Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1935, Mai - Juin
[" n 1 m MONTREAL, MAI-JUIN 1935 Vol.VIII.16'^ annee 1 Œuvres des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Outremonf, près Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire; Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), Cté Laval HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Œuvre chinoise.Ouvroir pour les missions.Jardin de l'Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 64, rue Ottawa (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 285, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Jean-Baptiste (Fondée en 1932) Retraites fernues pour dames et jeunes filles.Jardin de l\u2019Enfance.(A suivre à la pa%e 5 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmacuIée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail r2> ^ ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-'o' LÉE-CoNCEPTiON Ont un atelier d\u2019orne-rnents d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur ' '\tNoviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfant s-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. RiX DONNES SUR DEMANDE Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 L Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Chasuble, damassée, galon de soie.$ 17.00 et $ 25.00 »\tmoire antique avec beau sujet____\t25.00\t»\t35.00 .»\tmoire antique, riche broderie d\u2019or.\t75.00\t»\t100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.\t35.00\t»\t40.00 » drap d\u2019or fin, sans ou avec une très riche broderie d\u2019or à la main.\t.\t50.00\t»\t90.00 Voile huméral.7.00\t»\tplus Chape, damas, galon\tde\tsoie\tet\tdoré.30.00\t»\t50.00 » moire antique, avec riche broderie d\u2019or.70.00\t»\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie d\u2019or\ten\trelief à\tla\tmain.100.00\t»\t150.00 Aube, avec dentelle guipure.8.00\t»\tplus Surplis en toile avec dentelle.5.00\t»\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge.\t5.00\t»\t» Voile de tabernacle.5.00\t»\t» Voile de ciboire.4.00\t»\t» Signet pour bréviaires, peint.1.00\t»\t» Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur ».8.00\t»\t» Grande variété de bannières et de dais confectionnés à notre atelier.Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Description et prix donnés sur demande.ENFANTS-JESUS EN CIRE Longueur 5 pouces.$ 2.50 7\t»\t 4.00 9\t»\t 7.00 12\t»\t 14.00 Longueur 14 pouces.$16.00 17\t»\t 25.00 22\t»\t 35.00 Lingerie d\u2019autel Amicts.$12.00\tla\tdouz.Amicts, toile 2® qualité.10.80 » » Corporaux.8.50 Manuterges.4.50 Purificatoires.5.00 Pales.4.00 » » » » » » » » Nappes d\u2019autel.6.00 chacune Nous fournissons les hosties aux prix suivants: Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent lU Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception En contribuant par des aumônes à : L\u2019agrandissement de la chapelle de la Maison Mère.La construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions.$\t20.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou lépreuse.60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond.0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.1.00 Les aumônes que vous donnerez aux missionnaires, les secours que vous leur porterez seront employés au mieux pour la gloire de Dieu et ils seront pour vous le placement le plus rémunérateur, le plus sûr, le « cent pour un » promis par Jésus-Christ.Le missionnaire ne doit pas être seul à se sacrifier.Il faut que tous les chrétiens s\u2019unissent et viennent en aide à son travail par leurs prières et leurs aumônes. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception De toutes les œuvres divines, la plus divine, ceü de coopérer avec Dieu au salut des âmes.S.Denis Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, près Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de feu l\u2019abbé Gustave Bourassa, curé de Saint-Louis-de-France.Le P'' mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.En décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale.Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong Shan, près Canton h But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à l\u2019extension du règne de Jésus-Chiist et de son Immaculée Mère, comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société \u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, sont: la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.1.Voir adresses des autres Missions sur la couverture. Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 Creation d ecoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Écoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir, Lectures spirituelles.Récitation du Rosaire en commun, Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le saint Sacrement exposé: chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, le saint Sacrement est exposé toute la journée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêtes principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019Immaculée-Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat, de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de mission.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.Le 1\" mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protectein de l\u2019Institut, en remplacement de S.Ém.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 août 1932, ^¦1 i œurs! iîlisigionnatresi be r3mmaculée=Conceptton Publié avec Vautorisalion de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.VIII.le® année Montréal, Mai-Juin 1935 No 3 4 4: 41 4^ 4; 4 4 i 4 4 4 i SOMMAIRE TEXTE Chantons, fêtons Marie, en son beau mois de mai Le Précurseur Décès de S.Exc.Mgr de Guébriant Vers la béatification de Pauline-Marie Jaricot Nouvel évêque disparu .La retraite, source de grâces.Le Précurseur Lettre pastorale et mandement de Mgr l\u2019évêque de Joliette .Retraites fermées .\t.Promesses faites par Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie La population catholique de la Chine.Remède contre la lèpre.Lettre du R.P.J.-E, Crevier, C.S.V., missionnaire en Mandchourie L\u2019Ame chinoise.\tShin-Lou-Ti Le Noviciat indigène de Szepingkai .E.Masse, P.M.E.Roses effeuillées .Echos de nos Missions .\t.\t.\t.Extrait des Chroniques du Noviciat Reconnaissance\u2014 Recommandations\u2014 Nécrologie 130 132 134 135 136 138 143 144 145 145 146 149 152 154 1.56 184 189 GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs Notre divine Mère .\t.\t.S.Exc.Mgr Jean-Baptiste-Marie de Guébriant.Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi .Au Cénacle.Apparition de Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie.Noviciat indigène Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, Szepingkai, Mandchourie .A Kat, jeune orpheline de Canton, Chine.Isapayi, aveugle, faisant le catéchisme.Deux petites protégées de la Crèche de Canton .\t.Joséphine, pauvre infirme recueillie à l\u2019Orphelinat de Canton La cueillette d\u2019une journée à la Crèche de Canton.Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception ouvrant le ciel à une petite âme.\t.Comment l\u2019on prépare la couverture d\u2019une maison à Tsungming, Chine 175 (hors-texte) 130 132 134 136 144 152 156 157 158 159 160 165 Cfjantonô, fêtons Jïlarie et Son bean mois be mai Chantez, chantez, o bois, car voici le printemps.Voici le mois de mai, le mois de votre Reine; Chantez, chantez, ô bois, pour votre Souveraine, Quand souffle dans vos bras la grande voix du vent 1 « >' Et vous aussi, chantez, ô doux gazon des prés, 0 ravissantes fleurs qui parez la nature.Chantez à l\u2019unisson d\u2019une voix fraîche et pure.Quand bruisse le zéphyr aux parfums éthérés.Chantez à votre tour, montagnes et vallons; De vos charmantes voix, ô sources printanières, En jetant au sillon vos perles éphémères.Chantez, sur tous les tons, mille et mille chansons.0 doux envers du ciel, beaux astres radieux.Magnifiques univers, merveilles d\u2019harmonie.Chantez en vos concerts, chantez gloire à Marie, Honneur à votre Reine, en tous temps, en tous lieux.Chantres de nos bosquets, ô gracieux oiseaux.Vous tous êtres vivants, qui animez la terre.Offrez une louange à la divine Mère, Chacun à vos façons sur des rythmes nouveaux.Mais nous surtout chantons, joyaux du Créateur, Enfants de sa lumière, enfants de sa tendresse.En ce beau mois de mai, exultons d\u2019allégresse.Chantons, fêtons Marie avec tout notre cœur.De nos plus belles fleurs, ornons son saint autel.Mais surtout, à genoux, mettons-nous en prière.Quand la cloche bénie appelle au Sanctuaire Tous les pieux enfants de la Reine du Ciel.Chanter, fêter Marie, ah! c\u2019est exalter Dieu, L\u2019invoquer, c\u2019est puiser à la Source infinie Et l\u2019aimer c\u2019est monter vers la sainte Patrie, Vers l\u2019éternel bonheur, par delà le ciel bleu.Le PRECURSEUR Bétèsi be ê>on \u20acxc.iïlons^eigneur be (Suébriant SUPÉRIEUR DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS S.Exc.Mgr Jean-Baptiste-Marie Budes de Gué-briant, archevêque titulaire de Marcianopolis, supérieur général de la Société des Missions-Étrangères de Paris, est décédé le 6 mars dernier, à l\u2019âge de soixante-quinze ans.Né à Paris le 11 décembre 1860, Mgr de Guébriant fut ordonné prêtre le 5 juillet 1885.Il partit pour les missions et il exerça son ministère en de nombreuses missions, notamment aux Indes, dans le Burma, le Siam et le Cambodge.Il fut élu évêque titulaire d\u2019Euroea le 12 août 1910, et nommé premier vicaire apostolique du Kientchang.Le 28 avril 1916, il était nommé vicaire apostolique de Canton.Il fut nommé visiteur apostolique de la Chine en 1919 et de la Sibérie en 1921.Le 21 mars 1921, il était élu supérieur général de la Société des Missions-Étrangères.Il démissionna de son vicariat apostolique et, après avoir fait la visite apostolique de la Sibérie, il rentra à Paris.Le 10 décembre suivant, il était promu archevêque titulaire de Marcianopolis et le 15 janvier 1922, il était nommé assistant au trône pontifical.Le 1\" août 1932, Mgr de Guébriant avait été réélu au poste de supérieur général de sa Communauté.Il était commandeur de l\u2019Ordre de la Couronne de Belgique.% S.Exc.Mgr Jean-B.-Marie de Guébriant archevêque titulaire de Marcianopolis, supérieur général de la Société des Missions-Etrangères de Paris décédé le 6 mars 1935 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t133 En décembre 1932, la Société des Missions-Étrangères de Paris comprenait onze cents sept missionnaires, dont quarante-sept évêques, exerçant leur ministère dans trente-neuf missions (diocèses ou vicariats apostoliques).Ces missionnaires étaient aidés par mille quatre cent quatre-vingt-douze prêtres indigènes.MGR DE GUÉBRIANT AU CANADA Le 2 octobre 1920, S.Exc.Mgr de Guébriant, alors visiteur apostolique de la Chine et des pays voisins, arrivait à Montréal où il allait tout d\u2019abord saluer notre vénéré pasteur, S.Exc.Mgr Bruchési, puis se rendait à la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Outremont, pour y résider durant son séjour dans notre métropole.Mgr de Guébriant connaissait la Commxmauté depuis sa nomination au vicariat apostolique de Canton en 1916, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception ayant ouvert en 1909 leur première mission dans ce vicariat.Le lendemain, dimanche, à 10 heures du matin, le distingué visiteur adressa la parole dans la chaire de la basilique et pontifia à la grand\u2019messe de 11 heures.Mgr l\u2019archevêque de Montréal et NN.SS.Larocque, de Sherbrooke, et Brunault, de Nicolet, assistaient au chœur.A l\u2019issue de la messe, ils se rendirent à l\u2019Hôpital Chinois, dans la salle du comité, où im banquet leur avait été préparé par la Société de Bienfaisance chinoise.NN.SS.Bruchési, de Guébriant, Larocque, Bnmault et Forbes, de Joliette, ainsi qu\u2019un très nombreux clergé, descendirent visiter les malades de l\u2019hôpital, puis les cinq vénérés prélats se rendirent à l\u2019Académie du Plateau où s\u2019étaient réunis les membres de la Colonie chinoise catholique de Montréal.Après cette démonstration, Mgr de Guébriant partit pour le grand Séminaire où il était attendu.Dans la soirée,\u2019 il parla de ses missions aux huit cents séminaristes et élèves des maisons de théologie et de philosophie, ainsi qu\u2019à ceux du Collège de Montréal.Le lundi 4 octobre, après avoir célébré la messe dans la chapelle de la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, l\u2019illustre missionnaire partait pour Joliette où S.Exc.Mgr Forbes l\u2019avait convié à une réception dans sa ville épiscopale.Le 5 octobre, il était à Québec où il recevait le plus cordial accueil de S.Em.le cardinal Bégin, et le lendemain, de retour à Montréal, il partait dans la soirée pour les États-Unis d\u2019où le 13 octobre il devait s\u2019embarquer pour la Chine, emportant dans son cœur le meilleur souvenir de notre population canadienne et spécialement de nos vénérés pasteurs et des communautés religieuses d\u2019hommes et de femmes qui lui furent présentées.Si le Christ a proclamé que la marque très particulière de ses disciples serait leur amour mutuel, pouvons-nous témoigner à notre prochain un amour plus grand et plus remarquable que de le tirer des ténèbres de la superstition, et de veiller à l\u2019instruire de la vraie foi du Christ ?S.S.Pie XI 'ÿtxi la béattfication te ^aultne=iîlarie Jaritot FONDATRICE DE L\u2019ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI Le 13 février dernier, dans l\u2019église Saint-Nizier, en présence du cardinal Maurin, archevêque de Lyon, entouré de nombreux prélats dont Mgr Boucher, du Conseil de la Propagation de la Foi de Paris, et de personnalités catholiques lyonnaises, a eu lieu la reconnaissance du corps de Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi.On sait que c\u2019est là la première étape dans la voie de la béatification.Pauline Jaricot, fille d\u2019un riche marchand de soieries lyonnais, renonça de bonne heure aux vanités du monde pour se consacrer tout entière à l\u2019épanouissement du mouvement dont elle fut l\u2019initiatrice et qui devait s\u2019étendre au monde entier.Elle était entrée en relation avec les Missions-Étrangères de Paris par l\u2019intermédiaire de son frère, alors séminariste à Saint-Sulpice.C\u2019est au cours de la correspondance qu\u2019elle entretint avec de nombreux missionnaires de la rue du Bac qu\u2019avait germé en elle l\u2019idée de fonder l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi.Elle recruta ses premières dizainières parmi des ouvrières de Saint-Polycarpe.La première année, l\u2019Œuvre rapporta 87 francs; la deuxième année, 300 francs; la troisième année, 1,800; on sait quelle ampleur ce mouvement devait prendre dans la suite.C\u2019est au cimetière de Loyasse, dernier lieu de rendez-vous du Tout-Lyon du xix*\u2019 siècle, oue Pauline Jaricot reposait depuis l\u2019année 1862, au milieu des siens.Du cimetière, les restes de Pauline Jaricot ont été transportés dans la crypte de Saint-Nizier.En présence de deux médecins, on ouvrit le cercueil.Il ne restait plus que quelques ossements.Ils furent rassemblés dans qn cercueil neuf par PAULINE-MARIE JARICOT FONDATRICE DE L\u2019ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t135 les soins de MM.les docteurs Ricard et Barjon, puis la foule fut autorisée à venir défiler devant le cercueil entr\u2019ouvert.On souda ensuite le cercueil et on l\u2019entoura d\u2019un large ruban de soie blanche scellé par des cachets de cire rouge.La foule remonta de la crypte dans l\u2019église où fut monté, tout près de la chapelle de la Sainte Vierge, le cercueil de Pauline-Marie Jaricot, pour être déposé dans un caveau.C\u2019est là que reposera la fondatrice de la Propagation de la Foi avant de monter sur les autels.Eü æ DE Jgoubel ébêque bistparu Le premier évêque acadien des provinces maritimes.Son Excellence Mgr Édouard-Alfred Leblanc, cinquième évêque de Saint-Jean, N.-B., est décédé le dimanche 17 février, à l\u2019âge de 65 ans.Mgr Leblanc naquit à Weymouth, Nouvelle-Écosse, le 15 octobre 1870.Après ses études au collège Saint-Joseph et à celui de Church-Point, il entrait au Grand Séminaire d\u2019Halifax et fut ordonné prêtre le 29 juin 1892.Après avoir été vicaire et curé en diverses paroisses, il fut promu évêque de Saint-Jean, le 2 août 1912, alors qu\u2019il était curé de Saint-Bernard-de-Weymouth.Il fut sacré le 10 décembre de la même année, par Mgr Stagni, délégué apostolique.Ses fimérailles, qui eurent lieu le jeudi 21 février, furent présidées par S.Exc.Mgr O\u2019Donnell, archevêque d\u2019Halifax.LL.EE.NN.SS.P.Chiasson, évêque de Chatham, et Morrisson, d\u2019Antigonish, ont fait l\u2019éloge funèbre du défunt.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception se font un devoir d\u2019offrir leurs pieux suffrages pour l\u2019âme du vénéré disparu, qui leur témoigna dans le passé un bienveillant intérêt.Luminaire de la Sainte Vierge Pour répondre au désir de plusieurs personnes pieuses, dévouées à la Sainte Vierge, nous insérons ici le prix de lampions et de cierges que l\u2019on désirerait faire brûler au pied de la statue de Marie, dans notre modeste chapelle de la Maison Mère, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, soit en action de grâces, soit pour obtenir quelque faveur de cette tendre Mère.f 10 sous.Un lampion ou un cierge i 75 sous pour tme neuvaine.[ $20.00 pour une année entière. ïa retraite, eiource be grâces^ C\u2019est dans la solitude et dans l\u2019humble prière Que l\u2019Esprit du Seigneur fait entendre sa voix; Et, dans Vâme fidèle, il répand sa lumière.Les feux de son amour et ses grâces de choix.Jésus, notre Sauveur, pour nous donner l\u2019exemple.Souvent dans la retraite a cherché son repos; Et Marie, à trois ans, se cacha dans le Toupie Pour mieux ouvrir son âme aux effluves d\u2019En-Haut Et c\u2019est après neuf jours de prière au Cénacle, Que le doux Paraclet vint, en langues de jeu.Transformer à jamais, par un touchant miracle.Les disciples craintifs, en apôtres de Dieu.Heureuse mille fois, l\u2019âme docile et tendre Qui va puiser en Dieu, au sein de l\u2019oraison.Sa lumière, sa force, et qui cherche à comprendre Sa sainte Volonté dans un plein abandon.Elle obtiendra du Ciel une grande sagesse.Un conseil éclairé, un sûr discernement; Dans son cœur s\u2019allieront la force et la tendresse Et la paix régnera en elle constamment.Elle s\u2019élèvera au-dessus de la terre.De sa vaine richesse et ses plaisirs trompeurs; Elle fuira l\u2019honneur et sa gloire éphémère Pour s\u2019attacher à Dieu et lui gagner des cœurs.Elle vivra de foi, d\u2019amour et d\u2019espérance.Comprendra son devoir et saura l\u2019accomplir; Elle mettra en Dieu toute sa confiance.Et Dieu, dans ses besoins, viendra la secourir.Heureuse mille fois l\u2019âme droite et fidèle.Attentive à prier l\u2019Esprit-Saint chaque jour.Et qui, dans la retraite, attire et garde en elle Sa lumière, sa grâce et son divin amour.Le Précurseur Hettre pastorale et manliement îtt iWonScigncur rébêijue Ite Joliettc LES RETRAITES FERMÉES Joseph-Arthur Papineau, par la Grâce de Dieu et l\u2019Autorité DU Siège Apostolique, évêque de Juliette Au clergé séculier et au clergé régulier, aux communautés religieuses et à tous les fidèles de notre diocèse, paix et bénédiction en Notre-Seigneur Nos TRÈS CHERS FRÈRES, L\u2019évêque est d\u2019abord et avant tout l\u2019homme de la doctrine.Ainsi l\u2019a voulu Notre-Seigneur.« Allez donc, avait-il dit à ses apôtres, et enseignez toutes les nations.» « Le Christ, racontera ensuite saint Pierre, nous a ordonné de prêcher au peuple.» Praecepit nobis praedicare populo.Saint Paul, à maintes reprises, fera la même affirmation: « J\u2019ai été établi prédicateur et Apôtre.Le ministère de la prédication m\u2019a été confié.J\u2019ai reçu du Seigneur Jésus le ministère de la parole.» « Il faut, dira-t-il encore, que l\u2019évêque reste attaché à l\u2019enseignement de la foi, afin qu\u2019il soit capable d\u2019exhorter selon la saine doctrine et de convaincre ceux qui la contredisent.» Oportet episcopum amplectentem eum qui secundum doctrinam est, fidelem ser-monem, ut potens sit exhortari in doctrina sana et eos qui contradicunt arguere.{Ep.à Tite, l, 9.) Tous les apôtres enfin ont ainsi compris leur mission.« Pour nous, ont-ils proclamé, nous nous appliquerons entièrement à la prière et à la prédication.» Gardien et défenseur de la vérité, l\u2019évêque doit en porter tout le poids.Voilà pourquoi il se fait si souvent le dispensateur des mystères de Dieu, il parcourt sans cesse son diocèse, stimulant les bons, relevant les faibles, encourageant les militants, rappelant à tous leur origine, leur vocation, leurs devoirs, leurs responsabilités, leur destinée.Il n\u2019est pas de circonstances tant soit peu solennelles où il n\u2019apparaisse devant son peuple pour prêcher par l\u2019exemple ou la parole.Le retour de la sainte quarantaine est une de ces circonstances où l\u2019évêque a coutume de faire entendre sa voix à ses ouailles.C\u2019est ainsi que, les années dernières.Nous vous avons parlé du jeûne et de la pénitence, de l\u2019aumône et de la prière.Voulant être encore fidèle à un usage établi par tant de zélés pasteurs.Nous vous entretiendrons, cette année, des Exercices spirituels que l\u2019on appelle communément la Retraite fermée.Nos très chers Frères, il est remarquable dans l\u2019histoire que la divine Providence, qui veille silencieusement aux destinées des sociétés chrétiennes, tient pour chaque siècle en réserve des dévotions qui répondent à ses besoins.Il en fut ainsi dans les siècles passés où Dieu fit surgir les grandes dévotions du Sacré-Cœur et du Rosaire.Il en est encore ainsi pour notre siècle.Les maux dont il souffre, au témoignage des observateurs les plus autorisés, sont: la frivolité ou le gaspillage du temps, la soif des plaisirs et Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t139 particulièrement des plaisirs charnels, le désir immodéré ou le mauvais usage des richesses, l\u2019absence de virilité chrétienne et de fierté catholique.Or nul remède plus que la retraite fermée n\u2019est capable d\u2019apporter la guérison à ces maux.Vous le démontrer brièvement, tel est Notre unique dessein.Nos très chers Frères, le chapitre xvii de l'Ecclésiastique nous rappelle à peu près en ces termes l\u2019origine et les destinées de l\u2019homme: « Le Seigneur a formé l\u2019homme de terre et le fait retourner dans la terre.Il lui a assigné stn terre un temps déterminé et il a établi son pouvoir sur tout ce qui l\u2019entoure.Il l\u2019a doué d\u2019intelligence et lui a fait connaître le bien et le mal.Il lui a manifesté la grandeur de ses œuvres, l\u2019a mis en garde contre toute iniquité et lui a laissé sa loi en héritage pour qu\u2019il l\u2019accomplisse parfaitement.» C\u2019était nous enseigner le sérieux de la vie.Moïse nous donne le même enseignement: « Nous voyons nos années s\u2019évanouir comme un son léger, chantait-il; nos jours s\u2019élèvent à soixante-dix ans, et dans leur pleine mesure à quatre-vingts ans.Leur splendeur n\u2019est que peine et que misère.Enseigne-nous, Seigneur, à bien compter nos jours, afin que nous acquérions un cœur sage.» (Ps.Lxxxix, 9-13.) Ainsi notre vie présente est de courte durée.Ainsi nous venons de Dieu, nous existons pour Dieu et nous allons à Dieu.Tel est le vrai sens de la vie.Ah! si l\u2019on prenait bien à cœur ces vérités, si l\u2019on comprenait toute la sollicitude dont il faut entourer les heures fugitives de la vie présente pour savoir en profiter et préparer les moissons futures, quel changement s\u2019opérerait dans notre société.Ce serait la mise en œuvre d\u2019une parole de Le Play.Il sortait d\u2019une grave maladie qui l\u2019avait conduit à deux doigts de la mort, et comme on lui demandait ses impressions: « Du bord de la tombe, répondit-il, je n\u2019ai point vu le néant de la vie humaine, loin de là: j\u2019en ai constaté l\u2019importance.» L\u2019importance de la vie! Combien n\u2019y songent jamais ou la méconnaissent.La saine culture de l\u2019esprit, la préservation vigilante du cœur, l\u2019utilisation des influences sociales, l\u2019exploitation sainte de la grâce par les observances religieuses et l\u2019épanouissement des vertus chrétiennes sont considérées comme des disciplines de vie d\u2019un autre âge.Le temps est à la frivolité.Nous en avons la preuve dans les manifestations suivantes: une façon légère de penser et de juger, une tendance prononcée au plaisir et à l\u2019amusement, un besoin démesuré de fêtes, de banquets et de spectacles, un engouement bizarre pour les modes, les danses et les bals, un dédain malheureux de tout ce qui est noble et élevé.C\u2019est le gaspillage à l\u2019état de système: gaspillage de l\u2019esprit, du cœur, de la grâce, de la vie tout entière.Nos très chers Frères, pour remédier à ce mal, il faut « sortir du temps et aspirer à l\u2019éternité ».C\u2019est un mot de Bossuet.Or rien n\u2019y peut contribuer autant que la retraite fermée.Il y a là tout un ensemble de prédications, de pieux exercices et de cérémonies touchantes qui, par leur enchaînement et leur solennité, ont l\u2019avantage d\u2019exciter à un haut degré l\u2019attention des fidèles, de les dégoûter des ombres qui passent et de leur enseigner le prix des réalités qui demeurent.Il y a là im silence, ime solitude qui leur remet continuellement en mémoire cette parole de l\u2019Évangile: Quaerite primum regnum Dei et justitiam ejus, « Cherchez avant tout le royaume de Dieu et sa justice » ; un silence, une solitude qui leur rappelle sans cesse que le 140 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 salut est d\u2019une telle importance que Dieu en a fait pendant l\u2019éternité l\u2019objet de toutes ses pensées, et dans le temps le but de toutes ses œuvres, et que, pour se l\u2019assurer, les saints et les vrais chrétiens n\u2019ont pas craint d\u2019embrasser dans toute son ampleur la religion du Christ, la religion du crucifiement, de la courorme d\u2019épines, de la flagellation et du martyre.Nos très chers Frères, vous surtout qui avez apprécié les bienfaits des retraites fermées, vous qui avez résolu de donner désormais à votre vie le sens qu\u2019elle doit avoir, suivez bien, je vous prie, les conseils que saint Paul donnait aux premiers chrétiens: « Maintenant que vous savez, leur disait-il, ne soyez donc pas comme ceux qui ne savent pas; maintenant que vous êtes ressuscités, ne soyez donc pas comme ceux qui sont morts; n\u2019ayez pas de regrets de ce que vous avez laissé, puisque c\u2019est la vérité que vous avez trouvée, et ayant entendu l\u2019appel de Dieu, marchez dans la voie où doivent marcher ceux qui sont appelés de Dieu.» Nos très chers Frères, si notre société n\u2019était que frivole, peut-être pourrions-nous sans trop de difficulté la remettre dans le vrai sens de la vie; mais elle est encore travaillée par une fièvre maligne qui la mine, l\u2019abat et la met en péril de mort.Je veux parler de la soif des plaisirs charnels.Cette maladie sans doute est de tous les temps.Le prophète Isaïe en marquait déjà les conséquences par ces paroles qu\u2019il adressait aux enfants d\u2019Israël: « Partout les fronts sont courbés et les cceurs languissants.» Omne caput languidum et omne cor moerens.