Le devoir, 18 avril 2005, Cahier A
CHINE Pékin refuse de s’excuser pour violences anti -japonaises Page A 5 ?w w w .1 e d e v o i r FORETS Québec a pris la bonne voie, selon deux membres de l’ex-commission Coulombe Page A 3 LE DEVOIR V o i.X C V I X " 8 4 ?LE LUNDI 18 AVRIL 2005 8 7c ?TAXES m I $ Blocage Québec-Ottawa sur Kyoto LOUIS-GILLES 3F RAN CŒUR Les négociations en vue cfM’une entente Canada-Québec sur l'application «ziu Plan national de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec sont •figées da*tsr une mauvaise passe» après un an de pourparlers plutôt sporadiques, ont confié au Devoir des sources proches du cercle des négociateurs.Les stratèges fédéraux affectés au dossier Kyoto auraient été quelque peu refroidis par les exigences et la précision des demandes adressées par le Québec dans un premier temps.Ces demandes ciblaient des secteurs où des projets precis pourraient être lamés si une eventueDe entente définissait et garantissait de$ enveloppes budgétaires et des priorités conjointes.A Québec, on ne veut pas que, en voulant protéger les compagnies pétrolières de l'Ouest, Ottawa happe certains sec- teurs industriels québécois névralgiques.On ne veut lias non plus que les priorités du Québec se retrouvent en rang parmi les centaines de demandes qui seront adressées par toutes les provinces au Fonds fédéral VOIR PAGE A 8: KYOTO Porno -com Les jeunes consomment I ¦—«ternet à un rythme excessif.Et avis aux parer» -*s un brin naïfs, pas seulement pour étudier! Ab^onnés au clavardage, ils profitent d’un accès inci^Êp-cemment aisé à des images à saveur pornograf^Kiique.Cette frénésie cybernétique pourrait-elle €-^-xpliquer en partie la banalisation des pratique sexuelles qui survient chez les jeunes, et de plus en plus tôt’ Le Devoir poursuit, et termine » aujourd’hui sa série de textes sur la sexualité des^s adolescents.MARIE-ANDRÉE «Z:HOUINARD Au club vidéo du coipn, impossible de mettre la main sur une caissette étalant crûment la bestialité.Sur Int^p-rnet toutefois, il s’agit d’un jeu d’enfant m V peut suffire de tapoter quelques lettres le clavier — b-e-s-t+a- 1-i-t-y — pour que nous sautera»t au visage de perturbantes images où s’entremêlent les acrobaties d’un serpent, d’un doberman ou d’un étE»Jon avec des.femmes.Dans un reportage-choc dit ¦fuse l’an dernier à Radio-Canada, Enjeux avait dé «montré de façon éloquente — et combien décor», «perlante — la portée du Web sur la sexualité des je-^rmes.La quasi-totalité VOIR PAGE A 4; PORNO Le conclave s'ouvre à Rome - , .'¦&* ta ÀJtsfci A J 4,.\ ¦v,h^ Vi mm y.a KIMIMASA MAYAMA REUTERS LES CARDINAUX de l’Église catholique réunis à Rome ont assisté samedi à une messe spéciale présidée par leur confrère chilien Jorge Arturo Medina Estevez, celui-là même qui sera chargé d’annoncer au monde le nom du pape qui sera élu cette semaine.La cérémonie, qui mettait fin à un deuil de neuf jours, a notamment servi à détruire symboliquement l’anneau du Pêcheur, la bague portée par Jean-Paul II, pour bien marquer la fin de son pontificat.Le conclave des cardinaux se réunit dès aujourd’hui pour choisir le prochain pape.Nos informations en page A 2.La procMiaine saison de théâtre est savMvée GUILLAUME B O U R: rmais assurée: les acteurs de l’Union des artistes CLOKDA), qui avaient entrepris en janvier une grève de s>i.«gnature pour tous les contrats de la prochaine saison ct^es compagnies regroupées au sein de Théâtres associ^ss inc.(TAQ, ont en effet accepté hier les conditions d’x_mune entente de principe intervenue la semaine dernière centre 1UDA et TAI, au terme de négociations qualifiées- *d’éprouvantes».Quelque 250 des 1100 memt«»res du secteur Scène-dramatique réunis hier à Qué tr>ec et à Montréal ont donc voté dans une quaskinanc-imité pour approuver un document (valide jusqu’er» 2008) qui répond de prime abord à l’ensemble de Heurs revendications prioritaires: les cachets mïrz«imaux versés pour chaque représentation sont effet augmentés, mais, surtout, les comédiens c»»nt obtenu que soient payées séparément toutes les h*, meures de répétition effectuées en préparation d’une p»«roduction.Jusqu’ici, le paiement de 11Ô «le ces heures était inclus dans le cachet de repré s.tentation.A partir de maintenant, les comédiens ser-«zz»nt payés 13 $ l’heure pour chaque heure de préparas».tion dans la majorité VOIR PAGE A 8: ^=AIS0N INDE X ¦M -'JM—— 1 ¦¦m OOSS———— l_Q——— —* in.m Annonces Avis publics .Convergence .6 Idées Météo Monde A7 B 5 A5 Culture IE* S Mots croisés B5 o Décès FM 4 Religions B 5 o Économie 1 Sports B4 Éditorial ^6 Télévision B7 L’ENTREVUE L’imparfait du présent Le philosophe Alain Finkielkraut analyse le monde qui se défait, de l'affaire Juppé à l'antisémitisme et au choc Amérique-Europe Quand l’éminent philosophe français Alain Fin-Idelkraut parle du monde qui nous entoure, il ne s’agit pas de petites pensées édulcorées ni de recettes du bonheur au quotidien.Tout entier engagé contre un présent imparfait, il livre sa lecture du déclin.Chez Finkielkraut, tout est chaos.SÉBASTIEN BARANGÉ Alain Finkielkraut fait partie de cette espèce des grands esprits censés éclairer leurs concitoyens.On réclame son avis sur tout, il est de ceux convoqués par les médias, les politiques, les puissants, pour comprendre conunent le monde marche, ou plutôt pourquoi il ne marche pas.Depuis le succès de La Défaite de la pensée en 1987 à Au nom de l’autre en 2003, il ne cesse de se pencher avec lucidité et parfois nostalgie sur ce monde en perte de valeurs.Si la marche alimentait l'esprit des péripatéticiens adeptes d’Aristote, chez Frn-kielkraut, c’est la parole qui nourrit la pensée.*Tu paries, donc je pense», disait le philosophe en préface de L’Ingratitude.Contrat respecté: il parle, et il pense.•Finky», comme l’appellent certains de ses amis, critique avec sévérité, prend à rebrousse-poil.Cassandre de notre temps, Finkielkraut garde en éveil l’esprit trop facilement tenté par la médiocrité du présent le politiquement correct Son jugement est sans appel: «Le politiquement correct n’est ni clairvoyant ni modeste, Ù se suffit à lui-même, il a réponse à tout, c’est un esprit de supériorité absolue et imbu- JEAN PIERRE MULLER AGENCE FRANCE-PRESSE Alain Finkielkraut vable.» C’est précisément ce travers qui, selon lui, a conduit à ce qu’on appelle maintenant au Québec «l’affaire Juppé».Finkielkraut se dit •stupéfait et indigné par la réaction et l’appel d’un certain nombre d’universitaires québécois pour que l’ancien premier ministre français Alain Juppé soit carrément interdit de séjour: je trouve cela exorbitant, et même délirant».M.Juppé n’a commis aucun •crime grave», mais bien un délit selon le droit français.«71 n’était pas question d'enrichissement personnel; au nom de quoi il faudrait émettre contre lui une espèce de fatwa planétaire?», sïndigne le philosophe.Qualifiant la prise de position d’intellectuels québécois: «Ce n'est pas courageux, c’eA conformiste, grégaire et complètement idiot!» D réclame un peu d’humilité et aussi que l’Amérique (au sens large du terme) reste ouverte VOIR PAGE A 8: FINKIELKRAUT DOSSIER Le Vietnam sous influence • A j i • A viet kieu La chose était impossible à envisager.Et pourtant Près de 30 ans après la tragédie des boat people, le pays d’Ho Chi Minh doit composer désormais avec un nouvel exode, inverse cette fois-ci comme en témoigne, chaque année, le retour par centaine de milliers des membres de sa diaspora.Un retour qui s’accompagne aujourd’hui d’une certaine influence ouvertement sociale et économique, mais aussi plus discrètement politique et idéologique qui pourrait bien accélérer les réformes en cours, comme l’a constaté dans ce troisième article d’une série de quatre, notre journaliste de retour d’un séjour d’un mois et demi au Vietnam.FABIEN DEGLISE Hanoï — Scène de la vie quotidienne dans un restaurant bondé d’Hanoi, la capitale du Vietnam sous le bruit des aliments crépitant dans les chaudrons en cuisine, une trentaine de clients attablés finissent leur repas, sous le regard curieux des hordes de touristes en voyage organisé débarquant au temple de la littérature, un vestige couru de l’ère chinoise, situé juste en face.L'ambiance est chaleureuse, le décor branché, le personnel jeune, souriant, attentionné et le patron des lieux, comblé, butinant de table en table pour discuter avec sa clientèle.Une clientèle qui lui semble VOIR PAGE A 8: VIETNAM i>l-> r -» R.MacArthur Alain tint,iHkrnut - IÉm m -J- ¦ % -‘V ¦¦ Le choc Amérique-Europe ¦1 quel dialogue après la faille atlantique?Débat bénéfice au profit de ia revue Argument entre le philosophe Alain Finkielkraut et le directeur de la revue Harper's Magazine John R MacArthur.Le Devoir Gallimard 9 concorda jH 1*1 ssr sc Animé par Antoine Robitaille Jeudi, le 21 avril 2005, à 19h30 Au Musée des Beaux-Arts de Montréal 50 $.65 $ avec un abonnement d'un an à la revue Renseignements : (514) 522-2443 redaction@revueargument ca ARGUMENT www.revueargument.ca « A V K A 2 •LES ACTUALITES- Réunion du G7, du FMI et de la Banque mondiale Le plan (Paction contre la pauvreté risque d’attendre AMÉLIE HERENSTEIN \VTashington — Un coup VV d'épée dans l’eau sur le développement, des tracas pour la croissance: la réunion de printemps du G7, du FMI et de la Banque mondiale a exposé les divisions des pays riches sur la lutte contre la pauvreté et les lignes de fracture de l’économie mondiale.Les sept pays les phis industrialisés réunis ce week-end a Washington ont déçu les fortes attentes qu'ils avaient suscitées sur une réduction de la dette des pays africains et sur la recherche de nouveaux moyens pour accroître le volume d’aide disponible.Les positions divergent toujours beaucoup, si bien qu’un açcord lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G8 à Gleneagles (Ecosse), du 6 au 8 juillet, demeure hypothétique.L’objectif demeure d’y échafauder un véritable plan d’action contre la pauvreté.