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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1967, Collections de BAnQ.

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JANVIER 1 & •4 / vl ' '/- J} ^ «¦ * ** * .à ***£ \ CE NUMERO: INTERESSANTES DONNÉES SUR LE CRÉDIT À LA CONSOMMATION TT'n 1906, les raisons qui incitaient le fon-^ dateur à la prudence ne jouent plus.L'expérience lévisienne s’est avérée un succès total et, dans l'ensemble, la sympathie du haut-clergé lui est acquise.La loi provinciale de 1906 et l’espoir d'une victoire prochaine à Ottawa ont fait disparaître toutes craintes chez les collaborateurs de Desjardins.Pour s'en convaincre, il n’est qu’à consulter les statistiques.Le capital qui, depuis 1900, s'accroît au rythme de trois à quatre milliers de dollars par année, en 1907 la propagande aux premiers temps des Caisses YVES ROBY * monte en flèche ; il passe de 28,876.55 à 48,337.69 dollars.Le même phénomène apparaît dans la progression des épargnes et du nombre des sociétaires.Mais, hors de la petite ville de Lévis, le public connaît assez peu le mouvement.C’est, qu'avant 1906, Desjardins travailla secrètement en vue d'obtenir le concours des députés et des ministres et refusa les quelques invitations qui lui étaient faites de propager son œuvre.Les journaux, peu au fait de la question, demeuraient muets.La publication du Livre Bleu, d’autre part, avait eu le résultat assez inusité de faire connaître le nom et l’œuvre de Desjardins aux Etats-Unis et en Europe beaucoup plus qu’au Canada.Le rapport du comité spécial demeurait, du reste, un ouvrage très spécialisé, de lecture difficile pour les non-initiés.Somme toute, il y avait eu peu de choses de faites pour convaincre la masse.Or, rien de sérieux ne peut subvenir sans une éducation préalable.Une fois que le peuple aura compris l’utilité de ce mouvement et que son éducation aura été faite, la diffusion des Caisses populaires ne saurait tarder.De ce côté, une tâche très lourde attendait le pionnier * Roby, Yves, Alphonse Desjardins et les Caisses populaires, 1854-1920, Chez Fides et au Service de la papeterie de La Fédération : $2.lévisien.Auréolé du prestige que lui valaient les succès déjà obtenus, il s’y applique avec fougue et ténacité.Cependant, retenu à Ottawa par ses fonctions plusieurs mois par année, Desjardins ne peut, à lui seul, mener à bien tout le travail que nécessitent les conférences et la propagande écrite dans les journaux et les revues.Il lui faut s’assurer la collaboration de personnes dévouées et compétentes.Depuis longtemps déjà, le concours précieux des autorités et des professeurs du collège de Lévis lui était acquis.C’est donc de ce côté qu’il tente ses premières démarches.L’abbé Philibert Grondin nous raconte comment, au hasard d’une rencontre sur l’avenue Mont-Marie, le fondateur sollicita sa collaboration.« À l’heure actuelle, ce qu’il me faut, c’est une camgagne de presse pour former l’opinion publique.Je n’ai pas le temps de la faire moi-même; j’ai des longueurs dans mon style.Pourquoi ne seriez-vous pas mon homme ?)) 1 Le futur chanoine accepta avec empressement et, depuis ce jour, il s’avéra un collaborateur très précieux, certainement le plus actif et le plus dévoué à la cause des Caisses populaires.2 Un problème non moins grave retient l’attention de Desjardins : où diffuser la propagande ?Sans aucune hésitation, il s’adresse à son ami Tardivel de La Vérité, qui lui accorde avec empressement l’hospitalité de son journal.Il ne s’agit pas là d’un choix inconsidéré, fait au hasard.Loin de là ! L’amitié qui le lie au directeur de cet hebdomadaire explique pour une bonne part sa décision.Mais il nous faut rechercher ailleurs la raison majeure qui a motivé son choix.Il se trouve, en effet, que La Vérité avait une audience très large auprès du clergé et dans nos maisons d’éducation.3 Certains directeurs de journaux s’en irritent fort d’ailleurs.« De quel droit, demande Y Avenir du Nord, cherche-t-on à donner à notre jeunesse une mentalité façonnée dans le moule de La vérité et de L,a Croix ?» 4 C’était le médium de publicité par excellence pour Desjardins, qui recherchait 1.Philibert Grondin, cité par Cyrille Vaillan-court, A.Desjardins, le développement des Caisses, dans RD, X, 2 (février 1944) : 23-24.2.Le 28 septembre, il est nommé missionnaire diocésain ce qui facilita grandement ses déplacements.Roy, P.-G., Dates Lévisiennes, VI : 169.3.« Méchancetés », dans La Vérité, 6 juillet 1907.4.Loc.cit.avant tout l’appui du clergé et le concours de la jeunesse.Dès 1906, l’abbé Grondin se met à l'œuvre.Il utilise divers pseudonymes : J.-P.Lefranc, J.-A.Lépouvante, Û.Jardins, Louis Arneau, Paul Bréval.5 Chaque semaine, de 1906 à 1920, il fait paraître un ou deux articles dans les colonnes de Lsa Vérité.À notre grand étonnement, nous avons relevé dans ce journal de très nombreux articles, signés Agri-cola, qui traitent des questions agricoles et prônent en conclusion l’adoption des Caisses populaires Desjardins.La chose a de quoi surprendre, puisque Agricola est le nom de plume de Edouard-A.Barnard,6 conférencier agricole, décédé le 19 août 1898.7 8 Dans les dernières années de sa vie, E.-A.Barnard correspondait régulièrement avec La Vérité.'*' Il semble bien que, à partir de 1907, on ait reproduit les articles d’Agricola en prenant soin de modifier la conclusion pour l’adapter à la propagande.À LjU Vérité, Des jardins devait se lier d’amitié avec Orner Héroux, futur collaborateur de Henri Bourassa au Devoir.Voilà, sans aucun doute, ce qui, joint à l’amitié de Bourassa pour le pionnier lévisien, explique la bienveillance du quotidien montréalais à l’égard des sociétés coopératives d’épargne et de crédit.Le fondateur, pour tout ce qui regardait la coopération, collabora au Devoir.Il utilisait le pseudonyme Miville Roy.9 Très souvent, en outre, il envoyait de courtes notes sur la fondation de nouvelles caisses et ne signait pas.