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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mars - Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1934-03, Collections de BAnQ.

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[" w fk © VoL.VIL 15® année Montreal, Mars-Avril 1934 Œuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Outremoot, pris Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchi.stes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), Cté Lava! HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1918) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Œuvre chinoise.Ouvroir pour les missions, Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.GRANBY, 64, rue Ottawa (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronages pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.CHICOUTIMI, 61, rue Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.GRANBY, 285, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Jean-Baptiste (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.\t{A suivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Mirs Avril 1931 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CoNCEPTiON Ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Veuillez lire attentivement ».En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. >1 -iVix DONNES SUK DEMANDE \" VOTs, I 3SR> w. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1934 Veuillez lire attentivement\t\t Chasuble, damassée, galon de soie\t$ 16.00 et $ 25.00\t\t »\tmoire antique avec beau sujet.\t\t25.00 »\t35.00 »\tmoire antique, riche broderie d\u2019or\t\t75.00 » 100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.»\tdrap d\u2019or fin, sans ou avec une très\t\t30.00 »\t38.00 riche broderie d\u2019or à la main.\t\t50.00 »\t90.00 Voile huméral.\t\t7.00 » plus Chape, damas, galon de soie et doré\t\t\t30.00 »\t50.00 » moire antique, avec riche broderie\t\t d\u2019or.\t\t70.00 »\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie\t\t d\u2019or en relief à là main\t\t\t100.00 » 150.00 Aube, avec dentelle guipure\t\t\t8.00 » plus Surplis en toile avèç et sans dentelle\t\t\t3.00 » » Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge\t\t\t5.00 »\t» Voile de tabernacle\t\t\t5.00 »\t» Voile de ciboire\t\t4.00 » » Signet pour bréviaires, peint\t\t\t1.00 » » Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur »\t\t\t8.00 » » Grande variété de bannières et de dais\t\tconfectionnés à notre atelier.\t\t Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au\t\t bout flottant.\t\t Description et prix donnés sur demande.\t\t ENFANTS-JÉSUS EN CIRE\t\t Longueur\tLongueur\t 5 pouces\t\t\t$ 1.50\t14 pouces.\t\t$14.00 7\t»\t\t 3.00\t17\t»\t\t 20.00 9 »\t\t 5.00\t22\t»\t.\t\t 30.00 12 » \t\t\t 10.00\t \tf Amicts\t\t.$12.00 la douz.\tCorporaux\t\t8.50 »\t» Lingerie d\u2019autel oeur£( iHtoionnairesi îte r3mmaculée=Conception Publié avec l\u2019aulorisation de Monseigneur VArchevêque de Mpntréal Vol.VII.15' année Montréal, Mars-Avril 1934 No 8 4 4! SOMMAIRE TEXTE La belle âme de saint Joseph Jésus adolescent\t.\t.\t.\t.\t.Vivons de foi, propageons la foi Nouvelle page glorieuse pour l\u2019histoire de l\u2019Eglise Neuvaine en l\u2019honneur de saint François Xavier L\u2019Ame chinoise.Roses effeuillées .\t.Echos de nos Missions .\t.Extrait des Chroniques du Noviciat .Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie Le Précurseur Abbé Perdrait 451 453 456 La Croix 457 462 Shin-Lou-Ti 463 466 468 504 509 GRAVURES (hors-texte) 450 453 454 457 460 461 462 468 470 473 Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs Saint Joseph .Le divin Adolescent\t.L\u2019atelier de saint Joseph .Sainte Bernadette Soubirous La grotte de Lourdes\t.Basilique Notre-Dame de Lourdes Saint François Xavier, patron des Missionnaires Barque chinoise abordant à l\u2019île de Shek-Lung Quelques lépreuses de Shek-Lung représentant la foule des malheureux auprès desquels se dévouent, depuis vingt et un ans, les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Une domestique chinoise s\u2019apprêtant à faire la lessive, tout en fumant la pipe .Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception partant de Szeping- kai pour la mission de Paitchengtze, Mandchourie.Religieuses indigènes de la Société Notre-Dame-du-Rosaire et élèves de l\u2019Ecole Préparatoire à la vie religieuse, Szepingkai.Mandchourie 476 Crèche Notre-Dame-de-la-Providence des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Canton, Chine.Nouvelles chrétiennes du Couvent de Canton, Chine, après la cérémonie de baptême, de confirmation et de première communion qui eut lieu à la cathédrale, le jour de la Pentecôte 1933\t.Second groupe des baptisées de la Pentecôte 1933, au Couvent de Canton, Chine .Au dispensaire et au refuge, Pamien Tcheng, Mandchourie .Partant pour une visite aux malades .\t.Quelques fleurs du jardin de l\u2019Orphelinat de Tsung Ming, Chine Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Koriyama, Japon 474 480 482 483 488 495 497 500 P % W: m i w.w. r 4k « Allez à Joseph! » Son cœur s\u2019est reposé sur le cœur de Jésus; là, il a appris à estimer les âmes, à en peser la valeur, à les aimer d\u2019un amour spécial.C\u2019est le chemin le plus court, après Marie, pour aller à Jésus: tout en lui tend à cet aimable Sauveur.P.Faure, S.M, ïà belle âme be ôamt De même que l'on trouve, au sein de la nature, De riches diamants dont l'enveloppe obscure Dérobe à nos regards leur éclat merveilleux.Ainsi se trouve-t-il, dans le monde des âmes.Des joyaux précieux, étincelants de flammes.Dont l'étonnant mérite est caché à nos yeux.Sous le ciseau de l'art qui polit, qui façonne.Le diamant bientôt de mille feux rayonne; Chacun peut admirer sa beauté, sa valeur.Le divin Ouvrier semblablement cisèle.De son art infini, toute âme qui recèle La bonne volonté, les saints désirs du cœur.Ces âmes qu'ici-bas on ne sait pas connaître.Qui vivent pour Dieu seul, qui, sous sa main de Maître, Se laissent façonner et polir avec soin.Un jour on les verra, dans la clarté sans voiles.Comme des diamants, ou comme des étoiles.Briller dans les hauteurs pour les siècles sans fin.C'est ainsi qu'à jamais resplendit sans mesure Près du trône de Dieu, près de la Vierge pure.L'âme de saint Joseph, au séjour des élus.Mais comment ce grand saint, en sa course mortelle.A-t-il pu mériter une gloire si belle?Quels sont donc ses attraits, quelles sont ses vertus ?Ah! non, nul ici-bas, de sa voix misérable.Ne saurait dignement, de cette âme admirable.Dépeindre les grandeurs et l'exquise beauté; Ce n'est qu'en paradis que nous pourrons comprendre Le grand œuvre que Dieu fit en cette âme tendre.Merveille de droiture et de fidélité. Dans les plans du Seigneur, dans ses conseils augustes, Joseph fut de longtemps choisi parmi les justes Pour accomplir sur terre un rôle tout divin; Il devait, ô bonheur, par un profond mystère.Etre, du Fils de Dieu et de la Vierge Mère, Le sage pourvoyeur, le dévoué gardien.Le Seigneur, dans ce but, créa son âme belle.Il l\u2019enrichit de grâce, y jeta l\u2019étincelle Des plus hautes vertus, des plus chastes amours; Et sous sa main divine, au ciseau de l\u2019épreuve.L\u2019âme de saint Joseph, comme une perle neuve.Brilla de plus en plus, s\u2019embellissant toujours.Mais il fut ignoré aux regards de la terre.Vivant de pauvreté, de travail, de prière.Fuyant l\u2019honneur, le faste et tous les vains plaisirs; La volonté de Dieu était toute sa vie, Sa boussole adorée et sa manne chérie.Sans cesse à l\u2019accomplir tendaient tous ses désirs.Le Très-Haut en son cœur prenait sa complaisance.Sa douce humilité, sa simple obéissance.Son parfait abandon, sa générosité Reflétaient les attraits de l\u2019Enfant adorable.Confié à ses soins, et de la Mère aimable Dont il voilait l\u2019éclat de la virginité.Maintenant, de par Dieu, ce serviteur fidèle Est couronné d\u2019honneur, et son âme si belle Emerveille là-haut tous les chœurs des élus.Si nous voulons briller, nous aussi, dans la gloire.Marchons fidèlement de victoire en victoire.Imitons de Joseph les sublimes vertus.Le Précurseur Sféôusi abolestent LE DIVIN ADOLESCENT Quelle vie menait Jésus à Nazareth ?Il partageait l\u2019existence de ses parents; avec saint Joseph, son père, il travaillait de ses mains.Lorsque, au commencement de sa prédication, il revint à Nazareth annoncer le royaume de Dieu, ses concitoyens manifestaient hautement leur surprise.« D\u2019où lui vient sa sagesse ?disaient-ils.Qui lui a donné cette puissance ?N\u2019est-ce pas un ouvrier et le fils d\u2019un ouvrier?» Au temps de ses discours, ceux de Jérusalem disaient également: « Comment sait-il les lettres, puisque personne ne les lui a apprises?» (Marc, vi, 3; Jean, V, 45.) Le mot latin faber, que l\u2019Évangile applique à Jésus et à Joseph, désigne un ouvrier qui travaille le bois.Que nos saints ouvriers fussent des charpentiers, cela peut être, mais cela ne va pas de soi.Saint Justin, qui vivait si près des apôtres, dans son dialogue avec le Juif Triphon, parle de charrues, de balances, de jougs de bœufs, qui seraient sortis des mains du Seigneur; Tertullien tient le même langage, et saint Jérôme nous apprend qu\u2019on conservait, dans plusieurs églises d\u2019Orient, des ouvrages de bois qu\u2019on disait sortis de l\u2019atelier de Nazareth.Cela ferait supposer que Joseph et Jésus travaillaient dans un atelier, et que, peut-être, ils tenaient boutique, vendant chez eux ce qu\u2019ils avaient fabriqué.Quoi qu\u2019il en soit, on les appelle des charpentiers, dans les premiers siècles.Joseph avait appris son état à Jésus.Quand le texte nous dit que l\u2019Enfant était soumis à son père, il faut entendre qu\u2019il lui était non seulement obéissant dans les choses de la vie, mais encore qu\u2019il demeurait sous sa dépendance en tout ce qui concernait son état.Ainsi le constructeur de l\u2019univers voulut apprendre d\u2019un homme comment on pouvait travailler des poutres de bois! Le divin apprenti en savait cependant mille fois plus que son patron.Il eût pu, s\u2019il eût voulu, établir des charrues bien autrement perfectionnées que celles dont Joseph donnait le modèle; il ne l\u2019a pas voulu.Qu\u2019apprenait-il donc de son père ?L\u2019art de ne pas si bien faire.Il se conformait au travail de son temps; il n\u2019en sortait pas.Il travaillait pour obéir.Que lui importait qu\u2019il fît ceci ou cela, de cette manière ou d\u2019une autre façon?Il voyait en Joseph son maître, il lui obéissait comme un ouvrier obéit au chef de l\u2019atelier.Soumis à son père, il ne l\u2019était pas moins à sa mère.Un enfant, un enfant unique, à mesure qu\u2019il grandit, est d\u2019une grande ressource pour des pauvres gens.Quelque modeste que fût le feu du foyer de Nazareth, encore fallait-il du bois pour l\u2019entretenir: Jésus était là pour l\u2019apporter.L\u2019eau ¦ .