Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1950, Juillet - Août
[" Vol.\tN« i^î I9m s\ts'\"'\t' \\\t^ ?$\t/'¦>N.; V'/\tK\t' 3^ fijtéaVLàmA.Par an : $ 1.00\tBulletin bimestriel publié par les Soeurs Mission- A vie : $20.00\tnoires de !'Immaculée-Conception avec l'autori- sation de Monseigneur r Archevêque de Montréal.Les abonnements commencent\t2900, CHEMIN SAINTE-CATHERINE avec le numéro de janvier.\tCÔTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL(26) Vol.XV, 31\u201c année\tMontréal, Juillet-Août 1950\tNo 10 SOMMAIRE Visitation.^99 La Rédaction Hommages à S.Exc.Mgr Paul-Emile Léger.500 La Rédaction I Un homme seul au faîte du monde.SOI Daniel-Rops Un nouveau Bienheureux.SO4 Ma première année de Mission.S08 Par la grâce de Dieu.S12 Peine d'enfant.Joie d\u2019enfant.SI4 Des funérailles à Mzamhazi.5/9 Le plus heureux jour de ma vie.S2l Bonne Marna.S23 La chasse au serpent.S2S L\u2019œuvre des catéchistes à Manille.Iles Philippines.S28 Un amant de Maria Sama.S33 Soshil^i.S36 Enfant de ténèbres, enfant de lumière.559 Une fête de charité à Cuba.S4I Le bienheureux Théophane Vénard.S44 Chanoine F.Trochu Au Noviciat.S46 Il était un petit chat.S48 Reconnaissances \u2014 Recommandations Nécrologie.SSO I 'V L /L visitation Elle va vers Hébron la Vierge messagère.Par chemin de montagne abrupt et caillouté; Ses pas ne craignent point Vâpreté de la pierre.Diligente elle va porter sa charité, Le secours de ses mains, à sa vieille cousine Que Jéhovah bénit par la fécondité.Riche de l\u2019Infini caché dans sa poitrine, Notre-Dame s'en va toucher le Précurseur D\u2019un reflet transformant de Présence divine.Au matin de l\u2019Ave, dans les mots de splendeur, L Epouse du Très-Haut n\u2019avait lu que service : Accepter, pour donner à jamais le Sauveur ! Et la Reine au cœur d\u2019or.Mère Médiatrice, Cheminant vers Hébron, commence doucement.Humblement, à remplir son magnanime office.Vierge de la Visite, Ange toujours ployant De votre saint Trésor, visitez donc nos âmes ! Notre siècle égaré vous appelle implorant.Car vous êtes bénie entre toutes les femmes ! iJi.It.i, V'\\\\ vl s.\u20acxc.\tPaul-Cmile J^é^ex Au nouvel archevêque que Sa Sainteté Pie XII a donné comme un précieux « cadeau » à l'archidiocése de Montréal, LE PRÉCURSEUR offre avec joie ses voeux de long et fructueux épiscopat, avec ses hommages de profond respect et d'entière soumission. In homme ml an faîte dn monde \u2022¦ |! Ul II m\u2019arrive souvent de penser à cette petite lumière que voient chaque soir les promeneurs nocturnes de la place Saint-Pierre, seule dans les hautes façades sombres des palais vaticans.Pourtant, elle n\u2019est rien de plus que celle de la fenêtre derrière laquelle veille et travaille un homme; il y a de par le monde bien des hommes pour qui le labeur se prolonge au cœur de la nuit close, bien des fenêtres qu\u2019illumine la patience des longues veilles.Mais cette petite lumière a valeur de symbole: dans l\u2019immense abandon, flamme qui monte la garde; dans l\u2019incohérent déroulement du destin, gage de certitude; et dans l\u2019ombre la plus opaque, signe d\u2019espérance et promesse de clarté.Les chrétiens qui considèrent avec une vénération filiale le chef vêtu de blanc qui tient entre ses mains les destinées de l\u2019Église mesurent-ils assez ce qu\u2019il y a de prodigieux, de presque incroyable, dans le fait pour un homme d\u2019être Pape?Comprennent-ils cette saisie immédiate d\u2019un être de chair par l\u2019Esprit, qui, à peine dépouillé un scrutin, le porte au-dessus de soi, l\u2019arrache à toutes les contingences de la terre pour lui en confier la responsabilité totale, et le hausse si près de Dieu qu\u2019il n\u2019est mortel au monde pour vivre dans une aussi terrible proximité ?La phrase du Christ pèse éternellement sur les épaules de ces hommes successifs, mandés à une tâche qui semble dépasser l\u2019humain.« Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église.» C\u2019est sur eux que tout est fondé, que tout repose: ôtez le Pape, ou imaginez qu\u2019il défaille, et c\u2019est le christianisme qui vacille et s\u2019effondre: c\u2019est le monde qui perd sa signification.Ainsi, de siècle en siècle, le Pape est-il le témoin, l\u2019héritier, le lien vivant qui rattache nos générations mortelles à Celui de qui la Parole ne meurt pas.Peu importe, en un sens, la personnalité de celui qui assume cette tâche.Peu importe que, des cinquante premiers membres de la liste, nous ne sachions pas grand chose, sinon qu\u2019ils furent saints.Peu importe que quelques-uns, rarement, et moins qu\u2019on ne l\u2019a dit, au cours des temps, aient été iç\t- te 502 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 inégaux à leurs responsabilités.S\u2019il est heureux pour l\u2019Église et pour l\u2019humanité d\u2019avoir un Pape comblé des vertus du cœur et de l\u2019intelligence, prompt à saisir l\u2019époque, fort à prendre option sur l\u2019avenir, l\u2019essentiel n\u2019est pas encore là, mais bien davantage dans cette ordination surnaturelle qui investit un homme des dons mêmes de l\u2019Esprit.C\u2019est cette filiation directe, indiscutable, qui prête à la plus prodigieuse méditation.« Tous les Pontifes romains ensemble, dit Bossuet, doivent être considérés comme la seule personne de saint Pierre continuée.» Et en effet c\u2019est bien ainsi que l\u2019ont entendu les premiers Pères de l\u2019Église, qui, garants immédiats de la plus directe tradition, ont reconnu à l\u2019Église de Rome, « présidente de la fraternité chrétienne », comme dit saint Ignace d\u2019Antioche, et à son chef, celui que Tertullien appelle « l\u2019Évêque des évêques », une place irrécusablement première.« Le Seigneur a donné les clefs à Pierre et par lui à l\u2019Église », dit encore le fougeux polémiste d\u2019Afrique, qui si bien défendit la foi catholique avant d\u2019en être écarté par l\u2019orgueil.« C\u2019est de la parole: Tu es Pierre.que découlent l\u2019ordination sacerdotale et la forme même de l\u2019Église », écrit saint Cyprien, l\u2019évêque de Carthage: de Pierre au plus récent des Papes, c\u2019est la même force qui se transmet intacte, la force même qu\u2019aux sources du Jourdain, quelque beau jour d\u2019été de l\u2019année 29, Jésus donna au plus fidèle de ses fidèles parce qu\u2019il le savait solide comme un roc.Il y a pour un catholique quelque chose d\u2019extraordinairement apaisant \u2014\tquelque chose qu\u2019un hérétique ou un schismatique ne peut pas comprendre \u2014\tdans cette certitude qu\u2019un homme est là, parmi nous, vivant comme nous, éprouvant comme nous les inquiétudes de l\u2019heure, et en qui la Parole du Christ est déposée dans toute sa plénitude, exactement aussi active, aussi efficace qu\u2019elle l\u2019était aux jours où les morts se levaient à sa voix.Tout ce qui fait la force de l\u2019Église catholique se résume et s\u2019accomplit dans le Pape: « Point d\u2019unité d\u2019Église, dit saint Thomas, sans article de foi., mais point d\u2019unité de foi sans un chef suprême.» L\u2019infaillibilité, dont les adversaires s\u2019indignent, n\u2019est pas née d\u2019une volonté ou d\u2019une ambition personnelle, ni des nécessités et des circonstances: elle procède directement de ce qui établit le Pape dans ses droits depuis les origines; conséquence logique de la parole du Maître, elle est, pour chacun des fidèles, la plus imprescriptible des assurances, la ligne même de la route que la nef doit suivre, cap au Christ.Au reste, l\u2019histoire apporte, à justifier cette prééminence, une preuve incessamment renouvelée.Le mot célèbre de Joseph de Maistre est toujours valable: « Nulle institution humaine n\u2019a duré dix-huit siècles » hormis celle-là; il suffit d\u2019ajouter deux siècles de plus.Tout a passé des grandeurs temporelles; ni les empereurs de Rome, ni ceux de Byzance, ni leurs imitateurs de l\u2019Empire germanique, ni les rois, ni les démocraties n\u2019ont résisté à l\u2019usure du temps.Mais le témoin de Dieu, le descendant de Simon le Roc, est toujours là, aussi fort, aussi inébranlable et peut-être davantage, d\u2019avoir définitivement été reconnu, même par les plus laïcs des États, comme le souverain des domaines de l\u2019Esprit.Et si l\u2019on se donnait la peine d\u2019analyser de ce point de vue le cours des événements, peut-être s\u2019apercevrait-on qu\u2019il y a toujours eu une corres- Montfcal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 503 pondance entre les vertus d\u2019un Pontife, son attitude générale, ses moyens d\u2019action et les conditions qu\u2019exigeait l\u2019époque.Il y aurait beaucoup à méditer sur cette sorte de nécessité qui a fait surgir un Grégoire le Grand aux jours où il fallait dominer le monde barbare, un Grégoire VII aux temps où l\u2019idéal féodal devait être ordonné, un Innocent III lorsqu\u2019on dut affirmer les droits intemporels en face des grandissants nationalismes et, pour être bref, les grands Papes « sociaux » du xix' et du xx® siècle quand le monde moderne commença à sentir ses bases trembler.Ainsi de maintes façons apparaît-il à un catholique dans la sécurité absolue d\u2019une certitude qu\u2019il est un homme au monde aux mains de qui il peut s\u2019en remettre et qui sait parfaitement la voie et les moyens.Dans un univers déréglé qui semble tituber dans sa marche, on ne peut imaginer plus haute assurance ni plus douce consolation.Mais celui-là même qui en bénéficie, le chrétien moyen \u2014 vous, moi, chacun de nous \u2014 sait-il assez de quel poids écrasant pèse sur deux épaules ce fardeau dont chacun se décharge \u2014 et qu\u2019un homme prend ?A l\u2019heure où tout craque et menace de s\u2019effondrer, où les pires craintes sont admissibles, un homme seul n\u2019a pas le droit de douter, de désespérer, de laisser aller: ce vieillard qui travaille près de la petite fenêtre vaticane, et en qui Dieu s\u2019est reposé.Grandiose, inimaginable solitude! On ose à peine songer à ce que doit être sa méditation quotidienne, lorsque dans un dialogue avec l\u2019Esprit-Saint il a à peser, humainement, le pour et le contre, le pourquoi et le comment.On imagine à peine ce que peut être sa prière, lorsqu\u2019il éprouve, dans l\u2019angoisse de son âme, le fardeau de cette immense masse humaine dont il est comptable seul, et pour l\u2019éternité.A chaque jour, à chaque moment où se célèbre une messe, une imploration monte vers Dieu pour celui-là, pour cet homme qui est investi d\u2019une si accablante mission, et qui porte en son âme le meilleur de nos espérances.Mais ce n\u2019est pas assez encore que cette vénération lointaine: au Père qui prend aussi sur lui nos incertitudes et nous permet d\u2019aller d\u2019un cœur moins pesant, ce que chaque croyant voudrait dire, c\u2019est aussi, c\u2019est davantage, filial au plein sens du terme, un reconnaissant amour.Daniel-Rops.(Ecclesia.) \u2022 \u2022 \u2022: INTENTION MISSIONNAIRE pour le mois de juillet 1950 ckiétieni dei tég.ionâ muàulmaneà 'lieatud.T^o-tnihicuA \\$4iviù- DOMINIQUE SAVIO de l'Institut Salésien de saint Jean Bosco, Béatifié par Notre Saint-Père le Pape le 5 mars dernier Le 5 mars dernier, Sa Sainteté Pie XII décernait les honneurs des autels à une admirable fleur de jeunesse consacrée à une vie chrétienne exemplaire et sans tache: Dominique Savio, de l\u2019Oratoire Salésien de saint Jean Bosco.Dominique naquit à Riva di Chien, diocèse de Turin, le 2 avril 1842, d\u2019une famille de très modestes ouvriers.Le père, un humble forgeron, gagnait par son travail le pain quotidien de sa femme et de ses enfants.Tout jeune, l\u2019enfant sentait déjà une vive inclination à la piété, si bien que contrairement aux usages de l\u2019époque, il fut admis à la première communion à l\u2019âge de sept ans à peine.Avec cette date, commença son essor vers la sainteté.L\u2019héroïque résolution qu\u2019il prit alors: « La mort mais pas de péché! » devint sa devise, et Don Bosco, son biographe, dira que ce fut « le programme de vie de Savio ».A dix ans, il devait parcourir tous les matins cinq kilomètres pour aller à l\u2019école.Dix kilomètres chaoue jour aller et retour, le froid, le mauvais temps, les chaleurs de l\u2019été, entraînèrent Dominique à l\u2019héroïsme.Sa force de volonté et sa soif de s\u2019instruire lui firent surmonter toutes les difficultés.Le 2 octobre 1854, il est présenté pour la première fois à saint Jean Bosco, lequel, psychologue insurpassable, devine immédiatement de quelle « étoffe » est ce jeune de douze ans! Il l\u2019accepte aussitôt à l\u2019Oratoire où il entre le 29 du même mois.Une vie nouvelle commence pour Dominique.Durant les premiers six mois, rien d\u2019extraordinaire ne se remarque chez lui, mais l\u2019atmosphère surnaturelle dont saint Jean Bosco remplit son Oratoire le pénètre jusque dans les fibres intimes de son être et ne tarde pas à se manifester à l\u2019extérieur.Une prédication sur la sainteté que le saint adresse un jour à ses jeunes élèves remue profondément Dominique et le rend pensif, si bien que cette mélancolie subite provoque une interrogation de la part de son maître: «Tu ressens peut-être quelque douleur?lui demande-t-il.