Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1966, Mai - Juin
[" I LE PRECURSEUR Maî=Juin 1966 Témoin et instrument vivant \u2014 Lapostolat des laïcs est une participation à la mission salutaire elle-même de VEglise: à cet apostolat, tous sont appelés par le Seigneur lui-mëme, en vertu du baptême et de la confirmation.Les sacrements, surtout la sainte eucharistie, communiquent et entretiennent cette charité envers Dieu et les hommes qui est Vâme de tout Vapostolat.Les laïcs sont appelés tout spécialement à assurer la présence et Vaction de VEglise dans les lieux et les circonstances où elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre.Ainsi, tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en meme temps un instrument vivant de la mission de VEglise elle-même, « à la mesure du don du Christ.» (Ephés., 4, 7) Constitution dogmatique « De Ecclesia » NOTRE COUVERTURE: La merveilleuse mer des Antilles, près de Jéré= mie, Département du Sud, Haïti.Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Port payé à Montréal. 9 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) Canada Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.NIHIL OBSTAT: M.l\u2019abbé A.Cossette, p.m.é., 22 décembre 1965.No 3 Mai-Juin 1966 Vol.XXIVe\tSOMMAIRE\t \tL\u2019Eglise écoute le monde Frère Frank\t98 \tO.P.M.E.Sr Murielle Dubé, m.i.c.\t104 \tLa religion maya: hier et aujourd\u2019hui Sr Gabrielle Ouimet, m.i.c.\t106 \tUn ouvrier de plus à la moisson Mlle Berthe Bodart\t117 I\tIl a dix ans Sr Marie-Paule Blanchet, m.i.c.\t120 /\tAccordéon et apostolat Sr Saint-Ludger, m.i.c.\t126 \tSommets de l\u2019art japonais Sr Isabelle Et hier, m.i.c.\t128 \tLe joli mai philippin Sr Joseph Andrew, m.i.c.\t131 \tSéminar sur la délinquance juvénile à Hong Kong\t137 Sr Thérèse-du-Carmel, m.i.c.Abonnement: Par an\t$\t1.50 2 ans\t$\t2.50 4 ans\t$\t5.00 A vie\t$30.00 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.* 025995 s* .JB VS:f;-f4 ! XV&W.'3* 'JH'* \" ' Eglise de Taizé.Taizé: centre d\u2019unité chrétienne, cœur de l\u2019Opération Espérance pour l\u2019Amérique Latine.Photo Taizé L\u2019EGLISE ECOUTE LE MONDE par Frère Frank, du monastère de Taizé Aie le souci de communion humaine avec ton prochain.Règle de Taizé Nous devons constater qu\u2019après tant de siècles de missions, le christianisme est resté très lié à la civilisation occidentale.Avec le Christ et l\u2019Eglise nous avons apporté l\u2019Europe en Afrique, Asie et Amérique latine.Nous avons imposé notre style d\u2019architecture, nos cantiques, notre liturgie, nos catégories de penser et placé l\u2019adoration de Dieu dans un cadre européen totalement étranger à la vie quotidienne des hommes.Certes, il y a eu des efforts remarquables pour indigêniser le christianisme mais une incompréhension quasi complète des chrétiens de l\u2019époque a empêché une incarnation vraie du christianisme dans des cultures autres que celle de l\u2019Occident d\u2019antan.Une lourde hypothèque pèse sur le passé.Se désolidariser de ce passé pourrait être un chemin, mais qui ne nous mènera pas loin, si nous ne sommes pas conduits par un sens nouveau de la catholicité de l\u2019Eglise.Regarder le monde chrétien d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est possible qu\u2019avec le cœur ouvert au témoignage des chrétiens qui nous ont précédés.Beaucoup d\u2019entre eux ont donné leur vie au service des autres.Mais aujourd\u2019hui la moisson nous semble décevante, elle paraît si peu correspondre à ce qui a été semé à travers les siècles.Nous ne voulons pas critiquer tous ceux qui ont implanté l\u2019Eglise en dehors des terres de vieille chrétienté, ni blesser l\u2019amour de ceux qui sèment encore selon les méthodes d\u2019antan.Cependant, puisque nous sommes les jeunes générations, nous devons nous informer et nous former en vue d\u2019un avenir nouveau.Notre réponse à l\u2019appel qui vient à nous de la terre entière doit être une réponse vécue, s\u2019exprimant dès aujourd\u2019hui par un engagement 98 É de chrétien.Tous, nous vivons dans des pays de mission.Dépasser les frontières de nos pays pour annoncer la Bonne Nouvelle jusqu\u2019aux extrémités de la terre restera une exigence de Dieu et du Christ.Cependant nous sommes déjà en état de mission par notre baptême.Nous parlerons d\u2019abord brièvement de la situation de la chrétienté.Ensuite nous nous mettrons à l\u2019écoute du monde non chrétien.Enfin nous essayerons de découvrir quelques lignes de force de Taggiomamento de la mission.Situation de la chrétienté La vieille chrétienté.\u2014 En Europe, on compte 230 millions de catholiques, 126 millions de protestants et 150 millions d\u2019orthodoxes sur une population de presque 600 Photo F.Claude Intérieur de l\u2019église.Ici se réunissent les frères de Taizé pour la prière communautaire de l\u2019office divin.