Le monde ouvrier = The labor world, 1 septembre 1944, samedi 2 septembre 1944
I mt tr illitnOf 29e Année No 36 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1344 MONTREAL SATURDAY, SEPTEMBER 2 1944 29th Year No.36 A bâtons rompus Le nouveau ministère provincial L'honorable Maurice Duplessis est pour la seconde fois premier ministre de la province de Québec, il a pris les rênes du pouvoir mercredi, le 30 août, avec le cérémonial habituel.Le nouveau gouvernement prend le pouvoir à un moment bien difficile, nous sommes encore en guerre, les usines de guerre marchent à plein rendement, il y a du travail pour tout le monde a des salaires bien souvent plus élevés que dans le passé, il y a plutôt pénurie de main-d'oeuvre dans nombre d'industries sans priorité d'emploi et de ce fait les salaires montent, il n'y a pas pour le moment de gros problèmes sociaux a résoudre mais sera-ce la même chose dans la période d’après-guerre ?C'est là qu'il faudra un pilote habile pour mener la barque gouvernementale à travers les écueils nombreux quasi inévitables dans la transiticn d'une économie de guerre à une de paix.Ce sera le "test", tout permet de croire que l'honorable M.Duplessis sera à la hauteur et qu'entouré comme il sera de bons ministres dont plusieurs ont déjà fait leurs preuves il administrera la province dans le meilleur intérêt de tous.Il peut être assuré de notre entière coopération dans toutes les bonnes mesures qu'il proposera ; si parfois nous sommes appelés à le critiquer, il peut être certain que ce ne sera pas une critique de parti-pris ou destructive mais plutôt constructive, car nous n'avons pas de querelles à régler avec le nouveau gouvernement, loin de là.Nous désirons faire une mention toute spéciale du nouveau ministre du Travail, car c'est avec lui que le Travail Organisé aura à traiter plus directement.L'hon.A.Barrette, député de Joliette, n’est pas un nouveau dans le champ politique, il a fait ses preuves à l'Assemblée législative dans le passé ; comme lui-même fut un ouvrier, il comprendra mieux que bien d'autres ce que les représentants des associations ouvrières voudront lui soumettre, personne ne doute de sa sympathie peur les gagne-petit, il Ta d'ailleurs prouvé en maintes circonstances car il suivait la législation ouvrière de très près et s'occupait à voir comment elle était mise en vigueur.Ajoutons que le nouveau ministre du Travail fait partie de l'Union internationale des machinistes depuis plusieurs années, il a toujours maintenu sa carte de membre en règle, il est donc l'un des nôtres.Nos voeux les plus sincères vont à lui dans sa nouvelle et importante sphère d'activités.Il nous fait également plaisir de mentionner que J.-H.Delisle, député de Saint-Henri, Mcntréal, et Tune des figures dirigeantes des syndicats catholiques nationaux, a été promu au rang de ministre d'Etat.C’est un honneur qui rejaillit sur ses confrères de travail et un peu sur toute la classe ouvrière.Nous sommes persuadés qu'il sera un collaborateur éclairé de l'honorable ministre du Travail et que, lui aussi, travaillera dans l'intérêt de la masse ouvrière.Nos félicitations.Nous souhaitons à Thon.M.Duplessis et à son cabinet tout le succès possible et une heureuse et bienfaisante administration de la chose publique.• • • La libération de Paris C'est avec joie que nous apprenions la semaine dernière que Paris, la ville-lumière, était encore une fois libre et que sa délivrance était l'oeuvre des Parisiens eux-mêmes qui s'étaient débarrassés du joug de 1 Allemand.Même si la nouvelle était prématurée, que les hordes teutonnes attaquaient à nouveau le coeur de la France, on pressentait que malgré tout la fin de ce cauchemar était proche car l'armée française n'était pas loin et les troupes alliées ayant à l'avant-garde les phalanges américaines viendraient immédiatement à la rescousse pour donner le coup de grâce à la horde de barbares qui opprimaient la France depuis quatre longues années.Enfin, c est fait, et ce n'est que le commencement de la débâcle.La France entière et les autres pays voisins __ la Belgique, la Hollande, le Luxembourg et même l'Italie — seront sous peu libérés et jouiront de leur liberté sous le beau soleil du bon Dieu.Il va s'agir maintenant de reconstruire et de panser les blessures, de préparer un avenir qui éloignera pour toujours le spectre de la guerre et de toutes les horreurs qui l'accompagnent.Nos valeureux soldats canadiens y auront contribué, nous sommes fiers d'eux mais comme cela doit faire honte __ s’ils sont encore capables de sentir la honte — à ceux qui ont fait obstacle à notre participation par leurs discours échevelés, aux déserteurs qui ont préféré se sauver au fond des bois plutôt que d être des nommes dignes de notre passé et de notre race.Mais oublions ce mauvaise côté du tableau et réjouissons-nous d'entrevoir une paix prochaine et la délivrance de tous les peuples qui ont tant souffert durant ces quatre dernières années.SOCIUS.La Fête du Travail, 1944 Tandis que no.frères travailleurs de la malheureuse Europe passeront encore la fé'.e du travail 1944 sous le feu du canon et de la mitraille, les ouvriers canadiens pourront continuer à fêter dans le calme et la paix leur fête annuelle.Tenant compte de ce privilège inappréciable La célébration de la Fête du Travail je crois que tous les ouvriers sans distinction devraient se recueillir, ne serait-ce qu’une minute, afin de remercier la Divine Providence de nous avoir épargnés ju.tqu’ici tie toutes les calamités de cette guerre, qui heureusement nous l'espérons, tire à sa fin.Déjà trop de deuils ont jusqu'ici endolori le coeur de plusieurs de nos bonnes familles ca- Pour la première fois depuis que les unions internationales, sous l'égide du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, celebrent la Fête du Travail, il n'y aura pas de parade dans les rues de la métropole du Canada ; ainsi en ont décidé les unions locales intéressées par un vote referendum.Loin de que nous avon., de pouvoir feter en moi l'idée de condamner cette décision ou même de la critiquer pu,x la fete ^tr^illmir, cor il est de mise au Travail Organisé de se conformer à ce que la majorité décide.Alors, comme tant d'autres — surtout parmi les anciens du mouvement — ncus nous inclinons tout en regrettant l'attitude prise.Pour ma part, j'estime que ce fut une erreur, une Fête du Travail sans parade sera-ce bien une célébration digne de ce grand jour, consacré à la glorification du Travail ?Pour nous, qui, depuis trente ou quarante ans, n'avons jamais manqué de marcher dans les rangs de cette démonstration publique, et qui, depuis que le poids des années rendait la marche plus