\u2014 Au contraire, j\u2019éprouve un bien, répond l\u2019adolescent, je sens le désir, le besoin de me faire saint.Je veux absolument devenir saint; que dois-je faire pour cela?» Don Bosco l\u2019engage à continuer simplement d\u2019être fidèle à ses devoirs d\u2019état et de piété, et à participer avec une joie constante et modérée aux récréations avec ses compagnons.Mais l\u2019étincelle jetée dans le cœur de Dominique devient un incendie et, pour alimenter l\u2019ardeur de son jeune disciple.Don Bosco doit élargir son programme de perfection : il lui conseille de travailler à conquérir des âmes au bon Dieu, l\u2019animant de sa propre devise: Da mihi animas, caetera toile.Dominique se transforme en apôtre, auprès de ses camarades d\u2019abord.Il fonde la Compagnie de l\u2019Immaculée-Conception, une des associations internes des Instituts Salésiens qui perpétue de nos jours encore l\u2019apostolat du type idéal de l\u2019élève de Don Bosco.Une vie intérieure profonde, dont l\u2019intensité va s\u2019augmentant jusqu\u2019à atteindre les sommets de l\u2019union mystique, soutient l\u2019activité conquérante de Dominique Savio.Dans les derniers mois de sa vie, le fait seul d\u2019entendre parler de Dieu le ravit hors de ses sens.Un jour qu\u2019il manque au réfectoire.Don Bosco va le chercher et le trouve debout, immobile comme une statue, devant le tabernacle.Il l\u2019appelle, mais l\u2019enfant ne répond pas.Il le secoue; alors, se retournant, Dominique regarde le Père en s\u2019exclamant: « Oh! la messe est déjà finie! » Dans ses extases, le jeune apôtre rêve de Missions, de conversions, et particulièrement de la conversion de l\u2019Angleterre.Il connaît par révélation que certaines âmes sont en danger de se perdre et il en avise Don Bosco, qui, partant aussitôt, trouve tout tel qu\u2019indiqué par l\u2019enfant.Avec la direction spirituelle de son saint Maître et protecteur, Dominique réalise en moins de deux ans le prodige de sa sainteté.Son âme, dilatée par les dons du Saint-Esprit, ne peut phis tenir en son corps fragile.Contraint par la maladie de LA BÉNÉDICTION DU SAINT SACREMENT APRÈS LA CÉRÉMONIE DE BÉATIFICATION DE DOMINIQUE SAVIO.LE SAINT-PÈRE EST AGENOUILLÉ A SON PRIE-DIEU Montréal LE PRECURSEUR Juillet Août 1950 507 quitter l\u2019Oratoire pour retourner dans sa famille, il y meurt au bout de sept jours, le 9 mars 1857.Il avait à peine quinze ans.Des fidèles de toutes les classes de la société et spécialement un très grand nombre de jeunes sont accourus des différentes parties de l\u2019Italie et de l\u2019étranger pour assister à la glorification de cet héroïque adolescent.La radio vaticane a annoncé que 40,000 personnes sont demeurées sur la Place Saint-Pierre, la basilique étant remplie^à pleine capacité.L\u2019Église, en béatifiant Dominique Savio, le propose comme un modèle à k jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui.=¦ ?Ei J^ancien àupétieut ^nétal de l\u2019CçUie métkodiàte de Cotée àe convettil au catkoliciàme Séoul (A.1.F.).\u2014 Le 21 novembre 1949, dans la cathédrale de Séoul, M.Tjyeng Tchoun Son, ancien supérieur général de l\u2019Église Méthodiste de Corée, et sa femme ont fait leur abjuration et reçu le baptême des mains de S.Exc.Mgr Paul Ro, Vicaire Apostolique de Séoul.Cette conversion a eu dans les milieux méthodistes de Corée un profond retentissement.M.Tjyeng entra dans l\u2019Église Méthodiste en 1899, à l\u2019âge de vingt-quatre ans, et se consacra aussitôt à l\u2019apostolat comme catéchiste prédicant.En 1904, au terme de cinq années d\u2019études théologiques, il devint pasteur et exerça le ministère à Séoul, où il fonda trois temples.En 1909, il fut nommé professeur de théologie au séminairf méthodiste.M.Tjyeng fut un des trente-trois leaders qui, en 1919, signèrent une pétition demandant à la Ligue des Nations de reconnaître l\u2019indépendance de la Corée, et pour ce geste se vit condamner par les Japonais à quatre années d\u2019emprisonnement.C\u2019est en prison, où il rencontra un catholique, que M.Tjyeng commença à s\u2019intéresser au catholicisme.Sa peine terminée, il reprit cependant son apostolat dans l\u2019Église Méthodiste, devint supérieur régional, puis visiteur général des missions méthodistes de Corée, ce^qui lui permit de réaliser l\u2019union des méthodistes du nord et du sud en une seule Église Méthodiste de Corée.En 1938, il fut élu évêque et choisi par l\u2019assemblée des pasteurs comme supérieur général de l\u2019Église Méthodiste de Corée.La pensée du catholicisme ne cessant de le poursuivre, M.Tjyeng se mit à l\u2019étude du dogme catholique, et, après mûres réflexions, décida de recevoir le baptême, en dépit des objurgations de ses coreligionnaires qui par tous les moyens essayèrent de le retenir au sein de leur Église.Aux prières qui lui furent adressées, il répondit simplement: « De même qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul Dieu et qu\u2019une seule vérité, de même il n\u2019y a qTune seule Église, fondée par le Christ sur Pierre et sur les apôtres.La seule véritable Église est donc celle qui remonte aux apôtres par une tradition ininterrompue: l\u2019Église Catholique Romaine.Pendant cinquante ans, j\u2019ai lutté dans l\u2019Église Méthodiste; je confesse aujourd\u2019hui mon erreur et souhaite que mon exemple soit suivi par ceux auxquels des liens profonds m\u2019ont si longtemps attaché.» Cette conversion est un magnifique exemple d\u2019abnégation, car M.Tjyeng, qu a exercé de hautes fonctions dans son Église, entre comme simple fidèle dans l\u2019Église Catholique.Les méthodistes eux-mêmes ne sont pas sans comprendre la grandeui de ce geste.(Fides.) Aimer les Missions, c\u2019est manifester notre estime pour la foi catholique.Autant nous aurons la compréhension et le respect de notre foi, autant il nous restera d\u2019amour pour les Missions.R.P.Robert Streit, O.M.1. as '^VWs.,v.*'*S*s\\ss\\is\\v\" Le 21 août 1948, toute rayonnante de joie, je débarquais au port de Hong Kong.L\u2019idéal de mon enfance se réalisait enfin: je venais missionner en Chine! Dès le lendemain, en compagnie de Sœur Supérieure, je me dirigeais vers Shek Lung, Mission chère entre toutes où devait s\u2019exercer mon apostolat.Après avoir vogué plus d\u2019une heure en barque sur la rivière des Perles, nous mettions pied à terre à la Léproserie.Bon nombre de lépreux et lépreuses nous attendaient et, avec leur plus beau sourire, nous saluèrent d\u2019un accueillant ((Tin Tu po yao Kou leungl ».L\u2019émotion me gagnait et mon âme débordait de reconnaissance: « Merci, mon Dieu! Désormais je veux passer ma vie à vous soulager dans ces pauvres malheureux et à vous conquérir le plus d\u2019âmes possible! » Au sein de notre petite communauté de Shek Lung, je trouvai d\u2019anciennes Missionnaires se dépensant depuis dix, vingt, trente ans, auprès des lépreux.Le lendemain, je visitais les différentes parties de la Léproserie.Au premier abord, la lèpre ne me parut pas une maladie aussi repoussante que je me l\u2019étais figuré.Je m\u2019efforçai de prodiguer à chaque malade mon meilleur sourire, regrettant de ne pouvoir y ajouter au moins un mot d\u2019encouragement.Voyant que je m\u2019approchais d\u2019eux sans crainte, les pauvres affligés en dirent aussitôt leur satisfaction à l\u2019Infirmière: « Ma Sœur n\u2019a pas peur de nous, nous en sommes bien contents! » {Km Leung npas nga tu! Nga hoofoon hei !) Le travail abonde et il faudrait me mettre à l\u2019œuvre aussitôt, mais on juge plus sage que je consacre tout d\u2019abord la plus grande partie de mon temps à l\u2019étude de la langue chinoise.Mon professeur est une jeune lépreuse de vingt-six ans.Elle naquit au Transvaal, en Afrique.A l\u2019âge de quinze ^ ans, comme ses études en anglais se trouvaient terminées. ses parents, dont elle était fille unique, décidèrent de revenir en Chine où elle pourrait apprendre le chinois.Quelques mois après leur arrivée à Canton, la guerre sino-japonaise éclata.Ils se réfugièrent dans la campagne, mais un matin, une bombe lancée d\u2019un avion ennemi tuait instantanément le chef de la famille.Quelques jours plus tard, la mère était arrêtée et emmenée prisonnière.A San restait seule en face du danger.Elle réussit à s enfuir dans la direction de Hong Kong et trouva un emploi à Fanling, dans une garderie.Elle s\u2019y dévouait au soin des enfants depuis plus d un an, quand elle ressentit une grande fatigue accompagnée de rougeurs sur la figure.Elle alla voir le médecin, qui, après examen, prononça cette sentence: « Ma pauvre enfant, vous êtes lépreuse.Il faudrait vous trouver une place dans un asile de lépreux! » Sous le coup de cette nouvelle épreuve, la jeune fille pensa mourir de chagrin.Elle se rendit à la Léproserie de X., mais la guerre continuait et, un jour, les malades furent mis sur des chalands, puis, à 1 aide d un remorqueur, poussés en pleine mer, à la merci des flots.Le plus grand nombre périt, les quelques unités qui réussirent à se sauver de cet affreux naufrage, après avoir regagné le rivage avec peine, se mirent en route vers un asile plus sûr.Au bout de plusieurs jours de marche et de souffrances, ils arrivaient un matin à la porte de notre Léproserie de Shek Lung.A San était du nombre.En dépit de la pénible situation du moment (les malades ne recevaient alors que cinq onces de riz par jour, pour toute ration), les rescapés furent accueillis.A San est maintenant chrétienne et se montre toujours empressée à rendre service, ne laissant échapper aucune occasion de témoigner sa reconnaissance.Elle se console de ses peines en se disant que si elle n\u2019avait pas été lépreuse, elle n\u2019aurait peut-être jamais connu le bon Dieu. 510 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 Au beau jour de l\u2019immaculée Conception, j\u2019assistais pour la première fois à une cérémonie de baptême solennel.Une gerbe de trente-six épis était offerte à notre Mère Immaculée! L\u2019aube de la grande fête de Noël se leva ensuite avec ses joies et ses préparatifs.En la nuit bénie, tous les vieux refrains si souvent répétés chez nous vinrent réjouir mes oreilles et éveiller en mon cœur une foule de souvenirs.Au Jour de l\u2019An, même solennité.Oh! en ce jour, je ne pus résister à la tentation de faire une petite visite au cher Canada.En esprit, je m\u2019agenouillai aux pieds de mon bon papa, pour sentir comme autrefois sa main bénissante se lever doucement sur ma tête.Je revis aussi ma bien-aimée maman, mes chers frères et sœurs que la distance ne m\u2019empêche pas d\u2019aimer immensément.Après avoir goûté à la suavité des belles fêtes religieuses qui s\u2019échelonnent de décembre à mars, voici que le 27 de ce mois j\u2019expérimentais ce que, dans ma naïveté, je désirais connaître, pour avoir une vraie idée des Missions; une visite des brigands! Je fus servie au delà de ce que je souhaitais; au milieu de la nuit, une vingtaine de voleurs nous tirent de notre sommeil en enfonçant la porte du Couvent, puis, bousculant et vidant les meubles, nous frappent les unes et les autres pour nous forcer à leur remettre l\u2019argent en réserve.S\u2019emparant de notre avoir, ils s\u2019enfuient en laissant la maison dans un désordre inimaginable.Jamais je n\u2019oublierai la triste scène et je ne