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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1980, Collections de BAnQ.

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Volume 19, numéro 3 NOVEMBRE 1980 PtR IsiHliiSs ¦\ \v;'1 ’ > > - a I ©«si .! / ¦:^ ¦' ' mÈm ¦ ¦ BBw S8Ë: ' ^SîMKs; ; yjfàehttsÇïjx vVi R; JF FF .j^-is ; : _¦:'.¦ WSÈ^SÉsfâ^ ‘tp: mnm mSamSSE POUR OFFRIR AVEC ELEGANCE POUR RECEVOIR AVEC JOIE BORDAS-CADEAUX un 7èmeart tout neuf DIcriONNAIRE sc ience de la science de la FRANÇAIS VIVANT M USJQU E MUSIQUE ____________________________ .DICTIOTSMA.\R\i Ou LA AAUSAQLL -A.- OICTIONNAXUL OL r>SVCHOLOC,\L par Kodak EN VENTE EN LIBRAIRIE Diffusion: Bordas-Dunod Montréal Inc.350, boul.Lebeau, St-Laurent, Québec H4N 1W6 QUEBEC SCIENCE SOMMAIRE Volume 19, numéro 3 NOVEMBRE 1980 Le boom de la science-fiction René Vézina Après une passion pour les œuvres de Jules Verne et des auteurs américains on voit maintenant émerger une création purement québécoise dans le domaine de la science-fiction Une usine magique?André Delisle Choisi un peu au hasard, le projet Stablex, à Laval, représente, à première vue, une technologie fiable.Mais il cache peut-être des dangers plus graves.Les toxiques qui voyagent Jean-Pierre Regel Des camionneurs peu scrupuleux, des fonctionnaires débordés: il y a fort à faire pour contrôler le transport des déchets dangereux 36 Le chevreuil en perte de vitesse Marcel-Aimé Gagnon Après avoir connu une période d'abondance, le cerf de Virginie traverse aujourd'hui une période difficile V î II 44 A bord de la Calypso Yanick Villedieu Sur cette merveilleuse machine à explorer la planète mer, on ne navigue plus au sextan mais au satellite NOUVELLES ET CHRONIQUES 4 Courrier 5 Post-scriptum 7 Commentaire i Les vagues d'Archipel 8 ! Fusion l Le temps des réalisations 9 Plomb Une contamination sous-estimée 11 Surdité industrielle L'autodépistage maintenant possible 13 Cinéma Toujours un artisanat 48 Aménagement Une nouvelle guerre de marécages?49 Condominiums Les Québécois les boudent 52 Agriculture La culture organique entre dans le rang 54 Ces chers ancêtres 56 Parutions récentes 57 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1 980.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de 0 CPPA © Copyright 1980 — QUÉBEC SCIENCE — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Pierre Parent, Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Richard Hodgson collaborateur Louis Ducharme page couverture Raymond Robitaille, Pierre Gagné composition typographique Claire D'Anjou administration Normande Brouillard secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard, Cécile Buteau et Christian Gosselin diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur Itée Séparation de couleurs acme litho inc.Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Les Presses de l'Universite du Quebec Abonnements Canada Spécial (2 ans / 24 nos): $35.00 Régulier: (1 an / 12 nos): $19 00 Groupe (10 et plus — 1 an): $17 00 À l'unité: $2:25 À l'étranger: Spécial: (2 ans / 24 nos): $45 00 Régulier: (1 an / 1 2 nos) $25 00 À l'unité $ 2 75 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Education, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M Clément Gauthier président Recherches Bell Northern M.André H.Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de l'Ile des Sœurs novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE: GU r LES MOTEURS DIÉSELS COURRIER EN QUESTION Il semblerait que les moteurs diesels produiraient des émanations qui pourraient être dangereuses pour la santé, et même que certains gaz qui s'en échapperaient pourraient avoir un effet cancérigène.Il existerait un rapport américain dont les conclusions iraient dans ce sens.Pouvez-vous me fournir plus d'informations sur ce sujet et, entre autres, m'indiquer si possible de quel rapport il s'agit?J.Béliveau Montréal Le rapport auquel vous faites allusion est le Initial Review on Potential Carcinogenic Impact of Diesel Engine Exhaust, qui a été élaboré par le Environmental Protection Agency Carcinogen Assessment Group.U date de juin 1979.Par la suite, à la demande du U.S.Environmental Protection Agency, ce rapport fut soumis à la critique du Diesel Impacts Study Committee of the National Research Council Assembly of Engineering (DISC).Son évaluation fut remise à l'EPA en décembre 1979.Le premier rapport Hait mortalité par cancer et émanations des moteurs diesels.Cependant, H ressort de la critique qu'il n’y a aucune évidence scientifique que ces émanations puissent entraîner le développement de cancer.Toutefois, comme /'indique le rapport du DISC, cela ne signifie pas que Ton doive laver ces émanations de tout soupçon.Au contraire, les recherches se poursuivent sur ce sujet et H pourrait s'avérer que ces émanations soient nuisibles et même dangereuses pour la santé humaine.H pourrait y avoir risque, non seulement de cancer, mais aussi de morbidité et de mortalité par d'autres causes, particulièrement les maladies chroniques des poumons.Mais avant de faire toute affirmation, davantage de données sont nécessaires.Le débat sur les risques liés aux émanations des moteurs diesels est donc loin d’être terminé.Si de nouveaux développements surviennent dans ce dossier, nous en ferons part à nos lecteurs.POUR UN MUSÉE DES SCIENCES HUMAINES À propos de l'article de Luc Chartrand, «La science que l'on touche», j'aimerais soumettre l'idée d'un musée différent.La création d'un musée national de la science serait selon moi d'un apport très positif, mais je crois que la province: pourrait s'offrir quelque chose de mieux.* À certains endroits l'article fait comprendre qu'un tel musée doit servir à concrétiser l'intégration de la culture scientifique à la culture générale.Entre autres dans l'interview avec Fernand Seguin, ce dernier mentionne (p.43, dernier paragraphe) que l’on doit considérer la culture scientifique comme faisant partie «d'un patrimoine, d'une civilisation donnée, d'une société donnée».Il m'apparaît que pour relier efficacement une culture scientifique à sa société, il faut créer un musée non seulement des sciences, mais aussi des sciences humaines.On a constaté au cours du siècle dernier que pour bien saisir certains phénomènes propres aux sciences pures, il faut nécessairement considérer les facteurs humains qui entourent ces phénomènes.Évidemment, l'on peut soulever l'objection que les sciences humaines sont trop abstraites pour servir à des fins d'exposition.Mais c'est oublier par là d'importants instruments de recherche tels le matériel de laboratoire et les ordi nateurs de statistiques utilisés en psy4 chologie et en sociologie.C’est aussi ignorer qu'il existe des musées anthro pologiques et historiques qui sont très bien et très agréablement garnis.Si l'article de Luc Chartrand parle d'un éventuel musée des sciences au Québec, il en est d'autres qui, eux, discutent d'un musée de l'Homme.Est-il impossible d'interrelier les deux?Vu l'importance de plus en plus grande que l'on accorde aux sciences humaines, si ce musée n'apparaît pas au Québec, il naîtra ailleurs.Pourquoi attendre une fois de plus d'être devancé?Pourquoi se contenter d’imiter alors que l'on peut innover?-I ; Rfsi/llil («fil piUlf! heu w ; fl*: Itafc total m ; f*i *.Cte VoU f* SCS«!1 VtU {* H.Finie VoU flufe Solal, [ VoU Théllfi VoU Éludes i lalioii fclta VoU *tal|S! llftisu Eirçs, VlICOflil flttedt me toi ( Louise Boucher Montréal y EN DÉCEMBRE L’article «La parapsychologie en question», de notre collaborateur Claude de Launière dans notre numéro de septembre dernier, ayant suscité de nombreux commentaires de la part de nos lecteurs, nous consacrerons les colonnes de la chronique Courrier du numéro prochain à ce débat et, pour /'occasion, nous y consacrerons plus d'espace. 5 Nile ipwtj 1 pro*inj idemieiij i lait cm 'it semi la ciita taltEoJ c Feifis'i IMIb considèj tie laisa MiiSiS i>, II iii'ii ementi/ éléjllaj lent a iectes ii ceiian ntespeia !» les la cespPéi jtsoiM hoaairi ii J tell fcipaij redieitl el les oil éseopsi l'est ans jesanlli.P isointii we.Es1' ii»?tplosjli iceslie»* ii pas ! [piioiiti*1 i teaKi jalotstf Les Éditions du CNRS publient des ouvrages dans tou tes les disciplines relevant des sciences exactes et naturelles ou des sciences humaines.Il s'agit moins de livres de lecture courante que de documents de référence, d’instruments de travail élaborés par des chercheurs pour d'autres chercheurs ou pour un public cultivé soucieux d'améliorer un niveau culturel déjà élevé.Le fonds des Éditions du CNRS corn prend plus de 2000 titres presque tous disponibles ____________________ Editions du CNRS LES VOIES DE LA CREATION THÉÂTRALE Résultat d'une recherche collective de longue haleine commencée en 1966.Cette prestigieuse collection est un document indispensable aux spécialistes et au public féru de théâtre.Vol.1 348 pages $30 Études sur: J.Grotowski, E.Barba, Living Theatre, Open Theatre, V.Garcia et Arrabal.Vol.2 350 pages $30 Études sur: B.Brecht, M.Frisch, P.Weiss, A.Césaire, J.Cabrai de Melo Neto.Vol.3 396 pages $30 Études sur: J.Genet, B.Brecht, E.Schwartz, Théâtre Taganka.Vol.4 430 pages $30 Études sur: A.Miller, E.O'Neill, J.Genet, H.Pinter, S.Mrozek.Vol.5 460 pages $30 Études sur: Shakespeare, Théâtre du Soleil, Beckett.Vol.6 512 pages $33 Théâtre et musique.Mises en scène d’œuvres anciennes.Vol.7 560 pages $42 Études de Meyerhold à Brecht et Engel, de Taïrov à Piscator, de Vakhtangov à Pitoëff.Vient de paraître: Vol.8 356 pages $30 Analyse de textes dramatiques, de lieux théâtraux ou d’éléments scéniques en Europe, du XVe au XVIIIe s., reconstitution du contexte et étude de la démarche complexe de la création théâtrale au sein d’une société et d’une culture datées.Édition du CNRS (Centre national de la recherche scientifique - Paris) Je désire recevoir voire documentation Veuillez m'expédier les titres cochés ?•Paiement ci-iomt à l'ordre des Presses de l'Universite de Montréal ' JL w Code postal DIFFUSION AU CANADA LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL C.P.6128, suce.«A» Montréal, Que.H3C 3J7 2910, bd Édouard-Montpetit Montréal, Qué.H3T 1J7 jSçOP&ffi La gestion des déchets industriels sera un des problèmes environnementaux majeurs de la décennie quatre-vingts en Amérique du Nord.L'impact direct de ce problème sur la qualité des eaux, du sol, et sur la santé de vastes populations apparaît déjà, que ce soit à Love Canal, à Ville Mercier ou à Farnham.Le 15 septembre dernier, la plus haute autorité en matière de santé publique aux États-Unis, le Médecin général Julius Richmond, lançait un premier cri d'alarme.Il déclarait notamment: «Le risque associé aux produits chimiques dangereux croît et continuera de croître tant que nous n'aurons pas identifié les produits chimiques qui sont hautement toxiques et contrôlé leur introduction dans l'environnement.» Ce mois-ci, nous vous présentons le second volet de notre enquête sur les déchets dangereux au Québec.Dès la parution de notre article au mois d'août dernier («Bombes à retardement»), il était clair qu'il fallait aller plus loin.Tant l'intérêt suscité par ce dossier dans le public que les réactions de nos lecteurs nous ont encouragés à pousser plus avant notre enquête.C'est ainsi que notre journaliste André Delisle a poursuivi l'évaluation de la politique gouvernementale.Il analyse en particulier le projet de centre de traitement intégré des déchets toxiques qui pourrait être construit à Laval, au plus tôt au printemps prochain.Avec quelques confrères de la presse quotidienne, il a accompagné une mission de hauts fonctionnaires québécois en Grande-Bretagne à la mi-août, sur les lieux d'une usine Stablex semblable à celle qu'on se propose de construire au Québec.Puis il a continué son enquête ici, interviewant fonctionnaires et ingénieurs impliqués dans le dossier.Son article nous révèle l'histoire fascinante d'un procédé de traitement choisi un peu au hasard, et d'une évaluation technologique à maints égards escamotée.Quant à votre serviteur — si on me pardonne une expression de Premier ministre ! — il s'est attaché à situer un enjeu souvent caché de ce dossier complexe: celui du transport des déchets toxiques.L'implantation prochaine d'un centre de traitement est en effet loin d'être une panacée et ne doit pas servir à masquer la faiblesse des solutions actuelles proposées au Québec, en ce qui concerne les déchets toxiques.Avec quelques années de retard sur l'Ontario ou sur les États-Unis, le Québec a encore fort à faire pour assurer une saine gestion de ses déchets industriels.Il est souhaitable que la consultation publique prévue pour cet automne soit le lieu d'un véritable débat sur le sujet.Un numéro de Québec Science, c'est aussi, du moins l'espérons-nous, un magazine complet, avec un certain équilibre entre les sujets.René Vézina nous entraîne dans le fascinant univers de la science-fiction, cette parente contestataire de la science qui a aujourd'hui le vent dans les voiles.Pour sa part, Marcel-Aimé Gagnon, qui se déclare «grand chasseur, mais aussi et surtout observateur de terrain», nous présente le cerf de Virginie — le chevreuil de nos chasseurs —, dont la place dans notre nature comme dans notre histoire est essentielle.Enfin, Yanick Villedieu nous donne à voir la Calypso, le navire à l'équipement ultra-sophis-tiqué de la mission Cousteau dont on aura beaucoup entendu parler cet été et cet automne entre Montréal et Québec.Bonne lecture! LA NOUVELLE HP-41C DE HEWLETT PACKARD UNE NOUVELLE ETAPE VERS LA PERFECTION Lecteur optique â HP41C *Le calculateur personnel HP.Le plus puissant.‘ Plus de 130 fonctions.'400 pas de programme ou 63 registres ou d'emmagasinage.'Affichage alphanumérique.* Six niveaux de sous-programmes.*10 tests conditionnels.56 indicateurs internes (Flags).' Contrôle de boucles, adressage indirect, mémoire continue.12 caractères visibles, décalages pour visualiser 24 caractères, fonctionnement mémoire permanente.Modules mémoire 'Chaque module contient 64 régistres mémoire de plus.'L'utilisation des quatre modules quintuple la mémoire du calculateur (319 régistres ou 2,000 pas).' Fonctionnement en mémoire permanente lorsque connecté.to* *x i/x 7r log ln * SW-1 COS-* TAN*1 XEO STO ffCL SST < .< -v- ; , ' v ; j ' t'-*', ' 3G 1SG RTN CLX/A CATALOG * Lecture de codes-barre imprimés, traduction des données et des programmes dans le calculateur.* Chargement de longs programmes en quelques secondes.Lecteur de carte * Conserve des programmes complets et des données sur cartes magnétiques.* Lecteur des cartes des bibliothèques et des livrets des HP-67 et 97.L'imprimante * Caractères numériques et alphabétiques (majuscules et miniscules).* Tracés et graphiques ainsi que dessins à caractères spéciaux.* Intensité d'impression réglable, extrêmement silencieuse.LES PRIX: HP-41C: $416.75, LECTEUR DE CARTES: $287.50, L'IMPRIMANTE: MODULES MÉMOIRE: $62.50, LECTEUR OPTIQUE: $171.50.$536.25, Des dépliants détaillés sont à votre disposition.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.• ('ommandes postales acceptées avec chèque mse.prière d'ajouter la taxe de vente provinciale [S%| et les frais d'expédition de U.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.j.tries prix sont sujets à changement sans préavis» COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tôl.: (514) 344-4841 XF- CHEMIN DE POLYTECHNIQUE en F— (J O U Z ^ QUEEN MARv Q m I En hoe fenitiji «IJupi èilooiii pna élise) «è poli S««l s toiïni 6» île àtfeift fcJei ‘taiirà heu» i ÎH, ®ipe LES VAGUES D’ARCHIPEL «rfiPfSs- mtr mm ¦'V:) .'mnw yti*;*®* ajmii]! s canes o slivietsà Met?primant niques esat®(-s spéci» l'imptess?ont lilii w cieiiSi 01 voir.n annonçant,1 le 4 septembre lernier, le programme de tra-ail du projet Archipel d’amé-; jagement des eaux de la région le Montréal, le ministre d’Etat ’aménagement, Jacques Léotard, avait de bonnes nouvelles tour ceux qui craignaient qu’on éalise à la va-vite un autre de es «projets du siècle» à odeur rès politique, (voir Québec ajusctite1 science Une séduction nommée \rchipel, mai 1980) Il annonçait qu’on allait prendre son temps pour tudier et consulter», pendant leux ans, avant même de Sécider où lever la première selletée de terre d’Archipel.Ce srogramme de travail, qui en-raînera des dépenses d’environ 14 millions de dollars d’ici la in de 1982, comporte des itudes techniques et un plan de communication et de consulta-ion publiques.Ces deux démarches, entreprises parallèlement, devraient iboutir à un rapport d’étape au printemps 1981, suivi d’une phase de consultations et de ompilation des avis recueillis, pour aboutir au rapport final le faisabilité au printemps 1982.