*11 est vrai que lors de la réunion [de Washington), il n’y a pas eu de grandes améliorations sur ces questions», a résumé le commissaire européen aux Finances, Joaquin Al-munia.Les ONG, présentes en marge des réunions s’exaspèrent de cette lenteur: «Deux millions d’enfants sont morts [depuis la précédente réunion du G7 en février] alors que les discussions continuent», a dénoncé Jubilee Debt Campaign, une ONG britannique.Quelque 200 personnes ont manifesté samedi pour exiger l'annulation immédiate de la dette, dans un climat apaisé par rapport a il y a cinq ans, lorsque 20 000 manifestants avaient sérieusement perturbé les réunions.Le week-end a été l'occasion pour le futur président de la Banque mondiale, le très controversé Paul Wolfowitz, de nouer de premiers contacts ayec ses nouveaux interlocuteurs.A en croire la délégation française, il a fait plutôt bonne impression.Le tenant du poste, James Wol-fensohn, devrait quitter son poste fin mai: il laisse apres 10 ans un bilan «mitigé» selon les ONG, «extraordinaire» selon le G7.Il poursuivra sa carrière en tant que représentant spécial du Quartette (USA, Onu, UE, Russie) pour aider au retrait israélien de Gaza.Côté économie mondiale, le G7 s’est voulu plutôt rassurant, garantissant dans son communiqué une croissance mondiale •robuste» en 2005, malgré la flambée du pétrole.Le Fonds monétaire international table, dans son rapport de printemps sur une croissance de 4,3 % cette année après 5,1 % en 2004.Mais Rodrigo Rato, le directeur général du FMI, n’a pas hésité à gâcher un peu l'atmosphère en soulignant •le risque d'une correction abrupte des marchés» si les déséquilibres de l’économie mondiale ne sont pas résorbés.Le G7 a promis de s’y atteler au moyen d’une •action vigoureuse».la baisse marquée la semaine dernière des grandes places financières, qui traduit la crainte encore diffuse des investisseurs, n’est sans doute pas étrangère a ce nouveau sentiment d’urgence a agir Parmi ces •déséquilibres», sont ; particulièrement visés les déficits ! jumeaux américains (budgétaire et commercial), et leur contrepartie, I l'accumulation de réserves de de- j vises dans les pays asiatiques.De tels déreglements, une •anomalie» , selon un haut responsable européen, font redouter un scénario noir et une crise de confiance qui mettrait au tapis la croissance mon- I diale.Les cours du pétrole, toujours perchés à j^us de 50$ le baril, I ont été le sujet principal des discus- ! sions du G7, ont indiqué des parti- j ripants.Mais les pays consommateurs, , riches ou pauvres, apparaissent démunis dans l’immédiat devant le bon vouloir des producteurs et aux faiblesses structurelles du secteur.Les troubles sociaux se sont multipliés cette semaine en Amérique centrale et l’inquiétude monte en Europe et en Amérique.La Chine, invitée remarquée lors des deux dernières réunions du G7, a cette fois brillé par son absence.Ses dirigeants, officiellement retenus.par des •problèmes d’agenda» ont été une nouvelle fois invités à assouplir leur système de taux de changes, jugé inéquitable par les Occidentaux.Le G7 regroupe les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et le Canada La Russie participe à certaines discussions.Agence France-Presse Couillard doit encore faire ses preuves, dit Harel Québec — Même s’il fait bonne figure dans les sondages, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, doit toujours faire ses preuves à la santé, selon l’opposition officielle.La porte-parole en santé et députée péquiste de Hochelaga-Maison-neuve, Louise Harel, a dit hier qu’elle jugeait que les médias étaient trop indulgents envers M.Couillard, qui, selon elle, est loin d’avoir prouvé qu’il était le meilleur ministre de la Santé que le Québec ait connu.«Il a encore à prouver, à faire la démonstration, qu'il sera le meilleur.La preuve n’est pas faite encore», a-t-elle dit, lors d’un point de presse.Mme Harel rencontrait la presse à la suite d'une interpellation en Chambre, visant à faire le point sur les réalisations du gouvernement dans le domaine de la santé au cours des deux dernières années.Selon elle, non seulement le gouvernement n'a pas rempli ses promesses du printemps 2003, mais il savait très bien que ses engagements étaient irréalistes.«U y a le sentiment dans la population de s’être fait manipuler, d'avoir été trompée», a-t-elle ajouté.Fille explique la bonne performance du ministre Couillard dans les sondages — certains le voient même à la tète du gouvernement ARCHIVES LE DEVOIR Philippe Couillard — par le fait que la population apprécie de voir un élu s'exprimer avec franchise.Par exemple, quand l’animateur de Tout le monde en parle, Guy A Lepage, lui a demandé récemment si les choses allaient bien pour le gouvernement il a répondu: «non».«H a un niveau de franchise que les Québécois apprécient.Mais cette franchise aurait dû aussi se manifester au emits de la campagne électorale, parce qu’il a quand même cautionné, avec la crédibilité qu’il avait, venant du milieu médical, des promesses libérales dont il veut mainte- nant se dégager parce qu’il les juge irréalistes», a fait valoir Mme Harel.Pour sa part, le ministre Couillard s’est dit fier du chemin parcouru depuis deux ans, dans un contexte financier difficile.Le manque de ressources financières disponibles au moment de la prise du pouvoir a forcé le gouvernement à ralentir la cadence des réformes, selon lui.En deux ans, «on a quand même réussi à investir 22 milliards en santé, ce qui est considérable.», a-t-il fait remarquer, en point de presse, en disant que l'important avait été de bien cibler les investissements.Par exemple, il a noté que les listes d’attente pour bon nombre de chirurgies, dans le cas des cataractes, notamment, avaient diminué.«Le grand navire tourne enfin dans la bonne direction», selon lui.Mais la députée Harel ne partage pas cet avis, rappelant que le nombre de patients en attente d'une chirurgie, et qui ont dépassé le délai d’attente jugé normal, était passé en deux ans de 35 000 à 43 429.Le ministre devra donc multiplier les pressions sur le Conseil du trésor et le ministère des Finances pour assurer le financement adéquat du réseau et des réformes entreprises, a ajouté Mme Harel.Presse canadienne Appel de candidatures Le programme des Prix de (’alphabétisation de Postes Canada est le seul programme national de prix qui rend hommage aux réalisations des apprenants à l’échelon communautaire et à ceux et celles qui les aident à lire et à écrire.Nous vous invitons à présenter la candidature d’une personne, d’une organisation ou d’une entreprise digne de mention dans votre collectivité pour un Prix de l’alphabétisation 2005 de Postes Canada.Il y a quatre catégories de prix : parrainé par : Prix de l’Accomplissement personnel Apprenants f Group* Banque Scotla Prix de l’Éducation Éducateurs, précepteurs et intervenants ¦ A ¦ Gouvernement Government 1W ¦ du Canada of Canada Prix du Leadership communautaire Organismes d’alphabétisation ou communautaires ou des thp organisations de travailleurs et leurs programmes LoweMartii Prix de l’entreprise Group Initiatives d’alphabétisation dans le milieu de travail mises en place ou appuyées par des entreprises NATIONAL POST Il est facile de proposer une candidature.Tout ce que vous devez savoir sur le processus est contenu dans notre livret intitulé Appel MACLEAN'S dS) de candidatures.Vous pouvez vous rendre sur le site Web des Prix de l’alphabéti- sation de Postes Canada à l’adresse www.postescanada.ca/ prixalphabetisation, où il est possible de télécharger un exem- plaire du livret et du formulaire de mise en candidature, ainsi que de voir quelques exemples de propositions d’années précédentes.MDG WWW MBrf* M Aussi, pour en obtenir un exemplaire gratuitement vous pouvez envoyer votre demande par écrit à l’adresse qui suit : PRIX DE L’ALPHABÉTISATION 2005 DE POSTES CANADA 2701 PROM RIVERSIDE BUREAU N0899 Postes Canada aimerait remercier ses partenaires, la Canadian Community Newspapers OTTAWA ON Kl A OBI Association et Les Hebdos du Québec Les candidatures seront acceptées jusqu'à minuit HAE, Ce message est offert par le vendredi 27 mai 2005.ce journal De partout.jusqu’à vous MAX ROSSI REUTERS Garde suisse à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre: les « princes de l’Église » votent.Début du conclave Le compte à rebours a commencé Cité du Vatican — Le conclave des cardinaux, qui devra décider du choix du prochain pape, se réunit aujourd’hui, un premier vote pouvant intervenir en fin de journée ou demain matin au plus tard.Cent quinze cardinaux de 52 pays participent à cette réunion qui verra l’élection du successeur du pape Jean-Paul II, décédé le 2 avril à î’âge de 84 ans.Les «princes de l’église», du moins ceux qui n’ont pas dépassé 80 ans, vont entrer à 16h30 dans la chapelle Sixtine, jurant de garder le secret des débats sous peine d'excommunication.Hier, ils s’enregistraient à la réception du Domus Sanctae Mar-thae, la Maison Sainte-Marthe, un hôtel créé spécialement par Jean-Paul II afin que les cardinaux jouissent d’un minimum de confort entre les sessions à la chapelle Sixtine où a lieu le conclave qui devrait durer plusieurs jours.Celui de 1978, pour l’élection de Jean-Paul II, avait duré trois jours et aucun au siècle dernier n’a dépassé les cinq jours.