Interface : la revue de l'ACFAS, 1 septembre 1991, Septembre
LA REVUE RECHERCHE PER 522 EX SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 VOLUME 12.NUMÉRO 5 5,00 $ &>&'4ÊÈKÊ SUR LA PISTE DIPLOME?Le décrochage La coopération t?XT X2H 3Û ' tea-uuow isano a>|oojqj3L)s and ‘S2I DÛ flû 3 3VN011 VN 3nÛ3H10I19I9 3|o.it?3 N0d39èJ39 France-Quebec FACE e Champlain Jacqu ADRESSE DE RETOUR: CASE POSTALE 6060, MONTRÉAL (QUE.) H3C 3A7 ENVOI DE PUBLICATION - ENREGISTREMENT N1’ 6489 "recherches cliniques erches fondamentales ISSN ?ÔEb.-Mflb.M 977082648600515 PRIX de la RECHERCHE SCIENTIFIQUE G 'îtv% -haque année, depuis 1944, l'Acfas s'associe au milieu des affaires pour décerner des prix qui récompensent une contribution exceptionnelle à la recherche au Canada français.Ces prix peuvent soit souligner des percées significatives, soit, exceptionnellement, couronner l'ensemble d'une carrière.Ils sont destinés aux personnes oeuvrant en recherche ou en enseignement, dans le secteur public ou dans l'entreprise privée.Ils comportent chacun une médaille de bronze ou un objet commémoratif et une somme de 2 500 $.Critères d’attribution et mise en candidature Un document de mise en candidature comprenant les critères d'attribution est disponible au secrétariat de l'Acfas.Tél.: (514) 342-1411, téléc.: (514) 342-9552.La date de clôture du concours est le vendredi 17 janvier 1992.Prix André-Laurendeau Sciences humaines Ce prix a été créé en 1986 en l'honneur d'André Laurendeau, grand éditorialiste et humaniste.Il est destiné aux personnes oeuvrant en sciences humaines.Prix J.-Armand-Bombardier BOMBARDIER INC.Innovation technologique Créé en 1979 en l'honneur de J.-Armand Bombardier, le plus célèbre des inventeurs québécois, fondateur de la compagnie Bombardier, ce prix est financé par Bombardier Inc.Il a pour but de reconnaître les contributions à l'innovation technologique qui ont résulté en une commercialisation concrète se distinguant par un succès économique.Prix Jacques-Rousseau IBM CANADA Interdisciplinarité Créé en 1980 en l'honneur de Jacques Rousseau, botaniste, ethnologue et naguère secrétaire de l'Acfas, ce prix est financé par la compagnie IBM Canada.Il souligne les réalisations scientifiques exceptionnelles de personnes qui ont largement dépassé leur domaine de spécialisation en recherche et qui ont établi des ponts entre différentes disciplines de manière à mieux exploiter, en les conjugant, les savoirs.Prix Léo-Pariseau BANQUE NATIONALE DU CANADA Sciences biologiques et sciences de la santé Créé en 1944 en l'honneur de Léo Pariseau, premier président de l'Acfas, ce prix est financé par la Banque Nationale du Canada.Prix Marcel-Vincent BELL CANADA Sciences sociales Créé en 1975 en l'honneur de Marcel Vincent, premier président francophone de Bell Canada, ce prix est financé par la compagnie Bell Canada.Prix Michel-Jurdant HYDRO-QUÉBEC Sciences de l’environnement Créé en 1985 en I ' honneur de Michel Jurdant, ce prix est financé par Hvdro-Québec.Il récompense des activités de recherche et de vulgarisation importantes en sciences de l'environnement liées aux impacts sociaux concernant la mise en valeur et la protection de l'environnement.Prix Urgel-Archambault ALCAN LTÉE Sciences physiques, mathématiques et génie Créé en 1953 en l’honneur d'Urgel Archambault, directeur-fondateur de l'École polytechnique de Montréal, ce prix est financé par la compagnie Alcan Ltée.Prix Desjardins d’excellence étudiants-chercheurs FONDATION DESJARDINS Financés par la Fondation Desiardins.ces trois prix ont pour but de souligner l'excellence du dossier universitaire de premier cycle et d'encourager les jeunes à poursuivre une carrière de recherche.Chaque prix consiste en une somme de 2 500 $.Ces prix sont attribués à des personnes diplômées de premier cycle, de citoyenneté canadienne, admises dans toute institution universitaire reconnue à travers le monde pour y poursuivre des études de deuxième cycle à partir de septembre 1991 (entamer la première année de maîtrise entre septembre 1991 et mai 1992).Le mémoire devra être rédigé en français.Aucune discipline universitaire n'est exclue du champ d'attribution des prix.Renseignements et formulaire de mise en candidature: Acfas: 2730, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7 Tél.: (514) 342-1411 Téléc.: (514) 342-9552 Clôture du concours: vendredi 17 janvier 1992 CHRONIQUES SCIENCE-INTER M________ SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 VOLUME 12, NUMÉRO 5 EDITORIAL L Acfas : une visibilité bien mentee Gilles Y.Delisle FACE A FACE Jacques de Champlain Joane Arcand INTERFACE BOURSES ET f REVUE BIMESTRIELLE SANS BUT LUCRATIF, INTERFACE EST PUBUÉE À L'INTENTION DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE PAR L'ASSOCIATION CANADIENNE-FRANCAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES (ACFAS) AVEC L'AIDE DU MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE IA SCIENCE ET DU PROGRAMME SCIENCES ET CULTURE CANADA DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L'ACFAS: FRANÇOISE BRAUN RÉDACTRICE EN CHEF: SOPHIE MALAVOY SECRÉTAIRES DE RÉDACTION: JOCELYNE THIBAULT, MICHÈLE BIAIS COMITÉ DE RÉDACTION: THÉRÈSE BOUFFARD-BOUCHARD, JEAN HAMANN, LAURENT LEWIS, MONA NEMERT, DENISE PELLETIER ET YANICK VILLEDIEU DIRECTION ARTISTIQUE ET PRODUCTION: MATHILDE HÉBERT ET ANNIE PENCRECH RÉVISION LINGUISTIQUE: HÉLÈNE LARUE PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE: YVES MÉDAM PUBLICITE : PIERETTE LEFRANCOIS TÉL : (514) 466-3095 TÉLÉC.: (514) 466-0952 IMPRESSION: RICHARD VEILLEUX INC.LES ARTICLES D'INTERFACE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS AUTORISATION À CONDITION QUE L'ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À L'ACFAS, 2730, CHEMIN DE LA CÔTE-SAINTE-CATHERINE, MONTRÉAL (QUÉBEC) H3T1B7, TÉL: (514) 342-1411, TÉLÉC.: (514) 342-9552 LA REVUE INTERFACE EST RÉPERTORIÉE DANS POINT DE REPÈRE ENVOI DE PUBUCATION ENREGISTREMENT N° 6489, SEPTEMBRE 1991 DÉPÔT LÉGAL : BIBUOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, TROISIÈME TRIMESTRE 1991 ISSN : 0826-4864 Sur la piste des Basques: la redécouverte de notre XVIe siè Laurier Turgeon La coopération scientifique France-Québec: une analyse des cosignatures Michel Leclerc, Jean-François Miquel, Nora Narvaez, Luis Frigoletto et Yoshiko Okubo CHERCHEURS RECHERCHES SCIENCECLIPS Des maisons à l'épreuve des séismes La troisième dimension ' =•-: L-.- -T.- *:¦ ~ ¦ - '-V Sport ou culture : qui commandite quoi?If Les micas et l'origine des roches granitiques 24 André E.Lalonde et Denis G.Rancourt MODEM 30 Des feux de forêt écologiques 46 La clé du succès des femmes cadres 46 L'oxygène, un métal ?48 Quand les déchets suffoquent, les humains respirent 50 Le soft laser: une efficacité douteuse 51 Pour des récoltes mieux conservées 52 Et le diplôme?Le décrochage à l'université Danielle Ouellet LES CAHIERS DE L'ACFAS Les cahiers scientifiques Dernières parutions Le paradoxe de la gestion universitaire: pour une nouvelle problématique Consultations publiques et stratégies de planification // Une démocratie technologique?Colloque sur la fabrication automatisée Territoires et minorités: de l'Amérique française au lac Meech Bioéthique, méthodes et fondements La pensée économique au Québec français Génétique et éthique: identification et thérapie des maladies génétiques L'Utilisation du processus d'apparition du handicap: approche conceptuelle dans la recherche \ «Sexe faible» ou travail ardu?Recherches sur la santé et la sécurité des travailleuses L'Actualité de la recherche en lecture Iconographie et image de la Révolution française \\ Les avenues de la science politique: théories, paradigmes et scientificité La paix comme projet de justice Droits - Liberté - Démocratie Montréal: Tableaux d'un espace en transformation Les publications de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences sont vendues en librairie (distribution Prologue) Renseignements: Acfas 2730, Chemin de la Côte-Ste-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7 Téléphone: (514)342-1411 Télécopieur: (514)342-9552 ITORI ED AL INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 L'ACFAS: UNE VISIBILITE BIEN MERITEE PAR GILLES V.DELISLE Depuis quelques années déjà, il est d’usage qu’à son entrée en fonction, le nouveau président de I’Acfas livre, par l’intermédiaire de la revue Interface, un éditorial qui fait le point sur les problèmes à l’étude au sein de l’Acfas ainsi que sur les préoccupations des membres du conseil d’administration et de l’exécutif.Je m’en voudrais de déroger de ce principe qui nous est cher et qui ne peut souffrir de trop d’entorses.Toutefois, il me semble être de mise de dresser aussi, pour l’ensemble des membres, un portrait global de notre association fondé sur son histoire, maintenant vieille de 68 ans.L’Acfas a, sans conteste, un passé éloquent.Bien que l’on soit loin maintenant des préoccupations d’«avancement» des sciences des pères fondateurs, il n’en demeure pas moins que l’on doit leur rendre hommage pour avoir fait preuve d’une clairvoyance exceptionnelle.Les multiples personnes qui ont oeuvré au sein des comités, conseils et autres organismes de l’Acfas ont su non seulement desservir les objectifs initiaux de l’Association, mais aussi les faire fructifier de façon remarquable.Notre association s’est d’ailleurs constamment enrichie de nouveaux membres au cours des années.Guidée par l’esprit d’une saine gestion et une planification bien ciblée, l’Acfas a passé l’épreuve du temps avec une vigueur sans pareille.La réussite des récents congrès, une équipe permanente revitali- sée, le succès exceptionnel de la revue Interface, un budget équilibré qui dépasse maintenant le million de dollars: tout cela est évidemment lié en partie aux progrès significatifs enregistrés dans les infrastructures de la recherche et des études avancées au sein des milieux universitaire et industriel.Nos résultats n’en sont pas moins, en soi, fort impressionnants.L’Acfas amorce maintenant une «seconde carrière», une période où elle devra mettre à profit ses acquis pour que le présent soit emballant, à la mesure de ce que les membres attendent de leur association.Tout récemment, nous avons procédé à une révision des lettres patentes, qui seront adoptées à l’automne.Nous serons ainsi dotés des outils de travail adéquats pour remplir notre nouveau rôle.L’Acfas d’aujourd’hui doit être présente dans les grands débats de l’heure.Elle doit prendre avantage de sa crédibilité pour favoriser son engagement face à des problèmes qui font appel à la pluridisciplinarité ou qui concernent le mieux-être de la communauté scientifique francophone d’ici.Elle doit également rayonner davantage parmi la communauté scientifique à l’extérieur des milieux universitaires, notamment au sein des entreprises membres ou des grands centres de recherche.Forte d’une présence significative partout au pays grâce à ses chapitres régionaux, elle doit maintenant intensifier ses relations avec les principaux organismes subventionnaires, cana- — ££ Gilles Y.Delisle est, depuis mai dernier, président de l’Acfas.Il enseigne le génie électrique à l’Université Laval.CONSEIL D'ADMINISTRATION 1991-1992 ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES Bruno Battistini, étudiant, délégué du Regroupement des étudiants en maîtrise et doctorat de l'Université de Sherbrooke (REMDUS), Faculté de médecine, Université de Sherbrooke André Boudreau, langue et linguistique, adjoint à la vice-recteure aux ressources humaines, Université laval Françoise Braun (secrétaire), anthropologie, directrice générale, Acfas Maurice Cohen, mathématiques, vice-recteur, Relations institutionnelles et finances, Université Concordia Alain Marc Couturier, étudiant, président de l'Union des gradués inscrits à Laval (UGIL), administration scolaire, Université Laval James de Finney, études françaises, vice-doyen, Faculté des études supérieures et de la recherche, Université de Moncton Gilles Y.Delisle (président), génie électrique, professeur, Faculté des sciences et de génie, Université laval François Dubé, biologie cellulaire, professeur-chercheur, Département d'océanographie, Université du Québec à Rimouski André Fauchon, géographie, professeur, Faculté des arts et des sciences, Collège universitaire de Saint-Boniface Michel Guindon (trésorier), administration des affaires, professeur, Hautes études commerciales, Montréal Brigitte Jaumard, recherche opérationnelle, professeure-chercheuse, Département de mathématiques appliquées, Ecole polytechnique de Montréal Réal L'Archevêque (président sortant), génie électrique et électronique, vice-président, Recherche et technologie, le Groupe SNC, Montréal Maryse Lassonde (2' vice-présidente), neuropsychologie, professeure, Département de psychologie, Université de Montréal Pierre Yves Leduc, mathématiques, doyen, Faculté des sciences, Université de Sherbrooke Marcienne Lévesque, psychopédagogie, professeure, Faculté des sciences de l'éducation, Université de Montréal Bruno Maranda, biologie cellulaire et microscopie, chercheur scientifique, Maranda Technologies inc., Gatineau Henri Navert (Ie vice-président), médecine, directeur médical, Phoenix International/Sciences de la vie, Montréal Edouard Potworowski, immunologie, professeur, Institut Armand-Frappier, laval Louise Quesnel, génie, vice-présidente, Développement corporatif, Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) François Ricard, littérature française, professeur, Département de langue et littérature françaises, Université McGill Jean-Pascal Souque, éducation, directeur adjoint, Musée national des sciences et de la technologie, Ottawa Jean-Marie Demers (archiviste), biologie, professeur retraité, Département des sciences biologiques, Université de Montréal diens et québécois.En un mot, l’Acfas doit chercher la visibilité qui lui revient.Une visibilité non seulement auprès des gouvernements lors d’ébauches de politiques scientifiques ou d’opérations de planification d’activités scientifiques, mais également dans l’ensemble de la communauté.Pourquoi est-on membre de l’Acfas?Qu’est-ce que l’Acfas offre à ses membres?Que réalise l’Acfas?Qui en fait partie?Répondre à ces questions suscite, chez chacun et chacune d’entre nous, une réflexion profonde sur les motifs de notre appartenance à l’Association et de notre attachement à ce qu’elle représente.Enfin, nous croyons qu’un lien matériel aide à créer et à maintenir plus facilement un sentiment d’appartenance.C’est pour cela que le conseil d’administration examinera sous peu la possibilité d’acquérir, par la voie de la Fondation de l’Acfas, une maison-Acfas, pour avoir pignon sur rue et offrir aux membres un endroit accessible où les liens pourront être resserrés.Cette autre forme de visibilité ne pourra se concrétiser sans le soutien des membres actuels et futurs.Nous envisageons donc de lancer une campagne de souscription dont l’objectif sera de l’ordre de 350 000 $.Le projet est ambitieux, certes, mais je suis persuadé que nous pourrons bientôt convier les membres à leur «chez-eux».C’est donc avec une confiance certaine que nous amorçons cette nouvelle année à l’Acfas.Si le passé est véritablement garant de l’avenir, je suis convaincu que le nôtre, celui de l’Acfas, est tout simplement emballant! ¦ VOS IDÉES NOUS INTÉRESSENT Dans l’esprit de sa nouvelle mission qui est de mettre à contribution les sciences et la réflexion des scientifiques pour le développement de la société, l’Acfas a soumis un mémoire à la Commission de l’aménagement et des équipements, portant sur la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement.Ce mémoire a été produit grâce à la collaboration d’une équipe multidisciplinaire et multi-institutionnelle composée de: • PIERRE ANDRÉ du département de géographie de l’Université de Montréal, • LORNE GIROUX de la Faculté de droit de l’Université Laval, • JEAN-FRANÇOIS LÉONARD du département de sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal, • LUC OUIMET du Bureau de consultation de Montréal, • RENÉ PARENTEAU de la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal, et sa réalisation a été coordonnée par la directrice générale de l’Acfas, FRANÇOISE BRAUN.L’Acfas invite ses membres à lui soumettre d’autres sujets d’intervention. Mi M$rm \s : »“vT, ucsiW' ‘ -3W yV-v-lWc.fv4f:3 IMS ^¦Vws sssêâ w.v>R; fops ['Ji.w!; W/.'Vrf.ISK?¦**+***¦ [yï'/s- /A; ’.V.VtiV’ ^5S*Vs^»i ÉÉI S&38: :K'V^*.v • X.'x'iy.J'sZ MM vJ£-A: r«isV: « £tâ» mmm mmm ‘5*55?, &S! £>*3 ?-?:• UNIVERSITÉ D’OTTAWA UNIVERSITY OF OTTAWA Service de l'admission, 550 Cumberland, Ottawa (Ontario) KIN 6N5 (613) 564-3928 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 FAC JACQUES DE CHAMPLAIN: ENTRE RECHERCHES CLINIQUES ET RECHERCHES ENTRE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ET L'HÔPITAL DU SACRÉ-COEUR, JACQUES DE CHAMPLAIN VA ET VIENT.CE MÉDECIN, CHERCHEUR ET PROFESSEUR, CELUI-LÀ MÊME QUI A MIS EN ÉVIDENCE LE RÔLE DU SYSTÈME NERVEUX SYMPATHIQUE DANS LE DÉVELOPPEMENT DE L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE, A TOUJOURS TENU, EN EFFET, À CONCILIER RECHERCHES CLINIQUES ET RECHERCHES FONDAMENTALES.UN CHOIX.COMME CELUI DE TOUJOURS CHERCHER À RELIER SES TRAVAUX À L’HUMAIN, CAR JACQUES DE CHAMPLAIN EST AUSSI UN HUMANISTE.1 arrive tout juste de Milan et dans trois jours, il sera aux États-Unis.Routine dans la vie du docteur Jacques de Champlain, qui accumule les prix depuis les deux dernières années pour ses travaux dans le domaine de l’hypertension: prix Izaac-Walton Killam du Conseil des arts et prix de la Société canadienne d’hypertension cette année, prix Léo-Pariseau de l’Acfas et celui de la Société canadienne de cardiologie en 1990.Entre son laboratoire de l’Université de Montréal et le Centre de recherche de l’hôpital du Sacré-Coeur, entre les patients, les cours et les conférences, il trouve parfois le temps d’«aller jouer dehors», comme le conseille la publicité.Sur sa ferme des Cantons de l’Est, il cultive son jardin pour mieux goûter la nature.Mais si en semant, on sait ce qu’on va récolter, il n’en va pas toujours de même dans la poursuite d’une carrière scientifique originale.Washington.L’hypothèse d’un lien entre le système nerveux et l’hypertension, que lui soumet Jacques de Champlain, n’est formulée nulle part dans la littérature scientifique de l’époque.Loin de se décourager, notre chercheur avance même l’idée que l’hypertension a peut-être un effet inhibiteur sur le système sympathique.«Lorsque la pression artérielle augmente, tout un système se met en branle pour indiquer au cerveau que la pression est trop haute et pour contrecarrer cette élévation en diminuant le tonus du système sympathique.J’imaginais qu’un dérèglement de ce système puisse exister lorsque la pression artérielle est chroniquement élevée.» Comme le professeur Axelrod venait de mettre au point des techniques pour mesurer le taux de synthèse des catécholami-nes (des neurotransmetteurs du système sympathique), Jacques de Champlain décida d’étudier ces neurotransmetteurs dans un modèle d’hypertension expérimentale, induit en gavant de solutions salines, des rats provenant d’une même Ainsi, lorsque Jacques de Champlain entre à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal au début des années 60, c’est la psychiatrie qu’il a en tête.La recherche est bien loin de ses préoccupations quand le docteur Jean-Pierre Cordeau, qui dirige alors le Département de physiologie de l’université, lui offre, après sa deuxième année de médecine, d’effectuer un stage d’été.Jacques de Champlain se familiarise avec les rudiments de la recherche fondamentale et développe du même coup son intérêt pour le système nerveux.Mais la carrière de chercheur lui semble encore trop floue.La recherche clinique, pense-t-il, serait plus appropriée à son goût pour les contacts humains.Il frappe donc à la porte du docteur Jacques Genest, spécialiste de l’hypertension artérielle et qui est alors l’un des seuls à faire de la recherche clinique.Le petit projet que lui propose le docteur Genest le passionne tellement qu’il y travaille pendant trois ans, obtenant en prime un doctorat en recherche clinique de l’Université McGill.La piqûre est donnée.LE ROLE DU SYSTEME NERVEUX DANS L'HYPERTENSION Jacques de Champlain entreprend ensuite sa formation postdoctorale chez le docteur Julius Axelrod (Nobel de médecine en 1970), qui dirige alors un laboratoire à la fine pointe de la recherche sur les neuromédiateurs et les neurohormones du système nerveux sympathique (encadré 1) à l’Institut de recherche sur la santé mentale de Bethesda, près de «It, «S verni alors (jua systèmes) La «U 1.LES NEUROTRANSMETTEURS DU SYSTEME NERVEUX Le centre de la régulation artérielle est situé dans le cerveau.Des informations en provenance de toutes les parties du corps arrivent au cerveau par les nerfs, le renseignant sur le volume sanguin et sur les besoins spécifiques de tous les organes, dont les vaisseaux.Des ajustements appropriés y sont automatiquement déclenchés et communiqués à l'organisme par les nerfs qui en sortent, provoquant la contraction ou la dilatation des vaisseaux, ou encore, la modification de la performance cardiaque.Ces nerfs qui fonctionnent automatiquement et sans que nous en ayons conscience (contrairement aux nerfs que nous utilisons pour faire des mouvements), font partie d'un système appelé «système nerveux autonome», lui-même constitué du système nerveux sympathique (stimulateur) et du système para-sympathique (inhibiteur).Les neurones (cellules neiveuses) se transmettent l'information par l'intermédiaire de substances chimiques appelées «neurotransmetteurs» [voir la figure).Lorsque l'influx nerveux parvient à l'extrémité du premier neurone, des vésicules remplies de molécules de neurotransmetteurs fusionnent avec la membrane présynaptique et libèrent leur contenu dans la fente synoptique.Les molécules diffusent alors vers la membrane postsynaptique du second neurone ou de la cellule cardiaque ou vasculaire, et se fixent à des récepteurs spécifiques.On distingue deux groupes principaux de neurotransmetteurs: 1 ) des petites molécules, constituées par les monoamines (dopamine, noradréna-line, adrénaline, sérotonine, etc.) et par certains acides aminés; 2) des grosses molécules constituant la famille des neuropeptides, qui agissent comme des neurotransmetteurs; par exemple, les endorphines.nsiaii role impon àcontre-cr notre modi linos * tais UK National D luttas ft «mi) lnnitjj ÜV N SL mut m a sb m if.K KO® plain, n's | Jel'tff [ioiclife teursifk 00 >}$ L [M rfff1 neurone présynaptique INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 A! FONDAMENTALES y A m neurotransmetteurs vésicule remplie de molécules de neurotransmetteurs membrane présynaptique fente synaptique molecules libérées membrane postsynaptique récepteurs (protéines canaux) neurone postsynaptique souche.«Normalement, chez ces animaux, on aurait dû observer une diminution du taux de synthèse des neurotransmetteurs alors qu’au contraire, on a découvert une surproduction de ces neurotransmetteurs.On venait donc de démontrer que le système sympathique était hyperactivé.» La publication de ces travaux, raconte Jacques de Champlain, n’a pas été facile puisque les hypothèses de l’époque ne considéraient pas que le système sympathique puisse jouer un rôle important dans l’hypertension.«Nos observations allaient à contre-courant et nos articles ont donc été carrément refusés au départ.Les arbitres disaient que si le système nerveux, dans notre modèle, semblait hyperactivé, c’était sans doute parce que nos animaux étaient stressés.» Une petite revue accepte cependant de publier un premier article, puis un deuxième suit dans une revue cette fois plus prestigieuse, Circulation Research.Mais la controverse bat son plein.Des chercheurs du National Health Institute, raconte Jacques de Champlain, téléphonent même au professeur Axelrod pour lui dire de se concentrer sur le cerveau plutôt que sur le coeur, lequel serait en dehors de sa compétence! Ce combat pour la reconnaissance a duré 10 ans.Dix ans qui ont permis au docteur de Champlain de se forger une philosophie de la recherche.«Axelrod m’a appris que la recherche n’est pas un métier, mais plutôt un art dans lequel il est possible de créer et de se réaliser en dépit des embûches.Il s’intéressait aux résultats négatifs, porteurs de nouvelles hypothèses, ce qui le passionnait beaucoup plus que les expériences dont on était FIGURE La synapse, mécanisme d'action des neurotransmetteurs 10 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 assuré à l’avance des résultats.Il m’a aussi montré à accepter notre ignorance face aux objectifs de la recherche afin de toujours poser les questions fondamentales et de demeurer réceptifs aux réponses qui y sont apportées.» LES MÉCANISMES MOLÉCULAIRES Ainsi, les récents travaux de Jacques de Champlain l’ont amené à modifier quelque peu ses hypothèses sur les différentes formes d’hypertension.