Pénible, prenions fièrement place dans les autobus destinés aux vieux de la vieille, aux pensionnés et retraités, être privés de ce que pour des milliers de membres nous estimions être un plaisir, même un devoir, nous considérons qu'il manquera quelque chose à la célébration de la Fête du Travail de 1944.Plusieurs se demandent : "Mais pourquoi cette décision ?" Le comité en charge a cru bien faire de demander l'opinion des unions affiliées, vu que plusieurs des qrandes unions 1 avaient informé quelles ne pourraient pas prendre part à la parade pour différentes raisons, dent la principale était l'interruption du travail dans certaines usines de guerre — raison dont il fallait tenir compte.D'autres invoquaient qu'il était quasi impossible d'obtenir des fanfares et, défiler sans musique manquerait de charme et serait plutôt monotone, tant pour les manifestants que pour le gros public qui ne manquait jamais de venir applaudir soit un beau char allégorique, soit Failure here et martiale des membres d'une union, des parents des amis.C'est précisément ce qui étennera le plus dans les milieux ouvriers pour qui la parade de la Fête du Travail était tout un événement attendu longtemps à l'avance.Combien se demanderont, — peut-être avec raison, si les unions internationales sont disparues, emportées par la tourmente de la grève des p tits chars ou celle des policiers.Pendant des années et des années, le public jugeait de la force de notre mouvement par le nombre de participants à cette parade, le temps qu elle prenait à défiler, combien de fanfares 1 accompagnaient, plus il y avait de chars allégoriques, plus c était beau et plus on en parlait ; c'était le thème de bien des conversations dans les quartiers populaires : "non, mais sont-ils nombreux les internationaux, ils doivent être bien forts, ce doit etre de bonnes unions, mais pourquoi les syndicats catholiques ne paradent-ils jamais dans les rues, c'est parce qu'ils n'ont pas assez de membres", etc., etc.C était de la bonne réclame et les unions rivalisaient d ardeur pour arriver bon premier par le nombre et l'allure martiale ; c était dans les moeurs, la plupart des unions imposaient un dollar d amende aux membres qui n'assistaient pas a la parade, on saignait la caisse à blanc pour engager une fanfare, ,mais on paraissait bien et cela faisait son effet.Espérons que cela reviendra et que dans les années à venir la parade se fera rain or shine , comme dans le bon vieux temps; c'est ce que je vous souhaite pour le moment.GUS.F.nadiennes.pour que ce conflit se prolonge plus longtemps.Donc à l’occasion de cette fête du Travail que nous célébrerons lundi le 4 septembre, je me permettrai de présenter à mes confrères employés de tramways, ainsi qu'aux autres confrères des Unions Internationales quelques modestes observations en marge de notre grande Fête.Bien des leçons s’en dégagent, mais la principale pour moi c’est encore le manque d’unité ouvrière qui règne plus que jamais parmi nous.Depuis quelques années surtout on semble se faire un réel plaisir en certains milieux à semer la division dans les rangs des travailleurs déjà organisés dans l'union de leur métier.On ne semble pas se rendre compte qu’en pratiquant ce malheureux stratagème parmi les classes travaillantes, on fait le jeu directement ou indirectement si vous le voulez, des capitalistes sans âme qui profitent de cette division entre leurs employés pour leur accorder des conditions de travail parfois intolérables.Et dire qu'il y a des gens qui se prêtent à ce petit jeu là pour mieux servir leurs intérêts personnels.Ici au Tramway, on a fait pire.Se souciant bien peu des privilèges et des conditions de travail convenables obtenues par l'entremise du Local 790.certains esprits étroits pour servir uniquement leurs fins personnelles n'ont pas craint de venir nous diviser, et en l'espace de 17 mois, à la suite de 3 grèves injustifiables et injustifiées, ces grands sauveurs ont fait perdre aux employés de tramways toutes les concessions acquises au prix de tant de peines et de sacrifices au cours de ce dernier quart de siècle.Tous ces diviseurs d'ouvriers devraient se rappeler que ce sont les unions internationales, qui les pre- ’(Suite il la page 4) Les élections au Nouveau-Brunswick Le parti libéral vient de remporter une belle victoire aux élections provinciales du Nouveau-Brunswick, il a obtenu 36 des 48 sièges de l'Assemblée législative, les conservateurs en auraient donc 12, car le parti C.C.F.n'a réussi à faire élire aucun des 41 candidats qu'il avait sur les rangs.Il est évident que les électeurs de la province-soeur ont continue leur confiance à Thon.John McNair, premier ministre et ce pour 1a troisième fois au cours des neuf dernières années’ L election s'est faite sur des questions purement provinciales mais cela prouve toutefois que les pronostics de ceux qui voulaient que ce serait une continuation de la débâcle libérale qui s est produite dans d autres provinces récemment étaient erronés, car, 1ers de là.les libéraux ont enlevé 9 sièqes aux conservateurs, au lieu d'être une reculade c'est donc une avance.Quelle répercussion cette victoire libérale aura-t-elle sur des elections fédérales qui, parait-il, auront lieu sous peu?|Nul ne le sait.Qui vivra verra.4 PAGE 2 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1944 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1944 Les allocations familiales Ainsi, c’est fait, en 1945 les allocations familiales seront en vigueur, le premier ministre Mackenzie King a piloté son projet de loi de maîtresse façon à tel point que l'opposition que certains projetaient à cette mesure ne s'est pas manifestée en Chambre, car M.Gordon Graydon, le chef du parti conservateur, se prononça en faveur du principe de cette législation, mais déclara toutefois qu'elle ne remplirait pas le but proposé ; d'autre part, M.M.