«Le nouveau pape a déjà été choisi par le Seigneur.Il nous faut simplement prier pour comprendre de qui il s'agit», a déclaré le cardinal de Florence Ennio Antonelli, considéré comme un outsider, qui s’expri- mait devant la congrégation de Santo Andrea delle Fratte.Les fidèles sont invités à rejoindre les cardinaux ce matin pour participer à l’ultime cérémonie publique à Saint-Pierre de Rome après les dernières messes qui ont eu lieu jusqu’à samedi en hommage à Jean-Paul O.Le doyen du Collège des cardinaux, Joseph Ratzinger, un Allemand de 78 ans, dira cette messe qui sera cocélébrée par tous les autres cardinaux titulaires du droit de vote.M" Ratzinger est considéré comme l’un des favoris, à condition que, compte tenu de son grand âge, le conclave opte pour un pape dit «de transition» après les 26 ans de pontificat de Jean-Paul U ce qui permettrait aussi de choisir un proche du pape polonais disparu.C’est le cas du prélat allemand, considéré comme le chef de file de la tendance conservatrice.Aujourd’hui, en fin d’après-midi, les cardinaux se retrouveront au palais apostolique et iront en procession à la chapelle Sixtine où ils tiendront leur première séance.Là, ils peuvent dérider de tenir un premier vote ou se donner encore quelques heures de réflexion jusqu’à demain matin.Ils regagneront alors la Maison Sainte-Marthe pour la nuit.Lors des précédents conclaves, il y a plus d'un quart de siècle, y compris celui qui avait choisi Karol Wojtyla en 1978, les cardinaux, parmi lesquels de nombreux hommes âgés, avaient dû passer des nuits dans l’inconfort de boxes installés pour l’occasion, partageant les cabinets de toilettes du Pafais apostolique.Avec vingt cardinaux sur 115, les Italiens se taillent la part du lion, ce qui ne veut pas dire que le conclave va renouer avec la tradition de choisir le souverain pontife parmi eux, comme cela a été le cas pendant quatre siècles et demi.Pour Marco Politi, spécialiste du Vatican au quotidien italien La Repubbliea, les cardinaux ne sont pas unanimes sur le choix qu’ils ont à faire, opter à nouveau pour un Européen ou innover en allant chercher l'élu dans le tiers monde, cette dernière hypothèse audacieuse étant souvent évoquée par les commentateurs.Il est d’autant plus difficile de se faire une idée que les cardinaux ont déridé depuis plusieurs joins de ne plus répondre aux sollicitations de la presse.Et comme le dit de surcroît l’adage, «qui entre pape en conclave en ressort cardinal».Associated Press Gomery a toute la confiance de Duceppe Les politiciens exerceraient des pressions indues s’ils réclamaient la suspension de la commission sur le scandale des commandites pendant une campagne électorale, a déclaré hier Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois.«Le politique n’a pas à dire quoi faire au judiciaire, on n’a pas à dicter nos vues au juge Gomery, a-t-il dit.Moi, j’ai pleine confiance en lui, et il a certainement un meilleur jugement que les politiciens sur les travaux de la commission.» Samedi, le lieutenant québécois du Parti libéral du Canada (PLC), Jean Lapierre, a évoqué la possibilité de suspendre la commission présidée par le juge John Gomery si des élections avaient lieu en juin.Selon lui, la justice serait mal servie si les travaux de la commission devenaient l’objet d’une campagne électorale.M.Lapierre avait précisé que la décision d’interrompre les audiences reviendrait cependant au juge Gomery.Selon M.Duceppe, en évoquant la possibilité de suspendre les travaux, M.Lapierre a tout de même exercé des pressions indues en plus de faire preuve «d’une certaine forme de mépris envers l’appareil judiciaire».Le chef bloquiste n’a pas indiqué quelle serait la réaction de sa formation dans l’éventualité d’une suspension des travaux de la commission, affirmant toutefois lui aussi que la décision revenait à M.Gomery.Hier, M.Duceppe était de passage dans sa circonscription de Laurier pour participer au lancement d’un livre écrit par le député du Parti québécois et ancien député bloquiste Daniel Turp.La préface de Nous, peuple du Québec: Un projet de constitution du Québec a été rédigée par le chef du Bloc québécois.Lors d’une rencontre de presse en marge du lancement M.Duceppe a déclaré que sa formation se préparait au déclenchement d’une élection fédérale.Il a indiqué que l’exécutif national de son parti tiendrait aujourd’hui une réunion pour modifier ses règlements afin d’accélérer le processus des investitures, qui durent habituellement 30 jours.M.Duceppe a confirmé que les 54 députés actuels du Bloc se présenteraient à nouveau dans la circonscription qu’ils détiennent Le Québec compte 75 circonscriptions fédérales.De récents sondages placent la formation souverainiste en tête des intentions de vote au Québec, devant les libéraux et les conservateurs.Cependant il semble qu’une majorité d’électeurs canadiens préféreraient attendre le dépôt du rapport du juge Gomery, prévu l’automne prochain, avant le déclenchement d’élections.Selon un sondage Ipsos-Reid publié samedi, 11 % des électeurs souhaiteraient un déclenchement de la campagne maintenant Vendredi, une étude effectuée par Environics montrait que 18 % des répondants voulaient aller aux urnes avant le dépôt du rapport Presse canadienne Charest veut rassurer les Américains sur les questions de sécurité 'IXTashington — La sécurité revêt autan* dlmportan-V V ce pour les Québécois quelle en a aux yeux des Américains, selon le premier ministre Jean Charest C’est là le tout premier message qu’il entend faire passer à ses interlocuteurs, au cours des deux prochains jours de visite officielle dans la capitale américaine.«Le Québec s'occupe des questions de sécurité.Nous y accordons et reconnaissons la même importance que les Américains y reconnaissent.Ça, c’est un premier message très important», a déclaré M.Charest hier, lors d’un point de presse, peu après son arrivée à Washington.Cet après-midi.M.Charest s'entretiendra avec le secrétaire à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, Michael Chertoff, en compagnie du premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, lui aussi de passage dans la capitale américaine.Selon lui, M.Chertoff cherchera à être rassuré sur les intentions du Québec en ce domaine, qui a pris chez nos voisins du Sud une importance cruciale depuis le 11 septembre 2001.•Je pense qu’il veut savoir du chef du gouvernement du Québec qu’il partage la même préoccupation [que lui].Tout ça, c’ât des compétences partagées.La question delà sécurité, ce n’est pas uniquement la relation entre l’État fédéral et les Américains, c’est nos responsa-' lités aussi.Et je pense qu’il serait désireux de onnaitre notre degré d’engagement sur cette question, pas juste d’une façon ponctuelle, mais pour poursuivre les efforts de façon constante», a expliqué M.Charest M.Charest fera valoir qu’il entend souscrire sans réserves au projet d’accord trilatéral sur la prospérité et la sécurité de l’Amérique du nord conclu lors de la rencontre récente entre le président George W.Bush, le premier ministre Paul Martin et le président mexicain Vicente Fox.Presse canadienne * * I LE DEVOIR.LE LUNDI 18 AVRIL 2005 P0UTI1M (99.1.) ’ Chantal Hébert Un gouvernement de coalition?Qu'il survienne dans six semaines ou dans six mois, tout indique que le prochain scrutin fédéral va produire un Parlement plus fragmenté que jamais.D y a maintenant quatre cycles électoraux que la Chambre des communes a éclaté en plusieurs mor-: ceaux plus ou moins congruents.Au lendemain des élections de 1993, tout le monde parlait du Parlement à cinq comme d’une aberration temporaire, imputable à la profonde crise constitutionnelle que venait de traverser le Canada Au fil des années, cette situation a produit son lot de résultats dysfonctionnels dont une opposition officielle sécessionniste, deux partis de droite qui vivaient pour se faire la guerre plutôt que pour la faire aux liberaux et un gouvernement minoritaire Hbe-ral sans partenaire stable dans l'opposition.Douze ans plus tard, voilà maintenant qu'après le NPD et le Parti conservateur, c’est au tour du Parti libéral d’être menacé d’être réduit à une simple fraction du tout fédéral.Après avoir passé une décennie sans solution de rechange au parti gouvernemental en place, le Canada est en voie de devenir un pays sans parti gouvernemental au sens national du mot S des élections avaient lieu au printemps, il y aurait davantage de chances de voir le Bloc québécois redevenir l’opposition officielle que de voir le Québec revenir en force au sein d’un gouvernement fédéral.Qu’il soit libéral ou conservateur, le prochain gouvernement du Canada comptera presque certainement moins d’élus québécois que ceux qui l’ont précédé, exception faite de la très éphémère administration de Joe Clark en 1979.Et encore! Si Stephen Harper devient premier ministre, on ne peut même pas jurer qu’il réussira à faire élire ne serait-ce qu’un seul député au Québec.Quant aux libéraux, les sondages montrent qu’ils ne sont pas autant en train de se faire damer le pion par une autre formation fédéraliste au Québec que d'être réduits à la même place marginale que le NPD etlePCC.Dans cette perspective, certains ont évoqué l’hypothèse d’une entente cordiale entre les conservateurs et le Bloc québécois.Si ce scénario ne constituait pas un cauchemar pour les deux formations en cause, on pourrait accuser ceux qui l’évoquent de rêver en coideurs.Une alliance entre le Bloc et le PCC empoisonnerait à tout jamais leurs avenirs respectifs.Elle teinterait irrémédiablement les projets d’un éventuel gouvernement Harper, en particulier son plan de renégocier le fédéralisme fiscal avec les provinces.Les ouvertures de M.Harper à ce chapitre seraient rapidement perçues à l’extérieur du Québec comme une offre de démantèlement de la fédération canadienne faite au Bloc en échange de son appui aux Communes.Dans la foulée de Brian Mulroney mis à mal pour avoir voulu reconnaître le caractère distinct du Québec, il serait à son tour lapidé par l’opinion publique du reste du Canada.Le Bloc, à l’inverse, pourrait difficilement justifier une certaine complaisance à l’égard d’un gouvernement de droite.Sa base sociale-démocrate ne comprendrait pas que le Bloc marche main dans la main avec un gouvernement dirigé par Stephen Harper.Sa base souverainiste ne concevrait pas que le parti rende un gouvernement sans assises au Québec et souvent à contre-courant de ses tendances lourdes plus tolérable, alors que le contraire sert beaucoup mieux ses objectifs référendaires.On évoque beaucoup moins