Québec science, 1 janvier 1993, Février
tilébeC Chirurgie esthétique pour nos routes Icie 1er a lié, radio, vidéo .a révolution umérique u retour ii: la tuberculose % * ;îuve Saint-Laurent : iprixd'une marée noire , * Mfcsilr-'" fj fl ' ¦- kl tr w .' / ¦ ' • , w;.s -’ ?: Volume 31, numéro 5 Février 1993,3,45 S L’ingénieur en télécommunications François Conway, dans le studio de radio numérique de la Maison de Radio-Canada. Actualités I Chroniques 14 Livres et expositions Histoires de science Des pionnières obstinées par Danielle Ouellet Pour faire carrière en sciences au début du siècle quand on était une femme, il fallait avoir la vocation bien accrochée.44 La dimension cachée Le chant des sirènes par Raynald Pepin En plus d’avoir inspiré le radar, l’effet Doppler a changé notre conception de l’univers.5 Tabagisme Miss Nicotine ne désarme pas facilement par Luc Dupont Arrêter de fumer, une simple question de volonté ?C’est faux ! 6 Consommation Le magasinage continue.après la pause publicitaire par Sylvie Dugas Étiquettes électroniques et publicité télévisée en plein supermarché, c’est pour demain.8 Droits de la personne Un brillant physicien victime de discrimination par Claire Chabot Le Conseil national de la recherche du Canada a été trouvé coupable de discrimination raciale.11 Contraception N'y penser qu'à tous les trois mois ! par Suzanne Champoiue Les américaines ont désormais accès à des injections contrace] tives efficaces pendant trois me Brèves par Pedro Rodrigue Les yeux des cellules Les Japonais s'enflammen pour la fusion à froid Déflecteur de comètes Garantie prolongée La pile la plus petite au monde Quand l'armée recrute de : araignées Atomes en cage La stratégie du virus du sida Un vaccin contre la grossesse Brillant, ce photophone ! Des transistors en plastique ?Éditorial Enfin 1995 ! Les taux d’intérêt hésitent, le dollar oscille, personne n’ose aller de l’avant.Une série de mises à pied au Canadien national, on déprime; une mise en chantier chez Bombardier, on ose à peine se réjouir.Notre économie est en crise et on ne trouve guère de réconfort autour de nous : pauvreté en croissance ici, famine là-bas, violence un peu partout.Gagnants ou perdants, les politiciens ne se sont pas encore remis du référendum de l’automne dernier.Chacun attend prudemment et espère.Politicien comme entrepreneur, salarié comme chômeur.Bref, presque tout le monde, sauf.Sauf ceux et celles qui persistent à s’engager, qui croient que l’addition de gestes ici et là finiront par créer cette fameuse reprise qu’on attend trop, comme on attend la lettre — encore un compte — qu’apporte le facteur.Il est vrai que les ressources financières sont rares, mais les talents, l’ingéniosité, la persévérance et l’audace sont là, qui permettent à des entreprises comme TRI0N1Q de Chicoutimi de mettre au point un système de diagnostic pour les télécommunications d’Hydro-Québec, et à SNC-Lavalin d’accroître sa présence en Chine.En toute modestie, mais avec détermination, Québec Science se range du bord de ceux qui bougent.Favoriser l’intégration harmonieuse de la science et de la technologie dans notre culture — c’est là une des « missions » de Québec Science — ne peut que contribuer à l’essor de notre société.Vous avez remarqué que nous avons déjà introduit des changements dans Québec Science afin de le rendre plus intéressant, plus dynamique.Dans ce numéro, nous avons fait un brin de toilette à la mise en page et au logotype.Pas un « lifting », plutôt une cure de jeunesse.Et ce rajeunissement sera au service de l’information que nous présentons dans les dossiers, articles, chroniques, nouvelles.Information utile, pertinente, qui veut répondre au désir de savoir et de comprendre que nous avons tous.Ce mois-ci, c’est la révolution numérique dans les mass médias.Mais aussi, le retour de la tuberculose, les risques de marée noire, les routes en déroute.Communications, santé, environnement, transport.Des secteurs d’activité auxquels la science et la technologie doivent contribuer pour le meilleur, et en évitant le pire.Et le meilleur ne comprend-t-il pas un coup de pouce à la relance économique ?Michel Gauquelin I 2 Québec Science / Février 1993 Sommaire Dossier L'ingénieur en télécommunication François Conway a été photographié pour Québec Science par Laurent Leblanc dans le parc d'antennes de la Maison de Radio-Canada, à Montréal.Les médias de demain La révolution numérique 20 Journaux quotidiens Pas trop vite à l'enterrement ! par Marie-Claude Ducas La mort de l’imprimé, ce n’est pas pour demain.Les journaux utilisent de plus en plus les technologies des télécommunications pour rejoindre leurs lecteurs.21 Télévision de pointe Du cinéma dans votre salon par Stéphane Gagné Des images deux fois plus belles, un grand écran, la télévision de pointe, c’est pour bientôt.r Radio numérique La fin des interférences par Stéphane Gagné On veut faire avec la radio la même chose qu’avec les disques microsillons : changer toutes les normes de qualité.Télévision interactive Le téléviseur à tout faire par Marie-Claude Ducas Le Québec est le seul endroit au monde où le public a accès à la télévision interactive.Bientôt, elle permettra de faire des transactions bancaires.23 Vidéo sur demande Commander des films par téléphone par Benoît Chapdelaine Bientôt, vos vidéos vous arriveront par le fil du téléphone.J* *-» r* * T C Entretien des routes ^ Chirurgie esthétique pour le macadam Pierre D’Amour La technologie est disponible pour donner une cure de rajeunissement à nos routes.Est-ce la fin des nids-de-poule et des ornières ?30 Navigation À quand la marée noire du Saint-Laurent ?par Claire Chabot Tôt ou tard, il faut s’attendre à une marée noire dans le Saint-Laurent.La facture sera salée.35 Tuberculose Le retour de la peste blanche par Claude Mardi et Lyne Fréchet Non la tuberculose n’est pas une maladie du passé.De nouvelles souches du bacille sont apparues et certaines résistent aux médicaments.40 Physique des particules La formule de l'univers par Étienne Denis Expliquer tout l’univers, c’est le modeste objectif d’un réseau international de physiciens ! 42 Fuites d'essence Des microbes qui nettoient les sols contaminés par Yvon Larose Des compagnies pétrolières utilisent les biotechnologies pour nettoyer les sols de leur contamination aux hydrocarbures.Québec Science / Février 1993 3 Les autres métiers de la vulgarisation Dans le numéro spécial du 30e anniversaire(.), l’article intitulé La science pour tout le monde rend compte de façon intéressante de certaines retombées de l’action de Québec Science, notamment sur quelques carrières de journalistes scientifiques.Ce texte, non signé, ne m’apparaît cependant pas fidèle à la réelle contribution du magazine et à ses multiples retombées en matière de diffusion de la science et de la technologie auprès du public.(.) Québec Science a conduit à la création de plusieurs métiers reliés à la vulgarisation et à la communication scientifique.L’influence et le rôle actuels de ces collaborateurs du magazine sont passés totalement sous silence dans le texte.Qui plus est, des pans complets de l’évolution récente de la communication scientifique au Québec ont été relégués aux oubliettes.(.) Des individus tels que Jean-Marc Fleury, Pierre Sormany, Luc Chartrand, André Delisle, François Picard, Félix Maltais, Éric Devlin, Ginette Boucher, Güles Parent, Gilles Drouin et bien d’autres encore peuvent être associés avec fierté au succès et au rayonnement de Québec Science.(.) La mise en place, par d’anciens collaborateurs du magazine, d’entreprises spécialisées de communication scientifique et technique — Média Science en est un exemple convaincant — mérite d’être soulignée.(.) Pour maintenir son rôle de locomotive de la communication scientifique pour les trente prochaines années (.) le magazine Québec Science devra ouvrir ses pages de façon à s’associer les forces vives du milieu et à refléter la diversité des voix qui concourent à la promotion de cette dimension cruciale de la culture représentée par la science et la technologie.(.) Bonne chance pour la nouvelle phase de développement (.).Ginette Beaulieu, Groupe Média Science Prothèses mammaires Les plasticiens protestent Le clergé, le droit, la médecine, le notariat, la politique, le journalisme, la science.comptent tous des moutons noirs dans leurs rangs ! Quatre pour cent (4 %) s’entend-on généralement à dire.Les plasticiens aussi, je l’admettrai, ont leurs 4 %.Que Québec Science endosse un article biaisé présentant 100 % des plasticiens comme des profiteurs sans scrupules, permettez-moi de réagir.Le dossier des implants mammaires a fait couler beaucoup d’encre et a terrifié à peu près toutes les porteuses d’implants et leurs proches.Grâce aux médias et aux scientifiques qui les informent, les femmes ont enfin connu l’heure juste.(.) L’épidémiologie conclut que d’une femme sur dix dans la population normale, le risque statistique de cancer du sein serait augmenté d’une sur 2 millions chez les porteuses.Or, cette femme sur 2 millions n’a encore jamais été identifiée dans la documentation médicale mondiale.Quand il est bien établi et reconnu médicalement qu’un fumeur sur quatre meurt de la cigarette et que l’on continue la vente du tabac, il me répugne de voir les médias terrifier les patientes avec un danger virtuel de cancer relié aux implants.(.) M.Blais est présenté comme une victime de Santé et Bien-être Canada, congédié pour avoir voulu faire éclater la vérité sur la prothèse MEME.Le docteur Ernest Létourneau de Santé et Bien-être Canada a bien démenti publiquement cette prétention en affirmant que ce n’était pas là la raison du congédiement, ce que M.Blais n’a pas contesté par la suite.(.) Quand M.Guidoin [qui n’est ni médecin, ni chirurgien] (.) se permet de déclarer à la télévision canadienne que l’on devrait voir sous peu de nombreux cas de cancer reliés aux prothèses mammaires, il ne s’identifie certainement pas comme un chercheur sérieux respectant le; limites de sa compétence.Mais l’effet choc y est, et la presse le gobe.(„.) Pierre Langlois Ml chirurgien plasticii Un lexique J’ai bien aimé vos articles sur le Biodôme de Montréal.Ils m’ont permis de le découvrir avant ma visite et ils m’ont fait connaître votre magazine.Je désire donc m’abonner pour les deux prochaines années.J’aimerais vous faire une suggestion : un dictionnaire à la toute fin qui pourrait expliquer les termes scientifiques moins usuels que vous employez dans vos articles.André Bretc NDLR : Nous avons suivi votre conseil.Vous constaterez que le articles sur la tuberculose et la télévision de pointe contiennent tous les deux un petit lexique.Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal, Québec H2L2M7 ence CEGEP de Jonquière ADMINISTRATION Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal, Québec, H2L2M7 Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédactrice en chef : Isabelle Montpetit Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Étienne Denis, Jean-Marc Fleury, Félix Maltais, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Claire Chabot, Suzanne Champoux, Benoit Chapdelaine, Pierre Chastenay, Pierre D'Amour, Étienne Denis, Marie-Claude Ducas, Sylvie Dugas, Lyne Fréchet, Stéphane Gagné, Marc Gingras, Yvon Larose, Claude Marcil, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue.Photo de la page couverture : Laurent Leblanc Photographes : Yves Beaulieu, Éve-Lucie Bourque, Laurent Leblanc Illustrateurs : Caroline Mérola, Stéphan Daigle, Yayo PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurset pelliculage électronique : Les ateliers haut registre inc.Impression : Imprimerie Québécor L'Éclaireur COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs Au Canada (taxes incluses) : lan (10 numéros) 34,67$ 2 ans (20 numéros) 59,86$ 3 ans (30 numéros) 89,20$ À l'unité 3,75 $ Groupe (10 ex./même adresse) 31,20$ À l'étranger : lan (10 numéros) 43$ 2ans (20 numéros) 75 $ 3 ans (30 numéros) 105$ À l'unité 4,50 $ Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-3551, poste 2854 Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) Membre de : The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418) 648-2627 ! ' ' 1» 4 Québec Science / Février 1993 itt.4 pis Actualités Tabagisme î Miss Nicotine ne desarme pas facilement IB Arrêter de fumer, une simple question de volonté, l'est faux ! En fait, aucune méthode te fonctionne vraiment bien.>ar Luc Dupont litofeH ! SE tB k #ous essayez désespérément If d’éliminer la cigarette de vo-re vie ?Bonne chance ! Aucune les méthodes pour arrêter de inner n’a un taux de succès supé-ieur à.30 %, selon l’étude sta-istique menée par des cher-:heurs de l’Université de l’Iowa.l’est l’hypnose qui est la plus ef-icace, alors que les méthodes lui font appel à la volonté font liètre figure avec un maigre 6 % le succès.Les techniques « com-linées » (entraînement physique it exercices de respiration, par ixemple) ont un taux de succès le 29 %, l’aversion pour la fumée (on vous souffle votre vieille fumée dans le visage), 25 %, l’acupuncture, 24 %, les substituts tels la gomme de nicotine, 10 %, et les méthodes populaires des livres, 9 %.Les chercheurs ont obtenu ces résultats après avoir fait une combinaison statistique de plus de 600 études couvrant près de 72 000 personnes, et dont l’objectif commun était d’évaluer l’efficacité de divers moyens de lutte contre le tabagisme.Ce type de méta-analyse permet d’éliminer le « bruit de fond » statistique inhérent au faible échantillonnage de chacune des études prises séparément.Le tabagisme cet inconnu À quoi faut-il attribuer ce faible taux de succès général ?« Aucune méthode ne fonctionne à 100 % parce qu’on ne saisit pas encore toutes les composantes du tabagisme », explique M.Ki-reon O’Connor, docteur en psychologie au Centre de recherches Fernand-Seguin à Montréal.On sait depuis quarante ans que la nicotine a un effet direct — de stimulation ou de relaxation — sur le système nerveux central, mais cela n’a pas été suffisant pour développer des moyens vraiment efficaces d’interrompre l’habitude de fumer.C’est pourquoi M.O’Connor et son collègue Robert Langlois cherchent à dépasser le traditionnel modèle théorique qui associe la dépendance au tabac exclusivement à la nicotine.Pour ce faire, les chercheurs ont élargi leur vision du fumeur en se penchant notamment sur sa gestuelle, c’est-à-dire sur tous les micro-mouvements qui accompagnent l’acte de fumer : va-et-vient de la cage thoracique, resserrement des muscles du cou, mouvements du bras.Selon eux, toutes les sensations musculaires liées Vous vouler écraser pour de bon ?Cette méthode américaine vous propose de griller cigarette sur cigarette dans une pièce où tout le monde fait la même chose.Si vous êtes chanceux, vous ferez partie des 25 % pour qui ce genre de méthode fonctionne.au fait de fumer contribuent autant que la nicotine à la relaxation ou à la stimulation qu’on attend du tabac.On devrait donc en tenir compte lorsqu’il s’agit de mettre au point une méthode efficace de lutte.De nombreuses études ont montré que 60 à 90 % des fumeurs nouvellement abstinents « craquent » avant la fin de la première année.Dans 37 % des cas, la rechute est due à des états émotionnels désagréables (colère, frustration); 32 % des autres dérobades sont imputables à des facteurs sociaux tels l’incitation des autres fumeurs.« On doit préparer les fumeurs en conséquence en les aidant à se donner de nouvelles habiletés psychologiques », note Robert Langlois.Et la publicité ?Santé et Bien-être Canada privilégie pour l’instant les approches de masse (campagnes publicitaires, augmentation des taxes) et ne conseille aucune méthode en particulier.Le Ministère a adopté en 1985 une « Stratégie nationale de lutte contre le tabagisme », qui fait une large place à la prévention.Les efforts sont actuellement concentrés sur les adolescentes qui, depuis quelques années, fument plus que les garçons, comme l’a révélé l’enquête Santé-Québec de 1987.Au Québec, les Départements de santé communautaire (DSC) sont aussi actifs dans la lutte contre le tabagisme, de même que le Conseil québécois sur le tabac et la santé, qui regroupe une kyrielle d’organismes non-gouverne-mentaux.Le gouvernement doit bientôt se prononcer sur l’élaboration d’une loi interdisant la vente de cigarettes dans les pharmacies.