Québec science, 1 janvier 1989, Juillet-août
DO-COLLÈGE: N PARTENARIAT INÉDIT §ES PETITES BÊTES lillDËSIRABLES A PRINCESSE SES TÉNÈBRES LET/AOÛIc 1989 Volume 27, numéro 11 3,25$ f - ¦J-' « E^PAS^E tSHNSGRIiT ‘ Ü^cGEURIBESwRBRES EAUX RIDEES T POTS MIRACLES frier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.' 250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1. .S Sun IfiA faiate^eja I QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR PRÉSENTE: L -HERBIER MEDICINAL ALBUM D'ETHNOBOTANIQUE QUÉBÉCOISE m Get album dans lequel vous pourrez collectionner vos propres spécimens offre l'avantage d'être parfaitement adapté à notre flore.Quarante-six espèces, généralement faciles à trouver, y sont décrites et soigneusement illustrées.Pour chacune d'elles, nous avons rapporté les usages qu'en faisaient les différentes nations autochtones, les propriétés médicinales, la composition chimique et le mode d'emploi traditionnel.Pour faciliter une identification sûre, des notions de morphologie végétale sont présentées au début de cet ouvrage.Vous y trouverez également l'historique des plantes médicinales, un glossaire des termes se rapportant à la phytothérapie, ainsi que la manière de préparer les différentes potions.par Daniel Fortin et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE sous la direction d'Estelle Lacoursière Québec, 1983, ISBN 2-920073-28-1 27,5x38 cm, 120 pages, 14,95$ CAR B RIE R QUÉBÉCOIS Il existe au Québec plus de cent espèces d'arbres et d'arbustes.Et, pourtant, nombreux sont ceux qui prétendent aimer la forêt et ces plantes vertes par excellence que constituent les arbres et les arbustes.Voilà pourquoi Estelle Lacoursière, spécialiste de la botanique à l'Université du Québec à Trois-Riviè?es, et Pierre Leduc, illustrateur, ont uni leurs efforts pour présenter aux jeunes comme aux^moins jeunes cet herbier original baptisé arbrier.par Estelle Lacoursière et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1981, ISBN 2-920073-17-6 27,5x38 cm, 64 pages, 8,95$ L HERBIER QUÉBÉCOIS jZlodû* Qàùàcoil La planète Terre a donné naissance à près d'un million d'espèces végétales.Vouloir les connaître toutes serait certainement impossible.Mais quelle satisfaction de pouvoir reconnaître au moins celles que vous propose cet album.Une soixantaine d'espèces choisies parmi les plus courantes, y sont identifiées et illustrées, accompagnées d'un espace libre et d'une fiche d'identification pour vous permettre d'en faire collection.par Estelle Lacoursière et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1982, ISBN 2-920073-22-2 27,5x38 cm, 104 pages, 13,95$ L ÉTANG.UN MILIEU DE VIE Une superbe gravure doublée d'un véritable cours de science naturelle.Il suffit en effet de l'observer durant quelques secondes pour s'imprégner du foisonnement de vie qui s'y déroule: en tout, 88 espèces animales et végétales y sont représentées, ainsi que l'évolution du cycle de vie de certaines d'entre elles.Une innovation pédagogique d'importance.par Estelle Lacoursière illustration de Claire Tremblay-Aubé Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1981, ISBN 2-920073-19-2, format 66 x 92 cm, 9,95$ Dans la collection FAIRE: OBSERVEZ LES OISEAUX AU QUÉBEC par Normand David et Miche! Gosselin Québec, 1981, ISBN 2-920073-10-9 12,5 x 18 cm, 268 pages, 16,95 S Ces livres sont disponibles dans les librairies.Pour les régions non desservies, commander aux PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Joindre votre paiement en incluant 1,75 $ pour les frais d'envoi. lume 27, numéro 11 SOMMAIRE Juillet / Août 1989 18 24 30 36 42 ARTICLES Des arbres à remonter le temps Les anneaux de croissance des arbres témoignent du passé.C’est pourquoi la dendrochronologie profite à bien des domaines scientifiques.Par Norman Leavy Peaux ridées et pots miracles La guerre aux rides se poursuit de plus belle.Nouvelle arme : le vocabulaire scientifique de plus en plus présent en cosmétologie.Par Marie-Claude Ducas La chauve-souris Princesse des ténèbres Véritable sonar volant, la chauve-souris intrigue par son étonnante capacité de «voir» et de se déplacer dans l’obscurité.Par René Caissy Ces petites bêtes indésirables Mouffettes, marmottes et fourmis élisent parfois domicile chez M.et Mme Tout-le-Monde.Des visiteurs pas toujours faciles à déloger.Par Yvon Larose Zoo-cégep : un partenariat inédit La collaboration étroite entre le Cégep et le Jardin zoologique de Saint-Félicien bénéficie à tout le milieu.Par Élaine Hémond Page 24 Page 18 CHRONIQUES 7 LA DIMENSION CACHÉE La transparence de l’eau Par Raynald Pepin 9 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse La fièvre de la fusion à froid Une pompe nouvelle vague Se chauffer avec un pneu Le golfe: un grand laboratoire Nouvelles brèves 14 MICROMÉGA Alex: une bataille de gagnée, mais.Par Jean Lalonde Page 30 «ÇKfÉ .* Page 36 5 ENTRE LES LIGNES 48 EN VRAC 49 LU POUR VOUS Une brève histoire du temps La Hulotte «Le journal le plus lu dans les terriers» 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois Pan par les Presses de PUniversité du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Troisième trimestre 1989, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère © Copyright 1989 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 3 INFORMATIONS SUR LES ÉTUDES SUPÉRIEURES EN FRANCE X 1 n 1 ¦ t « 1 ' E d u c i la Jaunaaaa at das Sporti i rrrrfrrrrl .Hrjd I DIRECTION DES ENSEIGNEMENTS SUPERI EtlRsj LES TYPES D'ETABLISSEMENTS LES PI LI ERES DE FORMAT ION LA DUREE DES ETUDES LA FORMATION CONTINUE LE TELE-ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE Tapai n* choisi i:*mJ r1 G U— I1:H lü» Etudiai s an EUR OP E f L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DANS LES 12 PAYS DE LA CEE ESUP LES PROCEDURES D'ACCES.Canaralas t an quallta d'atudiant atrangar,conditions da via da l'atudlant LES ETABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.>1 laissants Unlvaraltaa at autras atablll LES PROGRAMMES EUROPEENS.ESUP est l’un des sept services télématiques accessibles à tous les abonnés d’INFOPUQ.Quelle que soit la distance, on vous y amène en un rien de temps! Abonnez-vous dès aujourd’hui ! INFBPUQ INFOPUQ, 2875, boulevard Laurier, Sainte-Foy, QC, G1V 2M3 - Tél: (418) 657-3551 QUÉBEC SCIEnCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551—Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieur: (418) 831-0009 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Gilles Provost, Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Graphiscan Itée Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: The Audit Bureau CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, rue de la Prairie 91146 Villebon/Yvette Cedex France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery G1T2R1 fl Æ ouffettes, chauves-souris, zoo, arbres et peau ridée par le soleil.Jm/È Nous aurions voulu faire un spécial d’été que nous n’aurions pas AWÆ mieux réussi! L’anthropologue-journaliste Norman Leavy nous a prêté son œil de spécialiste pour faire parler les arbres, grâce à la dendrochronologie.Après avoir lu son article, vous ne regarderez plus jamais un arbre de la même manière ! Le journaliste Yvon Larose a consulté les spécialistes pour tout savoir sur ces visiteurs indésirables et pas faciles à déloger que sont les mouffettes, marmottes, fourmis et autres insectes formant l’envers du décor de nos étés.Le mini-traité sur les insectes et parasites domestiques qui en est résulté vous sera sûrement utile un jour ou l’autre.Elaine Hémond est allée au zoo avant tout le monde.Pas pour voir les animaux, mais pour constater par elle-même à quel point la collaboration originale qui s’est établie en matière de recherche entre le Jardin zoologique et le Cégep de Saint-Félicien s’avère bénéfique.Une initiative qui fera peut-être boule de neige.En communication scientifique au Québec, la relève est abondante et talentueuse.Ce numéro fournit l’occasion à une a ancienne» et à deux «nouveaux», Marie-Claude Ducas, René Caissy et Julie Trudel de se faire connaître.L’«ancienne», Marie-Claude Ducas, a été lauréate du concours de journalisme scientifique du Québec en 1987 et René Caissy (notrephoto), en 1989.(À noter que ce concours a été renommé concours Fernand-Seguin en 1989.) De son côté, Julie Trudel signe « Se chauffer avec un pneu», l’article pour lequel le prix de rédaction scientifique lui a été attribué en avril dernier à l’Expo-sciences panquébécoise.L’article de René Caissy sur les chauves-souris est celui-là même qui lui a valu son prix.Avec «Peaux ridées et pots miracles», Marie-Claude Ducas nous fait passer de la bête à la belle.Une beauté bien provisoire d’ailleurs puisque, malgré l'usage croissant des termes scientifiques en cosmétologie, notre quête de l’éternelle jeunesse semble loin d’être terminée.Mais, il n'y a pas que la jeunesse qui soit talentueuse.En effet, deux de nos collaborateurs réguliers ont reçu récemment des mentions honorables : Madeleine Huberdeau, en journalisme médical (prix Ortho Pharmaceutique), pour son article intitulé «La chirurgie de l’espoir» (Québec Science, septembre 1988), et Gilles Drouin, en journalisme environnemental (prix Canada Life), pour son article «A la rescousse de l’ozone» (Québec Science, janvier 1988).Félicitations ! .3 l.y P.S.La parution du numéro de juillet-août de Québec Science marque la fin de sa 27e année de publication.Le prochain numéro paraîtra en septembre.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 5 LES JEUNES ET L’ENVIRONNEMENT Je ne peux qu’applaudir à l’énoncé du contenu du numéro sur l’environnement.L’eau, l’air, l’ozone ; j’espère que tous les travaux de ces chercheurs iront jusque dans les écoles.Les enfants ont besoin d’être bien informés; c’est à leur âge qu’on prend de bonnes habitudes, si importantes dans la vie.Pour ma part, je vous félicite tous pour votre magnifique travail.Je suis une vieille abonnée de 85 ans.Je n’ai pas de formation spécifique en science, seulement le gros bon sens québécois.Votre magazine de vulgarisation m’intéresse au plus haut point et m’apprend beaucoup de choses.J’ai l’impression de vivre l’évolution.et j’oublie que je vieillis.Cisèle Morin-Lortie Montréal Nous y sommes avec vous Famine, guerre, pauvreté, répression, violence.voilà les images du Tiers-Monde que nous transmettent les grands médias.Mais ces images cachent une histoire toute aussi réelle, peu connue et pleine d'espoir: l’histoire de paysans et paysannes qui se prennent en main, qui s'organisent et travaillent avec acharnement au développement de leur pays.SUCO croit fermement qu'il faut travailler à éliminer de façon permanente non seulement fes effets mais aussi les causes du sous-développement.C'est pourquoi nous encourageons les projets d’autodéveloppement, c’est ainsi que nos coopérants-coopérantes, travaillent en collaboration avec des groupes communautaires, des associations paysannes, des groupes de femmes, des coopératives et bien d'autres.Ce sont des projets modestes mais qui ont l’avantage de satisfaire aux besoins de l'ensemble de la communauté.Merci de l’intérêt que vous manifestez pour notre magazine.Nous sommes ravis et honorés de vous avoir comme abonnée.L’OBSERVATION AVANT TOUT J’ai lu avec intérêt l’article de Pauline Gagnon intitulé «La masse cachée de l’Univers», dans le numéro de janvier de Québec Science.Je souhaite qu’on mette sur pied le plus tôt possible le détecteur de neutrinos de Sudbury, car rien ne remplace l’observation.Le détecteur français, sous le mont Blanc, a reçu des neutrinos de l’explosion de la dernière nova — arrivés en même temps que la lumière et qui, par conséquent, avaient fait le voyage en même temps qu’elle et à la même vitesse.Mais le conseil que je veux vous donner, à vous qui êtes étudiante en physique avancée, c’est de faire un effort pour vous débarrasser de toutes les anciennes images que l’humanité s’est faite de l’Univers.En effet, l’Univers tel qu’on le connaît aujourd’hui n’a aucun rapport avec les successifs univers d’autrefois, ni même l’Univers d’Einstein.Ni la Terre, ni le Soleil ne sont le centre du Monde; les milliards de galaxies que nous avons repérées font partie de l’Univers connu aujourd’hui, et qui a sans doute très peu de choses en commun avec l’Univers qui nous sera révélé demain.Ne perdez donc pas votre temps à chercher ce qu’est l’Univers, sa création, sa forme, ses dimensions, etc.L’astrophysique a évidemment besoin de théories, mais c’est toujours l’observation qui a et qui aura le dernier mot.R.Martin Société astronomique de France 1 te itlî pin d ml ion fa pi li lil (It ne ii! fai Initiative de 1 5 villages, les 2 barrages de la plaine de Mangaldie ont été construits par les Malien-ne-s avec la collaboration de SUCO.VOUS POUVEZ PARTICIPER! SUCO collabore depuis 25 ans et seuls vos dons lui permettent de continuer son travail.! ?Envoyez-moi de l’information sur vos projets.I Voici mon don de D 10$ ?25$ D 50$ ?100$ Autres_______________$ j ?Par chèque ?Par Mastercard ?Par Visa J No de carte Date d'expiration Signature , I Nom____________________________________________________________ j Adresse.