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Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
Août - Septembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
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Le monde ouvrier = The labor world, 1954-08, Collections de BAnQ.

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Le doyen des journaux ouvriers canadiens The Dean of Canadian Labor Papers ic fltondfcjipJklàbor ©uvricr'^P' Uloriil 39e Année — Nos 8-9 SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 39th Year — Nos.8-9 La sécurité sociale, le chômage et l’immigration sont discutés a la 69e conférence du CMTC Claude Jodoin élu président - -signature d’un pacte de non-agression La 69c conférence annuelle du Congrès ties Métiers et du "I ravail du Canada s’est ouverte dans la ville de Kégina, Saskatchewan, le 23 août dernier par une invitation du président Percy R.Bengough à ne pas conclure d’alliance avec un parti politique.La déclaration du confrère Bengough qui prononçait son douzième discours d’ouverture avant de donner sa démission à l’issue du congrès était, semble-t-il, un dernier appel invitant les filiales à ne pas abandonner leur traditionnelle neutralité politique, même en eus d’union avec le CCT.Le confrère Bengough qui a été l’objet d’une triomphale ovation de la part des quelque sept cents délégués a notam- ment déclaré : “Je conseille vivement au Congrès île se consacrer au syndicalisme et île ne pas se mettre à la remorque d’un parti, d’accepter le fait, que si scs membres ont des sympathies pour un parti quelconque, ils en savent assez long pour voter pour ce parti le jour des élections."Les engagement de ce genre ont été jusqu’il présent un handicap beaucoup plus qu’un élément de force.“S’il est impossible de battre le gouvernement le jour des élections, les militants syndicaux ont tout intérêt alors à constater leur faiblesse et prendre les mesures qui s’imposent.” Commentant ensuite la situation canadienne proprement dite, le confrère Bengough a déclaré que le problème le plus important dont a à faire face le monde ouvrier est sans contredit le problème du chômage.Pour y remédier deux solutions entre autres s’imposent: diminution de l’immigration et réduction des importations.Pacte de non-agression.Le CMTC a au cours de ses assises annuelles fait un pas vers la fusion possible des garnies centrales syndicales du pays en adoptant un projet d’accord avec le Congrès Canadien du Travail, accord au terme duquel chacun des deux organismes s’interdirait de faire du recrutement dans les rangs de l’autre.Ce pacte qui marquera nue date historique pour le syndicalisme canadien, doit encore être approuvé par le CCT qui tiendra son congrès annuel a Toronto à la fin du mois.'1 el qu’il a été approuvé presque à l’unanimité par les délégués à la convention, l’accord lierait les deux centrales qui s’interdiraient de fai- re du recrutement au détriment l’une de l’autre parmi leurs 80,000 adhérents directement affiliés.Il exercerait une forte influence dans le même sens que les syndicats autonomes affiliés au CMTC, qui groupe au-delà de 580,000 membres et au CCT qui compte 375,000 membres.Ce pacte avait été mis au point au cours de récentes semaines par les plus hauts représentants des deux congrès et équivaut à l’entente signée an début de l’année par la Fédération américaine du Travail et le Congrès des Organisations industrielles.11 prévoit des procédures pour aplanir les conflits de juridiction entre les syndicats affiliés à chacun des deux Congrès, la décision finale pour départager deux unions quelconques devant revenir à un arbitre nommé d’un commun accord par les dirigeants des deux Congrès.Pour les unions locales n’ayant pas de charte directe des Congrès, y compris les grands groupements internationaux, le pacte n’entrerait en vigueur que lorsque l’union elle-même l’aurait signé.Appui aux cheminots.Le CMTC a il énoncé les pressions exercées par le gouvernement fédéral auprès des unions d'employés de chemins de fer afin d'éviter une grève.I ne résolution en ce sens a été-adoptée quatre jours après que le confrère Frank H.Hall, de Montreal, eut déclaré que les unions représentant 145,(XX) employés sédentaires avaient accepté l’arbitrage parce que le premier ministre St-Laurcnt a indiqué clairement que le Parlement adopterait une loi d’urgence pour empêcher une grève.Dans la résolution adoptée à l’unanimité, le CMTC a dit que le gouvernement s’est écarté de la liberté traditionnelle des travailleurs industriels,” et que cette attitude "comporte des implications et possibilités graves, non seulement pour les employés ferroviaires, mais pour tous les autres ouvriers canadiens en rapport avec les niveaux de salaires et les conditions de travail”.En “déplorant et condamnant” le geste du gouvernement, la résolution ajoutait: "On devrait établir et observer tomme principe fondamental, dans des cas d’arbitrage imposé ou involontaire comme celui-ci, que les conditions de travail et les échelles de salaire des employés ferroviaires .oient établis et maintenues au moins à un niveau comparable à celui-ci qui prévaut dans les autres grandes industries canadiennes”.Les Résolutions.Parmi les résolutions présentées par la Fédération du Travail du Québec il en est une (pii jusqu’à cette année a toujours été un sujet controversé.Il s’agit de la résolution demandant un drapeau canadien et la désignation de P'O Ca-nada”*commc hymne national canadien.Antérieurement le CMTC .•''était toujours abstenu de prendre position a ce sujet, cependant cette année la résolution fut adoptée par les délégués.A la séance de clôture le chômage a été le principal sujet de discussion de la part des délégués.Ils ont adopté une résolution demandant au gouvernement fédéral d’entreprendre un programme de travaux publics et de construction de maisons a bas loyer, afin d’augmenter le nombre des emplois disponibles.Au cours du débat à ce sujet le Congrès a réclamé îles mesures fédérales pour maintenir un niveau élevé et stable dans l’embauchage et le revenu.Il propose entre autres l'aménagement hydraulique des fleuves Fraser et Columbia, en Colombie-Britannique, et la construction d’un pipeline de gaz naturel allant de la région de Rivière-à-la-Paix à la côte du Pacifique.Parmi les nombreuses autres résolutions adoptées on signale les suivantes : P — Te CMTC réclame la "nationalisation” des services publics.' «tin : Ay; ;; .9 'V ' : m i La résolution à cet effet soumise par la Fédération du Travail du Québec n’ajoute pas d’explication.-• — Il réclame l’établissement d’une commission consultative sur les travaux publics.3.— 11 proteste contre la “double imposition créée par l’impôt sur le revenu dans la province de Québec.4.— 11 demande qu’on prenne des mesures pour empêcher les Etats-Unis d’imposer des embargos sur le poisson canadien et ses produits.5.— Il se déclare favorable au commerce avec tous les pays prêts a accepter des produits canadiens et prêts à accepter les importations de ces pays, à condition que le Canada soit suffisamment protégé contre le dumping de produits bon marché.6.— 11 demande que les gouvernements canadien et américain se servent de leur prestige pour faire prohiber l’emploi des bombes atomicities et à hydrogène.(Suite à la page 2) Le nouveau président du Congrès des Métiers et du Travail, Claude Jodoin et sa charmante épouse.Lily, h leur arrivée du Congrès de Regina.Un grand nombre de leurs amis s’étaient rendus à la gare Windsor pour leur souhaiter la bienvenue.Bibliothèque Municipale 1210 e.Sherbrooke, Montréal 2k, Que. PAGE 2 SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 LE MONDE OUVRIER Publié dans lo but de promouvoir les réformes législatives nécessaires à la protection de la classe ouvrière du Québec, et à l'amélioration de son sort.& MondoJlpJiieûbor Ouvrier Organa officiel c/e la FEDERATION DU TRAVAIL DU QUEBEC Comité exécutif Roger PROVOST, président ; Armand MARION, secrétaire-trésorier ; Edouard LAROSE, R.M.BENNETT.J.-B.ARSENAULT, J.-B.HURENS, René FOURNIER.Marcel CHARBONNEAU, Pat O'FARRELL, Georges METIVIER, vice-présidents.Fondateur, Gustave Francq ; Directeur, Roger Provost ; Rédactrice, Hélène Antonuk.Adressez toutes communications à : 1476 ouest, rue Sherbrooke — Téléphone : WEllington 7279 Imprimé par Mercantile Printing, Limited, 11 ouest, rue St-Paul, Montréal 1, Que.Editorial LE DEVOIR DE TOUS Dans quelques semaines, les électeurs de Montréal seront appelés à se choisir des administrateurs pour les années à venir.Chacun a la liberté la plus absolue de voter pour celui qu'il croit être le meilleur homme, c'est une affaire de conscience, ou plutôt ce devrait en être une, malheureusement.inutile d'insister, nous savons que trop souvent ce ne sont pas les qualités morales d'un candidat qui lui assurent la victoire, mais plutôt toutes sortes de manoeuvres plus ou moins honnêtes.Quoi qu'il en soit, nous devons nous efforcer de placer à la tête de notre administration municipale les meilleurs éléments que nous puissions trouver.Pour qui voter ?La réponse est bien simple.Il est du devoir de tout membre d'une union ouvrière de voter en faveur des candidats qui sont porteurs d'une carte d'union, non pas d'une union de fantaisie, mais d'une véritable union ouvrière "bona fide" ; lorsqu'il n'y en a pas sur les rangs, on doit donner la préférence à ceux qui se sont montrés le plus sympathiques à la cause du Travail Organisé.Il faut de toute nécessité que vous remplissiez votre devoir de citoyen, même si aucun des candidats ne vous plaît, votez alors pour le moins mauvais.C'est l'apathie des électeurs qui permet à des hommes à réputation ternie de s'emparer du pouvoir.Evitons cela tant que nous pouvons et la seule manière de le faire est d'aller voter.SECURITE SOCIALE.(Suite de la page 1) 7.— Ii propose l’etablissement d’une commission sur l’écart des prix de vente et de revient, afin d’étudier les facteurs qui influencent les prix de détail des vivres, du vêtement et autres produits essentiels.8.— 11 réclame une amelioration dans l’assurance-cltômage.9.