« Le projet est maintenant sur la table du conseil des ministres », indique M.Yves Archambault, chargé du dossier du tabagisme au ministère de la Santé et des Services sociaux.Mais il est peu probable que l’interdiction de la vente en pharmacie convainque les « accros » de se passer de Miss Nicotine ! • Québec Science / Février 1993 5 Photo : Ponopresse Internationale m.r Consommation Le magasinage continue.après la pause publicitaire La publicité télévisée vous poursuivra peut-être bientôt jusque dans les supermarchés.Un nouveau système d'étiquettes électroniques améliorera la gestion des marchandises tout en diffusant des documents audio-visuels dans les allées des supermarchés.par Sylvie Dugas La nouvelle coqueluche du monde de la publicité, la PLV, ou publicité sur les lieux de vente, vous traque aujourd’hui jusque dans les magasins.La PLV pourrait bientôt profiter d’un nouveau raffinement : le système câblo-diffuseur Zéro Janvier.En affichant les prix sur des étiquettes électroniques, ce système permettra certes au détaillant de bien gérer ses stocks, mais il diffusera aussi des messages télévisés dans les allées du magasin, utilisant le pouvoir de séduction de l’audio-visuel pour vous influencer au moment même où vous achetez.Dans un supermarché, par exemple, des écrans à cristaux liquides miniatures fixés sur les étagères remplacent les étiquettes en papier.On y lit la désignation du produit, son code de marchandise, son prix unitaire, son format et son poids.Une flèche indique où il se trouve et une diode lumineuse clignote près de l’écran, vous annonçant une promotion, une campagne ou un jeu-concours.Dans chaque allée, plusieurs petits moniteurs vidéo et de minuscules haut-parleurs vous bombardent d’annonces publicitaires ou vous renseignent sur l’utilisation d’un article.Le fonctionnement est simple.Dans les allées, les afficheurs et les téléviseurs sont verrouillés sur un rail électronique où court un fil à quatre brins semblable au fil téléphonique.Connecté à l’ordinateur personnel du magasin, lequel est relié à son tour au réseau informatique interactif de la chaîne de distribution, ce fil transporte à la fois des informations provenant de banques de données et des signaux audiovidéo qui proviennent d’un magnétoscope ou d’un vidéo-disque installé dans le magasin.Le fil peut aussi transmettre des émissions télévisées acheminées par Actualités le câble.En tout, le système peut aiguiller huit sources vidéo et deux sources audio.Plus d'étiquettes en papier Avec ce système, les étiquettes deviennent interactives.L’ensemble fonctionne comme un système postal dont le centre de tri se trouve dans l’ordinateur de la chaîne distributrice.L’ordinateur du détaillant sert de facteur et sa tournée consiste à acheminer les informations à l’étiquette électronique, codée comme une boîte postale.Le système permet aux commerçants d’effectuer, à partir de l’ordinateur, 5 000 mises à jour de prix en moins de huit minutes.Le réseau, qui peut gérer plus de 32 000 étiquettes, régit aussi le stock entreposé, ce qui lui permet de prendre en charge les inventaires et les commandes.En dirigeant une télécommande vers l’étiquette, le responsable d’un rayon peut ainsi connaître la disponibilité d’un article.L’étiquette Zéro Janvier est déjà utilisée dans quelques pays d’Europe et en Nouvelle-Zélande.Les revenus tirés des publicités diffusées inciteront sans doute les commerçants d’ici à installer le câblo-diffuseur.Mais avant, il faudra modifier la Loi québécoise sur l’étiquetage, qui les oblige à coller l’étiquette sur le produit.Ce système de communication sur les points de vente a été conçu par le Français Gérard Fabary, d’Alexgen, et élaboré à Sherbrooke grâce à l’apport de la société de micro-électronique industrielle de Sherbrooke et de la société CMAC.• ma ' ç - : :: - 4 ' •A • '-"’s J 1 m fui * .iisy fi! kà: Les yeux des cellules Le professeur Guenter Albrecht-Buehler, de l'Université Northwestern de Chicago, croit que certaines de nos cellules possèdent des « yeux » capables de percevoir la lumière infra-rouge et même peut-être d'en distinguer la polarisation.Ce chercheur a réalisé une curieuse expérience.D'un côté d'une plaque de verre très mince, il a disposé un échantillon tissulaire de hamster.Les cellules de ces tissus ont une forme allongée et sont toutes orientées parallèlement les unes aux autres.De l'autre côté de la vitre, le biologiste a placé des cellules de la même espèce, mais séparées les unes des autres et orientées au hasard.Sept heures plus tard, les trois-quarts de ces cellules avaient modifié leur orientation et formaient maintenant, avec les cellules de l'échantillon, un angle compris entre 45° et 90°, imitant ainsi la formation des tissus naturels dans lesquels les couches voisines de cellules s'entrecroisent pour donner à l'ensemble plus de solidité.Comment les cellules avaient-elles perçu l'orientation de leurs voisines à travers la vitre ?Pour le savoir, le biologiste répéta l'expérience, mais en recouvrant cette fois la vitre d’un enduit opaque.Ainsi qu'il l'avait prévu, les cellules, cette fois, ne changèrent pas d'orientation.Il recouvrit alors la vitre d'un enduit ne laissant passer que la lumière infra-rouge.Les cellules s'entrecroisèrent à nouveau.Les cellules auraient-elles perçu la chaleur transportée par la lumière infro-rouge plutôt que la lumière elle-même ?Selon les calculs du chercheur, la température des cellules n'aurait dû augmenter que de 0,00001 °C, ce qui est négligeable par rapport aux autres sources de chaleur qui auraient pu influencer l'expérience.Les cellules semblent donc vraiment « voir » la lumière infrarouge.Mais qu'est-ce qui peut bien leur servir d'yeux ?Le professeur Albrecht-Buehler croit que ce sont des organites jumeaux, appelés centrioles, qui sont situés en bordure du noyau de la cellule, dans une région connue sous le nom de centrosome.• 6 Québec Science / Février 1993 'A ELEMENT CLE DU DÉVELOPPEMENT DES Par les actions que posent directement ses spécialistes, mais surtout par le rôle de catalyseur et de pivot qu'il joue auprès de différents partenaires à l'intérieur de ses divers programmes, Transports Québec reconnaît que la solution à plusieurs des problèmes auxquels nous devons collectivement faire face passe par la recherche et l'innovation.Pour stimuler, soutenir et coordonner cette recherche.Transports Québec a mis en place plusieurs programmes d'aide visant des catégories précises de chercheurs.Chercheurs en entreprises • Programme d'aide à la recherche et au développement en transport (PARDT); • Volet recherche de l'Entente auxiliaire Canada-Québec sur le développement des transports; • Recherche à contrat.Organismes de transport • Subventions à des projets spécifiques.Etudiants «Bourses d'études en transport.Chercheurs universitaires • Action concertée de soutien à la recherche en sécurité routière; • Action concertée sur le transport des marchandises; • Programme de subvention à la recherche universitaire sur l'entretien et la réfection du réseau routier; • Recherche à contrat.Pour plus de renseignements, nous vous invitons à communiquer avec la Direction de la recherche et de l'innovation de Transports Québec au (418) 643-6353 à Québec, et au (314) 873-4266 à Montréal.ON VA DE L'AVANT Transports Québec Québec sî Droits de la personne Un brillant physicien victime de discrimination Impartiaux et rigoureux, les milieux scientifiques ?Sans frontière, la science ?Pas toujours.Le Conseil national de la recherche du Canada a été trouvé coupable de racisme par le Tribunal canadien des droits de la personne.par Claire Chabot C hander P.Grover est un physicien canadien d’origine indienne qui jouit d’une réputation internationale dans le domaine de l’optique.Depuis son arrivée en 1981, ses travaux en ont fait le spécialiste en optique de la Division de physique du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) à Ottawa.En 1985, il participe à la création de l’Institut national d’optique (INO), une corporation privée de recherche située à Québec.Il y est directeur adjoint intérimaire et chef de section de deux équipes de recherche, tout en continuant à diriger ses travaux personnels au CNRC.Impressionné par le travail de M.Grover, le directeur général de l’INO lui offre le poste de directeur scientifique.Le chercheur refuse, préférant poursuivre ses activités au CNRC.C’est alors que commencent ses ennuis.À son retour à temps plein au CNRC, le physicien s’attendait à être nommé chef de section et à diriger une équipe de recherche au sein de la Division de physique.Au contraire, une réorganisation des postes dissout son équipe, dont les membres sont affectés aux services de ses collègues.Le directeur de la division de physique, M.Laubitz, lui ordonne de ne plus entrer en contact avec l’INO.M.Grover se retrouve sans budget de recherches, sans description de tâche, sans laboratoire ni quelque mandat pour faire de la recherche.On lui refuse le droit d’accueillir des chercheurs étrangers, même ceux dont le salaire est défrayé par leur pays d’origine ! Il s’ensuit 8 Québec Science / Février 1993 une série de gestes mesquins qui visent à mettre les bâtons dans les roues du physicien pour l’empêcher de poursuivre sa carrière.Après plusieurs tentatives infructueuses pour régler sa situation, M.Grover dépose un grief qui, entendu par ceux-là même qui lui font obstacle, est rejeté cavalièrement.Le chercheur prend rendez-vous avec la conseillère des droits de la personne qui l’incite à se confier.Cette conseillère deviendra la représentante du CNRC, dossier confidentiel en mains, lorsque M.Grover déposera d’autres griefs.Jusqu’en 1990, le physicien se bat contre sa situation devenue intolérable.Il continue d’être invité à collaborer avec des entreprises et des universités du Japon et d’ailleurs.À cause de tracasseries administratives, il ne peut répondre à ces invitations de façon satisfaisante.Nommé fellow de YOptical Society of America, une récompense décernée à quelques membres qui se sont hautement distingués dans le domaine, il est invité à donner une communication lors du prochain congrès de la société.Quelques jours avant son départ, le CNRC refuse de lui payer son billet d’avion, seule dépense non remboursée par les organisateurs du congrès.Le Tribunal canadien des droits de la personne a rendu sa décision le 21 août dernier, après avoir entendu de nombreux témoignages.Le verdict : le CNRC est coupable de discrimination raciale.Il doit faire parvenir des lettres d’excuse à M.Grover, ainsi qu’à YOptical Society of America.Le centre de recherches doit s’en- *.*'4 Je veux profiter de votre offre spéciale d'introduction.Faites-moi porvenir les 5 prochains numém du GUIDE RESSOURCES pour 11,49$ (9,95 $ + TPS + TVQ) Je paie par: ?Visa ?MasterCard ?Chèque inclus (à l'ordre du Guide Ressources) ?Fadurez-moi lai *Ï3ï numéro de carte date d'expiration.signature nom, prénom code postal .Téléphone S50 Jk La stratégie du virus du sida Entre le moment où une personne devient séropositive et celui où elle commence à manifester les symptômes du sida, il peut s’écouler plusieurs années.Que fabrique le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) durant tout ce temps ?Comme on ne peut détecter le virus dans le sang du patient, certains spécialistes parlent de rémission.Le docteur Anthony Fauci, de l'Institut national de la santé (NIH) des États-Unis, n'est pas de cet avis.Il croit plutôt que le VIH profite de cette phase de latence pour détruire des éléments importants du système immunitaire.Il a en effet remarqué que des millions de particules virales envahissent les ganglions lymphatiques du patient dès le début de l'infection.Ces ganglions constituent les plaques tournantes du système immunitaire car c'est là que convergent les divers types de globules blancs pour s'échanger les informations qui leur permettent de reconnaître les envahisseurs.Les ganglions finissent par succomber à l'attaque du virus et deviennent incapables de remplir efficacement leur rôle stratégique.Ce n'est qu'à partir de ce moment que le VIH se répand librement dans le sang.On dirait donc que le virus, avant de déclencher l'offensive finale, prend le temps de saboter le « central téléphonique » de l'ennemi pour s'assurer que les globules blancs ne sont plus en mesure de recevoir correctement leurs ordres.Dans une seconde expérience fort révélatrice, l'équipe du NIH a transmis le VIH à une souris transgénique munie d'un thymus humain.Le thymus joue un rôle très important dans le système immunitaire.Il constitue l’« école » où les jeunes lymphocytes T, une catégorie de globules blancs, apprennent le rôle qu'ils auront à jouer.Lorsqu'ils injectaient le virus directement dans le thymus, les chercheurs ont remarqué qu'il s'attaquait avec frénésie aux cellules épithéliales de la glande, au point de la cribler de trous.Ces cellules sont pourtant dépourvues des récepteurs protéiques dont le VIH a normalement besoin pour s'accrocher à son hôte.• i-4 f I Le photophone de Graham Bell, version 1992.Brillant, ce photophone ! Après avoir inventé le téléphone, Alexander Graham Bell eut l'idée lumineuse — c'est le cas de le dire ! — d'utiliser la lumière pour transmettre la communication.Hélas, faute de laser, de fibre optique et autre quincaillerie qui n'existaient pas à l'époque, le photophone — c'était le nom de cette invention ne dépassa jamais l'étape d'un plan dessiné à la sauvette.Attirés par le défi de donner vie à cette idée du célèbre inventeur, des chercheurs de l'Institut national d'optique, avec la collaboration d'un scientifique du Centre de recherche pour la défense de Val Cartier, près de Québec, on construit un prototype de ce fameux photophone.D'une technologie dont le niveau ne dépasse pas les moyens d'un honnête bricoleur, l'appareil fonctionne à merveille.Une lampe de poche éclaire une membrane métallique qui réfléchit la lumière.Lorsque des ondes sonores le font vibrer, ce « miroir » se déforme.Il devient alternativement concave et convexe.Il ne réfléchit donc pas la lumière toujours de la même manière : dans le premier cas, il la concentre, dans le deuxième, il la disperse.Le récepteur, constitué par une cellule photo-électrique, capte donc un faisceau lumineux dont I intensité varie au rythme des vibrations sonores reçues par l'émetteur.La cellule produit un courant électrique qu'il suffit alors d'amplifier pour actionner un haut-parleur.• Un vaccin contre la grossesse Dès qu'un ovule a été fertilisé, il commence à se diviser.La moitié des cellules issues des premières divisions formeront le fœtus, tandis que l'autre moitié deviendront des trophoblastes, qui produiront le placenta, grâce auquel l'embryon pourra se fixer à la paroi de l'utérus.Or, il existe des anticorps naturels qui, en accaparant certains récepteurs protéiques des trophoblastes, empêchent parfois le fœtus de s'attacher au placenta, ce qui conduit invariablement à une fausse couche.Ce phénomène a donné une idée de génie à des biologistes de l'Université d'Oxford.S'ils parvenaient à fabriquer ces anticorps, ils obtiendraient l'arme anticonceptionnelle absolue : un vaccin contre la grossesse.Un tel vaccin empêcherait l'embryon de se fixer au placenta et pourrait même amener le système immunitaire de la mère à détruire l'ovule dès qu'il est fertilisé.L'Université d'Oxford, qui a déjà fait breveter ces anticorps et leurs étonnantes possibilités, n'a plus que deux ou trois petits détails à régler avant de pouvoir mettre ce vaccin sur le marché.Comment l'administre-ra-t-on ?Combien de temps sera-t-il efficace ?Et surtout : comment saura-t-on qu'il ne l'est plus ?• Des transistors en plastique ?L'un des attributs des métaux est de conduire l'électricité.À ce compte-là, deux polymères fabriqués par des chimistes néerlandais sont, techniquement, des métaux.Il s'agit en fait de co-polymè-res formés d'une alternance de molécules organiques, les unes capables de donner un électron, les autres de le recevoir.Lorsque l'on applique une différence de potentiel entre les extrémités d'un ruban fabriqué avec ces polymères, un minuscule courant électrique apparaît.Leur très faible conductivité — 10" fois moindre que celle du cuivre — fait d'ailleurs de ces composés des semi-conducteurs plutôt que de véritables conducteurs.Les chercheurs ont de plus remarqué que la conductivité de l'une des deux substances, appelée po-lycroconaïne, peut être multipliée par 100 000 lorsqu'on y ajoute un peu d'iode.