L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1935, Septembre
57e Vol.Québec, Septembre 1935 N° 1 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE 'L’Enseignement Primaire, avec la présente livraison, entre dans sa cinquante-cinquième année d’existence (57e volume de publication).C’est l’aînée, de plusieurs années, des revues pédagogiques de langue française publiées actuellement au Canada et en Amérique.IL Y A CINQUANTE ANS En 1885, je commençais à collaborer à Y Enseignement Primaire.Je retrouve dans le volume 5 de la collection de la revue, une leçon de choses sur le lion, des problèmes d’arithmétique “à base rurale” (déjà!), une conférence sur l’enseignement de la langue maternelle, etc.En 1935, et j’en remercie la Providence, non seulement je collabore activement et largement à Y Enseignement Primaire, mais j’en suis le directeur depuis quarante-cinq ans.Je n’évoque pas ces souvenirs pour satisfaire une ridicule vanité, mais pour attirer l’attention des cadets de la carrière enseignante sur l’importance de la persévérance dans une carrière embrassée à l’époque de la jeunesse.C.-J.Magnan.UN OFFICE NATIONAL DE L’ÉDUCATION On veut ressusciter l’idée d’un Conseil fédéral d’Éducation Souvenir de luttes mémorables Dans le Canada, de Montréal, du 20 juillet dernier, nous avons lu, sous le titre: Soyons sur nos gardes, l’article qui suit: Une dépêche de Vancouver nous apprend qu’au congrès de la “Canadian Home and School Federation” il a été question de la création d’un Office national de l’Éducation.Cet organisme 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE n’aurait, parait-il, aucun pouvoir législatif.Il s’occuperait uniquement d’entreprendre des recherches dans le domaine de l’éducation et de conseiller l’adoption de mesures jugées nécessaires et utiles.Très bien.Seulement, cela ne nous dit rien qui vaille.Cet Office dont on propose la création pourrait bien être l’œuf d’où sortirait un ministère fédéral de l’Instruction publique.Un confrère écrit à ce propos: Soyons sur nos gardes.Les unificateurs de tout 'poil n’ont jamais capitulé devant ce qu’ils appellent notre entêtement.Ils attendent simplement leur heure et cherchent, comme on dit, le joint.L’instruction publique est du ressort des provinces.Pour nous, c’est affaire vitale de n’y pas laisser toucher par l’autorité fédérale.En effet, soyons sur nos gardes, ne souffrons pas d’intrusion dans un domaine qui est de notre propre ressort, même si, comme dit notre confrère, l’enseignement n’a pas encore atteint la perfection dans notre province et ne fournit pas les résultats qu’on est en droit d’en attendre.Nous sommes capables d’y apporter nous-mêmes les réformes nécessaires.Si les provinces anglaises veulent renoncer à leurs droits et privilèges en matière d’instruction publique et reconnaître la juridiction du pouvoir central en ce domaine, c’est leur affaire; et encore faudrait-il s’inquiéter de ce qui en découlerait pour les minorités.Quant à nous, c’est autre chose.Nous avons un esprit, des traditions et des coutumes à nous propres, et on ne saurait nous nier le droit de nous développer selon nos aspirations.Pourrions-nous le faire, si l’instruction publique passait sous la juridiction du pouvoir central ?De majorité nous deviendrions minorité, et il en résulterait pour nous, c’est certain, des conséquences désastreuses.Nous savons à quelles difficultés se heurte la reconnaissance effective de nos droits et privilèges par le pouvoir central.Il y a quelques années, on a tenté une manœuvre qui aurait eu pour résultat de favoriser son intrusion dans le domaine de l’instruction publique.Des esprits clairvoyants l’ont fait échouer.Il est possible qu’on revienne de nouveau à la charge, quoi qu’on affirme au contraire.Il ne s’agit pas, dit-on, d’amender la Constitution.Elle ne renfermerait rien de nature à empêcher la création de l’Office dont il est question.Mais une fois cet organisme créé, il est fort probable qu’on essaierait d’aller plus loin.Nul doute qu’on ne négligera rien pour assurer la réalisation de ce projet.Aussi ferons-nous bien d’être sur nos gardes.—P.B.” Nos vieux lecteurs se rappellent la campagne que nous avons menée dans VEnseignement Primaire, il y a une quinzaine d’années (1) contre l’établissement d’un “National Council of Education”, que le major Ney, venu d’Angleterre à cette fin, voulait établir à Ottawa.Ce que le Canada et le Soleil disent aujourd’hui du projet d’un Office national de l’Éducation (même chose, sauf l’appellation, que le “National Council”) donne raison à notre attitude de naguère contre tout projet, sous quelque titre que ce soit, d’un Bureau d’Êducation à Ottawa (2).Les anciens se souviennent des vifs débats que suscita jadis le projet d’établir à Ottawa un Conseil ou Bureau d’Éducation.C.-J.M.(1) Voir VEnseignement Primaire 1917-18, p.385; 1918-19, p.2; 1919-20, p.257; 1920-21, p.5, p.195; 1922-23 p.193, 577; 1924-25, p.19, 87, 151, 334; 1928-29, 5.(2) Voir aussi: le Conseil national d'Éducation (National Council of Education), par C.-J.Magnan, de la Société Royale du Canada, Montréal, mars 1926. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 LA RÉDACTION FRANÇAISE DANS LES ÉCOLES Conseils et exemples (Pour Y Enseignement Primaire) Les articles parus durant l’année scolaire 1934-1935 nous ont permis d’étudier les points les plus importants de la syntaxe française.Les lecteurs de notre Revue feront bien de revoir ces pages, avant d’aborder les leçons qui vont être publiées au cours de l’année scolaire 1935-1936.Il demeure entendu que toutes les théories grammaticales, telles qu’elles ont été exposées, ne peuvent aboutir qu’à la correction matérielle.Dans la livraison de juin dernier, j’ai dit à quel travail supplémentaire doivent se livrer les futurs artistes de la plume.Le programme des articles qui vont suivre sera plus concret: les exemples serviront à préciser tous les principes déjà vus.Les instituteurs et institutrices y trouveront des conseils sur la manière de développer un sujet et ils en feront part à leurs élèves.Au surplus, il sera opportun de revenir sur l’analyse logique et d’ébaucher une analyse littéraire;, à l’aide de textes choisis.De la sorte, les écoliers pourront apprendre à bien lire et à bien écrire.Les articles de la Revue alterneront entre ces deux sortes de leçons pratiques, d’un mois à l’autre.Examinons ensemble aujourd’hui comment on peut arriver à traiter convenablement un devoir français, avec les simples ressources dont dispose un élève moyennement doué.Bien que ces rédactions scolaires soient d’une variété presque infinie, on les ramène facilement à quelques types dont voici les principaux, par ordre de difficulté ascendante: narration—-lettre familière—compliment—description—développement d’une pensée morale—discussion ou dissertation sur une question soit artistique, soit sociale, soit religieuse—conférence ou discours.Il va sans dire que les trois derniers genres ci-dessus conviennent surtout à des cerveaux adultes et déjà mûris par de sérieuses lectures.Mais, de quelque genre qu’il s’agisse, on n’aboutira pas à grand’chose, si l’élève ne possède pas des éléments au moins rudimentaires de psychologie et de métaphysique.Qu’on ne s’effraie pas de ces grands mots! Nous avons vu que l’analyse logique bien comprise est une ébauche de philosophie.Les plus jeunes enfants, s’ils font la distinction entre un verbe d’intelligence gouvernant l’indicatif et un verbe de volonté gouvernant le subjonctif, sont déjà des psychologues; et quand ils ne confondent pas une proposition causale, dont le verbe est à l’indicatif, avec une proposition finale, dont le verbe est au subjonctif, ce sont des métaphysiciens en herbe; ils saisissent la relation de cause à effet.Suffisamment entraînés à cette gymnastique, nos écoliers en viendront vite au classement rationnel de leurs impressions, de leurs sentiments et de leurs idées.La logique s’apprendra d’elle-même.Dans une narration, ils ne mettront pas les derniers faits avant les premiers, comme il arrive trop souvent aux plumes saxonnes peu dressées aux disciplines des peuples latins.Mais, pour les élèves des classes supérieures, il m’est avis qu’aucune rédaction d’ordre moral, social ou religieux ne devrait leur être imposée avant l’étude d’un petit traité de philosophie, composé au besoin par le professeur.On éviterait ainsi bien des mécomptes, bien des écarts quant aux idées et quant au plan.Que nous le voulions ou non, nous sommes tributaires de la pensée aristotélicienne appliquée à notre religion et à notre civilisation par les scolastiques du Moyen-Age.C’est l’armature primordiale de toute œuvre littéraire, grande ou petite.Voici donc notre élève à son bureau, ayant sous les yeux le titre d’un sujet à traiter.Autant que possible, le professeur aura eu soin d’éviter les questions 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qui exigeraient de longues recherches dans les livres; un devoir littéraire n’est pas une œuvre d’érudition.Le jeune écrivain ne doit avoir à évoquer que ses souvenirs, ses impressions vécues, même si on lui demande d’écrire un conte, un petit roman; toute fiction se rattache à la réalité.Après quelques instants de réflexion, ou même sans réfléchir du tout, un étourdi sera tenté de prendre la plume et d’écrire à brûle-pourpoint tout son devoir, sauf à le corriger ensuite et parfois à le bouleverser de fond en comble.Méthode déplorable! Apprenons à notre élève qu’il y a trois opérations successives dans tout travail de ce genre: invention, disposition, élocution.Sur un premier brouillon, il faut recueillir les matériaux.Veut-on raconter, par exemple, une excursion à la campagne durant la belle saison?Notez d’abord au hasard, sans ordre, l’éclat de la journée, la chaleur étouffante qui régnait partout, sauf dans les bois ou sur les bords des lacs; quelles personnes se trouvaient avec vous, comment avez-vous quitté la ville ?Arrivée dans la forêt, topographie du lieu de repos.Incidents divers, jeux, promenades, repas sur l’herbe, appétit stimulé par le grand air.Regrets quand l’heure du départ est venue.Il importe peu, je le répète, de classer par avance toutes ces données; on les écrit sommairement au fur et à mesure qu’elles se présentent à l’esprit; on peut saisir au passage une expression heureuse qui pourrait bien s’évanouir; ne négligeons pas l’inspiration qui, à peine apparue, s’enfuit comme un fantôme vaporeux.Les idées, les images et les sentiments s’accumulent; la matière sera vite suffisante, sinon surabondante.Le moment est venu de mettre un peu d’ordre parmi ces découvertes.On relit attentivement toutes les notes et l’on voit vite que chacune aura sa place dans la trame du développement; en les numérotant, on s’y reconnaîtra sans peine.Encore une ou deux lectures de ces phrases éparses, et notre narrateur se sent bien campé.Soit dit en passant, il n’y a pas d’autre moyen de faire un bon canevas.Ceux qui tracent un plan a priori ne sont pas sûrs d’en remplir tous les compartiments; ils ressemblent à des architectes imprévoyants qui dessineraient sur le papier le croquis d’un bel édifice, avant de connaître la quantité et la qualité des matériaux qui seront mis à leur disposition.Quoi qu’il en soit, un édifice est immobile, mais une rédaction littéraire est faite de mouvement: elle doit avoir un début, un corps du sujet et une conclusion.C’est le commencement qui coûte le plus, et voici pourquoi: il faut situer dans le temps ou dans l’espace le thème à développer, et l’on a besoin de quelques idées plus générales que les faits qui doivent être exposés.Il est rare qu’on débute ex abrupto, en entrant de plain-pied dans les événements.C’est permis, sans doute, et il y a là une manière habile de frapper le lecteur; mais, après un ou deux alinéas, l’auteur devra s’interrompre pour en venir aux aperçus moins particuliers qui expliquent la situation; il montrera les alentours du domaine qu’il explore.On ne saurait trop habituer les élèves à introduire le lecteur dans une zone parfaitement délimitée.C’est ici précisément qu’un peu de philosophie est fort utile, pour le maniement des idées générales.Du reste, le professeur peut conseiller à l’enfant d’écrire en dernier lieu l’introduction et la conclusion; après l’exposé des faits, la première présentation et l’interprétation définitive du récit seront une tâche moins ardue.En conséquence de tous ces conseils, chers élèves de tout âge, quel serait le début de notre excursion à la campagne ?Première méthode, ordre chronologique régulier: “Les grandes villes modernes, avec leurs immenses constructions, avec leurs amoncellements monstrueux de pierres, privent l’homme de lumière et d’air pur.Quelle joie de se trouver en rase campagne, après avoir passé des semaines et des mois entre des murs qui rétrécissent l’horizon de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 toutes parts!.” Deuxième méthode, ordre chronologique renversé: “Nous avons pris contact avec la grande nature dans les Laurentides, sur les bords d’un lac, à l’ombre des arbres peuplés d’oiseaux.Nous avions quitté la ville de bon matin, comme des prisonniers arrivés au jour de leur libération.” Si vous voulez user de cette seconde méthode, décrivez d’abord une scène qui ait chronologiquement sa place dans la première étape de la narration; si vous débutez par le milieu du récit, vous n’en finirez plus pour expliquer ensuite tout ce qui précède.Quant à la conclusion, retenez bien qu’il y a aussi un double procédé.La conclusion appelée ouverte est une échappée vers l’avenir; en ce cas, l’excursion à la campagne pourrait se terminer ainsi: “A la fin de ce beau jour trop vite écoulé, nous nous sommes promis de revenir en ces lieux enchanteurs.” Si vous voulez, au contraire, avoir une conclusion fermée, vous résumerez le sujet par quelques impressions condensées: “Les gens qui ne sont pas appelés à être citadins ont bien tort de venir s’engouffrer dans les vastes agglomérations où ils paieront cher les plaisirs douteux qui les y attirent.” La Fontaine est le modèle par excellence des contes prestement rédigés.En un tour de main, il nous présente les personnages de son petit drame, il les met en mouvement, et l’action se déroule en quelques minutes pour aboutir à un dénoûment qui n’a rien de forcé.Comme tout cela est naturel ! “Une hirondelle, en ses voyages, Avait beaucoup appris.Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu.” Examinez la conclusion, qui est une conclusion fermée; le poète insiste sur l’imprudence des oisillons qui n’ont pas écouté l’aïeule, et il ajoute: “Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres Et ne croyons le mal que quand il est venu.” Nous aurons occasion, au cours de l’année, de voir une quantité de sujets dont peut tirer parti une plume novice.Avec un peu de réflexion, le devoir français scolaire ne présente pas les difficultés qu’on y éprouve de coutume.Il y a une manière de le préparer: préparation lointaine, par de bonnes lectures quotidiennes faites plume en main; préparation immédiate, par des notes judicieuses qui fournissent tous les éléments désirables.Plus on écrit selon ces procédés, plus on sent le besoin d’écrire et de se perfectionner.Heureux le maître qui aura inspiré cette noble passion à ses élèves! Abbé F.Charbonnier, • Docteur ès-Lettres.LE TRAVAIL HORS DE L’ÉCOLE Ce problème pédagogique a été récemment posé en notre province comme il l’a été en France il y a plusieurs années.J’ai souvenance qu’il y a trente ans et plus de vives discussions eurent lieu à ce sujet dans les revues pédagogiques françaises de ce temps.En consultant un vieux carnet de mes lectures, j’ai retrouvé un article d’une éducatrice renommée, Mlle M.Decaux, article publié dans YÉcole Française de décembre 1898.On dirait les lignes qui suivent écrites pour les préoccupations des éducateurs canadiens.Répondant aux doléances d’un médecin de Paris, Mlle Decaux dit avec courage: “M.le docteur Letourneur, dans une de ses récentes causeries médicales, parle de la “funeste habitude” qu’ont la plupart des maîtres de donner à leurs élèves des devoirs à faire hors de l’école.Il y a même de sa part retour 6 L’ENSEIGNEMENT PKIMAIRE et insistance, car dans sa causerie No 3, nous lisons déjà: “Le travail de la “classe se trouve presque partout augmenté de devoirs à faire à la maison.“Il ne doit pas en être ainsi.Les devoirs à la maison fatiguent inutilement l’enfant.” “Je crains que sur ce point il n’y ait un malentendu entre l’hygiène et la pédagogie, et c’est ce malentendu que je voudrais dissiper par quelques explications échangées avec M.le docteur Letourneur sous les yeux de nos abonnés.“Le travail à la maison—nu le travail à l’étude—un un mot le travail personnel de l’élève hors de la présence du maître est absolument nécessaire, non seulement pour que l’enfant retienne ou s’assimile ce qu’on lui enseigne, mais pour qu’il apprenne à le faire passer dans la pratique, à s’en servir”.Cette opinion de Mlle Decaux est partagée par nombre de parents et de maîtres.Elle interroge ensuite le docteur Letourneur: “Que M.le docteur me permette de lui demander d’interroger ses souvenirs personnels.Je ne crois pas qu’il puisse les trouver en contradiction avec ce que j’avance et qu’il trouve possible de faire des études, même primaires, s’il n’y a que des classes.La “leçon” apprise prépare la classe et le “devoir” la fixe, c’est indispensable, ou bien tout s’envolera.“S’il s’agissait de longues leçons apprises mot à mot sans être expliquées, de devoirs interminables: analyses grammaticales éternelles, kyrielles d’opérations arithmétiques, verbes reproduits cent fois sur les “modèles des quatre conjugaisons”, je souscrirais plus volontiers à l’opinion de M.Letourneur et conclurais à la fatigue, à l’ennui, mais la pédagogie moderne combat précisément tout cela et vise à ce que l’esprit de l’enfant, tenu en éveil par une forme intéressante, n’ait pas à faire d’efforts inutiles; la tâche qui lui est donnée est toujours courte, variée, préparée, et ne lui demande guère, en dehors de l’école, qu’une demi-heure à une heure de travail selon son âge jusqu’à 12 ans.” Les lignes qui précèdent témoignent d’une longue expérience de l’enseignement.Mlle Decaux aborde ensuite le côté oisiveté au point de vue hygiénique.Écoutons-la encore: “Je demanderai encore à M.le docteur s’il ne croit pas l’oisiveté aussi mauvaise au point de vue hygiénique qu’au point de vue intellectuel et moral ?Moi, je suis persuadée qu’il n’y a rien de plus mauvais pour la santé que d’“user son temps” et l’enfant qui quitte l’école à quatre heures, après les commissions de sa mère faites, a encore bien du temps à user.S’il le passe à traîner dans la rue, le résultat sera-t-il bon pour sa santé ?et s’il est inoccupé à la maison, sa mère trouvera-t-elle facile de l’y garder ?Cette demi-heure ou cette heure remplie ne vient-elle pas à point pour reposer du mouvement et du jeu qui surmènent, je le crois, tout autant que le travail ?“Est-ce vraiment le travail qui surmène les enfants autant qu’on le dit?S’ils ont de l’intelligence et de l’ardeur, ils porteraient à autre chose qu’à l’étude la dépense d’énergie qu’ils y mettent, s’ils sont plus calmes ou plus mous, ils ne donnent pas un effort capable de les fatiguer.“Encore une fois, je n’aborde pas le côté moral qui serait long à développer et tout en faveur du travail, mais je crois fermement que l’hygiène et la pédagogie peuvent se mettre d’accord.Il suffirait, me semble-t-il, de s’expliquer sur le temps et sur le genre de travail demandés.” S’expliquer “sur le temps et sur le genre de travail demandés” aux élèves en dehors des heures de classe, voilà, ce semble, un moyen sage d’envisager objectivement l’importante question des travaux scolaires à domicile.C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 NOBLES PAROLES DE S.EX.Mgr COURCHESNE EN FAVEUR DES INSTITUTEURS ET DES INSTITUTRICES A Toccasion de sa visite pastorale en mai dernier, Son Excellence Mgr l’évêque de Rimouski a adressé aux paroissiens de la ville et de la paroisse de Saint-Gervais (Rimouski) des recommandations d’une haute portée sociale.Nous en détachons le paragraphe qui suit: "Je désire prier la ville et la paroisse de continuer à donner l’exemple en ce qui concerne l’entretien de leurs écoles et le salaire que la justice exige que l’on donne aux instituteurs et institutrices.Il ne convient pas que l’on fasse un sort inférieur aux maîtres et maîtresses de notre enfance et qu’on leur donne lieu de regretter de s’être instruits pour aider les parents da,ns l’éducation de leurs enfants.Jusqu’ici la ville et la paroisse de Rimouski ont donné un exemple de justice et de saine appréciation des choses.J’exprime tout haut l’espoir que cet exemple sera suivi dans tout le diocèse, pour le bon renom de notre population catholique et pour le progrès de l’œuvre de l’éducation du peuple.” Ces paroles de Mgr de Rimouski sont la sagesse même.L’attitude de cet évêque éducateur envers le personnel enseignant primaire favorisera bien plus les progrès scolaires que les doléances souvent injustes formulées contre l’école rurale.Il convient de rappeler aux cultivatéurs qu’ils doivent en justice payer convenablement les maîtres et les maîtresses d’écoles plutôt que de ruiner ces derniers dans l’opinion des premierSi IMPORTANCE DE LA PRÉPARATION DE LA CLASSE Voici de sages conseils que nous empruntons à l’excellente revue pédagogique VÉcole, de Paris, organe de l’enseignement libre en France: C’est une chose qui coûte et pourtant, elle est nécessaire.Aussi nécessaire que la correction des cahiers.Peut-être vaudrait-il mieux sacrifier celle-ci, si on devait un jour choisir entre les deux.Quand il s’agit d’une école à classe unique, elle est indispensable, sous peine de faire perdre leur temps aux élèves.Elle consiste à prévoir les leçons et devoirs pour chaque division, conformément à l’emploi du temps affiché en classe.Si la préparation n’a pas été suffisamment faite, ce sont des oublis, des hésitations, des maladresses, des pertes de temps, des tâtonnements, le maître qui à la fin s’énerve, les élèves aussi, et on devine le reste.Qu’on préfère utiliser un cahier spécial ou des fiches, l’essentiel est de préparer sa classe, de prévoir par exemple une pensée morale inscrite au tableau pour la journée, des leçons pour le lendemain, la dictée, les problèmes, les textes, etc., sur lesquels ont doit travailler, les devoirs, les livres et revues à consulter.Naturellement, cela demande du temps, “mais comme on le regagne en classe!” Il convient de penser aussi au domaine matériel, chauffage, aération, propreté.Avec cela, une provision de bonne humeur, la résolution de ne pas se fâcher, de ne pas élever trop facilement la voix, et certainement la classe sera bonne. 