{Isaïe, i, 5.) « Cette fièvre qui nous ronge, dira plus tard saint Augustin, c\u2019est le feu de nos mauvaises passions.» Febris nostra libido est.Et Pascal affirmera à son tour que « la malice et la bonté du monde en général sont toujours les mêmes à quelques nuances près ».Hélas, il est très vrai, en effet, que Thimianité a toujours été misérable, parce qu\u2019elle a toujours porté dans sa chair le germe de toutes les corruptions.Il est très vrai que le vice impur a courbé tous les siècles et tous les peuples sous son joug ignominieux.Il faut bien avouer toutefois que jamais peut-être il n\u2019avait exercé sur notre peuple la violence qu\u2019il a exercée en ces derniers temps.Ne suffit-il pas pour vous en convaincre de vous rappeler avec quelle facilité l\u2019on confond la passion avec l\u2019amour vrai et chrétien, avec quelle audace l\u2019on excuse les débauches de la jeimesse, les infidélités conjugales et tous les expédients employés pour tarir la vie jusque dans ses sources ?Mais la vie des sens s\u2019étale publiquement: dans les salles de danse et de cinéma, dans les ateliers et les bureaux, dans les hôtels et sur les plages, dans les promenades et les fréquentations, sur la rue et le long des chemins, parfois même jusqu\u2019au sein de la famille.Où donc chercher un asile pour ce qui nous reste de vertu, une base inébranlable pour les principes essentiels de la morale ébranlée, un soutien pour ceux qui ne veulent pas déchoir, une aide secourable pour ceux qui souhaitent se relever, sinon dans la retraite fermée?Vous l\u2019avez éprouvé peut-être vous-mêmes et à maintes reprises.Quelles qu\u2019aient été, en effet, la séduction et la multiplicité des causes qui vous poussaient au mal, la retraite ne cessait de vous rappeler les raisons surhumaines que vous aviez de leur résister, les droits étemels de Dieu, les devoirs qui en découlent, les châtiments réservés à ceux qui abusent de ce dont ils devraient seulement user, les joies intimes que goûte l\u2019âme maîtresse de son corps.Et quand elle eut, par ses pressantes Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t141 exhortations, éveillé le remords chez ceux qui avaient succombé, ranimé l\u2019espérance de ceux que la lutte fatiguait, elle vous inspira une profonde estime pour la chasteté, elle vous convia au banquet sacré, elle fixa vos regards sur l\u2019image toujours émouvante du Juste crucifié, du Dieu qui a souffert et qui est mort pour expier nos péchés et nous sauver.Vous étiez gagnés à la vertu.Nos très chers Frères, nous ne sommes pas seulement un peuple qui dissipe follement sa vie et dont les moeurs périclitent, mais aussi un peuple qui perd peu à peu la paix sociale.La raison profonde en est dans cette hostilité ardente qui sépare les classes qui possèdent de celles qui n\u2019ont rien.Et cette hostilité existe parce qu\u2019on a trop oublié que la doctrine chrétienne d\u2019une part ordonne aux pauvres de ne pas se laisser entraîner par la cupidité et l\u2019envie, et que, d\u2019autre part, elle ordonne aux riches de ne pas tendre uniquement à accroître leur avoir.La paix renaîtra dès le jour où, faisant de part et d\u2019autre réflexion sur la vraie doctrine du Sauveur, les premiers sauront apprécier les privilèges que la pauvreté confère, et les seconds comprendront les graves et impérieux devoirs que la richesse impose.Or, au témoignage même du Saint-Père, la retraite fermée est l\u2019un des plus grands moyens de favoriser cette réflexion.A cette école, en effet, le pauvre apprendra qu\u2019il n\u2019est personne sur terre, qui, plus que lui, ait joui de la prédilection de Notre-Seigneur.En se faisant homme, Jésus-Christ n\u2019a-t-il pas voulu que la pauvreté fût près de Lui dès le berceau ?Si, pour accomplir les prophéties, la Vierge qui lui donne le jour doit être de sang royal, ne faut-il pas qu\u2019elle soit pauvre?Si des anges annoncent sa venue, de pauvres bergers n\u2019entendent-ils pas les premiers leurs cantiques d\u2019allégresse?Il y a plus encore; c\u2019est sa tendre commisération pour les pauvres qui l\u2019a déterminé à quitter le trône de sa gloire et à s\u2019abaisser jusqu\u2019à nous.Isaïe l\u2019avait annoncé et Jésus lui-même se plaît à nous le redire: « L\u2019esprit du Seigneur s\u2019est reposé sur moi; c\u2019est pourquoi il m\u2019a consacré par son onction divine pour prêcher l\u2019Évangile aux pauvres.» (S.Luc, iv, 18.) Aussi, lorsque, en présence d\u2019une foule immense, il fait sur la montagne la promulgation solennelle de la loi nouvelle qu\u2019il venait apporter à la terre, lorsqu\u2019il apprend aux hommes quels sont ceux qu\u2019attend le véritable et solide bonheur, les pauvres sont les premiers à qui il adresse ses touchantes révélations.« Et commençant ses leçons, dit saint Matthieu, il les instruisit par ces paroles: Bienheureux les pauvres d\u2019esprit, \u2014 c\u2019est-à-dire par l\u2019esprit et par la volonté, \u2014 parce que le royaume des deux est à eux.» Le riche, à son tour, à cette incomparable école qu\u2019est la retraite fermée, apprendra quel usage il doit faire de sa fortune.Posséder tm bien légitimement acquis, soit par succession, soit par industrie personnelle; être content de posséder ce bien, et jouir avec plaisir de l\u2019aisance, des avantages et des satisfactions qu\u2019il procure; augmenter même ses possessions, mais toujours par des moyens légitimes, tout cela, le riche peut se le permettre.Mais il n\u2019a pas le droit d\u2019aimer l\u2019argent pour l\u2019argent, de jouir de ses biens jusqu\u2019au mépris de son âme et des autres âmes, avec xme telle attache qu\u2019il se refuse aux besoins du pauvre et de 142 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 l\u2019indigent.Il a même le devoir de proportionner ses aumônes à son degré de richesse.Nos très chers Frères, Nous avons dit que le quatrième mal dont nous souffrons, c\u2019est l\u2019absence de virilité chrétienne chez un grand nombre de nos fidèles.Et il en est ainsi parce qu\u2019ils manquent de convictions catholiques.Des convictions catholiques, peut-on dire vraiment, en effet, qu\u2019ils en ont quand, dans leur vie privée, ils manifestent peu de goût pour la piété et l\u2019étude de la religion, peu de zèle pour la vertu, peu de dévouement pour les institutions et les œuvres, peu de respect pour le clergé et peu de sympathie pour les communautés religieuses; quand, dans leur vie domestique, ils n\u2019impriment aucunement à leur famille cette direction qui trempe bien l\u2019âme d\u2019esprit catholique, quand, pour l\u2019éducation de leurs enfants, ils se mettent de préférence en quête d\u2019écoles où la formation utilitaire l\u2019emporte sur la formation religieuse; quand enfin, dans leur vie sociale, ils admettent pratiquement, avec une complaisance exagérée, que la vérité et l\u2019erreur, dans tous les domaines, doivent recevoir le même traitement et jouir de la même liberté ?Nos très chers Frères, vous avez trop reçu de Dieu individuellement et nous avons trop reçu de Dieu comme peuple pour l\u2019abandonner ou le renier.Il vous faut être de réels chrétiens, désireux d\u2019ajouter toujours à la vertu, d\u2019ajouter toujours à la vaillance, à la fierté, à la perfection.Et pour y parvenir, il ne suffit pas d\u2019une foi imparfaite dans la connaissance de son objet ou inconsistante devant l\u2019épreuve.Il faut une foi intelligente et instruite, capable de s\u2019expliquer sur les vérités qu\u2019elle accepte et capable de se justifier par la valeur des motifs de son adhésion, capable de respirer à l\u2019aise dans ime atmosphère tout imprégnée d\u2019un sensualisme païen et capable de se dresser avec fierté devant des doctrines subversives et un matérialisme dissolvant.Cette foi solide et agissante, vous l\u2019acquerrez sans doute dans une étude sérieuse et approfondie de la philosophie et de la théologie, dans une lecture attentive et persévérante de l\u2019Ancien et du Nouveau Testament, des Annales de l\u2019Église et de la Vie des Saints, mais vous l\u2019acquerrez aussi et à un très haut degré dans ces Exercices spirituels que l\u2019on appelle la retraite fermée.Nos très chers Frères, ne vous semble-t-il pas que nous traversons des jours semblables à ceux qu\u2019avait prédits le prophète Amos: Ecce dies veniunt, dîcît Dominus, et mittamjamem in terram, non famem panis neque sitim aquae, sed audiendi verbum Domini.« Voici les jours venus, dit le Seigneur, où j\u2019enverrai la faim et la soif sur la terre, non la faim du pain ni la soif de l\u2019eau, mais celle de la parole de Dieu.» {Amos, viii, 11.) Sans doute, depuis quatre ans, notre peuple a vécu dans l\u2019angoisse et dans les larmes, il a souffert de la faim du pain et de la soif de l\u2019eau, mais notre peuple ayant surtout perdu le sens de la vie, ayant surtout prêté l\u2019oreille aux béatitudes nouvelles « bienheureuse la volupté rassasiée, bienheureuse la convoitise assouvie », notre peuple ayant surtout laissé faiblir ses convictions religieuses, dans toutes les classes de la société se font sentir aujourd\u2019hui la faim et la soif de la doctrine chrétienne.Sur qui pourrons-nous mieux compter que sur les anciens retraitants pour apaiser cette faim et étancher cette soif?Le temps est à l\u2019apostolat.Sa Sainteté Pie XI, notre très vénéré et très aimé Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t143 Pontife suprême, ne cesse de nous le rappeler dans ses lettres et ses discours.Disciples du Fils de Dieu, descendu sur terre pour verser à flots la lumière, la consolation et la pitié sur le monde qui ignorait et qui souffrait, vous avez le devoir de répandre la lumière, la consolation et la pitié sur vos frères qui ignorent et qui souffrent.Disciples du Fils de Dieu, descendu sur terre pour sanctifier toutes les âmes, vous avez le devoir de sanctifier l\u2019âme de vos frères.Disciples du Fils de Dieu, descendu sur terre pour sauver toutes les âmes, vous avez le devoir de sauver l\u2019âme de vos frères.Puissent ces quelques considérations éveiller dans vos cœurs des sentiments et des pensées qui se féconderont et germeront dans le silence de vos prochaines retraites.Les maisons d\u2019exercices spirituels sont des cénacles suscités par Dieu où, à la lumière des vérités éternelles et avec l\u2019aide de la grâce divine, l\u2019on découvre clairement le prix des âmes, l\u2019on apprend à connaître les ardeurs, les industries, les travaux et les exploits de l\u2019apostolat chrétien.Pie XI * * ?Chacun doit être apôtre: donc, que tout le monde prêche l\u2019Évangile dans sa famille, parmi ses amis, dans les conversations.Si l\u2019erreur, si l\u2019impiété, si tous les vices ont leurs défenseurs, ô sainte Vérité, serez-vous abandonnée de ceux qui vous servent ?Parlons hautement, parlons souvent de nos espérances, de la douce tranquillité d\u2019une âme fidèle, des ennuis dévorants de la vie présente, de la paix qui nous attend dans la vie future.Bossuet i^etraitesi fermées féminines L\u2019œuvre des Retraites fermées féminines que les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception inaugurèrent au Canada en 1911 est une œuvre qu\u2019elles ont particulièrement à cœur de voir se développer et porter des fruits de plus en plus abondants.Elles sont heureuses d\u2019accueillir en tout temps, dans l\u2019une ou l\u2019autre de leurs maisons spécialement consacrées à cette fin, les dames et les jeunes filles désireuses de recueillir, dans la solitude et les saintes méditations, les grâces précieuses d\u2019une retraite fermée.Pour tous renseignements, s\u2019adresser à l\u2019une ou l\u2019autre des maisons ci-dessous mentionnées où se donnent des retraites: Maison de retraites Notre-Dame-du-Cénacle, 651, rue Saint-Cyrille, Québec.Maison de retraites Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus, rue Saint-Jean-Baptiste, Rimouski, P.Q.Maison de retraites Notre-Dame-des-Missions, 61, rue Jacques-Cartier, Chicoutimi, P.Q.Maison de retraites L\u2019Immaculée-Conception, 100, rue Saint-Louis, Juliette, P.Q.Maison de retraites Marie-Médiatrice, 66, rue Ottawa, Granby, P.Q. ^romesisieîi faites! par i^otre ê'eisneur 5r!Sus=Cf)rist A sainte Marguerite-Marie Alacoque, religieuse de la Visitation en faveur des personnes dévotes à son Sacré-Cœur 1.\tJe leur donnerai toutes les grâces nécessaires dans leur état.2.\tJe mettrai la paix dans leurs familles.3.\tJe les consolerai dans toutes leurs peines.4.\tJe serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.5.\tJe répandrai d\u2019abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.6.\tLes pécheurs trouveront dans mon Cœur la source de l\u2019océan infini de la miséricorde.7.\tLes âmes tièdes deviendront ferventes.8.\tLes âmes ferventes s\u2019élèveront rapidement à une grande perfection.9.\tJe bénirai même les maisons où l\u2019image de mon Sacré-Cœur sera_____________________________________________________ exposée et honorée.10.\tJe donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.11.\tLes personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon cœur, et il n\u2019en sera jamais effacé.12.\tJe te promets, dans l\u2019excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf mois de suite, la grâce de la pénitence finale.APPARITION DE NOTRE-SEIGNEUR A SAINTE MARGUERITE-MARIE DANS LE JARDIN DE LA VISITATION A PARAY-LE-MONIAL Ha population catijolique lie la Ctiine La population catholique de la Chine s\u2019élevait à la date du 30 juin 1934 à 2,702,468 âmes, suivant les statistiques publiées par le Bureau Sinologique de Zi-Ka-Wei (Shanghai).Les conversions au cours de l\u2019année se sont élevées à 82,145, soit 12,598 ou 18% de plus que l\u2019année précédente.L\u2019augmentation de la population catholique, compte tenu des pertes diverses, est de 78,908, augmentation supérieure à l\u2019augmentation des dix dernières années; l\u2019année précédente, l\u2019augmentation (60,818) était inférieure de 30%, soit de 18,090.Le nombre des évêques est passé de 88 à 89; celui des prêtres étrangers, de 2,303 à 2,367 (augmentation de 64); celui des prêtres chinois, de 1,595 à 1,647 (augmentation de 52); celui des frères coadjuteurs étrangers, de 462 à 641 (augmentation de 179); celui des frères coadjuteurs indigènes, de 469 à 607 (augmentation de 138); et celui des religieuses étrangères, de 1,693 à 1,831 (augmentation de 138); seul le nombre des religieuses indigènes a diminué: il est de 3,319 en 1934, alors qu\u2019il était de 3,419 l\u2019année précédente.Agence Fides Eü DE Eemèbe rabical contre la lèpre Les habitants du petit village de pêcheurs Waichow, sur une île du delta de la rivière la Perle, se sont soulevés et ont, par un moyen radical, débarrassé la petite île de la lèpre.Ils ont tout simplement massacré brutalement les vingt-quatre lépreux qui vivaient dans les environs.Les malheureux ne se mêlaient pas aux habitants, mais restaient entre eux.Après le carnage, la région contaminée fut complètement rasée par le feu.HEURE DE GARDE A LA SAINTE VIERGE Le premier samedi de chaque mois, de 8 heures du matin à 6 heures du soir, est faite une garde d\u2019honneur à la Sainte Vierge, pour les personnes du monde de tout âge et de toute condition, dans la chapelle de la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Dans l\u2019après-midi, à 3 heures, a lieu une instruction sur les prérogatives de la Mère de Dieu, laquelle est suivie de la bénédiction du Saint Sacrement.Ceux et celles qui désirent s\u2019unir à ce concert d\u2019amour, de reconnaissance, de réparation et de supplication envers la Reine du ciel sont les bienvenus, lettre bu 3^.^.5.=\u20ac.Crebier, c.â>.v.MISSIONNAIRE EN MANDCHOURIE Mission catholique, Szepingkai, Manchoukuo, 5 décembre 1934 Très révérende Mère Générale des Sœurs Missionnaires de ITmmaculée-Conception Outremont, Canada Très révérende Mère Générale, Au milieu de nos travaux, nous ne pouvons oublier les âmes religieuses qui prient pour nous au pays ni celles qui, en mission, nous entourent de bons soins lorsque la maladie vient nous visiter.Je viens vous remercier, très révérende Mère Générale, pour l\u2019attention que vous nous témoignez et pour toutes les bontés dont nous sommes l\u2019objet de la part de vos dévouées religieuses.Le bon Dieu nous a envoyé quelques petites épreuves au cours de l\u2019année, mais il nous a largement compensés par les consolations qu\u2019il nous a procurées.Le divin Maître nous protège visiblement et bénit nos premiers efforts dans l\u2019œuvre missionnaire que nous avons entreprise, aussi nous vous invitons à joindre vos actions de grâces aux nôtres et à lui demander de nous continuer ses faveurs.En retour, nous demandons au ciel de bénir chacim de vos jovurs durant l\u2019année qui va bientôt commencer.L\u2019intérêt que vous nuos témoignez me porte à vous adresser un aperçu de nos petites activités au cours de l\u2019année 1934.Vers la fin de janvier 1933, nous terminions l\u2019année scolaire à notre école de Szepingkai.La première semaine des vacances fut consacrée à notre retraite annuelle.Cette réunion fraternelle procura une très grande joie à chacun de nous.Deux confrères subirent une opération à l\u2019hôpital japonais de Szpeingkai : l\u2019un en février et l\u2019autre en juin.Tous deux traversèrent heureusement cette épreuve, ils se rétablirent rapidement, grâce aux bons soins des religieuses du poste, et purent continuer leur travail.La mort de deux Pères des Missions Étrangères, en particulier la fin tragique du P.Charest, causa de grands vides dans le vicariat et obligea plusieurs Pères à demeurer seuls pour maintenir les postes.Pour partager la solitude de ces missionnaires, des confrères allèrent demeurer avec eux au cours de l\u2019année.Le 1\"^ juin, le F.Pineault quittait Pamiencheng pour Lin-Si-Sien, en Mongolie, à près de 450 milles de Szepingkai, avec douze élèves du petit séminaire qu\u2019il allait conduire dans leurs familles pour les vacances, plus longues que d\u2019habitude, à cause de la construction du nouveau séminaire.Après vingt-trois jours d\u2019attente à T\u2019ung-Leao inondée, le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le F.Pineault se mettait en route avec sa caravane.Notre confrère éprouva toutes les misères, les fatigues et les ennuis de ce long voyage de treize jours, en particulier ime panne de trente heures sous Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t147 un soleil torride et une chaleur étouffante dans la steppe mongole.Par une protection bien visible de la Providence, le F.Pineault évita les brigands à quelques heures de distance seulement.A son arrivée à Lin-Si-Sien, il fut malade pendant près de deux mois des suites de son pénible voyage.mais c\u2019était pour Dieu et les âmes! Le 25 septembre, nous avions le bonheur de recevoir deux nouveaux confrères: les Frères André Paquette et Émile Bourgault.Après deux semaines passées à la résidence centrale, ils se rendaient dans leur poste respectif et se mettaient immédiatement à l\u2019étude de la langue chinoise.Nous sommes distribués dans le vicariat à l\u2019École de la Mission et au Petit Séminaire de Szepingkai, aux postes de Pamientcheng et de Leao-Yuan.Nous terminions l\u2019année scolaire le 20 janvier 1933.Le 2 mars suivant, cent dix élèves se faisaient inscrire pour le semestre que nous finissions le 7 juillet.Le 16 août, avait lieu la rentrée.Nous avions alors quatre classes, c\u2019est-à-dire une de plus qu\u2019au semestre précédent.Nous avons inscrit cent quarante-cinq élèves pour ce dernier semestre.Il y a trente-deux élèves au pensionnat sous la surveillance du F.Lalonde.Nous avons eu le bonheur de compter cinq baptêmes à notre école au cours de la présente armée, dont celui d\u2019un professeur.Ce sont nos premiers baptisés et nous espérons que le mouvement se maintiendra.Il nous fallait préparer le terrain avant de lancer des appels au baptême.Nous avions été assez discrets sur la propagande religieuse durant l\u2019année 1933, mais nous cherchions surtout à faire connaître notre sainte religion à nos élèves.Nous constatons avec joie qu\u2019un changement s\u2019est produit dans leur esprit.Tous ont l\u2019occasion de connaître Dieu et, actuellement, plusieurs désirent se préparer au baptême.Les conversions ne sont pas faciles dans une école de grands garçons païens en Orient.Nos étudiants sont à l\u2019âge des caprices, de 15 à 20 ans, et les caprices d\u2019un jeune païen veulent dire tous les vices en éveil et sans contrôle.Il n\u2019y a que la grâce de Dieu qui puisse l\u2019aider à triompher des obstacles qui l\u2019empêchent d\u2019embrasser la foi catholique.Vous connaissez toutes ces difficultés; préjugés de toutes sortes dans la famille et dans la société, la fameuse face chinoise, c\u2019est-à-dire orgueil, susceptibilité et respect humain, préoccupation de son avenir, perversion inévitable dans ime société corrompue, ce qui produit une grande insouciance pour la vie future, mauvaises habitudes qu\u2019on n\u2019a jamais songé à refréner et que la vue du mal accroît chaque jour, nouvelles obligations dans la religion catholique, inconnues jusqu\u2019alors et qui demandent des efforts considérables, aversion pour une religion apportée par des étrangers et qui semble d\u2019abord opposée au patriotisme et aux aspirations nationales, car chez la plupart des peuples païens, la religion est nationale et ne peut être comprise autrement, ignorance absolue du catholicisme, religion païenne qui n\u2019a rien pour sortir ses adeptes de la matière, lois du pays qui ne permettent l\u2019enseignement du catéchisme qu\u2019en dehors des heures régulières de classe; enfin, tout ce que le diable peut forger de mauvais dans l\u2019esprit humain pour l\u2019obscurcir et l\u2019empêcher de reconnaître la vérité.Voilà l\u2019ivraie que le missionnaire doit extirper pour faire croître, dans ces âmes infidèles, le froment des élus.C\u2019est un peu dans 148 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 cet état que les jeunes gens nous arrivent; d\u2019abord plus ou moins prévenus, mais peu à peu ils nous connaissent et laissent facilement place à la confiance.Cependant, la grâce est toujoms là pour soutenir ce qui reste de bon dans ces natures païennes.C\u2019est pourquoi nous comptons sur l\u2019aide de Dieu pour le succès des deux classes de catéchisme que nous avons organisées: l\u2019une pour les catholiques et l\u2019autre pour ceux qui veulent connaître notre sainte religion ou se préparer au baptême; près d\u2019ime trentaine d\u2019élèves suivent librement cette dernière classe.Quand un catéchumène est baptisé, il passe dans la classe des catholiques.Le 31 octobre, nous recevions la visite de Mgr Tchao, évêque chinois de Che-Fong dans le Jehol, accompagné de Mgr Lapierre et de plusieiurs Pères.Cette rencontre de nos étudiants avec un évêque de leur nationalité a produit sur eux une impression plus profonde que ne l\u2019aurait fait un grand sermon.Ils avaient une preuve bien tangible que la religion catholique n\u2019est pas ime religion nationale mais imiverselle.Nous profitons de toute circonstance pour faire connaître Dieu et son Église à nos élèves.C\u2019est en vivant au milieu des païens que nous comprenons que la foi est un don de Dieu.Aucune influence hmnaine ne peut changer la fausse mentalité religieuse que cinq mille ans de civilisation païenne ont développée et fortifiée chez les Chinois.C\u2019est porurquoi je vous demande de nous continuer l\u2019aumône de vos ferventes prières afin que Dieu répande de nombreuses grâces de conversion et de salut auprès des jeunes gens que nous instruisons.A l\u2019ouverture de l\u2019école, en mars 1933, nous n\u2019avions que huit élèves catholiques, nous en avons vingt actuellement, bien que quelques-rms nous aient quittés pour venir en aide à leur famille, car les gens sont pauvres et nos petits catholiques sont les plus pauvres de tous.Avec tous mes confrères, je vous remercie de vos bontés et je prie le divin Maître de répandre ses grâces de choix sur vous, très révérende Mère Générale, sur toutes vos religieuses, vos œuvres, sur votre Conummauté tout entière.Votre tout obligé dans le Cœur de Jésus et en saint Viateur, P.J.