Québec science, 1 janvier 1983, Mars
a PER J '69 /IEILLIR \U RALENTI ES BRICOLEURS )E L'IMAGE________ luAND IA NATURE Dévoile ses formes E PLUS GRAND CHANTIER DE «ONTRÉAL________ ILEZ-VOUS UN MAUVAIS COTON?H.8II9I2 CLN Ho:; 10.510 9 8 7 6 ¦>ort de retour garanti OURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec C P.250.Sillery Québec G1T2R1 ?yi£ XSH çs inov ® ^ ivaaiNOW SB ld3S 0 SIN3Ü IS 00Z.I Z.Z6T0 ivoBi ±od3ü n^Bane 3333(10 31VN0I1VN BflDBHlOIlHIH R HI 'F en 1972, comme organisme expérimental de formation à distance et administrée par une Commission, la Télé-Université prend d’abord en charge le programme Perfectionnement des maîtres en mathématiques.Bientôt, elle jette les bases du programme Perfectionnement des maîtres en français, en assure l’implantation sur le territoire.Simultanément, elle élabore et offre ses premiers cours de formation sociale et culturelle du programme Connaissance de l’homme et du milieu.Constituée en direction générale en 1974, la Télé-université se fait présente partout.En 1977, sa période dite d’expérimentation se termine avec un nombre croissant d’étudiants.Elle compte tout près de 6 000 étudiants et offre plus d’une vingtaine de cours.Ces cours sont conçus selon les modèles ouverts et font une large place au vécu et à l’engagement social des étudiants.C’est d’ailleurs en vertu de cette préoccupation que la Télé-université mettait en marche en 1979 des activités de promotion collective dont la plus célèbre demeure l’Année du français au Québec.Toutes les activités de la TÉLUQ à l’exception des activités de promotion collective sont regroupées selon trois concentrations: Connaissance de l'homme et du milieu (CHEM), Pratiques de développement de l'adulte au travail (PRADAT), Formation autonome scientifique et technologique (FA UST).La Télé-université \ ?m • V.N Fl OUR le programme CHEM, l’objectif fondamental est d’aider le québécois, en tant qu’homme, à se situer dans son environnement.CHEM comprend trois parties: les aspects biologiques et psychologiques de l'homme, tes langues et communications, les composantes physiques, culturelles, socio-économiques et politiques du milieu.Le programme Connaissance de l’homme en société (CHFS), a pour objectif fondamental de connaître ce qui détermine les comportements individuels et collectifs.CHES fournit donc à l’étudiant les outils nécessaires à l’interprétation des situations, des événements et des idées ayant cours dans la société.La concentration PRADAT vise le mieux-être des travailleurs, individus ou groupes, par une compréhension, un savoir-faire et un contrôle optimal de leur travail, de même que de ses résultats et de ses effets.Ses objectifs de recherche, d’enseignement et de formation sont: une approche des pratiques de travail comme des contenus de savoir et d’apprentissage; une problématique du travail intégrée à la mission et faisant corps avec les fonctions originelles de l’université, soit le travail à la fois comme objet et comme création d’un savoir; une forme intégrée de recherche, d’enseignement et de formation dont le travailleur adulte québécois est le sujet et non l’objet.Tant dans sa finalité que dans ses objectifs et ses opérations, la concentration PRADAT diffère des programmes de formation professionnelle, de recyclage et de perfectionnement tels qu’on les conçoit actuellement et traditionnellement.ILæS exigences nouvelles qu’imposent à l’enseignement supérieur des secteurs de plus en plus larges de la société conduisent à affirmer que l’adulte en formation peut aussi être à la recherche d’une culture fondamentale.Peut-on sortir de la culture mosaïque et redéfinir la culture fondamentale?Qu’une nouvelle définition soit proposée par un établissement d’enseignement et que cet établissement veuille surtout animer cette nouvelle formation fondamentale de type humaniste, voilà un risque certain, une utopie contemporaine.Surtout lorsque les conditions d’implantation requièrent une formation fondée sur la méthode et sur le contenu de la science et de la technologie modernes.Cette relance culturelle n’a de chance de se concrétiser que par la réalisation de projets modestes, expérimentaux et pragmatiques entrepris à une échelle restreinte et avec une qualité de conception supérieure.C’est dans cette perspective et en toute connaissance de la difficulté de la tâche que la Téléuniversité offre la concentration FAUST.Cependant, la Télé-université a une nouvelle fonction d’édition médiatique qui consiste à offrir des services de support pour la médiatisation de l’enseignement et à les offrir à des établissements qui s’associent à cette fin à la Télé-université; les établissements conservant la responsabilité des contenus et de l’évaluation de l’enseignement ainsi dispensé.La Télé-université, par sa mission d’enseignement universitaire à distance destiné aux adultes et de recherche dans ce domaine, a développé chez les adultes québécois de nouvelles situations d’apprentissage, contribué à créer des habitudes d’éducation continue et a favorisé l’émergence de nouveaux humanismes.Publi-reportage/Service de l'information.Université du Québec 3 UËBEC SCIENCE / mars 1983 Sommaire Volume 21, numéro 7 MARS 1983 16 Vieillir au ralenti Ginette Beaulieu Peut-on au moins ralentir le temps, si on ne peut l'arrêter?C'est ce que visent les scientifiques en étudiant les mécanismes du vieillissement 24 Les bricoleurs de l'image Marc Sévigny De l'ordinateur aux épingles, le cinéma d'animation utilise mille et une techniques ingénieuses pour faire prendre vie à l'inanimé - n— 36 Le plus grand chantier de Montréal Pedro Rodrigue i- Un milliardetdemidedollars, 110 kilomètres d'égouts et une gigantesque usine d'épuration: Montréal rattrape son retard 5 Post-Scriptum Actualités ^Chroniques 12 54 Sans frontières Bientôt demain 6 Aéronautique Vive les ultra-légers! 7 Économie d'énergie ’ Adapter nos moteurs IS à l'hiver 47 Épilepsie Déconnecter les deux cerveaux 48 Épidémiologie L'immunité mise en échec 10 Santé dans le Tiers-Monde Un remède simple et efficace 49 Télédétection Un désert verdoyant 52 Géologie Direction plein sud ! 55 Boîte à livres 56 Courrier 58 En vrac 4 ~ 30 Quand la nature dévoile ses formes André De!isle Les différentes formes qu'on observe dans la nature sont-elles le fruit du hasard ou le résultat de forces très organisées?40 Filez-vous un mauvais coton?Luc Chartrand La dépression nerveuse a-t-elle une origine biologique ou seulement psychologique ?Le débat reste ouvert QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1983.ISSN-0021-6127.Répertorié dans PÈRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de.CPPA © Copyright 1983 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés PROGRAMMES D'ÉTUDES AVANCÉES Maîtrise en sciences de ratmosphère Ce programme fournit à l'étudiant les connaissances de base en physique de l'atmosphère et vise à initier l'étudiant à des recherches spécifiques: à l'UQAC: recherches sur les échanges air-sol, spécialement aux échelles micro et méso, avec applications à l'agrométéorologie, à la limnologie nordique et aux problèmes reliés au froid; à rUQAM: recherches reliées à la couche limite et à la météorologie synoptique, avec applications aux précipitations, aux prévisions, à la qualité de l'air et à l'environnement urbain.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme: Université du Québec à Chicoutimi Département des sciences pures Tél.: (418) 545-5413 Université du Québec à Montréal Département de physique Tél.: (514) 282-3302 Maîtrise en gestion de projet Ce programme vise à former des administrateurs capables d'une vision systémique et globale de la gestion de projet tout en ayant une bonne connaissance des techniques analytiques.Les finissants seront appelés à administrer des projets d'envergure, de la phase d'études de rentabilité jusqu'à la dernière phase de réalisation.Conditions particulières d'admission: Le candidat doit exercer un emploi à temps complet dans un domaine connexe à la gestion de projet et avoir un minimum de deux ans d'expérience pratique pertinente.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme au département des sciences administratives de: Université du Québec à Chicoutimi Tél.: (418) 545-5246 Université du Québec à Hull Tél.: (819) 776-8297 Université du Québec à Montréal Tél.: (514) 282-4274 Université du Québec à Trois-Rivières ** Tél.: (819) 376-5732 *'Le programme est dispensé également à Québec pour les étudiants de la région.Pour renseignements: appeler à frais virés à l'UQTR au numéro (819) 376-5732 Maîtrise en mathématiques (orientation: enseignement de niveau collégial) Ce programme, à caractère professionnel, est offert à temps partiel pour parfaire la formation des enseignants de mathématiques, notamment dans le domaine de la pédagogie de la mathématique.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme: Université du Québec à Chicoutimi* Tél.: (418) 545-5487 Université du Québec à Rimouski Tél.: Tél.: (418) 724-1615 Université du Québec à Trois-Rivières** Tél.: (418) 376-5648 * Ce programme sera offert sous réserve d'un nombre suffisant d'étudiants.** Aucune nouvelle admission ne sera acceptée pour l'automne 1983.NOTE: Les demandes d'admission pour la session d'automne 1983 doivent parvenir aux bureaux des registraires concernés avant le 1er mai 1983.Université du Québec Commission des programmes d'études avancées gérés conjointement. QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 QUÉBEC SCIEMCE DIRECTION: Jean-Marc Gagnon, directeur général RÉDACTION: Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Liliane Besner, André Delisle, Bernard Giansetto, Gérald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau collaborateurs réguliers PRODUCTION: Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgson, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Alain Vézina, photo couverture Raymond Robitaille, typographie Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc.photogravure et impression PUBLICITÉ: Marie Prince, publicité institutionnelle a I k Jacques Lauzon et associés Itée TMontréal: (514)382-8630 Toronto: (416) 927-9911 COMMERCIALISATION: René Waty, resp.de la commercialisation Renée Bernard, abonnements Messageries dynamiques distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos): 40,00 $ Régulier : (1 an / 12 nos): 23,00$ Groupe : (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l'unité: 2,95$ À l'étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 32,00$ À l’unité: 3,50$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes : Bell Canada M.Claude St-Onge, vice président Banque de Montréal Jean Savard, vice-président — Division du Québec Conseil de la langue française Michel Plourde.président Control Data Canada George J.Hubbs, président Imasco Limitée Les produits Impérial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet, directeur Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée Longueuil, P.Q.Recherches Bell Northern M.André J.Beauregard, vice-président adjoint Laboratoire de Nie des Sœurs , ^CRIPTUM Qui n'a pas, dans un tiroir secret ou oublié, un caillou ou un coquillage aux formes fascinantes, ramassé lors d'une promenade dans les bois ou le long d'une grève?Certaines formes naturelles paraissent très ordonnées: spirales, hélices, déroulements à progression mathématique sont fréquents.Mais peut-on y voir plus que le fruit du hasard?Des scientifiques curieux se sont posé la question, André Delisle CoHoque:30 et 31 m \ -c est allé aux sources: il est revenu avec une valise pleine de coquillages marins et de papillons (notre photo), ainsi qu'avec quelques théories pour expliquer ces mystères de la nature.«C'est un sujet de débat qui n'intéresse professionnellement qu'un petit nombre de scientifiques, mais qui en fascine un grand nombre», rapporte notre collègue.Dans ce numéro, nous accueillons deux nouveaux collaborateurs, Marc Sévigny et Pedro Rodrigue.Le premier brosse un tableau des techniques ingénieuses du cinéma d'animation.De la pixillation, inventée par le talentueux Norman McLaren, jusqu'au dessin assisté par ordinateur, il y a place pour une créativité extraordinaire, dont témoigne éloquemment l'Office national du film du Canada.De la visite des studios de l'ONF avec Sévigny, on revient convaincu qu'il existe encore une place pour un artisanat de qualité en animation, à l'opposé des techniques industrielles.Pedro Rodrigue, qui écrit pour des magazines depuis plus d'une dizaine d'années, nous donne lui aussi des «choses à voir»; plutôt dans le genre colossal et rien d'artisanal, cette fois.Il s'agit de l'usine d'épuration des eaux du territoire de l'île de Montréal.Cette usine a une longue, très longue histoire: c'est en mars 1930 qu’une première ordonnance du gouvernement enjoignait à la ville de Montréal de construire une usine pour épurer ses eaux.De promesses oubliées en délais, voici enfin un vaste complexe de traitement des eaux usées, qui ne permettra en définitive à la métropole que de rattraper son scandaleux retard en matière de dépollution des eaux.Le maire Jean Drapeau, qui aime les records, s'est rarement vanté d'être à la tête de la seule ville nord-américaine de plus d'un million d'habitants à rejeter ses eaux d'égouts sans traitement.Février et mars, mois des «déprimes».Luc Chartrand a enquêté sur la plus répandue des maladies mentales, la dépression nerveuse.Il en ramène l'impression qu'une toute nouvelle compréhension se dessine des causes et mécanismes de cette maladie, au-delà des clichés répandus sur ses origines biologiques et psychologiques.Pour terminer, Ginette Beaulieu présente une synthèse des connaissances actuelles sur le vieillissement.C'est un bilan sans concession au spectaculaire — à ces fameux thèmes de la congélation et de l'immortalité pour l'an 2000, exploités par les media sensationa-listes —, un bilan qui montre que la science est encore bien loin d'avoir identifié la clé biologique ou génétique du vieillissement.Décidément, les véritables révolutions de la biologie sont encore à venir. mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE AERONAUTIQUE Quelles sont ces curieuses libellules mécaniques aux ailes multicolores qui pourraient bientôt consteller le ciel québécois ?Il s'agit des ultra-légers motorisés, ou ULM, version minimale de la machine à voler pouvant combler au mieux le rêve millénaire de l'homme : voler comme un oiseau.En 1975, un passionné de deltaplane fixa à son aile un petit moteur de kart et une hélice lui permettant à volonté de décoller et d’atterrir grâce à une paire de jambes solides.Puis le procédé fut enrichi d'un chariot tricycle et d’un moteur plus puissant.Les ULM étaient nés, ou plutôt ressuscités tant ils ressemblent aux premiers coucous des pionniers de l’aviation.Ce retour à la simplicité et à l’essentiel, sorte de redécouverte d’une étape jadis inachevée, se fait heureusement avec des matériaux et des connaissances aérodynamiques qui ont fait d’énormes progrès depuis l'époque des frères Wright.On distingue deux grandes familles d’ULM: les «pendulaires», véritables deltaplanes motorisés dont le déplacement dépend du centre de gravité du pilote, celui-ci pilotant par le «fond de culotte»; et les «3 axes» qui se commandent avec un manche à balai comme leur grand frère dont ils affectent parfois la forme avec un fuselage et des ailes rigides.Plusieurs versions intermédiaires existent avec la possibilité de troquer les roues pour des flotteurs ou des skis.Les ULM pèsent en moyenne de 80 à 115 kilogrammes à vide, volent de 40 à 100 kilomètres à l’heure avec un plafond qui frôle les 3 000 mètres sur n’importe quelle surface plane.Les moteurs actionnant les hélices sont le plus souvent à deux temps.Légers et robustes, ils consomment aux 100 kilomètres de cinq à dix litres d’un mélange ordinaire.L’autonomie en vol est de l'ordre de VIVE LES ULTRA-LEGERS! y.y deux à quatre heures pour 100 à 200 kilomètres.Si le moteur flanche, l’ULM devient planeur et se pose d’ordinaire sans problème.L'instrument de bord minimal est une sorte de biberon gradué dont un cercle jaune mû par la pression de l’air indique la vitesse.Voilà pour la technologie.Tout le reste est sensation et poésie: à entendre ceux qui ont déjà jr?goûté au pilotage d’ultra-léger, une totale griserie s’empare d’eux.Tous les exploits sont permis aux ULM: en Europe, le 4 septembre 1982, 64 ULM inscrits à une course épique ont rallié Londres à Paris en traversant la Manche, renouant avec l’exploit de Blériot de 1909 et démontrant leur capacité à tenir l’air et la distance.Quelques années auparavant une foule tout aussi enthousiaste admira l'évolution d’un ultra-léger très marginal où, pour actionner l’hélice, les mollets du pilote faisaient : «•» ’ ¦.- .:*• •.- .• Un des 64 ULM inscrits à la course entre Londres et Paris (photo 2).L’ULM, s’il est équipé de flotteurs (photo 3), peut aussi se poser sur l’eau.¦ • : i 4'' ’ •»- y* v- QUEBEC SCIENCE / mars 1983 ACTUALITES f office de moteur : le « Gossamer Albatros», pesant 30 kilogrammes à vide et mesurant 25 mètres d’envergure, fut le premier avion à pédales à traverser la Manche ! Plus tard, l’adjonction de capteurs photovoltaïques lui permit de franchir des distances intéressantes grâce à l’énergie solaire.Si les ULM sont avant tout des avions de loisir, ils pourraient aussi servir à des tâches utilitaires, en particulier dans les pays du Tiers-Monde ou, par exemple, chez certains agriculteurs afin de traiter eux-mêmes leurs cultures.On dit souvent des ULM qu’ils sont à l’aviation ce que sont les planches à voile à la navigation.Si les planches ont «coulé» les dériveurs classiques, les ULM semblent en passe de détrôner l’avion léger dont le commerce «bat de l’aile»: il existe déjà une très grande variété de modèles coûtant de 6 000 à 10 000 S, soit cinq fois moins cher que des avions légers.Aux Etats-Unis, plus de 20 000 ULM, « 3 axes » pour la plupart, peuvent se promener dans l’air et les constructeurs, plus d’une trentaine, escomptent en vendre autant pour la seule année 1983.En France, où il se crée un club par semaine, quelques milliers d’ULM sont déjà lâchés dans la nature.Mais si l’ULM est «dans le vent», il le craint aussi du fait de son faible poids, requérant d'autant plus d’expérience que les vents sont puissants.En cas de bourrasques, s’abstenir! Le ministère fédéral des Transports doit prochainement sortir une réglementation minimale pour les ULM, jusqu’à présent libres de toute contrainte.Souhaitons qu’ils ne soient trop souvent laissés en des mains imprudentes et peu expertes, ce qui a déjà été la cause d’accidents dont l’accroissement justifierait des règlements nouveaux plus contraignants.Un apprentissage théorique et pratique s’avère donc indis- pensable.Les cours, dans l'ensemble six fois moins coûteux que ceux pour apprendre à piloter un avion léger, rendent accessible l’ivresse de l’air à un grand nombre de «Blériot en herbe».Au Québec, il existe une dizaine d’écoles de vol libre qui ont déjà commencé ou vont débuter ce type d’enseignement (renseignements disponibles à la Fédération québécoise des sports aériens, tél.: 514-374-4700).Un des premiers centres d’aviation ultra-légère créés au Québec, celui de l’aéroport de Saint-Lambert, est ouvert à temps plein toute l'année (1838, des Erables, Saint-Lambert de Lauzon, tél.: 418-889-0808).Les cours, prodigués par des pilotes professionnels et des instructeurs licenciés, s’échelonnent en général sur trois mois avec 24 heures de cours théoriques, 10 heures de vol initial sur avion léger Cessna et 5 heures de vol de transition en ULM.Son directeur, André Allard, qui pilote depuis 22 ans déjà, n’a pas connu ailleurs que sur ULM une telle sensation de pilotage pur comme s’il évoluait avec une paire d’ailes sur le dos.Pour lui, l’ULM ouvre la voie à une démocratisation irréversible du pilotage sportif, étant doublement accessible autant du point de vue financier que facilité d’apprentissage.Alors, les ULM au Québec?Le compte à rebours a déjà commencé.Cl FA/re^-Le! T Çr panriapacTian* ECONOMIE D'ÉNERGIE ADAPTER NOS MOTEURS À L H/VER Bernard Lewy-Berthaut Nos automobiles consomment plus d’énergie en hiver, c’est bien connu.Tous ceux qui établissent leur moyenne de consommation auront constaté un écart entre leur consommation réelle et celle qu'indiquent les réclames du manufacturier.Pas étonnant puisque ces moyennes, établies par l’Environmental Protection Agency, se calculent sous des températures de 20° C à 30° C.Nous voilà bien loin de nos conditions climatiques hivernales.L’écart de consommation parvient même à fausser certaines projections globales d'économie d’énergie dans le secteur des transports.En fait, que se passe-t-il lorsque vous prenez la route par des froids sibériens?D’abord, toutes les parties mobiles du véhicule doivent lutter contre une friction accrue due, entre autres, à des lubrifiants devenus beaucoup plus denses.Le système de carburation souffre d’une essence plus difficile à évaporer.Même le durcissement des pneus y est pour quelque chose.On affirme même que l'air froid, plus dense, est aussi responsable de l'accroissement de la consommation en pénalisant les véhicules moins aérodynamiques.Existe-t-il des solutions pour rendre les moteurs de nos autos moins gourmands par temps froid ?Selon Skip Hayden, du Laboratoire canadien de recherches sur la combustion, la chose est possible.Deux recherches différentes en font foi.Il y a quelques années, le laboratoire a étudié l’influence de la température sur la consommation et les rejets polluants des moteurs d’auto.En collaboration avec Shell Canada, on a comparé le fonctionnement de cinq types de moteurs, allant du moteur conventionnel avec catalyseur au moteur diesel, en passant par un modèle à charge stratifiée (du type Honda CVCC).Utilisant 21° C comme niveau témoin, on s’est fixé trois échelles de température : 4° C pour les conditions automne/ printemps, -12° C pour les moyennes hivernales et -23° C pour les conditions extrêmes. 8 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS On a placé les voitures dans une chambre froide plusieurs heures avant de faire le test qui consistait à simuler différents cycles de conduite en milieu urbain et sur autoroute.Le moteur conventionnel s'est montré le plus gourmand avec un écart de 35 pour cent dans la consommation entre la température témoin et les conditions extrêmes.Les voitures utilisées étant de poids différents, on a aussi établi un ratio kilogrammes/kilomètre par litre pour compenser cette disparité.Selon ce calcul, à 12° C, les autres types de moteurs sont de 4 à 12 pour cent plus efficaces, tandis que le diesel sort gagnant avec un avantage de 82 pour cent par rapport au moteur conventionnel.Résultats similaires côté pollution : seul le diesel respecte toutes les normes en bas de 4° C.Pas étonnant donc que les auteurs de cette recherche considèrent ce moteur comme «un moyen efficace de réduire notre dépendance du pétrole importé».Paradoxalement, le moteur diesel a la réputation de faire des siennes pour démarrer par temps froid et, pour plusieurs autres raisons, il est douteux qu’il s’attire rapidement la faveur du public.Il convenait donc d’étudier les possibilités d’économie sur les modèles plus courants.Récemment, Transports Canada confiait à la compagnie Chrysler le soin d’évaluer les solutions techniques les plus avantageuses.Les véhicules utilisés, des Omni/Horizon, ont subi une bonne mise au point avant de faire l’objet d’une batterie de tests sous différentes températures hivernales.Il s’agissait ici de vérifier l’efficacité de plusieurs groupes de modifications.Le plus intéressant d’entre eux vise à conserver la chaleur à l’intérieur du compartiment moteur et plus particulièrement du bloc-moteur.On ajoute d'abord un écran protecteur devant le radiateur, on place un déflecteur d’air muni de volets d’aération sous le moteur, on recouvre le bloc moteur d’un isolant spécial et on remplace le thermostat par un modèle plus efficace.Ce seul groupe est responsable de presque dix pour cent d’amélioration.On réalise d’autres gains en améliorant l'évaporation du carburant durant la période de réchauffement du véhicule.On a aussi modifié l’avance de l’allumage et ajouté un contrôle automatique du ralenti.Egalement, on a augmenté le taux de compression du moteur de 8,2:1 à 9,5:1.Même si son effet ne se fait pas sentir de façon permanente, le chauffe-bloc permet d’économiser jusqu’à 25 pour cent au cours des premiers kilomètres parcourus tout en améliorant le comportement du moteur.La période optimale pendant laquelle le chauffe-bloc doit être branché a été évaluée à deux heures et demie.Au-delà de cette période, on gaspille tout simplement l’électricité.Il faudra donc penser à utiliser une minuterie.Théoriquement toutes ces modifications pourraient faire économiser entre 25 et 28 pour cent de la consommation, de quoi nous rapprocher des moyennes enregistrées en période estivale.Cependant, on ne peut les additionner parce que les groupes de modifications n’ont pas été testés simultanément sur la même voiture.En outre, plusieurs mesures ne s’appliquent que durant la période de réchauffement du moteur.« Sans ramener la consommation à celle de l'été, les résultats sont encourageants », de préciser Rob Motta, ingénieur chez Chrysler.Quant à savoir si les manufacturiers offriront bientôt une « option polaire » sur les véhicules neufs, M.Motta explique que c’est peu probable : « Nous étudions les implications économiques de la plupart des modifications testées, mais leur implantation se fera une à une.D’ailleurs, ce travail est déjà commencé.» Gilles Parent Énergie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada CESAR (1ère partie) UN RENDEZ-VOUS AU PÔLE NORD Le monde scientifique canadien marquera d'une façon spectaculaire le centenaire de l'Année polaire internationale.Sur une banquise perdue dans les immensités de glace et de neige, à environ 500 km du pôle nord, surgira bientôt un nouveau village.Pendant une soixantaine de jours, ce petit hameau sera la résidence de CESAR, une expédition canadienne chargée d'étudier une chaîne de montagnes sous-marine, la dorsale Alpha.Dirigée par le Secteur des sciences de la Terre d'Ènergie, Mines et Ressources Canada, l'expédition CESAR (acronyme de Canadian Expedition to Study the Alpha Ridge) regroupera une quarantaine de scientifiques du gouvernement du Canada et des spécialistes provenant de plusieurs universités canadiennes et américaines.La recherche scientifique dans les régions polaires n'a rien de nouveau pour Énergie, Mines et Ressources Canada.Dans le cadre de son programme de l'Étude du plateau continental polaire (EPCP), EMR contribue depuis nombre d'années à approfondir la connaissance scientifique sur les origines et le comportement de la croûte terrestre dans l'Arctique Canadien.Il y a quatre ans.Énergie, Mines et Ressources Canada commanditait une expédition scientifique majeure (LOREX) pour étudier une autre chaîne de montagnes polaire, la dorsale Lomonosov.C'est dans une grande mesure grâce à l'expérience acquise durant l'expédition LOREX, que les scientifiques peuvent profiter des quelques rares semaines de clarté, aux mois de mars et avril, pour se livrer à une foule d'expériences scientifiques et effectuer des relevés qui jetteront un peu plus de lumière sur le bassin Arctique.Depuis l'expédition LOREX, les scientifiques et ingénieurs d'EMR ont mis au point de nouveaux appareils et instruments qui permettront de pousser encore plus loin l'étude de l'océan Arctique, et du fond marin, dans des conditions climatiques qui sont loin d'être idéales.Les ingénieurs de l'Institut océanographique de Bedford, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, qui relève en partie d'EMR, ont par exemple mis au point un carottier qui devrait permettre d'extraire des échantillons à 10 m de profondeur, dans le fond marin.Les carottiers antérieurs n'avaient qu'une pénétration de 3 m.Vu les conditions assez difficiles qui sévissent dans la région polaire, l'expédition CESAR exigera le concours de plusieurs ministères et agences du gouvernement du Canada.Le transport des scientifiques et du personnel de soutien, ainsi que des quelques 300 000 kg de matériel, de provisions et de combustible a été confié aux Forces canadiennes.Des soldats du 2e Régiment de Génie, largués en parachute sur l'emplacement choisi, voient à préparer des pistes d'atterrissage pour les appareils Hercules.Pendant la durée de l'expédition, le Centre canadien de télédétection, un service d'EMR, utilisera un satellite en orbite autour de la Terre pour suivre le mouvement de la banquise sur laquelle sera aménagé le camp principal.Il y a à peine une vingtaine d'années, l'étude du plateau continental polaire était plutôt du domaine de la science pure.Aujourd'hui, la recherche de nouvelles ressources pétrolières et minérales dans le Grand Nord a fait en sorte que la compréhension du plateau continental polaire et de l'équilibre écologique extrêmement délicat de l'océan Arctique et des régions polaires, et un élément essentiel du développement du Canada.On peut obtenir plus de renseignements sur l'expédition CESAR et sur les autres travaux menés par Energie, Mines et Ressources Canada dans le secteur du plateau continental polaire en communiquant avec: Communications EMR 580, rue Booth, OTTAWA, Ontario K1A0E4 Téléphone: (613) 995-3065 Canada QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 9 L'INRS-TÉLÉCOMMUNICATIONS ET L'ANNÉE DES COMMUNICATIONS L'année 1983 a été décrétée par l'ONU comme étant l'Année mondiale des communications.Actuellement, les communications occupent une place très importante, la première probablement, dans les préoccupations mondiales ou personnelles.En effet, le développement rapide des puces, de l'informatique, de l'ordinateur personnel, des logiciels, des réseaux, des satellites, de la symbiotique, etc., influence grandement nos activités de tous les jours, notre comportement inclus.Ainsi donc, de plus en plus, les communications sont appelées à modeler notre devenir.Par le biais surtout de son centre de recherches INRS-Télécom-munications, l'Institut national de la recherche scientifique participe au développement des technologies de pointe qui facilitent, entre autres, l'acheminement des communications.Il faut comprendre que ce développement nécessite l’apport d'une foule de connaissances scientifiques qu'il serait difficile de produire de façon isolée.C'est pourquoi l'INRS-Télécommunications s'est joint à la société Recherches Bell-Northern afin de poursuivre des recherches dans le domaine de l'ingénierie des systèmes de télécommunications.