\t'-n-^ i*'\" < LE CONSTRUCTEUR DE L\u2019UNIVERS VOULUT APPRENDRE D\u2019UN HOMME COMMENT ON POUVAIT TRAVAILLER DES POUTRES DE BOIS\t\u201e Abbe Perdrau Montréal LE PRÉCURSEUR Mare-Avril 1934\t455 était loin; on la puisait à la source du bas de la ville; Jésus était là pour aller la chercher; fils très attentif, il s\u2019ingéniait à soulager sa mère.Ainsi, nous trouvons dans l\u2019intérieur de la maison de Joseph une famille d\u2019artisans, qui gagnent leur pain à la sueur de leur front.Marie est une ouvrière; elle est appelée ainsi dans les écrits les plus anciens.Le soin de l\u2019intérieur du logis de Joseph lui revenait d\u2019office.Elle avait à préparer la nourriture de ses deux ouvriers.Elle avait à confectionner leurs vêtements: une vieille tradition dit que c\u2019est elle qui avait tissé la robe sans couture que Jésus porta toute sa vie, qui grandit avec lui, et que les soldats tirèrent au sort, sur le Calvaire.Les détails de la vie de Marie échappent, tant ils sont infimes.En s\u2019enfermant dans un atelier pour y travailler jusqu\u2019à trente ans, Jésus a fait une œuvre d\u2019une portée incalculable.Il a opéré pacifiquement, par la seule puissance de sa volonté, la révolution la plus radicale de l\u2019histoire.Qu\u2019était l\u2019artisan avant Jésus-Christ ?Un être dédaigné de tous ceux qui étaient au sommet de la société.Chez les Romains, la plupart des métiers étaient tenus par des esclaves.L\u2019ouvrier était relégué au dernier rang; personne ne le regardait.Notre-Seigneur Jésus-Christ arrive: il se fait artisan lui-même; il consacre au travail des mains sa vie presque entière.Le coup est porté; l\u2019exemple est donné; un ordre nouveau commence.Le travail manuel est réhabilité; l\u2019ouvrier est tiré de son abjection; il devient l\u2019égal des autres hommes.Ce n\u2019est plus un déshonneur de n\u2019avoir pas de quoi se suffire; ce n\u2019est plus une honte de gagner son pain.Travailler, c\u2019est montrer du courage; c\u2019est savoir porter la peine; c\u2019est n\u2019attendre que de Dieu et de soi-même sa subsistance et celle de sa famille.Ce qui déshonore, c\u2019est la paresse, et les vices qu\u2019elle engendre.La honte, c\u2019est de manger un pain qu\u2019on n\u2019a pas gagné, ou qui ne nous appartient pas.Travailler n\u2019empêche pas d\u2019être probe, délicat de conscience, juste.Tout au contraire, l\u2019ouvrier peut aisément pratiquer la vertu, être honnête homme, et se rendre digne de l\u2019estime de ses concitoyens.Ces maximes semblent aujourd\u2019hui banales, tant elles sont redites; au temps de Jésus-Christ on n\u2019y pensait même pas.C\u2019est lui qui les a rendues populaires.Et comment cela ?Par les exemples qu\u2019il a donnés à Nazareth; par les discours prononcés sur les chemins de la Galilée.Comme il est dit dans les Actes des Apôtres (Act., ii) : « Jésus a fait et il a enseigné.» Le travail de l\u2019atelier a inspiré le discours de la montagne; l\u2019ouvrier a précédé le docteur, et de la sorte l\u2019œuvre de Jésus est apparue dans toute son unité et sa force.Voilà ce que ne devraient pas oublier ceux qui nous parlent sans cesse de l\u2019ouvrier, de ses droits.Jésus a plus fait pour lui que tous les démocrates: il a relevé la condition de l\u2019artisan en lui apprenant à devenir un ouvrier chrétien.Abbé Perdrau Eia ^ æ; Je me sens la vocation de guerrier, de prêtre, d\u2019apôtre, de docteur, de martyr.Je voudrais accomplir toutes les œuvres les plus héroïques, je me sens le courage d\u2019un croisé, je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense de l\u2019Église.Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus ^iüonâ ùe foi, propaseonô la foi Oh! le grand don que celui de la foi! que celui qui l\u2019a reçu possède une précieuse grâce! Qu\u2019il est heureux celui qui, du fond de son cœur et avec une entière conviction, peut dire chaque jour: « Mon Dieu, je crois en vous, en vos attributs infinis, en vos étemelles récompenses.je crois en vos saints mystères.je crois tout ce que la sainte Église catholique croit et enseigne.Mon Dieu, je crois, j\u2019adore, j\u2019aime.» Et qu\u2019il est heureux celui qui, parlant ainsi, vit de la foi, fait les œuvres de la foi, car la foi sans les œuvres est-ce une foi sincère ?.Comment celui qui a reçu ce grand don peut-il vivre en mauvais chrétien?Ah! c\u2019est qu\u2019il a laissé s\u2019affaiblir ou s\u2019éteindre en lui ce rayon d\u2019En-Haut, cette lumière de l\u2019esprit et du cœur qui guide à la vie éternelle.« Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, a dit Notre-Seigneur, mais celui qui ne croira pas sera condamné.» Mais comment conserver et accroître en nous ce précieux dépôt que nous portons en des vases si fragiles ?« Seigneur, augmentez en nous la foi », disaient les apôtres à leur divin Maître.C\u2019est par cette prière humble et confiante, par des actes de foi répétés, par notre reconnaissance envers Dieu pour cet insigne bienfait, par notre zèle à propager la foi, que nous mériterons d\u2019être du nombre de ceux dont le Sauveur a dit: « Bienheureux ceux qui n\u2019ont point vu et qui ont cru.» Tout le monde peut travailler à propager la foi, d\u2019abord autour de soi par l\u2019exemple, en accomplissant fidèlement tout ce qu\u2019elle enseigne, par la parole en instruisant les enfants et les ignorants des grandes vérités que nous devons croire pour être sauvés, en contribuant de mille manières à conserver ou à accroître cette vertu dans le prochain: et puis en aidant les missionnaires, les apôtres de la foi, à porter la lumière de l\u2019Évangile au sein des peuples idolâtres assis encore au sein des ténèbres du paganisme et de l\u2019erreur.Vivons de foi, propageons la foi et nous vivrons d\u2019espérance et de charité et nous mériterons, après notre court passage sur la terre, d\u2019entrer dans la béatitude promise à ceux qui auront cru.^ la mémoire be iHonsiieur l'abbé Jf.ILelanbaig, p.â).ê>.Le 18 novembre 1933, s\u2019éteignait à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, à l\u2019âge de 80 ans.Monsieur l\u2019abbé F.Lelandais, sulpicien.Ce saint prêtre, natif de France, a passé cinquante ans au Canada.De 1883 à 1889, il enseigna au Grand Séminaire de Montréal dont il devint le Supérieur en 1903, charge qu\u2019il exerça jusqu\u2019en 1918.Monsieur l\u2019abbé F.Lelandais fut aussi un apôtre zélé de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance, dont il eut la direction pendant plusieurs années dans le diocèse de Montréal.En 1916, ses nombreuses occupations, toujours croissantes, ne lui permettant plus de s\u2019occuper aussi activement de la chère Œuvre, S.Exc.Mgr Bruchési l\u2019en déchargea et la confia aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception; cependant, M.l\u2019abbé Lelandais demeura toujours très intéressé au développement de cette admirable Association dans notre pays. Mainte Pernatiette â>oubtrou2i (en religion sœur MARIE-BERNARD) FAVORISÉE À LOURDES, DU 11 FÉVRIER AU 16 JUILLET 1858, DE DIX-HUIT APPARITIONS DE LA TRÈS SAINTE VIERGE üoubellc page glorieuse pour l\u2019histoire de l\u2019Église dans l\u2019Année sainte de la Rédemption et dans le soixante-quinzième anniversaire des Apparitions de Lourdes Rome, 8 décembre 1933 Et exaltavit humiles.Si jamais la parole du Magnificat a reçu son accomplissement, c\u2019est bien aujourd\u2019hui, à Saint-Pierre de Rome.Quel contraste! en l\u2019espace de soixante-quinze ans.Reportons-nous à l\u2019hiver de 1858.Une petite bergère pyrénéenne voit Notre-Dame dans le creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes.C\u2019est une réponse à l\u2019oracle infaillible du Pontife romain, qui a proclamé, quatre ans plus tôt, l\u2019immaculée Conception.Mais Bernadette n\u2019est pas docteur en théologie.Elle ne sait que son chapelet.Toute la doctrine mariale y est contenue à vrai dire.Elle ne parle habituellement que le patois lourdais.Marie s\u2019y conformera: e au â>amt=J^ère la canonisîatiou be pernabette Dès sa réponse à la première instance formulée par l\u2019avocat consistorial, Mgr Bacci, secrétaire des Lettres aux princes, avait dit l\u2019allégresse intime du Pape, « car voici que dans cette majestueuse basilique de Saint-Pierre où son prédécesseur d\u2019heureuse mémoire.Pie IX, définit et sanctionna aux applaudissements du Sacré Collège, des évêques, de tout le clergé et du peuple chrétien tout entier, le dogme de l\u2019immaculée Conception, le Pontife actuel se prépare à insérer dans le catalogue des Saints, la bienheureuse Bernadette Soubirous, dont les prodigieuses visions aux Roches Massa-bielles ont paru répandre une lumière supérieure sur ce chapitre de la doctrine catholique.» Le Saint-Père allait lui-même, dans l\u2019homélie rituelle qu\u2019il prononça après l\u2019Évangile à la messe de la canonisation, développer les motifs de sa joie; « Cette année, qui est si spécialement consacrée à commémorer la Rédemption humaine, voit aussi s\u2019achever la soixante-quinzième année depuis qu\u2019aux Roches Massabielles, la Vierge, Mère de Dieu, immaculée dès sa conception, s\u2019est manifestée aux yeux de cette innocente enfant: il semble ainsi que Dieu lui-même, qui règle à son gré le cours des événements et la marche du temps, a voulu accroître l\u2019éclat de cette célébration, car tout ce qui sert la gloire de Bernadette Soubirous augmente celle de la Vierge Immaculée.» LA GROTTE DE LOURDES Puis le Saint-Père analyse la conduite de la Vierge Marie, si semblable à celle de Dieu même.« Voulant confirmer de la façon la plus éclatante la définition par laquelle notre prédécesseur d\u2019heureuse mémoire a sanctionné aux applaudissements de l\u2019univers le dogme de l\u2019immaculée Conception, la Mère du Sauveur n\u2019est pas allée chercher les plus doctes des hommes, mais l\u2019ignorante enfant de pauvres gens, qui n\u2019avait point d\u2019autres richesses que la candeur ravissante de son âme.C\u2019est à cette enfant qu\u2019elle dit: Je suis l\u2019immaculée Conception.» Pour réveiller la foi, explique le Souverain Pontife, pour renouveler la sainteté des mœurs chrétiennes, Marie a choisi cette humble petite fille en qui se vérifiaient ces mots de l\u2019Évangile: Bienheureux les pauvres en esprit parce que le royaume des deux leur appartient; bienheureux ceux qui Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avnl 1934\t461 BASILIQUE NOTRE-DAME DE LOURDES ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu; et Pie XI montre l\u2019étonnante fécondité du message marial transmis par Bernadette, la triple basilique érigée aux Roches Massabielles, les foules du monde entier qui s\u2019y succèdent, les conversions qui ne cessent point de s\u2019y opérer, les vocations sans nombre à la vie parfaite qui s\u2019y décident, les guérisons qui s\u2019y vérifient.Il veut, en cette heure solennelle où est glorifiée l\u2019enfant de Lourdes, se transporter en esprit à la Grotte de l\u2019immaculée Conception, et en union avec ses auditeurs, demander à cette divine Mère, son assistance pour imiter les vertus de Bernadette, son humilité, sa foi, son ardente charité.