Le monde ouvrier = The labor world, 1 novembre 1979, Novembre
Ill miiiumr Bulletin d’information de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) Novembre 1979 m Face aux attaques de l’Etat le Front commun serre les rangs Reportage pages 8 à 11 Port de retour garanti, si adresse a Federation des travailleurs du Quebec, 1290 rue St-Denis, 5ème etage, Montréal.Téléphoné: (514) 2887431 Poalaa Canada Port paya J Third Troisième class classe B-678 MONTRÉAL Du 26 au 30 novembre Congrès de la FTQ: des enjeux majeurs Près de 1,000 délégués des sections locales affiliées sont attendus au congrès de la FTQ qui se tiendra à Québec du 26 au 30 novembre.Les enjeux de ce congrès sont majeurs.C'est l’occasion de définir nos orientations pour les prochains deux ans et de dégager nos propres perspectives syndicales face aux questions politiques de l'heure.• Dans quelle sorte de société voulons-nous vivre ?Comme principale organisation des travailleurs québécois, quel projet de société voulons-nous mettre de l’avant ?Dans son Discours inaugural, le président de la FTQ, Louis Laberge, proposera des perspectives de réflexion sur ces questions majeures, qui seront soumise à la discussion des délégués.• A quelque six mois du référendum sur l’avenir du Québec et suite à la publication du Livre blanc sur la souveraineté-association, comment la FTQ, comme principal porte-parole de la classe ouvrière, abordera-t-elle la question nationale ?Nous ne pouvons pas demeurer à l’écart d'un débat aussi fondamental pour tous les travailleurs.Comment y participerons-nous ?• Suite au colloque sur la situation des travailleurs immigrants, quelles positions et quels projets la FTQ mettra-t-elle de l’avant?• Depuis plusieurs années, la FTQ a entrepris une démarche de réflexion et d’action sur la situation des femmes au travail.Il faut maintenant faire le point, notamment à partir des recommandations du colloque que vient de tenir la FTQ.Proposition de hausse de cotisation Les délégués au 16ème congrès de la FTQ auront à se prononcer sur la hausse de la cotisation à la FTQ.Depuis quatre ans, cette cotisation est de $0.30 par membre par mois.Le Conseil général de la FTQ propose qu'elle soit portée à $0.45 par membre par mois.Cette proposition du Conseil général de la FTQ vient d'une étude détaillée des états financiers et des prévisions budgétaires de la centrale.Cette hausse de cotisation est nécessaire pour absorber le déficit accumulé et pour faire face à la hausse des prix dans tous les domaines.Si le membership de la FTQ va en croissant.la nouvelle cotisation pourra servir à répondre à de nouveaux besoins exprimés par les affiliés.USINE mûrier Bulletin d'information publié par la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).Responsable: Pierre Richard.1290 rue Saint-Denis, 5ème étage, Montréal, Québec, H2X3J7 Téléphone (514) 288-7431.Tirage: 41,000 Le doyen des journaux syndicaux au Québec et au Canada.Première parution: 18 mars 1916.Composé et imprimé par des travailleurs membres de la FTQ à l’imprimerie Transcontinentale.Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Québec.Élections du Bureau de la FTQ Un des pouvoirs du congrès biennal de la FTQ est d’élire le Bureau qui dirigera les destinées de la centrale pour les deux prochaines années.Ce Bureau est composé d’un président et d’un secrétaire général, qui travaillent à temps plein pour la centrale, et de sept vice-présidents.Le Conseil général présentera un amendement aux statuts afin de porter de 7 à 9 le nombre de vice-présidents, dans le but d’élargir la représentativité du Bureau.Si cet amendement est accepté par le congrès, les délégués auront donc à élire un Bureau de 11 personnes.Aussi dans ce numéro: • Les syndiqués de l’Ffydro passent aux actes P.4 • Bombardier: la vie du syndicat se joue P.5 • Baie James: un