l’hypothèse inverse d’une coalition post-électorale du NPD et PLC.Elle est pourtant nettement moins grotesque.Au Canada, les seules expériences de cohabitation réussies ont été celles qui ont rapproché, le temps d’un mandat, des néo-démocrates et des libéraux.La Saskatchewan a récemment fait l’expérience d’un gouvernement de coalition.Pendant les années 80, l’Ontario, à un moindre degré, avait vu un gouvernement minoritaire libéral gouverner pendant deux ans sur la foi d’un pacte avec le NPD.Le gouvernement fédéral de centre-gauche qui résulterait d’une telle coalition serait beaucoup plus susceptible d’être stable qu’un gouvernement minoritaire dirigé par Stephen Harper.Minoritaire, une coalition NPD/PLC serait phis souvent sur la même longueur d’onde que le Bloc.Majoritaire, elle serait plus respectueuse de la tendance centriste d’une majorité d'électeurs, toutes régions confondues, y compris le Québec.Il n’y a pas qu’au Québec que plusieurs sont réfractaires à l’idée de voir Stephen Harper s’installer au pouvoir.L’an dernier, ce sentiment avait été suffisamment fort pour permettre à Paul Martin de le canaliser à son avantage pour sauver sa mise le jour du scrutin.Cette année, la donne se présente différemment M.Martin ne peut phis espérer bénéficier de la chance au coureur qu’il a tant réclamée l’an dernier.S’il y a des élections ce printemps, le NPD s’annonce déjà comme la variable la moins prévisible du recomptage des votes de l’an dernier.Déjà, d’un sondage à l’autre, on assiste à des variations de presque dix points de ses appuis potentiels.Un bon score néo-démocrate pourrait résulter en un gouvernement majoritaire conservateur — en affaiblissant les libéraux dans plusieurs régions du Canada.Mais une remontée du NPD pourrait également faire basculer la Chambre des communes vers la gauche.Ce qui est certain, c’est que le Canada n’est pas sur le point de revenir au modèle plus simple de l’avant-Bloc québécois.Si les complications appréhendées de la prochaine campagne fédérale doivent servir à autre chose qu’à produire un autre gouvernement impuissant ce sera peut-être à faire avancer l’idée que le temps de penser différemment aux ingrédients qui peuvent faire des gouvernements durables au Canada est venu.chebert@thestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Projet de loi 94 sur la gestion de la forêt Québec a pris la bonne voie «Restera cependant à voir si le gouvernement va rapidement respecter l’objectif de protéger 8% du territoire forestier» LOUIS-GILLES FRANCŒUR Deux membres de l’ex-commission Coulombe sur l'avenir des forêts québécoises estiment que •Que-bec s’en va véritablement dans la bonne dtrectum» avec le projet de loi 94, qui realise la deuxième recommandation en importance des commissaires, soit la création du poste de Forestier en chef Le projet de loi 94 a été introduit en première lecture la semaine dernière à l’Assemblée nationale.D confie à un éventuel Forestier en chef du Québec le soin d’éta^ blir le •calcul de la possibilité forestière» (CPF).Ce calcul détermine ce que produit en intérêts, si l’on peut dire, la forêt une fois aménagée.C’est ce chiffre qui détermine les afiocations annuelles de bois, concédées aux exploitants, d’où la •dépolitisation de cette fonction stratégique» suggérée par la commission Coulombe afin de mettre l'héritage forestier à l’abri des pressions des milieux industriels et des élus régionaux pour mettre un terme à la surexploitation en cours.Mais, ajoute l'ex-commissaire Jules Arsenault, l’ancien recteur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, les élus des régions ont raison de demander à Québec de gérer la transition devenue inévitable depuis l’adoption en mars d’un autre projet de loi, adopté à l’unanimité, qui retranche 20 % à l’actuel CPF en attendant la révision complète de ce bilan par le nouveau Forestier en chef •Ce ne sont pas les régions qui ont engendré la situation actuelle de surexploitation du capital forestier.Cest une responsabilité du gouvernement de planifier cette «Ce ne sont pas les régions qui ont engendré la situation actuelle de surexploitation du capital forestier.» transition, et c'est aussi sa responsabilité de donner aux regions une vue d'ensemble de la façon dont sera gere leur dossier forestier», expliquait au téléphone M.Arsenault hier.Les représentants des conferences régionales des élus de sept régions forestières se sont réunis vendredi afin de demander une rencontre au premier ministre Jean Charest pour savoir — et avant le dépôt du budget — comment Quebec allait leur permettre d’absorber le choc d'une réduction du niveau d’exploitation forestière.Ils évaluent l'impact de la réduction de 20 % du CPF à 400 M$ et à 6000 le nombre d’emplois qui pourraient disparaître, du moins momentanément Mais, ajoute l’ancien commissaire Arsenault s’il est vrai que Québec a sa part de responsabilité, les élus des régions exagèrent un peu les impacts prévus.L’effet d’une réduction du •calcul» de la possibilité forestière n’équivaut pas à une baisse réelle de proportion identique sur le terrain, une diminution qui sera nettement moindre que les 20 % brandis un peu facilement Et •les compagnies en profitent pour mettre sur le dos de la réforme forestière plusieurs rationalisations» d'effectifs et d’usines qu’eDes s’apprêtaient à faire au Québec comme partout ailleurs au Canada, réforme forestière ou pas, dit-il Quant à l'ex-commissaire André Bouchard, professeur de biologie à l’Université de Montréal, il applaudit à la démarche du gouvernement qui, après avoir réduit de 20% le CPF, met en place immédiatement un Forestier en chef qui pourra remettre les rails de façon crédible le système prévisionnel du rendement forestier.Il note tout particulièrement l'ajout au maie dat legislatif du Forestier en chef de larges pouvoirs d'enquête autonome.Et, souligne l'ex-commissaire.Quebec ajoute de façon fort pertinence à son mandat la revision et la confection d'un nouveau Manuel ddmenagement forestier, la bible des pratiques en fo rêt.Non seulement, commente André Bouchard, ce manuel pourra-t-il désormais définir clairement comment les exploitants doivent se comporter envers les éc osystèmes sensibles, mais il devra aussi déterminer dans son bilan annuel les -données frreshères et eadogiques» qu’il aura lui-même utilisées pour déterminer le CPF.Ainsi, d'entrée de jeu, la protection des écosystèmes, objectif premier du rapport Coulombe, sera assurée avec un minimum de transparence, soutient l'ancien commissaire.•Restera cependant à voir, dit-il, si le gouvernement va rapidement respecter l’objectif de protéger 8% du territoire forestier et comment il va gérer de façon intégrée une approche multiressources de la firrêt dans un cadre de gestion régionale.• Enfin, M.Bouchard note «un autre pas important» soit fo fait que la loi, et non son préambule qui n'a pas d’effet juridique, donnera désormais au ministre un mandat en matière de gestion écosystémique intégrée' des forêts.Certes, note-t-il, la loi se contente modestement d’exiger du ministre qu’il •fiivorise» une gestion écosystémique qui tiendra compte des besoins de l'ensemble des usagers.Ses obligations, reconnaît-il, pourraient être plus impératives ou minimalement plus explicites mais au moins, dit-il, cette démarche figurera désonnais dans la partie du texte législatif qui aura force de loi.Le Devoir Offensive provinciale pour hausser le financement au post-secondaire Québec — Le premier ministre du Québec Jean Charest entend profiter des prochaines élections fédérales pour obtenir de nouveaux gains pour les provinces.S’inspirant de l’entente sur la santé, le Conseil de la fédération prépare une offensive pour obtenir une hausse du financement de l’enseignement post-secondaire.•Ilya déjà du travail de fait pour que le Conseil de la fédération frappe sur ce clou parce que le fédéral a fait des compressions dans les années 90 et n’a pas rétabli le financement.On s’attend à ce que les partis fédéraux se prononcent là-dessus», a dit M.Charest lors d’un point de presse samedi après-midi à la clôture d’un colloque régional des libéraux de la capitale.Préférant attendre l’annonce officielle de la tenue d’élections, le premier ministre n’a toutefois pas encore sollicité ses homologues provinciaux pour exercer davantage de pression.«Mats s’il devait y avoir des élections et, si le Conseil ne le fait pas, nous, on va vouloir connaître la position des partis sur des enfeux qui touchent l’avenir du Québec», a-t-il assuré.M.Charest a refusé d’indiquer si la présence d’un parti reconnaissant l’existence du déséquilibre fiscal avantagerait le Québec dans les négociations avec le fédéral.C’est aux Québécois et autres Canadiens de choisir, estime-t-il.