Également, la coopération d'établissements universitaires et de chercheurs du Québec, du Canada ou d'autres pays est acquise.Dans la communauté scientifique, les travaux des chercheurs de l'INRS-Télécommunications sont connus à l’échelle mondiale.Il se peut même que vous ayez eu des contacts avec une de ses réalisations: «l'ordinateur parlant français» du Centre.Ci-après, nous donnons quelques renseignements sur les projets de recherche de l'INRS-Télécommunications.La Recherche ‘«•âSSSïyTiâ En clair, les résultats de ces efforts scientifiques visent à l'amélioration des systèmes de radiodiffusion et de câblo-télévision, de télé-conférences vidéo, d'appareils téléphoniques vidéo, de distribution électronique de films dans un format de haute résolution, etc.Les travaux de l'INRS-Télécommunications, quant aux systèmes de communications visuelles, sont axés principalement sur l'interaction entre le système et les utilisateurs, et sur l'application des ordinateurs et de l'informatique aux services de communications (télématique).Les applications de l extrant de ces recherches pourront être perçues, par exemple, dans des services informatiques comme Télidon, des services de téléconférences avec documents visuels, des services de communication de textes et graphiques (bureautique), et autres.Communications verbales De plus en plus, grâce au développement rapide des circuits intégrés et de l'informatique, la parole synthétique fait des percées dans notre vie de tous les jours.De grands espoirs sont permis dans ce domaine.L'INRS-Télécommunications, dans cette technologie de pointe, a pu s'introduire, par ses travaux, dans les cercles scientifiques restreints du monde dont la recherche porte sur le codage, la synthèse et la reconnaissance (prévue d'ici quelques années) de la parole.Pour la francophonie, ces études sont du plus grand intérêt et ne sont rendues possibles que par le recours à des équipes véritablement multidisciplinaires (linguistes, mathématiciens, ingénieurs, informaticiens, physiciens, etc.).Les résultats de recherche, ici encore, pourront transformer, entre autres, les aspects du travail et le mode de vie de communautés.Que dire d'un lecteur automatique pour les aveugles francophones?D'un appareil automatique conversant avec vous?Le monde de la science-fiction n'est pas si loin que cela de la réalité.Réseaux de télécommunications Ce programme de recherches du Centre vise l'étude des modèles et des méthodes de calcul qui peuvent constituer un fondement pour la planification de réseaux fiables, souples et offrant une large gamme de services, autrement dit, obtenir d'un réseau les performances désirées, et ce, d'une manière économique.À cette fin, les chercheurs de l'INRS-Télécommunications se penchent sur quatre domaines: théorie de base, conception et gestion des réseaux; modélisation de nouveaux services, conception et gestion d'un réseau intégré.En téléinformatique, domaine qui intéresse plusieurs pays actuellement, les efforts du Centre sont dirigés vers le développement des modèles pour la planification de réseaux offrant un service intégré, et le rôle du traitement dans leurs architectures.Le domaine des télécommunications qui retient l'attention de l'INRS-Télécommunications a trait surtout à l'ingénierie des systèmes de télécommunications.Par ceci, on entend cette science qui permet de choisir et d'agencer différentes composantes électro-mécaniques et électroniques, afin d'en faire un système de communications répondant à des exigences technologiques, économiques et sociales.Depuis un certain nombre d'années, le centre de recherches INRS-Télécommunications s'intéresse de près aux développements dans les secteurs des communications visuelles, des communications verbales et des réseaux de télécommunications.Communications visuelles Dans le but d'obtenir une transmission économique dans un réseau ou de stocker avec efficacité des images dans une banque de données, il faut concevoir des méthodes efficaces en regard du codage des images.Le problème fondamental est de réduire la quantité d'informations requise pour présenter une image tout en tenant compte des contraintes imposées par la qualité de l'image désirée et la complexité du système.Les chercheurs du Centre voient donc à élaborer des modèles statistiques pour les images fixes et en mouvement, et concevoir des algorithmes qui utilisent les propriétés de ces modèles.Compréhension du processus de la perception visuelle et réalisation économique du traitement en temps réel des images constituent des aspects importants de telles recherches.Maîtrise en télécommunications En plus d'effectuer des recherches de pointe, l'INRS-Télécommuni-cations voit à la formation de chercheurs, entre autres, en offrant un programme de maîtrise (2e cycle) en télécommunications.Il n'est nullement besoin de dire que les débouchés sur le marché de l'emploi s'avèrent très intéressants dans ce domaine.Les étudiants, qui remplissent les conditions d'admission, oeuvrent dans un captivant milieu université/industrie situé à Verdun (Ile-des-Sceurs) et reçoivent une formation des plus appropriée qui favorise la réalisation d'une brillante carrière.De plus, un programme de bourses intéressant est disponible pour les étudiants.Renseignements Pour des renseignements additionnels sur les recherches et le programme d'études de l'INRS-Télécommunications ainsi que des autres centres de l'Institut, s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Téléphone: (418) 657-2508 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE 10 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS SANTÉ DANS LE TIERS-MONDE UN REMÈDE SIMPLE ET EFFICACE Cinq millions d’enfants meurent chaque année de déshydratation brusque après une diarrhée.C’est de loin la cause la plus importante de décès d’enfants dans les pays du Tiers-Monde.Un manque d’eau potable, une hygiène insuffisante, peu ou pas de sanitaires, et la diarrhée survient à la suite d’une infection gastro-intestinale.On a calculé qu’un enfant de ces régions défavorisées est victime, en moyenne, de 6 à 16 attaques de coliques par année.Souvent, la réaction de la mère est d’arrêter de nourrir son enfant.Et souvent, la maladie empire alors.C’est la déshydratation brusque et rapide, qui peut conduire à la mort.Pour ceux qui en réchappent, ces épisodes s’inscrivent dans un contexte inquiétant.Chaque diarrhée accroît la malnutrition, et la malnutrition accroît le risque de nouvelles infections.L'enfant est sur une pente glissante.En ce qui concerne les diarrhées, la plupart des enfants en réchappent.Mais pour ceux qui, affaiblis, tombent dans la phase de déshydratation sou- daine et sévère, le verdict est brutal.En deux ou trois jours, le malade perd 15 pour cent de son poids corporel.A ce moment, la mort peut survenir en quelques heures.Comme le soulignait UNICEF dans son dernier rapport annuel: «Ce n’est pas une théorie.La diarrhée tue un enfant toutes les six secondes.» Le temps qu'il vous a fallu pour lire cette dernière phrase.Jusqu’aux dernières années, la seule façon de sauver un enfant gravement atteint était l'alimentation intraveineuse par un personnel qualifié, dans un dispensaire ou un hôpital, ou bien certains médicaments assez coûteux.Le tout était rarement disponible à temps ou se révélait peu pratique d’accès.Vers le milieu des années 70, on a découvert que l’addition de glucose à une solution de sel et d’eau pouvait augmenter jusqu’à 2 500 pour cent le taux de réabsorption du fluide par le corps.La revue médicale The Lancet n’hésitait pas à déclarer en 1978 qu’il s’agissait de «la plus importante découverte médicale du siècle, en potentiel».Les organismes de coopération internationale, UNICEF et OMS en tête, ont donc lancé récemment une vaste campagne d’information et de formation à cette solution simple et peu coûteuse à l’infection diarrhéique qu’est la thérapie de réhydratation orale, nommée ORT par les milieux spécialisés, de ses initiales en anglais.L’UNICEF en faisait un premier bilan dans son rapport de décembre dernier.Partout où TORT a été implantée avec rigueur, les succès sont visi- D’ici dix ans, on estime que l’ORT, ce nouveau traitement, pourrait sauver chaque jour 20 000 enfants de la mort par diarrhées.blés, note le rapport.En certains endroits, des sels de réhydratation sont fournis en petits sachets, prêts à être dissous dans l’eau.Ils sont vendus dans n’importe quel petit magasin général pour un prix minime, de 5 à 15 cents, aussi bien en ville que dans les régions rurales.Ailleurs, des travailleurs sociaux ou des in- Comment va la santé?“Santé et médecine se classent troisième dans l’échelle d’intérêt de la population.Viennent d’abord les informations mondiales et nationales et suivent la politique canadienne, le sport, les informations financières et les divertissements”.Rapport de la Commission royale sur les quotidiens, Ottawa, 1981.FMSQ Le Service des communications de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (514) 288 7277 11 QUÉBEC SCIENCE / mars 983 1 À Mf | ïPfe't i i(0\ fffë! fl firmières conseillent les mères sur la façon d’utiliser des sels locaux, en versant huit cuillerées à thé de sucre et une de sel dans un litre d’eau bouillie et refroidie (le respect de ces doses est très important).L’UNICEF travaille plus particulièrement au Nicaragua et en Haïti sur ces programmes ORT.Ailleurs, comme au Ben-gladesh, en Inde ou au Pérou, ce sont les autorités locales qui ont pris l’initiative et mènent d’importantes campagnes.En un an, déclarait récemment Garcia Carcérès, ancien ministre de la Santé au Pérou, le taux de mortalité infantile par diarrhée a été réduit de 50 pour cent dans son pays.De son côté, le Centre de recherches pour le développement international (C.R.D.I.), une société d’Etat basée à Ottawa, poursuit un petit projet d’aide à Trinidad et Tobago, qui vise à l’implantation de la thérapie de réhydratation orale dans certains centres de soins de ces îles des Caraïbes.L’UNICEF considère que les succès obtenus dans l’implantation de TORT sont encourageants.La bataille est loin d’être gagnée, mais l’organisme estime que d’ici une dizaine d’années, on pourrait arriver à sauver la vie de quelque 20 000 enfants par jour, c’est-à-dire diminuer de moitié la mortalité infantile par diarrhées.En parallèle, l’UNICEF continuera à promouvoir une vaccination universelle contre certaines maladies graves, ainsi qu’à favoriser l’allaitement maternel (par opposition aux laits en poudre, qui envahissent les pays en voie de développement).A la lumière des progrès actuels, «il existe un nouvel espoir en ces temps sombres», conclut l’organisme international.Jean-Pierre Rogel 1 JÊU w À la librairie des P.U.L PLUS DE 20 000 TITRES DE TOUTES LES DISCIPLINES Heures d'ouverture : lundi à vendredi 8h30à 17h30 DES MILLIERS DE DISQUES DE MUSIQUE CLASSIQUE ET POPULAIRE Librairie des Presses de l'université Laval, Pavillon Pouliot, avenue de Samedi la Médecine, 9h à 17h D'INNOMBRABLES ARTICLES: DU SIMPLE CRAYON À LA CALCULATRICE ÉLECTRONIQUE Cité universitaire, Sainte-Foy Téléphone : 656-2320 JUMELLES - TÉLESCOPE - JUMELLES - TÉLESCOPE - Bushnell EXPLORER 7 * 35 G.A.Prix rég.LE NATURALISTE S 139.90 CUSTOM COMPACTE 7 x 26 Prix rég.LE NATURALISTE S175.00 • Microscope • Stéréomicroscope • Loupe • Balance • Boussole • 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l'hémoglobine fœtale, augmentation, dans ces cellules, de la concentration en hémoglobine; en d'autres termes, après traitement, ces malades ont accru leur capacité à transporter l'oxygène par voie sanguine.Mais en utilisant une substance anticancéreuse dans une affection chronique héréditaire, n'y a-t-il pas un risque majeur de mutagénèse?Ne risque-t-on pas de «réveiller» d'autres zones jusqu'alors réprimées et «muettes»?Au-delà de ces inconnues, il importe de souligner que si les espoirs se concrétisaient, on disposerait pour la première fois d'un traitement étiologique de différentes affections sanguines héréditaires qui touchent plusieurs centaines de millionsde personnes à travers le monde.Ce «modèle thérapeutique» pourrait, d'autre part, être proposé dans d'autres affections héréditaires.(Le Monde et New England Journal of Medicine) METHANOL: L'EXEMPLE VIENT DE L'ÉTAT L'État de Californie a commandé 533 voitures compactes propulsées au mé-thanol pour renouveler sa flotte automobile.Pour les alimenter, la Commission de l'énergie de cet État a négocié avec une compagnie privée l'ouverture de 30 stations qui vendront au prix de 22 cents (E U.) le litre un mélange méthanol-essence à 9 pour 1.Chaque véhicule (Ford-Escort, cinq portes) coûtera 8 000$ (E.U.), soit 30 pour cent de plus que les modèles conventionnels à l'essence.Ce sera là un des premiers efforts de la Californie après qu'elle se soit déclarée État-en-faveur-du-méthanol (a methanol-prefer-red-state).(Renewable Energy News) > l iitisrcs VERS UN BOYCOTT?Malgré l'opposition des États-Unis, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté en décembre dernier une résolution demandant l'arrêt des exportations vers le Tiers-Monde des pesticides et médicaments retirés des marchés occidentaux.D'ici la fin de cette année, l'ONU préparera une liste de ces produits contestés.Cette résolution est interprétée dans les milieux spécialisés comme une remise en question, de la part d'une majorité de pays, de certaines pratiques des compagnies pharmaceutiques multinationales jugées contraire à l'éthique.(Inter Press Service) UN SOLEIL PLUS FRAIS Le noyau du Soleil est chaud mais il se pourrait qu'il soit plusieurs millions de degrés plus frais qu'on se l'imaginait.L'Observatoire astrophysique de Crimée en URSS a trouvé le moyen de mesurer l'énergie dégagée par les petites pulsations à la surface de notre étoile et en a conclu que le «cœur» du Soleil ne dépasse pas les 3,6 millions de degrés Celsius au lieu des 11 millions généralement estimés.Ce nouveau calcul a reçu une confirmation indirecte du côté américain puisqu'un physicien y affirme que le Soleil ne produit que le tiers des neutrinos auxquels on pourrait s'attendre de la part d'un astre de 20 millions de degrés.(The Globe and Mai!) MÉDICAMENT BANNI les Si dess et en de le I *01 I aim coma OUI 01' SOfflt T2et nistan Malgré sa valeur reconnue, le «médicament miracle» contre l'arthrite Oraflex/ Opren a été retiré de la vente fin novembre dernier après avoir fait près d'une centaine de victimes par surdosage aux États-Unis et en Grande-Bretagne.En fait, le corps médical n'a jamais mis en cause le médicament lui-même mais plutôt sa posologie considérée comme deux fois trop élevée pour les personnes âgées souffrant d'insuffisances rénales.Malgré tout, la multinationale pharmaceutique Eli Lilly a fait la sourde oreille pendant 14 mois pour enfin consentir à recommander des doses plus faibles pour les vieillards.Il était, semble-t-il, trop tard pour réhabiliter le produit et Eli Lilly l'a retiré de la vente.Les spécialistes se demandent maintenant comment réintroduire l'Oraflex/Opren sur le marché.(New Scientist) GÉO-PATHOLOGIE his IH, Le taux de sclérose en plaques est plus élevé dans les régions où le sol renferme beaucoup de cuivre, mais varie aussi en fonction de l'altitude, affirment divers rapports du Centre d'études géologiques de Norvège (NGU).Ces rapports concluent que la fréquence des maladies graves varie selon les conditions géologiques, géographiques et climatiques.Le NGU relève ainsi qu'il y a corrélation entre la fréquence de cancers du poumon et la présence d'un élément très rare, le lanthane.(Norinform) H "a9uer ans ?.pi *iU Pu tak."3k a' ÎOt\I QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 ¦ jîl»! liJélS iy[ls lliMi lioK’ ^ || »SS‘|( ji# S ^ : al# LA GUERRE BIOLOGIQUE: PROPAGANDE OU RÉALITÉ?Les Soviétiques et leurs alliés utilisent-ils des armes biologiques en Afghanistan et en Indochine?L'ONU, après deux ans de recherche, estime que les preuves manquent, alors que les Américains affirment en avoir la certitude.Pour en convaincre l'opinion internationale, ils ont montré à la presse un masque à gaz soviétique contaminé par la mycotoxine T2 et qui aurait été recueilli en Afghanistan; ils ont aussi donné le résultat d'analyses de sang, d'urine et de tissus effectués sur des réfugiés du Cambodge et plus particulièrement surdes individus de la minorité hmong du Laos.Une étude indépendante faite par une équipe d'experts de l'armée canadienne confirmerait ces résultats, du moins en partie.Les victimes parlent de «pluies jaunes» qui seraient provoquées selon les experts LE TABAC AVANCE LA MÉNOPAUSE Le tabac pourrait accélérer l'apparition de la ménopause, si l'on en croit une étude danoise réalisée sur un échantillon de 5 645 femmes âgées de 44 à 53 ans.Les chercheurs de l'Université de Copenhague ont ainsi constaté que s'il n'y avait pas de différences avant 46 ans et après 52 ans, la proportion de femmes ménopausées entre 47 et 51 ans était beaucoup plus élevée parmi les fumeuses.Ainsi, à 48 ans, 28 pour cent des adeptes du tabac étaient ménopausées contre 17 pour cent dans le groupe non fumeur; à 50 ans, les proportions étaient de 51 et 34 pour cent.(Acta Medica Scandinavica) par un mélange pollen-champignons toxiques du groupe trichotecene (12), connus dans la nature sous l'appellation fusa-rium.Le pollen de certaines fleurs inoffensives imbibé de toxines constituerait un support que les populations visées inhaleraient ainsi plus facilement.Les Soviétiques répondent que ces «mensonges monumentaux» de la propagande américaine permettent à ces derniers de se lancer dans la préparation ouverte de la guerre chimique et biologique.L'ONU a décidé par 106 voix contre 14 de réunir les signataires du traité de 1972 qui interdit de fabriquer des armes biologiques et toxicologiques.Parmi les 14 opposants à cette résolution, on trouve, affirme le magazine américain Science, l'Afghanistan, le Laos, le Vietnam et l'URSS.ANGLOGRAPHIE: AMINCIR POUR MIEUX ASSIMILER L'ortographe anglaise est compliquée et désuète; à l'ère de la télématique, il faut la simplifier pour faciliter son apprentissage et.gagner du temps, affirment les psychologues de l'Université d'Aberdeen.Des études faites par les chercheurs de l'institution écossaise montrent qu'une réforme de l'orthographe permettrait aux enfants d'apprendre à lire en 18 mois au lieu des trois ans actuellement nécessaires des deux côtés de l'Atlantique.Une normalisation phonétique — il y a actuellement 260 façons d'écrire la vingtaine de voyelles sonores et 226 formes pour les 23 consonnes de l'anglais — et l'élimination des lettres inutiles favoriseraient aussi d'alphabétiser de nombreux adultes marginalisés, dit-on.Quant aux autres, ceux qui sont à l'aise dans le système actuel et qui sont ses plus ardents défenseurs, la réadaptation imposée par la réforme serait rapidement compensée par une vitesse de lecture accrue.La meilleure façon d'introduire les changements pourrait se faire par le canal des écrans cathodiques, propose-ton.Avec cet anglais simplifié, nous ferions ainsi connaissance avec des mots «amincis» comme; acomodation, reserch, lern, caotic, liter at, hav, giv, wer, ar, stil, wil, tho, qik, anser, skipd.(New Scientist) LA FAMILLE: FISSION MONONUCLÉAIRE Le nombre de familles monoparentales a doublé de 1970 à 1981, pour atteindre une famille sur cinq, affirme le Bureau américain du recensement.En outre, la moitié des enfants de moins de six ans ont une mère qui travaille c'est-à-dire deux fois plus qu'il y a 20 ans.Parallèlement, le nombre d'enfants gardés à la maison a presque diminué de moitié, tombant de 57 à 29 pour cent.(The Futurist) SURDOSES EN DIMINUTION Entre 1975 et 1979, il y a eu aux Etats-Unis une chute spectaculaire des décès dus aux empoisonnements par les «opiacés» ou par les «narcotiques intraveineux».Selon une étude sur les empoisonnements dus aux drogues et médicaments, les décès non intentionnels attribuables aux opiacés sont passés de 38 à 15 pour cent entre 1975 et 1978.En chiffres absolus, cela représente une chute de 77 pour cent puisqu'on 1978, l'héroïne et ses dérivés ont tué 292 personnes contre 1 184 quatre ans plus tôt.Ce sont surtout les Américains (mâles) de couleur, âgés de 20 à 29 ans qui ont bénéficié de cette réduction.Selon les spécialistes, la diminution des surdoses serait attribuable au programme d'éradication de la culture du pavot lancée en 1976 au Mexique.Si c'est le cas, l'augmentation des «importations» d'héroïne en provenance d'Asie après 1979 devrait faire remonter la courbe des statistiques pour le début des années 80.(American Journal of Public Health) HP75C L’ORDINATEUR QUI VOUS SUIT DANS VOS DÉPLACEMENTS - Langage basic étendu de Hewlett-Packard - Jusqu’à 24 KRAM (16K incorporé + module 8K en option) - 48 KROM - Interface HP-IL incorporé - Structure à filière multiple - Horloge et rendez-vous à accès direct - Lecteur de cartes inclus * ENFIN un ordinateur que vous pouvez transporter aux endroits les plus éloignés de votre bureau ou domicile.* Compatibilité avec ses «grands frères» de la série HP-80 de Hewlett-Packard Une gamme complète de périphériques pouvant s’y adapter, tels que: - moniteur - imprimante à 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elle est dangereuse.Les deux premiers articles de la série «La sécurité et l'électricité» visent à donner quelques notions de base sur ces questions, sans prétendre jeter toute la lumière sur un phénomène complexe, que même les savants ne comprennent pas encore parfaitement.L'électricité: un mouvement Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on parle de «courant» électrique ?C'est que l'électricité est d'abord un mouvement.Comme vous le savez, tout ce qui existe est composé d'atomes.Chaque atome comprend un noyau autour duquel gravitent des électrons.Or, certains électrons sont dits «libres», c'est-à-dire que l'attraction exercée sur eux par le noyau est relativement faible.Sous l'action d'une force plus grande, ces électrons se détachent du noyau et se dirigent vers le pôle qui exerce le plus d'attraction.C'est ce mouvement d'électrons libres qu'on appelle le courant et qui produit l'énergie électrique.des fils électriques, tout comme nous faisons circuler l'eau à travers des tuyaux.Le comportement de l'eau dans les tuyaux et celui de l'électricité dans les fils ont des points communs.La comparaison entre les deux nous aidera à expliquertrois notions fondamentales en électricité : la tension, la résistance et l'intensité.Imaginons deux réservoirs d'eau placés à des niveaux différents et reliés entre eux par un tuyau.L'eau du réservoir le plus haut se déverse dans le second avec une force qui dépend de la hauteur de la chute.Plus la différence de niveau entre les deux réservoirs est grande, plus la pression est forte.L'électricité se présente elle aussi à des niveaux différents.Ces niveaux s'appellent des potentiels.Comme l'eau, l'électricité tend à s'écouler, dès qu'elle trouve un passage, du plus haut niveau au plus bas, du potentiel le plus élevé au potentiel le plus bas, avec une force qui dépend de la différence entre les potentiels.Une différence de potentiel s'appelle tension et se mesure en volts.C'est la tension qui est à l'origine du courant électrique.En effet, le mouvement des électrons libres est déclenché par la différence de potentiel entre deux pôles, c'est-à-dire entre deux extrémités d'un circuit électrique.Le courant électrique: des ressemblances.avec l'eau Pour faire servir le courant électrique à nos fins, nous le faisons circuler dans D'aucuns résistent au passage du courant Passons maintenant à une deuxième notion fondamentale en électricité, la résistance.Ici encore, nous pouvons faire des comparaisons avec l'eau.Le passage de l'eau dans un tuyau ne varie pas uniquement en fonction de la différence de niveau entre deux réservoirs.La grosseur du tuyau joue aussi un rôle : plus il est gros, moins il offre de résistance au passage de l'eau et plus l'eau s'écoule facilement.En électricité, ce n'est pas seulement la grosseur des fils qui détermine leur résistance au passage du courant, mais aussi leur longueur et surtout la matière dont ils sont faits.La plupart des métaux, notamment le cuivre et l'aluminium, offrent peu de résistance au passage du courant.Ce sont de bons conducteurs.Au contraire, d'autres matières, comme le caoutchouc et la porcelaine, présentent une grande résistance au passage du courant.Ce sont des isolants.En électricité, la résistance se mesure en ohms.L'intensité, «débit» de l'électricité La troisième notion fondamentale pourcom-prendre les dangers de l'électricité, c'est l'intensité.On peut comparer l'intensité du courant électrique au débit de l'eau.Plus la pression de l'eau est forte et plus la résistance liée à la grosseur du tuyau est faible, plus la quantité d'eau qui coule en un point donné en une seconde est grande.De la même façon, plus la tension est élevée et plus la résistance des conducteurs est faible, plus la quantité de courant qui passe en un point donné en une seconde est grande.On appelle cette quantité l'intensité du courant.L'intensité se mesure en ampères.On peut la calculer en établissant le rapport entre la tension et la résistance, selon la formule appelée loi d'Ohm : .