- I_______________________________________Code postal________________ I | Tous dons sont déductibles d'impôt.No.d'enr.0596551-21-08.j I Merci de SUCO, 3738, rue St-Dominique, Montréal, Qué.H2X 2X9 | 6 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE LA DIMENSION CACHÉE La transparence de l’eau par Raynald PEPIN Vous êtes en train de lire.La lumière qui se réfléchit sur votre Québec Science traverse des centimètres d’air, peut-être vos lunettes, le cristallin et le milieu aqueux de vos yeux, avant de parvenir à vos rétines.Le plaisir de lire est ainsi relié à la transparence de la matière.L’apparition de la vie terrestre et de nombreux aspects de notre vie quotidienne sont aussi une question de «transparence».La courbe ci-contre représente le niveau d’absorption, par l’eau, des radiations électromagnétiques (dont fait partie la lumière visible) en fonction de la longueur d’onde.Plus l’absorption est élevée, plus l’eau est opaque pour la radiation concernée.À gauche, dans la région des ondes radio, l’absorption est faible et l’eau est «transparente«pources ondes.Le niveau d’absorption augmente rapidement dans la région des microondes, ce qui permet aux aliments qui contiennent de l’eau de cuire efficacement dans un four à micro-ondes (les micro-ondes sont absorbées dans les premiers centimètres sous la surface des aliments).Le niveau d’absorption croît encore dans l’infrarouge, puis chute de façon spectaculaire dans le proche infrarouge et le domaine visible, avant de 1Q10- 106 - c 100 - 10-2 10-4 10-6 10-! regrimper en flèche dans l’ultraviolet lointain.L’absorption de l’atmosphère terrestre est différente, mais l’atmosphère laisse aussi la voie libre à la lumière visible.L’air, grâce à l’ozone, est presque complètement opaque au rayonnement ultraviolet, mais en laisse tout de même passer suffisamment pour que l’on puisse bronzer.Que vient faire l’évolution de la vie là-dedans?L’eau recouvre 80% de la surface de la Terre et fournit un milieu propice aux réactions chimiques.C’est dans l’eau que sont apparus les premiers organismes vivants, dont le métabolisme utilisait les substances organiques dissoutes.Si l’eau n’avait pas laissé passer la lumière visible, les organismes photosynthétiques ne se seraient pas développés.Or, ce sont ces organismes qui ont renouvelé les approvisionnements en substances organiques et qui ont lentement produit, à partir de l’eau, l’oxygène essentiel à la vie animale.L’importance de la lumière visible découle de la structure électronique de la matière.Le passage d’un électron d’un niveau d’énergie à un autre implique souvent l’absorption ou l’émission d’un photon de lumière visible.Par exemple, la molécule de chlorophylle est excitée en captant un photon (particule de lumière) rouge ou bleu; cette énergie sert par la suite à diverses réactions chimiques.Toutefois, l’eau, l’oxygène et l’azote sont transparents parce que la structure des niveaux d’énergie de leurs molécules est telle que la lumière visible ne peut amener un électron à passer d’un niveau d’énergie à un autre.Si l’eau n’avait pas été transparente, non seulement nous ne pourrions pas lire, mais nous ne serions tout simplement pas là.LA COLLECTION ETE On conseille souvent de porter des vêtements blancs ou de couleur claire dans les pays chauds.Cela permet de repérer les moustiques plus facilement, bien sûr.Mais quelle est la principale raison de cette suggestion?Envoyez votre réponse, avec vos nom et adresse à: LA DIMENSION CACHÉE Raynald Pepin a/s Québec Science 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 La personne gagnante du mois de mai 1989 est: Mme Marie-Claude Gagnon, 231, rue René-Tremblay, Matane (Québec), G4W 2M1 - Pour sa réponse à « La marmite découverte », cette personne recevra un exemplaire de l’ouvrage Histoire des sciences au Québec (une valeur de 24,95$), gracieuseté des Éditions du Boréal.Les règlements de ce concours sont disponibles à l’adresse de Québec Science.RÉPONSE Comment mesure-t-on, avec précision, la vitesse des lancers au base-bail?Les balles de base-bail se déplacent à peu près à la même vitesse que les automobiles.et, oui, on emploie aussi le radar pour déterminer leur vitesse! L’appareil utilisé a la forme d’un gros revolver que l’on pointe vers la balle.Il émet des micro-ondes (ou ondes radar, dans les gigaHertz).La balle réfléchit une partie des ondes.À cause du mouvement de la balle, la fréquence des ondes réfléchies est supérieure à celle des ondes émises par le radar (effet Doppler).L’appareil capte et analyse le signal réfléchi et affiche la vitesse de la balle.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 7 ENF N D SPONIBLE! LES GLIDES PETERSON Roger Tory Peterson Les oiseaux de l’est de l'Amérique du Nord BROQJJL1 le PETERSON LES OISEAUX DE L’EST DE L’AMÉRIQUE DU NORD ROGER TORY PETERSON Voici le guide d'identification le plus attendu sur tous les oiseaux à l'Est des Rocheuses.Synonyme d'excellence, le PETERSON des Oiseaux, grâce à son système unique, permet d'identifier rapidement toutes les espèces rencontrées.Cette nouvelle édition, revue, comprend plusieurs centaines d’illustrations en couleurs et cartes de distribution.Chaque espèce est illustrée en couleurs et décrite en détails.Soigneusement traduit et adapté par Philippe Blain, André Cyr, Normand David et Michel Gosselin le PETERSON est facile à consulter ainsi qu'un véritable plaisir pour les yeux.Le PETERSON est le compagnon idéal de tous les ornithologues.Ses 384 pages d'informations en font l'un des guides les plus complets.Véritable «Bible», ce magnifique ouvrage est une mine inépuisable de découvertes.11,6 cm x 18,5 cm SEULEMENT 24,95$ COMMANDES TELEPHONIQUES OU POSTALES ACCEPTEES (Veuillez ajouter 2 $ pour les frais d'envoi) Ê D I T I 0 N S BROQyETÏ esl tst C.P.310, LAPRAIRIE, QC CANADA J5R 3Y3 TEL.: 514-659-4819 (514) 659-4819 Actualité par l’Agence Science-Presse éj r les lel Ij' ' f'1 ie el ?is Le 23 mars dernier, deux chimistes jusqu’alors inconnus des hautes sphères de la recherche sur l’énergie nucléaire, B.Stanley Pons, de l’Université d’Utah et Martin Fleischmann, de l’Université de Southampton en Grande-Bretagne, convoquent une conférence de presse à Salt Lake City, en Utah.Aux journalistes médusés, ils annoncent qu’ils ont réussi à provoquer la fusion nucléaire dans un simple bain électrolytique et déclenchent ainsi une vive controverse.Le bain électrolytique décrit par les deux chimistes est un procédé couramment utilisé pour séparer l’eau en ses composantes chimiques, l’hydrogène et l’oxygène.Dans leur montage, toutefois, l’eau ordinaire est remplacée par de l’eau lourde, contenant du deutérium, un isotope lourd de l’hydrogène dont le noyau est composé, en plus d’un proton chargé positivement, d’un neutron sans charge.La première électrode est constituée d’une bobine de platine et l’autre de palladium, métal semi-précieux de la famille du platine.(La propension du palladium à absorber une grande quantité d’hydrogène, chimiquement similaire au deutérium, est connue depuis la fin des années vingt.) Quand on branche une pile d’automobile (12 volts) entre les électrodes, les ions positifs de deutérium contenus dans l’eau lourde quittent l’anode et se fixent sur la cathode de palladium.Selon Pons et Fleischmann, leur dispositif aurait mesuré différents produits de la fusion: un certain nombre de neutrons, de l’hélium, du tritium (un autre isotope de l’hydrogène) et, surtout, un dégagement d’énergie sous forme de chaleur d’environ quatre fois supérieur à l’énergie requise pour déclencher la réaction d’électrolyse.Les neutrons produits auraient été beaucoup moins nombreux que ne La fièvre de la fusion à froid Neuf éminents spécialistes de l’American Physical Society ont tenu une session spéciale sur la fusion à froid à Baltimore, les 2 et 3 mai derniers.Présidé par James Krumhansl (à l’extrême droite), de l’Université de Cornell, le groupe d’experts s’est prononcé sur les récentes expériences réalisées par B.Stanley Pons et Martin Fleischmann.le prévoit la théorie nucléaire conventionnelle, et n’auraient pas été accompagnés de rayonnement radioactif mortel (rayons gamma).La présence de neutrons ne pouvant s’expliquer que par une réaction de type nucléaire, Pons et Fleischmann conclurent aussitôt que le palladium avait dû être le siège d’un processus de fusion.Ils avancèrent l’hypothèse que leur cylindre de palladium, à cause de sa tendance à absorber l’hydrogène, aurait accumulé tellement de deutérium que la pression exercée sur les noyaux à l’intérieur de la structure cristalline aurait suffi à vaincre la répulsion naturelle de ces derniers et aurait poussé un certain nombre d’entre eux à fusionner.À Baltimore, lors d’une rencontre spéciale de l’American Physical Society qui a eu lieu les 2 et 3 mai derniers, les 1 500 représentants de la plupart des grands laboratoires de recherche sur la fusion des États-Unis et d’Europe dénoncent Pons et Fleischmann.«Nous sommes en train de payer pour l’incompétence et peut-être les illusions de Pons et Fleischmann», conclut le Dr Koonin à la fin de son exposé sur une expérience qu’il a dirigée à Caltech.Il ajoute que les deux chimistes n’ont observé que l’hélium contenu dans l’air du laboratoire, que leurs neutrons n’étaient dus qu’au rayonnement ambiant.Le lendemain, le «tribunal de la fusion à froid» composé de neuf éminents physiciens se prononce: huit membres croient que Pons et Fleischmann sont dans l’erreur et un seul s’abstient.Quelques semaines après la conférence de presse de Pons et Fleischmann, une équipe italienne dirigée par le Dr Francesco Scara-muzzi avait aussi annoncé qu’elle avait obtenu le plus grand nombre de neutrons jamais mesuré depuis le début de la saga de la fusion à froid.Même si d’après plusieurs QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 9 physiciens présents à Baltimore, cette expérience semble plus crédible, les experts refusent de se prononcer avant d’avoir pu consulter le rapport du Dr Scara-muzzi.De l’avis du Dr Douglas Morrison, du Centre européen de recherches nucléaires (CERN) à Genève, la fièvre de la fusion à froid déclenchée par Pons et Fleischmann ne serait qu’une fièvre.du printemps.Andrée Tremblay UNE POMPE NOUVELLE VAGUE Il s’agissait d’y penser.Après le soleil, le vent et la marée, une nouvelle source d’énergie alternative, la houle, serait en voie d’être exploitée commercialement grâce au système Waveberg, un mécanisme capable de transformer l’énergie de la houle en puissance hydraulique utile.¦.t^esà Semblable à une gigantesque pompe flottante, le système Waveberg a été conçu en Californie au début des années 80 par l’inventeur québécois John Berg.Celui-ci a confié à la firme GID Design, de Québec, le mandat de mettre au point un prototype opérationnel, étape ultime avant la production en série.La pompe comprend un châssis rigide central triangulaire et monté sur trois flotteurs.À chacune des trois extrémités de cette structure est fixé, grâce à un pivot, un levier qui rejoint l’un des trois flotteurs périphériques du système.Les flotteurs suivent fidèlement le mouvement de la surface de l’eau et actionnent trois pompes par l’intermédiaire des leviers.Selon l’ingénieur Benoît Renaud, de GID Design, la géométrie du système joue un rôle primordial dans l’optimisation de l’effet de la houle.«Plutôt que d’aller chercher uniquement la dénivellation d’une vague, explique-t-il, chaque pompe va chercher deux fois l’effet de l’onde, une fois en suivant la crête et une fois en suivant le creux.» À un emplacement idéal d’environ 100 mètres de la rive, le système Waveberg produit sous pression, et de façon constante, de grands débits d’eau salée.Ceux-ci peuvent atteindre environ 10 000 litres par minute, pour une amplitude de houle minimale d’un mètre.Canalisée sur la terre ferme par un système de tuyaux sous-marins, cette eau peut être, notamment, transformée en électricité.Un tel volume pourrait fournir 45 kilowatts/heure.À travers le monde, l’amplitude minimale de la houle est généralement supérieure à un mètre; dans 75% des cas, elle est supérieure à deux mètres.Plusieurs applications sont possibles.Le système Waveberg pourrait alimenter en électricité des plates-formes de forage et servir de complément aux usines marémotrices qui ne tirent pas profit de la houle mais uniquement du va-et-vient de la marée.Le système pourrait aussi servir de station de pompage pour les piscicultures et les fermes aquicoles.Enfin, couplé à des canons à neige, le système Waveberg pourrait servir à transformer l’eau de mer en eau potable.Une technologie de purification des eaux d’égout, conçue par la firme québécoise Turbocristal et utilisée en Colombie-Britannique, a montré que l’eau se débarrasse de ses impuretés lorsqu’elle se transforme en neige.Yvon L arose BLANCS, NOIRS OU JAUNES?Les Blancs sont-il supérieurs aux Noirs?Oui, mais les Jaunes sont encore meilleurs.C’est pour cela qu’il vont bientôt dominer le monde.C’est du moins la théorie du professeur de psychologie Philippe Rushton, de l’Université Western Ontario, telle qu’il l’a exposée au congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, qui réunissait récemment 10 000 scientifiques à San Francisco.En termes de grosseur du cerveau, d’intelligence, de stabilité familiale et de maîtrise de ses instincts sexuels, par exemple, les Orientaux, selon M.Rushton, dominent les Blancs qui, eux, devancent les Noirs.Pourquoi?