conseille à personne de désirer semblable expérience!.Les joyeux alléluias de Pâques 1949 sont pour nous mêlés de tristesse.Le sud de la Chine est menacé et l\u2019on parle de rapatriement.Mais comment pourrions-nous quitter nos malheureux ?Plus nous y pensons, plus notre cœur se brise.Nos malades, de leur côté, redoublent de ferveur et de zèle dans leurs supplications.La réponse du ciel ne se fait pas longtemps attendre; un câblogramme de notre Maison-Mère autorise les volontaires à rester pour garder les œuvres.Volontaires, nous le sommes toutes et nous comptons sur le secours d\u2019En-Haut qui ne nous fera pas défaut; le passé n\u2019est-il pas garant de l\u2019avenir ?Quelques-unes cependant, dont notre chère Sœur Supérieure et les plus anciennes de la Léproserie, doivent prendre le chemin du pays natal ou la route des Philippines.Nous restons quatre, oui, quatre privilégiées, pour poursuivre l\u2019œuvre si belle de dévouement et d\u2019abnégation à laquelle nos devancières se sont données si généreusement depuis plus de trente ans ! La Fête-Dieu arrive avec ces événements.Tous nos malades mettent leurs talents à contribution pour préparer le triomphe du divin Roi.Les sages y vont de leurs conseils et de leurs idées géniales et les ouvriers se mettent à l\u2019œuvre.A Fong et le grand chef, A Leung, avec leurs mains dont les doigts sont presque tous tombés ou contractés par la maladie, animent l\u2019enthousiasme de tous par la part qu\u2019ils apportent eux-mêmes aux travaux.Et les autres, quels sont-ils?De pauvres infirmes aux mains tordues, aux moignons garnis de deux ou trois doigts seulement; quelques-uns sont d\u2019anciens soldats dont la carrière n\u2019a certes pas été employée à la confection des fleurs!.Et pourtant, de cet ensemble de volontés unies, tenaces et résolues, de cette patience de tous les instants, de cet amour, décidé coûte que coûte Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 511 à magnifier le Seigneur, sortira le plus bel hommage au Dieu de l\u2019Eucharistie.Sous chaque fleur, Jésus lira l\u2019amour de ses pauvres enfants lépreux, et passant sous les multiples arches qu\u2019ils lui ont dressées, il sera consolé et, en retour, les bénira.En la fête du Sacré Cœur, plus de quarante catéchumènes reçoivent le baptême.Un bon nombre de chrétiens deviennent aussi en ce jour membres de la Ligue du Sacré-Cœur.Une vague de ferveur enveloppe notre heureust solitude et nos joies apostoliques se succèdent: c\u2019est un retour à une vie plu foncièrement chrétienne, une entrée au vrai Bercail, une abjuration qi .ébranle les coreligionnaires.Et nos petits sacrifices sont vite oubliés soi l\u2019effet de ces joies si pures et si douces! Mes connaissances en langue chinoise étant un peu plus étendues, j\u2019ai le bonheur d\u2019aller tous les jours aider au dispensaire.Jamais je n\u2019ai goûté tant de consolations qu\u2019en pansant les plaies de nos chers lépreux.Quelle belle œuvre que la nôtre! Je m\u2019édifie sans cesse auprès de ces pauvres affligés.Leur grande ferveur et la générosité avec laquelle ils acceptent les souffrances nous font espérer pour eux une bien belle place là-haut.Il y a quelques jours, notre bonne jardinière, habituellement si joyeuse, se prit à pleurer.« Vous êtes sans doute fatiguée, lui dis-je, allez vous reposer.\u2014 Mais non, me répondit-elle, s\u2019efforçant de dissimuler son chagrin, je n\u2019ai rien! » Mais je devinais bien qu\u2019une épine lui perçait le cœur.Après avoir causé quelques instants, voici ce qu\u2019elle m\u2019avoua: « Il y a maintenant plusieurs années que je suis lépreuse; ah! quel mal terrible! Mes parents ne s\u2019occupent plus de moi, ils ont peur de leur fille! Depuis deux ans, je n\u2019avais pas eu de leurs nouvelles et aujourd\u2019hui je viens de recevoir un tout petit mot, deux courtes phrases! » Et les pleurs inondent le visage de la pauvre enfant.« Allaie, vous êtes chrétienne maintenant, lui dis-je.\u2014 Ah! oui, murmura-t-elle, et après un silence: Oui, je suis chrétienne et j\u2019accepte tout cela pour faire plaisir au bon Dieu! » J\u2019étais émue et avais peine à retenir moi-même mes larmes.La Saint-Jean l\u2019Évangéliste m\u2019apporta la joie de baptiser deux belles pouponnes jumelles apportées à la Léproserie.Les chères petites furent faites enfants du bon Dieu sous les noms de mes deux mères: Anna et Alber-tine.Le lendemain, notre fidèle Mouil Kouai partait avec le double et précieux fardeau pour la Crèche Notre-Dame-de-la-Providence de Canton.Sur le bateau, on lui posa mille questions pour savoir d\u2019où venaient ces enfants et ce qu\u2019elle allait en faire.L\u2019acte de charité qui avait fait accepter ces petites abandonnées toucha les propriétaires de la barque qui décidèrent de fournir leur quote-part en donnant à Mouil Kouai son passage gratuit jusqu\u2019à Canton.Nées le jour de Noël, ces chères enfants commencent déjà à ressentir la protection de leur divin petit Frère.Nous entrons dans une année nouvelle; que va-t-elle nous apporter ?y Sans doute la continuation des bienfaits du Seigneur.Au milieu de notre grande famille, nous jouissons à plein cœur et ne cessons de remercier le bon Dieu de la part si belle dont il nous a gratifiées! Sœur Marie-des-Oliviers \\ M, 1.C.1.(îertrude Lakorkst, de Montréal. la ^race de æu A l\u2019automne de 1944, nous arrivait de Swatow une charmante jeune fille de dix-huit ans.Fraîchement sortie de la High School, Êva Wong venait rendre visite à sa cousine Connie Chan, professeur à notre école du Saint-Esprit de Canton.La guerre avec les Japonais et l\u2019occupation de la Chine par ceux-ci avaient anéanti les rêves d\u2019avenir que M.et Mme Wong avaient échafaudés pour Éva, leur benjamine.Tous deux auraient souhaité qu\u2019elle poursuivît ses études à l\u2019Université et devînt une étoile de la science; mais en bons patriotes qui ne prisaient pas l\u2019ingérence nippone dans le domaine de l\u2019instruction, ils avaient décidé que leur fille resterait à la maison plutôt que d\u2019aller L\u201e.J.-.se frotter à la culture de la Nation ennemie.Éva aimait l\u2019étude.Sur le conseil de Connie, elle s\u2019inscrivit au cours anglais de notre École: nul doute qu\u2019il lui serait très avantageux de se perfectionner dans une langue qu\u2019elle connaissait un peu et qui, d\u2019ailleurs, est très en vogue dans les grandes villes chinoises.Mais l\u2019étude de l\u2019anglais ne devait être pour la studiause Éva qu\u2019un crochet pour parvenir à la science des sciences.Moins d\u2019un an après son arrivée de Swatow, elle prenait un mauvais rhume qui dégénérait en cette terrible maladie fatale à tant de jeunes existences: l\u2019étudiante dut abandonner ses cours.Malgré son séjour éphémère parmi nous, Mlle Wong avait déjà gagné l\u2019amitié de tous par son affabilité.Elle-même s\u2019était profondément attachée à ses professeurs et à ses compagnes.Pendant les longues heures de solitude que lui imposa la maladie, elle s\u2019amusa à confectionner de petites poupées de laine qu\u2019elle faisait parvenir avec un mot d\u2019affection à son ancienne maîtresse d\u2019anglais.Sœur Joseph-de-la-Sainte-Famille h Celle-ci ne manquait jamais de remercier par l\u2019envoi de quelque belle image de la Vierge Immaculée.Ce fut certainement cette bonne Mère qui commença l\u2019œuvre de la grâce.En septembre, une méningite se déclara et il fut évident qu\u2019Éva était perdue.Ses compagnes lui dirent leur sympathie avec des fleurs.Quant à sa maîtresse, elle se rendit à son chevet en compagnie de Connie.Quel ne fut pas l\u2019étonnement de notre Missionnaire d\u2019apprendre, à sa première visite.1.Jeannette Dêlisle, de Worcester, Mass. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 513 que son élève était le seul membre de la famille encore païen ! Depuis dix ans, toute la famille Wong, sauf Éva, était passée à l\u2019Église baptiste.Le père, homme croyant et très religieux, remplaçait au besoin les ministres dans leurs fonctions dominicales.Parler de notre religion semblait quasi impossible.Connie, qui nous était très sympathique bien qu\u2019elle fût païenne, sonda le terrain.Les parents hésitèrent, se consultèrent l\u2019un l\u2019autre pour décider enfin qu\u2019Éva était libre de faire comme elle l\u2019entendrait.Notre Sœur parla donc à la jeune mourante du baptême et du ciel.La réponse ne se fit pas attendre: « Oui, oui, je veux être baptisée dans la religion catholique! » Débordante de joie, notre Missionnaire acheva d\u2019instruire son ex-élève d\u2019anglais.La cérémonie du baptême fut simple et émouvante.M.et Mme Wong y assistèrent avec piété, et devant le bonheur de leur enfant, ils ne purent s\u2019empêcher d\u2019en remercier la Religieuse.Dix jours pb\u2019s tard, l\u2019âme toute blanche de Marie-Éva s\u2019envolait au ciel.Là-haut, puisse-t-elle intercéder en faveur de son aimable cousine, Connie, à qui elle est redevable de sa gloire éternelle, et lui obtenir le don de la Foi! Notre bon M.Wong nous remit une photo-souvenir où il avait écrit des vers chinois empreints d\u2019esprit chrétien.Ce petit poème pourrait se traduire comme suit: Éva n\u2019a vécu que vingt ans.Avec amour, son Dieu l\u2019appelle Au lieu de l\u2019éternel printemps; Le Cœur divin s\u2019empare d\u2019elle, L\u2019enivre de ravissements.Comment pleurer l\u2019âme immortelle ?Une Missionnaire de Canton, en Chine.tin catkoUifue pxemiet de la Coût âuptème au d^^pon Tokyo (A.I.F.).\u2014 Par décision de S.E.Yoshida Shigeru, Premier Ministre, le Professeur Tanaka Kotaro, sénateur et ancien ministre, a été nommé Premier Juge de la Cour Suprême à Tokyo.C\u2019est la première fois au Japon qu\u2019un catholique occupe une charge si élevée dans la magistrature.M.Tanaka Kotaro est né à Kagoshima en 1890.Diverses influences, celles entre autres du Professeur Inazo Nitobé et du Pasteur Kanzo Uchimura, l\u2019amenèrent jeune encore au protestantisme, mais, à l\u2019exemple de sa femme convertie de l\u2019anglicanisme, il devint catholique en 1926, alors qu\u2019il enseignait le Droit Commercial à l\u2019Université Impériale, et ne cessa depuis lors de militer, par la parole et par la plume, dans les rangs de l\u2019Action Catholique.Au moment où l\u2019Église Catholique connaissait au Japon des heures difficiles et se trouvait en butte à des vexations de tout genre de la part des éléments extrémistes et nationalistes, M.Tanaka, faisant preuve d\u2019un beau courage, publia un livre très lu et très apprécié aujourd\u2019hui: Droit, Religion et Vie Sociale.Il est également l\u2019auteur d\u2019un important ouvrage en trois volumes: Le Droit Mondial, fort connu dans les milieux intellectuels.M.Tanaka a visité plusieurs fois l\u2019Europe et séjourné longuement à Paris et surtout à Rome, où, en 1936, il enseigna le droit à l\u2019Université.