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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-11-22, Collections de BAnQ.

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r LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2 0 0 3 ÉTATS-UNIS Libre-échange : pourquoi les Etats-Unis soutiennent la ZLEA Page B 5 t V.U Il y a 40 ans, le président Kennedy était assassiné Page B 3 LE DEVOIR PERSPECTIVES Le marasme de l’après-guerre Où est le Karzaï irakien ?t GUY TAILLEFER LE DEVOIR offre d’emploi pourrait se / présenter ainsi: patron américain cherche un Hamid Karzaï pour ^occuper présidence et conduire l’Irak à la démocratie et j à;la nfodernité.Un homme qui tieone compte de nos intérêts, qui ; présente un visage occidentalisé .et qui soit une figure consensuelle I popr les Irakiens, toutes ten-, dances confondues.;Washington n’a pas encore .identifié en Irak une personnalité qui soit capable de jouer un rôle équivalent à celui du président af-t ghan à Kaboul, déployait récem-„ ment le secrétaire d’Etat améri-I cam, Colin Powell, tout en se déclarant convaincu qu’«M«e personnalité va émerger».Vue de l’esprit?Lés attentats se multipliant contre ' l’Occident et tout ce qui est cou-, pable de relations avec lui, les ! Etats-Unis cherchent à réaliser, .ptmr ainsi dire, la quadrature du cercle.Sur fond de maladresse, si-, gnale Sami Aoun, spécialiste du j Moyen-Orient à l’UQAM et à -1 l’Université de Sherbrooke, «Karzaï est considéré comme une ma-f rionnette des Américains dans l’es-.pace arabe et musulman.Son nom ; a pris un sens péjoratif.» j Dupliquer le modèle afghan?, «Jl n’y a pas de quoi se vanter, considérant la barre démocratique placée très haut par George W.Bush pour l’Irak», écrivait récemment Patrick Basham, partenaire du think tank américain Cato Institute, dans le Aria Times.«Malheureusement, le président Karzaï n’est guère plus que le maire de facto de Kaboul.» Une «mairie» autour de laquelle des seigneurs de la guerre se partagent l’Afghanistan.L’absence d’un Karzaï' irakien assez présentable pour être mis eh vitrine est tout à fait symptomatique des obstacles qu’affrontent les Américains.Piégés par la guerre, ils ont dû effectuer au cours des deux dernières semaines un virage stratégique majeur en annonçant le transfert du pouvoir, fin juin 2004, à un gouvernement provisoire qui sera désigné par une nouvelle assemblée de 250 représentants irakiens (formée de chefs tribaux, de leaders religieux, de gens d’affaires, d’intellectuels et de syndicalistes).VOIR PAGE B 2: IRAK JIM WINSLET REUTERS George W.Bush est allé rencontrer cette semaine son aMé, Tony Blair.ÜÉI ür La vie de Maher Arar et de son épouse Monia Mazigh a été complètement chamboulée.Maher Arar au Devoir SYLVAIN MARIER La peur aux trousses Il revient de loin et ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé.Maher Arar, un Canadien né en Syrie, s’est fait arrêter par les autorités américaines en septembre 2002 sous des soupçons — jamais fondés — de terrorisme.Plutôt que d’être expulsé vers le Canada, les Américains ont choisi la Syrie, où il a moisi dans un cachot pendant un an et subi la torture.En entrevue avec Le Devoir cette semaine, Maher Arar a révélé de nouveaux détails sur son étrange mésaventure.Il a aussi raconté l’homme qu’il est.DE HÉLÈNE BUZZETTI NOTRE BUREAU D’OTTAWA aher Arar n’est plus le même homme.Depuis qu’il est revenu à Ottawa après une détention sans motif d’un an en Syrie, il vit pour ainsi dire en reclus.