&°Mstÿn Selon le psychologue ontarien, des recherches ont démontré que la race noire serait apparue il y a 200 000 ans, la race blanche il y a 100 000 ans, et la race orientale il y a seulement 40 000 ans.Or, prétend M.Rushton, l’étude de l’évolution des espèces animales montre que plus une espèce est jeune, plus elle est brillante (cerveau plus gros, vies familiale et sociale plus intenses, etc.).Heureusement, cette théorie a été aussitôt rejetée par les scientifiques présents.10 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE Au Canada, 21 millions de vieux pneus sont mis au rebut chaque année.Le Québec est responsable de près du quart de cette somme.C’est à Saint-Amable, dans le comté de Verchères, qu’on retrouve le plus vaste dépôt de pneus à ciel ouvert : on y estime la quantité de vieux pneus à plus de 3 millions.Résistantes à la biodégradation, ces montagnes de pneus non seulement constituent un milieu idéal pour la reproduction des rongeurs, mais créent aussi un risque potentiel de catastrophe écologique.En effet, un pneu qui brûle libère une épaisse fumée noire nauséabonde dans laquelle on détecte la présence de molécules hypercancé-rigènes.De plus, le fluide qui se dégage de l’amoncellement en flammes s’infiltre dans le sol et contamine la nappe phréatique.Mais comment éliminer ces vieux pneus?Une solution nouvelle et originale s’offre à ce problème environnemental, jusqu’ici difficile à résoudre: la pyrolyse sous vide.Cette technique permet de transformer rapidement les vieux pneus déchiquetés en huile, en noir de carbone, en acier (dans le cas de pneus ceinturés d’acier) et en gaz.Tous ces produits possèdent une valeur commerciale importante.Le mot «pyrolyse» signifie «briser par le feu».Il s’agit donc d’une décomposition thermique de la matière dans le but de récupérer les produits de cette transformation.La pyrolyse ne date pas d’hier.Depuis longtemps, en effet, on a eu recours à cette pratique, entre autres, pour fabriquer du charbon de bois.Lors de la pyrolyse conventionnelle, les particules de pneus sont chauffées électriquement dans un réacteur.À la suite d’une série de modifications dues à la chaleur, les nouvelles molécules sont entraînées par un gaz que l’on fait circuler dans le système.Souvent, on utilise l’azote, gaz qui a la propriété de ne pas réagir avec les produits de décomposition, ce qui permet la SE CHAUFFER AVEC UN PNEU Jeté àt L'uSir* p« te sous vide, r (EL PoSSiBlE bous Vide, récupération de sous-produits comme l’huile.La pyrolyse sous vide, quant à elle, semble être encore plus avantageuse.C’est l’ingénieur Christian Roy, de l’Université Laval, qui a mis au point le procédé.«L’originalité de la pyrolyse sous vide, explique-t-il, réside dans le fait qu’on utilise le vide au lieu d’un gaz pour évacuer rapidement du réacteur les nouvelles molécules produites par la décomposition thermique du pneu.» En effet, pendant l’opération de pyrolyse à l’aide d’azote, certaines molécules demeurent trop longtemps dans le réacteur.Elles se lient à d’autres molécules et se collent aux parois du réacteur.Il devient alors impossible de les récupérer.Par contre, lorsqu’on crée le vide dans le système, les molécules ne séjournent que quelques secondes après leur fractionnement dans le réacteur.Les possibilités de réactions de décomposition secondaire sont alors minimisées.Il en résulte une augmentation considérable de rendement en produits organiques.L’huile récupérée des pneus usés est constituée principalement de BTX (benzène, tolène, xylène) et de naphte.Elle pourrait, entre autres, servir de combustible pour les chaudières industrielles.Le noir de carbone, résidu solide de la pyrolyse, trouverait son Julie Trudel, gagnante du prix de rédaction scientifique décerné par le Conseil de développement du loisir scientifique, l’Association des communicateurs scientifiques du Québec et Québec Science, lors de l’Expo-sciences panquébécoise, tenue en avril dernier.Elle a également remporté la médaille d’or, catégorie génie, à l’Expo-sciences pancanadienne qui a eu lieu à Terre-Neuve au mois de mai.application comme combustible dans les fours à ciment et comme agent de renforcement de pièces de caoutchouc ou de plastique, notamment les semelles de bottes.Quant aux gaz non condensables, qui sont essentiellement des hydrocarbures, ils seraient brûlés, afin de fournir l’énergie nécessaire au chauffage du réacteur, assurant ainsi l’autonomie énergétique du système.La technique de pyrolyse sous vide offre tellement de possibilités qu’on ne cesse de lui trouver de nouvelles applications, par exemple dans le secteur forestier et dans le recyclage des résidus de raffinage du pétrole.Dans ce dernier domaine, des chercheurs, en collaboration avec Ultramar et le programme canadien CANMET, sont à mettre au point une usine pilote qui utilisera la pyrolyse sous vide pour le traitement des boues pétrolières.Julie Trudel QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 11 Yvan Roy / CDLS SE LE GOLFE: UN GRAND LABORATOIRE Les océanographes veulent faire du golfe du Saint-Laurent un véritable laboratoire de recherche naturel, afin d’étudier les grands problèmes environnementaux susceptibles d’affecter la conservation des stocks de poissons et la qualité du milieu marin.Pour les quelque 225 chercheurs canadiens et étrangers réunis en symposium à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, à la mi-mars, l’importance des changements climatiques et la pollution constituent les deux axes privilégiées de la recherche océanographique d’ici à la fin du siècle.Le symposium a permis aux scientifiques de faire le point sur leurs travaux et surtout de dresser un vaste programme de recherches pour mieux connaître le golfe du Saint-Laurent.Ce petit océan intérieur (dont la moitié se trouve au Québec) est un écosystème fragile face aux développements technologiques, à la pollution, à l’exploitation intensive de ses ressources et aux changements climatiques.Dans cette optique, les chercheurs vont tenter de mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent le flux du gaz carbonique de l’atmosphère vers les océans.À cet égard, le golfe du Saint-Laurent présente un milieu marin où forces, courants et marées sont particulièrement dynamiques.En océanographie physique, on tentera d’expliquer la variabilité saisonnière des marées, les remontées d’eau, le mélange vertical et autres mouvements observés dans le golfe, en relation avec la force du vent, les décharges d’eau douce et l’influence de la pénétration des eaux atlantiques.Les scientifiques, par ailleurs, veulent mieux saisir le cycle de vie et de migration des différentes espèces de poisson, leur exposition aux agents de contamination et surtout les conséquences du changement climatique global sur la distribution de certaines espèces marines, tels le maquereau et le hareng.«Si on connaît assez bien l’état des stocks exploités, a souligné le directeur général de l’Institut Maurice-Lamontagne, le Dr Jean Boulva, notre compréhension de la biologie de la majorité des espèces d’importance commerciale demeure souvent marginale.» Enfin, un groupe de travail sur l’océanographie et la sédimentologie se propose d’étudier, entre autres, le cycle du carbone, des métaux traces et des composés organiques chimiquement stables.«Le golfe n’est pas un écosystème très pollué; cependant, sa source l’est et on sait bien qu’à travers la chaîne alimentaire marine des polluants parviendront jusqu’au golfe», a expliqué le président du symposium, le Dr Jean-Claude Therriault.Le symposium de Mont-Joli fait figure de point tournant pour l’océanologie, d’autant plus qu’aucune synthèse sur la recherche dans le golfe du Saint-Laurent n’avait été faite depuis.20 ans ! Normand Martin Un membre de l'équipe d’océanographie effectuant la récolte de zooplancton dans le golfe Saint-Laurent.; —— - - r- T N O U V E L L1 SIDA Le regroupement des Départements de santé communautaire (DSC) du Mont- • ?Plft réal métropolitain, en collaboration avec le DSC de Verdun et le ministère de la Santé et des Services sociaux, a publié une brochure d’information intitulée: SIDA, les faits, l’espoir.Abondamment illustrée, cette brochure d’une soixantaine de pages répond à plusieurs questions sur la transmission, l’évolution, le traitement et la prévention du sida.Elle est disponible au coût de 6,95 $ à l’adresse suivante: DSC de Verdun 4000, boul.Lasalle Verdun (Québec) H4G 2A3 y (514) 756-7315 ' I Li PLASTIQUE ET ENVIRONNEMENT La Société des industries du plastique a mis sur pied, en mars dernier, l’Institut des plastiques et de l’environnement du Canada (IPEC).Les chercheurs de l’IPEC tenteront de trouver des moyens pour réduire et recycler les déchets constitués de plastique.À VOIR CET ÉTÉ Pour rendre votre période des vacances encore plus intéressante, voici une liste des expositions qui se tiendront à travers le Québec: Du cylindre au laser L’histoire de l’enregistrement et de la reproduction de la musique Du 23 mai au 19 octobre Musée de la civilisation, à Québec Les usines du vivant Exposition itinérante sur les biotechnologies Du 12 mai au 2 juillet Musée du Séminaire, à Sherbrooke Du 12 juillet au 14 août Maison du citoyen, à Hull Expotec 89: Communiquer, une expérience au-delà des sens ! Exposition sur le thème de la communication Du 8 juin au 1er octobre Vieux-Port de Montréal (Hangar n° 7) 12 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE BRÈVES SANTE MENTALE Le Centre de recherche conjoint de l’Université Laval et de l’hôpital Robert-Giffard a créé dernièrement un laboratoire de neurobiologie moléculaire, qui s’intéressera aux causes des troubles mentaux infantiles et adultes.Des investissements de près d’un million de dollars permettront aux scientifiques de poursuivre des études sur les gènes marqueurs de la dépression maniaco-dépressive, de l’autisme et de la schizophrénie.LE SIMDUT Le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) est en vigueur au Québec depuis le printemps.Il s’agit d’abord d’un ensemble de lois et de règlements qui régissent l’utilisation et l’étiquetage des produits dangereux, mais aussi d’un réseau de communication pancanadien favorisant les échanges sur ces produits.C’est la CSST qui est responsable de l’application du SIMDUT.La supraconductivité: Une science venue du froid Du 2 juin au 4 septembre Musée national des sciences et de la technologie, à Ottawa Sciences et contes Exposition itinérante de vulgarisation scientifique organisée par l’Université Laval et l’Université du Québec à Chicoutimi 6 au 8 juillet: Alma 20 au 22 juillet: Chicoutimi 3 au 5 août : La Baie 17 au 27 août : Québec 13 au 15 juillet: Saint-Félicien 27 au 29 juillet: Roberval 10 au 12 août : Jonquière Images du futur Exposition de sculptures vidéo, animations par ordinateur, installations holographiques sur le thème de la Révolution française Du 1er juin au 24 septembre Vieux-Port de Montréal (Gare maritime Louis-Jolliet) INFOFUQ Un univers de services télématiques Saviez-vous que les abonnés d’INFOPUQ peuvent consulter les services télématiques du réseau ALEX mc de partout au Québec, au Canada et même à partir d’autres pays du monde?Vous pouvez en faire autant.Il suffit de vous abonner à INFOPUQ et de vous procurer, bien sûr, un logiciel émulateur ALEX.Contactez-nous dès aujourd’hui! INFOPUQ, 2875, boulevard Laurier, Sainte-Foy, QC, G1V 2M3 tél: (418) 657-3551 ALEX est une marque de commerce de Bell Canada.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 13 MICROMÉGA ALEX: une bataille de gagnée, mais.Ï1D UTILISATION PAR TYPE DE SERVICE (en mars 1 989) 69% 1)' pmi spl te üli | ici 1 APPELS TEMPS D'UTILISATION 70% t 60% ¦ 50% ¦ ¦ 40% ¦ • 30% ¦¦ 26°/ 20% • ¦ 9% no/.9% 10%- o 5%4% go/ 2 3% 2% par Jean LALONDE « T 1 n’y a pas de service au numéro que I vous avez composé», se fait-on ^ répondre au numéro de téléphone du CETI (Centre d’excellence en télécommunications intégrées).Malgré leurs projets pleins de promesses, les promoteurs du Minitel français au Québec ont fermé boutique.Avec son réseau Alex, le géant Bell Canada a clairement remporté la première manche du match de la télématique grand public canadienne.Alors qu’une deuxième bataille commence avec la mise en service tant attendue de Video-way, le système d’information de Vidéotron, il est temps de faire un bilan des six premiers mois d’Alex.Depuis mai 1989, 13 500 résidents de la région de Montréal utilisent le réseau vidéotex Alex.La moitié d’entre eux louent le terminal AlexTel, les autres utilisent un logiciel d’émulation sur un micro-ordinateur (voir «MicroMéga», février 1989).La distribution gratuite des logiciels a connu tellement de succès que Bell a augmenté le nombre d’exemplaires distribués gratuitement.Ces logiciels doivent être vendus sous peu dans les Téléboutiques Bell.LES MESSAGERIES EN VEDETTE Les usagers du réseau Alex sont surtout des abonnés des messageries électroniques.Chaque semaine, plus des deux tiers des 7 000 heures1 d’utibsation d’Alex sont consacrées à ce qu’on a appelé, en France, les «messageries roses».On s’y échange des «Salut!», des «H ou F?» (lire: «Homme ou femme?») et autres propos parfois plus épicés.L’usager moyen se branche sur Alex deux heures par mois, par tranches d’une dizaine de minutes.En plus des conversations avec ses amis d’occasion par le biais de sa messagerie préférée, il accède à l’annuaire électronique de la région de Montréal (10% de l’utilisation d’Alex) et à des services utilitaires (loisirs, finance, consommation, etc.).Si cet usager moyen loue son terminal au tarif de 7,95$ par mois, sa facture mensuelle de téléphone a augmenté de 20$ à 25$ depuis qu’il utilise Alex.L’objectif de Bell Canada d’atteindre 20 000 usagers cet été est en bonne voie de réalisation.En ce sens, on peut parler d’un succès.Le nombre de services offerts, aussi, est intéressant.En mai, on trouvait 1.Les chiffres cités ici ont été fournis par Bell et reflètent l’utilisation du réseau Alex du 1er au 7 mai 1989, une semaine légèrement au-dessus de la moyenne.27 services sur Alex 2 (7,20 $ par heure de consultation), tandis que sur Alex 3(18$ par heure), là où l’on trouve les systèmes les plus intéressants, 81 services sont disponibles.UN SUCCÈS RELATIF Mais un calcul sommaire oblige à mettre une sourdine au succès d’Alex.Quelques divisions mathématiques révèlent en effet qu’Alex n’est consulté en moyenne que par une cinquantaine d’usagers à la fois, un chiffre qui atteint peut-être quelques centaines aux heures de pointe.Disséminés dans plus de 100 services, ces usagers doivent trouver certains des lieux de rencontre en direct déserts une grande partie du temps.Un autre calcul indique que, pour les fournisseurs de services (les entreprises indépendantes qui exploitent les systèmes accessibles par le réseau de Bell), c’est loin d’être une mine d’or.