Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1962, Octobre
Æ W; ?iRHIDiniGIll EDIFICE DESJARDINS / fl s?m*»i m \ U i! Î.V-V .0 Vol.XXVIII Octobre 1962 Aurons-nous toujours le temps ?NE disons-nous pas souvent « nous avons le temps ; tout ce que nous devons jaire c’est de le prendre )).Mais qu’est-ce que le temps ?Le temps n est-ce pas « aujourd’hui » 7 Qui d’entre nous à un moment ou un autre de sa vie n’a pas dit : « un de ces jours je jerai telle ou telle chose » ?Nous vivons chaque jour en misant sur l’avenir.Il y en a qui attendent que la température s’améliore ; tandis que pour d’autres ce sont les améliorations économiques qu ils espèrent et qui, d’après eux, régleraient bien des problèmes.Mais, que jait-on du présent ?Que jait-on (( d’aujourd’hui )) 7 Le temps est un don de Dieu et qu’en jait-on 7 Hier n est déjà plus et ne peut-être que souvenirs ; quelque chose d’accompli.Dema in ne viendra peut-être jama is.Mais (( aujourd’hui )) ; il est ici avec chacun de nous, c est un don qui peut-être utilisé sagement ou Jolie ment.Ceux d’entre nous qui, en acceptant ce don, hésitent dans l’usage qu ils en Jont, doivent constamment trouver quelques excuses.Je n ai pas eu le temps.Si seulement j’étais plus jeune .Croyez-vous que j’en aurai le temps .7 Rien nous assure que nous pouvons accomplir tout ce que nous nous proposons d’accomplir.Mais nous pouvons essayer.(( Aujourd’hui » est le seul temps qui nous permet d’essayer.Nous acceptons la déjaite, en remettant à demain ce que nous pouvons essayer de faire aujourd’hui.Dieu nous fait don du temps.Notre meilleur remerciement est de le lui retourner par la prière de nos meilleurs efforts.Quelqu un a dit que les tensions sont souvent causées par les soucis d’hier et de demain.Faire en sorte (( qu aujourd’hui )) soit le meilleur des jours n est-il pas le meilleur moyen d’éliminer les soucis que peut amener demain ou les pleurs qu a pu nous causer (( l’hier ».Une vie n’est parfois qu un bref moment.Nous avons plus qu un moment.(( Aujourd’ hui )) met 24 heures à notre disposition.Nous sommes naturellement libre d’en faire ce que nous voulons.Mais très bientôt « aujourd’hui » ne sera plus qu un autre hier, l’aurons-nous bien employé ou entièrement gaspillé 7 M.-B.Caron (Traduction libre d’un poème parut dans le Daily Herald, juin 1962.) NOTRE COUVERTURE.— Le soleil d’un après-midi d’automne éclaire le vieux four à pain de l’ancien manoir ayant appartenu à Philippe Aubert de Gaspé, écrivain canadien réputé.On peut voir ce monument historique à Saint-Jean Port-Joli, dans le comté de LTslet.— {Photo : Office du film de la province de Québec.) û EDIFICE DESJARDINS DESJRRDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXVIII, N» 10 QUÉBEC Octobre 1962 Sommaire Billet : Aurons-nous toujours le temps ?.Editorial : Principaux événements récents concernant les Caisses populaires et le mouvement Desjardins .La famille et les assurances.On voudrait taxer les coopératives.Jubilé d’or de la Caisse populaire Saint-Jean-Baptiste de ITsle Verte La chaîne sera plus puissante .si les anneaux sont bien soudés.Marchons sur nos deux jambes.Manchettes.L’actualité en images.Nouvelles et commentaires.Marcel Gravel n’est plus.In Memoriam.La Société générale de financement du Québec.Depuis 1953, les étrangers contrôlent de plus en plus d’entreprises canadiennes .La manutention des chèques (( s’automatise ».Service de renseignements.Consultations légales.Semaine nationale de la coopération .PAGE M.-B.Caron.142 C.Vaillancourt.143 .145 .146 .147 Marcel Caron.148 L.-J.M.148 .149 .150 .152 C.Vaillancourt.153 .153 .154 .155 .156 .157 Le Conseiller juridique.158 .158 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, - LÉVIS, P.a PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.75 Pour les autres.$2.25 LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier ci Dugal, Inc., Québec.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication. 