«Je me suis rendu compte que chez plusieurs sujets hypertendus où je considérais que le tonus du système nerveux sympathique était normal, la réponse à la stimulation du système nerveux était anormale.Si vous stimulez de façon normale le système sympathique et que les récepteurs qui captent les neurotransmetteurs sont hypersensibles, ils vont répondre de façon exagérée.On s’aperçoit donc qu’il y a plusieurs dérèglements du système sympathique: certains favorisent une augmentation de la libération des neurotransmetteurs, alors que d’autres contribuent à altérer la sensibilité des récepteurs de ces neurotransmetteurs.» Il y a deux grandes classes de récepteurs du système sympathique: les récepteurs bêta et les récepteurs alpha, respectivement responsables de la dilatation et de la contraction des vaisseaux ainsi que de la contractilité et de la fréquence cardiaque.Normalement, l’équilibre est assuré par une dominance des récepteurs bêta.L’augmentation de la pression artérielle chez un individu normalement tendu qu’on soumet à un exercice isométrique, s’exprime par l’augmentation de la contractilité cardiaque, médiée par les récepteurs bêta.Chez l’hypertendu, par contre, la réaction du système cardiovasculaire se manifeste principalement par une augmentation de la résistance périphérique médiée par l’activation des récepteurs alpha.Les récepteurs bêta semblent donc désensibilisés et une nette dominance des récepteurs alpha semble être présente chez ces patients hypertendus.Cela a pour conséquence d’augmenter la résistance périphérique et la tension au niveau de tout le système cardiovasculaire.Le coeur travaille alors plus fort et s’ensuivent toutes les complications de l’hypertension.Selon le docteur de Champlain, ce mécanisme est peut-être génétique dans plusieurs cas, mais il peut aussi être induit, comme le prouvent les expériences sur l’humain et l’animal.Un individu soumis à un stress soutenu pendant plusieurs mois pourrait ainsi développer de telles anomalies, qui le prédisposeraient à l’hypertension.Les nouvelles techniques de biologie moléculaire permettent maintenant d’aller voir ce qui se passe au sein même de la cellule.«Nous essayons de mesurer directement à l’échelle de la cellule la production des seconds messagers et les ions qui sont responsables en fin de course de la façon dont les cellules cardiaques ou vasculaires vont réagir au stimulus du système mm sympathique.Quels sont les moyens de corriger ou d’empêcher ces dérèglements cellulaires?C’est ce qui nous intéresse maintenant.» Lorsque l’on tente de décoder les mécanismes de l’hypertension, les causes demeurent vagues.Le docteur de Champlain décrit le système sympathique comme une autoroute qui s’activerait sous différentes influences génétiques ou extérieures telles que l’alimentation, le tabac, l’environnement ou le stress.D’autres systèmes jouent aussi, bien sûr, des rôles importants: le système rénine-angiotensine, celui de l’hormone natriurétique (l'hormone du coeur) ou de l’insuline.Mais si le chercheur s’intéresse tant au système sympathique, c’est qu’il le considère comme un important facteur de risque additionnel dans l’hypertension.Les travaux de Jacques de Champlain ont contribué à ce que l’on préconise une médication plus rationnelle et plus individualisée.«Les médicaments miracles n’existent pas, dit-il, puisqu’il n’y a que 50 p.cent des gens qui répondent bien à l’un ou l’autre de ces médicaments.Il y a 25 ans, un patient pouvait facilement prendre 15 ou 20 pilules par jour.J’ai maintenant des patients dont la prêssion artérielle est bien contrôlée et qui ne prennent qu'une demi-pilule par jour parce qu’on a pu trouver exactement ce qui leur convenait.» (encadré 2) L’individu est au centre des préoccupations de Jacques de Champlain.Traiter un patient, dit-il, c’est s’intéresser aux influences autant psychologiques que physiques qu’il subit.C’est regarder quels facteurs dans sa vie, dans son environnement, dans son alimentation et dans son histoire génétique font de lui un hypertendu.Peut-on espérer que les futurs médecins auront cette préoccupation?L’humanisme, selon Jacques de Champlain, ça ne s’apprend pas sur les bancs d’école.La modification du programme d’enseignement à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal pourrait jouer un rôle positif en ce sens.A partir de septembre 1993, on songe, en effet, à adopter la formule du tutoriat pour remplacer l’enseignement magistral.Une nouvelle approche déjà adoptée par l’Université de Sherbrooke et qui, selon Jacques de Champlain, devrait donner aux étudiants une façon originale de penser, l’étudiant devenant alors un élément actif de sa propre formation.Avec l’abondance des connaissances et la quantité extraordinaire de nouvelles publications, l’étudiant doit apprendre à juger ce qui est valable ou pas.Il doit aussi apprendre à construire ses propres hypothèses et à se tenir à jour.Le nouveau programme devrait de plus, selon Jacques de Champlain, attirer plus d’étudiants et d’étudiantes vers la recherche en accordant des crédits à ceux et celles qui choisiront d’effectuer des stages en recherche, ce qui ne s’était jamais fait auparavant.«Les professeurs devront s’adapter, mais c’est un défi stimulant et l’une des conséquences sera probablement de rapprocher la recherche clinique de la recherche fondamentale.» Deux passions que Jacques de Champlain ne peut départager car il juge essentiel de créer des ponts entre ces deux disciplines pour favoriser l’application rapide des découvertes. Jacques de Champlain concentre maintenant ses activités d’enseignement aux 2' et 3e cycles.Au cours des années, il a participé à la réalisation d’une quinzaine de doctorats et d’autant de maîtrises.Il est fier de constater que la plupart de ses étudiants poursuivent une carrière en recherche et que plusieurs d’entre eux enseignent à l’Université de Montréal ou à l’Université Laval.UNE RECHERCHE BIEN COTÉE Jacques de Champlain est fier de la recherche qui se fait chez nous dans le domaine de l’hypertension.En tant que président du comité organisateur du prestigieux congrès de la Société internationale d’hypertension qui s’est tenu à Montréal l’an dernier, il peut en témoigner.Sur la totalité des abrégés acceptés, le nombre de ceux qui provenaient des laboratoires canadiens était supérieur à celui de plusieurs pays européens ou étrangers qui se targuent de faire de l’excellente recherche.Les travaux québécois ont été particulièrement bien cotés, sans doute, grâce à la tradition de recherche implantée par le docteur Jacques Genest dans ce domaine, précise-t-il.Mais Jacques de Champlain est aussi devenu un modèle et puisqu’il aime les associations d’idées et de gens, il a créé avec 2.LES MÉDICAMENTS MODERNES DE L'HYPERTENSION Les alpha et les bêtabloquants Les récepteurs bêta se retrouvent sur la membrane postsynaptique et présynaptique de la cellule.Les récepteurs bêta présynaptiques facilitent la libération de la noradrénaline.En les bloquant, on diminue la libération de cette hormone dans l'espace intersynaptique, diminuant ainsi son influence sur les récepteurs alpha, vasoconstrideurs.Les patients hypertendus qui sécrètent trop de noradrénaline sont les plus susceptibles de bénéficier de ce traitement.Dans 80 p.cent des cas, ils retrouvent une pression artérielle normale.Par contre, chez ceux où la sécrétion de ce neurotransmetteur est normale, seulement 20 p.cent voient leur pression baisser.Les alphabloquants interfèrent directement avec l'action vasoconstric-trice de la noradrénaline sur les vaisseaux.Les bloqueurs de canaux calciques Le calcium joue un rôle important dans les mécanismes de signalisation cellulaire, if agit entre autres sur la contradion ou la dilatation des vaisseaux.L'activation de la cellule par la noradrénaline induit une augmentation de calcium intracellulaire et les bloqueurs de canaux calciques peuvent atténuer cette action du système sympathique en limitant rentrée du calcium à l'intérieur des cellules cardiaques ou vasculaires.Les inhibiteurs d'enzymes de conversion Ils empêchent la formation d'angiotensine à partir de la rénine.L'angiotensine est une hormone très puissante qui agit directement sur la contraction des vaisseaux.Elle se rend aussi aux glandes surrénales, où elle stimule la sécrétion d'aldostérone, laquelle contribue à une rétention maximale du sel.L'angiotensine agit également sur les terminaisons des fibres sympathiques en facilitant la libération des neurotransmetteurs.Bloquer cette action diminue la libération des neurotransmetteurs lors de l'adivation des fibres sympathiques.son collaborateur et ami, le docteur Réginald Nadeau, le Groupe de recherche sur le système nerveux autonome (GRSNA), une équipe multidisciplinaire, reconnue par le vice-rectorat à la recherche de l’Université de Montréal et qui compte maintenant 17 membres seniors et 63 étudiants diplômés.En sont issues des associations stimulantes qui débordent même dans le domaine des sciences humaines.Par exemple, cette étude que le Groupe entreprendra sous peu sur la gestion de la colère chez les hypertendus, en collaboration avec la docteure Ethel Roskies du Département de psychologie.«Les hypertendus, explique Jacques de Champlain, sont souvent des gens introvertis ou qui refoulent leur colère.» Cette étude permettra de déterminer s’il existe une association entre le système sympathique et la gestion de la colère chez les hypertendus.Une autre étude, réalisée il y a quelques années avec Jean-François Chanlat, sociologue et professeur à l’École des hautes études commerciales, l’a amené à se pencher sur les causes psychosociales de l’hypertension.Des résultats surprenants montrent que les aînés d’une famille semblent plus enclins à développer l’hypertension.Serait-ce que les aînés adoptent les problèmes de la famille entière, qu’ils ont un plus grand sens des responsabilités?La recherche est à poursuivre.À LA DÉFENSE DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE Jacques de Champlain est un ardent défenseur de la liberté en recherche.Il a d’ailleurs profité de la réception du prix Killam pour faire l’éloge de la recherche fondamentale.Avec toutes les réformes actuelles (réformes de l’enseignement supérieur, des soutiens gouvernementaux à la science et à la technologie, réforme de la santé), Jacques de Champlain craint que les aspects appliqués et pratiques, plus visibles et comptabilisables, soient favorisés aux dépens des aspects universitaires, moins palpables et moins contrôlables.«La recherche fondamentale fait partie des espèces menacées par ces réformes.La recherche et le développement sont en voie de devenir une seule et même discipline dans l’esprit de certains planificateurs, alors que ce sont là deux disciplines distinctes, mais complémentaires, qui ont toujours été pratiquées par deux catégories différentes d’individus.Une réforme des sciences axée principalement sur la recherche et le développement sans assurer le maintien ou l’expansion d’une importante base de recherche fondamentale, est totalement illogique et vouée à un échec retentissant, comme celui qu’a connu le coûteux programme de recherche orienté sur le cancer qui avait été mis en oeuvre aux États-Unis au début des années 1970.» Jacques de Champlain est un hyperactif plutôt détendu! Il adore le cinéma et la lecture, mais il ne néglige pas pour autant des activités moins sédentaires comme la bicyclette, le tennis ou les balades dans la nature.11 avoue avoir changé sa façon de s’alimenter sans pour autant se priver, un peu ennuyé des discours de certains gourous qui prêchent souvent à l’encontre du bon sens.«Certaines personnes développent une véritable phobie face à la maladie alors que tout ce qu’il faudrait leur dire, c’est simplement de mieux vivre.» ¦ SUR LA PISTE DES BASQUES: LA REDÉCOUVERTE DE NOTRE XVIe SIÈCLE jjéSsSæ ° t'ir mM il'/]}>*¦?/>'< «V AV mr* V.'.v'x- Pendant le dernier quart du XVIe siècle, les Basques ont dominé la chasse à la BALEINE ET LA TRAITE DES FOURRURES DANS L'ESTUAIRE DU SAINT-LAURENT.PUIS ILS SONT PARTIS, LAISSANT DERRIÈRE EUX QUELQUES SITES ARCHÉOLOGIQUES, SEULS TÉMOINS DE LEUR PASSAGE - COMME L'ÎLE AUX BASQUES - ET DES ARCHIVES, NOTAMMENT À BORDEAUX.Laurier Turgeon a retracé la piste de ces occupants, sans doute les premiers Européens, après Jacques Cartier, à pénétrer dans l'estuaire.Laurier Turgeon est professeur d'histoire à l'Université Iaval et chercheur au Centre d'études SUR LA LANGUE, LES ARTS ET LES TRADITIONS POPULAIRES DES FRANCOPHONES EN AMÉRIQUE DU NORD (CELAT).Il dirige le projet de recherche sur les Basques.Tous ceux et celles qui connaissent l’île aux Basques, située sur la rive sud du Saint-Laurent vis-à-vis la ville de Trois-Pistoles, savent que les Basques l’ont occupée autrefois pour chasser la baleine dans les eaux du moyen estuaire.Le visiteur peut encore voir les fours qui servaient à fondre les graisses des cétacés, grâce à une mise en valeur du site effectuée par la société Provencher en 1938.Cette société avait alors fait «restaurer» les fours et ériger une plaque commémorative en bronze portant un extrait de la Relation du père Henri .if f,nhP u '.«jiff r ,w $ & fail ,it#' ilif f JiSfl Nouvel, missionnaire jésuite, qui notait le 25 mars 1664: «Cette Isle .est bien agréable: elle n’a qu’une lieue de longueur, et demie lieue de largeur.Elle porte le nom de l’îsle aux Basques, à raison de la pesche de Baleines que les Basques y faisoient autrefois.Je pris plaisir de visiter les fourneaux qu’ils y ont basty pour faire leurs huyles, on y voit encor tout aurês de grandes costes de Baleines qu’ils y ont tuées1».Si intéressant fût-il, ce petit texte du père Nouvel nous apprenait peu de choses sur les occupations, les activités, le mode de vie des Basques; encore moins sur la date de leur établissement.Chacun donnait libre cours à son imagination et interprétait à sa guise la nature et l’époque des activités basques.Certains prétendaient que le site remontait à l’époque de Samuel de Champlain (1603-1635), d’autres disaient que les Basques s’y étaient installés avant Jacques Cartier (1534-1543).Des personnes soutenaient même que les structures en pierres n’étaient pas des fours, mais de simples caches de chasseurs.Il semblait donc important d’éclairer cette période peu et mal connue de notre histoire, véritable terra incognita pour reprendre une expression souvent utilisée par les cartographes européens de l’époque afin de désigner ces lieux situés aux confins du monde connu.Le moyen le plus sûr de faire progresser nos connaissances au sujet de ce patrimoine oublié était de réaliser, d’abord, des recherches dans les archives européennes et, ensuite, des fouilles archéologiques sur le site lui-même.DES RECHERCHES HISTORIQUES ET ARCHEOLOGIQUES Des recherches menées dans les archives notariales de Bordeaux (France) depuis 1985 ont permis de constituer un fichier informatisé de quelque 6 000 actes notariés concernant les activités basques dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent au XVIe siècle.Le choix des archives notariales de Bordeaux n’était pas le résultat du hasard.Les archives basques de l’époque ayant été détruites, le fonds des notaires de Bordeaux — très bien conservé et contenant un grand nombre de contrats passés par des Basques — représentait une possibilité unique de se documenter2.En effet, les navires des ports de Bayonne, de Biarritz, de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure allaient chercher à Bordeaux câbles, voiles, barriques, vivres (vin, biscuits, boeuf salé, pois, etc.) et marchandises de traite avant d’entreprendre leurs voyages transatlantiques (figure 1).Le dos aux Pyrénées, les ports basques ne possédaient pas véritablement d’arrière-pays et on devait donc aller chercher les victuailles dans les grands ports du sud-ouest de la France et du nord-ouest de l’Espagne.Pour se procurer marchandises et vivres auprès des marchands bordelais, les capitaines et les propriétaires des navires avaient souvent recours au crédit et à l’intervention du notaire pour enregistrer par écrit leurs emprunts.Les notaires bordelais passaient ainsi tous les ans plusieurs centaines de contrats commerciaux pour assurer ravitaillement de navires basques destinés aux «terres neuves», nom qu’ils employaient pour désigner les côtes et les îles de l’Amérique du Nord-Est._____________________13 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 Ces contrats représentent une mine de renseignements (figure 2).Ils permettent de mieux connaître les navires: leurs tonnages, leurs constructions et leurs itinéraires.Ils livrent des informations précieuses sur les propriétaires et les capitaines ainsi que sur la composition des cargaisons à l’aller comme au retour de la campagne.Les contrats notariés donnent aussi une idée des pratiques commerciales et de l’évolution générale de l’activité économique.Toutefois, si ces archives nous renseignent sur l’organisation des campagnes dans les ports européens depuis le financement jusqu’à la vente des cargaisons du retour, elles conservent le plus grand silence sur l’activité des personnes occupant les lieux de la chasse et de la pêche.Ce problème, heureusement, n’est pas insurmontable dans le cas des Basques.Leurs lieux d’occupation peuvent être repérés sur le terrain grâce aux fours qui servaient à fondre les huiles de baleine.La structure en pierres de ces derniers étant encore souvent visible, on peut envisager des fouilles archéologiques.Ces fouilles apportent des données très précises sur l’agencement des établissements, l’organisation du travail et la culture matérielle des pêcheurs.Des fouilles archéologiques ont donc été conduites à l’île aux Basques en septembre 1990 afin de compléter les informations tirées des sources écrites et de fournir une vision plus globale de la présence basque3.L’intervention a porté sur les trois fours à foyer unique identifiés à la suite d’une reconnaissance visuelle: les deux premiers situés à l’anse à la Baleine au sud-est de l’île et le troisième à l’anse Qui-Pue, au sud-ouest.Dans chacun des cas, on a pratiqué des tranchées de 2 m sur 2 m en damier à partir du centre de la structure afin de vérifier la composition des matériaux accumulés à l’intérieur du foyer et l’authenticité de la construction.Ces tranchées permettaient aussi de faire le relevé du four en plan et en coupe puis de relier ces informations à la stratigraphie du sol.Nous avons ensuite effectué des sondages (de 1 m sur 1 m et de 50 cm sur 50 cm) sur les côtes et à l’arrière de la structure, là où divers facteurs nous y incitaient: présence de métaux, végétation superficielle anormale, débris de vestiges, etc.(figure 3).Les fouilles archéologiques de l’île aux Basques ne sont pas les premières à être menées au Canada sur un site INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 ¦¦ FIGURE 1 Carte des lieux d'activité des Basques dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent Gaspé Ile aux Basques Saguenay Chaffaud aux Basques Sites basques de l'estuaire Les navires basques qui pratiquaient la chasse à la baleine et la traite des fourrures dans l'estuaire du Saint-Laurent au XVI' siècle venaient principalement des ports de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure, et ils étaient souvent avitaillés à Bordeaux et à La Rochelle.Ils chassaient la baleine sur les côtes du Labrador et pêchaient la morue à l'intérieur du golfe du Saint-Laurent.basque.Nous bénéficions en effet d’une riche expérience de ces sites, grâce notamment aux fouilles de Red Bay, au Labrador, dont l’établissement basque fut sans doute le plus important du Nouveau Monde à cette époque.Ce projet comprenait une fouille exhaustive du site terrestre et une fouille subaquatique.Cette dernière a permis d’exhumer l’épave d’un navire basque du XVIe siècle4.Ces fouilles ont produit des artefacts nombreux et nous ont fourni un matériel de comparaison abondant.Plus récemment, les fouilles d’archéologues québécois ont démontré que les occupations basques s’étendaient sur la côte Nord en amont du Saint-Laurent jusqu’au Saguenay5.PECHES BASQUES AU NOUVEAU MONDE Contrairement à ce que certains historiens affirment, les documents dont on dispose témoignent de l’arrivée tardive des Basques en Amérique: longtemps après les Christophe Colomb (1492), Jean et Sébastien Cabot (1497) et Corte Real (1500), voire même après les pêcheurs anglais (1502), normands (1506) et bretons (1510).Les premières mentions de campagnes basques aux «terres neuves», repérées dans les documents, apparaissent seulement dans la décennie 1520 et ne deviennent fréquentes qu’à partir de 1540.Les premiers navires basques dont font état les contrats notariés sont destinés à la pêche à la morue.La chasse à la baleine se développe plus tard et ce n’est pas avant le milieu du siècle que des baleiniers basques chargeront à Bordeaux chaudrons et chaudières pour fondre, sur les côtes du Labrador, les «gresses de ballaine».Jacques Cartier lui-même, pénétrant dans le Saint-Laurent par le détroit de Belle Isle, ne révéla leur présence dans aucun de ses trois récits; pourtant, pendant son deuxième voyage (1535-1536), il n’avait «mémoire de jamays avoir tant veu de ballaines6».Si les Basques se sont lancés tardivement sur la route des «terres neuves», ils s’y multiplièrent cependant à une vitesse saisissante: dès les années 1560, la flotte basque ne compte pas moins d’une centaine de morutiers et de 20 à 30 baleiniers.Ces navires sont généralement plus gros et mieux armés que ceux des autres nations.Les morutiers jaugent le plus souvent 100 à 200 tonneaux et montent 30 à 50 hommes.Les baleiniers sont encore plus imposants: ils atteignent 300 à 400 tonneaux et comptent jusqu’à une centaine d’hommes par unité.Les morutiers pratiquent la pêche sur les côtes méridionales et occidentales de l’île de Terre-Neuve, ainsi que sur les côtes de la Gaspésie et de l’Acadie.Quant aux baleiniers, ils sont solidement implantés sur les côtes du Labrador, à la hauteur du détroit de Belle Isle et sur la côte Nord.Présents partout, les Basques ont sans doute dominé l’activité dans le golfe du Saint-Laurent pendant la deuxième moitié du XVT siècle7.Le premier routier (guide pour la navigation côtière) de Terre-Neuve publié à Bordeaux en 1579 par Martin de Hoyarsabal, est bien l’oeuvre d’un pilote basque de Ciboure*.Les navires basques participaient parfois aux deux pêches: morue et baleine.Même les baleiniers faisaient preuve d’une grande polyvalence, pouvant changer complètement d’activité d’une année à l’autre.Certains modifiaient leur pêche une fois sur place en fonction de la disponibilité des ressources marines.Tel est le cas du navire La Marie de Saint-Vincent (Ciboure) armé à Bordeaux au printemps 1575.Un contrat notarié précise bien que si l’équipage ne parvient pas à compléter la cargaison pendant la première chasse «qui se fait au mois de juin ou juillet.il sera tenu d’attendre le retour des Baleines qui se fait au mois de [mot barré mais certainement un mois d’automne] et de parfaire la charge d’huile de Baleine».Le notaire ajoute, un peu plus loin, que «faulte de Baleines.il sera tenu de parfaire la charge de molue [morue] au mieux qu’il leur sera possible9».Ce recours de plus en plus fréquent à la pêche à la morue pendant la décennie 1570 laisse penser que la chasse à la baleine était déjà en déclin, déclin dû vraisemblablement à une surexploitation des stocks.C’est certainement cette diminution des prises dans le détroit de Belle Isle qui a poussé les Basques à remonter l’estuaire du Saint-Laurent à la recherche de nouveaux troupeaux de baleines et de fourrures.Ces dernières représentaient un revenu d’appoint non négligeable pour ces chasseurs de baleines toujours prêts à diversifier leurs activités et à exploiter chaque occasion propice de réaliser un profit.La première mention de voyages pour la chasse et la traite «au Canada» apparaît dans les archives notariales de Bordeaux en 1584.Il s’agit de deux navires, La Marie de Saint-Vincent (Ciboure), commandé par Micheau de Hoyarsabal et L’Espérance de Saint-Vincent (Ciboure), commandé par Petrissans de Hoyarsabal, les deux capitaines étant probablement des frères ou des cousins de Martin de Hoyarsabal, l’auteur du routier.La chasse à la baleine est toujours associée à la traite et parfois même à la pêche au saumon.Aussi, la Marie de Saint-Vincent (Ciboure), une patache de 50 tonneaux (petit navire qui marche à voiles et à rames, et qui est donc bien adapté à la navigation fluviale), est décrite en 1585 comme «allant en Canada a la pescherie des Baleines, Salmons et trafficq avec les Sauvaiges10».De 1584 à 1587, nous avons trouvé des références à pas moins d’une douzaine de voyages pour le Canada.Par la suite, ils deviennent beaucoup plus rares: on n’en compte plus que quatre de 1588 à 1600.Cette chute marquée de l’activité est à mettre en rapport avec la destruction par l’Angleterre en 1588 de l’Armada espagnole, qui comprenait des navires basques.Même si les actes notariés ne précisent pas les lieux fréquentés, l’emploi du mot «Canada» comme lieu de destination et l’association de la chasse à la baleine à la traite des fourrures, indiquent que ces activités se déroulaient bien en amont du Saint-Laurent, visiblement dans le moyen 15 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 11 flk estuaire, qui est à peu près le seul endroit du fleuve où on peut à la fois chasser des baleines et traiter sur une grande échelle.A l’époque de Cartier, le Canada représente une petite région entre «Stadaconé» (Québec) et l’île aux Coudres.Cette appellation de «Canada» s’est étendue à un territoire assez vaste au cours du XVI' siècle car, d’après les cartes de la fin du siècle, elle désigne l’ensemble des terres bordant l’estuaire du Saint-Laurent.L’idée d’une présence basque dans l’estuaire est également soutenue par les écrits d’André Thevet, cosmographe du roi de France qui, dans son Grand Insulaire et pilotage rédigé en 1586, fait allusion à la chasse à la baleine pratiquée par les «Bayonnais, Espagnols et autres» dans les parages de l’embouchure du Saguenay11.Thevet ajoute que les Basques fondent les graisses de baleines sur place et qu’ils «traffiquent aussy avec iceux barbares [Amérindiens] de diverses peaux belles et fines.».Dans une note datée de 1588, insérée en annexe du Grand Insulaire, Thevet parle d’un pilote de Saint-Jean-de-Luz qui a remonté à l’île d’Orléans et, de là, accompagné d’un Amérindien, est allé 100 lieues plus loin à la recherche d’une mine d’or «qui est assez voisin de la mer du sud» (on comprend qu’il s’agit des Grands Lacs).Ce n’est pas là le seul témoignage d’une pénétration basque à l’intérieur des terres.Dans un Factum daté de 1613, les marchands de Saint-Malo soutiennent qu’un Basque, nommé Fabien de Mescoroua, est remonté au-delà du lac Saint-Pierre pour traiter avec les Amérindiens vers 1578, une date qui se rapproche de celle des premières mentions du «Canada» dans les archives basques de Bordeaux12.Même s’il est difficile de connaître avec précision les destinations de ces pilotes, il semble évident que les Basques font déjà des incursions dans le haut Saint-Laurent, comme l’avait fait avant eux Jacques Cartier.LA PREMIÈRE OCCUPATION EUROPEENNE DU «CANADA» L’occupation de l’île aux Basques remonte vraisemblablement à cette première période de la présence basque dans l’estuaire, comme les autres sites basques de la région: Chaf-faud aux Basques et les Escoumins, notamment13.Cependant, il n’est pas 4-—Hi -t~w' sw * m L AT* ^ .J £ Om S.c O “v vV FIGURE 2 Acte notarié de Bordeaux ÉVEIYNE PICOT BERMOND Des recherches menées dans les archives notariales de Bordeaux ont permis de constituer un fichier informatisé de quelque 5 000 actes notariés qui fournissent une mine de renseignements sur les activités basques dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent au XVI' siècle.Pour se procurer des marchandises auprès des marchands bordelais, les capitaines des navires basques devaient souvent recourir au crédit et à l'intervention du notaire pour enregistrer par écrit leurs emprunts.