Étant donné la nature iif l’Archipel et l’ampleur de ses yt retombées, le ministre de l’En-Aronnement invitera alors le public, selon la procédure des études d’impact, à faire connaî-:re ses points de vue devant les commissaires du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.Et ce n’est qu’après cette nouvelle consultation que le Conseil des ministres sera appelé, au plus tôt au début de l’automne 1982, à décider de l’apportunité de réaliser Archipel et d’autoriser la mise en •route de la phase dite d’avant-projet.Flanqué de son collègue des Affaires municipales, M.Guy Tardif, le ministre Léonard réaffirmait par la même occasion qu’Archipel se voulait plus qu’un projet d’aménagement des eaux et de production d’électricité.Il décrivait Archipel autant comme un projet de mise en valeur de l’environnement et de création de lieux d’accès aux rives que comme un projet hydro-électrique.Il est clair cependant que la production de mégawatts au cœur de la métropole est la pièce maîtresse de ce projet, sans laquelle tout s’écroule.La participation d’Hydro-Québec pour 4,5 millions de dollars (comparée à celle de 5 millions de dollars pour l’ensemble des ministères) aux premières études techniques est un signe manifeste de cette réalité.Aussi le gouvernement aura-t-il fort à faire pour convaincre ce qu’un haut fonctionnaire qualifiait de «première vague de contestation » du projet.Celle-ci, essentiellement constituée d’un regroupement de citoyens de Lasalle autour du conseiller municipal Robert Cordner, des Indiens de Kahnawake (Caughnawaga) et d’associations de protection de l’environnement, s’en est prise essentiellement jusqu’ici au projet des centrales hydro-électriques dans les rapides de Lachine.A en juger par la réaction de M.Cordner et de représentants des Indiens à la conférence de presse du 4 septembre, il est peu probable que cette opposition désarme facilement.Le fait que M.Léonard n’ait aucunement prévu, à ce stade-ci, d’aider financièrement les groupes de citoyens à établir, s’ils le désirent leur contre-expertise aux projets des promoteurs risque plutôt d’envenimer les choses.Un débat public sérieux ne peut en effet se faire dans ce cas qu’en présence de propositions diverses, solidement étayées, et donc de contre-expertises pour répondre à celles des promoteurs et offrir des alternatives valables.Ceci coûte cher, et les groupes de citoyens sont pauvres.Tant que les pouvoirs publics n’accordent pas une aide financière aux groupes qui désirent établir cette contre-expertise, le débat risque d’être plus symbolique que réel.Les rapides de Lachine, sur lesquels serait installée une centrale d’hydro-électricité au fil de l’eau.Plusieurs organismes américains, comme l’Agence pour la proteaion de l’environnement, ont compris ce dilemme et financent directement la participation de groupes de citoyens ou d’associations spécialisées aux audiences publiques.Au niveau fédéral canadien, quelques expériences, dont celle de la Commission d’enquête sur le gazoduc du Nord présidée par le juge Thomas Berger, ont ouvert cette voie.Il est étonnant que M.Léonard, qui se targue d’initier une discussion ouverte et démocratique sur l’aménagement global des eaux de l’archipel montréalais, n’ait rien prévu à cet effet.Cette conception technocratique du débat, qui masque les choix réels et offre une apparence de consultation tout en ne donnant pas au public les moyens d’infléchir les décisions à prendre, sinon sur des détails, contraste avec les promesses répétées de tenir un débat très ouvert.Il s’agit d’un des plus importants projets d’aménagement des dix dernières années au Québec.Après les ratées du départ, on attendait mieux.Jean-Pierre Rogel La Presse 8 novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE FUSION LE TEMPS DES RÉALISATIONS Dans le domaine de la fusion thermonucléaire, le compte à rebours est maintenant définitivement engagé aux États-Unis.Dans un rapport au Congrès américain, publié en juillet dernier, le Fusion Review Panel de la Commission fédérale consultative sur les recherches énergétiques recommande en effet que ce pays s’engage désormais plus massivement dans cette voie, même si la preuve de la possibilité technique de la fusion contrôlée n’a pas encore été faite.Le comité dirigé par Sol Buchsbaum, directeur exécutif des laboratoires Bell, recommande en effet que le Congrès américain double, au cours des sept prochaines années, le budget fusion du Department of Energy (DOE) américain, et que les prochains projets s’attaquent directement aux caractéristiques techniques des premières centrales, et non plus simplement à la physique des plasmas.Rappelons que la fusion nucléaire de noyaux atomiques légers, comme l’hydrogène ou ses « isotopes » (le deuterium, ou hydrogène de l’eau lourde, et le tritium, ou hydrogène « superlourd») libère proportionnellement encore plus d'énergie que la fission des atomes très lourds comme l’uranium.Malheureusement, comme les noyaux sont électriquement chargés, ils se repoussent fortement, et pour provoquer la fusion, il faut les forcer à se rencontrer de plein front, à très grande vitesse.Cela implique donc à la fois un chauffage considérable de ces atomes et un confinement assez long pour favoriser un grand nombre de « fusions ».Bien que le rapport n’écarte pas complètement la voie ouverte par les recherches sur le chauffage par laser de billettes d’hydrogène, c’est d’abord dans l’étude de procédés de confinement magnétique de gaz ionisés que les sommes les plus considérables devraient désormais être investies.Selon les experts américains en effet, les difficultés techniques de fonctionnement des lasers de grande puissance et leur coût disproportionné les écartent, à court terme du moins, de la course aux premières centrales.Ce verdict frappe à la fois les lasers au verre mis à l’essai au Lawrence Livermore Laboratories (Projet Nova) et les lasers au gaz du Los Alamos Science Laboratories (Projet Antares).Quant aux différents dispositifs de confinement magnétique, le comité recommande que, dans un premier temps, le prototype de réacteurs construit pour évaluer les composantes technologiques des pre- mières centrales, le FED (pour Fusion Energy Device) comme on l’appelle, utilise la technologie des tokamak, telle que développée d’abord en URSS, et dont le Princeton Plasma Physics Laboratory est présentement le leader mondial (Voir Québec Science, juin 1979).Dans les Tokamak, l’enceinte des réactions nucléaires a la forme d’un gros beignet dans lequel le gaz est constamment injecté.Celui-ci s'y fusionne au cours de ses rotations et devrait, en principe, dans la centrale commerciale du moins, être retiré soüs forme d’hélium au fur et à mesure qu’il fusionne.Bien que le tokamak de Princeton (PLT) ait obtenu des températures exceptionnelles de 75 millions de degrés, suffisantes en théorie pour assurer des fusions nucléaires, la densité du gaz et la durée des réactions n’ont jamais atteint le seuil à partir duquel l’énergie produite dépassera celle qu’il faut investir pour «allumer» l’appareil.On devrait franchir ce seuil vers 1983 avec le tokamak géant présentement en construction, le TFTR (Tokamak Fusion Test Reactor).Si le prototype de Princeton apparaît en avance présentement, le rapport ne recommande pas pour autant l’abandon des autres voies reposant sur le confinement magnétique.Les experts estiment en effet que les problèmes techniques qui se poseront seront les mêmes, quelle que soit la nature.du réacteur lui-même, et que les recherches que permettra la construction de prototype FED demeureront utiles, même si un autre appareil «gagne la course».Le problème, avec les tokamak, en est un de complexité technologique, puisqu’il faut en général modifier la nature des champs magnétiques utilisés pour le confinement des gaz, à mesure que leur énergie augmente.A l’origine, on avait écarté les appareils à confinement linéaire parce qu’en gagnant de très grandes vitesses, les atomes du gaz avaient tendance à s'échapper par les bouts si on n’arrivait pas à recourber leur trajectoire sur elle-même (d’où la forme de beignet de l’enceinte du tokamak).Pourtant, les laboratoires Lawrence Livermore, ceux-là même qui encaissent un certain retard avec leur projet au laser, ont vu récemment augmenter leur budget d’une façon sensible par le DOE pour financer un autre appareillage, le MFTF, qui utilise pourtant une telle configuration linéaire, dite «ouverte».Dans ce cas, deux enceintes magnétiques contiennent des plasmas relativement froids, mais très denses, qui servent en quelque sorte de «tampon» électromagnétique pour un plasma beaucoup plus chaud créé entre les deux.Avec un dispositif beaucoup moins coûteux que le PLT de Princeton, baptisé Tandem Mirror Experiment, les chercheurs de Livermore ont obtenu depuis deux ¦ ans des résultats presque aussi spectaculaires.D’autres dispositifs sont encore dans la course, tels le Elmo Bumpy Torus des laboratoires d’Oakridge, compromis entre les deux précédents, puisqu’il s’agit en quelque sorte d’une longue série de « miroirs » analogues à ceux de Livermore, mais recourbés pour former une enceinte toroïdale (comme dans les tokamak).Même si on a obtenu jusqu’ici des températures trop froides pour la fusion et des densités trop faibles, le EBT est la seule machine à offrir des plasmas très stables, sur une durée de plusieurs secondes, et avec des champs magnétiques relativement faibles.Une autre machine, le Doublet III de la société General Atomic, est aussi encore dans la course, grâce à la complicité du Japon.L’année dernière, le congrès américain avait en effet coupé les fonds à ce laboratoire, dont le dispositif est en quelque sorte une variante raffinée du Tokamak.L’Institut de recherche sur j l’énergie atomique du Japon a donc proposé de soutenir le { programme, en échange de la moitié du temps d’expérimen-1 tation sur cet appareil.Aujour- I d'hui, les chercheurs de General j Atomic, une filiale de Gulf Oil,,jl annoncent qu’ils seront les T L *~lv.if* p», 9 UÉBEC SCIENCE / novembre 1980 remiers à franchir le fameux seuil» théorique en labora-aire dès 1981.Leur réussite outrait aussi modifier les cal-lv£tlf®uls américains.En tout cas, ce qui est sûr, est que le temps des recher-piri hes marginales est terminé.À i suite du rapport Buchsbaum, ; congrès américain a déjà écidé en juillet de redonner au irogramme américain de fusion s 23 millions de dollars qu’on ivait coupé pour 1981, puis ajouter encore en août 190 nillions de dollars pour l'accé-ration du projet MFTF de ivermore.On discute présentement de la nature précise de la prochaine étape technique (y dépensera-t-on 1 ou 1,5 milliard?), mais comme il fallait sans doute s’y attendre, le projet conjoint URSS-USA, dont l’étude avait été confiée au groupe INTOR, sous l’égide de la Commission internationale de l’énergie à Vienne, ne figure plus dans les plans, semble-t-il.Il se range, temporairement du moins, parmi les premières victimes de l’invasion de l'Afghanistan.Pierre Sormany UNE CONTAMINATION SOUS-ESTIMÉE JléflMl fsiempf1 » I»1 liés MP1 îiikmii jsniis 0 ^ P' usé® nitre 1^ jtl! S* ÿillSij eT"'! » Li»l Iles foi* a lutte à la pollution par le ilomb pourrait bien prendre me allure différente à la suite lu cri d’alarme lancé en mars lernier par deux scientifiques iméricaines {Science, Vol.207, 1167, 1980).Car non seule-nent réclament-elles le retrait lu marché de toutes les boîtes le conserve soudées au plomb, nais c’est l’approche scientifi-jue elle-même vis-à-vis cette jollution qui est remise en juestion par leurs travaux, ustigeant toutes les estimations actuelles quant aux normes de sécurité.En effet, selon Dorothy Settle :t Clair C.Patterson, du Ca- ^Introduction^ à la nouvelle bactériologie lifornia Institute of Technology, les autorités américaines auraient jusqu’ici grandement sous-estimé le degré de contamination des aliments par le plomb; une partie de la population mondiale serait même affectée par une forme méconnue d’empoisonnement au plomb.Si les boîtes soudées avec ce métal étaient retirées du marché, le taux moyen de plomb ingéré par chaque Américain serait réduit de moitié, estiment-elles.Il semble bien qu’il en serait de même pour le Canada puisque, selon le Service fédéral de la protection de la santé, il n’y a pas de normes spécifiques concernant les boîtes de conserve, la règlementation américaine servant de référence.C’est grâce à des études sur le thon, beaucoup plus précises et méticuleuses que celles faites d’ordinaire dans les laboratoires de contrôle, que l’équipe du Caltech en est venue à ces conclusions.Ainsi, le degré de contamination du thon dans les boîtes soudées au plomb ne serait pas de 0,3 nanogramme par gramme (10 “9 gramme), tel qu’estimé par les services officiels, rpais de 1 400 ng/g, donc 1 000 fois plus ! Cette différence dans l’évaluation de la contamination serait due, selon Settle et Patterson, au manque de précautions dans la préparation des échantillons et à des erreurs dans les analyses, qui seraient faussées au départ par des traces de plomb dans les instruments et les laboratoires.Soulignant que la production mondiale de ce métal est passée, depuis la révolution industrielle, de 100 000 à trois millions de tonnes par année et que la pollution du plomb industriel semble recouvrir toute la planète, surtout à cause de la combustion d’essence, les deux chercheurs affirment que l’on sous-estime systématiquement l’accumulation de ce métal dans l’écosystème depuis 5 000 ans.Ainsi, la concentration actuelle du plomb dans l’at- mosphère des États-Unis (10 ng/m3) et le taux maximum toléré (1 500 ng/m3) seraient 100 à 100 000 fois plus élevées que la concentration naturelle de plomb qui devait prévaloir dans l’air des temps préhistoriques.De plus, la limite de contamination des eaux potables est aujourd'hui de 50 ng/g (0,05 mg/1 au Canada), alors que la concentration de plomb ne devait atteindre que 0,02 ng/g, estiment ces chercheurs dans les rivières préhistoriques .Ce métal a tellement pénétré l’écosystème qu’il se retrouverait maintenant dans la nourriture animale et végétale avant même quelle ne soit traitée par l’homme.La quantité maximale d’ingurgitation de plomb, fixée à 300 ng/g par l’Organisation mondiale de la santé, ne laisserait pas une marge suffisante de sécurité, selon Settle et Patterson.Une diète de 500 ng/g équivaudrait en fait à 700 ng/g à cause de la pollution atmosphérique, ce qui classerait le sujet en moins de quatre ans dans le rang des « travailleurs empoisonnés au plomb».D’ailleurs la diète de l’Américain de 1980 contiendrait I 000 fois plus de plomb que celle de l’homme préhistorique et l’on trouverait 500 fois moins de plomb dans les os des anciens Péruviens que dans ceux des Américains modernes.Les deux Californiennes affirment donc que les autorités Introduction à la nouvelle bactériologie Sorin Sonea, Maurice Panisset Cet ouvrage présente sous un angle entièrement nouveau ce secteur de la biologie qu’est le monde bactérien.Livre d’introduction à cette nouvelle bactériologie il est aussi un manifeste pour toute personne intéressée au monde vivant en faveur d’une hypothèse qui présente les bactéries comme une forme de vie entièrement originale.128 pages $10,95 Les bactéries, un superorganisme étendu à toute la terre, vieux d’environ trois milliards d’années.DE COMMANDE Veuillez m’expédier de INTRODUCTION A exemplaire(s) LA NOUVELLE BACTÉRIOLOGIE à $10,95 $________ Paiement ci-joint (chèque ou mandat) l’adresse postale (Port en sus 5%) Chargex-Visa n° I I I I II I I I I I I JL linr LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL C.P.6128, Suce.«A» Montréal,.Qué.H3C 3J7 2910, bd Édouard-Montpetit Montréal, Qué.H3T1J7 10 médicales ont tort de considérer comme «naturelles» les concentrations retrouvées actuelles dans notre environnement et de les prendre comme points de référence.Elles proposent d’autres étalons de base, dont le thon frais, animal particulièrement sensible à cette forme de pollution, mais aussi une des formes vivantes contenant le moins de plomb.Enfin, elles réclament également une enquête sur les aliments déshydratés qui seraient eux aussi une source de contamination.Marcel Art eau LES CANADIENS MAL EN POINT (S.H.S.) Selon une enquête effectuée auprès de 34 000 Canadiens pour en tracer le portrait sanitaire, les habitants de ce pays ont une santé pas trop mauvaise, mais cela pourrait être beaucoup mieux.Ainsi les Canadiens fument trop et 57 pour cent de ces fumeurs inhalent la fumée, ce qui inquiète grandement les chercheurs.59 pour cent des Canadiens boivent de l’alcool et cinq pour cent d’entre eux croquent des tranquillisants et des pilules pour trouver le sommeil.Du côté exercice physique, c’est pauvre.Ainsi dans les deux dernières semaines, 13 pour cent des personnes interrogées ont fait de la course à pied et neuf pour cent de la natation Par contre, 48 pour cent des gens ont pris une marche et 17 pour cent ont dansé vigoureusement! Du côté prévention, certaines lacunes sont à combler.Ainsi une femme sur quatre n’a jamais eu d’examen des seins et les Canadiens sont peu immunisés contre la rougeole et les oreillons.(Service Hebdo-Science) novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Offre spéciale nom.adresse, pays____ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bd Lebeau, Ville-St-Laurent P.Q.H4N 1S2.* offre réservée aux particuliers, à l’exception de toute collectivité.HAI Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 26 dollars canadiens au lieu de 33 dollars. s® ÜÉBEC SCIENCE / novembre 1980 11 SURDITÉ INDUSTRIELLE L’AUTODÉPISTAGE MAINTENANT POSSIBLE ïs ouvriers de tout le conti-;nt nord-américain pourraient entôt détecter eux-mêmes urs troubles d'audition, causés plus souvent par le bruit ins leur milieu de travail, râce à une invention québé-)ise qui vient tout juste d’être lise sur le marché: l’ipsiphone.Il s’agit en fait d’un nouvel rdiomètre capable de fournir n «/ndice Précoce de Surdité idustrielle», d'où l'appellation ipsi».Mais le nouvel appareil orte doublement son nom uisque le mot latin ipsi signi-e « soi-même » ou « lui-même », m originalité résidant d’ail-:urs dans le fait que tout indi-idu peut l’utiliser sans l’inter-lédiaire d’un spécialiste de la knté.Le dépistage de la surdité tidustrielle pourrait donc ne lus être l'affaire exclusive des udiologistes et autres spécia-Jstes de l'ouïe, marquant ainsi n pas en avant dans la lutte ontre cette maladie profes-ionnelle.Inventé par les ingénieurs iuy Lescouflair, chef audio-bgiste au Centre hospitalier de université Laval, et Jacques iharlebois, chef d'informatique l’hôpital Laval de Québec, ipsiphone a été développé et iis au point par le Centre de echerche industrielle du Qué- bec (CRIQ).Son fonctionnement est relativement simple.Le sujet applique sur ses oreilles des écouteurs qui sont reliés à l’ipsiphone.Celui-ci génère des sons qui varient en fréquence et en intensité et qui sont transmis à une des deux oreilles.Sur l'appareil, s’allument des voyants, correspondant aux étapes d’atténuation du signal et aux différentes fréquences, et indiquant au sujet la présence d’un son.S’il a entendu le signal, il coche alors la case appropriée sur une fiche personnelle.Seules les fréquences de 4 000 à 6 000 Hz sont d’abord testées, étant considérées comme les plus susceptibles de révéler un ipsi.Cinq autres programmes peuvent être utilisés selon le type de test voulu mais ne peuvent être sélectionnés que par une personne autorisée.De plus, l’appareil peut détecter les fausses réponses de ceux qui voudraient ne pas s’avouer leur handicap ou obtenir une indemnité à laquelle ils n’ont pas (encore) droit.En plus de permettre à l’ouvrier de surveiller sa propre santé auditive, l’ipsiphone peut aussi constituer une alternative au coût important des méthodes actuelles de surveillance de - Æ' l’audition (estimé à S20-S25 par employé pour un test par année), en réduisant surtout le temps perdu pour aller passer des tests.Ne nécessitant pas de salle insonorisée, l’appareil peut être placé tout près du lieu de travail, sa disponibilité constante permettant à l’employé de passer aux moments voulus des tests répétés, seul moyen d’établir avec précision le statut de l’audition.De plus, il ne coûte qu’environ $1 000, soit une fraction du coût d’un audiomètre classique.Malgré tout, il semble que l’ipsiphone devra vaincre certaines résistances, puisque l’idée du dépistage par auto-test peut être mal reçue, entre autres, par les audiologistes.