¦ - mMm .v '- - \u2022 mm ¦ \u2014, Photo Taizé \u2014 millions d\u2019habitants.Le nombre de non-baptisés augmente.Cette Europe baptisée est caractérisée par une indifférence, une apathie spirituelle et un affaissement de la pratique religieuse.Dans les pays Scandinaves par exemple et dans de grandes régions d\u2019Angleterre, seulement 3 à 8% de la population baptisée participe aux cultes le dimanche ordinaire.En France, sur une population baptisée à 91%, 12 à 13% de ces baptisés pratiquent; parmi les ouvriers on ne peut parler que de 2 à 3% de pratiquants.Certaines régions d\u2019Espagne et du Portugal donnent la même image que les pays d\u2019au-dessus des Pyrénées.Pour l\u2019Europe orientale les chiffres sont difficiles à établir.En Pologne on découvre une forte densité chrétienne, secouée de plus en plus d\u2019ailleurs par une société nouvelle.En Allemagne de l\u2019Est le phénomène de la déchristianisation va grandissant.Mais dans ce monde européen paganisé, de nombreux signes d\u2019une vitalité chrétienne nouvelle se lèvent.La redécouverte de la vocation missionnaire a fait naître de nombreux mouvements de laïcs, jeunes et désireux d\u2019engagement.Parmi les jeunes foyers notamment, la recherche d\u2019une spiritualité nouvelle aux dimensions de 99 l\u2019Eglise et d\u2019immixtion dans le monde rencontre une attention particulière.Il importe pour l\u2019homme viator de ne pas se mouvoir trop sur le plan des structures et des organisations.Il s\u2019agit de vivre et d\u2019inventer au fur et à mesure, en route, entraîné par un courant rapide, dans une perspective globale, « espérant contre toute espérance.» Pays dits de mission.\u2014 S\u2019il est vrai que dans de grandes régions d\u2019Afrique on trouve autant de chrétiens engagés que dans des pays de la vieille chrétienté européenne, le nombre de non-baptisés est impressionnant.En gros on peut compter 29 millions de catholiques et 20 millions de protestants sur une population de plus de 220 millions d\u2019habitants.Dans certains pays la moitié de la population a moins de 20 ans.Un regard sur la division dans la chrétienté africaine nous rend conscients du drame qui se joue dans l\u2019Eglise et par conséquent contre elle.La division affecte le cœur même de l\u2019existence missionnaire.Les conversions à l\u2019Islam sont bien plus nombreuses qu\u2019au christianisme, considéré comme moins authentiquement africain, plus exigeant et étranger à la mentalité du pays.Des messies noirs se lèvent ces dernières décennies pour annoncer la venue d\u2019un Christ noir pour les peuples d\u2019Afrique.Plus de la moitié de la population mondiale habite l\u2019Asie: 1,700 millions d\u2019hommes.Une poignée de chrétiens (23 millions de catholiques, 13 millions de protestants et 1 million d\u2019orthodoxes) vit dans cette immense marée humaine, dont beaucoup sont des jeunes.La Chine par exemple compte 400 millions de jeunes sur 700 millions d\u2019habitants.Dans tous les pays de l\u2019Asie, l\u2019Eglise est présente.Mais elle est peu nombreuse.En Chine 3 à 4 millions, en Inde 14 millions, au Japon 700,000 sur une population de bientôt 100 millions.Malgré des dizaines de milliers de baptêmes par an dans des pays comme la Corée du Sud et le Vietnam du Sud, pays où le christianisme avance le plus, une disproportion grandissante entre le nombre de baptisés et l\u2019augmentation de la population nous montre l\u2019urgence missionnaire.Un Européen restera toujours un Européen.C\u2019est alors premièrement aux chrétiens des pays de mission d\u2019évangéliser ceux qui les entourent.Plus que nous ne l\u2019imaginons, les chrétiens de toutes confessions se voient placés comme un même levain dans une même pâte.Les divisions confessionnelles deviennent de plus en plus incompréhensibles et intolérables dans le contexte des pays jeunes qui se cherchent.La fin de l\u2019hégémonie de l\u2019Occident marque un temps d\u2019arrêt pour la «MP\" -7*0* Unité et mission sont indissolublement liées.L\u2019église de la Réconciliation à Taizé Photo Taizé 100 / mission qui doit pouvoir repartir de façon nouvelle.C'est ensemble que les chrétiens doivent se présenter aux grands problèmes de leurs pays., L\u2019existence des jeunes Eglises qui prennent conscience de la catholicité vraie de l\u2019Eglise, change considérablement le contexte missionnaire.Cette chrétienté jeune doit s\u2019enraciner, s\u2019incarner dans chaque peuple et travailler à l\u2019évangélisation du milieu culturel et ethnique.L\u2019Europe n\u2019est plus le centre du monde d\u2019où viennent toutes les directives.Ces jeunes Eglises