(>][•> | FIGURE 3 -V .> : q ;:- RÉGINAID AUGER Des fouilles archéologiques ont été conduites à l'île aux Basques en septembre 1990 dans le but de compléter les informations tirées des archives notariales.Le premier four situé sur le flanc de l'anse à la Baleine est celui qui a donné les résultats les plus intéressants.Des tran- chées ont été creusées à l'intérieur, sur les côtés et à l'arrière de la structure.exclu que l’occupation ait été plus tardive puisque les Basques ont continué à fréquenter ces lieux jusque dans les années 1630.En effet, même si à partir de 1599 le monopole de la traite des fourrures est confié à des compagnies du nord de la France, les Basques ont poursuivi la chasse à la baleine et la traite, illégalement, dans les parages.Ils apparaissent de temps à autre dans les Relations de Champlain, qui les surprend pratiquant la contrebande à Tadoussac en 1608 et, de nouveau, à l’île Verte en 162214.La dernière mention d’une présence basque dans l’estuaire au XVI?siècle vient de la Relation de 1637 du jésuite Paul Lejeune.En dépit de ces témoignages, la présence basque semble alors irrégulière et les cas de contrebande, isolés.Notre impression est que cette seconde période, celle du monopole de la traite (1599-1637), n’a rien de comparable avec la première (1584-1598).Cela est corroboré par la Relation de 1626 du jésuite Charles Lalemant, où il relate une discussion avec un vieux montagnais qui lui a dit avoir vu jusqu’à 20 navires dans le port de Tadoussac avant l’institution du monopole de la traite.Le site de l’île aux Basques est assez typique des sites basques de l’estuaire.Il comprend des fours à foyer unique semblables à ceux de Chaffaud aux Basques et de l’île Nue de Mingan.Ils se distinguent donc des fours, plus industriels, du détroit de Belle Isle, composés souvent de trois et quatre foyers.De forme circulaire, le four soutenait une énorme chaudière en cuivre placée sur l’orifice, et l’ouverture pratiquée dans une des parois permettait d’alimenter le feu du foyer.Les actes notariés de Bordeaux font référence à ces grandes chaudières fabriquées avec du cuivre importé d’Allemagne et de Suède.Le premier four, situé sur le flanc de l’anse à la Baleine, est celui qui a donné les résultats les plus intéressants.L’abondance de traces de combustion et de graisses calcinées de mammifères marins ne laisse aucun doute sur sa fonction; il a bel et bien été utilisé pour fondre des graisses de baleines.Les fouilles nous ont révélé une zone à l’arrière du four renfermant de nombreux objets: fragments de tuiles en terre cuite grossière rouge, gros clous en fer forgé, tessons de céramique européenne (provenant de marmites et de cruchons), tessons d’un vase amérindien, fragments d’os blanchis par le feu, douille d’un T**' *à aKsfs harpon en fer forgé du type de ceux utilisés par les Basques pour la chasse à la baleine.La présence de gros clous en fer forgé à l’arrière du four indique qu’une plate-forme avait été construite, adossée à celui-ci comme c’est souvent le cas sur les sites basques.Cette plate-forme surélevée facilitait l’accès à la chaudière, dans laquelle on plaçait les morceaux de graisse pour les réduire en huile.Cette dernière était ensuite retirée, passée à l’eau pour l’épuration et, enfin, mise en barriques.Les fragments de tuiles localisés à l’arrière du four peuvent laisser croire que la plate-forme était recouverte par un toit de tuiles destiné à mettre les gens à l’abri des intempéries (figure 4).Si cela est le cas, la structure devait être sans murs pour assurer une bonne ventilation à l’intérieur car la graisse de baleine fondue dégage des odeurs nauséabondes.La toiture devait alors ressembler davantage à un auvent à pente unique s’inclinant vers l’arrière.Il semble peu probable qu’elle ait recouvert le four lui-même parce que, d’une part, nous avons trouvé peu de fragments de tuiles à l’intérieur et à l’avant du four et, d’autre part, un toit n’avait pas une grande utilité à cet endroit.Il ne pouvait que retenir la fumée et les odeurs puis gêner le bon déroulement des opérations.De plus, un toit de ce type, même petit, aurait nécessité des centaines de tuiles.Or, les fragments récupérés ne représentent guère plus de cinq ou six tuiles.De plus, certains des fragments sont recouverts d’huile de baleine comme s’ils avaient servi à canaliser l’huile de la chaudière vers les barriques, ou encore, à caler ces dernières pour les empêcher de rouler.Quoi qu’il en soit, ce site de l’île aux Basques n’a rien de comparable avec ceux de la côte du Labrador, où des milliers de fragments de tuiles tapissent le sol.Certes, les occupants de l’île aux Basques ont pu récupérer ces tuiles avant d’abandonner le site.Mais alors, pourquoi ceux du Labrador n’auraient-ils pas fait de même?Force nous est de conclure qu’il est tout aussi probable que ce four n’ait pas eu de toiture, ce qui semble bien être le cas d’ailleurs des autres fours de l’île, voire de l’estuaire, où les fragments de tuiles sont rarissimes.Les conditions climatiques FIGURE 4 La présence de fragments de tuiles en terre cuite grossière rouge, largement employées dans le recouvrement de bâtiments en Europe méridionale et localisées à l'arrière du four, pourrait nous amener à en conclure que cette aire était recouverte par un toit de tuiles destiné à mettre les gens à l'abri des intempéries.Cependant, la présence d'huile de baleine sur les tuiles et les quantités limitées trouvées laissent croire que ces tuiles avaient d'autres usages; par exemple, la canalisation de l'huile de la chaudière aux barriques, comme c'est le cas dans les pressoirs d'huile d'olive encore de nos jours.myt > v.jr GÉRARD GUSSET.SERVICE CANADIEN DES PARCS.OTTAWA FIGURE 5__________ Petite marmite trouvée à Red Bay En retrait du four a été localisée une aire d'habitation révélée par la présence de tessons de céramique européenne provenant principalement d'une petite marmite bulbeuse à pâte chamoise roussâtre, décorée de bandes verticales moletées de motifs géométriques, identique à celles trouvées à Red Bay.beaucoup moins sévères de l’estuaire n’exigeaient peut-être pas la construction d’abris.De forme et de construction similaires, les deux autres fours se sont révélés beaucoup moins prometteurs.Celui avoisinant le premier, au fond de l’anse, a été reconstruit presque complètement et sa maçonnerie repose sur des assises légèrement décalées par rapport à celles d’origine.Les objets retrouvés autour de la structure se résument à quelques tessons de tuiles en terre cuite rouge.Quant au troisième four situé à l’anse Qui- Pue, il n’a livré aucun artefact et semble avoir été peu employé.À l’arrière du premier four, légèrement en retrait, nous avons localisé une aire d’habitation révélée par la présence de tessons de céramique européenne provenant de deux vaisseaux: une petite marmite bulbeuse, à pâte chamoise roussâtre, avec une glaçure verte à l’intérieur et décorée de bandes verticales moletées de motifs géométriques à l’extérieur (figure 5); et visiblement, une cruche à pâte chamoise rougeâtre (mais un seul fragment représentant une partie de l’anse et du col rend l’analyse difficile).Par leurs formes et leurs compositions, ces pièces de poterie commune sont identiques à celles trouvées à Red Bay.Précisons que la marmite et le cruchon sont les types dominants de sites basques du XVIe siècle.Sans doute que la marmite servait à faire des bouillis et à ramollir le biscuit de mer, ce pain très dense et durci par une double cuisson (d’où le mot «biscuit») qui était à la base de l’alimentation des gens de mer.Quant aux cruchons, ils devaient contenir le vin et le cidre que les marins consommaient abondamment: trois litres par jour en moyenne par homme, d’après les actes notariés de Bordeaux15.Les Basques chassaient les baleines franches du Groenland et les baleines de Biscaye qui flottaient après la mort et qui donnaient des quantités importantes d’huile.Ils poursuivaient aussi les 17 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 mmmxvm ¦.iWHiiwasg^ ___________________________FIGURE 6____________________________ Boiseries peintes du début du XVII' siècle de la maison dite «Louis XIV» à Saint- Jean-de-Luz (France) La chasse se pratiquait avec des baleinières montées de six à sept hommes: un timonier, quatre ou cinq rameurs et un harponneur placé à l'avant de l'embarcation.La baleinière montait le long de sa proie et le harponneur plantait alors son harpon dans le corps de l'animal.«marsouins ou baleines blanches [bélougas]», d’après le jésuite Paul Lejeune.La chasse se pratiquait avec des baleinières montées de six à sept hommes: un timonier, quatre ou cinq rameurs et un harponneur placé à l’avant de l’embarcation (figure 6).La baleinière montait le long de sa proie et le harponneur plantait alors son harpon dans le corps de l’animal de toute sa force.La baleine plongeait, entraînant avec elle la corde fixée à la douille du harpon.Après avoir fatigué sa victime, le harponneur transperçait les poumons ou le coeur de l’animal à l’aide d’une lance et, ensuite, les baleinières remorquaient la baleine à proximité des fours, où elle était dépecée.Comme les baleines se retrouvaient souvent au milieu de l’estuaire, les chasseurs devaient tramer leurs lourdes prises assez loin et mettaient sans doute à contribution le courant du Saguenay qui vient mourir sur l’île aux Basques.Les «trancheurs», munis de couteaux et de haches, découpaient alors en larges bandes la couche de lard enveloppant la baleine.Ce lard était haché en petits morceaux et versé dans la chaudière qui, sous l’effet de la chaleur, le réduisait en huile destinée à éclairer les villes d’Europe.LES DÉBUTS DE LA TRAITE DES FOURRURES L’un des aspects les plus originaux et intéressants du site de l’île aux Basques est qu’il nous livre, pour la première fois, un indice archéologique de contacts entre Européens et Amérindiens dans la vallée du Saint-Laurent au XVI' siècle.En effet, toujours derrière le premier four, nous avons trouvé, en contact avec des tuiles, une trentaine de tessons de poterie amérindienne provenant d’un même vase dont la capacité devait être d’environ huit litres (figure 7).Seule la paroi extérieure du parement et de la lèvre est décorée.Sur la lèvre, on distingue des empreintes quadrangu- laires agencées en de courtes lignes parallèles obliques.Quant au parement, il comporte un motif géométrique simple composé de lignes obliques orientées tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite.De par sa morphologie et sa décoration, ce vase s’apparente à ceux associés aux Iroquoiens du Saint-Laurent.Une analyse par activation neutronique de l’argile utilisée pour faire le vase montre qu’il aurait pu être fabriqué au cap Tourmente ou à l’île Verte16.La traite des fourrures dans l’estuaire est bien documentée par les archives notariales de Bordeaux.Le chaudron en cuivre rouge est l’objet européen le plus recherché par les Amérindiens (figure 8).Les marchands basques les achètent par centaines: Micheau de Hoyarsabal, par exemple, se procure pas moins de 200 chaudrons de cuivre en 1586 et un autre 200 l’année suivante pour la traite au Canada17.Aux chaudrons s’ajoutent des centaines, voire des milliers, de couteaux, de haches, d’épées et «d’autres objets en fer».Parmi les marchandises de traite, il y a aussi des rasades (perles en verre), des chapeaux, des vêtements, de la mercerie, plus rarement des denrées alimentaires comme la farine et les prunes.Les Basques échangeaient ces produits contre des fourrures de castors surtout, mais aussi de martres et de loutres.Certaines de ces fourrures aboutissaient à Paris, chez les pelletiers du roi, qui faisaient avec les castors des chapeaux pour gentilshommes et avec les martres des manchons pour nobles dames.C’est sans doute cette arrivée massive de fourrures nord-américaines à Paris, en cette fin de siècle, qui a amené le roi à s’intéresser à ce commerce lucratif et à en faire la pierre angulaire de ses projets de colonisation de la Nouvelle-France.Les objets basques ont connu une large distribution dans l’Amérique du Nord-Est.On les retrouve sur les côtes des provinces de l’Atlantique, dans le Maine et surtout dans la région des Grands Lacs.Ces premiers objets européens de l’Amérique du Nord ont circulé dans des réseaux d’échange complexes, ils ont subi des modifications et ils ont servi généralement à des usages rituels puisqu’on les retrouve, la plupart du temps, dans des contextes de sépultures.De plus, une étude attentive des traces d’énonciation sur les objets (motifs, traces d’usure, etc.) montre qu’ils ne sont pas destinés à des fonctions utilitaires (chasse, cueillette, préparation des aliments), mais essentiellement à des fonctions symboliques: les chaudrons FIGURE 7 PAUL lAlIBERÎt L'un des aspects les plus intéressants du site de l'île aux Basques est qu'il nous livre, pour la première fois, un indice archéologique de contacts entre Européens et Amérindiens au XVIe siècle dans la vallée du Saint-Laurent.En effet, nous avons trouvé, en contact avec le matériel basque, des tessons de poterie amérindienne provenant d'un même vase de type iroquoien du Saint-Laurent. 18 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 RUTH WHITEHEAD.NOVA SCOTIA PROVINCIAL MUSEUM.HAUFAX ¦".x-'i.SSggf i FIGURE 8 mm, Le chaudron en cuivre rouge provenant de l'Allemagne et de la Suède est l'objet européen le plus recherché par les Amérindiens.Traités par centaines à la fois, ces chaudrons ont connu une large diffusion puisqu'on les retrouve sur des sites amérindiens de la Nouvelle-Ecosse, de l'Ontario, du Maine et de l'Etat de New York.sont souvent découpés pour faire des bagues, des bracelets, des pendentifs et des colliers au lieu de servir à la cuisson des aliments.Les haches aussi servent souvent de pendentifs18.Cette constatation remet en cause l’idée largement répandue que les produits européens viennent combler des besoins matériels et un fossé technologique chez les Amérindiens.Le mécanisme à l’oeuvre est plutôt d’ordre culturel: par l’acquisition et la transformation de ces objets exotiques, les Amérindiens ne tâchaient-ils pas de développer leurs pratiques symboliques par l’appropriation de la culture de l’Autre?POUR CONCLURE.Les Basques ont été sans doute les premiers Européens à pénétrer dans l’estuaire du Saint-Laurent après Jacques Cartier.Ils ont vraisemblablement dominé la chasse à la baleine et la traite des fourrures dans la région pendant le dernier quart du XVIe siècle.Mais cette prédominance basque a été de courte durée.Bientôt, monopoles de commerce et projets de colonisation, confiés à des Français du Nord, allaient écarter les Basques de la traite des fourrures.Le roi de France, songeant déjà à l’établissement d’une Nouvelle-France au Canada, hésitait à associer ses entreprises à des gens plus espagnols que français et parlant «une langue incompréhensive».Les Basques continuèrent la traite par le truchement de la contrebande, mais ils ne s’emparèrent plus de ces «greate stores of riche fures as beavers, martrenes, otteers and many other sortes19».Privés de la traite, ils se tournèrent vers l’exploitation des stocks vierges de baleines du Spitsberg, de la Norvège et du Groenland.Désormais, le Saint-Laurent était aux mains des Français.Les archives basques de Bordeaux et le site archéologique de l’île aux Basques nous ont permis de documenter la première exploitation européenne des ressources marines et humaines du Saint-Laurent.Nous savons maintenant que le moyen estuaire était le point névralgique des premiers contacts et échanges de nature commerciale entre Européens et Amérindiens en Amérique du Nord.Aussi, il nous reste encore beaucoup à redécouvrir de ce patrimoine oublié.Espérons qu’il nous soit possible de poursuivre cette exploration dans de bonnes conditions et que les recherches de cette année soient aussi fructueuses que celles de l’année dernière.¦ Remerciements Je tiens à remercier tout d’abord les étudiants et étudiantes qui ont réalisé la fouille archéologique — Dominique Lalande, responsable du chantier; Joanne Girard, Louise Côté et Martin Royer, techniciens — ainsi que les étudiants et étudiantes d’histoire qui ont dépouillé les archives notariales de Bordeaux — Évelyne Picot, Lucie Paquet, Guy Tremblay, Nicole Côté, Éric Diamant, Denis Dickner et Bernard Allaire.Ma gratitude va aussi à mes collègues Marcel Moussette et Réginald Auger, qui m’ont permis de mieux comprendre l’archéologie; à Raymond Rioux, président de la société Provencher, pour sa confiance et son soutien; à Euchariste Morin, du ministère des Affaires culturelles (Direction régionale du Bas-Saint-Laurent), pour l’intérêt qu’il a manifesté dans le projet.Cette recherche a bénéficié de subventions du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche ainsi que du ministère des Affaires culturelles du Québec.Notes et références 1.THWAITES, R.G.The Jesuit Relations and Allied Documents, New York, Pageant Book Company, 1959, vol.49, p.24.2.TURGEON, L.«Pour redécouvrir notre 16e siècle, les pêches à Terre-Neuve d’après les archives notariales de Bordeaux», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol.39, n° 4, 1986, p.523-549.3.LALANDE, D.Fouilles archéologiques sur les sites historiques de T île aux Basques (DaEh-4 et DaEh-5), rapport inédit du CELAT, Université Laval, 1991.4.TUCK, J.et GRENIER, R.«Une station baleinière basque du XVIe siècle au Labrador», Pour la science, janvier 1982, p.36-45; Red Bay Labrador: World Whaling Capital (A.D.1550-1600); Selma BARKHAM.«The Basques: Filling a Gap in our History Between Jacques Cartier and Champlain», Canadian Geographical Journal, vol.96, n° 1, 1978, p.8-19.5.LALANDE, D., op.c/7.; DROUIN, P.«Les baleiniers basques à l’île Nue de Mingan», Journal canadien d'archéologie, vol.12, 1988, p.1-15; NIELLON, F.«Intervention archéologique sur les sites historiques de la baie Les Cinq Lieues et de la baie du Milieu (Basse-Côte-Nord)», ministère des Affaires culturelles, 1986.6.B IDEAUX, M.Jacques Cartier, Relations, édition critique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1986, p.132.7.BÉLANGER, R.«Les Basques dans l’estuaire du Saint-Laurent, 1535-1635», Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1971, p.25-59; DUBREUIL, S.«Sur les traces des Basques», Revue d'histoire de la Côte-Nord, vol.8, 1988, p.8.8.DE HOYARSABAL, M.Voyages aventureux du capitaine Martin de Hoyarsabal, habitant de Cibiburu, contenant les règles et enseignements à la bonne et sure navigation, Bordeaux, 1579.9.Archives départementales de la Gironde (Bordeaux), 3E 5413 (8 novembre 1574).10.Archives départementales de la Gironde (Bordeaux), 3E 5426, F* 214 r°-215 r° (7 mars 1585).IL SCHLESINGER, R.et STABLER, A.P.André Thevet’s North America: A Sixteenth-Century View, Kingston et Montréal, McGill-Queen’s University Press, 1986, p.250-251.12.PENDERGAST, J.«Were the Rench on Lake Ontario in the Sixteenth Century?», Man in the Northeast, vol.29, 1985, p.79-80.13.Situé à quelques kilomètres de Grandes-Bergeronnes, le site de Bon Désir a été occupé par les Basques pendant la première moitié du XVIIIe siècle d’après l’abondante documentation historique que nous possédons.Les fouilles archéologiques ont permis de confirmer l’occupation basque du site à cette époque, mais il n’a pas été possible de démontrer qu’il y avait eu une occupation plus ancienne.Voir LALONDE, D., «Fouilles archéologiques du site de Bon Désir (DbEi-5), 1988», rapport inédit du CÉLAT, Université Laval, 1989 et «Fouilles archéologiques du site du Bon Désir (DbEi-5)», 1989, rapport inédit du CÉLAT, Université Laval, 1990.14.GIGUÈRE, G.-É.Oeuvres de Champlain, Montréal, Éditions du Jour, 1973, p.288 et 1038.15.TURGEON, L.et DICKNER, D.«Contraintes et choix alimentaires d’un groupe d’appartenance: les marins-pêcheurs français à Terre-Neuve au XVIe siècle», Canadian Folklore Canadien, vol.12, n° 2, 1990, p.58-61.16.CHAPDELAINE, C., TURGEON, L., KENNEDY, G.et LALANDE, D.«The Origin of an Iroquoian Rim Sherd from Ile aux Basques», Journal canadien d'archéologie (à paraître en 1992).17.TURGEON, L.«Basque-Amerindian Trade in the Saint-Lawrence During the Sixteenth Century: New Documents, New Perspectives», Man in the Northeast, vol.40, p.81-87.18.BRADLEY, J.Evolution of the Onondaga Iroquois: Accommodating Change, 1500-1655, Syracuse, Syracuse University Press, 1987.19.CELL, G.English Enterprise in Newfoundland, 1577-1660, Toronto, University of Toronto Press, 1969, p.49. 