« Que la réduction en fasse son profit », disait-il.10 A un degré moindre, Y Action sociale de Québec, Le Droit et Le Canadien, un petit hebdomadaire montréalais, dans lequel F.D.Monk avait des intérêts, rendirent de grands services aux Caisses populaires.Les autres journaux se contentaient, à l’occasion, de publier des compte rendus de fondation.< 5.On veut laisser ainsi entendre que plus d'une personne connaît l'œuvre et s'intéresse à sa diffusion.6.Perron, Marc, Un grand éducateur agricole, Edouard-A.Barnard (1835-1898) : 148.7.Ibid., 442.8.Ibid., xvn.9.Dans une lettre à Orner Héroux, datée du 1er juillet 1910, 0.21 : 2.5-15.4, il lui demande l’autorisation de se servir du nom de plume Miville Roy à cause de « sa position délicate de fonctionnaire ».10.Du même au même, 22 juin 1910.Non classifié.A SOMMAIRE Que pouvez-vous faire pour votre 3 pays .pour votre Caisse populaire ?Cyrille Vaillancourt Les congrès régionaux — Montréal O Une ère de « services » T Georges Robitaille Nos Caisses populaires à Taormina S Emile Girardin Intéressantes données sur le C rédit lO à la consommation J.-J.Greene RÉDACTION ET ADMINISTRATION L’inflation Edward Neufeld Un rôle important de la Caisse populaire Louis-Georges Gervais Compte par procuration — Compte conjoint Le Conseiller juridique Retour aux sources — 2 Alphonse Desjardins Le mot juste En collaboration 18 Vol.33 - N» 1 Lévis, janvier 1967 LA REVUE DESJARDINS, organe officiel de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, corporation régie par la Loi des Caisses d'épargne et de crédit, publiée sous la direction de Jean-Jacques Le François, et tirée ce mois-ci à 17,300 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal (1965), Ltée, à Québec.• Le prix de l'abonnement, pour un an, est $2.50.® Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES UNIONS RÉGIONALES DES CAISSES POPULAIRES DES1ARD1NS ÉDIFICE DES1ARDINS : 59, AVENUE BÉGIN, LÉVIS (QUEBEC) 2 ^ U Que pouvez-vous faire pour votre pays.pour votre Caisse populaire CYRILLE VAILLANCOURT Dans son discours d^intronisation, Pex-président des États-Unis, John F.Kennedy, disparu si tragiquement, disait à ses concitoyens : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ».Cette phrase qui nda inspiré bien des réflexions m'a amené à faire des rapprochements avec certains de nos supposés dirigeants sociaux qui font adopter des résolutions de protestations contre ceci ou cela.Mais que font-ils pour bâtir quelque chose de stable et de durable ?En certains milieux, par exemple, on passe des résolutions pour dire : « Nous ne fêterons pas le centenaire de la Confédération de notre pays, le Canada, parce que l'Acte de l'Amérique du Nord britannique ne nous a pas donné ce à quoi nous avions droit.» Mais nous sommes-nous bien examinés pour vérifier si nous avons fait tout ce que nous devions ou aurions pu faire pour obtenir effectivement, grâce à des réalisations concrètes, ce que nous estimions être nos droits ?Au lieu de céder à des compagnies canadiennes-anglaises, américaines ou anglaises les industries que nous possédions jadis, si nous les avions gardées pour nous, peut-être serions-nous plus forts aujourd'hui.Si l'Acte confédératif n'avait pas été adopté, je me demande si nous.Canadiens français, nous existerions encore comme peuple distinct au Canada et si nous parlerions encore notre langue.Si, par exemple, notre pays avait été intégré aux Etats-Unis, nous serait-il arrivé la même chose qu'aux nôtres qui sont allés vivre outre-frontière, en Nouvelle-Angleterre, et qui ne parlent plus que l'anglais ?On a adopté beaucoup de résolutions depuis cent ans, mais combien en a-t-on prises ?En regardant notre histoire, il faut bien nous rendre compte que nous avons eu une éducation trop livresque : certes, on a formé d'excellents professionnels — médecins, avocats, notaires, religieux, mais, bien à regret, peu d'hommes d'affaires, d'économistes, d'ingénieurs et de scientistes pour organiser convenablement la vie économique de notre pays.Cependant, malgré qu'on nous ait dit et répété que nous.Canadiens français, n'étions pas faits pour les affaires et le commerce, nous possédions jadis certaines industries, et nous les avons cédées aux étrangers.Au début du siècle, par exemple, nous possédions la compagnie Richelieu et Ontario qui avait le contrôle de la navigation sur les Grands Lacs et sur le fleuve Saint-Laurent ; cette compagnie a été vendue à la Canada Steamship Lines.Est-ce la faute de l'Acte confédératif si la compagnie Québec Téléphone a été vendue à une corporation américaine ?Il y a quelques années opérait à Québec une compagnie qui fabriquait des encaustiques et qui prospérait ; cette firme a été vendue à une puissante corporation américaine.Est-ce l'Acte 3 confédératif qui serait responsable si les Compagnies de téléphone de Saint-Georges de Beauce, de Beauceville et de Mégantic, dont les milliers de membres étaient exclusivement des Canadiens français, ont été cédées à des compagnies américaines ?C'est peut-être par nécessité que ces ventes ont été accomplies, mais qu'on ne blâme pas le pacte confédératif.J'admire cet industriel qui a refusé de vendre son industrie au prix de plusieurs millions de dollars pour conserver cette firme au milieu des siens et la laisser dans notre actif national.Si nous n'avons pas eu tout ce que nous aurions dû avoir depuis cent ans, n'en sommes-nous pas un peu, sinon beaucoup, responsables ?N'est-ce pas juste et raisonnable