^ Tension Intensité =- Résistance Il est particulièrement important de connaître l'intensité d'un courant puisque c'est l'un des principaux facteurs qui déterminent la gravité d'un choc électrique.Le choc! Absorbé par les notions complexes sur lesquelles nous venons de lever un peu le voile, peut-être étiez-vous en train d'oublier que l'électricité est dangereuse.Revenons à nos réservoirs d'eau.Que se passe-t-il s'il y a un trou dans le tuyau?L'eau s'échappe, bien sûr, et si vous êtes sur son chemin, il en coulera sur vous et vous serez mouillé.Désagréable, mais pas tragique.Se retrouver sur le chemin de l'électricité, par contre, c'est beaucoup plus risqué.Si vous entrez en contact avec un objet sous tension, c'est-à-dire un objet dans lequel circule du courant, une partie de ce courant peut quitter son circuit habituel et passer par votre corps.Subir un choc, c'est précisément cela : servir de chemin à l'électricité.Cela est possible parce que le corps humain est assez bon conducteur pour l'électricité.Le malheur, c'est qu'il n'est pas construit de manière à pouvoir subir sans dommages le passage d'un courant important.Les chocs ne sont pas tous mortels ; dans certains cas, ils semblent inoffensifs.Mais la gravité de leurs effets dépend de tant de facteurs complexes, variables et difficiles à évaluer qu'il est beaucoup plus sage de toujours se méfier.L'électricité est une force utile, mais dangereuse ! Dans notre prochain article, nous verrons plus en détail comment se produisent les chocs électriques et quels effets ils peuvent avoir sur le corps humain.a Hydro-Quebec mars 1983 / QUEBEC SCIENCE Cet habitant d'un petit village de l'Azerbaïdjan semble avoir réussi à relever le défi de mourir le plus tard possible.A l'époque où // fut photographié, on estimait son âge à 140 ans.Et on dénombre plusieurs autres centenaires dans la région de Caucase.P * ht i ^ • 11.811.912 CLN v‘ QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 17 VIEILLIR au ralenti Peut-on au moins ralentir le temps, si on ne peut l’arrêter?C’est ce que visent les scientifiques en étudiant les mécanismes du vieillissement par Ginette Beaulieu Demeurer jeune.mourir le plus tard possible! Un rêve qui hante les hommes depuis que le monde est monde.Il suffit de se rappeler la légende du docteur Faust qui vendit son âme au diable en échange d'une promesse de jeunesse et d’immortalité.Mais la science moderne a cependant mis en échec les espoirs d'immortalité physique en démontrant que, dans l'état actuel des connaissances, le plafond de la vie se situerait aux alentours de 120 ans.Bel âge! Mais, de notre passage sur terre, c'est sans doute, plus que la mort, le fait de vieillir, de voir ses forces décliner et de mourir un peu chaque jour, qui est le plus difficile à accepter.Pourtant, nombre de chercheurs s'entendent pour dire que la vieillesse n'est pas une étape indispensable dans la boucle de la vie.En fait, nous serions initialement programmés pour vivre jusqu'à l'âge de 35 ou 40 ans, soit le temps nécessaire pour perpétuer l'espèce.Selon Leonard Hayflick, le père de la théorie de l'horloge biologique, rien n'est même prévu dans l'appareil génétique pour vivre au-delà de cet âge fatidique, la nature sacrifiant l'individu à l’évolution de l'espèce.M.R.V.Murthy, directeur du Laboratoire de biologie moléculaire du développement et du vieillissement de l'université Laval, est d'avis que le matériel génétique à l'intérieur de nos cellules n'existerait que pour assurer le développement de l’organisme jusqu'à sa maturité sexuelle.Mais si l'homme avait d’autres plans que ceux dictés par la nature! On sait maintenant qu'une molécule essentielle à la vie de tout organisme.l'ADN, est pratiquement éternelle.C'est donc de ce côté qu’on cherche la fontaine de Jouvence et de nouveaux docteurs Faust scrutent les mystères de l'ADN dans l'espoir d'y découvrir un jour le moyen de freiner, sinon d'éliminer le processus du vieillissement.Déjouer artificiellement les lois de la nature, c'est une perspective qu'il est possible maintenant d'envisager grâce à la maîtrise du génie génétique.On part de l'idée que notre ADN, cette chaîne d'acide nucléique en forme de double hélice, assure son immortalité en nous utilisant en quelque sorte pour se renouveler et se perpétuer à travers les générations suivantes.Si on arrivait à trouver la clé de cette propriété de l'ADN, on serait sans doute en mesure d'utiliser à notre tour cette molécule et le code génétique à nos propres fins, c'est-à-dire mettre au rancart la vieillesse et peut-être même, qui sait, reculer les frontières de la mort en jouant, par exemple, avec l'horloge biologique, si horloge il y a.UNE AVALANCHE D'ERREURS Il existe une maladie infantile rare, la progérie ou nanisme sénile, causée par une anomalie génétique qui provoque le vieillissement à un rythme accéléré chez ceux qui en souffrent.Dès leur tendre enfance, ils présentent de nombreux symptômes de vieillesse.Quand l'individu atteint la vingtaine, s'il l'atteint, il a tout d'un septuagénaire.Jusqu'à maintenant, on ne connaît aucun traitement efficace pour stopper ce processus.On peut dès lors se demander, si le vieillissement peut être accéléré accidentellement comme c'est le cas dans cette maladie, pourquoi ne pourrions-nous pas penser le ralentir volontairement?On semble encore loin d'une telle éventualité.si on en juge par le peu d'unanimité qui règne entre les spécialistes sur les causes de vieillissement.Mais pourquoi vieillissons-nous?Des théories pour expliquer le vieillissement, il y en a presque autant que des gérontologues.La seule certitude que nous ayons aujourd'hui, c'est que tout tourne autour de la cellule.Un premier groupe de théories défend le caractère catastrophique du vieillissement qui résulterait d'une avalanche d'erreurs métaboliques ou d'avaries macromoléculaires dans nos cellules.Cette hypothèse, développée au début des années 60 par Leslie Orgel de l'Institut Salk, suppose qu'avec le temps, l'information génétique de la cellule, véhiculée d'une division à l'autre, transmet des erreurs.C'est un peu ce qui se passe quand on photocopie une photocopie d'une photocopie: on perd peu à peu la qualité et la précision de l'original.Ces erreurs, qui seraient dues à des problèmes dans la synthèse des protéines et à une accumulation de mutations somatiques, conduiraient à la production de cellules anormales qui détracteraient peu à peu la machine et provoqueraient son déclin.Selon cette hypothèse, la vie pourrait se comparer à un disque sur lequel le programme génétique est enregistré.Mais, à force d'être joué au rythme de la reproduction cellulaire, le disque se raye et les erreurs se multiplient, entraînant ainsi le vieillissement de l’organisme.Les erreurs de réplication de l'ADN se présentent en fait sous forme de 18 C> ruptures ou d'inexactitudes dans le code génétique rendant ainsi le gène incapable de remplir telle ou telle fonction, par exemple la synthèse d'enzymes ou la dégradation d'une protéine, essentielle pour conserver à l'organisme toute sa vigueur et sa verdeur.Mais le système biologique a la capacité de compenser en partie cette accumulation d'erreurs grâce aux processus de réparation de l'ADN.En effet, l'ADN a la faculté de produire ses propres enzymes de réparation.Cette capacité de réparation des dommages causés à l'ADN est cependant limitée en fonction de la durée de vie de l'espèce.Ainsi, avec une durée de vie deux fois plus longue que les chimpanzés, les êtres humains pourraient compter sur une capacité de réparation de l'ADN deux fois plus grande.Mais ce n'est pas si simple! Des travaux récents menés sur des cellules humaines normales cultivées in vitro ont montré que leur capacité de réparation diminue à mesure qu'elles approchent de la limite de leur capacité de division.Ces mécanismes d'autoréparation perdraient donc de leur vigueur et de leur efficacité en même temps que ralentit le rythme de fonctionnement de la cellule.Selon les tenants de cette conception du vieillissement, l'efficacité du système réparateur d'ADN serait un facteur de longévité, mais qui varie selon les individus, selon notre héritage génétique qui nous lègue de bons ou de moins bons gènes de réparation.UNE MALADIE AUTOIMMUNE Le professeur Roy L.Walford, de l'École de médecine de l'Université de Californie, a pour sa part le mérite d'avoir identifié le site des gènes d'autoréparation, en quelque sorte le centre de commande de nos réparations cellulaires, sur la sixième de nos 23 paires de chromosomes.Mais son plus grand mérite réside sans doute dans la démonstration qu'il a mars 1983 / QUEBEC SCIENCE % JK [SUL SM IP -CZj lE'y faite que ces gènes contrôlent aussi le fonctionnement du système immunologique, lequel jouerait un rôle de premier plan dans le vieillissement de l'organisme.Cette hypothèse se trouve soutenue par les travaux d'autres microbiologistes qui ont constaté, après avoir étudié les cellules de plusieurs espèces, dont la souris, le chien, le cheval, l'éléphant et l'homme, un parallélisme frappant entre leur longévité et les meilleurs systèmes d'autoréparation de l'ADN.Si ce groupe de gènes est responsable à la fois de la reconnaissance et de la correction des erreurs, et de la défense immunitaire, il ne reste qu'un pas à franchir pour confirmer le rôle du système immunitaire dans le processus de vieillissement.En travaillant sur les cellules d'animaux à grande longévité, le professeur Walford a constaté que ces cellules réussissaient non seulement à mieux corriger les erreurs de l'ADN, mais aussi qu'elles se reproduisaient mieux et vivaient plus longtemps.Il semble que le système immunitaire, dont le code est inscrit sur l'ADN, subirait lui aussi des détériorations au fur et à mesure du vieillissement, perdant graduellement son habileté à reconnaître le «soi» du «non-soi».En fait, le système immunitaire réagirait moins efficacement à l'agression extérieure mais, en plus, il s'attaquerait aux cellules mêmes de l'organisme, certaines d'entre elles étant prises, par erreur (on ne sait trop pourquoi), pour des corps étrangers et détruites.Vu sous cet angle, le vieillissement se manifeste pour le professeur Walford en partie comme une maladie auto-immune, l'organisme provoquant ses propres lésions.Depuis quelque temps déjà, on soupçonne les facteurs d'auto-immunité d'être impliqués dans le déclenchement, par exemple, d'une maladie comme le diabète familial, une forme de diabète à composante héréditaire qui atteint les individus d'âge mûr ou âgés et qui est considérée comme une des maladies les plus caractéristiques du vieillissement.Des chercheurs ont d'ailleurs noté chez certains de ces diabétiques l'apparition d'auto-anticorps, sécrétés par un système immunitaire déréglé, qui s'attaquent aux cellules mêmes de l'organisme.Si les travaux du professeur Walford appuient en gros la théorie du «disque usé» soutenue par Leslie Orgel, ils lui apportent une variante de poids, à savoir qu'il existe au sein du matériel génétique un lien important entre le système de réparation de l'ADN et le contrôle des fonctions immunologiques.PROGRAMMÉ POUR VIEILLIR.De nombreux gérontologues pensent, nonobstant les querelles d'écoles, que le phénomène du vieillisse- Illustration: Jacques Goldstyn QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 19 ment est sous contrôle génétique.En leur faveur, un argument de taille que semblent corroborer nombre d'hypothèses courantes sur le vieillissement: il n'y a pas de raison pour que les changements liés à l'âge ne soient pas sous le contrôle des gènes alors que tout le développement de l'individu, de l'œuf fécondé à la maturation sexuelle, est régi par le patrimoine génétique.Bernard Strehler, gérontologue à l'University of South California, compte parmi les fervents partisans de la programmation génétique du vieillissement.Il soutient que la cellule est programmée pour produire à un moment donné de sa vie des substances (enzymes) qui vont bloquer ou inhiber l'action de certains gènes et ainsi faire place aux manifestations du vieillissement et au déclin de l'organisme.Si cette hypothèse s'avérait fondée, il suffirait simplement de libérer ces gènes des liaisons protéiques qui les emprisonnent pour qu'ils retrouvent l'efficacité de leur jeunesse.Dans le même ordre d'idée, un second groupe de théories a été élaboré en supposant l'existence dans notre organisme d'une horloge biologique qui réglerait le moment de notre déclin et de notre mort.Le programme inscrit dans les molécules d'ADN qui transmettent le message génétique d'une espèce serait un programme fini.L'homme arriverait au bout de son rouleau un Initialement, pour assurer la survie de l'espèce, il était suffisant que l'individu atteigne l'âge de 35 ou 40 ans, soit le temps nécessaire pour devenir mature sexuellement, se reproduire et perpétuer ainsi l'espèce.Mais l'homme a maintenant d'autres visées.peu comme s'arrêterait à la fin une bande magnétique sur laquelle est enregistrée la musique de notre vie.Le programme touche la fin et la vie s'arrête.Bien que la théorie de l'horloge enregistreuse rallie la faveur et l'intérêt de plusieurs scientifiques de grande réputation, elle ne fait pas pour autant l'unanimité.Le point d'achoppement: le site de cette horloge dans le corps humain.Estelle de nature cellulaire ou hormonale?Pour le cancérologue Leonard Hayflick, de l'Université de Stanford en Californie, il ne fait aucun doute que cette horloge se situe dans le noyau de chaque cellule.Pour le père de la cytogérontologie (étude du vieillissement cellulaire), la cellule apparaît comme le haut lieu de l'activité gérontologique.Alors que l'on croyait jusque-là que les cellules pouvaient potentiellement se multiplier sans fin, Hayflick remarqua, en travaillant sur des cultures de tissus humains//?vitro, que ces cellules, au contraire, se divisaient environ une cinquantaine de fois, puis s'arrêtaient.Le nombre de divisions apparaissait donc dès le départ réglé et limité par ce qu'on pourrait appelé un «programme».Les cellules normales dont on a suivi de près le développement dans un organisme vivant ont, elles aussi, montré une durée de vie finie, limitée.Convaincu que les transformations orchestrées qui se manifestent avec l'âge se trouvent inscrites dans la machinerie génétique, Leonard Hayflick a tenté de mettre en évidence cette «horlogerie génétique» en plaçant des cellules en état d'hibernation par congélation durant de longues périodes de temps.Leur dégel fut étalé sur une douzaine d'années et, dans tous les cas, les cellules se sont rappelé où elles en étaient dans leur «programme» lorsque le cours de leur vie avait été suspendu.Congelées après une vingtaine de divisions, elles continuèrent à se multiplier une trentaine de fois après leur dégel.Ce qui apportait un élément de poids au concept de «minuterie» génétique de Hayflick.Mais les adversaires de cette théorie montrèrent, par ailleurs, qu'on pouvait prolonger la durée de vie in vitro de la cellule en ajoutant dans les cultures certaines substances, comme la vitamine E.Les cellules ayant bénéficié de ce traitement de faveur auraient franchi allègrement la «limite de Hayflick» (une cinquantaine de divisions) pour dépasser la centaine de divisions, sans paraître le moinsdu monde fatiguées ou anormales.LES HORMONES DE LA MORT Bien que la thèse défendue par Hayflick soit plausible et scientifiquement convaincante, elle ne satisfait pas un chercheur comme William D.Denckla, du laboratoire de biologie moléculaire Hoffman Laroche, pour qui l'horloge biologique serait de nature hormonale, et son siège de commande dans le cerveau et non dans chaque cellule.Ces mécanismes de contrôle génétique se situeraient dans l'axe hypophyse-hypothalamus.Denckla identifie même la thyroïde comme la principale glande du vieillissement à cause de son rôle clé dans le maintien des fonctions centrales, autonomes et endocriniennes.Et, de plus, elle sécrète la thyroxine, l'hormone maîtresse du contrôle des rythmes biologiques pour toutes les cellules et les tissus.Selon cette théorie, l'hypophyse commencerait à sécréter dès la puberté, chez l'homme comme chez le rat, la première d'une série«d'hor-mones de mort», appelées aussi antithyroïdiennes, qui limiterait l'apport de la thyroxine dans la cellule.Frolkis, un chercheur dont les travaux sont tout à fait indépendants de ceux de Denckla, a observé, pour sa part, qu'à mesure que le sujet vieillit, le sang a de plus en plus de mal à fixer la thyroxine.On sait maintenant qu'un manque de thyroxine dans la cellule entraîne des déséquilibres et 20 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE i=~l 'WÊm Deux enfants atteints de progérie ou nanisme sénile.À cause d’une anomalie génétique, ils subissent un viellissement si rapide qu’âgés à peine d’une dizaine d’années, ils en paraissent déjà cinq à six fois plus.des transformations associés au processus de vieillissement.De surcroît, ces anti-hormones agiraient au niveau du thymus en freinant la production de thymosine, affaiblissant ainsi la fonction immunitaire.Une telle hypothèse convient bien aux convictions de William Denckla pour qui l'existence d'un mécanisme d'autodestruction absolument sûr est essentielle à la survie et à l'évolution de l'espèce.Peut-on concilier des théories en apparence si opposées?Comment y voir clair?De Hayflick ou de Denckla, lequel a raison?Chose certaine, les certitudes ne sont pas pour demain ! Pour l'écrivain-journaliste Albert Rosenfeld, auteur d'un livre important sur les recherches sur le vieillissement, Allonger la vie, il est possible qu'en définitive, nos chercheurs aient tous les deux raison car il pourrait y avoir plus d'une horloge régulatrice du vieillissement! Il émet, entre autres, l'hypothèse que l'horloge cellulaire et l'horloge hormonale ne soient pas des systèmes indépendants, mais constituent plutôt un ensemble délicatement synchronisé.À QUAND LES ÉLIXIRS DE LONGUE VIE?Depuis quelques années, on incrimine de nouveaux agents qui seraient impliqués dans la mort cellulaire: les radicaux libres.Ces nouveaux venus sur la scène du vieillissement tiennent maintenant la vedette en gérontologie.Lors du congrès annuel de l'American Aging Association, en septembre dernier, une bonne partie des communications portaient précisément sur la question des radicaux libres.C'est dire l'intérêt qu'ils suscitent! Cette théorie, parmi les plus récentes, a été formulée par Denham Harman, de la faculté de médecine de l'Université du Nebraska, et trouve depuis un nombre croissant de défenseurs.Ces radicaux libres sont en fait des morceaux de molécules brisées qui se déplacent frénétiquement dans la cellule jusqu'à ce qu'ils trouvent à se fixer à une autre molécule qu'ils brisent à son tour, libérant ainsi d’autres radicaux libres, ce qui provoque des dégâts en chaîne dans la cellule.Toutes nos cellules produisent des radicaux libres au cours des réactions normales d'oxydation, qui sont leur lot quotidien.Mais on sait que certains événements, les radiations par exemple, peuvent en produire des quantités massives.À la suite des expériences de Hayflick, on se demande si ce ne sont pas des fauteurs de trouble comme les radicaux libres qui pourraient empêcher les cellules de se multiplier éternellement.Bien sûr, les mécanismes d'autoréparation de l'organisme peuvent remédier en partie aux détériorations cellulaires engendrées par les radicaux libres.Mais on croit que la meilleure solution ne serait peut-être pas de réparer mais plutôt de neutraliser ces agents avant qu'ils se mettent à tout casser dans la cellule.C'est ainsi que Denham Harman s'est mis à parler de substances antioxydantes pour contrer les effets de l'oxydation.Ces substances pourraient être promues, dans un avenir plus ou moins prochain, pense-t-on, au rang d'élixirs de longue vie! On a La recherche québécoise «indubitablement, le vieillissement est I la résultante de l'interrelation complexe d'une foule de facteurs connus, et possiblement d’autres phénomènes inconnus, dont l’influence relative demeure encore un mystère», fait remarquer Denis Gauvreau, qui est en train de mettre sur pied un programme de recherche sur le vieillissement à l'INRS-Santé, à Montréal.Dans le cadre de ces études, le neurone, en tant qu'unité fondamentale du système nerveux, fera l'objet d'une attention particulière.On part de l'hypothèse que ces cellules, étant situées dans des endroits stratégiques du système nerveux, pourraient éventuellement agir comme régulateurs ou facteurs de contrôle central de «l'horloge enregistreuse», déterminant ainsi la chronologie et le rythme du vieillissement.On tente actuellement de faire la lumière sur le vieillissement en poursuivant différents travaux expérimentaux sur les mécanismes de réparation de l'ADN, sur la caractérisation de pigments de vieillesse, et sur la simulation mathématique ou la modélisation du vieillissement.L'équipe de l’INRS-Santé désire également entreprendre sous peu des études sur la concentration des neurotransmetteurs et sur la nature des récepteurs hormonaux impliqués dans les mécanismes du vieillissement.J.P.Laffont/Sygma QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 21 Ml 'ST» » ,1 # r , » tVMf'^V ’ - **» ih**' iv «fh ¦M r« '¦ il'l.'V » { -«•?r/ n v»f* • /»•?*?.'> ***'*n' réussi à prolonger de 30 pour cent la vie de souris en ajoutant des antioxydants à leur nourriture.On connaît bien certaines de ces substances aux vertus antioxydantes.Au premier plan, des vitamines, surtout la E et aussi la C, le sélénium, un antioxydant très puissant et.l'acide urique qu'un célèbre microbiologiste de l'Université de Stanford, Bruce Ames, vient d'identifier comme ayant une action efficace contre le vieillissement et même une action protectrice contre un grand nombre de phénomènes potentiellement cancérigènes.On a également appris en travaillant sur les radicaux libres qu'une absorption importante de graisses non saturées favorise les réactions d'oxydation de la cellule, ce qui génère un plus grand nombre de radicaux libres et donne, probablement, un coup de pouce au vieillisse-' ment.Ironie du sort, peut-on dire, quand on sait que des millions de Nord-Américains ont maintenant remplacé dans leur alimentation les graisses saturées par des graisses non saturées, les premières étant impliquées dans les maladies cardiaques et le taux de cholestérol.Mais, ce faisant, peut-être contribue-t-on au vieillissement accéléré de nos * cellules.Quoi qu'il en soit, il ne semble pas indiqué pour le moment de se lancer dans la consommation massive de vitamine E car on sait encore trop peu de chose sur l'impact de sa propriété antioxydante sur la cellule, à supposer seulement qu'elle entrave les réactions d'oxydation cellulaire au point d'empêcher son fonctionnement normal.Optimiste, Albert Rosenfeld compte, quant à lui, les antioxydants parmi les médicaments dont on disposera probablement dans la prochaine décennie pour contrer le vieillissement.CES INÉVITABLES RIDES Dans la même veine, on parle aussi d'inhibiteurs de la lipofuscine.Cette substance, appelée «pigment des vieux», compte parmi les déchets qui s'accumulent avec les années dans la cellule.On la retrouve dans les cellules nerveuses et les fibres musculaires qui ne se renouvellent plus, une fois la maturité atteinte.La présence en trop grande quantité de ces déchets dans les cellules, en particulier dans les neurones, peut en empêcher le fonctionnement normal au point même de les étouffer.Ainsi, des inhibiteurs de la lipofuscine seraient susceptibles de limiter l'accumulation du pigment de vieillesse dans la cellule et donc de retarder le processus du vieillissement.En outre, on sait maintenant que le vieillissement du collagène, qui De tout temps, on a voulu au moins retarder l'apparition des marques du temps.Après les crèmes et les massages, on utilise maintenant, dans une clinique de Los Angeles, le laser pour faire disparaître les rides.constitue 30 à 40 pour cent des protéines du corps, est un facteur important dans le vieillissement global de l'organisme.Comme l'a démontré un savant du nom de Robert Kohn, la plus grande part du vieillissement de la peau, entre autres l'apparition des rides, serait imputable aux transformations du collagène.Normalement, les éléments nutritifs qui passent de la circulation sanguine aux cellules doivent transiter par le collagène.À partir du moment où il subit des modifications, où il devient plus dense et rigide et donc moins perméable, les cellules ont plus de mal à se nourrir et à éliminer leurs déchets.Les transformations du collagène seraient causées par les liaisons croisées.Cet accouplement erroné de macromolécules met en quelque sorte des menottes aux molécules de collagène qui perdent alors leur liberté de manœuvre et leur souplesse.Ces liaisons croisées se traduisent par le durcissement et le vieillissement des tissus conjonctifs, dont le collagène.On croit qu'éven-tuellement, il serait possible d'intervenir pour rompre, au moyen d'une substance qu'il reste à trouver, ces liaisons croisées etainsi permettre le relâchement du collagène.Le corps pourrait alors conserver plus longtemps sa souplesse et sa jeunesse.PROLONGER LA VIE, EST-CE POSSIBLE?Jusqu'à maintenant, deux recettes ont été largement expérimentées pour prolonger la vie de certains animaux.D'abord, abaisser la température corporelle.On obtient ainsi une sorte de ralentissement des fonctions vitales, ce qui freine en même temps la détérioration de l'organisme.Les réactions chimiques qui entraînent la dégradation du corps se feraient au ralenti.Des résultats spectaculaires ont été obtenus chez des poissons dont on a pu ainsi doubler et même tripler la longévité.Pour le moment, il semble que ce soit les animaux à sang froid 22 qui soient les plus aptes à tirer profit de cette méthode.Chez l'homme, Bernard Strehler croit qu'en abaissant le «thermostat» corporel de 2°C, on pourrait augmenter la longévité de 25 pour cent.Mais il s'agit encore d'un processus fort compliqué car il faut intervenir au niveau de l'hypothalamus.Des chercheurs l'ont réalisé expérimentalement, soit par une manipulation directe ou en utilisant des drogues.Les barbituriques peuvent abaisser la température, mais ils comportent trop de risques.C'est sans doute lorsqu'on aura mis le doigt sur d'autres substances «hypothermi-ques» qu'il sera possible de pousser plus loin dans cette voie bien que cela reste une approche transitoire en attendant qu'on ait déchiffré les mécanismes du contrôle génétique.Par ailleurs, un «régime de Jouvence» consistant en une restriction de l'apport calorique dans l'alimentation est considéré actuellement comme le traitement le plus efficace pour augmenter la durée de la vie.Il ne faut pas confondre cette sous-nutrition avec la malnutrition, cette diète restreinte comportant tous les éléments nutritifs essentiels bien qu'en faible quantité.On a réussi à doubler la vie de souris en limitant leur apport calorique au tiers du régime normal.Mais les résultats sont encore plus remarquables lorsqu'on entreprend le traitement très tôt après le sevrage.Cela en limite, bien sûr, l'application chez l'humain car, précise Roy Walford, en affamant des jeunes enfants, on risque d'en tuer quelques-uns et de retarder le développement de beaucoup d'autres.Le professeur Walford s'est intéressé au «régime de Jouvence», mais appliqué à des sujets matures seulement.Moins spectaculaires, les résultats permettent toutefois d'accroître la longévité de 20 à 30 pour cent.Le chercheur de Californie a observé que cette restriction calorique préservait l'efficacité du système mars 983 / QUÉBEC SCIENCE immunitaire plus longtemps, ce qui a pour effet d'empêcher l'autodestruc-tion cellulaire chez les a ni maux âgés.Il reste maintenantà savoircomment cette sous-nutrition agit sur le système réparateur de l'ADN.Une fois mis en lumière les mécanismes d'action qui entrent en jeu dans le phénomène de restriction calorique, il restera à trouver les médicaments qui peuvent produire les mêmes effets sans les inconvénients de se soumettre à une telle diète qui nous prive d'une part importante des plaisirs de la vie.