À la maison, sans travail et sans contact •Je fais seulement confiance à ma femme, maintenant», lance-t-il au cours d’une longue entrevue accordée au Devoir.Sa femme, Monia Mazigh, est là à ses côtés, comme on s’est habitués à l’y voir depuis que cette saga a commencé.S’il ne fait plus confiance à personne, c’est que Maher croit que son inextricable aventure est survenue seulement parce qu’il avait rencontré des gens qu’on soupçonnait d’en connaître d’autres ayant peut-être des liens avec des groupes terroristes.Le lien est ténu, il lui a pourtant valu un an d’enfer.Alors, autant ne plus courir de risque.«A la mosquée, je vais là-bas, je fais ma prière et je pars.Je ne parle pas avec les gens, explique-t-il.Je ne sais pas.Us [les autorités canadiennes] m’ont vu avec Abdullah [Almalki].Peut-être qu’ils vont me voir avec quelqu’un d’autre que je ne connais pas et dire: “On fa vu avec un tel.’J’essaie de penser maintenant.J’ai Peur.» Puis il ajoute: «f essaie de combattre cela, mais j’ai toujours dans la tête que quelqu'un me surveille.» D évoque aussi ce motif pour expliquer pourquoi il n’a pas revu ou appelé son ami Nazüi Almalki depuis son retour au Canada, «l’essaie de ne pas contacter les gens.» L’homme qui a vu l’homme.Nazih Almalki semble être une des sources de cette chaîne de connaissances qui a causé des problèmes à Maher Arar.Maher le connaissait et avait travaillé avec lui en tant qu’ingénieur de traitement des signaux chez Nextlink Communications et chez SpaceBrige, des compagnies informatiques d’Ottawa.C’est par son entremise qu’il a connu son frère, Abdullah Almalki.Abdullah Almalki croupit dans une prison syrienne depuis maintenant un an et demi bien qu’aucune accusation n’ait été portée contre lui.D s’était rendu en Syrie en voyage.Quelques mois plus tôt, en janvier 2002, il avait reçu la visite d’agents de la GRC qui avaient saisi des documents et des photos de lui.Son frère a expliqué au Devoir qu’on le soupçonnait «d'avoir vendu des ordinateurs à une compagnie qui les aurait vendus à une autre compagnie qui les aurait vendus à une autre compagnie qui les aurait vendus à un groupe terroriste».C’est cet Abdullah Almalki qui a signé une copie du bail de la famille Arar en 1997 en tant que témoin, bail que les Américains ont brandi sous le nez de Maher Arar lors de son arrestation et censé prouver leur collusion.Maher l’avait aussi déjà rencontré pour acheter à bas prix une cartouche d’imprimante chez Future Shop, où Abdullah connaissait un vendeur.Une autre source de cette chaîne de connaissances, incriminante aux yeux des autorités, est Abou El-Maati.Lui aussi a été,emprisonné en Syrie (on l’a par la suite envoyé en Egypte où il se trouve toujours) et avait reçu en janvier 2002 la visite d’agents de la GRC.Maher Arar l’avait déjà rencontré, dit-il en entrevue, lors d’une visite chez un garagiste de Montréal.S la GRC semblait s’intéresser suffisamment à ces deux hommes pour perquisitionner chez eux, elle n’a cependant jamais porté d’accusation contre eux, confirme un porte-parole.Ni contre Maher Arar, d’ailleurs.«Le seul lien, c’est que j’ai rencontré ces gens, c’est tout!», lance M.Arar.C’était un crime en soi pour les autorités américaines.Le deuxième jour de sa détention au Metropolitan Detention Center, on lui a montré en effet un document disant qu’il n’était pas autorisé à entrer aux Etats-Unis parce qu’il était un membre d’al-Qaïda.Il en a pleuré toute la journée.«C'était vraiment très grave d’accuser quelqu’un d’être «J’ai toujours dans la tète que quelqu’un me surveille» membre d'un groupe terroriste, après le 11 septembre surtout.» Ce n’est que quelques jours plus tard, dans un nouveau document de cinq ou six pages, qu’on lui a énuméré les «preuves» de son appartenance à al-Qaïda.