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE CHANT A L’ÉCOLE Chant liturgique (Pour VEnseignement Primaire) Au moment où le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique trouve opportun de faire enseigner le chant profane et liturgique dans les écoles de la Province de Québec, il nous est agréable de faire connaissance avec les lecteurs de Y Enseignement Primaire et de leur parler de musique, surtout de la musique religieuse, si particulièrement utile à notre peuple très catholique.Parce que l’auteur de ces lignes est prêtre, et qu’il a maintes fois constaté, lors de grandes manifestations religieuses, et ressenti lui-même la puissance sociale de la musique dans l’exercice du culte public, il n’hésite pas à rappeler l'attention de tous sur la volonté clairement exprimée de l’Église de voir les peuples chrétiens revenir au chant collectif, au chant des fidèles, comme cela s’est pratiqué pendant de nombreux siècles.“Que l’on s’efforce en particulier de ramener le peuple à l’usage du chant grégorien, afin que les fidèles prennent de nouveau part plus attentivement aux offices de l'Église, ce qu’ils avaient coutume de faire anciennement”, écrivait le Pape Pie X dans son Motu Proprio du 22 novembre, 1903.“C’est merveille de constater, dès l’antiquité même, combien les mélodies naïves qui ornaient les prières sacrées et l’action liturgique contribuaient à favoriser la piété du peuple.Dans les vieilles basiliques en particulier, où l’évêque, le clergé et les fidèles chantaient, en alternant, les louanges divines, les chants liturgiques ont contribué beaucoup, Thistoire l’attesbe, à amener un grand nombre de barbares au christianisme et à la civilisation”.Et voici un autre paragraphe que nous pouvons lire dans la Constitution Divini cultus de Sa Sainteté Pie XI, s’adressant à toute l’Église le 20 décembre, 1928.“Afin que les fidèles prennent une part plus active au culte divin, il faut que le chant grégorien soit remis en usage parmi le peuple, pour les parties du moins qui lui sont réservées.Il est absolument nécessaire, en effet, que les fidèles ne se comportent pas en étrangers ou en spectateurs muets; mais saisis par la beauté de la liturgie, ils doivent prendre part aux cérémonies sacrées, y compris les cortèges et processions, comme on a coutume d’appeler celles où les membres du clergé et des associations pieuses marchent en rang, mêlant alternativement leurs voix, selon les règles tracées, aux voix du prêtre et de la schola.” A ces indications bien précises, qui nous tracent la voie à suivre, Pie XI en ajoute plusieurs autres, comme celle de “former des scholae d’enfants”, assurant que c’est là le foyer d’où sont sortis “au XVIe siècle en particulier, des auteurs très experts en polyphonie, et parmi eux, celui qui est, sans contredit, leur maître à tous: le célèbre Jean-Pierre-Louis de Palestrina.” La foi chrétienne de nos gens est très grande, mais il faut reconnaître que beaucoup ne sont pas suffisamment au fait des choses de la liturgie.Ils ont besoin d’être initiés plus complètement aux beautés et aux bienfaits de la ^prière publique, la prière officielle de la société religieuse constituée par l’Église.N’est-il pas entièrement désirable qu’ils cessent d’assister en “spectateurs muets” aux offices, et qu’ils y prennent une part active ?Ils communiqueront personnellement et collectivement avec le prêtre, qui agit et parle en leur nom, et feront entendre des réponses vivantes et bien senties.Quelle union peut-il L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 exister, quelle prière collective peut-on invoquer, quand l’un égrène son chapelet, l’autre lit une prière à son saint préféré, qu’un troisième est absorbé dans une méditation, ou qu’un dernier est simplement distrait ?On aura au contraire cette union et cette communion constantes entre le célébrant et les assistants, si toute une nef chante d’une seule voix et d’un même élan les Kyrie, les Credo, et jusqu’aux “Amen” et “Et cum Spiritu tuo” que sollicite le prêtre.Ceux qui assistent à un office aimeront à chanter les parties ordinaires de la messe et des vêpres, et ils y trouveront un grand avantage.Ils s’occuperont aussi à lire avec le prêtre les parties propres et ils pénétreront le symbolisme des gestes et des cérémonies dont l’Eglise a parsemé ses rites sacrés L’Église est une société dont Jésus-Christ est le chef et tous les chrétiens sont les membres.Les membres d’un même corps, bien qu’appartenant au même être, ont pourtant des fonctions différentes.Ainsi les pieds sont faits pour marcher, les yeux pour voir, et les oreilles, pour entendre.De même, dans la société religieuse il y a une hiérarchie et des subordonnés, c’est-à-dire, des évêques, des prêtres et des fidèles, tous unis sous un même chef, le Pape de Rome.Tous ensemble participent à la même vie spirituelle, dont la liturgie est une des manifestations ordinaires.Cette vie spirituelle, nous avons tous le devoir et le désir de l’entretenir en nos âmes.Nous savons aussi que la doctrine et le culte catholiques en sont les seuls véhicules.Et ils nous ont été apportés par Celui-là même qui est venu pour que nous ayons cette vie en toute abondance.Le culte catholique, en particulier, offre à ses fidèles un intérêt et presque une sorte de fascination, parce qu’il est éminemment adapté à la nature humaine, par l’Église qui connaît mieux que personne ce qui convient à ses enfants.La beauté de ses rites a été, il y a un siècle, une des causes de la renaissance catholique en Angleterre.Enfin, faire revenir aujourd’hui nos populations à la pratique très ancienne du chant collectif, c’est ouvrir la voie à de nouvelles grâces, et nous préparer un regain d’influence religieuse.Ces idées de participation plus active aux offices publics, de l’efficacité de la liturgie pour entretenir et stimuler la vie spirituelle, et de la puissance sociale du chant religieux collectif, ces idées, dis-je, vont lentement leur chemin et finiront par triompher.Déjà elles ont suscité, en certains pays, comme la Belgique, de grands mouvements liturgiques, qui s’étendent peu à peu, et qui semblent pénétrer chez nous.Notre jeune clergé s’y prépare, et notre jeunesse s’y enrôlera avec enthousiasme.En attendant et pour commencer, les enfants de nos écoles recevront avec reconnaissance l’initiation musicale religieuse, que leur donnera notre excellent corps enseignant.E.Thibault, p.s.s.VERS LE PROGRÈS L’Institut pédagogique Saint-Georges En premier Québec de la livraison d’avril dernier, nous avons publié, une excellente étude de Mme Crouzet, l’épouse distinguée du Recteur de l’Académie de Paris, sur l’Institut 2 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pédagogique des Sœurs de la Congrégation de N.-Dame, couronnement magnifique de notre enseignement primaire féminin.Ci-après, nos lecteurs liront avec intérêt des renseignements précis sur les origines, le but et le programme de l’Institut Saint-Georges, couronnement admirable de notre enseignement primaire pour les garçons.L’Institut pédagogique Saint-Georges est une école supérieure de pédagogie affiliée à l’Université de Montréal.Il a été fondé en 1928, à la demande de Son Excellence Monseigneur Georges Gauthier, archevêque-coadjuteur de Montréal, pour le perfectionnement professionnel des instituteurs religieux et laïcs.Dans ce but, des cours spéciaux se donnent chaque samedi au siège de l’Institut pédagogique, fixé temporairement au Mont-Saint-Louis, 244, Sherbrooke-Est, Montréal.L’Institut pédagogique Saint-Georges, dirigé par les Frères des Écoles Chrétiennes, délivre les titres suivants à ceux de ses élèves qui remplissent les conditions exigées : Diplôme de pédagogie supérieure, Diplôme de psychologie pédagogique et de psychologie expérimentale; grades universitaires de bachelier, de licencié, de docteur en pédagogie.Il faut être muni du baccalauréat ès arts pour pouvoir aspirer au baccalauréat, à la licence et au doctorat en pédagogie.Les diplômes de pédagogie supérieure, de psychologie pédagogique et de psychologie expérimentale sont accessibles à tous ceux qui, munis du brevet d’instituteur, suivent les cours et subissent avec succès les examens correspondant à ces deux qualifications.Les cours suivants se donnent actuellement à l’Institut pédagogique Saint-Georges: Pédagogie générale Pédagogie spéciale Histoire de la pédagogie Psychologie pédagogique Psychologie expérimentale Psychologie rationnelle Psychologie différentielle Psychologie de l’enfant.Psychologie de l’adolescent Psychiatrie Protection et préservation de l’enfance Histoire de la philosophie Économie sociale Le système nerveux chez l’homme Zoologie générale ('enchaînement des formes animales) Biologie générale Ce dernier cours traite surtout des questions qui touchent de près à la psychologie et à la pédagogie.Parmi ces questions, l’une des plus importantes est sans doute celle de l’hérédité.Aussi ce cours contient une étude expérimentale de l’hérédité envisagée dans les différents domaines de la vie.L’Institut pédagogique Saint-Georges se propose d’ouvrir, dans un avenir assez rapproché, plusieurs autres cours, entre autres les suivants: Principes de l’Éducation selon les directions données par l’encyclique de Notre Saint-Père le Pape Pie XI, sur l’Éducation: Didactique expérimentale Organisation de l’enseignement Droit scolaire, etc., etc.Organisme jeune, plein de vigueur et de souplesse, l’Institut pédagogique Saint-Georges s’adaptera à tous les besoins de l’époque et s’efforcera de promouvoir le progrès dans tous les domaines de l’enseignement et de l’éducation. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 TABLEAU ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE ENFANTS L’ALCOOL Lestlercs de St- viatear 2061.St-Dominique Montréal Guerre à la cigarette! LA CIGARETTE 1.La cigarette est l’alcool des enfants.2.La cigarette est dangereuse surtout parce qu’on en aspire la fumée.[3 3.La fumée contient la nicotine, qui est un poison.4.Les poumons absorbent très rapidement la nicotine, puis la font passer dans le sang.5.La cigarette, dommageable -à l’homme fait, l’est bien davantage à l’enfant: a) Médecins et professeurs sont unanimes à affirmer que sitôt qu’un écolier fume la cigarette, il commence à pâlir, à moins bien manger, à moins bien digérer, à moins bien dormir.b) Le Dr Seaver, directeur du gymnase de TUniversité de Yale, a fait l’observation suivante: Des 187 étudiants enregistrés en 1891, ceux qui ne fumaient pas la cigarette obtinrent: 32 pour cent en poids; 29 pour cent en hauteur; 19 pour cent en accroissement du thorax; 56 pour cent en capacité respiratoire, de plus que ceux qui fumaient la cigarette! Passage de la fumée dans tes voies respiratoires.a 1 ;.¦ .wil'.i IsSSSsgci H*r .: ' , ¦., ’V >.i i : Wf.-r-i ‘mi':]''3.; Il *****%?.v - 'V.- Maison où naquit Jacques Cartier, à Saint-Malo.Il choisit trente-trois hommes et partit le 19 septembre.Le 2 octobre, il arrivait à Hochelaga où plus de mille sauvages leur “firent aussi bon accueil que jamais père fit à son enfant, menant joie merveilleuse”.Le lendemain il fut fut reçu solennellement dans la bourgade sise au pied d’une petite montagne qu’il nomma le Mont-Royal, et d’où l’on embrasse du regard un magnifique pays: la chaîne des Laurentides, les monts isolés du sud, la vaste plaine sillon- 3 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE née par les eaux du Saint-Laurent et de l’Ottawa, les grands rapides qui interrompent le cours du fleuve.Pour remercier la foule, il traça sur elle le signe de la croix, puis lut dans son livre d’Heures à voix très haute l’Evangile de Saint Jean, suivi de la Passion du Christ, au milieu d’un silence où il voyait, dit-il, les prémices d’une conversion, tant les assistants étaient “merveilleusement bien entendibles”.La bénédiction de Dieu a répondu à sa prière.La ville de Montréal s’étend aujourd’hui en ces lieux, seconde ville française du monde et porte glorieusement le nom que lui donna Jacques Cartier.Le 11 octobre, il était de retour au havre de Sainte-Croix pour hiverner.Une épidémie de scorbut fit périr 25 de ses hommes et rendit les autres si malades qu’il résolut de rentrer en France.Le 3 mai 1536, en la fête de l’Invention de la Sainte-Croix, pour renouveler l’acte de prise dè possession du Canada, il érige une croix haute de trente-cinq pieds, avec un écusson fleurdelysé où il écrit ces mots: Franciscus 'primus, Dei gratia Francorum Rex, regnat.* * * Le 6 mai, il fait voile pour Saint-Malo, où il arrive le 6 juillet, emmenant avec lui le chef indien Donnacona, et quelques-uns de ses sujets qui viennent rendre hommage au roi de France.* * * François 1er le reçoit avec de grands honneurs, et l’écoute d’une oreille favorable exposer les puissants motifs qui réclament l’établissement d’une colonie française au Canada.D’après sa Relation, Jacques Cartier insista peu sur les raisons économiques ou politiques.“Ne convient-il pas, dit-il surtout au Roi très chrétien, de procurer la connaissance de Jésus-Christ à tant de nations infidèles qu’on civilisera par les lumières de l’Evangile ?” C’était le langage d’une Croisade; il alla droit au cœur du Roi-chevalier, dont la foi était vive, si vive qu’elle lui avait fait conclure avec Léon X, pour terminer les pénibles différends nés sous les précédents règnes, le Concordat de 1516.Antoine Lestra.QUESTION DE GRAMMAIRE Même Même.—Est adjectif ou adverbe.Une seule difficulté, mais tout apparente, c’est lorsque même est placé après un nom.Il est alors adjectif ou adverbe, et, par conséquent, son accord avec le nom est facultatif.Ainsi on peut dire également: Les enfants mêmes ou même furent égorgés.C’est l’exemple appliquant la règle donnée par R agon, et ils se justifient tous deux parfaitement sans avoir recours à certaines subtilités qui ne sont même pas exactes.Tout dépend de l’intention qu’on a.Si je dis: les enfants mêmes, je sous-entends eux, les enfants eux-mêmes.Si je dis: les enfants même, j’entends: même les enfants.Dans les deux cas, c’est exactement la même idée.Il n’y a donc pas lieu de faire une difficulté avec cela, à l’école, et de marquer une faute à l’enfant qui écrit autrement que dans le livre de dictées.L’auteur a écrit même, je suppose, mais il eût aussi justement écrit mêmes.C’est absolument libre.Ne mettons pas de fautes pour rien, et ne perdons pas, dans les classes, à des subtilités de ce genre, un temps si précieux pour tant ce choses plus importantes.Brisons plutôt les élèves sur les mille formes de la conjugaison, sur les vraies difficultés de la syntaxe, sur la nature et l’économie des propositions, sur les articulations de la phrase, conjonctifs et relatifs notamment, et sur ses formes si variées.Les exceptions sont notées brièvement, et on les apprend surtout à l’occasion de l’étude des textes.Entendu qu’elles confirment la règle, mais, ce qu’il faut apprendre, c’est la règle, laquelle demandera vingt applications contre l’exception une.N.Degagné, pire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 UNE LEÇON DE CATÉCHISME En lre et 2me années de l’École primaire élémentaire Dieu connu par les Créatures (1) Aujourd’hui, mes enfants, je vais vous parler du bon Dieu.Je le ferai bien souvent.Dieu est si beau qu’on ne peut tout dire en une fois.Dans ce catéchisme, je vous montrerai la terre remplie de toutes sortes d’êtres, et vous verrez que tous ces êtres ont besoin de Dieu.C’est le bon Dieu qui les a créés; c’est encore Lui qui les conserve et qui donne à chacun tout ce qu’il lui faut.I Vous avez tous vu une échelle.Une échelle est formée de petits barreaux ou échelons.Pour y monter, on met le pied sur le barreau le plus bas, puis sur le second, ensuite sur le troisième, et ainsi on s’élève.Sur la terre, il y a un grand nombre d’êtres; ces êtres ne sont pas tous égaux; il en est de plus parfaits, de plus élevés que d’autres; ils forment comme une échelle à quatre barreaux.Nous allons nous en servir pour monter jusqu’à Dieu.-—Cette jolie maison qui nous sert d’école s’est-elle faite toute seule ?—Qui a fait cette maison?—-Avec quoi les maçons l’ont-ils construite ?—-Auraient-ils pu la bâtir, s’ils n’avaient pas eu de pierres ?—Et qui a fait les pierres ?-—-Le bon Dieu a-t-il eu besoin de quelque chose pour faire les pierres ?— N’y a-t-il pas aussi des espèces de petites pierres rouges qui servent à construire les maisons ?—Comment les appelle-t-on ?—Avec quoi les hommes font-ils les briques ?¦—-Feraient-ils des briques s’ils n’avaient pas de terre et de sable ?—Et qui a fait la terre et le sable ?—Le bon Dieu a-t-il eu besoin de quelque chose pour faire la terre ?Le Maître.—Vous avez bien répondu; le bon Dieu n’a eu besoin de rien du tout.Au commencement du monde, le bon Dieu a dit une seule parole: “Que la terre soit faite”, et la terre a été faite aussitôt.Voyez, mes enfants, comme II est puissant! Mais le bon Dieu n’a pas fait la terre tout d’abord comme nous la voyons maintenant.C’est une histoire que je vous raconterai un autre jour.—La terre, les pierres, peuvent-elles remuer par elles-mêmes ?—-Grandissent-elles ?-—-Nommez d’autres objets qui ne peuvent remuer, ni grandir, qui n’ont pas la vie.E.—Le fer, le verre, etc.Le Maître.— Ces objets sont les moins parfaits de ceux que le bon Dieu a créés.Nous les appelerons créatures qui n’ont pas la vie.Elles forment l’échelon le plus bas de notre échelle.La matière dont ces créatures sont formées a été créée par le bon Dieu au commencement du monde, et on ne peut pas compter leurs années.—-Quelles sont les créatures les moins parfaites que Dieu a créées ?—-Connaissez-vous quelque chose de vert qui pousse sur la terre ?E.—-L’herbe, les plantes, les arbres.(1) Reproduit de l’excellent ouvrage Manuel du Catéchiste.tiennes, rue Oook, Québec.En vente à la Procure des Frères des Écoles Chré- 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE —Les herbes, les plantes, les arbres se sont-ils faits tout seuls ?—-Ce noyer qui est là tout près, s’est-il fait tout seul ?—Qui a planté ce noyer (ce sapin, ce marronnier, etc) ?-—-Le jardinier ne s’est-il pas servi de quelque chose ?E.—Il s’est servi d’une noix (d’une graine, d’un marron, etc.) —Aurait-on ce noyer, si le jardinier n’avait pas mis une noix en terre ?—Où le jardinier a-t-il pris cette noix ?— Très bien.Mais ce dernier noyer, d’où provient-il ?E.Il provient d’une autre noix fournie par un noyer.M.—Nous pourrions continuer ce petit raisonnement et nous arriverions, après beaucoup de temps, jusqu’au premier noyer.—Mais qui a créé ce premier noyer ?-—Et qui a donné au noyer le pouvoir de produire des noix qui ont chacune le pouvoir de produire un noyer?Le Maître.—-Voyez, encore une fois, comme le bon Dieu est puissant! Il peut tout ce qu’il veut.Et comme il est savant pour faire des choses si difficiles! Il sait tout.Et en même temps, comme il est bon pour nous! Sans ce premier noyer créé par le bon Dieu, tous les autres n’auraient jamais éxisté.Le bon Dieu a créé aussi le premier poirier, le premier cerisier, les premiers arbres et les premières plantes de toutes les espèces.Si le bon Dieu n’avait pas créé ces premiers arbres et ces premières plantes, il n’y aurait jamais eu aucun arbre, ni aucune plante.La terre serait encore toute nue, et les animaux eux-mêmes ne pourraient l’habiter.Je vous ai dit tout à l’heure que les pierres, la terre ne grandissent pas; elles ne vivent pas.—En est-il ainsi des plantes, des arbres ?Le Maître.—C’est cela: les plantes, les arbres grandissent; ils vivent.Ce n’est pas la même vie que celle des animaux, mais c’est une vie tout de même; pour cette raison on appelle les plantes les arbres, des êtres vivants.On compte les années des êtres vivants.On dit: Voilà un vieux pommier, il doit avoir quinze ans; ce jeune cerisier n’a que trois ans.