-J.Coldwell, chef du parti C.C.F., déclara qu'il acceptait cette mesure comme "une reconnaissance des droits de l'humanité", tout en regrettant qu'elle ne fasse pas partie d'un vaste programme de sécurité sociale.Cette nouvelle législation prévoit le paiement aux parents d'une allocation de $5 par mois pour les enfants de moins de six ans ; de S6 pour les enfants de six à dix ans ; de S7 pour les enfants de dix à treize ans, et de S8 pour ceux qui ont de treize a seize ans, avec certaines déductions pour les familles nombreuses.Le premier ministre fit remarquer que les frais d’entretien d'un enfant augmentant avec l'âge les allocations augmentent dans le même sens ; tout comme dans les familles nombreuses certaines dépenses sont restreintes elles seront donc quelque peu moindres dans ces cas.On estime que ceux qui profiteront davantage de ces allocations familiales seront les personnes mariées dont le revenu n'excède pas $1,200.00, quoique celles qui paient l'impôt sur le revenu bénéficieront d'une remise de $108 par enfant.De ce fait, les allocations familiales feront profiter tout le monde de ce bénéfice, quoiqu'elles viendront tout particulièrement en aide aux familles qui sont réellement dans le besoin.Le premier ministre de la province-soeur (Ontario) s’est fortement élevé contre cette mesure, estimant que cette législation sera tout à l'avantage du Québec et que les autres provinces devront en supporter les frais tout comme Québec mais en tireront très peu d'avantages, les familles nombreuses y étant plus rares.A qui la faute ?Si dans le Québec on est plus prolifique que dans l'Ontario, affaire de tempérament physique comme dirait l'autre, s'ils en veulent qu'ils fassent comme chez nous.Comme question de fait, ce qu'on en a trouvé de raisons plus ou moins baroques pour décrier cette législation et cela dans toutes les différentes couches sociales, même une partie du Travail Organisé s'y est montrée antipathique, plutôt hostile, on prétendait que les allocations familiales auraient une tendance à faire baisser les salaires ou tout au moins à les empêcher de monter, que les patrons en prendraient prétexte pour dire à un père de famille touchant des allocations qu'il pouvait travailler à un prix moindre puisqu'il touchait autant de dollars par mois pour élever ses enfants.C'était stupide, mais ça prenait dans certains milieux.Par contre, lors de la dernière conférence de 1943 de la Fédération provinciale du Travail du Québec, une résolution fut adoptée réclamant la mise en vigueur des allocations familiales, tandis que la convention du Congrès des Métiers et du Travail du Canada ne prit aucune action sur cette question.Tout d'abord le Travail Organisé n'a jamais reconnu ce principe d’établir le salaire d'après le coût de la vie, soit pour un budget d'une famille normale de cinq personnes : père, mère et trois enfants ; le salaire doit être généralement celui fixé par une association ouvrière, il doit être basé sur la production, le rendement, sur la plus-value produite par le travail du salarié, et convenu par négociations entre employeurs et employés.Que le salarié soit célibataire, père de famille de trois enfants, de six ou de dix, cela ne doit pas et ne peut pas entrer en ligne de compte.Au sujet des objections soulevées par cette législation, je ne puis m'empêcher de citer ce qu'en dit M.Gérard Parizeau, professeur d'assurances à l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, dans le numéro de juillet de la revue "Assurances" dont il est le directeur, je cite : "Les allocations familiales.— "Ce projet a immédiatement donné lieu à des attaques dictées par les intérêts de groupes, de clans et de classes.Il ne semble pas que la pijasse française en ait suffisamment Indiqué l'importance du point de vue canadien-français, soit par manoeuvre politique, soit par incompréhension .Et cependant bien peu d'autres lois peuvent aussi facilement corriger l’inégalité que crée la famille nombreuse : caractéristique ordinaire du groupe francophone du Canada.Parce que la théorie du juste salaire est bien difficile à appliquer sans qu’immédiatement le père de famille en soit atteint, il faut penser à autre chose.L'allocation familiale est une autre solution, plus souple, mieux adaptée aux besoins de l'industrie et du commerce puisque, tout en rétablissant l’équilibre entre le célibataire et le père de famille, elle n'expose pas celui-ci à se voir préférer celui-là qui, ayant des besoins moindres, pourrait être moins bien rémunéré.Quel patron, en effet, ne serait pas forcé de mettre le second de côté pour le premier, si on instituait un salaire variable selon les besoins de chacun ! Avec l'allocation familiale, on verse au second une indemnité qui lui permet de faire face, partiellement ou non, aux frais que lui Impose sa famille."L’objection ordinaire, c'est que l’ouvrier n’est pas prêt à recevoir une aussi forte somme, qu'il la gaspillera sans aucun profit pour sa famille.Il suffira, semble-t-il, de le former à dépenser, comme on lui a enseigné bien d'autres choses."Une autre objection ,c'est que l'ouvrier recevra une somme pour laquelle il n’aura rien fait et à laquelle il n'apportera pas l’importance nécessaire.Il nous semble qu'il y a là un argument assez faible.(Suite à la page 3) Hommage aux travailleurs Par CHS-E.CHAUFOUR.Secrétaire-trésorier de l'Union lacques-Cartier No 145 La Fête du Travail, cette année, est, pour tous les travailleurs, un jour de grandes réjouissances pour plusieurs raisons.D’abord, la délivrance de la ville de Paris, que nous avons apprise il y a quelques jours, est pour nous tout particulièrement, Canadiens français, une grande source de joie, puisqu’elle est un indice certain de la délivrance prochaine de toute la France, notre seconde patrie.Ensuite, les succès remportés partout par les armées Alliées nous font entrevoir pour très bientôt, la fin du terrible fléau de la guerre et la victoire finale.Les travailleurs, sur le front arrière.ont contribué largement aux succès remportés car ce sont eux qui ont fourni à nos soldats les armements, les vêtements, la nourriture, enfin tout ce dont ils ont eu besoin pour mener leur tâche à bonne fin.Ce sont eux aussi qui.en payant de lourdes taxes et en souscrivant autant qu'ils le pouvaient aux emprunts de guerre, ont donné au gouvernement ce nerf de la guerre qu'est l’argent et qui lui a permis de faire face aux dépenses énormes occasionnées par la guerre.Qu'auraient pu nos soldats, malgré toute leur bravoure, sans ces secours qui leur venaient continuellement de l’arrière ?Pas grand'-chose.Nous en avons eu la preuve, au début de la guerre, alors que l'Allemagne qui se préparait secrètement à la guerre depuis 20 ans, fondit comme un oiseau de proie sur tous les pays environnant son territoire et s’en empara presque sans coup férir.Personne ne peut dire que les peuples de ces différents pays étalent des lâcheurs.La France, par exemple, a toujours été considérée comme le peuple le plus brave de la terre, et elle l'a prouvé dans toutes les guerres qu’elle eut à subir depuis des siècles.Tous les pays envahis se sont défendus avec l'énergie du désespoir, car ils savaient très bien le sort qui les attendait s’ils étaient vaincus.Malheureusement, la formidable machine de guerre allemande les a tous écrasés et ils se sont alors aperçus que leurs appréhensions étaient bien fondées car les Allemands mirent leur pays à sac, s’emparant de tout, victuailles, vêtements, etc., laissant