-Élias Crevier, C.S.V.ED O DE PAR VOUS, Ô MARIE! Par vous, ô Marie, les apôtres ont prêché aux nations la doctrine du salut; par vous la Croix bénie est célébrée et adorée dans le monde entier; par vous les démons sont mis en fuite et l\u2019homme lui-même est rappelé au ciel; par vous toute créature retenue dans les ténèbres de l\u2019idolâtrie est ramenée à la connaissance de la vérité; par vous les fidèles sont parvenus au saint baptême, et dans toute nation les Églises ont été fondées.S.Cyrille d\u2019Alexandrie L\u2019AME CHINOISE Par Shin-Lou-Ti de la Corporation des Publicistes chrétiens ( Suite) Confucius disait: « Exercez la vertu, elle se conserve; négligez-la, elle dépérit.» Mengtse a dit: « Cherchez la vertu et vous la trouverez; négligez-la et vous la perdrez.» Mengtse a dit: « Ils sont nombreux ceux qui agissent sans réflexion, qui s\u2019appliquent à une chose sans la comprendre et qui suivent toute la vie un chemin qu\u2019ils ne connaissent pas.» Kongtse dit à Mengtse: « Le devoir est sublime et beau, mais on devrait le comparer à la montée au ciel; il me semble impraticable.Que ne faites-vous en sorte, pour vos pauvres disciples, qu\u2019il devienne un peu plus aisé, afin qu\u2019ils puissent s\u2019y appliquer diligemment chaque jour.» Mengtse: « Un maître ouvrier ne change pas les règles du compas pour un stupide manœuvre.Ainsi le sage donne les règles, sans donner l\u2019action, car celle-ci doit en résulter; il s\u2019en tient au juste milieu: Suive qui peut! » Le Livre des Vers dit {Siao-ia 202) : « L\u2019homme qui s\u2019observe ressemble à une sentinelle veillant du haut, sur un arbre.L\u2019homme qui s\u2019observe est prudent, comme celui qui marche près d\u2019un abîme.Il tremble, celui qui marche sur une glace d\u2019une nuit.» « La vertu est légère comme une plume; et pourtant il en est peu qui puissent la soulever.» (Che-Kin.) « La vertu ne reste pas isolée, elle trouve toujours des imitateurs.» (Confucius.) INFLUENCE DE CONFUCIUS Mengtse et tous les disciples de Confucius ont exalté la mémoire de leur maître.Dans les Se-chou, entre deux sentences du philosophe, on inséra quelques phrases en son souvenir et à sa gloire.Ces textes, faisant partie d\u2019un tout regardé comme sacré, ont été transmis à travers les siècles, et l\u2019étudiant chinois, à la faveur des classiques appris sans en passer une syllabe, devait nécessairement considérer et honorer ce surhomme, ce sage sans pareil dans l\u2019humanité, à l\u2019égal des anciens empereurs divinisés.On lui éleva des temples, on aima ses enseignements, on ne les mit pas toujours en pratique, mais, dans une conversation, ime maxime du maître citée à propos fut de tout temps l\u2019indice d\u2019un esprit cultivé.Confucius a formé tous les lettrés de la Chine et, mieux encore, a modelé l\u2019âme chinoise à son image.Jusqu\u2019en 1911, les lettrés ont gouverné la Chine.Nous avons sommairement montré d\u2019autre part (au pays du dragon) l\u2019influence néfaste de Confucius qui ne donna au peuple aucune idée de la divinité, lui proposa des vertus purement humaines et prêcha une morale dépourvue de toute sanction, plus apte à former des hypocrites que des gens vertueux.Aussi, les Chinois divinisant Confucius se sont divinisés eux-mêmes, ont élevé des temples à leurs défauts nationaux.On leur reproche d\u2019être rusés, orgueil- 150 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 leux, égoïstes, amoureux des rites, soucieux de la face, c\u2019est-à-dire de l\u2019honneur, superstitieux à l\u2019excès.En grande partie, tous ces défauts leur furent légués par Kong-fou-tse.L\u2019éducation nationale reposant sur sa doctrine, ses préceptes, ses principes, inutile de chercher ailleurs l\u2019origine de ce cachet spécial qui a marqué si profondément la vie politique et sociale de l\u2019Empire du Milieu, jusqu\u2019au commencement du xx® siècle.De quels éloges, de quelles fleurs, on entoura le souvenir de Confucius! Le Livre du Juste Milieu s\u2019exprime ainsi: « Confucius marcha sur les traces des empereurs lao et Chouen et imita les rois Ouen et Ou.Il imita d\u2019un côté la constance des saisons, et de l\u2019autre, les règles fixes du ciel et de la terre.On peut le comparer au ciel et à la terre qui soutiennent et abritent tous les êtres, aux quatre saisons qui se succèdent, au soleil et à la lune qui éclairent.» Et encore, dans le Livre des Entretiens, len-iuen s\u2019écria: « Plus j\u2019examine la doctrine de Confucius mon maître, plus je la trouve sublime; plus je la médite, plus profonde elle me paraît.Elle me domine! Avec quelle adresse il nous mène! Il me développe par la science, me règle par les rites; quand je voudrais m\u2019arrêter, je ne le pourrais.» « Le ministre du royaume de Lou, Chou-suen-ou-chou, étant à la cour, dit aux magistrats: Tse-Kong est plus sage que Confucius.L\u2019un d\u2019eux, Tse-fou-kin-pé, rapporta ces paroles à Tse-Kong, qui lui répondit: Prenons pour exemple le mur d\u2019enceinte d\u2019un palais.Le mur de mon palais arrive à hauteur d\u2019épaules; en regardant par-dessus, vous apercevez tout l\u2019intérieur.Celui de Confucius a plusieurs toises de hauteur.Celui qui ne trouve pas la porte pour y entrer, ne saurait voir la beauté des bâtiments, ni la splendeur du service.Or, ils sont rares ceux qui la trouvent.» On médisait de Confucius: « Tse-Kong s\u2019écria: Cela n\u2019y fera rien.Confucius ne saurait être dénigré.La sagesse des autres sages ressemble à une colline qu\u2019on monte aisément.Confucius ressemble au soleil et à la lune: on ne saurait les atteindre.Confucius ne saurait être égalé, pas plus qu\u2019on ne monte au ciel au moyen d\u2019échelles.» Mengtse ne s\u2019exprime pas autrement: « Depuis que l\u2019homme existe, Confucius n\u2019a pas eu son égal.Tsai-go disait de Confucius: D\u2019après ce que je vois de lui, je trouve qu\u2019il surpasse de loin les empereurs lao et Chouen.Tse-Kong disait: Depuis que l\u2019homme existe, jamais il n\u2019y eut personne de comparable à Confucius.leou-jo ajoutait: Depuis que le monde existe, personne n\u2019a excellé dans son genre, personne n\u2019a brillé parmi son espèce, plus éminemment que Confucius.» Confucius avait d\u2019ailleurs toutes les perfect ons.Mengtse dit: « On peut appeler Confucius une « harmonie complète ».Dans une harmonie complète, les instruments de métal ouvrent la symphonie, ceux de jade la terminent; les instruments de métal qui résonnent, ouvrent le concert; les instruments de jade le terminent bruyamment.L\u2019ouverture du concert signifie la prudence, la conclusion figure la perfection.La prudence peut être comparée à l\u2019adresse, la perfection à la force, etc.» Confucius avait toutes ces qualités.A un disciple qui abandonnait la doctrine de Confucius, Mengtse envoie ce cri du cœur, que pousseront après lui toutes les générations de la Chine: Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 51 « Je n\u2019ignore pas que les Chinois ont réformé les barbares: mais j\u2019ignorais que les barbares eussent changé les Chinois.» Or, comme en dehors de l\u2019Empire du Milieu, tous les peuples sont qualifiés de Barbares, quoi d\u2019éton-nant de trouver cet autre passage de Mengtse, déjà cité: « Celui qui a la mer devant les yeux, ne peut trouver grandes les autres eaux.Ainsi celui qui fréquente l\u2019école des sages a peu d\u2019estime pour les autres doctrines.» CONCLUSION Beaucoup d\u2019Européens, songeant à la Chine moderne, se demandent ce qu\u2019elle est, ce qu\u2019elle sera.Depuis la Révolution de 1911 qui renversa l\u2019Empire Mandchou, l\u2019étoile de Confucius semble pâlir, le courant antique pétri de classicisme est en lutte avec l\u2019élément moderne qui veut des réformes, s\u2019appuie sur la jeunesse des écoles, exige des places de mandarin pour tous ses membres, élèves diplômés des universités nippones et surtout américaines.On a fait des réformes sur le papier: un président de la République réside à Pékin; on a un parlement, des généraux, des soldats équipés à la moderne.On construit des chemins de fer; on se sert d\u2019aéroplanes; on utilise le télégraphe et le téléphone; mais si, dans les villes de la côte, la couleur locale s\u2019efface, si dans les grandes cités on copie les modes et les usages européens, soyons bien certains que ce vernis extérieur, très localisé, n\u2019a rien changé encore aux rouages millénaires de la nation.L\u2019esprit antique, rénové par l\u2019étude des classiques, demeure toujours très vivant.Que sera l\u2019avenir ?.Il est évident que l\u2019influence occidentale et américaine gagnera de plus en plus les jeunes élites intellectuelles.Les mandarins futurs auront tous pris contact avec notre civilisation moderne; ils auront puisé dans nos universités européennes, et dans les modernes universités chinoises officielles, au moins l\u2019amour du progrès matériel.Il est à craindre que ces jeunes hommes, comme leurs devanciers de 1911, ne prennent de notre civilisation que la forme extérieure plus propre à faire d\u2019eux des révolutionnaires plutôt que des organisateurs.De plus, les doctrines qu\u2019ils puisent dans un enseignement officiel athée ne sont pas capables par elles-mêmes de rendre viable la société future que toute la Jeune-Chine appelle de ses vœux.Il y a déjà et il y aura encore des réactions sérieuses.Un peuple de quatre cents millions d\u2019âmes, un par la race et les aspirations, ne rejette pas ainsi tout un passé de traditions, de coutumes, de vie intellectuelle et religieuse.Les programmes des écoles seront très certainement modifiés, pour mettre les générations futures à l\u2019unisson de la culture mondiale.La nécessité d\u2019avoir des relations de plus en plus fréquentes avec l\u2019étranger, et ces relations elles-mêmes, modifieront nécessairement quelques usages; mais ces changements ne seront que superficiels.Sous le vernis nouveau, la vieille Chine des Ancêtres, grande, puissante et riche, par ses réserves d\u2019hommes, ses cultures variées, ses mines, son commerce, son industrie, grande surtout par ses traditions, aura quelque jour une place marquante dans le concert des nations.Après nous, longtemps encore, ceux qui voudront comprendre l\u2019âme chinoise, devront aller aux origines: devront étudier les Classiques.{Fin) ïc nobidat inbigènc be ^^epîngfeai i \u2019EST au mois de septembre 1930 que se présentaient les premières postulantes chinoises pour devenir religieuses de la future communauté de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire.Établi temporairement à Leao Yuan, le postulat était transporté l\u2019année suivante à Szepingkai.Cette jeune commimauté entrait dans une nouvelle phase le 21 novembre 1933, alors que les quatre premières aspirantes émettaient leurs vœux de religion.Leur nombre était plutôt restreint, mais il faut se rappeler que les premiers fruits d\u2019une œuvre de ce genre ne sauraient être très nombreux.En ce jour, nous assistions au couronnement du travail accompli par ceux qui avaient posé la base de cette nouvelle Société et avaient travaillé à son développement; le P.Edgar Larochelle, premier aumônier, à qui j\u2019ai succédé en 1932, et les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception qui les ont formées et dirigées.Ce jorrr fut aussi pour les nouvelles professes la récompense des sacrifices qu\u2019elles s\u2019étaient imposés pour leur entraînement et leur formation.La voie était ouverte et le bonheur des aînées était im stimulant pour les autres; toutes désiraient le jour où elles pourraient se consacrer à Dieu.Six d\u2019entre elles voyaient leur désir réalisé le 1®\" août de cette année.Comme leurs aînées, elles avaient le bonheiu: de s\u2019offrir à Dieu par les trois vœux de religion.La commimauté comptait donc dix professes.S.Exc.Mgr Lapierre se voyait en mesure de répondre aux demandes, au moins de quelques missionnaires.Trois religieuses indigènes reçurent leur obédience pour Taonan et trois autres pour Fakou.Les besoins du Noviciat et de l\u2019École apostolique ne permirent pas d\u2019en envoyer d\u2019autres à l\u2019extérieiu: cette année.Le 12 août eut lieu le premier départ.Ce fut im événement dans l\u2019histoire.Poiu: la première fois, ces jeunes recrues allaient entrer en office et devenir missionnaires.Une petite cérémonie intime eut lieu à la chapelle.Chacune a demandé à Dieu la grâce de lui être toujours fidèle, et les secours NOVICIAT INDIGÈNE NOTRE-DAME-DU-SAINT-ROSAIRE, SZEPINGKAI, MANDCHOURIE Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t153 nécessaires pour bien travailler à l\u2019extension de son règne.Ce fut ensuite le moment de la séparation.Les partantes sentaient qu\u2019elles quittaient leur seconde famille; les plus jeunes voyaient s\u2019éloigner des sœurs auxquelles elles s\u2019étaient attachées; ce fut le cœur im peu triste que, de part et d\u2019autre, on se dit adieu.Quelques mois se sont déjà écoulés depuis cette dernière séparation.Au Noviciat, les novices et postulantes, prises par le traintrain journalier, se sont vite habituées au vide causé par le départ des aînées, mais elles ne sont pas oubliées.Tous les jours, on prie pour elles et c\u2019est toujours une petite fête quand arrivent des lettres de Taonan ou de Fakou.Quant à nos missionnaires, elles sont heureuses et s\u2019efforcent de bien s\u2019acquitter de leur emploi.Elles s\u2019appliquent aussi à l\u2019accomplissement parfait de leur règlement, elles comprennent l\u2019importance de créer de bonnes habitudes dès le début.Les religieuses qui les suivront n\u2019auront qu\u2019à marcher sur leurs traces.Comme le genre de vie n\u2019est pas le même à l\u2019extérieur qu\u2019au noviciat, il se présente quelques cas imprévus par le règlement; alors, elles demandent à Szepingkai la solution du problème ou des problèmes qui se posent.Il semble réellement qu\u2019elles font tout en leur possible pour vivre comme d\u2019excellentes religieuses et selon l\u2019esprit de leur état.Quel est le règlement que nous leur avons donné ?Ce sont les exercices ordinaires: méditation, examens particulier et général, lectures spirituelles, visite au Saint Sacrement et récitation du Rosaire tous les jours.Nous attachons beaucoup d\u2019importance à ce que ces exercices soient faits en commun, d\u2019abord pour développer l\u2019esprit de communauté et aussi pour les prémunir contre le danger des négligences.Quelles occupations ont ces jeunes religieuses dans les postes?Elles préparent les catéchumènes au baptême, s\u2019occupent du soin de l\u2019église, ou encore font la classe.Comme, à Taonan, il y a un pensionnat pour les jeunes filles, il y a une religieuse chinoise qui, en compagnie d\u2019une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception, s\u2019occupe de la surveillance des jeunes pensionnaires et, en plus, elle donne des cours de religion à l\u2019école.Bien que n\u2019ayant pas de diplômes reconnus par l\u2019État, nos religieuses indigènes ont pu obtenir la permission d\u2019enseigner dans nos écoles, mais cela ne saurait durer.C\u2019est un problème qui se pose et qui, avant longtemps, demandera une solution.Pour obtenir un diplôme, il faudrait fréquenter l\u2019école publique, or, ici s\u2019élèvent de grosses difficultés.Si, du moins, nous avions une école de ce genre à Szepingkai, mais il n\u2019en existe pas.Quant à les envoyer dans un autre poste qui possède une école normale, nous n\u2019osons pas à cause des dangers que peut courir leur vocation.Fonder nous-mêmes une école normale, ce n\u2019est guère facile; une fondation de ce genre entraînerait beaucoup de dépenses; de plus, aurions-nous la permission de le faire?Pour le moment, nous donnons aux aspirantes ime instruction qui convient à leur état et nous les préparons surtout pour l\u2019enseignement du catéchisme.Dans le moment, le nombre de nos aspirantes est de treize novices et quatre postulantes.Nous avons aussi une école préparatoire qui renferme dix-neuf élèves.Ces dernières suivent les cours à l\u2019école de la paroisse.Quand elles auront terminé leurs études primaires supérieures, elles seront 154 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 admises au postulat.Cette école préparatoire, tout en nous permettant de donner un enseignement plus élaboré, plus soigné, à ces jeimes aspirantes, nous fournit l\u2019opportunité d\u2019étudier leur vocation avant de les accepter au postulat.En terminant, nous ne saurions trop rendre hommage aux évêques de Moukden et des Pins (Jéhol) qui nous ont abandonné, soit temporairement, soit définitivement, des Vierges indigènes qu\u2019eux-mêmes avaient formées, poiu: travailler à l\u2019extension de la religion auprès des femmes et des jeunes filles, alors que nous n\u2019en possédions pas nous-mêmes.Si, aujourd\u2019hui, nous pouvons nous-mêmes nous former des aides, nous ne saluions oublier tout ce que nous avons reçu de nos bons voisins et nous les en remercions cordialement.Émilien Masse, P.M.E.ED # DE (Quelques! roôeô effeuillées par la patronne îieô ntlsiôionnairesi !.« Quand je serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j\u2019effeuillerai ces roses sur la terre.» Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus Vous trouverez ci-jointe une aumône pour la Bourse Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus en reconnaissance d\u2019une guérison obtenue.Mme H.L., Ste-Geneviève.\u2014 Une petite offrande en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur obtenue.Mme A.T., St-Remi-d'Amherst.\u2014 Mille remerciements à la bonne sainte Thérèse qui nous a fait louer notre maison.M.et Mme B., Rosemont.\u2014 Je fais une offrande pour le rachat de deux enfants chinois viables, en reconnaissance d\u2019une guérison obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse.Mme J.-A.B., Montréal.\u2014 Ci-inclus un mandat de poste pour les missions en hommage de gratitude à sainte Thérèse pour sa protection envers mon mari, il n\u2019a presque pas perdu de temps depuis quatre ans.Mme R.L., South-Williamstown.\u2014 Une aumône en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, avec remerciement pour faveur reçue.Anonyme, Québec.\u2014 J\u2019ai été exaucée: en reconnaissance à notre puissante protectrice, je viens accomplir ma promesse, vous trouverez sous pli mon aumône pour les missions.Mme J.G., Rouyn.\u2014 J\u2019ai obtenu par l\u2019intercession de sainte Thérèse de Lisieux la faveur désirée, après avoir promis, comme preuve de ma gratitude, une aumône pour la léproserie de Shek Lung.Anonyme.\u2014 Cette offrande est pour les œuvres des missions, en remerciement à sainte Thérèse pour faveur obtenue et pour qu\u2019elle nous continue sa sainte protection.Une abonnée, Montréal.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour guérison obtenue.Mme T.Perron, Montréal.\u2014 J\u2019inclus une aumône pour vos lépreux.Je remercie l\u2019aimable Patronne des missionnaires Pour une grâce reçue.Je lui recommande diverses intentions spéciales, particulièrement la conduite de mes fils, et des affaires financières.Une qui souffre, Montréal.\u2014 Renouvellement de mon abonnement en reconnaissance pour faveur obtenue.Mme A.Houle.\u2014 Action de grâces à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Mme L.Lalongé.\u2014 Offrande pour lampions à sainte Thérèse en hommage de reconnaissance.Je lui demande la santé.Mme H.P., Montréal.\u2014 Mercis à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour bienfait reçu.Mme A.Chartrand, Montréal.\u2014 Aumône en remerciement de la guérison de ma fillette Colette.Mme F.\u2014 Pour re- Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t155 mercier la grande et chère sainte que je n\u2019invoque jamais en vain, vous trouverez sous pli un bon de poste.Je sollicite d\u2019autres faveurs.Mme R.Briand, St-Joseph-d'Alma.\u2014 Ci-inclus aumône pour vos missions en action de grâces pour faveur obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme H.L., Lévis.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse pour faveur obtenue.A.L., Québec.\u2014 Veuillez recevoir quelques morceaux de lingerie pour vêtir deux petits Chinois.C\u2019est une promesse que j\u2019avais faite à sainte Thérèse en reconnaissance si elle m\u2019obtenait certaines grâces.Je demande de l\u2019ouvrage pour mon mari.Mme E.-J.P., St-Constant.\u2014 Sous pli, une aumône en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, en reconnaissance de la guérison d\u2019une grave maladie, avec promesse de faire publier dans votre revue.F.-X.Guay, Terre-bonne.Jgourôe â>amte=®f)érè£{e=ï>e=r(Enfant=31é£iu£! pour raboption b\u2019une miôgtonnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée ime rente perpétuelle pour le soutien d\u2019une missionnaire.Les bourses sont fondées en l\u2019honneur d\u2019un saint ou d\u2019une sainte dont elles portent le nom.La religieuse dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bovurses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en im ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme ime bourse complète.Offrande de la Bourse Saînte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus Nous recevons avec reconnaissance toute offrande, faite en action de grâces pour faveurs obtenues ou demandes de nouveaux bienfaits, pour la formation d\u2019une nouvelle Bourse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Daigne la « Patronne des missionnaires » inspirer à des âmes généreuses la pensée d\u2019adopter une missionnaire, et, en retour, faire tomber sur elles une pluie de roses! En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre En novembre-décembre En janvier-février En mars-avril En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre 1932.» .1933 $98.50 12.25 85.00 38.40 77.00 18.25 30.75 58.15 41.60 En novembre-décembre 1933 En janvier-février En mars-avril En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre En novembre-décembre En janvier-février En mars-avril 1934 » » 1935 » f 60.75 38.75 15.00 17.50 26.45 108.25 11.75 188.75 31.25 ABONNEMENT AU PRECURSEUR La revue Le Précurseur parait tous les deux mois L'abonnement, payable d\u2019avance, est de $1.00 par année Adresse: 314, Chemin Sainte-Catherine, Outremont, P.Q., Canada Abonnement à vie: $20.00 Echo»s j»e MOS Missions'' CANTON, CHINE « C\u2019EST UNE AME!.» « Ma Sœur, ma Sœur, ache-tons-la nous-mêmes, c\u2019est une âme!.» Ainsi suppliait A Kat, orpheline de dix ans, en montrant à sa maîtresse de l\u2019Orphelinat de Canton, Chine, le bébé qu\u2019elle tenait dans ses bras.Une pauvre veuve nous avait confié, pour la soigner, cette petite âgée d\u2019un mois à peine.La maman ne trouvait pas que le bébé engraissait assez vite à son gré.Ce regret bien légitime et tout maternel n\u2019était pourtant pas sans nous étonner de la part de cette pauvresse Chinoise.