—-Nommez des êtres qui n’ont pas la vie.-—Quels sont ceux qu’on appelle êtres vivants?—Quels sont les plus parfaits de ces deux sortes d’êtres ?—Quel pouvoir les êtres vivants ont-ils de plus que les êtres non vivants ?Le Maître.—Les êtres vivants, qui sont plus parfaits, plus élevés que les êtres qui n’ont pas la vie, forment le second échelon de notre échelle.—Comment s’appellent les êtres qui vivent dans l’eau ?•—Et ceux qui volent dans les airs ?—Et ceux qui, sans être des hommes, parcourent la terre ?—Les poissons, les oiseaux, les animaux à quatre pieds se sont-ils faits tout seuls ?—Qui donc les a créés ?Le Maître.—-Oui, mes amis, après avoir créé les premières plantes, le bon Dieu a créé les premiers poissons, les premiers oiseaux, les premiers animaux de chaque espèce, et de ces poissons, de ces oiseaux, de ces animaux créés par le bon Dieu, sont venus tous ceux qui existent.Si le bon Dieu n’avait pas créé les premiers, il n’y aurait sur la terre aucun poisson, aucun oiseau, ni aucun autre animal.—Connaissez-vous une différence entre une plante et un animal, entre un arbre et un chien, par exemple.?E.—L’arbre ne marche pas; le chien marche.—-Très bien.Mais n’en connaissez-vous pas une autre ?Voyons, si on frappe un arbre, criera- t-il?—Et si l’on frappe un chien ?—-Pourquoi le chien crie-t-il et l’arbre ne crie-t-il pas ?—Un arbre peut-il voir et entendre ?—Pourquoi le chien peut-il voir et entendre ?—Qui lui a donné ses yeux et ses oreilles ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 Le Maître.—-C’est cela; les arbres ne sentent pas le mal, tandis que les chiens le sentent; le chat, le cheval, tous les animaux sentent ce qui leur fait mal et, à cause de cela, on les appelle ÊTRE SENSIBLES.Retenez ce mot.Les animaux sont plus parfaits que les plantes, puisqu’ils sentent le mal et qu’ils peuvent marcher, voir et entendre.Ils forment le troisième échelon de notre échelle.On compte leurs années comme pour les plantes; on dit: Ce cheval a dix ans, quinze ans.—Comment avons-nous appelé les êtres les moins parfaits qui forment le plus bas échelon ?—-Et ceux du deuxième échelon?—Et ceux du troisième échelon?—-Pourquoi ces derniers sont-ils appelés des êtres sensibles ?—Connaissez-vous sur la terre des êtres encore plus parfaits que les animaux ?—Les hommes se sont-ils faits eux-mêmes ?—-Qui a créé les hommes ?Le Maître.—Oui, mes enfants, le bon Dieu a créé tous les hommes; il a créé chacun de vous.Il y a vingt ans, vous n’existiez pas.Pour vous donner la vie et vous la conserver, le bon Dieu a voulu se servir de vos parents.Votre père et votre mère avaient aussi des parents qui ont pris soin d’eux, comme ils ont pris soin de vous.Le premier père et la première mère de tous les hommes s’appellent Adam et Eve.Après avoir créé les premiers animaux de chaque espèce, le bon Dieu a aussi créé Adam et Eve.C’est encore une belle histoire que je vous raconterai une autre fois.Si le bon Dieu n’avait pas créé Adam et Ève, vous n’existeriez pas; je n’existerais pas, aucun homme n’existerait.Vous le voyez, le bon Dieu a créé tous les hommes.—Connaissez-vous une action que l’homme peut faire et que les animaux ne peuvent pas faire ?E.—L’homme peut parler.—Très bien.En connaissez-vous une autre ?.Je vais vous aider à la trouver.-—Pourquoi vos parents vous envoient-ils à l’école ?—Et pourquoi n’y envoie-t-on par les animaux ?¦—Ainsi, nommez une seconde chose que les animaux ne peuvent pas faire et que vous faites.Le Maître.—-Les animaux ne peuvent pas s’instruire parce qu’ils ne sont pas intelligents.Les hommes peuvent s’instruire parce qu’ils sont des êtres intelligents.Us sont plus parfaits que tous les autres êtres de la terre.Us forment le quatrième échelon de notre échelle.Frère Bernard-Louis, des Écoles Chrétiennes.LE DESSIN A L’ËCOLE PRIMAIRE (Septembre 1935) Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première année: étude préléminaire au moyen de quelques gravures de grand format fixées au tableau noir.Ces gravures (images) représentant des paysages, des marines ou autres scènes, serviront à faire comprendre aux petits qu’un dessin est la représentation d’un objet sur une surface. 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS iMRÉRiSUR MOYEN COURS COURS SUPÉRIEUR 0 0 0 0 « \'»v Ordr& duTrace^ BOÎTE a ~ 6 levât LOTI Plan 0 O - Cou '|C|2/ d - \/ue^ |)er?.|oe-ctive^ 93^23326 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 Le professeur demande aux élèves ce qu’ils voient sur ces gravures; comment s’appelle celui qui dessine; ce qu’on emploie pour dessiner; si le dessin a une épaisseur; etc.Étude spéciale pour le mois : le point et la ligne droite.En deuxième année: revoir les préliminaires et faire une étude de la ligne droite dans ses différentes directions.Première Année 1.Points disposés dans les coins de la feuille.2.Points reliés par des lignes droites.3.Frise composée de lignes droites.4.De mémoire: une chaise.Deuxième Année 1.Deux Pavillons.2.Un marchepied (lignes parallèles).3.Des lettres.4.De mémoire : une table : COURS MOYEN En troisième et quatrième années: applications nombreuses des lignes droites dans différents décors.Études des lignes brisées, des lignes parallèles et des angles.Troisième Année 1.Frise (lignes parallèles).2.Motif décoratif (angles).3.Une betterave.4.Une carotte.5.De mémoire : table de cuisine.Quatrième Année 1.Motif décoratif (angles).2.Feuille de nélombo (genre de nénufar).3.Frise décorative.4.De mémoire : un arbre.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixème années: tracés variés de triangles, de carrés, de rectangles.Quelques mots de perspective: l’horizon, le point de vue, représentation de la verticale, etc.Cinquième et sixième Années 1.Vue géométrale d’une boîte rectangulaire (vue de face, plan, coupe et perspective).2.De mémoire: imaginer un motif ornemental symétrique formé du carré, du tringle et du rectangle; colorier.Frère Amédée, des Écoles Chrétiennes. 24 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉCITATION Le Canada au temps de Jacques Cartier O Canada! plus beau qu’un rayon de l’aurore, Te souvient-il des jours où, tout couvert encore Du manteau verdoyant de tes vieilles forêts, Tu gardais pour toi seul ton fleuve gigantesque, Tes lacs plus grands que ceux du poème dantesque, Et tes monts dont le ciel couronne les sommets ?Te souvient-il des jours où, mirant dans les ondes Le feuillage orgueilleux de leurs branches fécondes, Tes immenses sapins saluaient ton réveil ?Où déployant les dons de la grande nature, Tu montrais, reposant sur un lit de verdure, Ta sauvage grandeur aux rayons du soleil ?Te souvient-il des jours où l’écho des montagnes Chantait, comme un clairon, au milieu des campagnes L’hymne de l’Iroquois scalpant ses ennemis ?Où tes vieux héros morts, assemblés sur les grèves, Venaient, pendant la nuit, illuminer les rêves De tes sombres guerriers sur la rive endormie ?Te souvient-il des jours où passant dans l’orage, Les dieux de tes forêts portés sur un nuage, De leurs longs cris de guerre enivrant tes enfants, Leur montraient dans la mort une vie immortelle, Où leur âme suivrait une chasse éternelle D’énormes caribous et d’orignaux géants ?Un jour, troublant le cours de tes ondes limpides, Des hommes étrangers, sur leurs vaisseaux rapides, Vinrent poser leurs tentes au sein de tes grands bois.Us pliaient les genoux en touchant ton rivage, Puis au maître du ciel adressant leur hommage, Plantaient un drapeau blanc à côté d’une croix.Et prenant ce drapeau, ces hommes au teint pâle Portèrent les rayons de sa couleur d’opale Jusqu’aux bords sablonneux du vieux Meschacébé, Et devant cette croix, qui brillait dans tes ombres, Tu vis tes dieux vaincus pleurer sur les décombres Amoncelés autour de leur autel tombé ! Octave Crémazie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 25 UNE LEÇON SUR LA DÉFINITION DU VERBE (Cours préparatoire et lère année du cours inférieur) (La définition du verbe n’est pas à la portée de nos enfants.Disons-leur seulement que le verbe est un mot qui représente une action: c’est assez pour les tout jeunes.) Maîtresse.—Qu’est-ce que le nom?Les élèves.—-C’est un mot qui sert à nommer une personne, un animal ou une chose.M.—Très bien! Mais il y a des mots, mes petits enfants, qui ne servent pas à nommer et qui ne sont pas par conséquent des noms.(Que votre manière de prononcer fasse remarquer l’analogie entre nom et nommer.) Écoutez: Marie travaille.Marie ! quel est ce mot ?E.—C’est un nom propre de personne.M.—Oui, mais travaille n’est pas un nom, car ce mot-là ne nomme personne.Répétons.Marie travaille.Que fait Marie ?E.—Elle travaille.M.—C’est là une très bonne action.Mais regardez M.Ferdinand, que fait-il ?E.—Il joue.M.—Et cette action n’est pas bonne en ce moment, car on ne doit pas jouer en classe.Voilà donc deux actions bien différentes; Marie travaille, Ferdinand joue.Jouer et travailler sont donc des actions, l’une bonne et l’autre mauvaise.Quelle action faites-vous, Louis, quand vous êtes à table ?E.—Je mange la soupe.M.—Vous mangez.C’est une action que vous faites.Et quelle action fait votre papa, quand vous n’êtes pas sage ?E.—Il me punit.M.—Cette action est-elle bonne?Vous ne répondez pas.—- Oui, mon enfant, elle est bonne puisqu’elle est juste.S’il vous punissait lorsque vous êtes sage, alors il ferait une mauvaise action: mais je suis certaine qu’il vous récompense, au contraire.E.—Oui, ma sœur.M.—Et c’est faire une bonne action que de récompenser un enfant sage.Je vais faire cette action en vous faisant écrire au tableau; vous avez été très attentif.Quelle est l’action que je fais maintenant, mes enfants ?E.—Vous appelez Louis.M.—Oui, je l’appelle pour le récompenser: c’est juste, il le mérite.Trouvez-moi des actions, voyons.Vous n’en trouvez pas ?Danser, est-ce faire une action ?E.—Oui, ma sœur.M.—Louis, venez écrire: Paul joue, Louise parle, papa laboure.(Faites distinguer les noms et les actions.Toutes les leçons sur le verbe seront terminées par le chant d’un ou de deux temps conjugués.) On fera cette leçon de temps en temps: elle est importante.Nous plaçons ici plusieurs phrases dont on pourra se servir dans l’occasion.Jean chante.— Maman tricote.— Le ballon monte.— Le chat miaule.-— L’eau coule.— Le livre tombe.— Le feu chauffe.— Le tonnerre gronde.— Le loup dévore.— La soupe bouillira.— Xa classe finit.— La cloche sonne.— L’orgue résonne.— La boule roule.— Le moniteur lira.Soeur B.4 26 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LEÇON DE CHOSES Les arbres Les arbres sont des végétaux ou plantes.Ils tiennent dans la terre par de fortes et longues racines pour ne pas être renversés par les vents.Ils ont pour tige un gros pilier de bois qu’on appelle tronc.Le tronc se divise en branches, les branches en rameaux.Les branches et les rameaux sont aussi en bois et recouverts, comme le tronc, d’une sorte de peau dure et épaisse qu’on appelle écorce.Durant l’hiver, les branches et les rameaux deviennent tout secs; l’été, ils se couvrent de feuilles, ces feuilles tomberont bientôt mais reviendront au printemps et les arbres auront encore des fleurs et plus tard des fruits.Un endroit planté d’arbres, s’appelle un bois, et un très grand bois s’appelle une forêt.Je vous ai dit que les arbres avaient des fleurs et des fruits.Vous connaissez bien les fleurs et les fruits des pommiers, des cerisiers, des pruniers.Ce sont des fruits qu’on mange et les arbres qui les donnent sont les arbres fruitiers.Us ne sont point dans les bois ou les forêts, mais dans les jardins ou les vergers, quelquefois dans les champs ou au bord des chemins.Les autres arbres ont aussi des fruits, mais qui ne sont pas bons à manger: ainsi le fruit du chêne s’appelle gland, vous le connaissez; celui du sapin est la pomme de pin qui brûle si bien.A quoi servent les arbres dont on ne mange pas les fruits ?Us nous donnent de l’ombre d’abord et retiennent l’eau dans la terre, ce qui l’empêche d’aller si vite aux rivières, puis au fleuve et de causer des inondations Us nous donnent aussi leur bois, non seulement pour faire du feu et nous chauffer, celui-là c’est le plus petit, mais pour faire des planches et des poutres, et avec ces poutres et ces planches des maisons et des meubles.Avec leurs branches, on fait aussi du charbon de bois dans certains endroits de la Province, notamment dans le comté de Portneuf.L’écorce du chêne ou tan sert à préparer les peaux d’animaux.L’écorce d’un certain chêne est du liège pour faire des bouchons, etc.: cet arbre ne croît pas chez nous.Vous voyez que les arbres sont fort utiles et l’un des plus grands bienfaits de Dieu.Questionnaire.—Qu’est-ce que les arbres?— Pourquoi leurs racines sont-elles longues et fortes ?— Comment appelle-t-on le gros pilier de bois qui est la tige des arbres ?— Comment se divise le tronc?— Les arbres sont-ils toujours comme à présent?—¦ Comment appelle-t-on un endroit planté d’arbres?— Qu’est-ce qu’une forêt?— Comment appelle-t-on les arbres dont on mange les fruits ?— Les autres arbres ont-ils des fruits ?— Qu’est-ce qu’un gland ?— A quoi servent les arbres ?COMMENT ON ENSEIGNE L’AGRICULTURE A L’ÉCOLE NORMALE “Faire aimer la terre, c’est faire aimer la patrie” Un débat intéressant sur la “ruralisation” de renseignement par les élèves de l’École normale de Mont-Laurier AU TABLEAU NOIR.— PENSÉE: “LE SOL C’EST LA PATRIE”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.7 SOMMAIRE — a) Classification des sols LE SOL: b) Amélioration c) Préparation Dessin: Sol et sous-sol.Gilberte.—Nous avons eu hier une belle leçon d’agriculture, n’est-ce pas ?Le commentaire de cette pensée: “Le sol c’est la patrie” est encore tout entier dans ma mémoire.Claire.—Notre maîtresse met tant d’âme, tant de conviction lorsqu’elle nous parle de la terre, que ce qu’elle explique ou commente, doit se graver dans notre mémoire.Simone.—Je relisais, en me rendant ici, la description que Joyberte Soulanges met dans la bouche du grand-père de Jean lorsque celui-ci lui pose cette question: “Grand-père, qu’est-ce que la patrie ?” Yolande.—Pourquoi ne la rehrions-nous pas ensemble ?: : Y Irène.—En avons-nous le temps ?v / .’ .Claire.—Certainement; et puis cette lecture nous préparera à la récapitulation que nous avons à faire présentement.Simone.—(Lisant à haute voix).Mais, qu’est-ce donc, grand-père, que la patrie?—La Patrie ?.C’est un grand mot que tu prononces là, mon petit Jean.Je vais te le dire, moi, ce que ça me représente.Regarde-moi bien.La patrie, ça commence à la maison, à la chambre de notre mère d’abord, et ç a va, en passant par le champ, par le bois, puis par l’école et par l’église jusqu’au cimetière de la paroisse.C’est le jardin où fleurissent les beaux bouquets, c’est le champ où lèvent l’avoine et le blé Et dans un geste élargi, le grand-père montre les énomies muions de foin entassés près de la grange, le grain haut comme un homme, qui attend la moisson, puis ,au bout de la terre, la cabane à sucre abritée par la forêt.—C’est ça la patrie, mon enfant! C’est le domaine avec la maison, la basse-cour et le colombier, ce sont les grands bœufs du labour, les vaches, c’est la blanche aussi.La patrie, c’est la terre.Ton père la tient de moi, qui l’ai reçue de mon père à qui l’aïeul l’avait donnée, après l’avoir héritée de Jean-Baptiste, qui la tenait lui-même, je crois, du premier de tous, de l’ancêtre.Il y a de cela deux cents ans, mon petit; c’est presque aussi ancien que le pays, comme tu vois.Irène.—Ce petit Jean ne dût jamais oublier l’étonnante description faite par son grand-père, et j’imagine qu’il dût, à son tour, devenir un agriculteur, ami passionné de son bien._ _ , .Gertrude.—Si nous lisions le paragraphe qui suit, la définition serait complète.(Elle ht) : “Tu sais, nous ne sommes pas seuls dans le pays, comme nous ne sommes, pas seuls dans la paroisse.Les Canadiens qui ont le goût des terres neuves et qui ont beaucoup d’enfants, vois ce qu’ils font quand ils n’ont plus de place dans une campagne; ils s’en vont plus loin.C’est ainsi que se sont formés, à côté de nous, les villages Saint-Marc, Saint-Charles et les autres paroisses.Et il y en a comme ça jusqu’au bout du pays.Eh bien, mon petit Jean, c’est ce qu’on appelle la grande patrie.La première et la vraie patrie pour nous, Canadiens-Français; c est la Province de Québec.La grande patrie officielle s’étend d’une mer à l’autre, c’est le Canada.C’est le pays que nous aimons le plus au monde.—Comprends-tu maintenant, mon petit Jean?—Oh! oui, grand-papa, je comprends bien.Je ferme mon livre tout de suite et c’est de vous que je veux apprendre mon histoire.Irène.—Ah l’heureux petit Jean.Je suis de l’avis de Mlle Gertrude, il est impossible que des enfants ainsi nourris de l’amour de leur terre puissent la négliger et même l’abandonner un jour.Claire.—Mais, nous nous attardons.Gilberte.—Pas le moins du monde, tout ceci entre dans le cadre de la leçon que nous avons reçue en classe.Ne devions-nous pas lire: “Comment ils ont grandi” de Joyberte Soulanges.“La Terre paternelle” de l’abbé Groulx ? 28 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE Yolande.—Et puis, “Ne Vends pas la terre” du Frère Marie-Victorin ?Avez-vous eu le temps de faire toutes ces lectures ?Toutes.—Oui, oui.Elles ne sont pas très longues d’ailleurs.Yolande.—Avouons qu’elles sont prenantes et que c’est une étude agréable que ces heures de contact avec les écrivains de chez nous.Irène.—Surtout, quand ils parlent des choses du terroir.Claire.—Mais, arrivons à la leçon proprement dite, aux expériences que j’aimerais à renouveler.Simone.—C’est cela.Et nous terminerons par des commentaires sur nos lectures, puisque nous aimons toutes ce travail.Claire.—Voici d’abord la démonstration de la classification des sols.La classification des sols cultivés comprend: les terres fortes, glaiseuses ou argileuses; les terres légères ou sablonneuses; les sablo-argileuses où le sable est en plus grande partie ; les argilo-sableuses où la glaise domine; les terres calcaires, riches en chaux; les terres jaunes chargées de phosphore; les terres noires, grasses en humus et en matières organiques décomposées.Yolande.—Vous avez bonne mémoire.Pour être complète, il faut ajouter que les plantes se nourrissent, par leurs racines, des éléments minéraux et organiques dissociés et répandus dans le sol et le sous-sol.Si l’un ou plusieurs de ces éléments viennent à manquer, il faut qu’ils soient restitués au sol par les engrais et les amendements.Gilberte.—Ce qui me frappa le plus dans cette partie de la leçon, c’est la remarque que nous a glissée notre maîtresse sur l’économie de la Providence.“Rien ne se perd, rien ne se crée”.Et cette vérité se démontre facilement par les composts qui sont formés de déchets de toutes sortes : les balayures, les eaux ménagères, les poils, les plumes, les os, le sang, les déjections humaines, les cadavres des animaux, les sarclures.Ces composts donnent un engrais très riche.Gertrude.—Oui, c’est bien cela, et on nous dit qu’en Europe où rien n’est laissé en perdition, ces composts sont une source importante de richesses pour les pays qui les emploient.Simone.—Il est donc bien vTai, que le cultivateur intelligent et laborieux trouve à sa portée tout ce dont il a besoin pour faire produire à sa terre cent pour un.Gertrude.—Malheureusement, on ne comprend pas assez cette grande vérité: “Dieu a mis dans la nature tout ce qui est nécessaire à l’homme”.On laisse se perdre des produits précieux.Irène.—J’étais bien surprise d’apprendre hier, à la leçon, que tous les engrais chimiques existent dans la nature sous une forme ou sous une autre et que l’homme, en découvrant leurs propriétés et en les utilisant, exploite les trésors que Dieu a mis à la disposition de l’ouvrier des champs.Claire.—Je Vous avoue n’avoir jamais pensé à toutes ces choses que cet échange de réflexions grave davantage dans ma mémoire.Simone.-—Comme il est facile à l’institutrice bien préparée de pénétrer son enseignement de vérité et de lumière! Gilberte.—Et comme il lui est facile surtout d’apprendre à ses élèves à voir autour d’eux l’action de la Providence! Gertrude.—La classification des sols, les moyens de l’améliorer nous amènent à leur préparation.Et ici, encore, nous avons à refaire une intéressante leçon de choses qui prouve la valeur d’un bon binage: “c’est le phénomène de la capillarité”.—Biner, c’est rompre la capillarité de la terre et, par suite, empêcher l’évaporation qui se produit sous un soleil ardent.Yolande.—Oui, mais il faut bien comprendre ce que c’est que la capillarité.Gertrude.—La capillarité est une force qui fait monter les liquides dans une substance poreuse, comme une mèche à lampe, une éponge, de la craie.Voici l’expérience; dans ce verre plein d’eau, je plonge l’un des bouts de cette mèche à lampe, et je mets l’autre extrémité dans le verre vide.Par l’effet de la capillarité, une partie de l’eau passe dans le verre vide, ce phénomène s’opère lentement, tout aussi bien dans le verre que dans la terre.Irène.—Je n’ai pas très bien compris les effets différents du binage et du roulage.Simone.