(Fides.) KATETE, NYASSA NORD Peine enfant,.Joie enfant.hA vwv- Pas de Mazuwa sans son frère Matiasi ! A l\u2019école ou dans des galopades à travers la brousse, l\u2019un n\u2019allait jamais sans l\u2019autre.La hutte paternelle s\u2019élevait au village de Yamato, à dix minutes de marche de Katete, et elle abritait, outre le père et la mère, de purs païens, le frérot Gilbert et la petite sœur Tirya.John, l\u2019aîné, avait quitté sa brousse natale pour le séminaire de Kasina en vue de devenir prêtre.Matiasi, baptisé dès ses jeunes ans lors d\u2019une maladie grave, rêvait de marcher sur les traces de John; et Mazuwa, comme de raison, parlait de suivre son cher Matiasi.Mais en païen qui ne comprend rien à ces histoires de vocation, le père ne voulut point permettre le départ d\u2019un autre de ses fils pour le séminaire; quant au petit Mazuwa, il le laissa un temps fréquenter l\u2019école presbytérale de Katete, puis retira la permission.Les deux négrillons sympathisèrent plus que jamais: ils avaient maintenant un commun chagrin à partager.La veille de Noël 1949, Matiasi vint à la Mission pour y recevoir le sacrement de pénitence et préparer sa communion de la nuit sainte.De fait, il communia à la messe de minuit avec une ferveur angélique.Mais voici que le 30 décembre au matin on mande en hâte le Missionnaire: Matiasi est mourant.Le Prêtre se rend lui porter Jésus.Hélas, l\u2019enfant gît inconscient, et le Dieu de son cœur doit regagner le tabernacle de Katete.L\u2019infirmière du dispensaire visite à son tour le pauvre Matiasi.Peine perdue: il expire le soir même vers les 5 heures.Des lamentations déchirent cette fin du jour et parviennent, comme une sorte de faire-part indigène, jusqu\u2019au couvent des Wamayi.Aussitôt, deux d\u2019entre elles prennent le sentier qui mène _____ *\tà Yamato.Chemin faisant elles égrènent des m Avé silencieux pour le repos de l\u2019âme de leur cher petit Matiasi.Au village de Yamato, qui com-S\"' \\ PKü\tprend une quinzaine de huttes entou- ^\t,\trées de bananiers, la clameur est '' ^/rm Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 515 étourdissante.Sur la place publique les hommes pleurent à chaudes larmes et crient à travers leurs sanglots; « Mana wake, Matiasi wakuluta » (son enfant Matiasi est parti).Le groupe de la marmaille est à part et se lamente aussi sur un petit ton clair, discordant.Mazuwa est là: c\u2019est pitié de le voir.Il en est à sa deuxième grosse peine cette année: sortie de l\u2019école presbytérale et perte de son frère.Pire que tout: désormais il sera seul pour souffrir! De la hutte en deuil s\u2019échappe le plus beau vacarme: c\u2019est à réveiller Matiasi lui-même, qui repose sur sa natte enveloppé dans son saru de tous les jours! Autour de lui la maman, la grand-maman, les femmes de la parenté et.du voisinage s\u2019époumonnent de douleur.L\u2019arrivée des Wamayi provoque une accalmie: on sait qu\u2019elles viennent prier.Alors chrétiennes et païennes s\u2019agenouillent et répondent au chapelet.Avé fervents, Avé boiteux, ou simples commencements d\u2019Avé; il y en a de toutes sortes! Sitôt les prières finies et les Wamayi en route, les lamentations reprennent avec plus de vigueur encore pour durer toute la nuit.Le lendemain un libera est chanté à l\u2019église de la Mission, après quoi Matiasi, qui a été revêtu d\u2019un habit blanc selon le désir de son père, est enroulé dans une natte et confié à la terre.Tout le village et toute l\u2019école assistent aux funérailles, sauf Mazuwa qui a vraiment trop de peine.Oui, peine d\u2019enfant, mais immense à déborder.Le jour suivant, qui est un dimanche, qui trouvons-nous sur le perron du couvent après la grand-messe ?Notre Mazuwa, l\u2019air jongleur, triste.Avec bonté.Sœur Supérieure lui demande s\u2019il veut quelque chose.Non, il ne veut rien: tout simplement il s\u2019ennuie.Prise de pitié.Sœur Supérieure l\u2019amène dans la cour et essaie de le distraire en lui montrant sa photo reproduite sur la couverture de l\u2019Annuaire de la Sainte-Enfance.Un premier nuage disparaît; le petit Noir est content de se voir en image.Mais la Wamayi est bien bonne: voici qu\u2019elle lui fait cadeau d\u2019une casquette où pointent deux petits éventails en celluloïd qui tournent quand on court ! Et Mazuwa de bondir comme une antilope et de revenir auprès de sa bienfaitrice fou de joie devant la merveille! Ses petites mains croisées, ses yeux levés sur la Wamayi, il ne sait que dire: « Nikukondwa comene yewo » (je suis content beaucoup, merci).Il semble se demander si c\u2019est bien vrai qu\u2019il va rester propriétaire de ce trésor!.Mais notre négrillon va de merveille en merveille: on lui remet.un suçon! Alors il s\u2019assoit tout près de Sœur Supérieure et se met en frais de déguster son banquet d\u2019un sou.C\u2019est le moment des épanchements.Mazuwa parle de son désir d\u2019étudier pour devenir prêtre comme John.Le découragement et la tristesse s\u2019envolent; le moral est à la hauteur!.Son père, il le convertira ! Peine d\u2019enfant, joie d\u2019enfant! deux petits éventails en celluloïd ont suffi pour balayer une immense douleur, et un bonbon d\u2019un sou à ramener l\u2019espoir, ce commencement de bonheur.Ma première sortie en brousse Par un bel après-midi de janvier j\u2019ai l\u2019honneur d\u2019être désignée pour .iccompagner l\u2019infirmière dans une visite aux malades.Ce genre d\u2019apostolat, J\u2019en rêve depuis mon enfance! Je saute dans mes caoutchoucs, saisis mon parapluie et mon imperméable, et pars toute joyeuse; c\u2019est samedi: grand merci à ma bonne Mère du ciel qui m\u2019envoie cette nouvelle joie missionnaire! Remarquez que je me suis précautionnée contre la pluie, bien que le temps soit superbe.De novembre à avril, le ciel est d\u2019humeur Jean-qui-pleure Jean-qui-rit: mieux vaut pratiquer la prudence météorologique! Le soleil vous adresse ses sourires les plus caressants, quand tout à coup les nues ont des crises de larmes qui vous trempent jusqu\u2019aux os! Une femme indigène ouvre la marche; nous suivons, l\u2019infirmière et moi.Force nous est de faire aux bêtes de la brousse la prédication de saint François, c\u2019est-à-dire que nous marchons les yeux modestement baissés de peur d\u2019écraser quelques serpents qui ne s\u2019amadouent pas ensuite avec d\u2019officiels « Mille excuses! » ou « Sorry ! so sorry ! » Nous cheminons une trentaine de minutes à travers des champs ensemencés ou des broussailles quasi inextricables.Soudain, notre guide lance un cri qui me semble.de terreur.Je me vois sur les bords de l\u2019éternité: un léopard ou un lion veut sans doute collationner de nous trois! Je tremble de tous mes membres et regrette en gros ce qui, dans ma vie, a été combustible pour outre-tombe.Un second cri est suivi de paroles qui me font respirer.Je crois comprendre que des indigènes sont à se baigner dans la rivière Katete et qu\u2019on leur donne avis de se vêtir pour le passage des Wamayi ! Quelques secondes d\u2019un arrêt salutaire à mon Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 5 1 7 cœur qui se replace, puis des cris de la rivière annoncent que la circulation est rétablie.Après cette alerte, nous traversons un village.Quelqu\u2019un a dû nous apercevoir de loin, car toutes les mamans accourent avec leurs enfants et s\u2019agenouillent à nos pieds.Ah! que n\u2019ai-je demandé à notre Saint-Père le Pape, lors de mon inoubliable passage à Rome, permission de bénir! Que d\u2019heureux je ferais en ce moment! Nous continuons notre route qui va tantôt grimpant au flanc des montagnes, tantôt dégringolant au plus profond des vallées.D\u2019en haut l\u2019œil embrasse des panoramas magnifiques d\u2019une exubérance africaine; d\u2019en bas, il se lève sur le panache d\u2019arbres gigantesques qui paraissent toucher le ciel.Enfin nous arrivons au village,\t^ terme de notre voyage.Nous nous dirigeons tout de suite vers la hutte de notre patient, Noké, trois ans, un de mes petits élèves qui s\u2019est horriblement brûlé l\u2019abdo-men et la jambe droite.Selon le protocole indigène, à la porte de la case nous demandons: «Odi, odi ?» (Permettez-nous d\u2019entrer).De l\u2019intérieur une voix répond: « Odini » (entrez).Nous pénétrons dans un épais nuage de fumée; on nous apporte une natte de jonc sur laquelle nous pouvons nous mettre à genoux.La conversation s\u2019engage, mais après quelques minutes seulement on nous dit bonjour.Mes yeux s\u2019habituent à la fumée et j\u2019examine un brin: la pièce ou plutôt la hutte est circulaire, à peu près huit pieds de diamètre.Sur le plancher de terre nue, au beau milieu de la place, un feu de branches mortes cuit le vingoma (maïs).Comme chaudron, une sorte de pot en terre de fabrication indigène, le ciwiya.Une femme apporte une calebasse d\u2019eau froide et la jette sur le vingoma qui se prend à danser.A part le feu, rien qu\u2019une ou deux nattes.Ah, si! dans le nuage de fumée, une lanière d\u2019écorce d\u2019arbre court à travers la pièce; les objets les plus hétéroclites y sont suspendus: haillons, épis de blé d\u2019Inde, poisson séché.Pauvres Noirs! à cause des rats qui pullulent ils doivent suspendre tout leur mince avoir.Noké crie à fendre l\u2019âme.L\u2019infirmière lui enlève ses bandages et l\u2019opération n\u2019est pas sans douleur.Malgré l\u2019obscurité, je distingue une petite jambe d\u2019un rose tendre: la chair est au vif.Le négrillon a raison de crier.Pendant ce temps, les femmes du village sont venues s\u2019asseoir autour du feu.La grand-maman, la maman, les tantes, dans la crainte de voir mourir le petit Noké, pleurent bruyamment.Le grand-père et le père sont restés accroupis dehors à l\u2019entrée: la politesse du code Noir interdit aux .;18 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 m : LES ÉLÈVES DE L\u2019ÉCOLE DES PÈRES  KATETE S\u2019AMUSENT DANS LE LAC.LEURS CANOTS ONT ÉTÉ FABRIQUÉS AVEC DES TRONCS D\u2019ARBRES.,'iommes de pénétrer dans une case où il n\u2019y a que des femmes.Tantôt ils nous parleront à la sortie.Le pansement terminé, tout le monde s\u2019agenouille pour la récitation d\u2019un Avé et de quelques invocations où nous demandons intérieurement la guérison spirituelle des membres païens de la famille, encore plus que la guérison corporelle de Noké.Mais le soleil se prépare à tomber sur l\u2019horizon ; c\u2019est l\u2019heure du retour.D\u2019un cœur léger nous regrimpons et redescendons les sentiers de chèvre que nous avons suivis à l\u2019aller.Noké va guérir: des âmes vont se convertir: une, deux, trois.Nous risquerions fort de connaître au spirituel la mésaventure de Perrette, mais la Vierge Marie tient pour nous le vase trop plein de nos ambitions missionnaires ! Sœur Sainte-Bernadette \\ M.I.C.La Sainte Vierge s\u2019occupait de peu de choses, une seule la touchait: c\u2019était de plaire à Dieu.Vénérable Marie de Sales Chappuis.Heureux, ô Marie, celui qui aime votre doux nom, nom si puissant, que tous ceux qui l\u2019invoquent à leur dernière heure n\u2019ont rien à craindre des attaques de l\u2019ennemi.B.Bonaventure.1.Marie Fyfe, de Lapraine NYASSA NORD, AFRIQUE a v5 1.Lucienne Renaud, de Montréal.«AVI 534 Montréal LE PRECURSEUR Juillet Août IMSO rent à domicile leurs bons offices.Le pauvre malade était édifiant au possible.Sa femme, que le travail appelait souvent à l\u2019extérieur, n\u2019avait guère le loisir de le soigner et s\u2019en remettait à l\u2019aînée des enfants, une fillette de dix ans.Plus à l\u2019âge des jeux qu\u2019à celui du dévouement, l\u2019étourdie oubliait souvent son rôle, et le père attendait, attendait sans rien dire.Nous le trouvions ordinairement occupé à s\u2019entretenir avec Maria Sama dont l\u2019image bienfaisante était placée sous ses yeux.D\u2019elle, il apprenait à aimer le Dieu des Missionnaires.Un jour qu\u2019elle revenait de l\u2019église.Sœur Agnès-d\u2019Assise, passant devant la demeure de son protégé, s\u2019entendit appeler par Mme Mori: « Mon mari est très mal, entrez donc le voir.» Il était en effet aux prises avec des compli- ÉLÈVES DU JARDIN DE L\u2019ENFANCE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÊE-CONCEPTION DE KÜRIYAMA, JAPON, ATTENDANT L'HEURE DE LA CLASSE.cations de son mal, en pleine connaissance toutefois et suppliant pour qu\u2019on lui donnât le baptême.Il était en si grand danger que son désir fut exaucé à l\u2019instant même.Toute la parenté bouddhiste venue des environs témoigna de son mécontentement et tenta quelque assaut pour ébranler le mourant.Mais ce dernier resta ferme et ne cessa de redire son bonheur d\u2019être l\u2019enfant du vrai Dieu.Dédaignant les murmures bouddhiques, il se tourna vers Sœur Agnès-d\u2019Assise et lui demanda en quoi il pourrait lui prouver sa reconnaissance: la fierté du noble Japonais ne devait s\u2019éteindre qu\u2019avec lui! « Vous partez pour le ciel, lui fut-il répondu, ne nous y oubliez pas.Vous qui comprenez le but de nos travaux, demandez au bon Dieu de les rendre fructueux afin que nous puissions procurer à tous vos compatriotes le bonheur dont vous jouissez présentement.» Montréal LE PRECURSEUR JmUet-Août 1950 535 Satisfait de la réponse, le moribond se prépara par des actes de résignation et d\u2019amour à franchir le seuil de l\u2019éternité.Ce fut le 12 septembre qu\u2019il le passa.Ce jour-là, l\u2019Église célébrait la fête du saint Nom de Marie; sans doute l\u2019amant de Maria Sama qui avait trouvé remède à ses maux dans le nom béni de la Vierge, y trouva-t-il au dernier moment la clef des portes du paradis! E4 ¦ Rêve missionnaire réalisé Il y avait bien longtemps que je chantais au bon Dieu, dans mon coeur, ce beau cantique: « Des âmes, des âmes, pour les vaincre et pour les conquérir, par l\u2019espoir qui console et l\u2019amour qui relève; des âmes, pour chanter le Christ et le bénir! » Aujourd\u2019hui, je puis dire que pour la première fois ma prière a étc exaucée d\u2019une façon sensible, puisque j\u2019ai eu le bonheur d\u2019ondoyer une malade à l\u2019hôpital.Depuis mon arrivée au Japon, je l\u2019attendais avec impatience ce grand jour, aussi mon coeur battit bien fort d\u2019émotion quand ma compagne me présenta la petite bouteille d\u2019eau bénite.Une chrétienne japonaise s\u2019approcha de la mourante, l\u2019invita à regretter ses fautes et lui fit comprendre qu\u2019à l\u2019avenir, toutes ses souffrances, généreusement offertes au bon Dieu, lui achèteraient beaucoup de mérites pour le ciel.Un bon sourire se dessina sur ses lèvres.Je m\u2019avançai à mon tour et prononçai les paroles régénératrices: « Marie-Thérèse-Léonise, je te baptise, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.» Oh! comme j\u2019aurais aimé alors adresser à la pauvre malade quelques mots de consolation! L\u2019interprète qui nous accompagnait le fit sûrement à ma place, car lorsque, avant de la quitter, je saluai ma première baptisée, elle semblait jouir d\u2019un réel bonheur.Et moi, je retournai au Couvent, l\u2019âme débordante d\u2019une joie indicible, chantant encore en moi-même: « Des âmes, des âmes! ô mon Dieu, donnez-nous des âmes en grand nombre, des âmes qui vous chanteront et vous loueront éternellement ! » Sœur Sainte-Aline », M.I.C.