de se poser une telle question avant d'en attribuer la cause à tout autre qu'à nous ?Des gens viennent nous dire qu'ils comptent sur le Fair play britannique.Le Fair play britannique peut être un vain mot si nous ne nous tenons pas droit devant nos concitoyens de langue anglaise.Il ne faudrait pas s'imaginer que les Canadiens anglais ou les Anglais vont descendre de leur piédestal et nous céder leur place ; mais si nous savons nous tenir debout, si nous savons et si nous voulons être forts, nous développer, grandir et être à l'égalité des autres, alors le Fair play britannique peut jouer, parce que ces gens se rendent compte qu'ils ont affaire à des hommes fermes, courageux et intelligents qui commandent le respect.La situation n'est peut-être pas aussi tragique que d'aucuns se la représentent.Un renouveau s'opère, et dans quelques années, je le crois bien, nous aurons reconquis en grande partie du moins le terrain perdu.Voici quelques exemples à l'appui : Lorsqu'en 1932, au plus creux de la crise économique, les corporations riches à millions croulaient et que nos jeunes Caisses populaires végétaient, les dirigeants des quatre Unions régionales alors exis- tantes se sont réunis pour étudier la situation; ils ne sont pas allés rencontrer les Banques anglaises pour leur dire : Sauvez-nous, nous périssons ; ils se sont convaincus, en hommes réalistes et positifs, que si nous voulons vivre et survivre il en dépendait de nous.Nous avons alors fondé La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins.En 1932, les 100 Caisses populaires qui opéraient à ce moment-là avaient un actif global n'excédant pas $9 millions ; à la fin de 1966, au-delà de 1,300 Caisses populaires sont affiliées à La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Des jardins, et elles ont un actif global de près de $1 milliard et demi.Et ce n'est pas tout.Nous avons ensuite fondé une société d'assurances générales, la Société d'Assurance des Caisses populaires, une société d'assurance-vie, L'Assurance-Vie Desjardins.Nous avons pris le contrôle de La Sauvegarde, une société d'assurance-vie, et de La Sécurité, une société d'assurances générales.Nous avons souscrit au-delà de $5 millions à la Société Générale de Financement du Québec, et près de $10 millions à l'Association Coopérative Desjardins.Nous avons fondé une société de fiducie, la Société de Fiducie du Québec, qui se développe très bien et qui aide les nôtres dans plus d'un domaine.Avec la coopération de tous ces organismes, nous avons établi L'Institut Coopératif Des jardins, centre de formation coopérative et d'éducation des adultes qui a déjà une réputation universelle et où des gens de tous les pays du monde viennent faire des stages.Que de choses encore nous pourrions faire et que nous ferons sans doute dans l'intérêt des nôtres.Depuis que nous avons fondé La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Des jardins et les organismes qui s'y rattachent, nous n'avons fait la guerre à personne, nous n'avons détruit aucun organisme autour de nous, mais nous avons 4 grandi, nous nous sommes développés ; en construisant des entreprises qui dureront, nous avons conquis le respect des autres.Il y a une trentaine d'années, quand un gérant de Banque me téléphonait et me disait : Monsieur, vous viendrez à mon bureau, demain, à telle heure, je m'y rendais comme un élève qui appréhende de recevoir un pensum de son professeur ou de son institutrice.Aujourd'hui, on me téléphone et on me demande : Quand pourrais-je vous voir sans vous déranger ?Un autre fait qui découle du mouvement coopératif : l'organisation de la coopérative Les Producteurs de Sucre d'Erable de Québec, en 1924.Jusqu'à cette date, il y avait un monopole américain qui était le seul à acheter tout le sucre et le sirop d'érable qui s'exportaient.Nous sommes allé trouver les dirigeants de cet organisme et nous leur avons demandé de bien vouloir user de discernement dans l'achat des produits de l'érable, de payer plus cher le meilleur produit, et un prix moindre pour le produit de qualité inférieure, et de refuser le mauvais produit.On nous a répondu : ceci nous regarde, ce n'est pas de vos affaires.Nous nous sommes dit qu'au contraire c'était notre affaire parce que c'était le produit fabriqué par nos gens du Québec, et nous avons alors organisé la coopérative Les Producteurs de Sucre d'Erable de Québec avec 17 membres qui ont jeté les bases de cette société.Aujourd'hui, après 43 ans, la société Les Producteurs de Sucre d'Erable de Québec est encore sur le marché, et elle reçoit des millions et des millions de livres de sirop de ses membres chaque année, à comparer à 3,000 livres les premières années.Notre produit national est connu, apprécié et envié de par le monde.Tout cela, parce que nous l'avons voulu et que nous avons pris les moyens nécessaires pour y arriver.Cependant, tous les sucriers ne sont pas encore de notre avis ; car plusieurs vont porter leur produit de l'érable à d'autres plutôt que de se joindre à notre coopérative.Tout de même, une éducation positive qui a produit d'excellents résultats a été faite et elle se poursuivra dans l'intérêt des producteurs de sucre.Je voudrais citer un autre exemple : En 1953, monsieur Ernest-J.Papillon décidait d'organiser une fabrique de ciment.En lisant l'histoire, monsieur Papillon avait appris qu'à Saint-Basile, comté de Portneuf, il y avait, au temps de la colonie française, un endroit où on fabriquait du mortier ; on utilisait de la pierre à chaux pour faire de la chaux et du mortier.Monsieur Papillon n'avait pas les fonds requis, mais il avait une volonté à toute épreuve, car malgré les grosses corporations qui existaient autour de lui depuis