de la gauche, voulait remplacer de Gaulle.De Gaulle fit sa paix avec le général Massue, en Allemagne, pour tenir l’Armée.vindication; toute la nation y passa.A l’O R T F., l’interdiction de diffuser une séquence sur les étudiants filmée par l’équipe de Panorama amena les producteurs à poser unanimement le problème de l’information objective et a réclamer un nouveau statut libérant l'Office de la tutelle du ministère de l’Information.La radio, à France-Inter, se rebellait a son tour et.pendant plusieurs jours, on n’entendit en fait de bulletins de nouvelles que ceux rédigés par les journalistes en rupture de ban Devant la multitude des réactions favorables aux étudiants, un certain désarroi régna bientôt jusque dans les hautes sphères politiques De retour d'Afghanistan, M.Pompidou annonça dès le samedi 11 mai des mesures de clémence libération des étudiants emprisonnés, amnistie pour tout fait relatif aux barricades de la veille.Mais le mouvement était pour l'instant irréversible, les esprits trop excités et cette mesure de clémence, loin d'apaiser le tumulte, fit repartir la contestation Pendant la semaine qui suit, les grèves s'étendent à toute la France.Quant aux étudiants, ils ne parlaient rien de moins que prendre l’O R I ! La menace d’être accueillis par les poli- 12 - PERSPECTIVES No 35.31 août 1968 cicrs en armes les en détourna: ils allèrent aux usines Renault encourager les ouvriers grévistes.Alain Peyrefitte, ministre de l’Education nationale oftrait en vain sa démission.Pompidou n’avait plus le temps de l’accepter Georges Pompidou, fils d’un instituteur du Cantal, homme doué d’une grande puissance de travail, possédait une vertu rare dans son milieu, la simplicité, et se révéla très combatif Pendant l’absence du général de Gaulle, il tint le gouvernement à bout de bras.Le vendredi 24 mai, le général de Gaulle annonce un référendum La proposition tombe à plat.Impossible, étant donné la grève, d'organiser une telle consultation, les imprimeurs ne travaillent pas, on ne pourrait même pas imprimer les bulletins de vote.Après une semaine fertile en événements politiques de toutes sortes, le général annonce le 30 la dissolution de l'Assemblée nationale pour amener de nouvelles élections.Que s’est-il passé entre ces deux dates?M.François Mit-terand, président de la F.G.D.S.(Fédération de la Gauche démocrate et socialiste), qui s’est fait chahuter par les Premier ministre Georges Pompidou tint le gouvernement à bout de bras.Affiche mortuaire du lycéen qui s’est noyé en essayant d’échapper aux policiers.unnîlicri Neuldn df tandttollfs étudiants la semaine précédente, déclare le mardi 28 qu’il sera candidat à la présidence de la République en cas de réponse négative au référendum.Le lendemain.Pierre Mendès-France, qui s’est montré deux jours plus tôt au meeting du stade Charléty organisé par l’U.N E.F., se déclare prêt a constituer “un gouvernement de mouvement’’.Les leaders de l’opposition font déjà comme si le président actuel de la République n’existait plus.Pendant cette période, le Nouvel Observateur fait état de la démarche de M.Pompidou, un des dauphins présumés, auprès du général pour l’inciter à se retirer.“Le bateau ne doit pas couler avec de Gaulle, tel était le sentiment qu’exprimait le Premier ministre, au nom de bon nombre de gaullistes’’, écrivait Claude Krief.Le général, qui n’a rien d’un bourgeois, se retrouvait enfin là dans une atmosphère de tragédie.Ceux qui ne l’approuvent jamais en venaient presque à souhaiter son triomphe, tant se faisait grande la solitude autour de lui et apparents les calculs.“De Gaulle est seul’’, s'enhardissait à écrire dans France-Soir, l'éditorialiste Jean Ferniot.C’était oublier l’homme “impatient d’agir et d’imposer ses vues, capable de toutes les audaces pour dominer les hommes et les événements, trop sûr de lui pour naviguer derrière un autre pavillon que le sien, rigide, cassant, bâti pour la haute mer et gréé pour les tempêtes” décrit par Jules Roy dans le Procès Pétain.Ix général de Gaulle lui-même donnait de précieuses indications sur le fond de sa pensée.Le caractère, vertu des temps difficiles.Face à l'événement, c’est a soi-même que recourt l’homme de caractère.Son mouvement est d’imposer à l’action sa marque, de la prendre à son compte, d’en faire son affaire.Et loin de s’abriter sous la hiérarchie.de se cacher dans Içs textes, de se couvrir des comptes rendus, le voilà qui se dresse, se campe et fait front.