projet propre.?P.6-7 • Ballast Metal: un chantier dangereux P.13 • Les syndicats des communications s’entraident P.15 • Des congrès à Rimouski, Sherbrooke et Québec P.16 Page 2 Fermeture de Jeffrey Le 1er novembre, l'usine de machinerie Jeffrey de Ville LaSalle fermait ses portes et transférait sa production aux Etats-Unis.Au début de 1978.Jeffrey Manufacturing employait 410 travailleurs; aujourd'hui elle ne garde qu'un entrepôt à Montréal dans le but évident de ne pas perdre sa clientèle au Québec.Pour la FTQ et les Travailleurs unis de l'automobile, qui représentent les ouvriers jetés sur le pavé, cette nouvelle fermeture démontre l’urgence de l'adoption d'une législation ayant pour but de prévenir de telles fermetures.Une loi devrait obliger une compagnie à justifier sa decision de procéder à une fer -meture ou à un licenciement collectif devant un comité composé de représentants patronaux, gouvernementaux et syndicaux; ce comité aurait le pouvoir de faire enquête et d'ordonner, s'il y a lieu, à la compagnie de modifier sa décision.Cette loi devrait nécessairement prévoir des sanctions sévères contre toute entreprise qui refuserait de se plier à une telle procédure.La fermeture de Jeffrey, c'est aussi l'exemple-type d'une décision prise par une multinationale dans le sens contraire aux intérêts du Québec.L'usine Jeffrey a été construite en 1928 et elle a etc achetée en 1974 par Dresser Industries, une multinationale américaine qui possède 135 usines et mines à travers le monde entier.Il est évident que Dresser a acheté Jeffiey dans le seul but de s'emparer de son marché au Québec (convoyeurs et concasseurs pour les compagnies minières et de pâtes et papier).Maintenant que c'est fait.Dresser déménage la production et la machinerie dans ses usines de Caroline du Sud, où les conditions de salaires et de travail sont parmi les pires en Amérique du Nord.y-#*-*' * ¦ La fermeture d’une usine comme Jeffrey, c’est aussi un drame humain déchirant.Ces ouvriers travaillent et fraternisent ensemble depuis de nombreuses années.Une vingtaine de travailleurs ont entre 58 et 65 ans et n'ont aucune chance de se placer ailleurs.La moyenne d’ancienneté est de 15 ans; un des travailleurs mis à pied travaillait depuis 42 ans pour Jeffrey.Depuis l'annonce de la fermeture qui a créé le désarroi chez plusieurs ouvriers, l'un d'eux a subi une crise cardiaque, un autre a été frappé de paralysie partielle et un dernier a tenté de se suicider.Photo: Christiane Pearson.Page 3 Les 12,000 syndiqués de l’Hydro passent aux actes Devant le refus de l'Hydro-Québec de négocier sérieusement.les 12,000 travailleurs syndiqués de cette société d’Etat, membres du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ), ont décidé de passer à l’action.Dans une proportion de 75% dans le cas des hommes de métier et des employés de bureau et de 89% chez les techniciens, les syndiqués de l’Hydro ont donné à leur comité de négociation un mandat de déclencher des grèves rotatives et, en dernier ressort, la grève générale.Au moment d’aller sous presse, un premier débrayage de 24 heures était prévu pour le 19 novembre à travers tout le Québec.Malgré le fait que les conventions collectives sont expirées depuis le 31 décembre 1978.l’Hydro-Québec n’a soumis aucune offre sérieuse sur l’ensemble de points en litige.Les 12,000 syndiqués demandent un contrat de deux ans avec des augmentations de 8% la première annee et de 10% la deuxième année.Ils réclament l’indexation des prestations de retraite de 3% par année, un système de vacances préretraite et l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans sur une base facultative.D’autre part, les employés de la société d’Etat revendiquent une diminution de la semaine de travail ainsi que l’abolition des contrats à forfait.;siiui?rtrrrri fl ! Liste des conflits FTQ (au 