«Ça disait: “Parce que vous connaissez Abdullah Almalki, parce que vous connaissez Nazih’ et parce que moi, j’ai déjà rencontré une fois Ek-Maati», raconte-t-il.Un crime par association à des gens sur qui rien n’a encore été trouvé.Fossé culture] Pour Maher Arar, cette accusation par association est injuste et traduit une méconnaissance de sa culture tout comme de sa situation d’immigrant Il raconte que les autorités américaines ont trouvé étrange qu’il soit allé à Montréal pour frire réparer sa voiture et que ce soit justement à ce moment-là qu’il ait rencontré Abou El-Maati.«Vous voyez, eux, ils étaient toujours surpris.Ils me disaient: "Vous allez à Montréal faire réparer votre voiture?’ [.] C’est surprenant pour des gens, mais moi, c’est ma culture, si vous me dites qu’il y a quelqu’un à Montréal qui a une bonne réputation, de bons prix et qu’il ne va pas me tromper, je vais faire le parcours.» Il ajoute aussi qu’il n’y a rien d’étrange à ce qu’il connaisse la famille Almalki parce que la communauté syrienne au Canada est petite et que les familles finissent toujours pas entendre parler des autres, à la mosquée ou ailleurs.Le Coran suspect Maher Arar n’a pas peur de le dire, il est un musulman pratiquant Malgré sa faiblesse à son retour au Canada, il a décidé de respecter le ramadan.Il fait ses cinq prières par jour et va à la mosquée le vendredi.Mais il a l'impression que, depuis cinq ans, ces simples gestes sont devenus pour certains «un signe d’intégrisme».«Les définitions changent avec le temps.Maintenant, celui qui fait la prière, qui pratique sa religion, qui fait le ramadan, qui n'a pas peur de parler de ses pensées politiques, c’est un militant.Çt c'est alarmant.Dans trois ans, est-ce que celui qui fait la prière sera appelé un terroriste?Parce que ça change dans cette direction, on le voit.» VOIR PAGE B 2: ARAR Un nouveau cahier Alternatives, un mensuel d’information internationale, nationale et culturelle encarté dans le journal Le Devoir le dernier mercredi du mois.LE PROCHAIN CAHIER : LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2003 alternatives I LE JOURNAL Alternatives est une organisation non gouvernementale qui agit sur les terrains de la solidarité, de la justice et de l'équité dans les relations entre les individus et les communautés. B 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 PERSPECTIVES Jean Dion ?O K boss, c’est la dernière fois, promis juré craché, que je ,9 t’implore de nous décortiquer le réel.Toi le démiurge omniscient, toi le Sunlight mental surpuissant au parfum de citron frais qui permet de dire adieu aux taches rebelles de crédulité qui souillent le tissu de nos préjugés, toi la moissonneuse-batteuse qui récolte le vrai mieux que la faux, , toi le docte maillon, peux-tu répondre à la question , qui nous tarabuste tous: quessé ça?¦ ,1 — Il est extrêmement intéressant, mon cher Chose; que tu lances la discussion avec ce concept clé: fa.Bien sûr, on n’invente rien: Stephen King a déjà , fait le coup, mais je doute sérieusement que son Ça , était plus terrifiant que le nôtre.Nous y reviendrons.En attendant, je pense qu’il faut d’abord éliminer les gags faciles.Comme celui-ci, par exemple: si Mi-.chael Jackson est acquitté, queÛe sera la manchette des journaux le lendemain?.— Euh.«Ce procès fut un thriller».?1 < — Tu ne ferais pas longue vie dans le titrage, toi.Non, ce serait évidemment «Michael Jackson ; blanchi».r— Est pas ben bonne.