« Nous désirons enfin que de ferventes prières soient adressées à l\u2019immaculée Mère de Dieu, et à sa servante bien-aimée, pour l\u2019univers catholique tout entier, afin que, dans le cours de cette Année sainte, tous jouissent des bienfaits de la Rédemption, afin que tous obtiennent la paix que le monde ne peut pas donner, et qui se fonde sur la tranquillité de l\u2019ordre véritable et sur l\u2019observation attentive des principes chrétiens.» VANNEUF VILLE \u2014 La Croix Ayez toujours quelque objet qui vous rappelle la sainte Vierge, une de ses images, par exemple, dans votre livre, le Rosaire dans votre poche.On ne craint rien quand on est mimi d\u2019une de ces armures protectrices.Le bienheureux Hermann ht garbe à la ôainte Le premier samedi de chaque mois, de 8 heures du matin à 6 heures du soir, est faite une garde d\u2019honneur à la sainte Vierge dans la chapelle de la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, par les personnes du monde de tout âge et de toute condition.Ceux et celles qui désirent s\u2019unir à ce concert d\u2019amour, de reconnaissance, de réparation et de supplication envers la Reine du ciel sont les bienvenus.Pour tous renseignements s\u2019adresser à: La Maison Mère des Missionnaires de rimmaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal. NEUVAINE DITE DE LA GRÂCE en l\u2019honneur de ê^aînt Jfrançoisi 3Cabier DU 4 AU 12 MARS JOUR ANNIVERSAIRE DE SA CANONISATION SAINT FRANÇOIS XAVIER.PATRON DES MISSIONNAIRES « Oh! que c\u2019est un bon et fidèle ami! Comme il assiste puissamment dans les difficultés et les perplexités! » (Paroles du P.Mastrilli.) C\u2019est une promesse miraculeuse de saint François- Xavier, dans une célèbre apparition au P.Marcel Mastrilli, religieux de la Compagnie de Jésus, qui a donné naissance à la Neuvaine dite de la Grâce.Depuis plus de deux siècles, des faveurs sans nombre en garantissent l\u2019efficacité et autorisent la confiance des fidèles.Sur la fin de l\u2019année 1633, le vice-roi de Naples donna ordre de décorer magnifiquement une église, dans laquelle il voulait célébrer en grande pompe la fête de l\u2019immaculée Conception.Le P.Mastrilli était à surveiller les préparatifs, quand un marteau, du poids de deux livres, lui tomba sur la tête de plus de cent pieds de haut, et le coucha dans son sang.On le releva mortellement blessé.11 fallut bientôt songer aux derniers sacrements: mais le moribond ne put recevoir que l\u2019extrême-onction.On pleurait déjà le P.Mastrilli comme mort, lorsque tout à coup une sérénité soudaine se répand sur ses traits; il ouvre les yeux et les porte respectueusement sur un des côtés de son lit; des mots à demi-voix et accompagnés de larmes, des élans vers une personne qui semblait lui parler, le mouvement de la main appliquant sur sa blessure une j-elique de la vraie Croix, tout fait juger que le malade est l\u2019objet d\u2019une faveur extraordinaire.En effet, le Père se redresse, et, levant les yeux et les mains vers le ciel, il s\u2019écrie: « Mes Pères, je suis guéri, et c\u2019est à saint François Xavier que je le dois.» A ces mots les assistants dans l\u2019admiration et la reconnaissance récitent un Te Deum d\u2019action de grâces.Cependant le P.Mastrilli s\u2019était habillé sans peine; il se prosterna devant l\u2019image de son céleste médecin et y resta longtemps en prières.Après s\u2019être relevé, il raconta lui-même au P.Recteur ce qui venait de lui arriver, ensuite il en écrivit le récit.Nous en extrayons les détails concernant la neuvaine.Saint François Xavier, pour lequel le Père professait une tendre dévotion, lui était apparu, le visage rayonnant de gloire; il avait enjoint au malade d\u2019appliquer sur sa blessure une relique de la vraie Croix, et lui avait fait faire le vœu d\u2019aller au Japon pour y cueillir la palme du martyre; puis il lui donna plusieurs avis salutaires pour sa sanctification, enfin il lui assura « que tous ceux qui, pendant l\u2019espace de neuf jours, du 4 au 12 mars, imploreraient chaque jour son intercession auprès de Dieu, se confesseraient et communieraient pendant la neuvaine, ressentiraient les effets de son crédit, en obtenant de Dieu tout ce qu\u2019ils demanderaient pour leur salut et pour sa gloire ».La neuvaine a été dès lors pratiquée en tous lieux avec une efficacité telle qu\u2019on lui a donné le nom de Neuvaine de la Grâce.La prière suivante est celle-là même que récitait le P.Mastrilli; elle peut donc être considérée comme la prière propre à la neuvaine: PRIÈRE A SAINT FRANÇOIS XAVIER Saint très aimable et plein de charité, j\u2019adore respectueusement avec vous la Majesté divine, et parce que je me complais singulièrement dans la pensée des dons particuliers de la grâce qu\u2019elle vous a départis pendant votre vie, et de ceux de la gloire après votre mort, je lui rends de très ferventes actions de grâces, et je vous supplie de tout mon cœur de m\u2019obtenir, par votre puissante intercession, la grâce si importante de vivre et de mourir saintement; je vous supplie de m\u2019obtenir aussi {désigner la grâce particulière qu\u2019on veut obtenir); et si ce que je demande n'est point selon la gloire de Dieu et le plus grand bien de mon âme, obtenez-moi ce qu\u2019il y a de plus conforme à l\u2019un et à l\u2019autre.On conseille d\u2019ajouter: 1° L\u2019Oraison de la fête de saint François Xavier; 2° Trois Pater et trois Ave en mémoire de la grande dévotion qu\u2019il avait pour la très sainte Trinité; 3° Dix Gloria Palri en reconnaissance des bienfaits dont Dieu le combla durant ses dix années d\u2019apostolat.ORAISON Seigneur, qui, par la prédication et les miracles du bienheureux François, avez voulu réunir à votre Eglise les nations des Indes, faites-nous la grâce d\u2019imiter les vertus de celui dont nous vénérons les mérites et la gloire.Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. LAME CHINOISE Par Shin-Lou-Ti de la Corporation des Publicistes chrétiens {Suite) En Chine, les magistrats demeurent trois ans en charge.Cette coutume est très ancienne.Au temps de l\u2019empereur Chouen: « Tous les trois ans, on examinait la conduite des magistrats.Après trois examens, on déposait les indignes et on élevait ceux qui avaient donné preuve de talent.» Mengtse expliquant pourquoi Confucius changeait souvent d\u2019office et de royaume, ses réformes n\u2019étant pas acceptées, montre que l\u2019usage antique était en vigueur de son temps: « Quand l\u2019essai suffisait povu: mettre l\u2019usage en vigueur et que l\u2019usage ne prenait pas, il se retirait.Voilà pourquoi il n\u2019y eut aucun endroit où il demeura ses trois ans complets.» Mengtse dit: « Il est de règle qu\u2019rme personne privée ne se présente pas devant le roi, avant de lui avoir offert le don d\u2019entrée en charge.» Comme Confucius, qui voyageait toujours avec les présents d\u2019usage, les lettrés modernes ne manquent pas d\u2019offrir aux puissants du jour ce qui est nécessaire pour obtenir des charges lucratives.Le précepte antique d\u2019offrir des objets rituels est rempli et, dit-on, les globules bien sonnants d\u2019or et d\u2019argent ne sont pas dédaignés.Jusque parmi les dernières classes de la société, im Chinois ne se présente jamais les mains vides devant im supérieur qui, par son influence, peut rendre quelque service.Ce n\u2019est pas un mouvement généreux, c\u2019est une coutume obligatoire qui a d\u2019ailleurs son importance.Les tribunaux, par exemple, ont partout des formalités qu\u2019il faut payer bien cher et personne n\u2019ignore que la balance de Thémis penche toujours du côté où le plateau est le mieux soigné.La charge convoitée est obtenue! Quel honneur pour la race! Après les démarches nombreuses, humiliantes parfois, qu\u2019il fallut faire pom acquérir le siège glorieux, le lettré est promu dans sa dignité; il est magistrat! Vénérables aïeux, réjouissez-vous! Tout l\u2019honneur est pour vous!.Mengtse dit: « Les anciens avaient pour proverbe: Que le roi serve le lettré!.» Aussi, devant le nouveau mandarin, tous courbent la tête, se composent un visage souriant.Les pétards, les drapeaux, la musique, la foule, saluent son entrée en charge, car, dit encore Mengtse: « Vouloir recevoir un sage, sans observer l\u2019étiquette, c\u2019est comme lui dire d\u2019entrer et lui fermer la porte au nez.» Au Livre des Entretiens, on lit: « Le roi a un kiosque à la porte du palais; il dresse ime table à l\u2019entrée, pour y faire boire un vin d\u2019honneur aux princes, ses hôtes.» Usage toujours courant.Tout mandarin, tout visiteur d\u2019importance est salué à quelques lis de la ville.On s\u2019arrête dans une taverne; on offre le thé, des rafraîchissements, des gâteaux; on échange de savantes politesses.Dès l\u2019entrée en charge, toute la gent lettrée du pays viendra faire les visites de cérémonies, lier connaissance, car il est avantageux d\u2019être en bons termes avec le maître du jour.Chacun a tant de procès à régler! D\u2019ailleurs, dit Mengtse: « Tout lettré remarquable d\u2019vm endroit 464 MontréaJ LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934 se lie d\u2019amitié avec les autres lettrés.Un lettré de marque, dans un pays, se lie aussitôt avec les lettrés du même pays.Un lettré connu dans l\u2019Empire se lie aussitôt avec les illustrations de l\u2019Empire.La caste des lettrés, bien organisée, fermée aux profanes, avec ses clubs ou lieux de réunion dans toutes les villes, dont tous les membres savent à l\u2019occasion s\u2019entr\u2019aider, qui a partout ses ramifications, faite pour gouverner, fut un instant éloignée du pouvoir par la Révolution de 1911, mais sous une apparence plus démocratique, a bientôt repris son influence.Sera-t-elle, cette influence, aussi néfaste qu\u2019aux siècles passés?Jusqu\u2019à ce jour, nous ne croyons pas que la mentalité des lettrés ait beaucoup changé.On a beaucoup écrit sur le fatalisme oriental.Nous avons dit d\u2019autre part (Au pays du Dragon) que la passivité des Chinois devant la mort ne nous paraissait pas entachée de vrai fatalisme.Un proverbe antique dit: Tchang Kiang, héou long tsoui Isien long, Che chang, sin jen Isan kieou jen.Dans le fleuve, le dernier flot chasse celui qui le précède, Dans le monde, les nouveau-nés chassent les vieillards.Ceci nous semble plutôt douce philosophie que fatalisme.Mengtse, en quelques textes très clairs, nous donne une idée exacte de l\u2019état d\u2019âme particulier aux Chinois.« Celui qui fait des efforts parviendra à connaître sa nature et, par là, connaîtra le ciel.Veiller sur soi-même, cultiver sa nature, est le moyen de servir le ciel.Être indifférent à une vie courte ou longue, se cultiver soi-même, en attendant son heure, c\u2019est le moyen de seconder le destin céleste.Rien n\u2019arrive sans la Providence; acceptez docilement ses décrets; mais celui qui les comprend n\u2019ira pas se mettre sous un mur prêt à crouler.Mourir après avoir rempli sa destinée, c\u2019est le vrai décret du ciel; mourir dans les fers ne l\u2019est pas.» « Tout est ordre (ou destin) en ce monde.Acceptez-en les décrets, mais sans les violenter.» Mourir dans les fers!.Aussi le Chinois épuisera tous les moyens, bons ou mauvais, pour s\u2019éviter une telle mort.Le martyre pour une idée est chose absurde à ses yeux.Le soldat, bravache par tempérament, évite autant qu\u2019il peut les postes dangereux.La mort violente sur le champ de bataille n\u2019est sans doute pas un moyen de remplir sa destinée!.Combien, pour ceux qui raisonnent, le christianisme est un levier puissant, lui qui a formé, en Chine, ces chrétientés florissantes qui, au temps des persécutions, ont donné tant de courageux martyrs!.D\u2019après Mengtse: « Celui qui comprend les décrets de la Providence n\u2019ira pas se mettre sous un mur prêt à crouler.» Il faut: « Accepter les décrets du destin, mais sans les violenter.» Nous allons voir comment de tels principes dérivent de l\u2019antiquité. Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t4 65 Le Chinois se croit le meilleur soldat de la terre.Les ancêtres et leurs prouesses fabuleuses sont dans toutes les mémoires.Les tragédies dans leurs théâtres ambulants ne cessent d\u2019ailleurs de rappeler les exploits de héros fameux, dont les costumes rutilants, les armes flamboyantes, le verbe sonore impressionnent des spectateurs avides d\u2019entendre le récit des épopées ancestrales.Imprégnés de l\u2019esprit des aïeux, les matamores de l\u2019armée régulière ou du clan de brigands le plus voisin, entrent dans les auberges, marchent dans la rue, se font servir, commandent, se pavanent, comme devaient le faire les soldats de lao et de Chouen 2,000 ans avant Jésus-Christ.L\u2019armement changea en ces dernières années: le fusil à répétition, la mitrailleuse, le canon de campagne ont pénétré jusqu\u2019aux frontières lointaines, quoique par contraste, sans doute, les milices communales, quand elles ne possèdent pas de fusils à mèche, portent encore des piques, tridents et fauchards du temps passé.Tous ces braves, sous les armes, sont des hommes supérieurs au commun des mortels.Vêtus souvent de loques misérables, le prestige de l\u2019uniforme n\u2019est pour rien dans leur influence.Ils peuvent impunément se permettre toutes leurs fantaisies: le peuple endure, se tait et cependant admire.Le métier de soldat n\u2019est pas recommandable: il est une maxime constante qui dit: Hao lié pou ta lin, Hao jen pou long pin.Le bon fer ne s\u2019emploie pas à faire des clous, Un bon citoyen ne se fait pas soldat.Un père dissuade son enfant, pour l\u2019honneur de ses cheveux blancs, de prendre un engagement militaire, car le service militaire obligatoire pour tous n\u2019existe pas encore.La réputation des militaires est très mauvaise et cependant leurs rodomontades sont toujours prises au sérieux.