*’ “11 y a eu un moment entre le premier discours manqué du général de Gaulle et le second, réussi’’, déclarait dans une émission radiophonique le 10 juin le sociologue Raymond Aron du Figaro.Ce moment, comment le général l’avait-il rempli?Le mouvement spontané d’occupation d’usines avait pris de court le Pùrti communiste et son puissant organe syndical, la C.G.T.“Ce sont les grévistes qui ont élu directement les comités de grève que la C.G.T s’est engagée à consulter”, déclarait son président Georges Séguy.Mais le parti ne goûtait pas du tout d’être débordé par des initiatives qu’il n’avait pas suggérées.Obligé de flatter cette tendance qui venait de lui tomber dessus sans crier gare, le P C.accepta pendant plusieurs jours de politiser la grève: c’est à cela que l’on dut de voir dans certaines manifestations de mai les banderoles avec les mots “Pouvoir Populaire” qui devaient tant effrayer les bourgeois.Mais à mesure que les pourparlers de Grenelle avançaient entre le gouvernement.les syndicats et les patrons, dans un sens favorable au règlement, le P.C.se rabattit sur le principe de la seule revendication de salaires.Cette mollesse lui fit perdre des électeurs à l’intérieur de ses propres rangs.La peur qu'il avait provoquée en politisant la grève, exploitée à fond pendant la campagne électorale, servit encore au succès gaulliste.Plus intelligent que les bourgeois, sans doute le général put-il vite constater que le P C., satisfait de sa politique étrangère et heureux d’avoir déployé sa force, lui laisserait les mains libres Mais les communistes avaient trouvé sur leur route quelques ennemis dont Alain Geismar.qui avait eu l’idée d’aller soutenir les grévistes à Flms et surtout Dany Cohn-Bendit.qui se moquait ouvertement des grands-prêtres du Parti et recevait dans l'Humanité, dont l’attitude à l’égard des étudiants était très réticente, les jets de colère des vanités blessées.Le P.C.s’inquiétait à travers eux de l’existence de groupuscules qui le débordaient sur sa gauche, car les petits bourgeois dodus qui le dirigent se veulent les seuls représentants sur terre de la révolution.D'autant plus que ces groupes poussaient à une dynamique révolutionnaire et que les communistes ne semblaient pas plus avoir envie de prendre le pouvoir que le reste des Français n’avait envie de vivre sous ce régime.Les groupuscules furent dissous ensuite par le gouvernement et plusieurs de leurs membres arrêtés.Restait l’Armée.Elle en voulait au général qu elle accusait d'avoir trahi la cause de l’Algérie française et d’avoir emprisonné les dirigeants du putsch d’Alger.Une visite effectuée dans des circonstances mystérieuses qui tinrent le pays en haleine mena le général en Allemagne où il Fit sa paix avec le gé néral Massu.Le général Salan et les autres membres de l'O.A.S.(Organisation de l’Armée secrète) qui restaient en prison furent libérés peu de temps après.De retour à Paris, le général parla dans des termes très sévères du “communisme totalitaire”, loup-garou habituel dont on menace les foules, et évoqua “la menace de dictature” qui pesait sur le pays à cause de cela Une manifestation gaulliste organisée le 30 mai réunit, pour sa part, plus de 600 000 personnes.Quant à l’annonce d’élections générales, elle désamorça tout ce qui pouvait rester de réticence chez les politiciens.