n\u2019attendent pas de nous une aide sous forme d\u2019un secours de « riches » à « pauvres », mais une collaboration fraternelle pour édifier.l\u2019Eglise et la cité fraternelle des hommes.A l\u2019êcoute du monde Plus de 70% des hommes n\u2019ont pas reçu le baptême.Or, Dieu veut vraiment que tous les hommes soient sauvés.Que penser alors de cette majorité de l\u2019humanité si l\u2019unique voie du salut est dans le Christ?Dans sa bonté, Dieu va à la rencontre des hommes de bonne volonté et nous savons qu\u2019im-plicitement tant d\u2019hommes vivent du Christ, sans le connaître, et sont connus de lui.Cela n\u2019empêche que la mission, \u2019 c\u2019est-à-dire l\u2019annonce du Christ ressuscité, restera une exigence du Christ, fondée dans l\u2019Ecriture.Les hommes, qui implicitement déjà vivent de Dieu, n'aspirent-ils pas souvent à le connaître en plénitude?De nombreux missiologues considèrent aujourd\u2019hui de façon très positive la valeur des religions non chrétiennes.On parle volontiers de religions pré-chrétiennes, c\u2019est-à-dire de religions qui préparent déjà à la révélation de Dieu en Jésus-Christ.Sont-elles destinées à co-exister avec l\u2019Eglise pendant une longue période encore ?C\u2019est un fait qu\u2019un dynamisme nouveau anime quelques-unes de ces religions.Jusque dans nos villes européennes, des missionnaires viennent prêcher la révélation d\u2019Allah ou les sagesses de l\u2019Orient asiatique.D\u2019autre part nous participons à de graves tensions à l\u2019intérieur de ces religions dans le bouleversement des structures sociales.Notre attitude de chrétien aujourd\u2019hui est celle du dialogue vrai et vécu, où on ne voudra pas détruire ce qu\u2019il suffit peut-être de purifier ou d\u2019achever, avec le seul désir d\u2019aimer à cause du Christ et de l\u2019Evangile.Autour de nous, en Europe, les masses indifférentes ou hostiles à ce que nous représentons, nous interpellent.L\u2019homme nouveau aurait-il moins soif de Dieu qu\u2019autre-fois?L\u2019époque où l\u2019Eglise prescrivait à la société les règles de conduite est passée.L\u2019Eglise se met à l\u2019écoute afin d\u2019entrer en dialogue, expression de la solidarité de toute la famille humaine, un dialogue de charité en paroles et en actes.En effet, dans une bonne partie de la littérature moderne le climat normal de la vie est l\u2019inexistence de Dieu.Mais ne faut-il pas ajouter que cet athéisme va de pair souvent avec une obsession des choses religieuses dans le comportement de l\u2019homme moderne ?Cet homme moderne qui souvent n\u2019a plus le sens de la totalité, de l\u2019unité, parce que lui-même, homme en morceaux, s\u2019interroge sur sa destinée, sur le « je » et sur les valeurs de son existence dans une époque nouvelle.Le chrétien ne peut vivre authentiquement sa foi s\u2019il ne commence par assumer loyalement les valeurs du siècle qui risque de le submerger.Dans cet affrontement, il ne s\u2019agit point d\u2019un débat théorique, mais d\u2019un dépassement intérieur.L\u2019incroyant ne se sentira personnellement concerné par le christianisme que quand il verra en lui l\u2019accomplissement et la transfiguration de ces valeurs.Il nous est demandé de quitter la surface de notre vie de chrétien, d\u2019entrer en nous et d\u2019aller jusqu\u2019au bout de nous-mêmes.L\u2019aggiornamento: unité et pauvreté Tous ceux qui portent le nom de chrétien doivent participer à la recherche de l\u2019unité visible, condition d\u2019un élan missionnaire capable de porter notre amour à tout homme dans le monde.Unité et mission sont indissolublement liées.Cette recherche de l\u2019unité suppose qu\u2019on la réalise d\u2019abord en soi-même, toujours à nouveau.Celui qui cherche à unir veut vivre ce ministère de la réconciliation dans sa vie de chaque jour.Avant tout il s\u2019agit d\u2019être conséquent.En chaque chrétien il y a une tension entre la continuité et le provisoire.Le baptême, élément de continuité pour le chrétien en marche, lui a confié une mission d\u2019unité, de catholicité et d\u2019ouverture à tous.Par une redécouverte de l\u2019urgence missionnaire, les chrétiens quittent leurs places fortes confessionnelles et, en face de la détresse humaine, l\u2019essentiel de la vocation chrétienne se retrouve.Cet essentiel, cette flamme de charité, cette mission de crier un mot d\u2019espérance aux hommes trouvera son expression visible selon les endroits, de façon provisoire.Dans la continuité de notre engagement envers Dieu, la vie de chaque jour se déroule dans une attitude de dialogue avec le Christ et avec le prochain.Ce dialogue nous oblige à chercher sans cesse une harmonie entre nos paroles et nos actes.Toujours à nouveau, notre co-existence doit devenir pro-existence.Nous sommes appelés, là où nous vivons, à faire exploser le Royaume, comme en deux mouvements 101 vf'\\ ffïÿk WUËÊÊÊRR / .