nombre d'années, il a réussi à bâtir une organisation qui est aujourd'hui plus que prospère.Il a surmonté bien des difficultés et il a consenti bien des sacrifices, et aujourd'hui il a une industrie florissante, et c'est un brave citoyen qui est respecté de tous.Conclusion : Ne désespérons pas.Que le pacte confédératif serve à nous éveiller, à nous stimuler, à nous montrer le chemin que nous devons suivre.Loin de moi la pensée que le pacte confédératif ne devrait pas être remodelé, refait ; au contraire, depuis cent ans les choses ont tellement changé qu'il faut souvent adapter et prendre de nouvelles mesures, se faire un programme qui soit mieux adapté au monde moderne.Soyons de vrais coopérateurs, des gens positifs qui peuvent et qui veulent faire quelque chose ,* agissons, travaillons avec quelqu'un et non pas contre quelqu'un, et le succès couronnera nos efforts.C'est le souhait que nous formulons au début de cette nouvelle année.5 MONSIEUR EMILE GIRARDIN, président -Il les congrès régionaux — Montréal MONSIEUR J.-GAUDIOSE H AMELIN, directeur général L’actif de L’Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins est passé, entre 1935 et 1966, de 2 millions à plus de 527 millions de dollars.Pendant cette période, le nombre de ses Caisses affiliées est passé de 38 à 334, le nombre des membres, de 8,146 à 687,155.Ces données ressortent du rapport annuel de L’Union dont l’assemblée générale annuelle, qui réunissait plus de 500 dirigeants de ses Caisses, s’est tenue à Montréal, les 29 et 30 octobre dernier.Données qui montrent la grande vitalité des Caisses populaires au sein de la communauté canadienne-française.Et les dirigeants semblent bien décidés à ne pas s’arrêter en aussi bonne voie.NOUVELLE FORMULE D’ASSEMBLÉE ANNUELLE L’Union régionale inaugurait cette année une formule nouvelle d’assemblée générale, cette dernière adoptant la formule congrès.Les participants, répartis en 5 commissions, se penchèrent sur les nombreux aspects de la vie des Caisses, le thème du congrès étant : la présence et le rôle des Caisses dans la collectivité.Monsieur Emile Girardin, le président de L’Union, a souligné, au cours de son allocution, le fait de la participation accrue des membres aux assemblées annuelles des Caisses populaires au cours des dernières années.Alors qu’il y a dix ans, quelques dizaines de personnes seulement se rendaient à l’assemblée générale de leur Caisse, on y va, aujourd’hui, par centaines.Cette tendance, a dit le président, doit se maintenir, même s’accentuer.Et c’est pourquoi le Service d’éducation de L’Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins prend de l’expansion et projette l’établissement de contacts plus fréquents, par le moyen du regroupement des Caisses populaires par zones d’action, avec les dirigeants, le personnel, les membres.Monsieur Girardin a aussi parlé du rôle éducatif des Caisses populaires auprès des écoliers.L’œuvre de la Caisse d’épargne scolaire, a-t-il dit, ne consiste pas seulement à mettre un instrument à la portée de l’élève, mais à l’éduquer à l’économie du temps, des choses, de l’argent.Dans les classes avancées, l’élève doit apprendre le mécanisme des opérations financières ; il lui faut savoir que l’économie, l’épargne, le crédit, auront dans sa vie des implications bonnes ou mauvaises selon l’usage qu’il en fera.AUGMENTATION SANS PRÉCÉDENT DE L'ACTIF DES CAISSES Dans son rapport annuel, le gérant et directeur général des services, monsieur J.-Gaudiose Hamelin, a précisé que l’augmentation de l’actif, au cours de l’année financière, avait été la plus considérable dans l’histoire de L’Union régionale, étant de l’ordre de $68,423,956.Dans le rapport de l’année dernière, a dit monsieur Hamelin, nous avions mentionné que l’actif des Caisses affiliées atteindrait probablement le demi-milliard cette année.Cet optimisme était modéré puisque ces prévisions ont été dépassées.Quelques chiffres extraits du rapport financier démontrent cette grande vitalité des Caisses populaires affiliées à L’Union puisque le nombre de leurs membres s’est accru de 61,410, pour atteindre 687,155.Cinq nouvelles Caisses ont été fondées, dont trois dans la région deMontréal, deux dans le diocèse de Timmins.6 Quant à la progression de Factif, elle se répartit comme ceci : placement^ $143,202,855.(une augmentation de 14% sur Fannée précédente); prêts sur reconnaissance de dette, $88,500,207.(augmentation de 33%); prêts sur hypothèque, $200,241,056.(augmentation de 11%) ; immobilisations, $26,592,250.(augmentation de30%) ; encaisse, $69,134,169.(augmentation de 2%).LE RÔLE IMPORTANT DE L’ÉDUCATION Monsieur Hamelin a souligné lui aussi le rôle important que doit j ouer le Service d’éducation auprès des dirigeants des Caisses.Ce service, a-t-il dit, doit resserrer les liens entre L’Union régionale et les dirigeants des Caisses, et promouvoir la formation coopérative et technique du personnel par l’organisation de cours de perfectionnement et de séances d’étude.C’est notre devoir de nous perfectionner, a-t-il souligné, si nous voulons être en mesure de résoudre les problèmes complexes de l’administration provoqués par la croissance rapide des Caisses.Il ressort enfin, tant du rapport du président que de celui du gérant, que si les Caisses s’efforcent de satisfaire les besoins des petits emprunteurs à qui elles accordent priorité (à preuve, l’augmentation de 33% à ce poste), le crédit doit pourtant être utilisé avec discernement et devenir un moyen d’éducation des membres vers son utilisation saine, enrichissante et productive.Rendons service à tous nos membres, conclut monsieur Girardin, aussi bien aux épargnants qu’aux emprunteurs.Le crédit désordonné ne contribue pas à l’expansion économique, et l’inflation est une ennemie insidieuse et mortelle.