•Notre approche n’est pas conditionnelle à la présence d’un parti ou d'un autre.Sur la question du déséquilibre fiscal, il y a trois partis sur quatre qui reconnaissent le déséquilibre fiscal, malheureusement, le Parti libéral du Canada ne le reconnaît pas» Et peu importe qui dirigera le prochain gouvernement le déséquilibre fiscal demeurera un •enfeu incontournable», aux yeux de Jean Charest II compte d’ailleurs tirer profit du Conseil de la fédération pour obtenir un accord sur le sujet à l’instar de l’entente sur la santé.D’autre part le premier ministre a affirmé que des baisses d’impôts étaient toujours planifiées pour le budget qui sera déposé jeudi, malgré la grogne soulevée par certains groupes sociaux •Ça reste toujours dans les cartons pour une raison: ça nous permet de générer de la prospérité économique et de créer de l’emploi.» Jean Charest s’est toutefois défendu de vouloir des baisses d’impôts à tout prix «O» n’est pas dogmatique là-dessus.U faut le faire en tenant compte de notre capacité d’y arriver L’objectif qu’on poursuit c’est de ramener [le niveau d’imposition des Québécois] à la moyenne canadienne.» Sans laisser filtrer des éléments du prochain budget, M.Charest a répété que le gouvernement allait maintenir ses priorités, soit la santé et l’éducation.Presse canadienne Grève tournante dans les établissements scolaires D’autres perturbations en éducation Les cours de milliers d’élèves du Québec seront encore perturbés cette semaine par la poursuite du mouvement de grève tournante lancé récemment par diverses fédérations de professionnels de l'éducation, qui protestent de cette manière contre la lenteur des négociations à renouveler leur conven tion collective, échue depuis près de deux ans.Aujourd’hui, des lignes de piquetage seront donc dressées devant une trentaine de cégeps de la province par 850 membres de la Fédération des professionnels et des professionnelles des collèges (FPPC) et les 3500 syndiqués de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES), tous deux affiliées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).En outre, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’Education du Québec (FPPE-CSQ), qui compte 5500 membres dans ses rangs, tient à partir de ce matin sa deuxième journée de grève dans certaines régions de la province.Husieurs autres fédérations continueront le mouvement tout au long de la semaine.Le Devoir De&timticm Jour de la Terre 2005 - 35ans Le 22 avril et tous les jours wwwiourdetaterre org L'environnement, c’est la responsabilité de tous.Le Devoir l'a compris et, comme 500 millions de personnes à travers la planète, s’engage à poser un geste pour le Jour de la Terre.Et vous, qu'allez-vous faire ?LE DEVOIR PARTfNAlRCS M A J F U R S I Desjardins ((hfr c hr oc /a//te /H'/z/tto/t */)f//(fteuv/ r ,.//// r est(/e z -oot/fr c/f/ir ter//' RfMAlSê» ( FLATTAI !X L’EAU A LA BOUCHE nCrrn,KrN7Ai;KA\t 3003 boulevard Sainte-Adèle Sa rite-Adète Québec Can acta J8B 2N6 Tél (450) Z?9 2991 Fa* (450) 229-7573 www.kaualabouche.com ^PcurannCTtcfrdarucfrrçmupfmmt, contacta jKin I < > < ) I II I I ( Résultats Tirage du 2005-04-15 03 05 QS ;ia 16 4145 Complémentaire : (20) Ventes totales 25 871 778 $ Prochain gros lot 17 500 000$ Tirage du 2005-04-16 021116 3133 41 Complémentaire (17) Ventes totales 14 157 744:.Prochain gros lot (appr ) 8 000 000 $ GAGNANTS LOTS 7/7 1 15 000 000,00 $ 6/7+ 3 156 385,00 $ 677 176 2 332,40 $ 5/7 10 081 145,40$ 4/7 216 593 10,00$ 3/7+ 199 527 10,00$ 3/7 1 796 289 PartietpAOexi gratuite GAGNANTS LOTS 6/6 0 3 962 653,00$ 5/6+ 2 141 523,30 $ 5/6 134 1 744,90 $ 4/6 6 978 63,50 $ 3/6 125 801 10,00 $ 1 2/6+ 94 716 5,00 $ prochain anosLox 17 £00 000 $ LC 22 AVRIL 2005 * Igg|r Tirage du 2005-04-16 04 08 09 26 32 38 Complémentaire : (30) GAGNANTS 6/6 0 5/6+ 1 5/6 19 4/6 1 015 3/6 18 583 Ventes totales LOTS 1 000 000,00$ 50 000,00$ 500,00$ 50,00$ 5,00$ 480 175.50 $ EQtra NUMÉRO 246114 Tirage du 2005-04-15 LOT 100 000$ Efltra NUMÉRO 654789 Tirage du 2005-04-16 LOT 100 000$ Lm modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette Nste et la liste officieite de L-Q, cette dernière a priorité A 4 LE DEVOIR, LE L ü Jf D I 18 AVRIL 20 iOSSIER Le grand désarroi On voit des filles qui, à 16 ans, ont tout fait et arrêtent soudainement «pour se préserver pour le prince charmant, le vrai» 1 LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY En mettant l'accent sur une sexualité banalisée et accessible, une sexualité en somme plus mécanique, la société québécoise envoie un signal extrêmement ambigu à ses jeunes au point que l’on assiste à un renversement étonnant.Aujourd’hui, les adolescents font l’amour et rêvent d’être amoureux alors qu’avant ils étaient amoureux et rêvaient de faire l’amour.Une tendance de plus en plus lourde, dont les filles sont les premières victimes.Dans son cabinet, la D" Franziska Baltzer s'interroge sur les conséquences que peut avoir une telle attitude sur ses jeunes patients.Pour eux, le sexe est devenu de plus en plus récréatif.Plutôt que d’aller au cinéma ou au restaurant, ils ont des relations sexuelles ensemble, raconte la directrice de la clinique des adolescents à l’Hôpital de Montréal pour enfants.•Même s’ils n’ont pas de chums, ils ont beaucoup de sexe, surtout du sexe oral.Il me semble que les filles qui font des blow jobs à droite et à gauche sont abusées, car elles ne reçoivent rien en retour.» A l’Institut national de santé publique du Québec, la question de l’égalité des sexes est revenue hanter les chercheurs là où ils ne l’attendaient pas, chez la plus jeune génération.Pour le Dr Marc Steben, il est clair qu’il y a de moins en moins de cohésion sociale aujourd’hui.•Avant, t'avais peur de mettre une.fille enceinte, parce qu'il fallait alors l'épouser.Aujourd’hui, la sexualité est devenue très individualiste: “j’ai du fun, si mon partenaire en a aussi tant mieux, sinon tant pis”», tranche le médecin-conseil.La coordonnatrice du projet Relations amoureuses des jeunes, un programme qui offre de l’aide aux intervenants scolaires, juge en effet que les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’oublier dans leur exploration de la sexualité tout simplement parce qu’ils sont généralement incapables de cerner leurs propres besoins.Ils vont plutôt imiter leurs pairs, quitte à forcer la note, raconte Chantal Hamel.Quand elle voit à quelles pressions sont soumises les jeunes filles d’aujourd’hui, Mme Hamel ne peut s’empêcher de s’interroger sur leurs motivations profondes.•On se pose beaucoup de questions quant au plaisir qu’elles retirent de cette façon de vivre leur sexualité.Certaines y voient un pouvoir, mais, physiologiquement parlant, il ne faut pas se leurrer, ça reste plus difficile pour les filles d’avoir un orgasme, surtout à cet âge.» Consentement Pour la coordonnatrice du programme J’AVISE, qui vise à prévenir les agressions à caractère sexuel auprès de la population des écoles secondaires, c’est même devenu le nerf de la guerre.On parle toujours aux jeunes de harcèlement, de voyeurisme, d’inceste ou de viol, mais de plus en plus de consentement, explique Chantal Dagenais.•Ils sont souvent très surpris d'entendre que ce n’est pas parce qu'ils sortent avec quelqu’un qu’ils ne pourront pas vivre d'agressions sexuelles.Ils pensent que c’est normal de tout faire, qu'ils doivent au f- * MM, r **- c A L'amour reste un élément central dans la vie des jeunes.PEDRO RUIZ UE DEVOIR moins ça à leur partenaire, même si ça les ne tente pas.Et quand on dit tout, ça comprend la relation anale, la relation sexuelle, la fellation.Pour eux, c’est ça la sexualité», explique Mme Dagenais, qui remarque que cette vision est d’autant plus difficile à déconstruire que bien des adultes pensent aussi de même.Selon Statistique Canada, une adolescente sur trois et un adolescent sur six ont vécu une agression sexuelle, des chiffres qui sont constants depuis plusieurs années.Cela dit, le visage du har-celeur, lui, a changé.Les intervenants sur le terrain voient de plus en plus de couples se former sur des bases plus mercantiles entre une très jeune fille et un garçon plus âgé.•L’exploitation sexuelle entre jeunes, ça existe.assure Mme Dagenais.Ça commence avec des petits cadeaux, puis avec des plus grands et, en retour, les jeunes doivent consentir à des actes sexuels.» Résultat: l’intervention auprès des jeunes qui pratiquent une telle sexualité est devenue autrement plus complexe, note le psychiatre Pierre H.Tremblay.‘Il est très difficile de tracer des frontières claires entre la séduction, l'agression sexuelle et le conformisme aux pressions de l’entourage, tout ça entre sous le même parapluie», explique celui qui est représentant de la santé publique dans le projet Relations amoureuses des jeunes.Selon lui, il ne faut pas avoir peur d’aborder la question du consentement avec les jeunes.•L’utilisation de l’alcool est encore très présente en matière d'agression sexuelle.On parle beaucoup de la pilule du viol, mais c’est absolument marginal, alors que l'alcool est une tactique très fréquente; c’est la meilleure drogue du viol», assure M.Tremblay, qui dénonce la popularité grandissante des «concours de calage» qui apportent leur lot de premiers soirs qui déchantent En quête d’amour Paradoxalement, l’amour reste un élément central dans la vie des jeunes.Quand les intervenants de Relations amoureuses des jeunes les interrogent, ils sont majoritaires à avouer avoir une conception assez idéalisée de l’amour.•Autant ils sont très préoccupés par l’opinion de leurs pairs, autant leur modèle suprême reste leurs parents.Ceux dont les parents sont restés ensemble espèrent reproduire la même chose et ceux dont les parents ont eu de multiples relations ne veulent pas reproduire cela», raconte Chantal Hamel.Cela dit la façon dont certains jeunes vivent leur sexualité fait en sorte que cet idéal devient extrêmement difficile à atteindre, l’âge adulte venu.•Un viol d’une fille par douze gars, ça magane une fille.Des gars qui se branlent de 11 à 16 ans devant des scènes de gagging, ils arrivent devant une vraie fille, et ils ne sont pas tellement jonctionnels», explique la sexologue Jocelyne Robert, auteur de huit livres sui; la sexualité des enfants et des adolescents.A l’unité de gynécologie du CHU Sainte-Justine, l’infirmière Doris Ouellet voit plusieurs de ces jeunes qui se sont brûlé les ailes.•!! ne faut pas négliger le fait qu'il y a beaucoup de dépendance affective de la part de nos jeunes filles.Pour elles, être aimé est bien important, et la sexualité est une façon de l’être.» La quête d’amour n’est en effet jamais bien loin, surtout chez les filles-mères, une population stable depuis quelques années.•Elles ne réalisent seulement qu’après la venue du bébé que ce sera à elles de donner encore une fois de l’amour», déplore Mme Ouellet.D’autres, plus pragmatiques, décident tout simplement de cesser toutes activités.