« Poiirquoi tant d\u2019impatience ?» nous demandions-nous.A Seuil, notre fidèle portière, qui, depuis près de trente ans, égrène les Ave et distribue des sourires à tous ceux qui entrent à la Mission, va nous en dire le pourquoi.Dans ime causerie amicale, elle a appris de la maman de notre petite malade qu\u2019elle veut la vendre et qu\u2019elle la vendra plus cher si elle est plus grasse.C\u2019est triste, bien triste! Mais peut-on le lui reprocher à cette mère?Elle est.si pauvre; elle est.si païeime!.A Kat, qui aide aux soins des petites, a été témoin de la conversation et s\u2019est dit ce que maintes fois nous nous disons nous-mêmes: « C\u2019est ime âme! » Et dans sa petite âme à elle, un grand désir a jailli: tout émue, elle est venue à sa maîtresse et, ses beaux grands yeux noirs fixés sur elle, lui a dit: « Ma Sœur, achetons-la, nous autres, c\u2019est une âme! » La maîtresse, plus d\u2019une fois déjà, a dû faire taire son cœiu- et fermer la porte ^ Une Ame: peut-on recevoir de nouvelles enfants quand on sait qu\u2019on n\u2019aura pas de quoi les nourrir?La maîtresse, dis-je, répondit à l\u2019enfant, avec regret: « Nous n\u2019avons pas d\u2019argent.» Et A Kat de reprendre: « Mais, ma Sœur, c\u2019est une âme! » Elle avait bien raison d\u2019insister, notre bonne A Kat.Mais cette âme, comme bien d\u2019autres, que nous n\u2019avons pu recevoir, est enveloppée d\u2019un 4 Jise-* A KAT, JEUNE ORPHELINE DE CANTON, CHINE, PLAIDANT LA CAUSE DE SA PETITE PROTÉGÉE Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 57 corps qui réclame chaque jour sa subsistance.Que de pauvres aveugles de cinq, sept et neuf ans \u2014 pour ne parler que de cette catégorie \u2014 nous avons dû refuser au cours de l\u2019année, lesquelles, si nous avions pu les accueillir, seraient maintenant baptisées et se prépareraient à devenir de ferventes catholiques.Une fois sous notre toit, ces pauvres déshéritées subissent bien vite l\u2019influence de la religion, et leur infinnité même leur est un moyen de salut: rebutées de tous, elles comprennent mieux et apprécient plus que les autres la charité du Christ.Leurs yeux, fermés aux choses de la terre, s\u2019ouvrent plus facilement aux choses spirituelles, et leur âme est vite disposée à recevoir les effluves d\u2019en-haut.A propos, permettez-moi de vous raconter, en peu de mots, l\u2019histoire de l\u2019ime de nos enfants qui bientôt jouira des splendeurs du ciel, car depuis quelques mois l\u2019Ange de la mort semble l\u2019avoir marquée de son sceau.Née aveugle, ses parents n\u2019en voulurent pas et, quelques jours après sa naissance, l\u2019apportèrent à la Crèche de Canton.Elle y fut accueillie avec grande joie: c'était une âme, une nouvelle fleur pour le parterre de l\u2019immaculée.Elle reçut au baptême le nom d\u2019Isapayi (Élisabeth) et, comme toutes ses petites sœurs de l\u2019Asile, fut entourée des soins les plus maternels.La plupart de ses compagnes s\u2019envolèrent bien vite en paradis.Isapayi, plus hemeuse, grandit et apprit à connaître le bon Dieu et à l\u2019aimer de tout son petit cœxir; et, plus tard, à mesure qu\u2019elle grandissait, à le servir en se dévouant auprès des petits de la Crèche.Il faut bien dire que de fois à autre la chère enfant, souffrant davantage de son infirmité, se prenait à envier le sort de ses petites sœurs que les anges avaient dérobées à nos berceaux.Mais son esprit de foi reprenait bien vite le dessus, et alors elle disait: « Heureusement que je suis aveugle! Si le bon Dieu m\u2019avait donné mes yeux, peut-être mes parents ne m\u2019auraient-ils pas apportée ici; je serais païenne!.peut-être même me serais-je damnée.» Elle ajoutait finement: « Dans le ciel, je verrai beaucoup plus de belles choses que vous autres qui jouissez maintenant de tant et de si beaux spectacles; je me reprendrai! » Isapayi est aveugle mais très intelligente.Elle s\u2019initia vite à la coutme et au tricot; les points les plus compliqués et les plus fantaisites lui étaient un jeu.Combien de fois, encore maintenant, ses compagnes voyantes viennent la trouver pour avoir des lumières sur la manière de faire leur travail qnn artivitpn\u2019a d\u2019éffal nup isapayi aveugle, tout EN tricotant, fait le vau.bon activité n a a egai que catéchisme a deux petites de l\u2019orphelinat son dévouement.Plus souvent\tde canton, chine 158 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 qu\u2019à son tour, elle a fait le service de nuit auprès des tout petits.Quand elle était là, les marmots étaient en sûreté, le lait dosé et chauffé à point; les moustiques qui s\u2019aventuraient dans les moustiquaires en délogeaient bien vite, les bébés ne pleuraient pas et la Sœur surveillante dormait tranquille.La grande préoccupation d\u2019Isapayi, outre le bien-être des enfants qui lui étaient confiés pour la nuit, était de ne pas réveiller la religieuse en charge.Elle s\u2019acquittait de ce devoir, comme de tous les autres, consciencieusement.Isapayi est aussi douée d\u2019une belle mémoire.Elle peut raconter la vie du saint de chaque jour, diriger les prières à la chapelle, non seulement pour la messe, mais aussi faire les réflexions et prières du grand Chemin de la Croix, ainsi que réciter les litanies que contient le Manuel de prières chinois, y compris les litanies des saints.Elle excelle aussi dans l\u2019art de faire le catéchisme: elle a alors le ton d\u2019un prédicateur et les arguments d\u2019un théologien; convaincue, elle est convaincante.Depuis trois ans, comprenant mieux « l\u2019unique nécessaire », elle a voulu s\u2019attacher au service de Dieu par un lien volontaire en faisant le vœu de chasteté.Elle est une de nos vierges auxiliaires que nous nous plaisons à appeler nos « Petites Sœurs ».Malheureusement, depuis quelques mois, un rhume tenace l\u2019a forcée à prendre du repos, et malgré nos soins et ceux de deux médecins, la phtisie semble vouloir nous la ravir.C'est une âme, une bien belle âme, qui aurait terminé sa carrière mortelle comme bien d\u2019autres de ses compatriotes, dans les eaux bourbeuses de la rivière des Perles, ou sur un tas de détritus dans un angle obscur d\u2019une ruelle de Canton, si notre Asile ne lui avait ouvert ses portes.rc 1 QUI VOUDRAIT DONNER LA SUBSISTANCE QUOTIDIENNE DE L\u2019UN DE CES NOMBREUX TOUT-PETITS DE LA CRÈCHE DE CANTON?DIEU REGARDERA cette cuaritè comme faite a lui-même Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 59 Et celles que nous avons refusées cette année, faute de ressources, que sont-elles devenues?.,.Abandonnées aux dents des chiens.ou, ce qui pis est, placées dans les maisons de débauche.Si nous avions pu les recevoir, comme Isapayi elles auraient pu connaître, aimer et servir le bon Dieu, ou, tout au moins, aller, dans leur blanche toilette de baptême, jouer avec les anges et jeter des fleurs sur les marches du trône de notre céleste Mère.A l\u2019appui, laissez-moi vous raconter une autre histoire.Vers la fin de février dernier, une personne de la campagne venait nous demander de recevoir une enfant de dix à douze ans, laquelle, nous disait-elle, était infirme.Comme pour bien d\u2019autres qui l\u2019avaient précédée, la réponse fut négative et toujours pour la même raison: le manque de ressources.Trois, quatre fois, cette personne revint à la charge, insista, disant que l\u2019enfant serait abandonnée par sa famille.A notre grand regret, la réponse était toujours la même: « Nous ne pouvons pas maintenant », et cependant, c'était une âme! Enfin, une cinquième fois, on se présente.C\u2019est la fête du Patronage de saint Joseph: pouvons-nous refuser à notre grand Pourvoyeur de recevoir sa protégée?.Au nom du Père adoptif de Jésus, les portes et les cœurs s\u2019ouvrent tout grands à la nouvelle venue à laquelle, sur place.Sœur Supérieure donne le nom de Joséphine.Ah! notre bon Père saint Joseph savait, lui, bien mieux que nous, qu\u2019il fallait à tout prix sauver cette âme.Avant de nous la laisser, la femme qui l\u2019amène nous dit que les parents avaient décidé de la jeter à la rivière parce qu\u2019elle était un obstacle à l\u2019établissement de ses frères et sœurs.L\u2019on sait que la coutume chinoise veut que les enfants d\u2019une famille se marient à tour de rôle, sans briser les rangs.Cette pauvre petite, étant l\u2019aînée, se trouve, de par son infirmité, exclue du meiriage.Il faut donc la faire sortir du toit paternel afin de pourvoir à l\u2019avenir des autres.Et son avenir à elle?Ah! de cela l\u2019on ne se soucie guère puisqu\u2019elle n\u2019est qu\u2019im fardeau pom les siens: les ondes auront vite fait de l\u2019engloutir, car une pierre attachée à son cou doit précipiter la besogne.Une voisine a eu connaissance du triste projet.Coïncidence heureuse, elle a jadis étudié à notre École du Saint-Esprit.Elle se souvient que, sur le même terrain de l\u2019École, se trouve im refuge où sont accueillies toutes les misères.Elle offre aux parents dénaturés par la superstition païenne, de la faire conduire chez nous.Une de ses femmes de service est envoyée avec l\u2019enfant.C\u2019est elle qui nous raconte le fait, mais sans s\u2019émouvoir aucunement, car, dans son paganisme.JOSÉPHINE, JEUNE INFIRME, VOUÉE A LA MORT PAR SES PARENTS ET RECUEILLIE A L\u2019ORPHELINAT DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMA-CULÉE-CONCEPTION, CANTON, CHINE 160 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 elle trouve tout logique que l\u2019on fasse aux autres.ce qu\u2019elle ne voudrait pas que l\u2019on fît à elle-même.Il est bien entendu que si la fillette retourne au logis, elle sera impitoyablement noyée.Comme nous remercions saint Joseph de nous avoir donné celle âme.d\u2019autant que son pauvre corps fait bien pitié.Elle souffre d\u2019une faiblesse nerveuse telle, qu\u2019elle ne peut contrôler ses mouvements.Elle ne peut ni parler, ni travailler; sa démarche est saccadée, ce qui lui donne un air idiot.Mais Joséphine est intelligente.Elle est baptisée maintenant, et peu à peu elle apprend à louer le bon Dieu.Lentement, bien lentement, sa langue se délie; elle commence à balbutier l\u2019Ave Maria.Nous espérons que notre bonne Mère du ciel répondra à ses prières en lui obtenant assez de force pour pouvoir bientôt étudier plus parfaitement notre sainte religion.Ces quelques faits glanés au hasard font voir un tout petit coin du jardin de la Crèche de Canton.Un tout petit coin, car chaque année ce sont plusieurs milliers de pauvres abandonnés qui sont reçus et soignés dans notre maison.Une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conceptiün Canton, Chine, 8 novembre 1934 O chrétiens, faites quelque chose pour vous associer aux apôtres de Jésus-Christ, quelque chose sur quoi vous puissiez vous appuyer avec confiance pour dire avec vérité que vous avez aidé selon vos moyens à l\u2019extension du royaume de Dieu sur la terre.LA CUEILLE'rrE D\u2019UNE JOURNÉE A LA CRÈCHE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÊE-CONCEPTION, CANTON, CHINE Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t161 SZEPINGKAI, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Szepingkai Vendredi 12 octobre 1934 Hier, Sœur Saint-Clément \\ en mission depuis douze jours seulement, ondoyait un enfant sous les noms de Louis-Philippe et, ce matin, en voyant arriver l\u2019aide du dispensaire, notre chère Sœur eut l\u2019intuition du bonheur qui l\u2019attendait et s\u2019empressa de la suivre.A son arrivée au dispensaire, deux petits bienheureux reçurent des mains de notre nouvelle missionnaire la clef du paradis.l'out doucement, notre Sœur s\u2019initie à son emploi d\u2019infirmière auprès des Mandchoux; maintes choses la surprennent dans les habitudes de ses patients.Ne sachant pas leur langue, elle ne voudrait pas se compromettre auprès d\u2019eux, mais nous qui la comprenons, pour avoir éprouvé à notre arrivée les mêmes impressions, nous l\u2019encourageons et la faisons bénéficier de notre vieille expérience.Dimanche 21 octobre Si le dimanche de la Propagation de la Foi est un jour marquant pour tous les enfants de l\u2019Église, il l\u2019est peut-être davantage pour les missionnaires qui connaissent le rôle si important de la prière dans la grande affaire de la conversion des âmes.Aussi, notre journée a été remplie de prières ardentes en union avec l\u2019Église entière.Nous avons regardé comme une délicatesse de la Providence l\u2019arrivée en ce jour d\u2019une jeune païenne, qui, tout en venant s\u2019offrir à nous comme professeur de langue chinoise, nous exprima son désir de se faire chrétienne et de demeurer à la Mission.Fille unique, elle est décidée de s\u2019éloigner de ses parents et d\u2019abandonner un emploi beaucoup plus lucratif que celui qu\u2019elle aura ici.Lundi 22 octobre Au nombre des patients du dispensaire se trouve une maman peu fortunée ou fort économe.Accompagnée de ses deux petits garçons malades, elle ne prend qu\u2019une palette de trois sous \u2014 permis d\u2019entrée pour chaque patient \u2014 et commence par faire soigner le plus malade.Regardant Sœur Marie-Emmanuel ^ appliquer de l\u2019onguent, elle lui dit: « Tu n\u2019en mets pas assez, mets-en encore.» Et pendant que notre Sœur tourne le dos, elle prend du doigt l\u2019onguent déjà appliqué et le transporte sur le bobo du petit frère.Notre infirmière s\u2019aperçoit du manège, mais fait mine de ne pas le remarquer par compassion pour cette païenne, peut-être bien pauvre.Elle remet de l\u2019onguent au premier, sachant que le surplus ira au second sans éveiller ni remarques, ni mécontentement chez personne, car le règlement du dispensaire prescrit de ne pas donner de soins à ceux qui s\u2019y présentent sans 1.\tJulielte Maltais, du Sacré-Cœur, comté de Saguenay.2.\tBerthe Crevier, de Sainte-Anne-de-Bellevue. 162 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 un billet d\u2019entrée, autrement les patients en abuseraient.Avec les païens, il faut être prudent, même en exerçant la charité.Les Célestes sont habiles en expédients.et cette Chinoise s\u2019est montrée bien digne de sa race.Mercredi 7 novembre On nous présente à signer une requête au diable dans le but d\u2019obtenir la guérison d\u2019un enfant.Sûre de son affaire, la mère apporte papier, plume et encre rouge; le « docteur », dit-elle, n\u2019aura qu\u2019à écrire les caractères.Pendant que notre aide chinoise explique que nous ne pouvons signer uns telle requête, nous nous hâtons d\u2019ouvrir les portes du paradis au petit malade en versant sur son front l\u2019eau du baptême.Samedi 10 novembre Notre professeur, au cours d\u2019une leçon de chinois, rencontrant le mot bonheur, nous fait une petite ouverture de cœur.« Vous, nous dit-elle, vous êtes des personnes qui avez du bonheur, mais moi je n\u2019en ai pas.» Encore païenne, elle éprouve en elle-même ce vide affreux qui se fait sentir dans l\u2019âme quand Dieu en est absent.Elle disait dernièrement qu\u2019elle ne croyait pas à Bouddha et qu\u2019elle trouvait absurde de mettre sa confiance dans un dieu qui ne peut même pas consoler.La grâce commence à faire son œuvre et nous prions beaucoup pour que le bon Dieu daigne lui accorder dans sa plénitude le don de la foi.Cet incident nous invite à une plus grande reconnaissance envers notre Créateur qui, non content de faire luire à nos yeux les joies de l\u2019éternité, veut encore nous faire goûter ici-bas, à son service, tant de bonheur que les païens en sont frappés et presque jaloux.Dans l\u2019étude du chinois, nous sommes souvent étonnées, au début surtout, de certaines expressions usitées dans la langue.Ainsi, ouvrir une chantepleure se dit en chinois: ouvrir le tuyau de l\u2019eau; il n\u2019y a pas de mot pour dire chantepleure.La poignée de la porte se traduit: le manche de la porte; des gants: des étuis à mains.Pour dire: c\u2019est probable, on se sert de l\u2019expression: sur dix probabilités, il y en a neuf.Beaucoup de proverbes sont aussi employés dans le langage courant chez les gens instruits et l\u2019ambition de ceux-ci, lorsqu\u2019ils conversent entre eux, est de parler de telle sorte qu\u2019ils ne soient pas compris des persormes présentes, moins instruites qu\u2019eux.Mardi 13 novembre Nous vous parlions, il y a quelques jours, de notre bonheur en mission; nous vous en découvrons une des causes en vous disant que cinq fois, aujourd\u2019hui, il nous a été donné de faire de nouveaux enfants de Dieu par le saint baptême.Jeudi 15 novembre Un Chinois protestant vient suivre des traitements.Expansif, il passe tout haut ses impressions.« Que c\u2019est beau dans votre église, dit-il avec emphase, comme l\u2019église protestante est nue et froide! J\u2019assiste à la messe le dimanche et chaque fois je me sens de plus en plus attiré vers le catholicisme.» Il assiste aussi aux leçons de doctrine avec grande attention, ce qui nous fait espérer qu\u2019il se convertira avant longtemps. Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t163 Hier, au cours de la journée, l\u2019infirmière fut appelée auprès d\u2019une malade qu\u2019on nous dit être à la dernière extrémité.A peine notre Sœur eut-elle franchi le seuil de la maison qu\u2019elle aperçut la mourante étendue sur le kang, immobile et inconsciente.Avant qu\u2019elle ait eu le temps de dire un mot, les gens de la maison lui lancèrent cette apostrophe: « Mais, quel remède avez-vous donné à notre fille, voyez-la qui ne peut ni parler ni bouger ?» La jeune fille était en effet venue consulter notre Sœur infirmière au cours de la matinée et en avait reçu des médicaments.La visiteuse les assura que le remède donné ne pouvait produire les effets qu\u2019elle remarquait chez la malade, et, sur-le-champ, elle lui donna une injection pour la ranimer.Quelques instants après, celle-ci commença à reprendre ses sens, à l\u2019étonnement des gens de la maison qui s\u2019apprêtaient à l\u2019ensevelir, car, en Chine, la coutume veut que l\u2019on ensevelisse non les morts mais les mourants.Aujourd\u2019hui, nous retournons voir notre malade d\u2019hier, on nous fait bon accueil au logis et on se montre reconnaissant.Le père nous déclare que la veille, au retour du dispensaire, sa fille avait cédé au caprice d\u2019aller consulter un médecin chinois qui lui avait donné de ses remèdes, lesquels avaient été cause de l\u2019accident que notre Sœur ne pouvait s\u2019expliquer.Samedi 17 novembre De ce temps-ci, nous est offerte, aux repas, une nourriture qui a pour nous un goût et un attrait tout particuliers.Nous faisons la lecture des intéressantes chroniques de la Maison Mère.Il serait difficile de dire tout le bonheur que nous éprouvons à lire ces lignes bénies qui nous font vivre de délicieux moments au cher Outremont! Par la pensée, nous retournons en ces lieux si chers où nous avons laissé une si grosse part de notre cœur, pour donner à notre vénérée Mère de nouveaux témoignages de filiale affection et de reconnaissance.Oh! merci, chères Sœurs, de nous tenir au courant des nouvelles de notre chère Maison Mère.Il faut en être éloignées comme nous pour savoir combien ce qui parle d\u2019elle nous fait du bien.Merci surtout, bien-aimée Mère, pour vos salutaires leçons données avec tant de délicatesse et de sollicitude.Toutes vos paroles, toutes vos recommandations, nous voulons les graver dans notre esprit en caractères ineffaçables, les faire entrer dans notre vie et faire ainsi votre joie.Mercredi 21 novembre En ce jour, anniversaire de la première profession dans notre petite Congrégation de Sœurs indigènes, a lieu la rénovation des vœux qui se fait dans chaque poste où se trouvent des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire.A cette occasion, nous chantons pour celles qui sont ici notre cantique de rénovation que le R.P.Jasmin a traduit en chinois.Le soir, à la récréation, a lieu, au Noviciat indigène, la distribution de billets censés venus du ciel, renfermant de pieux conseils pour l\u2019avancement spirituel des novices.Nous souhaitons, l\u2019an prochain, posséder une statue de la belle petite Vierge du Temple.Au Noviciat, entre les heures d\u2019étude et de prières, le travail est à l\u2019honneur et nous nous efforçons d\u2019en inspirer le goût aux novices, en leur proposant pour modèle leur divine Mère.Vu l\u2019exiguïté du local, dans une même salle, nous voyons les imes confectionnant des ornements d\u2019église sur 164 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 une table improvisée, d\u2019autres fabriquant des fleurs pour l\u2019ornementation des autels.Sur une autre table, un groupe travaille à la confection d\u2019habits ouatés; enfin, dans une petite pièce voisine, im quatrième groupe fait les hosties.Assez souvent, leurs Sœurs professes, soit de Taonan, soit de Fakou, leur écrivent des lettres joyeuses, propres à les stimuler en leur montrant que l\u2019accomplissement du devoir est la plus sûre garantie du bonheur.Puissent nos petites Mandchoues se le rappeler en tous lieux.Dimanche 25 novembre La femme d\u2019un mandarin qui a fait traiter son petit garçon par nous la semaine dernière vient nous faire visite.Le jeime malade l\u2019accompagne ainsi que le cuisinier de la famille qui, selon l\u2019étiquette chinoise, en pareille occurrence, porte des présents: biscuits, gâteaux, bonbons, etc.Madame nous intéresse par ses récits variés: « Qui a beaucoup vu a beaucoup à raconter.» « J\u2019ai voyagé dans plusieurs endroits de la Chine, voilà comment j\u2019ai pu me procurer im chapeau comme on n\u2019en voit pas dans Szepingkai », nous dit-elle avec fierté, ayant soin d\u2019ajouter avec une imitation d\u2019humilité: « Pou Hao Kan.Il n\u2019est pas joli.» Nous l\u2019invitons à venir visiter la cathédrale, ce qu\u2019elle accepte avec plaisir; elle se rend jusqu\u2019à la balustrade, fait trois saluts chinois devant le Saint Sacrement, puis, se tournant vers les Sœurs qui l\u2019accompagnent, elle dit à haute voix: « Oui, c\u2019est le vrai Dieu qui est ici et il n\u2019y en a qu\u2019un.» C\u2019est plutôt pour la face qu\u2019elle parle de la sorte, cependant, elle profère là une grande vérité qui peut-être éveille quelques bons sentiments chez son cuisinier, ancien chrétien non pratiquant.Ce dernier se prosterne respectueusement, fait un grand signe de croix et paraît prier.Nous espérons fortement que cette femme se convertira un jour, c\u2019est ce que nous demandons avec instances à la Sainte Vierge.Un petit fait redouble notre confiance à ce sujet.Étant allées traiter le petit malade à domicile, nous nous attendions à trouver quantité d\u2019idoles dans cette demeure païenne, mais, ô surprise, pas une seule idole; la médaille miraculeuse que nous avions donnée était à l\u2019honneur, suspendue au mur, entre les portraits de famille.Vu les bonnes dispositions de ces braves gens, une petite instruction sur la religion leur fut donnée.Samedi 8 décembre En entrant à la chapelle, ce matin, il est facile de constater, à la vue de l\u2019autel et de la statue de la Sainte Vierge, ornés de lis et illuminés de rayons azurés, que nous fêtons l\u2019immaculée, notre Mère et Patronne! Comme la joie est toujours de mise en un jour de fête, le congé ne tarde pas à s\u2019ouvrir par des vivats en l\u2019honneur de notre céleste Reine et de notre bien-aimée Mère à qui nous devons, après Dieu, d\u2019être Missionnaires de rimmaculée-Conception.Une chaude et fraternelle conversation s\u2019engage, puis, à tour de rôle, nous faisons la garde d\u2019honneur au pied de la statue de l\u2019immaculée Vierge.A l\u2019occasion de notre fête patronale, les novices, Notre-Dame-du-Saint-Rüsaire, ont préparé une petite fête et le programme varié qui se déroule pendant la récréation du soir, permet à toutes de figurer sur la scène.Avant de les quitter.Sœur Supérieure leur distribue de petits souvenirs pour re- Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t165 connaître leur délicatesse et leur rappeler la pensée de leur Mère du ciel.En voyant avec regret finir ce beau jour, nous pensons avec joie que, sur d\u2019autres points du globe, le jour béni du 8 décembre n\u2019est qu\u2019à l\u2019aurore et que des concerts de louanges plus harmonieux que les nôtres continueront à s\u2019élever vers la Vierge toute pure.Mercredi 12 décembre Hier soir, une jeune fille de Lao Szepingkai, dont le père a été baptisé par notre Sœur infirmière il y a quelque temps, revenait nous demander de nous rendre auprès d\u2019une mourante qui semblait disposée à recevoir le baptême.En arrivant à la gare, notre Sœur et la Vierge catéchiste, ne trouvant pas de voiture, firent le trajet de dix lis à pied, ce qui retarda notablement leur arrivée, en sorte qu\u2019elles eurent la peine d\u2019apprendre en chemin la triste nouvelle de la mort de la pauvre femme.La Vierge catéchiste se rendit quand même près de la défunte et versa l\u2019eau sous condition.Selon les coutumes du pays, il eût été inconvenant pour notre Sœur de l\u2019accompagner.Nous aimons à penser que son désir de devenir chrétienne aura valu à cette païenne l\u2019entrée au paradis.Comme compensation à la peine que nous avons éprouvée d\u2019avoir manqué ce baptême, nous avons eu l\u2019occasion de régénérer au dispensaire, deux petites âmes.Certains jours, il nous faut courir aux âmes et elles nous échappent; d\u2019autres fois, elles viennent à nous inopinément.Dernièrement, pendant que l\u2019infirmière était à donner des traitements aux malades, le professeur de doctrine du dispensaire frappe à la porte de la salle et demande précipitamment l\u2019eau bénite.Par la porte ouverte sur la rue, il a vu passer deux hommes dont l\u2019un portait un paquet et il leur a demandé de s\u2019arrêter.Le paquet contenait bien ce qu\u2019il soupçonnait: un bébé couvert de tiges de sorgho, les pieds attachés, prêt à être jeté.Sa petite tête était déjà froide mais ses mains encore chaudes donnaient à croire que la vie ne s\u2019était pas encore complètement retirée.Il fut à l\u2019instant baptisé et les deux hommes allèrent consommer leur acte païen.Vers ce même temps, un autre bébé fut moins heureux.Son père, fumeur d\u2019opium, ayant perdu sa femme et se trouvant surchargé d\u2019une famille de six enfants, fit périr le dernier, plein de vie et de santé, en le jetant à la voirie.Une femme avait résolu de l\u2019adopter et, pressentant peut-être UNE SŒUR MISSIONNAIRE DE l/iMMACULÉE-CONCEPTION ONDOYANT UN BÉBÉ MOURANT SUR LES GENOUX DE SA MÈRE, AU DISPENSAIRE DE SZEPINGKAI, MANDCHOURIE 166 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 ce qui allait arriver, alla chercher l\u2019enfant dès qu\u2019elle apprit la mort de sa mère, mais il était trop tard, déjà ce père dénaturé s\u2019en était débarrassé.Revenant, il y a quelque temps, de l\u2019hôpital japonais, où elle était allée conduire une élève, Sœiu- du Saint-Cœur-de-Marie \u2018 vit une scène qui lui laissa une impression des plus pénibles.En pleine rue, un homme qui paraissait n\u2019avoir quitté la vie que depuis peu, était roulé et frappé du pied par des individus rassemblés autour de son cadavre, tout comme ils auraient agi à l\u2019égard d\u2019un vil animal.Que de tristes choses sur cette pauvre terre païenne! et cependant, nous n\u2019en voyons qu\u2019une bien petite portion.Samedi 29 décembre Deux patientes procurent à Sœur Marie-Emmanuel une petite récréation au dispensaire.En attendant leur tour, elles regardent attentivement les images suspendues au mur; s\u2019arrêtant devant celle d\u2019un Ange gardien veillant sur un enfant, elles demandent à notre Sœur: « Est-ce un Anglais celui-là?» Sur sa réponse négative: «Mais il n\u2019est pas habillé du tout comme vous autres!.» Pour ces païennes, ignorant tout du monde surnaturel, il est plus facile de s\u2019imaginer des étrangers inconnus que des habitants des cieux.Compte rendu du dispensaire de Szepingkai d\u2019octobre 1934 à décembre inclusivement: Patients.5,754 Dents extraites.