— 11 a décidé de former un comité pour étudier la question d’un salaire garanti, tel que préconisé par certains grands organismes ouvriers, mais il a refusé d’approuver une résolution suggérant un salaire net garanti de $2,500 par année pour une famille de quatre personnes.10.— 11 désire qu’un loi fédérale stipule un salaire égal pour un même travail, qu’il soit accompli par un homme ou une femme.11.— Il réclame un bill national des droits de l’homme qui inclurait également les Indiens, sans enlever à ces derniers les privilèges attachés à leurs réserves.12.— Il propose qu’on accorde des pensions plus élevées aux vieillards.13.— Il veut que le gouvernement fédéral accorde des bourses plus élevées aux étudiants qui poursuivent des études postuniversitaires.Les élections.Les élections des officiers ont donné les résultats suivants: Le confrère Claude Jodoin, de Montréal, a été élu au premier tour du scrutin président du Congrès en remplacement du confrère Percy R.Bengough qui avait décidé de prendre sa retraite.Le confrère Gordon G.Cushing a été réélu par acclamation secrétaire-trésorier général.Le confrère Geo.Schollic, vice-président international de l’Association internationale des Machinistes a été élu vice-président pour la province de Québec, poste qu’occupait le confrère Jodoin.Les autres vice-présidents ont tous été réélus, ce sont: Carl E.Berg, d’Edmonton, Alberta; R.K.Ger-vin, de Vancouver; Wm Jenovcs, de Toronto; et James A.Whitc-bone, de St-Jean, N.-B.ROGER PROVOST, président de la Fédération du Travail du Québec récemment été élu vice-président international des ouvriers unis des textiles d'Amérique.Message de Roger Provost à l’occasion de la Fête du Travail La fête du travail sera célébrée encore une fois avec éclat par tous les ouvriers de notre Métropole et de tous les centres de l’Amérique du Nord.Les ouvriers ont raison de vouloir consacrer cette journée à l’exaltation du travail organisé car le trade-unionisme a contribué plus que tout autre facteur au relèvement du standard de classes laborieuses.vie des Claude Jodoin à la présidence du CMTC Le confrère Claude Jodoin vient de recevoir un ultime honneur dans le mouvement ouvrier en étant élu président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada.L'ascension du confrère Jodoin est proportionnée «à ses mérites et «à ses j capacités.Comme successeur du j confrère Percy-R.Bengough, on ne depuis pouvait trouver mieux.Le nouveau titulaire est un ardent chef ouvrier, un bachelier ès arts de l’Université de Montréal — on croit qu’il est le premier universitaire appelé à ce haut poste.Chaude Jodoin, qui est «âgé de 41 ans — c’est le plus jeune président dans toute l’histoire du Congrès — s’est dit heureux de la confiance que les délégués ont m.anifestée à son égard.“C’est un encouragement pour moi de continuer dans la voie où je me suis engagé.Cela prouve, une fois de plus, que l’unité nationale au p.ays est réalisable puisque la grande majorité des délégués étaient de langue anglaise et que j’ai été élu au premier tour de scrutin.” arbitraires, en un mot, du régime d’esclavage auquel était soumis la classe des travailleurs.Néanmoins, si le mouvement ouvrier a réussi par un déploiement constant de sa puissance économique à affronter avec succès la résistance patronale à l’amélioration de sa condition ainsi qu’à 6on droit d’organisation, il doit aujourd’hui continuer à déployer sa puissance non seulement sur le plan économique mais aussi sur d’autres plans.La résistance qui autrefois était directe, le combat qui se livrait visière baissée avec ceux (pii s’opposaient aux justes revendications des ouvriers a fait place à une opposition beaucoup plus subtile, beaucoup plus dangereuse.En limitant les grèves par des lois qui s’avèrent souvent comme des mesures purement dilatoires on veut atténuer la puissance économique des ouvriers et leur force de revendication.Le droit d’association qui pourtant est un droit naturel est soumis à une foule de restrictions et bien souvent est à la merci de l’arbitraire.L’élection du confrère Jodoin dé montre bien le prestige personnel I toutes ces mesures legislatives du nouveau président, prestige qui i 11 auront pour résultat (pie de lor-s’est affirmé dans les dix provinces ver les ouvriers a descendre dans du Canada.l’arène politique.Si dans ce dornai- il est prématuré présentement Que d’étapes progressives ont ete franchies depuis les jours déjà lointains du régime des salaires de famine, de la semaine de 70 et 75 heures, des congés non payés, des années sans vacances, des accidents non compensés, des congédiements Le confrère Jodoin eu trois I de s’engager dans une lutte -parti- prédécesseurs de langue franaçise l.a fondation de ce mouvement ouvrier, en 1873.Ce sont: MM.| f‘UC nùlrc l'usance et notre déter Urbain Lafontaine, J.-L.Jobin et Alphonse Verville.dans le qui ont Convention renouvelée à la Cie Watkins Augmentation de 3 et -I cents L’union locale 303 Union int.des travailleurs des industries chimiques vient de renouveler, pour une période d’un an, sa convention collective de travail avec J.R.Watkins Company, à Montréal.Le nouveau contrat accorde aux membres de l'union locale: Une augmentation générale de salaire de 3 et -t cents l’heure ; 3 semaines de vacances après 15 ans de service; 3 jours de congé payé dans le cas de mortalité d’un proche parent; Augmentation de l'allocation pour repas du souper; Les fêtes statutaires qui tombent un samedi seront célébrées le lundi suivant.Dans le cas de maladie, la Compagnie paiera à l’employé son plein salaire pour le temps perdu, ne dépassant pas 5 jours ouvrables dans le cas d'un employé ayant de 1 à 5 ans de séniorité, et 10 jours ouvrables dans le cas d’un employé ayant 5 ans et plus de séniorité.De plus, dans ie cas de maladie CLAUDE JODOIN I! serait superflu d’énumérer ici les états de service du confrère Jodoin dans le monde ouvrier; ils sont trop connus de nos membres.eCpendant, disons que nous fondons degr andes espérances sur le confrère Jodoin en tant que président de la plus grande et la plus puissante organisation ouvrière au pays.Et nous le félicitons de son succès tout en lui souhaitant les plus grands succès avec l’appui de tous les ouvriers de la province de Québec et des autres provinces du Canada.Nous n'aurons jamais trop de chefs ouvriers dévoues et consciencieux.ou accident résultant du travail, la Compagnie paiera les 2/3 du salaire de l’employé jusqu’à concurrence de 15 jours par année.La Compagnie a aussi agréé d’iu-cluer dans la convention collective de travail, le plan de fonds de pension et de participation aux bénéfices.Le comité de négociation était composé de: Fred Rotary, président; Fernande Tremblay, sec.-corr.; Roger Thériault, membre du comité; Assistés de l’Organisateur Roméo Corbeil.initiation ne fasse sentir choix des Gouvernements pour fonctions entre autres, d’édicter les lois justes et de prévenir l'exploitation des humains par d’autres humains de même que de préserver les libertés essentielles à toute démocratie digne de ce nom: le droit de s’associer librement avec d’autres personnes pour le respect des droits et des prérogatives de chacun des citoyens qui constituent cette démocratie.La prise de position sur le plan politique, la réalisation de notre puissance en ce domaine devra faire l'objet de nos efforts répétés au cours des douze prochains mois.Cette action s’impose non seulement pour assurer la marche en avant de nos phalanges ouvrières mais aussi pour apporter une contribution réaliste au maintien et à l'amélioration de notre régime démocratique.Vou-| loir négliger cette responsabilité qui incombe au travail organisé serait se dérober à un devoir qui s’impose.Le mouvement ouvrier dans notre métropole et dans notre province ne s’est jamais dérobé en face du devoir n’a jamais craint la lutte confiant de la justice de scs revendications et de sa mission dans un monde démocratique.Puisse les douze mois qui vont suivre nous faire connaître un renouveau économique qui procurera de l'emploi à des milliers de travailleurs présentement en chômage.Puisse ces douze mois rendre à nos Gouvernements un sens plus aigu de leurs responsabilités en sorte que les fêtes du Travail qui suivront soient réellement des fêtes de travailleurs et non des fêtes de chômeurs.Précisions, s.v.p.Lui — Avec qui parlais-tu au téléphone depuis plus d’une heure ?Elle — Ça, c’est mon affaire.Lui — Alors, de quoi parlais-tu ?Elle — D’affaires.Lui — Je sais, mais des affaires de qui ? THE LABOR WORLD SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 PAGE 3 Mémoire de la Fédération du Québec à la Commission Royale d'Enquête sur les Problèmes Constitutionnelles (Suite du dernier numéro) 4.La condition economique actuelle est loin d’être idéale et n’est pas exempte de périls.Le développement de l’industrie, sous l’économie libérale, avec sa liberté illimitée de concurrence, n’a pas permis aux classes ouvrières d’obtenir dans sa plénitude l’amélioration essentielle et progressive qu’on en attendait généralement.L’accroissement de la riebesse qui a marqué notre siècle n’a pas amélioré suffisamment la condition générale des classes pauvres, n’a pas banni l’insécurité.11 est difficile aujourdlt’ui de prétendre que la liberté absolue de commerce puisse assurer par elle-même une répartition suffisante de la richesse.Aussi est-ce une réaction toute naturelle qui pousse l’ouvrier à se tourner vers les gouvernements pour obtenir ce que les autres n’ont pu lui donner.D’où la tendance actuelle bien marquée vers l’Etat pour assurer l’équilibre économique cl la sécurité sociale.L’équilibre économique ne peut, à notre avis, être assuré que si l’ouvrier a un revenu régulier suffisant à maintenir un pouvoir d’achat qui en retour assurera la marche de nos usines et de nos ateliers.En d’autres mots, si l’ouvrier a les ressources nécessaires à acheter une partie suffisante des biens de consommation que son labeur a créés, il s’assurera par ce fait même un travail régulier.L’organisation syndicale a contribué, en relevant le salaire et la condition économique de l’ouvrier à augmenter le pouvoir d’achat des masses laborieuses.L’ouvrier a non seulement le droit mais il a aussi le devoir de s’organiser.Ce droit, l’Etat doit le protéger et en garantir l’exercice