< Lorsqu’on œuvre à l’intérieur du mouvement Desjardins, on se rend compte que ce ne sont pas les occasions de rendre service qui manquent.Service individuel offert aux membres d’une Caisse populaire ; service à la collectivité par l’intermédiaire des corps publics ; service au Québec, au Canada, par des prêts ou par des placements.On met à la portée du membre de la Caisse populaire des modes de prêts avantageux ; on veut que le local de la Caisse lui soit attrayant tout en étant fonctionnel ; on veut le conseiller sur son budget, sur sa manière de vivre, d’acheter ; on veut lui enseigner l’épargne ; on fait même des études pour déterminer ses besoins actuels et futurs, etc.Il faut maintenir ces bonnes intentions, mais .(( service )) — on peut aussi commettre des erreurs en ton nom 1 On change à des personnes inconnues des chèques dont on a ensuite toutes les misères du monde à percevoir les montants, si on ne les perd pas tout à fait.On consent parfois des prêts de sommes trop fortes compte tenu des possibilités de remboursement des emprunteurs.On « accommode » des membres en ne retournant pas leurs ordres de paiement (chèques) sans fonds, ce qui nous amène à jouer avec la loi et les règlements.On se creuse la tête afin de trouver des raisons, d’autres raisons, pour réduire encore la liquidité et prêter davantage .On cherche .Pourquoi ne pas respecter les directives reçues des autorités compétentes, penser aussi aux autres Caisses, rechercher, enfin, la sécurité et le plus grand bien de l’ensemble du mouvement ?Il ne faut pas aller trop loin.Ni dans un sens, ni dans l’autre.N’est-ce pas au milieu de tout cela que se trouve la vertu ou la sagesse ?< une ère de « services » GEORGES ROBITAILLE Service de l'inspection 7 Allocution de monsieur Émile Gi-rardin au banquet de clôture, a Taormina, le 25 septembre 1966, du congrès de la Confédération internationale du Crédit populaire.nos Caisses populaires à Taormina ÉMILE GIRARDIN Photo prise à l’ouverture du congrès à Taormina.De gauche à droite : M.J.-F.Posthuma, vice-président de la Confédération internationale du Crédit populaire ; M.Giacinto Bosco, ministre du travail et de la prévoyance sociale ; M- Jacques Basyn, président de la Confédération internationale du Crédit populaire ; M.le professeur Francesco Parrdlo, président de l’Association nationale ; M.Émile Girardin, président de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins.Nous vous apportons, monsieur et madame Charron, et moi-même, le salut amical des vingt dirigeants de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, des cent vingt dirigeants des dix Unions régionales, et des seize mille dirigeants des mille trois cents Caisses affiliées.Nous vous exprimons cependant les regrets du sénateur Vaillancourt, le directeur général, qui a dû se priver du plaisir de vous revoir tous.Quelle joie profonde n’ai-je pas éprouvée à écouter le discours d’ouverture du président Parillo ; j’ai alors saisi le lien spirituel qui unit les Caisses populaires aux Banques populaires.C’est là que j’ai encore mieux réalisé la pensée du Commandeur Desjardins, notre fondateur, qui s’inspira de Luzzati tout en puisant ses principes coopératifs chez Raiffeisen.La Caisse populaire Desjardins, coopérative d’épargne et de crédit, est une oeuvre d’éducation ; elle poursuit les buts suivants : 1° participe à la formation économique de l’écolier, de l’adolescent, de l’adulte ; 2° facilite la collecte des épargnes par les Caisses d’épargne scolaires ; 5° influence par une saine propagande le comportement de l’adolescent et de l’adulte en faveur de l’épargne ; 4° transmet les techniques les plus variées, pour la tenue du budget familial ; 5° contribue à répandre la doctrine coopérative.Les Caisses populaires Desjardins ne se contentent pas de promouvoir la doctrine, elles sont présentes à la famille, à l’école et à l’atelier.En effet, les Caisses sont présentes à l’école puisque nous comptons plus de 450,000 écoliers-déposants ayant au-delà de dix millions de dollars en solde dans leurs livrets d’épargne.De plus, fidèles à leur mission économique, les Caisses veulent s’introduire graduellement dans les milieux de travail afin d’organiser des services communautaires : éducation coopérative, économie familiale, déduction de salaire à la source, comptoirs avec services partiels, entités spécialisées.La Caisse populaire de 1966 s’adapte aux besoins de l’individu, de la famille et de la communauté.En plus d’être une coopérative d’épargne, elle est une coopérative de crédit ; elle développe chez ses membres une idée d’entraide, de secours mutuel.Elle consent des prêts aux individus et accorde des investissements aux collectivités.Non seulement la Caisse favorise l’épargne, elle contribue donc aussi à répandre les notions les plus élémentaires d’un crédit sain, à savoir : 1° faire saisir la différence entre crédit pour biens durables et crédit pour biens de consommation renouvelables ; 2° conseiller en matière d’achat à tempérament ; 3° faire réaliser le taux réel sur un emprunt ; 4° ne pas adopter des facilités de crédit provoquant l’enlisement de son membre ; 5° combattre l’influence néfaste d’une publicité qui tend au nivellement entre toutes les catégories professionnelles.Les Caisses populaires du Québec sont en pleine évolution quant à leur politique de prêt.Voyez plutôt : en 1958, le nombre de prêts sur reconnaissances de dette avait augmenté de 10% sur celui de l’année 1957 ; en 1966, de 36% sur celui de l’année 1965.En 1957, il y avait 8.1% de l’actif prêté sur de telles reconnaissances de dette ; en 1966, il y a 16% de l’actif ainsi prêté.Nos Caisses populaires sont des institutions de (( service )) ; elles existent pour le bien-être de l’individu au sein d’une communauté.L’an prochain nous serons heureux de vous montrer ce qu’elles ont réalisé pour leurs membres au nombre de 1,800,000 ; ce qu’elles font des épargnes qui leur sont confiées et qui se chiffrent à $1,300,000,000.