“Quand vous parlez aux députés de campagne électorale, me dit une sociologue, plus possible de les retenir: on dirait qu’ils sont en rut!” Le lecteur me pardonnera cette expression vive, empruntée a une dame très distinguée qui m’a demandé de ne pas la nommer.1^ mouvement de grève se résorba lentement en juin et, le dimanche 30, il était à peu près terminé quand parvint le résultat définitif des élections.Le parti gaulliste triomphait avec une majorité considérablement accrue Avant de partir en vacances, les Français fatigués avaient confié les clés de la maison à une personne de confiance.Mais que trouveront-ils à la rentrée?L’élément le plus sérieux de ce mois de mai fut le travail des commissions paritaires ou autres sur la réforme de l'Université.Mise sur pied par Napoléon, l’Université française se ressent de cette origine militaire et centralisatrice.qui rend de plus en plus précaire son développement harmonieux.Impossible de prendre des décisions dans une faculté sans l’assentiment du ministère de l’Education nationale: c’est lui qui interprète les besoins de chacun, selon les crédits alloués, et qui d’office impose des solutions aux intéressés.Un exemple: la réforme Debré en médecine fut, m'expliqua un étudiant de 5e année, tellement adaptée par chacun des services par où elle passa qu’elle en sortit méconnaissable et à peu près inapplicable.“Nous voulions un laboratoire, me raconte une étudiante en pharmacie pour expliquer l’absurdité de cette situation.Le doyen en fait la demande au ministère mais, le temps que les crédits nécessaires soient débloqués, nous avons monté le laboratoire nous-mêmes avec des moyens de fortune Cependant les crédits ont fini par arriver et nous aurions aimé les utiliser à autre chose Impossible il ne nous restait qu’à monter un second laboratoire ou retourner l’argent dont nous n’avions pas besoin.” D’autre part, les étudiants ne veulent plus de cours magistraux, encore moins de professeurs nommés à vie.“Ce que nous voulons, c’est remplacer le cours magistral par le travail en petits groupes, le professeur étant la pour guider.” Nombreux sont les membres du corps enseignant qui partagent ce point de vue.surtout parmi les assistants.Troisième élément de revendication un aménagement des programmes.Ixs étudiants en médecine, dès la mi-juin, ont publié un Livre blanc de la réforme, rédigé par une assemblée en majeure partie constituée d’étudiants.Ils demandent que les études se fassent par certificats.ce qui permet de grouper tout ce qui a trait à un même sujet.Par exemple, si on étudie le coeur, que l’on puisse faire en même temps l’anatomie, la chirurgie, et tout autre sujet connexe Alors que maintenant vous étudiez l’anatomie du coeur en lere année, la chirurgie quatre ans plus tard: il en résulte que la mémoire joue une part plus grande que l'intelligence et l'esprit de synthèse.Plusieurs des réformes proposées s’inspirent des méthodes en usage dans les universités américaines, plus souples, mieux adaptées aux besoins de l’époque, sans doute.FT cela dans un climat politique plutôt antiaméricam! A quoi aboutiront tous les travaux des élèves et des commissions paritaires?Déjà, ils ont permis de créer un esprit nouveau à tous les niveaux de la vie universitaire.“En plusieurs domaines.nous avons atteint le point de non-retour", disent souvent les étudiants.D’où partira ce point de non-retour?l^i rentrée de septembre posera la question .< PERSPECTIVFS No 35.31 ëOÛt 196P - 13 Il f X Pourquoi devriez- * J vous vous sentir mal P à I aise, - • ' moins propre et moins fraîche que de raison, au moment de vos règles7 C’est pourtant si facile de surmonter les grandes chaleurs de l’été.Utilisez les tampons Tampax: portés intérieurement, ils représentent la méthode de protection hygiénique moderne et font presque disparaître ce qui différencie les “quelques jours” du mois.Vous pouvez “oublier” vos règles car vous ne sentez même pas les tampons Tampax, lorsqu’ils sont bien en place.Ils vous permettent de rester fraîche et à l'aise dans n’importe quel vêtement et dans n’importe quelle situation.Ils vous libèrent de toute odeur et irritation et vous pouvez toujours vous en débarrasser facilement.Adoptez les tampons Tampax: vous vous sentirez plus fraîche, plus sûre de vous et.à votre aise, tout l'été! connus phi m ¦tocir* ot riaan m utihw»» US MMfOAS TAMPAjC SOPH fABUQlrfS iJtCIUSfVt MINT HUI U»*** COtfOBATlO* ITD.BAfttlL ONTARIO Lorsque l’enfant ftaraît.le cercle de famille applaudit a grands cris ( ’est V ictor Hugo qui le dit C ar il semble, dans la réalité des faits — on rajeunirait inutilement la bibliothèque rose si on pass.