Étrange mentalité que les Classiques vont nous aider à comprendre.Nombreuses sont les harangues guerrières dans les Annales.Le mandarin militaire, comme le mandarin civil, est un lettré qui s\u2019inspire aux sources antiques.L\u2019empereur Ou, qui dut aimer la guerre, si l\u2019on en juge par le nombre de ses discours aux troupes, dit: « Le ciel établit les rois et les magistrats pour gouverner les peuples et pour qu\u2019ils l\u2019aident à pacifier l\u2019empire.Le proverbe dit: Quand les forces sont égales, voyez de quel côté est le courage.Je n\u2019ai que trois mille soldats, mais ils n\u2019ont qu\u2019un seul cœur.» Pé-kin, fils de Tchéou-Kong, dans une expédition s\u2019écrie: « Officiers, allons! Soldats, silence! et écoutez mes ordonnances.Comme aux temps anciens, les Houai-i et les Shiu-iong se sont coalisés.Préparez vos casques et vos cuirasses, raffermissez vos boucliers et pas de négligence.Préparez vos arcs et vos flèches, forgez vos lances, trempez vos épées, et pas de négligence.Gardez-vous de piller (heureux temps!), d\u2019escalader les murs, de voler les animaux, de violenter valets et servantes, vous seriez punis.Au Kia sin (deuxième jour du cycle) je marcherai contre les barbares.Préparez vos bienfaits, et qu\u2019il n\u2019en manque pas: vous seriez punis.Gens de Lou, préparez vos fourrages et qu\u2019il n\u2019en manque pas.\u2014 Sinon, gare à vous! » {A suivre) (JSuelqucô ro£(e£i effeuilléeg par la patronne beei mtâsitonnatreâ l.« Quand je serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j\u2019effeuillerai ces roses sur la terre.» Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jêsus Reconnaissant merci à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui nous favorise de sa protection.Pour lui prouver notre gratitude, nous adressons une aumône en son honneur pour les missions.Mme J.-B.R., Sandy-Falls.\u2022\u2014 Ci-inclus une aumône en reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, afin de m\u2019acquitter d\u2019une promesse faite en son honneur.Anonyme.\u2014 Mon frère vient d\u2019obtenir du travail.Nous nous plaisons à reconnaître que la puissante Patronne des missionnaires est sensible aux sacrifices que l\u2019on fait pour la conversion des païens car, par ce moyen, elle nous a obtenu plusieurs faveurs.A.C.\u2014 Je vous inclus un mandat en remerciement à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Mme A.L., Montréal.\u2014 Je désire témoigner ma reconnaissance à sainte Thérèse de Lisieux pour faveur obtenue, en faisant cette aumône en son honneur.Mme J.-R.P., St-Vîncent-de-Paul.\u2014 Mon fils vous fait adresser cette aumône comme preuve de sa gratitude à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour la position qu\u2019il a obtenue par son intercession.Mme X.G., St-Stanislas.\u2014 Je destine cette offrande au rachat de petits enfants païens moribonds, en reconnaissance à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Anonyme, Ste-Thérèse.\u2014 Jamais nous ne recourons à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, dans nos petites comme dans nos grandes nécessités, sans être exaucés.J\u2019inclus une aumône pour les enfants chinois pour remercier cette chère Sainte de la bienveillante protection qu\u2019elle nous accorde.Mme H.R.St-Eustache.-\u2014J\u2019inclus une offrande en reconnaissance pour faveur obtenue par l\u2019entremise de la petite Fleur du Carmel, et demande à cette puissante Sainte que mon mari garde sa position.Mme H.P., Montréal.\u2014 Pour prouver notre vive gratitude à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, qui nous a obtenu une faveur, nous envoyons ce mandat destiné au rachat de deux enfants chinois viables.Je me recommande aux prières pour l\u2019amélioration de ma santé.Mme L., Côte-St-Pierre.\u2014 J\u2019inclus mon offrande qui est un merci reconnaissant à la chère Semeuse de roses pour ses touchantes attentions à tous nos besoins spirituels aussi bien que temporels.Mlle L.P.\u2014 Merci de tout cœur à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour sa protection.Je sollicite de nouvelles faveurs.Mme A.S.\u2014 J\u2019inclus une aumône pour les missions en témoignage de mon affectueuse reconnaissance à la chère Sainte de Lisieux.A.C., Lachine.\u2014 Dieu nous comble de faveurs par l\u2019entremise d\u2019une de ses petites privilégiées, sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Je lui en rends de vives actions de grâce et sollicite un nouveau bienfait: la guérison d\u2019un enfant menacé de tuberculose.Mme D.B.\u2014 J\u2019inclus une aumône pour la Bourse Ste-Thérèse, en reconnaissance.Mme R.L., Québec.\u2014 Faveur obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.En remerciement, aumône pour la Bourse en son honneur.Anonyme.\u2014 Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus vient d\u2019obtenir la guérison des yeux de mon petit garçon.Merci de tout cœur à cette puissante Sainte qui continue, avec tant de fidélité, à accomplir sa promesse de passer son ciel à faire du bien sur la terre.Je la prie de daigner m\u2019obtenir une meilleure santé afin que je puisse élever ma petite famille.Mme A.M., Hull.\u2014 Je destine cette offrande pour les missions, en remerciement à sainte Thérèse de Lisieux.Mme G.\u2014 C\u2019est avec joie que je fais une aumône pour les missions en remerciement pour faveur obtenue par l\u2019intercession toujours si efficace de la patronne des missionnaires.Mme J.-O.B., Chicopee-Falls, Mass.\u2014 La chère Sainte de Lisieux m\u2019a obtenu un bienfait; pour l\u2019en remercier, je vous adresse une aumône pour les missions qu\u2019elle aimait tant.Mme J.-R.M., Montréal.\u2014 Je fais cette offrande en remerciement à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Mme A.Vade-boncœur, Montréal.\u2014 J\u2019inclus cette offrande en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour vos missions.W.-R.B.\u2014 En reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant- Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1934\t467 Jésus pour guérison obtenue, je vous adresse cette aumône.Mme L.D., Shawinigan-Falls.\u2014 Merci à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour guérison miraculeuse.Mme Armand Caplette, Southbridge, Mass.\u2014 J\u2019inclus une aumône en action de grâces à la bonne sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour grande faveur obtenue.Anonyme, Dakota.Effl HE Saint Joseph, fils de David, fut pauvre.Gagner sa vie par le travail n\u2019a rien qui répugne à la noblesse de l\u2019homme.C\u2019est au contraire ce qui souvent l\u2019empêche de s\u2019avilir.* * * Isidore de Isolanis C\u2019est la nature de la charité d\u2019étendre sa bienfaisante influence sur le plus grand nombre possible.\t^ * * * Aimer les âmes et les conduire à Dieu, c\u2019est attirer sur soi les grâces les plus précieuses.* ?O mon Dieu, quand les moyens humains nous manquent, et que la raison ne peut plus pourvoir aux nécessités, il ne nous reste plus qu\u2019à lever les yeux vers vous, afin que vous agissiez comme bon vous semblera.(ID Livre des Paralipomènes, ch.XX.) Ü^ourôE â>ainte=ÎKI)Érè£fe=be=r\u20acnfant=3IÉ£fuâ pour raboption b\u2019une misfëionnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d\u2019ime missionnaire.Les bourses sont fondées en l\u2019honneur d\u2019un saint ou d\u2019une sainte dont elles portent le nom.La religieuse dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en un ou plusieurs versements par ime ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrande de la Bourse Sainte-Thérèse-de-LEnfant-Jésus Nous recevons avec reconnaissance toute offrande, faite en action de grâces pour faveurs obtenues ou demandes de nouveaux bienfaits, pour la formation d\u2019une nouvelle Bourse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Daigne la « Patronne des missionnaires » inspirer à des âmes généreuses la pensée d\u2019adopter une missionnaire, et, en retour, faire tomber sur elles une pluie de roses! En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre En novembre-décembre En janvier-février 1932.\t.$98.50\tEn mars-avril\t1933.\t.$18.25 )> .\t.12.25\tEn mai-juin\t)) .\t.30.75 )) .\t.85.00\tEn juillet-août\t» .\t.58.15 » .\t.38.40\tEn septembre-octobre\t)) .\t.41.60 1933.\t.77.00\tEn novembre-décembre\t» .\t.60.75 En janvier-février 1934.$38.75 Echos oe SHEK LUNG, CHINE Fragments de lettres des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de la Léproserie de Shek Lung, Chine Shek Lung, 7 novembre 1933 Bien-AIMÉE Mère, Il y a déjà un mois que j\u2019habite l\u2019Éden de Shek Lung et j\u2019en suis encore à me frotter les yeux, craignant être le jouet d\u2019im rêve.Que ne vous est-il donné, chère Mère, de faire tme petite excursion à notre Léproserie et de partager notre bonheur! Quand Sœur Supérieure de Canton me fit part de votre proposition d\u2019aller exercer mon zèle chez ces malheureux, elle ajouta aussitôt: « Notre Mère dit: Seulement si vous voulez y aller, elle ne vous y oblige pas.» J\u2019irai, ai-je répondu, premièrement, parce que notre Mère a daigné penser à moi pour cette œuvre et ensuite, parce que j\u2019aime cette mission, mais, ne l\u2019aimerais-je pas, j\u2019irais quand même parce que le désir de notre Mère est pour moi un ordre.J\u2019ai versé et verse en ce moment des larmes en pensant à la bonté que vous avez eue de me donner le choix.Mille et mille reconnaissants mercis pour cette grande faveur.Mère bien-aimée.Dès mon arrivée, je suis entrée en fonction; déjà depuis plus de deux mois, chaque samedi, je partais de Canton pour venir à Shek Lung donner des piqûres d\u2019huile de chaulmoogra aux lépreux.J\u2019ai débuté avec une qua- BARQUE CHINOISE ABORDANT A L\u2019ÎLE DE SHEK-LUNG Montréal LE PRÉCURSEUR Mara-AvTL 1934\t469 rantaine de patients, mais le nombre s\u2019est élevé, chez les hommes, jusqu\u2019à soixante-dix et, chez les femmes, à trente environ.Nous nous voyons forcées de limiter les piqûres, ayant beaucoup de difficulté à nous procurer l\u2019huile.Jusqu\u2019ici, la bonne Providence nous l\u2019a fournie gratuitement, mais la crise, qui se fait sentir par l\u2019univers entier, est rendue à nos portes et nos bienveillants fournisseurs nous ont averties, à regret, qu\u2019à l\u2019avenir, il nous faudrait débourser.Accompagnée de Sœur Saint-Raphaël ^ je me rends deux fois par semaine à notre hôpital: la maison du regretté P.Conrardy ^ Notre installation est bien primitive: une table qui ne nous appartient pas et, pour autoclave, un misérable petit fourneau chinois, ce n\u2019est pas commode, mais ce dénuement me plaît parce que, outre qu\u2019il évoque la pauvreté de Bethléem, cela me reporte à vingt-deux ans en arrière, preuve que les choses ne sont pas beaucoup changées.Avant que nous fussions chargées de la Léproserie, le bon P.Conrardy \u2018 qui, sans doute, projetait