19 LA COOPÉRATION SCIENTIFIQUE FRANCE-QUÉBEC: UNE ANALYSE DES COSIGNATURES PAR MICHEL LECLERC, JEAN-FRANÇOIS MIQUEL, NORA NARVAEZ, LUIS FRIGOLETTO ET YOSHIKO OKUBO Un article scientifique «cosigné» par des auteurs et auteures provenant de DIFFÉRENTS PAYS, CELA N'ÉTONNE PERSONNE DE NOS JOURS.La COOPÉRATION SCIENTIFIQUE INTERNATIONALE EST CHOSE ACQUISE EN RECHERCHE.MAIS SELON QUELLE DYNAMIQUE LES SCIENTIFIQUES ÉCHANGENT-ILS?EXISTE-H DES DIFFÉRENCES GÉOGRAPHIQUES, UNGUISTIQUES?DES DIVERGENCES CONSTITUTIONNELLES, DISCIPLINAIRES?DANS CET ARTICLE LUI-MÉME COSIGNÉ, ON ANALYSE LE CAS PARTICUUER DES ÉCHANGES ENTRE LA FRANCE ET LE CANADA.Michel Lecierc est analyste-conseil au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science du Québec.Jean-François Miquel dirige le Laboratoire d'évaluation et de prospectives INTERNATIONALES {LEPI) DU CNRS À PARIS.NORA NARVAEZ ET LUIS FRIGOLETTO SONT ATTACHÉS DE RECHERCHE AU LEPI ET YOSHIKO OKUBO EST ATTACHÉE DE RECHERCHE AU CENTRE FOR INTERNATIONAL Science and Technology Policy de l'Université Georges Washington à Washington.La coopération scientifique internationale n’est pas un phénomène récent.On peut en retrouver les premiers signes dès le XVII' siècle.Mais la multiplication récente des grands programmes internationaux de recherche a bouleversé une à une les règles coutumières de la coopération entre les laboratoires.Aux États-Unis et au Japon, deux pays où la recherche a été traditionnellement peu internationalisée, on a récemment observé «un accroissement impressionnant du nombre de collaborations»'.La coopération scientifique internationale a en outre déjà commencé à dicter aux chercheurs et chercheuses de nouvelles règles de conduite et d’apprentissage.Assurément, cette contrainte a été si pressante au cours de la présente décennie que la production scientifique s’est ressentie de ces nouvelles pratiques.Ainsi, alors qu’en 1981, seulement 5,6 p.cent des articles scientifiques publiés dans le monde étaient le résultat de la coopération scientifique internationale, cette proportion atteignait déjà près de 18 p.cent en 1986.Dans le présent texte, on examine la coopération scientifique bilatérale entre les chercheurs canadiens et français, la coopération avec les chercheurs du Québec faisant par ailleurs l’objet d’une analyse distincte.Les publications conjointes parues dans les revues internationales disposant d’un comité de lecture, servent de base statistique à notre analyse.Le choix de la copublication comme indicateur de la coopération scientifique internationale n’est pas fortuit: les cosignatures constituent, en effet, le seul indicateur de la coopération qui repose sur une base statistique minutieusement et rigoureusement constituée.La publication des travaux scientifiques dans les revues internationales est en outre considérée par les chercheurs eux-mêmes comme le principal critère d’évaluation de la qualité de leurs travaux2.Il importe enfin de préciser que l’objet de notre étude ne réside pas dans la simple addition des cosignatures proprement dites, mais dans le flux des coopérations internationales, dont elles sont l’indice quantifiable.La coopération scientifique bilatérale entre les chercheurs français et leurs partenaires canadiens ou québécois a été peu étudiée.Un inventaire % -I de la coopération québécoise a certes déjà été réalisé, mais celui-ci portait sur les missions scientifiques et techniques réalisées dans le cadre des Accords France-Québec3.La présente étude se fonde quant à elle sur des données strictement bibliométriques.Les chiffres auxquels nous avons recours dans notre étude sont extraits de la base de données MEV-MACRO, conçue et mise au point par le Laboratoire d’évaluation et de prospective internationale du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris.Cette base de données est constituée des cosignatures de 72 pays réparties entre 8 champs disciplinaires: recherche clinique; biologie fondamentale; recherche biomédicale; chimie; physique; sciences de la terre et de l’espace; génie et technologie; mathématiques.La base MEV-MACRO a été construite à partir des articles cosignés publiés dans les 3100 revues indexées dans le Science Citation Index (SCI) de l’Institute for Scientific Information (ISI) de Philadelphie.A partir de la même base, la firme Computer Horizon, qui fournit bi-annuellement les données nécessaires à la préparation des Sciences and Engineering 20 Indicators publiés par la National Science Foundation, nous a transmis la liste brute des cosignatures d’articles entre les laboratoires de 72 pays.Ajoutons que pour des motifs d’ordre méthodologique qui rendent impossible une quelconque comparaison avec les sciences de la nature et du génie, cet article ne traite pas des sciences sociales et humaines.Ainsi, pour l’année 1984, le Social Science Citation Index (SSCI) ne recense que huit articles cosignés entre la France et le Québec.En revanche, notre étude recouvre l’ensemble des publications provenant des universités, des laboratoires d’hôpitaux, des organismes gouvernementaux ou de toute autre source.LES COOPÉRATIONS AU CANADA Les chercheurs canadiens, comme ceux des autres pays, ont été eux aussi amenés à la coopération internationale.Comme en fait foi le tableau 1, entre 1981 et 1988, la part des articles de chercheurs canadiens cosignés avec des étrangers est passée graduellement de 18,8 p.cent à 22 p.cent.Par ailleurs, les chercheurs du Canada ont produit, en 1986,4,8 p.cent des publications mondiales et 5,4 p.cent des articles cosignés internationalement.Il est impossible d’isoler et de mesurer ici ce qui témoigne de l’excellence de la recherche canadienne ou ce qui relève au contraire d’une dépendance partielle à l’égard des travaux menés à l’étranger.Ce qui paraît certain, en revanche, c’est que dans le groupe des 36 pays scientifiquement les plus productifs, le Canada se situe au troisième rang, derrière la Suisse et la France, quant à l’intensité réelle de sa coopération avec l’étranger4.Or, les facteurs qui décident de la collaboration avec des chercheurs étrangers sont parfois résolument pragmatiques, ainsi que l’a montré une étude sur les articles cosignés par les chercheurs canadiens et américains.Dans cette étude5, en effet, les chercheurs canadiens invoquaient surtout le sous-financement de la recherche au Canada pour justifier leur habitude sans cesse plus courante de s’associer aux équipes américaines.Cette association était décrite comme un moyen pratique d’être admissible aux programmes subventionnaires du gouvernement fédéral américain.Cet exemple indique parfaitement qu’en matière de coopération scientifique internationale, les partenaires ne sont ni toujours, ni nécessairement égaux.Il existe, s’agissant d’un champ scientifique donné, une différence de perspective selon qu’on soit la personne qui sait et qui, par conséquent, n’attend pas d’abord de la collaboration qu’elle lui permette d’acquérir des compétences nouvelles, ou qu’on soit celle qui cherche à savoir et qui attend donc d’un partenaire étranger qu’il lui communique un savoir-faire nouveau ou nécessaire.Il est tout aussi vrai, par ailleurs, que la coopération scientifique internationale entraîne une réciprocité plus ou moins poussée des échanges, tout autant qu’une certaine complémentarité des connaissances mises en jeu par chacun des partenaires.Le tableau 1 montre aussi qu’au Canada, la croissance des travaux cosignés internationalement progresse à un rythme inférieur à celui des autres pays.En effet, en dépit d’une croissance continue du volume relatif des publications scientifiques du Canada depuis 1981, la part des articles scientifiques cosignés par des chercheurs canadiens et étrangers n’a cessée de décroître au cours des cinq dernières années et ne représentait plus en 1986 que 5,4 p.cent des travaux mondiaux menés en coopération, comparativement à 6 p.cent en 1981.En 1986, 19,3 p.cent des articles canadiens étaient cosignés avec des chercheurs étrangers, comparativement à 17 p.cent en 1981.LES COOPÉRATIONS ENTRE LA FRANCE ET LE CANADA La France représente une part non négligeable des échanges scientifiques que le Canada entretient sur la scène internationale avec près de 100 pays.En 1986, les articles écrits en collaboration avec des chercheurs français équivalaient à 7,9 p.cent de tous les articles cosignés cette année par les chercheurs canadiens avec des auteurs étrangers.A l’inverse, les articles d’auteurs français cosignés par des Canadiens ne représentaient que 6 p.cent des copublications totales de la France, alors que les articles cosignés avec les chercheurs britanniques et allemands de l’Ouest comptaient pour 11,5 p.cent et 3,6 p.cent respectivement des articles issus de la collaboration scientifique avec l’étranger.Bien entendu, le couplage des chercheurs canadiens et américains constitue une proportion importante des coopérations internationales.Celles-ci apparaîtront plus ou moins importan- tes selon l’indicateur retenu: en 1988, par exemple, 10 p.cent des articles canadiens indexés dans le Science Citation Index avaient pour coauteur un chercheur américain et 1,2 p.cent des articles américains avaient un coauteur canadien6.La coopération scientifique avec les États-Unis représente pourtant, selon les données de 1989, plus de 47 p.cent des échanges scientifiques internationaux du Canada, tels que mesurés par les cosignatures.D’autres travaux7 nous permettent d’apprécier avec plus d’exactitude l’ampleur réelle de la collaboration France-Canada en certains domaines de la recherche.Ainsi, en 1984, les physiciens français ont cosigné avec leurs confrères canadiens 45 articles, comparativement à 274 avec les chercheurs américains, 209 avec les Allemands de l’Ouest et 99 avec les Britanniques.Dans les champs de la biologie fondamentale et de la recher- che biomédicale, les chercheurs français ont publié 80 articles avec des chercheurs canadiens.Si ce nombre est évidemment inférieur à la somme des articles publiés avec les chercheurs américains, cette collaboration se rapproche, en revanche, de celle menée dans ce champ par les chercheurs britanniques (95 articles) et allemands de l’Ouest (77 articles).DISTRIBUTION DES COOPERATIONS PAR PROVINCE C’est sans surprise que l’on constate que les rapports de coopération scientifique Canada-France privilégient le Québec plus nettement qu’aucune autre province canadienne.En 1984, parmi les 252 articles scientifiques que les chercheurs canadiens ont cosignés avec leurs homologues français, 50.4 p.cent d’entre eux étaient cosignés par des chercheurs du Québec, 31,7 p.cent par.des chercheurs de l’Ontario, 9,5 p.cent par des chercheurs des provinces de l’Ouest et 8.4 p.cent par des chercheurs des provinces de l’Atlantique.En valeur absolue, les échanges avec le Québec ont augmenté de 42,5 p.cent entre 1980 et 1985, tandis qu’ils diminuaient en valeur relative de 57,1 p.cent à 46,6 p.cent (figure 1).Il semble donc que l’identité linguistique favorise la collaboration entre les chercheurs français et leurs homologues québécois, même si les données ne nous permettent pas d’identifier rigoureusement la langue d’usage des partenaires individuels canadiens.On sait qu’en 1984, 95,2 p.cent de l’ensemble des publications faites par les Québécois étaient en anglais et que seulement 4,7 p.cent faisaient usage du français.La coopération avec la France atténue donc légèrement ce recours à l’anglais puisque 83,7 p.cent des articles cosignés sont rédigés en anglais et que 16,4 p.cent d’entre eux font usage du français.Toutefois, l’importance des échanges entres les chercheurs français et leurs homologues du Canada anglais, incite à conclure provisoirement que si l’identité linguistique constitue assurément un facteur favorisant la constitution d’échanges entre TABLEAU 1 La production et la coopération scientifique internationale du Canada, 1981 -1986 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Articles Canada/ articles monde 4,3 4,3 4,4 4,7 4,7 4,9 Cosignatures Can./ articles Canada 17,0 17,7 17,2 18,3 18,8 19,3 Coopération Can./ coopération monde 6,0 5,7 5,4 5,6 5,6 5,4 Cosig.France-Can./ cosig.Can.-monde 7,4 8,4 7,7 7,1 8,3 7,9 Malgré une croissance continue du volume relatif des publications scientifiques du Canada depuis 1981, la part des articles scientifiques cosignés par des chercheurs canadiens et étrangers n'a cessé de décroître au cours des cinq dernières années. FIGURE 1 Répartition des coopérations entre le Canada et la France selon les provinces, en 1984 (en pourcentage) 252 coopérations Québec Ontario Provinces de l'Atlantique Ouest C'est avec le Québec que la France coopère le plus sur le plan scientifique, les coopérations entre ces deux pays représentant, en effet, 50,4 p.cent de l'ensemble des coopérations France-Canada en 1984.les chercheurs des deux pays, la différenciation linguistique n’est pas une entrave suffisante à la collaboration, dès lors que les chercheurs s’emploient mutuellement à créer une demande pour le savoir-faire et les ressources qu’ils mobilisent ou ont accumulées.DES VARIATIONS PAR CHAMPS ET PAR PROVINCES Comme on peut le voir à la figure 2, les rapports scientifiques entre le Canada et la France s’établissent dans chacun des huit champs disciplinaires retenus.Toutefois, la collaboration dans les champs de la recherche biomédicale (24 p.cent), de la recherche clinique (22,2 p.cent) et de la physique (17,8 p.cent) semble plus importante.Ces trois champs correspondent précisément aux domaines où la France occupe une position centrale parmi les pays dont l’effort de recherche est particulièrement orienté vers ces matières8.À l’inverse, le champ de la biologie fondamentale, de même que celui des sciences de la terre et de l’espace — qui sont les champs les plus actifs de la science canadienne sur la scène internationale9 — comptent chacun pour moins de 10 p.cent des échanges entre la France et le Canada.Pourtant, c’est d’abord dans les champs des mathématiques, de la physique, des sciences de la terre et de l’espace, que la proportion de l’ensemble des articles canadiens cosignés internationalement est la plus élevée dans chacun de ces champs.Le degré d’internationalisation équivaut respectivement à 43 p.cent, 34,6 p.cent et 29,6 p.cent.Par ailleurs, on observe également d’importantes variations régionales selon les champs disciplinaires privilégiés.Ainsi, les échanges scientifiques franco-québécois dominent dans trois des huit champs seulement, soit: en recherche clinique, où 78,6 p.cent des collaborations entre la France et le Canada associent des chercheurs du Québec; en recherche biomédicale ainsi qu’en sciences du génie et technologie, lesquels représentent respectivement 58,4 p.cent et 66,6 p.cent des coopérations franco-canadiennes (figure 3).En revanche, la collaboration France-Québec est pratiquement absente du champ de la biologie, où se concentrent 15 p.cent seulement des coopérations, ainsi que de ceux des sciences de la terre et de l’espace, qui regroupent 19,1 p.cent d’entre elles.Les collaborations des chercheurs de l’Ontario avec les chercheurs français sont prépondérantes dans quatre champs: la chimie, la physique, les sciences de la terre et de l’espace, les mathématiques, où les coopérations franco-ontariennes comptent respectivement pour: 48,4 p.cent; 51,1 p.cent; 33,3 p.cent; 46,1 p.cent des cosignatures France-Canada.DES VARIATIONS INSTITUTIONNELLES L’analyse des coopérations franco-canadiennes a montré l’existence de véritables zones d’attraction régionales et disciplinaires.L’étude des coopérations franco-québécoises indique quant à elle la formation de zones d’attraction linguistiques et institutionnelles.La répartition des coopérations entre les universités du Québec fait en effet apparaître une forte concentration de celles-ci au sein des universités francophones.Ainsi, plus de 70 p.cent des coopérations entre les chercheurs du Québec et de la France résultent d’échanges avec des chercheurs des universités francophones.C’est à l’Université Laval que la coopération scientifique avec la France est la plus développée, près de 24 p.cent du total des coopérations se faisant avec des chercheurs de cette université, soit 33,7 p.cent de toutes les coopérations associant des universités francophones du Québec.L’Université de Montréal accapare quant à elle 22 p.cent des coopérations franco-québécoises et 31,4 p.cent des coopérations des universités francophones avec la France (figure 4).Ainsi, deux facteurs principaux semblent orienter les universités québécoises dans leurs relations avec la France.Premièrement, tandis qu’au Canada le critère de différenciation linguistique n’affecte que partiellement la distribution des coopérations entre les provinces — les chercheurs des provinces anglophones accaparant près de 50 p.cent des coopérations avec la France —, ce critère pèse lourdement sur la probabilité, pour les chercheurs des universités francophones, de nouer des alliances avec les chercheurs des laboratoires français.Deuxièmement, la propension des chercheurs des universités francophones à établir des liens de collaboration avec les chercheurs français est d’autant plus forte qu’ils oeuvrent dans le champ de la recherche clinique et, dans une moindre mesure, dans celui de la biologie médicale, où le contact entre le praticien et la patient est davantage lié à l’usage de la langue.UN DÉSÉQUILIBRE PAR CHAMPS La répartition des coopérations selon les universités québécoises et selon les champs disciplinaires est caractérisée, ainsi que le montre la figure 5, par une importante dispersion institutionnelle et disciplinaire.L’Université de Montréal occupe une position prépondérante dans quatre des huit champs considérés: ceux de la recherche biomédicale (25,7 p.cent), de la chimie, des sciences de la terre et de l’espace (75 p.cent) ainsi que de la physique (31,5 p.cent).Pour ce dernier champ, cependant, elle partage sa place avec l’Université de Sherbrooke.FIGURE 2 Répartition des coopérations entre le Canada et la France selon les champs disciplinaires en 1984 (en pourcentage) Bien que les coopérations scientifiques entre le Canada et la France se fassent dans les huit champs disciplinaires retenus, elles se regroupent principalement en recherche clinique, en recherche biomédicale et en physique. 22 FIGURE 3 Répartition des coopérations entre le Canada et la France selon les provinces et les champs disciplinaires, en 1984 (en pourcentage du total des cosignataires par champs) 80 60 40 20 ¦ CLI BIM il BIO CHM ?PHY ¦ EAS m INT ?MAT Québec Ontario Provinces de l'Atlantique Ouest Les échanges scientifiques franco-québécois dominent en recherche clinique, en sciences biomédicales et dans le domaine du génie et de la technologie.Les collaborations des chercheurs de l'Ontario avec leurs homologues français sont, pour leur part, prépondérantes en chimie, physique, sciences de la terre et de l'espace ainsi qu'en mathématiques.L’Université Laval, qui domine pourtant quant au nombre total des coopérations, n’est prépondérante que dans le seul champ de la recherche clinique, dont elle accapare 45,4 p.cent des coopérations totales.Actifs dans les champs de la recherche biomédicale et des mathématiques, domaines où leur participation représente respectivement 22,8 p.cent et 25 p.cent des coopérations, les chercheurs de l’Université Laval sont en revanche totalement absents des champs de la biologie, de la chimie, des sciences de la terre et de l’espace, de même que de celui du génie et de la technologie.L’Université de Sherbrooke s’illustre tout particulièrement dans les domaines de la physique (31,5 p.cent) et des mathématiques.Dans ce dernier cas, en effet, elle est responsable de la moitié des coopérations québécoises.On notera qu’aucune université québécoise, à l’exception de l’Université Concordia, n’est active dans le champ de la biologie, ce champ de FIGURE 4 recherche intéressant principalement les chercheurs des laboratoires publics et privés.Il faut signaler enfin que seules l’Université McGill et l’Université du Québec ne participent pas de façon prépondérante à aucun champ, l’Université du Québec étant surtout active dans le domaine des sciences de la terre et de l’espace, où elle est responsable de 25 p.cent des coopérations et, à un moindre degré, dans le champ de la recherche biomédicale.Répartition des coopérations entre le Québec et la France selon les universités en 1984 Autres Concordia Université du Québec Sherbrooke McGill Université de Montréal Laval -1- 127 coopérations I 10 20 30 % C'est l'Université Laval, suivie de l'Université de Montréal et de l'Université McGill, qui enregistrent le plus de coopérations scientifiques avec la France, ce qui dénote des zones d'attractions non seulement linguistiques mais institutionnelles.De façon inattendue, on constate que, considérée sous l’égide de la distribution globale des coopérations dans chacun des champs, l’Université McGill apparaît comme l’université québécoise qui équilibre le mieux ses échanges avec la France.Cette université, en effet, est significativement active, selon une proportion variant de 21 p.cent à 25 p.cent des coopérations, dans la moitié des champs, soit ceux de la recherche clinique et de la recherche biomédicale, de la chimie et des mathématiques.DISTRIBUTION DES COOPERATIONS PAR CHAMPS DANS CHACUNE DES UNIVERSITES Les résultats sont toutefois bien différents lorsqu’on analyse les données non plus sous l’horizon des échanges globaux, mais plutôt sous celui de la distribution interne des coopérations dans chacune des universités (figure 6).On constate qu’aucune université québécoise n’est fortement active dans chacun des champs, l’effort de coopération étant généralement concentré dans quelques champs privilégiés.En réalité, dans chacune des universités, l’essentiel de la recherche menée en collaboration avec les chercheurs français se concentre dans deux champs principaux.Concrètement, quatre des six universités québécoises privilégient d’abord la recherche clinique et ¦HHBnUHnl 23 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 FIGURE 6 Répartition, pour chaque université, des coopérations entre le Québec et la France, selon les champs disciplinaires, en 1984 (pourcentage) 80 % 40 ¦ CLI æ BIM ü BIO 0 CHM ?PHY ¦ EAS B INT ?MAT On constate que Université Sherbrooke de Montréal Université du Québec McGill Concordia Autres université, l'essentiel de la collaboration avec les chercheurs français se concentre dans deux champs principaux.biomédicale; à l’Université Laval, les coopérations qui relèvent de ces champs représentant 93,2 p.cent des coopérations totales de cette université.À l’Université de Montréal et à l’Université de Sherbrooke, cette proportion équivaut à 50 p.cent des coopérations totales.A l’Université McGill, enfin, 73 p.cent des coopérations appartiennent à ces deux champs privilégiés.L’équilibre global entre les champs, que nous avions observé dans le cas de l’Université McGill, ne transparaît plus dans cette répartition interne des coopérations, puisque l’Université McGill y apparaît, immédiatement derrière l’Université de Montréal, comme l’une des universités où les échanges avec les chercheurs français se sont le plus rigoureusement concentrés dans quelques champs d’élection.La figure 6 montre clairement que dans la coopération scientifique avec la France, les universités sont majoritairement peu actives dans le champ des sciences de la terre et de l’espace, comme dans celui des sciences du génie et de la technologie.Le désintérêt apparent vis-à-vis de ces champs pourrait s’expliquer par le fait que dans ces domaines, la collaboration avec l’extérieur se développe avec d’autres chercheurs étrangers.Seule une prochaine étude, portant sur l’ensemble des pays avec lesquels les chercheurs québécois entretiennent des relations, nous permettra d’évaluer l’intérêt de ceux-ci face à des champs de recherche délaissés par la collaboration France-Québec.CONCLUSION En dépit d’un recul relatif du Canada en matière de coopération internationale au cours des dernières années, le degré de coopération avec la France se maintient à travers des variations et des sursauts continuels.Certes, le Québec reste le partenaire prépondérant de la France dans sa coopération avec le Canada; pourtant, compte tenu de l’identité linguistique qui lie l’une à l’autre chacune des communautés scientifiques, le Québec compte moins dans cette coopération qu’on l’aurait spontanément anticipé.Assurément, l’identité linguistique favorise le rapprochement entre les laboratoires des deux pays, mais elle ne suffit pas à elle seule à susciter l’adhésion inconditionnelle des uns et des autres, des facteurs plus déterminants façonnant la genèse des coopérations.Autrement dit, si une communauté de langue peut être un avantage comparatif, l’inverse ne constitue pas un butoir sérieux au rapprochement.Par ailleurs, cette coopération reste fortement concentrée dans quelques champs spécifiques à l’intérieur desquels chacun identifie tacitement la compétence ou les besoins de l’autre.Chacun des champs apparaît ainsi comme autant de marchés spécialisés ouverts à la collaboration des chercheurs.Enfin, la coopération France-Québec se concrétise principalement entre des entités francophones, la différenciation linguistique des institutions coopérantes n’étant toutefois pas un obstacle là où la collaboration, ou du moins ce qui en matérialise l’existence, se fait de toute façon massivement en anglais.Enfin, s’il est vrai qu’il existe une importante variété de modèles disciplinaires de coopération d’une université à l’autre, le champ de la biologie reste pour chacune des universités le grand oublié de la coopération scientifique avec la France.