ces pauvres gens dénudés de tout Les ouvriers de ces pays, par millions, furent emmenés en esclavage en Allemagne, afin de faire fonctionner l’industrie de guerre allemande.Ceux qui se rebellèrent, furent fusillés sans merci.Tout ce que les ouvriers de ces pays ont eu à souffir est inénarrable.Remercion.Dieu, nous, ouvriers ’ canadiens d’avoir eu la chance d'habiter un pays où toutes ces horreurs nous ont été épargnées et en ce jour de ! Fête du Travail, ayons un souvenir ému pour nos confrères opprimés.Mais, quelle fut la cause de toutes ces défaites?Le manque de préparation.Si nous avions été aussi bien préparés qu'elle.l’Allemagne ne nous aurait jamais attaqués."Si tu veux Typographique la paix, prépare la guerre", dit le proverbe.Devant l’imminence du danger qui les menaçait, l’Angleterre, les Etats-Unis et le Canada transformèrent leurs industries de paix en industries de guerre, fondèrent un grand nombre de nouvelles usines ci demandèrent alors aux ouvriers et ouvrières d'aider à sauver la démocratie en danger en faisant fonctionner ces usines sans interruption afin de fournir à nos armées tout ce dont elles avaient besoin.Les ouvriers répondirent avec enthousiasme à cet appel et beaucoup d'entre eux travaillèrent presque jour et nuit afin de produire le plus possible.Cette année, à Montréal, les ouvriers internationaux décidèrent même de suspendre leur parade annuelle de la Fête du Travail afin de ne pas ralentir la production de guerre.Tous les efforts combinés des ouvriers portèrent la production d'armements et de munitions au plus haut sommet jamais atteint dans toute l'histoire du monde et cette production a permis à nos armées d'arrêter l'avance de l'armée allemande, de la chasser des pays qu’elle avait envahis en attendant de l’annihiler complètement, ce qui ne saurait tarder.Sans vouloir enlever aucun mérite à nos valeureux soldats qui ont vaillamment combattu, qui ont donné leur sang et même leur vie pour le salut de la démocratie, je suis convaincu qu'une grosse part du succès remporté par nos armées est dû aux ouvriers et ouvrières dont le travail et le dévouement ont permis ce succès et j'espère qu'au jour de la célébration de la victoire finale, une place d'honneur sera réservée au Travail.Mes hommages à tous les travailleurs.LE CABINET DUPLESSIS Voici comment se compose le cabinet Duplessis: L’hon.Matirice-L.Duplessis, C.R.LL.D., premier ministre, président du conseil exécutif et procureur général.L’hon.Onésime Gagnon, C.P.C.R., trésorier de la province.Sir Thomas Chapais, ministre d'Etat et leader du gouvernement au Conseil législatif.L’hon.John-S.Bourque, ministre des terres et forêts.L’hon.Dr J.-H.-A.Paquette, ministre de la santé.L’hon.Bona Dusseault, ministre des affaires municipales.L'hon.Antonio Talbot, C.R.ministre de la voirie.L'hon.Roméo Lorrain, ministre des travaux publics.L'hon.Jonathan Robinson, ministre des mines.L'hon.J.-D.Bégin, ministre de la colonisation.L'hon.Dr Camille Pouliot, ministre de la chasse et des pêcheries.L’hon.Antonio Barrette, ministre du travail.L'hon.Paul Beaulieu, ministre du commerce et de l’industrie.L’hon.Laurent Barré, ministre de l’agriculture.L’hon.Orner Côté, secrétaire de la province.L'hon.d’Etat.Antonio Elie.ministre L'hon.d'Etat.Tancrède Labbé, ministre L'hon.d'Etat.Dr Marc Trudel, ministre L'hon.d’Etat.Patrice Tardif.ministre L’hon.d'Etat.J.-T.Larochelle, ministre L'hon.d'Etat.J.-H.Dellsle.ministre LABOR DIRECTORY CONSEIL DLS METIERS ET DU TRAVAIL DE MONTREAL — MONTREAL TRADES AND LA 1(0R COUNCIL.— Meets every 1st ami Uni Thursday of each month — s’assemble les premier et troisième jeudis de chaque mois, A la salle de l’Assistance Publique, 458.rue Lagauchellére Est.President, Paul Fournier, Il U» Bleury; secrétaire-correspondant — corresponding-secretary, .1.E.Oariépy, 11.rue Saint-Paul ouest.Tel.LA.3381 ; vice-président Onésime Renaud.DOD boulevard St-Laurent, T d.LA.S103 : J.E.Beaudoin, 1153 St-Denis, Tel.MA.3731 - 3733.ALLIED P R INTI NO TRADES COUNCIL.— To promote the interests of Allied Union Label twhich can be had ?in French or English).The following organizations comprise Council: The Typographical Union No.17»), .lacques-Cartier Typographical Union No.115.Printing Pressmen and Assistants’ Union No.53; Brotherhood of Bookbinders and Bindery Women’s Union No.Dl; Photo-Engravers Union No.D: Stereotypers and Electrotypers Union No.33; President, W.Forrest; vicepresident, C.Arpin; Recording Secretary, Georges Prunelles; Secretary-Treasurer, James Philip, Room 54, 484 McGill Street, Tel MA.74bD ; Executive, John Moore, J.-A.Ardouin and A.Query; Auditors, J.-A.Richard and U.Collin.Council meets second Tuesday of each month at D0D St Lawrence blvd.CONSEIL DE DISTRICT DE MONTREAL DE LA FRATERNITE UNIE l) ES CHAR P E N TI E R S — M E NI ISI E R S DAME RIQ CE.— MONTREAL DISTRICT COUNCILS DF CARPENTERS AND JOINERS OF AMERICA.— Président: Esdras Secours; Vice-président: Ferdinand Don cet ; Secrétaire: Léopold Fruncoeur; Trésorier: E.Lun-thier.Exécutif: E.Lanthier, U R.Johns, F.Doucet.Gardien: B Labelle.Agents d’affaires: Edouard Toussaint et Elxéar Bernier.Assemblée chaque mercredi ù S h du soir au Monument National, chambra 10.U.L.134, 6'assemble tous les lundis soirs au Mouument National, chumhre 11.N.L’Heureux, secrétaire.U.L.1137, s assemble tous les lundis soirs au Monument Nation»!, chambre 15; Manuel Bourque, 3420 Chnplenu.U.L 1244.Meets every 1st and 2nd Thursday, 1440 Bleury, H B.Salter, Secretary, 4021 Blvd Décarie.N D.G.U.L.1300, s'assemble tous b*s W »*t 3e lundis, 4030 ouest Notre-Dame.H Martin, secrétaire, 3SJ5 rue Cia ide Verdun.U.L.1375, s’assemble tous les 1er lundis A 108 — 1ère Avenue.I.achine Harris Daouat.secrétaire.108 — 1ère Avenue.Lnchine.U.L.1558.s'assemble les 2e et le vendredis A 2138 Valois.Paul Vigennt, secrétaire, 2430 Orléuns.U.L.15S4, s’assemble les derniers mar clih de chaque mois A l'Hôtel de Ville Ste-Anne «le Bellevue.Léopold Fran-coeur, secrétaire.Boite Postale 23, Ste-Anne de Bellevue.UNION DES EMPLOYES I)E TRAMWAYS DE MONTREAL.Local 790.Association «les Employés de Traimvuy* électriques et «le «‘liaiiffeurs d'Autohu-* d’Amérii] ue.— .MONTREAL TRAMWAYS EMPLOYEES’ l MON Local 790, AmalRiUiialed Association of -treet Electric Railway ami Motor Couch Employ»-»**» ««I America.Quartiers généraux - lleadquurter.s, 1153.St Denis, Tel.LA.250.1 Officiers — Of fleers; Elphège Beaudoin, président Victor Trudeau, agent d'affaires: Albert V.Trudeau, agent d’affaires; Alb « luir tier, 1er vice-président : J.S Pnrthenuis, secrétaire; Alb.Brodeur, trésorier Joseph Itarhusci, secrétaire-correspondant; W.Latour, sentinelle.Le Local se réunit le 2e mercredi de chaque mois, A la snlle de l’Union du Commerce, 1079, rue Berrl, et l'exécutif le lundi précédant rassemblée régulière à 1153, rue Saint-Denis.UNION DES TRAVAILLEURS I)E LA CHAUSSURE.Local 210.