ÉVITER DES ANS L'IRRÉPARABLE OUTRAGE.Le vieillissement se présente comme une boule aux multiples facettes, qui n'a rien d'une boule de cristal, dont chacune des facettes peut pratiquement expliquer toutes les autres.Ce qui explique en partie pourquoi chaque théorie présente une explication plausible et même convaincante du vieillissement.En fait, tout aspect du processus de vieillissement semble accélérer ou accentuer par les autres.Il faut bien voir que tout se tient.Quand nous aurons élucidé les mécanismes du vieillissement, sans doute aurons-nous du même coup perçu le mystère de bien des maladies, génétiques, immunitaires, dégénératives, etc., et serons-nous en mesure de les soigner.Pour lesscientifiquesqui s'acharnent à paver une voie biochimique à la fontaine de Jouvence, les techniques biologiques de pointe, notamment les manipulations génétiques, ouvrent des perspectives inouïes, entre autres celle de provoquer éventuellement nos propres mutations et donc de diriger notre évolution, notre destin.Mais un défi de taille subsiste: si nous sommes un jour en mesure d'ajourner la mort et d'ajouter des années à la vie, disposerons-nous en même temps des moyens pour ajouter de la qualité à cette vie?Gouvernement du Québec Ministère des Communications À lire avec le printemps! sUr les errn' ¦ulturej du pommier Atlas sur les ennemis des cultures Tous les renseignements utiles au dépistage et à la répression des ennemis de vos cultures.12 feuillets, 38 pages, ill.couleurs EOQ 19054-6 9,95$ Guide de protection du jardin domestique De nombreux conseils pour protéger les parterres et potagers de leurs ennemis.64 pages, ill.EOQ 14560-7 1,00$ Plantes sauvages printanières Des dizaines de photos des plantes, arbres et arbustes à fleurs du Québec pour les amateurs de la nature.247 pages, ill.couleurs EOQ 4279-6 9,95$ En vente dans les librairies de l’Éditeur officiel du Québec: Québec Trois-Rivières Place Sainte-Foy 225, rue des Forges Tél : 651-4202 Tél.: 379-1443 Centre administratif “G” rez-de-chaussée Hull Tél.: 643-3895 662.boulevard Saint-Joseph Montréal Tél.: 770-0111 Complexe Desjardins Tél : 873-6101 ou par commande postale à : Ministère des Communications Case postale 1005 Québec (Québec) G1K7B5 Paiement par chèque ou mandat-poste à l'ordre de Les publications du Québec. QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 23 La Fonction publique du Canada offre de» chance» égale* d'emploi à tou».The Public Service of Canada I» an equal opportunity employer.Exploration et développement des ressources au large des côtes L'Administration du pétrole et du gaz des terres du Canada (A.P.G.T.C.) a pour mandat de diriger, coordonner et laclliter la récupération des ressources pétrolières et gazières, au large des cdtes et au-delà du 60* parallèle nord.Directeur de la production L’A.P.G.T.C.est présentement à la recherche d’un ingénieur professionnel supérieur qui sera appelé à assumer des fonctions exécutives dans son bureau d'Ottawa.Le titulaire du poste sera chargé de l’administration de la réglementation concernant l’approbation des normes techniques appliquées aux installations liées à l’exploitation du pétrole et du gaz des régions situées aux frontières du Canada.Le poste en question exige une vaste expérience de la conception et de la construction de plateformes de forage en haute mer et des systèmes de production connexes, de même que des pipelines sous-marins.Les candidats devront posséder un diplôme d'ingénieur et faire preuve des aptitudes nécessaires pour diriger une équipe d’ingénieurs expérimentés.Ils devront en outre démontrer un très haut niveau d'aptitude aux communications interpersonnelles.Bien que le titulaire sera surtout appelé à travailler en anglais, il devra néanmoins être capable de travailler également en français.Les personnes ne parlant qu'une des deux langues officielles mais qui auront démontré une aptitude à devenir bilingues et se seront montrées disposées à suivre des cours de langue sont aussi invitées à poser leur candidature.Veuillez répondre avant le 11 mars 1983.This information is available in English by contacting the persons mentioned opposite.Gestionnaires, exploration au large des côtes L’A.P.G.T.C.est aussi à la recherche d’ingénieurs professionnels supérieurs pour ses bureaux de Halifax en Nouvelle-Écosse et de St-John's à Terre-Neuve.Les titulaires seront appelés à diriger les divisions régionales du génie responsables du contrôle et de la réglementation technique des activités liées à l’exploration du pétrole et du gaz au large des côtes.Les candidats devront posséder un diplôme d'ingénieur délivré par une université reconnue ou être admissibles au titre d'ingénieur professionnel au Canada.Les candidats devront en outre avoir une vaste expérience du travail dans des postes comportant des responsabilités croissantes dans le domaine de l’industrie pétrolière et gazière, notamment en ce qui concerne les mesures de sécurité liées aux opérations de forage et d’exploitation.La connaisance de l'anglais est essentielle.En plus des différents avantages sociaux offerts aux membres de la Fonction publique, nous vous offrons un traitement s'échelonnant entre 47 555 $ et 57 550 $, calculé en fonction de vos compétences et de votre expérience.Adressez votre formulaire de demande d’emploi ou votre curriculum vitae ou les deux, en indiquant le numéro de référence 83-CRS (2110) et en précisant le poste et, le cas échéant, le lieu qui vous intéresse le plus, à: Alan Bryant ou Kay-Marie Mackenzie Commission de la Fonction publique du Canada B.P.2956, Succursale M Calgary (Alberta) T2P 3R9 (403) 231-5382 Canada 24 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE L£S BR/COL£ms De l’ordinateur aux épingles, le cinéma d’animation utilise mille et une techniques ingénieuses pour faire prendre vie à l’inanimé par Marc Sévigny À l'écran, un personnage se débat avec une chaise récalcitrante qui semble animée d'une vie propre; un autre crée tout un univers à partir d'une dune de sable; un paysagiste nous fait entrer dans son tableau où les images se métamorphosent comme dans un rêve; un homme gourmand, par un jeu de lignes transparentes, grossit sous nos yeux jusqu'à devenir un être monstrueux.Ces films dont la magie visuelle paraît sans limite, cachent des ficelles, des trucs, des techniques particulières qui font du cinéma d'animation un art à part, imaginatif et polyvalent.Au Canada, Norman McLaren est sans doute celui qui, par un travail soutenu de recherche et d'exploration, a le plus contribué à faire reculer les limites de l'animation traditionnelle.Ses successeurs à l'Office national du film (O.N.F.) ont donné au cinéma d'animation canadien, par leurs créations originales de qualité, ses lettres de noblesse et une réputation enviable sur le plan international.Dans les studios d'animation de la production française de l'O.N.F., ils sont une douzaine d'artisans qui dessinent, gravent, modèlent, peignent et découpent, utilisant des matériaux divers qui, par un lent processus d'assemblage, vont donner forme à leur sensibilité et à leur imagination.24 IMAGES/SECONDE «Ici, à l'animation française, nous avons opté dès le départ pour l'emploi de techniques directes, de type artisanal, par opposition à une production à la chaîne, avec des tâches frac- tionnées et des équipes imposantes, que Walt Disney a poussé à l'extrême à une certaine époque», explique Robert Forget, directeur des studios.Ces techniques impliquent que l'animation est effectuée directement sous la caméra où n'intervient le plus souvent qu'une seule personne.Le dessin, les découpages, l'utilisation de particules et même l'écran d'épingles font partie de cette catégorie.Vingt-quatre images/seconde, c'est le leitmotiv de l'animateur.Ces 24 images, il lui faut les remplir, les faire vivre, tout en campant des personnages en élaborant une histoire, un mouvement continu.Dans l'optique artisanale qui prévaut aux studios de l'animation française, il revient à l'animateur de trouver et de développer ses sujets qu'il élaborera ensuite sur un scénario-maquette (storyboard) lui servant de référence essentielle pour la continuité au moment du tournage.C'est lui aussi qui choisit le matériau et la technique qui conviennent le mieux au traitement de son sujet de film.Pour le dessin animé, l'artiste prépare ses dessins à l'avance en travaillant généralement sur des acétates (ou transparents) qu'il peut ensuite superposer sur un arrière-plan immobile, ce qui lui évite de répéter inutilement les mêmes dessins.Par l'enchaînement des dessins modifiés image par image, il produit le mouvement et l'action désirés.Il peut aussi peindre, encrer ou goua-cher directement sur l'acétate, créant des formes et des couleurs parfois saisissantes.Mis à l'honneur par Walt Disney, le dessin animé qui veut imiter la réalité n'est plus en vogue aujourd'hui.À l'O.N.F., comme on a voulu éviter l'emploi de 75 assistants pour effectuer les tâches intermédiaires, les animateurs utilisant le dessin ont simplifié la technique en dépouillant l'image et en concentrant leurs efforts sur la recherche de lignes et de formes originales.DESSINER, DÉCOUPER, COLORER, ANIMER Sur la table de travail de Suzanne Gervais, réalisatrice aux studios de l'animation française depuis plus de dix ans, les dessins découpés s'empilent en attendant le tournage de Solitude, le film qu’elle prépare actuellement.«J'apprécie particulièrement la technique du découpage pour la place qu'elle laisse à la spontanéité et à l'intuition au moment de tourner», dit-elle en me montrant tous les éléments (personnages, décors, objets) qu'elle a dû dessiner, colorer puis découper en fonction de l'animation à effectuer sous la caméra.Celle-ci est placée sur un support qu'on appelle le banc d'animation.Elle est donc à la verticale, au-dessus d'un plan de travail.Pour le tournage de son film, Suzanne Gervais utilise en plus une table multiplan, comprenant plusieurs plaques de verre superposées, qui lui permet d'intervenir à des niveaux différents pour produire des effets de perspective.Entre chaque prise de vue, elle déplace ses éléments découpés pour construire petit à petit des séquences complètes.La technique du découpage a été utilisée avec une rare efficacité pour le film «F», réalisé par Bratislav Pojar et Francine Desbiens.Ce court-métrage d'une dizaine de minutes a nécessité près de deux ans de travail et une longue préparation pour élaborer la maquette et les nombreux personnages.Ceux-ci étaient d’abord iHt k t 3 Du dessin sur acétate à celui mû par ordinateur, en passant par les marionnettes animées, l'impératif des 24 images/seconde demeure constant.' ^î.’vV ON,F 26 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE Quelques personnages du film «£» réalisé par Bratislav Pojar.découpés en morceaux (jambes, têtes, troncs), puis réarticulés au moment du tournage en fonction du mouvement souhaité.Autre technique utilisée directement sous la caméra, l'animation par particules ouvre la porte à des trouvailles ingénieuses.Ainsi, pour réaliser Zikkaron, Laurent Coderre s'est servi de parcelles de linoléum disposées sur un fond de carton noir, après avoir essayé sans succès des grains de café et du sable.En déplaçant de fines particules sur un plan d'animation, on crée des formes et des contours avec un matériau mouvant, de manipulation délicate.Bien sûr, un simple éternuement peut détruire des heures de travail minutieux et patient.Par contre, la souplesse du mouvement et la richesse de l'image peuvent s'en trouver rehaussées, comme en témoigne l'excellent Mariage du Hibou, de Caroline Leaf, qui a employé du sable noir déplacé avec les doigts pour l'illustration d'une légende inuk.240 000 ÉPINGLES MOBILES Dans le petit studio où travaille Jacques Drouin, réalisateur du film Le paysagiste, l'espace est restreint et le matériel limité: un écran d'épingles, une caméra sur trépied, quelques accessoires d'éclairage.«Je travaille en bricoleur, avertit Jacques Drouin.Je conçois l'écran d'épingles un peu comme une sorte de bas-relief sur lequel je sculpte des formes.» L'écran est truffé de 240 000 épingles mobiles, serrées les unes contre les autres et enfoncées au travers d'une plaque au fond blanc.Le renfoncement plus ou moins prononcé des aiguilles, allié à un éclairage adéquat, rend possible un jeu chamarré d'ombres et de lumières.La forme ou le dessin ainsi obtenus vivent le temps d'une prise puis disparaissent au profit d'une autre image, ce qui rend le travail périlleux, puisque les retours en arrière sont ici interdits.Jacques Drouin, qui a été initié à la technique par l'inventeur de l'écran, Alexandre Alexieff, a montré une étonnante maîtrise de l'instrument avec Le paysagiste, film poétique aux nuances subtiles et fantasmagoriques.DES ACTEURS EN MOUSSE DE CAOUTCHOUC Au milieu d'une vaste salle encombrée de projecteurs, d'extensions électriques et d'objets hétéroclites, une maquette en trois dimensions révèle un théâtre de marionnettes pas tout à fait comme les autres.C'est ici que Co Hœderman, réalisateur du film Château de sable qui a obtenu un Oscar, «joue et s'amuse avec ses petites affaires», comme le croient ses enfants.Contrairement à ses collègues qui font de l'animation «à plat», Co Hœderman dispose d'un mini-plateau de tournage et d'acteurs qu'il a ébauché lui-même dans de la mousse de caoutchouc.Pour Château de sable, ses personnages étaient enduits de sable et articulés grâce aux tiges de plomb souple dont ils étaient traversés.Devant la maquette, la caméra est sur trépied et les éclairages sont disposés de la même façon que pour éclairer une scène réelle.Mais ici aussi, la règle d'or de l'animation est en vigueur: la prise de vue image par image.Chaque mouvement des personnages, chaque transformation du décor s'effectuent en fonction des 24 étapes inévitables de la seconde filmée.DÉJOUER LES LOIS DU RÉEL Technique inventée par Norman McLaren, la pixillation bouleverse toutes les lois du réel en permettant des déplacements inusités d'objets ou de personnages en trois dimensions.Dans Voisins (1952), Norman McLaren fait s'opposer deux individus qui se querellent pour une question de territoire.Bientôt, ceux-ci s'enflamment et s'animent dans un mouvement saccadé de gestes violents et de sauts; on les voit voler, bondir, flotter littéralement au-dessus d'une surface de gazon par l'artifice de la pixillation.Ainsi, en prenant une prise d'un individu qui fait un saut au moment où il est dans les airs et en répétant l'opération avec un certain nombre de fois, on donne l'impression, à la projection du film, que cet individu est doté de pouvoirs de lévitation extraordinaires.Monsieur Pointu, réalisé par Bernard Longpré et André Leduc, est un classique du genre de film utilisant la pixillation avec surtout des objets.Le truc consiste alors à tourner des scènes sur un fond complètement noir, et d'employer des assistants eux-mêmes tout de noir vêtus pour le déplacement des objets.DIRECTEMENT SUR LA PELLICULE «Pour l'animateur, ce qu'il y a sur chaque image n'est jamais aussi important que ce qui s'est passé entre chacune d'elles», a dit McLaren.Cette remarque est particulièrement pertinente pour les techniques d'animation sans caméra, car le travail s'effectue directement sur la pellicule, soit par l'application de dessins ou de couleurs sur une pellicule transparente, soit par le grattage de l'émulsion photographique.Pierre Hébert, à l'animation française, est allé un cran plus loin en utilisant un procédé de gravure pour l'impression des couleurs.En se servant d'une pellicule opaque, il évide chaque photogramme par étape pour permettre l'application successive des couleurs au laboratoire.Il obtient ainsi une plus grande netteté et une plus grande précision dans le traitement de la couleur.On imagine l'animateur, véritable orfèvre de l'image, grattant et polissant chaque cadre 35 mm, à la loupe, recréant minutieusement un mouvement qui ne sera perceptible qu'à la projection.« L'avantage de cette technique, c'est la liberté d'expression qu'elle fournit à l'imagination», affirme Pierre Hébert.Il déplore cependant l'attitude du public qui ne prend pas le film d'animation au sérieux.Dans son tout dernier film.Souvenirs de guerre, il combine la puissance QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 27 davantage de films et ainsi accéder au marché de la télévision internationale.» Il souligne, par ailleurs, la nécessité de bien définir les objectifs au départ.«Ici, ajoute-t-il, nous nous concentrons sur le dessin en deux dimensions et non sur la reproduction d'objets en trois dimensions formés d’éléments primitifs et géo-métriques.qui donnent des robots.» À l'étape actuelle, après une période d'apprentissage, d'expertise et de correction, il s'agit de perfectionner le système pour qu'il soit en mesure d'assister l'animateur sur le plan de la complexité du dessin, compte tenu du fait qu'à partir de quelques dessins clés, l'ordinateur effectue les étapes intermédiaires à l'intérieur d'une séquence donnée.«L'ordinateur n'est pas intelligent, dit Marc Aubry, qui termine la réalisation de Si seulement., il faut lui dire tout ce qu'il doit faire.» L'expérience qu'il a menée aux studios de l'O.N.F.consistait à préparer un film que le système informatique, à l'origine, n'était pas capable d'absorber.C'est pourquoi il a dû tester les capacités de son assistant électronique au fur et à mesure qu'il avançait dans son travail, et résoudre les problèmes liés à l'animation de personnages sans segmentation et à l'application de la couleur par ordinateur.D'abord, il a réalisé un certain nombre de dessins clés en fonction O.N.F.visuelle de l'animation sans caméra à un message agressif qui vise à dénoncer la violence des guerres dans le monde.L'ASSISTANT INFORMATIQUE On a forgé le mot «animatique» pour décrire le champ d'exploration qui s'ouvre avec l'utilisation de l'ordinateur dans le secteur du film d'animation.Depuis la production du film La faim, de Peter Foldès, entreprise en 1973 avec la collaboration du Conseil national de recherches du Canada, l'O.N.F.a mis de l'avant un programme de développement en animatique avec l'acquisition d'un système informatique et la formation de gens de production.«Notre intention, explique Robert Forget, est de mettre sur pied un nouvel outil de production performant, polyvalent, pour réaliser Chaque prise de vue, image par image, doit résulter en un mouvement continu lors de la projection du film, qu'H s'agisse d'animer des marionnettes, comme dans le film La fête de Co Hoedeman, ou un écran d'épingles, comme dans le film Le paysagiste de Jacques Drouin.de son scénario original.En moyenne, le rapport a été d'un dessin clé pour 20 qu’exécutait l'ordinateur pour combler les intervalles d'un dessin à l'autre.Au moyen d'une sorte de «crayon magnétique», il a ensuite transcrit son dessin sur un écran cathodique, en prenant soin de le décomposer en lignes, en coupe de crayon qu'enregistrait l'ordinateur.Il lui fallait, par exemple, 40 coups de crayon pour reproduire la tête d'un personnage.L'animateur entre alors toutes les données concernant le dessin, le mouvement, la constitution des séquences, dans les mémoires du système.Ces éléments codés furent classés dans des filières/ menus qui sont autant de références pour l'assemblage du film, incluant les informations nécessaires pour l'arrêt et le départ du mouvement, le tracé des lignes ou leur camouflage, l'accélération ou la décélération de l'action.Une fois ces données assimilées, l'ordinateur construisit les séquences voulues, les assembla et les enregistra sur bandes.Le procédé de l'interpolation courbe est une particularité du travail de Marc Aubry et de ses collaborateurs; il vise à reproduire le trait souple de l'animateur et le mouvement continu d'un dessin à un autre.Il s'agit dans ce cas d'éliminer l'effet robotique du dessin réalisé par ordinateur et d'initier le système à la ligne courbe.Une autre innovation introduite par Marc Aubry consiste à appliquer la couleur sur le film au moyen d'une caméra spéciale reliée à l'ordinateur.La couleur est appliquée lors du transfert des séquences enregistrées sur bandes sur pellicule, à partir de filtres représentant les couleurs primaires qui permettent un traitement en 64 tons différents.LA TROISIÈME DIMENSION En marge de ce qui se fait à l'O.N.F., deux professeurs et un étudiant, dans le cadre d'une recherche en infographie, ont relevé un défi de taille en réalisant un film d'animation tridimensionnelle par ordinateur. 28 Ce court-métrage a remporté récemment un premier prix lors d'un festival^ Londres.Vol de rêve, une vision futuriste du Petit Prince, a été produit à l'aide d'un programme informatique élaboré par deux membres de l'équipe, Nadia Magnenat-Thalmann, qui est spécialiste en méthodes graphiques à l'École des hautes études commerciales, et Daniel Thalmann, du département d'informatique de l'Université de Montréal.C'est un étudiant de maîtrise en informatique, Philippe Bergeron, qui s'est chargé de la réalisation.Selon la technique utilisée pour ce film, l'ordinateur définit les objets par un ensemble de points et de lignes en fonction d'un environnement tridimensionnel, déterminé ici sur une maquette construite à partir de coordonnées mathématiques.Après avoir établi la position et la direction d'une caméra «virtuelle», on complète l'image et l'ordinateur envoie un signal à une vraie caméra qui prend une prise.On reprend le processus en modifiant quelque peu l'image sur l'écran et on filme de nouveau.Il semble que la maîtrise d'une telle technique passe par l'écriture d'un programme qui contrôle efficacement les effets recherchés.MIRA, le langage graphique conçu par Nadia et Daniel Thalmann en 1978, permet de créer et de manipuler des objets à deux et à trois dimensions ainsi que de programmer les transformations visuelles.Le projet Vol de rêve, réalisé sur un écran de couleur, a demandé 14 mois de travail intensif.L'HOLOGRAPHIE: UNE ŒUVRE DE PIONNIER Puisque nous en sommes aux perspectives qu'offrent les progrès technologiques, il faut encore mentionner une expérience originale qu'a entreprise Marie-Christine.Mathieu avec l'aide de l'O.N.F.et de l'Institut québécois du cinéma.Elle a commencé la réalisation d'un intégramme, ce qui consiste à intégrer l'animation à un procédé holographique.Le prin- 3SHI mars 1 983 / QUEBEC SCIENCE cipe rappelle étrangement le praxi-noscope de Reynauld, à l'origine de l'invention du cinéma, alors que ce dernier animait et projetait des images au moyen d'un cylindre tournant sur lequel il peignait des scènes.Pour l'holographie, une source de lumière fait apparaître au centre d'un cylindre de celluloïd qui tourne, une forme tridimensionnelle animée dans un mouvement en boucle qui dure moins d’une minute.Les images sont imprimées sur une mince pellicule codée holographiquement qui, avec la rotation du cylindre, crée un effet d'optique tridimensionnel.Afin de pouvoir combiner l'animation et l'holographie, il faut, lors du tournage, respecter certaines règles; par exemple, l'animation d'un objet se fait au centre d'un plateau rotatif dont la révolution est de 1 080 images.Exposé sur une pellicule spéciale, le film sera ensuite développé à New York, dans des laboratoires qui emploient des méthodes de projection au laser.Actuellement, la recherche en holographie n'en est qu'au stade expérimental.Il n'existe pas de films holographiques proprement dits, projetables en salle, mais on travaille sur des prototypes, tel l'intégramme de Marie-Christine Mathieu.«Il est encore trop tôt pour prédire les débouchés de cette technique, dit-elle.Les recherches sont dispersées et on a l'impression défaire œuvre de pionnier, comme aux premierstemps du cinéma.» Ainsi, nous assisterons peut-être un jour à des projections holographiques, à des films dans lesquels nous pourrons circuler comme sur une scène de théâtre.UNE ÉVOLUTION À SUIVRE Si l'Office national du film a su s'imposer sur le plan international dans le domaine du cinéma d'animation, Avec le film Vol de rêve, le cinéma d'animation se fait tridimensionnel grâce à l'utilisation de l'ordinateur.c'est, d'une part, à cause des conditions matérielles exceptionnelles dont y jouissent les artisans et les chercheurs pour la production artistique et, d'autre part, parce qu'on y a maintenu une tradition d'expérimentation, tant sur le plan des techniques mécaniques que sur celui des applications technologiques.Son exemple a été suivi par d'autres institutions.Radio-Canada a produit notamment le film Crac, de Frédéric Back, qui s'est mérité un Oscar à Hollywood et le grand prix du festival d'Ottawa 1982, et ce sont des universités qui ont permis la réalisation de Vol de rêve.Par ailleurs, il semble que l'informatique soit appelée à révolutionner le cinéma d'animation.Robert Forget voit dans les progrès réalisés dans ce secteur une chance de réduire considérablement le temps de réalisation des films d'animation.Ce qui nécessite généralement deux ans de travail ne demandera peut-être bientôt que trois à six mois d'efforts.Il envisage déjà un accroissement de la productivité des animateurs de ses studios sans pour autant entraver leur démarche personnelle et artistique.Il n'est pas question de compé-titionner avec un film tel que Tron, réalisé avec des ordinateurs centfois plus puissants que celui dont dispose l'O.N.F.à l'heure actuelle, mais plutôt d'intensifier la production de films qui répondent aux exigences de l'animation de qualité et qui respectent l'intelligence du spectateur.«Il est possible d'imaginer, conclut-il, une stratégie canadienne de l'animation par ordinateur pour les dix prochaines années afin d'assurer une continuité dans les programmes de formation, de production et de développement en animatique.» De nombreux animateurs-artisans continueront néanmoins de travailler sur leurs tables à dessin, s'ingéniant à trouver de nouvelles façons de nous étonner, en transgressant les limites mêmes du cinéma.Une aventure à suivre, au prochain vision-nement.?COOPf CKEï USM IB.iu WJ MM mst te UBRAII 233.r* mm Chicouti UBfiAlf 0%r *1%, Kmui 1335 * s OUI! 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GARNEAU QUÉBEC (1982) Place Laurier, 2e étage 2700, boul.Laurier Ste-Foy, Qué.LIBRAIRIE GÉMINI Centre d'achats Quatre-Bourgeois Boul.Duplessis Ste-Foy, Qué.LIBRAIRIE LALIBERTÉ 2360, chemin Ste-Foy Ste-Foy, Qué.LIBRAIRIE LE BOUQUIN Place Doneuil 325, rue de l'Église Donnacona, Qué.LIBRAIRIE VAUGEOIS 1354, ave.Maguire Sillery, Qué.PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Pavillon Pouliot Cité Universitaire Ste-Foy, Qué.TROIS-RIVIÈRES LIBFAC INC.Pavillon Albert-Tessier, B-1055 3351, boul.des Forges Trois-Rivières LIBRAIRIE CLASSIC 122 Centre d’achats Les Rivières Trois-Rivières LIBRAIRIE CLÉMENT MORIN & FILS INC.4125, boul.des Forges Trois-Rivières LIBRAIRIE MASSICOTTE ENR.CÉGEP Trois-Rivières 806, Marguerite-Bourgeoys Trois-Rivières SERVICE INFORMATION NATURE DE LA MAURICIE 3351, boul.des Forges Trois-Rivières MONTRÉAL AGENCE DU LIVRE FRANÇAIS 1 246, rue St-Denis Montréal, Qué.SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE DE MONTRÉAL 2041, rue Jolicoeur Ville Eymard, Montréal AUX BONNES PAGES 7868, boul.Champlain La Salle, Qué.CENTRE D'INTERPRÉTATION DE LA NATURE DU LAC BOIVIN 700, rue Drummond Granby, Qué.COOPÉRATIVE ÉTUDIANTE DU COLLÈGE DE JOLIETTE 20, rue St-Charles sud Joliette, Qué.LA LIBRAIRIE COMMUNAUTAIRE DES LAURENTIDES INC.455, Fournier St-Jérôme, Qué.COOPÉRATIVE MAISONNEUVE 3800, Sherbrooke est Montréal, Qué.LA PROMENADE ST-JOVITE INC.974, rue Ouimet St-Jovite, Qué.LE COMPTOIR DU LIVRE INC.548, Mondor St-Hyacinthe, Qué.LE PARCHEMIN INC.550, rue Ste-Catherine est Montréal, Qué.LES ÉDITIONS LE FURETEUR INC.615, Victoria St-Lambert, Qué.LETTRE-SON 1005, Laurier ouest Outremont, Qué.LIBRAIRIE -AUX PUCES» 5351 A, 5e Avenue Montréal, Qué.LIBRAIRIE BEAUDOIN 1826, Mont-Royal est Montréal, Qué.LIBRAIRIE BOYER LTÉE 10, Nicholson Valleyfield, Qué.LIBRAIRIE CAMPUS ENR.3762, rue Masson Montréal, Qué.LIBRAIRIE CARCAJOU Place Rosemère 401, boul.Labelle Rosemère, Qué.LIBRAIRIE C.E.C.MICHEL FORTIN INC.3714, rue St-Denis Montréal, Qué.LIBRAIRIE CHAMPIGNY 4474, rue St-Denis Montréal, Qué.LIBRAIRIE CLASSIC 56 Place Longueuil 825, St-Laurent ouest Longueuil, Qué.LIBRAIRIE CLASSIC 121 Galeries Granby 40, rue Évangéline Granby, Qué.LIBRAIRIE DeMARC INC.185, boul.Les Promenades St-Bruno-de-Montarville, Qué.LIBRAIRIE DeMARC INC.3100, boul.de la Concorde Duvernay, Qué.LIBRAIRIE DeMARC INC.Complexe Desjardins Montréal, Qué.LIBRAIRIE DeMARC INC.900, boul.Grignon St-Jérôme, Qué.LIBRAIRIE DeMARC INC.1691, Fleury est Montréal, Qué.LIBRAIRIE DES GALERIES DE GRANBY 40, rue Évangéline Granby, Qué.LIBRAIRIE DIALECTA INC.135, Messier Mont St-Hilaire, Qué.LIBRAIRIE FLAMMARION 4380, rue St-Denis Montréal, Qué.LIBRAIRIE HERMÈS 11 20, rue Laurier ouest Outremont, Qué LIBRAIRIE JEAN-YVES INC.3, rue Court Granby, Qué.LIBRAIRIE LARICO 13, Place Chambly Chambly, Qué.LIBRAIRIE MARCEL WILKIE INC.89, Georges Sorel, Qué.LIBRAIRIE MEUNIER ENR 23.Ronaldo Bélanger Ste-Martine, Qué.LIBRAIRIE NOUVELLE FRONTIÈRE 185, Ontario est Montréal, Qué.LIBRAIRIE «POCHOTHÈQUE» PLAISIR DE LIRE 706, rue Sud Cowansville, Qué.LIBRAIRIE 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St-Joseph Hull, Qué.NORD-OUEST LIBRAIRIE DU NORD 294, rue Principale La Sarre, Qué.HORS QUÉBEC LA BOUTIQUE DU LIVRE 315, rue Kenny St-Boniface, Manitoba LE BOUQUINEUR 1222, Robson street Vancouver, Colombie-Britannique LIBRAIRIE DE L'UNIVERSITÉ LAURENTIENNE Chemin du Lac Ramsey Sudbury, Ontario.LIBRAIRIE TRILLIUM 321.rue Dalhousie Ottawa, Ontario Le magazine QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-2426 Interurbain sans frais: 1-800-463-4799 30 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE Quand la nature dévoile Les différentes formes qu’on observe dons la nature sont-elles le fruit du hasard ou le résultat de forces très organisées?par André Delisle Qui, au cours d'une excursion au bord du fleuve ou d'une rivière, n'a pas déjà ramassé un bois de grève rappelant des formes humaines ou animales?Chacun garde précieusement sa petite collection d'objets hétéroclites, coquillages, cailloux ou vieilles souches, véritables sculptures naturelles évoquant des parties du corps, des profils de visages ou d'autres représentations tout aussi suggestives.Certains bijoutiers exploitent les coupes dans du marbre ou des agates qui reproduisent de façon frappante et très colorée des paysages familiers.Les noms de lieux, de rochers, de montagnes et même de villages reflètent souvent cette analogie entre des éléments du paysage et les formes naturelles.Des endroits tels que Cap-Chat ou Grand-Mère doivent leurs noms évocateurs à des rochers ou promontoires que l'œil identifie facilement.Comme les autres, les scientifiques s'émerveillent devant ces réalisations de la nature.Ils se demandent néanmoins si ces sculptures sont le fruit du hasard seulement, ou le résultat de forces très organisées.Les premiers commentaires sur le phénomène des figures observées dans la nature remontent à la plus haute antiquité.Durant la période archaïque grecque, des philosophes, tels que Aristote et Socrate, voyaient là les symboles de l'esprit ou du «génie» des choses et des lieux.Les platoniciens, de leur côté, décelaient, dans les formes régulières de plusieurs objets, soient-ils inertes ou organiques, le reflet des nombres.Ils préfiguraient ainsi le point de vue géométrique contemporain.Aujourd'hui, la recherche des codes géométriques de la nature intéresse seulement quelques scientifiques isolés, ainsi que des groupes d'«amoureux de la forme» aux intérêts très divers: poètes, peintres, architectes, philosophes, mathématiciens, biologistes,.Depuis 1970, quelques associations de spécialistes des formes dans la nature se sont constituées, surtout aux États-Unis.Ces groupes de «philomorphes», l'un à l'université Harvard de Boston, un autre à Philadelphie, un troisième dans l'Ouest, à Eugene dans l'Oregon, étudient des phénomènes aussi disparates que la croissance des feuilles des arbres, le réseau des toiles d'araignées, le circuit des orbites planétaires ou le schéma des vibrations des instruments de musique.En Allemagne, l'Institut d'étude des mouvements de l'eau et de l'air s'intéresse aussi à ces particularités des formes dans l'espace.Les publications les plus complètes et les plus intéressantes sur le sujet proviennent de ces organismes, comme c'est le cas du livre Le chaos sensible, écrit par le directeur de l'institution allemande, Theodor Schwenk.Le Uvre Patterns in Nature, de l'architecte américain Peter Stevens (traduit en français sous le titre Les formes dans la nature, aux éditions du Seuil), est le fruit d'une dizaine d'années de réflexion, de recherche et de discussion d'un groupe de chercheurs de formations diverses.Le philomorphe le plus connu est sans doute Buckminster Fuller, l'inventeur du dôme géodésique en architecture.Le pavillon des États-Unis à Terre des Hommes, à Montréal, est l'une des illustrations les plus gigantesques et les plus spectaculaires de ce concept de construction, imitant l'harmonie et l'ingéniosité de la nature.DE CURIEUSES SPIRALES Au cours de leurs recherches, les philomorphes ou leurs prédécesseurs ont découvert la préférence frappante de la nature pour certaines formes particulières.Les spirales, par exemple, sont omniprésentes dans le monde vivant et non vivant.Cette courbe bien spéciale se retrouve un peu partout, dans les coquillages marins, les galaxies, les cornes de béliers, les défenses des éléphants, les frondes des jeunes fougères (têtes de violon).même dans l'eau qui se vide de la baignoire ou le copeau qui sort du rabot du menuisier.Voilà pour les spirales évidentes.Mais la liste ne s'arrête pas là: des formes hélicoïdales régulières ou irrégulières se cachent dans plusieurs tissus végétaux, animaux ou humains.La molécule d'ADN est une hélice microscopique bien connue.Les courbes en spirales que dessinent les graines d'un cœur de tournesol, la pelure d'un ananas, les écailles de l'écorce d'un palmier et les plaquettes d'un cône d'épinette le sont moins.La description et l'identification de l'arrangement géométrique des organes des plantes sont devenues une branche autonome de la botanique, la «phyllotaxie».La «spiralité» des fleurs telles que le tournesol et la marguerite apparaît plus clairement à l'automne, lorsque les graines deviennent visibles.Une observation minutieuse permet alors de localiser les courbes qui partent du centre de la fleur, les unes dans le sens des aiguilles d'une montre, les autres en sens inverse.On peut même tracer une représentation de la structure ainsi fabriquée.Le dénombrement des lignes spiralées fait surgir invariablement certains nombres, à l'exclusion des 31 .