05 J ¦ Principaux événements récents ébnçernant les Caisses populaires et le mouvement Desjardins - Projet de loi 54 LOI MODIFIANT LA LOI DES CITÉS ET VILLES {Sanctionnée par la Législature de Québec le 3 juillet 1962) L'AMENDEMENT de l'article 95 de ladite loi est très simple : les cités et villes ont dorénavant droit de déposer leur argent dans les Caisses populaires.Considérant que les Caisses populaires achètent beaucoup d'obligations de cités, villes et commissions scolaires, le gouvernement actuel a estimé qu'il était juste et équitable d'accorder à ces corps publics le droit de déposer leurs fonds dans les Caisses populaires.Projet de loi 50 LOI CONSTITUANT LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE FINANCEMENT DU QUÉBEC {Sanctionnée par la Législature de Québec le 6 juillet 1962) La loi de la Société générale de financement du Québec a été passée dans l'espoir de donner à notre économie du Québec un élan qui, dans quelques années, la fera sortir de la léthargie où elle est depuis assez longtemps.Il n'est pas question de parler aujourd'hui de ce projet, le conseil d'administration de cette Société venant juste d'être nommé.Nous y reviendrons probablement le mois prochain.COMMISSION ROYALE D’ENQUÊTE SUR LE SYSTÈME BANCAIRE ET FINANCIER La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins comparaissait devant la Commission Porter le 18 juillet 1962.Nous avons exposé les buts que poursuivent les Caisses populaires.les raisons qui ont présidé à leur organisation, de même que leur manière de procéder.Nous avons été agréablement surpris quand, à la fin de notre témoignage (qui a commencé à 8 h.45 a.m.pour se terminer à midi et trente), un des commissaires nous a fait remarquer que dans notre mémoire nous ne demandions rien.Nous avons répondu que nous voulions simplement qu'on nous laisse vivre en paix.Nous avons, cependant, saisi l'occasion qui nous était offerte pour exposer notre point de vue au sujet de la taxation des Caisses populaires, et rappeler que certaines sociétés de finance s'étaient plaintes qu’il était injuste pour les autres organisations économiques que les Caisses populaires ne soient pas taxées.Nous avons précisé que les administrateurs, commissaires de crédit et conseillers de surveillance de nos Caisses populaires remplissent leur charge par dévouement, sans recevoir aucun salaire, qu'ils agissent ainsi par charité, pourrions-nous dire, par esprit d'entraide, envers leurs concitoyens.Taxer les Caisses populaires, ce serait, par le fait même, taxer le dévouement des dirigeants des Caisses populaires, chose qui est impossible.Nous avons suggéré que si les administrateurs de toutes ces corporations financières qui se plaignent à notre su; et voulaient travailler bénévolement, sans recevoir aucun salaire, nous pourrions alors peut-être considérer que les Caisses populaires soient taxées .mais d'ici là restons comme nous sommes.Nous avons aussi fait remarquer que les Caisses populaires font un rapport au gouvernement fédéral pour chaque sociétaire qui reçoit $100.ou plus par année en boni 144 LA REVUE DES JARDINS Québec, octobre 1962 ou intérêts sur T épargne.Comme nos Caisses populaires sont des coopératives et qu'elles ne font des opérations qu'avec leurs sociétaires, ces derniers se trouvent par le fait même taxés sur les revenus qu'ils ont.D'autres organisations financières se sont aussi plaintes de nous.Elles ont, cependant, des réserves spéciales pour prévoir les pertes possibles, et ces réserves ne sont pas taxées.Il faudrait bien que ces réserves spéciales soient taxées si on veut taxer les Caisses populaires.Les commissaires nous ont écoutés avec beaucoup de bienveillance ; leurs questions pertinentes dénotaient leur désir de se bien renseigner sur nos Caisses populaires et les services qu'elles donnent à leurs sociétaires.COMMISSION ROYALE D’ENQUÊTE SUR L’ÉDUCATION La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins présentait, le 20 juillet dernier, conjointement avec L'Assurance-Vie Desjardins, un mémoire à la Commission Parent.Ce rapport découlait de la vaste enquête poursuivie depuis plus de quatre ans dans quinze cents familles salariées canadiennes-françaises de la province de Québec en vue de connaître les besoins et les aspirations de ces familles.Les conclusions de cette enquête nous ont décidés à comparaître