Étant payés selon la durée de consultation de leurs systèmes, les fournisseurs d’Alex 3 accueillent des usagers pendant une durée cumulative moyenne de 46 heures par semaine.Cela représente un revenu hebdomadaire de 350$.Les moyennes ne reflètent jamais tout à fait la réalité.Cependant, on peut se demander si cette somme couvre les frais directs d’exploitation d’un service d’in- n formation.Peut-être pas assez pour offrir un service étoffé.En tous cas, c’est une des raisons invoquées par les abonnés qui ont rapporté leur terminal AlexTel à la Téléboutique: les services manquent de profondeur et de variété.D’autres abonnés ont prétexté que leur consultation d’Alex était trop coûteuse pour ce qu’elle leur rapportait.On s’est aussi plaint de la lenteur et de la complexité de fonctionnement de l’annuaire électronique.À ce sujet, Bell reconnaît qu’il y a place à l’amélioration et y travaille.On augmentera le territoire couvert par cet annuaire qui, actuellement, est restreint à la région de Montréal.Enfin, d’autres personnes insatisfaites ont souligné la fragilité du clavier du terminal AlexTel.Heureusement, on tape rarement de très longs messages sur ^ les messageries électroniques.Mais ce n’est quand même que la minorité des utilisateurs qui rapportent leurs terminaux.Supposons donc que les autres sont satisfaits.ou qu’ils sont plus 14 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE patients et qu’ils comptent sur une amélioration prochaine des services.Entre temps, ils peuvent se consoler en songeant qu’ils font figure de pionniers.VIDEOWAY : EN SEPTEMBRE.1989?Il y a plusieurs années déjà que Vidéotron promet le lancement de son service télématique Videoway «pour le mois de septembre».Seule l’année changeait: 1984, 1985, 1987, puis 1989! Mais cette fois-ci semble la bonne : le concept reste le même, mais la technologie est plus au point.Le président de Vidéotron Plus, Jean-Paul St-Denis, affirme que 1 000 unités Videoway seront installées cet été et que le service sera lancé en septembre.Environ 20 000 abonnés du câble devraient être reliés à Videoway à la fin de 1989.On pourrait dire que le décodeur Videoway est un «Jerrold» intelligent! Ce petit appareil remplacera le câblo-sélecteur actuel avec, en plus, des fonctions de décodage et de communication vidéotex.On pourra non seulement sélectionner un canal de télévision, mais aussi demander à Videoway d’afficher des pages d’information particulières de façon interactive.Par exemple, dans le cas du service météo du câble, Videoway permettra de demander immédiatement l’affichage des prévisions régionales sans devoir attendre que le tour complet du pays soit terminé comme c’est le cas actuellement.Contrairement au terminal AlexTel, qui possède un clavier alphabétique et numérique, l’unité Videoway n’utilise qu’un pavé numérique et quelques touches de fonction.Sur Videoway, pas question non plus, de messageries électroniques pour échanger avec d’autres abonnés.Le seul contrôle possible est le choix des pages qu’on souhaite voir défiler sur l’écran.Parmi la trentaine de services qui seront accessibles dès le lancement du système, mentionnons Loto-Québec, la Bourse de Montréal, TV-Hebdo, The Gazette (en anglais) et la météo d’Envi-ronnement Canada.L’abonnement à Videoway coûtera entre 12$ et 15$ par mois, pour un accès de durée illimitée.Le service ne sera disponible que dans les régions où Vidéotron a complété la rénovation de son réseau (le faisant passer de 36 à 52 canaux).Cela inclut la Rive-Sud et l’est de Montréal, de même que certaines parties de Laval, de Québec et de Lévis.Selon Jean-Paul St-Denis, la rénovation de tout le réseau de Vidéotron sera terminée d’ici décembre 1990.R I E R COURRIER COURRIER COURRIER COU CHANGER OU SURCHARGER?Depuis six ou sept ans, je suis propriétaire d’un Apple Ile bien équipé avec 64 kilo-octets de mémoire vive, une carte d’affichage en 80 colonnes, une imprimante et un modem.Il me resterait à acquérir la carte «série» nécessaire au raccordement du modem à l’ordinateur.Mais à cause des limites de cet appareil dans sa configuration actuelle, j’envisage de le transformer en Apple II-GS au coût d’environ 550$.L’ajout d’un lecteur de disquettes de 3,5 pouces porterait le coût à près de 1 000$.Je m’interroge sur la justesse de ce choix étant donné qu’on peut obtenir des compatibles IBM assez bien équipés pour moins de 2 000 $.Par contre, l’abandon d’Apple signifie aussi la perte d’une banque de logiciels et d’une documentation de grande valeur.Je souhaite connaître votre avis face à ce dilemme.Par la même occasion, savez-vous si HyperCard de Macintosh est disponible dans la configuration Apple II-GS?Si c’était le cas, cela achèverait de me convaincre de demeurer «fidèle» à Apple.Jean-Yves Goupil Sainte-Foy, Québec Vous pouvez aussi «rester fidèle à Apple» en vous procurant un Macintosh! Cela répondrait probablement à toutes vos préoccupations.sauf une.Vous pourriez transporter la grande majorité de vos logiciels Apple Ile sur Macintosh, grâce à l’émulateur nommé ÏI in a Mac (Computer : applications inc., 150$ US).Un émulateur est un système qui permet d’utiliser des logiciels convenant à un appareil d’une marque sur un appareil d’une autre famille.Le système II in a Mac, par exemple, «fait croire» au logiciel qu'il fonctionne sur sa machine d’origine en se faisant passer pour le système d’exploitation et le micro-processeur du Apple Ile.Ainsi, sur Macintosh, vous pouvez utiliser des logiciels et convertir des documents produits avec du Apple Ile.La version actuelle du II in a Mac est réputée fiable et compatible avec le Multi-Finder du système Macintosh.Sur Macintosh, vous pourriez aussi utiliser HyperCard.Apple ne prévoit pas une migration ^’HyperCard dans l’environnement Apple II.Ce logiciel est trop exigeant tant pour la vitesse du matériel que pour la mémoire vive requise.(Des rumeurs veulent qu’Apple prépare un psendo-HyperCard pour la famille Apple II et, soit dit en passant, des produits similaires à HyperCard voient aussi le jour du côté d'IBM.) Macintosh vous comblerait sûrement, d’autant plus que vous resteriez dans la famille Apple.Une bonne partie des utilisateurs du «Mac» proviennent des rangs d’Apple IL Mais il y a un hic: le prix du Macintosh.Le Macintosh bas de gamme (un Mac Plus avec un mégaoctets de mémoire vive, deux lecteurs 3,5 pouces et une imprimante ImageWriter II) coûte environ 3 000$.Soustrayez de ce montant le prix de revente de votre système actuel (mais ne soyez pas trop optimiste).Si cette solution est trop coûteuse, vous avez alors raison d’envisager l’IBM compatible ou la remise à jour de votre Apple Ile au niveau II-GS.Mais, que vous optiez pour l’une ou l’autre solution, il s'agira d’un investissement de centaines ou de milliers de dollars, et il m’est difficile de me prononcer.Si vous prévoyez utiliser votre micro-ordinateur «sérieusement», vous trouverez beaucoup plus de logiciels dans ta famille IBM.Cependant, si les jeux et le graphisme vous intéressent, l’Apple II-GS est un appareil plus approprié.J’ai moi-même fait le saut d’Apple II à IBM puis d’IBM à Macintosh.Chaque fois, j’ai dû apprendre un nouvel environnement et de nouveaux logiciels.C’est souvent exaltant, mais parfois décourageant.C'est pourquoi je préfère vous laisser à vos réflexions ! Vous pouvez m’écrire à Québec Science ou par courrier électronique sur Infopuq (code: QC10143) et CompuServe (code: 76606,671).QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 15 PENSER GLOBALEMENT ET AGIR LOCALEMENT CODERR-02 est une corporation sans but lucratif dont le mandat est la diminution des rejets de consommation.Elle œuvre tout particulièrement dans le développement de la récupération et du recyclage.En mai dernier, la CODERR-02 recevait le prix «Mérite environnemental 1989» décerné par le ministère de TEnvironnement du Québec.Nous désirons partager cet honneur avec nos membres et les remercier d'une façon toute particulière: • Le Conseil Régional de l’Environnement du Saguenay-Lac-Saint-Jean • Le Conseil Central CSN Saguenay-Lac-Saint-Jean • Les Entreprises de Récupération du Saguenay-Lac-Saint-Jean • La Fédération des Caisses Desjardins du Saguenay-Lac-Saint-Jean • La MRC du Fjord du Saguenay • La MRC de Lac-Saint-Jean-Est • La MRC du Domaine du Roi • Les Papiers Cascades inc.• Le Soleil le Vent inc.• L’Université du Québec à Chicoutimi Utilisons du papier recyclé Récupérer les papiers et les cartons c’est très important, mais il faut aussi que ces matériaux soient recyclés, et que des clients achètent les produits qui en sont fabriqués.Les marchands de papeterie disent qu’ils n’offrent pas de papiers recyclés parce qu'il n’y a pas de demande, et les clients éventuels se plaignent de ne pouvoir en acheter parce qu’il n’y en a pas.Nous avons décidé de briser ce cercle vicieux en offrant aux consommateurs une gamme variée de produits de papeterie fabriqués à partir de fibres recyclées.La consommation a un impact direct important sur la qualité de l’environnement, et choisir c’est peut-être limiter cet impact.Encourager le recyclage c'est protéger l'environnement Pour plus d’informations: CODERR-02 Papiers Taïga 1500, boul.Saint-Jude C.P.685, Alma Québec G8B 5W1 (418) 668-5983 380, boul.Sainte-Croix Saint-Laurent Québec H4N 2L4 (514) 748-2118 PUBLIREPORTAGE PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES POUR VOUS Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur Sous quelque forme qu'on les retrouve, les explosifs ne doivent pas être considérés comme des jouets.Pourtant, les enfants sont souvent victimes d'explosions, par exemple, de bâtons de dynamite trouvés dans un champ ou ailleurs.Le court métrage éducatif intitulé Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur vise avant tout à informer les enfants, dans une langue qui est la leur, des dangers reliés aux explosifs et des précautions à prendre s'ils en trouvent.Tout d'abord, cette production cherche à sensibiliser les enfants aux risques que présentent les explosifs.Elle décrit clairement les types d'explosifs et de détonateurs en donnant leurs couleurs, leurs formes et les matériaux qui les constituent.Elle invite les enfants à ne toucher sous aucun prétexte aux explosifs et à communiquer immédiatement avec la police afin d'en signaler l’emplacement.Ce court métrage préviendra aussi les enfants quant aux endroits où il pourrait y avoir des explosifs, c'est-à-dire près des voies ferrées, des chantiers de construction, d'une industrie ou même sur le bord de la mer.Les explosifs ne doivent être manipulés que par des experts.Entre leurs mains, ils sont sûrs et rendent de fiers services.Sans les explosifs, il n'y aurait pas de chemin de fer transcontinental, d'extraction minière, de pipelines, de gazoducs ou d'ou- vrages de construction en général.Mais il n'y a pas que les explosifs qui soient dangereux.En effet, des produits d'usage courant dans la maison peuvent, dans certaines circonstances, causer des déflagrations.Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur met en garde les enfants contre le danger réel des aérosols, des piles scellées et des insecticides.Placés près d'une source de chaleur intense, ces produits peuvent exploser et causer de sérieuses blessures.Entre des mains expertes, un feu d'artifice peut donner un magnifique spectacle.Manipulé par un enfant, il devient un objet dangereux.Nous invitons tout spécialement les enseignants à se procurer la production Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur pour la présenter à leurs élèves.Comme le veut le dicton: «Mieux vaut prévenir que guérir».N.B.