*Ùtr -r *>>;>:- 1*5\t* * *1* ; .\u2022 d\u2019intense dynamisme.L\u2019un, plus intérieur: union des cœurs et communion de foi et d\u2019amour, d\u2019homme à homme et de communauté à communauté.L\u2019autre, plus extérieur: le partage avec les pauvres et l\u2019accueil de tous K A l\u2019heure de la mission mondiale nous ne pouvons rester des spectateurs.Notre vocation de chrétien nous invite à nous engager afin de conduire les hommes à travers des signes vécus à la vérité du mystère du Christ.Nous voudrions crier les uns aux autres: il faut partir pour rejoindre les hommes qui sont loin du Christ.Or, nous ne serons capables de rejoindre ces hommes que dans l\u2019unité visible des chrétiens.Unité et pauvreté, on ne pourra les dissocier.Aujourd\u2019hui encore l\u2019Eglise se trouve en situation de non-dialogue avec le monde des pauvres pour qui le Christ avait un amour de prédilection.Si vraiment nous voulons la solidarité et le dialogue, il nous faudra le prouver par une ascèse que nous nous imposerons à nous-mêmes: le partage volontaire de nos biens avec autrui.Une étroite solidarité entre la personne du Christ et celle du pauvre est établie dans le « C\u2019est à moi que vous l\u2019avez fait » de Matthieu.Quelle est cette solidarité ?Le pauvre est parmi nous comme un appel à l\u2019amour fraternel, désintéressé; comme un signe qui rappelle la pauvreté radicale de l\u2019homme devant Dieu; comme une ima- ge privilégiée de ce que le Christ a été au milieu de nous; comme un juge qui ne laissera pas les chrétiens en repos2.Annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres c\u2019est d\u2019abord les aider à avoir le pain quotidien.Comment en effet proclamer la Parole divine à des êtres qui ne vivent pas une vie digne de l\u2019homme ?« Le monde appartiendra demain, c\u2019est sûr, à ceux qui apporteront à la terre (même dès cette terre) une plus grande espérance ».(Theilhard de Chardin).C\u2019est là notre mission commune: rayonner dans la nuit qui nous entoure l\u2019espérance de Dieu et forcer l\u2019aurore à venir.(Reproduit de Aujourd'hui) 1-2 Mgr Mercier, M.-J.Le Guillou, Mission et Pauvreté, p.29, p.35 103 Parents et éducateurs, qui d\u2019entre vous n\u2019a jamais contemplé, perplexe, la frimousse épanouie et ouverte de l\u2019un de vos enfants?.Devant ce regard limpide et prometteur, ce sourire confiant tourné vers l\u2019avenir, n\u2019avez-vous pas cherché à découvrir les richesses formidables cachées en ce jeune cœur ?Déjà, grâce aux techniques modernes de diffusion: radio, télévision, livres et journaux enfantins, sa connaissance du monde s\u2019étend au-delà des terres et des mers.Dès ses premières années de scolarité, chaque enfant n\u2019entrevoit-il pas, par la catéchèse, l\u2019universalité de l\u2019amour du Père qui l\u2019invite à demander: « O Seigneur, rassemblez dans votre Eglise tous nos frères de la terre qui peuplent l\u2019univers ».\t« Notre Père, que votre règne arrive ».C\u2019est dans cette optique d\u2019universalité que l\u2019Œuvre Pontificale Missionnaire des Enfants (autrefois la Sainte-Enfance) vient vers vos jeunes et les ouvre à la mission de l\u2019Eglise.Œuvre d\u2019Eglise?L\u2019O.P.M.E.?.Œuvre magnifique qui noue des liens de fraternité et de solidarité entre les enfants de toutes races et de toutes nations.Par une revue bimestrielle « Jet » pour les élèves de 1ère, 2e, et 3e, « Terres Lointaines » pour les élèves de 4e à 7e (à paraître dès septembre prochain), se crée une amitié vraie où tous partagent joies et peines, jeux et coutumes, Amour et Foi!.Cette union forme chez nos jeunes le chrétien complet, croyant et apôtre, et instaure dans les cœurs la charité du Christ dans sa pleine dimension: « Père, qu\u2019ils soient un, comme nous sommes un! » (Jn, 17, 22).L\u2019éveil du désir immense de procurer à tous le message de paix et de joie que l\u2019on a reçu correspond merveilleusement bien à cette note de l\u2019Eglise: la catholicité.Pie XII ne craignait pas de dire: « La catholicité est une note essentielle de l\u2019Eglise au point qu\u2019un chrétien n\u2019est pas le moins du monde attaché et dévoué à l\u2019Eglise, s\u2019il n\u2019est pas également attaché et dévoué à son universalité, s\u2019il ne désire pas qu\u2019elle s\u2019implante et fleurisse en tous lieux de la terre ».On objectera peut-être: Coopérer à la mission de l\u2019Eglise, n\u2019est-ce pas pour tout chrétien prendre charge de son milieu de vie et travailler sous l\u2019autorité de la hiérarchie à son évangélisation ?C\u2019est cela, oui, mais pas uniquement cela car ce serait cristalliser sur un point la préoccupation missionnaire des éléments chrétiens les plus actifs.La mission vraie de l\u2019Eglise n\u2019a d\u2019autres limites que celles-ci: « Allez, portez l\u2019Evangile jusqu\u2019aux extrémités de la terre ».