1er novembre 1979) EMPLOYEUR VILLE NBRE SYNDICAT DEBUT Mussens Equipment Ltée Sept-lles DETRAV.8 Machinistes 25-04-79 MLW Bombardier Montréal 900 Métallos 18-05-79 ITT-Rayonier Port-Cartier 519 SCTP (Papier) 04-06-79 YWCA Montréal 20 Service 298 16-07-79 Drummond Business Form Drummondville 50 UIEPB(Bureau) 23-08-79 Westell-Roscoe Ltée Longueuil 66 Métal en 31-08-79 Standard Desk Laval 175 feuille Rembourreurs 16-10-79 Syndicat des agents de la Montréal 4 UIEPB(Bureau) 18-10-79 paix de la fonction publique Canada Veneer Québec Ltée Belleterre 45 SCTP(Papier) 18-10-79 Groupe Continental Montréal 170 Métallos 22-10-79 Meubles Maurice Lépine Joliette 65 Rembourreurs 24-10-79 Page 4 La lutte des métallos de Bombardier a* C'est la vie même du syndicat des 850 métallos de l'usine Bombardier qui se joue présentement dans le dur conflit qui y sévit depuis près de six mois.Après avoir voulu décapiter le syndicat.Bombardier remet en cause les principaux droits acquis par les syndiqués au cours des dernières négociations.C’est pourquoi, à sa dernière réunion du 29 octobre dernier, le Conseil général de la FTQ a accordé l'entier appui de la centrale à la lutte des 850 travailleurs de l’usine Bombardier de l’est de Montréal, qui sont membres du Syndicat des métallos (FTQ).Les travailleurs de Bombardier sont sortis en grève le 18 mai dernier.Cette décision faisait suite à un harcèlement systématique de la part de la compagnie qui avait notamment congédié le président et plusieurs officiers et militants du syndicat local.De plus, Bombardier a décidé de remettre en cause les droits acquis des syndiqués en matière de santé et de sécurité au travail et de travail syndical dans l’usine.Bombardier a tenté de profiter de la présente négociation pour restreindre la clause de santé-sécurité obtenue par les syndiqués en 1977 après un autre dur conflit; la compagnie voulait, entre autres, restreindre le pouvoir du comité syndical de faire enquête sur les conditions de santé et de sécurité et le droit de refuser de faire un travail dangereux.D’autre part, la compagnie veut paralyser et même éliminer toute action syndicale à l’intérieur de l’usine en obligeant le dirigeant ou le délégué syndical à obtenir une permission écrite de son contremaître pour vaquer à ses activités syndicales."Les travailleurs de Bombardier n’accepteront pas un recul sur des points aussi fondamentaux que la santé au travail et la liberté d'action syndicale.C’est la vie de leur syndicat qui se joue dans ce conflit et ils peuvent compter sur l’entier appui de la FTQ pour sortir victorieux de cette lutte", a assuré le president de la FTQ.Les 850 métallos de Bombardier sont en grève pour sauver des droits qu’ils avaient acquis dans le dur conflit de 1977.\«à > * mm Wmm Page 5 Malgré la propagande officielle Depuis quelques semaines, nous avons été inondés de reportages écrits et télévisés sur la Baie James.Les media ont vanté les grandeurs du projet.Mais il y a une autre réalité dont on ne parle pas; c'est celle que vivent chaque jour les milliers de travailleurs qui bâtissent ce projet.André Leclerc, représentant de la FTQ, a séjourné à plusieurs reprises à la Baie James.Il décrit ici l'autre côté de la médaille.Quand Bourassa nous disait qu’il s’agissait du projet du siècle, nous riions parce que nous savions que son gouvernement était corrompu et qu'il s'agissait là d'un autre ballon politique.Nous savions aussi que le projet était mis en oeuvre dans l'improvisation, l’anarchie et le gaspillage.Nous savions que le projet du siècle c’était aussi le graissage du siècle des contrac-teurs.Ca, une enquête gouvernementale (comme en avait pro- mise une le PQ), I aurait clarifié.Mais aujourd'hui on ne nous parle plus que de kilowatt et de cette fabuleuse énergie qui nous vient du nord.Comme l’électricité c'est "propre, propre, propre", on en vient à croire que tout a été lavé.Sur le plan administratif, je n'en sais rien, mais je connais un domaine qui, fondamentalement, demeure aussi malsain et inacceptable, c'est celui des conditions des travailleurs sur le chantier.Sur ce plan, ce n'est sûrement pas le projet du siècle.Là encore, les media ont tenté de réhabiliter le projet.Maintenant, les travailleurs seraient devenus heureux, leur fierté de mettre la main à la pâte de cette oeuvre de titan surpassant toutes leurs contrariétés.Qu'en est-il vraiment?Qu'est-ce qui a changé?Résumons en gros la situation qui prévalait en octobre 1979, au moment même du grand gargarisme sur le projet du siècle: 1.Les conditions de vie officielles demeurent les mêmes, sauf pour les chambres des baraquements les plus récents, qui sont un peu plus grandes et mieux aménagées.2.Mais les travailleurs salariés doivent continuer d'habiter à deux dans ces chambres (ce que certains préfèrent d'ailleurs mais qu'ils n'ont pas le choix d'accepter ou pas) alors que les cadres ont droit d'habiter seuls un bachelor ou, avec leur famille, dans une maison ou une roulotte.3.Les relations hétérosexuelles demeurent interdites pour les salariés et faciles pour les cadres qui peuvent cohabiter avec qui ils veulent.4.Les déplacements sur le chantier sont quasi impossibles pour un travailleur en dehors des heures de travail, n'ayant accès à aucun véhicule privé ni à un quelconque système de transport en commun.5.L’ensemble des conditions de vie sont décidées (logement, nourriture, loisirs, communications, etc.) unilatéralement, sans la moindre consultation par la SEBJ.6.La SEBJ, propriétaire du chantier, peut expulser arbitrairement qui elle veut du chantier, sans aucune forme de procès.Le seul recours dont peut se prévaloir le travailleur, sur une base individuelle, c'est celui des tribunaux avec ce que cela implique de procédures et de dépenses de temps et d'argent.7.Cette autorité de droit divin du propriétaire du chantier, qu'il en fasse l'usage ou qu'il menace simplement de le faire, fausse totalement les relations de travail et constitue à toutes fins utiles la négation de droits fondamentaux, tant sur le plan des libertés individuelles (en vertu de la Charte des droits) que sur le plan syndical (application des conditions négociées, santé et sécurité au travail).En fait, un militant syndical qui use légalement des droits garan- IP NK H it *y* - AiSi&t Encore aujourd'hui les travailleurs de la Baie James sont obligés de partager à deux des chambres exigues.Contrairement aux cadres, ils n'ont pas le droit d'y recevoir de femmes, ni d'y consommer de boissons alcoolisées.Photo Pierre Gaudard.Magazine OVO.Page 6 • ^-T - 4 Photo Guy Turcot.Magazine OVO X.ÎW EXCLUSIFS EN USAGE HANGED ' .V > tis par le décret de la construction ou de sa convention collective, sait très bien qu'une épée de Damoclès pend au-dessus de sa tète.Il doit être un citoyen irréprochable du territoire, parce qu’il peut être expulsé en tout temps et ni un contrat de travail, ni la législation ouvrière ne lui reconnaissent de recours.Dans le contexte de chômage actuel, devant cette possibilité exceptionnelle qu’ils ont de "faire des heures", sachant que, de toute façon, il s’agit là d’une période relativement courte de leur vie, les travailleurs sont relativement "satisfaits" et peu enclins à la revendication collective.Les syndicalistes, de leur côté, se sentent souvent peu appuyés, empêchés par l’administration de faire leur travail de sensibilisation et d’éducation, soumis à l’arbitraire des * règlements de chantier », se découragent et sont parfois enclins à exercer une surveillance minimale des conditions de travail.Les travailleurs individualisés par les conditions économiques difficiles, peu confiants en des structures syndicales à demi paralysées, préfèrent « prendre leur mal en patience « ne pas y penser », « s'estimer chanceux de travailler ».jusqu’à ce que ce soit leur tour de ne pas être capables d'obtenir une attestation médicale qu’ils sont inaptes au travail à la suite d’un accident, jusqu’à ce qu’ils soient expulsés à la suite d'une bagarre de taverne, jusqu’à ce qu'ils soient mis hypocritement sur la liste noire pour leurs activités syndicales, etc.Le silence, le calme, l’absence de révolte ne sont pas la justice.Je n’ai aucune compétence pour évaluer l’importance scientifique ou économique de cette merveille du monde.Tout ce que je sais c’est que sur le plan des relations de travail et des conditions de vie ce n'est pas « le projet du siècle ».L’abandon de leurs droits individuels et collectifs, c’est le prix que doivent payer les travailleurs pour toucher leurs grosses payes.Le régime de camp de concentration luxueux de la Baie James se vérifie à bien des niveaux.Sur le chantier du projet du siècle les accidents du travail, c’est disgracieux.Alors, on les camoufle.Les médecins du territoire avouent même qu’ils reçoivent des instructions des employeurs et de la SEBJ pour réduire au minimum le nombre de sorties du chantier pour accidents de travail.Pas gênés pour cinq cents a perpétuer la triste tradition des médecins de compagnie, ils renvoient à l’ouvrage sur des “travaux légers" des travailleurs souffrant de maux de dos, de maux de tète persistants, de foulures et de fêlures.On soigne tout à l’aspirine.Ceux qui veulent sortir malgré tout, se voient invités à signer des déclarations de départ volontaires les disqualifiant à l’assurance-chômage et limitant leurs chances de revenir un jour sur le chantier.Page 7 Après plus de 9 mois de négociations entre le gouvernement du Québec et le Front commun des 200,000 travailleurs du secteur para-public, les enjeux sont maintenant clairs: l’Etat est fermement décidé à sabrer dans la sécurité d’emploi de ses employés et de réduire considérablement leur pouvoir d'achat.Depuis le début des pourparlers à la table centrale, le gouvernement n’a accepté de bouger que sur quelques points: les droits parentaux, les primes d’éloignement et les régimes de retraite.Mais sur le reste, malgré les belles déclarations du ministre Parizeau, ça piétine.Aux tables sectorielles, ce n’est guère plus brillant.Au mieux, la partie patronale revient au statu quo mais rejette toutes les demandes prioritaires des syndiqués, particulièrement sur les problèmes de sécurité d'emploi.C'est pourquoi le Front commun FTQ-CEQ-CSN, le 30 octobre dernier, a recommandé à ses 200,000 membres un vote en faveur de la grève générale dans le secteur public.Au moment d’aller sous presse, des assemblées générales se tenaient dans Malgré de nombreuses difficultés internes, le Front commun a décidé de resserrer les liens pour faire face aux attaques de l'Etat contre les droits des 200,000 travailleurs du secteur public.Page 8 toutes les unités FTQ impliquées dans ces négociations.La FTQ représente quelque 30,000 travailleurs dans le Front commun, qui sont membres de l’Union des employés de service (local 298), du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et de l’Union internationale des employés professionnels et de bureau (local 57).Les difficultés du Front commun Plus tôt en octobre, les syndiqués de la FTQ impliqués dans le Front commun avaient voté à plus de 80% en faveur de deux débrayages de 24 heures recommandés par le Front commun.Malheureusement, ces mandats n’ont pu être exercés, la majorité des membres de la CEQ ayant voté contre.Par ailleurs, le Front commun est venu à deux doigts d’éclater lorsque la CSN a décidé unilatéralement de faire un débrayage de 24 heures le 25 octobre dernier.Il est évident qu’on ne peut pas faire front commun dans les négociations sans faire front commun dans ia stratégie.Régler avant les Fêtes Une nouvellê fois, le Front commun a décidé de resserrer les rangs dans l’intérêt de tous les travailleurs impliqués.Cela est d'autant plus nécessaire que le gouvernement Lévesque demeure intraitable sur les principaux points en litige.