// est formellement interdit d’utiliser des extraits de ce vidéo afin de les incorporer dans d’autres productions vidéo, sans avoir reçu l’autorisation d’Ènergie, Mines et Ressources Canada, et de diffuser ledit vidéo sur les ondes de la télévision privée commerciale.Vous pouvez également vous procurer les • La cartographie: de l'astrolabe au laser • Les scientifiques des sciences de la Terre • Les îles au soleil de minuit • Lithoprobe, 40 km sous terre productions audio-visuelles suivantes: • Des tremblements de terre au Canada?• L'océan sans limites — la dorsale Juan de Fuca • La Commission géologique du Canada.d'hier à aujourd'hui Pour plus de renseignements veuillez écrire à Diane Lorenzato Agente de l'audio-visuel Direction des communications Énergie, Mines et Ressources Bureau 971 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A0E4 Tél.: (613) 992-5198 (613)992-0792 l + l Énergie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada Canada QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 17 DES ARBRES A REMONTER LE TEMPS Cataclysmes, climats et problèmes environnementaux sont inscrits au cœur des arbres.La dendrochronologie étudie leurs anneaux de croissance pour connaître le passé.par Norman LEAVY Cw est peut-être en rêvant à un arbre âgé de 10 000 ans que le physicien et astronome américain A.E.Douglass inventa, au tout début du siècle, la dendrochronologie.Cette science de la datation à partir des anneaux de croissance des arbres lui permit d’abord de montrer la relation existant entre les taches solaires et le climat.Très tôt, le chercheur entrevit tout le potentiel de sa découverte pour la géomorphologie et l’archéologie.Aujourd’hui, dans certaines régions, les chercheurs sont parvenus, par des recoupements entre des arbres vivants et des arbres morts, à créer cet arbre fictif vieux de près de 10 000 ans.La formation successive de bois de printemps (couleur pâle) et du bois d’été (couleur foncée) est à l’origine des anneaux concentriques des arbres appelés cernes annuels de croissance.Le climat de l’hiver compte peu dans ce processus puisqu’il s’agit d’une période morte.Comme beaucoup de personnes de son époque, Douglass savait que l’âge d’un arbre pouvait être mesuré à partir de ses anneaux de croissance.Ses observations, cependant, contri- buèrent à enrichir notre connaissance du phénomène.Sa découverte de la sensibilité des anneaux aux variations climatiques constitua le point de départ de la dendrochronologie.Ainsi, selon la région d’observation, un anneau bien développé correspond à une année où l’été fut bien équilibré, tandis qu’un anneau plus restreint témoigne d’un été de sécheresse ou de froid.DES LIVRES D’HISTOIRE Les arbres constituent en quelque sorte des archives dont les anneaux de croissance sont le langage.Ces archives livrent une histoire régionale du climat et de certains événements qui s’y rattachent.En découvrant des parties de cette histoire inscrites au cœur des arbres ou des pièces de bois témoins et en faisant des recoupements avec la chronologie de référence, les dendrochronologues parviennent à dater ces événements avec précision.La première difficulté majeure à laquelle Douglass s’est heurté dans ses recherches fut la durée de vie limitée des arbres.Intuitivement, il entrevit une solution à ce problème en prolongeant la série des anneaux par des recoupements entre des arbres vivants et d’autres, morts.Imaginons deux arbres provenant d’une même région.Le premier est vivant et a 100 ans tandis que le second est mort à 100 ans il y a de cela 90 ans.En comparant les anneaux de croissance de ces deux arbres on constatera que les 10 anneaux du centre (les plus anciens) de l’arbre vivant sont presque identiques aux 10 anneaux périphériques de l’arbre mort.Cela est normal puisqu’ils ont vécu ensemble pendant 10 ans.En rapprochant ces deux arbres et en déterminant ainsi le point de jonction entre leur datation respective, on obtient une suite d’anneaux marquant 190 ans d’histoire.En reconstituant de cette manière une chaîne ininterrompue de cernes de croissance s’enfonçant de plus en plus loin dans le passé, les chercheurs créent pour ainsi dire des arbres fictifs théoriquement presque sans fin.Dans les faits, cependant, il y a des limites à cette entreprise, car les arbres morts bien conservés demeurent difficiles à trouver.De plus, toutes les espèces ne sont pas uniformément sensibles aux variations cli- Kj ?'V 11 :>t n< u.1 18 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE aite M;- ¦¦¦ > ti matiques et toutes les régions ne produisent pas des variations bien marquées d’une année à l’autre.C’est pour cette raison que la dendrochro-nologie s’est développée d’abord dans le sud-ouest des États-Unis où les sécheresses provoquent une grande variation dans la succession des cernes de croissance.Sous nos latitudes, le froid produit un effet équivalent à la sécheresse.Notre région nordique constitue donc, elle aussi, un site privilégié pour la recherche dendro-chronologique.La dendrochronologie qui étudie l’accroissement annuel des arbres intéresse à la fois l’archéologue, le botaniste, le climatologue, le forestier, le géographe et l’historien.BEAUCOUP D’EMBUCHES On peut facilement s’imaginer que la dendrochronologie est une science simple, consistant essentiellement à compter des anneaux, à mesurer leurs dimensions et à comparer des échantillons.Toutefois, des principes ?r.Ph 4 < Ék théoriques à la mise en pratique le chemin est parsemé d’obstacles.De multiples facteurs, qui vont de la difficulté de préservation du bois aux particularités très locales de croissance des arbres, en passant par des instruments de mesure encore imparfaits, rendent cette discipline fort compliquée.Le travail de base commence sur le terrain par la recherche d’arbres dont les caractéristiques permettront d’établir l’échelle chronologique de référence.Habituellement, on coupe QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 19 Alain Vézina les arbres et les souches pour obtenir des disques révélant l’ensemble des cernes de croissance.Parfois, bien que cette méthode soit moins fiable, il est possible de ne prélever, à l’aide d’une sonde, qu’un échantillon restreint (une carotte), ce qui permet de préserver la vie de l’arbre.Le travail de terrain n’est pas tout.Il faut vite passer au laboratoire pour mesurer, calculer et comparer.Au Centre d’études nordiques de l’Université Laval, les chercheurs se servent d’un microscope électronique jumelé à un micro-ordinateur pour effectuer les calculs.Au préalable, des techniciens auront sablé la surface des disques de manière à rendre les cernes annuels clairs et distincts.Les travaux de comparaison s’effectuent, de préférence, à partir de spécimens qui comptent au moins 100 anneaux marquant des variations annuelles faciles à reconnaître.De nombreux échantillons sont nécessaires pour conférer une validité statistique aux résultats.Étant donné les conditions de croissance très locales, certains arbres présentent une courbe d’évolution plus ou moins spécifique.Seul un traitement statistique poussé parvient à minimiser l’effet de ces facteurs locaux.En définitive, toutefois, c’est le chercheur lui-même qui pose le jugement final concernant la comparaison entre les séries d’anneaux.Le travail de laboratoire a pour effet de ruiner, en tout ou en partie, l’objet sur lequel on pratique l’expertise.Si cette destruction des spécimens n’entrave généralement pas le travail du géomorphologue, il n’en va pas de même pour l’archéologue.Ce dernier doit préserver le plus d’informations possible, car certains progrès de la science pourraient éventuellement permettre une nouvelle analyse, plus poussée, des mêmes données.Aussi, le choix d’une méthode douce, qui consiste à ne prélever sur l’objet qu’un échantillon restreint, s’impose souvent en archéologie, malgré son degré de fiabilité moindre.Aujourd’hui, on peut même, dans certains cas, restituer l’échantillon prélevé à l’objet auquel il appartient.La croissance radiale des arbres repose sur le contraste entre le bois de printemps de couleur pâle et le bois d’été de couleur foncée.Les chercheurs du Centre de foresterie des Laurentides, à Sainte-Foy, mesurent cette croissance à l’aide d’un système composé d’un compas électronique, qui permet une lecture des rayons au centième de millimètre, jumelé à un Macintosh, lequel traite et stocke les données recueillies.DE L'ANNEAU À LA CHAÎNE Arbre vivant Période où ils ont vécu en même temps 1970 1979 1860 1850 1840 1 830 18 10 1800 Arbre mort En comparant les anneaux identiques de deux arbres d’une même région, les chercheurs déterminent la période où ces arbres ont vécu ensemble.Ce point de jonction permet aux dendrochronologues de remonter dans le passé et d’établir la datation de l’arbre mort.Ils peuvent ainsi reconstituer une chaîne ininterrompue de cernes de croissance.20 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE Claude Moffet/CFL r ji » I l* ! PLUSIEURS FOIS CENTENAIRES Le Centre d’études nordiques a publié une chronologie de référence pour le Nouveau Québec, qui permet de remonter jusqu’en 1398, à partir de certains spécimens d’épinette noire dont l’un avait 504 ans.«Bientôt, nous pourrons même remonter jusqu’à 1230 en faisant des recoupements avec des arbres morts », affirme Louise Filion.L’épinette noire du Nouveau Québec a permis de déceler chez nous des épisodes de mauvaise croissance.L’un d’entre eux, que l’on a appelé le «Petit Âge glaciaire» (voir l’encadré: «Quand l’épinette noire parle») correspond à une période sensiblement plus froide qu’au-jourd’hui et s’est prolongé de 1550 à 1850.Des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont élaboré une chronologie de 800 ans, à partir de cèdres de l’Abitibi.Dans le sud du Québec, certains pins peuvent vivre jusqu’à 300 ou 400 ans.Toutefois, comme beaucoup de ces arbres ont été coupés au 19e siècle, le travail s’effectue présentement avec des arbres âgés de 100 ou 200 ans.Louise Filion, du Centre d’études nordiques, travaille actuellement à un projet de recherche le long de la rivière du Gouffre dans Charlevoix.À cet endroit, à partir de pins morts bien conservés parce qu’enfouis sous du matériel de glissement de terrain ou au fond de petits lacs, les chercheurs sont parvenus à construire une chronologie se situant autour de 1400 et 1500.Toutefois, celle-ci n’est pas encore raccordée aux arbres vivants qui remontent, dans la région, au début du 19e siècle.Pour combler la période manquante, il faudra trouver d’autres glissements de terrain plus récents ou se servir de pièces archéologiques, comme les poutres utilisées dans la construction de maisons entre les années 1500 et 1900.Effectivement, la plupart des vieilles maisons de Québec sont construites en pin.En commençant par des maisons du début du 19e siècle, les chercheurs pensent pouvoir reculer de plus en plus loin dans le temps pour finalement recouper ces arbres de Charlevoix datant du 15e et du 16e siècle.TÉMOINS DES CATASTROPHES Dès qu’une chronologie de référence est obtenue dans une région, on peut s’en servir pour dater divers événe- ments, comme des feux de forêt, des épidémies chez les arbres, des éruptions volcaniques ayant eu un impact sur le climat, des glissements de terrain, etc.Certains pensent même pouvoir dater des tremblements de terre.Sur ce dernier aspect, cependant, le consensus n’est pas encore établi, car il faut qu’un tremblement ait une intensité suffisante pour influencer la croissance des arbres.QUAND L’ÉPINETTE NOIRE PARLE HHHHH • ¦ t-K-'1 ' «B* IM:* ‘W ¦^3v Vieille formation d’épinettes noires.