«Il ne remplacera pas l’audiologiste, affirme M.Raymond Lantei-gne de Génie Audio Inc., l’entreprise chargée de la mise en marché.Même si c’est vous qui prenez votre audiogramme, ce sont eux qui devront faire le diagnostic si vous dépistez un problème.» Mais tout dépendrait surtout des lois et de leurs règlements.Aux États-Unis, par exemple, la loi dit presque de prendre un appareil conventionnel.Au Québec, cependant, les règlements concernant le dépistage de la surdité industrielle, découlant de la loi 17, ne sont pas encore formulés et, selon Gordon Perreault des Services de protection de l’environnement, c’est la nouvelle Commission de santé et sécurité au travail qui déterminera la valeur de l’ipsiphone comme outil de dépistage.Mais les promoteurs de cette invention para-médicale sont très confiants de pénétrer le marché très intéressant des 145 000 usines bruyantes en Amérique du Nord (dont 11 000 au Canada) et même celui des commissions scolaires.L’ipsiphone remplirait ainsi largement son mandat préventif, permettant des interventions en bas âge contre la surdité sous toutes ses formes.Marcel Art eau FAMILLE DES SCIENCES Certificats de premier cycle offerts à temps partiel CERTIFICATS EN — Écologie — Informatique — Sciences de l'environnement Conditions d'admission RENSEIGNEMENTS 282-3654 282-3664 282-3672 Posséder un diplôme d'études collégiales ou l'équivalent ou Posséder des connaissances appropriées, une expérience pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux (22) ans.N.B.: Ces programmes n'exigent aucun cours spécifique de niveau collégial.Dates limites des demandes d'admission: Session d'automne: Plein temps: 1er mars Temps partiel: 1er juillet Session d'hiver: Tous: 1er novembre Pour obtenir le formulaire de demande d'admission: Bureau du régistraire, Service de l'admission.Case postale 8888, succursale "A", Montréal, Québec H3C-3P8.Tél.: 282-71 61 Université du Québec à Montréal nventé par l’audiologiste Guy Lescouflair et un spécialiste de 'informatique Jacques Charlebois, l’ipsipbone rend possible 'autodépistage des troubles de l’audition. .En 1979, HydroQuébec a reçu, traité et encaissé près de 12 millions et demi de paiements de factures d'électricité, une valeur d'environ 1 900 000 000 $.On imagine, du même coup, l'importance et l'ampleur de la fonction encaissement à Hydro-Québec.Il faut, pour ne pas perdre des intérêts précieux, procéder avec célérité.D'autre part, encaisser quotidiennement 55 000 paiements et mettre autant de dossiers à jour représente une somme de travail considérable.D'où la mise en place il y a trois ans, au siège social, de deux systèmes de traitement des encaissements.Un traitement informatisé Ces deux systèmes, reliés à l'ordinateur central d'Hydro-Québec, fonctionnent essentiellement par saisie optique.L'un traite les paiements reçus par courrier (40 %); l'autre traite les paiements transmis par les établissements bancaires (55 %) et les bureaux d'Hydro-Québec (5 %).L'abonné doit joindre à son paiement le talon de la facture, appelé coupon de caisse: c'est ce coupon qui est utilisé comme document pour la lecture optique.Les paiements reçus par courrier Les 20 000 enveloppes-retour qui parviennent chaque jour au siège social représentent moins de 40 % des paiements; c'est pourtant leur traitement qui demande le plus de travail au service Encaissement.Le système utilisé à cette fin, appelé DOCUMATE, comprend neuf stations de lecture optique, deux stations de saisie manuelle, une unité centrale de traitement, deux dérouleurs de bandes magnétiques, un tourne-disques et un pupitre de commande.La plupart des encaissements sont traités directement par les stations de lecture optique, qui saisissent les données du coupon, comparent le montant du coupon avec celui du chèque tapé au clavier par l'opérateur, endossent le chèque et y impriment le montant payé ainsi que d'autres informations utiles.Les données acceptées sont enregistrées sur disque; lorsque le traitement est terminé, ces informations sont transcrites sur bandes magnétiques, Le lecteur optique Cummins 42!6, utilisé pour ie traitement par lots.Z I & & si Une station de lecture optique du système Documate, qui traite les paiements reçus par courrier.a Publi-Reportage Hydro-Québec Nnuemhre 1QRO puis transmises à l'ordinateur central qui effectue la mise à jour des dossiers d'abonnés.Chaque station de lecture optique permet la saisie d'environ 450 documents à l'heure.Une bonne partie du courrier doit cependant faire l'objet d'un traitement préalable.C'est ie cas des chèques postdatés, des changements d'adresse, des demandes de renseignements, des coupons endommagés, des enveloppes contenant plusieurs paiements, ou encore des chèques agrafés aux coupons de caisse.Les encaissements par lots Les factures payées par les abonnés dans les agences et les bureaux d'Hydro-jOiiéhen sont acheminées niintiriiennement au siège social sous forme de lots de 100 à 150 coupons de caisse; les lots provenant de chaque établissement sont accompagnés d'un chèque ou d'un rapport d'encaissement.Le système utilisé dans ce cas comprend un lecteur optique CUMMINS 4216 d'une capacité de traitement de 39 000 documents à l'heure, dix stations de saisie manuelle, une unité centrale de traitement, un dérouleur de bandes magnétiques, quatre tourne-disques et un pupitre de commande.Les coupons sont d'abord passés en revue et répartis en deux catégories, selon qu'ils peuvent ou non être traités par le lecteur optique.Vient ensuite la saisie des données; que cette dernière soit faite par le lecteur optique ou par une station de saisie manuelle, les informations relatives à un lot donné sont enregistrées et fusionnées par le système, qui les conserve en mémoire.Les lots sont balancés, après quoi les informations sont transmises ^ l'ordinateur central en vue de la mise à jour des dossiers.Ces deux systèmes de traitement ofrf permis d'améliorer d'une façon notable les opérations d'encaissement, leur fiabilité, leur raniriiîé et leur rentabilité m ÉBEC SCIENCE / novembre 1980 13 CINEMA OUJOURS UN ARTISANAT :t et symbole de notre art par excellence des mps nouveaux — des temps odernes —, le cinéma s’en va ?rs ses 85 ans d'existence sans l’aucune grande innovation chnologique ne vienne radi-dement bouleverser ce qu’il it au fond : un métier d’arti-ms.Tel est du moins ce qui •ssort d'une rencontre avec :ux de nos techniciens du sep-ème art, le caméraman (et :alisateur) Georges Dufaux et ngénieur du son Claude tazanavicius, qui tournaient ;té dernier sur l’île d’Orléans nouveau film de Francis lankiewicz et Réjean Duchar-ie, Les beaux souvenirs.C’est le co-production de l'Office îtional du film et de Lamy, oencer et Compagnie Liée.«11 est vrai que la techno-gie a fait avancer la technique ; prise de son de façon brutale, ^connaît par exemple Claude iazanavicius.Mais c’était il y a ne quarantaine d’années, rand est sortie la bande lagnétique.» Cette innova-on, qui permit le magnéto-hone autonome, petit et por-.tif, provoqua une véritable ¦volution dans l’exploration ; l’univers du son.Mais depuis, en de radicalement nouveau! Même chose côté image.« La ichnique du cinéma n’a pas langé, dit Georges Dufaux.ondamentalement, les camé-is que nous utilisons restent à eu près les mêmes qu'autre-)is.La différence notable, c’est ue même les plus vieux modè-;s, ont été modifiés de façon ce qu’on travaille en visée :flex.» Pourtant, s’il n’y a pas eu kemment de révolution en latière de prise de vue et de on dans le domaine du cinéma, y a eu ces dernières années e nombreuses améliorations ans les équipements ou les roduits utilisés.Par exemple, lême si la sensibilité des mulsions n'a guère été modi-iée, les pellicules sont plus tolérantes » ; elles permettent e capter des différences de irillance plus fortes qu’avant, .es caméras se sont faites plus légères et mieux insonorisées.De plus, note Georges Dufaux, il y a moins d’une dizaine d’années que sont apparues les « lentilles rapides », c’est-à-dire des objectifs à très grande ouverture (1,4 par rapport à 2 auparavant ; à noter qu’en calibration photométrique, une ouverture de 1,4 correspond à une ouverture de 1,2 sur les objectifs des appareils-photo 35 mm courants).En plus de la miniaturisation des équipements — les nouvelles Nagra, ces Cadillac du magnétophone, sont de véritables merveilles à cet égard —, le domaine de la prise de son a vu s’améliorer grandement la qualité des micros.Plus sensibles, ils permettent de capter des gammes de sons plus variées.A un point tel d’ailleurs, note Claude Hazanavicius, que l'art du preneur de son consiste \f WÊ.Z Office national du film Four Georges Dufaux, caméraman, et Claude Hazanavicius, ingénieur du son, le septième art demeure encore un artisanat malgré l’amélioration des équipements et des produits utilisés.souvent à «aller contre la technique » : contrairement à l’oreille humaine en effet, le micro n’est pas sélectif, il enregistre tout et n’importe quoi.Même le micro «canon», présenté il y a quelques années comme la solution miracle, n’a pas été à la hauteur de ses promesses : bien sûr, il a un «angle d’audition» très réduit (un peu comme un téléobjectif a un angle de vue très étroit) ; mais, à l’intérieur de cet angle, il est sensible à tous les sons indistinctement — et il ne suffit pas de le pointer sur l’acteur qui parle de l’autre côté de la rue pour éliminer le bruit de l’auto qui passe.Innovation importante des dix dernières années, et qui touche aussi bien la caméra que le magnétophone : le quartz.Cet instrument ultra-précis de mesure du temps permet une synchronisation parfaite de la vitesse à laquelle défilent la pellicule et la bande magnétique, et cela sans que les deux appareils ne soient reliés entre eux par aucun fil, comme c’était le cas auparavant.La coupure du cordon ombilical entre le caméraman et le preneur de son autorise une liberté de mouvement tout à fait nouvelle.Les fabuleux progrès de l’électronique et du vidéo ont-ils touché de quelque façon le cinéma ?« Pas vraiment, pense Georges Dufaux.D’une part parce que cette technique, malgré ce qu'on pourrait imaginer, reste fort lourde et fort encombrante.Ensuite et surtout parce que la qualité de l’image vidéo n’a rien à voir, et de loin, avec la qualité de l’image sur film.» Aussi, c’est beaucoup plus comme un support que comme un moyen de remplacement que le vidéo pourrait actuellement être utilisé par le cinéma.De toute façon, s’empressent d’ajouter Georges Dufaux et Claude Hazanavicius, la question n'est pas tellement de savoir si de nouvelles innovations technologiques peuvent se produire dans notre domaine.Elle est plutôt de comprendre que les possibilités techniques actuelles ne sont même pas utilisées à leur maximum.Selon eux en effet, les contraintes budgétaires sont tellement fortes, pendant la réalisation 14 novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE d’un long métrage de fiction, qu’on ne peut pas prendre trop de temps ni trop de risques à essayer d’innover en matière de son ou d’image.À un point tel d’ailleurs qu’on en revient à un certain «académisme technique » depuis quelques années.«En cinéma de fiction, dit Claude Hazanavicius, le son direct est presque devenu un luxe.Si une prise n’est pas tout à fait parfaite, et à cause des contraintes de temps et d’argent, on se dit qu’on pourra toujours la reprendre en studio: il y a 15 ans pourtant, on n’acceptait pas aussi facilement d'avoir recours à la post-synchronisation, qui ne donne jamais un son aussi vrai que le vrai son.» Artisans dans le cœur et dans l’âme, nos techniciens du cinéma le demeurent donc foncièrement, même s’ils ont entre les mains des joujoux assez sophistiqués sur le plan technologique.Mais de ces joujoux, de ces gadgets dont ils jouent en virtuoses, ils savent aussi se méfier.Les nouveaux micro-radios par exemple (l’artiste porte un minuscule micro et un émetteur qui transmet le son, sans fil, au magnétophone) peuvent niveler la qualité sonore des films, s’ils sont utilisés à tort et à travers.«La facilité technique, dit le caméraman du film Les beaux souvenirs, ça tue à la longue la spontanéité, l’originalité, l’esprit d’invention.» Yanick Villedieu À la découverte des oiseaux du Québec.vient de paraître NICHOIRS D’OISEAUX par Raymond Cayouette illustrations de Jean-Luc Grondin La description de 20 espèces d’oiseaux qui occupent les nichoirs.Des trucs pour les attirer et les faire nicher.Plus de 25 modèles de maisonnettes.18 planches en couleur.36 pages, illustrées en couleur, $4.00 LES OISEAUX DU QUEBEC par Raymond Cayouette et Jean-Luc Grondifl L’habitat, les mœurs, le nid, le chant, la distribution, les migrations et lieux d’hivernage de 243 espèces d’oiseaux du Québec.Un complément idéal aux guides d’identification sur le terrain.120 pages, illustrées en noir et blanc, $5.00 GUIDE SONORE DES OISEAUX DU QUÉBEC Vol.I réalisé par Jean Bédard Disque microsillon présentant les chants et les cris de plus de 80 espèces d’oiseaux du Québec enregistés en pleine nature.Un outil indispensable pour l’identification des oiseaux et l’ensèignement des sciences naturelles.$5.40 (taxe incluse) iuxiItiOikMm'c S- H '•,l.¦s oisr Les Oiseaux du Québec nouvelle édition LES ÉDITIONS DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC, INC.Nom.Adresse.Code postal.Nichoirs d’oiseaux ?$4.00 Chèque ou mandat à l’ordre de Les Oiseaux du Québec ?$5.00 La Société zoologique de Guide sonore des oiseaux du Québec ?$5.40 Québec, inc.8191, avenue du Zoo, Charlesbourg, Qué.GIG 4G4 UN HIVER HISTORIQUE L’hiver 1979-1980 passera dé finitivement à l’histoire si l’on en juge par les nombreux records établis par le manque de neige.En effet, du 1er septembre 1979 au 30 avril 1980, les stations météorologiques de Montréal n’ont enregistré que 92,9 cm de neige, soit seulement 39% d’un hiver habituel.La région de Québec ne recevait quant à elle que 60,7% des 325,7 cm habituels et à Baie-; Comeau, sur la Côte-Nord, on devait se consenter de 66,1% des 308 cm coutumiers.Dans l’est du pays, soit à Lrédéricton et à Halifax, on a mesuré des accumulations res-peaives ne dépassant pas 47,6% et 37,2% de la normale.Mais c’est à l’autre bout du Canada que la neige fut vraiment rare pendant ces huit mois, avec 21,8% des précipitations habituelles à Vancouver.Pendant que les accumulations étaient presque normales dans les Prairies canadiennes, allant de 74,6% à Winnipeg à 96,8% à Edmonton, Toronto connais sait elle aussi un hiver «pauvre» avec seulement 60% des amoncellements habituels tra ditionnels.Mais où était donc la neige cet hiver ?À Terre-Neuve, avec des taux de 163,1% et 136,3% à Daniel’s Harbour et à Goose, et à Natashquan avec 108,7%, les tempêtes étant passées cette année plus au nord-est que d’habitude {Québec Science, avril 1980).Mais c’est aussi, en plein mois de juin qu’on la retrouva! La vague de froid qui a occupé alors tout l’Est pulvérisa bien des records mensuels (4,6 cm accumulés à Val d’Or au 16 juin) et occasionna de lourdes pertes pour agriculture, alors que la pire sécheresse de l’histoire sévissait dans l’Ouest.La question à se poser maintenant est peut-être: où était passé le soleil l’été dernier? DU COEUR, DU CRAN, DE LA FIERTE vous possédez un diplôme d'études secondaires admissible, vous avez de l'audace, de l’élan et l'esprit de décision, nous vous offrons ce casque de pilote des Forces canadiennes.Quand on a le désir de voler de ses propres ailes, une carrière dans les Forces régulières ou de Réserves, c'est du solide, du durable, du réussi.Pour plus de renseignements, communiquez avec le centre de recrutement le plus près de chez vous, ou consultez les Pages Jaunes sous la rubrique «Recrutement».jk LES FORCES Mjb ARMÉES CANADIENNES r-~i AU: Directeur du recrutement et de la sélection, I Quartier général de la Défense nationale, 1 Ottawa, Ontario K1A0K2 1 I une carrière dans les Forces armées canadiennes I m'intéresse, j'aimerais recevoir plus de renseigne-I mentsàcesujet.Nom Adresse Téléphone Université Faculté Spécialité PT-QS-1180 j, " v£w y Ljf: ' i I t i?' 1 ’ • - * * t t.* * € t *e ^ •r’*' » » novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE v.>r^ •Vi» ==£=== JÉBEC SCIENCE / i 1 Après une passion pour les oeuvres de Jules Verne et des auteurs américains, on voit maintenant émerger une création québécoise dans le domaine de ia science-fiction I ?£ • i x *1 F , • I « ^ ' 8 v .s \ * \\y par René Vézina «À cet instant précis, une créature écaillée fit soudainement irruption dans l’habitacle, brandissant un pistolet à rayons désintégrateurs.«Bon sang», jura sourdement Travis, «nous avions oublié le Bételgeusien!» Et de toute évidence, celui-ci n’avait pas l'intention d'inviter les deux hommes à prendre le thé, loin de là.Il fallait plutôt s’attendre à une promenade de santé dans l'espace, sans scaphandre.