• Québec Science / Février 1993 13 Livres AUTANT DE FAÇONS D’ANIMER LA SCIENCE R(f(ITOIRf OfS PRODUITS D( CUITURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE mmmm Québec:: Culture scientifique Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science Autant de façons d'animer la science Une série de fiches qui répertorie 50 produits de culture scientifique et technique subventionnés par le MESS : musées, publications, documents audio-visuels, matériel d’animation, etc.On peut se procurer le répertoire en s’adressant au : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science Direction du développement scientifique 1000, route de l’Église, 5e étage Sainte-Foy (Québec) GIV 3V9 d'astronomie de Montréal .ANNUAIRE ASTRONOMIQUE LE CIEL*.1993 Guide du ciel Société d'astronomie de Montréal Annuaire astronomique.Le ciel 1993 Jean-Pierre Urbain, éditeur, 1992, 176 pages, 14,95$.Pour l’année 1993 au Québec : les heures de lever du Soleil, les positions des étoiles, des astéroïdes, des planètes et de leurs satellites, les nuages d’étoiles filantes, etc.Des cartes des fuseaux horaires, de la Lune, de Mars, etc.Un guide précieux pour les astronomes amateurs et professionnels.Nouvelle collection chez VLB La collection « Science et conscience » rassemble des ouvrages qui suscitent la réflexion en faisant le lien entre les sciences humaines et les sciences naturelles.Un titre est déjà paru : Les défis économiques du désarmement.Vers la reconversion des économies militaires, par Yves Bélanger, Nicole Desbiens et Pierre Fournier.Yves Bélanger Nicole Desbiens Pierre Fournier ?1b éditeur des ressources en information : bibliothèques publiques, universitaires ou collégiales, centres d’archives, dictionnaires, encyclopédies, répertoires, annuaires, atlas, cartes, banques de données, films, vidéos.Rédigé dans un style direct et concis, ce livre réserve une surprise : il est amusant à lire, grâce aux anecdotes historiques dont il est truffé.Par exemple, on trouvait dans une en cyclopédie anglaise de 1768 : « Woman : female of man.See Man.» On apprend aussi que le premier répertoire téléphonique au Canada ne comportait pas de numéros de téléphone, mais seulement le nom des gens importants qui possédaient un appareil, et que la centaine de livres de l’une des plus importantes bibliothèques du Moyen-âge sont toujours soigneusement attachés au mur de la cathédrale d’Here-ford au nord de Londres.Adresses, numéros de téléphones et trucs utües simplifieront la tâclr de tout chercheur, étudiant ou journaliste, qui veut éviter de se perdre dans le labyrinthe des lieux et des outils de référence.En conclusion, les auteurs proposent un plan d’action en cinq étapes.Comme Hercule Poirot l’a plus d’une fois démontré, réfléchir avant de chercher des indices économise temps et énergie.Danielle Quelle Exposition Nomades Vivre sous la tente à l'aube du 21e siècle Une exposition qui fait connaître l’organisation familiale, sociale, politique et économique de cinq peuples nomades : les Sâmi de Norvège, les Touareg du Sahara, les Wodaabe du centre de l’Afrique, les Kazakh du Kazakhstan (autrefois en URSS), et les Innu du Québec.L’exposition veut illustrer l’influence des nouvelles technologies sur ces peuples, parfois au détriment de leur mode de vie traditionnel.Au Musée de la civilisation à Québec, jusqu’en novembre 1993.• Claude March et Robert Chiasson COMMENT CHERCHER Les secrets de la recherche de l’information multi mondes l.°cojMBvm3R Tout trouver Claude Mardi et Robert Chiasson Comment chercher.Les secrets de la recherche de l'information Éditions Multimondes/ Documentor, Québec, 1992, 186 pages, 22,95 $.Comment chercher sans se fatiguer ?Une question simple qui peut donner des maux de tête lorsqu’il s’agit de trouver, de but en blanc, la date de naissance de Félix Leclerc, les détails de l’immigration irlandaise au Québec ou le spécialiste mondial des tortues de mer.Comment chercher est un guide accessible qui fournit une synthèse impressionnante 14 Québec Science / Février 1993 Les médias de demain i Si les ingénieurs arrivent un jour à coder numériquement l'information nécessaire pour matérialiser une pizza, ils parviendront sans doute à vous l'envoyer par le fil du téléphone ! Bien sûr, j'exagère.Mais la lecture des articles de ce dossier sur les nouveaux média vous convaincra de l'imminence de la révolution numérique.Prenez la radio.Actuellement, le son est codé en modulant une onde porteuse (la fréquence que vous syntonisez sur votre récepteur).En radio MA, c'est l'amplitude (la hauteur) des ondes qui varie, alors qu'en radio MF, on module la fréquence autour de la fréquence porteuse.Les transmissions en MA et MF ont toutes les deux leur cortège de problèmes : interférence, dédoublement du son, réception mobile difficile, etc.Or on sait maintenant coder numériquement le son produit en studio, c'est-à-dire qu'on transforme les ondes sonores en code binaire, comme le fait mon ordinateur avec le texte que je suis en train d'écrire.Le son ainsi codé puis comprimé voyage sans altération et à la réception, il est aussi pur que celui d'un disque compact au laser.On fait la même chose avec les images de la télévision, ce qui a donné naissance à la télévision de pointe, la petite sœur de la télévision à haute définition, réservée aux studios.Mais la vraie révolution numérique, c'est que toutes ces informations sont désormais compatibles.Les données informatisées, la radio, la télévision, les journaux, les films et les conversations téléphoniques voyagent simultanément dans le même fil ou par le même satellite.Il ne reste plus qu'à harmoniser la loi pour permettre aux compagnies téléphoniques et aux câblodistributeur de diffuser les mêmes informations.Isabelle Montpetit Photo : Laurent Leblanc Radio numérique m Une radio sans interférences Des expérience sont en cours : on veut convertir la radio à la technologie numérique.Comme pour les disques compacts, la qualité du son radiophonique sera grandement améliorée.Dans ce domaine, le Canada est à l'avant-garde.Par Stéphane Gagné ¦ sè! Votre radio sera sans doute bientôt démodée.Comme on l’a fait avec les disques compacts au laser, on veut chambarder toutes les normes de qualité de la radio.On vous promet un son radiophonique clair, riche et sans interférence, avec la technologie numérique, qui codera l’information comme en informatique.Les récepteurs actuels prendront le chemin du musée.ou du bac de récupération, au grand plaisir des marchands d’appareils électroniques.Cette nouvelle technologie s’implante rapidement.Au Canada du moins.Dès cette année, des stations de radio expérimentales commenceront à diffuser en numérique dans certains grands centres urbains du pays.« Le Canada est à l’avant-garde de l’implantation du service et du développement des antennes.Des manufacturiers canadiens ont déjà fabriqué des émetteurs adaptés au numérique », dit François Conway, ingénieur principal en spectre de radiodiffusion au Service de la transmission et de la distribution à Radio-Canada.Le pays est cependant plus faible dans le développement d’équipements de production, qui devront être importés d’Europe.En production numérique, le chef de file est Radio-Canada.La Société d’État possède déjà certains équipements numériques, et a commencé à former des techniciens.À Montréal, son studio 14 est entièrement équipé d’appareils numériques.À l’avenir, tous les studios d’enregistrement de Toronto seront numériques.Mais les radiodiffuseurs privés n’ont pas emboîté le pas.Radiomutuel, par exemple, en est encore à envisager l’acquisition d’équipement de production numérique, constate Michel Arpin, président pour le Québec du Comité national de coordination sur la radio numérique.« Le remplacement des équipements de production est inévitable puisqu’il entraîne- 16 Québec Science / Février 1993 La société Radio-Canada est à l'avant-garde en production numérique et l'ingénieur François Conway participe à l'implantation du système à grande échelle.Le studio 14 de la Maison de Radio-Canada, dont on voit une partie sur la photo, est entièrement équipé d'appareils numériques.ra des économies pour les diffuseurs et une plus grande satisfaction pour l’auditoire », croit M.Arpin.Une fois la technologie numérique bien implantée dans la production, son introduction en transmission sera facile, d’après Suzanne Lamarre, ingénieure à Radio-Canada.La fin des interférences La radio numérique éliminera les bandes MA et MF, mieux connues sous leurs noms anglais de radio AM et FM.C’est une bénédiction pour les radiodiffuseurs, qui doivent vivre avec les nombreux problèmes de transmission en MA (modulation d’amplitude) et en MF (modulation de fréquences).La bande MA est par exemple très sensible aux interférences élec- tromagnétiques causées par les appareils électriques et les lignes de transport d’énergie.De plus, chaque statioi n’a droit qu’à une bande étroite (0 à 5 KHZ), ce qui entraîne la perte des fréquences aiguës et une détérioration di la qualité du son.La transmission en bande MA est en core pire la nuit, après le coucher du soleil.Les fréquences diffusées sont alors réfléchies au lieu d’être absorbées par les couches de l’ionosphère.Ce phénomène augmente leur propaga tion et cause des problèmes d’interférences avec d’autres stations aussi éloi gnées qu’au Mexique.Pour respecter 1< territoire de chacun, les diffuseurs doivent donc réduire leur puissance d’émission durant la nuit, au risque de perdre une partie de leur clientèle.« Plusieurs diffuseurs MA ont résolui ces problèmes en passant à la bande MF », raconte Mme Lamarre.Mais le signal MF se heurte aux nombreux obs tacles présents sur son parcours, comme les édifices et les montagnes.Cela entraîne une importante détérioration de la qualité du son.En réception mobile, dans une auto par exemple, le phénomène est amplifié.Ces problèmes de diffusion des bandes MA et MF ne permettaient plus aux radiodiffuseurs de rivaliser avec la qualité sonore du disque compact.« Lorsque vous êtes en automobile et qu’il n’est plus possible de capter votre station de radio préférée à cause des interférences, vous mettez un disque compact dans votre lecteur au laser et vous obtenez un son pur, sans parasite », dit Suzanne Lamarre.Le disque compact (et la bonne vieille cassette) font ainsi perdre des revenus publicitaires aux stations de radio.La radio numérique, qui fournit un son de grande qualité, réglera ce problème.De plus, les radiodiffuseurs réaliseront des économies d’écheUe.Une antenne de 1,1 kW peut diffuser 9 stations de radio stéréo en nu- ll aérique.En radio stéréo sur la bande MF, ! kW sont nécessaires pour une seule station ! !ix ou huit stations numériques pourront donc e partager le même émetteur.î'ici 1996.le processus d’implantation de la radio nu-nérique est déjà commencé.Les premières lémonstrations publiques remontent à 1988.Deux ans plus tard, on expérimentait cette echnologie au Canada : 3000 personnes se j font baladées dans Ottawa, Toronto, Mon-i |réal et Vancouver à bord d’un autobus équi-)é d’un récepteur numérique.À Montréal, la jortion du trajet à l’intérieur du tunnel Ville-darie allait en surprendre plusieurs.Durant es 3 km de la traversée, la qualité de la réception est demeurée excellente ! Les habi-iués de cette autoroute savent qu’en MA ou MF, on n’y entend rien ! La fréquence porteuse (1 452 à 1 492 sp jWHZ), choisie en 1992 lors de la Conférence letaJ Idministrative mondiale sur les radiocommu-(ÉE lications (CAMR), permet d’utiliser autant e(|! les émetteurs terrestres que des satellites.« Il fallait choisir une fréquence pas trop encombrée par d’autres diffuseurs de façon à pouvoir transmettre à l’aide de ces deux supports de communication », dit François Conway.Les satellites seront importants.« Les régions éloignées auront ainsi la même qualité de réception que les régions urbaines », explique-t-il.Partout au pays, le satellite permettra de recevoir des émissions nationales et internationales.Mais tout cela ne se fera pas du jour au lendemain.La période de transition vers le numérique devrait s’étaler sur 20 ans.Car pour les radiodiffuseurs, l’adoption de cette technologie suppose l’achat de nouveaux appareils d’enregistrement et d’antennes.Comme auditeur, vous devrez aussi changer vos radios.L’industrie radiophonique vous en laissera le temps, car la diffusion devrait se faire simultanément en analogique et en numérique tout au long de la période de transition.Entre temps, les expériences doivent se poursuivre.Depuis décembre 1992, une première station d’essai, dans la région de Toron- to-Barrie, teste différents aspects de la transmission en numérique.À la fin de cette année, des stations de radio semi-permanentes ouvriront dans les grands centres urbains du pays.Des récepteurs numériques seront distribués à une centaine de personnes qui pourront ainsi évaluer subjectivement différents paramètres, dont la qualité de la réception.« Ces stations seront les premières au monde à émettre en numérique sur la gamme de fréquences de 1452 à 1492 MHZ », remarque M.Conway.L’objectif ultime de ce plan : le remplacement de toutes les stations MA et MF par la radio numérique.Ainsi, vers 1996, la radio numérique devrait être implantée dans certaines régions urbaines du Canada par l’intermédiaire d’émetteurs terrestres.Après l’an 2 000, les régions éloignées devraient, à leur tour, être couvertes grâce à un nouveau satellite.Le Canada sera alors l’un des premiers pays au monde dont le territoire sera entièrement couvert d’ondes numériques.Dans une trentaine d’années, la radio analogique que nous connaissons n’existera plus.• La technologie de la radio numérique iestf H 11 .ai tel- Comment transformer en code numérique la voix de l'animateur de radio qui vous réveille tous les matins ?Et comment votre nouvelle radio numérique interprétera-t-elle ces codes ?iln ¦ ^ La métamorphose débute dans le studio.Le son de la voix de I l'animateur est d'abord transformé en signal électrique (appelé analogique), comme cela se fait actuellement.Puis ce signal est codé.Le premier encodeur découpe le son rbi en tranches, à intervalles de temps extrêmement brefs, pour le reconstituer le plus fidèlement possible.On obtient ainsi 48 000 échantillons de son par seconde.Un convertisseur analogique-numérique transforme chacun de ces 48 000 échantillons en 16 codes numériques binaires appelés KS « bits ».À la fin de ce processus, la voix a été transformée en 768 000 bits par seconde.La station de radio ne peut pas transmettre toute cette information.Le débit doit donc être réduit à 128 000 bits par seconde.Micro Signal analogique Encodeur numérique O 0II0I0I0II000 I0II0I000II10I ¦IIII0I0III00I0I I000I0I1I00I0 000II0I0II0III 768 OOO bits par seconde ¦4M/V .M.Mil,l.hl,1.1 I O Signal analogique ©Récepteur numérique i p \p i P lè *ï / Pour ce faire, on emploie un dispositif de compression de données appelé MUSICAM {Masking pattern adapted Universal Sub-band Integrated Coding and Multiplexing).Cet appareil élimine tous les sons imperceptibles à l'oreille, comme les fréquences trop aiguës.Même s'il ne reste que 16 % des données initiales à la sortie du MUSICAM, le son demeure excellent.4Ce son « dégraissé » passe ensuite dans un dernier encodeur appelé COFDM {Coded Orthogonal Frequency Division Multiplex).Cet appareil minimise les erreurs de transmission, élimine les problèmes de trajets multiples et crée une redondance du signal pour augmenter les chances qu'il arrive correctement à destination.5 Ce son est enfin acheminé à l'émetteur, qui transmet le signal à votre radio.6 Là, une série de décodeurs et de convertisseurs transforme le signal numérique en son, un peu comme le fait une chaîne stéréo munie d'un lecteur de disque compact.Les promoteurs de la radio numérique vous promettent alors un nouveau bonheur auditif ! 0II0I010II Musicam | CODFM IHIOIOIIIO 128 OOO bits par seconde Amplificateur émetteur Sur la bande 1452 à 1942 MHz Antenne O Signal numérique codé et modulé Québec Science / Février 1993 17 Photos : Vidéotron Télévision interactive Le téléviseur à tout faire « Les Japonais nous jalousent », damait la publicité.C'est beaucoup dire, mais le Québec est quand même le seul endroit au monde où le public a accès à la télévision interactive.En fait, la télévision est devenue la porte d'entrée pour accéder à des banques de données, des messageries, et bientôt des transactions de toutes sortes.Vous arrivez trop tard pour les informations de 18 heures, et vous avez oublié de les enregistrer sur votre magnétoscope ce matin ?Qu’à cela ne tienne.À19 ou 20 h, vous n’avez qu’à « pitonner » sur votre télécommande pour voir le bulletin de 18 heures, au lieu de suivre la programmation régulière de votre chaîne.Vous voulez en savoir plus sur les prévisions de la météo ?Lorsqu’on vous le propose à l’écran, votre télécommande vous donne accès à un bulletin plus détaillé.Deux ans après sa mise en marché, Vidéo-way, l’ordinateur qui donne accès à la télévision interactive, compte 180 000 abonnés au Québec.Et 79% de ces abonnés utilisent toujours ou souvent la version interactive d’une émission lorsqu’elle est disponible, selon une étude du Laboratoire de recherche sur les nouvelles technologies, une division du Groupe de recherche sur les jeunes et les médias (GRJM) du département de communications de l’Univers i té de Montréal.