— Je t’avais dit qu’elle était facile.Mais au > moins, elle est racontable dans une chronique qui s’adresse aux 7 à 777 ans.Je t’épargne toutes les scabrosités qui circulent.Cela étant, je dois te confier que je suis intellectuellement déchiré: j’essaie depuis deux jours, en gros vain, d’établir une corrélation entre «Michael Jackson» et «présomp-: tion d’innocence».Même avec toute la bonne volonté du monde, il s’agit d’une tâche difficile quand on a affaire à un gars qui ressemble à ça.Surtout qu’avant, il ne ressemblait pas à ça.Il est volontairement devenu comme ça.Je crois bien que c’est ça qui est affolant.Hmm, à vrai dire, non.Ce qui est vraiment affolant, c’est qu’il y ait des chirurgiens, des professionnels de la santé jusqu’à preuve du contraire, qui aient accepté de procéder à des interventions qui ont conduit un homme à avoir l'air de fa.Tu imagines, toi, un médecin qui rentre chez lui le soir, embrasse sa charmante épouse, enfile ses pantoufles, se verse un scotch bien tassé, s’installe dans son fauteuil Niagara à bascule, aperçoit ça à la télévision et ronronne d’aise en songeant dans son Ford intérieur: «Ouais, c’est de la maudite belle ouvrage.Ce n’est pas pour me vanter ni rien, mais j’ai la satisfaction du devoir accompli, moi là là!»?Et je ne t’ai pas encore parlé des parents qui laissent leurs enfants séjourner chez ça.Tu imagines, toi, une mère ou un père ou les deux qui se disent: «Tiens, voilà un gars qui a été accusé de, qui a avoué plein de trucs du plus haut louche, qui a agité son bébé par-dessus la rampe d’un balcon au quatrième étage, qui habite dans ce genre de décor et qui a l’air de ça Ne crois-tu pas, chéri-e, que la meilleure chose que l’on pourrait faire consisterait à lui confier notre chérubin sans surveillance?»?Il se donne beaucoup de coups de pied au derrière dans notre société postmoderne, Chose, mais je .ne mettrais pas ma main au feu, même revêtue .d’un petit gant; qu’il ne s’en perd pas un nombre considérablement plus considérable.?fi— Cette affaire sera très suivie?— Qu’est-ce que t’en penses, Hortense?Déjà, .avant-hier, on comptait quatre fois plus d’hélico-i ptères à suivre l’avion puis la fourgonnette transpor-i tant le beau Jacko qu’à survoler les lieux des atten-.fats survenus en Turquie.Mais c’est normal: il paraît qu’aucune des victimes ne savait faire du breakdance comme du monde.Pour ma part j’ai regardé avec un intérêt frisant la passion cette journée haletante: deux heures à observer un aéronef immobile dont personne ne sort, puis deux autres heures à filer le train à un véhicule moteur mobile dans lequel on ne ; voit rien.Au Réseau de l’information, il ne manquait .que M.Yvan-Miville Des Chênes pour npus expliquer combien de places il y a dans cet avion, si on a le choix entre le poulet et le bœuf, quel était le film à ''> l’affiche jeudi, combien l’appareil fait de kilomètres au gallon, et nous décrire comment, en cas d’écrase-^ ment, tous les passagers brûleraient vifs instantané-.ment alors que Michael Jackson, lui, fondrait en dégageant une odeur de plastique de seconde main.— N’attache-t-on pas trop d’importance à ce genre de choses?— De quoi d’autre voudrais-tu diable qu’on parle?De la guerre?Mais la guerre est finie.En ce 1 moment, ce sont seulement des terroristes qui veu-.lènt empêcher la démocratie de s’installer là-bas .dans les prochains six mois ou- soixante milliards de dollars, la première échéance étant retenue et le cachet de la poste faisant foi.Du 40e anniversaire de l’assassinat de Kennedy?(En passant, je souligne que Titi, lui, a 30 ans aujourd’hui, bonne fête Tili.Tu vois, j’en sais des choses.En fait, je sais topt) Kennedy, oui.Je ne vois vraiment pas ce que tout le monde a à s’énerver avec ces histoires de .jcomplot.Tu le sais, je compte d’excellentes sources dans tous les domaines et, selon celles, haute fiabilité, dont je dispose dans le domaine des entrepôts texans, Lee Harvey Oswald a agi seul.Tout comme Castro a agi seul, Lyndon B.Johnson a agi seul, l’URSS a agi seule, la mafia aussi, la CIA 1 ou sters, l’extrême an Hussein et al-Qaïda.Ils ont tous agi seuls, sans même se concerter par courriel, de sorte que le président a été atteint de 73 projectiles provenant de 22 angles différents.Cela ne parait pas sur le film de Zapruder