Le nouvelliste, 19 décembre 1998, Cahier 2
I Le Nouvelliste Samedi 19 décembre 1998 «Des milliards de choses» en une seule voix S *7 Linda Corbo Trois-Rivières Si la douceur se dessinait un visage, elle pourrait facilement porter les traits de Luce Dufault.Des traits qui semblent d’ailleurs inscrits bien au-delà de la surface, plutôt ancrés dans les sphères de la profondeur, là où il y a «Des milliards de choses».Le titre de son deuxième album lui colle d'emblée à la peau qu'il est tissé de textes pénétrants pour véhiculer une belle part de son intensité.Avec ce dernier-né, elle semble épouser les mots pour leur donner pleine valeur.Indéniablement et ça s'entend.Luce Dufault possède un respect des auteurs et des compositeurs, assez d'ailleurs pour lui dicter de ne pas s'en mêler.«Je n'ai pas de talent pour écrire.Je n'écrirai pas tant que je n'arriverai pas à accoter ce que je reçois», souffle-t-elle.Ce qui n'est pas peu dire lorsque l'on sait que les signatures de ses textes et musiques portent ici les noms des Daniel Lavoie, Thierry Séchan, Richard Séguin, Zachary Richard, Dan Bigras, Roger Tabra et vive la compagnie.Avec chacun, auteur ou compositeur, elle provoque les rencontres, chez l'un ou chez l'autre.Autant d'occasions de converser sur tout et sur rien, pour ensuite leur donner carte blanche et leur permettre de dégager de leur instinct des milliards de choses à lui faire entonner.Parfois, elle en refusera certains.Des textes qui lui collent moins bien, une musique qui ne lui ressem- (Image-Média Mauricie: Marie Duhaime) « ble pas, une symbiose qui ne se fait pas.«La musique, les paroles, c'est un tout.Parfois, c'est une seule phrase qui va me faire lilter.» Le chaud ou le froid, elle aime bien.Mais la tiédeur n'a pas bon goût dans la voix de Luce Dufault.La plupart des chansons qu'elle a conservées pour cet album-ci l'ont faite pleurer avant de la faire chanter.L'une d'entre elles lui a décroché les rires, sous le titre «T'aurais pas dû».Lorsque prises au premier degré, les paroles de celle-ci peuvent laisser entrevoir le tempérament d'une femme «un peu soumise, un peu bébête», dit-elle.Au second degré, elles peuvent toutefois donner l'impression de savoir rire de ses faiblesses.«Ce sont des côtés qu'on essaie tous de cacher ou de nier et les voilà qu'ils se retrouvent couchés sur papier et pire, sur album», rigole l'interprète.Elle parle ici de cette misère à savoir ce que l'on veut dans la vie, de la difficulté qui peut se pointer lorsque vient le temps de faire des choix.«J'ai toujours ce côté un peu enfantin et pas très raisonnable.» Luce Dufault aime chanter la sensibilité et la vulnérabilité.«C'est très délicat et c'est tendre.Ce sont des émotions que j'aime, un peu comme la douleur peut parfois être enveloppante.» Et profitable une fois digérée.«Je ne peux pas chanter quelque chose qui me fait encore souffrir.Ce sont des choses du passé; j'ai eu le temps de passer par-dessus et en ce sens-là, ce sont des événements devenus heureux.» Toute en douceur, page P2
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