« Le système a très vite commencé à s’inscrire dans les habitudes quotidiennes des abonnés », dit André H.Caron, directeur du GRJM.La quintessence du câble Impossible de parler de télévision interactive sans parler du câble, et surtout sans parler de la stratégie du plus important câblodistribu-teur au Québec, Vidéotron.Au début des années 1980, le câble s’implantait dans un nombre grandissant de foyers québécois.Le président de Vidéotron, André Chagnon, a voulu exploiter le câble pour acheminer autre chose que des émissions de télévision classiques.Le câble servirait de véhicule pour transmettre des listes de produits et de services à vendre, pour donner accès à des banques de données, etc.Et quand Vidéotron est devenu propriétaire de la station de télévison Télé-Métropole en 1987, ü est devenu possible de faire des expériences avec la programmation.Le concept de Vidéoway a alors émergé : un ordinateur qui gère le téléviseur et tous les services qui y sont rattachés.« Plutôt que d’empiler des boîtes, on a développé un ordinateur qui intègre le câblosélecteur, le décodeur de télévision payante, \e pay per view (films sur demande), la télématique, le télétexte, la par Marie-Claude Ducas LES JAPONAIS NOUS -7 JALOUSENT k X VIDÉ0UUAV LA PREMIÈRE TÉLÉ INTERACTIVE AU MONDE 50% sùïïiïs l MOIS Miïfë „,L lOSl ’ «Ole Vidéotron Le Québec est le seul endroit au monde où le public a accès à la télévision interactive.Vi-déoway a misé là-dessus pour sa publicité.télévision interactive, etc., expliquait André Chagnon il y a deux ans, avant le lancement de Vidéoway.Pour tout cela, les gens se servent du téléviseur qu’ils ont déjà, et d’un clavier qui ressemble à leur télécommande.» En somme, André Chagnon faisait le pari qu’il réussirait là où, au Québec, des terminaux télématiques (reliés au téléphone) comme Alex ou Minitel étaient en train d’échouer.« Les gens ont beaucoup de réticence à adopter une technologie complètement nouvelle, fait remarquer Sylvain Leclerc, agent de communication à Vidéotron.Lorsque l’ordinateur personnel est apparu, on a prédit qu’il se retrouverait dans toutes les maisons.Dix ans plus tard, on se rend compte que ce n’est pas vrai.C’est le magnétoscope qui s’est répandu ! Alex et Minitel ont échoué car les gens n’étaient pas intéressés à apprendre à se servir d’une nouvelle machine dont ils devaient en plus payer chaque minute d’utilisation.La télévision et la télécommande, par contre, sont déjà dans les maisons.» La multiplication des canaux La technologie sur laquelle reposent tous ces changements n’a rien de révolutionnaire : Vidéoway n’est qu’un ordinateur.Et le principe de la télévision interactive n’a rien de sorcier.Il repose sur le multiplexage, c’est-à-dire Tac cès à plusieurs canaux différents sur une seuli position du câblosélecteur.On a l’impression d’interagir avec la programmation, mais on change tout simplement de canal.Le bulletin de météo détaillé est diffusé sur un autre canal, alors que les nouvelles se poursuivent au canal « principal ».Même chose pour les images de la caméra qui suit l’entraîneur pendant un match de hockey.Le terminal s’occupe des changements de canaux.Avec les 52 canaux que le câble peut acheminer, l’interactivité n’est pas un problème.Pour pouvoir transmettre encore plus de ca-i naux, bien des câblodistributeurs, dont Vidéotron, utiliseront bientôt la compression numérique.Les signaux seront numérisés au départ1 pour pouvoir être transmis en plus grande quantité, et décodés à l’arrivée.On pourra alors acheminer jusqu’à 180 canaux.:::: .'l* U Télévision : un mot désuet ?Lors de sa mise en marché, Vidéoway offrait des émissions interactives, des renseignement divers (bourse, météo, résultats de loteries, etc.) un service de messageries entre abonnés, la télé payante et les films « à la carte ».Le sysj tème est encore unidirectionnel : on peut demander de l’information, mais pas en envoyer.L’automne prochain, il deviendra bi-direction-nel, en étant couplé à une ligne téléphonique.On pourra vraiment interagir en temps réel avec le système, lui donner des instructions.Oi s’approchera alors davantage de la vision d’André Chagnon : transformer la télévision en « hy permédia », renfermant d’autres médias et offrant une multitude de services.Jusqu’à présent, cela semble bien fonctionner.« On observe aussi un transfert important des habitudes quotidiennes, dit André H.Ca- 18 Québec Science / Février 1993 5 I on.Beaucoup de personnes consultent, par [ xemple, les résultats de la loterie sur Vidéo-/ay plutôt que dans les journaux.» En outre, :elon l’étude du GRJM, 82% des abonnés ont rouvé Vidéoway facile ou très facile à utiliser., Les gens ne perçoivent vraiment pas Vidéo-/ay comme un ordinateur, comme un nouvel ppareil, ajoute André H.Caron.C’est encore eur téléviseur ! Ils disent : ma télé peut faire eci, ma télé peut faire cela.Il faudra peut-Itre inventer un nouveau mot pour décrire le .éléviseur ! » Est-ce la fin de la télévision traditionnelle, les nouvelles que tout le monde apprend à la nême heure, et des trois millions de person-les rivées en même temps dans leur fauteuil levant Les .fY/tes de Caleb ?« Il est tôt pour aire des prédictions, dit André H.Caron.On ftlti le peut même pas encore dire si Vidéoway est ilat| in succès.Mais, même s’il se répandait très argement, la télévision traditionnelle ne dis-laraîtra pas.Les gens vont encore écouter le lockey le samedi soir.On aime la télévision )arce qu’elle permet de nous laisser aller et de m tous détendre.Cet attrait va demeurer.» k:1 L’écoute, en fait, va seulement continuer de mi' :e fragmenter, comme elle le fait depuis la «é nultiplication des canaux spécialisée, l’arrivée Avec la télévision interactive, chaque touche de l’ordinateur vous donne accès à un plan différent de l’image.Et vous décidez vous-même quand faire des reprises au hockey ! Itl'ü es: le la télévision payante et du magnétoscope.« Aux Etats-Unis, les grands réseaux ont encore 60% de l’écoute, souligne André H.Caron.Mais ils en avaient 90% avant l’arrivée de ces nouveaux phénomènes.Une perte de 30%, c’est tout de même énorme! Mais c’est vraiment la voie de l’avenir.Les gens veulent être plus libres, ils aiment pouvoir mieux contrôler leur agenda.» • Pourquoi le câble ?J n irt Le « câble » est aussi vieux que la télévision.À l’époque, le marchand de téléviseurs devait souvent faire office de câblodistribu-teur.Commerce oblige, sinon, ses clients n’auraient pas pu capter leurs émissions ! En effet, les ondes hertziennes de hautes fréquences utilisées pour les transmissions télévisées se propagent en ligne droite, « selon la ligne de vue ».Une montagne, un gros immeuble ou simplement la courbure de la Terre suffisent pour créer des zones d’ombre radio, c'est-à-dire des zones où la réception est difficile, voire impossible.De plus, dans les meilleures conditions, la portée des ondes hertziennes dépasse rarement les 200 kilomètres.Le câble est donc ra- peu à peu attiré de nouveaux consommateurs avides de distractions télévisuelles.La câblodistribution Le câblodistributeur installe des antennes sur des sites élevés, « en vue » de l'émetteur, pour bien capter les signaux.L'émetteur est en général un réseau terrestre de micro-ondes ou un satellite.Les signaux reçus sont ensuite syntonisés et traités individuellement.On équilibre ainsi le signal pour que la qualité visuelle et sonore soit équivalente d'un canal à l'autre.On veille aussi à contrôler le rapport image/son afin d'éviter les chevauchements entre canaux adjacents (entre le 2 et le 3, le 3 et le 4, etc.).Les signaux traités séparément sont ensuite réunis à l'aide d'un multiplexeur, amplifiés et distribués aux clients par le biais d'un réseau de câbles coaxiaux.Le « câble » Le câble coaxial assure plus de netteté aux signaux et réduit au miniaxe.Entre les deux conducteurs, l'espace est rempli d'un diélectrique (un isolant).Les émissions voyagent dans le conducteur central sous forme de signaux électriques alors que le conducteur extérieur est relié à la masse (le ground).Marc Gingras Isolant Diélectrique v" extérieur Conducteur intérieur Cable y coaxial Satellite Blindage métallique Equilibration des signaux Assignation d'un canal à chaque fréquence Filtration Amplification Reseau de distribution Syntonisateur Amplification RECEPTION TRAITEMENT DISTRIBUTION Québec Science / Février 1993 19 Journaux quotidiens Pas trop vite à renterrement ! Certains quotidiens sont écrits et mis en page dans une ville, envoyés par satellite à des imprimeries situées dans d'autres villes.ou d'autres pays, et livrés à leurs abonnés simultanément partout dans le monde.par Marie-Claude Ducas i ™!LG'OBEANO.MA1I ¦ iim Wmiïfffîlh Le Globe and Mail qu'on lit à Montréal est envoyé de Toronto à Boucherville par satellite.En deux heures, les films sont prêts et le journal commence à être imprimé.Le Globe and Mail qu’on achète à Montréal est différent de celui qu’on lit à Toronto.Et aucun camion n’a eu besoin de transporter les journaux de Toronto vers Montréal.Depuis deux ans, le quotidien publie deux éditions du journal.Les deux sont produites à Toronto mais l’édition « nationale » (hors-Toronto) est transmise par satellite et imprimée dans quatre villes canadiennes, dont Montréal.À 20hl5, tous les soirs, l'imprimerie reçoit le journal comme on reçoit une émission de télévision : par son antenne parabolique.Un ordinateur traite ensuite l'information pour produire les films qui alimenteront la presse dès 22h30.À 4h du matin, les camions quittent Timprimerie pour livrer le journal avant 5 heures.Partout au Canada, les abonnés du Globe and Mail reçoivent leur journal à peu près en même temps.Ailleurs dans le monde, les satellites avaient déjà permis le lancement de quotidiens « décentralisés ».Des éditions du Wall Street Journal, Au New York Times et du USA Today sont imprimées dans plusieurs villes des États-Unis.Quant à l'International Herald Tribune, il est imprimé dans 11 villes à travers le monde.Rien n’est plus dépassé que le journal d’hier.quand ce n’est pas celui d’aujourd’hui ! « Certaines informations, comme les cotes de la bourses, sont presques périmées quand les gens les lisent dans leur journal, dit Robert Walker, ombudsman au journal The Gazette de Montréal, qui décortique constamment les besoins et les opinions des lecteurs.Aux États-Unis, des journaux comme le Wall Street Journal songent à faire des éditions spéciales télécopiées, qui seraient expédiées plusieurs fois par jour aux abonnés.Quant à nous, nous songeons à offrir des mises à jour des cotes de la 3 bourse par téléphone sur Info-Line, notre ser-= vice d’audiotex.» “ Avec l’audiotex (information accessible par | téléphone) et le télécopieur, les journaux four-o nissent l’information d’une façon plus adaptée £ aux besoins de leurs lecteurs.The Gazette offre 20 Québec Science / Février 1993 déjà plusieurs services sur Info-Line, comme des mises à jour régulières des prévisions de la météo.« On ne peut pas dire que les ventes de journaux sont en progression, dit Robert Walker, un peu fataliste.Nous faisons tout ce que nous pouvons pour garder nos lecteurs.» À l’International Herald Tribune, on est plus optimiste.« Bien des experts en communication pensent que les progrès de la télévision et de l’ordinateur amèneront inévitablement la disparition de la presse écrite, faisait observer récemment Richard H.Morgan, l’éditeur associé Au Herald Tribune.Nous sommes persuadés du contraire : l’impression ne sera jamais périmée.Les futurologues ne semblent pas aimer le papier ! Pourtant, l’ordinateur a précisément créé une plus grande demande d papier.» Le Herald Tribune est déjà imprimé dans 1 villes.Éventuellement, ü pourrait l’être dans certains points stratégiques comme les aéroports et, pourquoi pas, au bureau ou au domic le des abonnés.« Mais même si le lecteur pou vait recevoir son journal par ordinateur, poursuivait M.Morgan, U exigera encore quelque chose de palpable, de transportable, de par-courable.Dans un monde de plus en plus corn pliqué, où tout est interrelié, les gens ont plus que jamais besoin d’une information fouillée, synthétisée, qui replace les choses dans leur contexte.» • NDLR : l’avenir est donc.aux magazines ! Télévision de pointe Du cinéma dans votre salon Votre téléviseur n'est pas d'assez bonne qualité.C'est du moins ce que disent les promoteurs de la nouvelle télévision de pointe.Au Canada, elle sera numérique et transmise à la fois par voie terrestre et par satellite.par Stéphane Gagné Différents systèmes de télévision de pointe sont à l'étude à l'Advanced Television Evaluation Laboratory (ATEL), à Ottawa, sous la direction de Paul Hearty (à droite) et Robert Leafloor (à gauche).ientôt, le téléviseur que vous regardez | i“C subira le même sort que les vieilles té-, M.J lés noir et blanc.Quand ?Probablement vers l’an 2000, dans à peine sept ans.Hais peut-être avant.Les premiers téléviseurs : :« de pointe » pourraient être mis en vente dès 1995 ! Ils auront une image d’une grande net-ceté et sans interférence, un grand format; et y leur son stéréo sera d’une pureté.N|[ssez encourageants pour que M.Pelletier par-ttïjb d’appliquer un tel programme à une cin-IfiBs Luantaine de kilomètres de rues par année I*® S’ici quatre ans.iratoiï «i _e réseau routier québécois : jne ruche 'W j< Nous sommes à l’âge d’or de la recherche et (wvf lu développement en matière d’entretien rou-ipf ier », déclare André F.Bossé, chef de la direc-ron des sols et matériaux au ministère des fransports du Québec.Il explique ce phéno-nène par le caractère quasi mondial de la dégradation des réseaux routiers.Français, Aliéné:.nands, Japonais, tous sont aux prises avec les mêmes nids-de-poule et tous cherchent la ou tnlsç* les solutions techniques viables, lifjr Le gouvernement du Québec se prépare à sprat initier son propre programme de techniques lisp: innovatrices dès l’été prochain.Au ministère ni des Transports, plus de 400 personnes partici-1®E pent à différents projets de recherche sur les nouvelles techniques de construction et de réfection des chaussées.ieÉ ' Parmi les nombreux produits à l’étude, il y a les « étoiles montantes ».Par exemple les bi-sumes améliorés de fibres, notamment l’amiante.Leur ajout à l’émulsion permet d’augmenter la teneur en bitume, sans rendre ij ï l’asphalte gluant.Les fibres agissent donc spltl comme les tiges d’acier dans le béton armé.Elles permettent de cuisiner une « pâte » à la fois plus élastique en hiver, plus résistante à l’orniérage l’été, et moins vulnérable à l’effrite-slfe ment.fitifi « Les résultats sont très intéressants », gli m’explique M.Bossé (d’un ton égal qui doit jg passer pour de l’enthousiasme dans son entou-ifiii!; rage).Les tests se poursuivent depuis trois ans t(11j, et l’été prochain, on entend passer à une phase « industrielle » d’essai, sur une centaine de kilomètres.On expérimente aussi une variante du procé- ÉW , dé de skip-mix testé par la Ville de Montréal rV cet été.Mais au lieu du gravier, on utilise de la Lorsque la surface de la route est fissurée, on la recouvre d'environ 5 centimètres d'asphalte.Le bitume est étendu par une profileuse et roulé avec une compacteuse .mm ’vrtfîS JèCV I pierre concassée.« Les petites pyramides du concassé supportent mieux la pression des véhicules.De telles chaussées résistent mieux à l’orniérage.De plus, les mélanges de gravier ont tendance à devenir lisses et glissants par temps de pluie », explique M.Bossé.« L’avenir, selon un de ses employés, l’ingénieur Paul Flon, c’est la couche drainante ».Cette technique sera expérimentée sur nos routes l’été prochain.Il s’agit d’une strate de pierres poreuses couchée entre des membranes géotextiles.Cette couche drainante, posée entre le lit de la route et le revêtement bitumineux, devrait améliorer le drainage et éviter l’accumulation des flaques d’eau, qui causent l’aquaplanage.La couche drainante retardera aussi la fissuration en permettant à l’eau de pluie de couler vers le sous-sol.Il y a, semble-t-il, autant de variantes dans les procédés et les mélanges qu’il y a de conditions de routes.Les ingénieurs et scientifiques ont découvert un nouveau champ de recherche qui gisait littéralement à leurs pieds.Les résultats ont déjà commencé à se faire sentir.Mais le meilleur, si on en croit les experts du macadam, reste à venir.à condition qu’on y mette l’argent ! Pensez-y la prochaine fois que votre tête caressera le toit de votre bolide, gracieuseté d’un nid-de-poule ! Et puis, les Canadiens, ça devrait être votre année, en attendant que ce soit la nôtre.