—Un instant, la deuxième expérience vous fera peut-être mieux comprendre.Voici une assiette dans laquelle je mets un peu d’eau, je dépose dans cette eau, un mor- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 29 ceau de sucre et sur celui-ci je jette du sucre en poudre très fin.Par l’effet de la capillarité, l’eau monte et mouille rapidement le morceau de sucre, elle s’arrête au sucre en poudre qui représente ici la surface du sol.—-Le binage, qui a pour effet d’émietter la croûte du sol, rompt la capillarité, c’est-à-dire l’ascension de l’humidité, et par suite diminue l’évaporation qui se produit sous un soleil ardent._ La terre ainsi aérée conserve la fraîcheur et les racines plongent dans un terrain qui les nourrit et favorise l’accroissement de la jeune plante.Gertrude.—Irène pourrait peut-être résumer la théorie de ces expériences pour s’assurer si elles sont bien comprises.Irène.—Volontiers.—Le binage, qui ameublit la surface du sol, a pour but d’empêcher l’eau des parties profondes de monter et de se perdre par évaporation, tandis que le roulage, au contraire, en tassant la terre labourée, favorise l’ascension de l’eau du sous-sol vers les racines.Ces opérations sont nécessaires en vertu du principe de la capillarité qui veut que les liquides fassent ascension, c’est-à-dire montent dans les fins vaisseaux.Les crevasses occasionnées par les gelées constituent des vaisseaux par où l’eau peut monter et se perdre.Il faut donc les rompre et tasser la terre de dessus.Simone.—Votre résumé est excellent, chacune peut en faire son profit.Gilberte.—Une autre expérience fort intéressante est celle qui démontre l’action de la gelée sur les terres, sur les plantes et par suite l’utilité du roulage.Voici ce que j’ai préparé.—(elle sort une bouteille qui a gelé et s’est cassée).J’ai rempli cette bouteille que j’ai mise à la gelée, l’eau en se transformant en glace, chacune le sait, augmente de volume.Donc, elle a brisé le vase qui la contenait, celui-ci n’étant pas élastique.—Le même effet a lieu sur les terres.La gelée produit ça et là un léger soulèvement de la surface du sol, qui présente aussi des boursoufflures et des crevasses.Les jeunes tiges des céréales encore frêles en pâtissent, leurs racines sont parfois arrachées à mises à nu.—Le passage du rouleau dans les champs a pour effet de tasser la terre et de rétablir le contact des racines avec le sol.Irène.—Voici une autre expérience qui nous a démontré facilement la nécessité de l’arrosage.Nous avons détaché une feuille de ce bégonia et nous l’avons mise en plein soleil.Après quelques minutes, nous avons pu constater que la température de cette feuille était bien supérieure à celles des autres feuilles restées sur la plante, à cause de l’évaporation rapide qui s’est faite sur cette feuille.D’où la nécessité de l’arrosage pour remplacer l’eau que les végétaux perdent ainsi continuellement.Yolande.—Le phénomène de l’évaporation m’a beaucoup intéressée.Il explique la nécessité d’un arrosage régulier, et démontre surtout que le fumier, la terre, les plantes perdent continuellement de l’humidité si nécessaires à leur développement.Il y a deux jours, je remplissais ce verre gradué jusqu’au huitième degré.Je constate maintenant une diminution assez considérable, cet effet est dû à l’évaporation.Claire.—N’oublions pas que nous avons à trouver nous-mêmes la conclusion de notre leçon.Irène.—Et à en tirer une morale.Gertrude.—Oh! pour celle-là elle est trouvée, depuis que Mlle Gilberte nous a si bien parlé de l’action providentielle de Dieu dans la création.Simone.-—-Si vous voulez, nous conclurons ainsi: l’enseignement de l’agriculture à l’école primaire, comme l’indique le programme, doit être donné sous forme de leçon de choses, c’est-à-dire d’une manière démonstrative et concrète; parler à la fois aux yeux et aux oreilles de l’enfant.Il doit être subordonné à l’enseignement des sciences d’où il tire toute sa force.Gertrude.—-Nous pourrions ajouter: il doit surtout avoir pour but: de faire estimer à l’enfant de la campagne la belle profession de ses parents, lui inspirer l’amour de la vie rurale et le retenir sur le sol qui l’a vu naître.Pour atteindre ce résultat, il d fit être donné d’une façon intelligente et raisonnée.Claire.—Et nous terminerons sur cette jolie pensée: Dieu a mis dans la nature tout ce qui est nécessaire à l’homme.“Rien ne se perd, rien ne se crée”.Simone.—A l’homme de reconnaître ce bienfait et d’imiter l’économie de la Providence en mettant à profit ses incomparables dons. 30 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE LEÇON D’HISTOIRE NATIONALE A DES ÉLÈVES DE SEPTIÈME ANNÉE Le troisième voyage de Jacques Cartier au Canada REVUE : Les deux premiers voyages de Cartier au Canada LEÇON NOUVELLE : Son troisième voyage.PLAN I.—But: 1) Accroissement de la puissance française par la fondation d’une colonie.2) Établissement de la foi dans le Nouveau-Monde.II.—L’Expédition : 1) Circonstance qui l’ajourne jusqu’à 1541: Guerre de François 1er contre Charles-Quint.2) Obstacles affrontés : Protestations du roi d’Espagne.3) Commissions de Cartier : (17 oct.1540) et de Roberval (15 janv.1541).4) Préparatifs de Cartier : Chargement des navires—approvisionnement pour deux ans.Recrutement de l’équipage et des colons (376 personnes).5) Départ: le 23 mai 1541—seul Cartier est prêt.6) Traversée: longue et difficile, ralliement des vaisseaux à Terre-Neuve, commen- cement d’août.7) Arrivée: au havre de Sainte-Croix, 24 août (Accueil des indigènes).8) Essai de colonisation: Fondation de Charlesbourg-Royal.9) Explorations en vue de trouver par l’ouest la route du Saguenay.10) Retour: Printemps 1542—Cause principale qui le détermine : Menées inquiétantes des Sauvages.> Rencontre de Roberval à Terre-Neuve.Arrivée à Saint-Malo, fin d’août ou commencement de septembre.III.—Résultats : 1) Échec au point de vue de la colonisation.2) Reconnaissance de la bifurcation de l’Outaouais et du Saint-Laurent.développement Comme nous avons aujourd’hui à parler du troisième voyage de Cartier, résumons d’abord ses deux premiers voyages au Canada.(Récit bref de chacun des voyages).Cartier rendit compte à François 1er des incidents et des résultats de son deuxième voyage, il lui décrivit la fécondité de la terre, la beauté et l’étendue du Saint-Laurent et lui dit les espérances qu’offrait la Nouvelle-France.François 1er, qui désirait avec ardeur accroître sa puissance, fut enthousiasmé par ce rapport et décida de fonder une colonie dans le Nouveau-Monde, si riche en promesses.Ce projet était doublé de cet autre, bien sublime et bien héroïque: l’établissement de la foi chrétienne dans un pays peuplé d’infidèles.Mais la France était en guerre contre Charles-Quint, roi d’Espagne; on dut retarder l’expédition.Le 15 juin 1538, la paix est conclue.François 1er a donc les mains libres.Tout de suite, il L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31 songe à l’exécution de son dessein, preuve de son intérêt grandissant pour le Nouveau-Monde.François 1er octroie une commission à Cartier, le 17 octobre 1540, lui donnant le titre de capitaine et pilote général des navires.Par malheur, Charles-Quint bientôt au courant des intentions du roi français, envoie des espions en France et, invoquant son droit exclusif de propriété sur le Nouveau-Monde, donne ordre à ses marins de surveiller étroitement les navires français qui partiraient pour l’Amérique et de les couler au passage.François 1er commande cependant les préparatifs de l’expedition pour le printemps de 1541 j dès le 15 janvier, il confère au sieur de Roberval le titre de lieutenant général de toute l’entreprise.Cependant il a le soin de ne concéder le droit de découverte et d’établissement que dans les pays inhabités ou non possédés par aucun prince chrétien.Toutefois, Charles-Quint ordonne à ses espions de redoubler de vigilance et ses inquiétudes ne cesseront que le jour où il apprendra que 1 expédition des Français se dirige vers Terre-Neuve.“Les Français, se disait-il, se trompent s ils croient trouver là-bas de l’or.Sur cette côte stérile, il n’y a d’autre richesse que la peche.Le roi de France consacre 45000 livres (1) pour les frais de l’expédition.Le tiers de cette somme est remis à Roberval.Cartier reçoit le reste pour acheter cinq navires et pour faire des approvisionnements pour deux ans.Sans tarder, en homme pratique, il hâte les préparatifs de son expédition et le 10 avril 1541, il était déjà prêt pour le départ, fixé au 15 par le roi.La petite escadre comptait 376 hommes: outre les 120 marins, des hommes de différents métiers, laboureurs, artisans et ouvriers nécessaires à la colonie.Le recrutement des colons avait été difficile; le nombre de bons sujets étant insuffisant, on compléta le corps expéditionnaire au moyen de repris de justice.C était loin d’être une assurance de succès pour l’entreprise de colonisation.Les préparatifs de Roberval ne sont pas achevés: l’artillerie, la poudre, les munitions ne sont pas encore arrivées et il manque des hommes d’équipage.Roberval doit donc ajourner son expédition (1).Cartier part enfin de Saint-Malo avec cinq navires, le Grande-Hermine, l’Emérillon, le Saint-Brieuc, le Georges et un autre dont nous n’avons pas le nom.L’expédition subit une orageuse traversée de trois mois.A bord des vaisseaux, l’eau manque; on doit abreuver avec du cidre les animaux (chèvres, porcs, etc.) qu’on emmène au Canada pour les acclimater.Pour comble de malheur, les vaisseaux se perdent de vue, excepté deux.Le ralliement se fait à Terre-Neuve après un mois.On était au commencement d’août.Le 23 août, Cartier arrivait en face de Stadacone.Les Sauvages viennent à la rencontre des Français en manifestant apparemment une grande joie de les revoir.Agona, le nouveau chef, apprend sans déplaisir que Donnacona, amené en France avec quelques compagnons, était mort : c’est qu’il recueille son titre de chef et son autorité.Cartier dit aux Sauvages que les compagnons de Donnacona sont restés en France où ils vivent comme de grands seigneurs et ne désirent plus revenir en Amérique.L’entrevue se termine par un échange de bons procédés.Agona pose sa couronne de cuir jaune bordée de coquillages sur la tête de Cartier et lui met au bras ses deux bracelets.Mais tout cela n’est qu’hypocrisie.Cartier lui rend sa couronne et lui donne de petits présents, lui disant qu’il en réserve d’autres plus précieux pour plus tard.On se sépare dans les meilleurs termes.Avec deux barques il remonte le fleuve et quatre lieues plus haut sur la rive nord (Cap Rouge), il découvre un petit cours d’eau (Rivière du Cap-Rouge), large d’une cinquantaine de pas et plus commode que la rivière Sainte-Croix pour y abriter ses vaisseaux; il le choisit comme port d’hivernage.Il nomme cet endroit Charlesbourg-Royal en l’honneur du fils du roi, Charles d’Orléans.Au commencement de septembre, il envoie en France deux bons pilotes, avec mission de remettre une lettre au roi,'le pressant de faire partir le sieur de Roberval.Il décrit le site de la petite rivière, les terres avoisinantes, les arbres de la forêt, les arbrisseaux à fruits; il annonce aussi que les essais de semailles ont eu un succès complet, qu’on a construit deux forts, l’un en bas et l’autre en haut du cap.Il ajoute avoir trouvé des carrières de pierres et des diamants sur le sommet du cap et des feuilles d’or épaisses comme l’ongle sur les bords.Il sera fort déçu plus tard quand son or, éprouvé en France, se changera en cuivre et ses diamants en schiste riche en mica.(1) $9,000 d’après l'abbé C.-E.Roy: l’Enseignement Secondaire de mars 1934. 32 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quelques jours plus tard, Cartier part pour un voyage d’exploration, car le roi lui a ordonné d’atteindre si possible le pays du Saguenay.Il va à Hochelaga pour se renseigner de son mieux sur la route a suivre.D’après les Sauvages, l’Outaouais les y conduira.Accompagné de quelques guides, il se rend jusqu’aux rapides de Carillon,mais n’ose s’avanturer plus loin, n’ayant pas d’informations assez précises sur les moyens de naviguer vers l’ouest.Il rebrousse chemin.Arrivé au fort de Char-lesbourg-Royal, il apprend par ses gens que les Sauvages n’y viennent plus comme auparavant pour y vendre des vivres et qu’ils sont réunis en grand nombre à Stadaconé.Alors redoutant une attaque, Cartier met le fort en état de défense.Les Sauvages ne firent aucune attaque, mais ils continuèrent de molester les Français durant tout l’hiver.Ces embarras, joints aux incommodités d’un pays nouveau et au retard de M.de Roberval qui ne paraissait pas encore, découragèrent les colons et forcèrent Cartier et ses gens à s’embarquer pour retourner en France.On était dans les derniers jours de mai.Cartier mit à la voile et aborda au havre Saint-Jean de Terre-Neuve; il y rencontra M.de Roberval qui fit éprouver la poussière d’or qu’il avait recueillie; le résultat fut bon.L’analyse en avait été mal faite sans doute par manque de temps ou d’instruments d’une précision suffisante.Alors Cartier, impatient de faire part de sa trouvaille au roi, et connaissant l’attitude hostile des Sauvages, leva secrètement l’ancre durant la nuit.Il aborda à Saint-Malo, à la fin d’août ou au commencement de septembre.L’expédition de Cartier et celle de Roberval échouèrent complètement au point de vue de la colonisation.Ce fut heureux pour le Canada, car ce ne sont pas des repris de justice qui peuvent former le noyau d’une population honnête et vigoureuse.Au point de vue de la connaissance du pays, Cartier avait reconnu la bifurcation, c’est-à-dire la rencontre du Saint-Laurent et de l’Ou-taouais.REVUE DE LA LEÇON Dans quel but François 1er avait-il fait entreprendre un troisième voyage d’exploration au Canada ?En quelle année eut lieu cette expédition ?Indiquez la raison principale pour laquelle elle n’eut pas lieu l’année qui suivit le deuxième voyage de Cartier au Canada.Qui fut chargé de l’entreprise ?Nous avons dit que François 1er avait rencontré de l’opposition à ses projets.D’où lui vint cette opposition ?Le roi de France ne se laissa pas décourager, mais il usa de prudence.Comment usa-t-il de prudence ?Qui peut rappeler les préparatifs de Cartier ?Pouvez-vous raconter l’expédition ?Parlez du rapport que Cartier envoya au roi de France quelques jours après son arrivée au pays.Relatez le voyage d’exploration qu’il fit en septembre.Dites quel était le but de ce voyage.Quelle épreuve eurent les colons durant l’hiver ?Faites connaître les raisons qui engagèrent les colons à retourner en France dès le printemps de 1542.Quel a été le résultat du troisième voyage de Cartier au Canada ?BIBLIOGRAPHIE Abbé Ferland: Cours d’Histoire du Canada.R.P.L.Le Jeune, O.M.I.: Dictionnaire général du Canada—Jacques Cartier.Abbé L.Groulx : La découverte du Canada.Abbé A.Desrosiers: Notre Jacques Cartier.Dolorès Rondeau, Élève du cours supérieur.École normale de Nicolet, 1934. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 33 DOCUMENTS OFFICIELS DIXIÈME CONGRÈS DES INSPECTEURS RÉGIONAUX tenu à Québec le 29 juillet 1935 Sont Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; M.C.-J.Miller, Inspecteur général des Écoles primaires; MM.R.Maltais, J.-G.Marien, A.Faquin, J.-Ed.Boily, J.-E.Lamarre, L.-O.Pagé, J.-E.Litalien et P.Hubert, Inspecteurs régionaux.M.Gérard Morisset, Directeur de l’Enseignement du Dessin.AVANT-MIDI 9.30 h.a) Ouverture du congrès par l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.b) Remarques par M.Lionel Bergeron, Secrétaire du Département de l’Instruction publique.c) Directives par M.C.-J.Miller, Inspecteur général des Écoles primaires.d) Présentation des mémoires de MM.les Inspecteurs régionaux sur les activités de MM.les Inspecteurs d’écoles de leur région respective, au cours de l’année 1934-35.e) Rapports de MM.les Inspecteurs régionaux sur le nombre de croix "Jacques-Cartier” érigées sur l’emplacement des écoles de leur région respective./) Suggestions de MM.les Inspecteurs régionaux concernant les moyens à prendre pour améliorer l’enseignement agricole et l’enseignement ménager à l’école rurale.Refranchisation.APRÈS-MIDI a) 2.00 h.b) c) d) e) f) g) Causerie de M.Gérard Morisset, Directeur de l’enseignement du Dessin.Étude du bulletin et des formules de rapport de la première visite.Remarques de MM.les Inspecteurs régionaux concernant: 1.—La tenue des examens du Certificat d’études, session de juin 1935; 2.—Le mode de corrrection des épreuves.Suggestions sur ces deux sujets.3.—Est-il opportun de faire subir les examens du Certificat d’études primaires vers 20 juin ?Réunions des inspecteurs d’écoles de district par région, au début de la première visite.Lieux et dates de ces réunions.Motions et avis de motions.Vœux.Clôture du congrès. 34 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE NOMBRE DE CROIX “JACQUES-CARTIER” ERIGEES AU COURS DE L’ANNEE 1934-35 Voici, d’après les rapports soumis au congrèspar MM.les Inspecteurs régionaux, le nombre de “Croix-Jacques-Cartier”, érigées par région: Région No 1.62 croix “ No 2.46 “ “ No 3.50 “ No4.70 “ “ No 5.85 “ “ No 6.38 “ No 7.55 “ “ No S.44 “ Total.450 DOCUMENTS SCOLAIRES LE CERCLE D’ÉTUDE DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE QUÉBEC Bref résumé des séances tenues à l’Ecole normale Laval par le Cercle d’Étude des Instituteurs.Comme l’année dernière, notre barque fut habilement dirigée par la main ferme et experte de Monsieur Théo.Lessard qui, par son esprit de travail et son grand désir d’améliorer toujours la situation des instituteurs, a conquis la confiance et l’estime de tous ses confrères.Nous remercions bien sincèrement notre directeur spirituel, M.le Chanoine U.Perron, pour les précieuses directives et les sages conseils qu’il nous a donnés au cours de la présente année.Nous avons été honorés de la visite de distingués personnages et véritables amis de l’éducation: ce sont: M.J.-E.Bédard, président de la Commission scolaire, M.le Chevalier J.-N.Miller, membre de la Commission scolaire, M.J.-E.Grégoire, maire de Québec, M.L.-P.Goulet, insp.d’écoles de la ville de Québec, M.l’abbé J.Dumais, ass.visiteur des écoles de la C.s., le Colonel G.-E.Marquis, conservateur de la bibliothèque du Parlement et M.le Chanoine J.-A.Cham-berland, directeur général de l’Action Sociale Catholique.Ci-après nous mentionnons les organisateurs des séances et les conférenciers qu’ils nous ont présentés: Organisateur: M.Robert Gravel: conférencier: M.Ths.-Louis Tremblay, inst.Sujet: L’École est une préparation à la vie.Organisateur: M.Cyrice Blanchet: conférenciers: M.J.-M.Mailhot, inst.Sujet: L’Autorité.M.Gérald Paré, Inst.Sujet: L’Enseignement de l’Arithmétique au cours préparatoire et en première année.Organisateur: M.Eugène Picard: conférencier: M.Henri Lesage, inst.Sujet: l’Éducation Sociale”.Organisateur: M.J.-U.Fortin: conférenciers: M.J.-P.Brault, inst.Sujet: L’Enseignement de la langue seconde au cours primaire.M.Roland Parent, inst.Sujet: La dignité dans le commandement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 35 Organisateur: M.Conrad Tanguay: conférenciers: M.le Colonel G.-E.Marquis.Sujet: Le Père de l’éducation du peuple canadien.M.A.Rhéaume, inst.Sujet: La discipline.Organisateur: M.Fernand Lemieux: conférencier: M.Roland Nadeau: Sujet: Le Sport à l’école.Organisateur: M.A.Rhéaume: conférenciers: M.le Chanoine J.-A.Chamberland: Sujet: L’Action catholique et le Sens social.M.A.Bourque: Sujet: Le langage de l’enfant à l’école.Au cours de la dernière réunion M.Théo.Lessard a présidé à la distribution de généreuses récompenses accordées aux organisateurs et aux conférenciers.Le Bureau de Direction pour l’année 1935-36 est formé comme suit: Président: Théo.Lessard; Vice-Président: Eug.Picard; Secrétaire-Trésorier: Hervé Moris-sette, Ass.-Secrétaire: A.Rhéaume: Bibliothécaire: Conrad Tanguay; Ass.-Bibliothécaire: R.Parent; Directeurs: U.Fortin, R.Gravel, Ths.-L.Tremblay.Hervé Morissette, Secrétaire.199™' RÉUNION DE L’ASSOCIATION DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ÉCOLE NORMALE LAVAL, LE 8 JUIN 1935 Séance de l’avant-midi OUVERTURE A dix heures du matin, M.le président A.-A.Letarte, LE., ouvre l’assemblée et invite M.l’abbé Mathieu à faire la prière d’ouverture.Assistèrent: M.l’abbé J.-J.Dubé, principal de l’École normale Laval; son assistant M.l’abbé J.-E.Mathieu; M.l’inspecteur Antonio Rouleau; MM.les professeurs de l’École normale: Roch Létourneau, J.Jobin, J.-Philippe Garneau, P.-P.Magnan, Lucien Gravel; le préfet de discipline, M.l’abbé Rosaire Couture, et les régents: MM.les abbés L.Pageau et A.Dumas; une délégation des Trois-Rivières, composée, de MM.O.-J.Desaulniers, président, Léonide Leclerc, Y.LeBerre, Geo.-E.Desrochers et Ls-Ph.Poisson; des instituteurs de la ville de Québec et des alentours: Aubé C., Alain R., Asselin Jos.et Emile, Allard L.(Ancienne-Lorette), Beaumont W., Bégin A., Blanchet C., Brault P.-E., Bergeron M., Bourque A., Bilodeau D., Brochu G., Badeau J.-M., Caumartin U., Carbonneau W., Deléan P., (Cap-de-la-Madeleine), Deschesnes L.(Deschaillons), Despins J.-B., Dussault C., (Sillery), Duchesneau A.(St-Raphael), Duchesne Noël, English R., Fortier Mce (Giffard), Fortin J.-U., Garant Léopold, Godbout A.et W.-O.(Portneuf), Goulet A.et J.-E., Gagné A., Gagnon G., Goupil F.-X., Genest R., Hamel J.-E., Hudon Ls-H., Jolin H.(Giffard), Labrecque, J.-E.(Chamy), Lesage H., Lamontagne A.