•On voit des jeunes qui, à 16 ans, ont tout fait et arrêtent soudainement pour se préserver pour le prince charmant, le vrai», se surprend encore la Dre Franziska Baltzer.Avec la collaboration de Marie-Andrée Chouinard Le Devoir FIN PORNO SUITE DE LA PAGE A 1 d’entre eux étant branchés sur la Toile, on y apprenait que 80 % des enfants mentaient hardiment à leurs parents le temps venu de dire ce qu'ils fabriquaient des heures durant devant l'écran.75 % des parents, à l'inverse, s’affirmaient convaincus d’un usage tout à fait innocent de ce Web captivant.De plus en plus d’écoles composent avec des situations malheureuses où, après avoir clavardé naïvement avec un inconnu, une jeune fille a expédié photos ou vidéos à son interlocuteur pour les retrouver ensuite dans l'immensité du Web.On a ainsi vu des jeunes filles, devenues la risée d'une école entière, changer de terrain scolaire en plein milieu d’année, histoire de fuir les taquineries.•Je dis aux jeunes: “Afficheriez-vous une photo de votre vulve en plein Journal de Montréal, avec votre nom et votre adresse en dessous?Non?Mais c'est exactement ce que vous faites en expédiant une image de vous nue sur Internet!”», explique Louiselle Roy, directrice du programme français pour le Réseau Education-Médias.Cet organisme canadien, qui vante les mérites de l'éducation aux médias et à Internet, compile des statistiques décapantes: 80 % des jeunes Canadiens naviguent sur Internet de la maison, et la moitié d’entre eux sans aucune surveillance.Au fil de fructueux clavardages, le quart d’entre eux se sont pourtant fait proposer une rencontre avec un inconnu croisé au hasard du Net, ce que 15 % ont accepté, dont 20 % sans personne pour les accompagner.Surdose de pornographie La sociologue Diane Pacom refuse de faire porter la totalité du blâme sur les larges épaules d’Internet «La faute d Internet?Pas seulement ça», réplique la profes-seure de l’Université d’Ottawa, qui convient toutefois de l'accessibilité déconcertante aux images pornographiques permise par le Web.•C’est la société dans son entier qui nous dévoile une «Les jeunes ont besoin de savoir que, si tout est apparemment possible en sexualité, tout n’est pas normal pour autant et tout n’est pas permis.» pornographie constante et continuelle.» Peut-être pas coupable de tous les maux, le Web a cependant pennis un accès conunode à une surdose de pornographie, que les jeunes regardent semble-t-il en abondance, sans aucun filtre critique pour leur désigner la portion d’interdit et de saugrenu dans le lot •Quand ton éducation sexuelle vient des sites pornographiques sur Internet, tu ne peux pas t’imaginer qu’une relation sexuelle, ce n'est pas forcément se faire sodomiser, avaler le sperme ou s’en faire asperger plein la face», explique sans détour le Dr Marc Steben, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec.•La sexualité devient de plus en plus expérimentale.R suffit pour cela de voir le nombre de jeunes filles qui se font demander de faire les trois trous” dès leur première relation, à 12 ou 13 ans.Quand un jeune garçon nous demande pourquoi sa blonde ne jouit pas quand il lui fait pipi dessus, c’est clair que son éducation sexuelle ne lui vient pas d'un cours secondaire.» Depuis qu'il s'est mis à la page électronique, le service d’écoute téléphonique Tefjeunes a ainsi vu les jeunes rehausser le niveau de questions sur le thème — le plus en vogue — de la sexualité.Alors que les intervenants n'avaient jamais eu à y faire face, ils ont soudainement dû répondre de la •normalité de la bestialité», au moins une fois par semaine.•Les jeunes se questionnent sur la normalité de la chose», raconte Linda Pri-meau, superviseure clinique à Tel-Jeunes.•Ils l'ont soit essayée, soit vue sur Internet, et ils veulent savoir si c'est normal comme pratique, ou si c’est normal de l’avoir fait, carrément.» Au même titre, les •trips à trois», la bisexualité et la sodomie trônent dans la liste des questions qui reviennent régulièrement, à côté des plus traditionnelles interrogations sur la longueur du pénis ou encore la douleur d'une première relation sexuelle.•La sodomie revient souvent dans les questions des jeunes, et toujours dans cet esprit de normalité», explique Mme Primeau, de Tel-Jeunes.*Comme les jeunes s’éduquent en quelque sorte à la sexualité au moyen de la cyberpomographie, ils s 'imaginent que ce sont des pratiques obligées.» L’organisme a d'ailleurs dû réfléchir à la manière de répliquer à ces questions en insistant encore davantage sur le respect de soi.•Nos interventions sont très axées sur l’estime, le choix, le droit de dire non», explique Mme Primeau, qui précise que ces questions liées à des pratiques inédites ne sont pas reproduites sur le site Internet de Tel-Jeunes, et ce, volontairement.Parents avertis ou impuissants?Lors d’une formation offerte à des parents sur la sexualité des jeunes, dans une école secondaire de Montréal, une mère au fait de certaines allées et venues de son fils sur des sites pornographiques confiait son impuissance.•Nous avons confronté notre fils à ce qu’il avait vu [une photo porno montrant une femme avec un bouquet de carottes introduit dans le sexe] et que nous avons découvert», a-t-elle raconté, à la recherche d’une manière de composer avec le problème.•R n'a pas nié, mais a expliqué que c’était un défi que ses chums avaient lancé à l’école.R fallait déjouer les filtres informatiques placés par les parents, et aller compter le nombre de carottes pour en parler à l’école le lendemain.» Lorsque des parents lui lancent ce type de SOS, le Réseau Education-Médias transmet de l'information préventive sur la sécurité et Internet en lien notamment avec l'avènement du davardage et l'usage des Webcam.Les parents que Louiselle Roy rencontre sont soit tout à fait conscients des dangers, et cherchent à en savoir davantage, ou au contraire, •iis ne savent absolument rien et n’auraient pas la moindre idée des manières de filtrer ce qu’il y a sur Internet».L'organisme vante les mérites d’un esprit critique affûté et d’une trame morale derrière des conseils de nature phis pratique.•Je dis aux parents: "Ce n’est pas juste une question technique de sécurité, mais aussi d’éthique’», explique Louiselle Roy.•Transférez vos valeurs sur Internet aussi! Demandez à vos enfants avec qui ils clavardent il n’y a rien de top secret là-dedans!» Les policiers, qui récoltent tant bien que mal les plaintes liées à l'exploitation sexuelle des enfants en ligne, distribuent bien quelques recommandations d’usajge à l'intention des parents.Comme utiliser des logiciels de protection bloquant l’accès aux sites offensants, installer l’ordinateur en pleine salle familiale plutôt que dans l’intimité de la chambre d’ado ou encore limiter l’usage des fameuses Webcam.Au Canada, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a décrété en 1999 qu'elle ne soumettrait pas Internet à ses lois, ce que l’Angleterre, par exemple, a choisi de faire, en renvoyant aux fournisseurs de services Internet la responsabilité du contenu qu’ils divulguent.Mais la Toile est un •monstre insaisissable», comme l’explique le sergent Yves Grimard, responsable de l’unité des communications et des relations avec la communauté pour la Sûreté du Québec, district de l’Outaouais.Dans ce coin du Québec, la police municipale, provinciale et fédérale s’est alliée pour sensibiliser les parents.•Internet, c’est tellement impersonnel que, quand les enfants sont victimes de quelqu'un sur leur écran, ils ont l’impression qu’en faisant DELETE ou OFF sur la machine, le problème s’en va», explique M.Grimard.•Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.» Si la cyberpomographie vient de changer l’ensemble des données qu’on possédait sur la sexualité des jeunes, les sexologues croient que, au-delà des recommandations d’usage, la discussion avec les jeunes demeure un remède certain pour éviter la panique.«Les jeunes ont besoin de savoir que, si tout est apparemment possible en sexualité, tout n’est pas normal pour autant et tout n’est pas permis», explique Francine Duquel, sexologue spécialisée en éducation sexuelle auprès des enfants et des adolescents.•Je reste confiante, malgré tout», explique la sexologue Jocelyne Robert, qui vient d’écrire Le Sexe en mal d'amour, un livre qui dénonce «fa vacarme sexuel» dans lequel on baigne.«Q«and on prend le temps, quand des personnes significatives leur parlent et leur proposent autre chose, les jeunes réagissent.Mais il faut agir.» Avec la collaboration de Louise-Maude Rioux Soucy Le Devoir LE DEVOIR.LE L U S D I 18 AVRIL O O A .1 LE MONDE Pékin refuse de s’excuser pour les violences anti-japonaises Pékin — La Chine a refusé de présenter la moindre excuse hier pour les violentes manifestations anti-nippones qui ont causé des dégâts aux representations diplomatiques japonaises a Pekin.•Le gouvernement chinois h a jamais fait quoi que ce soit qui ait fait du tort au peuple japonais», a déclaré le ministre chinois des affaire étrangères, Li Zhaoxing, alors qu’il recevait son homologue nippon, Nobutaka Machimura, et que de nouvelles manifestations de chauvinisme étaient signalées dans au moins six villes de Chine.M.U a estimé que c’était plutôt le Japon qui avait des choses à se reprocher, évoquant «une série de choses qui ont heurté les sentiments du peuple chinois» en faisant notamment allusion au soutien du Japon à Taiwan.Les Chinois sont également indignés par un nouveau manuel d’histoire japonais qui tait les atrocités commises par l'armée japo- naise durant l’occupation de la Chine de 1931 à 1945, entre autres lors du massacre de Nankin en 1937.Pékin s’oppose d'autre part catégoriquement à ce que le Japon le rejoigne au sein du petit groupe de puissances ayant un siège de membre permanent — et donc un droit de veto — au Conseil de sécurité de l’ONU.Nobutaka Machimura a répondu à tout cela en appelant son homologue à faire en sorte de protéger les diplomates et les citoyens japonais.Le gouvernement de Tokyo a dénonce les violences de samedi à Shanghaï où la police a laissé 20 000 émeutiers briser des vitres et endommager des restaurants ainsi que des automobiles.