* V:i -, tes spirales sont présentes aussi bien dans le monde végétai qu'animai.Deux exemples: ce coquillage Thatcheria mirabilis (1 ) et le cœur de cette fleur de tournesol (2).Par que! phénomène l'œil humain reconnaît-il une tête d'Indien dans ce rocher (3) que l'on peut observer dans la région de Percé ?Cette question intéresse les théoriciens de la perception.La forme et la disposition des ocelles sur les ailes de ce papillon sud-américain (4) de la famille des Brassolidés, qui le font ressembler à un hibou, contribuent à le protéger de ses prédateurs.Michel Faugère/Alpha diffusion Richard Hodgson 32 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE // suffit d'un peu d’imagination pour reconnaître une tête de caribou dans la forme de ce lac, situé dans le nord du Québec.Ce lac a toutefois été recouvert depuis par le réservoir de la Baie James.autres: 13, 21, 34, 55, 89 et 144.Dès 1836, deux botanistes français, les frères Bravais, n'ont pas tardé à remarquer qu'il s'agit là d'une célèbre série de nombres, où chaque terme est la somme des deux précédents.Même si cette suite de nombres a été mentionnée pour la première fois au 13e siècle par un marchand mathématicien de Rise en Italie, Leonardo Fibonacci, les Grecs avaient démontré longtemps auparavant les étonnantes propriétés d'un nombre qu'ils appelaient le « Nombre d'Or».Cette constante de la nature est obtenue de façon de plus en plus exacte en divisant n'importe quel nombre de la série de Fibonacci par celui qui le précède.Pour leurs constructions ou leur enseignement, les Grecs utilisaient d'ailleurs cette relation spécifique (voir l'encadré «La suite magique»).Le Parthénon, à Athènes, présente ces proportions magiques, de la même façon que les cartes à jouer très contemporaines! DÉCODER LES APPARENCES Quand la nature trouve une bonne recette, elle semble l'exploiter à fond.Toujours dans le champ de la phyllo-taxie, la disposition desfeuillessur la tige d'une plante répond aussi à une règle qui fait ressortir les nombres de la série de Fibonacci.C’est pour cette raison qu'un collectionneur anglais du début du siècle.Sir Theodore Cook parlait des spirales comme des «courbes du vivant».Dans un célèbre ouvrage paru en 1914, Cook a rassemblé 41 5 illustrations de spirales que l'on trouve dans la nature, dont une grande partie dans le monde végétal.Cette insistance à reproduire sans cesse les mêmes schémas est une caractéristique de l'architecture « naturelle».L'étude des formes dans la nature fait ressortir un nombre restreint d'expressions géométriques fondamentales qui sont modelées et remodelées de toutes les façons, aussi bien dans le monde de l'extrê-mement petit qu'à l'échelle macro- f.'Si&èxl •>.; M, \ i ¦ scopique.Aux centaines de tourbillons et de tourniquets en spirales, s'ajoutent autant de patrons structuraux à base de méandres, tels que le cours d'une rivière ou le déplacement d'un serpent, et de ramifications en branches comme celles d'un arbre ou d'un réseau hydrographique.Peter Stevens illustre, par quelques manipulations simples, le carcan à l'intérieur duquel est enfermée l'usine de fabrication de l'univers qui nous entoure.Par exemple, une petite boule d'argile qu'on presse entre les doigts ou sur une table se transformera seulement en disques, en bols, en selles ou en combinaisons plus ou moins complexes de ces formes initiales.Par un jeu de pressions bien appliquées, les plus habiles feront apparaître des sculptures qui s'apparentent étroitement à des coquillages ou même à des oreilles humaines.La nature créatrice ne peut pas faire autrement; elle doit obéir à la structure de l'espace, à ses contraintes, mais avec des pâtes à modeler qui se développent par elles-mêmes.De la même façon, l'assemblage d'un nombre plus ou moins élevé de cartons découpés en triangles équilatéraux réserve quelques surprises.À part l'hexagone plan à six faces, Les flocons de Koch A partir d'un simple triangle équilatéral, il est possible de dessiner une forme qui a d'étonnantes affinités avec certains flocons de neige.Le truc consiste à diviser le côté du triangle en trois sections égales, la portion du centre servant de base à un nouveau triangle.En refaisant le procédé indéfiniment sur chacune des faces ainsi obtenues, il en résultera une «courbe fractale» d'après la formule inventée par Koch.et ainsi de suite.seulement une douzaine de polyèdres réguliers et fermés pourront être construits, même avec un très grand nombre de pièces.Un bain d'eau savonneuse reste probablement le meilleur laboratoire pour démontrer le manque de fantaisie géométrique de la nature.Dans un cerceau métallique ou de plastique, l'eau savonneuse formera un film mince qu'un léger souffle dégagera en une magnifique bulle sphérique.Ou encore, une mousse s'accu- QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 33 La suite magique Si, à l'intérieur d’un «Rectangle d'Or» (c'est-à-dire dont les longueurs des côtés respectent le rapport 1,61 à 1), on dessine un carré, le rectangle résiduel est une réduction parfaite du premier.Refaite indéfiniment, l'opération préservera la proportion magique de 1,61.Une ligne passant par les points de rencontre de deux perpendiculaires trace la fameuse spirale si courante dans la nature.Par exemple, ce nautile, coupé en deux longitudinalement, reproduit cette spirale.Plus encore, la longueur des côtés par rapport au plus petit carré reproduit la suite des nombres de Fibonacci, soit 3, 5, 8, 13, 21, 34,.mulera à la surface d'un liquide, par brassage ou par injection d'air.Dans sa Théorie des liquides, publiée en 1873, le physicien belge Joseph Plateau a démontré que les configurations des bulles d'une écume sont gouvernées par des lois algébriques et géométriques qui ne laissent rien au hasard: chaque jonction, chaque courbure, la longueur de chaque cloison, tout reste absolument déterminé.Les lignes d'intersection à la surface des agrégats de bulles se coupent notamment avec des angles de 120 degrés.La jonction de ces lignes forme des sommets à quatre branches reliés entre elles selon des angles de 109 degrés.Ces démonstrations prennent toute leur importance quand on compare une carapace de tortue ou une grosse molécule chimique avec un agrégat de bulles : les coïncidences sont alors très convaincantes.Le naturaliste et mathématicien britannique D'Arcy Thompson s'est inspiré d'observa- tions de phénomènes géométriques du même type que le comportement de bulles de savon pour avancer l'hypothèse que la structure et l'évolution des formes biologiques reflètent l’opération de forces physiques telles que la résistance mécanique, l'économie de matière ou la gravité.En 1917, il rédigeait les résultats d'une analyse très poussée des processus mathématiques et physiques en biologie.Cet ouvrage, intitulé On Growth and Form, est rapidement devenu un classique dans le domaine et a été suivi d'une vaste littérature traitant des différents aspects de cette question.Une réédition de l'étude de Thompson, en version abrégée toutefois, a été publiée près de 50 ans plus tard par les Presses de l'Université de Cambridge.Très descriptive, la théorie des transformations de Thompson n'a cependant été quantifiée que récemment par des chercheurs américains.LES MYSTÈRES DE L'IRRÉGULARITÉ Malgré les succès des explications des formes naturelles par la géométrie conventionnelle, certaines structures plus complexes ou aux contours très irréguliers ont échappé jusqu'à récemment à la compréhension des philomorphes.Il aura fallu attendre que les mathématiciens disposent d'ordinateurs puissants pour inventer les principes qui guident adéquatement la plume d'un dessinateur de flocons de neige.Théoriquement, le recours aux techniques de calcul des dimensions fractionnaires permet d'obtenir des représentations des objets les plus bizarres (voir Québec Science, mars 1980).Par contre, la nature semble encore ici avoir sélectionné certaines clés de conception parmi la gamme presque infinie des possibilités.On n'a toutefois pas encore réussi à les déduire avec certitude des tests et des observations effectuées jusqu'à maintenant.Des indicationstrèspro-metteuses sur les secrets des codes génétiques des formes naturelles les plus irrégulières commencent néanmoins à se dégager de quelques expériences.La construction de figures ressemblant étrangement à des flocons de neige, à partirde simples triangles superposés les uns sur les autres (voir l'encadré «Les flocons de Koch»), a été réussie au début du siècle par un mathématicien suédois nommé Helge von Koch.Ce dernier ne connaissait toutefois pas les formules mathématiques de ses courbes.Depuis, un autre mathématicien informaticien à l'emploi d'IBM, Benoit Mandelbrot, a calculé la dimension «fractionnaire» de la courbe Koch, soit 1,261 (résultat de la division du logarithme du nombre 4 par le logarithme du nombre 3).À chaque étape de la construction du dessin, le nombre des segments est multiplié par 4, alors que la longueur de la courbe augmente d'un facteur égal à la fraction 4/3. 34 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE W&mm .a ^LÉ U‘X»Ê®m&6i WM mrnmm >• v -t; HKU ppæi/ '/mm ÿ'-0iMé/MÈ ‘•" vv.- '••: • 4v ;''"‘:V v;' \a«‘t*-'-.Z.e triangle est une forme géométrique largement représentée dans la nature.// est la figure de base qui a servi à construire le pavillon des États-Unis à Terre des Hommes, que Ton voulait imitant l'harmonie et l'ingéniosité de la nature.Autre forme géométrique : l'hexagone de chaque alvéole d'un nid d'abeilles.Selon Mandelbrot, il est possible de reproduire à l’aide de «courbes fractales» de diverses dimensions aussi bien les contours d’un océan ou le rivage d’une rivière que la ligne d’horizon d’une région montagneuse ou la distribution spatiale des étoiles, des planètes, des nuages, des cratères lunaires et même des taches solaires! Dans un livre publié cette année, The Fractal Geometry of Nature, le chercheur d’IBM présente d’étonnantes images d’îles, de nuages et de planètes dont la ressemblance avec la réalité est étonnante, bien qu’elles ne soient que de pures reconstitutions mathématiques.L’ŒIL QUI TROMPE?Ces théories mathématiques et géométriques en rapport avec les formes dans la nature, si sophistiquées soient-elles, ont en commun le défaut de ne fournir aucun éclairage sur la pertinence des apparences anthropomorphiques ou zoomorphi-ques que l’œil humain discerne souvent dans certains éléments de son entourage.Quelle est donc la signification de ces «simulacres», c'est-à-dire ces objets dont l'aspect fait penserà des visagesou des silhouettes que l'œil reconstitue à partir de rochers, de nuages, de troncs d'arbres, d'animaux ou de plantes de son environnement?La reconnaissance des simulacres dans la nature soulève un débat qui dépasse de loin les strictes lois mathématiques.En effet, depuis longtemps, les théoriciens de la perception se demandent jusqu'à quel point la stimulation sensorielle oblige à voir quelque chose et quelle est la part de l'interprétation du cerveau et de l'imagination dans la constitution de nos perceptions.Si tel était le cas, le répertoire des figures que saurait retrouver et reconnaître l'œil humain serait très limité.Inconsciemment, nous en viendrions à confondre nos propres projections avec les apparences de la nature et les formes d'organisation de la matière ! Certains faits troublants permettent néanmoins de douter que nos images de formes suggestives ou régulières soient le fruit de notre seule imagination.La ressemblance entre la tête d'un cheval et celle d'un hippocampe peut être difficilement niée.Plus encore, les dessins des ailes de papillons étonnent souvent par leur effet trompeur pour l'observateur.On y décèle facilement les traits d'un hibou, par exemple, l'un des ennemis naturels des papillons.D'après les biologistes, le subterfuge fonctionne.Les cas de «mimétisme» ou d'imitation des formes et couleurs de la nature environnante sont très nombreux chez les organismes végétauxetanimaux.Ce comportement, attribué par les écologistes aux exigences de l'adaptation au milieu et aux lois de la sélection naturelle, s'explique bien par les avantages de survie qu'en retirent leurs auteurs.Ainsi, l'insecte qui se confond parfaitement avec la feuille sur laquelle il se repose est à l'abri de ses prédateurs.Pour le moment, le problème de la correspondance entre notre représentation du monde et la réalité est un sujet de débat qui intéresse surtout les milieux scientifiques et philosophiques.Les scientifiques n'ont pas encore trouvé les moyens de démontrer que l'image d'un visage que nos yeux déduisent d'un rocher ou d'un morceau de bois fait partie des quelques recettes qu'utilise la nature pour fabriquer ses formes.En attendant, le répertoire des structures que savent reproduire les philomor-phes par des techniques géométri- PxSSSSt SSBÊsSS» ques et mathématiques va néanmoins en s'élargissant, avec l'apparition de théories plus puissantes.Einstein, pour sa part, avait son opinion sur cette question, prétendant que, quelle que soit la lunette à travers laquelle on regarde l'univers, ce dernier se prête à laisser voir les choses recherchées.La théorie que l'observateur privilégié décide par conséquent des images observées et perçues.La nature réfléchirait les idées que nous projetons sur elle.Voilà à la fois le mystère et toute la poésie des formes dans la nature ! ?Pour en lire plus Roger V.Jean, Phytomathématique, Presses de l'Université du Québec, 1978 Roger V.Jean, Croissance végétale etmor-phogénèse.Presses de l'Université du Québec/Masson, 1983 Theodore Schwenk, Sensitive Chaos, Rudolf Steiner Press, London, 1965 Peter S.Stevens, Les formes dans la nature, Le Seuil, Paris, 1982 D'Arcy Thompson, On Growth and Form (Abridged Edition), Cambridge University Press, 1961 Vigneault/MAPAQ Bernard Martin/Alpha Diffusion Hydro-Québec peut vous rembourser JUSQU'A 100% DES FRAIS de remplacement d'une chaudière* JUSQU'A 700/0 DES FRAIS de modification à votre installation électrique Cette offre découle du Programme de vente d'électricité excédentaire et comporte un certain nombre de conditions.Entre autres: l'électricité doit remplacer tout autre combustible que le gaz naturel, et vous devez vous engager à un même nombre minimal d'heures d'utilisation pour chacune des quatre prochaines années.Le Programme est en vigueur depuis le 6 octobre 1982 et se poursuivra jusqu'au 1er avril 1984.Il vise les établissements industriels et commerciaux, et les institutions publiques.Par exemple, si vous consommez par année environ 130 000 litres (ou 30 000 gallons) de mazout, à certaines fins spécifiques, ce Programme s'adresse à vous.Renseignez-vous sur ses diverses modalités en nous envoyant le coupon-réponse ci-dessous.*Ou de tout autre appareil constituant un élément de base d'un procédé utilisé.r" 1 1 1 1 veniez communiquer _ rie ïScUé excédent^ ^ du programme indiqué ci-dessus Adresser a: Nom.- Adresse — Tél.:- ponction Genre d’ établissement Hydr°-^m SeCteurs Pr09me'S et industriel t] ^boulevard Dorchester l Montréal, Quebec H2Z IA4 Québec 36 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE le plus grand chantier de Montréal Un milliard et demi de dollars, 110 kilomètres d’égouts et une gigantesque usine d’épuration: Montréal rattrape son retard par Pedro Rodrigue Les réseaux d'égouts municipaux du Québec rejettent dans les cours d'eau plus de 95 pour cent de leurs eaux-vannes sans aucune forme de traitement.Même lorsqu'elles passent par une usine d'épuration, à peine un pour cent des eaux d'égout de la province sont traitées de manière satisfaisante avant d'être déversées dans la nature.Or, à cause de la disposition des zones de peuplement, presque toute cette saloperie, de ruisseaux en rivières, se retrouve tôt ou tard dans le Saint-Laurent, parfois même beaucoup plus tôt qu'on ne le souhaiterait.Ainsi, par temps sec, environ 2,27 millions de mètres cubes d'eaux-vannes, provenant du seul territoire de la Communauté urbaine de Montréal (C.U.M.), se déversent chaque jour dans les cours d'eau qui entourent l'île de Montréal.À ce rythme, on emplirait en six heures le plus gros des superpétroliers et on battrait en deux heures et demie à peine le record de la plus grosse marée noire enregistrée à ce jour.Évidemment, ce n'est pas du pétrole, louons Dieu : ça n'est que de la.enfin! Mais quelle quantité! Il se déverse chaque jourdans le Saint-Laurent, à la hauteur de Montréal, assez d'excréments humains — si vous me pardonnez cette statistique — pour emplir à ras bord une piscine olympique ! Aussi, afin de s'attaquer au problème de cette «marée brune», la C.U.M.a-t-elle établi, en octobre 1977, un programme global d'épuration des eaux au terme duquel toutes les eaux-vannes de son territoire seront recueillies par une ceinture d'égouts intercepteurs et ache- minées vers une gigantesque usine d'épuration que l'on est à construire dans le quartier Rivière-des-Prairies.Ce programme, dont l'échéancier s'échelonne en quatre phases jusqu'en 1988, coûtera, prévoit-on, plus d'un milliard et demi de dollars.Le gouvernement du Québec assumera la plus grande partie des dépenses engendrées par ces travaux, soit les deux tiers du coût des intercepteurs et 90 pour cent de celui de l'usine d'épuration, alors que la Communauté urbaine de Montréal et la Société canadienne d'hypothèques et de logement se partageront le reste.LE PRIX D'UNE AUTOROUTE JUSQU'À POVUNGNITUK Véritable « Baie James» de l'environnement, ce projet gigantesque a suscité le plus grand chantier de construction du sud du Québec: un milliard et demi, c'est ce que coûterait aujourd'hui refaire au complet le métro de Montréal ou encore prolonger l'autoroute des Laurentides jusqu'à.Povungnituk! On construira tout d'abord près de 110 kilomètres d'intercepteurs qui ceintureront au complet l'île de Montréal.Le diamètre de ces véritables rivières souterraines variera de 76 centimètres à leur extrémité amont jusqu'à plus de six mètres à l'endroit où elles se jetterontdans les bassins de l'usine d'épuration.Chacun des quelque 125 émissaires d'égout qui drainent les 500 kilomètres carrés de la surface de l'île s'y jettera désormais par l'intermédiaire d'ingénieux ouvrages de dérivation.Le système d'égouts de l'île de Montréal a poussé de manière plutôt anarchique au hasard du bourgeonnement des quartiers et souffre d'un vice de conception qui a créé un problème longtemps insurmontable lorsque, par le passé, on a songé à construire une usine d'épuration : les égouts d'une grande partie de la ville de Montréal sont en effet dits unitaires, en ce sens que les eaux-vannes domestiques et industrielles y sont évacuées par les mêmes canalisations que les eaux pluviales.Ceci n'est pas vraiment particulier à Montréal: c'était tout simplement la méthode à la mode au siècle dernier lorsque débuta la construction du système d'égouts de la ville.Un égout unique emportait tout.Cependant, un orage soudain peut en quelques minutes doubler, tripler, ou même quadrupler le débit normal de l'égout.Ce n'est pas très grave si on se contente de jeter toute cette eau à la rivière: il suffit alors de construire l'égout assez gros pour qu'il ne s'engorge pas.Toutefois, quand l'égout passe par une usine d'épuration, la situation se complique: il faut limiter le débit si l'on ne veut pas ou bien noyer l'usine, ou bien en construire une trop grande pour son usage habituel.Voilà pourquoi, depuis que le génie civil s'intéresse à l'épuration des eaux-vannes, on a pris l'habitude de séparer les égouts pluviaux des égouts sanitaires qui seuls doivent être traités.Ce genre d'infrastructure existe déjà dans les municipalités plus jeunes, en particulier dans l'ouest de l'île.UN ORDINATEUR SENSIBLE À LA PLUIE Dans les deux tiers du territoire de la C.U.M.où n'existent que des égouts unitaires, on a eu recours à un ingénieux système de dérivation à débit variable pour faire passer l'eau QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 37 B J x des collecteurs aux nouveaux inter-cepteurs.Ces ouvrages fonctionneront de la manière suivante.Par temps sec, toute l’eau qu’apporte l’égout collecteur s'engouffre dans l'intercepteur qui l'achemine vers l'usine d'épuration.Survient un orage.Un appareillage élaboré de contrôle se met aussitôt à l'œuvre.Un réseau de pluviomètres enregistre seconde par seconde la précipitation et informe immédiatement un ordinateur de l'emplacement et de l'intensité de l'averse.Au même instant, des appareils de mesure, installés à intervalles réguliers dans la paroi des intercep-teurs, calculent le niveau d'eau et le débit tout au long du parcours et transmettent ces renseignements au même ordinateur.Celui-ci analyse continuellement ces données et évite l'engorgement des intercep-teurs en permettant, au moyen d'un système de vannes automatiques, qu'une partie de la charge des collec- ta station de pompage (1 ) de l'usine d'épuration est l'une des plus importantes au monde.Son toit (2), construit à ia manière de celui d'une poudrière, peut absorber l'impact d'une explosion.Les eaux-vannes sont ensuite dirigées vers les bassins de décantation (3) pour y être traitées.teurs en crue se déverse directement à la rivière par les anciens émissaires.Cela n'est pas très propre sans 38 mars 1983 / QUEBEC SCIENCE A Quel risque pour le fleuve ?r ~ t '* ¦ - r~ Un des quatre puits par où les eaux-vannes arrivent à la station de pompage.doute, mais vaut mieux que de noyer l'usine d'épuration.UN IMMENSE AQUARIUM SANS POISSONS Au fait, de quoi aura-t-elle l'air, cette usine?Imaginez un immense aquarium, mais sans les poissons! En effet, elle consistera principalement en une enfilade de bassins de décantation qui couvriront un terrain de plus d'un kilomètre carré.Afin de leur assurer la pente nécessaire à leur bon fonctionnement, on fera déboucher les deux intercepteurs à l'usine à une profondeur de 30 mètres environ.Avant de les traiter, il faudra par conséquent faire remonter les eaux-vannes à la surface au moyen d'une puissante station de pompage.Ce sera d'ailleurs l'une des plus importantes stations de pompage d'égout au monde et ce juste objet de fierté consistera en une batterie de 17 pompes électriques d'une puissance variant, pour chacune, de 2 125 à 3 580 kilowatts.On aura une idée plus juste de l'importance de cette station en sachant qu'elle consommera à elle seule plus d'électricité que n'en produit la centrale hydroélectrique de Rivière-des-Prairies lorsqu'elle fonctionne à pleine capacité! Arrivées à la surface, les eaux-vannes subiront un prétraitement consistant en un «dégrillage» ou tamisage grossier destiné à en retirer les objets flottants de toutes tailles, depuis des vieux pneus jusqu'aux verres de carton.L'eau parcourra ensuite une série de longues auges en forme de V où se déposeront sable et gravier; des dessableurs, l'eau atteindra une trentaine de bassins de décantation disposés en enfilade, vastes piscines où elle séjournera assez longtemps pour y déposer les boues qu'elle transporte.Un système de nettoyage raclera le fond de ces bassins, un second en écumera la surface, et les produits recueillis, une fois concentrés et séchés, seront brûlés dans un incinérateur.Lorsqu'ils examinent l'échéancier des travaux, les écologistes s'inquiètent.Ce qui les attriste de la sorte, ce n'est pas, vous vous en doutez bien, que l'on ait enfin décidé de traiter les eaux-vannes de l'île de Montréal, bien au contraire! Ils peuvent difficilement s'empêcher de remarquer que, d'ici à 1985, lorsque commencera le véritable traitement, ce chantier gigantesque, loin d'atténuer le problème de la pollution, risque de lui donner une acuité insoupçonnée.En fait, au cours des trois prochaines années, les déversements ne seront pas moins polluants: on se contentera de les porter de plus en plus loin vers l'aval.Mais en choisissant de soulager au plus vite la rivière des Prairies et le lac Saint-Louis, ne risque-t-on pas de contaminer les îles de Boucherville, celles de Varennes, de Verchères et même de Sorel?Notre majestueux Saint-Laurent aura-t-il l'estomac assez fort pour digérer un poison ainsi concentré?Survivra-t-il jusqu'en 1988, alors qu'enfin toutes les eaux-vannes de la C.U.M.seront traitées avant de lui être rendues?Il faudrait être devin pour évaluer aujourd'hui ce qui se passera vraiment le jour où les effluents commenceront à se déverser au large de l'île Sainte-Thérèse.Il est évident que la pollution y sera concentrée comme jamais elle n'avait été auparavant, mais il faut se méfier de la tentation que l'on a de considérer cet émissaire comme une nouvelle source de pollution.La décision qu'ont prise les autorités de la C.U.M.cache sous des considérations écologiques — celle de donner aux cours d'eau atteints le temps de commencer à s'épurer — des mobiles que l'on reconnaît volontiers comme politiques.Et les municipalités de la Rive-Sud ont tôt fait de crier au meurtre.N'importe qui en aurait fait autant: c'est de la part de la C.U.M.l'attitude de celui qui dépose ses poubelles dans la cour du voisin.Il est toutefois utile de remarquer au passage que les récriminations des municipalités de la Rive-Sud ne sont fondées que sur des appréhensions, sans doute légitimes, mais peu documentées.Le véritable choix repose sur l'application du principe suivant: un écosystème met beaucoup plus de temps à se regénérer qu'à dépérir.Il existe toutefois un seuil de tolérance qui permet une certaine marge de manœuvre.La C.U.M.a décidé de prendre le risque et de se servir de cette marge de manœuvre, dans l'espoir de retirer des bénéfices d'ensemble pour les eaux qui entourent l'île de Montréal.A-t-elle eu raison?Le problème reste entier.Pedro Rodriaue QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 39 Dans les bassins de décantation, on ajoutera aux eaux-vannes des produits chimiques, tels que de l'alun ou du chlorure ferrique, produits qui, en se combinant aux détergents, permettront à ceux-ci de mieux se déposer.À la sortie des bassins, l'eau subira un dernier traitement, au chlore, qui la débarrassera de la plupart de ses bactéries.POUR QUE LE FLEUVE RESPIRE MIEUX L'eau, ainsi soulagée de 80 pour cent des matières en suspension, de 80 pour cent des phosphates et de 95 pour cent des bactéries coliformes qui la contaminaient, sera enfin rendue au fleuve, en amont de l'île Sainte-Thérèse, par des émissaires jumelés de plus de six mètres de diamètre qui déboucheront dans le chenal de navigation où l'on espère que le mélange se fera plus facilement.On espère ainsi réduire de 60 pour cent la demande biochimique en oxygène et d'autant l'étouffement du fleuve.Tout ceci n'est toutefois pas pour demain.Pour l'instant, seule la partie amont de l'intercepteur nord est en fonction, et ceci depuis la fin de 1981.On espère ainsi, en rejetant les eaux-vannes de plus en plus loin vers l'aval, aider la rivière des Prairies, hélas fort atteinte, à s'épurer lentement d'elle-même.Il faudra cependant attendre, selon l'échéancier, la fin de 1983 pour que toutes les eaux-vannes du versant nord de l'île subissent un prétraitement à l'usine et ce n'est qu'en 1985 que ces effluents subiront un traitement complet.Scénario semblable pour le versant sud où l'on amorcera en 1986 la dépollution du lac Saint-Louis en reportant à la hauteur du pont Champlain le déversement des égouts de l'amont.En 1988, enfin, toutes les eaux-vannes de la C.U.M.seront traitées avant d'être rejetées au fleuve.Et vivement que l'on boive ce verre d'eau inaugural! ?LE PLEIN EMPLOI: POURQUOI ?Diane BELLEMARE et Lise POULIN SIMON ISBN 2-7605-0315-1 Presses de l’Université du Québec UQAM (LABREV) Institut de recherche appliquée sur le travail 1983, 274 pages, 9,95 $ «La meilleure politique de maintien du revenu est une politique de plein emploi».Cette affirmation, maintes fois entendue, couramment acceptée et devenue, à toutes fins pratique un lieu commun, ne semble cependant pas entraîner sur le plan des politiques économiques et sociales les conséquences quelle mérite.Diane Bellemare et Lise Poulin Simon l'ont prise au sérieux.C'est ainsi quelles ont entrepris d'estimer les coûts économiques et sociaux du chômage, de procéder à un examen critique des théories le plus souvent retenues dans l'analyse du chômage pour finalement interroger les porte-parole des principaux intervenants sur le marché de l'emploi : milieux gouvernementaux, syndicaux et d'affaires.Le résultat — fascinant — de cet effort de recherche constitue un véritable plaidoyer pour le plein emploi.Il amène à considérer les modifications institutionnelles les plus aptes à mener à l'objectif politique, économique et social prioritaire que constitue le plein emploi.