(St-François de Montmagny), Lessard Théofred, Leclerc U., Lemay L., Lebel Alphonse, (Château-Richer), Lemieux F., Morissette Hervé, Mailhot J.-M., Marquis A., Martin A., Noreau René (Neuville), Nadeau R., Otis P., Paré G., Prémont R.(Ste-Famille, I.-O.), Pagé P.-E., Parent R., Perron J.-E., Picard J.-E., Poulin G.et L., Rhéaume G.-A., Rondeau J.-M., Savard D., Simard J.-E., Sheehey J., Tanguay C.et L., Tousignant Chs., Tremblay Chs-E.et Ths-Ls; les élèves de l’École normale Laval: G.De-blois, R.Gosselin, L.-M.Lavoie, J.Laplante, A.Roberge, M.Germain, A.Thibault, J.-P.Savary, R.Lemire, P.-E.Arsenault, L.Dion, J.Roberge, P.Dontigny, B.Prémont, P.Turcotte, L.Bou-rassa, A.Gauvin, L.Durand, P.Bourdages, P.Paquin, L.Couture, J.-B.Marceau, L.Gauvin, V.Gauvreau, G.Dumais, V.Villeneuve, L.Ouellet, C.Robitaille et B.Toussignant ainsi que le secrétaire Roland Croteau. 36 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BIENVENUE M.le président, souhaitant la bienvenue, fait un retour en arrière et se demande si tous nous avons mis en pratique depuis janvier dernier les conseils de S.E.le cardinal Villeneuve et si nous avons bien été des éducateurs plutôt que des instructeurs,—si nous n’avons pas donné la préférence à l’intelligence de nos élèves plutôt qu’à leur cœur.Parlant ensuite du Fonds de Pension qui est maintenant “consolidé” et garanti par la Province, il mentionne en quoi consistera la rénovation faite et adoptée à la session récente de nos législateurs et qui se généralise comme suit: La pension consistera en un traitement annuel de 2% des 25 meilleures années de salaire; le maximum restera à $1200 et le minimum à $150.; le remboursement des primes ne pourra se faire qu’après 15 ans d’enseignement, au lieu de 10; l’épouse pourra bénéficier d’une pension si les arrérages prévus par la loi sont versés d’ici 1937; la retenue ou prime sera dorénavant de 3% du salaire au lieu de 2J^%.Afin d’aider à consolider notre Fonds de Pension le plus tôt possible, le Gouvernement a cru bon de verser les montants alloués pour “succès dans l’enseignement” et “Bonus” pour années en fonctions, à ce Fonds, quitte à les remettre en vigueur dans un avenir que nous souhaitons le plus rapproché possible.Des cours d’anglais seront donnés à l’Université de Toronto du 16 juillet au 9 août.Les conditions d’inscription sont: être détenteur d’un diplôme français supérieur, avec distinction, et anglais au moins élémentaire; avoir enseigné trois ans et être actuellement dans l’enseignement; fournir un certificat de bonne conduite de son curé, s’engager à suivre les avis des directeurs des Cours; subir les examens à la fin de ces Cours; faire un dépôt de dix piastres et faire sa demande à M.le Surintendant avant le 24 juin courant.M.le président remercie ensuite les officiers et les directeurs de l’Association qui l’ont secondé pendant son terme d’office qui doit se terminer aujourd’hui et tous les membres qui ont coopéré effectivement à ses efforts.PROCÈS-VERBAL M.J.-Eugène Picard propose, secondé par M.Gérald Paré, que le procès-verbal, paru “in extenso” dans VEnseignement Primaire de mai, soit adopté sans lecture.M.Omer-Jules Desaulniers demande alors de corriger la mention que le Cercle Catholique des Instituteurs des Trois-Rivières a douze membres quand il en a “vingt-six”.Après correction ‘‘ad hoc”, le procès-verbal est adopté à l’unanimité.NOUVEAUX MEMBRES Deux nouveaux membres sont acceptés séance tenante: M.Irénée Roby, de Lambton, présenté par M.l’inspecteur A.Rouleau, et M.Maurice Fortier, de Giffard, présenté par M.l’inspecteur A.-A.Letarte, notre président.CONFÉRENCES Le premier conférencier est invité à nous présenter son sujet et M.Alphonse Lebel, instituteur à Château-Richer, s’exécute, nous parlant de: “Mgr Antoine Labelle, apôtre de la Colonisation”.M.Lebel rappelle la tenue du grand congrès de colonisation à Québec dans l’automne de 1934, puis fait revivre la grande figure du curé Labelle, prêtre-patriote, colonisateur merveilleux.Né le 24 novembre 1833 à Sainte-Rose, comté de Laval.Fils d’un cordonnier, le jeune Labelle étudie d’abord à l’école du village, puis, à 11 ans, il entre au Séminaire de Sainte-Thérèse.Ses études classiques terminées, Antoine Labelle se destina à la prêtrise: en 1856 il était ordonné par Mgr Pinsonnault, évêque de London.Vicaire dans différentes paroisses, puis curé de Saint-Antoine-Abbé, de Saint-Bernard-de-Lacolle et finalement de Saint-Jérôme, comté de Terrebonne: à cette date, mai 1868, il n’avait que 35 ans.C’est à ce poste, au portique des Laurentides, que le curé Labelle, durant 23 ans, fit de la colonisation son œuvre principale.Il donna un tel élan à la colo- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 37 nisation de 1868 à 1888, qu’il mérita le beau titre de roi du Nord.Toutes ses énergies convergèrent vers le nord de Montréal jusqu’à Mont-Laurier, immense région couverte de forêt, au nord de St-Jérôme.Puis M.Lebel suit son héros pas à pas sur la route des terres neuves, le long des rivières du Nord, la Rouge, la Lièvre, la Mattawa.Demarches, écrits, sociétés de colonisation, construction de chemins de fer, tout est mené de front par le prêtre-colonisateur.La forêt tombe, les foyers apparaissent, les clochers se multiplient.Un voyage en Europe est entrepris en 1885, pour faire connaître notre province en France et Belgique.L’œuvre du curé Labelle reçut un hommage bien mérité: en 1888, Honoré Mercier, alors Premier Ministre à Québec, nomma le roi du Nord sous-ministre de l’Agriculture.A ce poste il continua son travail avec ardeur.En 1889, le Pape Léon XIII élèva M.Labelle à la dignité de Protonotaire apostolique.En 1890, second voyage en Europe, dans l’intérêt de la colonisation.Epuisé par son labeur fécond, Mgr Labelle mourut à Québec le 4 janvier 1891.M.Omer-Jules Desaulniers, président des instituteurs trifluviens, invité à remercier le conférencier, le félicite de son beau travail qui ramène devant nos yeux un homme qui vient de disparaître à peine et qui était de la trempe de nos anciens Canadiens dont nous sommes tous fiers.Des sociétés d’Histoire régionale se fondent rapidement un peu partout, soyons-en et aidons ce beau mouvement.Les instituteurs devraient citer souvent aux élèves les exemples de la vie de Mgr Labelle et le leur présenter comme modèle, leur répétant chaque fois: “Que ferez-vous, vous ?” L’on passe tout de suite à la deuxième causerie, présentée par M.Roland Genest, instituteur à Courville et qui nous parle de: “L’Éducation nationale à l’École primaire”.M.Genest établit tout d’abord que le nationalisme canadien-français est fondé sur le droit naturel et aussi sur le droit positif.Le conférencier appuie ce dernier point à l’aide d’un intéressant expose historique, dont les faits s’échelonnent entre 1760 et 1890.Le conférencier établit que depuis 1867 notre nationalité a perdu du terrain dans le domaine fédéral.Lors de l’établissement de la Coniédération, les Canadiens français représentaient 40 à 45% de la population des deux Canada (le Bas et le Haut).Par le fait de la Confédération de quatre provinces en 1867, ce pourcentage s est abaissé a 31%, et, aujourd’hui, nous formons environ 26% de la population totale du Canada.Puis, 1 eparpillement d un cinquième de notre peuple dans les huit provinces de langue anglaise rend encore la situation plus inquiétante.Nous devons quand même survivre.De là le grave devoir de l’école primaire vis-à-vis de 1 éducation nationale, au point de vue canadien-français.S’inspirant de M.l’abbé Groulx, M.Genest dit qu’il iaut cultiver chez nos élèves des sentiments de fierté nationale et le vif désir de conquérir, devenus hommes, leur place, une place honorable dans tous les domaines de la vie sociale, sans oublier le domaine économique, et ce en restant fidèle à notre langue et à nos traditions françaises et catholiques.Il n’y a pas de races inférieures au Canada: soyons donc les égaux de ceux qui nous entourent.Puis M.Genest aborde le cote pratique de sa conférence: la leçon de géographie, en rappelant les gestes de nos ancêtres, devient une leçon de fierté française: découvreurs, missionnaires, fondateurs, que de chevauchées merveilleuses ces mots ne rappellent-ils pas! La leçon d’histoire, à son tour n’est-elle pas fertile en leçons de fierté ?De ces leçons notre jeunesse tirera la conclusion que les Canadiens français sont maîtres chez eux, qu ils sont les premiers Canadiens et qu’ils peuvent, qu’ils doivent porter la tête haute au milieu des races qui les entourent.M.Ths-Ls Tremblay, appelé à remplacera on père, M.Nérée Tremblay, retenu chez lui par la maladie, félicite le jeune conférencier, faisant remarquer que le sujet est des plus appropriés et que la façon dont il a été traité le fait mieux apprécier.L’espoir de la nation repose sur les enfants qui nous sont confies; il faut cultiver les côtés moral, intellectuel et physique, mais aussi national, de ceux qui sont sous nos soins. 38 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.G.-A.Rhéaume remercie le Comité de régie de l’Association d’avoir choisi des conférenciers intéressants et fait remarquer qu’en bon pédagogue, on a placé l’exemple avant la théorie; la première causerie concrétisant la deuxième.A une question posée par M.L.Poulin, pour savoir si Mgr Labelle qui fut un jour sous-ministre était un politicien, M.Lebel répond finement: “Non, diplomate!” DIVERS M.Théo.Lessard rappelle aux assurés de l’Assurance-groupe qu’il faut persévérer et que la prime est actuellement due.Un pressant appel est lancé par MM.Letarte, LE., Garneau et Lessard, en faveur de la retraite fermée qui commencera le 27 juin et finira le 30.La date ne semble pas propice et il est même suggéré que cette retraite soir organisée pendant l’année scolaire.A ce sujet MM.Garneau et Lessard verront la Commission scolaire de Québec pour obtenir un congé aux instituteurs qui désireraient y aller.Le Cercle pédagogique des Instituteurs catholiques de Québec cède sa bibliothèque à l’Association, afin que les deux ensemble puissent former une bibliothèque imposante plus convenable et qui sera, par suite, plus en état d’aider les instituteurs qui y recourront.M.le président accepte avec plaisir ce beau cadeau et félicite l’esprit qui a guidé les donateurs: s’unir pour se mieux aider.ÉLECTIONS Séance de l’après-midi.Dès la réouverture, suivant les Règlements, on procède aux élections.M.Ph.Garneau est nommé président d’élection et MM.Hervé Morissette et Clovis Aubé, scrutateurs.Alors, il est proposé par M.Noël Duchesne, secondé par M.Conrad Tanguay, et résolu à Tunanimité, que la Constitution, article onzième, soit suspendue pour le temps des élections.Faisant suite à cette résolution, M.Ulric Leclerc propose, secondé par M.Laurent Lemay, et adopté unanimement, que les officiers généraux et les membres du Comité de régie sortant de charge, soient réélus pour le prochain terme; de vifs appludissements acquiescent à la résolution.M.le président Letarte, LE., remercie chaleureusement l’assemblée de cette marque non équivoque de confiance et assure l’Association de tout le dévouement de ses officiers et directeurs.M.le vice-président Lessard joint ses remerciements à ceux du président.CONCOURS M.Thomas-Louis Tremblay ayant traité avec compétence le sujet de concours proposé aux membres, sur proposition de M.Ph.Garneau, seconde par M.Jos.Asselin, il est résolu que la prime de $7.50 lui soit allouée.Le trésorier s’exécute séance tenante et lui verse $2.50, M.Tremblay ayant déjà reçu un montant de cinq piastres en janvier dernier.PROPOSITIONS Félicitations: M.Pierre-Paul Magnan, professeur à l’École normale Laval, propose, appuyé par M.Eugène Picard, instituteur à St-Sacrement, “que l’Association des Instituteurs catholiques de la Circonscription de l’École normale Laval de Québec adresse ses plus chaleureuses félicitations aux méritants décorés “pour loyaux et bons services dans le domaine de l’Enseignement ou autres” à l’occasion du vingt-cinquième anniverssaire du couronnement de Leurs Majestés le Roi et la Reine d’Angleterre.(6 mai 1935).Savoir: (Tous sont membres de notre Association): “L’hon.Cyriüe-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; le chevalier J.-N.Miller ex-secrétaire français du Département de l’Instruction publique; M.Lionel Bergeron, secrétaire français du département de l’Instruction publique; M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire français L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 du Département de l’Instruction publique; le commandeur C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales catholiques; M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires catholiques; M.L.-O.Pagé, inspecteur régional; M.Geo.-A.Brûlé, professeur à l’École normale Laval; M.Omer-Jules Desaulniers, président du Cercle catholique des Instituteurs des Trois-Rivières; lt-col.Roland Croteau, (à titre militaire), instituteur à l’École Lagueux, de Québec; M.J.-Émile Labrecque, instituteur à Charny, comté de Lévis; M.Joseph Asselin, instituteur à l’École Jacques-Cartier de Québec; M.Henri John, instituteur à Gififard, comté de Québec”.Cet honneur, échu aux distingués membres de l’enseignement ci-dessus mentionnés, a réjoui tous les membres de notre Association et ils s’empressent, dès leur première réunion, de les féliciter bien cordialement.Cette résolution est adoptée aux applaudissements de l’assistance.Il est ensuite proposé par M.Roland Croteau, appuyé par M.Wilfrid Beaumont, “qu’à l’occasion des décorations décernées à l’honorable Athanase David, comme commandeur, et à l’honorable Cyrille-F.Delâge, comme chevalier de la Légion d’Honneur, par notre ancienne mère-patrie, la France, des félicitations soient adressées à ces éminents personnages du Département de l’Instruction publique”.M.le professeur Ph.Garneau propose, appuyé par M.le professeur Pierre-Paul Magnan, “que de vives félicitations soient transmises à l’honorable Cyrille-F.Delâge, qui a été créé Compagnon de l’ordre de St-Michel et de St-Georges, par le Roi d’Angleterre, le 3 juin dernier.Ces deux dernières propositions rencontrent l’assentiment de l’assemblée qui applaudit généreusement.Sympathies: L’assistance adopte une résolution à l’égard de M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires catholiques de la Province de Québec, qui a eu la douleur de perdre, le 5 avril 1935, sa vénérée mère, Madame Théophile Miller de Montréal; elle prie M.Miller d’accepter l’expression de la sincère sympathie de tous ses membres dans ce grand deuil.M.P.-P.Magnan avait proposé cette résolution, appuyé par M.Ph.Garneau.Remerciements: Il est proposé que de vifs remerciements soient adressés à M.Lionel Bergeron, secrétaire français du Département de l’Instruction publique de notre province, pour le don de dix dollars qu’il a transmis à M.le président pour encourager ceux qui font des causeries à nos réunions; M.Alphonse Lebel proposa cette résolution qu’appuya M.Roland Genest et que l’assemblée adopta avec gratitude.PROGRAMME Sur invitation de M.le président Letarte, I.E., M.Willie-O.Godbout, instituteur à Port-neuf, traitera de 1 Autorité morale de l’Éducateur” et M.L.Allard, de l’Ancienne-Lorette, s’inscrit aussi pour la prochaine réunion.M.Gérard Morissette, nouvellement nommé Directeur général de l’Enseignement du Dessin dans la Province, sera probablement notre conférencier d’honneur.Il est suggéré qu’une invitation soit envoyée aux présidents des commissions scolaires de Québec, Trois-Rivières, Lévis, Giffard et Montmagny pour notre prochaine réunion, en janvier prochain.Cette intéressante journée se termine par le chant de l’hymne national.Lt-col.Roland Crotbau, instituteur, Secrétaire. 40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES COURS DE FRANÇAIS A SILLERY Les cours de français organisés pour la neuvième année consécutive par M.le professeur F.-C.-A.Jeanneret, de l’Université de Toronto, ont remporté cette année comme les années précédentes, le plus magnifique succès.Cinquante instituteurs et institutrices se sont en effet réunis dans les murs hospitaliers du couvent de Jésus-Marie, à Sillery, et ont suivi cet enseignement avec le plus vif intérêt.Le groupe est composé de quarante dames ou jeunes filles et de dix instituteurs.Les cours se sont terminés le 14 août.Tout en s’intéressant beaucoup à l’étude de notre langue, les éducateurs ontariens manifestent un vif désir de mieux connaître nos traditions et nos coutumes.Les étudiants ont suivi un entraînement pratique de conversation française et des conférenciers distingués les instruisent sur notre littérature.Les cours de conversation étaient dirigés par M.Amédée-C.-K.Laflamme, M.Paul Fontaine, C.R., d’Ottawa, M.Louis-Joseph Faquin, mesdemoiselles Marguerite MacDonald, Marguerite Laberge, Léontine Turgeon, Alexandra Parrot, Jeanne Jobin, Monique Lambert, Blanche Morel, Blanche Faquin, Jeanne Prince et Marie Dubuc.Voici la liste des conférenciers: L’hon.juge Adjutor Rivard a traité du parler canadien.M.l’abbé Maurice Laliberté a parlé du roman canadien.M.Maurice Hébert, quatre conférences sur la littérature canadienne, la poésie particulièrement.M.C.-J.Magnan a fait connaître, en deux conférences, l’organisation scolaire de la Province de Québec.M.G.-E.Marquis donna la dernière conférence.Depuis l’inauguration de ces cours d’été par M.le professeur Jeanneret, il y a neuf ans, près de 500 instituteurs et institutrices d’Ontario sont passés à Sillery.NOS INSTITUTEURS À TORONTO Les 89 instituteurs et institutrices de notre province qui sont allés étudier l’anglais, à Toronto, en juillet et août, sont revenus enchantés de leur séjour dans la province sœur.Ils y ont été accueillis avec la plus franche cordialité comme les éducateurs ontariens l’ont été à Québec, à la même époque.Ces instituteurs et ces institutrices nous prient de remercier, en leur nom, ceux qui les ont favorisés d’un voyage d’un mois dans la capitale ontarienne, particulièrement l’honorable M.David, Secrétaire de la Province, l’honorable M.Delâge, Surintendant, M.L.Bergeron, Secrétaire du Département, et M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, organisateur des cours d’anglais.RETRAITE FERMÉE Du vendredi soir, 27 septembre prochain, au dimanche soir suivant, aura lieu à la Villa-St-Martin, près de Montréal, une retraite fermée pour inspecteurs d’écoles, principaux et instituteurs séculiers.Toute demande pourra être adressée à l’un des organisateurs suivants: M.Donat Durand, instituteur, 4277, rue Delanaudière, Montréal, téléphone: Amherst 5035.M.J.-R.Désormeaux, inspecteur, 857, rue du Couvent, Montréal, tél.Wellington 2173. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 EXERCICES SCOLAIRES (Septembre 1935) INSTRUCTION RELIGIEUSE Jésus est notre Dieu Les preuves de la divinité de Jésus sont si éclatantes qu’elles ont, pour ainsi dire, arraché des aveux aux incroyants eux-mêmes.Les lignes suivantes d’Alexandre Dumas fils sont un témoignage précieux en faveur de la divinité de Jésus: “Que ceux qui ont des oreilles entendent, que ceux qui ont des yeux voient! Il n’y a plus à arguer de son ignorance ni à se rejeter les uns aux autres la responsabilité, après le coup d’état divin de la naissance du Christ.La vérité est imposée.La loi connue.L’univers a un Dieu.L’humanité a une âme.“Un esprit comme Moïse, le plus grand que le monde connaisse, une âme comme Jésus, la plus pure qui ait jamais rayonné sur les hommes, peuvent-ils me tromper ?Et pourquoi me tromperaient-ils ?Que pourrait-il leur en revenir ?Quel intérêt y auraient-ils, autre que celui de cette misérable humanité ignorante et dévoyée pour laquelle combattait le premier, pour laquelle mourait le dernier ?Et ces milliers de martyrs qui expiraient en souriant et en chantant ce Dieu nouveau, au milieu des plus horribles supplices, quel intérêt avaient-ils à une pareille mort, si ce n’est de prouver ce Dieu subitement révélé, qui satisfait leur intelligence, leur cœur, leur âme, jusque dans les tortures qu’ils subissaient pour lui ?Et moi, homme nouveau, qui, grâce à eux, n’ai plus de luttes à soutenir que contre moi-même, je ne croirais pas un Dieu ainsi proclamé! Ces grandes choses se seraient accomplies inutilement! Tant de génie, tant de pureté, tant de vertu, tant de courage, tant d’affirmations, tant d’espérances, tant de preuves! Tout cela pour rien! Moïse, un aventurier! Jésus, un imposteur! Les apôtres, des ambitieux! les martyrs, des fous! Allons donc! Leur Dieu est le mien, c’est celui-là, que je veux.Vous tous qui avez combattu, qui avez aimé, qui avez souffert pour moi, accueillez-moi parmi vous; je veux combattre, je veux aimer, je veux souffrir à mon tour pour cette vérité que vous avez affirmée et prouvée.Je vois, je sais, je crois, je comprends.J’ai un maître qui est Dieu! J’ai un but qui est le bien! J’ai une promesse qui est le ciel!.” Mais alors, direz-vous, pourquoi l’homme qui a écrit ces lignes n’est-il pas resté fidèle à la vérité ?C’est parce qu’il a oublié qu’une vérité acquise ne doit plus être soumise aux variations de l’esprit, aux impressions de l’imagination toujours passagère, et aux fantaisies des sens plus mobiles encore.La vérité est un bien stable qui doit nous diriger sur le chemin de la vie.Fideles. 