libre et sans entraves.A cette fin, l’Etat édicte des lois dites ouvrières.L’organisation que nous représentons a pour fonction de s’assurer que la législation ouvrière garantisse en fait aussi bien qu’en droit ce droit d’association.Sur ce point, nous soumettons que le gouvernement provincial ne s’est pas jusqu’ici acquitté de scs responsabilités à la satisfaction de la classe ouvrière.Si dans notre province, le droit d’association est reconnu en principe il ne l’est pas en fait puisque les ouvriers tic peuvent l’exercer librement.II n’existe présentement dans nos statuts aucune sanction adéquate contre les négateurs du droit d’association.Dans les nombreux mémoires que nous avons présente au gouvernement nous avons exposé ce point en maintes circonstances et nous avons fait les suggestions suivantes: Dans son mémoire législatif, présenté au gouvernement provincial le 2 février 1954, la Fédération du Travail du Québec suggérait entre autres un amendement à l’Article 21 de la Loi de relations ouvrières en y ajoutant l’alinéa suivant: “a) L’employeur qui, au jugement de la Commission des relations ouvrières, a congédié, suspendu ou déplacé un employé principalement à cause de l’exercice par cet employé d’un droit ou à cause d’activités syndicales permises par cette loi, doit, dans les huit jours d’une décision de la Commission à cet effet, réin- tégrer cet employé, dans l’emploi qu’il occupait avant ce congédiement, suspension ou déplacement, avec tous ses droits et privilèges et lui payer à titre d’indemnité l’équivalent du salaire et autres avantages dont il aurait bénéficié depuis le jour de son congédiement, suspension ou déplacement.” Nous suggérions également un amendement à l’Article 44 de la Loi de relations ouvrières pour se lire comme suit: “44.Quiconque fait défaut de se conformer à une obligation ou une prohibition imposée par la présente loi, ou par un règlement ou nue décision île la Commission, est passible, en plus des pénalités prévues aux articles 42 et 43 de cette loi, d’une amende d’au moins cent dollars et de pas plus de mille dollars pour chaque jour ou partie de jour que telle offense dure”.A ceci nous ajoutons que: "Les pénalités actuellement prévues à l’article 44 sont dérisoires et constituent pour certains employeurs une invitation à violer la loi, puisque ceci devient en maintes circonstances plus avantageux que de reconnaître le’droit d’association et que de négocier de 'bonne foi une convention collective de travail.“Par ailleurs, nous tenons à vous faire remarquer que les pénalités prévues pour une union qui fait défaut de se conformer aux obligations imposées par la loi sont passibles d’une amende d’au moins cent dollars et d’au plus mille dolars par jour ou partie de jour que telle offense dure."L’égalité sous la loi ctt cette matière ne nous semble pas exister réellement”.I.e Congrès des Métiers et du Travail du Canada a en plusieurs circonstances préconisé un Code National du Travail.Si nous nous en tenons à l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord, il appartient aux provinces de régir les relations qui doivent exister entre patrons et ouvriers sauf pour quelques industries spécifiques.Cependant la carence de législation adéquate et la diversité des lois ouvrières d’une province à l’autre nous porte à recommander une révision immédiate de la situation actuelle.Tout d’abord pour garantir le droit d’association et, en deuxième lieu, pour uniformiser les normes minima qui existent à travers le pays.a) Dans quatre provinces, l’âge scolaire s’étend à 16 ans, dans cinq autres à 15 ans et dans Québec à 14 ans.Il en dccotile donc que dans le Québec, la compétition créée par l’adolescent est plus grande qu’ail-lcurs et que d’autre part l’oHvrier du Québec commence trop souvent à travailler avant d’avoir acquis le minimum de connaissances nécessaires pour devenir un ouvrier spécialisé.b) Les fêtes chômées payées sont aussi d’ttnc grande variété.En Nouvelle-Ecosse, Alberta, Manitoba et Saskatchewan, la législation prévoit des fêtes chômées payées.Les autres provinces prévoient l’obligation de chômer en certaines fêtes mais aucune compensation.c) Le salaire minimum obligatoire varie d’une province à l’autre de façon étonnante.d) Cinq provinces établissent une semaine normale de travail de 48 à 44 heures dans les usines.La province de Québec permet 55 heures et le Nouveau-Brunswick 54 heures.Ces quelques exemples, nous l’espérons suffiront à démontrer la nécessité, l'urgence même d'une plus grande cohésion entre les différentes législations ouvrières provinciales si dans ce domaine, les provinces veulent conserver leurs prérogatives.Le Bureau International du Travail existe depuis nom-lire d’années et le Canada y est représenté.Nous avons l’honneur de compter un des nôtres sur le Conseil d'administration en la per- inne de Monsieur Claude Jodoin qui est présentement à Genève.Le Bureau International du Travail établit des normes que les différents pays participants s'efforcent d'établir chez eux.Or au Canada, comme la législation en ce domaine appartient aux provinces et qu’il n’existe aucun organisme national de cohésion, le Canada pourra s’engager à établir certaines normes mais ceci n'engagera en rien les provinces et le tout restera assez souvent lettre morte.Nous suggérons donc un Conseil Supérieur du Travail formé de représentants de toutes les provinces, siégeant en permanence, pour étudier et uniformiser dans la mesure du possible les différentes législations ouvrières provinciales ainsi que pour guider nos représentants au Bureau Internationale du Travail.Ce Conseil s’efforcerait ensuite de faire appliquer dans les différentes provinces les normes acceptées par nos délégués à Genève.5.L’assurance - chômage établie depuis la dernière guerre a contribué de façon substancllc au maintien du pouvoir d'achat de l'ouvrier sans travail de même qu’elle permet à ce dernier de subvenir aux besoins les plus pressants de sa famille.Nous n'avons qu'à nous louer de l’attitude de compréhension qui présentement existe entre le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial quant à cette mesure de sécurité économique.Elle s’imposait depuis longtemps.Avec l'institution de l'assurance-chômage, les provinces ont fait au gouvernement central une concession, qui, bien que nécessaire, pour le bon fonctionnement de l’assu-rancc-chômage peut un jour constituer un danger pour l’ouvrier de la province de Québec.Nous voulons parler du placement.Avec l’assu-rancc-chômage, le gouvernement fédéral contrôle aussi l'emploi, le placement.Or cette formule bien qu’efficace peut devenir un jour très dangereuse et se doit d’inquiéter ceux qui veulent conserver à notre province son élément actuel son caractère propre.Déjà les dirigeants de l'assurance-chômagc se targuent, auprès du patronat de pouvoir diriger l'emploi de Vancouver à Halifax et de ce fait de lui trouver les ouvriers dont il a besoin où qu’ils se trouvent entre ces deux points extrêmes de notre pays.D'ailleurs, la Loi de l’assurance-chômage à son paragraphe 40 - 3, 10 Geo.VI, Chapitre 68, a.7 1946 donne aux officiers de la Commission d’assurancc-chômage le pouvoir de refuser des bénéfices à une personne qui refuserait un emploi jugé par eux approprié.Qui pourrait empêcher, au cours d'une crise économique, sous menace de perte de prestations (leur seule source de revenu) que des ouvriers soient transportés d’une partie du pays à une autre ?Sur ce point nous recommandons donc immédiatement une entente entre les provinces et le gouvernement fédéral afin de prévenir l'arbitraire et les migrations imposables d’une province à une autre sans l’assentiment des personnes concernées, de même que le retour à sa province d’origine sans pénalités à toute personne qui aurait pu accepter un emploi dans une autre province sous la force des circonstances.6.Le premier mai 1943, le Comité consultatif de l’assurance-santé, nommé par le décret du Conseil C.F.836 du 5 février 1942, présentait son rapport au Ministre des Pensions et de la Santé Nationale.Le 27 juillet suivant un avant-projet de loi était soumis à la Chambre des Communes.Depuis lors on n’a cessé de parler d’assurance-santé nationale.Nous croyons à la nécessité et à l'urgence d’une loi d’as-surancc-santé obligatoire et nous espérons que le flot des paroles cédera bientôt la place aux réalisations.Notre pays est eti plein développement.De province rurale, Québec est sur le point de devenir un centre industriel de première grandeur.Cette transformation a arraché à la terre le fils du cultivateur et ajouté substantiellement aux agglomérations urbaines.La vie au grand air a fait place aux maisons entassées les unes sur les autres où la fumée des usines se dispute l’espace avec la poussière des rues.La technologie a pénétré à l’intérieur de nos usines.Il faut produire plus vite, plus vite encore, pour faire face à la compétition et.pour augmenter les profits et les dividendes.Heureusement la science médicale a, elle aussi, marché de l'avant et trouvé les moyens de remédier à l’usure plus rapide de la machine humaine.Elle offre aujourd’hui à la masse des travailleurs ses découvertes merveilleuses pour prévenir ou guérir les maladies que la vie fiévreuse engendre.Malheureusement, l'ouvrier n’a pas toujours les ressources financières nécessaires pour profiter de l’avancement de la science médicale, tant son salaire est limité en face des exigences de la vie moderne.L'Etat a alors un double devoir.Tout d’abord il se doit de maintenir la santé nationale à un haut niveau s’il veut que l’ouvrier produise à un rythme accéléré les richesses nécessaires à notre accroissement.En second lieu, si l’individu n’a pas les ressources requises pour prévenir la maladie et préserver sa santé, l’Etat se doit d’intervenir de façon à assurer à l'individu ce qu'il ne peut lui-même obtenir.D'où la nécessité d’une assurance-santé nationale.Cette assurance-santé scra-t-cile la responsabilité exclusive de chaque province?La lettre du pacte confédératif le voudrait ainsi.Néanmoins nous croyons qu'une telle assurance se doit d’être uniforme et obligatoire.Sur ce point nous sommes d'accord avec le Dr J.J.Haggerty