\t« Comment, même devant les besoins les plus graves de notre milieu, de notre paroisse, de notre diocèse ou de notre nation, pourrions-nous, sans cesser d\u2019être catholiques, oublier les 104 deux milliards d\u2019hommes au milieu desquels la présence même simplement visible de l\u2019Eglise est souvent pratiquement inexistante?» (Mgr Marchand).Ainsi, par l\u2019O.P.M.E., les enfants comprennent que l\u2019esprit missionnaire, loin d\u2019être un hors-d\u2019œuvre ou un extra, fait partie intégrante de la doctrine chrétienne et sociale de l\u2019Eglise.Œuvre du XXe siècle ?Mais après 123 ans d\u2019existence, (fondée en 1843 par Mgr de Forbin Janson) l\u2019O.P.M.E.suit-elle toujours le vent de notre monde moderne ?N\u2019est-elle pas œuvre croulante et dépassée?.Certes, comme toute institution humaine elle est perfectible et se doit d\u2019évoluer au rythme de l\u2019Eglise qui efface ses rides.Il n\u2019en reste pas moins que son caractère international la situe d\u2019emblée au cœur même de l\u2019essor œcuménique qui secoue notre pla- nète et répond parfaitement à l\u2019appel du Christ, lien et centre de l\u2019humanité entière, pour former un seul peuple de Dieu, un seul Corps Mystique, un seul Temple de l\u2019Esprit-Saint.Pour arriver à un tel but, affirme le schéma sur les missions, l\u2019activité missionnaire est indispensable.Aussi, l\u2019O.P.M.E.offre-t-elle à vos enfants la possibilité de révéler le Christ sauveur et attendu par tous les peuples; par elle, ils épaulent de façon magnifique les moyens de la mission: catéchèse adaptée, enseignement à tous les degrés, action catholique, action charitable, action sociale, presse, radio, cinéma.L\u2019union des jeunes de 42 pays a soutenu par l\u2019O.P.M.E.en 1964: 74,932 écoles avec une population de près de 8 millions d\u2019élèves, 2,480 orphelinats avec plus de 2 millions d\u2019enfants, 3,952 jardins d\u2019enfants avec son million de bambins, 5,962 asiles et crèches, 584 maternités, 3,886 hôpitaux et dispensaires (19 millions de consultations), 3,214 écoles de catéchistes.Devant ce bilan rapidement esquissé on ne peut s\u2019empêcher d\u2019évoquer ces paroles de Paul VI : « Remplir au plus vite la terre du nom et des grâces du Christ afin que toute langue confesse qu\u2019il est le seul Seigneur et Sauveur de tous, à la gloire du Père; porter à la paix et au soleil le genre humain tout entier que Dieu a tiré d\u2019un seul afin qu\u2019il peuple la terre1 ».Parents et éducateurs chrétiens, puisque « missionnaire est essentiellement la vocation, la physionomie, Tardent désir de la société fondée par le Christ pour prolonger son œuvre de rédemption sur la terre jusqu\u2019à la fin des temps », quelle sera notre attitude à l\u2019égard de TO.P.M.E.?A la lumière des circonstances nouvelles qui affectent le travail missionnaire et qui font événement, quel sera notre accueil, quelle collaboration apporterons-nous à cette œuvre qui tend à donner à la foi chrétienne sa pleine dimension et à passionner nos jeunes pour l\u2019extension de l\u2019Eglise, « sacrement de joie pour tous les hommes ».« Acclamez Dieu, toute la terre Chantez à la gloire de son nom! » Ps.66 « Que les peuples te rendent grâce, ô Dieu, Que les peuples te rendent grâce, tous! » Ps.67 Nous laisserons-nous saisir par la hantise du règne de Dieu sur terre, par la Mission de l\u2019Eglise ?C\u2019est avec confiance que TO.P.M.E.sollicite votre coopération pour qu\u2019un renouveau missionnaire chez les jeunes et les moins jeunes accomplisse les vœux du Concile, de la constitution sur l\u2019Eglise et du décret sur les missions.Sœur Mur idle Dubé, m.i.c.(Notre-Dame-du-Bon-Consei!, Drummond ) 1 Radiomessage du 19 octobre 1963, Oss.Romano, 1 novembre 1963 105 M maya sculptée.LA RELIGION MAYA HIER ET AUJOURD\u2019HUI par Sœur Gabrielle Ouimet, m.i.c.1 Il est un peu audacieux d\u2019entreprendre un travail sur la religion maya alors qu\u2019on la connaît très mal et que les sources ne se montrent pas particulièrement prometteuses.Elles sont constituées par les écrits des Espagnols du XVIe siècle, surtout des moines, les références des livres de Chilam Balam, les résidus de paganisme découverts parmi les Mayas actuels, et, enfin, par les représentations religieuses sculptées sur les monuments ou conservées dans les trois hiéroglyphiques: le Codex dresdensis, le Codex Tro-Cortesianus et le Codex Peresianus.Toutes, sauf les représentations religieuses, sont postérieures à l\u2019invasion du