42 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I Nommez l’habitation: Du chien ?Le chenil, la niche.Du loup ?la tanière.Du renard?Le terrier.De la fourmi ?La fourmilière.De la poule ?Le 'poulailler.Du bœuf ?L’étable.Du mouton ?La bergerie.Du porc ?La porcherie.Du lapin ?Le clapier.Du pigeon ?Le pigeonnier.Du cheval ?L’écurie.Du lion ?La caverne.Du lièvre ?Le gîte.De l’oiseau ?Le nid, la cage.De l’abeille?La ruche.De l’aigle?L'aire.II Invention.— Écrivez: est du règne animal ou est du règne végétal, après ces noms de matières : Le bois est du règne végétal—\e miel est du règne animal—le coton est du règne végétal— la soie est du règne animal—le vin est du règne végétal—le lait est du règne animal—un chapeau de paille est du règne végétal.DICTÉES I LES ORAGES L’été est la saison des orages.La chaleur devient accablante; des nuages épais et noirs s’accumulent; les éclairs brillent, le tonnerre gronde, la pluie tombe abondante, parfois c’est la grêle qui détruit les récoltes.Exercices.—A quelle époque se produisent les orages ?—-Quels phénomènes se manifestent au moment de l’orage ?—Quels sont les dangers des orages ?Reconnaître les verbes; leur sujet.—-Conjuguer oralement le verbe détruire au futur et au conditionnel.II vers l’école Chaque matin, pour me rendre en classe, je suis le beau chemin de notre joli rang Champigny.Je me hâte, sans courir, afin d’arriver à l’heure.Bientôt, j’aperçois le petit clocher de notre école surmonté d’une croix.Grammaire.—-Conjuguez au présent de l’indicatif les deux verbes être et suivre.—-Construisez deux petites phrases où ces deux verbes seront exprimés par suis.(Je suis content d’aller en classe.Je suis la route nationale).—Relevez la dictée en supposant que plusieurs écoliers parlent au heu d’un seul.Explications.—Se hâter: se presser—Surmonté: être dessus (la croix est dessus le clocher).—On gravit une côte, une montagne, un escalier.RÉCITATION MA MÈRE Ma mère que j’aime beaucoup M’a donné tout; J’aimerai cette bonne mère Ma vie entière.Elle m’a soigné tout petit, On me l’a dit.Elle a balancé ma couchette Blanche et proprette, M’apprit à marcher pas à pas Tenant mon bras; A dire un mot, puis à tout dire, Même à sourire.Je veux rendre heureuse ma mère Ma vie entière; Travailler et l’aimer bien fort, Jusqu’à la mort.J.Aicard, poète français.Questions.—Aimez-vous beaucoup votre mère ?—Quels soins a-t-elle pris de vous ?—-En retour que devez-vous faire pour elle ?RÉDACTION NE TOURMENTEZ PAS LES ANIMAUX Canevas Après conversation sur le sujet de la rédaction, tracer le canevas qui suit: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 43 Louis joue avec le bon chien Médor.—• D’abord il le.et Médor est content.—Puis il tire un peu.et Médor grogne, enfin Louis tire très fort.et Médor.—-Pourquoi ne faut-il pas tourmenter les animaux?(deux raisons).Développement Louis joue avec le bon chien Médor.D’abord, il le caresse et Médor est content.Puis, il lui tire la queue et Médor grogne.Enfin Louis tire très fort la queue de Médor qui se tourne et le mord.Il ne faut pas tourmenter les animaux parce que c’est méchant, puis parce que les animaux se fâchent et griffent ou mordent.COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I Dites six adjectifs qui puissent convenir au mot eau.—Dites aussi six vases ou ustensiles qui servent à contenir l’eau.L’eau peut être claire ou trouble, froide, tiède, chaude ou bouillante.On met l’eau dans un verre, une carafe, un pot, une cruche, un broc, un seau.II Dites à quel animal appartiennent la laine—le poil—Vécaille—la plume— les soies—les piquants—la fourrure— et ce que l’on peut faire de ces matières.La laine appartient au mouton, on en fait des bas bien chauds.—Le poil appartient au chien, au chat, au cheval, à la vache, à la chèvre, etc., on en fait quelquefois des étoffes.—L’écaille appartient à la tortue, on en fait des peignes.—La plume appartient aux oiseaux, on la met sur les chapeaux.— Les soies appartiennent au cochon, on en fait des brosses et pinceaux.—Les piquants appartiennent au hérisson ou au porc-épic, on en fait des porte-plumes.—-La fourrure appartient aux ours, aux renards, aux hermines, etc., même aux écureuils et aux lapins, on en fait des manchons, etc.DICTÉES I LA CROIX ET L’ÉPÉE Lorsque Jacques Cartier, l’épée à la main, plantait la croix sur les rives du Saint-Laurent, il présageait et consacrait en quelque sorte la glorieuse alliance qui devait faire grandir et prospérer l’œuvre qu’il inaugurait.En effet, lorsqu’on jette les yeux sur notre glorieux passé, on reconnaît sans peine le triomphe de la croix et de l’épée.Les peuples se sont plu à entourer leur berceau d’événements mystérieux et merveilleux, les poètes surtout ont toujours célébré comme des hommes extraordinaires les fondateurs d’empire, ils ont embelli de la puissance de leur imagination tout ce qui se rattache à ces hommes, afin de les élever au-dessus des autres mortels.Cependant, malgré leurs efforts, malgré les ressources de la poésie, ils n’ont jamais pu rien inventer de comparable à ce qui s’est passé sur les rives du Saint-Laurent.{Souvenirs du College de Sainte-Thérèse.1858) L.-O.David, publiciste et historien canadien.Explications.—“La croix et l'épée”, le titre de la dictée rappelle le rôle du missionnaire et du soldat, dès les origines du Canada.—-Il présageait, Jacques Cartier semblait indiquer l’avenir.—-“la glorieuse alliance”, l’alliance de la croix et de l’épée.—-“L’œuvre qu’il inaugurait”, celle de la civilisation française et catholique.—plu, participe passé du verbe intransitif plaire, conjugué pronominalement, invariable.—-“Célébré”, participe passé d’un verbe transitif conjugué avec avoir, étant suivi de son complément direct fondateurs, invariable.—-“Les autres mortels”, les autres hommes. 44 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II LA DOUCEUR CHRÉTIENNE Rien de plus pernicieux dans la société humaine et dans le commerce de la vie que la colère.Elle cause des violences qui troublent tout; et mille épreuves ont fait connaître quelles en sont les suites funestes et à quelles extrémités elle est capable de nous emporter.C’est pourquoi le Sauveur des hommes nous a tant recommandé la douceur et nous la propose comme une béatitude en ce monde, parce qu’elle arrête tous ces excès et qu’elle établit partout le bon ordre et la tranquillité.Douceur chrétienne dont bien peu de personnes comprennent tous les avantages et à laquelle on ne donne pas communément, parmi les vertus, le rang qui lui est dû.Bourdaloue.Analyse: “Elle cause des violences qui troublent tout.” Dans cette phrase, deux propositions: Elle cause des violences, principale; qui troublent tout, complétive dét.de violences.Analyse grammaticale: Elle (la colère) pron.pers., 3eperson dusin-gulier, sujet de cause; cause, v.actif ou transitif, 1ère conj., mod.indic., temps prés., 3e pers.du s., qui a pour sujet elle; des, art.indéf.fém.plur., dét.violences; qui, pron.rel., a pour antécédent violences, 3e pers.fém.plur., sujet de troublent; troublent, verbe actif, 1ère conj.mod.indic., temps prés., a pour sujet qui; tout, pron.indéf., compl.direct de troublent.Bourdaloue: célèbre orateur de la chaire, Jésuite, une des gloires du 17e siècle (1632-1704.) III LE TEMPS PERDU On retrouve quelquefois une pièce d’argent ou un objet perdu; les pertes de temps sont irréparables.Travaille donc pendant que tu es à l’école.Plus tard, quand tu seras cultivateur, ouvrier ou commerçant, tu regretterais amèrement les heures perdues sur les bancs de l’école.Questions et explications.—Les pertes de temps sont irréparables.Citez le proverbe qui traduit cette pensée.—Quel est le contraire de irréparable.Quel est le nom correspondant à l’adjectif réparable?le verbe?Quel est l’adverbe formé avec irréparable?—A quel mode et à quel temps est le verbe travaille ?A quelle personne ?—Amèrement: tristement, douloureusement.—Remplacez cet adverbe par le nom correspondant: avec amertune.Exercices.—Conjuguez à la 2e personne du singulier de chaque temps: tu seras cultivateur.Analyse grammticale: Tu regretteras amèrement les heures perdues sur les bancs de l’école.RÉCITATION AIMONS NOTRE VILLAGE Tout d’abord aimons Dieu qui fit pour nous la [terre, Ensuite, mes enfants, aimons nos père et mère.Après eux, ici-bas, ce qu’il faut aimer mieux.C’est notre toit modeste et notre humble village.Où nous jouons heureux, pendant notre jeune [âge, Où joueront nos enfants quand nous nous ferons [vieux.Le village n’a pas les hauts palais des villes; On n’y trouverait pas les artistes habiles Qui travaillent la soie ou qui cisellent l’or: Mais il a l’air des champs qui verse dans nos [veines La santé qu’il nous faut pour courir dans nos [plaines.Et que nous estimons à l’égal d’un trésor; Il a les plaisirs purs et le repos des fêtes, Il a les ouvriers laborieux, honnêtes, Dont les métiers divers sont utiles à tous.Il a la vieille tour qui domine l’église, Et, près de la maison du Seigneur, est assise La demeure du prêtre en prière pour nous.Touche.RÉDACTION SUJET A TRAITER La petite souris Jean a vu ce matin une petite souris.Il en fait la description.Le chat aurait bien voulu l’attraper.Mais.elle s’est sauvée.SUJET TRAITÉ Ce matin pendant que je déjeunais, avant de partir pour l’école, j’ai entendu un tout petit bruit régulier qui partait du coin de la salle à manger. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 près du buffet.Je me demandais ce que ce pouvait être, et je venais d’apercevoir un petit trou dans la même direction, lorsque tout à coup je vis, dans ce trou, passer une petite tête aux yeux noirs et vifs.—Maman, m’écriai-je, une souris! Mais mon exclamation l’avait fait fuir, à mon grand déplaisir.Maman m’engagea alors à rester bien tranquille, si je voulais la voir une autre fois.Je fis ce que maman me conseillait et, au bout de deux minutes, je vis reparaître la petite tête éveillée, puis une patte, la moitié du corps et la voilà sortie, trottinant vers les miettes de mon déjeuner qui étaient tombées sous la table.Je ne bougeais plus dans la crainte de la voir fuir; mais elle ne tarda pas à disparaître et cela avec la rapidité de l’éclair: Ronron, qui faisait sa sieste au coin du feu, venait de se réveiller et d’un bond avait sauté tout près de la pauvrette, mais celle-ci avait vu le mouvement et elle était maintenant à l’abri du terrible chat.Qui fut bien attrapé ?Ce fut monsieur Ronron; mais comme c’est un philosophe, il alla se remettre auprès de la cheminée, les yeux à moitié fermés, dormant d’un œil et d’une oreille, tandis que je me représentais la souris racontant son aventure à sa mère et promettant d’être plus prudente à l’avenir.COURS SUPÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE CONVERSATION SUR “l’ÉGLISE” Vous allez souvent à l’église.Quand principalement?Pourquoi le dimanche?—Qui a prescrit le repos du dimanche ?Que pensez-vous de ceux qui travaillent ou se dissipent ce jour-là?—'Diverses parties de l’église: le chœur.Que contient-il ?La nef.Qu’y voyez-vous?—Les bas-côtés: La chaire, les confessionnaux.—A quoi servent-ils?—Pourquoi salue-t-on en passant devant le maître-autel ?—-Que contient le tabernacle ?Pourquoi la lampe du sanctuaire est-elle allumée?—Comment se tiennent les gens à l’église?—Pourquoi à genoux ?—Que doivent éviter les enfants dans l’église?—-Cérémonies célébrées à l’église: Messes, baptêmes, mariages, obsèques, communions solennelles.—-L’église contient des statues que vous aimez à regarder.Lesquelles ?Pourquoi allume-t-on des cierges devant ces statues ?DICTÉES I LA PARESSE Oh! qu’elle est câline et insinuante pour vous séduire! Elle vient dès le matin au chevet de votre lit, au moment où il faudrait vous lever, vous disant à voix basse: “Dors, dors, encore un peu: c’est si bon de dormir!” Non, résistez à ses (ou ces) mauvais conseils, sautez bravement au bas du lit.Quelques heures plus tard, à l’école, elle se glisse encore près de vous et vous murmure à l’oreille : La leçon est bien longue et la récréation bien courte: c’est si bon de ne rien faire! Résistez encore à ces tentations: étudiez, parce que l’étude est, pour le moment, votre travail, votre devoir.Bientôt vous serez cultivateurs, ouvriers: la paresse ne vous lâchera pas: elle s’efforcera de vous gagner à son parti: “La semaine est bien longue, vous dira-t-elle, et le club ou la taverne ne sont pas loin.Là il y a des cartes, un billard; au lieu de se fatiguer à gagner de l’argent, il est si commode d’en dépenser!” Résistez, mes enfants, résistez avec courage.I.—Explications.—Séduire, vous entraîner au mal en vous trompant—quelques heures, plusieurs heures, quelques est ici adjectif indéfini— tentations, ce mot signifie essai, le démon, en effet, nous essaye, cherche à nous entraîner à mal faire—résister, ne pas céder, opposer la force à la force pour se défendre.IL—Exercices.—Dites le participe présent et le participe passé de tous les verbes de la dictée.De quels verbes viennent ces mots et quel est le participe présent de ces verbes : résident—• fatigant—savant—-négligent—-fabricant—-intrigant — affluent — influent — vacant — violent —- divergent —• expédient —- équivalent —• différent—-déférent—-convergent ? 46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II LA CIVILISATION FRANÇAISE S’AVANCE SUR LES BORDS DU SAINT-LAURENT (1935) Par le chemin royal du Saint-Laurent, à la fin de l’été 1535, la civilisation s’avança majestueuse et grave.Lentement, les trois nefs de Cartier remontaient le fleuve, glissant dans la lumière adoucie de septembre.Triomphale ascension de la France catholique jusqu’au cœur même du monde nouveau qui s’ouvrait comme par enchantement devant ses fils.Les terres, étalées en bordure du large fleuve bleu, souriaient, accueillantes et heureuses.De leurs villages d’écorce, les indigènes, ébahis, ravis, accouraient, saluant de cris et de danses les hommes nouveaux qui leur semblaient descendus du Ciel.Ils nous faisaient, dit Cartier, “aussi bon raquel que jamais père fist à enflant, menant une joye merveilleuse.” L’abbé Albert Tessier.(Trois-Rivières).Explications:—-“Chemin royal”, très large, très long, admirablement boisé.—-“Saint-Laurent”, nom propre de fleuve, prend des majuscules aux deux mots composant le nom propre, lesquels sont unis par un trait d’union; lorsqu’il s’agit du saint lui-même, on écrit l’adjectif avec une s minuscule: il faut écrire dans ce cas saint Laurent, sans trait d’union.—Les “trois nefs”, les trois vaisseaux de Cartier: la Grande Hermine, la Petite Hermine et l’Emérillon.—-“La lumière adoucie”, en septembre, déjà le soleil est moins ardent, sa lumière est plus douce.—-“Triomphale ascension de la France catholique”, la France, par la mission de Jacques Cartier, ouvrait la voie au christianisme dans l’Amérique du Nord, s’élevant ainsi au dessus des mesquins intérêts matériels.—Expliquer les expressions: “terres étalées en bordures”, “indigènes”, “ébahis”.—-Les derniers mots de la dernière phrase sont du vieux français, tel qti’on l’écrivait au 16e siècle.RÉCITATION LA PRIÈRE DU SOIR Lorsque le soir descend sur la maison tranquille, Quand les j eux sont finis et que tout est rangé, A l’heure où le sommeil papillonne, léger, Sur les yeux fatigués de la troupe docile, On vient s’agenouiller, et sans geste inutile, Avec une ferveur qu’on voudrait prolonger, On récite en commun sans en rien abréger La prière du soir enfantine et facile.O la belle fraîcheur de cette piété Qui chante sur leur lèvre avec naïveté ! Et si l’on écoutait, au silence de l’heure, On entendrait sans doute, alors que tout s’en- [dort.Le doux bruissement des grandes ailes d’or De leurs anges gardiens veillant sur la demeure.Pierre Valdelièvre.RÉDACTION LES OISEAUX DES CHAMPS Sommaire Dites quelles espèces d’oiseaux sont les plus communs dans nos champs ?—-A quelle famille ils appartiennent ?—Quels services rendent-ils ?—-Quels dégâts commettent-ils ?DÉVELOPPEMENT La plupart des oiseaux de nos climats sont utiles à l’agriculture, malgré les dégâts momentanés de quelques-uns d’entre eux, parce que leurs légères déprédations sont largement compensées par les services qu’ils nous rendent.Citons comme particulièrement dignes de protection: 1° Les rapaces nocturnes: hiboux, chouettes, chats-huants, etc., qui détruisent une grande quantité de rongeurs malfaisants.Leur famille (rapaces) se reconnaît à son bec solide, pointu et recourbé, à ses ongles crochus et acérés nommés serres.Les nocturnes se distinguent des diurnes par leurs yeux très gros, à pupille très développée, leur vue distincte dans les ténèbres et très faible pendant le jour.Les petits oiseaux insectivores: rossignols, mésanges, pinsons, roitelets, engoulevents, hirondelles, fauvettes, grives, merles, alouettes qui nous délivrent d’une multitude de chenilles et autres espèces nuisibles, ils appartiennent à la famille des passereaux, à bec droit, ongles faibles.Certains d’entre eux L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 mangent des graines, d’autres (grives, merles) des raisins ou autres fruits, le moineau est des plus hardis voleurs de grains et il goûte nos meilleures cerises.Mais les services que les petits oiseaux rendent en chassant les insectes sont incalculables.Dans les champs on rencontre encore deux gallinacés: les perdrix et les Ecole primaire DICTÉES I NOTION CHRÉTIENNE DU TRAVAIL Le travail du corps ou de l’esprit est obligatoire pour tous les hommes, parce que tous ont quelque chose à acquérir, à conserver, à augmenter.L’oisiveté ne gagne rien et ne mène à rien; elle dissipe au lieu d’accroître ce qu’elle a reçu de la Providence; elle est la mère de tous les vices et la cause de toutes les ruines.La morale païenne a méprisé le travail corporel; la morale révolutionnaire le glorifierait volontiers exclusivement.La morale catholique se tient entre les deux extrêmes.D’abord elle proclame l’utilité et les nombreux avantages de ce travail qui est tout à la fois, s’il est bien dirigé, un instrument de progrès, un exercice de pénitence et d’expiation, une source de santé physique et spirituelle.Mais ensuite elle attribue la supériorité au travail de l’esprit, à cause des résultats plus nobles qu’il produit.Elle met au-dessus de tout le reste l’étude des lettres et des sciences, la pratique de la vertu, la méditation des choses célestes, l’œuvre suréminente de la prière et de la louange divine; voulant d’ailleurs que les différentes espèces de travail s’unissent et s’entr’aident pour le plus grand bien de l’homme et pour la gloire de Dieu.Chanoine Didiot.Explications.—T.La morale païenne a méprisé le travail corporel, la société antique laissait le travail manuel aux esclaves et le cailles (les gallinacés ont entre les doigts de devant une petite membrane, leur torse est emplumé, ils ont le vol lourd).Ces oiseaux mangent à la vérité du grain, mais ils sont un gibier estimé, et les perdrix détruisent pour la nourriture de leurs petits une grande quantité d’œufs et de larves de fourmis.complémentaire regardait comme une marque de servitude.Il a fallu que Notre-Seigneur se fit ouvrier pour relever la dignité du travail des mains.—La morale révolutionnaire, etc., c’est-à-dire que les révolutionnaires qui flattent le peuple et souvent sont d’abominables oisifs qui vivent à ses dépens, appellent volontiers les ouvriers travailleurs et traitent de fainéants et de bourgeois ceux qui exercent les professions libérales.II.—Distinguez, dans la dictée, les verbes transitifs.Mettez à la voix active ceux qui sont à la voix passive et à la voix passive ceux qui sont à la voix active.III.—Donnez les temps composés du verbe attendre et ceux du verbe être attendu.II JACQUES CARTIER PLANTE UNE CROIX A L’EMBOUCHURE DU SAINT-MAURICE en 1535 I L’histoire trifluvienne commence véritablement le 7 octobre 1535.Notre sol reçut ce jour-là son baptême catholique et français.Quel tableau prenant suggèrent les événements de cette lointaine journée! Pourquoi n’en pas tenter une esquisse ?Sur les flots endormis dans la sérénité blonde d’un après-midi d’octobre, l’Emérillon s’est immobilisé, gracieux et souple comme un oiseau marin.Ses châteaux de poupe étagés en paliers, ses mâts couronnés par la corbeille de hune, ses cordages, lui donnent un profil aérien.Il met une note d’élégance et de légèreté dans le paysage.Deux barques trapues l’encadrent.Ce trio apporte pour la première fois dans l’histoire de cette terre, gran- 48 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE diose sous le flamboiement des feuillages roux d’octobre, la gravité réfléchie d’un peuple dont l’âme, élargie par des siècles de christianisme, rêve de conquêtes pacifiques.Les yeux et le cerveau éblouis par toutes les revelations du pays qu’il vient de parcourir, Cartier pressent de façon confuse les prolongements qui perpétueront à travers les siècles l’acte auquel il songe.La parure fastueuse des rives, couvertes “des plus beaulx arbres du monde”, la douceur de l’air et des eaux, dorées par les reflets des érables jaunis, donnent à cette minute une grandeur impressionnante.II Dans la splendeur de cette journée d’octobre, propice aux grandes actions, les deux barques se dirigent vers l’île choisie.Sur la grève de sable roux, douce au pied et à l’œil des conquérants chrétiens, les hommes s’affairent déjà.Une clairière est déblayée et des pins s’abattent sous les coups de hache des marins.Les deux plus beaux servent à former la croix, qui s’élève bientôt, traçant son signe austère au-dessus des eaux.Genoux en terre, gravement, Cartier, entouré de ses gentilshommes et de ses marins, adore le symbole civilisateur qu’il vient de hisser sur cette terre païenne, et il demande au Ciel de bénir le sol et les hommes qu’il consacre ainsi à Dieu.Puis il donne l’ordre d’appareiller pour descendre au plus tôt vers Stadacone.Voiles tendues, le pavillon rouge à l’écu d’azur fleurdelisé de France jouant dans la brise au-dessus du pavillon du dauphin écartelé des hermines bretonnes, l’Emérillon, “comme un grand oiseau au ventre brun et aux ailes blanches”, coule doucement sur les flots.En ce soir du 7 octobre 1535, les rayons du soleil couchant, se déployant au-dessus des cimes rousses des érables et illuminant les aiguilles sombres des pins, enveloppèrent d’un nimbe doré les bras tendus de la pre- mière croix dressée au fronton de la forêt mauricienne.Cette heure d’apothéose annonçait pour notre terre trifluvienne l’aube d’une vie neuve.L’abbé Albert Tessier.