\t3 Baptêmes.80 Traitements.9,279\tPansements.1,018 Visites à domicile.118\tInjections.113 Compte rendu du dispensaire de Szepingkai pour l\u2019année 1934: Baptêmes.333 Patients.19,642\tTraitements.36,394\tPansements.3,172 Vaccins.232\tInjections.723\tVisites à domicile.436 TAONAN, MANDCHOURIE Lettre des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de Taonan à leurs Sœurs de la Maison Mère Mission catholique, Taonan, février 1935 Bien-AIMÉES Sœurs, Nous avons écrit, il y a quelques jours, à nos bons parents pour leur raconter comment s\u2019est passé à notre chère Mission de Taonan le temps des fêtes.Vers vous nous volons maintenant, avec l\u2019espoir de vous être agréables en vous faisant vivre quelques moments de notre vie missionnaire qui est, au point de vue de la foi, un perpétuel temps des fêtes.Nous avons pu avoir des nouvelles fraîches de vous toutes, car Taonan possède une des Missionnaires de septembre dernier, notre chère Sœur Saint-Alexandre ^ qui nous est arrivée le 11 octobre, après avoir passé quelques jours à Szepingkai.A cette même date, nous parvenait une caisse 1.Agnès Lavallée, de Winnipeg 2 Alexandrine Surprenant, de Sainl-Alexandre d\u2019Iberville Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t167 de laquelle se dégageaient des parfums d\u2019affection maternelle et fraternelle, chaque objet qu\u2019elle recélait en était imprégné; mais ce fut en dépaquetant le bel ostensoir d\u2019or, don d\u2019une charitable bienfaitrice, que nous avons éprouvé le plus vif contentement.Notre bon Dieu aura désormais un trône quand il viendra siéger sur notre humble autel, et chaque fois qu\u2019il en prendra possession, nous ne manquerons pas de lui demander de bénir celle qui a eu la sainte inspiration de lui en faire don.Ce fut le jour de la Toussaint que notre nouvelle compagne envoya de Taonan au paradis sa première petite bienheureuse.Pendant le mois de novembre, une épidémie fit des ravages chez les enfants, ce qui multiplia le nombre des baptêmes.De plus, les pauvres Chinois ont de si étranges façons de soigner! Entre autres exemples, notre Sœur infirmière soigna un enfant malade auquel les parents avaient fait administrer le remède des cent piqûres, qui consiste à piquer cent fois, avec une aiguille, la partie du corps censée être le siège du mal.Le pauvre petit mourant avait assez souffert pour mériter d\u2019aller au ciel; il reçut bien vite des mains de notre Sœur son droit d\u2019entrée, par le saint baptême.Pour obtenir ime cure plus immédiate, les païens placent quelquefois leurs malades chez les bonzes; ils prétendent que dans les pagodes, étant plus près des dieux, ceux-ci en feront plus de cas.M.Tcheou, jeune homme tuberculeux, mieux avisé, se fit transporter à la Mission catholique où il fut instruit et baptisé.Il mourut le dimanche 11 novembre, et comme il n\u2019y avait pas de prêtre ce jour-là au Tong Tang, le corps fut porté à l\u2019église du Si Tang où un Libera fut chanté.Les chantres étant absents.Sœur Marie-de-l\u2019Assomption \u2022 dut les suppléer, ce qui amena cette réflexion sur les lèvres du père du défunt, encore païen, présent à la cérémonie: « Le Tai Fou (docteur) n\u2019a pas seulement soigné mon fils, mais elle a chanté pour lui pendant près d\u2019une heure, toute seule.» Cela l\u2019a favorablement impressionné; nous nous attendons à le voir étudier la religion catholique, il en a même manifesté le désir.Les catéchumènes nous donnent parfois de beaux exemples.L\u2019une d\u2019elles, qui étudiait à la Mission, demanda congé pour aller dans sa famille brûler ses idoles.On lui représenta que ce n\u2019était pas nécessaire qu\u2019elle y aille elle-même, que d\u2019autres pourraient les brûler à sa place; elle insista, disant qu\u2019elle n\u2019avait pas confiance et craignait de se faire jouer par les siens.Malgré son âge avancé et les vingt lis à franchir, elle fit le trajet à pied et revint quatre jours après, avec ses bouddhas pour qu\u2019ils soient détruits à la Mission.Elle se fatigua tant dans ce voyage qu\u2019elle devint dangereusement malade et reçut le sacrement régénérateur.Elle avait appris, pendant les leçons de catéchisme, que le baptême imprime un caractère; après l\u2019avoir reçu, elle aurait voulu que nous entourions son front d\u2019un bandeau de coton blanc pomr que son signe ne s\u2019effaçât pas.Nous avons aussi des patientes chez les bonzesses.En décembre, nous sommes allées les visiter pendant quelque temps pour leur prodiguer des soins; toutes, au nombre de cinquante, avaient le rhume.Une d\u2019elles dit à l\u2019infirmière qu\u2019elle croyait en Dieu et qu\u2019elle savait qu\u2019il était bon; une autre, qui feignait ne pas prendre part à la conversation, reprit: Pourquoi donc nos ancêtres ne nous en ont-ils pas parlé ?\u2014 Parce qu\u2019ils n\u2019ont pro- 1.Alice Larouche, de Sweetsburg, P.Q 168 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 bablement pas eu le privilège de le connaître, lui fut-il répondu.Les exemples de charité que nous nous efforçons de leur donner, secondés par la grâce toute-puissante de Dieu, parviendront peut-être mieux que des paroles à en faire sortir quelques-unes des erreurs du paganisme.Notre petit pensionnat nous donne bien aussi ses consolations.Les élèves païennes, en contact avec les petites chrétiennes, s\u2019attachent aux pratiques de notre religion et y trouvent de l\u2019attrait.Tous les soirs, avant le coucher, nous passons de l\u2019eau bénite aux élèves chrétiennes; quelques païennes en demandent.L\u2019une d\u2019elles, ne sachant comment en user, trempa son doigt dans l\u2019eau et le porta à sa bouche.Une de ses compagnes lui montra à faire le signe de la croix et depuis, tous les soirs, notre petite païenne s\u2019endort après s\u2019être signée avec de l\u2019eau bénite.Le diable doit regarder de travers cette action.Comme à notre chère Maison Mère, nous nous sommes préparées à notre fête patronale par un triduiun.Les RR.PP.Bonin et Brûlotte voulurent bien nous donner chaque jour une conférence sur les vertus de notre Immaculée Mère.Le jour de la fête, nous n\u2019avons pas eu le plaisir de voir « la Bordée de Notre-Dame » couvrir la terre de sa symbolique parure, comme il arrive ordinairement à notre cher Canada; elle n\u2019est apparue dans nos parages qu\u2019au commencement de janvier.Le froid a été très rigoureux vers ce temps.Une protestante vint nous chercher pour soigner son mari qui avait les mains gelées et était, en plus, tuberculeux.En entrant au parloir, voyant la statue du Sacré-Cœur, elle nous demanda qui elle représentait.Il fallut lui donner un petit cours de catéchisme pour répondre à sa question.Nous en vînmes à lui dire que notre religion est la seule vraie et que les protestants ne sont pas dans la vérité.Après avoir visité notre chapelle et admiré le petit Jésus dans la crèche, elle partit en nous déclarant qu\u2019elle se sentait remuée.Son mari ne pratique aucune religion.Le catéchiste se rendit à son chevet le lendemain pour l\u2019instruire, au cas où il accepterait d\u2019embrasser notre foi.En 2ffet, il consentit à recevoir le baptême qu\u2019un missionnaire alla lui administrer; le Père lui remit une image de Mgr Bourget en lui demandant de le prier pour obtenir sa guérison.Le jour suivant, il dit à notre infirmière: « J\u2019ai vu dans un rêve Monsieur le bon Dieu.» Sur les explications que notre Sœur lui demanda, il répondit, en montrant l\u2019image de Mgr Bourget: « C\u2019est celui-là, et il m\u2019a dit que dans huit jours je serais guéri.» Quelques jours après, il était en effet beaucoup mieux.Nous pensons que Dieu lui laisse la vie pour lui donner le temps de convertir sa famille.Comme il est infirme, les siens ne paraissaient pas enchantés de le voir revenir à la santé; chez ces pauvres païens, les sentiments élevés n\u2019ont pas de profondes racines.Cependant, l\u2019affection vraie n\u2019est pas complètement bannie, nous la retrouvons quelquefois, exemple: cette bonne femme de 69 ans qui disait à son mari après son baptême: « Je vais mourir, mais il faut que tu viennes me retrouver au ciel, pour que nous puissions continuer de vivre ensemble.» Le vieillard veut étudier la religion pour se faire baptiser à son tour et ne pas être séparé de sa fidèle compagne.Vos AIMANTES SŒURS DE T AON AN Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 69 Compte rendu du dispensaire de Taonan, de septembre 1934 à janvier 1935 inclusivement: Baptêmes.353 Patients.12,847 Traitements.20,272 Pansements.7,398 Dents extraites.90 Injections.\t279 Consultations.5,190 Visites à domicile.870 TSUNGMING, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Tsungming Mercredi 12 septembre 1934 Un vieillard qui, durant de longues années, conduisit en brouette les Pères français dans leurs différents postes, mais à qui la grâce du baptême n\u2019a pas encore été accordée, se présente à notre dispensaire de Paochen et insiste fortement pour se faire baptiser.Il est vieux, ne peut plus marcher à de longues distances et il veut recevoir le saint lavage.Nous le consolons et lui faisons comprendre qu\u2019étant encore valide, il lui faut d\u2019abord apprendre son catéchisme.S\u2019il devient sérieusement malade, oh! alors, nous ne ferons plus d\u2019objection, tout de suite nous nous rendrons à son désir.« Mais si je suis malade, qui viendra vous le dire?.Je suis seul avec ma femme qui est invalide.et les voisins ne viendront certainement pas vous a ertir.» Alors nous lui promettons que lorsqu\u2019il discontinuera de venir à ses leçons de catéchisme, nous irons nous-mêmes lui rendre visite et nous rendre compte de son état de santé.Satisfait de cette promesse, notre grand enfant se met à étudier de tout son cœur pendant une heure et part heureux.Vendredi 14 septembre En revenant d\u2019une visite aux malades, nous croisons un homme qui pousse une brouette chargée de deux gros sacs de sel.Ce dernier demande à notre brouettier: « Est-ce le docteur?\u2014 Oui.\u2014 Oh! alors, peut-être consentirait-elle à venir voir mon enfant malade ?» La charité n\u2019est pas encore la fleur préférée des Chinois.Notre conducteur n\u2019est pas disposé à allonger sa route, ne fût-ce que de quelques lis, pour rendre service à un inconnu.Nous insistons si bien qu\u2019il finit par consentir, mais il est bien décidé de perdre le moins de temps possible, aussi part-il presque.au galop.Celui dont l\u2019enfant est malade ne peut le suivre, avec sa charge de sel, et pourtant il voudrait bien arriver en même temps que le docteur, il laisse donc sa brouette et ses poches derrière un abatis et se met lui aussi à courir.Nous arrivons à destination pour trouver un pauvre petit de trois mois que la mort semble attendre, pour faucher, que l\u2019eau régénératrice ait coulé sur son front.C\u2019est vite fait et, sans nul doute, ce soir la petite âme ira jouir du face à face avec son Créateur. 170 Montréal LE PRÉCURSEUR Mai-Juin 1935 Mardi 18 septembre Depuis trois jours, notre vieux brouettier ne se rend pas à ses leçons de catéchisme quotidiennes.Qu\u2019y a-t-il donc?Notre Sœur infirmière, en compagnie de la Vierge catéchiste, se décide à l\u2019aller voir.A son arrivée, elle trouve le vieux qui s\u2019est misérablement levé pour se faire cuire un peu de riz.Oh! comme il regrette d\u2019être debout, car s\u2019il était resté au lit, sans doute la Sœur l\u2019aurait baptisé.mais, le trouvant debout, y consentira-t-elle?Aussi confus peut-être qu\u2019Ésaü d\u2019avoir vendu son droit d\u2019aînesse pour un plat de lentilles, il ne sait que faire.Notre Sœur, apercevant sur la comiche du poêle, à l\u2019endroit où jadis étaient exposées les idoles, une jolie croix de bois travaillée au couteau et décorée de courants verts: « Qui a fait cela ?demande-t-elle.\u2014 C\u2019est moi, répond le vieillard, je l\u2019ai fait pour que le bon Dieu soit bien certain que je ne veux plus adorer que Lui.» Cher bon vieux, nous ne pouvons pas encore te baptiser, mais sois certain que Notre-Seigneur ne se laissera pas vaincre en générosité.Jeudi 20 septembre « Polurquoi ces lumières qui brûlent devant cette belle dame ?demanda, hier, ime hydropique païenne.\u2014 C\u2019est pour dire à la Sainte Vierge, la Mère du bon Dieu, que nous l\u2019aimons et pour lui demander de guérir ceux qui viennent se faire soigner par nous.\u2014 Oh, alors, est-ce que je pourrais moi aussi en faire brûler des chandelles devant elle ?\u2014 Certainement! \u2014 Alors, demain, j\u2019en apporterai.» Fidèle à sa promesse, notre borme hydropique apporte aujourd\u2019hui deux grosses chandelles pour faire brûler devant la statue de la Vierge Marie.Nous sommes certaines que cette bonne Mère saura largement récompenser cet humble hommage d\u2019une pauvre païenne.Souvent, cette dernière s\u2019assoit dans un coin du dispensaire et écoute les leçons de catéchisme faites à l\u2019une ou à l\u2019autre des néophytes.Vendredi 21 septembre « C\u2019est étrange, chuchotent, au dispensaire, deux vieilles patientes, une figure étrangère et une voix de tsungmingnienne.Qu\u2019est-ce donc que cette personne ?.» Cette personne, c\u2019est Sœur Marie-de-Jésus ^ qui, après un séjour de six ans en Chine, possède assez bien la langue pour pouvoir passer pour une Chinoise.Elle a entendu les propos des deux femmes et discrètement se mêle à leurs conversations.Elle apprend que l\u2019une d\u2019elles est chrétienne, un peu arriérée dans ses comptes avec le bon Dieu, puisqu\u2019il y a douze ans qu\u2019elle n\u2019a pas été à l\u2019église et, en plus, elle prend soin de la pagode du lieu.Doucement, notre Sœur lui fait la leçon et l\u2019engage fortement à changer de besogne et à faire la paix avec le bon Dieu.Prise de remords, la vieille, plus malheureuse que coupable, promet de chercher une autre position et de mieux observer notre sainte religion.Elle demande une médaille miraculeuse, afin d\u2019avoir les forces nécessaires pour mettre à exécution ses bonnes résolutions.1.Elmina Melanson, de Rogersville, N.-B.J Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1Ô35\t171 Samedi 22 septembre Aujourd\u2019hui, nous trouvons notre vieux brouettier bien mal, aussi nous empressons-nous de lui procurer le bonheur qu\u2019il désire depuis si longtemps: le saint baptême.Quelle joie d\u2019enfant il manifeste! Vienne maintenant la mort, il est prêt ainsi que son épouse, baptisée le 22 août dernier.Oh! leur robe baptismale, comme ils seront attentifs à la garder pure de toute souillure jusqu\u2019au jour du banquet étemel.C\u2019est vraiment surprise de trouver tant de foi chez ces vieux païens.Mais pourquoi être surprises! Le bon Dieu, qui a promis une récompense à un verre d\u2019eau donné en son nom, ne récompenserait-il pas celui qui rendit tant de services à ses membres les plus rapprochés, à ses prêtres ?Sans doute, il ne le faisait pas en son nom, mais quelle chance avait-il eue de connaître ce Nom adoré?.Comme au jour du jugement nous aurons des surprises! Combien de gens ne nous diront-ils pas: Oh! si nous avions eu la millième partie de ce que vous avez reçu de grâces.Lundi 24 septembre Dans une visite à domicile, notre Sœur du dispensaire se trouve à passer près de la maison de notre patiente hydropique; comme elle ne l\u2019a pas revue depuis quelques jours, elle entre pour la saluer.Quelle n\u2019est pas sa stupéfaction de la trouver gisante sur son lit de douleur.En voyant notre Sœur, c\u2019est une exclamation de joie: « Que je suis contente, que je suis contente! répète la malade.Que j\u2019avais peur de mourir sans vous revoir, sans pouvoir être baptisée.J\u2019ai demandé à mes voisins d\u2019aller vous avertir, mais ils ne l\u2019ont pas voulu.Merci, mon Dieu! Merci, bonne Sainte Vierge! » Il va sans dire que nous faisons monter un fervent Magnificat vers notre Immaculée Mère qui nous a amenées juste à temps pour ouvrir à cette âme les portes du ciel.Nous le savions bien, cette bonne Mère ne pouvait laisser sans récompense les deux cierges que cette brave païenne avait fait brûler en son honneur.Vendredi 28 septembre Dans une course à dix-huit et vingt lis de la Mission, Sœur Marie-de-Sion 1 ondoie deux bébés et un enfant de sept ans, monstre de nature : grosse tête, sourd, muet, aveugle et, en plus, hydropique.Le père de l\u2019enfant avait raconté à un ami sa grande douleur: il n\u2019avait qu\u2019un fils unique et ce fils était bien malade.Son ami lui conseilla de venir voir les Sœurs, peut-être pourraient-elles le guérir.Pris d\u2019espoir, le père marcha deux heures et vint déposer aux pieds de notre Sœur son enfant malade.En voyant ce pauvre petit corps, l\u2019infirmière juge bien vite que le meilleur remède à lui donner est le saint baptême.Mardi 2 octobre Les roses d\u2019octobre se font nombreuses, moribonds ont été enregistrés depuis hier.Vingt-deux baptêmes d\u2019enfants 1.Florida Ravary, de Samt-Clel, comté de Soulanges. 172 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 Jeudi 4 octobre Deux petits moribonds sont ondoyés au dispensaire de Paochen et un à celui du grand Kong Sou.En plus, dix enfants sont apportés, dans deux paniers, d\u2019une crèche voisine.Mercredi 10 octobre Visite aux malades à huit lis de la Mission par une fraîche matinée d\u2019automne et un beau ciel bleu.Tous les gens sont occupés dans leurs champs à ramasser leurs provisions d\u2019hiver.De l\u2019endroit où nous sommes, nous pouvons voir trois clochers: celui du grand Kong Sou, celui de la Trinité et celui de Saint-Vincent.Sur le frontispice de l\u2019im est écrit: Ici les hommes sont très aimés.Que disent, en effet, ces trois croix que l\u2019on voit à des lis de distance, sinon le trop grand amour du bon Dieu pour ses enfants ?Sur cette terre infidèle, combien y croient, combien y pensent ?Mon Dieu, que votre règne arrive!.Jeudi 11 octobre Grand émoi chez les petites orphelines: leur maîtresse de classe a invité Sœur Supérieure à venir faire un examen.Sœur Supérieure a accédé à sa demande et se rend en compagnie de la Sœur directrice de la Crèche et de la Sœur sous-directrice.Les petites sont gênées et ont de la difficulté, au commencement, à répondre aux questions posées; mais, peu à peu, l\u2019assurance leur revient et c\u2019est ime vraie sruprise pour Sœur Supérieure de les entendre si bien réciter leurs leçons.Des médailles d\u2019honneur sont distribuées aux plus méritantes.Des médailles miraculeuses sont données à toutes.Le mois prochain.Sœur Supérieure reviendra de nouveau.C\u2019est un stimulant pour ces chères petites.Quelques années encore et elles seront pour l\u2019orphelinat de puissantes aides.Mercredi 17 octobre Aujourd\u2019hui se déroule sous nos yeux un événement bien douloureux.Vers 11 heures du matin, six hommes se présentent à la porterie demandant à aller à la cuisine chinoise.Sur le refus de la Sœur portière, ils disent qu\u2019ils ont la permission du Père Curé.Comme cela arrive assez souvent, on les laisse passer.Ils se rendent à la cuisine où, depuis plus de trois ans, travaille une femme infirme d\u2019une main.Ils la somment de les suivre, ce qu\u2019elle fait sans hésiter.Pendant ce temps, les domestiques du presbytère accourent, nous demandant de ne pas laisser passer ces hommes qui déjà reviennent avec la malheureuse femme.Ils ferment la porte, mais le chef des six donne un si bon coup de genou qu\u2019elle cède et leur livre passage.Notre pauvre cuisinière, pâle comme ime morte, ne fait aucune résistance car elle sait bien ce qui adviendrait.On s\u2019empresse de protester contre cette violence auprès des autorités chinoises, mais on n\u2019obtient rien: ces hommes, paraît-il, sont dans leur droit.Cette femme vivait autrefois à Shanghai avec son mari quand celui-ci mourut.Comme elle n\u2019avait pas d\u2019argent pour subvenir aux frais des funérailles, elle devint la propriété de celui qui le lui fournit.Elle s\u2019enfuit et se réfugia à la Mission catholique de Tsimgming.Malheureusement, le lieu de sa retraite fut connu et, d\u2019après la loi chinoise, elle doit retourner avec son propriétaire.Celui-ci la vendra É Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 73 à un autre qui en fera sa femme, ou plutôt son esclave.En cette malheureuse terre païenne, la femme n\u2019est rien ou presque rien, comparée à l\u2019homme.Nous en avions encore la preuve hier.Deux fervents catholiques partaient pour voyage avec la femme de l\u2019un d\u2019eux.Comme ils sont assez à l\u2019aise, ils avaient demandé trois rickshaws.Soit malentendu, soit autre cause, deux seulement se rendirent.Que fit-on?Les deux hommes gros et gras prirent chacun une rickshaw et la pauvre femme faible et délicate prit une brouette.Quel est celui de nos pères ou de nos frères qui aurait agi ainsi avec nous ?N\u2019est-il pas vrai qu\u2019ils nous auraient tous laissé la voiture la plus confortable au risque de marcher eux-mêmes?.Vendredi 19 octobre Sœur Marie-de-Jésus revient du dispensaire de Paochen et elle est bien préoccupée.Elle arpente le corridor fiévreusement en attendant Sœur Supérieure qui est prise au parloir.« Qu\u2019y a-t-il donc?lui demande une Sœur.\u2014 C\u2019est qu\u2019il y a trois jours que je n\u2019ai pas rencontré deux de mes patients, deux vieux quêteux de Se Tai Daong, et je crains qu\u2019il ne leur soit arrivé malheur.Je ne voudrais pas qu\u2019ils meurent sans baptême.» Enfin, Sœur Supérieure est libre, elle lui dit sa grosse inquiétude.Comme il est trop tard pour y aller ce soir, demain matin, tout de suite après la messe, elle partira et cherchera jusqu\u2019à ce qu\u2019elle trouve ses deux brebis égarées.Samedi 20 octobre La bergère a trouvé ses brebis.L\u2019une ayant été mordue par un chien, l\u2019autre veille à son chevet, car elle est souffrante et fiévreuse.La pauvre jambe est pansée, en même temps qu\u2019une bonne leçon de catéchisme est donnée.Lundi 22 octobre Vingt-quatre bébés sont envoyés au baptême.C\u2019est une lourde besogne pour l\u2019heureux prêtre de les baptiser et de les confirmer tous et aussi pour la Sœur de la Crèche de préparer tous ces petits anges, qui ont toutes les infirmités de notre pauvre nature.Jeudi 25 octobre La bonne vieille qui fit connaissance avec Sœur Mar ie-de-Jésus le 21 septembre dernier et qui, depuis des années, a abandonné le droit sentier, continue à se maintenir dans ses bonnes dispositions.Aujourd\u2019hui, elle assiste à la messe, reçoit une dernière préparation et va, en compagnie de notre Sœur, se présenter au prêtre, pour lui faire le récit de ses égarements.Elle veut que cette dernière l\u2019introduise auprès du confesseur et lui dise un peu sa vie, afin qu\u2019il sache sur quel terrain marcher.Au bout de deux heures, elle revient jubilante.Quel poids parti de son cœur!.quarante-sept ans de désordres de toutes sortes abandonnés à la miséricorde de Dieu.Oh! qu\u2019elle est belle notre religion! qu\u2019il est bon notre Dieu de pardonner si miséricordieusement ! Dimaiiclie 28 octobre S.Exc.Mgr Tsu célèbre aujourd\u2019hui la messe au Noviciat indigène.La solennité du Christ-Roi a fait reculer d\u2019un jour la fête anniversaire de 174 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 sa consécration épiscopale.Son Excellence semble pénétrée d\u2019une profonde joie et l\u2019on sent que son âme déborde de reconnaissance envers le Seigneur qui l\u2019a élevée à une si haute dignité.A 10 heures, Son Excellence est invitée à se rendre à l\u2019ouvroir où l\u2019attendent les ouvrières, les orphelines et les Sœurs pour lui offrir leurs félicitations et leurs vœux.L\u2019ouvroir, décoré de fleurs naturelles, de drapeaux et de banderoles, offre un joli coup d\u2019œil.Les ouvrières chantent, déclament et récitent des compliments, les petites exécutent une jolie cadence avec des couronnes de roses roses et blanches.C\u2019est vraiment charmant de voir ces toutes petites suivre exactement toutes les règles de la gymnastique et accomplir avec leurs couronnes les plus gracieux mouvements; puis, elles chantent et débitent à leur tour de petits compliments.Son Excellence les félicite toutes, distribue des bonbons à chacune, montre des joujoux magiques et donne un beau congé pour le lendemain.A 6 heures, c\u2019est le tour des novices de fêter Monseigneur.C\u2019est plus sérieux, mais non moins goûté.Lundi 29 octobre Le R.P.Côté, venu saluer Mgr Tsu, dit à la Sœur portière: « Dites à Sœur Marie-de-Jésus de panser ses deux vieux de Se Tai Daong demain, pour la dernière fois, et de leur donner une galette pour leur voyage à Shanghai, car mercredi, ils s\u2019en iront à l\u2019hospice de cette ville où je leur ai trouvé une place.Ces deux vieux « gueux » ont mangé plus de misère que de bonheur, c\u2019est tout probablement cela qui leur a valu ce qu\u2019ils ont aujourd\u2019hui.» Leur grande pauvreté, en effet, attira l\u2019attention du Père et de quelques chrétiens.Demain, on les conduira comme des richards au quai, en brouette.et, dans leur sac, ils auront, avec de la galette, quelques sous qui leur permettront d\u2019acheter des vivres sur le bateau, ensuite ils seront sous l\u2019aile de la Providence dans l\u2019hospice des Sœurs.Encore un peu de temps, ils seront baptisés.et un peu de temps encore et c\u2019est au ciel qu\u2019ils iront héberger.Samedi 3 novembre Vingt et un bébés sont portés au baptême! Quelle abondante moisson semble nous être promise pour le mois de novembre! Dimanche 4 novembre On annonce à la Crèche la venue de deux étrangers qui viendront choisir une de nos enfants pour l\u2019adopter.Une des domestiques cache alors deux des plus beaux enfants au séchoir.Quand on lui reproche son action: « Eh oui, nous répond-elle, nous travaillons comme des mercenaires auprès de ces enfants et toujours les meilleures nous sont enlevées; à la fin, nous restons toujours avec les moins bien partagées du côté des dons de la nature.Je ne veux pas cela, je veux que nous aussi nous ayons de bons et de beaux enfants pour nous aider.» La pauvre Allé n\u2019avait pas tout à fait tort.Une des moyennes, apprenant la visite des messieurs, alla d\u2019elle-même se cacher dans la pièce de débarras et attendit là tout l\u2019avant-midi.