À l’avant-plan, des krummholz fossiles, forme de croissance basse chez les conifères qui ont vécu pendant le Petit Âge glaciaire.Les arbres situés à l’arrière-plan, ayant bénéficié de bonnes conditions de croissance depuis le 19e siècle, sont de forme normale.LJépinette noire du Nouveau Québec a permis de déceler des périodes de mauvaise croissance, en particulier celle que l’on a appelée «le Petit Âge glaciaire».Ce long épisode de froidure a débuté vers 1550 et s’est poursuivi jusque vers 1850-1880.Le réchauffement du 20e siècle s’est manifesté par la suite de façon très claire.L’augmentation marquée de la croissance des épinettes vers la fin du 19e siècle constitue une réponse à l’amélioration des conditions climatiques après le Petit Âge glaciaire.Cette époque a été très bien documentée en Europe où il y a eu des conséquences désastreuses: famines, épidémies, envahissement de certains villages par les glaces dans les Alpes.Tout cela a été admirablement analysé par Emmanuel Leroy Ladurie dans son livre L’Histoire du climat depuis l’an mil.Ce Petit Âge glaciaire a eu des effets non seulement en Europe mais également ici, et les arbres en sont les témoins.En raison de l’immensité de notre pays et de son peuplement récent, les impacts sociaux de cet épisode sont peu documentés.Les chercheurs croient cependant que toute la colonisation de la Nouvelle France s’est effectuée sous des conditions plus rigoureuses que ce que l’on connaît maintenant.En fait, soupçonne Louise Filion, du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, «la fin du commerce très lucratif de l’huile de baleine par les Basques pourrait avoir été provoquée par la détérioration des conditions climatiques à la fin du 16e siècle, c’est-à-dire au début du Petit Âge glaciaire».Des événements comme les glaces qui prennent plus tôt et des brouillards plus fréquents pourraient avoir résulté de ce changement de température et compliqué les conditions de navigation qui prévalaient à cette époque. Options Tout récemment, des chercheurs de l’Institut national d'optique et du Groupe de recherche en productivité végétale de l’Université du Québec à Chicoutimi ont mis au point un nouveau système automatique de mesure des cernes de croissance des arbres.L’originalité du système repose sur l’intégration d’un capteur optique haute résolution au logiciel d’analyse d’image, capable de repérer et de mesurer automatiquement tes cernes annuels des arbres.Le nouveau système MacDENDRO™ sera disponible l’automne prochain.Les chercheurs du Centre de foresterie des Laurentides ont mis en évidence des fluctuations dans les épidémies de tordeuse des bourgeons de l’épinette.Au cours du 20e siècle, ces épidémies furent plus nombreuses et plus longues qu’aux époques précédentes.Les chercheurs interprètent ce phénomène comme le résultat des activités de contrôle de la forêt par l’homme.Ainsi, le contrôle des feux de forêt depuis 1920, a permis le vieillissement des arbres et donc accru les possibilités d’action de la tordeuse.Dans les années à venir, on peut entrevoir la possibilité d’études historiques et géographiques du phénomène de la pollution, dans la mesure cependant où celle-ci aura affecté la croissance des arbres.Le Centre d’études nordiques a l’intention d’appliquer la dendrochronologie au problème du dépérissement des érablières, de façon à préciser la date de l’apparition du phénomène ainsi que son développement dans une perspective géographique.Une des applications les plus prometteuses de la dendrochronologie demeure l’archéologie.Cette science présente en effet beaucoup de potentiel, en particulier pour la datation des maisons et des bateaux en bois.Déjà, au début du siècle, A.E.Douglass s’est servi de sa méthode pour dater les maisons des Pueblos dans le désert de l’Arizona.Des chercheurs du laboratoire du Centre d’études nordiques travaillent actuellement à la datation des naufrages des bateaux basques qui ont eu Rffithdge normal 3ÊN Rffichage lontraste I â§C ZOOM Paramétrés üüHüîirMacDENDRO ; nr- Rrbre: sapin Rondelle 1 / 1 Diamètre tf: 1 / 1 Curseur: -1.32 mm • ¦¦¦ vo, ¦; OPERATION O 1- Positionnement O 2.Requisition O 3.Analyse (•) 4.Ualidation O 5.Sauuegarde L’HISTOIRE REVUE ET CORRIGÉE La précision de la dendrochronologie est telle que, dans les années 60, elle a contraint les chercheurs à réviser complètement les estimations obtenues par la méthode de datation au radiocarbone.Par conséquent, la préhistoire de l’Europe, notamment, a pris une dimension nouvelle.Depuis déjà plusieurs années, les scientifiques exprimaient des doutes quant à l’exactitude de la méthode du carbone 14.D’ailleurs, les dates obtenues par cette méthode concordaient mal avec les données historiques, du moins à partir de 1200 av.J.-C.Ceci s’avérait avec de plus en plus d’évidence pour les civilisations bien documentées, en particulier l’Égypte ancienne.Cette remise en question eut une origine singulière : le pin aristide qui pousse dans les White Mountains de Californie et qui vit parfois plus de 4 000 ans.Le dosage du radiocarbone à partir des anneaux de ces arbres révéla que la méthode du carbone 14 n’était pas parfaitement fiable.Dès 1967, le chimiste américain Hans Suess proposa une méthode de correction des dates obtenues par le radiocarbone.Le carbone 14, un isotope du carbone acquis de l’atmosphère par tous les êtres vivants, se désintègre après la mort avec une demi-vie de 5 730 ans.La quantité de radiocarbone qui persiste dans un échantillon révèle la date de sa mort.Au début, on supposait que la concentration de carbone 14 dans l’atmosphère avait toujours été constante, mais ce postulat s’est révélé inexact.Les travaux sur les anneaux de croissance des arbres, appuyés sur des dosages de radiocarbone, montrent que la concentration de radiocarbone dans l’atmosphère et, donc, dans les êtres vivants a, en réalité, considérablement varié.Le radiocarbone a tendance à «rajeunir» à tort, les objets qu’il date.La méthode de calibrage consiste à prélever, sur des anneaux dont l’âge est connu, des échantillons de bois dont on mesure le contenu de radiocarbone en laboratoire par la méthode ordinaire.L’âge en «années radiocarbone» est par la suite confronté à l’âge en années solaires obtenu par la dendrochronologie.Cette transformation des années radiocarbone en années sidérales permet de mieux situer l’âge des échantillons analysés.Évidemment, à la suite de cela, toutes les dates préhistoriques antérieures à 1200 av.J.-C.ont dû être reculées de plusieurs siècles.Vers 3000 av.J.-C., la correction atteint 800 ans.D’où une révision importante des principaux jalons de la préhistoire.L’archéologue anglais Collin Renfrew souligne ainsi que les tombes de l’Europe occidentale se sont avérées plus anciennes que les pyramides d’Égypte qui étaient censées les précéder.Également, les premières cultures pratiquant la métallurgie dans les Balkans sont antérieures à Troie et au Bronze ancien de l’Égée, desquelles on les estimait dérivées.Et en Grande-Bretagne, la structure finale de Stonehenge, que l’on croyait autrefois inspirée par la technique architecturale des Mycéniens, était totalement achevée bien avant que ne débute cette civilisation.22 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE I I I % lieu au 16e siècle.Les Basques venaient faire la chasse à la baleine sur la côte du Labrador et retournaient en Europe avec de l’huile de baleine qu’ils mettaient dans des barils, dans la cale des navires.Les marins disposaient des troncs d’épi-nette et de sapin entre les barils pour éviter qu’ils ne s’entrechoquent pendant le voyage vers l’Europe.Louise Filion croit qu’il sera possible de dater les naufrages à partir de ces pièces de bois indigènes.Les archéologues de Parcs Canada sont particulièrement intéressés à confirmer leur hypothèse selon laquelle l’un de ces bateaux est le San Juan, très bien connu, par ailleurs.Pour être en mesure de dater ces naufrages avec précision, les scientifiques devront construire une chronologie de référence à partir des épinettes et des sapins trouvés dans l’axe allant de Blanc-Sablon, sur la Côte-Nord, à Red Bay, au Labrador.LE RÊVE DE DOUGLASS SE RÉALISE Les arbres de l’Ouest américain ont livré une chronologie de près de 8 000 ans et bientôt, selon les estimations, l’on atteindra 10 000 ans, ce qui couvrirait toute la période postglaciaire.Les chercheurs de cette région ont l’avantage de travailler avec les pins aristides, célèbres pour leur longévité pouvant aller jusqu’à 3 000 ou 4 000 ans.Ici, au Québec, c’est le cèdre qui détient la palme de la résistance: il peut vivre jusqu’à 800 ans.À l’heure actuelle, l’Irlande et l’Allemagne, grâce à d’excellentes conditions de préservation du bois dans ces pays, sont les chefs de file en dendrochronologie.Les recoupements, à partir des anneaux des chênes morts conservés dans les marais d’Irlande, ont permis aux chercheurs de créer un véritable calendrier climatique de 10 000 ans.En Allemagne, la situation est aussi avancée et, bientôt, le nord de la France et l’Angleterre présenteront des chronologies étendues.Les arbres n’ont pas fini de révéler le passé.et les dendrochronologues de revoir le calendrier de l’histoire.?Procurez-vous la reliure QUÉBEC SCIEtlCE O/EBECXIErtfc Cette reliure vous permet de conserver soigneusement 12 numéros de Québec Science et de les consulter de manière pratique et rapide.Nom Adresse Je désire recevoir: 1 reliure ?7,50$ (taxe incluse) 3 reliures O 18,50$ (taxe incluse) 5 reliures d 27,00$ (taxe incluse) Hors Canada, veuillez ajouter 10% pour frais d’expédition.Code postal Faites votre chèque à l’ordre de: QUÉBEC SCIENCE, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2854 QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 23 par Marie-Claude DUCAS PEAUX RIDÉES ET POTS MIRACLES Collagène, liposomes, niosomes, élastine.La guerre aux rides se poursuit.L’utilisation du vocabulaire scientifique traduit-elle vraiment une plus grande efficacité des produits antirides?Bien sûr, que c’est efficace! C’est scientifique ! » Je ne dois pas avoir l’air conquise par cet argument massue, car la vendeuse du comptoir des produits Christian Dior me tend une brochure d’une douzaine de pages, qui m’expliquera sans doute en quoi un flacon de « Capture » (95 $ pour 30 ml) représente «la victoire de la science sur le temps».Un coup d’œil m’apprend que le miracle est dû aux liposomes Christian Dior, des «micro-capsules sphériques composées de phospholipides de structure identique à celle des membranes des cellules, qui viennent ainsi s’intégrer, par fusion biologique, dans les membranes, pour restaurer la fluidité et activer leur rôle d’échanges».Le «durcissement membranaire» des cellules, responsable de la «perte de fluidité», serait dû à l’accumulation de cholestérol.Des extraits de thymus, des peptides de collagène et d’élastine sont aussi censés réparer les dommages causés par le vieillissement.Schémas, graphiques et statistiques à l’appui.ouf! Évidemment, il n’y a pas que les produits Christian Dior.Dorénavant, une visite au rayon des cosmétiques d’un grand magasin vous vaudra souvent un cours de dermatologie accéléré, avec des rudiments de biologie cellulaire, de chimie organique et de chimie cellulaire.«Les arguments scientifiques dans la publicité des cosmétiques ont commencé à prendre de l’importance il y a environ cinq ans», explique le Dr Danielle Marcoux, dermatologue et coordonnatrice du Comité québécois de cosmétologie.«Les compagnies ont réalisé que le public était sensible à cela.» Naguère, on n’avait qu’à vanter les vertus hydratantes du produit et tout était dit.Aujourd’hui, c’est une autre histoire.Les crèmes dernier cri, s’il faut en croire les réclames, «régénèrent» les cellules, les «nourrissent» en leur redonnant les éléments per- dus, et «accélèrent leur renouvellement».Et on devrait tout ce merveilleux travail aux acides aminés, à diverses vitamines et aux liposomes, pour ne nommer que ceux-là.DES CELLULES DÉSORGANISÉES Mais, sur l’efficacité de ces produits, dermatologues et cosmétologues ne s’entendent pas toujours.«Les choses ont bien changé avec les années, et d’énormes progrès scientifiques ont été réalisés», affirme Alain Staub, docteur en chimie et vice-président à la recherche et au développement pour Cosmair Canada, fabricant, entre autres, des marques Lancôme, Biotherm et l’Oréal.«L’Oréal, explique M.Staub, emploie en Europe plus de 1 200 chercheurs ! Malheureusement, bien des dermatologues n’ont pratiquement aucune idée de ce qui se fait.» Les dermatologues soutiennent, pour leur part, que rien n’a démontré 24 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE la capacité des produits cosmétiques de pénétrer à l’intérieur des cellules pour les modifier ou les réparer.La formation des rides, rappellent-ils, se produit, de toute façon, trop en profondeur pour que les cosmétiques, qui agissent seulement en surface, y puisent vraiment quelque chose.Ce sont le vieillissement et l’exposition au soleil qui altèrent la peau (voir l’encadré «La structure de la peau»).Les cellules de l’épiderme se divisent moins et celui-ci devient plus mince.Les cellules mortes s’élimi- nent, par contre, moins bien et s’accumulent dans la couche cornée, qui devient plus épaisse.Les cellules elles-mêmes sont endommagées : de formes et de tailles à peu près semblables chez une personne jeune, elles s’atrophient, prennent une forme irrégulière et des tailles variées.À l’intérieur des cellules, les éléments sont désorganisés.«En somme, la surface de la peau perd sa cohésion», explique le Dr Marie-Christine Roy, dermatologue à l’Hôtel-Dieu de Montréal et membre du Comité de cosmétologie.«C’est l’ensemble de ces phé- nomènes qui fait qu’une peau vieillie est moins belle.» Cette désorganisation et cette perte de cohésion semblent aussi nuire à la rétention d’eau, ce qui expliquerait pourquoi vieillissement et sécheresse vont souvent de pair.Certains mélanocytes prennent en outre une taille exagérée, causant les «taches» qui apparaissent parfois sur la peau.Il arrive, plus tard, que des grains de mélanine s’agglutinent dans la couche basale donnant à la peau une coloration irrégulière et un aspect marbré.