• LES ATTITUDES SOCIALES À L'ÉGARD DU CHÔMAGE: SERIONS-NOUS VICTIMES DE CERTAINS MYTHES?• LES QUÉBÉCOIS ONT-ILS PERDU LE GOÛT DU TRAVAIL?• LES COUTS ÉCONOMIQUES DU TRAVAIL • LES COÛTS SOCIAUX DU CHÔMAGE • LE CHÔMAGE, UN FLÉAU QUI ACCENTUE LES PROBLÈMES DE LA SOCIÉTÉ • LE PLEIN EMPLOI ET LA POLITIQUE MACRO-ÉCONOMIQUE • UNE POLITIQUE DE PLEIN EMPLOI • DES EXPLICATIONS DE L'INERTIE POLITIQUE À L’ÉGARD DU CHÔMAGE • LES PERCEPTIONS ACTUELLES DES PORTE-PAROLE POLITIQUES SUR DIVERS ASPECTS DE L’EMPLOI ET DU CHÔMAGE Nouvelle parution dans la série: «Les dossiers de Québec Science» PSYCHOTHÉRAPIES: ATTENTION ! J.Arseneau, C.Bouchard, M.Bourgon, G.Goupil, J.Guay, F.Lavoie, R.Perreault.ISBN 2-920073-27-3 © 1983 224 pages Prix: 17,95$ PRÉSENTATION Les psychothérapies, dont le foisonnement parfois hétéroclite a de quoi étonner, font désormais partie du quotidien de dizaines de milliers d’hommes et de femmes.Pourquoi cette explosion des psychothérapies ?Les auteures et auteurs qui ont conçu et réalisé ce dossier avaient en commun une même volonté de réfléchir en profondeur à un phénomène auquel ils étaient et sont encore confrontés dans l'exercice de leur profession, et parfois dans leurs expériences de vie personnelle, de même que le désir de communiquer avec un public plus large que les seuls initiés, que les seuls professionnels de la santé mentale, que les seuls confrères.Québec Science Éditeur a donc saisi l'occasion qui se présentait et vous propose aujourd'hui ce dossier — qui veut davantage lancer un débat que le clore.TITRES DES CHAPITRES 1.Les leçons de l’histoire 2.La tour de Babel 3.Apprendre (et gagner sa vie par) la psychothérapie 4.Les utilisateurs et les utilisatrices 3.La psychothérapie est-elle efficace?Ces livres sont disponibles dans les librairies.Pour les régions non desservies, commander aux Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-2426 Joindre votre paiement en incluant 1,75 S pour les frais d’envoi.6.À quel prix les psychothérapies?7.Dépasser l’individuel 8.Les aidants non professionnels 9- Les groupes d’entraide 10.Non à la prévention LE PLEIN EMPLOI: POURQUOI?DIANE BELLEMARE USE POUUN SIMON ¦ F ! " M R' BMI QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 41 FILEZ-VOUS UN MAUVAIS COTON?La dépression nerveuse a-t-elle une origine biologique ou seulement psychologique?Le débat reste ouvert par Luc Chartrand La vie telle que nous la présente une annonce de Tofranil est sereine.Le soleil du matin se pointe à la fenêtre et une jolie fille lui sourit.«Émerger d'une dépression, dit la légende, c'est merveilleux.» Le drame des jours passés est sous-entendu: la pluie, la détresse, la solitude, les larmes.Entre les deux, quelques comprimés ont changé le cours des choses.La dépression est une maladie gratifiante pour la psychiatrie.Il y a quelques décennies, il fallait en moyenne deux ans pour sortir d'une dépression.Aujourd'hui, deux semaines suffisent dans la plupart des cas.Émotive certes, la dépression ne s'en traite pas moins chimiquement! Là où des mois de psychothérapie piétinaient, la chimiothérapie offre une performance qui se mesure en jours.C'est le vieux rêve de la médecine de l'esprit: soigner à un niveau biochimique des troubles qui sont provoqués aussi bien par l'environnement psychosocial que par un dérèglement physiologique.Les antidépresseurs ne font pas la différence.Dans une expérience assez étonnante, on réussit à provoquer tous les signes apparents de la dépression chez de jeunes singes séparés de leur mère.L'administration d'antidépresseurs suffit à renverser ce comportement! Mais ces pilules de la bonne humeur ont aussi des limites.On compte encore 30 pour cent de déprimés sévères chez qui toute médication est inefficace.Quant aux chances de rechute, malgré une certaine j valeur préventive des antidépres-I seurs, elles sont de l'ordre de 55 à l 85 pour cent.Pour tenter de franchir ces nouvelles frontières, la tendance de la î recherche est orientée vers la «filière biologique» — par opposition à la filière psychologique.La dépression offre un modèle des aspirations de la «nouvelle» psychiatrie biologique.Les sentiments humains, cernés dans leur dernier retranchement matériel, le neurone du cerveau, devront se conformer aux directives de la chimiothérapie ! C'est à peine de la caricature.«Malgré ses succès, estime Guy Chouinard, chercheur et clinicien de l'hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, le traitement de la dépression en est encore à ses balbutiements.La thérapie par antidépresseurs, — la plus utilisée actuellement — a été découverte par hasard et nous ne faisons que commencer à en comprendre le fonctionnement.Nous nous dirigeons vers la mise au point d'une nouvelle génération d'antidépresseurs, beaucoup plus spécifiques et efficaces.» En milieu hospitalier, après un siècle d'influence des idéesde Freud, s'opère aujourd'hui une mutation profonde.«Le champ de la psychanalyse se rétrécit de plus en plus, explique Nasrollah Moamai, de Louis-Hippolyte Lafontaine.Elle demeure un bon outil d'investigation, mais perd définitivement du terrain au profit des neurosciences dans le domaine thérapeutique.» COMME LE DIABÈTE Pour la plupart des psychiatres, l'opposition classique entre la théorie de l'origine biologique de la dépression et celle de son origine psychosociale n'existe tout simplement plus.«La dépression est une maladie génétique, affirme Guy Chouinard.On ne peut plus le nier.Je la comparerais au diabète.Dans cette maladie, l'origine génétique est évidente même si elle ne se déclare souvent qu'à la suite d'un abus de sucre.Pour la dépression, des facteurs psychologi- ques et hormonaux entrent en jeu, mais ceux-ci jouent un peu le rôle du sucre: ils ne sont déterminants que s'il existe déjà une prédisposition génétique.» On parle ici, bien sûr, de dépression au sens clinique.La phase dépressive de celui ou celle qui «file un mauvais coton» à cause d'une «mauvaise passe» sur le plan sentimental, économique ou autre, peut avoir des causes qui n'ont que peu à voir avec la biologie.Ces «dépressions» dites réactionnelles nécessitent rarement un traitement médical et s'atténuent d'elles-mêmes avec le temps.La vraie dépression, celle qui intéresse la psychiatrie, serait le résultat d'une insuffisance de certains neurotransmetteurs dans le cerveau.Chez ceux qu'on appelle les maniaques-dépressifs, on assisterait à un dérèglement de ces neurotransmetteurs oscillant entre l'excès et la carence.Durant les phases maniaques, les malades sont euphoriques, très agités, bref exactementauxanti-podes de la dépression.On parle alors de dépression bipolaire (alternant entre deux pôles) paropposition à la forme unipolaire, beaucoup plus courante.Celle-ci répond à des critères diagnostics précis.Surtout, elle se caractérise par des retards psychomoteurs importants qui découlent de troubles du système hypothalamique: baisse appréciable de l'activité physique, baisse de l'intérêt sexuel, de l'appétit, du sommeil, autodépréciation, intentions suicidaires, etc.En pratique clinique, on s'entend pour considérer dépressive toute personne qui présente quatre de ces symptômes.Le problème, c'est que ces signes sont pour la plupart très banals.Et cette banalité rend souvent la maladie difficile à diagnostiquer.On 42 mars 1983 / QUEBEC SCIENCE Vésicule de stockage libérant le neurotransmetteurv TRANSMISSION NORMALE __DE L'INFLUX NERVEUX Libération Vésicule ^e stockage vide.•Réabsorption— Neurone post-synaptique Neurone présynaptique ACTION DES ANTIDÉPRESSEURS _____ TRICYCLIQUES Neurone présynaptique Antidépresseur tricyclique calcule qu'à leur première visite chez le médecin, neuf pour cent des déprimés sont reconnus et traités comme tel ! Les autres, considérés comme insomniaques, surmenés, souffrant d'un mal de dos ou autre douleur, s'en vont avec une prescription de Valium ou d'analgésique.«Ce genre de traitement, souligne Nasrollah Moamai, fait diminuer l'anxiété sans que le fond dépressif ne soit modifié.Tous, médecin, malade et entourage, sont trompés et croient que ça va mieux.Alors, le suicide survient souvent sans qu'on s'y attende.Le traitement n'a faitque camoufler la maladie.» Une autre caractéristique du déprimé rend difficile son identification.Comme celui-ci exprime souvent sa douleur psychologique de façon somatique, par des douleurs physiques, des difficultés respiratoires, voire de la paralysie, il s'ensuit de nombreuses erreurs de diagnostic.On estime que 20 pour cent des gens qui sont hospitalisés et 20 pour cent des malades chroniques sont des déprimés ignorés.Des études ont démontré qu'il existe une forte corrélation entre la quantité de médicaments absorbés par des individus et leurs symptômes dépressifs.Le benzodiazépam (dont la marque de commerce la mieux connue est le Valium) occupe la première place dans la pharmacie du déprimé.La solution à ce problème, estime le docteur Moamai, consiste à sensibiliser le médecin généraliste.«Celui-ci, lorsqu'il rencontre un patient apparemment anxieux, devrait le considérer jusqu'à preuve du contraire comme déprimé.Actuellement, il fait exactement le contraire!» UNE MALADIE ROMANTIQUE La dépression est un mal romantique.La très belle Virginia Woolf, après avoir laissé un billet pathétique sur la cheminée, s'avança vers la rivière, une grosse pierre dans la poche de son manteau, et s'enfonça doucement.Beaudelaire, Balzac, Tchaikov- ski, Newton ponctuèrent leur œuvre géniale de dépressions répétées.Mais toutes les brisures de l'âme ne sont pas «belles».On les rencontre d'habitude dans un bungalow de Laval, dans un snack-bar de Rouyn ou dans une usine de textile de Louiseville.Le ghetto de la dépression est intérieur, privé, dominé par la solitude.En fait, il s'agit d'un mal si «ordinaire» qu'on s'étonne qu'il soitsi mal connu.Il y a dans le monde 100 millions de déprimés graves qui nécessiteraient une intervention psychiatrique radicale.Si on y ajoute les formes dites «subcliniques», il faut multiplier ce nombre au moins par deux.On estime que près de dix pour cent des gens souffriront de dépression à un moment donné de leur existence.C'est donc, et de loin, la plus courante des maladies mentales.La plus discrète aussi.Le déprimé peut travailler sans que son entourage professionnel ne remarque son état.Il peut aussi s'absenter pourdes raisons très diverses.Il ne devient vraiment «visible» que le jour de son suicide.Seulement 0,5 pourcent des déprimés se rendent jusque-là, mais on estime que 50 pour cent des suicidés sont passés à l'acte au moment d'une dépression.C'est beaucoup si on songe que le suicide compte pour plus de deux pour cent de la mortalité chez nous.On pourrait toujours reprocher aux antidépresseurs de ne s'attaquer qu'aux manifestations extérieures de la maladie sans traiter les causes profondes.On ne peut cependant nier qu'on leur doit un progrès notable puisqu'ils réduisent l'incidence des suicides.IMBROGLIO CHEZ LES HORMONES Assez curieusement, dans le traitement de la dépression, les applications cliniques semblent devoir précéder les découvertes fondamentales.L'électrochoc, par exemple, a plus de 50 ans d'histoire psychiatrique à son actif et on ne connaît pas d'explication satisfaisante à son action.On recense actuellement une bonne cinquantaine de théories sur le sujet.Les antidépresseurs, de leur côté, ont été découverts par hasard et c'est seulement à la suite de leur introduction en psychiatrie que l'on a commencé à comprendre les mécanismes biochimiques impliqués dans la maladie.La première grande famille des antidépresseurs, les tricycliques, a été développée alors qu'on cherchait à mettre au point un neuroleptique.L'autre grand groupe de ces médicaments, les inhibiteurs de la mono-amine-oxydase (appelés IMAO), furent obtenus après qu'on eut observé leurs effets antidépressifs secondaires lors du traitement de la turberculose ! Or, leur venue a constitué une petite révolution.Au point d'ailleurs qu'on se demande si les cas résis- QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 43 Les neurotransmetteurs sont des substances capables de transmettre l'influx nerveux entre deux neurones.Une fois libérés dans l'espace inter-synaptique, ils ne sont efficaces que s'ils se fixent en nombre suffisant sur les récepteurs postsynaptiques, mais la majorité sont réabsorbés par la terminaison présynaptique.Une recapture trop rapide peut être à l'origine de la dépression.Les médicaments de la famille des tricycliques inhibent cette réabsorption.tants aux traitements chimiques sont bien de «vraies» dépressions.On n'est pas loin de définir la maladie par le traitement qui la guérit.Les deux grandes classes de substances chimiques agissent différemment.Les tricycliques inhibent la réabsorption de deux hormones cérébrales, la noradrénaline et la sérotonine.Ces deux neurotransmetteurs sont alors en plus grande concentration au siège du récepteur.Les IMAO, de leur côté, agissent sur les mêmes neurotransmetteurs, mais d'une manière indirecte.Ils inhibent une enzyme, la MAO, qui dégrade normalement la noradrénaline et la sérotonine.De là, l'hypothèse théorique s'imposa d'une façon simple aux chercheurs: la dépression était simplement due à une insuffisance de ces neurotransmetteurs.Cela était d'autant plus plausible que les électrochocs, dont l'action antidépressive est connue depuis belle lurette, libèrent eux aussi ces mêmes substances cérébrales.Avec le temps, le portrait devait toutefois se complexifier.On commence à soupçonner un autre neurotransmetteur, la dopamine, d'avoir aussi son rôle à jouer.D'autres hormones, non cérébrales cette fois, telles les surrénaliennes — les «hormones du stress» — ont une présence dans l'organisme qui fluctue au rythme de la dépression.Certains patients, par exemple, sont incapables de métaboliser le cortisol, une de ces hormones dont l'effet modulateur sur les neurotransmetteurs est bien connu.À travers cet imbroglio hormonal de plus en plus complexe, on s'aperçoit que les dérèglements chimiques du système nerveux ne surviennent jamais seuls.La dépression aura it de multiples canaux biochimiques par lesquels elle agit.LA FRANCOPHONIE DÉPRESSIVE Théoriquement, il devient possible de s'imaginer une dépression purement «biogénique», c'est-à-dire qui prend naissance dans la biologie de l'individu, plus précisément dans ses gènes.Une défaillance héréditaire dans la production d'une hormone impliquée dans la maladie suffirait à la provoquer.L'an dernier, des chercheurs de l'Université de Toronto, Lowell Weit-kamp et Harvey Stancer, ont annoncé avoir découvert un gène, localisé sur le sixième chromosome humain, qui semble prédisposer à la dépression.Ce n'est pas la première fois qu'une hypothèse spécifique est émise en ce sens.Il est d'ailleurs probable qu'il y ait plusieurs formes génétiques de dépressions.De 12 à 15 pour cent des Québécois francophones seront victimes, au moins une fois, de dépression.C'est trois fois plus que chez les Canadiens anglais.«Une donnée, selon Guy Chouinard, qui s'explique probablement par l'insularisme génétique des Québécois.» Par ailleurs, la généalogie de la dépression est assez difficile à établir.Les nombreux suicides réduisent les chances qu'ont les malades graves de laisser une progéniture.De plus, par le passé encore plus qu'aujour-d'hui, la maladie a été confondue avec d'autres troubles, tant psychologiques que physiques.De nos jours, compte tenu d'un abaissement majeur du taux de suicide chez les patients traités et d'une meilleure identification de la maladie, on est en mesure d'observer une corrélation génétique assez significative entre parents et enfants.Chez les jumeaux monozygotes (les vrais jumeaux), si la maladie maniaque-dépressive — alternance de dépression et d'euphorie — apparaît chez l'un, il y a 72 pour cent des chances qu'elle se manifeste aussi chez l'autre.Mais ce taux de concordance globale n'est que de 14 pour cent chez les faux jumeaux dont les gènes sont pour la plupart différents.Dans le cas de dépression normale, le rapport est de 72 à 40 pour cent.En attendant les corrections génétiques qui protégeront les popula- tions du futur contre leurs baisses d'humeur, les antidépresseurs et les électrochocs (eh! oui.) continueront à assurer le traitement de la grande majorité des cas.LE RETOUR DES ÉLECTROCHOCS Chaque année au Canada, 36 400 crises d'épilepsie sont provoquées artificiellement dans les hôpitaux psychiatriques.Il est difficile d'imaginer une description à la fois plus exacte et plus trompeuse du traitement par électrochocs.Exacte parce que la thérapie électroconvulsive consiste bel et bien à tenter de recréer dans le cerveau des patients l'équivalent d'une crise épileptique.Trompeuse parce que l'électrochoc de 1983 n'a plus grand-chose à voir avec ce traitement brutal et dangereux qu'il était il y a 20 ans.À l'origine, les électrochocs furent introduits dans les asiles après qu'on ait observé que l'épilepsie et la schizophrénie ne se rencontraient jamais chez un même patient.On décida donc de traiter la schizophrénie par l'épilepsie! Avec des résultats encourageants.Après ce premier succès, on se tourna vers la dépression nerveuse.Autre observation: les épileptiques au lendemain d'une crise perdaient tout comportement dépressif.Les résultats furent une fois de plus positifs.Ce fut l'escalade.Les électrochocs étaient utilisés à toutes les sauces et d'une façon de plus en plus massive.En 1956, Lothar Kalinowsky, éminent psychiatre des États-Unis, écrivait dans Y American Journal of Psychiatry: «Étant en contactavec beaucoup de psychiatres qui ont recours à la thérapie électroconvulsive, je suis littéralement alarmé par le nombre de communications personnelles qui demeurent non publiées par crainte compréhensible de poursuites judiciaires.» Au dossier noir de la thérapie: pertes de mémoire, utilisation parfois «punitive» contre des patients turbulents, expérimentation à voltage trop 44 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE élevé, contusions résultant des convulsions, peur chez le patient, et autres.La controverse psychiatrique finit par gagner l'opinion publique.Dans la pratique, on a enregistré depuis le début des années 70 un net recul de la thérapie.Au Pavillon Albert Prévost, 661 traitements furent administrés en 1973 contre seulement 271 en 1979.Mais il semble qu'on soit en train d'assister au retour du balancier.«J'écrivais moi-même un article condamnant l'usage des électrochocs il y a quelques années, explique Nasrollah Moamai, de l'hôpital L.-H.Lafontaine.Aujourd'hui, ma position a changé.Il existe encore certaines situations où le traitement est indiqué et constitue la seule intervention efficace.Et il ne faut pas oublier que l'électrochoc aussi a beaucoup évolué.» Effectivement.D'abord, le patient est anesthésié et on lui administre un relaxant musculaire qui réduit les convulsions.Enfin, on se contente aujourd'hui d'appliquer le courant sur l'hémisphère non dominant du cerveau, ce qui a pour effet d'éliminer les séquelles amnésiques prolongées.Il subsiste un inconvénient qu'on ne semble pas pouvoir éliminer, la destruction de certains neurones au moment du passage du courant.On ignore si cette dégradation est réversible ou non.Dans certains cas de dépression, il semble qu’on n'ait vraiment pas le choix.S'il y a risque de suicide, seul l’électrochoc agit assez rapidement pour prévenir le danger.L'Association psychiatrique canadienne et son équivalent américain se sont prononcés ces dernières années pour le maintien de l'accessibilité au traitement.Il est généralement limité à six séances dans la vied'un patientalors qu'autrefois, il n'était pas rare de rencontrer des personnes qui en avaient reçu 50, parfois même 100! La controverse n'est pas pour autant éteinte.Le printemps dernier à Toronto, au congrès de l'American Psychiatrie Association, un groupe P ht’i.mm k ^ d'ex-patients manifestaient contre les abus de la psychiatrie, en particulier l'électrochoc.Il y a quelques semaines, les habitants de la ville de Berkeley en Californie sont allés jusqu'à interdire la thérapie par voie de référendum ! DES ALTERNATIVES CHIMIQUES Si on doit trouver des alternatives, il semble que ce soit dans les raffinements de la chimiothérapie qu'on puisse les trouver.Les cas traditionnellement résistants aux antidépresseurs commencent à pouvoir être traités grâce à de nouvelles approches.Une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal, dirigée par Claude DeMontigny, a réussi l'an dernier à obtenir des succès significatifs en combinant des tricycliques avec des sels de lithium.L'originalité des travaux de DeMontigny consistait à combiner ce§ deux substances, car le lithium était déjà employé pour traiter les accès maniaques de la psychose maniaque-dépressive qui, à première vue, semblent être l'antithèse de la dépression.L'hypothèse de départ se lisait à peu près comme suit.D'une part, les antidépresseurs augmentent la sensibilité à la sérotonine chez les neurones récepteurs.Il se pourrait donc que les patients résistants soient sensibilisés eux aussi mais qu'ils ne produisent pas suffisamment de sérotonine pour obtenir l'effet désiré.Le lithium, de son côté, augmente l'activité du neurone pré-synaptique producteur de sérotonine.En intervenant ainsi des deux côtés de la relation, on a pu obtenir des résultats intéressants: 50 pour cent et plus d'amélioration chez 73 pour cent des patients traités.D'autres associations d'agents chimiothérapeutiques sont aussi étudiées.À L.-H.Lafontaine, on travaille sur l'association du tryptophane — un acide aminé précurseur de la sérotonine — avec divers médicaments.Il semble que cet antidépresseur mineur — présent dans le lait — puisse augmenter le potentiel d'action des autres substances.Du côté des nouveaux produits, les chercheurs s'affairent à mettre au point des substances plus spécifiques qui viseraient directement les symptômes hormonaux de chaque patient, ce qui limiterait les effets secondaires assez nombreux — pertes de mémoire, gain de poids, toxicité, etc.— des médicaments actuels.Cela suppose également qu'on dispose de moyens de diagnostic qui permettent de prédire quel sera l'antidépresseur spécifique qui agira sur un cas donné.La recherche se porte donc également sur l'amélioration des tests dans cette optique.LES DÉPRIMÉS DE FÉVRIER Ces prouesses des neurosciences ont un effet indéniable sur les symptômes.«Mais nous n'avons encore aucun traitement curatif,» s'empresse d'ajouter Guy Chouinard.Pour ce faire, il faudrait trouver comment agir sur la source de la dépression.Mais quelle source?Bien qu'on ait identifié avec certitude une propension génétique à la maladie, cela n'explique pas tout.Par exemple, pourquoi le taux de dépression dans une population est-il plus élevé en février et plus bas en juillet?Autrement dit, l'influence de facteurs QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 45 environnementaux sur la maladie est plus que certaine.Il suffit de jeter un coup d'œil sur l'épidémiologie pour s'en convaincre.Le portrait-robot du déprimé est en fait celui à'une déprimée.Selon une vaste enquête menée à Londres par le sociologue britannique Georges Brown, cette disproportion entre le taux de dépression chez les hommes et chez les femmes (deux pour un) ne peut être imputée aux seuls facteurs hormonaux.Divers facteurs psychologiques ou sociaux entrent en ligne de compte.Être mariée, rester à la maison, vivre en milieu défavorisé, sont autant de facteurs qui augmentent les chances de la femme d'être déprimée.La femme du quartier Saint-Henri qui reste au foyer et élève de jeunes enfants a cinq fois plus de chances de subir une dépression que celle qui enseigne et habite Outremont.«L'apprentissage, l'éducation et les vécus psychologiques s'inscrivent dans nos dispositions mentales et affectives tout comme l'exercice augmente le diamètre de nos muscles,» affirme Charles Dumas, psychiatre à l'Hôtel-Dieu de Montréal.Autrement dit, les succès enregistrés dans la compréhension biologique de la maladie mentale ne sauraient justifier qu'on réduise l'approche à cette seule dimension.Même dans les cas de dépressions qu'on soupçonne être d'origine pure- ment biologique — c'est le cas, par exemple, des vieillards qui peuvent présenter des déficiences dans leur production de noradrénaline ou de sérotonine — la psychothérapie peut s'avérer un excellent support aux agents pharmaceutiques.Dans toutes les études comparatives, les antidépresseurs employés seuls se révèlent nettement supérieurs à toute forme de psychothérapie utilisée seule.Par contre, il semble que le meilleur traitement consiste à utiliser simultanément les deux thérapies.«L'écoute, la parole, les mots, conclut le docteur Moamai, ont un pouvoir tel qu'ils feront toujours partie de l'arsenal thérapeutique.» ?f Animé par Gilles Proulx Réalisé par le Service d'information Hebdo-Science de l'Université de Montréal Le lundi à 19h30 En reprise: mercredi 20h30 et vendredi 19h30 TVCP xnteA'UXBXDN TÉLÉ DES CDUHS LE RESEAU DU CABLE CÂBLE 24 Montréal — CÂBLE 25 Québec VOS ÉTUDES DE MAÎTRISE FAITES-LES DONC À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI pinion Principe mm » Une université, située au coeur de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, vous propose une gamme de programmes de maîtrise capables de répondre à vos exigences de formation supérieure.Ils couvrent plusieurs domaines de pointe, se caractérisent par leur approche multidisciplinaire et sont adaptés aux besoins de notre société.Ce sont: En administration • Maîtrise en gestion de projet • Maîtrise en gestion des P.M.O.(petites et moyenne organisations) En sciences appliquées • Maîtrise en ressources et systèmes • Maîtrise en sciences de l'énergie • Maîtrise en sciences de la terre En sciences fondamentales • Maîtrise en productivité aquatique • Maîtrise en sciences de l'atmosphère (agrométéorologie) • Maîtrise en mathématiques En sciences de l'homme • Maîtrise en éducation • Maîtrise en études régionales • Maîtrise en études littéraires • Maîtrise en théologie ADMISSION On peut être admis à l'un ou l'autre programme de maîtrise si on possède: • soit un diplôme de 1er cycle (baccalauréat) dans une discipline appropriée avec une moyenne cumulative d'au moins 3,0 ou l'équivalent; • soit les connaissances requises, une formtion appropriée et une expérience jugée pertinente.On a jusqu'au 1 er juin 1 983 pour faire parvenir une demande d'admission au bureau du regis-traire, à l'adresse ci-contre.SUPPORT FINANCIER Pendant toute la durée de leur programme, les étudiants peuvent faire appel à diférentes sources d'aide financière: bourses d'études d'organismes internes ou externes, assistance d'enseignement ou de recherche.RENSEIGNEMENTS Pour obtenir plus de renseignements sur l'une ou l'autre de ces maîtrises, sur les conditions d'admission particulières à chacune, ainsi que sur l'aide financière disponible, écrivez au directeur du programme concerné à l'adresse suivante: Université du Québec à Chicoutimi 555, boulevard de l'Université Chicoutimi (Québec) G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5613 DEMANDEZ VOTRE ADMISSION À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI Université du Québec à Chicoutimi UËBEC SCIENCE / mars 1983 47 AITUAÜTÉS Lg épilepsie.tout le monde connaît! Mais ce qu’on connaît moins, ce sont les moyens de venir à bout de cette maladie du système nerveux qui, à cause de ses manifestations, les fameuses «crises d’épilepsie», constitue un véritable handicap pour les personnes qui en souffrent.On n’arrive pas toujours à traiter, ni même à contrôler ces crises par des moyens traditionnels, tels les médicaments ou les diètes.C’est ainsi que pour maîtriser certains cas d’épilepsie chronique, les plus aigus et ceux jugés intraitables, on fait appel à la neurochirurgie: l'ablation, dans un hémisphère du cerveau, de la région à l’origine des crises ou même l’ablation de tout un hémisphère lorsque l’épilepsie s’accompagne d’hémiplégie.Mais, depuis plusieurs années, la solution de dernier recours privilégiée chez les adultes, c’est la section du corps calleux, l’un des ponts qui assurent la communication entre les deux hémisphères du cerveau.Ainsi, on empêche l’excitation nerveuse en cause dans l’épilepsie de se propager aux parties saines de l’autre hémisphère du cerveau.Après cette intervention chirurgicale Kl appelée «callosotomie», le patient voit généralement son état s’améliorer de façon sen-II sible.Mais ce traitement chirurgical demeure une solution ÉPILEPSIE DECONNECTER LES DEUX CERVEAUX de dernière instance, ce qui explique qu’on ne compte, à travers le monde, qu’environ 200 personnes à l’avoir subi.Mais voilà qu’en 1979, l’hôpital Sainte-Justine de Montréal était le théâtre d’une première mondiale: on a pratiqué une callosotomie chez un enfant.C’est sous la responsabilité de Guy Geoffroy, neurologue en chef à cet hôpital, qu’on a développé cette nouvelle approche thérapeutique.On compte maintenant une quinzaine d’enfants, dont l’âge varie entre 5 et 16 ans, à avoir subi une telle opération.