À moins que.Jetant un coup d’œil du côté de Fraser, Travis comprit que son copilote avait la même idée en tête: l’annihilateur-gamma! Avec un peu de chance, ils pourraient l'atteindre avant que la créature ne réagisse.Prêt à tenter ce dernier baroud d'honneur, Travis allait s'élancer, quand.» La suite de cette palpitante aventure n'est pas difficile à imaginer : après d'autres bonnes émotions de la même cuvée, les deux héros réussiront sans coup férir à triompher de tous les pièges du cosmos, abattant des êtres étranges à l'aide d'armes tout aussi mystérieuses.Et plus c'est mystérieux, plus ça paie.conformément à la formule maintenant éprouvée qui garnit les rayons des tabagies et qui fait les succès du box-office.Cette formule a un nom, qu’on associe généralement, par la force des choses, à une sorte de western intergalactique: la science-fiction.Mais rassurez-vous: si vous n'êtes pas friands de Bételgeusien, ou si la perspective de l'annihilateur-gamma ne vous fait pas frissonner, vous pouvez encore être convertis à la science-fiction.La vraie, pas celle des gadgets clinquants.En fait, malgré les petits bonhommes verts et les vieux préjugés, qui ont tous deux la couenne dure, force est de reconnaître qu'on retrouve, dans cette popularité grandissante de la science-fiction, un reflet des préoccupations de notre époque.Alors que la technologie envahit la vie de tous les jours, il devient réconfortant de voir l'homme faire la leçon aux robots de temps en temps.Et tout juste comme l'exploration spatiale prenait son envol, déjà les compressions budgétaires nous immobilisent pour une bonne génération; les imaginations débridées prennent le relais pour nous propulser jusqu'aux confins de l'univers.Assistant presqu'en spectatrice au déferlement d'une tempête qu'elle a elle-même contribué à déclencher, il était presque inévitable que la science-fiction soit apprêtée à toutes les sauces.Mais l'apparition d'un fastfood cosmique ne doit pas entacher toute la haute cuisine concoctée depuis maintenant près d'un siècle.On pourrait pratiquement dire que la science-fiction s'est développée parallèlement à l'éclosion de la civilisation technologique.À partir du moment où, vers la fin du 19e siècle, les révolutions industrielles, puis les découvertes dans le domaine des communications ont ouvert de nouveaux horizons à l'humanité, des visionnaires se sont emparés de timides hypothèses pour mettre en scène des situations nouvelles découlant des progrès de la science.SOUS L'INFLUENCE DE JULES VERNE Parmi ces précurseurs, deux noms se détachent du peloton: H.G.Wells et Jules Verne.Le premier nous aura légué le thème du voyage dans le temps, de l'homme invisible, et aussi celui des assaillants martiens (.les petits bon-hommes verts) à travers sa Guerre des Mondes.A cet effet, on se rappellera la mini-panique provoquée, aux États-Unis, par une adaptation radiophonique de cette œuvre, dans les années trente, signée Orson Welles.Même si on avait avisé les auditeurs qu'il s'agissait là d'une émission spéciale, la description de l'attaque était si saisissante que bon nombre de gens terrorisés étaient allés 18 ?jusqu'à se barricader, convaincus de l'invasion .Quant à Jules Verne, sa popularité ne s'est jamais démentie, et son influence a été énorme, au Québec spécialement, dans la mesure où ses «voyages» autour de la Lune ou au centre de la Terre ont marqué toute une jeunesse avide d'aventures.Par la force des choses, c'est probablement les récits de Jules Verne, souvent à peu près seul en son genre dans les rayons des bibliothèques, qui ont déclenché la passion des Québécois pour la science-fiction.Relativement parlant, nous sommes de gros consommateurs : plus de 300 000 volumes par année.Pourtant cet engouement remonte à quelques dizaines d'années, tout au plus.Il semble bien qu'il faille voir, dans notre éveil tardif à la science-fiction, un corollaire des préjugés traditionnels du milieu québécois envers la science en général, préjugés qui se sont finalement effondrés sous les coups de boutoir de la Révolution tranquille.Il faut dire qu'auparavant, de toute façon, c'est plutôt la littérature réaliste, de terroir même, qui avait la faveur, chez nous.Les réserves disparues, la soif de découverte alliée au goût du merveilleux ont fait le reste du travail.Aujourd'hui, le Québec est devenue une terre de prédilection pour la science-fiction.Pour la consommation surtout.Car même si bon nombre de pionniers se débattent âprement pour susciter l'émergence d'une création québécoise en la matière, le retard accumulé et les influences étrangères sont si forts qu'il semble encore bien difficile de se tailler une place au soleil.L'ÀGE D'OR DE LA SF AMÉRICAINE En toute humilité, il faut admettre que nos voisins du Sud ont déjà pris une confortable avance, eux qui ont, à toutesfins pratiques, créé les magazines de SF dans les années trente.Il est d'ailleurs fascinant de suivre, dans ces revues devenues célèbres comme Amazing Stories, ou Astounding Stories, l'évolution, en filigrane, de la société américaine bouleversée par les progrès techniques et les profonds changements qui en résultent.Ainsi, au cours de la période de la Grande Dépression, alors que la vie est difficile, on voit fleurir les Space Operas, ces épopées où les humains guerroient dans l'espace contre des créatures menaçantes qu’ils finissent par terrasser; ou les Heroic Fantasies, dans lesquelles des colosses d'un autre âge triomphent des forces de la Nature.L'Amérique est en mutation, la SF en bouillonnement.Peu à peu, la science perd de son côté magique, réservé aux seuls initiés; fidèlement, la S F se met elle aussi à explorer des pistes plus sérieuses, jouant son rôle d'éclaireur, tout en canalisant la réaction populaire devant certains types d'expérimentations qui effraient.Ainsi, le développement de la physique nucléaire provoque la floraison de nouvelles basées sur la notion de cataclysme atomique.Parallèlement, cette «furia» réaliste devance les événements.En 1944, par exemple, l'armée américaine lit avec stupeur, dans un récit de SF, le fonctionnement détaillé d'une bombe atomique.À la veille d'Hiroshima, en plein projet «Manhattan», ultra-secret, l'émoi est considérable, et on ouvre une enquête pour savoir comment des informations aussi stratégiques auraient pu filtrer.Plus chanceux que les Rosenberg, l'auteur s'en tire indemne.C'est pendant cette période, qu'on a baptisé «l'âge d'or de la science-fiction», que les grands noms se sont révélés au public.Asimov, Heinlein, Van Vogt, et une bonne partie de ceux qui ont fait leurs classes il y a 40 ans demeurent aujourd'hui encore les plus gros vendeurs.Plus, des théories, dont on se demande parfois si elles sont véridiques tellement elles sont répandues, sont nées à cette époque et ont par la suite été adoptées d'emblée : qui oserait écrire sur les robots sans songer aux trois fameuses lois sur la Robotique de Asimov?C'est dans la deuxième moitié du 20t siècle que la science-fiction fera littéra lement sauter ses barrières.Auparavan presque une chasse-gardée américaine de nouvelles voix vont maintenant s'éle ver un peu partout, de l'URSS à la France pour aborder autre chose que les science: dites «dures», seules autorisées jus qu'alors.La montée de la psychologie, di l'écologie, de la sociologie, trouver: immédiatement ses répercussions dan: un nouveau type de littérature, qu’oi commence à baptiser «fiction spécula tive».L'expérimentation va jusqu'à re mettre en cause la structure même di récit, la forme de l'écriture; il s'agit peut être de soutenir l'intérêt d'un publi devenu blasé, en voyant régulièremer les fantaisies les plus audacieuses, qi faisaient l'objet des romans de SF il y 20 ans, être maintenant offertes en vent au catalogue.La science-fiction semble donc deve nue un vaste supermarché.Un autei américain de la «nouvelle vague», Noi man Spinrad, a justement écrit: «L science-fiction est l'ensemble de ce qi est publié sous l'étiquette de la science fiction.» Rien d'étonnant à ce qu'c veuille développer, dans ce contexte, u produit original, affranchi de la tutell des géants.LES PREMIERS JALONS Au Québec, la domination étrangèi dans le domaine de la science-fiction été tellement puissante que notre souvi raineté culturelle en cette matière app: raît encore problématique.On a pourta posé les premiers jalons.Depuis que ques années, les éléments les plus acti :¦ l; J 19 iS(dio»!'i is, tr#* issions rature, c ctioo S[® yrs raeif' lilsajitf I d'un f isjsliito9 (J3CI°' psdeSfl u «milieu» québécois ont entrepris d'éta-« ferait lir des liens au sein de cette petite Aopaiii ommunauté, méconnue et livrée à elle-eamfe tême, du moins jusqu'à tout récemment.«MtS: Car les choses sont tranquillement en SSàlafm -ain de changer.Ainsi, au printemps uelessciF ernier, les organisateurs du Salon du inriste vre de Québec adoptaient le thème de L'insolite et la science-fiction» pour événement, conscients de l’attraction randissante qu'exercent ces simples tots.Il ne s'agissait cependant pas là 'un leurre, puisque le Salon proposait, ntre autres, comme manifestation spé-iale, le deuxième congrès québécois de a science-fiction, «Boréal 80».Organisé conjointement par le club de cience-fiction de Québec, «Boréal 80» 'renait la relève du premiercongrèstenu an passé à Chicoutimi, et aura permis ux artisans de la SF québécoise de cons-ater qu'ils sont déjà plus d'une centaine ;5| partager la même passion.Au pro-j; jramme: films, concours de graphisme, iteliers et discussions ouverts aux initiés j t aux curieux qui, pendant quelques ours, sont véritablement partis en or-iite.et ont pu oublier qu'il se débattent oujours dans une marginalité entretenue lar la grande concurrence commerciale.Car en matière de science-fiction, il le suffit pas d'avoir le goût et le talent lécessaires pour écrire et dessiner: ;ncore faut-il pouvoir être lu.Et pendant e|(3r: lue les grandes maisons d'édition igno-.ent, ou feignent d'ignorer la SF autoch- .-ill l ini »"¦ joie c ijn iertC' Au Québec, trois famines, ces revues de science-fiction, sont disponibles : Solaris, Pour ta belle gueule d'ahuri et Imagine.one, quelques braves se sont attelés à développer, depuis quelques années, 1'îl‘.- 'embryon d'une «filière québécoise».Au J Québec, le décompte des publications spécialisées n'est pas très long: on en dénombre exactement trois: Solaris, l'aîné de la famille qui entreprend déjà sa sixième année.Imagine et Pour ta belle gueule d'ahuri.En comparaison, les Italiens, champions dans ce domaine, produisent quelques milliers de «fanzines», nom qu'on attribue à ces revues éditées avec peu de moyens mais beaucoup d'enthousiasme.Dans le domaine de la recherche, la science-fiction devient aussi un sujet d'étude.À l'université McGill, un groupe de travail, sous la direction de Darko Suvin, publie la revue Science Fiction Studies.À l'Université du Québec à Chicoutimi, Elizabeth Vonarburg donne un cours sur ce sujet et, à l'université Laval, un sociologue, Jacques Lemieux, prépare une thèse de doctorat sur ce phénomène.UNE SCIENCE-FICTION BIEN QUÉBÉCOISE De toute façon, la tradition québécoise est relativement jeune.Outre certains efforts isolés, c'est dans les premières revues de bandes dessinées québécoises — Prisme, Baloune, Mainmise — que certains audacieux ont commis les premières créations québécoises de science-fiction.Règle générale, les heures de gloire furent brèves, et il fallut attendre véritablement jusqu'en 1 974 pour que la SF québécoise se trouve une niche plus solide, avec Requiem, l'ancêtre de Solaris.Sous l'impulsion de Norbert Spehner, lui-même professeur de science-fiction au collège Édouard-Montpetit depuis 1 968, Requiem allait offrir ses pages aux jeunes auteurs, tout en gardant un œil sur les productions étrangères.Le temps d'un changement stratégique de titre («Avec un nom pareil, difficile de motiver les collaborateurs», dira Spehner), et Solaris a trouvé un rythme de croisière qui lui a permis d'atteindre, en 1980, le cap des 30 numéros, et un tirage qui se rapproche progressivement du millier.La plupart des ventes se font par abonnement: l'heure n'est pas encore à la distribution massive dans les tabagies, mais le fanzine peut néanmoins compter sur un bon bassin de fidèles supporters.Avec les années, Solaris a peu à peu réussi à se fabriquer une image, tant pour la forme que pour le fond, qui lui confère d'emblée le leadership au Québec.On y retrouve, dosés à peu près également, des textes de fiction, des articles, des chroniques, le tout appuyé par des illustrations originales.La revue tente de présenter l'éventail le plus large possible de ce qui se fait au Québec et à l'extérieur.De plus, bien décidé à conserver le leadership dans le petit monde de la SF québécoise, Solaris organise annuellement un concours au terme duquel on attribue le prix «Dagon» remis à la meilleure nouvelle de l'année.En plus de la bourse qui lui est attachée, «Dagon» permet à de nouveaux noms de passer la rampe et de s'assurer une certaine notoriété.Apparu en 1978, Imagine doublait du même coup les effectifs québécois, au niveau des publications spécialisées.Édité à Montréal par un collectif de trois personnes dirigées par Jean-Marc Gou-anvic, Imagine s'est caractérisé dès le départ par une large ouverture faite à la recherche et à l'expérimentation en matière de science-fiction.Plus que les autres, Imagine représente ce nouveau courant qu'on a baptisé «fiction spéculative», pour prendre ses distances face à une littérature où la science est parfois utilisée de façon incongrue.Cette revue, où les graphismes passent au second plan, a vite étéqualifiéed'«intellectuelle» du groupe, même si elle aussi accueille des textes de toutes tendances.Benjamin de la famille, Pour ta belle gueule d'ahuri est né du département des arts du cégep de Sainte-Foy.Par conséquent, l’illustration y occupe une place importante, même si, dans sa facture générale, «PTBGA» se rapproche de Solaris.Pourquoi un titre aussi farfelu?De l'aveu du responsable de la publication, Maher Jahjah, l'avantage premier, c'est qu'affublée d'un tel nom, la revue passe difficilement inaperçue.Pour le reste, on a opéré une fusion stratégique avec les membres du club de science-fiction de Québec, qui regroupe quelques dizaines d'adhérents, ce qui assure au fanzine un bon noyau de collaborateurs et une grande diversité dans l'inspiration .DES OBSTACLES QUI SE LÈVENT LENTEMENT Tirage global : environ un millier et demi de copies, la bonne moitié occupée par Solaris.Du côté revues, l'élan semble amorcé, mais on touche encore un public restreint et clairsemé.Jusqu'ici le seul fait pour un auteur québécois d'espérer un jour vivre de sa plume confinait presque à l'utopie, dans un marché dominé par l'arrivage massif de traductions étran- novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE gères à bon marché.La science-fiction exploitant, par essence, des thèmes universels, il semble hasardeux de «nationaliser» un tel produit, un peu comme on l'a fait pour le théâtre.Réticences des éditeurs suffisamment garnis, indifférence d'un public bien sevré; pour briser ce carcan, quelqu'un devait se lancer à l'assaut.Et c'est justement la bonne nouvelle que «Boréal 80» réservait à ses participants.On avait d'ailleurs eu droit à un apéritif, avec le lancement, au cours du dernier Salon du livre, de deux numéros spéciaux de la Nouvelle barre du Jour, cette revue littéraire déjà bien établie.Pour la première fois, le fantastique et la science-fiction y avaient droit de cité.Ces mini-anthologies, qui présentent une bonne brochette d'écrivains, constituent de fait une reconnaissance de la qualité des textes québécois.Textes qui pourront d'ailleurs circuler plus facilement à l'avenir, puisque la première collection québécoise dédiée à la science-fiction doit voir le jour cet automne.Cette annonce, qui a couronné en quelque sorte «Boréal 80», répond à un vœu exprimé depuis toujours, et les éditions du Préambule, responsables de ces Chroniques du Futur, prévoient en faire paraître deux ou trois par année.Une cadence relativement modeste, mais qui marque un tournant, aux dires des intéressés, réduits trop souvent à publier à compte d'auteurs.Est-ce que la science-fiction québécoise, qui commence à être dotée de l'infrastructure minimale, peut répondre à ces attentes?Toute comparaison, à ce stade-ci, serait odieuse.Il est impensable de recréer Asimov, Bradbury ou Sturgeon, qui appartiennent à leur milieu et à leur époque.L'évolution récente de la science-fiction, qui tend à abandonner les scénarios empreints de technicité pour une démarche plus analytique, pourrait avantager les créateurs québécois.Nous n'avons pas, contrairement aux Américains, été conditionnés par l'invasion galopante de la science dans tous les domaines d'activité: ainsi, seul un Américain pouvait écrire cette nouvelle sur la révolte des appareils ménagers, encouragée par une civilisation mécanique.Tous, cependant, nous ressentons le nivellement engendré par l'extension foudroyante des moyens de communications.C'est peut-être de ce côté que l'avenir est grand ouvert, d'autant plus que les auteurs québécois, pour un bon nombre, sont rompus au langage de la science et des techniques, par goût ou par formation académique, évitant de ce fait les pièges de la fumisterie pseudoscientifique, largement répandue.SCIENCE OU LITTÉRATURE Il reste ce fameux débat, qui a longtemps coincé la science-fiction entre l'arbre de la science et l'écorce de la culture : est-on en présence d'une science pour dégénérés ou d'une littérature d'analphabète?Tous tirant, évidemment, à boulets rouges sur le pianiste.Paradoxalement, on a longtemps voulu faire de la science-fiction le pont entre ces deux mêmes cultures séculairement ennemies.À une certaine époque, le débat était âpre, au point où John Campbell, le père des Astounding Stories, lui-même diplômé en physique, écartait systématiquement toute nouvelle qui ne s'appuyait pas sur des postulats potentiellement applicables.Les auteurs en ont été quittes pour leurs frais, puisqu'une bonne partie de ces fantaisies tirées tout droit de leur cerveau se sont matérialisées, par la suite, ce qui faisait dire à Asimov: «On s'est approprié nos chimères.» Dans les années quarante, l'invention n'était pas accueillie avec un haussement d'épaules, et il était exaltant de prédire le futur.De nos jours, on sonde davantage l'évolution des sociétés.La science-fiction aurait donc de la difficulté à préserver aujourd'hui son rôle d'aiguilleur au strict point de vue de la technique.La réalité quotidienne apparaît parfois aussi extravagante que les envolées des auteurs des années quarante.N'y a-t-il pas cet Américain, Bob Truax, qui met à la disposition de quiconque veut tenter l'expérience une capsule spatiale capable de s'élever à 80 kilomètres dans la stratosphère.pour la bagatelle de un million de dollars en espèces sonnantes, il est vrai.C'est un peu ce qui explique pourquoi la science-fiction, qui s'est d'abord fait connaître par ses explorations de l'infiniment grand, se tourne de plus en plus vers l'introspection de la société et de l'individu.Curieusement, alors que la SF littéraire tend à se sophistiquer, sa contrepartie cinématographique utilise à profusion effets visuels, gadgets ronflants et montages compliqués qui nous ramènent presque à l'âge d'or des Space Operas.