devant la Commission Parent.Notre témoignage concluait qu'il fallait de toute nécessité hausser le niveau de scolarité actuellement très bas des familles de chez nous, et, si nous voulions demain prendre la direction de notre économie, former d’abord des gens instruits.Voilà pourquoi, il nous semble, l'instruction gratuite est devenue nécessaire et indispensable : si nos gens ne peuvent acquérir une instruction plus poussée, plus adéquate, à quoi sert-il de nous lamenter que nous ne pouvons accéder à des positions ou fonctions plus élevées, que les étrangers occupent toujours des postes plus importants que nous ?LA SAUVEGARDE Le mouvement Desjardins, par l'entremise de la Société de Gestion d'Aubigny, a fait l'acquisition de la Société d'assurance-vie La Sauvegarde.C'est un geste de solidarité et de développement économique considérable pour les nôtres.Nous allons continuer ce mouvement ascendant, espérant que tous les Canadiens français bien pensants seront avec nous dans la poursuite de cette œuvre de rédemption sociale des nôtres et que cesseront les chicanes, les jaloqsies, les divisions au point de vue couleurs politiques ou en autres domaines.Comme de vrais coopérateurs nous allons tous ensemble, d'un commun accord, poursuivre le travail si bien commencé grâce à la Fédération des Caisses populaires Desjardins.Vive la coopération bien comprise 1 C'est par la coopération de tous que nous pourrons grandir, vivre, nous développer et obtenir notre part juste et équitable dans notre économie.L’union pour la vie, comme disait monsieur Desjardins, doit se substituer à la lutte pour la vie : c'est ainsi que nous édifierons une économie humaine véritable.LA SITUATION Nous constatons avec plaisir que l'immense majorité de nos Caisses populaires ont bien voulu suivre les indications que nous leur avions données concernant leur liquidité.Espérons qu'elles continueront d'agir avec la même sagesse et la même prudence, car les jours les plus difficiles ne sont pas encore arrivés.Il ne faut pas, cependant, prendre panique et se dire qu'on va avoir une crise économique.Comme nous le disions dans notre article éditorial du mois précédent, il s'agit de vivre selon nos moyens, et l'économie ira s'améliorant.N'essayez pas de régler tous les problèmes, vous n'en êtes pas capables ; nous ne le pouvons pas, personne ne le peut.Soyons prudents, gardons notre bon sens, et organisons la liquidité dans nos Caisses populaires afin d'être en mesure de répondre à toutes les demandes de retraits d'épargne qui pourront se produire. Volume XXVÏI1, n° 10 LA REVUE DES JARDINS 145 La famille et les assurances LES statistiques fédérales et autres indiquent que depuis quelques années les Canadiens s'assurent de plus en plus et que le peuple Canadien est en voie de devenir le peuple qui détient, proportionnellement, le plus gros montant d’assuran-ce-vie.D’après un sommaire publié récemment par la Life Insurance Agency Alanagement Association, les citoyens du Canada, dans le seul mois de juillet dernier, ont acheté des nouvelles polices d’assurance-vie pour un montant de $526,000,000., portant ainsi le montant des nouvelles polices émises depuis le début de 1962 à $3,579,800,000.La question de l’assurance-vie en est une qui a reçu une attention toute particulière par les sociologues de l’université Laval lors de leur enquête sur les conditions de vie de la famille salariée cana-dienne-française.Le rapport final de l’enquête y consacre plusieurs pages qui démontrent que le Québec ne diffère pas tellement du reste du pays dans ce domaine.L’ASSURANCE-VIE, NOUVELLE FORME D’ÉPARGNE Ayant de la difficulté à épargner ou devant diminuer leurs épargnes afin de se procurer des biens ;ugés nécessaires, les familles cherchent à garantir la sécurité que l’épargne leur aurait apporté par les assurances et considèrent les primes payées comme une autre forme d’épargne obligatoire.En effet, au moment de l’enquête, dans 81% des familles, au moins, le père possédait une assurance sur la vie et les enquêteurs observèrent que la proportion des chefs de famille ayant une police d’assurance s’est accrue rapidement depuis une dizaine d’années.Tout semble indiquer que l’assurance sur la vie soit en train de devenir un phénomène -?