qui a présidé le Comité d’Enquête.Pour fonctionner adéquatement un tel projet doit émaner du gouvernement central.Toutefois nous affirmons qu’il importe que l'administration en soit laissée aux provinces tout comme la Loi des allocations familiales.Que le projet de loi établisse la part du gouvernement central à un sixième seulement et qu'il donne des pouvoirs discrétionnaires à ce dernier au point d'imposer aux provinces leur propre loi à adopter, nous n'eu sommes plus.Le gouvernement central s'est empâta de la taxation directe à tut degré tel qu'il lui faudra, lors de l’institution de l'assurance-santé ou augmenter scs contributions substantiellement ou encore, ce qui serait préférable, remettre aux provinces une plus grande partie du champ de la taxation directe.Ce qui importe surtout à l'ouvrier en ce domaine, c’est qu’il puisse tout comme l’indigent, pupille de l’assistance publique, ou le riche sans préoccupations financières préserver sa santé et celle de sa famille.Certains pourraient s'offenser que, lorsqu'il s’agit du social, l’ouvrier ne soit pas d’une autonomie des plus orthodoxe.D’aucuns diront qu'il est utilitaire, qu’il néglige ou ignore certaines valeurs, certains principes de base.A ceux-là, qu’il nous soit permis de dire que la nécessité économique à laquelle l’ouvrier a constamment à faire face prime pour lui toute autre où les valeurs culturelles et spirituelles n’entrent pas en jeu.Que les dangers de centralisation lui paraissent alors bien vagues, bien abstraits, il n’y a pas trop lieu de s’étonner; il doit vivre d’abord.D’ailleurs, on a trop longtemps voulu que ces préoccupations d'un ordre supérieur soient l'apanage presque exclusif d’une élite qui, confortablement assurée de son avenir économique, avait tout le temps nécessaire à penser et à repenser parfois notre vie nationale.7.De toutes les formes d’impôt, l’impôt direct est encore le plus juste lorsqu’il est gradué, car il va chercher là où ils se trouvent les argents nécessaires à la bonne administration de l'Etat.Il fait de plus fonction de balancier à l’économie du pays tout en permettant une meilleure distribution de la richesse.C'est celui que l’ouvrier favorise.L’impôt indirect, surtout s’il est appliqué aux choses essentielles et nécessaires à la vie, est injuste en soi parce qu'il frappe à un degré plus grand celui qui a un revenu modique, l'ouvrier qui d'ordinaire est le chef de famille nombreuse.Le gouvernement fédéral n'était pas entré dans le domaine de l'im- (Suke à h page B) PAGE 4 SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 LE MONDE OUVRIER Les aspirations des Travailleurs (Texte d'une allocution prononcée par MARCEL FRANCO, président honoraire de la Fédératioun du Travail du Québec à l'occasion du Congrès de l'Association Professionnelle des Industriels, tenue à la Malbaie, récemment.) Mesdames, messieurs, En invitant un représentant des travailleurs à prendre la parole au cours de vos sessions annuelles, vous avez déjà fait un pas vers la réalisation des aspirations ouvrières, que vous m'avez invité à vous exposer aujourd’hui.L’une des principales aspirations des travailleurs est en effet la participation à de libres discussions en vue de promouvoir le bien commun matériel, spirituel et intellectuel îles peuples.Et c'est bien à titre de travailleur, non à titre de fonctionnaire gouvernemental, que je viens aujourd’hui vous entretenir.Les opinions que j'exprimerai ici sont les miennes propres, et refléteront, dans la mesure où j'en serai capable, celles que j'ai découvertes au sein de la classe ouvrière au cours des années où j’ai partagé son sort et, dans une certaine mesure, contribué à orienter ses destinées.Quelles sont aujourd'hui les aspirations des travailleurs?Vous avez compris l'importance de cette question, et l’urgence d’y apporter une réponse adéquate.Dans un monde où les développements de la technique multiplient à un rythme étonnant le nombre et la puissance des travailleurs industriels devant une société démocratique dont l'existence même est mise en péril par certaines doctrines qui prétendent satisfaire les aspirations des tra- vailleurs, et dont la prépondérance s'étend maintenant sur une partie considérable du globe ; en cette époque d’effervescence et d’évolution, remplie de germes de mort, où toute notre civilisation est remise en question, il vous a semblé qu'il était grand temps de favoriser une certaine confrontation entre les points ne vue du capital et du travail.Pour cette initiative, vous méritez de chaleureuses félicitations.Il faut malheureusement constater que les rencontres de ce genre sont extrêmement rares.Nous devons tous souhaiter que d’autres groupes suivront votre exemple, pour le plus grand bien de la société toute entière.Puisque nous voulons connaître les désirs des travailleurs, je ne saurais mieux faire que de rappeler à votre attention la déclaration adoptée en 19-14, à Philadelphie, par l’Organisation Internationale du Travail.Cette déclaration, intelcaléc telle quelle dans la troisième partie de la Constitution de cet organisme, résume admirablement notre sujet.Si vous le voulez bien, nous la prendrons article par article, et nous ferons à propos de chacun les commentaires qui s'imposent.La plénitude d'emploi Scion cette déclaration, la première aspiration des travailleurs concerne (et je cite) "la plénitude de l’emploi et l’élévation des niveaux de vie’’.La plénitude de l’emploi, — 11 serait superflu de rappeler ici que le travailleur, dont la subsistance même, et celle de sa famille, est à la merci de toutes les fluctuations économiques, et parfois, faut-il le dire, du caprice de spéculateurs hasardeux; que le travailleur, n’ayant aucun contrôle sur la mise en oeuvre des instruments de la production, aspire d’abord et avant tout à l’emploi de ses bras et de ses facultés.Pour savoir jusqu'à que! point le droit au travail lui semble imprescriptible, il faut avoir vécu soi-même les heures sombres du chômage et de la crise économique.D’une part, le chômage livre le travailleur et les siens aux affres de la faim, ce qui est déjà atroce; mais plus atroce encore est le sentiment où il se trouve plongé d'être totalement inutile, d'être de trop dans une société qui n’est plus à la mesure de l'homme.Une société rpii plongerait des masses de population dans cette misère abjecte ne serait déjà plus une société, et aucune révolution ne pourrait la bouleverser plus profondément que ne le ferait cette dissolution par le dedans.Aussi devons-nous reconnaître que le maintien à peu près constant du plein emploi ne constitue qu’un minimum vital.C’est pourquoi les travailleurs réclament également l'élévation des niveaux de vie.Il faut bien se rendre compte que les découvertes scientifiques et les progrès technologiques réalisés depuis la fin du dix-neuvième siècle ne sont pas la propriété exclusive d’une fraction de l’humanité.Ces prodiges de l'esprit humain sont l’héritage de l'humanité tonte entière.Leur application dépend certes dans une très large mesure du talent et des moyens mis en oeuvre par les chefs d’entreprise; mais elle dépend dans une non moins large mesure du talent et des moyens mis en oeuvre par le travailleur industriel.La plus stricte justice exige donc que ces prodiges de l’esprit humain servent le bien commun, et que chacun de ceux qui contribuent au progrès matériel de l’humanité touche les dividendes auxquels scs efforts lui donnent droit.Le Créateur a donné le inonde matériel à l’humanité toute entière.Dans un monde qui a créé des merveilles technologiques telles que l’automobile, l'avion, la radio, la télévision, il n’est que juste que dans la plus large mesure possible, un homme ou une femme qui fournit une pleine journée de travail profite de ces inventions.Travail utile et bien rétribué En deuxième lieu, la déclaration de Philadelphie souligne la nécessité de “l’emploi deR travailleurs à deR occupationR où Ür aient la r.x-tisfaction de donner toute la mesure de leur habileté et de leurs connaissances et de contribuer le mieux au bien-être commun".Cet article est un corollaire du premier.Si le travailleur sans travail souffre cruellement du gaspillage intégral que constitue l'oisiveté de scs bras et de ses facultés, il va de soi que le travailleur employé à un travail auquel il n'est pas adapté, et qui ne lui fournit pas l'occasion de donner le meilleur de lui-même, souffrira dans la mesure même de cette inadaptation.D’ailleurs, le bien de l’entreprise n'exige-t-il pas-que chacun donne sa pleine mesure?Et l’entreprise qui négligerait ce besoin qu’ont ses membres d’être le plus utiles possibles, et d’être rétribués à la mesure de leur utilité, cette entreprise ne se priverait-elle pas d'un rendement considérable ?Réadaptation et migration des travailleurs “Pour atteindre ce but”, poursuit la déclaration de Philadelphie, “la.mise en oeuvre, moyennant garanties adéquates pour tous les intéressés, de possibilités de formation et de moyens propres à faciliter les transferts de travailleurs, y compris les migrations de main-d’oeuvre et de colons.” A la lecture de cet article, comment ne pas penser au sort actuel des ouvriers du textile, (pii vivent présentement une existence précaire, et dont l’avenir est des plus incertains?Une société normalement équilibrée ne laisse pas croître en son sein de tels chancres d’oisiveté et d’amertume.Nous possédons aujourd’hui des techniques éprouvées qui devraient permettre la ré-adaptation des travailleurs inemployés à d’autres emplois, dans d’autres industries, et leur réintégration dans le monde du travail.Ces techniques font-elles aussi par- (Suite à la page 5) M essaae de la du Certes, le Capital et le Travail sont des alliés naturels — solidaires et non adversaires.Mais la priorité de l'ouvrier sur la machine — la primauté du capital humain — ne se discute pas.Le Travail joue un rôle essentiel dans l'économie et tient une place vitale dans la vie de la nation.Il convient en conséquence qu'un jour de l'année soit réservé et marqué pour la célébration de la Fête des Travailleurs.Un pays ne peut se dérober impunément à la grande Loi universelle du Travail.La prospérité matérielle d'un peuple dépend en