«En intervenant assez tôt chez les enfants épileptiques dont la maladie est jugée intraitable par les moyens conventionnels, on peut stopper le processus de détérioration cérébrale de l'enfant et ainsi empêcher la régression de son âge mental », explique Maryse Lassonde du Groupe de recherche en neuropsychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui suit l’évolution du comportement de l’enfant callosotomisé.En raison de la gravité de leur maladie, les enfants opérés Le corps calleux [la flèche), un des ponts entre les deux parties du cerveau.sont pour la plupart déficients moyens ou profonds.Si les résultats ne sont guère encourageants chez les enfants qui présentent plusieurs foyers épileptiques, la section du corps calleux se révèle cependant une approche particulièrement bénéfique dans les cas où le foyer épileptique était initialement bien localisé.On enregistre alors une diminution des crises, une augmentation de la capacité de mémorisation, une amélioration du comportement affectif et social et même du langage : « On a surtout observé une augmentation du niveau d'éveil et d’attention, donc un meilleur rendement intellectuel chez nos jeunes patients», note Maryse Lassonde.Pour les jeunes patients, le bénéfice de l’opération est énorme car elle ne se solde, en retour d'améliorations importantes, par aucun effet secondaire dans la vie quotidienne.Une telle observation pose cependant un problème au chercheur: à quoi peut bien servir le corps calleux?Un secret que l’on commence à percer.Après avoir fait subir à leurs jeunes patients callo-sotomisés des tests dans des conditions expérimentales très contrôlées, les chercheurs ont observé des troubles mineurs au niveau du geste et de la perception de la profondeur.Cela permet maintenant au groupe de recherche en neuro- LA CULTURE MATERIELLE DES INDIENS DE WEYMONTACHIE : IMAGES D'HIER DANS UNE SOCIÉTÉ EN MUTATION par Norman Clermont 8.00$ (port indu) La société amérindienne de Weymontachie a vécu dans le passé des perturbations profondes qui ont effrité son héritage patrimonial.Cet ouvrage veut être la mémoire de la vie d'un artisan amérindien et de quelques éléments adaptatifs qui ont marqué cette société en mutation.I Préface de Camil Guy.Croquis biographique d'Albert Birothé.• 160 pages • 7 tableaux 34 planches ; 30 figures et cartes 5 planches hors texte Bibliographie Recherches amérindiennes au Québec 4050, rue Berri, Montréal H2L 4H3 Tél.: 849-9704 48 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES —— ÉPIDÉMIOLOGIE L'IMMUNITE MISE EN ÉCHEC psychologie de Trois-Rivières de formuler une hypothèse selon laquelle le corps calleux joue un rôle dans la coordination bimanuelle et dans la perception de la profondeur.Le cerveau semble réagir au sectionnement du corps calleux de façon différente selon son degré de maturité.Chez l’adulte, par exemple, on observe un syndrome de déconnexion qui rend presque impossible le transfert d’information entre les deux hémisphères à la suite du sectionnement du corps calleux.Ce qui s’observe à un degré bien moindre chez l’enfant.En effet, à cause de la grande capacité de réorganisation du jeune cerveau, l’information pourrait se frayer un nouveau chemin pour passer d’un hémisphère à l’autre.L’équipe de chercheurs de l’UQTR suit avec beaucoup d’intérêt l’évolution neuropsychologique de ces enfants.Ginette Beaulieu Les premiers cas apparurent de façon isolée il y a environ deux ans à New York et à San Francisco.Le scénario était toujours le même.De jeunes homosexuels, antérieurement en bonne santé, consultaient leur médecin pour des malaises vagues, une baisse importante de leur état général associée à ce qui semblait être une forte grippe tenace.Pour d’autres, l’atteinte générale coïncidait avec l’apparition de ganglions et surtout de plaques bleutées aux membres.Quelques-uns avaient même les deux modes de présentation simultanément.La plupart répondaient très mal aux différents traitements institués et, le plus souvent, ces maladies étranges, qui semblaient bénignes au début, évoluaient rapidement vers le décès du malade.Les guérisons complètes étaient rares et les survivants d’un premier épisode demeuraient affaiblis et ils étaient susceptibles d’une rechute à brève échéance.L’importance des manifestations et leur évolution exigèrent une action rapide et concertée.L’investigation des troubles infectieux montra qu’ils étaient causés par un micro-organisme ayant un comportement particulier, le Pneumocystis carinii.Quant aux lésions cutanées, elles étaient compatibles avec un sarcome de Kaposi.Le plus déroutant, c’est que les infections par Pneumocystis carinii s’observent habituellement chez les personnes ayant un système de défense immunitaire déficient, par exemple chez des cancéreux avancés, des individus ayant subi une transplantation ou recevant une médication immunosuppressive ou des gens en état de malnutrition avancée.L’apparition de sarcomes de Kaposi parmi cette population est tout aussi étrange puisqu’à ce jour, cette maladie était rare en Amérique du Nord.On la retrouve chez de jeunes Africains ou des personnes âgées du bassin méditerranéen et, contrairement aux cas touchant les homosexuels, l’évolution est le plus souvent bénigne.Depuis ces premières descriptions, le nombre de cas ne cesse d’augmenter et l’on fait face maintenant à une véritable épidémie.Les grandes villes américaines ne sont plus les seules à être frappées : plus près de nous, des cas ont été rapportés à Montréal et à Vancouver.A ce jour, près de 75 pour cent des personnes atteintes sont des homosexuels âgés entre 30 et 40 ans, ayant déjà fait une maladie vénérienne et ayant généralement plusieurs partenaires sexuels.Les 25 pour cent qui restent sont des hétérosexuels des deux sexes qui ont en commun de s’injecter des drogues de façon régulière.Enfin, depuis peu, quelques cas ont été décelés parmi des réfugiés d’origine haïtienne.Comme chaque fois qu’apparaît une épidémie n’ayant pas de précédent ou une nouvelle maladie, les milieux scientifiques sont en alerte, d’autant plus que, cette fois, le taux de mortalité est impressionnant.Déjà, certaines hypothèses pour expliquer les mécanismes d’apparition de ces maladies paraissent attrayantes.La prépondérance dans les milieux homosexuels élimine la simple coïncidence et laisse croire à une exposition à un agent infectieux commun et peut-être à une transmission sexuelle.Des études effectuées parmi cette population ont démontré sente mcsHL Renseignements: (514) 392-5306 Des démolisseurs microscopiques Tout neuf, solidement bâti sur le roc, le bel édifice ne montrait pas moins de dangereuses lézardes dont la cause mystifiait les ingénieurs.C’est M.Raymond Yong, professeur au département de génie civil et de mécanique appliquée et directeur du Centre de recherches géotechniques de McGill, qui a dépisté les démolisseurs.“Les travaux d’excavation, le changement de température, l’infiltration d’eau ont tiré de leur sommeil millénaire des bactéries qui se sont mises à proliférer et à se nourrir de leur habitat - le roc sur lequel on avait bâti l'édifice.Comme on ne peut pas éliminer ces microbes, nous les avons rendormis en leur coupant les vivres.’’ Il n’y a pas que les constructions humaines qui sont menacées par l’environnement; l’inverse est surtout vrai.C’est pourquoi une grande partie des études menées par les 42 ingénieurs civils et géotechniciens, physiciens, chimistes, biologistes et informaticiens du Centre concernent l’élimination ou le recyclage de déchets industriels, qu’il s'agisse des boues rouges d’une mine de bauxite en Jamaïque ou des vases, résidus de l’extraction du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta.Les prospecteurs d’aujourd’hui Même si un stage obligatoire d’une semaine sur le terrain fait partie du programme de diplôme en géophysique appliquée de McGill, cela ne veut pas dire que les futurs prospecteurs passeront la majeure partie de leur vie professionnelle en pleine nature.“En effet," précise M.Oliver Jensen, professeur de géophysique au département de génie minier et métallurgique de McGill, “avec les méthodes modernes d’analyse et d’interprétation des données géophysiques, nous travaillons surtout en laboratoire.Bref, nous appliquons les principes physiques à la prospection de gisements pétrolifères et de minéraux industriels dans la croûte terrestre.” C’est pourquoi il faut être titulaire d’un baccalauréat en physique, mathématiques appliquées, informatique, génie électrique ou minier pour être admis à ce programme de formation d’un an en analyse et interprétation des données, obtenues sur le terrain avec l’appareillage magnétique, géo-électrique et sismique de prospection.¦ Publi-reportagei QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 K Ce I llÙ 11 lisfli ii« | On b I ; Ain- H ?fi| en ti, il nb | ikn | s fa- j tas» | in fail I lilabli | villes j as les i| : plus | nt «11 et i I ijffltjj teintes | ‘f it tie)* meet isieufs es ® ailles iafji* t»*' # aa»"1 imi iisflfi Jais ;pf tilt if f qu’il y existe une fréquence accrue d’infections virales de toutes sortes et que les réinfections seraient presque continuelles, en particulier chez les sujets ayant plusieurs partenaires sexuels.Ces infections fréquentes mineraient graduellement l'immunité, favorisant la chronicité et l’apparition éventuelle de déficits immunitaires.Le milieu serait alors favorable à l’éclosion de ces maladies associées aux états d’immunosuppression.De plus, on a remarqué que même en ne présentant aucune des manifestations de ces maladies, plusieurs homosexuels souffrent, à des degrés divers, d’un déficit de l’immunité.Ceci suggère une installation graduelle de l'anomalie et laisse supposer que le sarcome de Kaposi et la pneumopathie à Pneumocystis ne sont que quelques-unes des manifestations susceptibles d’être observées à mesure que le déficit progresse.Un déficit immun identique a été retrouvé chez les hétérosexuels atteints et chez les réfugiés haïtiens.La déficience semble porter de façon sélective sur l’immunité cellulaire et en particulier sur les lymphocytes de type T.On reconnaît, parmi ces derniers, un groupe favorisant la production d’anticorps (T-in-ducteur) et un autre qui retarde cette production (T-suppres-seur).Normalement, on compte deux fois plus de T-inducteurs que de T-suppresseurs.Or, chez les personnes frappées par ce nouveau syndrome, cette TÉLÉDÉTECTION UN DÉSERT VERDOYANT 1 proportion est inversée et la suppression de l’immunité qui en résulte expliquerait l’apparition de ces maladies et leur résistance aux traitements.Malgré tout, on tend de plus en plus à impliquer au point de départ un agent infectieux comme grand responsable de ces perturbations dans les mécanismes de défense naturelle.Cet agent pourrait se transmettre de différentes façons : par contacts sexuels, par l’intermédiaire de matériel d’injection souillé sur lequel il se développerait et qui le disséminerait dans les milieux où les conditions hygiéniques sont déficientes.Malheureusement, plusieurs éléments dans la séquence des événements demeurent obscurs L^un des radars de la navette spatiale en pénétrant la couverture sablonneuse du Sahara oriental a découvert des lits de rivières, des vallées et des sites d’occupation datant de l’âge de pierre.Le radaroscope-A ( Shuttle Imaging Radar-A, SIR-A), utilisé lors du second vol de Columbia en novembre 1981, a ainsi permis, a-t-on appris récemment par la NASA, de pénétrer les dunes de sable de la région de Selima au nord de la conjonction des frontières de l’Égypte, du Soudan et du Tchad pour découvrir des vallées presque aussi larges que l’actuelle vallée du Nil et qui dateraient du début du tertiaire, il y a 50 millions d'années.Ce réseau permettrait de donner une explication à la localisation des oasis actuelles.On sait aussi que la région a donné lieu à une occupation humaine au quaternaire et on suppose que les conditions pluviométriques, il y a plus de Une image de la région de Bir Kiseiba, telle que nous en fournit le radaroscope à bord de la navette, comparée à une photographie prise au sol de la même région.et nos moyens pour déceler et traiter ces syndromes de déficits acquis de l'immunité (AIDS), comme on tend maintenant à les appeler, sont inadéquats de sorte que le nombre des victimes s’accroît, alors que les méthodes de prévention et de traitement piétinent.Pourquoi cette éclosion soudaine et surtout parmi la population homosexuelle ?Quelles seront les prochaines manifestations ?Sommes-nous en présence d’un nouvel agent infectieux?Le problème demeure inquiétant et les répercussions épidémiologiques, culturelles et sociales ne font que poindre.Jean Lyonnais 10 000 ans, faisaiént de ce qui apparaît aujourd'hui comme un désert plat et aride, une savane parcourue de ruisseaux et parsemée de petits lacs.Il y a 5 000 ans, le retour d'un climat hyper-aride a chassé toute occupation humaine.Le paysage dessiné par le radaroscope et aujourd’hui enfoui permet d’envisager la reconstruction d’une partie du réseau hydrographique préhistorique.Une partie seulement car, selon les images transmises, certaines rivières coulaient, à l’époque, en sens inverse du système actuel.La radaroscopie demeure cependant une technique expérimentale car ce système de pénétration n’est possible que dans une gamme très limitée de conditions.Il est ainsi plus facile de traverser une cape de sable desséché qu'un matelas d'argile.De fait, les lois physiques présidant à ce genre d'exploration ne sont pas entièrement connues.A tel point qu'avant de diffuser leur découverte, les Américains sont allés vérifier sur place les images du radaroscope.Bernard Giansetto II" 1 ( ^jfl M18|§|M ¦ si : iili ¦ HH ¦ mars 1983 / QUEBEC SCIENCE La garderie ne peut plus être considérée comme un phénomène marginal.Environ 20 000 petits québécois quittent chaque matin leur domicile pour passer la journée dans une garderie à permis et plus du double le font dans des garderies de type familial.Les chercheurs, psychologues et éducateurs, se sont attachés depuis une dizaine d'années à comprendre et à évaluer les effets de la vie en garderie sur les enfants.Quel est l'effet de la garderie sur le développement psychologique de l'enfant?La séparation quotidienne de l’enfant et de ses parents peut-elle être néfaste à l'attachement émotionnel dans la famille?Qu'est-ce qu'une bonne garderie?La grande majorité des travaux portent sur les garderies à permis, plus accessibles à la recherche que les garderies familiales.Depuis 1976, le laboratoire de psychologie du développement de l'École de psychologie de l'Université Laval dirigé par Richard Cloutier a réalisé pas moins de 15 études portant principalement sur l'adaptation de l'enfant au milieu de la garderie et sur les relations qui existent ou devraient exister entre la garderie et la famille.De tous ces travaux il ressort clairement que chaque garderie est un milieu en soi et qu'elles diffèrent entre elles autant que peuvent différer des familles.De la même façon qu'il n'y a pas deux familles identiques pour l'enfant, il n’y a pas deux garderies semblables, chaque milieu est unique.Ce qui s'applique à un endroit ne vaut pas nécessairement pour l'autre.Dans ce contexte d'unicité de chaque milieu il ne se trouve que très peu de recettes valables partout et les lois généralisables au fonctionnement de toutes les garderies n'existent qu'en très petit nombre.Toutefois certains travaux de recherche intéressés à connaître les activités de l'enfant en garderie, ainsi que le contexte social dans lequel se déroule ces activités, ont permis de dégager certaines tendances.Avec les années il est devenu apparantque la fréquentation régulière d'une garderie n'avait pas d'effet clair sur le développement intellectuel sauf pour les enfants provenant de milieux défavorisés qui profitent avantageusement de la stimulation psychologique de ce milieu.Sur le plan affectif les données obtenues ne permettent pas de déceler d'effet net.Quant à la transition quotidienne famille-garderie-famille, on observe que l’enfant a souvent plus de mal à quitter ses amis en fin de journée que ses parents en début de journée.Sur le plan social le contact avec des amis peut favoriser chez l'enfant la capacité d'entrer en relation avec d'autres enfants mais, par ailleurs, on a observé chez eux une baisse des contacts positifs avec l'adulte.Au-delà de l'unicité de chaque garderie il y a une dimension écologique qui possède un caractère plus généralisable à l'ensemble des milieux de garde de jour en groupe: le contexte social et matériel de l'accueil des enfants.Si la stimulation sociale de l’enfant constitue l'un des apports éducatifs les plus reconnus de la garderie, l'effet d'une vie de groupe aussi intense sur l'enfant demeure mal connu.Une étude menée dans cinq garderies différentes a permis d’observer que durant 97% du temps qu'il passe en garderie, l'enfant est en présence d'un ou de plusieurs pairs dans son entourage physique immédiat.Une autre étude québécoise, plus récentes, menée dans trois garderies confirme ces données en Mï «lïfi Snson line L’UNIVERSITE LAVAL EN CAPSULES Livres et auteurs québécois Revue critique de l'année littéraire unique en son genre dans la francophonie, «Livres et auteurs québécois 1981 » contribue de façon significative à asseoir la réputation des lettres québécoises.Publié cette année pour la vingt et unième fois par les Presses de l'Université Laval, édité par le Département des littératures de l'Université Laval depuis 1972, «Livres et auteurs québécois 81 » compte cette année quelque 400 pages parmi lesquelles 80 pages réservées à des renseignements généraux, une bibliographie générale et passablement complète des quelque 600 ouvrages parus dans I année au Québec, une liste des prix littéraires de l'année, une liste des thèses et des études de littérature québécoise parues dans les revues et finalement, une liste des principales maisons d'éditions.Le reste du volume est consacré à l'étude critique de quelque 220 ouvrages répartis en 6 grandes catégories: roman et nouvelle, poésie, théâtre, critique littéraire, littérature de jeunesse et une catégorie assez imprécise, celle des essais.Chaque section est confiée à un responsable qui se charge lui-même de recruter des collaborateurs.Ces collaborateurs sont cette année au nombre de quelque 110: professeurs des universités francophones, des Cegeps ainsi qu'un bon nombre d'étudiants gradués de l'Université Laval.Il ne s'agit pas de critiques de type journalistique, dont le caractère est immédiat, mais plutôt d'études où le critique a eu le temps de prendre ses distances vis-à-vis de l'œuvre.Une grande latitude est laissée à chaque collaborateur auquel les éditeurs demandent seulement de garder une certaine objectivité, condition qu'il n’est d'ailleurs pas toujours facile à remplir.Le cru 1981 de «Livres et auteurs québécois» témoigne de l'importance de la production littéraire québécoise: les romans et essais y occupent évidemment la première place mais, et c'est sans doute là une caractéristique de la production québécoise, la poésie y tient aussi une place importante (55 pages).Malgré le marasme financier qui frappe la vie théâtrale au Québec, le nombre de pièces éditées au cours de l'année est également considérable.La nouvelle section consacrée à la littérature de jeunesse montre bien l'intérêt porté à ce nouveau secteur de production littéraire.Par contre, la version 81 de « Livres et auteurs québécois» ne comporte pas encore «la revue des revues» qui avait été annoncée et dans laquelle les auteurs voulaient réserver une large place à la bande dessinée et à la science fiction, deux genres qui se développent rapidement au Québec.Au total, l'année 81 a donc permis une production littéraire remarquable, au moins quantitativement, ce qui a permis récemment à Tougas d'écrire dans «Le destin littéraire du Québec» que la littérature québécoise était une des seules littérature francophone qui avait des chances de tirer son épingle du jeu dans la crise actuelle.La subvention que le Conseil de recherches en sciences humaines accordait à «Livres et auteurs québécois» prend fin cette année et elle ne semble pas devoir être renouvelée.Bien que toutes les collaborations soient bénévoles la survie de «Livres et auteurs québécois» n'est donc pas assurée.Aurons-nous un «livres et auteurs 1982?» la question est à suivre.L'analyse de la valeur alimentaire des fourrages, bientôt mise à la portée des producteurs A la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, le Dr Ricardo Seoane, du Département de zootechnie, en collaboration avec le Dr Paul Gervais, du Département de phytologie et Gilles Dupuis, de la Station de recherche de Deschambault, a entrepris une recherche sur la valeur alimentaire des fourrages qui est subventionnée par le Conseil des recherches et services agricoles du Québec et par Agriculture-Canada.En soi, le sujet de la PUBLIREPORTAGE SCBtf QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 buveau en garderie aiiitéi inique lenteie pemeii fiWÉ Bjeie leiece isulilî- Iditt liiiili- nlmi e senf» 'Mit ‘«te apicilé enfalj lui une ille.|MM Bsséoe sente «pe:le «life l'enlem es pte ! «e de eijeiie lies# intJA Iules rsfci leaute i je déni •es situant à plus de 80% du temps révolution dans un contexte de groupe pour l'enfant.Cette dernière étude a aussi permis de constater que les enfants sont en situation de contact physique entre eux ou avec l’éducatrice, environ 7% de leurtemps et en activité verbale environ 30% de leur temps que ce soit avec un ou plusieurs enfants, avec l'éducatrice ou tout seul.Les données indiquent aussi que les enfants plus jeunes, de 1 an et demi à 3 ans et demi, ont tendance à se toucher davantage et à parier moins que les sujets plus vieux, 3 ans et demi à 5 ans.Sur le plan matériel les enfants utilisent quelque chose — des jouets, un crayon — pendant plus de 65% du temps qu'ils passent en garderie.Ces observations permettent d'affirmer que la garderie est un milieu très présent à la fois au plan social et matériel: l'enfant est constamment en présence des autres, parlefréquemmentet utilise beaucoup de matériel dans ses activités.Ce climat intense de la vie en garderie peut avoir des effets stimulants sur le plan social mais il implique aussi un manque relativement évident de personnalisation du milieu par rapport à l'individu-enfant.L'espace individuel, l'intimité personnelle, l'accès libre au calme sont des dimensions presque absentes de la vie de l'enfant dans la plupart des garderies.La notion d'intimité personnelle est reliée au pouvoir de contrôler la stimulation sensorielle de l'environnement.Le libre accès à un certain isolement social sur les plans physique, visuel ou sonore est un privilège que les adultes n'abandonnent pas facilement.Quel est l'effet de ce manque d'intimité sur l'enfant qui fréquente régulièrement la garderie c'est-à-dire par exemple de9hà17hà raison de 5 jour par semaine?Qu'un bébé ou un jeune enfant, pour sa propre sécurité, ne puisse pas s'isoler de l'adulte qui en a la garde est concevable, mais dès lage de 3 ans un enfant peut psychologiquement bénéficier de l'accès à une certaine intimité personnelle, quitte à ce que cette dernière ne soit pas complète et maintienne l'enfant en contact visuel avec l'éducatrice.En faisant exception des débuts de journées, pour les premiers arrivants, et des fins de journée, pour ceux qui quittent les derniers, les données d'observations obtenues lorsque les garderies fonctionnent à capacité d'accueil normale permettent de croire que les enfants en garderie aimeraient pouvoir contrôler davantage la stimulation transmise par l'environnement.Psychologiquement, une telle autonomie dans le contrôle de l'intimité personnelle peut favoriser à la fois la réflexion et la détente chez l'enfant et lui permettre de développer une capacité d'auto-contrôle par rapport à son environnement.Il existe sans doute plusieurs façons d'atteindre un seuil acceptable d'intimité personnelle.Dans certaines cultures, comme en Chine par exemple, l'intimité personnelle n'est reliée que de loin à l'isolement physique ou visuel par rapport aux autres personnes, mais l'espace personnel y est protégé par une discrétion comportementale très valorisée.Vouloir donner à l'enfant en garderie un contrôle accru sur son intimité personnelle ne veut pas dire promouvoir la solitude, ou favo- uw#1 i iiiie* it lui1 iiie idujuj recherche est classique; il s'agit de répondre à des questions telles que celles-ci: quelles sont les plantes fourragères qui ont la valeur alimentaire la plus élevée?À quel stade les fourrages doivent être récoltés pour obtenir la meilleure combinaison possible rendement-digestibilité-appétence?Quelles sont les méthodes de conservation qui permettent de tirer des fourrages la meilleure valeur alimentaire possible?L'importance de ces recherches est évidente puisque les ruminants, bovins et ovins notamment, tirent l'essentiel de leur alimentation des fourrages et que grâce au complexe rumino-réticulaire, ils sont d'excellents utilisateurs des aliments cellulosiques que la nature produit en quantité et à bon marché.Mais ce qui est sans doute le plus original dans la recherche du professeur Seoane, c'est qu'il a développé des techniques de laboratoire simples, rapides, économiques et précises, qui permettent d'estimer la valeur .51 riser la privation sensorielle, mais plutôt donner un choix même incomplet à l'enfant parmi certains niveaux de stimulation environnementale.Poser l'objectif d'augmenter la personnalisation de la garderie pour l'enfant en lui donnant un accès libre à l'intimité et au calme apparaît nécessaire.Cela présente cependant plusieurs implications.L'espace physique et son aménagement, le type d'encadrement de l'enfant, le programme d'activités sont des exemples de paramètres qui peuvent être modifiés dans cette perspective.Il est fort probable qu'il existe plusieurs voies vers l’atteinte de cet objectif et que chaque milieu de vie doit définir sa propre trajectoire à cet égard.Pour en savoir plus Cloutier, R., et Tessier, R.La Garderie Québécoise: Analyse fonctionnelle des facteurs d'adaptation.Québec: La liberté, 1981.Vaillancourt, C., Marquis, D.et Cloutier, R.L’influence du programme d'activités sur le comportement de l’enfant en fonction de ces caractéristiques personnelles.Communication présentée à la 40e Assemblée Annuelle de la Société canadienne de psychologie, Québec, juin 1979.Marianne Kugler alimentaire des fourrages.Ces techniques basées en partie sur les caractéristiques physiques des fourrages, ont été utilisées avec succès sur les foins et ensilages de première coupe mais il reste à déterminer si ces mesures sont valables pour les fourrages de 2e ou 3e coupe dont les propriétés physiques et chimiques diffèrent profondément.À plus long terme, ces techniques rapides pourraient permettre au producteur lui-même de déterminer la valeur alimentaire de ses fourrages et de calculer la ration de ses bovins et de ses ovins, c'est-à-dire d'évaluer de façon scientifique l'apport alimentaire représenté par les fourrages dont il dispose aussi bien que le supplément alimentaire (énergétique ou protéique) qui devra être apporté dans la ration afin d'obtenir une production optimale.Déjà bien amorcée, cette recherche pourrait donc permettre aux producteurs une gestion plus scientifique de l'alimentation de leurs troupeaux qui viendra compléter les progrès remarquables faits, ces dernières années, dans la gestion économique des fermes.Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214, Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 PUBLIREPORTAGE 52 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE GÉOLOGIE DIRECTION PLEIN SUD! Au début de l’hiver, à l’instar de milliers de Québécois, deux chercheurs de l’UQAM se sont envolés vers le Sud.Mais détrompez-vous : ils allaient tellement au sud, jusqu’en Antarctique, qu’ils n’y auront trouvé ni soleil, ni chaleur.Peut-être de l’uranium.L’Antarctique est ce sixième continent que personne n’habite et dont 98 pour cent du territoire est recouvert par une couche de glace variant entre 1 000 et 4 000 mètres d’épaisseur.Depuis une centaine d’années déjà, de nombreux travaux scientifiques s’effectuent dans cette région.Des spécialistes de toutes disciplines et de tous pays en ont fait leur terrain de recherche.Le tout est régi par le «Traité de l’Antarctique» de 1961, accord international encourageant la coopération scientifique entre les 25 nations signataires.L’an dernier, la National Science Foundation américaine qui parraine et finance une mission polaire visant à évaluer le potentiel en uranium de l’Antarctique, a offert à deux chercheurs de l’Université du Québec à Montréal de se joindre à l’expédition de 1982-1983.C’est ainsi que Maurice Mo-rency, géochimiste, et Alain Tremblay, étudiant gradué au département des sciences de la Terre, ont assuré une première présence québécoise au sein de la communauté scientifique du pôle Sud.Deux spécialistes allemands et trois américains complétaient cette équipe.Leur but: recueillir là-bas des échantillons de sol afin d’y déceler ici des traces d’uranium.M.Morency et A.Tremblay, chercheurs québécois qui participent à la mission scientifique au pôle Sud.Leur premier arrêt, la base MacMurdo, à 500 km du pôle Sud.r Gilles St-Pierre Gilles St-Pierre — .: - POISSONS EN CAGE Les Suédois ont mis au point une nasse géante et flottante conçue pour produire 150 tonnes de poisson par an avec un équipage de deux personnes seulement.Large de 50 mètres, cette «cage géante» est facile à déplacer pour bénéficier des meilleurs environnements aquatiques.Cet «aquarium» dispose de toute la chaîne nécessaire à l’élevage des poissons qui vivent d’abord dans des cages grillagées ; il dispose aussi d'une section pour conditionner le poisson, d’une salle des machines, d'une chambre froide et d’une cuisine.