- universel, tout particulièrement dans le milieu urbain.PLUS EN VILLE QU’EN CAMPAGNE L'analyse des polices d’assurance détenues par les résidents des diverses strates de la population étudiée montre en plus que c’est dans les grandes villes où les assurances sont le plus étendues.En effet, dans les grandes villes, 91% des pères de familles sont assurés et bien que le pourcentage soit plus faible dans le milieu rural, il dénote quand même que la majorité des chefs de familles sont protégés par une police d’assurance-vie.Cette analyse révèle de plus les tendances suivantes : a) Le montant des polices d’assurance-vie du chef de famille est plus élevé à la ville qu’à la campagne ; $5,200.par rapport à $3,500.Le montant des polices de la mère et des enfants ne varie pas d’un milieu de résidence à l’autre à l’exception de la strate des villages défavorisés.b) Un plus grand nombre de chefs de familles et de mères de familles résidant à la ville sont protégés par des polices d’assu-rance-vie.Comparativement aux chefs et mères de famille résidant à la campagne.Près de 9 chefs sur dix sont protégés à la ville tandis que 7 sur 10 seulement le sont à la campagne.Près de 8 mères sur 10 sont protégées à la ville tandis que seulement 5 sur 10 le sont dans le milieu rural.c) La protection accordée aux mères et aux enfants est à peu près la même, soit autour de $900.par personne.Cette protection est approximativement égalé aux frais funéraires en cas de mortalité.Mais elle ne peut nullement défrayer le coût des dépenses médicales si la maladie causant le décès a été assez longue.d) La protection que s’accorde le chef était de $4,550.en moyen- ne, soit la plus élevée de tous les membres de la famille.Il est normal qu’il en soit ainsi parce que c’est lui qui assume les responsabilités de subsistance de la famille.Cette protection demeure quand même insuffisante et permet à peine à la famille de subsister durant une ou deux années après le décès du chef de famille.La police d’assurance-vie du chef assure à la famille une sécurité financière de très courte période.Elle n’apporte donc qu’une solution temporaire et de transition.e) C’est dans la strate des villages déprimés que la situation est la plus précaire, seulement 6 chefs sur 10 et 3 mères de familles sur 10 possèdent des polices d’assurance-vie.Le montant global des polices est très faible lorsqu’on les compare aux autres strates.Le chef a une police se chiffrant à $2,000., alors que la mère en possède une dont la somme moyenne est de $300.Ces villages déprimés sont ceux où les problèmes financiers courants sont les plus grands (donc épargne plus faible) et ceux aussi ou les familles sont les plus mal protégées.DÉSIR D’AUGMENTER LES ASSURANCES Comment le salarié canadien-français voit-il sa situation au point de vue assurance-vie ?Croit-il que sa protection est suffisante, ou croit-il plutôt que c’est une protection à l’échelle de ses possibilités financières ?Valo-rise-t-il suffisamment cette protection pour désirer augmenter le montant des polices d’assurance dans un bref délai ?Voilà autant de question qui ont intéressé les enquêteurs et pour lesquelles ils nous proposent une réponse partielle.En effet, les chefs de famille vivant à la campagne ressentent en plus grand nombre une privation par rapport aux besoins d’assurance que les chefs résidant à la ville.Presque le quart des 146 LA REVUE DESJARDINS Québec, octobre 1962 familles, jugent leurs assurances-vie insuffisantes.C’est à la fois dans les villages déprimés que les assurés sont les moins nombreux et qu’on trouve en plus grand nombre ceux qui désirent augmenter la valeur numérique de leurs polices.Cette insécurité est d’ailleurs partagée par plusieurs familles qui aimeraient augmenter leurs assu- rances mais qui en sont incapables En fait, 56% des familles qui n’ont pas l’intention d'augmenter leurs assurances affirment qu’elles aimeraient le faire mais en sont empêchées faute d’argent.Une forte proportion de ces familles se trouvent dans les villages déprimés.Que 34% des