« Vous saurez, dit-elle, que j\u2019ai un cœiu* et que je ne veux pas m\u2019en aller.» Pauvres en- Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 75 fants, ce n\u2019est pas sans peine que nous les voyons s\u2019éloigner de nous, mais, ne pouvant les garder toutes, il nous faut en faire adopter par de bonnes familles chrétiennes.Lundi 5 novembre Sœur Marie-de-Jésus baptise aujourd\u2019hui un adulte mourant et a pour demain la perspective d\u2019un autre baptême d\u2019adulte à Sin Kè Wou.Quel bonheur! Samedi 10 novembre Vers l\u2019heure du dîner, nous arrivent trois orphelines, l\u2019une de dix mois, l\u2019autre de quinze et la troisième de huit ans.Timide d\u2019abord, la plus âgée ne parle pas, puis peu à peu s\u2019enhardissant, au moment où la Sœur gar- COMMENT L\u2019ON PRÉPARE LA COUVERTURE DES MAISONS DE PAILLE A TSUNGMING.CHINE dienne est à lui donner des vêtements neufs, elle lui dit: « On m\u2019avait raconté que les momos étaient bien mauvaises, qu\u2019elles battaient les enfants.Ce n\u2019est donc pas vrai.Je ne t\u2019ai pas encore vue battre personne.Moi, si je suis ici, c\u2019est parce que je suis laide, que je n\u2019ai pas de talent, on ne veut plus de moi à la maison.» « Non, je ne bate jamais les enfants, répondit notre Sœur, j\u2019aime toutes les petites filles, et celles que j\u2019aime le mieux, ce sont les plus obéissantes, les plus charitables.\u2014 Oh! alors je vais essayer d\u2019être bien obéissante, bien charitable, afin que tu m\u2019aimes plus que les autres.» Samedi 8 décembre A 10 heures, on nous demande d\u2019aller visiter ime malade.Sœur Supérieure recommande de ne pas rester longtemps, car elle désire que nous passions en famille notre grande fête patronale; mais, en ce jour, la Vierge Immaculée semble vouloir écraser toutes les têtes du Serpent, de toutes parts on nous demande pour des visites à domicile, si bien qu\u2019au lieu d\u2019une, c\u2019est sept visites qui sont faites.La médaille miraculeuse est semée et si les baptêmes ne s\u2019opèrent pas aujourd\u2019hui, nous espérons que bientôt ces 176 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 patients du jour de l\u2019Immaculée-Conception seront du nombre des vrais enfants de la Reine du ciel.Au cours de ces visites, une Sœur et une Vierge catéchiste passent tout près de l\u2019église de Sen Sè Daong (de la Sainte-Trinité), lieu de pèlerinage à la Vierge Immaculée pour toute l\u2019île de Tsungming.Le pèlerinage étant remis au lendemain pour faciliter au peuple l\u2019occasion de venir, elles peuvent alors, en passant, payer un tribut d\u2019amour à la Reine de leurs cœurs et réciter quelques Ave dans son béni sanctuaire.Voici l\u2019origine du pèlerinage à cette chapelle.Il y a une cinquantaine d\u2019années, un homme riche souffrait d\u2019une maladie sérieuse que l\u2019art ne pouvait guérir.Tous les docteurs chinois et européens de l\u2019endroit avaient essayé en vain de le délivrer de cette maladie qui le conduisait sûrement et rapidement au tombeau.Ayant perdu tout espoir du côté des hommes, il se tourna du côté du ciel et demanda à la Vierge Immaculée de le guérir.Une statue, venue de Lourdes, venait d\u2019être installée par un missionnaire français dans l\u2019église de la Sainte-Trinité; il vint devant elle prier avec grande ferveur.O prodige, sa prière fut exaucée et celui dont on attendait prochainement la mort guérit et publia à la gloire de Marie ce vrai miracle.Depuis ce temps, l\u2019église de la Sainte-Trinité est devenue un lieu de pèlerinage.Chaque année, des centaines de personnes s\u2019y rendent soit le 8 décembre, soit pendant le mois de mai.Sur le chemin, les voyageuses rencontrent un grand nombre de pèlerins, entre autres, un jeune homme conduisant en brouette sa vieille mère menacée de cécité et qui vient de quatre-vingts lis.Bel exemple de piété filiale! Mardi 11 décembre Une grande visite est attendue aujourd\u2019hui; le T.R.P.A.Dugré, provincial des Jésuites canadiens.Toute la Mission est avertie, aussi, quand la cloche sonne, à 2 heures, pour annoncer l\u2019arrivée du distingué visiteur, on se rend à l\u2019église paroissiale où le révérend Père bénit les gens assemblés pour le saluer.Après un léger goûter, il se rend à l\u2019école des garçons et, de là, à l\u2019ouvroir où sont réunies les ouvrières, les orphelines et les Sœurs.Les petites chantent des paroles de bienvenue, elles demandent à leur noble visiteur « de retour au Canada de ne pas oublier les enfants d\u2019Orient » et prient « la Vierge fidèle de nous réunir tous un jour près de Jésus ».Ce qui fait applaudir le bon Père.Comme il ne peut s\u2019exprimer en chinois, il le fait en latin et le P.Lieu traduit ses paroles.Il dit aux petites et aux grandes qu\u2019il est touché de leur accueil et que, certes, il ne les oubliera pas.Il continue ensuite la visite de la Mission, se rend à la crèche, à l\u2019école, à l\u2019orphelinat, au noviciat indigène et enfin à la maison des Sœurs.A 4 heures, le révérend Père a la bonté de donner une conférence à la Communauté réunie.Mercredi 12 décembre A 7 heures 30, après avoir dit sa messe à l\u2019église paroissiale, le T.R.P.Dugré reprenait ce matin la rickshaw qui devait le reconduire au bateau pour se rendre à Shanghai, de là, à Haimen pour retourner ensuite au Canada en passant par Rome.La visite de ce bon Père, quoique bien courte, nous a été comme une brise bienfaisante venue du cher Canada qui sera toujours, malgré l\u2019affection que nous portons à la patrie d\u2019adoption, le pays de nos amours,,. Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t177 Mardi 18 décembre Ce matin, une Sœur et une Vierge se rendent chez Moria malade pour préparer la venue du bon Dieu dans cette maison où tous les habitants, sauf Moria, sont païens.Pauvre Moria, voici son histoire: Elle vivait avec son mari, dans la maison de sa belle-mère, quand elle eut une maladie sérieuse.On demanda aux Sœurs de vouloir bien la soigner.Nous fîmes l\u2019impossible pour la guérir, nous l\u2019amenâmes même à la Mission pour la mieux traiter.La Sainte Vierge guérit ce pauvre corps et lui donna en plus le don de la foi.Moria, guérie, demanda le baptême et resta à la Mission, avec le consentement de son mari, pour aider les Sœurs.Elle avait eu deux enfants, dont la première avait été jetée à la voirie et recueillie par un passant qui l\u2019avait vendue à la Crèche.Elle regrettait maintenant son péché, mais quand elle le fit, elle ne connaissait pas mieux.Elle travailla trois ans à la Mission et, par son habileté, rendit de vrais services à l\u2019ouvroir.Mais voilà qu\u2019en juillet dernier, l\u2019ennemi de tout bien souffla à l\u2019oreille de Moria qu\u2019à Shanghai, elle gagnerait plus cher et serait plus libre.On fit tout pour la retenir, mais en vain.Elle partit donc pour Shanghai où elle resta quatre mois.Elle fit une nouvelle maladie mais personne ne s\u2019intéressait à elle, le peu d\u2019argent qu\u2019elle avait gagné avait été dépensé pour s\u2019acheter des vêtements plus élégants, elle avait même dépensé au delà de ses revenus et avait emprunté.Que faire?.Elle écrivit à son mari païen de venir la chercher et retourna dans sa maison d\u2019autrefois.On vint encore nous demander de la soigner.Comment ne pas pardonner à cette prodigue ?On alla donc de nouveau à son logis et on trouva Moria dans un état bien pitoyable.Maigre, toussant comme une pneumonique, souffrant de la fièvre et de l\u2019insomnie,-elle regrettait maintenant, mais trop tard, de ne pas avoir obéi.Tous les deux jours, on lui fit une visite et hier on la prépara à se confesser et à communier.Toute la famille est encore païenne et tous les voisins aussi.De bonne heure ce matin, nous avons fait un peu l\u2019office de saint Joseph: préparer l\u2019étable pour recevoir le bon Dieu; la terre nous servait de plancher; pour table de communion, une planche qui sert habituellement de lit avait été débarrassée et recouverte d\u2019un tapis blanc que nous avions apporté; deux petits bouts de chandelle dans deux chandeliers, que des cordes empêchaient de se disloquer, un crucifix qu\u2019on a dû passer dans une des pailles du mur, faute de pied; voilà tout le décor qu\u2019on a pu donner à ce misérable logis pour recevoir le Roi des rois, le Maître des maîtres, le Seigneur des seigneurs.Une petite statuette de la Vierge, don de Sœur Supérieure à la malade, fut placée entre les cierges, et Jésus, porté par son prêtre, arriva.Pendant la confession, on eut de la difficulté à retenir les enfants et les grandes personnes qui voulaient à tout prix voir ce spectable bien nouveau pour eux.Après la confession, le prêtre déposa sur les lèvres de la malade la sainte Hostie, puis se retira pendant que nous restâmes pour l\u2019action de grâces.On repartit au bout de vingt minutes lui laissant une petite aumône.Pauvre prodigue!.Mardi 25 décembre Sept heures sonnent à l\u2019église quand le chant de « Il est né le divin Enfant » annonce le réveil.C\u2019est qu\u2019hier la journée a été longue: de cinq 178 Montréal LE PRÉCURSEUR Mai-Juin 1935 heures du matin à deux heures de la nuit.Tous les départements de la Mission ont été décorés de banderoles et de fleiurs de papier, deux beaux arbres de Noël ont été installés à l\u2019ouvroir.On se sentait quelque peu fatiguées, mais on était si heureuses du bonheur qu\u2019on allait procurer!.Après l\u2019audition des trois messes traditionnelles et le réveillon, chacune alla prendre un repos bien mérité.Le sommeil ne fut pas lent à venir et ce fut une surprise d\u2019être rendues si tôt à sept heures.Après les prières du matin, le déjeuner et l\u2019audition de la messe, tout le monde est invité à l\u2019ouvroir.Pour les grands, c\u2019est facile, mais pour les petits infirmes ou en voitures infirmes., c\u2019est plus compliqué.Enfin à dix heures et demie tout le personnel est rendu et le dépouillement des arbres de Noël commence.Quel plaisir de recevoir une serviette, un mouchoir, ime orange, ime balle, ime poupée en linge ou encore une musique à bouche.Vraiment, nous ne croyons pas qu\u2019il y ait enfants de riches plus heureux que ces pauvres, à recevoir leurs étrennes.Après le dîner et le rosaire chanté, a lieu aussi au Noviciat indigène une distribution de cadeaux.Pour la circonstance, les professes et les novices Thérésiennes sont réunies.Un morceau de savon, un tube de pâte à dents, im bonnet de nuit, une image, quelques bonbons mettent le comble au bonheur de ces grandes enfants.Vient ensuite la bénédiction du Saint Sacrement, suivie de la réception du saint scapulaire chez les orphelines, dont l\u2019une a fait sa première communion à la messe de minuit.De retour dans nos différents départements, on nous annonce la visite des enfants de l\u2019école des garçons qui viennent voir les crèches.et déjà Noël est passé.Oui, la fête de Noël qui fut si pieuse et si joyeuse est déjà passée, mais non pas les étrennes.Nous pouvons entendre encore les cris joyeux des enfants.Pour eux la fête durera le temps que dureront les jouets.Compte rendu du dispensaire de Tsungming, pour les mois de septembre 1934 à décembre inclusivement: Baptêmes.331 Patients.9,504 Traitements.24,598 Dents extraites.55 Visites à domicile.96 Compte rendu du dispensaire de Paochen, pour les mois de septembre 1934 à décembre inclusivement: Baptêmes d\u2019enfants.256 Baptêmes d\u2019adultes.9 Patients.2,970 Visites à domicile.126 Dents extraites.35 Traitements.5,364 SÜCHOW, KIANGSU, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Süchow, Kiangsu Lundi l®\"\" octobre 1934 Nos cœurs s\u2019unissent à toute la cour céleste pour chanter, en ce beau jour, la Reine du saint Rosaire.« Oui, ô Marie, avec bonheur nous venons vous redire notre amour filial et reconnaissant et vous promettre de faire, pendant ce mois, tous nos efforts pour accomplir le plus fidèlement possible même les plus petits de nos devoirs.Daignez, ô tendre Mère, nous couvrir Montréal LE PRECURSEUR Mai-Jum 1935\t179 de votre maternelle protection et changer les cœurs de ceux qui s\u2019opposent à notre installation.Que ceux qui sont aujourd\u2019hui les plus acharnés contre nous deviennent un jour nos plus ardents défenseurs.Ce miracle, car c\u2019en est un, vous est facile, ô Vous à qui Jésus ne sait rien refuser.» Une énorme caisse nous arrive du Canada ! de notre chère Maison Mère ! Chaque paquet que nous ouvrons nous apporte un souvenir, une délicatesse de notre bien-aimée Mère, de nos chères Sœurs ou de nos bons parents.Nous n\u2019en doutons pas, ils ont mis tout leur cœur à préparer ces choses qui nous font tant plaisir.Sœur Supérieure fait la distribution de ce qui pourra servir à chacune dans son emploi.Sœur Saint-Victor \u2018 jubile et s\u2019en va dans la cuisine les mains chargées de poêles, de chaudrons, de fers à repasser.Sœur Marie-Xavier ^ examine avec attention toutes ses bouteilles de remèdes et place déjà dans sa caisse d\u2019urgence les plus utiles d\u2019entre eux.Sœur Sainte-Alice ® reçoit pour sa part une demi-douzaine de paquets qu\u2019elle se promet d\u2019ouvrir pendant la récréation.Si notre Mère était avec nous, comme elle serait heureuse de nous voir! Et nos bons parents! combien la seule vue de notre bonheur leur serait douce! Êtres chers du pays natal, ô vous pour qui la distance semble ne pas exister, tellement nous vous sentons près de nous par l\u2019esprit et le cœur, recevez nos mercis les plus reconnaissants et les plus affectueux.Mardi 2 octobre Quatre « cordons bleus » à la cuisine.Que se passe-t-il donc ?Chacune apporte ses talents de cuisinière pour préparer des plats de chez nous.C\u2019est que le T.R.P.A.Dugré, provincial des Jésuites, doit arriver demain de Shanghai où il a passé quelques jours.Nous voudrions lui donner l\u2019illusion d\u2019être au Canada en lui préparant une table un peu à la canadienne.Mercredi 3 octobre Fête de la petite Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, patronne des Missionnaires et deux fois la nôtre puisque nous sommes en mission.Nous la prions d\u2019intercéder pour nous auprès du bon Dieu, afin que le désir ardent qu\u2019elle avait de sauver des âmes en terre païenne soit de plus en plus le nôtre.Le R.P.A.Dugré vient nous rendre visite cet après-midi.Il nous donne d\u2019intéressants détails sur son long voyage et nous parle de notre cher Outremont.Après une courte visite à notre chapelle il nous fait cette réflexion: « Ce n\u2019est pas trop riche.» Mercredi 10 octobre Fête nationale pour nos braves Chinois.Toute la journée, tambours et cornets se font entendre dans la rue, les drapeaux flottent sur les toits ou à l\u2019entrée des maisons; ce soir, les lanternes rouges mêlent leur brillante clarté à celle du beau ciel tout parsemé d\u2019étoiles.Si cette journée apporte tant de joies à ces pauvres païens, nous pensons avec regret qu\u2019il y a cinquante ans, ce jour était bien triste pour le premier missionnaire qui venait s\u2019établir à Süchow.Arrivé le matin, on vint l\u2019avertir 1\tGermdine Tanguay, de Nashua, N.-H.2\tBerthe Paradis, de Tingwich.3.Jeanne Bastien, de Montréal. 180 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 qu\u2019il devait, ce jour même, quitter la place; il ne put y rentrer que douze ans plus tard.Mgr Marin nous faisait remarquer que, pour nous, un grand pas est fait, puisqu\u2019on nous permet de rester ici malgré les oppositions nombreuses à notre installation sur un autre terrain.Jeudi 11 octobre Nous sommes l\u2019objet d\u2019une nouvelle bonté de Mgr Marin: il nous fait cadeau d\u2019une belle aube, d\u2019une nappe d\u2019autel, de corporaux, purificatoires, etc.Vendredi 12 octobre Un protestant apporte lui-même à la mission une petite fille qu\u2019il a trouvée sur le chemin, près de la cathédrale.La pauvre enfant est mourante et fait grandement pitié.Enroulée dans de vieux morceaux de tapis, elle n\u2019a pour berceau qu\u2019une mince natte de paille relevée en forme de panier.Sa respiration difficile nous porte à croire qu\u2019elle n\u2019a plus que quelques heures à vivre et que le bon Dieu nous l\u2019envoie afin que nous lui donnions son passeport pour le ciel.Aussi est-ce avec une joie bien vive que Sœur Marie-Xavier fait couler sur son front l\u2019eau régénératrice et lui donne en même temps le nom de Marie-Délia.Samedi 13 octobre Notre petite Marie-Délia jouit déjà du bonheur du ciel.Puisse-t-elle de là-haut nous protéger et prier pour nous! Dimanche 14 octobre Pour la seconde fois depuis que nous sommes arrivées, Mgr G.Marin vient célébrer la messe dans notre modeste chapelle.Comme c\u2019est le dimanche de la Propagation de la Foi et que le Saint Sacrement est exposé à la cathédrale, nous allons deux à deux faire notre heure d\u2019adoration.Puisque le bon Dieu veut nous admettre à cette audience divine, nous lui ouvrons bien grand notre cœur et demandons beaucoup pour les âmes et pour nos œuvres.Nous souhaitons que ce jour soit un triomphe pour la foi et pour l\u2019Église tout entière.Lundi 15 octobre Une bonne vieille catéchumène croit nous faire ime grande politesse en venant regarder dans notre cuisine pendant que nous prenons notre repas au réfectoire.Pour elle, c\u2019est nous montrer de la déférence que de s\u2019intéresser ainsi à nous, mais nous lui faisons comprendre le plus poliment possible que ce n\u2019est pas là notre coutume.Mardi 16 octobre Depuis plusieurs jours, nous nous cassons la tête pour essayer de comprendre jme lettre chinoise adressée à Sœur Supérieure par des élèves de la mission de Süchow étudiant à Pong-Pou.En voici quelques extraits: « Bien chères Mères, « Nous vous saluons bien respectueusement.Nous espérons que votre vertueux corps se porte bien.« Nous nous rappelons que vos honorables personnes, dans votre noble pays, habitaient des maisons à étage et des chambres spacieuses.Le cœur Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 81 en paix et l\u2019esprit joyeux, vous avez quitté vos parents.Pour quelle raison ?Parce que le zèle des âmes et l\u2019amour des Chinois est très grand chez vous.Que vous dormiez ou que vous soyez éveillées, vous cherchez constamment quel serait le meilleur moyen de sauver les âmes.» Mais ce n\u2019est pas tout d\u2019avoir réussi à déchiffrer cette énigme, le plus difficile est d\u2019y répondre.Mercredi 17 octobre Une dame arrive cet après-midi avec tous ses tong-si (bagages).Elle est baptisée, mais on l\u2019envoie ici afin qu\u2019elle puisse approfondir davantage sa connaissance de la doctrine.Les Présentandines lui cèdent la moitié d\u2019une chambre et l\u2019installent de leur mieux.Comme cette personne a beaucoup d\u2019influence auprès des Chinois, il est à espérer qu\u2019elle fera beaucoup de bien.Suivant la politesse chinoise, on apporte à la visiteuse un bassin d\u2019eau chaude pour qu elle fasse sa toilette.On ne se fatigue pas pour lui chercher un endroit quelconque où elle pourra être à son aise, on se contente de lui apporter un banc près de la porte d\u2019entrée et c\u2019est là que l\u2019opération a lieu; ensuite, on la conduit à sa chambre.Nous demandons à notre Immaculée Mère, pendant le mois du Rosaire, de fortifier le désir de cette âme généreuse et de l\u2019aider à devenir une fervente chrétienne.Mercredi 24 octobre Vers deux heures et demie, nous allons en pousse-pousse visiter le terrain de notre future maison.Une Présentandine nous accompagne.Ici encore nous nous faisons beaucoup examiner.Quoique maintes fois déjà nous ayons été l\u2019objet de semblables curiosités, nous trouvons toujours nouveau de voir des gens qui, ayant manqué l\u2019occasion de nous regarder et avertis par d\u2019autres de notre passage, se lèvent d\u2019un bond, courent après nos voitures, les dépassent et attendent im arpent plus loin, que nous approchions d\u2019eux afin de nous examiner à leur aise.Personne ne semble pressé ici; on dirait que la principale occupation d\u2019un chacun est de manger des arachides, à toutes les portes on voit des gens qui en croquent à belles dents.On remarque aussi des marchands, désireux de mettre leurs marchandises plus en vue, dérouler leurs pièces d\u2019étoffes en banderolles et les suspendre au milieu de la rue.Pour éviter les caresses de ces décorations nouveau genre, nous devons nous baisser le plus possible.Après une course d\u2019environ dix minutes, nous sortons de la ville; la campagne chinoise étale alors à nos yeux ses beautés d\u2019automne, un air pur nous enveloppe et, sous un soleil encore chaud, nous arrivons à notre futur chez nous.Un mur entoure le terrain; par la porte d\u2019entrée, non achevée, nous y pénétrons.Le tout paraît très vaste, mais quand les constructions projetées s\u2019élèveront, ce ne sera certes pas trop grand.Au nord, passe la ligne du chemin de fer, au delà de laquelle s\u2019étend la campagne; à l\u2019est, des montagnes bordent l\u2019horizon; au sommet de l\u2019une d\u2019elles, on distingue une pagode.Notre âme se serre à cette vue; le démon, pensons-nous, maître de ces lieux, y reçoit les adorations d\u2019une pauvre multitude assise encore à 182 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 l\u2019ombre de la mort.Oh! qu\u2019il tarde à nos cœurs de missionnaires de voir se dresser ici la croix de notre chapelle; de cette croix, nous en avons la douce conviction, jailliront des rayons dont la puissance et la suavité attireront les foules à notre sainte foi! Lundi 12 novembre Les Présentandines sont très affairées dans la confection de fleurs pour l\u2019église.Les fleurs sont assez joliment faites, mais les teintes, c\u2019est le cas de le dire, tirent l\u2019œil.Dans un même bouquet se pressent des fleurs blanches, jaunes, rouges, roses, voire même violettes.Elles nous demandent si nous trouvons l\u2019ensemble joli; il n\u2019y a pas à dire non, ce ne serait pas aimable de notre part.'Les Chinoises, de leur côté, ne doivent pas aimer les roses que nous confectionnons en ce moment; elles doivent sûrement les trouver trop petites et trop uniformes de teinte; mais, elles non plus ne nous le disent pas.Nous savons que, dans leur for intérieur, elles trouvent que nous avons des goûts baroques.Autres pays, autres coutumes, autres goûts!.Mardi 15 novembre Une bonne vieille de quatre-vingts ans vient faire le k'o t\u2019eou (grande salutation) à Sœur Marie-Xavier afin d\u2019inviter cette dernière à lui mettre des remèdes dans les yeux.Elle est presque aveugle mais elle a confiance quand même de retrouver sa vue d\u2019autrefois! Son fils, employé comme domestique chez les Pères, l\u2019a engagée à venir à la Mission catholique, afin qu\u2019elle ait l\u2019avantage d\u2019aller à la messe plus souvent et de recevoir la sainte communion.