• ^Vj.stXs Québec Science / Février 1993 29 Photo : Ministère des Transports du Québec En décembre dernier, le pétrolier Wler Égée faisait naufrage à la Corogne, en Espagne, provoquant incendie et marée noire. Photo : Publiphoto Navigation v A quand la marée noire du Saint-Laurent ?Il est si dangereux de naviguer sur le Saint-Laurent que pour franchir certaines zones, les capitaines des navires doivent céder les commandes à des pilotes spécialisés.Pourtant, de vieux rafiots aux équipages insuffisants y transportent quotidiennement leurs cargaisons de pétrole.Tôt ou tard, il faut s'attendre à une marée noire.Saurons-nous y faire face ?par Claire Chabot isé pacité pour rentabiliser une industrie qui souf- i à un naufrage, en raison du climat et de l’hydrodynamique de ses eaux, qm à un naufrage, en raison du climat et fre de plus en plus du mal de mer.économi-de l’hydrodynamique de ses eaux, que que.ne l’était le détroit du Prince William emprun- De plus, le Saint-Laurent est l’une des voies té par l’Exxon Valdez, ce pétrolier qui a répan- maritimes les plus difficiles à naviguer : son du 44 000 tonnes de pétrole sur les rivages de chenal sinueux est étroit — seulement 245 l’Alaska, en 1989.Nous ne sommes pas à l’abri mètres entre Montréal et Québec — et peu d’une marée noire.Tous les experts le disent : profond.Dans le secteur de l’île aux Coudres, tôt ou tard, nous aurons à y faire face.Et si ça les courants marins et les vents atteignent des se passait durant l’hiver, il n’y a rien à faire.vitesses exceptionnelles, tandis que les marées Sauf attendre la venue du printemps pour ra- s’élèvent à près de 5 mètres, masser les dégâts.Les plus gros navires profitent de la marée La Garde côtière canadienne a recensé 173 haute pour remonter le fleuve jusqu’au port de déversements de pétrole dans la voie maritime Québec.À certains endroits, ils raclent pres-du Saint-Laurent, entre mars 1991 et 1992.que le fond du chenal.L’espace d’un mètre en- Trente-six ont nécessité des interventions mo- tre la coque et le fond porte le joli nom de bilisant des équipements de récupération.pied-de-pilote ! Si le navire ne peut, pour une Combien de gallons de pétrole y ont été en- raison ou une autre, se rendre à destination gloutis ?Personne ne le sait.entre les changements de marées, ü devra Un déversement majeur ne détruira proba- mouiller d’urgence sinon il risque de blement pas les écosystèmes du fleuve.Cepen- s’échouer.Pas surprenant que la loi exige dant, la flore et la faune en seront hypothé- qu’entre Montréal et Les Escoumins, les navi- quées à plus ou moins long terme, selon ce que res soient manœuvrés par les pilotes du Saint-nous serons prêts à payer pour leur restaura- Laurent, une corporation vieille de plus de 200 tion.Et la facture sera salée.ans.En hiver, c’est pire.Le fleuve est couvert de glace quatre mois par aimée.Le givre bouche fréquemment les amenées d’eau vers le systè- Un fleuve pour pilotes avertis L’an dernier, plus de 10 000 bateaux sont pas- me de refroidissement des moteurs.La glace sés devant le Cap Diamant, à Québec.Sur ce emprisonne ou déplace de leur ancrage les nombre, plus de 3 000 pétroliers transportant bouées sans signal lumineux.Comme le chenal entre 50 000 et 160 000 tonnes de pétrole.Du est étroit et tortueux.brut, de l’essence, du diesel, de l’huile à chauf- Dans ces conditions, la vigilance de l’équipa- fage, des hydrocarbures qui contiennent plu- ge est cruciale.Faut-il s’en étonner, l’erreur humaine est la cause principale de tous les dé- sieurs centaines d’additifs chimiques.Ces navires sont de plus en plus gros et diffi- versements accidentels, selon le rapport du co- ciles à manœuvrer; depuis duc ans, leur taille a mité présidé par David Brander-Smith chargé doublé en moyenne.On les charge à pleine ca- en 1990 de faire la lumière sur la sécurité des Québec Science / Février 1993 31 Photos : Garde côtière canadienne m Ear:' m •• ««ÿ m -'•S&L i kOs mm?»«»- (.:¦ J 8*07*4 f ¦" Sgw', i&: ' 1 1.» •ll ' fc- & Mi 2^^ 'V ".c.Après un déversement, les rives doivent être nettoyées à la satisfaction d'Environnement Canada et du ministère de l'Environnement du Québec.Scénario d'un déversement le Rio Orinoco Le 15 octobre 1990, le Rio Orinoco, un navire battant pavillon vénézuélien, avise la Garde côtière qu'il a des difficultés avec ses moteurs et demande la permission de s'ancrer au large de l'île d'Anticosti afin de faire des réparations.Le lendemain, la Garde côtière apprend que le navire s'est échoué à environ un mille de Port Menier et qu'il déverse des hydrocarbures.Le réseau d'alerte est mis en branle.Le Rio Orinoco transporte à son bord 9 000 tonnes d'asphalte liquide.Plusieurs des réservoirs de carburant du navire sont perforés, libérant 100 tonnes de mazout sur une centaine de kilomètres de rivage.Heureusement, le navire est muni d'une double coque qui protège la cargaison d'asphalte.Les travaux de nettoyage des rives se poursuivent durant plusieurs semaines.Entre le 2 et le 5 novembre, on tente par cinq fois de renflouer le navire.Sans succès.La compagnie d'assurance déclare le navire « perte totale » et se retire des opérations.La Garde côtière hérite de l'épave et décide de remettre au printemps le renflouement et le nettoyage.Au printemps, le navire est remorqué jusqu'au port de Sept-îles et des experts d'environnement Canada et du ministère de l'Environnement du Québec orchestrent les travaux de nettoyage.II a fallu 300 jours pour tout nettoyer.Qui a payé la facture ?C'est l'International Tanker Owners Pollution Federation, un fonds international contre la pollution créé par entente internationale et financé par les propriétaires de bateaux.Au total, l'opération a coûté 12 millions de dollars.navires-citernes et la capacité d’intervention en cas de déversements.Erreur de manoeuvre ou erreur technique, l’erreur humaine est le reflet des conditions de travail des travailleurs de la mer.« L’équipage travaille plus de 48 heures sans repos, dit Denis Pelletier, pilote du Saint-Laurent depuis 20 ans.J’ai vu un capitaine et ses coéquipiers couchés sur le plancher de la timonerie ; ils se chauffaient à l’aide de brûleurs au propane.Les équipages, composés de dizaines de nationalités différentes qui ne parlent pas l’anglais, reçoivent des manteaux et des couvertures pour combattre le froid à défaut de chauffage.» Denis Pelletier n’hésite pas à parler d’esclavage.Concurrence oblige, l’industrie maritime réduit la taille des équipages et le temps prévu pour le chargement et le déchargement des bateaux.Les risques d’accident en sont augmentés, constate le rapport Brander-Smith.Les « minounes » de la mer Non seulement les équipages sont-ils insuffisants, mais les rafiots qu’ils pilotent sont loin d’être des modèles de l’année ! Ils ont en moyenne plus de vingt ans de service, l’âge de la retraite pour un navire.Sans compter que pour diminuer les coûts d’entretien de ces monstres flottants, on répare juste ce qu’il faut.Pourvu que ça marche ! Seulement 30% des bateaux navigant dans nos eaux sont canadiens.Ceux-là ne posent pas vraiment de problèmes, parce qu’ils doivent se plier aux normes fédérales.Ce sont les navires étrangers, battant un pavillon de courtoisie, qui sont les plus dangereux ; le quart des navires-citernes inspectés par la Garde côtière canadienne en 1989 étaient défectueux.Mais tous les navires étrangers ne subissent pas l’inspection.« On inspecte s’il y a des ava- ries, et souvent la Garde côtière va donner le 0K par téléphone sans avoir vérifié la fiabilité des réparations », explique le pilote Denis Pel letier.Le Canada s’est pourtant engagé, en vertu d’un accord international, à faire inspec ter 25% des navires-citernes étrangers qui entrent dans ses ports.En fait, seulement 8% sont inspectés.Des navires-citernes qui parcourent les mers, environ 8% ont une double coque ou un double fond, c’est-à-dire une double paroi d’acier.Au cours de l’hiver de 1988-1989, seulement 35 des 55 pétroliers qui ont navigué dans les glaces du Saint-Laurent possédaient une coque adéquatement renforcée, selon le rapport Brander-Smith.Avec une double coque, l’Exxon Valdez aurait perdu moins des trois-quarts de son pétrole au lieu d’en répandre la totalité dans la mer, selon les études de la Garde côtière américaine et des ingénieurs navals.La Garde côtière américaine et \a.Alas ka Oil Spill Commission ont recommandé l’adoption des double coques d’ici l’an 2005.Li rapport Brander-Smith recommande, quant à lui, de remplacer la flotte canadienne d’ici 5 ans par des bateaux à double coque et d’imposer une taxe plus élevée aux navires étrangers qui en sont dépourvus.h Menace à l'environnement Une double coque coûte évidemment plus cher ! Mais pour l’environnement, ce coût peul valoir la peine.Les rives du Saint-Laurent, dont certains secteurs font partie du patrimoine mondial, et qui abritent environ 140 espèces rares, méritent qu’on se pose la question.Comment le fleuve réagirait-il à une importante marée noire ?« Ce type d’écosystème peut très bien s’en remettre, sauf là où il y a des espèces rares, comme dans le Lac Saint-Pierre, affirme Émi- 32 Québec Science / Février 1993 ¦f Quite Dn évacue l'équipage du Rio Orinoco, qui s'échouait en 1990 au large de l'île d'Anticosti.'¦rihien Pelletier, spécialiste en écotoxicologie, à iMif i’INRS-Océanologie, à Rimouski.Les espèces ibondantes ne seraient pas menacées.En fait, es écosystèmes nordiques sont moins fragiles lue l’on croyait.C’est ce que nous montrent es données que l’on commence à avoir sur les wnséquences environnementales de l’Exxon /aidez.» Une marée noire dans le Saint-Laurent ne peoiî serait pas une catastrophe écologique.Comme l«ii lans un grave accident de la route, il y aurait @,s: des morts, mais la population s’en sortirait.,0) i Au pire, plusieurs milliers d’oiseaux pourraient succomber à un déversement majeur de pétrole, affirme Alain Cossette, vice-président de la Fondation Les oiseleurs.Mais la seule espèce vraiment menacée est le canard arlequin, qui niche surtout à l’île d’Anticosti.» Mais un accident est toujours un drame.Nettoyer le littoral souillé prendra plus d’un an, seoaif* -•ssii selon l’ampleur des dégâts, et coûtera très cher.Pour nettoyer le petit déversement de 100 tonnes du Rio Orinoco, il a fallu 300 jours ! (voir l’encadré en page 32) Pour le moment, le nettoyage des berges est confié à des experts gouvernementaux et à des groupes de bénévoles, qui se chargent aussi d’éloigner les oiseaux et les mammifères marins et de laver les victimes engluées dans le pétrole.Consulté au cours de la préparation de cet article, un représentant de la Garde côtière canadienne, l’organisme qui surveille les opérations de nettoyage en cas de déversement, s’est insurgé contre l’exagération des environ-nementalistes, en affirmant que le pétrole fait grossir les crevettes.Sont-elles comestibles ?Il ne s’est pas posé la question ! La Garde côtière semble aussi avoir un grand souci de son image.Lors de l’évaluation du sauvetage du Rio Orinoco, le capitaine de l’aéroglisseur de la Qui paie la note xr?.%, Garde côtière recommandait « de ne pas faire installer des équipements pour les seules fins de relations publiques.» Malgré les risques et l’importance du littoral du Saint-Laurent, peu de spécialistes indépendants ont une expertise à offrir.« Personne n’est parvenu à établir avec précision le volume total de produits pétroliers déversés dans le Saint-Laurent au cours des dix dernières années, souligne le rapport Bran-der-Smith.Dans un cas précis, survenu en avril 1989 près de Québec, un même déversement a été estimé à 227 litres par la Garde Côtière canadienne et la compagnie Ultramar, et à 6 819 (30 fois plus) par le ministère québécois de l’Environnement.» On ignore aussi combien de navires ont profité de la nuit et du brouillard pour nettoyer leur cale et leur ballasts, et sont repartis laissant derrière eux un film flottant à des lieues de là.plus a# iieit patti»* lie.®' Le Canada s'en remet au secteur privé pour financer et exécuter les opérations de nettoyage.En 1990, quatre des principales compagnies pétrolières oeuvrant au Canada ont fondé la COPIM, la Coopérative de prévention et d'intervention maritime.La COPIM a élaboré un plan d'urgence et entraîne régulièrement des équipes d'intervention qui sont sur le pied de guerre 24 heures sur 24.Pour respecter les directives de la Garde côtière, ces équipes doivent pouvoir installer en moins de 60 heures tout l'équipement de confinement et de récupération.La Garde côtière recommande aussi que chaque secteur à risque — le Saint-Laurent se situe dans trois secteurs à risque — dispose de l'équipement et du personnel nécessaires pour faire face à un déversement de 10 000 tonnes de pétrole.C'est quand même le pollueur qui doit prendre le commandement des opérations et.payer la note.S'il se défile, la Garde côtière prend le contrôle et doit se faire rembourser les frais, tandis qu'En-vironnement Canada et le ministère de l'Environnement du Québec veillent à ce que tout soit nettoyé à leur satisfaction.Dès qu'elle prend l'opération en mains, la Garde côtière monte un dossier de réclamations, indispensable pour poursuivre un pollueur mauvais payeur ou une compagnie d'assurance qui n'assume pas les frais de l'accident.« On peut évaluer la quantité du déversement en calculant simplement la perte de la cargaison ou en évaluant approximativement la nappe de pétrole, explique Michel Gaudreau.Et si le capitaine du navire ne veut pas avouer sa culpabilité, on peut faire analyser le produit.» Et si la Garde côtière ne réussit pas à se faire rembourser ?Elle peut présenter son dossier à \'International Tanker Owners Pollution Federation, un fonds international contre la pollution créé par entente internationale et financé par les propriétaires de bateaux.Malheureusement pour le public, la vérité sur la quantité d'hydrocarbures réellement déversés ne se retrouve probablement que dans ces dossiers de réclamations.En effet, la plupart de petits déversements ne sont pas quantifiés.Dans le cas de l'Exxon Valdez, la course aux réclamations fut si acharnée que les rapports sur l'environnement sont demeurés secrets.Dommage, car ces données permettraient aux chercheurs en environnement de mieux évaluer les impacts des déversements.Québec Science / Février 1993 33 Photos : Garde côtière canadienne / Service canadien de la faune Les techniques de combat Après avoir été confiné par les estacades, le pétrole est récupéré au moyen d'un lèche-nappe.sgi ï T3SC ¦« .J Lors d'un déversement, une partie du pétrole s'évapore dans l'air : environ 50% pour le brut, et jusqu'à 80% pour l'essence.Le reste, il faut tenter de le récupérer.On doit déployer des estacades, sortes de barrières flottantes, pour contenir la nappe de pétrole.Ensuite, on pompe le pétrole, qui sera séparé de l'eau de mer à l'aide d'écré-meurs.« La récupération peut être efficace lorsque le déversement se produit dans un port et dans des conditions météorologiques idéales.En mer, où les vagues peuvent atteindre 2 ou 3 mètres, les estacades ne peuvent pas contenir le pétrole qui très rapidement ne sera plus récupérable », explique Émilien Pelletier, chercheur à l'INRS-Océanologie à Rimouski.Après 24 heures, le pétrole et l'eau de mer forment de la « mousse au chocolat », une émulsion très difficile à séparer.Pour empêcher la formation de cette mousse noire, on peut utiliser des dispersants, qui permettent aux molécules d'hydrocarbures de s'agglutiner.Conçus dans les années 60, les dispersants étaient autrefois plus toxiques encore que le pétrole.Les dispersants disponibles sur le marché aujourd'hui sont peu toxiques, mais la Garde côtière préfère ne pas les utiliser.« Il est difficile de convaincre les citoyens que de tels produits ne sont pas toxiques », dit Michel Gau-dreau, directeur des Urgences maritimes à Après un déversement, des groupes de bénévoles lavent les oiseaux englués.Malheureusement, seulement 5 % survivent.tas® la Garde côtière.Question d'image mais aussi d'efficacité : les dispersants doivent être utilisés dans les premières 24 heures, un délai trop rapide pour les procédures actuelles.Très rapidement, la nappe de pétrole va se coller au rivage, poussée par les vents et les courants marins.