familles jugent que leurs assurances sont suffi- • Monsieur Paul-E.Sénécal, c.a., membre du Conseil de surveillance de la Caisse populaire Côte Saint-Paul, de Montréal, et premier assistant-directeur des finances de la cité de Montréal, vient d’être nommé membre du conseil de l’Institut d’administration publique du Canada pour l’année 1963.Le but de l’Institut, qui groupe les hauts fonctionnaires des gouvernements fédéral, provinciaux, municipaux et des universités, est de favoriser l’étude, le progrès et le développement de l’art et de la science de l’administration publique.santés.Ces familles satisfaites se retrouvent en plus grand nombre dans la strate métropolitaine et en plus petit nombre dans les villages déprimés.Une minorité négligeable, soit 2%, croient que les assurances ne sont pas nécessaires.UNIVERSALISATION DU BESOIN D’ASSURANCES Nous constatons donc d’après le rapport sur l’enquête des conditions de vie de la famille salariée canadienne-française que la grande majorité valorise le besoin d’assurance et, que plus le revenu augmente, plus on a l’intention d’augmenter ses assurances.Nous avons donc là un indice très probant de la tendance à l’universalisation du besoin d’assurances chez les salariés.• - :-• Grand besoin de spiritualité dans notre mouvement.La chaîne sera plus puissante.si les anneaux sont bien souciés MILLE trois cents Caisses populaires .toutes autonomes, mais solidaires .Un million et demi de sociétaires que l’on souhaiterait imbus des mêmes principes de charité chrétienne .Autant de Caisses populaires, autant de chaînons unis les uns aux autres qui serviront à remorquer le peuple canadien-français en panne dans son économie.Cette chaîne tiendra-t-elle le coup, car la masse à mouvoir est lourde ?Faudra que les mailles soient soudées les unes aux autres de façon à ne pas céder, car la moindre rupture pourrait causer de graves ennuis.Or, nous avons voulu que la soudure servant à unir nos anneaux soit fait d’un esprit intense de charité.Les relations entre nos Caisses d’une part, et entre -?- nos dirigeants d’autre part, doivent être ^ordonnées dans la pensée de l’Eglise qui a tant fait dans le passé pour nous .Penser avec amour du prochain ; agir avec amour pour le prochain.Et comme moyen pratique de spiritualiser notre mouvement, au diapason de ses progrès matériels, de (( revertébrer )) notre masse de sociétaires, nous croyons le temps venu de supporter une œuvre spirituelle qui fournira à l’Eglise les prêtres dont elle a besoin pour le règne du Christ dans le monde.Des dirigeants et des sociétaires de Caisses ont fondé les « Amis dursacerdoce )).Etait-ce vraiment nécessaire ?Dans son discours qui marquait la réception du « Prix Duver-nay )), François-Albert Angers déclarait : « la grande question de l’heure n’est plus la considération du rôle de l’économique comme tel, mais bien la finalité de cette phase de libération dans laquelle nous nous engageons avec enthousiasme )).Et l’orateur faisait part de ses craintes de voir le peuple canadien-français oublier ses origines catholiques, à mesure que s’effectuait sa libération sur le plan économique.Pour nous, des Caisses populaires, cette crainte n’existe pas, car, en fondant et en supportant notre propre mouvement social « Les amis du sacerdoce )), nous avons voulu resserrer les liens qui nous unissent à l’Eglise et à nos origines.Notre chaîne sera donc plus puissante, parce que les anneaux seront mieux soudés les uns aux autres par cet élément spirituel.Marcel Caron, propagandiste, Caisse populaire Sacré-Cœur de Montréal. Volume XXVIII, n° 10 LA REVUE DES JARDINS 147 Jubilé d or de la Caisse populaire Saint-Jean-Baptiste de l’isle Verte -?