ligne directe de son travail manuel.Le jour de la Fête du Travail apporte l'occasion à la population de réfléchir sur les droits et les devoirs, les besoins et les intérêts, de la classe ouvrière.Or, les intérêts du Capital et du Travail sont nécessairement complémentaires, puisque profits et salaires apparaissent naturellement inséparables.Récemment, à Joliette, un syndicat ouvrier formulait la juste remarque suivante en marge de la conclusion d'un contrat de travail : "Il est à noter que n'eussent été les conditions de travail et les salaires (dans les autres secteurs de l'industrie en cause), le syndicat aurait pu obtenir plus et la compagnie elle-même aurait probablement aimé à donner plus, mais, le syndicat, comprenant cette situation de l'entreprise, et la concurrence, en est venu à signer cette convention, qui, sans être idéale, est acceptable." C'est exactement là l'esprit que tous les hommes de bonne foi et de bonne volonté désirent voir s'établir, se maintenir et s'épanouir, dans le vaste champ des relations patronales-ouvrières.Une industrie incomplètement syndiquée pose, aux patrons et aux ouvriers, un délicat problème.Le syndicat peut difficilement demander à un patron isolé d'augmenter ses salaires sensiblement et de réduire ses heures substantiellement quand ses concurrents n'en agissent pas de la même façon.Sans doute, notre Loi de la Convention Collective empêche-t-elle, dans une bonne mesure, la concurrence déloyale et la main-d'oeuvre avilie.Mais il n’en reste pas moins que l'expansion syndicale doit marcher de pair avec la négociation syndicale.La législation actuelle fournit à notre Mouvement Ouvrier des possibilités et des facilités d'organisation incomparables, dont il sait d'ailleurs généralement tirer parti avec une sage efficacité.Au Mouvement Ouvrier de chez nous, je souhaite donc, à l'occasion de la Fête du Travail, une expansion accrue.Pour les ouvriers de ma Province, je formule des souhaits sincères de bonheur au foyer, de sécurité au travail, de succès au syndicat.La paix résulte du progrès dans l'ordre.Aux travailleurs de Joliette en particulier, j'offre mes meilleurs voeux de santé et prospérité en ce jour de la Fête du Travail.ANTONIO BARRETTE, Ministre du Travail. THE LABOR WORLD SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 PAGE 5 LES ASPIRATIONS des TRAVAILLEURS (Suite de la page 4) tie de l’héritage commun?Ne pas les employer, c’est, pour une société, se convaincre de négligence coupable et criminelle.Minimum vital de gains et conditions de travail L’article suivant de la déclaration de l’O.I.T.demande “la possibilité pour tous d’une participation équitable aux fruits du progrès en matière de salaires et de gains, de durée du travail et autres conditions de travail, et un salaire minimum vital pour tous ceux qui ont un emploi et ont besoin d’une telle protection.” J'ai déjà, à propos des articles précédents, livré toute ma pensée sur cette question.Contentons-nous de résumer: le travailleur devrait être en mesure de donner son plein rendement; ce plein rendement devrait lui assurer le minimum vital; il devrait même lui rapporter sa pleine part de loisirs, et des moyens d’utiliser positivement, agréablement, scs loisirs.Droit d'association Et nous passons à l’article suivant.La déclaration de Philadelphie réclame pour tous les travailleurs “la reconnaissance effective du droit de négociation collective et la coopération des employeurs et de la main-d’oeuvre pour l’amélioration continue de Inorganisation de la production, ainsi que la collaboration des travailleurs et des employeurs c\ l’élaboration et à l’application de la politique sociale et économique.” Nous entrons ici dans le vit des conflits qui divisent actuellement le monde du capital et celui du travail.Nous sommes loin en effet de “la reconnaissance effective (et je souligne effective) du droit de négociation collective".Cette reconnaissance du droit de négociation collective fait pourtant partie intégrale de notre philosophie démocratique.On ne peut voir sans étonnement l’illogisme de certains patrons qui se proclament les défenseurs de la démocratie, tant et aussi longtemps (pie la démocratie sert leurs seuls intérêts.La démocratie, en effet, stipule, selon les paroles mêmes d’Abrahain Lincoln, le père de la démocratie nord-américaine, “Government of the people, for the people by the people.” Et je me permettrai de citer ici un passage de ce grand homme trop oublié, dont la pensée, éminemment démocratique, pourrait assurer, pour peu que l’on s’efforce de la mettre quelque peu en pratique, une Amérique pour jamais à l’abri des bouleversements désastreux (pic notre siècle a vu s’effectuer sur d’autres continents.“The strongest bond of human sympathy, outside of family relations, should be one uniting all the working people, of all nations, and tongues and kindreds.Nor should this lead to a war on property, or the owners of property.Property is the fruit of labor; property is desirable; is a positive good to the world.That some should be rich shows that others may become rich, and hence an encouragement to industry and enterprise.Let not him who is houseless pull down the house of another, hut let him work diligently and build one for himself, thus by exemple assuring that his own shall be safe from violence when built.” “Property is the fruit of labor”.Car il importe, pour (pic la propriété ne devienne pas une occasion de guerre, qu’elle ne soit pas elle-même le fruit de la violence et de la rapine, mais plutôt le fruit d’un travail que la cupidité du petit nombre ne privera pas de sa juste rétribution.Comment assurerons-nous au travail sa juste rétribution si les travailleurs eux-mêmes n’ont pas le droit de parler librement au cours des négociations qui fixent cette rétribution?Notre société, par la voix de ses gouvernements, a reconnu la légitimité du mouvement ouvrier comme expression du droit de négociation des travailleurs.Comment faut-il qualifier les chefs d’entreprise (pii refusent de négocier de bonne foi avec une union reconnue, ou qui, abusant du droit de vie et de mort que leur confère la propriété des moyens de production, imposent à leurs employés une association quelconque, sans caractère démocratique, et dont le but réel sera d’imposer aux ouvriers des conditions de travail qu’ils ne sauraient accepter librement?Le droit démocratique est une condition essentielle de la libre entreprise.Comment peut-on espérer voir les travailleurs tenir à la démocratie, alors qu’on la leur refuse ?Je sais bien ce qu'on me répondra.On se rabattra une fois de plus sur le prétexte commode que les unions ne représentent pas les intérêts des travailleurs, et que les représentants d’unions exploitent beaucoup plus les travailleurs qu’ils ne les aident.Je parle en connaissance de cause, et je dis (pie ceux qui parlent ainsi ne connaissent rien au mouvement ouvrier.Bien sûr, les unions ouvrières ne manquent pas de défauts.Elles sont des institutions humaines, et comme telles elles restent passibles d’erreurs et de faiblesses.Mais il faut ici poser la question de confiance aux vertus de la démocratie.Si les chefs d’entreprise veulent mettre en doute la valeur représentative de délégués ouvriers librement élus, au sein de cadres strictement démocratiques, comment peuvent-ils demander, au nom de la démocratie, que les travailleurs remettent leur sort entre les mains des chefs d’entreprise?(.es chefs d’entreprise, (pie je sache, ne sont pas élus au scrutin secret.Ils ne sont pas pour autant moins humains que les travailleurs, moins sujets aux humaines faiblesses.Pour naître et prospérer, l’entreprise libre a besoin du régime démocratique.Mais le régime démocratique ne saurait subsister si l’on refuse à la masse de la population le droit de mettre la démocratie en pratique dans l’industrie, c'est-à-dire la sphère où se déroule en majeure partie la vie quotidienne des travailleurs.Collaboration patronale-ouvrïère Pour ce qui est de “la coopération des employeur» de la main-d’oeu-vre”, tant pour l'amélioration continue de l'organisation de la production que pour l'élaboration de la politique sociale et économique", il me semble que le mouvement ouvrier est plus que consentant à s’y consacrer.Je me permets de rappeler à votre souvenir ce qui s’est passé au cours du dernier conflit mondial, alors que nos gouvernements ont lancé un appel pressant aux employeurs et aux travailleurs, leur demandant de collaborer pour la sauvegarde de la démocratie.La réponse du mouvement ouvrier fut claire et sans équivoque.Aux Etats-Unis par exemple, les chefs ouvriers n'ont pas tardé à fournir à l’effort commun des suggestions pratiques, positives, éminemment réalisables, et de nature à sauvegarder à la fois les intérêts de l’entreprise et ceux des travailleurs.La collaboration patronale-ouvrière fut moins prônée dans notre pays.Mais nous devons reconnaître que dans la mesure où on l'y a sollicite, le mouvement ouvrier y est allé de toutes ses ressources et de toute sa bonne foi.A peine sortis d’une crise économique qui les avait cruellement frappés, les ouvriers n'ont cependant pas ménagé leurs efforts pour la sauvegarde de la démocratie, espérant ainsi convaincre la société de leur attachement à notre mode de vie, conquérir la confiance universelle, et participer à l’édification d'un après-guerre plus humain que ne l'avait été l'avant-guerre.Dans une très large mesure, les travailleurs ont été déçus dans leur attente.Une fois le danger écarté, ils ont dû se rendre compte qu’on se passait facilement de leur collaboration.On a fait assez bon marché de leur droit de libre association, de leurs besoins en matière de sécurité sociale, de leurs aspirations dans les domaines du logement, des moyens de récréation et de culture.On s'est fort peu soucié de leur fournir des chances égalés dans le domaine éducatif et professionnel.On ne s'est lias efforcé sérieusement de leur faciliter l'accès des écoles de haut savoir.Tous ces bénéfices, les travailleurs ne les attendaient pas uniquement du dehors, ils ne demandaient pas qu’on les leur apporte tout cuits, à titre gracieux.Ils comptaient seulement que l’on tiendrait compte, dans