« Le meilleur moyen pour nettoyer le pétrole sur les plages de sable ou de galets, c'est avec un râteau.On doit parfois enlever une couche de boues ou de sable à l'aide de bulldozers, mais c'est plus dommageable », explique Claude Rivest, chef du Service des urgences environnementales à Environnement Canada.On peut même épandre de Tengrais ! Un chercheur de l'Institut Maurice-Lamontagne, Ken Lee, a démontré que cela accélérait la dégradation du pétrole par les bactéries présentes dans la nature.Que fait-on des oiseaux englués ?On les lave ! « Mais cette méthode n'est pas très efficace : sur 100 oiseaux contaminés, on en sauve à peine cinq, explique Denis Le-houx, du Service canadien de la faune.Le nettoyage d'oiseaux est surtout utile pour les espèces rares, comme le canard arlequin.» Une bouée effaroucheuse est présentement à l'essai et on espère qu'elle éloignera 80 % des oiseaux qui autrement 1 s'englueraient dans la nappe de pétrole.34 Québec Science / Février 1993 Photo Service des archives Institut Armand Frappier Tùberculose Armand Frappier était un fervent défenseur du vaccin BCG contre la tuberculose.Sur la photo, il participe à une campagne de vaccination des enfants cris de Mistassini.Le retour de la peste blanche Une maladie du passé, la tuberculose ?Plus maintenant.Aux États-Unis, de nouvelles souches résistantes aux médicaments font des ravages.Au Québec, toutes les conditions sont réunies pour le déclenchement d'une épidémie.par Claude Mardi et Lyne Fréchet Les pays industriels étaient rassurés; la tuberculose était en voie de disparition comme la variole, le choléra ou le typhus.Entre les années 30 et les années 80, on est passé de 200 à moins de 10 tuberculeux par 100 000 habitants dans le monde.Mais depuis 1985, à leur grande surprise, les spécialistes doivent constater le retour de la peste blanche.De nouvelles souches du bacille de la tuberculose, qui résistent aux médicaments, répandent la terreur aux États-Unis.New York vient de rouvrir des sanatoriums et a entrepris la construction d’un hôpital à haute sécurité pour les patients qui refusent de suivre leur traitement.Au Québec, le nombre de cas n’a pas encore augmenté.Mais on risque aussi d’être touché par une recrudescence.L’arrivée en grand nombre d’immigrants de pays à forte prévalence de tuberculose et la proximité des États-Unis inquiètent de plus en plus les autorités médicales.Montréal, en particulier, a tout ce qu’il faut pour le déclenchement d’une épidémie : beaucoup de pauvreté, des sans-abri, des narcoma-nes, des séropositifs et des prisons qui débordent.« Au Québec, depuis 1985, le nombre de cas n’augmente peut-être pas, mais U s’est stabilisé à environ 400 par année, fait observer le docteur Robert Rémis, directeur du Bureau Québec Science / Février 1993 35 Photo : The Gazette ¦ WM Le Laboratoire de santé publique du Québec, dirigé par Michel Brazeau, analyse les souches du bacille de la tuberculose qui sont recueillies au Québec.Entre 2 et 5 % des souches étudiées résistent à deux médicament ou plus.&=•" fe&r.- ' régional des maladies infectieuses à Montréal.Nous n’assistons plus à une diminution comme avant.» Dans l’ensemble du Canada, une première augmentation a été enregistrée en 1990.On a dénombré 2 035 cas comparativement à 1 962 l’année précédente, une augmentation de 4 %.Mais tous les spécialistes s’entendent pour dire qu’on échappera probablement à une épidémie à condition que la surveillance et la prévention soient maintenues.« Contrairement à certains États américains, le Québec n’a jamais cédé à la tentation de croire la partie gagnée », dit André Beauchesne, 71 ans, pneumologue au ministère de la Santé et des Services sociaux et grand responsable de la lutte contre la tuberculose depuis deux décennies.Après les grandes épidémies du début du siècle, le réseau québécois de la santé a continué à financer la lutte à la tuberculose : études épidémiologiques, dépistage et traitement des malades.Par exemple, tous les immigrants qui arrivent de pays où la tuberculose fait encore des ravages (surtout en Afrique et à Haïti) subissent un examen pulmonaire qui permet de déceler la présence d’une tuberculose active et de la traiter rapidement.Les États-Unis par contre ont consacré très peu d’argent à la prévention depuis 30 ans.Et chez eux, les soins médicaux ne sont pas gratuits pour tous.Les plus démunis, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des assurances médicales, n’ont donc pas reçu les traitements nécessaires.Ils ont commencé à répandre la maladie.« Allez visiter un hôpital municipal dans une banlieue de New York et vous comprendrez pourquoi la tuberculose y fait de tels ravages, s’indigne le docteur Richard La-londe, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital thoracique de Montréal.Le pays le plus riche au monde renvoie ses pauvres à la rue sans se préoccuper des risques pour la santé publique ! » Un milliard de « porteurs » Même si le fléau semblait anéanti, la prévention restait cruciale.Dans tous les pays industrialisés, il est resté des poches de tuberculose après les grandes épidémies, surtout dans les villes.En fait, la maladie dort dans le système pulmonaire d’une grande partie de la population.Rien qu’aux États-Unis, 10 millions de personnes seraient « positives » à la tuberculine {voir l’encadré en page 37).L’Organisation mondiale de la santé évalue à 1,7 milliard le nombre de porteurs non contagieux du microbe de la tuberculose.« Comme tous ceux qui ont été en contact avec la maladie entre les années 20 et 50, je suis probablement affecté par le bacille de la tuberculose, » dit André Beauchesne.Cela ne signifie pas pour autant que toutes ces personnes risquent de développer la maladie.Mais lorsque les défenses immunitaires des porteurs faiblissent, les bacilles peuvent se réveiller et déclencher une tuberculose active.« De nos jours, poursuit le pneumologue, la tuberculose atteint surtout des personnes âgées (les plus pauvres ou celles qui vivent seules et négligent leur alimentation), les sans-abri, les narcomanes, les autochtones et, bien entendu, les personnes atteintes du sida.La tuberculose se transmet d’une personne à une autre par les infimes gouttelettes d’humidité produites par la toux et l’éternuement d’un tuberculeux.Le bacille, Mycobacterium tuberculosi, peut flotter dans l’air durant plusieurs heures avant d’être inhalé et de s’instal- ler dans les poumons.Une personne qui partage longtemps l’espace d’un tuberculeux peut donc être contaminée si ses défenses immunitaires sont moins efficaces.Superbug et les souches résistantes La grande majorité des personnes atteintes guérissent facilement grâce à aux médicaments antituberculeux.Il en existe une dou- 36 Québec Science / Février 1993 W'< T'm - "fc* aine dont trois sont considérés comme très ¦if fficaces.(fd Le problème, c’est que les malades doivent tt rendre leurs médicaments méticuleuse-tient pendant six à neuf mois, même si leurs Ü ymptômes disparaissent rapidement.À tio.eux ou trois antibiotiques par jour, deux Éi ois par semaine, il est tentant d’abandonner ffii e traitement prématurément.La maladie jijp: isque alors de reprendre, car certains bait dies obstinés persistent dans le corps du naïade.Si ces bacilles sont réactivés, la maladie ¦k ist plus difficile à traiter.Les malades de-pf tront suivre des traitements moins effica-te :es.pendant des années ! Ils risquent enco-¦r |e une fois de laisser tomber.À la longue, les ¦ nicrobes deviennent résistants à un vaste P iventail de médicaments.jr L’apparition de telles souches résistantes '4 ;st un véritable fléau.Plus vigoureuses, elles $ ;e transmettent plus facilement que la tu-i i lerculose d’autrefois.Aux États-Unis, certai- ¦ tes souches nouvelles résistent à 11 des 12 nédicaments connus.Elles peuvent causer a mort en quelques semaines.Dans certains États, jusqu’à 30 % des souches résistent i un médicament ou plus, alors que d’autres, :omme \&Superbug, résistent à une demi-louzaine de médicaments.L Actuellement, toutes les souches du Qué-I ) iec sont surveillées par le Laboratoire de |t lanté publique du Québec, en collaboration !> ivec tous les Départements de santé commu-Bi lautaires de la province.À l’échelle cana-iienne, le Laboratoire fédéral de lutte fi mntre la maladie prépare une étude natio- ¦ raie pour mieux connaître les souches résis-B antes.« Entre 2 et 5 % de toutes les souches que i nous avons analysées résistent à deux médi-: laments et plus, mais pas aux principaux : antituberculeux, explique Michel Brazeau, Jj directeur du Laboratoire de santé publique #.du Québec à Sainte-Anne de Bellevue, qui h reçoit 90 % des souches découvertes au Qué-I bec.Notre plus grande inquiétude était que É ces souches résistent aux traitements les P plus efficaces, s’empresse-t-il d’ajouter.Or, s seulement 1 % des souches résistantes dé-\ couvertes au Québec ne répondent pas à ces p médicaments.» En outre, on n’a encore rele-ar vé aucun cas de transmission par contagion P.au Québec : ceux qui souffraient de tubercu-^ lose résistante étaient des cas isolés, des personnes qui avaient négligé leur traite-il: ment ou des sidéens en phase terminale.Les malades infectés par les nouvelles souches n’ont pas la guérison facile.Lorsque les .médecins n’arrivent pas à soigner les pa-tients avec les médicaments habituels, ils doivent se tourner vers des antituberculeux de troisième ligne, moins efficaces et comportant plus d’effets secondaires.Certains ont parfois des effets aussi brutaux que ceux ; de la chimiothérapie.Le taux de guérison pour ces tuberculoses passe de 100 % à moins de 60 %.Dépistage et prévention La tuberculose fait son nid là où les conditions sanitaires sont à peu près inexistantes.Les personnes qui se nourrissent bien et qui vivent dans des conditions d’hygiène acceptables ne risquent pas d’être contaminées, selon le docteur Beauchesne.Mais comme l’agent pathogène est transporté par l’air, il ne sera pas facile d’empêcher la tuberculose de faire des ravages parmi les populations à risque.Pour empêcher l’éclosion, il faut dépister les malades et les persuader de prendre des médicaments.À l’Hôpital thoracique de Montréal, on suit la situation américaine depuis plusieurs années et on a déjà adopté des mesures de sécurité.Ainsi, deux lits sont occupés en permanence par des tuberculeux, dont le séjour peut durer six ou neuf mois.On veut s’assurer que ces patients, des itinérants, suivent leur traitement jusqu’au bout et que les souches multi-résistantes ne se propagent pas au Québec.« Dès qu’on a un doute sur l’infection d’un patient à risque, on prescrit des antituberculeux à faible dose qui permettent d’éliminer l’état contagieux », précise le docteur Lalon-de.De nos jours, ces médicaments jouent le même rôle que le vaccin au BCG (voir l’encadré en page 38) administré autrefois et dont l’efficacité n’a jamais été clairement démontrée.Ils sont prescrits à des porteurs non contagieux, ceux qui n’ont pas encore développé de tuberculose active.« Chez nous, poursuit Richard Lalonde, La tuberculose frappe surtout les gens qui vivent dans des conditions sanitaires déficientes et dont le système immunitaire est affaibli.Les sans-abris, les narcomanes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables.La tuberculose en mots Tuberculose-infection : implantation du bacille de la tuberculose sans manifestation de la maladie.En phase allergique, la tuberculose-infection se traduit par une hypersensibilité du test de détection à la tuberculine.Tuberculine : ce sont des extraits de bacilles tués qui permettent de diagnostiquer l'infection tuberculeuse.La tuberculine est utilisée pour le test de dépistage PPD (de petites égratignures dans le dos) aujourd'hui répandu partout dans le monde.Vaccin au BCG : mis au point par les Français Calmette et Guérin, le vaccin au BCG a été largement utilisé au Québec dans les années 50.Les nouveau-nés et les écoliers non-contaminés recevaient alors le vaccin.Armand Frappier, dont la mère est morte de tuberculose, en était l'ardent défenseur.Tuberculose-maladie : c'est la tuberculose active, diagnostiquée grâce à un examen radiologique des poumons qui permet de déceler la présence de lésions pulmonaires.Québec Science / Février 1993 37 Photos : Laboratoire de santé publique du Québec À gauche : Lorsqu'on place des bactéries sur une gelée nutritive, elles se multiplient et forment des colonies visibles à l'œil nu.La couleur chamois et l'aspect rugueux sont caractéristiques du bacille de la tuberculose.Ci-dessous : Lorsqu'on traite les expectorations d'un tuberculeux avec un colorant, les bacilles apparaissent en rouge au microscope.Chaque bacille mesure de 2 à 4 millièmes de millimètre de longueur.'‘m.Le temps des sanatoriums Depuis l'identification du bacille de la tuberculose par le bactériologiste allemand Robert Koch en 1882, on savait que la maladie était hautement contagieuse.Au début du siècle, la peste blanche tuait 12 000 personnes chaque année au Québec.C'est à Montréal qu'on trouvait le plus de tuberculeux, à cause de la pauvreté, des quartiers surpeuplés et du peu de mesures de santé publique.Les premières mesures furent l'interdiction de cracher dans les endroits publics et, surtout, l'isolement des malades.Les tuberculeux étaient traités avec une diète, du repos et de l'air frais.Mais ce repos était pour la plupart un long vestibule avant la mort.Quand les survivants retournaient dans leur famille, souvent plus personne ne voulait les voir.La tuberculose — qu'on appelait aussi consomption — amaigrissait terriblement les malades qui devenaient très pâles, d'où le nom de peste blanche.On doit à un fermier du New-Jersey la découverte la streptomycine, le premier antituberculeux, en 1944.Ses poulets souffraient d'une étrange infection et le fermier les avait amenés au laboratoire de microbiologie de l'Université Rutgers.En examinant la poussière en provenance des granges, les experts parvinrent à isoler un champignon.Au cours de l'analyse, les microbiologistes découvrirent que ce champignon a d'autres propriétés que celle de rendre les poulets malades : il produit une substance qui ralentit la croissance de certains microbes, dont le bacille de la tuberculose.grâce au système gratuit et universel d’assurance-maladie nous serons sans doute épargnés par l’épidémie.Le suivi est le même pour un itinérant que pour un citoyen de Westmount.Même si les malades n’ont pas d’adresse connue, nous savons où les trouver », assure-t-il.Bien sûr, une personne contaminée peut toujours échapper aux mesures de surveillance.Il est d’autant plus nécessaire que les médecins soient éveillés au problème et fassent un diagnostic rapide.« La maladie se développe lentement, précise le docteur Richard Lalonde.Les patients toussent, crachent du sang, perdent du poids, font de la fièvre et ressentent une grande fatigue.Mais avec le nombre de fumeurs, de « tousseurs » et de « bronchiteux » que nous avons aujourd’hui, il n’est pas toujours facile de diagnostiquer la tuberculose, » avoue-t-il.En octobre dernier, dans le Maine, un travailleur d’un chantier maritime dont on n’avait pas diagnostiqué la maladie a contaminé en l’espace de huit mois plus de 400 travailleurs de Bath, une petite ville de 10 000 habitants.De ce nombre, 26 (des personnes âgées entre autres) ont développé une tuberculose active.Parce qu’ils vivent dans des endroits clos et comptent parmi eux un nombre important de séropositifs, les prisonniers font aussi partie de la clientèle à risque.À New York, un détenu sur cinq est séropositif et à peu près autant sont affectés par le bacille de la tuberculose.Préoccupés par cette situation, les responsables de la promotion de la santé dans les pénitenciers fédéraux canadiens ont été les premiers à prendre des mesures de « groupe ».Depuis le premier janvier 1993, les Services correctionnels canadiens ont lancé un programme de dépistage dans tous les pénitenciers canadiens.Le programme touche 24 000 détenus et détenues au pays.« Le dépistage existait depuis plusieurs années déjà, explique le docteur Jacques H.Roy, directeur général des services de santé du Service correctionnel du Canada.Avec les nouvelles politiques, il sera plus systématique, et ceux qui n’avaient pas réagi au test de dépistage à leur arrivée subiront un nouveau test tous les ans.Comme à l’Hôpital thoracique, on prescrit des antituberculeux à faible dose à ceux dont les résultats sont positifs.» Dans les centres de détentions du Québec, aucun cas de tuberculose n’a été recensé jusqu’à maintenant.On a mis ces mesures de côté, du moins pour le moment.À quatre mois de sa retraite, André Beau-chesne souhaite que le réseau de santé ne soit pas tenté de relâcher sa vigilance comme l’ont fait certains États américains avant d’en payer chèrement le prix.En 1991, le nombre de tuberculeux aux États-Unis atteignait 26 235.Il plaide pour que la surveillance soit maintenue et que les jeunes médecins qui n’ont pas connu les grandes épidémies de peste blanche demeurent sur le qui-vive.• 38 Québec Science / Février 1993 par Danielle Ouellet nil- i I)!* fee É ft- ii- fte fii- (S If! 1- !