— Root & SHOE WORKERS* UNION.— S'ns semble tous les mercredis soirs A 1331A est, rue Ste-Catherlne.Président.Jos Glroux, 3140 Dorion : 2e vice-président.IL Dosroslers.1HD4 Cadillac; secrétnire-irchiviste et correspomlant.N.Gervnis, 2112 rue Wolfe; s«*crfttnire-financier, trésorier et agent «l’affaires.Charles MeKep-her, 1331.\ est, rue Sr«»-('athe line.T ! i'll •”.11 r^'d-ne.C|.7125 sentinelle.Phllias Loclalr, 130.8 est, rue Bte-Catherine.L’exécutif, s'nsNPtnblo les 2«* et le lundis «lu mois, A 1331A est, rue Ste-Cat he ri ne.Président, Rosario ¦4b«rt, Jfl24 Porlon, CH.3087: secrétaire.Jnm Renurejrard.1598 rue Beaudry.EXAMEN dtTIcTVOE D»r J-L.Pho«nli.O.D.JOPTOMETRISTE-OPTICIENI *>»¦( : IN RE: La requête de: Fraternité des Mécaniciens de locomotives Fraternité des Chauffeurs et des mécaniciens de locomotives Ordre des Chefs de train Fraternité des gardes-trains Ordre des Télégraphistes de Chemin de fer Commercial Telegraphers’ Union Fraternité des Commis, des Préposés au irnffic-marchnndises et aux messageries, et des employés de gare Fraternité des Employés de Trains de l’Amérique International Union of Machinists International Brotherhood of Boilermakers, Iron ship Builders and Helpers of America Sheet Metal Workers' International Association International Moulders' Union of North America United Association of Journeymen Plumbers and Steamfltters of the United States and Canada International Brotherhood of Blacksmiths, Drop Forgers and Helpers International Brotherhood of Firemen and Oilers International Brotherhood of Electrical Workers Brotherhood of Railroad Signalmen au nom de certains employés des: Chemins de fer canadiens nationaux et leurs subsidiaires Chemins de fer du Pacifique canadien et ses subsidiaires Dominion Atlantic Railway Chemin de fer Québec Central Esquimau and Nanaimo Railway Northern Alberta Railway Algoma Central and Hudson Bay Railway Essex Terminal Railway Company Pacific Great Eastern Railway Company Sydney & Louisburg Railway Company La Cie de Chemin de fer Téiniscouata Temiskaming & Northern Ontario Railway Commission Toronto, Hamilton & Buffalo Railway Company Toronto Terminals Railway et après plus ample examen du présent exposé de faits; le Conseil national du Travail en temps de guerre déclara: (a) que les instructions du 31 juillet 1944 s’appliquent seulement aux employés que concerne la requête du 15 septembre 1943 et employés par les Chemins de fer énumérés, dans lesdites instructions; ibi que pour les fins desdites instructions du 31 juillet 1944, ni les additions ni les modifications mentionnées dans les sous-alinéas (it et (ii) des présentes ne seront considérées comme des augmentations dans les taux de salaires subséquents au mois d'août 1939: • ii toute addition au taux de base des salaires, pour les employés en question, résultant du paiement de l'indemnité de vie chère sous l'empire de l’arrêté en Conseil C.P.7440 ou 1 airêté touchant les salaires en temps de guerre et 1 indemnité de vie chère C.P.8253 ou l'arrêté régissant les salaires en temps de guerre, C.P.5963, ou résultant de l'intégration de cette indemnité dans le taux de base ou les taux gradués de salaires aux termes de l'article 15 et Annexe "A de l'arrêté de 1943 régissant les salaires en temps de guerre, C.P.9384, ou tout ajustement de salaire, au bénéfice cl’un employé visé par la requête dans le cadre des taux gradués de salaires pa>és poui le travail ou la position de cet employé ou sa catégorie d occupation, lorsque ledit ajustement fut subséquent au 10 août 1939 et antérieur au 10 juillet 1942.ou après lors conformément aux dispositions de l'article 24 il) de 1 arrêté régissant les salaires en temps de guer-e C.P.5963, et le Conseil national du Travail en temps de guerre enjoint aux compagnies de chemin de fer énumérées dans ses instructions du 31 juillet 1944.de donner immédiatement suite auxdites instructions en ce qui concerne les employés dont l'occupation ne tombe pas dans une catégorie où il n’y a pas eu d’augmentation dans les taux simples de salaires ou dans le maximum du taux gradué subséquemment au mois d'août 1939, et il enjoint en outre auxdites organisations d'employés et les compagnies de Chemin de fer.que concerne la requête, de soumettre au Conseil national du Travail en temps de guerre, au plus tard le 10 septembre 1944.pour que soient examinés de nouveau les détails sur les catégories d occupations visées par la requête et l'annexe des taux simples ou des taux gradues de salaires y relatifs qui ont été augmenté depuis le mois daout 1939 dans des circonstances autres que celles prévues par l'alinéa 'b.* » et (iu de ces instructions supplémentaires, de même que de^ renseignements sur le montant des augmentations de salaires mises en vigueur pour lesdites catégories d’occupations.(ii) Ottawa, Canada le 22 août 1944.Dossier No N.1300.R.H.NEILSON.Chef de l'Exécutif.Conseil National du Travail temps de guerre.Pour notre effort de guerre Par J.-E.GARIEPY Secrétaire du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal Cette année, comme pour marquer la gravité des temps et notre résolution d'en finir au plus tôt avec l’implacable ennemi 'que l'on sait, nous avons décidé d’omettre la parade annuelle traditionnelle de la Fête du Travail, ce qui va sûrement étonner et désappointer beaucoup de monde autour de nous, surtout parmi les tout-petits pour qui cette parade, à l'instar de celle de la Saint-Jean-Baptiste, constituait une attraction toujours instructive à certains égards, toujours évdcatrice de notre marche vers une destinée meilleure.Mais il y a plusieurs raisons qui militent pour cette abstention, notamment le fait qu'un grand nombre de nos membres étant, en ce jour de la Fête du Travail, employés dans quelque usine où l’on travaille ferme pour ravitailler nos vaillantes et valeureuses armées de terre, de mer et d'air, les obliger, moralement tout au moins, de participer 'à cette parade eut privé notre industrie de guerre de milliers de bras durant une demi-journée, soit un nombre considérable d'heures de travail de perdues et une production réduite d'appréciable façon ce jour-là, alors que nous touchons au but, à la victoire finale et qu'on nous demande de faire un dernier effort, de donner un bon et dernier coup de collier afin que notre production de guerre demeure à la hauteur des besoins immenses de nos forces armées.Mais, à défaut de parade, dont nous serons les tout premiers à regretter l’absence, il y aura les