(un milliard trois cent millions de dollars).Conscientes de jouer un rôle social et économique dans notre milieu québécois, nos Caisses populaires ont fait leur large part dans la vente des passeports pour l’Expo 67 ; elles sont solidement en tête de liste avec deux millions de dollars de ventes.Les Caisses populaires seront présentes sur les terrains de l’Expo 67 puisqu’elles ont fondé un organisme spécial : « La Caisse populaire Desjardins de l’Expo 67 )) qui aura un pavillon central, deux succursales et trois kiosques pour répondre aux besoins de la Compagnie de l’Expo, des employés et du public en général.Mesdames, messieurs, nous vous attendons à Montréal et à Québec en octobre 1967.< r s\ «Impossible de discuter sans contredire.» CICÉRON (De finibus, 1,8.) v J 9 N.D.L.R.— Le J octobre dernier, l’honorable J.-J.Greene, ministre de l’agriculture, à Ottawa, s’est adressé aux délégués à la Conjérence internationale sur l’épargne et le crédit coopératijs qui se tenait à Kingston, Jamaïque.Le conjérencier y a traité d’une Jaçon extrêmement intéressante le sujet du crédit à la consommation et nous sommes heureux de pouvoir reproduire, ici, la version française de son allocution.* intéressantes données sur le crédit à la consommation J.-J.GREENE Le crédit à la consommation est un facteur très important dans Fécono-mie de l'Amérique du nord où presque toutes nos automobiles et une très forte proportion de nos biens durables de consommation sont achetés à crédit.Les revues qui traitent des conditions économiques ne manquent pas de souligner, entre autres facteurs, l’aspect agressif de la vente d’argent par les institutions financières, ou l’aspect agressif que prennent les demandes de fonds, le ralentissement ou l’accroissement du crédit à tempérament, et les régimes monétaires à l’œuvre ou ceux qu’il convient de suivre.On dit que c’est le crédit qui a créé notre civilisation.Quoi qu’il en soit, le crédit est certainement un instrument très puissant de progrès économique.L’histoire nous apprend que l’argent en tant que moyen d’échange existait sous forme de pièces de cuir estampillées, en Assyrie, et que les banques et les billets de banque étaient en usage à Babylone six siècles avant Jésus-Christ.Le régime d’emprunt d’argent paraît tout aussi ancien.Toutefois, le remboursement du capital et de l’intérêt était apparemment soumis à certaines conditions spéciales.Aristote, dans son premier livre La Politique, définit l’art de gagner de l’argent grâce à la bonne gestion du ménage, et le qualifie de nécessaire et d’honorable.L’autre façon de faire de l’argent qu’il nomme commerce de détail, soit le croît de l’argent lui-même, * La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins était représentée à cette conférence par monsieur André Morin, le directeur du Service de la recherche de La Fédération.il qualifie d’artificielle, de justement censurée, d’usure la plus détestable.(( L’argent, en effet, devait servir de moyen d’échange, et ne devait pas croître par voie d’intérêt.Puis ce terme usure, qui signifie argent tiré de l’argent, s’applique à la création de l’argent, car le descendant ressemble au parent.)) Ces idées ont survécu à travers le moyen âge.Saint Thomas d’Aquin écrit qu’il est immoral d’accepter un paiement pour l’usage de prêts d’argent.Au cours du XVIe siècle, les parlements des Pays-Bas et d’Angleterre édictèrent des lois sur le taux d’intérêt des prêts d’argent.Les besoins accrus de capitaux, dès le commencement de l’ère moderne de l’économie dans les vieux pays comme dans les pays neufs, ont modifié profondément le climat social et religieux.De nos jours, l’argent est un bien pour l’usage duquel chacun reconnaît la légitimité d’exiger un intérêt.Le mot usure a pris un tout autre sens.Le crédit a joué et continue de jouer un rôle de premier plan au Canada.Après la période de colonisation, notre pays a emprunté largement à l’étranger pour réaliser ses diverses étapes d’aménagement.La Confédération a favorisé l’établissement, en 1867, de l’un des régimes bancaires les plus stables au monde, et depuis cette date, de puissantes institutions financières ont vu le jour ; entre autres, les banques d’épargnes gouvernementales, les sociétés d’assurance, les sociétés de prêts et de fiducie, les Caisses populaires et les Credit Unions.L’une des importantes fonctions de ces institutions est de fournir aux consommateurs de l’argent sous forme de prêts.Ce genre de prêts pourrait se définir de nos jours le crédit consenti aux consommateurs pour toutes les fins utiles, sauf le financement des maisons d’habitation, les entreprises commerciales et les achats de stocks et d’obligations.Le crédit à la consommation, l’avoir des consommateurs et le revenu disponible des consommateurs sont les trois importantes variables qui déterminent la dépense générale au niveau de la consommation, l’une des fonctions les plus importantes que notre économie soit appelée à accomplir.Dans le mode de vie moderne, les consommateurs complètent leur revenu en recourant aux prêts ou à l’utilisation du capital comme moyens de subvenir à leurs dépenses au chapitre des biens de consommation.Le pourcentage de cet apport complémentaire du revenu varie selon le niveau des revenus des particuliers.Après la deuxième guerre mondiale, un consommateur sur deux en Amérique du nord s’est