( Trois-Rivières).Explications.—-1.La dictée (I et II) qui précède est tirée de la magnifique Histoire des Trois-Rivières, œuvre de M.l’abbé Albert Tessier, du Séminaire trifluvien.—Faire trouver le sujet du verbe suggèrent; expliquer le mot esquisse; faire trouver l’à-propos de l’expression: la sérénité blonde d’un après-midi d’octobre; que veut dire l’auteur par: ses châteaux de poupe étagés en paliers?Rendre compte des mots trapues, trio, flamboiement.Justifier l’accord des participes réfléchie, élargie, éblouis, dorées.Beaulx: ainsi orthographié au 15e siècle.II.—La splendeur de cette journée: tout contribue à faire du 7 octobre 1535, une journée splendide: température idéale, cérémonie religieuse de la plantation d’une croix en une terre que seuls les païens avaient jusque-là foulée, action qui inaugurait les gestes nobles et généreux de la France en notre pays.Faire conjuguer les verbes s’affairent, s’abattent, en trouver le sujet et les compléments appartenant à chacun d’eux.Donner le sens du verbe appa-reiller.Expliquer les termes: symbole civilisateur, êcu d’azur, fleurdelisé, écartelé des hermines bretonnes, fronton de la foret mauricienne.RÉCITATION POURQUOI FUIR LA PATRIE ?Pourquoi donc fuyez-vous notre belle patrie, Jeunes gens aux bras vigoureux ?N’a-t-elle plus besoin ni de votre industrie Ni de votre sang généreux?Est-ce ainsi que fuyaient, en d’autre temps, nos [pères Qui eurent tant de jours mauvais ?D’un rivage étranger les gloires mensongères Ne les séduisirent jamais.Quoi ! vous vous exilez ! Mais dans nos vastes [plaines, N’est-il pas de place pour tous ?Craignez-vous de l'hiver les rigides haleines ?L’été n’est-il pas assez doux?Sont-elles sans parfum les fleurs de nos char- [milles ?Sans ombre nos grandes forêts ?L’amour et la vertu croissent dans nos familles Comme les blés dans nos guérets.P.Lemay, Poète canadien-français, 1837-1918. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 49 COMPOSITION l’attachement au sol natal On trouve toujours beaucoup de charmes au village natal, au pays que l’on a habité dans son enfance.—Sont-ce nécessairement des raisons de beauté pittoresque qui expliquent l’attachement de l’homme au pays qui l’a vu naître ?—Cet attachement n’a-t-il pas surtout pour cause des sentiments ?DÉVELOPPEMENT Oui, pourquoi trouvons-nous au lieu natal des charmes si singuliers et si prenants?Qu’a-t-il donc d’ensorcelant et de magique, ce lieu natal, pour nous subjuguer à ce point ?Est-ce que, par une erreur de vision, nous découvririons en lui des splendeurs, des beautés physiques incomparables et qui n’éclatent que là?Que non, certes, car il fait éprouver à tout homme la même puissance d’attraction, que l’on soit né dans un pays sauvage ou dans un pays civilisé, dans une terre aride et dénuée de toute séduction ou dans une terre dotée de quelque merveille de la nature.Alors, comment comprendre cet amour pour le pays ?Si nous demandons à un enfant pourquoi il aime sa mère plus que toute autre femme, plus qu’une grande dame, plus qu’une reine, il répondra candidement et comme un cri du cœur: “J’aime maman, parce que c’est ma maman.” Ainsi de l’homme: il aime son pays, parce que c’est son pays.Si facile et si puérile que paraisse cette explication, elle nous éclaire cependant et nous fait découvrir la véritable raison de notre amour: elle réside tout entière dans le sentiment.C’est que, à l’entrée de la vie, les premières choses que nous avons vues, les premières impressions qu’elles nous ont fait ressentir ont ineffaçablement marqué leur empreinte dans notre jeune âme; nous nous sommes comme identifiés avec elles, au point que nous y tenons par toutes les fibres du cœur.Aussi, quand un sort cruel nous arra- che au pays de notre enfance, éprouvons-nous une sorte de déchirement en nous-mêmes, et, en quelque endroit que nous portions nos pas, partout nous suivent le regret et l’image du pays quitté.Lisons l’émouvante page où Lamennais parle de l’exilé pleurant la patrie absente.En vain, sur la terre étrangère, la nature prodigue-t-elle aux yeux de l’exilé ses magnificences et la beauté de ses arbres et de ses fleurs.Tout cela ne lui dit rien, parce que ce n’est ni les arbres ni les fleurs de son pays.Écoutons encore ce couplet d’une chanson justement populaire, intitulée “Ma Normandie”.“J’ai vu”, dit l’auteur Frédéric Bérat, “J’ai vu les champs de l’Helvétie Et ses chalets et ses glaciers, J’ai vu le ciel de l’Italie Et Venise et ses gondoliers.En parcourant chaque patrie Je me disais: Aucun séjour N’est plus beau que ma Normandie: C’est le pays qui m’a donné le jour!” Mais trêve de citations sur ce chapitre.Chacun sent en soi-même la vivacité du sentiment qui l’attache aux lieux qui l’ont vu naître et grandir.Il est même banal de répéter, après tant de poètes et d’écrivains illustres, tout ce que renferme d’évocation attendrissante ce simple mot, le pays; le pays, c’est-à-dire, la maison où l’on reçut la vie, le seuil où l’on a joué, la place publique ou le pré où l’on a pris ses ébats avec ses amis d’enfance, et l’école, et l’église, et les horizons familiers, et enfin tout ce qui fait que nous tenons aux êtres et aux choses, vus chaque jour, comme la fleur tient à sa tige, comme l’arbre tient à ses racines.Comme quoi les raisons de beauté pittoresque ne sont pour rien dans notre attachement pour le sol natal, c’est dans le sentiment seul qu’il faut en voir la cause.De ce sentiment, qui est universel, et si beau, nul, je crois, n’en a mieux parlé et ne l’a mieux mis en relief que notre grand Lamartine dans son impérissable poème: “Milly 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ou la Terre natale”.Là, il s’est fait l’écho sublime de ce que nous éprouvons tous plus ou moins, mais sans pouvoir le traduire aussi magnifique ment.L’École et la Famille.MATHÉMATIQUES ARITHMETIQUE, MESURAGE, ALGEBRE Arithmétique COURS INFERIEUR lère ANNÉE Avertissement:—Les quelques exercices et problèmes publiés dans cette revue sont présentés comme QUESTIONS DE CONTRÔLE et non comme LEÇONS MODÈLES.Le moment de les utiliser avec avantage est la fin du mois et non le commencement.On pourra alors s’en servir comme questions de revue, afin de s’assurer si les progrès des élèves correspondent bien à ceux qui sont indiqués par la “Répartition mensuelle du programme.” .1.Représentez chaque groupe de points par le chiffre convenable: 2 • • • • •.— • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • #.— • • • 2.Combien font: • •+•.— • • • • • + • • • • • L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51 • • • • • • • • •+• — + • — + • • • • • • • • • • • • • • •+• • — + .— + • • • • • • • • • • • • • • • • • • +• — + — + • • • • • a • • • • 3.Ecrivez la réponse: 1+2 = 4 + 1 = 5 + 1 = 6 + 1 = 2+2 = 4+2 = 1+5 = 7+2 = 3+2 = 2+3 = 5+2 = 8 + 1 = 2e ANNÉE 1.Combien font : 100+10+1 ?1 centaine+1 dizaine+2 unités?100 + 10+9 ?1 U + 2 “ +3 “ ?100+20 + 5 ?1 U + 3 “ + 6 “ ?100+30+7 ?1 U + 4 “ + 7 “ ?100+40+8 ?1 ( ( + 5 “ +0 “ ?Exemple: 100 + 10 + 1 = 111 2.Combien de centaines, de dizaines et d’unités dans 112 ?123 ?108 ?134 ?145?Exemple: 112 = lc.+ ld.+2w.3.Additions et soustractions: 34 48 112 +28 +22 +17 126 138 142 +36 + 9 +13 -14 -29 -51 4.Jean a cueilli 53 pommes dans un arbre et 68 dans un autre.Combien a-t-il cueilli de pommes en tout ?COURS MOYEN 3® ANNÉE 1.Écrivez en chiffres les nombres de 5000 à 5020 et de 9080 à 10000.2.Écrivez en toutes lettres les nombres suivants: 1012, 2028, 3125, 5079 et 9080.3.Un camion chargé de patates pèse 8356 livres.Le camion seul pèse 3867 livres.Quel est le poids des patates ?Rép.: 4489 Ibs. 52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4.Un cultivateur a récolté 256 minots d’avoine pesant 34 livres chacun.Pendant combien de jours pourra-t-il nourrir ses chevaux s’ils en mangent 32 livres par jour ?Solution : Poids de la récolte: 256X34 = 8704 Ibs.Nombre de jours : 8704 -h 32 = 272.Mép.4e ANNÉE 1.Calcul mental : a) Combien coûtent 4 livres de beurre à $0.24?b) “ “ 2-|-douzaines d’œufs à $0.36 ?c) Si 5 minots de carottes valent $2.00, combien paiera-t-on pour 8 minots ?d) 8 verges de toile m’ont coûté $2.40; combien de verges pourrai-je acheter avec $6.00?2.Si 1864 livres de lait m’ont rapporté $27.96, combien recevrai-je pour 2628 livres ?Solution : 1864 Ibs.=$27.96 2628 “ = ?.32,7^.|-X|.62_8 = $39 42- Rép.3.Avec $175.j’ai acheté 12.5 tonnes de foin.Combien de tonnes pourrais-je me procurer, si je dispose d’une somme de $257.60 ?Solution : 1 tonne coûte: $174.= 12.5 = $14.Pour $257.60 on aura : $257.60 14 = 18.4 ou 18-§- tonnes.Rép.Autrement : $174.= 12.5 tonnes $257.60= ?1 2'5Y7 f 7 6 ° — 18.4 tonnes.Rép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Calcul mental: a) Trouvez le plus grand facteur commun de 12 et 18?de 20 et 25?de 16, 24 et 32 ?de 36, 54 et 72 ?b) Quel est le plus petit multiple commun de 4 et 5 ?6 et 9 ?8 et 16 ?6, 12 et 15?10, 15 et 20?c) Quelle est la plus grande longueur de planches que je pourrai prendre pour enclore un terrain de 60 pieds, sur 84 pieds si toutes les planches doivent être de la même longueur ?Rép.12.d) Quel est le plus petit nombre de pommes qui pourra être partagé sans reste entre 6 enfants, 8 enfants ou 12 enfants ?Rép.24.2.Trouvez le plus grand facteur commun et le plus petit commun multiple de 63, 84 et 105. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 Solution : Décomposons chaque nombre en facteurs premiers 63 9 84 42 21 105 35 7 7 Le p.g.f.c.= 3 X7 = 21.Rép.Le p.p.c.m.= 3X7X3X2X2X5 = 1260.Rép.3.Combien de livres de lait faudra-t-il pour faire 2420 livres de beurre, si le lait donne 0.18 de son poids en crème et celle-ci 0.225 de son poids en beurre?Solution : 0.225 de la crème = 2420 Ibs.0.001 “ “ 2.||o 1.000 = 2 4 2 Q-gi ° ° o = 10755.55 Ibs.crème.0.18 du lait = 10755.5 .001 “ = 1 0755^5 1.000 “ XO 7^5.5 xJLOO0 = 59752.77 Ibs.de lait.Rép.6e ANNÉE 1.Mon père a vendu les -§- des -§- de sa récolte de sarrasin à $0.01y^- la livre et a reçu en échange 124^ livres de trèfle à $0.35^2 la livre.Combien de minots de sarrasin a-t-il récoltés ?(Un minot de sarrasin pèse 48 livres).Solution : Valeur du trèfle: 1243^X10.35)^ = $44.20.Poids du sarrasin vendu: $44.20$0.01^ = 4160 Ibs.de -§-ou de la récolte = 41601b.24 a = 4,1 6_0X,2„4= 9984 Ibg Nombre de minots: 9984-^48 = 208.Rép.2.^ de ma récolte de pommes sont des “jaunes transparentes”; -3^7 du reste sont des “Duchesses”, "f- du reste sont des “Wealthy”; et le reste est formé de 40 minots de “Fameuses”.Quel est le produit net de ma récolte,si j’ai vendu en moyenne $1.44 le minot et que les dépenses d’emballage et d’expédition se sont élevées à 16-§-% du prix de vente ?Solution : Soit la récolte.xf ~ iV^ 172 les trois dernières variétés.Tn: de = -g-, Les ‘ ‘ Duchesses”.T2 ~ 'è'= 2 = À ^ M• Les deux dernières variétés._£_de A = V.Les “Wealthy”.y i à J 3 |-X= 9f^4 =T2- Les “Fameuses”.i^ = 40 minots et -^| = -4-°xi 2 = 95 minots.Vente = $1.44 X 96 = $138.24.Dépenses : $138.24x10^ = $23.04.m 6 Produit net: $138.24 - $23.04 = $115.20.Rép. 54 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE ET MÉNAGÈRE 7e ANNÉE Arithmétique E Une famille établit son budget mensuel comme suit: Salaire mensuel.Loyer.Nourriture.Tramways, etc.Vêtement.Blanchissage.Divers.Epargne.Combien pour cent du salaire mensuel chaque Solution : 1 % du salaire = $0.80 .$80.00 .20.00 .28.00 .3.00 .13.50 .2.50 .3.50 .9.50 item représente-t-il ?Loyer = $20.00$0.80 = 25%.Rép.Nourriture = $28.00 = $0.80 = 35%.Rép.Tramway = $3.00 = $0.80 = 3^%.Rép.Vêtement = $13.50$0.80 = 16-g-%.Rép.Blanchissage = $2.50 = $0.80 = 3-§-%.Rép.Divers = $3.50 ^$0.80 = 4f%.Rép.Epargne = $9.50 -f- $0.80 = 11-|-%.Rép.2.En triant les patates pour en enlever les petites et celles qui ont un défaut quelconque, il y a une diminution de 16-§-%,mais les patates enlevées peuvent être utilisées comme nourriture pour les porcs et représentent ainsi une valeur de 18 sous le minot.Quel profit y a-t-il à vendre des patates choisies, si elles se vendent 48 sous le minot alors qu’on n’obtient que 40 sous pour les autres ?Solution : 1 minot, de patate non triées rapporte $0.40.De ce minot on tire 100% - 16|% = 83i% ou f de minot de tubercules choisis, de minot à $0.48 = $0.40 i “ “ à$0.18= 0.03 Total.$0.43 Profit $0.43 - $0.40 = $0.03 par minot.Rép.N -B.—En plus il y a Vavantage d’avoir donné satisfaction au client et d’avoir assuré la bonne réputation des produits de Québec.8® ANNÉE 1.M.Lachance possède une terre de 224 acres dont 3 acres 2 vergées 35 perches sont occupés par la cour et les bâtiments et de reste par le verger Quelle est l’étendue du verger ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 Solution : a.vg.per.224 0 0 3 2 35 Retranchons la partie occupée par la cour et les bâtiments Il reste.En multipliant par 3 220 1 5 X3 on a.660 3 15 on a Divisons par 16: 660a 3vg 15 pc.| 16 ini T§1> 41a 1 vg.8 per.13 ver.2 pd.15^ pcs.1 6 16 12 8 4 3 X30H frf*/4 ver Rép.41a.1 vg.8 per.13 ver.2 pi.15^4 po-2.D’un baril qui contenait 31p2 gallons on a retranché 12 gallons 3 pintes et 1 chopine.Quelle fraction décimale du baril égale ce qui reste ?Solution : 31 gai 2 pin.0 ch.-12 gai.3 1 Reste: 18 g.2 p.1 ch.Convertissons en chopines : 18 g.2 p.1 ch.X4 7 2 14 8 7 2 7 4 1 4 9 ch.X2 148 Convertissons aussi 31p2 g en chopines.31^X4X2 = 252 ch.La fraction est ou 149 = 252 = 0.59 Rép.SECTION INDUSTRIELLE Mesurage 1.Un terrain rectangulaire a 30 arpents de long sur 270 pieds de large.Quel est son périmètre ?Quel serait le périmètre d’un terrain carré de même superficie ?Solution : 270 = 180 = 13^2 arpent.Périmètre du rectangle: 30X2+13^X2 = 63 arpents.Rép.Superficie du rectangle: 30X1K = 45 arp.car.Côté du carré = V 45 = 6.7 + Périmètre = 6.7X4 = 26.8 arp.Rép.2.Une pointe de terre en forme de triangle rectangle a 324 pieds de base et 200,880 pi.car.de superficie.Quelle longueur de fil barbelé faudra-t-il pour l’enclore, si l’on met 4 fils de hauteur ? 56 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Hauteur du triangle : 2 ° ^l-j0 = 1240.Hypoténuse = V 12402+3242= 1281.6 pi.Périmètre: 1281.6 +1240 +324 = 2845.6 pi.Clôture : 2845.6X6 = 17073.6 pi.RéV.Algèbre Le labourage d’un champ de betterave a coûté 10 fois la semence, et le binage a coûté 3 fois autant que le labourage.En tout la dépense s’est élevée à $61.50.Combien a-t-on dépensé pour la semence, le labourage et le binage respectivement ?Solution : Soit x pour la semence.Alors lOz pour le labourage et 30x pour le binage.x +10x +30x = 61.50 412 = 61.50 a.==6_^5o.= |i so.Semence.Rép.102 =1.50X10 = $15.Labourage.Rép.302 = 1.50X30 = $45.Binage.Rép.2.En dressant l’état de ses revenus, un cultivateur trouve que ses porcs lui ont rapporté 3 fois autant que ses moutons plus $30., et ses vaches laitières 5 fois autant que ses porcs moins $24.Si ses revenus se sont élevés en tout à .$2588., quelle a été la somme rapportée par chaque espèce d’animaux ?Solution : Soit x la somme rapportée par les moutons.Alors 32 +30, somme rapportée par les porcs et (3.2 +30) 5 - 24, somme rapportée par les vaches.On a : x +32 +30 + (32 +30) 5 — 24 = $2588.2 +32 +30 +152 +150 — 24 = $2588.192 +156 = $2588.192 = 2588- 156 = 2432.2 4,3-2- = $128.Les moutons.Rép.32 +30= 128X3+30 = $414.Porcs.Rép.(32 +30) 5-21=414X5-24 = $2046.Vaches.Rép.8e ANNÉE Mesurage 1.Un trapèze symétrique a pour hauteur 24 pouces et pour périmètre 117.68 pouces.Cherchez-en la surface, sachant que la différence des bases est de 32 pouces.__________ Solution : Chaque côté incliné égale V 242 +(-^-)2 = 28.84 Somme des bases = 117.68— (28.84 X 2) = 60.Superficie = = 720 p.car.Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 57 2.Un terrain en forme de losange a 73926 verges carrées de superficie.Trouvez son côté, sachant que la petite diagonale égale les z/i de la grande.Solution : La superficie du rectangle construit sur les diagonales serait de 73926X2 = 147852 ver.car.Le carré construit sur la petite diag.= 147852X^/i — 110,889 v.c.Le côté du carré ou la petite diag.= VI 10,889 = 333 ver.La grande diag.=-3 3-|—4 = 444.Le côté du losange = V + = 277.5 ver.Rép.Algèbre 1.Un père a 31 ans de plus que son fils et, dans 11 ans, son âge égalera 2 fois celui de son fils.Quel est l’âge de chacun ?Solution : Soit x l’âge du fils.Alors x +31 l’âge du père.2 {x +11) —x +31 +11 2x +22 = z +42 2x-x =42-22 £ = 20.Rép.2.Le ^ de la récolte d’un cultivateur est en avoine; les yq- du reste +6 minots sont en blé; les du reste sont en orge, et le reste se compose de 52 minots de sarrasin.Quelle est sa récolte ?Solution : Soit x la récolte.Alors y l’avoine et -f5 le reste; et +6 ou +6 le blé; et (ir- (l +6) l’orge.On a comme équation: x = |-+%+6+^-(*6 +6)!-|+52.ï =i+z +0 +f% - ft - Y +52 75x = 25x +15x +450 +40£ - 12a; - 360 +3900 75x - 25a; - 15a; - 40a; +12a; = 450 - 360 +3900 7a; = 3990 a; = ^-^-^ = 570 minots.Rép.DRAMES ET COMÉDIES A l’usage des Patronages et des Maisons d’éducation L abbé L.Boillin, curé-doyen de Mandeure (Doubs), France, a publié une série d’amusantes comédies et de jolis drames, à l’usage des Patronages et des Maisons d’éducation.Parmi les drames.Jeanne d Arc, Samson et Dalila; parmi les comédies: Le Faux Mort, la Maison hantée, Maître Patelin, le Parchemin du Marié, etc.Ces pièces se vendent à bon compte.S’adresser à l’auteur. 58 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE CABINET DE L’INSTITUTEUR LA CAUSE DE L’EDUCATION A L’HONNEUR L’année 1935 restera remarquable par le nombre de réunions consacrées au problème toujours actuel de l’Éducation.A Joliette, du 8 au 12 juillet, Semaine sociale, dont les cours et les conférences avaient pour objet principal l’Éducation familiale et sociale.A Québec, du 22 juillet au 3 août, des cours de pédagogie furent donnés aux religieuses et aux institutrices laïques, sous les auspices de la Faculté de philosophie de l’Université Laval.A Saint-Hyacinthe, les 8, 9 et 10 juillet, des journées d’études eurent lieu à la Maison-Mère des Sœurs de Saint-Joseph, sous le haut patronage de Son Excellence Mgr Zoël Decelles.Le problème étudié fut celui de la “ruralisation” de l’enseignement féminin.A Rimouski, au cours du mois de juillet des cours d’agriculture et d’économie domestique furent donnés à 45 institutrices, à l’École d’Agriculture.Les Sœurs du Saint-Rosaire avaient la direction disciplinaire de ces cours d’été, dus à l’initiative de Son Excellence Mgr Georges Cour-chesne.A Toronto et à Québec:—A Toronto, quatre-vingts instituteurs et institutrices de notre province vont étudier pendant un mois la langue anglaise, à l’Université Queen, sous les auspices du Département de l’Instruction publique, avec le concours financier du Secrétariat de la Province.M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, avec l’autorisation de l’honorable C.-F.Délâge, Surintendant de l’Instruction publique, fut l’organisateur de ces cours.A Québec, soixante instituteurs et institutrices (plusieurs appartenant à l’enseignement secondaire) de la province-sœur, viennent étudier le français au couvent de Sillery.Depuis neuf ans, le Ministère d’Éducation de Toronto envoie annuellement à Québec, pour y étudier le français, un groupe d’éducateurs variant de 50 à 80.A Montréal, l’Institut pédagogique de la Congrégation de Notre-Dame continue à donner des cours de pédagogie à une centaine d’institutrices venues de plusieurs endroits de la Province.Dans les Instituts et Congrégations d’enseignement: Comme par le passé, chez les Frères comme chez les Religieuses, au cours des vacances d’été, se sont tenues des cours de pédagogie pratique pendant deux semaines, parfois trois.A Bruxelles, Belgique, a été tenu, du 31 juillet au 4 août, le Ve Congrès international de l’éducation familiale.Thème principal du congrès: l’Éducation des éducateurs, c’est-à-dire des parents et des maîtres et maîtresses de l’enfance et de la jeunesse.Au cours de cet important congrès, les parents ont étud.