pays maya par les idées mexicaines vers l\u2019an mille.Il est donc quasi impossible de démêler les fils mexicains des fils mayas, ce que nous n\u2019essaierons pas d\u2019ailleurs.Il s\u2019agit plutôt de constater une fois de plus cette vérité que pour les nations, comme pour les individus, les valeurs spirituelles ont une importance essentielle.Pour bien saisir la religion maya il est bon de s\u2019arrêter un peu au peuple maya lui-même, à son histoire, à sa géographie, à son aspect physique et à ses traits psychologiques.Alors nous pourrons étudier la religion maya d\u2019hier et mieux comprendre celle d\u2019aujourd\u2019hui.Mais d\u2019abord qu\u2019entendons-nous par hier et aujourd\u2019hui ?Quel laps de temps recouvrent ces mots?Cette période où la civilisation maya naît et fleurit puis décline et meurt constitue cet hier dont il est question ici.D\u2019après Victor W.Von Hagen le monde maya s\u2019est formé entre l\u2019an 2000 avant Jésus-Christ et la chute de Mayapan en 1441 après Jésus-Christ.Au cours du siècle qui suivit la fin de la période classique, c\u2019est-à-dire vers l\u2019an 1525, eut lieu la grande invasion des étrangers et des idées étrangères.Le peuple maya entre donc alors dans une nouvelle phase qu\u2019on peut considérer comme aujourd\u2019hui, puisque le Maya actuel est encore marqué par cette invasion.Les Mayas Nos ancêtres pensaient que le premier homme était fait d\u2019argile, les Mayas disaient de maïs.La différence n\u2019est pas aussi considérable qu\u2019on pourrait l\u2019imaginer, si l\u2019on pense en termes culturels, car la civilisation est, dans une très large mesure, engendrée par le sol et par ses produits.A l\u2019époque de la conquête espagnole, l\u2019espace occupé par les Mayas couvrait tous les Etats du Yucatan et de Campêche, le territoire de r^,Petéh.Photo Natîdhîi Unfes Montréal Photo Pacifique Canadien Jeune beauté maya devant le temple de Labna, Yucatan.Quintana Roo, la bordure ouest du Honduras, tout le Honduras Britannique et le Guatemala, et la moitié orientale de l\u2019Etat de Chiapas.Cet espace se trouve sous les tropiques et forme une sorte de quadrilatère.Actuellement, cette partie, englobant les districts de Petén dans le Guatemala, et les parties adjacentes du Mexique et du Honduras Britannique, est à peu près inhabitée.Le problème de l\u2019homme primitif en Amérique est en lui-même extrêmement complexe et il reste bien loin de sa solution.Encore d\u2019après Von Hagen, jusqu\u2019ici on n\u2019aurait trouvé aucune trace d\u2019homme primitif sur le territoire maya.Nous connaissons, toutefois, un grand nombre de temples mayas, de stèles à inscriptions, de sculptures, aussi plusieurs peintures murales et des céramiques.107 A en juger par ces vestiges archéologiques, les Mayas avaient une civilisation très brillante.Toutefois, leur histoire est hérissée d\u2019énigmes.On connaît la chronologie maya fondée sur le système vicésimal.L\u2019ère avait son point de départ en 3113 avant Jésus-Christ.Le calendrier maya était très précis, et les Mayas avaient coutume de dater leurs stèles, leurs bas-reliefs et leurs constructions.L\u2019origine même de cette civilisation, qui semble apparaître subitement au IVe siècle après Jésus-Christ dans la région du Petén, est inconnue.Pourtant des jalons chronologiques permettent de distinguer des époques successives.D\u2019après le Grand Larousse il y avait « un Ancien Empire (320-987) et un Nouvel Empire (987-1697).Ces époques avaient été précédées par une période de civilisation dite « pré-maya », période allant du IVe siècle avant Jésus-Christ au IVe siècle après Jésus-Christ et qui correspondit à la gestation de la civilisation classique.Cette période est d\u2019autant plus livrée aux hypothèses qu\u2019à cette époque on construisait des monuments de bois qui ont disparu ».A l\u2019arrivée des Espagnols, les cités étaient envahies par la végétation et la population s\u2019était dispersée.Le Nouvel Empire se limita au Yucatan, alors que l\u2019Ancien Empire s\u2019était étendu vers le Sud.A partir du XVe siècle les calamités s\u2019abattirent sur l\u2019Empire: la peste en 1480, les guerres, enfin, la venue des Espagnols apparus en 1511.Photos Pacifique Canadien Hutte maya au Yucatan. El Palacio, ruines mayas de Palenque, Chiapas A la fin du XVIe siècle jusqu\u2019au début du XIXe les Mayas passent aux mains des padres.Les derniers stades de l\u2019histoire maya \u2014 la guerre, l\u2019Etat universel, la tyrannie et la scission \u2014 constituent une suite qui se reproduit constamment dans l\u2019histoire universelle.Plus fascinante que l\u2019histoire est l\u2019étude des gens.L\u2019aspect physique des Mayas est assez homogène.D\u2019une façon