À la télévision comme au cinéma, hommes et femmes bioniques, extra- terrestres, vaisseaux spatiaux et guerre entre univers ont la cote d'amour, tant chez les enfants que chez les adultes.Goldorak a remplacé Zorro.même si on a assisté, par le passé, à quelques adaptations intéressantes, comme celle de François Truffaut, Farenheit 451, tiré du roman de Ray Bradbury ou 2001, une Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick et inspiré d'un thème d'Arthur C Clarke.Il faut quand même reconnaître que les développements des techniques ciné matographiques offrent de L'amateur québécois de SF X quoi peut bien ressembler un ama r\ teur de science-fiction, québécoi-sement parlant?Par l'entremise de la revue Solaris, qui a publié les résultats d'un sondage à ce sujet en février dernier, voici esquissé à grands traits un portrait-robot de cette espèce de moins en moins rare.Au départ, et même si la SF ne se veut pas sexiste, elle attire en forte majorité les hommes, âgés de 20 à 30 ans, qui complètent ou qui ont complété des études supérieures, et qui exercent, le cas échéant, une profession «libérale».Pour l'intéressé type, la SF s'appuie davantage sur l'imaginaire que le rationnel, tout en explorant les différents champs du possible Principal champ d'action: le futur, cadre suffisamment passionnant pour avoir converti notre amateur depuis une bonne dizaine d'années déjà.Écologiste, il ne fume pas, s'identifie aux courants de gauche, juge la conquête de l’espace nécessaire, mais demeure relativement pessimiste quant à la tournure de l'avenir.Les auteurs les plus connus: Asimov, Verne, Van Vogt, Wells et Clarke.Les auteurs les plus prisés: Sturgeon, Tolkien, C.Smith, Simak et Vance.Cette étonnante disparité entre les facteurs de «célébrité» et de «popularité», qui ramènent les auteurs les plus connus loin derrière, dans la cote d'amour, colle assez bien à l'évolution moderne de la SF, férue d'humanisme plutôt que de gadgets: en cela, l'amateur québécois semble avoir pris une longueur d'avance sur son vis-à-vis américain, plus conservateur. UUÊBEC SCIENCE / novembre 1980 21 Les Trois Lois fondamentales de la Robotique, édictées par Asimov dans son roman «Les Robots»: 1.«Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.» 2.«Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première Loi.» 3.«Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième Loi.?' W I deux * fascinantes perspectives, quoique fort coûteuses: Alejandro Jodorowsky, qui tente depuis quelques années de porter à l'écran la prestigieuse œuvre de Frank Herbert, Dune, est de nouveau à sec, après avoir englouti des millions de dollars dans sa production.Ce qui n'empêche pas les fanatiques de Dune d'avoir instauré un véritable culte, aux États-Unis, calqué sur les enseignements du héros de l'épopée, Muad'Dib, alias Paul Atreides; ou les analystes politiques de faire toute une série de correlations entre la situation présente et celle décrite par George JDrwell, dans 1984, ou les éditorialistes de brandir le spectre du iMeilleur des JT —1 Mondes, de Aldous Huxley, après la conception in vitro de la petite Louise Brown.La science-fiction, qui loge à plusieurs enseignes, aura réussi le tour de force de réunir sous la même étiquette politique, écologie, chimie, ainsi que toutes les autres disciplines qui ont façonné ce siècle.Quant à savoir si elle est, oui ou non, fille naturelle de la science, imaginons plutôt cette relation : un peu comme dans les séries télévisées, l'agent secret se charge d'une mission importante tout en étant averti que son gouvernement ne le couvrira pas en cas d'échec : parallèlement, la SF sort des sentiers battus, officieusement encouragée par la science, officiellement désapprouvée comme hérétique.Mais comment s'empêcher de trouver que les choses, officiellement, avancent à pas de tortue, et que l'imagination est une excellente façon de voyager, en pleine crise de l'énergie?Cent ans après Jules Verne, la science-fiction semble avoir reçu ses lettres de créance et, jusqu'à preuve du contraire, elle colle bien à cette définition du penseur américain Charles Kettering: «Je suis fondamentalement intéressé par le futur, car c'est là que je vais passer le reste de mes jours.» ?m Pour en lire plus : «Terry Carr, La science-fiction pour ceux qui I détestent la science-fiction, Denoël, Paris, I 1968 (traduction française) Jacques Lemieux, Les univers imaginaires: ft étude de huit romans de science-fiction amé-7 ricains, thèse de doctorat (en préparation), Université Laval Darko Suvin, Pour une politique de la science-fiction, Les Presses de l'Université du Québec, Montréal, 1 977 Science Fiction Studies, trimestriel publié à l'université McGill par SFS Publications, depuis 1 973, Montréal Les trois revues québécoises :de science-fiction: Imagine, revue trimestrielle.On peut s'y abon-^ner à l'adresse suivante: 403 ouest, boul.Jaint-Joseph, app.21, Montréal, H2V 2P3, au coût de $8 par an Pour ta belle gueule d'ahuri, revue bimes-v trielle; 2176, chemin Sainte-Foy, app.310, Sainte-Foy, G1V 1S4; $10paran .*y.Solaris, revue bimestrielle; 1085, Saint-Jean, Longueuil, J4H 2Z3; $8 par an r- 22 PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE / novembre 1980 La phytogénétique industrielle au Que L'avènement prochain de la loi canadienne de la protection des obtentions végétales permet de croire que le nombre de variétés ou cultivars privés sera de plus en plus grand.Les semences hybrides de maïs constituent des alliées de choix pour les maisons privées de sélection.Les royalties qu’elles apportent assurent en premier lieu le financement des infrastructures de recherche en phytogénétique.Actuellement au Québec, comme dans le reste de l'Amérique du nord, la plupart des semences hybrides sont produites par l'entremise de grandes corporations multinationales.Demain ce marché sera vraisemblablement élargi aux céréales autogames.Ce nouveau marché s'offre aux industriels de semences du Québec.Ils devraient faire vite pour ne pas se faire devancer par leurs confrères ontariens.L'orge Mingo vient d'être homologuée par la Compagnie Ciba-Geigy à partir d'une recherche industrielle innovatrice basée sur la technique des haploïdes doublés.C'est de cette opportunité qui s'ouvre à eux, que nous discuterons ici.Il n'y a pas longtemps que les francophones du Québec s’intéressent à l'amé- lioration génétique des plantes, alors qu'il y a au moins 50 ans que des recherches et de l'enseignement dans ce domaine existent au Collège Mac Donald de l'Université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue.En 1962, à la fondation de la Faculté d’agriculture de l'Université Laval, un poste de professeur à temps plein dans le domaine de la phytogénétique est ouvert pour la première fois dans une institution francophone d'enseignement supérieur en agriculture.Comme le fait remarquer Claude-A.St-Pierre qui occupe ce poste aujourd'hui: «Presque 20 ans après, une petite équipe de moins de 10 chercheurs œuvre dans les secteurs publics ou universitaires».La «fabrication» d'une nouvelle variété n'est pas chose facile.La mise au point d'un nouveau cultivât prend beaucoupde temps et d'argent.En faisant en moyenne 200 croisements par an, les chercheurs peuvent espérer «mettre au monde» une variété qui sera homologuée tous les 3 ans.Claude-André St-Pierre qui a actuellement à son crédit la mise au point de 2 variétés homologuées, le blé Laval 19 et l'orge Sophie, estime le coût de production d'un nouveau cultivar à 1 million de dollars sur une période de 10 ans Le blé Laval 19, un blé de printemps è grain pourpre, à paille courte et résistant à la verse, est actuellement disponible et il est commercialisé par une industrie québécoise des semences, suite à une entente avec l'Université.L'origine de l'orge Sophie remonte ï 1 958 alors qu'un programme d'améliora L’UNIVERSITÉ LAVAL EN OAPSU H 1C JL L'école des sciences infirmières dans le renouveau des années '80 À compter de septembre, l'École des sciences infirmières de l'Université Laval offrira un programme modifié de baccalauréat en sciences de la santé (sciences infirmières).Mieux adapté aux besoins de la population et plus conforme aux objectifs universitaires de formation initiale à une profession, ce programme remplace un baccalauréat qui était davantage spécialisé dans l'étude des processus biologiques reliés à la maladie et aux mesures curatives.À l'heure de la santé communautaire, le programme de l'École des sciences infirmières s'ouvre très largement à des disciplines variées dont l'éclairage est essentiel à la compréhension des phénomènes de santé ainsi qu'à une action préventive ou curative.Les questions fondamentales posées par l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, aussi bien que l'épidémiologie ou l'éducation à la santé rendront les personnes formées dans ce programme plus soucieuses d'intégrer dans leur pratique les facteurs de l'environnement, les valeurs, les coutumes ainsi que les ressources des personnes et des groupes auxquels ils s'adressent.Ce programme vise, de plus, selon les vœux de la Commission d'étude sur l'avenir de l'Université Laval, à «l'acquisition d'une méthode et d'outils conceptuels qui confèrent à l'étudiant indépendance, créativité et polyvalence».Cette formation générale ouvre des champs de pratique les plusdiversifiés.ycom-pris ceux qui, à l'heure actuelle, absorbent la majeure partie de la main-d'œuvre infirmière, c'est-à-dire les hôpitaux.Moins axée sur l'habileté immédiate à exécuter des tâches précises que sur les principes fonda mentaux à l'action, la formation préconisée permet d'affronter des situations nouvelles avec la facilité d'apprendre que favorise l'assimilation d'une méthode de travail.Dans le prolongement de cette formation initiale, études graduées et recherche attireront probablement bon nombre de candidats, concrétisant ainsi une mission de l'école.Pourront être admis à ce programme les détenteurs d'un diplôme d'études collégiales général avec profil en sciences de la santé, en techniques infirmières ou l'équivalent ou les détenteurs d'un autre diplôme universitaire.Une nouvelle politique d'admission prévoit la mise en place de mécanismes permettan d'évaluer les acquis des candidats.Ainsi, il ni sera plus obligatoire pour ceux qui posséder un diplôme d'infirmier ou dïnfirmière de com pléter tous les cours du profil d'accueil collé gial en sciences de la santé pour être admis; ce nouveau programme.L'approbation donnée par le Conseil n'es qu'une étape, si importante soit-elle, de l'Uni versité Laval, dans les réalisations.La recher che est déjà une réalité et les études graduée feront bientôt l'objet d'une démarche de plani fication.À la fin de l’année 1985, cette école fer une réévaluation des nouvelles orientation données à ce programme afin d'en mesure la pertinence par rapport à l'évolution de I profession et des besoins de la société.Les yeux de l'espace Il y a fort longtemps que l'homme veut voir 1; paysage d'en haut.Il faut dire que ce n'es sûrement pas le seul souci esthétique qui f poussait à le faire mais plutôt une nécessit stratégique.L'homme a envoyé ses caméra portées par des cerfs-volants, des montgol f ières, des avions et plus récemment des sate; lites.Les techniques de la photographi aérienne ont tellement évolué qu'elles pei mettent même de voir des objets à prime abor «invisibles»; des gisements de minerais, de nappes aquifères peu profondes.c'est pot cette raison qu'il est maintenant question d «télédétection». 23 PUBLIREPORTAGE UÈBEC SCIENCE / novembre 1980 .est-ce pour demain Comme |( we quit® le[|loi^)Sl)s, tes see.kHbuce mlenmoi?lestherdi* lel1lm(le’,.quee loss t-Pieife i; me le ci) cultwi ie piinlei irteeLési nliisponiï:1 une inilysf' 5, soit! i f pliie [emo# med'amSi' lion de l'orge commençait à La Pocatière.En 1 969 un croisement entre deux culti-vars allait donner naissance à cette orge, à maturité tardive, résistante à la verse et à bon rendement.Le 7 mai 1 980 elle était homologuée.Une licence de distribution exclusive était accordée à une industrie québécoise des semences par l'Université Laval en septembre de la même année avec la collaboration du Centre de recherche industrielle du Québec.Bien sûr le rôle de l'Université ne se limite pas aux deux aspects mentionnés jusqu'ici, la recherche et le transfert de technologie vers l'industrie, mais il englobe aussi la formation de futurs chercheurs de cette discipline importante pour le développement de l'agriculture québécoise.La phytogénétique, par la production de variétés de mieux en mieux adaptées aux contraintes du sol et du climat, permet d'augmenter de façon substantielle le rendement des cultures.Ces chercheurs permettront aux sociétés québécoises de faire compétition aux sociétés étrangères.Le secteur des céréales est un secteur témoin où une tradition d'efficacité existe au niveau de la production de nouveaux cultivars.En effet, au cours des dix dernières années, les quatre organismes actifs dans ce domaine, Agriculture-Canada, Agriculture-Québec, le Collège Mac Donald et l'Université Laval, ont contribué à enrichir la diversité des cultivars de céréales.Ce travail se poursuit actuellement chez 400 producteurs québécois, membres de l'Association des producteurs de semences du Canada, qui multiplient ces cultivars pour répondre aux besoins de l'industrie des semences.fl'V te, A*.U Mais il n'y a pasque les céréales.Pour d'autres espèces agricoles, il y a aussi des possibilités d'amélioration.Il y a beaucoup de travail à faire dans le domaine des herbages et dans ledomaine horticole, que ce soit pour l'amélioration génétique de la luzerne, de la fléole, de la pomme de terre, de la laitue, de la carotte, de l'oignon et de bien d'autres.Il y a aussi le secteur des plantes à fleurs et du gazon qui est en friche.La phytogénétique pourrait, selon Claude St-Pierre, s'intéresser à la fève-role, petite cousine de la gourgane, qui produit un grain riche en protéines.Des cultivars de cette légumineuse, une fois bien adaptés au climat du Québec, pourraient fournir une matière première qui pourrait entre autres servir à la production de protéines texturisées, les fameux allongeurs de viande, et aussi de suppléments protéiques pour les animaux.Si dans le domaine des céréales l'université et en particulier l'Université Laval a réussi jusqu'à présent dans une certaine mesure, à effectuer un transfert de technologie vers l'industrie, cette initiative ouvre la voie à une collaboration encore plus étroite pour le développement d'une phytogénétique industrielle au Québec.;mes p* ««ip*8 ifimiéif*4 Sif actuels HeW*'11 soit**1 atious U[ii s études?1* éjiatetiede* L'Association québécoise de télédétection tient cette année son congrès annuel à l'Université Laval et elle insistera surtout sur les besoins du Québec en télédétection pour la cartographie et la surveillance des ressources.Durant ces deux jours, les 27 et 28 novembre 1980, les spécialistes québécois du domaine se pencheront sur les aspects humains et éducationnels du transfert de cette technologie au profit des Québécois, sans oublier cependant de consacrer quelques sessions aux nouvelles méthodes de traitement des données et aux dernières applications.Pour mieux connaître les argiles .U»'1 10 c3^ itS ^ d 11 ,wr\' ic'c- .y Qu'y a-t-il de commun entre la géologie de la Suède et celle du Québec?Vous avez droit à un indice.cette particularité peut parfois coûter très cher.Il s'agit de dépôts argileux.Ayant eu, dans les grandes lignes, une histoire géologique semblable, les dépôts argileux suédois et québécois proviennent de la dégradation d'une roche mère équivalente et ont été mis en place dans des conditions de sédimentation similaires.Et en Suède, encore plus qu'au Québec, à cause de la plus forte densité de population et de la législation locale, les tassements et les glissements de terrain dans ces sols coûtent cher à l'État.Dernièrement, l'Université Laval de Québec et le «Statens Geotekniska Institut», (SGI, Institut géotechnique de Suède) à Linkoping ont signé, en Suède, une entente de coopéra- tion d’une durée de cinq ans qui permettra une collaboration plus étroite entre les scientifiques des deux institutions qui s'intéressent à l'étude géotechnique des argiles sensibles.Mise en place à l'initiative du professeur François Tavenas du Département de génie civil, l'entente signée englobe aussi la participation de chercheurs des services géotechniques des ministères de l'Énergie et des ressources du Québec et des Transports du Québec et de la Suède.Les membres du Laboratoire de géotechnique du Département de génie civil dont François Tavenas fait partie, se penchent depuis une dizaine d'années sur le comportement des argiles molles.Les recherches effec- tuées ces dernières années en collaboration, entre autre, avec le laboratoire central des Ponts et chaussées de Paris, ont permis de mettre au point un modèle théorique du comportement des argiles sensibles.Le SGI poursuit de son côté des recherches dans la même direction.Les activités de coopération qui se développeront dans le cadre de cet accord seront financées par les unités concernées avec une aide importante du ministère des Affaires intergouvemementales du Québec.Marianne Gagnon Pour plus d'informations s'adresser au : Service des relations publiques Local 214 Tour des Arts Université Laval Cité universitaire, Québec G1K 7P4 (418) 656-2572 novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE UNE USINE Iisi«k*i«K il» WV15i Choisi e projet Stablex, à Laval, représente, à première vue, une technologie fiable.Mais il cache peut-être des da •lus graves.par André Delisle Plus de vingt mille camions-citernes remplis de poisons toxiques.Voilà exprimée par une comparaison pratique l'équivalent de la production de déchets liquides dangereux des industries québécoises en une seule année: environ 150 millions de litres selon les statistiques rendues publiques cet été par Environnement Québec.Cargaison embarrassante, aussi bien pour les industries que pour