*Je souhaite que le gouvernement chinois gère sincèrement cette affaire en vertu des usages internationaux», a déclaré M.Machimura en réference aux traités concernant la protection des représentations diplomatiques.Machimura a proposé qu’une rencontre ait lieu entre le premier ministre japonais Junichiro Koizumi et le president chinois Hu Jintao en marge, dans les jours à venir, du sommet de Djakarta pour le cinquantenaire de la conference des nonaiignes à Bandung.Li s’est borne à dire que les autorités chinoises allaient etudier l’idée.Machimura a annonce en outre que Pekin et Tokyo évoqueraient en mai leur contentieux sur l’exploration gazière en mer de Chine orientale, un des points d'accroc qui minent actuellement les relations bilatérales.Sur le terrain, la grogne s’est une fois de plus fait sentir hier.Un millier de manifestants se sont approchés du consulat du Japon à Shenyang, dans le nord-est du pays, mais ils ont été maintenus à bonne distance du bâtjment par la police.A Shenzhen, dans le Sud, un millier de personnes se sont massées devant un magasin de la chaî- ne nippone Jusco.tandis que deux autres cortèges, dont l’un atteignait au moins 10 000 personnes, défilaient dans le secteur.Les manifestants ont brandi des drapeaux chinois, entonnant Ihymny national et scandant le slogan *A bas le Japon», selon des images diffusées par la chaîne câblee de Hong Kong.Toujours dans le Sud du pays, à Canton, environ 500 manifestants ont également proteste devant un autre magasin Jusco.appelant au boycottage des produits nippons, a précisé Chiharu Tsuruoka, le vice-consul général du Japon, les forces de l’ordre ont par ailleurs bouclé un stade, d’où devait partir un autre rassemblement D’autres mouvements de protestation ont également été organisés à Dong-guan et Zhuhai, dans le Sud, ainsi qu’à Chengdu.Associated Press Avec Reuters J* r r- — h Hier, des Irakiens de Madaïen ont été forcés d’évacuer leur ville assiégée.THAÏ EK AL-Sl'DANI REUTERS Irak: l’étau se resserre autour de Madaïen EN BREF Une nouvelle extrême droite pour Haider Salzbourg, Autriche — Le populiste autrichien Jôrg Haider a été élu, hier à Salzbourg (centre de l'Autriche) sous les vivats, président de l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZOe), un nouveau parti issu d’une scission de son ancienne formation, le FPOe (extrême droite, au pouvoir).Au cours du congrès constitutif de cette nouvelle formation, M.Haider a été élu à main levée à l’una-nimité des 564 délégués, moins une abstention.La poste de directeur exécutif du BZOe est allée au vice-chancelier, Hubert Gorbach, démissionnaire du FPOe.Neuf des 18 anciens députés FPOe au Nationalrat (Conseil national, chambre basse du Parlement) ont officiellement rejoint le BZOe, sept restant au FPOe et deux étant indécis.- AFP Wolfensohn à Gaza Washington — Le président sortant de la Banque mondiale, James Wolfensohn se rendra sans doute la semaine prochaine à Gaza, pour une première visite après sa nomination comme représentant spécial du Quartette (Etats-Unis, ONU, UE, Russie) pour aider au retrait israélien, a-t-il annoncé hier.Interrogé sur les chances de succès de sa mission, M.Wolfensohn a affirmé que •s’il y a un succès, ce sera un succès des Israéliens et des Palestiniens, pas le mien».-AFP SALWAN BINNI Bagdad — Les forces irakiennes et multinationales ont mené hier une série d’opérations autour de la ville de Madaïen, au sud de Bagdad, où des insurgés sunnites retiennent en otages des habitants chiites, selon des sources sécuritaires irakiennes.En outre, un Français, une Américaine et une personne non identifiée ont été tués dans un attentat suicide commis samedi à Bagdad, ont indiqué des sources officielles française et américaine.Des forces irakiennes, américaines et ukrainiennes ont commencé à fouiller les villages proches de Madaïen (30 km au sud de Bagdad), arrêtant 52 sus- pects, selon la police irakienne.Les forceo irakiennes auraient pénétré dans Madaïen hier matin, mais, selon une source militaire irakienne, ces forces espèrent encore une médiation de religieux sunnites avant de lancer l'assaut •Le Comité des oulémas [la principale association de religieux sunnites] joue un rôle de médiateur pour résoudre le problème pacifiquement», a déclaré cette source.La tenue de ces négociations ne pouvait être confirmée dans l’immédiat auprès du Comité.Pour sa part, une source au ministère de l’Intérieur a indiqué que *la décision d'entrer en ville a été repoussée à demain matin [aujourd’hui]».Des insurgés sunnites ont envahi vendredi Madaïen et y retenaient samedi au moins 80 habi- tants en otages, selon des sources sécuritaires.Dans le même temps, des députés chiite et kurde se sont inquiétés du retard pris dans la formation du gouvernement, car il pèse, selon eux, sur l’état de la sécurité dans le pays.•Plus le processus traîne en longueur, plus nous verrons de l’instabilité et des attaques terroristes», a déclaré Hoshyar Zebari, un Kurde, ministre sortant des Affaires étrangères.Houmam Hamoudi, député chiite, a jugé •nécessaire de résoudre cette question [du gouvernement! d'ici à la fin de la semaine prochaine, parce que la situation de la sécurité et de l’économie [.] se détériorent».Agence France-Presse Traité constitutionnel européen Villepin appelle le camp du « oui » à se mobiliser Paris — Dominique de Villepin a appelé hier les partisans du «oui» à la Constitution européenne à cesser •l’école buissonnière» et a estimé qu’une politique •plus volontaire» devrait être menée en France après le référendum du 29 mai.•H y a encore dans les partisans du “oui” beaucoup d’école buissonnière, beaucoup de détours.Beaucoup folâtrent alors qu’il faudrait se concentrer sur l’essentiel [.] Notre problème, c’est d’avancer tous ensemble, nous ne sommes pas suffisamment concentrés», a déclaré le ministre UMP de l’Intérieur sur Europe 1.Se disant •généreux» dans ses critiques, ce proche de Jacques Chirac a surtout semblé viser le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, à l’ambition présidentielle affichée, et le président de l’UDF, François Bayrou, soucieux de maintenir son indépendance.•Il y a plusieurs combats qui semblent être menés à partir de cette campagne», a dit Dominique de Villepin.*Ne confondons pas 2007 avec le référendum, ne confondons pas l'avenir de tel ou tel parti avec le référendum, nous parlons de l’avenir de la France et j’aimerais que l’ensemble de ceux qui aujourd’hui se battent pour le “oui" com- prennent de quoi il s’agit».Le ministre de l’Intérieur, donné comme un possible successeur de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, a estimé qu’il faudrait tirer •l’ensemble des leçons et des conséquences» de la montée du mécontentement, qui se traduit aujourd’hui par la domination du «non» dans les sondages, pour aller •plus loin, plus haut et plus fart».•Quel que soit le résultat du référendum, que les Français votent oui ou qu'ils votent non, il faudra une politique encore plus volontaire, encore plus audacieuse, encore plus solidaire, ça me paraît être une vérité d’évidence», a-t-il dit.Dominique de Villepin a assuré que le «oui» à la Constitution européenne avait •une grande chance de l'emporter» et qu’une victoire du «non» •casserait l’élan européen».Pour lui, da campagne a démarré avec l’émission du président de la République», jeudi soir surTFl.Et Jacques Chirac, qui est -généreux de son tempérament, de sa personne, de ses idées», sera «à tous les rendez-vous de ce référendum parce que l'enjeu est essentiel pour notre nation», a souligné le ministre de l’Intérieur.Reuters La coalition au pouvoir recule DANIEL TROTTA ET ADRIAN CROFT Vitoria.Espagne — Les nationalistes basque modères au pouvoir étaient en passe hier soir de remporter les elections régionales au Pays basque espagnol, mais ils sont en recul et ne disposeront pas de la majorité absolue au Parlement Après dépouillement de la quasi totalité des bulletins de vote, le Parti nationaliste basque (PNV) du premier ministre Juan José Ibarretxe et ses alliés demeurent le principal bloc politique avec près de 39 % des voue.Leur représentation au Parlement, où siègent 75 élus, passera cependant à 29 élus, contre 33 dans la précédente mandature, issue des élections de 2001.Avec 5 % des suffrages, leurs allies de la Gauche unie compteront trois parlementaires et Ibarretxe devrait donc être en mesu re de former un gouvernement minoritaire.La surprise de ce scrutin vient de la performance du Parti communiste des Terres basques (PCTV-EHAK), une petite formation créée en 2002 et qui bénéficiait pour cette consultation du soutien des séparatistes de Batasuna, considérée comme la vitrine politique des clandestins armés d’ETA.Selon les résultats officiels, elle recueille 12,5 % des voix et disposera de neuf élus au Parlement.Aux élections régionales de 2001, Euskal Herritarrok, devenu depuis Batasuna, avait obti^ nu 10,1 % des voue et sept sièges au Parlement basque.•En tant que démocrate, cela fait mal.ETA et Batasuna étaient représentés dans cette élection.C'est un véritable revers pour la démocratie», déplorait dans la soirée Carmelo Barrio, secrétaire général du Parti populaire (PR droite), accusant le gouvernement socia- liste de ne pas avoir écarté le PCTV-EHAK des urnes.Au-delà de l’élection des 75 dé putes du parlement régional, ce scrutin devait donner une idee du soutien dont jouit le plan de -libre association» avec l'Espagne que défend Ibarretxe mais que le Parlement espagnol a rejeté le 1" février dernier.Ibarretxe esjx'rait que sa coalition obtiendrait un Luge score à ces législatives, susceptible de contraindre Madrid à renégocier son projet.Même s’il remporte sa huitième victoire Législative consécutive.le PNV n’aura donc pas rempli le contrat fixe par Ibarretxe.la» Pays basque espagnol reste coup' en deux sur ce plan qu’lbarretxe voit comme un projet à même d'en finir avec les violences séparatistes, mais que les autorités espagnoles considèrent comme une atteinte à la constitution espagnole.Ibarretxe et le président du gouvernement espagnol, José laiis Rodriguez Zapatero, pourraient se mettre d’accord sur une «troisième voie», similaire à celle adoptée en Catalogne, qui jouit d'un statut d’autonomie depuis 1979.