«¦ I i- Le choix de Julie Payette comme astronaute a été salué par plusieurs comme une occasion de créer un modèle féminin pour inciter les jeunes filles à se diriger vers les sciences.L’histoire québécoise en compte pourtant plusieurs, mais on ne les connaît pas.On commence à peine à reconnaître leurs mérites.Malgré leurs diplômes et la qualité de leurs travaux, les femmes qui faisaient carrière en science étaient rarissimes.Les jeunes femmes subissaient de fortes pressions sociales pour se marier et quitter leur travail, sans compter qu’elles n’avaient accès qu’à des postes subalternes, et cela malgré leurs compétences.Tant que des femmes à l’aise, de la haute société, se sont intéressées aux sciences en dilettantes, comme plusieurs au 19e siècle, il leur était relativement facile d’être reconnues et même de publier, car il n’existait pas de réelle compétition.Mais à partir du moment où elles ont tenté de s’introduire sur le terrain professionnel, les véritables difficultés ont surgi.Certains obstacles auraient même été cocasses s’ils n’avaient eu des conséquences dramatiques pour l’avenir scientifique des aspirantes.Ainsi, un professeur de physique londonien raconte son embarras d’avoir à expliquer à une laborantine découragée pourquoi son galvanomètre, un instrument qui mesure les courants de faible intensité, se déréglait à mesure qu’elle se déplaçait : les tiges de métal de son corset créaient de l’interférence ! Même les plus douées et les plus déterminées finissaient par craquer.C’est le cas de la québécoise Harriet Brooks qui a finalement abandonné ses recherches lorsqu’elle s’est mariée.Pourtant, à McGill, elle avait été l’une des plus brillantes assistantes d’Ernest Rutherford, prix Nobel de chimie en 1908, et certainement la plus productive.Au tournant du siècle, alors que l’on commençait à peine à étudier la radioactivité, elle a été la première à s’apercevoir qu’un élément était changé en un autre par la radioactivité.Elle a identifié une substance radioactive libérée par le radium : ce qu’elle appelait alors « émanation » est connu aujourd’hui sous le nom de radon.Ce résultat venait contredire l’opinion des scientifiques de l’époque selon laquelle les éléments radioactifs restaient identiques malgré les radiations : une découverte majeure dans ce domaine.Des pionnières obstinées Pour faire carrière en science au début du siècle quand on était une femme, il fallait avoir la vocation bien accrochée.Coiffée d'un chapeau melon, Harriet Brooks passe presque inaperçue parmi les hommes du département de physique de l'Université McGill.*¥* Harriet Brooks a ensuite travaillé dans l’un des laboratoires de physique les plus prestigieux de l’époque, le laboratoire Cavendish à Londres, un poste qui aurait fait l’envie de tout jeune physicien ambitieux.Elle a enseigné dans un collège américain renommé et effectué un séjour dans le laboratoire de Marie Curie à Paris.Malgré son talent et la reconnaissance de ses maîtres, être une femme la confinait toqjours à des postes subalternes d’assistante.De guerre lasse, elle a fini par céder à la demande d’un ancien collègue de McGill qui souhaitait l’épouser depuis longtemps.Cette décision l’obligeait à abandonner la physique complètement, ce qu’elle fit.L’Université McGill avait ouvert ses portes aux femmes en 1864.L’année suivante, Maude E.Abbott était admise à la Faculté des Arts de McGill, plus précisément au Donalda (!) De-parmentfor Women.Mais ce qu’elle voulait, c’était devenir médecin.Seules une américaine et deux canadiennes avant elle avaient réussi cet exploit, et ce n’était pas à McGill.Et même pour- une personne aussi déterminée que Maude E.Abbott, la Faculté de médecine est demeurée une forteresse inexpugnable.Elle a cependant été acceptée dans une école rivale, à l’Université Bishop dans la région de Sherbrooke.Il lui restait une autre bataille à gagner, celle d’être admise à l’hôpital universitaire, un débat qui fit la manchette des journaux.Mais l’opinion publique était de son côté.Elle gagna.Tout n’était pas réglé : elle devait encore subir l’indifférence de ses collègues masculins et se compter chanceuse de ne pas être la cible de remarques obscènes comme c’était le cas dans d’autres collèges qui commençaient à admettre des femmes.Malgré sa collaboration avec le docteur William Osler, l’un des médecins et éducateurs les plus renommés au Canada, malgré ses recherches de pointe en cardiologie, malgré les méthodes d’enseignement qu’elle a mises au point, McGill ne lui a jamais accordé le statut de professeur.Elle est toiyours restée assistante professeure, même à sa retraite alors qu’elle ne demandait plus que le titre.Pour les femmes d’aqjourd’hui qui embrassent des carrières scientifiques, la route peut sembler facile, mais d’autres avant elles ont défriché le chemin.Nous commençons tout juste à les reconnaître.• Danielle Ouellet est docteure en histoire des sciences Québec Science / Février 1993 39 Physique des particules La formule de Funivers Expliquer tout l'univers, c'est le modeste objectif d'un réseau international de physiciens.Mais pour cela, il leur faut des accélérateurs de particules toujours plus puissants.par Étienne Denis Les Américains appellent ça de la big science.« Nous cherchons une loi expliquant tout l’univers », dit Claude Leroy, directeur du Laboratoire de physique nucléaire de TUniversité de Montréal.Cette loi devra définir la relation complexe entre la matière, l’énergie et le temps.Elle devra par exemple englober dans un schéma cohérent l’interaction forte, essentielle à la cohésion des atomes, et la force électrofaible, qui se manifeste lors de la désintégration radioactive.Certains physiciens rêvent même d’y intégrer la gravitation.La science qui cherche cette loi universelle, la physique des particules, provoque un vertige intellectuel.Pour accumuler les données sur lesquelles ils travaillent, les physiciens créent en laboratoire les conditions énergétiques qui régnaient peut-être un millionième de seconde après le Big Bang.Rien de moins.Claude Leroy travaille sur le LEP {Large Electron-Positron), un accélérateur de particules situé au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), à la frontière franco-suisse, près de Genève.Avec ses 6 500 chercheurs, dont environ un millier travaillent sur le LEP, le CERN est le plus gros laboratoire du monde, toutes disciplines confondues, assure-t-il.À quoi ressemble l’accélérateur ?Imaginez un immense tunnel souterrain formant un anneau de 27 kilomètres de circonférence.Des électrons partent d’un côté, des positrons de à l’autre, tous tirés par des aimants jusqu’à des vitesses proches de celle de la lumière.Les électrons et positrons se croisent, quelques-uns se frappent et se désintègrent.Une pluie de particules en surgit : des quarks, des taus.qui sont captés par d’immenses détecteurs.L vingtaine de physiciens de l’Université de Moi tréal qui participent au projet du LEP s’occupent de deux détecteurs.« Une responsabilité essentielle », dit le directeur Claude Leroy.Le fouillis de données recueillies sert à tester les hypothèses imaginées par les théoriciens français, italiens, canadiens.Depuis le débuts de la physique des particules, des chei cheurs conçoivent des hypothèses qui pourraient expliquer les fondements de la matière - L: - I Dans ce tunnel circulaire de 27 kilomètres, situé à la frontière franco-suisse, on provoque des collisions entre des électrons et des positrons qui vont à des vitesses phénoménales.On peut ainsi recréer les conditions qui existaient, croit-on, un peu après le Big Bang À droite : Au coeur du tunnel, des milliers de grands aimants, longs de six mètres, maintiennent les électrons et les positrons sur des orbites précises 40 Québec Science / Février 1993 it donc de l’énergie, puisque rendu là, matiè-i et énergie se confondent).À partir de ces /pothèses, ils calculent ensuite la nature et course des nouvelles particules qui de-iaient résulter des collisions entre particules lémentaires.Si les calculs correspondent ef-ictivement aux données issues des accéléra-:urs, l’hypothèse est conservée.Sinon, elle it rejetée.La physique des particules a toujours pro-•essé ainsi.Différentes hypothèses pré-jyaient par exemple différentes caractéristi-lies pour les quarks, qui sont les constituants indamentaux de la matière.Seule celle qui a té confirmée expérimentalement est au-mrd’hui considérée juste.L’ensemble des hy-siiothèses qui ont ainsi été confirmées forment te.k I Modèle standard, la théorie générale à la i(lp ase de la physique des particules, ntpi Mais pour faire fonctionner cette théorie, iesfc s physiciens ont été obligés d’imaginer des (tmi puvelles particules.Celles de Higgs, par lélel! xemple, n’ont jamais été crées en laboratoire, Ps« mte d’énergie suffisante.Pour l’instant, ces iéi articules de Higgs sont donc une invention toi es mathématiques, une prévision du Modèle «tit' .andard.te»| C’est dans de tels secteurs non testés du IfpÉModèle standard que les physiciens des parti-fcrj aies mettent leur espoir.Ils veulent fabriquer ipoij n accélérateur plus puissant, où les collisions muic jus fortes permettront d’observer les particu- N * les de Higgs.si elles existent.Le LEP serait ainsi transformé en accélérateur de protons, qui s’appellera alors le LHC (Large Hadron Collider).La tâche est énorme.Une centaine d’instituts de recherche, dont le Laboratoire de physique nucléaire de l’Université de Montréal, doivent unir leurs efforts pour concevoir l’un des nouveaux détecteurs du LHC.Si les physiciens observent ces fameuses particules de Higgs, le Modèle standard sera en grande partie confirmé.S’ils arrivent plutôt à la conclusion que ces particules n’existent pas, ils devront modifier en profondeur leur théorie.Plusieurs souhaiteraient emprunter cette voie.Car le Modèle standard semble incomplet.Par exemple, rien n’y indique d’où vient la masse de l’électron.Toute faille du Modèle standard ouvre alors une nouvelle piste pour chercher leur loi universelle.La physique théorique explore déjà de telles pistes.À Montréal comme dans le reste du monde, des théoriciens travaillent sur de nouvelles hypothèses, qui sont conformes aux données expérimentales actuelles mais qui prévoient d’autres particules que celle du Modèle standard, ou encore qui attribuent de nouvelles caractéristiques aux particules qui n’ont pas encore été observées.Si les résultats expérimentaux du nouvel accélérateur de Genève confirment l’une de ces hypothèses, les physiciens auront franchi une étape de plus vers cette loi universelle qu’ils cherchent tant.Cette loi ajoutera probablement une nouvelle dimension au Modèle standard, un peu comme les idées d’Einstein, qui cernent la relation entre le temps, la vitesse et l’espace, ajoutent une dimension aux équations de Newton, qui ne traitent que de vitesse et d’espace.• Et si votre télé se mettait à compter! L es affaires sont les affaires et en affaires, pas d’amis.Erreur! Aux émissions à caractère économique que vous offre déjà Vidéotron, s’ajoute avec Vidéoway, un volet interactif aux possibilités incalculables.Cotes de la Bourse dès la fermeture des marchés et banques de renseignements de première utilité, sans compter CNN et son regard éclairé sur tout ce qui touche le monde des affaires.pour être bien informé en matière d’économie, avec nous, tout bien additionné, vous êtes en affaires.vîdéowcay _W_W Vidéotron® POUR UN NOUVEL USAGE DE LA TÉLÉ! Québec Science / Février 1993 41 Photos : Esso, Biogénie Fuites d’essence microbes qui netto les sols contaminés Autour de plusieurs stations-service, des fuites d'essence disséminent une pollution diffuse.Comment s'en débarrasser ?La firme québécoise Biogénie, spécialiste en décontamination biologique des sols, utilise les biotechnologies pour traiter ces sols contaminés.Par Yvon Larose La décontamination des sols s'effectue sous ces immenses bâches.On privilégie deux approches : la biodégradation et la biofiltration.En médaillon : Quelques micro-organismes naturellement présents dans le sol sont capables de détruire certains polluants.Par exemple, ce champignon microscopique peut dégrader le pentachlorophénol (PCP), un produit qu'on utilise pour empêcher les poteaux de téléphone de pour rir, de même que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des substances cancérigènes émises lors de la combustion de matière organ que à basse température.Plusieurs des réservoirs souterrains des stations-service du Québec laissent fuir des hydrocarbures.Problème environnemental réel, ces fuites risques d’atteindre et de contaminer la nappe phréatique.Au cours des prochaines armées plusieurs des réservoirs devront être remplacés.Une fuite de réservoir peut contaminer quelques dizaines à quelques centaines de mètres cubes de sol.En moyenne, les quantités de contaminants sont assez faibles, de 1 000 à 3 000 parties par million (ppm), alors qu’en ce domaine, la norme du ministère de l’Environnement du Québec s’établit à 50 ppm.les hydrocarbures légers (essences, mazout, diesel), à Montréal-Est et à Lac Saint-Charlei La biotechnologie à la rescousse Lorsque les sols sont ainsi peu contaminés, on peut les débarrasser de leurs polluants au moyen des biotechnologies.L’été dernier, les compagnies pétrolières Pétro-Canada et Esso commençaient à exploiter une station permanente de traitement des sols contaminés par Les stations de traitement, cohçues par la flr me québécoise Biogénie, utilisent simultanément deux techniques faisant appel à la mati re vivante : la biofiltration et la biodégradation.Sur les sites, des béliers mécaniques répartissent la terre contaminée en tas que l’on recouvre d’une membrane imperméable.Sous 1 tas de terre, un système de canalisation perfo 42 Québec Science / Février 1993 te, relié à des pompes, aspire l’air contenant I s vapeurs produites naturellement par les hy-j rocarbures.Ces émanations sont dirigées vers ! ae unité de traitement d’air équipée d’un fil-e au charbon activé ou d’un biofiltre.Le bio-| lire est une matrice organique à laquelle sont i menés des micro-organismes capables de dé-I iader les vapeurs d’hydrocarbures, ainsi que is nutriments, l’air, et l’eau essentiels à leur iirvie.L’an dernier, la compagnie Ultramar a mis à essai, à Montréal, ce procédé de décontami-ation accélérée des sols.Après seulement six emaines d’opération, 1200 mètres cubes de pis avaient été traités et atteignaient les norms du ministère québécois de l’Environne-ient.soler, améliorer et inoculer a technique de biodégradation fait appel aux iiicro-organismes du sol.Chaque gramme de al sec en contient environ 10 millions : des hampignons microscopiques, des bactéries, es levures, etc.Certains d’entre eux peuvent égrader naturellement les contaminants or-miques, c’est-à-dire à les détruire en s’en ra ourrissant.Environ 65 % des sols contaminés sj ; sont par des contammants organiques." uant aux 35 % qui restent, ils contiennent fr>pncipalement des métaux et la biodégrada-on n’a pas d’effet sur eux.Leur traitement asse généralement par l’extraction chimique (.u la fixation.L’approche de Biogénie consiste à fournir des conditions qui vont faciliter le travail des micro-organismes.« Notre approche se fait en deux parties, précise le président Benoît Cyr.D’une part, nous isolons des souches de microorganismes afin de les rendre plus performantes.D’autre part, nous injectons de l’azote, du phosphore ou certains micro-nutriments, par exemple des vitamines, aux micro-organismes (déjà présents dans le sol afin d’accélérer leur croissance.» En laboratoire, on commence par identifier et dénombrer les micro-organismes présents dans un échantillon de sol contaminé.Ensuite, on isole certaines souches de micro-organismes et on évalue deur rendement.Peu à peu, certains micro-organismes vont démontrer une aptitude à assimiler le polluant.Par la suite, on sélectionne les meilleurs en les soumettant à des quantités plus grandes de contaminants.Reproduits en grande quantité à l’aide de fermenteurs, ces micro-organismes spécialisés sont finalement inoculés dans le sol contaminé.Mais les micro-organismes ne se multiplient pas tous aussi facilement dans tous les contaminants.M.Cyr cite en exemple le cas du PCP (pentachlorophénol), un biocide qui empêche les poteaux de téléphone de pourrir.« Au départ, ce polluant n’est pas une bonne source de nourriture, explique-t-il.Peu de micro-organismes sont donc capables de le détruire.Il a fallu isoler des micro-organismes capables de le dégrader, puis développer un milieu de culture qui permette une croissance rapide de ces organismes sans qu’üs perdent leur aptitude à dégrader le PCP.» Pas une panacée Malgré ces succès, Benoît Cyr admet que la biotechnologie n’est pas la solution à tous les problèmes environnementaux.Ainsi, dans les cas de boues industrielles contenant de 30 à 50 % de polluants, la solution thermique — l’incinération — s’avère plus appropriée.En revanche, monsieur Cyr croit que, d’un point de vue environnemental global, l’approche biologique l’emporte haut la main pour la décontamination de sols.