alors de nous faire partager ses labeurs, nous avait invitées, nous, les Sœurs de Canton, à une cérémonie de confirmation à la Léproserie.Je n\u2019oublierai jamais ce jour.Je revois le saint Mgr Mérel dans le sanctuaire; le bonheur de se trouver au milieu de ses lépreux, qu\u2019il aimait tant, illuminait sa figure; à ses côtés, se tenait le bon P.Conrardy qui savait être sévère à propos.Arrivait-il à un lépreux de rire dans l\u2019église, mal lui en prenait, car le bon Père le réprimandait à l\u2019instant.Il ne pouvait souffrir un manque de respect devant le saint Sacrement.Mais, je me le demande, chère Mère, qu\u2019est-ce qui me fait vous rappeler tous ces anciens souvenirs ?C\u2019est que je jubile de travailler sous le toit qui a abrité un saint.Cette vieille maison est une relique pour moi.A deux pas de nous, en arrière de l\u2019église, reposent les restes du bon Samaritain, comme on aimait à l\u2019appeler.Quand le temps me le permet, je m\u2019arrête pour réciter une petite prière pour lui et ses deux compagnons: le dévoué P.Tsow et un jeune Père français qui s\u2019est noyé accidentellement en face de la Léproserie, il y a quelques années.Il vous fera plaisir, chère Mère, d\u2019apprendre que notre Mère du ciel que vous chérissez tant aura quelque chose de bon à manger: une lépreuse, peu instruite encore de notre sainte religion, a donné, ces jours derniers, une piastre à Sœur Saint-Raphaël à cet effet!.Je suis des plus heureuses, je ferai mon possible pour que mon bonheur soit partagé par mes trois Sœurs que j\u2019aime beaucoup.Que notre bon Maître vous donne, cette année, une forte santé, afin que vous puissiez travailler encore de longues années pour sa gloire et le bonheur de toutes vos filles, et en particulier pour Votre toujours aimante enfant.Sœur Cl AI RE-DE-JÉSUS, m.i.c.^ 1.\tMalvina Biron, de Côteau Landing.2.\tFondateur de la Léproserie de Shek Lung, en 1907, mort à Hong Kong, le 24 août 1914 3.\tExilda COté, de Montréal 470 Montréal LE PRÉCURSEUR Mare-Avnl 1934 Shek Lung, 20 novembre 1933 Bien chère Sœur Assistante, Votre lettre, que je relisais aujourd\u2019hui, m\u2019a rappelé de bien doux souvenirs, en particulier, les bons moments passés près de vous à la Maison Mère, avant mon départ pour l\u2019île de Shek Lung, il y a vingt et un ans.Il me fait plaisir de me rendre à votre invitation et de vous parler de nos chères lépreuses.Je vous conduirai d\u2019abord à la chapelle où il est vraiment touchant de les voir, les unes égrenant pieusement leur chapelet, les autres en adoration devant le tabernacle où Notre-Seigneur réside continuellement.Le grand Maître du ciel et de la terre, le Seigneur tout-puissant ne dédaigne pas d\u2019habiter sous le même toit que ces rebuts de l\u2019humanité et QUELQUES LÉPREUSES DE SHEK-LUNG REPRÉSENTANT LA FOULE DES MALHEUREUX AUPRÈS DESQUELS SE DÉVOUENT, DEPUIS 21 ANS, LES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION de s\u2019abaisserjusqu\u2019à eux, pour être leur consolation et leur soutien.Quelle mansuétude de la part d\u2019un Dieu! Mais, parfois, ces loques humaines voilent des âmes blanches, des cœurs aimants qui, à n\u2019en pas douter, réjouissent le divin Prisonnier.Voici l\u2019infirmerie, l\u2019asile de la souffrance, c\u2019est l\u2019endroit où l\u2019on peut le mieux méditer sur la folie des vanités mondaines, de l\u2019attachement aux plaisirs de la vie, comme aussi sur les misères de la terre et les espérances de l\u2019au-delà.Voyez-vous ces malheureuses, tout leur corps est en lambeaux, elles n\u2019ont plus de mains, elles n\u2019ont plus de pieds, leur visage est entièrement défiguré, celle-ci est, de plus, menacée de perdre la vue et ne pourra plus, par conséquent, se rendre le moindre service.Cette autre est sur le point de ceindre la couronne que lui ont méritée ses pénibles et longues souffrances endurées pour l\u2019amour de Notre-Seigneur.Sur toutes ces figures rayonne une sainte joie, fruit de la résignation à la volonté de Dieu.Aidées de quelques jeimes filles, nous faisons les pansements de toutes ces pauvres lépreuses.Je ne puis vous exprimer la joie de nos bonnes aides à la réception de l\u2019étoffe que notre bien-aimée Mère leur a envoyée pour se faire à chacune une robe.Avec quel soin elles ont façonné ce vêtement Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t471 qui venait de Tai ma Mé! Elles conserveront longtemps le souvenir de ce nouveau bienfait de notre vénérée Mère.Le moindre cadeau donne à tous les miséreux de notre île de la joie pour longtemps.Ici, vous voyez, chère Sœur Assistante, l\u2019atelier du filage, du tissage de la soie et du coton où se rendent utiles nos lépreuses les moins malades.Dans la salle voisine, on distribue les provisions de chaque jour, il y a aussi un petit magasin où chacune peut s\u2019acheter du sucre ou des biscuits avec l\u2019argent qu\u2019elle gagne à l\u2019atelier ou à quelque autre travail.Je ne vous parle aujourd\u2019hui que de nos femmes lépreuses, j\u2019aurais beaucoup à vous dire aussi de notre apostolat auprès des hommes, mais ce sera pour ime autre fois, car je craindrais d\u2019être trop longue.A la Toussaint, une soixantaine de lépreuses ont été confirmées.Dès 4 heures 30 du matin, elles étaient à la chapelle récitant le saint Rosaire, la messe ne devait avoir lieu qu\u2019à 7 heures.La ferveur de ces chères malades nous est une grande consolation et nous dédommage amplement des sacrifices que nous nous sommes imposés en nous consacrant à leur service.Nous nous préparons maintenant à la belle solennité de Noël et disposons nos âmes à la venue du divin Enfant.Nous organisons aussi pour ce jour une séance récréative pour nos malades.Ces petites fêtes familiales mettent du soleil dans leur pauvre existence et atténuent la peine que leur cause l\u2019éloignement de leur famille et de tous ceux qui leur sont chers.Je vous quitte, chère Sœur Assistante, en vous offrant mes vœux de bonne année et en priant le petit Jésus de vous accorder ses plus douces faveurs.Votre très aimante.Sœur Saint-François-d\u2019Assise ' SZEPINGKAI, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Szepingkai, Mandchourie Mercredi 4 octobre 1933 Un télégramme arrivé de notre Maison Mère, au cours de l\u2019avant-midi, nous apprend que notre bien-aimée Mère est gravement malade.Accablées par cette douloureuse nouvelle, nous nous tournons vers Notre-Dame du Rosaire et mettons en elle toute notre confiance; des Ave ininterrompus montent vers son trône, pour la conservation de notre Mère bien-aimée.Sans retard, des lettres partent pour toutes nos missions de la Mandchourie, allant porter le triste message, mais nous donnant l\u2019espérance que nos prières réunies, jointes à celles de toutes nos Sœurs de la Maison Mère et de nos autres missions, seront exaucées.1.Clara Hébert, de Montréal. 472 Montréai Samedi 7 octobre LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934 Un nouveau télégramme nous annonce que notre chère Mère prend du mieux; combien nos cœurs se sentent soulagés! Merci, mon Dieu! nous écrions-nous, merci à notre Mère Immaculée!.A ce moment, où nous pouvions avoir la douloureuse prévision de nous la voir ravir, nous avons senti, plus vivement que jamais, combien nos cœurs étaient attachés à cette Mère si bonne, à cette vénérée fondatrice de notre Institut.La réception de ce rassurant message fut aussi un soulagement pour les novices indigènes qui savent partager nos peines et nos bonheurs, comme nous-mêmes faisons nôtres leurs petites souffrances ou leurs joies intimes.Mercredi 11 octobre Avant 5 heures, ce matin, nos chères Sœurs du Canada, si vivement attendues, touchaient au terme de leur long voyage.C\u2019est avec une joie indescriptible que nous avons salué l\u2019arrivée de ces dix nouvelles compagnes.L\u2019échange des premiers bonjours terminé, nous nous sommes rendues à la chapelle pour l\u2019audition de la sainte messe.Après cette halte réconfortante aux pieds du divin Roi, la journée s\u2019est passée en réceptions, en visites, puis en douces conversations sur le cher chez nous d\u2019Outremont.S.Exc.Mgr Lapierre, accompagné des nouveaux missionnaires et de plusieurs anciens, est venu souhaiter la bienvenue à nos voyageuses.La visite au noviciat indigène, à l\u2019école apostolique, à la cathédrale, au catéchuménat, au dispensaire, n\u2019a pas manqué d\u2019intéresser nos chères arrivantes.Le R.P.Bérichon, en les invitant à entrer dans le nouveau presbytère, bâti à quelques pas de la cathédrale, a su enflammer leur zèle en leur parlant de sa chère Mission.Il compte quinze cents catéchumènes dans le moment, avec vingt-quatre catéchistes sous sa direction.Le plus âgé du catéchuménat a quatre-vingts ans et la plus vieille en a quatre-vingt-treize.Le travail ne manque pas et il est parsemé de nombreuses consolations.Ici, comme aux temps évangéliques, les missionnaires sont souvent en face de personnes possédées par le démon dont elles sont les tristes victimes: dernièrement, le R.P.Curé exorcisa une jeune femme.Le démon qui parlait par elle se disait être l\u2019esprit de son beau-père; d\u2019un tempérament très paisible en temps ordinaire, cette pauvre femme écumait de rage pendant ses crises diaboliques et proférait les plus horribles blasphèmes.La manifestation de la puissance de notre Dieu par cette délivrance est connue dans tout le pays et, depuis, cette famille reconnaissante a conduit une centaine de personnes à la Mission catholique.Avant les exercices spirituels de l\u2019après-midi, nos nouvelles compagnes ont renouvelé solennellement leur consécration à la sainte Vierge.Une nouvelle vie commence pour elles, vie d\u2019apostolat dans le champ lointain, nous la leur souhaitons bien longue et des plus fructueuses! Jeudi 12 octobre Dans une courte visite au dispensaire.Sœur Saint-Jacques-le-Majeur \u2018 a, pour la première fois, le bonheur de verser l\u2019eau sainte, elle baptise une 1.Emma Labrèche, de Saint-Jacques-de-l\u2019Achigan. Montrés LE PRÉCURSEUR Mara-Avnl 1934\t473 petite fille de cinq ans sous les noms de Marie-Henriette.Ce n\u2019est pas sans quelque enthousiasme que notre chère Sœur nous commvmlque ses impressions à la vue des patients, de leurs souffrances physiques et morales, et du bonheur qu\u2019il doit y avoir à mettre de l\u2019huile et du baume sur toutes ces plaies.Lundi 16 octobre Nous avons le bonheur de baptiser une petite fille qui, sans une rencontre providentielle, serait presque sûrement morte sans passeport pour l\u2019au-delà.La Vierge du catéchuménat, dans une sortie, rencontre une maman avec son enfant déjà marquée des indices de la mort; elle l\u2019invite à se rendre au dispensaire où des soins attentifs seront donnés à la petite malade, puis l\u2019accompagne jusqu\u2019à la Mission.Nos Sœurs infirmières reconnaissent immédiatement un cas de diphtérie très avancé et s\u2019empressent de régénérer cette petite âme, en remerciant le bon Dieu de cette nouvelle recrue pour le ciel.Jeudi 19 octobre Sœur Marie-du-Précieux-Sang * accepte, non sans une joie très sensible, l\u2019invitation de se rendre au dispensaire pour y baptiser un petit malade, qu\u2019elle établit le filleul du personnel entier de notre cher Noviciat de Pont-Viau, sous les noms de Joseph-Xavier.Le premier baptême fait en Mission est un événement mémorable dans une vie de missionnaire et de quelles espérances n\u2019est-il pas l\u2019heureux prélude!.Il n\u2019est pas non plus sans provoquer de vives émotions; quoi, au nom de la très sainte Trinité, faire passer la vie divine dans une âme jusque-là l\u2019esclave du démon, quel grand acte pour le temps et poiu* l\u2019éternité! * Si notre chère Sœur avait pu parler chinois, elle aurait eu, de prime abord, quelques recommandations à faire aux patients, au sujet de l\u2019hygiène.Sœur Marie-Esther 2 s\u2019amusa de sa surprise et lui dit de ne pas oublier qu\u2019elle était rendue en Chine.Vendredi 20 octobre Ce matin, a eu lieu la nomination des nouvelles missionnaires pour nos différentes maisons de la Mandchourie et, au cours de la journée, chacune fait ses préparatifs de départ, r: 1.