l'élaboration de la politique sociale et économique, de ces besoins, qui furent maintes fois soulignés par les mémoires annuels de nos grandes fédérations ouvrières.L’après-guerre, il est vrai, nous a ménagé une assez large mesure île prospérité.Mais les travailleurs ne peuvent pas ne pas réaliser ce que cette prospérité a de précaire.I’our s’en rendre compte, il suffit de voir l'engourdissement progressif de certains secteurs de l’industrie, le chômage prétendument saisonnier, mais plus acccnté d'année en année, qui frappe tour à tour plusieurs groupes de travailleurs industriels.Ces phénomènes, je n'hésite pas à l'affirmer, pourraient être dans une très large mesure atténués si l’on établissait, entre les classes de la société, cette collaboration intelligente souhaitée par tous les travailleurs du monde libre, et dont notre rencontre d’aujourd’hui contient peut-être un germe de promesse.Tant que cette collaboration ne sera pas un fait, notre démocratie sera plus ou moins malade, et nous courons le risque que les germes de sa maladie la mettent en danger de mort.Vie ou mort pour la libre entreprise Et quand je parle d’un danger de mort, je ne fais pas de mélodrame, je n’évoque pas vainement un spectre imaginaire.Demain peut-être les travailleurs seront appelés à prendre les armes, à fournir, sur le front industriel, un effort gigantesque, pour sauvegarder les droits démocratiques qui sont à la base même de la libre entreprise.Ils veulent encore défendre de toutes leurs forces les libertés qui peuvent être nos raisons de vivre.Mais l'efficacité de leur effort dépendra certainement du degré de sécurité que notre société aura su leur assurer, en récompense de leur effort d'a- Le Temple du Travail, un rêve enfin réalisé "Le Temple du Travail, un rêve depuis longtemps caressé, est maintenant une réalité”.C’est en ces termes que le confrère J.-B.Arsenault, président du Conseil des Métiers et du Travail des Trois-Rivières, s’est adressé aux invités d’honneur qui se groupaient dans la salle de délibératons du Temple du Travail pour en marquer l'inauguration à l'occasion de la Fête du Travail.Bar la suite une réception a été offerte aux dirigeants des différentes usines de la ville de frois-iRivières et du Cap de la Madeleine et aux officiers du Conseil des Métiers et du Travail.Dans une courte allocution, le président du Conseil des Métiers et du près-guerre.Car le monde ouvrier ne saurait solder indéfiniment le prix du maintien d'une société qui ne saurait pas tenir compte de ses aspirations essentielles.En dépit ties vicissitudes de ht dernière dépression économique, les travailleurs sont restés attachés aux principes démocratiques et à ia libre entreprise.Je doute fort que cet attachement puisse résister à une nouvelle crise économique.Nous sommes à un tournant extrêmement critique pour l'existence même du monde occidental, tel que nous souhaitons qu’il soit.La démocratie sera industrielle ou ne sera pas.Ou bien l’orientation de notre société tiendra compte des aspirations des travailleurs, que je viens de tenter de résumer, ou bien les travailleurs seront forcés de chercher d’autres formes sociales, un autre système économique.Même une victoire militaire, remportée dans un conflit hypothétique contre les puissances totalitaires, ne saurait assurer la survivance d'un système de vie miné par le dedans, et au sein duquel les travailleurs ne jouiraient pas du statut qui devrait être l’apanage de tout citoyen d'un monde libre.Vers quelle forme de société les travailleurs se tourneraient-ils alors?Ni vous ni moi ne le savons.Les travailleurs tiennent fermement aux libertés démocratiques.Mais ils prétendent qu'au sein d’un monde démocratique, il n'y a pas de place pour la misère et l'insécurité.La faim est mauvaise conseillère.Elle a plus d’une fois conduit les peuples à vendre leur âme pour assurer leur subsistance.J.a liberté ne saurait s’amenuiser jusqu’à n’êtrc que la liberté de souffrir la faim.On nous rappelait hier encore, dans toutes les chaires de cette province, que la majorité du genre humain est en proie à la misère et à l'insécurité.On nous rappelait que nous ne pouvons impunément laisser croupir des masses de peuples, alors que nous jouissons d'une prospérité relative.L’exemple de la Chine, passée sans coup férir sous la férule totalitaire, nous démontre amplement que les peuples affamés ont de terribles impatiences, et qu’ils se rangent facilement du côté de ceux qui leur promettent la sécurité, fut-ce au prix de leurs libertés essentielles.Fort heureusement, nous n'en sommes pas là.Nous ne sommes pas encore à l’heure tragique.Notre destin comme peuple libre, démocratique, prospère, vivant pleinement de toutes ses ressources spirituelles et matérielles, est encore entre nos mains.Réjouissons-nous-en.Mais profitons-en aussi pour faire en sorte qu’il ne nous échappe pas.Nous n’en resterons les maîtres Travail des Trois-Rivières a souligné tpie c’était la 19e année consécutive que l'on célébrait la Fête du Travail aux Trois-Rivières".“Au début, a déclaré le confrère Arsenault, les relations entre patrons et employés étaient marqués d'un manque de compréhension, laquelle ne s’achète pas, mais se mérite.Par la suite une compréhension et une confiance mutuelle ont été signalées dans les discussions et les rencontres entre employeurs et employés”."Avec le Temple du Travail cette confiance entre patrons et employés devient une réalité”."Le Temple du Travail était un rêve caressé depuis fort longtemps.Je remercie spécialement ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à le réaliser”.En terminant le confrère Arsenault a espéré que cette confiance entre les employeurs et employés grandisse sans cesse et qu’elle soit pour la Mauricic un gage de paix entre les deux classes de la société.Une série de courtes allocutions a suivi celle du président Arsenault.Les maires Leblanc et Julien des Trois-Rivières et du Cap de la Madeleine, M.Paul Beauchamp, président de la Chambre de Commerce des Trois-Rivières, M.Merritt A.Eaton, président de la Légion Canadienne, Ale \ ves Gabias, Al.Simon, assistant-gérant de la St.Regis Paper, Al.Caulin de i'Aluminum Rolling Mills, Al.Bert Alountain, gérant de la Westinghouse, AI.Irénée Rancourt, représentant du Conseil pour la branche de la fonderie ont également porté la parole.Ale Jean Marie Bureau, c.r., a clos la série des allocutions en félicitant ceux qui sont responsables de ce Temple du Travail "que vous vous êtes donné.Je prends ce temple comme un gage de paix dans les relations patronales et ouvrières.Si nous voulons comprendre le fond humain de chaque question, nous rendrons justice à tous et nous aurons enfin le bonheur, la prospérité et la sécurité".que dans ht mesure où nous aurons su édifier notre société à la mesure de l’homme, de façon qu’il puisse y exercer pleinement ses droits et ses facultés, toucher les bénéfices qu’il est en droit d’en attendre, atteindre enfin à la paix personnelle, seule garante de la paix sociale et universelle, promise par le Christ aux hommes de bonne volonté.Et je terminerai, si vous le permettez, sur une parole de Pie XII, qui exprime, bien mieux que je ne saurais le faire, tout ce que j'ai tenté de vous dire aujourd’hui : "Nous voyons d'une part, dit le Souverain Pontife, les puissance» financières dominer toute l'économie privée et publique, souvent même l’activité civique, et, d’autre part, la foule innombrable de ceux qui, faute de sentir directement ou indirectement en sûreté leur propre vie, se désintéressent des véritable» et hautes valeurs spirituelles, se fermer aux aspirations vers une liberté digne de ce nom, se jeter tête baissée au service de n’importe quel parti politique, esclaves de quiconque leur promet le pain quotidien avec la garantie, vaille que vaille, de leur tranquillité.Et l’expérience a montré à quelles tyrannies, même à notre époque, l'humanité, dans de telles conditions, est capable de 6e soumettre.” PAGE 6 SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL SEPTEMBER, 1954 LE MONDE OUVRIER La Montreal Fur Workers Union est dénoncée M.Roger Provost, président de la Fédération du Travail du Québec a accepté au nom de cet organisme de prêter main forte à un groupe de travailleurs de la fourrure.Ces employés, travaillant dans l’industrie de la fourrure à Montréal prétendent qu’ils sont persécutés par l’administration actuelle de l’Union des travailleurs de la fourrure de Montréal (Montreal bur Workers Union).On se rappelle que cette union fut expulsée du Congrès Canadien du Travail sous l’accusation d’être dominée par les communistes.Un employé en aurait appelé à M.Provost en déclarant: "Je viens de recevoir une lettre de la "Montreal Fur Workers Union” m’informant (pie son comité de jugement m’enlève tous mes droits d'assister et d’adresser la parole a ses assemblées pour une période de deux ans et demi.En d’autres mots, ils veulent continuer à percevoir mes cotisations, mais parce (pic j’ose critiquer l’administration, ils ont décidé de me faire taire.” M.Provost déclare (pie "La Montreal Fur Workers Union” a cessé d’être une union ouvrière bona tide, si jamais elle l’a été.Les griefs des employés ne sont jamais réglés et ceux qui se plaignent perdent leur liberté de parole et sont jusqu’à menacés de perdre leur emploi.Le gouvernement provincial adoptait récemment une loi visant les communistes qui détiennent des positions d’officiers dans les unions ouvrières.11 est vrai qu’il y a eu et qu’il y a encore une opinion divisée quant à l’utilisation de législation pour éloigner les communistes des postes de commande dans les unions ouvrières.Un grand nombre préfèrent que le nettoyage se tasse par les membres mêmes des unions qui sont ainsi dirigées par des éléments subversifs.Toutefois il ne peut y avoir de désaccord lorsqu’une situation intolérable se présente où les employés sont pénalisés parce qu’ils refusent d’être communistes ou de suivre les dictées communistes”.M.Provost ajoute (pic dans les circonstances, la Fédération du Travail du Québec, "se devait de venir en aide à ces travailleurs de la fourrure qui sont privés de leurs droits démocratiques, sans protection con- tre des conditions de