« Dans un sol incinéré, les contaminants ont disparu, mais le sol est mort, dit-il.Il ressemble à de la pierre parce que toute la matière organique a disparu.» Selon le président de Biogénie, l’énergie nécessaire pour l’incinération requiert cinq à sept fois plus d’hydrocarbures que ce qui est présent dans le sol contaminé.Elle produit aussi des émanations de C02, NOx et SOx qui contribuent à l’effet de serre et aux pluies acides.Les coûts de transport, quant à eux, sont plus élevés parce qu’il s’agit généralement de projets au volume beaucoup plus important.Enfin, les projets d’incinération indisposent davantage la population que les projets de biotraitement.• Québec Science facile à consulter La reliure Québec Science a belle apparence.De plus, elle est solide, pratique, facile d'entretien.Un grand nombre (84,7 %) des abonnés de Québec Science disent qu'ils conservent leur magazine*.La reliure est l'outil idéal pour garder intacts vos Québec Science et retrouver rapidement les dossiers, articles ou chroniques qui vous intéressent.Chaque reliure peut contenir 12 numéros de Québec Science.‘Enquête QS-CREST, mai 1991 , ¦¦ Je désire recevoir : ËU 1 reliure au coût de 8,67$ D 2 reliures au coût de 21,38 S Os reliures au coût de 31,20 $ (TPS, TVQ et frais d'expédition inclus pour le Canada) Veuillez prévoir environ quatre semaines pour la livraison.Cette offre expire le 31 mars 1993.Nom Prénom Adresse app.Ville Province Code postal Chèque _____Mandat-poste LJ Visa LJ MasterCard Chèque ou mandat-poste à l'ordre de Québec Science QSM 1993-2-R LA SCIENCE DANS LA VIE QUOTIDIENN par Raynald Pepin Longueur d'onde Cette crête a été émise un temps T après la précédente.La fréquence vaut 1/T.Le chant des sirènes Il permet aux chauve-souris de détecter leurs proies, et aux policiers d'identifier les automobilistes qui roulent trop vite.L'effet Doppler a même changé notre conception de l'univers.Tous roulez sur l’autoroute à 110 km/h quand soudain, le bruit d’une sirène T envahit l’habitacle.w t 4 », la police ! Vous ralentissez et vous vous préparez à vous ranger sur l’accotement.L’auto-patrouille vous rejoint.et vous dépasse.Ouf ! ce n’était pas à vous que les policiers en avaient.Encore tout énervé, vous avez envie d’envoyer paître la petite dernière qui vous pose une autre des ses questions : « Aïe, pourquoi le bruit de la sirène a-t-il changé ?» Fameux, le sens de l’observation de cette petite ! En effet, dans de nombreuses situations, on entend des changements de fréquence causés par le mouvement d’une source sonore ou de son auditeur.Le son est perçu plus aigu ou plus grave qu’il n’a été émis.Exemple : vous êtes sur le bord d’une route quand vous entendez une auto qui s’approche.Après qu’elle vous ait dépassé, le bruit de l’auto apparaît plus grave qu’il ne l’était auparavant.Pourtant le son émis par les pneus sur le pavé n’a pas changé ! Ce phénomène, qui se produit pour n’importe quel type d’ondes, sonores, électromagnétiques, etc., s’appelle l’effet Doppler, du nom du physicien qui l’a prédit en 1842.Qu’est-ce qui se passe au juste ?Quand la source de Fonde et l’auditeur sont tous les deux immobiles, l’intervalle de temps entre l’émission et la réception de deux crêtes de Fonde est le même.La fréquence entendue, c’est-à-dire le nombre de crêtes reçues par l’auditeur en une seconde, est alors la même que la fréquence émise, (voir l’illustration) Si l’auditeur se rapproche d’une source sonore immobile, il reçoit plus de crêtes d’onde L'effet Doppler est à la base du principe du radar et du changement de sonorité d'une sirène q vous dépasse par seconde que s’il ne bougeait pas.Sa situation est analogue à celle d’un nageur qui progresse contre les vagues : il rencontre plus de vagues que s’il était immobile.La fréquence entendue augmente : le son apparaît plus aigu, d’autant plus que l’auditeur se déplace vite.Inversement, si l’auditeur s’éloigne de la source, la fréquence reçue est plus faible.Si c’est la source sonore (la sirène par exemple) qui bouge, les crêtes d’onde sont plus rapprochées devant la sirène.La longueur d’onde ¦on Pour un auditeur qui va à la rencontre des ondes, l’intervalle de temps entre les deux crêtes est plus petit que T.La fréquence (1/T) entendue est plus grande que celle qui est émise.du son (la distance entre deux crêtes) est doi réduite.Résultat : il se passe moins de temps entre la réception des deux crêtes d’onde qu’entre leur émission.La fréquence perçue est plus élevée que la fréquence émise et le son semble plus aigu.Quand, au contraire, la sirène s’éloigne de l’auditeur, ce dernier entend un son plus grave.C’est ainsi que si une personne marche en parlant, ses auditeurs perçoivent sa voix plus aiguë ou plus grave qu’elle ne l’est en réalité En pratique, puisque la personne se déplace lentement, le changement de fréquence est b férieur à 1 % et n’est pas perceptible à Foreill mais l’effet existe tout de même.Une expérience élégante a permis de vérifia la théorie de Doppler dès 1845.En ce temps-1 il n’y avait pas d’appareil pour mesurer les fré quences.Le seul instrument dont on disposai c’était l’oreille humaine ! En juin 1845, le Néerlandais Buys Ballot a donc installé plusieurs trompettistes sur un wagon de train tir par une locomotive, sur la ligne Utrecht-Maar sen en Hollande.Un musicien doté d’une bonne oreille, placé le long de la voie, estimait lei variations de hauteur du son pour différentes vitesses de la locomotive.ÏÎ! : «b.- i ¦ 44 Québec Science / Février 1993 îs radars Doppler jrtaüies espèces de chauve-souris utilisent iffet Doppler pour obtenir de l’information sur urs proies.Ces chauves-souris émettent des trasons dont elles captent les échos avec leurs eflles.Quand la chauve-souris se dirige vers re proie, généralement un insecte en vol, ;cho perçu est plus aigu que le cri émis.Le dé-liage permet d’évaluer la vitesse de l’insecte.>oir l'illustration à droite) De nombreuses applications de l’effet Doper reposent sur la détection d’échos, à l’ima-s du « radar » des chauves-souris.Pour déter-liner la vitesse des autos, les policiers utili-;nt un radar qui émet des micro-ondes, à une équence d’environ 10 gigahertz.La fréquen-; des ondes reçues et réfléchies par l’auto ü approche, puis captées par le radar, est igmentée par effet Doppler.Le décalage de équence permet d’obtenir la vitesse de juto.La vitesse des balles de baseball, du lonticule vers le marbre, est déterminée par même méthode.En météorologie aussi, on utilise le radar oppler.« Les micro-ondes émises sont réflé-ües par des particules d’eau ou de glace en ispension dans l’air, explique Isztar Zawads-, chercheur en physique de l’atmosphère à JQAM.Si ces particules sont en mouvement, fréquence des ondes est légèrement modi-ée.On peut ainsi évaluer la vitesse des précitations, observer les mouvements de l’air lors 3S orages ou averses, prévoir à très court ter-,e la situation météo autour d’un aéroport.» ertains aéroports américains sont équipés de idars Doppler afin de détecter les courants 'air descendants (souvent associés à une aver-;) qui peuvent modifier dangereusement la rqjectoire d’un avion lors de son atterrissage.ï (il pt- 'expansion de l'univers lais c’est en astronomie que l’effet Doppler a es applications les plus importantes.Le mou-ement d’une étoile modifie la longueur ’onde de sa lumière.L’effet n’est pas percep-ible à l’œil; ü faut plutôt analyser le spectre e la lumière stellaire, un ensemble de raies rmineuses dont les longueurs d’onde sont ca-actéristiques de la composition chimique de étoile.Pour évaluer le déplacement d’une toile, on mesure le spectre d’un de ses éléments, l’hydrogène par exemple, et on le com-iare au spectre du même élément obtenu en aboratoire.Si l’étoile s’éloigne, les fréquences des raies «ctrales diminuent et leurs longueurs ’onde augmentent.Toutes les raies sont dé-ies vers le rouge, c’est-à-dire vers les lon-iueurs d’onde plus grandes.Si l’astre se rap-)roche de la Terre, le décalage se fait vers le )leu (les courtes longueurs d’onde).« C’est grâce à l’effet Doppler, explique herre Chastenay, astronome au Planétarium low de Montréal, qu’on a découvert que les galaxies s’éloignent d’autant plus vite qu’elles sont éloignées, ce qui implique que l’univers îst en expansion au lieu d’être statique com-ire on le croyait auparavant.» • La chauve-souris émet des ondes ultrasonores vers l'insecte Si la chauve-souris se dirige vers l'insecte, l'écho reçu est plus aigu que le cri émis.Programmes de maîtrise et de doctorat à l'Université de Moncton Située au coeur de l’Acadie, l’Université de Moncton est la plus grande université canadienne, entièrement de langue française, à l’extérieur du Québec.Doctorat Études françaises Maîtrises ¦ Administration des affaires ¦ Administration publique ¦ Biologie ¦ Chimie ¦ Droit / Administration des affaires (programme combiné LLB-MBA) ¦ Droit / Administration publique (programme combiné LLB-MAP) ¦ Économie ¦ Éducation -administration scolaire -enseignement - orientation - psychologie éducationnelle - enseignement aux déficients auditifs Études familiales Études françaises Génie civil Génie industriel Histoire Nutrition Philosophie Physique Psychologie Service social Bourses : Des bourses d’études variant de 2 500 $ à 6 000 $ sont disponibles aux candidats et candidates inscrits à temps complet.Les étudiants et étudiantes ont aussi accès à des postes d'assistants ou d'assistantes d'enseignement et de recherche.i'i'i Renseignements : Université de Moncton Bureau de liaison Moncton, Nouveau-Brunswick E1A3E9 UNIVERSITE DE MONCTON Téléphone : (506) 858-4443 Sans frais : 1-800-561-3996 (indicatifs 506, 418, 709, 902, 819, 514, 613 et 705) Québec Science / Février 1993 45 Dossier énergie Dans les laboratoires, des chercheurs s’affairent à mettre au point des technologies pour produire et transporter l’énergie de façon plus efficace, moins coûteuse et plus respectueuse de l’environnement.Des souris knock-out Vous voulez savoir le rôle d’un gène ?Supprimez-le ! Des souris de laboratoiu ( ont ainsi été amputées d’un de leur gènes.Elles survivent mais sont un peu i c désorientées.La fin des modèles économiques Pendant des décennies, on a essayé de décrire toute l’économie par une sér y d’équations.Aujourd’hui, on démissionne : les grands modèles économiques); jj n’arrivent même pas à prévoir notre situation actuelle.Adopte z-moi Grâce à vous, amis lecteurs, qui achetez ce numéro de Québec Science en kiosque et participez au concours, ainsi qu’aux gens de Messageries Dynamiques qui ont la responsabilité de la distribution en kiosque du magazine, moi Flippo le béluga, serai bientôt en mesure de recevoir officiellement mon acte d’adoption.Plus vite vous participerez au concours, plus vite je serai adopté.Gagnez un séjour de 3 jours et 2 nuits pour deux personnes à l'Hôtel Ttidoussttc et une croisière d9obsereation des baleines» Votre geste vous donnera également la chance de gagner une fin de semaine pour deux à l’Hôtel Tadoussac, au cours de laquelle vous aurez l’occasion d’aller observer les baleines à l’embouchure du Saguenay et, qui sait, peut-être d’y apercevoir notre futur adopté ! Si vous avez acheté ce magazine chez un détaillant, remplissez tout simplement le coupon ci-dessous, puis découpez et remettez-lui cette annonce complète (les fac-similés ne sont pas acceptés).Vous serez ainsi automatiquement inscrit au concours.Estampe du détaillant Remettez au détaillant qui vous a vendu ce numéro de Québec Science Nom Adresse Ville Code postal Tél.:( ) Route 46 Québec Science / Février 1993 Aurores boréales r C |- colère du Soleil Les grands rideaux de lumière des aurores boréales sont le résultat de phénomènes violents dans la haute atmosphère.par Pierre Chastenay es longues nuits d’hiver sont propices à l’observation des aurores boréales, l’un des spectacles célestes les plus saisis- - ints qui soient.Ces immenses rideaux multi-jlores qui semblent danser dans le ciel ne pnt pas, comme le croyaient nos ancêtres, le ' pflet de la lumière solaire sur les glaces des , ôles.Il s’agit plutôt d’un phénomène lumi-qux qui se produit dans la haute atmosphère prrestre, et qui tire sa source des « colères » ' u Soleil.- j Notre étoile émet en effet un flot incessant |e particules chargées — le vent solaire — jhi se dispersent dans l’espace entre les pla- ' jètes.Mais il se produit parfois à la surface du , bleil des éruptions si violentes qu’elles projetant soudainement dans l’espace un flux de |rotons et d’électrons à des vitesses allant de - |00 à 1000 kilomètres par secondes ! Environ .[eux jours plus tard, la Terre est littéralement jombardée par ce raz de marée de particules jtomiques.Entraînées par les lignes de force ' lu champ magnétique terrestre, les particules .p concentrent alors au dessus des pôles nord lt sud.Entre 400 et 100 kilomètres d’altitude, elles excitent les molécules d’air de l’ionosphère.En perdant leur excitation, les molécules d’azote et d’oxygène émettent de la lumière à certaines longueur d’ondes caractéristiques, donnant naissance au phénomène lumineux que l’on nomme aurore polaire — boréale dans l’hémisphère nord, australe dans l’hémisphère sud.Le phénomène de l’aurore polaire est similaire à ce qui se produit à l’intérieur d’un tube fluorescent lorsqu’un courant électrique le traverse.Les atomes du gaz (contenu à basse pression dans le tube scellé) sont alors excités par le bombardement des électrons; en revenant à leur état fondamental, ils émettent de la lumière.Remplaçons le gaz et le tube par l’ionosphère terrestre, le courant électrique par le flot de particules chargées émises par le Soleil.et la lumière devient une aurore polaire ! Malheureusement, les aurores sont imprévisibles: on n’a pas encore découvert de mécanisme capable de jouer le rôle d’interrupteur céleste, pour les allumer à volonté ! • Pierre Chastenay est astronome au Planétarium Dow.Couleurs caractéristiques émises par une aurore boréale Couleur Atome Longueur d'onde (nm) Altitude (km) Vert Oxygène 1 557,7 100-150 Bleu Azote 470,8 110 Rouge Oxygène 630 et 636 200-400 t les lEBROUlUARDS LE MAGAZINE DRÔLEMENT SCIENTIFIQUE vous propose en février: La mine d'or Bâton de dynamite en main, à 460 mètres sous terre, Grégory Charles, le populaire animateur de la série télé Les Débrouillards, cherche de l'or! Le plein s'il-vous-plaît A la station-service, il suffirait d'une étincelle pour.boum! Au fait, qu'est-ce qui se cache sous nos pieds et dans une pompe à essence?Inventeur à 16 ans Le jeune Rochan Sankar a inventé un appareil qui évalue l'état du coeur.Opération méningite Le Québec est en guerre.L'ennemi s'appelle Neisseria meningitidis.Il est plus petit qu'une tête d'aiguille.Invente une affiche pour le Club Un grand concours, avec 2500$ en prix! En plus: des expériences amusantes à faire à la maison, des jeux, des fiches à collectionner, la rubrique des correspondants, et de nombreuses chroniques.52 pages de découvertes! Les Débrouillards est en vente dans plusieurs kiosques (2,95 $).Pour s'abonner (1 an, 10 numéros, 24,42 $) s'adresser à: Magazine Les Débrouillards, 25 boul.Taschereau, bureau 201, Greenfield Park (Québec) J4V 2G8.TéL: (514) 875-1908 (commandes téléphoniques pour détenteurs de carte de crédit).^ /TLsy/rK-T s/*l Québec Science / Février 1993 47 PLEINS FEUX SUR LES LAURÉATS ' PftOOHO _ SCÏHL \9WSt \SOH p \ n, \ ' \ oyituw—._ cwi» a Le Festival international du film scientifique du Québec, qui s'est déroulé à Québec et à Montré du 22 octobre au 1er novembre, félicite les gagnants de so troisième édition.En plus du Grand Prix Northern Telecom et de la mention spéciale, six autres prix ont été attribué GRAND PRIX NORTHERN TELECOM «Molecules With Sunglasses» Gronde-Bretogne, 1992, John Lynch BBC 1er PRIX NORTHERN TELECOM «Parasites» France, 1992, Bernard Dartigues Service Audiovisuel du Ministère de l'Agriculture et de la Foret PRIX RECHERCHES BELL-NORTHERN «The Nature of Things : Chaos-Science & The Unexpected» Canada, 1990, John Bassett CBC iV H INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (meilleure production québécoise) «Le secret du loup» Canada, 1990, Jean-Louis Frund Productions Jean-Louis Frund CENTRE DE RECHERCHE INDUSTRIELLE DU QUÉBEC (institutionnel ou entreprise) «Météo.Ja science au quotidien» Canada, 1991, Pierre Pelletier Environnement Canada Société pour la promotion de la science et de la technologie ENVIRONNEMENT CANADA (meilleur film environnement) «Planet Under Pressure : Acid Assault» Canada, 1991, David Chamberlain et Vlad Goetzelman N Ontario PRIX DU PUBLIC DE L'AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE (meilleur reportage scientifique francophone de télévision) «La planète des autres» Belgique, 1992, Annie Thonon RTBF MENTION SPECIALE «Equinox : The Elements» Grande-Bretagne, 1991, Ian Duncan Windfall Films Productions - Channel 4 Television Ville de Montréal MUSEE DE LA CIVILISATION I Enseignement supérieur I et Science Québec Québec
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.