*** Travailler au salut du prochain est une œuvre préférable à la gloire du martyre.Saint Jean Chrysostome.1.Aline Ratel, de L\u2019Épiphanie, Missionnaire à Wakamatsu, Japon. JAPON Soàkihl A Shiogawa (rivière au sel), campagne faisant partie de la Mission de Wakamatsu, ont lieu aujourd\u2019hui les soshiki (funérailles) d\u2019une jeune dame catholique.Avec le R.P.Curé et plusieurs chrétiens, nous nous rendons assister à la cérémonie.Le trajet d\u2019une heure par chemin de fer nous permet d\u2019admirer le magnifique panorama qui se déroule en cette région.Montagnes, plaines, rivières, arbres de toutes espèces, maisonnettes japonaises aux formes gracieuses passent tour à tour devant nos yeux.Shiogawa tire son nom d\u2019une belle et large rivière couleur de sel sur laquelle le village est situé.On y célèbre aujourd\u2019hui un matsuri (festival), car les rues et les maisons sont décorées de lanternes et d\u2019inscriptions.Après avoir traversé un pont en ciment, nous entrons dans un bosquet en forme de T où s\u2019abritent quelques résidences, spécialement celle de M.Yamada.Cette maison est spacieuse.On vient nous recevoir à la porte d\u2019honneur, avec de profondes révérences accompagnées de dozo (s\u2019il vous plaît, de grâce, entrez).Mais, selon l\u2019étiquette japonaise, nous avons garde de répondre à la première invitation.Après la maîtresse du logis, ses fils, de même que quelques proches parents, viennent aussi nous saluer.Nous entrons enfin et l\u2019on nous conduit au salon.Comme dans toute demeure nippone, les chaises y sont rares, aussi nous nous asseyons sur nos talons.On vient peu après demander si nous pouvons manger des mets japonais, et sur notre réponse affirmative, l\u2019on apporte un petit cabaret sur pied pour chaque convive: c\u2019est l\u2019heure du dîner.Les invités se rangent de chaque côté de la pièce, très vaste, car l\u2019on a ou- PETITS FRÈRES ET SŒURS JAPONAIS. 538 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 19M vert les portes à coulisse qui divisent la maison.Tout l\u2019intérieur est ainsi exposé à notre vue.Nous remarquons des jeunes gens dans un costume spécial; genre de kimono en forme d\u2019éventail, avec deux ailes, et jupe-culotte de couleur écrue.C\u2019est original mais joli! On nous dit que ce sont des samurai, costume porté par les samurai, anciens serviteurs des princes japonais.Autrefois, le tissu était de velours et par conséquent rendait l\u2019habit encore plus attrayant.Le menu du dîner se compose d\u2019une douzaine de plats; cependant la viande et le poisson, aliments les plus goûtés des Japonais, n y figurent pas: la coutume veut qu\u2019on s\u2019en abstienne tout le temps que le mort est dans la maison.La défunte repose dans un cercueil en bois blanc, long et étroit, et laissé entrouvert.Un silence parfait règne dans la pièce.En attendant la cérémonie mortuaire, nous nous rendons au jardin admirer les beautés de la nature.Les Japonais excellent dans l\u2019arrangement des parterres.Un petit pont d\u2019une hauteur d\u2019environ trois pieds enjambe un étang entouré d\u2019arbres et de rochers, et dans lequel évoluent, avec une grâce exquise, des poissons gros et petits.La maison semble bâtie sur un arbre dont le tronc énorme courbe ses branches au-dessus de l\u2019étang pour lui former un dôme de verdure.Cet aspect à demi sauvage est enchanteur.La cérémonie funèbre débute par le De profundis et le Libera, le Père Curé et les Religieuses faisant les frais du chant.Il y a récitation de plusieurs prières auxquelles les chrétiens répondent, puis allocution par le prêtre.Les catholiques s\u2019approchent ensuite du cercueil pour bénir le corps, les non-chrétiens y font brûler de l\u2019encens, puis on se rend en procession au cimetière païen pour l\u2019inhumation.Les fosses, entourées de sapins, ressemblent à des nids de verdure; on y dépose les gerbes de fleurs apportées par les parents et amis.Tel Missionnaire, en ce moment, est accablé, malade, désemparé, ma prière accourt et le soutient.Tel autre a besoin d\u2019argent pour ses œuvres, ma prière va solliciter la générosité de quelqu\u2019un.Qui?Je n\u2019en sais rien.Mais ce quelqu\u2019un, sans qu\u2019il s\u2019en doute, ouvre sa bourse, sous la motion de cette prière.Et c\u2019est ainsi que j\u2019ai la joie, la grande joie d\u2019être partout avec Dieu dans les Missions, de travailler avec lui au salut des âmes.\t_ ^ R.P.Mortier, O.P.?* S\u2019il est parmi nos frères des malheureux qui méritent notre compassion, ce sont bien ces multitudes innombrables qui s\u2019acheminent vers les abîmes éternels faute de moyens de se sauver.Quand il s\u2019agit des Missions, le précepte de la charité revêt une caractère sacré, il s\u2019agit d\u2019arracher cette foule d\u2019âmes à l\u2019orgueilleuse tyrannie du démon pour leur donner la liberté des enfants de Dieu.Benoît XV. Enfant de ténèbres, t enfant de lumîère Solitaire, près de la flamme qui se consume en silence à la tombée de la nuit, le Père Shek est à réfléchir, mais non précisément à sa méditation du lendemain matin.Sortant sa boîte d\u2019allumettes, il allume sa lampe Aladdin, et, dans la grande paix du soir, regarde ce précieux cadeau que lui ont fait ses amis d\u2019Europe.Ce n\u2019est pas, à proprement parler, une lampe douée de qualités magiques; cependant, la lumière, plus gaie qu\u2019à l\u2019ordinaire, réussit à le faire sourire.Car le Père Shek a du chagrin.Il est à peu près certain, ce soir, que Sing Wing évite sa rencontre.Ce Sing Wing, autrefois chef de bandits à Tau On, las de transiger avec sa conscience, était venu trouver le prêtre pour causer de la doctrine chrétienne et apprendre les secrets de la vie future, car, maintes fois déjà, dans son périlleux métier, il était arrivé à deux doigts de la mort.Le Père Shek lui avait parlé du ciel et de l\u2019enfer, de la récompense ou du châtiment réservé à toute âme après le trépas.Sing Wing ayant insisté pour augmenter son mince bagage de connaissances, il lui avait aussi parlé du Dieu Sauveur venu parmi les hommes pour leur salut, et de son désir d\u2019enrôler, par le saint baptême, toute créature humaine à son service.\u2014 Pourquoi faut-il être baptisé ?avait interrogé Sing Wing.\u2014 Dieu le veut ainsi.C\u2019est la première condition requise pour que ce bon Sauveur répande sa grâce dans nos âmes.\u2014 Qu\u2019est-ce que la grâce ?Sing Wing n\u2019en savait pas long de son petit catéchisme! Et le prêtre se souvenait comment il avait expliqué notre organisme surnaturel au fils du Céleste Empire.\u2014 Voyez-vous cette lampe ?avait-il dit, en indiquant son Aladdin.Elle donne une excellente lumière, qu\u2019en pensez-vous ?\u2014 Oui, avait vivement repris Sing Wing, vous avez la meilleure lumière du pays! \u2014 Eh bien! regardez \u2014 et, tournant la mèche, il éteignit la lampe \u2014 il n\u2019y a plus de lumière maintenant; l\u2019huile ne se rend pas jusqu\u2019ici.Mais si je tourne la mèche et en approche une allumette, la meilleure lumière de la Chine est à notre service! C\u2019est le baptême dont je vous ai parlé qui en votre âme encore païenne frottera l\u2019allumette, tournera la mèche au point voulu, et fera descendre en votre âme purifiée l\u2019huile, c\u2019est-à-dire la grâce de Dieu.Vingt fois, cent fois, le Père Shek avait dû recommencer, frotter des allumettes, éteindre la lampe, pour faire comprendre au bandit d\u2019aussi merveilleuses choses.Mais enfin, il avait moissonné dans la joie ce qu\u2019il avait semé avec tant de peine: Sing Wing, les yeux dessillés, avait exprimé le désir du baptême, car il lui tardait de passer de la nuit obscure au grand jour éclatant de lumière dont l\u2019avait entretenu le ministre du Seigneur.Mais ces jours derniers, avec la rapidité des ondes de la radio, la nouvelle était parvenue au Père que des agents communistes s\u2019étaient infiltrés parmi le peuple.Sing Wing, qui aurait dû venir samedi, s\u2019était, semblait-il, trouvé un prétexte pour 540 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 retarder sa visite; et aujourd\u2019hui encore, il n\u2019était pas venu vers son ami.Celui-ci, étant allé le voir dans son village, apprit qu\u2019il avait été absent toute la nuit.Le prêtre pouvait facilement deviner ce qui se passait: le jeune Chinois allait se tailler une carrière plus ou moins enviable.Triste, abattu, le Père Shek cherche dans son bréviaire un soulagement à ses sombres pensées.Une heure plus tard, il entend tout à coup une formidable décharge d\u2019arme à feu.Puis c\u2019est un morne silence, et, quelque peu rassuré, il reprend le psaume interrompu.Mais il n\u2019en est pas encore au Gloria Patri, qu\u2019un bruit de voix parvient à ses oreilles; il entend des plaintes navrantes, puis des cris.\u2014 Ouvrez la porte ou nous l\u2019enfonçons! \u2014 Voyons, reprend un autre, il ne sert de rien de brusquer.Le San Foo nous ouvrira certainement.Ouvrant la porte d\u2019un geste amical, le P.Shek aperçoit, à son grand étonnement, le pauvre Sing Wing dont la pensée l\u2019obsédait, porté par deux solides gaillards, probablement brigands de son espèce.A leur côté se tient le Docteur Ko, habile chirurgien en visite au village, et, près du médecin, un étranger à la mine peu rassurante, le doigt sur la détente de son pistolet.\u2014 San Foo, dit l\u2019un des porteurs.Sing Wing est blessé assez gravement pour mourir.Le Docteur aura besoin d\u2019une forte lumière s\u2019il veut réussir à extraire la balle qui s\u2019est logée entre ses côtes.Vous avez la meilleure lumière du village; nous permettez-vous de nous en servir ?Le P.Shek n\u2019a pas le temps de répondre affirmativement.L\u2019homme au fusil, les yeux hors de leurs orbites, vocifère: \u2014 Il ne s\u2019agit pas de permission.Nous allons nous servir de cette lampe qui me paraît excellente.Vous, Docteur, soyez-y et débarrassez-nous de cette balle.Apportez de l\u2019eau, des pansements, et tout ce qu\u2019il faut pour enlever ce malheureux projectile.Interloqué, le médecin voit aux préparatifs.Sing Wing, respirant à peine et souffrant indiciblement, est couché sur le lit du P.Shek.Celui-ci, lampe en main, regarde le médecin accomplir son œuvre.Bientôt ce dernier se redresse, hoche la tête et chuchote à l\u2019oreille du propriétaire du pistolet.\u2014 Êtes-vous bien certain ?de grommeler l\u2019homme en furie.\u2014 Très certain, répond le Docteur, tout à son métier, sans peur et sans reproche.Je ne peux rien pour le sauver.\u2014 San Foo, murmure le pauvre malade, gémissant, vais-je mourir ?\u2014 C\u2019est très sérieux, reprend le prêtre, fixant ses regards sur le pauvre moribond.