\tAurore Ra cette, de Limoges, Ont.2.\tAlice Buteau, de Saint-Êvariste, comté de Frontenac.UNE DOMESTIQUE CHINOISE S\u2019APPRÊTANT A FAIRE LA LESSIVE, TOUT EN FUMANT LA PIPE. 474 Montréal LE PRÉCURSEUR Man-Avril 1934 heureuse d\u2019aller se dévouer dans le champ d\u2019apostolat qui lui est désigné par l\u2019obéissance.La petite malade ondoyée, il y a quelques jours, par Sœur Saint-Jacques-le-Majeur, s\u2019envole aujourd\u2019hui dans le beau ciel, peu après la visite de notre Sœur infirmière.Voyant les bonnes dispositions de la famille, notre catéchiste lui fait connaître que l\u2019enfant a été baptisée lors d\u2019une visite au dispensaire, qu\u2019elle jouit maintenant du bonheur étemel avec le bon Dieu, et qu\u2019il ne faut pas jeter son corps à la voirie, selon la coutume païenne; que la Mission catholique donnera un cercueil pour qu\u2019il soit enterré.Le R.P.Jasmin, en se rendant bénir la tombe, reçoit l\u2019heureuse confidence que toute cette famille désire faire partie de l\u2019Église catholique et se mettre bientôt à l\u2019étude d\u2019une religion si consolante au temps de l\u2019épreuve et si rassurante pour l\u2019au-delà.Que la divine Providence est admirable dans ses desseins de miséricorde et de bonté! A son tour, Sœur Sainte-Paule * verse l\u2019eau sainte et fait enfant du bon Dieu un bébé malade, sous les noms de Marie-Délia-Joséphine.\u2022If SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÊE-CONCEPTION PARTANT DE SZEPINGKAI POUR LA MISSION DE PAITCHENGTZE, MANDCHOURIE Samedi 21 octobre Sous les auspices de notre Immaculée Mère, plusieurs de nos nouvelles compagnes sont parties en ce jour pour leur Mission respective.Lors de leur arrivée à Szepingkai, il faisait noir et le confort d\u2019im autobus n\u2019avait pas satisfait leur désir de goûter aux calèches chinoises, mais aujoxxrd\u2019hui, chacune a eu im aperçu de la Chine.Les nombreuses voiturettes attendant dans la cour de l\u2019évêché, les petits chevaux mandchoux, les bagages, le brouhaha, ne pouvaient donner l\u2019illusion d\u2019un départ au Canada, aussi, nos chères Sœurs parurent satisfaites, tout en se demandant comment elles pourraient se mettre deux par voiture, car les sièges ne leur paraissaient pas suffisamment larges.Vous verrez bien d\u2019autres choses que cela, leur fut-il répondu, et le départ pour la station s\u2019effectua au milieu d\u2019une ovation de bonjours et de meilleurs vœux de succès et d\u2019apostolat fécond.1.Jeanne Nadeau, de Sainte-Sopbie-d'Halifax, P.Q. Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t475 Lundi 23 octobre Au cours de l\u2019après-midi, Monseigneur nous annonce l\u2019arrivée de six nouvelles recrues pour l\u2019École Apostolique; ces enfants viennent de la lointaine Mission de Tou Tsuan, elles ont passé une journée et demie à Taonan chez nos Sœurs, c\u2019était la première fois qu\u2019elles voyaient des religieuses.Leur voyage en char à vapeur leur fut aussi un événement.L\u2019une d\u2019elles est la nièce de l\u2019évêque chinois, Mgr Jao.Lundi 30 octobre Le R.P.Champagne a été administré de nouveau, son état paraît désespéré.Il devait partir jeudi pour le Canada, mais il semble s\u2019apprêter pour le suprême départ.Il a avoué avoir demandé au bon Dieu de mourir en mission.Jeudi 2 novembre Nous éprouvons xme grande joie et une vive reconnaissance, ce soir, en ouvrant la boîte contenant le bel Enfant-Jésus qui nous a été envoyé, en mémoire de notre chère Sœur Saint-Dominique, par une de ses anciennes Maîtresses de classe, religieuse de Sainte-Anne, du Couvent de l\u2019Acadie, P.Q., et ses élèves.Ah! si notre chère Sœur était avec nous, comme elle serait heureuse de recevoir ce précieux cadeau, mais nous sommes sûres que, du haut du ciel, elle se réjouit avec nous et demande à Dieu de récompenser de ses meilleures grâces notre charitable bienfaitrice et ses bonnes élèves.Ce cher petit Jésus en cire nous est parvenu tout à fait intact; nous avons bien hâte à Noël pour le déposer dans la crèche.Comme nous en jouirons!.Samedi 4 novembre Sœur Marie-Esther a été témoin d\u2019une scène qui l\u2019a bien impressionnée : sur la demande du R.P.Bérichon, elle s\u2019est rendue au catéchuménat, auprès d\u2019une personne que l\u2019on croyait malade, mais chez qui une possession du démon fut bientôt reconnue.Cette jeune fille catéchumène avait fait un vœu à son père, décédé dernièrement, ce vœu expirait aujourd\u2019hui.Le démon, prévoyant qu\u2019il n\u2019aurait plus les hommages qu\u2019il avait reçus d\u2019elle jusqu\u2019ici, s\u2019en empara, se disant l\u2019esprit de son père.Naturellement calme et douce, cette personne devint furieuse, écumant de rage, proférant des paroles injurieuses contre l\u2019eau bénite dont on aspergeait la pièce.A son insu, une image représentant Notre-Seigneur en croix fut placée sur le mur ; après quelques instants, apercevant ce signe de notre rédemption, d\u2019un geste satanique, elle le montra disant: « C\u2019est à lui que j\u2019en veux! » Comme on lui suggérait des actes d\u2019amour, elle les disait de force puis, ajoutait incontinent: « Non, je ne l\u2019aime pas le bon Dieu.» Le R.P.Curé craignit beaucoup qu\u2019elle n\u2019apostasiât alors, mais après un certain temps, elle reprit sa douceur accoutumée, et apercevant la Sœur infirmière, qui lui présentait des remèdes, elle lui dit en souriant aimablement: « Il y a longtemps que je n\u2019en ai pas pris.» Quelques instants auparavant, notre Sœur lui en avait donné, mais en ces moments pénibles, elle ne s\u2019appartenait pas et ne se rappelait rien. ver Montréal LE PRÉCURSEUR Mare-Avril 1934\t477 Ah! le démon disait vrai par la bouche de la jeune fille, il doit en vouloir beaucoup à notre doux Sauveur et à sa croix qui lui enlèvent tant d\u2019esclaves! Mercredi 8 novembre Depuis deux jours, le R.P.Champagne baissait visiblement: ce soir, à 4 heures 30, il a quitté la terre pour l\u2019éternelle vie, au moment où ses confrères réunis priaient à son chevet.Sa mort fut des plus paisibles et nous croyons bien que saint Joseph, qu\u2019il aimait tant et en l\u2019honneur de qui il dit sa dernière neuvaine de messes, vint le chercher en cette octave de la fête de tous les Saints.Ce 8 novembre est le jour du départ du bateau qui aurait dû le conduire au Canada, mais selon son désir et sa prière, il est mort sur le champ de l\u2019apostolat, laissant le meilleur souvenir dans les missions où l\u2019obéissance l\u2019appela à travailler.Samedi 11 novembre Ce matin, à 8 heures, avaient lieu les funérailles du R.P.Champagne.S.Exc.Mgr Lapierre officiait et de nombreux confrères assistaient.L\u2019année 1933 restera inoubliable pour le personnel de la Mission qui a vu, pendant son cours, deux de ses membres partir pour l\u2019éternité.Ces regrettés disparus nous seront, nous en avons l\u2019assurance, de nouveaux intercesseurs auprès du trône de l\u2019Êtemel.Mardi 21 novembre Ce matin, à 8 heures 30, dans la chapelle du Noviciat, revêtue de sa plus belle parure, avait lieu la première profession religieuse de quatre Vierges indigènes, tandis que neuf postulantes prenaient le voile des novices.S.Exc.Mgr Lapierre, assisté des RR.PP.Masse et Jasmin, présidait la cérémonie et faisait l\u2019allocution de circonstance.Plusieurs autres Pères de la Mission, des professeurs, des parents des heureuses élues, prenaient part à la pieuse fête.Les quatre aspirantes à la profession, après avoir lu leur formule de vœux, en demandant au Dieu tout-puissant et à la Vierge Marie de ratifier leur offrande et de leur faire la grâce d\u2019être toujours fidèles à leurs saints engagements, reçurent une croix d\u2019argent qu\u2019elles porteront suspendue au cou.Après la touchante cérémonie, laquelle se termina par la bénédiction solennelle du saint Sacrement, Son Excellence se rendit au Noviciat, prendre part au bonheur de ses chères enfants indigènes.Les élèves de l\u2019École Apostolique participèrent aussi à la joie de leurs aînées et, par une permission spéciale, passèrent la journée auprès d\u2019elles.Mercredi 22 novembre Mme Si, notre professeur de langue chinoise, ne peut traduire son bonheur aujourd\u2019hui.Baptisée hier, avec son enfant, par le R.P.Roch, elle a fait sa première communion ce matin.« Je sens, dit-elle, au dedans de moi, un bonheur que je ne puis décrire.» Nous comprenons par expérience comment cette âme, visitée pour la première fois par son Dieu, peut exulter d\u2019un bonheur inconnu jusqu\u2019à ce jour, c\u2019est qu\u2019elle a reçu l\u2019Auteur de toute félicité, Celui que la terre et les deux ne peuvent contenir. 478 Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tMars-Avnl 1934 Vendredi 24 novembre Deux enfants malades sont ondoyés au dispensaire.Chères petites âmes privilégiées, allez vite au ciel et demandez aux bons anges de nous amener tous vos petits frères malades; nous nous hâterons d\u2019en faire des bienheureux qui chanteront éternellement avec vous les miséricordes du Créateur.Lundi 27 novembre Dans une visite lointaine, à 25 lis, par un froid piquant.Sœur Supérieure se trouve amplement dédommagée de ses fatigues en versant, une fois de plus, l\u2019eau sainte sur le front d\u2019une malade âgée de cinquante-cinq ans, qui ira sans retard jouir du bonheur du ciel.Quel mystère insondable! Une agonisante, ignorée dans les montagnes, reçoit le caractère des élus, tandis que d\u2019autres, à notre porte, meurent sans savoir que la vie qu\u2019ils quittent est le prélude d\u2019une vie étemelle.Jeudi 30 novembre Comptes rendu du dispensaire de Szepingkai, pour les mois d\u2019octobre et novembre 1933: Baptêmes.20 Patients.3,240 Traitements.6,187 Pansements.800 Dents extraites.\t5 Visites à domicile.\t85 Injections.