(B.G.) SHERBROOKE IRRADIE Ce n’est pas tous les jours que le Conseil de recherches médicales du Canada crée un important groupe de recherche dans une université québécoise.Cette fois, c’est l’Université de Sherbrooke qui bénéficie d’une subvention de trois millions de dollars pour les cinq prochaines années, permettant la création d’un groupe de recherche en sciences des radiations.Léon Sanche, Jean-Paul Jay-Gérin, Johannes E.Van Lier et Gordon Fisher formeront donc une équipe interdisciplinaire unique en sciences des radiations.Parmi les questions qu'ils aborderont : Quels sont les processus par lesquels la radiation interagit avec les molécules biologiques ?Quels composés chimiques se trouvent formés après la radiation?Comment ceux-ci endommagent-ils les sites-cibles cellulaires et contribuent-ils à la mort des cellules ?Comment accroître la valeur thérapeutique des radiations et assurer une radioprotection efficace ?Des travaux dont Québec Science rendra compte dans les années qui viennent. w8c;| QUÉBEC SCIENCE / mars 1983 Un mois durant, en plein cœur de l’été austral, alors que la température moyenne était de -20° C, le groupe a parcouru une partie du continent en motoneige.Les échantillons ont été prélevés à même les pics rocheux émergeant de la glace et situés dans la partie ouest de l’Antarctique.Ces pics étaient jugés susceptibles de receler l’uranium puisqu'on avait déjà pu y enregistrer du haut des airs une activité gamma.Une fois les échantillons prélevés, le travail consiste à déterminer leur composition.Pour cette étape, les méthodes conventionnelles comme le bombardement aux neutrons et l’analyse du spectre alors émis par l’échantillon irradié, ne suffisent pas.Car si l’uranium ne s’y retrouve qu’en quantités infimes, les autres éléments plus importants le cacheront.C’est d’ailleurs l’expertise qu’a développée M.Morency dans ce domaine qui a incité la National Foundation à l’inviter.Depuis six ans, l’universitaire montréalais a en effet amélioré une technique radiochimique qui lui permettra aujourd’hui, dans son laboratoire de l’UQAM, de dresser un tableau vraiment complet des composantes de chacun des fragments polaires précédemment irradiés.Ce n'est donc qu'après une interminable suite de manipulations chimiques et d’analyses électroniques raffinées que la roche de l’Antarctique livrera ses secrets.Louise Desautels Un mille à pied, ça n'use que les souliers.parrnapacTtonk ¦ La mouvamanl Canadian du Nan-ttra ptiyalqua.53 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?/• \ RECHERCHE B Pour chercheur, diant, sitaire, rche cons-ynthèse e tout ce d'im-  ! ponant sur tous les fronts de la recherche de la BÉKjjl biochimie à l'astro-.physique^® Recherche est une revue internationale^! publiée en^| français.^ Ses articles^ w sont écrits^ Et lus dans g^EWle monde entier.Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom__________________________________________________________ adresse______________________________________________________ pays- à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4IM 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. 54 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE par François Picard PLUS PETIT QU'UN LIVRE DE POCHE Qu'est-ce qui est plus petit qu'un livre de poche et permet d'envoyer des images jusqu'à une cinquantaine de kilomètres de distance?Une telle question aurait paru invraisemblable, voire même ridicule, il ya quel-ques années à peine.La réponse: un émetteur de télévision noir et blanc ou couleur de qualité radiodiffusion qui ne pèse que 900 grammes et fonctionne en 12 volts.Le «Television Transmitter» a été mis au point par la société belge Avionics.D’une puissance de sortie de 20 watts, cet émetteur peut servir tant à des services publics, pour la surveillance de la circulation ou celle des frontières par exemple, qu'à des stations de télévision pour des reportages en direct ou encore la diffusion d'émissions communautaires.Le coût de l'émetteur complet, auquel il ne reste qu'à ajouter une caméra vidéo, n'estquede 1 000 $ environ.Bientôt demain PLUS VITE.MOINS CHER Grâce à l'informatique, la vitesse moyenne des trains va augmenter au Canada tandis que leur consommation de carburant diminuera.Ceci est dû à la mise en service d'un nouveau système automatisé de commande centralisée de la circulation ferroviaire.Il s'agit d'un ordinateur programmé pour choisir les points les plus logiques de croisement pour les trains qui circulent sur les voies simples.Assis devant une table de contrôle, l'opérateur du système peut voir l'emplacement de tous les trains en mouvement dans un territoire donné.Tenant compte de facteurs aussi divers que la moyenne des temps de parcours, la nature du chargement et les points de croisement possibles, l'ordinateur peut déterminer l'ordre de priorité des convois, leurs horaires ou les moments où une marche au ralenti est nécessaire.Il prépare même les aiguillages pour les croisements sans que l'intervention humaine ne soit nécessaire.DE PLUS EN PLUS DE MÉMOIRE Les utilisateurs de micro-ordinateurs comme les TRS-80 et les Apple peuvent se procurer aux États-Unis des lecteurs de disques durs de 51A pouces d'une mémoire de dix millions de caractères pour moins de 3 000 dollars canadiens.Cela représente environ 5 000 pages emmagasinées sur une seule disquette.Pour quelques centaines de dollars de plus, on trouve aussi des lecteurs de disquettes d'une capacité de 15 millions de caractères.Rappelons qu'il n'y a pas de droits de douane mais seulement une taxe de vente à payer sur ce type d'appareils.(Santa Clara Systems Inc., 560 Division St., Campbell, CA 95008, U.S.A.) UNE POMME À CROQUER Plus puissant, mais moins cher : il s'agit là d'une des multiples différences entre le Apple II et EN BREF.UNE MONTRE DICTIONNAIRE Après la montre-radio et la montre-jeu-électronique, en attendant une montre-télévision de qualité, CASIO met sur le marché une montre-inter- prête.On peut faire apparaître sur son écran l'un des 1 711 mots de son dictionnaire électronique anglais/espagnol mis en mémoire ou l'une des 36 phrases courantes traduites en anglais, espagnol, japonais, français ou allemand.En plus, elle peut rappeler un rendez-vous mis en mémoire et même donner l'heure.• Pour les personnes ayant d'importants troubles visuels, la compagnie Sharp propose la EL-640, une calculatrice-montre qui donne l'heure et les résultats des calculs au moyen d'une voix synthétique; mais seulement en anglais pour l'instant.• En Angleterre, les éditeurs de logicielscommerciauxajou-tent parfois à l'intérieur même de ceux-ci un programme de quelques lignes qui fait en sorte que l'ordinateur détruit le logiciel à une date donnée s'il n'a pas encore été payé.• AMC-Renault propose en option sur la nouvelle Alliance un système d'ouverture et fermeture de portes à télécommande à infrarouge qui fonctionne sur le même principe que les télécommandes de téléviseurs.• Sears offre maintenant à sa clientèle un four micro-ondes avec lequel on ne s'ennuie pas: il est doté d'un lecteur de cassettes stéréo et d'un téléviseur (coût: environ 1 500 dollars américains).• General Electric, Kraco et Radio-Shack, entre autres, vendent depuis quelques mois des émetteurs CB fonctionnant sur 40 canaux dont le canal 9 de détresse; leur particularité est de pouvoir se brancher sur la prise de l'allume-cigarette lorsque l'on en a besoin.v.V Apple Ile le Apple Ile, le dernier-né du maintenant célèbre fabricant d'ordinateurs grand public.Sa mémoire vive est de 64K au lieu de 48K pour l’ancien modèle.Les minuscules et majuscules sont standard.Une carte insérée à l'intérieur permet d'obtenir une image vidéo en 80 colonnes.Le nouveau modèle est compatible avec le Apple II au niveau de la quincaillerie et du logiciel.Enfin, pour les francophones, un Apple Ile devrait bientôt apparaître sur le marché avec toutes les lettres accentuées et même un mode d'emploi en français, ce qui n'est pas chose commune dans ce nouveau monde de l'ordinateur domestique. .'.•fcuÈBEC SCIENCE / mars 1983 55 p SOI (Sam 30w- sclff iltiples I île II fl f LA BRULURE INTERNE Herbert J.Freudenberger Inédi, Montréal, 1982 190 pages, 19,95 $ Avez-vous la sensation d'être épuisé, vidé, brûlé?Est-ceque la carrière sur laquelle vous avez tant misé perd de son intérêt, de son sens?Recherchez-vous des distractions de plus en plus excitantes pour compenser le trop-plein de frustrations quotidiennes?Si vous êtes à plat et avez le sentiment qu'il n'y a plus d'étincelles dans votre vie, c'est peut-être que vous êtes en train de brûler.que vous êtes atteint de ce que Herbert Freudenberger, psychanalyste américain, appelle le burnout ou brûlure interne, un syndrome d'épuisement physique et émotionnel.Dans son livre La brûlure interne, Freudenberger identifie ce qui pourrait bien être un nouveau mal du siècle, accentué par un mode de vie où le niveau d'attente tant au plan professionnel que personnel est souvent disproportionné par rapport à ce qui est humainement réalisable.Ce phénomène est encore amplifié, selon l'auteur, par un contexte social où les changements se succèdent à un rythme si rapide qu'on n'arrive pas à reprendre son souffle.S'appuyant sur tout un éventail de cas types, ce qui se révèle particulièrement intéressant, l'auteur s'emploie à décrire et à illustrer les différents symptômes qui accompagnent la «brûlure interne» et les moyens à prendre pour éteindre cet« incendie».Les candidats au burnout sont au départ des êtres mus par de grands idéaux et de grands espoirs et qui travaillent énergiquement à atteindre leur but.L'horaire toujours plein, ce sont généralement des leaders qui n’admettent pas leurs limites et qui se brûlent à force d'exiger trop d'eux-mêmes.Mais comme la société n'apporte guère de récompenses à la mesure de telles aspirations, c'est alors l'engrenage des frustrations, des désillusions, des rêves qui s'évanouissent, le sentiment d'échec.Il suffit alors du moindre événement pour allumer le feu intérieur.Contrairement à la dépression, l'état dépressif dont il est question ici est généralement temporaire et orienté vers un aspect précis de la vie d'une personne.Mais il n'existe pas de remède miracle quand on touche ainsi le fond du baril.Pour Fauteur, le burnout ne doit pas conduire au découragement mais à l'espoir.Cela signifie simplement qu'il est temps de changer certaines règles du jeu qu'on croyait indispensables à notre vie.Changer de cap mais sans y mettre l'énergie du désespoir, suggère-t-ii.En somme, il vaut mieux se rallier à la devise de l'humoriste américain Kim Hubbard qui dit de ne pas «prendre la vie trop au sérieux puisque personne n'en est jamais sorti vivant».Ginette Beaulieu FUTURS EN TIQUE Gérard Métayer Les éditions ouvrières collection Alternatives économiques Paris, 1982, 176 pages Bureautique, informatique, robotique, télématique.l'avenir se conjugue désormais au suffixe à la mode des télé-informaticiens.L'avenir, ou les avenirs?Gérard Métayer, chercheur du Groupe d'études sociales, techniques et économiques (GESTE) de Paris, et chantre de la révolution des communications, a choisi le pluriel.Car son livre est beaucoup plus un appel vers l'urgence de choisir, un manifeste de politique sociale et industrielle, qu'un simple panorama vulgarisé.La France, dit-il, était au tout premier rang de la révolution informatique jusqu'à la fin des années 50.Mais elle ne croyait pas à l'ordinateur et a laissé l'empire IBM s'ériger chez elle comme ailleurs.C'est lorsque les Américains ont refusé aux fabricants de la «Bombette» de Charles de Gaulle l'usage d'un ordinateur superpuissant que le gouvernement français a compris les risques de la dépendance informatique.Négligence criminelle, dont Métayer retrace les effets durables 15 ans après le premier «plan CALCUL» qui devait pourtant redonner à la France un leadership qu'elle recherche encore.La qualité première du livre (son engagement politique qui le place au cœur d'un débat urgent) constitue certes sa faiblesse principale pour le lecteur québécois, au premier abord du moins.C'est l'analyse de la situation française que Métayer entreprend, et les épisodes du débat ne présentent pour nous qu'un intérêt anecdotique.A moins qu'on ne l'envisage comme une bonne étude de cas, dont les leçons de courte vue politique sont sans doute transposables chez nous.À moins qu'on ne retienne aussi que les chapitres d'introduction, ceux où la situation française est replacée dans un contexte plus général, américain dans l'ensemble bien sûr, mais où les sociétés canadiennes (Northern Telecom) et nos innovations (Télidon) apparaissent timidement.Il y a aussi ici et là quelques références plus directes à la situation québécoise, que Métayer idéalise malheureusement.Sa vision de la révolution tranquille, de notre pouvoir de résistance à la colonisation américaine, de nos productions télévisuelles «de grande qualité», fait un peu sourire lorsque regardée de plus près.Lorsqu'on considère aussi notre retard face à la France même, dans ce pari des futurs en 'tique'.Mais qu'importe.Si les défis posés outremer correspondent aux choix que nous devrons nous aussi relever, le dossier de Métayer constitue une bonne base de réflexion.VISION ET TRAVAIL Luc Desnoyers et Dominique Le Borgne Institut de recherche appliquée sur le travail Montréal, 1 982 Tome I : 64 pages, 4,00 $ Tome II: 88 pages, 4,00 $ Ces deux brochures, écrites dans un langage simple, à la portée de tous, abondamment illustrées, s'avèrent d'un intérêt certain pour tout travailleur affecté à des tâches visuels ou exposé dans son milieu de travail à des risques d'accident oculaire.Si aucune donnée statistique n'existe en ce qui concerne le travail visuel, on sait, par contre, selon les chiffres de la Commission des accidents de travail, qu'il y eut, en 1977, près de 14 000 blessures oculaires.Luc Desnoyers, professeur au département des sciences biologiques de l'UQAM, et Dominique Le Borgne, ingénieure-ergonomiste à l'IRAT, présentent dans la première brochure l'état de la situation puis les différentes sources de danger pour l'œil, les moyens de protection dont les travailleurs disposent actuellement, et enfin, ils élaborent un programme détaillé de protection oculaire.La deuxième brochure s'intéresse davantage au travail visuel lui-même (par exemple, le travail de secrétariat, de comptabilité, de classification).Après avoir examiné le problème de l'éclairage, des matériaux et de l'équipement, les auteurs consacrent un chapitre à l'étude détaillée du travail sur écran cathodique, à ses effets sur la vision, la posture et le système nerveux.Diane Dontigny Pierre Sormany 56 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE ' tr>\ C P.250.Sillery, ENDIGUER LE LAC SAINT-PIERRE Dans le but d'optimiser le rendement agricole des basses terres du Saint-Laurent, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) envisage l'endiguement des terres entourant le lac Saint-Pierre sur les deux rives.Essentiellement, il s'agit d'ériger une série de digues équipées de vannes permettant l'entrée de l'eau sur les terres au moment de l'inondation et pouvant être fermées au moment choisi de sorte qu'on puisse accélérer l'évacuation de l'eau au moyen d'un système de pompes.Ces opérations ont pour but de permettre à la machinerie agricole de circuler dans les champs et de procéder plus tôt à l'ensemencement.Le principe d'aménagement proposé par le MAPAQ démontre sa préoccupation de minimiser les répercussions négatives sur l'environnement, particulièrement sur les populations de berna-ches et de canards en migration.Mais, l'approche demeure incomplète puisqu'elle ne tient pas compte de l'ensemble de l'écosystème.À titre d'exemple, qu'adviendrait-il des poissons et alevins piégés sur les terres?Et, partant de ce fil, jusqu'où nous conduirait-il dans la chaîne alimentaire?En fait, le véritable point d'interrogation englobe toute la problématique de l'écosystème de la plaine de débordement.Nous pensons qu'il est important d'évaluer les risques économiques et écologiques avant de décider de la réali- sation du projet.Le but de notre intervention n'est pas de bloquer ce projet mais d'agir en toute connaissance de cause.C'est pourquoi nous demandons qu'avant d’entreprendre les travaux, le gouvernement démontre les avantages et les inconvénients du projet tant au point de vue technique qu'économique.Association des biologistes du Québec BIENTÔT LES CLONES DE VEAUX J'aimerais apporter une rectification à votre courte note intitulée «Le veau éprouvette», publiée à la page 26 du numéro de décembre dernier.Vous écrivez alors «.ouvrant la voie à la production d'un clone de veau.génétiquement identiques».Plusieurs méthodes de production des clones de veaux ont été mises au point aux États-Unis depuis 1976.Les universités du Colorado, de la Californie (Davis), du Kentucky et du Wyoming sont les principaux centres américains de recherche dans le domaine de la transplantation embryonnaire, de leur congélation, de la détermination des sexes ainsi que de la production de clones de veaux identiques (Anderson, G.B., Methods for Producing Twins in Cattle, Therio-genology, 9: 3, 1 978).La production de jumeaux identiques ouvre un large domaine de recherche concernant l'influence des conditions environnementales (température, humidité, altitude, latitude, photopériode, etc.) et alimentaires en fonction de la performance de ces individus, le facteur génétique n’intervenant plus dans l'expérimentation.Tout comme la transplantation d’embryons de bovins, dans quelques mois, la production de clones de veaux sera chose courante dans nos fermes.J.H.M.Ouellet Saint-Cœur-de-Marie N.D.L.R.: Le texte auquel réfère notre correspondant a été publié dans un publireportage, sous la responsabilité première de l'université Laval, et non dans nos pages rédactionnelles.Toutefois, compte tenu de l'intérêt des précisions apportées par M.Ouellet, nous avons décidé de publier cette lettre.AVIS AUX COLLECTIONNEURS Vous souhaitez acquérir la collection de Québec Science?M.Yves Doré vous offre la sienne.Elle comprend tous les numéros parus entre novembre-décembre 1 972 et juin 1982 (il ne lui manque que cinq numéros).Tout lecteur intéressé n’a qu'à communiquer avec M.Doré (2100, Saint-Denis, app.16, Montréal, H2X 3K7, (514) 844-5020).Venez vivre au coeur de la nature en MAURICIE i - - -, ëim! circuits de 2 à 5 jours canotage sur lacs ou rivières nous fournissons: canot, tentes, nourriture, etc.location en sus: sac à dos, sac de couchage, etc.guide-accompagnateur-interprète durant le circuit, descente de rivières en “rabaska".PRIX À PARTIR DE: 45.$/pers.s-»—, •» ; EXCURSIONS PLEIN-AIR VIENS VIVRE UNE EXPÉRIENCE ENRICHISSANTE Pour obtenir le dépliant “EXCURSION PLEIN-AIR ’83” écrivez à: Ass.tourist, rég.du Coeur du Québec 197.rue Bonaventure, Trois-Rivières Québec, G9A 5M4 - (819) 375-1222 Détenteur d'un permis du Québec. pUÉBEC SCIENCE / mars 1983 57 Kps- Jeili-Jhm clioûit 1 lai;; anl!ï| altitt, alirn» ara à ueA 'rtak inf suis «is, iK sen Jocelyn Philibert nous présentera un nouvel arrivé au Québec, le coyote m en AVRIL s Qui a peur de la comète de Halley?Jean-Pierre Marquis fait le point sur notre rencontre avec cette comète en 1986 Le mal du sucre, ou un taux de sucre dans le sang plus faible que la normale, cause bien des problèmes à ceux qui en sont affligés.Une enquête d'Hélène Bourassa Avec Bernard Giansetto, nous verrons si, un jour, nous pourrons croire les météorologistes lorsqu'ils nous prédiront deux semaines de temps chaud et ensoleillé Faites-vous plaisir ABONNEZ -VOUS ! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT (voir la liste p.29) Au Canada : ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros): 40 $ ?Abonnement régulier (1 an / 12 numéros): 23 $ ?Groupe: (10 et plus — 1 an): 21 $ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an /12 numéros): 32 $ ^ abonnement ?réabonnement ?changement d'adresse COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) I | tf ÔVt nu .méi° d.abonné \e^e rü 31 1 | nom 1 1 1 1 1 1 M 1 1 61 prénom 80 LBJ U 7 8 II II M II 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 9 numéro rue appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 29 M ville 1 1 1 1 1 1 1 1 province 48 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 CodiP°*'*' , k.ng.»*''' » .'"“"“copP-”-" 49 pays 68 ?Chèque ou mandat postal ci-joint Tarif en vigueur jusqu’au 31 août 1983 69 code postal 74 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 58 mars 1983 / QUÉBEC SCIENCE par Vonik Tanneau L'ARC-EN-CIEL NOIR Une première chose étonnante à propos des arcs-en-ciel, c'est que deux personnes se tenant côté à côte ne voient jamais exactement le même.En effet, pour chaque spectateur, les rayons du Soleil ne frappent jamais exactement le même groupe de gouttes d'eau.Mais il y a encore plus surprenant: James Simmons nous apprend, dans American Ways, qu'il existe des arcs-en-ciel de nuit! Créés par la Lune brillant à travers une légère brume, ils offrent les mêmes couleurs que les autres, mais leur intensité lumineuse est trop faible pour que l'œil les détecte.Cependant, un observateur attentif peut les voir sous forme de grandes bandes grises et noires dessinant une courbe dans le ciel.Alors, à la prochaine pleine Lune.LES MYSTÈRES DE LA LUNE Pourquoi la Lune paraît-elle plus grosse lorsqu'elle se lève à l'horizon?Non, ce n'est pas à cause de la distorsion atmosphérique ou d'un autre effet physique connu.Certains scientifiques pensent que c'est un effet de perspective; nous comparons inconsciemment la Lune avec les arbres et les maisons qui nous entourent.D'ailleurs, en la regardant à travers l'objectif d'un appareil photographique, elle ne nous apparaît pas plus grosse à l'horizon que lorsqu'elle est haut dans le ciel.Mais alors pourquoi aurions-nous la même impression lorsque la Lune se lève au-dessus de la mer?La réponse: personne ne sait encore vraiment ce qui fait que notre œil voit la Lune si pansue à son lever.Mystère et poésie.4 « ?(Vrac LA TRAITE DES SCORPIONS Il existe dans le Turkestan un «scorpina-rum», véritable élevage de scorpions, où l'on trait ces charmantes petites bêtes pour en extraire le venin.Celui-ci se vend très cher (jusqu'à 60 000$ le gramme) et est, selon les spécialistes, extrêmement précieux pour les chimistes et microbiologistes, surtout en pharmacie.Ce que ne disent pas les Soviétiques, c'est qu'il présente aussi un intérêt fort probable pour la recherche militaire.DE DOUCES BLESSURES La première fois que le docteur Richard Knutson arriva dans la salle d'opération avec un sac de sucre en déclarant qu'il allait aider les plaies béantes à se cicatriser en les sucrant, les infirmières crurent qu'il était devenu fou.Mais aujourd'hui, alors qu'il applique depuis sept ans ce vieux remède populaire du Sud des États-Unis, venu probablement d’Égypte, le médecin de Greenville commence à être pris au sérieux.En mettant du sucre en poudre ordinaire sur les plaies, brûlures et ulcères de plus de 1 700 patients, il a accéléré très nettement leur cicatrisation, tout en diminuant de 80 pour cent l'usage des antibiotiques.L explication serait que le sucre favorise la régénération des tissus tout en luttant contre les infections bactériennes.Les bactéries se nourrissent du sucre, mais finissent par mourir n'ytrouvant pas tous les éléments nutritifs nécessaires à leur métabolisme.LA JASETTE DES ARBRES Le silence de la nature.Allons donc! Les arbres se parlent.Peut-être pas par téléphone, mais par phéromones, ces sortes de sécrétions qui transmettent des messages chimiques.Mais, attention, les arbres ne parlent pas pour ne rien dire.Ces messages leur servent à s'avertir les uns les autres du danger qui arrive, par exemple une colonie de chenilles qui a déjà envahi un groupe d'arbres et se prépare à attaquer le bosquet voisin.ttxut C'est l'hypothèse avancée par David Rhoades, un zoologue de l'Université de Washington, après trois années de recherche sur les infestations des saules par les chenilles.Nourries avec des feuilles d'arbres infectés depuis plusieurs semaines, celles-ci dépérissent alors qu'elles «profitent» très bien lorsqu'on leur fait manger des feuilles d'arbres sains distants des premiers.Mais il a constaté que les chenilles dépérissaient aussi lorsqu'elles mangeaient des feuilles d'arbres sains voisins des premiers.Ceux-ci avaient été avertis du danger et avaient préparé leur arsenal de défense.La solidarité vient à bout des chenilles! TABAC ANTIPORNO Deux cigarettes à forte teneur de nicotine suffisent à diminuer la réponse sexuelle de sujets de sexe mâle.C'est ce qu'affirme le psychologue Richard Hagen, de l'Université de Floride.Il a projeté des films érotiques à deux groupes d'hommes.Les premiers, qui avaient fumé deux cigarettes, avaient une réaction sexuelle moindre que les seconds, à qui on avait donné des barres de chocolat ! Hagen n'a pas encore trouvé les causes de ce phénomène ni si l'effet (ou plutôt le contre-effet) croît avec l'usage.Il devrait peut-être aussi changer de tabac?Ulustra^on.Jacques Goldstyn Collection MICRO-ORDINATEURS Eyrolles MtCDQ-OROlWATBJBS ^ ^ MICRO-ORDINATEURS MICRO-ORDINATEURS ZXSIma conquête LA CONDUITE MICRO-ORDINATEURS .DES JEUX ! DU ZX81 COMMENT CA MARCHE.\ \ Philippe OROS U^gj|iVlain PERBOST 28^8030 TriHI MME T.^5 MICRO-ORDINATEURS: COMMENT ÇA MARCHE.Ce livre expose de manière claire et concise les principes de fonctionnement de tous les éléments qui constituent l’univers des micro-ordinateurs.Il s’adresse à tous en présentant des concepts indispensables illustrés de manière simple.Maîtrisez votre matériel et déjouez ses pièges.[j].14,95$ LE BASIC UNIVERSEL Il vous expliquera, à l’aide d’exemples, comment programmer en BASIC, et tout simplement comment programmer, car les concepts exposés dans le cadre du BASIC se retrouvent dans de nombreux langages.Après la lecture de ce livre, vous serez capable d’aborder le manuel BASIC de n’importe quel microordinateur.[2j.14,95$ LA CONDUITE DU ZX 81 Cette lecture vitale vous apprendra comment réaliser des programmes en langage machine, économiser la place mémoire, chaîner des programmes sur cassette avec passage de paramètres, faire des graphiques animés!.Avec LA CONDUITE DU ZX 81 obtenez le maximum de votre micro-ordinateur SINCLAIR ZX 81.[3].14,95$ ZX 81 A LA CONQUETE DES JEUX Découvrez au fil des pages de ce livre l’univers fantastique et captivant des jeux sur ordinateur.Que vous aimiez les jeux d’aventures, de réflexion ou encore de hasard, vous serez certainement conquis par ces 35 jeux plus fascinants les uns que les autres.[4].14,95$ Autres titres disponibles dans la même collection I 5| La conduite de l’Apple II Tome 1.14,95 $ 1 7l La conduite de l’Apple II Tome 2.14,95 $ | 9j Votre gestion avec Basic.16,80$ 1111 L’assembleur facile du 6502.16,10 $ 113| Programmez vos jeux sur TRS 80.14,95 $ 115| Tout sur les disques du TRS 80.En Prép.FOI Pascal par l’exemple.14,95$ [ 8| La conduite du TRS 80.14,95$ |TÔ1 Langage d’un autre type: LISP.23,25 $ |12| L’assembleurfacileduZSO.14,95$ QT CP/M et sa famille.14,95$ 1161 ZX 81 à la conquête (cassette).16,90$ Bon de commande | à découper et à retourner à 1 isomabec 2475, Sylva Clapin I Case postale 295 | St-Hyacinthe, Qué.liée t J2S 5T5 Tél.: 774-8118 Mtl.: 467-8565 Veuillez me faire parvenir les numéros suivants: 1 .2 3 4 .5 .6 .7___ 8.9 .10 .11 12.13.14.15.16 Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?Date d’expiration _ NOm et Prénom ___________________________________ (en capitales) Adresse__________________________________________ Ville ___________________________________________ Date ________________________________ Signature QUE DES CYCLES MIKADO, UNE ENTREPRISE UNIQUE CYCLES MIKADO est une compagnie bien de chez nous, née de l’initiative d’un petit groupe de cyclistes désireux de mettre sur le marché des produits mieux adaptés aux BESOINS RÉELS des adeptes du cyclotourisme et du cyclisme utilitaire.La part du budget qui alimente notre dépa ment de recherche est très importante si on la compare à d'autres entreprises oeuvrant dans le même domaine.Cependant, comme en témoignent ses nombreuses innovations, ce département bouillonnant d’activités respecte fidèlement son mandat de mettre au point des vélos efficaces, durables, sécuritaires et qui valent leur pesant d’or.jsion du vélo et de son utilisateur est donc globale; tandis que notre approche du marché consiste à dire les choses telles qu’elles sont.En d’autres mots, nous refusons de nous conformer aux lois élémentaires du marketing nord-américain qui consistent principalement à vendre des rêves et des illusions.Nous sommes d’autant plus fiers de nos principes que nous savons les respecter malgré la forte croissance dans laquelle nous entraîne un succès sans doute bien mérité.Nol CYCLES MIKADO est une entreprise unique d’esprit et de comportement, et entend continuer à bâtir un pont fait de logique entre le produit et le consommateur.i 1 i'Wi ï?I \>; vr'y uudb,.1UE DU NORD.
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