« Maman, lui a-t-il dit, vous êtes âgée et le bon Dieu peut venir vous chercher bien vite.En venant ici, vous pouvez plus facilement vous préparer à ce grand voyage.» Nous admirons la foi de ce brave homme et nous sommes touchées de l\u2019amour sincère qu\u2019il porte à sa mère.Mardi 20 novembre Depuis longtemps, nous entendions parler de funérailles chinoises, des coutumes et usages qui sont de rigueur en ces circonstances, mais jamais nous n\u2019avions eu l\u2019occasion d\u2019en être témoins.Aujourd\u2019hui, nous avons cette aubaine; il s\u2019agit d\u2019un homme, presque notre voisin, décédé il y a cinq mois.Après avoir déposé le cadavre dans im cercueil, on s\u2019était contenté d\u2019offrir un banquet et après quelques jours de jee nao (tapage), on avait placé le cercueil dans un coin de la maison; à certains jours, on offrait au défunt de l\u2019encens et différents mets.Cette semaine, on se décide à l\u2019enterrer; depuis trois jours, la musique et les lamentations n\u2019ont pas cessé; ce matin est le jour choisi pour l\u2019inhumation.Le cortège passe à notre porte et nous pouvons suivre à notre aise les différentes phases du défilé.Ce sont d\u2019abord des joueurs de flûte très pauvrement vêtus, puis un homme portant un cabaret chargé de mets de toutes sortes, ensuite, les fils du défunt marchant appuyés sur un bâton et en proie à xm chagrin profond, les larmes sont si abondantes qu\u2019elles humectent le sol; en quatrième lieu, vient l\u2019énorme cercueil porté sur les épaules de huit hommes, enfin, des pousse-pousse dans lesquels on voit l\u2019épouse, les belles-filles et les filles du disparu.Détail singulier, les belles- Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t183 filles ont la préséance sur les propres filles, car, d\u2019après la coutume chinoise, les filles sorties de la famille par le mariage ne sont plus considérées comme proches parentes.Toutes ces femmes racontent d\u2019une voix entrecoupée de sanglots le malheur qui les attend, maintenant que le chef de famille est disparu: « Nous ne le verrons plus! Qui va gagner pour nous faire vivre?Il y a encore de jeunes enfants.Il avait encore sa vieille mère, etc., etc.» Quand le répertoire est épuisé, on reprend haleine un moment et.on recommence.Cela dure un bon quart d\u2019heure.Durant ce temps, le cercueil a été déposé sur un brancard au milieu de la rue.On offre au mort des mets préparés à l\u2019avance ainsi que de l\u2019encens, puis tous les héritiers mâles viennent à tour de rôle faire le k\u2019o t\u2019eou (salutation jusqu\u2019à terre) devant le cercueil tandis que l\u2019on brûle force faux papier-monnaie.Toutes ces superstitions finies, le défilé reprend sa marche; au cimetière, avant d\u2019abandonner définitivement la dépouille mortelle à la terre, on renouvellera une dernière fois toutes ces bizarres cérémonies.Tous les parents et amis sont revêtus d\u2019habits blancs, couleur de deuil en Chine; il n\u2019est pas jusqu\u2019aux plus petits qui n\u2019aient un vêtement blanc.Pauvres païens, qu\u2019ils sont à plaindre avec leurs superstitions! Notre cœur se serre à la vue de tant d\u2019ignorance; quand donc luira-t-il le jour où la Chine, devenue chrétienne, adorera et servira le seul vrai Dieu! Mercredi 21 novembre, fête de la Présentation C\u2019est au Temple de Jérusalem que nous aimons à contempler, ce matin, notre Mère Immaculée, et à méditer sur la générosité avec laquelle, à l\u2019âge de trois ans, elle se consacre au Seigneur.O Marie, lui répétons-nous, faites qu\u2019à votre exemple vos humbles missionnaires s\u2019abandonnent sans réserve au bon plaisir divin.Les Pères de la Mission étant allés dans différents postes, nous n\u2019avons pas la sainte messe à la chapelle.A l\u2019église, le saint sacrifice est offert par Monseigneur; les chrétiens y assistent assez nombreux.Tous offrent leur communion à l\u2019intention recommandée par le R.P.Curé, dimanche dernier, à savoir que la Vierge toute bonne aide et protège toujours la Société des Présentandines, vierges indigènes, qui, dans les différents postes de la Mission, sont de si dévouées auxiliaires des missionnaires.Après le déjeuner, les élèves exécutent une petite séance en l\u2019honneur des trois Présentandines qui dirigent l\u2019école à Süchow.Après un chant de fête et une amusante comédie, on représente quelques traits de la vie de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus depuis sa guérison miraculeuse par la Sainte Vierge jusqu\u2019à son entrée au Carmel.Les nombreuses chrétiennes qui assistent à la représentation ont le loisir d\u2019admirer la générosité incomparable du père de l\u2019aimable sainte soutenant et appuyant de toutes ses forces sa petite « reine » dans les démarches qu\u2019elle fait pour obtenir son admission en religion.Puisse cette discrète leçon aider nos chrétiens à respecter au moins la liberté de leurs enfants quand ceux-ci leur demandent la permission d\u2019entrer en religion, s\u2019ils ne se sentent pas le courage de les soutenir.Après la séance.Sœur Supérieure distribue aux élèves de jolis cadres et images envoyés par Monseigneur. CHROuiQUK^ïJuHoviciAT DEPIEES A M05 CHERS PARENTS Jeudi 31 janvier 1935 Ce soir, dès l\u2019arrivée de notre Maîtresse à la récréation, nous devinons, à sa figure attristée, que de mauvaises nouvelles vont nous être communiquées.Nous pensons aussitôt à l\u2019une de nos compagnes.Sœur Marie-Georges \\ qui garde l\u2019infirmerie depuis deux semaines et que le médecin visite chaque jour; ce soir, ils sont venus deux en consultation.Serait-elle plus mal?.Hier, une sensible amélioration nous avait rassurées sur son état, mais voilà que, la maladie faisant de rapides progrès, on trouve prudent de faire administrer les derniers sacrements à la chère malade.Elle pourrait aussi prononcer ses vœux de religion, mais elle est inconsciente depuis une demi-heure.Nous nous mettons aussitôt en prière afin d\u2019obtenir que notre chère Sœur reprenne connaissance et qu\u2019elle puisse profiter de ce privilège suprême.Notre Immaculée Mère, que nous invoquons avec confiance, ne reste pas sourde à nos supplications.Notre chère malade, après avoir été administrée par le R.P.Chaumont, du Séminaire des Missions-Étrangères, peut émettre les saints vœux et communier en viatique.Nous prions encore de toutes nos forces quand on vient nous faire part de l\u2019heureux effet de nos pressantes instances.Au milieu de notre douleur, nous nous réjouissons des grandes grâces dont Notre-Seigneur comble sa petite fiancée qu\u2019il appelle avant l\u2019heure au bonheur de la sainte Profession.Vendredi 1\u201d février La sonnette d\u2019entrée résonne bien des fois au cours de l\u2019après-midi, et la porte s\u2019ouvre successivement à vingt-neuf aspirantes.Nos cœurs aussi s\u2019ouvrent à ces nouvelles petites sœurs qui viennent, avec le même idéal et les mêmes aspirations que nous toutes, prendre place dans notre chère famille religieuse.Puissent-elles apprécier pleinement le bonheur qui leur échoit aujourd\u2019hui et demeurer toujours fidèles à la grâce qui les a guidées vers la Volière de Marie! Samedi 2 février Dès le réveil, nos cœurs s\u2019élèvent vers notre céleste Mère pour lui dire notre amour et la bénir en cette belle fête de la Purification.Après la messe, M.le Chapelain porte la sainte communion à notre chère Sœiu Marie-Georges, dont l\u2019état ne laisse plus guère d\u2019espoir.Ne serait-ce pas la dernière fois qu\u2019elle reçoit son Dieu?.Comme elle serait privilégiée, songeons-nous, de s\u2019envoler là-haut en ce join: tout spécialement 1.Marguerite Routhier, de Sainte-Foy, Québec, Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t1 85 consacré à la Sainte Vierge.Et, enviant presque son sort, nous pensons à elle en chantant, dans le refrain du rosaire: .O Vierge incomparable, Jetez sur nous un regard favorable Et par Jésus, conduisez-nous au ciel.Sa pensée d\u2019ailleurs nous suit partout, et notre affection fraternelle, impuissante à la secourir autrement, se traduit par de ferventes prières à ses intentions.Au cours de la journée, plus de soixante-dix Sœurs de la Maison Mère et de nos différentes maisons du Canada arrivent pour la retraite annuelle qui commence ce soir pour se terminer le 11, anniversaire de la première apparition de Lourdes.Ainsi encadrés par deux fêtes mariales, ces saints exercices, prêchés par le R.P.H.Couture, O.P., si dévoué lui-même à la Sainte Vierge, s\u2019annoncent fructueux et sanctifiants.Nous les abordons avec une ferme volonté d\u2019en bien profiter et d\u2019en sortir meilleures.Dimanche 3 février Vers 8 heures du matin, notre chère Sœur Marie-Georges s\u2019éteint doucement, et toute purifiée par la récente émission des saints vœux, va rejoindre au ciel, nous en avons la douce confiance, les membres de notre Communauté qui l\u2019ont précédée là-haut.Arrivée à la fin de son noviciat, elle avait été admise pour la prochaine profession du 11 cornant, mais, appelée à l\u2019union divine avant l\u2019heure marquée, elle va recevoir des mains de son céleste Époux la récompense promise aux vierges.Ensevelie dans la blanche livrée des novices, elle est exposée dans l\u2019avant-chœur de l\u2019infirmerie \u2014 donc bien près du sanctuaire \u2014 et au pied d\u2019une statue de la Sainte Vierge qui tient dans ses mains une couronne de lis.Quatre Sœurs, deux professes et deux novices, font continuellement à ses côtés ime garde pieuse.Auprès de celle que la mort a ravie si vite à notre affection, de quelles clartés ne brillent pas les vérités étemelles qu\u2019en ces premières heures de retraite le Père prédicateur rappelle à nos esprits.Chère petite Sœur, de l\u2019au-delà où vous êtes, obtenez-nous de bien employer le temps qui nous est accordé pour nous sanctifier.Mardi 5 février Avant la messe de commimauté, qui a lieu à 6 heures, le R.P.Couture nous dit qu\u2019il va offrir le saint sacrifice pour notre petite Sœur défunte.Avec quelle ferveur nous nous unissons d\u2019intention pour présenter à Dieu l\u2019Hostie de propitiation.A 8 heures 30 ont lieu les funérailles.M.le Chapelain fait la levée du corps et le service, auquel assistent plusieurs parents et amis, est chanté par le R.P.Robitaille, S.J., cousin de la chère dispame.Puis, c\u2019est le départ du corbillard, moment pénible, mais que la foi adoucit en nous montrant celle que nous pleurons demeurant l\u2019une des nôtres et devenant là-haut notre protectrice.Nous garderons de notre chère compagne le souvenir d\u2019une novice toujours calme, toujours patiente, toujours souriante, s\u2019effaçant en toute occasion, accomplissant son devoir sans ostentation et sans bruit.« Le bien 186 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 se fait sans bruit.» On aurait cru qu\u2019elle avait fait de cette sentence sa devise préférée et elle l\u2019a réalisée pleinement à notre grande édification.Lundi 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes Dans la joie et l\u2019allégresse, nous célébrons les fiançailles et les noces mystiques de cinquante et une de nos Sœurs avec l\u2019Époux des vierges.Et, comme jadis à Cana, la Mère de Jésus s\u2019y trouve: elle enveloppe de son sourire virginal et de sa sollicitude maternelle les heureuses élues de la fête.Dans la matinée, quatorze novices émettent leurs premiers vœux.Il y a peu de jours encore, elles étaient quinze s\u2019avançant au-devant de l\u2019Époux, et elles étaient toutes fières de se présenter ainsi comme un rosaire vivant à la blanche Vierge de Lourdes, mais voici que la quinzième, impatiente d\u2019aller poser son fleuron à la couronne de notre divine Mère, a pris, au début de la retraite, son envolée vers les parvis célestes.De notre vallée terrestre, nous levons les yeux vers la voûte d\u2019azur et il nous semble la voir qui nous sourit et redit avec nous et pour nous à la Vierge Immaculée un Ave filial qu\u2019elle éternisera dans l\u2019extase de l\u2019amour.Aussi son souvenir ne laisse-t-il dans nos âmes fraternelles qu\u2019une impression de paix et de bonheur.Au cours de l\u2019après-midi a lieu la cérémonie de vêture et de profession perpétuelle présidée par Mgr Chartier, vicaire général.L\u2019allocution est donnée par le R.P.Couture, O.P., prédicateur de notre retraite.Les nouvelles novices sont au nombre de vingt-huit; voici les noms qu\u2019elles porteront désormais: Véronique Bematchez, de Pont-Rouge, Sr Marie-Hermine; Madeleine Coursol, de Montréal, Sr Françoise-du-Carmel; Blanche French, de Saint-Isidore de Laprairie, Sr Blanche-de-Castille; Irène Trudelle, de Saint-Narcisse de Champlain, Sr Irène-de-Jésus; Réjane Gaudet, de Joliette, Sr Saint-André-Avellin; Simone Lebœuf, de Sainte-Philomène de Lotbinière, Sr Saint-Alphonse-de-Liguori; Thérèse Laliberté, de Lotbinière, Sr Saint-Côme; Marie-Thérèse Beaudin, de Montréal, Sr Thérèse-de-la-Trinité; Noëlla Messier, de Sainte-Brigide d\u2019Iberville, Sr Sainte-Brigide; Aline Ratel, de l\u2019Épiphanie, Sr Sainte-Aline; Yvonne Bélisle, des Trois-Rivières, Sr Marie-Herméline; Marie-Thérèse Laperrière, de Québec, Sr Saint-François-de-Paule; Cécile Miller, de Québec, Sr Sainte-Eugénie; Marguerite Dumont, de Rivière-du-Loup, Sr Marie-Théophane; Rose-Aimée Demers, de Québec, Sr Marie-Alida; Gertrude Soulard, de Montréal, Sr Sainte-Henriette; Marie-Ange Bouchard, de Saint-Éloi de Témiscouata; Sr Marie-Ange; Clara Bergeron, de Sturgeon-Falls, Ont., Sr Saint-Delphis; Jeanne Jacques, de Saint-Joseph de Beauce, Sr Louise-de-France; Aimette Tremblay, de Montréal, Sr Madeleine-du-Divin-Cœur; Hélène Lessard, de Saint-Odilon de Dorchester, Sr Marie-de-l\u2019Eucharistie; Cécile Dumas, de la Rivière-Bleue, Témiscouata, Sr Marie-Hector; Aline Roy, de Joliette, Sr Délia-de-Jésus; Aliette Jacques, de Saint-Hyacinthe, Sr Marie-de-la-Consolation; Rita Legrand, de Saint-Philippe de Laprairie, Sr Sainte-Rita; Marie-Jeanne Reynolds, de Montréal, Sr Sainte-Rosine; Pauline Richard, de Saint-Ours, Sr Marie-Pauline; Fernande Brousseau, de Québec, Sr Philippe-de-Jésus.Les professes perpétuelles sont: Sr Saint-Liguori[(Marie-ThérèseJPilon, de Montréal); Sr Marie-Vianney (Marie-Thérèse Savaria, de Montréal); Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935\t187 Sr Saint-Joseph (Jeanne Lavoie, de Saint-Donat, de Montcalm) ; Sr Sainte-Juliette (Juliette Deschênes, de Lévis); Sr Agathe-de-Jésus (Gabrielle Morisset, de Québec); Sr Saint-Ernest (Lucienne Beauchemin, de Saint-Théodore-de-Chertsey) ; Sr Marie-Cécile (Cécile Brault, de Val-Racine, comté de Frontenac) ; Sr Madeleine-du-Sauveur (Alice Labelle, de Montréal) ; Sr Anne-de-Jésus (Diane Barrette, de Fall-River, Mass.).Dans les missions lointaines, en ce même jour, six de nos Sœurs prononcent aussi leurs derniers vœux.Ce sont: à Vancouver, Sr Sainte-Elise (Alphonsine Chénard, du Bic, comté de Rimouski); en Mandchourie, Sr Saint-Pierre-de-la-Croix (Sidonia Roussel, de Montréal) ; Sr Sainte-Aglaé (Aurore Lusignan, de Belœil), Sr Marie-Céline (Régina Béliveau, de Saint-Paul-de-Chester), Sr Marie-Germaine (Germaine Gravel, de Saint-Prosper) ; à Rome, Sr Sainte-Cécilienne (Cécile Forest, des Trois-Rivières).Sont présents au chœur: M.l\u2019abbé J.-D.Chaumont, P.M.F., vice-sup.; M.le chanoine Bonin, de l\u2019évêché de Joliette; MM.les curés A.Dérome de Saint-Christophe; Alb.Corbeil, de Montréal-Sud; Rodolphe Mercure, de Saint-Jovite, et J.-A.Bourassa, du Sacré-Cœur, Montréal; les RR.PP.Émile Deguire, C.S.C., supérieur du scolasticat de Montréal; Paul Delplan-que, S.C.J., et Henri Sainte-Marie, S.S.S.; MM.les abbés Ange-Albert Melançon, professeur à l\u2019école supérieure Saint-Stanislas; E.Guilbeault, vicaire à Saint-Stanislas-de-Kostka; Victor Savaria, professeur au Collège de l\u2019Assomption; Vianney Savaria, vicaire à Saint-Jean-de-la-Croix; G.-E.Séguin, vicaire à Saint-Jean-de-la-Croix; L.-Ph.Breton, vicaire à la cathédrale de Saint-Hyacinthe; Albert Henri, vicaire à Saint-Pierre-Claver; Léon Boismenu, de Montréal; Joseph Gariépy, chapelain du Noviciat, et Robert Hétu, du Séminaire des Missions-Étrangères; les RR.FF.Isidore, F.F.C., de l\u2019École Salaberry; Justin, F.F.C., du Mont-Saint-Louis, et Jean de Lalande, C.S.C.Lundi 18 février Le changement des emplois, nécessité par le départ des nouvelles professes et la récente entrée des postulantes, a lieu aujourd\u2019hui; il se fait avec ordre, et l\u2019on pourrait presque dire, avec une sorte de recueillement.Notre Maîtresse a su nous faire voir dans cette distribution des offices, autre chose qu\u2019une amusante diversion: la manifestation de la volonté du bon Dieu sur chacune de nous.Ses paroles nous ont convaincues de l\u2019égale noblesse de tous les travaux au service de Dieu et nous ont rappelé que ce n\u2019est pas l\u2019emploi qui sanctifie, mais la manière dont on s\u2019en acquitte.Aussi nous mettons-nous à notre tâche avec ardeur, avec joie, avec reconnaissance.Mercredi 27 février Depuis longtemps déjà, nous entendions parler du R.P.Lelièvre, O.M.L, mais la plupart d\u2019entre nous n\u2019avaient pas encore l\u2019honneur de le connaître.Cet avant-midi, nous avons le privilège de le recevoir au Noviciat et de bénéficier de Time de ses intéressantes causeries spirituelles.Il laisse déborder de son cœur d\u2019apôtre les conseils dictés par sa profonde connaissance des âmes et par sa grande expérience de la vie.Ses armes à lui, pour toucher les âmes et leur faire du bien, sont l\u2019Évangile, V Imitation de Jésus-Christ et le chapelet.« L\u2019âme, nous dit-il, a besoin 188 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 de nourriture comme le corps, et c\u2019est l\u2019Évangile, c\u2019est la parole de Dieu qui peut la soutenir et la fortifier.On ne connaît pas assez l\u2019Évangile, car sitôt qu\u2019on fait sa connaissance, on ne veut plus d\u2019autres livres de piété.L\u2019Évangile, c\u2019était le seul directeur de la petite sainte Thérèse.Non, je me trompe, elle en avait un autre: l\u2019Imitation de Jésus-Christ.U Imitation de Jésus-Christ! en voilà encore un trésor! A quelque page qu\u2019on ouvre ce petit livre, on trouve toujours le mot qui fait du bien, qui donne du courage.« Puis le chapelet: c\u2019est ma troisième arme, et comme elle est puissante contre le démon!.c\u2019est un pistolet à cinquante-trois coups que l\u2019on tire sur le diable et qui l\u2019atteignent infailliblement si l\u2019on récite bien chaque Ave.» Le révérend Père agrémente sa causerie par des histoires amusantes et des récits d\u2019aventures emprimtés aux souvenirs de sa longue carrière apostolique.Puis il nous parle de la dévotion au Sacré-Cœur avec la chaleur d\u2019une âme tout éprise de l\u2019amour de Dieu, ajoutant: « Si vous voulez faire du bien, maintenant et plus tard, soyez bonnes, très bonnes, comme le bon Jésus l\u2019a été à l\u2019égard du larron, de la Samaritaine.Rappelez-vous que pour être missionnaire et sauver beaucoup d\u2019âmes, il faut d\u2019abord vous sanctifier, et vous ne vous sanctifierez qu\u2019en accomplissant la volonté du bon Dieu manifestée par vos Supérieures, peu importe que ce soit au Canada, en Chine ou ailleurs; l\u2019important, c\u2019est d\u2019être où l\u2019obéissance vous place et d\u2019accomplir parfaitement votre devoir.Durant toute votre vie, laissez-vous prendre par le Sacré-Cœur, conduire par la Sainte Vierge et guider par le Saint-Esprit.» En nous quittant, le bon Père ajoute: « Si j\u2019étais cardinal, je vous accorderais un congé, mais comme je ne le suis pas, je laisse décider votre bonne Supérieure.» Nous applaudissons avec enthousiasme, sachant bien que notre Maîtresse fera devenir réalité cette délicate suggestion.En effet, après les exercices spirituels du midi, le Deo gratias nous est donné et le congé se passe des plus joyeux.Jeudi 28 février La nouvelle table eucharistique est dressée pour la première fois, ce matin, et ce n\u2019est pas sans émotion que s\u2019en approchent les convives au divin Banquet.Notre commimion est offerte pour la généreuse bienfaitrice qui a bien voulu ajouter cet embellissement si pratique à la spacieuse chapelle dont elle dota, il y a deux ans, la maison du Noviciat.Nous prions avec ferveur le Père de famille de répandre ses meilleures bénédictions et ses précieuses faveurs sur celle qui se montre si bonne envers les enfants de l\u2019immaculée.Dimanche 5 mars Pour consoler Notre-Seigneur des nombreux outrages qui lui sont faits en ce temps de carnaval, nous voulons, nous ses épouses et ses fiancées, transformer les derniers jours qui nous séparent du carême, en un triduum de prières et de réparation.L\u2019autel est orné de flambeaux et de fleurs rouges, symboles de l\u2019amour que nous désirons témoigner à Jésus avec une ardeur toute nouvelle.Et cet amour, nous le ferons passer dans chacune des actions qui composent ces joiunées bénies, que nous terminerons au pied du tabernacle, par des heures d\u2019adoration et d\u2019amende honorable. m 0 Marie, l\u2019univers entier périrail avant que vous refusiez votre assistance à qui vous implore du fond de son cœur.Reconnaissance à la sainte Vierge POUR FAVEURS OBTENUES Remerciements pour faveur obtenue.En reconnaissance, je continuerai avec plaisir mon abonnement durant cinq ans, tel que promis.Mme Alfred Ducharme, Jo-liette.\u2014 Offrande pour les missions en reconnaissance pour faveur obtenue.Mme Antoine Guillet, Granby.\u2014 J\u2019envoie mon abonnement en action de grâces pour faveur reçue.Mme Lorenzo Maltais, St-Ambroise, comté de Chicoutimi.\u2014 Je viens m\u2019acquitter de ma dernière promesse en publiant la guérison de l\u2019eczéma dont je souffrais beaucoup.Merci reconnaissant.Mme C.C., St-Justin.\u2014 Une petite aumône, en reconnaissance pour grande faveur accordée à la famille.Merci, ô bonne Mère du ciel! Que ce grand mieux se continue.Mme A.C., Dearborn.\u2014 Ci-inclus un abonnement au « Précurseur », en hommage de gratitude pour grâce obtenue.Mme William Boily, St-Evariste.\u2014 Reconnaissance à l\u2019immaculée Conception pour travail obtenu à un frère.Puisse cette bonne Mère lui accorder aussi la confiance en Dieu, la charité et un emploi permanent.Mlle E.P.\u2014 Deux grâces obtenues par l\u2019intercession de la Sainte Vierge après promesse de faire publier dans le « Précurseur ».Cette tendre Mère m\u2019a aussi favorisée spécialement durant la neuvaine préparatoire à son Immaculée Conception.Mlle T.C., Ste-Rose.\u2014 Ci-inclus aumône pour vos missions les plus pauvres: gage de gratitude à Marie Immaculée pour une faveur obtenue.Mme A.G., North-Troy.\u2014Mon petit garçon qui souffrait beaucoup d\u2019un mal de tête, par suite d\u2019un accident, est bien maintenant; selon ma promesse, en reconnaissance, je vous envoie mon offrande.Mme A.P., Bridgeport.\u2014Mille fois merci à notre Immaculée Mère du bois qu\u2019elle m\u2019a fait avoir cet hiver.Je la supplie de procurer de l\u2019ouvrage à mon mari.Mme H.E., Orms-town.\u2014 Vous trouverez, ci-inclus, le prix de rachat d\u2019un enfant chinois viable, promesse faite en reconnaissance si, par l\u2019intercession de notre bonne Mère du ciel, je conservais mon ouvrage.Mlle M.-A.H., Montréal.\u2014 Je remercie la très sainte Vierge pour une faveur obtenue par la neuvaine efficace des trois Ave Maria.Je sollicite encore la santé pour mon mari.Mme E.S., St-Honoré.\u2014 Reconnaissant merci à la sainte Vierge, mon garçon a de l\u2019ouvrage depuis à peu près deux mois.Mme S.P., St-Paul.\u2014 Je vous envoie une petite aumône pour les missions, en reconnaissance d\u2019une faveur obtenue.M.A.L., St-Urbain.\u2014\tLa malade que j\u2019avais recommandée, il y a quelques semaines, prend un mieux sensible.En publiant notre reconnaissance, je vous envoie une aumône pour les missions.M.L.C., Québec.\u2014 Ci-inclus une offrande.C\u2019est mon merci à la sainte Vierge pour les faveurs qu\u2019elle nous a obtenues.Une abonnée au « Précurseur ».\u2014 Sous pli, vous trouverez une offrande pour vos œuvres, en remerciement d\u2019une grâce obtenue.M.H.L., Montréal.\u2014\tPetite aumône pour remercier l\u2019immaculée Conception de la guérison d\u2019un animal domestique, obtenue par la médaille miraculeuse.Mme D.M., Portage-River.\u2014 Je renouvelle mon abonnement en reconnaissance pour faveur obtenue.M.H.P., St-Evariste.\u2014 Ci-joint, offrande en remerciement pour location.M.E.R., Montréal.\u2014Mille fois merci au Sacré-Cœur et à la sainte Vierge pour deux faveurs reçues.J\u2019en sollicite de nouvelles.Mme H.B., Chicopee-Falls.\u2014 je suis heureuse de venir m\u2019acquitter de la promesse que j\u2019avais faite pour les petits Chinois, en reconnaissance, si mes enfants trouvaient de l\u2019ouvrage.Mme D.S., St-Jean.\u2014 Bon de poste pour le rachat de deux enfants chinois moribonds, en action de grâces pour faveur obtenue.Mme C.-H.L, Port-Alfred.\u2014 Merci de tout cœur à notre Immaculée Mère pour sa protection.Je sollicite de nouvelles grâces avec promesse d\u2019une aumône en reconnaissance si elles me sont accordées.Mme J.-R.P., St-Vincent-de-Paul.\u2014 Offrande en l\u2019honneur de la sainte Vierge en remerciement d\u2019une guérison obtenue.Mme O.L., Newport Centre.\u2014\tVeuillez accepter cette petite offrande pour vos missions en remerciement à Notre-Dame de Lourdes pour faveur obtenue.Mme A.G., Montréal.\u2014 Ci-inclus, aumône en action de grâces pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la sainte Vierge.Mme L.L., Mistassini.\u2014 En reconnaissance d\u2019une position obtenue, j\u2019inclus une offrande pour le rachat d\u2019enfants chinois moribonds.Mme E.L., Montréal.\u2014 Je remercie la bonne sainte Vierge de la grande faveur reçue et suis heureuse d\u2019accomplir la promesse faite pour prouver ma gratitude.Mlle A.C., Adams, Mass.\u2014 En vous envoyant le prix d\u2019une neuvaine de lampions, je remercie la sainte Vierge et sainte Bernadette pour la grâce que j\u2019en ai reçue.L.P., Montréal.\u2014 Un abonnement en hommage de gratitude pour faveurs obtenues.Mme D.S., Brosseau-Station.\u2014 J\u2019ai pu retirer une partie d\u2019une somme que je croyais perdue; en reconnaissance, je vous envoie une aumône pour les missions, tel que promis.D.M., Van-Buren.\u2014 En remerciement de la santé accordée à mon jeune bébé et d\u2019une autre grâce particulière, veuillez recevoir le prix de rachat de deux enfants chinois moribonds.Mme L.D., St-Tite.\u2014 Je remercie beaucoup le bon 190 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1935 Dieu de m\u2019avoir exaucée et suis heureuse de le lui prouver en rachetant de pauvres petits Chinois.L.B., Wauregan.\u2014 Mon abonnement en reconnaissance pour une peine adoucie.Mme P., Montréal.\u2014 En action de grâces pour faveur obtenue, vous trouverez sous pli une offrande pour le rachat de bébés moribonds.Mme J.D., St-Honoré.\u2014\tOffrande en reconnaissance pour faveur obtenue.Mme R.D., Montréal.\u2014 Remerciements pour faveur reçue.Je supplie la très sainte Vierge d\u2019avoir pitié de moi et de m\u2019obtenir plusieurs autres grâces importantes.Une mère désolée, W.P., Montréal.\u2014\tAumône en action de grâces pour procurer le baptême à deux petits Chinois moribonds.Mme N.L., Montréal.