\t.115 CANTON, CHINE Fragments du Journal des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception, Canton, Chine Jeudi 26 janvier 1933 Les vacances du Jour de l\u2019An chinois sont commencées d\u2019hier.C\u2019est aujourd\u2019hui que s\u2019ouvre l\u2019année nouvelle.Notre école est vide de sa gent studieuse, la ruche se remplira de nouveau le 8 février.Les démonstrations dans cette circonstance sont plus considérables et plus bruyantes que jamais.Tout un code de mbriques doit être observé chaque jour, afin de s\u2019assurer les bonnes grâces des esprits qui dirigent le monde chinois à cette époque.Des offrandes sont faites au dieu des cuisines le dernier jour de l\u2019année; aux premières heures du lendemain, les scellés doivent apparaître sur toutes les portes: longs papiers rouges couverts de caractères dorés ou noirs, prose ou poème, messagers de bons vœux.Nous ne pouvons oublier de mentionner les pétards dont les oreilles des dieux seront sans doute charmées.Les autorités civiques désirent beaucoup que cette fête ne soit plus chômée, mais le Chinois tient encore trop à ses coutumes millénaires pour qu\u2019on arrive à les déraciner aussi facilement que cela.Tout le monde suit les coutumes du temps passé.Les grands ménages se font aujourd\u2019hui partout et par tous, jusqu\u2019aux plus pauvres qui respectent cet usage, lequel, d\u2019ailleurs, n\u2019a rien que de bon.Ainsi, notre petit aide du jardin reçoit de sa mère, pauvresse des plus pauvres, quelques pièces de monnaie pour Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1934\t479 s\u2019acheter du savon et de l\u2019eau chaude (l\u2019eau chaude se vend dans la rue à quelques sapèques la bouteille) pour se faire une grande toilette et pour laver ses habits: il faut qu\u2019il soit propre afin que les dieux du logis lui soient favorables lors de leur inspection- jeudi 2 février En cette belle fête de la Purification de la sainte Vierge, a lieu, par le R.P.Lin, curé de la Mission dite « du Cimetière », la bénédiction de notre nouvelle Crèche « Notre-Dame-de-la-Providence », non loin de notre Couvent de Canton.Cette maison, sise sur un monticule que l\u2019on nomme « La Butte », où l\u2019air est plus sain, sera le nid où les pauvres petits oiseaux abandonnés de leur mère iront se blottir pour reprendre vie ou pour de là s\u2019envoler là-haut.Samedi 11 février Les petites de « Notre-Dame-de-la-Providence » sont toutes en parfaite santé; le grand air et l\u2019espace leur vont à merveille, elles s\u2019ébattent comme des oiseaux sur le terrain, et leurs cris joyeux ressemblent à des refrains de fauvettes.Cependant, le nid est bien insuffisant, diverses réparations s\u2019imposent, l\u2019eau manque.Des ouvriers ont été loués pour faire les travaux, ils viennent de Tientsien.Ils ne parlent pas le cantonnais et ont des habitudes autres que celles de leurs frères du sud.Au lieu de riz, ils mangent une espèce de crêpe qui leur sert de pain.Après l\u2019avoir cuite, ils la roulent et la tiennent à la main pour y mordre au besoin.Chez eux, les femmes ne font pas les gros travaux auxquels sont forcées les femmes du Kwang Tung.Aussi, ils regardent, tout surpris et presque offensés, les femmes qui portent leur charge de pierres et de sable comme les hommes.Ajoutons que, de leur côté, les Cantonnais les considèrent comme des étrangers.Le travail marche assez bien: ces hommes plus forts que les Cantonnais sont choisis tout exprès pour les rudes travaux.Celles des petites orphelines qui ont été transférées de l\u2019orphelinat de Canton à notre maison « Notre-Dame-de-la-Providence » demandent souvent à Soeur Supérieure pourquoi elles n\u2019ont pas de maison de la sainte Vierge comme là-bas, voulant parler de la grotte Notre-Dame de Lourdes qu\u2019elles ont vue dans le jardin de Canton.Ah! quel bonheur ce serait pour ces chères enfants, qui n\u2019ont pas connu leur mère ici-bas, d\u2019avoir près de leur petit nid un oratoire, où elles pourraient aller invoquer leur Mère du ciel.Il n\u2019y aurait que l\u2019aumône d\u2019un charitable bienfaiteur qui permettrait de réaliser ce pieux désir de nos benjamines, car leur entretien absorbe tout notre petit revenu.Le soir, à 5 heures 30, à notre maison de Canton, a lieu, à la grotte de Notre-Dame de Lourdes, la réunion de la catégorie des benjamines.Elles sont dirigées dans leurs prières par l\u2019aînée qui a à peine cinq ans.Il faut entendre l\u2019ensemble de la récitation et smtout voir les mines recueillies: yeux fermés serrés, mains jointes plus serrées encore et bouches grandes ouvertes pour bien articuler.Nos bienfaiteurs seraient charmés de voir leurs protégées si ardentes à la prière, car c\u2019est pour eux qu\u2019elles prient ainsi chaque jour. 480 Montréal LE PRÉCURSEUR Mara-Avnl 1934 Parfois, des bambines de cinq ans s\u2019organisent en Croix-Rouge.Elles vont trouver la Sœur gardienne et lui disent qu\u2019il est temps de donner le remède à A Yun, à A Kwai et aux autres.Alors, elles reçoivent le petit bol et vont au lit de la malade lui présenter la médecine avec un air engageant, c\u2019est charmant à voir.Sœur Supérieure désire que les enfants, au sortir de la Crèche, suivent les cours du Jardin de l\u2019Enfance.En conséquence, elle prépare une des petites Sœurs chinoises à leur faire la classe; cette dernière étudie aussi l\u2019harmonium pour pouvoir leur apprendre à chanter.s.5,^.ni 01(9 Le fait suivant nous montre une fois de plus la grande misère du paganisme.Une enfant moribonde fut apportée à Sœur Saint-Joseph-du-Sacré-Cœur \\ à la Crèche « Notre-Dame-de-la-Providence ».Comme elle paraissait souffrir de la peste, on ne pouvait la recevoir dans le local déjà bien exigu où se trouvent les petites.Notre Sœur l\u2019ondoya et demanda au père qui l\u2019apportait de la faire conduire à notre Crèche de Canton.« Pas nécessaire, répondit celui-ci, l\u2019enfant va mourir.» Nous apprîmes plus tard qu\u2019il l\u2019avait enterrée encore vivante sur un terrain voisin.Mardi 28 mars En revenant d\u2019un exercice à la chapelle, nous trouvons près de la rampe de l\u2019escalier une moyenne de l\u2019orphelinat, toute piteuse, tenant une petite boîte.Qu\u2019a-t-elle dans cette boîte?On ne peut deviner.Trois petites souris, nouvellement nées, que l\u2019enfant a mises soigneusement dans de la ouate, et qu\u2019elle avait déposées panni son linge.Une pénitence lui a été imposée.Soit dit en passant, les souris n\u2019offrent rien de répugnant aux Chinois.Il paraît que la petite avait l\u2019intention de manger ses « captives » quand elles auraient eu huit jours.Samedi 8 avril Depuis mercredi, les Chinois fêtent leurs morts, c\u2019est ce qu\u2019ils nomment le Tsing Ming.Les hommes vont dans leur village d\u2019origine et y apportent des paniers remplis de cannes à sucre, de chandelles, de pain, d\u2019encens et 1 Mane-Louise Chevrette, de Saint-Majonque-de-Grantham Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t481 de simulacre de papier-monnaie.Ils vont aux tombeaux de leurs ancêtres, là, on débute par une cérémonie: chacun place les gâteaux devant les tombeaux, allume les chandelles et brûle l\u2019encens ainsi que le papier-monnaie; tous les pèlerins, jusqu\u2019au plus jeune, s\u2019inclinent trois fois dans la direction du tombeau.Cette cérémonie terminée, on se dirige vers le temple des ancêtres, lequel est entretenu aux frais communs de la famille et compte un gardien qui fait l\u2019office de sacristain.Dans ce temple, on a préparé beaucoup de cannes à sucre, de pain, et de porc rôti.Le maître ou gardien du temple distribue pli l'J - \t\t¦ \t\t \t\t \t\t Ai/ij .a - 0 ¦O/iA )/ua- >/VV 19S8 ces mets aux membres de la famille, après les avoir offerts aux mânes des ancêtres.Les Chinois croient que les portes de l\u2019enfer seront ouvertes en ces jours du Tsing Ming et que leurs ancêtres seront délivrés, qu\u2019ils viendront peut-être voir leurs descendants et se nourriront des choses qui auront été déposées sur leurs tombes.Sur notre terrain de la montagne où se trouve la maison Notre-Dame-de-la-Providence, nos Sœurs sont témoins de ces scènes.Elles remarquent que les vieux Chinois sont plus respectueux que les jetmes dans leurs cérémonies pour les défunts.Dimanche 28 mai C\u2019est aujourd\u2019hui la fête du dragon, le 5 du cinquième mois chinois.Il se fait partout des processions, les rues débordent de curieux.Dans les maisons, sur les rues, en public, en particulier, on mange du riz sucré ou salé, selon le goût de chacun, enveloppé dans des feuilles de bananiers.On jette de ces petits paquets dans la rivière pour en nourrir un grand homme des siècles passés qui s\u2019est noyé.Le riz est enveloppé dans des feuilles de bananiers, afin que les poissons ne puissent s\u2019emparer de cette nourriture avant le défunt! Dimanche 4 juin En ce jour de la Pentecôte, nous sommes heureuses d\u2019offrir à notre vénérée Mère, dont c\u2019est la fête patronale, un cadeau, le plus beau, celui qu\u2019elle apprécie davantage, Canton peut facilement le fournir.des âmes! Douze âmes d\u2019enfants et de jeunes filles sont présentées à l\u2019Église en son nom, aujourd\u2019hui.Les cérémonies de baptême ont lieu partie dans notre 482 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934 chapelle et partie dans la cathédrale.Les sept enfants qui sont régénérées au pied de notre autel sont des infirmes qui ne pourraient se rendre à l\u2019église, et quelques petites qui ne marchent pas encore.Nos Vierges se sont solennellement chargées de chacune une fillette: une aveugle est marraine d\u2019une petite souffrant de la même infirmité, ce qui est très touchant à voir.Cette cérémonie de baptême a lieu immédiatement après le saint Sacrifice.La chapelle a revêtu sa parure des plus beaux jours.Notre Sœur sacristine a encadré le tabernacle de fleurs et disposé des palmes au pied de l\u2019autel.C\u2019est devant ce décor en l\u2019honneur de Jésus-Hostie que nos sept enfants reçoivent le sacrement de la régénération.Les cinq autres attendent quelques heures encore et le même bonheur sera leur partage.Enfin, l\u2019heure a sonné.Les catéchumènes sont à la porte du saint lieu, le ministre de l\u2019Église, un de leurs compatriotes, le R.P.Lin, leur fait les demandes et les exorcismes d\u2019usage, puis la blanche théorie entre dans le temple sacré, symbole de l\u2019Église catholique qui les reçoit dans son sein.Nos chères enfants vont s\u2019agenouiller à un long prie-Dieu drapé de blanc et enguirlandé de fleurs.Leur banc est aussi couvert de blanc, emblème de la pureté de leur âme.Pendant le saint Sacrifice, celles qui ont l\u2019âge requis reçoivent pour la première fois le pain des vierges et sont ensuite confirmées par S.Exc.Mgr Fourquet.Après la cérémonie, elles reviennent au couvent et savourent leur bonheur.La bénédiction du saint Sacrement, au cours de la journée, leur permet d\u2019offrir de nouveau leur cœur au bon Dieu.Elles se consacrent à la sainte Vierge, la prennent pour mère et lui demandent de garder leur âme dans la fraîcheur de leur baptême.Lundi 31 juillet Cet après-midi.Sœur Claire-de-Jésus '¦ part pour la Léproserie de Shek Lung, afin de commencer un bien beau ministère: elle va donner des injections intra-muscu-laires aux malades.Ces pauvres lépreux désirent essayer le traitement tant vanté d\u2019huile de chaul-moogra, production végétale venant des Indes.Nos Sœurs, en NOUVELLES CHRÉTIENNES DU COUVENT DE CANTON.