ût cette vérité sous silence —.que ce petit paquet de chair attendrissant qui monopolise I attention des amies, des tantes, des grand-mères et de la nouvelle mère, est pour le père novice un problème.Le voilà, cet homme, jeté dans un monde “miniaturisé” où régnent les femmes.Or le père a son mot a dire.Et son mot.c’est toute une histoire, souvent cocasse.Entre le moment charmant où une femme annonce à l’homme qu’elle aime qu elle attend un enfant et où celui-ci, selon le cas.saute de bonheur ou se sent irrémédiablement “coincé”, et l’arrivée de ce petit être rosé et potelé, devant lequel il se pâmera d’admiration pendant des heures, il v a tout un temps a passer pendant lequel il sera exclu.Il n’entrera pas tout de suite dans son rôle, dans les divers aspects sociaux, personnels, sentimentaux de l’histoire qui a commence pour lui.pour ainsi dire, sans lui .Et qui pendant neuf mois encore va cheminer parallèlement à sa vie IX' la grossesse, il ne connaîtra que la lente déformation de sa femme, s’agacera parfois de ses malaises.Parce qu’il ne peut avoir cette impression de plénitude que donne une présence à soi incorporée, il sent subtilement se préciser une menace multiforme, se glisser dans sa vie et entre son épouse et lui mille promesses de tension, mille occasions de futurs froissements.Au moment de l’accouchement, c’est encore pis.Prié par les infirmières venues “pour les soins” de se retirer, banni de la salle d’accouchement par le médecin affairé.il ne lui reste plus qu’à fumer cigarette sur cigarette ou à se jeter sur le téléphoné afin de rassurer tout le monde .pour se rassurer lui-même! Voilà qu’ont fait irruption dans sa vie une femme-reine (pour quelque temps .celui de la convalescence') et un bébe-roi.Le voilà donc cet homme, ému.comblé Père il est Père il sera.Il sera aussi, souhaite-t-il.serein, solide, stable, mûr: ce sont les vertus officielles de la paternité.Notre nouveau père a la lourde et honorable satisfaction de manifester au monde, à sa famille, à ses amis, qu’il est désormais un homme voué a l’ordre, prêt a affronter mille soucis.Tout cela, je l’ai senti confusément chez mon mari ces derniers nicole f mois.Il me fallait trouver confirmation de mes avancés.J’ai donc consulté un psychologue M Pierre Gendreau, secrétaire général de la Corporation des psychologues de la province de Québec, et père de famille.— M.Gendreau, pourriez-vous m’expliquer cette tournure d’esprit qui fait dire a l’homme: “7lilique?Non.mais cette fois la politique m’a rejointe dans la rue el je m’v suis intéressée.Elle devenait terriblement concrète; c'était presque un spectacle Graduellement, je fus dans U bain jusqu'au cou Le scénario était presque toujours le même; le matin, en me levant, je me disais: aujourd'hui je reste a la maison Puis je sortais pour aller chercher des cigarettes j'allais à la Sorbonne et finalement je rentrais .» deux heures du matin.Et ça recommençait le lendemain Ce qui fut le plus extraordinaire, c'cst le climat.lout le monde avait envie de parler, de communiquer.Ce tul un grand déblvicage.la minute de vcriîé.Vous marchiez dix minutes dans la rue et vous découvriez un bâtiment public surmonté d'un drapeau rouge Vous entriez, il y avait un service de presse, beaucoup de monde, on parlait.Ces étudiants sont de bons agents de relations publiques Quanti j'ai voulu écrire mon article sur tout cela, j'ai pris mes distances en allant a la campagne.Et puis tout est devenu compliqué.Dans le silence qui a suivi les événements, je ne comprenais plus rien Je sms allée voir un professeur de Nanterre.Nous avons parlé et remonté les événements jusqu’à leur point de départ, qui fut d'ailleurs Nanterre Mon sujet était comme un panier de laine enchevêtrée; j'ai tire un bout de fil et tout est venu.Si l'article a été écrit en F rance, le livre l’a été ici Après sa parution, je retourne a Paris.Je ne voudrais pas rater la rentrée d’automne .Lu semaine prochaine, y nmd reportage sur les comités do citoyens, (pu se forment dans les "lotu s grist v” ur réception.Il est devenu complice de mes créanciers.Il est l'instrument du capitalisme véreux.C’est comme s'il me passait des menottes.Que comptez-vous faire?