\u2014 San Foo, San Foo, de continuer Sing Wing, semblant se raccrocher au ministre de Dieu comme il aurait saisi le Christ par le pan de sa robe; San Foo, l\u2019huile donne de la lumière.Je crois ce que vous m\u2019avez enseigné.Je veux être lumineux pour aller voir le bon Dieu.Baptisez-moi! \u2014 Assurément, mon brave garçon, reprend le prêtre, déposant sa lampe et allant chercher une fiole d\u2019eau.\u2014 Qu\u2019y a-t-il ?interroge l\u2019homme au pistolet.\u2014 Sing Wing demande au San Foo de le faire chrétien avant de mourir.\u2014 Je ne le permets pas, dit l\u2019étranger, et il lève son arme meurtrière.\u2014 Assez! lance son compagnon, l\u2019air agressif et décidé, puis, d\u2019un geste envoyant le fusil par terre, il pointe sa propre baïonnette sur la poitrine du bandit.Assez de brutalité! L\u2019homme se tait, mais sa fureur est au paroxysme.Sing Wing, enfant de lumière, l\u2019âme plus blanche que la neige, remercie le prêtre de ce baptême à la dernière extrémité, fixe ses regards sur ses compagnons, et quitte la vallée des larmes pour le séjour bienheureux de l\u2019éternelle joie.(Traduit du Eastern Messenger.)\tT.Sheridan, S.J. 3 hé fête de charité à Aguedita est l\u2019un des nombreux postes que les RR.PP.des Missions-Etrangères visitent une fois le mois pour y célébrer la messe et enseigner un peu de catéchisme.Avec beaucoup de peine et de patience, le R.P.Jean Langlois a réussi à y faire construire une école-chapelle qui fut bénie par S.Exc.Mgr Martin, évêque de Matanzas, le 30 octobre dernier.Afin de défrayer l\u2019installation de sa petite école qu\u2019il a confiée à une jeune institutrice laïque, le R.Père organisa une grande Verbena ou tombola, à laquelle notre bon M.Matacena eut l\u2019obligeance de nous conduire.A 3 heures de l\u2019après-midi, nous partons en carro (petit wagon ouvert, à trois bancs) avec nos quatre Soeurs de Manguito et deux de Marti.Tout le long du parcours, M.l\u2019Administrateur nous intéresse par ses nombreux renseignements sur l\u2019industrie de la canne à sucre.Nous traversons d\u2019immenses plantations que dominent de magnifiques palmiers géants.Partout la récolte s\u2019annonce abondante, les tiges ont déjà douze à quinze pieds de hauteur; dans trois mois, elles atteindront probablement vingt et un pieds.Notre aimable cicerone nous signale tantôt une plantation toute jeune qui ne donnera du sucre que dans deux ans, tantôt, au contraire, une autre qui a terminé ses vingt ans de rendement; on laisse celle-ci sécher sur le sol, puis on fera terre neuve afin de lui substituer une nouvelle semence.Ici, c\u2019est une bananeraie; un peu plus loin, un champ de boniato (patates du pays), puis de grosses bottes de tiges de riz séchant au soleil jusqu\u2019à ce qu\u2019on puisse en extraire les grains en les secouant à la main.A Aguedita, nous saluons au passage la petite chapelle, pour continuer jusqu\u2019à la Verbena qui se tient à une centaine d\u2019arpents de là.Une cinquantaine de chevaux attendent, impatients, que leur maître ait fait le tour des kiosques.Ces bêtes sont ici un moyen de locomotion plus pratique que les voitures pour ceux qui ont à voyager à travers champs.Les chemins n\u2019existent pas en cette région, seule la voie ferrée à l\u2019usage de la compagnie permet aux habitants de Los Arabos de venir encourager leurs voisins, grâce aux carro mis gratuitement à leur disposition pour ce jour.Cinq petits kiosques consistant en quatre poteaux enfoncés dans le sol et entourés de feuilles de palmiers, avec comme décorations quelques bouts de papiers multicolores, composent tout l\u2019apparat de la fête. 542 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 Au fond du premier kiosque, une grosse face en bois laisse voir sa bouche large ouverte ; sous la lèvre inférieure, un beau billet de $5.00 attire les regards : il deviendra la propriété de celui qui réussira à entrer trois boules de suite dans l\u2019ouverture béante.L\u2019on dit qu\u2019à chaque Verbena presque, les organisateurs n\u2019ont que la peine de joindre ce billet à leur recette, personne n\u2019ayant eu l\u2019adresse nécessaire pour en devenir possesseur.Plus loin, différents articles posés sur le sol seront le lot de l\u2019adroit viseur qui parviendra à les encercler avec un cerceau à broder.Puis viennent le kiosque des rafraîchissements et celui de la roue de fortune.Enfin, le dernier retient particulièrement notre attention : douze niches miniatures sont posées en cercle sur le sol, chacune d\u2019elles portant un numéro.Lorsque tous les numéros sont vendus, on soulève la boîte en carton placée au centre et alors le gentil cochon d\u2019Inde qui y était renfermé, heureux de retrouver sa liberté, s\u2019élance dans l\u2019une des petites niches, indiquant ainsi le numéro gagnant.La chance favorise M.Matacena, qui nous feit cadeau des six verres à eau qui lui sont attribués.Nous partons ensuite pour la petite chapelle.Chemin faisant, un lépreux implore notre pitié en nous montrant ses mains blanches comme de la neige.Sœur Supérieure lui adresse quelques mots de consolation, puis laisse tomber dans ses pauvres mains une médaille miraculeuse.Nous visitons les ruines de l\u2019ancienne prison où l\u2019on gardait autrefois les esclaves.Cet emplacement rectangulaire est entouré d\u2019un haut mur fait de briques et de ciment, sans aucune ouverture, sauf la grande porte cochère M.l\u2019administrateur Matacena avec les Religieuses de Mercedes, à Cuba.De gauche À DROITE : Sœur Saint-Alban (Marguerite Dionne, de Joliette), Sœur Saint-André (Jeanne Ostiguy, d\u2019Acton-Vale), Sœ;ur Sainte-Colette (Lucienne Constantin, de Montréal), Sœur Angèi.e-du-Sacré-Cieur (Desneiges Brault, de Morinvili.e, Alberta), Sœ.ur Marie-Conrad (Yolande Mercier, de Thetford-Mines). Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 5 43 LE TRANSPORT DE LA CANNE A SUCRE A CUBA.surmontée d\u2019une tour dans laquelle demeurait le gardien.Une énorme cloche sonnait matin et soir pour annoncer aux détenus qu\u2019ils devaient sortir pour travailler dans les champs ou bien que l\u2019heure était venue de se renfermer dans leur triste réduit.Quelques familles de Noirs habitent aujourd\u2019hui ces ruines, y vivant dans une extrême pauvreté.Enfin, nous atteignons l\u2019humble chapelle.C\u2019est une cabane en planches mesurant à peu près vingt pieds sur trente; pourtant, le cher Père Langlois semble si heureux de son trésor que, pour augmenter sa joie, nous nous extasions devant la jolie courtine rouge qu\u2019il a eu la bonne idée d\u2019installer comme fond à son pauvre autel.Les bancs sont munis d\u2019une planchette mobile pouvant servir de pupitre aux cinquante-cinq élèves qui y viennent en classe chaque matin.On place alors le tableau noir devant l\u2019autel et la petite chapelle se métamorphose en l\u2019école catholique d\u2019Aguedita.De nombreux enfants se rassemblent autour de nous; quelques-uns nous invitent à rester avec eux, d\u2019autres chantent ou récitent un morceau de leur répertoire.Il fait noir quand nous revenons, heureuses, à notre cher Mercedes.M.Matacena se montre tout réjoui de ce que déjà nous aimons tant notre Mission.Pourquoi ne l\u2019affectionnerions-nous pas ?N\u2019est-ce pas la portion de la vigne à laquelle le Maître nous a conviées et où nous voulons travailler de toutes nos forces à le faire connaître et bénir de plus en plus! U n\u2019y a rien de plus grand que la vocation de missionnaire.René Bazin. àCe.(BisnJmvmjüc.JhsophansL üénaJuL par M.le chanoine F.Trochu {Suite) A la fin de janvier 1860, il n\u2019a pu quitter le village de But-Dong, pas plus d\u2019ailleurs que Mgr Theurel.Les chemins et la rivière sont surveillés nuit et jour par les troupes mandarines: impossible de sortir sans être pris.Heureusement qu\u2019à But-Dong les païens s\u2019imaginent que les deux Européens ont fui.Or ils sont là, cachés dans la maison d\u2019une pauvresse, et même, on ne sait par quel tour de sa façon, le Gouverneur des gymnases les y a rejoints.« MM.Vénard et Saiget, écrivait Mgr Theurel, sont dans le même village que moi, c\u2019est-à-dire à la Plume d'Orient \u2014 c\u2019est le sens du mot But-Dong.Nous nous y trouvons excessivement à l\u2019étroit.Mais acculés comme nous le sommes, c\u2019est ici qu\u2019il faut vivre ou mourir.» Jamais peut-être nos missionnaires n\u2019ont été, physiquement, plus malheureux.Pourtant, cette fois encore, ils n\u2019ont rien perdu de leur paix et de leur bonne humeur.Il faut entendre Théophane conter avec sa verve héroïque ces longs jours de sacrifices et de noire misère.Ce n\u2019est que le matin, au chant du coq, écrit-il à l\u2019abbé Paziot, économe à Mont-morillon, que nous avions pu nous évader du couvent des Sœurs et passer dans le taudis enfumé d\u2019une vieille femme chrétienne, où un autre confrère, obligé aussi de décamper de son trou, est venu au bout de deux jours partager nos délices.Quel sort digne d\u2019envie, ami Paziot! Trois missionnaires, dont un évêque, couchés côte à côte, jour et nuit, dans un espace de 1 m.50 carré, recevant un jour incertain par trois trous gros comme le doigt, perforés dans la terre de la cloison, et que notre vieille a bien soin encore de boucher à demi par un fagot de paille en dehors! Et si les méchants nous inquiètent, ne croyez pas que nous soyons à bout de ressources.Sous nos pieds est un antre en briques, fort bien construit par un de nos catéchistes.Pour cela il a dû travailler à la chandelle pendant deux ou trois nuits.Dans cet antre, il y a trois tubes de bambous qui vont habilement sous terre chercher l\u2019air extérieur aux bords d\u2019une mare voisine.Notre homme a préparé encore dans le même village deux autres souterrains, sans compter quatre ou cinq entre-cloisons.Nous avons joui de l\u2019hospitalité offerte par la vieille pendant trois semaines.Et ne croyez pas que nous étions tristes au moins: je n\u2019ose le dire, mais peut-être eussiez-vous été mal édifié de notre gaieté.Quand notre fenêtre à trois trous nous refusait le jour, nous avions une lampe préparée artistement de manière à laisser échapper pour chacun de nous un chiche rayon de lumière, juste assez pour éclairer une demi-page d\u2019un livre de petit format, et sans oublier l\u2019abat-jour, afin que la lumière ne se reflétât pas sur les cloisons et ne sortît pas à l\u2019extérieur par les fentes.Cher ami, ce n\u2019est qu\u2019avec des précautions aussi minutieuses qu\u2019il y a moyen d\u2019éviter l\u2019œil des espions et les recherches des méchants.Un jour, nous nous sommes trouvés bloqués à l\u2019improviste et d\u2019une manière si bien combinée qu\u2019avant le jour levé, il y avait des sentinelles postées à toutes les maisons, de sorte que si quelqu\u2019un avait voulu s\u2019enfuir ou seulement passer d\u2019une maison dans une autre, il aurait été infailliblement pris.C\u2019était un apostat qui nous valait cette surprise, et il nous savait certainement dans la chrétienté.Eh bien, ses plans ont parfaitement échoué.Depuis le matin jusqu\u2019au soir, les paiens convoqués de divers endroits ont passé et repassé près de nous, mis sens dessus dessous les meubles des maisons, fureté dans tous les coins.Dieu n\u2019a pas permis qu\u2019ils découvrissent seulement un chapelet ou une médaille.Ils ont défoncé une cloison à trois pas de l\u2019entre-cloison où j\u2019étais caché avec un de mes catéchistes, et un instant j\u2019ai cru que l\u2019heure du martyre allait sonner pour moi.Vains sont les efforts des hommes, quand Dieu s\u2019oppose à leurs desseins.Peut-être me demanderez-vous: dans un pareil état de réclusion, sans air, sans lumière, sans exercice, comment pouvez-vous encore vivre ?Cher ami, votre question est Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 545 parfaitement raisonnable.Vous pourriez même demander: comment ne devenez-vous pas fous?Toujours renfermés dans l\u2019étroitesse de quatre murs sous un toit que vous touchez de la main, ayant pour commensaux les araignées, les rats et les crapauds, obligés de toujours parler à voix basse, comme le vent, disent les Annamites, assaillis chaque jour de mauvaises nouvelles: prêtres pris, décapités, chrétientés