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 25 Franken / Sygma / Publiphoto C’est ici qu’entrent en scène les fabricants de crèmes en pot, qui promettent de prévenir et même de réparer les dégâts.Mais de quelle façon au juste?HYDRATER: UNE PARTIE DE LA SOLUTION La plupart des crèmes antirides ont tout d’abord une fonction hydratante.Ce sont des émulsions, c’est-à-dire un mélange hétérogène de fines gouttelettes d’un liquide au sein d’un autre.Les émulsions peuvent être «huile dans eau» (H-E), plus légères, ou «eau dans huile» (E-H), plus grasses.Tout comme la sueur dans le sébum à la surface de la peau, ces deux types d’émulsions s’opposent à l’évaporation de l’eau.D’autres agents hydratants sont incorporés aux émulsions.Parmi les plus largement employés on retrouve l’aloès, extrait de la plante du même nom, connu depuis des siècles, et la glycérine (ou glycérol).Certaines substances, découvertes plus récemment, sont présentes dans la peau à l’état naturel.Ainsi, l’acide pyroli-done carboxylique, l’acide lactique et l’urée sont des composantes du NMF (acronyme pour Natural Moisturizing Factor — voir l’encadré «La structure de la peau»).L’acide hyaluronique, qui jouit d’une certaine popularité, est aussi présent dans la peau; sa teneur hydratante diminue toutefois avec l’âge.L’efficacité de la plupart de ces agents naturels tient au fait que ce sont de grosses molécules, riches en groupements hydrophiles.C’est aussi le cas du collagène qu’on ajoute dans les produits antirides.Cette substance présente dans le derme est responsable de la souplesse et de l’élasticité de la peau.La publicité sur les produits contenant du collagène a — pas toujours involontairement — porté à confusion, laissant entendre que le collagène pouvait aller agir dans le derme; or, le collagène est une trop grosse molécule pour pénétrer jusqu’au derme.On l’emploie parce qu’il retient bien l’eau à la surface de la peau et lui donne un aspect soyeux et agréable.Même chose pour l’acide désoxyribonucléique (ADN), substance qui, à l’état naturel, porte nos gènes.Cette macromolécule, riche en groupements hydrophiles, forme une pellicule hydratante sur l’épiderme, mais ne peut se frayer un passage pour aller agir sur les cellules, justement en raison de son haut poids moléculaire.En outre, hydratation ne veut pas dire jeunesse.Même si une peau hydratée a un aspect plus agréable, le fait d’y ajouter de l’eau ne répare pas les dommages décrits plus haut, et la peau reste quand même abîmée.Les ingrédients «actifs» contenus dans les nouvelles crèmes antirides font, nous dit-on cependant, bien La clientèle a évolué et le marché de la cosmétique s’est transformé.A insi, les produits de beauté deviennent de plus en plus des produits de soins.Les crèmes, lotions et gels visent à nourrir l’épiderme.26 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE litj '.à nu :::: Him le® i© JR P«-1 it:.4 : I 4 b: R E1 ei.$ ¦ I LA STRUCTURE DE LA PEAU a) couche cornée b) couche vivante c) couche basale Cornocytes r'.Fibre collagène Glande sudoripare Glande sébacée OO°O°§O°o00jfg0( Cellules adipeuses La peau est constituée de trois couches : l’hypoderme, la couche la plus profonde, le derme et l’épiderme.C’est cette dernière couche qui préoccupe la plupart d’entre nous.et les fabricants de cosmétiques.Partie extérieure de la peau, l’épiderme comprend lui-même plusieurs couches.En surface, la couche cornée ou Stratum corneum, est composée de cellules mortes, les cornéo-cytes.Ceux-ci sont enrobés de kératine, protéine imperméable à l’eau qui est aussi la substance de base des poils et des ongles : les cornéocytes constituent une véritable barrière de la peau contre l’environnement extérieur.Par ailleurs, les cellules de la couche cornée ont aussi la propriété de retenir l’eau, qui compose 10% à 15% de cette couche.La rétention d’eau est favorisée par la présence d’une substance hygroscopique, c’est-à-dire absorbant l’humidité de l’air.Il s’agit d’un mélange de composés chimiques auquel on a donné le nom de Natural Moisturizing Factor (NMF).Le sébum, substance huileuse sécrétée par les glandes sébacées présentes dans le derme, forme avec la sueur une émulsion qui favorise, elle aussi, la rétention d’eau.Les cornéocytes sont sans cesse renouvelés.Les cellules qui aboutissent dans la couche cornée ont pris naissance dans la couche la plus profonde de l’épiderme, appelée germinative ou basale, la «manufacture» de cellules de l’épiderme.Les cornéocytes s’éliminent par paquets de deux, trois, quatre ou cinq (c’est la desquamation), lesquels correspondent à la division d’autant de cellules dans l’assise germinative.Chez une personne jeune, une cellule prend environ quatre semaines pour passer de l’assise germinative à la couche cornée, mais le processus devient plus lent et moins régulier avec l’âge.L’épiderme comprend aussi d’autres types de cellules.On y retrouve, entre autres, les mélanocytes situés dans la couche basale.Ceux-ci fabriquent la mélanine, pigment qui donne à la peau sa coloration et dont la fabrication est stimulée par le soleil.Le derme, situé en dessous, est un réseau très fourni de vaisseaux sanguins enrobés de tissu conjonctif et formé de fibres de collagène et d’élas-tine.Ces deux protéines «supportent » la peau et lui donnent sa souplesse et son élasticité.Le collagène et l’élas-tine sont fabriqués par des cellules du derme, les fibroblastes.plus qu’hydrater.Ainsi, la vitamine A palmitate, ou rétinol palmitate, un dérivé de la vitamine A — à ne pas confondre avec la vitamine A acide mentionnée plus loin —, agit comme régulateur de la division cellulaire.La vitamine D aurait un rôle semblable.La vitamine E fait, quant à elle, la guerre aux «radicaux libres», des molécules devenues fortement réactives à cause de ruptures de liaisons atomiques.Sous l’influence des rayons ultraviolets et de l’oxygène, les molécules du tissu cutané se scindent en atomes pourvus d’un électron «célibataire» sur leur couche externe.Instables, les radicaux libres cherchent donc à s’associer, en arrachant un électron d’une molécule stable qui devient à son tour un radical libre.Ce type de réaction en chaîne, qui endommage les cellules et les tissus, joue un rôle important dans le vieillissement de la peau.La vitamine E a la propriété d’inhiber les radicaux libres en se fixant à eux et en les empêchant de se recombiner.En plus des vitamines, on retrouve souvent des minéraux (zinc, fer, cuivre, etc.), supposément nécessaires au bon fonctionnement des cellules.Plus récemment, l’adénosine triphosphate (ATP) a fait son apparition parmi les arguments de vente des sociétés de cosmétiques.L’ATP, «carburant» de toute cellule, intervient dans le stockage et la récupération d’énergie.La popularité des extraits de thymus (on prélève cette glande chez certains jeunes animaux, comme le veau) vient du fait qu’ils agissent sur le cycle ATP et activent le métabolisme des cellules.DES PRODUITS MAQUILLÉS?Enfin, depuis environ deux ans, liposomes et niosomes, lancés à grand renfort de publicité, ont pris la vedette.Les liposomes sont avant tout des véhicules d’un nouveau genre pour les «éléments actifs» que l’on veut acheminer vers les cellules.Ce sont de petites billes de phospholipides, corps gras semblables à ceux qui composent la membrane cellulaire.Ils comportent le plus souvent QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 27 LA CUISINE DE LA COSMÉTOLOGIE une enveloppe plurilamellaire, c’est-à-dire, composée de plusieurs couches superposées comme des pelures d’oignon, et un cœur qui renferme de l’eau et les divers éléments actifs.Ils peuvent donc, nous dit-on, livrer la marchandise exactement à l’endroit voulu.Comme leur membrane est semblable à celle des cellules, ils fusionnent avec celles-ci et y déversent leurs principes actifs.Les cosmétiques à base de liposomes ont proliféré sur le marché.Les niosomes fonctionnent sur le même principe mais, étant non ioniques, ils sont plus stables et s’intégreraient mieux aux membranes des cellules.Ceci dit, le discours varie d’une firme à l’autre.Certains prétendent qu’en plus du fait qu’ils transportent leur «marchandise», les liposomes (ou les niosomes) contribuent à restaurer les membranes endommagées en s’y intégrant.La firme américaine Estée Lauder a lancé les microsomes, plus petits que les liposomes, qui s’infiltreraient entre les cellules pour restaurer la cohésion de l’épiderme.C’est ici que le débat s’anime: qu’y a-t-il de vrai dans toutes ces promesses?Actuellement, la plupart des dermatologues ne remettent plus en question le sérieux des compagnies de cosmétiques.Peu d’entre eux diront, comme naguère, «que l’on pourrait aussi bien se mettre de la graisse sur la peau».Ils n’en relèvent pas moins des failles dans les publicités de ces firmes et dans leurs preuves.scientifiques.Ainsi, leur panoplie d’éléments (vitamines, minéraux, etc.) a bien, la plupart du temps, l’effet prétendu sur les cellules.Le problème, c’est qu’il y a une différence entre agir sur une culture de cellules in vitro et agir sur l’épiderme.Les dermatologues déplorent le manque de preuves solides.«On nous donne très peu de renseignements et on nous apporte des exemples vagues, dit Marie-Christine Roy.Jusqu’ici, aucune compagnie ne m’a prouvé que sa crème était vraiment efficace.» Il n’a jamais été démontré, non plus, que les liposomes agissaient sur l’épiderme tel qu’on l’a décrit.Quant *1 ^ £ «r SS® La mise au point d’un cosmétique ne s’arrête pas à la découverte d’un élément susceptible d’avoir un effet sur la peau.Si le produit repose d’abord sur un ingrédient vedette, il faut toutefois ajouter d’autres éléments.On retrouvera presque toujours divers hydratants comme le collagène ou la glycérine, puis des agents de conservation et enfin, dans certains cas, des colorants et des parfums.Il faut ensuite déterminer le véhicule: crème, lotion, gel.Là comme ailleurs, il y a des modes.«On est loin des crèmes lourdes et épaisses d’il y a 10 ou 15 ans», explique Daphné Mollot, de chez Lise Watier.Depuis peu, ce sont les gels qui prennent la vedette.Au Canada, tout ce que le gouvernement demande aux firmes de cosmétiques, c’est de s’assurer que le produit n’est pas nuisible à la santé et de fournir la liste des ingrédients.Les tests sont laissés à la discrétion des firmes elles-mêmes.Chez Lise Watier, par exemple, les tests d’irritabilité des produits sont confiés à un laboratoire de l’extérieur, qui expérimente sur des animaux.Quant au contrôle de l’efficacité du produit, les méthodes varient.L’hydratation de la couche cornée, par exemple, est parfois vérifiée en mesurant la résistance de la couche cornée au passage d’un courant électrique: la résistance diminue quand l’hydratation augmente.Des méthodes existent aussi pour tester l’élasticité de la peau.Par exemple, en lui infligeant une déformation, on vérifie le temps qu’elle prendra pour retrouver sa forme première.Pour voir si les rides diminuent, une méthode courante est.la biopsie.Il ne s’agit pas ici de prélever un morceau de peau, mais plutôt d’en prendre l’empreinte au moyen d’un moulage de résine, moulage qu’on peut ensuite analyser au moyen de diverses techniques.Ces méthodes, tous le reconnaissent, sont pour le moins imparfaites; on peut tout au plus voir si le produit donne l’effet recherché sur un certain nombre de personnes testées.«Les résultats sont toujours un peu subjectifs», admet M.Hoang Nguyen, responsable du contrôle technique et de la recherche chez Lise Watier.En vertu de la Loi des aliments et drogues, les cosmétiques ne peuvent qu’«embellir, purifier ou modifier» la peau.S’ils prétendent modifier des fonctions organiques, ils devront être vendus comme drogues ; cela veut dire des normes plus sévères, des recherches plus poussées et plus chères pour les fabricants.Les firmes cosmétiques s’insurgent contre cette réglementation, qu’elles trouvent désuète.«La loi ne correspond plus du tout à la réalité et aux progrès qui ont été faits», dit Alain Staub de chez Cosmair Canada.Une société européenne a été obligée de modifier la publicité de son produit à base de liposomes, sous peine d’avoir à le vendre comme drogue.Mais en règle générale, à Santé et Bien-être Canada, on se montre assez souple et on accepte souvent de fermer les yeux.«Si on appliquait les règlements à la lettre, il n’y a plus beaucoup de cosmétiques qui pourraient être vendus actuellement », avoue Jacques Séguin, inspecteur à la Direction de la protection de la santé.28 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE l.Brucelle/Sygma / Publiphoto à la théorie de Christian Dior sur l’accumulation de cholestérol qui causerait le durcissement des membranes et la perte de fluidité, elle est contestée par les dermatologues.«La plupart des publicités ne sont pas frauduleuses, souligne Danielle Mar-coux, mais elles emploient un langage séducteur et nous invitent souvent à lire plus que ce qui est écrit.» Par exemple, si la vitamine E neutralise bel et bien les radicaux libres, son action antivieillissement dans l’épiderme n’a jamais été confirmée.De toute façon, c’est au-dessous, dans le derme, que les rides se forment vrai-f ment.LA VITAMINE A ACIDE Avec l’âge, l’activité des fibroblastes (voir l’encadré «La structure de la peau») diminue, et ces cellules se montrent moins efficaces à dégrader et à remodeler l’élastine et le collagène.Les fibres d’élastine augmentent en taille et en nombre, et deviennent courbées et fragmentées, tandis que les fibres de collagène s’atrophient et deviennent moins flexibles.C’est à cause de cette dégradation des principaux supports de la peau que les rides se creusent.De plus, lajonc-tion dermo-épidermique, zone ondulée où le derme et l’épiderme se rencontrent, se déplisse quand la peau vieillit.