générale, ils sont trapus, avec des jambes cagneuses pour avoir été portés dans l\u2019enfance sur la hanche de leur mère.Le visage, large, a des pommettes très saillantes.Les traits sont doux et le type, dans les deux sexes, peut être qualifié de beau.Ils se classent parmi les groupes les plus brachycéphales du monde et ils accroissaient cette brachycéphalie par des déformations de la tête.Ceux de sang pur ont des cheveux noirs raides et des yeux brun foncé.Beaucoup possèdent un nez charnu, crochu ou assez aquilin, et une lèvre inférieure plutôt tombante.Ils sont imberbes, car dans l\u2019enfance on leur a brûlé les joues pour empêcher le poil de pousser.Deux autres caractéristiques suggèrent une origine asiatique: 1) les paupières présentent un pli accentué qui donne aux yeux une forme presque en amande; 2) la tache mongolique qui caractérise les peuples de l\u2019Asie du Sud.Cette tache de couleur verdâtre siège dans la région dorsale.Très visible Photo Pacifique Canadien K*\ti Ir- ''r\t3 WwM* 1 T k à la naissance, elle s\u2019atténue dès les premières an7 nées et disparaît habituellement vers l\u2019âge de dix ans.Les hommes et les jeunes mariés ont le corps peint en rouge, les célibataires en noir, les prêtres en bleu.Le Maya porte des vêtements tissés, d\u2019abord un pagne à deux pans puis un manteau carré jeté par-dessus; aux pieds des sandales de chanvre ou de peau et sur la tête un chapeau de feuilles de palmier ou de paille.La femme porte une jupe et une tunique de fil.Il y a quelques années, un groupe d\u2019ethnologues et de missionnaires américains étudièrent les traits psychologiques des Yucatèques.Cette étude du caractère et de l\u2019intelligence des Mayas actuels nous donne une idée de ceux de leurs ancêtres.Le Yucatèque a l\u2019esprit social et aime à travailler en groupe.Il manifeste peu son affection bien qu\u2019il soit très attaché à sa famille.Individuellement, ou en groupe, le Maya semble aimer à se déplacer d\u2019un endroit à un autre.On considère la pudeur comme un de ses traits les plus marqués, mais il a une forte tendance à l\u2019ivrognerie.Dans la collectivité maya, les meurtriers et les mendiants demeurent des exceptions.Sous l\u2019Ancien Empire, chaque cité était groupée autour d\u2019un foyer religieux avec des temples bâtis au sommet de pyramides de terre.La vie religieuse avait une très grande importance.Le culte était étroitement lié aux spéculations astronomiques et mathématiques relatives au calendrier.Les habitations construites comme des cases légères étaient groupées ou dispersées.Les manuscrits de langue maya originelle n\u2019ont été déchiffrés jusqu\u2019ici que partiellement.Sous son aspect général, la philosophie maya se rapproche étroitement de la philosophie athénienne, car la clef de l\u2019existence, dans ce pays, fut « de la modération en toute chose », comme à Athènes.Ce caractère des Mayas, fait de modération, de discipline, d\u2019esprit d\u2019entraide, de patience et de considération pour le prochain, leur permit de réaliser de grandes choses dans le domaine intellectuel.On sait qu\u2019ils étaient parvenus, avant l\u2019arrivée des Es- Pyramide maya de El Castillo, à Chichen Itza, Yucatan.Les victimes offertes aux dieux, une fois immolées, étaient précipitées du haut de l\u2019escalier.S'**.«,:/ pagnols, à de hautes connaissances astronomiques: l\u2019année, chez eux, correspondait avec une exactitude très rapprochée à la rotation de la terre autour du soleil.L\u2019éducation à la fois civique et religieuse est remise aux mains de prêtres.L\u2019initiation religieuse conférée aux enfants comprend le chant, l\u2019astrologie, la cosmographie, le comput du calendrier, l\u2019interprétation des songes.La vie des Mayas ne semble guère offrir de ressources à l\u2019essor d\u2019une pensée individuelle régie comme elle l\u2019est par une religion formaliste.Et les aventuriers européens débarquant au Yucatan furent frappés par le spectacle de cette reljgion « compliquée, dominatrice et ostentatoire ».La religion maya, hier L\u2019histoire des Mayas se trouve reflétée en un certain nombre d\u2019écrits qui jouent à nos yeux le rôle de miroirs déformants, car le Maya, scribe ou artiste, est le moins formel des témoins.Il lui est impossible de ne point surajouter à l\u2019objet ou au fait les modulations que lui dicte une mémoire libérée de la véracité ou du vraisemblable.Mais malgré cela ou à cause de cela, toute l\u2019âme d\u2019un peuple s\u2019y trouve empreinte à son insu, comme la plante du pied sur le sable.Le Popol-Vuh ou « livre sacré » des Quichés est le plus remarquable de ces documents.En dépit de sa rédaction tardive, cette « Bible » des Mayas est le meilleur des guides dans les tortueux