¦ Références 1.FERNÉ, G.«La science, nouvelle marchandise», La Recherche, vol.20, n° 208, mars 1989, p.432.2.FRANKLIN, M.N.«The Community of Science in Europe Preconditions for Research Effectiveness in European Community», Aldershot, Gower Publishing Company, 1988.3.SCHROEDER-GUDEHUS, B.«Évaluation des activités de coopération franco-québécoise», Montréal, octobre 1978.4.SCHUBERT, A.et BRAUN, T.«International Collaboration in the Sciences, 1981-1985», Scientometrics, vol.19, n° 1-2, 1990, p.3-10.5.PENDLEBURY, D.«Coauthorship Between U.S.and Canadian Scientist Rise Sharply in the 1980», The Scientist, vol.3, n° 6, 20 mars 1989, P- 12.6.Id.7.MIQUEL, J.-F., OKUBO, Y., NARVAEZ, N.et FRIGOLETTO, L.«Les scientifiques sont-ils ouverts à la coopération internationale?», La Recherche, n° 206, janvier 1989, p.116-118.8.MIQUEL, J.-F.«La coopération entre le Canada et la France en science fondamentale», in Michel Leclerc (éd.).Les enjeux économiques et politiques de T innovation, Québec, Presses de l’Université du Québec, 1990, p.231-253.9.National Science Board, Science & Engineering Indicators - 1989, Washington, D.C., U.S.Goverment Printing Office, 1980 (NS 89-1), p.331.FIGURE 5 Répartition des coopérations entre le Québec et la France selon les universités et selon les champs disciplinaires, en 1984 (pourcentage du total des coopérations dans chacun des champs) ¦ CLI S3 BIM O BIO 0 CHM ?PHY ¦ EAS g INT ?MAT Laval Université Sherbrooke Université McGill Concordia Autres de Montréal du Québec La répartition des coopérations selon les universités et selon les champs montre une importante dispersion institutionnelle et disciplinaire.Seule l'Université McGill semble équilibrer ses échanges avec la France.% 40 Whffi mimü 24 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 LES MICAS: DES MINERAUX IMPORTANTS POUR COMPRENDRE L'ORIGINE DES ROCHES GRANITIQUES PAR ANDRÉ E.LALONDE ET DENIS G.RANCOURT TOUS LES GRANITES N'ONT PAS IA MÊME ORIGINE: CERTAINS SONT NÉS LORS DE LA COLLISION DE DEUX PLAQUES CONTINENTALES, D'AUTRES DANS DES ZONES DE SUBDUCTION OÙ UNE PLAQUE OCÉANIQUE S'EST ENFONCÉE SOUS UNE PLAQUE CONTINENTALE.OR, CETTE ORIGINE, LES MICAS CONTENUS DANS LES GRANITES S'EN SOUVIENNENT, PAR LE BIAIS ENTRE AUTRES DE LEUR COMPOSITION CHIMIQUE.Il SUFFIT DONC DE LES LAISSER NOUS RACONTER L'HISTOIRE DE CES ROCHES, QUI EST UN PEU CELLE DE NOTRE CROÛTE TERRESTRE.André E.Ialonde et Denis G.Rancourt sont respectivement professeurs au Département de GÉOLOGIE ET AU DÉPARTEMENT DE PHYSIQUE DE L'UNIVERSITÉ D'OïïAWA.Il y a maintenant plus de deux décennies que les géologues disposent d’une théorie unifiante globale.En effet, depuis son introduction vers le milieu des années soixante, la théorie de la tectonique des plaques s’est vue renforcer par des contributions provenant de tous les domaines des sciences de la terre (encadré 1).Ainsi, structuralistes, paléontologues, géophysiciens, pétrologues et géochimistes, pour n’en mentionner que quelques-uns, ont tous contribué à l’élaboration d’un modèle global pour expliquer les mouvements et les interactions des plaques mobiles qui composent la croûte de notre planète.Plus récemment, certains pétrologues se sont consacrés à caractériser le chimisme des roches granitiques mises en place par des processus tectoniques agissant aux bordures de plusieurs plaques.Il est possible maintenant, grâce à des indicateurs géochimiques dérivés des abondances des éléments majeurs1'2 (silicium, aluminium, fer, magnésium, calcium, sodium et potassium) ou des éléments en traces3 (terres rares, rubidium, strontium) dans les roches granitiques, d’identifier l’origine tectonique de ces roches, caractéristiques de l’écorce continentale et témoins de son histoire.Ainsi, dans les zones de collision, où deux plaques continentales se heurtent, les roches granitiques possèdent de fortes teneurs en aluminium et en fer réduit (fer ferreux, Fe2+) alors que dans les zones de subduction, où une plaque océanique est enfouie sous une plaque continentale, ces mêmes roches sont appauvries en aluminium et enrichies en fer oxydé (fer ferrique, Fe3+).Ces signatures géochimiques sont devenues des outils puissants dans l’élaboration de modèles tectoniques.Nos travaux sur les micas des roches granitiques démontrent que plusieurs des signatures géochimiques des roches sont en effet attribuables uniquement à ces minéraux.Il devient donc avantageux de bien comprendre les facteurs qui contrôlent la composition chimique des micas et même, de réviser les indicateurs tectoniques en fonction de ceux-ci.QU'EST-CE QUE LE MICA?Les micas constituent un groupe de minéraux silicatés communs que l’on retrouve dans les trois grandes familles de roches (ignées, métamorphiques et sédimentaires) de la croûte terrestre.Bien qu’ils ne soient pas les minéraux les plus abondants de la croûte, les micas demeurent bien connus du public en général.Nous avons tous contemplé, lors de nos visites à la plage l’été, ces petits flocons ambrés dans le sable.Ou encore, nous nous souvenons de ces grandes feuilles sur lesquelles étaient enroulés les éléments chauffants de nos anciens grille-pain.Si les micas sont si bien connus, c’est avant tout en raison de leur aspect feuilleté, lequel est causé par leur clivage parfait.Il n’est pas étonnant que l’aspect feuilleté des micas découle directement de la structure cristalline de ces minéraux, c’est-à-dire de l’arrangement spatial des atomes à l’intérieur de leurs cristaux.La structure de ces minéraux repose sur deux types de couches d’atomes: des couches de tétraèdres et des couches d’octaèdres (figure 1).Les tétraèdres sont délimités par quatre anions d’oxygène (O2') et ont habituellement à leur centre un cation de silicium (Si4+) ou d’aluminium (Al3+).Plus rarement, on y retrouve le fer ferrique (Fe3+) ou le titane (Ti4+).Ils sont disposés dans la couche en anneaux hexagonaux et ont toutes leurs pointes orientées dans la même direction.Les octaèdres, eux, ont à leur extrémité quatre anions d’oxygène et deux radicaux hydroxy-les (OFF); au centre, ils peuvent avoir une grande variété d’anions, les plus communs étant Fe2+, Fe3+ et Mg2+.Ces deux types de couches servent à construire l’unité structurale de base des micas, surnommée «feuillet T-O-T» puisqu’elle est composée d’une couche d’octaèdres prise entre deux couches de tétraèdres.Ces feuillets T-O-T, épais d’environ 1 nanomètre (KF9 mètre), jouissent d’une grande cohésion parce que les liaisons entre les couches tétraédriques et octaédriques sont moyennement fortes.Par contre, les multiples feuillets T-O-T sont retenus entre eux par des liaisons faibles avec des cations alcalins ou alcalino-terreux, principalement le potassium (K+) ou le calcium (Ca2+).Ce sont ces faibles liaisons qui se rompent facilement et procurent un excellent clivage au mica.En comparaison avec celle de beaucoup d’autres minéraux, la structure cristalline des micas est d’une grande flexibilité.Une large variété de cations peuvent se loger dans les sites tétraédriques et octaédriques.Certains cations comme Al3+ et Fe3+ peuvent même se retrouver dans les deux types de sites.De plus, les anions ne sont pas exclusivement d’oxygène, comme dans la majorité des minéraux, mais ils peuvent aussi inclure le fluor (F), le chlore (CF) et le radical hydroxyle (OFF).Le groupe des micas est communément divisé en micas dioctaédriques, qui ont les deux tiers de leurs octaèdres occupés par des cations, et en micas trioctaédriques, où tous les octaèdres sont occupés.La muscovite, un mica transparent et incolore, est le mica dioctaédrique le plus répandu, alors que la phlogopite, un mica ambré, et la biotite, un mica généralement noir, sont les deux exemples communs de micas trioctaédriques.LES MICAS DES ROCHES GRANITIQUES Les granites sont les roches ignées (produites par l’action du feu) intrusives les plus communes, les roches intrusives étant des roches cristallisées en profondeur (on dit également «roches plutoniques»).Ils représentent environ 22 p.cent du volume de la croûte terrestre.Ce sont des roches à cristaux visibles, habituellement de teinte rose ou grise, composées surtout de minéraux aux teintes pâles tels que 25 INTERFACE SEPTEMBRE • 0CT06RE 1991 1.LA TECTONIQUE DES PLAQUES Selon la théorie de la tectonique des plaques, la lithosphère, soit la couche extérieure rigide de la Terre, épaisse d'environ 100 km, est découpée en de nombreuses plaques qui reposent et se déplacent sur l'asthénosphère, laquelle va de 100 à 350 km lithosphère de profondeur et peut se déformer plastiquement.L'asthénosphère est la source de presque tous les magmas.Au delà de 350 km de profondeur et jusqu'au noyau à 2900 km, se trouve la mésosphère, la partie inférieure du manteau où les pressions très élevées préviennent, malgré les hautes températures, toute déformation plastique.Sous les océans, les plaques mobiles comprennent une croûte océanique, d'une épaisseur de 8 km et de composition basaltique.Cette croûte recouvre la partie supérieure et rigide du manteau, dont la composition est beaucoup plus mafique, c'est-à-dire enrichie de magnésium et de fer, et appauvrie en silicium.Sous les continents, les plaques sont composées de la croûte continentale, de 35 à 70 km d'épaisseur et de composition très felsique (appauvrie en fer et en magnésium, enrichie de silicium).Là encore, cette croûte recouvre la partie supérieure du manteau.En première approximation, la lithosphère terrestre est divisée en sept grandes plaques: la plaque Eurasie, l'africaine, la nord-américaine, la sud-américaine, la pacifique, la plaque océan Indien-Océanie et l'antarctique.La plaque eurasiatique est essentiellement continentale, la plaque pacifique entièrement océanique, alors que les plaques américaines apparaissent de type mixte avec une partie du continent américain et une partie de l'Atlantique Ouest.Il existe plusieurs types d'interactions entre les plaques lithosphériques.Nous pouvons distinguer, en premier lieu, les interactions en milieu d'expansion, où les plaques s'écartent Tune de l'autre, de celles en milieu de convergence, où les plaques se rencontrent.Les dorsales océaniques, lieu où deux plaques océaniques s'écartent, représentent l'environnement tectonique en milieu d'expansion le plus commun.Elles sont le site d'importants dégagements de chaleur et de volcanisme actif, par suite des remontées chaudes de l'asthénosphère, possiblement activées par des mécanismes de convexion.Ce sont des régions de production d'une nouvelle croûte océanique; celle-ci se répand alors lentement des deux côtés de la dorsale et entreprend un véritable voyage sous-marin qui la mènera aux bordures des masses continentales.Durant ce voyage, la plaque océanique se refroidit, devient plus dense et s'enfonce, abaissant ainsi le niveau du fond sous-marin.Eventuellement, cet alourdissement provoque son affaissement dans l'asthénosphère et donne naissance à une zone de subduction, une interaction en milieu de convergence.Les zones de subduction correspondent à des fosses océaniques provoquées par l'enfouissement d'une plaque océanique sous une autre plaque océanique ou sous une plaque continentale.La plaque subductée s'étant refroidie depuis sa naissance sur la dorsale, il n'y a pas génération de magmas sous la fosse.Cependant, un peu plus loin, au-dessus de la plaque plongeante, on retrouve des zones magmatiques importantes.Ces zones forment des arcs océaniques, comme le Japon, lorsqu'elles sont encaissées par une plaque océanique, ou encore, des arcs continentaux, comme la côte Ouest du continent nord-américain, lorsqu'elles sont encaissées par une plaque continentale.Une partie importante des magmas générant ces arcs provient de la fusion du manteau situé au-dessus de la plaque descendante.Cette fusion est catalysée par la présence de gaz volatils aqueux libérés dans le manteau lors du métamorphisme de la plaque océanique subductée.Elle produit des magmas basaltiques, c'est-à-dire enrichis de fer et de magnésium.Dans les arcs continentaux, on trouve également d'importants volumes de magmas granitiques.Ceux-ci proviennent surtout d'une fusion de la base de la croûte continentale sise au-dessus du foyer de génération des basaltes.Les zones de collision sont elles aussi des interactions en milieu de convergence.Elles se présentent lorsque, par suite de la fermeture d'un bassin océanique, deux plaques continentales s'emboutissent.Cette situation mène, en premier lieu, à des épaississements de la croûte par empilement d'écailles tectoniques, suivis par des plissements et des réchauffements métamorphiques.Les étapes avancées de la collision sont accompagnées d'anatexie (ou fusion partielle) de la croûte continentale, une croûte composée en partie des roches sédimentaires provenant du bassin océanique refermé.Cela explique la prédominance des granites hyperalumineux dans cet environnement tectonique.La chaleur nécessaire à cette fusion provient avant tout de la désintégration radioactive de l'uranium, du thorium et du potassium de la croûte.Le réchauffement engendré par ces trois radioéléments, présents dans la croûte continentale, se trouve grandement augmenté en raison du doublage de l'épaisseur de la croûte continentale qui survient dans ces zones de collision.La chaleur du manteau provoquée par des magmas basaltiques, et possiblement Téchauffement frictionnel le long des plans de failles, contribuent également à ce réchauffement.DORSALES OCEANIQUES CROÛTE OCÉANIQUE ASTHÉNOSPHÈRE CROÛTE CONTINENTALE MANTEAU RIGIDE ZONE DE SUBDUCTION LITHOSPHÈRE ASTHÉNOSPHÈRE RIGIDE CROÛTE 'CONTINENTALE GRANITES DE SUBDUCTION ZONE DE FUSION \ MAGMA BASALTIQUE ZONE DE COLLISION LITHOSPHÈRE EMPILEMENT D'ÉCAILLES GRANITES DE COLLISION RIGIDE CROÛTE CONTINENTALE ASTHÉNOSPHÈRE 26 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 FIGURE 1 Structure cristallographique des micas FEUILLET T - O - T CATIONS K OU Ca FEUILLET T-O-T \ COUCHE DE TÉTRAÈDRES COUCHE D'OCTAÈDRES COUCHE DE TÉTRAÈDRES La structure des micas repose sur deux types de couches d'atomes: des couches de tétraèdres et des couches d'octaèdres.Ces deux types de couches servent à construire l'unité structurale de base de ces minéraux, qui est surnommée «feuillet T-O-T» puisqu'elle est composée d'une couche d'octaèdres prise entre deux couches de tétraèdres.Ces feuillets T-O-T, épais d'environ 1 nanomètre (109 mètre], jouissent d'une grande cohésion parce que les liaisons entre les couches tétraédriques et octaédriques sont moyennement fortes.Par contre, les multiples feuillets T-O-T sont retenus entre eux par des liaisons faibles avec des cations alcalins ou alcalino-terreux, principalement le potassium (K*) ou le calcium (Ca2+).Ce sont ces faibles liaisons qui se rompent facilement et procurent un excellent clivage au mica.le quartz, le feldspath alcalin et le plagioclase.Les minéraux secondaires constituent normalement moins de 10 p.cent de la roche et peuvent être très variés: mica, amphibole, pyro-xène, grenat, zircon, titanite, magné-tite, ilménite, tourmaline.Cependant, on retrouve presque toujours le mica, l’amphibole, ou les deux.Tous ces minéraux se cristallisent à partir du magma granitique à des températures allant de 1000 °C à 600 °C.Les magmas granitiques peuvent être générés en réponse à une multitude de processus tectoniques.Cependant, deux processus sont responsables de la formation de la majorité des granites: ce sont la collision continentale et la subduction.Dans les zones de collision, ce sont les importants épaississements de la croûte continentale engendrés par la collision et les réchauffements métamorphiques qui les suivent, qui provoquent la fusion partielle (ou anatexie) de roches sédi- mentaires de la croûte et donnent naissance au magma.Ces granites héritent donc plusieurs de leurs caractéristiques géochimiques des roches sédi-mentaires, qui sont, au moins en partie, la source de leurs magmas.De tels granites sont fortement enrichis en aluminium comparativement à ceux d’autres zones tectoniques4.On les dit alors «hyperalumineux».Ce trait est attribuable à l’abondance de minéraux argileux, riches en aluminium, dans les roches sédimentaires.Les granites sont aussi réduits, c’est-à-dire qu’ils ont de faibles teneurs en Fe3+.Cette propriété résulte principalement de la présence de petites quantités de graphite dans les sédiments ingérés5 — le graphite, soit du carbone élémentaire, étant un agent réducteur efficace.Les granites de zones de subduction sont eux aussi les produits d’une fusion de la croûte continentale.Cependant, dans ce cas, c’est la base de la croûte qui est fondue en réponse à la montée de magmas basaltiques issus du manteau, au-dessus de la plaque océanique subductée.Puisque la base de la croûte continentale est généralement dépourvue de roches sédimentaires, ces granites ne possèdent pas d’enrichissement en aluminium et ils sont beaucoup plus oxydés (ils ont de fortes teneurs en Fe3+).Cette oxydation, quoique certainement attribuable à l’absence de graphite, est possiblement aussi provoquée en partie par l’action des gaz volatiles libérés lors de la déshydratation de la plaque enfouie.L’hyperaluminosité et le degré d’oxydation sont donc deux traits géochimiques qui permettent la distinction entre les granites issus des zones de collision et ceux issus des zones de subduction.Toutefois, bien que ces signatures soient maintenant reconnues depuis plusieurs années — et couramment utilisées afin d’identifier le cadre tectonique des roches granitiques —, peu de géologues sont conscients qu’elles sont dues presque exclusivement à la biotite qu’elles contiennent.En effet, de tous les minéraux qui composent les granites, la biotite est le seul minéral commun capable d’encaisser les quantités excessives d’aluminium associées à l’hyperaluminosité.En plus, grâce à la flexibilité de sa structure cristalline, qui lui permet d’incorporer le fer sous ses deux états communs d’oxydation (Fe2+ et Fe3+), la biotite est aussi capable d’enregistrer précisément le degré d’oxydation du magma au moment de la cristallisation.Des travaux expérimentaux6 ont établi, il y a maintenant longtemps, que les biotites cristallisées sous des conditions oxydantes ont non seulement des rapports Fe3+/Fe2+ plus élevés, mais sont aussi enrichies en magnésium (Mg2+) aux dépens du fer total (somme du Fe2+ et Fe3+).Puisque c’est surtout la biotite qui est responsable des signatures géochimiques caractérisant les granites, il est avantageux d’utiliser sa composition dans les classifications7.Cela élimine la dilution des signatures géochimiques par la composition de la roche entière et rend ainsi les classifications beaucoup plus distinctes.L'ORIGINE WOPMAY DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST Les granites de l’orogène Wopmay, dans les Territoires du Nord-Ouest, illustrent bien les deux types de granites décrits dans cet article.Cet orogène, ou chaîne montagneuse, vieux de 2 milliards d’années et rendu célèbre par les travaux de Paul F.Hoffman8 de la Commission géologique du Canada, est le premier orogène où a été démontrée l’existence, au précambrien, de processus tectoniques semblables à ceux du phanérozoïque (570 millions d’années).Au centre de cet orogène se trouvent deux ensembles de roches intrusives granitiques de composition et d’âge distincts, chacun de ces ensembles correspondant à un événement tectonique9.Le plus vieil ensemble, celui de la suite intrusive Hepburn, est âgé de 1985 millions d’années et représente une collision continentale.Il est composé d’environ 125 plutons (masse de magma profond consolidé en roche) de granites de teinte blanche ou grise, à biotite et parfois à muscovite.Ces roches possèdent tous les attributs des granites produits par 27 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 FIGURE 2 Teneurs respectives en aluminium des biotites de granites Bishop et de granites Hepburn BIOTITES DE GRANITES BISHOP BIOTITES DE GRANITES HEPBURN (a./f.c.) NOMBRE D'ATOMES Al DANS LA FORMULE CHIMIQUE Les biotites des granites Hepburn ont des teneurs en aluminium, exprimées en nombre d'atomes Al3* par formule chimique, qui sont nettement supérieures à celles des biotites des granites Bishop.Les fortes teneurs en aluminium des biotites Hepburn reflètent l'hyperaluminosité des granites Hepburn, qui ont été générés en partie par la fusion de roches sédimentaires alumineuses dans le contexte d'une collision continentale.collision de deux plaques: elles sont hyperalumineuses, ont de faibles teneurs en Fe3+ et entraînent de nombreuses enclaves de roches sédimentaires.L’autre ensemble intrusif, surnommé Bishop, est composé d’environ quinze plutons de granites de teinte rose ou rouge mis en place en réponse à une zone de subduction il y a environ 1950 millions d’années.Ces plutons sont plus oxydés, ils sont enrichis de Fe3+ et ne démontrent pas d’hyperaluminosité.Puisque l’on comprend bien leur origine tectonique, les granites du domaine central de l’orogène Wopmay sont les candidats idéals pour illustrer comment les micas peuvent aider à différencier et à interpréter l’origine des plutons granitiques.Tel que prévu, les biotites des deux suites de granites ont des différences de composition chimique marquées.Premièrement, les biotites des plutons Hepburn sont beaucoup plus alumineuses que celles des Bishop.Cela est clairement illustré par des histogrammes de leurs teneurs respectives en aluminium (figure 2), exprimées en nombre d’atomes Al3+ dans la formule chimique (a./f.c.).Sur ces histogrammes, les biotites Hepburn s’étendent de 2,50 à 3,55 a./f.c.avec une moyenne autour de 2,90 à 3,10 alors que celles des plutons Bishop vont de 2,30 à 2,70 et ont leur moyenne autour de 2,45 a./f.c.Il est pertinent de noter qu’en plus d’avoir des moyennes très différentes, les deux distributions n’empiètent pratiquement pas l’une sur l’autre.La biotite est donc capable, par l’entremise de sa teneur en Al3+, de révéler la contribution de matériel sédimentaire qui caractérise les magmas des granites de collision.Il en va de même pour la différence d’oxydation entre les granites collisionnels (suite Hepbum) et de subduction (suite Bishop).Les biotites des plutons Hepburn ont des rapports Fe3+/Fe2+ allant de 0,04 à 0,11, avec une moyenne de 0,07 à 0,08 (figure i) alors que celles des plutons Bishop, avec des rapports de 0,10 à 0,22 et une moyenne d’environ 0,16, sont beaucoup plus oxydées.Encore une fois, les deux distributions n’ont pratiquement pas d’empiètement.La distinction de l’état d’oxydation de ces roches est aussi faite par la teneur en magnésium de la biotite.Le rapport Mg/(Felola,+Mg) de la biotite est un indicateur plus fiable de l’état d’oxydation: bien qu’il ne soit pas illustré dans cet article, sa distribution est, comme celle du rapport Fe3+/Fe2+, bimodale avec très peu d’empiètement.Finalement, en combinant le rapport Fe3+/Fe2+ et la teneur en Al3+ (figure 4), on obtient des champs distincts pour les biotites des deux suites.Il faut ajouter que l’utilité de la biotite ne se limite pas à l’identification tectonique des roches granitiques.Des diagrammes comme ceux de la figure 4 peuvent fournir des informations importantes quant à l’évolution même de ces roches.Il est possible, par exemple, à l’intérieur d’une suite de plusieurs plutons d’âge décroissant, de considérer l’évolution des teneurs en aluminium des biotites et ainsi, d’obtenir des informations pertinentes concernant l’évolution dans le temps de la contribution des roches sédimentaires aux magmas.Nous croyons qu’il sera possible, par ce genre d’approche, de distinguer les granites qui sont produits exclusivement par la fusion de roches sédimentaires de ceux qui seraient nés dans le manteau pour être ensuite contaminés par du matériel sédimentaire.Il est intéressant aussi de souligner que les distinctions de composition des biotites des suites Hepburn et Bishop se manifestent clairement dans les couleurs qu’affichent ces micas lors de l’examen au microscope polarisant.L’examen de plus de 300 lames 2.LE GROUPE DE RECHERCHE SUR LES MICAS Depuis 1987, un groupe de chercheurs et d'étudiants du Département de physique et du Département de géologie de l'Université d'Ottawa s'intéresse à différents aspects des micas.En plus des auteurs du présent article, ce groupe comprend le professeur Gilles Lamarche, du Département de physique, qui étudie le magnétisme des micas par magnétométrie SQUID.Actuellement, quatre étudiants poursuivent des projets dans notre laboratoire.Ce sont: lain A.D.Christie, qui étudie le magnétisme en deux dimensions des micas; Dang Mei-Zhen, qui explore la distribution du Fe3* dans les micas trioctaédriques; Michel Royer, qui détermine expérimentalement les calibrations nécessaires à l'analyse des micas par spectroscopie de Môssbauer; Pamela Tume, qui étudie l'oxydation artificielle de la biotite. 