é ou entendu exposer les meilleures méthodes pour développer chez l’enfant le sens du devoir, la maîtrise de soi, l’esprit de bonne entente; aussi comment les maîtres de l’enfance peuvent collaborer avec les parents pour préparer la jeunesse à leur futur rôle de parents.C’était, en somme, au moins dans une large mesure, le programme de la Semaine Sociale de Joliette, qui a remporté un très grand succès.L’Action Sociale catholique de Québec, section féminine, était représentée par Mlle Jeanne Talbot, fondatrice de la Ligue catholique féminine.T.ES FRÈRES MARISTES AU CANADA Dans la livraison de juin, nous avons signalé le cinquantenaire de l’arrivée en notre pays de la congrégation si méritante des Frères Maristes, dont un rameau fut apporté de France chez nous en 1885. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 59 Qu’est devenu ce rameau transplanté sur les bords du Richelieu?A cette question l’histoire et les faits répondent comme suit: Dans la seule Province de Québec, les Maristes comptent 525 religieux enseignants, près de 250 sujets en formation, 13,000 élèves répartis en 44 écoles, dont deux grands pensionnats (Beauceville et Saint-Vincent-de-Paul), trois écoles industrielles, dix écoles rurales et une école moyenne d’agriculture.La province canadienne a donné naissance à la province américaine, qui compte 15 maisons, 239 Frères et près de 5,000 élèves.Nous renouvelons nos félicitations et nos vœux à l’Institut des Petits Frères de Marie (Maristes), dont le zèle s’étend dans 42 pays répartis dans les cinq parties du monde.Le total des Frères dans l’Institut est de 9,200 membres.C.-J.M.NOCES DE RUBIS DE LA CONGRÉGATION DES SŒURS SERVANTES DU S.-C.DE MARIE En juin dernier les Sœurs Servantes du S.C.de Marie célébraient à Limoilou, l’une des belles paroisses de la ville de Québec, le 75e anniversaire de la fondation de leur congrégation, en France, par le R.P.Delaplace.Cette méritante communauté exerce son zèle au Canada depuis 1892.Établie tout d’abord dans le comté de Beauce, elle se fixa ensuite à Limoilou, en 1899, siège de sa Maison provinciale.Il y a donc quarante-trois ans que les Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie se dévouent auprès de notre jeunesse féminine.Elles dirigent aujourd’hui plusieurs écoles et couvents.Nous souhaitons à cette congrégation un succès toujours grandissant.C.-J.M.CINQUANTENAIRE DU COUVENT DE HAVRE-SAINT-PIERRE Au cours du mois de juin, le couvent Saint-Joseph de Havre-Saint-Pierre, comté de Saguenay, dirigé par les Sœurs de la Charité, de Québec, fêtait le cinquantenaire de cet établissement dans le Bas Saint-Laurent.Pour dire le bien accompli depuis un demi-siècle par les bonnes Sœurs Grises en cette région lointaine, cela nécessiterait un long article.Meilleurs vœux, félicitations et gratitude.C.-J.M.FEU HORMISDAS MAGNAN Le 10 juillet dernier s éteignait à Québec, à l’âge de 74 ans, M.Hormisdas Magnan, publiciste officiel du Ministère de la Colonisation depuis vingt-cinq ans.Il y a trente ans, pendant une année, M.Magnan, frere aîné de notre directeur, fut secretaire de la rédaction de VEnseignement Primaire.Il est 1 auteur d’un ouvrage recherché: “Dictionnaire des paroisses de la Province de Québec”.Il publia de nombreuses brochures très au point sur la colonisation et aussi une étude historique sur notre hymne national: O Canada] Nous recommandons le défunt aux ferventes prières de nos lecteurs.GÉOGRAPHIE HUMAINE Dans les Études, de Paris, numéro du 5 juillet dernier, à lire un très intéressant article de C.-G.Aubert sur la “Géographie humaine”.L’auteur, dans son étude, traite spécialement de “l’Adaptation de l’homme à la forêt et à la montagne”. 60 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La revue les Études est dans sa 72e année; c’est une des plus importantes, à bien des points de vue la plus importante publication de langue française.Elle est dirigée par les Jésuites avec une autorité littéraire et scientifique incontestée.Les directeurs des Études s’assurent le concours de littérateurs, d’historiens, etc., de toute valeur.L’abonnement est de 80 fr.Adresse: 15, rue Monsieur, Paris, (France).LA PREMIERE FEMME FRANÇAISE A QUÉBEC On est généralement sous l’impression que madame de Champlain fut la première Française qui eut le courage de passer la mer pour vivre dans une pauvre bourgade comme Québec.Madame de Champlain, jeune, riche, accoutumée à se donner toutes ses aises, eut certainement un grand mérite à suivre son mari à Québec.Mais quelques autres Françaises l’avaient précédée dans le Nouveau-Monde.En 1616, trente-deux colons vinrent s’établir dans la Nouvelle-France.Un de ces colons, Michel Colin, était accompagné de sa femme.Elle se nommait Marguerite Vienne.Colin mourut quelques jours après son arrivée, à la suite, probablement, des fièvres contractées à bord du navire qui l’avait conduit ici.Champlain, dans ses Voyages, ne nomme pas Colin une seule fois.C’est Sagard qui nous apprend sa mort.Dans son Histoire du Canada, après avoir noté la rencontre aux Trois-Rivières, le 1er juillet 1616, du Père Le Caron, qui arrivait du pays des Hurons, et du Père Dolbeau, qui y était monté pour la traite, il ajoute: “Après qu’ils se furent entresalués et rendu les actions de grâces à Dieu Notre-Seigneur, le bon Père Dolbeau leur apprit comme dès le 24e jour du mois de mars passé, il avait ensepulturé un Français nommé Michel Colin avec les cérémonies usitées en la Sainte Église Romaine, qui fut le premier qui reçut cette grâce-là dans le pays”.Sagard ne veut pas dire par là que Colin fut le premier Français qui décéda à Québec.Un bon nombre de Français étaient morts du temps de Cartier, de Roberval et même depuis la fondation de Québec.Mais Colin fut le premier qui eut les cérémonies usitées, c’est-à-dire un service sur le corps comme la chose se pratiquait en France.Marguerite Vienne ne survécut pas longtemps à son mari.Elle décéda quatre mois plus tard, le 19 juillet 1616.C’est encore Sagard qui nous donne ce détail.Il nous dit qu’une fois la traite finie aux Trois-Rivières, les Pères Dolbeau et Le Caron se rendirent à Québec, “d’où le Père Joseph (Le Caron) se mit en chemin avec le Père Denis Jamet pour Tadoussac et de là pour la France.” Il ajoute: “Le 15 du même mois (juillet), le Père Dolbeau donna pour la première fois l’extrême-onction à une femme nommée Marguerite Vienne, qui était arrivée la même année dans le Canada avec son mari, pensant s’y habituer, mais qui tomba bientôt malade après son débarquement et mourut la nuit du 19, puis enterrée sur le soir avec les cérémonies de la Sainte Eglise.” En 1617, Louis Hébert arriva à Québec avec sa femme, Marie Rollet, et ses trois enfants, deux filles et un petit garçon.En 1619, deux autres ménages, ceux de Abraham Martin et de Nicolas Pivert, arrivaient à leur tour à Québec.Madame de Champlain vécut donc à Québec de 1620 à 1624 en compagnie de madame Hébert et de ses filles, de madame Abraham Martin et de ses filles, et de madame Nicolas Pivert, née Marguerite Lesage.Pierre-Georges Roy.(La Ville de Québec sous le Régime Français). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61 LE 250e ANNIVERSAIRE DU COUVENT DE LA SAINTE-FAMILLE, C.N.D., DANS LTLE D’ORLEANS Le 11 août dernier l’Amicale des anciennes élèves du couvent de la Sainte-Famille, couvent fondé en 1685, au temps où Marguerite Bourgeoys vivait encore, a célébré, de concert avec la paroisse, et avec une simplicité, un bon goût, et aussi avec une solennité digne de la fête du jour, le 250e anniversaire de la fondation du couvent de Sainte-Famille, la plus ancienne paroisse de la pittoresque île d’Orlééns.Une messe solennelle fut chantée en l’église paroissiale, à laquelle assistaient Son Éminence le cardinal Villeneuve, l’honorable L.-A.Taschereau, Premier Ministre, la révérende Mère Saint-Valérien, Supérieure générale des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, la révérende Mère Saint-Ignace, Provinciale de la région de Québec, l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, M.l’abbé Côté, curé de Sainte-Famille, M.le juge C.Pouliot, M.C.-N.Dorion, député au fédéral, M.L.Létourneau, C.L., M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales, MM.J.-Ed.Body, J.-M.-A.Turcotte et F.Poulin, inspecteurs d’écoles, M.Robert Rumilly, etc., etc.Le sermon fut donné par M.le chanoine Arthur Robert, directeur du Grand Séminaire de Québec.Après la messe Son Éminence fit une brève allocution.A 3 heures de l’après-midi, à la salle du couvent, les personnages ci-dessus mentionnés, plusieurs religieuses de la C.N.-D., dont quelques-unes étaient des anciennes élèves de la Sainte-Famille, les membres de l’Amicale, très nombreuses, les paroissiens et les paroissiennes, s’étaient réunis pour assister à une séance littéraire et historique, où l’on rappela la fondation du vieux couvent que visita la Vénérable Mère Bourgeoys et qui fut témoin du zèle de la Sœur Barbier, de vénérée mémoire.Les travaux littéraires, le chant, la musique, tout fut marqué au coin d’un tact et d’un goût parfaits.Son Eminence le cardinal Villeneuve et l’honorable Premier Ministre de Québec adressèrent la parole à la fin de la séance.QUESTIONS DE FRANÇAIS “On croit que ses démarches n’ont pas abouti.” “On ne croit pas que ses démarches aient abouti.” Ces deux phrases ont-elles un sens différent ?L’une est-elle plus catégorique que l’autre ?Il ne paraît pas.L’intérêt de leur rapprochement réside dans la manière dont elles déterminent le mode du verbe subordonné, selon que le verbe principal est affirmatif ou négatif.C’est une application de la règle que j’ai donnée précédemment.Il serait fautif de dire: On ne croit pas que ses démarches ont abouti.Après que.—Voici une bien grosse difficulté.Certains qui écrivent ne parviennent pas à distinguer le mode indicatif du mode subjonctif.On leur dit, après la grammaire et l’usage (le bon, pas celui des écrivailleurs), on leur répète qu’après que veut toujours, ce qui s’appelle toujours, l’indicatif; et, dans la pratique, ils réussissent des phrases comme celle-ci: “.qui a soigné L., après qu’un coup de fourche lui ait été assené (on écrit asséné, bien entendu) sur la tête.” Et c’est à tout propos qu’on rencontre: après qu’il eût, après qu’il Jût, ou qu’ils fussent, ou eussent été, etc.Eh non, c’est: après qu’il eut, qu’il fut, qu’ih furent, qu’ils eurent été, etc., et donc,“lui eut été assené”.Conjugaison.—-Une confusion à éviter, à l’école, c’est d’assimiler le temps composé d’un verbe intransitif (ou neutre) : je suis venu, à un temps de verbe passif : je suis aimé.Celui-ci est au présent, celui-là, au passé indéfini.La cause de cette confusion, c’est que tous les deux sont conjugués avec l’auxiliaire être, mais d’une manière bien différente.Il appartient au maître ou à la maîtresse, pour 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE obvier à cet inconvénient, d’enseigner conjointement la conjugaison active et passive d’un même verbe.La conjugaison des verbes neutres, ou intransitifs, qui est tout à fait à part, viendra en son temps, quand l’élève sera bien familiarisé avec la voix active et la voix passive des verbes transitifs.La distinction essentielle entre la conjugaison intransitive et la conjugaison passive se fera alors beaucoup plus facilement.Je reviendrai, dans une prochaine note, sur les meilleurs procédés à employer pour atteindre ce but.Verbes 'pronominaux.—J’en ai parlé plus d’une fois.Je reviens sur un point important qui les concerne, savoir, quand le participe passé de leurs temps composés s’accorde avec le pronom personnel qui leur sert de complément.Certains s’y trompent, prenant dans tous les cas ce pronom pour un complément direct.Ils écriront, par exemple: les gouvernements qui se sont succédés, ou, comme dans cette phrase que je viens de lire: “La Pologne ne s’est-elle pas survécue dans la conscience de la France ?” On ne remarque pas que les pronoms me, fe, se, nous, wras, peuvent signifier à moi, à toi, à soi, (à lui, à eux, à elle, à elles), à nous, à vous, qu’ils sont, alors, complément indirect, et que le participe passé du verbe pronominal qui les régit reste invariable, parce qu’il équivaut à celui d’un verbe intransitif conjugué avec l’auxiliaire avoir.Se sont succédé est mis pour ont succédé à soi (à eux), s’est survécu, pour a survécu à soi (à elle).Voilà pourquoi faire accorder ces participes est commettre des solécismes.Il en serait tout autrement avec des verbes pronominaux à sens transitif, comme: ils se sont blessés, c.-à-d., ils ont blessé soi (eux).L’accord en ce cas, est évidemment requis.N.Desgagné, ptre.BIBLIOGRAPHIE “MA MESSE, mon bréviaire, mon oraison”,—lettre-préface de S.Exc.Mgr Lamy, Evêque de Meaux.—Archiconfrérie de l’Evangile dans la vie, 18, rue d’Armaillé, Paris-17e—Aussi chez Garneau, libraire, 47, rue Buade, Québec.Lettre-préface de S.Exc.Mgr Lamy, Evêque de Meaux : Evêché de Meaux, Meaux, Toussaint 1934.Le petit livre que je dois présenter aux âmes sacerdotales est une œuvre de piété, non de science, c’est une méditation sur la Messe, sur le Bréviaire.Ces pages, espérons-nous, pourront aider le prêtre dans l’accomplissement de ces deux grandes actions de la journée.Ces notes, auxquelles on a voulu garder leur saveur naïve, ont été écrites par un jeune prêtre pendant la guerre.Elles sont restées manuscrites.Les ayant à ma disposition, j’en fis profiter mes élèves du Séminaire, mes confrères, des âmes religieuses.L’auteur s’était toujours refusé, malgré bien des insistances, à laisser imprimer ces souvenirs tout personnels.Aujourd’hui il ne peut plus résister à une amicale demande, n’étant plus de ce monde! Si quelque lecteur tire profit pour son âme de cet ouvrage, il priera Dieu pour lui.Je suis bien sûr d’avoir son pardon, puisque c’est encore pour lui un moyen de servir,de servir surtout les âmes sacerdotales, moyen de faire mieux apprécier le don de l’Eucharistie, l’amour du Cœur de Jésus.Le livre est facile à comprendre: c’est une élévation sur la messe, sur le bréviaire.Chaque parole est méditée, chaque circonstance, chaque geste, chaque rite.On se rendra compte facilement des influences qui avaient contribué à la formation de cette âme: influence de saint Paul et de saint Jean, théologie développée du Corps mystique du Christ; influence aussi d’un Chartreux, dont les notes intimes lui avaient été confiées.Ce livre doit être lu lentement: c’est un livre de méditation.Il n’apprendra rien de nouveau; il aidera peut-être mieux à comprendre le sens profond des prières qui passent sur nos lèvres.Ne devrait-il être utile qu’à un seul jeune prêtre, il aurait atteint son but.C’est en effet aux jeunes qu’il peut rendre service.Œuvre d’un jeune, il leur plaira.Peut-etre quelque ancien y trou- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 vera moyen de renouveler la j unesse de son ardeur sacerdotale.Certainement aussi les âmes de religieux, de religieuses, et même toutes ces âmes pieuses si nombreuses aujourd’hui qui, dans le monde, veulent vivre de leur messe, de la Liturgie, goûteront ces pages si simples, si faciles de lecture, si consolantes.On sera indulgent pour les inexactitudes, les incorrections de langue, l’absence d’art littéraire.Il ne faut y chercher que l’AMOUR DE DIEU! f FRÉDÉRIC, Evêque de Meaux.Ma messe est fait autant pour les fidèles, religieux et laïques, que pour les prêtres.Une remise de 33% est accordée aux Maisons d’Education et aux écoles catholiques du Canada.MARIE DE L’INCARNATION, fondatrice du Monastère des Ursulines de Québec, par une Religieuse Ursuline de Québec.—Québec, 1935.Joli volume illustré de plus de 400 pages.Dans la préface que M.Thomas Chapais a écrite pour ce beau volume, on lit ces lignes judicieuses: "Hâtons-nous de signaler ici ce qui constitue surtout, à notre sens, la qualité originale de cette biographie.C’est qu’elle a pris naissance dans le vieux monastère fondé par la vénérable Mère; qu’elle a été écrite près de son tombeau vénéré; qu’elle est éclose dans l’atmosphère monastique créée par la grande fondatrice, et maintenue, préservée, perpétuée, à travers trois siècles de fluctuations, d’épreuves, d’apostolat fécond, de tradition religieuse et nationale.Une vie de Marie de l’Incarnation, écrite par une fille de Marie de l’Incarnation, voilà assurément ce qui est de nature à donner au présent livre un attrait particulier”.La nouvelle biographie de la Thérèse du Nouveau-Monde a d’autres mérites que celui très appréciable d’avoir été écrite au foyer du vieux monastère, qu’illumine depuis trois siècles l’âme ardente de Marie de l’Incarnation.Par une documentation très sûre, un style simple, sobre et bien vivant, d’où naissent sans effort la clarté, l’intérêt et la chaleur que le grand amour de l’auteur pour son héroïne sait communiquer au lecteur, le volume que le vieux Monastère consacre à sa fondatrice, éclaire d’un nouveau jour la grande figure "à la fois française et canadienne” de la Vénérable Marie de l’Incarnation.Nous formons des vœux pour que la nouvelle biographie de la fondatrice des Ursulines de Québec se répande dans nos familles et dans toutes nos maisons d’enseignement, particulièrement dans nos écoles normales et nos couvents.S’adresser au Monastère des Ursulines, Québec.C.-J.Magnan.La merveilleuse histoire des premières ursulines françaises: volume illustré, de 400 pages.Dépôt chez Vitte, 3, Place Bellecour, Lyon, et 10, rue Jean-Bart, Paris.Aussi: à Québec, chez Garneau, libraire, 47, rue Buade.C’est une précieuse et abondante contribution à l’étude des sentiments religieux en France.Le sous-titre de cet ouvrage en indique la portée durable et le passionnant intérêt.En écrivant pour le quatrième centenaire de l’Ordre de Sainte-Ursule, l’histoire de l’introduction de cet Ordre si fécond et si bienfaisant en France, l’auteur a eu en vue l’enrichissement de l’histoire générale du sentiment religieux dans ce pays.Il y a eu, à l’origine de l’Ordre de Sainte-Ursule, sur le sol de France, de véritables merveilles d’esprit d’oraison, d’esprit de pénitence, de haute vertu chrétienne.On trouvera dans cet ouvrage des épicodes d’une beauté insoupçonnée.C’est, par endroit, un véritable éblouissement.On ne saurait trop répandre chez nous la connaissance de ces pures merveilles.D’autre part, à une époque où l’on parle si souvent de “Révolution de l’esprit”, sans toujours bien entendre ce que cela veut dire, il sera bon de chercher dans cette histoire des Ursufines françaises, le secret de la restauration spirituelle de tout un peuple, après une période de déchéance lamentable.C’est une leçon dont nous avons si grand besoin, comme aux pays de nos pères, à l’heure actuelle! Félicitons les Ursulines de France d’avoir enfin une histoire digne de leur grand et immortel passé!—Ouvrage à lire et à faire lire. 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA FETE DES SAINTS MARTYRS CANADIENS La fête des Saints Martyrs canadiens, Jean de Brébœuf, Gabriel Lalemant, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Charles Garnier, Isaac Jogues, René Goupil et Jean de la Lande, est fixée au 26 septembre.Dans toutes les écoles on se fera un devoir de préparer les élèves à célébrer cette fête avec intelligence et esprit de foi.Le personnel enseignant pourra s’inspirer du livre que le R.P.Archambault, S.J., vient de publier sous le titre: La Fête des Saints Martyrs Canadiens—Pourquoi et comment la fêler.Ce volume se vend 50 sous, à l’Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.“GUIDE POUR L’ENSEIGNEMENT DE L’AGRICULTURE” Par MM.C.-J.Miller, I.G., et E.Litalien, I.R.11 nous fait plaisir d’annoncer la publication de la deuxième partie du “Guide pour l’Enseignement de l’Agriculture dans les Écoles primaires”.Ce deuxième volume renferme tout d’abord une étude plus approfondie du programme d’agriculture aux cours inférieur et moyen, c’est-à-dire de la classe préparatoire à la quatrième année inclusivement; puis il donne la matière à enseigner au cours supérieur (5e et 6e années) conformément aux prescriptions des Règlements du Comité catholique.Fort bien illustré, ce deuxième volume donne une interprétation adéquate du programme officiel d’agriculture.Il se recommande donc à l’attention du personnel enseignant qui, sans nul doute, lui fera bon accueil.Les commissions scolaires qui désirent favoriser l’enseignement de l’agriculture dans leur municipalité ne devraient pas manquer de pourvoir chacune de leurs écoles de ce précieux ouvrage qui est en vente chez les principaux libraires.Pour l’information des commissaires d’écoles et du personnel enseignant, nous croyons devoir reproduire ci-après la lettre d’appréciation du Docteur L.-Ph.Roy, Directeur des services au Ministère de l’Agriculture de la Province de Québec: Honorable Cyrille-F.Del age, Surintendant de V Instruction publique, Édifice de la Législature, Québec.Monsieur le Surintendant, “J’ai eu dernièrement l’occasion de parcourir, avec quelques-uns de mes collègues, MM-Henri-C.Bois et Jean-Charles Magnan, le texte d’un livre sur l’agriculture à^l’usage des écoles primaires et intitulé: “Guide pour l’Enseignement de l’Agriculture dans les Ecoles primaires”, Je puis vous dire que, dans mon opinion, cet ouvrage est parfaitement conforme à la doctrine agricole que nous prêchons nous-mêmes, et je ne puis qu’en recommander la publication et la distribution.J’ai l’honneur d etre, Monsieur le Surintendant, Votre bien dévoué, Le Directeur des services, (Signé) : L.-Ph.Roy.C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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