travail injustes.Nous avons nommé M.Maurice Lachapelle, l’un de nos organisateurs, pour prêter main forte à ces employés et toutes les unions affiliées à la Fédération du Travail du Québec sont priées d’apporter le maximum d’appui moral et financier dans cette juste lutte”.On se rappelle (pic M.Provost a mené une lutte victorieuse pour déloger les dirigeants communistes de l’Union des travailleurs du textile.M.Provost a de plus déclaré (pic “les dernières années ont démontré la grave erreur de politique commise par le COL en expulsant les organisations et l’ensemble de leurs membres parce (pie certains chefs étaient communistes.11 en est résulté (pie ces communistes ont pu maintenir un contrôle beaucoup plus grand sur leurs membres.Nous préférons nous maintenir en contact avec ces organisations et travailler de concert avec les membres pour se débarraser de ces gens qui sont plus intéressés à l’idéologie communiste qu’à la sauvegarde des droits légitimes et des aspirations des membres”.Mémoire de la Fédération.pôt direct avant le début de la dernière guère.Il y entra alors de façon temporaire à la suite d’entente avec les provinces.Cependant le temporaire d’alors a depuis pris un caractère de permanence qu'il semble difficile de changer aujourd’hui.Il n’en reste pas moins vrai que la taxation directe est un domaine où la province possède des droits égaux au pouvoir central, droits qu’il lui est loisible d’exercer en tout temps.Le gouvernement de la province de Québec est le seul qui depuis le 20 août 1952 s’est refusé à toute entente fiscale avec le gouvernement central.A la dernière session, la Législature provinciale établissait une taxe directe provinciale de 15ride l’impôt fédéral.Nous reconnaissons (pic la province a alors exercé un droit qu’elle possède et (pic nul ne peut lui reprocher l’exercice de ce droit.IVantant plus que cette nouvelle taxe servira à l’éducation.La province a-t-elle alors exercé de la meilleure façon son droit ?L’ouvrier de cette province, bien qu’en accord avec le principe, sc demande si en tout ceci il ne devient pas la victime innocente de la mésentente qui existe entre le gouvernement provincial et le pouvoir central.Il se demande de plus, pourquoi le gouvernement provincial a-t-il choisi l’impôt sur le revenu individuel alors qu’il pouvait obtenir les mêmes résultats en imposant une taxe sur les corporations ou en prélevant un loyer ou des royautés sur les opérations forestières (nous reconnaissons qu’il existe déjà en ce domaine une taxe spéciale pour l’éducation), sur les opérations minières et sur l’exploitation «les ressources naturelles.Les compagnies minières et forestières font des affaires d’or dans cette province et seraient bien plus en mesure de défrayer le coût du développement culturel de cette province (pic ne 1«* sont les ouvriers.De plus, l’impôt sur le revenu individuel touche à peine le cultivateur, si l’on en croit la statistique fédérale sur le nombre de cultivateurs qui paient l’impôt sur le revenu.Nous ne pouvons non plus nous empêcher de blâmer le gouvernement central qui se montre d’un entêtement irréductible sur le droit de la province à percevoir l’impôt direct.Nous soumettons qu’il aurait été certes préférable (pie les deux parties en cause en viennent à une entente avant (pic l’ouvrier du Québec ne soit appelé à payer un impôt augmenté de 15% tandis que son salaire est inférieur à celui de l’ouvrier de la province d’Ontario.Nous déplorons (pie les deux gouvernements semblent introduire la politique dans ce problème et nous insistons pour qu’il y ait rencontre et entente entre le gouvernement de la province de Québec et le pouvoir central dans le plus bref délai possible.Nous ne nous inquiétons pas trop de l’argument tpic cette taxe empêcherait certaines industries de venir s’établir en notre province mais nous nous inquiétons sérieusement de ce traitement défavorable qu’on fait subir à l'ouvrier québécois et nous craignons (pic tôt ou tard il ne néglige les considérations autonomistes si elle le place dans un état d’infériorité économique vis-à-vis des ouvriers des autres provinces.8.Nous voudrions nous arrêter ici sur une considération qui tient à coeur à plus de 70,000 de nos membres, citoyens de la Ville de Montréal.Lors des années de dépression de 1930 à 1937, le gouvernement central a laissé retomber sur les provinces et les municipalités la responsabilité presque totale de nourrir leurs populations.La Ville de Montréal a vu alors sa dette augmenter de façon astronomique.Elle doit encore aujourd’hui assumer le service de cette dette qui ronge une partie substantielle de son revenu.La métropole du Canada est aujourd'hui dans une situation presque impossible.F.llc a besoin pour continuer son développement et pour maintenir sa position de première ville du Canada de transformer son système de transport en commun et d’améliorer sa circulation.Malheureusement comme elle ne reçoit en l’occurrence aucune aide du gouvernement fédéral ni du gouvernement provincial, bien qu’elle paie la part du lion des taxes provinciales, il lui est impossible de mettre à exécution les travaux nécessaires.Il lui faudrait immédiatement trouver les argents nécessaires à son développement et nous suggérons une conférence fédéralc-pro-vincialc dans le plus bref délai pos- CSui/e de la page 3) sible pour trouver une solution au problème auquel la plus grande ville française d’Amérique a à faire face.Sur le plan scolaire, la situation est aussi anormale.Montréal doit percevoir la taxe scolaire qui est d’environ $20.00 par tête, assumer la responsabilité et les dépenses inhérentes à sa perception et malgré ceci l’administration de la Coin mission scolaire de Montréal lui est tout à fait étrangère.Si le gou vernement provincial assume Peu tière responsabilité en matière édu-cationellc pourquoi la Cité de Montréal ne serait-elle pas libérée de son obligation actuelle.Pourquoi devrait-elle percevoir la taxe scolaire Pourquoi devrait-elle garantir les emprunts de la Commission scolaire si l’éducation n’est pas de son ressort ?9.Nous avons voulu soumettre toutes ces considérations à votre I lonorable Commission parce que nous sommes convaincus de l’importance des études qu’elle poursuit ci du sérieux qu’elle apporte à ces études.Certes ce mémoire touche à plusieurs points et de façon sommaire, mais considérant que la plupart de ces problèmes ont fait l’objet de mémoires plus complets quant à leur aspect technique, historique et politique nous avons voulu nous borner à vous présenter l’opinion de l’ouvrier de cette province affilié à notre organisation.Nous avons voulu le faire de la façon la plus claire possible et nous espérons, Honorables Messieurs, qu’en dépit de son langage simple, vous porterez une attention profonde à la voix de l’ouvrier du Québec.Respectueusement soumis, I.a Fédération du Travail du Québec : ROGER PROVQST, président, ARMAND MARION, secrétaire, Vice-présidents généraux: R.-M.BENNETT, Montréal.-EDOUARD I.AROSE, Montréal.- J.B.MUR ENS, Québec.— J.-B ARSENAULT, Trois-Rivières.-RENE FOURNI ER, Granby.— MARCEL CHARBONNEAU, St Jérôme.— BAT.O’FARRELL, Gatineau.— GEORGES M ETIVI ER Valley field.Montréal, le 23 juin 1954.ST-nLEXflNDRE L.I MITÉ E.BaiB3aBgn333Eii«3agBaBag3zi333 "Le lait St-Aloxandre est dune richesso et d'une pureté absolues.' UPERTE5 has 7 V Î “lïjM «.?|pr '** c L.'jv, Achète bien qui achète chez ?* ?SOUTTIAM PRESS Montreal I THE LABOR WORLD SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 PAGE 7 Dans la métropole V Montreal News Claude Jodoin, président Echos du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal Louis Laberge, secrétaire FESTIVAL DU TRAVAIL A MONTREAL Le Conseil des Métiers et du Travail de .Montréal a organisé à l’occasion de la Fête du Travail un festival qui a remporté un éclatant succès.Plus de dix mille personnes se sont réunies au Forum pour participer à ce festival.En plus d'être dédié aux travailleurs, le festival de cette année revêtait un caractère tout à fait spécial en ce sens ¦qu’il était en quelque sorte un hommage au confrère Claude Jodoin, récemment élu président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada.Le confrère Roger Provost, président de la Fédération du Travail du Québec a également reçu un chaleureux accueil -de la part des travailleurs.Etaient également présents à cette fête le confrère Raoul Trépanier, président fondateur de la Fédération et présentement conciliateur du ministère fédéral du Travail ; M.Candide Rochefort vice-président de la Commission du salaire minimum à Montréal, M.Arthur Tremblay, maire suppléant.Une dizaine de conseillers municipaux dont MM.Dave Rochon, Hervé Brien, J.M.Savignac, Roméo Désormiers, Rodrigue Moore et autres avaient tenu à se joindre aux •ouvriers pour cette célébration.On remarquait également la présence de MM.Romuald Bourque, maire d’Outrcmont, Hector Dupuis, député fédéral de Ste-Marie, Geo.Schollie, vice-président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada et vice-président international de l’Association internationale des machinistes de même que tous les officiers du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal et nombre d’officiers, d’organisateurs et de représentants des unions de la région de Montréal.La fête a débuté par un programme de variétés d'une heure et demie pour lequel la foule a manifesté son appréciation par des applaudissements soutenus.Le confrère Claude Jodoin dans le message qu’il a fait aux travailleurs à cette occasion a souligné qu'il ne voulait pas gâter le plaisir d’une si belle assistance par de longs discours ; il a remercié en quelques mots tous les confrères et compagnes de travail venus en si grand nombre célébrer la fête des travailleurs.Le confrère Jodoin a de plus remercié tous ceux qui l’avaient félicité de sa récente nomination à la tète du Congrès des Métiers et du Travail du Canada.