\u2014 Je vous envoie une aumône pour vos missions, avec mon merci à la sainte Vierge pour ses faveurs.Mlle O.G., St-Alexandre.\u2014 Offrande pour une neuvaine de lampions à la bonne sainte Vierge et pour le rachat d\u2019un enfant moribond, pour faveur obtenue.Mme R.G., Montréal.\u2014 J\u2019ai été favorisée des deux grâces que je désirais; en reconnaissance, je viens m\u2019acquitter de ma promesse en vous faisant parvenir une aumône.Mme R.-G.B., Stottville.\u2014 Faveur obtenue.Ci-inclus, offrande en remerciement.Mme D.C., Ste-Louise.\u2014 Mille remerciements à ma bonne Mère du ciel, j\u2019ai été exaucée.Avec grand plaisir, j\u2019accomplis ma promesse.Mlle G.L., Ste-Agathe.\u2014 Offrande, de ma part et de celle de ma fille, comme remerciement à la sainte Vierge pour grâces reçues.Je lui recommande nos santés.Mme H.R., Paincourt.\u2014\tJe remercie de toute mon âme la Vierge Immaculée pour la guérison de mes oreilles.Une abonnée de St-Ignace.\u2014 Offrande en reconnaissance pour faveur obtenue.Un abonné du comté de Mégantic.\u2014 Un abonnement au « Précurseur » en reconnaissance.Mme R.D., Montréal.\u2014 Aumône pour vos missions en action de grâces pour faveurs obtenues.M.R.L., Montréal.\u2014 Mes remerciements à la sainte Vierge pour du travail que mon mari et moi-même avons pu trouver.En hommage de reconnaissance, je vous envoie le percentage promis.Mme H.Y., Montréal.\u2014 Recevez mon abonnement en remerciement pour faveur spéciale.Mme F.T., St-Méthode.\u2014 J\u2019ai reçu la grâce sollicitée depuis longtemps.Veuillez trouver ci-joint le renouvellement de mon abonnement en reconnaissance.Mme J.-C.T., St-Ferdinand.\u2014 Pour faveur obtenue.J.-O.C.\u2014 Je suis heureuse de publier à la gloire de notre Mère Immaculée la guérison de mon enfant, par l\u2019entremise de la médaille miraculeuse.Mme Gervais, 7841, rue Berri, Villeray.\u2014\tVive reconnaissance à la Sainte Vierge pour faveurs obtenues.Mme A.B., St-Damase.\u2014 Aumône pour vos missions, en reconnaissance pour faveur obtenue.Mme E.-R.M., Québec.\u2014 Grand merci à la Sainte Vierge pour guérison.Mme J.L., Rivière-du-Loup.\u2014 J\u2019inclus une offrande pour vos oeuvres, en reconnaissance à Marie pour faveur obtenue.M.A.L.\u2022\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour la conversion d\u2019un homme adonné à la boisson.Mme Z.D., Montréal.\u2014 Veuillez agréer le renouvellement de mon abonnement, en action de grâces à notre Mère du ciel pour une faveur spéciale, après promesse de publication.Mme J.Bédard, Ahuntsic.\u2014 Offrande pou>-le rachat d\u2019un petit Chinois, en remerciement pour un bienfait reçu.Mme La Rue, Dolbeau.\u2014 Une aumône en faveur de vos pauvres lépreuses de Shek Lung.Une amie des missions.\u2014 Reconnaissance pour grande faveur obtenue.Mme S.Gagnon, Montréal.\u2014 Le prix d\u2019une neuvaine de lampions en remerciement à la Très Sainte Vierge.J\u2019ai de nouveau recours à sa bonté, j\u2019ai confiance qu\u2019elle me viendra en aide.Anonyme, Coteau-Station.RECONNAISSANCE A DIVERS SAINTS Aumône pour les missions en l\u2019honneur de Gérard Raymond pour succès obtenu dans des affaires financières après avoir promis de donner en reconnaissance 1 pour cent du bénéfice net réalisé et de le faire connaître.L R., Québec.\u2014 Offrande en reconnaissance pour faveurs obtenues par l\u2019intercession de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse de l'Enlant-Jésus.Mme G.V., Verdun.\u2014 Abonnement en action de grâces pour faveur reçue par l\u2019entremise de Notre-Dame de Lourdes et de sainte Bernadette.Mme E.G., Villeray.\u2014 Remerciement à la sainte Famille pour faveur obtenue.Mme J.Boucher, Montréal.\u2014 Mon aumône en action de grâces à la Sainte Vierge et à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.A.C.\u2014 Remerciement à saint Joseph et à sainte Thérèse pour faveur obtenue.I.-W.P.\u2014 Reconnaissance à Notre-Dame du Perpétuel-Secours, à saint Joseph, à saint Antoine et à Mère Bourgeoys pour soulagement, ainsi que pour succès obtenus, après promesse d\u2019aider les missions en action de grâces.A.R.\u2014 Merci pour toutes les faveurs obtenues par l\u2019intercession de saint Joseph et de saint Antoine.Oscar Bourgeoys, Rivière-Bleue.\u2014 En vous adressant mon abonnement, je remercie la Sainte Vierge, saint Joseph et sainte Thérèse pour une faveur obtenue.Geo.Poulin, Leoville, Sask.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. RECOMMANDATIONS Aimer Marie, quelle consolation ici-bas, la faire aimer, quelle assurance pour l\u2019heure de la mort.\u2014 S.Bernard.O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous! O Mère Immaculée, obtenez-moi l\u2019accord dans'une la-mille.Une abonnée, St-Jérôme.\u2014 Je recommande aux prières mon mari adonné à la boisson et qui ne fait pas de religion, avec promesse, en reconnaissance, de payer des abonnements pour d'autres personnes.Une mère affligée, Québec.\u2014 Nous mettons toute notre confiance en Marie notre Mère, pour obtenir une grande faveur.Nous promettons, en action de grâces, de nous abonner au « Précurseur » à vie et de faire une aumône pour les missions lointaines.Anonyme, St-Matthieu.\u2014 La santé pour ma sœur, le règlement à notre avantage d\u2019affaires de famille.D\u2019une abonnée, Claudia.\u2014 Je recours à l\u2019immaculée Conception pour obtenir les grâces que je désire ardemment.En reconnaissance, je paierai un abonnement chaque année.C.G.\u2014 Du travail pour tous les membres de ma famille.Anonyme.\u2014 Auriez-vous la bonté de prier la Vierge Marie pour l\u2019obtention d\u2019une faveur spéciale.Mille mercis.C.D., Notre-Dame-de-Grâce.\u2014 Ci-inclus une aumône pour vos missions.Je sollicite des prières pour connaître ma vocation.Une amie de vos œuvres.\u2014 Je recommande aux prières des abonnés, mon mari souffrant extrêmement de l\u2019avarice.Si la bonne Vierge veut bien le corriger de ce défaut, je ferai une aumône pour les missions, en reconnaissance.Anonyme, Concord.\u2014 En vous envoyant mon abonnement, je désire qu\u2019on prie la sainte Vierge pour la conversion de mon mari et pour sa guérison, car il est atteint d\u2019une maladie grave.Je sollicite aussi une autre faveur par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Je promets, en remerciement, offrande et publication.Mme F.B., Montréal.\u2014 Avec grande confiance, je demande des prières pour obtenir une complète guérison par l\u2019entremise de notre bonne Mère du ciel et de sainte Thérèse de Lisieux.En reconnaissance, je rachèterai un enfant chinois viable.A.J., Québec.\u2014 Je suis père de sept enfants et incapable de travailler pour les faire vivre, souffrant d\u2019un mal de reins depuis presque un an.Veuillez prier la sainte Vierge pour moi afin que je puisse recommencer à travailler.N.M.\u2014 C\u2019est une pauvre orpheline de père et de mère, affligée et découragée, qui vient demander le secours de prières afin de recouvrer une place perdue.Si cette grâce m\u2019est accordée, je manifesterai ma reconnaissance en m\u2019abonnant et en faisant une aumône.\u2014 Je viens encore solliciter des prières pour obtenir la conversion d\u2019une jeune fille de dix-sept ans qui a presque abandonné le bon Dieu.Mme X., Sandwich.\u2014 Je renouvelle mon abonnement et demande une neuvaine pour la conversion d\u2019une personne qui m\u2019est chère.Mme Burke.\u2014 Je demande avec confiance à notre bonne Mère du ciel une position pour mon mari et la vente d\u2019une propriété.Mme E.G., Alma-ville.\u2014 Ayant bien confiance à la très sainte Vierge, je viens m\u2019inscrire au nombre de ceux qui demandent des faveurs afin d\u2019obtenir une position d\u2019ici une couple de mois, je suis père de quatre enfants.M.L.S., Ste-Scholastique.\u2014 Auriez-vous la charité de demander avec moi à notre Immaculée Mère une grande grâce; si je l\u2019obtiens dans un court délai, en reconnaissance, je verserai une aumône pour les missions.J.M., Lorette-ville.\u2014 Ci-inclus, le prix d\u2019une neuvaine de lampions à la très sainte Vierge.Je désire obtenir une faveur toute spéciale; si exaucée, je prendrai un abonnement en action de grâces.Anonyme.\u2014 S\u2019il vous plaît, faites avec moi une neuvaine en l\u2019honneur de la sainte Vierge pour que mon mari obtienne la position qu\u2019il demande.Je fais la promesse de racheter huit enfants chinois moribonds et de m\u2019abonner au « Précurseur », comme preuve de ma reconnaissance.Une abonnée de Bagotville.\u2014 Une garde-malade confiante demande des prières pour obtenir plein succès dans une entreprise.\u2014 Une neuvaine à la sainte Vierge pour la conversion de trois personnes et l\u2019union de deux ménages séparés depuis nombre d\u2019années.Une ancienne abonnée.\u2014 Un père de sept enfants sans travail demande la grâce de trouver de l\u2019ouvrage pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.Mme E.C.\u2014 Je recommande fortement mes intentions: 1° la paix et une sainte gaieté pour une personne en détresse; 2° une intention particulière très importante; 3° l\u2019avenir de mon enfant de sept ans, qu\u2019il corresponde aux vues de la divine Providence sur lui; 4° une faveur temporelle qui probablement influera grandement sur la sanctification de mon mari; 5° une santé assez forte pour remplir tous les devoirs que Dieu m\u2019impose.Mme J.-H.P., Newport.\u2014 Mme J.L.paye son abonnement au « Précurseur » et si elle obtient une faveur, en promet trois autres en reconnaissance.Veuillez prier avec moi la Vierge Immaculée pour un ménage désuni afin de ramener ces époux dans le droit chemin.Une abonnée de St-lgnace.\u2014 Union de prières pour obtenir la paix dans la famille et la guérison de l\u2019eczéma chez ma fille.Une vieille abonnée.\u2014 Une position et la guérison de mon épouse.M.V.C.\u2014 Une intention spéciale pour une jeune fille orpheline, sans proches parents, et qui a besoin d\u2019encouragement.Mlle A.D.\u2014 Par l\u2019intercession de la sainte Vierge, je désire obtenir que mon mari reçoive le paiement de ses gages et aussi que 192 Monlréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1Ô35 mon pied guérisse le plus vite possible, je ne suis pas capable de marcher.Mme L.J., Montréal.\u2014 Arrangement d\u2019affaires très importantes et qui causent bien du trouble à mon frère, aussi la santé pour lui.J\u2019ai grande confiance à la sainte Vierge.Mlle B.Outremont.\u2014 Des prières pour la conversion d\u2019une jeune fille de dix-neuf ans, ainsi que pour sa mère bien malade.Une inconnue.\u2014 Je serais très reconnaissante si on voulait bien prier la sainte Vierge afin que mon garçon qui n\u2019a pas travaillé depuis plusieurs années se trouve de l\u2019ouvrage dans un avenir rapproché.Mme F.C., Montréal.\u2014 La perception d\u2019une grosse somme d\u2019argent en risque de se perdre, la reprise d\u2019une propriété sans procédure judiciaire.Je serai reconnaissante si j\u2019obtiens un règlement raisonnable.Mme E.M., Montréal.\u2014 Etant menacée de cécité, et ne voulant pas perdre la vue complètement, je me recommande aux prières pour cette intention et aussi pour obtenir plusieurs autres grâces.Mme J.-A.D.\u2014 Une intention particulière et pressante, il s\u2019agit d\u2019une âme en danger de se perdre.Mme A.D.\u2014 Je me confie, ainsi que ma famille, à notre bonne Mère du ciel et lui recommande les intentions suivantes: la grâce d\u2019une bonne mort; la vocation religieuse pour mes garçons, la persévérance pour l\u2019un d\u2019eux entré en religion; le paiement de nos dettes; plusieurs personnes malades et affligées et autre intention.Mme J.B., Asbestos.\u2014 J\u2019ai un de mes garçons qui a abandonné d\u2019aller à la messe, veuillez demander à la sainte Vierge de le ramener dans le bon chemin.Mme L.B., New-Bedford.\u2014 Je suis malade et mère de six enfants, je demande la santé afin de pouvoir faire mon ouvrage et prendre soin de mes chers petits.J\u2019ai une grande confiance d\u2019être exaucée.Mme E.G., Montréal.\u2014 La conversion de mon fils engagé dans un très mauvais chemin, ce qui me cause beaucoup de chagrin.Si exaucée, en reconnaissance, je ferai une aumône.Mme E.C.\u2014 De l\u2019ouvrage pour mon mari, père de six enfants et très éprouvé.Puisse la sainte Vierge nous exaucer.Mme W.P.\u2014 La guérison d\u2019une femme malade depuis trois ans et au lit depuis près d\u2019un an; après avoir beaucoup souffert d\u2019une maladie de cœur et de rhumatisme inflammatoire, elle est maintenant atteinte d\u2019un mal d\u2019estomac qui la tient dans un état de grande faiblesse.Un souvenir aussi pour son mari très affligé de cette épreuve.A.G.\u2014 Une pauvre veuve, bien découragée, mère de cinq enfants, sollicite un emploi pour son garçon de vingt-deux ans, seul soutien de la famille et qui ne travaille pas depuis un an et demi.\u2014 Je recommande à la sainte Vierge et à sainte Thérèse mes intentions: un changement dans le caractère de deux de mes enfants qui ne s\u2019accordent pas avec les autres membres de la famille; une conversion; le recouvrement, dans un court délai, d\u2019un certain montant d\u2019argent dû.Si exaucée, je promets, en reconnaissance, une offrande pour les missions.Mme L.D.\u2014 Des prières pour une mère de neuf enfants en bas âge, menacée de mort par une maladie de cœur avancée.Si sa guérison ou du moins une amélioration est obtenue, je ferai, en reconnaissance, une offrande pour les missions.M.L.C., Québec.\u2014 Obtention de travail et d\u2019une autre faveur spéciale, par l\u2019intercession de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Anonyme.\u2014 En vous envoyant mon offrande pour le rachat de deux petits Chinois moribonds, je demande des prières pour obtenir deux faveurs.J\u2019enverrai une autre aumône en reconnaissance, si exaucée.Une abonnée, St-Paul.RECOMMANDATIONS A DIVERS SAINTS Guérison sollicitée par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.M.et Mme William Angers, Holyoke, Mass.\u2014 De grâce, je vous supplie de prier avec moi saint Joseph et sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, afin d\u2019obtenir une grande faveur.Si exaucé dans un court délai, je promets, en reconnaissance, de payer mon abonnement pendant dix ans.M.J.-G.D., St-Côme.\u2022\u2014 Des prières en l\u2019honneur de la Sainte Vierge, de saint Joseph et de sainte Thérèse pour obtenir la guérison de la neurasthénie dont je souffre.Anonyme, St-Lambert.\u2014 Je sollicite par l\u2019intercession de la Sainte Vierge, de saint Joseph et de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, le règlement pour le mieux d\u2019une affaire importante et la bonne location de nos logements, avec promesse d\u2019une aumône en reconnaissance.Une abonnée confiante, Montréal.\u2014 Je demande à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus la guérison d\u2019un jeune homme qui est menacé de perdre un doigt par suite d\u2019un accident, et qui est complètement découragé.Une abonnée, Montréal.\u2014 Si une faveur spéciale nous est accordée, en reconnaissance, je prendrai un abonnement en l\u2019honneur de sainte Thérèse.Une qui a confiance, Valleyfield.\u2014 Ma guérison par l\u2019intermédiaire de saint Joseph en qui j\u2019ai plein espoir.Une abonnée de St-Jérôme.Promesse d\u2019une aumône à l\u2019œuvre des missions en remerciement et de publication, si saint Antoine m\u2019obtient la faveur que je sollicite depuis longtemps.Mlle M.-J.V., Ottawa.\u2014 La guérison de ma petite nièce qui, après avoir eu les oreillons est restée sourde.Comme remerciement, je ferai une aumône en faveur des missions.Mlle J.P., Montréal.\u2014 Je suis un pauvre homme malade, je n\u2019ai que 33 ans et suis père de deux enfants.Veuillez s\u2019il vous plaît m\u2019aider à demander ma guérison par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.\u2014 Je sollicite de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse les grâces suivantes; amélioration dans une position, l\u2019argent nécessaire pour acquitter nos dettes, un changement dans la conduite peu édifiante de mes frères.Anonyme.On demande des prières aux intentions suivantes: conversions, 9; vocation, 1; guérisons, 32: positions, 39; locations, 3; ventes de propriétés, 5; procès, 1; succès en entreprises, 3; intentions spéciales, 53. T t NECROLOGIE R.P O\u2019Hara, curé, presbytère de Ste-Anne, Montréal; Sœur Marie-Georges, novice, Missionnaire de rimmaculée-Conception; Mme Jovite Lapointe, Montréal, mère de notre Sœur Samt-Viateur; M.Isidore Surprenant, Richelieu, père de notre Sœur Marie-de-Nazareth; Mme W.Sauvé, Montréal, mère de nos Sœurs Thérèse-d\u2019AviIa et Saint-Bernard; Révde Sœur Clément, Hôtel-Dieu, St-Basile, N-B , sœur de notre Sœur Saint-Paul; Révde Sœur Lavigne, Hôtel-Dieu de Nicolet; M.Athanase La vigne, St-Norbert d\u2019Arthabaska, grand-père de notre Sœur Marie-d\u2019Éphèse; Mlle Jeanne Lacroix, St-Jean, N -B , M Jules Lapierre, St-Hermas, Mme J -Octave Mousseau, St-Polycarpe; M Antoine Lesieur, Montréal, Mme J.-J JouBERT, Outremont; Mme Hormisdas Blanchard, fils, St-Germain-de-Grantham; M.Joseph Leclerc, Trois-Rivières; M.Adrien Lacombe, Trois-Rivières; M.Louis Bolduc, Trois-Rivières; Mme Lucie Kipping, Beauhamois; M Origène Léveillê, N.P., Montréal; M.David Dion, Woonsocket, R -I ; M.Louis Gagné, St-Gérard, comté de Wolfe; M.Alcide Gauthier, Tétreaultville; M N.Sicard, Montréal; M Pierre Bordier, Montréal; Mme Jules Sauvé, Ville-Emard; Mme Romuald Laberge, Montréal; M Damase Leroux, Montréal; Mme Thomas Savard, HébertviPe-Station; Mme L.-P.Guy, Limoilou; Mme Jacob Joyal, Granby; M.Léon Cardinal, Montréal; Mme Vve Alfred Leclerc, St-Félicien; Mme S.Morin Couture, Verdun; Mlle Angèle Bergeron, Sorel; M.Wilfnd Couture, Ste-Madeleine.comté de St-Hyacinthe; Mme Trefflé Thibert, Ste-Philomène, comté de Châteauguay; Mlle Germaine Giguère, Montréal; Mme Joseph Murray, Montréal; Mme Louis Pelletier, Ste-Louise, comté de rislet; Mme E.Bastien, Montréal; Mlle Anna Lamarche, Montréal; Mme Vve J-B Charbonneau, St-Jérôme; Mme Osias Bouvrette, St-Augustm; M.Aldéric Racine, Montréal; Mme Joseph Aumont.St-Jacques de Montcalm; M.E Saint-Georges, Joliette; M Donat Paradis, Montréal; M.Wilfrid Lussier, Montréal; Mme Aimé Guyon, Verdun; M J -B Damphousse, Grand\u2019Mère; Mme M-A.La-coursiêre, Cap-de-la-Madeleine; Mlle Jeanne-d\u2019Arc Vinet, Verdun; Mme Thomas Boivin, Chicoutimi, M S.Lachappe, Montréal; Mme Adolphe Richard, Contrecœur; M.Wilfrid Lefebvre, Montréal.Mme Hector Poulin, Gifïard; Mme L.Lafrance, Rosemont; Mme Télesphore Léveillê, Montréal.M Wilfrid Brunelle, Napierville; Mme A.Fontaine, Verdun; M Rosaire Pelletier, Montréal; Mme Clément Lévesque, Rivière-Ouelle; Mme David Chapleau, Montréal, M Louis Corbeil, Rosemont, Mme J -B.Aubry, Montréal; Mme Odilon Fortin, Rosemont, Mme Joseph Goulet, Québec; Mme Pierre Angers, St-Hyacmthe; Mme Donat Gagnon, Lévis, M.Joseph Robidas, Montréal; M.Joseph Boutet, Loretteville, M.Ferdinand Charette, Rivière-du-Loup-Station; Mme Alexandre Michaud, Rivière-du-Loup-Station; Mme Ovila Saint-Pierre.Rivière-du-Loup-Station; M.Henri Degrandpré; Mme B -M -O Turgeon, Montréal, Mme Benjamin Duquette, Belœil; Mme J.-B Gascon, Villeray; Mme J.-L.Paquin, Villeray; Mme L Boileau, Montréal, M Joseph Comtois, Montréal; M.T Corbeil, St-Lin-des-Laurentides; M.Joseph Archambault, Montréal, Mme L Audet, Montréal; M.T.Major, Verdun; M.Louis Crevier, Verdun, Mme Zéphirin Despins, Fall-River, Mass ; Mme Ph.Côté, Québec; Mme F.Patenaude, Rosemont; Mme Nérée Tremblay, Ste-Foy, M Théodore Lafleur, Ahuntsic; M F.Fran-CŒUR, Rosemont; MM.Arthur et René Pard, Montréal; M Eugène Roy, Montréal; Mme J -B Lawler, Côte-St-Paul; M.Wilfrid Lawler, Louiseville; M.Adolphe Pauwels, Ceume, Belgique; M Luc Hudon, Rivière-Ouelle; Mme Hubert Collin, Montréal; Mme Ludger Drogue, Ste-Bngide d\u2019Iberville, M François Bonetto, Youville; M Joseph Dumoulin, Wmooski; Mme Louis Ouellet, Albanel; Mme H Piotte, Montréal; M Joseph Morin, Verdun; Mme Marie Roy-Lagueux, St-Joseph de Beauce; M.F.-X Proulx, Ile-Bizard; M J -T.Vêzina, M.D., Montréal; Mme Êmile Germain, Montréal, Mme J -O.Grégoire, Thetford-Mines; Mme Apollinaire Feuiltault, Montréal; Mme J.-Hector Laporte, Ste-Geneviève; M et Mme Alphonse Lebeau, Montréal ¥ TNE messe de (( Requiem )) est célébrée chaque semaine dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de PImmaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » 1-1 cd ?CD Vi < 'Cd Pt H Z O s P O «2 ï Ms 11] X 0) ^ 0) fi sp- ed s û,i S:- O ?L>i ed i « U.U ü Z U H U Pi M I\u2014( CEi P «S P O U TÉL.Lancaster 2915 Langevin & Forest Bois de construction, Ten Test, Gyproc, Donnacona, placages 3 épaisseurs.1435, RUE ST-DOMINIQUE MONTRÉAL FOURNIER & PAPILLON LIMITÉE Matériaux de construction 92, RUE ST-ROCH QUÉBEC Pour votre PAIN QUOTIDIEN et aussi BISCUITS et PATISSERIES de haute qualité, allez chez T.HETHRINGTON, LIÉE == BOULANGERIE MODÈLE \u2014= 358-364, me St-Jean\tQuéb ec TELEPHONE 2-6636 (U \u2022 pM B U P 'W Pt H Z O s «K (A 3 < (0 MU Z ê\tO S \t g ï\t1 ûl\tUi \u2014.\t ¦< S fARINE \u201cREGAL\u201d Absolument la meilleure ____\tTHE ST.LAWRENCE FLOUR MILLS CO.LTD.i FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » S OJ gss g O OJ .i I H ¦' 3 « 'Cu \u201e ^ ^ 9 S\", a ^SG I = d'2 a £ \u2022< « \u201c S Sa» H o| Z -\"S c s ^ S N-^ » Q P çi H CQ ¦^1 ' \u202252-S U 5XJ I-S Om a-2 b-i \u2022> A 0®> H to > W 00 O \"^\u2019\u2022S M s| * ^ Q V ^n.O ^ « O \u2022w CC ï 3 9 a \u201c «J ^ 5^1 |'£ ^'¦ê D » O ü H Z O O, U .a Q «\u2018W a Z » ü P h a> Ji U 3 O n O O o\\ H Z 0 01 3) Q « H AFin d\u2018 assurer la sécurité de vos envois d\u2019argent Quand vous envoyez de l'argent n\u2019importe où au Canada, rappelez-vous qu\u2019un moyen sûr, commode et peu coûteux c\u2019est le mandat de la Banque Provinciale du Canada.Ces mandats offrent les avantages suivants: 1° Encaissables sans frais à n\u2019importe quel bureau de banque à charte au Canda; 2° Emis à un coût minime; 3® Facilement remboursables si vous les égarez.Ulilistt U mandai de la Banque Provinciale du Canada pour vos \u20acnvois d\u2019argent émis )usgu*à $100 inclusivement.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA S.-J.-B.ROLLAND Priaidenl CH.-A, ROY Gérant général CIERGES Toutes les grandeurs CHANDELLES Toutes les qualités LAMPIONS Tous les formats Notre existence progressive de plus de trente-neuf^années, constitue un témoignage irréfutable de la qualité de nos produits et de l\u2019excellence de notre service.Maison fondée en 1896\t^ f.BAÎLLftRGEDNlîMÎTïE SAINT-CONSTANT Co.Laprairie, - Que.Lancaster 7336 \u2014 MONTREAL \u2014 17, rue Notre-Dame Est Lancaster 7070 U M tree MONTREAL CARRIERE & SENEGAL Lancaster 7070 LIMITÉE Optométristes-Opticiens à PHôtel-Dieu 271, RUE STE-CATHERINE EST MONTREAL LIBRAIRES PAPETIERS IMPORTATEURS ORANGER FRÉRSS 54, Notre-Dame Ouest MONTRÉAL TÉL.Lancaster 2171 À T EN CHINE CANTON, Asile de la Sainte-Enfance, Boîte postale 93 (Fondée en 1909) École de catéchistes.Catéchuménat.École pour élèves chrétiennes et païennes.Orphelinat.Crèche.Ouvroirs.SHEKl LUN(j, près Canton (Fondée en 1913)\tLéproserie.HONG KONG, 6, Amai Villa, Kowloon (Fondée en 1927) Procure et École.TSUNGMING, Mission Catholique, Pao Chen, Kiangsu Orphelinat.Crèche et École.\t(Fondée en 1928) Noviciat indigène « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ».SUCHOW, Mission Catholique (Fondée en 1934) Formation de vierges indigènes.EN MANDCHOURIE, VIA JAPON LEAOYUANSIEN, Mission Catholique (Fondée en 1927) Dispensaire.PAMIENTCHENG, Mission Catholique (Fondée en 1929) Dispensaire.Orphelinat.École.FAKOU, Mission Catholique (Fondée en 1930)\tDispensaire.École.TAON AN, Mission Catholique (Fondée en 1931)\tDispensaire.École.SZEPINGKAI, Mission Catholique (Fondée en 1931) Dispensaire.Noviciat indigène « Notre-Dame-du-Saint-Rosaire ».TUNGLEAO, Mission Catholique (Fondée en 1932) Dispensaire.École.PAITCHENGTZE, Mission Catholique (Fondée en 1933) Dispensaire.KOUNGTCHOULING, Mission Catholique (Fondée en 1933) Dispensaire.AU JAPON KORIYAMA, 96, Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken Jardin de l\u2019Enfance.\t(Fondée en 1930) WAKAMATSU (Fondée en 1933)\tJardin de l\u2019Enfance.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, 286, Blumentritt (Fondée en 1921) Hôpital général chinois.École de gardes-malades.Patronage « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ».EN ITALIE ROME, 20, via Acquedotto Paolo, Monte Mario (Fondée en 1926) Procure pour les missions. Bienfaiteurs de la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, pourvoient à l\u2019entretien d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants; 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses; 2° Une messe chaque mois à leurs intentions; 3° Tous les vendredis et dimanches de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs (les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition); 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupes de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire; 5° Un service est célébré, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts; 6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses; 7° Chaque semaine, dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, deux messes sont célébrées spécialement pour les abonnés au Précurseur et les bienfaiteurs vivants et défunts.DU MESSAGER, MONTrIaL "]
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