— Partir en guerre contre la poste.Je mettrai des bombes dans les boîtes aux lettres, je dresserai des chiens qui mordront les facteurs, je collerai mes timbres à l'envers, j écrirai des obscénités sur les enveloppes et les murs des bureaux de poste, j’écrirai aux Américains sans mettre le “zip code”, je .Il s’effondra en larmes sur la table.Je n'osai parler, de crainte qu'un mot ne provoquât une nouvelle crise.Un long silence entrecoupé de sanglots sourds suivit, puis l'homme leva la tète vers moi et.la voix défaite, lança ce cri déchirant Si seulement j'avais reçu une carte postale durant la grève .LES Car, déjà, vos cheveux sont peut-être en grand danger: tendance aux bouts brisés, cheveux fous, incontrôlables.Ils ont donc besoin de soins spéciaux — un genre de soins différent.Toni Régénérateur est fait de protéines — comme vos cheveux.Après le shampooing, massez simplement Toni Régénérateur dans vos cheveux.Il agit immédiatement.sans attente.Nul besoin de chaleur.Toni Régénérateur donne plus de corps aux cheveux.Une sensation de force.Plus de souplesse.Ne vous contentez pas de demi-mesures quand il s’agit de vos cheveux.Donnez-leur quelque chose de plus.CONl^'IOM' I I NOUVEAU -rattisï- REGENERATEUR AUX PROTEINES.Corinne ale DOULEURS MENSTRUELLES C0Rd v_ Chaque mots.Corinne awatl le cafard’ par suite de malaises menstruels fonctionnels Maintenant elle prend simplement Micxx et connaît un conlort partait, car les comprimés MioOi contiennent • Des ingrédients 1 action rapide qui SOUlAGfMT us CRAMfts IT CAtMfNT us MAUX Of TfTI |T DI DOS • Plus un médicament spécial qui Chassc K CAf ard GRATIS1 ‘Ce que les femmes veulent saeoir* - one brochure illustrée, franche et révélatrice, expliquant ce qu’est la menstruation avec l’offre spéciale de présentation d'un paquet ié gulier de MID01 à 68e pour seulement Celte offre est valable seulement au Canada Envoyé/ à CP 3000 Dépt 66 Auroia Ontario (Envoyé sous emballage anonyme ) et GA!£ c Mi GRACE A fCONOMISCZ Ot t ARGINT 1 Proctne/ •• flacon ii UN F RUL pas comme les autres tous les touristes le savent, et surtout les Montréalais, qui Jv»*\ our les etudiants ou les exploraUmrs en pantoufles Valeur au détail.$*2.00 I >e plus, si vous L^rf X\ * N* déi idez de continuer le program-m e .vous r e -cevrez gratuit* - rn*nt un magni- J.^ f i q u e porte- J WA albums vert et cuivre illustré || s r ci-dessus! pouvant cotî tenir plusieurs a I -hums Oui, tout cela une va leur de 'vï \ ouse"t ofTert 1*01 H SKI LK MKN'r 1 f K afin de vous faire eonnaitr** not n l’rogr.imme r| ex< ursions autour du monde Oui, vous fKuivez ohUMiir cette magnifique ex eursion” en FKANC’K plus une mapfx inonde géante, en couleurs une valeur de $2 pour 10c seulement grâce à cette offre de lancement* Nous faisons cette offre dans le but «le permet tre aux jeunes, et aux moins jeunes d être mieux renseignés sur le monde merveilleux ou nous vivons (V programme d éducation • domicile entiérc'ment non veau, offert par 1 Association française de Géographie, est conçu comme une “excursion autour du monde”, avec comme guides les plus grandes autorités dans tous les sujets histoire, géographie, commerce, coutumes.sites, artisanat, dra|»eaux, timbres, monnaie.etc., etc Chaque mois, vous recevez, un jeu de pl.oto-graphiesen couleurs ainsi qu'un album instructif dans lequel vous pouvez coller vos photos.A l aide de ces photographies et albums, préparés sous la surveillance des ex fie rts de l’Association Français!» de Géographie, vous pouvez, en compagnie de votre famille, visiter ’ chaque mois un nouveau pays explorer des villes inconnues séjourner dans les jw-tits villages j>our y observer les us et coût u mes des habitants 1 Tn historien exfiert de* la région vous entretient ries grandes bataille", de leurs héros.d
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.