les gouvernements et les groupes de citoyens.On se surprend à rêver de faire disparaître le tout d'un coup de baguette magique.comme cela semblait se passer au cours des dernières années.Mais «fée nature» se montre moins disposée que jamais à répéter indéfiniment ses prodiges d'absorption.Ses refus se font maintenant spectaculaires.De vastes nappes d'eau souterraine sont contaminées à jamais.Des secteurs étendus deviennent désertiques.Il est même hasardeux d'habiter à proximité de certains centres industriels: les maladies chroniques ou les enfants malformés peuvent en être le prix, comme ce fut le cas dans le quartier Love Canal sis sur un ancien dépotoir de la compagnie Hooker Chemicals dans l'État de New York.Ce dépotoir était pourtant fermé depuis 20 ans déjà! SORTIR DE L'IMPASSE EN VITESSE Les catastrophes de la gravité de celle de Love Canal sont rares, inexistantes au Québec jusqu'ici.La situation reste tout de même critique puisque les industries ne disposent pas encore de débouché pour la majeure partie de leurs résidus toxiques les plus dangereux, soit les déchets inorganiques.Bien sûr, des amorces de solutions partielles sont déjà en place.Un incinérateur à Ville-Mercier en banlieue de Montréal est opéré par la firme TRICIL, une filiale de l'entreprise CIL; on peut y recevoir la plupart des déchets liquides organiques.Unepropor- tion importante des huiles usées aboutit sur les routes ou dans des «incinérateurs-maison», utilisationsqui ne vont pas sans quelques dommages écologiques.Une usine de destruction des biphényles poly-chlorés (BPC) est prévue pour bientôt, si son promoteur — Toxitec de Shawini-gan — trouve les fonds nécessaires à sa construction.Mais il reste encore les 30 millions de litres d'acides rejetés par diverses usines.Et 15 millions de litres de bases, ou 500 000 litres de cyanures, poisons très violents! (Voir Québec Science, août 1 980) Depuis le début de l'été, les autorités gouvernementales avancent l'hypothèse d'une solution globale pour faire face à cette urgence environnementale.Le ministre responsable a annoncé, à la suite d'une étude intensive de quelques mois menée par ses fonctionnaires, la mise sur pied imminente du Centre de traitement des résidus industriels du Québec (CTRIQ), centre constituant le fer de lance d'une politique intégrée de gestion des déchets dangereux.Cette politique, à première vue, n'a rien de très originale.Elle arrive à un moment où la plupart des sociétés industrielles, inquiètes de la contamination progressive et insidieuse du milieu et des risques auxquels cette dégradation expose les individus, s'apprêtent à intervenir pour «nettoyer» leurs procédés.Ce qui distingue nettement l'approche québécoise, de celle de l'Ontario et des États-Unis par exemple, c'est probablement que le contentieux État-citoyens à ce chapitre est encore vierge: la crédibilité gouvernementale n'est pas entachée d'erreurs de trajectoires commises sur le dos des citoyens.On comprend l'assurance manifestée à maintes reprises par le ministre de l'Environnement, M.Marcel Léger, de régler rapidement et de façon définitive le problème des déchets de l'industrie.Jusqu'à maintenant, les diverses étapes de l'élaboration du projet de solution ont été franchies avec une célérité éton- nante.Cependant, cette hâte apparaît assez naïve au moment d'arrêter un choix qui doit obtenir le consensus général, aussi bien sur la technologie la plus adéquate que sur la collectivité qui aura à assumer les inconvénients de la proxi mité continuelle d'«explosifs écologi ques».Engagés dans un processus analogue depuis près de deux ans, les autorités ontariennes rencontrent échec sur échec.Déboutés par des groupes de citoyens quant à l'opportunité de la première hypothèse qu'ils ont suggérée, soit le pompage des déchets dans des couches géologiques profondes, les experts craignent maintenant de devoir soumettre leurs nouvelles propositions à des procédures qui pourraient durer jusqu'à cinq ans! Cinq ans pour redonner con fiance à des citoyens échaudés par certains échecs au cours d'expériences préliminaires.Cinq ans pour conduire, en bonne et due forme, toutes les études d'impact et les consultations populaires exigées par la loi.À ce chapitre, les autorités québécoises sont dans l'eau bouillante.Quelle sera la réaction des citoyens touchés?Nul ne peut le dire.Les exemples de conflits difficiles sont aussi très présents aux États-Unis.Près de Détroit, dans l'État du Michigan, les autorités locales et celles de l'État s'opposent en cour à l’installation d'un centre de traitement des déchets de l'industrie automobile.Ce, malgré toutes les garanties de la compagnie responsable du projet qui respecte scrupuleusement toutes les législations environnementales américaines.Ailleurs, dans l'Illinois, des citoyens réussissent à obtenir un ordre de cour pour fermer définitivement un site de dépôt sécuritaire, malgré l’émission de permis par les services nationaux et locaux de protection de l'environnement.Permis qui étaient basés sur une évaluation des dangers pour la communauté et sur la réputation de la compagnie pour l'exploitation. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1980 25 mit içnàri scoIjo- elapif \ k «!»'¦ üfr «C5- Le dilemme est difficile.Alors que les industries continuent, au vu et au su des inspecteurs de l'environnement, à déverser illégalement leurs résidus toxiques dans des dépotoirs non surveillés, dans de vieilles carrières ou même dans les cours d’eau, les citoyens ne démordent pas : loin d'être convaincus de la sécurité des procédés, ils n'en veulent absolument pas à proximité de leurs maisons.Toutes les demonstrations des experts n'ont même pas réussi à ébranler les juges, qui continuent à donner raison aux citoyens obstinés.Pourtant, on remarque un consensus presque complet des scientifiques s'intéressant à cette question.Une convergence se dégage des études menées dans plusieurs pays: il existedes techniques de traitement qui contribuent à réduire les risques associés aux déchets toxiques à un niveau satisfaisant pour la protection de la santé humaine.Faudra-t-il agir contre la volonté des collectivités directement touchées par la présence de centres de traitement?Ou encore tolérer ¦’SSc- tâ Le premier centre Stablex date de 1974.année de la construction d'un petit centre en Angleterre, suivi de près par deux autres usines plus importantes.Parallèlement, la technique fut introduite au Japon pour traiter les déchets de l'usine Toyota.les déversements sauvages, parce qu'on ne peut offrir d'alternative à l'industrie?APPEL À TOUS: UNE ABSENCE REMARQUÉE Au cours des dernières années, une vaste gamme de procédés d'élimination des déchets industriels ont été développés un peu partout dans le monde.Trois technologies principales se sont imposées à l'usage comme les plus appro- priées, soit l'incinération, la transformation physico-chimique et l'enfouissement dans des dépotoirs.Aucune d'entre elles ne peut s'appliquer à toutes les catégories de substances; les utilisateurs doivent ainsi sélectionner celle qui convient le mieux à leurs besoins.Ce choix est difficile, surtout qu'aucune évaluation exhaustive des procédés n'a été effectuée jusqu'ici, que ce soit par un organisme public ou par une institution indépendante.Le client doit se fier aux promesses des entreprises propriétaires des procédés, et des évaluations de laboratoires qui leur sont liés de près ou de loin.Le casse-tête est encore plus complexe quand il s'agit pour un État de constituer un centre régional de traitement destiné à recevoir les déchets de divers types d'industries.On retrouve peu d'exemples de tels centres, intégrant plusieurs procédés de traitement: peut-être un ou deux en Europe.Ces installations comprennent alors une combinaison des trois technologies; les déchets Lesly Hamilton 26 des industries peuvent être incinérés, ou modifiés chimiquement, ou enfouis dans le sol.Ou les trois successivement.Au Québec, la concentration de la majorité des usines productrices de résidus dangereux dans la région de Montréal favorise une telle orientation.On pourrait croire qu'avec une telle brochette de procédés tous aussi vantés les uns que les autres par leurs promoteurs, la sélection finale fut un exercice pénible pour le Comité de travail mis sur pied par le ministre de l'Environnement pour établir les plans du Centre de traitement des déchets industriels du Québec.Au contraire.Très tôt après sa mise sur pied, le groupe de travail a arrêté sa position de principe quant au concept de l'éventuel centre intégré de traitement et aux procédés désirés comme composantes.Avant même que ne débute le recrutement d'entreprises aptes à la réalisation du projet, on savait que le centre devait comprendre une phase d'incinération, une usine' de solidification chimique et un site d'enfouissement sécuritaire (procédés dont les modalités sont expliquées ultérieurement).Rapidement, les lignes directrices furent expédiées comme références à toutes les entreprises connues pour leur implication dans le traitement des déchets.Les indications étaient claires et spécifiques: on demandait aux intervenants de soumettre des propositions, conformes aux plans établis ainsi qu'à toute la règlementation environnementale du domaine.Une période très courte, trois semaines, fut accordée pour répondre à la demande.Peu d'entreprises purent s'ajuster à ce délai; seulement trois soumissions parvinrent aux bureaux du ministre de l'Environnement.Encore là, la décision fut presque un jeu d'enfant.Une des entreprises, offrant un système de traitement commercialement publicisé sous le nom Interflow, était alors sous le coup de poursuites en Ontario à cause de falsification de registres.Atteinte dans sa réputation, la firme n'a pu survivre et a dû déclarer faillite depuis ce temps.Une deuxième proposition, provenant d'un entrepreneur déjà actif au Québec dans le secteur du traitement des déchets industriels, avait le défaut de recourir à une nouvelle technique non expérimentée sur le terrain.Pour les autorités gouvernementales, il apparaissait essentiel que la technologie retenue ait déjà fait ses preuves.novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE liquides et boues inorganiques déchets liquides et boues 0X0 liquides et boues organiques solides organiques déchets solides solides inorganiques toxiques solides faiblement toxiques Il ne restait plus qu'une possibilité: choisir le procédé Sealosafe, offert par la Corporation Stablex.Cette dernière, ayant des filiales au Canada et aux États-Unis, appartient à des intérêts britanniques, soit la compagnie Rio Tinto Zinc, multinationale du secteur minier.La proposition «Stablex» rencontrait d'ailleurs toutes les exigences du ministère.D'une part, la majorité des déchets industriels peuvent être traités sans rejets d'eaux résiduaires dans le milieu.D'autre part, fort de ses expériences en Angleterre et au Japon, le promoteur garantit la fabrication d'un roc synthétique inerte sans danger pour l'environnement.Pour ce Le procédé Stablex donne un ciment rigide, mais le volume de celui-ci atteint le double du déchet initiai Par contre, le procédé Chemfix donne une terre artificielle friable ayant un peu l'apparence de l'argile, qui n'occupe que dix pour cent plus de volume que le matériau originel.¦rt(8i failli qui est de l'incinérateur, il semble que le contrat de sa construction et de son opération sera confié à la firme TRICIL, à cause de son expérience dans ce domaine.Le procédé Stablex a ainsi été choisi par le gouvernement du Québec, presque par un concours de circonstances.Heureusement, le hasard aura favorisé une technologie, à première vue, fiable.Après quelques vérifications, les membres du groupe de travail se sont rendu compte qu'ils avaient en mains l'un des meilleurs procédés sur le marché mondial.L'étude du CRIQ a par ailleurs confirmé cette première impression: le spécialiste chargé de l'évaluation des divers procédés a porté son dévolu sur cette technologie spécifique.Les visites effectuées sur les lieux des opérations actuelles de la compagnie Stablex ont permis de constatei sur place l'efficacité du procédé et L propreté remarquable des installations Le président, M.John T.Schofield, affirme que la bonne réputation de sa compagnir est due à une gestion des déchets dan gereux qui s'est avérée «sans bavures au cours des années.Malheureusement Pris île iftif t;- UÉBEC SCIENCE / novembre 1980 .n/mdn à ncinérateur à four rotatif TRICIL poussières.cendres et mâchefer - usine de solidification ST A B LE X roc synthétique site d'enfouissement sécuritaire !t de sont 3tte façon de procéder laissera toujours laner un doute sur l'objectivité des res-onsables du choix de Stablex.À l'EPA, n prend la peine de recommander à l'uti-sateur éventuel d'un procédé de solidi-cation de «magasiner» auprès de plu-: ieurs candidats possibles.Chez nous, n ne peut que déplorer l'absence d'au-es propositions sérieuses qui auraient i ermis de confronter le procédé Sealosafe celui d'un concurrent.M.Michel Gau-in, artisan de la conception du centre au linistère, s'est ainsi déclaré surpris que 3S instigateurs du procédé Chemfix ne oient pas sur les rangs.Premier procédé le solidification, breveté dès 1971, ihemfix jouit d'une grande expérience m peu partout dans le monde.Rejoint à ses bureaux de Paris, le irésident de la firme SARP spécialisée lans le traitement des déchets industriels or le procédé Chemfix, M.Bertrand Gon-ard, attribue cette absence à un pro-)lème de communications et surtout, aux échéances non réalistes de l'appel d'of-res.«Au moins trois mois auraient été lécessaires pour connaître l'efficacité de a technologie Chemfix dans le climat tuébécois.» Le gel constitue un obstacle fe taille à tout processus de solidification pi^i 'Ipn ciment.A SARP, on se devait d’éla-Dorer une solution spéciale, incluant par ' j sxemple des capacités supérieures de ss^.istockage pour accumuler les déchets of;t l'eçus pendant les mois d'hiver.«Sans îii^jbuoi, on s'exposait à fabriquer un solide la#'! de#* JiaU'** 27 L'opération d'un centre Stablex se fait en phases successives, en commençant par l’identification des déchets apportés.Des réservoirs de stockage des liquides et des aires d'entreposage pour les tonneaux et les déchets en vrac sont prévus pour chacune des catégories de résidus.Un mélange de tous ces produits est effectué avant d'y ajouter la «poudre magique» de Stablex (secret industriel.); la «lave» se solidifiera ensuite en quelques jours.Le syndrome «pas-dans-ma-cour» La réaction de la population québécoise reste la principale inconnue de l'équation dont la solution officielle est un centre intégré d'élimination des déchets industriels dangereux.D'un côté, un gouvernement qui sent l'urgence d'intervenir pour endiguer le phénomène des déversements illégaux et une compagnie qui veut le plus tôt possible commencer à rentabiliser ses investissements.De l'autre, des citoyens inquiets à qui on ne peut garantir la parfaite sécurité des procédés proposés.Prises dans un tel dilemme, les populations opposent une résistance farouche à l'installation des usines de traitement et de sites d'enfouissement à proximité de leurs villes ou de leurs villages.Au cours des derniers mois, des conflits très sérieux ont éclaté dans l'État du Michigan et en Ontario, où Stablex projette de s'implanter.Cette opposition populaire est qualifiée d'«extrémiste» par les experts qui misent sur les garanties offertes par les promoteurs des technologies de traitement.La raison est simple: à cause des retards ainsi accumulés, les industries peuvent continuer à semer leurs bombes toxiques dans l'environnement n'ayant, de toute façon, aucune autre alternative.Très conscients de cet obstacle, les autorités québécoises misent sur un «programme-pilote» d'information un peu spécial.En premier lieu, les journalistes des media ont été invités à s'initier aux procédés de traitement pour transmettre leurs impressions au public.Sous peu, l'occasion de prendre contact avec les technologies sera aussi offerte aux édiles locaux et aux représentants des groupes de pression.Enfin, des séances d'information seront tenues par le Bureau d'audiences publiques auprès des communautés concernées.L'avenir dira si les «talents d'animateurs» des politiciens et des spécialistes du ministère de l'Environnement sauront porter leurs fruits.de qualité inférieure durant la saison froide», ajoute M.Gontard.Les promoteurs de Stablex avaient-ils prévu ces difficultés?En aucun moment au cours des longs entretiens avec les dirigeants de la firme, il ne fut question de particularités de conception pour s'adapter aux conditions spécifiques du Québec.Par contre, il est apparu évident que les propriétaires de la compagnie Stablex s'intéressaient au marché québécois, avant la requête gouvernementale.La présence d'une filiale en Ontario explique qu'ils étaient probablement avertis des intentions québécoises au chapitre de la gestion des déchets dangereux, par les media ou autrement.Sans avoir solutionné toutes les difficultés de l'opération dans un contexte climatique difficile, ils ont choisi de respecter les délais de présentation et d'offrir en garantie le bon fonctionnement de leurs installations ailleurs dans le monde.PAS DE SOLUTIONS PARTIELLES Il ne faudrait cependant pas tomber dans le piège de ne porter attention qu'à une seule composante du centre intégré projeté par le gouvernement du Québec.Composante qui, tout en étant la plus spectaculaire, est peut-être la plus propre.Seuls les déchets inorganiques peuvent être introduits dans les équipements de solidification du procédé Sealosafe.Il faut donc s'interroger sur toutes les opérations du futur centre et sur les dangers qu'elles suscitent.L'exercice est loin d'être inutile puisqu'il permet de toucher du doigt les maillons faibles de la chaîne de traitement, incluant, en plus de la solidification, l'incinération et l'enfouissement.L'élimination des déchets bruts dans des décharges à ciel ouvert, quelles que soient les qualités d'étanchéité et de stabilité du sol récepteur, est définitivement écartée.La persistance des substances chimiques dans l'environnement pour des dizaines sinon des centaines d'années fait craindre l'apparition à long terme de troubles néfastes