28 INTWFACI SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 minces de granites, en lumière polarisée plane, révèle que la très grande majorité (environ 90 p.cent) des bioti-tes des granites Hepburn ont des teintes rouges ou orangées assez vives alors que celles des granites Bishop sont vertes ou vert-brun {figure J).Bien que l'origine de ces couleurs soit mal identifiée10, il semblerait que la couleur verte soit attribuable à une absorption préférentielle des composantes bleues dans la lumière blanche par une interaction entre des électrons de cations Fe2+ et Fe3+ voisins dans les couches octaédriques du minéral.DE NOUVELLES MÉTHODES D'ANALYSE Nos recherches en cours sur les micas visent plusieurs objectifs à long terme {encadré 2).Nous voulons résoudre la cristallochimie des micas trioctaédriques contenant du fer (bioti-tes) et comprendre leurs mécanismes d’oxydation (Fe2+ -> Fe3*), l’origine de leur couleur et de leurs propriétés optiques ainsi que les causes microscopi- ques de leur magnétisme coopératif et spontané.Cette compréhension poussée de la nature du mica le transformera peu à peu en un puissant moyen de sonder plusieurs propriétés des magmas à partir desquels il s’est cristallisé.Par exemple, nous avons récemment conçu des méthodes qui permettent d’évaluer avec précision les quantités de Fe2+ octaédrique, de Fe3+ octaédrique et de Fe3+ tétraédrique en utilisant la spectroscopie de Môssbauer1112-13 au 57Fe.Il est ainsi possible, pour la première fois, de mesurer des quantités précises de ces types ioniques du fer dans les différents sites cristallographiques du mica.Ces informations nouvelles contribueront certainement à notre compréhension de l’histoire magmatique et post-magmatique des roches qui encaissent les micas.Cette première tâche technologique, qui a rendu possible l’évaluation précise des populations de Fe2* et Fe3+ par l’effet de Môssbauer, fut difficile à FIGURE 4 Combinaison du degré d'oxydation et de la teneur en aluminium 0,3 NOMBRE D'ATOMES Al DANS LA FORMULE CHIMIQUE \ BIOTITES BISHOP 0,15___ BIOTITES HEPBURN O o O o °0 o ooo o 2,0 T 3,0 T 4,0 En combinant les rapports Fe37Fe2* et les teneurs en Al3* des biotites, il est possible de définir des champs distincts correspondant aux granites Bishop et Hepburn.Cette approche permet de caractériser les granites collisionnels de ceux associés aux zones de subduction beaucoup plus clairement que les méthodes fondées sur la composition de la roche entière.De plus, il est aussi possible d'obtenir des informations pertinentes concernant l'évolution des magmas de ces roches.FIGURE 3 Degrés d'oxydation respectifs des biotites de granites Bishop et de granites Hepburn 40 - BIOTITES DE GRANITES HEPBURN 30 - 20 - 10 _ BIOTITES DE GRANITES BISHOP 0,02 T T 0,40 0,18 RAPPORT Fe 3+ / Fe 2+ 0,26 Le rapport FeVFe2* est un indicateur du degré d'oxydation des magmas à partir desquels ont cristallisé les biotites.Les biotites des granites Bishop ont des rapports beaucoup plus élevés que ceux des biotites Hepburn, ce qui implique que les magmas des granites Bishop étaient oxydés comparativement à ceux des granites Hepburn (qui sont réduits).La réduction des magmas Hepburn est causée principalement par l'incorporation de graphite; celui-ci est présent dans les sédiments qui sont la source de ces magmas et est un agent réducteur efficace.réaliser mais intéressante.Il a fallu déterminer expérimentalement des facteurs de calibration Môssbauer (facteurs f) spécifiques des micas, mettre au point des méthodes pour corriger les données des effets dus à l’épaisseur des échantillons et trouver de nouvelles techniques d’analyse spectrale pouvant s’appliquer à des matériaux désordonnés comme les micas, qui ont une composition chimique si variable.Nos méthodes nous ont déjà permis d’expliquer des propriétés optiques bizarres, comme le pléochroisme (propriété de changer de couleur selon la direction de la lumière) inverse de certains micas rares, en termes d’interactions entre les cations Fe3+tétraédriques et Fe2+ octaédriques.Nous commençons tout juste à entrevoir la puissance de notre approche.Nous étudions aussi en détail l’oxydation artificielle de micas naturels et synthétiques, qui entraîne toujours une perte d’hydrogène structural.Ces études, qui sont faites en fonction des pressions partielles de gaz environnants, de la température et du temps, permettront de préciser les mécanismes d’oxydation qui opèrent lors de la cristallisation et du refroidis- FIGURE 5 Comparaison des teintes des biotites de granites Bishop et Hepburn V '& v 5 a) biotite Hepburn V J?5 b) biotite Bishop sement des micas des roches ignées.Ainsi, nous pourrons découvrir les facteurs cristallochimiques qui régissent les proportions de Fe2+ et Fe3+ dans les différents sites des micas et qui déterminent la stabilité thermodynamique de ces minéraux.¦ Références 1.BARBARIN, B.«Granitoids: Main Petro-genetic Classifications in Relation to Origin and Tectonic Setting», Geological Journal, 1990, vol.25, p.227-238 2.MANIAR, P.D.et PICCOLI, P.M.«Tectonic Discrimination of Granitoids», Bulletin of the Geological Society of America, 1989, vol.101, p.635-643.3.PEARCE, J.A., HARRIS, N.B.W.et TINDLE, A.G.«Trace Element Discrimination Diagrams for the Tectonic Interpretation of Granitic Rocks», Journal of Petrology, 1984, vol.25, p.956-983.4.CHAPPELL, B.W.et WHITE, A.J.R.«Two Contrasting Granite Types», Pacific Geology, 1974, vol.8, p.173-174.5.ISHIHARA, I.«The Magnetite-Series and Ilmenite-Series Granitic Rocks», Mining Geology, 1977, vol.27, p.293-305.6.WONES, D.R.et EUGSTER, H.P.«Stability ofBiotite: Experiment and Applications», American Mineralogist, 1965, vol.50, p.1228-1272.7.NACHIT, H., RAZAFIMAHEFA, N., STUSSI, J.M.et CARRON, J.P.«Composition chimique des biotites et typologie magmatique des grani-toïdes», comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris, 1985, tome 301, p.813-818.8.HOFFMAN, P.F.et BOWRING, S.A.«Short-Lived 1.9 Ga Continental Margin and its Destruction, Wopmay Orogen, Northwestern Canada», Geology, 1984, vol.12, p.68-72.9.LALONDE, A.E.«Hepbum Intrusive Suite: Peraluminous Plutonism Within a Closing Back-Arc Basin, Wopmay Orogen, Canada», Geology, 1989, vol.17, p.261-264.10.KLŒM, W.et LEHMANN, G.«A Reas signment of the Optical Absorption Bands in Biotites», Physics and Chemistry of Minerals, 1979, vol.4, p.65-75.11.RANCOURT, D.G.«Accurate Site Populations from Môssbauer Spectroscopy», Nuclear Instruments and Methods in Physics Research, 1989, vol.B44, 199-210.12.HARGRAVES, P., RANCOURT, D.G.et LALONDE, A.E.«Single-Crystal Môssbauer Study of Phlogopite Mica», Canadian Journal of Physics, 1990, vol.68, p.128-144.13.RANCOURT, D.G., DANG, M.-Z.et LALONDE, A.E.«Môssbauer Spectroscopy of Tetrahedral Fe3+ in Trioctahedral Micas», American Mineralogist, 1992, sous presse.La couleur de la biotite, telle qu'observée au microscope polarisant en lumière polarisée plane, est fortement influencée par la composition du minéral.Les biotites des granites Hepbum ont des teintes rouges ou orangées prononcées (figure 5a) alors que celles des granites Bishop sont plutôt vertes ou vert-brun ( figure 5b).Bien que l'origine de ces couleurs soit mal identifiée, il semblerait que la couleur verte soit attribuable à une absorption préférentielle des composantes bleues dans la lumière blanche par une interaction entre les électrons de cations Fe2* et Fe3* voisins dans les couches octaédriques.Puisque ces différences de teintes sont observées uniformément dans plus de 300 échantillons de granites de l'orogène Wopmay, il est possible qu'elles soient utilisables pour des fins de caractérisation dans d'autres régions.Les photomicrographies illustrent un champ d'environ 3,3 mm. 30 1 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 1 r i « L e défi à relever n’est pas de faire entrer les jeunes à l’école, mais ET LE DIPLOME?Il DÉCROCHAGE À L'UNIVERSITÉ PAR DANIELLE OUELLET de les intéresser à y rester.» Cette affirmation du magazine Québec Science, il y a 15 ans (vol.14, n° 6, févr.1976), au sujet du décrochage au secondaire, pourrait fort bien s’appliquer aujourd’hui à l’université.Certes, le Québec a réalisé d’énormes progrès quant au degré de scolarisation universitaire, le haussant de plus de 60 p.cent entre le début des années 70 et la fin des années 80.Ses efforts de recrutement ont porté fruit au point que sa situation se compare aujourd’hui très avantageusement avec celle des autres provinces canadiennes.Le relèvement de la note de passage de 50 p.cent à 60 p.cent, sous le ministre Camille Laurin, au cours de l’année 1982-1983, est l’une des causes invoquées pour ce ralentissement.Le gouvernement suivant a augmenté à son tour la pression dans l’intention de donner plus de panache au diplôme d’études secondaires (DES), trop souvent déconsidéré par les employeurs.Les futurs diplômés devront donc avoir complété plus de cours obligatoires, notamment en mathématiques et en sciences physiques.Ces mesures favoriseront une meilleure formation mais, en contrepartie, les échecs et les abandons sans diplômes risquent d’augmenter.Le problème des universités québécoises n’est plus maintenant de trouver des moyens d’augmenter les inscriptions, mais plutôt de convaincre les étudiants et les étudiantes de persévérer jusqu’au diplôme.La réflexion, encore toute récente, des établissements universitaires québécois à ce sujet s’inscrit dans un nouveau courant nord-américain de prospective.Les comparaisons avec le passé sont difficiles en raison du nombre très restreint de données concernant la période antérieure aux années 80.Jacques La Haye, de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche universitaires au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science (MESS), s’est penché sur la question.Il estime les pertes actuelles au niveau du baccalauréat à plus de 30 p.cent, et à environ 50 p.cent aux cycles supérieurs (maîtrise et doctorat).Les raisons de ces abandons commencent à peine à être connues mais, chose certaine, lorsqu’il s’agit de l’accès aux diplômes universitaires, le nombre d’appelés dépasse celui des élus.Dans la perspective inévitable du vieillissement de la population québécoise, avec une baisse prévue de 20 p.cent des jeunes âgés de 15 à 19 ans d’ici l’an 2001, les universités devront tout mettre en oeuvre pour conserver leurs effectifs.DÉCROCHER À TOUS LES NIVEAUX Abandonner l’école sans diplôme n’est pas le seul fait des universitaires.Même s’il est pour l’instant très difficile d’établir des liens de cause à effet entre les différents niveaux d’enseignement, Yves Brais et Marie Giroux, du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ), en retrouvent des traces dès le primaire: «On ne parle pas d’abandon scolaire à ce niveau, explique Yves Brais, mais il pourrait y avoir un lien entre le fait de redoubler au primaire et l’abandon de l’école au secondaire.» Leur étude parue en juillet 1991 et intitulée «Retard chronologique au primaire et abandon scolaire» démontre, en effet, qu’un décrocheur sur deux au secondaire aurait pris du retard au primaire.Jusqu’au milieu des années 80, tous les espoirs étaient permis pour l’an 2000 quant à la possibilité de réduire le taux d’abandon au secondaire à zéro ou presque.La probabilité d’abandon, qui fluctuait autour de 46 p.cent en 1976, avait chuté, dix ans plus tard, à 27 p.cent seulement.Un revirement inattendu, à la fin de la dernière décennie, est venu mettre un bémol sur ce courant d’optimisme, alors que le taux d’abandon avant la diplômation remontait dramatiquement à près de 36 p.cent.En raison de ces nouvelles exigences scolaires au secondaire, Daniel Maisonneuve, de la Direction des études économiques et démographiques du MEQ, affirme: «Il ne faut pas s’attendre à ce que la persévérance scolaire marque des progrès considérables à court terme, par exemple d’ici 1994.Par la suite, ajoute-t-il, si la tendance fondamentale en faveur d’une scolarisation toujours plus poussée se maintient, et que les règles du jeu ne sont pas changées, on peut espérer, à moyen terme, une reprise de la croissance.» Mireille Lévesque et Danielle Pageau, du MESS, ont étudié la persévérance dans les études chez trois cohortes de collégiennes et de collégiens, soit les élèves inscrits pour la première fois à l’automne 1980, 1983 et 1986.La notion de «cohorte», un concept général en démographie pour désigner une population qui a connu un même événement au même moment, fait désormais partie du jargon des spécialistes des questions de persévérance aux études.Plutôt que de prendre un instantané d’une situation, une sorte de photographie, et d’en extrapoler les résultats, l’étude d’une cohorte permet de faire intervenir la notion de temps.Elle pose cependant une difficulté car, idéalement, il faudrait suivre les étudiants pendant toute leur vie pour savoir s’ils sont de véritables décrocheurs.Les «sans diplôme» au collégial, par exemple, au cours d’une période d’observation, peuvent donc être temporairement absents du réseau, avoir abandonné définitivement leurs études ou être encore inscrits.Dans un volumineux rapport intitulé «La persévérance aux études: la conquête de la toison d’or ou l’appel des sirènes», les chercheuses observent notamment que les cégépiens et cégépiennes de la cohorte de 1980 ont obtenu une sanction d’études dans 71 p.cent des cas à la formation générale et dans 62 p.cent des cas au professionnel, avec une performance décroissante pour la cohorte de 1983.Ces données, diffusées au début de l’année 1990, offrent un éclairage nouveau sur la situation de l’enseignement au collégial; il faut espérer que l’étude ne s’empoussiérera pas sur les tablettes.LE PROBLÈME UNIVERSITAIRE S’il est possible de suivre une même cohorte d’élèves du secondaire au cégep grâce à l’utilisation par les deux établissements d’un code permanent attribué à chaque étudiant et étudiante, cette opération devient impraticable lors du passage du collégial à l’université, cette dernière n’employant pas ce 31 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 m/f U Ÿ£RT£, Vi WTTtT code.La Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) a entrepris de résoudre ce problème méthodologique.Son but: permettre des études plus fines touchant le passage entre le collégial et l’université.Le projet de la CREPUQ est toutefois encore trop jeune pour livrer des résultats significatifs.Dans les universités québécoises, la question des pertes d’effectifs est à l’ordre du jour depuis à peine quelques années.La plupart d’entre elles en sont encore à multiplier études et analyses pour brosser un portrait clair de leur situation.Les recherches menées au Québec s’alignent principalement sur les connaissances américaines dans ce domaine, qui remontent au début des années 70.À cette époque, William G.Spady mettait au point le premier modèle théorique pour l’analyse explicative de l’abandon institutionnel, modèle qui influencera toutes les recherches ultérieures.L’une des personnes qui s’en sont inspirées, Vincent Tinto, est professeur de sociologie et de pédagogie à l’Université de Syracuse.Invité par le Syndicat des professeurs et des professeures de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à participer à leur Forum 1990 de l’automne dernier, il a présenté les moyens d’action que peuvent adopter les universités pour retenir le plus grand nombre d’étudiants et d’étudiantes possible.Le professeur Tinto a tout d’abord exposé trois caractéristiques essentielles d’un programme favorisant la persévérance.Il s’agit de l’engagement de l’établissement envers les étudiants plutôt que la défense de ses seuls intérêts institutionnels, la préoccupation constante de former les étudiants plutôt que de tenter de les retenir à tout prix, ainsi que la création d’un milieu social et intellectuel qui intègre l’étudiant dans sa vie de tous les jours et lui procure un soutien répondant à ses efforts: «Le secret d’un bon taux de persévérance, résume-t-il, réside dans l’existence de communautés universitaires qui intègrent activement l’étudiant dans le processus d’apprentissage.» Au Québec, des études générales sur l’accès au diplôme permettent de dégager certaines tendances quant à l’accès au diplôme universitaire.Ainsi, la recherche de Jacques La Haye, du MESS, révèle, par exemple, qu’au baccalauréat, les francophones sont plus persévérants que les anglophones ou les allo-phones et que cette situation se renverse aux cycles supérieurs.De plus, de façon générale, sauf au doctorat, les femmes abandonnent moins que les hommes.Par ailleurs, les motifs d’abandon peuvent être d’ordre économique (coût des études, travail occasionnel), familial (personne à charge, disponibilité) ou scolaire (sentiment d’appartenance, objectifs clairs des programmes).Au-delà de ces constats généraux, par ailleurs essentiels, Vincent Tinto insiste sur l’importance d’une évaluation individuelle par chaque établissement dans le but de déterminer avec exactitude les mesures à adopter pour endiguer le flot des abandons.«Les départs de différentes universités peuvent s’expliquer par un certain nombre de raisons communes, précise-t-il, mais les raisons personnelles et celles qui sont précisément reliées à un milieu universitaire particulier différeront nécessairement.L’évaluation est un premier pas nécessaire.» Michèle Albagly, de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), partage ce point de vue: «Il y a 89 universités au Canada, donc 89 problèmes.» Même son de cloche au Conseil des universités du Québec, où l’on prépare actuellement un avis pour l’automne qui mettra en lumière certains phénomènes concernant la formation au premier cycle: «Nous effectuons des études, explique le secrétaire du Conseil, André Fortier, mais les politiques relèvent de chaque établissement.» DES ÉTUDES ET DES ANALYSES Au Québec, toutes les universités n’en sont pas au même point quant à l’identification des problèmes et à la mise en place de mécanismes pour convaincre les étudiantes et les étudiants de poursuivre jusqu’au diplôme.L’Université Laval, par exemple, vient à peine de former un comité chargé de se pencher sur les questions de recrutement et de persévérance.Le vice-recteur aux études, Jean-Claude Méthot, compte d’ailleurs inciter les responsables de chaque programme à trouver les solutions qui leur conviennent.A l’Université McGill, la discrétion sur ce sujet est de mise.Judith Baron-Mee, du Bureau de la planification, affirme que les taux d’abandon n’y sont pas très élevés et préfère ne pas les révéler.«En tant qu’institution, précise-t-elle, nous ne croyons pas avoir de problèmes à ce sujet.» Elle invoque un bon encadrement des étudiants et étudiantes de McGill comme l’une des clés de ce succès.L’Université du Québec (UQ) a pour l’instant une longueur d’avance sur les autres établissements quant à l’identification des problèmes.Pierre Chénard, du Service de la recherche institutionnelle de l’Université du Québec, s’intéresse aux «interruptions précoces d’études», tant du point de vue théorique que pratique, depuis le milieu des années 80.Il avait notamment constaté, en 1986, que les taux d’abandon au premier cycle s’élevaient globalement à 60 p.cent au certificat contre 50 p.cent au baccalauréat.Ces chiffres avaient tout d’abord vivement inquiété les gestionnaires de l’université.Toutefois, ils apprirent que ces taux étaient tout à fait semblables à ceux des collèges universitaires américains, ce qui ne les a pas empêchés de pousser les recherches plus loin afin de connaître les motifs de ces départs et d’identifier des moyens pour les endiguer.L’enquête de Pierre Chénard auprès d’un vaste échantillon de 5 000 étudiants et étudiantes de premier cycle de l’Université du Québec a notamment permis d’identifier deux grandes catégories de personnes qui quittent l’université.Les premières exposent clairement les raisons de leur départ tandis que les autres sont plus incertaines quant à leurs motivations.Chacun des cas exige, à son avis, une intervention particulière: «Dans le premier cas, l’établissement doit s’informer davantage des motifs d’insatisfaction pour réajuster au besoin ses responsabilités ou ses engagements, ou se donner des moyens efficaces pour faire comprendre le bien-fondé de ses positions.Dans le second, l’établissement doit fournir une meilleure information quant aux services et au soutien qu’il peut offrir.» En mai 1989, Pierre Chénard proposait par ailleurs des moyens concrets pour une meilleure rétention universitaire.Il suggère notamment d’élargir le concept de syllabus de cours — qui précise les objectifs et le contenu des cours, les exigences vis-à-vis l’étudiant et le mode d’évaluation — à celui d’un véritable contrat pédagogique.Celui-ci devrait fournir des critères objectifs aux parties, l’élève et l’établissement, et limiter au maximum les possibilités d’interprétation subjective des attentes de chacun.L’assignation d’un tuteur à chaque nouvel inscrit pour sa première année d’études, la révision et la mise à jour des outils de promotion et d’information sur les cours et sur les programmes d’études, et l’utilisation des envois postaux pour assurer un contact constant individu-établissement, comptent au nombre de ses autres suggestions: «La réponse de l’Université du Québec est encourageante, précise Pierre Chénard.Elle a déjà organisé un colloque l’automne dernier pour diffuser ces résultats à l’intérieur du réseau.Nous sommes présentement en train de mettre sur pied un projet qui permettra d’expérimenter ces recommandations dans quelques universités.» À l’intérieur du réseau de l’Université du Québec, d’autres universités ont entrepris des recherches plus individuelles.Ainsi, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a réagi aux statistiques qui indiquaient qu’entre l’automne 1969 et l’hiver 1985, 34 p.cent des étudiants et étudiantes à plein temps et 63 p.cent des étudiants et étudiantes à temps partiel avaient abandonné leurs études avant d’obtenir un diplôme.Elle a mené une vaste campagne de sensibilisation et de cueillette d’informations auprès de toutes ses unités universitaires sur le phénomène de l’abandon des études et sur les conditions favorisant la persistance.Les résultats révélés à l’automne 1990 ont montré que la persévérance dans les études n’était pas seulement reliée aux conditions socioéconomiques et intellectuelles des étudiants et étudiantes, mais qu’elle découlait aussi de la qualité des programmes et de la formation, de l’encadrement pédagogique et du climat d’apprentissage.Ces constatations rejoignent celles du professeur Tinto. 33 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 Les recommandations qui font suite à l’enquête sont claires: l’UQAM doit se doter d’un mécanisme formel de promotion de la persévérance, de mise en oeuvre de mesures appropriées et de suivi institutionnel.Les chercheurs sont catégoriques: «L’Université doit manifester beaucoup plus clairement sa volonté d’apporter une solution réaliste et durable au problème de l’abandon des études.» Michel Robillard, vice-recteur associé à l’enseignement et à la recherche à l’UQAM, est responsable de ce projet.