‘‘Cette nomination, a-t-il dit, m’aidera à me dévouer davantage à la cause ouvrière.J'envisage l’avenir avec confiance, sachant pouvoir toujours compter sur les membres du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal et sur ceux de toute la grande famille du Congrès des Métiers et du Travail, au sein de laquelle a toujours existé une merveilleuse coopération."Sachez que dans l'union réside votre seule planche de salut.La menace du chômage dont ont surtout souffert au cours des douze derniers mois les non-syndiqués, a permis aux syndiqués de se rendre compte, peut-être plu» que jamais au cours des quinze dernières années, l’importance d’être unis, solidaires, de se sentir les coudes.ce et de leur souhaiter mes meilleurs voeux d'une fête du Travail remplie de joie, de bonheur et de fraternité.” Voeux de Roger Provost.Le confrère Roger l’rovost avait plus tôt exprimé l'espoir que les douze prochains mois nous feraient assister à un renouveau économique qui procurerait de l'emploi à des milliers de travailleurs présentement en chômage.M.Arthur Tremblay a dit qu'il était honoré au nom de ht ville de Montréal de rendre bornage au cou-frère Jodoin et au confrère Provost qui font honneur à leurs compatriotes.Le confrère Raoul Trépanier, conciliateur du Ministère fédéral du Travail et ancien président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal a rappelé avec délicatesse le rôle joué par Mme Jodoin dans l’ascension de son mari, qu'il considère a-t-il dit comme son élève, puisque le confrère Trépanier fut déjà président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal.11 s'est dit très heureux de la nomination d’un canadien-français à la présidence du Congrès.11 a souhaité au confrère Jodoin de nombreuses années à ce poste et au mouvement ouvrier, une bonne année de succès.La fête s'est terminée, après de brefs discours, par une danse générale sur le parquet du Forum."Mon accession à la présidence du Congrès des Métiers et du Travail du Canada m'obligera sous peu à démissionner comme président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal."Je poserai ce geste avec regret,” a dit le confrère Jodoin."Qu’il me soit toutefois permis d'exprimer à tous les membres de toutes nos unions, qui forment la base fondamentale de notre syndicalisme libre et démocratique, mes remerciements et ma rcconnaissan- Entre amis — Dis-moi, Jean, me prêterais-tu mille dollars?J’ai un créancier à payer dès aujourd’hui sans quoi je suis dans la rue.— Comment, tu voudrais me prendre, à moi ton ami, mille dollars pour les remettre à un étranger que tu connais à peine et qui au surplus te veut du mal.Tu en as du culot.Félicitations à Cl.Jodoin Le Conseil tics Métiers et du Travail île Montréal, a an cours île sa réunion régulière du 2 septembre courant, a chaleureusement félicité le confrère Claude Jodoin qui a été élu président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada au cours de sa récente convention annuelle tenue à Régina, Saskatchewan.Après l’adoption de la résolution de félicitations à son endroit le confrère Jodoin a remercié les délégués me correspondant au Journal ‘Typngm- Le confrère Bernard Tobin a été 1 • réclu secrétaire adjoint en s’assu- Lors de la mise en nomination, il y rant sur le pompier Roland Ledoux a quinze jours (le 11 septembre), les du poste Xn 21 une majorité de 356 confrères André Lévesque et R.Gorlin vo*-\.avaient été élus par acclamation, res- pectivement, président et sccrétaire- Délégués au Conseil des Métiers Alliés de l’Imprimerie et à la Ligue de l’Etiquette: les confrères Albert Duchesne, André Lcvesquc et Henri Richard.Le comité des apprentis sera formé des confrères A.Raymond et A.Ruel.Au Comité paritaire de l’Industrie de l’Imprimerie du district de Montréal: Henri Richard, délégué; Albert Duchesne, substitut.Le referendum Enfin an poste de directeur M.Lucien Boivin l’a emporté sur scs trois adversaires les confrères Lucien Roy, Albert Jarry du poste No 6 et Dan llcliuk.Les autres officiers soit le secrétaire Ronîa Deveault; le trésorier Guy Hillman, le trésorier adjoint Jacques Laganièrc et le président de l’équipe “B” Lucien Sabourin, avaient été élus par acclamation lors de la mise en nomination.archiviste.Ont été élus, par acclamation .déléguée au Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, les confrères André Lévesque et Henri Richard.Pour ce qui est du référendum sur la question des vacances annuelles la majorité des membres, soit 543 contre 403, a voté contre le système actuel de roulement, indiquant de ce fait sa préférence pour un système de séniorité subordonné à l’efficacité du service.ANDRE LEVESQUE Délégués à la Fédération du Travail du Québec: J.-R.Guy, A.Lévesque, E.McGown et Henri R chard.Délégués à la Fédérât on des Unions Internationales «les Métiers de l’Imprimerie: C Desmarcst, J.-R Guy, G.-A.Parent et Henri Richard.Plusieurs charges comme délégués devront être remplies plus tard soit le président, l’exécutif ou l’assemblée.Le 25 septembre, eut lieu l’installation des officiers et délégués.*• " v\, Jïf1 '' ¦‘’Wf&lT'f ÎQB4^ ** -S: i COMPANY PP The above is a photograph of the display of union-made cigarettes, cigars, and tobaccos which was placed on exhibit by the Tobacco Workers International Union.The materials supplied for the exhibit were received from the following companies: Imperial Tobacco Co.of Canada Limited; Tuckett Tobacco Company Ltd.; W.C.Macdonald Inc.; Rock City Tobacco Company (1936) Ltd.; General Cigar Co.Ltd.and Benson & Hedges (Canada) Limited.This display was exhibited at the 17th annual convention of the Quebec Federation of Labor which was held in Granby on June 11, 12 and 13, 1954.The delegates from the Quebec Local of this International also distributed cigarettes, cigars, address books and book matches to all delegates and guests attend ng the convention.From left to right we see several of the Canadian leaders of this International Union: René Rondou, President of Local 237, Montreal; Paul H.Paquet, President of Local 261, Quebec; John Purdie, International Vice-President; Rosario Lebeau, Int.Representative, and Anthony Lozis, President of Local 235, Montreal.Photo d’un étalage de cigarettes, cigares et tabacs fabriqués par des membres d’union et exposés par l’Union internationale des travailleurs du tabac.Le matériel qui a servi à cette exposition avait été fourni par les compagnies suivantes: Imperial Tobacco Co.of Canada Ltd.; Tuckett Tobacco Company Limited; W.C.Macdonald Inc., Rock City Tobacco Co.(1936) Ltd.; General Cigar Co., Ltd.; et Benson & Hedges (Canada) Ltd.Cette exposition eut lieu lors de la 17e conférence annuelle de la Fédération du Travail du Québec à Granby, les 11, 12 et 13 juin 1954.Les délégués des locaux du Québec de cette Union internationale ont également distribué cigarettes, cigares, carnets d’adresses et des livrets d’allumettes à tous las délégués et invités qui assistaient h la conférence.De gauche à droite, nous apercevons plusieurs officiers de cette union internationale: René Rondou, président du local 237, Montréal; Paul H.Paquet, président du local 261, Québec; John Purdie, vice-président international; Rosario Lebeau, représentant international; et Anthony Lozis, président du local 235, de Montréal.A.P0upart & Cic ¦ LIMITÉE 1715, rue Wolfe • FR.2194* LAIT • CREME • BEURRE OEUFS • BREUVAGE AU CHOCOLAT rtnmnnnnnnnnnnnnnnnrrtnrrir^^ ^JJomma^e aux 1."Ira vailleurs MON TVR E A L Le plus grand quotidien français d'Amérique PLUS DE TIRAGE QUE TOUS LES JOURNAUX DU SOIR DE MONTREAL REUNIS.\JUUUUUUUUULSL(UUUUUUULIUUJLIUUULSUl5LSUUUULSLflJl-fiJULfl-8JlJUU!-^ Furness, Withy & Co.Limited FURNESS HOUSE STEAMSHIP OWNERS & AGENTS 315 St.Sacrament Street Montreal li I V, K S 0-B Ji’s from Bris means so much lo tlie recipient of u gift in ihe, famous liirks Box.For generations this has meant that the gift will he of traditional Dirks Quality and Beauty.When the occasion is important most jH-iijUe lliiuk of Birks.B I R K S JEWELLERS Encourageons nos annonceurs THE LABOR WORLD SEPTEMBRE 1954 — MONTREAL — SEPTEMBER, 1954 PAGE 13 Rapport de la Commission des relations ouvrières rendu public Workers Can Be Loyal To Both Union and Boss L’lion.Antonio Barrette, ministre tin Travail, a retulu public ctt tin de semaine le rapport cpie vient de' lui soumettre la Commission des relations ouvrières pour l’annce fiscale 1953-54.La première chose à retenir, c’est le chiffre remarquable des contrats de travail en vigueur dans la province à la fin de l’année fiscale écoulée.Au 31 mars 1954, il y avait en vigueur, dans Québec, 1,367 contrats de travail.Le second point intéressant du rapport de la Commission réside dans le nombre considérable des travailleurs régis par des contrats de travail.On constate, en effet, que 212,746 salariés étaient gouvernés par des contrats de travail à la fin de l’année 1953-54.On aura une idée exacte des progrès accomplis dans ce domaine depuis quelques années si on tient compte que, à la fin de l’année financière 1947, on relevait, dans le Québec, 654 contrats de travail, couvrant 91,472 salariés.Ceci signifie que le chiffre des contrats de travail et le nombre des salariés régis par des contrats de travail ont tous deux plus et mieux que doublé dans le court espace de sept années à peine.Cent décrets de travail 11 faut aussi noter que 100 décrets de travail assurent également leur protection à au-delà de 220,000 salariés.C’est dire que près de 450.CKX) travailleurs du Québec bénéficient de contrats ou décrets de travail dans la province à l’heure actuelle.Le nombre des travailleurs ainsi protégés a plus que triplé depuis une décennie.• C’est assurément là un indice indéniable de l’ampleur des progrès syndicaux dans Québec en ces dernières années.Le rapport de la Commission mentionne qu’elic a émis 315 nouveaux certificats de reconnaissance syndicale en 1953-54; elle a accordé 80 auditions.Dans la même année encore, la Commission a octroyé 300 requêtes eu conciliation, et examiné 116 plaintes de pratiques antisyndicalcs.Cinq cent quatre-vingt-neuf enquêtes Le service d’inspection de la Commission a effectué 5S9 enquêtes à des fins de reconnaissance syndi-lc et 75 enquêtes sur des pratiques antisyndicalcs.La Commission a tenu 26 votes au scrutin secret pour détermination de l’allégeance syndicale.En 1953-54 encore, 693 contrats de travail, couvrant 116,139 salariés, et 162 amendements à des contrats
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