\tJ '\t-j.J 1\tJ\t^ r CHINE.APRÈS LA CÉRÉMONIE DE BAPTÊME.DE coN- dépit de leuT gTande pauvTeté, font FIRMATION ET DE PREMIÈRE COMMUNION QUI EUT LIEU A LA CATHÉDRALE, LE JOUR DE LA\t- PENTECOTE 1933\t1.Exilda COTÉ de Montréal.V f Vjf# ¦N.m \t\t\t SECOND GROUPE DES BAPTISÊE^S DE LA PENTECÔTE 1933, AVEC LEURS MAR RAINES, AU SORTIR DE LA CÉRÉMONIE DE BAPTÊME EF DE PREMIÈRE COMMUNION QUI EUT LIEU DANS LA CHAPELLE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION A CANTON, CHINE tout en leur pouvoir pour le leur procurer.Déjà nos Sœurs hospitalières avaient commencé les traitements, Sœur Claire-de-Jésus va faire sa belle part comme infirmière.Les malades en éprouvent du soulagement, ils espèrent même la guérison.Mardi 29 août Les travaux de réparation que nous avons dû faire exécuter à notre école nous ont donné occasion de faire de belles découvertes.Sœur Marie-Célina *, qui surveillait les ouvriers au nettoyage des murs d\u2019une classe, s\u2019aperçut que l\u2019un d\u2019eux, en frottant, mettait à découvert des couleurs.1 Graüa Blanchet, de Drummondvüle 484 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avnl 1934 Intriguée, elle vint nous chercher, et nous pûmes constater, à mesure que la chaux disparaissait, qu\u2019il y avait là une peinture ogivale représentant une Vierge de plus de huit pieds de hauteur, ayant l\u2019Enfant Jésus debout devant elle.La Vierge porte un manteau bleu et ime robe rose; ses deux bras sont étendus.L\u2019Enfant Jésus a son cœur visible sur sa poitrine et sa main droite bénit, tandis que la gauche montre son Cœur, Tous deux reposent sur un globe terrestre.Sur un autre pan du mur, on découvrit ensuite l\u2019Adoration des Bergers, mais im mur de séparation cache les personnages de la sainte Famille.On salua par le cantique: «Salut, ô Vierge Immaculée, brillante étoile du matin.» l\u2019apparition de ces antiques chefs-d\u2019œuvre.Comment ces tableaux sont-ils ici ?par qui furent-ils peints et quand ?.On fait venir la supérieure des Sœurs indigènes, qui est ici depuis nombre d\u2019années; elle vient avec une compagne, ancienne elle aussi.Toutes deux admirent mais ne peuvent apporter aucune lumière.Les élèves, les orphelines, à mesure que la nouvelle se répand, viennent voir et s\u2019extasier.Une orpheline muette nous fait comprendre qu\u2019elle croit que les anges sont venus peindre ces tableaux.L\u2019on questionne les bonnes vieilles ayant vécu ici bien avant notre arrivée.Aucune ne se souvient avoir vu ces peintures sur les murs.Quand elles ont été admises ici, ces vieilles grand\u2019mères, cette pièce était la Crèche des enfants, la chapelle était au deuxième, il n\u2019y avait nulle part de peinture d\u2019aucune sorte.Nous multiplions les conjonctures: depuis les dernières quarante années, aucune trace de ces travaux artistiques; c\u2019est antérieur à cette époque, mais de combien?.Serait-ce dans un temps de persécution que ces tableaux auraient été couverts de chaux ?.La maison date de soixante-neuf ans: 1864 a été gravé sur le frontispice par les soins de Mgr Guillemin, premier évêque de Canton, qui élevait, l\u2019année précédente, l\u2019édifice gothique de la cathédrale.Ces peintures ont vraisemblablement été faites en même temps que la chapelle primitive du couvent, car celle de la sainte Vierge a reçu un encadrement identique à celui des portes du sanctuaire: clocheton gothique de chaque côté et rosaces élégantes le décorant.Quelles que soient les origines de ces œuvres, elles sont vraiment artistiques et ont jailli sous le pinceau d\u2019un Européen, aucune touche asiatique ne s\u2019y trouve.Nous considérons cette découverte comme un présage et un gage de la protection de notre céleste Mère; ne veut-elle pas nous dire: « Je suis là et je veille sur vous avec mon Jésus.» L\u2019École du Saint-Esprit, à Canton, va bon train.MM.les consuls de France et d\u2019Angleterre et les membres des deux municipalités, anglaise et française, dans une visite qu\u2019ils ont faite à notre École de Shameen, ont dit leur bonne appréciation sur le travail scolaire accompli.Veuillez prier avec nous, chères Sœurs, pour que le bon Dieu réalise le véritable but que nous poursuivons dans notre travail d\u2019éducation: le salut des âmes! Mercredi 30 août S.Exc.Mgr B.Yeung, évêque auxiliaire de Canton, revient, ce matin, de son voyage à Rome et en France.A 6 heures 30, les carillons de la cathédrale sonnent à toute volée et des salves de pyrotechnie saluent l\u2019arrivée Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t485 de l\u2019illustre voyageur sur le terrain de la Mission.La messe est pontifiée par lui.Le Séminaire où il réside est tout pavoisé; il y a réception après la messe.Jeudi 31 août Mgr Yeung vient nous rendre visite aujourd\u2019hui.Son Excellence parle de son voyage et ne peut exprimer tout ce qu\u2019elle a vu de grandiose à Rome, à Lourdes, à Paris et à Angers où elle a pris part au Congrès eucharistique.Monseigneur a été reçu en audience par le Saint-Père qui l\u2019a gardé vingt-cinq minutes.Sa Sainteté s\u2019est montrée plus que paternelle, ne lui permettant pas de baiser sa mule mais le prenant dans ses bras et le baisant.A maintes reprises, notre distingué visiteur dit: « Je ne puis exprimer tout ce que je ressens.Que c\u2019est beau, que c\u2019est beau! » ne cesse-t-il de répéter.« Les chapelles de couvent sont de vraies cathédrales! » Il a assisté à la procession de la Fête-Dieu sur la place Saint-Pierre à Rome.L\u2019ostensoir était porté par le Pape agenouillé sur une plate-forme que portaient des gardes-nobles.Rappelant les grandes démonstrations.Monseigneur ajoute: « Qu\u2019il est beau, qu\u2019il est émouvant le cri de « Vive le Pape! » poussé par des foules se chiffrant dans les centaines de mille personnes, on sent monter dans l\u2019air une vague d\u2019acclamations, la multitude la répète à mesure qu\u2019elle aperçoit le Souverain Pontife.A la fin, c\u2019est un soulèvement.pacifique, mais général.» Et le chant de l\u2019Ave Maria à Lourdes, et la procession aux flambeaux.Monseigneur ne cesse de répéter: « Cum ka sai! Que c\u2019est beau, que c\u2019est beau! » Monseigneur mentionne tout particulièrement la visite qu\u2019il a faite au Monastère bénédictin de Saint-André, en Belgique, où se trouve, comme aspirant au sacerdoce, un ancien ministre à la Cour de Chine.Dans le parloir de son couvent, sont encadrées les décorations qu\u2019il a reçues de l\u2019empereur au cours de son service diplomatique.Le religieux parle le mandarin.Monseigneur a eu le privilège de causer longuement avec lui: c\u2019est un compatriote qui fait honneur à son pays.Il a été ordonné sous-diacre par un autre compatriote, Mgr Wang, vicaire apostolique de Wan Shien, au Se-tchuen, nouvel évêque chinois sacré par Sa Sainteté Pie XI, au cours du voyage de Mgr Yeung en Europe.Lundi 27 novembre Les bébés sont apportés en plus grand nombre; dans plusieurs des petits berceaux, ils reposent deux ensemble, car il n\u2019y a pas suffisamment de lits pour toute la famille des petits abandonnés.Tous sont privilégiés, mais il y en a qui sont plus voleurs de paradis que les autres.Ainsi, dernièrement, un homme apportait un bébé qui n\u2019avait pour tout vêtement qu\u2019une poche grossière.Il nous dit avoir trouvé l\u2019enfant dans une campagne, exposé sur le bord d\u2019une route.Nous avons reçu le nouveau venu, bien contentes de l\u2019héberger.Peu après, une femme s\u2019est présentée à la Crèche et a réclamé l\u2019enfant, disant qu\u2019elle en était la mère.Elle ajouta qu\u2019il était bien malade et qu\u2019elle s\u2019en allait le porter à une pagode pour demander des prières, quand il eut des convulsions.C\u2019est alors qu\u2019elle le laissa sur le bord du chemin pour l\u2019exposer « à la rosée du ciel » ce qui, selon elle, devait lui 486 Montréal LE PRÉCURSEUR Mare-Avnl 1934 porter bonheur.Ce fut en effet un gage de bonheur pour le bébé, car cette exposition lui valut la véritable rosée du ciel.le saint baptême.Vu que l\u2019enfant est trop malade pour pouvoir reprendre vie, nous l\u2019avons remis à sa mère.Chaque jour, les anges mettent en branle les carillons célestes pour annoncer l\u2019adoption divine de quelques nouveaux enfants qui, pour un grand nombre, après quelques heures ou quelques jours d\u2019exil, s\u2019en vont peupler le paradis.Ah! que Canton est favorable à la Sainte-Enfance! Un jour, ce sont quinze petites âmes qui sont régénérées; le lendemain, vingt, un autre jour, c\u2019est un plus grand nombre encore qui viennent recevoir leurs ailes dans notre chapelle, de la main du prêtre ou, dès leur arrivée à la Crèche, de la main des Sœurs.LEAO YUAN SIEN, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Leao Yuan Sien, Mandchourie Lundi 16 octobre 1933 Cinq nouvelles petites âmes reçoivent au dispensaire leur permis pour le ciel.De plus, en visite à domicile, nous ondoyons une fillette de dix ans.Puisse la sainte Vierge venir bientôt cueillir ce blanc lis qui s\u2019apprête à former, là-haut, la couronne du Rosaire.Mardi 24 octobre Nous allons visiter un malade dans un équipage bien modeste: un petit âne attelé à un chariot.Naturellement, la pauvre bête a peine à nous traîner et il nous faut marcher la moitié du chemin.Qu\u2019importe la peine, allons gaiement puisque c\u2019est pour sauver ime âme!.Dans cette maison, nous soignons deux malades, et le professeur, qui nous accompagne, dorme une bonne leçon de catéchisme qui a pour effet de faire désirer à toute la famille d\u2019entrer dans le giron de l\u2019Église catholique.Vendredi 17 novembre Le bon Dieu nous accorde aujourd\u2019hui de faire ime bonne conquête: c\u2019est celle d\u2019un jeune cardiaque qui, ne pouvant plus se rendre au dispensaire pour se faire soigner, nous a demandé d\u2019aller chez lui.En dépit des bons remèdes qu\u2019il prend régulièrement, son état s\u2019aggrave de jour en jour, ce qui nous détermine à hâter l\u2019heure de son baptême.Ce malade avait souvent entendu parler de notre sainte doctrine par son oncle catéchumène, aussi, dès les premières explications que lui donne le catéchiste du dispensaire, il exprime son désir de devenir chrétien.L\u2019on accomplit donc le rite sacré qui le fait enfant de Dieu et on lui donne pour patron l\u2019apôtre saint Pierre.Toute cette pauvre famille est réellement bien disposée en faveur de la religion catholique, ce qui nous est une grande consolation. Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1934\t487 Jeudi 23 novembre Depuis quelques jours, nous traitons au dispensaire un vieillard mongol bien fervent dans sa religion.Il souffre d\u2019un horrible anthrax sur le cou.Durant ses pansements qui sont toujours bien douloureux, il répète sa prière: « A nie touo fou » qui est un appel à son dieu.Nous lui représentons que le dieu qu\u2019il prie n\u2019a aucun pouvoir pour le soulager et qu\u2019il n\u2019y a que le seul vrai Dieu, celui des chrétiens, qui puisse lui venir en aide.Il nous écoute attentivement et promet que, dès qu\u2019il sera mieux, il viendra au catéchuménat pour étudier le catéchisme.Puisse-t-il être sincère.Les Mongols sont ordinairement très difficiles à convaincre.Cependant, nous avons confiance en la toute-puissance de notre bon Maître pour la conversion de cette âme.Jeudi 30 novembre Compte rendu du dispensaire de Leao Yuan Sien pour les mois d\u2019août, septembre, octobre et novembre 1933: Baptêmes.255 Patients.8,743 Traitements.12,765\tPansements.2,975\tDents extraites.78 Consultations__\t670\tVisites à domicile.225\tInjections.55 PA MIEN TCHENG, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à P a Mien Tcheng, Mandchourie Mardi 29 août 1933 La partie ouest de la maison des orphelines étant inoccupée, on y a établi hier un Refuge pour les vieillards sans argent et sans famille.Quelques-uns y sont déjà installés et ont l\u2019air tout heureux de leur nouvelle demeure.On leur a donné une certaine étendue de terrain, en sorte qu\u2019ils ont à leur disposition une petite cour entourée d\u2019un mur en chou kai (tiges de sorgho séchées).Ce matin, à la première visite que nous leur faisons, le plus alerte de ces pauvres vieux nous fait la présentation de ses camarades qui sont au nombre de six.Il décline les prénoms de chacun, l\u2019âge, le lieu de naissance, etc.; quand tout est fini, nous avons à faire notre propre présentation en répondant aux diverses questions qu\u2019on nous pose.Braves gens, puissions-nous leur donner un peu de bonheur, eux pour qui la vie a été plus ou moins clémente.Nous suspendons une image de la sainte Vierge sur le mur de l\u2019unique pièce du Refuge.Immédiatement, l\u2019xm des bons vieillards descend du k\u2019ang, se place en face de l\u2019image sainte et avec ferveur récite toutes les prières qu\u2019il sait: le signe de la croix et VAve Maria.Belle simplicité! qu\u2019il fait bon la rencontrer chez ces grands enfants.Mercredi 30 août On baptise à la chapelle un vieillard de soixante-quatorze ans, dont les jours sont comptés.C\u2019est un nouveau pensionnaire pour le Refuge; on -OtAM/l/tlA/ /O A/l/ )SA/:>^/^^/CAA/\\/e jz: .^4933^ Pù/ijOAÀy]^/}/^ \u2019^/lÆA/ttoOcb/i /6/va/ Gx^^;V « S ^4^ i5 \u202273M \u2022 p4 O Z 'U J3 H H H >p X 4> \" 2*0 PS \u2022 » JQ «i ^ >> ® 0\t\u2022 ^4) t2 44 (6 O Ü in 1 ü C \\n
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