détruites et dispersées au milieu des païens, beaucoup de chrétiens qui apostasient, et ceux qui demeurent fermes envoyés aux montagnes malsaines sur lesquelles ils périssent abandonnés, etc., etc., et cela sans que l\u2019on puisse prévoir quelle en sera la fin, ou plutôt ne le prévoyant que trop, j\u2019avoue qu\u2019il faut une grâce spéciale, ce qu\u2019on appelle une grâce d\u2019état, pour résister à la tentation du découragement et de la tristesse.Quant à ce qui est de notre physique, si j\u2019étais encore élève de seconde, je vous décrirais, au fond des caves, ces tubercules entassés qui projettent vers un étroit soupirail leurs longues tiges grêles et blanchâtres, pour y mendier un peu d\u2019air et de lumière, sources de la vie pour toute créature visible.Je n\u2019ai point de honte à vous avouer, cher ami, qu\u2019aussi moi, de temps en temps, je mets le nez à la porte entr\u2019ouverte de mon réduit, pour y aspirer à pleins poumons un peu de ce bon air que le bon Dieu a répandu avec prodigalité autour de notre globe, et dont je vois, avec quelque sentiment d\u2019envie, tous les êtres, sauf nous, user sans mesure selon leur bon plaisir.Un confrère d\u2019une province voisine m\u2019écrit qu\u2019il y a dix-huit mois qu\u2019il n\u2019a vu le soleil, et sa lettre est datée « du pays des taupes », à dix pieds sous terre.Aussi son estomac est-il complètement délabré.Pour moi, je vivote encore, sans me faire trop de bile la partie faible en moi sont les nerfs, et j\u2019aurais besoin d\u2019un régime fortifiant, d\u2019un peu de vin surtout, mais à peine en ai-je assez pour pouvoir dire la messe, il ne faut donc pas y penser.J\u2019use, à sa place, de pilules fortifiantes qu\u2019un médecin anamite m\u2019a préparées.Il y a quelques jours, je suis passé à la maison voisine confesser quelques personnes, et je me suis trouvé bien surpris de me voir trébucher comme un homme ivre; j\u2019avais perdu l\u2019habitude de marcher, voilà tout le mystère.En ce mois de janvier 1860 se place encore un incident qui faillit tourner au tragique.Plus d\u2019une fois déjà le perfide mandarin de Nam-Sang, furieux de ne pouvoir saisir les missionnaires, s\u2019en était vengé sur les chrétiens de But-Dong, en les frappant de fortes amendes et en arrêtant les plus notables d\u2019entre eux.Il cherchait à les fatiguer, à les décourager, pour les pousser enfin à l\u2019apostasie.Un jour, il survient dans le village avec une faible escorte.Ses espions lui ont fait connaître suffisamment les maisons des chrétiens.Ceux-ci sont amenés sur la place publique, au milieu de laquelle est posée une croix.Mais Mgr Theurel et le Père Vénard sont au courant de ce qui se passe.Du fond de leur retraite, ils réconfortent et ils menacent.Leur messager va d\u2019un groupe à l\u2019autre; il aborde même quelques malheureux qui viennent d\u2019avoir la faiblesse de marcher sur la croix.« Voici les paroles des Pères, redit le courageux envoyé: « Soyez fermes dans la foi.Nos cœurs sont avec vous.Mais si vous apostasiez, nous nous livrons au mandarin.» Alors celui des chrétiens que le persécuteur vient d\u2019appeler par son nom \u2014 un pauvre infirme \u2014 et qu\u2019il invite à fouler la croix, se redresse et, regardant tous les autres comme pour les inviter à suivre son exemple: « Je suis chrétien, s\u2019écrie-t-il, et je refuse d\u2019apostasier! » « Nous aussi, nous refusons d\u2019apostasier! » reprennent ceux qui l\u2019entourent.Mieux encore, les renégats qu\u2019on a mis à part reviennent parmi leurs frères un instant abandonnés.IL regrettent leur crime.« Nous avons mal agi tout à l\u2019heure, déclarent-ils.Nous rétractons notre reniement.» Et toute cette troupe fidèle, se tenant par les mains, fait face au persécuteur.Le mandarin de Nam-Sang, déconcerté, n\u2019osa pas sévir et s\u2019en retourna plein de honte.(A suivre) ÛJUL TlüvLdaL C\u2019est un dimanche ensoleillé de juillet.Par les fenêtres grandes ouvertes, pénètre le parfum des marguerites et des violettes qui embaume toute la classe Une brise légère caresse doucement le voile de Sœur Louise dont le front est pencht sur une lettre à l\u2019adresse de ses chers parents.Mais voici qu\u2019on frappe à la porte.« Ma Sœur, vous êtes demandée au parloir.» Un rayon de joie éclaire soudainement la figure de la jeune novice et un beau sourire s\u2019épanouit sur ses lèvres.Quelle surprise! Pendant que l\u2019heureuse petite Sœur se dirige vers le parloir, voici que ses deux compagnons intimes, M.le Crayon et Mme la Plume, restés seuls sur le pupitre, entament tout à coup la conversation.\u2014 N\u2019est-ce pas, ma sœur Plume, qu\u2019il fait bon jouir de la lumière ?Je ne peux souffrir cette prison où l\u2019on nous enferme pendant plus d\u2019un jour.N\u2019avons-nous pas été faits pour servir ?\u2014 Pourquoi nous plaindre et parler ainsi, ami Crayon ?Il est vrai que nous avons été faits pour servir, mais le repos n\u2019est-il pas nécessaire aussi ?Dans quel état serions-nous si l\u2019on nous faisait courir du matin au soir ?Regretteriez-vous donc le passé ?Ne vous plaisez-vous pas ici ?\u2014 Vous avez raison, ma sœur, et moi, j\u2019ai tort de me plaindre.Je ne regrette nullement le passé.Ici, nous respirons dans une atmosphère de paix, de recueillement 2t de prière.N\u2019est-il pas doux d\u2019entendre cette mélodie des Avé alternant avec les Magnificat et les cantiques à la Vierge ?\u2014 Oui, ces deux années au cher colombier sont les plus belles que nous ayons vécues depuis que nous sommes en service.\u2014 Vous souvenez-vous de ce jour du 16 juin 1943 où les écoliers pliaient bagage et attendaient avec anxiété le couronnement de leurs efforts ?\u2014 Oui, ami Crayon.Comme nous étions beaux tous deux, dans notre toilette neuve! \u2014 Et après nous avoir admirés.Monseigneur nous remit précieusement entre les mains de Mlle Denis.\u2014 Je la vois encore, comme elle était fière! Nous fûmes ensuite l\u2019objet des félicitations de ses parents et amis.\u2014 Ces compliments m\u2019ennuyaient, moi, j\u2019avais hâte de servir.\u2014 C\u2019est au commencement de septembre que nous débutions dans notre carrière. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1950 547 \u2014 Oui, et pour de bon.Trente-sept élèves à inscrire dans le journal et les bulletins.Grosse besogne pour cette première journée! Et pas seulement cette journée; pendant trois cents jours, pas de chômage: préparation de classe, examens, corrections.\u2014 Nous avons connu des minutes grises.\u2014 Des heures aussi.Dans cette petite école noircie et très sensible aux moindres brises, que de fois n\u2019avons-nous pas été témoins de moments pénibles après une journée fatigante, au milieu d\u2019élèves turbulents! \u2014 Et l\u2019ennui, cet hôte redouté, trouvait toujours les portes ouvertes; il sut plus d\u2019une fois faire perler des diamants aux paupières de notre jeune institutrice.\u2014 Je trouvais les journées longues.Et que de soirées entières nous ont vus griffonner des paroles amères sous une main brusque et nerveuse! \u2014 La visite d\u2019une Religieuse missionnaire, ses paroles sympathiques vinrent jeter un rayon de lumière sur cette sombre existence.Elles trempèrent le courage de notre jeune maîtresse qui envisagea sa tâche avec plus d\u2019entrain.\u2014 Notre mission fut pénible cette année-là.Aussi les vacances furent-elles accueillies avec joie.\u2014 Ah! quelles vacances! Au milieu de tous ces bibelots et cosmétiques, je re grettais encore notre bureau de classe.\u2014 Pourtant, il fallut se plier à tous les caprices de la vie sociale.\u2014 Oui, un message flatteur à celui-ci, un autre à celui-là pour acquérir la popu larité.\u2014 Vous souvenez-vous ?Un soir, nous la vîmes entrer dans sa chambre plus lasse que d\u2019habitude.Sur sa figure était peinte une expression de mélancolie.Soudain, un regard sur le crucifix la fit tomber à genoux.\u2014 Le bon Dieu dut lui en dire de belles choses ce soir-là.Dès le lendemain, et les jours suivants, un grand changement s\u2019opéra chez elle.Le calme, la joie, une vie plus réglée succédèrent au trouble, à la tristesse et à la vie de dissipation.Aussi, que de réflexions admirables je rédigeai dans son journal intime! \u2014 A vous.Madame la Plume, tous les grands honneurs.Quatre mois plus tard, vous demandiez son entrée chez les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.\u2014 Au mois d\u2019août, avec notre jeune maîtresse, nous disions adieu à tous les êtres chers.Adieu aux bibelots, cahiers, livres de classe! Adieu aussi aux chers élèves! Nous avions soif de paix et de bonheur.Ma première joie fut de transmettre aux bien-aimés parents les paroles de réconfort de la nouvelle postulante, avec l\u2019assurance de ses prières les plus ferventes.\u2014 Nous servons une grande cause, ma sœur Plume.Aussi comme je suis heureux et fier de prêter mon concours à la mémoire pour emmagasiner les connaissances religieuses et scientifiques indispensables à toute missionnaire.\u2014 Vraiment, nous coulons de beaux jours sous ce toit de la Vierge Immaculée Cette solitude est bien la maison du bonheur.\u2014 Quel est donc le secret de ce bonheur ?\u2014 Ami crayon, ces âmes servent un Dieu qui a tout leur cœur, tout leur amour et qui ne se laisse pas vaincre en générosité.Puissé-je bientôt tracer la formule de profession de notre jeune maîtresse! \u2014 Votre désir est magnifique.Moi, je caresse un rêve plus grand encore.Devinez-vous?Celui de franchir un jour l\u2019océan et de m\u2019envoler vers les plages lointaines pour seconder les ouvrières de la première heure.\u2014 Que Dieu nous entende! Mais chut! Voici notre maîtresse qui arrive.* * * La petite novice range livres et cahiers puis, l\u2019âme joyeuse, se rend à l\u2019appel de la cloche qui la convie à l\u2019exercice des Vêpres. A Tout contrit qu\u2019il est d\u2019avoir dérobé Heureusement, le gamin a une grand-Beau Minou, Yvon ne sait trop comment maman si bonne, si bonne, qu\u2019il n\u2019a pas s\u2019y prendre pour rendre à Madeleine son peur de lui dévoiler son larcin, grand-mère JOUJOU.aura certainement une idée pour tirer son petit-fils d\u2019un mauvais pas.Bonne grand-maman fait tout doucement la morale: « Yvon, il faut sans retard aller déposer Beau Minou à la porte de la demeure de Madeleine.Jamais, jamais on ne doit prendre sans permission le bien d\u2019autrui.» Il est encore grand matin; la maison de Madeleine est silencieuse: c\u2019est le bon moment.Pauvre Yvon! il a peu dormi avec ses remords! I « Là, sur la marche de pierre, on ne peut manquer de voir le petit chat », se dit Yvon qui s\u2019esquive, soulagé d\u2019un poids énorme.Mais, pauvre Madeleine! En revenant de la promenade fatale, elle avait essayé d\u2019expliquer à sa mère comment Beau Minou avait disparu subitement.Comme c\u2019était l\u2019heure de fermer la fameuse caisse pour les Missions, maman avait soupçonné sa petite fille d\u2019avoir caché son joujou favori pour qu\u2019il ne parte pas!.Maman n\u2019aime pas les semblants de sacrifices.Et, ce soir-là, Madeleine avait prié bien fort: donner son joli chat de peluche lui brisait le cœur, mais être soupçonnée de lâcheté par sa maman, c\u2019était bien pire! Oh! pas cela! 7 Le matin suivant, courant au-devant du facteur comme de coutume, Madeleine manque d\u2019écraser une petite bête lorsqu\u2019elle met pied sur le perron.« Beau Minou' Comment toi ^ Te voilà ressuscité! C\u2019est à n\u2019y rien comprendre.Puisque tu as déserté hier, gronde Madeleine sévère, tu partiras dès aujourd\u2019hui, tout seul, par avion' Mais je te baise et te pardonne, car tu es si beau' » .et Beau Minou partit pour la Chine! 'aveux à de axie fille.Mme E.L Remerci.,ment pour faveur reçue par l'intercession de Marie, Reine des Cœurs.Mme G.-C.Lemaire, Montréal.\u2014 Hommage de gratitude pour guérison d\u2019un mal de tête continuel.Mme Auguste Lapointe, Chicoutimi.\u2014 J\u2019accomplis une promesse faite à Marie, Reine des Cœurs, pour une faveur obtenue.Anonyme.\u2014 Ma plus vive reconnaissance à Notre-Dame de Fatima pour la guérison de mon père.G.F.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour une grâce reçue.Mme J.-M.B., Rosemont.