réjouissances coutumières au parc Belmont et réception par le comité organisateur de la Fête du Travail au même endroit, sans compter les multiples réceptions qui ont lieu tous les ans aux quartiers généraux de la plupart de nos unions ouvrières.De sorte qu'on célébrera dignement la Fête du Travail, cette année, autrement que par des réjouissances.On la marquera aussi par une production accrue de tous les instruments dont sera faite notre victoire prochaine sur les champs de bataille de la vieille Europe, notre victoire, c'est le cas ou jamais de le dire.N’oublions pas, en effet, que nous sommes également ries artisans de cette victoire, nous qui peinons en nos ateliers et en nos usines et que, comme nos comarades qui, eux, luttent si magnifiquement sur les divers fronts de bataille, nous voulons vaincre l'ennemi commun afin de préserver nas libertés démocratiques, notre droit d’association, la prérogative, reconnue par la loi, de faire partie de l'union ouvrière de notre choix et l'interdiction aux employeurs de toutes les catégories d’intervenir pour contrecarrer l’exercice de ce libre choix.Sous notre démocratie actuelle, le syndicalisme ouvrier jouit d’une certaine liberté d'action et il a pu se développer, no nsans peine, il est vrai, mais il a pu se développer quand même et produire certains résultats tangibles que nous aurions bien mauvaise grâce à ne pas reconnaître, que nous aurions grand tort de ne pas apprécier à leur juste valeur.Songeons en passant à ce que sont devenues ces libertés syndicales des ouvriers sous le joug odieux d'un grotesque Mussolini et la tyrannie sanguinaire d'un vulgaire incendiaire comme le sieur Hitler d'abominable mémoire.En songeant au sort des ouvriers sous ces deux dictatures.qui étaient toutes deux des dictatures capitalistes, puisqu'elles furent financiées par l'or des métallurgistes lombards en Italie et celui des marchands de mort subite de la Ruhr, en Allemagne, et nous nous rendrons mieux compte pourquoi la classe ouvrière du continent américain, ausi bien du nord que du sud, apporte un concours si entier à la bataille du droit contre la force grossièrement brutale, à la lutte pour la libération du monde de tous les oppresse 1rs et.d'abord des assassins professionnels nazis qui, heureusement, ont vu leurs beaux jours et attendent, non sans grincer des dents, l’heure "H’’ oû ils devront nous rendre compte de leur conduite et payer pour leurs crimes innombrables.Ne regrettons donc pas le petit supplément d'effort que nos amis feront le Jour du Travail au lieu de participer a la parade traditionnelle, car ce travail imprévu est une bonne action, en somme.En Roumanie, où les lois de succession permettent le partage des fermes de génération en génération, plusieurs terres ont aujourd’hui les dimensions de jardins canadins.Sachons gagner la paix Aussitôt que nous aurons gagné la guerre, en Europe d'abord puis en Asie, préparons-nous au conflit d'ordre économique et social que le monde ouvrier devra soutenir pour gagner la paix, contrairement à 1919.alors que nous perdîmes la paix après avoir gagné la guerre.Cette fois-ci, il nous faut gagner et la guerre et la paix, sans quoi les sacrifices incalculables consentis par nous tous pour écraser l’infâme auraient été consommés en vain, ce qui est inadmissible parce que vraiment trop bête.Bien que nous combattions sous l’étendard symbolisant les libertés démocratiques, nôus en sommes arrivés, par suite d’une évolution des idées accentuée par l'état de guerre, à comprendre que la sauvegarde de nos libertés n’est pas seule en cause et que la sécurité économique prend, à la faveur de circonstances nouvelles mais non imprévues, une importance immédiate plus grande que certaines de nos libertés dont la vulgarisation, depuis cent cinquante années, n’a guère contribué à améliorer le sort matériel de la classe laborieuse, si ce n'est dans de trop infimes proportions.Pour gagner la paix, il faut établir et maintenir la justice sociale autour de nous, justice basée sur une économie dirigée et une équitable répartition de la production parmi la masse des consommateurs.La production pour la consommation, indépendamment de toute idée préconçue de profits, devra désormais être notre mot d'ordre, sans quoi nous retomberions dans le purin malodorant de l'économie spéculative où nous croupissons depuis si longtemps et à laquelle, incidemment, nous sommes redevables de la guerre actuelle.Sur le front intérieur, le monde ouvrier peut se préparer à lutter contre les forces capitalistes qui.elles, redoutent l’après-guerre dans la mesure où elles appréhendent que l’élément travailliste présentera des revendications nouvelles et les appuiera de toute la force de persuasion de sa puissance collective.C'est ainsi que dans l’après-guerre le syndicalisme ouvrier doit jouer un rôle social de tout premier plan et faire prévaloir la sécurité économique pour tous, fut-ce par des méthodes énergiques et la volonté ferme de se soustraire définitivement aux iniquités consacrées par un passé qui ne doit pas revoir le jour.Sans doute la perspective d'une entente cordiale entre le Travail et le Capital est-elle chose aimable en soi et éminemment désirable à certains égards, mais est-ce chose aussi facile que le pensent certains optimistes irréfléchis?Nous ne le croyons pas.C’est que Travail et Capital sont deux forces contraires dans la mesure où celle-ci veut bénéficier de celle-là.conformément aux données traditionnelles du libéralisme économique qui en fait deux facteurs rivaux, qu'on le veuille ou non.Le vent souffle à l'économie dirigée dans le sens de la sécurité pour tous, ce qui ne laisse qu'une bien petite place à la course aux profits et peu d’espoir de perpétuer l'immoralité flagrante de la coexistence de l'abondance et de la pénurie, de la richesse et de la pauvreté, des palais somptueux et des taudis.Nous n'aurons effectivement gagné la paix que du jour où tout autour de nous, aussi bien à l'intérieur de notre nation qu’à l'extérieur, les citoyens pourront respirer à l'aise non pas seulement dans une atmosphère de liberté relative, mais avec le sentiment très net de leur sécurité économique, avec la consolante perspective d'assurances sociales et des loisirs qu’ils pourront utiliser à cultiver les arts et embellir d'autant leur existence tout en apportant leur modeste contribution aux trésors artistiques des générations à venir; quand nous serons débarrassés des "soucis du lendemain" et que notre moralité sera décrassée de toutes les saletés découlant des manifestations de notre égoïsme individuel traditionnel entrevue par une éducation très en retard sur les légitimes aspirations de la conscience moderne.Sachons gagner la paix en nous mettant de suite à la besogne en vue de préparer un nouveau régime politico-économique où la lutte des classes n’aura plus raison d'être, où tout le monde pourra vivre avec un minimum d’inquiétude et un maximum de contentement.M.ARTEAUX.La bibliothèque de l’université Harvard double le nombre de ses tolumes chaque vingt ans depuis un siècle.