en raison de la censure exercée par le FBI.Mais il faut quand même lui reconnaître quelque chose, à Kennedy: tu as vu toute la sécurité entourant W.Bûche à Londres, alors que John K, lui, il se promenait en char avec pas dé toit.Pas une moumoune.Ces trucs-là, ce sont des points de détail de l’histoire.Alors que Michael Jackson, c’est un fait social signifiant, comme disait un de mes profs sans se douter qu’il était personnellement plutôt le contraire.D’ailleurs, as-tu songé à tout ce que l’affaire pourrait avoir pour conséquences?As-tu essayé d’imaginer Michael Jackson prenant sa soupe dans une cafétéria de prison entre deux matamores des milices du Michigan?Et as-tu pensé que s'il est condamné, on ne sait même pas si ce seront les Noirs, les Blancs, les hommes ou les femmes qui déclencheront une émeute pour venger l’affront qui leur aura été fait?jdion@ledevoir.com itou, de même que les francs-maçons, les Team-roite américaine, le FLQ, Saddam Maher Arar au Devoir D’une fuite à l’autre.HÉLÈNE B UZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Depuis le retour au Canada de Maher Arar, tout le monde se demande quel rôle le Canada a bien pu jouer dans cette histoire.Les ministres et les agences canadiennes de renseignement sont avares d’information et se rabattent sur leur phrase fétiche: on ne commente pas les procédures des corps policiers en public.Pourtant, les fuites se sont multipliées.Des sources canadiennes anonymes ici et là prétendent par exemple que Maher Arar s’est entraîné pendant des mois dans un camp en Afghanistan.La dernière fuite en liste arrive des Etats-Unis où une source haut placée prétend que M.Arar avait sur lui, lors de son arrestation à New York, le nom de plusieurs membres d’al-Qaïdi La plupart de ces fuites, comme celle sur le camp d’entraînement, sont le compte rendu presque mot pour mot des aveux qu’il a faits sous la torture en Syrie, à part ce qu’il appelle les «épices», comme le fait qu’il aurait été recruté à l’université McGill, ce qui lui fait croire que le Canada a joué un rôle dans cet épisode.«C’est le signe très clair que les gens qui sortent les fuites sont fiers de m’avoir envoyé là-bas pour être torturé.Ils ne se cachent pas, ils sont fiers!», lance-t-il.M.Arar en a marre.Qu’ils m’accusent et m’emprisonnent ou qu’ils me laissent tranquille, laisse-t-il tomber à plusieurs reprises pendant l’entrevue.Son souhait le plus cher serait que la GRC l’appelle pour lui dire officiellement que l’enquête sur lui est terminée.«De combien de temps de plus avez-vous besoin pour me blanchir?Des mois?Des années?Dites-moi!» Il place maintenant ses espoirs en Paul Martin et en sa nouvelle équipe, qui entreront en fonction le 12 décembre prochain.Il aimerait que le premier ministre prenne un peu de recul avant de rejeter du revers de la main, comme l’a fait Jean Chrétien, sa demande pour une enquête publique.Car il voudrait aller plus loin que de seulement revoir le rôle joué par la GRC dans cette histoire.Il veut savoir si les responsables des Affaires étrangères ont bien fait leur travail.Comme le révélait Le Devoir il y a quelques semaines, la consule à New York, Maureen Girvan, ne l’avait pas pris au sérieux lorsqu’il lui a dit qu’il croyait qu’il allait être expulsé vers la Syrie: elle n’avait pas contacté les autorités américaines pour vérifier cette affirmation et avait pris son week-end de congé.À son retour, Maher Arar avait été expulsé.Mais ce n’est pas tout, dit M.Arar.Lors de sa visite, la consule avait oublié d’apporter le numéro de téléphone de l’avocat que la famille Arar avait embauché pour Maher.«J’étais déçu.“Une chose importante comme ça, vous l’oubliez au bureau?", je lui ai dit.