\u2014 Plusieurs faveurs obtenues.Anonyme, Rimouski.\u2014 Remerciements à Notre-Dame de Fatima pour grande grâce obtenue par son entremise.Une abonnée.\u2014 Reconnaissance pour une faveur reçue de Notre-Dame du Saint-Esprit.Mme R.D.\u2014 Je remercie la très Sainte Vierge pour toutes ses bontés à mon égard.Mme L.O., Montréal.\u2014 Remerciement pour faveur reçue.Mme J.L.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une dette de reconnaissance envers notre céleste Mère pour la faveur qu\u2019elle m\u2019a obtenue.P.L., Montréal.\u2014 Je viens remercier la bonne Sainte Vierge Marie pour une grâce qu\u2019elle m\u2019a obtenue.D.L., Newton-Falls, N.-Y.\u2014 Remerciement pour bienfait reçu.Mme R.T., Saint-Octave.\u2014 Vive gratitude pour faveurs reçues.R.P., Montréal.\u2014 Reconnaissance pour une grande faveur dont j\u2019ai été gratifiée.C.P.\u2014 Vifs remerciements à Marie, Reine des Cœurs, mon mari a trouvé un emploi.Je demande aussi une position pour mon fils.Mme W.Lepage, Cornvrall, Ont.\u2014 Merci à la Sainte Vierge pour bienfait reçu.H.L., Montréal.\u2014 Sincères remerciements pour faveur obtenue.Je demande à la Sainte Vierge de protéger ma jeune \u2014 Reconnaissance à notre bonne Mère du ciel pour une faveur que j\u2019en ai reçue.Puisse cette tendre Mère m\u2019accorder sa constante protection.G.L.RECONNAISSANCES DIVERSES Remerciements à saint Jude pour faveur obtenue avec promesse de faire publier.Demande d\u2019une continuelle protection.A.Maurice, Chicago, 111.\u2014 Je me suis recommandée à saint Jude à la suite d\u2019un accident et il m\u2019a obtenu ma guérison; je le remercie de tout cœur.Mme A.A., Saint-Joseph de Sorel.\u2014 Je désire m\u2019acquitter d\u2019une dette de reconnaissance envers le Sacré Cœur, Marie, Reine des Cœurs, et saint Antoine.Mme A.Grenier, Outremont.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Antoine pour faveurs obtenues.Mme Plamondon.\u2014 Reconnaissance à saint Jude pour le règlement d\u2019une situation difficile.M.C.D., Montréal.\u2014 Remerciements à la très Sainte Vierge, à la bonne sainte Anne et aux Ames du Purgatoire pour faveur obtenue.Z.L.\u2014 Hommage de gratitude envers Marie Immaculée et sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour leur protection.Mme H.-R.M., Saint-Basile-le-Grand.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse de Lisieux.Mme O.Marcoux, Saint-Hyacinthe.\u2014 Reconnaissance pour faveur reçue par l\u2019entremise de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme H.L., Lauzon-Ouest.\u2014 Grand merci à la Sainte Vierge et à saint Gérard pour faveur obtenue par leur intercession.Mme R.Hamelin, L\u2019Epiphanie.\u2014 Remerciements à Marie, Reine des Cœurs, et sainte Anne pour faveur reçue.Une abonnée.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. itàceà le ma ndéeà Je demande à Marie la guérison de mes jambes et l\u2019amélioration de mon état général de santé.Mme M.L.\u2014 Réussite d\u2019une opération.Anonyme.\u2014 Une guérison Mme Délia Lampron, Haverhill, Mass.\u2014 La guérison de mon mari qui a subi deux graves opérations.Une abonnée.\u2014 La guérison d\u2019un affreux mal d\u2019oreilles que j\u2019endure depuis plusieurs années.Mme E D., Montréal.\u2014 Une neuvaine à la Sainte Vierge pour l\u2019obtention d\u2019une faveur spéciale et la guérison d une dépression nerveuse.Anonyme.\u2014 Une position^ pour mon fils et la bonne entente entre son père et lui.Une abonnée.\u2014 Une neuvaine a Notre-Dame de Fatima pour la guérison ou au moins l\u2019amélioration de la santé de mon père.G.F.\u2014 La guérison de ma sœur malade.Une abonnée étrangère.\u2014 Un emploi stable pour mon mari et pour mes deux fils.Mme J.J.\u2014 Je demande à Marie, Reine des Cœurs, la guérison d\u2019une maladie mentale.Anonyme.\u2014 Conversion de mon fils éloigné des sacrements et guérison d\u2019une maladie nerveuse pour moi-même.Une abonnée.\u2014 La conversion de mon fils qui néglige sa religion et s\u2019adonne à la boisson; ma guérison sans opération.Anonyme.\u2014 Je dois subir une opération dans la colonne vertébrale; je demande mon prompt rétablissement.Mme J.St-P.\u2014 Neuvaine de supplications à Notre-Dame de Fatima pour obtenir des lumières sur ma vocation et autres faveurs.G.F.\u2014 Une prière, s\u2019il vous plaît, pour mes vieux parents et pour ma santé.Anonyme.\u2014 La conversion d\u2019une pauvre âme qui a perdu la foi.Anonyme.\u2014Guérison de mon mari sans opération, retour d\u2019un enfant adoptif.Une abonnée.\u2014 La conversion de mon fils.Une abonnée qui a confiance.\u2014 Guérison pour mon fils.M.N.R.\u2014\tGuérison d\u2019une dépression nerveuse qui m\u2019empêche de travailler.O.L.\u2014Je sollicite la protection de la Vierge Immaculée sur ma famille, particulièrement sur mon jeune fils étudiant et de santé délicate.Anonyme.\u2014 Je demande à Notre-Dame du Perpétuel Secours des grâces de tempérance et des faveurs spirituelles pour toute ma famille Mme B.L.\u2014 Mon père âgé de soixante-deux ans, père de neuf enfants, qui doit subir une opération très délicate.Une enfant de Marie.\u2014 La paix dans ma famille.Mme A.S.\u2014\tUne position par l\u2019intercession de notre bonne Mère du ciel.M.Gérard Désilets, Brosseau-Station.\u2014 Je recommande ma sœur dangereusement malade.Anonyme.\u2014 Voudriez-vous m\u2019aider à prier pour obtenir la guérison de mon mari.^ Mme J.Saint-Maurice, Lachine.\u2014 Je demande la grâce de recouvrer la santé.Une mère de famille.\u2014 Mon frère malade, qui ne fait pas de religion; un autre frère, sa femme et sa fille qui sont aussi dans le mauvais chemin Anonyme \u2014 Je demande à Marie, Reine des Cœurs, ma guérison d\u2019une maladie de cœur.Une abonnée.\u2014 Un hls malade depuis six ans et dont le caractère est bien difficile.Une abonnée.\u2014 Guérison de l\u2019eczéma; je ne marche pas depuis dix ans.Mme W.Daoust, Montréal.\u2014 Guérison et autres grâces.L.V.RECOMMANDATIONS DIVERSES Je demande à Marie, Reine des Cœurs, et à la bonne sainte Anne de m\u2019obtenir ma guérison pour pouvoir élever mes sept enfants.Mme P.R.\u2014 Une neuvaine à Marie, Reine des Cœurs, et à saint Joseph pour l\u2019obtention de deux grâces.Une abonnée.\u2014 Grâce sollicitée par l\u2019intercession de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme J.L.On demande des prières aux intentions suivantes: vocations, 2; conversions, 8; guérisons, 32; positions, 9; intentions spéciales, 50.LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception Lampes du sanctuaire.$25.00 10 sous.Un lampion ou un cierge.75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. JSécxolog^ie R.P.Albert Crevier, C.S.C., St-Laurent, frère de notre Sœur Mane-de-Saint-Georges; R.P.Bernard Bisson, S.J., Chicoutimi; M.le curé Alphonse Forget, St-Jean; M l\u2019abbé Eug.Mathieu, Québec; M l\u2019abbé A.Chouinard, Lévis; M.Alfred Barton, Marlborough, Mass., père de Mère Saint-Alfred, économe générale; M.Camille Bigras, Ste-Dorothée, père de notre Sœur Saint-Paul-de-Rome, M Ulric Préville, St-Alphonse, comté de Joliette, père de notre Sœur Sainte-Clémence; Mme Théodore Gadoury, Ste-Elisabeth, mère de notre Sœur Marie-Théodore; M.James Cyr, St-Michel-de-Squatteck, père de notre SœurSaint-Paul-de-la-Croix; Mme Philippe Bernier, East-Angus, mère de notre Sœur Philippe-du-Sauveur; Mme Joseph Blais, Québec, mère de notre Sœur Madeleme-de-la-Passion; Mme Raoul Sabourin, Très-Saint-Rédempteur, comté de Vaudreuil, mère de notre Sœur Saint-Léonard-de-Port-Maurice; Mme J.-O.Dumas, St-Anselme, comté de Dorchester, mère de notre Sœur Bernadette-de-France; M Wilfrid Mé-tivier, Buckland, comté de Bellechasse, père de notre Sœur Marie-de-Sion; M.Frédéric Lavallée, Headingly, Manitoba, frère de Mère du Samt-Cœur-de-Marie, conseillère générale; M.Joseph Perras, Ste-Catherine de Laprairie, grand-père de notre Sœur Aimée-de-Jésus; Mme Arthur Layallée, Québec; Mme Isidore Cornveau, Bedford; M Eusèbe Corriveau, St-Sébastien; Honorable Juge J.-A.Robillard, M.le Docteur Mercier-Fauteux, Mme Gustave Beaudoin, Mme Ovila Sauvage, Mme Albert Grenier, Mme Odilon Malépart, Mme Gaston Meloche, Mme Euchariste Tremblay, Mme M Pa-pineau-Couture, Mme Achille Henley, M.Théophile Lamy, Mlle Marguerite L\u2019Heureux, M.Narcisse Francœur, M.Edgar Francœur, Mme Rodolphe Houle, M.Alex.Perrier, Mme Garcia Forciom, M.Samuel Chevrier, M.J.-B.Gagnon, Mme Elie Guimond, M.Léopold Grandchamp, M.Eug.Lacroix, M.Ernest Gosselin, Mme J.Parizeau, Mme J.Beauvais, M.D.Butler, M.E.Thibodeau, M.François Martial, M.Phydime Samt-Pierre, M.G.Daniel, Mlle Yvette Obomsawin, Mlle Liliane Obomsawin, Mlle Marie Rocher, M.René Chenevert, M.Auguste Duverger, Mme Joseph Léger, M.Joseph Daniel, Mme J.-A.Boisseau, M.Antonin Robidoux, M.Joseph Quesnel, Mme Vve J.-D.Roy, Mme C.-M.Casgrain, Montréal; M.Alfred Derome, Beaconsfield; Mme Adolphe Poirier, Ahuntsic; M.F.Vinette, Mme W.-L.Chaput, Mme Henri Lafernère, M.André Pilon, Rosemont; Mme Alfred Hémond, M.Henri Délisle, M.Alex.Perrier, Verdun; Mme P.-M.Michaud-Dufresne, Outremont; M.Joseph Corbeil, Cartierville; M.Lucien Viger, Sault-au-Récollet; M.Léo Rochon, Ville-St-Laurent; Mme Ephrem Lamarche, M.Raoul Legendre, Mme Thomas Goyer, Rivière-des-Prairies; Mme Hor-misdas Quintal, L'Assomption; Mme Lin Grand\u2019Mont, Lachenaie; Mme Léo Cousineau, M.Joseph Tremblay, Ste-Rose; Mme Pierre Lajeunesse, Chambly-Bassin; Mlle Aglaé Labrosse, Oka; M.Ernest Perreault, St-Lambert; M.Gabriel Cormier, St-Antoine; Mme Flavien Bisson, St-Remi de Napierville; M.Xavier Perreault, St-Hubert; Mme Philorum Desrqsiers, Ste-Geneviève; Mme Alex.Sénécal, St-Jean; M.Louis Tellier, Ste-Mélanie; Mlle Gisèle Hamelin, St-Jacques; Mme Wilfrid Ayotte, St-Barthélemy; Mlle Marie-Claire Lalonde, Valleyfield; M.Cléophas Provost, St-Timothée; M Théodore Fontaine, Mlle Noela Ethier, St-Théodore-d\u2019Acton; M F -X.Dufresne, M.Fernand Martin, Mme Faida Duplessis, M.Bruno Beaulieu, Mme Gaston Francœur, Trois-Rivières; M.Lucien Désilqts, St-Maurice; M.Arthur Vallée, God-bout; Mme Ephrem Villemure, Shawinigan-Falls; M.Dorilas Noel, Mlle Ehane Germain, M.F.-X.Ouellette, Québec; Mlle Albertine Alain, Ancienne-Lorette; M.C.-E.-G.Paquet, Pont-Rouge; Mme Arthur Castonguay, St-Pamphile; Mme G.-H.Bérubé, St-André de Kamouraska; M.Mathias Veilleux, Causapscal; M.Eusèbe Landry, St-Alexandre de Kamouraska; Mme Fabien Giroux, St-Clet; M.Zoel Tremblay, Eboulements; M.L.-P.Otis, Mistassini; M.Edouard Bissonnette, Dolbeau; Mme Evariste Pelletier, Almaville; Mme Timothée Gauthier, Arvida; Mme Nérée Perron, St-Félicien; Mme Alfred Potvin, St-Prime; Mme Alex.Tremblay, St-Bruno; M.J.Bergeron, Mme Joséphine Hébert, Lawrence, Mass.; Mme Emma Marc-Aurèle, Mme Laura Lévesque, Mme Georges Leclerc, Mme Eug.Gagnon, M.Aug.Fournier, M.W.Nadeau, M.J.April, M.H.Bélanger, M.Ludger Morm, M.Didace Pelletier, Mme M.-A Claveau, M.Louis Dubé, Salem, Mass.; M.Arthur Deneault, Wrentbam, Mass.; Mme M.Caya, Woonsocket, R.-I.; Mme Octave Morin, M.Francis Messier, Brunswick, Maine; M.Alphonse Morin, Wintbrop, Maine.UNE messe de « Requiem » est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. 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MONTRÉAL FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR i) 0) '0) I-] < H Z O U] 4) «4M S j3 O ^ ^0) «ri .0 P Qj H (Z) O co 09 s d O a \u201d nm H H a> C ^ O :s^ * -0 fl U *-S5 O CO a> Z h Jfl 'oH Z « vq^ 4) S H\u2018j3 .ü « \"I ^ Cfl \u201c O ® 2 « 0\ta «£ \u2022 vaj w t>.:âi 1 U -O 4)\t0) ü> 3'\u20224) O Z J H X U (D O r> MH A ^ U 03 ?J'W T MH O mP c < C P O ^ ® - .riTrrrïY',V\u2018?HHOMee» I Tti»\"*':! cAT*>-o'\u2019\u201c\\ tic.\tla , V 0 R t L *\tBEIoir 2SZ Livres français, religieux, canadiens.Articles religieux, articles de classe, articles de fantaisie.Décorations.GRAINGER FRER^ LbRs.iRe:>, P6,pdieRS.ImpoRlelcuiw 54NolReDMne.0uesl TlbnlRéid LA.2171 Bureau Tel.AMherst 9480 A.DURIVAGE El SES FILS BOULANGERS Pain de haute qualité Nous avons une cuisson unique 5276, RUE FABRE - MONTRÉAL bou&IES ou bougies Oratriï HUILE INVICTA w^îglr^i.f^cctsso^ braises pour encens LIMITEE WliîlRELIGIEUSE iîüJl^ERlE Maison établie en 1896 CREVIER&FILS MOBILIER D\u2019ÉGLISES Autels - Confessionnaux - 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