- LA Caisse populaire Saint-Jean-Baptiste de Tlsle Verte célébrait dernièrement le cinquantième anniversaire de sa fondation.Le tout commença par la célébration d'une messe spéciale en reconnaissance envers les pionniers de la Caisse pour se terminer par un grand banquet réunissant un nombre important de sociétaires et plusieurs invités d’honneur dont l’assistant-se-crétaire de la Fédération, M.Paul-Emile Charron, et le président de l’Union régionale de Rimouski, M.le notaire Emile Gagnon.La Caisse populaire de l’Isle Verte est née de l’initiative et du dévouement du curé du temps, M.l’abbé Charles-Alphonse Car-bonneau, et d’un groupe de paroissiens le 28 juillet 1912.Elle est la 45e Caisse populaire fondée dans la province et a l’honneur de compter parmi celles qui furent fondées par le Commandeur Alphonse Desjardins.La Caisse populaire de l’Isle Verte compte aujourd’hui quelques 1,400 sociétaires et un actif de $950,000.Elle est une des institutions les plus importantes de la région.Le conférencier d’honneur, M.Charron, dans son discours d’occasion, a étalé les bienfaits d’une Caisse populaire et illustré la pensée du Commandeur Alphonse Desjardins qui, en 1897, percevant les problèmes de l’usure, concevait l’idée d’un mouvement coopératif en matière d’épargne et de crédit.« Ce que le fondateur a voulu joindre )), dit-il, (( ce sont les deux grandes institutions de notre patrimoine, la famille et la paroisse et les unir sur le plan économique par la fondation d’une institution d’épargne et de crédit.Et l’institution qu’il a fondée en est une à caractère le plus essentiellement démocratique puisque les propriétaires sont également les usagers et les bénéficiaires en même temps.)) M.Charron rappela ensuite aux invités que (( c’est par l’administration de nos propres affaires, un esprit d’épargne et de travail qu’on réussira à former un peuple et à le rendre prospère.Voilà )), a-t-il dit en terminant, « la leçon qui se dégage de la fête d’aujourd’hui où tous remémorent un passé glorieux d’une institution née de la pensée d’un homme pour qui le bien des siens et l’amour de sa patrie étaient choses sacrées.)) Le curé, de la paroisse, M.le chanoine Emile Guimont, tira les conclusions de cette fête et déclara r « que l’Eglise voit dans vos gestes sur le plan économique un point de doctrine )).Il a souhaité que chacun garde le souvenir des œuvres de la paroisse et qu’il les transmette à ceux qui suivront.O A' J- .- ! ! -|*t= 148 LA REVUE DES JARDINS Québec, octobre 1962 Marchons sur nos deux jambes -?- LE succès véritable de toute coopérative est surbordonné, dans une large mesure, aux convictions et à la fidélité de ses membres.Voilà pourquoi l’éducation est universellement reconnue comme l’un des articles de base du crédo coopératif.Chez nous comme ailleurs, cependant, il s’élève parfois des discussions sur le type d’éducation qu’il faille offrir aux sociétaires.Il y a des gens qui soutiennent que, pour recruter et conserver des membres dont le patronage ne se démentira pas, l’important est de leur fournir un service impeccable, des prix compétitifs, une organisation administrée de façon efficace et permettant en fin d’année la remise de ristournes appréciables.I,e meilleur moyen, disent-ils, de démontrer la valeur de la formule coopérative est d’en faire toucher du doigt les heureux résultats.Pour d’autres, l’éducation coopérative ne prend vraiment tout son sens que si elle met l’accent sur les raisons fondamentales pour lesquelles des individus trouvent avantage à s’unir pour régler en commun leurs problèmes.À l’appui d’un tel point de vue, ils notent qu’une foule d’entreprises commerciales ordinaires sont souvent en mesure, sur le plan de l’intérêt immédiat, d’aguicher les coopérateurs et de détourner ceux-ci de leurs propres organisations.Aussi font-ils valoir le fait que les programmes d’éducation coopérative devraient plutôt insister sur la philosophie même du mouvement ; sur les buts ultimes de ce dernier : démocratisation de la propriété et du contrôle dans le domaine économique, substitution de l’idée de service à celle de profit, etc.Les partisans du premier type d’éducation font état de leur sens pratique et considèrent souvent les partisans du deuxième comme des idéalistes et des rêveurs.Ces derniers, par ailleurs, ont tendance à se croire les seuls co- opérateurs en esprit et en vérité, considérant les adeptes de l’autre formule de vilains matérialistes.Un danger à éviter, c’est de se figer sur de telles positions et de s’imaginer qu’elles sont inconciliables.Il faut savoir se rendre compte que ces deux types d’éducation