• • • La gendarmerie royale du Nord-Ouest canadien fut organisée en 1873. PAGE 4 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1944 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1944 KE MONDE OUVRIER — THE LABOR WORLD Est publié par la Fédération provinciale du Travail du Québec chaque semaine, dans le but de promouvoir de la législation sociale tendant à protéger et à améliorer le sort de la classe ouvrière de cette province.Exécutif : J.-Elphège Beaudoin, président, Jos.Matte, J.-B.Arsenault et R.-M.Bennett, vice-présidents, Marcel Francq, secrétaire-trésorier et rédacteur, Henri Richard, rédacteur associé.Adressez toutes les communications a 11, rue Saint-Paul Ouest Téléphone : LAncaster 7808 Imprimé par Mercantile Printing Ltd., 11 ouest, rue St-Paul, Montreal Ls published by the Quebec Provincial Federation of Labor weekly, for the purpose of promoting legislation towards the protection and advancement of the working class of the Province of Quebec.Executive : J.Elphège Beaudoin, president, Jos.Matte, J.B.Arsenault and R.-M.Bennett, vice-presidents, Marcel Francq, secretary-treasurer and editor, Henri Richard, associate editor.Address all-communications to 11 St.Paul Street West Telephone: LAncaster 7808 Printed by Mercantile Printing Limited, 11 St.Paul Street West, Montreal Encore les dernières elections provinciales Le "Saturday Night", un hebdomadaire de Toronto, dans son dernier numéro, parle du vote transférable et fait des commentaires plutôt intéressants et hors du ton ordinaire sur le résultat des élections ; ils valent la peine d'être traduits en français et reproduits, chacun en tirera ses propres conclusions J'estime qu’il est toujours intéressant de savoir ce que les autres pensent de nous et sous quel angle ils nous voient.Je vous sers donc le plat, le voici : VOTE TRANSFERABLE “La multiplicité des parties est en train de fournir un argument sans réplique au vote transférable.Dans une circonscription minière du Québec, dans l'élection de la semaine dernière le premier (et unique) calcul des votes un candidat CCF qui reçut moins du quart du total des votes donnés.Et nous connaissons assez cette circonscription pour être certains que si une disposition de la loi électorale avait permis à ses électeurs d'indiquer un second choix, ce candidat CCF n'aurait jamais été élu.Il y avait sept candidats et l'on peut affirmer que les partisans de n'importe quel des six autres, fixés quant à l'impossibilité d’élire leur candidat, aurait marqué leur preference, par un second choix, pour n'importe qui sauf pour un candidat CCF.Ou bien vous voulez que le candidat CCF soit élu ou vous voulez qu'il perde son élection.Vous n'avez jamais eu l’impression que l'une ou l'autre de ces alternatives fasse aussi bien.La grande majorité des membres de l’Union Nationale furent élus par les votes de beaucoup moins que la moitié des électeurs de leur circonscription respective.Nous ne pouvons pas, ici, affirmer d'autorité que si des seconds choix avaient été possibles le même homme n'eut pas été élu dans la plupart des cas, mais il est fort possible que quelques hommes de Godbout en plus et quelques hommes de Duplessis en moins eussent été élus et que le résultat eut alors davantage reflété l'opinion réelle de l'électorat.Si trois partis recueillent.43, 33 et 23 pour cent, respectivement, du nombre de votes donnés, il est fort bien d'être gouvernés par les députés ayant obtenu 43 pour cent du vote si vous êtes bien sûr que les 56 autres pour cent n’étaient pas déterminés à ne pas les élire.Si vous avez droit à un second choix des 23 pour cent et que ceux-ci votent tous pour le parti ayant obtenu 33 pour cent, il est manifeste, indubitable qu'ils ne veulent pas être gouvernés par les 43 pour cent, et dans ce cas les 33 pour cent devraient gouverner.’’ Qu'en dites-vous ?Cela démontre que sous notre système électoral uninominal un gouvernement peut avoir une majorité de membres de son bord sans avoir une majorité du vote populaire et que cela est arrivé plus souvent qu’cn le pense dans le passé, cela sera quasi la règle générale à l'avenir lorsqu’il y aura quatre ou même cinq partis ou groupes politiques en présence.Un gouvernement doit représenter la majorité de l'opinion publique, s'il ne la représente pas c'est la minorité qui mène.Si notre système électoral ne permet pas de remédier à cela, il faut le changer.SOCIUS.Discussion sur l’embauchage Le professeur J.B.McDougall, de l'Université Queens, de Kingston, et M.Eugène M.Forsey, directeur des recherches du Congrès Canadien du Travail, ont exposé des points de vue différents sur le problème de l'embauchage complet au Canada, lors de la conférence de l'Institut Canadien des Affaires Publiques, tenue au Parc Genève, Lac Couchi-ching, ces jours derniers.Le professeur J.B.McDougall dit que l'on peut atteindre la prospérité avec le socialisme, mais il soutient qu'il n'est pas possible d'obtenir en même temps la prospérité et la liberté autant avec l'entreprise libre qu'avec le système capitaliste.De son côté, M.Eugène M.Forsey.a dit que les dépenses du Gouvernement pour le chômage entraîneraient quelque chase comme le socialisme et il s'est alors demandé pourquoi on riopére-rait pas un changement volontaire et organisé du capitalisme et socialisme.C O U It SU !