À tout cela les préparations cosmétiques, qui par définition n’agissent que sur l’épiderme, ne peuvent pas grand-chose.Maintenant, après les mauvaises nouvelles, les bonnes: l’engouement que suscite la vitamine A acide, dernier-né des élixirs de jouvence, serait justifié.jusqu’à un certain point.Le produit semble redonner leur forme, leur polarité et leur symétrie aux cellules de l’épiderme, restaurant la cohésion de la couche cornée.Il favorise le renouvellement des cellules dont il accélère la division et facilite la desquamation.La couche cornée redevient donc plus mince, tandis que l’épiderme retrouve son épaisseur d’antan.Les mélanocytes hypertrophiés retrouvent leur taille normale, les grains de mélanine accumulés dans la couche basale sont dispersés et la peau retrouve une coloration plus uniforme.Ce qui est tout à fait nouveau, c’est que la vitamine A acide agit jusque dans le derme.Elle active les fibroblastes, qui se remettent à fabriquer du collagène et de l’élastine de meilleure qualité.La jonction dermo-épidermique retrouve sa forme ondulée et de petits vaisseaux sanguins font même leur apparition.Cette étonnante découverte s’est presque faite par accident.Le produit, un dérivé de la vitamine A connu aussi sous le nom d’acide réti-noïque, avait été mis au point par le dermatologue américain Albert Klig-man pour traiter l’acné.Mais, en entendant des patientes plus âgées lui dire que le produit faisait aussi disparaître leurs rides, Kligman s’est mis à en étudier l’action antivieillissement.Produit miracle?«C’est ce qu’on a vu de mieux jusqu’à maintenant», admet Marie-Christine Roy qui, comme la plupart de ses collègues, affiche un enthousiasme prudent.Il faut savoir que le produit est irritant et comporte des effets secondaires.Au début, la peau pèle, devient rouge et très vulnérable aux coups de soleil.L’usage de la vitamine A acide est déconseillé durant l’été.Et puis, ne nous leurrons pas ! On finit tout de même par vieillir: la peau se relâche et les rides d’expression se creusent de toute façon.C’est surtout contre les dommages causés par le soleil que la vitamine A acide donne de bons résultats.Pour les dermatologues, la meilleure crème antirides, c’est encore un bon écran solaire: mieux vaut prévenir que guérir, disent-ils.Une chose reste certaine: notre quête de l’éternelle jeunesse est loin d’être terminée.?fera J On a découvert récemment des vertus antirides à la trétinoïde, mieux connue sous le nom de vitamine A acide ou acide rétinoïque.En plus d’être un médicament contre l’acné prescrit sur ordonnance, la vitamine A acide rajeunit l’épiderme ; elle fait disparaître les petites rides, efface les taches brunes dues au vieillissement et atténue les rides prononcées.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 29 LA CHAUVE-SOURIS PRINCESSE DES TÉNÈBRES Locataire des grottes, des mines désaffectées et des greniers, la chauve-souris explore avec aisance le monde de l’obscurité.Véritable sonar ambulant, cet animal fascine autant qu’il effraie.par René CAISSY LW aspect du monde souterrain qui m’étonne le plus n’est pas lié à la grotte où nous sommes, mais au timbre feutré et non écho que prend la voix de notre guide.Vingt mètres sous terre, ses explications sur l’écosystème souterrain nous semblent comme absorbées, dominées par un silence lourd.À la base du puits, trop profonde pour que la lumière du jour ne l’atteigne, une vaste salle s’ouvre.Notre guide nous invite à éteindre nos lampes, à garder le silence et à nous laisser imprégner par l’atmosphère de ce monde différent.Nos lampes rallumées, nous sondons la nature du calcaire qui couvre les parois de la grotte.D’un commun réflexe, nous levons nos lampes vers le plafond cherchant à découvrir quelques stalactites.Nous en voyons.Toutefois, notre attention se porte davantage sur ces petites boules de poils qui s’accrochent à l’envers contre la voûte.Des chauves-souris! Quelque 20 individus ont choisi ce lieu pour hiberner.Pendant au moins 15 minutes nous restons là à en parler.Éteignant à nouveau nos lampes, nous sommes en mesure de mieux apprécier la valeur du système que possède l’animal, ce sonar qui lui permet de s’orienter dans l’obscurité totale.Nous n’aurions pas moins apprécié la valeur de ces chauves-souris si nous avions pu constater qu’en dessous d’elles, des milliers de micro- ¦ organismes cavernicoles vivent à leurs dépens, se nourrissant de la matière organique contenue dans les excréments des chauves-souris.Privilégiés par la nature intime de leur relation, tous ces petits organismes doivent en savoir bien long sur les mœurs «obscures» des petits mammifères qui dorment au-dessus d’eux.30 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE UN DRÔLE D’OISEAU Au plan de l’évolution, la chauve-souris possède plus de traits communs avec la baleine qu’avec un quelconque oiseau.Si elle s’apparente à l’oiseau par son mode de locomotion, la chauve-souris appartient pourtant, comme la baleine, à la classe des mammifères.Alors qu’il y a des millions d’années, la géante des mers se spécialisait en milieu aquatique, sa cousine optait pour la terre ferme.Mieux encore, le petit animal de l’ordre des chiroptères (du grec Kheir et pteron: «main ailée») se spécialisait dans le vol.Un fossile découvert au Wyoming fait remonter le plus vieux spécimen connu à 50 millions d’années.L’étude de ce fossile a montré une espèce déjà fort évoluée, presque similaire à son descendant actuel.L’ancêtre de la chauve-souris, dont on n’a jamais découvert les vestiges, serait donc encore plus âgé que le spécimen du Wyoming.QUÉBEC SCIENCE / JUILLET-AOÛT 1989 31 On compte environ 950 espèces de chiroptères, réparties à travers le monde.Ces chauves-souris sont insectivores, carnivores, piscivores, frugivores, «nectarivores» ou héma-tophages (la chauve-souris vampire).Le Québec, de même que toutes les aires de distribution situées au nord de l’Arizona, comprennent seulement des chauves-souris insectivores.On en compte huit espèces au Québec, en Ontario et dans les Maritimes, appartenant à la famille des vesper-tilionidés.Lorsque naquit la mammalogie (branche de la zoologie vouée à l’étude des mammifères), on s’intéressa de façon particulière auxmœurs obscures des chiroptères.Non seulement ils étaient les seuls mammifères à savoir réellement voler, mais certaines espèces étonnèrent plus encore par leur étrange faculté de s’orienter sans difficulté dans l’obscurité la plus complète.Dès le 18e siècle, des chercheurs remarquèrent que des spécimens rendus aveugles se déplaçaient tout aussi allègrement dans le noir.La rupture de leurs tympans, par contre, empêchait les chauves-souris de s’orienter.C’est seulement en 1941 que fut résolue l’énigme et que Griffin et Galambos découvrirent l’écholocation animale: en somme, la chauve-souris est équipée d’un système fonctionnant sur le principe du radar (sonar) utilisé sur les bateaux pour repérer des obstacles en mer.DES OREILLES POUR VOIR.Pour Don Thomas, chercheur attaché à l’Université de Sherbrooke, le mode d’orientation par écholocation n’est qu’un exemple des étonnantes caractéristiques de la chauve-souris.Les travaux de M.Thomas, qui portent notamment sur les moeurs sexuelles et l’hibernation de certaines espèces, l’ont amené à s’intéresser aux nombreuses qualités d’adaptation dont la chauve-souris a hérité du passé.En matière d’écholocation, le chercheur souligne qu’on est loin d’avoir percé tous les secrets de ce système de repérage qu’il qualifie «d’ultrasophis-tiqué».L’écholocation consiste en une série d’émissions de sons ou de cris plus ou moins courts émis dans plu- sieurs directions: lorsqu’elles percutent un obstacle, les ondes sonores sont réfléchies vers l’émettrice, qui les capte avec ses oreilles déployées comme des antennes paraboliques.Certaines espèces émettent sur des fréquences qui vont de 10 kilohertz (kHz) à 50 kHz.C’est donc dire qu’une partie de leurs émissions est du domaine des sons et, par conséquent, audible à l’oreille humaine, qui peut entendre certaines basses fréquences utilisées par la chauve-souris.Toutefois, c’est aux fréquences situées entre 1 kHz et 4 kHz que l’animal est le plus sensible.D’autres espèces, qui s’orientent exclusivement par l’émission d’ultrasons — c’est le cas de la majorité des microchiroptères —, utilisent des fréquences très élevées, parfois au-delà de 150 kHz.D’après Don Thomas, on peut construire ou acheter des détecteurs d’ultrasons pour moins de 50$.Cependant, les appareils permettant de décomposer les ultrasons et d’enregistrer toutes les données relatives à la durée, à l’amplitude ou à la puissance des émissions ultrasoniques, peuvent dépasser 20 000$.C’est l’agencement de tous ces paramètres, selon des combinaisons précises, qui confère à la chauve-souris sa «vision acoustique».MÉMOIRE ACOUSTIQUE ET CRIS ULTRASONIQUES La chauve-souris utilise son sonar pour définir avec précision la nature de l’environnement dans lequel elle évolue.C’est cependant lorsqu’elle a repéré un insecte que la chauve-souris exploite toutes les possibilités de son système de repérage.Les cris ultrasoniques qu’elle utilise peuvent être enregistrés avec un magnétophone sous forme de claquements secs relativement espacés.«Lorsque l’animal repère l’insecte, explique M.Thomas, c’est comme si l’appareil s’emballait : au moment où la chauve-souris augmente le nombre de cris ultrasoniques en direction de sa cible, les claquements secs qu’on entend au magnétophone se rapprochent de plus en plus, jusqu’à se fondre en un bruit prolongé et continu, ce qui AÉ Position typique de copulation chez les petites chauves-souris brunes.Le mâle (au-dessus) a une bague en aluminium sur son aile gauche.Bien que l’accouplement ait lieu à l’automne, les femelles conservent le sperme dans leur utérus où les spermatozoïdes gardent toute leur vitalité pendant l’hibernation, jusqu’à l’ovulation qui survient au printemps.Cette «fécondation différée» caractérise les chauves-souris insectivores vivant au nord de la zone tempérée.r ùt top, CH ré irnli loc top tou (ot tip pa loi d\ en lai oi fi a' Si B' a d [ 32 JUILLET-AOÛT 1989 / QUÉBEC SCIENCE line colonie de petites chauves-souris brunes Myotis lucifugus, l’une des espèces les plus répandues au Québec et au Canada.Les chauves-souris hibernent seules ou en colonies, comme sur la photo.Au cours de cette saison, leur métabolisme est ralenti considérablement et leur poids, réduit du quart.indique que la proie vient d’être localisée avec précision.» Le magnétophone dont parle M.Thomas est toutefois inutile pour comprendre le fonctionnement de la mémoire acoustique de la chauve-souris, laquelle lui permet d’interpréter les ultrasons lors de la réception.On ignore comment la chauve-souris peut décoder autant d’informations provenant d’une source mobile, et cela, parfois en moins d’un millième de seconde! Les ultrasons sont émis par le larynx et empruntent la voie buccale ou nasale, selon les espèces.Quelques millisecondes se sont écoulées entre l’émission et le moment où, après avoir heurté un obstacle, les ultrasons sont captés et l’information décodée.Une fraction de seconde est nécessaire à la chauve-souris pour: a) détecter la présence ou l’absence d’un objet; b) estimer la direction de la cible; c) évaluer la distance de la cible; d) prévoir sa position future; e) définir sa taille, sa forme et sa qualité; f) juger si l’objet doit être évité, ignoré ou mangé.Le mode d’orientation par écholocation se retrouve également chez certains insectivores, pinnipèdes et cétacés.Certains oiseaux l’utilisent aussi, mais c’est chez les microchiroptères qu’il trouve sa forme la plus spécialisée.La majorité des mégachiroptères, auxquels appartiennent les frugivores, volent à vue.Le sonar est donc fort utile à la chauve-souris pour déterminer la nature exacte des obstacles qui jalonnent son monde obscur, un monde où l’essentiel est invisible aux yeux et ne se voit bien qu’avec.les oreilles ! Pour nous rendre à la seconde salle de la grotte, nous devons ramper le long d’un étroit passage.Au milieu du couloir sombre, que les eaux d’infiltration et nos déplacements rendent boueux, notre guide doit soudain cesser sa progression.Une chauve-souris bien éveillée l’y contraint.Fonçant à toute vitesse dans sa direction, elle change brusquement de cap à quelques centimètres de son visage.Étant donné son extraordinaire vision acoustique, il était peu probable qu’elle le heurte.Notre guide nous raconte qu’il y a quelques années, à l’entrée d’une grotte américaine, un guide demandait à des touristes de se placer juste à l’endroit où passaient des milliers de chauves-souris, sortant pour chasser au crépuscule.Après l’expérience, bien que la peur se lût encore sur les visages, personne ne s’était fait heurter; pas même un cheveu n’avait été touché.L’HIBERNATION: UN SOMMEIL AGITÉ Pendant l’hiver, les chauves-souris qui demeurent sous nos latitudes doivent économiser leur énergie au maximum.C’est pourquoi elles entrent en phase de léthargie dès le début de la saison froide.Réfugiées au fond de leur grotte ou d’une vieille mine abandonnée, elles sombrent dans un état de torpeur, ce qui leur Représentation graphique des cris d’écholocation de ta chauve-souris durant la recherche, le repérage d’un objet, l’approche et les derniers instants (bourdonnements d’attaque) précédant la capture.Grâce aux ultrasons qu’elle émet, une fraction de seconde suffit à la chauve-souris pour décoder toutes les informations provenant de l’objet mobile.LES CRIS D’ÉCHOLOCATION 100 H N X 80 - (D 60 - O C
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