coopérative, loin de s’exclure réciproquement, doivent se rejoindre et se compléter.En somme, l’un aborde la coopération par son élément économique, l’autre par son élément social.Or, ce à quoi il faut tendre, c’est à l’intégration de ces •- LES coopératives du Canada subissent une fois de plus l’assaut des intérêts privés qui demandent que les lois fiscales soient amendées afin de leur faire subir les mêmes taxes que les organisations qui opèrent dans le but de faire des profits.L’Union des coopératives du Canada a qualifié de (( campagne vicieuse )) celle rendue publique dans un article parut le 8 septembre dans le Financial Post et réclamant (( une guerre sans merci )) contre les coopératives que l’on qualifie de (( fraudeurs de taxes ».L’Union des coopératives, dans une déclaration écrite, affirme que les critiques du mouvement coopératif tentent d’induire le public dans l’erreur en disant qu’il faudrait obliger les coopératives à payer de l’impôt sur les profits qu elles font réaliser à leurs membres en leur consentant des rabais.La déclaration poursuit que la campagne semble être une tentative en vue d’isoler les coopératives de la collectivité des affaires et de les reléguer dans un rôle à peine respectable.« On est en train d’induire les Canadiens en erreur relativement deux éléments essentiels tant dans la coopérative elle-même que dans l’esprit et les préoccupations de ceux qui adhèrent.Le pied gauche peut paraître s’opposer au pied droit, mais l’un et l’autre se complètent et sont requis pour maintenir l’homme en équilibre et lui permettre d’avancer.Toutes proportions gardées, on a là l’illustration de ce qui doit être au sein d’une institution coopérative.L.-J.M.(Revue Ensemble, 22 août 1962.) =-• à la source de leurs véritables problèmes lorsqu’on leur montre du doigt le mouvement coopératif qui est organisé par les gens eux-mêmes, non pas pour faire des profits mais pour qu’ils obtiennent des marchandises au prix coûtant », continue le communiqué de l’Union des coopératives.L’article du Financial Post donne aussi des informations sur la fondation d’une organisation appelée Equitable Income Tax Foundation ayant pour but « d’éliminer les avantages fiscaux dont jouissent les coopératives ».L’organisation s’attend à être encouragée par les marchands détaillants et les grossistes mais aussi par les compagnies de produits chimiques, les brasseries, les abattoirs, les gros marchands de grains, les banques, les compagnies de finances, etc.« Les coopératives n’ont certainement pas soulevé cette querelle mais nous pouvons prédire avec assurance qu’elles ne la perdront pas.Les Canadiens sont trop intelligents pour se laisser induire en erreur par des faussetés délibérées », conclut le communiqué défendant les coopératives.On voudrait taxer les coopératives -?- Les premiers administrateurs LE gouverne- de la S.G.F.sont nommés ment provincial a tait connaître à la fin du mois dernier les noms des douze premiers administrateurs de la Société générale de financement de Québec.Ces douze hommes, richent de savoir et d'expérience, sont : M.René Paré, président de la Société des Artisans et président du Conseil d’orientation économique ; M.Jean Champoux, de Québec, président de Laurentide Automobile, Ltée ; M.Paul Desruisseaux, de Sherbrooke, président du journal La Tribune ; M.Charles Dupriez, de Montréal, ex-vice-président de Sage Mines, Ltd.; M.Fernand Girouard, de Montréal, vice-président de la Cie Volcano et vice-président de l’Union internationale des patrons chrétiens ; M.Anso C.McKim, de Montréal, directeur de Consolidated Paper Corp., gouverneur de l’université McGill et membre du Conseil des arts ; Me François Norbert, bâtonnier général de la province et administrateur de la Caisse populaire de Trois-Rivières ; Mv Jacques Parizeau, professeur aux Hautes Etudes commerciales et membre du Conseil du travail ; M.Paul-H.Plamondon, président de l’Action Sociale Catholique ; M.Marcel Pépin, secrétaire général de la Confédération des Syndicats nationaux ; M.Ludger-A.Simard, président de Aîarine Industries et de Sorel Steel Foundation ; M.le sénateur Cyrille