Ça comptait pour moi parce que les Américains m’avaient dit qu’ils voulaient m’envoyer en Syrie.» Il espère aussi qu’une enquête publique permettrait de laver son nom complètement Pour l’instant il n’est pas naïf.Même si la population lui témoigne, dit-il, beaucoup de sollicitude, il sait que ses démêlés lui nuiront quand il recommencera à chercher du travail.«Je commence à sentir que je dois retourner comme père, je dois apporter de l’argent.» k, Arar place maintenant ses espoirs en Paul Martin et en sa nouvelle équipe Wm SYLVAIN MARIER Maher Arar s’interroge sur le rôle qu’a joué le Canada dans son «aventure».ARAR SUITE DE LA PAGE B 1 Quand Le Devoir lui demande ce qu’il pense de la situation en Israël-Palestine, en Afghanistan ou en Irak, il répond avec un petit sourire narquois: «Les Américains m’ont posé les mêmes questions.Moi, j’ai peur maintenant de parler de mes opinions politiques.On n’en a plus le droit depuis le 11 septembre.» Mais il relève le défi et répète ce qu’il a répondu aux Américains qui le questionnaient lors de sa détention à New York.Sur les attentats suicide en Palestine: «Je veux être clair je ne suis pas d’accord avec ce qu’ils font.Je ne crois pas que c’est la façon d’arriver à une solution.Mais pourquoi se concentre-t-on sur ce que font les Pa- lestiniens?Les Israéliens ne détruisent-ils pas des maisons?Je leur ai demandé: “Avez-vous essayé de savoir pourquoi ces jeunes font des choses comme cela?"», dit-il, en rappelant les taux de chômage de 80 % et le désespoir général d’une population sans avenir.Sur l’Irak: «J’ai dit que Saddam Hussein, c’est un dictateur, mais je suis contre la guerre car c’est le peuple qui va souffrir.Saddam, il ne va pas souffrir.Et regardez ce qui arrive: Saddam, il ne souffre pas.Il est dans un palace, il mange bien et c’est le peuple irakien qui est en train de souffrir.Je leur ai dit cela.» Maher Arar n’a donc pas eu peur d’exposer ce qu’il pensait à ses interrogateurs américains.Mais maintenant, il pense que ses opinions, et le fait qu’elles soient sorties de la bouche d’un musulman plutôt que d’un autre, l’ont rendu plus suspect.Il souligne d’ailleurs que, dans tous leurs documents, les Américains lui ont donné le nom de Maher Abdullah Amid Arar, qu’il n’utilise pas.«Maher, ça peut être irlandais, juif aussi ou allemand.Il y a des Arméniens et des chrétiens qui s’appellent Arar.En me don-.nant les quatre noms, ils voulaient montrer que je suis musulman.» - : Il reste amer devant un État qui s’est arrogé le droit de décréter qu’un tel est un terroriste mais qui; ne se comporte parfois guère mieux.«Si quelqu’un fait exploser des choses, il n’y a pas de doute, c’est un terroriste.Mais quand un pays comme les Etats-Unis font des choses comme expulser quelqu’un vers un pays où il va être torturé, ce n’est pas du terrorisme, cela?» IRAK SUITE DE LA PAGE B 1 Comment, alors, vont-ils instrumentaliser ce transfert d’autorité sans perdre le contrôle de ses répercussions?Le nouveau plan américain a, dans l’immédiat, le double avantage de répondre aux incessantes revendications «souverainistes» des Irakiens face à l’occupant et d’ajuster la stratégie proche-orientale de M.Bush afin d’aider celui-ci à remporter l’élection présidentielle de novembre prochain.Le pari de l’actuel Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien, sous tutelle américaine, étant que la remise du pouvoir politique aux Irakiens donnera plus de légitimité au prochain gouvernement transitoire et contribuera, en conséquence, à améliorer la situation sécuritaire.Ce qui est loin d’être acquis.La moindre des difficultés n’est pas le fait que l'Irak sort d’une longue dictature qui a imposé son arbitraire à la «mosaïque culturelle» du pays.M.Aoun ne doute pas que l’avenir irakien, qu’il espère «fédératif et pluriel», se butera aux réflexes de la vieille culture politique autoritaire.Avant tout, il faudra parvenir à corriger le déficit de représentativité dont souffre la minorité sunnite (15 % de la population) au sein des instances créées par l’occupant.