endetté en dépensant plus pour les biens de consommation que le montant de son revenu.Le crédit à la consommation, depuis le début du siècle, a pris des proportions inconnues jusqu’alors en raison des achats d’automobiles et du changement rapide de l’attitude adoptée à l’endroit des emprunts généralisés pour fins de consommation.Il est allé grandissant au rythme de la création des institutions visant à faciliter les emprunts.Les prêts d’argent pour fins de consommation remontent passablement loin dans le passé.Les régimes de paiements par tempéra- 10 merits, bien qu’ils aient été connus dans le passé, ont pris de l’expansion surtout par l’achat de biens et de services de consommation depuis la deuxième guerre mondiale.La récente Commission royale d’enquête sur les banques et la finance au Canada signale que : Les dettes remboursables par versements pèsent sur 32% des foyers et à tous les niveaux de revenu, bien que les dettes relativement les plus élévées grèvent les catégories de revenus les plus modiques .Comme je l’ai mentionné déjà, les consommateurs peuvent obtenir du crédit au Canada en faisant appel à plusieurs institutions et maisons d’affaires.Nos banques à charte, par l’intermédiaire de leurs succursales, offrent leurs services dans les petits centres comme dans les grandes villes.Ce régime est des plus avantageux dans un pays aussi vaste que le nôtre et si peu peuplé.Il facilite le crédit selon les besoins des régions géographiques et des situations économiques.Une jeune nation en pleine voie d’expansion y trouve un grand avantage.Les banques à charte sont assujetties à la loi fédérale dite Loi sur les banques qui fait l’objet d’une revision tous les dix ans.Les banques avaient à recouvrer 2.3 milliards de dollars prêtés aux consommateurs en 1965 sur un total de 7 milliards au Canada.D’autres importantes institutions de crédit sont les compagnies de financement des achats, les compagnies de prêts aux consommateurs, les Credit Unions et les Caisses populaires.Chacun de ces groupes avait à recouvrer, en 1965, environ 1 milliard de dollars.Les grands magasins, les marchands de meubles et d’appareils électro-ménagers, les autres magasins de détail et les compagnies d’assurance se partageaient le reste du crédit aux consommateurs.Les Credit Unions et les Caisses populaires dont les prêts dépassaient en 1965, 990 millions de dollars, pourraient occuper assez prochainement le deuxième rang parmi les prêteurs aux consommateurs canadiens, si leur rythme actuel d’expansion se maintient.La réglementation du crédit aux consommateurs a préoccupé périodiquement les législateurs canadiens.Une loi a été édictée dès 1777 pour réglementer le taux de l’intérêt.En 1867, la Loi de l’Amérique du nord britannique a réservé la réglementation de l’intérêt au gouvernement fédéral.La première tentative importante dans ce domaine a suivi l’établissement, au tournant du siècle, des entreprises consentant des petits prêts.Au temps de leur mise sur pied, les compagnies de petits prêts et de prêts personnels n’étaient pas réglementées.Les plaintes ont commencé d’affluer au début des années 30 de la part des emprunteurs qui parvenaient difficilement à comprendre le mode complexe du calcul de l’intérêt et du coût des autres services.Les compagnies de petits prêts ont suivi volontiers les recommandations de rajustements qui leur ont été faites.Toutefois, le gros des difficultés subsistaient.En 1938, le Comité parlementaire de la banque et du commerce signala le besoin d’une loi efficace.C’est alors que la loi sur les petits prêts de 1939 a été adoptée et mise en application.C’est la seule législation fédérale qui touche le crédit à la consommation.Elle vise présentement les opérations de six petites compagnies et de soixante-dix-neuf prêteurs d’argent.La principale disposition de la loi réglemente l’ensemble du coût des prêts, y compris toutes les dépenses, ainsi que l’intérêt pur.L’intérêt maximum autorisé en vertu de la loi est de 2% par mois sur les 300 premiers dollars, 1% sur les 700 dollars suivants, et sur les 500 dollars suivants jusqu’à concurrence de 1,500 dollars, soit le montant maximum d’un prêt soumis aux règlements.Bien que les intérêts sur les prêts personnels qui sont petits et de courte durée soient assez élevés, il est généralement admis que la loi a eu d’heureux résultats.Au niveau provincial, les mesures législatives régissant le crédit sont les mêmes dans toutes les provinces à certains égards et à d’autres égards elles se limitent à quelques aspects seulement.Depuis 1939, toutes les provinces ont des lois régissant les Credit Unions et les Caisses populaires.La plupart des provinces ont en outre des lois régissant les ventes sous condition.Des lois spéciales ont été votées en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba au sujet de la vente de machines et d’outillage agricoles.La caractéristique principale de ces lois est la protection du consommateur dans les ventes à tempérament.L’Alberta et la Saskatchewan ont voté des mesures législatives régissant la saisie des marchandises.