«Plusieurs actions concrètes ont déjà été entreprises sur une base expérimentale, notamment en ce qui concerne l’amélioration du milieu de vie de l’étudiant, dit-il.L’an passé, par exemple, nous avons formé un groupe de 45 étudiants et étudiantes de première année en administration qui ont suivi tous leurs cours ensemble.Le résultat: à peine deux ou trois abandons à la fin de l’année.Un véritable succès!» L’Université de Montréal en est à peu près au même point que l’UQAM dans le dossier des abandons.Depuis 1987, elle a entrepris une étude systématique du cheminement des étudiantes et étudiants inscrits à ses programmes, notamment sur le taux d’obtention du diplôme.Nadia Assimopoulos, du vice-rectorat à l’enseignement et à la recherche, a suivi les cohortes de l’automne 1987, de l’automne 1988 et de l’hiver 1988.Son dernier relevé indiquait qu’entre l’automne 1987 et l’hiver 1990, soit deux ans et demi après leur inscription à l’Université de Montréal, près de 40 p.cent des étudiants et étudiantes avaient abandonné leurs études ou changé d’université.La réaction du vice-recteur René Simard n’a pas tardé: il a créé un comité sur la persévérance chargé d’étudier les causes de ces abandons puis d’élaborer des activités et des programmes encourageant la persévérance dans les études.LA FORMATION DES CHERCHEURS ET CHERCHEUSES Si les types d’abandon au premier cycle commencent à être mieux connus, il reste encore beaucoup de travail à faire concernant les 2e et 3e cycles.L’ampleur du phénomène de l’abandon des études à la maîtrise et au doctorat reste encore à déterminer.Et cette question est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit de la formation des futurs chercheurs et chercheuses québécois.Selon Denise Pelletier, de l’UQAM, un document récent de la Société royale du Canada identifiait l’encadrement des étudiants aux cycles supérieurs comme un problème sur lequel l’Association canadienne des doyens des études avancées (ACDEA) devrait se pencher; mais un tel travail n’a pas encore été entrepris.L’Université de Montréal semble être la plus avancée des universités québécoises francophones quant à l’étude des abandons dans ses programmes de maîtrise et de doctorat.En 1989, la Faculté des études supérieures a entrepris une étude exploratoire à ce sujet.Gisèle Ouimet, du Département de sociologie, a repris les recherches sur la cohorte de l’automne 1987, en incluant, cette fois, tous les étudiants et étudiantes des cycles supérieurs.Après huit trimestres, soit presque trois ans après leur première inscription, un quart des étudiants à la maîtrise ont obtenu leur diplôme, un peu plus de 40 p.cent persévèrent dans le même programme et près de 18 p.cent ont abandonné leurs études.Par ailleurs, toujours à la maîtrise, le secteur des lettres et sciences humaines, à l’exclusion des sciences sociales, compte la plus grande proportion d’abandons (22 p.cent), tandis que la plus faible se retrouve dans le secteur médical et paramédical (11p.cent) — les sciences pures et appliquées (15 p.cent) et les sciences sociales (17 p.cent) se situant entre les deux.Aucune explication de ces résultats n’a été vérifiée scientifiquement, mais Gisèle Ouimet pose des hypothèses: «L’âge des étudiants en médecine peut être un facteur de persévérance.Ils sont plus jeunes et ont donc moins tendance à décrocher.Par ailleurs, l’encadrement pourrait aussi jouer un rôle non négligeable.Les étudiants en sciences de la santé ou en sciences pures et appliquées sont habituellement intégrés à l’équipe de recherche de leur directeur de thèse tandis que les autres sont plus souvent laissés à eux-mêmes.» Le rapport risque cependant de changer, les professeurs en lettres, en sciences humaines ou en sciences sociales intégrant de plus en plus d’étudiants aux cycles supérieurs à leurs recherches.Au doctorat, pour la même période, 2 p.cent ont obtenu leur diplôme, près de 65 p.cent persévèrent et les abandons, équivalents à ceux de la maîtrise, se chiffrent aux alentours de 18 p.cent. UNIVERSITE LAVAL Département de Physique Faculté des sciences et de génie Le Département de physique de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval doit pourvoir deux (2) postes de professeur régulier à temps complet dans le domaine de l’optique, dont un (1) poste en micro-optoélectronique (lasers à semiconducteurs) et un (1 ) poste en traitement optique de l’information, optique dans les ordinateurs, reconnaissance optique des formes et traitement numérique des images.Description du poste : — S’intégrer dans une équipe de recherche spécifique et contribuer à sa programmation scientifique.— Développer un programme de recherche dans le domaine de spécialisation demandé.— Encadré des étudiants et des étudiantes des 2e et 3e cycles.— Participer à l’enseignement.Critères de sélection : —- Avoir obtenu un doctorat avec spécialisation en optique, de préférence dans le champ de recherche respectifs des postes offerts.— Avoir une expérience de recherche postérieure au doctorat, soit à titre de stagiaire post-doctoral, soit à titre d’attaché de recherche, dans le champ de recherche respectif des postes offerts.— Avoir publié récemment des articles scientifiques dans le champ de recherche respectif des postes offerts.— Soumettre un programme de recherche de qualité.— Être en mesure de participer à l’enseignement.— Avoir une connaissance fonctionnelle de la langue française.Entrée en fonction : Le 1er janvier 1992 L’Université Laval applique un programme d’accès à l’égalité qui consacre la moitié des postes à l’engagement de femmes.Les personnes intéressées doivent faire parvenir une lettre de candidature accompagnée d’un curriculum vitae, d’un exposé de l’expérience de recherche pertinente et des intérêts de recherche ainsi que les noms et coordonnées de trois personnes dont on sollicite la recommandation, avant le 15 octobre 1991, a/s M.Pierre Amiot, directeur Département de physique, Université Laval Québec, G1K 7P4, CANADA [FAX (418) 656-2040], La recherche de Gisèle Ouimet, déposée en janvier 1991, a permis de chiffrer les abandons à la maîtrise et au doctorat à l’Université de Montréal.Il reste encore à en identifier les causes.Madame Ouimet et Arnaud Sales, le vice-doyen de la Faculté des études supérieures, se proposent d’établir, dans une perspective comparative avec d’autres universités, un questionnaire qui sera adressé aux diplômés et diplômées.Ils pourront ainsi comprendre l’importance de facteurs comme la situation financière, l’encadrement, les conditions institutionnelles et individuelles dans la décision de poursuivre ou d’abandonner les études supérieures.Une fois que les universités auront obtenu une image juste de la question des abandons et qu’elles auront entrepris de mettre en place des mécanismes pour les réduire, que devront-elles attendre des efforts déployés pour favoriser la persévérance?Quelles sont les limites à la réduction des départs?Vincent Tinto insiste sur le fait que les améliorations des taux de persévérance sont nécessairement fonction de ce qui a déjà été fait: «Si rien n’a été entrepris auparavant, affirme-t-il, n’importe quelle mesure sera positive.À l’inverse, dans les établissements qui ont déjà beaucoup accompli et où les taux de persévérance sont élevés, il risque de n’y avoir, à la suite de nouveaux efforts, qu’une faible amélioration.» De façon générale, sur une période de cinq ans, l’amélioration des taux de persévérance chez les nouveaux étudiants est de l’ordre de 10 à 20 p.cent: «Cela vaut la peine, précise Tinto, surtout en termes du financement universitaire.» Il lance en terminant: «Le taux de persévérance d’une institution révèle, ni plus ni moins, la qualité du milieu.» Dans cette optique, les universités québécoises sont sur la bonne voie.Elles devront cependant faire preuve de vigilance dans la poursuite de leurs efforts en vue d’aboutir, le plus rapidement possible, à des résultats concrets.¦ Bibliographie ASSIMOPOULOS, N.«Cheminement académique des étudiants, fidélité à l’institution et fidélité au programme, situation à l’hiver 1990», Vice-rectorat à l’enseignement et à la recherche, Université de Montréal, novembre 1990, 12 pages.BEAUCHÊNE, L.«Les abandons scolaires: profils sociaux et démographiques», à paraître au cours de l’automne 1991.CHÉNARD, P.«L’interruption des études à l’Université du Québec.Volet I: La problématique», Service de la recherche institutionnelle.Université du Québec, décembre 1988, 36 pages.CHÉNARD, P.«L’interruption des études à l’Université du Québec.Volet II: Les motifs de départ», Service de la recherche institutionnelle.Université du Québec, avril 1989, 61 pages.CHÉNARD, P.«L'interruption des études à l’Université du Québec.Volet III: Pour une meilleure rétention», Service de la recherche institutionnelle, Université du Québec, avril 1989, 61 pages.LA HAYE, J.«Diplômes et accès aux diplômes dans les universités québécoises 1976-1988», Direction générale de l’enseignement et de la recherche (MESS), octobre 1990.LÉVESQUE, M.et PAGEAU, D.«La persévérance aux études: la conquête de la toison d’or ou l’appel des sirènes», dans la collection «Les cheminements scolaires au collégial», premier trimestre 1990.OUIMET, G.(sous la direction d’Arnaud Sales).«Les étudiants et les étudiantes des cycles supérieurs et les abandons», Université de Montréal, janvier 1991, 31 pages.«La persévérance dans les études à l’UQAM.Bilan et diagnostic de la situation, orientations et attentes institutionnelles», document adopté par le conseil d’administration le 8 décembre 1990, 51 pages. TR RTS ____________________35 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 LA CHRYSO-ZÉOUTE À LA RESCOUSSE DE L'AMIANTE Raymond Le Van Mao, professeur au Département de chimie de l’Université Concordia, a mis au point un matériau inorganique issu de l’amiante chrysotile: la chryso-zéolite.Synthétisé à partir du composé silice-magnésium de la fibre d’amiante, ce matériau peut servir de catalyseur chimique et de rétenteur moléculaire.Les travaux de Raymond Le Van Mao s’inscrivent dans un esprit de revalorisation de l’amiante chrysotile, ce minerai miracle qui abonde au Québec, mais qui sera complètement banni aux États-Unis en 1997.Après avoir bénéficié de subventions de recherches de l’Institut de l’amiante et du gouvernement du Québec, et ayant obtenu un brevet pour son procédé, le chercheur passe maintenant à l’étape de l’usine-pilote, avec le concours de deux autres investisseurs.C’est une compagnie privée, Gamonvan inc., qui gérera l’usine, avec la participation du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) ainsi que de chercheurs de l’Université Laval et de l’Université Concordia.La chryso-zéolite, tout comme sa cousine la zéolite, a l’étonnante propriété de capter les molécules d’une autre substance, en autant que les pores de cette dernière soient de dimensions équivalentes aux siennes.Avec le charbon activé et les enzymes, les zéolites sont les seuls organismes à posséder un tel pouvoir de captation.Les Japonais et les Européens incorporent déjà la zéolite dans les détersifs en remplacement des phosphates, ces adoucisseurs d’eau qui favorisent la prolifération anormale des algues dans les cours d’eau.La chryso-zéolite présente un atout certain pour l’agriculture en zone désertique.Ajoutée à la terre, elle peut retenir l’eau et les oligo-éléments nécessaires à la croissance des plantes.Transformée en céramique microporeuse, elle devient aussi un adsorbant efficace pour récupérer les molécules d’hydrocarbures lors d’un déversement accidentel dans l’océan.A cause de son origine minérale, la chryso-zéolite est résistante à des températures pouvant atteindre 700 °C: un net avantage lors de l’incinération de certaines substances.Les recherches de Raymond Le Van Mao démontrent que la chryso-zéolite obtenue à partir de la fibre courte d’amiante contenue dans les résidus miniers, se compare avantageusement avec celle tirée de la fibre longue, légèrement supérieure en qualité mais beaucoup plus coûteuse à extraire.Les promoteurs, chez Gamonvan inc., estiment donc que ce transfert de technologie pourrait aider les régions minières à se débarrasser des montagnes de résidus d’amiante, qui contiennent encore 60 p.cent de silice.Le Québec dispose de quantités importantes de cette matière première et avec une demande mondiale pour la zéolite commerciale estimée à 1 milliard de dollars américains, le recyclage des résidus d’amiante en chryso-zéolite n’est certes pas à dédaigner.UN LOGICIEL POUR LOGICIELS L’humain a ses limites et pour évaluer la qualité de logiciels industriels très complexes comme ceux utilisés pour les systèmes de gestion des interurbains, dans les vaisseaux spatiaux ou dans les usines nucléaires, c’est un logiciel qu’il faut.Un logiciel comme celui que Pierre Robillard, du Laboratoire de génie logiciel de l’École polytechnique, vient de développer.Avec le concours de Bell Canada, très intéressée par la vérification de ses propres programmes informatiques, Pierre Robillard a mis au point le logiciel Datrix, après cinq ans de recherche.«Un logiciel est bâti par un humain, et il est rare que tout soit sans faille, expli-que-t-il.Datrix permet de déchiffrer le point de vue personnel de l’auteur du 16e congrès de l'Association des biologistes du Québec 15,16 et 17 NOVEMBRE 1991 HÔm "LICHAND" 777, rue UNIVERSITY MONTRÉAL INFORMATIONS: (514) 279-7115 36 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 :: .¦ ¦ LA FONDATION DU PRÊT D’HONNEUR de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal En 1991, elle attribue six bourses postdoctorales de 15 000 $ chacune.Les boursiers: BÉDARD, L.PAUL Université de Western Australia, Australie -Département de géologie économique Sujet: «Vérifier la relation entre les granites de grandes profondeurs et minéralisation en or» BERTRAND, SUZANNE Université de Georgia, Etats-Unis -Département de biochimie Sujet: «Amélioration de la productivité serricole» FONTAINE, LOUISE Université de Montréal -Département de sociologie Sujet: «Politiques publiques et organisations gouvernementales dans le secteur de l’immigration au Québec» GAUTHIER, SYLVIE Université du Québec à Montréal -Département de sciences biologiques Sujet: «Développer des techniques de culture in-vitro chez les conifères» LEVASSEUR, DENIS Université de Montréal -Département de psychologie Sujet: «Intégration des néo-Québécois» Université du Québec à Montréal Bourse dédiée remise cette année à: ARSENAULT, GUY Université du Québec à Montréal - Département de chimie Sujet: «Etude de l’induction de fluorescence chez les organismes photosynthétiques» La Fondation du Prêt d’Honneur 82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H2X 1X3 .Tél: (514) 843-8851 logiciel et, en particulier, le flux de contrôle, la partie logique la plus complexe d’un logiciel.» Le flux de contrôle, c’est ce qui définit les actions, les chemins que prendra un logiciel pour exécuter une fonction.Lorsqu’il y a un blocage dans le système — ce que les informaticiens surnomment un bug —, c’est souvent du flux de contrôle qu’il provient.De conception robuste et très performant, Datrix mesurera jusqu’à 40 paramètres sur un logiciel, dont le nombre de chemins possibles, ce qu’aucun autre logiciel ne faisait jusqu’à présent.Les répétitions exagérées de certaines commandes, les formes non usuelles des pas de programmation qui nuisent à la performance d’un logiciel, Datrix les pointera du doigt en un rien de temps.Mais comment s’assurer que Datrix n’est pas, lui aussi, truffé d’erreurs humaines?«Nous l’avons soumis à une auto-vérification, pour en corriger les défauts de structure avant de le mettre en usage», explique M.Robillard.L’outil informatique Datrix est surtout destiné à ceux et celles qui conçoivent des logiciels en langage C, très utilisé en sciences appliquées, en télécommunications et dans l’industrie nucléaire.Multilingue, Datrix analyse aussi bien des programmes en langage C, en Fortran, en Pascal et autres langages.De plus, il fonctionne autant dans les environnements Unix que DOS.Afin d’assurer la diffusion de Datrix auprès d’un public cible, principalement auprès des concepteurs de ses propres logiciels, Bell Canada a donné le contrat de transfert de technologie vers les États-Unis à la firme Schémacode, un regroupement d’ingénieurs et de chercheurs de Polytechnique.Dans ses bureaux à Dollard-des-Ormeaux et en banlieue de Boston, au Massachussets, Schémacode International effectue le transfert de technologie de Datrix aux concepteurs de logiciels, pour les aider à mettre au point des programmes fiables et adaptables aux changements qui surviennent rapidement, entre autres, dans le secteur des télécommunications.Fort satisfaite des travaux de Pierre Robillard et de son équipe, Bell Canada a récemment octroyé un contrat de recherche de 1,2 million de dollars — le plus gros contrat de R-D jamais accordé par cette entreprise — au Laboratoire de recherche en génie du logiciel.Au cours des trois prochaines années, les chercheurs et chercheuses ont la mission de parfaire le logiciel Datrix, dont le concept devrait «tenir le coup» une bonne dizaine d’années, selon Pierre Robillard.Ce laboratoire travaille également à la conception d’outils-logiciels ainsi qu’à la mise au point de méthodes de design et de techniques de tests. PAR SOPHIE MALAVOY SCIE NTER INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 Wüil SIMM mm À VOS NOUVEAUX POSTES, PRÊTS, PARTEZ.Madame Monique Lefebvre vient de quitter le poste de vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour occuper, depuis le début de septembre, celui de présidente-directrice générale du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).De son côté, Madame Claire McNicoll, qui occupait depuis 1989 le poste de directrice générale de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), vient d’être nommée vice-rectrice aux affaires publiques de l’Université de Montréal.C’est Monsieur Jacques Bordeleau, auparavant directeur adjoint à la CREPUQ, qui remplace Madame McNicoll à la direction générale.Par ailleurs, Monsieur Michel Côté vient d’accéder au poste de directeur de l’INRS-Santé, après avoir dirigé le Département de pharmacologie de l’Université de Montréal depuis 1982.Toujours à 1TNRS (Institut national de la recherche scientifique), mais au siège social cette fois, Monsieur Pierre Lapointe vient d’être nommé directeur scientifique.Monsieur Lapointe était auparavant directeur général de la Direction de l’information et des services de la Commission géologique du Canada.Et qui remplacera Monsieur Lapointe?C’est une histoire à suivre.DES FEMMES DE TÊTE, EN TÊTE De 1981 à 1986, la population active du Québec comptait 4 500 personnes de plus occupant des postes de direction, de gérance ou d’administration.Mais ce qui est le plus encourageant, c’est que 31 000 de ces 48 500 nouveaux postes sont allés à des femmes.Ces données -U-rv PRIX INTERFACE DE L'ANNÉE 1990 Un lac profond, des poissons étranges.le mystère et la qualité du texte qui les présentait a séduit le jury.C’est donc Michel Bouchard, professeur de géologie à l’Université de Montréal, qui a mérité le prix Interface 1990 pour son article: «Le cratère du Nouveau-Québec, son origine et son intérêt» (Inteiface, vol.11, n° 3).Pour la deuxième année consécutive, le choix du lauréat a été fait par un jury; celui-ci était composé cette année de: Jacqueline Blouin, rédactrice en chef du journal Forum, Diane Dontigny, adjointe à la rédaction du magazine Contact; Isabelle Montpetit, rédactrice en chef du journal Je me petit débrouille; François Wesemael, astrophysicien à l’Université de Montréal et lauréat du prix en 1989 avec Gilles Fontaine; Maurice Rochette, du Bureau des communications au Fonds de recherches en santé du Québec et Yves St-Amaud, professeur de psychologie à l’Université de Sherbrooke.La remise du prix a eu lieu le 22 mai dernier lors du congrès de l’Acfas à l’Université de Sherbrooke.Gilles Y.Delisle (à gauche), actuellement président de l'Acfas, remet le prix Interface 1990, un vase de marbre chinois, à Michel Bouchard.nous sont révélées par une récente publication du Bureau de la statistique du Québec, La population active au Québec: aspects démographiques.Cette étude nous apprend notamment que, pour l’ensemble de la période 1961-1986, la hausse du nombre de femmes a été considérable dans certains groupes de professions: il a été multiplié par 12 dans le groupe des directeurs, cadres et administrateurs, par 13 dans le groupe des sciences naturelles, du génie et des mathématiques, par 9 dans les sciences sociales.Selon le document, les quatre grands groupes chez les hommes étaient en 1986 la vente, les services, la fabrication et la direction tandis que les femmes se trouvaient surtout dans les secteurs du travail de bureau, des services, de la vente, de la médecine et de la santé. 38 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 Jean-Charles Chébat Guy Perrault ( '• • - v-*i” r^^: » Grâce à l’anaérobie, un site de déchets domestiques où il fallait 50 ans pour en arriver à dégrader les substances toxiques, pourra désormais être remis en état de servir à d’autres fins en cinq ans ou moins.Des microbiologistes de l’institut Armand-Frappier (IAF) ont, en effet, mis au point un réacteur anaérobie capable de dégrader le lixiviat, ce résidu liquide toxique issu du ruissellement des eaux de pluie sur les déchets, qui occasionne une pollution des eaux et du sol.Dans la nature, plusieurs bactéries se développent sans oxygène, dans le sol ou sous l’eau, et participent à la transformation de la matière organique.À partir de ce principe, et tenant compte du fait que le lixiviat est un milieu de culture autosuffisant, les chercheurs de l’IAF Jean-Claude Frigon, étudiant à la maîtrise et Jean-Guy Bisaillon, professeur, ont testé un réacteur biologique fonctionnant sans apport d’oxygène, qui permet de réduire de 90 p.cent la charge de matières organiques du liquide toxique.Installé en bordure du site de déchets, le réacteur anaérobie consiste en une cavité dont le fond est isolé à l’argile et dans laquelle est déposée de la pierre concassée avec les déchets.Cette cavité est ensuite recouverte de terre compactée.La pierre servira de support (biofilm) aux colonies de bactéries qui sont chargées de dévorer la matière organique contenue dans le lixiviat.Le liquide toxique aura été désoxygéné au préalable dans un bassin de rétention.Une fois dégradé par les microorganismes, le lixiviat ressortira du réacteur en étant purifié des substances Site d’enfouissement sanitaire.On aperçoit une tranchée avec des déchets au premier plan. 51 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 toxiques, pour ensuite être envoyé dans la nature.La digestion des microorganismes produit du méthane, un gaz réutilisable, ainsi qu’une faible quantité de boues, dont on dispose dans un site à déchets traditionnel.En plus de permettre une dégradation suffisante de la demande chimique en oxygène pour que le lixiviat rencontre la norme actuelle du ministère de l’Environnement du Québec, le procédé anaérobie coûte moins cher que la méthode aérobie.Dans cette dernière, où on laisse séjourner le lixiviat dans un bassin à l’air libre, il faut introduire des mécanismes agitateurs pour oxygéner le lixiviat.L’importante quantité de boues produites en mode aérobie doit être retirée de la lagune de traitement pour finalement être enfouie à fort prix, car ces boues contiennent encore des produits toxiques, qui sont par ailleurs presque entièrement éliminés en mode anaérobie.Les chercheurs de l’IAF ont d’ailleurs mis au point leur découverte à partir de l’étude des besoins d'un site de déchets existant, celui de Lachute, en collaboration avec la firme de génie-conseil CEDEGER ltée.Le procédé anaérobie testé par l’IAF s’est révélé efficace à haute comme à basse température.L’équipe de microbiologie de l’IAF, reconnue pour ses travaux sur le lisier de porc, travaille également sur la détoxification des produits rejetés par les usines de pâtes et papiers ainsi que sur la dégradation des composés aromatiques tels les HAP (sous-produits pétroliers) et les phénols.ALAIN FORTIER Fossé de captation des eaux de lixiviation provenant du site d’enfouissement sanitaire LE SOFT LASER: UNE EFFICACITÉ DOUTEUSE Selon une recherche effectuée à l’Ecole de médecine dentaire de l’Université Laval, le laser HeNe (soft laser) n’aurait aucun effet sur la santé.Les résultats ont été divulgués au congrès de l’International Association for Dental Research qui avait lieu à Acapulco du 17 au 21 avril derniers.Ces données semblent ainsi contredire la publicité des compagnies vendant ce type de laser, où l’on affirme que son utilisation influence le temps de guérison et le seuil de douleur post-opératoire.Jean-François Masse, dentiste-résident, a mis sur pied le projet, en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’École de médecine dentaire de l’Université Laval composée de René Guy Landry, Céline Rochette, Laurent Dufour et Ronald Morency.