“Il n’y a pas d’autre façon de répondre à la fois à la volonté des membres d’éviter une négociation interminable et à l’objectif d'obtenir un règlement satisfaisant avant les Fêtes, que de déclencher la phase terminale des négociations", a souligné Fernand Daoust, coordonnateur de la FTQ dans le Front commun.Le gouvernement ne reculera pas sans une grève générale, soutient le Front commun.Le gouvernement péquiste a décidé de se comporter à l’égard de ses employés comme le pire des gouvernements conservateurs.En fait, les offres salariales du gouvernement représentent une perte de pouvoir d’achat de 13.5% en trois ans pour 90% des 200,000 membres du Front commun.A ces 180,000 salariés, le gouvernement offre des augmentations de 0.5% pour la première année et de 3.5% pour chacune des deux autres années.Aux 20,000 autres, il offre 3.5% pour la première année et 6.5% pour chacune des deux autres années.Mystification Dans le but évident de mystifier l’opinion publique, le ministre Parizeau a inclus dans l’offre gouvernementale pour la première année les 5.4% d’indexation qui ont été versés en vertu de l’ancienne convention collective.Il est pour le moins cocasse de voir le gouvernement Lévesque vouloir tirer profit de ce qui était déjà acquis dans la convention collective signée avec le gouvernement libéral de Robert Bourassa.Au moment d’écrire ces lignes, le ministre Parizeau refusait toujours d’accorder une véritable protection aux travailleurs du secteur public contre la hausse du coût de la vie.La clause d’indexation qu’il proposait, ne \ 1 viendrait corriger les salaires que si l’inflation dépasse 6-1/2%; dans ce cas, les salaires de l’année suivante seraient augmentés de la différence entre 6-1/2% et la véritable augmentation des prix.Dans les faits, si on prévoit un taux d'inflation annuel de 8% pour les trois prochaines années, 90% des 200,000 membres du Front commun subiront une perte de pouvoir d'achat de 13.5%; les autres 20% perdront 4.5%.Comparaisons tordues Le gouvernement Lévesque tente de camoufler ses véritables intentions sous le couvert d’une comparaison entre le secteur privé et le secteur public.Une étude détaillée des comparaisons effectuées par le gouvernement prouve qu’il s’agit d’une entreprise de mystification qui débouche sur l'arbitraire le plus total.En fait, la réalité brutale c’est que le gouvernement du Québec recherche par tous les moyens à restreindre les salaires des employés de l’Etat.Il est significatif de noter que ce gouvernement, qui se proclame social-démocrate, propose de maintenir et même d’élargir dans certains cas les écarts de salaires entre les travailleurs les mieux et les moins bien payés et de perpétuer des injustices salariales à l'endroit des employés féminins.Page 9 Aux tables sectorielles Si les négociations piétinent à la table centrale, ce n’est pas mieux aux tables sectorielles.C’est à ce niveau que les employeurs (commissions scolaires, administrateurs des affaires sociales,.) se sont livrés à une attaque en règle contre les droits acquis des travailleurs.Récemment, de nouvelles offres ont été déposées à certaines de ces tables.Au mieux, elles prévoient un retour au statu quo.Mais ces propositions écartent toutes les demandes syndicales importantes, notamment en ce qui concerne la sécurité d'emploi, la mobilité, la définition des postes, les employés à temps partiels,.Affaires sociales A la table sectorielle des Affaires sociales (FTQ), qui concerne quelque 22,000 employés d'hôpitaux et d'institutions sociales, les dernières offres patronales