À la suite de l’abrogation des règlements fédéraux de temps de guerre, en 1947, le Québec a voté la Loi sur les ventes à tempérament 11 comprenant des dispositions visant la divulgation obligatoire du prix normal au comptant, du prix à tempérament, de Faccompte et des versements.Des mesures législatives plus précises sur la divulgation ont été votées par l’Alberta en 1954 et par la Nouvelle-Ecosse, en 1965.Les législateurs ont cherché à atténuer certains des problèmes touchant le crédit à la consommation en votant des lois, comme il est dit plus haut.Un problème qui revient devant la Chambre aujourd’hui porte sur la nécessité de ventiler le coût, dans le cas des maisons qui accordent un crédit à la consommation.Un comité de la Chambre des communes sur le crédit à la consommation a, ces derniers temps, fait une étude approfondie du problème; toutes les parties en cause ont témoigné et un rapport devrait être publié sous peu.Les Chambres seront appelées à étudier les recommandations du comité et à délibérer sur les lignes de conduite à prendre.Les consommateurs ne sont pas sans courir des risques lorsqu’ils cherchent à déchiffrer les conditions de vente auxquelles sont assujetties une grande partie de leurs dépenses.Les divers mémoires présentés au comité donnent de sages conseils sur la réglementation des intérêts de financement.La plupart des témoignages présentés par le monde des affaires, les prêteurs d’argent, les Crédit Unions et les experts ont fait ressortir la difficulté qu’éprouvent les consommateurs à comprendre les termes financiers d’un contrat, les frais et les diverses autres clauses.La plupart étaient unanimes à dire que les consommateurs ont besoin de plus de protection.Les mémoires présentés par les représentants des Credit Unions et des Caisses populaires ont été particulièrement remarqués par leur traitement uniforme de la divulgation du coût des prêts à leurs membres, en dollars et en pourcentage, ne laissant aucun doute à l’emprunteur sur le taux d’intérêt par année.D’autres renseignements sur les faits historiques et les réalisations des Credit Unions et des Caisses populaires permettraient de constater une amélioration des conditions des petits emprunteurs.Vers la fin du siècle dernier, un greffier de la Chambre des communes, à Ottawa, Alphonse Desjardins, a été très touché par des débats de nature analogue, particulièrement par le taux élevé des intérêts exigés par les prêteurs d’argent aux gens à revenus modiques.Ses études sur les sociétés européennes de coopération financière l’amenèrent à organiser une Caisse populaire à Lévis (Québec), en 1900, qui servit de modèle au Canada et aux Etats-Unis pour la mise au point d’institutions démocratiques d’épargne et de prêt qui sont uniques dans leur philosophie et leurs réalisations.L’expérience au Canada des Credit Unions et des Caisses populaires est éloquente par leur évolution même.Les chiffres recueillis par mon ministère sur les sociétés locales se lisent comme suit : en 1915, Québec seul, 91 sociétés, 24.000 membres et un actif de 2 millions ; en 1925, Québec seul, 122 sociétés, 33.000 membres et un actif de 8 millions ; en 1935, trois provinces, 277 sociétés.52.000 membres et un actif de 10 millions ; en 1945, neuf provinces, 2,200 sociétés, 591.000 membres et un actif de 146 millions ; en 1955, dix provinces, 4,000 sociétés, 1.731.000 membres et un actif de 653 millions de dollars ; et, en 1965, dix provinces, 4,400 sociétés, 3.700.000 membres et un actif de 2.5 milliards de dollars.On n’hésite pas à attribuer ces succès et cette croissance à la constitution démocratique des Credit Unions et des Caisses populaises.Les fonds viennent des dépôts et des parts sociales des membres qui sont invités à s’unir dans une institution d’épargne qui accorde des prêts pour des fins de prévoyance et de production.Le coût des prêts personnels est maintenu au minimum.L’état financier des emprunteurs est généralement bien connu et les enquêtes sont rares.La direction est assumée par des membres.Le taux d’intérêt est le pourcentage bien connu de 1% par mois sur le solde non payé.L’idée de partager les ressources financières et l’aide a exercé une grande attraction sur à peu près toutes les classes de la société au Canada.Les Credit Unions et les Caisses populaires qui se sont implantées dans les régions rurales fonctionnent maintenant dans tous les centres urbains et elles sont bien vues des employés de bureau et des ouvriers de l’industrie.Au Canada, une très forte proportion de notre population est membre des Credit Unions et des Caisses populaires, soit peut-être le plus fort pourcentage au monde.12 encouragement à l’épargne et les prêts accordés aux membres à des conditions bien connues des emprunteurs sont les réalisations marquantes de notre mouvement de coopératives financières.Il existe un autre mouvement dont notre pays pourrait bénéficier grandement et qui pourrait en outre aider grandement d’autres pays.Je veux parler d’une nouvelle tentative dans la province qui a donné naissance au mouvement.Une étude a été récemment entreprise par La Fédération de Québec des Caisçes populaires Desjardins sur les comportements économiques de la famille salariée du Québec.Les résultats ont été consignés dans un volume de 400 pages.Les dépenses excessives, les taux élevés d’intérêt, le mauvais choix des achats laissent entendre qu’il y aurait profit à faire l’éducation des consommateurs dans le domaine économique.La Fédération se propose d’intéresser les membres des Caisses populaires à d’autres choses en plus des épargnes et des prêts.L’effort porterait sur l’éducation des familles dans le domaine de la gestion et de leur épanouissement économique, grâce à l’épargne et à l’apprentissage en matière de crédit.L’apport de la coopérative de finance est essentiellement dynamique.Nous espérons que cette initiative aidera les consommateurs du Québec et qu’elle s’étendra aux autres provinces et à l’étranger.Les législateurs peuvent aider en votant des mesures de protection.L’habitude d’acheter à crédit dans notre pays est trop ancrée, cependant, pour négliger d’éduquer les consommateurs afin qu’ils sachent protéger leur propres intérêts.Votre mouvement peut aider considérablement à dissiper les illusions.
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