«Personne ne remplace dans son imaginaire un Saddam Hussein qui distribuait sur elle les bénéfices de l'État» aux dépens de la communauté kurde et de la majorité chiite (60 % de la population).«Le problème, c’est défaire émerger un leadership sunnite capable de dire à sa communauté: l’ire Saddam est terminée», dit M.Aoun.L’exigence est fondamentale, alors que cette communauté se radicalise contre les Américains.Or elle semble peu se reconnaître dans le principal parti sunnite, celui des Frères musulmans du Parti islamique d’Irak, dont le président Mohsen Abdel Hamid s’est fait «collaborateur» en devenant membre du CIG.Non plus qu’elle se reconnaît en la personne d’Adnan Pachachi, autorité morale du Conseil et figure libérale sans griffes qui pourrait coller au profil dessiné par les Américains sans pour autant être perçu comme une menace par la majorité chiite.L’exigence de représentativité est également régionale: le monde arabe étant sunnite dans une proportion de 90 %, il faut que le sort de la minorité qui a perdu ses privilèges avec la disparition du dictateur soit, autant que possible, rendue acceptable à certains voisins.Complication supplémentaire: arrimer l’intégration sunnite aux aspirations de la majorité chiite.Car le plus plausible demeure l’émergence d’un exécutif dominé par les chiites, pour de simples raisons de démographie.Encore que la communauté chiite, traversée de courants politiques qui vont de l’extrême gauche à l’islamisme pur et dur, est polymorphe.Mais il n'y a pas, là encore, de Karzaï qui se dessine à l’horizon.Ahmad Chalabi, du Congrès national irakien, est «brûlé» auprès des Irakiens à cause de scandales de corruption et de ses affinités avec le Pentagone.À tout événement, on imagine difficilement les Américains s’accommodant de l’arrivée au pouvoir d’un président chiite, ce qui serait une première dans le monde arabe, sans avoir préalablement atteint un compromis, sans avoir conclu une espèce de pacte de non-intervention avec Téhéran afin d’en neutraliser les influences sur l’Irak.Pour les Américains, le niveau de dangerosité d’un éventuel président chiite sera réduite à condition que les Iraniens soient tenus à distance.Un exemple vient apparemment d’en être fourni: les rumeurs persistantes veulent que les milieux conservateurs iraniens de Téhéran soient derrière l'assassinat, pour cause de trop grand rapprochement avec les Américains, de l’ayatollah Mohammed Bakr Hakim, l’un des leaders chiites irakiens les plus influents, fin août dernier à Nadjaf.L’occupation américaine a — surtout — montré ses limites au cours des six derniers mois.Attisées par la résistance, les tensions ethniques, sociales et religieuses pourraient faire basculer le pays dans la guerre civile.En même temps, les autorités irakiennes sont même sous la forme actuelle du CIG, le terrain d’une diversité politique sans précédent — où l’islamiste Ibrahim ALJaffari côtoie le communiste Hamid Majid Moussa.Ainsi, l’un des plus fervents détracteurs des États-; j Unis, l’imam chiite Moqtada Al-Sadr, vient-il de faire j volte-face en acceptant de prendre part à la nouvelle démarche politique américaine pour l’Irak.Dç ces étranges convergences — celles d’un président.Bush qui cherche à sauver les apparences de là dé-; j mocratisation et d’un religieux qui, pas plus tard j qu’en juillet dernier, se prononçait en faveur d’une théocratie à l’iranienne — est en train de naître; le; j «nouvel Irak».*»»»
de

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