• K K I E I' h K Province île Québec-, District de Montréal No 1st» A I.It I-iltT JOHN (ill.MORE, de In cité cront ce poste.On conseille de fréquentes inspections de l'usine, de l'outillage et de l'équipement do sécurité et on suggère que des rapports sur les conditions de sécurité soient souvent faits dans chaque usine.Mai n-d’oeuvre pour la récolte de l’Ouest Le ministre du Travail, l'honorable Humphrey Mitchell, vient d'annoncer que M.Arthur MacNnmara, directeur du Service sélectif national, partait samedi dernier pour l’Ouest canadien afin d’étudier sur place les mesures prises dans les provinces des Prairies relativement à !a main-d’oeuvre.Le Directeur, à la demande du ministre, va faire une inspection personnelle des moyens de répartir la main-d'oeuvre dans les diverses régions dc l'Ouest Au cours de son voyage de dix jours M.MacNamara visitera la plupart des districts dans les trois provinces.M.Mitchell signale que le ministère du Travail a déjà une liste de 2,500 individus dans l'Ontario et le Québec pour le premier transfert, dont la plupart sont déjà partis.En outre, le ministère du Travail est en pourparler avec la United States Manpower Commission pour le recrutement de quelques centaines d’agriculteurs dans les états du Nebraska et du Kansas, pour la moi ,-son sur la Prairie."Nous continuerons dc transférer autant d'hommes que l'Etat pourra en laisser aller" dit m.Mitchell, "mais bien que nous ayons puisé à toutes les sources, la crise rie main-d'oeuvre pour la moisson de l’Ouest, reste sérieuse.Le ministère ne néglige aucun moyen de secourir les fermiers des Prairies, afin rie sauver les récoltes.Pour For Appointement Appointment HA.2816 Dr.Henri St-Germain Chirurgien DENTISTE Surgeon DENTIST Edifice HENRY BIRKS Building Suite 206 1240 Carré PHILLIPS Square WAlnut 2778 I, PAGE 12 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1944 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1944 A Labor Day Prayer By RUTH TAYLOR On this day consecrated to the workers of the nation, we come before Thee, O Laid, with humble hearts.We are all of us workers in the Vineyard of the Lord.Give us strength for service to our fellow men.Let us not feel that our task is too heavy for our abilities and weight down our hearts and our spirits with self pity.Let us not dcdge the burden that is ours, feeling that were it but the task of the other man, it would be so much lighter.Let us not make excuses as to why we have not fulfilled our alloted work.But rather let us lean upon Thy power and Thy strength, relying on Thy promise to carry us through and realizing that our ability cometh cnly from Thee - end is therefore not limited by the task before us.Help us to understand that the reward of doing one duty is the power to do another.Let us not, when we succeed as workers, be overwhelmed by pride in ourselves and in our powers.Free us from vainglorious boastings about our work and our accomplishments.Keep us from hypocrisy, both personal and national.Help us to feel our responsibility toward our brother worker, that he may live and grow in the sunlight, unafraid and strong in the right.Let us never look with scornful eye upon our fellow worker because he does not work, live or worship as we do.Help us to work to clean our own house, that we may help our neighbors to clean theirs.Keep us from all hatreds, prejudices, resentment all things that defile.Help us, O Lord, to always do our best.Our work is for Thee.Let us bless Thy holy name, working and rejoicing as free men, not in the silence of the bondsman, fearful of a master.Through Thy omnipotent wisdom cometh both the work and the power to werk.Let us stand firm where Thou hast placed us.Let us use our strength to honor Thee in all things, and grant that we may finish our course with the work well done, that Thou may say at the end, "Well done, Thou good and faithful servant." In the name of Him who called us to the vineyard, we ask this.Amen.co ff Af COLLETS ET POIGNETS POUR LE COUVENT Jolis et solides petits collets (modèle de gauche) en belle pyraline blanche lavable, facile d’entretien.Hauteur de l(i pouce, pointures 11 à 1414.Styles pour toutes les communautés.fy f- Chacun.^O Autre collet de belle pyraline lavable, blanche comme neige.Forme Peter Pan pour communauté de SS.Ste-Croix Grandeurs 14, 1414, r-15 et 1514.Chacun «OU Jolies petites boucles noires en beau ruban cordé, montées sur agrafe, convenant particulièrement aux SS.Ste-Anne.Une rareté cette année.29 Assortiment complet de jolis petits gants noirs en soie ou en chamoisette noire ou blanche.Modèles droits ou avec bouton pression dans les pointures 3, 4, 5.6 et 7.r-f £• et Soie."" Chamoisette.75et .98 .98 Choix complet de poignets dont voici les plus populaires.Poignets de le, et 214 pouces de largeur en beau celluloid blanc lavable et facile d'entretien.Aussi modèle avec pointe de 3 pouces de largeur pour SS.Ste-Croix.Grandeurs 7 à 8'4, tous au même r A prix.La paire.OU Fine bordure blanche finie au point d’ourlet (communément appelée Rabat) pour collets de robes de couvent.QQ La verge .• O SOULIERS CONFORTABLES ET PRATIQUES Jolis souliers pour fillettes.Unis et délicats, en cuir verni ou en veau noir ou brun.Construction solide, talon de cuir, fini soigné dans im modèle classique pour le couvent Largeurs A à D 11 à 13.$3.75 Modèle lacé de fantaisie, à semelle et talon de cuir.Genre Ghillie en veau combiné d’alligator bruns.Largeurs B et D, pointures 11 à 214.$3.50 Autre modèle montant sur le pied, genre gore.Veau brun ou cuir verni noir.Modèle pratique pour l'automne.Largeurs B et D.Pointures 11 à 3 .$3.75 Enfin, un joli escarpin en veau brun en beau veau noir avec solides semelles pour la pluie.Largeurs B et D dans les pointures 11 à 3 .$3.75 Pour le jeune garçon, voici un solide soulier en veau noir, à semelles épaisses et talons de caoutchouc.Largeur D, pointures a q rv 214 à 514.Encore pour le garçon, modèle en cuir brun grainé à semelles épaisses et talons de caoutchouc.Largeurs D et E, pointures 214 à 6 .Enfin, u njoli escarpin en veau brun avec boucle de fantaisie et talon de cuir.Largeurs B et D, pointures 1! à 2 .$3.50 Soulier confortable et durable à semelle solide et épaisse.Très beau veau noir ou brun, avec motifs perforés sur le dessus.Largeur C dans les pointures 11 à 2 $3.95 $3.50 Eléagnt soulier pour jeune garçon.Modèle semi-brogue à construction solide et soignée, dans un beau veau brun.Largeurs B et D, en de plus pratique pour étudier vAv 1:1 !’cographie ou pour suivre les opérations de guerre.Solides globes terrestres mobiles- aux couleurs vives, avec contours clairs et précis; surface lavable et base incassable, finie bronze.Gratis avec chaque globe : broc-burette ’’Histoire du Globe" en anglais, donnant des informations sur la façon de iire sur le globe, ainsi cpie de nombreux faits intéressants, questions et réponses populaires.Grosseurs assorties, de 10'4 pouces de diamètre à HP., pouces.$3,50 * $10.00 ENSEMBLES PLUME ET CRAYON Ensembles pratiques pour le collège et le couvent.Marques connues, de durée remarquable Choix complet de .$2.50* $15.n, J.-E.CAIJIEUX, président .1.-0.AUBRY, secrétaire-trésorier “U’] GRAND MAGASIN A RAYONS I)E LA RUE MONT-ROYAL 1C / SACS ET SERVIETTES Pour la fillette, solides sacs bruns ou noirs, avec courroie ou poignée.Dimensions: 13" x 9" x 3".Avec compartiments -i QQ et pratiques.«OÎ7 • 1 U Pour le jeune garçon, solides s*acs pour le dos, en cuir cl^pisi dans les dimensions approxima- $1.59 *$4.95 Pour les plus grands, voici de jolies serviettes en cuir brun ou noir de dimensions
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