Vaillancourt, directeur-gérant de la Fédération des Caisses populaires Desjardins et président de L’Assurance-Vie Desjardins.dans la vie économique et sociale de la famille ; il montre comment les sociétaires peuvent retirer le maximum de services et de bénéfices de leur Caisse ; enfin, il tente de donner aux familles et à tous les sociétaires des conseils appropriés dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin l’activité de leur vie qui peut-être influencée par une pleine participation et l’utilisation des services que leur offre leurs Caisses populaires.Le comité lance donc un appel à tous les dirigeants pour une plus grande distribution de cet important organe de contact avec les sociétaires.Sept Caisses populaires du diocèse de Chicoutimi célébreront 25 ans d’existence L’ANNÉE sociale 1962-63, sera riche en événements remarquables pour l’Union régionale des Caisses populaires Desjardins du diocèse de Chicoutimi.En effet, sept de ses Caisses affiliées célébreront leur vingt-cinquième anniversaire de fondation.Ces Caisses jubilaires sont les suivantes : Saint-Gédéon ; Sainte-Croix ; Saint-Prime ; Saint-Charles-Borromée ; Chambord ; Arvida et Desbiens.Ces Caisses ont grandi à l’ombre du clocher paroissial et font aujourd’hui l’orgueil de leurs sociétaires.L’Union régionale et leur Fédération provinciale leur souhaitent de continuer longtemps encore leur action bienfaisante en participant activement à la stabilisation des familles canadiennes-françaises qui en sont les propriétaires.Le journal « Ma Caisse » LE comité de rédoit rejoindre d,f tio" .du iour?al Ma Laisse se reu- tous les sociétaires nissait dernièrement pour faire le point et élaborer le prochain numéro.Cette petite revue à l’intention des sociétaires a un rôle important à jouer dans les programmes d’éducation du mouvement et devrait, de ce fait, éventuellement rejoindre chaque famille de la paroisse.Cette petite revue peut assurer la continuité des contacts qui sont faits entre les Caisses populaires et leurs sociétaires et le Comité ne peut qu’encourager toutes les Caisses populaires à chercher le meilleur moyen possible de la faire pénétrer régulièrement dans chaque foyer.Par ses courts messages, le journal Ma Caisse fait prévaloir l’importance de la Caisse populaire Les coopératives DEUX réunions de l’Amérique du Nord simultanées ont j ete tenues a Lhi- lance un programme d aide cago et Winni- aux pays sous-développés peg dernièrement par les organisations nationales américaines et canadiennes des coopératives pour lancer un programme conjoint visant à encourager le développement de coopératives dans les pays sous-développés.Aux Etats-Unis, l’organisation nationale des coopératives s’est fixée un objectif de $1,000,000.afin de promouvoir le développement du mouvement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, tandis que la Co-op Union du Canada vient d’entreprendre une campagne pour recueillir au moins 25 cents de chaque famille faisant partie du mouvement au Canada. M.Paul-Emile Charron, assistant secrétaire de la Fédération, assistait récemment à titre de conférencier d’honneur aux célébrations du 50e anniversaire de la Caisse populaire de Saint-Jean-Baptiste de l’Isle-Verte.M.Charron fut remercié par le président de la Caisse, M.Louis-Cyrice Rioux, qui lui présenta au nom de tous les sociétaires une magnifique serviette à voyage.ê NI Une délégation américaine représentant les coopératives d’épargne et de prêts de l’Etat du Michigan vient de passer trois jours à Lévis, afin de mieux se renseigner sur l’esprit qui anime le mouvement Desjardins au Québec.Un des membres de la délégation, M.P.Summers, gérant d’une coopérative paroissiale d’épargne et de crédit à Détroit, tient ici une conversation animée avec le sénateur Vaillancourt.Ils sont entourés par : Marcel-B.Caron, de la Fédération ; M.Cecil Crews, directeur d’éducation pour les coopératives du Michigan ; M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération ; et MM.J.Dublin et R.Haie, les deux autres membres de la délégation.Id H -4 ii >éi ill v si a r>.««J H! > ur- 111! 0iJJ i
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