pour les écosystèmes ou pour la santé humaine.Des sites aux caractéristiques exceptionnelles seraient requis pour contenir des années durant les eaux contaminées par les déchets.L'expérience des dépotoirs municipaux et même de certains sites d'enfouissement sanitaire a démontré à de multiples reprises les limites du rejet direct des déchets dans le milieu.Par contre, les techniques de confinement dans des enceintes complètement isolées du milieu environnant des déchets et des eaux qui les baignent peuvent être utiles dans le cas de résidus à faible toxicité.Il arrive en effet qu'après un 28 novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE premier traitement, les déchets soient beaucoup moins nocifs.Ces résidus de faible toxicité sont alors enfouis dans des sites de dépôt soigneusement choisis et aménagés pour éviter tous les risques de contamination.On retrouve aux États-Unis des exemples de tels sites «d'enfouissement sécuritaire» de résidus de traitement.La société SCA Chemical Waste Services Inc.opère un site modèle dans l'État de New York: des compartiments sont creusés dans l'argile, puis étanchés à l'aide d'un matériau synthétique imperméable, pour ensuite être refermés par un bouchon d'argile après y avoir déposé le résidu.Un puits de captation des eaux contaminées est même prévu au cas où une infiltration d'eau se produirait accidentellement.Cette technique ne constitue pas la solution idéale.Ce n’est même pas une bonne solution.Seulement un compromis compte tenu que, dans l'état actuel du développement technologique, il n'existe aucune façon de rendre tous les poisons industriels complètement inoffensifs.Divers procédés en usage ont pour objet de diminuer le volume des déchets, par exemple en les séchant.Secs, ils sont alors moins dangereux à manipuler, plus commodes à transporter et plus faciles à mettre en terre puisqu'ils occupent moins d'espace.Par contre, ils n'en demeurent pas moins toxiques et susceptibles de se dissoudre dans les nappes d'eau souterraine.On a ainsi dépensé beaucoup d'énergie, seulement pour remettre le problème à un peu plus tard.En combinaison avec l'enfouissement sécuritaire dans l'argile, la méthode d'élimination la plus populaire à l'heure actuelle demeure l'incinération.Dans le cadre d'une enquête effectuée pour le compte du ministère français de la Qualité de la vie, la firme de consultants Batelle a dénombré pas moins de 88 modèles d'incinérateurs différents.Les plus courants sont les appareils à chambre de combustion dite «statique», du type de celui opéré parTRICILen banlieue de Montréal.Parfois entièrement automatiques, ces incinérateurs ont l'avantage d'être simples d'opération.Toutefois, leurs performances risquent d'être décevantes si le brûleur et la forme de l'enceinte de combustion ne sont pas dessinés avec précision.De plus, seuls les effluents liquides ou gazeux et les boues à faible teneur en matière sèche se prêtent à ce procédé.Toutes les opérations sont conçues de façon à minimiser la manutention de substances dangereuses.Par exemple, les barils de cyanures, jetés entiers et encore fermés, sont réduits en miettes par un broyeur puissant avant d'être acheminés par pompage vers le mélangeur principal.À cause de ces limites, les experts optent de plus en plus pour des fours dits «rotatifs», très pratiques pour incinérer simultanément des matériaux solides, des liquides et des gaz.Le mouvement de rotation contribue à améliorer la combustion de la masse de déchets.Malgré des inconvénients tels que la capacité réduite de la chambre, à cause des complications mécaniques liées à la mise en rotation d'un cylindre de plusieurs tonnes, les concepteurs du futur centre québécois de traitement ont retenu ce principe, l'appareil pouvant éventuellement fonctionner en complémentarité avec celui de Ville-Mercier.Il ne faudrait pas passer sous silence les difficultés d'exploitation d'un incinérateur nourri de déchets dont la composition est hétérogène et mal définie.Coûteuse et délicate à mettre en œuvre, cette technologie ne conduit pas nécessairement aux meilleurs résultats: elle donne parfois lieu à une pollution atmosphérique non négligeable.Des vapeurs acides, de même que des oxydes d'azote et de soufre viennent contaminer les émissions des cheminées.Des quantités importantes de cendres et de mâchefers doivent aussi être retirées régulièrement des foyers: pour le moment, on évacue ces résidus en décharges, recréant ainsi les Lesly Hamilton possibilités de contamination de l'eau et du sol.Dans l'optique d'une solution complète, l'incinération ne peut par conséquent être considérée que comme une phase intermédiaire du traitement des substances dangereuses.Dans l'expertise qu'il a effectuée à la demande du ministre de l'Environnement du Québec, le Centre de recherches industrielles du Québec (CRIQ) favorise nettement le choix de l'incinération par four rotatif.Ce, à la condition expresse d'installer des mécanismes efficaces d'épuration des gaz de sortie.L'auteur de l'étude, l'ingénieur Pierre Désilets, recommande aussi d'éviter l'enfouissement des cendres, à cause du peu de données publiées sur leur toxicité.Un traitement ultérieur doit être envisagé.DES CIMENTS FRAGILES Le séchage, une opération partielle.L'incinération, une option incomplète. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1980 29 L'empreinte digitale des pollueurs sauvages Chaque industrie génère un résidu spécifique.Depuis que les centres de traitement sont en opération, on s'est rendu compte qu'il n'y a pas deux déchets identiques ! Dès lors, il est possible de retracer une entreprise qui à son insu ou non aurait déversé illégalement un déchet toxique dans le milieu, en prenant un échantillon du produit et en confrontant les résultats de son analyse aux archives du laboratoire du centre de traitement.Voilà un outil efficace pour les inspecteurs de l'environnement et qui sera disponible en même temps que le centre de traitement.Outil qui a désamorcé les tentations des camionneurs trop pressés dans les pays où on y a recours, par exemple l'Angleterre.Le traitement d'un résidu chimique quel qu'il soit commence par une analyse détaillée de sa composition.Des appareils très sophistiqués sont offerts sur le marché.En quelques minutes et de façon presque complètement automatisée, les chimistes peuvent déterminer jusqu'à 20 composants dangereux d'un déchet liquide.Ces informations sont imprimées sur une formule adéquate ou apparaissent sur un écran facile de lecture, pour être ensuite compilées dans une banque informatique.Cette analyse sert à la fois à fixer le traitement que le déchet devra subir et le mode de transport qui sera privilégié.En plus, la connaissance des caractéristiques du matériel transporté permet de prévoir les précautions à prendre au cours des diverses manutentions.En cas d'accident supposant une intervention d'urgence, ces précautions sont encore plus cruciales pour protéger le public.Puisqu'au-delà de 30 000 produits différents peuvent être apportés pour traitement, des archives détaillées sont conservées pour y référer au besoin.À part les exploitants du centre, les inspecteurs du ministère de l'Environnement et les autorités policières ont accès à ces données par une simple communication téléphonique.Grâce à une identification codée apparaissant sur les contenants, barils ou camions, ils disposent d'indications pour identifier rapidement le produit et les dangers qu'il représente en cas de déversement accidentel ou illégal.Même les mesures de sécurité à mettre en place sont suggérées pour assurer la protection des personnes exposées.Des traitements qui, à partir de déchets, créent de nouveaux déchets potentiellement moinstoxiques, mais suffisamment dangereux pour s'en inquiéter.Comment alors se débarrasser de façon sécuritaire de tous ces résidus bruts ou dérivés d'un «pré-traitement»?Une avenue très prometteuse s'ouvre depuis quelques années: la solidification.Cette technique, par l'addition de réactifs, transforme le déchet liquide et les boues en un «matériau solide, insoluble et inerte, sans en- gendrer de rejet ou de nuisances secondaires».C'est du moins ce qu'on peut lire dans les prospectus publicitaires des entreprises propriétaires des procédés.Pas moins de 80 procédés de solidification sont déjà brevetés dans le monde, les trois quarts au Japon.La plupart d'entre eux ont été mis au point dans le cadre des recherches sur le traitement des déchets radio-actifs.Décevants à ce chapitre, les procédés se sont néanmoins avérés très adaptés pour la fixation chimique des produits toxiques non radioactifs.Les techniques les plus communes fonctionnent à base de ciment, que l'on ajoute aux solutions de déchets.Après avoir fait réagir entre eux certains liquides récoltés, par exemple les acides et les bases pour fabriquer des sels, un mélange de composition analogue au ciment conventionnel, mais «selon une recette secrète exclusive à chacune des compagnies détenant des brevets», est incorporé formant alors une masse monolithique qui durcira avec le temps.La mixture finale varie évidemment d’un procédé à l'autre, certains additifs spéciaux visant à améliorer les qualités du produit fini.Dans un inventaire de 22 procédés commercialement accessibles, le Centre de recherches industrielles du Québec, s'inspirant largement des études de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), souligne les avantages de cette technologie.Les matières premières sont disponibles en quantités et généralement peu coûteuses.Les méthodes de mélange et de manutention, de même que les réactions chimiques en cause, sont relativement bien connues.Les pièces d'équipement sont fabriquées en série et faciles d'opération.Enfin, les procédés s'adaptent aisément à la variation de la composition chimique des résidus toxiques traités.Par contre, la solidification a ses limites.Ainsi, les matières organiques, à cause de leur effet d'affaiblissement du ciment, ne peuvent être soumises au procédé.D'autres impuretés, certains sels par exemple, diminuent la dureté du mélange après séchage, à moins de les extraire par un prétraitement très coûteux.On déplore l'augmentation du poids et du volume du produit final, pouvant atteindre jusqu'au double par rapport au résidu initial.La question la plus controversée est sans contredit celle de l'usage des blocs de ciment ainsi fabriqués.Le caractère relativement récent des systèmes, les opérations les plus anciennes remontant au début des années soixante-dix, ne permet pas d'avoir des garanties sur la stabilité des déchets solidifiés.On opte pour le rangement des blocs dans des sites écologiquement inertes, à cause de l'incertitude sur leur réaction en nature.On craint surtout la remise en circulation de certains éléments toxiques, par l'action prolongée d'éléments naturels tels que les eaux acides.On ne retrouve au Canada qu'une petite installation de solidification de déchets liquides.La ville de Hamilton exploite à titre expérimental un centre d'une capacité d'environ 30 millions de litres par an, d'après un procédé breveté au nom de Canadian Waste Technology.Ailleurs, les deux marques les plus connues sous l'étiquette de la solidification des déchets toxiques industriels sont les procédés Sea/osafe et Chemfix, déjà en usage en France, en Angleterre, au Japon et aux États-Unis.Une autre technologie, le système Takenaka Sludge Treatment (1ST) semble populaire au Japon, où l'on compte déjà 26 centres opérant sous licence.UNE PRISON À SÉCURITÉ MAXIMALE?Le procédé Sealosafe permet de convertir les résidus industriels en un matériau inerte analogue au béton, par le mécanisme de la «capture cristalline».Deux réactions chimiques mènent à terme le procédé plus précisément qualifié de «fixation-solidification» par ses inventeurs.Dans la première, les polluants dissous dans le mélange s'attachent aux réactifs chimiques incorporés au cours du traitement: c'est l'étape de la fixation.Pendant la solidification, de grosses molécules entourent les particules de déchets et, en se cristallisant, emprisonnent littéralement les polluants insolubles préalablement broyés.Ces molécules, des chaînes polymériques complexes, sont très stables et résistent à des conditions naturelles de température et d'acidité.Selon la compagnie, le roc synthétique Stablex peut servir de remblai inerte pour le remplissage d'anciennes carrières, pour le rehaussement des terres inondées, pour le support des infrastructures e routes ou pour toute autre fin analogue.Ainsi, en Angleterre, on restaure des sites détériorés pour les redonner à 30 Dans le cas de nouveaux résidus, des essais de solidification sont effectués en laboratoire sur un échantillon (1 ), de façon à calculer les doses d'additifs nécessaires.Le site choisi pour l'installation du Centre, à Saint-François-de-Laval, près d'une usine d'électronique (2) (BASF), est situé à près d'un kilomètre des quartiers habités, et à environ deux kilomètres des écoles les plus proches.l'agriculture.C'est là un pari qui relève d’une confiance surprenante à cette technologie.Pari que les experts québécois ne veulent pas tenir pour éviter d'exposer inutilement à une menace inconnue le milieu et les personnes.Les procédés de solidification, trop récents, n'ont pu être évalués suffisamment dans des conditions naturelles.L'avis de l'EPA est formel: il serait prématuré d'apposer à ces techniques un «sceau de sécurité», puisque les études sont en cours et les connaissances encore partielles.Il faudra une surveillance de plusieurs années pour mesurer la résistance des déchets solidifiés dans l'environnement.Les précautions sont encore de mise.«Si le matériau solidifié est enfoui dans un dépôt sécuritaire, il ne devrait pas y avoir de problème de contamination des eaux souterraines», affirme Robert E.Landreth, porte-parole de l'EPA responsable de l'évaluation des procédés.Sous ce dernier rapport, les résultats de tests menés sur le ciment Stablex sont encourageants.Commandées par la compagnie à des organismes indépendants, dans le cadre des études d'impacts exigées par les gouvernements avant la construction d'un centre, les études ont toutes démontré le bon comportement du roc synthétique en laboratoire.Ainsi, on peut lire dans un rapport de la National Sanitation Foundation, organisme américain à but non lucratif voué à la protection de la santé, qu'«à condition de disposer d'un site d'enfouissement adéquat et de bien opérer le procédé, il n'y a aucune indication à l'effet que le matériau Stablex ne laisse s'écoujer dans le sous-sol des polluants inorganiques à des niveaux dangereux pour l’environnement.» Ces résultats sont confirmés par les travaux des laboratoires Harwell en Angleterre, spécialistes du traitement des déchets consultés au sujet des dangers du procédé.Le taux de lessivage des métaux toxiques emprisonnés dans la molécule polymérique se maintient à un niveau très bas, bien au-dessous des normes environnementales permises.La présence de matières organiques dans le mélange des déchets doit néanmoins être constamment en deçà de cinq pour cent en volume, sans quoi la stabilité du produit final est diminuée.Mais où trouver le site offrant toutes les qualités exigées pour l'enfouissement du ciment de déchets?Bien qu'elle passe toujours au second plan, cette question est tout aussi cruciale que celle de la sélection du procédé.Se référant à des critères de sécurité maximale, les géologues consultés par Environnement Québec ont désigné une dizaine de localisations acceptables, dans la région de Montréal évidemment à proximité des industries productrices.Le sol du site choisi devait être stable, sans nappe d'eau souterraine ou cours d'eau proche: il devait aussi reposer sur une couche d'au moins 20 mètres d'argile.Après une seconde analyse, fondée plutôt sur les contraintes liées à la présence d'un tel centre dans une région et aux inconvénients qui en découlent, seulement trois zones se sont avérées satisfaisantes.Parmi elles, celle où le centre devrait être construit, à Saint-François de Laval.En plus d'être suffisamment éloigné des populations environnantes selon les critères du ministère de l'Environnement, le terrain est accessible par des axes de circulation évitant les chemins résidentiels.Une autorisation de la Commission du territoire agricole sera néanmoins requise, puisque les terres convoitées sont encore affectées à l'agriculture.Pour prévenir toute contamination accidentelle des eaux environnantes, l'usine de solidification sera construite sur une plate-forme dont le drainage est en circuit fermé.Les eaux de ruissellement provenant des aires de traitement et d'enfouissement sont captées dans des puisards.Les eaux de pluies, tout autant que les fuites potentielles de liquides toxiques, sont ainsi recueillies et continuellement recyclées dans le processus de traitement.Malgré ces précautions garanties par la compagnie, l'erreur est humaine.La plupart des experts s'entendent, par conséquent, pour suggérer aux gouvernements une surveillance constante de toutes ces opérations.S'il n'y a pas d'imprévu, les premiers déchets devraient pouvoir être traités par solidification dès le printemps prochain.Pour le moment, les espoirs sont encore positifs tant du côté de la compagnie que de celui du gouvernement.Le ministre de l'Environnement prévoit même «expédier» au cours des prochaines semaines les évaluations d'impacts et les audiences publiques: des procédures «simplifiées» ont été élaborées pour accélérer la mise en oeuvre du projet.novembre 1980 / QUÉBEC SCIENCE lUÉB'CS LAB( [OUI Ainsi, le rôle du Bureau des audiences publiques se limitera à tenir des séances d'information à l'intention des résidents touchés par la construction et l'opération du centre.La question du transport des déchets y volera probablement la vedette (voir article de Jean-Pierre Rogel dans le même numéro).Côté impacts, des études préliminaires assez complètes ayant été effectuées avant l'annonce du projet, les évaluations finales devraient être menées très rapidement.Tous les documents pertinents sont déjà entre les mains de la compagnie responsable de l'éventuel centre.DÉPOLLUER L'INDUSTRIE, UNE INDUSTRIE Il faudra cependant attendre quelques mois la modification des règlements sur la gestion des déchets industriels et sur le transport des produits dangereux, rendue nécessaire par la mise en place du centre régional detraitement.Centrequi, il n'est pas inutile de le rappeler, recevra les résidus dangereux de quelque 5 000 industries réparties sur l'ensemble du territoire québécois.On devine l'augmentation de la circulation de citernes remplies de poisons et les inconvénients qui s'ensuivront à proximité du Centre.L'absence de réglementations adéquates et les dangers du transport ne sont pas les seuls désavantages de l'op- ! Nti* 31 UÈBEC SCIENCE / novembre 1980 il/rORY S > ¦.a lé»®1’ Centj iis^ on québécoise.Des budgets importants evront être consentis aussi bien pour ssurer les contrôles in situ que pour loursuivre les études sur les risques de contamination du milieu.Le problème des déchets non acceptés par le Centre est aussi très épineux.Faudra-t-il négocier avec l'Ontario et les États-Unis pour qu'ils acceptent les substances radioactives et les PCB du Québec, en échange de la possibilité que certains de leurs résidus inorganiques soient traités à l'usine de Laval?