reviennent au statu quo sur plusieurs points que l'employeur remettait en cause.Ces dernières offres enlèvent cependant des droits acquis aux salariés à temps partiel et recréent même une nouvelle catégorie, disparue depuis au moins 10 ans, de salariés suppléants.Les offres patronales ne prévoient rien pour solutionner l'épineux problème de la sécurité d'emploi et des coupures de postes.La partie patronale propose même de fusionner plusieurs classifications en un seul poste, par exemple au cuisine et à la buanderie.A la table sectorielle des employés de soutien scolaire, où sont représentés près de 6,000 membres de la FTQ, la situation ressemble fort à ce qui se passe dans les affaires sociales.Après s’être attaqué à de nombreux acquis, la partie patronale revient au statu quo sur plusieurs points.En ce qui concerne la sécurité d’emploi, les dernières offres ne répondent en rien aux demandes syndicales.Là aussi, les représentants patronaux proposent de créer une nouvelle catégorie d’employés occasionnels qui travailleraient 10 heures et moins par semaine et qui ne seraient pas couverts par la convention collective.La partie patronale refuse toute protection contre les sous- Dans les affaires sociales, le gouvernement Lévesque poursuit les mêmes attaques que le gouvernement Bourassa contre la sécurité d’emploi.contrats et rejette la demande syndicale d’une assurance-salaire à long terme en cas d'invalidité.La situation la plus cocasse et la plus odieuse se retrouve à la table sectorielle des employés des Commissions de formation professionnelle.En juin, les employeurs réclamaient 9 clauses en bas du statu quo; en septembre, un nouveau négociateur patronal a pris le dossier et c’est maintenant 27 clauses qui sont remises en cause par l’employeur.Les grands points en litige sont les horaires de travail, l’assurance-salaire en cas d’invalidité et la mobilité du personnel.En ce qui concerne les négociations pour les 360 employés de soutien de CEGEP, membres du SCFP, la patrie patronale est aussi revenue au statu quo sur la plupart des points mais tente quand même de gruger dans certains droits acquis.C’est ainsi que les administrations voudraient pouvoir modifier les horaires de travail à leur guise, rendre inopérant le comité de relations de travail et affaiblir considérablement la clause de griefs.Comme aux autres tables sectorielles, l’employeur écarte toutes les demandes syndicales importantes concernant les libérations pour activités syndicales, l'assurance-salaire long terme, le pécule de vacances et les avantages pour les employés occasionnels.Page 10 Les demandes salariales du Front commun n’ont rien de farfelues Au plan salarial, le Front commun des 200,000 travailleurs du secteur parapublic a soumis des demandes qui n'ont rien d'exagérées ou de farfelues.Ces demandes visent à protéger ces travailleurs contre la hausse du coût de la vie, à les faire participer à l'enrichissement collectif et à corriger certaines injustices.Ces demandes sont: 1.Le salaire minimum à S265./semaine avec des répercussions minimales sur les autres salaires.2.Un enrichissement de 4% par année, taux moyen de l’accroissement de la richesse collective au Québec, basé sur le salaire moyen.3.6% d'augmentation en prevision de la hausse du coût de la vie.4.L'indexation annuelle intégrée au salaire si la hausse du coût de la vie excède 6%.5.Certains réajustements d’échelles: ex.: échelle unique pour les enseignants, échelle unique pour les techniciens, échelle unique pour les professionnels, classifications particulières, etc.6.L'élimination de certaines discriminations salariales évidentes: préposé à l'entretien ménager (travaux légers et lourds), préposé aux bénéficiaires I et II, redressement du salaire des auxiliaires.itairi»! ! « %
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