«J’étais convaincu que le laser HeNe avait un effet réel sur la guérison, affirme-t-il.J’ai donc décidé de mettre sur pied un protocole de recherche pour confirmer cette hypothèse.» Deux types de laser sont utilisés en médecine: ceux au gaz (CO, et HeNe) et celui au cristal (nd:Yag).Celui au CO, et le nd:Yag sont utilisés pour couper, pulvériser ou fondre.Le HeNe est, en fait, une lumière rouge très précise servant de viseur, par exemple, pour le laser au CO, qui projette un rayon invisible à l’oeil.L’utilisation du soft laser pour des soins médicaux est très réduite.Actuellement, au Québec, à peine une vingtaine de chirurgiens-dentistes en possèdent un.Les autres sortes sont utilisées, le plus souvent, dans le cadre de recherches universitaires.JEAN-CLAUDE FRIGON f mm - 1*^7- *** ;•/ A;.y .'t ' %V;: a S, ' :U.: ' to*' 1 52 632 lâseb SOFT Pour déterminer si le laser HeNe avait réellement un impact dans le processus de guérison, les chercheurs ont procédé de la façon suivante: deux greffons de tissus mous ont été prélevés au palais d’un patient et transplantés sur une autre partie de la bouche de ce même patient.Il s’agit d’un traitement couramment utilisé dans les cas de déchaussement de la racine de la dent.L’expérimentateur appliquait le laser sur l’un des deux greffons à l’insu du patient et un membre de l’équipe (ne connaissant également pas le côté exposé au rayon) vérifiait, à intervalle régulier, l’évolution des deux surfaces greffées ainsi que les deux sites donneurs.Sur un total de 16 patients, suivis pendant une période de six mois environ, quatre facteurs ont été analysés: le degré de douleur, l’oedème, l’inflammation et le temps de guérison.Même si, mathématiquement, une réponse très faiblement positive a été observée pour ce qui est du temps de guérison, elle n’a pas de valeur du point de vue clinique.«Les résultats obtenus indiquent que le laser HeNe n’a aucun effet sur ces quatre facteurs.Ce qui me porte à croire que la publicité sur le soft laser n’est pas fondée et ne sert qu’à la vente», conclut Jean-François Masse.Un nouveau projet de recherche à double insu a été mis sur pied afin de confirmer les résultats déjà obtenus.L’échantillon a été augmenté à 30 sujets et le rayon du laser est projeté sur le site d’implantation avant qu’il ne soit recouvert par le tissu prélevé.L’analyse de ces données sera terminée sous peu.BENOfT-LUC SIMARD POUR DES RÉCOLTES MIEUX CONSERVÉES -¦- Une nouvelle méthode de conservation des fruits et légumes vient d’être mise au point à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval.Ce procédé devrait diminuer les pertes causées par les maladies pathogènes pendant la période d’entreposage des récoltes.La méthode est simple et peu coûteuse.Le légume ou le fruit sont exposés à une lumière U.V./visible pendant cinq à dix minutes selon les variétés.Il s’ensuit une production accrue de phyto-alexine, la substance responsable de l’immunité contre les maladies pathogènes.Les premières expérimentations sur des piments sont concluantes.Après 18 jours d’entreposage à 13 °C, 56 p.cent des spéciments du groupe témoin étaient malades contre 6 p.cent seulement dans le groupe exposé aux rayons lumineux.Julien Mercier, étudiant au doctorat et Joseph Arul, professeur-chercheur au Département des sciences et technologie des aliments, sont les principaux instigateurs de cette recherche.Le professeur Arul explique: «Les procédés d’immunisation avec les fragments cellulaires fongiques ne sont pas très efficaces pour certains légumes tels que la carotte, qui possèdent une paroi cellulaire très dense.Nous avons donc pensé à une nouvelle méthode pouvant être utilisée avec tous les légumes et tous les fruits.» Le Québec est le principal producteur de carottes au Canada et ce dernier, le dixième au monde.L’immunisation des récoltes contribuerait à réduire les pertes que doivent assumer les producteurs agricoles.Des études portant sur les fraises et les carottes sont en cours.Les résultats seront connus dès l’automne 1991.BENOÎT-LUC SIMARD À gauche : les carottes non-traitées ; à droite :les carottes traitées par une radiation non ionisante et entreposées à 1°C pendant 25 jours.Toutes les carottes ont été infectées par Botrytis cinerea, mais les carottes traitées ont résistées 48 jours à l'infection. LA FEDERATION NATIONALE DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS DU QUEBEC 21e Congrès juin 1991 Lféducation plus que jamais! Parce que c'est un droit fondamental, un atout essentiel à la santé économique, politique et culturel du Québec.L'éducation plus que jamais! Pour qu'elle devienne une priorité collective et pour que la profession enseignante s'exerce dans des conditions valorisantes.L'éducation plus que jamais! Une prérogative du Québec et du Québec seulement! Lréducation plus que jamais! Lfeducation plus que jamais! Pour les 19 000 enseignantes et enseignants des CEGEPS, des universités, et du privé affiliés à la FNEEQ-CSN FNEEQ Une éducation aux objectifs larges et généreux, accessible et démocratique dotée de budget conséquents. 54 S INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 BOUR! h PAR JOCELYNE THIBAULT PRIX NOTE • Pour de plus amples renseignements, s’adresser aux organismes eux-mêmes ou aux universités.Vérifier l'exactitude des dates limites, car elles peuvent être modifiées en cous d’année.ASSOCIATION CANADIENNE DE SCIENCE POLITIQUE • Bourses Essex Pour permettre à trois chercheurs du Canada, membres de l’Association canadienne de science politique ou de la Société québécoise de science politique, de participer au séminaire d’été de l’Université d’Essex à Colchester, Angleterre.Date limite: 31 décembre 1991 Renseignements: Association canadienne de science politique 12, avenue Henderson Ottawa (Ontario) KIN 6N5 (613) 564-4026 ASSOCIATION DES UNIVERSITÉS ET COLLEGES DU CANADA (AUCC) • Bourses du Commonwealth Pour poursuivre un programme d’études au niveau des grades supérieurs ou faire de la recherche dans d’autres pays du Commonwealth tels l’Australie (tous les domaines), le Ghana (tous les domaines), Hong-Kong (tous les domaines), l’Inde (tous les domaines), la Jamaïque (programmes offerts à l’University of West Indies), la Nouvelle-Zélande (tous les domaines), le Nigéria (tous les domaines), le Royaume-Uni (tous les domaines), la Sierra Leone (arts, économie, sociologie, sciences politiques, éducation, génie agricole et agriculture), le Sri Lanka (tous les domaines) et la Trinité-et-Tobago (agriculture, économie et génie).Dates limites: 31 décembre 1991 pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande; 31 octobre 1991 pour tous les autres pays Renseignements: AUCC Division des bourses d’études 151, rue Slater Ottawa (Ontario) K1P 5N1 (613) 563-1236 CENTRE INTERNATIONAL DE RECHERCHE SUR LE CANCER (CIRC) • Bourses pour la formation de chercheurs dans le domaine du cancer Le CIRC désire stimuler les recherches relatives aux cancérogènes de l’environnement, notamment en matière de biostatistique et d’épidémiologie du cancer, ainsi que sur tous les aspects et les mécanismes de la cancérogenèse chimique et virale.Seuls les candidats oeuvrant dans ces disciplines peuvent être acceptés.Date limite: 31 décembre 1991 Renseignements: Président du Comité de sélection des boursiers Centre international de recherche sur le cancer 150, cours Albert-Thomas 69372 Lyon, cédex 08, France CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU CANADA (CRSH) • Bourse Jules et Gabrielle Léger Pour la recherche et la rédaction portant sur la contribution historique et contemporaine de la Couronne ainsi que de ses représentants fédéraux et provinciaux, à la vie politique, constitutionnelle, culturelle, intellectuelle et sociale du pays.Date limite: L'octobre 1991 • Bourse canadienne Bora Laskin pour la recherche sur les droits de la personne Date limite: L'octobre 1991 • Bourses de doctorat Dates limites: 15 novembre 1991 (pour les candidats non inscrits à plein temps dans une université canadienne) et 20 novembre 1991 (pour les candidats inscrits à plein temps dans une université canadienne) • Bourses de maîtrise CRSNG/CRSH pour des études en politique scientifique Date limite: 1er décembre 1991 • Bourses postdoctorales Date limite: L'octobre 1991 Renseignements: Division des bourses CRSH 255, rue Albert C.P.1610 Ottawa (Ontario) K1P6G4 (613) 992-0525 CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GENIE (CRSNG) • Bourses en sciences et en génie 1967 Date limite: 9 décembre 1991 • Bourses d’études supérieures Date limite: L'décembre 1991 • Bourses en bibliothéconomie et documentation scientifiques Date limite: 1" décembre 1991 • Bourses postdoctorales Date limite: 15 novembre 1991 • Programme de professeures-boursières Date limite: 15 octobre 1991 • Programme de chercheurs-boursiers en milieu industriel Date limite: aucune • Bourses de recherche dans les laboratoires du gouvernement canadien Date limite: 15 novembre 1991 • Bourses en sciences de l’Otan Date limite: 15 novembre 1991 Renseignements: CRSNG 200, rue Kent Ottawa (Ontario) Kl A 1H5 (613) 995-6295 CONSEIL INTERNATIONAL D'ETUDES CANADIENNES • Programme de bourses des gouvernements étrangers Aider les étudiants à poursuivre leur formation ou leurs recherches à l’étranger aux niveaux de la maîtrise, du doctorat ou des études postdoctorales dans les pays suivants: Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Colombie, Danemark, Espagne, Fin- lande, France, Hongrie, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Suisse et Yougoslavie.Date limite: 15 octobre 1991 Renseignements: Conseil international d’études canadiennes 2, avenue Daly Ottawa (Ontario) KIN 6E2 (613)232-0417 CONSEIL QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SOCIALE (CQRS) • Bourses d'excellence Les thèmes proposés sont les suivants: la famille, les manifestations de la violence, les déterminants sociaux de la santé autres que les services de santé (socio-culturels), la conception et l’évaluation des programmes d’éducation à la santé reliés à l’épidémie de sida, l’étiologie et l’épidémiologie sociales de la toxicomanie, et la réduction des inégalités sociales en matière de santé et de bien-être.Date limite: 11 octobre 1991 Renseignements: Secrétariat du Conseil québécois de la recherche sociale 1088, rue Raymond-Casgrain, 1" étage Québec (Québec) G1S2E4 (418) 643-7582 FONDATION CANADIENNE DE LA FAUNE • Bourse commémorative Orville Erickson Pour des études supérieures dans le domaine de la conservation de l’environnement.Date limite: les dossiers sont examinés deux fois par année, soit en juin et en décembre.Renseignements: Fondation canadienne de la faune 2740, promenade Queensview Ottawa (Ontario) K2B 1A2 (613) 721-2286 FONDATION CANADIENNE DES MALADIES DU FOIE • Programme de bourses d’études Date limite: 1" novembre 1991 Renseignements: Fondation canadienne des maladies du foie 1320, rue Yonge, bureau 301 Toronto (Ontario) M4T 1X2 (416) 964-1953 FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU CANADA • Bourse de formation en recherche • Bourse de perfectionnement en recherche • Bourse aux chercheurs médicaux stagiaires • Bourse de perfectionnement en nursing Date limite: 15 novembre 1991 Renseignements: Fondation des maladies du coeur du Canada 160, rue George Bureau 200 Ottawa (Ontario) KIN 9M2 (613) 237-4361 FONDS Df LA RECHERCHE EN SANTE DU QUEBEC (FRSQ) • Bourses de formation post troisième cycle (postdoctorale) en recherche en santé Date limite: 11 octobre 1991 • Bourses de formation en recherche pour les détenteurs d’un diplôme professionnel en santé associé à une formation de spécialité Date limite: 11 octobre 1991 • Bourses de chercheurs-boursiers Date limite: 11 octobre 1991 • Bourses de chercheurs-boursiers cliniciens Date limite: 11 octobre 1991 • Bourses de chercheurs-boursiers de mérite exceptionnel Date limite: 11 octobre 1991 • Bourses franco-québécoises en recherche en santé Date limite: 1" novembre 1991 Renseignements: FRSQ 550, rue Sherbrooke Ouest Bureau 1950 Montréal (Québec) H3A 1B9 (514) 873-2114 FONDS POUR LA FORMATION DE CHERCHEURS ET L'AIDE A LA RECHERCHE (FCAR) • Bourses de maîtrise • Bourses de doctorat • Bourses postdoctoraies • Bourses de perfectionnement dans les arts • Bourses de réintégration à la recherche • Bourses du ministère des Transports • Bourses du ministère de l’Énergie et des Ressources • Bourses d’études dans le domaine de l’aérospatiale • Bourses Québec-Ontario • Bourses Québec-Acadie • Bourses Québec-Ouest canadien Date limite: 1" novembre 1991 Renseignements: Fonds FCAR 3700, rue du Campanile, bureau 102 Sainte-Foy (Québec) G1X4G6 (418)643-8560 INSTITUT QUEBECOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE (IQRC) • Prix Edmond-de-Nevers 1991 Le prix vient souligner à la fois la qualité exceptionnelle d’un mémoire de maîtrise sur la culture et son intérêt pour une meilleure connaissance de la société québécoise.Date limite: 15 novembre 1991 55 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 WSm 56 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 OFFRE DES AVANTAGES Être membre de l’Acfas donne droit à certaines réductions: — 15 % de réduction sur les livres de la col- lection : Les Cahiers scientifiques de l'Acfas — 25 % de réduction à l’achat de lunettes chez Dr G.Mazigi, optométriste 420, rue Jean-Talon Est Montréal (514) 277-3409 — 20 % de réduction sur les disques compacts et certains livres à la librairie Champigny (excluant l’utilisation des coupons-rabais) Librairie Champigny 4380, rue Saint-Denis Montréal (514) 844-2587 D'autres avantages sont actuellement négociés : ils seront annoncés ultérieurement.Pour bénéficier de ces avantages, présentez votre carte de membre.Celle-ci est envoyée en même temps que le reçu attestant le paiement de l’abonnement à INTERFACE.Renseignements: IQRC 14, rue Haldimand Québec (Québec) GIR 4N4 (418)643-4695 INSTITUT NATIONAL DE LA NUTRITION • Bourses de recherche postdoctorales Date limite: 1" novembre 1991 Renseignements: Institut national de la nutrition 1565, rue Carling, bureau 400 Ottawa (Ontario) K1Z 8R1 (613) 725-1889 MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA SCIENCE (MESS) • Bourses d’études de 2' et 3' cycles à l’étranger - République fédérale d’Allemagne Date limite: 11 octobre 1991 - Brésil et République populaire de Chine Date limite: 22 novembre 1991 - Colombie et Mexique Date limite: 8 novembre 1991 - Louisiane Date limite: 24 janvier 1992 -Tunisie Date limite: 10 janvier 1992 Renseignements: Biaise Datey Direction de la coopération Direction générale de l’enseignement et de la recherche universitaires Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science 39, rue Saint-Louis, 3e étage Québec (Québec) G1R3Z2 (418) 644-3235 SECRETARIAT D'ETAT ¦ MULTICULTURALISME • Bourses d’études ethniques canadiennes Dates limites: 30 septembre 1991 (bourses d’études et bourses de dissertation) Renseignements: Multiculturalisme Secrétariat d’État Ottawa (Ontario) K1A0M5 (819) 994-5649 SOCIETE ROYALE DU CANADA • Programme OTAN de bourses de recherche Institué en vue de promouvoir l’étude de sujets intéressant les pays de l’Alliance Atlantique aux fins de publication.Date limite: 31 décembre 1991 Renseignements: Société royale du Canada Édifice Trafalgar 207, rue Queen C.P.9734 Ottawa (Ontario) K1G 5J4 (613)992-3468 lliiL FESTIVAL INTERNATIONAL RENSE GNEMENTS FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SCIENTIFIQUE DU QUÉBEC A/S HERVE FISCHER, PRODUCTEUR EXÉCUTIF 1 S, RUE DE LA COMMUNE OUEST MONTRÉAL (QUÉBEC), CANADA H2Y 2C6 TÉLÉPHONE ($14)849-1612 TÉLÉCOPIEUR (S 14) 982-0064 Société pour la promotion de la science et de la technologie Ville de Montreal MUSEE DE LA CIVILISATION ¦ Sciences et Culture B*B Canada Science Culture Canada 0 Enseignement supérieur et Science et Science Quebec DU FILM SCIENTIFIQUE DU QUÉBEC DU 21 AU 27 OCTOBRE 1991 JARDIN BOTANIQUE, MONTREAL (514) 872-1424 MUSÉE DE LA CIVILISATION, QUÉBEC (418) 643-2158 JEUNE PREMIER ET DÉJÀ EN RAPPEL! Les communications L'environnement Une sélection des meilleures productions du cinéma scientifique mondial AU PROGRAMME Compétition internationale de films et vidéos Compétition québécoise de reportages de télévision: prix du public • Section réservée aux films et vidéos sur l'environnement Programmation scolaire, soirées-événements et conférences Présence de personnalités internationales marquantes UN ÉVÉNEMENT UNIQUE AU CANADA, OUVERT AU GRAND PUBLIC, AU MILIEU SCOLAIRE, AUX AMATEURS DE CINÉMA, DE SCIENCE, DE COMMUNICATION ET D'ENVIRONNEMENT.Le festival est produit par la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal. 58 À E PAR MICHÈLE BIAIS SEPTEMBRE 13 septembre L’utilisation d’un nouvel outil d’évaluation en réadaptation: la mesure d’indépendance fonctionnelle (M.I.F.), journée de formation organisée par le Centre de formation en réadaptation du Québec, à l’Institut de réadaptation de Montréal.Renseignements: Pierrette Boivin CFRQ (514) 340-2089 20-21 septembre Le partenariat à la rescousse du développement local: discours ou réalité?, colloque organisé par le Groupe de recherche et d’interventions régionales, à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).Renseignements: Christiane Gagnon (418) 545-5011, poste 3702 Juan-Luis Klein (418) 545-5379 23 septembre La 6' réunion annuelle de BIOQUAL, qui a pour thème cette année Biotechnologie et traitement des eaux résiduaires industrielles, aura lieu à l’Université de Montréal et sera parrainée par Environnement Canada, le Centre Saint-Laurent, Industrie, Sciences et Technologie Canada et le Conseil national de recherches du Canada.Renseignements: Susan Clarke 241, boul.Cité des Jeunes Hull (Québec) K1A0H3 TéL: (819) 953-5227 Téléc.: (819) 953-9029 23-26 septembre Biotechnologies et environnement: pour un développement durable, symposium organisé conjointement par le Département de médecine du travail et d’hygiène du milieu de la Faculté de médecine et la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, à l’Université de Montréal, pavillon principal, salle K-500.Renseignements: Diane Fabi Faculté de l’éducation permanente, Formation continue (514) 343-5873 24-26 septembre Le Salon canadien de l’informatique/bureautique présentera plus de 200 exposants dont le Pavillon du logiciel, au Palais des congrès de Montréal.Renseignements: Steeve Prahalis (514) 270-5481 25-26 septembre L’interface-utilisateur : l’accès à la productivité, séminaire du Comité d’action pour le français dans l’informatique (CAFI), au Salon canadien de l’informatique/bureautique, au Palais des congrès de Montréal.Renseignements: Annie Côté Centre de linguistique de l’entreprise TéL: (514) 844-2691 Téléc.: (514) 982-0025 26-27 septembre Les commandites: outil de communication et source de financement par excellence, conférence annuelle de l’Institut international de recherche avec la collaboration de l’Association marketing de Montréal (section de T American Maketing Association), à l’hôtel Reine Élisabeth de Montréal.Renseignements: (416) 928-1078 ou sans frais au 1-800-263-2793 26-28 septembre Journées de médecine du sport de l’Université Laval.à l’hôtel Val-des-neiges du mont Sainte-Anne, présentées par la Clinique de médecine du sport du PEPS en collaboration avec le Bureau d’éducation médicale continue de la Faculté de médecine de l’Université Laval.Renseignements: Catherine Normand TéL: (418) 656-5958 Téléc.: (418) 656-3442 27 septembre Réunion constitutionnelle et session «Economies and Women: Rethinking Theory and Practice», organisée par le Women Economists Network (WEN), à l’hôtel Delta d’Ottawa, dans le cadre du programme de l’Association canadienne d’économique.Renseignements: Lorraine Eden Université Carleton (613) 788-6661 27-29 septembre La sensibilisation du public aux sciences sociales, conférence de la Fédération canadienne des sciences sociales, à l’hôtel Delta d’Ottawa.Renseignements: Suzanne Dagenais (613)238-6112 OCTOBRE 8-10 octobre Conférence sur l’environnement 1991 de l’industrie des pâtes et papiers, organisée par l’Association canadienne des producteurs de pâtes et papiers, à l’hôtel Hilton de Québec.Renseignements: David Paterson Section technique ACPPP (514) 866-6621 8-9-15-16-17 octobre Conférences Hydro-Québec-UQAM sur le thème «Environnement et société», cinq conférences qui auront lieu à 17 h 30 au studio-théâtre Alfred-Laliberté (J-M400) de l’Université du Québec à Montréal (405, rue Ste-Catherine Est).Renseignements: Francine Denizeau, présidente France Petit, secrétaire (514) 987-8229 14 octobre La Côte d’ivoire, un partenaire commercial en Afrique occidentale, dîner-conférence accueillant Son Excellence Monsieur Julien Kacou, ambassadeur de la République de Côte d’ivoire au Canada à Ottawa, et organisée par Logivoir Inc., au Nouvel Hôtel de Montréal.Renseignements: Logivoir inc.TéL: (514) 766-4470 Téléc.: (514) 766-9820 14 octobre et 1er novembre Cours intensif en soins de réadaptation, journées de formation organisées par le Centre de formation en réadaptation du Québec, à l’Institut de réadaptation de Montréal.Renseignements: Pierrette Boivin CFRQ (514) 340-2089 15-18 octobre 40‘ Congrès annuel en éducation des adultes de l’American Association for Adult and Continuing Education, au Palais des congrès de Montréal.Renseignements: AAACE TéL: (514) 873-8155 Téléc.: (514) 954-9394 21-25 octobre 6' Atelier sur l’hydraulique des glaces de rivières et cours d’eau sur le modèle numérique des glaces de rivières «Rivice», à l’hôtel Lord Elgin d’Ottawa.Renseignements: Raimo Kallio Secrétaire du comité organisateur TéL: (819) 997-2074 Téléc.: (819) 997-8701 21-27 octobre 2' Festival international du film scientifique du Québec, qui a pour thème cette année: «Les communications», simultanément à Montréal et à Québec.Renseignements: Festival international du film scientifique (514) 849-1612 59 24-25 octobre «Comprendre la famille», thème du 1" Symposium québécois de recherche sur la famille, organisé par le Centre de services sociaux du centre du Québec et par l’Université du Québec à Trois-Rivières, à l’Université du Québec à Trois-Rivières.Renseignements: Ruth Laliberté Marchand Centre de services sociaux du centre du Québec (819) 378-5481 Gilles Pronovost Université du Québec à Trois-Rivières (819) 376-5133 24-26 octobre Congrès «Une économie en développement: continuités et ruptures», de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, à l’Hôtel des gouverneurs du centre-ville de Québec.Renseignements: Marc Vallières Université Laval (418) 656-3755 28-31 octobre Conférence internationale sur l’approche orientée -objets dans les systèmes d’information, organisée par l’International Federation for Information Processing (ISIP), l’Université Laval et le ministère des Communications du Québec ainsi que plusieurs autres compagnies et associations professionnelles, à l’hôtel Château Frontenac de Québec.Renseignements: Conférence de l’ISIP Québec 1991 Bernard Moulin Département d’informatique Tél.: (418) 656-7979 ou (418) 656-5580 Téléc.: (418) 656 2324 INTERFACE SEPTEMBRE • OCTOBRE 1991 30 octobre -1" novembre Conférence canadienne sur la gestion des déchets: «C’est le temps d'agir», à l’hôtel Westin Harbour Castle de Toronto, organisée par Environnement Canada et la National Solid Waste Management Association.Renseignements: Susan Clarke Direction du développement technologique Centre de technologie environnementale de River Road (613)991-1573 31 octobre-3 novembre Congrès annuel de l’Association canadienne des études latino-américaines et caraïbes (ACELAC) ainsi que, les 30 et 31 octobre, réunions statutaires et scientifiques du Chapitre québécois de l’ACELAC, à l’Université Laval.Renseignements: Congrès ACELAC/CALACS Université Laval Département de science politique Françoise Cormier (418) 656-3114 NOVEMBRE 4-5 novembre Colloque sur les précipitations acides et sur la pollution par l’ozone, organisé par Environnement Canada et le ministère de l’Environnement du Québec, à l’hôtel Reine Elisabeth de Montréal.Renseignements: Alain Gosselin Environnement Canada (514) 283-4110 Laval Lapointe Ministère de l’Environnement du Québec (418) 643-8191 8-9 novembre Traitement de la personne amputée d'un ou des membres inférieurs: modalité d’intervention en préprothétique et prothétique, journées de formation organisées par le Centre de formation en réadaptation du Québec, à l’Institut de réadaptation de Montréal.Renseignements: Pierrette Boivin CFRQ (514) 340-2089 18 novembre L’avenir de l’évaluation au Québec, colloque organisé en collaboration avec la Société québécoise d’évaluation de programmes (SQEP) et l’École nationale d’administration publique (ENAP), à l’hôtel Château Frontenac de Québec.Renseignements: Jean Turgeon ENAP (418) 657-2485 26 novembre Conférence canadienne sur les perspectives minérales de 1991, parrainée conjointement par Énergie, Mines et Ressources Canada et l’Association minière du Canada, à l’hôtel Westin d’Ottawa.Renseignements: Secrétariat Énergie, Mines et Ressources Canada Tél.: (613) 996-7788 Téléc.: (613) 992-5893 Grandir au Québec.Nous y croyions en 1911.Nous y croyons aujourd’hui.Nous sommes ici depuis 1911.Aujourd'hui, notre équipe compte quelque 2 500 employés.A Montréal.A Bromonl.Ailleurs au Québec.Et nous serons là demain.Ensemble.Au nom du progrès.Ili\1 est mu* man|ii«*
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