«C'est une hypothèse très plausible», admet Michel Gauvin, titulaire de ce dossier à Environnement Québec.«De toute façon, le Québec n'a pas de contrôle direct sur les déchets qui traversent ses frontières.» La lacune essentielle de l'approche gouvernementale de gestion des déchets industriels est cachée dans le concept même du Centre de traitement.Confier cette tâche à l'initiative privée revient à supporter une industrie de la dépollution contrôlée en partie par ceux qui polluent.Dans ce contexte, la rentabilité demeure une condition à la bonne marche des installations construites dans la région de Montréal.Le gouvernement se défend de créer un monopole; les tarifs fixés pour le traitement des déchets peuvent d'ailleurs être indirectement vérifiés et contrôlés via la Régie des services publics qui restera toujours libre de renouveler le permis d'opération des entreprises.«Nous laissons la porte ouverte à une industrie de la dépollution fonctionnant à l'intérieur des lois conventionnelles du marché», déclarait le ministre Léger, lors de l'annonce officielle du projet.«Pour le moment, nous nous assurons qu'il y ait au Québec les installations minimales pour offrir le service d'élimination aux industries.» La Société pour vaincre la pollution (SVP) de Montréal est loin d'être satisfaite.«Même si la technologie choisie était la meilleure au monde, la politique gouvernementale cautionne l'augmentation de la production des déchets pour l'avenir», répond au ministre, Daniel Green, porte-parole du groupe.«La réduction des déchets à la source, soit à l'industrie même, et l'investissement sur des procédés de recyclage constitueraient des mesures beaucoup plus écologiques!» À moins que la compagnie Stablex n'accepte le triste sort de disparaître à long terme, perspective peu reluisante pour une entreprise, elle doit s'assurer de disponibilités abondantes et constantes de produits à traiter.Le Centre de traitement des déchets industriels du Québec a besoin des résidus industriels pour survivre.«Serait-ce là encourager les industries à polluer toujours plus?» demande la SVP.? 4/ Lj6S TOXIQUES pr qui voyagent Des camionneurs peu scrupuleux, des industries qui ferment les yeux et des fonctionnaires débordés: a fort à faire pour contrôler le transport s déchets dangereux au Québec par Jean-Pierre Regel «On arrivait par la porte arrière de l'usine, on chargeait la scrap, puis on allait la porter au dépotoir municipal, ou dans le fossé à côté du terrain vague au bord de la rivière.» Le camionneur qui témoigne ainsi décrit un cas-type du dossier noir du transport des déchets toxiques au Québec.Chaque année, des milliers de litres de produits chimiques dangereux finissent ainsi «en douce» dans des rivières, des égouts, des champs ou des terrains vagues isolés, ou bien dans d'anciens dépotoirs à ciel ouvert.Ces déversements sauvages, au mépris des lois et règlements, créent des dommages graves à l'environnement, quand ils ne mettent pas directement en jeu la santé des gens.Des camionneurs peu scrupuleux qui déchargent n'importe où, mais loin des regards indiscrets.Des vannes qui s'ouvrent un peu trop, sur ordre du gérant de production, de préférence la nuit.Des barils d'huiles usées ou de résidus de fabrication industrielle qu'on décharge discrètement dans les égouts ou dans un champ isolé.Cette réalité de la pollution sauvage existe.Les registres du ministère de l'Environnement en témoignent; au cours des deux dernières années seulement, 20 poursuites ont été engagées contre des individus ou des compagnies prises en flagrant délit de violer le règlement sur la gestion des déchets liquides au Québec.«Ce serait très naïf, commente Michel Gauvin, responsable du dossier au ministère québécois de l'Environnement, de croire qu'il n'y a pas de transport et d'élimination sauvages des déchets dangereux ici comme ailleurs, en Ontario ou aux États-Unis, par exemple.Cela existe et c'est pourquoi il faut intervenir pour contrôler toute la chaîne de la gestion de ces déchets, du producteur à l'éliminateur final.» Cette chaîne possède un maillon faible, Michel Gauvin est prêt à le recon- naître, c'est le transport.Parce que le transport se situe entre l'étape de la production du déchet et celle de son entreposage ou de son élimination finale, il s'agit d'une étape essentielle, d'un lien vital à contrôler.Et tandis qu'on s'affaire à mettre en place un centre de traitement intégré des déchets dangereux au Québec (voir l'article d'André Delisle dans ce numéro), il est intéressant de voir quelle est la situation de ce côté.DES FEUILLES DE ROUTE Au Québec, il n'existe actuellement aucun système qui permette de suivre et de contrôler le trajet des déchets dangereux une fois qu'ils ont quitté leur lieu de production.Déjà, l'inventaire global des déchets toxiques produits au Québec n'est, pour les fonctionnaires du ministère de l'Environnement, qu'une estimation puisque rien n'oblige les industries du Québec à fournir un relevé précis des déchets qu'elles produisent.Elles doivent bien tenir un registre spécifiant la nature et la quantité mensuelle des déchets produits, mais rien ne les oblige à envoyer une copie de ces relevés au ministère, qui peut cependant les exiger pour une inspection.À part ces registres mensuels des compagnies, et ceux des entreprises qui exploitent les 16 lieux d'élimination approuvés par le ministère, il n'existe aucun moyen de contrôle sur ce qui se passe réellement.Les registres ne mentionnent pas qui est le transporteur, quelle quantité de déchets il a chargée, pour aller où, s'il est bien arrivé, avec quelle quantité, etc.Ce qu'il faudrait, c'est un système complet de registres qui comporteraient toutes ces informations et soient en tout temps contrôlables par les autorités responsables.La nouvelle loi américaine sur les déchets toxiques a précisément pour objet d'implanter un tel système partout aux États-Unis.Elle devrait entrer en vigueur le 19 novembre prochain.Con- crètement, il s'agit d'un système de feuilles de route en cinq exemplaires.On y spécifie le volume, le poids, la composition exacte des déchets, leur condition de transport, le trajet choisi, etc.Ces formulaires sont divisés en trois parties, à remplir successivement par le producteur du déchet, le ou les transporteurs, et l'éliminateur.À chaque étape, des doubles sont envoyés à l'Agence de protec- ts» Hi 33 lifï-'1 i (iîS ion de l'environnement.En fin de con-rat, le receveur signe et envoie un fouble de sa copie à l'expéditeur, le endant ainsi co-responsable de la cargaison.Ce système de feuilles de route t'existe au Canada que dans une seule province, l'Ontario, qui l'a adopté en 1977.Le principe est le même en Ontario qu'aux États-Unis, mais l'application est légèrement différente, en ce sens que le producteur industriel ontarien n'est plus responsable une fois la cargaison chargée et que c'est le transporteur qui joue le rôle de pivot.C’est lui qui reçoit la feuille de route en cinq exemplaires.Il fait remplir par le producteur la partie qui concerne ce dernier et transmet un double au ministère, puis fait remplir par l'éliminateur sa partie, enfin complète lui-même la sienne avant de transmettre une autre copie au ministère en fin de livraison.UNE MER DE DOCUMENTS C'est ce système ontarien que le ministère de l'Environnement du Québec voudrait implanter ici, pour juin 1981, selon Michel Gauvin, directeur de la gestion des déchets dangereux.Dans un avenir plus lointain, on aimerait informatiser la gestion de ces feuilles de route, afin de pouvoir mieux contrôler et intervenir plus rapidement, le cas échéant.Car une fois le système mis en place, il reste à en contrôler le fonctionnement, ce qui n'est pas une mince affaire si on en juge par l'expérience ontarienne.En effet, même si le système semble sans faille, on constate que certains transporteurs ou certaines industries de l'Ontario ont trouvé le moyen de tricher, en remplissant mal les formulaires ou simplement en ne les utilisant pas.Par ailleurs, les déchets solides, tout comme au Québec d'ailleurs, tombent sous le coup d'un autre règlement et ne sont donc pas tous assujettis à ce système.Enfin, la complexité du contrôle effectué permet à chacun de se noyer dans une mer de documents.Le procès récent d'une compagnie d'Hamilton, maintenant dissoute, K.D.Entreprises, et de sa filiale Interflow Systems, illustre bien les failles du système.Le ministère ontarien de l'Environnement a intenté contre ces compagnies plus de 100 poursuites pour falsification de documents.Il a aussi présenté des témoins qui ont affirmé qu'au moins 40 000 litres de déchets liquides ont été déversés à travers ce qu'on appelle en argot de métier une «boîte magique», c'est-à-dire une citerne percée, une nuit dans le port d'Hamilton.(On sait que cette technique de la «boîte magique» a été utilisée aux États-Unis par de petites compagnies peu scrupuleuses, qui ont depuis été condamnées; une variante est la «citerne fantôme», qu’on abandonne sans identification sur un terrain de stationnement).Le procès a été perdu par le ministère public sur une technicalité, à propos de la définition légale des formulaires du ministère.ENTRE LES POULES ET LES SALONS DE COIFFURE ' sxïiSî' Une surveillance du transport suppose aussi un contrôle sévère de l’émission de 34 Pour éviter les manipulations dangereuses, certains transporteurs déposent en consigne une citerne portative à proximité des usines de leurs clients, citernes qu'ils récupèrent à intervalles réguliers pour les porter au centre de traitement.permis de transporteurs et une capacité d'inspecter en tout temps.Sur le premier point, on signale au ministère, à Québec, que la situation est satisfaisante depuis qu’on exige une preuve de solvabilité ($50 000) des demandeurs de permis.On aurait ainsi éliminé quelques/obbers peu sérieux.Quant au second point, il faut d'abord souligner qu'il nécessite une meilleure coordination avec les ministères du Transport du Québec et du Canada, qui tous deux délivrent aussi des permis en fonction des normes techniques de sécurité.Il faudrait sans doute modifier certains règlements, reconnaît-on.Une meilleure inspection, enfin, exige .plus d'inspecteurs ! Lorsqu'on sait que lesquelque 130 inspecteurs du ministère de l'Environnement du Québec ratissent toute la province en surveillant l'application d'une douzaine de lois et de plus de 30 règlements, inspectant aussi bien des salons de coiffure et des terrains de camping que des porcheries, des cimetières, des écoles, des carrières, des piscines, des pataugeoires et des industries, on comprend que la surveillance des déchets toxiques ne peut être constante et systématique avec de tels moyens.Du total des activités des inspecteurs québécois pour l'année 1978-1 979, selon le dernier rapport annuel des S.P.E.(celui de 1979-1980 n'étant pas encore disponible, sept mois après la fin de l'année financière) seulement 1 568 inspections concernaient des établissements industriels, sur un grand total de 36 294.C'est-à-dire que moins de cinq pour cent de l'ensemble des activités d'inspection concernent l'industrie! «Dans les cas flagrants de délits graves, nous comptons sur la vigilance des citoyens pour nous signaler les abus», dit Michel Gauvin.Il est difficile de juger de l'ampleur de ces abus en ce qui concerne spécifiquement le transport.On compte toutefois dans les registres du ministère pas moins de 20 poursuites intentées ces deux dernières années contre des particuliers ou des compagnies qui ont enfreint le règlement sur les déchets solides de 1 975.De ce nombre, dix concernent des transporteurs qui opéraient sans permis ou qui ont été surpris à déverser leurs déchets dans ces lieux non approuvés, c'est-à-dire, en fait, en pleine nature ou dans des égouts municipaux.Les amendes imposées vont de $100 à $1 000.i I —- WASTE MANASENSW CENTRE : Mais ces procès ne représentent que la pointe de l'iceberg.Avant de recourir aux tribunaux, les fonctionnaires disposent d'une batterie de moyens pourforcer les compagnies à se conformer à la loi.Inspections, rencontres, lettres se succèdent avant qu'une action légale soit entreprise.Pour qu'une poursuite ait lieu, il faut que l'infraction soit très grave et constatée en flagrant délit — ce qui est rare, les inspecteurs de l'environnement arrivant souvent trop tard sur les lieux — ou bien il faut que la compagnie ait vraiment montré de la mauvaise volonté, en ne se pliant pas à une série de convocations, avis de correction et mises en demeure du ministère.LES CAMIONS DE LAVAL Il y a donc du pain sur la planche pour arriver à contrôler le transport des déchets dangereux au Québec.La toute récente loi fédérale à ce sujet, la loi C-1 8, contestée par le gouvernement québécois pour des questions de juridiction, resserre la vis sur les pratiques floues ou douteuses de ces dernières années.La mise en vigueur d'un même système de contrôle entre l'Ontario et le Québec devrait aussi beaucoup aider.Mais le chemin à parcourir reste très long: surveiller les industries productrices, celles qui entreposent et éliminent, par incinération ou recyclage, mais aussi s'assurer que le transport se fasse sans trop de risques pour la population en général, par une bonne sécurité routière et ferroviaire.La catastrophe de Mississauga, en Ontario, le 11 novembre 1979, alors qu'un train avait déraillé, entraînant l'explosion d'un wagon-citerne de chlore, rappelle les dangers réels de certains produits chimiques.Environ 20 pour cent de l'approvisionnement du centre de traitement de Stablex à Saint-François-de-Laval pourrait venir par la voie de chemin de fer du Canadien Pacifique qui passe à côté, apprend-on au ministère.Les mesures de sécurité spécifiques restent à préciser.Et que dire du 80 pour cent qui viendra par la route?On estime que de 20 à 30 camions par jour pourraient fréquenter l'usine Stablex, dès qu'elle sera construite.Les conséquences de l'augmentation de circulation de ces «bombes chimiques en puissance» dans une zone très peuplée au nord de Montréal restent à déterminer.D'autant plus que, dès l'ouverture de l'usine Stablex, ce sont tous les déchets les plus dangereux de toute la province qui convergeront alors vers Montréal.Soit au nord, à Laval, soit au sud-ouest, à Ville-Mercier, à l'incinérateur de boues organiques de Tricil (il y aura une exception toutefois: les biphé-nyls polychlorés ou BPC seront acheminés vers Shawinigan où la compagnie Toxitec projette de construire, pour le printemps au plus tôt, un incinérateur spécialisé pour ces produits).Il est prévu, assure-t-on, que les camions suivent des trajets prédéterminés, le plus possible à l'écart des villages et des quartiers résidentiels.Mais il n'en demeure pas moins que ces mastodontes de la route, dont certains peuvent contenir chacun jusqu'à 45 000 litres de produits hautement toxiques ou explosifs, doivent pénétrer au cœur de la zone la plus densément peuplée du Québec.Les mesures de sécurité devront être fortes.et efficaces.Une question-clef dans cette perspective est la localisation de l'entrée de l'usine de Laval, qui obligera les camionneurs à prendre une voie d'accès plutôt qu'une autre.Au ministère, trois possibilités sont actuellement à l'étude et on assure que la sûreté de la voie d'accès sera déterminante dans le choix final.Toutes ces questions devraient être débattues, précise-t-on, lors des séances du Bureau d'audiences publiques.Les débats risqueraient d'être chauds : même bien emballée et amenée sur un tapis rouge, une citerne de boues de cyanures ou de solutions d'acides reste un cadeau généralement peu apprécié de la population .Sans être devin, on peut prévoir que la ronde folle des camions de Laval n'a pas fini de donner des maux de tête aux fonctionnaires de Québec et aux ingénieurs impliqués dans le dossier.Contrôler les transporteurs et leurs citernes embarrassantes, assurer une sécurité sans faille: les problèmes épineux du transport, cette plaie cachée du dossier des déchets dangereux, sont avec nous pour longtemps.D vil i! m I IIMti [éal iî !«Sf.: lessor, ireml ml alii atalso: lirai* fiicilli isbipts achat mpajt pou h nsnw psefe #w-syilla* iis I be itodonffl lent» lilies» .Yanick Villedieu (^ganté postface de Fernand Seguin J V QUEBEC SCIEHCE 1 EDITEUR La bible de la santé des Québécois Le premier livre sur l'état de santé des Québécois et la première évaluation de leur nouveau système de soins.Plus de dix mille exemplaires vendus depuis sa parution.DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu Québec Science Éditeur ISBN: 0-919712-00-2 1976, 300 pages, $8.50 BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 300 p„ $8.50 ?LE SEL DE LA SCIENCE, Fernand Seguin, 140 p„ $9.50 ?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif, 2e édition, 334 p., $9.50 ?LES TRACES DU PASSÉ, François Picard, 208 p., $9.50 ?DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 176 p., $7.50 ?Ci-joint mon paiement au montant de $.Nom.Adresse.Code posta!.Téléphone.Chez votre libraire ou chez QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 Code 28 QUÉBEC SCIENCE Dix ans de Québec Science Enfin un index cumulatif de tous les 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