détours de leur mentalité primitive.Il débute par une description du chaos primitif, antérieur à toute création, et le narrateur s\u2019essaie à dessiner le visage stupéfiant du néant.Au sein de ce vide, se manifeste une trinité céleste qui apparaît dans l\u2019éclat de la foudre et qui va procéder à la création de la terre.C\u2019est du cri du triple dieu et du bruit de son nom même qu\u2019il a clamé dans les espaces « Terre! » qu\u2019aussitôt elle naît.Pour la peupler ils engendrent les animaux; mais comme les animaux ne peuvent parler, donc présenter des louanges à leurs créateurs, les dieux procèdent à d\u2019autres créations qu\u2019ils détruisent aussitôt.Dans une création finale, la chair des ancêtres des Quichés est faite avec un gruau de maïs jaune et blanc.Ces premiers hommes, quatre au total, possèdent trop de dons: ils peuvent voir la plus grande partie de la terre.Les dieux, ne voulant pas avoir d\u2019égaux, obscurcissent leurs yeux d\u2019une brume légère et leur vue se trouve réduite.Ils créent des épouses pour les quatre hommes et ces hommes adorent leurs créateurs.111 Près de Muna, Yucatan, temple maya de Kabah orné des masques des chacs, dieux de la pluie.Photos Pacifique Canadien Les dieux: A première vue il semble que l\u2019étude des divinités mayas est relativement facile du moins si l\u2019on s\u2019arrête à ce récit de la création où domine une sorte de trinité divine.Mais très tôt on réalise la complexité du panthéon maya.La plupart des dieux étaient groupés par quatre, associés à une direction du monde et à sa couleur.L\u2019association des couleurs aux directions avait une grande importance.Ces quatre dieux, les Bacab, soutenaient le ciel, aux quatre coins du monde.L\u2019est était rouge, le nord, blanc, l\u2019ouest, noir, et le sud, jaune.Ces dieux révélaient des aspects bons ou mauvais, simultanément.Ils changeaient de place et modifiaient leurs associations.Ces variations d\u2019aspects rendent très difficile l\u2019élucidation de la religion maya.Beaucoup, peut-être la plupart des dieux mêlaient des traits animaux ou végétaux à leur apparence humaine.Thompson divise les divinités mayas en quatre grandes classes: 1 \u2014 Les divinités du ciel avec en tête le dieu Ku, le « dieu unique », mais non pas dans le sens de l\u2019unité numérique.C\u2019est son excellence qui est unique.M.Brasseur de Bourbourg n\u2019hésite pas à y reconnaître une personnification du soleil.Son 112 épouse Ixchel, la lune, était la déesse du tissage et de l\u2019enfantement.Le soleil avait un fils ou plutôt un double de forme humaine, le dieu Itzamna.On le représentait sous la forme d\u2019une main rouge.Il passe pour avoir inventé l\u2019écriture, les glyphes des Mayas et probablement le calendrier.Comme pour les autres dieux, il existait quatre Itzamna; sans nul doute il s\u2019agissait des quatre monstres célestes représentés par ces alligators ou ces lézards à deux têtes qu\u2019on rencontre si fréquemment dans l\u2019art maya de toutes les époques.Les Chacs étaient les dieux de la pluie et avaient des attributs ophidiens.Le culte des Chacs prédomine parmi les Mayas yucatèques qui ont même oublié le nom des Itzamna.Enfin Kukulcan, dénomination de Quetzalcoatl au Yucatan, était le dieu figuré comme un « serpent à plumes ».Ce dieu, qui à la différence de la plupart des autres « n\u2019a jamais eu ni épouse ni fils », contribuait à l\u2019éducation des hommes.Son rôle dominant était celui du vent.Le fait que son nom est complètement inconnu des Mayas actuels illustre bien son caractère éphémère.2 \u2014 Les divinités de la terre.Il était naturel que les dieux de qui dépendait la fertilité du sol tinssent une grande place dans les préoccupations religieuses des Mayas pour qui l\u2019agriculture était une activité majeure.Le dieu-jaguar, dieu de l\u2019intérieur de la terre, était une importante divinité maya.Il y a aussi les quatre Bacab dont nous avons parlé plus haut et naturellement Yum Kaax, le dieu du maïs, toujours représenté comme jeune.Il avait pour coiffure cette corbeille débordante de feuilles que l\u2019on observe sur la croix de Palenque.La conception d\u2019une plante de culture sous la forme d\u2019un être vivant, se battant à nos côtés, nous est foncièrement étrangère, mais elle est fondamentale dans la pensée maya.Il ne faut donc pas s\u2019étonner si le Maya donne une personnalité au maïs, et le considère avec une dévotion que nous ne ressentirions jamais pour quelque chose d\u2019inanimé.La pyramide du Quetzalcoatl.Ce dieu, nommé aussi Kukulcan, était figuré par un serpent à plumes.t * f t *¥ * f imim > » 1 Tr f.*4* ¦sinisa £6*\" ¦vacs 'V-\t| y ^ a * ji*1 'r**,V .'v.>-**.' 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