•Les socialistes vont essayer de convaincre Ibarretxe de suivre la voie de la Catalogne», affirme Charles Powell, professeur d’histoire à l'université S;ui PabloCEU de Madrid.«Si l’on exclut la rhétorique, le plan d'Ibarretxe se réduit à des pouvoirs accrus sur les impôts et les tribunaux.» En réaction au pl;ui d'Ibarretxe, plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier dans les rues de Madrid à l’appel du parti de la Phalange.Les protestataires ont scandé -Vive l’unité espagnole!» et déployé des drapeaux de la période franquiste, durant laquelle la culture et la langue basques ont été systématiquement réprimées.Reuters «Les socialistes vont essayer de convaincre Ibarretxe de suivre la voie de la Catalogne » CHYPRE DU NORD Victoire du candidat pro-réunification JAMES II E LIC KH Nicosie — Le premier ministre chypriote turc sortant Meh-met Ali Talat, favorable à la réunification, a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle organisée hier dans la partie nord de ITle divisée, selon les résultats officiels.Ali Talat a obtenu 55,6 % des suffrages, contre seulement 22,7 % à son principal rival, Dervis Eroglu, après dépouillement de la totalité des bulletins.Dès l’annonce de sa victoire, Mehmet Ali Talat a lancé un nouvel appel à la réunification de Chypre et à l’adhésion de la partie turque de l’île à l’Union européenne (la partie grecque de Chypre, au Sud, a déjà intégré l’UE l'an dernier).•Les Chypriotes turcs n’apprécient pas que leur île soit divisée», a déclaré M.Talat après la confirmation de sa victoire.-Je tiens à souligner une nouvelle fois que les Chypriotes turcs appellent à la réunification et à l’adhésion à l’UE.» •J’appelle aussi les dirigeants chypriotes grecs vers lesquels je tends ma main pour la paix, et cette main sera là jusqu’à ce qu’elle soit saisie.Je crois sincèrement qu'un jour cette main sera saisie», a-t-il souligné.•Je travaillerai de toutes mes forces et avec toute ma volonté à mettre fin à cet isolement [des Chypriotes turcs)», a ajouté le nouveau président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, Etat autoproclamé, satellite de la Turquie).M.Talat s’est dit prêt à rencontrer le président chypriote grec Tassos Papadopoulos à -tout moment pour résoudre les questions pratiques» telles que la coopération avec la police et les tribunaux chypriotes grecs.Dans la capitale, des partisans de Mehmet Ali Talat, en liesse, manifestaient leur joie à grand renfort de coups de klaxon et en agitant des drapeaux verts de leur parti avec des photos de leur candidat dessus.Le gouvernement chypriote grec a qualifié la victoire de M.Talat de «développement positif» tandis que les États-Unis félicitaient le nouveau président chypriote turc.Associated Press % LE DEVOIR.LE LUNDI 18 AVRIL 2005 a a EDITORIAL L’argent propre Le scandale des commandites aura raffermi bien des citoyens dans leur conviction que le monde politique est pourri.Sans attendre les conclusions de l’enquête du juge John Gomery, il feut que les politiciens entreprennent une réflexion sur le financement des partis politiques.C’est par là qu’il faut commencer pour redonner à la politique ses lettres de noblesse.P lus les travaux de la commission Gomery avancent, plus la rupture du lien de confiance à l’égard du processus politique se confirme.Le sentiment que tout s’achète, y compris l’influence, aura été nourri par les révélations des uns et des autres ces dernieres semaines.Même si plusieurs coins d’ombre subsistent, on voit que beaucoup d’argent a circulé dans l’orbite des partis, dont une partie s’est retrouvée dans les poches de gens peu scrupuleux et une autre a servi à financer des activités politiques Les jeux d’influence n’ont pas été inventés d'hier, mais ce n’est que depuis quelques décennies qu’ont été adoptées des lois réglementant de telles situations.Le premier au Canada à avoir osé donner un grand coup de balai fut René Lévesque, en 1977, avec la loi numéro 2 sur le financement des partis qui réservait aux seuls électeurs la capacité de leur faire des dons.Il mit fin ainsi aux excès des années Duplessis dont on n’avait pas réussi jusque-là à se débarrasser totalement En ces matières, les partis ne sont guère prompts à s’auto-ré-glementer.Souvent, les gouvernements attendront que survienne une crise pour agir.Ainsi, la première loi régissant le lobbyis-me ne fut adoptée qu’au milieu des années 80, à l’arrivée des conservateurs au pouvoir, alors que se multipliaient dans la capitale fédérale les lobbyistes entretenant des liens étroits avec le gouvernement.A Québec, on attendit que des circonstances similaires surviennent pour imiter Ottawa.Une telle loi ne fut adoptée qu’en 2002.Pour sa part, ce n’est que 26 ans après René Lévesque que le premier ministre Jean Chrétien s’attaqua à la réforme du financement des partis politiques fédéraux.Les banques, les compagnies de tabac, les compagnies pétrolières et les syndicats qui finançaient à coup de dizaines et de dizaines de milliers de dollars les partis fédéraux sont aujourd’hui limités à des dons de 1000 $.Ce n’est pas sans raison si M.Chrétien se résolut en 2003 à faire cette réforme.Lui-même et son gouvernement avaient été sans cesse l’objet, les années précédentes, de toutes sortes d’allégations.Il y avait eu les «erreurs administratives» dans la gestion du programme de création d’emplois du ministère des Ressources humaines.Il y avait eu aussi ce que certains appelèrent le «shawinigate».Puis il y avait les questions sur le programme des commandites qui se faisaient de plus en plus insistantes.Cette loi, personne n’en voulait dans son parti, et il l’imposa à ses députés sous la menace d’élections précipitées.Peut-être avait-il alors l’intuition que cette affaire des commandites allait devenir un scandale et qu’il fallait agir de manière préventive.Bernard Uescôteaux ?Plusieurs jugent aujourd’hui que la loi sur le financement des partis, telle que conçue par René Lévesque, est dépassée.On fait valoir que le financement populaire devient de plus en plus difficile.Comme le relevait notre collègue Kathleen Lévesque la semaine dernière, il n’y a plus que 68 000 personnes en moyenne qui souscrivent chaque année à des partis politiques alors qu’il y en avait presque trois fois plus, soit 191000, dans les années qui suivirent l’adoption de la loi numéro 2.Quelles que soient les raisons de ce désengagement des citoyens envers les partis politiques, la réalité est que ceux-ci manquent d’argent, ce qui expliquerait qu’ils aient accepté des dons d’individus tout en sachant fort bien qu’ils venaient d’entreprises selon le modèle décrit par Jean Brault devant la commission Gomery.Plusieurs points de vue sont exprimés sur ce qu’il conviendrait de faire.L’un veut qu’il faille permettre les dons des entreprises aux partis jusqu’à un montant de 15 000 $.C’est ce que pense Pierre-F.Côté qui déjà occupa le poste de directeur général des élections.Le professeur Louis Massicotte, un spécialiste de la question, croit que ce serait revenir en arrière, point de vue que nous partageons.la constatation qu’une chose illégale existe ne doit pas nous amener à conclure qu’il faut régulariser la situation en la rendant légale.Si on le faisait pour les dons des entreprises versés au noir aux partis politiques, pourquoi ne rendrait-on pas légal le travail au noir?Avant toute chose, il faut s’arrêter aux valeurs qui inspirent la loi sur le financement des partis.Ce qui est en cause ici est la participation citoyenne.La base du système démocratique repose sur les citoyens en tant qu’indi-vidus, ce que René Lévesque avait voulu faire reconnaître.Permettre à nouveau aux entreprises de faire des dons ne ferait probablement qu’accentuer le désengagement des citoyens envers le financement des partis et le militantisme politique.Augmenter la proportion du financement venant de l’État aurait probablement le même effet.On pourrait croire par ailleurs qu’en accordant aux partis politiques une base de financement plus large on ferait disparaître la tentation pour les partis d’accepter des dons illégaux comme ceux faits par Groupaction au Parti québécois.Il ne faut pas se faire d’illusion à cet égard.Il y aura toujours des gens prêts à contourner la loi.La seule façon efficace est de rendre les fautifs passibles de peines très sévères.Les partis eux-mèmes devraient être passibles de se voir retirer une partie du financement de l’État lorsqu'ils seraient pris en faute.Cela étant, ils seraient sans doute incités à faire respecter scrupuleusement la loi.?Le problème qui est posé aux partis politiques par le scandale des commandites n’est pas simple à résoudre.Renouer le lien de confiance avec les citoyens ne se fera pas instantanément.Du côté fédéral, ce sera un très long processus.La commission Gomery sera un élément important de la thérapie.Au Québec, le problème est moins grave, il faut le reconnaître.Ce n’est toutefois pas une raison pour ne pas réagir.Ce serait rassurant si le premier ministre Charest, avec l’appui des partis d’opposition, confiait à un groupe de travail le mandat de revoir la loi sur le financement des partis dans un esprit de renforcement de la participation citoyenne à la vie politique.Cela coûterait bien sûr quelques dollars, mais ce serait de l’argent bien dépensé si, au bout du compte, on acquérait la conviction que les partis ne sont financés que par de l’aigent propre.bdescoteanx(/)ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE l£ PReTocott Pc KS0Ta viei ConClMê II su ôô il p j jî) fjÜjf)
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